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Full text of "Grammaire historique de la langue des Félibres"

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GRAMMAIRE HISTORIQUE 



DE LA 



LANGUE DES FELIBRES, 






RFX 



GRAMMAIRE HISTORIQUE 



DE LA 



LMGUE DE8 FÉLIBRES 



PAR 



EDUARD KOS0HWITZ 

PROFESSEUR A l'uNIVERSITE DE GREIFSWALD 






» - • — \ 



GREIFSWALD. 

.1. ABEL, LIBUAIRE-ÊDITEUR. 
BtCHSTRASSE 32. 
AVIGXON. PARIS. 

J. ROUMANILLE, LIBRAIRE. 1894. H. WELTER, LIBRAIRE, 

19, RUE SAINT A(íEICOL. 59, RUE BONAPARTE, 






566715 

A5TOR, LENOX aNO 



R 



1917 « J 



TOUS DUOITS UÊSHRVÉS. 



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V 



PRÉFACE. 

Cette graiiimaire voudrait étre, pour la langue classi- 
que du provencal nioderne (le rliodanien), ce que les 
grammaires historiques de la langue francaise de MM. 
A. Bracliet, L. Clédat, F. Brunot sont pour la langue 
littéraire des Prançais du Xord. Cependant je n'ai pu 
adopter le jdan ni la disposition d'aucune de ces a?uvres 
niéritoires. Elles étaient destinées h des élèves indigènes; 
notre grammaire veut, certes, étre utile h la jeunesse pro- 
vençale, et j'espère qu'elle rendra également des services 
aux Provencaux adultes qui désirent se faire une idée 
de la structure et de la formation de leur langue mater- 
nelle; mais elle est écrite en même temps pour lusage 
des romanistes et des curieux étrangers qui aiment la 
littérature des félibres provencaux, qui voudraient bien 
la counaitre par la lecture des textos originaux, et.qui, 
comnie Tauteur lui-même, ont ressenti douloureusement 
le manque d'un guide grammatical. Car la petite 
grammaire du frère Savinian (Montaut), composée pour 
des enfants proven(;aiix, ne pouvait leur suffire. J'ai 
entrepris, selon Texpression consacrée, de combler cette 
lacuue. J'ai voulu faire connaitre brièvement, mais 



II 



exactemeiit rortliographe, les sons et les flexioiis <le la 
langue félibréenne et en indiquer rapidenient les sources 
ordinaires, latines ou g-ermaniques; si je n'y ai pas joint 
aussi une syntaxe plus ou moins sommaire, c'est que la 
syntaxe des félibres ne diífère pas beaucoup de celle du 
français littéraire. Les quelques particularités syntaxiques 
qu'il fallait noter, ont trouvé place dans les chapitres 
de la flexion. En revanche, j'ai introduit, dans la partie 
phonétique, des comparaisons entre les sons du français 
et ceux du provencal; ces parallèles (voy. les n®^ 3 
de cliaque paragraphe) intéresseront ceux de nos lecteurs 
qui veulent qu'en Provence on enseigne le francais au 
irioyen de la langue du pays méme. 

Notre grammaire vise donc essentiellement des 
buts pratiques. EUe veut bien servir aux études histo- 
riques et scientifiques sur la langue provenvale, niais 
surtout elle veut aider à l'étude directe de la langue parlée 
et écrite par la plupart des félibres de la Provence. C'est 
pourquoi on y cherchera vainement une énumération des 
anciens documents écrits dans le dialecte liaussé par les fé- 
libres au rang d'une langue littéraire ; le dépouillement de 
ces documents en vue de fixer, autant que possible, la date 
des phénomènes linguistiques qui ont produit le proven(,*al 
moderne; l'explication physiologique des changements 
phonétiques qui ont créé, du latin rustique parlé en 
Provence au temps des Césars, la langue provençale 
d'aujourd'hui; la topographie des particularités phoné- 
tiques ou morphologiques qui distinguent notre idiome 



rii 



(les idiomes voisins^); la reclierche des causes premières 
de ces (léveloppements différents; la discussion des pro- 
hlèmes controversés qu'offre riiistoire de la lang'ue pro- 
vencale ancienne et moderne; la comparaison des sons et 
des formes de notre lanu'ue avec la lan<i:ue classique des 
troubadours du moyen-âge, etc. Je me suis intéressé 
ì\ toutes ces questions; le lecteur savant sen a])ercevra 
dans ce que je dis et dans ce que je tais; mais si javais 
voulu entreprendre une grammaire liistorique de cette 
étendue, elle n'aurait probablement jamais paru; et si 
elle avait paru, elle aurait trouvé peut-étre une douzaine 
<le lecteurs parmi les romanistes, mais elle aurait fait 
peur aux personnes plus nombreuses qui croient que 
les gTammaires sont faites pour faciliter rétude et la 
compréliension crune langue. J'ai donc préféré me 
borner au strict nécessaire; je n'ai parlé du vieux pro- 
venval que (piand cela m'a paru indispensable; j'ai 
é\ìté la discussion de plu^nomènes compliqués et qui 
se prétent h des explications diverses; je ne m'occupe 
que rarement du proven(.'al populaire et de ses variati(ms 
multiples; j'ai mênie, pour n'effaroucher personne, pris 
rortliographe pour base de la ])remière |)artie (phonétiíiue) 
au lieu de commencer ])ar les sons et d'en indiquer, 



..< 



latin toiiique, libre et entravé, = o ouvert; c/i, de ca, 
pi voy., etc, = ts; j et g (ievant e, i = dz; c devant a = c (k)-; 
ct latin amuï à la fin des mots et changé en ch = fs quand ce 
.groupe reste médial; la V^ pers. sing. du prés. ind. en e; les féra. 
•plur. des adjectifs et des iJ-onams en i, Ì5, etc. 



IV 



après coup, la notation orthograpliique. Enfin, j'ai tâché 
de rivaliser, en concision et en exactitude, avec Texcellent 
exposé grammatical que donne M. G. Paris dans Fintro- 
duction de ses Extraits de la Chanson de Eoland, — 
J'ai cru superflu de mettre en tète de la granmiaire 
une histoire de la langue proven(,-ale: les faits importants 
sont universellement connus (au moins en dehors de la 
France), et le cadre modeste de cet ouvrage ne per- 
mettait pas une histoire détaillée. 

Quelque restreint que soit le plan de notre grammaire, 
je n'aurais jamais pu rexécuter sans le précieux secours 
qui m'a été prêté de tous les côtés. M. Marius André 
m'a fait connaitre la prononciation classique des félibres 
provençaux; M. Fabbé Dabry la prononciation populaire 
d'Avignon; MM. Monier, supérieur de l'Ecole des Carmes 
de Paris, A. Daudet, le célèbre romancier, Béchet, le 
directeur du Petit Méridional^- M. Girard, G. Reynaud, 
F. Amouretti, F. Vidal, E. Plauchud, les félibres si 
connus, beaucoup d'autres encore mont hi des textes 
provençaux dans leur idionie local. Je me rappelleraí 
toujours avec plaisir le beau temps que, pendant mon 
second séjour en Provence, j'ai passé au château de 
mon ami M. de Berluc - Pérussis que l'on rencontre 
partout oii il s'agit de la cause de ses compatriotes. 
Là, à Porchères, nous avons organisé en commun une 
sorte de chasse aux idiomes du pays, et nous avons 
inventé des ruses de Peaux-Rouges pour mettre nos 
sujetSj quelquefois récalcitrants, en bonne disposition. 



Chaque visiteur de M. de Berluc — et ils sont nombreux — 
était contraint de nous laìsser un échantillon de son 
idiome local; si, par hasard, les visiteurs manquaient, 
nous faisions des visites nous-mêmes, et ne retournions 
jainais sans un riche butin de notes dialectologiques. 
Mais je ne me suis pas servi seulement de sources 
orales. M. E. Bôhmer, l'éminent romaniste, a eu la 
graude bonté de me céder les notes sur la langue des 
félibres qu'il avait prises sous la dictée de Roumanille. 
J'ai profité des trailscriptions données par M. Bertuch 
dans l'appendice de son excellente traduction allemande 
de la Mirèio de M. Mistral: M. Bertuch avait pour 
aides M. Mistral, M. F. Gras et la ^Reine (actuelle) des 
Félibres'. J'ai utilisé naturellement les études scientifiques 
sur la langue provençale du moyen-âge et sur les dialectes 
modernes du Midi (de MM. C. Chabaneau, P. Meyer, 
L. Constans, P. Rousselot, A. Devaux, W. Mushacke, etc.) et 
j'ai puisé largement dans le Trésor duFélibrige qui est un 
véritable trésor aussi pour la philologie romane. La Part 
dôu bon Diéu de Roumanille et la Orammaire du frère 
Savinian m'ont fourni plus d'une observation utile; 
j'ai même emprunté à ce dernier livre une partie de mes 
exemples. L'auteur ne m'en voudra pas, car il com- 
prendra qu'en Poméranie on ne forge pas des exemples pro- 
vençaux aussi facilement qu'en Provence, et qu'il ne valait 
pas la peine d'en chercher péniblement dans les textes litté- 
raires. M. Mistral, le chef incontestable et incontesté 
du Félibrige, a bien voulu parcourir mon manuscrit 



VI 



et y relever ce qui lui paraissait iiiexact; j'ai mis à profit 
toutes les notes de ce coUaborateur iucomparable. Eufin 
M. de Berluc-Perussis a eu la complaisance de lire les 
épreuves avec moi; malheureusement ses corrections ne 
me sont pas toujours arrivées à temps. 

Je serais inexcusable si je n'exprimais mes meiUeurs 
remerciements à tous ceux que je viens de nommer et 
à toutes les autres personnes qui m'ont secondé dans 
ma tâche, avec une bienveillance et un empressement 
qui me rendront leur obligé pour toujours. 

E. Koschwitz. 



ABRÉVTATIONS. 



all. 


allemand 


nor. 


norois 


comp. 


comparez 


P. 


personne 


class. 


classìque 


parf. 


parfait 


cond. 


conditìonnel 


pc. 


participe 


déí. 


défectif 


pc. p. 


participe passé 


f. ou fém. 


féminin 


pers. 


personne 


fr. ou franç. 


français 


pl. ou plur. 


pluriel 


fut. 


futur 


port. 


portugais 


gaU. 


gallois 


prés. 


présent 


germ. 


germanique 


pron. 


prononcez 


imparf. 


imparfait 


prov. 


provençal 


ìmpér. 


impératif 


sing. 


singulier 


impers. 


impersonnel 


subj. 


subjonctif 


ind. 


indicatif 


verb. 


verbe 


inf. 


infinitif 


V. franç. 


vieux français 


it. 


italien 


V. prov. 


vieux provençal 


lat. 


latin 


voy. 


voyez 


m. ou masc. 


masculin 


vulg. 


vulgaire. 


néerl. 


néerlandais 







Les mots latins donnés comme étymologîes et accompagnés, 
sans autre explication, d'un astérisque, sont des formes recon- 
stituées par induction. 



»» ^»» <« 



Correctlons. 

P. 1, 1. 15, lisez: terre; acò, 

P. 83, 1. 3 d'en bas, corrigez: lou destourbes pas, Voy. § 113. 

P. 85, 1. 10, lisez pèr au lieu de per, 

P. 89, 1. 11, 1. acò au lieu de aco, 

1. 3 et 5 d^en bas, corrigez : U qiuiu, li qitàli, -8, di quau^ di 
quàli, '8. 

P. 91, 1. 9, 1. lèbre au lieu de lébre. 

1. 24 1. màntí an lieu de manti, 
P. 93, 1. 6 d*en bas, 1. qu! au lieu de que, 

P. 128, 1, 4, lisez : avé parla ou agué parla; avé puni ou agué punL 
P. 136, 1. 16, ajoutez: ou siguère puni, etc 

1. 1 d^en bas, ajoutez: sois puni, etc. 



■^^*- 




L Phonétique. 

A. Accent. 

1. Tj'accent tonique porte sur la dernière § 1. 
syllabe des mots, exceptó dans ceux qui sont termiués 
par 6, í, sourds, suivis ou non d'une s, ou par la dé- 
sinence verbale on; alors il porte sur l'avaut- 
dernière. L'e et Vo sourds se font connaître par 
l'absence d'un accent grave ou aigu sur ces lettres; ces 
accents marquent les e et les o toniques de la fin. L'i 
sourd final est marqué par un accent mis sur la voyelle 
tonique de la pénultième. La terminaison verbale on 
est toujours sourde (atone). Exemples: cante (canto) je 
chante : cantè (cantavit) il clianta ; rèndes (reddis) tu rends : 
rendès vous rendez, rendrés (reddere habetis) vous rendrez; 
terro (terram) terre: acò (eccu[m] hoc) cela; bèsti (bestia) 
bête; cantoìi (cantant) ils chantent. 

3. Dans les mots d'origine populaire, la syllabe 
qui porte i'accent tonique en latin, le porte aussi 
en provençal. Font exception: les terminaisons latines 
iolus, eolus, iola^ eola qui, en provençal, prennent l'accent 
sur Yo: fihòu (filiôlum) filleul, roussignòu (hisciniólum) 
rossignol; les syllabes métatoniques suivies d'une muette 
et d'une liquide, qui deviennent toniques: coulóbro (co- 
liibram) couleuvre, entié (integrum) entier; les dizaines 
de 40 k 90 qui déplacent l'accent sur \a protonique: 

1 



2 Voyelles. 

qiiaranto (quadráginta) quarante, dnqnanto (quinquá- 
ginta) cinquante, etc; les niots composés dont le thème, 
devenu atone en latin, reprend Taccent: renègue (re-nègo) 
je renie, ensèn (in-sïmul) ensemble; quelques substantifs 
isolés: fege (*fícâtum) foie, Jaume (*Jácòbum) Jaques, etc; 
et beaucoup de formes verbales qui subissent des in- 
fluences analogiques: les infinitifs sabé (sapère) savoir, 
falé (fallère) falloir, etc. etc. — Les mots d'origine sa- 
vante néglig-ent l'accent latin et le déplacent ordinairement 
sur la pénultième: facile (facílem) facile, avide (avïdum) 
avide, fahrico (fabrïcam) fabrique (à côté de forjo [fa- 
brïcam] forge, d'origine populaire), etc. 

3. Dans les mots de provenance identique, l'ac- 
cent porte, à la règle, sur la même syllabe qu'en 
français. Les déplacements de l'accent latin sont géné- 
ralement communs aux deux langues. Voyez les exemples 
cités. 

B. Voyelles. 

§ 3. Ou. 

1. La diphtongue graphique ou est une simple 
voyelle, prononcée conmie You français, Vu des Alle- 
mands et des Italiens. EUe est fermée dans les toniques 
ouvertes: goulo (gûlam) gueule, ouro (hôram) heure, 
coume (quômodo) comme, rouge (rûbeum) rouge, escoute 
(auscûltat), et dans les finales toniques terminées par r 
ou s: jour (diíirnum) jour, segnour (seniôrem) seigneiir, 
jrnis (píiteum) puits, famous (famôsum) fameux. Dans 
tout (tôtum) tout, dont le t final est muet, Vou se trouve 
dans une syllabe ouverte. — La voyelle ou est moins 
fermóe dans les protoniques ouvertes, dans les mono- 
syllabes proclitiques et dans toutes les syllabes fermées: 



Voyelles. 3 

soìilèîi (*sGliculuiii) soleil, voida (vòlare) .voler, souna 
(sôiiare) soniier, ploiira (plôrare) pleurer, fiouri (flôrere) 
fleurir, moiiri (*mórire) iiiourir, poùcin (piiUicenuni) 
poussin, cousino (coquinam) cuisine, trouha (*trôpare) 
trouver, doutanço (*dûbitantiam) doute; lou ([il]lu[ni]) le, 
vous (vôs) vous; mounjo (mônacham) religieuse, oundo 
(úndam) onde, hounta (bôuitatem) bonté, dourmi (dôr- 
mire) dormir, sourti (*sôrtire) sortir, ourdotma (ôrdïnare, 
modelé sur dônare) ordonner. — Dans tôuti (tôtos) tous, 
raccent sur Yoti indique que cette voyelle est tonique; 
c'est par erreur qu'on y prononce quelquefois une dipli- 
tongue (ôu)' 

2. Ou provient, à la tonique et à Tatone, de ô, û 
libre et entravé^) (amour, goulo, pous, jour^ tout; 
oundo; piloura, doutanço); à l'atone, de o suivi d'une 
nasale (sounaj hounta; par exception aussi à la tonique: 
mounjo\ de ô libre et entravé (soulèti, mouri, cousino, 
trouha; dourmi, sourti), par exceptiou, de ú et d'une l 
Tocalisée en ii (= ou) demi-consonne (poucin). 

3. En français, l'ou provençal est représenté 
par ou (à la tonique, de ô, ú entravé; à l'atone, de ô, 
ú libre), par eu (à la tonique, de ô, ú libre; Veu pé- 
nètre, par analogie, aussi dans la protonique), par o 



^) On appelle voyelle Uh'c 1® une voyelle suivie d'une seule 
consonne; 2® une voyelle suivie de Tun des quatre groupes ^r, dr, 
pr, hr; 3® une voyelle suivie du groupe ws, groupe dans lequel n 
était, en latin vulgaire, tcmbée de bonne heure; on appelle voyeUe 
entravée toute voyelle suivie d'un groupe de deux ou plusieurs con- 
sonnes, autres-que les groupes précédemment énuniérés. Ventrave 
€8t dite latine lorsque le groupe de consonnes existe originairement 
dans le mot latin; elle est dite romane^ lorsqne le groupe est formé 
par la chute d'une voyelle atone. 

1* 



4 Voyelles. 

(íle 0, û suiv) (l'uTie iiasale, et, à ratone, de ô lat. libre, 
(laiis quelques mots), par td (de ú et de ô suivis d'une 
palatale ou d'un i en hiatus), par e sourd (dans les 
monosyllabes proclitiques). 

§ 3. 0. 

1. L'orthographe distingue ó, ò et o sans accent. 

L'o surmonté d'un accent aigu (ó) est f ermé et tonique. 
II se prononce comme Yo des mots français rose^ hôte. 
On ne l'emploie que dans la diphtongue óu (voy. § 11) 
et dans la triphtongue ióti (voy. § 13). 

L'o muni de l'accent grave (0^ est ouvert et tonique. 
II se prononce comme Yo des mots français poì't, porte, 
On l'emploie dans la diphtongue òti (voy. § 11), dans 
la triphtongue iòu (voy. § 13), dans les pénultièmes 
toniques suivies d'un i atone: glòri (glôriam) gloire, 
vitòri (victôriam) victoire, deìnòni (daemònium) démon, 
hòni (bònas) bonnes, nòsti (nòstras) nos, et dans les 
polysyllabes terminés par o ouvert tonique: eiçò (ecoe 
hôc) ceci, acò (eccu[m] hóc) cela. 

L'o sans accent est ouvert dans toutes les syllabes 
toniques: vole (cle vólo) je veux, roso (ròsam) rose, 
Rose (Rhôdanum) Rhône, roco (*ròccani) roche, ro 
(*róccum) roc, cop (cól[a]p[h]um) coup, or (aurum) or, 
vos (*vòles) tu veux, mot (*nmttum) niot, bardot (de germ. 
bardi) bardot, remors (remòrsum) remords, cors (corpus) 
corps. — 11 est soiird et se rapproche du son de Ye 
sourd franvais quand il est mótatonique et termine le 
mot: èro (erat) il était, terro (terram) terre, rèino (re- 
ginam) reine, lengo (linguam) langue, patrìo (patriam) 
patrie. — L'o íìnal est toujours atone (et par conséquent 
sourd) quand il n'est pas accompagné d'un accent grave. 



Voyelles. 5 

2. L'ô muni de raccent grave provient, à la 
tonique, cle ô, ô libre suivi d'une consonne et d'un i en 
liiatus (glòriy vitàri, demòni), de ô suivi d'une ou de 
plusieurs consonnes et d'un i provençal métatonique 
(bòni, nòsti)^ de ô devenu final (eiçò, acò), 

L'o ouvert, sans accent, provient à la tonique, de ô 
libre (roso, vos) et entravé (ro, mot, cors^ remors; cop, 
Bose) et, par exception, de û entravé (dans mot), — 
L'o sourd provient de a métatonique (èro, terro, etc). 

3, L'ò provençal est représenté en français 
par oi (à la tonique, de ô, ô libre suivi d'un i en hiatus), 
par (à la tonique, de ô libre ou entravé, suivi d'une 
voyelle et d's, transformées en i (bonnes, nos), par e 
(de ô tonique, devenu final). 

L'o tonique répond aux sons français: o (de ô 
libre et entravé), ou (de ô entravé, suivi d'une l et d'une 
consonne : coup\ et exi (de ô libre, suivi d'une l et, 
médiatement, d'une consonne : miír). — L'o sourd est, 
en français, e sourd. 

A. § 4. 

1« L'orthographe distingue à et a. — L'à s'emploie 
seulement dans les pénultièmes suivies d'un i sourd pour 
indiquer l'atonité de la voyelle finale: gràci (grâtiam) 
grâce, auvàri accident. 

La voyelle a (à) est fermóe (et généralement longue, 
= l'a du mot français pâte^ dans les pénultièmes ouvertes 
et toniques: álo (âlam) aile, ame (de âmo) j'aime, sabes 
(de sápis) tu sais, aubado (*albâtam) aubade, chato (câttam) 
fille, gràci grâce; elle est fermée (mais moyenne de quan- 
tité) aussi dans les toniques finales: aiissa (altiâre) hausser; 
canta (cantâre) chanter, douta (dubitâre) douter, verita 



6 Voyelles. 

(veritâtem) vérité; Ya iie ehaiige pas de pronoiiciatioii 
s'il est suivi d'une r ou d'une s: mar (máre) mer, pas 
(pâssum) pas, fas (fácis) tu fais. — L'a (à) est ouvert 
(= Ya du mot français arhré) dans toutes les syllabes 
fermées: parle (párábolo) je parle, mando (mándat) il 
mande, clastro (claustra) cloitre, astre (âster) astre, pastre 
(pástor)pâtre; arriba (ádripare) arriver, nasqiière(de *ims- 
cui) je naquis. — L'a est tantôt ouvert, tantôt fermé 
dans les protoniques ouvertes: amoiir (ámorem) amour, 
camin (cáminum) chemin, farai (fàcere hábeo) je ferai, 
aquéii (èccu[m] illum) ce, aqiii (èccu[m] hic) là, acò 
(èccu[m] hoc) cela, madiir (mâtûrum) mûr, cava (cà- 
vare) caver. 

3. L'a provient de a tonique ou protonique, libre 
ou entravé; de Ya des monosyllabes (ja, lat. jám, déjà; 
la, lat. [ìl]lâc, là); parfois de è (ae) suivi d'une r (aran^ 
lat. aeramen, airain; pardiéxi, parbiéu, pardine, lat. pèr 
dèum, parbleu) ou de ê suivi de cc (aquéu, aqui, acò etc); 
de a et de o dans aro (hâc hôra) or, et de ô suivi d'une 
m dans damo (dòminam) dame et damisello (*dòmïnïcèllani) 
demoiselle. 11 est intercalé (entre h et r germaniques) 
dans arengo (germ. hring) harangue; il est prosthétique 
(ou analogique) dans agland (glándem) gland, et sem- 
blables. 

3. La voyelle a répond, en frauçais, à la to- 
nique, k a (de a entravé et de l'a des monosyllabes), 
à e (e) (de a libre, non suivi d'une nasale), à ai (de a 
libre suivi d'une nasale ou de a devant une palatale; 
dans aile, v. fr. ele, et dans sais, v. fr. ses, Yai est mo- 
derne et dû à une orthographe analogique), à o (dans 
or, de hâc hôra); à l'atone, a a (de a libre ou entravé, 
de a intercalé et de è dans parbleú)^ à e sourd (de a 



VoyeHesl 7 

Ubre précéílé d'un c, de a et (run c dans ferai etc, de 
ô suivi d'une wi dans demoiselle)^ à ai (dans airain). — 
Ij'a reste sans eorrespondanee quand il provient de é 
suivi de cc (ce, cela, etc.), dans des mots formés comme 
agland^ et dans mûr^ etc. (ou l'a protonique, devenu e 
[ineur en v. franç.] a été contracté avec la voyelle to- 
nique suivante). 

E. § 5. 

1. L'orthographe distingue è, « et e sans accent. 

L'è, qui est un e ouvert et tonique, s'emploie dans 
les diphtongues èi et èii (voy. § 10 et 11), dans les 
triphtongues iH et ièu (voy. § 13), dans les pénul- 
tièmes ouvertes pour distinguer Ye ouvert de Ve fermó qui 
s'y prononce quand Ve n'est pas affublé d'accent, et dans 
les íìnales toniques pour y distinguer Ve ouvert de l'e 
fermé (écrit e) et de l'e atone (écrit e). Dans les pénul- 
tièmes, l'è est généralement très ouvert et long: Mi- 
rèio Mireille, diadèmo (diadêma) diadème, èro (erat) il 
était, nasquère (de nascui) je naquis, mandèron (*man- 
dâvèrunt) ils mandèrent, espèron (spêrant) ils espèrent, 
mèste magister maitre, neblo (nebúlam) brouillard. De même 
dans les íìnales termines par èr: fèr (ferum) sauvage, infèr 
(infernum) enfer, à l'exception de pèr (per) par, dont 
l'è est bref. Dans les autres finales, l'è suivi ou non 
d'une consonne, muette ou prononcée, est moins 
ouvert et moins long (moyen): venguè (jde venuit) il 
vint, p€(d) (pèdem) pied, sèt (septem) sept, travès (tra- 
vèrsum) travers, esprès (exprèssum) exprèè, rendès (de red- 
ditis) vous rendez. L'è est ouvert et bref devant s 
double: prèsso (pressam) presse, aguèsse (habuíssem) 
j'eusse; devant r double suivie d'i atone: Fèrri (germ. 



8 Voyelleí. 

*Fredrik) Frédéric, devant st suivi d'i atoiie: bèsti (bestiani) 
bête, et dans ^íèr. 

L'é, qui est un e fermé et tonique, s'emploie dans 
la diphtongue éu (voy. § 11), dans ia triphtongue 
iéu (voy. § 13) et surtout dans la finale tonique des 
polysyllabes: peì'qué (pro quïd) pourquoi, endré (in-*drïc- 
tum) endroit, aussi devant s: botirgés (burg-ensem) bour- 
geois, €S2)és (spïssum) épais, empoiirtés (inde portêtis) 
vous emportiez, dirés (dicere habêtis) vous direz. L'ac- 
cent aigu sert ici à distinguer la tonique de Tatone 
oìi Ye s'écrit sans accent: aubre (arbôrèm) arbre, rèndes 
(de rèddis) etc. Plus rarement, Vé s'emploie dans les 
pénultièmes devant une ou plusieurs consonnes suivies 
d'un i atone pour marquer ratonité de la voyelle finale: 
aquésti (eccu[m] istas) celles-ci, aquéli (eccu[m] ïllas) 
celles-là. 

L'e sans accent se prononce différemment selon la 
place qu'il occupe. U est très ouvert et long, dans 
les pénultièmes, devant r double: terro (tèrram) terre, 
et, daiis la finale, devant r suivie d'une consonne muette: 
verd (vírïdem) vert, desert (desèrtum) désert, divers (di- 
vèrsum) divers, etc. II est ouvert et moyen (de quan- 
tité), dans les pénultièmes toniques, devant II : bello (bèllam) 
belle, nouvello (novèllam) nouvelle, estello (stèllam; aussi 
esteloy de stêlam, étoile), devant r suivie d'une autre con- 
sonne: erbo (hèrbam) herbe, nerto (myrtham) myrthe, et 
dans es (est) il est. 11 est ouvert et bref, dans les 
syllabes protoniques, devant rr: errour (èrrorem) erreur 
et devant r suivie d'une autre consonne: verduro (víríd- 
uram) verdure, erbage (hèrbaticum) herbage. — II 
est très fermé et long dans les pénultièmes ou- 
vertes et toniques: aquélo (eccu[m] ïllam) celle-là, pleno 



Voyelles. 9 

(plêuani) pleine, mete (niïtto) je niets, vese (de *vído) je 
vois, dans le suffixe: eto (íttam), etc, II est fermé, 
mais moins long dans les pénultièmes toniques en esso 
(ïtiam, ïssam), en esco (íscam), dans aqiiesto (eccu[m] 
ístam) etc. ; dans les moiiosyllabes toniques en e et es: 
fe (fïdem) foi, fre (*frígidum) froid, fres (germ. frisk) frais, 
et dans la terminaison et (ïttum): aiicelet (*avicell-íttum) 
oiselet, etc. II est nioins fermé et bref dans les syl- 
labes ouvertes atones (protoniques ou métatoniques) : 
creaturo (crèaturam) créature, segui (*sèquire) suivre, 
separa (sêparare) séparer, prejiaiisa (prô-pausâre) proposer, 
resoun (rátíonem) raison, leva (lèvâre) lever; vole (de volo) 
je veux, aubre (árborem) arbre; dans les monosyllabes 
atones: de (de) de, que (quïd, quôd) que, dans les pro- 
noms conjoints me, te^ se, etc; dans les syllabes pro- 
toniques devant s, m, n suivies d'une autre consonne: 
espargo (áspárágum) asperge, escur (ôbscûrum) obscur, 
frescour (de germ. frisk) fraîcheur, vesti (vèstire) vêtir, 
espino (spinam) épine, enijjli (de ímplêre) emplir, menti 
(*mèntìre) mentir, entèndre (íntèndère) entendre, et dans 
la syllabe métatonique es: sèmbles (símûlas) tu sembles, 
rèndes tu rends, sabes tu sais, etc. 

2. L'è pravient, à la tonique, de ê libre et entravé 
(èro, nèblo, fèr, pè, pèr^ infèr, sèt, travès, bèsti), de ê libre 
dans les pénultièmes ouvertes (diadèmo, esjjèron), de aï 
latin dans mèste; il est analogique dans les terminaisons 
verbales è, ès, èron, èsse etc. (venguè, rendès^ mandèron, 
aguèsse). 

\jé provient de ê, ì libre ou entravé, a la tonique 
devenue finale (bourgés, empourtês, dirés; perqué, endre, 
espés) et à la tonique restóe pénultiènie quand elle est 
suivie, en provençal, d'un e.atone (aquéli, aquésti). 



10 Voyelles. 

ÌjO ouvert, iion mimi (run accent grave, provient, 
à la tonique et à Tatone, de è entravé et de i (y) en- 
travé devant rr ou devaìit r suivie d'une autre consonne 
(terroj belloj erbo; nerto, verd: errour, erbage, verduro). 

\je fermé, non affublé d'un accent aigu, provient, 
à la tonique, de ê Qi ï libre et entravé (pleno; vese, fe; 
aquelo, mete^ fre, aucelet^ -esso, -esco); à l'atone, de è, 
ê libre (leva^ segui, separa), aussi dans les monosyllabes 
proclitiques (me, te^ se^ de; Que)j de toutes les voyelles 
métatoniques après certains groupes de consonnes qui, 
devenues finals, demandent une voyelle d'appui (sèmble^ 
-es, aubre; il est analogique dans vese, vole^ sabe, -es, 
rèndes etc.) et, par exception, de ô libre dans prepausa, 
prepaus etc, de a, o suivis médiatement ou inmiédiate- 
ment d'une s et d'une autre consonne (espargo, escttr), 
et de a suivi d'un i en liiatus dans resoun (qu'il fau- 
drait écrire reisoiin, comme meisoun [mansiônem] maison). 
ìj'e est prosthétique dans les mots qui çommencent en 
latin par s suivie d'une autre consonne (s impure ; esj^és^ 
espino, estello). 

3. Jj'e ouvert (è^ e) du proveuçal répond aux 
sons français: e ouvert (de é et i entravés; de ê libre 
dans diadème, espèrent, et semblables, de i libre dans le 
suffixe es^ = ïtiam; et dans la 3^ pl. -èrent)^ ie (ié, iè) 
(de e libre tonique: pied, í^^\ <^i (cih de aï, dans maitre\ 
ij e, u dans les terminaisons verbales it, ez, asse, isse^ 
usse qui correspondent aux terminaisons provençales è, ès 
(ou és) et èsse, mais n'ont pas la même origine. 

L'e fermé (e et e) du provençal répond en français: 
k la tonique, à oi (de ê, i libre devant une consonne 
orale), à ei (de ê libre devant une consonne nasale: 



Voyelles. 1 1 

plp.ine\ à e fermé ou ouvert (daus la 2^ pl. -ez^ de -atis 
qui a remplacé êù'5, couservé eu proveuçal: direz\ de í • 
eutravé: je mets^ coSf celles, oiselef)^ à ie (daus les 2® pl. 
du subj. prés. en -iez^ de iatis, qui k remplacé êtis cou- 
servé ou iutroduit par aualogìe eu proveucal); à l'atouoî 
à é (de ê, è libre protouique: créature^ séparer etc, de e 
prosthétique : épine, étoïlé)^ à e sourd ou muet (de ê, e 
libre protouique; de e d'appui fiual), à a (de a eutravé, 
daus aspei'ge)^ à o daus obscur et proposer^ à aí (^íu^ daus 
fraîcheur (v. fr. freschetir) et raison. 11 reste saus 
correspoudauce s'il est aualogique eu proveuçal: je veuíc, 
je 5a/5, tu sfl25, tu rends etc. 

I. § 6. 

!• L'orthographe distiugue ì et i, . 

\jÌ s'emploie, daus des mots tels que Marìo Marie, 
patrìo patrie, pour marquer que Yi est touique et ne 
forme pas de diphtougue avec la voyelle qui le suit. 

IjÌ (ì) est fermé et loug, daus les pénultièmes 
ouvertes qui porteut l'acceut touique: patrìo (patrïam) 
patrie, /igfo (*fïca) figue, jito (jáctat) il jette, pitre (*pèc- 
torem) poitriue, ftoiirido (*florïtam) fleurie, dise (de dîco) 
je dis, service (servïtium) service, auriho (aurïciilam) 
oreiUe, poussihle (possíbilem) possible. II est fermé et 
moyeu (de quautité), à la tonique finale termiuée par / 
ou par is: ami (amicuui) ami, aqui (eccu[m] hîc) lk, fugi 
(*fugîre) fuir, segui (*sèquîre) suivre, merci (mercêdem) 
iherci; païs (pageuse) pays, Alis (Alèxiam) Alice, Azalaís 
(germ. Adelheid) Adélaïde. II est moius fermé et bref 
dans les syllabes fermées et a l'atone: cil (cìlium) cil, 
visqiie (*viscuam) je vive, quinge (quîndècim) quinze, vint 
(vïginti) vingt, lÌ7ido (lîmpïdam) limpide; famihié (famî-^ 




12 Voyelles. 

liarem) faniilier, verita (verítatem) vérité, figiira (f ígurare) 
figurer, lia (lígare) lier, jitello (*jáetellam) pousse, quita 
(quïêtare) quitter, dans les monosyllabes proclitiques: li 
(iUos, iUas) les, di (de iUos, iUas) des, mi (m[e]os, 
m[e]as) mes ete.; àvi (*âvmm) aïeul, àutri (alteras), 
autres, vitòri (victorïam) victoire, nèsci (nescïum) igno- 
rant. L'accent sur la pénultième tonique, dans les quatre 
derniers mots et dans leurs semblables, indique l'atonité 
de Vi final. 

2. L'i (ì) provient, à la tonique, de f libre et 
entravé (amij figo^ quinge, lindo), de i, dans les mots 
d'origine savante (patrìo, poussible)^ de è^ i suivis d'une 
palatale amoUie en i demi-consonne ou d'un i en liiatus 
(auriho, ^;2Ïre, Alis^ cil, service), de ê (i) précédé d'une 
palatale (païs, merci), de àc, remplacé peut-être par éc, 
dans jito. U est analogique dans les infinitifs fugi^ segui, 
et autres (voy. § 79). A l'atone, il provient de í; 
de i, même en hiatus, dans les mots savants (diadèmo; 
ve7'itaj fi^ira); de i sous l'influence d'un e suivant en 
hiatus (quita) ou d'une palatale suivante (lia); de àc pré- 
cédé d'une palatale (jitello); d'un ancien -es provençal 
(àutri^ li, di, mi); de i en hiatus dans les suffixes ium, 
iam (àvi, glòri^ vitòri). 

3, L'í correspond aux lettres françaises: i 
(à la tonique, de f, de i dans les mots savants, de i 
suivi d'une consonne palatale ou d'un i en hiatus [mais 
e dans oreille^^ de è suivi d'une palatale; à l'atone, de î, 
de i suivi d'une palatale ou d'un e en hiatus, de i dans 
des mots savants), e (de àc précédé de j: je jette, jeter, 
et de i métatonique en hiatus: gloire^ victoiré), et es (tlans 
mitres, mes, des etc). 



Voyelles. 13 

U. § 7. 

1. La voyelle w, prononcée comme u français, est, 
à la tonique, fermée et longue clans les pénultièmes 
ouvertes: lume (lûmen) lumière, luno (lûnam) lune, 
maduro (matûram) mûre, fruéio (frûcta) fruit; et fermée 
et moyenne (de quantité), à la finale, qu'elle soit 
suivie ou non (rune s ou (Uune r: perdu (*perdû- 
tum), vertu (virtûtem), nm (à côte de nudj nûdum) nu, 
segur (secûrum) sûr. A Fatone, et dans les syllabes 
fermées, Fu est moins fermée et moyenne (de quan- 
tité) ou brève: fiigi (*fûgîre) fuir, stisa (sûdare) suer, 
cuja (*cùgitare) penser, nul (nùUum) nul, umble (hiími- 
lem) humble, murmur (múrnmr) murmure. 

Sur Yu formant partie (rune diphtongue ou d'une 
tiiphtougue, voy. §§ 11 et 18). — L'n précédé de g 
et suiyi des voyelles e ou i, n'est qu'un signe diacritique 
et sert à marquer la prononciation palatale (viilgo gut- 
turale) du g: aguèsse (habuissem) que j'ensse, guiso 
(germ. visa) guise, manière. — Après g, Yit est sans 
valeur phonétique. Voy. § 18. 

2» L'w provient, à la tonique et à l'atone, de û 
libre et entravé, et de ú libre et entravé dans des mots 
d'origine savante (umhle, murmur). — L'it de qu est un 
reste de l'orthograplie latine et du temps oîi il se pro- 
nonçait encore comme ou consonne; aussi dans giij Yu 
était prononcé anciennement comme ou consonne. 

3. L'u proven(,'al est u aussi en fran(.*ais; il est 
ui dans fruit et semblables (de û suivi d'une palatale 
amoUie en i). — L'tt après g et q joue le même rôle 
dans les deux langues. 

Ue. § 8. 

1. Uej prononcé comme eu français, ost une simple 
voyelle. Au moyen âge, c'était une diphtongue composée 



14 Diphtongues Fortes. 

(le oii deini-consoime et de e. \jne qui ne se trouve 
qu'à la tonique, est fermé et prononcé comme \eu du 
mot francais hideux dans vue (ôcto) huit et Jueso (jôcô- 
sam) Joyeuse; il est ouvert et prononcé comme Veu des 
mots français leur^ meurt dans fueio (fòlia) feuiUe, plueio 
(*plôviam) pluie, desjnieio (de-*spòlia) dépouille, etc. 

3. Ue provient de ô libre tonique, suivi d'une 
consonne palatale amollie ou d'un i en liiatus; la A^oyelle 
est empruntée au français dans Jueso, écrit autrefois: 
Jeuso. 

3. En français, Vtie est représenté par eu (de ô 
suivi d'une l et d'un i en hiatus: feuille)^ par ui (de ô 
suivi d'une palatale et d'une consonue: liuity ou d'une 
consonne autre que l et d'un i en hiatus: plnie)^ par ou 
(dans dépouille, dont l'ou s'est introduit par l'analogie de 
la protonique; la forme régulière serait déiieuille, voy. 
feuille). 

% 9. C. Diphtongues Fortes. 

Les diphtongues fortes portent l'accent sur leur premier 
élément A^ocalique, tandis que le second, i ou îí prononcé 
conime ou français, se fait sentir plus faiblement. 

§ 10. a) Diphtongues dont le second élement 

est un i. 

1. Oui. — La diphtongue oui est une combinaison 
de la voyelle ou et de la A'oyelle i. EUe se trouve à la 
tonique: ouire (íítèrem) outre, coHare (côquere) cuire, fouire 
(fódère) piocher, jouine (jûvènem) jeune, nouiso (nau- 
séam) noise, angouisso (angìistíam) angoisse, et k l'atone: 
couirai (côquère habeo) je cuirai, fouirai (fódère habeo) 



\ 



Diphtongues Fortes. 15 

je piocherai, joiiinesso (*jûvènítiam) jeunesse, angouissous 
(angûstíosuni) plein d'' angoisse^ poiiisoiin (pôtíoneni) poison. 

Oi. — La (liphtongue oí, coniposée (t'un o ouvert et 
d'un i, se prononce comnie oi grec ou comme eii aHe- 
mand (dans heut aujourd'hui, Leute gens). Elle ne se 
trouve qu'à la tonique: Amhroi (Ambrôsium) Ambroise, 
galoi (de germ. gaili) joyeux, joio (gaudia) joie, et dans 
le rhodanien populaire, dans foi (folleni, au lieu de 
fòu) fou. 

Ai. — La diphtongue ai se prononce à peu près 
comme ail français; son a est phis fermé que Va de la 
diphtongue allemande ai (dans Kaiser etc), et les deux 
éléments de la diphtongue provençale sont moins unis. 
A la règle, ai ne se trouA'e qu'à la tonique: aigo (áquam) 
eau, aire (âèreni) air, aigre (âcrem) aigre, paisse (*pá- 
scère) paitre, maisso (mâxam) mâchoire, traire (*trágère) 
traîner, imire (pátreni) père, ijescaire (píscâtor) pêclieur, 
fai (fácit) il fait, mai (mágis) mais, ai (*ayo, de liábeo) 
j'ai, cai (cádit) il choit; devenu atone, Vai se change en 
ei: treirai (trâgère habeo), peirin (pátrïnum) parrain, etc; 
mais on dit irréguHèrement: jairai (*jácère habeo) je 
serai couché, cairai (cádere habeo) je tomberai. 

Èi. — La diphtongue èi, dont Vè est très ouvert, se 
prononce à peu près conime eil dans imreil. Elle ne se 
trouve qu'à la tonique: rèino (rêgînam) reine, glèiso 
(ècclêsiam) église, vèire (*vïd(3re) voir, rèire (rètro) arrière, 
crèire (crèdere) croire, tèisse (tèxère) tisser, counèisse 
(co[g]nôscère) connaître, èime (aestímo) opinion, vermèi 
(vermïculum) vermeil, lèi (lègeni) loi, j;èís (pïsceni) 
poisson, crèis (crêscit) il croît. — Devenu atone, èi^ 
comnie ai, se change en ei: vèirei veirai (vïdère habeo), 
etc Voy. ei et §§ 65, 77, etc 



16 Diphtongues Fortes. 

Ei, — La (liphtongue ei se proiionce comme èi sauf 
que Ye est fermé. Elle ne se trouve qu'à Tatone (à la 
protonique) et correspond aux diphtongues ai et è/, 
employées à la tonique: eigagno (àquâneam) rosée, eigri 
(de aigre^ âcrem) aigrir, treirai (trágere habeo) je traî- 
nerai, peirin (pàtrïnum) parrain, eiga (aequare) égaler, 
eirège (haerètïcum) hérétique, eisèmple (èxèmplum) exemple, 
leiiour (lèctôrem) lecteur, eicelènt (èxcellentem) excellent, 
eiça (ecce hâc) ici, creissèn {de crêscimus) nous croissons, 
couneissén (de côgnôscimus) nous connaissons, peissoun 
(*pïscionem) poisson, veirai (*vídère habeo) je verrai, 
Eimound (germ. Edmund) Edmond, eireja (de aire^ aêrem) 
aérer, meisoun (mansionem) niaison. 

Ui. — La diphtongue ui ne se trouve que très rare- 
ment: fui mésange bleue, eoustrui (constrûctum) construit, 
destruire (*destrûgere) détruire etc. 

Uei. — La diphtongue uei^ composée d'un eu (franyais) 
ouvert et d'un i faible, ou prononcé aussi comme eu 
ouvert suivi, dans la même émission de voix, A'u 
faible, ne se trouve que rarement, et seulement à la 
tonique: cueisso (cóxam) cuisse. 

3. Oui provient, à la tonique et à Tatone, de ú, 
ô, 0, au suivi d'une palatale, d'une dentale ou d'un i en 
hiatus (ouire, couirai^ pouisoun^ fouire, fouirai, nouiso, 
angouisso) et de íí suivi de v (jotiine, jouinesso). 

Oi provient, à la tonique, de ô et au suivis d'un i 
en hiatus. 

Ai provient, àla tonique (et quelquefois à Tatone), 
de a libre ou entravé et d'une palatale ou d'une den- 
tale, A^ocalisées en i; des mêmes voyelles et (run e (i) en 
hiatus (trairej lìaire^ fai^ cai; aire^ ai) et de a suivi d'une 
palatale non vocalisée (aigo^ aigre). 



Diphtongues Fortes. 17 

Èi provieiit, à la touique, <le ê, e, î libres ou en- 
través et <rune palatale ou d'une <lentale voealisáes en î, 
ou (les mênies voyelles et d'un i en hiatus (lèi^ rèire^ 
vèire, crèîre, èime, vermèiy lèi, crèis^ tèissey glèiso), de e et i 
eontractés (rèino), et, par exception, <le ô suivi <le sc 
(coimèisse, etc, à côté de coanouisse). 

Éi provient, à Tatone, <les mêmes sources que ai 
et è?, et de ae suivi d'une r dans eirège. 

Ui provient, à la tonique et à l'atone, de il et d'une 
palatale (destritire^ coustrui; destruirai etc). 

TJei provient de ô tonique et d'une palatale (cueisso). 

3. 0?u répond aux sons français: otc (de ti suivi 
d'une dentale: oiitre), oi (de îl, ô, aii suivi d'un i en 
hiatus), ui (<le ô et d'une palatale), eu (de úv dans jeune^ 
jeunesse), 

Oi est toujours oi aussi en français. 

Ai est représenté, en français, par ai (de a et d'une 
palatale amoUie, de a et (run e. i en hiatus, de a suivi 
<rune palatale non vocalisée), par è (de a suivi d'une 
dentale: i'èré)^ par ea(^w^ dans eau (aquam). 

Èi est représenté en fran<,'ais par oi (à la tonique, 
de ê^ i libre suivi ou non d'une palatale), par ei (de e 
et i contractés: reine\ par i (de ê suivi d'un i en hiatus 
et de é et d'une palatale amollie), par ie (de e libre 
tonique suivi d'une dentale: arrière)^ par ai (dans con- 
waîíre, de cognôscere), par eil (de ic7; vermeíî). 

-Éí répond aux lettres françaises: ai (de a et d'une 
palatale amoUie ou d'un i en hiatus: trairai, maison, de 
a suivi d'une palatale non vocalisée: aigrir^ et de ô devant 
sc dans connaissonSj etc), é (de ae suivi de qu ou de 
r: égaler, hérétique\ er (de î suivi d'une dentale et d'r; 

2 



18 Diphtongues Fortes. 

verraS)^ i (de èc devaiit i: ici)^ ec, ed (de è et d'uii c ou 
á, dans des mots d'origine savante: lecteiir^ Edmond)^ oi 
(de ê, i suivi de sc: croissons^ jìoisson), 

JJi et TJei répondent à iii français. 

Remarque. Les voyelles oii^ o, a, è, e, u, ue suivis 
des diphtongues faibles ioUy io, ia, iè, ie, (voy. § 12) en 
sont séparées par la prononciation : imiolo (= pa-iolo) 
paiUette, souleiado (souh'iado) coup de soleil, fueio (fue-io) 
feuille, etc. 

§11. b) Diphtongues dont le second élement 

est un u, 

Dans ces diphtongues, dont Yu équivaut à ou français 
(ouvert), on trouve conservée l'orthographe provençale du 
moyen âge. 

1. Ou. — La diplitongue óu, composée de o fermé 
et d'oií. ouvert, s'emploie à la tonique et à Tatone: dóu 
(de ïllum) du, óutro (iiltra) outre, óuteni (ôbtinere) obtenir, 
óubéi (òheAÌYe) obéir, óuvado (*ôvatam) contenu d'un oeuf, 
dóutour (dôctorem) docteur, dòutrino (dôctrinam) doctrine, 
òulivo (ôlivam) olive, óudour (ódorem) odeur, óumage 
(*hôminaticum) hommage. 

Ou, — La diphtongue ôíí, composée d'o ouvert et 
d'ou ouvert, ne s'emploie qu'à la tonique: mòure (*mô- 
vère) mouvoîr, mòu (môvet) il meut, plòure (*plôvère) 
pleuvoir, plòu (*plôvet) il pleut, pôí« (pâvor) peur, mòurre 
' (môlère) moudre, dòìi (*dôlium) deuil, fòu (fóllem) fou, 
vòu (*vôlet) il veut. — Devenu protonique, òu se change 
en ôu: mòure: móurai je mouvrai; 77ìòu7Te: mòurrai je 
moudrai. 

Au. — La diphtongue au se compose d'un a presque 
fermé et d'un ou ouvert; elle se distingue de la diph- 



Diphtongues Fortes. 19 

tongue allemaude surtout par rarticulatiou moius unie 
des deux éléments yocaliques: paraido (pârábôlam) parole, 
saumo (ságma) ânesse, auro (auram) souffle de vent, 
esmeraudo (smârâgdum) émeraude, autre (álterum) autre, 
saupre (sâpere) savoir, aubre (àrborem) arbre, fau (*fâco 
et fâgum) je fais et hêtre, mau (málum) mal, vau (yâdo) 
je yais. A Tatone, Ta, de au est ouvert; dans le langage 
familier, au protonique se change même en òu ou en ou: 
saumié (sâgmârium) sommier, sauna (sânguinare) saigner, 
aurai (hàbere habeo) j'aurai, aussa (áltiare) hausser, 
aucèu (ávicèllum) oiseau, aucire (ôccidere) tuer, aucidènt 
(áccidentem) accident. — L'accent sur Ya de àtdri etc, 
indique Tatonité de Vi final. 

Eu. — La diphtongue èw, composée d'un e très 
ouvert. et de ou ouvert, ne s'emploie qu'à la tonique: 
nèutre (neutrum) neutre, lèu (lèvem) vite, grèti (*grèvem) 
grave, nèu (nïvem) neige, dèu (dêbet) il doit, cèu (caelum) 
ciel, aucèu (âvïcèllum) oiseau, bèti (béllum) beau, mantèu 
(mantèllum) manteau, soulèu (sôlïculum) soleil. — Devenu 
atone, èu se change en éìi: dèure (*dêbêre), déurai 
(*dêbère habeo) je devrai. 

Êu. — La diphtongue éu se compose, au dire des 
félibres, de e fermé et de ou ouvert; en réalité, on pro- 
nonce un e ouvert bref devant Vou ouvert qui forme le 
second élément vocalique. FAle s'emploie à la tonique 
et à Tatone: béure (bïbère) boire, béurai (bïbère habeo) 
je boirai, véu^o (vïdûam) veuve, téule (têgiílam) tuile, 
aquéu (eccu[m] ïllum) celui-là, 2^éu (pïlum) poil. 

Remarque. L'accent sur Vo et Ve dans les diph- 
tongues óUj òu, èu, éu ne sert pas seulement à distinguer 
ces diphtongues entre elles et à marquer la prononciation 
de leurs o et e, il distingue aussi nos diplitongues des 

2* 



20 Diphtongues Fortes. 

simples voyelles ou et eii (remplacé aujourd'hui, à la 
règle, par tié). 

3. Oit provient, à la tonique et à Tatone, de û 
et xle l (ôutro)^ de el vieux provençal dans dóu; h l'atone,. 
de ô et de l (móurrai)^ de ó et d'une labiale (òuteni), 
dans des mots savants, de 6 et d'une palatale (dòutour)y. 
de ô suivi d'une labiale (p^ 6, v^ m) (òupinioun^ òuheïy 
'ôuvado, òumage) ou d'une l on d (óidivo, óudour). 

Ou provient, à la tonique, de ô et de v ou l (mòurey 
mòurre, mòu, dòu) et de a et áe v (pòu). 

Au (àu) provient, à la tonique et à Tatone, de au 
(auro), de a et d'une labiale (paraulo^ aurui, aucèu), de 
a et de í (àutri, aussa^ mau), de a et de r changé 
d'abord en l (auhre)^ de a snivi de (c)o ou de gu (vaUy 
fau)j de ag suivi de m ou de d (dans saumo, saumié, 
esmoì^audo)^ à Tatone, de a suivi de git (dans sauna\ de 
ô suivi de cc (aucire) et de a suivi d'un c double (auci- 
dèntj. — Dans saupre, reçaupre etc, Taie est analogique;, 
il s'était développé régulièrement, de a et A\i en hiatus, 
au parfait v. prov. saup (sápui) je sus, 

Èu provient, à la tonique, de eu (nèiitre)^ de é, ae 
et, par exception, de ê et i et d'une l simple ou double 
ou d'une labiale. 

Éu provient, à la tonique et à Tatone, de i, ê et 
d'une l simple ou double ou d'une labiale (péu^ aquéu,. 
héure, héurai) et de ê, ï suivi de gu ou d'un u en hiatus 
(téule. véuso). 

3. Ou est rendu, en français, à la tonique et à 
l'atone, par ou (de ul suivi d'une consonne et, à l'atone,. 
de ôl suivi d'une consonne); à Fatoue, par op^ oh, oc (de 
ces groupes latins suivis de consonnes) et par o íde o 
suivi d'une labiale, d'une l ou d'une m). 



Diphtongues Faibles. '21 

Oit est, en francais, eu (ìi la tonique, de ó et Ae a 
et d'une labiale ou d'une Z; par analogie aussi à Tatone, 
de ô et d'une labiale, dam pleiivoir) ^ ou (de o suivi d'une 
l ou d'un V quand il devient })rotonique ou est traité, 
par analogie, eonime protonique: mouvob\ moudre)^ euil 
(à la tonique, de ôl suivi d'un i eii hiatus: deuil). 

Au est représenté, en français, à la tonique et k 
l'atone, par au (de a et de Z, g ou d'une labiale), par o 
(de au, de a et d'une labiale ou d'une. palatale voca- 
lisées très aneiennement : parole, sommier)\ à la tonique, 
par al (mal)^ par ar (dans arhre)^ par ai (dans je /aî>, 
je vaís), par u- ou ai; (dans savoir, je 5ms); à l'atone 
par (de o suivi d'un c double: v. franç. ocire)^ par oí 
(de av devant c suivi de e; oiseau)^ par aí (dans saiqner\ 
par ac (dans accident). 

Eu est, en français, ezt (de eu: neutre)^ ief (de er, 
devenu íinal: grief)^ iel (de ael, èl devenu fìnal: cielX 
eau (de èll devenu íinal: beau)^ eil (de ï et de c'l: soleil\ 
oi (de ê suivi d'une labiale qui s'éteint en français: doit). 

m 

Eu est représenté, en fran^ais, à la tonique, par eu 
{de i et d'un ?( en liiatus: veuve\ par eí (de èlly devenu 
finíil; y. franv- cel)^ par oií (de ï libre et d'Z simple: 
poH)\ par líí (de ê suivi de gu: tuilé)^ à la tonique et, 
par analogie, aussi à l'atone, par oi (de ï libre suivi 
d'une labiale tonibée en français: hoire^ hoirai). 

D. Diphtongues Faibles. § is. 

Les diphtongues faibles portent l'aecent sur leur 
.second élément vocaUqne, tandis que le premier est formé 
par un i ou un ou demi-consonnes. L'í sonne, dans ces 



22 Diphtongues Faibles. 

diphtongues, à peu près comme \ej allemaiid, le y anglais; 
You demi-consonne de nos diphtongues s'entend dans le& 
mots français onestj ouate, etc. 

lou. — La prononciation de Yoii varie, dans la diph- 
tongue ioii^ d'après les mêmes lois que celle á'ou simple 
(voy. § 2): pioucha (de piocher) piocher, inouna (*pèdô- 
nare) pionner, enfiouca (ín-fòc-are) enflammer, enfioula 
(*in-phïál-are) mettre dans une fiole; aiours (aliôrsum) , 
ailleurs. 

lò, io, — lò et aussi io tonique ont Yo ouvert: fiò 
(f ôcum) feu, liò (lòcum) lieu, fiolo (phíàlam) fiole. L'ac- 
cent grave se met sur Yo de io dans les mêmes con- 
ditions que sur Yo siniple. — A l'atone finale, Yo de io 
est sourd: Mirèio, La même diphtougue 2o(avec o sourd) 
se rencontre aussi dans des mots tels que Marìo MariOy 
patrìo patrie oh, pour éviter l'hiatus, un i demi-consonne 
(y) s'intercale entre Yi tonique et Yo sourd, dans la pro- 
nonciation. 

la. — L'a de la diphtongue ia est fermé ou ouvert 
selon la place de Ya dans le mot (voy. a siniple, § 4): 
souìpiado (*sôlïculatam) coup de soleil, diahle (dïábolum) 
diable, viage (vïâticum) voyage, ^^mgre (*pèdâticuni) péagey 
baiardo civière, miasme (|JLtaa|JLÓç) miasme. 

Jè, iéj ie. — L'orthographe et la prononciation du 
second élément de ces diplitongues sont réglées par 
les lois qui décident de rorthographe et de la pro- 
nonciation de la simple voyelle e (voy. § 5): denié 
(denârium) denier, mounastié (mônastêrium) nionastèrey 
mié (mèdium) mi; mièjo (mèdiani) mie, demie, vièio 
(vèclam) vieille, piège (pèdicam) piège, Daniè Daniel, fièr 
(fèrum) fier; tiers (tertium) tiers. — Dans la terminaison 



Diphtongues Faibles. 23 

iero 011 proiioiice Ye fermé. Ceiix qui y proiioiieent Ye 
ouvert (dans les villes surtout) le font sous riuflueuce 
(les mots fran(,'ais en ière. — Angiiielo (auguïllam) anguiUe, 
/íero (fêriam) foire, fìerau (fêriale) champ de foire, fiela 
(fïlare) filer; vieì'ge (vïrgineih) vierge (dans vierginenco^ 
Yie se prononee comme i), etc. 

li. — La (liplitonoue ii^ composée de i demi-con- 
sonne et d'í, ne se rencontre que rarement: vièii (vètulas) 
vieilles (devant le substantif. Voy. § 45). 

Iue. — La diphtongue iiie^ composée de i demi- 
consonne et (Yeti fermé (l'eu des mots francais: feu^ 
vei(x) ne se trouve qu'à la tonique: niiie (nóctem) nuit, 
piîce (pòdium) puy. 

Quelquefois les diphtongues ioit, io, ia, ie^ etc, sont 
dissimulées par Forthographe. C'était le cas dans les 
mots en -?o; mais aussi 17i, qui doit marquer qu'un i et 
la voyelle qui suit forment deux syllabes diíîérentes, 
représente eu réalité un i demi-consonne qui s'inter,cale 
pour éviter rhiatus: fiho (fîliam) fille, auriìio (aurícûlam) 
oreille, j^/Aa (pilare ou *piliare?) piller, quihes (áe gerni. 
kiel) tu dresses comme une quille, etc. 

Oiia^ oite. — Les diplitongues dont le premier élé- 
nient est un ou demi-consonne, ne se trouvent que dans 
quelques mots empruntés au franyais: vouas ou voues 
(vôceni) voix, ouèst (germ. west) ouest, ou dans des 
mots ononiatopoéiques: croual (cri du corbeau). 

2. Les diphtongues faibles dont le premier élément 
est un i demi-consonne doivent leur origine: h la 
contraction d'un i avec la voyelle suivante qui for- 
mait anciennement une syllabe à part {piouna.^ viage^ 
piage etc; Yi nième est de provenance diff'érente: elle 



24 Diphtongues Faibles. 

provient, de èd daiis pioiina, picLg^-, de i dans viage et 
daiis des mots saAants: miasme^ Daniè^ etc), à rinter- 
calation d'nn i demi-consonne, qni sert à éviter Thiatus 
(patrìo, Marìo) et à la transformation d'une ancienne l 
mouiUée (de li suivi d'nne voyelle, d'une palatale [labiale, 
dentale] et d'une Z, quelquefois de l médiale isolée après í). 
en i demî-consonne (fiho, soideiado^ piJia), — De plus, la 
diphtongue ie (iê, iè) provient, à la tonique et, par ana- 
logie, aussi ì\ Tatone, de é libre (miéj vièio, fièr), de a 
et e suivis d'un i en hiatus dans les suffixes arium, 
erium, aria, eria (denié^ mounastié^ fiero, fierau)^ par 
exception, à la jtonique, de è entravé, suivi médiatement 
d'un i en hiatus (tiers) et de î entravé (vierge), eníin, 
à la tonique et h l'atone, de ï libre suivi d'une l 
(anguielo, fiela), — La diphtongue iò (io) provient de 
ôcu (fiò, liò) et de ia dans fiolo. Jj io se change en iou 
quand il devient protonique (enfiouca, enfioula), — La 
diphtongue iue provient, h la tonique, de ô et d'une 
palátale ou d'un i en hiatiis (niue, inue). 

3. Le francais tire ses diphtongues analogues 
iou., io, ia^ íè, íá, ie des mêmes sources que le provençal. 
Seulement Porthographe francaise conserve Yl mouillée 
(écrite ill, ll^ ou il) et l'r, dans le suffixe ier de ariuni, 
erîum. II n'y a pas iVi demi-eonsonne dans la terminaison 
ie qui correspond à Vìo provencal (Marie^ patrie). L'f latin 
suivi d'une l reste i (anguille, filer), ot Vè libre tonique 
devient 2, et non ie (ié, iè)^ s'il est suivi d'un i en liiatus 
(mi, mie). — lò, (io) est en francais ieti, dans lieu, eu 
dans feu^ io dans pliiole. lou est io dans pioclm', 
jnonner etc, ou dans louer (lôcare), ieu (écrit illeu) dans 
ailleurs, lo, avec o sour<l, est remplacé par ie i[i]lle) 
avec e nmet (fille, oreille). — lue est ui (nuit, puy.). 



Triphtongues. 25 

E. Triplitongues. §13, 

Ijes triplitougues se coniposent, h l'exception de uei^ 
de dîplitongues fortes précédées d'un i demi-consonne. 
Les trois A'oyelles se prononcent en une seule éniission 
de voix, et c'est la Toyelle médiale qui porte Taccent. 
Les diphtougues fortes qui forment la partie essentielle 
des triplitongues, sont sujettes aux mêmes règles d'Drtho- 
graphe et de prononciíition qu'elles suivent quand elles 
ne sont pas combinées avec un i demi-consonne. 

lai: hiais (*bifâcem) manière. — A Tatone, iai devient 
iei, Voy. «2, ei § 10. 

lèi: iyièi (*pôstèum) puis, vièi (vècluni) vieux, cerièiso 
(*cerèseam) cerise. 

lei: hieisa (de hiaìs) détourner. 

lòìi: viótiloiin (*vìtiilonem?) violon, vióula (víolare) 
violer. 

lòu: miòu (mfdum) mulet, hiòu (bovem) boeuf. 

lau: riau (*rivrdem) rival, pluiau (plíiviâlem) 
phivial, siati (súcâvem) tranquillement. 

lèu : jouièu (*gaudièlluni ? ) joyeau, fièu (germ. fèhu) fief. 

léu: iéu (egô) je, Diéu (dèum) Dieu, liéume (lègûmen) 
légume, miéu (méum) mien, riéu, (rïvum) ruisseau, viéure 
(vîvère) vivre, ciéuta (civïtatem) cité, fiéu (f ïlum et f ïlium) 
fil et fils, harriéu (*barrí}e) baril, inèucello (pûllicellam) 
pucelle, ciéune (cycnuni) cygne. 

luei: viuei (hôdie) [aujourd'Jhui. 

JJei, composé de u demi-consonne (prononcé comme 
Vu des mots francais huis^ j'^^^f) ^^ ^^ ^ (prononcé conime 
les diphtongues èi ou uei) ne se trouve que dans ourguei 
(germ. urguoli). Sur les auti^es niots écrits avec uei, voy. § 10. 

3. Les triphtongues iai^ iei, iau, ióu proviennent 
de la contraction d'un 2, prononcé autrefois séparément, 



26 Nasales. 

et des (liphtoiigues aij ei, an, óu dont les sources sont 
déjà indiquées (§§ 10 et 11). Dans Vait de siai(\ un ancien 
u a été changé en i. — La triphtongue ièi provient, 
h la toniqne, de é, ô et d'une consonne palatale ou d'un 
e (i) en hiatus (vièi^ pièi^ anciennement jpuèi). — La 
triphtongue iòìi provient, à la tonique, de ó et d'une 
labiale (v)^ et de U et d'une l vocalisée (biòu^ miòu). — 
La triphtongue ièu provient, à la tonique, de è et d'un u 
métatonique (fièu) ou de è suivi d'une l double vocalisée 
et précédé d'une palatale ou d'un i en hiatus. — La triph- 
tongue iéu provient de e, ê, î (ú^ y) et d'une labiale, 
d'un u métatonique, ou d'une l. EUe a souvent rem- 
placé I'ancienne diphtongue iu. — La triphtongue iuei 
provient facultativement (à côté de iué) de Ô tonique et 
d'une consonne palatale ou d'un i en Iiiatus. — La triph- 
tongue uei provient de uoli germanique. 

3. Les triphtongues iai^ iei^ iau et iòu ont pour 
c r r e s p n d a n t s f r a n ç a i s : iai {biais) ; iau et tiav (suave)^ 
et io (violon). — lèi est rendu par ieu (de è et de c[í]), 
par ui (de ô et d'un ^, i en hiatus) et par i (de é et 
d'un i en hiatus). — lòu correspond à oeuf (de ó et 
de v devenu fìnal);^ ièu h yau (de i et d'eíí) et à ief 
(de ô et d'n métatonique, devenu v [/*]); Wt à ieu (de 
e et d'ífc), à égu (dans légume), ìi tv et i (de ê et de v), 
à íi (de ï et d'/), á ít (de u, et d'Z) et à 2/.(/>ï (dans cygne). — 
luei a pour correspondant français ui', uei répond k we27. 

§ 14. F. Nasales. 

1. Les consonnes ni et n initiales et médiales 
isolées ou appuyées (c'est-à-dire précédées d'une con- 
sonne) se prononcent conime en fran^ais: niounte (de unde) 
oti, mar (mare) mer; camin (caminum) chemin, ama (amare) 



Nasales. 27 

aimer, flamo (flamma) flamme, amo (auimam) Rme^ ìioima 
(iiominare) iiommer; fmna (firmare) fermer, esmeimido 
(*smarag(lam) émeraude; naisse (*iïascere) naitre, noiirri 
(nutrire) nourrir, 7iato (mattam) natte, naj^ìo (mappam) 
nappe; iino (unam) une, douna (donare) donner; annau 
(nn = n longue ou segmentée) (annualem) annuel, 
annega (abnegare) renier, annèisso (adnexam) annexe, 
annestio (amnestiam) amnistie ; carnan (carnalem) charuel, 
garni (germ. warnjan) garnir. 

M et n médiales, suivies d'une consonne, qui, 
en francais, indiquent la nasalisation de la voyelle précé- 
dente, se prononcent de différentes manières. M devant 
une labiale (^, &, /", î;), n devant une dentale (í, d, ch 
= ts^ j = cZ^, s) et n devant une palatale (c = A:, q^ g) 
gardent le plus souvent leur prononciation ordinaire (m 
labiale, n dentale, et n vélaire = ng allemand dans 
Engel ange, singen chanter), surtout devant ies plosives 
(^;, &; f, c/?, c?, j', c, g, g). N médiale suivie d'une labiale 
se change en w, et aussi n finale subit ce changement 
devant un mot commencé par nne labiale, si ce niot est 
intiniement lié à ce qui précède. On prononce donc m 
labiale non seulement dans empourta (inde portare) 
emporter, tempesío (*tempestam) tempête, emjyli (implere) 
emplir, limbert {de limbum) lézard, umble (humilem) 
humble, Ambroi (Ambrosium) Ambroise, mais aussi dans 
inmourtau (immortalem), m'eìiimi (me inde vado) je 
ni'en vais, counfessa (*confessare) confesser, en plen en 
])lein, un paure un pauvre, noun pode je ne puis. On 
prononce une n dentale dans: counta (computare) conter,. 
canta (cantare) chanter, antico (antiquam) antique, en- 
chassa (*incapsare) enclicâsser, oundo (ùndam) onde, 
entèndre (intendere) entendre, rèndre (reddere) rendre,. 



28 Nasales. 

manja (iiiaiiducare) inanger, im jour (ununi diurnum) 
uu jour; n vélaire dans endaus (in-elausum) enclos, 
hlanqnet (de germ. l)lank) un peu blanc, engloiiti (*in- 
gluttire) engloutir, lengo (linguam) langue, langousto 
^(locustam) langouste. Les voyelles ])récédentes (aussi 
ow, 2, u) gardent la prononciation qu'elles ont rógulière- 
nient dans les syllabes fermées (voy. §§ 2, G, 7). 

A la fin des niots, quelquefois aussi à rintérieur 
des mots devant des consonnes, m et n qui terminent 
la syllabe, prennent la prononciation d'une n vélaire ou 
changent la voyelle précédente en une voyelle nasale 
très faible, suivie ou non d'une articulation ])resque 
inapercevable des consonnes m ou n, Les voyelles même 
(ow, 2, a) gardent aussi dans ce cas la ]ìrononciation 
qu'elles ont habituellement dans les syllabes fermées, 
aauf qu'elles peuvent être nasalisées. Seidement dans la 
terminaison verbale atone on (3® p. ])1.), Yo se change 
volontiers en ou (oitn au lieu de on), — La voyelle e 
devant w, m est écrite tantôt e, tantôt è. L'e sans 
accent, regarde comme e fermé par les félibres, est 
selon les lieux un e bref ouvert ou mi-ouvert; Vè de 
èn, èm est très ouvert. 

L'n finale devant un mot qui commence par une 
voyelle et qui est étroitement lié h celui qui précède, 
se prononce généralement comme n dentale (= n inter- 
vocalique): moitn ami (= moit'nami) mon anii, itn atitre 
^ií-naittre) un autre. Mais souvent Vn prend la valeur 
d'une n vélaire aussi dans cette condition. 

Xous rencontrons, dans notre langue, les groupes 
suivants : 

^um: roumpre (rumpere) romjìre, liloumh (])lûmì)um) 
jdonib, coumpaire (com-pater) compère. 



Nasales. 29 

• 
oun: moun (meum) moii, noiin (iiôn) iioii, resoim (ratiô- 
nem) raison, joun (jûnctiim) joint, mount (móntem) 
mont, founcl (fûndit) il foml, adoiinc (acl-dônique) • 
(lone. 

om: som (sônmum) sonnne, comto (cómputat) il compte. 
on: bon (bonum) bon, on (hòmo) on, font (fóntem) 

fontaine, front (frôntem) front, conte (cômputum)- 

conte. 
on atone: mandon (mandant) îls mandent, rèndon (red- 

dunt) ils rendent, valon (valent) ils valent. 

am: fam (fámem) faim, c(h)amp (cámpum) c(h)amp, 
Champagno (Cámpaniam) Champagne. 

an: man (máuum) main, an (ánnum) an, plan (plánctum) 
plaint, veiran (*vidère habent) ils verront, tant 
(tántum) tant, esperanço (*sperántiam) espérance, 
grand(gYaiìáem) grand,saM5f(*sanguem) saiíg^ sanglèìit 
(sànguilentum) sanglant, santa (sânitatem) santé. 

èm: tèms (tèmpus) temps. 

èìi: rèn (rèm) rien, bèn (béne) bien, sè7i (germ. sin) sens, 
couvènt (convèntum) couvent, jouvènt (juvèntum) 
jeune homme, rendènt (reddèntum) rendant, sonvènt 
(subïnde) souvent, Prouvènço (Provïnciam) Provence, 
rèndre (reddere) rendre. — Devenus protoniques, 
èm, èn se changent en em, en. 

em: trempa (tèmpérare) tremper, tempèsto (tèmpestam) 
tempête, empressioxm (impressionem) impression, 
empourta (inde portare) emporter, semhla (símúlare) 
sembler, remembra (remèmôrare) rappeler. 

en: en (ïn) en, sen (sïnum) sein, se)'ew (serènum) serein,. 
moumen (momèntum) moment, pen (pinctum) peint,. 
crenio (*trèmitam) craiute, vendiéu (de vendebam)/ 



i 



:30 Nasales. 

• 

je vendais, endoiirmi (ïn-Mormire) endormir, venta 

(vèntare) venter. 
im: simple (símplum) simple, simpatique (sympathicum) 

synipathique , impadènt (ímpatièntem) impatient, 

limbert (de rímbum) lézard. 
in: eììfin (in finem) enfin, camin (camïnum) chemin, 

rasin (racênmm) raisin, pomin (puUicênum) poussin, 

cinq (q[u]înque) ciuq, prince (prïncipem) prince, 

cinquanto (quînquaginta) cinquante, dins (de-intus) 

dans, indeclinahle (indeclinabilem) indéclinable, in- 

mourtau (immortalem) immòrtel, chin (canem) chien. 
nm: prefum (de per-fûmare) parfum, umble (hûmilem) 

humble. 
%in: un (ûnum) un, jun (jûnium) juin. 
ioun: nacioun (natiônem) hslúoiì^ parpaioun (*parpaliônem, 

au lieu de papiliônem) papilloíi. 
iaìi: ancian (anteânum) ancien, erian (de erant) ils 

étaient. 
ièn: x)aciènci (patièntiam) patience. 
ien: sarien (essere habebamus) nous serions, jìihen (h = i 

demi-consonne) nous pillions. 

On = n mouillée ne sé trouve, à la règle, 
qu'entre deux voyelles et se prononce toujours de la 
même manière: seynour (sèniorem) seigneur, bagna (bál- 
neare) baigner, degna (dïgnare) daigner, fegne (fïngere) 
{Qmàre^ jougne (jungere) joindre, vm^gougno (verecûndiam) 
vergogne. Gn initial ne se rencontre que dans quehjues 
mots onomatopoéiques : gyiac^ gnau\ aussi dans gnauïa 
(de niaula^ de miaula miauler), et peut-être même dans 
gnarro valet de ferme. 

3. L'm provient de m initiale (mar), de m médiale 
isolée (ama), double (flamo) ou appuyée (ferma)^ de m 



Nasales. 3 1 

devaiit uiie labiale (empli, chamj), limhei't)^ de m iiiédiale 
devenue finale (fam)^ de mn (som) et de m reneontrée, 
par la chute d'une voyelle atone, par n (amo^ nouma). 
II est prosthétique dans mounte. 

L'w provient de n initiale (naisse)^ de n médiale 
isolée, restée médiale ou devenue finale (doìina, hon)^ 
de n double devenue finale (an)^ de n appuyée (carnau)^ 
de m devenue contiguê à une dentale (conte)^ de m finale 
(Vèn, moíin)^ de m médiale isolée devenue finale (on, 
resoun) et de m initiale dans nato et napo. L'n est inter- 
calée dans rèndre^ empento (impïctam) gouvernail, ^;ew, 
pemho (pictum, -am), ansin (aeque sic) ainsi et langousto. — 
L'n double provient de n double médiale (annatt)^ de 
h et d'w (annega)^ de d et d'n (annèisso) et de mn 
(annestìo): 

Le groupe oxim provient, à la tonique et à Tatone, de 
ùm suivi d'une labiale (rQimpì'e^ ronmpèn)^ h Fatone, 
de ôm suivi d'une labiale (coumpaire). — Le groupe oun 
provient, à la tonique, de ô libre et d'une n médiale 
isolée devenue finale (resoun)^ de ô, û et d'une n ou m 
finale (moun^ noun) et, à la tonique et à l'atone, de ú% 
ôn, ôn suivis d'une consonne déjà en latin ou par la 
chute d'une voyelle atone (joun^ adounc^ mount). — Le 
groupe om provient, à la tonique, de ôm suivi d'une 
consonne (som). — Le groupe ow, à la tonique, de ô 
libre suivi d'une m ou n médiale isolée devenue finale 
(on^ hon)j de ôn 'suivi d'une consonne (font) et de ôm 
devenu contigu' à une dentale (conte). — L'on méta- 
tonique de la 3® pl. provient de 'unt et a remplacé les 
anciennes terminaisons an (de -ant) et en (de -ent). — 
Le groupe am provient, k la tonique, de a et d'une m 
médiale isolée devenue finale (fam) et, à la tonique et 



32 Nasales. 

à ratone, de am suivi d'une eonsonne (champ^ Chamjjagno). 
— Le groupe an provient, k la tonique, de a et d'une 
n simple ou double devenue íìnale (man^ an)^ de *habiint 
V. prov. aiin^ dans la 3° jd. des fnturs (veiran)^ à la 
tonique et à Tatone, de an suivi, déjà eu latin ou par 
la chute d'une voyelle atoìie, dime dentale ou d'une 
palatale (tant^ plan^ sanglènt\ santa). — Le groupe èm 
provient, à la tonique, de èm suivi d'une consonne 
(tèms). — Le groupe èn, à la tonique, de e, î et d'une 
m ou n íìnale (rèìi^ sèn) ou médiale devenue íinale (bèn)^ 
et de èn^ ïn suivis d'une dentale (jouvènt^ souvènt). — 
Le gronpe em provient, à Fatone, de èm et de ïm suivis, 
en latin ou par la chute d'une voyelle atone, d'une labiale 
(trempa^ sembla^ empressioun) et de ïn devenu contigu 
à une labiale (empourta). — Le groupe en provient, à la 
tonique, de ^, ï suivi d'une n médiale isolée. devenue 
finale (seren^ sen), à la tonique , et à Tatone, de in, én 
suivis d'une consonne (pen^ moumen^ m, endourmi^ venta) 
et de é devenu contigu à une dentale (crento). — Le grou])e 
im provient, à la tonique et à l'atone, de ïm et de ym 
suivis d'une labiale dans des mots d'origine savante 
(impaciènt, simpatiqiie). — Le groupe in provient, à la 
tonique, de ï libre et d'une n médiale isolée devenue 
finale (enfin^ camin)^ de è libre précédé d'un c et suivi 
de m ou n médiale isolée devenue finale (rasìn^ pou>cin)j 
à la tonique et à l'atone, de ïn suivi d'une consonne 
(cinq^ pritvce^ cinquanto)^ de in suivi d'une consonne 
dans des mots savants et dans dins^ du préfixe im 
devant une m (inmourtau)^ de a précédé de c et suivi 
d'une n médiale isolée devenue finale (chin). — Le 
groupe um provient, à la tonique, de û et d'une m 
médiale isolée devenue finale (prefum) ou de úm suivi 



Nasales. 33 

íruiie consoniie dans des niots savants (umble). — Le 
groupe itn provient de û libre suivi d'une n médiale 
devenue finale (itn^ Ìí^^V- 

Les groupes ioun^ ian^ ièn^ ien puisent leur i demi- 
eonsonne dans les mêmes sources que les diphtongues 
et triphtongues orales qui commencent par ce son (voy. 
§ 12); leur partie nasale (oim^ an^ èn^ en) a les mêmes 
origines que les groupes analogues qui ne sont pas pré- 
cédés d'un i. 

L'?i mouiUée, exprimée par gn^ provient de la fusiou 
d'une n avec une palatale précódente (degna) ou suivante 
(jougne^ fegne^ segnoiir^ bagna-, i, e en hiatus, prononcés 
comme i demi-consonnes, sont des palataleç; le groupe 
nd est traité, dans vergoiigno etc, comme n simple). 

3. L'm provençale est en français m simple (de 
in simple) ou double (de mm et de m'n). — L'n simple 
ou double, dentale ou vélaire, répond aux mêmes sons 
français; seulement le préfixe in suivi d'une m est im 
en frauçais (immortel), Mn ne s'assimilent pas dans 
ammstie. 

Le groupe oiim est, en français, om; le groupe oun: 
on, oin dans joint etc. (de únc suivi d'une consonne). 
Le groupe om est om aussi en français; on = on; on 
atone = ent; am est aim (de a libre et d'une m médiale 
isolée devenue finale: faim) et am (de am suivi d'une 
labiale) ; an est ain (de a libre et d'une n médiale isolée 
devenue finale et de ànc suivi d'une consonne: plainf) 
et an (de an suivi, en latin ou en roman, d'une dentale); 
èm = em; èn est ien (de è libre suivi d'une m finale 
[rien] ou d'une n médiale devenue finale), en (de ïn 
final, et de èìì^ în suivis de consonnes), an dans les 
participes présents des verbes en -i, -re (e) et -é; em est 

3 



34 Liquides. 

eíw, im dans les inots savants; en est, en frauçais, en 
(de in; de èn et de in suivis d'uno consonne), ein (à la 
tonique, de ê, i et d'une n médiale isolée devenue íìnale, 
et de inc suivi d'une eonsonne), et ain dans crainte 
(v. franç. crente^ criente)\ ini est, en francais, im ou ?/m 
(de î/w^0*5 ^^^ = ^^5 mais 2)n devant une m (immortel)^ 
an dans dans et /e?* dans cliien; um = mwi; t^n est un 
et wm (de û libre suivi d'une 72 et d'un i en hiatus); 
ioun = ion ou (i)llon; ian = ien (de ianum, eannm)-, 
ièn = ien; ien dans les V^^ p. pl. = ons, ions, (i)llons. 

Le groupe graphique gn est représenté en français par 
gn ou ign; par mrf, si, par la ehute d'une voyelle atone, 
un aneien gìi (= n mouillée, provenant de ng) est 
devenu contigu à une consonne (joindre^ feindre^ etc.). 

Les groupes frauçais om^ on^ am^ an^ em, e?i, im^ 
ym^ in^ îim^ im; om, am, em, î*m; ^o^, ?«??, am sont 
toujours des voyelles ou diphtongues (oin, ion^ ian^ ien^ 
liin) nasales quand ils se trouvent devant une consonne 
ou à la fin du niot. 

G. Liquides. 

§ 15. L. 

1. L7 simple et double se prouonce comme en 
français: lusi (hicere) luire, loit ([il]hi[m]) le, alo (alam) 
aile, aquelo (eccu[m] iUam) celle-la, cigalo (cicadam) 
cigale, Oile (Aegidium) Giles, palafren (paraveredum) 
palefroi, pelegrin (peregrinum) pèlerin, eisil (exiUuni) 
exil, 2)eril (pericuhim) péril, hal (de páXXetv) bal, calcul 
(de calculare) calcul, glòri (gloriam) gloire, fleira (fragrare) 
flàirer, troiinfle (triumphum) triomphe, j^arla (*para})olare) 
parler, estdlo (stellam) étoile, beïïo (bellam) belle. Dans 



Liquides. 35 

la proiioiiciation populaire, 17 est muette (levaut iê touique: 
iiapoulié (prououeé capouié^ capitularium) clief, voulié {de 
Tolebat) il Youlait, lié (lèctuui) lit. — II n'y a pas d7 
mouillóe dans notre dialecte. 

3. L'í provieut de l iuitiale isolée (hisi) ou 
appuyée {glòri)^ de l médiale isolóe (aZo), double (aquelo) 
ou appuyée {paraulo^ i^arla)^ de l double devenue initiale 
Qou)'^ à la fiu des mots, de l suivie d'un i en hiatus (eisil)^ 
de c7 {perïl) et de l simple ou double dans des mots 
savants ou empruutés (6aZ, calcul)\ de d médial isolé 
(dans cigalo et Gile)^ de r (par dissimilation: palafren^ 
pelegrin^ fleira). L7 est intercalée dans trounfle. — L7 
double latine est conservée, dans Torthographe, après è 
(et €?), dans rintérieur des mots {bello^ estello). 

3. Si elle u'est pas intercalée eu provençal, la 
letti'e l correspond toujours à une l simple ou double 
française. 

R. § 16. 

L'r est vélaire et pronoucée comme Yr normale 
des Parisiens quand elle est initiale: rcso (rosam) rose, 
roussignòu (lusciniolum) rossignol, Ben (Rhenum) Rliiu, 
jsuivie d'une consonne médiale: merma (minimare) dimi- 
nuer, messorgo (*meutitioneani) meusonge, arcié (*aciarium) 
acier, parjMÌoun (papiliouem) papiUon, torse (torquère) 
tordre, gelèbre (*gelabileni) gelé, epistro (epistolam) épître, 
diacre (diaconum) diacre, cofre (cophinum) coflfre, ourdre 
(ordinem) ordre, précédée d'une consonue: grand (grandem) 
grand, frucho (*fructa) fruit, ou quand elle est double 
(on ne prononce qu'une r): terro (terram) terre, arrousa 
(*arrosare) arroser, Fèrri (gerni. Fredrik) Frédéric. L'r 
«st vélaire, mais faible quand elle est finale et pré- 

3* 



86 Gutturales. 

cédée (le la voyelle oit: floiir (florem) fleur, toujour 
(totos diurnos) toujours, moins faible quand elle est 
finale après d'autres voyelles: èr (aêrem) air, mar (mare) 
mer, ou quand elle est suivie d'une consonne muette: 
discours (discursum) discours, vers (versus) vers, arc 
(arcum) arc. LV est muette, dans la prononciation 
populaire, quand elle est isolée et suivie des diphtongues- 
ia et ié: aguerian^ aguerias^ {de liabueramus, -atis) nous- 
eûmes, vous eûtes, pì'adarié (*pratariam) prairie, etc. 
Classiquement on prononce cette r comme toute r inter- 
vocalique (= r dentale). 

LV est dentale et roulée à ritalienne quand elle 
est seule entre deux voyelles: ero (erat) il était, caramèur 
(calamellum) caramel, caressa (caritiare) caresser, maduro 
(maturam) mûre. 

2. LV provient de r initiale, de r isolée ou 
appuyée, médiale ou finale, de rh initial {Ren^ Rosé)^ 
de l dans roussignòu^ caramèu^ gelèbre^ epistro^ titre^ et 
de n dans merma^ messorgo^ ourdre^ diacre^ cofre. II est 
intercalé dans a^'cié et parpaioun, — LV double latine 
s'est maintenue dans Torthographe ; elle provient de dr 
dans Fèrri, 

3. LV provençale est en français: r (ou rr) (de r 
etrr), rh (de r/i), et n dans mensonge. Elle reste sans. 
correspondance quand elle a été iutercalée. 

§ 17. H. Gntturales. 

1. Ij'h aspirée n'existe que dans quelques inter- 
jections onomatopoéiques : hui^ hep et autres. 

L'/i muette est employée pour figurer le son ch 
(= ts) et pour séparer deux voyelles: ahi^ lahut (arab, 
al'ud) luth, etc. 



W 



Palatales. 87 

Ancieuuement, Vh accompagnant l (Ih) représentait l 
mouillée; aujourd'hui cette double lettre est abandonnée 
avec rancienne prononciation, et on la remplace par un 
i (demi-consonne) dans Torthographe comme dans la 
prononciation: fueio (fòlia)- feuille, vièio (*vèclam) vieiUe. 
Mais en a conservé h dans les mots avec un ilh ancien, 
pour empêcher i et la voyelle suivante de former diph- 
tongue et pour marquer en même temps Yi demi-con- 
sonne (j allemand, y anglais) qui se prononce à la place 
de rancienne l mouiUée: fiho (filiam) fiUe, quiha {da 
germ. kegil) dresser comme une quiUe, piha (pilare) piller. 
Voy. §§ 12, 13. 

Dans hié (lectum) lit, qui se trouve à côté de lié 
et oîi ni h ni i ne se prononcent (voy. § 15), on emploie 
Vh pour distinguer ce mot de ié (ibi) y. 

3. 3. Sur la provenance de /í, prononcée i demi- 
consonne, et sur ses correspondants français, voy. § 12. 

J. Palatales. 

C. Ch. Qii. Q. — K. § 18. 

1. La lettre c a la prononciation dure du x grec 
ou du h allemand devant les voyelles oi/, o, a, u\ 
coumo (quomodo) comment, acoumpli (ad-complere) 
accomplir, contro (contra) contre, canta (cantare) chanter, 
car (quare) car, cassa (quassare) casser, cuja (cogitare) 
penser; devant les diphtongues qui commencent par une 
de ees voyelles: còu (coUum) cou, cuirasso (çoriaceam) 
cuirasse; devant les consonnes (l et r): clar (clarum) 
clair, crous (crucem) croix, cregne (tremere) craindre, 
vincre (vincere) vaincre; et, en cas de liaison, quelquefois 
à la fin des mots: à fioc (écrit ordinairement ^ô) e sang 



38 Palatales. 

à feu et à saiig. Le c íiiial appuyó est muet: arc (arcum) 
arc, vanc (vammm) élau, busc (*buscum) broussaiUeSy 
etc. — Devaut les voyelles e^ i et devaut les diphtougues 
et triphtougues commeuçant par ces voyelles, le c se 
pronouce comme s dure: cegiie (ciugere) ceindre, cinq 
(quiuque) ciuq, cinqiianto (quiuquaginta) cinquante, acènt 
(accentum) acceut, aiicèii (^aviceUum) oiseau, ciéune 
(cycnum) cygne, nacioun (nationem) uatiou, arcié (*aciarium) 
acier. On pronouce c de la même manière devaut oUy 
í?, a, íe, etc. quand il a une cédiUe: jjlaço (*platteam) 
place, traça (*tractiare) tracer, etc. — C initial tombe 
quelquefois devant r : rampo^ rampoun se disent générale- 
ment pour crampo (germ. kramp) crampe et crampoun 
(germ. krampo) crampon. 

Le groupe ch (voy. § 17) se prouonce connne ^6*: 
chaine (*caxinuni) chêne, chaminèio (*caminatam) chemiuée, 
chamhriero (*camerariam) chambrière, chaloupo (néerl. 
sloop) chaloupe, charlatan (it. ciarlatano) charlatan, clierpo 
(all. schílrpe) écharpe, chin (canem) chieu, chismo (axíafxa) 
schisme, frucho (*fructa) fruit, escricho (scriptam) écrite^ 
proche (propium) proche. 

Qii se prononce généralement comme k: quand 
(quaudo) quand, aqui (eccu[m] hic) là, nasqutre (de 
*nascui) je naquis. Quelques mots savants conserveut 
au qu sa prononciation latine: equacioun (aequationem) 
équation, equatour (aîquatorem) équateur, aquarello aqua- 
relle, etc. — Le q final de cinq ue se prononce (conmie Zc) 
que devant une voyelle: cinq ome cinq hounnes. 

La lettre h se rencontre dans quelques mots étrangers: 
hirsch (all. kirscli) kirsch, hirié (grec. xópte) kyrié, hilo 
(grec. yjXio^i) kilo, ìcermês (arab. qermez) kerinès. 



Palatales. 39 

3. Le c (liir, proiioiicé fe, provieht de c (k) initial 
(levaiit H, 0, a, Z, r, de cc devaiit te, o, a, de c appuyé 
devaiit n, o, a, í, r, de c inédial isolé devaiit t«, o toiiibés 
(tìoc)^ de c appuyé suivi de e dans vincre^ de gifc dans 
car, comio^ cassa^ aucun^ quaucun (voy. §§ 63, 64), de í dans 
cregne. II est ajouté ])ar analogie dans vanc (écrit aussi 
van), — Le c (^9 doux, prononcé 5 dure, provient de c 
initial et de c médial double ou appuyé devant e^ i {y\ 
de ci appuyé ou non devant une voyelle, de t médial 
double ou appuyé (sauf après 5, voy. § 2'2) suivi de e, i 
en liiatus (plaço^ traça)^ de ti niédial isolé devant une 
voyelle dans des mots savants (nacioun)^ de qu (devenu 
q=k très anciennement) suivi d'/ dans cinq et cinqiianto, 

Le groupe ch provient de ct médial suivi d'une 
voyelle qui ne tombe pas (fruclio)^ de pt médial dans 
escricho^ de j; niédial isolé suivi d'un i en liiatus (proche)^ 
de c devant a dans des niots empruntés au francais ou 
à d'autres dialectes du Midi {chin^ chaminèio^ chambriero^ 
etc), de ^, 6'//, sch (a)(), ci, etc. dans des mots étrangers 
(chaloiipo^ cherpo^ chismo^ charìatan). 

Qu et q proviennent de qu et de cu suivi d'une 
voyelle (aquì^ nasquère). 

Ija lettre k provient de k allemand (Mrsch)^ de x ou 
de )( grecs (kijrié., kilo)^ de q arabe (kermés)^ etc. 

3. Le c dur (= k) est en francais: c (dur), ch 
(de c initial et de c niédial double ou appuyé devant a), 
cc (de cc devant u, o); il est sans correspondance dans 
des mots tels que feu^ van (avec c médial isolé devenu 
íìnal, ou avec un c ajouté par analogie). — Le c doux 
(= s dure) est représenté, en francais, par c, par cc 
(de cc devant e et i) et, dans des mots savants, par t 
(dans le groupe ti suivi d\me voyelle: nation, etc). 



40 Palatales. 

Le groupe cli correspond aux lettres frauçaises: cli 
(dans la plupart des eas), it (de ct: fruit), t (de xyt: 
écrite), scli (schisme). 

Qíi^ g, k sont qUy q et k aussi en français. 

§ 19. G. Gu. 

1. La lettre g a T a r t i c u 1 a t i o n d u r e du ^ f rançais 
devant les voyelles ou^ o, «, n: gotito (guttani) goutte, 
goupil (*vulpeculum) goupil, gonnfla (conflare) gonfler, 
langousto (locustam) langouste, boutigo ([ajpothecam) 
boutique, aigo (aquam) eau, lengo (linguam) langue, 
galino (gallinam) poule, gasta (vastare) gâter, gtilo 
(gulam) gueule, segur (securum) sûr; devant des diph- 
tongues commençant par une de ces lettres: gau (gau- 
dium) joie, gaire (germ. weigaro) guère; et devant les 
consonnes (í, r): glèiso (ecclesiam) église, aiglo (aquilam) 
aigle, avugla (*aboculare) aveugler, grèu (^grevem) grave, 
granouio (*ranuculam) greuouiUe, gras (crassum) gras, 
grata (germ. kratton) gratter, grii^^i (germ. krippja) crèche, 
lagremo (lacrimam) larme, aigre (acrem) aigre, maigre 
(macreni) maigre, migrano (i^jiLXpavía) migraine. Le g 
final est muet: sang (sanguem) sang, poung (pugnum) 
poing, hourg (germ. burg) bourg; quand il se lie, par 
exception, il sonne comme k (c dur): susa sang e aigo 
suer sang et eau. — Devant les voyelles e et i et devant 
les diphtongues ou triphtongues qui commencent par une 
de ces lettres, legrseprononce comme dz: gènt (gentem) 
gent, vierginello (*virginellam) pucelle, estrange (extra- 
neum) étrange, singe (simiam) singe, vergié ou vergé 
(*viridiarium) verger, counget (commeatu'm) congé, hergié 
(vervecarium) berger, clergié (clericatum) clergé, juge 
(judicem) juge, piège (pedicam) piège, message (*missati- 
cum) message, sage (sapium) sage, gèu (gelu) gelée. 



Palatales. 41 

Sur le groupe gn^ prononcé comme n mouillée, 
voy. § 14. 

Le groupe gu^ qui correspond à qu^ a rarticulation 
dure de g et s'emploie (conmie le gh italien) devant les 
voyelles e, i et devant les diplitongues et les triphtongues 
commençant par ces lettres: guerro (germ. werra) guerre, 
gueita (germ. walitan) guetter, guitarro (xtô'ápa, esp. port. 
guitarra) guitarre, aguèsse (habuissem) j'eusse, segui 
(*sequire) suivre, anguieló (anguiUam) anguille, langui 
(jde languere) languir. 

3« Le g dur provient de g initial devant îí, o, 
?, r, de gg et de g appuyé devant les mênies lettres, de 
g devant a dans les mots d'origine populaire et plus 
régulièrenient dans les mots savants ou empruntés (voy. 
§ 20), de gu devant a et devant e, i tombés (lengo; sang)^ 
de g dans gn devenu íìnal {2^oung\ de lu germanique 
(anciemiement gii) et de v latin dans quelques mots 
où V avait pris le son du w germanique {goujjil^ gasta), 
de qu médial isolé (aigo; aiglo)^ de c médial isolé devant 
a dans des mots savants (boutigo)^ de c niédial isolé 
devant û et U Qangousto^ segur)^ par exception, de c 
initial (gounfta, gras^ grata, grtqn) et de c médial suivi 
4e l, r (glèiso, avugla^ lagremo^ migrano, aigre, maigre). 
Le g est introduit par analogie dans quelqnes parti- 
cipes passós (vougu, vengu^ begu^ môugu etc. voy. § 74), 
et il est prosthétique dans granouio. — Le g doux (= dz) 
provient de g initial ou médial appuyé devant e, /, de 
d appuyé suivi de e, i en hiatus (vergié)., de i en hiatus 
précédé de m (singe^ counget)., de n (estrange) et de p 
(sage)^ de Vc ou rf'c dans les sufíìxes fc/-, 'dica-.^ -dice- 
(message^ piège.^ juge^^ et de c devenu contigu à une r 
précédente (bergié^ clergié). 



42 ' Palatales. 

Le gToupo gu provieut de gn appuyó (angnielo, 
langiii)^ de g daus des mots savauts {Vu est iutercalé 
pour iudiquer le sou dur de g: naveguèn, de navega 
uaviguer), de w germauique {guerro^ gueita)^ de qu 
uiédial isolé (segui)^ de u eu hiatus précédé de Z, n^ 6, 
v^ c^ d daus plusieurs parfaits (vouguère, venguère^ heguère^ 
escriguère^ faguère^ veguère^ etc; voy. § 72), iudirectemeut 
de k daus guitarro. 

3« Le g dur est géuéralemeut g dur aussi eu 
frau(,*ais. Quelquefois il est j (de g suivi de a daus 
les mots d'origiue populaire: joié)^ gu (de gu et de w 
geruiauique devaut e, i frauçais: langue^ guère)^ qu (daus 
houtique)^ c (de c iuitial daus crèche)^ ou il est saus cor- 
res])oudauce (de qu médial isolé daus eaii^ de c uiédial 
isolé devaut u: sûr^ de c suivi d'uue r daus larme^ et 
daus les participes eu -gu: voulu^ lu^ mu^ etc). — Lie g 
doux proveuçal répoud toujours à uu g doux frauçais. 

Le groupe gu correspoud aux lettres frauvaises : gii, 
(de gu^ de g devaut e, i daus les mots savauts, et de lu 
germaiu), v (de qu médial isólé: suivre^ et de u eu liiatus 
daus quelques ])arfaits: écrivis^ etc) et u (daus quelques 
parfaits: je hus^ je wîms, etc voy. § 7*2). 

§ 30. J. 

1. La lettre j a toujours le sou de g doux (= dz) : 
jouvènço (*juveutiam) jeuuesse, toujour (totos diuruos) 
toujours, frejo (frigidam) froide, tijo (tibiam) tige, mounjo 
(mouachaui) religieuse, phiejo (à côte de plueio plus 
correct) (*])loviam) phiie, jamai (jaui uiagis) jamais, 
jaire (*jacère) gésir, jaune (galbiuum) jauue, jalous 
(zelosum) jalous, jardin (gerui. gardeu) jardiu, manja 



Dentales. 43 

(mandiicare) maiiger, chanja (cambiare) changer, venja 
(vindicare) venger, mejan (medianum) mojeii^ jita (jactare) 
jeter. 

3. Le j provient de j initial (jouvènço^ jamai^ 
jaire^ jitd)^ de g suivi de a (jaitne^ jarclin)^ de d suivi 
de e, i en hiatus (jour^ mejan)^ de d précédé d'une pala- 
tale amollie {frejo\ de i en hiatus précédé de h (tijoy 
chanja\ de v (pluèjo) ou de n (mounjo^ probablement de 
*moniam au lieu de monacham), de d et de c (d'c) qui 
se rencontrent par la chute d'une voyelle atone (manja^ 
venja)^ enfin <le z (dans jalous). 

3. Le^' provençal répond aux lettres françaises: 
jy g (devant e et i; de ^, <le h et d'un i en hiatus, de d'c, 
etc), y (de d médial et d'un i en hiatus: moyen) et i 
(de V et d'un i en hiatus: pluie). 

Remarque. Comme c doux a le son d'uns s dure, § 31, 
c'est-à-dire d'une sifflante dentale, ch cehii de ts, g doux 
et j celui de rf^, c'est-à-dire cehii d'une plosive dentale 
combinée avec une sifflante dentale, le provençal ne possède 
que les deux palatales k (écrit c, /c, qu et q) et çr dur 
(écrit g et ^u). Cependant il faut ajouter i demi-con- 
sonne que nous avons recontrée dans les diphtongues et 
dans les triphongues connnençant par i (voy. § 12), dans 
les mots en -ìo (voy. § 12) et représentée par une h en 
remplacement d'un ancien Ih (= l mouillée) (voy. § 17). 

K. Dentales. § 33. 

1. Les plosives t et d se prononcent comme en 
français: tahlo (tabulam) table, fiafre (theatrum) théâtre, 
Tihaud (germ. Thiodhald) Thibaut, trouha (*tropare) 
trouver, naturo (naturam) nature, gouto (guttam) goutfce, jitOr 



44 Dentales. 

.(jactare) jeter, qiiatre (quattuor) quatre, èstre (*essère) 
être, pastre (pastor) pâtre, moiirtaii (mortaleni) mortel, 
moimte (de unde) oîi; douna (donare) donner, sedo (setam) 
soie, amidoun (amyluni) amidon, óiidoiir (odorem) odeur, 
hada (*badare) béer, prendre (preliendere) prendre, rèndre 
(reddere) rendre, tèndre (tenerum) tendre, ladre (lazarum) 
ladre, absòiidre (absolvere) absoudre. Le t final est 
muet: picliot petit, cat (cattum) chat, amelet (*avicell- 
ittum) oiselet, poulit (politum) poli, ataliut cercueil, aut 
(altum) haut, souvènt (subinde) souvent, tantost (tantum- 
tostum?) tantôt (Vs devant t final se prononce), aquest 
(eccu[m] istum) ce, requist (*requaesitum) requis, mais il 
se prononce, en cas de liaison, dans la lecture de vers 
et dans certaines locutions: poulit enfant joli enfant, 
pichot ome petit homme, aquest ome cet homme, d'aut en 
has de haut en bas. Le d final est également muet: 
Mad (a-blatum) blé, pèd (pedem) pied, plaid (placitum) 
plaid, crid (de quiritare) cri, drûd (gall. drûto) dru, 
grand (grandem) grand. Dans la lecture, il est perniis 
de faire des liaisons telles que: lou blad es madur (le d 
.se prononce conime í); dans la conversation, en dit loìt 
hla's madur le bló est mûr. L'adjectif grand lie son d 
(prononcé t) seulement avec les substantifs qui le suivent: 
grand ome grand homme, mais on ne lie pas dans: grand 
e hèu grand et beau. 

La sifflante dentale s est dure (forte, sourde) à 
rinitiale, devant les consonnes, après les consonnes et à la 
fin du mot: sahít (salutem) salut, escoidan (*scholanuni) 
écolier, noste (nostram) notre, espés (spissum) épais, espanta 
(*expaventare) épouvanter, ahsòudre (absolvere) absoudre, 
■tJersa (versare) verser, dansa (gerni. danson) danser, 
òas (bassum) bas, dous (dulcem) doux, * bos (*buscuni) 



Dentales. 45- 

bois, nas (nasum) iiez, plais (placet) il plait. L's double 
qui ne se trouve qu'entre deux voyelles, est prononcée 
comnjie une simple s dure: aguèsse (habuissem) j'eusse^ 
aiissa (altiare) hausser, dessoitto (de-subtus) dessous, 
ressega (resecare) scier, angoiiisso (angustiam) angoisse, 
cotdssin (*culcitinum) coussin, eissello (axillam) aisselle, 
naisse (*nascere) naitre. L*s médiale isplóe est douce 
(sonore) comme en français: glèiso (ecclesiam) église,. 
caiiso (causam) cause, sesi (germ. satjan) saisir, ^;e5a 
(pensare) peser, siisa (sudare) suer, asata (adaptare) 
adopter, cousino (coquinam) cuisine, resonn (rationem) 
raison, lim (lucere) luire, trasèn (de *tragimus) nous tirons. 
Quelquefois Vs se prononce doucement devant des con- 
sonnes sonores: desvaga (*disvagare) divaguer, asbest 
(asbestum) asbeste. L's finale précédée d'une voyelle 
est muette, par exception, dans enclaus (in-clausum) 
enclos, repaus (de repausare) repos, dans tous les mots 
en -aisj excepté Ais (Aquas) Aix, et même dans la 
locution à'Z'Ais (ou mieux a^ Ais) à Aix; elle est 
régulièrement muette quand elle est précédée d'une con- 
sonne: discours (discursum) discours, dive^'s (diversum) 
divers, tieì's (tertium) tiers, dins^ dedins (de-intus, de- 
de-intus) dans, dedans, avans (abante) avant, sèns (sine) 
sans, tèms (tempus) temps. Pourtant on dit en liant 1'^ 
qui, dans ce cas, est douce et sonore: dins un prat dans 
un pré, cors à cors corps à corps, de tèms en tèms de temps 
en temps, avans ier avant-hier. 

La lettre -^, employée très rarement, se prononce 
comme z français, c'est-à-dire comme s douce ou sonore: 
^èle (zelum) zèle, zinc (de germ. zinn) zinc, Zerces (Xerxes) 
Xerxès, à-z-Ais (ad Aquas) à Aix. 

2« Le ^ provient de ^ initial, de t double (gouto)y 



46 Deiitales. 

de t appuyé (jnoi(rtau, imstre^ aiU)^ de t niéJial isolé daiis 
des mots savants {naturó) aussi quand il devient final 
(poiilit\ de th grec (ou germanique: fiatrey Tibaud)^ de 
d appuyó devenu final (souvènt; mounfe^ Ve de ce mot 
est ajouté après coup); il est intercalé entre s et r 
dans èstre. 

Le d provient de d initial, de d double, de d appuyó 
(^prmdre^ grand)^ quelquefois de d médial isolé (bada^ 
2)èd)^ surtout dans des mots savants (óiidour), de t médial 
isolé (sedo) aussi quand il devient final (hlad^ crid)^ de t 
appuyé dans (plaid^ pleideja) et, par exception, de l 
médiale isolée (dans amidoun et dérivés); il est intercalé 
entre s sonore (ou z) et r (ladre)^ entre î et r (absòudre, 
de absoFre), et entre n et r (tèndre). 

ÌjS dure provient de s initiale, de s appuyée médiale, 
de s o\x X suivis d'une consonne (noste^ espaventa)^ de s 
double devenue finale (bas)^ de s médiale isolée devenue 
finale, de sc médial devenu final (bos), de c suivi de ^, i 
devenu final (doiis)^ de fe, ti suivi d'une voyelle dans la même 
condition. L'é* double provient de ss (aguèsse\ de s initiale 
devenue médiale, dans des composés (dessouto^ ressega)^ de ti 
appuyé suivi d'une voyelle (atissa)^ de sti suivi d'une voyelle 
(angouisso)^ de x niédial isolé (aissello)^ de sc niédial 
(naisse), — L's douce provient de s médiale isolée (glèiso^ 
caU'So\ de s médiale précédée d'une n tombeé (pesa\ 
de c (qu^ g) niédial isolé antétonique devant e ou i (lusi^ 
cousino^ trasèn), de t módial isolé antétonique devant i 
en liiatus ou j germanique (resìin^ sesi), de d niédial 
isolé (susa^ asata)^ quelquefois de s on x suivis ^d'une 
consonne sonore (desvaga), — L'^ muette provient: 
(quelquefois) de s médiale isolée devenue finale (repaus^ 



Labiales. 47 

enclaiis)^ de s appuyée deveiiue finale (tèms^ deve)\9Ì) etc), 
de c appuyé suivi de e, i et de ti appuyé suivi d'une 
voyelle quand ces groupes deviennent finals (tie>'s)^ de 
t et d'une s finale ((Uns)\ Ys est analogique (ou para- 
gogique) dans quelques particules (sèns^ avans). — La 
sifflante sonore z pro^dent de z (Q et de ít, dans des 
mots savants ou étrangers (2:inc^ Zeì'ces)^ et de d devenu 
intervocalique dans ad (dans quelques locutions, ]). ex. 
à'Z'Ais). 

3. En général, les consonnes í, rf, s dure, douce ou 
muette, et 2: correspondent aux mêmes lettres fran- 
çaises. Mais il faut excepter: t initial de th qui reste th 
(théatre Thibaiid)^ t de t double qui persiste souvent (gontte)^ 
t et d áe t médial isolé devenu final, qui tombe règulière- 
ment (poli^ hle)\ d et s de d médial isolé qui tombe 
également (6éer, sueì')^ s de s, x^ c®' ^ qui disparaissent 
s'ils sont suivis d'une consonne et devenus contigus 
à une consonne (écolieì'^ épais^ notre^ é^mivanteí^ 
naître^^ et Vs analogique qui manque dans avant (prov. 
avans) mais qui s'ajoute, au contraire, à la fin de beau- 
coup de formes verbales françaises (1. sg. prés., iniparf., 
imparf. fut., parf.). — L's finale du provençal est rem- 
placóe, en français, quelquefois par x (donx) ou par 
z (nez). 



L. Labiales. §33. 

Les consonnes labiales ^?, &, /", v se prononcent comme 
en français: xmrla (*parabolare) parler, apela (appellare) 
appeler, plònre (*plovere) pleuvoir, 2)resso (pressam) presse, 
parpaioun (papilionem) papillon, sòupre (sulplmrem) soufre; 



48 Labiales. 

-- bèit (belluni) beau, hoxdsso (*buxiclam) boite, hergié 
(*berbìcariuni au lieu de vervecarium) berger, blu 
(gerni. blao) bieu, hras (brachium) bras, gaha (nor. gabba) 
gabe, ahilìo (*apiculam) abeille, riho (ripam) rive, sahé 
(sapere) savoir, roiihitste (robustum) robuste, rauho (germ. 
rauba) robe, tahlo (tabulam) table, douhle (duplum) double, 
nèblo (nebulam) brouiUard, cahro (capram) chèvre, lihre 
(iibrum) livre, lèhre (labram) lèvre, camharado (esp. 
camarada) camarade, erho (herbam) herbe, herhis (ver- 
vecem) brebis, enihla (involare) enlever, semhla (simu- 
lare) sembler, trèmhle (tremulum) tremble, courha 
(curvare) courber; — fenèstro (fenestram) fenêtre, fe 
(vicem) fois, fantasié (phantasiam) fantaisie, flamo 
(flammam) flamme, froumage (*formaticuni) fromage, óufri 
(*oflferre) offrir, trounfle (triumphum) triomphe, infèr (in- 
fernum) enfer; — veni (Yeiúre) venir, vue (octo) huit, vounge 
(undecim) onze, vouga (germ. wogen) voguer, avé (habere) 
avoir, janvié (januarium) janvier, servi (servire) servir. — 
B se proiionce comme p devaiit s dure (sourde) : ahsòudre 
(absolvere) absoudre. — A la fin des mots, p eì h sont 
muets: tap (germ. tap) tampon, cop (colaphum) coup, 
gip (gypsum) gypse, trop (germ. thorp) trop, loup (lupum) 
loup, sup myope, Aup (Alpes) Alpes, saup (voy. § 73) il 
sait, reçaup il reçoit; Jacoh (Jacobum) Jacob, ploumh 
(plumbum) plonib. Dans la lecture des vers et dans 
quelques locutions toutes faites, le p final se lie avec la 
voyelle initiale du mot suivant: de cap à pèd de pied en 
cap, gip e mourtié plâtre gâché avec du mortier. — L'f 
finale se pronoiice: haf^ paf^ houf (onomatopoées). Un v 
final n'existe pas. 

Le provençal possède, en outre, la spirante labîale 
w Qu ou demi-consonue dans le qu prononcé à la latiiie 



Labiales. 49 

(voy. § 18) et dans (|uelques mots empruntés au français 
(voy. § 12). 

3. Le p provient de p initial, de p double et 
appuyé, de |)/a (dans cop^ écrit aussi cô, et dans sônpre) 
et, dans rorthographe seulement, de p médial isolé devenu 
final (capj loup), — Le b provient de b initial, de b double, 
de b dans les groupes 6r, &7, de b appuyé, de b médial 
isolé dans quelques niots savants ou étrangers (roubuste^ 
raubo\ de p médial isolé (ribo et dérivés, abiho^ sabe), 
de ce même p devenu initial dans boutigOj de p dans les 
groupes ^;Z et |;r (double^ cabro) et, dans quelques mots, 
de V initial et de v médial appuyé (berbis^ bergié^ embla^ 
courba) ; le b est intercalé entre t» et l (sembla^ trèmbU)^ 
entre m et r (cambro) et dans cambarado. — L'/" provient 
de f initiale, de f double, de f appuyée, et quelquefois de 
ph (cp) grec ou de v initial ou médial (fe [vicem] et 
palafren), — Le v provient de v initial et de v médial 
isolé et appuyé, de b médial isolé (avé)^ exceptionnelle- 
ment de w germanique initial (vouga^ et de u en hiatus 
(janvié), II est prosthótique dans vue et vounge, 

3, Les consonnes p^ i, /*, v correspondent, k la 
régle, aux mênies consonnes françaises. Cependantj^ 
de p double reste pp) en français (appeler)^ p final de p 
médial isolé devient f (chef^ etc.) ou disparaît (je sus^ 
je reçus)^ et aussi p de ph est f dans soufre; — è de ^ 
médial isolé et de p suivi d'une r devient v (rive^ savoir\ 
chèvre^ livre)\ le b intercalé de cambarado n'a pas de 
correspondance (camarade) ; — Vf de /f est une f double 
en français (offrir)^ Yf de ph est j;/i dans triomphe et 
autres; — le v prosthétique manque dans les mots français 
huit et onze, 

4 



50 Remarques. 

M. Eemarques. 

§ 34. Sìgnes diacritìqucs. — Liaison. 

Signes orthographiques. On counaît déjà Femploi 
(les acceuts^), de la cédille (voy. § 18), de Vii dia- 
critique (voy. § 17). On emploie encore comme signes 
orthographiques : le trénia qui se met sur i ou e pour 
les détacher d'uue autre voyelle: countrihuï (contribuere) 
contribuer, pouesìo ]}oéúe\ le trait-d'union qui niarque 
les mots composés: arc-de-sedo (arcum de seta) arc-en- 
ciel, lie le pronom meme avec (Vautres pronoms: iéu- 
meme moi-même, nous-àutri'meme nous-mêmes, et les 
pronoms personnels ou les adverbes pronominaux avec 
leur verbe quand ils en sont précédés: acampen-se réunis- 
sons-nous, j;ewsa5-íá pensez-y, et Fapostrophe qui indique 
les élisions. 

L'apostrophe prend la ])lace d'une voyelle su])priniée 

dans les formes de Tarticle lou et la (Z'), dans les j)ronoms 

/ personnels me, fe, se, lou^ la (m\ t\ s\ V)^ dans ié (ibi) y, 

lui, leur: i*a il y a, dans ne (in<le) en: n'ai j'en ai, 
n'ié^n fau il hii en faut, dans un après un verbe ter- 
miné i)ar a, é, i: ama 'n ome aimer un liomme, dans 
se (si) si (s'), et dans les j^répositions de et emé: es 
passa 'm^éu il est passé avec hii. 

Sur la liaison voy. §§ U, 18, 19, 22 et 23. En 
général, la liaison a lieu dans les niêmes conditions quen 
français. Elle est rare dans la conversation oìi elle se 
borne })resque entièrement à des locutions toutes faites, 
nioins rare dans le discours et dans la lecture des vers. 
Cependant les j^aysans en sont quelquefois extrêmement 



^) On n'emploie jamais racceut circonílexe. 



Article. 51 

prodigues et intercalent même, entre deux voyelles, des s 
(douces ou sonores) et des n purement euplioniques, 
iutroduites sur le modèle des liaisons légitimes. 



11. Article. §35. 



L'article défini Zom, la dérive de raccusatif du 
démonstratif latin [il]le^ [il^la^ Farticle indéfini de Tac- 
cusatif du numéral tmiis^ una, 

La langue proyençale n'a pas de déclinaison propre- 
ment dite, n'ayant pas de désinences qui constituent les 
cas. Elle y supplée par les prépositions de et à.' La 
préposition de désigne le génitif (et l'ablatif), la pré- 
position à marque le datif. L'accusatif n'est distingué 
du nominatif que par la place qu'il occupe dans la 
phrase. Le nominatif précède le verbe, l'accusatif le suit. 

Les prépositions de et à forment avec rarticle les 
contractions suivantes : 

de loîi en dóu à lou en au 

de li en di à li en i 

de lis en dis à lis en is. 

Les voyelles ou et a des formes lou et la s'ólident 
et sont remplacées par une apostrophe devant une voyelle. 
La voyelle de la préposition de s'élide aussi devant un 
et une, La préposition à prend souvent une n eupho- 
nique pour empêcher l'élision ou l'hiatus: à-n-Estève h 
Etienne, à-n-un sòu li cerieso à un sou les cerises. Dans 
quelques anciennes formules, un 2: s'intercale h la même 
place: à-z-Ais à Aix, à'2:-At a Apt, à-z-Aup à Aups; 
à'Z'auto voues à haute voix. 

4* 



54 Substantif. 

2)rene fiò preudre feii trouba mèstre trouver le maître 
prenecourso^vanc ])renAre d'uu objet perdu 

son élan douna set altérer 

prenegardo prendre garde douna som faire venir le sommeil 

teni comte tenir compte douna fam provoquer l'appétit 

teni aubergo tenir au- douna fèbre donner la fièvre 

berge douna paraido donner parole 

teni tèsto tenir tête pourta esfrai^ ourrour inspirer 

de Teffroi, etc. 



IIL Substantif, 

A. Grenre. 

§30. 1. Le genre des substantifs provençaux comparó 

avec celui des substantifs latins. 

Les masculins et les neutres latins deviennent 

masculins; les féminins latins gardent leur genre 

féminin. 

Cependant un assez grand nombre de substantifs font 

exception. Nous en citons les suivants: 

a) Les noms abstraits en -our sont féminins 

quoiqu'ils dérivent de masculins latins en -or, 
La coulour (colorem) la couleur 
la clarour (clarorem) la lueur 
la doulour (dolorem) la douleur 
la favour (favorem) la faveur 
la liquour (liquorem) la liqueur 
uno ôudour (odorem) une odeur 
la valour (valorem) la valeur 
li mour f. (mores) les mtìeurs 
la pòu (pavorem) la peur. 



Substantif. 55 

Sont exceptés: amour (amoreni) m. et f. amour, 
ounoiir (lionorem) m. et f. lionneur, vapeur (vaporeni) 
m. la vapeur et le vapeur (bateau). 

b) Les substantifs qui dérivent de pluriels latins 
du genre neutre en -a, soit substantifs soit adjectifs, 
et qui ont cliangé cette terminaison en o sourd, sont 
féminins. 

Vno armo (arma) une arme 
la corno (coniua) la corne 
la fîieio- (folia) la feuiUe 
la fèsto (festa) la fète 
la grano (grana) la graine 
la joio (gaudia) la joie 
la lahro (labra) la lèvre 
la ligno Qì^n^) le bois à brùler 
la velo (vela) la voile 
la himiero (luminaria) la lumière 
imo ensigno (insignia) une enseigne 
la bataio (*battualia) la bataiUe 
la meravìho (mirabilia) la merveiUe 
la muraio (muralia) la muraille. 
Parmi les substantifs provencaux qui prennent un 

autre genre que les mots latins dont ils dérivent, nous 

citons encore: 

c) Masculins devenus féminins: 

1. Avec changement de la désinence latine. 

Esi)argo (*asparagam au lieu uno oìio (*hortam) un grand 

de asparagum) f. asperge jardin 

la frucha (*fructam au lieu la passero (*passerani) le 

de fructum) le fruit moineau femelle 

la figo (*ficam) la figue la raio (*radiam) la raie 

la graso (*gradam) le degré la ramo (*ramani) la ramée. 



56 Substantif. 

2. Sans cliangemeiit de la désinence latine. 

La carce (carcerem) la prison la mar (mare) la mer 

la lèbre (leporem) le lièvre la coimeto (cometam) la 

la flour (florem) la fleur. comète 

la jyaret (*paretem) la paroi la planeto (planetam) la 

la dènt (dentem) la dent planète. 

la font (fontem) la fontaine ' 

d) Féminins devenus masculins: 

IJn auhre (ai*borem) un arbre; lou dialèíte (dialectum) le 
de même les noms de la dialecte 

plupart des arbres lou sinode. (synodum) le 

un agland (de glandem) un synode 

gland un paragrafe (paragraphum) 

un art (arteni) un art le paragraphe 

lou sort (sortem) le sort un image (imaginem) une 

image. 

§ 31« 2. Le genre des substantifs déterminé d'après 

la signification. 

I. Sont du genre masculin: 

a) les noms des liommes et des animaux mâles. 

Lou imire (patrem) le père 

un loerdigau (perdicalem) un perdreau. 

b) les noms des saisons, des mois, des jours, des 
parties de la journée et des points cardinaux. 

Lou printèms (primnm tem- un autoun (auctumnum) un 

pus) le printemps automne (niais: mwo a?*- 

ìin estiéu (aestivum sc. tenipus) toimo [auctumnam]) 
un été 



Snbstantif. 



57 



un ivèr (liibernum sc. tem- 

pus) un hÌYer 
janvié (jaimarium) m. jan- 

vier 
febrié (februarium) m. fé- 

vrier 
mars (martium) m. mars, etc. 
lou diminche (domìmcimi sc. 

diem) le dimanche 
lou dilun (diem Lunae) le 

hmdi 
lou dimars (d. Martis) le 

mardi 
lou dimècre (d. Mercurii) le 

mercredi 
lou dijòu (d. Jovis) le jeudi 
lou divèndre (d. Veneris) le 

vendredi 



lou dissate (d. sabbatis) le 

samedi 
lou matin (matutinum sc. 

tempus) le matin 
lou miejour (medium diur- 

num) le midi 
lou sèr (serum) le soir (mais: 

la niue [nocteni] la nuit 

et la miejo-niîie [mediam 

noctem] le minuit) 
lou nord le nord 
lou sud le su(i 
Vèst m. Fest 
lou levant (levantem) le 

levant 
Vouèst m. Touest 
lou poìinènt (ponentem) le 

couchant, etc. 



c) beaucoup de noms d'arbres et d'arbrisseaux et 
les noms des métaux. 



Lou bouis (buxum f.) le 

buis 
lou ciprès (cypressum f.) le 

cyprès 
lou frais (fraxinum f.) le 

frêne 
lou roure (robur) le rouvre 



lou laurié (*laurearium) le 

laurier 
V argènt {RYgentmn) m. argent 
lou ferre (ferrum) le fer 
Vor (auruni) m. Tor 
lou ploumb (plumbum) le 

plonib, etc. 



II. Sont féminins: 

a) les noms des femmes et des animaux femelles: 
La maire (niatrem) la uno galino (gallinam) une 

mère ])oule. 



58 Substantif. 

b) Les noius des pays, des îles et des viUes ter- 
miiiées par uii o sourd. 

La Franço (Frauciam) la Za/Sotíïsse^Suetiam^laSuisse 
France la Sicilo (Siciliam) la Sicile 

lu Belgico (Belgicam sc. Roumo (Romam) Rome 

terram) la Belgique yíe9îo(Viennam)Yienne, etc. 

et les noms de ville suivants: 

Sioiin Sion Tir ïyr 

Jenisalèn Jérusalem Ilioim Ilion, etc. 

Menfi'S Memphis 
IjCs pronoms personnels rapportés à un nom de 
ville ne s'emploient qu'au féminin, le mot de vilo (villam) 
ville étant sous-entendu. 

3. Substantifs qui présentent les deux genres. 
§ 33. a) Noms de personne qui sont masculins ou féminins 

suivant le sexe de la personne dont on parle. 
Aubergisto {de germ. hari- cambarado (esp. camarada) 

berga) m. et f. aubergiste m. et f. camarade 

elèvo (cle elevare) m. et f. enfant (infantem) m. et f. 

élève enfant 

artisto m. et f. artiste Israelito m. et f. Israélite. 

b) Substantifs qui changent de genre d'après la 
' signifìcation. 

Loit gardo (germ. warda) la gardo la garde 

le garde 
iin ensigno (insignia) un en- uno ensigno une enseigne, 

seigne, un porte-drapeau un in<lice 

ìou memòri (memoriam) le la memòri la mémoire. 

mémoire 

c) Substantifs dont le genre diffère au singulier et 
au phiriel. Amour (amorem) amour est masculin au siu- 
gulier et féminin au phiriel dans le sens de passion. 



Substantif. 59 

(l) Substantifs qui sont des deux genres saus qu'au- 
cune (lifférenee de signification ou d'emploi soit visible. 
Ounoitr m. et f. lioinieur (le féminin est le genre 

régulier du vieux provençal; le masculin a été 

refait sur le latin) 
saio (sagam) m. et f. sorte de sarrau 
delice m. et f. (delicium et delicia?) délice 
fre (frigidum) m. et f. froid 
caud (calidum) in. et f. chaleur 
gau (gaudium) m. et f. joie, et beaucoup d'autres 

neutres latins sing. qui sont deveims des substantifs 

provençaux. 

4. Le genre des substantifs provençaux comparé§83. 
avec celui des substantifs français. 
En général il y a accord dans le genre des deux 
langues. Sont exceptés: 

a) Quelques substantifs où le provençal a conservé 
'le genre latin, tandis que le français a changó de genre. 

La salîit (salutem) le sahit 

la i)ouisoun (potionem) le poison 

la miejo-niue (mediam noctem) le minuit 

uno ounglo (ungulam) un ongle 

li gènt (gentes) f., les gens m. et f. 

b) Quelques substantifs oii le francais a gardé Tancien 
genre, tandis que le proven(,*al a changé: 

Lou tempe (tempora) la tempe 
un image (imaginem) une image 
la sau (salem) le sel. 

c) Quelques substantifs oìi il y a une dérivation 
différente. 

La clastro (claustra) le cloître (claustreum) 
lou cuié (cochleare) la cuiller (cochlearia) 



N 



62 Substantif. 

3. Quelquefois le même mot s'emploie au mas- 
culin et au féminin: enfant, elèvo^ cambarado^ artisto^ 
etc. Voy. § 32. 

4. Un certain nombre cle substantifs qui s'appliquent 
de préférence aux homnies, conservent le genre mas- 
culin même lorsqu'on les applique à des femmes: 
im autour un auteur, une femme auteur, un escrivan 
(scribanum) un écrivain, lou pintre (*pinctor) le peintre, 
lou pouèto (poêtani) le poète, etc. Les noms d'animaux 
n'ont généralement qu'une forme pour désigner les deux 
sexes, et Tusage donne aux uns le genre masculin, aux 
autres le genre féminin, p. ex. lou roussignòu (*lusciniolum) 
le rossignol, la pantèro (pantlieram) la pantlière. Quand 
il s'agit de déterminer le sexe de ces animaux, on ajoute 
aux noms les niots de mascle (masculum) mâle et de 
femèu (*feminellum) femelle: lou rousstgnòu mascle^ lou 
roussignòu femèu. 

§ 35. C. Flexion. 

L'ancienne déclinaisou provencale qui distinguait les 
cas sujets et les cas régimes, les singuliers et les pluriels, 
à l'aide surtout de l'addition d'une s de flexion, a entière- 
ment disparu, principalement par suite de la perte, même 
dans l'orthographe, de cette s distinctive. La forme des 
pluriels est aujourd'hui la niênie que celle des singuliers; 
on ne connaît le nombre des substantifs que par les 
articles et les adjectifs qui les accompagnent ou par le 
nombre des formes verbales qui s'y rapportent. Les cas 
sujets ou régimes sont distingués par leur place dans la 
plirase; les autres cas sont exprimés à raide des pré- 
positions de et à (voy. § 25). 

II n"y a donc qu'une seule fornie pour chaque 



Substantif. 03 

substaiitif: c'est généralement celle du réginie singulier 
de Tancien provencal. Cependant un assez grand nonibre 
de substantifs latins en -or ou 'toi\ désignant des nonis 
de personne, a préféré à Taccusatif la fornie de l'ancien 
cas sujet. P. ex.: 

pastre (pastor) pâtre, berger emiieraire (iniperator) eni- 
(le cas róginie pastorem perenr 

a donné pastour pasteur, cantaire (cantator) clianteur, 
berger) et les autres nonis de j)er- 

pintre (*pinctor) peintre sonne en -aire (ator) 

chantre (cantor) chantre bevèire (*bibïtor) buveur 
traite (traditor) traître hatèire (*battuitor) batteur 

maire (niajor) niaire entendèire (*intenditor) en- 

segne (senior) sire, seigneur tendeur, et les autres 

(à côté de segnour^ nonis de personne en 

seniorem) -èire (ítor). 

írowia^Víî(*tropator)trouvère sorre (soror) s(Bur. 

Pour les niots en -zíor, v. prov. -ire^ on a choisi 
d'autres formations: mentèire (de *nientïtor; en v. ])rov. 
mentire de mentïtor) menteur, bastissèire (*bastiscítor; 
en V. prov. bastire de *bastîtor) bâtisseur, etc. Le mot 
servitoiir (de l'accusatif servitorem; en v. prov. servire 
de servîtor) est emprunté au francais. Ij'accusatif l'a 
emporté aussi dans d'autres substantifs savants en -tor'. 
leitotir (lectorem) lecteur, autour (auctorem) auteur, etc. 
Certains mots ne s'emploient qu'au pluriel. Comme 
les pluralia tantum du latin, ils désignent des actes réunis, 
des objets inséparables, quoique distincts dans leur ensemble. 
Lis armarié (armarium) lis alentour (k l'entour) les 

les armoiries alentours 

li vèspro (vesperas) les li moucheto (musc-ittam) les 

vêpres mouchettes, etc. 



64 Adjectif. 

IV. Adjectif. 

§ 36. Á. Formation du Féminin. 

Aiiciemiement les adjectifs qui avaient en latin uno 
terminaison pour le masculin et une pour le féminîn, 
homis^ bona^ avaient aussi deux terminaisons en pro- 
vençal, et ceux qui en avaient seulement une pour ces 
deux genres (homo grandis^ femina grandis) n'en avaient 
qu'une aussî en provençal. Mais bientôt on ne comprit 
plus le motif de cette distinction, on crut y voir une 
irrégularité et on finit par assimiler entièrement la seconde 
classe d'adjectifs à la première de sorte qu'aujourd'hui 
il y a une forme différente pour le masculin et pour le 
féminin de chaque adjectif. Une trace de l'ancienne 
formation subsiste seulement dans l'adjectif grand qui 
s'emploie souvent invariable, et dans quelques niots 
composés tels que: aigo ardènf) aquam ardentem) eau 
de vie, aigo pendènt (aquam pendentem) versant, pente, 
aigo courrènt (aquam currentem) eau courante, aigo-fort 
(aquam fortem) eau forte, etc. 

On peut diviser les adjectifs en quatre groupes: Le 
premier comprend les adjectifs qui sont terminós par 
une consonne ou une voyelle et qui, au féminin, ajoutent 
simplement un o sourd (lat. a), ou qui se terminent par 
e atone changé au féminin en o sourd. Le second 
comprend les adjectifs qui sont terminés par des con- 
sonnes ou par des voyelles (diphtongues ou triphtongues), 
permutées d'après les lois phonétiques de notre dialecte, 
avant l'addition de Yo sourd caractéristique pour tous les 
féminins. Le troisième comprend quelques adjectifs qui 
forment leur fóminin par l'addition d'im suffixe spécial. 
Le quatrième groupe comprend les adjectifs composés. 



\ 



Adjectif. 



65 



r. Adjoctifs termiiiés par uno coiisoiine 
et iiíijoutant quiin o ì\ la fornie du niasculin. 

1. La consonno íinale du masculin se ])rononce. 
Minotir (minorem) mineur minoiiro mineure 



§37. 



íiar (clarum) clair 
sencèr (sincerum) sincère 
fièr (ferum) íìer 
segtir (securum) siìr 
amourous (amorosum) amou- 

reux 
curious (curiosum) curieux 
ras (rasuni) ras 
francés (frank-enseni) francais 
grìs (gerni. gris) gris 
nus (nu(lum) nu 
bon (bonum) bon 
german (germanum) ger- 

main 
certan (*certanum) certain 
ancian (*anteanum) ancien 

plen (plenum) plein 

leii (lenem) lisse 

fin (germ. fin) fin 

jyrim (prinuim) premier 

bynm (gerni. brún) brun 

coumun (coummiìeïìì) commun coumuno commune. 

2. La consonne finale du masculin est muette. 

Sot sot soto sotte 

devot (devotum) dévot devoto (devotam) dévote 

sujèt (subjectum) sujet sujèto (subjectam) sujette 

5 



claro (claram) ciaire 
sencèro (sinceram) sincère 
fièro (ferani) fière 
seguro (securam) sûre 
amourouso (amorosam) 

amoureuse 
curiouso (curiosam) curieuse 
7'aso (rasani) rase 
franceso française 
griso grise 
nuso (nudam) nue 
bo7îO (bonam) bonne 
germano (germanam) ger- 

niaine 
certano (*certanam) certaine 
anciano (*anteanam) an- 

cienne 
pleno (plenam) pleine 
leno lisse 
fino fine 

immo (primam) première 
bruno brune 



6^ 



Adjectif. 



coìimplèt (completuni) com- 

plet 
net (nitidum) net 
brunet (germ. brûn-ittum) 

brunet 
suhit (subitum) subit 
aut (altum) liaut 
court (curtum) court 
fort (forteni) fort 
cubert (coo})ertum) couvert 
pesant (pensantum) pesant 
sant (sanctum) saint 
sabènt (*saj)enteni) savant 
defunt (defunctum) défunt 
caud (calidum) cliaud 
sourd (surdum) sourd 
bastard (de bast) bátard 
verd (viridem) vert 
grand (grandem) grand 
l)m'vers (perversum) pervers 

fraìic (germ. frank) franc 
blanc (germ. blank) blanc 
long (longum) long 



coumplèto (completam) com- 

plòte 
neto (nitidaììi) nette 
bruneto (brûn-ittam) 

brunette 
subito (subitam) subite 
auto (altam) haute 
courto (curtani) courte 
forto forte 

cuherto (coopertam) couverte 
pesanto pesante^) 
santo (sanctam) sainte 
sabènto savante'^) 
defunto (defunctam) défunte 
caiido (calidam) cliaude 
sourdo (surdam) sourde 
bastardo bcâtarde 
verdo «verte 

grando grande, voy. § 36 
perverso (perversam) per- 

verse 
franco franche 
blanco blanche 
longo (longam) longue. 

Les consonnes muettes sont ^, d^ s, c, g. Si Fortho- 
graphe ne les avait pas restituées sur l'exemple de Tortho- 
graphe francaise, nous trouverions ici des adjectifs ter- 
minés au masculin par: o (sot, devot), è (sujèt, coiimplèt), 



^) De même tous les participes présents de la U® conjngaison. 
2) De même tous les participes présents des verbes en -i, 
-re, -e et -é. 



Adjectif. 



í)7 



é (net. hrimet), i (suhít), axi (aiit, (micì), our (court. sottrd), 
or (fort)y ar (hastard), èr (cAihert, verd, pervers), an (j^esant, 
grand, franc, hlanc), èn (savènt). on (long), itn (defnnt), 
qu'il faiidrait réunir avoc les arljectifs du gToupo II a. 

])) Adjeotifs terminés par uue voyelle, di])h- § 38. 
tougue ou triplitoug-ue et dout le féuiiuiu se foruie 
égaleuieut ])ar la siuiple additiou d'uu o. 
Nèsci (ueseiuiu) uiais nèscio (uesciaui) uiaise 

gai (gerui. gáhi) gai gaio gaie 

vermèi (veruiicuhuu) ver- vermèio (veruiiculaui) ver- 

meil uieiUe 

viH (vec luui au lieu de vièio (veclaui) vieille. 

vetuhim) vieux 

On voit tout rle suite cpie les adjectifs qui entrent 
dans cette catégorie se terminent par un i atone com- 
biné souvent avec uue voyelle ou diphtongue ])récédente 
qu'il change tm diphtongue ou tri])litongue. Quand ou 
se rend compte de la prouonciatiou, on trouve qu'au 
féminin \i fiual du mascuhu devient i demi-consonne Qy) 
et forme avec \'o (hí hi terminaison la diphtongue faihle io. 
Yoy. § li. 

c) Adjeetifs termiués par e et le remplaçant 
au féminiu par o. 



Tèndre (tenerum) tendre 
poussible (])ossihilem) ])os- 

sible 
venerahle (venerahilem) 

vénérable 
fade (fatuuiìi) fade 



tèndro (teueram) teudre 
poiissihlo possihle 

venerahlo vénérable 

fado (fiituam) fade. 



Ce groupe comprend surtout des adjectifs empruntés 
au français et qui se terminent, dans cette langue, par e 
muet (ou sourd) au masculin et au féminin. 

5* 



f)8 



Adjectif. 



Quelquefois rortliographe (lemaude uu cliaugenieut 
(le la lettre (]ui précede Vo d\\ fémiuiu. 

Sacje (*sapiuui) sa<>;e sajo (*sapiaui) sage 

proudigiie (prodigum) pro- xoroudigo (prodig-am) pro- 
digue digue, etc. 

§39. lla) Adjectifs terminés par uue voyelle ou 

uue diplitougue et oii uue consouue est intercalííe 
devaut Yo du fémiuin. 

Sadou (satulluui) soúl 
premié (primarium) premier 



parié (par-ariuui) pareil 
entiè (iutegrum) entier 
alu ("alutuni) ail(3 
se (siceuui) sec 
pid)li (])ul)licuui) ])ul)lic 
fla fias(|ue 
ami (amicum) ami 
dre (*drictum) droit 
estré (strictum) étroit 
Ciie (coctum) cuit 
fre (frigidum) froid 
mié (mediuin) demi 



sadoulo (satuUam) soûle 
premiero (])riniariam) ])re- 

mière 
pariero (par-ariam) pareiUe. 
entiero (iutegram) eutière 
aliido (*alutaui) ailée 
seco (siccam) sèclie 
puhlico (publicam) ])ublique 
fiaco flasque 
amigo (amicam) amie 
drecho (*drictaui) droite 
estrecho (strictam) (?troite 
cuecho (coctam) cuite 
fì^ejo (frigidam) froide 
miejo (niediam) deuiie 
bluio bleue. 



hlu (germ. blau) bleu 

l^es cousounes intercal(^es devant o sout: l daiis sadou 
(17 médiale, devenue fiuale, est changée en u au mas- 
culiu; 17 subsiste au féminiii, parce qu'elle est restée 
médiale); r dans les nombreux adjectifs terminés par ié 
(ariimï)'^ d dans alu qu"il faudrait écrire alut (voy. Ilb); 
c dans se et puhli (uiot savaut) dont le c (cc) latin, devenu 
fiual, s'est aniuï, mais est conservé devant la voyelle o,. 



Adjectif. 69 

<}t dans /ía, iiiot (rorigiue iucertaiue ; g daus ami de 
amicum^ -cam qiii perd sou c iutervocalique quaud ii 
devieut fìual, mais le cliauge eu g quaud il reste uiédial 
(voy. § 19,2); ch daus les adjectifs dout le ct latiu, deveuu 
fiual, se perd, uiais subsiste comnie cli si ia voyelle suivaute 
est couservée (voy. § 18,2); j daus les adjectifs oîi d latiu 
précédé d'uue palatale Çfrig^dum) ou suivi (Vuu i en 
liiatus (mediiim) tombe a la fìu du mot, nuiis subsiste 
comme j quaud il reste uiédial (voy. § 20,2); eufiu i 
(pronoucé y) qui est iutercalé devaut o j)our éviter l'liiatus. 
Remarque. 1. L'adjectif mié^ miejo varie pour le 
geure aussi quaud il précède sou substautif avec lequel 
ou le lie par uu tiret. 
Un mié'litre uu demi-Iitre en miejo4u7io en demi-lune 
mi mié-caí uu chat de demi- tino miejo'doitgeno uue 
grosseur deiiii-douzaiue. 

I)e même: 

mié-niis demi-uu miejo-nuso demi-uue. 

b) Adjectifs terminés par des cousouues § 40« 
muettes ou prononcées et qui se permuteut de- 
Tant Yo féminin. 
Fat (fatuuui) fat, fou fado (fatuam) folle 

ardit (*hartituui, de gerui. ardido (*liarditam) hardie 

hartjau) Iiardi 
favourit favori favourido favorite 

mut (mutuui) muet mudo (umtaiii) luuette 

7'ous (russuiu) roiix rousso (russam) rousse 

gros (grossum) gros grosso (grossam) grosse 

gras (crassum) gras grasso (crassam) grasse 

faiis (prou. fau^ falsiim) faux fausso (falsaiu) fausse 
dous (*dulcium) doux douço (*dulciam) douce 

fres (geriu. frisk) frais fresco (*friscam) fraiche. 



70 



Adjectif. 



lenin (beiiigiium) béiiiii benigno (benignani) bénigne 
malin (malignuni) malin maí^ýno (malignani)maligne, 

Dans fat^ ardit^ mut et semblables, dont le t fiiial est 
muet, rortliographe fait subsister Fancienne loi plionétique 
qui changeait t médial isolé en d (comnie aujourd'hui) 
et qui le gardait ou le rétablissait à la fin des mots; 
roiis^ gros^ gras^ etc. suivent la règle ortliographique (jui 
figure s forte par ss quand elle se trouve entre deux 
voyelles, mais par s simple, quand elie est finale (en 
latin il y a ss^ à Vexception de faus^ de falsum)-^ douço^ 
. le féminin de dous^ écrit pUis conséquemment avec une s 
double par les troubadours {doussa)^ conserve le souvenir 
du c latin sur lexemple de la fornie française {dom:e)% 
fres^ frcsco^ henin^ henigno^ etc. répondent aux lois phoné- 
tiques qui changent les consonnes sc et gn^ devenues 
finales, en s et en n^ niais les conservent, du moins dans 
l'orthographe (car gn = n mouiUée) devant la voyelle 
latine a (« en prov.). 

§ 41. c) Adjectifs terminés par une diphtongue ou 

triphtongue provenant d'une voyelle et d'une 
consonne vocalisée qui reste consonne au féminin. 



Fòu (follem) fou 
mòu (mollem) mou 
jusiòu (*judioluni) juif 
mourtau (mortalem) inortel 
generau (generalem) général 
hèu (beUum) beau 
nouvèu (noveUum) nouveau 
crudèu (crudelem) cruel 
nòu (novuni) neuf 
viéa (vivum) vif 



folo foUe 

molo nioUe 

jusiolo (*judiokm) juive 

mourtalo morteUe 

generalo génórale 

hello (beUam) beUe 

nouvello (noveUam) nouveUe 

crudelo crueUe 

novo (ìiovam) neuve 

vivo (vivani) vive 



Adjectif. 7 1 

catiéii (captivuin) captif cativo (ca])tiyaiii) ca])tiye 

pensatiéu (*peii8atiyuiii) iiensativo (*peiisatiyaiii) 

peusif peusiye. 

Jl s'ag-it (les cousouîies l et v qui ])ersisteut eutre 
deux yoyelles, uiais se trausforiiieut eu n (proiioucé ou) 
quautl elles doiyeut teruiiuer le luot. \jU issu duue 
cousouue se coiubiue, coiuiue toujours, ayec la yoyelle 
(diplitougue) qui ])récède et la chauge eu diplitougue 
(ôif, tïM, hì) ou eu triphtougue {iéii^ iòu). L'étyiuologie 
décide sil faut uiettre í, U ou v au fémiuiu. 

Les uiasculius eu òîf, aii et èu dout Vti fiual j^ro- 
yieut d'uue í, repreuueut cette cousouue deyaiit les uoïns 
siuguliers coiuuieiH'aut ])ar uue yoyelle: mol amadou uiol 
amadou, reial avenimen royal ayèuemeut, hèl astre bel 
astre, aquel ome^ cet hoiuiue. 

IR. Adjectifs qui formeut leur fémiuiu par § -iS, 
l'additiou d'uu suffixe spécial. 
Encantaire (mQ.dLni?itox) m- encantarello ou ^ncantairis 

euciiaiiteur eucliauteresse. 

Yoy. § H4. La formatiou du fémiuiu des luots pro- 
yeuçaux eu -aire répoud à celle des mots frauvais eu eiir: 
eresse oii uu secoud suffixe (-esse) s'ajoute égalemeut au 
suffixe masculiu (ere^ \. fraiic. = ator; -aire eu pro- 
yeucal). 

IV. Adjectifs coin])osés. § 43. 

Les adjectifs coiu})osés de deux adjectifs les yarieut 
tous les deux. 

Uno sabour douçO'amaro uiie sayeur douce-auière 
uno miòuyrano aitjro-douço uue grenade aigre-douce. 

Daus certaiues justapositious adjectiyes, eu fraucais, 
le partici])e est précédé duu adjectif ueutre qui le modifie; 
eu ])royeii(,*al, ou eui])loie uu adjectif ueutre, uu adyerbe 
ou uue locutioii adyerbiale qui suiyeut le participe. 



i 



72 Adjectif. 

De liiserno semenado clar de la liizerne elair-seiiiée 
de margarideto culido de fres des páquerettes frais- 
cueillies. 

§ 44. A. Neiitre. 

Le ueutre siugulier, pareil au uiasculin, sest con- 
servé dans les adjectifs, contrairenient aux substantifs où 
il s'est entièrement perdu, quand radjectif se ra])porte 
à un sujet inipersonnel, exprimé ou non exprimé. II faut 
rattaclier à ce neutre remploi de plusieurs adjectifs (lèiij 
bèu^ hon^ etc. voy. §§ 43 et 119) conmie adverbes. Mens 
(minus) moins, miés (melius) mieux etc. (voy. § 1*20) 
sont des comparatifs neutres. — Le neutre est encore 
à recomiaître dans des locutions telles que: de nòii (de 
novo) de nouveau, en plen (in plenmn) en ])lein, de 
bas (de basso) en bas, etc. 

§ 45. B. Flexîon. 

L'adjectif a gardé quelques traces de rancienne 
déclinaison. La distinction du cas sujet et du cas régime 
a été abandonnée aussi ])ar eux (voy. §§ 25 et 35). 
Exception ftiite des adjectifs peu nombreux en -ctire (-ator; 
voy. §§ 35 et 42) et des comparatifs mendre (minor) 
moindre et inre (|)ejor) pire, qui ont conservé la forme 
de rancien nominatif, il n'est resté que la forme de 
raccusatif. Mais rancienne distinction des nombres s'est 
conservé en partie. 

Le masculin du singulier terminé par une con- 

sonne ou par une voyelle (diphtongue, trijìlitongue) 

tonique rej)rend au j)luriel rancienne s de fiexion, s'il 

est suivi dim substantif commencant par une voyelle: 

TJn imidit drole un joli tm imiilit enfant uii joli 

garcon enfant 



Adjectif. 






de poidit drole de jolis 

gai'coiis 
ìiYi hon travaiaire uu bou 

travaiUeur 
de hon travaiaire de bous 

travailleurs 
un nouvtií capèu uu uou- 

veau cliapeau 



de poìdits enfant de jolis 

eufauts 
im hon ami uu bou auii 

de hons ami de bous aiuis 

ìm nouvèl ordre uu uouvel 
ordre 



de nouvèu cajmi de uou- de nouvèus ordre de uou- 



veaux ordres 
un viH ase uu vieil âue 



veaux eha])eaux 
íin vièi menoiin uu vieux 

boue 
de vièi menoun de vieux de vièis ase de vieux âues. 

boues 

Ladditiou de Ys ue peut se faire si ladjeetif se 
teruiiue par s au siugulier. 

Un faus devot uu faux ìtn faus ami uu faux amis 

dévot 
de faus devot de faux dévots de faus ami de faux auiis. 

íjes adjectifs luaseulius teruiiués par uu e atoue, le 
ehaugeut au jduriel eu i devaut les eousouues, eu is 
devaut les vovelles. 

Un tèndre cor \m teudre tm tèndre amant uu teudre 

eonir amaut 

de tèndri cor de teudres de tèyidris amant de teudres 

cíieurs auiauts. 

L'adjeetif fémiuiu chaug-e toujours sou o fiual 
eu i devaut les uoms qui couimeuceut par uue cou- 
sonue, eu is devaut les uouis couiuieucés par uue voyelle. 

La poidido chato la jolie la potdido oumhro Touibre 
fiUe chariuaute 



74 



Adjectif. 



U poiilidi chato les jolies 

íìllos 
la nouvello modo la iiou- 

vello mode 
li nouvèlli modo les iiou- 

velles modes 
la vièio bèsti la vieille bète 
li viHi hèsti les vieiUes 

bêtes 
la fausso po7Ìo ia fausse 

porte 
li fàussi porto les fausses 

portes 
la tèndro jjaraulo la teudre 

j)arole 
li tèndri paraulo lesteudres 

paroles 



li poulidis oumhro les ombres 

charuiautes 
la nouvello envencioun la 

uouvelie iuveutiou 
li nouvellis envencioun les 

uouvelles iuveutious 
la vièio amigo la vieiUe amie 
li vièiis amicjo les vieilles 

auiies 
la fausso alerto la fausse 

alerte 
li fàussis alerto les fausses 

alertes 
la tèndro amourouso la 

teudre auiaute 
li tèndris amourouso les 

teudres auìautes. 



Les adjectifs teriuiués au féuiiuiu du siugulier par 
co ou go cliaugeut, devaut Vi et Yis du pluriel, leur c 
eu qu et leur g eu gu pour couserver \\ c, g Tarti- 
culatiou tpi'ils out au siugûlier: 
TJno fresco aureto uue uno longo paraido uue 

fraîche bise lougue paroU» 

de frésquis aureto de delòngui paraido iìeìoii^^xxe^ 

fraiclies bises paroles 

\jÌ (is) du ])liiriel des adjectifs u'a aucuu rapport 
avec la termiuaisou latiue i des uiasculius pluriels de la 
secoude décliuaisou (honï). II provieut de Xes (tendres^ 
fausses) et de Yas teruiiual (tendras^ faussas^ novellas) 
que possédaient les pluriels uuisculius (-es) et féuiiuins 
(-as) du vieux [)roveucal. I/as des féminins (cliaugé 
probablement d'abord eu 05, avec soiird) sest assiniilé 



Adjectif. 75 

à Yes (les iiiasculiiis, et ïs de cettc» désinence s'est 
cliangée eii í, au coniniencement seulenient devant cer- 
taines consonnes (r, rw, ^, íZ, i, /*, .s* en forcalquérien, oìi 
sul)siste cette ancienne loi) et plus tard devant toutes les 
consonnes. L'ez ainsi foriné íìnit par sintrodnire aussi 
là oìi, devant des vovelles, Ys était conservée. Xous 
arrivons avec cela aux terniinaisons que l'adjectif ])luriel 
prend en niarseillais (tèndrei mer, tèndreis amant; pou- 
lidei chato, poidideis oumhro^ etc). Le rliodanien a 
simpliíié la diplitongue ei en i. 

Placé après son substantif, l'adjectif est tou- § 46«. 
jours invariable ])our le nonibre: 
Un ami noiivèu un anii Verbo nouvello Fherbe nou- 

nouveau velle 

d^ami nouvèu des aniis nou- lis erbo nouvello les lierbes 

veaux nouvelles 

un pan tèndre un ])ain frais la poumo madiiro la pomme 

mnre 
de pán tèndre des pains lijjoumomaduroìeìi^pommes 
frais nnìres. 

C. (jrâdatiou. § 47. 

La faculté qu'avait le latin d'ex])rimer le comparatif 
et le superlatif ])ar un changement de terminaison dans 
l'adjectif n'existe plus en proven(;al. Ce qui, en latin, est 
rexception, est devenu la règle, c'est-à-dire ([u'on supplée 
à la fornie du comparatif en joignant au positif les 
adverbes mai (magis) ou pu (])rononcé souvent 2)e, avec 
e sourd; lat. ])lus). Devant une voyelle, on écr'ìt et on 
prononce ^;its (avec s sonore). 
Grand grand mai grand ou ^>îí grand phis grand 
grando grande mai grando ou pu grando phis grande 



7(3 Adjectif. 

savènt savaut mai savènt ou im savènt phis savant 
savènto savante mai savènto ou j^u savènto plus savante. 
Le comparatif prend la valeur (l'un superlatif 
relatif, s'il est précédé de l'article déíini ou d'un 
adjectif possessif: 

Loìi (moun, totm, soiin, noste, vosté) mai ou 2^u grand 

le (mon, ton, son, notre, votre) j)lus grand 
la mai ou j;i4 granclo la plus grande 
loii mai ou pu savènt le plus savant 
la mai ou ^;i* savènto la plus savante. 
Le superLatif absolu est marcpié par les adverbes 
bèn (bene) bien, forço (fortia) très, mai que (magis quam) 
plus que, estremamen (extrema-mente) extrèmement, in- 
finidamen (infinita-mente) infìiìiment, placés (comme pu 
et mai) devant le positif: la musico es forço agradivo 
la nmsique est très agréable. La formule que-noun-sai 
(tant que je ne sais Fexprimer) qui iiulique également 
le superlatif absolu, est placée généralement après l'ad- 
jectif: un aucelet poulit que-noun'Sai un oisillon extrême- 
nient joli; mais on dit aussi: èro que-noun-sai bèu il était 
très beau. 
§48. Trois adjectifs ont conservé le comparatif formel 

dn latin qui s'emploie concurremment avec le positif 
précédé de l'un des adverbes mai ou pu: 
Bon (bonum) mai bon ou meiour lou mai bon ou lou 
bon (meliorem) nieil- meiour le meil- 

leur leur 

bono (bonam) maibono oximeiouro la mai bono ou la 
bonne meilleure meiouro la meil- 

leure 
íííarríí mauvais pu marrit ou pire lou im marrit ou 

(pejor) pire lou pire le pire 



Nom cle Nombre. 77 

marrido mau- ^;i6 marrido oii piro la im marrido oii 

vaise piro la piro la piro 

'pichot petit pu incliot o\\ mendre loux>u2}iàioto\\lou 

(miiior) moiiidre mencírelemoiiidre 
pichoto petite pxíinchotoo\\mendro la im pichoto oii ïa 

lìioiiiílre me72rfro lamoiiidre. 

Les adjectifs siiivaiits dériveiit aiissi de comparatifs 
latiiis: majour (majorem) majeiir, minour (miiiorem) 
mineur, superiour (superiorem) supérieur, inferiour (in- 
feriorem) inférieur, aìiteriour (anteriorem) antérieur, 
pousteriour (posteriorem) postérieur, etc. Ces adjectifs 
qui tous sont d'origine savante, ne peuvent être précédés 
de pw ou de mai^ ni suivis de la conjonction que^ mais 
se construisent comme leurs correspondants fran^ais 
(antérieur, etc. à). 

II y a aussi un certain nombre d'adjectifs qui dérivent 
de superlatifs latins: estrème (extremum) extrème, suprème 
(supremum) suprème, infime (infinuim) infime, merme et 
minim (tous les deux de minimum) minime. A l'exception 
de merme qui est de formation populaire, ces adjectifs 
sont empnmtés au français littéraire. Ils conservent la 
signification latine de superlatifs absolus. — Les formes 
grandissime très grand, helissime très beau, richissime très 
riche sont d'origine savante et ne remontent ])as au 
vieux provencal. 



V. Nom de Nombre. 

Á. Ádjectifs Niiméraux Cardináux. § 49. 

1 un (unum) 4 quatre (quattuor) 

2 dous (duos) 5 cmg(quinque). Yoy.§18,l 

3 tres (tres) 6 sièis (prou. sièi, sex) 



78 



Nom de Nombre. 



7 sèt (sept(Mii) 
S vve (oc'to) 
9 nòu (iioveni) 

10 dès ((lec(Mii) 

1 1 voimge (uiiclecim) 
1*2 doiige ((liiodt^eim) 
18 trege (tmlecim) 

14 qiiatorge ((|iiatiior(leeim) 

15 quinge ((j[iiiii(leeim) 
1() sege (sedeeim) 

1 7 dès-e-sèt (deeíMii et se])tem) 

18 dès-e-vue 

19 dès-e-nòìf. 

'20 vint (vig'inti) 
'21 vint-e-un 
22 vint-e-dous 
28 vint-e-tres 

24 vint-e-quatre 

25 vint-e-cinq 
2(^ vint-e-sièis 
21 vint-e-sèí 

28 vint-e-vue 

29 vint-e-nòu 

80 trento (trit;*inta) 

81 trento-un 



40 qiiaranto{ii\m(\rÁgìnta) 

41 qiiaranto-un^ etc. 

50 cinquanto ((^iiinquá- 

g'inta) 
()0 sieissanto ou seissanto 

(sc^xág'inta) 
70 setanto (se])tuáginta) 

80 viietanto {octoghÚRJon 

quatre-vint 

81 vuetanto-un 

82 vuetanto-dous^ etc. 
í)0 nounanto (nonáginta) 

100 cènt (eentum) 

101 cènt-un (pron . cèn-iin) 

102 cènt-dous^ ete. 
200 dous cènt 
800 tres cènt 

1000 milo (miUe) 

1001 milo e un 

1002 milo-dous 

1894 milo-vue-cènt-nou- 

nanto - quatre 
milanto ou wn milioun (mil- 

lionem) un milHon 
n?2 miliard m\ miUiard. 



^ò2 trento-dous^ etc. 

Les adjectifs numéraux eardinaux (aussi vint^ cènt 
et milo) sont invariables, excepté tm et rfoui? qui ont 
])our féminin rmo et dos. 

Pour exprimer un nombre pair de dizaines, on 
emploie les multiples de vint aussi dans sièis vint 120, 
trege vint 2()0, dès-e-nòu vint 880. 



Nom de Nombre. 



79 



B. Adjectifs Nnméranx Ordinanx. 



§50. 



Premié ou j>ro!í»?2e (pri- 
mariiim) iwemiefi'o (pri- 
mariam) premier, pre- 
mière 

îmew, unenco miième 

segoimd^ -do (secmidiim) 
second, -de 

doiisen^ -enco deuxième 

tresen^ -enco troisième 

quatren^ -enco quatrième 

cinquen^ etc. cinquième 

sieisen sixième 

seten se])tièuie 

vuechen huitième 

nouven ueuvième 

desen dixième 

voungen ouzième 



dougen douzième, etc. 
vinten vini''tième 
viììt-e-unen viug-t et unième 
vint - e - dousen viugt - deu- 

xième, etc. 
trenten ti^entième 
trento-unen trente et uuième 
trento - dousen treute - dou- 

xième, etc. 
sieissanten soixantième 
setanten soixante-dixième 
vuetanten quatre-viugtième 
nounanten quatre-vingt- 

dixième 
centen centième 
milen miUième. 



H n'y a que les nombres ordinaux ^jremié et segound 
qui dériveut directement du latin. Ou forme les autres 
adjectifs ordinaux en ajoutaut en, enco aux adjectifs 
cardinaux qui finissent par une cousonne, et en cliaugeant 
en en, enco Ye métatonique ou Vo sourd de ceux qui se 
terminent ainsi. Le suffixe en^ enco (qui, au masculin, 
devrait s'écrire enc, avec c muet) paraît etre dérive du 
suffixe latin inquum^ inqxmn (propinquum, -inquam). 
Devaut ce suffixe, cinq reprend Yu dont q initial et 
médial est toujours accompagné; daus vuechen^ on voit 
reparaître le ch (de ct latin) tombé à la fin de vue 
(anciennement vuech^ voy. § 18,!2 et § 39) et, dans nouven^ 
le V vocalisé en u à la fin du mot nòu. D'après les lois 



80 Nom (ìe Nombre. 

phonétiques <lu provencal ò, è, ièi, èn cle nòii, sèt^ sicis^ 
cènt^ devenus protoniques, se ehangent eu om, í', iei^ en 
(lans les nonibres ordinaux noiiven, seten^ sieisen^ centen. 

Fremié et segound sont seuls dans une ex])ression 
numérale; unen et dousen seniploient avec les dizaines: 
lou i^remié., lou segoiind^ lou vint-e-unen et lou trento- 
dousen soun esta li numerò sourtènt le ])renìier, le second, 
le vingt-et-uniènie et le trente-deuxiènie ont été les 
nuniéros sortants. 

C'est des adjectifs nuniéraux ordinaux quon fornie 
les adverbes de liombre: premierame'n^ segoundamen 
(dousencamen)^ tresencamen^ quatrencamen, etc. (voy. § 1 19). 

§ 51. C. Nombres Fractlonnaîres. 

Les seuls nombres fractionnaires provenant directe- 
ment du latin sont: la miejo (mediam) la demie, la mita 
(medietatem) la niQÌtié, lou tiers (tertium) le tiers, et 
lou quart (quartum) le quart. On contimie: un cinquen 
uu cinquième, im sieisen uu sixième, etc, en remplacant 
les nombres fractionnaires par les nond^res ordinaux 
substantivés. Mais on dit en ce cas \)\m généralement: 
di cinq part uno un cinquième, di sièis part quatre les 
quatre sixièmes, di tres part dos les deux tiers, di 
quatre part tres les trois quarts. 

§ 53. D. Xombres CoUectîfs. 

Les nombres collectifs se forment en ajoutant le 
suffixe eno (-enam) aux nombres cardinaux et en y 
iutroduisaut à la fois les mèmes modifications pliouétiques 
et orthographiques que demande raddition du suffixe 
-en des nombres ordinaux (voy. § 50). Ainsi on forme: 



Noin de Nornbre. 



81 



Uno sieiseno iiiie sixaine 
uno seteno iiiie septaiiie 
uno vuecJieno uiie liuitaine 
uno nouveno une neu- 

vaine 
uno dougeno une dou- 

zaine 
uno vinteno uire vingtaiue 



uno trenteno une trentaine 
uno quaranteno une qua- 

rantaine 
uno cinquanteno une ciu- 

quantaine 
nno setanteno une septen- 

taine 
uno centeno une centaine. 



On (lérive de ces mots, à Taide des suffixes -ado 
(atam), au (alem) et ari (arium): 

JJno quingenado (de quingeno) une quinzaiue de jours 
un trentenau (de trenteno) une trentaine ■ 
ìin centenau (de centenó) une centaine 
un trentenari (de trenieno) un trentenaire, le nombre 
de trente messes, etc. 

E. Nombres Proportionnels. § 53. 

Simple (simplum) simple sestuple (*sextuplum) sex- 



double (duplum) double 
triple (triplum) triple 
qu^druple (quadruplum) ou 
quatriple (forme analo- 
gique) quadruple 
quintuple (*quintuplum) 
quintuple 

Précédés de Tarticle, 



tuple 
setuple (septuplum) septuple 
decuple (decuplum) décuple 
centuple (centuplum) cen- 

tuple. 



les nombres proportionnels 



deviennent substantifs (au sens neutre): lou simple le 
simple, lou double le double, etc. — II s remplacent aussi 
les nombres multiplicatifs du latin (simplex, duplex, etc). 
Notez aussi les expressions: faire d'un dès produire 
dix pour un; faire d'un vint produire vingt pour un, 
faire d^un cènt centupler. 

6 



82 



Pronom. 



§54. 



VI. Pronora. 

A. Pronoiu Personnel. 

1. Formes atoiies. 



P«p. sgl. 

pl. 
2« p. sgl. 

pl. 
3® p. sgl. 



Siijet. 
[iéit] je 

[W0W5] IIOUS 
[tli] tu 
[WMS] VOUS 

[éîi] il, [elo] 
elle 



Régime direct. 
me, m* (nie) me 
oious (iios) uous 
te, f (te) te 
voiis (vos) vous 
loii, V ([il]luni) 

le, la, V ([il]- 

lam) la 



Régime indirect. 
me, m^ (me) me 
noìis (nos) nous 
te, V (te) te 
voìis (vos) vous 
íá, i^ lui, y 



pl. [ç7i] ils, elles liy lis, lèi ([il]los, ié, i' leur, y 

[il]las) les 
Réfl. sgl. et pl. se, s' (se) se se, s' (se) se. 

Nous avons mis les pronoms sujets (iéu [ego], tu 
[tu], éu [iUum], elo [iUam], nous [nos], vous [vos], éli 
[iUos et iUas]) entre crocliets parce qu'ils ne s'emploient 
que raremenf eomme atoiies ou conjoints. • Les formes 
verbales suffisent généralement pour faire comprendre la 
personne qui parle: cante je chante; cante? (avec un 
accent interrogatif) chanté-je?, etc. 

Me^ te, se, les régimes directs et indirects conjoints 
aux verbes, élide7\t leur e devant une voyelle; il y a 
élision aussi dans ìes accusatifs lou et ía, et dans Fad- 
verbe pronominal ié employé pour des personnes et pour 
des choses et issu du compromis des anciennes formes 
lij lui, í/i ([il]li, [il]lui), íîei (*[il]laei) et í (ibi). L'usage 
fréquent de ié au singulier lui a fait accaparer aussi le 
pluriel qui était anciennement lour (iUorum, génitif latin 
qui avait pris les fonctions d'un datif). 



Pronom. 83 

Nous^ le régime (ruii verbe à la V^ pers. du plur., 
«est souvent reniplacé par se: acamioen-se ovl cu'ampen-iious 
réunissons-uous, entenden-se entendons-nous, se veiren 
proiin nous nous verrons bien. 

Lèi s'eniploie à la place de li, lis quand le pronom 
régime suit le verbe (voy. plus bas): sauvas-lèi sauvez- 
les, dounas-me-lèi donnez-les-moi, fai-lèi veni fais les 
venir, ve-lèi les voilà. 

Le génitif (et Fablatif) latin du pronom sing. et 
plur. de la 3^ personne est remplacé par l'adverbe pro- 
nominal enj n'en (devant les consonnes), w' (devant les 
Toyelles) en. N'en est une combinaison de ne (inde) et 
de en (inde). En seul s'emploie après les pronoms per- 
sonnels dont lá voyelle s'élide devant Ve de cn. Ex. : 
n'en vole j'en veux, n'en pode plus je n'en puis plus, n'en 
mne j'en viens, n^en doute j'en doute; Diéu fen preserve 
Dieu t'en préserve, s^en ana s'en aller; n'ai j'en ai, n'es 
il en est. 

Dans les temps composés du verbe s'en ana^ en se 
joint au verbe: s^es enana il s'en est allé. Comp. les mots 
empoìirta (inde portare) emporter, s'enveni (se inde venire) 
s'en retourner, s'envoula (se inde volare) s'envoler, s'en- 
4íliaure (se inde *calère) se soucier, oti l'adverbe pro- 
nominal est entièrement soudé avec le verbe. 

Les pronoms personnels rógimes sont placés avant 
le verbe; mais ils le suivent à l'impératif. Cepen- 
dant ils précédent aussi l'impératif quand il y a négation: 
renièmhro-te de Vounour de ti rèire rappele-toi l'honneur 
•de tes ancêtres; mais: lou destourho pas ne le détourne pas. 

Lorsqu'un verbe a deux pronoms compléments, il 
faut énoncer d'abord celui qui représente les personnes. 

6* 



84 



Pronom. 



Me Vadiis il nie ramèiie adusé-me-loit amène-le-moí 

nous la sèr il nous la sert serve-noiis-la sers-la-nous 
me n'en fau il m'en faiit dounas-me-7i'en áomiez-ìn'en 
ié loa pago il le lui paie pago-ié-lou paie-le-lui, etc. 
ié Vas rendu tu le lui as rendu 

Le pronom ié se place entre les deux parties da 
pronom n'en: n'i'en faudrió il lui en faudrait; parlas 
n^^en 'parlez-lui-en. 

Quelquefois le pronom personnel régime est supprimé 
quand il est rencontré par Fadverbe pronominal ié: Aquelo 
flour fai plesi à ma maire. ié pourgirai cette fleur fait 
plaisir à ma nière, je la lui offrirai. 

On dit au contraire, avec un datif éthique, crèi-te-lou 
crois-le; espèro-te-lou espère-le. 



§55. 



'2. Formes toniques. 



V^ p. 



«■7e 



e 



snig'. 
plur. 
sing. 
plur. 
sing. 
plur. 



Sujet. 
iéii moi 
710US nous 
tu toi 
vous vous 
éu lui, elo elle 



Régime. 
iéu moi 
nous nous 
tii toi 
vous vous 
éu lui, elo elle 
éli eux, elles 
se soi. 



éli eux, elles 
Réfl. sing. et plur. 
On voit que les formes du sujet s'emploient aussí 
comme régimes. Pour exprimer les rapports du 
génitif et du datif, on fait précéder les pronoms. 
toniques des prépositions de et à: 

de iéu de moi à iéu h moi 

de tu de toi à tu à toi 

d^éu de lui à éìi à lui 

d'elo d'elle à elo à elle 



Pronora. 



85 



d*éli (Veiix, cFelles à éli à eux, à elles 

de se de soi à se k soi. 

Nous et vous sujets, suivis ou non d'un qualificatif, 
et régimes précédés d'uue préposition, sont généralement 
remplacés par nous-autre, nautre, voiis-autre, vautre 
(àutri, -s; nàutri, -s; vàutri, -s devant les qualificatifs) : 
nàutri, pàuri mourtau nous pauvres mortels; nouS'àutri 
chatouno nous autres jeunes fiUes, notis-autris ome nous, 
les hommes; vàutri, Prouvençau vous autres Provençaux; 
es nàutri que pagan per vautre c'.est nous qui payons 
pour vous; sian pas fres, nous autre ou nous-àutri, sian 
pas fres nous ne sonimes pas frais; votis àutri cresès que 
pensan à vous-autre vous croyez que nous pensons à vous; 
emé nous autre ou nautre avec nous; parlas pèr vautre 
parlez pour vous-mêmes; pàuri vautre malheur à vous. 

B. Possessifs. 

1. Adjectifs possessifs. §56. 

Pluriel. 



Singulier. 



masc. 
Moun (mum de 

meum) mon 
toun (tum de tuum) 



fem. 
ma (ma de mea) 

ma 
ta (ta de tua) ta 



ton 

«oun (sumrfesuum) sa (sa de sua) sa 

son 

noste (nostrum) nosto (nostram) 

notre notre 

voste (vostrum) vosto (vostram) 

votre votre 

soun (sum de suum) sa (sa de sua) leur 
leur 



masc. et fém. 
mi, mis (mos de 

meos) mes 
tij tis (tos de tuos) 

tes 
si, sis (sos de suos) 

ses 
nòsti, nòsiis (nos- 

tros, -as) nos 
vòsti, vòsUs (vos- 

tros, -as) vos 
si, sis (sos de suos) 

leurs. 



86 Pronora. 

Par euphonîe, on emploie moxm^ toun^ soun au lien 
de ma, fa, sa clevant tout mot féminin qui commence 
par une voyelle: moun amo mon âme, toun espaso ton 
épée, soun imonr son humeur. 

Mi, tif si, nòsti, vòsti s'emploient devant des noms^ 
commençant par une consonne, mis, tis, sis, nòstis, vòstis 
(avec s douce) devant des noms qui commencent par 
une voyelle. Quant aux terminaisons voy. §§ 38 et 45, 
Sur l'usage de soun, sa, si, voy. § 57. 

§ 57. 2. Pronoms possessifs. 

Singulier. Phiriel. 

masc. fém. masc. fém. 

Lou miéu lamiéuno o\i li ìniéu {meo^) li miéuno ou 

(meum) le la miéu la les miens li miéu les- 

mien mienne miennes 

loiitiéu(*te\im) la tiéuno ou li tiéu (*teos) li tiéuno ou 

le tien la tiéu la les tiens li tiéu les- 

tienne tiennes 

Zow5záw(*seum) la siéuno ou li siéu (*seos) li siéuno ou 

le sien la siéu la les siens li siéu les- 

sienne siennes 

lou nostre (\\o%' la nostro li nostre \e^ li nostro le» 

trum)lenôtre (nostram)la nôtres nôtres 

nôtre 

lou vostre (vos- la vostro li vostre les li vostro le» 

trum)levôtre (vostram)la vôtres vôtres 

vôtre 

lousiéu{^%e\im) la siéuno ou lÌ9Ìéu\e^úe\\% li siéuno ou 

le leur la siéu la li siéu les 

leur leurs. 



Pronom. 87 

Le prononi mién est dérivé d'nne fornie *miéun (de 
mèura, avee eu diphtongue) qni a perdu' son n par Tin- 
fluence de raneien nominatif miéus (meus). L'n a été 
conservée au féminin dérivé du masculin *miéun par 
Taddition de Vo (lat. a) féminin. Le féminin miéu (sans 
suffixe féminin) suit Fanalogie du masculin. Les pro- 
noms de la 2^ et de la 3® personne tiéu, siéu, tiéìino, 
siéuno ont été formés sur le modèle du pronom de la 
V^ personne. Dans les pronoms nostre, vostre Yr méta- 
tonique, tombées dans les formes atones (noste, voste)^ 
s'est conservée; conip. rexemple: voste parla retrais au 
nostre votre parler a du rapport au nôtre. Le pluriel 
miéu (imité dans tiéu, siéu qui ne peuvent provenir de 
tuos, suos) peut dériver directement du latin meos (de 
là mieos, miéus dont Vs s'est amuïe), mais il peut aussi 
être fait sur le modèle du singulier. 

Contrairement au français, les adjectifs et pronoms 
possessifs soim, sa, si, lou siéu, la siéuno^ etc. sont 
employés aussi quand il y a plusieurs possesseurs. 
Lis enfant soun dins sa chambro les enfants sont dans 
leur chambre. 

Employés comme attributs les pronoms possessifs 
peuvent perdre l'article qui les précède: De quau es aquéu 
vèsti? — Es siéu de qui est ce vêtement? — II est à lui. — 
Ils deviennent adjectifs s'ils précédent leur nom: lou miéu 
paire mon père; la miéu tanto nia tante; ìin miéu ami 
un de mes amis, un siéu fraire un de ses frères. Ces 
locutions sont plus particulières au dialecte nicard. 



88 



Pronom. 



§58. 



C. Démonstratifs. 

1. Adjectifs (lémonstratifs. 

Pluriel. 



Singulier. 



masc. 
Aquest ou aqneste 
(eccu[m] istum) 



ce, ce-ci 



aquéiij aqiiel (ec- 
cu[m] iUum) ce, 
ce-là 



masc. et fém. 
aqiiéstij -s (eccu[m] 

istos, -as) ces, 

ces-ci 
aqiiêli, 'S (eccu[m] 

illos, -as) ces, 

ces-là. 



fém. 
aquesto (eccu[m] 
istam) cette, 
cette-ci 
aquelo (eccu[m] 
illam) cette, 
cette-là 

Aquest, -e s'emploie pour désigner un objet rapproché, 
aqiiéu pour un object plus éloigné. Quand on ne distingûe 
pas, on emploie aquêu. 

La forme aqueste doit son e paragogique à Tanalogie 
des adjectifs en -e, -o dont ce prononi prend toutes les 
flexions (voy. §§ 38 et 45. Devant les consonnes, on 
emploie: aquest, aqueste, aquéu, aquêsti et aqiiélij devantles 
voyelles: aquest, aquel, aquéstis et aquélis. Voy. §§ 45 et 59. 
§ 59. 2. Pronoms démonstratifs. 

Les formes des pronoms démonstratifs sont identiques 
avec celles des adjectifs démonstratifs, sauf que les pro- 
noms n'ont pas les formes des adjectifs qui s'emploient 
devant des noms commencant par une voyelle. 

Neutre í^o (ecce lioc) eiçò(ecce\ioc) acò (eccu[m] 

ce ceci lioc) cela. 

Pour marquer la proximité d'un objet désigné, on 
ajoute au pronom et k Tadjectif aquest(e) les formules 
d'eici (de ecce hic) ou d'eiça (de ecce hac): aquest-d'eici 
ou aquest-d'eiça celui-ci, aquesto-d'eici ou aquesto-d'eiça 
celle-ci; aqiíest ome d'eici ou aquest ome d^eiça cet homme-ci, 
aquesto femo d'eici ou aquesto femo d^eiça cette femme, etc. 
— Quand on désigne un objet plus éloigné, niais plus 



Pronom. 



89 



rapproclié de la personue qui parle que de celle 
à qui Ton s'adresse, on ajoute d'aqui (de eccu[m] 
hic) au pronom aqiiéu: aqiiéu'd^aqui celui-ci, aquelo- 
d'aqui celle-ci, etc. Enfin, pour désigner un objet 
éloigné, mais plus rapproclié de la personne k qui 
Ton s'adresse que de celle qui parle, on emploie 
aquéu-d'eila (de eccu[m] iUac) celui-là, aquélo'deïla celle- 
là, aqiiel ome d'eila cet homme-là, aquelo femo d'eila cette 
femme-là. 

De même on dit, avec le pronom neutre: eiçò-d^eidf 
eiçò-d'eiça ceci, aco-d'aqui et aco-d^eila cela. 

Sur l'article employé en guise d'un pronom dé- 
monstratif, voy. § 28. 

D. Interrogatlfs et Relatifs. 

1. Adjectifs relatifs et interrogatifs. §60. 

Singulier. Phiriel. 

masc. fem. masc. fém. 

quau quels qualo quelles 
quéti, quétis 



Qttau (qualem) 


qualo 




quet ou quete 


queto 




(quid) 


'3 


p3 


qu£nto\iqu£nie 


5- quento 


> 0.» 


quint ou quinte 


quinto 




qun{de que-mi) 


quno 





quénti, quéntis 
quinti^ quintis 
qiini, qimis 



quels, 
quelles 



quant (quantum) quanto qneìle quànti, quàntis 
quel, quel nom- 
breux 
lou quau lequel la qualo la- liquali,liqualis\e%ci^\e\%^ 

quelle lesquelles 

dòu quau duquel de la qualo de di qualij -s desquels. 

laquelle desquelles 

au quau auquel, etc. 



90 Pronom. 

Quau, lou quau (qualem) oiit adopté la flexion ordi- 
naire des adjectifs. — Le í final de quet ne provient pas 
du d de quid latin; il est ajouté, comnie les -to, -tij -tis 
du féminin et du pluriel, par analogie aux adjectifs en 
-tus, -ta, (t, 'toj en provencal). Le féminin queto peut 
être remplacé par que devant une consonne: Qiie bugadiero 
quelle lessiveuse, que causo quelle cause. — Qu>ent et 
quint proviennent d'un accusatif latin *quîm (formé sur le 
nominatif quîs) auquel s'est joint le même suffixe tus, 
-ta (t, to) qui parait étre emprunté à quant (quantum). 

Quau est surtout interrogatif ; lou quau surtout relatif. 
Quet est admiratif et interrogatif ; quent et qun sont presque 
toujours admiratifs; quint est de préférence interrogatif. 

§ 61. 2. Pronoms relatifs et interrogatifs. 

Qu (prononcé cu, lat. cui), que (qui, quem, quid) qui^ 
que, quoi (dont, à qui) 

quau (qualem) quel, quelle, quels, quelles 

quet(e), queto 

quent(e), quento 

quint, quinto 

qun, quno 

qiiant, quanto quel, combien 

loû quau, la qualo, etc. lequel, laquelle etc. 
Qu s'emploie devant les consonnes et devant les 
voyelles. II est invariable. Pour exprimer le génitif 
et le datif, on le fait précéder des prépositions de, à 
ou en, Aquéu^ aquelo^ aquéli de qu parlas celui, celle, 
ceux, celles dont vous parlez; li gènt en qu s'adrèisso 
(ou en quau s^adrèisso) les gens à qui il s'adresse. Sou- 
vent on se contente de que pour exprimer ces mêmes 
rapports, mais alors on joint les adverbes pronomiuaux 
n^en (n\ en) ou ié au verbe de la phrase relative: Vome 



quel, quelle 



Pronom. 91 

que n*en parle = Vome de qu parle riioinnie dont je 
parle, Vome que ié parle rhomnie à qui je parle; es un 
ouhrié que se ié pòu (jes faire de rejrroche e'est un ou\TÌer 
auquel on ne peut faire aueun reproehe. 

Qti est usité (Ums toute la Provence ; quau (invariabley 
quand il est un i^ronoin interrogatif) est ])his usité dans 
le pays d'Arles. — Quau s'eniploie partout dans les 
sentences et les proverbes, au lieu de aquéu que: Quau 
vòu prene dos lebre à la fes^ souvèn n'en pren ges qui 
veut prendre deux lèvres à la fois, souvent n'en prend 
point. — Quau, prononi relatif, précédé d'une préposition, 
ne se dit que des personnes: lou patroun en quaii tefises 
le patron en qui tu te fies. — Lou quau s'applique aux 
personnes et aux choses. 

Le pronom relatif peut ètre séparé de son antécédent: 
un cassaire passè qu'anavo cala si fielat un cliasseur passa 
qui allait tendre ses filets. 

E. Indéfinis. 

1. Adjectifs indéfinis. § 63. 
Cade, cado (de xaxà) chaque 

chasque^ chasco (quisque) cliaque 

quauque, quauco; quàuqui, -s (qualem-quam) quelque, 

quelques 
mant, manto; mant^ -5, manti, -s (celt. manti) maint, 

mainte; maints, maintes 
certan, certano; certan, -s, certàni, -s (certanum) certain, 

-e;. certains, -es 
diferènt, -s, diferènti, -s (diíferentem) différents, différentes 
divers, divèrsi, -s (<liversum) divers, diverses. 

2. Prononis indéfinis. § 6S. 
Cadiin, caduno (xaxà unum) chacun, e 

chascun, chascuno (quisque unus) chacun, e 



92 Pronom. 

qitaiicun, qiiaucimo, qiiàuquis-un, quàuqiiis-uno (qualem- 
quam-unum) quelqu'un, quelqu'une, quelques-uns, 
quelques-unes 

degun, deguno (de germ. deli[ein] et unum) personne 

autrui (*alterui) autrui 

Von, on (homo) l'on, on. 

7'es (res) personne 

rèn (rem) rien 

quaucarèn (qualem-quam reni) quelque chose. 

§ 64. 3. Adjectifs et Pronoms indéfinis. 

Aucun, aucuno; aucun^ -s, aucuno^ -i, is (aliqu'unum) 

aucun, -e; aucuns, -es 
aiííre, autro; autre, autro (àutri, -s devant les substan- 

tifs, lat. alter) autre, autres 

Vun Vautre Tun l'autre 
Vun e Vautre Tun et l'autre 
tau, talo; tau, talo (tau^ -s, tàli, -s devant les substantifs) 

tel, telle; tels, telles 
tout, touto; tóutij -s m. et f. (totum) tout, toute; tous, 

toutes 
plusiour (plus-iores) m. et f. plusieurs 
mefne, memo; meììie, mémi (met-ipsimum) même, mêmes 

lou meme, la memo, etc. le même, la même 
iéu-meme moi-même, tu-meme toi-même, etc. 

Tout s'accorde comme en français: tout (lou pople 
«de) Marsiho Vaclamè tout Marseille l'acclama; es tout 
aliscado elle est toute polie; es touto passido elle est toute 
fleurie; soun tòuti vergougnouso elles sont toutes hon- 
teuses. 



Verbo. 93 

VII. Verbe. 

A. Conjugalson. §65, 

Le proveuçal a perdii le passif (et le ílépoiient), 
sauf le participe passé; il a gardé les modes, sauf le supin, 
il a gardé les teníps, sauf le phis-que-parfait de rindicatif 
(encore vivant en vieux provenval dans le sens d'un 
conditionnel), le futur antérieur, le futiir de rimpératií. 
rimparfait et le parfait du subjonctif, le passé de infinitif 
II a remplacé le futur par une formation nouvelle" com- 
posée de rinfinitif et du présent indicatif d'avé (habere) ; 
il a créé avec l'infinitif et l'imparfait d'avé un temps 
nouveau, le couditionnel ou imparfait du futur; il farme 
plusieurs temps de l'actif et le passif tout entier (sauf le 
participe) par des périphrases composóes de différents 
temps íVavé et iVèstre (^essere^ au lieu de essé) et du 
participe passé, d'oìi la nécessité où il s'est trouvé de 
donner un participe passé même aux verbes qui n'en 
avaient pas pas en latin. 

On peut distinguer en provençal quatre conj ugaison s 
différentes ayant k l'infinitif les terminaisons suivantes: 

a i re (e) é, 

Mais les verbes en é dont le verbe auxiliaire avé 
peut servir de type, possèdent quelquefois un second 
infinitif en re, et comme ils sont peu nombreux et 
prósentent ou présentaient encore d'autres particularités, 
il vaut mieux les classer avec les verbes dits forts parce 
que anciennement ils faisaient quelques temps au moyen 
d'un changement du radical et avaient, pour ainsi dire, 
la faculté de les tirer d'eux-mêmes- 

Les verbes en i (lat.-íre) se divisent en deux groupes: 

a) Les verbes simples en i. Paradigme: servi 
(servire) servir. 



94 Verbe. 

b) Les verbes inçhoatifs(c'est-à-direyerbes dérivés 
ou imités d'inchoatifs latins. Ils intercalent au présent 
indicatif, à l'imparfait indicatif et à Vimpératif is, iss 
après le thème, syllabe répondant à la syllabe latine -îsc-. 

§ 66, B. Thèines. 

Chaque forme verbale se compose du thème (radical) 
et d'une terminaison. 

Le thème est généralement atone (protonique) ; il 
est tonique dans les 1 — 3^ sing. et 3® phir. du présent 
indicatif et subjonctif, dans la 2® sing. de l'impératif des 
verbes en a, des verbes simples en i et des verbes en 
re (e^ é)^ et dans l'infinitif des verbes en re (e). L'accent 
porté dans ces formes par le thème le modifie souvent 
d'après les lois phonétiques de notre langue, et le diffé- 
rencie ainsi du thème atone des formes plus nombreuses 
à terminaison tonique. Ainsi on a: 

Thème tonique. Thème atone. 

o: jogue^ -gue^^ -go, ou: jougan^'gas^-gave^etc, 
(deolibre) -gon, etc. inf. joiiga (jôcare) 

jouer 
logue, -gîieSj -go^ lougan, -gas, etc; inf. 

-gon, etc. louga (lôcare) louer 

move, -veSy -von mouvèn^ -vès, -viéu; 

inf. mòure (*mô- 
vère) mouvoir 
mole, 'lesj -lon moulèn, -lès, -liéti; inf. 

mòíirre (mólere) 
moudre 
pode, 2^os,' podon poudèìi^ -dès, -diéu; inf. 

poudé (*pôtêre) pou- 
voir 



Verbe. 



95 



Tlième tonique. 


Thème atone^ 


vole, voSj volon 


votilèn, -lès, -liéu; inf. 




voulé (*vòlêre) vou- 




loir 


fose, 'seSf -son 


fousèn, -sès, -siéu; inf. 




fouire (fòdere) pi- 




ocher) 


cose, -sesj -son 


cousèn, -sès, -siéu; inf. 




couirc (còquere) 




cuire 


wore, -res, mor, 


mourèn, -rès, -riéu; 


-ron 


inf. mouri (*môrire) 




mourir 


o: porte^ -tes^ to, 


ou: pourtan, -tas, -tave, 


(de en- -ton 


etc; ìiif. 2J0urta (pór- 


travé) 


tare) porter. 


conte^ -tes, -to, 


countan, -tas^ -tave\ 


-ton 


inf. counta (eômpu- 




tare) conter. 


comte^ -tes, -to 


coumtan, -tas^ -tave; 


-ton 


inf. coumta (còm- 




putare) conipter. 


sorte, -tes^ sort, 


sourtèn, -tès, -tiéu\ inf. 


'ton 


sourti (*sôrtire) sor- 




tir. 


dorme^ -mes. 


dourmèn^ -mès, -miéu-, 


'Ynon 


inf. dourmi (*d6r- 




mire) dormir 


tole, -les^ -lon 


toulèn, -lès, -liéu', inf. 




tole (tôUere) ôter 


porge, -ges, -ge, 


pourgèn^ -gès, -giéu-, 


-jon. 


inf. pourgi (de por- 




r[i]gere) présenter 



96 



Verbe. 



Tl: 


lème toiiiq 


11 e. 


Thème atoiie. 


(de ô libre) 


adore, -res, 


-ro, 


adouran, -ras, -rave-, 




-ron 




iuf. adoura (adô- 
rare) adorer 


(de on suivi 


mostre, -res, 


-ro, 


moustran, -ras, -rave\ 


de s) 


-ron 




iuf. moustra (mons- 
trare) montrer 


(de û libre) 


crose, 'ses. 


'SO, 


crousan, -sas, -save\ 




'Son 




inf . croiísa (críiciare) 
croiser 


^•* 


lève, 'Ves, 


'VO, 


e: levan, -vas^ -vave\ inf. 


(de è libre) 


'von. 




leva (lèvare) levare 




crebe, -bes^ 


'bo. 


creban^ -bas, -bave-, 




'bon 




inf. creba (crèpare) 
crever 




gèle, 'les, 


'lo. 


gelan, -las, -lave; inf. 




-lon 




gela (gèlare) geler 




tène, -nes, - 


non. 


tenèn, -nès^ -niéu; inf. 
teni (*tènire) tenir 




vène, -nes, • 


•non 


venèn, -nès, -niéu-, inf. 
veni (vènire) venir 


(de ê libre) 


cèle, 'les. 


'lo, 


celan, -las, -lave\ inf. 




'lon 




cela (cêlare) celer 




espère, -res, 


'ro. 


esperan, -ras, -rave-, 




-ron 




inf. espera (spêrare) 
espérer 




cède, 'des. 


'do 


cedan, -das, -dave\ inf. 




'don 




ceda (*cêdare) céder 


(de è en- 


assète, -tes. 


'to, 


assetan, -tas, -tave; 


travé) 


'ton 




inf. asseta (*adsêdi- 
tare) asseoir 



Verbe. 



97 



Thème tonique. 
ell: apelle, -lles^ 'llo, 
'llon 





rmoiivelle, -lles, 




'llo, 'llon 


iè: 


aquière, 'res. 


(de ce — è 


aqiiièr, -ron 


libre) 






counqiiière, -res, 




counquièr,'ron 


ue: 


ciierhe^'hes^merh, 


(de ô libre) 


'hon 



duerhe, -hes, 
duerh, -bon 

despueie, 'ies,'io, 
'ion 

(de ô en- cu£Ìe, 'ies, -ion 
travé) 
ai: laisse, -sses, -sso, 
(voy. § 10) 'sson 

haisse, etc. 



flaire, -res, 'ro 



Thème atone. 
el: apelan^ -las^ -lave-, inf. 

aj^ela (appellare) 

appeler 
renouvelan^ -las^ -lave-j 

inf. renouvola (reno- 

vellare) renouveler 
e: aquerèn^ -rès, -riéu\ 

inf. aqueri (de ad- 

quaerere) acquérir 
counquerèn^ -rès^ -riéu\ 

inf. counqueri (de 

con-quaerere) con- 

quérir 
u: curhèn, -bès, 'hiéu, etc; 

inf. curhi (côóperire) 

couvrir 
durbèn, -bès, 'hiéii;mí, 

durhi (de-òperire) 

ouvrir 
despuian, -ias, 'iave; 

inf. desjmia (de- 

spôliare) dépouiUer 
cuièn, 'iès, 'iéu; inf . culi 

(côUigère) cueiUir 
ei: leissan, -ssas, etc; inf. 

leissa (laxare) laisser 
heissan, 'ssas, etc ; inf. 

heissa (^bassiare) 

baisser 
fleiran, -ras; inf. fleira 

(fragrare) flairer 

7 



98 



VerbQ. 



Thème tonique. 
naisse^-ssesrsson 



paîsse,'sses, -sson 



iai: hiaise^ -ses, -so, 
'son 

ai : plaise, -ses, ptlais^ 
'Son 

jaise, ses, jais, 
'son 

èi: crèisse,'Sses,'Sson 
(voy. § 10) 

parèisse, -sses, 
'sson 

counèisse, -sses, 
'Sson 

òu: absòuve, -ves, 
(voy. § 11) 'von 



òiifre, 'fres,'fre, 
'fron 

plòii 



Theme atone. 
neissèn, -ssès, 'ssiéii; 

inf. naa'ssé (*nascere) 

naitre 
peissèn, 'Ssès, -ssiéu; 

inf. paisse (pascere) 

paître 
iei: bieisan, -sas, -save; inf. 

bieisa (* bif aciare) 

clétourner 
a: plasèn, -sès, 'siéu; inf. 

plaire (*placère) 

plaire 
jasèn, 'Sès, -siéii; inf. 

jaire (jacère) gésir 

ei: creissèn, -ssès, -ssiéu; 
inf. crèisse (crêscere) 
croître 

pareissèn, 'Ssès, etc. ; 
inf . parèisse (*pares- 
cere) paraître 

couneissèn, -ssès; inf. 
counèisse (cognos- 
cere) connaître 

óu: absóuvèn, 'vès; inf. 
absòudre (absolvere) 
absoudre 

òufrèn, -frès; inf. óufri 
(*offerire) offrir 

ou : plouvié, etc . ; inf . plòure 
(*plôvere) pleuvoir 



Verbe. 



99 



Thème toniqiie. 
èii: abrènje, 'jeSj-Jo, 
(voy. § 11) 'jon 



îo: 

(voy.§ll,2 

et § 3,2) 



Thèiìie atone. 
éu: abréujan, -jas, -jave; 
inf. abréiija (*ab- 
breviare) a))réger 
gréujan,'jas; ìntgréuja 
(*greviare)léser, ex- 
ploiter 
viole, "leSf'loj'lon ióu : viôulan, -lasj -lave; inf. 

viótda (violare) vi- 
oler 



greuge, -ges, -jo, 
'jon 



io: enfioque, -ques^ iou: enfioucan, -c«5, -cave, 



(voy. § 2,2 'co, 'con 
et^§ 3,2) 

enfiole, -les, -lo, 
'lon 



te: assîeje, -jes, -jo, 
(voy. § 5,2) 'jon 



inf. enfiouca (iu-foc- 
are) enflammer 
enfioulan, -las, etc; inf. 
enfioula (in-filare) 
duper 
ie: assiejan^'jas, -jave; inf. 
assieja (^assédiare) 



assiéger 



èn: vènte, -tes, -to, 
(voy.§14,2) 'ton 



sènte, 'tes, -ion 
rènde, -des, -don 



en: ventan, -tas, -tave; inf. 
venta (ventare) ven- 
ter 
sentèn, -tès, -tiéUj inf. 
senti (sentire) sentir 
rendèn, -dès, -diéu; inf. 
rèndre (reddere) 
reudre, ete. 
Le thème tonique est modifié diíféremment selou § 67. 
qu'il est suivi d'une voyelle (1 — 3® sing., 3® plur. prés. 
ind. et subj.; 2® impér. des verbes en -a; 1 — 2® sing., 
3® plur. ind. et subj., 2® sing. impér. des verbes simples en 
i et des verbes en re, e, e), de la consonne r (à rinfinitif 



í 



102 Verbe. 

(*se(lère) seoir. Dans les verbes oìi la 3® siiig. conser- 
vait ou ajoutait Vs des autres personnes du prés. ind., 
l'infinitif n'a pas d'/ (de d) devant Vr: rire (les deux i 
du thème et de d devaient s'unir dans un seul son), 
claure (on a évité le groupe aui de au et de á), esclure 
(excludere) exclure, counclure (concludere) conclure, etc. 
Voy. § 108. Le qu de coquere se change en i devant r 
comme à la fin du mot: couire (prés. cose : coui). Le c 
(et le g) médial isolé qui devient s au présent quand il 
est suivi d'une voyelle et aussi à la 3® pers. du sing. 
(voy. § 22,2), se change également en i devant IV de l'in- 
finitif: nouire (*nocere) nuire (Prés.: 1® sing. nouise^ 
3® sing. nouis\ faire (facere) faire (Prés. 3® sing. fai)y 
jaire (jacere) gésir (Prés. jaise:jais)^ traire (*tragère) 
traire (Prés. trasey trais ou trai)^ plaire (*placère) plaire 
(Prés. plaise : plais) ^ taire (*tacère) taire, lèire (*licère) 
être à loisir, dire (dicere) dire (Vi de c s'est soudé avec 
Vi du thème; Prés.: dise: dis ou di), coustruire (*constru- 
gère) construire (Prés.: cowstruise : coustruis). Yoy. § 108. 
Par exception, le c du thème, rencontré par Vr de l'in- 
finitif, a disparu, et Vr s'est doublée, dans coundurre 
(conducere) conduire (Prés. counduse, coundus)^ adurre 
(adducere) amener, etc. — Dans les infinitifs jougne, 
(jungere) joindre, plagne (plangere) plaindre, tegne (tin- 
gere) teindre, etc. (de verbes dont le radical se termine 
en latin par ng)^ naisse (*nascère) naître, paisse (pascère) 
paître, crèisse (crescere) croître, etc. (de verbes dont le 
thème est terminé en latin par 5c), mòuse (mulgére) traire, 
torse (torquere) tordre, rèime (redimere) racheter, cerne 
(cernere) tamiser, porge (porrigere) présenter (voy. §§ 79, 
109), oîi Vr sest perdue parce qu'elle était finale en vieux 
provencal (v. prov. jonher, jìlanher, naisser^ etc), le 



Verbe. 103 

thème tonique de rhifinitif est le même que celui du 
présent indicatif 1® et 2® sing., 3** plur., c'est-à-dire des 
formes du présent où le thème tonique est suivi d'une 
voyelle atone. 

Le thème tonique du subjonctif présent est§ 69. 
toujours suivi d'une terminaison commençant par une 
voyelle; par conséquent il est identique avec celui des 
formes de Vindicatif, de Timpératif et de Vinfinitif, qui 
sont également suivies d'une voyelle atone (e, es, on; o). 
II n'y a aucune difîérence formelle entre les P^, 2*® sing. 
et 3^^ plur. de Tindicatif et du subjonctif présent des 
verbes simples en i et des verbes en re (e): 

Indicatif. Subjonctif. 

Sing. 1. serve^ rènde je sers, je serve, rènde je serve, 

rends je rende 

2. serves^ rèndes tu sers, tu serves, rèndes tn serves, 

rends tu rendes 

Phir. 3. servon, rèndon ils ser- servon, rèndon ils ser- 

vent, ils rendent vent, ils rendent. 

De mème, ind. et subj.: fose (inf. fouire piocher), 
cose (inf. couire cuire), moí)e (inf. mòure mouvoir), mole 
(inf. mòurre moudre), imisse (inf. jyaisse paître), móuse 
(inf. móuse traire) etc. etc. Cependant quehiues verbes 
forts ont conservé au subjontif présent un aneien radical 
inchoatif ou qui sétait formé sous rinfluence des dési- 
nences latines iam, ias etc. Ainsi sexphquent les sub- 
jonctifs: posque (po-scam) je puisse, sache (sapiam) je 
sache. D'autres verbes empruntent le thème de leur 
subjouctif présent au parfait (voy. § 72): saupe (de ranc. 
l^arfait saiip^ sapui) je sache, visque (d'un parf. visc^ 
*viscui) je vive, agîce (de l'anc. parf. ag^ habui) j'aie. 



104 Verbe. 

hegue (de ranc. parf. heg^ *bibui) je boive, escrigue (de 
ranc. parf. escrig, *8cribui) j'écrive, plagiie (de J'anc. 
parf. plag, placui) je plaise, tèngue (de l'anc. parf. teng. 
*tenui) je tienne, vèngue (de Tanc. parf. veng^ venui) 
je vienne, vaugue (de Tanc. parf. valg, valui) je vaiUe, 
vogu£ (de Tanc. parf. volg, volui) je veuille, etc. Peu 
à peu, ce gu s'est introduit aussi dans les subjonctifs des 
verbes forts qui ne possédaient pas d'ancien parfait 
en g^ et même dans le subjonctif présent des verbes 
faibles en re (P et 2® pers. plur: rendeguen, rendegués) 
et des verbes inclioatifs et simples en i (dans toutes les 
personnes : punigue^ -gues, -gue^ etc. ; voy. les paradigmes). 
Sur Ye et Vi intercalés devant gu, au parfait comme au 
subjonctif, voy § 72. 
§ 70« L'accent qui porte tantôt sur le thème (dans les 3 

personnes du sing. et dans la 3® pers. du plur.), tantôt 
sur la terminaison (dans la V^ et 2® pers. du plur.) fait 
varier aussi le tlième du subjonctif prés. de formation 
anomale (analogique) : 

o: vo^ne, -5 je veuiUe, etc. ou: vouguen, -gués nous 

voulions, etc. 
posqn^ je puisse ^oîíS5'î6í?wnouspuissions 

òu: ahsòugue j'absolve óu: ahsòuguen nous absol- 

vions 
mòugue je remue mó^íýitennousremuions 

èn: tèngue je tienne en: tenguen nous tenions 

vèngue je vienne venguen nous venions, 

etc. 
Yoy. § 6(). 
§ 7L Le tlième atone est toujours invariable, s'il n'est 

pas remplacé par le thème tonique d'un ancien parfait 
fort (voy. § 69) ou s'il n'y a pas de restes d'anciennes 



Verbe. 105 

formes, comme daiis le participe présent des verbes 
valé (valere) valoir: vaiènt (tiré du thème du subj. prés. 
vaie, valeam) et sabé (sapere) savoir: sachènt (sapientem) 
sachant. Voy. § 104. 

Le parfait et Timparfait subjonctif des verbes § 73. 
en i intercalent, entre le thème atone et la terminaison, 
la syllabe igu, et le parfait et Fimparfait subjonctif des 
verbes en rp la syllabe egu: 

Parf. Ind. Imparf. Subj. 

piiniguère, etc. je punis puniguèsse, etc. je punisse 

serviguère je servis serviguèsse je servisse 

rendeguère je rendis rendeguèsse je rendisse. 

Le gu de ces syllabes intercalaires est emprunté 
aux parfaits des verbes forts qui, en latin (classique ou 
vulgaire), se terminaient par ui, L'w en hiatus de ce 
temps avait pris, avec ou sans la consonne précédente, 
ie son du w germanique et se changeait comme lui en 
gu et en g (voy. § 19). Ainsi on conjuguait -en vieux 
provençal: ag (ou ac, g devenant sourd à la fin du mot), 
aguest, ag^ aguem^ aguets, agron; agues, aguesseSj agues, 
aguessem, aguessets^ aguesson^ j'eus, ,tu eus, etc. De même 
jag (jacui), j^;ía^ (placui), deg (debui), volg (volui), dolg 
(dolui), calg (calui), valg (valui), teng (tenui), pog (potui) 
et, par analogie, mog (*movui), conog (*cognovui), pag 
(*pavui), creg (*crevui), tolg (*tollui); caeeg (*cadui), 
correg (*currui), etc. On trouve déjà ici ïe qui est 
intercaló devant gu pour faciHter la prononciation, et qui 
est devenu obligatoire dans les verbes faibles in re. L'í 
qui s'intercale dans les parfaits des verbes en i suit 
l'analogie des nombreuses formes en i tonique. h'ei 
des parfaits creiguère^ pleiguère, pareiquère, couneiguère 



106 Verbe. 

est dû à l'analogie des fonnes dont le thème atone 
possédait régulièrement la diphtongue ei, Voy. § 66. 
La formation du parfait à Faide de gii (egii^ igii^ eigu) 
a été adoptée successivement presque par tous les parfaits 
des verbes forts et par tous les parfaits des verbes 
faibles en i et en re, 

§ 73« Une autre formation ancienne s'est conservée dans 

les parfaits sau;père (du v. prov. saup^ lat. sapui) je sus, 
reçaiipère je recus, deçaupère je déçus, etc. (v. prov. 
receup^ deceup^ lat. recipui, decipui; reçaui)^ etc. d'après 
caup^ capui). Voy. § 107. Les*thèmes saup^ reçaup, 
etc. sont entrés même à rinfinitif (saiq^re, reçaujyre^ etc. 
à côté de sabé, recehre etc.) et au présent indicatif 
(3® sing. saup il sait; et: reçaupe^ -pes^ -/?, -pèn^ -pès, -pori). 
D'aiUeurs, on a formé, du thème du présent subjonctif, 
les nouveaux parfaits sachère je sus et pousquère je pus, 
de V. prov. sacha (sapiam), aujourd'luii sache^ et posca^ 
aujourd'hui posque (voy. §§ 69 et 74). Visquère je 
vécus provient du lat. vulg. *viscui (au lieu de *vixui; 
lat. class. vixi). 

§ 74. Le gu (g) du parfait sest introduit, déjà au moyen- 

âge, aussi dans le participe passé. On a formé, du 
thème du parfait et de la terminaison ii^ udo (utum^ 
utam) des participes passés des verbes en -re, les ter- 
minaisons gìi^ gudo (anciennement: gut, guda)^ egu, egudo 
(là oti le parfait est en ogiière) et eigu, eigudo (là où le 
parfait est en eiguère^ voy. § 72): agu eu, jagu (ìiìf. jaire) 
couché, begu bu, vaugu (v. prov. calgut) falhi, vaugu valu^ 
vougu vouhi, môugu mu, plôugu phi, tengu tenu, vengu 
venu, plasegu phi, courregu couru, pareigu, paru. La 
langue moderne a augmenté le nombre de ces participes: 
faugu falhi, cousegu cousu, mòusegu trait, etc. sont de 



Verbe. 107 

créatio;! réceiite. Oii a formé du thème du parfait aussi 
les participes: víscti vécu (de l'anc. parfait visc^ *viscuiy 
voy. § 73), nascu (de rauc. parf. 7iasc^ *nascui) né, et 
pascu pu (de ranc. parf. pasc^ *pascui). Pouscu pu est 
formé à raide du thème du subj. prés. posc (voy. § G9) 
qui, avant d'entrer au participe passé, avait gagnó le 
parfait (voy. § 73). D'autres verbes ont gardé, avec les 
modifications phonétiques régulières, les participes forts 
du latin en -sum: ris (risum) ri, pres (prehensum) pris, 
claus (clausum) clos, counclus (conclusum) conclu, etc^ 
wes (missum) mis, fos (fossum) pioché, escous (excussum) 
battu (du blé), ars (arsum) brûlé, mous (mulsum) trait^ 
tors (torsum) tordu; et en -tum: tòut (*tollitum) enlevé, 
mòut (molitum) moulu, vist (*vistum) vu, /*a, -cho (factum, 
-am) fait, -e, tra^ 'Clio (tractum) tiré, di^ -cho (díctum) dit^ 
adu^ 'cho (adductum) amené, coustrui^ -cho (constructum) 
construit, ^'own, -c/zo (junctum) joint, j?ía?î, -cho (planctum) 
plaint, pen^ -cho (*pinctum) peint, etc. (voy. §§ 39 et 108), 
escri^ -cho (scriptum) écrit (voy. § 18). Deux verbes ont 
un participe analogique de formation récente: sachu su 
(duthème [du subj. prés. qui était entré au parf., voy. 
§ 73; com\), 2>ouscu) et venci vaincu (fait sur le type des 
participes faibles des verbes en -?). — Les participes 
passés des verbes faibles en -a, -2, -re ajoutent leur 
terminaison (voy. § 81) au thème atone normal. 

Le thème en gu a gagné même quelques infinitifs. § 75« 
Cette formation qui est de date très récente, n'existe que 
pour des infinitifs en é: agué (à côté de at;é, habere) 
avoir, vaugué (au lieu de valé^ valere) valoir, vougué (à 
còtó de voulé^ *volêre) vouloir, et faugué (à côté de 
falé^ *fallêre) falloir. Les parfaits pousquère et sachère 
(voy. § 73) ont produit les infinitifs modernes pousqué 



108 Verbe. 

(au lieu de poudé^ *potêre) pouvoir et saché (à eôté de 
sahé et de saupre) savoir. On connait déjà rorigine des 
infinitifs saíipre savoir, reçaupre reeevoir, deçaupre déce- 
voir, etc. (voy. § 73) qui s'emploient à côté de sabé 
(savé), recebre, decebre, etc. (reçuvre^ deçuvre en rhodanien 
populaire ; dans ces formes, le & a éte changé en v ,et 
cette spirante a transformé Ve précédent en ît). 

-% 76. Enfin le type du parfait en gu s'est introduit aussi 

au participe présent: dans aguènt (à côté de avènt^ 
habentem) ayant, vouguènt (à côté de voulènt^ volentem) 
voulant, et pouguènt (à côté de pousquènt^ du subj. prés. 
posqtie^ et de ptoudènt^ potentem) pouvant. Voy. § 104. 

^ 77. Le futur provençal se compose de rinfinitif du 

verbe et du présent dCavé (seulement on a en, és au lieu 
(ïavèn^ avès). Leconditionnel se compose de rinfinitif 
du verbe et de Timparfait de rauxiliaire avé^ avec sup- 
pression de la syliabe av. Cette composition ayant eu 
lieu à une époque très reculée, il est naturel que IV 
des infinitifs latins (are^ ire^ êre, ère\ v. prov. ar^ ir^ er, 
re et er) s'y soit conservée. L'a de l'infinitif de la P° 
conjugaison (en -a, are), devenu protonique, a dû être 
gardé; les í, ê, e des autres infinitifs devaient disparaître; 
mais les verbes faibles en i (ire), simples et inchoatifs, 
.ont conservé Vi sur l'exemple de leurs nombreuses formes 
^n i tonique, et quelques verbes forts les ont imités. 

Aiusi on forme: 

.1 Inf. 2>^^l^ (v. prov. Fut. parlarai, Cond. parlariéu, 
parlar) parler. 

Ila Inf. j^;2*ni (v. prov. punirai. puniriéu, 

punir) punir. 



Verbe. 



109 



Ilb Inf. servi (v. prov. servirai serviriéu 

servir) servir 
III Inf. rèndre (v. prov. reridrai rendriéu 

rendre) rendre 

La chute de Ve et Yi (dans les verbes forts) de 
rinfinitif et la combinaison de rinfinitif devenu protoni- 
quea avec les terminaisons toniques A'avé ont donné 
lieu à divers accidents phonétiques. Là où le thème 
de rinfinitif portait l'accent, il devait être modifié 
d'après les mêmes lois que nous avous déjà vues fonc- 
tionner aux §§ 66 et 70. P. ex. : 

Inf. 
Plaire (*placère) plaire 
traire (*tragère) tirer 
crèire (crêdère) croire 
vèire (*vídère) voir 
plòure (*plòvère) pleuvoir 
mòure (*m6vère) mouvoir 
mòurre (mòlère) moudre 
ábsòudre (absolvere) absoudre ahsòudrai 

Si le thème du verbe est termiué par un v, ce v se 
vocalise devant r en u : avé : auraij auriéu; s'il est ter- 
miné par l ou m, un d doit s'intercaler entre ces lettres 
et IV de rinfinitif, et 17 suivie de la consonne d doit se 
changer en u: voulé (v. prov. voler) vouloir: (voldrai et) 
voudrai (avec assimilation du d: vourrai), valé (valere) 
valoir: vaudrai (vaurrai), falé (*fallêre) falloir: faudra; 
veni (venire) veuir: vendrai, teni (tenere) tenir: tendrai; 



Fut. 


Cond. 


pleirai 


pleiriéu 


treirai 


treiriéu^) 


creirai 


creiriéu 


veirai 


veiriéu 


plóura 


plóurié 


móurai 


móuriéu 


móurrai 


móurriéu 


ahsóudrai 


ahsóudriéu, etc. 



^) Les futurB jairai àejaire (*jacére)gé8Ìr, cairai de caire (cadere) 
choir et trairai (à côté de treirai) de traire (* tragere) tirer suivent 
ranalogie des formes à thème tonique. Voy. §§ 10,2 et 108. 



110 Verbe. 

aiissi cregne (tremere) craindre: crendrai (à eôté de 
ATôgnirai^ voy. plus bas, et § 109. Dans les verbes 
dont le tlième provençal se termiue par gn (n mouiUée), 
par ss (iat. 5c), Is (Ig) ou rs (lat. rgu), on introduit géné- 
ralement ei entre le thènie et le rai, riéu etc. du futur 
et du conditionnel: jougne (jungere) joindre: jougneirai, 
joiigneiriéu; ougne (unguere) oindre: ongneirai, plagne 
(plangere) plaindre: 'plagneirai, i)egne (pingere) peindre: 
pegneirai, tèisse (texere) tisser: teisseirai, móuse (*mul- 
gére) traire: móuseirai (ou mòuseraí), torse (torquere) 
tordre: tourseirai. On forme aussi, de l'inf. courre 
(currere) courir: courreirai, d\in ancien inf. vence (vin- 
cere) vaincre: venceirai; et non de rinfinitif, mais du 
tlième atone du présent, les futurs et les conditionnels: 
('ouseirai je cuirai, couseiriéu je cuirais (à côté de couirai, 
couiriéu qui sont réguliers), traseirai je tirerai (à côté 
de treirai^ voy. plus haut) et clauseirai je clorai (à côté 
de claurai qui est régulier). II est évident que ces 
formes en eirai ont été créées sur le modèle des futurs 
reguliers: pleiraij treirai, veirai, creirai. II en est de 
même des futurs pareirai (inf. ])arèisse, lat. parescere, 
paraitre) et couneirai (inf. counèisse, lat. cognoscere, 
connaître), qui ne prennent pas ou suppriment le suffixe 
inchoatif. Quelquefois, le futur et le conditionnel sont 
dérivés d'un ancien infinitif perdu. Farai, fariéu sont 
forhiés de Tinfinitif vieux provençal: far (facere) faire. 
Saraij sariéìi dérivent du lat. vulgaire essere (franç. éfre), 
dont la première syllabe est tombée, et dont la seconde 
syllabe a pris a au lieu de e sur le modèle de farai, 
Sur venceirai de vence voy. plus haut. Au contraire, 
un infinitif moderne a donné au verbe sabé (sapere, 
savoir) le futur: sauprai (de saupre^ voy. § 73). Quel- 



Verbe. 1 1 1 

ques verbes forts oiit abauíloiiné los anciennes formes 
régulières et forment les tenips du futur sur le type des 
verbes faibles en i: vincre (vineere) vainere: vencirai 
(à côté de venceirai et de vincrai)^ ougne (unguere) 
oindre: ougnirai^ esf re^îie (stringere) étreindre: estregniraì^ 
cregne (tremere) craindre: cregnirai (ìi còté (ìe crendrai-, 
voy. plus liaut), naisse (imsceYe): neissirai^ paisse (pascere) 
paître: peissirai, crèisse (crescere) croitre: creissirai. 11 
est à noter que le tlième latin de tous ces verbes se 
termine par une palatale fc, ng^ sc). 

C. Termînaisons. 

Les terminaisons sont naturellement atones dans § 78. 
les formes verbales à tlieme tonique, et toniques dans 
les formes verbales à tlième atone. L'ortliograplie fait 
facilement connaître leur tonalité. 

Voici uu tableau de toutes les terminaisons nor- 
males, mais qui fait abstraction des prolongations (et des 
transformations) des thèmes: 





I. 


na. 


II b. m. 


Inf. 


a 

ant 
a, ado 
e, es^ 


i 


i re, e (é^ 


Participe prés. 




ènt 


passé 




i, ido u, ud( 


Ind. Prés. Sing. 


e, es, — 


Plur. 


an, as, on 




èn, ès, on 


Imparf. Sing. 


ave, aves, avo 


iéu, iés, ié 


Plur. 


avian,avias, 


avien 


ian, ias, ien 


Parf. Sing. 




ere, 


ères, è 


Plur. 




erian, erias, èron 


Subj.Prés. Sing. 




e, es, e 


Plur. 




en, 


és, on 



112 Verbe. 

I. Ila. Ilb. III. 

Imparf. Sing. èsse, èsses, èsse 

Plur. essian, essias, èsson 

^^^"^^^^^■»^/^^""""^"^^ 

Impér. Siiig.etPlur. o; ew, as e; en, ès — ; en, ès 

Fut. Sing. aí, 'as, a 

Plur. ew, és, an 

Cond.Sing.(=Imparf.IIa,IIb,III)*.^^' ^' ^^ 

Une très grande partie des désinences est commune 
à toutes les conjugaisons. Cette simplicité est le résultat 
de beaucoup d'altérations successives des anciennes flexions. 
Presque chaque terminaison a une longue histoire compli- 
quée qui n'est pas toujours facile à démèler. 

§ 79. Infinitif. Les infinitifs en a, í, re, e, é répondent 

aux terminaisons du vieux provençal ar, ír, re, er et 
ér et dérivent des désinences latines âre, ïre, ère et êfe. 
La désinence er, actuellement e, ne s'est développó 
qu'après des thèmes terminés par ng (jungere, pungere, 
unguere, plangere, fingere, pingere, stringere, tingere), 
par sc (*nascere, pascere, *irascere, crescere, cognoscere, 
parescere), par x (texere), Ig (ou îc; *mulgère ou *mulcère), 
rqu (torquere), r'g (porr'gere), rn (cernere) et m (redi- 
mere, tremere et imprimere, dont les deux derniers 
suivent l'analogie des thèmes en ng): jougne joindre, 
pougne poindre, plagne plaindre, fegne feindre, pegne 
peindre, estregne étreindre, tegne teindre; naisse naître, 
paisse paîtíe, iraisse fâcher, crèisse croître, counèisse 
connaître, parèisse paraître; tèisse tisser; móu^e traire; 
torse tordre; porge (à côté de pourgi) présenter; cerne 
(à côté de cerni) voir; 7'èime racheter; cregne craindre; 
empregne empreindre. Voy. § 109. L'infinitif taise 



Verbe. 113 

(à côté de teisa'^ lat. tacere) taire est uii comproiiiis de 
ta^é (tacêre; v. prov. tazer) et de taire (tacère), fait 
sous rinfluence du thème tonique du j^résent. Le tlieme 
tonique du présent a produit tout seul les infinitifs tole 
(h côté de torre^ voy. § ()8) enlever et j^^'^f^e O^ côté de 
prendre^ prendre. 

L'infinitif en é (lat. êre) se trouve dans les verbes: 
poiidé (*potêre; ì\ côté de poiisqué^ voy. § 75) pouvoir, 
voiilé (*volêre; ìi côté de voiígué^ voy. § 75) vouloir, 
vaU (valere; à côté de vaiigiiê^ voy. § 75) valoir, calé 
(calêre; h côté de chaure de *calere) chaloir, falé (*fallêre; 
à côté de foiigué^ voy. § 75) et sabé (*sa])êre; vov. aussi 
§ 75). Yoy. § 103. 

Beaucoup de verbes ont changé d'infinitif et mème 
de conjugaison, ìi Tépoque de la formation du provençal 
ou plus tard. Ainsi placêre (devenu *placère) a donné 
plaire plaire; tacêre (devenu *tacère): taire taÌTe', frigêre 
(frigère): frire frire; vidêre (*vidère): vèire voir; ridére 
(*ridère): rire rire; movêre (*movere): mòure mouvoir; 
mulgère (*mulgère): môuse traire; velle (devenu *volêre): 
vouU vouloir ; posse (devenu*potêre) : poudé pouvoir. Ofierre 
(devenu *offerîre) a donné ôìifri (II*) oífrir, suíferre (*suífe- 
rïre) soufri (II*) souflPrir, sequere (*sequïre) segui (11**^^, 
h côté de segre) suivre, con-quaerere (con-*quaerîre) coun- 
qiieri (11*^*^) conquérir, fallere (*fallìre) fali (11*®'^) 
faillir, coUigere (*coll[i]gîre) culi (IP*^^^) cueillir, legere 
(*legire) legi (IP) lire, fugère (*fugïre) fugi (IP) fuir, 
vincere (*vincïre) venci (IP) vaincre, etc. Implêre 
(devenu *implîre) a donné emplir (II*) emplir, florere 
(*florire) flouri (II*) fleurir, putêre (*putire) pudi (II* ®^^) 
puer, languêre (*languire) langui (II*) languir, lucêre 
(*lucire) liisi (ll^) luire, repoenitêre (*repoenitîre) repenti 

8 



114 Verbe. 

(IP) repentir; putrêre (*j)iitrîre) imiirri (II*) pourrir, 
resplendere (*resplen(lîre) resplendi (IP) resplendir, tenêre 
(*tenìre) teni tenir. Ce sont surtout les infinitifs eu i 
qui ont gagné du terrain. A oy. §§ 101, 102. 

§ 80. Participe présent. La terminaison ant provient 

régulièrement de -antem; ènt de -entem qui a pénétré 
dans tous les verbes, sauf ceux qui suivent la conjugaison 
en -a (I). — Comme en français, le participe présent 
est invariable; mais il varie (féni. -anto, 'ènto) s'il devient 
adjectif verbal et qu'il désigne alors un fait durable, 
un état permanent. — On forme le gérondif en ])laçant 
la préposition en devant le participe: en imrlant en par- 
lant; en xmnissènt en punissant. 

§ 81. Participe passé. La terminaison a, ado provient 

de -âtum, -âtam; í, ido de [-îtum, -îtam; n, udo de 
-ûtum, -iitam. Sur les participes passés qui sont restés 
forts, voy. § 74. — Les participes passés varient conmie 
les adjectifs. Yoy. §§ 39 et 45. 

§ 83. Indicatif. Présent. La V^ conjugaison a gardé 

le plus fidèlement les formes du vieux provençal et du 
latin. L'o de la 3® pers. sing. provient régulièrement de 
-at (v. prov. a); de même -an^ -as de -anms (v. prov. 
-am, avec perte de Ys métatonique) et de -atis (v. prov. 
-az), \jon de la 3*^ pers. plur. peut provenir de -ant 
ou être empruuté aux verbes dont la 3® plur. se terminait 
par -unt (v. prov. orC), La terminaison de la "2® pers. 
sing. as (v. pVov. -as) s'est cliangée en es comme la 
désinence correspondante des adjectifs fém. (voy. § 45). 
Cette seconde personne et, plus anciennement, rexemi>le 
des verbes dont le tlième verbal était terminé par un 
groupe de consonnes qui demandait un e d'appui (v. 
prov. semhle^ -s, tì'emhle^ -5, memhre^ -^, etc; voy. § 5,2) 



Verbe. 115 

a fait ajoiiter régiilièrement un e aiissi h la V^ per- 
sonne. — Les autres conjug-aisons faibles (et généralenient 
aussi les verbes forts) ont suivi, dans les V^ et 2® pers. 
sing., Fexemple cles verbes de la V^ eonjugaison; le 
vieux provençal perdait, selou les lois phonétiques, Ve 
et Yi des terminaisons -es, 'is du latin, comme le fait 
encore fréquemment la 3® pers. sing. pour Ve et Vi des 
désinences latines et et it. Sur les modifications de la 
consonne finale de la 3^ sing. voy. § 67. Le t méta- 
tonique du latin (e^, ?ï) a disparu. La 3® pers. plur. 
on provient de unt qui a remplacé ies anciennes 
terminaisons ent et iunt (v. prov. en, on). La V^ et 
la 2® pers. plur. sont formées sur le modèle des personnes 
analogues des anciens parfaits qui se terminaient par 
«ni, etz ou sur le modèle de la V^ et de la 2® pers. 
plur. prés. ind. du verbe èstre (v. prov. em^ ets). Autre- 
fois ces personnes se terminaient par en^ és^ de -êmus, 
-êtis, désinences qui se sont maintenues dans la V^ et 
la 2® pers. plur. du subj. prés. de la l'® conjugaison 
(qui a été suivie par les autres conjugaisons) et dans 
les mêmes personnes de tous les futurs. 

Imparfait. I. La V^ pers. sing. terminée en v. § 88. 
prov. par ava lat. (aham) a adopté Ve analogique de la 
P® pers. sing. du présent; la terminaison de la 2® pers. sing. 
provient régulièrement de v. prov. ávas (lat. abas: avas: 
aves^ voy. §§ 45 et 82), celles de la 3® pers. sing. et 
plur. de V. prov. áva (-abat) et avoìî (-abant). Les 
terminaisons de la V^ et de la 2® p. plur. sont coni- 
'posées de av (lat. ai, dans -abamus, -abatis) et . des 
désinences du plur. imparf. des autres conjugaisons. 
— II et III. L'ían, ias de la V^ et de la 2® plur. 
proviennent des terminaisons du v. prov. 'iàm, -iàts (de 

8* 



116 Verbe. 

e[b]amus, e[b]atis, avec chaugement de Ye en hiatus en 
i et avec la perte de Ys métatonique de la P® pers. plur.y 
qui tombe dans toutes les P®^ pers. plur.); Yten de la 
3® pers. phir. provient du v. prov. ían (lat. î[b]ant, 
ê[b]ant), dont Ya s'est affaibli en e, et où, après un 
déplacement analogique de Taccent, Yi en hiatus s'est 
joint à e(n) pour former une diphtongue. Le déplace- 
ment de Faccent était produit par Texemple de la l '*® 
et de la 2® pers. plur. Des analogies ont changé aussi les- 
terminaisons du sing. Celle de la 2® pers. sing., ías en 
V. prov. (-i[b]as, -ê[b]as), devenue íes et iéSj a fait naìtre 
une 3® sing. en ié (v. prov. ía, lat. î[b]at, ê[b]at) et 
une V^ pers. sing. en iéu qui paraît avoir reçu son it 
par l'influence de la P® pers. sing. du verbe èstre: siéu 
je suis. 

§ 84. Parfait. I — III. La 3® sing. en -è (v. prov. èf) et 

la 3® plur. en -èron sont seules de formation ancienne, 
La 3® pers. plur. (et. peut-être aussi rancien plus-que- 
parfait en -èra, -èras^ -èra^ eràm^ eràs^ èran) ont fait 
entrer -er- aussi dans la V^ et la 2® pers. sing., et dans 
la P® et la 2® pers. plur. (terminées en v. prov. par 
èí, €S] èw, èts). On a ajouté, par analogie, k cet -er-: 
au sing. les terminaisons du présent, au phiriel les- 
terminaisons de Timparfait. 

§85. Subjonctif. Présent. I — III. Les terminaisoua 

e, eSj e sont analogiques. EUes existaient dès Porigine 
au subj. prés. des verbes de la F® conjugaison dont le 
thème demandait des e d'appui (voy. §§ 5,2 et 82): 
V. prov. semhle^ -es, -e, etc. L'exemple de ces formes, 
cehii de Findicatif présent (P® et 2® pers.) et la recherche 
inconsciente de runiformité les ont introduites au subj. 
de tous les verbes. Les désinences du plur. (P® et 2* 



Verbe. 117 

pers.) cn^ és proviennent de Yêmus^ êtis de la P° eonju- 
gaison latine (voy. §§ 14,2 et 82) adoptés, dans leur 
forme provencale, par tous les verbes. L'om de la 3® 
pers. plur. est eniprunté aux 3®^ pers. plur. qui dérivent 
de -unt (Yoy. § 82). 

Imparfait. I — III. Les terminaisons èsses de la § 86. 
2° pers. sing. et èsson de la 3® pers. plur. sont des 
formes de moyen-âge eonservées. Déjà, à cette époque, 
elles étaient d'usage dans toutes les conjugaisons (à la 
place de lat. a[v]isses, -Q\\i\ i[v]isses, -ent; -isses, 
-issent), L'6 de la 2® j)ers. s'est introduit, par analogie, 
dans la V^ et dans la 3® sing. (autrefois -í^s), et les anciennes 
désinences de la V^ et 2® pers. plur. em^ ets (de essèm^ 
essèts) ont été remplacées par l'iaM, ios de Timparfait 
indicatif (voy. §§ 83 et 84). 

Impératif. I. L'o de la 2*^ pers. sing. provient § 87. 
régulièrement de Ya atone du latin. La V^ pers. ])lur. 
(I — III) est empruntée au subj. prés., la 2® pers. plur. 
au présent indicatif. La classe II* a au sing. une forme 
régulière sans terminaison (jmnis) et une seconde, plus 
moderne, qui est empruntée a la 2® pers. prés. ind. dont 1*5 e^t 
omise. C'est de h\ même manière que se fornie la 2^ j^ers. 
sing. des conjugaisons IP et III (serve, de seì^ves tu sers, 
rènde, de rèndes tu rends). Cependant un assez grand 
nombre de verbes a sauvó une forme phis ancienne oîi 
Ye (i) métatonique de rimpér. lat. (2° sing.) s'^st amuï 
et oii, par conséquent, il n'y a plus de désinence. Le 
tlième doit subir, en ce cas, les modifications énumérés, 
íiu § G7, pour les 3®^ sing. des verbes en re. Ainsi on a: 
dor (à côté de dorme) dors, i)ren (à côté de prene^ lat. 
prehende) prends, hat (à côté de haie; battue) bats, héu 
(à côté de heve; bibe) bois; escriéii (ou escrix'e; scribe) 



118 Verbe. 

écris; mòic (ou move; move) remiie; fai (ou fague^ du 
subj. prés. ; fac) fais; trai (ou trase; *trage; il y a aussi 
une 3® sing. trai^ à côté de trais, Yoy. § (S'è') tire, vai 
(vade) va, crèi (ou crese; crede) crois, ve (vide; la 
F® p. plur.: veguen = subj. prés. P® p. plur.; la 2® pers. 
vesès ou, par contraction, vès = ind. prés. 2® plur.) vois, 
coundus (ou coimcluse; conduce) conduis, Joim (oujougne; 
junge) joins, etc. Quelques verbes remplacent l'impératif 
entièrement par le subjonctif présent: avé (habere) avoir, 
èstre (essere) être, voulé (*volêre) vouloir, sabé (*sapêre) 
savoir, et dire (dicere) dire dont la 2® sing. im}!>ér. digo 
(v. prov. diga) et la 2® plur. impér. digas (v. prov. digats) 
continuent les anciennes formes régulières du subj. prés, 

§88. Futur et Conditionnel. Yoy. § 77. . Sauf les 

terminaisons de la V^ et de la 2^ plur. en, és qui représentent 
l'ancien plur. du verbe avé (autrefois: V^ phir. aven, 
2® phir. avés)j les terminaisons sont celles du présent et 
de limparfait du verbe avé. 

§ 89. Anomalies. Les anciens verbes forts ont générale- 

ment adopté les déshiences de la 8® conjugaison faible, 
Cependant quelques verbes ont conservé <les restos d'une 
formation ])rimitive. 

Le verbe auxihaire avé et le verbe sabé conservent 
au présent in(Uc. les vieiUes formes (hi sing. ai, as, a, 
saij sas (à côté de sabes) et de la 3® pers. phir. an 
qu'on expHque par des formes latines populaîres: hayo, 
has, haf, haunt, sago, sas. Avèn, avès (sabèn, sabès) 
(voy. § SS) ont suivi les nièmes analogies que les V^^ per- 
sonnes de tous les verbes des classes II et IIL Yoy, 
§ 82. Les autres formes (hi verbe avé n'ont rien de 
particuher. Les temps du passé sont dérivés (hi thènie 
ag (liabui) j'eus, qui s'est intro(hnt aussi au subj. prés. 



Verbe. 119 

(voy. § (>9), au participe préseiit (agiiènt^ l\ côté de avènt, 
voy. § 76), et à riiifiiiitif (agué, h côté de avé. Yoy. § 75). 
Le fiitur aurai (cond. auriêit) cliange régulièi-enient le v 
(lu tlième en ii, parce que le v est devenu contigu à une 
consonne (r). Yoy. § 77. Sur le participe passé, voy. 
§ 74; sur rimpératif § 87. 

Le verbe èstre (lat. essere, au lieu de esse) a tiré du § 90. 
thème nouvean est (dont le t a été intercalé enti'e ss et 
r de ess're) le participe présent estènt. Le participe 
passé esta, -ado (statuni, -ani) est emprunté au verbe 
esta (stare) ètre debout. La V^ pers. sing. prés. ind. 
était en v. prov. siii (de su[ni] + ^ analogique, formation 
faite d'après ai et semblables). Siii devenait, par méta- 
thèse, siit et phis tard siéu, chaque ancien hi se chan- 
geant en iéu (voy. § 13). La '2® pers. sing. siés^ anc. es 
(ou est)j parait avoir emprunté son si (ou simphMuent s, 
placée devant une anc. forme iés) h la V^ personne; elle 
est visiblement aussi sous linfluence d'un ancien subj. 
prés. 2® sing. siés (de sias, síes, siés; voy. phis bas) et 
de rimparfait indic. des verbes des cdasses II et IIL 
Peut-ètre niènie siés est tout sim])lement Tancienne forme 
de la 2^^ sing. (hi subj. pr(^s. La 8^ pers. sing. prés. es 
(lat. est, dont le t a disparu) change son s en i devant 
les nièmes consonnes qiii, en forcahjuérien, font subir 
cette transformation à toute s cpii les pr(?cède immédiate- 
ment (voy. § 45). Const^quemment ei de es aurait (M 
(hn'onir i comme auiri, etc; mais \a Langue s'est arrétée 
ici a rétape (hi marseiUais et, daccord avec ce dialecte, 
elle emploie quehpiefois eis (h^vant des voyeUes. La 
l""® et L^ 2® i)ers. i)hir. sian, sias sont empruntées au 
subjonctif (siamus, siatis, v. prov. siam, siats; notez hi 
concoríhmce avec avian, avias et les antres imparfaits); 



120 Verbe. 

la 3^ pers. pliir. soim dérive de sunt, dont le t s'est 
amuï très anciennement comnie celui de est. L'imparfait 
ère, etc. a gardé le tlième er du lat. ei*am, mais a adopté 
les terminaisons de l'imparfait de la P® conjugaison (voy. 
§ 83). Le parfait fuguère ajoute le gu et les terminaisons 
connues du parfait (voy. §§ 72 et 84) au radical fií du 
lat. fui; fiigiíèsse et le subjonct. prés. analogique fiigiie 
sont formés pareillement. L'ancien subj. prés. sia est 
conservé dans la 3^ pers. sing. sié (v. prov. sta\ de là 
síe et sié d'après les F® et 2® pers. plur. siàriy siàs^\ 
mais, k la règie, il a fait place h de nouvelles formations 
avec^Me. Fugue^'giies^'gìie^ etc. est dérivé du thème nouveau 
du parfait fiiguère\ dans siegue^ -es, -^, siguen^ sigiiés^ siegon^ 
les formes à thème tonique ont ie (souvenir de l'ancien 
sïe on sié) et les formes à thème atone ont si (le si du 
V. prov. siam^ siats). Mais il y a aussi échange. Dans 
la langue populaire on trouve aussi sigue et sieguen, etc. 
et si- et sie- s'introduisent même aux temps du passé: 
siguère et sieguère^ siguèsse et sieguèsse, Les terminaisons 
(hi subjonct. prés. sont celles de tout subj. prés. de 
notre langue. Sur l'impér. voy. § 87. Sur le futur et 
le condit. vov. § 77. 
§ 91. Le verbe ana aller (voy. § 100) a emprunté les 3 

personnes du singulier et la 3® pers. plur. du présent 
ind. et subj. au verbe latin vadere. Yado, etc. devenu: 
*t'ao, *vaïSj *vait a donné vau^ vas^ vai^ *vaunt: van 
(comp. an de *haunt, *habunt). Le subjonctif. prés. 
est formé à l'aide de gu (g) (vague^ -es^ -e^ vagon) et 
suit les types fague^ vaugue^ etc. Yoy. § ()9. — Les 
formes citées de vadere ressemblent aux fornies corre- 
spondantes de faire (facere) faire. Le prés. ind. fau, 
faSj fai^ fan (sur l'impér. fai^ voy. § 87) fait suj^poser 



Verbe. 121 

les forines latiues populaires fa(c)o, faïs, faït, fa(e)unt; 
le subj. prés. est fague. Fasèn^ -ès, fasiéii etc. suivent 
les lois générales. 

Le verbe voulé (volere) vouloir (voy. § 104) forme § 93. 
régulièrement la 3® pers. sing. prés. ind. vòu (*volet) 
il veut (voy. § 67); mais la 2® pers. qui de\Tait être 
vòus (formation ancienne) ou voles (formation récente) 
est voSj d'après 2>os (*potes) tu peux. En revanche, la 
3** sing. pòii (lat. vulg. *potet) il peut a été fait sur 
vòu. — Sur les autres anciens verbes forts, voy. J§ 104 ss. 

D. Temps Composés. 

Sur le futur et le conditionnel voy. § 77. On forme | 93, 
avec le verbe avé et, daus quelques verbes inti^ansitifs, 
avec le verbe èstre (voy. § 110) et le participe passé: le 
parfait indéfini ind. et subj. (prés. de avé et pc. p.; 
p. ex. ai agu^ ague agu^ j'ai eu, jaie eu), le plus- 
que-parfait ind. et subj. (imparf. de avé et pc. p.: 
aviéu agu^ aguèsse agu^ j'avais eu, j'eusse eu), le parfait 
antérieur (parfait de avé et pc. p.: aguère agu j'eus 
eu), le futur antérieur (futur de avé et pc. p. : aurai 
agu j'aurai eu) et le conditionnel passé (couditionel 
de avé et pc. p.: auriéu agu j'aurais eu). La 
laugue familière possède aussi des temps surcomposés 
p. ex. i'ai agu parla de nosto cresenço je lui ai eu parlé 
de notre croyance. — Le vorbe auxiliaire èstre forme 
ses temps composés h Vaide de ses propres temps simples: 
siéu esta^ etc. 

Le participe passé conjugué avec rauxiliaire avé § 94. 
s'accorde avec le complément direct lorsqu'il en est 
précédé; il reste invariable si le complément est après 



122 Verbe. 

ou s'il u'y eu a pas. Le partieipe suivi d'uu iufiuitif 
observe les uiêmes règles qu'eu frauçais. 
§ 95. Le passif latiu est remplacé par cles formes compo- 

sées (lu verbe auxiliaire èstre et du participe passé. Le 
parfait du latiu piinitus sum ayaut fourui le préseut 
du passif proveuçal siéti puni je suis puui, le plus-que- 
parfait ayaut fourui l'imparfait proveuçal ère puni j'étais 
puui, ou dut avoir recours à uue double compositiou pour 
former le passé iudéfiui, le plus-que-parfait, (le futur 
autérieur et le couditiouuel passé): siéu esta puni j'ai 
été puui, ère esta puni j'avais été puui, etc. — Le 
participe passé, coujugué avec èstre^ s'accorde toujours, 
eu geure et eu uombre, avec le sujet du verbe. 

E. Remarques orthographiqucs. 

§ 96. Les verbes termiués à Tiufiuitif par ça ue couser- 

\mi la cédille que devaut a et o: traça (*tractiare) tracer: 
trace^ traces\ traçan^ traças, traçon, traçave, traçarai^ etc. 
Les verbes eu ca chaugeut c eu qii devaut e: seca 
(siccare) séclier: seque^ -ques^ sequère\ secan^ -cas^ -con, 
secave^ etc. 

Les verbes eii ga chaugeut (/ eu gii devaut e: sega 
(secare) faucher: sègue^ -gues^ seguère-, segan^ -gas^ 'gon^ 
segave^ etc. 

Les verbes eu ja chaugeut j eu g devaut e: gréuja 
(*greviare) duper: grèuge^ -ges^gréugtre\ gréiijan, -jas^ etc. 

Les verbes eu gi chaugeut g eu j devaut o: fiigi 
(fugere) fuir: fuge^ -ges^ 'gèn^ 'gès^ fugiéu^ etc; fiijon. 

Les verbos eu ia (dissyllabique) metteut uu acceut 
grave sur Yi daus les foruies à thèuie touique: lia (ligare) 
lier: lìe^ lìes^ llo^ lìon\ lian^ -as^ liave^ liarai etc. 



Verbe.. 



123 



Le gu du thème du parfait (voy. §§ 72 ss.) devient 
g devant o et ii: fxigon^ vaitgu^ etc; qu devient c devant 
les mêmes voyelles: posque: poscon^ ete. 

Les verbes en ela doublent 17 dans les formes à 
thème tonique: apela (appellare) appeler: aiìélle^ -lles^ 
-llo^ "llon'j apelave^ apeìère etc. Yoy. § OG. 

F. Paradigmes. 

1. Verbes auxiliaires. 

Infinitif. 
Présent. Avé^ agué avoir Présent. 
Passé. Avé agìi, agué agu 
avoir eu. 

Partieipe. 

Présent. Avènt^ aguènt îiy^\\i Présent. Estènt étant 
Passé. Agii, agiido eu, eue Passe. Esta, estado été, 

I n d i e a t i f . 

Présent. 

Ai j'ai Siéu je suis 

as tu as siés tu es 

a il a eSj 's, èi, èis il est 

avèn nous avons sian nous sommes 

avès vous avez sias vous ètes 

an ils ont. soìin ils sont. 



§97. 



Èstre êti'e 
Passé. Èstre esta avoir 
été. 



Aviéii j'avais 
aviés tu avais 
avié il avait 
avian nous avions 
avias vous aviez 
avien ils avaient. 



Imparfait. 

Ere j'étais 
ères tu étais 
èro il était 
erian nous étions 
erias vous étiez 
èron ils étaient. 



124 



Verbe. 



Aguère j'eus 
agtières tu eus 
agiiè il eut 
aguerian nous eûmes 

agìiei'ias vous eûtes 

agvèron ils eurent. 



Parfait défini. 

Fugiière, siguère je fus 
fuguèresj siguères tu fus 
fuguè^ siguè il fut 
fìiguerian, siguerian nous 

fûmes 
fuguerias, siguerias yous 

fûtes 
fuguèroUy siguèron ils furent. 



Parfait indéfini. 
J-i aýí* j'ai eu Siéu esta j'ai été 



as agu tu as eu 

a agu il a eu 

avèn agu nous avons eu 

avès agu vous avez eu 

a7i agu ils ont eu. 



siés esta tu as été 

es esta il a été 

sian esta nous avons été 

sias esta vous avez été 

soun esta ils ont été. 



Plus-que-parfait. 

Aviéu agu j'avais eu Ere esta j'avais été 

aviés agu tu avais eu 

avié agu il avait eu 

avian agu nous a\âons eu 

avias agu vous aviez eu 

avien agu ils avaient eu. 



ères esta tu avais été 
èro esta il avait été 
erian esta nous avions été 
erias esta vous aviez été 
èron esta ils avaient été. 



Parfait antérieur. 



Aguère agu j'eus eu 
aguères agu tu eus eu 
nguè agu il eut eu 



Fuguère ou siguère esta j'eus 

été 
fuguères, siguères esta tu eus 

été 
fuguè, siguè esta il eut été 



Verbes. 



125 



agiienan agu nous eiimes eu 



aguerias agu vous eûtes eu 
aguèron agu ils eureut eu. 



fuguerian , siguerian esta 

nous eiimes été 
fuguerias, siguerias esta vous 

eiites été 
fuguèron, siguèron esta ils 

eurent été. 



Aurai j'aurai 
auras tu auras 
aura il aura 
aiiren nous aurons 
atirés vous aurez 
auran ils auront. 



Futur simple. 

Sarai je serai 
saras tu seras 
sara il sera 
saren nous serons 
sarés vous serez 
saran ils seront. 



Futur antérieur. 

Aurai agu j'aurai eu Sarai esta j'aurai été 

auras agu tu auras eu 

aiira agu il aura eu 

atiren agu nous aurons eu 

aurés agu vous aurez eu 

auran agu ils auront eu. 

Conditionnel présent. 



saras esta tu auras été 
sara esta il aura été 
saren esta nous aurons été 
sarés esta vous aurez été 
saran esta ils auront été. 



Auriéu j'aurais 
auriés tu aurais 
aurié il aurait 
aurian nous aurions 
aurias vous auriez 
aurien ils auraient. 



Sariéu je serais 
sariés tu serais 
sané il serait 
sarian nous serions 
sarias vous seriez 
sarien ils seraient. 



Conditionnel passé. 

^îencí* a^rit j'aurais eu Sariéu esta j'aurais été 

atiriés agu tu aurais eu sariés esta tu aurais été 



1-26 



Verbe. 



aiirié agu il aurait eii sarié esia il aurait été 

aurian agu nous aurious eu sarian esta nous aurions été 

aurias agu vous auriez eu sarias esta yous auriez été 

mirien agu ils auraient eu. sarien esta ils auraient été. 

Subjonctif. 

Présent. 

Siegue ou fugue je sois 
siegues^ fugues tu sois 
siegue, fugue il soit 
sigueUy fuguen nous soyons 
sigués, fugués vous soyez 
siegon, fugon ils soient. 

Imparfait. 

Fuguèsse, siguèsse je fusse 



Ague j'aie 
agues tu aies 
ague il ait 
aguen nous ayons 
agués vous ayez 
«(/on iis aient. 



Aguèsse j'eusse 
aguèsses tu eusses 
aguèsse il eût 
aguessian nous eussions 



aguessias vous eussiez 



aguèsson eussent. 



fuguèsses, siguèsses tu fusses 
fuguèsse, siguèsse il fùt 
fuguessian, siguessian nous 

fussions 
fuguessias, siguessias vous 

fussiez 
fuguèsson, siguèsson iis fus- 

sent. 

Parfait indéfini. 



-á(/t(e aý^^ j'aie eu 
<]f(/2«e5 agu tu aies eu 
a//t*e agu il ait eu 
ague7i agu nous ayons eu 

íïýîí^s agti vous ayez eu 

a^on agii ils aient eu. 



Siegue ou /ìe^fîee e^ía j'aie été 
siegues, fugues esta tu aies été 
siegue, fugue esta il ait été 
siguen, fuguen esta nous 

ayons été 
siguh^ fugués esta vous ayez 

été. 
siegon,fugon esta ils aient étó. 



Verbe. 



127 



Phis-qiie-parfait. 

Agiièsse agtt j'eiisse eu Fiigiièsse^sigtièsseestayeusiie 

été 
aguèsses agii tu eusses eu ftiguèsses^ sigtièsses esta tu 

eusses été. 
aguèsse agu il eíìt eu fuguèsse^ siguèsse esta il eût 

été 
aguessian agu nous eussious fuguessian^ siguessian esta 



eu 



uous eussions éte 



aguessias agu vous eussiez eu fuguessias , sigueesias esta 

vous eussiez été 

aguèsson agu ils eussent eu. fuguèsson^ siguèsson esta ils 

eussent été. 



Agues aie 
aguen ayons 
a(5rîté5 ayez. 



Impératif. 

Siegues^ fugues sois 
siguen^ fuguen soyons 
siguéSj fugués soyez. 



128 



Verbe. 



§98. 



Présent. 
Passé. 



Préseut. 
Passé. 



2. Ac' 
a) Conjugaisons vivantes. 

Infinitif. 

I. Ila. 

Parla parler. Pimi punir. 

Avé parïa avoir Avé puni avoir puni. 

parlé. 

Partieipe. 

Parlant parlant. Pmissènt punissant. 
Parla, parlado Puni, punido puni, punie, 
parlé, parlée. 



Parle je parle 
parles tu parles 
parlo il parle 
parlan nous parlons 
parlas vous parlez 
parlon ils parlent. 



Indieatif. 

Présent. 

Pimisse je punis 
jnmisses tu punis 
jnmis il punit 
ptmissèn nous punissons 
punissès vous punissez 
pxmisson ils punissent. 

Imparfait. 

Pmissiéu je punissais 
Xnmissiés tu punissais 
pimissié il punissait, 
punissian uous punissious 
pxmissias vous punissiez 
pimissien ils punissaient. 



Pa7'lave je parlais 
parlaves tu parlaies 
parlavo il paréeuLL6.A^ 
parlavian nous parlions 
parlavias vous parlier 
parlavon ils parlaient. 

Parfait défini. 

Parlère je parlai Pmigiière je punis 

parlères tu parlas pimiguères tu punis 

^arïè il parla pimiguè il punit 



Verbe. 



129 



tif. 

I)) ('onjii<»îiisoiìs íìr('liaï(|ii(»s. 

• Iiifiiiitif. 

111). III. 

Pn'»s(Mit. /S'm7 s(»rvir Jìòndre nMuln^ 

Pnss(^ Avé scrvi avoir Avé rciídu avoir rendu. 

S(TVÌ. 

Parti(M])o. 

Prí'sont. Servcnt sorvant. Rendcut nMulant. 
Passt». servi,scrvido i^i'r\ì^ rendn, rendiido roniln, ron- 
s(M*vi(\ <luo. 

I n (1 i e a t i f. 

Prósont. 

licnde j(í ronds 
rcndcs tu ronds 
rcnd il nMid 
rendcn nous rondons 
rcndcs vous r(Mid(v. 
rcndon ils r(Mìd(Mit. 

Iniparfait. 

liendiéu jo nMidais 
rendics tu nMidais 
rendiá il rondait 
rendian nous rondions 
rendias vous ron(li(>z 
rêndien ils rondaiont. 



/SVtííC JO S(M'S 

servcs tu sors 
scr ou s/è^* il s(M*t 
servcn nous sorvons 
scrvcs vous s(M'voz 
scrvon ils sorvont. 

Sci'vicu ']o sorvais 
sei'vics tu sorvais 
servié il sorvait 
servian iioiis sorvions 
servias vous s(tvìoz 
servìen ils s(M'vaiont. 



Parfait (k»fini. 

Scrvùjncre jo sorvis licndcfiucre j(^ rondis 

servif/nh'cs tu sorvis rcndcfjucres tu rondis 

scrviijnc il s(M*vit rcúdcguc il rondit 

9 



130 



Verbe. 



I. 

parlerian noiis parlâmes 
parlerias vous parlâtes 
parlèron ils parlèreut. 



Ila. 

pimiguerian nous punîmes 
puniguerias vous punîtes 
puniguèron ils punirent. 



Parfait indéfini. 

Ai parla j'ai parlé Ai puni j'ai puui 

as parla as puni 

a parla a x>'^^'^i 

avèn parla avèn puni 

avès parla avès puni 

an parla. an jnini. 

Plus-que-parfait. 

Aviéu parla j'avais parlé Aviéu puni j'avais })uni 

aviés parla 

avié parla 

avian 2mrìa 

avias parla 

avien parla. 



avtes pum 
avié puni 
avian puni 
avias pnni 
avien j??ewí. 



Parfait antérieur. 
Aguère ama j'eus aimé Aguère puni j'eus puni 



agueres ama 
aguè ama 
aguerian ama 
aguerias ama 
aguèron ama. 



agmres pum 
aguè j^uni 
aguerian imni 
aguerias puni 
aguèron puni. 



Futur simple. 
Parlarai je parlerai Punirai je puììiraî 

parlaras tu parleras 2^^^^^^^^ ^^* puniras 

parlara il parlera panira il punira 



Verbo. 131 

ITb. IIT. 

serviguerian iious sorvîiues rendegiierian uous reudînies 
servigiiefinas vous servîtes rendeguerias vous reiulìtes 
servigiièron ils servireut. rendeguèron ils reudireut. 

Parfait iudéfiui. 

Ai servi j'ai ser\4 Ai rendu j'ai reudu 

as servi as rendu 

a servi a rendu 

avèn servi avèn rendu^ 

avès servi avès rendu 

an servi. an rendu, 

Plus-que-parfait. 

Aviéu servi j'avais servi Aviéu rendu j'avais reudu 

aviés servi aviés rendu 

aviê servi avié reìidu 

avianservi avian rendu 

avias servi avias rendu 

avien servi, avien rendu. 

Parfait autérieur. 

Aguère serin j'eus servi Aguère rendu j'eus reudu 

aguères servi agu^res rendu 

aguè servi aguè rendu 

agueinan servi • ague^^ian rendu 

aguerias servi aguerias rendû 

aguèron servi. aguèron rendu. 

Futur siiìiple. 

Servirai je servirai Rendrai je reudrai 

serviras tu serviras rendras tu reudras 

servira il servira rendra il reudra 

9* 



132 



Verbe. 



I. 



Ila. 



parlaren noiis parleroiis jmniren uous ])iiiiiroiis 

jMrlarés voiis parlorez pimirés vous puuiroz 

2>arlaran ils parleront. jì'^^'^i'^'^'^^ ^^ ])uniront. 

Futur antérieur. 

Aurai parla j'aurai ])arlé Au7'ai imni j'aurai puni 

auras paìia auras puni 

aura parlct aura xmni 

auren parla auren pnni 

aurés parla ' aurés imni 

auran parla. auran pnni. 

Coiulitionnel présent. 

Parlarién parlerais Puniriéu je punirais 

parlariès tu parlerais pnniriés txi ])unirais 



parlarié il ])arlerait 
parlarian nous ])arlerions 
2)arlarias vous parleriez 
parlarien ils parleraient. 



pnnirié il punirait 
punirian nous ])unirions 
pnnirias vous ])uniriez 
pimirien ils ])uniraient. 



Conditionnel ])assé. 

Auinên imrla j'aurais parlé Auriéu puni j'aurais puni 

auriés parla 

aurié parla 

aurian imrla 

aurias jìarla 

aurien parla. 



auriés pnm 
auriíì pmii 
anrian pnni 
aurias pnni 
aìirien puìii, 

S u b j o 11 c t i f . 
Présent. 



Parle je parle 
parles tu ])arles 
ptarle il ])arle 



Punigue je punisse 
jmnif/nes tu ])uiiisses 
puvign.e il ])iinisse 



Verbe. 



133 



Ilb. 



III. 



servircn iioiis sorvirous renclren nous roudrous 

servirés vous sorviroz rendrés vous rondroz 

scrviran ils sorviront rendran ils roudront. 

Futur antóriour. 

Aiirai servi j'aurai servi Aiirai rendu j'aurai rondu 

aiiras servi auras rendu 

aura servi aura rendu 

auren servi auren rendu 

aurés servi axirés rendu 

auran servi. auran rendu. 

Conditionnol prósont. 



Serviriêu jo sorvirais 
serviriês tu sorvirais 
serviriê il sorvirait 
servirian nous sorvirions 
servirius vous sorvirioz 
servirien ils sorviraiont. 



Eendriéu jo rondrais 
rendriès tu rondrais 
rendrié il rondrait 
rendrian nous rondrions 
rendrias vous rondriez 
rendrien ils rondraiont. 



Couditionnol passó. 
Auriéa servi j'aurais sorvi Aitrií^u re?irfî* j'aurais rondu 



auries servi 
aurié servi 
aurian servi 
aurias servi 
aurien servi. 



auriês rmdu 
auriê rendu 
aurian rendu 
aurias rendu 
aurien rendu. 



S u b j n c t i f . 

Prósont. 

Serve ou serviyue jo sorvo liènde jo rondo 
scj'ves, servigues tu sorvos rèndes tu rondes 
serve, servigue il serve rènde il rende 



134 



Verbe. 



I. 

2)arlen iious parlioiis 
parlés vous parliez 
parloìi ils parleut. 

Parlèsse je parlasse 
parlèsses tu j^arlasses 
parlèsse il parlât 



Ila. 

jmniguen uous pauissious 
punigués vous puuissiez 
XMnigon ils puuisseut. 

Imparfait. 

Punignhse je puuisse 
piinigttèsses tu puuisses 
jmnignèsse ii puiiít 



parlessian uous parlassious pimiguessian uous puuissious 

parlessias vous parlassiez punignessias vous puiiissiez 
parlèsson ils parlasseut. puniguèsson ils puuisseut. 

Parfait iudéfiui. 
^^ifcéî /^arîa j'aie parlé ^í/îí6j j^um' j'aie ])uui 



a^t^éí 2?arZa 
aguen yaìia 
agués parla 
agon parla 



agues puni 
ague puni 
aguen puni 
agués puni 



agon pmm, 
Plus-que-parfait. 
Aguèsse parla j'eusse ])arlé Aguèsse puni j'eusse puni 



agu>èsses parla 
aguèsse parla 
aguessian parla 
aguessias parla 
aguèsson parla. 

Parlo parle 
parlen parlous 
parlas parlez. 



aguesses puni 
aguèsse jmni 
aguessian puni 
aguessias puni 
aguèsson puni. 

Iui])eratif, 

Punis ou xmnisse puuis 
punissen puuissous 
punissès i)uuissez 



Verbe. 



135 



II b. 



III. 



serven,serviíjiimnousseY\ìom rendeyueìi iious reiidions 
seì'véSf se7'vigiifís voiis serviez rendefjiiés vous reìidiez 
servoUj serviyon ils servent. rèndon ils rendeut. 

Imparfait. 
Serviguèsse je servisse R&ndeguèsse je rendisse 



serviguèsses tu servisses 
servigmsse il servît 
serviguessian nous servis- 

sions 
serviguessias vous servissiez 



rendeguèsses tu rendisses 
rendeguòsse il rendît 
rendeguessian nous rendis- 

sions 
rendeguessias vous rendissiez 
rendeguèsson ils rendisseut. 



serviguèsson ils servissent. 

Parfait indéfini. 
J^^/mé? serí;^ j'aie servi ^i^r/e rendu j'aie reudu 



agtien servi 
agués servi 
agon servL 



agues rendu 
ague rendu 
aguen rendu 
agiiés rendu 



agon rendu. 
Pius-que-parfait. 
Aguèsse servi j'eusse servi Aguèsse rendu j'eusse rendu 



aguesses servt 
aguèsse servi 
aguessian sei'vi 
aguessias servi 
aguèsson servi. 

Serve sers 
seì'ven servons 
servès servez. 



aguèsses rendu 
aguèsse rendu 
aguessian rendu 
aguessias rendu 
aguèsson rendu. 

Inipératif. 

Rènde rends 
renden rendons 
rendès rendez. 



136 Verbe. 

§99. :i Passif, 

Tufiiiitif. 

l^réseiit: èstì'e ^mnì òtrid \niu\, Passé: òiítre esta puni avoir 

été puiii. 
Participo. 

Próseiit: estènt imni ótaiit Passó: estcntesta^mni'dỳ'dnt 

piiiii, étó puiii. 

Indicatif. 
l^rósont. Parfait indófini. 

tíiéu imni jo suis puni Siéa esta puni j'ai étó puìii 

siés imni otc. otc. 

Iniparfait. Plus-cpio-parfait. 

Ere pxmi j'ótais puni. Ère esta puni j'avais ótó 

puni, otc. 

Parfait dófìni. Parfait antóriour. 

Fu(/ucre puni jo fus [)uni, Fiujnère esta puni j'ous ótó 
otc. puni, otc. 

Futur siniplo. Futur antóriour. 

Sarai puni jo sorai ])uni. Sarai esta puni j'aurai ótó 

puni, otc. 

Conditionnol [)rósont. (•onditionnol passó. 

Sariéu puni jo stu'ais j)uni. Sariéa esta puni ydnvdx^ ótó 

puni. 

Suhjonctif. 
Prósíîiit. Parfait. 

Siefjue o\i fufjue jumi y i^o'ìi^ Siefjue ou fuijue esta puni 

puiìi, otc. j'aio ótó puni. 

I niparfait. I^lus-(pio-parfait. 

Fucjaèsse pimiloi\\i>>^i^\m\\\^ Fugucsse esta puni j'ousso 
otc. ' ótó puni. 

lnì[)óratif. 
Siefjucs ou fafpu'S j^ííní, otc. 



Verbe. 137 

^. Verbcs cn a (I). §100, 

Tjos verbos eii -a étaiont déjîi eìi latiii plus ìioinbreiix 
que les verbos des autres classes. La l'"^ conjugaison est 
aussi la plus productive. Elle coniprend: P les verbes 
reinontant ìi des verbes latins en -a7'e; 2^ un grand 
nonibre de verbes créés par dérivation; 3^ les verbes 
tirés des verbes gernianiques en -an non ])récédé de j; 
4^ les verbes eni[)ruiités au fran(;ais qui suivent la 
l*"" conjugaison aussi dans cette langue. 

Sur les verbes en ça, ca, ga, ja, ia^ ela voy. § 9(). 
Sur les verbes en a dont le thèine varie selon qu'il 
porte Faccent ou iion, voy. § GG. . 

Ana. Yoy: § 91. Prés. Ind. van, vas, vai, anan, 
anaSf van; Subj. ime ou vagiie, anes ou vaíjues, ane ou 
vague, anen, anés, anon ou vagon, linpér. vai, aìien, 
anas, Toutes les autres íbrnies sont régulieres. Iniparf. 
índ. anave; Subj. anèsse, Parf. anère, Fut. anarai, 
Cond. anariéu. — Pc. Prés. anaiit Pc. P. ana. 

Esta ou ista (stare) être, rester. Prés. Ind. este, 
estes^ esto, estan, estas, eston, ou iste, -stes^ -sto, etc; 
Subj. cste ou iste, -stes, -ste, -sten, -stés, -ston. ínipér. 
esto ou isto, esten ou isten^ estas ou istas, Iinparf. Ind. 
estave; Su])j. estèsse. Parf. estere, istère, Fut. estarai, 
Cond. estariéu, — Pc. Prés. estant^ istant, Vc. P. esta, 
ista, -stado, 

11. Vcrbes închoatifs cn i. (110- §101 

Cette conjugaison coniprend des verbes provenant: 

l^ de verbes latins en ire^ soit tels déjà en latin 

classique: imni (punire) punir, nourri (nutrire) nourrir, 

assourti (ad-*sortire) assortir, vesti (vestire) vetir, hrusi 

(rugire?) bruire, englouti (ingUittire) engloutir, toussi 



138 Verbe. 

(tussire) toiisser, fefii (ferire) férir, sáli et composés 
(salire) saillir, etc, soit deveiius tels en latiii vulgaire: 
prouvesi (providêre) pourvoir, fiouri (florêre) fleurir, langiii 
(lauguêre) lauguir, liisi (lucêre) luire, se penti (pcenitêre) se 
repentir; espandi (espandere) étendre, fugi (fugere) fuir, 
henesi (benedicere) bénir, secoiiri (sucurrère) secourir, 
sourgi (surgere) sourdre, les composés de faire: counfi 
(contìcere) confire, escoufi (ex-conficere) déconfire, etc. 

2^ de verbes tirós de verbes germaniques en 'jan: 
gari (warjan) guérir, escaìmi (slcarnjan) railler, hasti 
(bastjan) bâtir, espeli (speljan) épeler, ahi (hâtjan) liaïr. 

3^ de verbes dérivés d'adjectifs: clari (de claruni) 
éclaircir, ennegri (de in-nigrum) noircir, enduri (de in- 
durum) endurcir, etc. 

4^ de verbes empruntés au latin après la période 
des origines: espremi (exprimere) exprimer, proutegi 
(protegere) protéger, 2^'^^f^'^i (praeferre) préférer, xn'ouferi 
(proferre) proférer, coumpéli (compellere) contraindre, 
aspergi (aspergere) asj^erger, argiìi (arguere) arguer, 
proiííhi (proliibere) proliiber, depremi (deprimere) dé- 
primer, legi (legere) lire, et les composés: relegi (religere) 
relire, elegi (eligere) élire, reelegi (reeligere) réélire, etc. 
Yoy. § 79. 

81Q2, I. Vci'bcs sìmplcs cii i. (IT^). 

Cette conjugaison ne comprend tpi'un petit nombre 
de verbes (pii, à Fexception de teni (tenere) tenir, aqueri 
ad-quaerere) acquérir, et pourgi (porr[i]gere) présenter, 
dérivent de verbes latins en -ire. A cause des change- 
ments nécessaires du tlième (voy. § GG), le paradigme 
servi n'est suivi entierement par aucun de ces verbes. 
Les verbes curhi^ durhi, aqueri, mouri^ veni, teni out 



Verbe. 139 

coiiservé leurs participes forts (eii -ert, -ist, -ort; giC)\ 
veni et teni oiit aussi le parfait fort (sans i devant giC) 
et possècleut, couiuie mouri^ uu futur et uu couditiouuel 
(le formatiou aucieuue. 

Soiirti (*sortire) sortir. Voy. § 6{i. Prés. lud. sorte, 
-tes, sort, sourtèn, sourtes, sorton; Subj. sorte, -tes, -te, 
sourten ou sourtiguen, sourtés ou sourtigués, sor.ton. Inipér. 
sorte, sourten, sourtès. Imparf. lud. sourtiéu; Subj. sour- 
tiguèsse. Parf. sourtiguère. Fut. sourtirai. Coud. sour- 
tiriéu. — Pc. Prés. sourtènt. Pc. P. sourti, -tido. 

De niême: ressourti (re-*sortire) ressortir, c'est-à- 
dire sortir de uouveau (mais: ressourtisse, -isses, etc. de 
ressourti ressortir, être du ressort, de la dépeiulauce). 

Menti (*nientire) uieutir. Prés. lud. mente, "^tes, meni, 
mentèn, 4ès, -ton; Subj. mente, etc. 

Parti (i)artire) partir. Prés. /^aríe, -tes, part^partèn, etc. 

Composé: reparti (re-partire) repartir. 

Senti (seutire) seutir. Voy. § 6(). Prés. lud. sèìite, 
-tes, sènt, sentèn, -tès, sènton; Subj. sènte, -tes, -te, senten, 
-tés, sènton, ou sentiguc, etc. Impér. sènte, senten, -tès. 
Imparf. lud. sentiéu; Subj. sentiguèsse. Parf. sentignère. 
Viit. sentirai. Coud. sentiriéu. — Pc. Prés. sentènt. Pc. P. 
senti, -tido. 

Dourmi (dormire) dormir. Voy. § ^y^. Prés. lud. 
dorme, -mes, dor, dourmèn, -mès, dormon; Subj. dorme, 
-mes, -me, dourmen, més, dormon. Impér. dorme ou dpr 
(voy. § 87), dourmen, -mès. Imparf. lud. dourmiéu; Subj. 
dourmiguèsse, etc. 

Comi)os(3s: s'endourmi (iu-dormire) s'eudormir, ren- 
dourmi (re-iu-dormire) eudormir de uouveau. 

Pourgi ou j^orge (porr[i]gere) prcíseuter. Voy. §§ (Uî, 
79 et 96. Pr(3s. lud. porge, -ges, -ge, pourgèn, -gès, porjon; 



UO Verbe. 

Siibj. xjorge^ -ges, -fje, ijourgen, -gésj porjon. Iinpér. 
porge, lìourgenj -gès, Iinparf. Ind. ])ourgièUj ete. 

Ausi (îiu(liro) ouïr, ontendre. Prés. Ind. ause^ -ses, 
'Sey 'Sèn^ -scs, -son; 8ubj. ause ou ausigue. Iinpér. az(.9e, 
etc. Iini^arf. Ind. ausiéu; 8ubj. ausiguèsse. Parf. ausi- 
guère. Fut. ausirai, etc. 

Pì'usi (*prudire, de prurire) démanger. Verb. impers. 
et déf. Prés. Ind. 3^ siiig. ^>n(s, 3^ pl. j;rwá>o?2; -Hubj. 
prugaej prugon. Imparf. Iiid. prusié; Subj. prusigtoèsse. 
Parf. prusiguè. — Pc. P. prusegu. 

Curbi (co-operire) couvrir. Voy. § GG. Prés. Ind. 
cueì'be, -bes, cuerb, curbèn, -bès, cuerbon; Subj. cnierbe, 
'bes, 'be, curben, -bés, cuerbon, ou curbigue, etc. Iinpér. 
cuerbe^ curben, -bès. Imparf. Ind. curbiéu, etc. — Pc. 
Prés. curbènt. Pc. P. cubert, 'berto. 

l)e meme: descurbi (dis-cooperire) découvrir et durbl 
(de-operire) ouvrir. 

Aqueri (de ad-quiiìrere) acquérir. Voy. § G(). Prés. 
Ind. aquière, -res, aquiòr^ aquerèn, 'rès, aquièron; Subj. 
aquicre, -res, 're, aqueren, -és, aqaièron, ou aqueriguè, etc. 
Imj)ér. aquière, aqueren, -rès. Imparf. Ind. aqueriêu; 
Sul)j. aquerigucsse. Parf. aquerigucre. Fut. aquerirai. 
(yond. cujueririêii. — Pc. Prés. aquerèni. Pc. V. aquist, 
aquisto. 

l)e même: s^enqueri (de in-quaDrere). Sur coun- 
qiuri voy. § 103. 

Veni^ (venire) venir. Voy. §§ (Uî, ()7. Prés. Ind. 
vcne, 'nes, 'Vèn, venèn, venès, vènon; Su])j. vèngue, -gues, 
-gue, venguen, 'gués, vèngon. Inq^ér. vène, venen, -ìiès. 
Iinparf. Iiid, veniêu; Subj. vengucsse. Parf. vengaère. 
Put. vendraì. Cond. vendriéu. - - Pc. Prés. venent. Pc. P. 
vengu, -gudo. 



Verbe. 141 

I3o mêiiio: teni (tenero) toiìir, ot les coiiippsós de 
eos (loux verl)os: counveìii (eoiiveiiire) eonvoiiir, des- 
counveni ((liseonvoniro) (liseonvenir, se desaveni (dis- 
advenire) se brouiUor, mesaveni (lìiinus advenire) nu^síir- 
rivor, deveni (deveniro) devcnìir, endeveni (iiì-dovonire) 
advonir, arriver, intei^veni^ entre-veni^ enterveni (inter- 
v(íniro) intorvenir, perveni (perveniro) ])arvonîr, lìreveni 
(])raeveniro) pr(3vonir, j?ro?(z;(?n2 (i)rov(Miir(î) ])rovonir, 
reveni (rovenire) rovonir, se souveni (subvonire) so sou- 
venir, surveni (sub- et super-venire) subvonir et survoiìir; 
aparteni (ad-i)or-tenere) ai)i)artenir, counteni (eon-tenere) 
eontonir, deteni (do-toiuíre) d(?tenir, entre-teni (inter-tomíre)- 
entr(>teiìir, manteni (manu t(MU>ro) maintenir, òuteni (ol)- 
tenere) ol)tenir, reteni (re-tonore) nítenir, sousteni (subtus 
ton(M*o) soutenir. 

Mouri (*morire) mourir. Voy. § (>(). Pn^s. Ind. 
more^ -res, mor^ mourèn^ -rès, moron; Snbj. morOj -res^ 
-re, moìiren^ -rvs, moron, Imp('r. more, mouren^ -rcs. 
Im])arf. Ind. mouriéu; Subj. mourifjucsse, Parf. mouri- 
f/ucre. Fut. mourrai ou mourirai, Cond. mourricu ou 
mouriricni, - I^e. Vvé^. mourcnt, IV. P. mmi, morto, 

K. Verbes mixtcs en i (IP et IP). §103, 

Quel(]ues víîrbos (>n -i de fonds primitif h(ísitent ontro 
les formes do la elasse JI* et de la elasse 11 ^ et sont 
par eonscHpiont tant(ìt simples, tantòt inehoatifs. Cormqueri, 
ôuhri, ôufri ot soufri possòdent des partiei])es pass(^s 
forts; se/)ui a un futur et un eonditioniud do formation 
aneionno. 

Bouli (bullire) bouiUir. Prés. Ind. houie^ -ies, houi 
(voy. § ()7), houicn^ -ics, -ion, ou houlisse^ ete.; Subj. 



142 Verbe. 

bouie ou houligiie. Impér. bouie, -ien, -iès. Imparf. Ind. 
bouiéu ou boulissiéu; Suhj. bouièsse ou bouUguèsse. Parf. 
bouliguère. Fut. bouirai ou boulirai. Cond. boiiiriêu 
ou bouliri&iL — Pc. Prés. bouiènt ou boulissènt Pc. P. 

í^rfi (*putîre de putere) puer. Prés. Ind. pude, 
'des, pud, i)udèn\ -dès, -don, ou pudisse, etc; Subj. pude ou 
pudigue. Imparf. Ind. pudiéu ou pudissiéu.; Subj. pudi- 
guèsse. Parf. pudiguère. Fut. |jî«ííimí. Cond. pudiriéu. 
Pc. Prés. pudènt. Pc. P. j^ndí, -ííírfo. 

CwZi (*coll[i]gire de colligere) cueiUir. Voy. § 66. 
Prés. Ind. cueie, -ies, cuei (voy. § 67), cuièn, -iès, cueion, 
ou culisse, etc; Subj. ci*6zV, -ie^, -ie, cuien, -iés, cueion, 
ou culiguej etc Impér. cî(e/e, cuien, -iès, ou culisse, etc. 
Imparf. Ind. cuiéu ou culissiéu; Subj. culiguèsse. Parf. 
cîCiguère ou culiguère. Fut. culirai. Cond. cidiriéu. — 
Pc Prés. cuiènt ou cidissènt. Pc P. cieîi, -îíáo. 

Composés: aa*h' (*accolligere) accueillir et miJi 
(recoUigere) recueiUir. 

i^aZ^' (*faIliro de fallere) faillir. Prés. Ind. /*aíe, 
-ies, 'ie, 'ièn, -iès, -ion, ou falisse, etc; Subj. /a^'e ou 
falisse, etc Imparf. Ind. falissiéu; Subj. faliguèsse. 
Parf. faliguère. Fut. falirai. Cond. faliriéu. — Pc 
Prés. faiènt on falissènt. Pc P. /aZi, -Zído. 

/Sfe^fm (*sequïre) et s^ýre (*sequere) suivre. Prés. 
Ind. s^ýMe, -ýî^5, -^iiíí, -guèn, -guh, segon, ou seguisse, 
etc; Subj. seguigue, etc Inipér. seguisse, etc Imparf. 
Ind. seguiéu, on seguissiéu; Subj. seguiguèsse. Parf. 
segaiguère. Fut. segrai ou seguirai. Cond. segriéu ou 
seguiriéu. — Pc I*rés. seguènt ou seguissènt. Pc P. se^MÍ 
*-ýt*ído. 



Verbe. 143 

Composés: ensegui ou ensegre (în -*sequere) suivre de 
point eu point, et persegui (de per-*sequere) poursuivre. 

Cerni ou cerne (cernere)_ reclierclier. Prés. Ind. 
cerne, -nes, -ne, etc, ou cernisse, etc; Subj. cerne ou 
cernigue, . Impér. cerne, -neììy -nès, Imparf. Incl. cerniéu 
ou cernissiéu; Subj. cetmèsse ou cerniguèsse. Parf. cetmi' 
guère. Put. cernirai. Com\, cerniriéu, — Pc Prés. cernènt. 
Pc P. cefimi^ -nidG, 

Ouhri (operire) ouvrir. Prés. Ind. ôuhre, -bres, -hre, 
'hrèn^ -hrès, -hron, ou ôuhrisse, etc; Subj. ôuhre ou 
ôuhrigu£, etc Impér. ôuhre ou óuhrisse, etc Imparf. 
In<l. óuhriéu ou ôuhrissiéu; Subj. ôuhrigiièsse, Parf. 
òuhriguère. Put. òuhrirai, Cond. óuhririéu, — Pc Prés. 
óiihrènt ou ôuhrissènt, Pc P. òuhert, -herto. 

Oufri (*offerire) offrir. Voy. § GG. Prés. Ind. 
òufre, 'fres, -fre^ òufrèn, 'frès, òufron, ou ôufrisse, etc; 
Su])j. òufre^ etc ou òufrigue, Im])ér. òufre ou ôufrisse, 
etc Imparf. Ind. ôufriéu ou ôufrissiéu; Subj. ôufriguèsse, 
Parf. ôufrigiière, Fut. óufrirai. Cond. óufririêu, — 
Pc Prés. ôufrènt ou òufrissènt, Pc P. ôufert, 'fei^to ou 
óu/írí, 'frido, 

Soufri (*sufferire) souffrir. Prés. Ind. soufre, -fres, 
-fre, etc, ou soufrisse, etc; Subj. soufre ou soufrigue, 
Impér. soufre ou soufrisse, gìc. Iniparf. Ind. soufriéu ou 
soufrissiêu; Subj. soufriguèsse, Parf. soufriguère. Fut. 
soufrirai. Cond. soufririêu, — Pc Prés. soufrènt ou 
soufrissènt, Pc P. soufert, 'ferto ou soufri, -frido. 

Counqiieri (*conquaerire íZe con-quaerere) conquérir. 
Yoy. § GG. Prés. Ind. counquière, -res, counquièr, coun' 
querèn, 'rès, counquièron, ou counquerisse, etc; Subj. 
counquière ou counquerigìie. Impér. counquière, coun- 
qnerissen, counquerissès. Imparf. Ind. counquerissiéu; 



144 Verbe. 

Sul)j. counqiteìigtièsse. Parf. counqueriguère. Fut. coun- 
queìHraí. Cond. counqueririéu. — IV. Prós. counquerènt. 
Pe. V. counquist, -quisto. 

Sur le siuiple querre (qiiairere) (juérir, voy. § lOí). 
Sur aqu-eri, voy. § 102. 

§104. L. Verbcs en é. 

Les verbes eu ê ])rovieuueut de verbes latìus eu ê7*c 
(avé, valé, calé) ou eu ere reuiplacé par êre eu latiu vul- 
<;aire (falé, sahé); j^oudé, voulé provieuueut de *potêrej 
^volêre qui out pris la i^laee des verbes classiques j^osse 
et velle. lls ont le parfait eu -guère (saus riutercalatiou 
d'uu e ou d'uu i), sauf sachère (voy. § 73), et le parti- 
cipe passé eu gu, -gtido, Sur imusq'uère, pouscu voy. 
§ 73. TjO tlièuie du parfait s'est iutroduit daus les sub- 
jouctifs ])rés. 2^osque ou pogìie, vòugue ou voguCj vaugue 
(à /'ôte de vaie, lat. valeaui), faugue ou fòugìie et 
caugue, daus les iufinitifs secoudaires de tous uos verbes, 
exce])té caléy et daus les partici|)es prés. pousquènt, pou- 
guènt Q\ côté de poudènt).^ vouguènt (h côté de voulènt) 
et aguhit (à côté de avhit). Yoy. §§ G9, 75, 70. 

Foudé (pousqué) pouvoir. Voy. § (îG. Prés. lud. 
pode, podes ou pos (voy. § 92), j?ím (voy. § 92), poudènj 
'dvs, yodon; Subj. posque, -ques, -que, pousquenj 'qués, 
poscon, ou 'poguCj -gucs, -gue, p>ouguen, -guês, pogon. 
lin|)arf. Ind. poudiéu; Subj. pousguèsse ou pouguèsse. 
I\arf. pouguère ou pousquère. Fut. poudrai ou pourrai. 
Coiul. poudriçu ou pourrim. — Pc. Prés. poìidènt, 
pouguènt ou pousquènt. IV. I\ pougu ou lìouscu, -udo. 

VouU (voìtgué) vouloir. Voy. § (>(). Prés. lud. t;ofe, 
^'ote ou ?;os (voy. § 92), vòu, votdcn, -lès^ volon; Subj. 



Verbe. 145 

vòiigue ou vogxie, vòugiies ou vogìies, vòugue ou vogue, 
vouguen, vougués^ vogon. Inipér. vogues, vougu/en^ -gués 
(voy. § 87). Iniparf. Ind. vouliéu (prononciation popu- 
lairo: vouiéu, voy. § 15); Subj. vouguèsse, Parf. vouŷítère. 
Fut. voudrai ou vourrai. Cond. voudriéu ou vourriêu. 
— IV. Prés. voulènt ou vouguènt. Pc. P. vougu,^'gudo. 

Valê (vaugué) (valere) valoir. Prés. Ind. vale, -vales 
ou vos, vau, valèn, -lès, -lon; Subj. vaie ou vaugue. 
Impér. vàle, -len, -lès. Imparf. Ind. valiéu; Kubj. vau' 
guèsse. Parf. vauguère. Fut. vaudrai ou vaurrai. Cond. 
vaudriéu ou vaurriéu. Pc. Prés. valènt ou vaiènt (voy. 
§71). Pc. P. vaugu, -gudo. 

Composés: iyreválé (praBvalere) prévaloir, et equivalé 
(aBquivalere) équivaloir. 

Ca?e (c/hjaure) (calere) chaloir, falloir, se soucier. 
Verb. impers. Pres. Ind. 3® sing. c(h)aìi; Subj. c(Ji)augue. 
Imparf. Ind. caliê; Subj. cauguèsse. Parf. cauguè. Fut. 
caudra. Cond. caìidrié. — Pc. Prés. calènt. Vc. P. caìigu. 

Falé (fougué) falloir. Verb. inipers. Prés. Ind. 
3** sing. fau (fòu); Subj. faugiie (fòugue). Imparf. Ind. 
falié; Subj. fauguèsse (fouguèsse). Parf. fauguè (fouguè). 
Fut. faudra (foudra). Cond. faudriê (foudrié). — Pc. 
Prés. falènt (foulènt). Pc. P. faugu (fougu). 

Sabé ou saupre (sapere) savoir.. Voy. §§ 89, 09 et 73. 
Prés. Ind. sai ou sahe, sas ou sabes, saup, sabèn, -bèìs, 
'bon; Subj. sache. Impér. sache(s), sachen, sachés (voy. § 87). 
Imi^arf. Ind. sabiéu; Subj. sachèsse. Parf. sachère. Fut. 
sauprai (saubrai, saurrai). Cond. saupriéu (saubriéu, 
saurriéu). — Pc. Prés. sachènt (voy. § 71). Pc. P. 
sachu, 'chudo (voy. § 74). 

10 



1 46 Verbe. 

§105. M. Verbes eii re, e. 

Les verhes eii re, e (aiieieimeiiient er <loiit IV a 
ílispani comiìie Vr des iiiíiiiitifs en a et i, autrefois ar 
et ir, voy. §§ 77 et 7í)) provieiineiit de verbes latiiis eii 
êre; quelques-uns diî verlx^s qui avaicMit êre en latiu 
classique {resj^ondre, mordre, ardre, dèiire, mòure, dòure, 
nouire, ylaire, taire, vèire, scire^ lèire^ rire, mòuse, torse; 
voy. § 79). 

Ou peut diviser ces ver])es en quatre g-roupes selon 
la fornie de leur iufiuitif (re ou e) ot selou les consoimes 
finales de leur tlième. 

§106. 1- lufinitif eu re. Tliòme termiué par d (t lat.), 
t (tt lat.), r, rr, mj), nc, nd (n et nd lat.), rd, 

Le tliòme est iuvarial)le, sauf les chaní>;emeiits résul- 
tant de la place de raccent touique (voy. §§ (>(), (îí), 77). 
Le parfait se termine par eguère, h rexceptiou <le j?mi- 
guèì'e oíi guère suit immédiatement le radical, et de 
venciguère (de rinfiuitif secoiidaire venci^, Le ])arti- 
cipe ])assé est eu u qui est ajouté immédiatement au 
tlième verbal. Ce])endant courre fornie uii participe plus 
réceut courregu (au lieu de courru\ et les verbes escoudrej 
prendre, metre, ardre, roumj^re ont coiiservé leurs parti- 
cipes forts eu s: escous, jìres, mes, ars, et eii t: rout. 
Ije gu, dii ])arfait est eutró au subj. j)rés. daus i)rengue 
et coui])osés, dans vencigue Q\ còté de vince)^ et dans les 
r^^ et 2®" ])Iur. des verbes respoundre (resjmmdeguen, 
-egués), metre (meteguen, etc), mordro, et des verbes en 
èndre (rendeguen, -eguês. Voy. § ()9). 8ur les futurs 
courreirai et venceirai, voy. § 77; vencirai et courrirai 
sout dérivés des infiiiitifs secondaires veìici (»t courri, 
couservés en lau<^uedocien. 



Verbe. 147 

Escoiídre (excutore) battre le blé. Prés. Ind. escoude, 
-des, escoud, 'dèn, -dèSj -don; Subj. escoude. Impér. 
escoude, otc. luiparf. lu<l. escoudiéu; 8ubj. escoudeguèsse. 
]\arf. escoudeguère, Fut. escoudrai. Cond. escoudriéu. — 
Pc. I^rés. escoudènt. Pc. P. escous, -sso. 

Prendre (i^rene, voy. § 79) (prehendere) preudre. 
Prés. Tnd. prene, -nes^ pren (voy. § ()7), prenèn, etc. 
Subj. Prés. prengue. Inipér. pren (voy. § 87) ou prene, 
prenen^ -nès. Tinparf. Ind. preniéu; 8ubj. prenguèsse. 
Parf. iirenguère. Put. prendrai. Cond. prendriéu. — 
Pc. I^rés. prenènt, Pc. P. j|)m, -so. 

Coniposés: aprendre (appreliendere) apprendre, des- 
aprendre (dis-appreliendere) dí^sapprendre, coumprendre 
(conipreliendere) coiujìrendre, entre-prendre (inter-prelien- 
dere) (^ntroprendre, se mesprendre (niinus prelieiulere) 
se inéjìrendre, reprendre (repreliendere) reprendre, sous- 
2Jrendre, susprendre, surprendre (su])tus-, super-preliendere) 
surpren(1re. 

Batre (l)attuere) battre. Prés. Tnd. hate, -feSy hat, 
hatèìi, etc; Subj. hate, Impér. hat (voy. § 87) ou hate, 
Tmparf. Ind. hatiéu; Subj. hateguèsse, Parf. hategucre. 
Fut. hatrai. Cond. hatriéu. — Pc. Prós. hatcnt. Pc. P. 
hatUj -tudo. 

Composés: ahatre (ad-battuere) abattre, coumhatre 
(com-battu(*ro) combattre, dehatre (de-battuere) débattro, 
rehatre (re-l)attuere et re-ad-battuere) rebattre et rabattre. 

Metre (mittere) mettre. Pr(3s. Tnd. mete, -tes, met, 
tèn, -tès, -ton; Subj. metej -tes, -te, meten ou meteguen, 
metés ou mctegués, meton. Tmp()r. mete, -ten, -tès. Tmparf. 
Tnd. meticu; Subj. meteguèsse. Fut. metrai. Cond. 
metriêu. — Pc. Prés. metènt. Pc. P. mes, -sso. 

10* 



148 Verbe. 

Composés: ametre (admittere) admettre, coimetre 
(committere) commettre, coumproumetre (compromittere) 
compromettre, demetre (de-mittere) démettre, emetre 
(emittere) émettre, escoumctre (ex-committere) gager, 
défier, peì^metre (permittere) permettre, irroumetre (pro- 
mittere) promettre, remetre (remittere) remettre, soumetre 
(smnmittere) soumettre, trasmetre (transmittere) trans- 
mettre. 

Querre (quaerere) quérir ne s'emploie qu'à I'infinitif 
et avec les verbes ana aller, veni venir et manda 
(mandare) envoyer. 

Courre (coìirri) (currere) courir. Prés. Ind. courre, 
-rreSj cour (voy. § G7), eourrèn, etc; Subj. courre^ etc. 
Impér. coíirre. Iniparf. Ind. coiirriêu; Subj. courreguèsse. 
Parf. courreguère. Fiit courreirai ou courrirai, Cond. 
courreiriéu ou courririéu. — Pc. Prés. courrènt Pc. P. 
courregu (courrigu)^ -gudo. 

Composés: acourre (adcurrere) accourir, councourre 
(concurrere) concourir, discourre (discurrere) discourir, 
encourre (incurrere) encourir, eseourre (ex-currere) échap- 
per, recoìirre (recurrere) recourir, secourre (à côté de 
secourï) (succurrere) secourir. 

Roumpre (rumpere) rompre. Prés. Ind. roumpe^ 
'peSj 'p, '2^èn, etc; Subj. roumpo, Impér. roumpe, etc 
Imparf. Ind. romnpiéu; ^èub}, roumpeguèsse, Parf. roum- 
peguère. Put. roumprai. Cond. roumpriéu. — Pc Prés. 
roumpènt, Pc P. routj -to ou roumpu^ -pudo. 

Composés: courroumpre (corrumpere) corrompre, 
interroumpre (interrumpere) interrompre. 

Vinxre (venci) (vincere) vaincre. — Prés. Ind. vince, 
-ces, 'Ce, etc; Subj. ì)ince ou vendgue, Impér. vincOj 



Verbe. 149 

etc. Iniparf. lud. vinciéu; Siibj. vendguèsse. Parf. 
vencigiière. Fut. vinceirai ou vencirai. Coud. vinceiriéu 
ou venciriéii. — Pc. Prés. vincènt. Pc. P. vencu, -cudo. 

Poundre (pouore) poudre. Prés. lud. X)ounde, -des, 
-d, 'dèn, -dès, 'don\ Subj. pounde, etc. 

Foundre (fuudere) foudre. Prós. lud. founde^ -des, 
-d, -dèn, -dès, -don, etc. 

I)e. uiêuie: apoundre (appouere) ajouter, rehoundre 
(repouere) euterrer; esconmdre (abscoiidere) cacher, re- 
scotmdre (re-abscoudere) recaclier, cacher soigneusement; 
toundre (tuudere) toiidre. 

Respondre (*respoudere) répoudre. Prés. lud. res- 
lìonde, -des, -d, respoundèn, -dès, respondon; Subj. responde^ 
-des, -de, respoundeguen, -degués, respondon. luipér. res- 
ponde, respounden, -dès. Imparf. lud. respoundiéu ; Subj. 
respoundeguèsse. Fut. respoundrai^ etc. etc. 

Composé : correspondre (*correspoiulere) correspondre. 
Rèndre (reddere) reudre. Voy. le paradigme, § 98. 

l)e môme: acèndre (acceudere) et encèndre (iuceu- 
dere) allumer, fèndre (fiiulere) feudre, defèndre (defeudere) 
défeudre, pèndre (peudere) peudre, despèndre (dispeudere) 
dépeuser, tèndre (teudere) teudre, estèndre (exteudere) 
éteudre, destèndre (distendere) détendre, vèndre (veutìere) 
veudre. 

Moo'dre (*mor(lere) mordre. Prés. lud. morde, -des, 
-d, mourdèn, -dès, mordon; Subj. morde, -des, -de, mour- 
den ou mourdeguen, mourdés ou mourdegués, mordon. 
Impér. morde, mourden, -dès. Imparf. lud. mourdiéu; 
Subj. mourdeguèsse. Parf. mourdeguère. Fut. mourdrai, etc. 

])e même perdre (perdere) perdre, esperdre (ex- 
perdere) perdre, reperdre (reperdere) reperdre, etc; aussi 



150 Verbe. 

ardre (ardère) bnìler; mais Pc. P.: ars, -so. (Le mot 
a vieilli.) 

§107. 2. Iiìfinitif eii re. Tlièmo latiii terininó par 

une labiale (^), h, v) ou par Z, II, Iv. 

Les consonnes finales du tlième h (devenu v), v 
et l se vocalisent en u quand elles finisseiìt le mot 
(8® sing. prés. ind. et 2*^ sing*. impér.) et devant IV de 
rinfinitif, du futur et du conditionnel (voy. §§ ()7, (18, 77), 
sauf (bins Tinfinitif torre (sur tole voy. § 7í)) et dans le 
futur escrirai (cond. escririâu, ancieimement: escriurai, 
escritiria). Dans ahsòiidre, VI qui, ì\ l'origine, était tou- 
jours suivie d'une consonne (v)^ s'est amollie partout en 
iL Les diplitong-ues résultant de la voealisation de v (h) et l 
varient selon la place de raccent (voy. §§ (U), (îí), 77). 
Les parfaits (et les subj. imparf.) sont forts, c'est- 
à-dire en giièìx (guèsse) sans e, i intercalaires devant gu, 
sauf caíi2)eguère (au lieu d'un aiicien caupère^ conip. reçau- 
2)cre, caupèsse), recehcre (au lieu de receuhère)^ etc. Dans 
caupre Vau de ranc. j^arfait catq) (capui) a i^énétré dans 
toutes les formes, h rexception du ])rés. ind. 1" et 2^ pers. 
sing. et plur. et de riin})arfait indicatif. liet^aupre (à 
côté de recehre) prend Yau ])artout. Les ])articipes 
])assés des verbes dont le parfait se termine par guère 
prennent généralement la terminaison gu, gudo; mais 
cau^jre a caiqju, recehre : recehu, councehre : councmim 
(voy. phis bas). Vièure forme le ])arfait visquère et le 
pc. p. viscu (voy. §§ 73, 74). Escriéure, torre, ahsòudre 
et resòudre ont conserve les partici])es forts: escri^ -cho, 
tòut, 'to, ahsòut, 'to, resoxdu, -ludo (voy. § 74). — Ijo gu 
du parfait a gagné les subj. prés. degue (aussi pc. ])r(3s. 
deguènt), hegue, escrigue, mòugue^ pjlò'ugue, dòugue^ ahsòugue 



Verbe. 151 

(voy. § ()í)). L(3 parfiiit visqiière a prodiiit le sul>j. prós. 
visqiie (à côté de vive). 

Caiq^re (capore) ótro coiitoim, toiiir. Prós. Ind. cape, 
'pes^ caiq), cajyèn, -jjès, caiipon; Sul)j. caupej otc. bnpér. 
caupe, otc. Iniparf. Tnd. capi&a; Subj. caitpèsse. Parf. 
caitpeguère. Fut. caiiprai. Cond. caìipriéu. — Pc. Prós. 
caupcnL Pc. P. caiipu, 'piido, 

Hecebre (reçaupre) (rociporo) rocovoir. Prós. Ind. 
recehe, -hes, recêu, recehèn, otc. (ou reçaupe, -pes, -p, -pèn, 
otc); Subj. recehe (reçanpe). Inipór. recehe, otc. (reçaiqjc, 
otc). Iniparf. Ind. recehiéu (reçaiqáéu) ; Subj. recehèsse 
(reçcnqjcsse). Put. recehrai (rerauprai). Cond. recehriéu 
(reiaiqìriéu), — Pc Prós. recehònt (reçaiq)ènt), Pc P. 
recehu (reçaiqm), -hudo (-pudo). 

l)o niònio: decehre (deçaupre) (dociporo) docovoir. 

Councehre (conciporo) concovoir. I^rós. Ind. coun- 
ceve, -ves, councéu, coimcevèìi, otc; Subj. counceve, otc 
Ini])ór. counceve. Iniparf. Ind. counceviéu; Subj. coun- 
cevèsse. Parf. councevère, Fut. councevrai, Cond. coun- 
cevriéu. — Pc Prós. councevènt. Pc P. councéxqju, -pudo, 

I)o niònio: percehre (porciporo) porcovoir (Prós. Subj. 
aussi: percéuyuè) ot apercehre (ad-porciporo) aporcovoir. 

Dèure (*dobòro) dovoir. Prós. Ind. dève, -ves, dèu, 
devcn, -vcs, dòvon; Subj. dègue, otc, deguen, -gués, dègon, 
Iini^arf. Ind. deviéu; Subj. deguèsse, Parf. degucre, Fut. 
déurai, Cond. déuriêu (devriêu). — Pc Prós. devènt, 
deguènt, Pc P. degu, -gudo, 

Béure (bibore) boiro. Prés. Ind. heve., -veSj héu^ 
hevèn^ -vès^ -von\ Subj. hegue. Impór. héu (voy. § 87) 
ou heve., heven^ -vès, Imparf. Ind. heviéu\ Subj. heguèsse. 
Parf. heguère, Fut. héurai, Cond. héuriéu, — Pc Prés. 
hevènt. Pc P. begu^ -gudo. 



152 Verbe. 

Escriéure (scribore) écrire. Prés. liid. escrive, -ves^ 
escriéUy escrivèn^ -vès^ -von; Siibj. escrigue. Impér. escriéu 
(voy. § 87) oii escrive^ escriven^ -vès, Imparf. Ind. escriviéu; 
Subj. escriguèsse. Parf. escriguère. Fut. escrirai. Cond. 
escririéu. — Pc. Prés. escrivènt. Pc. P. escri^ -cho. 

Composés: circouscrire (circnm-scribere) circonscrire, 
descriéure (describere) décrire, iscriéure (in, -en-, -e- 
scriéure) (inscribere) inscrire, prescriéure (praescribere) 
prescrire, iyrouscriéure (proscribere) proscrire, souscriéure 
(subscribere) souscrire, trascriéure (transcribere) transcrire. 

Mòure (*movère) mouvoir, reniuer. Prés. Ind. move^ 
'Ves, mòUj mouvèn, -vès, movon; Subj. mòugue, -gueSy 
-gue, môuguerif -gués, mòugon. Inipér. mòu (voy. § 87) 
ou move^ mouven, -vès. Imparf. Ind. mouviéu (ou par 
analogie, môuviéu^', Subj. moiiguèsse ou môuguèsse. Parf. 
mouguère ou móuguere. Fut. môurai. Cond. móurïêu. 

— Pc. Prés. mouvènt. Pc. P. mou^u, -gudo. 

Composés: esmòure (ex-*niovere) éuiouvoir, escou- 
mòure (ex-*commovere) émouvoir profondénient,;^>m(Wí()iw'e 
(*promovere) promouvoir, remòure (*removere) mouvoir 
de nouveau, soumòure (*suiiiniovere) soulever (vieilli). 

Flòure (*plovere) pleuvoir. Yerb. impers. Prés. Ind. 
3*' sing. 'plòu; Subj. plòugm. Imparf. Ind. lÀòuvié (il 
faudrait: ylouvié et ví\\^ú 'plouvènt^ ; "Á^hy iMugmísse, Parf. 
plòugUjè. Fut. plôura. Coiid. 'plò'urié. — Pc. Prés. plòu- 
vènt. Pc. P. plòugu. 

Viéure (vivere) vivre. Prés. Ind. vive, -ves, viéu, 
vivèn, -vès, -von\ Subj. vive ou visque, etc, vivon ou 
viscon. Impér. vive, etc. Im])arf. Iiid. viviéii; Subj. 
visquèsse. Parf. visquère. Fut. viéurai. Cond. inéuriéu, 

— Pc. Prés. vivcnt Pc. P. viscu, -scudo. 



Verbe. 153 

Composés: reviénre (revivere) revivre et mhre-viéure 
(super-vivere) siirvivre. 

Dòiire (Molere) faire mal. Pré». Iiid. doley -les, dòu, 
doiilèn, 'lès, dolon; Subj. dòugue, Imparf. Iiid. douliéu; 
Subj. dóuguèsse. Parf. dóuguère. Fut. dôurai. Cond, 
dòuriéu, — Pc. Prés. doulènt. Pc. P. dôugii, -gudo. 

Mòurre (molere) moudre. Prés. lud. mole, -les, mòu, 
moulòn, 'lès, molon; Subj. móle. Impér. mole, moiden, 
'lès. Imparf. Ind. mouliéu; Subj. mòuguèsse. Parf. mou- 
gtière (moU', au lieu de móu-, d'aj^rès moulèn, etc). 
Fut. môurrai. Cond. móurriêu. — Pc. Prés. mouUnt. 
Pc. P. mòut, 'to^ ou môugu, -gudo. 

Composés: esmòurre (ex-molere) émoudre, remòurre 
(remolere) remoudre. 

Toì're (tole) (tollere) ôter (vieilli). Prés. Ind. tole, 
-les, tòu, toulèn, 'lcs, tolon. — Pc. Prés. tòut, -to. 

Ahsòudre (absolvere) absoudre. Prés. Ind. absòuve, 
'ves, ahsòu, ahsôuvèn, -vès, ahsòuvon; Subj. ahsòugue. 
Im})ér. ahsòuve, ahsòuven, -vès. Imparf. Ind. ahsôuviéu; 
Subj. ahsòuguèsse, Parf. ahsôuguère. Put. ahsôudrai. 
Cond. ahsòudriéu. — Pc. Prés. ahsóuvènt. Pc. P. ah- 
sòut, -to. 

Composés: dissòudre (dissolvere) dissoudre. Resòudre 
(resolvere) résoudre a le pc. p. resoulu, -ludo. 

3. Infinitif en re. Thème latin terminé §108. 

par c, q, g, d. 

Ijes cousonnes finales du thème verbal se changent 
en s quand elles sont suivies d'une voyelie, en i ((pii 
fornie des diphtongues) à la íin du mot (3*^ pers. sing. 
prés. ind., et quelquefois 2° pers. sing. impér.) et 



154 Verbe. 

(lovîint Vr do riiifinitif, dn fntnr ot dn eonditionnel. 
Mîiis ìi còté (k^s 3^*^ sing*. coiii, fai, trai, cai, crèi, vèi, 
lèí, di (an lion do dii) on tronvo nouis, jais, trais, plais, 
dis, ris, adus, coiistruis, claus (voy. § ()7). A rinipóratif 
on no roncontro i qno dans fai (à côtó do fague, dn 
snl)j. i)rós.), trai (h côtó do trasé) ot crèi (à côtó do cresé). 
Yoy. § 87. L'inipóratif do vèire niontro qnolqnos arcliaïsmos : 
ve (vido), vejaìi (vidoanins) sont dos forinos consorvcos 
dn nioyon-âgo; vès, an lion do vesès (vidotis), ost uno 
ancionno contraction (voy. § <S7). LH (do c, d) nianquo, 
dovant r, dans los futnrs: farai (d'nn anc. inf. far, voy. 
§ 77), dirai, rirai (ponr óvitor la i\)ncontro do donx /), 
ot dans rinfinitif, lo fntnr (ot lo conditionnol) dos vorbos 
claure (ponr óvitor la triplitongno inaccontnnióo aui)^ 
coimclure, otc. (infinoncós par lo vorbo siniplo clauré)^ 
ot adurre (voy. § ()8). An contrairo, Vi so trouvo anssi 
dovant Ys (do c, g, d) ot niênio dovant lo y(u) dn par- 
fait ot dn sul)j. iniparf. dans nouise, otc, nouiguère; 
couiguèsse; jaise^ otc; caigue, caiguère; plaise, plaigaòre; 
crèigue, creiguère; coustruise^ coustruiguère. (îónóraloniont 
il n'y a (Vi ni dovant Vs nì dovant lo g(u): cose, cousen; 
fose, fousòn; fascn, faguère; jasèn, jagiière; traguère, otc 
]jos diphtongnos on i variont, coninio ])arfcont, solon la 
placo do raccont (voy. §§ (>(>, ()9, 77); sonloment on 
roncontro ici, à l'atono, (pieUpiofois ai au lion do ou ì\ 
côtó do ei: jairai, -riéu; cairai, -riéu; trairai, 'riêu; 
caiguòre; lúaiguère (à côtó do pleiguère). Voy. §§ 10,2 
ot 77. 

Les parfaits sont tous on guère. A côtó dos ])ar- 
faits plns anci(íns, plaiguÀire on píeiguère, creiguère, clau- 
gim'Cj {couiguòsse\ on roncontro los fornnitions plns récentes: 
plaseguère, creseguère, clausegiière (ot couseguèsse)-, couire 



Verbe. 155 

a le parfait: cousegiière, fouire: fousegiière, noíiire: noiiise- 
guère ìi côtó do nouiguère, Les ])articipes passés se 
foriiieiit eii gu daiis jagii (parf. jaguère) et legii (parf. 
leguère\ eii egu daiis casegu (parf. caseguère), jìlasegu 
(à eôté de i)leigu\ cresegu (dii ])arf. cresoguère) et nouisegu 
(à côté de nouï). Les autres verbes out coiiservé les 
aiiciens participes passés forts eii s; /ios, -s5í>, m, -so> 
cícïM.s -so, eii t: vist (t est imiet), "Sto, oii eii cA (= ct 
lat.) qiii iie siibsiste qu'aii féniinin: cue, 'cJio, fa^ -cho, 
tra, 'CÌio, di, -cho^ adu, -cho, coustrui^ -uicho, Voy. §§ 89 
et 74. Le tliènie du parfait s'est introduit au subj. 
})rés. dans nouigue, fague, jague ou jaigue, trague, caigue, 
lìlaigue, crèigue, vegue, digue, rigue, coustruigue^ claugue, 
counclugue; seuls les verbes couire, fouire, adurre, etc. 
ont conservé les subj. prés. plus anciens: cose, fose, 
aduse (à côté de adugue), 

Quel(iu(ís verbes ])Ossedent, ìi còtó des fornies prinii- 
tives, des futurs et des coiiditioniuds de formation secon- 
daire en -eirai ou -irai: couseirai (à côtt3 de couirai)^ 
traseirai (à còté de treirai), clauseirai (à côt(3 de claurai) 
et fouseirai (à côt(3 de fouirai). Voy. § 77. 

Nouire (*nocere) iiuire. Pr(3s. Ind. nouise^ -ses, 
nouis^ nouisèn, -sès, -son, ou niueise, -ses, niueis, nuisèn^ 
'sès, ìiiueison; Sul)j. nouigue. ímparf. Tiid. nouisiéu; 
Subj. nouiguèsse. Parf. nouiguère ou nouiseguère. Fut. 
nouirai. Cond. nouiriéu. — Pc. Prés. nouisènt, Pc. P. 
noui ou nouisegu, 

Couire coq[u]ere) cuire. Pr(3s. Ind. cose, -ses, coui, 
cousèn, 'sèsj coson; Subj. cose, 'ses, -se^ cousen, -sés, coson, 
Lnj)ér. cose, cousen, -ès, Lnparf. Ind. cousiéu ou couiéu; 
Subj. couiguèsse ou couseguèsse, Parf. couseguère, Put. 



156 Verbe. 

coiiirai 011 coiiseirai, Coiul. couiriéu ou coiiseiriéu, — 
Pc. Prés. coiiscnt. Pc. P. cue^ -cho, 

Coniposé: recoiiire (recoq[u]ere) recuire. 

Fouire (fodere) fouir, ])ioclier. Prés. Iiid. fose^ -seSj 
foui ou fos, fousèn, -sès, foson; Siibj. fose, -ses, -se, fousenj 
'sés, foson, Iniper. fose, fotisen, -sès, Iiuparf. Iud. 
fousiéu; Subj. fouseguèsse, Parf. fomeguère, Fut. fouirai 
ou fouseirai, Coud. fouiriêu ou fouseiriéu, — Pc. Prés. 
fonsènt. Pc. P. fos, -sso (fousegu, -gudo). 

Coniposé: entre-fouire (iuter-fodere) bécher légère- 
nieiit. 

Houire (rodere) roiiger. Verb. déf. Usité seule- 
lueiit íi riufiuitif. 

Faire (faceriî) faire. Prés. índ. fau^ fas, fai, fasèn, 
'sès, fan; Subj. fague, liupér. fai oii fagvAi^ fasen, -sès, 
Iiuparf. lud. fasiéu; Siibj.. faguèsse, Parf. faguère, Fiit 
farai, Cou<l. fariéu, — Pc. Prés. fasènt. Pc. P. 
/*a, 'clio, 

Coiuposés: contro-faire (coutra-facere) coutrefaire, 
desfaire (disfacere) défaire, mesfaire (niiuus facere) 
luéfaire, refaire (re-facere) refaire, satisfaire (satisfacere) 
satisfaire, susfaire, surfaire (sursuiu-, superfacere) surfaire. 

Jaire (jacere) gésir, ètre couché. Prés. lud, jaise, 
'Ses, jais, jasèn, -sès, jason; Siibj. jaigue ou jague, luiparf. 
Ind. jasiéu; Subj. jaguèsse, Parf. jaguère, Fut. jairai, 
Coiul. jairiéu, — Pc. Prés. jasènt, Pc. l^. jagu, -gudo, 

Traire (*tragere au lieu de trahere) tirer. Prés. 
Iiid. trase, -ses, trai ou trais, trasèn, -sès, -son; Subj. 
trague, linpér. trai (voy. § 87) ou trase, trasen, -scs, 
riuparf. Ind. trasiéu; Subj. tragnèsse. Parf. tragucre. 
Fut. treirai, trairai ou traseirai, Coud. treiriéîl, trairiéu 
ou traseiriéu, — Pc. Prés. trasènt. Pc. P. tra, -cho. 



Verbe. 157 

Composós: detraire (Metragore) (létraeter, desiraire 
(*(listra<i;ere) distraire, estraire (*extra<i;ere) extraire, sous' 
traire (subtus *tra<]^ere) soustraire. Matitraire (uiale 
*tragere) avoir du uial, est díífectif et ue s'eiuj)loie qu'à 
riufiuitif et au ])e. p.: matdra, -cho, 

Caire (eadere) ehoir, tomber. Prés. íud. vase, -seSy 
cai, casèn, -sèSy -son; Subj. caigue. Tuiparf. lud. casiéti; 
Sul)j. mauípie. Parf. Tud. caigiière, Fut. cairai. Coud. 
cairiêu. — IV. Pr(3s. casènt. Pe. V. casegiij 'gudo. 

Couiposí^s: descaire (de-ex-eader(î) déelioir, escaire 
(ex-eadere) éehoir. 

liaire (rad(îre) raser, verb. def. et usité seuleuieut 
à riufiuitif et au pe. p.: ras, -so. 

Plaire (*plaeere) plaire. Prés. Tud. plaise^ -ses, 
'plais, lìleisèn ou lúasèn, -sès, plaison; Subj. ^ìlaigue, 
ete., lìleiguen^ -gués, plaigon, lui])arf. íud. plasiêu; 
Subj. pileiguèsse, plaiguèsse ou plaseguèsse. T^arf. plei' 
guère, plaiguìire ou jìlaseguère, Fut. pleirai ou pilaseirai. 
Coud. pleiriéu ou plaseiriéu. — Pe. Prés. plasènt. Pe. P. 
pleigu, plasegu, -gíido. 

Composíîs: coumplaire (com-*])laeere) coiuplaire, et 
desplaire (*dis])l{icere) (l(3])laire. 

CrHre (creder(í) croire. Prás. Tud. crese, -ses, crH, 
cresèn, .-sès, -son; Subj. a'èigu^, 'giies, -gue, creiguen, 
-gués, crHgon, ou cresegue, etc. Tmp()r. trèi (voy. § (S7) 
ou (rese, cresen, -sès. Tm])arf. Tud. cresiéu; Subj. crei- 
guèsse ou creseguèsse. Parf. creigìière ou creseguère. Fut. 
creirai. Coud. creiriéu. — Pc. Prés. cresènt. Pc. P. 
cresegu, -gudo. 

Compos(3s: descrèire (dis-credere) uuîcroire, mescrèire 
(miuus credere) mécroire, recrèire (recredere) lasser 
(vieilli). Encrèire (iu-credere) et acrèire (accredere) 



158 Verbe. 

accroîre ne soiit usités qu'à rinfinitif et joints au 
verbe faire, 

Vèire (*vidère) voir. Pr€>s. Ind. vese, -ses, vèi, vesèn, 
'Sès, 'Son; Subj. vegue, Inipér. ve^ vegìicn (vejan), vesès 
ou vcs, Iui})arf. Ind. vesiéa; Subj. vegiièsse, Parf. veguère. 
Fut. veirai, Cond. veiriéu, — Pc. Prés. vesènt, l^c. P. 
vist, visto, 

Coni])osés: entre-vcire (iiiter-*videre) entrevoir, j)re- 
vèire (*])rae-videre) ])révoir, revcire (*revidere) nívoir. 

Scire (*sedere) seoir, j^eu usité, se coujugue conime 
vcire, — Pc. P. segu, -gudo. 

Com]iosé: assèire (ad-*sedére) asseoir. — Pc. P. 
assesij 'sido. 

Lm'e (*licere) ètn) h loisir. Verb. im])ers. et dóf. 
Prés. 3^ sîng-. lci. Fut. Zeircf. Cond. leiric. — Pc. P. 
legu, -gudo. 

Dire (dicere) dire. Prés. lud. disc, -ses, dis ou di, 
discn, 'Scs, 'Son; Subj. digue, Inqìér. dis. dise ou digo 
(voy. § 87), diguen, digas (voy. § 87). Im])arf. lud. 
disiéu; Subj. diguèsse. Parf. digucre. Fut. dirai. Cond. 
diriéu. — Pc. Prés. discnt. Pc. P. di, -cho, 

Coni])oses: contro-dire (contradicere) contredire, 
desdire (dis-dicere) dédire, interdire (interdicere) inter- 
dire, maudire (maledicere) nií^udire, lïredirc (praedicere) 
])rédire, rcdire (redicere) redire. 

Rire (*ridere) rire. Prés. Ind. rise, -ses, ris, riscn, 
'Scs, 'Son; Subj. rigue, etc. Im])ér. rise, -sen, -scs. ímparf. 
índ. risicu; Subj. riguèsse, Parf. riguòre. Fut. rirai, 
Coud. ririéu. — Pc. l^rés. riscnt. Pc. P. ris. 

Coinposé: sourrire (*surridere) sourire. 

Sufire (sufficere) suffire se conju<jfue conime nVe. 

Adurre (adducere) amener. Prés. Ind. aduse, -ses, 



Verbe. 159 

adus, adiisèn, -sès, -son; Siibj. aduse ou adtigue. Impér. 
adus 011 aduse, aduse^i, -sès, Iniparf. In<l. adusicu; Subj. 
aduguèsse. Parf. aduguère. Fut. adurrai, Coud. adurriéu, 
— Vv. Prés. aduscìit, IV. P. aíZi*, -cAo. 

Do uiême: coundurre (couducoro) couduiro, endurre 
(iuducore) ouduire, entroudurre (iutroducoro) iutroduiro, 
proudurre (producero) ])ro(Uiiro, reproudurre (reprodiicoro) 
r(í])roíliiiro, rcdurre (reducore) ródiiire, scdurre (so<Uicoro) 
sóduiro, tradurre (traducero) traihiiro. 

Coustruire (*coustrugoro au liou do construero) coii- 
struiro. Prós. lud. coustruise, -ses, coustruis, coustruiscn, 
'Scs, 'son; Subj. coustruigue, luipór. coustruise, otc. 
Iiu])arf. lud. coustruisiâu ; Subj. coustruigucsse, l^arf. 
coustruigucre. Fut. coustruirai, Coud. coustruiricu. — 
Vc. l^rós. coustruiscnt, Pc. P. coustrui, -uicho. 

Do uiôuìo: destruire (*dostru<>'oro) <lótruire, cstruire 
(*iustrugoro) iustruiro, recoustruirc (*rocoustrugoro) ro- 
coiistruiro. 

Claure (claudoro) clore, formor. Pres. lud. clausc, 
'Ses, claus, clauscn, -scs, -son; Subj. claugue, etc; 3*^ phir. 
claugon. Iiupór. clause, otc. Imparf. lud. clausiéu; Subj. 
daugucsse. Parf. claugucre ou clausegucre. Fut. claurai 
ou clauseirai. Coud. clauriêu ou clauseiricu. — Pc. Prcs. 
clauscnt. Pc. P. claus, -so. 

Composós: esclaure ou esclure (ex-claudoro ou ex- 
chuhu'o) oxcluro. (Prós. esclause ou escluse, etc; IV.. P. 
esclaus ou esclus, voy. coundureX dmiaure ((hs-claudoní) 
(h^cloro, encìaure (iu-claudoro) oucloro, euformor, reclaure 
(ro-claudoro) rochire, euformer. 

Counclure (couchidero) cóucluro. Prés. Iiuh coun- 
cluse, iyÌQ.', ^\\hy counclugue. h\\\iér. comìcluse, qïc. Iiuparf. 
lud. counclusiéu; Subj. counclugucsse. Parf. counclagucre. 



160 Verbe. 

Piit. counclurai. Coiul. councluriéii. — Pc. Prés. coun- 
chisèìît, Pc. P. councluSj -so. 

Conip. le verbe simple vlaure. 

§109. 4. Tiifinitif en e (v. prov. er). Tlième latin 

en ngy sc, x, lc, rq, m. 

Sur rinfinitif voy. §§ 79 et 105. L'n/7 du tlième 
latin se cliange en gn (= n mouiUée) devant les voyelles, 
et en n simple h la fìn du mot (3® sing. prés. ind., pc. p. 
masc, et 2° sin^. impér. dans joun [voy. § 87] à côté 
de jougne). La rencontre de gn et d'une consonne qui 
devait suivre est évitée par l'intercalation d'un e (au 
parf.: jougneguère, plagneguère, ^9cgfní^^wère, etc; au subj. 
imparf.: jougneguèsse, etc, et au participe passé de for- 
mation récente: plagnegu^, d'un ei (au fut. et au cond.: 
jougneirai, ougneirai, plagndrai, pegneirai, etc, ou d'un 
i (fut.: ougnirai, fegnirai, estregnirai, etc). Voy. §§ 72. 
et 77. Le gu du parfait ne s'introduit que dans les 
jres ^^ 2^8 plur. du subj. prés. (plagneguen, -gués). Le 
partici])e ])asse est fort; le ct du latin (junctum, })lanc- 
tum, *pinctum), devenu final au masc, a disparu, mais 
subsiste connne ch au féminin: jouncho, plancho, pencho, 
etc Voy. §§ 39, 74 et 108. Cregne (tremere) et em- 
pregne (imprimere) dont le thème latin se terminaît par 
m, suivent l'analop^ie des verbes dont le thòme finit 
par gn (ng lat.); mais cregne a conservé le futur (et le 
cond.) archaïque arendrai (= v. prov.; cond, ci'endriéu) 
qui s'em})loie à côté de cregnirai (cond. cregniriéu). 

Les grouj)es latins sc et x (= cs) deviennent iss 
devant les voyelles, is h la fin du mot (3® sing. j)rés. 
ind.: crèis, etc Voy. § 07). L'í se combine avec la 
voyelle précédente et la change en diphtongue; la diph- 



Verbe. 161 

toiigue varie eomme toujours selou la plaee de racceut 
(voy. §§ 66, 69, 70, 77). Eutre Yis (de sc, x) et uue con- 
souue (le g\x(i\ du parfait, du subj. imparf. et du pc. p., 
et IV du fut. et du eoud.) ou iutercale e (aux temps du 
passé: misseguère, -eguèsse, neissegu; peisseguère, etc; 
creissegiière; teisseguère) ^ ei ou i (au fut. et au coud.): 
teisseirai , neissirai , peissira i , creissira i , couneissira i. 
Cepeudaut naisse^ counèisse, parèisse ont aussi des par- 
faits (subj. imparf.) plus simples:. nasquère, couneiguère 
ou couneguère (ou couniguère, d'après Roumanille) et 
pareiguère, et leurs participes passés sont: na, nado 
(natum) ou nascu^ -scudo (à côté de neissegu)^ pascu ou 
peissu (peu usités), couneissu, couneigu ou counegu, et 
pareigu, Tèisse a l'imparf. subj. teissèsse (à côté de 
teisseguèsse) et le pc. p. teissu. — Le g(u) du parfait (et 
du subj. imparf.) se montre aux V^^ et 2^ pers. plur. du 
prés. subj. neisseguen, 'gués, creisseguen, -gués, tourseguen, 
'gués, et daus toutes les personnes des subj. prés. cou- 
nèigue et parèigue, 

Mòuse et torse ont les futurs mòuserai, môuseirai 
et torseirai (voy. § 77), et les participes passés forts: 
iHÓuSj 'SsOj tors, 'So; les autres formes sont régulières. 
8ur rèime voy. plus bas. 

Jougne (jungere) joindre. Prés. Ind. jougne, -gnes, 
joun, jougnèn, -gnès, -gnon; Subj. joitgne. Impér. joun 
ou jougne, jougnen, -gnès. Imparf. lud. jougniéu; 8ubj. 
jougneguèsse, Parf. jougneguère. Fut. jougneirai. Cond. 
jougneiriéu. — Pc. Prés. jougnènt. Pc. P. joun, jouncho. 

Composés: counjougìie (conjuugere) conjoindre, des- 
jougne (disjungere) déjoindre, enjougne (injungere) en- 
joindre, rejougne (rejungere) rejoindre. 

11 



162 Verbe. 

Poitgne (pungere) poindre se conjugue eomme jongne, 
Le pe. p. est poun. pouncho, ou pougnegii^ -gudo. 

Composés: entre-j^ougne (interpungere) entrelarder. 

Ougne (unguere) oindre se conjugue également 
comme jougne. Mais: Fnt ougneirai on ougnirai. Cond. 
ougneiriéu ou ougniriéu. — Pc. P. oun, ounclio^ ou ougnegu, 
-gudo. 

Plagne (plangere) plaindre. Prés. Ind. plagne, -gnes, 
plan, plagnèn, -gnès^ -gnon. Subj. plagne, etc; plagnen 
ou plagneguen^ plagnés ou plagnegués^ plagnon. Impér. 
plagne^ etc. Imparf. Ind. plagniéu; Subj. plagneguèsse. 
Parf. plagneguère, Fut. plagneirai. Cond. plagneiriéu. — 
Pc. Prés. plagnènt. Pc. P. plan^ 'cho (ou plagnegu^ -gudo). 

Pegne (pingere) peindre. Prés. Ind. pegne^ -gnés^ 
pen^ pegnèn^ -gnès^ -gnon; Subj. pegne. Impér. pegne^ 
etc. Imparf. Ind. pegniéu; Subj. pegneguèsse. Parf. 
pegneguère. Fut. pegneirai. Cond. pegneiriéu. — Pc. 
Prés. pegnènt. Pc. P. pen^ pencho. 

Composés: depegne (depingere) dépeindre, enipegne 
(impingere) pousser. 

Tegne (tinguere) teindre, ategne (attingere) atteindre, 
cegne (cingere) ceindre, estegne (exstinguere) éteindre, 
enfregne (infringere) enfreindre se conjuguent comme 
pegne. — Cregne (tremere) craindre (Put. crendrai ou 
cregnirai; Cond. crendriéu ou cregniriéìi\ estregne (strin- 
gere) étreindre et ses eomposés: coustregne (constringere) 
contraindre et restregne (restringere) restreindre, empregne 
(imprimere) empreindre, et fegne (fingere) feindre ont des 
futurs et des conditionnels en -irai^ -iriéu: estregnirai^ 
fegnirai^ etc. 

Naisse (*nascere) naitre. Prés. Ind. naisse^ -sses, 
naisj neissèn^ -ssès^ naisson; Subj. naisse^ -sses^ -sse, 



Verbe. ' 163 

neissen ou neissegmn^ neissés ou neissegnés^ naisson, 
Imparf. Ini neissiéu; Subj, nasqnèsse ou neisseguèsse. 
Parf. nasqiière ou neisseguère. Put. neissirai, Cond. 
neissiriéu, — Pc. Prés, neisttènt Pc. P. wa, waíío, ou 
neissegu^ -gudo, 

Composés: entre-naisse (inter-*nascere) commencer 
à naître, et renaisse (re-*nascere) renaître. 

Paisse (pascere) paître. Prés. Ind. paisse. -sses. 
pais, peissèn^ -ssès^ paisson; Subj. paisse^ etc, peissen, 
'Ssés, paisson. Impér. paisse^ peissen, -ssès. Imparf. Ind. 
peissiéîi; Subj. peisseguèsse. Parf. peisseguère. Fut. 
loeissirai. Cond. peissiriéu. — Pc. Prés. iyeissènt. Pc. P. 
pascu, 'scudo^ ou peissu, -ssudo. 

Composé: repaisse (re-pascere) repaître. Pc. P. 
repeissu^ -ssudo 

Iraisse (*irascere) est usîté seulement à rinfinitif. 
Faire iraisse dépiter, impatienter. 

Crèisse (crescere) croître. Prés. Ind. crèisse^ 'Sses, 
•cì'èis, creissèn, -eeès, crèisson; Subj. crèisse, -sses, -sse; 
creissen ou creisseguen, croissés ou creissegués, crèisson. 
Impér. crèisse, creissen, -ssès. Imparf. Ind. creissiéu; 
Subj. creisseguèsse. Parf. creisseguère. Fut. creissirai. 
-Cond. creissiriéu, — Pc. Prés. creissènt. Pc. P. creissegn, 
^gudo. 

Composés: acrèisse (accrescere) accroître, descrèisse 
{discrescere) décroître, recrèisse (recrescere) recroître. 

Counèisse cognoscere) connaître. Prés. Ind. counèisse^ 
.etc. (comme crèissè\ ou counouisse, -sses, -counouis, etc. ; 
Subj. counèigue, -gues, •gue, couneiguen, -gués, counèigon, 
ou counegu^ etc. (Arles). Impér, counèisse ou counouisse, 
couneissen ou counouissen, etc. Imparf, Ind. couneissiéu 
ovL counouissiéu; Subj- coune(i)guèsse, Parf. coune(i)guère. 

11* 



164 Verbe. 

Fut. couneirai^ coimeissirai ou eounouissirai. Con<L 
cotmeÌ7*iéu ou couneissiriéu. — Pc Prés. coimeissènt oa 
coimouissènt. Pc. P. coimeissu, -ssudo ou. coime(i)gUj -gudo. 

Composés: descounèisse (dis-cognoscere) méconnaître,. 
mescounèisse (minus cognoscere) méconnaitre,, recoimèisse 
(recognoscere) reconnaître, 

Parèisse (*parescere) paraître.- Prés. Ind. parèisse^ 
etc. (= crèisse, etc); Subj, parèigiie, etc. (= counèigue)^ 
Impér. parèisse^ pareissen, -ssès. Imparf. Ind. pareissiêu; 
Subj. pareigiièsse, Parf. pareiguère, Put.. pareirai, Cond. 
pareiriéu, Voy. § 77. — Pc. Prés.. pareissènt. Pc. P. 
pareigUj -gudó. 

Composés: ajoarèisse (ad-*parescere) apparaître,, 
coumparèisse (com-*parescere) comparaître, des- (ou dis-} 
parèisse (dis-*parescere) disparaître,, reparèisse (re-*pares- 
cere) reparaître. 

Tèisse (texere) tisser. Prés. Ind. tèisse, etc. (= crèissey 
etc); Subj. tèissey -sses, 'Sse, teissen, -ssés^ tèisson, Impér, 
tèisse, teissen^ -ssès. Imparf. Ind.. teissiéu; Subj. teissèsse 
ou teissegìiesse. Parf, teissegitère. Fut. teisseirai. Cond^ 
teisseiriéu. — Pc, Prés. teissènt, Pc. P. ieissUj -ssudo^ 

Móuse (*mulgère ou *mulcère) traire. Prés. Ind^ 
môuse, 'Ses^ móuSy môusèn^ -sèSj -son; Subj. móusej etc^ 
Impér. móuse, etc, Imparf. Ind. môusiéu; Subj. mòuse- 
guèsse. Parf. môuseguère. Fut. mòuse(i)rai. Cond^ 
môuse(i)riéu. — Pc. Prés. môusènt. Pc. P. móus, -sso 
ou mòusegUj -gudo. 

Torse (*torq[u]ere) tordre.. Prés. Ind. torse^ seSy 
tors^ toursèn. -sès, torson; Subj.. torse, -ses, 'se^ toursen 
ou toursegueUj toursés ou toursegués, torson. Impér^ 
torse, toursen, -sès. Iniparf.. Ind.. toursiéu; Subj. tourse^ 



Verbe. 165 

guèsse. Parf. tourseguère, Fut tourseirai. Conà, toursei- 
riéu. — Pc. Prés. toivrsènt Pc, P. tors, -so (totirsegu^ 
-gudo). 

Composés: destorse (dis-*torq[u}ère) détordre, et estorse 
{ex-*torq[u]ère) tordre du linge mouiUé. 

Rèime (redimere) racheter. Yerb. déf. et archaïque. 
Prés. Ind. rèime^ -mes^ rèim^ reimèn^ "mès, rèimon. 
Pc. P. reimu. 

H.. Verbes Iiitransitifs. § 110. 

Les verbes transitifs se conjuguent à l'actif avec 
4jvé^ au passif avec èstre. 

Un petit nonibre de verbes intransitifs (verbes 
neùtres) se conjuguent toujours avec èstre: 

Ana (voy. § 100) aller parti (*partire) partir 

veni venir, et ses composés: intra (intrare) entrer 

deveni devenir sourti (voy. § 102) sortir 

interveni irítervenir naisse (voy. § 109Ì 

perveni parvenir espeli (expellere) í 

reveni revenir mouri (voy. § 102) 

surveni survenir. Voy,§ 102. defunta (defunct- 

retourna (re-tornare) re- are) imourir 

tourner trepassa (trans-pass- 

arrïha (ad-*ripare) arriver are) 

11 est enteudu que ceux de ces verbes qui, dans un 
certain sens, sont verbes transitifs, se conjuguent avec 
avé: Ai sourti quaucun de ribo j'ai tiré quelqu'un d'eni- 
barras, etc. 

La plupart des verbes intransitifs ])rennent l'auxi- 
liaire avé; p. ex. 



166 Verbe. 

cotirre (voy. § 106) courir voula (volare) voler 

camma (*camminare) mar- parèisse (voy. § 109) paraitre 

cher pati (*patire) pâtir 

fifýi (voy. § 101) fuir v/ézere (voy. § 107) vivre, etc, 

Un certain nombre de verbes intransitifs se conju- 
guent tantôt avec avé^ tantôt avec èsire, Ils prennent 
l'auxiliaire avé quand ils marquent Taction; ils se con- 
juguent avec èstre quand ils indiquent le résultat de 
Taction, l'état. P. ex. 

A parti il a pris I'élan, il a éclaté; es parti il est partí 
an espeli ils ont éclos; souìi espeli ils sont éclos 
avié toumba de nèu il avait tombé de la neige; èro 

toumbado eile était tombée 
m*a pareigu malaut il m'a paru nialade; entre qu'es 

pareigu dès quïl a paru. 

Quelques verbes qui sont intransitifs en français 
peuvent être suivis d'un complément direct. P. ex. 

sembla (simulare) ressembler à: sèmblo mort il semble 
mort; sèmblo un mort il ressemble à un mort 

intra (intrare) enfermer dans: intro à Vov^tau eutre 
à la maison; intro acò rentre cela. 

§ 111. 0. Vcrbes Pronoininaux. 

Les verbes pronominaux, plus nombreux eu pro- 
vencal qu'en francais, surtout pour les verbes qui expri- 
ment uu mouvement (p. ex. s'en parti s'en aller, s^en 
veni retourner, revenir, se retourna retourner), se conju- 
guent avec Fauxiliaire htre dans leurs temps composés: 

Me siéu penti je me suis noìis ou se sian penti (voy, 
repenti § 54) uous nous sommes 

repentis 



Verbe. 167 

te siés 2>enti tii t'es repenti vous sias penti voiis vous 

êtes repentis 
s^es penti il s'est repenti se soun penti ils se sont 

repentis. 

Infinitif passé: s^èstre penti s'être repenti. / 

Plus-que-parfait: ni^ère penti je m'étais repenti. 
Parfait antérieur: me fuguère penti je me fus repenti. 
Futur antérieur: me sarai penti ^e me serai repenti. 
Conditionnel passé: me sariéu penti je ine serais 

repenti. 
(Impératif: pentisse.'íe repens toi; pentissen-nous ou 

pentissen-se repentons - nous; pentissès - vous 

repentez'Vous). 

Les partieipes passes des verbes aecidentellement 
réfléchis saccordent comme s'ils étaient conjugués avec 
avé: s'es coupado elle s'est coupée; s*es coupa la man 
elle s'est coupé la main; mais aussi: s'es coupado la 
man elle s'est coupé la main; la peno que me siéu 
dounado la peine que je me suis donnée. 

On se sert en provençal plus souvent qu'en français 
de la 3® pers. sing. des verbes pronominaux pour rem- 
placer le pronom indéfini on, Von: s'es espera bèn quau- 
que tèms on a attendu assez longtemps; se counèìs qu^as 
pas legi lis ohro di felibre on reconnait que tu n'as pas 
lu les oeuvres des félibres. Dans le mème sens, on 
emploie aussi, à la manière des . anciens, la 3® pers. 
])lur.: ié disien Azaláis on I'appelait ou elle s'appelait 
Adélaïde; diran on dira; te lou dison on te le dit; cresien 
que on croyait que; 7i^en parlon forço on en parle 
beaucoup. 



168 Verbe. 

§ 112. P. Verbes Iinpersonnels. 

Trouna (toiiare) toimer. Yoy. § %(S. 

Trono il tonne trounara il tonnera 

trounavo il tonnait trounarié il tonnerait 

troimè il tonna a trouna il a tonné, etc. 

Plòíire (voy. § 107) plenvoir lèire (voy. § 108) être àloisir 

neva (*nivare) neiger falé (voy. § 104) falloir, etc. 

neveja (*nevicare) neiger 
legèrement. 

§ 113. Q. Conjugaison Interrogative et Négative. 

Les verbes provençaux n'ayant pas de pronoms 
sujets, restent les mêmes quand ils deviennent inter- 
rogatifs: vènes viens-tu? sourtiran sortiront-ils? Cepen- 
dant on emploie aussi es qu^ (es que canto est-ce qu'il 
chante), ou la particule ti (de t'i[l], t'i[ls] trancais) 
ajoutée à toutes les personnes du verbe pour exprimer 
une question: as-ti begu as-tu bu? voudra-ti voudra-t-il? 
cresès'ti croyez-vous? i^odon-ti peuvent-ils? 

Pour rendre la phrase négative, on place les mots 
l)as (])assum) pas, ges (genus) point, plus (phis) plus, 
rèn (rem) rien, jxinca^ pancaro (pas encaro; passuni 
atque hac liora) pas encore, etc. après le verbe ou 
l'auxiliaire: vole pas je ne veux pas, jougaran x)as ils 
ne joueront pas; an ges de pan ils n'ont point de pain, 
as ges agu de blad tu n'as pas eu de blé; vèn plus il 
ne vient phis ; acò vau rèn cela ne vaut rien ; digues rèn 
ne dis rien. On combine aussi: as pas rèn tu n'as rien; 
es trcs fes pas rèn ce n'ost absohiment rien, n'en vòu 
plus ges il n'en veut phis; vòu ]dus rèn il ne veut ])his 



Adverbe. 169 

rien; n^en sias loas niéu (nîl) la causo tous n'en êtes 
nuUement la cause, ete. Jamai (jam magis) jamais se 
met aussi devant le verbe: jamai lou veiras tu ne le 
verras jamais. 

L'impératif négatif est toujours remplaeé par les 
personnes du subjonctif présent. Exemples: 

canto cliante! cantes pas ne chante pas! 8114. 

cantas cliantez! cantés pas ne chantez pas! 

legisse lis! legigues pas ne lis pas! 

legissès lisez! legiguês pas ne lisez pas! 

rènde rends ! reiidéspas, rendeguéspas ne rendez pas ! 

rendès rendez! rendés pas ne rendez pas! 
, i'anes pas ] , , 

-V l Tì V Va S lìíì «5 



} n'y 



vat'îe vas-yi ., > ny vas pas 

^ le vagues pas * 

anas'ié allez-y! i^anés pas n'y allez pas! 

vène viens! vèngues pas ne viens pas! 

venès venez ! vengués pas ne venez pas ! etc. 



VÍIÍ. Adverbe. 

Sous le rapport Ae la forme, les adverbes peuvent 
se diviser en: P adverbes primitifs, 2^ adverbes 
dérivés, et 3^ locutions adverbiales. 

Sous le rapport de la signification, on les divise 
en: l^ adverbes de lieu, 2^ adverbes de temps, 3^ ad- 
verbes de manière et de quantité, 4^ adverbes d'affir- 
mation ou de négation, ' o^ adverbes de cause. 

A. Adyerbes Primltifs. § 115. 

1. Adverbes de lieu. 
Ounte. mounte (de unde, v. ié (voy. § 54) y 

ju'ov. ont^ + e parago- eici (ecce hic), eicito ici 
gique) oìi eiça (ecce liac) de ce côté-ci 



170 



Adverbe. 



proclie (propium) proche 
dedins (de-cle-intus) dedans 
deforo (de-fora[s]) dehors 
dessus (de sursum), desstibre 

(de super) dessus 
dessouto (de de subtus) des- 

sous 
aiours (aliorsum) ailleurs. 



aqiii (eccu[m] hic), aquito là 
eila (eccu[m] [il]lac) de ce 

côté-là 
en^ ri'en en. Voy. § 54. 
foì'O (fora[s]) dehors 
lîuen (longe) loin 
près (pressum) près 
contro (contra) près, à côtó de 

§116. 2. Adverbes de temps. 

Qiioiiro (qua hora) quand? despièi (de-ipso-*posteum) 
quand (quando) quand, 

lorsque 
souvènt (subinde) souvent 
sènipre \ tou- 

toujour (totos diurnos)|jours 
deja (de ipso jam) déjà 
lèu (leve) tôt, bientôt, vite 
quatecant (de quand e quand) 

aussitôt 
plan (planum) doucement, 

lentement 
alor (a[d il]lam horam) alors 
encaro (atque hac hora) en- 

core 
pièi (*posteum) puis 

§117« 3. Adverbes de manière et de quantité. 

Coimie(quomodo)comment? siau (suave) doucement 

bèn (bene) bien atout (ad totum) aussi, de 
maii (male) mal ménie 

voulountié (voluntarie) vo- ansin (aeque sic) ainsi 
lontiers 



depuis 
desenant (de-ipso-in-ante) 

désormais 
adès (ad ipsum) naguère, 

tantôt, tout-à-l'heure 
antan (ante annum) jadis 
pèr fes (per vices) parfois 
subran (superanum) soudain 
subit (subito) tout-à-coup 
tantost (tantum tostum)tantôt 
aro (hac hora) maintenant 
ièr, aièr (heri) hier 
vuei, encuei (hodie, atque 

hodie) aujourd'hui 
deman (de mane) demain. 



Adverbe. 



171 



tambèn (tam bene), j;eréu 

(per iUuni) aussi 
ensèn (insimul) ensemble 
piilèu (plus leve) plutôt 
belèii (bene leve) | peut- 
bessai (bene 8apio)í être 
quant (quantum) combien 
tant (tantum) tant 
autant (ali-tantum) autant 



bèU'Cop (bellum 
*col[a]p[h]um) 
forço (fortia) 
mai (magis) ì 
p[l]u[s] (plus)j 
troj) (germ. thorp) trop 
pau (paucum) peu 
mens (minus) moins 
proun (de pro) assez. 



beaucoup 



plus, 



4. Adverbes d'affirmation et de nésration. 



§118, 



(hoc) oui 

oi (v. franç. oil, lat. hoc iUe) 
oui, en répondant à ceux 
que Fon ne tutoie pas 
eto en effet, oui bien 
sì (sic) si, oui (pour affirmer 

en contredisant) 
certo (certa[s]) certes 
segur (securum) sûrement 
belèu ou qiCo peut-étre oui 
noun (non) non 
ìiàni (franc. nenni; lat. non 
iUe) nenni, non. (On dit 
nàni aux personnes aux- 
quelles on dit vouSf et 



tutoie. Nàni est Topposé 
de oi comme noun l'est de 
0. Lanuance qui distingue 
nàni et nounj oi et o 
vient de l'origine de ces 
termes: o et noun sont 
familiers parce qu'ils sont 
provençaux, oi et nàni 
sont révérencieux, parce 
qu'ils appartiennent à 
Tidiome du conquérant). 

pas (passuni) pas 

ges (genus) point 

rèn (rem) rien 

gaire (germ. waigaro) guère. 



noun à celles que Ton 

5. Adverbe de cause. 
Perqué (per quid) pourquoi? 

B. Adverbes Dérivés. 

(A d V e r b e s d e m a n i è r e.) § 119. 

On forme l'adverbe par l'addition de la syllabe men 
(de l'ablatif latin mente) au féminin des adjectifs, dans 



172 Adverbe. 

lequel Va dii TÌeux proveuçal, deveuu protouique, est 
couservé. 

Har (rarum), raro: raramen raremeut. 

verai (*veracum), veraio: veraiamen vraimeut. 

ponlit (politum), poîdido: poulidamen poliment. 

franc (germ. frank), franco: francamen frauehement. 

yrand (graudem), grando: grandamen graudement. 

coustant (coustautem), coustanto: coustantamen cous- 
tamment. 

avugle (aboculum), avuglo: avuglamen aveuglémeut. 

escur (obscurum), escuro: escuramen obscurémeut. 

gai (germ. galii), gaio: gaiamen gaîmeut. 

gentiéu (geutilem), gentilo: gentilamen gentiment, etc. 

Du participe passé des verbes en a, on forme: 

Carra (quadratum), carrado: carradamen ou carramen 
carrémeut. 

Tite vite et siau doux, doucement, sont adjectifs et 
adverbes. Mais ou dit aussi: vitamen vitement'. 

Dans certaines locutions, le neutre des adjectifs 
(voy. § 44) est employé comme adverbe: 

Senti hon (bonum) sentir faire esprès (esprè) (expres- 

bon suui) faire exprès 

canta, parla aut (altum) ano, tira^ se teni dre (*dric- 

chanter, ])arler haut. tum) aller, tirer, se tenir 

droit 

parla^ teni has (bassuni) canta resouna faus (falsum) 

parler, tenir bas chanter, raisouuer faux. 

cousta car (carum) coûter j?;íca, canta^ toumha just ou 

cher. jtiste (justum) frapper, 

semena espés (spissum) semer chanter, tomber juste, 

dru etc. 



Adverbe. 



173 



Gradation. §130. 

Les (legrés de comparaison de l'adverbe se forment 
comme ceux de radjectif (voy. § 47). 

Comparatifs formels. 
Bèn (beue) bien mies (melius) mieux loii miés le mieux 

pire (pejor) ou pis lou pire ou pis 

(pejus) pis 
jni maii plus mal 



mau (male) mal 



le pis 
lou pu mau le 
plus mal 



lou mai le plus 



forço ], . - 

' ^ > beaucoup mat plus 

beu-copj ^ 

pau (paucum) peu mews(minus)moins lou mens\e>mom^, 

Notez: clòu mai — dòu mai plus — plus; dòu mai — dóu 
pu pau plus — moins; au mai — au mens plus — moins. 

C. Locutions AdYerbiales. § 131-. 

A coustat (ad costa-tum) de hono ouro (de bonahora) 



à côté 
de coustat de côté 
à la fin (ad [iljlam finem 

à la fin 
à la lèsto (ad [il]am *lestam; 

de germ. lest) vivement. 
à niue (ad noctem) à la nuit 
avans'ièr (ab ante heri) 

avant-hier 
d^abord (de ad et germ. bort) 

d'abord 
de-contro (de contra) du 

côté de 
de nòu (de novo) nouvelle- 

ment 



de bonne he\ire 

dóu tèms (de [iljlum tempus) 
pendant ce temps 

2MU à paú, à cha pau, pau 
à cha pau (paucum ad 
paucum; ad xaxà pau- 
cum; paucum ad xaxà 
paucum) peu à peu 

d'aro-en-avans (de hac hora 
in ab ante) dorénavant 

de-coucho (de cocta) à la 
hàte 

de-fïlo (de fila) de suite. 

de-longo (de longa) sans 
cesse 



174 



Préposition. 



long-tèms (longum tempus) 

longtemps 
de-matiií (de matutino) ce 

matin 
de-constumo (de consuetu- 

dine) selon la coutume 
que - noun - sai (quod non 

sapio) tant que je ne 

sais l'exprimer 



sèns doute (sine dubito) sans 

doute 
sU'loU'Cop (super [iljlum 

*colpum) sur le cliamp. 
tout aro (totum liac hora) 

tout a riieure 

tout'd^im'tèms tout de suite 

tout'dhm'Cop tout d'un coup 

tout'en-xm-cop^ tout-en'im' 

. tèms tout à coup, etc. 



5 133. 



IX. Préposition. 



Considéróes relativement à leur origine, les pré- 
positions proyençales peuvent se diviser en: 

a) Anciennes prépositions latines. 



Be (de) de 
à (ad) à 
en (in) en 

entre (inter) entre, dès 
emé (apud, v. prov. ab, amb, 
avec e paragogique) avec 
sìibre, su (super) sur 



contro (contra) contre 
vers (versus) vers 
pèr (per, pro) par, pour 
sènso (de sine) sans 
óutro (ultra) outre 
tras (trans) par delk 
segound (secundum) selon. 



b) Composés de prépositions latines. 

Avans (ab ante) avant devers (de versus) vers 

davans (de ab ante) devant detras (de trans) derrière. 
dessubre (de super)| 



dessus (de sursum)j 



sur 



Préposition. 175 

e) Substautifs, adjectifs ou arlverbes latins 
deyenus prépositions. 

Foro (foras) liors gî-6awíà(quantumad)quantà 

mau-grat (nialum gratuni) in*oche (propium) proehe 

malgré sout, souto (subtu[s]) sous. 
près de (pressum) près de 

d) Composés de prépositions latines avee des substantifs, 

pronoms, adjeetifs ou adverbes. 

Dès (de ipso) dès au travès de (ad transversum 

despièi (de ipso post[eum]) de) au.travers de 

depuis en-dedins de (in de de intus 

desempièi (de ipso in post- de) en dedans de 

[euni]) depuis en-defo7'o de (in de foras de) 

permié (per medium) parmi en deliors de 

darrié (de ad retro) derrière en-dessus de (in de sursum 

dins (de intus) dans de) au dessus de 

íim]fre(deinter)dans,dedans en-dessout de (in de subtus 

dessout,dessouto(áemhtu[s]) de) au dessous de 

sous pèr-dessîis de (per de sursum 

après (ad pressum) après. de) par dessus de. 
encò de (in *easo de) eliez 



e) Partieipes et adjeetifs provençaux 
devenus prépositions. 

Durant durant eiceta exeepté. (On dit eiceta la 
pendènt pendant. Catalougno exeepté la Catalogne; 

mais la Catalougno eicetado) 
aleva li riche exeepté les rielies, etc. 



176 Préposition. 

f) Locutious prépositives composées de substautifs, 
verbes ou adverbes proveuçaux. 

^, en camo de à cause de en mau despié de eu dépit de 

à cotistat de à côtó de en fàci de eu face de 

à dre de à droite de pèr quant à quaut à 

à prepau^ de à propos de de long de le loug de 

à res^è^ rfe eu comparaisou de tout de long de tout le 
au travès de au travers de loug de 

à travès de à travers de, au veici (ve eici) voici 

milieu de vaqui (ve aqui) voilà. 

§133« Considérées relativemeut à leur régime, les pré- 
positious proveuçales peuveut se diviser eu: 

l^. Prépositious simples. 
Ce sout d'abord toutes celles que uous avous éuu- 
uiérées sous a, b, e, c'est-à-dire les prépositious qui déri- 
veut directeuieut du latin ou qui sout proprement des 
participes proveuçaux, et puis les suivantes; 

Foro hors despièi depuis 

maugrat malgré permié parmi 

souto, sout, dessout sous dinSy dintre daus 

emé avec aj^rès après 

proche proche darrié derrière 

dès dès jusquo jusque. Voy. 3^. 

2^. Prépositious suivies de la prépositiou de. 
Ce sout la plupart de celles que uous avous meu- 
tiouuées sous (c), d, f, c'est-à-dire les própositious qui sout 
proprement substantifs, adjectifs, pronoms ou adverbes. 

3^. Prépositions suivies de la prépositiou à. 

Jusqu\ì (à còté de jusquo) quant à \ 

. .^ ^ » \ / Quaut a. 

jusqu a per quant a\ 

fin ou fin qu'à jusquà 



CoDJonction. 177 

X. Conjoiiction.' §134. 

Coiisidérées relativement à leur origîne, les con- 
jonctions provençales se divisent en: 

a) Anciennes conjonctions latines. 

e (et) et coiime (quomodo) conime 

ni (nec) jjfi se (si) si 

(aut) ou que (quod, quid) que. 

qtiand (quando) quand. 

b) Conjonctions qui dérivent de mots latins mais qui 

ont changé de signification. 

mai (magis) mais pamens Çpas mens, passum 
emai (et magis) et, et de niinus) cependant 

plus, quoique, bien que tambèn (tam bene) aussi bien 

car (quare) car se noun (si non) sinon 

dounc^ adounc (donique, ad- or (hac hora) or 

donique) donc pièi que (postquam) puisque. 
ansin (aeque sic) aiusi. 

c) Locutions conjonctives, c'est-à-dire substantifs, 
participes, adverbes et prépositions composés avec la 

conjonction que, 

de maniero que, de sorto que^ coume que de quelque ma- 

de biais que de sorte que nière que 

de crento que, de pòu que bèn que bien que 

decrainteque,depeurque. entre qu£j tre que dès que 

talamen qm tellement que pèr que pour que. 
sènso que sans que 

Considórées relativement à leur signification, lessigS, 
conjonctions peuvent se diviser de la manière suivante: 

21 



178 CoDJonction. 

A. Conjonctioiis marquant la Coordination. 

1. Conjonctioiis copulatives. 

E et; e — e et — et (magis atqiie liac liora) 

encaro eucore uou seuleuieut — mais 

enfin (iu fiuem) eufiu. eucore 

nonn soxdamen (uou sola- de mai de plus 

meute) — mai encaro ni ui; ni — ni ui — ni. 

2. Coujouctions adversatives. 

Mai mais immens cepeudaut 

or or oii coiintràri au coutraire 

ou; — ou — ou axí mens au moius. 

aiitramen (altera uieute) 
autrement. 

8. Coujonctious causatives. 

Ansin aiusi dounc, adounc douc 

car, que car j;èr counsequènt par cousé- 

queut 

§136. B. Conjonetions marquant la Subordination. 

1. Suivies de liudicatif. 

a) Conjouctions de temps. 

Quand quand entre, tre que dès que 

dòu tèms que peudaut que des^nèi que depuis que 

entre-tant que (iuter tautuui ajji^ès que après que. 
qu.) peudant que 

b) Conjonctious liypotliétiques. 

Se (remplacé, eu cas de se noun siuou 
répétitiou, par q^(e) si quand quaud. 



Conjonction. 179 

c) Conjonctioiis interrogatives. 
coimo coninient se si. 

d) Conjonctions causatives. 

Coiime comme que. pièi que\ 

11 1 1 ì puisque. 
per-ço'que parce que dabord queì 

e) Conjonctions modales. 

Coume ainsi que à mesuro que k mesure que 

de meme que de même que segound que selon que. 

l^. Suivies du subjonctif. § 137* 

a) Conjonctions de temps. 
Avans, davans que íi\^\\i i\\\e d*aqui que jusqu'à ce que. 

b) Conjonctions conclusives. 

Fin que | pèr que pour que 

à fín que i afin que noun que non que, non pas 

pèr fin quej que. 

c) Conjonctions hypothétiques. 
A mens que k moins que de crento que de crainte que 
pèr pau que pour peu que emai que pourvu que. 

d) Conjonctions concessives. 
Bèn que bien que quouro que à queUpie mo- 

coume que de qnelque manière ment que 

que mau-grat que (suivi géné- 

emai (que) bien que ralement du verbe ave) 

quant que "^onr tant que quoiqne. 

3. Suivies de Findicatif et du subjonctif. §138. 
Que que à dicJio que, à mesîiro que 

de sorto que de sorte que h mesure que 

entre-tant que pendant que, enjusquo que jusqu'à ce que. 
en attendant que 



180 Interjection. 



XI. Interjection. 



§ 139. A. Inteijeetions proprement dites. 

1. de douleur: Ah! ai! liotii! 

2. de joie: ah! eh! ha! 

8. de dégout et d'aversion: aisso! hèh! ehèi! hui! i! 
isso! pòu! iniai! 

4. d'étonnement et d'admiration: ah! hoi! houi! hòu! 

oh! tè! 

5. d'appel: ato! osco! an! zòu! chut! hòu! la! 

(). de bruit: deriìi'derin! derin! din! din! dan! don! 
(des eloches); boum (du canon)! cri! rra! (de 
la serrure); ti-ta (du nioulin)! ff! fou! (de la 
vapeur); |;cíw (pour exprimer le bruit d'un 
coup); pin! pòu! pif! paf! pataflòu! (du bruit 
que fait un corps qui tombe) etc. 

Quelques interjections peuvent étre répétées comme: 
Ai! ai! ai! — que! que! que! — chut! chut! chut! — 
la! la! la! — : D'autres sont employóes pour exprimer 
divers sentiments. 



§130. B. Locutions inteijectives. 

1. Substantifs. 

Diéu! (deum) Dieu! pecaire (peccator) hélas! 

houdiéu (de bon diéu) bon diahle (diabolum) diable! 
Dieu! diausse (de diable) diantre! 

2. Verbes. 
Anen allons! tèn, tìf tiens, tenez! 



Interjection. 181 

8. Adjectifs et adverbes. 

Bon boii! eici iei! 

brave brave! coime eomiìient! 

las liélas! 

4. Plusi^eurs mots. 

ah bon ah! bon! Vase fitre parbleu non! 

€h bèn eh bien! malan de sort sort maudit! 

ma fisto ma foi! noun de dianche peste! 



«-* 



T A B L E. 



Page. 

Préíace I 

Abréviations VII 

I. Phonétique 1 

A. Accent ' . . l 

B. Voyelles . .„ 2 

0. Diphtongues Fortes 14 

D. Diphtongnes Faibles 21 

E. Triphtongues 25 

F. Nasales 26 

G. liiquides . . 34 

H. Gutturales 36 

1. Palatales .37 

K. Dentales 43 

L. Labiales 47 

M. Eemarques. Signes Diacritiques. Liaison ... 50 

II. Article 51 

III. Substantif 54 

A. Genre 54 

B. Formation du Fémiuin 60 

C. Flexion 62 

IV. Adjectif 64 

A. Formation du Féminin. Neutre 64 

B. Flexion 72 

C. Gradation 75 

V. Nom de Nombre 77 

A. Adjectifs Numéraux Gardinaux 77 

B. Adjectifs Numéraux Ordinaux 79 

C. Nombres Fractionnaires 80 

D. Nombres CoIIectifs 60 

E. Nombres Proportionnels 81 



Page. 

VI. Proiiom 82 

A. Pronoms Personnels 82 

B. Possessifs 85 

C. Démonstratifs 88 

D. Intenogatifs et Relatifs 89 

E. Indéfinis 91 

Vir. Terbe 93 

A. Conjiigaisons 93 

B. Thèmes 94 

C. Terminaisons 111 

D. Temps Composés 121 

E. Remarques Orthographiques . . . . . . . . 122 

F. Paradigraes 123 

G. Verbes en a 137 

H. Verbes Inchoatifs en i 137 

l. Verbes Simples en i 138 

K. Verbes Mixtes en i 141 

L. Verbes en é 144 

M. Verbes en re, e 146 

N. Verbes Intransitifs 165 

0. Verbes Pronominaux 166 

P. Verbes Impersonnels 168 

Q. Conjugaison Interrogative et Négative .... 168 

VIII. Adverbe 169 

A. Adverbes Primitifs 169 

B. Adverbes Dérivés 171 

C. Locutions Adverbiales : . . . . 173 

IX. Prépositioii 174 

X. Conjouelion 177 

A. Conjonctions marquant la Coordination .... 178 

B, Conjonctions marquant la Subordinaiion . . . 178 
XI. Inteijectioii 180 

A. Interjections proprement dites 180 

B. Locutions interjectives 180 



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