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Full text of "Grammaires provençales de Hugues Faidit et de Raymond Vidal de Besaudun (XIIIe siècle)"

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GRAMMAIRES PROVENÇALES 



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HUGUES FAIDIT 



ET DE 



RAYMOND VIDAL DE BESAUDUN. 



[XlIIe. SIÈCLE.) 



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GRAMMAIRES PROVENÇALES 



DE 



HUGUES FAIDIT 



ET DE 



RAYMOND VIDAL DE BESAUDUN. 



LKlIIe. SIÈCLE.] 



DEUXIÈME ÉDITION 

REVUE, CORRIGÉE ET CONSIDERABLEMENT AUGMENTÉE 

PAB 



F. GUESSARD, 



. » ' 



PROFESSEUR A L ECOLE IMPEIUALE DES CHARTES) 
MEMBRE DU COMITÉ DE I/A LANGUE, DE L*HISTOIRB ET DES ARTS 

DE LA FRANCE. 



PARIS, 

A. FRANCK, RUE RICHELIEU, 67. 

185 8. 



1859 



BRUN8VIC: IMPRIMERIE DE GEORGE WE8TERMANN. 






A Lx\ MEMOIRE 



DB 



M. HIPPOLYTE FORTOUL. 



AYERTISSEMENT. 



Lorsque je publiai pour la, première fois ces 
deux grammaires, *) je n'en connaissais pas tous les 
manuscrite, je n'avais à ma disposition qu'une copie 
défectueuse de deux d'entre eux, et je n'en pouvais 
voir de mes yeux qu'un seul^ celui de Paris, qui 
est moderne et détestable. Aussi mon édition, — 
j'en avais dès lors la coiiscience et le regret, — ^ 
laissait elle beaucoup trop à désirer. Malgré ses 
imperfections, elle a été favorablement accueillie par 
cinq ou six personnes en Europe. C'était plus qu'il 
n'en fallait pour m'imposer l'obligation de l'améliorer 
et de la rendre moins indigne du public choisi 
auquel elle s'adresse. J'ai longtemps désiré de 
m'acquitter de ce devoir; je m'estime heureux de 
pouvoir le remplir aujourd'hui. ^ ì 

Cette fois, tous les manuscrits connus des deux 
ouvrages ont passé sous mes yeux, et j'en ai extrait, 
par une collation patiente et minutieuse, les leçons 



^) Dans la Bibliothèque de récole de» chartes, 1ère Série, 
T. I, (1839 — 1840), avec tirage à part de 100 exempli^res. 



Vm AVERTISSEMENT. 



qui m'ont paru les meilleures, les variantes que j'ai 
jugées de quelque intérêt. Je pourrp,is dire le temps 
que m'a demandé cette révision, car ici on ne sau- 
rait penser que le temps m fait rien h V affaire) mais 
j'aurais peur de m'attirer la compassion des grands 
esprits qui prennent en pitié ces modestes travaux 
de l'érudition. S'ils savaient ce que peut coûter 
de soins la publication d'un aussi mince volume, 
avec quel dédain cruel ils en souriraient. De quoi 
s'agit-il, en effet? de deux petites grammaireiá, et 
provençales encore, et du xme siècle par dessus 
le marché. A quoi bon. s'en aller à Milígi? à quoi 
bon courir à Florence, de la bibliothèque Ambro- 
sienne à la bibliothèque Riccardi et de celle-ci à la 
Laurentieiine, pour revoir, pour épurer un texte que 
personne ne lira ou peu s'en faut? Voilà le com- 
pliment auquel je m'exposeraia si j'avais l'indiscrétion 
de parler de mon temps et de ma peine. Et comment 
me justifier? En soutenant que ces deux grammaires 
sont fort dignes d'intérêt^ qu'aucune des langues ro* 
nmnes n'en possède d'aussi anciennes, à deux siècles 
près, pour le moins? Je n'y gagnerais rien que de 
passer pour un de ces curieux désœuvrés qui vont 
se perdre dans les catacombes de l'histoire ou de 
la littérature, sous prétexte d'y étudier des questions 
d'origines. . Belles questions, vraiment^ et bien dignes 
de nous! C'est aux étrangers qu'il faut laisser le 
souci de les débrouiller et de les éclaircir. C'est 
aux Allemands que revient de droit cette tâche 
pénible et fastidieuse. Pendant qu'ils ont la sim- 



AVBRTIS&BMBNT. IX 



plicité de passer leur temps et d'user leur forces à 
déterrer les statues mutilées de nos anciens poètes, à 
retrouver les règles perdues de^nos ayiciens dialectes, la 
littérature et la librairie Françaises ^'acquièrent une 
gloire immortelle * par la publication des romans à 
quatre sous et. des périodiques illustrés à tous prix! 

Ah! je le vois bien, c'est là qu'est l'avenir litté- 
raire de mon pays; mais que voulez- vous? quand 
on ne se- sent point assez d'esprit pour^aider à ce 
grand mouvement, assez de puissance pour s'associer 
à ces belles entreprises, iÎ faut bien se rabattre sur 
les études d'outre Rhin. Voilà pourquoi je publie 
une nouvelle édition des grammaires de Hugues 
Faidit et du troubadour Rajnoaond Vidal de Be- 
saudun. . 

Si l'on veut bien prendre la peine de comparer 
cette édition à la première, on reconnaîtra aisément 
qu'elle a, été, comme je l'annonce, revue y ûorrigée 
et considérablenient augmentée. Cette promesse 
du titre n'est pas seulement la répétition d'une 
formule banale. Pour ne signaler que l'addition la 
plus notable, j'ai restitué au Donat provençal une 
longue nomenclature de verbes des diverses conju- 
gaisons et un dictionnaire de rimes, qui font partie 
de cet ouvrage, mais qui ne se trouvent pas dans 
l'édition de 1840. Je n'avais pu alors les y com- 
prendre, soit à cause des limites dans lesquelles 
j'étais contraint de me renfermer, soit surtout à 
raison de l'état du texte que j'avais entre les mains. 
Je ne me flatte pas encore de l'avoir rétabli à la 



AyBRTISSBMiBHT. 



complète satísfiEictíon dû lecteur; mais à quelques 
taches près , que je n'ai su faire disparaître , il ne 
me semble plus indigne d'être publié. Si Ton ne 
considérait que Tusage auquel elles étaient destinées, 
ces deux parties du traité de Faidit pourraient par- 
aître d'un fort-médiocre intérêt; mais comme à chaque 
mot provençal s'ajoute, dans l'une et dans l'autre^ 
une traduction latine contemporaine, elles deviennent 
pour nous un précieux glossaire , d'une autorité qui 
pourra être très-utilement invoquée dans l'interprér 
tation des textes provençaux. 

Les additions de moindre étendue sont assez 
nombreuses pour ne pouvoir être indiquées. Il en 
est de même des corrections. Les meilleures m'ont 
été fournies par un manuscrit de la bibliothèque 
Riccardi dont je n'ai pris connaissance que depuis 
peu* Ce manuscrit , qui est loin d'être très-pur, 
n'en renferme pas moins d'excellentes leçons, et m'a 
été du plus grand secours pour améliorer les pas- 
sages défectueux de mon texte. 

Je publie ces deux grammidres sous un nouveau 
titre, plus exact et plus précis que le premier.*) 
On est d'accord aujourd'hui pour ne plus employer 
seul , comme l'ont fait M, Kaynouard et d'autres 
érudits, ce mot roman, qui s'applique également bien 
à tous les idiomes de l'Europe issus du latin , et 
qui, par cela même, ne saurait^ suffire pour en 



*) La Ire édition portait ce titre: Grambiaihbs romanes 
da xme siècle etc. 



AVEBTISSBMEirT. XI 

désigner un en particulier. Dans le^ nouveau titre 
sont compris les noms des deux auteurs, dont le 
premier pe m'est pas plus connu qu'en -1840, mais 
dont, le second est bien, comme » je le soupçonnais 
alors, le troubadour Raymond Vidal de Besaudun. 

Depuis cette époque, un monument des plus 
curieux et des plus intéressants pour lliistoire de 
la langue et de la littérature provençales a été pu-, 
blié à Toulouse par les soins de M. Gatien Arnoult. 
Je veux parler du recueil qui a pour titre: Las ley s 
darnors^ et qui renferme, on le sait, uiie grammaire, 
une poétique et une rhétorique, œuvres de Faca- 
démie naissante du gai savoir^ Postérieure aux 
deux grammaires que. j.e publie, celle de Toulouse 
est beaucoup plus étendue, mais au fond elle^ n'y 
ajoute rien d'essentiel. Ceçt là que j'ai trouvé, 
non sans quelque petite satisfaction , la confir- 
ma^tion d'une conjecture que j'avais hasardée à peu 
près en ces termes dans la préface de ma pre-^ 
mière édition: , 

„N'y aurait-il pas identité entre notre grammai- 
rien Raymond Vidal et le troubadour Raymond 
Vidal de Besaudun? rien n'empêche de te croire;, 
mais on ne le saurait prouver, puisque la vie du 
troubadour nous est aussi peu connue que celle du 
grammairien. Cependant, en comparant les œuvres 
de l'un et de l'autre, on trouve un rapprochement, 
un indice favorable à la supposition que j'avance. 
Il nous reste six pièces, dont trois, a«sez étendues, 
de Raymond Vidal de Besaudun ; dans l'une de ces 



Xn AVEltTISSBMENt. 

pièces, qui est une nouvelle, il cite fréquemment 
des passages de plusieurs troubadours, ce qui marque 
une certaine érudition. Notre grammairien, de son 
côté, n'est pas moins érudit; il cite aussi les trou- 
badours, et, parmi eux, d'ordinaire, ceux même dont 
le poëte invoque l'autorité. C'est là sans doute un 
feîble argument; mais je n'ai pas cru pouvoir le 
n^liger." ^ 

Voici le passage des Leys dJamors où je trouve 
la confirmation de ma conjecture: 

Segon qw ditz En Ramon Vidal de Bezaudu - le 
Ungatges de Lemozi es mays aptes e covenables a ircbar 
et a dictar en romans que degus attires lengatges. Ad 
atfsso dizem que aysso disk Eh Ramon Vidal per doas 
cauzas etc. *) (T. Il p. 4Ó2.) 

Il est manifeste que ce passage se réfère à 
celui de notre grammairien qu'on lira ci-après (p. 71): 

JPer totas tas terras de nostre hngage so de maior 
autoritat li cantar de la lenga Lemosina que de negun' 
axera parhdura.'^) 

Sans doute, les termes de part et d'autre ne 
sont pas identiques ; la citation n'est pas litté- 
rale; mais il me parait impossible de contester le 



^) Selon Baymond Vidal de Besaudun, le langage du Li- 
mousin est plus propre et plus convenable pour trouver^ et com- 
poser en roman qu'aucun autre langage. A cela nous disons 
que Eajmond Vidal parle ainsi pour deux raisons ... 

^) Dans tous les pays de notre langage les chants en langue 
Limousine sont de phis grande autorité que ceux d'aucun autre 
idiome. 



AVERTISSEMENT. 3HÛ 



rapport qmî existe entre les deux passages et la 
légitimité . de la conséquence que j'en tire. 

J'ai été moins heureux, je dois le confesser, en 
une seconde conjecture, oh }e n'ai fait, du reste, 
que suivre Crescimbeni. Après avoir déiïiontré que 
les grammaires de Faidit et de Raymond Vidal ont 
été composées au treizième siècle, je renonçais à 
leur assigner rnie date plus précise: „Je dois cepen- 
dant (ajoutais-je) rapporter ici une hypothèse de 
Crescimb^ii qui ferait remonter la composition du 
Doruxtus provindalis à l'époque où vivait le troiriba- 
dour Gui d'Uissel, c'est-à-dire aux premières années 
du treizième siècla" ^ 

„Crescimbeni raconte, d'après Nostràdamus, com- 
ment cç troubadour, après s'être signalé par des 
attaques audacieuses contre les puissants de l'époque 
et notamment contre la cour de Kome, se laissa 
intimider ou corrompre, et promit au légat du Pape 
de ne plus faire de sirventes; la même promesse 
fut arrachée à ses deux frères Eble et Pierre 
d'Uissel et à leur cousin Elie. Sur quoi ils furent 
cruellement raillés par un troubadour d'Arles, appelé 
Jacques de la Motte (Jaccbus de M(Aa)\ poëte renommé 
et honame fort indépendant, qui, suivant le moine des 
Iles d'or, était l'auteur d'une description des tom- 
beaux, pyramides, obélisques et autres monuments 
anciens existant alors en Provence. Ce Jacques de 
La Motte, ajoute Crescimbeni, pourrait bien être le 
même que celui dont il est fait mention à la fin 
du Dônatus Provincialisj dont l'auteur dit avoir com- 



JKIV AVBRTI88SHRNT. 

• 

posé son ouvrage predbus Jacobi de Mota. Cîette 
conjecture n'a rien xL'invrabembkble; mais ce n'est 
qifune conjecture.*^ 

Ce n'est plus rien aujourd'hui Aucun des ma- 
nuscrits du Donat provençal ne donne la fausse 
leçon á^ Mota; c'est de Mora qv^ii faut lire. Si 
Tauteur de Vhistoiire de la poésie vulgaire y avait 
regardé de plus près, il se serait épargné et m'au- 
rait épargné après lui une supposition que la lettre 
tue, et que tout l'esprit du monde ne pourrait vi- 
vifier. Mats 'Ctet Italien s'est borné à mal lire; il 
a. été de^ bonne foi. J'en sais un autre qui n'a 
pas la même excuse. 

Une édition du traité de Raymond Vidal de 
Bôsaudun a été publiée à Modène en 1843, c'est-à- 
dire trois a^s après la mienne, par M. le Comte 
Giovanni Galvani, auteur d'un assez pauvre abrégé 
des travaux de M. Rajrnouard et de quelques autres 
ouvrages moms importants. Cette édition se trouve 
au tome XV des Memorie di reUgione , di . morale e 
di kUeratura, ^) sous ce titre plus développé qu'exact: 

Délia- diritta maniera di trovare ossia troMateUo 
grammaticale di lingua Lerriosinay scrùtô nella. Ungua 
medesima dalU antico trovatore Baimondo Vitale j ora 
PER LA PRIMA VOLTA, SU vna copia estratta fedélmente 
dal eodice x^i, pht. 42 délia bibUoteca ^jaurenziana, 
ridotto a verq lezione, corretto, annotato e fatto pvblico 
da Giovanni QahanL 

^) IVfodeBa, daila reale tipografia. Eredi Solîani. 1843. — Le 
recueil, comméiîcé en 1822, s'arrête à Tannée I8Ô2. 



AVEBTASfiBMENT. XT 



Il n'est certes pas défendu à M, le. comte Gal- 
yani de . rjBcommencer plus mal ce que d'eùtres ont 
fait ; c'est son habitude, c'est sa vocation : qu'il les 
suive. Mms quand il jugeça à propos, comme en ce 
cas, (j'en ai là preuve), de rejwôduire, même avec 
les ^reurs.^ qu'il r^iferme , te travail d'un- éditeur 
étranger, je l'engage à compléter cette indication: 
per la prima. voUa^ par celle-ci: in ItaUa. Cette 
matqae de bonne foi n'eût pas été déplacée, il me 
semble, dans un recueil consacré principalement à 
la religion et à la morale. ■■ .- ■ 

A ces diver^^ renseignements que je devais au 
lecteur, il me permettra sans doute d'ajouter l'ex:- 
pression d'un sentiment personnel. 

Un homme de lettres, qui unissait la biaiveîl- 
lance au talent, me fit l'hojineur, il y a longtemps 
déjà, dans une remarquable étude sur les trouba- 
dours, de faire ressortir l'intérêt qu'oflfraient à ses 
yeux les deux traités que je publie de nouveau 
aujourd'hui. Plus tard, devenu ministre, l'auteur de 
Yàude SUT les' trovbadours voulut bien me charger 
d'une mission en Italie, que j'ai mise à profit pour 
préparer cette édition. J'ai reçu de lui encore 
d'autres témoignages d'une bienveillance d'autant 
plus précieuse qu'e^e était toute- spontanée. En 
inscrivant son nom «ur la première page de ce petit 
livre, j'acquitte, autant qu^il est en moi, une dette 
de reconnaissance, et je i'egrette que cet hommage 
ne puisse plus courir le risque de passer pour une 
flatterie. 



XVI 



▲ VSRTiaSBMBNT. 



IL faut encore, pour m'acquitter entièrement, 
que j'adresse des remerciments à mon courageux 
éditeur. Ceux des libraires mes compatriotes à 
qui j'ai demandé timidement s'ils youlaiênt bien con- 
sentir à se charger de cette publication, se sont 
empressés de me répqndre non. Le premier éditeur 
Allemand auquel j'ai eu recours m'a répondu 
yawohl avec une extrême courtoisie. Grâces lui 
en soient rendues, à lui et à la docte Allemagne, 
qui étudie > plus que nous et parfois mieux que 
nous les origines de notre langue et de notre 
littérature. . 

Passy lez Paris 1er novembre 1857./ 



F. GUESSARD. 



PRÉFACE/) 



V 



Les deux grammaires que je publie de nouveau sont 
restées inédites jusqu'en 1840, bien qu'on enconnût l'exis- 
tence. M. Baynouard lui-même ne leur a consacré qu'une 
courte notice 2. Elles méritaient mieux, si je ne me 
trompe, puisqu'elles contiennent, de l'aveu même du savant 
académicien, certaines théories qu'il a développées avec 
une ingénieuse habileté, et qui occupent une place im- 
portante parmi ses travaux philologiques. Il ne sera 
peut-être pas sans intérêt de remonter à l'origine de ces 
théories controversées, et d'en apprécier la valeur à la 
source même où elles ont été puisées. Ces deux ouvra- 
ges ne sont pas assurément des chefs d'œuvre d'analyse 
et de méthode; ils peuvent laisser à désirer sous certains 
rapports, comme l'observe M. Raynouard ; mais il ne m'en 
ont pas paru moins dignes de voir le jour et de fixer 
l'attention des philologues par leur nature, par leur âge, 
par le fait seul de leur existence. 



^) Cette préface est, en grande partie, celle de ma première 
édition, d'où j'ai retranché tout ce qui me paraît aujourd'hui au 
moins inutile, où j'ai ajouté tous les renseignements nouveaux que 
j'ai pu recueillir. 

') Choix des poésies originales des Troubadours, t. II. Monum, de 
la lang, rom.f p. CL. 

2 



XVIII PRÉFACE. 

L'illustre M. Daunou, dans le vaste tableau qu'il a 
tracé de la littérature du treizième siècle, n'a touché 
qu'avec une grande réserve et une extrême circonspection 
les questions de philologie qui se rattachaient naturelle- 
ment à son sujet. Il n'a rien dit ou presque rien des 
travaux de la science moderne, qui apparemment lui 
semblaient suspects. Le savant académicien aurait été sans 
doute plus explicite et moins sobre de détails, surtout 
à l'égard de la langue des troubadours , s'il avait connu, 
autrement que par la brève notice de M. Baynouard, les 
deux ouvrages que je publie aujourd'hui.*) 

L'un est appelé : doîtatz proensals. ^) 

L'autre a pour titre : las rasos de trobar. ') 

Ces titres caractérisent parfaitement la nature et 
l'objet des deux traités, dont) le second est plus litté- 
raire que le premier, et s'adresse surtout aux poètes. Je 
vais d'abord examiner le Donàtz proensals^ qui paraît être 
le plus ancien, et qui est purement grammatical, en com- 



1) M. Daunou n'aurait pas dit non plus, s'il avait connu ces 
deux ouvrages, que le Donatz proensals est anonyme. „La langue 
romane nous fournira (je cite ses propres expressions) très-peu de 
productions en prose depuis Pan 1200 jusqu'en 1300. On a pour- 
tant lieu de croire que deux grammaires de cette langue ont été 
rédigées dans cet intervalle. L'une est anonyme, et a été traduite 
en latin sous le titre de Donatus provindalis ; l'auteur de la se- 
conde est Raymond Vidal, qui l'adresse surtout aux poètes." {Dis- 
cours sur Vétal des Lettres au treizième siècle, Hist litL de la France^ 
t. XVI, p. 148.) 

2) Donat Provençal. 

3) La manière ou l'art de trouver. — Le mot provençal trohar 
est intraduisible; il signifie à peu près imaginer. Voici la définition 
qu'en donne un grammairien du quatorzième siècle: „Trobars es far 
noel dictât en Romans, fi, be compassat." Trouver^ c'est faire 
une composition originale en Roman, pure et bien ordonnée. (Leys 
d'amors). 



PB^FACB. XIX 

prenant dans mon examen les principaux points de doc- 
trine communs à cet ouvrage et à celui qui le suit. 
J'essaierai en second lieu de donner une idée de la mé- 
thode et des principes qui recommandent Las rasos de tro- 
bar, au point de vue philologique et littéraire. Dans une 
troisième division je placerai la notice des manuscrits, 
quelques observations sur les textes, et quelques notes gé- 
nérales. 



I. 



DONATZ PROENSALS. 

L^auteur de cette grammaire, Hugues Faidit, a eu le 
soin de signer son ouvrage, et de nous faire connaître son 
nom dans ime sorte d'épilogue, où il se met en garde 
contre la critique , avec cet aplomb et cette assurance de 
langage que l'on aurait tort de considérer comme une 
invention toute moderne. D'abord, s'il faut l'en croire, 
c'est aux instances de deux personnages, qu'il nomme, 
que nous devons la composition de son traité. Puis il 
ajoute: „Je sais bien que les envieux déchireront mqn 
livre: ignorance et critique, voilà leur fait. Mais si quel- 
qu'un de ces jaloux avait la présomption d'attaquer cet 
ouvrage en ma présence, j*ai assez de confiance dans 
mon savoir pour m^assurer que je le réduirai au silence 
devant tout le monde, certain comme je le suis que 
personne avant moi n'a traité cette matière avec autant 
de perfection, et d'une manière aussi complète.** 

Examinons, cependant, jusqu'à quel point était fondée 
la confiance de Faidit dans son savoir. 

Et d'abord il n'est pas difficile d'indiquer la source 
où il l'a puisée: le titre même de son ouvrage annonce 



o* 



XX PHÉFACS, 

qu'il a pris pour guide un célèbre grammairien latin , 
JElius Donatus, le maître de S. Jérôme. Il est curieux de 
voir quel parti il a su tirer de cette imitation, et de re- 
marquer ses efforts constants pour élever à la hauteur de 
la langue classique, l'idiome vulgaire dont il veut régler 
les formes mobiles. Il n'est pas moins intéressant d'ob- 
server comment il procède quand l'application des règles 
latines devient impossible, et même de le suivre dans 
les écarts et dans les aberrations singulières où l'entraîne 
son zèle d'imitateur. 

Ce désir ou ce besoin de modèle se fait beaucoup 
moins sentir dans le traité de Raymond Vidal , qui vient 
après celui-ci; mais on retrouve une tendance analogue, et 
bien plus marquée encore, dans le recueil connu sous le nom 
de Las leya d^amorsy^ composé à Toulouse au quatorzième 
siècle, et qui renferme une grammaire, une poétique et 
une rhétorique fort étendues. L'imitation des théories 



^)'Leys (TamorSy littéralement Lois cTamour. Ce titre, ainsi tra- 
duit, est loin de donner une juste idée de l'ouvrage qui ie porte. On 
serait singulièrement trompé si Ton s^attendait à y trouver un recueil 
de dispositions à l'usage de ces Cours d'amour, sur lesquelles s'est 
exercée l'érudition de M., Raynouard et de M. Diez. Les Lois 
d'amour ne s^adressent qu'à l'esprit et les seules passions dont 
elles s'occupent sont les passions oratoires. Le mot amour^ en 
certains cas, avait.au moyen âge une acception toute particulière: il 
signifiait k peu près poésie, C'eat dans ce sens que Pétrarque a dit 
du troubadour Arnaud Daniel: 

Gran maestro ÔLamor, ch'alla sua terra 
Ancor fa onor col dir polito e bello. 

{Trionfo âamore^ cap. iv.) 

Le recueil des Z«y« (Tamors, texte provençal et traduction fran- 
çaise, a été, comme je l'ai dit ci-dessus, publié à Toulouse par M. 
Catien Arnoult. Il forme trois volumes grand in -8°. On n'en con- 
naissait auparavant que des fragments publiés par Lafaille (Annales 
de Toulouse, t. I. pr. p. 64 à 84), par Crescimbeni (Istor, délia volg. 
poes.f t. II, p. 211 et suiv,), par Bastero {Grusca provenzale, p. 94 
et suiv.). 



PREFACE. XXI 



latines est un des caractères saillants de cette compi- 
lation, où elle se révèle à chaque instant, et d'autant plus 
clairement qu'elle est plus pénible et plus forcée. De 
tels emprunts, trop souvent malencontreux, ne donnent 
pas sans doute une haute idée de l'habileté des grammai- 
riens du moyen âge; mais il n'en est pas moins impor- 
tant de les reconnaître et de les signaler. De pareils 
faits sont de précieux renseignements sur le sort et l'his- 
toire de la langue latine, après sa décadence, sur le rôle 
qu'elle a joué à côté des idiomes vulgaires , et sur la 
part qu'il faut lui attribuer dans la fortpation et le déve- 
loppement réguliers de ces idiomes, avant l'époque de la 
renaissance. 

Au temps de Faidit, la grammaire latine était la 
grammaire unique, la grammaire par excellence. Il la 
désigne, comme Raymond Vidal et comme tous les écri- 
vains contemporains, en employant le mot grammatUa dans 
un sens absolu. La dénomination de grammaticua sermoy 
que je trouve appliquée un peu plus tard à la langue la- 
tine, par tin traducteur florentin,^ prouve encore mieux 
toute l'autorité dx} cette langue au treizième et au quator- 
zième siècles. On peut apprécier par là l'opinion qu'a- 
vaient alors des idiomes vulgaires les horiimes lettrés, et 
ceux même qui, comme Faidit, essayaient d'en fixer les 
formes et d'en faire connaître les caractères principaux. 
On va juger par quelques citations dé ses idées à cet 
égard et de sa méthode. 

„Les huit parties que l'on trouve en grammaire^ 
dit-il en commençant, on les trouve aussi en provençal 
vulgaire." — Son premier rapprochement n'est pas heu- 



*) Liber Falladii ex ,grQmmatico sermone in idiomate florentino 
deductus per me, A. L. — Tel est le titre d'une traduction manu- 
scrite du quatorzième siècle conservée à la Bibliothèque Lauren- 
tienne, à Florence. Voyez Bandini, Catal. cod., Mss. Bibliot. Medi- 
ceœ Laurentianœ, t V. {Plut, XLIII, Cod. xiu.J 



XXII PREFACE. 



reux, comme on le voit, puisqu'il lui fait oublier l'article, 
qui n'existe pas en latin, et qui constitue dans les lan- 
gues romanes une neuvième espèce de mots. Ses dé- 
finitions, comme ses divisions, sont presque toutes d'em- 
prunt- Il ne tient pas compte des diffërences, et ne recule 
pas devant les difficultés qu'il éprouve à transporter du 
latin en provençal certaines expressions techniques. 11 dé- 
finit comme Donat, isauf à admettre ensuite des exce- 
ptions, et il parle comme lui, quand le provençal fait 
défaut. C'est ainsi qu'il reconnaît des mots de tout genre, 
les désigne par l'adjectif latin onmùf et les définit ceux 
qui- appartietment également au masculin-, au féminin et 
au neutre, quoiqu'il n'existe pas de mots neutres en pro- 
vençal, et cela de son propre aveu. Il va plus loin: 
pour prouver que le participe plaisens est un mot de 
tout genre, il cite comme exemple pour le neutre cette 
proposition: ^^Aquest hes rrCês plaisens^ (ce bien m'est 
agréable), ayant en vue le mot latin bonum et pon le 
substantif provençal bes^ qui est masculin. 

Ce n'est qu'à regret et bien malgré lui qu'il se ré- 
signe à modifier légèrement le cadre tout fait où il veut 
faire entrer le tableau des déclinaisons et des coi^gaisons 
provençales* „Tous les verbes dont l'infinitif se termine 
en AR sont, dit-il, de la première conjugaison ; mais les 
infinitifs des trois autres sont tellement confus en Vul- 
gaire, qu'il faut abandonner la grammaire, et donner une 
règle nouvelle." Il prend sur lui d'établir ces nouvelles 
catégories, et il le fait avec une certaine bizarrerie de 
langage. „ C'est pourquoi il me plaît (perque platz a mi) 
que les verbes dont l'infinitif se termine en er soient de la 
seconde conjugaison, etc." Ailleurs, après avoir posé ce 
principe que le « final caractérise le nominatif singulier, 
et l'absence de cette lettre le nominatif pluriel, principe 
conforme à l'esprit de la grammaire latine, en ce qu'il 
admet la distinction des ca^i, il excepte de la règle tous 



PREFACE. XXIII 



les subetantifs féminins terminés en a, et ne manque pas 
d'avertir que Pidentité de leurs , terminaisons > au singulier 
comme au pluriel, est contraire aux lois de la grantmaire. 
Cette observation est curieuse: elle découvre clairement 
l'origine d'ime règle où d'une habitude à laquelle on a at- 
tribué, suivant moi, une importance fort exagérée et une 
utilité très contestable, puisqu'elle s'appliquait seulement à 
un certain nombre de substantifs, comme on le verra tout 
à rheure* 

Malgré ces oublis, ces distractions et ces erreurs, 
résultats d'une imitation trop fidèle, cette grammaire est 
précieuse. Elle renferme, quelquefois d'une manière som- 
maire, mais souvent dans le plus grand détail, toutes les 
notions importantes pour l'étude et la connaissance de la 
langue des troubadours. J'en dirai autant de celle de Ray- 
mond Vidal. Si elles laissent beaucoup à désirer, comme 
Ta avancé M. Raynouard, c'est sous le rapport de la forme 
et de la méthode, bien plutôt que pour le fond. On com- 
prend aisément que ces essais incorrects de deux gram- 
mairiens du moyen âge n'aient pas satisfait le savant 
philologue du dix-neuvième siècle, et ne l'aient pas dé- 
tourné du projet de refaire leur travail; mais si l'on y 
trouve les principales règles que M. Raynouard a déve- 
loppées avec une grande finesse d'analyse, et confirmées 
par des recherches patientes, on jugera peut-être que son 
appréciation a été sévère. C'est d'après nos deux gram- 
mairiens que M. Raynouard a établi la théorie de la dis- 
tinction des si:ŷets et des régimes, dont on lui a fait hon- 
neur. Le passage que voici prouve du reste qu'il ne pré- 
tendait pas à la découverte: „L'un et l'autre ouvrage, dit- 
il en parlant du traité de Faidit et de celui de Raymond 
Vidal, indiquent la règle qui distingue les sujets et les ré- 
gimes, soit au singulier, soit au plurieL^^^) Ce qui appar- 

1) Choix des poésies orig, des troúb^ t* H; monum. de la long, 
rom,, p. CLm. 



XXIV PREFACE. 



tient en propre à l'ingénieux éditeur des troubadours, c'est 
l'extension de cette règle à la langue des trouvères. 

Mais pourquoi n'a-t-il cité de ces grammaires que des 
fragments presque indifférents? Pourquoi s'est-il privé 
d'une ressource aussi précieuse? C'est ce qu'on ne sau- 
rait dire. ' Ce silence a eu pour i&cheux résultat de 
soulever des doutes et des discussions à propos de 
la règle que je viens de rappeler. Grâce aux erreurs 
des copistes, grâce aux nombreuses exceptions auxquelles 
cette règle était soumise, grâce aussi à ce qu'elle n'était 
pas fort répandue, au dire de Kaymond Vidal, les ma- 
nuscrits n'en attestent Texistence que d'une manière très- 
variable. On a donc pu la contester, tant qu'on a cru 
y voir une découverte de la philologie moderne. Mais 
que répondre au témoignage de deux grammairiens con- 
temporains? Ce témoignage, joint à l'autorité des textes, 
eût forcé les esprits les plus incrédules \ il eût coupé court 
à toute discussion, au moins quant à l'existence, de la 
règle. Je dis l'existence; car Torigine et surtout l'usage 
qu'on lui a attribués me paraissent des questions beau- 
coup plus controversables. Quoiqu'il en soit, M. Ray- 
nouar5l n'a pas cru devoir s'appuyer sur . les nombreux 
passages de nos deux grammairiens qui constituent la 
théorie fort compliquée des déclinaisons: il a eu tort, ce 
me semble, dans l'intérêt de la science. 

Il n'a pas non plus jugé à propos de descendre 
dans tous les détails auxquels Faidit et Raymond Vidal 
ont donné place dans leurs traités. La question en 
valait cependant la peine; et d'ailleurs la [^ilologie ne 
doit pas reculer devant les détails. Je laisserais volontiers 
aux amis de cette science le soin de vérifier les asser- 
tions qui précèdent dans les textes mêmes, s'ils n'étaient 
un peu confus ; mais je crois devoir rassembler et traduire 
ici les passages épars des deux grammairiens, qui éta- 
blissent les règles relatives à la distinction des sujets et 



PBEFACB. XXV 



des rëgimes dans la langue provençale. Ces règles mé- 
ritent d'être connues sous leur forme primitive, avec les 
exceptions qui les modifient. Je les rapporte ici, en 
les classant suivant leur application aux différentes espè- 
ces de mots déclinables, et en les traduisant presque litté- 
ralement. 

NoBfs. -^ On sait qu'il n'y a dans la langue romane 
que deux genres, le masculin et le féminin. Voici les prin- 
cipes qui régissent les noms de ces deux classes, — et 
d'abord les noms masculins. 

„Le nominatif, dit Faidit, se reconnaît par lo; le 
génitif par de ; le datif par a ; l'accusatif par lo. Et ne 
peut l'accusatif se distinguer du nominatif, si ce n'est que 
le nominatif singulier, quand il est masculin, veut « à la 
fin, tandis que les autres cas ne le veulent pas.'* 

„Le nominatif pluriel le rejette, et tous les autres 
cas le prennent." 

„Le vocatif ressemble au nominatif dans tous les 
mots en ors, et dans quelques autres, tels que: Deus^ 
reis^ francs^ proa^ hos, cavaliers, canzos. Partout où il ne 
prend pas le 5, le vocatif ressemble au nominatif pour 
les syllabes et les lettres, moins ce a final." 

„De la règle qui dit que le nominatif pluriel ne veut 
pas le 8 final, je veux excepter tous les noms féminins; 
car je n'ai entendu parler que des masculins et des 
netitres.^ 

« 

,,J'ai dit plus haut que le nominatif singulier veut 
partout 5 à la fin: je veux excepter de cette règle tous les 
mots qui finissent en aibe, comme emperaire^ etc.; en 
EiRE, comme beveire; et en ire, comme traire. Cependant 
albires veut «, ainsi que conssires et desires.^^ 

„ Sachez que tous ces mots dont le nominatif singulier 
finit en aire, en eire et en ire, terminent tous leur cas, 



XXVI PBEFACB. 



aa singulier, en dor, excepte le vocatif qui ressemble 
au nominatif, comme il est dit ci-de8sus.>^ 

„Je veux encore excepter de la règle du nominatif 
singulier: maestre, prestre, pastre^ sener, sor, bar.^ 

„11 7 a d'autres espèces de noms qui ne se déclinent 
pas, comme vers avec tous ses composés.^ 

„Tous les noms qui finissent en as long ne se dé- 
clinent ni ne se changent.^ (Suit une nomenclature de 
noms de diverses terminaisons, qui sont indéclinables. Il 
est à remarquer que tous ces noms, et en général tous 
les mots indéclinables compris dans, cette listé, se ter- 
minent en s au, pluriel comme au singulier.) 

Voici les règles posées par Raymond Vidal relative- 
ment aux noms masculins: 

„Vous devez savoir que tous les mots masculins du 
monde, qui sont de la classe des noms, ou ceux que Ton 
employé au masculin, substantifs ou adjectifs^ Rallongent 
en six cas, savoir: au nominatif singulier, au génitif, 
au datif, à l'accusatif et à l'ablatif pluriel; et s'abrègent 
en six cas, savoir: au génitif, au datif, à Faccusatîf 
et à l'ablatif singulier, au nominatif et au vocatif pluriel." 

«J'appelle allonger ^ dire, par exemple: cavaliers y 
cavals. Si l'on disait: lo cavalier es vengut^ ce serait 
mal dit." 

„Les vocatifs singuliers de tous les mots masculins 
s'allongent i et tous les vocatifs pluriels s'abrègent, comme 
les nominatifs." 

„Je dois vous dire qu'il y a des mots qui s'al- 
longent à tous les cas du singulier et à tous ceux du 
pluriel." (Suit une liste d'exemples. Il va sans dire que 
les mots cités par Raymond Vidal sont terminés en s, 
comme ceux de la nomenclature de Faidit.) 

„ Je vous ai parlé de mots masculins et féminins ; je 
vous ai dit comment ils s'allongent et s'abrègent. 'Je vais 
vous parler maintenant de ceux qui ont une forme sem- 



PREFACE. XXVII 



blable pour le nominatif et le vocatif ûngulier , et une 
autre pour tous les autres cas." 

^Ecoutez pour les noms masculins : au nominatif siû- 
gulier on dit compags^ laires, etc. A tous les autres cas 
du singulier^ ainsi qu'au nominatif et au vocatif pluriel, 
on dit: compaiffnon, lairon, etc. Au génitif, au datif, à 
l'accusatif et à l'ablatif pluriel, on dit: compagnons y lai- 
ronsy etc. Lord donc que vous trouverez un mot dit 
de deux manières, vous devez rechercher tous les cas." 

,,11 y a trois espèces de noms verbaux, comme em^ 
peraireSf'chantaif'es, comme grasieires, jauzieires; et comme 
entendeiresy volèires et une foule d'autres, qui se disent 
ainsi au nominatif et au vocatif singulier: efnperairesj 
g'^azieires et entendeires^ tandis qu'au génitif, au datif, à 
l'accusatif et à l'ablatif singulier ainsi qu'au nominatif 
et au vocatif pluriel, on dit: emperador, jauzidor, entende-- 
dor. Au génitif, au datif, à l'accusatif et à l'ablatif pluriel, 
^ dit; emperadorsy jauzidors^ entendedors»'^ 

Je passe aux noms féminins. Voici ce qu'en dit Ray- 
mond Vidal, qui, sur ce point est plus clair et plus expli- 
cite que Faidit: 

nVous devez savoir qu'il y a trois sortes de mots 
féminins, c'est-à-dire des mots terminés eu a^ comme 
dompna; des mots terminés en ob, comme amovy et d'autres 
terminés en on, comme chanson,^ 

„Tous les mots terminés en a s'abrègent aux six cas 
du singulier, et s'allongent aux six cas du pluriel.^* — 
C'est ce que Faidit exprime ainsi : „Le nominatif de la 
première déclinaison ^&i en a, et tous les autres cas de 
même, j'entends ceux du singulier; car au pluriel, tous 
les cas prennent le s final." — Et ailleurs: Les noms 
féminins sont semblables pour tous les cas du pluriel, ce 
qui est contre la grammaire." H faut noter ici une 
exception signalée par Faidit, qui concerne deux noms 
masculins ayant une désinence féminine en a. Propheta et 



XXVUI PBÉPACE. 

pa^a ne prennent pas le s final au nominatif pluriel. Tous 
les autres noms masculins terminés en a se déclinent 
comme les noms féminins de même terminaison. 

Raymond Vidal continue: ^Tous les mots terminés en 
OR et en on s'allongent en huit cas, savoir: au nominatif 
et au vocatif singulier, et à tous les cas du pluriel. 
Ils s'abrègent au génitif, au datif, à l'accusatif et à l'abla- 
tif singulier,'* 

Il 7 avait des noms féminins indéclinables, comme 
des noms masculins, ou^ pour me servir des termes de 
Raymond Vidal, des noms qui s'allongeaient à tous les 
cas du singulier et du pluriel; mais il ajoute que ces 
noms s'allongent par euphonie, ce qu'il ne dit pas à 
l'égard des noms inasculins de la même espèce* Voici 
ses propres expressions: 

„11 y a des mots qui s'allongent à tous les cas du 
singulier et du pluriel, par habitude de prononciation, et 
parce qu'ils se disent ainsi plus agréablement, comme, par 
exemple,, emperairis^ chantairi^^ badairis, et tous ceux 
qui se terminent de même;" 

„Je vous ai parlé des mots masculins et féminins; 
je vous ai dit comment ils s'abrègent et s'allongent; je 
vous parlerai maintenant de ceux qui ont une forme 
semblable pour le nominatif et le vocatif singulier, et une 
autre pour tous les autres cas. Parlons des féminins.** 

„Au nominatif et au vocatif singulier, on dit: ma 
donna 9 sor, gasca, etc., et à tous les autres cas du sin- 
gulier, on dit: mi dons, seror, gascona. A tous les cas 
du pluriel, on dit: donpnas, serors, gasconas,^ 

Il y avait des substantifs communs. Voici la règle 
qui les concerne: 

„Les mots substantifs communs, dit Raymond Vi^ 
dal, quand on les emploie au masculin, s'allongent et s'a- 
brègent comme les noms masculins. Quand on les em- 
ploie au féminin, ils s'allongent et s'abrègent comme les 



PREFACE. XXIX 



féminins qui ne sont pas terminés en a;^^ c'est-à-dire 
comme les noms en ob ou en oi^, d'après la règle rap- 
portée plus haut. 

Voilà la théorie complète des noms, telle qu'elle ré- 
sulte des textes combinés de nos deux grammairiens. J'ai 
abrégé les développements diffus, et surtout les listes 
d'exemples que l'on trouvera ci-après. Mon but était seu- 
lement de prouver que tous les principes exposés par 
M. Raynouard se trouvent dans l'un ou dans l'autre ou- 
vrage, et de la manière la plus expresse. On remarquera 
peut-être que Faidit et Raymond Vidal ne semblent pas 
s'accorder sur l'exception relative aux noms en aire, en 
EiRE et en ire. Le premier dit formellement que le s ne 
s'attache pas à ces noms , au nominatif singulier ; le se- 
cond n'«n dit rien, et les exemples qu'il cite sont tous 
écrits avec le s final. Mais ce n'est là probablement 
que le résultat d'une erreur de copiste, à en juger par les 
manuscrits des troubadours, où les noms ainsi terminés 
sont génér^ement écrits sans s final. Cette exception 
ne paraît pas ' devoir être étendue à la langue des trou- 
vères, où le 8 se trouve fréquemment attaché aux noms 
en AIRE et en ère, malgré la différence des cas obliques, 
dont la désinence est en eur. 

Adjectifs. — Les règles qui précèdent s'appliquent 
aux adjectifs à peu près comme aux substantifs. Voici 
les passages qui le prouvent, ou qui contiennent des dis- 
positions spéciales: 

,^De la règle qui veut que le nominatif singulier 
prenne « à la fin, je veux excepter, dit Faidit, melher^ 
peier y 8ordeier t maier , menre, genzer, leuger, greuger. et 
tous les adjectifs employés neutralement, sans substan- 
tif, comme: mal nies^ greu rrCes^ etc." 

„Tous les adjectifs féminins dont le nominatif sin- 



XXX PKBFACB. 



gulier se termine en a suivent la même règle que les 
noms féminins terminés de même.^ 

^Les adjectifs terminés en ans ou en ens^ quand ils 
se rapportent à un substantif masculin , ne veulent pas 
le 8 au nominatif plurieL" 

Raymond Vidal comprend les adjectifs dans les règles 
suivantes: „Vous devez savoir que tous les mots masculins 
du monde, substantifs ou adjectifs, s'allongent et s'abrègent 
en six cas.'' 

„Tous les mots terminés en a, substantifs ou ad- 
jectifs, s'abrègent aux six cas du singulier et au six cas 
du pluriel." 

«Vous devez savoir par cœur que tous les adjectifs 
communs, fortz, vils, plazena, etc.,, de quelque espèce 
qu^ils soient, noms ou participes, s'allongent au nomina- 
tif et au v;ocatif, quHls soient masculins pu féminins. A 
tous les auti^s cas, ils s'allongent . et s'abrègent comme les 
substantifs." 

„ Voici les adjectifs communs qui varient, en passant 
du nominatif et du vocatif singulier aux autres cas. Au 
nominatif et au vocatif singulier, on dit: maires, meures^ 
miellersy etc., quel que soit le genre du substantif; et Ton 
dit à tous les autres cas: maior^ me7ior, melhor, en abré- 
.geant ou en allongeant, comme pour les substantifs mas- 
culins." 

„Je veux encore vous faire savoir qu'il y a un mot 
masculin, sans plus, qui s'allonge au nominatif et au 
vocatif singulier, ainsi qu^à tous les cas du pluriel: ce 
mot est malvaz.^ 

Rien ne manque à cette théorie, comme on le voit, 
pas^ même les observations de détail, du genre de celle 
qui précède. En parcourant la liste des mots indéclina- 
bles dans les deux grammaires, on y trouvera un grand 
nombre d'adjectifs que je ne rapporte pas ici; je constate 
seulement que tous ces adjectifs sont terminés en s, 



PREFACE. XXXI 



comme les noms de la même catégorie. Le désaccord 
que j'ai signalé tout à l'heure entre Faidit et Raymond 
Vidal, à propos des noms terminés en aire, eire, ire, 
se reproduit pour les comparatifs en aire, en eb, etc. 
Ce désaccord résultant seulement de l'orthographe diffé- 
rente des deux manuscrits , et non . de deux passages con- 
tradictoires, il serait inutile de s'y arrêter. 

Pbonohs. — „De la règle qui veut que le nominatif 
singulier prenne 'S à la fin , je dois excepter quelques 
pronoms: eu, tu^ el, qui, aquel, ilh^ cel, aicel, aquest, 
nostre^ vostre, qui sont au nominatif singulier et ne pren- 
nent pas le 8 final. ^^ Ce passage est de Faidit; les s]li- 
vants sont extraits de Raymond Vidal. 

«Comme je veux vous parler du verbe, je vous 
dirai ici comment se déclinent les pronoms: au nomina- 
tif et au vocatif singulier, on dit: aqels, cels, eh, autres, 
cest, mosy tos, eos; et à tous les autres cas du singulier 
on dit: aquest, cestui, lui, autrui. Au nominatif et au 
vocatif pluriel, on dit: ill^ cïll, aqill, aqist, autre^ cist, miei, 
siei; et à tous les autres cas du même nombre, on dit: 
ceh, lors, aqest, autres, aicels, cest, los, mos, sos.^ 

„Vous avez entendu ce que j'ai dit des pronoms 
masculins; je vais maintenant vous parler des féminins. 
Aux six cas du singulier, on dit: ella, ceïla, autra, aqesta 
la, sa, ma; et à tous les cas du pluriel: ellas, cellas, 
auttas, aqestas, etc" 

Il ajoute quelques mots relatifs aux pronoms pos- 
sessifs pour annoncer qu'ils suivent la règle générale, 
s'allongeant et s'abrégeant comme les noms masculins et 
féminins. 

„Je veux encore que vous sachiez qu'au nominatif 
et au vocatif singulier, on dit totz; qu'aux autres cas du 
singulier, on dit tôt; qu'au nominatif et au vocatif plu- 



XX3BJI PBBFACK. 

riel, on dit tut, et aux autres cas du même nombre. 

On remarquera encore ici un diesaccord entre les 
deux grammairiens. Je dois dire que l'exception admise 
par Faidit n'est pas ordinairement confirmée par les ma- 
nuscrits, du moins en ce qui Concerne les pronoms cel 
aicel, aqueL 

Noms de nosibbes. — ^Sachez, dit Raymond Vidal, 
que uns s'allonge au nominatif singulier, et qu'à tous 
les autres cas on dit un, — Au nominatif et au vocatif 
pluriel, on dit dui^ trei, et aux autres cas, dos, ires. Pour 
tous les autres nombres, jusqu'à cent, il n'y a qu'une 
forme; mais toutes les centaines entre cent et mille s'a- 
brègent au nominatif pluriel, et s'allongent à tous les 
autres cas." 

Vebbes. — - „Vou9 devez savoir qu'il y a une forme 
dii verbe qui se prend substantivement, comme qui dirait 
mal me /ai Hanars, oxx. bon sap le venirs. Cette forme 
s'allonge et s'abrège comme les noms masculins." 

Participes présents, participes passés. — Les parti- 
cipes présents et les participes passés n'étant que des 
adjectifs d'une espèce particulière, ils étaient soumis à 
la règle générale. On a vu plus haut un passage de 
Faidit relatif aux adjectifs en ans et en ens, qui ne sont 
autres que les participes présents. En voici deux autres, 
qui sont spéciaux: 

„Sont communs les mots qui appartiennent à la fois 
au masóulin et au féminin, comme les participes qui se 
terminent en ans et en ens« Je puis dire également: 
aquest chavalers es avinens ; aquesta dona es avinen^; 
mais, au nominatif pluriel, il y a un changement, car il 
faut dire: aqeUi chaval-er sun avinen, aquelas donas sun 
avinens, ^*^ 



PRB FA CE. XXXin 



„Vous devez savoir que tous les participes finissent 
en ANS, en eks, en atz, en utz ou en itz, comme: amans, 
pesantz, plasenz, sufrenz, conogutz, retengutz, auzitz, preterûz^ 
enganatz^ despolliatz^*' 

A l'occasion des verbes passifs, Faidit s'étend lon- 
guement sur les participes passes. Ce qu'il en dit 
prouve qu'ils suivaient pour le masculin et le féminin 
les règles ci - dessus rapportées , sous la rubrique 
adjectifs. 

Voilà à peu près tout ce que Ton peut recueillir 
dans les deux grammairiens sur la distinction des su- 
jets et des régîmes. L'ensemble des préceptes que je 
viens de réunir et de coordonner, constitue, comme on 
a pu le voir, un système assez (Compliqué, où dominent 
deux règles qui s'appliquent tantôt isolément, tantôt con- 
curremment. 

La première tlistingue le sujet du régime par l'ad- 
dition d'un s final au nominatif singulier et aux cas obli- 
ques du pluriel, et par la suppression de cette lettre aux 
cas obliques du singulier et au nominatif pluriel. 

La seconde établît cette distinction par une modi- 
fication plus profonde du mot lui-même, et par l'emploi 
d'une double forme caractéristique. 

Ces deux règles, dis-je, s'appliquent tantôt isolément, 
tantôt concurremment; mais souvent aussi elles ne s'ap- 
pliquent pas du tout, dé sorte que la distinction qu'elles 
ont pour but d'établir, s'il faut en croire M. Raynouard, 
est souvent surabondante, et souvent n'existe pas. II 
y a un certain nombre de mots masculins et féminins 
qui ont une double et mêmç une triple forme, sans comp- 
ter le secours de l'article et de la préposition ; il y en a 
d'autres , et en plus grand nombre , qui n'ont que l'article 
pour signe distinctif, et ce signe ne distingue pas le sujet 
du régime direct. 

S'il en est ainsi, je n'aperçois rien de merveilleux 



XXXIV PREFACE. 



dans ce procédé, dans ce mécanisme grammatical tant 
vanté, tant admiré par M. Raynouard et par d'autres 
savants. Voyez, en effet, comme ce procédé va à son 
but! il sert à distinguer le sujet du régime, mais seu- 
lement dans un certain nombre de mots masculins 
et dans quelques mots féminins. Pourquoi cette restric- 
tion? La nécessité de la distinction ne se fait-elle pas 
sentir pour tous les mots également? Les mots féminins 
en A, qui sont fort nombreux, n'en sont-ils pas dignes 
aussi bien que les antres? Ils en sont «pourtant privés, 
puisque leurs terminaisons sont identiques à tous les cas 
du singulier et du pluriel. Et les mots indéclinables, 
dont la liste est assez longue I et ceux qui s'allongent 
à tous les cas, comme dit Raymond Vidal, pour l'agré- 
ment de la prononciation! et ceux que Ton peut allonger 
ou abréger à volonté, suivant le même grammairien! 
tous ces mots ne participent pas au bénéfice de la règle. 
A quoi donc se réduit cette règle? à quoi sert ce mé- 
canisme ingénieux? k embrouiller singulièrement les idées, 
à compliquer sans nécessité le système grammatical. Ecou- 
tons sur ce point Raymond Vidal: il nous apprend que 
V allongement et ^abréviation étaient loin d'être familiers à 
tout le monde. 

„Pour vous faire mieux comprendre, dit-il, je vous 
trouverai des exemples dans les troubadours. Vous verrez 
comment ils ont procédé à l'égard du nominatif et du 
vocatif singulier, ainsi qu'à l'égard du nominatif et du 
vocatif pluriel; car ces quatre cas sont plus difficiles à 
entendre pour ceux qui n'ont pas le bon parler que pour 
ceux qui Pont. En effet, les quatre cas suivants du sin- 
gulier, le génitif, le datif, l'accusatif et l'ablatif, s'abrègent 
dans tous les pays du monde; ces mêmes cas s'allongent 
au pluriel dans tous les pays du monde. Mais le nomi- 
natif et le vocatif singulier ne sont allongés que par ceux 



PRÉFACE. XXXV 

qui ont le bon parler ; et le nominatif pluriel n'est abrégé 
que par ceux qui ont aussi le bon parler.^ 

Il dit ailleurs: „ Comme les nominatifs singuliers sont 
moins familiers (plus sahatge; plus sauvages) à ceux qui 
n^ont pas le bon parler, je vous en donnerai des exemples 
puisés dans les troubadours/^ 

Enfin, après avoir défini ce qu'il entend par allonge- 
ment, il ajoute: ^Si Ton disait mah fes lo cavaly ce serait 
mal dit; car le nominatif singulier doit s'allonger, quoique 
tout homme dise par habitude {per us) mal nufes lo caval. 
Au nominatif pluriel il faut abréger, quoique tout homme 
dise en beaucoup d'occasions: Mal miferon los cavals.^ 

Ces trois passages prouvent bien clairement que le 
procédé grammatical en question n'était pas fort populaire, 
et que le mérite n'en était pas apprécié par tout le monde. 
Or à coup sûr, s'il avait été d^une utilité notoire pour la 
clarté du langage, on y aurait eu recours instinctivement. 
L'emploi ou plutôt l'usage constant de la préposition est 
né de ce besoin de s'entendre, et de distinguer le sujet du 
régime indirect. Quant au régime direct, il a à peine 
beiBoin d'un signe distinctif; et la preuve, c'est qu'aujour- 
d'hui, dans la langue française, il s'en passe très-facile- 
ment. Les phrases comme celle-ci: 

Le crime fait la honte et non pas Téchafaud, 

reposent sur une ellipse fort intelligible, quoique rare. 
Personne ne s'avise, que je sache, de supposer que le 
crime puisse faire l'échafaud. 

Ce n'est pas que je veuille défendre la construction 
de ce vers, ni encore moins nier l'existence des règles que 
j'ai rassemblées tout à l'heure: je ne saurais donner un 
pareil démenti à nos deux grammairiens; je prétends seu- 
lement que l'admiration philologique à laquelle a donné lieu 
la connaissance de ces règles, est de l'admiration dépensée 
en pure perte. Il est impossible d'admettre que toute cette 

8* 



XXXVI PBEFACE. 



théorie compliquée a été imaginée de dessein prémédité, 
pour le but presque frivole qu'on lui assigne, et qu'elle 
n'atteint pas. 

Je ne vois dans la théorie de nos deux grammairiens 
qu'une application maladroite et forcée du principe latin de 
la distinction des cas par la terminaison. Cette imitation 
est défectueuse, car elle n'est que partielle. Elle a été 
instinctive dans Torigine, et n'a eu d'autre cause que la 
prononciation. Plus tard, lorsque la langue parlée est 
devenue langue écrite, on a régularisé et érigé en système 
ce qui n'était d'abord que le résultat d'une habitude, d'un 
usage imposé, pour ainsi dire, par la langue latine. 

J'ai démontré tout à l'heure que la méthode des gram- 
mairiens vulgaires consistait surtout dans l'imitation des 
grammairiens latins. Sur ce point, comme sur beaucoup 
d'autres, ils n'ont été qu'imitateurs plus ou moins heureux. 
On en a déjà vu la preuve dans ce passage de Faidit: 
„Les mots féminins terminés en a se ressemblent à tous 
les cas du pluriel, et à tous les cas du singulier, bien qtte 
ce soit contre la grammaire.''^ 

Sans doute cette identité de désinences n'était pas 
conforme aux lois de la grammaire latine, comme Faidit 
le remarque ; mais la conformité n'était rien moins que né- 
cessaire, car la nouvelle langue, par l'emploi de la prépo- 
sition, avait rendu superflue la diversité des terminaisons ; 
et c'est même parce que ces terminaisons, mal prononcées, 
ne distinguaient plus les cas, que l'usage de la préposition 
devint général. Mais ce raisonnement n'était pas à la 
portée de notre grammairien, qui s'étudiait à retrouver dans 
la langue provençale la langue latine tout entière, sans ré- 
flexion et sans autre but que l'imitation. Il veut, bon gré, 
mal gré, reconnaître six cas «n roman, par cela seul qu'il 
existe six cas en latin: aussi ne manque-t-il pas de doter 
d'un ablatif les noms provençaux qui n'en ont jamais eu, 
non plus que les substantifs français. C'est, donc bien 



PREFACE. xxxvn 



gratuitement qu'on lui supposerait l'intention d'avoir voulu 
établir une théorie nouvelle et propre à son idiome. 11 
n'y a pas songé, pas plus que Raymond Vidal. 

U faut bien remarquer ce passage de Faidit: „Le no- 
minatif se reconnaît par lo, le génitif par de, le datif 
par A, Paccusatif par lo. Et ne peut l'accusatif se distin- 
guer du nominatif, sinon par ceci, que le nominatif singu- 
lier, quaiïd il est masculin, veut s à la ân/^ Où est la 
règle générale? elle est dans cette proposition: ne peid 
V accusatif se distinguer du nominatif. Où est l'exception? 
dans la proposition suivante: sinon^ etc. Notez que cette 
exception est soumise elle-même à des exceptions nom- 
breuses. 

Voilà deux passages du même grammairien conçus 
dans un esprit tout différent; là, préoccupé par l'imitation 
du latin, il voit dans l'identité de désinences des noms fé- 
minins vulgaires une exception, une infraction aux lois de 
la grammaire; ici, occupé de l'article, qui est un mot par- 
ticulier à son idiome, il prononce en thèse générale que 
l'accusatif ne diffère pas du nominatif, et cela avec raison. 
Le 8 final et les doubles formes ne sont autre chose que 
des ruines latines, des débris qui encombrent la nouvelle 
lanorue sans aucune utilité. Les deux dialectes romans du midi 
et du nord de la France ont été longtemps embarrassés 
de ces superfluîtés et e'est celui qui le premier parait 
s'en être déchargée, qui a étouffé l'autre, en passant ra- 
pidement de l'enfance à la virilité. 

On a déjà avancé cette opinion; mais une objection 
s'est élevée às&ez spécieuse pour mériter réfutation. On 
a dit: le s ne s'est pas seulement conservé dans les mots 
où il existait originairement; il a été ajouté à d'autres 
mots qui n'avaient pas cette lettre finale en latin. — Je 
réponds d'abord: on ne l'a pas ajouté à la plupart des 
mots latins où il n'existait pas, et qui forment plusieurs 
séries d'exceptions à la règle générale, suivant nos gram- 



XXXVni PRÉFACE. 



mairiens. En second lieu, si le ^ a été ajouté, c'est par 
analogie^ et par une analogie qui n'a rien que de très-na- 
turel. Presque tous les noms neutres latins qui n'avaient 
pas le s final (les noms en xtm, en e, etc.) sont devenus 
masculins, en passant dans la langue provençale ; ils ont pris 
par conséquent l'article lo, comme les noms primitivement 
masculins; et de même qu'ils prenaient l'article lo, ils ont 
pris le 8 final; c'est une conséquence presque forcée.*) 
Jamais les lois de Panalogie, qui président à là, formation 
des langues, ne sont mieux suivies que dans l'enfance de 
ces langues. Quant aus; noms masculins eux-mêmes, ils 
avaient originairement le s pour la plupart; et d'ailleurs 
c'est bien moins la présence de ce s au nominatif singu- 
lier que son absence au nominatif pluriel, qu'il faut consi- 
dérer. — Faidit ne reconnaît que trois déclinaisons; il 
classe dans la seconde tous les noms qui ne prennent pas 
le 8 au nominatif pluriel. Or, d'après la division des meil- 
leurs grammairiens latins, la seconde déclinaison comprend 
des noms masculins, féminins et neutres dont aucun ne 
prend le s au nominatif pluriel. 

La conservation du s dans les mots où il existait ori- 
ginairement résulte, suivant moi, d'un accident de pronon- 
ciation. Le 8 est encore aujourd'hui une lettre que les 
méridionaux prononcent très-volontiers, et font sentir à la 
fin des mots. Cette consonne a d'ailleurs été de tout 
temps un instrument euphonique que te peuple affectionne 
encore, et dont l'emploi abusif constitue ce qu'on a plai- 
samment appelé velour8. Si cette prédilection a pu faire 
conserver le s final latin, elle a dû, jointe à l'analogie, en 
multiplier l'usage. Ce n'est pas ici une pure hypothèse. 



Faidit remarque très-judicieusement que, suivant îa grammaire, 
les noms neutres latins, ou du moins la plupart d'entre eux, ne 
prennent pas le s final. — Voici ses propres expressions: ^Hic non 
sequitur vulgare grammaticam in neutris substantivis', quia secundum 
grammaticam non débet poni s in fine.* 



PKÉFACB. XXXnL 

Raymond Vidal ne dit-il pas que certains mots s'allongent 
à tous les cas par habitude de prononciation, et parce 
qu'ainsi ils se disent d'une manière plus agréable? Les 
deux grammairiens s'accordent aussi sur ce point, que tous 
les adverbes terminés en en (et il n'y en a guère d'autres) 
peuvent indifféremment se terminer en en ou en ens. C'est 
encore là une question d'euphonie. Il n'est pas hors de 
propos de remarquer que Faidit et Kaymond Vidal se 
servent partout des mots dirCy parler, et nuUe part du mot 
écrire. De l'orthographe, il n'en est pas question. Ce qui 
prouve deux choses: 1^ que le s final se faisait sentir 
dans la prononciation (fait qui milite en faveur de la thèse 
que je soutiens); 2^ qu'il n'y avait pas à proprement par- 
ler d!orthographe à cette époque, ce qui s'aperçoit de reste 
à la lecture des manuscrits. 

Quelques mots encore sur les noms ou adjectifs à 
double forme. Ici, dit-on, l'intention de distinguer le sujet 
du .régime se révèle bien nettement. Si le s ne s'attachait 
pas en général à ces sortes de mots, c'est qu'il était in- 
utile. Cette objection ne me pamit pas plus fondée que 
la première, et voici pourquoi: c'est que tous les mots 
provençaux à double forme proviennent, à quelques rares 
exceptions près, des déclinaisons latines imparisyllabiques. 
Telle est, à. mon sens, la vraie cause de ces différences, 
de ces inégalités dans les divers cas; c'est encore là ime 
ruine latine. 

Je reprends l'examen de la grammaire de Faidit. 
Voici comment il divise les déclinaisons: la première 
comprend tous les noms et les adjectifs terminés en a, 
lesquels n'ont qu'une désinence pour le singulier et une 
autre pour le pluriel. — Tous ces mots sont .féminins, à 
l'exception des suivants : propheta, gaka, esqairagaita, papa. 

La seconde déclinaison renferme tous les mots, sub- 
stantifs ou adjectifs, qui- ne prennent pas le « final aii no- 
minatif pluriel. 



XL PSEFACK. 



La troisième se compose de tous les participes ter- 
mines en ANS ou en ens (participes présents), et de tous 
les noms féminine dont le nominatif singulier et le nomi- 
natif pluriel finissent en atz. ,^Je ne trouve pas en Vul- 
gaire, ajoute Faidit, d'autres déclinaisons que ces troîs-là:^* 

Les mots indéclinables forment une classe à part. 

Dans cette division ne sont pas compris nommément 
les mots féminins en or et en on; mais ils rentrent évi- 
demment dans la troisième catégorie avec les noms en 
ATZy qui se déclinent de même. M. Rajnouard n'a pas 
cru devoir adopter cette classification, qui paraît cependant 
très-rationnelle et très-claire, et qui a pour base les règles 
énoncées plus haut. 

La classification des verbes n'est pas moins claire; 
mais elle était plus facile à établir. Faidit admet quatre 
conjugaisons, qui se composent, savoir: la première, des 
verbes en ar; la deuxième, des verbes en sr; la troisième, 
des verbes en ire et en endre; la quatrième, des verbes 
en iR. — Il va sans dire que tous les verbes en re se 
rangent dans la troisième conjugaison. M. Kaynouard a 
modifié ainsi cette division: 

AR, ER ou RE<, IR OU niE. 

Il n'est pas question dans le Donat provençal des 
verbes auxiliaires, au moins d'une manière spéciale; mais 
Fauteur a rempli cette lacune à l'occasion des verbes pas- 
sifs, dont la formation, à l'aide des auxiliaires, est expli- 
quée dans le plus grand détail. Il y a trois auxiliaires 
dans la langue provençale, ainsi que dans la langue fran- 
çaise, et non pas deux, comme le dit M. Raynouard, qui 
confond à tort estar, verbe complet, et esser, verbe dé- 
fectif. Le troisième auxiliaire est aver. 

Faidit^ conjugue successivement les verbes de chaque 
classe, > en indiquant avec soin les particularités qu'offrent 
certains temps oii certaines personnes. Cest ainsi qu'il 
pose les règles suivantes: 



PREFACE. XLT 



„La première personne du présent de l'indicatif est 
double dans les verbes de la première conjugaison: on 
peut dire indifféremment ami ou am (j'aime), ohanti ou 
chan (je chante), etc.'" 

„C'est une règle générale que la troisième personne 
du pluriel est double dans tous les verbes et à tous les 
temps; elle peut se terminer en en ou en on." 

„La première personne se double dans tous les verbes, 
au temps présent de l'indicatif seulement, on peut donc 
dire: eu senti ou eu sens y eu dizi ou eu die; mais il vaut 
mieux dire le plus court que le plus long." 

„Les verbes de toutes les conjugaisons se ressemblent 
(c'est-à-dire ont une désinence identique) au futur; car 
tous se terminent ainsi: arnarai, ras, ara^ amarem^ retz^ 
rail ou amarauJ'^ 

„L'impératif des verbes de la prenuère conjugaison 
se termine en a bref à la seconde personne." 

Faidit reconnaît un optatif en roman, et indique les 
terminaisons qui caractérisent les divers teoips de ce mode. 
Il entre à ce sujet dans de minutieux détails, et fait con- 
naître les formes doubles qu'affectent plusieurs verbes au 
présent de l'optatif, comme voler, qui fait volgra ou volria; 
tener, qui fait tengra ou tenria, etc., etc. 

Il se borne à indiquer lé présent et le prétérit impar- 
fait de l'infinitif. „Quant aux autres temps, dit-il, il» ne 
sont pas usités en Vulgaire, ou très-peu." Il ajoute: „Je 
n'ai pas besoin non plus de parler du passif, car il se re- 
coni^aît partout par l'emploi de ce verbe: sum, es^ est, qui 
veut le nominatif avant et après lui." 

„Le8 verbes de la seconde, de la troisième et de la 
quatrième conjugaison sont fort divers. Exemple: eu escriu 
ou eu escrivi, tu escrius ou tu escrives, cel escri ou escriu, 
etc., etc." Remarquez que, malgré la différence caracté- 
ristique des désinences, provenant de l'imitation latine, le 
grammairien conjugue les verbes avec les pronoms, comme 



XLH PRÉFACE. 

nous le faisons maintenant. M. Raynouard n'a pas cru 
devoir adopter ce système. 

Il serait trop long de traduire ici toutes les observa- 
tions importantes de Faidit sur les verbes : on pourra les 
lire dans le texte, ou dans la grammaire de M. Rajnouard, 
où elles se trouvent reproduites presque textuellement. Il 
n'est pas une règle de quelque valeur qui ait échappé à 
la sagacité de notre grammairien, beaucoup plus complet 
sous ce rapport que son confrère Raymond Vidal. Il traite 
le chapitre des noms et celui des verbes, c^est-à-dire les 
deux plus difSciles, de manière à se faire pardonner l'accès 
d'amour-propre qui lui prend à la fin de son ouvrage. 
Les autres chapitres sont loin d'être aussi satisfaisants; 
mais Faidit pensait sans doute comme Raymond Vidal, 
que les mots qui n'ont qu'une forme, comme l'adverbe, la 
conjonction, la préposition ne méritent pas un examen dé- 
taillé. C'est peut-être la raison qui lui a fait omettre com- 
plètement la préposition et l'interjection, qui sont mention- 
nées seulement pour mémoire dans son énumération des 
diverses espèces de mots. 

La grammaire de Faidit se termine par un diction- 
naire de rimes assez long, qui a fait dire à M. Ray- 
nouard : ^) „Ce qui rend le Donatas Promncialis un monu- 
ment très-précieux et très-utile, c'est qu'il y est joint un 
dictionnaire de rimes pour la poésie romane. Non seule- 
ment il indique un très-grand nombre de mots romans, 
mais encore il présente, dans la plupart des rimes, difié- 
rentes inflexions des verbes, et toutes les terminùsons qui 
fournissent les rimes sont distinguées en brèves {estreit) 
et en longues {largY^ 



>) Monwn, de la long, rom., p. CLii; Choix des poésies orig, des 
tr<nib,y t. II. 



V 



PRÉFACE. XLIU 



n. 

LAS RASOS DE TROBAR. 

Raymond Vidal, l'auteur de ce traité, je dirais 
presque de cet art poétique, si je n'en consultais que le 
titre, a inscrit son nom en tête de son ouvrage. 11 dé- 
bute par où finit Hugues Faidit, par l'apologie de sa 
science et de son livre. Mais il se tire de cette tâche 
difficile avec plus d^sprit que son confrère. Il cherche 
à deviner les reproches que Ton pourra lui adresser, et 
les repousse d'avance par des raisonnements qui ne sont 
pas sans valeur. Il admet du reste qu'il a pu se tromper, 
manquer de mémoire ou même d'intelligence. On ne peut 
pas tout savoir, dit-il avec naïyeté. Je le laisse parler 
lui-même. 

„Je me suis aperçu, moi Raymond Vidal, et j'ai 
remarqué que bien peu de gens ont su ou savent la 
vraie manière de trouver; c'est pourquoi je veux faire ce 
livre pour faire connaître à ceux qui voudront l'apprendre 
quels sont les troubadours dont les poésies et les enseigne- 
ments sont les meilleurs. Si je m'étends un peu trop 
sur certains points, que je pourrais traiter plus brièvement, 
ne vous en étonnez pas. Les préceptes de la science qui 
sont exposés trop brièvement prêtent à Terreur et à la 
discussion. Aussi je ne me ferai pas scrupule d'allonger 
tel passage que l'on pourrait abréger. Si j'omets quelque 
chose, si je me trompe sur quelque point, ce sera peut- 
être oubli (car je n'ai vu ni entendu toutes choses de ce 
monde), peut-être aussi sera-ce faute d'intelligence. 
C'est aux habiles à me reprendre. Il ne manquera pas 
de gens, je le sais, qui trouveront à redire à mon ouvrage 
ou qui s'écrieront: „11 aurait dû ajouter ceci ou cela," 
lesquels ne sauraient pas seulement en faire le quart, 
s'ils ùe trouvaient la besogne aussi bien préparée." 



XLIV PREFACE. 



C'est CD ces termes que débute notre grammairien. 
Il faut avouer que quelques-unes de ses idées sont d'un 
grand sens et empruntent un certain charme à la singu- 
larité de leur forme. Il y a telle pensée dans ce court 
passage qui rappelle des vers de Boileau. Raymond Vi- 
dal connaît tout le mérite de la brièveté; mais il craint 
recueil signalé par le poëte: 

J'évite d'être long et je deviens obscur, 

Il ne veut pas : T 

Aux Saumaises futurs préparer des tortures. 

Enfin sa dernière réflexion n'est que la paraphrase de ce 
vers si connu: 

La critique est aisée et Part est difficile. 

L'esprit et le bon sens ne sont pas assez répandus dans 
les ouvrages du moyen âge pour ne point mériter Tatten- 
tion, quand on les y rencontre. Aussi ne craindrai-je 
pas de reproduire ici tout le proFogue de cette grammaire, 
en m'efforçant de traduire la» pensée plutôt que les mots. 
Raymond Vidal continue ainsi: 

„Âprès cela, il y aura des habiles qui, quoique mon 
ouvrage soit bon, sauront y faire des amélÌQrations ou des 
additions. C'est qu'il est très-difficile de trouver une pro- 
duction assez savante et assez supérieure, pour qu'un homme 
habile ne puisse l'améliorer ou y ajouter. C'est pourquoi 
je vous dis qu'il ne faut rien retrancher ni rien ajouter à 
une œuvre, dès qu'elle est satisfaisante et qu'elle marche 
bien." 

Voici d'autres observations qui seraient encore de 
mise aujourd'hui: 

„Les troubadours sont trompés à l'endroit de leur 
science: je vais vous en dire le comment et le pourquoi. 
Il y a des gens privés d'entendement, qui, après avoir 



PREFACE. XLV 



écouté une bonne chanson, feront semblant de la com- 
prendre fort bien et n'y entendront rien; ils se croiraient 
déshonorés s'ils disaient qu'ils n'y entendent rien. Par 
ainsi 9 ils se trompent eux-mêmes; car c'est montrer le 
plus grand sens du monde que de demander et de vou- 
loir apprendre ce qu'on ne sait pas. Ceux qui ont de 
l'entendement, lorsqu'ils ont ouï un mauvais troubadour, 
lui feront par politesse l'éloge de sa chanson; et s'ils 
ne veulent pas le louer, tout au moins ils ne voudront 
pas le critiquer. C'est ainsi que les troubadours sont 
trompés; et la faute en est à leurs auditeurs; car c'est un 
des plus grands mérites du monde que de savoir louer ce 
qu'il faut louer, et blâmer ce, qu'il faut blâmer.*^ 

„Ceux qui croient être des gens entendus et qui ne 
le sont pas, ne veulent pas apprendre par outrecuidance, 
et ainsi ils demeurent dans leur erreur. Je ne dis pas 
que je puisse rendre habiles et entendus tous les hommes 
du mondes mais si je n'ai pas cette prétention, je veux 
du moins faire ce livre pour un certain nombre." 

Cet avertissement au lecteur du treizième siècle vaut 
bien, à mon sens, plus d'une pré&ce ile fraîche date; 
il se recommande par une franchise et ^ une liberté de 
pensée qui ne se cache sous aucune formule de con- 
vention. On peut se faire une idée, par ce seul mor- 
ceau, de l'auteur et de l'ouvrage. Raymond Vidal n'est 
pas seulement un grammairien, comme Faidit; c'est un 
littérateur, , un critique ; il entremêle ses leçons de gram- 
maire de préceptes plus relevés sur la composition et le 
style, de réflexions sur la langue limousine^ sur le mérite 
absolu et relatif de cet idiome, de considérations sur les 
sources de l'inspiration poétique. 

Ecoutons ce qu'il dit du gai savoir et de la popula- 
rité de la chanson: 

„Chrétiens, Juifs et Sarrazins, empereurs, princes 
et rois, ducs, comtes et vicomtes, comtors et vavassors, 



XLYI PREFACE. 



clercs, bourgeois et vilains, tous, petits et grands, emploient 
chaque jour leur entendement à trouver et à chanter, soit qu'ils 
Teuillent composer, soit qu'ils veuillent comprendre, soit qu'ils 
veuillent parler, soit qu'ils veuillent entendre. Il n'est pas de 
lieu si retiré et si solitaire, dès qu'il 7 a des hommes, peu 
ou prou, où l'on n'entende l'un ou l'autre, ou tous ensemble 
chanter. Les bergers de la montagne n'ont pas de plus 
grand plaisir que le chant. Tous les malheurs et toutes 
les joies de ce monde sont chantés par les troubadours, 
et il n'est pas de trait malin, dès qu'un troubadour l'a mis 
en rimes, qui ne soit rappelé tous les jours; car trouver 
et chanter c'est ce qui xnei en mouvement toua les senti- 
ments vifs et élevés."*) 

C'est à peu près ainsi, mais avec beaucoup moins 
de simplicité, que débutent les Leya â^amor. Il est 
curieux de comparer le ton pédantesque qui règne dans 
cette introduction, et l'éloge pesant qu'on 7 fait du gai 
savoir et de la chanson, avec le 8t7le coulant et facile 
de £a7mond Vidal. Voici comment s'exprime l'auteur ou 
plutôt le compilateur des Leys (Îamorsi 

„ Comme l'a. dit le philosophe, tout le monde veut 
avoir la science, d'où naît le savoir; car du savoir naît 
l'instruction, de l'instruction, le sens, du sens, le bien-faire, 
du. bien-faire, le mérite, du mérite, la louange, de la 
louange, l'honneur, de l'honneur, l'estime, de l'estime, 
Je plaisir, et du plaisir, la joie et l'allégresse. Or, 
comme l'a dit Caton et comme le prouve l'expérience, 
tout homme avec la joie et l'allégresse, supporte et 
endure mieux dans l'occasion toute espèce de peine, 
c'est-à-dire toutes les misères, toutes les angoisses 

1) n y a dans le texte: >„car trobar et chantar sont movemens 
de totas galliardias." Il faut désespérer de traduire de semblables 
phrases. J'ai essayé vainement de rendre toute l'étendue du mot 
galliardias, qui est loin de signifier gaillardises y dans le sens que 
nous donnons à cette expression. 



PRÉFACE. XLYII 



et les tribulations par lesquelles il nous faut passer 
dans cette vie. Généralement avec la joie et J'allégresse, 
l'homme devient meilleur dans ses actions, et sa vie 
est plus régulière que lorsqu'elle s'écoule dans la tris- 
tesse. En effet, de même que la joie et l'allégresse 
réconfortent le cœur et nourrissent le corps, conservent 
l'énergie des cinq sens, le jugement, l'inteUigence et la 
mémoire, de même le chagrin et la tristesse absorbent 
le cœur, flétrissent le corps, dessèchent les os et détruisent 
les facultés susdites. D'ailleurs, il plaît à Dieu, notre 
souverain maître, seigneur et créateur, que Ton se voue à 
son service avec joie et allégresse de cœur, suivant le 
témoignage du Psalmiste qui dit: „Chantez et réjouissez- 
vous en Dieu!"*) 

Cet éloge de la gaie science était évidemment son 
oraison funèbre; il n'y manque rien pour le rendre digne 
de la chaire, pas même le texte sacré dont il offre le 
développement lugubre. C'est pourtant par des gaillar- 
dises de cette légèreté que les sept bourgeois toulou- 
sains, fondateurs des jeux Floraux, espéraient faire 



*) Segon qae dis lo philosophs, tut li home del mon desiron 
haver scîensa, de la quai nays sabers, de saber conoyssensa, de co- 
noyssensa sens, de sen be far, de be far valors, de valor lauzors, de 
lauzor honors, d'honor pretz, de pretz plazers, et de plazer gaug et 
alegriers. E car segon que dits Catos, e certa experiensa ho mostra, 
tots homs ab gaug ed alegrîer, quan locs e temps ho requier, porta 
mielhs e suefri tôt maniera de trabalb, so es a saber las miserias, las 
angustias, e las tribulacios per las quais nos cove passar en la pre- 
sen vida; e regularmen ab aytal gaug e alegrier hom en deve miels 
en SOS bos fayts, e sa vida melhura trop miels que ab tristicia. Qar 
aissi com gaug e alegriers cofortal cor, e noyris lo cors, conserva la 
vertut dels .v. sens corporals el sen, l'entendement et la memoria, 
ayssi ira, e tristicia cofon lo cor, gasta lo cors et segals osses, e 
destru las ditas vertuts. £ quar a Deu nostre sobira maestre, senhor 
e Creator platz qu*om fassa lo sieu servezi ab gaug ed ab alegrier 
de cor, segon que fa testimoni lo Psalmista que dits: Cantals y e 
alegrais vos en Deu. 



XIiTni FRErACE. 



•i.' 



revivre le gaî savoir et les amours. Si quelque trouba- 
dour se fût avisé, aux Jbeaux temps de la poésie pro- 
vençale, de réciter pareil sermon devant la comtesse de 
JDie ou la comtesse de Narbonne, on Teût à coup sûr 
traduit devant une cour d'amour, et jugé sévèrement 
comme un mâchant, capable d'attrister toute la Langue 
d'oc. Mais à l'époque où s'écrivait ce morceau didactique, 
les vrais troubadours n'existaient plus, et, pour parler le 
langage du poëte auquel ils doivent tant, — les chants 
avaient cessé I 

J'ai . dit que Raymond Vidal donnait sur son idiome 
de précieux renseignements, qu'il en appréciait le mérite 
absolu et relatif. 11 en trace aussi la géographie, en 
lui donnant le nom de langu^ limousine. Cette dénomina- 
tion est connue; elle est employée par les auteurs espagnols 
et italiens; mais je ne sache pas qu'on la trouve dans 
les écrivains français du moyen âge. Ducange dit à ce 
sujet: 

At quant Romanam nostriy Limosinam appellavere 
non modo Italie sed et Hispani prœsertim^ apud quos diu 
in U8U fuit etc.*) 

„Par langue limousine, il faut entendre, dit Raymond Vi- 
dal, celle que l'on parle en Limousin, en Provçnce, en Au- 
vergne et en Quercy. Aussi, ajoute-il, quand je parlerai du 
Limousin, il faudra entendre tous ces pays, et tous les 
pays voisins et intermédiaires. Tous ceux qui sont 
ries et qui ont été élevés dans ces pays ont le parler 
naturel et régulier; à moins toutefois que Fun d'eux ne 
s'en écarte pour le besoin de la rime ou pour toute 
autre cause. Celui-là est le plus instruit qui se soumet 
aux règles du langage. Du reste, ceux qui le font dévier 
et qui le dénaturent ne croient pas faire aussi mal qu'ils 
font: ils s'imaginent parler encore leur langue." 



») Prœfat. ad Gloss, med, et infim. lot, p. xxxvin. 



PRÉFACK. XLIX 

Ces détails gëographiques «ont- d'un grand intérêt: ils 
prouvent que la langue romane du midi de la France se divisiait 
en plusieurs dialectes, ce qui n'a pas été établi jusqu'ici. 
En revanehe , on a beaucoup discuté * sur la question 'de 
savoir si la langue d'oc remportait sur la langue d'oil, 
et sur cet autre problème, beauix>ut> plus intéressant: la 
littérature du Midi a-t-elle précédé celle du Nord? la 
seconde doit-elle quelque chose à la première? etc., etc. 
Raymond Vidal pourra peut-être, d'une manière indirecte, 
éclairer cette matière litigieuse, et son jugement ne sera 
pas sùspeci de partialités ^ 

„La langue française vaut mieux, dit-il, et est plus 
agréable pour ' faire romans et^ pastourelles ; mais ceUe 
du Ldmousin est préférable pour faire vers, ^) chansons et 
sirventes. I)ans tous les pays de notre langage, les chants 
en langue limousine jouissent d'une "plus grande autorité 
que ceux d'aucun autre idiome.^ 

Ce passage^ si clair et si net me paraît d'une grande 
importance. H 7 ^^^ ^^î^ ^^^ large part à la lan- 
gue française ) et par qui? par un enfant du midi, 
il faut bien le remarquer, par uh Uttératetir qui paraît 
avoir été versé dans la connaissance des ^euz langues. 
Ce n'est pas là ú& patriotisme de clocher qpîi y depuis un 
certain temps, a percé trop souvent dans la science. 
Qu'on lise tous les ouvrages de philologie "du moyen 
âge publiés depuis un demi-siècle; il en est peu qui 
renferment un jugement aussi impartial; il n'en est pas 
un peut '-être qui, par ses tendances ou par son but 
avoué, ne puisse servir à la biographie de son auteur, 
en indiquant à point nommé le pays qtû l'a vu naître, 
et jusqu'à la province à laquelle il doit le jour. Les 

Vers/àM latin versus, €e mat ne doit pas être pris dans le 
sens qu^tl avait quelquefois en latin et qu^il a en français; il désigne 
une espèce de poésie qui portût ce aom. C'est ici une expression 
technique de là poétique provençale. 

4 



PRSFAGB. 



exemples seraient faciles à citer; mais la liste en pourrait 
sembler trop longue. 

L'opinion de Baymond Vidal acquiert d'autant plus 
de poids 9 et mérite un examen d'autant plus sérieux, 
qu'il fait •preuve d'un savoir et d'un goût vraiment remar- 
quables pour son temps. Le passage suivant, qui ren- 
ferme implicitement une définition fort exacte du mot' 
dialecte^ alors inusité, prouve que notre grammairien, s'il 
ignorait le mot, se faisait une juste idée de la chose: 

„11 j a des gens qui prétendent que les mots porta^ 
pan et mn^) ne sont pas limousins, parce quV)n ne les dit 
pas seulement en Limousin, mais aussi daús d'autres pays. 
Ces gens-là ne savent ce qu'ils disent; car tous les mots 
que Ton dit en Limousin autrement que dans les autres 
pays, tous ces mots, sont propres au Limousin.^ 

En d*autres termes, c'est la différence de prononcia- 
tion qui constitue les dialectes, et qui fait que tel mot, 
prononcé d*une certaine façon, est propre à certain idiome, 
bien que ce mot se trouve, sous des formes différentes 
(d attiras guiaas)^ dans un ou dans plusieurs autres idiomes. 

Voici encore une observation du même genre: 

,,Tous ceux qui disent amis pour amies et met pour 
me font une faute. C'est encore une faute de dire: 
mantenir^ contenir^ retenir; car ce sont là des mots fran- 
çais, qu'on ne doit pas mêler à la langue limousine , pas 
plus qu'aucun autre mot irrégulier. '^*) 

Ces détails minutieux se trouvent à la fin de la gram- 
maire de Vidal, à peu près comme les dictionnaires 
de locutions vicieuses terminent souvent aujourd'hui les 
traités de ce genre. Et de même que nos auteurs de 
rudiments se donnent volontiers le plaisir de relever dans 

1) Porte, pain, vin. 

^) n y a dans le texte paraula» biaisasf des mots de biaîs> c'est- 
à-dire des mots qui n'ont pas la forme régulière^ L'adjectif roman 
biais, biaisa a été omis par M. Raynouard dans son Lexique. 



PRBFACE. LI 



un ëerivain classique quelques peccadilles gramixìatícales, 
ainsi BAjmond Vidal liotè soigneuBement plusieurs fautes 
de langue échappées aux plus célèbres troubadours, à Ber- 
nard de Yentadour, par exemple » auquel il reproche pré- 
cisément remploi du mot amisy qui est français. Le fa- 
meux Pierre Vidal , son. homouyme , peut-être son père^ 
est accusé par lui d'avoir dit ^a/t«c pour galeac. Toutefois 
il ne s'exagère pas l'importance de ces fautes ; il en cherche 
même la cause avec bonne foi: ^Je crois bien, dit-il, que 
ces mots peuvent avoir cours dans certains pays, où l'on 
s^en sert naturellement ^ {per la natwra de la terra), mais 
ce n'est pas une raison pour qu'un homme entendu et qui 
a de l'instruction parle de travers et dise mal.^^ 

Encore une fois, toutes ces observation à attestent 
un esprit juste, exercé, et une délicatesse de critique 
qu'on n'est pas disposé à prêter à un écrivain didactique 
du treizième siècle. Quelle diflFérence entre Raymond 
Vidal et son confrère Faiditl Ce dernier est un gram- 
mairien complet, c'est-à-dire exact et lourd: il est savant, 
si j'ose ainsi parler, mais il a grand peine à rien con- 
cevoir de lui-même. Vidal n'est pas moins savant: il 
cite aussi la grammaire latine « mais il ne la calque pas, 
et en général il la riippelle avep discernement. De plus, 
il sait ses troubadours. 11 a une érudition nationale, 
si l'on peut dire, et c'est par là surtout qu'il l'em- 
porte sur Faîdit; c'est par là qu'il se montre neuf et 
original. Au lieu de dogmatiser avec la science d'autrui, 
et de comparer à tout propos et hors de propos l'idiome 
vulgaire à la langue latine, il cite à l'appui de , chaque 
règle importante un ou plusieurs passages empruntés aux 
troubadours du Limousin, de l'Auvergne ou du Quercy, à 
Bernard de Ventadour, à Giraud de Borneil, à Peyrols. 
Qu'a-t-on fait de plus et de mieux depuis? / 

„Pour moi, dit-il, quand j'entends parler des gens de 
ce pays, de ceux qui ont un langage reconnu bon, mais 

4* 



LU PBEFACB, 



qui ee gâtent et se servent de mauvais termes, je leur 
demande où les bons troubadours les ont employés.^ 

Mais, s'il considère les ouvrages des bons auteurs 
comme les vraies sources du langage pur, il oe s'aveugle 
pas sur les &utes qu'on y peut trouver, et n^ se gène 
guère pour en dire son opinion. Nous l'avons vu déjà 
relever des expressions étrangères pu vicieuses dans les 
poésies de Pierre Vidal et de Bernard de Ventadour. 
Il ne les tient pas quittes pour si peu, et les tance 
vertement Au sujet de certains temps des verbea dont 
les flexions ne leur étaient pas très-iamilières, à ce qu'il 
paraît, pon plus qu'au grand nombre des troubadours. 
Ils confondaient fréquemment, suivant notre grammairien, 
la troisième personne du singulier du présent de l'indi- 
catif avec la première, sur quoi il leur donne la leçon 
suivante : 

„Vous devez savoir que trai^ aurai ^ estrai, retrcd, 
sont du présent de l'indicatif, et de la troisième per- 
sonne du singulier. On dpit les employer ainsi, et dire 
par exemple : aqel irai lo caval. de VeatahU (il tire le 
cheval de l'étable), ou: aqel retrai bonas novae (il rap- 
porte de bonnes nouvelles), ou encore: aqel 8*estrai cPaco 
qe a comengvi (il s'écarte de ce dont il est convenu), 
et enfin: aquel qtrai gran ben al sien (il joint un grand 
bien au sien). A la première personne on dit: leu 
trac lo caval de Testable (je tire le cheval de l'étable), 
etc., etc." - 

Ce passage, fort utile pour les troubadours qui ne 
savaient pas leurs conjugaisons, est aussi de quelque 
intérêt pour nous, en ce qu'il précise par des exemples 
simples eft clairs, le seuB du verbe traire et de trois 
de ses dérivés, lesquels ine sont pas toiyours d'une intel- 
ligence facile, malgré la connaissance de leur étymologie. 
C'est pour corriger les troubadours," que Vidal s'est donné 
la peine d'établii^ la distinction qui précède; il a avancé 



J 



PBÉFACB. un 

i 

que bon nombre d'entre eux s'étaient mépris sur ce point: 
fidèle à son système» il cite en preave de cette assertion, 
des vers de Bernard de Ventadour, et les cite en indi- 
quant, comme on le fait encore, le premier vers de la 
pièce à laquelle il. les emprunte^ Les manuscrits des trou- 
badours accusent toutes les fautes qu'il signale, et pour 
une bonne raison, c'est que ces fautes sont dues aux 
exigences de la rime. On sait que les, poètes de l'époque 
n'étaient pas fort scrupuleux à cet endroit; mais Raymond 
Vidal est intraitable , et ne veut pas que la grammaire se 
prête 9 même en poésie^ à des concessions qui la désho- 
norent. 

La rime est tme esclave, et ne doit qu'obeîr. 

Il le dît, ou peu s'en faut: „Bien des gens objec- 
teront peut-être qu'avec trac et retrac la rime n'irait 
pas. A ces gens là on peut répondre que c'est au 
troubadour à chercher des rimes qui ne soi^t pas irré- 
gulières, et qui ne faussent pas les personnes des verbes." 

Si l'on peut penser que Raymond Vidal en signa- 
lant, dans son prologue, les inconvénients d'une trop 
grande brièveté, se rappelait le hrevis esse làboro d'Ho- 
race, on ne croira saps doute pas que ce précepte, 
relatif à la rime, soit une réminiscence. Raymond Vi- 
dal y tient, et avec raison; il en reproche l'oubli à 
Giraud de Bomëil, dans une bonne chanson, à Peyrols, 
à Pierre Vidal, et au troubadour -évêque, à Folquet de 
Marseille lui-même. „Je vous ai prouvé, ajoute-t-il, 
que beaucoup de bons troubadours ont fait des fautes: 
que cela vous serve de leçon. Gardez-vous des mauvais. 
C'est bien assez des expressions vicieuses que l'on pour- 
rait rencontrer dans les meilleurs , si l'on voulait bien les y 
chercher." 

Notre grammairien termipe son traité par des obser- 
vations générales, par des conseils aux poètes, qui valent 
la peine d'être appréciés. 



LIV PREFACE. 



„0n doit se garder, dit-il, de faire une chanson ou un 
roman dans un langage incorrect ou en mélangeant des 
mots de deux idiomes.^ 

Avec de tels principes, que devait-il penser de ce 

descort de Bambaud de Vaqueiras, où, selon Crescim- 

beni,^) la première stance est en provençal, la deuxième 

en toscan, la troisième en français, la quatrième en 

gascon, la cinquième en espagnol et la sixième en ces 

cinq idioihes mélangés? Il n'en aurait pas eu meilleure 

opinion, quand il n'y aurait vu, comme M. Daunou, 

„què du provençal entremêlé d'expreseions empruntées 

à d'autres langues, à peu près comme dans les poèmes 

macaroniques , où la phrase latine est parsemée de mots 
étrangers." 2) 

Raymond Vidal ne se borne pas à domier des leçons 
de grammaire aux meilleurs troubadours ; il ne leur enseigne 
pas seulement l'art de parler correctement, il appelle encore 
leur attention sur les règles de la composition. 11 veut de 
l'unité, 'de la suite dans les chansons comme dans les ro- 
mans, dans les idées comme dans le style; et certes le 
précepte est bon. Plût à Dieu que les poètes du moyen- 
âge l'eussent toujours suivi ! Mais ce qui me parait moins 
bon et tant soit peu contestable, c'est le reproche que 
Raymond Vidal adresse sur ce point à l'un des plus célèbres 
troubadours. 

Il s'avise de trouver mauvais et contraire à la saine 
logique le trait suivant de Bernard de Ventadour. Ce 
troubadour, comme il arrivait souvent à ses confrères en 
poésie et en amour, eut à se plaindre un jour des rigueurs 
de sa dame. De là une chanson; car les troubadours 



*) Istor. délia volg. poes,, t. IL Vite de poet, prov.^ p. 5G. 
3) Disc, sur Vétat des lettres au treizième siècle, Hist, litU 
de la France^ t. XVÎ, p. 202. 



FBEFACE, LV 



chantaient leurs peine* comme leurs plaisirs, et aussi 
volontiers.*) 

Jusque-là tout est conforme aux us et coutumes de 
l'époque» Voici le mal: ^Dans les quatre premiers couplets 
de cette chanson, dît Vidal, Bernard de Ventadour répète 
qu'il aime tant sa dame, que pour rien il ne s'en pour- 
rait séparer, et he s'en séparerait. Et dans le cinquième 
couplet (notez bien ceci), dans le cinquième couplet, il dit: 
Me voici maintenant échu en partage aux autres femmes; 

Tune déciles peut, si bon lui semble, me prendre à son 
service." 2) 

C'est là ce que Raymond Vijlal appelle défaut de 
suite. 3) Sans doute; mais à qui s'en prendre? au poëte 
ou à l'amant? Le mouvement est brusque; je l'avoue; 
la transition n'est pas ménagée; d'accord. Mais c'est 
affaire d'amour, qui échappe à la critique littéraire, même 
dans une dianson. Il semble que Raymond Vidal n'avait 
pas médité sur le sentiment comme sur les conjugaisons, 
qu'il n'en connaissait pas tous les modes et toutes les 
variations* Le trait final du poëte, qui ne trouve pas 
grâce au^ yeux du sévère grammairien, n'est qu'une bou- 
tade, une ; feinte du troubadour, qui veut piquer au vif la 
jalousie de sa dame; c'est peut-être le résultat soudain 
d'un dé ces accès de dépit qui surviennent au milieu des 
transports de la plus vive passion. Molière, qui savait 
tous les secrets du cœur, a mis dans la bouche d'Al- 
ce&te poussé à bout par les coquetteries de Célimène 
un langage analogue à celui > de Bernard de Ventadour. 



1) Cette chanson est celle qui commence par ce vers : 

Ben m'an perdut de lai vas Ventedor. 

2) Â las autras sui ueimaîs eschagatz 

Car unam pot, sis vol, a son ops traire. 

') Razons mal continuadas et mal seguidas. 



LVI PRSFACB* 



Alceate ne s'écrie pas» il est vrai: tne voici à Ì& disposition 
des autres femmes; mais il va trouver Eliante et lui dit: 

Vengez-moi de ce trait qui doit tous iaîre horreur! 

6LIANTB. 

Moi, vous venger? comment! 

JLLCESTB. 

En recevant mon cœur, i) 

Bernard de Yentadour, soit dit en passant, se permet 
souvent dans ses poésies ces sorties brusques et ces pali- 
nodies inattendues; mais il commence d'ordinaire par des 
doléances et des mei;aces, et finit par des protestations 
d'amour y ce qui est plu^ naturel. La chanson Estât ai 
cum hom esperdvtz^) est un exemple asáez curieux de ce 
genre de rétractation. Elle se termine d'une façon très- 
tendre, bien que le second couplet soit tout-à-fait dans le 
style de celui qui encoupt le blâme de Raymond Vidal. 

„Je m'étais rendu à une dame, dit le poëte, qui ne 
m'aima jamais de cœur; et je m'en suis aperçu un peu 
tard- Oui, j'ai perdu mon temps dans un fol espoir; 
mais patience! Je suivrai son exemple: je serai Tamant 
de qui bon me semblera; j'irai partout porter mes hom- 
mages et l'inconstance de ma cœur.^ 

On peut trouver à redire^, comme Raymond Vidal 
nous l'a prouvé, à ces revirements soudains; mais à coup 
sûr un tel procédé est plus innocent que celui dont Ram- 
baud d'Orange recommande l'emploi aux amants maltraités. 

„ Voulez-vous gagner des dames? dit ce troubadour 
en belle humeur. Quand vous leur demanderez de vous 
faire honneur, si elles vous font une réponse défavorable, 
si elles se montrent avares de leur amour, prenez-vous 



1) Misanthrope, acte IV, se. II. 

') Voyez le Lexique roman de M. Raynouard, t. Í {Choix de 
poésies), p. 329. 



PRÉPAOB. LVn 



à les menacer; que ai elles tous font ime réponse pire, 
donnezJeur du poing par le nez I^ ^) 



m. 

NOTICE DES MANUSCRITS, OBSERVATIONS. 

Les manuscrîts qui renferment ces grammaiiies sont 
au nombre de cinq, dont trois sont conservés à l^lorence, 
un à Milan et le dernier à 'Paris. En voici l'indication 
et la description. 

MANUscarrs de flobei^ce. 

I. Bibliothèque Laurentienne, Ms. du fonds de Scmia 
Maria del Fiore\ No. 187 , in-8®., relié en bois recouvert 
de veau rouge. Titre frappé au dos : Donatus provinciaKs^ 
ms. mbr, sœc, xiii. Vélin, 33 feuillets , écriture à longues 
lignes de la seconde moitié du treizième siècle. 

Ce manuscrit contient le texte provençal de la gram- 
maire de Hugues Faidit avec traduction latine interlinéaire. 
Il suffit d'un coup d'œil pour reconnaître que le provençal 
est l'original. D'abord l'écriture en est plus grosse du 
double que celle du latin, et, en second lieu, le traducteur 
fie borne, lorsque le texte indique d«s désinences, à placer 
au-dessous de ces désinences, qu'il ne reproduit pas, les 
mots sic ou Aoc, comme, par exemple, dans ce passage: 

Pose dir ami^ o pose dir am. 



rose dir ami, o pose dir am, 
p088U|Q dicere dc^ vel possum dicere «te. 



Une note, encadrée en rouge, qui se lit à la marge 
du fol. 8 T^. , et qui est de la même main que le manus- 
crit , résout encore mieux la question. Elle est ainsi con- 



1) Bambaud d'Orange: Assatz $ai cTamor, (Raynoaard, Lez., 
T. I, p. 325.) 



LVIII PBBFACE. 

çue: credo quod velit dicere: m'o Tolges Deus que âges 
estât amat. Cette glose se rapporte au passage du texte: 
per mo vol eu agues estai amaU ^) 

Ce manuscrit de la grammaire de Hugues Faidit est 
le plus ancien et le meilleur. 11 prouve, par l'écriture, 
que rpuvrage est du xiiie siècle, et par les raisons que 
je viens d'en tirer, que cette grammaire, écrite en pro- 
vençal, a été traduite en latin. par un autre que l'auteur, 
qui n'eut pas pu s'exprimer ainsi en parlant de lui-même: 
credo quod velit dicere. 

Le Donai provençal se termine au fol. 28 v®. Du 
fol. 29 au fol. 32 se lisent: IL lUh zapitres de garder 
les dens e les gengives. Ce sont des recettes comme on 
en trouve dans tant de manuscrits du moyen -âge. Au 
feuillet 33e et dernier se trouvent d'autres recettes 
en italien, dont l'écriture, quoique un peu négligée, semble 
encore appartenir au treizième siècle. 

II. Bibliothèque Laurentienne,, Plut. XLi No. 42. — 
M^ in-4<>. Vélin, 92 feuillets. Reliure en bois recouvert 
de veau rouge, à fermoirs et à coins de cuivre ouvragé. 
Titre frappé sur l'un des plats : Rime provenzalL Ecriture 
à deux et à trois colonnes, du commencement du quator- 
zième siècle, (le manuscrit est daté de 1310.) Initiales 
ornées. 

. Ce manuscrit contient: 

1®. Du fol. 1 au fol. 38, 123 pièces provençales de 
divers troubadours. 

2®. Du fol. 39 au fol. 52, les biographies en proven- 
çal des principaux troubadours, à commencer par celle de 
Gaucelm Faidit, qui est incomplète. 

30. Du fol. 55 au fol. 66 r». (53 et 54 blancs), des 
sentences en vers provençaux, huitains, quatrains, distiques 



») V. ci-après p. 18. 



PBáFACI. LIX 

et qaelqùeà cohlas esparêas^ comme cèlle-cì: cobla de Meeser 
Sordel q*era mcdad. 

4*. Du fol. 67 au fol. 78, la grammaire de Hugues 
Faidit^ en latin seulement, depuis le commencement jusqu'à 
la rubrique u. vebbe de la PRiMiisitA conjuoazo. ^) La 
nomenclature des verbtes qui vient ensuite est proven- 
çale et latine, traduction en regard du texte; il en est 
de même du dictionnaire de rimes. Les règles ou ob- 
iaervationa qui entrecoupent ces deux parties de l'ouvrage 
sont en provençal , avec traduction Înterlinéaire , texte à 
l'encre noire, traduction à l'encre rouge. 

5*. Aux fol. 78 et 79 r®., un petit glossaire de mots 
provençaux traduitç en italien. 

Q\ Du fol. J9 vo, au fol. 83 v®. col. 1., la grammaire 
de Raymond Vidal, à la suite de laquelle on lit cette men- 
tion: Petms Berzoli de Eugubio fecit' hoc x>pu8^ Deo gror' 
tms^ amerij ce qui ne peut s'entendre que d'un copiste 
ou compilateur qui aura réuni dans ce manuscrit les 
divers ouvrages ci-dessus indiqués. 

70. Aux fol. 83 vo. col. 2 et 84 r». et v©., une petite 
pièce en vers fratiçaisi portant ce titre latin: incipit 
traetatus de bonitate et malitia mulierum, commençant en 
ces termes: 

Qui famé prent in compagnie ^ 

Oiez s^il fait sens ou foUie 

et finissant par ces deux vers: 

' Feme, quan^ home plus la gaite, 

fai la chose qui plus Taaite. 

8®. Du fol. 86 au fol. 93 et dernier, un ouvrage en 
prose française 9 sous ce titre: ci comineie le livre deyma- 
ralitez. 



Í) V. ci-après, p. 2S. 



LX FBEFACB. 



Commencement : Talan nCest pris que je recontaissè tense- 
ffnement des /Uosofes, fin : car tait nostre fez «wni devant li oils 
au juge connaissant totes choses, et pluB bas : ici fenist li livres 
de Seneques de moraUteZy eœtrakit de latin en romains. Deo 
grattas^ amen, anno domini miUesimo trieentesimo decimo, in- 
dictione viu., tempore domini Clemenùis pape F, die xxviii 
mensis martii, 

III. Bibliothèque Eiccardi, N^. 2814. Ms. în-4o, relié 
en parchemin 9 intitulé: Rime pravenzaU. — Grammatica 
provenzale. 

Ce manuscrit n'est qu'un recueil de copies modernes; 
(fin du seizième ou commencement du dix-septième siècle,) 
il ne m'en a pas été moins précieux. H se compose de 
trois parties bien distinctes : 

La première et la deuxième partie renferment des 
poésies provençales, dont les copies ont été tirées de deux 
manuscrits dififérents Itm de l'autre, et aujourd'hui pei'dus, 
à ce que je croîs. 

La troisième partie, de 39 feuillets j contient: 

1^ du fol. 1 au fol 15, le te;jcte provençal, seulement 
de la grammaire de Hugues Faidit, mais incomplet par 
la fin. 

20. du fol. 15 au fol. 28 v% le traité de Raymond Vi- 
dal, aussi incomplet par la fin. 

En tête du Douai provençal se lit le titre que j'ai re- 
produit ci-après : aquest es lo Donaiz proensah faiiz per la 
raizo de trobar. 

Le traité de Raymond Vidal est intitulé: las rasos de 
trohar de R. Vidal. 

Par ces titres, qui ne se trouvent nulle part ailleurs, 
et par la lecture des deux copies , on reconnaît aisément 
que les mai^uscrits sur lesquelles elles ont été faites diffé- 
raient de ceux ^ue l'on connaît encore. 

J'avais emprunté à Bastero le titre que j*ai donné, 



PBÌFAOV. ZiXI 

ta» „. pr^Iérp édid», i, U g™,n-i,. de S.,„.rf 

Vidal: La dreita maniera de trobar,^) Je nç Taî retrouvé 
daDS aucun manuscrit; c'est pourquoi je le remplace par 
celui que me fournit le manuscrit Biccardi. 

Manusciot de milan. 

Bibliothèque ambrosienne, D. 465, p. infer. petit in- 
folio, papier. 

C'est un recueil moderne, une sorte de portefeuiltie de 
queIq^e saVaht italien du dix-septième siècle. 11 renferme 
39 articles divers, parmi lesquels six intéressent la littéra- 
ture provençale. Je n'i^ à m'occuper ici que des trois 
numéros ci-après : 

Le N<*. 26 débute par cet intitulé: IncipU liber quem 
composuU Vgo Faiditus etc. *) Suit une traduction italienne 
du Donat provençal. On lit à la marge : Voriginale in lin^ 
^a provenzale al N®. 35. 

Le N<>. 35 porte ce titre : Vonato prodensaU à la suite 
duquel est répétée la mention ci-dessus : incipit liber etc., 
suivie elle-même du texte provençal de la grammaire de 
Faidit. 

Ce texte est, en général, très-fautif, et laisse encore 
plus à désirer que celui de ma première édition; je n'ai 
pas laissé, cependant, d'yrecueillirçà et là quelques bonnes 
leçons et même quelques additions. 

Sous le N*. 36, se trouve une seconde traduction ita- 
lienne du Donat provençal^ faite, comme la première , sur 
le texte du N®. 35. J'en juge par des passages qui se 
trouvent dans ce texte, qui sont reproduits par les deux 
traductions, et qui manquent dans les manuscrits de Flo- 
rence et de Paris. 



1) Voici le passage de Bastero, (crusca provenzale, p. 5.) dont 
je mMtais autorisé: „Ramondo VidcUt nel suo libro titolato: la dreita 
maniera de trobar, (la diritta maniera di trovare^ cioè poetare.) 

^) V. ci-après p. 65. ^ 



Lxn PRÉFAOB. 

Manuscrit de paris. 

Bibliothèqae Impériale, ancien fonds latin, 7534, petit 
in-fol., papier, 65 feuillets. 

C'est le seul de nos cinq manuscrits qui ne se trouve 
point en Italie; mais il est d'origine italienne, comme l'in- 
diquent à première vue le papier et l'écriture; d'ailleurs, il 
provient de Mazarin. Enfin, ce n'est qu'une copie de la 
partie provençale du manuscrit de la Laurentienne, plut. 
XLI, N®. 42, que je viens de décrire. Il contient, comme 
ce manuscrit: 1®. le Donat provençal^ (en latin seulement 
jusqu'à la nomenclature des verbes, en provençal avec 
traduction latine pour le reste.) 2^. le traité de Raymond 
Vidal. 3®. le petit glossaire provençal italien mentionné 
ci-dessus. Le tout se termine par la note déjà rapportée: 
Petrus Berzoli de Eugubio feeit hoc apus. 

Tout ce que je puis dire de cette copie c'est que celui 
qui l'a faite a ajouté ses erreurs à celles du scribe auquel 
on doit l'original. 

Le texte que j'ai tiré de ces cinq manuscrits, à moins 
qu'on en découvre quelque autre plus correct, pourra, je 
Tespère, être considéré comme définitif. 

J'ai persisté à ne point suivre pour l'impression de ce 
texte le système imaginé par M. Kaynouard, qui recon- 
naît un article el^ dont je ne saurais admettre Texistence 
en provençal, et qui détache ce qu'il appelle affixes des 
mots sans lesquels on ne peut le^ prononcer. Il serait 
trop long de déduire ici les motifs qui m'ont déterminé à 
rejeter ce système: je me propose de le faire ailleurs avec 
tout le respect que je dois à mon ancien et excellent maî- 
tre, mais avec toute ^indépendance qu'exige la discussion 
des questions scientifiques. 

Il ne me reste qu'à indiquer les ouvrages où il est 
fait mention des deux grammaires ou de Tune d'elles, les 



PRBFACB. iXm 



auteurs qui en ont inroqué l'autorité, et les témoignages 
qui s'y rapportent. Avant qu'elles fussent connues en 
France de Sainte-Palaye et de M. Raynouard , ces gram- 
maires avaient été consultées par plusieurs savants italiens; 
par Ubaldini, qui cite le Donat provençal dans la table 
des Documenti damore de Barberini ; *) par Kedi, l'un des 
membres de l'académie de la Crusca, qui s'en autorise 
souvent dans les savantes notes de son dithyrambe Bacco 
in Toacana;^) par Salvini, qui y renvoie dans ses commen- 
taires sur Pétrarque ; 3) par Crescimbeni, qui en rapporte 
quelques passages, et qui en avait une copie ;^) enfin, par 
Bastero, qui en cite plusieurs fragments assez étendus, ') 
et qui dit du Donat provençal: questa nostra gramatica credo 
che sia la prima che sia stata faUa ira le lingue volgixri. 

J'ai avancé un peu légèrement, dans la préface de ma 
première édition, que Sainte-Palaye n'avait connu d'autre 
manuscrit que celui de Paris. Comment ne pas le croire? je 
ne retrouvais point de copie de nos deux grammaires dans 
les immenses recueils de ce grand et curieux compilateur. 
Comment penser qu'il eut pu manquer de les faire trans- 
crire? En y regardant de plus près aujourd'hui, je ne 
retrouve pas davantage ces copies, mais une note de Sainte- 
Palaye m'indique qu'un autre savant, M. de Mazaugues, 
avait fait copier les deux manuscrits aujourd hui conservés 
à la Laurentienne. Sur les copies de M. de Mazaugues 
Sainte-Palaye en fit faire d'autres pour lui. Que sont de- 
venues les unes et les autres ? Voilà ce que je ne saurais 



') Federigo Ubaldini, tavol. docum. amor. Barberîn. aux mots 
accolto^ atiera, higordare^ gautata^ moscate, ostare trooâre, etc. 

*) Francesco Redi, Bacco in Toscana, Ditir, con le annotazioni, 
fogl. 111, 194, 252, 253, 254, 256 et 262. — Napoli 1687; in-12. 

*) Anton Maria Salvini, Pros, 2'oscan., lez. 24, car. 312. 

^) Istor. délia volg. poea,, vol. II, part. I, p. 27 et 71. 

S) Crusca provenzale, p. 2, 5, 14, 109 et 110. 



LX^ PRÉFACE. 

dire. Mais je dois faire remarquer qu'il ne serait plus 
juste de répéter avec M. Fortoul *) que Sainte-PalaTe avait 
passé auprès de ces deux mouiunents sans les aper- 
cevoir. 



Etude sur les troubadours, dans les Etudes (^archéologie et 
d^Usioire, Tr II, p. 62. 



DÉSIGNATION DES MANUSCRITS. 



L. 187. désigne le Ms. de la Laurentienne qui fait partie du fonds 

de Santa Maria del Fiore. 
L< 42. désigne le Ms. de la même bibliothèque No: 42 ánpluteus 41. 
R. le Ms. Hiccardi. 

Les autres manuscrits, rarement cités, sont indiqués en toutes 
lettres. 



DONATZ PROENSALS. 



DONATUS PROVINCIALIS. 



AQUEST ES LO DONATZ PROENSALS FAITZ 
PER LA RAIZO DE TROBAR. 



Las 6ît partz que om troba en gramatica, troba ora en vul- 
gar proensal so es: nom, pronom^ verbe, adverbe, particip, 

CONJUKCTIOS, PREP081TI08, INTERJECTION. 

Nom es apelatz per zo que signifìca substantîa ab propria 
qualitat o ab comuna; e largamen^) totas las causas a lasquals 
Adanifi pauset noms poden esser noms apelladas. £1 noms a 
cinq causas: species, genus, nombre, figura, cas. 

Species^) o es primitiva o es derivatîva. Prîmîtius es 
apelatz lo noms que es per se, e non es vengutz d'alqun nom ni 
d'alqun verb, si cura es bontats. Derivatius nom es aquel que ven 
d'altre loc , si cum bos que ven de bontat^ que bos non pot hom 
esser ses bontat. 

Genus es de cinq maneras: masculis, feminis, neutris, co- 
rnus, omnis. Masculis es aquel que perten a las masclas causas 
solamen, si cum bons, mals^ fais, Feminis es aquel que perten 
a las causas feminils |»olamen, si cum bona^ òela^ mala ç fcUsa, 
Neutris es aquel que no ^petten a l'un ni a l'autre, si cum gaugz 
e bes. Mas aici no sec lo vulgars la gramatica els neutris sub- 
stantius, ans se dizen ^aici cum se fossen inasculi, si cum aici: 
„grans es lo bes que aquest m'a fait»'' e „grans es lo mais que 
m'es vengutz de lui." Comun son aquelh que pertenen al mascle 
e al feme ensems, si cum son li participi que fenîssen in ans o 
in ENS ; *) q'eu pose dire': „aquestz cavalers es presans — aquesta 

^) Ce titre ne se trouve que dans le lUB. Riccardi; les autres donnent 
celai qae je place en tête du texte latin. 
2) R, ŷenercUment. 

^) R. J3pecie8 zon en doas maneiras: o es . . . . . 
^) R. in SNS, si cum presans^ avimhs, q'eu pose ..... 



INCIPIT DONATUS PROVINCIALIS. 



Octo partes orationis que inveniitntur în grammatica, inveniun- 
tnr in vulgairi provîncialîs lingue pro majori parte, vîdelicet: 

NOMEN, PRQKOMEN; VERBUM, ADVERBrtJM, PARTICIPIUM, COîOUNCTIO, 

PREPosrrio et întèrjectio. 

NoMEN ideo dicitur, quia sigiiîficat substatitiam et qualitatem 
propriam vel communem ; et , largo modo , omnia quibus Adam 
impOBuit nbmina possunt nomina appellarî. Nominî accidunt 
quinque: species, gends, kumertjs, figura et casus; 

Species vel est prîmitiva, vel derivativa. Primîtivura no- 
men est îllud quod per se est, et non derivâtur àb aliquo uomîne 
vel ab aliquo verbo, sieut est honitas, Derivativum nomen est 
illad quod venit ab aliquo loco, sicut bonus ^ qui derivatur a 
honitcUe^ quia bonus non potfest esse sine bonîtáte. 

GrENERA suut quinque : masculinum, femîninum, netitrnm, 
commune et omne. Masculinum nomen est illud qûod pertinet 
masculinis rébus tanfum sicut : bonus, malus et fabus, Femini- 
nura est illud quod pertinet rébus femininis tantura, sicut: bona^ 
formosa, mala et faisa. Néutrum est illud quod non pertinet 
nïasculîno neque feminino, sicut gaudium et bonum. Sed hic non 
sequitur vulgare gramraaticam in neutris substantivis , sed sic 
dicitur quod, secundum grammaticam, non débet poni s in fine, 
sicut hicí' „Magnum est bonum quod iste mihi fecit — et — 
magnum est malum quod taiihî evenît per illum."/ Communia 
8unt illa que' pertinent nfiasculino et feminino simul , sicut sunt 
particîpîa desinentia in ans vel in ens,,*) quÎa possum dicere: 



« *<r 



'^) L. 187 ajoute ki. cette remarque: 6t hoc secundum vulgare, quod 
^^unâum grammaiicam est orAtus generis. 



DONATZ PROBNSALS. 



domna es presans — aqnestz cavalers es avînens — aquesta 
domna es avînens.^ Mas el nominatiu plural se camja d'aitan 
que conven a dire: ^aquelh cavaler son avinen — aquelas donas 
son avinens.^ Omnis es aquel que perte al mascle e al feme e 
al neutri ensems; q'eu pof^c dire: ^aquestz cavaliers es plasens 
— aquesta dona es plazens^' e ^aquestz bes m'es plazens.^ 

Nombres es sîngulars o plurals : singulars, qnan paria d'ana 
causa solamen ; plurals, quan parla de doas o de plusors. 

Figura o es simpla o composta: simpla, si cum coms; com- 
posta, si cum vescoms^ qu'es partz composta, so es apostiza de ves 
e de coms* 

Li CAS son seis: ^) nominatius, genitius, datius, accusatîus, 
vocatius, ablatius. Lo nominatius se conois per lo, si cum : „lo 
reis es vengutz/^ Genitius per de, si cum: „aquestz destriers 
es del rei/^ Datiua per a, si cum: „mena lo destrier al rei.^^ 
Accusatius per lo , si cum : „eu vei lo rei armât. ^^ E no se 
pot conoisser ni triât l'accusatius del nominatiu sinon per so^) 
quel nominatius singulars^ quan es maseulis, vol s en la ûy e li 
autre cas nol volen; el nominatius plural nol vol, e tuit li altre 
cas lo yolen el plural. 

Pero lo vocatius deu semblar lo nominatius en totas las 
dictions que fepissen en or»,- et en las autras dictions queus 
dirai aici: Deus^ reis^ francs ^ proa, Òos^ cavaliers^ cansos. Et 
els altres locs on lo vocatius non a s en la fi , si es el semblans 
al nominatiu, al menz en sillabas et en letras, que deu aver 
aitals e tantas cum lo nominatius, trait soi s en la fi. 

' - 
Pero de la régla on fpn dit desus qel nominatius cas no 
vol s en la fi quan es phurals, ypilh traire fors totz los feminis, 



^) R. Li cas del nom son seis : lo nominatius el genitius el datius e l*aceu- 
satius el vocatius e Tablatius. 

^) R. E no se pot conoisser ni tnar Tacusatius del nominatiu sinon per 
20 qe Tnccusatius vol Ip vefbe^denan se, el nominatiud vol lo verbe dereire 
se, si con: ,,Joans ama Martin,'* per qe Martin es cas accusatius. £t 
ancara se pot conoisser Vaccusatius del nominatiu per zo qel nominatius fii 
e l'accusatius soste, si cnn: ,,Peire fer Martin.* Peîre per zo q'el fer zo 
es q'ei fai, es nominatius^ cas; et Martin, per zo q'el soffre qe Peiro lo bâta, 
ei) accusatius cas. £t sum, es, est, vol nominatiu cas denan se e dereire se, 



DOHATUS PSOVISICIAI^IS. 5 

^lste miles est laudabilîs, — îsta âûmina est latidabîUs, — iste 
miles est aptus, — ista domina est apta.^ — Sed in nominativo 
plurali tantummodo mutatur, quia oportet dicere: ^Isti milites 
sunt apti, — ille domine sunt apte/^ Omnis est illud quod per* 
tinet masculino, feminino et neutro simui, qaia possiim dicere: 
„l8te miles est placens» — ista domina est placens, — istud 
bonum est mihi placens.^ 

NuMERus est singularis vel pluralis: singularis, quando 
loquitur de unq verbo tantum ; pluralis, quando loquitur de duobiis 
vel plurîbus. 

Figura vel est sîmplex, vel composita: simplex, sicut in 
bac dictione cornes; composita, sicut in hac dictione vicecomesj 
que est pars composita, id est apostiza a vice^ cornes, 

Casus sunt sex: nominativus, genitivus, dativus, aecusat(- 
Tus, 'Tocativus et ablativus. Nommativus cognoscitur per banc 
syllabam to, verbî gratia: ^Rex venit." Genitivus, verbi 
gratia: „l8te destranns est régis. ^ Dativus, verbi gratia: „Duc 
destrarium regî.^ Accusativus, verbi gratia r „ Video regem 
armatum.^ £t non potest discemi nec cognoscî accusativus a 
nominativo, nîsi per hoc quod nominativus singularis*, quando 
est maseulinî generis vel communis, vel omnis, vult s in fine 
dictîonis, et alii casus nolunt, et nominativus pluralis, e converso, 
non vult s in fine; et omnes alii casus volant s in plurali. 

Tamen vocattvus débet esse similis nominativo, in omnibus 
dictionibus que desînunt in banc syllabam ors, et in aliis dictioni- 
bus quas dicamhic: Deus,- rex^ liber vel curialisy probus^ bonus, mi- 
les^ cantio. £t in aliis locis, nbi vooativns non habet s in fine, est 
similis nominativo, ad minus in syllabis et in literis, qnas débet 
habere taies et tôt quantas nominativus, excepto solummodo 
s in fine. 

Tamen de régula ubi fuit dictuùi superius, quod nominati- 
vus casus non vnlt s in fine dictîonis, quando est pluralis numeri, 
voie excipere omnes dictiones femînini generis, quia non est 



si con: y^Arpulins es bos homs.^ Bt deves saber qel nomioatias singolars, 
cant es masciilins, si corne auzelf^ o neatris, si (xhh es castels e bes e gaugs, 
vol s en la fi, et l'autre cas no volun; el nominatius pltirals no vol s en la 
fi , e li autre cas volen lo emplural. Ë luit li féminin qe- fënissen en a 
non Tolon s el singular e son endeclinable, zo es qe non se dedinon, car 
finissen tuit li cas en a, en lo singular, mas, en lo plural, volun s per totz 
lo8 cas en la fi, et' finissen tnit en as. 

Et deves sâber que cascus vocatius es semblans a1 seu nominatiu. 



DONATE FROENSAL8. 



que non es dit mas solamen delà masculis e delà neutris, que -son 
semblan el plural per totz locs, sitôt s'es contra granùitica. 

E lai on fo dit del nominatîu singular que vol s pertot a la 
fi, Toilh traire fors totz aquêls que fenissen en aire, si cum: 
emperaire, amaire^ et en bire, si cum: Peire^ beveire^ radeïre, 
tondeire, penkeire^ fenheire^ bateire, foteire, prendeire, tendre^ et en 
IRE, si cum : traJ^re^ consentirez escamire^ escremire, ferire^ gronire ; *) 
mas albires vol s e conssires e désires^ Aqist m. son trait de 
la regola. 

E devetàs saber que «tirt aquill queus ai dit, don lo nomina- 
tius sipgulars fenis en aire et en eire, fenissen totz loi^ cas sin- 
gulars en dor^), trait lo vocatius, qe sembla lo notìainatîus, si 
cum es dit des us. 

E de la régla del nominatiû singular, que vol s a la fì 'voilh 
an car traire fors: maestre, preétre^ paatre^ seingner^ jnelher, peier^ 
aordeier^ mater, menre^ sor, bar, genser, leuger^ greugêr.^) et totz 
loB adjectius: neutris, quan son pausat seues substantîu, si cum: 
„raal m'es — greu m'es — fer m'es -*- esqittu m'es -^— estranh 
m'jBs q^el aia dit mal de me.^^ 



E voilh/en traire fors encar dels pronoms ateus, si. cum: 
eu y tUf ely qui, aquel^ ilh, cel, aiçel, aqueat^ nostre, vostre, que no 
YQlon s en la fi, e sqn del ^nppìinatiu singular.^) 

Très declinazos son, el nominatîu s cas de k premeira fenis 
en A, et tuit li akre cas eissamen, del singular devetz entendre ; 
car el plural volon Ir cas s en la fin trastut* Tuit li ajectiu 



^) R. que non^volos s el nomÌDfttiii ^gular; mas albires , . ■% 

^) K. «li DOR^ si coiï H amador^ et en tôtz los autres cas en dors, si 
cun dels antadors, ois amadors» 

^) R. greuger^ qe podon haver s a la fin et podon esser sens s. £t 
devetz saber qe tuit li nom son o ajectiu o sustantiu; et tuit aqil que per 
se solamen non se podon entendre ni non pqrtan complida. sententia son 
ajectiu, si con bons^ mais, pros, vetlens non se pot entendre de si,, et aissi 
non pottaran dreita sententia^; mas s'ieu die „Mariin8 es valens ^at>ai£ers*^~o 
„Joans es pros,** adonc es complida sentenza per aqel nom, 20 es Martins, 
et per aquel nom, zo es Joans^ que son substantiu. Et per zo son dit 
ajectiu, zo es qjustanliuy car ajustan la» soas signitica^ns ab lor sustantius. 
E tuit aquill nom qe per »e i^olon portcu* perfetta sentenza e qe se podon 
entendre per se son substantiu, si con es Peire, Na. Mariai homs, dompna^ 



D0RATU6 PVOyi-SCIAtilS. 7 

dìctam msi do maseuliais et de neotri», que sunt similia in 
plurali per omnta loca, quanivis sit contra grammaticam. 

Et ubî iuil; dictum de nomînativo singulari quod vult s 
semper în fine, vold excîpere omnia illa nomina que finiunt in 
AIRE, verbi gratia: impemtor, amator, et in hae dictione* eire, 
verbî gratia: Petrus^ potator^ qui radit barbas, tonsor, pictor^ 
fictor^ percussor^' qui fréquenter concubit^ qui lihenter accipit, t&nax; 
et in bac dictîone irEj- verbi gratia: traditor^ qui consentit, deri- 
sor, cautus , cum armis percussor , qui fréquenter grunnit, Sed ab 
illa régula excîpîiintur îsta tria. ^) 

Et debetîs scire quod omnes dîctiones supradicte, de qui- 
bns nominatiVus singubiris finit in aire, et in eire, et in ire, 
finiunt omned alios castis singulares in dor, excepte vocativo, 
qui est similis nominativo, siciit dictum est sbperius. 

Et de illa régula que dîcit q^od riominatîrus sîngularis vult s 
in fine dictionis, volo adhuc excipere istas dictîones : magister, près- 
hyter, pasior, dominusy melior, pejor^ deteriòf^, major ^ tninor^ soror^ 
haro, pidchrior, levior, gravior; et omnia nomina adjectiva neutri 
generis quando ponuiitur sine substanti^^o excipinntiir ab illa ré- 
gula, verbî grâtîa: „Malum est mibi, — grave est mihi, — 
ferum est mibi, inopportunum est mibi^ — alienum est mibi quod 
ille dîxerit maluûi d0 me.'' 

Et volo excipere adhuc aliqna pronom ina', verbi gracia : ego^ 
tu, iUe, qui, iUe vel ille, iUe^ iUe, iste, noster, vester que nolunt s 
in fine dictionis, et sunt numeri singularis. • 

Très dedinationes sunt, et nominativus casus prime deelina- 
tionis finit in a, et omnes alii casas similiter, in singulari debetis 
intelligere ; quia in plurali volnnt omnes casus s^ in fine. Omnia 



e per so son dit substantia car per se Bolumen podon star e porta n perfetta 

sentenza en oonstmction. 

Et dfivetis saber qe toit U ac^ectiii, qan son paozat sens substantiu, non 

v(don B en la fin, si enm : bos mes, — airain nCes parut dCaisi, — greu mtt 

Car Peire non ama me puei$ eu Tarn tan ftnattwM. 

'*) Ce § manque dans le ms. K.; le suivant s*y lit ainsi: 

Éncara devete saber qel n(»ns ha très declínazons^ et tuit aqnill nom qe 

fenissen el nominatin singular en A* si enm 4ompna, bella, gâta, gaiiOf papa, 

prophtía toit son de la prima decUna^on; mas prcphetu e papa non volon » 

el nominatiu plural, et en totz los autres cas lo volon. 



*) La traduction des trois mots oAires, conêêiret et désires manque, 
Sappl^z îd : pour àlbires, arbitrinm, SBstiniatio^ pour cansêiret, cnra ou asgri^ 
tado, pour desires, desiderium on euptdo. 



8 -DONAT^ PBOKNSALS. 

feïninî dels quais lo nominatíus sìngulara feoâs en A , ei <:um es : 
èona^ belay cointa^ gaia seguen ^ aquella meisma legla. E tut 
aquelh de 1h prima ^) declinazo sun féminin, tcait: propheta^ 
gaita^ esquiragaita,^ papa* Pero propheiq e papa no volon s çl 
nominatiu plural, inas en totz los autres cas lo volon. Celh qe 
fenissen in ans vel in eks , quan s^ajusten ab femini substantiu 
vplun el vocatîu s a la fi; quant s'ajusten ab masculin substantiu 
non 1q volon. 

De la prima declinazo es sçivieza^ cortesia, dreitura^ mesura 
et tut Vautre. que fenissen en a., sion adjectif o. substantiu. De 
la secipnda: Deusy Hingmr ^ maestro » et tuit li nom breumen 
que no yolun s el nominatiu plural, et en totz ^ Ips autres cas lo 
volon. De la terza declinazon^) son tuit lî particîpî que fenissen 
en ANS et en ens, et tut li nom don lo nominatius singulars el 
nominatius plurals fenissen in âtz, e sun femenin , si cum : ^0^2- 
tatz^ beutatz, santaiz ^ arâistàtz e moût d'autre. En vulgar non 
trob mas 3) d'aquestas très manieras, de declin9.zos qu'ieu ai dit 
desus, . 



E son d'antras manieras de noms que non se declînon, si cum 
es vers ab totz soa compost, *) et tut li adjectin que fenissen in 
08 , si cum ampros , enveios , trait pros e bos» ^) — E tuit aquel 
que fenissen in as larg, o sion adjectiu o sion substantiu , no se 
dpclinon nis mudon,' si cum: wa5, pas, vas, tas; e cortes sec 
aquela régla me"2eîsma, epe.5, vontrapes, sirventes, cens^ encens, 
deves, ®) mes^ borzes, descibles, des. Mes, marques, bres, gles, cornes, 
escomes e près ab totz sos compostz. — E tuit li nom provincial 
que fenissen in es,* si cum Frances, Angles^ Genoes, Folhes; et tut 



') M. primeira. 

^) R. son tuit K Dom e H particip qe fenissen el nominatiu singnlar en 
AM8 et en ens, sî cttm grans, oTnans, vaknsf e tuit li nom qe finissen iu 
ATZ sun feminini, si cum borUatz, àmistatz, qel nominatiu el vocatin fan en 
AZ el singnlar; el plural eissainen fan en az. 

rAqil qe fenissen en uz, si oon es fcUuz et vengùz fan lo noifiinatiu el 
ýocatiu en uz, totz los autres cas en ut în singnlar; el plaral^ fan lo nomi- 
natïtt el vocatiu in ut, tut los autres cas en uz; 

*) R. mas senon aquestas ...';"' - 

■^) R. si cum pervers f devers, envers^ revers, . adt«>r«, convers, travers, 

^) R. trait pr&» e bos qe se. declînon. Et ^fion se declinoa fii.se mudon 
tuit áquil qe fenissen en as, sion-ac^ctiu substantiu ..... ^ 

6) R. defes. 



DONATUS PBOVIHGIALIS. 9 

adjectiva ferainini gen^s, quorvin nominativus singularis fiait in 
A^ verbi gratia: bona^ pulchra^ apta, leta^ sequuntur eamdem 
regalam supra' dictaiti. £t omnes dictiones prime declinatioiùg 
sunt feminini genens, excepto propheta^ papa^ specidator, eœcubie ; 
tamen prophetu et papa nolunt s in nominativo plurali, sed in 
aliis omnibus casibus volant. Dictîones fínientes in ans vel in 
ENS, quando conjungantur cum feminino substantivo, volunt in 
vocativo s in fine; quando conjunguntur cum masculino substan- 
tivo, nolunt. 

De prima declinatione est: sapientia, curialitas, justitia, men- 
sura, et omiiia alia nomina finientia in a, sîve sînt adjectiva, 
sive substantiva. De secunda jsunt ista nomina: Deua^ dominua 
et magister^ et omnia nomina breviter que nolunt s nominativo 
plurali , in fine dictionis , sed in omnibus aliis casibus volunt. 
Tertie declinationis sunt omnia participia desinentia in ans vel 
in ENS, et omnia nomina quorum nominativus singuWis et 
nominativus pluralis desinunt in atz, et sunt feminini generîs; 
verbi gratia: benitas, ptdchritudo ^ aanitas, amicitia, et plura alia 
nomina. In vulgari non invenio nisi très modos declinationum 
qaos dixi snperíus^ 

£t sunt alterius generîs nomina, que non declinantur, sicut 
est versus^ cum omnibus suis compositis, et omnia adjectiva 
desinentia in os, verbi gratia; amorosus^ mwdtw, -excepto, probus 
et bonus. £t omnes ille dictiones que desinunt in hac syllaba 
larga [as] non declinantur neque mutantur, velsint nomina 
substantiva vel sint adjectiva, verbi gratia: Nasus, passus, tumu- 
lus, rasus; et urbanus sequitur îllam et eamdem regulam, et 
pondus^ contrapondus^ cantio facta vituperio alicujuSy ceiisus, in- 
cenêum^ locus defensus^ menais^ burgenaia, dxacipidxia, diacua^ qui 
non poteat aonare niai c, marchio, lignum quo avea capiuntur^ glia 
animal, vvcafua, provocatua et captua ciim omnibjw suis compo- 
sitis; et omnia nomina, que derivantur a provinciis, que desinunt 
in hac syllaba [es], verbi gratia : Francigena, Ânglicus^ Genuenaia, 
Apulua; et omnia ista nomina supradicta desinunt in hac s^Uaba 
[es] stricta. -^- De hiîs que desinunt in hac syllaba larga [es]-, 
confesaua. Adhuc de hiis que in hac syllaba [as] larga desinunt 
non declinantur ista: Baaaua^ caaua^ pinguia, concordia campana- 
Tum, laaaus, manaum ubi ruetici manent, TaJia sunt ista: prdium 
paucorum contra multoa, civitaa^ /alsua, caatrum^ diacalciatua, pro 
cdce^ pra/alce, fuga, jactua, faraura, araua, diea Martia vel mensia 
Mardi, heœua vel nodua, glacies, lectus ferty paœ, vellua, clausua. 



10 ^DOMATZ PROBN8AI/8.^ 

aquest sobredit fenissen in i» estreit. — D'aquels que fenissen in 
ES larg, eonfea\ — Encaras d'aqtiels que in as larg fenissen no 
se declinoD, has^ cas, Çfos, clas^ las^ mas. Tais es mescaps^ Acs^ 
fcds, -Bautz^ deschautz^ cautz^ falz^ encautZj lanz;, fiirs^ arsj martz, 
latz^ glaiz^ jatz^ patz^ aus^ claus^ Uxus, roius^ eás^ cais^ fais^ Ims^ 
tais^ brais, Clavais^ melhz^ femSy tems^ Eefns. — In ers larg: 
guers^ dispers^ Bezérs, Lumbers. — In ebs estrcit: ders^ aers^ 
acUrs, — grís^ paradis, SanS'-Danis^ assis, Paris, ris^ vis^ berbiz, 

— ops, — polz, aiolz, — doulz^ — poutz, soutz^ — gergonsy — 
cors, mors. — In ors larg :/Cor«, socors, ors, sors, 'resors, — - bis, 
lis, alis, — crotz, notZy potz, -. — reclus, condus, confus, pertus, 
Dedalus, TantcUus^ us, fus, Artus, CerÒerus, E tut- aquest que 
ai dit desus no se declinon, nis mudon, ni en singular ni en plu- 
ral, e coren per totz cas egalmen. *) 

Pronoms es aici apelatz qnar es en loc de propri nom pau- 
satz, e demostra certa persona, si cnm : eu, tu, el, cel^ fûcd, aquel, 
aquest, eu fhezeismes, tu mezeismes, el rrtezeismes^ eu esteus^ tu es- 
teus, el esteusj eu eis, tu eis, el eis, meus, teas, seus, nosire, vostre; 
e per so. es ditz^) pausatz en loc jie propri nom, qe s'iea die: 
„eu sui vengutz,^ no mi besogna dir: „eu Jacme sui yengutz;^^ 

— „eu vei qe tu es vengutz," nom besogna dire: „eu vei que 
tu Peires es vengutz." S'eu die: ^aieel es vengutz** el- mostri 
ab la ma o ab l'oilh, nom besogna dire: ^Joans es vengutz/' 
£ per 80 son apelat pronom demostratin quar demostran certa 
persona.3) 



1) Ce dernier alinéa était fort dëfectaeox dans mon sédition de 1840, 
et la traduction laissait à désirer encore plus que le texte; j'ai complété et 
restitué Tun et l'autre à l'aide de tous les mantiscrits, mais surtout avec le 
secours du ms. Riccàrdi. Outre les corrections qu*il m'a fournies, j'y ai 
trouvé cette addition: 

CorSy pro corpore, est indeclinabile ; Cors, pro corde, fiacit, in nominative 
et vocativo, in or^ in reliquis in ors. 

^) R. es ditz e pausata. 

^) R. ajoute ici ce paseageV 

St deves saber qe tuit aqist pronom si cum es 6?^ fUr d, qvi, aqel, il, 
cel, aicel, aquest^ nosire, vosh'e, no volon s a la fi,, en la singular. £ devetz 
saber aquest pronoms eu es de prima persona, et aissi si déclina : nominatias, 
eu, — genitius, de me, — dat|us, a me, — accusatius, me, — vocatiu 
non a, car nuls non clama se mereùs; — ablatius, a me,' — £1 plural, 
* nominatius, nos, «t aissi per totz los cas plnrals, si cum, de nos, a nos, 
neSf ab nos. . 

£ devetz saber qe aqest pronoms ^ es d,e la seconda persona, et aissi 
déclina: nom., îm, — gen., áe tój — dat., a te, — ace, te, — voc«, o 
tu, — abl. , a U. — £1 plural, nom., vos, et aissi per totz los cas plnrals, 



DORATU8 PROyiirOIAl.IB. 11 

pro laude yel pra stagr^o^ arundo^ tabula^ g^^9 onus^ dulcis can- 
ins, animal^ clamor ainum^ easteUum, meliuê^ fimus, tempusy civitas. 

— [m hac syllaba larga, sbs:] atraho^ disperms^ civitas ^ casteUunL 

— In hac syllaba stricta, [ers :] eveetitêj herens^ erectusj — color, 
paradùtiSj Sanctus Dioniaius^ obsessus, cwitas vel proprium nomen 
viriy risus^ vimsy ovis, — opus^ — pulsus^ avuê^ — dulcis^ — 
pultes {esca de farina), pisces in aceto^ — gregnonum, {vtdgare 
triitanorumy) — corpus, morsus. — [In hac Byllâba lai'ga^ obs:] 
cursus, cmanliumf ursus, desurgp, deresurgo, — quidQjn color, lems, 
azimusj — Cì^, nuœ, puteus, — reclusus^ conclusus^ confusus, 
forameny proprium nomen, proprium nomen, usus, instrumentum nendi^ 
proprium nomen, Janitor inferni. Et omnîa ista nomina supradicta 
suiit indedinabilia, nec mutantur in singulari neque in plurali et 
currunt ita per omnes casus equáliter. 

pRONOMEN est ita appellatum, quia loco proprîi nomînis 
ponitur et os tendit certam personam, verbi gratia: Ego, tu, ille, 
ille, ille, iUç, iste, ego ipse, tu ipse, Ole ipse; item, alio modo, ego 
ipse, tu ipse, ille- ipse; item, aifo modo: idem, meus^ tutts, suus, 
noster. et uester. Et ideo dicitur positus in looo proprii nôminis, 
quia si ego dioo: ,,ego reni,^ non oportet dicere:. „ego Jacobus 
veni" — y>ego video quod tu venisti" non oportet dicere: „ego 
video quod tu Petrus venisti.** Item, si ego dico: „ille venit," 
et iUum oatendo cum manu vel cum ocuio , non oportet dicere: 
TtJobannes yenit.^^ Et ideo appellantúr pronomina demonstra- 
tiva, quia ostendunt certam personam. 



si can: de vos, a pos, vqs^ o vos, ab, vos. Et deves saber que tuit li pronom 
son de la terza persona, trait eu qe es de la prima, et Ui qe es de la 
segonda, si con es ditz desus, et tuit U vocatiu, (qe tuit lî vocatiu sun de la 
segonda persona), si cnn: o ArpuKns, danza. Vesetz cun aquest Árpulins, qe 
es Yocatitts, cas es: de la segopda persona, s'ajusta ab aqel verbe zo es dansa, 
qe es de la segonda persona. 

Nominatiu, e/, — gen., de Ivi^ — dat., a im, — ace, lo. — Vocatiu 
non a, car es demonstratius de la terza persona, et aissi non pot aver 
vocatiu > car lo vocatins es de la segonda persona, si cum es dig Mesus. 
— Abl., ab lui. — £t pluraliter, nom. » iH, — gen., dels, — dat., a 
ds, — ace, los, — abl., ah els. — Eissamen declino aqel, ce/, aicelf estiers 
qe ifan en l'aecusatiu si cun els autres cas, zo es genetin, datiu^et 
ablatiu. 

E aquest pronom si cun nosire, vostre, sun endeclinable eUsingular, et 
en lo plural fan si cun li autre adjectiu nom, car en lo nominatiu plural no 
volon s ni en lo yocatiu, et en totz los autres lo volon, si cun, pluraliter: 
nom., U nostre, < — gen., deÎe nostres, — dat., als nostrea. — Â^st^ mens^ 
tefis, seusj seguen aqella metesraa régla dels noms, car en lo vocatiu singular 
volon s, et en tptz los autres cas sii^golars non lo volon; et en lo nominatiu 
plaral non lo volon, et en totz los autres cas lo volon. 



12 DOSATZ rBOKirSALS. 

Verbes es apelatz car es con mandras et formas et temps, ') 
e gignifica alcona causa fiir o soirfir, si cam : ^ett baf^ e ^eu siii 
batutz.'^ S'en bat, ea fi&s alcona causa; s'eu soi batatz, ea soffire 
alcuna causa. ^) — Cînc snn li modi dels Terbes: IndicatiuF, 
imperatíus, optatios, oonjancthis, infinîtiiis. Inâicatîas es apelatz 
quar demostra lo fait que om £û, si cam es: ^eu diant, eu 
escrîa.**^) Imperatius es aqnel qaecomanda, si com es: ^aportA 
pan, aporta vin.** Obtatins es qar désira, si cnra: ^en Tolria 
aniar.^ Conjonetias es qar ajusta doas razos enseras, si cam en 
aqaest loc: y,cnm ea amei fortmen, tortz es si no soi amatz.^^) 
Infinitios es apelatz, qoar no pansa terme m fin a zd qe ditz, si 
cnm: ^en Toilh amar.^ 

E cascnns dels dnc modis qaleu ai dit desas dea aver cînc 
temps: presen, prétérit non perfeit, prétérit perfeit, pcetmt plus 
que perfeit e futur. 



Quatre conjugazon sûn^). Tut aquel verb, Tinfinitius dels 
quais fenis en ab, si cum amar, chaniar^ ensenhar, son de la | 
prima ccHijugazo. De l'autras très oonjugazos sun tan confus ' 
l'infinitiu en vulgar que coven a laissar la gramatica , e donar 
autra régla novella. Per que platz a mi que aquel verbe que 
lor infinitîu fan fenir in eb, si cum es ixioer^ tener^ dever, sîon de 
la segonda conjugazo, Aquelh que fenissen in ike, et aquel que I 
fenissen in endre, si cnm dire y escnre, tendre ^ ccntendre^ de- 
fendre^^) sîon tuit de la terza. Aquel que fenissen in m, si cum 
sentir^ dormir^ auzir^ sien de la quarta conjugazon. 



La presens tems de l'indicatiu de la prima conjugazo se 
dobla en la prima persona,') que pose dîr amt, o pose dir am\ 
chanti o chan ; plori o pÎor, sont o son ; hrami o hram , badalhi o 
badalk, — La segonda persona fenis in as, si cum tu amcu; — 
la terza in a, si cum cel ama» Aici fenissen las très personas 
el siogular del tems presen de Tindicatiu, ^) et el plural: nos amam^ 



>) C'est le me. R. qui rétablit atasi en provençal les mots latins de ma 
première édition. 

') R. si cmi: «en bâte Martin;** 8*eu bâte, eu fÎBz alcuna causa, se 
Martis es batutz, el sufre alcuna causa. 

3) R. o qe demanda, si cum „qe fas tu?'' «m'amas tu?" 

*) R. et car vol totas vetz un autre verb ab lui, car non pot star 
per se sol. 



DOITATUS PBOTIHOIALIS. 18 

Verbum appellatar qnia cnm modis et fonnis et temporibus, 
et sîgnificat aliquid facere vel pati, verbi gratia: ^ego perçu tio et 
ego percutior.^ Si ego perçu tio, ego facio aliquid; si ego per- 
cntior, ego patior aliquid. — Quinque sunt modi verborum: 
indicativus , imperativus , optatiyus, subjunctivus et infinitivus. 

— Indicativus appellatur, quia iodicat aliquid quod homo facit, 
vcrbi gratia: „ego canto, ego scribo." — Imperativus appellatur 
illemodufi qui imperat, verbi gratia: ^afifer panem, affer vinum/* 

— Optatîvus appellatur, quia optât, verbi gcatiac ,,ego vellem 
amare.^ — Conjunctivus appellatur, quia conjuDgit ve\ appre- 
hendit duas rationes simul, sicut in hoc loco: „cuin ego diligtim 
fortiter, injustum est, si non diligar.^ — Infinitîvus appellatur, 
quia non ponit terminum nec finem his que dicit, verbi gratia: 
„ego Tolo amare/^ Et unusquisque de quinque modis supra 
dictis débet habere quinque tempora, scilicet: presens, preterîtum 
non perfectum, preteritum perfectum, preteritnm plusquam per- 
fectum, et fìiturum. 

Quatuor oonjugationeâ sunt. Omnia illa verba quorum 
iniinitivus desinit in hac syllaba [ar], verbi gratia amare^ 
cantare et docere^ sunt prime conjugationis secundum vulgare. 
De aliis tribus conjugationibus sunt tantum confusi infinitivi 
modi, in Yulgari , < quod oportet dimittere grammaticam^ et dare 
aliam regulam novam. Unde placet mihi quod illa verba, 
quorum infinitivus desinit in hac syllaba [er] sicut est: habere, 
tenere , debere , sint secunde conjugationis. Illa que desinunt in 
hac syllaba [ire], et illa que desinunt in istis [enprr, otre], 
sicut: dicere, scribere^ tendere^ oontendere et defendere sint omnia 
tertie conjugationis. Hla que desinunt in hac syllaba [ir] verbi 
gratia: sentirey dormire, àudire, sint quarte. 

Presens tempus indicativi prîme" conjugationis duplicatur in 
prima persona, quia possum dicere ^ . . . ., vel possum dicere 
sic . . ., vel sic , * , Secunda persona in as desinit, verbi 
gratia: amas; tertia persona in hanc^ verbi gratia: iUe amat. Ita 
desinunt très persone in singulari temporis presentis indicativi et 
in plurali: nos amamus, vos amatiSj iUi amant vel sic ... Et 



^) R. Li verbi o son de la prima conjugazon o de la segonda o de la 
terza o de la quarta. 

^) R. défendre^ et in lURS, ej cam viurey eacriuref sion . . » . 

"^) R. persona, qu^en pos dire: eu ami o eu am, eu canti o eu can. 

^) R. indicatiu. El plural fenis la prima persoita in am, si cam nos 
amamy [la segonda] Jn-ATZ, i\ cum voê amaiz, U terza in o o in on, si 
cam ciU amo o amon. 



14 'DONATZ PROBirSALS. 

I 

vas amatz^ celh amen o amon^ et aissò es gênerais régla que la 
terza persona del plural se dobla per totz verbes e per totz tems, 
que pot fenir o in .en o in on; e la' prima persona dofola «e en 
totz Terbes, el tems presen de Findicatin solamen, si cum : eu senti 
o eu aena^ eu dizi o eu die. Mas mvb\t es a dir lo pins cort qnel 
plas long. 

El prétérit. non perfeit^) del îndicatiuramatxi, vos, va; ama- 
vcmL, amavatz, aven o amavon. I 

£1 prétérit perfeit:^) amei^ es, et; amen^ etz, eren vel ameron. 

El prétérit pins que perfeit: eu avia amat^ iae amat^ 4a amat^ 
iam at^ iaz at^ ien vel ion at. 

El fttttir son semblan tuit H verbe en totas las conjugazos, 
que tait fenissen aici: amopai^ roê^ ara, amarem^ retz, ran vel 
amarau. 

E l'emperatin tut aquel de la prima conjugazo fenissen in a 
estreit, si cum: ehánta^ haìa^ viula; ea la segonda persona enten- 
datz, car inperatins non a prima, qne om no pot eomandàr^) a 
si eis. En la terza persona fenis toztems in b, si cura; dance^ 
saute^ tombe.*) El plural fenis in atz, si cum: cavcdcatz, anatz. 
troUUz] cavalguerij anen^ troten.. 



^)E Tobtatiu fenissen tuit li verbe de -la prima conjugazo 
in ERA vel in ia; e de' totas las conjugazos comunahnen, si cum: 
^voluntera .aniaria , ras vel rias^ cernera vel n'a, El plural: amo' 
ram vel riam, aratz vel riatz, amaren vel rien* Item : dissera vel 
dî'ria, disseras vel rias^ disera vel Srta^ diseram vel riatfi^ diceratz 
vel riatz^ ren vel rien, tero aquel que son. de la quarta conju- 



*) R. zo es. non complit, de I*indicatia: eu amccva'f tu arnavas^ nos ama- 
vam, vos amcufatZf Ul amaven o amavon^ . ^ 

^) R. zo es compUt; »u ameiy tu amestf cel (imet^ nos (tmèmy vos amefz, 
m ameren o ameron. 

^) R. comandar se nieteis. 

*) R* et piuraiifer, zo es en lo plural, finU la prima ' pei^ona in em, si 
cum: nos cavalguem (eqttUemus) , amem nos (amemus nos), la segonda persona 
in ATZ, si cum: cmatz (eatis), cgnûtz vos (amcete vos); la terza fenis in £n, 
si jcum: cavalgtien (^quitent)^ Ul mien (ament ilU). Et devetz saber^qe tuit 
aquill verbe qe feniesenr en Tinfinitiu in ásl podon finir in aibb , si cum far, 
faire, trar, traire^ fan en l'imperatiu, en kt prima persona dd- plural, in am, 
si cora fazam, iragam.' / 



DOJTATCS PBQTIIICIALIS. 15 

hec est generalÌB F^nla qood tertia peraona plaralis duplicatar in 
omnibos verbis^ secundiim Tulgare, et in emnibas temporibus, 
quia potest fioire dc^ (exœpto fataro quia potest finire «tic). *) 
Prima persona dnpUcalur m omnibus Terbiâ, in tempore presenti 
indicativi tantom, (excepto ai^ scd^ qoia non dnplicatur in prima 
personik) **) verbî gratia: ^^Qo sentio vel ne, ego âico vel ^.^ 
Sed melius est dieere breyins nionosyllabnm quam disyllabnm. 

In preterito împeHecto indicativi amabam^ amabasy amabfxty 
amabamugy amabatìs^ amaòant vel aie. 

In preteritoperfecto: amamj amamstij amaoii^ anunrimus^ orna-' 
vistis, amaverutU^ xéi amaoere. 

In preterito ploa qnam perfecto: amaoeram^ 'afnaveras, «tnup- 
veraty amavenunus, amaveratU^ amaverant^ 

In fataro sant similia omnia verba in omnibus conjugatio- 
nibas, in vulgari, quia omnia desinont ita: amaboi canabiSj ama^ 
hit, amàbimusy Us, etc. 

ImperatÌYO. omnia verba prime oonjagationis desinunt in bac 
syllaba [a] stricta, verbi gratia: conta , saUa^ viela, videKcet in 
secunda persona, qaia imperativas caret prima persona, quia 
nullus potest precip^^ sibi ipsi. In tertia persona desinit semper 
in hac littpra [e], yerbî gratia: duceU choream^ scdtet, codât vel 
Ivdat scUtando. In plnrali desinit in hac syUaba [atz] (et habet 
primam personaro^ quam in singalari non habet,) ^) verÛ gratia: 
equiterniiSy amòtdemuSj trotemus^ eguitetisj aimhulçtis^ trotetis^ equiterU^ 
ambulenty trotent, 

In optatívo desinunt omnia verba prinie conjiigationis in 
hac syllaba [jìra], vel in* hac [ia] âniunt, et 4uplici modo 
pronuntiantar in omnibus conjugationibus generaliter, verbi 



3) R. En robtátÌTi finissen luit li verhe de la prima conjogazon del 
temps présent el singalar, la prima persona in era o in ri a, et de totas 
conjngazos geaieniiinen, si cam: voieniers ameroy voienters amariaj tu ameras, 
cel amerOf nos ornerai», vos am^riSy Ûl ameran, item, eu cUts^a etc. An- 
cara finissen li obtatiu el temps prezes aicî, si cum: Deus voìgttes qtCeu 
âmes (utinàm ego canarem)^ Deus volgues que tu amasses j (utinam tu amares)\ 
Deus voigues que cel anuxsset (utinam Ule ainarei)^ et pluraliter, Deus volgues 
que nos anuxssem (utíncím nos «maremi»), Deus volgues que vos amasses {utínom 
vos amare^^ Deus volgues que ill amassen {ufinaan Uii amarent), Pero aqu^ 
que son .".... 



*) les mots entre ( ) répondent à un passage da texte provençal qui 
manque dans tous les manuscrits. 

^) ce^te exception) eomme la précédente, manque dans le texte provençal. 
^) nouvelle remarque, qui ne se trouve pas dans le texte provençal. 



16 DOlCATZ PBOSH8ALS. 

gazo, don Fmfinitías íenis in ib solamen, si cura dormir^ fan 
l'obiatiu in IRA vel in ibria en la prima persona, en la segonda, 
in IRAS vel in irias, en la terza in ira vel in iriA| bì cam : eu 
vdenters dormira vel darmiria, tu dormiras o dormirias^ cel dormira 
o dormiria', in plurali, nos dormirem o dorfniriem^ vos dormir atz 
o dormiriatZy cil dormiren o dormirien. Et son alcon altre verbe 
qae snn fors d'aqae3ta régla, si cnmr voUry tener^ poder^ saber^ 
aver^ conoisser^ dever^ sezer; que vo^ fenîs la prima persona 
de Tobtatiu en volgra vel vólria^ la eregonda, gras vel rias\ volgra 
vel Wa, volgram vel riam^ volgratz vel riatz , volgren vel rieriy — 
tengra o tenria, — pogra o poria^ — auria a agra^ — conogra 
o conoiseria^ — degra o deuria^ — segra o seigria, — plagra o 
plairia^ — pagra o. paisseria, — begra o beuria, — volgra -o vcdria^ 
— mogra o mouria^ — colgra o co/ria, — nogra o nozeria^ — 
vengra o venria. E qnascus d'aqueatz solnieditz deu fenir en 
singular et en plural et en perspnas, de tan cum s'aperten al 
presen de Tobtatiu, si cum es dit desus pleneiramen^e voler, 

El prétérit plus que perfeit de l'obtatiu fenîssén tuit in es 
estreit, si sun de la prima conjngazo, si cum : ^honfòra qu^eu agues 
amati tu agesses amat^ çel agues amat^^*' et aqnest solamen que fe- 
nisr&én lor enfínitiu in endre et in iure, si cum : viure, prendre, ten^ 
dré'j' qtie Sun semblan en aquest loc a la prima conjugazo, et el 
prétérit perfeit , et el prétérit non perfeit del conjunctiu , si cum 
podetz vezer aîci: cum eu cantes, tu cantesses, ceVcantes^ nos can- 
tassem^ vos cantassetz, cil cantassen vel cantasson; cum eu tendes^ 
tu tendesses, cet tendes \ tèndessem, tendessetz, tendessen ^véì ten- 
desson; cum eu ames^ tu ameses^ cel âmes, nos amassem^ vos amas- 
setZj cil amassen vel amasson, ^ 

El futur de Tobtatiu fenissen tut aquel de la prima conjn- 
gazo in E si cum aîci: Deus volka qu'eu àme^ tu âmes, cel ame, 
JDeus voilla que nos amem, vos qmetz ^ cil amen o amon. — El 
présent dël conjunctiu es altrçtals. Pero lo prétérit non perfeitz 
dél conjunctiu es semblans al prêtent non perfeitz de riudicatiu 
a la yegada, et es contra gramatlca^ si cum en aquest loc: ,3'i^^ 
te donava mil marcs, sérias tu mos hom ?*' -- 

El prêtent perfeit del conjunctiu: cum eu aia ^amcU, aias 
amat, aia amat. nos aiam amat, vos aiatz amat, cill aien^rel aion amat. 

Lo prétérit plus que perfeitz del conjimctiu es semblans ad 
aquel de l'obtatiu. *) . 



<) R. de robtatiu, estiers que \a.^ on es uHnam e l'optatiu, el 4-oiijunctiu 
vol cum. 



DONATUS PROVINCIALIS. 17 

^âtîa: utinam amarem, vel îta, amares^ amaret^ amaremiis, tis^ 
rent; utinam dicerem^ diceres, ret^ diceremuSy diceretis^ rent, 
Tâmen illa verba que sunt qaarte conjugationîs, quorum infiniti- 
7US desînit in hac syllaba [m] tantum, sicut do7*mir€, desînit 
optatîvus in prima peréona in irem , veldt ego libenter dormirem ; 
in secunda dormires; in tertîa dormirety dormiremua ^ tis^ rent. 
Sunt aliqua alia verba que sunt extra îstam regulam, verbi gra- 
tîa: vellej tenere, posse, sapere, habere^ cognoscere^ debere^ sedere 
et plura alia; quia velle desinit in prima persona presentis opta- 
tivi in: utinam veUem\ les, let^ veUemus , tis^ veUent; — utinam 
tenere possem^ haberem^ cognoscerem, deberem, sederem, placerem^ 
pasceremy hiberem^ ^yalerem^moverem, colerem^ nocerem^ venirem» 

Et nnusquisque snpradictorum débet fínire in singulari et in 
plurali et in persònis, quantum pertînet ad presentem optativî, 
Bicut superiuB pleràud oontinetur in hoc verbo velle. 



In preterîto plusquam perfecto optativi, desinunt omnia in 
hac syllaba stricta [es], si sunt prime conjugationis, sicut: bon 
fora q^eu agues amat, tu aguesses amaty nos aguessem amat, vos 
aguessétz aynat^ cel aguessen amcU ; et illa quorum infinitivus 3esinit 
in hac syllaba [endre] vel in hac [iure], sicut vivercy capere, 
tenderey que sunt similia hoc loco prime conjugationi videlicet 
[in prêtent© perfecto] indicativi modi, et in preterito imperfecto 
conjunctivi, sicut potestis videre hic: cum cantarem, cantares, can^ 
tarety car^tareinuSy tis, rent, cum tenderem^ tenderes^ tenderet, ten- 
deremuSy tenderetisy tenderent; cum amarem, res, rety cum amare^ 
mus, tiSy rent. 

In futuro optativi desinunt omnia illa verba, que sunt prime 
conjugationis, in hac litera [e], verbi grçitia: utinam amemy es, et y 
amemuSy etisy ent , vel' sic. Et presens conjunctivi est similis illi. 
Tamen preteritum imperfecti conjunctivi est similis preterito 
imperfecto indicativi aliquando, et est contra grammaticam, sicut 
in hoc loeo: ,„aSÏ ego tibi donarem mille marchas y esses tu meus 
homof"- 

In, preterito perfecto conjunctivi: cum arnaverim, ris y rit y 
amaverimuSy tiSy rint, 

Preteritum plusquam perfectum conjunctivi est similis prete- 
rito plusquam perfecto optativi. 



18 DONATZ PBOEHSÁL8. 

El futur del conjunctiu: eum eu aurai amat^ tu auras amat, 
cel aura amat^ nos aurem amat, vos auretz amat^ cill auran vel 
aurau amaU 

El presen de renfìnìtiu , amar. ^) — El prétérit non perfeit, 
aver amat. — Els autres tems de Tenânitiu no m'entremeti , qar 
non an loc en vulgar, se no pauc. ^) 



Ni del passiu nom besogna dir, aissî con de Tactiu es dit 
desus, qar pertot se tria per aquest verbe sum^ es est^^) que vol 
nominatiu cas denan se et après , si cum : eu sui amatz , tu est 
atz^ cel es atz , nos em amat^ etz at , èun at^ — eu era amatz^ ras 
atz, ra atz^ nos eram at, eratz at, eren vel eron amat. — . *)€w 
fui atz, fust atz, /o atz, nos fom at, foz at^ fûren vel foron amat. 
^)eu avia estât amatz^ avias estât at^ ama eitat at^ nos aviam estât 
at, vos aviatz estât at, cel avieh vel avion estât at. — ^)eu serai 
amatz, ras atz^ ra atz^ rem at, retz at, ran vel rau at. — ^^jm. 
peratiu: sias tu amatz, sia cel amatz, siam nos at^ siatz vos at, 
sian vel, sion ceth amat, — *) Obtatiu : per mo vol eu séria vel 
fora afnatz, rias vel foras atz, ria vel fora atz, riam vel foram at, 
riatz vel for atz at, rien vel foron amat. — ^) Prêtent plus que 
perfeit: per mo voP^) eu agues estât amat, esses stat atz, es stat 
atz, essem stat at, essetz stat at, essen vel esson stat at. — El fu- 
tur: Deus volha qtCieu sia amatz, tu sias amatz, cel sia amatz, 
nos siam amat, vos siatz amat^ iU sien vel sion amat. — Lo 
présent del conjunctiu es altretals si cun lo futurs de Tobtatiu 
si metetz denan cum, lai on ditz per mo vol. — El "prêtent non 
perfeit del conjunctiu: com eu fos amatz y fosses atz, fos atz , em 

^) R. £1 présent de rinfinitia el non perfeit an solan^eu ona determina- 
zon en singular et en plural et en totas las persofias, zo es, amar, si cum : 
eu voil amar, tu voles amar, cel vol amar, nos volem amar^ Et per zo es 
ditz enfínitîus, zo es non finitius car, si cum es dit desus, non feois ni 
termina certa persona ni nome, que aissi [es] la prima cum la segonda e cum 
la terza, et aissi en plural cum en singular. 

2) R. no m'entreraeti, qar non an gaire luec en Viilgar. 

3) Les mss. donnent ici les formes latines et non les formes provençales, 
qui sont: sui, test ou est, es. 

^) R. El prétérit perfeit : eu fui amatz, etc. 

^) R. El prétérit plus que perfeit: eu era o avia estai amatz, tu eras o 
avias estai amatz, cel era o avia estât amatz, nos eram o aviam estât amat, 
vos eratz o aviatz estât amat, iU eren o eron, avien q avion estât amat, 

6) R. El futur: eu serai 

7) R. E l'imperatiu. 



DONATUB PSOYINGIÀLIS, 19 

In fjitaro conjunctiyi dîdtar ita: cum amavero^ amaverisj rtt, 

amaverimuê, 

Inspîciat lector in hujusmodi modîs et temponbus, et consî- 
deret que yerba débet proferre in vulgari suo et quem intellectum 
habent , quia in mlgari provincialis lingue eumdem sensum ha- 
bent ista yerba quem sua in suo vulgari. *) De aliis temporibuB 
infinitîvi nolo me intromittere, quia non habent locum in Tulgari, 
nisi parum. 

Née de passivo non oportet dicere ita prolixe, sîcnt superius 
de activo; sed aliquantum doctrina simplicior, quia per hoc ver- 
bum sum, es^ eat^ plane distinguitur , quod yult nominativura ca- 
BQm ante se et post, verbi gratia: Amor^ amaris, tur^ amamur, 
amammi^ amantur. Amabar^ haris^ vel amabare^ batur, amctbamur, 
amahamitd^ amabantur, Amatus mm vel /t/t, es vel futsti^ est vel 
/ttti, sumus vel /uimus, estis vel fuistis^ aunt^ fuerunt vel ère, 
Amatus eram vel fueram , ertis vel fueras , erat vel fueral , amati 
eramus yéi fueramus^ eratis véífueratis^ erant vel fuerant. Ama- 
bor, amaberis vel amabere^ tur^ anuzbimur, amabimini, amabuntur, 
Ámare, ametur, amemur, amaminor, amaminerie, amantor. Am&r, 
amere^ tur, amemur^ amemini^ . amentur, Utinam amarer , amare- 
m, amaretur^ amaremur^ amaremini, amarentur. Preterito plus 
quam perfecto : ittinam amatus essem vel fuissem^ esses vel fuisses, 
ment vei fuissent^ utinam amati essemus vel fuissemusy essetis vel 
fmssetia, essent rei fuissent; utinam amer^ ameris, vel amere, tur, 
amemur^ amemùii^ amentur. — Presens eonjunctivi est similis 
faturo optativî, posita hac dictione cum loeo utinam. — In prete- 
rito perfecto eonjunctivi : cum ego amarer, tu âmareris vel amarere, 
retur.^ cum amaremini, rentur. — In preterito perfecto: cum ama- 



8) R. E l'optatîu. 

^) R. £1 prétérit perfeit et plnsqae perfeit: D&ts agties volgtit qu*€u fo8 
estât amat (utinam ego essem vel fuissem amatiui) , tu fosses estai amaf (iu 
esses Yel. fuisses amatus) j cd fos estât amat (ille esset véi ftdsset amatus), et 
pluraliter: Deus agues volgut qe nos fossem estât amat (uUnam nos essemus 
vel fuissemus amatî) , vos fosses estât amat (vos essetis vel fidsseiis am^li), 
Hlfossen estât amat (UU essent vel fuissent amatiS. 

^^) L. 187 — Credo qnod velit dicere: mo volges Deus que âges estât 
amat. (glose marginale entourée en rouge). 



*) CSette leçon est celle du ms. de S. Laurent, plut 41, no. 42. Dans 
le ms. 187 de la même bibl. on lit seulement: Inspîciat lector in hujusm^i 
modis et temporibus , et consideret que verba dd>et proferre in vulgari provin- 
daUs Ungue, 

2* 



20 . DOKATZ PROSMSALS. 

ai, etz cU, fossen at •véi/osson, — £1 prétérit perfeit: cum eu aia 
estât amatz, aias stat atz, aia stat atz, aiam stai at, aiatz stat at^ 
aien vel aion stat amcU, — Lo prétérit plus que perfeit del con- 
junctîu sembla aqnel de l'obtatiu, si metetz cum en loc de JDeus 
vola» — El futur: cum eu aurai estât amatz, auras estât amatz, 
aura stat atz^ rem estât at^ rez estât at^ ran vel aurau estât at, — 
L'eufenitius del passiu non a loc en vulgar. ^) 

Li verbe de la segonda, e de la terza, e de la qnarta con- 
jugazo son moût divers, si cum: eu escriu o escrivi^ e dobla se 
en la prima persona, — tu escrius o escrives^ e dobla se en la 
seconda, — cel escri o escriu, et aisi se dobla en la terza. — eu die 
o dici, tu dis o dizes, cel ditz. — eu fenisc o /enis, tu fenisses^ 
cel fenis, — El plural fan tut, em, etz, en vel on. Et aquel 
qu'eu ai dit son de terza ; e degra avan dir de la segonda , si 
cum: eu ai, tu as, cel ha, — eu tenh o teni, tu tes o tenes, cel te, 
— eu sai, tu saps, cel sap, — eu fenh o /enhi, tu fenhz o fenhes, 
cel fenh, Autretals es penh, cenh, estrenh , enpenh, et en plural, 
em, etz, en vel on, 

El prétérit non peifeit de l'indicatiu et el futur de l'obtatiu 
et el presen del conjunctiu sun senblan tuit li verbe de la se- 
gonda' et de la terza et de la quarta conjugazo; qu'el prèterit 
non perfeit fan tut: ta, ias, ia; si cum: eu fingia ^ tu fingias , cel 
fingia; el plural: iam, iatz , ien vel ion; si cum: nos fingiam, vos 
fingiatz , cUl fingien [o fingion\. De l'indicatiu entendatz general- 
men; del conjunctiu a la vegada, quan si es pausatz denan, si 
cum aici: „s'eu avia mil marcs, eu séria ries om." - 

El futur de l'indicatiu: rai, ras, ra, rem, retz, ran vel rau; 
si cum: eu aurai, tu auras, cel aura, et pluraliter: nos aurem, vos 
auretz, cill auran [o aurau.^ — El futur d^ l'obtatiu^ et el pre- 
sen del conjunctiu : a, as^ a, am, atz, an vel on, si cum : Deus 
volha q'eu escriva, tu escrivas, cel escriva, escrivàm, vatz ^ vel 
escrivan vel escrivon, 

El prêtent perfeit de l'indicatiu, la prima persona finis en 
i, la seconda en ist, per la maior part, si cum: eu dissi, tu dis- 
sist, — eu escrissi^ tu cscrissist, — eu tengui, tïi tenguist, — eu 
dormi^ tu dormist, — eu fezi yelfi, tu fezist; eu feissi, tu feissist. 
Mas en la terza persona del singular son naout divers, si cum: 
dis^ escris^ teng^ dormi, fetz, feis; e tuit aquel don l'infenitius 
fenis en ir solamen, si cum: auzir, sentir, cubrir, soffrir, que no 



') L. 187 ajoute ici: explicU prima decUnatio, 



DOITATUS PROVIKCIALIS. 21 

nis sim vel fuerim^ tus sis vel fueris, tus sit vel /uerit^ amati simus 
\e\ fuerÌTìms ^ sitis vel fueritisy sint \e\ ftterint Prétérit um plus 
qaam perfecturo ooDJunctivi est similis preterito plus quam per- 
fecta optativi, sciUcet posito cum loco utinam, — In future: cum 
amatus ero vel fuero , eris vel fueris , erit vel /uerit , cum ameUi 
erimus vel fuerimus, eritis vel fueritis^ erint vel fuerinU Inônitivus 
passivi non habet locum in vulgari. 

Yerba secunde et tertie et quarte conjugationis sunt multnm 
diversa, verbî gratia: scriho\ duplicatnr enim ibî prima persona; 
et scribis, secunda similiter; et tertia scribit, — Pico, et hic sîmi- 
liter duplîcatur prima et seconda, tertia vero non. Hic similiter 
duplicatur Jinio. Hic similiter duplicatur finis — finit In plurali 
desinunt omnia in hac syllaba: finimus^ fi^itis^ finiunt; et illa 
que dixî superîus sunt de tertia. Yidelicet, quia sic ordo postu- 
lat, de secunda, verbi gratia: habeo, haheSy habet; teneo, (duplica- 
tur) tenesy (duplicatur in secunda persona) tenet; sapio, sapis^ 
sapit; fingo^ (duplicatur in prima persona et secunda similiter) 
jíngis^ fingit, Talia sunt ista: pingo, eingo^ stringo^ impingo et 
in plurali, impingimus^ impingitis^ impingunt. 

In preterito imperfecto îndicativî et in future [optatîvi] sunt 
similia omnia verba secunde et tertie et quarte conjugationis, 
quia omnia preterita imperfecta desinunt ita: fingeham^ bas ; bat^ 
fingehamus^ tis, bant (duplicatur in tertia persona*) indicativi). 
— Débet intelligi generaliter de [indicative; de] cenjunctive ali- 
quando, quando hec dictio seponitur ante, sicut hic: „Si haberem 
mille marchas, ego essem dives homo.^^ 

# 

In future indicativi, habebo, bis, habebit^ habebimus, tis^ bunt. 
In future optativi et in presenti conjunctivi desinunt sic, verbi 
gratia: utinam scribafn, as^ àt^ scribamus, iis, bant. 



In prétexte perfecto indicativi, in prima persona i, in secunda 
ist; pro majori parte, verbi gratia: ego dixi, diœisti; ego scripsi, 
sti; tenui^ sti; dormivi, dormivisti, feci^ sti; finxi^ sti. Sed, in 
tertia persona singulari, sunt multum diversa, verbi gratia t dùvit^ 
scripsit, tenuit, dormivit, fecit, finœit. Et omnia illa quorum inlSni- 
tivus desinit in hac syllaba [m] tantum, verbi gratia; audire, 
sentire , cooperire , sustinere , que non pessunt duplicari infìnitivo 

*) il Haut sous-entendre ici phiroH. 



22 DOHATZ PBOBN0ÁLB. 

se poden doblar, si cunv se dobla dir, dire; escrir, escrire^ fan la 
prima persona et la terza*) en s, et la segonda en iiA el prétérit 
perfeit de rindîcatiu, et el plural in im^ itz^ iren yeliron; e Fantre, 
que no son d'aqest senblan, fan^) em, etz^ en vèl on^ sion de la 
segonda o de la terza conjugazo, si cum aguem^aguetZy agren 
vel agron; el singular si cum li autre, trait la terza persona que 
ditz ag. - 

Très Sun que fan la terza persona del prêtent perfeit in oc 
el singular: poc, noc ^ moCy el quartz es ploc. — in ec: decazec, 
cazec^ escazec^ parec^ aparec, crée, — in ec estreit: bec^ lec, sec^ 
iec, dec» — in eup: deceup^ conceup^ ereup. — in aup: saup, 
caup. — in Eis : teis^ feis^ ms^ peis, empeis^ estreis, destreis^ con^ 
sireisy esteis^ ateis» — in enc estreit: sovenc, venc, avenc^ manienc, 
spstenc. — in es estreit :3) mes, près, ques, — in et larg: ven- 
quel, seguet^ perseguet^ conseguet, mesguet, respondet, perdet, tendet,, 
batet, pendet, descendet, fetidet, vendet , /oiet , escondet , encendet; 
que fan tut lo prétérit perfeit enteiramen si cum li verbe de la 
prima conjugazo, et si sun elh de la segonda ; e respondet e tondet, 
seguen aquela eissa régla. — in ac : plac , pac, mentac, ac, — 
in is: asis, escris, dis^ ris, sumris , enqiiis, Pero tut aquîst seis 
sobredit poden esser semblan en prima persona et en terza el 
prétérit perfeit. — in uis: destruis, Anquara in krc: sufri o 
soferc, ubri o uherc, cubri o cuberc, corec, — in ers lare: tersy 
esters. — in ers estreit: ders, aders, aers» — in ars: espars, 
ars, — in oc estreit: conoc^ desconoc, reconoc, — in ois estreit: 
ois, peroiSy jois, — in olc lare: vole, tolc, colc, molc^ dolc. — in 
os larc:/o5, apos, despos. — in os estreit: escos, ros, eseos, — 
in OLS larg: sois, c^soìs^ vols^ revols, — in ors larg: tors, destors, 
retors. — in ens estreit: tens, prens. — in aïs: complais, plais, 



M B. del singular in » et la segonda in isij si cum: eu 8<^ri, (sustinui), 
tu sqffrisj (sustinuisti) , cd sqfri (sustinnit); el ploral fan la vprima persona 
en im, si cum: nos sofrim (sustinuimus) ; vos sirfritz (sustinuistis) ; dU sufri- 
ren o sufriron (id est illi sustinuerunt vel sustinuere). 

2) R. en plural la prima persona in em, si cum nos aguem (nos habui- 
inus), el singular si cum li autre, trait la terza persona in ac, si cum ac 
(habuit) — nos dissem (diximus), vos disses (dixiatis), cill dtssen o disson, 
(dixernnt vel dixere). — L. 187, «t L. 42 donnent aussi, dans la traduction 
latine: diximus, dixistis, dixerunt vel dixere. 

^) R. in ES estreit, si cum: mes, midt (compost: remes, remisit), pretf 



D09ATUS PROVINOIÁLIB. 23 

sicut daplicatnr dtcere, scrihere^ fìniant prima persona et tertìa in 
hac littera [i], et secunda in hac syllaba [i3t], scilìcet in pre- 
terito perfecto indìcativi, et in plurali ita [im, rrz, iren vel iron]. 
Et alîa verba, que non 8unt istis similîa, fininnt ita [em, etz, 
EN vel on], in plnrali, sicut sunt supradicta, duplicata infinitîvo, 
vel sint secunde vel tertie conjugationis , verbi gratia: habuitnus^ 
istis^ erunt vel 6r<e; in singulari, sicut alîa verba, excepta tertia 
persona, que dîdl habuit, 

r 

Tria sunt que desinunt in tertia persona preteriti perfecti in 
hac sjllaba [oc] in singulari : potuit , nocvit , movit ; et quartum 
est pluit in preterito. — Preterita in ec : divitias amisit , cecidit^ 
contigit^ apparuitj apparuit, .crevif^ — Mbit, licuit^ sedit, tenuit^ 
debuit. Preterita in eup: decepit^ concepít^ convaLuit, — Preterita , 
in aup: Sapuit^ cepit, — Preterita in eis: tinxit, finxit^ cinœU^ 
pinxity hftpegity astrinxit^ constrinxii ^ idem, ^) eatendît, nactus est 
Preterita [in enc]: recordatus fuit ^ venit, evenit, patrocinatus est^ 
su^inuit. — Preterita in es: inisit, reviisit^ quesivit, — Preterita 
in et: vicit^ secutus est^ persecutus est, consecuttÀS est^ miscuit, 
respondit^ perdidity tetendity percussit, suspendit, descendit, divisit^ 
vendidit, futuit^ abscondit, incendit, quorum desinit preteritum per- 
fectura intègre sicut verba prime conjugationis, quamvis sint 
secunde; et respondit et totondit sequntur earodem regulam. — 
Preterita in ac: Flacuit, pavit, nominavit, habuit» — In is: sedit, 
scripsit, dixit, risit, suhri^t^ inquisivit» Tum omnia ista sex supra- 
dicta possunt esçe similia in prima persona et in tertia, in pre- 
terito perfecto. — In uis: destruœitj (persona tertia) in erc: 
qui passus est^ idem, aperuit, idem, cooperuit, idem, cucurrit, — 
Hac syllaba [ers]: tersit, extersit» In hac syllaba [ers estreit]: 
eresdt, necessaria dédit, kesit, — Hac syllaba [ajis] : sparsit, arsit. 
Hac syllaba [oc]: cognovit, ignoravit, recognovit, Hac sillaba 



: voluit, abstulit, 
fodit , appo- 



[ois]; unœity perunxit^junœit. In hac sillaba [olc' 

coluit, moluit, doluit, Hac syllaba [larga os" 

sm'i, deposuit, Jlac syllaba [stricta os] exçussit, rodit, abs- 

cmdit. Hac syllaba [ols] : solvit , absolvit , voluit , revolvit. Hac 

syllaba [ors]: torsit, distorsit, reiorsit. Hac syllaba [jens]: timuit, 

pressit, [Hac syllaba aïs] conquestus est, planant , /régit , refregit, 

consoîatus est, humiliavit, traaiit cum arçu, attramt, nctrravit, dehi- 



prendit, (compost, si cum après ^ apprehendit, repreSj reprehendit), ques, quesi- 
vit, (compost, si cum reques^ reqoisivit). 



*) Idem. — Le tradactem' veut dire: même sens que le mot précédent. 



24 DO^ATZ PRO£N8AL8. 

frais^ refraia^ afraia^ sofraisy traù^ atraia^ retrais^ contrais^ pertrais^ 
sostraia^ tais^ atais. — in aus: clans. 

E per so ait fait tant longa paraula de la terza persona del 
prétérit perfeit, quar maiers confusios era en aquela qae en totas 
las aulras, quar per la maìor part la prima persona fenis en i, 
e la segonda in ist, (del prétérit perfect de l'indicatiu entendatz, 
on per la noaior part la prima e la segonda persona sun semblan.) 
Del prétérit non perfeit de la segonda e de la terza et de la 
quarta conjugàzo tut son d'un semblan , si cum es dit desus : ^) 
ta, ias, ia, iam^ iatz^ ien vel ion. 

El prétérit plus que perfeit, tut aquelh, don rTnfínitius fenis 
in ENDRE, 2) vel iq être, vel in atre, vel in ondre^ vel in otre, 
si cum: tendre (conpost) , prendre (conpost), — in sbre, 
decebre (conpost), — fendre^ pendre (conpost). — mètre (con- 
post), batre (conpost), respondre^ escondre ^ fotre, — et in er, si 
cum: aver^ poder, tenér, saber^ dever^ sun senÎ}lan ^ la prima 
conjugazo^^mudat at in ut; et aquelh don l'enfinitius fenis in ni, 
mudat AT in it, trait très que muden at in onth: ponhèr^ jon- 
her, onher; e vezer^ mudat at in ist. E trait prendre e mètre 
ab lor conpost , que muden at in es. E trait escondre\ (at in 
08,) E trait penher^ fenher, empênher, tenher^ 4;enher ab totz sos 
conpost, que muden at in einht, et atenher eissamen. Trait 
estrenher ab totz sos conpost que muda at in eit, si cum: eu 
avia amat, eu avia saubut^ pogut^ conogut^ tengut^ degut, agut^ — 
eu avia auzit^ legit, escrit^ dit^ — eu avia près, mes^ — poinht^ 
oinht^ jonht, — estreit^ destreit^ — f einht, peinht^ teinht, ceinth^ 
empeintkk 



El futur de l'indicatiu sun «emblans totas las quatre con- 
jugazôs': amarai, ras, ra, rem, retz, ran vel rau,^) E la se- 
gonda persona de l'imperatiu fenis aici cum la terza persona del 
presen de l'indicatiu singular, trait aquest verbe sc^er, que fa 



^) R. Si cfam: eu avia j .tu avias, cet avia, nos aviamj vos aviatZf ill 
avien o amon. 

^) R. fenis en éndrk , si cum prendre , o en être , si cam metrej o in 
ATRE, si cum batre, o in ondre, si cum escondre, a in otre, si cum 
fotre. ^ 

3) R. £1 presen de Timperatia fenissen totas las conjugazos, trait la 
prima persona, la segonda persona del singular in as, si cum digas (die tu), 
a terza in a , si cum diga- cel (dicat ille) . £1 plural , la prima in am , si 



DONATVS PBOYINCIALIS. 25 

lem fecitf^vçilde tra^t^ suhripfàt^ eœpedivit^ pertinuit, Hac gylUba 
[aus], clausiU 

Et ideo feci tam prolizuin sermonem. de tertia persona prc" 
teriti perfecti, quia major confusio erat in illa qnam in omnibus 
alîis personis^ quia, pro majori parte, prima persona desinit in 
hac littera [i], et sécunda in hac syllaba [ist], (de preterito 
indicativi intelligatis , ubi, pro majori parte, prima et secunda 
persona sunt similes.) De preterito imperfecto seeunde et tertie 
et quarte conjugationis » omnia verba sunt simib'a, sicut dictum 
est superius. 

In pretento phis quam perfecto, omnia iUa verba quorum 
infinitivus desinit ita, in endre [vel in être vel in atre vel in 
ONDRE vel in OTREJ: tendere (compositqm) , pfendere (composi- 
tum), decipere (cpmpositum) , ftndere^ pendere (compositum), 
mittere (compositum), percutere (compositum), respondere^ eœcU' 
tere^ CQÌre^ et in hac syllaba [^r], verbi gratia: habere, posse, 
tenere^ sínpere^ debere, sunt similia prime conjugationi , mutata 
syllaba hac at ìq ut, et illa, quorum inônitivns desinit in hac 
[ir], syllaba mutata [at in it]. Ab hac régula ezdpiuntur très, 
ubi loco AT ponitur onht: pungere^ jungere^ ungere. Excipitur 
et videre^ mutât [at in ^st]. Et hoc excepto prendere, et hoc 
yerbo excepto mittere^ cum omnibus suis compositis, que mutant 
[at in £s]. Excepto etiam eacutere, qui mutât [at in os]. Et 
exceptis his : pingere^ fingere^ impinger^^ tingere^ eingere^ cum omni- 
bus suis compositis, que mutant [amt in einth} et aitingere simili ter. 
Excepto stringere cum omnibus suis compositis que mutant at in 
EiT, verbi gratia : armmfiram^ sciveram^ potueram, cognoveram^ tenue- 
ram^ debueram^ habueram^ audieram, legeram^ êcripseram, diae- 
ram^ ceperam^ miseram^ punxeram^ unœeram^ junaeranij strinœeram, 
fihxeram^ pinaeram, ttnaerafn, cinœeraniy irr^pegeram. 

In futuro indicativi sunt simites in omnibus quatuor coi^ju- 
gatîones: Ámabo^ amabis^ bit y amabimusj tis, bunL Et secunda 
persona in^perativi desinit ita ut tertia persona presentis indica- 
tivi singularis, excepto hoc verbo sapere. Et imperativus prime 



cum digamj {cUcanms no»), la segonda in Az, si cum digafz (âicite toi)^ la 
terza i^ on, si cum âigon (âxeant iUïy. Mas aissi faill la régla en la se- 
gonda persona del siogular per la ntaior part, si cum: pre», repren^ pemh, 
omhy streinh e generalmw tnit finissen u cum en l'infinitja, trait la ultima 
sillaba, si cum batre qe fait batj et audir, qe fai a», et tscondré qe fai 
iscon et Ugir qe fai- leg. En la .terza persona fan toit en A, û cun es dit 
desuB, si cum 6ato, auia, lega^ aaza» El futur de l'imperatin de totas las 
ooDJagazos fan tuit, aissi con lo futur de l'ln(Ucatiaj si cum es dit dé&us. 



26 DONATZ PKOEN8AL8. 

êapchas e remperatin. E Temperatias de la prima fenis en a, en 
seconda persona; en terza, in e, si cum: ama tu^ ame cel\ amem 
noSf amoAz vos^ amen cel o amon. Et es lo futurs de Pemperatiu 
taU cum lo presens. 

Lo presens de l'obtatiu vol en totas conjugazos^ trait la 
prima, generalmen fenir en m, new, ria, riam, riatz^ rien \e\ 
rion. El prétérit plus que perfeit fenis in agues^ aguesses, agues, 
aguessem, aguessetz^ aguessen vel ctguesson, c^ustat ut en la fin, 
en totas personas, si lo verbes es de la seconda conjugazo o de 
la terza ; ^) si es de la quarta , it, Pero segon que lo prétérit 
plus que perfeit de l'indicatiu es formatz, sun tuit li prêtent pins 
que perfeit format, ajustât aguea el cap, si cum: 8* eu agues sau- 
but^ sUeu agues tengut^ perdut, conogut^ pogut; s*eu agues austf, 
escrit, dormit y délit, aunit^ si cum se conte plus pleneramen 
desus. 

2) El prêtent plus que perfeit de l'indicatiu, el futur de Tob- 
latiu, el presens del conjunctiu sun semblan, que fenissen, a, as, 
a, am^ atz, an vel on, si cum: eu sia, tu sias, cel sia, cum, nos 
siam, vos siatz, cd sian vel sion. 

El prétérit non perfeit del conjunctiu, si es -de la segonda 
o de la terza: es, esses^ es, essem, essetz, essen, cum de la prima, 
si cum: cum eu àgues, tu aguesses, cel agues, cum nos aguesseni, 
vos aguessetz, celh aguessen vel aguesson. Si es de la quarta, isj 
isses, is, issetn, issetz, issen velt'^son, si cum: eu dormis, tu dor- 
misses, cel dormis, cum nos dormissem, \vos dormissetz, celh dor- 
mis8en\ vel dormisson, 

Lo prétérit perfeit del conjunctiu : aia ut, aias ut, qia ut, 
aiam ut, aiatz ut, aien vel aian ut, si es de la segonda o de la 
terza conjugazo, si cum: eu aia tendut^ tu aias tendui, cet aia 
tendut, nos aiam tendut, vos aiatz tendut, celh aion o aien tendut. 
— S^es de la quarta, muda ut in ix, si cum: eu aia sentit, tu 
aias sentit, cel aia sentit, nos aiam sentit, vos aiatz sentit, celh aien 
G aion sentit» 



^) R. Sî es de la quarta conjugazon, si cnm ausdr, servit j mutai at in 
rr, si cum Deus voigues qu^eu agues servit o qu^ eu àgues cmsiu 

^) R. El futurs optatius el presens del conjuçctin sun semblan que 
finissen en la prima persona en a, si cum Deus no veilla qu^eu aia o cum 
eu aia o cum eu scriva o cum eu diga; la segonda in as, tu scrivas, q qw 
tu aias a sìm; la terza si cum D&ts voUUa qu^él sia o qu'^ $cri»a o cum d 
eservoa o qe^él sia; el plural, la prima persona in am, si cum Deus voillia 
que nos 'aiam o siam o scrioam o cum nos voiìUam' o tengam; la seconda in 



DONATVS PROTINGIALIS. 27 

conjngationîs desinit sic in seconda persona [in a] , et in tertia 
in E> , yerbi gratia : ama tu , amet iUe , amemus nos , amate vos, 
ament dlu 

Presens optatîvi vult in omnibus conjugationibus ita finire: 
utinam amarem^ res, ret^ amaremus, tù, rent In preterito plus 
quam perfecto': utínam amavissem, ses^ set; amavissemuSj tis^ senU 
addita hac syllaba [itt], in fine, in omnibus personis^, si verbum 
est secunde conjugationis ; si prime , at ; si tertie , ut ; si est 
quarte, it. Secundnm formatinnem preterîti plusquam perfecti 
indicativi formantur alia preterita plusquam perfecta, posita hac 
dîctione agues , loco avia , verbi gratia : « scmssem^ si tenuissem, 
et sic de singulis: agues perditum^ cognitum; si audissem, et sic 
de singulis: dormitum^ destructum, vituperatum , sicut plenius con- 
tinetnr in preterito superius. 

Et preteritum plusquam perfectum indicativi, et futurum 
optativî, et presens conjunctivi sunt similia, in secunda, et in 
tertia, et in quarta conjugatione , que desinunt ita: âiçam^ dicas, 
cat, dicamusj tis, cant, verbi gratia: cum sim^ sis^ sit; cum si- 
mus^ sitis, sint. 

In preterito inperfecto conjunctivi, si est secunde videlîcet 
conjugationis, vel tertie: rem, res^ ret^ remus, tis, rent^ sicut in 
prima conjugatione dictum est, verbi gratia : cum haberem^ res, ret, 
haheremus, tis^ rent. Si est quarte, verbi gratia : cum dormireniy res^ 
ret\ in plurali: cum dormir émus, tis, rent. 



pPreteritum perfectum conjunctivi] hoc duplici modo potest 
dici videlîcet secunde et tertie conjugationis: prima persona [aia 
wi], secunda \ias wi], tertia [aia w^]. In plurali , prima persona 
\aiam mî], secunda [aiatz ut\ , tertia \aien vel aion ut'\ , si es.t se- 
conde vel tertie conjugationis, verbi gratia: cum tetenderim, teten- 
deris^ tetenderit; in plurali, prima persona, cum tetenderimus ; se- 
cunda, tetenderitis ; persona tertia, tetenderint et sic. Si est quarte 
conjugationis, videlîcet mutata hac syllaba [ut in it], verbi gratia: 
cum seniieriin, in singulari prime persone; secunda, sentieris; ter- 
tia, sentierit; in plufali, prima persona, cum sentierimus, secunda, 
sentieritis, tertia persona, sentierint. 



Az, si cum DeuivoSUa qtte vos eàaz, que vos siaz, o cum vos voiUiaz, la 
terza in AN o in iki, si <mm Deus voUUa que ill cdan o «ûin, o cum iU 



kmnan. 



28 



DOVATZ PROBirSALS. 



Lo prêtent plus que perfeit del ooDJimcthi es tais cam de 
Pobtatia. £1 fator com: eu aurai tengut, tu auras tengut, cel 
aura tengut^ nos aurem tengut^ vos aureiz tengut^ eelh auran o 
aurau tengut^ si es de la segonda o de la tena. Si es de la 
qoarla, miida cr in rr. 

De rinfinîtia es ditz assatz dessus, al comenzamen dels 
verbes. Lo passins de las autras oonjngazos, si tsava es dit de 
la primera sia totz per ordre, fors que en la s^ponda et en la 
terza muda at in dt, et en la quarta at in rr. 

Et aqoist son H verbe de la prima conjngazo : 



LI VERBE DE U PRIMERA CONJUGAZO. 



Âmar — amare, 

adirar — odire. 

albergar — ospiiare. 

ôstalar — itUni quod ospitari. 

aripar — de aqua ad ripam venire. 

aspirar — aspirare. 

aoelar — anhelare, 

anar — ambulare. 

arar — arare. 

adagar — adaquare. 

asclar — findere ligna. 

alargar — laxare, 

YÌoIar, viular — vUdare. . 

arpar — arpam sonare. 

flitular, scitolar — cUarizare, 

madarar, mandarar — manduratn 

êonare. 
organar — orgqnizare. 
cornar — tubam sonare. 
trombar, trumbar — tubis ereis 

sonare. 
earamelar — cwnfistidis canere, 
assaiar — tractare véL probare. 
ademprar — amicos rogare. 
armar — armare, 
amblar — plané ambtdare. 
aiomar — aiem assignare vel da- 

rescere. 
acorsar — concursumprovocare,^) 
assoudar — stipendiari. 
sgraàar - plaeere. 
anzelar — aves venaru 



agolonar — stimidare, 
|W>ngar — prolongare. 
abetar — aecipere verbis. 
abastar — sufficere, 
aprimar — subtiliare, 
aprimainir — ad primas venxre. 
arezar, arozhar, — procurare vel 

nànistrare necessaria. 
ataînar — impedire. 
afiar — securiiatem dare, 
amparar — occupare, 
asaegnrar — securwn reddere. 
albirar — estimare. 
adantar — valde placere. <) 
avinazar — tnno inbuere. 
assautar — provocare adpugnam. 
aprosmar — appropinquare, 

Badar — os cperire. 

balar — saltare ad melam vel ad 
(diquid. 

bairar^) — ponere serram in 
ostio. 

baroneiar — signa baronis osten- 
dere — vd jactare se. 

baconar — porcos interficere et po- 
nere in sale, 

baratar — stuUe vel dolose expen- 
dere. 



*) var. provocare ad cttrmm. 



^) quoique las mss. donnent adan- 
tar; il fiint lire adanOar, ou mieux 
oeotitar, channer. 

*) Bcirar pour harrar. 



DOKATUB PR0VIHCIALI8. 



29 



Preterítum plus quam perfectum conjunctivi est taie qnale 
optatîvi. Dicitur îta in futtiro : cuîii tenuero, tènueris, rit ; in plarálî, 
cum tentierimus, tenuentis, tenuerinU Defoet ita intelligi si est 
secunde vel tertie conjugalioniâ ; si est quarte, mutât hanc sylla- 
bam UT in it. 

De infínitÌYo dictutn est satîs superins, in principîo, cum 
cepi loqui de verbis. Passîvum aliarum conjngationum ^ sicut 
dictum est de prima, sit totum per ordinem, excepto hoc quod 
in secunda et tertia conjugatione mutât hanc syllabàm at in ut, 
et in quarta mutât at in rr. 



bateiar — baptizare» 

barutelar — farinam subtiliare, 

braciar, braceiar — hrachiis men- 

surare, 
blanqaeiar — candescere, 
barreiar — inpetuose repère, 
belar, bellar, — ad oves pertinet, 

— hella /erre. 
bendar — cum victis (vittis) caput 

stnngere muliei'is. 
bresar — ad capiendum aves sonum 

facere. 
bretoneiar — loqui ònpetuese. 
bleseiar — sonare c. loco s. 
bendelaf — oculos ligare, 
bullar — bullare, 
bufar — ore insufflare. 
brasar — incendere, 
bascalar — ligna parva colligere. 
brisar — minutatim frangere. 
baissar — osculari vel demitiere, 
biordar — discurrere cum equis. 



Cantar — cantare. 

calfar — caleficere, calefieri. 

calar — tacere. 

cazar — t^enari. 

caminar — equitare per stratas. 

camiar — mutare, 

cambiar — ad monetam pertinet^ 

dare unam pro alia, ., 
castiar — caatigare. 
castiglar — digitum ponere suh 

ascella alterius ad provocan- 

dum ludttm. 



cavar — cavare, 

carcelar — portare sarcinam cum 

asinis. 
ccmbelar -r- ostendere avem ad 

capiendum aliam. 
classeiar — campanas pulsare. 
clamar — clamare. 
cagar — superflua ventris facere. 
cremar — incendere. 
celar — celare. 
cercar — investigare. 
cessar — cessare. 
cenibar — tibias valde movere. 
cisclar — valde clamare cum voce 

subtili, 
citar — citare, 
cin^ar — stringere equum cum 

cingla. 
cridar — personare voce. 
crivelar — bladum purgare. 
coDortar — consolari, 
confortar — confortare. 
coronar — coronare. 
cobeitar — concupiscere, 
corolar vel coreiar — ooreas du- 

cere. 
cobleiar — coblas facere. 
couBÎrar — considerare. 
cobrar — recnperare. 
colar — colare. 
condeiar — valde se in cunctis 

aptare. 
consethar — consilium dare. 
contar — computare. 
eongagar — cum stercore detur- 

pare. 



80 



jyOVATZ PBOBN8AL8. 



DaraDar> — damnare. 
danzar — ad corean saltare. 
daurar — deaurare. compost, so- 

bredaurar. 
divinar — divinare. 
descombrar — ab impedimento lo- 

cum purgare, 
derocar — airuere, 
destorbar — in ali^M) facto se 

ûpponere,- 
distringàr — occasUmem omtiem 

dare,- 
derengar — de série nUlitem exire. 
desgitar — eicere. 
despolhar — expoliare, 
dehvrar — liberare. 
demandar — requirere, 
desmandar — mandata revocare, 
dejunar — jejunare. 
descauzar — discalceare, 
desarmar — arma deponere, 
despulzelar — corrwnpere vir- 

ginem. 
clesirar — desiderare. 
degolar — preçipitare^ decapîtare, 
desviar — deviare. 
descargar — exonerare. 
deripar, deribar — extra ripam 

exire. 
desclavar — clavos extrahere. 
desarrar — aperire, serram au- 

ferre, 
desfublar — pcdlium deponere, 
detirar -^ valde trahere. 
desdejunar — franger e jejunium. 
disnar — prandere. 
dictar — dictare. 
dîssipar — dissipare. 
donar — donare. 
doneiar — cum dominainis loqui 

de amore. 
doblar — duplicare. 
dolar — dolare. 
doptar — dubitare. 
durar — durare, 

Ëstar — stare. 
espiar — inqtUrere. 
esquivar — devitare. 
esperar — sperare. 
embkr — furari. 
errar — errare. 



eaperonar — calcaribus equum ur- 

gere, 
essugar — siccare, 
enganar — fallere, 
enastar — in ligno ad hasiam 

deptmere. 
endurar — jefunare. 
enbargar — impedire. 
enanzar — prqficere in aliquo, 
esiïiaiar — timoré deficerê» 
ensenhar — docere, 
enviar - trasmictere. 
essauzar, essauchar — prohare. 
eifredar — timorem immittere. 
esforzar — vires colligere, 
encolpar — inculpare. 
enpenar — in pignore mittere. 
enumbrar — propter umbram li- 

mere vel sensum amittere, 
enebriar — inébriare. 
escampar — evadere, 
escoissar — ' per coxas dividere, 
escortigar — excoriare, 
embotar — utrem implere. 
efisaurar — ad auram exire, 
ensanglentar — sanguine pol- 

luerè. 
esmendar — emeridare, 
encausar — fugare. 
enclavai — clavum in pedem 

Jigere, 
escracar — tussiendo spiritum, emi- 

ctere. 
esemplar, essemblar — exemplare. 
entamenar — panis partem vel 

panni vel alicujus rei au- 

ferre. . 
esbudelar — intestina de ventre 

ïrahere. 
enâar — inflare. 
enbriar — crescere. 
estoiar — reponere. 
ensacar — in sachum mittere. 
enborsar — • in bursam mittere. 
enarbrar — erigere duos pedes et 

in duobus sustentari. 
esmerar — depurare^ 
enrabîar — in rabiem venire. 
escolhâr — castrare. 
elumenaTj enlumenar — illumi- 

nare. 
eniuragar — lolio inficere. 



DOKATU8 PROVIMCIALIS. 



81 



Far — facere. 

faiturar — malejficiare. 

fadeiar — stuUitiam facere, 

fadiar — repulsam patù 

fabregar — fabricare. 

fennar — firmare, 

fonnar — formare, 

ferrar - ferrare. 

fiar — cúnfidere> compost, affiar, 

deffiar. 
filar — nere, 
folar, foUar — 9ub pedibus ccd- 

care, 
aifolar — deteriorare, 
afbgar. — ignem ponere. 
ofegar — suffbcare. 
forzar . — vim facere. 

Gardar — custodire vel respicere. 

(compost), 
garar — idem. 
galopar — inter trôtare et currere, 

saltus parvos facere. 
gastar — devastare* compost, de-» 

gastar. 
gratar — scalpere. 
gasanhar — lucrarL 
gaitar — vigilare ad custodiam, 
gelar — coûgelare. 
greviar — gravare, 
glenar, grenar — spicas post mes^ 

sores coUigere, 
gitar — jacere^ jactare, 
gaidar — guidare, 
galliar — fallere. 
glazar — gelu consiringere, 
governar — guoernare. 
gotar — sHUare, compost, dego- 

tar. 
glotoneiar — ingluviem facere. 

Intrar — intrare. 
izalar, inzalar — propter muscam 
fugere, ad boves pertinet. 

.Turar — jurare. 

jogar — ludere. 

jutjar — judicare. 

justiziar — justitiam exhibere. 

Lauzar — laudare. 
lavar — lavai'e. 



latrar, lairar — lairare, 

laissar — dimittere. 

lassar — fatigare, 

laborar — laborare. 

latinar — latine loqui. 

leviar — alleviare. 

levar — levare. 

lecar — lecare^ lingere. 

listar, listrar — per virgas omare. 

livrar — dare. compost, delivrar. 

lipsar — polire. 

luitar — luctari. 

Manjar — manducare, 

matar — matare. 

mandar — mandare. 

maridar — maritare. 

macerar — macerare, ad pamfica- 

tionem pertinet. 
mallevar — fidejubere. 
mascarar — carbone tingere. 
menar — minarey vel conducere. 
meììazar -;- minart. 
melhurar — meliorare. 
mesu'rar — menswrare, 
mezinar — medicinam dure. 
mendigar — mendicare. 
mescabar — infortunio amittere. 
menbrar — recordari, compost, 

remembrar. 
mercadar — mercari. 
meraveilhar - rmrari, 
mesclar — litigare. 
madurar -^ maturare. 
matar — percutere. 
mirar — tn specuLo inspicere, 
mostrar — monstrare. 
moscar — miiscas àbigere. 
moscidar, mosdclar — cum nari' 

bus insufflare. 
montar — ascendere. 
monestar — monere, 
meîtadar — médium facere unius 

coloris, médium alii. 

Naveiar — navigare. 
nadar — natare. 
nafrar — vulnerare. 
negar — aquis suffocare. 
neolar — nébula operire. 
nivar, nevar — ningere. 



32 



DONATZ PROENSAL8. 



notar — notare. 
nombrar — numérote. 
nomnar — nominare, 

Obrar -?- opernri. 

onrar — honorare, 

orar — orare. 

ondeîar — undis tttmescere. 

ODzeiar — uncias pedum curvare, 

odofar — odorare, 

occaisonar — occasiones qaerere. 

oscar — ditare. 

ostar — removeré, 

pstalar — in kospithtm intrare, 

oblidar — ohlimsci, 

Parar — parare, compost, repfr- 

rar, 
passeiar .— passus magnos faeere, 
pausar — requiescere. 
parlar — loquù 
pagar — pecuniam solvere. 
passar — transire. compost, tras- 

passar. 
pastar — farinam cum aqua mi- 

scere, 
plaideiar — causari, 
plantar — ,plantare. 
plazeiar , — per plateas ire. 
praticar — praciicare. 
pantaiar — sompniare. 
penar — penam sustinere. 
pegnorar, penhurar — pignus au- 

ferre. 
peiorar — peiorare. 
pelar — depilare vel pilos au- 

ferre. 
pescar — piscari. 
pecar — peccare. 
pezeiar — minutatim frangera, 
petazar — refieere vetera. 
perilhar — pçriclitari. 
pensar — meditare. , - 

pezucar f pezngar — , cum . duobus 

digitis aliquid stringere. 
peaar — ponderare, vel moleste 

ferre, 
pectenar — pectinûre. 
pertusar — perforare. "^ 

presicar, prezicar — predicare. 
presentar — presentare. 
(compost). 



pregar — precart. 

prczar — apreciare. 

perjurar — ~perjurare, 

plegar — plicare. 

prestar — mutuare, 

pissar — mingere. 

picar — picare. 

pistar — terere. 

poptar *— portare. 

pongilar, ponzilar — ad dirnen- 

dum murum ligna ponere^ vel 

diruere murum cum ligno. 
ponzeiar — ponere bénéficia aliis. 
podar — inprobare, vel putare vi- 

neas. 
poiar — ascendere. 

(compost), 
plorajp — flere* 
proar, prôiiar — probare. 
plovinar — fréquenter pluere. 
pomelar — pomum inaerem proi- 

cere. 
polsar — valde anhelare. 
póntar — punctare. 
purgar — purgare. 

Quarar — quadrare. 
quitar — immunem reddere. 
quintar — quintam partem tollere, 

colligere. 
quartar — quariam partem id. 

Raabar — rapinam exércere. 

rancurar — conqueri. 

razonar — rationem reddere. 

ranpoinar — dicere verba contra- 
ria derisorie. 

rautàr — subito de manu aufeire. 

rasclar — cum ligno radere. 

raiar, radiar — radiare. 

ranqueîar, rauqueiràr — claudi- 
care. 

restaurar — restaurare. 

refiudar — refvtarc. 

regardar — respicere. 

remirar — valde respicere. 

reparar — reparare. 

renoelar — renovare. 

revelar — rebellare. 

remandar -- remandare. 

remembrar — recordari, 

respirar — respirare. 



D0TYA.TU8 ^ ltOVINCIALI.fi. 



d3 



revelhar — excitare. 
I rimar — rimas facere, 

ribar — clavos rtpercutere. 
(coinp09t.) 

rodar — in circuitu ire. 

romiar — rpniicare^ ruminare. 
' ractar, rotar — eruciare* 

roflar — dormiendo insufflare, 

roucar — turpiter cum gula bar- 
rire. 

rosseiar — rvbescere. 

roilhar — ruHginê ir^cere. 

rogeiar — rubescere. (var.) croco 
mbescere vel niteseere. 

rocegar — iràhere cum equis. 

Sautar — saltare. 

sadolar — satiare. , 

saborar — 8aporar$i 

sanar — sanare^ 

san*ar -^ Jirmare hostium. (var.) 

. claudere vel firmare. 
salvar -^ salvare. 
saludar. — saÎutare, 
sagetar — sagiUare. 
sanglentar — sanguine poUuere. 
sagrar — sacrare. 
saenfìar — sacr^care. 
senbar — signare. 
secar — siccarè. 
seminar — seminare. 
selar — stemeré equum. 
segar — reseçarè herbas. 
senhoreiar — dominari. 
siblar — sïbUare. 
semblar — similare. 

H^pDiposîtum.) 
sebrar — separare. 
sonar — sonare. 
soumbar — sompniare. 
sopar — cenare. 
sonar -^ c«i» naribus spirare. 
sosteirar — sepefire. ~ 
soanar — recusave. 
sospiràr — suspirare. 
splazar — verbis ludere. 
solar — scieras mittere. 
sugautar, sogautar, — super gulam 

percutere. 
sostar, soâtrar — inducias dare. , 
sobdar --- eus impraviso prevenire. 
• sobranceiar — superbe se erigere. 



sobrar — superare. 
sordeiar — deteriorare. 
solelbar — ad solem calefacere. 
suar, souar — sudare. 
sugar — sugitare,, . 



ïaular— muîcftii tnanere — utruni' 

que ludum prdinare. 
ent'aular — ludum qrdinare 
trainar — ad caudam equonan 

trahere — fraudulet^ter ad se 
. traher^. 
travar- — duos pedes equi ligare. 
i8otrá¥ar — idem^ 
trasbucar — ruere. 
tamborezar — timpànizarei, - 
tabureiar — timpanare. 
taulektr — tabulas parvas sonare. 
talar — 'vastare. 
talbar — resecare. 
tabustar — tumultuare,_ • 
tastar — tangere vd gustare. 
traacar — perforare. 
traversar — per transversum ire. 
entraversai' — in oblicum se oppO' 

nere. 
tremblar — tremere. 
trescar — coream intricatam du- 

cer^. (var.} facere. 
treiicar — secare, 
trepai! -^ mánïbus ludere. 
treblar — turba^e aquam vel ali- 

quem liquorem. / 

terzar — tertiam partem sumere. 
tenzar — litigare. 
temprar — temperare. 
trevar — "frequentare. 
entrevar — ; treuguca facere. 
triar — eligere. 
trtchar — fraudan. 
trΣsar — terere. 

tribolar — tribulare. ^ \ • 
tronar — tonare. 
tombar — tomare. 
torbar — turbare. 
tostar — ' assare. 
trobar r— invenire., 
toccar — tangere* 
trombar — tuba sonore. 
trotar — troilare. 
trossar — post se malam ligare. 



n 



34 



DOZIATZ PROEN8AL8. 



trolhar — in torculari premere, 
trufar — vérba varia dicere vél 
fallere. 

Vantar, vanturar -^ jactare se, 

vairar — variare. 

varar — mittere navem in pe- 

lago, 
ventar — ad ventitm exponere, 
vedar — vetare, 
yelhar — mgilare. 
vergonhar — erubescere, 
vemiar, vemhissar — - vernicarey 

arma prout picturas Ulustrare. 
vespertinar — in vespere parum 

ffustare. 



vengiar, Tenjar, vengar — vindU 

care, 
verdeiar — virescere, 
yersifîcar, versifiar — versificari. 
vergar — virgas facere* 
visitar — visitare, 
virar — volvere. 

Udolar — ululare. 

acar -— voce sine verhis aliquem 

vocare, 
usdar — pilos camburei'e, vel axo- 

lare. 
urtar — frontem contra frontem 

poneie, 
usar — usitare. 



DE U SECONDA CONJUGAZÔ. 



avor — hahere, 
assezer — sedere. 
caber — capere. 
saper — sapere, 
dever ~ debere, 
tener - tenere, 
retener — retinere. 
abstener — abstinere. 
pertener — pertinere. 
mantener — patrocinium date, 
cazer — eadere, 
decazer — depauperare, 
esca^er — competere, 
voler — veUe, 

Slazer — placere. 
esplazer — displtcere, 
valer — valere, 
traire — trahere. 
atraire — ad se trahere. 
pertraire — ad aliquod opus ne- 

cessaria facere^ 
retraire — referre, 
fortraire — furtim* subripere. 
sotztraire — subtrahere. 
estenher — extinguere, 
pinh^ — pingere. 
enpenher — impingere^ veï pel- 

1ère, 
fenher — fingere. 
cenher — dngere. 
tenher — tingere. 



destenher — tincturam removere. 
estrenher — stringere, 
destrenher — çonstringere, 
cresser — crescere, 
beure — bibere, 
moure — movere. 
viure — vivere. 
vincer, vencher — vincere. 
percebre — percipere. ' 
decebre — decipere, 
recebre — recipere, 
concebre — concipere. 
respondre — respondere. 
fendre — findere, 
défendre — defendere,- 
encendre — adustionem pati. 
fondre — fundere vel liquejieri. 
confondre — ad nichilum redi- 

gere, 
tendre — tendere. 
estendre — extendere. " 
destendere — distendere, arcvm 

vel balistam laxare, 
contendre ^— contendere. 
atendre — expectare vel prtms- 

sum solvere. 
vendre- — vendere. 
revendre — iterum vendere. 
escoscendre, escoissendre — per 

cossas scindere^ vel pannos 

sdndere. 



I>0NATU8 PROViNCIArLIB. 



85 



prendre — pretidere^ apprendere^ 

addiscere. 
aprendre — addiscere, 
desaprendre — dediscere. 
mesprendre — derelinquere, 
sobreprendre — reprehendere vel 

subito prendere. 
enprendre — disponere. 
esprendre — açcendere. 
esconprendre — simul açcendere 

vel valde. 
antreprendre — ante prendere, 
pendre — pendere (média correpta 

vel producta), 
despendre — a suspendio depo^ 

nere. 
escondre — excutere granum. 
Becodre — concutere, 
corre — currere. 
acorre — succurrere, 
socorre — idem est. 
segre — sequi. 
persegre — perseqtti. 
consegre — cons'equi, 
raire — radere. 



ponre — àpponere, ovum facere, 
aponre — àpponere. 
desponre — disponere^ deponere. 
querre — quérere. 
conquerre — • acquirere, 
vezer — videre. 
escrire — .scribere. 
dire o dir — dicere. 
ploure — pluere. 
tondre — tondere (média pro- 
ducta). 
devire, o devir — dividere. 
aucir, o aucîre — occidere. 
assir o assire — obsidere. 
eslir o eslire — eligere. 
frire — frigere. 
refrire — resonare. 
rire — ridere. 
creire — credere. . 
mètre — mittere. 
prometre — promittere. 
trametre — iransmittere. 
esdemetre — assultum facere. 
escometre — provocare. 
claure — claudere. 



Tut ii verbe sohredit don Tinfinitius fenis in er sun de la se- 
conda conjugazo, et tut li altre de la terza, d'aquel loc en sai on 
fenissen celh de la prima. 

Omnia verba supradicta, quorum infinitivus finit in hac sjUaba 
[ek] sunt secunde coi\jugationisj et omnia alia verba sunt 
tertie conjugationis, videlicet ab illo loco ubi finîunt prime 
coDjugatîonis. 



DE U QUARTA SUN: 



anzir — 


audire^ 


aanir — 

abelir — 


vituperare, 
- pulchrum esse. 


benezîr 


— benedicere. • 


bondir - 


— apum est, sonare. 


amanoir 

bruir — 


— preparare. 
facere tumuUum. 


bandir - 
brandir 


- per preconem precipere 

— concutere. 


blandir 


— blandiri. 


blazir — 


- marcescere.' 



blanquir — candescere, 
cauzir — eligere. 
descauzir ^- vituperare. 
glozir, clozir — galinarum est. 
gropir, cropir — super talos se- 

dere. 
agropir, acropir — idem est. 
coprir vel cobrir — coprire. 
descobnr — discoperire. 
recobrir — iterum operiri. 
cuilbir, culhir — coUigere. 

3* 



3fi 



DOVATZ PBOKJI8AL». 



acuilhir, aralhîr — recipere 4di* 

ouem bénigne. 
reculnir, recolmr — fovtrej recoUi" 

gère. 
esconr — seanficere. 
delir — destruere. 
entrnandir — morett iruiani fto- 

here, 
endir — inite, 

espelir — avem de ovo exire. 
enfoletir — stultum facere, 
enriqair — diiare. 
enpaubrezir — ad pavg^eriem ve- 

nire. 
envilanir — mro rustico habere. 
escamîr — aeridere, 
escrimir — cum ense ludere, 
escupir — êpuere, 
enmuitir — ante mittere. 
envazir — invadere, 
estremir vel eschovir ^ tremefa- 

cere, 
escemir, escemir — perficere, 
falhir — delinquere. 



fenir — /inire, 

frémir — /réméré, 

ferir — ferire. 

freicîr — frigescere. 

fléchir, fletir — JUctere. 

febletir, flebechir — debilUarc. 

florir — Jiorere. 

fomir — necexsaria dore. 

fronzir, fironchir — rugas fa- 

cere. 
forbir — poivre vel teryere. 
fogir — fugere* 
grazîr — gratins agere. 
gaodir — declinare cum fuga. 
glatir — û« venatione latrare. 
garir — sonore. 
glotîr — glucire, 
grondir — murmurare. 
golîr — devorare* 
engolîr — avide svmerem 
geqair — relinquere, 
eurpir — idem est 
jauzir — emoltmteiUum habere. 
jOYenir — Juvenescere. 



Adverbes es appellatz, qar josta lo verbe deu esser pau- 
satz, si cum: ^£ti die vetamen^ se tu non vcts tost^ eu te batrei 
malàmen,^ — ^)Dic es verbam; veramen, adveibrâm affinnandi; 
Vu» es verbe; bairei^ verbam; tosty malcunen^ adverbia qnali- 
tatis. 

A Tadverbi pertenen très causas: specîes, sîgnificazons et 
figura,') Malamen ven démo/, e per zo es derivativa specîes, 
quar ven d'autre. Tost es primitiva specîes, quar non ven 
d'autre. Malamen signifia qualitat. et bonamen^ et fiancamen et 
temerosamen, Mas saber deves que tait li adverbe que fenissen 
in EN, poden fenir in enz , sî besogna , qu'eu pose dir malamen o 
malamenz. E sun autre adverbe que signifien temps, si cum: 
«r, oij ara8y> ar, Vautr^er^ dema^ja^ a la vegada^ adonc^ mentre^ 
ogariy antan, tart^ totztemps^ matin. -^ L'autre signîfiaii ajustamen, 
si cum essems. L'autre demostramen, si cum veus me, vei vos.^) 



*) K. Veetz cam Hqaella dictios so es ebc es verbes et aquella diciu», 
zo es veramen est advert>iain, car es paozada justa aqaella didon, zo es dk, 
que es verbes. 

^) R. ajoute ici: Tait li adverbi son de spede derivativa o primitiva. 
Derivativa son toit aqae> que venon d'aatre loc, si cum nudawten que ven de 



DOMATUS PROV1MCIALI8. 



37 



rejovemr — rejuvensscere. 

issir — evire. 

implir — implere, 

marrir — tristari, 

mentir — mentiri. 

desraentir — cUcere: mentiris. 

mesdir — ^ dicere malum . de ali- 

qno, 
menr — meren. 
motif -^ mutire, 
morir — mori, . 
notrir, noirir — ntiirtm 
obezir — obedire* 
obrir — aperire. 
oifrir, ofrir — offerre, 
partir — partirû 
départir — dividere, 
palnezir — paluescere. 
pentîr — penitere. 
périr — perire. 
plevir — j'urare vel cor^dere. 
polir — polire, * 
poirir — putrescere. 
pudir 7- fetere. 



pruir — scalpere, 

raubir — rapere. 

rauquezir — raucum /acere. 

raustir — assare, 

rozir, roizir — ruhescere. 

satzir — capere contra fus, 

salhir — salive^ 

trassalir — iranssilire. 

assalir — assaltum /acere, dare. 

sarzir — sarcire, 

sentir — sentire*. 

servir — servire, 

deservir — serviendo offendere, 

traîr — iradere. 

tendir — tinnite. 

venir — venire. 

revenir ^ melliorare. 

avenir — evenire, 

covenir — expedire, 

sovenir — recordarù 

vestir — vèstire, 

revestir — iterum vestire. 

envestir — investir e. 

velzir'— vilescere. 



Adverbium dicîtur, quia stat jiixta verfoum et 3emper jungi- 
tur verbo, verbi gratia: „ego dioo veraciter liisi vaidas cito, ego 
te percutiaip male/^ — Hec dictio [die] verbum. Hec diciio 
[malamen] adverbium. Hec dîetio [vas] est verbum, et hec [bar- 
tret] est verbum. He duo dictiones [tosty mcdamen] adverbia. : 

Ad adverbium pertinent tria: species, signifìcatio et figura. 
Hec dictio [malàmen] derivatur a mcdoỳ et ideo est derivative 
speciei, quia derivatur alio. Hec dictio [malqmen] significat quali- 
tatem, et hec [bonamen]j et hec [francamen], et hec [temerosa- 
men]. Sed scire debetis quod omnîa adverbia que desinunt in 
bac syUaba [en] , possunt ânire in hac syllaba [enz] , si necesse 
est , quia possum dicere sic [malamen] , vel sic [maktmentz]. Et 
sunt alia adverbia que signiâcativa sunt temporum, verbi gratia: 
heri, hodie, modo vel idem , *) nupèr^ cras^ jam, cUiquando , tune, 
duMj hoc anno, alia anno^ sero, semper, mane, — Alia significa- 



mal. De specie primitiva es aquel [qe] no ven d'autre, si cum tosfj qe no 
ven d'autre. 

*) var. vdvos. 



^) Idem c'est-à-dire ici, comme ailleurs : même sens que le mot précédent. 



88 DONATZ PRORNSALS. 

L'autre afermamen, si cura: veramen^ certananien. L'autre loc, si 
cum: aiciy aquij dins , defors^ délai, dezai, lai y zai, canon, avdy 
susy jo8. L'autre interrogation, si cum |7«r^/ L'autre comparatio, 
si cum: plu8y mais, maormen, 

Pakticep es ditz, qar pren l'utia part del nom e Tautra del 
verbe. Del nom rete cas et genre; del verbe reten temps e 
signiiicalio ; de l'un et de l'autre reten nombre et figura^ et d'aizo 
ai dit assatz el nom et el verbe; mas saber devetz que tuit li 
particip fenissen en ans, 6 en ens, o en atz, o en urz, o en itz, 
si cum: amans y presanz y plasenZy sufrens y conogutZy retengutz, 
auzitZy peritZy enganatZy despolhatz, 

CoNJUNCTios es apellada quar ajosta l'un mot a l'autre, si 
cum: „eu et tu et èl devem disnar ensems." Et las unas son 
copulativas si cum e, e las autras ordinativas, si cura: derenan, 
d*aqui enan, d!aqui en reire. Las autras asimilativas , si cum: 
autresiy aisi ciim^ si cum y quais. Las autras expletivas, si cum 
*sivalsy zo es a saber y sitôt., Las autras disjunctivas, si cum o, ni. 
Las autras racionals si cum si y neisy cora, quan, que, quat, mas^ 
entretan, esters aizo.^) 



'^) Ces dernières lignes, depuis quais ^ ne se trouvent que dans le Ms. 
L. 42. plut. 41. et dans Le ms. ambrosien; elles manquent, ainsi que la 
traduction Jatine, dans les autres mss. , 



DONATUS PROVIWCIALI8. 89 

tiva adjunctîonîs, verbi gratia, simul. JiMa demonstratioDÌs, verbî 
gcatia: ecce me, ecce iUe, Alia afârmationis, verbi gratia: veracû 
ter, certe. Alia loci, verbi gratia: hic, intus, foris, illucy inde, 
idem, sursum, deorsum, sursum, demhtus. Alia interrogativa, sicut 
curf Alia comparativa: magis, minus, maxime, 

Païrticipium dicitur, quia capît partem noinjnis^ partemque 
verbi. A nomine recipit casus et gênera: a verbo retinet tem- 
pora et signifícationes ; ab utroqite numenim et figuram, et de 
istis dixi satis in nomine et in verba; sed scire debetis quod 
omnia participia âniunt in hac dictione [ans] vel in bac [ens] 
vel in bac [utz, itz], verbi gratia: amans, apprecians apprécia- 
tus, placens, patiens, cognitus, retentis , auditu^ , peritus , deceptus, 
despoliatus. 

CoNJUNCTio dicitur quia jungit unam dictionem 6um alia, 
verbi gratia: ,,ego, tu et ille debemus prandere sîmiJ." Et que- 
dam sunt Gopulative, et alÌQ Bunt ordinative, verbi gratia: de 
cetera, idem, olim. Aile aunt assimilative, verbi gratia: sicut, sic 
ut , verbi gratia , quasi. Alie expletive, saltem, viddicet, quamms. 
Allé sunt disjunctive verbi gratia: vel, neque, Alie racionales: 
[si, etiam, quandoquidem] , quando, [quam], quia, [sed], interea, 
preterea. 



DE LAS RIMAS. ') 



IN ÂBS. 

Gabs — laus veljactes, (in necunda 

persona.) 
nap^ — dfu8, 

trabs — tignus, temptorium, 
caps — caput. 
saps — arhor, sapÌF. 
graps — manus curva, 
draps — pannus. 
claps — acervus lapidum. 
taps — lutum. 
laps — gremium. 
japs -^ vox canis. 

IN ACS. 

Bracs — sanies vel canis 

abacs — abacus. 

cracs — sanies naris. 

draos — draco. 

escacs — ligneMS ludus. 

flacs — ftexibUis. 

sacs — saccus, 

tacs - — morhus pecorum. 

vacs — vacuus. 

escracs — spuas^ (in secunda per- 

sona.) 
ensacs — in sacco mittas. 
estacs — liges. 
abracs — ad saniem venias. 

IN AF. 

caf — - impar vox indignantis, 
baf — vox indignantis. ^ 



ik Aies. 

laies — laicus. 
Aies — civitas, 

IN ALS. 

Gabals — capiialis vel acceptabi- 

^. lis. 
cals, -> calvus. 
grazals — catinum, 
égals — equalis. 
leials -^ justus. 
desleials — injustus. 
mais — malus. 
pals ^- palium. 
tais — <a/i«. 
sais — salmis vel sal. 
emperials — impertalis. 
reials — regalis. 
comtals — ad comitem. 
vescomtals — ad vicecomitem. 
venais — venalis. 
nadals — natale. 
maials — maialis. 
juenals — jenialis. 
estivals — ^ estivalis. 
senhals — signum. 
gênerais — generalis. 
vidais — vitalis. 
mortals — mortalis. 
comunals — comunis. 
cardeoals — cardinalis. 
paîtrais — pectorale* 
ofQtials — officialis. 
j ornais — campus unius diei 
orientais — orientaUs. 



1) Qttoiiqne ce dictionnaire de rimes fasse partie du donat provençal. 
il s'y joint sans autre transition que le titre ci-dessus. 



DONATUS PROYIirCtALIS. 



41 



veoials — 

criminals 

inferimls 

celestâals 

terrenalfl 

catedrals 

eepecials 

ceosals — 



veniaiis. 

— criminàlii. 

— infemaliê, 

— ceiésHctiis. 

— terrenalis* 
*- cathedraUs, 

— speciatÌ9' 
'■ cenêualis, 

IN Aïs. 



iabîda. 

- osculum. 

- osculetur. 

- obligufim, 

- demittat, 

- onus. 



Ais — 

bais — 

bais — 

biais - 

abais 

fais - 

gais — lettis. 

glais — quedam herba, vel gla* 

dius. 
esfi^lais — timeas. 
gais — avis ŷuedam ifaria. 
nais — nascitur, 
pais — pascitur» 
cais — mctndibula* 
lais — dtUciê canius, dimittaL 
esUis — cursus suhéctneus. 
eslais — currat subito. 



mais — plus vel tnensis. 

esmais — desperatio facilis vel 

desperes. 
assais — probaiio vel probes. 
Vais — radius. 
plais — nemus plicatum, 
jais — gaudium, 
savais — iners. 
tais — animal, taxus, 
entais — en luto mitatis. 
tais — expedmt, 
Clavais — castram, 
Roiais — civiias. 
Cambrais — civitas. 



IN AI.TZ. 



Altz — 
baltz — 
baltz — 
baltz — 
BatJB — 
caltz — 
caltz — 
encaltz - 
encaltz 
descaltz 
descaltz 



alhis, 
corea. 
letus, 

salies ad coream, 
castrum, 
calidus, 
calix. 

— fuget. 

— discalciatus. 

— discatcieL 



Et totz \oa podes virar in acjtz for baUz per corea e trait 
cavaltZf vaUz, antrewd et gais. 

Et omiie8 que finîunt in altz possunt fìnire in autz excepto 
hoc [baltz'] eam ponitar pro corea, excepto hoc cabaUus, valiis, et 
intervaUum et gaUtts. 



IN ALC8. 

Senescalcs — seneschalcus. 
aaricalcs — auricalcus. 

IN ALHZ. 

Albz — alium. 
bralhz — clamor avium. 
umbralbz — upibraculum, 
escalbz — frustum teste. 
miraltiz ^- spéculum. 



teiralhz — temptorium. 

trebailhz — labor, 

dalhz — fcdx ad secandum fenum, 

malhz — tnaleus. 

sonalbz — parvum tintinnabulum. 

trebftlhz -^îabores, 

talhz — secatura. 

talhz — sectes^ 

retalhz — parva pars panni. 

retalhz — iterum sectes, 

Bptalbz — scultura. 

entalliz — subsecas, 

condbz — cortUliusn. 



42 



DOSATZ PBOKHSALS. 



âerinalhz — dwinaculum. 
egalhz — eques, 
Balhz — salis, 
a<alhz — assaliunk dos, 
raspalhz — quodremanet de paieaS 
respalhz — caUgas residuum de 
paieas. (sic), 

IN ALMS. 

Salms — sahnus. 
pabns — palmust 
caliDfl — planicies sixte herba. 

IN AMS. 

Brams — magnus clamor, 

brama — clams, (ne.). 

clams — querela, 

ciams — congueraris, 

réclama — querela. 

reclama — caro ad reoocandum 



avans — antea, 

eana — canddas^ 

descana — cantus contra caniwru 

encans — ineantes. 

acans — m lotus déclines, 

dans — damnwm. 

afans — fatigatio^ fatiges, 

pans —pars vÁ pannus vel gremium. 

grans — grandis. 

glana — glans^ glanais, 

engans — dolus. 

engans — decipUu. 

gans — ciroteca, 

lans — jacias. 

lans — jactus. 

eslans — subito jacias, 

enans — profectus. 

enans — prqficiat. 

comana — mandatum. 

comans — mandes. 

mans — mandauii. 

mans — mandes. - 

mans — suavis. 

demans — pedtis, 

desmans — mandare contra vel 

mandatum, 
soans — repmdium.. 
soans — respuas, 
drogomans — irUerpres, 
jaians — gigans. 
aymans — adtanas. 
T^anans — peregrinus, 
sans — sanctus. 
tmans — tnUanus. 
tans — tantus. 
tans — ad teatoria paranda, tentes 

et cotex ambonis. 
achomtans — eloquens. 
amans — amans, 
tirans — tyrannus vel duras. 
pesans — gravis. 
presans — pretio dignus. 
errans — errons. 

Et tut aquelh qae fenissen in ans o in ens, si sun masculi, no 
volun >s el nominatíu plural a la fi del mot; si sun iemini, yolun 
s per tôt lo plural en la fi del mot. 

Et omnes finientes in ans, vel iuens, si sunt masculini generis, 
volun t s in nominatîvo plurali, in fine dictionis ; sed si sunt 
feminini^ volunt s per omnes casus in plurali, in fine dictionis. 



accipUrem. 
eams — campus. 
dams — genus cerm. 
Adams — Adam, 
ams — amhos, - 


ams — 
grams 
fams — 
afams - 
lams — 
tams — 


âmes. 

— tristis, 
famés, 

— a fume constringas 
fidgur, 

-par. 




m ANS. ' 


Ans — 
ans — 
bobans 
bobans 
brans - 
blans - 
cans -— 


annus. 
ambules, ante. 

— inarUs gloria. 

— glorietur, 

— ensis. 

- blandus, 

' cantus vel cornes. 



DONAT-U6 PROVINOIALIS. 



43 



IN ANCS. 

Blancs — candidus, 

bancs — scamnum, 

crânes — crancum . (pour, can- 

crum?) 
dancs — color quidam. 
sancs — sanguis. 
sancs — sinistrarius, , 

francs — - mansueius. 
afruncs — mansuescas» 
manca — mancas. 
esmancs — au/eras manum, 
fanes — iutum. 
afanes — tX Zwto intres. 
tanes — pannum^ lignum acutum, 
estancs — claudas. 
estancs ^- stagnum aquarum. 
rancs — claudus. 
rancs — saxum eminens super 

aguas. 
arrancs — evellas. 

IN ARS. 

Ars — arsU. 

blars — glaucus, 

cars — cartis, 

escars — pareus. 

fars — farsura. 

afàrs — factwn. 

flars — lumen magnum. 

esgars — aspectus. 

esgars — aspidas. 

clars — clams. 

disnars t— prandittm. 

mars — marct 

amàrs — amarus. 

amars — amare vel amor. 

pars — par. 

espars — sparsus. 

espars — ^arsit. 

joglars — jocidator vel mimus. 

vars ~ varius. 

avais — avarus. 

ampars — occupes vi. 

IN ARCS. 

-t 
Arcs — arcus. 
enarcs — jflectas vel curves. 
carcs — oneves onus. 



carcs — 
descarcs 
enbarcs 
enbarcs 
lares — 
alarcs — 
marcs — 


onus. 

— exonères. 

— impedimentum. 

— impedias. 
largus. 

extendas. 

— marcha. 


Marcs - 


- poprium nomen. 




IN ARTZ. 



Bactz — Iutum de terra. 

enbartz — luto inficias. 

Lumbartz — » Luifibardus. 

coartz — tirmdus in heïlo. 

essartz — navale. 

essartz — proscindas vomere. 

dartz — telum. 

gollarz — ardens in gula. 

garz — vilis homo. 

pifai*tz — grossus. 

estandartz — vexillum magnum. 

Eenartz — fasannus avis. 
astartz — spurius. 
falsartz — gladius brevis -et acu- 

tus. 
martz — mensis vel dies martis. 
laupartz — leopardus. 
Mainartz — Mainardus. 
partz — pars. 
partz — partiris. 
departz — dividas. 
Rainartz — vulpes vel proprium 

nomen. 
Falartz ~ castellum vel proprium 

nomen. 
artz — ars. 
artz — ardens. 
quartz — quarta pars. 

IN AUCS. 

Aucs — anser masculus. 

baucs — quod ponitur supra ma^ 

nica cultelli. 
craucs — sterilis, 
glaucs ■— glaucus. 
naucs — illud quod porci corne- 

dunt. 
paucs — parvus. 
traucs — foramen vel perfores. 



44 



DOMATZ PROEN SAT.8. 



raucs — raucus, 
enraucs — raucuêjias, 

IN AUS. 

Braus — immitis. 

blaas — bludus vel aereus, 

aus — vellus. 

aus — audeat 

caus — cavus, 

claus — dams, 

claus — clausus. 

claus — clausit. 

enclaus — incluait vel incktsus, 

contraclaos — clavis facta contra 

clavem. 
Iau8 ~ laudes. 
traus — trabes. 
suaus — suavis. 
roalaus — infirmus. 
natiaua — natale. 
paus — pavo, 
naus — navis. 
galengaus — genus speciei* i. ga- 

leng€U 
raus — arundo. 



IN AURS. 

Aura — aurum. 

tesaurs — tesaurus. 

saurs — color aureuSs 

laurs — laurus. 

Vaurs — proprium nomen ca- 

taurs — taurus. 
semitaurs — semitaurus, 
maars- — niger, 

IN ATZ. 

Blatz — bladum. 

emblatz^ — furatus, 

catz -!- ea^MS, . 

datz — taxillus. 

glatz — glacies, 

glatz — vox eanis i^enantis, 

Írlatz — latras, 
atz — favus. 
fatz — /actes. - 
fatz — facto. 



pr&iz — gratès. 

^atz — lectus fere. 

jatz — jacet 

matz — tnc^u« ad scachos. 

natz — noítií. 

pratz — pratum, 

raubatz — spoliatus* 

segatz — secatus. 

segatz — secate. 

secatz — sicatus. 

secatz — sicate. 

talhatz — scissus ferro vel scindite 

ferro. 
trencatz — resecatus vel resecate. 
transgitatz — decipite (ad incan^ 

tatores pertinet). 
traasgitatz — deceptus, 
pagatz — pacatus pecunia soluia. 
pagatz — solvite. 
legatz — legatus. 
jujatz — judicatus. 
escorlatz — scoriatus. 
escoriatz — scoriate. 

m ATHZ. 

Bathz — subrufus. 

escahz — parttctda. panni. 

fatbz —^ foetus. 

refathz — iterum factu» vel vm- 

pinguatus. 
deifahz — destructus. 
agahz — insidie. 
labz — turpis. 
enlahz — mpedimentum. 
pabz — pacem vel stultus. 
enpahz — »- impedi^is. 
ratbz — radius. 
ensabz — prôbatio vel tentes. 
platz — cauia inter hostes. 
trahz — tractus* - 
alavabz — morbus digiti in ra- 

éice ungule. 
escaravatz — scarabeus cortiuius. 
retrahz — turpis recordcUio . bene- 

ficii. 
contrabz — debilis pedibus vd 

manibus. 
pertrahz — apparatus alictýus 

eperis. 
fortraiiz — sublatus. . 
esglahz -r- subiianeus timor. 



DOJCATUB PBOVlNOlAt.IS. 



45 



IN As LAB6. 

Bas — dimîs»u3. 

cas — casus, 
i cas — cadis. 

clas — cctmpanarttm sonus, 
, gras — grassus. 
: las — faiigatus, 
; ràs — rasus vel rasit, 

vas — tumulus, 

mas — mansus rusiicorum, 

nas — na*tti. 

pas — passus. 

pas — transeat. 

transpas — pertranseat. 

transpas — momentum. 

IN AS ESTREIT. 

Abas — abb<u, 

degas — decanu9» • 

cas — canis. 

gras — granum. 

vilas — vilicus vel indoctus, 

baias — insipidun» 

nas -^ nantie. 

mas — manus, 

pas — panis, 

cirurgias — cirurgicus. 

tavas — mwca pungens equos, 

sas — sanug» 

humas — ^wwMint«. 

mandas — mundanus. 

escrivas — scriba. 

Galias — Galienus, 

vas — vanus, 

IN AS ESTRJBIT. 

(nom provincials — nomina sunt 
provtndaltà). 

Toisas — Toiosanus, 

Marquesas — quilibet de Marchù^, 

Catalas — ; Catalanu», 

Romas — Romanua. 

Toscas — Tuscvis, 

Troias — Trojanus. 

Cecilias — Siadus, 

(nom de civitatz — nomina (ici- 
tatum). 

Milas — Mediolanum. 
fas — fanum. 



IN HECS LARG. 



Becs — rostrum, 

tecB — cecus vel signum ad sagiU 

tandimi. 
decs — terminus. 
necs — impediius lingua, 
pecs — r insipiens. 
tavecs — tnsultus. 
bavecs — baveca quod de faciti 

movetur f 
Grecs — Grecus. 
encexs — exsequeris, 
secs — sequerts, 
persecs — persèqueris. 
eonsecs — consequeris. 

IN ECS ESTREIT. 

Becs — proprium nomen viri, 

decs — vitium. 

lecs — lecator, 

quecs — quisque. 

usquecs — unusquisque, 

plecs — plica, ' , 

secs — siccus, 

plecs — • plices, 

secs ^- seces. 

lecs — lambas. 

IN EIS LARG. 

Eis — civitas, 

eis — exiL 

fleis — paratus» 

fleis — jfit contentus, 

leis — lectus. 

seis — sex, 

geis — genus petre mollis, 

IN EIS ESTREIT. 



Leis — 
peis — 
peis , — 
feis — 
teis -^ 
ateis — 
meis — 
ceis — 
reis — 
neis — 



lex. 
piscis. 
pinxiU 
finxit 
tinxit, 
nactus est 
misiU 
cinxit. 
rex, 
etiam. 



46 



DOKATZ PROBK8AL8. 



ei8 — ij 

el meteis — ille ipse, 

creis — cresciU 

IN ELS LAR6. 

Abels — Ahel, 

cela — celum. 

fizels — Jidelis. 

Jezabels — vrop. nomen mulieris, 

MicaelH — Michael, 

Gabnels — Gabinel. 

Rafaels — Rafaël, 

Misaels — MisaeL 

mels — mel. 

fels — feL 

fels — ffelu. 
oitiels — civiias Burdigala. 

escamels — scabellum, 

'( 

IN ELS ESTREIT. 

Camels ^- camelus. 
pels — pilus. 
cela — cautelcu 
cels — celés. 

IX ELZ LARG. 

Cabrelz. — edus parmts. 

belz — pulcher. 

flagelz — Jiagellum. 

flagelz — flagelles, 

anelz — anulus vel agnus. 

porcelz — porcellus. 

mc'selz — leprosus. 

coutelz — cultellus. 

tortelz — parvus panis. 

pomelz — parvum pomum, 

cairelz — pilum baliste. 

panelz — parvus partis vel banda, 

escauelz — alabrum. 

mazelz — macellum. 

Eorteiz — parva porta. 
arutelz — stamina ad purgan- 
dum farinam. 
cantelz — or a panis. 
îsnelz — vélox. 

CHntarelz — qtd cantat fréquenter. 
Otonelz ' — proprium nomen viri. 
Ospinelz — nomen unitts viri. 
caramelz — flstida. 



cardonelz — avis. 
Rudelz — proprium nomen mri 
budebs — intestinum. 
tonelz — parvum dolium, 
Sordelz — nomen viri. 
mantelz — mantellus. 
Verzelz — civitas quedam. 
pehs — pellis. 
apelz — appelles. 

IN lELZ LARG. 

Vielhz — senex. 
mîelz — melius. 

IN ELHZ ESTREIT. 

Çabelhz — capUlus. 
vermelhz — rubicundus, 
conselhz — consilium vd consu- 

las. 
aparelz — apparas vel prépares 

vel preparatus. 
desparelbz ~ paria dividas. 
solelhz — soi. 
solelhz — ad solem ponas. 
telhz — icfe, arhor quedam. (ti- 

lia). 
calelhz — lucemaferrea ubi olevm 

ardet. 
artelhz — articulus. 
velhz — vigiles. 
espelhz — spéculum. 
ventrelhz — ventriculum vel sto- 

machus. 
somnelhz — somno seducaris. 
semelhz — assimiles. 

IN EMS LARG. 

Jerusalems — civitas. 

IN EMS ESTREIT. 

Fems — fimus. 

sems — semis vel munias. 

ensems — insimvl. 

nems — nimis. > 

Rems — civitas quedam. 

temps — tempus. 

tems — times. 

per tems — tempestive. 



DOKATirS PROVUrCIALIS. 



47 



IN ENS ESTREIT. 

Brens — furfur. 

cozens — urens. 

calens — proaidus. 

nocalens — improvidus, 

crezens — credens, 

discrezens — recedens afide, 

creissens — cre&cens. 

(iescreissens — diêsipans. 

dens — dens. 

dolens — dolens. 

fazens — facien^ 

deffazens — destruens. 

fendens — Jindens, 

defendens — defendens. 

fondens — liguefcens. 

confondens — consumens, ' 

encendens — adurens, 
j escondens — abscondens. 
I esconprendens — incendens. 
' avinens — aptus vel aptcu 

gens — pulcher vel ptUchra, 

grens — barba, 

lens -— (i^^** J^^i(i labia .(sic), 

I offrens — offerens, 
i soffrens — paciens, 
i dolens — doleiis, 
! covinens — conveniens. 

sovinen8 — r'ecordans. 

mordens — mordens, 

sens — sensus^ 

tesens — tenens. 

mantenens — fovens, 

sovinens — recordans. 

jauzens — gaudens, 

olens -— olena. 

pudens — fetens, 

conoissens — cognoscens. 

desconoissens — ignorons. 

parens — consanguineus, 

prendens — prendens. 

roppendens — reprekendens. 

peoedens — penitena, 

l'ontefiens 7- continens^ 

gareps — custodiens vel proie- 
gens, 

sens — sentis. 

vens — vincit. 

mens — mentiris. 

prens — apprehendit. 



apprens — addiscis. 

reprens — reprehendis. 

escomprens — incendis. 

pens — pendis. 

pens — cogito. 

aespens — expendis. 

tens — tendis. 

destens — distendis. 

atens — nandsceris. 

rens — reddis, r 

covens — pactum. 

fens — findis. 

defens — défendis.. 

ardens — ardens. 

]uzens — lucehs. 

sabens — sapiens. 

avens — adventus ante natale. 

bulens — bulliens. 

resplandens — resplendens. 

matdizens — maUdicens. 

fenhens — Jingens. • 

penhens — pingens. 

talens — voluntas vel appetitus. 

acalens — lete recipiens. 

jazeus — jacens. 

IN EPS ESTREIT. 

Ceps — stipes, tis. 
seps - sepes^ is, 
greps — parvus, 
treps — ludus. 
treps — ludas. 

IN' ERS LARG. 

Cers — cervus. 

sers — servus. 

sers — servis. 

guers — strabo, 

vers — versus. 

vers — ver. 

envers — inversus. 

travers — obliquus. 

convers — conoersus. 

pervers — perversus, 

revers -^ reversus. 

pers — genus panni 

Fers — ferrutn. 

fers — férus. 

fers — feris. 

Bezers — civitas Biierris. • 



48 



DOKATZ PKOBiraALB. 



Lumbera — proprium nomen. cof 
stri. 

IN ERS E8TRB1T. 

aers — aderensvel adhesU, 

sabers — sapere» 

poders — ÇnominaUter'), poêse. 

avers — habere, 

âevers — debere , (nominaliter po- 

situm,) 
espers — spes vel speres, 
ders — erectuê, 
dors — erexit. 
aders — procwaius, 
aers — procuramt, 
sers — sero, 
▼ers — verum, 
Hzers, lezers — licentia, 

IN lEBS. 

CavalierB — miles. 
escadiers — ^cutifer, 
trotiers — cursor, 

{>arlier8 — loquax, 
ausengiers — bUingws, 
bergiers — qtd custodit ooes. 

Íiorquiers — custoa poroorum, 
ormiers — foimarius. 
fomiers — /ornarius, 
moiniers — molinarius, 
saamiers ^ mulus vel asinus, vel 

jumentum ferens onwt, 
saumatiers -^ cwtos^ sattmarii. 
paniers — canistrum. 
panatiers, paniers — qui dot pa-- 

nem ad mensam. 
carceriers — carcerarius. 
monestiers — monoêterium. 
mestíers — mestarium. 
celiers' — celarium, 
seliers — faciens seUas, 
botiliers — pincema. 
diniers — denarius, 
encombriers — impedimenium. 
dfTstorbiers — turoatio, 
feniers — cumulus vel acervus 

feni, 
palhers — acervus pallarii. 
famiers — fumarius. 
terriers — terratoritim. 



Bemtíerg — semiicL 

colhers — collo ferens. 

doquiers ^- campanile, 

boviers — hvhulcus, 

aliers — figulus. 

sabliers — calciamenta faâens, 

graniers — horreum, 

noreliers — gui libenter recitai 

nova. 
traversiers — ^tit m obliquum 

ttadiU 
pesquiers — locus ubi pisces 

mittuntur, ^ 
arquiers — qui cum arcu trahit. 
baiestiers — balistarius. 
borsiers — Jaciens bursas. 
baratiers — baratator. 
rainiers — miles qui non hahet 

nisi unum rodnum. 
lebrers — canis capiens lepores. 
divers — oUva vel proprium no- 

men mri. 
Terziers — viridarium. 
periers — pirus. 
pomiers , — pomus. 
pruniers — arbor faciens brinas. 
hguiers — Jicus. 
mandoliers — amigdalus, 
noguiers — arbor nucis, 
avelaniera — avellanarius. 
ciriers — cirarius vel citharista. 
sorbiers — sorbarius vel corbella- 

rius. 
rosiers — rosetum. 
violiers — violetum, 
lenhiers — congeries lignorvm. 
morîers — morus. 
ipespoliers — vespo vel escubts, 
oondonliyers — ,cotanarius, 
poKers — larius. (jsic.). 
soliers - solarium, 
menzoigniers — mendax. 
destriers — destrarius. 
talhiers — catinus in quo carnes 

ponuntur, 
teliers — illud quod in tela (exi- 

tur. 
mazeliers — macellarius. 
caronhiers — qui cadavera Èequi- 

tur vel homicida. 
esperonîers — qui fecit calcarin, 
taverniers — cauptt. ^ 



DOMAl^U8 PROyiNCIÀLIS. 



49 



senestrìers — sinistrarius, 

loguiers — merces, 

tesauriers — tesaurarius, 

entiers — integer. 

petiers — qui fréquenter humbicù 

nat. 
rotîers — eructuator. 

IN ERNS. 

Yverns — yems. 
esquerns — derisio, 
quazcrns — " quatemio. 
estems — vestigium. 
enfems -^ infernus. 
veras — arbor quedam. 
Salerns — civitas quedam, SaJer- 
num. 

IN-ERPS. 

Serps — serpens. 
verps — lupus, 

IN ERMS. 

Venns — vermis. 
erms — incultus. 
adenns — inhahitahilem facis. 

IN ERTZ LARG. 

Covertz — coopertus. 
descovertz — discopertus. 
desertz — deserturn. 
offertz — oblatus. 
certz — certtis, 
overtz — apertus. 
espertz — promdus, 
apertz — epertu». 
Imbertz — propfium nomen. 
Robertz — proprium nomen» 
tertz — tertius, 
tertz — terge. 

mertz — mercimonia ad venden- 
dum. 

IN ERTZ ESTREIT. 

Vertz — viridis. 
dertz — erigit. 



adertz — procura vel procuratus, 
aertz — inheret. 

IN ES LARG. 

Pes — pes, dis. 

eonfes — confessus vel confitea' 

tur, 
ades — dto. 
près — prope, 

IN ES ESTREIT. 

Pes — pondus. 

contrapes — contraponchis. 

bes — bonum, 

fes — Jides. 

fes — fenum. 

fes — feeit. 

des — discus. 

ades — tangat. 

mes — menais. " 

mes — misit. 

ces — census. 

ences — incensMou 

en ces — incendis. 

deves — locus defensus, 

borzes — burgensis. 

marques — marchio. 

près — apprehensus. 

près — cepit. 

mespres — reprékensus vel deli" 

quU. 
repres — reprehensus. 
repres — reprehendU (preteriti.) 
antepres — ihterceptus. 
antepres — intercepiu 
bres — lignum fixum propter aves. 
les — lenis. 
fres — frénum. 
gles — gHs^ ris. 

blés — qui utitur C loco ^) 

benapres — bene doctus. 

nom provincial — nomina provins 
cialia, 

Frances — Francigene. 

*) Voyez ci-dessus p. 8 ce même 
mot traduit ainsi: qid non potest so- 
nar e niÌBÌ C. 



50 



DOMATZ PR0JBK8AL8. 



Angles — Anglici. 
Genoes — Genuenses. 
Bordales — Burdigalenses. 
Vianes — Viermenses. 
Valantines — Valentinenses. 
Carcasses - Carcassonnenses. 
Bedeires — Biterrenses. 
Agades — Agatenses. 
Marsselhes — MassUiensea. 

Brianzones — 

Pôles — Appullù 

Toes — Alamanni, 

Campanes — a Campania dicuri' 

tur. 
Bolonhes — Bononienses. 
Verceles — Vercellenses, 
Paves — Papienses. 
Crémones — Cremonenses. 
Tertones — Tertonenses, 
Saones — Sanonenses, 
Pontremoles — Pontremulenses. 
Luques — Lnquences, 
Senes — Senenses. 
Verones — Veronenses, 
Rîmenes — Rimenenses. 
Novarres — Novarrenses. 
Mozeoes, Mutinenses, e moutz 

d*aatres -<^ et multa alia» 



IN ETHZ LAR6. 

Lethz — lectus. 

cadalethz — lectus ligneus altus. 

vethz — veretrvM. 

metbz *— médius vel contempius. 

despethz — dispectus, tus, ni. 

respethz — inducie vel expectatum. 

petnz — pectus. 

pethz — pejus. 

delethz — delectatio. 

IN ETZ ESTREIT. 

Bretz — pi^pprium nomen vel homo 

lingue impedite. 
detz — digitus. 
j>elz — bombus. 
setz — sitis» 
▼etz — viciam. 
vetz — vids. 
quetz — parum loquens, 
escietz — purus. 
soletz — solus, 
tosetz — puerus. 
fadetz — fatus. 
anheletz — agnictdus. 
aneletz — anvlus. . 
cabroletz — capreolus, 
Soletz — faunus vel stultus. 



E totàs las segondas personas del plural del presen del con- 
janctiu delz verbes de la prima conjugazo, & tuit li n^minatiu 
singular dels noms diminutius. 

Et notaDdum est quod omnes secunde persone pluralis numeri 
presen tis eonjanctivi verborum prîtóe conjugâtionîs et omnes 
nominativi singulares nominum diminutîvoruni [sic desinunt.] 



IN ETHZ ESTREIT. 

frethz — /rigus vel frigidus. 

drcthz — jus vel reclus, 

adrethz — aptus, 

letbz — lex. 

esplethz — supelectile vel usufru- 

ctus» / 
esplethz — habens usumfruetum. 
plethz — plica, 
aplethz — instrumenta. 
nelethz *— culpa. 



correthz (var.) oortehz — coUo- 
quium militum cum daminebus. 
thez — t tectum parvum. 
estretz — constric^, 
destretz — districtus, 
corretfaz — corrigia vel zona. 

IN EUS". 

Breus — brevis vel caria. 
Ebreus — Hebreus. 
Juzeus — Judeus. 



DONATU8 PROVlHCIAIiIS. 



61 



Deus — Demu 

feus — feodus, j 

seus — sutts. 

meus — meus. 

greus — grams. 

leus — l^ns, 

romeus — peregrinus. 

teus — tuus. 

Andreus — Andréas. - ' 

IN IBS. 

Macîps — puer panms. 
tribs — tribus, 
rips — clavos répercutiez. 
derips — abstrahaè clavos. 

IN ICS, 

Bries — malus. 

abrics — locus^ sine vento, prote- 

ctio. 
abrics — protegas vel operias. 
fies — ficus. 
pics — avis perforons lignum 

rostro. 
pics — varius. 
pics — percutias.. 
tries — intricatim. 
antics — antiquus. 
mendies — mendieus. 
amies — amicus. 
enemies • — inimicus. . 
enics — iniquus. 
fenics — avis qui dicitur fenix.. 
canzics — increpatio 
cauzics — inertes. - 
ries — dives. 
afies — vis. 
afies — oneraris. 
espies — spiça. 
coteries — coUericus. 
fleematics -^ Jleumaticus. 

IN ILS. 

Fils \ £1 j ■ 

fil ( — fii^^ "^^l neas. 

amafils — parva tuba cum voce 

alta. 
abrils — aprUis. 



badils — locus uH specùiator 

manet. 
humils -— r' humiHs. 
Nils — Nilus. 
senhorils — dotninabilis. 
femenils — feminilis. . 
subtils -^^subtilis. 
camzils — pannus hni subtilissimi. 
jovenils — juvenilis. 
priorils -r- ad priorem pertinet. 
abadils — ad abbatem pertinehs. 
moDgils — monachalis. 

IN IMS. 



Crims - 

cims — 

vims — 

raeims 

prims - 

aprims 

noiriiqs 

Caims — Caym. 



• -crtmen. - 
summitas arboris. 
ijimen. 
-— racemus. 

— acutus vel subtilis. 

— subtilies. 
— nutrimèntuim. • 



IN INS. 

Quins — quirUus. 
esqoius — ^scindât 
tins — tempus. 
ins — intus. 
lins — lignum maris. 

» 

IN'IRS. 



Consirs 
consirs 
albirs - 
désirs - 


— consideratio. 

— ^considères. 

— estimatio. 

— desiderium. 


sospirs 
safírs - 
Tirs 


— suspirivm. 
- safirus. - 
Tyrus, civitas. 


sospirs 
mirs — 
remirs 


— suspires. 
spècuieris. 

— itertm spectderis. 




IN IS. 


Bis — 

robis - 
Robis - 
élis — 
aclis — 


cohr. . 

- lapis. 

- proprium nomen viri. 
inclinatus. 

- inclines* 



4* 



1 



52 



DOKATZ PBOBNSAliS. 



roncis 



ronctnum. 



gris — color. 

paradis — paradisus, 

fis — valde hontui. 

latis — latine vel latinus, 

Longis — Longinus, 

lis — lenis, 

alis — azimus, 

molis — - molendinum, 

mis — missus. 

sothzmis — 8ubmÌ88us» 

mesquis — miser, 

fenis — debUis, 

Sangdanis — Sanctus Donissius. 

pis — pinus. 

albespis — arbor spinosa. 

ris — risus. 

Paris — Parisiua, 

matis — mane. 

vis — vinum. . 

vis — fades. 

devis — divinus, 

devis — divisus. 

Folis — civitas, 

ForKs — * civitas. 

Assis — civitas, 

nomen provincial — nomina pro- 
mncialia. 



Peitavis — 
Aniavis — 
Pakgprris 
Faeutis — 
Spoletis — 
Caersis — 
Lemozis — 



Pictavensis. 
Andegavensis, 
— Pefragoricensis. 
Faventinus. 

Spoletanus. 
Caturcensis* 
■ Lemovicensis. 

IN ITZ. 



Garitz — curatus. 

garnitz -- - munitus, 

graziz — graciosus* 

ganditz — destinans (?) timoré. 

gurpitz — derelictus. 

gic[uitz — dimissus. 

critz — clamor. 

causitz — electus vel curialis. 

aibitz — morigeraius. 

cabritz — edus. 

delitz — destiitctus* 

adormitz — sopitus. 



coloritz — coloratuê, 

escoloritz — palidus, 

esperitz — spiritus, 

esditz — negaU 

esconditz -^ denegat, 

descausitz — rusticus vel injurio- 

sus. 
acrupitz — sedens supir talos. 
sasiz — occtipatus. 
implitz — impletus. 
conplitz — compietus. 
aunitz — vituperatus. 
fugitz — fuga lapsus. 
fttgiditz . — fugitivus. 
escantz solusj 
escarnitz — densus. 
fomitz — formatus vel habens 

necessaria. 
sumsitz — mersus in mare vel 

aquis. 
sebelitz — sepultus. ' 
senthiz — sentitus. 
traitz — traditus proditione. 
transitz — semimortuus. 
tritz — minutus. 
fenitz — finitus vel moriuus. 
peritz — peritus a pereo, is. 
ditz — dicit. 
raubitz — raptus. 
berbitz — ovis. 
â^eisitz — refrigeratus. 
espelitz — avis de ovo proce- 

dens. 
issitz — qui exiit. 
noiritz» — nutritus. 
samîtz — examitum, pannus sert- 

eus. 
voutitz — volubilis^ 
politz — politus. 
poiritz — putrefactus. 
amanoitz — promtus, paratus. 
fallitz — qui ddtnqt^t vel /allit. 
salhitz — saliens. 
vestitz — vestitus. 
desvestitz — qui reddit investitio- 

nem unde fuit inoestitus. 
envestitz — investitus. 
aveneditz -^ advena, aliunde ve- 

niens. 
tortitz — tortitium, multe candek 

simul juncte. 



DONATUB PROVINOIALI8. 



53 



m ros. 

Brius — inpetus. 

caitius — miser vel capius. ' 

solorios — solitarius» 

rius — rimts., 

YÌU8 — vhus. 

pius — pius. 

furius — amené. 

grius — quedam avis. 

senhorius — dominium, 

esqaius — austerus vel delicatus^ a 

vitando dictus. 
Beirius — provintia quedam, 
beirius — hereticus. 

IN HITZ. 

Fitz — Jixus. 
fritz — frixus. 
dihitz, dithz — dictus. 
afritz — catidus amore. 
aflitz — afiictus. 
escrithz — scriptHS, 
maldithz — maledicus vel maie- 
dictus. 

IN OPS VEL OBZ LARG. 

Obs — opus, 

clobs — claudus. . 

galóbz — médium intercurrere et 

trotare. 
trobz — invenias, 

Tfi OPS ESTREIT. 

Grops — nexus vel nodus. 
cobs — testa capitis, 
lobs — lupus. 

globs — plénum os alicujus. li- 
quoris. 

4 

IN OLBS LARG. 

Colbs — ictus, 
volbs, vols — vulpis: 

IN OCS LARG. 

Jocs — jocus vel ludus, 
brocs — vas testeum. 



biocs — curteu, 

OCS — etiam, 

focs — ignis, 

iloxs — vestis monachi. 

cocs coctus, 

crocs -»- fertum cwriwm. 

grocs, crocs — croceus. 

Marrocs — quedam civitas, 

veirocs -^ précipites, 

baudocs — parum^scÎens, (var, du 

Ms. 187. Parisiènses.) 
locs — loctts. 
locs — conducas. 
rocs — ludus ligneus, rochus, 
Enocs — Enoc, 
derrocs — pes ligneus propter 

ludum f 

m HOCS ESTREITZ. 

Bocà — yrcus: 

zocs — pes ligneus proptei' lu^ 

dum. 
mocs — sanies naris. 
tocs — tangas, 

IN OLS LARG. 

Cabreols — capreolus. 

rossinhols' — Filoména. 

vols — voluntas, vel vis vel voluit, 

preterea volesy de volo, las, 
vols — vis, 
vols — volatus, 
aoriols — avis aurei coloris, 
sols — solum, soles, soluit, 
moiols — cifus vitreus, 
aîols — avus. 

Peirols — proprium nomen inri, 
Micols — id. mulieris, 
cols — colis, 

arestols ~ extrema pars lancée, 
rofîois — cibus de paáia et de 

ovis, 
roiols — genus piscis. 



IN OLS ESTREIT. 

Sols — solus, 
pois — pulsus.' 
pois — pulset. 



54 



DONATZ PROEN8ALS. 



bols — equs nimis pulsans^. 

cola — coles, colles. 

prîncols — primum mntim. 

escols — exhauriùs, 

mois — miUsit lac. 

mois — miUsus. 

Aiols — proprium nomen viri. 

Bainols — proprium nomen mri, 

% 

mOLZLARG. 



Folz - 


- stultus. 




colz — 


collum. 




tolz — 


aufers. 




molz — 


- mollis. 




solz — 


soliduÈ denarius. 


solz — 


solutus. 




acolz - 


- amplectaris 


ad collum, 



, IN OLZ ESTREIT. 

Solz — carnes vel pisces in aceto. 

polz — pulices. 

polz — pullus. 

volz — pnago ligni. 

San tolz — proprium nomen viri, 

m OILHZ LARG. — [Var. IN 
OLHZ LARG.] 

Olhz, oilhz — oculus. 

broilhz — locus plenus arboribus 

domesticis. 
folhz — folium vel carta. 
colhz — colligis. 
acolhz — bene receptus vel rc' 

cipis. 
trolbz — torcvlar. 
recolhz — patf-ocinaris, 
escolbz — color. 

capdolhi — capitolium vel arces. 
molhz — illud ubi rota figitur^ vel 

aqua. 
molbz — perfundas, humectes. 
despolbz — expolies. 
roblz — lignum xum quo furnus 

fingitur, 
Cardolnz — nomen castri. 
Nantolbz -- nomen castri, 
Marolbz — nomen castri. 



IN OLHZ ESTREIT. 

Colbz — testiculus. 

tolbz — genus piscis, 

veirolbz — vtcie» ostii. 

genolbz — genu. 

dolbz — dolium vel foramen dolii. 

pezolbz — pediculus. 

mairoblz — ^ manUbium, herba est. 

IN OMS LARG. 

Coma — comes, 
Tesooma — vicecomes. 
doins — domus communis. 

IN OMS ESTREIT. 

Coloms — columbus. 

coms — equus habens cavum 

dorsum. 
noms — nomen. 
soDis — summum. 
ploms — plumbum» 
rouis — genus piàcis, 
roms — rumpis. 
poms — pomum téntorii, 
toms — casus, 
toms — codas. 
doms — dominus» 

IN ONS LARG. 

* Cons — vulva. 

* fons — fons. 
♦fons — liquefacias. 
•confuns — confundis. 

* mons — mons vel ocervus. 
Gions — fluvius quidam, 
Fisons — nomen fluvii. 

* segons — secundus. 

* Trons — nomen /luvii, vel hebe- 

tatus. 
*pOn8 — pons, tis. 
*estrons — stercus, ris. 

* irons — fronSf tis. 

* sons — sopor. 

♦gergons — vulgare trutanorum. 
*roiis — ruga. 
*rons — fadas rugas. 

* fons — fundus. 

* afons — ad fundumt venins. 



DOKATU8 PBOVIJIOIAXIS. 



55 



ascons, escons — abscondis, 
* preons — pro/undus, *) 
dons — dominus. 
Amons — nomen viri. 



IN OHTZ LARG. — [Var. IN 
HOTZ LARG.] 

Bothz — fundum dolii. . 

vohtz — vacuus. 

mohtz — modius. 

cohtz — coctus. 

recohtz — recoctus. 

bescohz — hiscoctus panis. 

dohtz — doctus, 

pobtz — podium vel mons. 

e tuit poden fenîr in. oitz, sicuin 

coitz, voitz. (Var. in oithz^ si 

cran coihtZy voihfz,] 

IN ONHZ ESTREIT. [Vm. 
ONHTZ.] 

Onhz — unctus. 

onbz — unffis, 

conhz — cuneus cum quo lignupi 

^mditur, 
conhz ^— cum ctmeo claudùs. 
ponhz — manue clausa. 
ponbz — punctus, 
ponhz — punctum^ pungis* 
perponhz — grqssa et valde 

puncta vestis ad armandum» 



Le Ma. 187 donne la liste qui 
précède sous Ift rubrique IN ONS 
LARG. LeMs. 42 plat. 41 ne donne 
S0U8 cette même rubrique que les 
mots ci-aprës: 

Dons — dendnuà, 
Amons — rumen viri, 
Gions — Jlumus quidam. 
Fizons — nomen fltmù 

ensuite on lit: 

IN ONS ESTREIT 

et sous cette rubrique, tous les mots 
marqués d'un astérisque dans l'a liste 
précédente. 



Cronhz [Gronhz?] — proprium 

nomen viri. 
gronbz — Ỳostrum antmalis. -> 
besonhz — opus. 
lonhz — prolonges, 

IN ORCS LARG. 

Porcs — porcus. 

ores — quedam herba, 

Austorcs — proprium nomen viri, 

IN ORCS ESTREIT. 

Bores — meus, 

reborcs — obtusus vel hebes^ 

dores — anfora. 

fores — dicitur a furca, vel bi- 

vium, vel furca destruaa, 
estorcs — evellas. 
gorcs — gurges, 
engorcs — ingurgites, 

IN OUS LÀRG O EN ESTREIT. 
In hoc ritimo largo vel stricto. 

Ous — ovum. 
bous — bos. 
nous — novus. 
renous — renovus, 
abnous — annus novus. 
mous — moves. 
plous — pluit. 

IN ORS LARG. 

In hoc ritimo largo. 

Cors — corpus, 

ors — ora pantii, 

mors — morsus. 

pors — portus. 

tors — pars, 

fors — foras vel punctus. 

tors — torsit, 

Elienors — proprium nomen mw- 

lieris. 
mors ^- momordit, 
mors — morsus, aura, 

IN ORS ESTREIT. 
In hoc ritimo stricto. 

Labors — lahor. 
tabors — timpanum. 



56 



D01fAT.Z PltOENSALS. 



cors — cursus. 

çorg — cucurrit. 

acors — subvemt* 

socors — idenif suhvenit. 

colora — color, 

socors — auxUium, 

flors — flos. 

amors — amor, 

ors — ursus. 

ardors — ardofr. 

pudors — fetor. 

calors — calor. 

sabors — sapor, 

freidors — frigidités, 

rasors — rasor^ de rado, is. 

valors — valor. 

vapors — vapor, 

umors — humor, 

verdors — viror. 

tors — turris. 

beat ors — parva turris. 

comtors — parvus cornes, 

aastorç — accîpiter., 

odors — odor, '■■ 

Ugors — oîiuln, 

honors -honor. 

deshonora — dedecus. 

paors — timor, 

ricors — divitie, 

doucors — dùlcor. 

auctors — auctor, 

tristors — tristitia, 

albors — alkedo dieu 

sors — surrexit, 

sors — suscitaius vel elevatus, 

resors — resuscitatus. 

resors — resurrexit. 



m ORTZ LARG. 

Ortz — hortus, 

acortz — concordia. 

acortz — concordes. 

descors — discordes. 

descors — discordia vel cantilena 

hahens sonos ' diversos. 
conortz — consàlatio, 
fortz — fortis. 
esiortz — conamen. 
confortz — confortgtio. 
confortz, contrafortz, pars corii 



in_jcorio apposita causa con- 

fortandi sicut in soiularibus. 
sortz — sors. 
tortz — vis illata. • 
tortz — tortus vel torquet. 
2;etortz — iterum iorquet, ad filum 

pertìnel^ 
retortz — retortus. 
estortz — liberatus apericulo aliquo. 
estortz — liberatus. 
estortz — desnodatus ab aliqua 

vinctura. *) 

IN ORS ESTREIT. 



Cortz 


-» curia. 


cortz - 


— curtus. 


bortz 


:— ludus. 


bortz 


— manuum sonus. 


sortz 


surdus. 


tortz 


— quedam ams. 


lortz - 


— paruffi audierts. 


ffortz 


— rigidus dnfinnitate 


biortz 


— cursus equorum. 


sortz ' 


— surgit. 




m ORBS LARG. 


Corbs 


— corvus. 


orbs - 


— orbus. 



m ORBS ESTREIT. 
Corbs — curvus. 

IN ORNS LARG. 

Borns — pomum tentoriù 
corns — cornu. 



1) Le Ms. 187 passe k: 
IN ORS ESTREIT. Cortz, etc. — 
le No. 42. plut. 41. ajoute encore: 

Portz — portus. 

portz — portas. 

aportz — déferas, 

deportz — - ludas. 

mortz — mors. 

mortz — morímts. 
puis il reprend comme le Ms. 187. 
IN ORS ESTREIT. 



DONATU9 PROVIJrCXALIS. 



57 



corns — tuba vel bucdna, 
coms — buccine^. 
magoros — tibia sine pede. 



Vonns 
dorms 



IN ORMS LARG. 
— dormis. 



IN OKNS ESTREIT. 

Alboms — quedam arbor. . 
dorns — mensvra mamts clause^, 
adoms — c^tus, 
torns — instrumentum tomatik vel 

redtaris, 
moros — subtristis» 
contorns — ' itnus stUcus aratri, 
retorns — redeas. 
forn8 — fumus. 

IN OUTZ LARG. 

• 

Voutz [var, Moutz} — quidam 

Jlui^us, 
moutz — tritus in molendino. 
voutz — versus vel revolufus,^ 
reyoutz — idem est. 
desvaUtz — extentus, adjilum per- 

tinetl 
arcYOutz — arcus lapideus. 
esmoutz — ad molam ductus. 
toatz — ablatus.' 
soutz — solutîis, 
coutz — cultus vel paries. 

IN OUTZ ESTREIT. 

Voutz — imago ligni: . 
soutz — cames vel pisces in aceto, 
moutz — multos. • - 
moûtz — mulgere lac. 
doutz — dulcis. 

estoutz — de facili irascens vel 
stultus. 

IN OTZ LARG. 

Botz — ictus. 

escotz — Ugnvm parvum actitum. 
escotz — pretium pro prandio. 
glotz [var. clotz] — locus eams. 



lotz — lentus. 

rotz — eructuaiio. 

potz — labium. 

cotz — permutatiOé 

potz — potest. 

trotz — inter passum et cursum. 

reeotz — reourvitas capillorum» 

ariotz — pauper, vilis. 

galîotz — pirata. 

cabotz — genus piscis. 

notz — nocét. 



IN OTZ ESTREIT. 

Botz — nepos. 

botz — uter. 

brotz — teneritudo herbe. 

cotz — lapis ad acuendum. ' 

cotz. — parvus canis. 

cogotz — cujus uxor eum adultérât 

glotz — gulosus. 

motz — verbum. 

totz — omnis vel totus. 

rotz — ruptus, 

potz — puteus. i 

sotz -^ subtus. 

notz — nux. j 

fotz — cors {sic.) 

m ucs. 

tJcs — clamor sine verbis, 

ucs — clames. 

bues — brachium sine manu. 

sambucs — quidam arbor sterilis. 

saucfl — idem. 

trebucs — calige tracate. 

trasbucs — précipites. 

claucs — clausus. 

ducs — dux vel quidam avis. 

calucs — curtum habens visum. 

as trucs — fortunatus. 

desastrucs — infortunatus. 

pezucs — strictura fada cum duO" 

bus digitis* 
sucs — succus. 
zucs — testa capitis. 
malastrucs — infortunium passus. 
paorncs — timidus. 
palbucs — parva palea. 
restucs . — jestuca. 



58 



DONATZ 'PIIOBNSÀLS. 



devertucs — apostema inUinseca. 
pesucs — onerosus, 

IN UF. 

Buf — vox mdigmantis, 
chuf — pili super /rontem, 
buf — insufiatio. 

* IN ULS. 

Muls -^ mulus, 

culs — culus vel anus. 

coguls , . 

sauls — salvus, 

IN UMS ESTREIT. 

Fums — fumus» 

lums — lumen. 

agrums — res acerba sicut frucius 

récentes, 
alums — alumen vel illumines, 
escums — spumam au/eras. 
. betums — hitumen. 



, 


JN URS. 


. Agurs - 
secunis 


— augurium, 
— securus. 


asegurs 
aturs — 
aturs — 
durs — 
endurs 
purs -^ 
murs — 
escurs - 
tafuFS - 
Surs — 


— securum fadas. 

■ conamén, 

- conaris, 
durus. 

— jejunes. 
purus. 

■ murus. 

— ohscurrjis. . 

- homo parvi pretiL 
nom^n civitatis. 


perjurs 
rancufs 


— perjurus vel perjures. 
— ' conqueraris. 




IN URCS. 


Urcs — 

Turcs - 
Burcs - 


partus. 

- genus Saracinorum. 

- nomen civitatis» 



IN UTZ. 

Cambutz — habens longas tibias-. 
alutz — plenus -alis. 



agutz — adtUés. 

cutz — vilis persona. 

drutz — qui intendit in dominabus. 

grutz — fari^m, 

Í^Iutz — glutínum. 
utz — lux» 
lutz — lucet 
salutz — salus, 
salutz — salutes. 
salutz — sanitas. 
mutz — mutùs, 
Dutz — nudus. 
ptttz — fetes.^ 
romputz — ruptus. 
cosutz — consûtiM, 
pelutz — pilosus. 
menutz — mintUtis. 
canutz — plenus canis, 
descosutz — desconsufujt. 
fendutz — Jissus. 
perdut2 — perditus. 
saubutz — seitus. 
receubutz — receptus. 
ereuba|2 — ereptus. 
aperceubutz — promtus, 
conogutz — cognitus. 
desconogutz — • incognitus. 
credutz — creditus. 
descreutz -r- incredibilis , ille ctii 

non creditur. 
decreutz. — a bono opère cessons. 
deceubutz — deceptus. 
espatlutz — habens magnos hur- 

meros. . , 

pendutz — suspensus. 
despendutz — expensus a sus- 

pendio. 
sospendutz — suspensus. 
mogutz — motus. 
esmogutz -^- commotus, 
tendutz — iensus. 
atendutz — expeôtatus.. 
destendutz — distensusi 
estendatz — extensus. 
tengutz — tentus. 
sostengutz — sustentatus. 
vengutz — quijam denit, 
revengutz — melioratus. 
esperdutz — stupefactus. 
reconogutz — reoognitus. - 
cregutz — auctu^. 
descregutz — diminijiJtus. : 



DOHATUS PBOVINOIA^IS. 



59 



enbntz — imbutits^ — iUud cum 
quo mittitur vinum vel aqua 
in vase, 

batutz — percussus, . 

conbatatz — preUaius» 

tautz — feretrum, 

m us. 

Lus — dies lune. 

l'os — unus* 

us — unus» 

us -r- hostium, 

us — usus. 

brus —• fuscus, ; 

gras — granulujn yvc. 

reclus — reclusus. 

conclus — conclu8U9' 



negus — nullus, 

jus — deorsum» 

dejtis — jejunus, 

fus — ligntím cum quo femine 

filant 
confus — confusus. 
palus — paluSj ludis, 
pertus — foramen, 
crus — crudua, 
enfras — homo insatiabilis. 
plus — plus, 

Cerberus — janitor infemi. 
Dedalus — proprium nofhen viri, 
Tantalus — proprium nomen viri. 
Artus ^- proprium nomen viri, 
sus — sursum. 
Jhesus — filius Dei, 
cornus — communia. 



E devetz saber que la seconda persona del presen del con- 
junctiu se dobla en la prima conjugazo si cum: 

Et debetis sapere quod secunda persona presentis coir- 
junctivi duplicatnr in prima conjugatione verbi gratîa: 

Cans o chantes — cantes. ensais o ensaies — probes, 

enbarcs o enbargues — impedias, bais o baises — osctderis, 
estancs o estanques — liges, lais o laisses — dimittas. 

Et aquesta régla es gênerais per la maior part, mas non de tôt. 
Et hee régula est generalis pro majori parte, sed non ex toto. 



m URA LARG. 

Cura — cura, 
pura — pura, 
rancura — querimonkt, 
rancura — conqueritur, 
jura — jurât. 
perjura — dejerat, 
mesura — mensura. 
desmesura — superfluitas, 
desmesura — facit contra men- 

suram. 
amesura — facit ad mensuram, 
dura — dura, 
dura — durât, 
endura — jejunium, 

IN URA ESTREIT. 

Calúra . . r. . . . .,. . 
melhura — meliorat. 



pejura — peior efficdur. 

atura — conatur, 

falsura — falsitas, 

dreitura — justitia, 

adreitura — justiciat, 

conjura — ' adjufrat, 

pastura — pascua. 

pastura — pascitur. 

aventura — fortuna^ 

desaventura — infortunium, 

centura — zona, 

es cura — obscura, 

peintura — pictura, 

agura — auguratur, 

segiura — secura, 

asegura — reddit sectlrum, 

ambladura — planus et velox in- 

cessus, 
pura — purch 
mura — facit murum. 



60 



DONATZ PBOEN8AL8» 



natura — natura. . 

disnatara — facit contra rmiuram, 

cosdura — sutura, 

IN ARA. 

Cara : — cara. 
amara — amara, 
rara — rara. 
clara — clara, 
para — parât. 
ampara ~ occupât. 
desampara — derelinqidL 



gara — custodit, 
efgara — aspicit 
regara — regpicit.. 
ara ~ modo. 
ancara — adhuc, 

IN ERA. 

Fera — fiera. 
bera — /eretrum. 
esmera — dépurât. 
lesgera — legerem, 
cantera — úantarem. 



Et totas las primas personas [et las terzas] del presen de Tob- 
tatiu de la prima conjugazo fenissen in era o en ia. 

Et omnes prime persone et tertie presentis obtativi prime 
oonjugaiit)nîs íìniunt in kra vel in ia. 



IN ERA ESTREIT. 

Cera — cera, 
pera — pirum. 
vera — vera, 
apodera — suppeditat. 

IN EIRA 

Cadeira — cathedra. 

feira — nundine. 

feira — feriat. 

teira — séries. 

enteira — intégra. 

ateira — per seriem positum. 

ribeira — planicies juxta aquas. 

sobreira — exuperans^ superba. 

arqueira — fenestra vel fissura ad 

sagittandunu 
lebreira — canis Jtporina. 
carreira — strata vel via publica. 
saleira — uhi sol r^onitur. 
maneira — modus vel ad manum 

cito veniens. 
mezongeira — mendax 'inulier. 
plazenteira — placens muLier, 



corseira — discurrenê inulier. 
enqnelra -^— inquirat. 
reiqueira —r requirat. . 
soudadeira — mulier accỳ)iens so- 

.lidum. ■ 
detreîra [var. derreira.J — ultima. 
presenteira — mulier audaciter lo- 

quens. , 
peteira'— muliet bumbos faciens. 
meira — mereatur. 



IN IRA. 

ira — ir€u 
mira — aspicit. 
remira — tmlde aspicit. 
tira — trahit, [var. tirât] 
sospira -— suspirat. 
désira — desiderat. 
adira — odio habet. 
vira — volvit. ' 

revira — revolvit. 
gira — idem quod s%ipra^ 
régira — idem qtwd supra. 
esconsira — considérât. 



Ë totas las primas personas e las terzas del presen de l'ob- 
tatiu de la prima conjugazo in ira fenissen aisi sicum: auzira, 
dormira. 



DOKATU8 PBOYIKCIAIilB. 



61 



Et oimies prime persone et tertie presentis optativi prime 
conjugationis finiunt in ira ita: verbi gratia, audirem yel audirei, 
dormirem vel donniret. 



IN ORA LARG. 

Nora — nurus. 

Flora — proprium nomen midieris. 

demora — moratur vel ludit 

fora — foras. 

dévora — devoraL 

IN ÔRA ESTREIT. ' 

Ora — ora. 

adora — adorât 

aora — modo. 

labora — laborat. 

plora — plorat. 

mora — morum. 

fora — esset. 

cora — quando. 

onora — honorât. 

assapora^ — gustat quod sapit. 

odora — odorat. 

IN AURA. 

Aura — avra. 
laura — color laureus. 
maura — nigra. 
saura — griséa. 
daura — daurat. 
sobredaura — idern. 
essaura — ad aerem ponit. 
restaura -^ restaurât. 

IN ala; 

Ala — ala. 

sala — aula, 

pala — pala ad extrahendum 

panem. 
tala — devostacio vel detrimenlum. 
tala — dévastai. 
cala — - tacet. 
mala — mala. 

mala — mantica. [var. manda.'] 
escala — scala. 
escala — ordinal exercitunu 



sala — salem mittit. 

•s 

dessala — salem tollit. 

IN ELA LARG. 
In hac larga. 

Bêla — pulchra. 

noela — novella. 

noela — noimm verhum. 

renovela — renouât. 

mais^ela — maxUla. 

mamella — mamma., 

cembela — ostendit avem ad ca^ 

piendum aves. 
apela — vocat vel appeilat.^ 
caramela — Jislula cantat. [var. 

canit.] 
pîuzela — vîrgo vel puella. 
despuzela — corrumpit virginem. 
sela — sella. 
sela — seiïam mittit. 
desella — sellam tollit. 
acantela — latus déclinât. 
mantela — velat. 
canela — species quedam. 
révéla — révélât vel rebellât. 
capdella — ducatuni prebet. 
aissella — acella. 
pustela — fistule, [var. morbvs.'] 
padela — patella [yscc. patena] vel 

sartago. 

IN ELA ESTREIT. 



Cela — 
cela — 
vêla — 
pela — 
tela — 
estela - 
donzela 
candela 


illa. 
celât, 
vélum. 

pilos aufert. 
tela. 
- .Stella. 

— domicella, 

— candela. 




IN ILA. 


Vila ~ villa. 
ila — insula. 



62 DOHATZ 


PKOBN8AL8. 


pila — lapis cavus. 


IN ULA. 


pila — pes pontis, 
pila — terit, 
nia — net. 


Mula — mtjilUu 


recula — retrograditur. 


euila — deceptio. 
defìila — extrahit filvm. 


acula — cuUum ponit in terra. 




anguila — angtdlla. 


IN ALHA. 


afila — acuit. 




apila — innititur. 


Malha — hOtinus lorice. 


esquila — parva campana. 
(smvL — crwraU 


desmalha — spoliât. 


malha — facit hamos in lorica. 




malha — macula in octUo. 


IN OLA LARG. 


malha . — maleo per<:utit. 
malha 



Stola — stola. 

fola — stulta. 

degola — précipitât. 

mola — molat vel mola. 

dola — dolat. 

escola — scoIq. 

acola — amplectitur ad collum. 

percola — valde amplectitur. 

sola — soleas constdt: 

désola — dissuit soleas. 

viola — viola. 

vola — volât. 

fìlhola — gue habet patrinum. 

aifola — destruit. 



IN OLA E8TREIT. ') 

Sadola — saturât. 

gala — gula. 

agola — in gula mittit. 

esgola — /oramen facit in veste 

unde caput. intrat. 
cola — ^colat. 
escola — exhaurit. 
sola — sola. 
sadola — saturât. 
grola — solea vêtus. 
fola — sub pedibus calcat. 
bola — meta. 
bola — metas ponit. 
mezola — medìdla. 
ola — olla^ 



1) à partir d'ici le Ma. 42 ne donne 
plus le latin. 



trebalha — labor^ 

trebalha — lahorat. 

anualha — inertia. j 

anualha — vilescit vel ad pigri- 

tiam venit. 
batalha r— prelium. 
seralha — illud td>i clavus mit- i 

titur. 
moralha — quod pendet in vecie. 
palha — pcUea. 

buscalha — colligit ligna mini4ia. 
talha — secat vel tributum. 
rethalha — iterum secat, 
entalha — sculpit. 
eschalha — frangit. 
baralha — contention 
valha — valeat. 
salha — saliat. 
assalha — assaltum det. 
tartalha -^ loquitur fréquenter et 

preciose. 
mezalha — obolum. 
falha — f acula. 
falha — delinquai. 
falha — quidam ludus tabtUarum. 
toalha — mantille. 
ventalba — pars loHce que poni- 

tur ante factem. 
badalha — ^ oscitat id est aperit os, 
fenUalha — fissura. 

IN ELHA ESTREIT. 

Vermelha — rubicunda. 

semelha — similat. 

somnelha — fréquenter somniatur, 

vel dormitat. 
velba -^ vigilat. 



DONATUfi PBOYISOlAIiIS. 



C8 



revelha — jexéitat, 

esvelha — evigilaU 

ovelha — ovis. 

solelha — ad solem siccat. 

conselha — consulit. 

botelha — botelha vas^ aquaiile, 

aparelha — préparât vel equat, 

desparelha — dispares facit. 

pendelha — fréquenter pendit 

aarelh'a — aurictUa. 

pelha — vêtus pannus. 

relha — ferrum aratri, 

selha — vas aquatile. 

telha — cortex tilie, 

abclha — apis. 

estrelha — ferrum , instrumentum 

proprium [aíí] equos ter- 

gendos. 

estelha 

trelha — vitis in altum elevata. 

IN ELHA LARG. 

Velha — yeiêrana. 
Amelha — proprium nomen mu^ 
lieris, . 



IN OLA LARG. 

Molha — humecta vel aqua per- 

fundit. 
remolha — ad ,humiditatem venit. 
despolha — expoliat. 
volha — velit. 
tolha — auferat^ 
de&tolba — diruat. 
(lolha — doleat. 
acolha — hene recipiat. 
recolha — patrocinetur. 
orgolha — superhit. 
capdoiha — ascendit. 
brolhà — pullidat. 
trolha — exprimit torculari. 
folha — equivocum , folium , vel 

folia producere. 

IN OLHA ESTREIT. 

Colha — pellis testiculorum. 
dòlha ^- foramen quo alba in- 

serit. (sic.) *) . 
Polha — • provincia quedam. 
solha — poîluii. 
verolha — vecte Jirmat. 



IN ILHA. 

Filha — fiHa. 

miraviUia ^— mirum vel mirabile. 

Toilha — rubigo vel ruhigine un- 

gitur. 
desroilha — aufert ritbiginem. 
bilha — ligneus ludus. 
essQha — in exUium mittit. 
cornilha — comix. 
canilha — unus comedens dura? 

(sic.) ») 
ponzilha — pçnit ligna supra 

muros. 
ilha — ilia, 
adouzilha — spinam in dolio 

mittît, 
asotilha — subtiliat. 
afìlha -^ adoptent in filium vel in 

filiam. 



*) Sans doute vermis au lieu de 
unus, (Oanilha, chemUe.) 





IN AMBA. 


Camba - 


- tibia. 




IN ENGA. 


Lenga — lingua. 

lausenga — adulatio vel verbum 

bilinguis, (sic.) 
fenga — Jingat. 
tenga — tingat. 
estrenga — stringat. 




IN ANCA. 


Branca - 
blanca - 
jabranca 
tança — 
estanca - 
anca — 
manca — 


- frondes. 

- candida. 

- capit vimen. 
Jirmat. 

- retinet- aquam^ 
notes. 

- mulier amissa. 


sanca — 


manus sinistra. 



^) il faut lire inseri^ur? 



64 



DOKATZ PROBH8AL8. 



IN IGA. 


IN AUCA. 


Figa —ficus, 

triga — moram fadt. 

destrîca — inpedit. 


■ 

Paaca — parva, 

auca — anser. 

mauca — venter grossus. 


eniga — iniqua. 
enemiga — inimica, 
antiga — antica. 
mendiga — mendica. 
diga — dicat. 


ranca -r raucai 
erauca — terra steriks. 

, IN ESCA. 


^sdiga — neget. 


Lesca — varticula vanis. 



IN lA. 

Embria — proficit. 

cambia — permutât, 

tria — eligit. 

lia — ligfat, ' 

deslia — solvit, 

tria — discernit, 

mia — mea, 

sia — sit, 

atia — fidejvhet. 

desfia — diffidit vel minatur. 

dia — dies, 

mia — arnica. 

ria — ndecU. 

aucia — occidat. 



IN ICA. 

Pica — picot, 

fica — ^git. 

afica — vincitt af/irmat. 

desûca — eveltit. 

rica — dives mulier. 



IN EGA. 

Lega — leuga. 
ega — egua. 
pega — insipida, 
sega — secat. 
sega — sequatur. 
cega — ceco. 
trega — tretiga. 
encega — excecat. 
persega — persequatur. 
çonsega — consequatur. 



sesca — arundo, ftecansf 

fresca — recens. 

bresca — favus, 

antrebresca — intermisit. 

mesca — propinet. 

pesca — piscatur, 

cresca — crescat. 

esca — illud cum quo ignis accen- 

ditur vel esca cara cani. 
adesca — inescat. 
tresca — chorea intricnla. 
tresca — choream facit vel ludum 

intricaiwn, 

IN AIRA. 

Laira -r- latrat. 

vaira — variai. 

quaira — qvadrat. 

escaira — quadrum disirue. 

esclaira — clarescit. 

repaira — repatriat. 

aira — area. 

IN OSSA LARG. 

Fossa ^- cauea. 

grossa — grosSa. 

trasdossa — mànttca vel quidquid 

portât Tiomo in dorso equi. 
ossa — collectio ossium^ 
désossa — cames ah ossibus re- 

movet. 

IN OSSA ESTREIT. 

Rossa — rtmcia. 

mossa — sarcina que in veteri ar- 
bore nascitur si^er corticeni. 
tro8sa — .Kcrcina. 



DONATUS PROVIIfCIALIS. 65 

trossa — ligat sarcinam, IN OSA LARG. 

deatrossa — sarcinam [de- 

ponit vél furaiur?^ Rosa — [rosa.'] 

esçossa — excussa. osa — [qudety 

rescossa — excussa. glosa — {jylosa.^ 

prosa — [prosa.'\ 

in OSA estreit fenîssen tuit lî fernini que sunt dels ajectius 
que feDÎssen in os estreit. 

in OSA estreit finîunt ômnia fernînina adjectivorum nomi- 
num finientîum in os. 

m ASSA. IIÎ ISCLA. 

Grassa — grasga. qj^^j^ _ ,^^ ^^^ ^^ ^^^^^^ 

lassa -fattgala. ^ ,^ _ ^ ^ 

passa -íranírf. j^^j^ - , 

massa — nimts alicujus rei* 
amassa — congregat, 

Portz — portxAS, 
IN OIRA. portz — portes. 

aportz — déferas. 
Foira — Jluxus. deportz — ludus in spaciando, 

es foira — ventris polluit fiuxus, deportz — ludas. 
Loira — Liger. mortz — mors, 

zoira — vêtus canis. mortz — mortuus. 

Et bec deritimis dicta suffîciant, non qupd plures adha<; neque* 
ant inveniri, sed, ad vitandunr lectoris fastidium» finetn op€;ri meo 
volo imponére, sciens procul dubio librum meum emulorum vo- 
cibus laeerandum, quorum est proprium reprehendere que igno- 
rant. Sed si quiis invidorum in mei presentia boc opus redar- 
guere presumpserit, de scientia mea tantum confido quod, ipsum 
convincatíi coram omnibus manifeste, sciens quod nullus ante me 
tractavit ita perfecte super bis nec ad unguem ita singula decla- 
ravit. Cujus [auctor] Ugo pominor, qui librum composui preci- 
bus Jacobi de Mora et domini Corani Zbuchii de Sterlleto ad 
dandam doctrinam vulgaris Prqvincialis et ad discernendum yerum 
a falso in dicto-vulgare ^). 



an commencement du manuscrit de là bibliothèque Ambrosiénne, on 
lit : Incipit liber quem coraposuit Ugo Faiditus preç^bus Jacobi de Mora et 
domini Conradi de Sterleto ad dandam doctrinam ... (le reste comme ci- 
dessus). 

EXPLICIT LIBER DONATI PROVINCIALIS. 



LAS RASOS DE TROBAR 



DE R. VIDAL. 



\ 



LAS RASOSDE TROBAR. 



Fer SQ qar ieu Baimonz Vidais ai vist et conogut qae pauc 
d'ornes sabon ni an saubuda Ja drecha maniera de trobar, voill 
eu far aqaest libre, per far conoisser et 8aber qals di^ls trobadors 
an mîelz trobat et mielz ensenhat €ul aqçlz qe volran aprenre, 
com de von . segre la drecba maniera àe trobar. // Pero. s'ieu i 
alo^ngi en causas qe . porria pluâ brieumens dir , nous ei^ deves 
merayeliar; car eu vei et codosc qe mant saber en son tornat en 
error et en teneo qar eran tant breumens dig.^/Per q'ieu alon- 
garai en tal luec qe porria ben leu> plus breumentz hom dir; et 
aitan ben si ren i lais o i fas errada^ pot si ben avenir per oblit; 
(qar ieu non ai ges vistas ni auzidas totas las causas del mon), 
per fallimentz de pen^r. Per qe totz hom prims ni entendenz 
no m'en deu uchaizonar, pois conoissera la causa. E sai ben 
que mant home i blasmeran, o diran: .„aital ren i de^ra mais 
mètre, ^^ qe soi^) lo quart non sabrian far ni conoisser, si non o 
trobessen tan ben assesmat. Autresi vos dig qe homes prims i 
aura, de cui vos die , sitôt s'estai ben , quç i sabrian bien meil- 
horar o mais raetre ; qar greu trobares negun saber tan fort ni 
tan primamenz dig, qe uns hom prims no i saubes melhurar, o 
mais mètre. Per ,q'ieu vos dig qe en neguna ren, pos basta 
ni benista, non dçvon ren ostar ni mais mètre. ^) 



Tota gens Crestiai^a, Juzeus et Sarazis, emperador, princeps, 
rei, duc, conte, vesconte, contor, valvasor, et tuit autre cavailler 



1 - I 

*) R. qe sol l'uchaizo no sabra ni conoissera. 

2) R. Fer qaiea vos die qu*en negun dig, pos basta ni benestai, 

negnns bomz nol den tocar ni mover. 



70 LAS RA808 DE TROBAB. 

e clergues borges e vilanz, papes et granai, meton totz jorns lor 
entendiment en trobar et en chantar, o qen volon trobar, o qen 
volon entendre, o qen volon dire, o qen volon anzir, qe greii 
seres en loc negun tan privât ni tant sol, pos gens i a, paucas o 
montas, qe ades non auias cantar un o autre, o tôt ensems, qe 
neis li pastor de la montagna lo roaior soUatz qe ill aian an de 
\ / chantar;'ét tuit li mal el ben del mont son mes en remembransa 
^ per trobadors ; et ja non trobaras ^) mot un mal dig, pos trobaires 

Fa mes en rima , qe tôt jorns en remembranza [non sia] ; qar 
trobars et ehantars son movemenz de totàs galliardias. 

En àqest saber de trobar son enganat^) li trobador et dirai 
vos com ni per qe. Li auzidor qe ren non intèndon, qant auzon 
un bon chantar, faran semblant qe fort ben Tentendon et ges no 
Fentendran , qe cnieran so qelz en tengnes hom per pees si dizon 
qe non l'entendesson : et en aisi enganan lor tnezeis, qe uns dels 
maior seiis del mont es qi demanda ni vol apenre so qe non sàp, 
et assatz deu aver maior vergoigna cel qi non sap qe aîcel qi 
demanda. Et sil qe entendon, qant auzion un malvais trobador, 
per ensegnametit li lauzaran son chantar; et si no lo volon lau«> 
zar, al menz nol volran blaspiar ; et aisi son enganat li^ trobador, 
et li auzidor n'an lo blasme^ car una de las maiors valors del 
mont es qui sap lauzar so qe faî a lauzar, et blasmar so qe fai 
a blasmar. 

Sill qe cuion entendre et non entendon, per otracuiament 
non volon apenre, et en aisi remanon enganat. leu non die ges 
qe toz los homes del mon puesca far priras ni entendenz, ni qe 
&ssa tomar de lor enveitz senz plana paraola; que anc Dieus 
non ffes tant grant ordre, qe pos homs escouta l'error, q'ora no 
trobe qalacom home qe lai inclina son cor. Per qe, sitôt ieu 
non entent qe totz los puesca far entendentz, si vueill far aqest 
libre per Tuna partida; ') 

Aqest saber de trobar non fon anc mais ajostatz tan ben 
en un sol luec, mais qe òascun n'ac en son cor, segon que fon 
prîms ni entendenz. Ni non crezas que neguns hom n'aia istat 
maistres ni perfaig; car tant es cars et fins lo saber qe hanc nuls 



1) R. non trobaras re mal dicha ni ben dicba, pos li trobador Tac 
dicha ni mes solamen en rima, que tostemps pois non sia en remembranza, 
e trobars e cantar egalment de totas autras gaillàrdias. 

^) R. son enganat dels trobadors e dels anzidors eissaments mantas 
vetz. 

3) R. Per qe sitôt non son tant entendentz qom iea yolgra per far totz 
entendentz, si yueil en far aqaest libre per la una partida. 



LAS RAS08 DE TROBAK. 71 



homs non se donet garda del tôt. So conoîssera totz homs prima 
et entendenz qe ben e$gu*d' aqest libre. E non dîo ieu ges qe 
sia maistres- ni parfait z, mas tan dirai Aegon mon sen en aqest 
libre, qe totz homs qi l'entendra ni ara bon cor de trobar, poira 
far SOS cantars ées tota vergoigna. ^ 



Totz hom qe yol trobar ni^ entendre deu primierament saber 
qe neguna parladnra no es tant natqrals ni tant drecba del nostre 
lingage eon aqella de Proénza o de Lemosi o de Saintonge o 
d'Alvergna o de Caerci. Per qe ieu vos die qe qtot ieu par- 
larai de Lemosis, qe totas estas terras entendas, et totas lor 
vezinas, et totas cellas qe son entre ^) ellas. £t tôt Tome qe 
en aqellas sont nat ni norit an la parladura nataral et dreeha; 
mas cant us de lor es issitz de la parladura per una rima o per 
alcun mot qe li sera mestier^ cuion las genz qi non en tendon qe 
la Idr lenga sia aitals, qar non sabon lur lenga; per qe mielz lo 
concis cel qi ba la parladura reconoguda que sel qi non" la sap, 
e per zo non cuion mal far qan geton la parladura de sua natura, 
anz cuion qe sia aitals la- lenga. P^ q'ieu vueil far aquest libre 
par far reconoisser las parladuras d'aquels qi la parlon drechff, e 
per enseignar aicels qui non la sabpn. 

Là parladura Francesca . val mais et [es] plus avinenz a ikr 
romanz et pasturellas; ^) mas cella de Lemosin val mais per far 
vers et cansona et serventes; et per totas las terras de nostre len- 
gage so de maior autoritat li cantar de la lenga Lemosina que de 
neguii' autra parladura , per q*ieu vos en parlarai primer* 
anoen. ^ 

Mant home son qe dizon qe porta ni pan ni vtn non son 
paraolas de Lemosin, per so car si dison en autras te^rras quora 
en Lemozi; et soi non sabon qe dizon;, car totas paraolas qe 
ditz hom en Lemozi d'autrâs guisas que en autras terras, aqellas 
son propriamenz de Lemozi. Per q'ieu vos die qe totz hom qi 
vol trobar ni entendre deu aver fort privada la- parladura de Le- 
mosin ^ et après deu saber alqueis de la natura de gramatica, si 



*) R. enveiron d*jellas. 

2) R. a far romantz,, reiromcu (sic) e pastoreUM, — retromas est sans 
doute une leçon fautive pour retronchas^ Voyez sur ce genre de poésie 
las Leys é^anwrs, T. I, p. 946. 

^) R. cella de Lemozi val mais a chanzoa et sirventes et vers de totas 
las autras dels nostres lengatges, e per aizo son e maior anctoritat li cantar 
de la parladura de Lemozi qe de negun' autra lenga. 



72 LAS KAS08 DE TROBAB. 

fort primainenz vol trobar ni enteadre; car tota la parladnra de 
Lemosin se parla natur almeâz et per cas et per genres et per 
temps et per personas et per motz, aisi corn poretz aozir aîssi, 
si ben o escoutas»^) 

Totz hom qe s'entenda en gramatiea deu saber qe vm. 
partz son de qe totas las paraolas del mont si trason,^) so es 

NOMS, PRONOMS, VERBS, PARTECIPS. ADVERBIS, CONJXJNCTIO», PREPO- 
SITIOS et mTBRJECTIOS. ^ 

Oatxa lot aiso qe iea vos dick, deves saber qe paraulas i 
son^ de trea manieras : las unas^ son adjectivaa et las antras suh^ 
stantivasy et las attiras ni l'un ni l'autre. Ad^ectivcis et isub^ 
stantivcis son totas acellas qe an pluralitat et singularitat , et 
mostron genre et persona et temps ^ o sostenon o^ son sosten- 
gudas, aisi òon son sellas del nom et del pronom e del partieip 
et del verb, mas cellas de V avérbi et de la conjunctio et de la 
prepositio et de la interjectio , per so car singularitat ni plurali- 
tat non <£yi, ni demostron genre ni «persona ni ' tèmp», ni soste- 
non. ni son sostengudas, no son ni l'un ni l'auti'ç, et podes las 
appellar neutras. -^ 

. Las paraulas a^jeotivas son com: bon^, bels, bona^ bella, 
fortzŷ vile, sotUê, plazens, soffrenz^ am, vau, grasisc, engresisc, o 
cant a o qe fai o qe sufire; et son appelladas adjectÌTas, car 
hom no las pot pôrtar ad entendement, si sobre substantíius non 
las geta. 

Las paraulas substantivâs son aiso com: beUezza, bonezza^ 
cavaliers, cavals^ dompna, poma, i&u^ tu, mieua, tieus, úui, estau, 
et totas las autras del mont, qe demostron substantia visibil e 
non visibil ; et per aiso an nom substantivâs. car deraonstran 
substantia et sostenon las ^jectrvas, aisi -com si ieu dîzîa: y^Eeis 
sut (T Aragon^ o: ieussui ries hofiis^'^ ^) - 

Las paraulas adjectivas son de très manieras: las unas son 
masculinas, et las autras femininas, et las autras cbmunas. Las 
masculinas son aisi com .^o^, bels^ gaie, blancz, et totas celias qe 
hom ditz en Tentendiment del masculin; et no las pot hom dir 
mas ab substantiu masculin. Las femininas son aisi com bona, 
bella, gaia, blancha, et totas cellas qe hom ditz en entendiment 
del féminin; et no las pot hom dir mas ab substantiu féminin. 



1) R. si ben m'escoutares. 

^) R. del moB devizoD, so es 

^) R. e podes en far una razon oomplida, ses las adjectivas, ab le verb, 
aissi eum si ieu dizia: ReU si» éC- Aragon, cavalliers std, cavcd haù 



LÀfi RAB08 DE TBOBAR.. 7^ 

Las cômiwaB son aid corn: forts ^ vUs, aotik ^plajsenz ^ suffrenZy 
am^ vauj grasiac ^et mantaa d'autras qe n'i a d'aqesta maniera. 
Et son per aî^so appelladas eomunas car hom las pot dir aitan 
ben a substantiu masculin corn ab féminin, o a féminin com 
a masculin et oom ab comun ; car aitan Jben n'i a de très manie- 
ras com de las substantivas. 

Las paraulas substantivas femininas son:- òéUezza^ bonezza, 
dompiiQy JEtoma^ et totas las autifts qe^emostran substantia fe- 
minina^ -Las masculinascson: cavaliers^ oavalsj et totas las autras 
qe demonstron substantia masoulina. Comunas son totas aqestas : 
ieu, Bui, estau, tu^ et totasi las autras don si pot demostrar aitan 
ben homs. eom femna, aisi eom vet^ges; car hom pot ben dir: 
verges esaqest bom^ o: verges es aquesta /enina. 



Primieramentz vos parlarai del nom et de las paradas 
qe son de la sieua substantia, com las, ditz hom en Lemosin. 
Saber deves qel nom a sine declinations , et qasçutía d'ellas a 
dos nombres, so es a saber lo singular. el plural. Lo singulars 
parla^ d'una el nomioatiu, el genitiu, el datiu, el vocatiu et el 
ablatiu. 

Apres tôt aisso deves saber qe gramipatica fai v. genres,- 
so es a saber masculÌRS^ féminins, neutris, comus et omnis. 
Mas «n Romans totas las paraolas del mont, adjectivas o sub- 
stantivas,- son masculinas o femininas o eomunas o de lur 
entendemen, aisi com ieu vos ai dig desvis. En petitas*) en 
fora, qe pot hom abreviar, per rason del neutri, el nominatiu el 
vocatîu singular, aisi com qui volîa dir: bon m! es car rn!aves 
onraty oi^mal nies car trCaves tengut^ ^— bel es cnsa; et àutresî 
van t\]it cill d'aqest semblant. Et dar vos n'ai eisemple dels 
masculins et dels féminins. > EiX\ gi^amatica es axbres ^^ninins, 
et cors es neutris: et dîtz los hom en Romans masculins. En 
gramatica faî hom masculin amor^ et 7nar neutriu; et dîtz los 
féminins en Romans. ^) Autre si totas- las^araulas del mont son 



') je corrige en petiias au lieu de en pettius qu'on lit dans la première 
édition, en me fondant bmt une leçon du ms. Riccardi, qui distingue ici les 
mots en petits et grands (jpetiias et grandas), le passage est trop corrompu, 
du resta, pour pouvoir être rapporté. 

^) R. £ donar vos n'ai eisemple dels masculins et des féminins et dels 
autres. En gramatica es femenis arbres et en Romans es masculins, en 
gramatica fa hom masculin amorê et amar neutre, et en Romanz feminini 
amorê et amar comun, et atressi .... 



74 LA8 RASOS DX TROBAR. 

inascuHnas o femînînas o còmtinas o de lur entendemen en 
Romans. D'aqest dos cas*) en fora, qe ieu vo^ ai dich, qe son 
neutrin per abreviar. Estiers non trobarete negona paraula 
substantiva que hom puesca dir el neutri, mas solamenz las 
ajectivas, aisi oom iea vos ai dig, el nominatíu et el vocatiu sin- 
gular, car ja non trobares autre cas negan. 

Hueimais deves saber que totas las paraulaa del mont mas* 
câlinas, qe s'atagnon al nomen, et cellas qe hom ditz en l'en- 
tendement del masculin, substantivas et adjectivas, a'alongan^) 
en. vz. cas^ so es a saber: el nominatia singular, el genitiu, 
el datîu, et en l'acusatiu, et en l'ablatiu plural; et ê^ahrevion en 
yi. cas, so es a saber: el genitiu et el datiu et el acusatiu et 
el ablatîu singular, et el nomînatíu et el vocatiu plural. Alon- 
gar apelli ieu cant hom ditz: cavaliera^ cavals^ et autresi de totas 
las autras paraulas del mon. Si om dizîa: lo cavaUer es vengut^ 
o mal mi fes lo eaval, o bon sap Veacut, mal séria dich , qel nomî- 
natius singular alongar si den, sitôt hom dis per us: pus vengut 
es lo cavalier^ o mal mi fes lo ccmal^ o bon sap VescuL Et el 
nominatiu plural deu hom abreviar, si totz hom dis en motz 
luecs : vengut son los cavaliers, o mal mi feron los cavaís^ o bon mi 
sabon los escutz. Autresi de totas las paraulas masculinas s'alon- 
gon tuit li vocatiu singular et s'abrevion tuit li vocatiu plural. 
Li vocatiu singular s*alongon, autresi con li nominatiu. 

Et eu^, per so qe ancaras n'aias maior entendement , vos en 



^) R. d*aqu6llas doas en fora-qi son neatras per abreviar. 
^) R. S'alongan en dos nombres, en singular et en plural, et en vi. 
cas, zo es lo nominatius el yocatius sîngulars, qe se resemblon, et el genitiu, 
datiu, accusatiu et abiatiu qui se resemblan eissamen; et aquest quatre cas 
sun appellat oblique. E devetz aaber q'en aissi fai lo nominatius. plurals con 
fai l*obIics singulars, et aissi vai Toblics plurals qom lo nominatius singulars, 
q'om dlz eavals^ qi es lo nominatius singulars >et cavals l'oblics plurals, et 
caval nominatius plurals , qom qi vol dire : us cavals es agi, et eu kai dos 
bels cavals, et eu pueg e mon caval, et dus bel caval sun aquist; et autressi 
totas las paraulas del mond; quar hom ditz : h cavales es vengutz — mal 
mi fetz lo cavals, o bon mi sap Vescuz, et sun nominatiu singular, et em- 
plural sun oblic; aissi con qi diria: vengutz soi aqi, et es nominatius singu- 
lars ; et qi volria abreviar diria emplural : il son vengut, qom En Peire Vidais 
qi diz: 

Moût m'es bon e bel ^ 

Qan vei de npvel 

La âor el ramel. 

moût m*es bon et bel es nominatius nentris, et per aisso lo pànzet neutre per 
abreviar. 



LAS BA808 DE TROBAR. 75 

tFobarai semblanzas dels trobadors, aisî eon o an menât e lors 
chantars sobrel nôminatiu cas singnlars, et sobrel nominatiu plu- 
ral, et sobrel vocatiu singulai*, et sobrel plural, per so car aqest 
qatre cas son pins desleu ^) per entepdre a cels que non an la 
parladura qe als autres qe l'an drecha ; car lî catre cas singular^ 
so es lo genitius el datius et Facusatius et Tablât lus s'abrevien 
per totas las terras del mon; et li catre cas plural, so es a saber 
lo genitius el datius et Facusatius et Fablatius s'alongon per 
totas las terras del mon; mas per so qe li aominatîu el vocatiu 
singular non s'alongan, mas per cels que an la drecha parladura, 
ni li nôminatiu plural non s'abrevion, mas per cels que an la 
drecha parladura vos voil donar aital semblanza. 
En Bernartz del Yentedor dis: 

Bien s'estai, donpna, arâimenz,^) 

et dis en autre luoc: 

Bona domina, vostre cor genz.') 

En G. de jSain Leidier dis: 

Dompna, ieu vos sni messagiers ^) 

et en autre luoc dis: . 

Non sai cals es lo cavaliers.^) 

En 6. del Bomeill dis: 

E pus del mal nom fui Tafana 
Et conosc cals senal bes.^) 

tuit aquist foron nôminatiu singular alongat. 

Araus donarai senblantz dels vocatius en un luec : . 
Et vos donpna pros, franclie et de bon aire.') 



^) desleuj K. estrainz. 

*) Ce vers se trouve dans la piëce: Ab joi mou lo vers el comens — 
conservée dans 18 manuscrits et publiée t^ par Raynouard, Choix des poé- 
sies orig. des Trovb, , t. III, p. 43, 2^ par M. le Dr. Mahn, Die Werke 
der Troubadours, T. I, p. 16. Berlin, 1855. 

^) Même piëce. 

*) C*est le premier Vers de la chanson publiée par Kochegude; Fameuse 
Occitanien, p. 283 et par M. le Dr. Mahn, T. II, p. 42. — Cette chansçns 
se trouve dans 12 manuscrits; elle est répétée deux fois dans le Ms. d'TJrfé, 
(Bibl. Imp., La Vall. 14.) 

^) Même chanson. 

^) Dans la chanson: Can creis la /resca fiiéOia ds ramsj qui se 
trouve dans 14 manuscrits. — J'ai restitue ces deux vers d'après les M s. 
de la BiU. Imp., La Val). 14, et Suppl. fr. 2082. 

"^) Jen *ai pu retrouver ce vers ni la citation qui suit. 



76 L.A8 BA808 DB TROBAB. 

en autre Inoe^) du: 

Ben a dos anz, 
Bds cors prcxanz.*) 

^ Arans donraî senblanz deU nominatius plnrals, oom s'aîbre- 
vion. En B. del Ventadom dis: 

li sei bel oil tnfaidor^ 
e B. de Bornz dîz^ 

Saber podon Peîtayin et Norman.^) 
et en G. del BomeQl di£: 

£t ail fag BOn gentiL^) 

Fois vos donaraî semblant dels vocalias plnrals. "En B. del 
Ventadom dis: 

Ar me consilbatz, senbor.*^) 

Estiers vos vuell far saber qe nna paranla i a mascalina, 
ses plus, qe s'alonga el nominatiu et el vecatiu siogular et en 
toz los plurals, so es a saber: mcdvaz, 

Ausît aves oom hom deu menar las paraulas masculinas en 
abreviamen et en alongamen. Araus parlaràî de las femininas 



') ktoe» B. cantar. 

2) R. Eu bai de vos cantat 

ben dos ans, 
<M>rs presans. 

^) Dans la cbànson: Ar me consilhate, senhar, dont le premier vers est 
cite un peu pins bas par R. Vidal. Cette pièce, publiée par Rajnouard, 
Choix, T. IIÍ, p. 88., et par M. le Dr. Mahn, T. I, p. 34., se trouve dans 
1 5 manuscrits, oîi elle commence tantôt comme Tindique R. Vidal, tantôt par 
ce vers, qui est la leçon adoptée par Rajnouard: 

acosselbatz mi, senhor. 
tantôt aussi par: 

aram cosselbatz, senhor. 

ar m'accosselbatz 

Eram cosselbatz 

ara m'escontatz « 

^) Dans la chanson ; quan la novtUa Jlors par el verjan, que Ton trouve 
dans 8 manuscrits; elle a été publiée par Raynouard, IV, 179, et par M. le 
Dr. Mahn, I, 308. 

^) Dans la chanson: Leu chanaoneC e vil, qui se trouve dans 14 ma- 
nuscrits. Voyez entre autres le Ms. de la BibL Imp., La Vall. 14. 

^) V. la note 3 ci-dessus. R. ajoute ici: Vos devetz saber que aquest 
segnor fon vocatius qu*abreyies en lo plural. 



LAS RA80S OB T&OBAB. 77 

et de totas oeUaa qe^hom dis en entendement en féminin. Saber 
deves qne lae paraulas femininas i a de très manieras r las usas 
que fenissen en a, enaisi comi dompna^ bella, blancha^ poma^ et 
mantas autras paraulas d'aqest semblan. Las autras fenisson en 
OR, en aisi oom: amoVy coler^ lauzor, D'autras n'i a que feneis- 
son en ok, en aisi com : chanson^ saison, fcdson, ochaison. 

Saber deves qe ,totas cellas qe fenisson en a, adjectivas et 
snbstantivas aisi eom: donpna, poma, s'abrevian en .vi. cassin- 
gulars, et alongan si en las .vi. cas plurals.^ 

Las autras que feneîsson en or, en aisi com amor^ calor^ 
lauzor^ et aq^las qe feneîsson en on, aifii com chanson, sa?:on, 
ucaison, s'alongon en .vni. cas so es a saber: el nominatiu et 
el vocatiu singular, et en toz los cas plural, et abrevion si el 
genîtiu et el datiu et en Facusatiu et en l'ablatîu singular, ^) 

Et per so car li nominatiu singlar.son plus salvatge a cels 
que non an la drecha parladura qe toz los auj^res, et daraî vos 
en semblanz dels trobadors. 

En Folquetz diz: 

S'al cor pl^gues ben for' oimais sazos^) 

Narnautz de Merueill dis: 

Sim destrenhetz, dons, vos et amors. 3) 

et manz d'autrea qe n' i a, qe ien porria'dir. Mas en nna pa- 
raula o en duas, qe ieu diga per senblan, pot entendre toz homs 
prims totas las autras. 

Estiers vol vuel dir qe paraulas î a qe s'alongon en toz los 
cas singulars et plurals, en aisi com : delechos, joios, volontos, ris, 
gris, vis, lis, cors, ors, las, na§, vas, cas, ras, i>olatz, braz, glatz, 
res, gras, près, confes, entres, temps, gems, fais, lus, us, reclus, 
conclus, claus, repaus, ars, spars, vers, travers, convers, envers, ro- 



1) Le Ma. R. diWse autrçnient les substantifs, féminins, tout en les sou- 
mettant aux mêmes règles: paraulas feqfiininas i a de doas manieras: las 
unas que fenissen en a, en aisi com dompna^ poma et mantas autras d'aquest 
semblan; las autras fenisson en s, qon amors , . ccdora , chanzosy Jaizos' et 
mantas autras d'aquest semblan. 

^) Ce Folquet est Folquet ^e Marseille. C*est ici- le premier vers 
d'une de ses chansons conservée dans 18 manuscrit^ et publiée d'abord 
partiellement par Crescimbeni, puis en entier par Raynouard, III, p. 156., 
et par M. le Dr. Mahn, I, 819. 

^) C*est le premier vers d'une chanson qui se trouve dans 1 9 manu!=ierits 
et qui a été publiée par Raynouard, III, p. 228., et par M. le Dr. Mahn, 
I, 158. 



78 JéAS BASOa DS TBOBAB. 

mansy enans^ « noms propres d'ornes et de terras, aisi coa : Paris^ 
FeiieuSj Ángueus^ Faisj Ponz^ et mantz autres qe n'i a , qe rema- 
non e l'esgardament d'omes prims. Encars i a de paraulas qe 
s'alongon per totz les cas singulars et plarals per us de parla- 
dura, et car si dizon plus avÌDnenmenz, aisi cam: emperairis^ 
chantairîs^ baUcâritz^ et totas cellas qe son d'aqest semblant 

Autras paraulas i a qe hom pot abreviar, car son acusatiu 
singular, et en aqest cas mezeis^ pot los hom alongar per us de 
parladura, aisi com qui volia dir : ieu mi /ai pot, o : ieu mi teng 
per pagaty et en aisi es dig per cas ; et dis hom ben : ieu mi /ai 
gais, o: ieu mi tenc per pagatz. Et en aisi ditz los homs per 
us de parladura o qar se dizon plus avinen, et totz aqels d'aqest 
semblant. 

Éncara vuell qe sapchatz qel nojninatius ei vocatîus singu- 
lars ditz totz, et en totz los autres cas singulàrs ditz hom tôt; 
el nominatias el vocatîus plurals ditz tut, *) et en totz los autres 
cas plurals ditz hom totz, 

Saber deves eîssamen qe paraula i a del verb qe ditz hom 
aisi com del nom, so es a saber en nominatiu, aisi com qui volia 
dir: mal mi fai Vanars,^) o: bon sap le venira ; et autresi s'alon 
gan et s'abrevian com li nom masculin. 

Las paraulas substantivas oomunas, qant las ditz hom per- 
masculin , s'alongan et abrevian aisi con li mas culîn ; et cant si 
dizon per féminin, s'alongan et s'abrevian aisi co m li féminin qe 
non feneissen en a. 

En vostre cor devetz saber que tuit li adjectiu com un, so 
es a saber: fortz, vils, sotils, plazenz, %offrenz, de calqe part qe 
sian, o nom o particip , s'alongan fel nominatiu et el vocatiu sin- 
gular, ab qalqe sustancia sian ajostat, ab masculina o ab femi- 
nina, aisi con qui volia dir: foHz es le chavals, o: fortz es li 
donna, a: fortz es li chansons ;^) et en totz los auâ*es cas alongan 
si et s'abrevian, aisi com li substantiu. 

Sapchatz qe uns s'alonga el nominatiu singlàr, et per totz 
los autres cas, ditz hom un ; et el nominatiu et el vocatiu plural 
ditz hom dui , trei , et en tôt los autres , dos , très ; et en tôt los 
autres nombres entro a c. ditz hom per totz cas d'una guiza; 



») Tia. Kl tuit. ' 

2) L'anara. R. tamar», 

') R. &isi con qui volia dir: plasentz cavcdiers, plazentz domna. 



LAS BASOa DE TBORARf 79 

mas ce, ccq., cccc, d., dc, dcc, bcgc, dcocc, s'abrevion el 
nominatía cas plural, et alongon si ea totz los autres. ^) 

Parlât vos ai de las paraulas masculinas et fenoînioas, eon 
a'alongon et s'abrevion en eascun cas. Araus parlarai de cellas 
qe dessemblan son al nominatîu et al vocatîu singular, et a totz 
los autres. Primieramen vos dirai las feminînas: el nominatiu 
el Tocatiu singlar ditz ,hora : ma donna , sor , necza , ^) gasca, 
garza, et, en totz los autres cas singulars, ditz hom: mi dons^ 
serovy boda^^) gascona, garaona^ et en totz los cas plurals dis 
hom: dompnas, serors, boidas, gqsconas^ garsonas. 

Dels masculins podes auzir oimais. El nominatiu et el 
Yocatiu singular .ditz hom : conpags, PeireSy Bosy bailes^ Nebles^ 
felsy lairesy Brezes^ Gascs, glotz, gafs^ Caries^ Ucs , Guis, Miles, 
Gaines, Folqes^ Fonz, Bemiers, dos, catz, et en tôt los autres 
cas singulars, et el nominatiu et el vocatiu plural ditz hom: 
conpaignon, Peiro, BozQn, baûon, Neblon, félon clairon, Breton, 
Gascon, gloton, garson, Carlon, Ugon, Guison, Milon, Ganellon, 
Folcon, Ponson, Bernison, don, chaton. Et el genitiu, et el datiu, 
et e l'acusatiu, et en Fabiatiu plural ditz hom: conpagnons, Fe- 
rons, Bretons, barons, baUons, Fblons, lairons, casions, Per 
so car trobares \ina paraula dîcha en doas guisas, devetz sercar 
totz los cas. 

Estiers aquestas deves saber qe ei nominatiu et el vocatiu 
singular dis hom : nepos, abus, pastres, senhers, coms, vescoms , en- 
fes, prestres, homs, cierges, mazos, et el genitiu, et el datiu, et 
en Tacusatiu, et en Tablatiu singular, et el nominatiu, et el 
vocatiu plural devon dir : bot, *) abat, pastor, segnor, conte, ves- 
conte, enfant, preveire, home, clergue, mazon. Et el genitiu, et el 
datiu, et en l'acnsatiu, et en Tablatiu plural deu hom dire: botz, 
abatz, pastorsy segnors, contes, vescontes, enfantz, preveires, homes, 
clergues, mazons. Autres! si trobatz d'autres a senblans d'aqest, 
vos deves pensar et esgardar qe en aîsi los deu hom dir. 



1) R. £ sapchatz qne hom dis us el nodiinatiti e un en totz los autres 
cas. Eissamen diz hom ckd el nominatia e el vocatiu, e els autres cas totz 

dis bom doê veramen cent diz hom per totz cas d'un a 

guiza, mas dos cent, très cent y quatre cent, -D., DC, DCC., DCCC, DCCCC, 
abrevia hom el nominatiu et el vocatiu plural, et en Iob autres cas los alonga 
hom, aissi qom qi dizia: eu hai ducentz, très ceatZj quatre centz Ubras. 

2) Necza, R. Nepza. 

^) Boda, abréviation de Neboda, qui est la forme oblique de Necza 
(nièce). 

^) Bot, forme abr^ée de Nebot, comme plus haut Boda pour Neboda, 



80 LAS BASOS DE TROBAIL 

Dels nomes verbals sapchatz qe i a de très manieras, aisî 
com emper aires, chantaires, violaires, et en ai«î con grasievres, jau- 
sieires, et en aisi com entendeires, valeirea, tondeires; aqest et tuit 
Fautre d'aqesta maniera qe n'i a motz, sî dizon en aisi el nomi- 
natiu et el vocatiu singular , so es emperairea et grazieires et 
entendeires; et el genitiu et el datiu et en l'acusatiu et en 
l'ablatiu singular, et el nominatiu et el vocatiu plural ditz hora : 
emperador, jauzidor,- entendedor, et el genitiu et el datiu et en 
l'ablatiu plural ditz hom; emperadors, jauzidors, entendedors , et 
totz los autres d'aquesta manéira. 

Aîssi son li adjectiu comun qis varion el nominatiu, et el 
vocatiu singular ab los autres^ El nominatiu et el vocatiu- sin- 
glar ditz hom ab qalqe substantiu, sia masculis o femenis: 
maiers, menres, meiUers, bellazers, gensèrs, sordeiers, piegers ; et 
en totz los autres cas dit? hom: maior, menor, meUior, beUazor, 
gensor, sordeior, peior, breus et loncs, aisi com els substantius 
masculins. *) 

Per 80 qe derrier voil parlar del verb, vos dirai aisi las 
paraulas del pronome, con se dizon en cascun cas. El nominatiu 
et el vocatiu singular dilz hom els, cels, aqeh , aquestz, autres, 
aicels, cestz, lor, mos, sos, et en totz los autres cas singulars: lui, 
celui, cestui, aqest, altrui, et el nominatiu et' el vocatiu plural ditz 
hom: m, cill, aqill, aqiàt, autre, cist, miei, siei, et en totz los 
afutres cas plurals ditz hom: els, cels, lors, àqels, aqest, autres, 
aicels, cesl, los, mos, tos, sos, 

Auzit aves dels masculins, ara Vos dirai dels féminins. El 
nominatiu et el genitiu et el datiu et en l'acusatiu et el vo- 
catiu, et en l'ablatiu singular, ditz hom: eUa, celÎa, auira, aqesta, 
la, sa, ma, et en totz los cas plurals ditz hom : ellas, cellas, aque- 
stas, cestas, las, mas, sas, autras, Aqestas son cellas qe hom dis 
plus d'una guiza eh totz locs. 

Las paraulas del pronom son aqestas : mieus, tieus, sieus, 
nostres] et alongon si et s'abrevion aissi con li masculin. Las 
femininas son: mieiin, tieua, sieua, nostra, vostra; et alongon si 
©t s'abrevion aisi con las femininas del nome. 

En âiso qe vos ai "^dîg entro aisi podetz aver entendut com 
si mena hom las paraulas del nom en et del particip et del pro- 



^) à ces exemples de noms verbaux le Ms. K. ajoute: Si^rires^ menii- 
resj irahiresj dont les formes obliques sont: Sufridor, mentidor, trahidor, &vec 
on sans s, selon le nombre et le cas. 



LAS KA80S DE TROBAR. 81 

nomen , et alongan sî et abrevian. Ara vos parlarai de l'advei'b 
et del conjunctiu et del preposîtîu et de l'interjectiu. *) 

Las paraulas de Taverbî pot hom dire longas o breus, segon 
qe n'aura mestier, aisi corn: mai o mais^ cUs, al^ aUiorSj aUlor^ 
lonjamenz e lonjamen, largamen o largameìiz^ bonamen o bonamenz, 
eissamen o eissamenz, autramen o aiitramenz. Et atressi dizon to- 
tas cellas d'aquesta maniera. 

Las autras paraulas de Tadverbi e de la conjunctio et de la 
préposition e de rinterjection totz hom prini las dea ben esgar- 
dar, car tota via et en totz luecs las ditz hom d'nna guiza. 

Hueimaîs vos parlarai del verb. — En la primiera per- 
sona del singular ditz hom, sui^ et en la segonda ditz hom, test, 
et en la terza, es. En la primiera persona del plural, ditz hom, 
em, en la seconda, est, en la terza ditz hom, sun» Per so vos 
ai parlât d'aqestas très personas, car mant trobadors an messa 
Tuna en luec de Tautre. 2) 

Autras paraulas i a del verb en qe an fallit li plus dels 
trobadors, aisi con: irai, atrai, estrai, retrai, cre, mescre, recre, 
descre, pavi, suffri, trahi, vi, Per so car en aqeatas paraulas très 
an fallit lo plus dels trobadors, vos en parlarai a castiar los tro- 
badors els entendedors. 

Saber devetz qe trai, atrai , estrai, retrai son del présent, et 
de l'indicatiu et de la terza persona del singular, 3) e deu los hom 
dir aisi con qi dizia: aqel irai lo caval de l'estable, o: aqel retrai 
bonas novas, o: aqel s'estrai d^aco qe a convengut, et: aqel cUrai 
gran ben al sieu. En la primiera perçona ditz hom : ieu trac lo 
caval de testable, o: ieu retrac bonas novas, o: ieu niestrac d^aiquo 
qe ai convengtit, o : ieu atrac gran ben als miens. 



1) En aisi vos ai dig del nome e del participi e del pronome cossi si 
menon las paraulas en alongament et en abreviament et en semblan. Ara 
vos parlarai de Tadverbi et de la conjunction et de la préposition et de Tin- 
terjection. 

2) R. En la prima persona del singular, diz hom ^t, e en la terza del 
plural souj aissi com qi volia dir: eu std belsj et cill son bel, et per zo vos 
ai parlât d'aqestas doas personas qe maint trobador an ja messa la una en 
luec de l'autra. 

3) R. De la terza persona del singular e vai en aissi: Eu trac^ tu iras, 
aqel frai, eu retrai, tu rétros^ aqel retrait qon qi volia dir: Eu trac mon en- 
voi de tostal^ tu iras la rauba de la maizon, aqel irai lo coltel de la gria- 
zina et eu retrai bonas novas et tu las rétros et aqel las retrai. 

6 



82 LA? RAS08 DE TROBAK. 

Pero En B. del Ventedor mes la ter/^a persona per la prima 
en dos sens cantars. L'uns ditz: 

' Ara can vei la fnella 

Job dels arbres cazerj) 

Et Tautres ditz : 

Ara no vei Inzir soleill.^) 
Del primier cantar fon lî falla en la cobla qe ditz: 

Enoontral dampnat^e 
E la pena q'iea irai. 

Et degra dire trac, car o dicîs en prima persona, on hom deu 
dire trac. En l'autre cantar fon lî falla en la cobla qe ditz: 

Ja ma dompna nos meravelh 
Sil prec qem don 8*amor nim bai 
Contra la foldat q*ieo retraû 

E degra dire retrac, qe de la terza persona es irai et retrai, 
qe aitan mal es dig: „/e2< trai per vos gran mal,^ o qi dizîa aqel: 
yf Retrac de vos gran maL^ 

De leu pot esser qe i aura d'omes qe diran oom si pogra 
dire trac ni retrac, qe la rima non anava en ac. Als disenz pot 
pom respondre qel trobaires degra cercar motz et rimas en ai, qe 
non fossan biaisas ni falsas en personas ni en cas. — Estrai e 
atrai si dizon en aquella guiza mezeissa. — Aitan ben son del 
présent de l'indicatiu et de la terza persona del singular e cre, e 
mescre, et descre. En la prima persona ditz hom : crei , mescrei, 
descrei, Aitan mal diria qi dizia eu cre, qom qi dizia: ,,aquel 
crei,^ et qi ditz: „ieu ve,^ con qui ditz: y^agel vei,"' Et aissi diz 
hom: Eu vei, tu vez, aqel ve, Autresi en la prima persona ditz 



*) Ce sont les deux premiers vers d*une chanson qni se trouve dans IG 
manuscrits. Aucun de ces manuscrits ne reproduit la leçon de B. Vìda^, qui 
est la meilleure» à mon gré; la plupart donnent: 

Lanquan vey la fuelha 

Jos dels albres cazer. 
dans d*autres on lit: 

Lai quan 

Er quan 

Raynouard, qui a publié cette pièce, (III, 62) a adopté la leçon lanquan 
vey, et M. le D. Mahn, (I, 14) a reproduit le même texte. 

2) Premier vers d'une pièce qui se trouve dans H manuscrits, où elle 
commence^ tantôt par Ara, comme ici, tantôt et plus souvent par Era, Cette 
pièce a été publiée par M. Delius, Ungedruchte provemaUsche lieder etc. 
Bonn. H. B. KOnig, 1858. p. 20. 



LAS RAflOS DE TROBAR. 83 

hom : „tcM crei,'* et en la terza' persona: ^aqd cre,^ Et autres! 
devon dir tut li autre d'aqesta razon. 

Mas En G. del Borneill i fallî en una bona chanson qe 

ditz : 

Gen m'aten ses faillimen 
En un chan valenJ) 

£n aqella cobla qe ditz: 

De noen mi vau meten 
Fer Bobrardimen 

En bruda 
Mentaguda 
Qem trai 
Vas tal assai, 
Quar la mia fe 
Ben cre. *) 

Aqest cre q'es de la terza persona mes en la prima, on hom den 
dire crei. 

Autresî ne blasmei En Peirol qi diz: 

Et am la tan que a la mia fe 

Qan vei mon dan, ges mi mezeis mon cre.^) 

En B. del Ventedom que dîcîs: 

Totas las dot et las mescre. ^) 
E degra dir mescrei; e en autre luec diz: 

A per pauc de joi nom recre. *) 

E degra dir recrei^ qar tut aqist: cre, mescre^ recre^ son de 
la terza peri<ona del singular, et de l'indicatiu ; et car il los an ditz 



^) Premiers vers d'une pièce qui se trouve dans 11 manuscrits. (Elle 
commence dans 1' un par ben nCaten.) V. entr' autres le Ms. de la Bibl. 
Imp. 7614, fol. 22 r". — J*ai restitue d'après ce Ms., et d'après le Ms. 
2083, suppl. fr., les vers cites ici. dont le texte ^tait inintelligible. 

2) Le Ms. La Vall. 14 a corrige la faute que Raymond Vidât reproche 
à G. de Borneil, mais en altérant le mot^e; on lit dans ce ms. : 

c'a fa mîa iey " 
ben crey. 

^) Dans la chanson: Moût irieniremia de chantar volunfiers^ qui se 
trouve dans 16 manuscrits, et qui a été publiée récemment en entier par M. 
le Dr. Mahn, Die toerke der troubadours y t. Il, p. 16. 

•*) Ce vers se trouve dans la pièce: Quan vey la laudeta mover^ qui se 
trouve dans 19 manuscrits, et qui a été publiée par Raynouard, t. JIL p. 
68, et par M. le Dr. Mahn, T. L p. 82. 

^) Dans la chanson : Quan par la Jlors j'osial vert fuelh, qui se trouve 
dans 19 manuscrits, et qui a été publiée par Raynouard, T. IIÍ, p. 65, et 
par M. le Dr. Mahn, t. I, p. 19. 

6* 



84 LAS RAS os DE TROP. AR. 

en la prima persona, on hom deu dire: cm, mescrei, recrei^ son 
fallit. 

Autresi «?(/fn, feri^ traîy nori^ et totas las paraulas d'aqesta 
maniera son del présent perfag de l'indicatiu, et de la primiera 
persona del singular, et en la terza ditz hom: partie^ feric^ traïc, 
noric, Per qe En Folquetz i faillie en una sua canson que ditz: 

A ! can gent venz et ab caat pauc d'afan. ') 
En aqella cobla qe ditz: 

On trobares mais tan de bona fe> 
C'ancmais nais hom ú meseis non tra!. 

Aqest traî dicîs el en la terza persona, on hom deu dir traïc. 
Et en la primiera persona ditz hom trat, et autresi de totz los 
autres d'aqesta maniera, et trac vos en per guiren En Peire Vi- 
dais qi diz en la terza persona: 

C'Aleysandres moric 
Per son sers quel traie; 
El rei Daires feric 
A mort cel qel noiric.^) 

Aitan mal séria dig qi dizia: „ageZ vi un hom,'^ o: y^aquel feri 
un hom^^ con qi dizia: y^ieu vie un home,^ o: ^ieu feric un home, 
Autresi de totz los autres d'aqesta maniera. 

Assatz podes entendre, pos ieu vos ai proat per tantz bons 
trobadors qe son faillit, gardât^ dels malvatz qe n'i trobaria hom 
qi o cercava, qe dels melhors n'atrobaria fiom assatz mais, qi ben 
o volîa cercar primamentzj de malvasas paraulas mal dichas. ^) 

Las autras paraulas del verb, per so car ieu non las poiria 
totas dir sens gran afian, totz hom prims las den ben esgardar. 
Et eu cant aug parlar las gents d'aqella terra, e demant a cels 
que an la parladura reconoguda e ques gaston, on lî bon troba- 
dor las an dichas; car nul gran saber non pot hom aver menz 
de gran us de sotileza. ^) 



^) pièce de Folquet de Marseille^ conservée dans 18 manuscrîts, publiée 
par Ravnouard, T. IIÍ, p. 161, et par M. le Dr. Mahn, T. I, p. 322. 

^) Dans la chanson: Ben viu a grant dolor, qui se trouve dans 8 ma- 
nuscrits. V. entr* autres celui de la Bibl. Imp. La Vall. 14, fol. 17 v^. 

*) R. Pos ieu vos ai dit et proat qe tan bon son faillit, podetz saber 
qe han fag li malvagz; e qi ben volria ni sabra conoisser ni esgardar prima- 
men d'aqnest trobadors ineteis en trobara mais de malvazas paraulas 
q'ieu no us bai dichas e dels autres, mais qe ja non poiria ni sabria conois- 
ser, si primamenz no i entendia e non se trebaillava. 

'^) R. totz hom prim las pot ben esgardar et usar, qant auzira las genz 
parlar d'aqellas terras .... et enqeira a cels qi sabon la parladura e l'an 
reconeguda, et esgar los bos trobadors qan las han dichas, qar null gran 
saber non pot hom aver ses grant us, sitôt sap Tart.