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Full text of "Gérard de Rossillon, chanson de geste ancienne;"

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GERARD DE ROSSILLON 



Parit, lapr. Gainiadet tt Jooantl. !>38. riie S.-H»nor«. 



GÉRARD DE ROSSILLON 

CHANSON DE GESTE ANCIENNE 

Publiée en provençal et en français 

d'après les manuscrits de Paris 

et de Londres 

PAR FRANCISQUE-MICHEL 

CORRESPONDANT DE l'iNSTITUT DE FRANCE, ETC. 




 PAPiíS 

Cliez P. Jannet, Libraire 

M D c c c L V I 




PRÉFACE. 

près tout ce quì a cté écrìt sur le Ro- 
man de Gérard de RossiUon, surtout 
après le bel article que M. Fauriel 
a consacré à cet ouvrage dans /'Histoire litté- 
raire de la France *, il semble quiln'y ait plus 
rien à dire sur cette vénérable relique de la 
poésie des troubadours ; et cependant on peut 
avancer quelle fournirait aisément matière , si- 
non d un volume , au moins à un mémoire d'une 
certaine étendue. 

Peut-étre me lii>rerai-je quelque jour à ce 

* Tom. XXII, pag. 167-190. Auparavant le même au- 
teur avait donné Tanalyse de Gérard de Rossillon dans la 
Revue des Deux-Mondes, année i832, tom. VIII , pag. 287 
et suiv. (Cf. Hisioire de la poésie provençale^ etc, par 
M. Fauriel. Paris, Jules Labitte, i846,in-8o, chap. XXXII, 
tom. III, pag. 34-65.) 

On en trouvera une autre dans le tome I^' du Lexique 
roman deM. Raynouard, pag. 174-224» 

Citons encore la brochure que M. Alfred deTerrebasse a 
publiée sous le titre de Gérard de RoussiUon, fragment extrait 
de l'hisloire des deux derniers royaìimes de Bourgogne , etc. 
Lyon, imprimerie d'Aimé Vingtrinier, i853, seize pages 
grand in-8o. 



vj Pré;^ace. 

tramil et mettrai-je en opufre les nomhreuses 
notes que j'ai rassemblées. Pour le moment je 
ne veux présenter que ce qui a rapport à la 
renommée des anciens romans de Gérard de 
Rossillon et aux manuscrits qui en ont existé et 
qui nous en restent. 

Le plus ancien, dont le texte parait avoir 
servi de type à toutes les histoires en provençal 
et enfrançais que nous connaissons , était le ma- 
nuscrit latin consen^é à Pothières , ahhaye fon- 
dée par Gérard de Rossillon. UahhéLeheuf, qui 
désirait Vétudier, s'en fit faire une copie d'a- 
près une transcription exécutée par Antoine 
Pirot, avocat à Avalon en i6i4 *• « Celanous 
fait déjà croire , m'écrit M. Quantin , le sa- 
vant archiviste du département de l'Yonne, à 
Texistence d'un manuscrit primitif; mais la re- 
lation de Paris la prouve éi^idemment, et le tra - 
ducteur du XIII^ siècle cite des faits qui sont 
rapportés par le chroniqueur de Pothières à 
une date qui ne dépasse pas la fín du XI^ siè- 
clc. Le manuscrit de Beaune **, plus moderne , 
n'cst aussi quune copie de ce vieux type, qui 

* Recueil des lettres de Lebeuf à Letors d'Avalon, etc., 
ms. de la Bibliothèque impériale, supplément français, 
n® a44o' 

** M. Mignard a donné Tanalyse de ce manuscrit dans 
son Hiítoire et légende concernant le pays de la Montagne^ ou 
le ChátiUonnois. Parìs, i853, in-8o. 



Préface. vij 

sortait lui-méme du manuscrit original écrit et 
composé à Vezelay. » 

Suii>ant une note d'un autre savant d'Auxerre, 
M. Cherest , qui s'est particulièrement occupé 
de notre héros , « Vexistence du roman latin 
antérieurement aux versions en français et en 
proi>ençal n'est guère contestahle , si Von veut 
hien se reporter au manuscrit français de la 
Bihliothèque impériale n° 632^. En effet, ce 
manuscrit , qui remonte à la première moitié du 
XIII^ siècle , contient une vie de Gérard de 
Rossillon déhutant par ces mots : Ci commancc 
la Vie de Girart de Roissillon, translatée de latin 
en françois. En le lisant attentivement , on y 
décowre que Vauteur de Vceuvre latine vivait 
vers la fin du XI^ siècle. 

(( Vétude du manuscrit de Beaune conduit au 
méme résultat. Ce manuscrit , hien postérieur 
au précédent ., puisquil est du XV^ siècle, ri'est 
que la paraphrase de Voriginal latin , dont il 
donne le titre : Gesta nobilissimi comitis Gerardi 
de Roussillon. On y remarque , en outre ^ que 
Voriginal latin avait été rédigé à Vépoque sus- 
indiquée , sur des documents perdus vers le mi- 
lieu du XI^ siècle, dans un incendie de Vahhaye 
de Pothières. 

« Enjìn , Vauteur de Voeuvre lafine , ceuvre 
que Von peut rétahlir presque súrement à Vaide 
de la traduction, de la paraphrase , et de di- 



VllJ PR]|jFACE. 

vers fragments conservés çà et là , était , à nen 
pas douter, un moine de Poihières ou de Veze- 
lay, peut-étre méme plutót de cette dernière 
maison. 11 donne des détails très précis sur ce 
qui Venvironne , et , à propos de fondations 
faitespar Gérard en Franche-Comté , il déclare 
quil nen saitpas les noms , parce quelles sont 
placées loin de lui dans la souveraine Bour- 
gogrie. )) 

Plusieurs troubadours ont parlé de la rédac- 
tion provençale par laquelle s'ouvre notre publi- 
cation; je citerai entre autres , d'après M. Ray- 
nouard * , Pierre Cardinal et Giraud de Ca- 
breira : 

Anc Carles Martel ni Girartz 
Non aucizeron homes tanz. 
PiERRE Cardinal : Per fols. 

. Non sabs co s va 

'Del duc Augier... 
Ni de Girart de RossiUon. 

GiRAUD deCabreira: Cabrajuglar. 

Un écrivain du milieu du Xllb siècle , Albé- 
ric , moine des Trois-Fontaines , racontant les 
guerres soutenues par Gérard contre Charles 
le Chawe , cite les chansons de geste qui avaient 
cours sur ce sujet: « Cependant , dit-il , Gérard 

* Choix des poésies originales des troubadours , tom. lí, 
pag. 385. 



Préface. ix 

succomba et fut vaincu par Charles , comme le 
rapportent les chansons héroïques* . » 

Dans un vieux fabliau, un jongleur faisant 
Vannonce de ses talents s'exprime ainsi : 

Ge sai d'Ogier, si sai d'Ainmuon 

Et de Girart de RoxiUon, 

Et si sai du roi Loéis 

Et de Buevons de Commarchis , 

De Faucon et de Renoart, 

De Guielin et de Girart. 

Les deux Bordéors ribaus, dans le traité de Roque- 
fort, De l'état de la poésie françoise dans les XII^ 
et XIII^ siècles^ édit. de 1821, pag. 3o4. 

Un autre trouvère rappelle en ces termes les 
longues guerres de Gérard de Rossillon avec 
Charles Maríel : 

Dès icele ore que dans Gerars feni 
De Rossilion , qui tant par fu hardis , 
Envers Martel tante meslée fist , 
Ne fu mais si le regnes apovris. 
La mort de Garin le Loherain^ pag. iSg, v. igSo. 

Adenès , parlant de Charles Martelj ajoute : 

Mainte grande envaîe 
Fist Gerart et Foucons et ceus de leur partie. 
Li romans de Berte aus grans piés^ pag. 3. 

* (' ... regi tamen Karolo cessisse Gerardum, et victoriam 
ei concessisse perhibent heroicae cantilenae. » {Alberici mo- 
nachi Trium Fontium Chronicon, suh ann. 866; ed. Leibnit. 
Lipsise, impensis Nicolai Fôrsteri,M.DC.IIG,in-4°,p. »95.) 



X Pré face. 

Je reírowe une autre mentìon de Gérard de 
Jiossillon dans un roman de date postérieure : 

De ce furent dolent li parent Guenelon , 
Mais joyans en estoient cil de restracion... 
Thiery li Ardenois, Gerars de Rosillon, etc. 

Roman desquatre flls Aymon, extr.,v. a35. {Chron. 
rim. de Ph. Moushès , tom. I^r, pag. 207 , en 
note, col. 1.) 

Enfln., Philippe Moushès analyse ainsi la 
chanson de geste qui nous occupe : 

Partout , ce raconte restorie, 
Ot-il hounor et pris et glorie ; 
Et s'ot feme gentil et noble, 
Ki li vint de Coustantinoble 
Et fu fille l'empereour : 
Dont il ot guerre tamaint jor 
Al duc Girart del Rousillon, 
Quar il diut par devision 
Avoir celi que Carles ot; 
Et quant il avoir ne la pot , 
Si prist Tautre seror à feme, 
Ki d'autres fut safirs et gemme. 
Mais entr'aus commença restris 
Par quoi Girart fu desconfis 
Et tantes fois soupris de guerre 
K'il en pierdi toute sa tiere , 
Et furent si parent ocis , 
Et il en wida le païs. 
Si se gari com karbonniers 
Li dus, ki tant ot esté fiers ; 
Mais par sa feme et sa sereur, 
Ki fu dame de grant valeur. 



Préface. xj 

Se racorda puis a Charlon 

Et Foucon mist fors de prisson. 

Chronique rimée de Philippe Moushès, édit. du ha- 
ron de Reiffenberg, tom. ler, pag. 75, v. i8io. 

Un trouí'êre hien antérieur à Philippe Mous- 
hès nous montre Gérardde Rossillon à la bataille 
de Roncevaux, et le fait tuer par Marsilies* ; 
mais^ ainsi que le remarque un 'vieil historio- 
graphe** , ce n'est pas Gérg,rd qui prit part à 
cette mémorable journée : ce fut Sanson^ fììs ainé 
de notre héros, et, comme lui, duc deBourgogne, 
comte d'Autun et de RossiUon. 

Au XV^ siècle, la renommée de notre paladin 
était encore vivante, au point de le fáire figurer 
vis-à-vis du Chevalier au Cygne, dans un tour- 
noi donné en i454 à la cour de Bourgogne ***. 

Quelques années auparavant , en i4i6^ s'il 
faut en croire Roquefort**** , un certain Eudes de 

* La Chanson de Roland, coupl. lxii ; édit. de 1837, pag. 
3a, coupl. cxL, pag. 74, coupl. clx, pag. 83. Cf. coupl. 

CLXXIII, p. 93. 

** Voyez le Glossaire et index du volume ci-dessus, 
pag. 187, col. 1. 

*** Mémoires d'Olivìerdela Marche , liv. l^^^ chap.XXIX ; 
édit. du Paníhéon littéraire ,i)ag. 490, col. 1. 

**** Glossairede la lanyue romane, tom. 11, table alphabé- 
tique des auteurs, pag. 770, col. 2. 

M. Raynouard cite quinze vers d'une version française 
du Roman de Gérard de Rossillon , et renvoie à deux manu- 
scrits de la Bibliothèque de laFacuIté de médecine de Mont- 



xij Préfage. 

Sa^'esterot, prétre de Châtillon- sur-Seine, amit 
mis en rimes françaises, et probablement rema- 

pellier, cotés H : run grand in-40, sous le n» 2/18 ; Tautre 
petit in-4°, sous le n» 349. 

C'est vraisemblablement de Tun de ces deux manuscrits, 
coté au caialogue H, 244, que parle la Monnoye dans cette 
note à la Bibliothèque françoise de du Verdier, édit. de Ri- 
goley de Juvigny, tom. II, pag. 168: « II esten livre, et 
dédié à Jeanne de Bourgpgne, femme du roi Philippe le 
Long. II y en a un manuscrit dans la bibliothèque de M . le 
président Bouhier (aujourd'hui M. le présidentde Bour- 
bonne), dont le JoMr»fl/ des savantSy novembre 1724, et le 
Mercure de France, février 1725, font mention , au sujet des 
tombeaux du viUage de Quarrée, dans le diocèse d'Autun. » 

A ces détails nous ajouterons les suivants, dont nous 
somraes redevable à notre savant et cher collègue, M. Al. 
Germain, de Montpellier : « C'est, dit-il du manuscrit H, 
a44, qui provient effectivement du président Bouhier ; c'est 
un petit in-folio , dont le commencement et la fin sont sur 
papier, et le milieu seulement sur vélin. Ce manuscrit paraît 
remonter auXV^ siècle. Son texte en vers est suivi de notes 
ou d'explications en prose, et d'autres vers français de je 
ne sais quel auteur sur les femmes gauloises. Le livre s'ou- 
vre par une vignetie représentant Gérard de RossiUon armé 
féodalement et monté sur son cheval panaché, devant les 
murs d'une ville ou d'un château; il se compose de 126 
feuillets. Quelques vers du début suffiront pour donner une 
idée de cette rédaction : 

« La chose qnl plus fait tonte» gens resjoyr , 

C'est des diU etdes fais des bons parler oyr. 

Les bons bien les entendent et meiUeurs en deviennent , 

Les mauvais s'en amusent , maint autre bien en viennent. 

Pour ce íurent croniques faictes et establies , 



Préface. xiij 

nié plus à fond, le Roman de Gérard de Rossil- 
lon. 8elon toute apparence, cest là le texte qui 
fut mis en prose et imprìmé dans le siècle sui-' 
mnt. Le Manuel du libraire, tom. 11, pag. 386, 

Pour savoir les merites et les fai2 et les vies 
De tous les trespassez dignes de grant memoire; 
Leurs faiz sont amassés et tous miz en histoire, 
Plus avoir ne povons de leur fait que le lire : 
En lisant les veons ; nulz hons n'en puet plus dire. 
Pour cej'ai entreprins, àl'ayde de Dieu, 
De raconter au vray , se j'en ay temps et lieu , 
D'ung noble champion qui fut de grant lignaige , etc. 

« L'autre mauuscrit (H, 349) est in-4<*, sur vélin, et semble 
devoir être rapporté au XIV« siècle. II provient de la bibiio- 
thèque de Vezelay, et contient sur le premier feuillet de 
garde une note de Laire, où il est dit que l'exemplaire en 
question a été réparé par les soins et sous les yeux de la 
Curne de Sainte-Palaye d'après le manuscrit de la Biblio- 
thèque royale de Paris. (Les huit premiers feuiUets ont été 
effectivement renouvelés.) Laire ajoute dans sa note que 
« ce manuscrit est le plus ancien qu'on trouve de ce roman 
tant en France qu'en Italie. » Ce manuscrit est de io3 
feuillets. Collation faite, il n'y a que la différence de quel- 
ques variantes entre lui et le volume duprésident Bouhier; 
encore la plupart de ces variantes portent-elles uniquement 
sur I'orthographe. » 

Enfin nous venons d'apprendre de M. Mignard, qui pré- 
pare une publication sur Gérard de RossiIIon, qu'il a 
trouvé à la Bibliothèque publique de la ville de Troyes des 
fragments d'un poême français relatif à ce héros, employés 
comme gardes, dans un bréviaire du XV« siècle. Ce dernier 
volume étant de format in-32, pour y ramener celui du ro- 
man, qui paraît avoir été in-^** , on a écourté le parchemin 



xiv Préface. 

indique Védition de Lyon, Oliwier Arnoullet^ 
sans date. II nen cite aucune vente, et je puis 
ajouter que ce volume, l'un des plus rares de sa 
classe , manquait chez le prince d'Essling, chez 
Coste, enfin dans les hihliothèques vendues de- 
puis quelques années, ou il se fút trou^>é assu- 
rément, s^il eút été possible de se le procurer. 
Heureusement pour les amateurs de cette sorte 
de lii'res, il vient d'étre réimprimé par les soins 
de M. de Terrehasse , qui ajoint au roman des 
préliminaires historiques et hihliographiques * . 
A partir du XVI^ siécle, si cenest méme plus 

d'une telle manière qu'il n'est guère possible d'y lire autre 
chose que ces vers : 

Par la main dextre ledit Girart la tint. 



Ainsi dois rois son roiaume tenir. 

Cette découverte a paru à M. Mignard assez intéressante 
pour en faire robjet d'une communication au Ministre de 
l'instruction publique. Yoyez BuUetin du comité de la langue^ 
de Hiistoire et des arts de la France, etc, toni. III, n» 4» 
ann. i855-i856, pag. 162. 

* Gerard de Roussillon , etc. Lyon, par Louis Perrin , 
i856 , petit in-80, de 5o-i49 pages, plus un feuillet de ti- 
tre et une planche double représentant Tépitaphe de Thier- 
ry, fils de Gérard et de Berthe. Le volume qui a servi à 
cette réimpression est le même que celui dontparleM. Bru- 
net, et qui, après avoir appartenu à M. de Pina, est de- 
venu la propriété de M. H. Gariel, bibliathécaire de la viUe 
de Grenoble. 



PrÉFACE. XV 

tdt^ la chanson de geste que nous publions était 
si hien oubliée, que le Grand d' Aussy , faisant le 
dénombrement des quatre seuls romans quil con- 
naissait aux troubadours, ne craignit pas de di- 
re : « Ce dernier (Honorat de Ijérins) nest quune 
légende; Gérard de Roussillon quune chroni- 
que rimée, contenant Vhistoire de la croisade 
contre les Albigeois (ily a aussi un Gérard en 
romane françoise^ tout différent de celui-ci , eí 
dont le héros fait la guerre à Charlemagne^ *. )) 
De ce qui précède on est autorisé à induire 
que les manuscrits du Roraan de Gérard de 
Rossillon étaient autrefois assez répandus. Le 
chroniqueur Jacques de Guise , avant d'entamer 
le récit des aventures de notre héros , s'exprime 
ainsi : De isto Gerardo aliqua reperi in quo- 
dam libro metrificato in vulgare **. Mais en 
quelle langue élait ce livre ? Cest ce quil ne dit 
pas. L'existence dune rédaction francaise de ce 
roman, qui le dispute en ancienneté à la rédac- 
tion proi'ençale , donne naturellement à penser 
que Jacques de Guise^ qui était Flamand, dut 
avoir recours à celle-là. On ne voit pas, dail- 
leurs, comment un exemplaire du texte proç'en- 

* Falliaux ou contes, etc. Paris, Jules Renouard, 
M DCCC XXIX, in-80, préface, tom. 1^', pag. u8, en note. 

** Hisloire du Hainault, publiée par M. le marquis de For- 
tiad'Urban. Paris , Sautelet , 1826-38, in-S», tom. VIII, 
pag. 189. 



xvi Préface. 

çal aurait pu venìr , du moins étre conservé , 
dans le nord de la France. 

II est certain, cependant, quily en a eu. Je 
lis dans Vinventaire de Jean de Saffres , cha- 
noine de la cathédrale de Langres , daté de 
i365, tarticle qui suit : Item, Romancium Gi- 
raldi de Rossillon , in provinciali lingua, taxa- 
tum precio unius grossi *. 

A ujourd'hui il n'existe pìus, à ma connais- 
sance , qu'un seul manuscrit du Roman de Gé- 
rard de RossiUon en langue méridionale , ce- 
lui d'après lequel MM. Ra/nouard et Fauriel 
ont publié leurs analyses , et qui ma serwi pour 
la présente édition. Cest un volume in-8°, sur 
vélin , consen>é au cahinet des manuscrits de la 
Bibliothèque impériale; il se compose de cent 
seize feuillets écrits sur une seule colonne, et 
souifenl transposés , et porte sur le premier de 
garde le mot inscrit «mìVí de la signature de 
J. P.G. Cliatre de Cangé, et sur le dernier feuillet 
de garde du commencement : Roman de Gerard 
de Roussillon en vers prouenceaux. — Cangé , 
48. En haut du premier feuillet de texte on 
lit: Petri Dupuy Lib. m. s. cat. inscript., et 
au bas du même feuillet : Codex D. de Cangé 
124. Regius 7991. 

* Bullelin archéologique publié par le Comité historique 
des arts et monumenís , vol. IV , pag. 33o. 



PRÉFACE. XVÌj 

Ce manuscrìt, ìncomplet des premiers feuil- 
lets, a beaucoup souffert, et la fin, dont on 
aperçoit encore quelques vestiges sur le recto du 
feuillet n6, est iUisible. 11 en existe bien une 
copie , déjà ancienne, parmi les manuscrits de 
la Curne de Sainte-Palaye * ; mais il n'y a rien 
à en tirer , soit pour l'intelligence , soitpourla 
plus complète lecture du texte. 

Par une coïncidence tout à la fois remarqua- 
ble et fâcheuse, le seul manuscrit que nous pos- 
sédions du Roman de Gérard de RossiUon en 
vers français du XII^ ou du XIII^ siècle se 
trouve dans le méme état. C'est un manuscrit 
du Musée Britannique , Bibliothèque Harléienne., 
n° 4334. Déj'à, dans une précédente publica- 
tion **, nous en avons donné, avec la dcscription 
du volume, un fragment, du folio i recto au fo- 
lio 7 recto , ainsi que les onze derniers vers lisi- 
bles ; aujourd'hui nous publions , à la suite du 



* Ms. de la Bibliothèque de rArsenal, Belles-Lettres 
françaises, in-folio, n» i83, fol. 1-116. 

** Rapports au Ministre de VinstrnctionpuU'ique. Paris,Im- 
primerie royale, M DCCC XXXIX, in-40, pag. 174-185. 
Plus haut , pag. 53, nous signalons dans la Bibliothèque 
Bodléienue , à Oxford , un autre manuscrit du même roman 
(Canonici manuscripti , n^g^, in-fol. oblong, vélin, de 
cent soixante et treize folios , écriture d'environ laoo) , et 
nous annonçons en avoir transcrit une partie. Nous n'avons 
pas retrouvé cette copie parmi nos papiers. 



xviij PréfAce. 

texte proí^ençal , la totalité du manuscrìt har~ 
léien, dont nous sommes redevahle en partie 
aux soins obligeants de Sir Frederic Madden , 
le sa^'ant conservateur du Musée Britannique. 
II ne saurait étre indifférent d'élre éclairé sur 
la concordance des deux textes et sur la priorité 
du proi'ençal , que le français d'ailleurs fait 
mieux comprendre. 

Pour cette double publication, nous a^ons 
suivi le système imaginé par notre illustre maí- 
tre M. Raynouard, et celui que nous a^'ons ad- 
opté pour nos éditìons précédentes. Nous sawons 
hien que la manière dont Vauteur da Choix des 
poésies origiiiales des troubadours a publié 
leurs ouvrages nest pas du goút de tout le mon- 
de ; surtout Vusage oà il était de détacher ies 
affìxes et les suffixes^ et de les tenir suspen- 
dues entre deux mots, a soulevé plus d'une récla- 
mation; mais, en dépit de tout ce quon a pu 
dire, je n'ai pas cru devoir suivre le système de 
M. Fauriel, qui consiste à reproduire les ma- 
nuscrits tels quHl sont^ sans ponctuation ni apo- 
strophes : ce ne serait vraiment pas la peine de 
les puhlier; et, quand le texte nest pointac- 
compagné d'une traduction, où serait la preufe 
qu'on Va touj'ours compris ? 

Vendant que nous confrontions avec le soin 
le plus scrupuleux les épreuves de cette édition 
avec le manuscrit, quinenous ajamais échap- 



Préface. xix 

péf il en paraissait une en Allemagne*. Nous 
voudrions bien enparler ; mais notre embarras 
est grand , et on le comprendra aisément, pour 
peu que Von compare notre texte avec celui 
d'Outre'Rhin : tout ce que nous pouvons dire, 
cest quau lieu de redouter un pareil examen, 
nous le réclamons 

Est-ce à dire pour cela que notre publication 
soit exempte de fautes? Non, certes, et nous 
deç>ons méme ai^ouer quen relisant nos feuilles 
après le tirage , nous en avons trouvé un bon 
nombre , dont nous ne saurions assumer la res- 
ponsabilité ; mais que faire? rien autre ^ ce 
nous semhle, que de les signaler dans un errata, 
etdeprier les lecteurs , si nous en avons , d'y 
recourir. 

* Die Werke der Troubadours in provenzaUscher Sprache , 
herausgeben von C. A. F. Mahn. Epische Abtheilung. Ers- 
ter Band. Girartz de Rossilho^ nach der Pariser Hand— 
schrift herausgegeben von D"" Conr. Hofmann. Berlin, i855, 
in-12 , 1 livraisons formant ia8 pages et renfermant 6oo3 
vers. 





ROMAN 



GERARD DE ROSSILLON 



Lo reierme de Fransa desfai e despersona , 
E ieu no i ai plus de Ihiu que la coroua. 
More ieu, lo cuh mermar tro z aqua Roina.)) 

— u Mal aia, ditz Tiberstz, qui mot en sona ! 
Mas qui a íbl talant , aquei respona 
Entro siom a Sans desobre lona. » 

Lendema separtiron engal lo jorn. 

.G. trais la reina desotz un aubor; 

Ab se i mcnet .ij. comtes , Ihiu e sa sor : 

« Que me daretz-vos , molher d'emperador , 

D'aques^t] camge c'ai fah de vos a lor? 

Be sai que m'en tenetz per sordeior. » 

— « Senher , mas de gran pretz e de valor. 
Vos m'avetz fah reina , e ma seror 

Avetz preza a molher , per mi amor. 
Bertalai e Gervai , vos doi comtor , 
Vos m'en siastz ostatge e Ihiu auctor ; 
E vos, ma cara sor, ma confessor; 
E sobre tot Jhesu lo redemtor 
Qe m do, ab aquest anel, al duc m'amor, 

1 



2 GÉRARD 

E Ihi don de mon oscle rauriaflor ; 

Que mai l'am que mom paire ni mo senhor. 

Al'so pai'tir no m pot mudar nom plor. » 

Aisi duret tostems Tamors d'amdos , 
Ses nulha malvastat que hanc i fos , 
Mas bona volontatz e sens rescos. 
Pero si en íb .K. tant eveios , 
Tot per autra oucaison que Ihi mesos, 
E 'n fo al duc tant fers c tant iros , 
Qu'elh en feiro batalhas per plas erbos ; 
Que n'i hac tans de morstz , fe que deh vos , 
Que Ihi meteis n esteron tan tenebros , 
Qu'anc poui[s] non fo parlatz motz amoros. 

.K. perdet .G., e de Bergonha, 
El coms li a tant servit, non a vergonha. 
Vai c'en per Loaregne tro a Colhonha , 
E mandet los Bavirs e de Saissona ; 
A dih a son coselh qu'el non resorgna , 
Que no presa un ou tota sa ponha , 
Se Girar de sa terra fors no redonha 
De Proensa e d'Alvergç e de Gasconha. 
Anc no fo vitz tals rei tan mala gongna. 

Karles mandet sa gen , no ditz per que , 

E comanda a cascu qu'adugua ab se 

E purs cavals i armans estia a qui i masei ; 

Apela ab se Teric , e foren trei : 

« A vos dos dirai on plus me crei. » 

Sos ches e sos lebriers e son arlei , 

E Tebertz demandet armas aquei : 

« .G. non es mos hom ni de mo fei ; 

E si malh Ihi pusc far , no m'en recrei. 



DE ROSSILLON. 3 

rrai à Rosilho penre que dei , 
Cassa en bos e'n ribiera e mon courrei ; 
Aquo e plus assatz aissi ieu ei. » 
— « Est coselhs, ditz Tiberlz, nones demei, 
Qu'al comte fassatz mal ni'l vos guerei. » 
— « E vos , que m'en diret ?)> ditz el Terric. 
« Senher , Ihi paire foren miei enamic. 
No vos vulh dar coselh ja d'ome bric , 
Que puei[s] digo tei home ni tei amic 
Que t'aga mes en guerra ni en destric. 
Se sai tan son d'onor e d'aver ric , 
Er en seran conquesit, so vos aíic. » 

— « Ne vulh , so respon .K. , qu'om m'en 
Era restant Ihi vilh , veno Ihi fric ; [predic. 
Qu'ieu farai tot manen lo plus mendic » 
f— « [B]on mestier vos auran jove et antio) 

Karles ve tant .c. comtes desos unbrulh, 
Jovensels e mesquis e ples d'orgulh ; 
E brochet lo caval , ab els s'aculh : 
« Cassa aurem en ribiera , erbatge o fulh ; 
Mais val aissi anar qu'estar dins sulh.» 
— « Don , cavalgua a bando e nos aculh , 
E quer onor e terra e donna e tulh. 
No t guerisca tesaurs, tors ni capdulh. » 

— « Vos mi donatz coselh tal cum ieu vulh. 
No n'i a un tan paubre , s'am mi s'aculh , 
No'lh done quan volra de cor ni d'ulh. » 

Karles ot cor vaien e cor felo , 
Ditz que no vol aver en sa reio. 
Foran ab lui siei comte o siei baro , 
Son ab lor lor motier e lor bracho. 
E traspasse d'Ardena els bos Drogo , 



4 GÉRARD 

E pero si ot pres per venaso. 
La reina o apres , e mandet o 
A. G. que si gart de traisio; 
Mas lo comte a cor noble e de leo , 
E si no creet pas la mespreiso. 
Enpero si mandet comte Folco 
E Boso e Segui de Besanço. 

Rarles yenc de cassar per .j. sendier, 
E lausavo-lhi tuh siei companhier 
Qu'a Sanh-Persan s'en auen el monestier : 
« Aqui a aigua dousa, peihs en viver ; 
Beuran aiguas prions nostre destrier. » 
Vecvos venguda Tira e rencombrier, 
D'agui poi[s] foro mort manh cavalier. 
E[r] entendat de .K. que .G. quier. 

Rarles venc de cassar [del brulh] d'Ardena ; 

Foro ablui .c. comte d'una jovena. 

Quals trai veltre o lebrier en sa cadena ; 

E porto aurions ab la fort pena , 

E fors l'altra mainada que lo reis mena. 

Entro a Rosilho no tenc sa regna , 

De fors los murs albergcn de sus Tarena , 

E fan lor cavals corre per la varena. 

Lhi saumier van passan per mih la plana. 

Vecvos comensada la guerra prumairana ; 

A lonctemps durara aquesta pena. 

El temps [qu']es comensada, la luna es plena. 

Sus totz homes es .K. reis eveios , 
Ni hanc non vi nulhs hom tan orgolhos. 
Sotz Rosilho albergo , els pratz eilos, 
E fan tendre lor traps seisanta e dos , 



DE ROSSILLON. 
E en cascu ac pom d'aur resplandos. 
Lo rei vi lo castel tan coLeitos , 
E jura Damidrieu lo glorios : 
« Si era lai de sus , cum soi sa jos , 
No seria .G. coms poderos, » 
Aqui ac .j. donsel masip e tos , 
Que Ihi respon tres mot[z] contrarios : 
« Se per traisio era signe de vos , 
Cel cap que avetz negre auriatz ros ; 
Que se Ih'acsetz de terra plen gan socos , 
Tan sai .G. de guerra mal e ginhos , 
Que no presa la nostra valhan .j. tros. » 

Quant au .K. Martels la contrama, 
Que ja n'aura castel se no '1 tinia , 
Apelet .i. donsel de sa partia , 
Bernart lo filh Ponso de Tabaria : 
« Bernart , vai m'a .G., si 1' me convia , 
Renda mi del castel la senhoria ; 
Qu'ieu i volrai laissar la donselia, 
E si far non o vol , qu'el me desdia , 
Ja no veira passar .xxx. e .j. dia , 
Mostrarai-lhi de gen tal ost monia , 
.0. M. chavaliers de Lombardia , 
Estiers Grex e Romas e cels d'Ongria 
E Escotz e Angles per establia. 
Guidara los Araccles de Raneapia , 
Que li ausis som paire sotz Quinquenia ; 
E lai on perdran terra , faran salhia 
Que hanc no fo per els nulha salhia , 
Qu'els pogues retener, murs ni cairia. 
E si .G. me reden e ma bailia, 
S'ieu pendre no lo fatz , ja reis no sia ! » 
Lo donsels es montatz e tec sa via , 
E .K. fetz orgulh e galaubia ; 



GÉRARD 



Car per aital mesatge lains evia. 
Si comensa rorgulhs e la feunia . 
Que no sera ogan leumen fenia. 



Fors al maier portal de Rosilho , 

A destre cum intret , ac un peiro 

E una galineva tot de viro , 

De que so Ihi pilar e li stilo 

Tuh obrah a cedo, neihs Ihi cabro , 

Las croptas e las voutas de mier lato. 

Aqui disna .G. un orio , 

Tal mil de sa mainada vilh e frico , 

De que so ab aufrei Ihi alcoto , 

E so de vermeilh pali lor jupio. 

Ab tan vecvos Bernart lo fiîh Ponso , 

E saludet lo gen en sa razo : 

« Dieus te sal, .G. coms , cum ric baro ! » 

— « Amics, e Dieus vos gar ! el Ihi respo. 
Vos me semblatz mesatge de par .K. » 

— n Si Dieus m'ajut, ditz[-el], e ieu si so. 
leu vos dirai sempreras don vos somo : 
Que 1 redatz lo castel e la maiso ; 

E si vos desdizetz .j. mot de no , 
Ja no veiretz la festa de Roazo. 
Mostrara-vos mos senher tan ric baro , 
E la fortz per sels pratz tan pavalho , 
Qu'anc no vistes aitans en .j. cambo. » 

— « Amic, so ditz .G., laissatz o do. 
Ja no m'en man lo reis nulha ocaisso ; 
Mas si prengna lo meu coma lo so , 
Quant sa mainada escrida tot de viro. » 
— « D'aquo t tenem a fol et a brico ; 
Quar si traire t^en pot per traisio , 

ei ti fara pendre coma lairo , 
totz jorns ti tenra e sa preisso , 



DE ROSSILLON. 7 

Qu^anc mai no ^istes rei aita felo : 
Qu'el cosentit la mort de filh Yo , 
Qu'anc no pogron trobar fin adoro ; 
Quar no Ih'en poc movre altra tenso , 
Respihsz loren dona dins Avalo. » 

.G. au lo mesatge tant airant (sic) , 
E es dressatz en pes , i a parlat : 
« Bernart, tu t'en iras au .K. trap, 
E digas mi al rei per que m debat , 
Quar [ieu ne] tenh de lui tot mon dugat. 
Non irai a sa cort de tot estat ; 
Mas no me sai de sen tant estragat , 
Que 'lh reda lo castel per tal foldat. 
Ja Dieus non aia m'arma en poestat, 
Si abans no so mil home en cam jutgat, 
E manh bon chavalier bon crebantat, 
Si que seran de sanc Ihi cap molat ! 
Que anc nos vis un rei tan corrosat. » 

— « D'una ren, ditz .B., que me diretz? 
Er mandara lo rei totz cels de Mest 

E Normans e Francens e d'Ais lo ces. 
Quant en veiret .c. melia armatz de pretz, 
Non auretz ta fort mur totz non depes ; 
Tan no seretz de sus , jos non anetz. » 

— « .B., so ditz .G., era m'auvetz. 
Per aquest batistire que vos crezetz , 
No do vostra menassa ni no la pretz. 
Abans qu'aiatz passatz Taigua dal Betz, 
En veiretz tans murir dels plus senetz ; 
Ja no cuh que [a]prop lor sia tetz. 
Meravilharai-mi si sai venetz ; 

Mors vencutz non estes, si arbergietz. » 

— « E vos, so ditz .B., cum o sabetz, 



B GÉRARD 

Si no îaissatz Torgulh que vos tenetz , 
Los tortz e las bausias que vos tenetz , 
Molt er .K., mo senher, flebles e quetz, 
Si d'aquesta paraula nos desdisetz. 

« D'una ren, ditz .B., qu'en diretz-vos? 
Tantsai .K. Martel mal e ginhos, 
E lo sai aisi fer e enartos , 
Qu'el mandara sos homes de mar en jos. 
Veiretz nossir* .C. M. armatz de pros. 
Tan for mur non avetz , totz non escros ; 
Tan no seretz en aut, non anetz jos. 
Mas fazetz una causa que vos es pros : 
Coliatz Temperador sains ab vos , 
E Ihiuratz-lhi cluchires e murs e tors , 
Tan qu'en sia sazitz e poderos. » 
Adonc parlel Folques cum donzels pros : 
tf .B., Dieu vos en jur lo glorios, 
Tant a .K. Martels mespres vas nos , 
Que se il intra sains ab plus de dos , 
Tan bon elme brunit veiretz terros, 
Envers jazer sanglens per est peiros ; 
Qu'anc mai no vistes rei tan corresos. » 

— « .B., so ditz .0., perque m'o dis? 
Que tan conosc lo rei e sos mals vis , 
Que si el era e la torlai sus plus fis, 
Veiria mon castel com es bastitz 
E com es comensatz davas raitz ; 
E veiria mos osdals e'Is brulhs floritz , 
E veiria mos donsels que ieu ai noiritz. 
Cre que .K. Martels fors los m'envis , 
E ieu remanria fols e esbaitz. 
Plus te dirai .B., .0. Ihi ditz, 

1 Lisez n'ísstr. 



DE ROSSILLON. 9 

Quant veiretz mon palaitz qiie resplandis , 
E l'un caire dins l'autre per majestis , 
E veiretz del carboncle cum reluisitz 
(Sembla de miga nuhs sia miedis) , 
Cre que .K. Martels rencobeis ; 
Abensas m'ausiria que loh gurpis. 
El me metra la setge , si cum tu dis ; 
Mas el no me penra tan cum sia vius. 
Molt fara gran vilatge , s'el m'evais. » 

Al derier mot , .G. ditz so veiaire : 
« Rosilhos fon totz tems al vil mon paire, 
E si 1 m'a autreat nostre emperaire , 
E tota autra onor tro en Sanh-Fraire : 
No l'en fara se[r]vizi lo filhs ma maire. 
Lo castels es be fahs, e 'ì murs de caire ; 
leu no lo tenh de lui ni de son paire , 
No m'en sai chavaler negu retraire 
Quatre nebotz ai pros , que tuh so fraire ; 
Lo sordige Ih'en pot feunia faire , 
Si s vol , a Monleo, a son repaire. 

« .B., so ditz .G., era t'en vai , 
E dijas mi al rei que mot mal fai , 
Qu'ieu tenc tot en alui de L[e]ire e sai. 
Non irai a sa cort tan quan viurai. 
Ja Dieus no m lais vezer lo mes de mai , 
Se ieu abans no metia en tal asai 
Don perdria del cors del sanc .j. rai , 
Que renda lo castel per tal esmai , 
Ni onor de ma terra de quan que ieu ai ! » 
— (( E per Dieu ! ditz .B., car ben sai. » 
Ab aquesta paraula s'en torna e vai. 

Era s'en vai .B., e'lh son partit, 



tO GýRARD 

Tot dreh al trap lo rei el revenit ; 

E .K. Ihi demanda , quant el lo vit : 

« Eramedi, .B., que n'as auzit ? 

E mal aia de mot qu anc en mentit ! » 

— « Aval es Rosilhos alvert a fah. 

Sos paire ad ome ni a rei no servit , 

E no fara el vos , si cum el dit. » 

Quanl'au .K. Martels, s'esferezit, 

De dol e de mal ira totz negresit. 

El a'l mandat sos clergues, sos brieus escritz ; 

De Fransa e d'Alamanha e de Benitz 

Ajostet mais baros que anc no vit, 

Sobre .G. lo comte, lo franc ardit , 

E tenran Ihi lo setge tot un estit. 

A un alp'aparan son elh issit, 

E van a Rosilho, qu'ant asalit. 

E .G. ac tal decha, qu'ancno s gamit, 

Ni om de sa mainada no'lh defalhit. 

Ab .iiij. c. dels seus qu'els son elit , 

Armat d'ausberc e d'elme 'Is fors son issit, 

E .K. e Ihi seu son esvasit. 

Aquesta prumiera vetz no s'en gausit. 

Ausis lor a .G. manh franc donsel , 
Son gonfaino enporta de sanc vermeilh , 
E correc-lhi per l'asta tro al arteilh ; 
Non a nulh ome ab se no s meravilh. 
Regarda de sus destre per un chameilh : 
N'a chavalier en cap aitan cabeilh, 
Cum vit elmes luzir contra '1 soleilh. 
Intret s'en el castel, de sotz un teilh; 
No i ac porta neguna que no toreilh ; 
E traish sos melhors omes a un coseiÌh : 
« Vos o dirai, Arman de Mon-Espel , 



DE ROSSILLON. H 

Bos e Folques e Seguis son tuli miei filh , 
I ano per ma terra a un esveilh ; 
trobo mon amic, van s'en ab el. 
Si .K. nos combat, non pretz un grel, 
S'ieu no'lh mou ab ma 'spaza un tal trepel , 
No'lh guerira sos elmes cap ni cabeilh ; 
E si Dieus en batalha mi fai pareilh, 
Ancmais n'ac dol lo reis ava[n]s aqueilh. » 

Or s'en van Ihi mesatge toh trei gamir ; 
No volo lor senhor per re falhir, 
Mor* .G. aquel comte de grat servir. 
Per una pauca porta s'en van issir, 
Que .K. ni Ihi seu no 'ls pot cauzir. 
Èra s'en van Ihi comte socors querir; 
Ans que 'ls veia .G., cre que sospir. 
Or fai semblan lo coms de folatir, 
Que fai de sos borses los murs garnir ; 
E preia-lor que velho cum per unir : 
« E si .K. vos vet sai asalhir, 
Gitatz rocas e peiras de tal air 
Que los fasatz areires lonh resortir. 
Cui cal , s'el los en prega , Dius los air ! 
Que anc no lor en membret a so partir. 
Qui ac genta molher, vai i burdir; 
Cel qui ac s'amia, vai i dormir. 
Van s'en per lo castel trastuh jazir : 
No i ausiratz parlar ni mot brugir, 
Ni gacha frestelar, ni corn bondir. 
Era so mout leugier a escarnir ; 
E lo gartz se levet , que 'is vai trair, 
K. e sa mainada dedins culhir. 

Autra re fet .G. que Ihi esta mau : 

1 Lisez Mas. 



13 GÉaARD 

Quar el pros don Fouchier lo manescau , 
E lo trames la jos al trap reiau. 
E Fouchier, quant i venc, no s mes en au : 
Per son encantamen que sap aitau , 
No ilh remas pavalhos tendutz ni trau , 
Que el no los cerches la nuh ab firau. 
Aitan en traihs d'aver .M. marcs d'aur uau. 
Puis venc sotz Monleo, el plan pradau. 
Aquipasso .c. mul e .c. chivau, 
Aquels enmenet totz per una vau ; 
Passetz sotz Rosilho del prumer gau, 
Fet los cargar d'aver bon cuminau , 
Venc s'en a Escorpio per lo portau. 
Dels vaisels qu'el i mes dedins ab nau, 
No sai prezar las Ihiuras dau cuh que vau. 
E ,G. reseup fracha, qu'anc nonpres tau, 
E perdet Rosilho, castel cabau, 
Per Richier de Sordana , so manescau ; 
E pois en fo pendutz , com laíre, en au 
Per Folque, îo ric comte e '1 naturau. 

A Deus ! com mal esta a bon guerier 
Que de filh de vilha fai cavalier, 
E fai en senescal o coselhier, 
Cum fetz lo coms .G. d'aquel Richier, 
Cui el donet honor gran am molher, 
Poi[s3 trai Rossilho a .K., al fier! 
A Dieus ! car no o sap lo coms jasier, 
N'agues a Taltil gacha si mal portier. 

G. ac un son drut , son acreent : 
Ta mal a mes lo comte so noiriment, 
El Ihi donet molher e chasamen ; 
E perpesct lo ser, en son jazen, 



DE ROSSÏLLON. i3 

So senhor trairia en son durmen* 

Causet e s vestit , non o fetz len , 

E venc al lih .G., la clau en pren , 

E desfermet la porta cochadamen , 

Tot dreh al trap lo rei en venc corren ; 

E quan fo al portal, si se chaten : 

i< Don reis, or mi dijatz vostre talen, 

Qui us redia Rossilho faintz o gen, 

Si el en aura en Fransa nulh casamen. » 

E .K. respondet demantenen : 

« Quals se vol ora vena o bonamen, 

D'aques[tz] dos lo metrai en causimen ; 

Mas no Fen sera mia ta paubramen , 

Si el lo pot tener alontgamen , 

.M. chavaliers non aia a son presen. » 

— « Donas-lo-me, ditz el, ieuloti ren. n 

E .K. totz prumiers pres garnimen , 

E sa mainada s'armo tot dissamen ; 

Ans que vis del dia Falp'aparen , 

Agro de Rossilho lo mandamen , 

E las claus de la porta lo gartz Ihi ren. 

Eu no sai de G. son garimen , 

Si Dieus no Tacoselha del rei saben. 

.K. pres Rossilho ses porta fracha , 
No i ac dressat peirier ni gran atacha , 
Ni no i ac colp donat de futz ni d'apcha , 
Ni no i pres cnavalier pols ni estracha. 
La nuh pres feiro borses fola esqui[r]gacha, 
A lor en revertit la peira fracha. 
Tota la maier onta sobr'els cs facha : 
Ahi, .G., rics coms ! qual la t'an facha ! 

Lo coms .G^jasia en una tor, 



"l4 GÉRARD 

E no foro ab lui mor * trei comtor. 
Cilh foron endormit a la freidor ; 
E lo coms reisedet de la firior, 
E entendet la nosa e la crior 
Que fan la fors donsel e varvasor, 
E estranh e privat, gran e menor, 
E rechamo .G. lor drehsenhor; 
E vest ausberc i elme , que ac fort cor, 
E pres escut e lansa que ac melhor ; 
Lai on sap son caval , sela part cor : 
Ja Pentraioforas .iij. lecaor. 
A cascu fetz volar la testa por. 
Puis es montatz lo coms de gran vigor ; 
Pe[r] una porta pauca que sap menor, 
S'en es issiht lo coms de gran iror ; 
E apela lo rei prejur, trachor. 

Quantla mainada .K. intrapelmur, 
E la nuhs era negra , e fai escur ; 
E perprendon las ruas for[t] e adur, 
Si que no i remas om negus en pur, 
La mort .G. no parle o no la jur. 
Per una porta pauca pencha ab asur, 
S'en eis lo coms .G. , qui que'l rancur ; 
E sos cavals l'enporta de tal argur, 
Non cuh que milher bestia d'erba pastur. 
El uret sanh Marti , lo bon tafur, 
Mais ama guerra far que tolre ab fur : 
« S'ieu en devia morir lei de prejur, 
-Si ausirai lo rei joine o madur. » 
Ancmai[s] no vistes guerra ta longa dur. 

En Rossilho ac tor de mur calcina ; 
Lhi cairel son de peira alamandina , 

1 Uor pour ma$ , comme à la page ii. 



DE ROSSILLON. 1 5 

Lo pege de fors fetz gens sarazina , 
E fo de sus cuberta per art tapina 
Lo sols enfo tan vertz coma chausina. 
Cel que volc bon aver, en ac asina , 
Bon cobertor de var, gris o ermina , 
Bona copa d'argen e tot d'au[r] fina ; 
Quals en ac un sestier, quals .i. emina ; 
Mais n 'agro Ihi garso e gens tapina 
Que no n'ac el tezaur Milo d'Aiglina. 
Orvail'avers .G. a desciplina. 
Qui troba sa parenta o sa cosine , 
Aqui eish en fai fur, rap o tragina. 
Lo coms s'en es fugitz , la cara enclina. 
.K. comensa guerra , que greu defina. 

Era s'en vai .G. sus en rando 

Sobre .i. caval tan bo qu'en tot lo mon 

Non pot trobar de corre que ja Ih'aon ; 

E poia tras Sanh-FIor, un ponh redon ; 

E escotet sot si a una fon. 

Au la noisa el castel qu'elh reial son , 

E lo gap en la tor, e sap ben d'on , 

De son tezaur, qu'en trobo lo negre e 'lblon. 

De mal talan se planh , o d'ira gronh, 

E perpessa en son cor que'l re aon. 

E venc a Rossilho , de sobr' el ponh : 

Lai trobet Manacer lo filh Raimon , 

Ab lui dos filhs de comtes que aqui son. 

Aqui los gitetzmortz el gaprion. 

Per lo castel s'escrien, c'us nonrespon. 

E .G. a lavia jusloc s'apon, 

E juret Damidrieu e sanh Simon 

Ke, si .K. de guerratot no cofon , 

Mais Ihi fara de mal que hom del mon. 



i6 Gérard 

Anc no vistes nulh home ta persegut. 
Vecvos prumier venir .i. K. diut ; 
Venc menassan .G., quan l'ac veut , 
E venc-lhi escridan : « Don cofundut , 
Lo cap de vostra honor avetz perdut. 
Non redretz mais al rei dolen salut. » 
El o a ben auzit e entendut ; 
E si al comte fo greu, a paregut. 
E viret lo caval de gran vertut , 
I anet l'en ferier sus e l'escut, 
Que trastot lo Ihi a frah e fendut , 
E son ausberc safrat escoisendut. 
Escrevantat l'a mort el prat erbut ; 
E dihs una paraula , quan l'ac vencut : 
« De la feunia dire vos vei tot mut. 
A tort m'an esvait , se Dieus m'agut. » 

K. ac un donsel gai e tornel : 
Cel ac lo cor felo e d'ira plen , 
E vai ferien .G. aisi com ven; 
L'ausbercs que ac vestit, no Ihi val ren. 
E .G. fer si lui de plen en plen , 
Qu'el Ihi tra[u]ca lo cor per miei lo sen. 
Escrevantet lo mort el plan seren ; 
Pois ditz al'autre mot : « INo t'endei ren. 
E cobret lo chaval per miei lo fi'en. 

Era porta .G. mout aspra plaia , 

Que lo sancs per l'auberc de fors en raia , 

E mal aia aquo que'l s'en esmaia ! 

I a pres lo caval que vol i aia , 

E ditz una paraula que mout fo gaia : 

« A tan me penrai ara tro que mai n'aia. 

Mal aia qui pren ora treva ni paia , 



DE ROSSILLON. 17 

Qui prumiers de la guerra no se asaia ! » 

Era s'en vai .G. vas Avinho , 
Que non denha tornar dreh vas Dijo ; 
Au seze jorn i fo de Rossilho. 
Vecvos prumier vengut comte Boso , 
Que Ih'auava socorre a dreh bando , 
Ab lui .M. chavalier que toh so bo. 
Quant au nafrat lo comte, nulh sa no es bo ; 
E quan vi qu'el venria a gariso , 
No Ihi fo de sa plaia minja un boto. 
Puis Ihi demandet novas de Rossilho : 
c( L'autre ser lomtolc .K. per traisio , 
Per .i. meu bausador de ma maio. )) [do. 

— « No m'en cal , so ditz Bos, se Dieus be m 
Pos Dieus vos a estort de sa preiso, 

leu non pretz vostra perda .i. moissato. 
.C castels avetz fortz e sa reio , 
Trenta ciptatz dominas ab Avinho : 
Metam-lo de la guerra en tal rando 
Qu'el delivre assatz a espero , 
E gueregem-lo tuh, lo mal felo. )) 

— « Est coselh, ditz .G., tenc ieu per bo.» 

Vecvos Segui '1 vescomte davas Beders, 
E venc davas Narbona e d'a Vivers ; 
Ab lui foro .viii. c. donsel apers. 
De lor armas portar no son evers , 
Denan aques[tz] no dura asiers ni fers. 
Li chaval de sotz els son tan avers, 
Coro e brocho plus que nulhs sers. 
Aquelh faran .G. tal joi cn quers, 
Rossilho Ihi rendran : tan non er fers 
Que lo reis n'er dolens e trist e ners. 

2 



l8 GÉRARD 

Folques intra en Avigno davas solartz ; 
Lai on el dissendet no semblet gactz. 
Ab lui foro .X. M. dels Escobartz, 
De pros e d'arditz e de galbartz , 
Noirit en las montanbas que clau Lombartz, 
Que duro de Proensa, dels poinb de Sartz, 
Jusca en Alamanba e en Bel-Esgart, 
Aissi com devisa Mon-BeHartz. 
La * marques Amadieus , Pons et Ricartz , 
Foro senbor d'aques[tz], e Folques quartz. 
Son cosi lo clamet lo ducs .G. 
Per venen socorre de totas partz . 
Folques los amenet, non cub quetartz : 
No s'en tornara .K. se[s] gran regartz. 

G. es Avigno desobr' el Roine, 

En una cambra vouta , pencba al joine , 

Don so Ibi capital vermeilb sadoine , 

Lbi pilar de leos e li coloine ; 

Lbi caire e Ibi estel foren marmoine , 

Ben entalab a l'obra rei Salomoine. 

De sobre un feltre obrat de (íapadoine , 

Se jatz lo coms .G. denan un moine; 

Non a tal metge d'aisi en Babiloine. 

Lai s'en intret dons .F., ab lui Ibi comte, 

Lo marques Amadieus e dons Antoine. 

Asetz ^ dira sempre era de son esoine ; 

Son enamic en trai a testimoni , 

Oncas nulbs coms nonbac melbor persoine. 

La cbambra es tenegua , e'lb estan quei , 
E no cub de parlar .j. s'en ancei. 

1. Lisez Lo. 
». Lisez assatx. 



DE ROSSILLON. I9 

Las fenestras son clausas , que jorn no i vei, 
Las cortinas tendudas ab aur d orfrei , 
Mas peiras relhuzens de tal eslei 
Que anc no vistes sire que si clardei. 
E .G. en .j. lih nafrat, so crci, 
De .K. si perpessa com lo guerei. 
Sel comtes iavia e un marquei. 
.F. parlet prumiers , que far dei : 
<( Coms , vecsi tas mainadas veno à tei. » 
A .G. fo tan bo que dresset sei , 
E no cuh de beutat c'un fassa evei. 
Puis los fetz asezer totz entorn sei : ' 

(( Vos estes miei amic , fe que vos dei , ^ 

Miei home e miei paren , en cu[i] me crci. 
Perdut ai Rossilho a gran deslei ; 
L'autre serlo m tolc .K. per son bofei. » 
— (( Or, ditzcascus, de guerra ! ie us i segrei, 
On saps ton enamic, si lo guereis. 
Mort o vencut lo fassas mostra[r] au dei. » 
— (( Irem a Rossilho tener tornei , 
Car ieu nonpretz ma plaia mia .j. bolei. » 

.G. sipres don Fouque e don Boso, 
E Segui lo vescomte de Bezanço ; 
A una part los traihs , a un rescos : 
(( Vos es tuh miei amic e miei baro . 
Fasetz dire la fors a cels que i so, 
Que albergen els pratz , sotz Avigno ; 
Mas no i tendan trap ni pavalho. 
Estanquen lor cavals , gen los somo. 
Fazet[z] dire als borses , per un garso , 
Que lor fassan la fors gran Ihiuraso , 
Qu'elh trobaran de l'erba per lo cambo. » 
Apelet don Fouchier lo marcanso : 
« Cosi , Yos m'en iretz a Gariguo ; 



20 G^RARD 

Dijatz Gilbeit , al comte , garda s'en do 

Delbosc de la forest de Montargo, 

Que, quant veira levar .j. fumanso, 

El trameta senibel a Rossilho. 

Sio .c. chavalierab un peno, 

Que feiran al portal a dreh bando , 

E tuh escriden .K. trachor felo. 

E puis vos en tornatz vers Scorpio , 

E ilh vos segran sempres a espero , 

E nos venrem detras per lo sablo.» 

Aisi Ih'o ditz. G. e Ih'o despo : 

(( Aitan penrem dels lor com nos er bo.» 

Fouchiers monta el caval e ten sa via. 

Anc no fo tan bos laire ni tals espia , 

Mais a aver amblat non ha en Pavia ; 

E pero per Ihinatge no Tavendria , 

Que non ac melhor comte tro en Ongria; 

Mas no se pot tener de laironia. 

Vij . chavalier menet en corapanhia , 

E fo e Garigno al sinque dia ; 

E so que quis Gilbert, non ac fadìa. 

Era auiatz de .G. sa galaubia : 

Non cuietz de sa plaia que re Ih'en sia ; 

D'una faissa de pali se senh e s Ihia ; 

Causet se e s vestit com far solia , 

E monta en un caval de bon' auria : 

Non cor tant .i. cavals com amblaria ; 

E son .XXV. M. ensaparia, 

E Folques los guidet a sa causia. 

Era cavalgua .G. com per jornada, 
Quar non ac sa ost monida ni lonh mandada; 
Pero no fo ta pauca la cavalgada, 
No sian .xxv. M. de gen armada. 



DE ROSSILLON. 21 

Al Leo del Roine l'aigua an passada , 

I a Masco Soaua toh traversada. 

Cela nuh albergeren jos en la prada 

Entro [alj lendeman a rajornada. 

Per miei Calo s'en passo de gran diada ; 

Solz Mont-Agut albergen sotz rencontrada. 

D'aqui n'ac a Dijo regna tirada : 

De fors los murs albergen lonc la talhada , 

E dero als cavals erba a sivada. 

Guilelmes d'Estoun ac gen senada ; 

Gardo los pas del bos e la ramada , 

Que res non pot passar que sia nada , 

Que a .K. non sia nova comtada. 

Ans qu'o sapcha lo reis ni sa mainada , 

En sera mout sa gens greu percolada. 

Lo jorn an sojornat com ausetz dir, 
Entro que venc lo nuh al fredesier. 
E Fouchiers guidet-los a son causir. 
Corr[eJian lor cavals e van dormier, 
Non cuh entrosqu'a Sauna us regna tir. 
So[t]s Castilho albergen el brulh dormir, 
Entro veian del dia l'alba esclaisier. 
Si fan a Montargo un fum bastir. 
Gilbert de son esgart los pot causir ; 
Commenset sa mainada a esbaudir : 
(( Irem a Rossilho per assalhir. 
Armatz-vos , chavaiier, so vos vulh dir, 
E denant a la porta sembel furmir. 
De .G. farem novas .K. auzir, 
E tal re Ihi cuh far de que sospir. » 
Çeilh no foro mas .c. que s van garnir. 
Per una porta pauca s'en van issir. 

Gilbertz guidet los seus per una val , 



22 GÉRARD 

E no foro que .c. tuh a chaval. 

E van a Rossilho bastir assal , 

E Gilhertz de sa lansa fier al portal , 

E escridet lo rei trachor e mal. 

No fa al rei ta mal no s crit en al : 

« Armatz-vos , chavalier e miei captal.» 

E lo reis totz prumiers salh al chaval, 

E pres escut e lansa, qu'anc no ques al. 

Per la porta s'en iessen toh cominal ; 

No foro que .x.M. aquelh reial. 

E lo reis venc prumier plus que de sal , 

E escridet : « Gilbert , fugir que val ? » 

Pero nafratz i fo , mas non ac mal. 

.G. vencdelatz Sainaper .i. costal, 

E son .XXV. M. latz lo boscal. 

Apres lo rei se moc en son esthal , 

Veno lo» cosseguen desotz bel fau. 

Aqui foro partit tan cop mortau ; 

E .K. a pres fracha, qu'anc non pres tal. 

Sotz Belfausa cosseguen en una planha. 
Lai escridet .G. e sa companha. 
Aqui'Ih prumier non an asta non franha ; 
Aqui lor mostra 'I coms de sa barganha. 
Ab espasas se moven dol e malanha. 
.K. escrida al seus : « L'encaus remanha. 
Traitz nos a Gilbert, qui qu'i s'en planha. » 
E cuiet s'en tornar per de latz Saina , 
Quan .G. Favenc lonc la montanha, 
E correc lo ferir e la companha. 

FoIque[s] vencprumairas en pla painie (sìc)^ 
Sobre un caval moven ab coma fauva ; 
De pur ardimen ac la color fauva; 
E vai ferir .B. de Rocha-Mauva ; 



DE ROSSILLON. 23 

Tal Ihi det el escu[t], que tot l'olh traitn'a. 
Son ausberc Ihi de[s]romp e Ihi desclavva , 
Del cors Ihi trais sa senha [tota] blava. 
So es lo jorns de que .G. se lauza : 
La senha au rei Martel lo jorn fora una. 

.K. socor los seus per unplantier, 

Pres ac d'un soldadier elme i ausberc , 

E escridet sa senha latz lui a renc : 

u Feretz-Ios , chevaliers , pos tant i pert. » 

Aqui viratz donar tant colp apert , 

Que tan .M. ne caego per lo coderc 

Quc .i. d'aques[tz] non ha cor ni cap enterc, 

Ni no sabo conoisser clar de tenerc , 

Ni puis non tornet .i. a son alberc. 

.K. ve de .G. qu'el vai sobran , 
E vi Folque lo comte venir denan , 
E portet una senha tota sanglan ; 
Ausitz lor ac .B,, lo fraire Arman , 
E vi Boso , so fraire , qu'els vai reinant , 
E'l marques Amadieu qu'els vai segan ; 
E quan .K. los vi, n'a cor que chan : 
<( Feretz-i , chavaliers , qu'ieu o coman. 
Ja non perdran honor Ihi nostre efan , 
Ni dimiei pe de terra ni un plen gan. » 
E il quan los viren , irat s'en van ; 
E coren los ferir, e '1 reis s'espan. 

Anc no i ac davas .K., fe que vos dei , 
De rengier las batalhas plah ni conrei ; 
Mas lo quals abans pot , ponh e desrei. 
Vecvos .G. prumier, Ugue e'Irei, 
Galeran de Sanh-Litz e Godafrei. 
Au rei plac , quan los vit enviro sei ; 
Mas autra res lo mes en gran effrei , 



24 GÉRARD 

Qu'el vi Folque venir latz un aunei , 

E despleguet sa senha per que bannei : 

Sanglent en so Ihi pan e tuh Ihi plei ; 

E foro ab lui corate o .iiij. o trei , 

Pons e Ricartz e'l Coines e'l Desertei , 

Cascus crident sa senha segon sa lei. 

E lai on s'ajustero ac tal trapei , 

No i ac tan bon escut que no pecei , 

Asta reida de fraisser o no asciei. 

No i val malha d'ausberc plus d'un corei. 

Folques jois ab Albert, .G. al rei. 

Albertz es caegutz del bar morei , 

E .G. derochatz latz un maufei ; 

Mas a i'escosa d'els ac tal trapei , 

Qui foq aqui ferit e no casei , 

Ben ac Dieu ad amic e sanh Ramei. 

Folques retenc Albert denan lo rei. 

Trei .M. en remaserent, quemort, que prei. 

Moltz en retec .G. de vius ab sei. 

Mal vi .K. Martels son gran bofei , 

Quan creet traidor lausengier quei, 

E presit Rossilho per anelei. 

.G. lo coms cazec en un varah. 
.K. es chavalier quan per lui cah. 
Si forsa Ihi cregeis , fezis Ihi lah. 
Aqui mezeihs viratz tan col be fah , 
E de sai e de lai tant escut frah. 
A .G. en remas lo drehs del plah. 
Tant i rema dels .K., nuls no s'en vah. 
Asatz aura lo coms don los sous pah. 

Amadieus i Altelmes sen* de Verdun , 
Lo coms Bos e Guillelmes cel d'Estun , ' 

1. Lì8ez sel. 



i 



DE ROSSILLON. 25 

Intren en la batalha ab un estrun. 
CiJ feiro foc parer als brams ses fun , 
E molhar e mesclar sanc e ferun , 
E tan corsjaser mortd'ome geun. 
Onquespuis al rei .K. usnonrefun; 
Mais volgra esser lo reis à Monleon. 



'&' 



El tems que fulha e flors par en la rausa , 
Fo facha Ja batalha sot Peira-Nausa. 
La mainada al rei no se repausa ; 
.K. si traish areires ab gen descJausa , 
E .G. prcn Jo camp, que far o ausa. 

Anc no vistes estorn si fort ferut, 

Tant bo vassaJ virat[z] mort e chaegut, 

Tantas testas ab eJme sobrar del bruc. 

Lo gonfaino deJ rei an abatut , 

Lai en Ja maior preissa tot deromput. 

AJbert comte de Traias an retegut , 

• M. baros estier mortz i a perdutz. 

E ve de sa senha Jos seus totz mutz, 

E trai-se Jonh areires en Puh-Agut. 

Gasse e Jo comte Gaufre Jai so vengut, 

E van Jhi escridan : « Car non condutz. 

Non as de .x. M. homes .vij. c. escutz. 

Lo torns de RossiJho no t'es saJutz ; 

La[s] vias e Jos pas nos an toJgutz, 

Los bos eJas estradas e Jas paJutz. » 

So ditz .K. MarteJs : « Soi donc vencutz. 

Vos no senher, siatz aperseubutz. 

Vai t'en a Sanh-Romieu, eJs arxs voJtutz, 

Aqui manda tos homes per que t'ajutz. » 

Era s'en vai Jo reis totz irascutz, 

Gasse c lo coms Jaufres que l'en condutz. 



26 GÉRARD 

Era s'en vai lo rei sutz Carbonel, 
Gasse e lo coms Jaufres latz lo ramel ; 
E .G. e li seu fan lor masel. 
Retegutz n'an detz vius que an castel , 
Tres .c. e .iiii. vint en un tropel. 
.G. lor ditz paraula que lor fo bel : 
« Pos Dieus a volgutz e sanhs Michel 
Que nos aiam vencut .K. Martel, 
Non devem enchausar oimai sembel. 
Tornem-nos-en, esems, vas lo castel. » 
Don Richiers de Sordana es el castel , 
Cuidet lo reis l'onor d'otra vez el. 
<c Mi que qual, so ditz Folques, d'aquel fradel? 
Eu Ihi metrai el cor tal cartavel 
Qu'el noirira sas forsas de Monsorel. >; 
Trais Tescut denan se , torna al chaslel. 
Aissi s'en van essems com estornels , 
Entro a Rossilho desotz rolmel. 
E .G. escridet senha noel, 
Mas no vol que del muE peira esquartel. 
Aqui son dissendut .M. jovensel, 
Que trencho las bareiras e lo faiel ; 
Mas no trobo dedins qui 'ls contrapel. 
Cascus s'en vai fian en son barel. 
Vengut son al condut .K. Martel. 

Tal causa fai .G. don estai gen ; 
Sa batalha a vencuda , son castel pren, 
Chavaliers ni nuls hom ne Ihi defen. 
E Folque en la riviera aval s'esten , 
Al dos lo sego be mais de vij. c. 
Toh so de sa mainado pro e valen ; 
No i troba home , de .K. no escreben. 
Lo tracher del castel s'en vai ganden ; 



DE ROSSILLON. 27 

E Folques fo'lh denan a un penden, 
A una pescadeira de Saina ven. 
Lo nautoniers qu'el mena , lo mescreen , 
Cui Richier ac batut e fah sanglen , 
Quant el reconoc Folque , ac cor jauzen , 
E traversa la nau son escien. 
De tal briu fier a terra , que tola fen ; 
E Folques quant lo vi , lai venc pongen ; 
No Ihi laissa que parle ni que conten , 
Per los cabelhs lo pres iradamen , 
Contra '1 caval l'en mena amont al ven , 
A unas autas forchas cuh que 1 presen ; 
Aqui branlara mai , so crei , al \eni 
E vecvos del trachor pres vengamen, 
Que tans n'ac fahs morir de bel joven. 

Se .K. fetz folhia, en est loc la bec ; 
Qu'el ne fo enchausatz per un pla[n] sec. 
Entro que fo a Traies , no se restec. 
E .G. e li seu prenen Ihissec; 
Tant en dona a sos homes eom far so dec , 
Que anc puis us a sa chocha no Ihi falhec. 
E 'l reis s'en es anatz a Sanh-Ramee. 
Aqui manda sos homes, ab cui plaidec; 
Fi en cuiero far .F. e don Bec. 
De .G. e de .K. mar pui[s] l'en frec. 
Don Bos d'Escorpio mentre Ihi lec , 
Qu'aucis lo duc Teric per son bofec. 
Per la mort del baro tals dols en crec , 
Qu'anc pui[s] ira ni dols no lor sofrec , 
Tro fo .G. gitat d'aiso que tec. 

Anc no vistes mai rei tant irascut y 
Per so que ac fugit e l'an vencut. 



28 GÉ^ARD 

Lo comte AlLert de Traies Ihi an tolgut, 
.M. baros estiers mortz i a perdutz. 
E .K. juret Dieu e sa vertut, 
Se tenia .G. son escobut, 
Ans que fos lonli auzit rauria pendut. 
Ja no seran abans .xx. jorn vengut, 
Queseran ajostat .xx. M. escut 
Sotz Orlhes la ciptat , el prat erbut. 

.K. mandet sos homes de moltas partz; 
E fo en Rossilho lo coms .G., 
Lo marques Amadieus , Pons e Ricartz , 
Quant lor venc us messatges de brus essartz. 
Cel fo bos chavalier pros e galhartz. 
E .G. quantlo vi, no cuh que tartz; 
Anet ab lui parlar , e fo si quartz ; 
De novas que apren Ihi crieihs regartz. 

.G. part del coseilh, e ditz a totz : 
« Senhor, auiatz las novas e per eis motz. 
Lo reis ajosta s'ost a Clara-Dotz , 
E la ciptat d'Orlhes , els pratz de sotz , 
Lonc la riba del L[e]ire , el bruil d'Agotz. 
Puis a jurat lo reis la santa crotz , 
Si no m geta d'onor, que no es pros. 
Sobre nos vol venir lo fels cogotz , 
Trencara-vos las vinhas e'ls aibres totz, 
Fundra murs e viviers , persara dotz. 
Eu ai de la mainadadels plus estotz : 
S'ieu no los fatz rehembre , donc sia eu gotz . 
Volh sai venha l'avers cum aigua a potz ; 
Non pretz la guerra .K. puis una notz. » 

Folque enten la razo , ditz so veiaire , 



• DE ROSSILLON. 29 

A bon coseil donar no tarjec gaire : 
« .G., mal fai rics hom que si s'esclaire. 
.K. es vostre senher , drehs emperaire ; 
.C. M . homes avet[z] de la soa aire , 
Non a melhors nulhs hom jus ni pechaire ; 
E quant vos ques feunia, non degues faire ; 
Quant vos tolc Rossilho , fetz que bausaire. 
Vos l'avet[z] recobrat non ges cum laire : 
Per tot aquo no vulh siatz trafaire. 
Trametetz-lhi messatge a son repaire , 
A Reins a Saissos a Belcaire , 
Qu'el reis vos man son cor e so veiaire , 
Se penra vostre dreh si lonh estraire ; 
E si el lo soana , per sanh Sicaire , 
Despui[s] t'ajudarai, ieu e miei fraire. 
Fols es .K. Martels , nostre emperaire , 
Si el vos cu[i]da de terra ni d'onor traire. )) 

Em pes levet el sol dons Amadius ; 
Lo plus loncs chavaliers vas lui es brius : 
« .G., quar no cres .F. que es tos neus ; 
Quar si .K. sai passa ab eis los sieus, 
Aermara ta terra e 'is altrui fieus. » 
E .G. respondet : « Puis no m sal Dieus, 
Quan ja n'aura lo reis carta ni briu[s] , 
Ni lai n'ira per mi mes ni corrieus , 
Tro que m combata ab lui i ab los seus ; 
Que n'er vieus recresens lo canineus, 
E'n cairan tres .c. m. de lor estrieus : 
Sia[i]ssi non aten, sia judeus! » 

Dons Bos donet coseilh a le[i] de tos . 

Tornet-se vas .G. totz airos : 

c( Senher , laissatz estar ses[t] jutgadors , 



3o Gérard 

Que an las terras grans e las honors , 
E tornan los avers en grans rescos ; 
Quar si vos los crezetz, iretz ontos ; 
Quar si nos n'aviam fors mie vos , 
Ab aquesta companha que es ab nos, 
Si combatram nos .K. pelsplas erbos, 
Tant que sera vencutz reis eveios. » 
E .G. s'en somris e gardet jos : 
« Beusneps, so ditzlocoms,moutestespros. 
Bos es vostre jovens, s'el sens i fos. » 

Landris que tenc Nivers non parlét bas , 
Ans a parlat ben aut , gent e dapas : 
« Bos , ben fola paraula dicha nos as ; 
Tu non gitiest hanc .i. magre ni gras ; 
Tantiest oltracuiatz, vilhs Satanas , 
Que dit c'ap sesta gen que aisi as , 
Que ab .K. Martel te combatras; 
E si .G. te cre , d'onor er ras ; 
Mas fai en tot aquo que ausiras : 
Tramet-lhi .i. mesatge plus que del pas , 
A Rems o a Ssaiso o a Belvas, 
Que si vol ton dreh penre, tu lo'lh faras ; 
E si el lo soana , per san Tomas ! 
Depuis manda tos homes que aver porras. 
Si .K. quer batalha, no t trobe cas ; 
Si aerma ta terra , tu lo verras ; 
Si tu no la'lh defens, flama t'abras ; 
Puissas lo coseilh , Bos, tu lo creiras. » 

— « Coseilh, so ditz .G., eu sai mout bo : 
Si '1 rei no val mo dreh, e ditz de no , 
Trametrai per mon paire , lo vilh Draugo , 
Que tenc Rossilhones e Rossilho , 



DE ROSSILLON. 3l 

Besoden e Girunda tro en Anco , 
Vergedaine e Serdaine e Mot-Gardo , 
Purgela e Rubi-Caire e Barsalo. 
Posa a , non ac guerra se pauca no : 
Tuh son conquis per forsa aqueilh folo ; 
De Malhorgua e a'Africa e d'Escalo 
Lhi aporto traut en sa maio. 
Lo coms es es (sic) ab el soude en son dijon, 
Fai-se servir de carn e de peisso. 
Celh que gardo sa terra .c. M. so. 
En lui a chavalier moltisme bo. 
Draugues lo dux tenra lo gonfaino , 
Ains que pergua Bergonha don Arnals fo. 
E mandarai mon oncle comte Odilo, 
Que te tota Proensa tro a Chalo, 
Arle e FonquaJquier e Sistero, 
Ebreu , Gap e Rames e Brianço. 
Delai seran .c. M. al viel Guio. » 
Respondo per la cort tuh Ihi bara* : 
« Mais val aquest coseil qu'el de Boso. » 

.G. pres don Folquo per lo mantel, 

Trais-lo a una part latz .i. fornel : 

(f Neps, auiatz la paraula de que t'apeL 

Ja non aurem lo rei vas nos fiel. » 

— «Som pesa, so ditz .F.,per sanhMarcel ! 

E pero lai irai al rei Martel, 

Presentarai ton dreh per est anel ; 

Ja no i portarai letra, breu ni sagel. 

Serem al ostatjar .c. jovensel. 

Si avem enamic que s'en revel , 

Que desfassa lo plah ni 1 contr[a]pel , 

Nos nos en tornarem lo plen champel ; 

1. Lisez baro. 



32 GÉRARD 

Garnirem contra '1 rei aital castel, 
No 'ls aura conquesutz a Sanh-Miquel ; 
E puis Ihi movrem guerra, ira e mazel , 
Don be rics hom aura persat la pel. 
Cuh be bos chavalier en desensel, 
envers o adens, de son poldrel. 

« Neps, auiatz, ditz .G., causa certana: 
Enamic avem lai Teric d'Asquana. 
Natz es de lo regne la Terriana. 
Mos jpaire Ihi tolc tota Barbana : 
.vij.Lans] n'estet faiditz dins Cormainna , 
Quant Ten trais lo Loics una higana. 
A molher Ihi donet sa sor germana. 
De la mort nostres paires lo vilhs se vana ; 
Ditz s'els pot encontrar en tcrra pJana , 
Ja no queran en bocs ni en garana. » 
— « Aquo, so respon .F., tenc per ufana, 
Qu'ieu non pret[z] menassar jes un bec 

[d'ana. n 
.F. part del coseilh, venc al ostal; 
.c. baro lo seguero, seu natural, 
Vescoaite e comtor e ric captal. 
El los trais el arcvout d'un veirial : 
i( Senhor, franc chavalier, no vos dic al ; 
Per ver so mesatgiers de cort reial : 
Era vulh qu'entendat[z] lo be e '1 mal. 
Cascus meint dos chavals, plus no Ihi cal ; 
Ja non portarem mala, ni re aital. 
Latz nosiran en destre nostre chavaL 
Ausbers, blancs, jaserans, elme a cristaì, 
Espazas d'aur antivas, escut leial, 
Lansas trencans, forbidas, peno cedaL 
Us no port vilh cavel neis en peitral, 
Non tenra de ma terra mas ni casaL 



DE ROSSILLON. 33 

Lo rei es a Orlhes, e siei captal , 
De sotzajusta s'ost en .i. pradal, 
Gran e fera e pleniera e cuminal. 
Senhor, siatz montat de prumier gal : 
 Biorgas penrem dimartz ostdal. n 

Folques de sa razo fo entendutz, 

E fon de ben garnir asatz creutz. 

Ab tant venc .i. donsels que Ih'es vengutz : 

« Senher, vostre manjars, so ditz lo cutz, 

Vos es aparelhatz i a vostres drutz. )> 

íntren s'en el palaitz que fetz Queutz. 

Totz fo penhs a muzec e l'arcs volutz. 

L'aigua lor fetz donar .i. vilhs camus ; 

Evont altre senhor, quar non Queutz. 

Deus ! tan riches vassals lai fo veutz ! 

Ilh no son de servir pesan ni muh. 

.M. chavaliers i a, totz ab escut. 

Quan lo menjars fenit, sers es vengutz. 

Levo de meia nuh , quan luna lutz ; 

E son Ihi .c. baro qu'ai mentagutz, 

Vescomte o comtor, ric, conogutz. 

Ers en iran en Fransa, avant so mogutz. 

Er er del rei .R.lo vers saubutz, 

Del plah, si sera fahs ni de[s]romputz. 

Ja non erlausengiers tan encregutz, 

Desque ausira .F., no sia mutz. 

Era s'en vai dons .F. e siei baro, 
E so .c. chavalier d'aital faiso : 
Vesten bliaut de pali e cisclato, 
Var e gris e erminis lor pelhiso , 
Pels traginas de martre, d'aur lor boto. 
Cela nuh albergeren a Avalo, 



k 



34 Gérahd 

E d'aqui a Nivers, quan dias fo ; 
Al tertz jorn a Biorjas, ab Aimeno, 
Que lor fetz gent ostdal en sa maio. 
Quant agro pro raenjat, Ihi lih so bo : 
Jagro tro qu'el soleils parec el tro. 
Causat so e vestit Ihi donselo, 
Fan metre fres e selas ab aur arco, 
Auso messas matdinas a Sanh-Simo, 
Puis agro a condut lo comte Aimo; 
Entro al pon d'Orlhes l'agro guido. 

Aimes .F. e'l[s] seus atan guidatz, 

Entro al pon d'Orlhes de la ciptat, 

De lonc Leire dissendent dedins .i. prat. 

.F. apeletAimode Moutegat, 

Lo senhor de Biorjas e del regnat : 

«Don, vos m'iretz lains, so m'ai pessat, 

E dizeretz al rei ma voluntat. 

Ab lo conduh de vos em sai intrat, 

Mesatgier de .G. e siei chasat; 

E farem-lhitotdreh, se lih ven a grat. 

Belfadieu lo Judieu sia nunciat 

Que man mos albercs penre e la ciptat. 

Ja i a lo palaitz si acermat, 

Si n'avia a dir nulh adentat, 

Des puis qu'ieu o sobria , mal seria nat. » 

E Aimes respondet : « Ben er comtat. )> 

Aimes s'en es intratz , e ilh son restat ; 

Edons .F. als sous agen parlat : 

« Auiatz, franc chavalier, baro membrat. 

No respondam al rei oltracuiat, 

No i aia dih orgulh ni menassat ; 

Mas siam d'un coselh essems privat ; 

Que quan nos en serem sai repairat , 



DE ROSSILLON. 35 

No digo que siam ni fol ni fat, 
Quar chavalier ten-om a forcenat 
Quetensona de lengua, pui[s] se combat.)) 
Er laissarem de .F. ab cor menbrat, 
E parlarem d'Aimo l'envassalat. 

Aimes intra el palaitz, denan lo rei, 

Que parlava ab Terric i ab Jaufrei; 

Fo i Gaces de Drues, Ugues de Brei, 

Galeraus de Sanh-Litz ab Godafrei ; 

E parlaven del comte Albert de Trei, 

Que .G. pres Pautr'ier, al gran tornei, 

M. baros estiers mortz en sa mercei. 

Aimes intra e saluda e ditz al rei : 

« Senher, vecvos .F. que ven atei. 

El s'a conduh de mei e e ma fei, 

Efara-vos tot dreh, senes mercei. )) 

E .K. respondet : « Mout mal o crei. )) 

Baisetlo, e a 1 assis dejosta sei. 

Aimes garda el parlaitz latz un ombrei, 

Belfadieu lo Judieu vit teint e quei; 

Au menassar .G., s'en a eífrei. 

E Aimes l'apelet, e'l venc desei : 

(( Vai-me el Broc l'abat far .i. conrei. 

.F. vendra lo coms anuh , so sei, 

Ab lui .c. chavalier, no so plus, crei, 

Estiers los escudiers e l'autre arnei. )) 

E lo Judiens en jura la soa lei : 

« Non ac tant gen ostal por hanc nasquei. » 

Lo Judieus en davala ad Aucafrei*, 

Al abat dei mostier de Sanh-Elei ; 

I Aim'es remasut parlan al rei. 

Aimese Audefreis, ab Aimeric, 

1. Lisez Audefrei. 



36 GÉRARD 

Foro fraire germa, nebot Terric, 

E comte natural, manen e ric. 

Aimes coms de Biorjas, si cum vos dic, 

E Terric Laroegne tro asortic, 

Molher ac la seror rei Losoic ; 

Abans en aguit tres gue velhisec *. 

De la quarta acdos fílhs, plus bels non vic; 

E leno-lo en Fransa al plus antic. 

Mas coseilh vas lo seu nulhs hom non 

Non preso e la cort altre .i. lombric. 

E qui sap dreh jutgar, huimai non tric. 

.K. ajosta s'ost contra respic. 

Cuia far .G. guerra an[s] per'afic. 

.C. baro son ab .K. tot per esmansa , 
Tuh del coseilh lo rei, del milhs de Fransa, 
Estiers los chavaliers e Fautra enfansa. 
.K. de son palaitz afah voiansa, 
E comanda als portiers per estreansa : 
« Se porta ies uberta ni cha destansa , 
Vos en perdretz los oilhs senes dopdansa. » 
Puis requer del coseil la prima encansa , 
Quier sap drehjutgar, qu'ar lo comansa. 
Prumiers parlet Terrics lo dons d'Asquana : 
<( Don reis, vos l'avetz facha la desenquansa, 
Presistes Rossilho per gran bobansa ; 
Trait-lo-vos .i. gartz d'avol semblansa, 
Qu'el puh de Monsorel pen e balansa. 
Ben estaisi .G. en pres venjansa, 
Fesistes-en batalha e gran proansa. 
Aqui vos en fetz Dieus la demostransa. » 

l[sem]bert de Rion levet del renc , 
Qu[e] fo fraires Beto, paires Genenc : 

1. Lisez velhesic. 



DE ROSSILLON. 87 

« Senher dux , la paraula no vos retronc ; 

Si .G. Rossilho de .K. tenc, 

Quant el no 1 volc culhir , d'aquo mespre[n]c , » 

— « Isembert, ditz Terris , era vos senc. 

Cesta paraula sembla motz de belenc ; 

Quar .K. totzprumiers sobre lui venc, 

E Ihi aduhs a setge tant esturlenc , 

Mais foro de .c. M., se ieu non menc, 

Sos chas e sos lebriers e'l seu pradenc , 

Sos oros ^ e sos leos per mal engenc ; 

E tolc-lhi Rossilho, la tor e '1 benc ; 

E .G. fetz si com o covenc : 

En batalha campal lo reis en venc. 

Ja nulhs rics om no deu creire mai hui sirvenc. 

Ja no fara tara be que puis non genc. » 

Dons Algerrans parlet, de son estau , 
E gent e covinen e non a frau : 
(( Per ma fe, senher reis, no vos sai au. 
Si vostornatz .G. encontra vo[s], 
S'il se torna e pot , non estai mau. 
Era esgardatz setz comte, franc naturau , 
Qu'i vos tramet.F. son ric captau, 
Lo milher chavalier e '1 plus biau 
De Fransa ni d'Alvernhe ni de Peitau : 
Sotz Dieu non a ab armas melhor vasau, 
Quar el es bos a pe o a chavau ; 
Per u coseilh donar non sap om tau. 
Don aculhetz-lo gen, no [u]s sapcha mau. 
Siei alberc son ja pres el borc d'avau. 
Lai dissendra lo coms a son osdau , 
E vendra-vos encontra al peiro blau , 
Denan vostra capela de Sanh-Marsau ; 

1. Lisez on. 



38 dÌRARD 

Als ostatges Ihivrar no vos trop rau. » 
D'ira que n'a lo reis, los oils el clau : 
« Senhor, e ieu e .G. em donc egau? 
Abans en passaria la mar a nau , 
ceria .C. ans ermi e gau, 
Que ja vos mi metatz ab lui cabau.» 

Tuh laisso lo coseilh, qu'el reis no '1 culh. 

Lhi baro Ihi retrao lo gran orguilh , 

Quan pres de Rossilho Tausor capdulh. 

D'ira que ac lo reis , clavo siei oilh : 

« Senhor, er escoltatz que dire vulh. 

De la perda qu'ai facha fortmen me dulh. 

Vezet[z] lai per est prat d'astas tal brulh, 

Tant ausberc e tant elme latz se reculh. 

Ab sels movrai .G. ira e dulh. 

No cugetz de sa terra no l'en despulh ; 

No ilh laissarai estar vila dins sulh , 

Ni albre domesgier que no Tesfulh. » 

E Xerrics respondet. « Reis, molt es ful. » 

So ditz lo ducs Terrics : « Mal vos es pres , 
Quan .K. per enginh coseilh vos pres. 
Mal ai qui mai lo 'lh doua de tot est mes! 
Non es drehs de .G. be Ihi volgues: 
Sos paire[s] e sos oncIe[s], coms Odiles, 
Me tolgro ja ma terra e mon pais. 
.vij. ans estiei faiditz en bos espes, 
Que obrav'a manobra de que visques, 
Q[u]an reis .K. m'en trais per sas merces. 
Redet-mi mon dugat tan gran cum es, 
Sa seror mi donet. abans n'oi tres ; 
Mas d'aquesta ai dos filhs, mot gentas res ; 
Mas, per nulh enamic que ieu agues, 
No vulh esser de dreh ni fels ni bles ; 



DE ROSSILLON. 3^ 

Quar qui drelifalsa en cort, fals tracher es ; 
E la cort on estai torna en defes : 
Per te o dic , Martel , que re non ves , 
E escoltas e gardas e re non cres , [mes. » 
Plus qu'el Juzieus Messias qu'en crotz fo 

Lo coseilhs dels baros es departitz. 
Lo ducs Terris d'Asquana s'en es issitz ; 
De las folas paraulas .K. malditz. 
Davalet s'en la jos pelpon voltitz. 
Prumiers ditz Galerans que tenc Sanh-Litz: 
« Anem encontra .F., sia aculhitz. » 

— « [B]ien son paiatz, ditz Aimes e dons 
Audefres de Maion amanavitz. [David, 
Atendam Aimeric de sotz salhitz, 

E serem .x. baro aescaritz. » 
Belfadieus tot prumiers lai es salhitz, 
AL lui Ihi .iiij. filh Na Beatris. 
[LJabona domna veuva ac dos maritz, 
De cascu ac dos filhs que a noiritz. 
L'us fon Pons, Tautre Artaus, lo tertz Felitz, 
Lo quartz ac nom Saloine de Mont-Esclitz; 
Non vistes anc tant gen amanavitz. 
Passen al pon de Leiresulz arcs voltitz, 
E van a don .F., els pratz floritz. 
Lo coms vi los efans, a los jauzitz : 
« Vos remandretz ammi, qu'el cor m'o ditz; 
Mas per las armas penre vos vei petitz. 
Sirvetz e creisseretz , seretz garnitz 
D'armas e de cavals amanavitz. )) 
— «Senher,ditzloJudieus,benavetzdit[z]; 
Tal jor a , de vos l'abas ten s'a garit. » 

— « El non es jes, dilz .F., miga ipocritz. 
Eu Ih'en darai lo borc de Sanh-Felitz , 



4à GÉ4(ÂRD 

.M. ome Ih'en faran litge servitz. 

Se la guerra non es si cum om ditz , 

Ja non sera per mi .i. avilitz, 

Mas per l'abat cessat e garentit. » 

<(Non es»,ditz lo Judieus de Sanh-Felitz. 

En un palaitz d'Orlhes , dins los garans , 
Ac peiros vertz e blaus asis per pans. 
Lai sis lo coms Terris i Angelrans, 
Gaces vescoms de Drues , e Galerans , 
Celis de Baloigne cui fo Lauzans , 
E Pontis e Voimos e totz Braimans 
I ac ni de Baviers e d'AIamans. 
L'us paraula ties, l'autreromans. 
Li .XX. se son partitels muls amblans, 
E van a don .F., els pratz de Sans. 
Lo coms los vi venir, drescet s'enans , 
E baizet-Ios totz .xx., ses nulh bobans. 
Se I'us vol mal al autre, non fansemblans 

Lhi comte per los pratz forons de cers. 
Fo i dons Angelrans e I comte Jaufres , 
Aimes i Aimerics i Audefres, 
E Ihi altre donzel foron ties : 
« Senhor, so ditz dons .F., aiso cum es, 
D'ost que vei ajostada per est pais 
E perpuhs e per plas e per defes? 
Sobre cui vol anar .K. lo reis ? )> 

— « Sobr'el comte .G., ditz Audefreis, 
E tolra-lhi Bergonha, que sos drehs es. » 

— (( Per mon cap ! so (íitz .F., aquo non es 
Qu'el deseret lo comte, per sas nofes, 

Eu conose tan .G., lo ric marques, 
Si '1 reis es sobre lui dos mes ni tres , 



DE ROSSILLON. ^i 

Que i ferran Lohorrenc de brans manes ; 

Si faran Bergonho , e de sert es , 

Bigot e Proensal e Roergues 

E Bascle e Gasco e Bordales. 

.M. baro en jarran mort e en estes, 

Estiers cels don ja comtes no sera pres, 

Que seran be .c.M. per doas fes. 

Huimai parlem al rei molt ben de pres, 

E farem-lhi tot dreh e plus non jes. » 

A las paraulas , poien els palafres , 

Per miei Jo pon s'en intren dedins Orlhes. 

Al mostier Sanh-Elei ac un palaitz 

Que fo del temps anticfondamentaus. 

Cel laisset a don .F. sos parentats. 

.M. chavalier n'estan de lui casatz. 

Lo coms intra el mostier, i a oratz, 

Puis poiet e la sala per los degras. 

No i causis fust ni peira, mur ni escatz, 

Mas cortinas de seda , e esbuschatz 

Totz voutz de melhors palis que unquas vi- 

Permiei los veirials venc la clardatz. [satz. 

Las taulas son cubertas, l'aigua lor datz. 

No falhit al menjar nulh adentatz ; 

E sapchatz de .F., molt fo amatz, 

Que ab lui so Ihi baro que ai nomnatz : 

C'es lo coseilh de .K., lo plus prezatz. 

Quant ilh agro manjat, sols fo baissat, 

E fan traire toalhas, so se lavatz. 

Huimai sera lo mesatgues parlatz 

E elitz e cauzitz e perpessatz. 

Non dira pas cascus sas voluntatz. 

L'abas fetz far los lihs per lo palaitz, 

Si jagro be em pausa tro que sols fo levatz. 



Ì1 GÉRARD 

SoQ levat e vestit e ben cauzatz ; 

Auso messa e mad<knas que ditz Dalmatz. 

Huimai sera 'I mesatgues al rei nomnatz. 

Lìii comte son issit del monestier, 
E van a Sancta-Crotz orar prumier. 
.K. es alpeiro, on sol estier, 
Entorn lui Ihi baro d'aquel manier. 
Ab tant vecvos .F. e Manasier, 
Angelran e Ponso de Belvesier ; 
Volen la fi del pìab amentavier *. 
«Senber, vecvos .F. que venc arser. )) 

— (( leu hoc, so ditz coms .F., merce querer 
De part .G., mon oncle, en cui m'esper. 
Don , per que vols al comte guerra mover ? 
Quar tals no s'en esclaira per son saber, 
Que Ih volra ajudar de son poder. 

No nos fassatz vostra ira, reis, apparer, - 

Que se ausis lo segle que deus tener, 

Puis t'o tornara Dieus e nocaler. 

Vos comenses la guerra, faitz-la tazer, 

E retentz .G. e son aver. 

Non creatz lauzengier, per son saber; 

Quar nuls om ta gran fah no pot mover.» 

— « Si Dieus m'ajut, don .F., trop parlatz 
leu en farai aquo que far coven. [ben : 
Si .G. Rossilho en alluc ten , 

Si s pot faire Bergonha que a de men. 
leu Ihi toldrai .M. mas de son terren ; 
N'aura ta fort castel que non esclen, 
Alta tor que non bris e non pessien. » 
Prumiers parlet don Bec , lo filhs Baisen : 
(( Don reis , trop menassar non pretz nien ; 



BE ROSSILLON. 43 

Ans vos cuia .G. metre tal fren, 
Milhs vos en retendra que mul ponjen. 
Ja non perdra lo coms forn ni molen, 
Erbatge de sa terra, forre ni fen ; 
E si guerra voletz, auret[z]-la beu , 
E batalha campal, s'ovos coven, 
Que be rics om en er nafratz pel sen, 
Que pareissera '1 cors tro que V eschen. 
Reìs, ja Dieus no m do sen ni cap alen, 
Que non cres tiulh coseilh fors lo ten ! )) 

— «Senher, so ditz don .F., vecvos lo dreh 

De part .G. lo comte, set aneleh. 

Si el vos a fah tort que far non deh, 

D'aquo vos farem dreh aqui meseih. 

Serem al ostatjar, fe que vos deh, 

.C. baro natural, vassal eleh. 

Alhui es Rossilhos, s'o vos autreh ; 

Mas d'oltra Saina l'aigua , latz lo rabeh , 

En la forest del puh de Montargueh, 

Avetz-i mes en l'an cassa i arbeh , 

Quatortse jorns per chaut, .xv. per freh. 

Lhi .xiiii. .G. fan lo conreh; 

Ceilh aducen persan, tuh anaveh 

Lai on son pom del aurar estan a dreh. 

Quatre castels i a .G. de dreh : 

Quarena e Castelo e Montaleh. 

Lo quartz es Senesgart, que tost los veih; 

E si aisi non es cum vos ai dih, 

D'aquo far ai proansa o escondih. » 

Ab tan estendec-lhi son gan en pleh. 

[ten: 
« Senher, prendetz es[t] gan que ieu vos es- 
De part .G. mon oncle dreh vos prezen, 



4Ì G4RARD 

Que si el vos a fah tort son escien, 

D'aquo vos fara di'eh a causimen. 

Serem a l'ostajar chavaler .c. 

Que .j. non mentira per aur ni per argen, 

Ni no dira bausia, per re viven. 

Abans en dira ver son e[s]cien. » 

— « Mal aia, ditz lo reis, qui est gan pren, 
Tro que fassa de guerra .G. tazen ! » 

— « So non er, respon .F., a so viven, 
Se no 'lh falho li seu prumieramen. 
Qui de felnia l'apela, se no s defen , 

Pîo deu tener honor ni chazamen. 
Perjurar lo fezestes lhu[i] e sa gen : 
So ìbro comte e duc e sapien. 
L'apostolis meimes , cui Roma apen , 
Dedins Costantinople enansi l'en. 
Jurero que penrias nuptialemen 
Filha d'eraperador, del Grieu manen, 
E .G. sa seror tot aisamen. 
A son ops la jurero Ihi seu paren. 
Tornavan s'en areires alegramen ;• 
Tu lor aniest encoutra ab onimen. 
Aquel es vers traire, son ecien, 
Que laissa sa molher, el'altruipren, 
Cum tu fezitz la toa, reis mescreen, 
E tolguist a .G. sabevolen. 
Non avetz lausengier lengua pongen , 
Se s'en trai enavan, per vos garen, 
No l'en redissa mort o recreen. » 

— « Mal aia , ditz lo reis , qui er lo pren ! 
Que assatz seretz a temps en carap dolen , 
Lai on seran .c. M. mortesanglen [len.» 
DeJs plus prezatz dels vostres , dels mai va- 

— « leu que sai, soditz .F., s'el reis imen. 



DE ROSSILLON. 45 

Nos atendrem lo terme .j. mes verten. » 

Era parlet dons .F., del rei fon pruec : 
(( Auiatz, franc chavalier, qui ausier vuec. 
La guerra non er mai enpresa a ju[e]c : 
Ja non penra lo coms vacha ni buec, 
Ni ciptat ni castel arda a fuec, 
Ni tan bon chavalier que no rencruec. 
Hanc no vistes per ome tant desert luec. 
leu en soi mout dolens don oPa muec. » 

— ((Permoncap,ditzloreis, d'aquon'aisoih. 
Non pretz vostra menassa , .F., un codoig. 
No penrai chavalier tot no '1 vergong, 
[0] del nas o dels oils no'l fassa mong, 
Sirven ni mercadier, o pe o poig. 
Si venen en estorn ni en bosoig, 
Veirem cum o faran franc e Bergoig, 
Qui ferra milhs d'espasa ni plus di^eh joing. » 
— ((E nos aurem, ditz .F., caval gascoing, 
Per encausar de prop , fugir de loing. » 

Folchers lo marcanços enan se trais , 
Cosis germas .G.,neps Eutais ; 
Nulh melhor chavalier dompna non bais , 
Ni nulhs meJher de lui asta no frais. 
Sos cors fo eschafitz, delgatz e grais. 
Ja dira tal paraula don reis s'irais : 
(í Per Dieu ! .K. Martel , mo][t] mal o fais, 
Que cuiet[z] tot lo mon metre en pantais. 
leu cuh .G. de guerra tot jorn l'abais; 
E ieu sia volpilhs, se ieu no t'en pais ! 
Tenrai .M. chavalier, n'er .j. malvais ; 
Movrai-te tal rancura en tot quant ais, 
Non as ta fort castel no m'i eslais. 



46 GÉRARD 

Cuh que dels teus dominislos meus engrais. » 
Adonc poiet al rei lo sancs el cais : 
El los feira lotz peiy-e e brus e bais, 
Quan parlet Erois, cui fo Cambrais , 
Angelrans e Terris , Pons e Ricartz : 
« Reis, mortz iest, se feunia en ta cort fais ; 
Ni de tal avolesa carja s' nulh fais, 
Non as tan ric baro que no t'en lais. » 

Or parlet Erois lo Cambraisis ; 
E. darabon coseilh lo palaisis, 
Qui crees sas paraulas e sos latis : 
« Mesatgiers, de la guerra non es devis. 
Us es reis , autre es coms, de dos mastis 
Plus aorsatz de guerra c'ors sobr[e]chis. 
Si entre nos fos la guerra e Sarazis , 
Cuh que d'els fora facha la puta íis. » 

.R. cant ausi, si s'agrenis : 

<c Bon predic nos a fah dons Erois, 

Cum milher predicaire de Sanh-Danis , 

Que predica lo poble e covertis ; 

Mas nos no laissarem ni vars ni gris , 

Ni blanc ausberc safrat ni elme brunis , 

Tro que aia de guerra .0. malmis , 

Que m'a mos omes mortz , pres e ausis. » ^ 

— « A reis ! so rcspon .F., tu o fesis; 

Mas ans que sia vers so que plevis , 

I auras mai perdut o plus conquis. 

c( Senher, so ditz dons .F., nos en irem, 
Plah ni dreh ni amor non portarem , 
E so que sai ausim lai comtarem ; 
A don .G., al comte, aretrairem, 



DE ROSSILLON. /i'J 

En sa pleniera cort o numtiarem ; 
Vos avetz ajostat, nos mandarem ; 
Els plas de Val-Beto îai vos veirem; 
E l'ombreira on cor raigua d'Arcen. 
Si abans podem estre, si passarem. » 
E .K. respondet : « Or plevirem. 
Cel en cui remanra, ta lonh s'estrem 
Que pas la mar a nau e puis an s'en. » 
E .F. respondet : « Nos o fassem. 
Huimai guidatz, dons Aimes, que ab vos 

[venguem.'») 

— « Eu guidarai, ditz Aimes , mout volun- 
Mas mos cors es iratz e trist e niers [tiers; 
D'aquest emperador que es tan fers. 

Don reis, quar entendetz est mot derier : 
Prendetz dreh e ostatge dels cavaliers. » 

— « Non es, so respon .K., mos cosiers ; 
Ans passara est mes e l'autre entiers, 
Serai sobre .G. sos meissoniers, 

E trencarai sas vinhas e sos vergiers; 
E veirai la mainada que aura Fouchiers, 
Que tendra contra mi .M. chavalier. 
Pero nopot mandar .M. pas entiers; 
Mas mal lo sopessava laire furtiers. 
Se s laissa penre en via ni en semdiers, 
Plus autlo farai pendre n'es .j. clochiers. )) 

— « A reis î sorespon . F. , trop iest leugiers, 
Molt as dedinscel cor mals cossi[ri]ers. 
Per ver n'er batalha, pos tan la quiers ; 
Mas gara t que no t trobe en camp Fol- 
Que sos talans es fels e caronhiers : [chiers, 
Non es nulhs om plus duhs de batalhiers , 
Ni de la calha penre nulhs espreviers, 
Qu'el de chavalairia plus presentiers ; 



48 GÉRARD 

E tenra contra vos .M. chavalier, 
Ni ja non es per Ihui Ihivratz cartiers, 
Non dara .iiii. pas sos despeciers, 
Dos ples enaps de vi sos boteihiers ; 
Mas las mainadas Ihivret als escudiers ; 
Non es autre avers mas argens miers. 
Del tesaur aus baros es parceriers, 
D'aquels que sap felos e usuriers. 
Ja no Is guerr'a rescos ni claus d'aciers ; 
Ouar plus sap d aquel art c'us artifiers. 
Ja non es desturbatz nulhs viandiers, 
Ni borses ni vilas ni mercadiers ; 
Mas lai on sap baro que es lucriers , 
Que a .iiii. castels ni .v. entiers, 
D'aquel aver es larcs e bobanciers. 
D'un pan de Lohorenc vos es sobriers ; 
Davas Mon-Beliart sobre chasiers , 
En aura en ajuda ben .vii. milhiers.» 
Ab tan laisso las plassas e los soliers, 
Davalen s'en molt tost per escaliers ; 
Al peiro an trobatz lor escudiers, 
Que an trachas las armas e los destriers. 
A .F. son cregut .M. chavalier, 
I a Folchiers .vij. c. vassal entier, 
Que pres totz a la cort a soldadiers. 
L'enquansa de la guerra movraprumiers. 

Entr el mur e'l palaitz, en un plan gen, 

Peiros i ac assis per tal cimen , 

A obra bestiaria magistramen , 

Figuratz a musec, d'aur resplanden. 

De riche marme fo lo pavimen. 

El mieh loc ac .j. pi, qu'el chautreten. 

Una cola lai fer d'aisi dos ven, 



DE ROSSILLON. 4g 

Mielhs flaira que ducens ni de pimen. 

Un cer i a ab aur que l'aigua ren. 

Lains non intren jes tuh fol sirven. 

.K. Martels lai tenc son parlamen, 

Ab so maior coseiih de selamen. 

E dons .F. Ihi dih de son talen ; 

Issi s'en e Ihi seu iradamen, 

C'us comjat no 'lh dona ni no li pren. 

Vai s'en a Sanh-Eli, on el aten 

Dels baros de la terra be mais de .c. 

L'abas Jaufres parlet prumieramen : 

(( Quefaras de tos homes? coseilh.en pren. 

Iran, o elh seran sai remanen? » 

— « Coseilh n'ai pres, ditz .F.,raonessien. 

No vulh perdan honor ni casamen ; 

Mas cel que non a terra ni fieu no ten, 

S'en ira ab Fouchier, est mon paren , 

Que fara del phis paubre riche manen. )) 

Aqui i'en an segut tal .iiii. c. 

No l'en falhira .j., per aur ni per argen. 

E pui[s] vai cascus penre son garnimen, 

E Aimes los guidet a salvamen. 

Aimes los guidet ier, si s fara hui, 
1 ae e son conduh .F. e Folcui, 
E .V. c. chavaliers, cui que enui. 
Passen al pou de Leire, lonc lo regui ; 
E quan venguen al gua de Sanh-Ambrui , 
Folchier gardet amon, pel pla sanui : 
Vit una senha blava e'i dors de lui, 
Tres gonfainos petitz e un gran crui. 
.M. chavalier lai seguo Milo d'a lui , 
En talan ac Fouchiers que ab els s'apui. 

Folchiers a don .F. a pres a dir, 



5o GÉRARD 

I a Aimo lo comte de Bel-Air : 

« Pervei .iii. gonfainos d'un brulh hissir; 

.M. chavalier los sogon, tan los albier : 

So es rics om del rei, que 'l ve servir ; 

E, si m'o voliatz encosentir, 

Asaiar los volria a descofir. » 

— « Gran folhia, ditz Aimes, vos auh ordir. 

Vos [etz] en mon conduh per vos garir, 

E .K. es mos scnher, no '1 dei falhir; 

E si vos es .V. c. e ilh son tal mil ; 

Non postz en tota Fransa melhors causir. » 

Dui chavalier ben poden lo tertz delir. 

Assatz totz vos poirian penre i ausir. » 

— « Talira n'ai, ditz .F., totz m'en aspir.» 

Vergongna n'ac Folchiers, no '1 pot sufrir ; 

Comensct se ab los seus a sopartir ; 

A son caslel s'en torna, a Mont-Espir, 

Qu'es el cap de Berghona el Puh-de-Mir. 

No tem ni duc ni comte per evair. 

D'aquel volra rei .K. guerra esbaudir. 

E .F. s'en anet a Bel-Air, 

A un castel on Aimes lo fetz servir. 

A Bel-Airs'en torna .F. la nuh. 
Non cuh de lui servir que us s'en enuh. 
Qant enap foro ple , tegro .i. muh ; 
Puis no foro Ihi lih paubre ni vuh. 
Las cortinas son de pali, no d'autro cluh. 
Jagro tro qu'el soleilhs el tro parec. 
Son causat e vestit cum donsel duh, 
Fan metre fres e selas peis ab aur cuh ; 
Cavalguero essems de lonc .j. brulh, 
Lonc ì'aigua que dissen del pui de Buh. 
A Rossilho en venc ,F. e tuh. 



DE ROSSILLON. 5l 

Vecvos a Rossilho Tengut .F. 
E dissendet al olm , fors al peiro. 
.C. chavalier lai corren d'aital tenso, 
Cals pres regna o estrieup o chival bo. 
Lo coras intra el mostier far orazo ; 
Puis vai fors lonh dels altres on .G. fo. 
Paraula ab Amadieu i ab Boso ; 
Mas .G. s'es cochatz de sa razo : 
« Neps, si avembou plah del rei .K? » 

— « Per mon cap ! so ditz . F , quar aquo no . 
Presentiei-lhi ton dreh en sa maiso : 

El no lo vol bailar ni si ni co ; 

Mas ieu Ihi reprochai la traicio 

De que'l fetz prejurar tan ric baro ; 

E cuh be que los seus sus nos somo. 

Non avetz bos ni vinha tot no '1 trenco, 

Ni fossatz ui terrier ni gran maio, 

De l'ausor fust no fassa vermeilh carbo, 

Manda amics i omes, e los somo 

Que t'ajudo de guerra contra .K,, 

Que t vol deseretar per ocaiso. 

I^atalha n'ai plevida en Val-Beto, 

Empresa e plevida per tal devesio : 

Cel en cui remanra prengua lost . j. bordo , 

E pas la mar a nau o a dromo. « 

— « Bonm'es, so ditz .G., per Dieu del troî 
En breus de jorns aurai tan companho 
Que seran .v. c. M. em plan cambo ; 

E si batalha vol, ieu l'abando. » 

Lhi baro del castel quant an auzit 
Que .F. es vengutz, lai son issit ; 
E dirai-vos Ihi cal, se no Is m'oblit. 
.B., Gilbertz e Bos foronelit, 



52 GÉRARD 

I Artaus e Gimaus'd oltr'an cliausit. 

De Landric de Nivers an fah lor guit, 

E foron .X. baro tan ben eslit, 

Lo plus paubres d'aques[tz] que avetz ausit, 

Ac .V. c. chavaliers de son aquit. 

.G. intra en la chambra sobre .j. tapit , 

E paraulet ab els, pren son ardit. 

« Senhor, de totz coseilhs non quier mas . j . 

Cascus man per sa terra, non s'en refu. 

.K. ve sobre nos ab .iiii. estru ; 

Non avem bos ni vinha que no 1 reun, 

Ni fossat ni terrier que no 1 destrun. » 

Prumiers parlet Guille[l]mes cel d'Esteun: 

« Manda amics e omes on n'as negun. 

Trames ai per mon paire, a Besaudon, 

Que mandara totz ceos * de Besaudon , 

Vergedagne e Cartagne e Molgradun, 

Purgela e Bucaire e Barsalo. 

De sai mandei mon oncle, comte Odilon, 

Que te tota Proensa tro a Dijun, 

Arle e Foncalquîer e Ureun, 

Las vals de Mauriana e d'Auceun. 

Ja no seran passat Ihi treideun, 

Que serem .v. c. M. ab un estrun. 

Batalha n'aura .K. deMonlaun. )> 

— « Ben sabia, senhor, fe que vos dei, 
Plah ni dreh non auria ni amor de rei. 
Pertant es lui mesatges emqu'ate me, 
Trames, per mos amics, cum far o dei ; 
E ai mandatz mos homes , somos per fei, 
Que m'ajudo de guerra encontra '1 rei , 

1. Lisez Celz. 



DE ROSSILLON. 53 

Que m vol deserefar per anelei. 
Neis a Monbeliart trames arcer 
Bego, mon chamarlenc, ob Aumanfrei; 
Augiers e '1 coms Guinhars venho a mei , 
De la val del Chambrai tuh Ihi marquei , 
Si cum jatz la montanha que te Navei. 
Cilh son bo chavaliers, a tota lei. 
D'aquels aurem .c. M. e plus, so crei. 
Batalha n'aura .K. de Sanh-Romei. )) 
E .F. respondet : « Dieus Ihi autrei, 
E cel sia volpilhs que s'en retrei , 
E ieu coartz proietz ^ si la plaidei! 
De pos ab lui no pus trobar mercei, 
Perdut i ei, ditz .F., que ben o sei , 
.M. chavalier casatz qu'en la tera i ei ; 
E pero, si íìs n'es, be Is cobrariei; 
Mas no falldrai .G. mcntre viurei. » 
— « Beus neps, 80 ditz lo coms, ieu m'o veiriei ; 
Mas lai tan no perdras cum sai redrei. 
Un pa de mon conduh vos partirei. )> 
E .F. respondet : <c Re non penrei ; 
Quar cel non es amics, mos ^ per malvei, 
Qui pren lo son senhor ni qui l'agrei , 
Mas ajut-lhi per fe, el e Ihi sei. 
Quant aura facha fi, si negun vei, 
Se puis pren son be fah, no 1 blasmerei. » 
Mentre .G. paraula, venc Elinei : 
u Don ieu venc de Gasconha, on ieu estei; 
Aduc-vos Senebru de Sanh-Ambriei, 
Ab .XX. M. Gascos, tan los esmei. 
Lhi Navar e Ihi Bascle , cilh d'Agenei, 
Si son autre .xx. M. em prumerei. 

1. Lìsez provatz. 

2. Lisez mas. 



54 GéRARD 

Casus porta tres dartz e .j. espei. 
El brulh de Val-Belo lai los menei, 
D'on tramet al marques, ab els s'apei : 
« Eu Iho coman , ditz el , e si autrei. 
Batalha en aura .K. de Sanh-Romei. y> 

Mentre ,G. parlava dels Esquartrais, 
Que porto .iiii. darlz entre lor mas, 
E son plus acorsat que sers per plas, 
Venc-lhi autre mesatges que non es vas ; 
Ans es bos chavaliers, pros e certas : 
« .G., veus vostre paire e 'ls Castelas, 
E son mais de .c. M. per miei cels plas. » 
— « Per Dieu ! so ditz .G., mos cors es sas, 
Ma companha es creguda dels longadas. 
Raimon mena-los-mi dedras Surras ; 
Qu'el locs esnaturals, rics, ancias. 
No lor falh[a n]i cars ni vis ni pas. 
Batalha n'aura .K. en aper mas. » 

Mentre lo coms .G. des albercs tensa, 
Hab tan venc-lhi .G. que tenc Vergensa: 
« .G., er vos dirai vostra plasensa. 
Veus Odilo, vostre oncle, ab lui Proensa; 
E so seissanta .M. ses mescrehensa. » 
— ((PerDie[u] ! so ditz .G., rafarsm'agensa. 
Quan soanet mon dreh, fetz-i falhensa; 
E tornet mo nebot e vil tenensa. 
Dieus me lais vezer l'ora que s'en repensa! » 

De la vida .G. non sap om dire, 
Ni de la terra gran d'on s'i cosire, 
Ni dels mes que trames, per son arvire ; 
De la d'oltra Alamanha pren a devire. 



DE ROSSILLON. 55 

Entro als portz d'Espanha e sel de Sire, 
Non remas chavalier de gran ausire. 
Auchers e '1 coms Guinhartz n'an au cosire ; 
Ab lor, de bos serjans plus de .xx. mire 
S[on] Ihi Rossiihones per descofire ; 
E .G., quan los vit, en quet a rire, 
E lauset Damidrieu e sanh Basire, 
E ilh faran en l'estorn lo gran martire. 

La guerra de .G. no moc per sort ; 
D'Alamanha en Proensa totz los recortz. 
D'a Mongueu tro en Aspa, amdos los portz, 
I veno Ihi [ric hom], que .j. no s'en tortz; 
Mas tant era de .K. grans sos esfortz, 
Del saber ni del dire non es conortz. 
Lhi seu son a Orlhes, els plas e'ls ortz ; 
No los melra mais .K. en lonc deportz. 
Sobre .G. s'en vai, sia drehs o tortz; 
En Val-Beto cavalja, on n'ac tans mortz, 
Don fo lo mons plus autz que n'es Niors. 

Molt fort son gran Ihi plan de Val-Beto : 
Grans .iiii. leguas duro en un rando ; 
No i a mal pas ni plancha, bos ni gaso ; 
Mas pur l'aigua d'Arcen, per devisio, 
.K. Martels chavalja a Avalo. 
Cuiet lo castel penre , mas res no fo . 
En un puh es Folchiers lo Marcanco , 
Ab lui .M. chavalier que mot so bo. 
Cuiet l'ost escachar ; mas res no fo. 
Pero si '1 sap lo reis e siei baro, 
E mandet-lor en l'ost a cels que i so. 
Per tan s'en vai Folchiers vas Rossilho, 
E GuiIIems e Rainaus que tenc Nasto ; 



56. GÉÇARD 

Davas run cap s'eu intren dins Val-Beto. 
Aqui viratz dressar tan pavalho, 
Tanta seinha de guias e tan peno ; 
Mais de .vii. leguas dura la perpriso : 
Diratz , s'els vesiatz per plan cambo, 
Que anc pui[s] en est segie tals gens no fo. 

Co fo a un dilus, quan Talba par, 
Que pratz pren a flurir, bos a folhar. 
.K. fetz .XXX grailes esems sonar; 
Lhi corn foro d'evori, gran e perclar. 
Or saubo Ihi baro de son afar, 
Qu'en batalha campal ac son pessar. 
L'ost pren a somonir i a levar; 
Anc no vist tan menut undas levar, 
Cum viratz las enseinhas al ven anar. 
.K. dins Val-Beto los fetz guidar, 
Lai on feiro Testorn fort i amar. 
Cel que aqui caec non poc levar, 
Ni puis a son alberc no poc tornar. 

L'estorns fo forf z e fers cum ausiretz, 
Qu'enquere lo devetz preveire o cle[r]cz. 
Saidavas .K. folo comsJaferes, 
Aimes i-Aimerics i Audefres, 
Lo ducs Gui de Peitiers, vasaus eletz, 
Ab .XX. M. gaiues quel porlet * îes^ 
Celins de Bolonha e'l fortz Capes, 
Baiveri Alaman .M. per .xx. vetz. 
Portet lor auriflama ducs Godafres, 
De l'angarda don .K. fetz sos adiehtz. 
D'aquela de .G. auzir poiretz : 
Vint .M . n'i a de certas de Pui de Tres ; 

1. Lì$ez porten. 



DE ROSSILLON. 5; 

Ja coart ni volpilh no i trobaretz ; 
E lai on s'encontreron fo tals Testretz, 
Ja maior vas aquel jorn non veiretz. 

Lo duc Gui de Peitieus no s'en re[f]us ; 
Ab .XX. M. gaiues, no i ac plus, 
Armatz d ausberc e d'elme que cascus lutz. 
L'angarda de .G. anc no refus, 
Abances vos direi qui la restrus : 
Pons e Ricartz e Coines Joans Quacus 
E '1 raarques Amadieus de Val-de-Clus. 
Cascus n'a .iiii. M. els chavalssus. 
leu n'aurai meravilha si asta no i cruss. 

Lo raarques Amadieus, que fon Tauris, 
Moncenis e Monjex o lo Caumis , 
Et Aoste e Censa Moncianis, 
.Vij. comtes ac ab si, lo palaisis, 
Cosis germas .G. e sos enclis. 
Sos cors fo grans ebels, asatz raeschis, 
E sos chavals .i. bais ab longiias cris. 
De sa'spasa lo brans vertz aceiris. 
En son escut fo penhs us colobris. 
Vi la senha de K. per us saucis, 
E parti de so renc, ditz son latis : 
(( Ai vassal ! contra altre que sia aisis! )) 
Lo ducs Gui de Peitiers er sos vesis ; 
1 actan bonas armas lo Peitavis, 
No serio comtadas en dos matis. 
Lò chavals de sotz lui no fo resis , 
Plus tost sailh de son renc c'us moltarsis ; 
E laissero-se corre pels plas charais , 
Feron-se pels escutz raolt voluntis, 
D'ambas partz an falsatz lor doble Ihis, 



58 GÉEARD 

E meiro-se las lansas per los sais ; 

Ambedui se deroquen en us chamis. 

Al socors viratz ponje[r] .xx. M. escutz. 

Lai ou Ihi dui marques justo enan, 

No lor valen escut per una glan, 

Ni ausbercs i bliaut escariman. 

L'us met la lansa al autre ben prop del gan. 

No sabo de lor vidas ni tan ni quan ; 

E qui anc los amet, er los estanc , 

Trao-los de la preissa que avio gran. 

Al socors i van jondre de tal semblan 

Cum ausiretz semprera, se ieu vos o chan. 

Pons ferit Arlion , Gilbert Arman , 

Coines ferit Gerome , Rotgiers, Doitran , 

E Joans Frohelent, Arpis Berlan, 

Unricmarques dels Mons d'oltra Bracman. 

De totz cels non remairo doi en estan 

Lor companhas cavalguo, q'us non reman ; 

Lor regns laissan anar, lansas baissan. 

Lai on ilh s'encoutrero, ac gran masan. 

Viratz escutz traucatz, d'ausberc Ihi pan, 

E 'lh costat e Ihi flanc e '1 pihs denan. 

Quan so frachas las lansas, trahso Ihibran, 

Don son trencat Ihi elme reflamean. 

Lo sancs e las cervelas jos en espan. 

Tansn'i a de caehs d'evers que adans , 

Don .XX. .M. chaval van tuh voian; 

Entre lor pes lor van regnas tiran. 

Non er us qui i en prengua ni autr'en de- 

.K. vit de s'angarda que vai merman, [man. 

E .G. de la soa fort abaissan : 

Amdui i an perdut, nulhs no sapquan. 

.K. ac detz escalas, e .G. x. 



DE ROSSILLON. 5g 

En cascunaac .xx. M. omes armetz. 
Lhi leugier van prumier, ben o sabetz. 
Hoax a los Bretos que conoissetz, 
Sa'scala jois prumiera de lonc .j. betz. 
Gasco davas .G. son en gran pretz. 
Senebrus de Bordels, vasaus eletz, 
El escrida : « Gasco, quar requeret[z] ; 
Quan per vostre senhor vos combatetz , 
Sal seretz e garit, se lai restetz. » 
E Odils ditz als seus : « Quar los feretz ; 
Huimais er volpilatres, si resebetz. » 
Ilh Ihi respondo tuh : « Ben o disetz. » 
Breto crido en aut : « Gasco, bietz.» 
A las lansas baissar estan tuh quetz, 
Fero-se pels escutz tro que es asclietz. 
Tals crois feiro las lansas cum .j. tempes. 
<c A Dieus! so ditz .G., te-me em pes, 
Que ieu farai dreh al rei joios e letz. » 
E .K. ditz als seus : « Las mas levetz ; 
Lausatz los noms de Dieu e mentavetz, 
Que ns do venser l'orgulh que lai vezetz. 
Plus avem gen de lor que Is ai esmetz ; 
E venserem-los be, sivosvoletz. » 

Breto e Ihi Gasco son per engansa : 
Lor escalas van joindre senes doptansa. 
Viratz tant escut franger e tanta lansa, 
Tan vassal de caval faire voiansa ; 
Mas a espasas traire fo estreansa. 
Tan destrier .M. soldorprendo quitansa, 
Qu'ancpui[s]deIor senhor n'agro cobransa. 
Tres .c. ausberc i elmes, tot per esmansa, 
Mais de .vii. M. en resten en la coransa. 



6o GÉR^RD 

lihi Breto e ilh Gasco, dic a fîansa, 

Ja non auran reprupche nulhluc e Fransa. 

Bigot e Pròensal vengon essems, 

E son davas .G., entre dos renxs; 

Davas .R. Norman e Pohorenxs. 

Tans bos cors de vassals i a dolens. 

Lor escalas van joindre, c'us non refrens. 

Viratz escutz traucar e jazerens, 

E tanta testa ab elme caer essems ; 

Mais de .x.M. resten mort e sanglens 

E per puis e per plas e per rodens , 

Que dolens en fo .K. , lo rei de Rems ; 

E .G. eu sospira, qu'es mout tenens \ 

E preiet Damidrieu que nos reens : 

« Senher, huime ajuda, no i perda ren. ) 

Vecvos per miei Testorn lo vilh Draugo, 

Lo paire don .G., roncle Folco , 

E sis el chaval bai qu'ac de Muco ; 

Ac vestit .j. ausberc, gran, fremilo; 

Onques per negun' arma falsatz non fo. 

I ac lassat .j. elme de Barato, 

Obrat ab aur i ab peiras tot de\iro; 

PIlis resplan que estela que Ihutz el tro. 

E ac sencha la 'spasa de Marbio , 

Escut portet e lansa de Marbio ; 

E venc los sautz menutz pel plan cambo, 

Mas de gen retenir sembletbaro. 

E escridet al rei en sa razo : 

(( Per .j. sol chavalier genda no m do » 

Vecvos lo duc Terric denan .R. 

1. Lisez temens. 



BE ROSSILLON. 6l 

« Don reis, coinoissetz-vos est Bergono ? 

So es Draugues , lo vilhs de Rossilho , 

Lo paires don .G., roncle Folco. 

El me tolc ja ma terra e ma reio ; 

.Vii. ans n'estieifaiditz, en un boisso. 

Tenetz-mi per revitz a volpilho , 

Pos batalha demanda , s'ieu no lah do. » 

E .K. respondet : « le us abando, 

Trop n'avetz pretz lonc terme de vengaso.» 

Vecvos lo duc Terris del renc partit ; 

E sis el alferan amoravit , 

E ac de bonas armas son cors garnit ; 

E venc los sautz menutz pel prat flurit. 

Siei orae le segueren, que son ardit. 

Terrics cridet : « Aurme, vilh caumusit, 

De la cavalairia vos vei giquit. [brit.n 

Tant vos vei entr'e [1] s vostres, que us an co- 

E Draugues respondet : «Veus-mi issit. 

leu non amiei anc home que mo mal guit.» 

E brochet lo caval, ve-los salhit. 

Veus l'alferan el camp e l'arabit ; 

E Ihi vassau s'en so aisi ferit, 

Lor escu son traucat , frah e partit, 

E Ihi ausberc fausat e descoíìt. 

Veus Dra[u]go per lo camp mort e delit ; 

Mas d'un auna perpres de freselit 

La lansa e '1 gonfainos de lui issit. 

Mais Terris fetz que savis, que la 'lh gequit; 

Quar l'escut e l'auberc essems cosit ; 

Mas no 1 tochet en carn, Dieus l'escarit. 

Draugues retorna als seus, que so marit. 

Vecvos Terric de l'aigua del plan issit. 

Lor escalas van jondre detal eltrit, 



62 GÉRâRD 

Viratz escut traucat, tan pihs ubrit, 
E tanta testa ab elme de brucs partit, 
E tan pe e tan pouh e tant aurit, 
La clara aigua d'Arcen tot' an cobrit ; 
Dels sancs que ieis del mortz , enrogesit. 
Ben agro Ihi Dr[a]uguo Testorn bastit : 
Se lorsenher no fos, fosso garit ; 
Qu'era se tec Terris per escarnit, 
Que non ac de xx.. M. nul acomplit. 

Mances iÂngevi e Toronjatz, 
Celhs foro davas .K. xx. M. armatz, 
Vestit Jos blancs ausbercs , elmes lassatz, 
Sos los elmes enclis e enbronchatz. 
De gran batalha far van cossirat , 
Cum veltres en cadena que es amorsatz. 
Lo coms Jaufres , lor seuher, los a guidat; 
Per mieh lo ga d'Arcen oltr'a passat. 
En apres passet .R. e sos barnatz. 
Enquar no sab .0. ni fo membratz, 
Per lo dol de son paire, que es grans assâtz, 
Quan .F. paraulet cum om senatz : 
« A la fe Dieu 1 .0., lo dol laissat, 
Pos lo ducs es absoutz e cumergatz ; 
E quant el poira estre, sia vengatz. )> 
Adonces e i^ sela .F. poiatz, 
E sobre una aa. nova s'es apoinatz ; 
Tornet-s'en vas los seus e ditz lor : « Patz ! 
Senhor, franc chavalier, or m'escoltatz : 
Quant seretz en l'estorn ab els mesclatz , 
Feretz-i , aucietz e derocatz , 
Tan que vos en siatz d'oltra passat[z] , 
E puis trastuh essems sobr' els tornatz : 
Mais val assatzproesa quemalvastatz. » 



DE ROSSILLON. 63 

E siei home respondo : « Que predicatz ? 
Mas anem-los ferir davas totz latz. » 
Adoncas fo l'estorn fort, abduratz. 

Bos e .F. e Seguis e Ihi melhor 

Foro mais de .xx.M. comensador. 

Viratz d'aur e d'asur ta gran lugor, 

D'asier e de vernitz tal resplandor, 

Tanta lansa trencan ab auriflor, 

E tan donsel adreh envaidor. 

En apres so vengut Ihi feridor, 

Pons e Ricartz e Coines, bon ponhador; 

Dons Odilsvenc, sos oncle,un pau en por. 

D'aquesta reire-garda vos trai auctor 

Que so seisanta .M. abdurador, 

Que so be de sembel apropchador. 

Òn sab son enamic, sobre Ihui cor, 

E si lo vai ferir de tal vigor 

Que del caval lo porta a terra por. 

Or chalvagua .G. ab gran baudor 

Contra .K. Martel l'emperador; 

E .K. venc vas Ihui, ab sa feror : 

Vecvos una enquansa de gran dolor. 

Lai on las oz s'encontren en un plan bel, 

No i ac fossat ni barra, bos ni ramel. 

Angevi van prumier e Ihi Mancel, 

Lo coms Jaffers d'Angieu e TorongeL 

Ab .G. so .xx.M. en un sembel; 

No n'i a un trop vilh ni barbustel; 

Bos e .F. e Seguis en so capdel. 

Lhi un crido Valea^ Ih'autre Piossel^ 

E Ihiplussorla senha .K. MarteL 

Si com falx pren sa ponha, quan fer ausel, 

De tal eslais se corro Ihi jovencel, 



6i Gèrard 

No i a ta fort escut non escancel, 
No fenda o no pertus o no arcel, 
Asta reida de fausser que no astel ; 
No i a ta fort ausberc no desclavel. 
Viratz tan dol levar, frecs e noel, 
Tanta coissa caer ab lo turmel, 
E tan pe e tan ponh e tan budel ; 
Mais en a remasutz en plan estel , 
Non a ni vius ni mortz dedins bordel. 
Qui ferit en restorn d'aquel masel, 
Dieu ac a sa[l]vador e Gabriel. 

Ben i feren Manses i Angevi ; 

No lor so Ihi .G. de ren acli. 

.F. e Bos e Folchiers ab don Segui, 

Seilh* guido lor companhas pelbrulh fresi, 

Gonfainos ab aur fres e nou, polpri. 

Las flors denan lor foro íer aceiri, 

Don tan noble vassal receubro fi. 

D 'ira que ac .G. ac lo cor gri, 

E ficha sa seinhera latz un marbri, 

Un peiro d'antifix tenens de vilafi, 

Car i a castel ionc l'aigua e'l rouesi ; 

Lo loixs l'a fondut per un mati, 

Quant el deseretet aquel aisi. 

.G. es au peiro, lo gran devi ; 

De las iras que ac, .K. maudi : 

(( A, reis ! Dieus te confunda, cor de masti ! )> 

D'iras que ac .G. fon pres estals : 
No soparti dels seus nibos ni mals. 
Auiatz la reire-garda dels Proensals , 
Que s'en passo latz Ihui per us pradals ; 

I . Lisez Silh, 



DE ROSSILLON. 65 

E so seisanta .M. en bos cavals; 
E dons Odils los guida, lo rixs captals, 
En restorn que fo fortz, fers e campals. 
De lansas e d'espasas fan cobs mortals, 
Si quelhi .K. n'an gurpitz estals, 
Aitant cum pogra traire .j. arcs manals. 
E Teris ditz à .K. : « Non em engals. 
Bailatz-mi trenta .M. delsplus cabals; 
Ab els er departitz lo bes e '1 mals. » 
E '1 reis si fetz Baviers e Ties tals, 
Que non sab per ferir plus naturals. 
Terris portet lor senha, us duxs reials ; 
E vengro tuh essems loncs unas vals. 
Huimai non er eslitz lo plus vassals. 

Desertan per lo cam[p] , fan gran masil ; 
Aisi van perrestorn cum estorbil. 
Dons Odiels venc pongen per lo camil; 
Anc no vistes nulh vilh que si gandil, 
Si fìera ni si ausia ni si essil. 
Bos [,Seguis] e Folques foro siei fìlh. 
Denan lui so vengut Ihi trei donzil : 
Tuh so negre d'ausberc e de fesil. 
Dons Odiels jura Dieu e sanh Otril : 
« S'en podia proar un a volpil, 
leu en faria morgue en un mostiI.)> 
Mentre qu'el castia , c'us non gazil, 
Ab tan vecvos Terric per lo caumilh, 
Bavires* i Alamans amoravil ; 
E coro-Ios ferir, e'lhnostre il. 
No i ac escut de tremble nulh ni de til , 
Inde ni nier ni vert, blan ni vermeilh , 
Ab grossa asta de fraissher nos'escartilh ; 

1. Lisez Baviers, 



66 GÉRARD 

Ni ausberc que de sauc totz no roilh, 
Que chai dels bos vassaus cum ab dosilh ; 
Mas, aus espasas traire, ac gran perilh. 
Trenchen ausbercs i elmels, cab e cabelh, 
Oils e bocas e nas e sobrecil, 
E tan pe e tan ponh e tan auril , 
No i volgra esser coartz ni om volpil, 
Per tot Taver que sia tro a Caumil. [mesc; 
Dons Odiels venc pongen, pel cam[p] se 
Anc no visles nulh vilh que si entresc, 
Ni de cavalairia ta fort s'aesc. 
Vic venir envas lui un fort Tiesc , 
Qu'apelen Arlia de Val-en-Desc ; 
D'aiso me meravilh que aitan cresc. 
Senescals fo al rei , a l'ausor desc ; 
E dons Odiels lo fer e l'escut fresc. 
No Ihi val sos ausbercs , pur un varesc , 
La lansa e '1 gonfaino , el cor no' Jh pesc ; 
Que deroquet-lo mortdel bai moresc, 
Que .c. chaval Ihui passo per lo col jfresc. 
Anc no vistes estom que si enbresc , 
Ni tanta joncha facha en un caumesc. 
Tans n'i a de caehs , cex no i paresc. 
Onquespos aquel dia .j. no surresc. 

Folchers venc apoihnan sus Facabela , 
Sobre un chaval moran de Compostela. 
Anc* vestit un ausberc, clar estencela, 
Que no pesa assatz una gonela. 
Vassals que I'a el dos , de mort no s cola. 
Folchers venc apoinan per la varela, 
Que gran chavaleria quer i apela ; 
E si el la demanda , ve-Ia-us mout bela. 

1. Lisez Ac. 



DE ROSSILLON. 6y 

Veus-lhi denan Rotrieu , que tenc Niela. 
Fer Folchierenlatargua, queab aurmerela, 
Si que tota la 'lh fen e rescartela ; 
E Folchiers fer si Ihui en la forcela ; 
Mas Taubercs es ta fort , non desclavela. 
Tot Ihi trenca lo cors sotz la mamela , 
Escrevantet-Io mort lonh de la cela ; 
Puis escridet als seus : « Firet , caela ! 
Que nontorno toh seilh qu'el reis capdela. » 

Baudois lo Flamenx vi de Folcart 
Que lor a mort Rotrieu, comte gualhart ; 
Vait ferir Quonon , vassal lombart , 
Quefo natz del desert de Brun-Essart. 
Talh Ihi det en l'escut qu'en pres lo quart , 
Que la lansa en passa de Tautra part. 
Escrevantet-lo mort del ros Ihiart. 
A Dieus ! ta gran dampnatge a don .G. 
Abtan vecvos .F., mas trop venc tart; 
Pero si '1 vai vengar de Tautra part. 

.F. venc apoinhant per la besonha : 
Er s'en gar Baudois, quar el%'en souha ; 
De gandir denan lui non ac vergonha. 
• F. ferit Elin , que tenc Bolonha ; 
Tallhi detenlatargua, que ab aurredonha, 
Que denan Ihi falsetla blanca bronha. 
De son chaval Ihiart mort l'en delonha. 
Ab tan vecvos venir cels de Bergonha ; 
E .K. ab los seus que ac de Tremonha , 
Fan enforçar l'estorn e la fort ponha . 

Erchavalgua .G., ab sos amics, 

Ab companhas lonhdanas d'autres pais. 



68 GÉRARD 

No porten en batalha ni var ni gris, 
Mas bliautz de color talhatz , asis , 
Desus fer i acier que relhusis, 
E asur e vernis que rcsplandis. 
.G., .F. e Bos Famanavitz, 
Pons e Richartz e Coines et Otis 
(E so .cccc. M., qu'ei brieus o ditz, 
Abdurat, de batalha voluntairis) , 
Sotz los elmes enbronc, los caps enclis, 
Atendero que .K. los esvais. 
Si fara-el semprera, ben en so fis. 
D'amon per miei un puh, latz un consis, 
Dissen .K. Martels de Sanh-Danis, 
Lhi Bavier e Ihi Saine e Ihi Lectis, 
Alaman, Loorenc, Ihi esforcis. 
Terris portet lor senha, us duxs marques ; 
Lai los guidet el campque es fluritz. 
No pot esmar nuis om , tan fos pervis, 
A las lansas baissar .i. mot non dis ; 
Mas no fo tals dols fahs por aquel dis. 

Lai on foron essems aquel dui ren, 
Los escutz ni lòs fres .1. no captenc , 
Ni del ferir no feiro falha ni genc. 
.F. e'i coms .G. als prumiers venc, 
Ab elhs li Alaman e 'lh desertenc, 
Cil de Monbeliart e de Valbenc, 
E Rainiers e Odins, lo filhs Ardenc. 
Or fero Proensal e Vianenc, 
Navar i Arago e Ihi Rochenc. 
De lai Bavier e Saine e Loorenc 
E Frances e Norman e Ihi Flamenc, 
Aisi se van ferir cum cascus venc. 
No lor valo escut pur un besenc ; 



DE ROSSILLON. 69 

Quar qui estors de l'u, l'autre l'empenc. 
Aqui moro a glai tant esturlenc 
E tan noble vassal i adelenc. 
Tans n'i a de caehs, so vos covenc , 
Anc puis non levet .i., se ieu non menc, 
Ni no faran ja mais , so sai-ieu benc, 
Tro au jorn del Jusizi , on ieu m'atenc. 

L'estors fo fort e fers, cum auzetz dir : 

No podo las companhas gaire sofrir 

Que l'us no laissa l'autre en camp pauzir. 

Comenso a lassar et a morir, 

Lhi lassat a pauzar, e'lh fresc venir ; 

E .G. lor escrida del evair, 

E .K. pregua 'l[s] seus del esbaudir. 

A Dieus ! cum son cochat ben del ferir ! 

De terras alienas vengro morir. 

Ans que fos fahs restorns de Val-Beto, 
Fon predicat .c. ans, el vilh sermo. 
La quinta partz dels homes , per devesio , 
I reseubro martiri, jutgamen no. 
Contra cascun captal ac un baro. 
Vecvos lo duc Terric contra Odilo , 
E don Segui, son filh, contra N Aimo ; 
Contra Anchier N Arman que tenc Dijo , 
Contra comte Guinart lo Barbenço, 
Qui fo duxs de Baiviers e del reio. 
No serio comtat tuh li baro , 
Ans seriatz a Roma al prat Neiro ; 
E Tus no requier l'autre se per mort no. 

Odiels vit de Terric que fetz tal tort , 

Que contra Ihui s'es mes , so fraire ac mort : 



yo (ȃRARD 

No Ihi mes de vengar en lonc deport. 

Contra Ihui del caval lo cap estort ; 

De dreh i mes la lansa , e no de tort ; 

E fer-lo en l'escut un colp ta fort 

Que del chaval Ihiart a terra '1 sort. 

Puis escridet sa senha : v Dunort, Dunort ! 

Era querets mais hui qui vos enport. » 

L'estorn qu'avetz aiizit amentavir , 

Els plus loncs jorns de mai fo fah per ver, 

E duret tro lo nuh mesclan au ser , 

Que soleilh vai colgar, cum far so der. 

Vecvos Terric cebrat el bai morei ; 

Vai ferir Odilo de tal poder, 

Tot Ihi trenchet Tescut e'l cur d'azer. 

Non pot lo fers Tacier contra tener, 

D'autra part no Ih fezes Tasta parer ; 

E deroquet l'envers de chaval ner. 

No visquet mas .v. dias, tan cuh saver. 

Au socors volo ponger, de tal poder ; 

Mas una aura levet, per Dieu voler, 

Fortz e fera e mala ; fetz a temer , 

Que .K. vl sa senha a fuc arder, 

E .G. de la soa carbos caer. 

Per signes que lor fetz Dieus aparer , 

La batalha e Testorn fan remaner. 

La nuhs lor es venguda , dias falhitz , 

E lo sers es tenercs e brunezitz. 

Dieus lor mostret miracles que fon castis : 

Flama lor chai dels ciels que Is rovezis , 

Qu'el gonfainos .G. es enlDrois, 

E lo .K., que fo ab aur escritz. 

Tota tremblet la cai'ns al plus ardit, 



DE ROSSILLON. 71 

E terra sotz lor pes de la raitz. 

So ditz le us al aiitre : « Segl'es fenis.» 

Don fo .G. lo coms espaorîtz ; 

E .K. entr'els seus fort esvertitz ; 

Don s'es longatz dels autres e sopartitz. 

Puis noi fo colps donatz ni autre feritz. 

Estero tota nuh ausbercs vestitz ; 

E quan lo jorns pareis, fon ben jauzitz : 

Vi Ja terra perpresa d'escutz voltitz , 

De bla[n]cs ausbercs, ab elmes ab aur sarcitz, 

Don resplan lo cristautz e l'aumaritz 

Dels fortz vassals que jazon per pratz fluritz. 

.G., .F. e Bos l'amanavitz 

Rejoston lor companhas, quanjorns clarzis. 

L'us dels prumiers, iratz parlet Davitz, 
Fraires germas Elin cui fon Pontitz , 
E coms de Valanço e de Voltritz : 
« A reis partit de Dieu ! cum iest mauditz ! 
Per ton orgulh nos as aisi aucitz , 
Tu-meisme cofondut, e nostraitz. 
Enquer non es .G. lo coms fugitz; 
Ans qu'el sia vencutz ni descoíitz , 
ï auras mai perdutz dels teus noiritz. 
Ja mais lo dols d'aques[tz) no t'er oblitz. 
Perdut i ai mon fraire e mos dos filhs : 
Vetz-los lai mortz on jazen de sotz causitz. 
Ja per metge [negus] non er garitz ; 
E pero, se non era trop escarnitz, 
Lausaria que plahs en fos quezitz, 
Per [totas] las armas que i vei delitz.» 
A coseilh bon que fon de Dieu issitz , 
.c. baros dels melhors i sunt culhitz. 
Prumiers ditz Galeransquetenc Sanh-Litz : 



72 GÉRARD 

(( Reis , pos qu'es teus lo dols e '1 dans e *1 
Er lauzo tiei taro o tiei amic [critz, 

Que en sia del comte .j. plhas queritz. » 
E .K. en juret la Genitrix 
Que milhs en voldria estar sebelitz, 
Qu'en sia plahs querítz don fos aunitz ; 
Quar si .G. no '1 culh per sos malvitz, 
Donc seria aontat et avelitz : 
« Don si .G. no '1 culh , si cum tu ditz, 
Donc er lo tortz de lai e drehs giquitz ; 
I auras noslres talans tot[z] aumplitz. 
De pos t'ajudarem , non a envitz ; 
E qui per tei morra, non er peritz. » 
Lo mans fo autreiatz, lo mes elitz. 
Tibertz de Val-Beto es vilehs* fluritz , 
E savis de paraula e de beus dihtz ; 
.M. drehs aura jutgez e escafitz. 
Anc non fo d'un tornatz ni contraditz. 
Per Ihui sera lo mes fahs e furmitz ; 
Mas cum qu'en sia plahs huimai auzitz, 
En rema Val-Beto de mortz garnitz , 
E .M. donas en son veuvas de lor marìtz. 

Tibertz menet ab se Garnier de Blaive, 
Cosis germas .G. e fìls Araive ; 
Mas om litges fon .K. del fieu son avi. 
Sus en chaval gasco i amoravi , 
Traspasset .M. donzels ausis a glaie. 
Si rasonen .G. cum ome savi. 

Esta s .G. iratz e pesansos , 

Quan denan los messatges vi ambidos. 

1. Lisez vielhs. 



DE ROSSILLON. ^3 

Garniers parlet prumiers cum donsels pros : 
« .G., quar fazetz dreh e prendetz-nos.» 
E lo coms respondet totz airos : 
« leu vos en jur lo Paire glorios, 
Se sai vengues messatges autre que vos , 
Que del pe o del ponh lo fezes blos, 
Qu'el m'a mon paire mort, rei dissoplos. 
Er mi manda un plah tant e[n]combros, 
En meime lo camp on fui dampnos : 
Ans s'en tornara Fus totz vergonios. )> 

Lors paraulet Tibers, apres Garnier, 

A guia de baro que amor quier. 

No respon mot d'orgulh ni traversier : 

« .G., quar prens coseilh ab ton empier. 

Aisi vei estar .F. ton coselhier, 

E Landric e Enric e don Asier. 

E donc quar Ihosausatz , franc cavalier, 

Que aqu'es vas lo rei bon cosier ; 

Quar si torlz i rema , iretz sobrier. » 

— « Coseilh, so ditz Landris, i a mestier. 

Aval en la riviera, en un tirier, 

Si jatz Odiels nafratz, lo coms, tres ier. 

Anc no vi tal baro ni tal parlier, 

Tan savi ni si pro[s] ni tal guerier. 

Cosi vai, parla ab lhu[i], coselhi Ihi quie[r], 

E so qu'el te dira fai voluntier. » 

.G. vai coseilh querre a Odilo, 

Ab se menet Gilbert e don .F. 

E Enric e Landric e don Guigo. 

Aval en lariviera, en un cambo, 

Jatz Odiels desobr' un cisclato. 

L'orde Sanh-Beneeh quer que om Ihi do , 



74 pÉRARD 

Quan lai vengo siei filh e siei baro. 
.G. vai denan Ihui a genolho : 
« Oncle, coseilh te quier, e da lo m bo, 
Tal que no me torn'a onta ni a retraiso. 
.K. me manda plah, fi e perdo. 
Sai m'a trames ïibert de Val-Beto 
E Garnier mon cosi, lo filh Aimo. » 

— « Beus nebs, merces enren Jhesu del tro ; 
Si ac genta paraula, ses ochaiso. 

Pos ela ve prumiera davas .K., 
Fai-en fi voluntiers , ses contenso. » 

— (c E ieu cum amarai rei ta felo? 
Terris es cosselhiers de sa maiso. 

El me a mort mon paire , lo vilh Draugo , 
E lo teucors nafratz, que marces fo. 
Ja non tendra lo meu dias per so , 
Si 'l duc Terric no geta de sa reio. » 

— « Beus neps , ditz lo coms Odiels , enten 
E si garda ton cors de mespreiso , [razo, 
Vas to litge senhor de traicio. 

Aprop ma mort creatz mo filh .F., 
Qu'el no t dara coselh ja se bo no. » 

— (( Ja non creirai coseilh que omlom dia, 
Si Terric no gurpis e sa paria, 

E puis no m'i fai dreh de la bauzia , 
Que el a a tort ma onor preza e sazia, 
E mon paire m'a mort, ma gen delia. 
Si aquest ^ìlah no mi fai e no m' autreia, 
Ja no sera mos sire ni ieu seus dia. » 

Odiels quant o auzit, si s'en aira : 

(( Nebs, molt as pauc de sen e fol arvire. 

Pos Dieus fo mes en crotz e pres martire , 



DE ROSSILLON. 76 

No fo mais per un ome ta greus cossire , 
INi tals joriials dolen[s] per gen aiisire, 
A son maior pechat que no t sai dire, 
Ni queomno pot comtar, ninulhs clers lire, 
So no potz-tu neguar ni escondire , 
No sias sos om litges , e el tos sire : 
No '1 potz cassar de camp ni descofire , 
Que n'as forfah lo fìeu que volretz dire. 
leu non poiriei est plahhuimai devire. 
L'ordre Sanh-Beneeh e Sanh-Basire, 
Aquel vulh e desir, al res non quierre. » 
E .G. quan Tauzit, de dol sospira. 

« Senhor, so ditz .G., er auh ma mort, 
Vas .K., rei de Fransa, queieu me concort, 
Quim'onorm'a tolguda, mon paire a morl.» 
Prumier parlet don Gales cel de Niort : 
(( .K. se nos fai dreh que n'a lo tort, 
Au jutgamen lo comte qu'es de Monfort, 
d'un autre baro, que no '1 deport, 
Non a sonh de t'amar, si s'en resort. » 

Be paraula Landris de son ostatge : 
(( Gale, so que dizetz sembla folatge. 
Tuh lih savi de Roma ni Ihi Cartage 
Non jujario dreh neis lo dampnatge ; 
Mas , pos Dieus nos a mes en coratge , 
Qiie a fah demostransa a so barnatge, 
E quier .K. t'amor perso messatge, 
No respondam orgulh, mal ni oltratge. 
.G. fo sos om litgess , so crei l'omatge , 
Quan pres de lui en fîeu son eretatge , 
E en resieup amor e senhoratge : 



76 GáRARD 

Si s'en retornt lo coms en son omatge , 
E 1 reis Ihi renda tot son eretage, 
Si cum fon devisat au maridatge. » 

— (( Ben paraula cest om , dison Ihi satge , 
Quar a el cors gran cen e vassalatge. » 

.G. au dels baros que fon blasmietz , 
E enten de son oncle que es iretz , 
Vai denan Ihui estar lo coms em pcs : 
« Oncle, per Dieu merce, no us irasquetz. 
Plah farai voluntiers, pos Ten volet[z]. » 

— (( Bel nies, so ditz lo coms, er me plaietz 
Que d'aquest covinen no [u]s desdizetz. 
Bose .F. eSegui, enanvenetz, 

Per aquest covinen lo me juretz ; 
Gilbert de Senescart Ihui i metez, 
Bernar mon petit filh no i oblietz, 
E gardat-[z]-lo-me be e noirissetz. 
Messura e cen, carfilh, gen retenetz , 
Amatz vostre senhor, e fe portetz : 
Janon perdretz honor, tan cum viurelz. 
Anatz-vos-en, don coms, au rei mandetz, 
Vos Ihi redret[z] lo seu tot quanqu'avetz ; 
Acordatz-vos ab Ihui, gen lo sirvetz : 
Aquo es vostre pros, proesa e pretz. » 

.G. part del coseilh, lo coms iratz. 

Veus vengutz los messatges davas totz latz : 

(( Don mandaret[z] .K. so qu'a vos platz.» 

— (íPlah farai veramen , pos lauzatz ; 

Mas ieu vos en jur Dieu ae trinitat, 

Ja noa er sos fiels ni sos privatz , 

Se abans non es lo duxs del plah gitatz , 



DE ROSSILLON. 77 

Si que non aia ab lui mais amistat. 

« Gran tort en ac lo reis e siei Frances , 

A sa cort, a Orlhes, quant i trames ; 

No me fo fahs lo jorn ni drehs ni leis. 

Ses dreh que Ihi vedes ni tort Ihi fes, 

A perpriza ma terra e mon pais ; 

Mas , pos Odiels mos oncle a empres , 

Plah farai veramen cel dux se veis. » 

Aquest mot daraira cil an apres. 

Lai s'en van Ihi messatge on fo lo reis , 

Entorn Ihui siei baro e siei marques. 

Terris i es d'Asquana , naffratz cum es. 

Non i a un ta savi ni ta cortes ; 

Que quan lo dux paraula , no fos mespres. 

Lhi messatge dissendent tuh aqui eis , 

E .K. lor demanda : « Digatz cum es. » 

— « Senher, so ditz .G. cum om iratz, 
Ses tort que t'agues fah ni drehs vedatz , 
As perpreza sa terra e son dugat , 
E as son paire mort a gran pecat , 
E Odilo son oncle a mort nafrat ; . 
Mas per amor Jhesu de trinitat , 
Qui nos a en semblansa gran demostrat , 
E Ihi baro Ihi lausen de son dugat , 
Si fussan Ihi mesfah toh perdonat; 
Ma[s] [e]n derier al ah encombrat , 
Qu'el jura Damidrieu de maestat, 
Ja noner tos fiels ni tos privatz , 
S'abans non es lo duxs del plah gitatz. » 

— ((Per mon cab ! ditz lo reis, per quanque 
No volria aver fah tal anelei , [vei. 



78 GÉRARD 

Per que agues lo áuxs guerra ses mei. » 

E Terris respondet : « Senher, mercei. 

No plassa Damidrieu rautisme rei 

Que jamais, per mon cors, nuls om guerei. 

•c. ans a que fui natz o mai , so crei ; 

Tot ai ílurit lo pihs e blanc cum nei ; 

De Fransa fui gitatz a gran beslei , 

Passai un bratz de mar ab mo navei , 

Seit ans fui en issiel , a mon caucei. 

Aimes i Aimerics ab Audefrei , 

Miei filh, seran au rei, e vos tuh trei; 

E ieu lai tornarai , per son autrei , 

Que seraben .G. lo coms al rei. 

Miei amic e senhor , preiatz per mei ; 

Quar de tot me vulh metre en sa mercei. )) 

E quan .K. Tauzit, ac gran dolor : 
« Miei comte e miei amic e miei comtor, 
Lhi asvesque e Ihi abbat e Ihi doctor , 
Que avetz a guidar me e m'onor , 
Per la fe que m devetz ni per Tamor, 
Hui donatz lal coseilh vostre senhor, 
Que no me torn' a onta ni a desonor ; 
Quar no faldria al duc a negun jorn, 
Ni no vulh aver fah a cel menor 
Que ab me fos en batalha ni en estorn. )) 
E lo ducs respondet, per gran dolsor : 
« Non plassa Damidrieu, al redemptor, 
Que per me sio mal Ihi nostre als lor. 
Ans qu'el coms fezes guerra l'emperador, 
Me volian gran ma! siei ancessor ; 
Er m'en volen Ihi filh encor maior. )) 

Galerans de Sanh-Litz primieramen 



DE ROSSILLON. 79 

En paraula au rei mout covinen : 
(í .K., ieu sai, Dieus vol racordamen. 
So sabs qu'en la batalha fetz parven , 
Quan trames sobre nos lo fuc arden. 
Tan fort baro lai resten mort e sanglen, 
No 'ls auras mai en Fransa a covinen ; 
Mas fazetz plah au duc per avinen, 
C'om qui a tort guereia trop longamen : 
A tart ve lo gaanh, e per[d] soen. 
Car compra so que n'a e car ven ; 
E si una vetz en puga, doas dissen. 
E si redetz al duc son casamen . » 
— « Vos fazet , so ditz .K. , vostre talen ; 
Mas de Terric ai molt lo co[r] dolen , 
Si .G. no 'lh perdona so mal talen. » 

Un autre plah el vol lo reis cerchar, 

Que vol lo duc e '1 comte ben acordar; 

Mas . G. no Iho vol jes autreiar, 

Ni Bos d'Escorpio ni Seguis far, 

E '1 dux pres comjat, enquas n'anar. 

Lai viratz tan baro per lui plorar. 

Er vos deh laparaula mais hui breugar. 

Tan meno la paraula Ihi avesque e 'lh par , 

Qu'elh feiro las cumpanhas tost desarmar , 

E don .G. au pes lo rei anar ; 

E fan-lhi son omatge arailar, 

Gurpir malavolensa loc e baissar; 

E la faide de mort fan perdonar , 

E cels que eran pres fan delhivrar. 

Los bisbes e 'Is abatz fan demandar, 

E mando-ior lo camp ben a gardar, 

Losmortz a sebelir, los vius sanar. 

Tan franc baro lai resten mort e par, 



80 GÉRARD 

Don lo dols s*en pren lonh a repairar. 
Assatz an lor amic mais a plorar, 
E donas e donselas a regardar. 

Anc de forsor batalha n'ausi retraire, 

Quar no fo nul aitans pos Dieus ac maire. 

.F. e .G. i pert cascus son paire. 

Er no vos cal dels mortz huimais retraire. 

Las armas aia Dieus , los cors suari ! 

Quan la guerra fmava, a mo veiaire, 

.G. en fetz mostiers no sai quans faire, 

En que mes assatz morgues e sanctuari. 

.G. a Rossilho torna son aire; 

En Proensa s'en van .F. e siei fraire , 

.K. lo reis en Fransa si s'en repaira, 

A Draugue no remas filhs que .G., 
E Odiels en ac be de mout galhartz : 
Sofo Bos e Seguis, .F. e Bernartz 
E dons Gilbertz lo coms de Senesgartz. 
Lo duxs Terris d'Asquana s'en vai per lor 
Per lo pais que vol guerra Ihi tartz; [esgartz, 
Que no vol estre clams fels ni coartz. 
Tan pregero d'ambedoas [las] partz , 
Que a .V. ans Ih' a mes un plah .G., 
Per que fo puis lo coms clamatz trajartz ; 
E pero non o sap en neguna artz , 
Mas Bos d'Escorpio, fels e gaigartz , 
E dons Seguis, sos fraire, e dons Folcartz. 

Gilbertz tenc Senesgart e Montargo , 
E Seguis lo comtat de Besanço , 
E dons Bos ac l'onor d'Escorpio, 
E Bernartz lo comtat de Tarasco, 
E Folques [en] ac cel de Barsalo 



DE ROSSILLON. 8i 

E Osce e Soane e Avinlio : 

So fon tot de Tonor au vilh Draugo, 

E si moc de .G. de Rossilho; 

Mas paia Ih'en an tolt e Esclavo. 

Cum ausiren lo dol e la razo 

Del estorn que fo fahs en Val-Reto , 

E foren mort Ihi comte e Ihi baro , 

E'lh passeron los portz ses contenso , 

Tro a Gironda vengro, a dreh bando. 

Persocors so vengul .iiii. frico; 

Dui en van a .G. i a Folco , 

Lhi autre dui en Fransa au rei ,K. 

Lo reis es a Paris, en sa maio, 

En un palaitz que fo rei Francio. 

Aqui requier coselh d'un rei frizo , 

Qui guerra Ih'a moguda, tol[c] son reio. 

Lhi messatge dissenden tost al peiro, 

E intraren la-ins on .K. fo, 

E 'lh Ihi dizo tals novas que no 'lh sab bo. 

Prumiers parlet . j . coms Anceis : 

<( Ai .K. Martel ! ta mal o feis 

Quan tu en Val-Reto eslorn preis , 

E Draugo, tau baro, i aucisis ! 

Quan cuias esforsar, tu aflebis. 

Perdut avem lasmarquas qu'el dux conquis, 

E de lai te fan guerra Ihi Sain' e Fris. 

Si .G. no t'ajuda, totz ies conquist. » 

E '1 reis de mal talan si s'agrenis. 

Prumiers [parlet] Ernaus que tenc Gironda : 
<( Senher reis, vostra onors no m'es aonda ; 
De sai davas Espanha m'as fah esponda. 
Assalhen-me paia de tot lo munde. 

6 



82 GÉRÂRD 

No pus volar en Fransa, no soi ironda. 
Tot lo vostre socors Ihesu cofunda 1 
A .G. mi redrei, per Dieu del monde. » 
E '1 rei no sap pessar que Ihi responde. 

Ducs de Narbona parlet cum bar : 
« Cuiatz-vos, per malfaire, vos agan* car? 
No[s] non em jes Angles d'oltra la mar. 
Quant aniest en Espanha ta ost guidar, 
E ieu portiei ta senha, per capdelar, 
En tot lo peior loc que potz trobar, 
M'as laissat e Narbona, que ieu tenh car. 
Asallho-me paia d'oltra la mar, 
E mas portas , per forsa , cugo intrar : 
Anc no fustes ta pro[s] ni la rics bar, 
Que m'anassetz de Fransa iai ajudar. 
Ab .G. mi teurai, si Dieus mi guar. » 
E 'lreis tan fo dolens, no sab que far; 
Mas son chaval demanda e vai monlar. 

Aqui es montatz .K. cors airos, 
E tramet sos mesatges tost d'eviro, 
E mandet sos baros e 'ls varvasors, 
C'el en ac .xv. M. en .iiii. jorns ; 
E foren ajustat a Ihui , a Tors : 
« Enviem a .G. [,venga] a socors.» 
Orguls es e feunia e mala amors , 
Que ses Ihui comenso Ihi gran estors , 
E per fi fo soa la mager onors. 

EIs prims jorns loncsde mai qu'cl temps aou- 
Que .K. se combat sobre Girunda, [da, 
Ab pa[a]ins de Clavia , una gen blonda 
I ac, i d'Africaus, nertz cum ironda. 

1. Lisez agam. 



DE ROSSILLON. 83 

Angelras de Suria, cui es Mapmonda, 
Adutz aicela gen, cui Dieus cofunda ! 
D'aques[tz] paias savaistan i abunda, 
Que no i volgra esser .K. per tot lo munde. 
No troba de sa senha qni Ihi responda, 
Quan .G. sors. lo coms, per Val-Preonda; 
Lansa portet trencan, targua reonda ; 
Sa 'scala sors prumiera, o la se[c]onda. 
Adonc fo ia batalha aita[i] preonda , 
Del sanc qu'en vai e mar vermelha es Tonda . 

Anc no vistes un rei que si rancur, 
Quan .G. ajostet, lo coms, as lur; 
Anc no vistes baro tan pros i dur, 
Ni proesa de comte que tan melhur. 
Tota jorn se cumbato tro al escur. 
A la nuh escursen vencut son Turc, 
Paia et AíFrica au rei segur, 
Que anc us no s'escapet se no s'en fui. 

La batalha es vencuda , e '1 camps finatz ; 

E .G. del estorn es repairatz, 

E tan .M. chavalier de sos privatz, 

Que an perdudas las lansas, los bras oscatz. 

Aquels porten totz nutz esangleutatz. 

Non intraran en froule tro sio lavat , 

E forbit a essilh e residatz. 

Per lo coseilh .F., que fo senatz, 

Fora l'ostax al rei totz presentatz. 

Ei Ihi ditz : « .G. coms, tot o prenhatz; 

Donatz a vostres omes que milhs amatz. 

Per aital cors de comte serai presatz , 

E teusutz iamietz* e redopdatz; 

E amarai-vos mai que ome natz , 

1. Lisez amati. 



84 GÉRARD 

Se no rema e vos pcr malvastat. » 

— « E ieu vos, ditz .G. , don si vos platz. » 

Ja non departis raais lor amistatz , 

Quan Bos d'Escorpio los a sobratz. 

Aquo fo mol[t] grans dols e grans pechatz ; 

Quar el en fo pui mortz i afolatz , 

E dons .G., lo coms, deseretatz, 

E sos castels fundutz e derocatz. 

Tan be estet .G. lo coms au rei , 
Qu'en Fransa l'enmenet a Sanh-Romei. 
Tot Ihi ditz son coseilh, tan l'ama e '1 crci : 
Er pot .G. en Fransa far torto drei; 
Qui ac forfah sa terra ni son pagei , 
A don .G. dona, lo ric marquei. 
Lo coms en pren, se s vol, o tot o lei. 

Tant estero essems lo coms e '1 rei , 
Non ac baro en Fransa ni en Verduneis , 
Si ac forfah vas .K. ni re mespres 
Don cuh perdre sa terra ni son pais , 
Que .G. no la renda , lo rics marques. 
Aisi son be essems .Ix. mes , 
Que hanc no Ihi fetz causa ni re que 'lh pes ; 
Ans Ihi fetz sas batalhas ab paias tres, 
E Ihi conques per forsa Robrieu lo Fres. 
Lo termes es vengutz qu'el Terris mes, 
E .G. de son dux merce Ihi ques, 
E .K. Ihi perdona quan que forfetz. 
Donc fo mandatz Terric aqui mezeis, 
A Sanh-Danis e Fransa; .G. i es : 
Pertan l'estut morir per ver ancetz. 
Faita en fo feunia e aneleis. 

,K. mandet sa cort , e fon ben grans , 



DE ROSSILLON. 85 

Debaros lohorenxs ed'Alamans, 

De Ties, de Franceis e de Normans. 

Fu[n] i Terris d'Asquana lo repairans , 

Lo savis dreituriers, lo vilhs ferrans. 

Anc no jutget un tort sos escians, [gans ; 

Ni anc non pres longuier lo pret[zjd'us 

E ac essems ab si sos dos efans. 

.G. los pres a omes i a comans. 

Lo jorn los aucis Bos coma Satans : 

Don refresquet la ira e lo masans 

E la guerra mortals que tenc loncs tems. 

Lo ducs es repairatz de son issil 

Del puh de la montanha de Mon-Causil. 

.K. mandet sa cort a Meravil ; 

Van lai Bos e Seguis e lor donsil. 

Si guerra agro Ihi paire, aura[n] la filh. 

Bos lolc Terric la testa sobr'el cabil : 

Per so requet la guerra e tal guasil, 

.M. en foro mort, en un cendil , 

E .X. carc d'astas frachas , en un tornil , 

E .K. encausatz per un caumil; 

Si ne fos Rossilhos , mortz fora-iL 

Auzit avetz la guerra e la tenso 
Que ac .K. ab .G. de Rossilho, 
E cum la mesclet Bos d'Escorpio , 
Quar il retenc Folchier lo marcanço, 
Que amblet los chavals sotz Mont-Argo, 
Quan lo reis fo al seti de Rossilho , 
E de Terric lo dux , lo ric baro , 
Del estorn que fo fahs en Val-Beto. 
Terris aucis Draugo e Odilo , 
Li us paire .G., lautre Folco ; 
E Ihi efan remairo chavalier bo , 



B6 GÉRARD 

E de.tals en i ac foro pauc mancipo. 
Era son tan cregut, chavalier so. 
A un dilus de Pasca surrexio , 
L'encontren en la cort au rei .K. 
Aque us en mentiria; ausizo-lo. 

So fo una Pasca , so m'es avis , 
Que .K. tenc sa cort gran a Paris. 
Terris, lo ducs d'Asquana, laifo aucis ; 
Don Bos d'Escorpio sa lansa i mes, 
Per lo paire e per Toncle vengansa en pres : 
Per so moc grans la guerra e li estris , 
No poc estre acordada pos aquel dis. 

So fo a un dilus , prim jorn setmana 
Que .K. tenc sa cort gran e 'sforsana, 
En sa sala a Paris, qu'es vilha anquana. 
Quan lo reis ac mengat , dort meriana ; 
Lhi donzel van burdir a la quintana , 
Aval sot la ciptat, a la fontana. 
Gran doli an mogut, perla folana. 
Entr' els lor i levet una mesclana ; 
Mort an lo duc Terric , senhor d'Asquana , 
(Don Bos d'Escorpio, que tenc Jordana, 
Lhi mes tota sa lansa per la corana) 
E tal seisanta ab Ihui, nulhs no s'en vana , 
Qu'anc no visquet lo duxs tro a la diana ; 
Mas pui[s] lo venguet Ugues de Monbriana, 
Que non fetz laga causa ni citolana ; 
Ansfo fah en batalha, en gran campana. 
Mais de .M. en viratz per miei la plana, 
G'us d'aques[tz] Bon ac cor ni testa sana. 

Sotz Paris la ciptat, en un cambo , 
Quintana i an bastida , per traisio ; 



DE ROSSILLON. 87 

Fetz-la Bos e Seguis de Besanço. 
Lhi fìlh Terric lai van, pauc mancipo. 
Li us porta una vergua, Tautre un basto. 
Cilh van ab la mainada cui Dieus mal do. 
Bos tolc cascu la testa, sotz lo mento. 
Per so requet la guerra, don fìs no fo 
Tro que fo mortz dons Bos d'Esco[r]pio ; 
E .G. en issit de sa reio, 
Qu'el coms en porte[t] pui[s] al col carbo. 

Lhi fìlh Terric lai porten verguas peladas ; 
La mainada Boso, targuas rodadas. 
Sotz lor gonelas an brunhas safradas. 
A Sanh-Germa an fah lor receladas ; 
Aqui lor an las testasdel[s]brucs cebradas : 
Per que requet las guerras tant airadas, 
.C.M. ome ne issiro de lor contradas , 
E mortz de purs captals .v.c. charadas, 
Don so las terras gastas i aermadas. 

Lhi filh Terric lai porten bliautz fruzitz ; 
La mainada Boso , ausbercs vestitz , 
Per de sotz lor gonelas fortz e treslitz. 
Cilh van abla mainada qu'els an traitz. 
Bos tolc cascu la testa, sotz la cervitz ; 
E pui[s] aucis lo paire , lo Dieu maudit ; 
Lo dux Terric d'Asquana donc fo aisitz. 

.K. intra en sa cambra per repausar. 
Lo duxs Terris d'Asquana s'en vol anar ; 
Non sab mot de la mescla , quan l'ausi far, 
Ni de sos petitz filhs, que tenc tan char. 
Lai u'es anatz lo dux per desmesclar ; 
Bos e Seguis l'encontren, que '1 van cerquar, 



8a GÉRARD 

E baìsseren las lansas e yan Ihi dar. 

Si auziratz croissir ni enoscar, 

Per miei lo cors del dux menut passar, 

Que la vida de Ihui no pot durar 

Tan c'us de sa mainada Ihi pusca aidar, 

Del cors nolhi covenhararma a cebrar. 

.K. auzit la mescla, issi au crit, 
Demandet son ausberc, i a'l vestit; 
Trobet e mieh sa via lo duc delit. 
Bos e Seguis e 'lh seu s'en so fugit. 
Vecvosa Rossilho .G. vertit. 
Sobre Ihui n'a mes .K. tot son cauzit, 
E dilzqu'el lo parlet e cosentit : 
« Si per nom ae batalha no s'escondit , 
Ja no veira abans .i. mes complit , 
Lo fieu que ten de mi aurai sazit. » 
Prumiers parlet lo fols e lo devit : 
« Non cuietz de .G. qu'el s'en emblit ; 
Abans en fara guera, si cum el dit. » 

Mort an Terric lo duc , lo ric baro ; 
E dizo so en Fransa la regio, 
Que aucis Tan a la cort Bos e Ihi so. 
Don Bos s'en es anatz a Escorpio. 
Aqui ac dos castels latz Mont-Argo ; 
L'un comandet Segui, Tautre.F. 
E quan .K. l'auzit, no Ihi saub bo. 

Mort an Terric lo duc, lo don d'Asquansa ; 
Don Bos d'Escorpioi mes sa lansa. 
Per lo paire e per l'oncle cn pres venguansa; 
De que ac puis a .K. tal esquiyansa , 
E .G. en issi de sa guaransa, 



DE ROSSILLON. 89 

Que tals .xx. ans duret la malvolansa , 
Que anc non auzet venir elrenc de Fransa, 
Tro que foren caut aquelh de Fransa, 
E Ugucs en fetz Boso de mort trempansa. 

Lo paiers Uguo fo fraire Terric, 
E Bos e Ugues foro molt enamic ; 
E lai on se conogren , us non eatic. 
Anero se ferir de tal afic , 
Aquel restet en fol que jos caec. 
Ugues venguet son oncle cum son amic. 

Aimes i Aimeris ab Audefrei 

Nebot foro Terric , nuirit ab sei. 

Lo dux lor donet armas e tot conrrei, 

E van cridan merce .K., au rei : 

(( Don, laissa ns ta mainada, te ço requei ; 

Vangaren nostre oncle dema, so crei. » 

E .K. respondet : « leu autrei. » 

Aiso fo la paraula que mal estei. 

« Vengutz no s es mesatges de Avalo 
Qu'a nuh vendra .G. davas Dijo , 
E si deu traversar a Rossilho. 
Nos metrem nos a gahs en Valenço ; 
Quar si dons Bos s'en intra en Scorpio, 
Ni se Folchiers s'en torna vas Mon[t]-Argo, 
Ni se Seguis s'en vai vas Besanço , 
Ni se .G. s'en intra en Rossilho, 
Lo qual de totz Dieus en abans nos do, 
Nos penremde nostre oncle la venjazo. » 
E .K. respondet : « le us abando.» 
Aquo es la paraula que mala fo. 

Aimes i Aimeris i Audefreis 



90 ^ÉRARD 

E la mainada aii rei monta manes ; 
E foro .cccc. de pur Frances. 
El bocs d'Escorpio, que es molt espes, 
Aval sotz lo cami son tuh deses. 
Tota nuh i esteren , tro jorns pareis, 
Que .G. no i passet ni no i trames 
(c Quan senes desfiansa agah m'a mes , 
De fieltat me geta , so ditz lo reis , 
Ni Bos d'Escorpio ni elni sosmes.» 
E il son remontat, qu'anc no fe reis. 
E .G. quanl'ausit, cuh que Ihi pes. 

La nuh levet Folchiers lo marcançons ; 

Menet essems ab se .cc. cusços, 

Fet-los vestir de fiblas coma garços . 

En la ciut de Paris venc lofriços. 

Quant la nuhs es venguda c '1 jorns rescos, 

Pogero en la sala per escalos. 

Enla chambra qu'es vouta, tras los croptos, 

Tal aver amblet .K. que molt fo bos : 

Tres .c. enabs enporta de tals faisos, 

De la obra que fetz far reis Salamos, 

E '1 elme e la brunha que ac Nerios , 

Que tolc reis Alixandres al Turcios . 

A .K. fo comtada esta razos, 

Un mati , quan venia de s'orazos ; 

E .K. juret Dieu cui es lo tros , 

Qu'el confundra coartz e cogonotz , 

E .G. tot per nom, e sos glotos. 

Se no 'lh ret son aver e sos glotos , 

No 'lh remandra Val-Nubles ni Besanços. 

D'orar repaira . K. ans lo soleilh ; 
Ac auzida la messa a Sanh-Mauril, 
Puis s'en es fortz issitz de sotz un tel. 



DE ROSSILLON. 9I 

En la chambra qaees vouta, dinslo tendil, 
Que fo de marbre, o cuc, ind' e vermelh, 
Lai n'es intratz lo reis e siei coselh ; 
De .G. lor demanda a totz coseilh. 

Lo reis intra enla chambra, non vistes tau ; 

Tota es vouta e cuberta de bo raetau , 

E es pencha a musec gen per egau. 

A meravilha Ihuzo Ihi veiriau 

Pluslhuzen que estela al enjornau. 

Lo paimens de marbre talhatz davau. 

Lai n'es inlralz lo reis e seu vassau , 

E '1 vescoms de Lemotgas qu'ac nom Giraut, 

Qui fo filhs Andevi e nebs Folquau. 

Cors ac vassau e pro[s], fort e gervau, 

E sab donar coseilh bon e lciau , 

Si cum om que es noiritz en cort reiau. 

b'aquo parlet lo reis don plus Ihi chau ; 

De .G. s'acosselha, cui ei vol mau. 

.K. mandet los princeps totz e sa gen ; 

E vengro en a lui entro a .c, 

E foro en la chambra el pavimen. 

Lo reis lor ditz a totz cominalme[n]t : 

(( Senhor, qui sab de dreh re ni enten , 

Si me coselhperfe, sonescien; 

Qu'en esta cort m'an fah tal aunimen, 

Mort m'an lo duc Terric, un mo[n] parcn ; 

Mon aver m'an amblat e mon argen. 

Sobre .G. n'ai mes mo chausimen , 

E dic qu'el parlet e o cossen. 

Si per nom de batalha no s'en defen , 

Ja no veira abans un mes verten , 

Que sazira[i] lo fieu que de mi ten. » 



92 «iGéRARD 

Lhi baro, quan rauziro, respondo gen ; 
E qui sab bo coseilh , no s'en fai len. 

Prumiers parlet us coms, dons Emoys : 
(( leu non sai , senher reis, que m'en mentis. 
Si Bos d'Escorpio Terric aucis, 
E .G. non saí) ni '1 cosentis, 
Si s'en pot escondir, so m'es avis , 
Non deuretz penre mia de son pais. » 

— « Per mon cap! so ditz .R., aitaldevis, 
leu no Ihi deman plus, mas se guaris ; 
Mas no poiria farper tot Paris. » 

— « Donc no sai ieu, ditz-el, que me dises ; 
Mas d'aquesta paraula non ai mespres. » 

— cc Cosselhatz-me, senhor, per Dieu amor : 
Per .G. vos o dic , mon bausador, 

Que sol am mi aver tan gran amar * . 
Quan ieu no mi gardava de sa folor, 
Si m'a fah tan gran onta e desonor : 
Mortm'aTerric d'Asquana,mon drutmelhor, 
Cui avia donadai eu ma seror. 
Per tan vos en requier cosseilh , senhor, 
Quar ieu l'ai tot proat a traidor. 
No'lh laissarai a tolre un mas d'onor. 

« A totz vos prec, miei ome que aisi so, [do, 
Per Dieu, cosseilh [ieu] quer, [qui] lo m'en 
De .G. aquei comte de Rossilho ; 
Quar lo jorn que ac menjat e ma maiso, 
Si cossentit la mort de mon baro, 

f. Lisez amor. 



DE ROSSILLON. gS 

Del duc Terric a far la traicio, 
Qu'en ma coit lo m'an mort las mas Boso. 
leu no sai chavalier ni mal ni bo , 
Que si Ten desdizia un mot de no , 
Que ieu no Ten proes mal e felo. » 

Aprop parlet Armans de Bel-Moncil , 

A lei de jove ome de prim coseilh : 

« Don , si .G. vos bauza , no m meravilh : 

Sos paire e sos avi[s] totz tems so fel[z]; 

Mas mandatz vostra gen tro a Cabneih ; 

De Giterna en Fransa tro a Creelh, 

E chavalgem trastuh ab un esvelh. 

Si troban fort castel en plan caumelh, 

Si fassam la batalha manes ab el ; 

E aduzetz-i, reis , tan pro donzel, 

Que fassam camp de sanc trastot vermeil . 

Qui trobara .G., raeta-se ab el; 

E reson-lhi la testa sotz lo cabelh ; 

Puis anem alberjar a Mont-Espelh. 

Tolham-Ihi Rossilho e Sant-Maurelh, 

E afolem-lo tot, lo culvert velh. 

Non faras onguan fi, per mon cosselh, 

Tro Tagas cofundut, Ihui e sa gen. » 

— «D'aquosai-ieu, dit .K.,motben la flor. 
De me ni de .G. no sai lo jorn ; 
Mas era vendra mais aprop Pascor, 
Que Terba es creguda sobre la flor. 
Veirem cum o faran cilh ventador, 
Qu'an los chavals movens e pongedor. 
leu me fieu tant e Dieu lo redemptor, 
Lo filh sancta Maria , lo Salvador, 
Si venem en egal, Ihi nosti*e e 'lh lor, 



94 GÉRARD 

Sempres auran Ihi lor de mort paor. » 

Ales de Val-Beto, lo filhs Tibert, 

Fo lains al cosseilh, en pes levet , 

E so fo chavalier que ben parleit 

E que det bon cosseilh, qui l'en creet : 

<( Si .G. don Boso sai amenet, 

Quan Bos aucis Terric, .G. peset ; 

El no 'l saub ni no '1 volc ni '1 conortet , 

Ni puis aquel mesfah no receptet. 

An deuperir .G., si Bospequet? » 

E lo reis quan Tauzi, s'en irasquet : 

« Ditz pustela en sa barba qui so pesset , 

E qui milhs non o sab qui so jutget. 

Mon aver ac .G., qu'el laire amblet; 

Sai trames lo lairo que renportet, 

E de Ihui moc lo laire e lai tornet : 

Pertan ac tort .G., la cortz jutget.» 

Âles de Val-Beto plus no parlet. 

Apres parlet vescoms de Sanh-Marsal 

A lei de franc ric ome, cui Dieus ben sal : 

« Ai ! senher rei de Fransa, be e engal, 

Be te ton bon baro, to natural. 

S'il te vol faire dreh , si t'a fah mal ; 

E laissa estar lo doble, pren lo captal ; 

Mais valra lo servizis de to vassal , 

No fan d'aurtuh chargah .iiii. chaval. » 

— « Daha seit, so ditz .K., cui de lui cal î 

Fil a puta preveire , filh a geldal. 

No m trobara oguan , se puis , aital. » 

Gaces vescoms de Drues Ih'a pres a dir : 
« Don, dirai-vos un pauc de mon arbir. 
Om qui dreh sab jutgar, no deu mentir. 



DE ROSSILLON. g5 

No deus to litge ome que t vol servir, 

De guera escomovre ni avantir ; 

Mas manda 1' a la cort a te venir ; 

E si el se pot salvar ni escondir, 

Nodeu mia per so .G. perir, 

Ni no '1 deus , en ta colpa , de te partir. » 

Gaces vescoms de Drues em pes levera , 
E mante[n]c sa raso e issausera ; 
Quar so Ib chavalier que gen parlera, 
E qui det bon coseilh , qui l'en creera , 
Quar la paraula d'Ales ditz e'i enguera : 
« Si .G. don Boso sai amenera, 
El no '1 volc ni no '1 saub ni '1 conortera , 
Ni puis aquel mesfah no receptera , 
No deu perir .G., si Bos pechera.)) 
E lo reis quan l'auzi, s'en irasquera : 
« E vos d'aquo, donGasce, quedizet era? 
Mon aver ac .G., qu'el laire amblera ; 
Sai trames lo lairo que l'enportera , 
E de Ihui moc lo laire e lai tornera. » 
— « Aquo es, ditz Gaces, paraula fera. 
11 es totz tems costuma en esta terra, 
Lai on om sab cosseilh, que lai lo quera, 
E pre[n]gua de I'aver d'aqui on era, 
E qu'el meta en luc on el non era. 
Om qui dreh sab jutgar e no 'I ditz era , 
Es cum aurs esmeratz que om essera. 
Si vos reptatz .G. e el non erra , 
Si s'en pot escundir, que mal non mera, 
Tot per nom debatalha , se es qui la quera, 
No Ihi devetz pas tolre un mas de terra. » 

Lai de dins al cosseilh fo Angelrans, 



96 GÉRARD 

Cil cui fo Enbel-Vila e Esnarrans, 

En Gilbertz e Erans e dons Oitrans 

E Isembertz de Reine e '1 coms Guinans. 

E .K. s'airet cum Alamans, 

Per .G., don no pot far sos talans : 

(( A reis ! per que t'airas? ditz Galerans. 

Ja non es drehs au comte que plah demans ; 

Quar si Odiels es mortz, cui fo Molbrans, 

E Terris lo aucis, lo ducs d'Asquans, 

E Odiels es vengatz per sos enfans , 

E .G. non o sab, lo ducs, abans, 

S'el s'en pot escundir als teus comans 

(Aquo sia en ta cort, quan plus er grans), 

No Ih'en deus movre guerra ni a sos efans , 

Ni Ih'en devetz pas tolre valhan us gans. » 

Garis de Garabela, lo paire Evrat, 
Enquet ben covinen, si parlet cart : 
i( Don, tramet a Guio de Mon-Essart 
Qu'el trameta a .F. i a Bernart 
I a Gilbert , lo comte de Senesgart ; 
E, s'il trei vos aduzen comte .G., 
E s'il te pot far dreh , au dih Richart , 
No deus perdre en ta colpa comte .G, , 
Ni no '1 partir de te per negun art : 
Dan i auriatz, [senher] reis, e regai'tz. » 

Gen los encreira .K., si m'ajut Dieus, 
E'l fai venir ses clers, escrihs so[s] brieus , 
E trames sos messatges e sos corrieus ; 
E trames per Guio, coms de Peitieus, 
Per Richart de Comborn, Folcon d'Angieus, 
Venho a la cort .K., s'ils ajut Dieus : 
« De .G. vol auzir laus de totz sieus. » 



DE ROSSILLON. 97 

Lhi comte son vengut per que trames, 
Ricart e lo dux Gui de Guianes. 
Era fo lo cosselhs de noel pres. 
En la chambra qu'es vouta, al cab del des, 
Que fo encortinada de paJis fres, 
Sis^n un fadeslol .K. lo reis; 
Cosselh quer de .G. que far Ih'en es. 
Prumiers parlet Bernart de Leones : 
((Don,mandat[z]per .G. queavosvengues, 
Ab si ameno Boso, que dreh fezes ; 
E si faire no '1 vol, no ten cal jes ; 
Mas mandatz vostra gen tost demanes. 
Si Boso podera penre, qu'es rics marques, 
Si n fazetz tal justizia cum drehs i es. )) 
E .K. respondet : (( Senher, merces. 

(( Cosselhatz-mi, senhor, cui i envei, 

Don Gasce , cel vescomte, o don GeíTrei , 

E, si eus* voletz, Peiro de Mon-Rabei. » 

.K. lo fai venir, se denan sei : 

(( Senhor, a Rossilho m'es obs qu'envei ; 

E dijatz-mi .G. qu'el venha a mei, 

E amene Boso, que fassa drei ; 

E si faire no vol, que m'en feunei, 

Ja noveira passar lo mes de mai, 

Que Ihi mostrarai d'armas tan gran andei, 

No Ihi remanra vinha no la estrepei, 

Ni fontaina ni potz que no 'l causei. 

Una re pot noar e son corei , 

Anc mais non ac tal guerra tals coms ab rei. » 

Aprop parlet dons Aimes , uns coms d'ahatge; 
Paires fon Carbonel de Montbriatge : 

I. Lisez us. 



98 GÉRARD 

(.( Don, no mandetz .G. tal effreatge ; 
Trametetz bonamen vostre messatge, 
Qu'el vos venha dreh far, a vostre estatge , 
Ni'l no perdra de vosso senhoratge. 
No perdatz de .G. vostre omenatge , 
Ni que feiro Ihi ome de so Ihinatge ; [ge; 
Mas de dreh far vos Ihiure mol[t] bon estat- 
E si faire no '1 vol, per so folatge, 
Vos mandatz vostra gen e '1 gran bamatge. 
Ja non daretz denier per guionatge : 
Ben sabrai vos guidar per loboscatge ; 
E perprenetz sa terra, plan e erbatge. 
Ja no vos en movretz, per nulh messatge, 
Tro vos done del tort .G. bon gatge; 
Mas cel que la ira, non er folatge, 
No i aia coardia ni volpilatge, 
Mas proesa e valor e vassalatge. » 

Aprop parlet Rainiers de Val-Beto ; 

En lui ac chavalier moltisme bo , 

E ac mais de .c. ans portatbliso, 

E fon ben prop de linh au rei .K. : 

« D'una rei *, senher reis, no m sab jes bo, 

Qu'entre vos e .G. aiat[z] tenso, 

Ni que ja a tort reptes ton bon baro, 

Eutro que sapchas primas la mespreizo ; 

Mas crèetz la paraula au comte Âìmo , 

E trametetz au comte, a Rossilho, 

Qu'el te venha dreh far, en ta maiso, 

Aisi cum tos Ihinatges o fet[z] a' uto; 

E mene per ostatges comte Boso, 

E Boso e Segui de Besanço, 

E tals .c. chavaliers que siobo. 

Si faire non o vol, e digua no, 

1. Lisez ren. 



BE ROSSILLON. 99 

No creire pas cosseilh que lo t'en do , 

Tro que maiies lo tenhas en ta preiso. » 

E quan .K. l'auzit, mout Ihi saub bo; 

I ac en apelat a se Peiro, 

Lo filh Gautier lo savi, lo filh Alo. 

Cilh foren filh Tibert de Val-Beto : 

« Peire, tu t'en iras a Rossilho, 

A don .G. comtar esta razo. » 

— « le us en dirai, ditz Peires, mout breu 

Lo mati, quanparra Talba deltro.))[sermo, 

Vecvos a son ostal Peiro tornat, 
E toîa aquela nuh Tan sojornat, 
E l'an ras e tondut e gen banhat. 
Enans que vis del dia soleilh levat, 
A-el sos draps vestit ve-lo-[u]s chausat, 
A la guia de Fransa si conreat, 
Que, se ieu avia trastot comtat, 
Non tenriatz mia a paubredat. 

Braguas viest e cami[s]a tot de cansil ; 
Anc no vistes nulhdrapaita subtil, 
Vas aquest no '1 tenhaz trastot per vil ; 
Son pes val de besans .v.c. mil. 

Causas causet de pali d'unafrican, 
Sollars vermelhs ab flors que son denan , 
E chauset unas osas de cur de ram*, 
E esperos d'argen sobredauram ; 
D'aquo non ai ieu tort, se ieu en man, 
Quar e la cort au comte on elh iran, 
Nulh milhs aparelhatz n'aura ojan. 

Un pelisso vestit tot nou, ermiu, 

I. Lisei dam. 



100 GÉRARD 

Ben entalhat ab bestas de marmori ; 
Afiblet un raantel frecs, serabeli, 
La voltura d'un pali vermeilh, polpri ; 
Ambela orladura d'un ufarin, 
Ac anel e boto de mier aur fi. 
Quan fo vestitz a guia de palaisi, 
Vai orar au mostier, lo be matdi ; 
Au la messa Senbor que l'abas di, 
E pùis s'en es issitz de fors un pi. 

Peires is del mostier cum ac orat, 
E ac la messa auzida del bon abat. 
Vec-lhi Gautier, son paire, [qu'es] avenhat, 
E pres-lo per lo ponh, a-lo menat 
Sobre un peiro de marbre ben entalhat ; 
Gastia-lo a guia d'ome senat. 

Gautiers de Monrabei, paires Peiron, 

Es vengutz a la cort, coma prod om, 

Ab un corate de Fransa qu'es de Saisson. 

Quant auzr del messatge lo dreh sermo , 

Que Peires deu anar a Rossilho, 

Pres so filh per lo ponh, coma lo so ; 

Menet-lo belamen sobre un peiro, 

E ditz-lhi suavet una razo 

Que fai be a entendre a donzelo 

Que deu parlar ab comte , ab cor felo ; 

Que , se o fai aisi cum Ihi despo, 

No semblara ja avol, fol nibrico. 

Canuda a la barba e lo grino , 

No fo en cort mespres de traicio : 

« Gastia-te, bels filhs, e ieu dic co. 

(( Beus fìlhs , so dilz Gautiers , vos lai irelz, 
leu vos vulh molt preiar, si o fazet[z]. 



DE ROSSILLON. 101 

Est messatge de .K. lai portaret^z], 
Que no siatz blasmatz quan revendret[z]. 
Lo coms es ples e fels de malas vetz. 
Filhs , si Dieus vos ajut e sancta fes, 
Ja, per re que vos digua, vos irasquetz, 
Que ja per sa paraula menhs no valretz. » 
— (c Ja per aquo, ditz Peires, no m castietz, 
Que tan be non o dia , si far m'o letz ; 
Si dons Bos non desfai o dons Folchiers , 
E dons Segais lo coms o dons Geífres, 
Ja milhs furmit messatge non auziretz. » 

Quan GautiersTac, sospaire, si castiat, 
E Peires l'ac , sos íìlhs, gent escoltat, 
A* guia d ome savi e de membrat ; 
E per so Ten a .K. de totz triat, 
Quar ]o sab pro e savi e enparlat. 
Set vetz s'es cumbatutz en camp malat ; 
Anc no Ten vit om d'una desparelhat, 
De pos Ihi sagramen foro jurat, 
Son companho no reda o mort o mat. 
Si eran essems Ihi ome d'un avesquat, 
INo l'aurian ogan d'un dreh tornat , 
Si marbes no '1 tenia prcs o Ihiat. 
Per so lo sab be .K. de totz sobrat ; 
Quar lo sab pro e savi e molt presat 
E senhat, de paraulas e'nrazonat : 
« Peire , tu furmiras est ambaissat , 
E diras-me .G., d'umilitat, 
Que me venha dreh far tot de son grat, 
Que ieu Jhi farai tot dia sa voluntat, 
E non partira mais nostra amistat ; 
E si faire no vol, que s'en degrat, 
Ja no veira lo mes de mai passat , 



102 GÉRARD 

Mostrarai-lhi tant eJme furbit lassat, 
E tan bon chavalier de fer causat, 
INo garra en castel ni en ciptat. 
Farai-l'en fors issir, estier son grat. » 
— « Per Dieu ! so respon Peires , ben ei- 

[comtat. 
(( Per lafe, so ditz Peires, que prod om co], 
Si Dieu platz ni sanh Peire ni sanh Ipol, 
leu no mi presaria un auriol, 
Si a la cort no m' auzian Ihi savi e'lh fol, 
E .G. totz prumiers, si el sl vol. 
.K. en sa colpa lo rei si tol. 
Si el m'i te per felo ni per fol, 
leu no m'opresaria un rossinhol. » 

Vecvos mout be Peíro entalantat , 
Que portara '1 messatge tot de son grat. 
No sembla jes noirit de paubretat, 
Ben pareis a son vis on ac estat. 
Mul menera amblan e sojornat, 
E bon chaval en destre i acorsat ; 
Un adob portara tant acermat , 
Un an poiria aver lo renc cerchat, 
Que n'aguissa tan bo nulh luc trobat. 
Ben aia Oliviers que lo hac dat , 
Que penre en pot tot Taur d'una ciptat, 
En un solier en an Peiro poiat. 
Auziretz de quals armas il Tan arman* . 

Egalpas l'an poiat en un solier, 
Et aqui l'an armat cum chavalier. 
Vestiro-lhi ausberc fort e leugier,' 

1. Li>ez artnat. 



DE ROSSILLON. lo3 

Que .K. aportet de Mon-Canbier. 
Totz fo fahs ab argen i ab aur clier, 
La meitat a escays, l'autra a cartiers. 
En Fransa l'aporteren dui mercadier , 
Que lo donero .K. dedins Rivier ; 
E no pesa jes plus d'un sol garnier; 
Mas non dopda cairel d'arc balestier. 
Puis a lassat un elme de fin acier, 
E a sencha la 'spaza que fon Disdier : 
Anc no vistes tal arma a son mestier. 
Una targa a son col, qu'es de dins mier. 
La bocla e Ihi clavel des lo polcher, 
Foren d'aur cuh d'Arabia vermelh e clier; 
I ac asta de fraisser e fer d'acier ; 
Gonfaino i ac gran e trainier. 
Peire apelet a se lo bel Gaifer ; 
El no menet ab se phis escudier 
Que so[l] Ihui , so nebot , lo filh Micher. 
Cel Ihi menet en destre son bon destrier, 
Un chaval saur, bausa , de bon celier ; 
Non ac en tota Fransa tan estradier, 
Que ompreze Ihui per corre miga un saumier. 
E ac tal fren el cap , melhor non quier ; 
Anc non vistes tan bo ni si leugier. 
Lhi arso de la sela e Ihi estrier 
Foro obrat ab peiras i ab aur mier. 
Aques[tz] adobs ac Peires d'En Olivier, 
No 'Is pot milhs esplegar en tot l'empier. 

Chaval ac bo e mul e garnimen, 
Aital que val dels autres ben mais de .c. 
Peires venc au mostier, on ac gran gen 
Dels barons de la terra espessamen. 
D'un abat e d'un comte fan jutgamen, 



104 GÉRÂRD 

Lo reis el fadestol de mier argen. 
Peires fo a genolhs mout covinen : 
i< Era vulh que m dijatz vostre talen, 
Que mandaretz au comte, vostre escien. » 
— « Voluntiers, so ditz .K., un paucm'aten. 
Aquo que te dirai mot ben enten , 
Quar re nó valmessatges que ponh mespren. 

« Peires, so me diras comte .G. 
Que me venha dreh far, a mon esgart, 
A Rems o a Saissos o a Sanh-Meart, 
Au jutgamen del comte , de don Richart, 
E del Gascon de Drues o del Rrocart. 
Amene ab se Segui e don .R., 
Don Folchier e Roso de felo art. 
Milhs no 'ls pot om guidar, de mia part, 
Que tu potz far, si t vols, ses nulh regart. 

(( So me diras au comte que ieu Ihi raan 
Que me venha drch far, a mon talan. 
Trop me vai malamen locs temps menan ; 
E pesara~mi mout si desenan 
Fai si .G. de me a son taìan. 
Met-te, Peire, ditz .K., per mi engi'an. » 
— (deu m'en vau, so dit Peires, totz adoban : 
Or me datz comiat, a Dieu coman. » 

Peires paraula an rei, comjat pren, 
E dels autres baros tot aisamen ; 
Eis fors de la sala, e s'en dissen, 
E a fah a son paire breu parlamen ; 
Raizet-lo una vetz, part-s'en rien. 
Sos paires lo comanda, de bon talen, 
A Dieu lo redemptor omnipoten. 



DE ROSSILLON. lo5 

Ors monten chavalier entro a .c. 
Cuio lo en-viar, el o defen ; 
E si en a jurat son sagramen , 
C'us no'l segra de lerra sol un arpen. 
É ilh s'en repaireren cascus dolen ; 
E Peires ponh lo mul, sa via ten. 

Lo gran cami tec Peires, lo plus plenier ; 
Ab se mezeis a pres tal cossier, 
No pot sol enconlrar un son guerier, 
Per que camges un dorn de so semdier. 
Las jornadas que fai , comtar non quier. 
íntreten Rossilho pel pon prumier, 
E dissen al arcvout, sot lo clochier. 
A sas armas correro .c. chavalier. 
Sa'spasa comanda son escudier, 
E puis intret orar dins lo mostier. 

Dins lo mostier fai Peires Lreu orazo ; 
Mas tan cum el i ditz fo assatz bo : 
« Sanhta Maria, pregua o Dieu del tro 
Que hui cela paraula dire no 'lh do 
Per que per fol no m tenho ni per brico, 
Ni que .G. no '1 prengua a mespreizo. » 
E a senhat son cap ab est sermo , 
E trobet fors, al uis, son companho ; 
E venc per miei la plassa, lo pauc passo, 
E encontret lo comte Esteveno 
E Robbert e Guille[l]me e Aimeno ; 
E , cum ilh lo cugeren metre a razo, 
• G., que paraulava ab don Folco 
E ab Boso lo comte d'Escorpio, 
Ei a laissatz totz cels , quan vi Peiro ; 
E es dressatz em pes, met-Pa razo, 



106 GÉRARD 

E Ihi demanda novas del rei .K. 
S'el laisset a Paris o a Saisso. 

.G. dresset em pes, quan Peiro vit, 

E pres-lo per lo ponh, lat si Tacit ; 

Demandet-lhi de .K., quant en partit, 

E si ei sab tals novas que aia auzit , 

E mal aia aquo qu'el en mentit. 

A Paris lo laisset, so Ihi [a] dit : 

« El te manda per mi que ieu te covit, 

Qu'el teus cors lai parlet e cossentit 

Del dux Terric d'Asquana, quan el murit. )) 

— « Anc uns non o parlet, ni non o fìt. » 

— « Si no '1 fas de ta terra trastot faidit, 
Que lo reis t'en movra guerra e destrit. » 
E .G. quan Tauzit, ac cor marrit, 
Torne[t]-se vas .F. e si sorrit. 

« Peires, sabs autras novas de part lo rei ? » 

— « Aquelas que ieu sai celar non dei . 
Quar mos senher te manda, e ieu dic-tei, 
Que Ihi anes dreh far, en sa mercei , 

A Saissos a Rems o a Sanh-Romei ; 
E mena de tos omes melhors ab tei ; 
E no cuietz-vos mia que vos plaidei , 
Cum om deu faire comte de vostra lei. » 
— « No fara, ditz .G., si no mi vei. 
Qui mal senhor mercega, greu pena trai. » 

— « .G., K. vos manda esta razo , 
Que Ihi anetz dreh far, en sa maizo, 
A Paris a Ghastres o a Saisso , 
Aisi cum tos Ihinatges o fetz au so. 
Menatz essems ab vos comte Boso 



DE ROSSILLON. I07 

E Segiii , lo vescomtie de Besaiiço , 
E menatz don Folcbier [lo] marcando*; 
E menatz , per ostaige , comte .F. 
E tals .c. cnavalierque sio bo; 
E no laissetz-vos jes per ocaisso, 
Que aqui seran siei ome e siei baro, 
Que auziran de ton dreh , si l'as o no ; 
È no laissetz-vos jes per oucaisso, 
Que mo senher en fassa la traicio, 
Qu'el no so pessaria, per Dieu de[i] tro, 
Se Ihi donavat[z] d'aur aita gran do 
Cum en poiria metre dins sa maio. » 
— (( Quan parra, lo mati, Talpa del tro, 
Te dirai del anar d'oc de no. 
Peires, vai albergarab Aimeno.» 

Ab Aimeno alberga Peires lanub, 
Ab un ome ben savi, conhte e duh. 
Dels mes Ihi donet Aimes ben .x. e viii. 
E castanhas en braza et autre fruh, 
Pimen e vi e neulas e pan bescuh, 
E sobre tot aquo d'un fort vi cuh. 

Ab Aimeno vai Peires per alberjar, 
Ab un ome que sab gen conrear. 
Son chaval e son mul fetz establar, 
Son ausberc e son elrae ben estoîar. 
Quan tablas son garnidar^, ilh vanmenjar. 
Det-lhi cam de cabrol e de cinglar, 
E manhta volatiria e peis de mar ; 
Det'lhi pimen a beure e bo vin clar. 



1. Lisez marcanço. 
3 . Lisez garnidas. 



108 GÉRÀRD 

E Peires fon totz las de cavalgar ; 
Quan Ihi lieh son garnit, si van coljar. 
Det-lhi una donzela a tastonar. 
Cela nuh se jac Peires tro au jorn clar, 
Que se vit ben vestir e gen causar ; 
Puis anet al mostier messa escoltar ; 
E .G. sos baros a fahs mandar. 

.G. en Rossilho desobr' el figne, 
En una cambra vouta de mur causegne, 
A mandatz sos baros totz d'aquel regne. 
No i ac bo chavalier que a Ihui no venha : 
(c Senhor, qui sab cosselh, gar no s'i fenha, 
Vas .K. mos senhor cum me contenha. 
No m cuia de ma terra laissar essenha. » 
Guillelraes d'Eston celar non denha : 
« Vai far dieh to senhor tal que s'avenha : 
A Rems o a Saissos o a Compenha ; 
E se, per son orgulh, penre no 'I denha, 
No presar pui[s] sa guerra una castenha ; » 
Mas preia Damidrieu qu'el te mantenha, 
E ieu t'ajudarai ses re qu'en prenha. » 

.G. fo en sa chambra, per cosselhar, 
E fetz sos melhors omes ab Ihui intrar. 
Adonc los pres lo coms a conjurar : 
« Miei amic e miei ome e tuh miei par, 
.K. Martels me manda qu'eu Ih'an drehfar, 
A Rems o a Saissos o a son estar ; 
E mene ''ls melhors omes que ieu pus menar, 
Que ostatgen lo dreh, se no '1 pus far.» 
— « Vos lai non iretz raia , ditz Bos lo bar, 
Per tot aquel cosselh que ieu vos sai dar, 
Que ier me venc .i. messatges al avesprar. 



DE ROSSILLON. 109 

Aquel parti del plah de Mon-Guinar. 
.K. lo reis de Fransa vos vol trafar ; 
E fai far Armans cel de Bisquar, 
Pel duc Terric, que .K. ac aitan car 
(Negun ome no pot aitant amar). » 
— « Mal aia, ditz .G., qui quer anar, 
Tro que coms o vesçoms be rixs bar 
E avesques sai venha pcr nos guidar ! » 

— (f Don Bos, so Ihi ditz .F., mal odizetz. 

Si ja Dieus vos ajut e sanhta fes , 

Ja a .K. cest blasme sus no metetz, 

Quar no so pessaria, ben sabetz, 

Per tota aquela onor que vos avetz. 

Javostre don .G. no cosselhetz 

Qu[e] a la cort non an aquesta vetz. 

Si .G. vai a cort, vos i anetz ; 

Si ostatge i covenc, vos los fazetz. 

E si avers i a cocha, vos l'en donetz; 

Quar si .G. a dan, vos li avetz, 

E se mos senhe en plora, vos non riretz. 

(( Tot lo mclhor cosselh que ieu i sai, 
Veramen, so ditz .F., lo vos dirai. 
Lo reis tenra sa cort en est miei mai ; 
E seran-i siei ome melhor, so sai. 
E mas .K. vos manda, anem-en lai ; 
E si .G. i vai, ieul'i segrap]. 
Se ostatge i coveno, ieu los farai; 
Si avers i a cocha , ieu Ten darai ; 
Quar si .G. a dan , ieu l'i aur[ai] , 
E si mos senher pjora, ieu no rirai. » 

Gilbertz de Senesgartz , íilhs Odilo, 
Fraire comte .F. e don Boso 



lie GÉRARD 

E .B. e Segui de Besanço , 

Cosis germas .G. enebs Drauguo, 

Auziretz cum el ditz gen sa razo : 

« E per Dieu ! fraire Bos, e dirai t'o. 

Conjur-t'en lo Senhor que fetz lo tro, 

No lausar a .G. esta razo, 

Que el non an dreh far sondon .K. : 

Tendrian o celh autre a mespreizo , 

Mol[t] tost Iho tornarian a traisio ; 

Mas el Ihi an dreh far, pos l'en somo, 

E lo reis lo retenha coma lo so ; 

Quar sos om es, lo milher de sa reio ; 

E si faire no vol, e digua no, 

Se el nos va menan per ocaisso, 

De puis t'ajudaraiset* re del to. 

Tenrai .M. chavalers en ta maisso, 

Ses so que ja t'en quiera pretz d'un boto. » 

E .G. respondel : « Garnitz en so », 

Quan dons Bos salh enan, e ditz que no. 

Don Bos salhitenan, auna part, 
E paraulet lo coms per aital art : 
« Dirai-o-te, Gilbertde Senesgart, 
Si Damidieus fajut ni t sal ni t gart , 
Coselha milhs adreh ton don .G. 
Vas .K. rei de Fransa, aquel gaigart. 
Don Gui, dux de Guiana, e don Berartz 
Si lo cuio cofundre, ab mala art; 
E si lo comsi i vai, a gran regart.» 

Gilbert, quant o auzi, vai-se sezer. 
•B. dresset em pes, (" tz son plazer : 
« E per Dieu ! fraire Bos, ieu dirai ver, 

1. Lísez m. 



DE ROSSILLON. 111 

E darai bon cosselh, qui '1 vol crezer. 
Om noii a en est dia tan gran poder, 
Que .G. no ìo pusqua major aver ; 
Quar s'el manda sos omes tot per lezer, 
Ja non cuh en batalha nulhs om Tesper, 
Ni que auze, en sa terra, ost a mover ; 
Mas pero qui creiria est meu saber, 
Er mogutz a la cort deman au ser, 
Quar be pot si la guerra far remaner ; 
Jamais non auziretz mot mentaver. » 

Landrixs lo coms,'aquel que tenc Niverz , 
Fo lains au cosselh em pes leves, 
E parlet ab .G. cum om perfetz : 
« E vos, En Estraguat, per que fazetz?» 
— « E ieu que? ditz .G., quarm'o dizet[z]?)> 
— « Eu voluntiers, ditz el, por* o voietz. 
Quant a vos melhors omes cosselh queretz, 
No sabetz que avetz fah, quant en partetz, 
Ni on resta lo cens que aprenetz. 
Er vos dirai, .G., que vos fazetz, 
E non darai un of se us iraissetz , 
Quar so es vostre pros : si Tentendetz. 
Dreh ni lei ni justizia vos no tenetz ; 
Ome que a vos se clam, si lo guabetz : 
So es îa piger decha que vos avetz ; 
Mas, per aquel Senhorpercui vivetz, 
Se no laissatz estar l'orgulh e 'l pretz, 
Lo torte la bauzia que mantenctz, 
E Damidrieu el cor ben non avetz, 
Que vos tenha a onor mentre vivetz, 
E .K., vostre senher, be [non tenetz], 
Vos en perdretz las terras que grans tenetz, 

1. Lisez pu». 



112 GÉRARD 

E de .c. M. omes non aiiretz .x. » 

— « Per mon cap ! so ditz . F . , ver Ihi dizetz : 

Mal aia totz lo motz que i mentetz ! 

<( D'una re, so ditz .F., soi moltdolens, 
Quar estas e escoltas e non enlens. 
Ditz que .K., tos senher, es mescreens 
E que trair te vol, so sabs e sens. 
Era manda tos omes e tos parens, 
E dona-lor castels e casamens 
E chavals i ausbercs e garnimens, 
E no laissar, per so, dreh no'lhpresens ; 
E, si penre no 1 vol, per sos fols cens, 
E el que pui[s] te falhdra sia mescrens , 
E tu fols malvatz se no'l Ihi vens ! 
Quar, si Dieus t'en ajuda ni drehs cossens , 
Nulhs om no tpot cofundi'e, tu ni tas gens. » 

Don Bos, quant oauzit, pres Ih'a pesar, 
E es levatz en pes , pres a parlar : 
« .F., laissatz est plah huimai estar , 
Qu'a .G. non es pros a cort anar, 
Ni vos fraire no '1 devetz autreiar ; 
Mas una ren auria ben a lauzar, 
Si .K. sevolia sai apropchar, 
Que an[ess]em a lui au pla parlar, 
Per mos senhor .G. desencolpar. 
leu non cuh chavalers ja s'en ampar, 
Que me aust mon escut per son dreh dar. » 
— « Aisi pot, ditz .G., mout ben estar. » 
Lo cosselhs fon donatz , qui '1 volgues far, 
E las tablas sou messas, e van menjar. 

Quant an menjat, s'en prendent a issir ; 
El plin, denan la sala, s'en van burdir. 



DE ROSSILLON. Il3 

Qui sab chanso ni fabla, enquet la dir, 

Chavaler a burdir i avandir, 

E .G. e Ihi seu a esbaudir, 

Entro que venc la nuh au fredezir. 

Lo coms demandet vi, e vai durmir, 

E levet lo mati al esclarzir. 

Siei do[n]zel Ih' ajuderen gen a vestir, 

I anet au mostier la messa auzir ; 

Puis a fah lo messatge a se venir, 

So que mandara .K. enquet a dir : 

« Peire , tu t'en iras a to senhor, 

A .K., rei de Fransa, emperador. 

De mia part Ihi di en Dieu amor, 

Pesa mi quar me te a sordeior 
Que no feiro mon paire siei ancessor, 
Qu' ieu degra capdelar sa ost forsor, 
E portar en batalha s'auriaflor, 
E donar en sa chambra cosselh melhor; 
Mas si lo m'an tolut siei traidor , 
Lhi culvert e'Ih malvat e'lh bauzador , 
Per que non pusc aver Ihui ni s'amor ; 
Per se m combatria ben, ab forsor, 
Ab selui que s'en fa vas Ihui doctor ; 
E fai vas Ihui de mi lausenjador, 
Quan Bos aucis Terric , so malfaitor, 
Que non parlet ab mi, ni ieu ab lor ; 
Resieut no Ihi doniei, castel ni tor, 
Per que sia forfahs vas mos senhor, 
Don el mi degues tolre un mas d'onor, » 

— « Sim'ajutDieus, ditzPeires,erai-ieugah, 
Quan dizet[z] que al rei n'avetz tort fah. 
Pos tan ben o dizet[z], anem al plah 
Qu'aura lo reis en Fransa aquest mieh mah, 

8 



Il4 GÉRARD 

E seran i siei comte e siei abah , 
Que julgaran lo tprt, si tu Tas fah. » 
— « Mal aia, ditz .G. , se ieu jes lai vah ! 
Ans en seran enquers .M. escut frah, 
Set .c. donzel de sela per teratrah, 
E ferit ab ma espaza tan .M. gamah, 
Ja non gueran sotz elme cap ni carah. 
Venjarai-mi de .K., del tort que m fah. 

« Peire, no pus mudar ieu no t'apel. 
Anc .K. non ac comte milhs si ensel. 
Tot prumiers soi anatz a so sèmbel, 
A asaut de ciptat o de castel ; 
Nafrat n'ai esta carn e esta pel 
De lansa e d'espasa e de cairel ; 
E si ieu ensi m dulh, mon don es bel. 
Or me manda mos senher un plah noel . 
Lo fieu que fo mon paire non contrapel, 
Quar lo m ve si tener en lonc capdel 
Plus mal me vol lo reis que falx a 'usel. 
Ja no veira la festa de sanh Michel 
Que ieu Ihi mostrarai d'armas un tal tropel 
Que gastara sa terra cum lops anhel. 
So mi diretz, don Peire, .K. Martel : 
Ancmais non osteì* tal pluma de so mantel. 
Mal fetz lo rei .K., mos cors n'es fel; 
Quar m'auzet evair, ieu l'en apel. » 

— « ,G., que demandatz au rei .K. ? » 

— «leulamortdemon oncle, comteOdilo, 
E cela de mon paire, lo dux Draugo, 
Qu'a[u]cis lo dux Terrics en Valbeto. 

De feaitaP me geta mi e Boso, 

i Lisez ostet. — a Lisez fealtat. 



DE ROSSILLON. n5 

Perpren nostra onor per ocaisso. 
Se el no mi fai plah que sia bo , 
De nostra part Ihi porta desíiazo. » 

Peires , quant o auzi, si s'en avansa ; 
E semblet-lhi orgulh, ira e pesansa, 
Feunia e malvastat e fol' estansa : 
« Que mandas to senhor tal desfiansa ? 
Ni per que mous tal re au rei de Fransa , 
Qu'el en volia plah e tota engansa? 
En Valbeto en feiro la concordansa. 
Bos en aucis Terric, lo dux d'Asquansa. 
Vos fezes de la guerra la comensansa, 
I auretz del dampnatge la majoransa , 
E pui[s] si faretz dreh tot en balansa. » 

— « Dirai-o-te, don Peire de Mon-Rabeh, 

E farai o semprera mentre que t veh. 

.K. mi faPgran tort et aneleh, 

Quant el no mi mandet que 'lh fezes dreh , 

A Saissos a Rems o a Sanh-Romeh, 

Ans que mezes m'onor en son espleh. 

Una re pot noar en son correh : 

Non anra mais oguan .K. mon dreh, 

Si marves no me te pres o destreh. « 

— «De tantira, ditz Peires, plus en sordeh.» 

Peires quant o auzi, ac cor galhart ; 
Cor ac d'emperador, vis de Ihaupart ; 
E parlet a la guiza comte Bernart, 
Que fo del noirimen al dux Berart : 
« Una re vos dirai, ditz-el, .G. 
No fassatz a la guiza a don Folcart, 
Au comte [lo] felo de Sanh-Meart, 
Quebauziet tres senhors epui[s] Io.quar[t]. 



Il6 GÉRARD 

Cel Ih'en redet lo merit, qiie vencplus tart: 

Gitet-lo de sa oi^or tot per esgart. 

Si vei estar Folchier e don .B., 

Arman lo dux de Friza e '1 comte Anchart : 

Non i a un tan ric ni tan galhart 

Que ab lui no m'en cumbates a una part, 

Que om no deu apelar lo rei trafart , 

Qu'el no so pessaria, per negun art, 

Que om que an' a sa cort de Ihui se gart. » 

Don Bos quant o auzit, fo pesansos, 

Pezet-lhi de Peiro que si descos , 

E juret Damidrieu lo glorios, 

.G. ni la mainada que non es pros, 

Si aisi Peire s'en torna, estorgolhos. 

E Peires respondet mot amoros, 

Cum bos vassals e savis escientos : 

fc No diguatz, senher coms, mas calatz-vos; 

Quar mal estai de comte tan poderos 

Que a talan leugier e sen de tos ; 

Quar, per aicel Senhor que es sobre nos ! 

leu non pretz vostre orgulh ni vos un tros ; 

Quar se iram* amdoi els pratz la-jos, 

E no i agues plus ome mos ^ mi e vos, 

E fossetz de batalha tan airos, 

Anc no fustes per ome talah secos. » 

Si l'agues ferit Bos, se .F. no fos. 

Don Bos quant o auzit, cuh que s'air, 
No pot mudar, per ira, que no sospir; 
E es levatz del renc on sol sezer, 
E anet vas Peiro , volc lo ferir, 
Quan don .F., sos fraire, lo cor tener. 

1 Lisez eram, — a Lisez mas. 



DE ROSSILLON. II7 

No sai, per orguli o per air, 

Per pauc n'a comensat ben fol arvir. 

Peires fo molt iratz,, si Ihi a dit : 

(( Mostratm'avetz, don coms, de vostre ardit, 

Per un pauc no mavetz ben lah ferit, 

Se no fos Dieus e' .F. que m'a guerit. 

Hui as .R. lo rei molt avilit, 

E G. to senhor plus escaniit, 

Que aqui, sos oils vezens, m'as aantit; 

Mas no cuietz-vos miga qu'el reis t'oblit : 

Ja no veiretz abans un mes complit, 

Cuh que .c.M. omes sobre vos guit. » 

Don Bos se irasquet , a Peiro dis : 

(( Sino fossetz,clon Peire, mon don tramis, 

E si .F., mos fraire , no me tengues, 

Tal vos agra donat e mieh cel vis 

Que le ulhs^ de cel cap vos en salhis. 

D'aquo sia tos senher e tu be fis , 

Ja non istra lo temps que pratz fluris 

Que ben bos chavalers en er aucis, 

E marves per sas armas pres e delitz. » 

E Peires l'esgardet e si s'en ris : 

(( Vos que sabetz, don coms, si seretz vis ? 

Mas non es Mont-Amelis tant aut acis , 

Jos no caia lo tenhs e lo vernis 

Dels chavalers dedins plus enforcis 

Que vos avetz molt pros no i antis, 

Istra per lor ausberc de sanc un ris ; 

E ieu me clamarai dolen, caitis, 

Se abans non es fah que pas estis. » 

Don Bos d'Escorpio dresset-se el sol, 

i Lisez l'uelhs. 



Il8 GÉRARD 

No pot mudar per ira que non parol : 
(( Pel a pelan e«anc cui dens no dol. 
Per te o dic, .G., cui tinh per fol ; 
Tan l'a trobat lo reis e feble e mol, 
Que ton paire t'a mort, ta bonor te tol. 
Menbre-te del pro-ome , de ton aviol 
Que afolet Raimon lo filh Turol ; 
Laissa m pendre est messatge coma cruol, 
E ferir de ma espaza tal per lo col, 
Tenetz-me per malvat se'lh cap no'lh tol. » 
— <( Tos temps parlatz , ditz Peires , don 
[Bos , cum fol . 

Soquedizetz, ditz Peire, saiben entendre, 
Quar issamen parlatz cum se iratz* mendre ; 
Trop donatz leu cosselh e jove entendre. 
Chavalers abduratz deu cen apendre , 
No deu a so senhor ufana rendre ; 
Mas vos non es tant aut se s vol mos sendre, 
Qu'el vos fassa de sus jos bas dissendre. 
leu non auriei ab vos huimai contendre. » 

l)e l'autra part issit vescoms Seguis , 
E parlet ab Peiro cum om pervis : 
(( Peire, molt i fazetz er adobis. 
Oncas mais chavalers so[no]nos dis. 
Ni messatges qu'el rei nos trameses, 
Ier[t]molt grans meravilha si t'en vas vis ; 
E si tu vius t'en vas, ben te garnis. 
Ja no sera abans issitz estis 
Que serem a Orlhes o a Paris ; 
E serem a la porta dedinstres dis , 
Entro que lor vergiers aurem razis, 

1 Lisez eratz: 



DE ROSSILLON. II9 

E las fons amparadas e' Is potz sazitz. 

No vestirai abans pelisson gris 

Tro qu'elrei se combata, se nos giquis. » 

— (( Senher , cesta paraula que vos auh dir, 

Fai don .G. au comte ben acauzir, 

Qu om que atort prengue ira person arvir, 

Malesa es e feunia, aquo cossir, 

Per l'orgul de la forsa que pot movir ; 

Mas quan ve sobre orgulh maior venir, 

E sas vinhas trencar, sos potz sazir, 

E sos murs escrebantar, albres razir, 

E sa terra gastar i aermir, 

E [totz] sos castels penre e assalhir, 

E sa bona mainada penre e sazir, 

Lo cosselh que a creut enqua falhir, 

Siei baro a forchar i a partir, 

Quan non a que donar ni que tenir, 

Don no pot faire guerra ni mais sufrir ; 

E rixs om ses gran onta no s['en]gequir. 

D'aquo vosmembre, Segui, quem'auzetzdir, 

Que era n'es al intrar al issir. » 

Folques ac cor irat e trist e grieu, 
E es levatz em pes del banc on sieu : 
(( Senhor, franc chavaler, dirai o ieu, 
Quar per aquo .K. tenc a judieu ; 
Quar a mon don per vil e tan per lieu, 
Abans que'Jh tramezes carta ni brieu, 
A sazida ma terra e pres mo fieu. » 
E dizo Ihi baro : (( Trop o fetz lieu 
E co[m]prara car, so crei en Dieu, 
Ans que veia passat la sanh Romie[u]. » 

Peires parla à lei d'ome que a gran valor , 



120 GÉRARD 

No sembla fol ni fat ni bauzador : 

(í .F., remembrç-te de Dieu lo redemptor, 

Que om que es trop iratz non a dousor, 

E dona a .G. cosselh melhor 

Cum se recort ab .K. Temperador. 

Qui fieltat no porta a so senhor, 

Non a dreh en sa terra ni en sa honor. » 

Lo coms .G. los auproverbiar, 

E comanda-los totz a escoltar : 

« .F., laissatz est plah huimai estar, 

Quar trop es lah de guerra a menassar. 

Asatz sera veut al cavaliar 

Quals o voldra milhs faire ni endurar ; 

E, si Dieust'ajut, Peire, plus no parlar, 

Mas enqua-t'en d'aqui sempres tornar. » 

« G. mandaretz .K. nulha re al? » 

— « leu oc, si el si vol plah cominal 
Aval en la riviera sotz San-Vidal , 

E farai-ihi totdreh, si Ih'ai fahmal, 

E tos senher que fassa mi atretal. » [val. 

— « Quanque dizetz , ditz Peires, un of no 
Maldihtz sia mos senher de San-Marsal , 

Si ciptat no vos tol tro a Nadal ! » 
Ab tan volc montar Peire en son caval, 
Quan .F. Ihi adih : «Tenetz estal; 
Enqueras parlarem un petit d'al. » 

Gilbertz de Senesgarlz, .F. sos fraire, 
E .G. lor cosis , que d'els es maire, 
Toh trei s'en so poiat de sobre un caire. 
Totz prumiers don .F. pres a retraire : 
«Perso, ditz-el, .G. coven a faire; 
Mas manda to senhor de to veiaire 



DE ROSSILLON. 121 

Que tu Ihi faras dreh cum fetz tos paire, 
Mas que guidar te fassa a so repaire ; 
E se conduh iio t dona , no t ama gaire : 
Assatz potz be ta colpa vas Ihui estraire 

.F. parlaab Peiro, auzen .B. : 
« Era dijatz au rei de nostra part 
Que nos Ihi farem dreh per don .G., 
Mas que guidar nos fassa senes regart. » 

— (c Per Dieu , so respon Peires, est plah 
E tenra o lo reis a gran orgulh [non culh, 
De pos conduh demandas cui guidar vulh ; 
E sel que Iho acosselha fai [gran] orgulh ; 
E ieu fauh que musartz, quar no m'en tulh. » 
Ab aquesta paraula passet lo sulh. 

Peires part de .G. iradamen, 
Ben furmi lo messatge son escien ; 
Vas Sanh-Danis te via, o'l reis Taten. 
.K. acmessa auzida a Sanh-Vincen, 
E Peires en l'umbrierade fors dissen. 

.K. au las matinas, jorns esclarzis, 
L'arciavesques Arvieusla messa ditz. 
Quan ,K. l'ac auzida, defors s'enicis, 
De sobre un fadestol se fo assis, 
Entorn Ihui Ihi baro d'aquel pais : 
« Senhor, escoltatz-mi, .K. lor dis. 
Anuh no fo cela ora que anc dormis 
Pel roelhor chavaler que onquas vis, 
Peiro de Mon-Rabei que ieu trames ; 
Mas per aquel sanh Peire que n'ai requis, 
Si tant a fah .G. que lo feris, 
Ja mala mais seiu ueilh veiran mo vis » 



122 GÉRARD 

Ab tan respon Gautiers de Moncenis, 

Que paires fo Peiro e sos amis : 

« Tal volgra Ihides el cab qu'el sanxs n'issis, 

Qu'ieu combates ab Ihui el fil fos pris, 

E en vostra preisso .G. fos mis, 

Si que vos lo te[n]csel[z] xiiii. dis. » 

— « leu sai be, ditz lo reis, que ver mi dis ; 
Mas adonc el non era mos enamis, 

E Draugues de Bergonha era poestis ; 
E si mais lo tenia, serian íìs. » 
— « A tartlo tenretz mais, » Garniers Ihi dis. 
Ab tan Peires dissen, e .K. ris. 

« Peire, sabs veras novas de don .G. ? » 

— « leuhoc, cum de felo e de gaigart. 
Maudihs sia, so dits, de sanh Mear, 
Se la meitat de Fransa tota no t' art, 

Del milhs que as dedins no pren sa part. » 

— «Aquiment-el,ditz K.,seDieusmigart; 
Quar s'ieu lo Irup de dins, per sanh Launart, 
Anc non ac e nulh luc ta gran regart. » 

Denan .K, acun comte, don Manasser; 
Aquel pres au rei a mentaver : 
« Don fazetz esta gen tota tazer, 
E la noisa calar e remaner. 

— E se Dieus t'aiut, Peire, diguas-nos ver, 
INo t cal messonga dir per mal voler. » 

— « No farai-ieu, ditz Peires, amon esper, 
Si Dieus mi lais intrar dins cel mosler. » 

Era escoltatz las novas que Peire ditz : 

« Senher, so fo dijos que aisi o fitz, 

Que fon de bonas armas mos cors garnitz, 



DE ROSSILLON. 123 

E menai mon caval acorsaditz, 

E cavalgei mo mul afrenaditz. 

Mos escudiers fon pros e mal traititz. 

Intrai en Rossilho per us voltitz, 

Pregai sancta Maria, Dieu genitrix, 

Que no i fos enjanatz ni escarnitz ; 

E .G paraulava ab sos noiritz : 

A lor cosselh fui-ieu sempres culhitz. 

.G. demandet novas totz entroitz : 

« Peire, se Dieus te sal e sanh Felitz, 

«De .K., rei de Fransa, cals novas ditz? » 

— « E ieu Ihi respondie[i]amanavitz 
Que anes a ta cort de dreh garnitz , 
Que no fos aontatz ni avilitz, 

Aisi cum sos Ihinatges totz tems o fitz, 
E ieu fora'lh per vos voluntiers guitz 

« Era escoltatz las novas que ieu dizera, 
Aiso las paraulas que lai comtera : 
« .G., K. vos manda, no vos mentera, 
« Que anetz a sa cort, ses negun' erra. 
<í Menatz Boso, lo comte, que ieu guidera , 
« Folchier lo Marcanço, coms de Boera. 
« Quanquelait'erforfah, tot t'esmendera. » 
— «Permon cap! ditz .G., ieu n'an laiera, 
«Tro qu'elmal que m'a fah car Ihi vendera. 
« Peire, vai albergar, quela nuhs era. 
« Senescal, queretz-lhi que el mangera. >/ 
— « Ame n'iretz, ditz Aimes, manjar vos era; 
« Per amor delrei .K. tealbergera. » 

— « Aimes, so ditz .G., fai-lhi aìberc. » 

— « Si farai-ieu, ditz Aimes, bon e enterc. 
« Non ai dreh en mo fieu se per so'l perc. 



124 GÉRARD 

« Lo soleils vai coljar vas bon alberc, 
((E la nuh fetztempier e molt tenero) 
E Aimes me menet per lo coberc, 
Manhtas ricas dentats pro me proferc. 

(( Que per la toa amor, mon escien, 
E pel be que Ih'as fah e tiei paren, 
E que faras enquera a to viven , 
Be me conreet Aimes, a mon talen : 
Colget-me enun lieh d'aur e d'argen, 
E donet-me donzela tan covinen, 
Anc non vistes tan bela, se ieu non meD. 
Causatz fui e vestutz au jornparven, 
E anai au mosliercochadamen, 
La messa que om ditz au e enten ; 
Puis venc denan lo comte a parlamen. 
Reis, ben vos sabrai dire de son talen. 

(( Quantoilamessaauzida que donetDieus, 
Issi-m'en del mostier e fui totz lieus ; 
Trobai.G. lo comte emanhs dels sieus, 
leu dis una paraula que fon be lieus : 
(( Coms, non estar iratz ni trist ni grieus, 
« Si cum fai Sarazis ni Caninieus ; 
« Acorda-te ab .K., si t'ajut Dieus : 
« Auras de dreh tas terras e totz tosfìeus.» 
— « Peire, trop mal me mena lo senher mieus , 
« Quar me pert en sa colpa, fa que juzieus. 
« Âbans l'aura comprada que sia nieus, 
« Ni que sia passada la sanhs Romieus. 

« Peire, lo reis me mena molt malamen , 
« De fìaltat me geta , son escien ; 
« Que ieu degra capdelar la soa gen , 



DE ROSSILLON. 125 

(( E ferir en batalha prumieramen , 

(( E donar en sa cliambra cosseJh valen, 

(( Aisi cum solo far Ihi meu paren ; 

(( Mas si lo m'an tolut Ihi seu sirven, 

« Lhi culvert lauzengier e 'lh recreen , 

(( Per que no pus aver s'amor nien. 

(( Pero si m combatria aiso presen, 

(( Ni d'aquo no soan ome viven, 

(( Que de la mort Terric no fui cossen, 

(( Ni am mi non pres Bos nulhparlamen, 

(( Quant anet a la cort ni quant en ven, 

(( Per qu'en sia forfahs, mon escien, 

(( Qu'el reis m'en degues tolre mon casamen . » 

(( Quar lo tenetz, ditz-el, trop vil e lah, 

De fialtat lo gitas tot entrazah, 

E senes co[l]pa de tort que t'agues fah, 

Si 'lh fezitz Àudefreibastira gah. 

No vendra a ta cort ni a ton plah, 

Tro vos venda lo mal que Ih' avetz fah. 

Molt s'en conte segurs qui que s'esmah. 

« ïeu dirai, ditz Peires, enbreus de motz. 
Totz temps aura .G., so ditz, corrotz, 
Se Dieus salva sos omes e sos nebotz. 
Trop t'a ja confundut e los teus totz , 
Puis portara d'Orlhes la sancta crotz. » 

— (( A qui ment-el , ditz . K . , cum fels cogotz ; 
Quar si '1 trop albergat els pratz de sotz , 
Anc om non ac de fraire ta mals nebotz * . » 

— «Ben furmilo messatge, mon escien. 



1. II y a ici une lacune dans le ms., qui ne parait pas 
être de plus d'un feuillet. 



126 GÉRARD 

Vi Auchier e Guinart e don Arman 

E Segui e Boso e don Guintran. 

Quant oi dih to messatge e to coman, 

Si conogui lo comte, e so semblan, 

Que ma razo m'anava contrarian. 

Saubi que no t'amava ni tán ni quan, 

leu dis una paraula que 'lh pezet tan 

Cum qui '1 feris pel nas ab un vergan : 

«Doncoms, sifazetz guerra cum aut lausan , 

a Vos l'auretz molt comprada tro a un an. » 

«E v^lgui m'en combalre sempres estan 

Qu'el tort e la bauzia e tot l'engan 

Saub G. de ia mort Terric d'Asquan. 

Non soan chavaler ni no'l reblan, 

Bergonho ni Bavier ni Alaman, 

No ni trobai sol .i. que m'en desman ; 

Mas Bos d'Escorpio fo en estan, 

E fetz mout fera cara i airan, 

E ac claus son ponh destre e trais son gan. 

E, se .F. nofos, dera m'en gran; 

Mas el Ihi dihs tal can a man talan , 

Toh lo tegro per fol e per efan. 

(( De fieltat lo gitas e fas Ihi tort, 
Que son paire e son oncie Ihi avetz mort, 
E toletz-lhi Mongronh, la ciut e '1 port. 
Coroia-te de guerra cum potz a fort, 
Qu'el s'en es totz garnitz cum s'en deport. 

(( Auzen totz dis .G. esta razo, 
Que re[v]tar no devia lo rei .K. 
Tro que fos a ta cort e'l seu baro 
Que meses per tos omes tei a razo, 
E volgui-m'en combatre en sa maiso 



DE ROSSILLON. I27 

Que non as fah feunia ni mespreiso 
Vas .G. ni als seus ni a Boso : 
Non soan chavaler avol ni bo, 
Â.laman ni Bavier ni Bergonho ; 
Mas non trobai selhui que mot me so : 
Per tant enquet la ira de don Boso ; 
E feirarae tost penre que .j. no ditz no, 
Quan Dieus trames aqui comte .F. 
Puis dis si to messatge e to sermo, 
Qu'el te vengues dreh far en ta maiso, 
I amenes Folchier e don Boso. 
E .G. respondet del tot de no. 
Requier la mort son oncle , comte Odilo , 
E cela de son paire, lo vilh Drauguo , 
Que per te foro morh en Valbeto ; 
E se no Ihi fas dreh, tu e Ihi to, 
De lor part t'en aport desfiaso. » 

.K. quant auzi se defiar, 

So Ihi fo tan de fer e si amar 

Que non pot ab Peiro un mot parlar, . 

E quet s'en autra part a conortar : 

« Donzel de ma mainada , tenetz-vos char ; 

Qui volra d'esta guerra me ajudar, 

No s pot en mon aver ges fadiar. » 

Lhi chavaler s'en prendo a alegrar, 

L'us l'autre a antir i a vantar. 

A .K. fo molt bo, qu'els au gabar. 

E lo jorns fon tornatz al avesprar ; 

Huimai n'es temps ni ora de plaidegar. 

Ilh demanden de l'aigua e va'n menjar, 

E van per temps jazer, per man levar. 

Cela nuh se jac .R. tro au jorn clar. 

Quant ac la messa auzida, si va'nmontar, 



128 GÉRARD 

E fetz dire a cascu que s'an armar. 
Qui ac son bon caval, fai-l'encelar ; 
Qui a ausberc ni elme, no '1 vol laissar. 
Meimes lo reis sa senha a fah lassar, 
E pres prumiers sa gen a capdelar,; 
Sobre .G. enquet a cavalgar, 
Grand feunia Ihi vol a presen far. 

,K. ve so messatge que es vengutz 
De lai on drehs n'er fahs ni conogutz, 
Ni nulhs aver promes ni tramesutz : 
El a mandatz sos omes e somonutz ; 
Mas el no los a pas totz atendutz, 
I ac en be .iij. M. totz ab escutz. 
Ans quejorns pareguesni soleils Ihutz, 
Los ac sotz Mont-Ameli totz dissendutz ; 
E no fo anc castels mihls requesutz, 
Ni per aquels dedins milhs defendutz. 
Grans es lo poders .K. esa vertutz; 
A los per drecha forsa totz conquesutz ; 
Sus en i'ausor capduih es dissendutz. 

Molt tosts'en conre[e] t .K. lo reis ; 
Non ac ab si sos omes ni sos marqueis, 
Ni non ac dels baros, for sos plaideis, 
Non cuiet de .G guerra fezes; 
Ni non ac mor .iii. M. de purs Frances ; 
Mas milhs adobatz omes non ac anc reis, 
De lor brunhas safradas, de lor gran preis, 
Lansas e gonfainos e escutz beis, 
Bos cavals e corsiers e espaneis. 
Ab aquestas paraulas lai intra reis ; 
« .G. fara feunia, mas ben Ihi n pres.» 
Sobre .G. los guida codis Abrreis ; 



DE ROSSILLON. 129 

Tolt Ihi an Molt-Ameli, que tenc lonxs dis. 

Totz an perpres los murs e'ls borcs paves : 

Dolensen er Seguis, Folchiers ab eis. 

A tal en venra mals que no la ques, 

A tort n'er cofundutz .F. e Landreis. 

Al .V. jorn en ac .G. un mes, 

Al nove se combato e'l coms e'l reis. 

Sobre .G. ac .K. quart jorn jagut, 

E fon a Mont-Ameli que Ih'a tolgut. 

Al .V. jornn'acmes .G. agut, 

Que'lh ditz de Mont-Ameli que Ih'a tolgut. 

Vec-lo-vos tan dolen e irascut 

Qu'el coms no ditz paraula a re nascut, 

Entro que vi venir .F., son drut : 

(( .F., cosselha-me, se Dieus t'ajut, 

De .K. que me te per recreut. 

Tolt m'a de Mont-Ameli lo puh agut, 

E cuia me aver lot cofundut; 

Mas non a enquera miga, so cuh 

.Vij. ans en agues-ieu mo fieu perdut 

Per que nos nos fossem si combatut 

Que Ihi nostre aguesso los lor vencut. » 

Estava se .G. en Orien, 

Un castel que ac de .K. en casamen. 

Lo castels es ta fortz que se defen, 

Quar foro mais de .M. dins bo sirven, 

E chavaler a cocha mais de .vii. c. 

E Ihi borzes son tuh rix e manen 

De chavals e de muls, d'aur e d'argen ; 

E .G. en l'ombreira defors au ven, 

E paraula a sos omes i a sa gen, 

E tenc a sos baros un parlamen. 

9 



l3o GÉRARD 

Ab tan vec lo messatge que aqui dissen , 

Que'lh ditz de Moi4-Ameli qu'el reis lo pren . 

Vec-lo-vos taut irat e si doien 

Qu'el coms no paraulet a re viven, 

Entro que vi .F. a cui s'aten : 

i( F., se Dieus t'ajut, cosselh mi ren 

De .K. que miteper recreen. 

Tolt m'a de Mont-Ameli lo mandamen. 

Puis a jurat lo reis son sagramen, 

Non istra de ma terra d'un mes verten ; 

Mas ieu t'en jur Ihesu omnipoten, 

Se Alaman no mi falho e miei sirven, 

Non irasesbatalha, se .viij. jornsm'aten. )> 

Era auiatz la paraula de don .F. : 

<( E cum cuias cosselh que om lo t'en do, 

Quan tu a ns cres lo mal, no fas lo bo. 

So demandas mo fraire, comte Boso, 

E Segui, lo vescomte de Besanço , 

Que te fors cosselheren de hir razo, 

En la cambra que es volta, dins Rossilho. 

Ja non darai cosselh d'ome felo, 

Que ja tu te combatas au rei .K. , 

Quar tu iest sos om litges de sa maiso, 

E non as casamen nulh for lo so ; 

Mas vai, si Ihi fai dreh, pos t'en somo , 

A Paris a Rems o a Saisso, 

Si Dieus ton cors garis de mespreiso, 

E tu reptatz no sias de traisio, 

Tro a seisanta jorns met la razo , 

Per comte o per vescomte leial e bo, 

per ric arciavesque de sa reio. 

Quan Ih'auras son dreh fah , quer-lhi ìo to ; 

E si faire no vol e digua no, 



DE ROSSILLON. l3l 

E se vos va menan per ocaissp, 

De puis t'ajudarai e tiei baro : 

Qu'om que a tort guereia, per Dieu del tro, 

Son dampnatge fai gran e son pro no. 

(( Ja non darai cosselh, al meu veiaire, 
Per que tu sias fols, fels ni bausaire, 
Que nulhs tos pars t'o pusca en cort retraire ; 
Mas vai, si pren Anchier, cei de Marsaire, 
E si mandatz au rei dreh Ih'iretz faire ; 
E que se s vol en Fransa, a so repaire : 
Per so donatz ostatges mi e mo fraire. » 
— (( F., so ditz Seguis, nol'amatz gaire, 
Quan plah Ihi acosselhas a onta faire. 
Ans n'agues-el perdut la ciut de Raire 
E .M. mas de la honor que tec sos paire, 
Que ses granda batalha passe ranquaire. » 

.G. enten Segui, ab lui s'apo, 

E enten la folhia e saub Ihi bo : 

(( Ja Damidrieus, don .F., puis be no m do, 

Quan ja vos creirai ora d'esta razo ! 

Qu'el rei sai es passatz e siei gloto , 

Lhi Norman e 'lh Frances e Ihi Breto , 

Tot per nom de la mia cofusio. 

Tenetz-mi per revit a volpilho, 

Pos batalha demanda, se no la'lh do. » 

E .F. quan l'auzit, dolens en fo, 

Que anc pui[s] no 'lh det cosselh ni mal ni bo . 

Era mandet sos omes lo coms .G. 

Tot per nom de batalha, de moltas partz ; 

E venc a lui Anchiers, .j. coms gaigars : 

(( Amenei mi .x. M. de si galhartz 

Que aqui no vcnc volpilhs ni om coartz.» 



l32 GÉRARD 

E no cuietz del comte que gaire tartz ; 
Combatra se ab .1^. a un dimarlz. 

.G. quan vi de .K. cum lo scomes 

Qu'a fort perpren sa terra e son pais , 

E so melhor castel raubat e pres, 

Si pren .xxx. messalges pros e cortes, 

Sus fortz muls ambladors e espanes ; 

On sab sos bos amics, per els trames ; 

Mandet los Caercis e d Aganes, 

Tolsas e Barsalos e Roergues 

E Bascles e Gascos e Bordales. 

Entro als portz d'Espanha .j. íi non pres. 

Castela e Navar veno espes ; 

Neis lo rei d'Arago los seus trames, 

Sobre seisanta .M. so mais de tres. 

Er fo de la batalha fahs lo conres ; 

Mas a .G., al comte, be non es pres; 

Quar tort a envas .K., jutgatz en es. 

.G. quan vi de .K. que si l'aonte* 
(Sobre Ihui es vengutz ab sa corona ; 
A perpresa sa terra, car sap-la bona), 
Trames per Aimeric, duc dc Narbona, 
E per Gilbert, son oncle, de Tarascona, 
Per Raimon Berenguier de Barsalona, 
E per Bertran, lo comte de Carcasona, 
E per Guintran, lo savi de Babilona, 
Per Jolcelm lo guerier, cel de Verdona : 
Parenforen .G., a la persona. 
Per totz aques[tz] lo coms lo rei razona, 
E non traisso paraula genta ni bona, 
Per que de sobre Ihui se desapona. 

I Lisez l'aonta. 



DE ROSSILLON. l33 

Ja no veira dimart, ans ora no[na] 
Batalha n'aura .K., si Dieus la 'lh dona. 

Aiso fo en estat el mes d'avri. 

Entre .G. e .K. folcero si, 

Don tan bos chavalier lo jorn feni, 

E tanta bela dona pert so mari. 

D'una fera batalha los motz vos di, 

Dun Fransa i Alamanha deserta issi, 

Ars en foro mostier e crucifi. 

Ab .G. s'ajustero tuh siei amic, 

E forobe .iii. M. lofervesti; 

Mas davas .G. foro Ihi plus ardi, 

La mainada au duc qu'el ac noiri. 

.K. es dissendutz en volarti, 

No mes jes Damidrieu trop en oubli ; 

Ancmais negus pecaire no preiet si : 

(( Ai, senher rei de gloria ! a vos o di, 

Faites-me hui honor, vostra merci. )) 

E .G. no fo ges trop esbai, 

Ans apelet don Bos i Aimeri : 

(( Bels senhor, ieu vos ai trastotz norri 

E de mos bos avers enrevesti, 

Moltl'ai be esplegat entro aisi. 

Vos m'avetz mon palaitz pres e sazi, 

L'aver vos ai donat e departi, 

E non ai en cest segle for tan don vi. 

Se hui me venst reis .K., sabetz que di : 

Anar m'en covendra paubre e mendi. 

A .F., senher nebs, ja vos o di : 

Manh be m'avetz ja fah, pauc n'ai mesti : 

Al gran besonh ve om qui es ami. » 

.F. lo regardet, si lo sorri : 

(( Er vos avem, don duc, trop ben ausi. 



i34 Gerard 

Si creut m'agiiissatz, no fora si 

Entre vos e lo rei fossatz. . . 

Mas ieu no soi per vos, sapchatz aisi ; 

Mas per mi quem tenrro trop 

Hui me veiretz ab armas fec. . . . ardi , 
Ja noi auran mestier Ihi garchon? . . . 
Lhi felo lauzengier Ihi assopi. . . . 
Era venho enan ieu los 



Las batalhas chavalgo per miei los pratz 

Iratz los cap enclis, elmes safratz. 

.K. Martels fo reis enpoestatz, 

E .G. fo rixs coms enparentatz, 

E li un en vas Tautre fo molt iratz. 

E .F. fo el renc dels aubergatz ; 

E ses sobre un caval be i assatz , 

Coren e esdemes i assaiatz. 

E fo molt gentamen sos cors armartz, 

Us esperos ab aur els pes fermatz, 

I ac causas de fer bonas assatz. 

Li ausbercs de son dos fort es seratz, 

Los pans e las ventalhas ab aur safratz ; 

Plus es blancs que .i. argens fis, esmeratz. 

Onques per negun' arma no fo falsatz. 

Espasa ac longua e gránda , am pomp dauratz, 

E l'elmes de son cap fon car compratz : 

.0. M. marcs d'aur fon achaptatz ; 

Sobre totz cels del ost gita clardatz. 

Escut d'aur e d'azur escartelatz, 

I asta reida e fort, fer aceiratz. 

Baiartz Ihi pren grans sautz per camps aratz, 

Sobre totz cels del ost c'es trasportatz 

Mais que .i. arcs non trairia un mataratz. 

E lo reis quan lo vi, s'es arestatz, 



DE ROSSILLON. l35 

Sobr el comte d'aur s'es apoinatz, 

I a dih a sos omes : « Senhor, veiatz 

Lo melhor chavalier que anc fos natz. 

Er vos dirai qui es, se m'escoltatz : 

•F. lo neps .G. es apelatz, 

E es natz d'Alamanha, senher clamatz ; 

E escoltatz sas dechas, si entendatz, 

Totas celas del mon sus Ihui metatz ; 

Mas ostatz las malvas e decebratz, 

Quar el non ac neguna sus sos costatz ; 

Ans es pros e cortes i afaitatz 

E francs, dos, debonaire i enparlatz. 

De bos e de riviera es essenhatz, 

D'escaxs sab e de taulas, de joxs, de datz ; 

Ni anc lo seus avers no fo vedatz, 

Anceiz lo dona als seus que el a presatz. 

Pero si n'an Ihi bo e Ihi malvatz ; 

Ni anc jorn d'onor faire no s'es tarzatz. 

Duramen ama Dieu, aiso creatz, 

Quar anc no fo en cort pui que fo natz 

On negutz tortz fos fahs ni derainatz, 

Que si plus non poc far non fos iratz ; 

Ni anc de jutgamen no fo tornatz, 

Que ans no s'en combates en camp armatz ; 

E si aira guerra i ama patz ; 

E quant ve que sos elmes Ihi es lassatz , 

Que a l'escutal col, l'espaza al latz, 

Adonc es fers, fernicles e desseratz, 

Orgolhos ses mercei, sel pietat ; 

E quan forsa lo greuga d'omes armatz, 

Adonc es orgolhos i afermatz. 

Ja no sera plen pe de camp tornatz, 

Ni per un ome sol ponh tensonatz. 

Lo reis e la fersa e be chassatz , 



l36 GÉRARD 

Ab Ihui cobro Ihi bo e Ihi malvalz. 
I a bos chavaliers Jotz temps amatz ; 
Los paubres e los rixs a honoratz, 
Segon que cascus es, los a prezatz. 
E sapchatz d'esta guerra molt Ihi desplatz , 
E s'en es ab son oncle .c. vetz mesclatz 
E molt tensatz ab Ihui e deviatz ; 
Mas oncas no poc estre per Ihui ostatz, 
E tot jorn al besonh Ih'en es aidatz. 
Des er mais no seria per mi blasmatz : 
Qui a son amic falh, il es fertatz 
Qu'en totabona cort es mesprezatz. 
E per aquel Senhor on vos creatz, 
El es mos enamics e mos lochatz. 
E si lo podetz penre, no l'ausiatz ; 
Quar grans tala seria e grans pecatz. 
Milhs voldria estre .F. si en dechatz 
Que de mi... es mes senher clamatz. 

E no m'en seria ten per forsatz 

Que vos a guiss' Arago tot acomtatz 
Los bes que son en lui ni las bontatz. » 

— (( Senher, dizo seu home, trop lo lauzatz ; 
Quar si a tan en lui cum vos comtatz, 
Anc melher chavalier no fo jorn natz. » 

— i( Sia, so ditz lo rei», e plus assatz. » 

So fo al nove dia quan jorns parut, 
Las engardas .G. an corregut, 
E dese que s conogro son dissendut 
I armero-se tost a lor argut. 
Non cuietz de ferir que .i. s'en refut ; 
Viratz tanta asta frange[r] e tan escut , 
E tant ausbert safrat escoissendut, 
E tan bo chavalier mort caegut, 



DE ROSSILLON. 13; 

Las angardas .G. los an vencut. 

So fo al nove dia, quan jorns pareis, 

Aval en la ribiera, sotz Verduneis 

Bergonho se combato ab los Frances. 

Gen condutz sas escalas .K. lo reis, 

E mena el prumier cap sos Erupeis, 

Cels d'entre Liere e Saina, vassals cortes ; 

Foren i selh de Chastras e celh de Bleis, 

E guida-los Albertz .i. coms de Treis. 

Mances i Angevi e Bretoneis 

E la segunda escala fieren maneis, 

En l'autra Peitavi e Guianes, 

En la quarta Norman e Flandreneis 

E Poorent e cilh de Vermendeis, 

E la major de reires .K. lo reis 

Ab aicels de Paris e da Orleils, 

De Saissos e de Rems e'l Campaneis. 

E portet lor essenha .i. duxs Jaufres. 

E'l coms .G. chavalga mils om genoeis, 

Ab lui Ugue e Artan, cel de Fores, 

Guillelmes e Rainautz de Mascones, 

Bos e .F. e Seguis, que van apres. 

Cilh venen tan serat e tant espes, 

Las enseinheiras drechas on lutz Taurs fres , 

Qui mais en queris fi, pos I'estorns es, 

A bon dreh en seria o mortz o pres. 

Lo coms .G. chavalga e vencprimiêrs. 
L'ausbercs fo jazerans, l'elms de cartiers ; 
Lonh vai la resplandors per I'aur que es 

[miers. 
E ac sencha s'aspaza que'Ih det Disdiers. 
No la pogra comprar totz .i. empiers. 
E portet .j. escut nou de cartiers. 



l38 GÉRARD 

Sos gonfainos fon blanxs, latz, trainiers. 
E venc devan sa ost, cum bos gueriers ; 
Encontret un vàssal que ac nom Garniers : 
Aquo fo .i. de .K. gonfainoniers. 
E .G. quan lo vit, fer voluntiers, 
Que Tescutz ni Tausbercs no i resta entiers ; 
Escrevantet-lo mort en us semdiers. 
Aqui viratz combatre .M. chavaliers 
E far jonchas a .c. i a .M. 
Tals no fo de la cocha guitz ni parliers, 
Que Ih'en venc en restorn grans encom- 

[briers. 
De lai son ab .G. seu Loorenc, 
Alamanh e Bavier e 'ih desertenc ; 
E venc ab els Rainiers lo fils Ardenc. 
E lui ac bo vassal i adelenc. 
Elme ac de Baviera i ausberc doblenc, 
Portet escut e lansa de Monbilenc, 
E lui ac bo vassal i adelenc. 
E chavalget chaval corsier braidenc, 
E ac sencha l'espaza au rei Genenc ; 
Anc om non vi tan bona, ni tal non tenc. 
Mancel i Angevi i Eurupenc, 
Cilh foren davas .K. el autre renc. 
Rainiers cridet sa senha : Durenc ! Durenc ! 
E Ugues de Peitieus : non genc ! non genc ! 
E vai ferir Rainier aisi cum venc ; 
El pihtz sobre l'ausberc no 'lfier tan genc, 
Que lo costat senestre trastot no 'lh trenc ; 
E deroquet-lo mort en un rodenc, 
Aita long de la cela cum Tasta tenc. 

Rainiers fo a la terra cubertz de sien, 
I ac tal pres pel peitz que al cor Ihi tenc. 



DE ROSSILLON. iSq 

Esquiset son bliaut, faisset-se ben, 
Puis montet el chaval de bon alen. 
Ades quan fo desus e tenc lo fren, 
El a tracha Fespaza que ac d'Orlem ; 
E cui el fìer en Felme de plen en plen, 
Tot Ihi trecha lo cap tro ins el sen. 
Puis vai a la batalha si cum coven : 
Huimais se gart de lui qui no 'lh volben. 

Bos e .F. e Seguis veno detras, 
E son seisanta .M. tuh ab armas, 
Cavalgen lansas drechas e van lo pas. 
E de lai venc lo rei e '1 coms Folras, 
Escriden lor essenhas tuh a un clas ; 
Van se ferir aisi cum auziras, 
Que de lo temps en sai don Cleophas, 
Que fo en la batalha del vilh Troas, 
No vistes una gen que si enras 
Ni si fiera ni aucia, n'es mia gas. 
.M. n'i ade caegutz, c'us no mov pas, 
Que an perdut pe o ponh o trencat nas. 
Qui ferit en l'estorn e no i reraas, 
Ben ac Dieu a gueren e sanh Tomas. 

Vec-vos de sai Boso e don .F. 
E Segui, lo vescomte de Besanço, 
E de lai Audefreie don Aimo. 
Gonfainonier an fah del comte Uguo. 
Entre lor es vengutz Folchiers lo Marcanso. 
Ditz Audefreis : « Or vei un mal lairo, 
Tal que m'aucis mon oncle ab don Boso. 
Tenetz-mi per revit a volpilho, 
Se en aquest estorn no l'arazo. » 
E broca lo caval de gran rando. 



l4o GÉRARD 

Audefreis Ihi escrida : « Sai trai, Folchier. 

Dan me fezist ç,tala e destorbier, 

Que me aucizes mori oncie Terric Tautr'ier ; 

E pesara-me molt si no 1 te mier, 

Si ab esta mia espaza tal no te fier 

Que tot te trencarai tro al braguier. » 

— « Aqui mentetz-vos, glot e lauzengier, 

E tornarai vos en a messongier. » 

E brochen los chavals. Tus i'autre quier ; 

E no remás lo colps miga en Folchier. 

Tot Ihi trenquet l'escut sotz lo polchier, 

E Audefreis se irais, si lo refier 

Que Ihi falset la bronha al pan doblier. 

Ambedui se deroquen en un semdier : 

Per aquels colps se mesclo .M. chavalier. 

Ambedui se deroquen en unas pradas, 
E vec-vos las companhas ben ajostadas. 
Viratz tant escut frah , astas pessadas 
E tant ausberc romput, brunhas falsadas, 
E tan coi be ferir ab las espazas, 
Tantas testas ab elme de brus cebradas, 
Ben en pogratz levar .xv. charadas. 
Per tort que nac .G. manhtas veçuadas, 
A perdutz los baros de las contradas. 

Anc de forsor batalha parlar no vis, 
Que meimes lo rei i fo feritz. 
E mieh de sa batalha cel que o fetz, 
Filhs al vilh Geroine, ac nom David ; 
Del rei parti per guerra e fo faiditz , 
A don .G. au comte es revertitz, 
Qu'elh dona tals soldadas cum fo cauzitz. 
Per aquel fo lo reis molt evaitz ; 



DE ROSSILLON. l^l 

Si '1 ferit en l'escut que es d'aur fluritz, 
Qu'oltra passet la lansa e '1 fers brunitz. 
Puis tornet a .G. en us caumitz : 
« Ai coms ! cum estas-tu si esbaitz ? 
Ja resta si lo camps dels teus garnitz, 
Que sol .M. non i a de ta raitz, 
E se te laissas penre iest escarnitz. » 
— «Amics, so ditz .G., per quem'o ditz? 
Quar ieu t'en jur la sancta Genitrix, 
Milhs voldria esser mortz e sebelitz 
Malvatz rei mi vedria lah soi fugitz : 
Anem-los donc ferir, qu'ieu soi garnitz. » 
Adoncas fo Festorns milhs renvitz. 

Vec-vos pel camp Peiro lo filh Gautier. 

Ja portet las armas que ac d'Olivier ; 

I ac tant abdurat son cosier, 

Que Bos e el s'encontren en un sendier, 

E fero-se amdui molt voluntier. 

Puis encontret Segui, un son guerier : 

Don membret a Peiro d'un reprochier 

Qu'el dis a Rossilho sotz rolivier, 

Quan lo reis lo trames per messatgier ; 

E ditz qu el lo tenria a ufuner, 

A fol, a gabador, a mal parlier. 

E si s'en van ferir sus l'escut nier ; 

E brochen los chavals, l'us l'autre quier. 

Amdui se porten guerra, ira e gramor, 
E fo i cascus de lor per so senhor, 
E brochen los chavals, cadaus cor. 
Seguis lo feri be au sobre flor, 
Que l'escut Ihi fendet un gran plen dor ; 
E fauset-lhi l'ausberc au pan forsor, 



l42 GÉRARD 

Que tres costas Ihi talha, don ac dolor ; 

E Peires refer-lui de tal TÌgor, 

Anc no pres mai tal colp per varvassor. 

Peires broca '1 caval que molt trebalh, 
E vai ferir Segui que no Ihi falh, 
Que l'escut Ihi trauquet sot lo pogalh ; 
E trenquet-lhi rausberc a menut malh ; 
E mih lo pihtz Ihi fetz tal veirial, 
No daria per sa via mia un ailh. 

Gaces, vescoms de Drues, ab .G. joing ; 
On vi la maior preissa, de sei fai conh. 
I Augiers quan lo vi, donet s'en soing, 
E tra[u]quet-lhi l'escut de sus son pong, 
E lo pan del ausberc tot Ihi desjong. 
E Gaces fer si lui de sotz son grong, 
Non es ta fortz Tescutz tot no '1 vergong, 
Que sasenhaesalansapelcorslijong. 
Escrevantet-lo mort del chaval îong. 
En preissa ni en batalha ni en besong, 
No fier milhs Alamans, Francs ni Bergong. 

Vec-vos per miei lo camp Alon lo filh. 
Cavalget un chaval ferran poldrel, 
E pottet gonfaino ab aur merel, 
E vai cridan la senha .K. Martel. 
Vec-vos de lai Giraut de Mon-Revel 
Cavalget un chaval fort e irnel. 
Quant aula senha .K., no'lh fo ges bel ; 
E cuh que li us Tautre en conti' apel, 
Si que cadaus d'els en desencel. 

Girautz fo chavalers pros e valens, 



DE ROSSILLON. 1^3 

Anc avas lo seu cors non fo tangens ; 
Om fo .G., au comte, e sos parens. 
Quant au la senha .K., molt fo dolens, 
E vai ferir Alo, mas non ges Ten. 
E AIo fer si lui, quan lo colp sen, 
Que fauset-lhi la bronha dedins lo sen ; 
Escrevantet-lo mort en terra adens. 
Venjar lo vai Doltrans de Sanh-Laurens , 
Venjar tan per qu'en fo pres vengamens. 

Doltrans brocha '1 caval e fier Alo 
El pihtz sobre l'ausberc, per l'alcoto ; 
El cors Ihi met la lansa e '1 gonfaino , 
Escrevantet-lo mort en un sablo. 

Vec-vos per la batalha Ugon ensi 
Cum auziretz sempreras, se i eus vos o di. 
De sobre un pelisso que ac nom ermi, 
Ac vestit un ausberc blanc tenoi ; 
E ac lassat un elme vergat d'aur fì, 
E ac sencha l'espaza Geno d'Aigli, 
Portet escut e lansa de Sanh-Domi, 
Ghavaìget chaval bai, ab saura cri, 
E pezet-lhi d'Alo que ac pres si, 
E foh dolens del comte, de so cosi, 
E cuh que a Doltran no mesfalhi. 

Hugues ferit Doltran en son escut, 
Que son ausberc Ihi a escoissendut ; 
Pel cors Ihi mes la lansa e '1 fer agut. 
Escrevantel-lo mort el prat erbut. 
Quau las companhas l'an reconogut , 
Viratz tanta asta frange [r] e tant escut 
E tan bo chavaler mort chaegut, 



l44 GÉRARD 

Que non a song ni cura qui que 'l remut. 

Ben a .K. G. son dol vendut 

Pel duc Terric d'Asquana que Ih'a tolgut. 

,K. venc apoinan ab gran poest, 
Vai ferir un dozel franc de tiest 
Amon sobre son elme, el ausor fest ; 
Trencha cur e cabeilhs, ab eis lo Test, 
E lo pitz e lo cors , que res no i rest. 
E lui e son chaval trastot jos mest, 
Doas meitatzn'a fachas latz un genest. 

Esta batalha fo a un dimartz. 
Lhi Navar e Ihi Bascle lansen los dartz, 
No i a ta fort escut no'n fassan partz. 
Frances fero els elmes, que fetz Gaigartz ; 
Lo sancs e las cervelas jos en espartz. 
Aqui non a mestier nuls om coartz, 
Quar el no pot durar ni sos regartz. 

So fo els lonsors dias, quant intra estatz, 

A un dimartz, quan fo soleils levatz. 

Las companhas s'encontren , don fo pecatz. 

De ferir ni d'ausire no teuo patz. 

.M. en viratz chaer, que adens, que blatz, 

Que an perdut pe o pong o cap trencat , 

Tan vermeil gonfaino essanglentat, 

Pels cors dels chavalers menut passatz, 

E .c. M. cavals tant esserratz, 

Non es om que i tenda ni ma ni bratz ; 

Quarnegusno i potviuremas quan Diuplatz. 

,G. venc per Testorn totz airatz, 

.XX. n'ac mortz de sasmas i afolatz, 

Que la chara e lo vis Ih'en es cangatz ; 



DE ROSSILLON. l45 

E es de mal talan cambaterratz, 
E fìchera sa senha emieh us pratz ; 
E escridet als seus : « Era lor datz, 
Firetz i aucietz e detrenchatz ; 
E se cocha vos es , a mi tornatz , 
Quar ieu no me movrai , aquo sapchatz , 
Tro que sia pres o mortz o alenatz, 
.K. sera reis o abaissatz. » 
E ditz .F. al comte : « Am mi restatz. » 
E .F. respondet cum om membratz : 
i< Totz temps fust íbls e fels e forcenatz , 
E fo grans dols al segle quar tu fust natz; 
E nofosjesalmorna,mor, granspecatz : 
Per tu es abaissada crestiandatz. 
A fels ! no ves los teus tant espanchatz , 
Plus de .vij. M. n'i a morlz e nafratz ? 
E pero si Is avem ben resausatz, 
Que .K. n'a perdutz dels seus assatz. 
Mas lo reis es tos senher enpoestatz : 
E'l miei luc de sa terra nos a trobatz , 
E creisso-lhi siei ome davas totz latz , 
En sol una logada errecobratz. 
Huimai no i auretz onta, se vos n'anatz. 
Senhor franc chavaler, quar Jh'o lauzatz. 
Se avetz parens ni fraires, si'Js enJevatz 
E tot Jo petit pas Jos enportatz ; 
E ieu irai dereires e don Dalmatz, 
• G. e Bos am nos e gariscatz. 
E si re i perdetz, mi o demandatz. » 
Quan .G. gurp l'estorn, fetz o forsatz, 
El no fo anc pJen pe pui encausatz, 
E no Ih'auza om dire de maire natz. 
Facha i fos avolesa ni malvastatz, 
Mas el camp resta .K. e sosbarnatz. 

10 



1/Í6 GÉRARD 

.K. lesta lo reis eu la batalha, 

Vit tan donzel iazer sotz sa ventalha : 

Als vieus dara, so ditz, assatz batalha. 

Delsmortz uo sab pessar que plus lor valha; 

Mas chascun son sarciu a cel que talha 

Dara .c. sols del seu, ses re que 'lh falha. 

Se ditz .i. abas bretz de Sonoalha : 

<í Ja Dieus. no ra do relieu de ta toaìha ! » 

E '1 reis Ihi dona un fieu, son gan Ih'enbaila. 

Lhi bisbe e Ihi abat, nostre doctor, 
Fassan .i. cimiteri en Dieu amor. 
Aquelh que i so mort, Ihi nostre e 'lh lor, 
Cascus de lor es mortz per so senhor. 
Era o an autreiat tuh Ihi melhor. 
.M. marxsen det .i. abas a son prior, 
D'aqui donc so loiat Ihi talhador 
Tan cum seran essems gueregador. , 

.G. s'en es anatz, .K. rema , 

E jac la nuh el camp tro lendema. 

D'aqui s'en vai areires la cit tan pla. 

So ditz lo reis als seus : « D'aquo m'en va. 

Qui aura gran aver ni aur en pla, 

Bon chaval arabit ni castela, 

Tot lo cove passar sai per ma ma . 

Qui aura cor ardit ni segura, 

No trobara e mi ponh de vila ; 

Ans serai de donar lo sobira. » 

Mentre qu'el reis mante aisi lo do, 
Vec-lhi denan vengut le comte Aimo. 
« Senher de pres n'avetz auiatz qui so : 
Senebrus de Bordels, lo filh Oo, 



DE ROSSILLON. l^; 

E Gile lo cosen, Ihui e Neblo. » 

Per so lo reis Ihi ditz : (.< Molt me sab bo. 

So son miei enamic Ihi plus felo. 

Tro a breu jorn auran tal guerdo, 

Jamais no causaran us espero. 

Senher uo o potz far ses mespreiso , 

Ans deves-vos auzir sempres cum fo. 

Cum ilh s'en repairavo en lor reio, 

Nos lor mesem agah en Clarento, 

Nostre ome de Borgoges e de Borbo ; 

E quan foren issit au plan gasco, 

Salimes-nos detras en un cambo. 

Anc negus non estors, neis Ihi cusso, 

Ni mas que Senebrus e Corbaro. 

Venguimes los Sechan dins Corbero , 

Aculhit-los dons Aimes, dins sa maisso; 

Anc redre no los volc, si ensi no 

Que negus no i perdesmas reeuso, 

E d'áquo lor fesem ben pleviso. » 

— « ïeu lor darai, ditz .K., d'aital poiso, 

ïotz lo plus rixs dira gueritz en so. » 

E montet aqui eis, mande e somo, 

E pres un parlamen sotz Arlio. 

.K. parla als Gascos per gran lezer. 
Per enginh de donar lo seu aver, 
Los a si conquesutz ab so servir, 
Cascus Ihi ret e ilh Ihivra lo seu maner. 
.K. los vai garnir ab gran poder, 
Messaígen'ac .G. tro au .v. ser. 
Lo coms sotz Rossilho en Belvezer 
Fai Gilbert e .F. latz sisezer. 
E .B. e Bûso e Maneser 
De lor armas portar son tenh e ner, 



l48 GÉRARD 

Que foro repairat de Sanh-Sever, 

Castel del rei au'an fah a forsa arder ; 

E paraulo de ^erra far e sofrir. 

Ab tan veus lo mcssatge que lor ditz ver, 

Qu'el reis Ihi vol Gasconha tota toler, 

Que Ihi baro li fan tot son plazer. 

« Batalha u'er, ditz Bos, ieu la u'esper.» 

— «Vos en auretz, ditz .F., trastot lezer, 
Quar vos i gazanhes tan l'autre ser 

Que non degratz jes guerra a lort mover.)) 

En aprop paraulet lo coms .B. 
Jovencels fo e fìer, grans e galhartz : 
« Fraire, si me creetz, vos e .G., 
Non repassara .K. losponsdels Gartz, 
Tro farem de castels en Fransa issartz. )) 

— «D'aquocuical, ditz .F., seuns I'enartz? 
Quar el nos tol dels nostres las melhors 

[partz, 
De sai davas Proensa vos treis regartz. 
Tans i a Coteros e vers trafartz, 
No nos es remasut del milhs lo quartz. » 

— Per Dieu! so ditz Gilbertz de Senesgartz, 
Janon er cofundutzlo reis gaigartz, 

Si no'I fer colbs de lansa, espaza o dartz. 
No m poiria chaler cals fos la artz, 
Ab que l'agues auzit uns escobartz. » 

— « leul'ausiraimanes », so ditz Folcartz. 

« Anc no vi re, ditz Bos, que tan me tartz. » 

.F. quant o auzit, irasquet sei : 
« Gran feunia dizetz, ora vos crei ; 
Ja no vulh c'om digua que mi deslei. 

— « leuno vulh, ditz .G., ni no'l autrei ; 



DE ROSSILLON. 1^9 

Mas drehs es e costuma que fols folei, 

E qui cre son cosselh que asordei. 

Bels nebs, per amor Dieu cosselhatz-mei. )> 

— (fCosseil no isai, ditz .F., ni no l'i vei. 

Tan couose a felo .K. lo rei, 

Ja lo seus enamics no Ihi mercei. 

E pero si es bo que om si plaidei. 

(( Per Dieu! so Ihi ditz .F., moltmidesples, 
Quan le donei cosselh, no m'en crees. 
Qui non garda de long, mal a de pres. 
Tan sai lo rei .K. vas nos engres, 
Ja non tenria plah qu'om Ihi jutges. 
Pero si fora bes qu'om Ih'o mandes, 
Per un pro chavalcr qui lo trobes, 
Que de la traisio vos razones. 

(( Pregatz e comandatz a don Bego 

(Que non i sai melhor ni nulh tan bo. 

Siei melhor paren so en sa maiso) 

Port-vos aquest messatge au rei Karlo, 

Qu'ieu Ihi darai Valbru contra Dijo.» 

— ((JapuisDieus,soditzBec, benom'eu do, 

Quant ieu penrai de vos per so nulh do ! 

Mas ieu lai m'en iraial Caisonjo, 

E chava[l]ga apres rai e liei baro. 

Si '1 rei no vol ton dreh e digua no, 

Abans que iesca fors de ta reio, 

L'hen aurem redut tot lo gaerdo ; 

E si om lai te repta de traisio, 

leii defendrai ton cors e don .F. 

E'ls autres, for Folchier e don Boso 

E Segai lo vescomte de Besanço. 

E en aques[t] metrei tal ocaisso, 



l5o GÉRARD 

No lor remest recieut, lor ni maio, 
Tro que det comiat a don Airao, 
Audefrei son cosi e don Uguo, 
Qu'elh te meiro agah sot Avalo. 
leu i fui i vi e blasmiei o. 
Non causara vas rai uns espero , 
Que lo reis no fezes tal mespreiso 
Abans quVl traraezes a te Peiro. » 
— « Cosi, so ditz .G., aisi curafo.» 
Era fan breu cosselh e cort serrao. 
Monta Bec el chaval corren, gasco, 
E mena un escudier cortes e bo. 
.G. traraet raessatges tot enviro, 
Que venhan Lohorenc e Bergonho, 
E passen a Nivers i a Chalo. 
E jagro-se eìs pratzde Val-Muso. 
Ab .K. an fi facha toh Ihi Gasco. 
El no sojornet gaires en lor reio, 
Gironda lor traversa, Nac e Dordo, 
Fai tendre en la riviera son pavalho ; 
E '1 reis jac sobre un pali de cisclato. 
E esgardet cura passen Ihi donzelo, 
E paraula ab Tebcrt de Valbeto 
I ab Gasce, cel comte, i ab Ugo. 
Ab tan Begues dissen, que lor despo 
Lo messatge .G. e don .F. 

Lai on Begues dissen delsplus presans, 
Fo de seit reseubutz sos muls fenans ; 
Intret els pavalhos, entre 'Is dos pans. 
Chavalers fo furmitz i assatz grans, 
E fo arditz per armas e ben parlans. 
E .K. Tapelet, e trais sos gans : 
« Sai vos ren vostra honor e quatre tans 



DE ROSSILLON. l5l 

De la mia molher mainon balaiis.» 

— « De tos melhors pareiis sai en as tans , 

Ja notdeus conortar que t sia dans.» 

— (( Senher, esta razos que vos aport 
Non es descovinens, mas de conort. 

Tos bar mal no te fassa ni nos Ihui tort » 

— (( Ja non parletz, don Bec, per aital sort. 

Ab .G. ni als seus ja me conort, 

Tro sian cofundut tuh Ihi pìus fort ; 

Ja n'amarai lo comte, si no '1 vei mort.» 

— (( Senher, quals pros vos er, si aucizetz 
En vostra colpa un comte que es de pretz ? 
Abans i auretz onta, si lo perdetz ; 

Qu'el coms es pros e rixs, aquo sabetz, 
E pot vos mai valer qu'elh melhor detz 
No fan de totz aquels que vos avetz. « 

— ((Don Bec, sa grans valor es malvastatz, 

E sa riqueza dans e paubredatz. 

.G. M. m'a mortz i afolatz, 

Mos regnes cofundutz i aermatz, 

E per si m'en soi [-ieii] un pauc venjatz. 

De tals .c. M. omes de sos chazatz 

Gui el a fah grans ontas, quan fo els pratz. 

leu soi que los retenh e do assatz , 

E tenrai a onor totz, si Dieu platz. )> 

— ((Aquoes tortz, ditz Bec, e granspechatz; 

Qu'el coms non es de re vas vos dampnatz, 

Per que n'aia forfah sas eretatz. » 

— (( E tu d'aquo, don Bec, que me diras ? 
Aque se mes .G. el luc Judas, 

Manget e bec am mi i ab mos enabs , 



l52 GÉRARD 

Lo jorn aucis Terric cum Satanas : 

leu lo '1 vendrai molt char, si que 'lveiras. 

Un pauc l'ai ja se* aigua tordut* eras, 

De dos .cc. M. Tai mes de tras, 

Qu'el non a de Gasconha castel ni mas. » 

Don Bec si avancet per mielhs respondre : 

(-<■ Senher, ansque'lfetsetzde drehsomondre, 
Fezes sazir son fieu e pendre e tondre, 
Sas ciptatz puis arder, sos castels fundre ; 
Mas no'l podet[z] a breuta leu cofundre 
Que ja '1 veiatz de guerranulh jorn rescondre, 
Quar anc no vistes un tal duc a tondre. » 

— (c Ja non auran tan dur cors ni cairam, 
El ni Bos ni Folchiers, Ihi Irei Satan, 

Si m pus de lor aizir, no lor do dan ; 

Pero solia-om dir paren iram. 

Nos oc, so m'es avis,del ling Adam. 

Si'n podia un tener en mo Ihiam , 

Faria-lo parer cum fort lairan ; 

No 'Jh valria aurs cuhs son pes d'aram. » 

— « Senher, non o fassatz, so respon Begue. 
Lo coms .G. es pies que dreh vos segua. 
Prenelz-Io, sivosplatz, mentrevospregua.» 

— « Quanme trai,ditz .K.,si me tenegua. 
Pui [s] ditz que fara dreh, son gan en plegua. 
No 'lh darai per re dimiei joru tregua, 

No 'lh laissarai d'onor sol una legua. )) 
— «Proiauran,ditzBec,morgueometgue.)) 

Adonc parlet Gautiers de Sanh-Romer : 
« Una re vos dirai, ditz-el, don Bec. 

i Lisez tondul. 



DE ROSSILLON. l53 

Pos que .G. pres guerra, de re no crec, 
Qu'elfetz, rautr'ier, batalha que far non dec» 
Combatet-se ab K. en un pla sec , 
Be i estet lo jorn tan cum Ihi lec. 
Sos escutz fontraucatz, s'asta i frec; 
Mas ja no m do Dieus part d'aital issec 
Col coms e sa mainada el camp retec. » 

— «E vos, so respon Bec, que fezes donc? 
Vos no i fezos lo jorn gaire encaus lonc, 
Ni no i fcris manes ni en estonc, 

Ni no i prezes aver ìo pretz d'un jonc, 
Mas que vos eu tornes iratz e bronc. )) 

Er parlet Audefreis que ten Maanta : 

« Vos n'i laisses de mortz .M. e seisanta. 

Lo jorn cornet molt bas vostra olifanta. 

La traisio .0. don a fah tanta, 

Dieus cofunda vaissel on tals vi s planta ! )> 

— « Si nos ploram , ditz Bec , lo quals en 

[canta ? 
Er s'en traia enan cel que s'en vanta. )> 

Begues aut Audefrei que si estrucha, 
Que apela .G. vil foìa ruscha, 
Cum s'il era vassals ples de gran ruscha : 
(( Vos non avetz castel tan aut en tuscha, 
Si 'I coms i es tres jorns, que al quart no cru- 
Cui el íier escrevanta o s'asta frusche* .[cha. 
Si '1 reis lo part de se e de sa lucha, 
Ancmais de son ostal n'ostet tal buscha. 

((.G. n'esfels ni felos, tracherni mois, 
Mas arditz e leials, durs coma bois ; 

1 Lisez fruscha. 



i54 Gérard 

Ans que agues pel de gren ni barba en tois, 

Ac conqueza la terra de mar au fois. 

Anc no vi tan riûome, si no '1 engois. 

Si batalha voletz, tal lo conoís 

Tro a breu jorn veiretz d'astas tal frois. » 

— « Meuser Jo camps, ditz .K., etoh Ihitrois. 

leu serai blanc armatz, qui que m conois. 

(( Trobat vos ai el camp, don Bec, molt prus: 

leu proarai .G., si en camp lo trus ; 

Per lui fo a Paris bastis lo jucs , 

E mes en la quintana l'escutz estrus ; 

E mortz lo ducs Terris, don fo gran dols. 

A Segui a mestier .i. loncs sa[r]queus, 

I al lairo Folchieruns festuxs neus. 

Janulhs om no 'ls guerra, qu'eu no 'Is en treus . 

Damidrieu vos en jur e 'Is sanhs d'Ângieus, 

el;se humiliet entre los sieus, 

A me no laissara feus ni aleus, 

A lui no remanra vilas ni buos. 

Dreh mi fassa .G., plus no Ihi reus, 

E no 'lh laissarai tan cum val .i. seus. » 

— (( Senher, dreh vos fara .G. mos sire. 
Vos senher lopenret[z], s'o vos auh dire. » 
— (( leu oc, si '1 cors Boso mi ret e lire ; 
E pui Ihi proarai que es mos traire. 
E proiei 1' autre jorn, al prim cossire, 
Qu'el no s'en pot tornar ni escundire 
No fezes del Terric felo martire, 
Qu'el fetz en traicio cum fel aucire. » 
E don Bec, quan l'auzit, si s'en aira. 

(( Don [vos] tote * jorn dijatz tracher mo sein- 
I Lisez tot. [dre ; 



DE ROSSILLON. 1 55 

Mas ors'en tragua enaii cel querenfrendre: 

S'ieu no lo puis salvar hui e defendre , 

Donc er lo coms proatz e me fai pendre. » 

Ab tan viro Peiro al trap dissendre : 

« Senher, esta razo mi fai entendre ; 

Quar si don Bec es grans, ieuno soi mendre; 

E si batalha vol, be Ja 'lh pus rendre. » 

— «Que pros faras, ditz Bec, si me entens, 

E que foìs de batalha, si a tort la prens. 

So soi pres a mostrar, e combatens 

(leu ai chaval moltbo e garniraens, 

si tu vas a pe coma sirvens) 

Quan Terrics fo els pratz mortz e sanglens, 

Que .G. no'l parlet ni fo cossens, 

Ni am lui non fo pres nuls parlamens. » 

— « No soi per so, ditz Peires, mos esciens ; 

Ja per mi non er dihs fals sagramens. » 

E .K. Ihi a dih : « Don Bec, tu mens. 

De la mort de Terric fon-el jauzens, 

E la parlet e volc e fo cossens, 

E parti de ma cort cum mescreens, 

Que non pres comiat, el ni sa gens. 

Puis tenc aqui mezeis mos malfazens, 

E lor donet resieut a Sanh-FIorens, 

Qu'es sos casteìs dominis en chazamens. 

Lai s'en anet Folchiers e mos argens. 

.G. trames Peiro, tos oils vezens; 

Cel [li] fetz de mos clams escarnimens. » 

— « Aquo es vers, ditz Peires, re no i mens; 

leu proarai .G., si tu 'I defens.» 

— « La razos vai, ditz Bec, en autres scns. 

Eras auiatz lo íi e lo comens, 

E puis gardatz que sia drehs jutgamens ; 

Que se ieu en so vencutz e recreens, 



456 Gérard 

Fels sia al reis e tu, si no mi pens.» 

— « No i venseras, ditz .K., ni seras vens, 
Si '1 coms non es Çroatz e conoiscens. 

A temps i pot venir totz lo plus lens. 
Lai on veiras jostar .M. e .vii. c, 
Auras assatz batalha si tan la atcns. » 

— « Senher, so Ihi ditz Bec, lah es de rei 
Que a son baro fai tort e no 'lh fai drei. 
.G. no ven a cort e ditz per quei. 

So non potz escundir ni om per tei, 

Non desses comiat don Audefrei, 

Aimo i Aimeric que aisi vei, 

Que Ihi messen agah sotz Mont-Erbei. 

leu i fui i vi e blasmei tei ; 

E pero si vos quier lo coms mercei, 

Que Jhi rendatz sa honor e prenjatz drei. » 

— « Begue, so ditz lo reis, tol-te de mei, 
Qu el messatge .G. ni Ihui non crei; 

E man-lhi be, per te, mor no 1 me vei, 
Que ieu lo farai pendre per sanh Romei. » 

Begues au de .K. que no '1 cossen 

Que non auia .G. Ihui ni sa gen; 

El respondet tres motz iradamen : 

« Quan Jhi bastis agah, vostre escien, 

Que no Jh' aviatz fah desfiamen ; 

Puis sazistes son fieu, prumieramen 

Qu'eJ mandassetz a pJah ni a parJamen. » 

E .K. fo iralz de maltaJen, 

E juret Damidrieu omnipoten : 

« Si sai non aguissatz tan ric paren, 

MaJa vos fos issit fora Ja deu. 

Cel non es mos amics que te cossen.» 



DE ROSSILLON. iSj 

Albertz e siei amic lai van pongeii, 
E gieta-lo del camp fors espengen: 
Per o 30 siei amic e bevolen. 
Monta Bec el chaval, coraiat pren, 
E .B. \o suidet cum son paren. 



pai 



Lai on Begues se part del comte Albert, 

La nuh a albergat en un desert , 

A un sanh ermita, a un covert; 

E d'aqui a .G. son don que sert, 

E lo coms Ihi demanda que tan profert : 

« Molt trobai felo .K., de mal assert. 

No t laira onor mais, trop a sofert.» 

— « Ans n'aura, ditz .G., lo cap ubert, 

No 'Jh valra tan negus cum de sai pert. 

íeu e Ihi meu Ih'an fah ample desert. 

D'aisi en Looregne a Sanh-Lambert 

No pot trobar fìeus franc ni nulh cubert. » 

Ab tan vec-vos .F. e don Gilbert. 

Bos e .F. e Gilbertz van al cosseilh, 
E demanden : « Que ditz .K. lo fel ?)) 

— « Ja non er be ab vos, ni vos ab el, 
Si no 'lh retz Rossilho per lo torrel. )) 

— «Ans, ditz .G., n'aura lo cap vermeiL» 

— « Anc no vistes mais rei de tal orguelh ; 
Que se iravatz unjorn a son arteilh, 

No us dcnharia sol guinhar al lo silh. 
E per pauc no me pres per lo cabeilh, 
Quan me guidet Albertz cil sonparen. 
No i aia de cascu, mas s'aparelh, 
Qu'el reis jaira anuh sotz Mon-Aurel. 
Dissabde Esvial engal soleilh. 



l58 GÉRARD 

« K\ partir de mi fetz irat carah, 
Quant ieu Ihi repropchiei aicel agah, 
E volgui m'en combatre que no '1 as trah ; 
Mas una re me dis, don estai lah : 
Auzen totz, s'es vanatz, e m'a retrah, 
Totz lo milhs de ta gen a lui s'en vah 
Per lo mal e per Tonta que lor as fah. 

« Cuiatz de chavalier que non pais fort, 
Cui sos senher fai mal e mena tort, 
Que no vuilha son dan o neis la mort? 
Per tan perdetz la terra tro a Dunort. 
Des Aurencha la ciut entro al port 
No us laissara , so ditz, qui vos conort. 
Vos non avetz chastel, que pretz un ort ; 
Tot vos fara faidieu, so troba en sort. » 

— c<Per mon cap, so ditz .F., aiso sai-ieu 
Per aitan van .G. bausan Ihi sieu, 

Tan cum pot lor ditz mal e tol lor fieu ; 
Pos fan tort a mon ome e dreh Ihi vieu, 
Aqui meis ai forfah honor a Dieu. » 
E .G. sospiret e fo-lhi greu, 
E viret s'autra part sus son estrieu. 

« .F., so ditz .G., ieu no isai al. 
Dieu en trai a guiren l'esperital, 
E vos siatz ostatge e miei captal, 
Que jamais no fariei mon ome mal. » 

— « Si aguisset, ditz . F . , fah atretal, 
Era a passatz .v. [ans] aquest Nadal, 
Ongan ne cridero tuh Ihi reial.)) 

.F. es vengutz als seus, broca '1 chaval : 
« Senhor, garnissetz-vos d'estorn cabal. 
Lo coms .6. vos manda, razaleial : 



DE ROSSILLON. iSq 

Vos non es jes Gasco ni Proensal , 
Masbaro bergonho, seunatural. 

« Lo coms .G. vos manda a totz, senhors, 
Jamais no us fara tort ni desonors, 
A corate ni a domeni ni a varvassor, 
E ieu so-en ostages al plus menor.» 
E responden Ihi princep e Ihi comtor : 
«No Ihi coven aver de nos paor.)) 
Er chavalja .G. ab gran baudor, 
Messatge n'ac lo reis al autre jorn. 

A .K. an Gasco comiat querit, 

Peitavi e Breto s'en so partit ; 

E per no remas tant escarit , 

No sian .XXX. M. vassal elit. 

A tan veus lo messatge que .G. vit. 

Lo reis mandet sos omes, si lor a dit, 

E tramet per totz cels qu'en son partit , 

E pel duc de Peitiers que el los guit. 

Doi comte son de Fost al rei issit. 

Lor sors fo la molhers al duc Terric. 

L'un clamet Aimeric, l'autre Aenri, 

E lor nebot Ihi filh que Bos deli. 

E pogen en l'a^n] garda, sobre unlaric; 

E viren cum .G. sa gen partic, 

E cum fetz sas eschalas e los devi. 

.K. ieis des alberges, e seu noirit. 

Cel qu'a tendut son trap, pauc non desfic. 

Enqua nuh i jairem segur e ric. 

So comandet lo reis a sos baros, 

No i fos destendutz traps ni pavalhos : 

u Aisi siatz segurcum en maissos, 



l6o GÉRARD 

Qu'ieii n'ai trames de er tres companhos, 

Per lo duc de Peitiers c per los sos; 

E vendra Guinars e Salamos , 

Âb trastotz los Normans e los Bretos. )) 

Ab tan viro parer los Bergonhos. 

Las angardas perpredo aus gonfainos ; 

E fo ab los priraiers Begerbados, 

Folchiers i Ageneis,cui fo Chalos. 

Frances corren als armas perplas cambos, 

E gurpen los mantels e 'ls peìissos, 

E monten els chavals baise gascos. 

A deveir las escalas fo la tensos , 

Lo quals ferra primiers de lor baros. 

Aimes i Aimeris i Aimcnos 

Iran ferir primicr ab M. dels bos. 

De long se son chauzit, qu'el vals fo lonxs. 

Lhichavalier membrat fan orazo. 

Al justars dels primiers fon bruhs e sos, 

De lansas e d'escutz tals la tensos 

Qu'elcamps n'es totz jonchatz de purs lotros. 

La batalha comensa en quatre partz. 
CeV eschala on Gilbertz joig e G. 
Guida Gaces vescoms, Lgue e Bernartz ; 
L'autra on es Ageneis, Bec e Folcartz, 
Gautiers la guida e Peires, sos fils galhartz . 
Ala .K. vaiBos, .F. e .B. 
Lai no fo soanatz Gasc ni Lombartz 
Ni culvertz, se el ies, ni om bastartz. 
La batalha comensa lonc l'aigua, al port. 
No i ac gardat mezura, agur ni sort ; 
Tot an mesclat essemps lo dreh e 'I tort. 
Non creatz de ferir que uns s'en deport, 
Quen tolz enginhss'envancerchan la mort. 



DE ROSSILLON. l6l 

Ceilh que tegro lo carap, tuh Ihi plus foit, 
No i gazauhero tan que .i. se conort; 
Quar non i a ta savi gran dol no'n port. 

Lo pratz ac nom Sivax, la Veiana 

La riviera Ibn genta, la terra plana. 

Lo sols fon chautz e mai, la meriana. 

Lai viratz tan donzel , cascus s'afana 

De ferir e d'aucire, no d'autra ufana. 

-M. en viratz jazer ab color vana ; 

Lo plus vilhs n'a .xxx. ans ni pel enquana. 

Aqui fo remenbrada ben la quiutana 

E Ìa mortz als dos filhs Terric d'Asquana ; 

Per que la ira reforsa e lo mals grana. 

Veus per lo camp Bego de Val-Olei ; 
Vai deraandan Peiro de Mon-Rabei^ 
E Pcires Ihi respon : « Assatz vos vei. n 
E brochen los chavals e fero sei, 
No i ac ta fort escut totz no pecei. 
Dels ausbercs so falsat Ihi .iiii. plei, 
Ambedui se deroquen en un caumei ; 
E se Begue muri, so plac al rei. 
Peiro en jac .v. ans en un lieh quei , 
No montet en chaval ni jutget lei. 

Quan Gautiers vi chaer Peiro so filh, 
S'en son cor Ihi pezetno m meravilh. 
Fer Bego contra terra, sotz lo penilh, 
Que sa lansa Fhen feira d'oltra parer. 
Agenes venc poinhant, Folchiers e il; 
E van ferir Gautier Ihi dui donzel , 
Totlhi trenquen denan l'escut vermeilh. 
Escrevantet*, lo mort en un sedil. 

1 Lisez escrevanten. 

11 



í62 GÉRARD 

Ancpuis no remontet Begue ni el. 

Per aqui son passat dui seu guerier, 

Cassat de Mon-Rabei e Estachier ; 

TroLen nasfrat Peiro e mort Gautier 

Lor senhor natural, van lo vengier; 

De ìa preissa lo trao tot tenh e nier, 

Puis tornero areires irat e fier 

« Esta mainada a morta mos dons Folchiers, 

Mas aisi l'an compral puis al derier, 

Que anc non estorsen .xx. sa ni entier. » 

E .F. ac vassal pro e oneste, 

E conoc la batalha, causi lo tertre , 

E laisset la dejos sutz latz senestre, 

E correc los ferir sobr'el latz destre . 

Tal crois fan e tal so coma tempeste . 

Lai virat tan donzel de fracha gesta 

Partir de son chaval e bruc e testa, 

Que .i. non recep cosseil de ma de prestre. 

I)el senhoril barnat que mortz lai resta , 

Son deserlas las salas quan venc a festa. 

Aenrics venc cridan : « Vaïuc ! Valuc ! )> 

Cui el fier de sa lansa, anc puis uos viuc. 

Clama .G. trachor e malastruc : 

(f Mala vistesla mort Terric, fal duc. » 

• F. lo vai ferir quan lo conuc , 

Tot Ihi trencha rausberc, lo pihtz e U brucs; 

E no se te ta fort mort no '1 trasbuc. 

« Mais hui laissatz estar .G. lo duc. » 

Estabatalha fo un lus mandada , 

Que Ihi vassal s'encontren en una prada : 

Lai viratz tan donzel golabadada, 



DE ROSSILLON. l63 

E tan riche baro mort en Testrada . 
A mal jorn comenset e fo pessada 
Esta guerra maldicha, de Dieu irada ; 
Quar Fransa e Bergonha n'es aveuvada. 
Ai Dieus ! qual dol i ac de la mainada 
De .K. ede .G. que sfo jurada 
A far dampnatge gran de mort presada ! 
Lo voluntatz es grans , no de Dieu dada, 
De movre gran trebailh sus le balada. 
Tan lai espan de sanc per lor corada, 
Sanglenta en vai Viana una leguada. 



•»* 



Esta batalha fo un lus d'estat, 

E duret tro la nuh, tan son irat. 

Landris i Auberis son encontrat, 

Ferit, escrevantat, a mort nafrat. 

S'ieu nomnava totz cels que i ont justat, 

E comtava cascu cum se combat , 

No us auria lo mati dih la meitat. 

Bos e .F. e .B fan grans essartz, 

E no so que .vij. M. ab els d'armatz , 

Si an .K. ab .x. M. del camp gitatz; 

Mas abans que ilh los aian tan reusatz 

Cum uns arquiers trairia , ni enchausatz, 

En resta morta el camp la una meitatz , 

E Ihi F. so molt aclariatz. 

Donc ac .K. paor e esviratz, 

Quantrei .M. Alaman, estiers songratz, 

Be clamen a un cor que ac recelatz ; 

E silh venen estreh e tuh serratz, 

E troben la batalha cum son mesclatz , 

Cum [se] son departit e derengat. 

Cil que venen serat los an traucatz, 

E si s'en so per forsa oltra passatz» 



l64 GÉRARD 

Alamanh van cridan lor quiries 
Folchiers los vai ferir i Ageneis , 
E no so que .iii.«M. e .xxx. e .iii. 
Mas autrctan de gen si be no fetz, 
Que per .M. e .vii. c. oltra se mes. 
Al autretorn d'aques negus non es. 
D'aquest camp fon tot jorn a .G. bes. 

Ageneis vai poinánt sus Branderoc, 

So brun chaval moven que ac de Maroc. 

No vis un chavalier si trenc ni troc, 

El no cosser se lui mort no '1 deroc. 

Ac gonfaino vermeil que portet croc. 

Lai on fo escrevantatz, peca-lhi poc. 

Nuls no lo vi de sus, sus lui no broc. 

No Ihi val sosausbercs un pau de foc. [moc. 

Tantas Ihi son donadas , que anc puis no s 

Quan Folchier vit los seus tuh son derot , 

E l'Ageneis murir que ac pres Talbot, 

E Audefrei venir que dihs lah mot : 

(( A la fe! don Folchier, no us pretz ni usdot. 

ïeu proarai .G. a trachor tot. » 

E Folchicrs Ihi respon : (c Mentetz-i , glot ; 

E ieu son om .G., au comte prot; 

E fauc i malvastat, que tan Tescout. )> 

Folchier fer Audefrei en l'ausberc blanc , 
Que tot loh fetz vermeilh e tenh de sanc ; 
E trenchet-lhi lo cor, lofetgue e'J flanc, 
E ditz : (( Queretz preveire que vos estanc. 
Lo parlar del trair no vistes anc. 
leu en defen .G.., lo comte franc. » 



DE ROSSILLON. l65 

Aimes venc apoinan i Aimeris, 
E "viro cum Folchicrs lor fraire aucis. 
Casciis s'en vai claman : «Dolen, caitis! 
Hui Audefrei, coms fraire e cars amis, 
Se sel que vos a mort s'en torna vis , 
Ja Dieus no nos ajut ni sanhs Danis. » 
Aimeris fer Folchier en Tescut bis , 
Que la lansa e la senha oltra Ihi mes; 
Aimes de sa 'spaza emiei lo vis; 
E trencha-lhi la chara e la cervis , 
Escrev[a]ntet-lo mort en uns consis. 
Aquo fo dols e dans del pro marques , 
Mielher vassal no i resta ni tan pervis. 

Ui, .G., coms amic, qual amic pertzl 

Bos e .B. lo troben jazen evers , 

E d'autra part Landris que tenc Nivers : 

(( Fraire Bos, ditz .B., quar lo requers. » 

Van ferir Aimeric e blison pers ; 

Re no 'lh val sos escutz ni sos ausbercs. 

De lor lansas Ihi passo oltra los fers , 

E trenchen-lhi lo cors , la chara e 'ls ners ; 

Escrevanteu-lo mor en uns desers. 

Bos ditz un repropchier que molt fo fers ; 

Lo repropchier Ih 'en rettal cum desers. 

Quan li agron ferit Bos e . B . , 
Si venc apongnan .F. e '1 coms Alchartz 
E dons Gilbertz, lo coms de Senesgartz , 
E de lai venc lo reis e 'l ducs Bernartz, 
Gasces, vescomsde Drues, e Oielartz. 
Aus de reires escalas la gens s'espartz. 
Non estors miga sas, so cuh, lo quartz. 
A .K. fo lo dans, l'ira e l'issartz. 



l66 GÉRARD 

Sa seinha es caeguda e l'esta^njdartz, 
Sos dragos e s6s Iraps penhs a Ihaupartz. 
Si los van esserchan cum fes essartz , 
Quan Ihi venc apoinan bibes Boscartz , 
(Jns clergues malaectes, de malas artz, 
Qiie fo parens al rei , fraire bastartz; 
E a Ihi escridat : « On iras , gartz ? 
Vers la ciut de Peitiers vulh que regartz. 
Chavalers e chivals ros e Ihiartz 
I potz vezer venir demoltas partz. 
Totz es vencutz .G., lo felscoartz, 
Que t'a tos omes mortz , tos castels ars. « 
E Bos ditz, quan Tauzit : « Tu i mens , 
Ab tan sorzo Ihilor peruns issartz, [gartz.» 
Lo duxs Gui de Peitiers e Guinarmartz, 
Uns bar de Normandia, vescoms Richartz. 
Era cuh de .G que trop setartz. 
Lai on lo coms encontra lor escobartz ; 
E perdet Bergonhos e pros Lombartz. 
De quals senhors lai pert Monbeliartz, 
Armans, lo duxs de Frisa, e '1 coms Agartz, 
E fo naffratz a mort ìo coms .B.; 
Per o si fo cofes lo coms galhartz , 
E visquet del dissapte tro al dimartz. 

Iratz s'en vai lo reis dels seus detras, 
Quan Ihi venc apoignan !o bisbes Gras 
E a Ihi escridat : « Reis, criaras. 
Gens socors t'es cregutz , er lo veiras. » 
E Bos lo vai ferir aut sobr' ei bras , 
Tan cumi pogratz lansar un re de chas, 
Longet lo cap de brus, tanlprop lohras. 
Pui [s] Ihi pre [s] a cantar son seculas. 
Ab tan sorso Ihi lor plus que lo pas. 



I 



DE ROSSILLON. 167 

.M. en viratz caer per mieh lospratz, 

Que .i. non quer ni demandamas terraojas; 

E .G. se clamet peccaire las : 

<( Que as fah de tos baros , que amenas? 

Mais vulh ab els jazer, per san Tomas ! 

Que elmostier San-Peire dinslo campas. ■» 

E .F. loclamet fel Satanas : 

« Ja i potz jazer mortz, se no t'en vas ; 

E qui per te i resta , ílama i'abras. » 

Âns que vengen Gasco ni Peitavi 
Ni Norman ni Mances ni Angevi , 
Fon totz Jo jorns analz si a decli 
Qu'elh no saubo qiii so lor enami ; 
E pero si an trah restorn a íì. 
.G. s'en es issit e siei cosi , 
E .K. jac el camp tro al mati. 
Lo jorn Ihi so vencut* .xxx. rocí, 
Charjat d'aital aver cum esterli , 
Que om Ihi ret del traut oltramari : 
<(Er en prendetz, ditz .K., Ihi meu amí. 
Ânc n'aconhtet .G. si mal vesi. 
Tolta Ihi ai Gasconha e Caerci , 
Alvernhe e Peiregorc e Lemosi 
E de lai d'Alamanha entro aisi. 
Era aperdut .B. l'autrier Segui. » 
Un pauc a Bos lo Iracher lo cap encli. 

Receubut a .G. gran encombrier, 
E fai un dol lo coms aita plenier. 
Era plora Guinhart e '1 comte Augier, 
Arman , lo duc de Frisa , e Berenguier, 
E B«go , qu'el messatge portet l'autrier^ 

í Lisez vcngtit. 



l68 GÉRARD 

E Landrix de Nivers , son cosselhier, 

E sobre tot .B. e don Folchier. [qiiier; 

« Pcr Dieu ! so Ihi ditz Bos , plorar non 

Quar tuh em-nos noirit d'aital mestier, 

Esenhat i apres i acostumier, 

Que anc non aguem a paren [un] cavalier 

Que moris e maiso ni e solier ; 

Mas en granda batalha, ab freh acier. 

E ieu non vulh portar lo repropchier ; 

Mas d'aquo tenh mon don a plus leugier 

Que mais i a d'els lor mortz a sobrier. » 

Hera s'en Tai .G., mas mort a pou 
De la genta mainada que menar sou. 
•B. lo comte meiro en un sarsou, 
En una paubra gleisa, de sotz un fou , 
En que puis ac de Dieu corona e clou. 
.M. chavalers viratz escut a cou, 
C'us no l'en portaentier, vermeilh niblou. 
Lhi plus clar so malapte e mes en rou. 
Tant es cascus dolens de dol que ou, [lou. 
Non cuh, s'il reis s'en planh, qu^el coms s'en 

Lo coms .G. e ilh s'en van dolen , 
E Ihi baro de .K. restan ploren, 
Quar el camp son aucis Ihi lorparen. 
Ja no i gazanhera lo reis nien, 
Se no fos la honors que fort perpren, 
E per enginh de dar ìo seu argen. 
Ceî que ac fort casîel al rei Jo ren ; 
E quan .G. vi c[um] om lo 'lh defen, 
Toh Jhi faJho siei ome, mout a pougen, 
Mas quan Ihi Bergonho e iJh sou paren. 
Castels vaie ciutatz .G. cercan. 



DE ROSSÌLLON. 169 

No i pot paiica de forsa intrar ni gi'an. 

.K. lor a promes e donat tan , 

Que toh s'en so Ihivrat en son coman. 

Qiiant YÌ lo coms del rei s'il Tai menan , 

Si demandet .F. qual la faran; 

E .F. si perpessa en qual serablan 

Lhi estengua la ira e'l mal talan. 

K Senher, so Ihi ditz .F., d'aiso no us cal. 
Pos Senebrus fo mortz e 'lh seu captai , 
leu non crei e Gasco ni Proensal; 
E pero lai irai e miei vassal. 
Si era en Avinho , dins lo portal, 
Carcasona e Beders, Ties e Geval, 
Cuh avcr conquesut tro a Nadal. » 
Era parten Ihi comte aSanh-Marsal. 

A Sanh-Marsal se parto tuh Ihi baro. 
.G. s'en vai, lo coms, vas Rossilho; 
Ab se menet Gilbert e don Boso. 
.M. chavalers s'en van ab don .F. 
Ans que intres en Procnsa ni en la reio, 
A encontratz messatges de Avinho , 
Que laisero de dins la gen .K. 
Lhi borses l'an redut per traicio, 
La ciptat e lo borc lo donjo, 
Per sa fera justizia e per son do. 
E .F. quant l'auzit, dolens en fo. 
Aqui viro las regnas Ihi Bergonho, 
E no fino d'anar tro a Borbo. 
Ans que lo joms paresca ni sols en tro , 
Mes la ciptal a fuc i a carbo. 
D'aqui vai a Nivers , puis a Borbo. 
Aqui apren tals novas don no 'lh sab bo. 



170 CÉRARD 

A Folque diíz lo bisbcs áe Osteun , 
Que d'un consili mou de Mon-Lauri, 
Qu'el reis tol a .G. Dun e Condun ; 
Valeolor a trait e pres Monbrun. 
Lai n'es analz .G. ab un estrun, 
Quan potmenar de gen, nonlais negu 
Folques ausilas novas, mantenen monta; 
Chavalers de mainada ac .M. percomta, 
E talan queajut .G. aucomta, 
Cum venda al rei son dol e sa ira e s'onta, 

Molt es dolens .G. quan pert son regne , 
Cuiet son dôl venjar, mas plus acreigne. 
Ans se fo combalutzquc .F. venha ; 
Mas non ac la vertut qu'elcamp mantenha. 
Lo coms i fo vencutz mutz de sa senha, 
Dilz no sab mais d'onor per que la tenha, 
Pos Dius no r ama tan que Ih'en sovenha. 
.K. alberja el camp, mover no s denha, 
Efai tendre son trap, far fuc de lenha : 
Janon cuhd'est orgulh que belh'en prenha; 
Abans en er vencutz que espaza senha. 
Non cuietz de .F. qu'el s'en refrenha, 
Tro son dol e sa ira sobr'els estenhá. 

Folques lo coms chavalja aila plena. 

.G. o vai comtar Gui de Ravena. 

.G. quant au las novas, tiret sa frena ; 

Quant vi venir F. per la varena, 

Tot oblidet son dol , e joi demena. 

Nulhs no i menget la nuh ni no i pres ccna, 

Ni chavals, tan ifos cars, un gran d'avena : 

Assatz son costumier de sufrir pena. 

Quaii vi lo coms del jorn la prima estrena, 



DE ROSSILLON. IJl 

Mostret-lor com cobert la niili s'alena. 

Llii joni son lonc e mai, paucas las nuhs. 
De las armas portar lor fa enulis. 
Voluntiers se durmit qui es vahs e vuhs ; 
.M. en jazen per pratz, no sus en puhs. 
.F. los vai ferir au jorn parven , 
• M. en troLet pels plas ses garnimen ; 
Non an d'armar leser, si 'ls sobrepren. 
Bos e Gilbertz los van totz aucien. 
Al rei no so d'armat mas .cccc. 
Ab cels los cor feririradamen, 
Quant a conogut .F. ab sa gran gen 
E vit sotz las essenhas lant ehn luzen , 
N[o] pot mudar lo reis no s'espaven ; 
No i a ta fort caval que tenha alen. 
Lo reis no volgues esse en plus corren. 
Tro que fo el chastel no se aten ; 
E quan fo lai dedins, murs lo defeu ; ' 
E .G. es defors que l'escals pren. 

Lo coms .G. chavalga ab sos nebotz. 
Quan se fo del encals partitz e rotz, 
.C. en trobet tenen a una crotz. 
Lo coms Jos aucis totz ab sos nebotz ; 
No pot mudar vas Ihui Dieus no s corotz : 
Per so tornet de guerra .G. de sotz. 

En un raostier au pla, sotz Valcolor, 
Abat i ac e morgeus e un prior ; 
.M. chavaler lai intren per la paor, 
.G. los ars a fuc i a calor. 
Venjat se fo de .K. l'emperador; 
Gran tort i fetz a Dieu, son redemplor. 



172 GÉRARD 

Ne pot mudar don .F. que adonc no plor : 
(c QueesdcTendfem, ditz-cl, nos pechaor? 
Qui íìeltat no porta lo Redemptor, 
No pot a lonc durar, ses desonor. » 

Escac a pres .G. tan gran cum vol. 

Vai s'en a Rossilho , on tornar sol ; 

E si lo coms ac joi e lo reis dol. 

No laisset chavalers tro a Baiol, 

Ni tezaur en moslier ni sot arvol; 

Tot dona a chavalers quanque a lor tol. 

Puis los met de Ja guerra en tal tribol , 

No pot ome bailir savi ni fol, 

No '1 penda no raucia no rafol. 

Cinc ans an pui[s]te[n]guda aisi la guerra, 
Que anc no s'encontrero en plana terra. 
Soen los vai lo reis ab gran gen querre, 
No 'lh laissa borc ni vila ni samitere; 
Per tans a .G. amics enquere, 
No '1 pot leugieramen lo reis conquere, 
Si en castel no l'enclau no rensere. 

.K. vide .G., no '1 pot trobar 
A plana terra, en camp, si cum sol far ; 
Mandet totas sas gens tro a la mar ; 
No i remas chavalier, ni nulhs rics bar, 
Niborzet*, ni sirvens que pusca anar : 
Tuh van a Rossilho per asetgar. 
Fan alberjas bastir e Iraps dressar, 
E fan albres razir, vinhas trencar ; 
E .G. e li seu s'en van armar, 

1 Lisez borzes. 



DE ROSSILLON. iyS 

E van los estornir e fors Jansar. 

E mai i venc lo reis ab son aplieu, 

E Ib i tro a ]a festa de sanh Romieu; 

No laisaaver en Fransa, bon char ni lieu, 

Ni renda en sa honor, ces ni tolieu , 

Tot no fossa venir aqui ab sieu. 

Ejuret sobr' els sanhs de Sanh-Romieu, 

Non tornara d'eslat ni per la niu , 

Tro Rossilhos er seus, cui que sia grieu. 

Lains ac un portier malaurieu, 

Fals crestia felo, plus d'un Judieu; 

E gardetla una porta que ac en fieu. 

Autra vetz l'an traida, el e Ihi sieu 

Tramet al rei mesatge semblan romieu : 

De Ihui poira la porta aver e '1 brieu, 

E trai so senhor, e perdet Uieu. 

La molher .G. acuna enveiosa 
AnceJa de sa chambra, viJha diosa; 
Pres las claus de Ja chambra, la cobeitosa, 
E det-Jas al portier TavoJs persona. 

Lotracherfo culvertz, veios e cJus. 

La nuhs fo bruna e negra , cJartatz no i lutz. 

Cel issi del castel per un pertus , 

E venc aJ rei, e dihs : « No vos traus ; 

De la tor vos aport la cJau del us. » 

E .K. quan la vit, si s'en estrus ; 

Pres lo comte d'Angieus e cel de CIus : 

L'us ac .M. chavalers , e I'autre plus. 

Auiatz d'aqueJ gloto cum Jos condus : 

II van aita suau que re i no crus, 

Ni paraula ab son par ni grus ni jus, 

Tro los ac ien la tor, el mur desus. 



1^4 GÉRARD 

Quant foro en la tor, crido traitl 
E .G. residet lai un durmit; 
Vi lo castel aríler, i au lo crit. 
Ab lui foro trei comte a escharit, 
D'armas e de chavals se so garnit. 
.G. venc a la porta, si la ubrit; 
Per cosensa Miio, lo duc, n'issit, 
E vi defors en Tost tant elm brunit. 

Qains fan raubador traina e rap , 
No'Ih laissen copa d'aur ni bon enap. 
Duc Mil parla al portier de sotz un sap; 
Sei paren so felo, lo paire e '1 pap. 
E duc Mil al portier trenquet lo cap, 
E ditz : « Castiatz-vos d'aisi lah gap. » 

A miega nuh, abans que cant lo cols, 
Fo Rossilhos traitz, que era ab murs clos. 
Escudiei van cercan croptas e cros, 
Meiro Jo fuc el borc cubert deros. 
Dels lardels a dels blatz salh crox ecros, 
Dels clochiers art lo fust e cha lo clos. 
A son ostal se jatz lo rics coms Bos, 
Fai sobre si fermar postis e pos. 
Aqui eis s'en armet ab cen dels sos. 
Quan fo en bon chaval de sobr' el dos, 
No i soana ferir deliat ni gros; 
Mielher vassals no fo de carn ni d'os. 

Lo fucs e '1 vens e '1 critz fan tal remota , 
Que anc non auzis moior e nulha nota. 
Escudier e sirven, gens garsa e glota, 
No i laissen a raubar autar ni crota. 
Don Bos los vai ferir e miei la rota , 



BE ROSSILLON. tjS 

Auci e escrevanta cum fust en Lota. 
Cui el cossec a colb, pui [s] no ugota. 
Lai fetz lo coms orgulh e eausa estota. 
Lo coms .G. s'en ies per una porta : 
Dola de sa molber, quar no la'nporta; 
Edon Bos laissa'l autre tanta gen morta. 
Lhi vila yan cridao tuh : « La redorta ! » 
Don Bos los vai ferir sencha retorta ; 
E no cuietz del comte qu'el se resorta, 
Tro que vi la mainada del rei plus forta. 

Don Bos los vai ferir, quan los conois ; 
El na fer chavalier, que totz no frois ; 
Vint n'i a mortz laissatz que mois que lois. 
Las maios e 'lh solier giten tal crois 
Que ancmais no vistes foc que si engois, 
Si Bos mai lai estai, fara que mois ; 
Sa 'spaza es peciada e s'asta i crois, 
Totz era ples de sanc e de camois. 

Don Bos vit la mainada del rei cum intre 
E los seus screvantar, murir e ventre, 
Los murs e los solicrs als lor perpenre, 
Las maisos entorn si e'l borc perpenre ;, 
E lo crit de las donas gran a entendre; 
Vit la molher .G. d'un gras dissendre , 
Si auzisetz la dona ab Dieu contendre 
E escridar en aut : « .G., quar senhdre. 
Jamais no vos veirai espaza senhdre. » 
EdonBos, quantl'auzit, locorn'ac tendre; 
Anet la denan se levar e pendre. 

Lhi Angles e Ihi Breto, una gens mala, 
Van Fauban e cridan^ caman lor gala; 



176 Gérard 

No i laisscn palafre ui raul ni mala. 
Don Bos pren la comtcssa sobre la'scala , 
Ab pauc de sa fhaiiiada randesavala; 
lessen per Ja posterna , solz la gran sala, 
E passa Saina l'aigua au cap del bala. 

Auzit avetz co '1 reis pres Uossilbo, 

E lo portiers en fetz Ja traicio ; 

En eis iuc n'ac Jo merit e'I gaerdo, 

Quar lo cap en pcrdet al bram Milo : 

Aisi deu-om menar culvert felo. 

-G. lo coms s'en vai a espero, 

Totz nutz pes e en Janges e ses causos. 

Un ausberc a vestit ses alcoto , 

E son essems ab luitrei companbo ; 

E quant foro el brulh sotz Mont-Argo, 

Lai encontren Gilbert e don .F. 

E quan .G. los vit, molt Ihi saup bo . 

<( Senhor, or esgardatz confuzio. 

leu vul tornar areire, vas I'ost .K., 

Quar ma molher en meno Franc Friso. » 

E Gilbertz respondet : « Don, aquo no ; 

Non plassa Damidrieu Jhesu del tro, 

Que ja vos en metatz en tal bando! » 

Aisi cum ilh menavo esta razo, 

Esgardet sus el destre, en un cambo ; 

Vi venir sa molher e don Boso , 

Que la tenc denan se sobre larso. 

I ac per miei Tescut d'asta un troso, 

Defors pendo las lenguas d'un gonfaino, 

ï autre per la testa del saur gasco, 

E uo s'ac de sa espaza mas quant lo pom. 

« Fah m'avez, ditz .G , servizi bo : . 

Dieus me do que vos reda lo gaerdo ! » 



DE ROSSILLON. 177 

Gilbeitz de Senesgartz parlet prumiers, 
Que es perforsis per arraas c tos gueriers : 
« Anom^-en a Dijo los drehs semdiers, 
Lo castels es totz íbrz, murs e teriers; 
E mandatz Bergonhos e los Baviers , 
E prendetz gran mainada de soldadiers. 
No remanha a donar aurs ni deniers 
Ni enabs ni grasals ni candeliers ; 
E si .K. i ven ni sos empiers, 
Non prezarem asaut dos fals deniers. » 
— « Molt estes, ditz .G., bos cosselhiers. » 
Tota nuh chavalgero per uns semdiers, 
E intren en Dijo pels pons pleniers. 
Apelet a la porta : « Ubretz, portiers. » 
Cel los conois , et ubrc molt voluntiers. 

ADijo venc.G., ab lo clar dia, 
E dissen al peiro, lonc la quairia, 
E intret el mostier sancta Maria, 
E preget Damedríeu que no Taucia , 
Tro de .K. Martel venjatz se sia. 
Cum ac facha orazo e messa ausia, 
Issit fors del mostier, quant fo fenia; 
E trobet sa mainada, si lor dis ja ; 
Mas non a en talan que vas un ria. 

Don Irobet sa mainada , e el lor dis : 
(( Perdut ai Rossilho, chastel depris. 
Ar cer, a miega nuh, .K. lo pris; 
E no cuh ja'I bailes , se no 'I trais. 
Era m'en venh a vos en cest pais. » 
Cilh Ihi respondentuh, que uns no gaidis i 
({ Senher, qui er vos falh sia aunis! 

1. Lisez Anem. 

13 



178 GÉRARD 

Er vos cuia aver .K. trastol conquis; 
Mas ans sera passada la Sanhs-Danis, 
E .vij. c. chaValer de chap razis , 
Lhi cabelh que avetz negre seran branchis, 
Ans que sialz d'onor per lui faidis. » 
E .G. lor respon : « Senhor, mercis. » 

So fo issen pascor, quant intra mais : 
.K. fo a Paris e tenc sos plais , 
Ac mandada sa cort en son palais. 
Sieibaro Ihi demando, e'l lor retrais : 
« Aquel jorns me fo gens, e .G. lais. » 
Conoissen van del comte los seu agais, 
De lui dissen Torgulhs trastotz huimais. 

<( Era sabran Frances e Bergonho. 
.G. fetz de Terric la traicio, 
E la ques a Folchier i a Boso. 
leu l'hen rettan cum pus lo gaerdo. 
Perdut a Bossilho et Avinho, 
Falhit Ihi so Lemosi e [li],Gasco. 
Si vida no mi falh e miei Breto, 
No 'lh laissarai d'onor un plen basto. 

(( La traisios .G. serenoela, 
No s'en pot escundir qui I'en apela; 
Batalha en fo campals sot Mont-Amela, 
Totz los gitei de camp cui el capdcla. 

(( Batalha en fo campals, una en fit tiau ; 

Aqui perdet Folchier, so manescal ; 

Proiei-Io a felo i a desleiau. 

Lo jorn tenc esperos chars chavau. 

Ab tant venc .i. messatges que Ihi eschau : 

<( Senher, dins Bossilho a mal ostau ; 



DE ROSSILLON. I79 

Lo prumiers raeis i falh al senescal. 

« Senher, Rossilhos a felos vezis, 

Gilbert de Senesgart e sos cosis ; 

No i intra mercadiers ni om campis, 

Lains lor falh civada e pas e vis. » 

— (cNovulh, sorespon.K.,tanm'endeclis.)) 

Davalet, e poiet als gras marbris. 

De Cambela vai ab lui Garis, 

Gaces, vescomsde Drues, e Raudois. 

Ancno finet lo reis tro a Orlhes, 

Aqui requier cosselh a sos amis. 

.K. si pren cosselh ab sos privatz : 
(( Garnirai Rossilho davas totz latz ; 
Molt sera grans l'avers que i er portatz. » 
Relfadieus lo Judieus fo demandatz : 
Aquo fetz far al rei molt grans pechatz, 
Quar Dieus n'ama Judeu ni so solatz. 
E fo empris lo dias que er mermatz , 
E per aquo fo .K. molt abaissatz 
E vencutz enbalalha e encausatz, 
Cum auziretz sempreras, si m'escoltatz. 

En la ciptat d Orlhes ac un Judieu 
Que fo filh Renjamin aufilh Abieu ; 
Ac de .F. lo comte captiehn e fieu, 
.XV. muhs de fromen char lieu, 
I atretan de vi, aquo sai-ieu, 
E .c. cers de sazo a Sanh-Matieu, 
E .ccc. vacas grasas a Sanh-An(3rieu. 
Celfo dedins la chambra al coseilh sieu , 
E issit de lains, escris un brieu ; 
E sas letras que sab en lengua brieu, 



l80 GÉRARD 

Trames-ren a don .F. per un corlieu, 

.G. al comte dia que no ih' enieu. 

Rossilho vai garnir .K. e 'lh sieu, 

Fara o per la festa de sanh Romieu. 

.XV. M. a chaval son i a pieu. 

E .F. quant Tauzit, lauzet-en Dieu : 

« Enquer tenra al rei mon don l'estrieu. » 

.F. vai comtar comte .G. 

Quan lo reis au las novas del rei Ganhart, 

Si trames per Roso e per Rerart, 

Pel vilh Gautier lo ric de Mon-Esgart. 

Don Ros Ih'adutz un fìeu aisi galhart , 

.M. chavalers ab elmes, totz de sa part; 

Non ane lo mesatges miga ta tart 

Qu'elreis tornar s'enpusca ses gran regart. 

.G. parla al messatge que fon trames, 
E a mandatz sos omes per totas fes; 
On que sab bon amic, perlhui trames, 
I ac-en .iiii. M. ans que mogues. 
Ans que Talba del dia aparegues , 
Los ac totz enboscatz en un defes ; 
E lo reis vai garnir Rossilhones, 
E van-s'en ja ihi char e Ihi boreis ; 
E lo reis venc apres ab sos marques , 
Quan .G. lor salhit del bruh espes : 
Adonc sab be lo reis que traitz es. 

.G. ac mes sos omes totz per agehs, 
Puis issit en la garda tot sols de pes; 
E '1 reis a Rossilhos vai, so sabetz, 
E van-s'en ja Ihi char e Ihi somes, 
Las charetas, las malas e los saumes; 
E io reis venc detras ab sos esletz. 



DE ROSSILLON. t8l> 

E .G. torna als seus e ditz : (v Salhet[z]. » 
E puis al autre mol : « Per aici issetz , 
Feretz i aucietz o retenetz; 
E se voletz aver, pro en prenet[z] : 
Jamais no seretz paubre, se vos voletz. » 
En aquel jorn retorna .G. en pretz. 

.K. ve de sa genqu'en vai de brieu, 

E .F. ab los seus que el adui : 

« Traitzsoi, so ditz .K., no sai per cui. » 

— « Enquera avem, ditz Ugues, mais gen de 

No sai autre cosselh, combat o fui. » [lui. 

Dementre quelh'o ditz, s'armen amdui. 

Mentre qu'el reis s'armot, part-s'en seit .c. 
Qu'an veslitzlos ausbercsblancs cum argens; 
Escutz an nous e fres, eJmes Uizens 
E chavals de gran pretz , adrehs , correns ; 
E guidet-los Albertz, lo rei parens. 
Lai lo trames lo rei, qu'en fo dolens ; 
Al departir n'ac .F. doblet guirens. 

.F. ac cara bruna e cabelh saur, 

Anc aital chavaler n'ausi mentaur ; 

I ac elme i ausberc, que fetz tals faur 

Que ja non charra malha que no i restaur; 

E ac sencha la 'spaza Gren de Madaur, 

E portet un escut d'azur e d'aur ; 

E ac fer en sa lansa de sicamaur, 

D'un chastel de Bigora que es sobre maur ; 

E chavalget chaval bausan e saur, 

Intret en la batalha ab son osfaur, 

I eis ab Albert, lo clergue de Vilamaur. 



l82 GÉRARD 

Lo clergues vi .F. del renc issir 
E brochet lo cl^val, vai lo ferir, 
Sobre l'ausberc Ihi fetz Tasta croissir; 
Mas no 'l pot tant enpenger que jos lo tir : 
Non cuiet de .F. que s'en revir. 

. F . ferit le clerque en son esgoc , 
Ben aut sobre la bocla l'escut Ihi froc : 
Non es ta fortz rausbercs, no '1 trenc el troc. 
En cel costal senestre Ihi fetz tal boc, 
Aqui lo deroquet, mover no s poc. 

A Rossilho vai .K. ab genprivada, 
Que non ac s'ost mojuda ni lonh mandada ; 
Pero no fo ta pauca la chavalguada 
Que quant el ac sa gen tota ajostada, 
E se fo conoguda e remenbrada, 
E vira la .G. molt espauchada. 
Corregro los ferir de tal brivada, 
Tost i ac d'astas frachas una charada. 
Son gonfaino pleguat, s'asta baissada, 
S'en vai fugen .G. vas sa encontrada, 
Quan Bos d'Escorpio vencper la prada, 
Ab lui .M. chavalers de sa mainada. 
Morestom! Morestom ! fo escridada; 
La senha de .G. esrecobrada, 
E la .K. Martel molt abaissada. 
Manh bo vassal viratz mort per Testrada. 

Descofit s'en anava lo fìlhs Drauguo, 
Quan Ihi venc apoinan comte Boso , 
Ab Ihui .M. chavaler d'Escorpio ; 
Venc escridan la senha de Moresto. 
Editz .G. al comte : «Grans colps lor do. » 



DE ROSSILLON. l83 

E lo coms recobret e saup-lhi bo, 

E escridet als seus : « Datz-lor, baro ! 

Mal i garra lo reis e 'lh seu gloto, 

Lhi Norman ni'lh Frances ni Ihi Breto. )) 

Don Bos d'Escorpio venc escridan ; 

Gran ac la forcadura, dougat pel flan : 

Ja maior chavaler om non deman. 

I ac elme i ausberc fort e tenan, 

I ac cencha una espaza vilha, trencan ; 

Un escut a son col d'osd'olifan, 

Anc non vistes ta fort ni menhs pezan ; 

Chavalget un chaval corsierferran; 

La senha de .G. venc escridan , 

E la .K. Martel fort abaissan , 

E manh bon chavaler vai crebantan. 

Ugue, lo duc de Braies, vai demandan ; 

E Ugues quant Tauzi, sal-hlhi denan, 

E son s'anat ferit de tal semblan 

Que trauquen Ihi ausberc e Ihi auvan. 

L'us met lalansa al autre ben prop del gan, 

Uns non remas enbai ni en ferran. 

Vec per l'estorn Gari de Carabela, 
La main[a]da de .K. molt gen capdela ; 
Mas nafralz es ta fort de jos l'aisela , 
Sobr' el col del chaval jatz sa boela : 
E '1 reis n'a gran dolor, a se l'apela. 

« Gari, francchavaler,nonestaigcn. [chaen! 
A! cum mal vai del ventre que us vai 
Qui tal comte mi tol, molt mal m'o ven. » 
Garis au la paraula, mas no la enten , 
E brocha lo chaval, vai-s'en pongen , 



l84 GÉRARD 

E vai ferir Ponso de Mont-Armen ; 
Tal Ihi det en l'escut quetot lo 'lh fen. . 
L'ausberc que ac vestit Ihi escoissen ; 
Tant cum Tasta Ihi dura,mort lo dissen. 
Puis a parlat un mot mout covinen : 
(( Senher, per esta plaia mi vau moren. » 

Vecvos pel camp Teberî de Val-Beto. 
En hii ac chavaler moltisme bo, 
E fo ben prop de linh alrei .K. 
Demanda enbatalha comte.F., 
E .F. quant Tauzi, denan Ihi fo; 
E so s'anat ferir de tal tenso, 
Que trauquen Ihi ausberc e Ihi blizo. 
Ambedui se deroquen en un carabo ; 
Mas .F. recobret, e Tebertz no. 

Lai on Frances s'ajusten ab Bergonhos, 

Aquo fo dans e tala e irasos. 

Viratz tanta asta fracha sobre blisos , 

Tant espazas plegadas prop dels arsos , 

Don Ihi donzel so mort per los coros, 

Qu'an trencadas las golas sotz los mentos. 

Aqui fo reteguda la garnisos 

Don degra esser garnitz totzRossilhos. 

.K. Martelss'en fui per unscambos, 

Enchauson-îo al dos .c. gonfaino : 

De chabrols vos membrera entre bracos. 

No dera lo jorn .K. son esperos 

Per Orlhes ni per Chastres ni per Samsos 

Obs Ihi ac bos chavals e Rossilhos. 

Vas Rossilho s'en fui .K. lo ser, 
E .G. ab los seus el camp jazer. 



DE ROSSILLON. l85 

Âsatz ac a donar i a tener, 
Jamais no Ihi cove sofracha aver; 
Mas ben fassa justizia, e digua ver. 

A Rossilho s'en fui .K. lo reis, 

E .G. ab los seus el carap remeis ; 

E'l pren sos melhors omes que el agueis : 

{( Senhor, cosselhatz-mei per totas feis 

Vas .K., mos senhor, cum o fezeis, 

Per qual guiza vas lui mi contengues. » 

Prumiers respondet .F., que savis es : 

(( Don, prendetz un messatge pro e cortes , 

E si mandatz al rei moltas merces ; 

Tot Ihi redrem lo seu, quanque avem pres ; 

Puis Ihi darem del nostre tot lo genceis , 

Per que Tira e la guerra siremazes. 

E si faire no vol, no t'en chal jes ; 

Quar ja no te falhdrai per totas fes. » 

.G. creitlo cosselh que acmelhor, 
E que 'lh dero siei ome e siei comtor. 
No i volc trametre ome de gran valor, 
Que trop sab gran la guerra e la iror ; 
Mas trames al mostier Sanh-Salvador, 
E fetz venir dels morgues tost lo prior : 
(( Morgues, vos m'en iretz a mossenhor, 
Au rei .K. Martel, l'emperador, 
E dijatz-lhi aiso per gran dolsor, 
Torn-nos en sa fiansa e en sa amor. » 
E '1 morgues, quant l'auzit, de joi lai cor ; 
Quar non avia enquers agul paor. 

A Rossilho es .K. desotz un orn : 
Viratz-l'irat estar e trist' e morn. 



l86 GÉRARD 

Veclhi denan lo morgue e 'l famulorn, 
Ditz henedicite e pres son dorn ; 
Mas lo reis non a cor que mot Ihi son, 
Fors aitan que 'lh demanda : « Cura avetz 

[nom? » 

— (c Don, certas ieu ai nom fraire Borbon ; 
Si m'a trames a tu .G., tos om. » 

— « Cum i auzes venir ni si ni cum? » 

— « Don, a vos m'a trames .G. de lonh, 
Qu'el vos vendra far dreh gran e preonh , 
Tal cum diran tiei ome ni tiei baronh ; 
Masjutgar lo fassatz avena'l donh. » [sonh, 

— <( De son dreh, so ditz .K., non ai-jeu, 
Ans Ihi toldrai Valensa e molt som pronh ; 
No'lh laissarai de terra sol un plen ponh. 

E vos que avetz furmit aquest besonh, 
Cossiratz-vos el cor cum vos vergonh. » 
E '1 morgues, quant l'auzit, volgra esser 

[lonh. 

(( .G. no me venquet per son esforlz ; 
Quar se ieu o saubes,pres fora o mortz. 
No '1 guarira repaires, que tan fos fortz , 
Ni chastels ni ciptatz, mas quals que ortz. 
Sobre vos, cuh, donmorgues, charralo sors.» 
E '1 morgues, quant l'auzit, volgra esser 

[mortz. 

Lo morgues au de .K. que ab luitensa, 
E enten la razo cum la comensa : 
Tem que Ihi fassa tolre la genitensa ; 
No Ihi qual qu'en fezes la penitensa, 
Parlet cum savis om de gran creensa : 
<( Don, lo comiat de Dieu e la lesensa, 



DE ROSSILLON. 187 

Tornatz m'en volgra estre en obediensa. » 
E 'l reis si Iho afola, no Ih'o agensa : 
« Morgue, digatz .G., gar no li mensa, 
No fara fi am me ni covinensa 
Tro que l'afol de guerra e tot lo vensa; 
Pero s'il noiri-ieu pauc de naicensa 
Tro poc .M. omes paisser de sa garensa , 
Quan cugei fes ammi la remanensa. 
El me comenset guerra e malvolensa, 
leu Ihi toldrai la terra tro en Ardensa ; 
Non cuh en Rossilho ni en Proensa 
Que fassa mais .G. la remanensa. 

<( D'una re te jur, morgues, Jhesu del tro, 

Se tenia .G. ni don Boso, 

leu los faria pendre , cuma lairo , 

Al sordeior garso de ma maiso. » 

E '1 morgues, quant l'auzi, no ditz que no, 

Mas longatz volgra estre denan .1. 

« Morgues, cumi auzes a mi venir? 

Miìhs vos fora fossetz la messa dir, 

dedins vostra claustra libres legir, 

Qu'el messatge .G. a mi furmir. 

Si no m'era per Dieu e per perir, 

Cor ai de vostra colha faire tolir. » 

E '1 morgues, quantl'auzi, no sap que dir; 

Mes pres pelpoinh son famul, enquas n'issir, 

E poiet al peiro, trop cuh tarzir. 

Era s'cn eis lo morgues de San-Judas, 
Davalet per la 'scala plus que lo pas, 
E poiet al peiro '1 chavaí gras , 
E vai s'en la riviera aval bon pas. 



l88 GÉRARD 

Lo famulor lo sec alonh detras, 

No Ihi ditz una vetz va se iras , 

Tro que fo ab .0. no se [re]mas ; 

E '1 coms Ihi demandet : « Que lai fahas? » 

— (( Nocochar, ditz lo morgues, quetrop soi 
Intrarai el mostier sonar mon clas ; [las. 
E dirai mon Te Deum a sanh Tomas, 
Que de .K. Martel guerit sa mas. 

De nostra genitaria per pauc no m ras. 

Tu qu'es evers vas lui, cum o faras? 

Que jamais per messatge no m trametras. » 

— ((Erme digatz, don morgue, cum en par- 

[tis.)) 

— (( A Rossilho fui, senher, molt escarnitz ; 
Dis que lo seus avers er totz quesitz, 

Que tu lo'lh tramctrias per tos noiritz. 
El me fo de feunia totz amarvitz , 
Ditz-me que a son paire venguitz petitz : 
Anc hom no fo per autre tant gen noiritz. 
Puis adobet-vos-el, qu'era sos fitz. 
Quant vostre cors fon totz envalantiz, 
E el cuget aver vostre servitz , 
Vos Ihi fos de mal faire pres e garnitz. 
No fara fin a vos per ren , so (iitz, 
Tro cofundut vos aiatot per raitz , 
Si que oltra la mar n'iratz faiditz. » 

— (( Renhor \ so ditz .G., molt estai lah 
Que ieu ma honor perda tot entrazah. 
Ja non dira que ieu l'aiatrah, 
Quar ieu Ihi vulh gatgar tot lo forfah , 
Depos fui chavaler, que Ihi ai fah ; 

1 Lisez Senhor, 



DE ROSSILLON. 189 

Mas lo blat que semena en son garah, 
Aura-lo enabansas culhit e trah , 
E puis veirem passar abril e mah, 
Que aia mais ab Ihui tregua ni plah. 

« Morgues, sabs veras novas de don .K. ?)> 
— « leu no, so ditzlo morgues, simalas no. 
leulhi auzijurar Jhesudel tro, 
Si penre vos podia ni don Boso , 
Que penre vos faria, coma lairo, 
Al sordeior garso de sa maiso. » 
E .G. se sori sotz son greno : 
«Los chavals e l'aver an miei baro, 
Ab tot nos en irem tro a Dijo.)) 

A Dijo s'en tornet el conpaigner, 
Lo vi menan e'Is chars pro Ihi botier, 
Lhi paon e las gruas lai van entier, 
Grans soldadas en portan Ihi escudier. 
Quant an la messa auzida Ihi chavalier, 
.G. s'en issit fors solz unlaurier; 
Fai aportar tant aur e tan denier, 
Tan mul , tan palafre e tan destrier. 
Aqui foro pagat gen soldadier, 
E foro demandat oste a logier ; 
E quinon ac maiso, quer charpentier; 
E .G. lor juret un repropchier, 
Qu'el moura guera .K. e encombrier. 

.K. en Rossilho lo reis restruh : 

No vis rei tant irat cum Ihui quan fuh ; 

E mandet sos Frances, qu'el segon tuh. 

Messatge n'ac.G. al'altra nuh, 

E mandet soldadiers ab aquest bruh : 

Pro lor dara argen e bon aur cuh. 



1^0 GÉRARD 

.G. fai faire breus .c. o seera, 
E mandet chavaliers per tota tera. 
Cel que vol bon aver, .G. Ih'en dera; 
Entro .iiii. milhiers en ajustera. 
.G. e siei nebot movo tal guerra, 
De que seran dolen trastuh enquera. 

Lo coms .G. mandet totz sos baros , 

E tramcs Iro als mons per Bergonhos, 

Baviers i Alamans tro a Saissos ; 

On que sab bon vassal, aquel somos , 

E promet-lor assatz e fai grans dos. 

Desotz Dijo viratz , els plas cambos , 

Tendutz traps de colors e pavalhos , 

Tantas senhas de guias e tans penos. 

.G. intra en sa chambra en un rescos, 

Aqui pren tal cosselh que no fo bos. 

Al comens del cosselh intret dou Bos, 

Afiblet mantel gris de polpra nos ; 

E'l fo deljatz pel flanc, e pelpihs gros; 

Enquer fo de sa plaia palues e cros; 

No miga coartz, mas arditz fos, [vos; 

Quar tos temps fon de guerra sos tala[n]s 

« Trop nos te, so ditz el, .K. per mos, 

Si a Rossilho a patz ni lonc respos; 

Pero si ac paor, quant s'i enclos. 

Se no fossa nafratz per miei lo dos, 

Li misissa ma lansa entro al clos; 

E si mais si cumbat que tant en fos , 

A breu jorn er mermatz o grans sos los. » 

Aprop parletdon .F., lo coms, soentre : 
« Greu pot issir de guerra qui leu i entre. 
Cum podetz de batalha mais .K. ventre? 



DE ROSSILLON. IQl 

Tot lo melhor cosselh que ieu sai pendre , 
Garnissa-se cascus de lui atendre. 
Si el nos vol assalhir, e nos defendre, 
Tals poiria de sos bafos dissendre, 
Per que fariaplah .K. mos sendre. » 

Aprop parlet Gilbert que sis denan : 

(( Vos en dizetz lo milhs , al meu semblan ; 

Quar trop avem perdut en conbatan. 

Enquer avem chastels i aver tan 

Que be podem suffrir tro a un an, 

E .K. a mandat son rei[re]-ban, 

E venra sobre nos de mal talan. 

Lhi ga son fort, preon, no i passaran, 

E perdra-i assatz, ans que s'avan. » 

— i( Non penria, ditz Bos, petit ni gran 

Don preses reenso d'aur son pesan; 

E .G. a mainada bonae gran, 

Lhi soldadier bavier i alaman , 

Que desiro batalha e vancercan. 

No i envietz peo ni espian , 

Mas chavalgem anuh a sol colgan , 

E siam-lor encontra cum el s'espan; 

E si podem ,K. gitar de camp, 

Non presarem sa guerra puis una glan : 

Totz er deseretatz e siei efan. » 

Esta paraula vol .G. auzir, 

E enquet la Boso a esbaudir : 

« Senhor, no pus mais guerrafar ni sofrir, 

Quar non ai que donar ni que tenir. 

Perdutz ai los baros que sulh movir. 

leu vulh mais asemblar e breu fenir 

Que menar en temor ni tan languir. » 



192 GÉRARD 

— i( Fazet-cn, so ditz .F., totvostre arvir.)) 

Ab aquestmot s'en prendo tuh a ìssir. 

m 

Ab est cosselli darier s'en son issut, 
So que Bos en lauzet en an creut; 
Quar autra velz lor ac gen socorut. 
.G. monta elchaval bausan, crinut : 
Els pratz desotz Dijo ve-los vengut , 
Lai on Ihi baro an manh trap tendut. 
Grans merces ret au jove i au chanut, 
E pregua-los per Dieu que .i. non remut 
Entro al avesprar, qu'eÌ son mongut ; 
E passero Tespiessa del boi ramut, 
Engallojorn en venguen sotz Puh-Agut; 
El pla, latz Castilho, son dissendut. 

Sotz Castilho albergen engal lo jorn. 
En la cort .G. ac un varvassor ; 
Aquel fo natz de Fransa, de la melhor; 
Pres fo en la batalha sotz Valcolor, 
On .G. venquet .R.remperador. 
El non pres autre aver ni monedor, 
Ni mas que son servisi cel per s'amor. 
La nuh a fah semblan de bauzador ; 
Apelet un donzel, íilh sa seror : 
« Nebs, vai, e di a .R.I'emperador, 
Sotz Rossilho on te sa gen forsor, 
Que .G. a mandat sa ostmaior; 
Ab Ihui si ccmbatra deraan al jorn ; 
E fassa be gardar s'auriaflor, 
No sia deseubutz per traidor. » 
E cel, quant o auzi, de joi lai cor. 

Cel monta el chaval, vai s'en pongen; 



DE ROSSILLON. igS 

Anc non finet d'anar tro al rei ven. 
Sotz Rossilho lo troba a parlamen , 
On acorda Gascos e'l duc d'Aiglen. 
Quan lo reisparlaaqui, e cel dissen; 
A una part lo trais sor nulhs vezen : 
« En la cort .G. as un ton paren 
Que te manda per mi celadamen 
Que lo coms a mandat tota sa gen, 
E a molt soldadier que donaargen. 
Aquo sapchas de cert que sai en ven; 
Ab vos se combatra hui veramen. » 
E .K., quant l'auzit, ac cor dolen; 
E pero si fetz chara bela e rien : 
Enquer cuia venjar son mal talen. 

.K. garda vas cel, per Dieu preiar : 

(( Senher, quar me donat hui be venjar. 

Di, quans an chavalers ? sabs losnumnar?» 

— (( No 'ls pogui totz vezer ni aesmar ; 
Mas de purs chavalers per achadar, 

En a quatre .M., que iei^los vi numnar. 

Des ier mati al jorn, que l'alba par, 

No finera .G. d'aver donar. 

Comanda sa mainada vermeiUa armar. 

Lhui e Boso auzi ar cer vanar, 

Lonh vos cugen a brieu lor gens chassar. » 

— (( Er me pot, so ditz .K., Dieus ajudar. 
Totz temps mi laissara a coronar, 

Si no '1 pucs de s'onor deseretar. » 
E mandet sa mainada per conortar, 
E Peiro e N Aimo e N Aimar. 
ler partiro de Ihui, al avesprar. 
Apela un chavaler que fetz anar, 
E mandet sos baros per cosselhar. 

15 



1^4 GÉRARD 

Rarles mandet sa gen que acosseilha : 
(( Senhor, er m'ajudatz qu'eu nosomeiUa. 
Mal aia lo tesanrs, se ab mi solelha, 
Per que n'aia sofracha ma gens faeilla î 
Dirai-vos de .G. cum se revelha. 
Perdut a Rossilho, don fe corelha, 
Qu'elfai sa gen armar : si t'aparelha. )) 
Oras parlet dons Ugues, ducs de Berilha : 
(( Don, no fassas aisi so[r]da l'aurelha ; 
Mas fai ta gen armar, si t'aparelha. » 

— <( Senhor, so ditz reis .K,, a vos o dic, 

Cui tant ai tegut char, e ben noiric. 

Ajudatz-me a vengar lo meu amic, 

Lo geltil chavaler, lo pro Terric. 

Si d'est camp puch gitar mon enamic, 

No 'lh laissarai castel a tolre estic. » 

Tuh l'en asegurero e vilh e fric, 

Que anc no vistes un rei menhs anelic , 

Ni que tan tegues car vassal ardic. 

Er fai lo coms .G*. que fole bric, 

Quar chavalga vas .K. per tal afic. 

Quanla nuhs fon passada e '1 joms pareis, 
Lo coms .G. que fo de guerra apris , 
Sifetz de chavalers escalas .iii. 
E .iiii. de sirvens e deborzes; 
E an laissat lo bos e lo defes, 
Que no i a baniera sa par n'ades. 
È .K. quan los vi, cuh que Ihi pes. 
Lo rois* fai sas escalas e sos conres, 
Apelet sos baros e sos marques , 
Lo quals ferra prumiers ni avances. 

1 Lisez reis. 



DE ROSSILLON. íg5 

(( Don ieu, )) so respondet lo Campaneis. 
(( Senher, so respon .K., moltas merces. 
Si d'aquipotz estorser, onorste creis, 
Si jamais port corona ni sia reis. » 

.0. fon duihs de guerra e d'ira plens, 
I apelet Boso que no s'en fens : 
(( Vos perpenretz la garda e Lohorens. 
leu farai mas batalhas e mos engens. » 
Bos monta en un chaval, l'espaza cens, 
E son ab lui .vii. c. ab entresens. 
Atretans n'i trames lo re de cens. 
Pons de Bretanha guida los prumairens. 

Lo jorns fon bels e clars, en mai intran. 
Las batalhas s'apropchenper un campplan. 
Lai n'ac trames messatge nulh crestian, 
Ni monge ni canonge ni chapelan. 
Lo quals quevencutz sia, grans dols seran. 

La batalha comensaaira plena. 

Vecvos ab los prumiers Ugon de Brena, 

Ablui Pons de Bretanha que sa gen mena; 

Clama .G. trachor e sa progena : 

(( Hui seret[z] blos d'onor rei er domena. » 

E Bos lo vai ferir e det l'estrena , 

Que del chaval lo metlonh l'asta plena. 

E Pons refer si Jhui que descontena , 

Que lo chaval abat en la varena. 

Don Bos salhit en pes e tenc sa regna , 

Fer Ponso de sa 'spaza, que mal se mena ; 

Tot Ihi trenquet lo cors tro en l'eschena : 

((Non diretz de .G. que descovenhe, 

Non perdra mais per vos honor ni regne. » 



ig6 GÉRARD 

Lo jorns fon clars e gens e ses tempie[r] , 
E laterra fo plana ses encumbrier. 
Vecvos .G. lo comte el camp prumier; 
Mal talan ac vas .K. e lo cor íìer, 
I ac d ausberc la charn e lo col nier, 
E'l en ac un vestit fort e doblier, 
E l'elmes de son chap vergat d'aur mier. 
Chavalget chaval saur, bausa e nier. 
Larga ac la forchadura sotz lo bragier, 
E semblet be ric comte e fortguerier. 
E partz d'entr'els seus un trah d'arquier, 
E vai ferir un comte, don Berenguier; 
ïot Ihi trenquet l'escut sotz lo polchier. 
Non ac forsa lo fers contra l'acier : 
Escrevantet-lo mort en un semdier. 
Aqui jongo Bergonh e Berrier 
E chazat e estranh e soldadier. 
Aqui viratzfar d'astas taut astelier, 
Tan colp ferir de dreh e traversier, 
E tau chaval vogan de chavalier. 
Bos ac de la batalha lo camp prumier. 

Vecvos per la batalha comte .F. 
E sa ira ab .K. fort idespo. 
Tres en a derochatz, e mort Oto, 
E vaiferir de Drues lo pro Gasco. 
No i ac contra sa lansa aubercs faiso : 
El cors Ihi mes trastot lo gonfaino , 
Escrevantet-lo mort en un campbo. 
Del ponh Ihi chai la senha e lo drago. 
Adonc tremblet la gens al rei .K. 
Del camp los an gitatz a espero. 
Totz los agren vencutz ses ochaiso, 
Quan venc de sobr'el lo vilhs Aimo , 



DE ROSSILLON. 197 

Peiro de Mon-Rabei e 'l comte Ugo, 
Una companha ab els, que mala fo; 
E venen escridan : « Estatz , baro ! 
Issaren en la chara e el greno , 
Qui mais hui fugira per Bergonho. » 
E quan .K. Tenten , molt Ihi sap bo; 
Mas a .G. sab mal i a Boso. 

Lhai on venen Frances, Ihi seu fiel, 
ïrop era blos e purs de bon cosseil ; 
Veiaire Ih'es que Dieus per Ihui reveil . 
Vecvos pel camp Peiro de Mon-Rabeil ; 
Anc no vis chavaler milhs s'apareilh : 
Portet lansa e cscut blanc e vermeil , 
E vai ferir prumier Gautier Maureil ; 
Tal Ihi donet el pietz, sobr' el forceil, 
Que de sa lansa volen Ihi gran asclen. 
Âqui viratz jostar tan franc donzel, 
No i a tan bo vassal no trop pareil. 
ïans trenchen ab espazas cap e chabeil, 
Viratz tan donzel mort per cel caumeil , 
Don resplando Ihi elme contra '1 soleil. 

Aqui on s'ajosteren per tal agrei, 
Gaire no i ac lansa que no pecei. 
Vet per lo camp Peiro de Mon-Rabei, 
Ab lui .c. chavalers e trenta e trei ; 
E fo cascus armatz de ric conrei. 
De lai on vi .G., mostret-l'a dei : 
c( Or podetz vezer comte de gran bofei. 
Si'lh plagues que be fos ab nostre rei ; 
Mas non troba en son cor que Ihi soplei , 
Ni que pusca sufrir autre que sei.» 
E .G. vencpoignan perlo caumei, 
E vai ferir Guion de Mon-Secrei , 



igS GÉRARD 

Denan Peiro Tabat tot mort e quei ; 
E Peires refer lui , fe que vos dei , 
Qu'el cors Ihî met de s'asta lo fer tot frei. 
Huimai cuh qne lo coms .G. folei. 

Vecvos poignan Neblo, cel de Bordela. 
Peiro de Mou-Rabei per nom apela ; 
E Peires , quan Tauzi , no s'en recela , 
Mas partde la compagna cui el capdela. 
E Neblos lo feri sotz la forcela, 
Si que Fauberc Ihi trencha e desclavela, 
E trauca 'lh lo costat de sotz l'aiscela. 
E Peires trais lo bran ab vert lamela ; 
Tal Ihi donet en Telme, que totz cancela ; 
Los cabeils T a i ras prop la cervela. 
Lai viratz tan donzel longar de cela; 
Set .m. en jasen mort en la vaicela, 
Don lo dols s'espan lonh e la noela. 
Dieus ! d'aquest camp se planh tanta donzela 
E tanta veuva dona e jovencela , 
Que se clamen d'amic paubra mesela! 

Quonis venc apoignan, .i. moltpro ber; 
No sembla jes de cor petit valet, 
No pot selui que lai volget. 
E vai ferir .F. de Monfolet, 
Escrevantet-lo mort latz un golet. 
Ab tan .K. G. fors del camp met. 

Esta batalha fo el temps de mai, 

Que .K. e .G. lo coms la fai 

Per plan, sotz Rossilho, e per garai. 

Dieus! tans vassals nafratz e mortz jai laií 

A .G. so Ihi dol elhi esclai; ~ 



DE ROSSILLON. 199 

E quan conoc lo coms mal i estai , 

E vit Frances sobrar eì rei de Jai, 

E es nafratz eu cors qu'el sancs en rai, 

E vit fugir los seus e sai e lai, 

Per cofuadut se te e per savai. 

• F. lo pres pel fre , irat Ten trai. 

Ditz Gilbertz c Boso : « Trazetz-vos sai. » 

Silcomte son dolen, et al rei plai. 

Era s'en vai .G. a dreh bando 

E don Bos e Gilbert e don .F. 

Fugen per unas planas un plancambo. 

Mol s'en anavo be aquelh baro , 

Quan vec-vos a travers lo comte Ugo, 

Peiro de Mon-Rabei e '1 vilh Aimo. 

Ugues venc atengen comte Boso 

Ab lo ferdescubert sotz lo bliso; 

Ab lui l'en an ferit siei companho, 

Escrevanten-1'a terra fors del arso, 

Aqui l'an manes mort en un sablo. 

Entre Gilbert lo comte e don .F. 

Lai preiro de lor fraire talvenjazo, 

Aqui meis an aucit lo comte Ugo. 

Tan sobrero las gens al rei .K. 

Qu'enchausen-los de torn e de viro 

Lai ausiro Gilbert , preiro .F. 

Tuh lo volgren aucire, fors don Peiro, 

Que lo menet al rei per guerizo, 

.G. s'en es eslortz a espero. 

Dieus ! cum es grans la rota que ab Ihi s'apo! 

La via Ihi an tolta, que es de Dijo. 

De nuhs s'en es anatz a Besanço , 

E 'I reis dissen els pratz sotz Rossilho. 

Aqui se presentero tan ric priso ; 



200 GÉRARD 

E'l juret Damidrieu, lo rei del tro : 

c( Demapendrai .F. sotz Mont-Argo. » [no. 

— « Permon chap, so ditz Peires, donreis,vos 

Quant as pres en batalha ton ric baro, 

Si 'l menacetz far pendre coma lairo ; 

Mas si aver non vols sa reenso, 

Ben lo podes far metre en talpreiso, 

Jamais non chausara jorn d'espero. » 

— «Permon cap ! ditzlo reis, garnit enso.» 

Era se vai .G. molt solamen , 

Quar i son remasut siei bon paren ; 

Tal dol en a al cor, per tot s'en cen. 

Sobr' el col del chaval blesma soen , 

E ven a Besanço al jorn parven. 

.K. sotz Bossilho, els pratz dissen ; 

De manh riche priso Ihi fan pre[se]n. 

El apelet Artau, e ditz-lhi gen : 

(( Vescoms es de Dijo : vai , si '1 me ren ; 

leu te darai tant aur e tant argen , 

Tuh tiei paubre amic seran manen; 

E se encui non i ei lo mandamen , 

Fels sia e malvatz se no te pen. » 

— c( Far m'ave, ditz Artaus, vostre talen. » 

Prumiers parlet dons Ugues cel d'Orien : 

'X Don prenetz en ostatges .c. mantenen. » 

E lo reis si fetz bos e sagramen. 

Artaus monta aqui eis, vai-s'en pongen , 

Dels borzes de la vila ab Ihui .v. c, 

Qu'el reis sols de preiso per eis coven. 

.K. chavalga apres son man tenen, 

Lo castel Ihi redero tot veramen. 

D'aquels que lai intrero prumieramen, 

En i ac un donzel, .G. paren : 



DE ROSSILLON. 20l 

Demanda la comtessa e vai queren , 

Dedins un monestier la troba oren , 

On preia Damedrieu omnipoten 

Que guerisca .G., Ihui e sa gen. 

Lo donzels de bon aire pel bratz la pren : 

« Comtessa, mou d'aqui viassamen. 

Est chastels es traitz, lo reis lo pren. 

Vencut son en batalha nostre garen ; 

.G. s'en esestortz, no sai comen; 

A Besanç.o anet ar-cer fuen. » 

E quant la dompna l'au, bìasmada esten. 

La dompna esblasmet sus marme blau. 
Vec-vos dins lo chastel un comte Artau, 
Eviro Ihui borzes, tuh bon e mau. 
Cascus porta sa apcha o sa destrau 
lansa o gasarma o arc manau. 
La dompna auzi la nova e '1 batestau, 
E sab la traicio, e fo Ihi mau ; 
Apelet Ugonet, Folque i Artau : 
((Cascus meta sa cela a son chavau 
Issam-uos-en la-fors per cel portau, 
E laissem la chariera tenhain lo cau. 
Si .G. pus aver, re no quier au. » 

La dompna auzit la noiza e '1 dol e '1 critz 
Que lai fan las borzezas per lor maritz, 
E enten de .G. cum es malditz. 

Tal donet a Naimar qu*el cap en res; 
E Lohorenc tornero lo dos de tres. 
Bergonho los enchausen ades ades ; 
Pero .V. en an mortz e .iiii. pres. 

Entro que a un puh duret Tencaus 



202 GÉRARD 

E Guinamart s'en fuh per unas vaus, 
Troben .xx. chavalers de lorreiaus; 
Fo-en guitz e Capdels .i. coms Giraus, 
Que fraire [fon] Ugo del camp mortaus. 
El Ihi a escridat : « Donatz estaus, 
E comtarai-vos novas, auziretz quaus. 
Don .G. cncontre m'es, e sos vassaus : 
Anem-los ferir, e ilh nos taus, 
Queanc negus non estors ni bos ni maus; 
Mas pur ieu que m'en vengui per uns esclaus^ 
Vostre fraire jatz mortz en un pradaus. » 
E Girautz escridet: « Era ad chivaus. » 
Vec-los-vos adobatz desotz us faus, 
E Guinamars los guida als lor esclaus. 
Si .G. ac anc dol, er Ihi creis taus 
Que anc non ac maior nuls om mortaus. 

Era fai be .G. lo coms que fol, 

Que a pe discendet sotz un arvol. 

Volia se disnar d'un fogasol 

E d'aigua ab un elme, no d'autre ercol ; 

E quan se regardet per unpoiol, 

Si vit Giraut venir, que ac gran dol 

De so fraire que es mortz el plan pradol : 

« Senhor, era manjuc qui mengar vol ; 

Mas gar que si defendaaisi cum sol, [vol.» 

Quar ieu non quier mais viure, pos Dieus no 

.G. los vi venir iratz de brieu, 

E son .XX. chavalers; cascus ac fieu 

chastel o mercat, fiera o tolieu. 
Girautz venc denan totz trah d'un arquieu, 

1 a Ihi escridat don Canineu : 

« Mon fraire m'avetz mort, aquo sai-ieu , 



DE ROSSILLON. 2o3 

E cuh que al montar auretz relieu. 
Anc Ihi vostre ni vos n'agro tan grieu. » 
E .G. Ihi respondet : « So sia en Dieu. » 
Or s'es montatz lo coms per son estriu, 
E correc-los ferir, el e Ji sieu : 
Vec[-vos] lasemblar mal el partir grieu. 

Lhi .vij. jongen ab .xx., no son egau. 
.G. jois ab Beto e det-lhitau 
Que escrevantet-îo mort en unpradau; 
E se el Fa aucit, d'aquo [que] quau? 
De tot en tot .G. en avencmau. 
Non estorsen que doi plus a chavau ; 
E sa molher latersa, per un egau, 
Que s mes en una gliesa sanh Nicolau. 

.G. es en Ardena ab lo seren; 
Non es la chauza el mon don aia ben. 
Vi son chaval nafrat, que pert Talen ; 
Pres-lo per miei la regna dei daurat fren , 
E issit fors del bocs^ al mostier ven. 
Sos companhs er nafratz , no ten alen ; 
L'ermitas Ihi a fah bon lieh de fen , 
Colget-se lo nafrat , si cum coven , 
Vec-ihi de vermelh sanc tot lo ple sen. 
Demandet si gueria : « leu non per ren ; 
Jamais no verrai ome de mon terren. » 
.G. en fai tal doi cum aperten. 

.G. issitdel bocs^, venc almostier, 
Lo chival aregnet a un laurier. 
Ab Ihui fo Enois , boda Rainier, 
Que ja e nulha terra gensor nou quier. 

1 Lisez bosc. — «2 Id. 



204 GÉRARD 

Demandet se en est luc avia clergier; 
E '1 ermitas respon : « Ni escolier. » 
E pero si Tan faïi cofcssionier, 
E f'arma s'en parti del chavalier. 
.G. en fai tal dol, mentir non quier, 
Qu'en tira sos cabelhs, e so vis fier. 
Aqui non a candela ni encessier, 
Mas la crotz e lo fuc e lo brasier. 
La nuh vengro garso, lairo furtier, 
Que Ih' ambiero sas armas e son destricr. 

Quan la nuhs es passada e '1 jorn es grans , 
Sapchatz del chavaler fon dols pesans, 
Quan lo coms pert sas armas e'ls alferans ; 
Molt en fora lo coms greus e pezans. 
Lai remas Enois a Dieu comans; 
Pui la pres a molher lo coms Bertrans. 
Qui tropmanten orgulhs,non pretz .j. gans: 
Per .G. vos o dic qu'en majitet tans 
Que fon dezeretatz .xx e ii. ans; 
Mas pui fon tals la fis, so ditz lo cans, 
Que anc melhor non fetz nulhs om vivans. 

Quan la nuhs es passada e 'i jorns esclaire, 

E .G. a perdut, no sab que faire ; 

Mas clamet-se dolens, chaitius, pechaire; 

E l'ermitas Ihi ditz : « No fassalz, fraire; 

Mas preiatz Damedrieu, Ihui esamaire, 

Que us ajut e us cosselh, que o pot faire. 

Vec-vos aisi la via dreh a Hancaire, 

E passarelz d'Ardena un brulh detraire; 

Trobaretz Termita, ans que anet[z]gaire.)) 

— « Per Dieu ! so ditz la dompna, lai vulh-ieu 

Cel nos cosselhara que poiremfaire. » [traire ; 



DE ROSSILLON. 2o5 

Mol fai be rermitns que lor cs.scnha, 

E d'aquo quc prodorn, quc det-lorcena 

De pomat quc el ac lah, c ])an d'avcna; 

Puis lor mostret la via, quc tant los mena 

Que passcro un lai dcl bos d'Ardcna , 

Venen al ermitatgen de Maradena. 

El non ac drap vestit, mas pel chabrena ; 

Trobero lo sanh omc que pcr Dicu pcna, 

Nutz coides, a genolhs a plana tcrre (.yíV?), 

E preget Maria la Magdalena 

Quecel prec Ihi do far que pro lor tenha. 

Lo sanhs om, quant ac facha sa orazo, 

Tronet-sc vas .G. dc Uossilho, 

E venc-s'en apoinan sobre un baslo : 

« Don cstes vos, amic? de qual reio ? ;> 

— « Scnhcr, so dit/. .G,, dcRossiIho. 

Mos paircs e mos avis fon om auso , 

El me redet Bcrgonha i Avinho. 

S'il ac vas mi bon cor, c ieu fclo , 

Tot per une mesclanha dc sa maiso, 

Que Bos aucis Tcitìc: per qu'cl mals fo, 

Sobre me en mes .K. sa onchaiso; 

E pero no sofri anc traicio. 

.K. rae moc gran geria e forttcnso. 

leu lo gitai dc camp per tal tcnso, 

No dones per Paris sonespero. 

EI ra'en a si rcdut lo gaerdo, 

Que ma honor ra'a tolta e ma reio ; 

En Ongria anam au rci Oto. 

Mos chavals m'an amblatz anuh lairo, 

Er nos covc anar coma pco. 

D'estadompna me pesa quemalafo. 

Per Dieu! si vos requier cosselhazo. » 



206 GÉRARD 

E rermitas Ihi ditz : « Molt l'auretz bo, 
Mas que anuh prengatz alberjazo. » 

Vec-los-vos alberjatz e lemazutz 
Entro a lendema que solels lutz. 
Que'lh donet penedensa to sanhs canutz , 
E Ihi det tal cosselh, sil es creutz, 
Jamai n'aura paor que sia perdutz. 
.G. pres sos cabelhs, si 'ls a condutz, 
E juret Damedrieu e sas vertutz 
Que jamais no sera ras ni tondutz 
Desai qu'en sa onor er revengutz, 
E de Bergouha siadux conogutz. 
Est sacramens fo aitant atendutz, 
Que fo .xxii. ans coms abatutz. 

Quantlanuhsfon passada e '1 dias enquansa, 
Lo sanhs om Ihi a fah de ben trenpansa : 
(( Amics, si vos avetz drecha creansa? » 

— (( Senher, ieu ai en Dieu bona esperansa. « 

— « S'e fezestes au rei onquas laiansa? » 

— « Senher, oc, pernocen e per enfansa. » 

— <( Era aiatz de bon cor la repentansa. » 

— « Senher, ja non penrai jorn penitansa 
Entro que Ihi farai de mort trempansa. 

Si jamais pus aver escut ni lansa , 

En qualque luc penrai de Ihui vengansa. » 

— (( Qrans* pecatz, ditz lo bos om, et 

[de[s]anansa. » 

— (( Bos om, cumen te cuiatz jamais venjar? 
Quan tu eras rics om, de que be pai-, 
Si t'a .K. conquis, so t'auhnomnar. » 

— (( Senher, so ditz .G., non quier celar : 
1 Lisez Grans. 



I 



DE ROSSILLON. 207 

Si tro al rei Oto m'en piis anar, 

E si chaval iii armas pus recobrar, 

leu pessarai en Fransa del repairar, 

E de nuhs e de jorns a chavalgar. 

E '1 reis .K. gran pas ira cassar. 

E ieu sai ben las fossas on sol venar ; 

Lai me cuh de son cors felo venjar. » 

— (( Pechatz, ditz l'ermitas, t'o fai parlar. » 

Quant l'ermitas l'auzit, vec-l'irascut; 

Molt fo savis de letras, tant a lescut : 

(( Bos om, er sai qui t'a sideseubut. 

Cel orgulhs que troberen [a] quel cornut 

Que jos del cel en foren pui abatut ; 

Angel foren el cel de gran vertut, 

Per orgulh son diable tuh devengut. 

De lai on eras reis de gran vertut, 

Pechatz t'a e orgulhs si cofundut, 

Que non potz aramir mas que as vestut. 

Enqueras m'as-tu dih e conogut, 

Si potz aver chaval, lansa e escut, 

Que auciras to senhor el boi folhut : 

Pechatz e l'enamics t'adeceubut; 

Adonquas t'aura quite tot conquesut. » 

Quant la dompna au parlar lo vilh canut, 

Ela Ihi chai al pe, baia lo'lh nut ; 

Aqui parlet assatz , ans que remut : 

(( Senher, merce, per Dieu, delmal vengut. » 

E l'ermitas la'n leva, a respondut : 

« No vos sai cosselhar, Dieus vos agut ! 

Quar aquest segle e l'autre avetz perdut. 

(( Bos om, ditz l'ermitas, quar n'as paor; 
Qu'en ton joven as fah tanta folor, 



208 GÉRARD 

1 as en mal usat tota ta ílor : 
Enquera voìs ausire ton dreh seuhor ! 
Ja puis non tiìDbaras clerc ni sanctor, 
Ni asvesque, ni aposloli, ni nulh doctor, 
Que te do penitensa a negun jorn; 
Que la dÌYÌnitas e li auctor 
Nos mostro en la lei au Redemptor 
Qual justisia deu far de traidor : 
Desmenbrar a chivals, ardre en chalor. 
La polvera de Ihui lai on chai por, 
Ja puis non creistra crba ni altre labor, 
Albres ni res que i traia a gran verdor. » 
No pot mudar la dompna que adonc non plor : 
c(.G., per que fazetz tan gran folor? 
Perdonatz tota gen mala iror, 
E .K., nostre rei emperador. » 
— (( Domna, o ieu, si fauc, per Dieu amor. » 
E 1 ermitas respon : (( Dieu en aor, 
E de sa part me clam ton cofessor ; 
Que, s'il fas de bon cor e ses domptor, 
Enquer auras bamat, terra e onor. » 

Eralh'a fah .G quan que Ihi quis. 
Lo savis oni n'ac joi, e si s'en ris, 
Que .G. Ihi autreia quan que Ihi quis, 
Que pur chaval i armas Ihi degurpis, 
Entro au jorn e '1 terme que Ihi a mes , 
Que aura sotz pechatz totz penedit ; 
Col llo en sos bes fahs e en sosben ditz. 
Aqui ploret .G. quan s'en partis; 
E l'ermitas lo senho e '1 beneditz, 
Essenhet-Ihi la via per gas antis. 
Mercadiers encontret ans que n'issis, 
Que veno de Baviera e d'Ongresis : 



DE ROSSILLON. 209 

« Quaus novas de .G, en cel pais? » 
E cil Ihi responderen: « Don , non es vis. 
.K. lo reis de Fransa l'a entrepris. » 
La dompna ac paor e si lor dis : 
« leu fui lai on .G. en carn es mis. » 
Lhi mercadier en redo a Dieu mercis : 
« Gran guerra nos fazia e mal totz ditz. » 
E .G. quant Tauzi, si s'agrenis ; 
E si tegues la 'spaza, un en feris. 
Cilh distren en Fransa rei Lozois. 
.K. en ac tan joi, totz s'esjauzis. 

Lhi mercadier comto en Fransa als lor, 
Que .G. era mortz totz de frescor : 
Gran joi en fai lo reis , qui que s'en plor , 
E tuh siei enamic , gran e menor , 
Mas quan cilh noble ome ancianor, 
Que cilh en an gran dol per sa valor ; 
E la reina en ac sus totz maior, 
Qu'el coms non ac eret de sa seror , 
Que aprop sa mort tenha la soa honor. 
Or laissarem del rei, de sa baudor; 
E parlem de .G. , que a gran dolor. 

En eis luc que parti del mercadiers, 
Intren en unas vias , malvatz semdiers , 
E troben molt mal pas e encumbriers 
De romes e d'espinas e d'aiglentiers , 
E troben sobre una aigua dos paucs mostiers 
E un sanh ermita que ac nom Garniers , 
Qu'els alberget la nuh mol voluntiers. 
Lanuh si jatz .G. e samolhers 
Entro a l'endema qu'el jorns escliers. 

14 



210 GÉRARD 

Era s'en vai .G. enga'l soleilh 
Per un estreh semdier, lat un caumelh, 
E trobet una fon de sotz un telh, 
E colget s'i al uffil)ra per lo soleilh, 
E volc se cum durmir , que ac somelh ; 
Mas non cugetz del comte gaire dormel. 
Abans plora dels oilhs, tira '1 cabelh, 
Ditz que mais volgra estre mortz e un cam- 
Qu'el reis Tagues aucit e siei feilh. [peil 
E sa molher Ihi ditz : « No fas donzel , 
Mas preia Damedrieu quenos cosselh. » 

D'aqui s'en son anat a un repaire , 
Don son mort de la guerra Ihi fil e 'lh paire. 
Lai auzissatz maldire lo filh la maire, 
E maudire .G., cum se fos laire. 
Entre lo dol e l'ira e lo mal traire, 
Si no fos sa molher no visques gaire. 
Ela es savia e corteza e de bon aire, 
E no paraula milhs nulhs predicaire : 
« Senher, laissa lo dol, si t'en esclaire : 
Tostemps fust orgolhos e gueregaire, 
Batalhiers , e engres de mal a faire ; 
I as plus omes mortz no sabs retraire , 
E los as paubrezitz e tot lor aire : 
Eraenpren Dieus justizia,lo drehs jutgaire. 
Membre-te del prodome del bos de chaire , 
Que te det penitensa de mal retraire : 
Enquer auras ta onor, si la vols faire. » 

D'aqui son albergat aus ortz dauratz , 
On parto Ihi cami d'aquels comtatz. 
Lai aprendo tals novas don fo vertatz : 
Aqui es us messatges tres ier passat ; 



DE ROSSILLON. 211 

.K. n'ac .c. trames davas totz latz. 

Qui trobara .G., si ramenatz, 

D'aur e d'argen Ihi er .vij. vetz pezatz. 

(( Senher, ditz la comtessa, quar me creatz, 

Esquivemlos chastels e las ciptat[z], 

E totz los chavalers e 'ls poestatz , 

Que faunia es grans e cobeitatz. 

Quar senher, vostre nom si lo camgatz. » 

Et el Ihi respondet : (( Si cum vos platz. » 

Aqui mezeis s'apelet Jolcim Malvalz. 

Ab un lucrier feìo es alberjatz. 

Fels es ; mas sa molhers es plus assatz. 

Lai Ihi pren maludia , don fon greiatz, 

Que de .Ixxx. dias non fo levatz , 

Tro la nuh de Nadal que Dieus fo natz. 

L'osdes lo fetz gitar de son palatz 

En l'arvolt d'un celier, de sotz us gras. 

Aqui ac la comtessa dolen solatz. 

.G. jac en l'arvolt, no i ac sirven, 
Mas sa molher, que 1 sierve molt dossamen. 
Ab tan veus un digiet que a lui ven ; 
Dieus lolhi a trames tot veramen. 
Cel Ihi portet un drap, denan lo 'ih ten : 
« Dompna , per amor Dieu omnipoten, 
Que nasquet per tal nuh en Besleen, 
Me talhasetz d'est drap un vestìmen. )) 
Ela ditz : (( Voluntiers. )) Sempres lo pren; 
Talhet-lo e '1 coset de mantenen. 
Al osde comtero ci 'lh seu sirven : 
« Lapautoniera cos mol vistamen. )) 
El Ihi trames vestir d'un seu sirven^ 
Mandet que '1 cozcs tost e non jes len. 
Ela ditz al messatge molt umilmen : 



212 GÉRARD 

i< Amics, ieu en cos a un plus manen, 

E puis peurai lo seu, si tan m'aten. r> 

E cel recomtet tot aisamen. 

II s'en venc pels degras viassamen, 

A lei de Satanas , iradamen , 

E gitet-los de totson casamen. 

Aita mal crestia no vistes anc , 
Quar gitat-los a fahs foras en fanh. 
La comtessa non ac ni carn ni sanc, 
Locoms non ac vertut nicarnni sanc^íic); 
La comtessa lo pres per miei lo flanc , 
Ela fo febla e cassa , de carn estanc. 
Ambedui son coheh de dins lo fanh. 
Us prodom los gardet, que ac lo cor franc; 
Fetz de costa son fuc ostar un banc , 
E fetz-lhi faire lieh molet e blanc , 
Puis Ihi det venazo e peish d'estanc. 

E quant foren cach amdui el brac, 
Lai esblesmet la dompna de dol que ac. 
Lo prodom Tesgardet, si cum Dieu plac, 
E fetz-Fen aportar tot freh e flac , 
Fetz far de latz son fuc un lieh un jac, 
Puis Ihi det carn de bos e peis de lac , 
E tenc-lo tant ab si tro guerit Tac. 

.G. se regardet e jac evers, 

E non ac mas les os e '1 cur e 'ls ners : 

« A Dieus ! ditz el , tant iest vas mi envers ! 

Las obras que ai fachas mol lah me mers. 

.F. e Landrix m'o dis , cel de Nivers. 

.B., Folchier, Segui, Bos e Gilbers, 

Pos visquiei apres vos , molt fui culvers. ;) 



DE ROSSILLON. 2l3 

la soa bona dompna lo cap Ihi ters : [pers ; 
« Quars senher , laissa estar la honor qiie 
Quar si '1 mal culhs en grat, nielhor desers.» 
E puis despon del salme David tres vers , 
E comtet-lhi de Job cum fon desers. 

S'ieu vos comtava totz los encombriers 
E las fams e los setz lotz per entiers, 
Aisi cum ditz rescrihs que es els mosliers, 
Vint e .ii. ans fo si lo fortz gueriers, 
Que non ac de sa terra .iiii. deniers. 
Un jorn intra en us gas grans e pleniers , 
Et auzit una nau de charpentiers ; 
E seguet tant la via , per los ramiers , 
Que trobet a un fuc dos charboniers. 
Li us fo grans e lahs e tenhs e niers , 
I ac nom Garis Bru, l'autre Rainiers; 
El apelet .G. e ditz prumiers : 
>(( Amics, digatz, don es penedensiers ? 
Quar portatz est carbo , siatz coliers , 
E siatz de gazanh drehs parceriers. » 
lE .G. respondet : « Don, voluntiers. » 

Ab .G. son Ihi dui, trei companho; 
Cascus a pres son faih, e '1 coms lo so ; 
E son issit delbocs per un cambo. 
Veno a Orliac, sotz Troilo ; 
Cascus seten denier ven son carbo , 
Cilh non an plus de Ihui miga un bilho . 
.G. vit le gazanh e saub-lhi bo. 
Er Ihi do Dieus ostal e tal maiso 
Per que pusca venir a gariso ! 

E las ruas d'Orliac , en la sobriera, 



2l4 GÉRARD 

En una maiso pauca e estremiera , 
Es albergatz »0. latzla sauniera, 
Las una boná'femna, Dieu almorniera ; 
De Ihies feiro sirventa e cliamberiera. 
.G. saub ben d'Ardena la gran cbariera, 
El ac bona vertut , fort e pleniera , 
E portet maior fais d'una saumiera , 
E vai soen la rua de la ostalicra. 
Aqui fo la comtessa pui corduriera , 
Que anc non vistes de mas ta fazendiera. 
No i a tan richa dompna no la requiera , 
De sas obras a far no Ihi profiera ; 
Don dizo Ihi donzel e gens lichiera , 
Parlen tot son auzen e en dereira : 
« Esgardatz qual beulat de carboniera ! 
Si '1 vilas del carbo no la fes niera , 
N'agues ta genta dompna troa Baviera ; 
E dona pros e savia e bona obriera , 
Per que pres a marit charbo faziera ? » 
Ela respon , que fo savia parliera : 
« Senhor, merce per Dieu e per sa miera ! 
Trobet-mi a molher, Dieus o desierva ! 
E puis mi fetz apenre a corduriera. 
No sa plus gentil ome de Ihui enquera 
Qu'el non es de sai mar ges en sa tera ; 
Non i a ta felo ni de mal eira , 
Ab sa dolsa razo tot no 1 conquiera. » 

Lo gaanhs del carbo venc per talan : 
llh lo fan , cil lo porta e si lo van. 
XX et .ij. ans s'en van aisi vivan 
Entro a una festa , karesme intran , 
Que om basti quintana gran , esforsan ; 
Fai-lalo coms Goltelmese Iduxs d'Aiglan. 



DE ROSSILLON. 2l5 

.G. la vai vezer ab l'autra gan , 

E fo lonhel dels autres en son jazan , 

Entr'els bratz sa molhers , que char lo tan. 

La dompna los vassals vitburdissan, 

E membret-lhi de lonh del noirimen 

De .G. que solia far issaman : 

Tal dol n'a a son cor, per pauc no fan ; 

L'aigua Ihi chai dels oilhs e Ihi dissan , 

Sus la barba .G. Ihi vai chazan. 

E lo coms l'an dresset, ditz son talan : 

« Dompna, er sai de ton cor que si repan. 

Quar t'en vai, dompna, en Fransa e mante- 

E ieu te jurarai suls sanhs vertans , [ nan ; 

Jamais no m'i veiras ni tiei paran . » 

— «Eraauh, soditzla dompna,cendejovan. 

Ja Damidrieu non plassa omnipotan 

Que ja vos degurpisqua a mo vivan ! 

Certans abans salhdria en fuc ardan. » 

— «Senher, perque parlatz ta malaman? » 

E lo coms la baizet de mantenan. 

(c Senher, se mos cosselhs en fos auzitz, 
Nos tornassam en Fransa on fos noiritz. 
ler ac .xxij. ans qu'en fos issitz, 
E es totz de mal traire rotz e frunitz ; 
E si podetz trobar l'emperairitz, 
A cui vos fustes ja amics plevitz, 
Ja non er tafels .K., lo seus maritz, 
No vos en quiera plah don er garitz. » 
E .G. respondet : « Ben avetz ditz, 
E ieu lai m'en irai, totz soi garnitz. » 

Lo coms .G. en pren son cosselhbrieu. 
El ac la messa auzida a Sanh-Andrieu, 



2l6 GÉRARD 

I a preiat sancta Maria e Dieu : 
« Reis del cel, met en cor al senhor mieu 
Que m perdon» sa ira, el e Ihi sieu, 
Per que m renda m'onor e tot mo fieu. )) 
Puis se met el cami, molt o fai grieu , 
Al dijos, a la cena, semblan romieu ; 
Albeget a Orlhes, al ost Arvieu. 

Arvius li ostaliers fon ben antis, 
El apelet .G. e si Ihi dis : 
(( Don estes-vos, amic? de qual pais? 
Quar anatz a la cort, si es esmis ; 
E preiatz la reina que vos vestis. » 

— (( Per Dieu ! so ditz .G., non soi aprîs. )) 

— (( Senher, ditz la comtessa, siatz pervis, 
E no vos esmaguetz, cars dos amis ; 
Parlatz ab la reina per qualque gis. )> 

Lai n'es anatz lo coms molt a envis, 

Entr' els autres romieus .G. s'asis. 

Ab tant vecvos Aimar, clerc de Paris ; 

E quant el vi .G., fet un fin ris : 

<( Vezetz aicel truan ab cel cap gris ! 

Ben pogra gazanhar don el visques. )) 

Donc ac paor .G. qu'el conoguis, 

E no fo ges segurs qu'en anes vis. 

Lo clercs si trais vas lui, pel ponh lo pris : 

(( Don vila pautonier, sai que quesis? 

Si no mera [sic) per Dieu, ieuvosferis. )) 

E levet-lo del renc e lo partis. 

Gran joi en ac .G., quan lo guipis; 

El venc a la comtessa, e si li dis : 

(( Pechat nos a menatz en cest pais. » 

— ((Senher, ditz la comtessa, sabs que dirai ? 



DE ROSSILLON. 217 

Per Dieu î no te qual metre en tal esmai , 
Quar ieu ai bon cosselh que te dirai. 
Dema sera divendres, que om per Dieu fai. 
Encanuh la reina en cercha vai. 
Quan sera au mostier, anatz-en lai , 
Bailatz-lhi est anel que ieus pessa ai : 
Ela lo vos donet vezen Gervai, 
Ab tot sa drudaria de cor verai. » 
— « Senher, bailes-lo-mi. » — «leu lo gardai, 
Per nulh bezonh que agues no lo laisai. » 
E .G. respondet : « Meravilh n'ai. 
Quan vos l'anel avetz, laim'en irai. » 

Lo jorns es espasatz, e 'l sers vengutz. 
Quan la nuhs fo venguda , l'escurs cazutz , 
Adonc fo grans la noisa e lo rabust (sic) 
De monges, de canorgues, de clercs menutz, 
La reina au mostier en va pes nutz ; 
E .G. se levet, lai n'es vengutz 
A un altar, desotz us arcs voltutz. 
Lai la trobet oran, ab pauc de Ihutz; 
Ben prop de lies si trais , no se fetz mutz : 
(( Dona, per amor Dieu que fai vertulz , 
E per amor dels sanhs que avetz quesutz , 
E per .G. lo comte , que fon tos drutz , 
Dompna , te quier merce que tu m'aiutz. » 
La reina respon : « Bos om barbutz , 
Que sabetz de .G.? que es devengutz? » 

— « Dompna , per totz los sanhs que vos 

E per amor del Dieu que adoratz, [preiatz, 

E per aquela Verge don el fo natz , 

Si vos .G. lo comte siteniatz, 

Quar me digatz, reina, qu'en fariatz? » 



2l8 GÉRARD 

La reina respon : « Bos om barbatz , 
Molt fazetz gran pechat que m conguratz. y 
Douat i volgra aver quatre ciptatz , 
Per que lo coms fos vius i agues patz 
E tota la honor don fo gitatz. » :. 

Donc (sic) s 'es lo coms de Ihies fahs pluspri- 
E bailet-lhi Tanel, e ditz : « Veiatz ! [vatz, 
leu son aquel .G. don vos parlatz. » 
E quant ela lo tenc, conoc-lo assat. 
Adonc no i fo venres sanhs redopdatz , 
En cel lucfo .G. c. vetz baizatz. 
I apelet Aimar, clergue letratz : 
« Cest om es de ma terra noiritz e natz, 
I apertenc al meu sos parentatz . 
Queretz-me Benacis, ci 1 m'amenatz. » 
Cel ditz : « Voluntiers, dompna. » Lai n'es 
Fet sas donzelas traire totas a un latz. [anatz; 

La reinapres .G. per lo col 
E baiset-lo soen, que amar lo soL 
Trais-lo a una part, de sotz Tarvol , 
E demandet-lhi tot que auzir vol ; 
E, cum el Ih'o comtet , acjne gran doL 

« Senher, on es ma sor? » — « Dompna, lai 
En l'ostal de Arviu Falbergador. [for, 
Anc mais om no vi dompna de sa valor. 
De .M. vidas non agra jes Lameiior; 
Mas ela m'a guerit per sa dolsor, 
E per son bon cosselh e per s'onor, 
E m'a sai fah venir ab gran paor. » 
— « Don no vos esmaguetz, qu'eu ai la flor 
Del cosselh de la cort l'emperador. 
Tan bon aver de pretz e monedor 



DE ROSSILLON. 219 

Lor ai donat que m'amen tuh Ihi melhor. 

N'en queiratz ja vos autremantenedor, 

Se ieu ad est besonh no vos socor 

ïot aital cum ieu vulh iei mossenhor. n 

Apelet Benacis lo cantador : 

(( Albejatz est romieu, Ihui e s'oisor ; 

De ma terra fo natz, de la melhor, 

E foro d'un Ihinatge nostre ancessor. 

E fazetz-lo per mi tan celador, 

Que no 'i sapchan la fors cilh gabador, 

.Chavalers ui sirven lauzenjador. » 

E cel ditz : « Voluntiers. » De joi lai cor, 

Dins sas cambras lo mes en la melhor. 

Lai intret la reina ab sa seror, 

E remairo de fors siei menador. 

No vos quier ja comtar lo dol ni '1 plor ; 

Non parti la reina tro vi lo jorn. 

Adonc fo lo divendres que Dieus tramis ; 
La reina apelet lo bisbe Augis : 
« Senher, preiatz lo rei e sos amis, 
Per Dieu, que aia merce d'aquels caitis, 
Qu'el a deseretatz e fahs meschis , 
E perdone totz cels e mortz e vis. » 
E l'avesques si fetz a son devis , 
E parlet au rei .K. cum om pervis. 
Ans que ores la crotz on Dieus fo mis, 
Lhi autreiet lo reis quan que Ihi quis, 
E perdonet aisi cum el Ihi quis. 
Er pot tornar .G. sos plors en ris : 
Enquer er de sa honor poestadis. 

Lendemafon dissapdes, dias pascaus, 
Que lo reis fon tondutz, bainatz e raus , 



220 GÉRARD 

La reina vestida de palis taus , 

Anc non vistes melhors, vermelhs ni blaus. 

Ela venc costa'*! rei, ditz-lhi suaus : 

« Senher, auiatz mo somi, que totz es faus. 

Anuh m'era avis aut senhs jornaus 

Qu'el coms .G. venia per us charaus, 

E intrava sains per es portaus , 

E jurava*sus sanhs^ cum omleiaus , 

Jamais cum el fos vius, cum om carnaus, 

No vos vengues per Ihui ni dans ni maus. 

EI era de ta cort rics senescaus. » 

— « E Dieus! so ditzlo reis, quarfos-eltaus! 
leu volria que fos e sas e saus ; 

E pero si me fetz gueryas mortaus, 
l a me i als meus .M. dols coraus. » 

— (( Senher, ditz la reina, donatz-me un do : 
Que trameta saber se es vius o no , 

Que l'autr'ier auzi dire al vilh Draugo 
Qu'enquera es-el vius el regen Oto. 
Reis, laissa-I'en venir en ta maiso, 
E per Dieu e per mi fai-Ihi perdo. 
EI te servira be a espero ; 
Quar tos om es, lo mielher de ta reio. » 
De son estan se mes a genolho, 
E pres-Io per lo pe e pel talo , 
E tochet-i sa bocha e so meto ; 
E lo reis la 'n dresset, e no 'lh saub bo , 
E de tot quan Ihi quis no '1 dihs de no. 
E per aitan Ih'a fah I'autreiaso, 
Qu'el cugava fos mortz sotz Rossilho, 
On fo nafratz el pihtz, sotz lo mento , 
Entro a lendema que I'acortz fo , 
Que 80 repenti molt d'esta razo. 



DE ROSSILLON. 221 

Lendema fo la patz qu'el coms a quis , 
E '1 reis a Sancta-Crotz la messa ausis. 
Quant ac portat corona, en fo issis. 
Ilh demandero aigua o son acis ; 
E cum agren menjat, passet mieidis. 
E miei la sala offren dos nous tapis 
De sus dos fadestols ab aur sarcis. 
.K. lo reis de Fransa sus Tun s'assis , 
Josta Ihui la reina qu'el somonis. 
Lhi comte son vengut e Ihi marquis. 
Lo reis se dressa em pes, a totz lor dis : 
<c De .G., aquel comte que fonfaidis, 
Ben avetz toh auzit qu'el es fenis ; 
Senhor, perdonatz-lhi que anc forfis : 
Plus salva en sera s'arma en paradis. » 
Toh Ihi an autreiat quan que lor quis, 
Estiers lo comte Aimers i Amris , 
Cui venquet en batalha , lor frairc aucis ; 
Al un lo destre ponh volar en fìs. 
Aquel Ihi perdonet molt a envis. 
La reina apelet clerc de Paris : 
« Prenetz diap de cancil e var e gris , 
I anatz tost corren a'N Benacis ; 
Lo romieu e sa femna mi revestis , 
Lhui m'amenatz sai-sus. » Et el si fis 
Als degras de la sala en aut acis. 
La barba l'es creguda e blancha acis, 
I avenc-lhi molt be sobre la cris, 
E no cuget ja om lo conoguis; 
Mas lo reis si fetz tost , al plenier vis. 
De maltalan qu'el ac , totz negrezis ; 
Lo perdo que ac fah, de Dieu maldis, 
E clamet la reina enjanairitz. 



222 GÉRARD 

Quant lo reis vit .G. , si s'en irais, 

Apelet Otoer e Bertalais, 

Lo comte Aimar e don Estais; 

A una part les trais de son palais : 

« Senhor, es be .G. fols enjanais? 

Sus me s'es abatutz est glotz punnais, 

E no cuh que e ma cort gaire engrais : 

Demalo farai pendre sus Mongelais. » 

La reina cenet un comte Bertalais, 

Et el ven-i corren sempres d'elais, 

E pren lo rei pel ponh, vas se lo trais : 

« Ai ! senher rei de Fransa, amics, que fai ? 

.G. s'en ven a vos , no sab on mais. 

Reis, si tu vols, lo pen o lo desfais ; 

Pero si jurara suls sanhs Gervais , 

E dara .M. ostatges qu'en ta cort lais , 

E ieu plevirai e don Estais 

E tuh Ihi chavalers que aici ais. » 

En eis luc la reina lo bec Ihi frais , 

Que tot Ihi fai lo reis quan vol e mais. 

i( Don , quan Ih'as perdonat ira e orgulh , 
Redut Ihi as plan borc e sanh capdulh. 
Puis non aura en Fransa , so cuh, regulh. 
Qui metria lo setge de fors au sulh , 
Tenetz-mi per malvaza, c'el capno'Ih culh.)) 
E lo rei respondet : « Aisi o vulh. » 
Lai Ihi ret terra plana per un ram fulh. 

Lo coms pel ram del rei recep so fieu, 
Enclinet-Ihi pregan en au pui , 
E '1 reis non es ta mals que no Ten lieu : 
« Seaher, de ma honor es .F. e Ibi sieu , 
E d^aquesta ciptat tuh Ihi Juzieu. 



DE ROSSILLON. 22$ 

De la enor, si la tes , no m'es ies grieu ; 
Mas pur .F. mi ret, per amor Dieu. » 

(( Per mon cap ! ditz lo reis, non ies ta 

[lieu. « 
Ab tan novas Ihi venc per un corlieu 
Cel Ihi ditz las paraulas, que lih lo brieu. 

Lo reis s'en ieis lonc Liere en un sablo , 

E son ab Ihui siei comte e siei baro, 

Lhi dui filh Audefrei e 'lh trei Aimo 

E Ihi quatre Aimeric que tenc Noio , 

E Ihi autre Bemarz que ab els sapo. 

Moven del duc au rei mala raso : 

« Ai! senher reis, cum fas gran mespreizo ! 

Nostres paires an mortz Ihi Bergonho, 

E tu redes .G. e fas perdo. » 

— « La reina, senhor, me fai aiso; 

Pero non es mos om ni puis no fo, 

Que me fetz de ma gen occizio. » 

Prumiers parlet Augiers que tenc Medo 

E tres ciptatz lonc mar e Port-Audo : 

(( Vostra boda, la rossa, de franc alo , 

Que fo íilha Terric au ric baro, 

Que per la mort son paire vos ques .F. 

Que siei fraire aucizo en traicio, 

Quan cugem qu'en prezes la venjazo , 

Ela amet son cors e sa faiso ; 

Si s'en fugit ab lui en Aurido. 

Fetz-lhi bugas d'argen, no de lato. 

A({ui l'a puis gardat en tal prizo , 

Plus suau lo noiris qu'e aigua peisso ; 

I ama mas de Ihui un avoltro 

Qu'el ric comte de Rems o cel Breto. 

Acui no t'en fezem per vos lo do , 



224 GÉRARD 

Que era nos en movo guerra e tenso. 

Mandatz-lhi qu'el vos renda ; e si ditz no, 

Nos Ih'asaldfem de torn e d'eviro, 

Quar si ela era ajostada ab cel felo, 

Dans e onta seria de gran reio. » 

E .K. respondet : « le us abando ; 

Mas de .G. no vulh far traicio , 

Tan cum er ma cort ni en ma maiso ; 

Mas pui qu'en partira, qui gaerdo 

Lhi redra de so mal, ieu Iho perdo. » 

Bertrans de Val-Olet , lo filhs Aimo , 

Cosis germas .G. e don Folco 

(^N ac milhs enparentat en la reio, 

Ni tan bon chavalers co '1 paires fo ), 

Quant auzit las paraulas, no 'lh saub jes bo ; 

Parlit de lor suau i a lairo, 

E es vengutz en la chambra on .G. fo , 

E go ^ue sai auzi lai lor despo. 

No laisset en la chambra mas que si quo. 

La reiana trais apart e don .G. 
« Si era no prens cosselh e gran esgart 
( Quar tuh siei enamic son d'una part , 
E lo reis en cre be lo plus ganhart) , 
A Aupais per Folco mouran regart 
Del setge metre brieu, e non jes tart. » 
La reina respon : « Dieus los en gart 
Emdo de guerimen e ginh e art ! » 

.G. quant o auzit, ac gran paor; 
La comtessa del cor e dels iuilhs plor. 
La reina la conorta per gran valor : 
« Dompna , n'os esmagetz , per Dieu amor! 
Si mi donet Belclar per ma seror, 



DE ROSSILLON. 225 

Dìjon e Rossilho , castel e tor, 
Castilho , Mont-Argo e Valcolor ; 
leu los ai si garnitz , tuh Ihi plus sor 
Son replet, so sapchatz , de gran ricor.. 
En aquest non avetz contradictor. 
E darai-vos chaval tan corredor, 
Outra mar ni de sai non a melhor. 
I ai essems, ab mi, un venador 
Que fo del noiriraen vostra seror : 
Cel vos [en] guidara ab la brunor. 
leu segrai-vos mati engal lo jorn , 
E menarai Rertran e ma seror. )) 
Aqui mcis lo mandet , e cel lai cor , 
Ab totz los quatre filhs que ac de s 'oisor. 

La reina apelet lo vilh Draugo : 
(( Sabes anar per bocs a Rossilho? » 

— (( leu oc, de miega nuhtro a Dijo. » 

— « Er me guidatz est comteper gaerdo. » 

— (( Abans serai sos om, e ist fric.o 
Que son miei .iiij. íilh, chavalier bo. » 
E .G. los recep, promes-Ior do ; 

Quar del plus paubre fetz pui[s] ricbaro. 
(( Si no cove , ditz Drogues , longua razo.» 
Fan-lhi vestir gonela e chapairo , 
E fan venir Rausa Tarabio , 
E lo coms i montct fors, au peiro, 
E pres un gran espiet latz son arso : 
Eras anatz a Dieu ben[ei]sio , 
Qu'el reis demanda fresca venatio ; 
Mas aquesta que quer es for[s] sazo. 
Van-s'en per la ciptat lot abando; 
E quan foren au bocs vas Sanh-Fago, 
Chavalgen tota nuh tro dias fo. 

i5 



226 Gliìard 

A una fon , ei liocs, latz un pciro , 
Fetmenjar los ctiivals e los baro, 
E durmit un |)etit, e saub-lhi bo. 
Ab aitant son anat a Rossilho. 

El brulh, sotz Rossilho , en un vergier , 

Es dissendutz Jo coms de son destrier : 

« E qual la farem era , miei companhier ? 

Si atendrai Bertran e mi molher, 

trametrai lains un messatgier 

Per saber de ia gen lor cossi[ri]er; 

Quarde .F. socorre ai desi[ri]er. » 

— « Aquo, so respon Drogues, vos a mestier, 

E ieu irai-m'en lai mo fil Auchier 

Que vos renuncier so que lai quier. » 

Drogues inlra el chastel sobr' el chaval , 

.M. en trobet a tre[s]chas i au gran bal , 

E tres .M. borzes per la charal , 

Que de joi e de joc son cominal. 

E quan viro Drogo , paraulen d'al : 

« Di-nos quals novas sabs de cortreial. » 

— (.(. Novas sai de .G. , lo bon leial. » 

— (( Ves-nos-tu escharnir? e fas o mal. » 
— « Abans vos dictotver, per sanhMarsal. )> 
E fetz ligir lo brieu bigo bigal , 

E lo brieus ditz a totz : « Que Dieus vos sal ! » 

De part .G. lo dux e '1 ric captal, 

Cui lo reis a redut s'onor cabal : 

E la reina manda al senescal , 

Cilh que son el chastel venho aval 

E delhivro .G. al duc osdal. 

Aqui agron tal joi que anc n'agro tal. 

Quaon auziro parlar de lor senhor, 



DE ROSSILLON. 227 

Non i a ta felo per Ihui non plor : 

{( Senher , qiian lo veirem ? di-nos lo jor. » 

— ((Yenha'l yezerqail'ama, qu'ieuvaiialor; 
E vos, canonge e clerc Sanh-Salvador, 
Fazetz processio en sa honor ; 

E vos venretz am mi , cavalgador. » 
Aprop Ihui son issit davas pontor , 
I Â-Uchiers totz prumiers a .G. cor 
E comtet-lhi qual joi fan per sa amor. 
.G. monla el chaval, vai contra lor : 
Lhi domine lo baizen e 'lh varvassor, 
E borzes e sirven, gran e menor; 
No i a paubre ni ric Dieu non aor. 

Cels chavalers baizet e los plus drutz, 

E donzeJs galaubiers e encregutz; 

E quant los ac baizatz e conogutz , 

Ab la processio fo receubutz , 

E profers son aver a las vertutz. 

E quant fo fors issitz dels arcsvoltutz , 

A totz lor ret merces grans e salulz ; 

[E] cil Ihi dizen : (x Don , ben es vengutz; 

Totz avem tos trachors mortz e vencutz , 

Per que .K. vas vos fos irascutz : 

Ja no seras per ome mais conquesutz. » 

— « Bona gen , ditz .G. , anc taìs non fo ; 
ïotz jorns m'avetz servit coma baro. 

Ja no fossa conquis pel rei .K. 
Se no fosdel portier la traicios. 
Un servizi vos quier per gaerdo , 
Que trametatz viatz tro a Dijo , 
Que venho chavaliers e li peo 
De Mont-Argo e cilh de Castilho; 



228 GÉRARD 

K vos , Ihi meu amic de Rossilho, 
Era me ajudatz, qu'ie[u]s en sorao, 
Aisi a gran Lesonh cum per Folco 
Mo nebot delhivrar de gran preizo. » 
E cilh Ihi respondero tuh a un so : 
« Ja non trobaretz un que diga no. f> 
E lo reis sas comunas a fort somo , 
Per anar metre setge ad Aurido. 
E la bona reina a fah manh do. 
E per .G. s'alegro Ihi Bergonho, 
Que Dieus lor a redut , molt lor sab bo. 

Abans que lo reis parta de son cossel , 

En que sab la reina vassal donzel , 

Si '1 trames bon argen i aur vermelh. 

De donar son sas tors e siei dentelh. 

Ja d'aquo nulha dompna no s'apareilh. 

Tan bels uulhs cumlos seus i a davan cil, 

Nitan bel cap non cubren cum siei cabelh. 

II preia a cascu que s'apareilh 

Si cum d'anar ab Ihies engal soleilh ; 

E comanda Bertran mati s'esveilh : 

« Or veirem qual seran noslre íielh. » 

Nou comte son al rei, tuh trei lor paire 
Foro nebot Terric e german fraire, 
E van esta razo al rei retraire : 
« Senher, Bertrans vos er or guerreiaire ; 
De vos si vol partir cum fetz sos paire , 
Quar de la cort somo quanque pot traire. 
No i rema chavalers de gran afaire. » 
La reina respon : « No s tenra gaire. 
leu vulh menar ma sor en son dotaire. » 
E dins juret lo cors de sanht Ilaire : 



DE ROSSILLON. 229 

(c Si de mon enarnic si fa guidaire , 
Quan poirai Ihi serai contrariaire » 
La reina respon : « Non digatz , fraire. » 
Adoncparlet Pepis, sos fils raraaire, 
Us donzels de .xv. ans, am bo veiaire, 
E savis e cortes e bos donaire : 
c( Cel qui vol aontir mi dons , mi maire , 
Si gar de mi son cors e son repaire ! » 
Ab aquest mot se tazen per remperaire. 

Anat[z] son tuh au rei prince e comtor ; 
Abans que .G. torne en sa honor, 
Lhi faran, si cum dizen, de mort paor. 
iMerce Dieu, e Bertran lo venador 
E'J reina, qiie sab chauzir la flor, 
Ben son garit de mort e de paor. 
Bertrans íbn chavalers non sai melhor, 
.XX. e .V. nebotz ac de gran valor 
(De fraircs e de sorors no sou longor), 
È .diij. (síc) chavalcrs , ric varvassor; 
Si son dc sa mainada bon ferido[r]. 
Las novas entroit, ab els lai cor : 
« E vos, que deraandatz .G. senhor? 
Cuiatz Taver trobat coma pastor? 
Quant reis l'ac retengut en eis lo jor, 
Lhi an cerchat la mort am so senhor. 
Non cove a cosselh d'emperador 
Que om lo 'Jh do taJ de que se desonor. 
S'iJh an mortz vostre paire e vos Jos Jor, 
Non devetz refrescar tan vilha iror. » 
— (( Bertran, (btz la reina, n'aiatz temor. 
Pos Jo reis non o voJ ni Jhi pJus sor, 
No us fassatz de .G. duc guidacJor ; 
Quar ieu redrai son oscJe a ma seror ; 



23o GÉRARD 

E si lo coms i ve en Dieu amor, 

Ela ralberjara cum son senhor. 

E ieu Ten guidarai deman au jorn , 

E menarai am mi mo filh maior. » 

— (( Per mon cap ! ditz lo reis, nilo menor. 

E ieu m'en ai Bertran que me socor, 

Que te per ton comiat áe me s'onor. )) 

E lo reis d'ira moc de sa color ; 

Mas no volc descubrir sa gran iror. 

Odis trais lo rei àeh autres long, 
Apelet son cosi, et el n'ac song : 
(( Aqueh mestis Frances , dimici Bergong , 
Nos fan sai aparer lo gulh d'un cong. 
Reis, de parlar ma dompna tant par vos oing 
Que tot vos a tornat en autre cong. 
Trop a gran do del renc entro au grong ; 
Ben fai semblan d'onor que non a song , 
Qui si gran terra geta fors de son pong. » 

— (( Per mon cap ! ditz lo reis, si fan alcu ^ 
Apres lo vi fo fah , ieu non ai cu. 
leu non vulh perdre .c. ni M. per .i. 
Mas de .F. vulh ben siatz ufru 
Qu'el me trameta Aupais a Monlhau ; 
E si faire no vol , ieu do cascu 
Comjat de son chastel que om Ihi destru , 
E sa tor e so mur fragua e esgru. )> 
Trastuh redo merces essems a hi. 

La reina levet quan jorns pareis, 
Monten, ela e sa sor, els palafres; 
E .V. c. chavalers issen d'Orlhes 
(Totz lo sordieger fo vassals cortes) , 
])onzelas e piuzelas tan cum obs es. 



DE ROSSILLON. 23i 

E passen los agahs qiie om .G. mes, 

E son issit del bocs e d'Orlhenes. 

La reina alberget en Eiirepeis, 

Elt a dih a Bertran que no Ihi pes 

De chavalgar la nuh , que cocha es : 

i( Portatz Aupai est brieu e siatz mes 

Qu'eu Ihi darai Folco, qu'o Ih'ai promes. 

Per Ihui mi vol mal gran l'orgulhs írances 

Per tota ma onor, si m'ajut fes, 

No vulh qu'el tenha Odis ni nostre reis. 

E dijas-mi .G. que ades esples, 

E uo remanha om que armas ades. )) 

E Bertrans Ihi clinet, e ditz merces ; 

E quant se part de lies, si s'esdemes. 

Molt trobet be garnit Rossilhones 

De .v.c. chavalers , ab bos arleis^, 

De .X. M. sirvens e de borzes; 

De quan lor quer .G., res no sofres, 

Bertrans parla ab .G. e ditz Drogo : 
« Portatz Aupais est brieu i a Folco, 
Que fassan tot aquo que lor despo. 
íeu irai aprop vos vas Orido ; 
Venran essems am mi miei companho 
E cilh d'aquesta honor e de Dijo. 
Fai guidar Baudoi e 'I comte Oto 
Doas Jeguas de pla del bos d'Arto, 
E d'aqui a las barras prop d'Argenso. 
El bocs remandran tuh aquelh peo. » 
— «: leu irai, ditz .G. ; senher, vos no, 
Que lo reis nos aprenda a ochaizo. 
La reina vos manda, e ieu dic o, 
Que ela te est afar trastot per so. » 

1. Lìsez arneis. 



232 GÉRARD 

Era s'en vai Bertrans a espero, 
Bertalai de Brian ac a guio; 
E Drogues vai pongen ad Aurido ; 
Mas abances i fo lo mjes .K. 

Lo messatges .K ditz ad Aupais : 
(( .K. lo reis te manda que anes lais, 
Qu'el te dar' a marit cel dux D'Aais 
aquel dels Bretos que es pros e gais, 
Que Ihi mou per re guerra don sera pais ; 
E tu Ihi retz .F., no '1 lcner mais. » 
— « Malditz sia qui '1 ret de tot est mais! 
— <( E lo reis t'en moura ira e pantais , 
E te metra lo setge ans que sol bais. 
Quan tu veiras trenchar vergier e plais , 
Ja non auras talan que Folque bais. » 
— (( Messatgier,vai d'aqui, tropmefas lai.j 
E Bernarz Brus s'en torna, ab Ihies se ìn ' 
E montet el chaval, vai-s'en de lais, 
ï anet contra Odin cui el retrais. 

Quan lomes de[l] rei ies, lo .G. intra. 
Cela que fo en aut lo vi dissendre , 
E vit venir Bertran do lonh soentre : 
De paor si treblet lo cor el ventre ; 
Fai las portas fermar, vai las claus pendre : 
« E qual la faret era, .F., char senhdre , 
Que ]as ensenhas veh los gahs perpendre? 
— (( No sai, so respon .F., al que defendre, 
Cum cel que es totz sognos de mort a pendre . » 
Fai sas bugas trenchar, vai l'escut pendre , 
E vai ausberc vestir, espaza senhdre ; 
Mielhervassalsnofoperautreatendre.[dre.)> 
Soditz :((Maisvulhmorir quemlaisviuspen- 



DE ROSSILLON. 233 

Folque vit las essenhas que aura s venîa : 
« Era cuh de ma dona que ele * no s menta. « 
— (( Folque, trop ai en vos fah longe atenta; 
Perdut i ai mon temps e ma joventa. 
Per vos me fo ma gens ta malvolenta 
Que non ai de ma onor aver ni r-enda , 
Ni non ai los vassals don vos deiènda. 
Cum vos veirai morir, lassa, dolenta ! » 
Ab la paor que a si se tormenta. [genta. 
Drogues crida alaporta : « Lais-me intrar, 
Aitals salutz t'apor que joi presenta. » 

Quant a auzit Drogo son conoissen , 

La porta Ih' vai ubrir, pel ponh lo pren : 

« Drogue , quals novas sabs de nostra gen ? 

La mainada .G. que per te ven , 

Que tramet la reina, que nos aten, 

On es? )) — (( A Hossilho, el mandamen. 

ïen est brieu que t'aport e te presen. » 

De joia I'a baizat , quan lo brieu pren : 

({ Dis-tu ver de .G., se Dieus t'esmen ? » 

— (( leu oc, si Dieus m'ajut omnipoten. » 
Ela vai a Folco chara rien : 

<{ Folque, novas t'aport a ton talen, 
De part ,G. lo duc, ton bon paren. » 

— ({ Trop m'escarnis, donzela , e malamen. » 

Quant .F. o ausi, ab Iies s'irais : [fais. 

(( Quar m'escharnis , donzela , gran pechat 
Mortz es lo coms .G., no 'I veiraimai. » 
Bailet-Ihi lo sagel, et el lo frais ; 
E quant el I'esgardet , ris Ih'en lo cais : 
(( Aquest brieus ditz molt be, si es verais. » 

1. Lisez ela. 



234 GÉRARD 

— (( Don, grans valors te creis e joi rae nî 
La reina chavalga mentre tu jais , 
Qiie de .G. e '1 rei cercha la pais. 
A Rossilho on es, dins lo palais, 
Âqui te dar' a mi, si a lies te vais ; 
Abans me juraretz per sanh Marsais [mais. « 
Que m prengalz a niolher ans que iesca 

— (( leu t'o afi, donzela, en fe t'en bais. n 
Ab tan Bertrans s'en vai sus per relais ; 

E .F. quant lo vi, tal joi n'ac mais. 

Bertrans lor demandet : (( A-i dotamen ? >> 

— (( El oc, so respon .F. , d'un sagramen. » 
E la chapela intra , los sanhs en pren ; 
Sobre un texte entablat d'aur e d'argen , 
Lhi an jurat quant vol a son talen. 

Ela embrasset Bertran e ditz rien : 
(( leu m'en vauc a marit tot paubramen. 
No port aver am mi , aur ni argen , 
Pali, samitz ni polpra ni ornamen. » 
E Bertrans Ihi respon cortezamen : 
(( Vos si faitz gran beutat e cors molt gen. 
Anem-nos-en viatz, non fassatz len. 
Messatges m'es vengutz cochadamen 
Que perton dan chavalgo tuh tiei paren. )) 
Aqui ploren donzelas , clerc e sirven : 
(( Nos , era que farem, chaitiu, dolen? )> 
E .F. quant o au, pietatz Ih'en pren : 
<( Est chastel vos autrei en chazamen ; 
E si perdetz aquest , melhor von ren ; 
E venretz tuh ab mi seguramen , 
Quar ja no vos falhdrai, a mo viven. » 
Bertrans l'a pres pel bratz, si la'n dissen, 
E monta en un chaval amblan corren, 



DE ROSSILLON. 235 

E pres Bausan pel fren, .F. lo ren : 
u De part .G. lo duc cest vos prezen , 
Anc non vis rnais tan bo ni si corren. » 
.F. i salh del pla, estrieu no i ten; 
E dizen chavaler e Tautra gen : 
(( Cest a gardas agudas a son talen , 
Non a pres en prisso afolamen. » 

Qa[r] Bausans fon chavals ferrans c bais ; 

Demiehtz fo arabitz , dimietz morais ; 

Non ac tan bon chaval de Roma a Ais. 

E lo vassals tan bos reis no i sofrais ; 

E lo matis fo clars e lo temps gais ; 

El ac de pessamen perdut Tengrais , 

D'alegransa e de joi fai un eslais. 

<í leu vei tres gonfainos , ditz Bertalais. 

Viatz , franc chavaler, passat huimais. » 

.F. ditz a Bertran : « Quar me retrais 

Si avem chavalers per sofrir fais. )) 

— c( Anc non vistes melhcrs per totz asais , 

1 atretans agahs el brulh de glais, 

E .XX. M. peos, socuh, e mais. 

Lo passalges es fortz e grans \o pais : 

Si' Ih passen aprop nos, grans jois nos nais, 

1 a lor, se Dieuplat, ira e esmais. )> 

Set chavalers trameten contra los trais , 

E tolen-lor la garda, quar foren mais. 

Viro-los lor armas el poi espeis , 

Son vengut a .F. tuh esdemais : 

{( Au doble son de nos en quan pareis. » 

Bertrans dit a .F. : « Passatz anceis, 

E menatz la donzela tro el defes ; 

E parlat ab aquels de Dijones, 



f 



a36 GÉRARD 

Que i son chavalers e tuh borzes. 
Quant vos auran veut , grans jois lor creis, 
E seran pUis membrat ce l' cstorns es ; 
Quar be se tornaran aquelh Frances. jj 

E pero ne son gaire lor chaval fres, l' 

Quar bin * lonc cors an fah de sai Orlhes. 
Gardatz n'isqua lo gahs del brulh espes 
Entro que augatz mon corn per doas fetz. 
Digatz que n'aucian pas totz los pres , 
Quar per ric prisonier plaideia-om gent ces . » 
.F. passet los gas e los mare ; 
E '1 plan [en]tro, el bos on l'agahs es. 
Aqui gardet Aupais, Drogue e Gofres. 

Quan .F. venc aus faus, non es folutz; 
On l'agahs dels donzels es dissendutz. 
Anc aital joi non fo mais om veutz 
Cum fo .F. quant es altr'els vengutz : 
(( Ai ! senher coms, cum te iest si contegutz 
En ta longua preiso, don iest issutz ? » 

— (( Merce Dieu i Aupais..... 

Anc lai noperdiei gaire de mas vertutz. 
Or prenetz tuh las armas e los escutz ; 
E si cascus vassals aperceubutz, 

Us tals encaus nos es aparegutz 
Don lo plus paubres er totz ereubutz. 
Odins e'lh seu nos an tan persegutz 
Que an passatz d'Argenso gas e palutz. » 

— (( Senher, pot esser vers, jen as veutz ? » 
— (( Gardatz no i sia fahs critz ni ramulz 
Entro que auiatzd'un corn motz conogutz. 
Puis issetz e feretz dels fers agutz ; 

E gardatz n'auciatz los retengutz , 

1. Lisez ben. 



DE ROSSILLON. 23; 

Quar per los pres ven-om de guerra alliutz.» 

.F. \enc als geldos, gen los castia, 

Ret merces e salutz e los convia : 

(( Francha gens naturals, bona et ardia, 

Quan per nii es venguda tals cumpanliia, 

Dieus me do far e dire que be vos sia. » 

Tota la gens per Ihui s'es esbaudia : 

(( Senhor coms , qui t'a dutz Aupais t'amia 

Que t'atrah de preisso e dadavia? 

Ela es en cel bocs sot[z] la folhia. » 

— (( Gran onor fai a mi, qui la'n mercia ; 

Mas 0(3is nos persec, que a gen menia. 

E gardatz no fassatz bruh ni salhia 

Entro qu'auiatz [d']un corn la voiz ouia : 

Doncissetz e prendetz gran manentia, 

Que Odins sa merce sai nos a guia. » 

Quant ac parlat ab els, e Ihi vassal 

Lhi an asegurat tuh cuminal, 

No Ihi falhdran per ren d'estorn cabal , 

Âb .iiij. filhs Drogo ies del bosdal , 

Que foro chavalers pro e leial ; 

E chavalget vas Faigua per una val, 

E viren d'autra part Ja gen reial, 

E son .M. chavaJer per un costaJ. 

Bertrans Jor ve deJ pui tro en Ja val , 

E .F. Jhimandet peJ senescaJ : [mals. » 

(( Quar no'Js Jaissatz passar , moJt faitz grari 

Bertrans ten Jo passatge ab sos nebotz, 
E parJet ab Odin en aJta votz : 
(( Torna-t'en, Odins coms, faras que protz, 
E ton dan, si traspassas del gua Ja dotz; 
Quar nos avem agah el bruJh de sotz. » 



238 GÉRARD 

— « No vos pretz, so ditz Odis, miga una 
Ans vos descofirai e us penraitotz. » [notz, 

— « Odins,^so ditz Bertrans, fai nos cocensa. 
Si .F. pren Aupais, so nos agcnsa. 
Quinse ciptatz en oscle, estier Proensa, 
Lhi dara e Viana , Arle e Valensa. » 

— « Non farai, ditz Oditz, ja covinensa 
Entro vos aia pres e totz vos vensa. 
Dahaitz aia chavalers que ab autre tensa ! » 
E brocha lo chaval, salh en Argensa ; 

E quant Bertrans o vit, renchaus comensa. 

Odins parlet prumiers e Ih seu certan , 

E puis Ihi autre aprop, que us non rem[an]; 

E Bertrans lor laisset corre del plan. 

Odins lai abatet un chasteia, 

Trenta n'an abatuh Ihi prumaira. 

« Odins , cridet Bertran , tuh estes va ; 

Vos seretz hui mai lebres, nos serem cha. 

No nos falhdra e[n]chaus hui ni dema , 

Ni non tendretz .F. e la puta. 

Er son nostre vassal Ihi segura. 

.F. lai s'apareis fas cabausa : 

i( Vos los veiretz, ditz-el, ses aperma. 

(c Bertrans, qui es aquel senher Odins ? » 
— (( Lo mielher e 'i plus rixs de nos cosis. » 
— (( Pauc me pret, so ditz .F., e mos vezis, 
Se hui mai se part de mi no sovenies 
Qui Aupais apelet mais drutz ni amis. 
Huimai sonatz lo corn, Bertran cosis. » 
E el si fetz mol forl, que io refris 
Fai tendir la montanha e 'i brulh floris 
En que ac en agah .v.p. meschis. 



DE ROSSILLON. 2^9 

Celh perprendo ]os plas e los chamis. 
Huimais er lo ches Jebres, e lebres chis. 
E [la] gens reials salh del brulh sazis, 
E guidet-los coms Otos e Baudois, 
E ilh tendran huimai datz lor enamis. 

Folque es duhs deguerra i assaiatz, 
E de gran cocha faire fo ben membratz. 
Sos chavals fo molt bos i abrivatz, 
E sos corsfo ardis entalantas. 
E vai ferir Odis, cuies iratz; 
Tal Ihi det e Tescut sobre lo bras, 
Qu'el destres de sotz Ihui es peciatz. 
Puis n'ac .V. abatutz tornel vias , 
E fai Odin Jevar d'aqui on jas. 
Ab tantes sobr' els autres lo brutz levatz. 
Bertalais pres Aimo, Bertrans Dalmaltz. 
Quatre comtes an pres, non jes palatz, 
E .v.c. chavalers dels plus prezets, 
E los autres gueri bos e pleissatz ; 
Las armas e 'ls chavals lor an laissatz. 
Assatz fo qui 'is a prestotz encelatz. 
Huimai s'en van segur, qui qu'els menatz. 

(( Bertalais, ditz .F., un do vosquier, • 
Don tota vostra gens a grant mestier : 
Ab mi alberjaretz, e 'lh companhier. 
Tuh sirven e borzes e chavalier 
Avetz-i-vostrames? )> — u leu oc tresier. » 
La nuhlos alberget lo fìlhs Folchier , 
Que lor fetz de conduh estal plenier; 
E foren e sa garda Ihi prisonier. 
Gen fetz Aupais servir e sa molher. 
Lo ditmar, al mati, lor reprofìer, 
Van-s'eu a Rossilho ses encombrier^ 



240 GÉRARD 

Ans que Folques intres en Rossilho , 

.G. venc contra lui per un cambo ; 

Prumier baiaet Aupais e pui .F. : 

« Senher, ieu lo vos ren per gaerdo 

Qu'el me donctz a par e compauho. » 

— «Permoncap ! dilz .G.,molt mesabbo. 

E vos , qual n'avetz facha divizio? » 

E .F. respondet ses ochaizo : 

« Tot Ihi do et aulrei melhis per so ; 

E mandatz la reina, pcr don Drauguo, 

On Ihi plaira que sian mes Ihi priso , 

En tor en sala o en raaiso. » 

E quanla reina l'au, respon que no : 

« Faitz al borzes gardar cascu lo so , 

Tro que prenguo cosselh de reenso. » 

Abtan .F. dissenfors al peiro. 

Dissendet au peiro de sot un lor ; 
De sot ac trasgilat d'argen un tor. 
.F. recep Aupais, que amet de cor, 
D'entr'els arsos dauratz que son trifor. 
La reina lai is, ela e sa sor. 
Ambas baizen Aupais ab Jo pel sor. 
En una cambra pencha d'azur e d'or, 
Estan a las fenestras davas le sor ; 
Paraulet de prisos e de lor for 
E de Odin lo manen, que a gran tezor. 

Folque e G., Bertrans e Bertalais, 
La reina o sa sor, Berta et Aupais, 
Celh foren en la chambra, uo n'i ac mais. 
.G. ditz a .F. : « Dels pres que fais? » 
E .F. Ihi respon : « Que mi dons plais, 
Que te guerit de mort e mi en trais. » 
Bertalais peraulet, e Bertrans tais ; 



DE ROSSILLON. 2^1 

Onqiies au duc .G. iie fo esmais : 

«Odis dara a Ihui d'aur sos .x. fais, 

E Jhi autre daran aitant o mais. » 

A .G. de joi qii'ac Ih'en ris lo cais : 

(( Bar, tu íust filhs Folchier [e] nebs Estais ; 

Mes cozis germas iest, ben i rctrais; 

E ieu so recreutz troj) e malvâis , 

Si per paor de guerra tal aver Jais. )) 

Per un pauc la reina no s'en irais ; 

C'ora qu'en sia guerra si coven pais , 

janiais no vendri' a Paris mais. )) 

— (c Aqiiest cosselh , ditz .F,, non a vaJor, 
Qiie nos metam ma dompna en taJ error, 
No i remandra princeps ne nulhs comtors 
ÌNi chavaJers de pretz ni varvassor. )) 
E .G. respondet per gran dolsor : 
(c Aqui perdrai Jo sen e Ja vigor 
Quant aurai contra Jhies chasteJ ni tor. » 
E Bertrans respondet : (( leu sai Ja flor, 
Si ma dompna o voJ e vos, senhor, 
Qui fiansa eu aiatz bona e forsor, 
Si poden concordar Ihi nostre e 'Jh lor 
Que fassen patz deJ rei JVmperador; 
E si uo 'J poden far, nomnalz Jo jorn 
Que lorncn en prisso en esta tor. )) 

La reina respon : (( Ben ditz Bertrans. 
E si 'Jh no fan la palz las treguas grans , 
Gran amor pot noirir de dins .vij. ans ; 
Que ma sor, se l)ieu pJatz , aura enfans. 
Vos saziretz honor qiie auret[z] apans, 
Recobraretz Bergonlis i AJamans, 

16 



»4^ GÉRARD 

E .F. des'onor non ervogans*. 
Mos filhs er cbavalers pios e prezans, 
Que fara , se pieu platz , de mos talans. » 

— « E nos , so respon .F., totz sos talans; 
Emperaire er de Roma , cum poirem ans ; 
Puis no nos er del regne nulh contrastans. » 

— (( Senher , anatz mangar, » so ditz lo mans. 

Lendema son mandat dins lo mostier 
Tuh Ihi prison, borzes e chavalier; 
E .G. de Bertran fai paraulier : 
« Lo dnx non a d'aver tal desier 
Cum de Tamor del rei , que vol e quier. 
Vos que estes siei drut e cosselhier, 
Si fazetz patz de lui e del empier. 
No vos quier de razo valhan dinier; 
Per mi (lons, vos ostatge molt voluntier, 
Tro que aia coms .F. [)ris sa molher. 
Lo dux a bon cosselh e drechurier, 
E non a jes vas vos mal cossier. » 

Aisi an dèvisat , e lenderaa 
La reina Aupais pres per lo* ma, 
Et apelet Odin que sap germa : 
i< Vai, don' a la cosina aquel tosa. » 

— «No m'en metrai en plah, dit-el, cn va 
Quar no moc jes per mi ni nou rema. 
Pesa a fetz de Ihui son chastela , 
E Ihi apres a far lo gent sobra. » 
.F. ditz a cosselh al capela 
Que los sanhs Ihi aporte sa fors el pla, 
E cel los Ihi aporta sobre un faia. 

I. Lisez vagans. — 9. Lísez la. 



DE ROSSILLON. 24'3 

.F. qnant vi los sarihs , sa ma i ten : 
Si in'ajiit Dicus, ditz-el , omnipoten 
Vj aquest sanli qiie son aisi parven 
K tuh ihi autre qiie son a Dien sirven , 
Anc Aupais que aisi es tot en pre/.en , 
Mos cors ai scu no jac tot rarnahjien , 
Per que onta i agues ni siei paren ; 
îVi onques re no 'lh fih dcscovinen. » 

— (c .F., ditz la reina, a me entcn , 
E ieu la te darai e miei garen. » 

— « Dompna, moltas merces.» K el lapren , 
Lai respozet lo coms a tolz vezen 

De son cors e d'ajiel d'aur e d'argen , 
E det-lhi tot cn osclc son chasamen 
E qnant que conqueria a son viven. 
Aquel jorn adobet chavalers.c. 
Qne cascus ac destrier e garnimen. 
Quintana lor fetz í'ar, el ])rat naissen, 
D'escut bon e d'ansherc fort e Ihuzen ; 
K corrent-i donzel , celh de joven , 
Vj van-los esgardar la aulra gen. 

Odins si fo al juc e ditz orgulh : 

« Qui aquest plah a mogut, gran mal esquil ! 

Dcls chastcls son al rci tuh llii capdulh 

E totas las ciptatz, tro a Metulh. n 

E .G. respondct : « leu qiio Ihi tiilh? 

Mas ieii farai be plah de tot sun vulh. » 

La reina an los motz , ab els s'aculh : 

« Laissatz, Odin, es motz, pos icu no vulh. 

Des que veirai lo rei,mon doii,dc huul(.v/c), 

Sempres scrai ab Ihui tan l)eciimsulh, 

E tornarai lo plah en autrc fulh. 

Ja no m'en issuguetz , se ieu m'en Tulh. » 



244 GÉRARD 

• G. videls contraris la comensalha , 
E peset-lhi moìt fort en sa coralha. 
A la quintana vai gens cominalha , 
E donzel i an fah, que cop, que falha. 
Anc negus no i fauset del auberc malha. 
Lo coms demanda espiet, Drogues loh 
Un que aportet Artus de Cornualha , [baila, 
Que ja fetz en Bergonha una batalha. 
E '1 coms broca 'l chaval que del renc salha , 
Si ferit en l'escut que tant en talha , 
Que passct en volan oltra una malha. 
L'ausberc falsa e romp, sotz la ventalha. 
Non es uuhls chavalers tan de Ihui valha , 
Ni us no poc sufrir a ihui batalha. 

Tant fort i fier lo coms que I'una estacha 
Peciet al empeindre e l'autra a fracha , 
E tenc si son espiet que fors I'euchasa ; 
Anc non pres de sa guerra berbitz ni vacha. 

Lo coms fo entr' els seus gent esgardatz , 
E fo molt gent vestitz e afiblatz. 
Gran ac la forchadura , ben fon chausatz , 
E fo entr'els estranhs als seus privatz 
Tan bels e covinens i aesmatz 
Cum entre aucels menutz austors mudatz 
Ab tant es remazutz chambaterratz , 
Qui Ihi veguo doi clergue ric e letrat. 
Per cels Ihi fo avers grans presentatz. 
Quant lo coms los conoc, si 'Is a baizatz. 
Aicel Ihi comto novas davas totz latz , 
Don molt es esbauditz i alegratz; 
Tornet-se vas los seus, e ditz membratz : 
« Ja no vulh de m'onor c'us me menatz, » 



DE ROSSILLON. 2^5 

! a dih a Folco : «Sai escoltatz. 

Qual vol lo reis, si prengua o guerra o patz. » 

E .F. respondet *. « Acpio celatz. )> 

Adonc parlet prumiers lo filhs Guigo : 
(( Don, ieu venh de Viana e d'Avinho. 
Cum auziren de te Ihi Bergonho 
Que Dieus t'aviatrames en Rossilho, 
Donc feiro als Frances envaizo 
Que garden los chastels dc part .K. 
Jacontra cls non agues .i. guerizo 
En chastel ni en tor ni en maio , 
Quant ieu los en adutz a gran tenso. 
Atretal de Lhaon e de Masco 
Giteren las gardas de Barsalo. n 
E .G. se somris e ditz .F. : 
(( liai volgra fos Odins de part .K. n 

— (( Senher, ditz Andicas, nos em vengut, 

Que t' avem desirat e molt quesut. 

Anc pobìe no vis mais tant irascut 

Cum lo teu , quar t'avian aisi perdut. 

Gran presen t'aporto e gran salut ; 

Vint .M. marcs d'argen i a, so cut. » 

E .G. ac gran joi, si a respondut : 

(( Dompna, vos los penretz, se Dieus m'ajut 

Quar [ja] per vos em-nos tuh ereubut , 

E vostre cors si m'a Folco redut. 

Ja no forem per re mai cofundut. » 

Ab tan escriden l'aigua e van lavar. 
Assatz agren dentatz , beure e mengar. 
.M. sols det lo jorn F. a bon joglar, 
I a tot lo peior en fetz .c. dar. 
E .G. s'en issit al avesprar, 



246 GÉRÂRD 

Una donzeìa vitlo seu pogar 

Ab petita companlia de gent afar ; 

E'l deraandct qui es. Quant Tau nomnar, 

De joi que n'^c lo coms cor l'enbrassar. 

Dissen-la dels arsos del mul Ihiar; 

Venen-s'en en la chambra . dis al intrar : 

« Vet comtessa Enois, que sols amar. » 

Ela de molt gran joi la cor baizar : 

« Se Dieus m'ajut, senher, so deus-tu far. 

Era pessatz ])er Dieu del cosselhar, 

Quar se laisset per vos dezeretar.» 

Anc a .G. al duc no fo oblitz, 

Ni anc qui bc l'amet ni lo servit , 

Que segon sa valor no Ih'o merit : 

« Dompna reina, auiatz que aquestafis. 

EJa fofilha Auchers de Monbelis. 

En silva fo per mi de guerra aucis. 

Cesta s'en venc ab nos quan fom faidis , 

E laisset son comtat c son pais 

Entro a un ermita on ieu la mis. 

Bertran , franc chavalers, pren Enois : 

leu te darai la terra que tenc Seguis , 

La renda de Sanh-Lis e de Salis, 

Mongeu e Geneveis e Molt-Seuis. » 

— u Senher dux , grans merces , quar molt 

Aqui recep l'onor e pui la pris. [ben dis. » 

La reina apelel comte .G. 

ï acenet Folco de l'autra part : 

«Messatges m'esvengutz al vespre tart. 

Quan reis auzi parlar delbru Berart 

E dels tres comtes pres e de Odin quart, 

Tan gran ira a , per pauc de dol non art; 



DE ROSSILLON. 1^'] 

E mandet chavalers de manhta part. 

Lhi pres faran de mi lor sanh Leonart , 

Qu'eii toldrai a cascu de vos sa part ; 

Mas Odin vos lairai, cui s'agalhart , 

Qu' el non engenh lo rei per so mal art. » 

— ((Dompna, so respon .F., a vostre esgart. 

.la non farem ren au, Dieus nos en gar[t]! » 

Âisi an devisat , e lo mati 

Fan totz los pres venir de sotz un pi. 

Elh an fah eschivier Bertran meschi : 

« Vos juraretz est comte lo palaisi , 

 .G. et a Folque , a son cosi , 

Cascus tener la tregua , o patz o íi. 

Querretz-la a .K. i a Pepi. 

Se non podetz aver del rei la fi , 

Tornaretz en preiso tot en aisi, 

Dins aquesta clausura de mur causi, 

A garen comte Odon e Baudoi. » 

E cil Ih'o an jurattot en aisi , 

E .X. borzes que son tuh siei ami; 

Demanden los chavals epuis cami. 

Odins mandet al rei per messatgier 
Que '1 tragua de preio e d'encombrier : 
« Mai vulh qu'aia mon tezaur que son guer- 
.F. demanda on so Ihi reial gardier : [rer.» 
<( Quan tornaretz areires ses encombrier, 
Vos seran delhivrat mur e terier ; 
Los chastels e las tors , totz vos profier. » 
E cilh responen : « Don , non a mestier ; 
Quar non avem sirven ni arcbalestier 
De cui n'agen fah monh o escasier. 
Bergonho so felo i aversier. 



248 GÉRARD 

Si la van per senlior ni per legier, 

Ja Dieus no ra lais vezer fiih ni molhier ! )• 

.G. dilz a cosselh : « Ni ieu non quier. » 

La reina montet e s'en issit. 

De tals n'i a que ploren quan s'en partit ; 

Mas no vol que lo dux gaire la guit : 

« Fazetz so que veiretz permon escrit. » 

— « Dompna, ja non sera res contradit. » 

E lo reis se atraiet, que so mouit ; 

A chaval i a pe grant ost a guit. 

La reina no i fo tro negrczit; 

E intret en la sala, e 'lh seu noirit. 

E lo reis s'enbronchet , quant el la vit, 

E fetz chara irada ; ela s'en rit. 

Intret-s'en en la chambra ab escharit , 

E despolhet sos draps, melhors vestit. 

Ela trais son vestit e pres melhor 

D'una polpra sublil que ac bona odor. 

Ela ac blancha sa cara , e sa color 

Tan bela e covinen coma una flor ; 

E vai estar denan l'emperador : 

« Dompna, tornatz m'avetz e gran sostror. 

— « Senher, si m'ajut Dieus, mas en sobror. 

Mariat ai la filha de ta seror, 

E s'en ten de Bergonha chastel e tor ; 

Mas no i volgran 

E si son 

Comte 

Per que tot Ihi melhor 

Cels Ihi fan paor 

Salvador 



DE ROSSILLON. 249 

E cerchatz plah del duca vostre onor, 
Aisi cum lauzaran tiei jutgador » 

Lendema son vengut al rei palais. 
Lo reis los apelet ses tot cmpais , 
Asis lonc se Daumatz que Ihi retrais : 
(( Anc de tan pres cum vos non auzi mais. v 
E Dumatz Ten juret per sanh Gervais : 
«Bertrans lo dis Odin que io agais 
Estet el brulh d'Argo , el gua del plais ; 
E Odins de chausa se fetz trop gais. 
D'aques[tz] de Rossilho raoc lo relais, 
De que forsa lor crcc e nos sofrais. 
.F. abat Odin , que '1 bras Ihi frais. 
Pres es iai remazutz, so vol Aupais; 
Son tezaur te dara, si tu l'en trais. » 
((Trop tost m'an mes en guerra e en pantais. 
Dolens so de .G. se honor Ihi lais. » 

L'avesques parla au rei per grant saber : 
« Don , no devet[z] mais guerra jorn man tener. 
Tals .X. M. mostiers as fahs arder, 
Don son fugit Ihi morgue e Ihi prover. 
Si vols a te los comtes raais rctener, 
Ilh te serviran be per patz aver. » 
— (( Abans , ditz la reina , o dic per ver, 
Qu'ieu los farai venir a son plazer 
E servir, selhuiplatz, a lorpoder.» 
Tost en fos patz abans que pas lo cer, 
Quant cilh intre que la fan remaner. 

Celh intro el palaitz que son mandat ; 
E son ab els vengutz .xxx. malfat, 
Sirven, arbalestier desfigurat. 



200 GÉRARD 

Cascus d'els ac lo pe o '1 ponh trencat , 

chap tondut o Iranchat. 

Venen denan lo rei tuh 

« Senher, per \o servize em aontat.» 

— (c Er dijatz qui vos a ta... trenchatz. » 

E lo reis s'enclinet i a'lh pezat , 

Que non a de gran pessa un mot sonat. 

L'avesques paraulet , que ac cor senat : 

<c Reis, no fai bon parlar ab tei irat, 

Quar non as jes tou cor en pocstat , 

Quar no t membra de re que a Dieu agrat. 

Cosselha-te segon ta volontat , 

E sian Ihi mesfah tuh perdonat. )> 

A set ans las treguas ben deiìnat 

E plevit e jurat e ostatgat. 

La reina fetz far brieus a celat , 

E trames a .G. un sanht abat; 

E li comte an fah quan que an mandat. 

E puis torna cascus en sa eretat , 

E foro receubut a gran barnat, 

1 aver e chavals bon presentat , 

E tant cum om lor det ilh an donat. 



Dedinsaquels .vij. ans que antrevaspris 
Quatrefilhs [ac] Jo coms .F. de Aupais, 
E .G. en ac dos, don no s jauzis; 
Quar l'us fo mortz petitz, e lautre aucis. 
Loprimiers de .F. ac nora Terris. 
La reina mandet qu'el tramezis. 
Elapreguet lo rei que io tenguis ; 
E el si fetz abans que om Ihi disses 
Cui es filhs ni donc venc, de qual pais. 

Quant ilh Tagro tengut e bateiat , 



DE ROSSILLON. 25l 

La reina pren cels qiie a millis amat : 
Aquelh soii Ihi melhor e 'Jh plus prezat ; 
E son ab lies li avesque e li abat. 
Per aquels a al rei merce cridat 
De son petit fìlhol dcseretal , 
Que Ihi renda d'Asquana tot lo dugat , 
De cui moven d'Ardena tuh Ihi comtat ; 
«Quar íìlhs es de ta boda , cui fo lauzat 
Qu'el tramezes a te per sa eretat. n 
— « Regina , tantas vet m'as engauat. » 
E respondo Ihi avesque e 'lh plus senat : 
(( Abans requer t'onor e fai bontat , 
Qui cercha patz cum sia en to regnat ; 
E quant as sancta Gliesa pres e raubat , 
Ela a cpian pot redut e restaurat. » 
No pot lo reis gandir, tau l'an preiat. 

[E]l Ihi redet s'onor, per un besan , 

Terriet , son íilhol , quan sabra tan 

Que la poira tener d'aqui enan. 

A la reina venc us mes celan , 

Que Ihi ditz a cosselh , pel rei que blan , 

Que sa sor a un filh , molt ben efan. 

Ela a fah aparer ben per semblan 

Que anc mais de nulha re n'ac joi tan gran , 

Al messatge donet d'aur son pesan ; 

E comtet o son filh en cosselhan. 

Merce .K. ditz , el e Diu lausan. 

De trenta .M. escutz e d'atretan 

Creis hui la cors del rei en pur coman. 

No pot mudar Odins que non parol : 
« Pro trobarem escutz, si lo reis vol. 
Quan que ma dompna ditz e lo reis col , 



252 



GÉRARD 



Que la onor mon oncle a tort raetol.)) [fol 

— « Trop parlatz, ditz Pepis, tos temps cui 

Que ela ret sa onor a son filhol : 

Cesta 'lh moc d« part maire e per aviol. 

Lo paire no sabelz miga la mol. 

Un an avetz portat lo bratz al col. 

Kr a mi dons son joi e son joiol ; 

Quar sa sor a un filh , qui qiie n'ah dol , 

Cui ma dompna ama molt , e ieu si vol. » 

Anc reina no vis de tal valor, 

Ni comtessa que valha soa seror, 

Que tant am Dieu e paubres e son seuhor' 

E Damedrieus Ihi fetz tan gran onor 

Que Ihi det de sas sanhtas la plus melhor, 

A cui mostret en terra maior onor. 

Per sancta vizio , en un pascor, 

Lhi enviet tres morgues e un prior, 

Que passero la mar ab gran paor 

Cilh ìa traistro del regne pagenaor, 

A Yerzalai la meiro sul puh ausor ; 

Lai Ihi feiro mostier seu servidor. 

E quant lor ac donat cela Maria , 
La sancta Magdalena , la Dieu amia , 
Celh prendo cosselh cum sia servia. 
La comtessa Tama tant, senes falhia, 
Que Dieus i fai miracles grans en sa via. 
Un ser .G. somjet gran manentia ; 
Mas lo coras no cre pas de quant que dia , 
Tro qu'el-mezeis la vi quant se dormi[a], 
E mai, lameriana, perun jos dia. 
Quinse .c. .M. marxs d'aur i avia 
E tant d'argen que conte non sabia , 



DE ROSSILLON. 253 

Que tota la .G. chavalaria 
Fo manenta d'aver e replenia. 

Lo coms .G. trobet cela fortuna 
Meravilosa e gran , tals non fo una. 
El l'en trais de clar dia, non jes a luna, 
Puis lo depart lo coms sa gen comuna. 
Non ac bon chavalers d'Espanha a Tuna , 
Que no aia sa part ses nulha afruna. 

Esttezaur amasset gens sarazina. 
La comtessa lo sab, que s'en aizina, 
I an fah bona part gen pauberina. 
E .G. los deniers depart a mina , 
Vint .M. marxs trames d'aur la reina, 
Ela 'n doua a tals .M. , cascun s'enclina, 
I au rei la meitat, per que s'afina. 

De .c. chavals fetz .F. al rei prezen , 

Que anc. .j. d'aques[tz] non ac rociparen. 

Per so n'an ajostat un parlamen , 

Que volian cerchar acordamen ; 

Mas Odis desfai, e siei paren, 

E celh qne son au duc siei malvolen. 

.G. mandet Pepin privadamen ; 

La reina ìo 'lh trames, pel rei cosseu. 

.G. l'en mena a Homa , ab molt gran gen ; 

Lai fan de Ihui tan ric coronamen 

Que anc mais d'emperador non vis tan gen. 

Roma l'an receubut per tal coven 

Qu'elh Ihi portaran dreh senhoramen, 

E'l garda la onor ben e defen. 

Pel cosselh Andicas e Bedelo, 
An mandat a .G. i a Folco 



254 GÉRARD 

Que adugo l'apostoli en lor reio, 
Per faire patz de lor e de .K. 
El i venc vo^intiers e saub-lhi bo , 
Quar parens fo .G. de part Drogo, 
E .K. en recep ben so serino; 
Mas non o vol Odins e Ihi felo. 
Tuh Ihi paren Terric, au ricbaro, 
Non an cura del plah d'acordazo , 
Ni negus no s'en mov de sa maiso. 
Autre cosselh a pres lo reis molt bo, 
Que totz los a mandatz per ochaiso 
Per faire gran batalha ab Beigonho : 
Don s'esmoven Frances e Ihi Breto 
E Norraan e Flamenc e Braimanso. 
La reina mandet a Rossilho 
.G. que se garnisca cum per razo, 
Per dreh e per justizia e per son do. 
.XX. M. chavalers ac ses Folco, 
Que n'adutz lals .x. M. qne foren bo. 
En la ribiera aval sostz Castilho, 
E per plas e per pratz de Bossilho , 
Lai son tendut Ihi trap e pavalho ; 
E lo coms lor a fah gran Ihiurazo 
D'argen e de deniers , e Ihi peon 
Amenen lo mercat de garizo. 

Lo coms issit parlar a son barnat ; 
E quant los ac baissatz e merceat , 
E cilh Ihi an promes tot a son grat , 
Si montet el chaval cor alegrat. 
Als estars del palaitz ve-lo s pogat. 
Lo coms gardet a\al on son Ihi prat , 
E vittan pavalho tendut e trap 
E tant bo chavalers lai albergat , 



DE ROSSILLON. 255 

E d'armas lelhiisens tan gran clardat : 
« Avals de Rossilho , tant lonc e lat , 
Tant chavaler i ai veut armat, 
Que son mort e finat, e lorfìlh nat! 
Gens vals , cum vos vei hui enlumenat! 
Autre tezaur non preiz un ou coat ! 
Dieus ! per que vol rixs om estar privat 
Ni albegar en son cor escasedat? 
Ben a cor replevit de malvastat , 
Qui son grat se partis d'aital barnat. 
A envit m'cn partrai, pos l'ai cobrat ; 
Ab un pauc nom an rei fah coronat. » 
Lai vit venir son fìlh , que a molt amat ; 
Blondet vestit bliaut, nou , de cendat ; 
Non a mas que .v. ans enquer passat; 
Anc om non vi tan bel de son etat ; 
Tot semblan de .G. del vis format. 
Pres-lo entre sos bratz, si Ta baizat. 
A Dieus ! per que '1 perdet? per qual pecat? 

Esta lo coms .G. en son palatz, 
E tenc son petit fìlh entre sos bratz, 
E juret Damedrieu e sas bontatz 
Que ja non er nulh dia deseretatz, 
E qui moigueM divina molt es malvatz : 
« leu am raolt chavalers i ai amatz ; 
E farai , quan morai , lor voluntatz ; 
E darai voluntiers, qu'icu ai assatz. 
Trop me so longamen humeliatz. 
Mos enamics n'es mai per mi prezatz, 
Ans cofundrai glotos oltracuiatz. » 
Cest molz fo char tegutz e recomtatz, 
E per joi dc son fìlh s'es alegratz ; 
Mas el no sap lo dol que pres Ihi jatz. 



256 Gérard 

Aqui ac un baro, Gui de Risvei, 
Que .G. plus tenia a son fiel; 
Sos sers fo , senescals de manli castel. 
Quant auzit ia paraula , no Ih' es jes bel ; 
Paor ac de la guerra que renoel , 
E tem qu'el dux en fassa al rei revel ; 
E promes al efan d'aur un aucel ; 
Pres-lo entre sos bratz, sotz so mantel , 
Portet-lo el vergier, sotz un ramel; 
Estendct-lhi lo col cum ad anhel , 
E trenchet-lhi la gola ab un coltel. 
Gitet-lo, quant Tac mort, el potz parrel. 
Montet cn son chaval , vai-s'en renel ; 
E quant fo fors issitz sotz uu olmel , 
Remas-se e gardet drch vas lo cel, 
E clamet-se trachor felon fradel : 
« A las ! cum ai hui fah malvat masel ! 
Pieiors son de Caym, que aucis Abel : 
leu Ihivrarai mon cors a mort per el. » 
Vai dissendre au palaitz , sotz !a capdel ; 
Lo dux troba en sa chambra latz un fornel , 
Estendet-Jbi la 'spaza per lo pomel ; 
E comtet-lhi son dol e Ihi espel , 
Cum a mort ab sas mas lo franc donzel. 

Lo jorns fo traspassatz e fo lo sers 
Qu'el coms devia mati e Tost mover. 
Gui Ihi esten la 'spaza per lo tener : 
« Coms , fai de me justizia a ton plazer ; 
Quar milhs eu vulh morir, pendre o arder, 
Que fassas esta guerra mai remover. » 
Lo coms no pot mudar no s desesper : 
« Fuh , tracher ; denan mi no t pus vezer. » 
El s'en vai , que non auza plus remaner. 



DE ROSSILLON. 25; 

Son chambarlenc apcla don Manacer : 

« Fai ]a gen fors issir tota c tazer. « 

La comtcssa lai intra ciim per jazer, 

E vit lo diix irat e triste e ner : 

« Senher, noqua te sols si contener. » 

— fcDorapna, dona-m'undoqiieviilhaver.)) 

— a Tot t autrei quant te platz; mas di-me 
No faire de ton filh dol aparer. [ver. 
El potz Peire jatz mortz, fai-l'i querer 

E fai-raval portar au monester. » 
No pot son cors sufrir ni sostener; 
Vulha no , la covenc a [de]chazer. 
E lo coms la'n levet, fetz-la seser : [ne]r. 
« Dompna , non deus est dol mais mante- 
Quan Dieus no volsenher mo fi!h sufrir, 
Nos fassara , se Ihui platz , de lui nostr'cr ; 
Mais vol a lui donar que a nos tener, 
E Damidrieus t'en do forsa e poder ! » 

Ab tant .F. la fors es dissendutz, 
Que a sa ost laissada els pratz erbus ; 
E es privadamen al dux vengutz , 
E intra en la chambra, a los veutz : 
« Senher coms , cum estas si espcrdutz ? » 

— « Bels nebs, si cum dolens e raal ven- 
E comtet-Ihi si cum es avengutz; [gutz. » 
E .F. s'en senhet totz irascutz : 

« Si aquest dols es long, faras saubutz. 
A totz tos enemics es jois cregutz. 
Totz jorns ti est de dos dans ben contegutz : 
Era deus milhs far quant iest canutz. 
De la reina f es us brieus vengutz : 
Auzirem que dira, quant er lescutz. » 
El baiset sa molher de son dol mutz. 

17 



258 GÉRARD 

E ditz la comtessa : « Chars amics dos, 
Per Dieu ! laissatz estar totz ses[t] coros. 
Tans as perdiitz amics e chars nebotz, 
Que anc tans non perdet negus om pros. 
E ieu preiarai Dieu que auia ma votz , 
Qu'el te do patz del rei e dels seus totz. » 
E lo coms part de Ihies ab [ajquest motz , 
E ela fetz son filh traire del potz 
E portar al mostier clergues e crotz ; 
Mes-lo el pavimen desotz la crotz. 

Lhi comte del chastel son davalat , 

E intreren amdui al .F. trap : 

Lai troben lo messatge que ior a dat 

Lò brieu de la reina , e saludat. 

E .F. Ihi a dih e recomtat : 

« Aisi cum ditz lo brieus so t'a mandat. 

Tiei enamic an gran gen amassat; 

.XX. M. chavaler son aesmat, 

Dema seran a Traies tuh ajostat. 

Era manda ma dompna ta voluntat. » 

L'apostolis parlet , que ac cor cenat : 

« Fai tan que cueia n'agen Ihi plus irat. » 

— (( Dirai-vos, ditz .G., que ai pessat : 
Vint abadias faire tot de mon grat. » 

— (( E ieu .X., so ditz .F., de ma eretat , 
De mos quites alos , per parentat. » 

Tot aisi an escrit e sagelat , 
E donet al messatge, quan pres comjat , 
De que lor sopleguet e sab bon grat. 
Lo mati son per Tost graile sonat , 
E chavalgen garnit ab gran merchat. 
EIs pratz de sotz Islei son albergat ; 
E'Ih reial son a Traies, fors la ciptat. 



DE ROSSILLON. 269 

Lonc Saina la ribiera tendo manh trap. 
Set .M. n'issen de Tost, ses rei comjat , 
Orgolhos, bobancier, outracugat ; 
E van a l'ost ,G. mal cosirat : 
No sai quans n'an aucitz , e mais nafrat. 
E cilh son estornit i airat , 
E chavalgen a fort quant son montat. 
Grans forsa vcns justizia e pais lo prat. 
Tan creisso Ihi .G. qu'els an sobrat, 
E trastotz mes perforsa dins la ciptat. 
Lo reis s'en fo issitz , cui a pesat 
Qu'elh seu an comensat , non per sou grat. 
El ac ausberc vestit , elme lassat ; 
Montet en un chaval ben afeltrat. 
Cuget los captener, quant Tan oltrat. 
Bavicr i Alaman l'an encontrat , 
E son chaval aucit, Ihui aterrat. 
Se Folque no i vengues , mal fora anat 

Folque lai es vengutz a espero , 
.M. chavaler lo sego per lo cambo. 
Folque dissen a pe denan .K. 
Presenta-lhi bausa lo Barsalo. 
Met lo pe el estrieu, pren-s'a l'arso ; 
E Folque tenc l'estrieu e saup-lhi bo , 
E menet-lo d'aqui a guarizo. 
E .G. fetz venir son pavalho 
E la gelda que mena la garizo. 

Cesta ost fo en setembre apres aost : 
Aquo fo la deriera qu'el coms ajost, 
E non es jes aquela que raubes crotz. 
Lo reis fo retengutz, que .F. escost; 
Jamais d'aital paor .K. non gost. 



Ì^O GÉRARD 

La gelda venc ab arxs i ab sagetas , 
E meno lo conduh e las charetas : 
« Bertalai, ditz G., lonc raigua es metas. » 

— « Senher, so volo luh que lor prometas ; 
Jamais no t serviran si er no t espletas , 
E'l rei e sos felos no deseretas. 

Lains son las gens de vianda destreitas : 
Jamais no sias pros , se no'ls en getas. » 

— (( Leiaus gens , ditz .G., e ben adreitas, 
De Dieu siatz senhadas e beneitas ! » 

Gran mestier a justizia a leugiers sens : 

Per cel o diseriei que fetz sos fols jovens. 

N'i ac raortz e nafratz e de sanglens 

E de pres retengutz tro a .vij. c. 

Âlbergen els reials albergamens. 

(( Cui que pes, ditz .G., ieu soi jauzens 

Que eras iei aontitz mos malvolens. 

Grans valors baissa orgulh cum pluga vens. 

Totz los avem enclaus coma jumens ; 

Qualque pl ah mais lor fassa , assatz m'es gens . » 

Lo coms veit de sa gen que sobrecreis , 
E'ls lor intrar de dins que us non pareis ; 
(( leu serai , ditz lo dux , en est planesc , 
Bertalai ab geide per cel maresc , 
E de sai sobre destre nostre Tiesc. » 
Ab tan .F. lai venc per lo caumesc , 
E discendet a pe del brun moresc ; 
Trais .G. a cosselh , cren que folesc. 

Folque apelet Bertran , que es de bon aire , 
E demandet .G. : (( Don, que vols faire ? » 

— (( Mos felos enamixs de lains traire. 



DE ROSSILLON. l6í 

Tolz jorns solo de guerra brugir e braire. 
Hui son de lor orgulh tuh dreh lichaire. 
Era garda que a te n'a gen repaire , 
Quar Dieus es vertadiers e drehs jutgaire. » 
E Folqueslhi adih : « Non fassatz, fraire; 
Quar lo reis es tos senher e tos compaire , 
La reina nos es en loc de maire ; 
E se de Ihies te membra , dreh es que paire. » 
E .G. de Boso pres a retraire, 
Que anc no fo ni ja n'er tals guerregaire : 
« E vos , Bos , mas trop es fortz predicaire. 
No me movrai a nuh , per la Deu maire; 
Mas lo mati farai tot to veiaire 
E tot quant qae dira nostre emperaire. » 
— «Sontalan,ditzBertrans,lhiJaissatzfaire. 
Molt Ihi sap bo al cor, quant s'en esclaire. 

« Delhivras dementres los lor que as pres. » 

— « Lo mati, ditz .G., seran trames.» 

— « leu n'ai un , so ditz .F., Ugo de Bres, 
No cuh ait en .M. lucs melhor Frances. 
Cossehliers es au rei lo plus cortes. 
Fai-Io venir avan. » E el si fes : 

« Senher Ugue, ditz .F., siatz-nos mes, 

E darai-vos semprera aquest mores. 

Digatz au rei , per Dieu , trop no Ihi pes , 

Totz Ihi redrem los seus , se mortz non es; 

E per aquels redrem per cascun tres , 

E de tot quant que avem vas Ihui mespres 

Nos metrem , si Ihui platz , e sas merces. 

Metetz i de part vos so que milhs es. » 

Ugues lai n'es anatz on fo lo reis, 

E comtet-lhi los motz aisi cum es : 

» So fon trop grans orgulhs que ta gens fes. 



262 



GÉRARD 



Qui 'ls anet assalhir, culi que fols es : 
Per que fo comensatz lo mals de res. 
Anc íhi comte no viro re tan lor pes ; 
E icu dic de ma part , si m'agut fes , 
Goms que rei ren deu ben trobar merces. » 

Rarles Ihi respondet : « Trop as dih lah. 
Cument ieu soi assis e fassa plah , 
Ja puis Jhesu de me merce non ah, 
No me gardave* jes d^aquest agah. 
Autre engin Ihi cove aquel mesfah. » 
E Ugues renunciet so que el ac fah. 
Fan per Tost remaner e crit e brah , 
Mati son en lor terra areire trah : 
« Els pratz de sotz Eslem al chastel frah, 
E delhivren lospres totz , qui que 'ls ah. 
Us no i perdet aver que om no Ihi pah. » 

Detras venc Tapostolis, engal lo jor, 
Quar lo ser moc de Saus, ab la freidor; 
Trais .K. d'entr'els seus un pauc en por : 
« Reis, non creire cosselh guereiador, 
Orgolhos , bobancier ni belfador, 
Que aisi non an mestier lausenjador. 
leu te conjur de Dieu , ton creator, 
Que m diguas ton cosselh , ton celador ; 
Quar ieu non te pus far plus gent onor, 
Que de ton filh Pepi emperador. » 
E lo reis respondet : « En Dieu amor, 
leu creirai ton cosselh , cum mon doctor ; 
Mas no volen la fi tuh Ihi plus sor, 
E nos preiarem Dieu que hui labor. » 
La papa manda al dux que a so senhor 

I. Lisez gardava. 



DE ROSSILLON. 263 

Venha , cum cel que quier patz i amor, 

I a Folque que 'lh membre de sa valor. 

E .F. det cosselh qu'el sap melhor, 

E '1 reis es íbrs els pratz, ab sa vigor. 

Lai son mandat Ihi princep e Ihi comtor, 

Lhi duc e Ihi domine e' Ih varvassor ; 

No i son jes oblidat bon ponhaor. 

L'avesques del mostier Sanh-Salvador 

Ac fah escadafals al papa ausor ; 

E quant el i montet e gens lai cor, 

E tenen-lo per satge , bon parlador ; 

E el parlet ben aut e de vigor : 

« Escoltatz-me , ditz-el, granemenor. 

Nos em de sancta Ghesa Ihi dreh pastor, 

Don Dieus fetz de sanh Peire son jutgador ; 

Mas lone temps a estat en lonc error. 

Guerras e malas gens e raubador 

Las an arsas a fuc i a chaìor, 

Qu'en son fugit Jhi morgue e Ihi prior. 

Lo dreh Dieu an tornat en gran sostror, 

E paubra gen an messa en gran dolor, 

E de totz crestias aucis la flor : 

Don son tornat Ihi luc en desonor , 

E lo pobles menutz en trist de plor. 

ïeu vos en ai a dar cosselh melhor : 

De part Dieu vos coman , lo redemptor, 

Per sanhta penitensa que vos socor, 

Que dona la meizina al pechador. 

Ostatz-nos totz de guerra e de cramor, 

De vilha ira e d'orgulh e de folor, 

E tornatz-nos en patz e en dolsor. \ 

Enlumenatz de clar la tenebror, 

E sera a vos profìtz i a Dieu onor, 

! auran-i gran pro vostre anccssor; 



264 GÉRARD 

Quar om no pot morir en vilha iror, 

No '1 covenha de s'arma aver paor. » 

De la papa se gaben tuh lih plus sor. 

El se tornet vas el , e ditz a lor : 

« Vos sai vengues per guerra e per folor, 

E Ihi comte per patz e per amor ; 

E pero son be rix e donador, 

Ja no s'en fassan congre li vantador, 

Ni 'lh donzel galaubier perviador, 

Qu'en Domnidieu m'en fi , lo creator, 

E en sanhta humilitat tota sobror : 

Ja contra lei n'auretz chastel ni tor. 

« A totz vos manda .F. e 'l coms .G. 
De loraverdaran cargatz .xx. chartz 
Pels mostier restaurar que foren ars ; 
E de quites alos que an de lor pars , 
Faran .xx. abai[a]s per nos esgars, 
Per las armas dels paires que agues cars , 
Que foren mort a glai i a fers d ars. 
Aqucst plah deu cerchar lo plus guaignart. 

i( Grieu* sermo vos farai de veritat, 
Dirai-vos que Dieus fai en maestat : 
Orgulh baissa , e ten char umilitat. » 
Ab tant viren los comtes venir pel prat , 
E foren .M. de lonc e .c. de lat , 
Baro , princep e comtor e rix chasat; 
E vengren tuh a pe e deschausat. 
Quant foreu prop de lor, tuh son restat , 
.G. e Folquet denan , lo cap clenat; 
Ambidoi son prumier al rei anat. 
.G. Ihi ten sa 'spaza pel pom daurat , 
1. Lìsez Brieu» 



DE ROSSILLON. 265 

E puis Ihi a son cors a pe plaissat. 
Lhi franc noble baro an pietat , 
E 'lh felo orgolhos en son irat ; 
E pero no n i a un tan auzat 
Qui lai disses orgulh ni estragat. 
E lo reis Ten levet, si l'a baisat, 
E puis aprop .F. que sap senat; 
E fan-lhi omenatge e feaitat , 
E 'J reis lor ren lor fieus e ia eretat. 
Aprop s'en son amdoi humiiiat 
Vas lo Terric d'Asf{uana la parentat , 
Ses mal enginh lor fan lor voluntat 
E omenatges tant cum venc a grat. 
E l'apostolis o a tot devisat; 
Per nom de penedensa , a comandat, 
Que las mas e los bratz an tuh levat; 
Pcr nom de patz tener son acordat. 
Pus a celui maldih e devedat 
E tot partit de Dieu e dcsurat , 
Per cui sera jamais recomensat. 

L'apostolis parlet cum om leiaus : 

« Reis , enquer, si tu vols, seras ben saus. 

.K. Martels , tos avis , si fo mais maus , 

E tu de ton joven fust atretaus : 

Per aquo aguist nom Mar[t]el,si no mfaus. 

Era ama Dieu e patz e pren repaus. » 

E lo reis fai molt be, que cre sos laus , 

E fetz puis no sai quans mostiers reiaus. 

So dizen Ihi baro tot en trazah : 

« Non er mais d'esta guerra bastit agah , 

Ni chavalers ferut ni escut frah. 

Vil en seran tengut tal n' an raal trah. )) 



266 GÉRARD 

— « Ja per aquo, ditz .F. , nulhs no s'esmah. 
Per manjar e vestir, se miels no fah , 
Lor darai voluntiers e de [bon] grah. 

Folques parla ab .G. i ab .K. : 
« Era prenetz cosselh cum cascus do , 
Lhi comte e Ihi domine e Ihi baro ; 
Als paubres chavalers lor garizo , 
I amen'els cascus a moslrazo 
Quans en volra , cascus en sa reio , 
Per defendrc l'onor, se om Ten somo ; 
E se i a ric avar ab cor felo 
Que no vulha sufrir conduh ni do , 
Om Ihi tola sa terra e do-Ja au bo , 
Quar tezaurs estoiatz no val charbo. » 

Karles te lo cosselh .F. valen : 
« A totz vos dic , baro , que es manen. 
Amatz mais chavalers que aur ni argen , 
E tenelz en segon lo chasamen 
Que cascus a deme, qui .xx. qui .c. 
Qui sufrir no '1 poira , ieu le emen ; 
Darai-lhi voluntiers del meu socn. 
I aduzetz-los totz a moslramen , 
Que cascus ait chaval e garnimen. 
No nos trop desgarnitz pagana gen. 
Reials om es perdutz que no s defen ; 
E cel que s'en fenhdra , a son viven , 
leu Ihi toldrai sa terra per jutgamen 
E darai-Ia au melhor e miei garen . » 
E Ihi comte Tautreio tot aissamen. 
Aisi an afermat aquest coven , 
Que fah en an íiansas e sagramen. 
D'aqui son departit cela gran gen , 



DE ROSSILLON. iSy 

E '1 reis retenc los comtes privadamen , 
E mena-los ab sei del parlamen , 
A Rems, on la reina totz los aten , 
Qu'elsrecep a gran joi , alegramen. 
E lo reis , per so fìlh , a Folco ren 
Tot lo dugat d'Asquana , si cum apen. 
A .G. volgr'en dar manh ric presen , 
Mas lo dux non a sonh , ni re non pren , 
Sinon aucel volan o chacorren. 
De la comtessa sai que Dieu ser gen , 
E el Ihi fai miracles en a parvcn . 

Quant .G. fo anatz, lo coms , en Fransa, 

E la comtessa part de sa pesansa ; 

Per Tarraa de son filh, fai gran enpransa 

De son aver donar e sa sustansa. 

Puis vai a Verzalai bona esperansa : 

A sancta Magdalena, on a fiansa, 

Fai son mostier fundar; cum pot Tenansa. 

Quan la comtessa vai a Verzaìai , 

La paubra gens del regne per ihies s'i trai, 

Per la gran caritat e '1 be que fai , 

Que Dieus gar son senhor lai on s'en vai ; 

E Dieus , que ben conoc son cor verai , 

Lhi mostret per semblan que no s'esmai 

D'amar Ihui e servir, que molt Ihi plai. 

Esta dompna no ama ome que men 
Per cobeitar d'aver de jutgamen ; 
E non chavalja jes celadamen , 
Abans o fai saber d'un mes serven 
Que venhen al cami la paubra gen. 



268 GÉRARD 

A Verzalai en venc, aqui dissen. 

La nuh somjet un somi en son durmen , 

Que vic un Satanas, semblan serpen , 

Que de so mal vere , en luc de vin , 

La volia abeurar, quanl la defen 

La grans vertutz del cel que i dissen. 

Lendema o comtet monge Garsen. 

« Monge, auiatz mon somi, de que pol 
Anuh vi un Satan senblan colevre , [movre. 
Que de so mal vere me dava a bevre. 
Metia-lo m davan en vas de coire , 
Quant Dieus davas lo cel pre[s] a se movre. 
Lo Satans s'en fugit de sotz un roivre^^ic).» 
— « Dompna , molt Ihi desplatz esta sanhta 

[obre 
E lo grans bes que faitz a la gen paubre : 
Dieus t'en gar, quete pot Ihiar e solv[r]e !» 

Quant ac dat charitat gen pauberina , 
Pan e charn [o peisson] , vi e farina , 
Si s'en vai als obriers íobra chaucina. 
En Fobra del laurier, a la rocina 
S'en vai ab Ihies Garcens i Asselina ; 
Uu romieu a veut d obra no fina , 
Porta peira e mortier e aigua ab tina : 
« On jatz aquestromieus, domna Asselina?» 
— (( Dompna, en 'unamaiso vilha que chna, 
Que no vol alberjar e ma perina , 
Mas ab una contracha molt meserina ; 
E cel de son gazanh pais la meschina. 
No ia drap ni lieh que s'esclavina. 
E nou parlaria hui ab la reina, 
Entro que la ora es que la obra fina. » 



DE ROSSILLON. 269 

La comtessa lo manda obia laissan ; 
E quant lo vit venir, drecet-s'enan ; 
Trais-lo a una part , ditz son talan : 
« Senher , quar amas Dieu e el certan , 
Te dirai nou cosselh que van cerchan. 
leu vulh portar ab te al fundamao 
Aigua, peira sablo , pauc grant ; 
Darai-te, si tu vols, aur argan. )) 

— « Dompna, no vulh per re aver que dan. )> 

— (( Senher, e tu fai per Dieu lo gran 
E per la Magdalena cui amas tan , 

E ieu per soa amor fauc ton coman ; 
Mas diguas-me qual ora e cum ni chan. )) 
— (( Denan la miega nuh, ans que gals chan, 
Merai mon chapela, un vilh ferran. )> 

Era feiro aisi cum an empris : 

Aporto lo sablo davan lo dis , 

E'l sac sobr' eltinal, quant si an mis. 

Aisi an tegul ben prop dui mes , 

Tro que venc us mesatges qu'el dux tramis , 

E mandet-lhi del plah que ben Ih'es pris. 

Ab se I'en mena en Fransa , tant l'ama'l reis ; 

E la comtessa en ret a Dieu mercis. 

Aquel messatges ac nom Adais , 

Chamarlenx fo au dux e totz sos lis. 

La nuh jac en la chambra ab sos cosis : 

L'us ac nom Baudois , Fautre Crespis. 

La comtessa levet quant sers fon pris , 

Amis pres lo cire que fo aisis , 

Devalet denan lies, per gras marbris. 

Lai fo lo chapelas e 'I pelegris : 

(( Tornatz-vos-en areire , bels dos amis , 

E dormetz a segur tro sia matis ; 



270 GÉRARD 

Quar 110 vulh que sa m sapcha om ni vezis.» 

E lo garsz s'en tornet iratz , eaclis ; 

Apelet Crespinet e Baudois. 

Cel li comtet aquo totz fels e gris : 

« Cascuna nuh la 'nmena .i. om tam pis, 

E cuiatz-i tal re que no i es jes. » 

Quant la comtessa es lassa puis al matina , 

Si s'en torna jazer sotz la cortina. 

Adais la servit , que s'en aizina ; 

E quant la vit colguada , el lieh sovina , 

E fo en sa chami[s]a delguada, lina , 

I'ac genta faiso e color íìna , 

E tant blancha la cara cum flors d'espina , 

Lo gartz pauzet so ma sus sa peitrina. 

E sa bocha blancha, quant l'esgrafma : 

« Mala vos pesses, gartz de cosina. )) 

— (deume guabava,domna,qui es pelegrina. 

Aquel romieus de lonh jatz sus Veschina. » 

Ela apelet Garsen i Asselina : 

<( Ostatz-me estromieu que m'ataina. » 

Lo gartz fo orgolhos , enqua a esprendre : 
« leu no sai de ma dona per que me fendre ; 
Mais valh-ieu qu'elromieus cui vaisoentre. 
Per quei vai aital ora so fai entendre. » 
— « Fels gartz, a vos que n'ai razo a rendre. 
Si jaraais en parlatz , farai-vos pendre. » 
E lo gartz pels degras pres a dissendre , 
E vai a son ostal sa 'spaza senhdre , 
E mont'el en son chaval, e vai apendre 
Al dux .G. tals novas don degra pendre ; 
Que feunia e messonga Ihi fetz entendre. 

Lo dux a encontratque repairet, 



I 



DE ROSSILLON. 271 

E trais-lo a cosselh , e Ihi comtet 
Gran messonga per ver, si cum cuget. 
E lo coms quant l'auzit , molt Ihi pezel , 
Per un pelit ab lui no s'irasquet : 
(( Si messonga me dis, Dieus t'en devet; 
Quar ieu m'en meravilh , si pesset. » 

— (( Senher, sobre un romieu a mes son sort : 
La nuh s'en vai ab lui , quant la gens dort , 
Aval sotz lo chastel, on so Ihi ort. 

Se ieu non pucs proar, donc ai ieu tor[t], 
E si en dei morir a mala mort. » 
Al comte, quant l'auzit, pezet ta fort 
Que ancmais non ausi novas , si'ldesconort. 
Puis no manget lo jorn, ni la nuh dort. 

Mati levet .G., que anc no fo lens ; 
Quant chavalget, si ditz entre sas dens : 
(( Ai ! comtessa amigua , bels cors e gens , 
Humils e amoros e dols e covinens , 
I adrehs cors cortes e sapiens , 
En qual trebalh fon ja lo teus jovens ? 
Anc no me repropchiest tos rixs parens , 
Ans me fos cosselhiers e bos sirvens. 
De paubredat me trais lo teus porpens , 
E'n tornet me on honor tos esciens ; 
E si anc t'o peseis fo tos sens , 
Ja Dieus no m ait raerce d'aquelas gens 
Queme son enamic e malvolens! 

— Gartz, tuperdras la testa, setu i mens.» 
Andicas l'apelet, que essapiens : 

(( Senher, don es vengutz aquest tormens ? 
Ta charaes negresida cum airemens. 



272 GÉRARD 

Apela Bedelo e tos parens , 

Que t'an acosselhar, situ cossens. » 

— (( Senlior, que vosdirai?ieu sui sufrens. » 

— (( Senher, ditz Bedelos, mentir non quier, 
Trop as sen de joven e cor leugier, 
Quant lu cres un garso de ta raolher. 
Dirai-vos que comtet a mi Tautr'ier 
Quant de Sancta-Sophia fetz reis mostier : 
Defendet a la gen de son empier 
Que us d'els no i meses valhan denier ; 
Mas una paubra femna n'ac desier. 
De s*on paubre gazanh , que ac diechurier 
De coser, de íilar de son mestier, 
En comprava de Terba que Ihi saumier 
Mengaven quant eslaven de sotz rumbrier. 
Lanuh, quant gens dormia enson jasier, 
Aportava de I' aigua sobr' el mostier. 
E quant fon totz bastitz e li emper, 
Si demandet a Dieu lo vertadier 
Qual gaerdo n'auria e quan sobrier; 
E Dieus si Ihi mandet per messatgier, 
La paubra femna aura maior logier 
Que lo reis per lo do de son aver ; 
E en aquo ma dompna a cossier. 

(( Eu ai veut mostier Sancta-Sophia , 
E no cuh que auc tals fos ni jamais sia : 
Aquo es noms de Dieu , on om se fia. » 
Quant ac dih la paraula , ilh la n'auzia. 
Lo coms si ac somelh , quanl fo fenia ; 
Discendet e dormit en la beria. 
Aqui somjet un somi quant se resia , 
Montet el palafre, ditz-lor per via. 



DE ROSSILLON. 278 

« Sai vos Iraetz , ditz-el , miei dui ami , 
Dirai-vos que ai somjat aquest mati : 
Que la comtessa era sotz un vert pi , 
Seu vestimen tan blanc cum pargami, 
E plus cubert de flors d'un albespi ; 
E tenia un calice de mier aur fi, 
Ab aquel me abevraba d'aquel sanh vi 
Que Dieus fetz d'aiqua (sic^ a nossas Ar- 
Senher, aquo es bes, so te devi. [chitecli. 
Grans jois te nais de Ihies, ieu t'o desti. » 
Un pauc lo fan disnar, lat un sauci , 
D'empastatz de peissos e de pbusi : 
« Amics, ditz au messatge, venetz aisi. » 

Adain apelet lo coms .G. : 
« Di-me cum lai irai ni de quals partz. » 
— « Senher, no menaras mas que te quarz, 
E fai anar tas gens vas Senesgartz. » 
E vai sai e dissen en us issartz , 
Tro ve la nuhs escura que tol esgart. 
Sotz lo chastel dissendet emieh us jartz, 
Estachen lor chavals lonh e espartz. 
Aquel gartz era rix hui de .M. marxs, 
E lendema non ac mas pur esjartz. 

Lo fels gartz los en guida a la maiso, 
Que guacha no'ls i sen, que no i fo. 
Aqui los fai ostar en un gepto, 
Tro que vit la comtessa e'l clerc Guio ; 
E'l romieus tenc lo sac e lo basto ; 
E ilh lo van seguen , lo pauc passo. 
La comtessa s'aresta en un cambo, 
E ilh son remasut tras un boisso. 
Una clardatz plus grans que de braudo 

18 



274 GÉRARD 

Dìssen sus la comtessa davas lo tro. 

.G. vit lo roinieu que metsablo 

El sac que ela Ihi te a genolho ; 

E quant .G. o vit, molt Ihi saup bo ; 

Apelet Ândicás e Bedelo : 

« Senhor, molt ai lo cor mal e felo 

Quan creiei de ma dompna fol ni garso. » 

— « Coms, er potz ben vezer ta vezio. 

A bon dreh te do Dieus cofusio 

Se ja'causas per guerra mais espero ! » 

— (( No farai, so ditz-el, se Dieus me perdo.» 

E lo gartz s'en amblettot a lairo, 

Abans fugit au bocs que a sa maiso. 

.G. era si gartz en son agac : 

Una clardatz i veno, si cum Dieu plac, 

De que lo coms e' Ih seu an gran esmac ; 

Vic sa molher Berta que tenc lo sac, 

E el i mes lo sablo que trais del brac. 

E .G. quant lo vic, gran joi en ac : 

(( No i penretz mais, romieu, cop ni gamac ; 

Abans ai en talan que gen vos pac. » 

Lo sablos fons pesans, e grans lo sacs ; 

Cil lote prop de se e vai detras. 

E la comtessa vai lo petit pas, 

Del pe destre marchet sobre sos draps ; 

E si cazec adens a terra bas, 

Lo tinals antrenan totz drehs remas : 

(( A fel ! quar la socors , » ditz Andicas. 

.G. lai vai corren e ditz : (( Hui las ! 

Ai ! comtessa amigua, cum bon cor as , 

E ieu mal e felo cum Satanas ! 

Era as, a mon veiaire, tot cel fron cas. » 



DE ROSSILLON. 276 

— «No,senher, Dieumerce. Tusicumvas? » 
— « Amigua, ditz .G., ben osabras. 

— «Laissamportar, romieu, quar a mi tanh, 
Qu'ieu vulh esser del fais mi dons compah, 
E parceriers ab Ihies d'aquest guah. 
leu vos darai assatz que vos soíVanh, 
Menjar pro e deniers e draps ebanh. » 
— «Vosoc, senher,ditz-e],se abvosretranh; 
Ans servirai selui don no mi planh.» 
Lo coms pres lotinal, non ac desdenh, 

E la comtessa sos cap fenh ; 

Intro-s'en el mostier, e sono senh. 

G. vit la clardat resplandissan 
E '1 tinal que estet drehs atrenan, 
Aisi que no se baissa ni tan ni quan : 
Donc ac lo cor pitos humilian. 
El Jo portet de tras e te'l denan. 
Intrat son el mostier lor fais portan. 
Lhi cle[r]c en fan entr' els de laus unchan, 
Per la vertut de Dieu que viro gran. 
Lo coms au lo servizi quant jorns espan. 

Lo coms au lo servizi mati, e briu 

En una chambra volta blancha cum niu 

S'en es intratz lo coms e pri ce sieu : 

« Comtessa, ditz lo coms , ben es a Dieu. 

Gran vertut fai per te , aquo sai-ieu. » 

— «Senher, nonjespermi, maspei romieu 

E per la Magdalena on fa son priu , 

Per cui resucitet Dieus lo Judieu. » 

— « leu mandarai , ditz-el , Bertolomieu 



276 GÉRARD 

Pel miracle escriure e mentre* en brieu.)) 
La comtessa respon : « Non plassa Dieu ! 
Tost veiriatz de gen si gran aplicu, 
No vulh i aiafAver, for voslre e mieu, 
E tos de purs alos , non jes de fieu. » 

— (( Comtessa, dirai-te cum soi vengutz. 
Adais me comtet que aviatz drulz. » 

— « leu oc , la merce Dieu , tant l'ai quesut. » 

— (( leu si vulh, ditz .G., se Dieus m'ajut; 
E sap me bon al cor, quar l'ai veut, 

Lo labor de vos dos e la vertut 
Que Dieus vos a trames per grant vertut. 
Jamais non bailarai per guerra escut. 
Fai venir lo garso fol, mescreut. » 

— Senher, ditz Andicas, tu l'as perdut, 
Quar ieu l'en vi fugir pel bos ramut. » 

— (( Er m'amenatz lo blanc romieu canut ; 
Molt sembla benprodome aperceubut, 
Que del servisi Dieu faire no s mut. » 

La comtessa apelet Garsen lo monge : 
(( Donsel , er potz vezer de nostre songe, 
Que anc non vistes un que milhss'aponge. 
Lo Satans es lo gartz e la messonge 
Qui m vol mesclar au duc e far vergonge 
E so qu'el se cuiava que nos eslonge. 
Don preiatz auromieu que ab nos s'aponge, 
Quar Dieu ama de cor e no i fai conge. » 

Intratz es lo romieus, en fon bon grans ; 
La barba Ih'es creguda e '1 caps ferrans : 

1. Lisez melre. 



DE ROSSILLON. 277 

« Romieu, so ditz lo coms , traetz-vos enans. 
Per amor de ma dompna , cui es amans , 
Vos darai de mon aur .v. c. besans. » 
E il Ihi respondet : « Non aurai tans. 
Pur manjar me do Dieus, ab mos afans, 
E en terra de vita retribuans, 
Quar el es drecburiers e guerdonans. » 
E .G. l'esgardet e sos semblans : 
<(Romieu, so ditz lo coms,per vos balans.» 
E ditz al autre mot : « Tu iest Guintrans , 
Mos parens e mos om, coms alamans, 
Bos parliers en ties e en romans, 
I adrehs chavaliers e combatans. 
Per mi fezes estorns ieu no sai quans. » 
— « Er en soi penitens e gravissans, 
Quar en fust en t'onor ben repairans. » 

.G. baiset Guintran e tenc-lo char, 
A cosselh ditz Uguo Guinasmar : 
« Queretz-lhi a vestir e gris e var. » 
Âb tant Ihi pres sa vida a enquistar : 
«Senher, on asestat?» — «Don, oltra-mar, 
Aniei al sanh Sepulcre ; al repairar 
Pres-me us mescreens que m fetz menar, 
Ab .M. autres caitis, per afanar, 
A chastels i a murs peira portar. 
Mais de .xx. ans m'avenc el luc estar, 
Quant Dieus sa Magdalena me fet Ihivrar. 

« Cel que gitet Jonas de la balena, 
Me trames delhivrar sa Magdalena : 
Per aquo soi sos sei's e fauc sa pena. » 
— «Bent'a Dieus espiratper qualque vena, 
Quardenhet alberjar en aquest regne; 



278 GÉRABD 

E ieu la scrvirai, qiiar nos es bone (sic)^ 
E vos cuh donar molt gente estrene ; 
Mas comta-nos del regne on Dieus t'amene. » 

— V Don, lo[n]cs comtes faria e vos enui. 
On que m'aia estat era si sui. » 

— «Vos no [u]s partretzde mi jamais poshui ; 
Ans vos darai de lai Ja honor del Pui 

E trastota la terra tro a Mercui.» 

— «Non plassa Dieu jamais honor remui, 

Mas tant cum en tendrai en un sarcui, 

sert .G. de cor Deu e cel sui ; 

Per aquo prec Ja sancta ab els s'apui 

Que an ploratz lor pechatz de laigres mui.» 

Lo coms .G. comanda chara rien : 

« Aportatz a vestir a mon paren. » 

E cil au l'obeditz, no feiro len: 

De chansil , de sendat Ihi fan presen, 

Pelhisso e mantel ric e valen ; 

Mas el los geta jos, neis re non pren. 

E lo coms en juret son sagramen : 

<í A vestir vos coman , s'o vos coven 

Que vos fassatz per Dieu a mon talen, 

Qu'ieu non ai mais amic ni bon paren 

Qui sapcha dar cosselh ric ni valen, 

Fors Bertran e .F. a cui apen ; 

E ma honorsesttan grans que lonh perpren, 

Que no poden tornar a mi soen. 

E vos uon es meschis de leu joven, 

Que aiatz pretz ni orgulh per vestimen. 

San Bertolmieu vos en trai a guiren, 

Qui e molt char vestir servic Dieu gen. » 

— (cCel fai si cum vol, no Ten desmen.» 



t 



DE ROSSILLON. 279 

Prumier lo fan banhar e tondrc e raire, 
I autres draps vestir, e los seus traire ; 
E semblet beu baro de gran afaire. 
.G. l'acis lonc se, lotz s'en esclaira : 
« Ere me * cosselh cascus a son veiaire ; 
leu vos comtarai so que ieu vulh faire 
De la onor que ieu tenh, tan Dieu repaire, 
Don vivran .v. c. morgues e .M. cofraire.» 
— «Senher, ditz Andicas, so non s'es gaire 
En vas la guerra gran don fos pechaire, 
Don .C. M. ome issiro delor aire. 
Atretans n'as aucis, tu e tos paire ; 
Maspos Dieust'ama tant qu'elte desolaire, 
Que te e ta molher vol a si traire, 
Ret ton cors e t'onor Ihui e si maire, 
Non tener mais ciptat ni mur ni chaire : 
Non volria sufrir nostre emperaire 
Que perdria 'il servici qui om Ih' en deu faire . » 

En aprop demandet a Bedelo : 

c( E vos que m'en lauzatz d'aquest sermo ? » 

— (c Don, si faire lo vols, tenc-Io per bo. 
Pos Dieus t'en a mostrat tal signazo 

ï autre t'en mostret en Val-Beto, 
Que ta senha mis à foc i a charbo 
Per lo tort que avis en vers .K. 
No te laisses d'onor tor ni donjo, 
Pos Dieus lo t'a redut, merci l'en do. » 

— (( Cosin Guintran , e ieu vos en somo 
Que vos me detz cosselh ses lonc razo. » 

— (( Per coman Dieu David sempre despo : 
Beati sunt qui gardojudicio, 

I. Lisez Eram. 



28o GÉRARD 

E qui justizia fai tota sazo ; 

Drecha justizia val ben hona razo, 

E ieu la laissarai a don .F. 

Per gran terra,<ener, non sai tan ho. 

Anc n^agren patz ab Ihui trachor felo, 

Ni fals ni mcssongier ni mal lairo; 

Anc n'agron chavalier tal companho, 

Qui si char los tengues ni que tant do. 

Quatre íilhs a que son gen mancipo : 

Quan reis tenra sa coit, scs nulh somo 

Portara l'us la 'spaza, l'autre '1 baslo, 

E loterz causara son espero, 

E lo quartz portara son gonfaino. 

E lo íerir primier teno Breto 

De mei e de mon paire lo vilh Drauguo, 

E tot l'autre mestier de la maio ; 

Quar aitan son Ihi fieu de Rossilho.» 

Lo coms laisset aquels , torna a s'oisor : 
<c Domna , ab vos palarai , en Dieu amor, 
Quar vostre cosseln m'an estat melhor ; 
Tornat m'an en riquesa e en honor. » 
— « Senhor, se ren i val, Dien en aor ; 
E vos Ihui que daretz de vostra honor? » 
— « Totz mos quites alos que ai d'ancessor. 
Mas sai qui fo Boso al ponhador, 
Au melhor chavaler torneiador 
Que anc fos ni que sia mais a nuìh jor. 
Membra-vos cum vos trais de Ja chalor, 
Quant reis pres Rossilho per traidor. 
E preiaran per Ihui morgue plusor ; 
Trenta mosliers farem per De amor, 
En cascu ric abat ab lo prior, 
En la val Rossilho, on Saina cor. 



DE ROSSILLON. 28t 

Lai jaira nostre filhs , e nos enpor. 

Chavaler e borzes e varvassor 

E tuh aquelh que son laborador 

Si preiaran per Dieu Temperador 

Que lor autreie .F. defendedor. 

Per gran terra tener non sai raelhor. 

Ab la forsa del rei nostre senhor, 

Fara orgulh baissar, jaser sostror; 

Estaran chavaler en gran sojor ; 

E saran de sazo che et austor, 

Falco e falconier c venador; 

E tal la faran ora escamidor, 

E donzel gualaubier chavalgador. 

Qui vol proar son cors e sa valor, 

Si auzen gueregar gen paianor ; 

Quar trop Tan mantegut Ihi nostre c'Ih lor. 

Si cum ditz el escritz del Redemptor, 

Damidrieus gic montar tant pechaor 

Cum si era sul pui de Libanor ; 

Puis davala plus tost que aucels de sor. 

(í Dona , vecvos los meus que son traítor, 
Fors .F. que ama patz e Dieu de cor. 
Quatre filhs a, que son blonde e sor, 
De la neboda .K. que fo sa sor; 
No partiran de Ihui a negun for. 

— « Guintrans e Bedelos i Andicas, 
Prendetz de mon aver cascus .M. mas. 
leu trobarai I'aver e lo compas, 

E si irai denan e vos detras, 

E bastiretz mostiers e tors e clas. » 

— <(. Senher, nos farem so que ta volras, 
Quar no i a mais mestier orgulbs ní gas.» 



282 GÉRARD 

Las obras son enquadas , e '1 camp remas. 
La cansos es fenida, totz en soi las ; 
E se chara la tes qui la diras, 
Assalz en potz ayer vianda e draps. 

Era es fenitz lo Ihibres e la cansos 

De .K. e de .G., los rixs baros , 

E de .F. e de Bos, los Braimansos. 

Lhi cop si foro fer e engoissos , 

Que de sai que de lai remanen blos. 

A la fì venquet .K.G. e 'ls sos. 

.xxij. ans n'estet pels bos erbos, 

Amassan lo carbo ab dols , ab plors ; 

Puis cobret son dugat , fe que dei vos , 

E fo molt om benignes , religios , 

E basti ne mostiers , sapchatz, pluros : 

Versalai Tabadia es us dels bos. 

Plus de .cccc. gliesas, ab orazos ^ 

Fetz far .G. e Berta , la dona pros ; 

E dotero-las totas de fortz rixs dos , 

De chastels e de vilas e de rixs maios ; 

Per totz meiron personas, abatz , priors. 

Tant quant te la Bcrgonha , on es Dijos , 

I a be pauchas gleias mas de lor dos. 

Grans bes e grans almoinas e grans perdos 

Fai-om en sancta Gliesa per ambedos ; 

Quar ilh l'an eretada, ben es razos. 

Si .G. fetz gran mal tot en prumier, 
El s'esmendet molt be tot en derier, 
Qu'el fetz gran penedensa en un moslier 
Qu'el-meteis fes bastir molt bo e chier ; 
E mes-i .c. donzelas e i fetz mongier. 
Nulha re no fan clers mas Dieu preier 



DE ROSSILLON. 283 

Per lui e per Na Berta, soa molher. 

.M. marxs lor det de renda ses tot gabier ; 

Cel pot be vezer que i vol alier. 

Na Berta la duguessa deu fort amier 

Totz om que ama Dieu Jhesu perclier, 

Quar ela set tan be e fai enquier : 

Deu preiem tuh essem n'aia loier 

La bo[na] dona chera ses tot empier , 

La mielher que anc fos ni ja non er. 

Verselai sotz Tabadia son sebelit 
Lo dux e la duguessa, si cum om dit. 
Auien tuh la chanso, gai e marih : 
Lhi gai per las proesas que an auzit, 
Que de tota proesa sian plus ardit ; 
E Ihi marih en parlen plus issernit, 
E garen de far guerra ni tant raubit , 
E ai u et al autre es issernit, 
En aquesta chanso tot es escrit 
Comen puscha far guerra ni son oblit. 

Set .c. ans en avia que Dieus fo natz 

Questa guerra fo facha 

Si cum fo per mols omes lo fahs proatz, 
E duretbe .Ix. e plus assatz. 
Dels mors. . . . Jhesu, si '1 platz. 
Si que salvat. 



. . .^ Iho. . . 
. s'ennula . 
scriptoris . 
Requiescat fessa laboris. 



i 



íí; 



LE ROMAN 



DB 



GERARD DE ROSSILLON 



Dex lor mostre miracle qui fu castiz : 

Flambe lor chiet del ciel , qui'es enbruniz ; 

Li gonfanon .G. est toz bruiz, 

E le Rarlon , qui fu à or escriz. 

Totes les chars en tremblent as plus hardiz 

En terre soz les piez , dès la raïz. 

Ce dist li uns al autre : « Siecles estfeniz.» 

Donc fu li quens .G. espaoriz, 

.K. entre les siens forz esmerriz; 

Donc s'esloignent des autres e sunt partiz ; 

Pois n'i ot cop donat ne cop feriz. 

Esteirent tote noit hauberc vestiz ; 

E quant li jors paraist, bien fu joïz. 

Viraz terre porprise d'escuz voltiz , 

De blans haubers e d'iaumes à or sarciz. 

Donc resplent li cristax e raumatriz , 

De gonfanons o lances tal plaissadiz , 

Des morz vasax qui gisent par prez floriz 

Fu toz li camps coverz e roveziz. 

Bos et Folque e .G. l'amaneviz 



286 GÉRÂRD 

Rajostentlor compaigues, quant jor clarziz. 
Un des premiers , iraz parla Daviz , 
Freire germain Helau qui tint Pontiz; 
Quens ert de yalençon e de Vautriz : 
(( Ré partiz de Dieu , com es maldiz i 
Par ton orgoil nos as aserventiz , 
Tei-meisme com fous nos as traïz. 
Enquor vus est .G. li quens foïz ; 
Ainz que il seit vaincuz ne desconfiz , 
I aura plus perdu , d'ice soi fiz. 
Tant i avez perduz de voz norriz , 
Jamais li dels d'icez n'en iert obiiz. 
Perdu i ai mon paire e mes deus filz : 
Veiz-les là morz , ou jazent desoz çà viz ; 
E ge ai par le cors tels deus espiz , 
Jà par mi[r]e qui seit n'eu iert gariz ; 
Par oc , si n'en serai trop escharniz , 
Loereie que plait eu fust quesiz , 
ParTame delbaron al cors deliz. » 
A un mult bon conseil qui fu choisiz , 
Cent barons des meillors i sunt coilliz. 

Premiers dist Galerans qui tint Sainz-Liz : 
u Reis , quer crei tes barons e tes norriz 
Tresqu'en seie del conte un plaiz oïz. » 
E .K. en jura la Genetriz : 
« Ge voldreie mielz estre ensepeliz 
Quejà par plait qu'en quierge seie honiz; 
Quar se .G. vos quelt par ses malviz, 
Trop sereie ahontaz e vilaniz. » 
— « Sire, .G. ne r velt, si com tu diz, 
Donc iert lo tort de là à dreit guenchiz ; 
Si auras vos talanz toz acompliz , 
E qui par tei morra n'en iert periz. » 



DE ROSSILLON. 287 

Li nianz fu otreiat, li més choisiz. 
Tiebert de Val-Belon est viel floriz , 
E saive de parole e avertiz : 
Par lui sera li més faiz e forniz. 
Comment que li plaiz seit mais hoi oïz , 
Molt remaint Val-Beton de morz garniz, 
Cent mile dames veves de lor mariz. 

Tiebert mena sei Garnier de Blaive, 
Cosin germain .0. e niés Oraive; 
Mais hom .K. fu, bges del fieu son aive. 
Sist el cheval gascon à I'Amoraive , 
Trespassa mil danziax ocis à glaive. 

Estait .0. iraz e pesanços, 
Veit iluec les mesages ester andos. 
Gamier parla premier con danzel pros : 
(.< .G., quere fai dreit e pren de nos. » 
E li quens respondi toz aïros : 
i( Ge vos en jurle Paire le glorios, 
Se çà venist mesage autre que vos , 
Que del pié le féisse ou del poing blos. 
11 m'a mon paire mort , reis de Sotos , 
Or me mande un plait tant encombros, 
En icel carap méisme où fui dampnos : 
Ainz s'en tornera l'un toz vergondos. » 

Or parole Tiebert, après Garnier , 
A guise de baron u qui amor quier. 
Ne respont mot d'orgoil ne traversier : 
« .G., quar pren conseil à ton espier. 
Ci vei estre Folcon ton conseillier , 
Landric e Aenri e don Aucier. 
E quar li loaz tuit, franc chevalier. » 



288 GÉRARD 

— « Conseil , ce dist Landris, i a mcstier. 
Aval en çà ribeire , soz un ombrier , 

Se gist Euldres naffraz, li quens, dès ier. 
Ainc ne "vi tal baron ne tal parlier, 
Tant saive ne si proz ne tal gerrier. 
Quens , va parler à lui, conseil li quier, 
E ce qu'il te dira fai volentier. » 

Guerart vait conseil querre à Eudelon ; 
sei mena Gilbert e dan Folcon , 
Landric e Aenri e dan Gigou. 
Aval en çà ribeire, en un campon , 
Jut Eldres soz un paile de ciclaton. 
L'ordre saint Beneeit velt qu'en li don , 
Quant là vienent li fil e si baron , 
E .G. devantlui àgenouoillon : 
« Oncles, conseil te quier; done-le bon, 
Tal qui ne tort à honte n'à traïsoa. 
.K. me mande plai fin e pardon; 
Çà m'a tramis Tiebert de Val-Beton 
E Garnier mon cosin , le filz Aimon. » 

— « Biaus niés, graces en rent Jhesu del 
Ci a gente parole, sanz achaison. [tron ; 
Pois qu'ele muet premiere de vers Rarlon, 
Si la fai volenters sanz contençon. » 

— « Ge comment amerai rei tant felon , 
Tierri son conseillier de sa maison , 
Qui m'a ocis mon peire, le viel Dragon , 
E méismes ton cors qui m'a resfon ? 

Jà terre ne tendrai del rei Karlon , 
Se tal plai ne me fait qui sie bon, 
E Tierri mete fors de sa maison. » 

— « Ge t'en ferai, dist Eldres, un brief sar- 
Quar se creire me vels e ma raison, [mon : 



DE ROSSILLON. 289 

Jà ne seras rctaz de mesprison 
Verston lige-saignor de traïson, 
Ne en après ma mort mon íilz Folcon, 
Qui ne dera conseil jà si ben non. » 

— (( Jà ne crerrai conseil que l'en me die, 
Se Tierri ne gerpist e sa parie ; 
E puis me face dreit de la boisdie , 
Qui à tort a m'enor prise e saisie, 
E m'a mon peire mort, ma gent laidie. 
Se cest plait ne me fait et ne 1' m'otrie, 
Jà ne sera mis sires jor de ma vie. » 

Eldres, quant il l'oï, molt s'en aïre : 
(( Niés , molt as poi de sens e fol arvire. 
Pois Dex fu mis en croiz e prist martire, 
Ne fu mais par un home tant grief concire, 
Assez graignor pechié que ne sai dire, 
Si qu'on ne 1' puet conter ne clerc escrire. 
Ce ne puez-tu neier ne escondire , 
Ne soies sis hom-liges, et il tis sire ; 
^Ne r puez chacier de champ ne desconfìre , 
îe forfaces ton fieu, qui en velt veir dire. 
/ordre saint Beneeit e saint Basire 
^oil prendre e requeillir : pensez-en, sire.» 
.G., quantl'oït, de dol sospire. 

Saignors, cedist .G.,moltm'esl-cefort, 
|*VersKarles,reideFrance,commentm'acort, 
|ui mon enor me tolt, mon peire a mort. » 
^remier respondi Gale cil de Niort : 
(( .K. en face dreit qui 'n ale tort, 
Al jugement e conte qui est de Monfort, 
un autre baron qui ne 1' deport. 



290 GÉRARD 

II n'a soig de f amor, s'il s'en resort. » 

Or parole Landré de son estage : 
(c Gale, ce que vos dites semble folage. 
Tuit li saive de Rome ne de Cartage 
Ne jugereient dreit solonc damage. 
Eissi con la meir clot tot le rivage, 
N'abaron chevalier de nul parage 
Qui n'i aitperdu home de son lignage. 
Pois que Dex nos a mis en bon corage, 
Qu'il n'a fait demostrance à son barnage, 
E .K. quert amor par son mesage, 
Ne responez orgoil, mal ne outrage. 
.G. fu sis hom-liges, qu'en vi l'omage; 
E prist de lui en fieu son heritage, 
E en reçut henor e saignorage : 
Si s'en retort li quens en son homage, 
Rarles li reis li rende son heritage 
Si com fu devisat al mariage. » 

— « Bien parole cestui, dient li sage; 
Molt a en lui grant sens e vaselage. » 

Guerart ot des barons qu'il fu blasmez , 
E entent de son oncle qui fu ainz nez ; 
Vient devant lui ester li quens en pez : 
(c Oncles, merci! por Deu, ne vos irez. 
Plaiferai veirement, pois que 1' volez. » 

— (( Biau niés, ce dist li quens, ce me plegez 
Que d'iquest convenant ne vos istrez. 

Bos e Folque e Seguin , avant serez , « 
Par iquest convenant le m' otriez; 
Gilbert de Senegart cil i metez , 
Bernier mon petit-fil n'i obliez , 
E gardaz-lo-mei bien e norrissez. 



BE ROSSILLON. 29I 

Mesure e senz, chier filz, genz retenez, 
Amaz vostre saignor, fei li portez : 
Jà ne perdrez honor tant com vivrez. 
.G., vos e Folcon, au rei mandez, 
Tot li rendrez le suen , quanqu'en tenez ; 
Acordaz-vos à lui , bien le servez : 
Ce sera vostre preu, proece e prez. » 

Guerart part del conseil , li quens iraz. 
Es venguz ìes mesages loz d'autres laz : 
(c Donc manderai à .K. ce que vos plaz; . 
Plait ferai veirement, pois me loaz ; 
Mais ge vos en jur Deu e ses bontaz... 
S'avant n'en est Tierri del plait gitaz , 
Si que n'aie vers lui mais amistaz. 

(( Grant tort en ot li reis e ses Franceis, 
A sa cort, à Orliens, quant g'i veneis', 
Ne m'i fu consentu ne dreiz ne leis. 
Sanz dreit que li veasse, ne tort li feis, 
A porprise ma terre e mon pageis , 
E mon paire m'a mort, mon íleu porpreis; 
Mais poi qu'Eldres mon oncle l'a si enpreis , 
E li baron le loent de mon pageis , 
Plait ferai veirement, se l' dux enveis. )) 
Là s'en vont li mesage où fu li reis , 
Entor lui si baron e si marqueis. 
Tierris i ert d'Ascane , naíFraz esteis. 
II n'i a nul tant saive ne tant corteis ; 
E quant li dux parole, ne fu mespreis , 
Li mesagier descendent tuit demaneis , 
E .K. lor demande : (( Dites cum eis. » 

— (( Seignor, ce dist Tiebert cum om irat, 
Sanz tort qu'il t'éust fait, nedreit veat, 



292 GÉRARD 

As porprise sa terre e s'eritat ; 

Son paire li as mort à grant pecat , 

E Eudeìon son oncle à tort naffrat ; 

Mais por amor Jhesu de Trinitat , 

Qui nos en a seínblance grant demostrat , 

E li baron le loent de son regnat , 

Si fussent li meffait tuit pardonat , 

E à cest mot se sunt tuit acordat ; 

Mais au desraain furent tuit encombrat , 

Qu'il jure dam-le-Dé de Trinitat, 

Jà n'en iert tes feels ne ton privat, 

S'avant n'en est li dus de pais gitat , 

Si qu'il n'en ait vers tei mais amistat. » 

— «Parmon cap ! distli reis, par quanque 
Ne voldreie aveir fait si grant deslei, [vei , 
Par quei ait Tierri guerre nule sanz mei.» 
E Tierri respondit : « Sire , mercei ! 
Ne place dame-le-Dé, al magne Rei , 
Que jamais pormon cors nuls bom guerrei ! 
Cent anz a que fui naz e mais, ce crei , 
Tot ai flori le peil e blanc com nei ; 
De France fui gitat à grant beslei , 
Passai un braz de mar à mon navei, 
Set anz fui en essil à Mont-Caucei. 
Aimes e Aimeri Audefrei , 
Mes filz, seront au rei, e nos tuit trei ; 
E là nos en iron, Diex nos avei ! 
Quant sera bien .0. li quens au rei. 
Mi ami e saignor, preiaz por mei , 
Kar del tot me voil metre en sa mercei. » 

Rarles, quant l'a oï , a grant dolor : 
« Mi feeil , mi ami e mi contor, 



DE ROSSILLON. 298 

Li bibe e li abat e li doctor , 

Qui m'aveiz à gardar, mei e m'enor , 

Par la fei qu'en deveiz e par l'amor , 

Hoi doneiz teil conseil vostre saignor 

Qu'il ne me tort à honte n'à desenor. 

Jà ne faldrai al duc à negun jor, 

Ne voldrie aveir fait ce au menor 

Qui mei fust en bataiUe ne en estor. » 

E li dus respondi par grant amor : 

« Ne place à dam-le-Dé, au Redemptor, 

Que par mei seient mal li vostre as lor ! 

Ainz qu'al dux féist guerre l'emperador, 

Me voleient grant mal si anceisor : 

Or me volent li íil , ce sai, raajor. » 

Galeran de Sain-Lis premierement 
En a parlé au rei molt cointement : 
« Ge sai que Dex en velt l'acordemenl , 
Quant sor vos enveia le feu ardent. 
Tant baron i remeistrent mort e sanglent, 
Noalz en iert en France dont sunt venent ; 
Mais facent plai au duc paraument : 
Cil qui à tort gerreie trop longuement , 
A tart vient lo gaaig , e pert sovent ; 
Chier compêire qu'en a e mal lo vent. 
E si rendez au conte son chasement. » 
— «Fait iert^ ce li dist .K., votre talent ; 
Mais de Tierri ai molt le cuer dolent , 
Se .G. ne pardone son maltalent. » 

Un autre plait en velt li duc cerjar , 
Qu'il velt le duc al conte molt cordar ; 
Mais .G. ne le velt onc otreiar, 
Ne Bos de Carpion ne Seguins far, 



294 GÉRARD 

E li dux prent congé. A sen annar, 

Là verreiz tant baron por lui plorar. 

Or devon la parole à tant laissar. 

Tant mainent la parole e bibe e par 

Qu'il firent les compaignes sens desarmar. 

E .G. vait de pais au rei parlar, 

E font-li son homage arafiar, 

Guerpir male voillence e abaissar; 

Le hainge des morz font pardoaar, 

E les vis qui sunt pris font delivrar; 

E commandent le camp bien à gardar, 

Les morz à enfoïr, vis à sanar. 

Tanz barons i laissierent morz, duc e par , 

Dont H dels s'espant loig au repairar. 

Asseiz ont lors amis mais à plorar , 

E dames e danzeles à regretar. 

Onc de plus fort bataiUe nVi retraire, 
Kar n'en fu nule tax pois le tens Daire. 
Folque e .G. i pert chascuns son paire. 
E ne me chalt des morz hoi mais retraire ; 
Les armes aient Dex, li cors suaire! 
Quant la gerre fina, al mien viaire, 
• G. en fait mostiers ne sai quanz faire, 
En quels misl assaz moines e sïiintuaire. 
.G. a Rossillon tost s'en repaire ; 
En Provence s'en vait Folque e son fraire ; 
.K. li reis en France, n'i tarja gaire. 

De Draugon ne remeist filz que Guerarz , 
A Euldres en remeist de molt gaillarz : 
Ce fu Bos e Seguin, Folque e Bertraz 
,E danz Gilberz li quens de Senegarz ; 
E se Tierri s'en vait par lor regarz , 



DE ROSSILLON. 2^5 

E por ce que il velt que guerre tarz , 
Ne velt estre clamez fels ne coarz. 
Tant preierent as contes d'ambedeus parz, 
Qu'à cinc anz l'en mist un plait Guerarz , 
Par quei fu pois li quens clamaz coarz : 
E por oc il n'en sot engins ne arz; 
Mais Bos de Carpion fist que gaignarz. 

Gilberl tint Senegart e Mont-Argon , 

E Seguin la contat de Besençon , 

E danz Bos tint l'onor de Carpion, 

E Bernart la contat de Tarascon , 

E Folque le ducat de Barcelon, 

Aoste e Seuse e Avignon : 

Ce fut tot de l'enor au viel Draugon ; 

E le conte .G. tint Rossillon; 

Mais paiens l'en tolirent e Esclavon 

Plus de qualre jornades tot environ. 

Cum oïrent le doel e le reson 

De l'estor qui fu fait en Val-Beton, 

Où furent mort li conte e li baron , 

Cil passerentles porz sanz contençon, 

Tresqu'à Gironde vindrent tot à bandon. 

Por secors querre vindrent quatre Gascon : 

Dui avant à .G. e à Folcon, 

Li altre dui en France au rei Rarlon. 

Li reis est à Paris, en son danjon, 

Ici requiert conseil del rei frison, 

«Quimoltmefont grantguerre, eliSaison». 

Li mesager descendent à un perron , 

E enlrent el palès où Rarles fon , 

E dient-Ii noveles qui ne sont bon. 

Premiers parla uns quens, danz Anséis : 



2q6 Gérârd 

<f Ahi ! Rarles Martel, com mal féis 

Quant tu en Val-Beton estor préis 

E Draugon, ton baron, i océis ! 

Quant quidas enforçar, si afeblesis : 

Perdu avon les marches que 1' dux conquis, 

De çà resont venuz Amoravis , 

E de lai refont guerre e Saisne e Fris. 

Se .G. ne fajue, toz es conquis. » 

Li reis de maltalent s'engreinezis. 

Après parla Tenarz, qui tint Gironde. 
« Sire reis, ge ne sai que ge responde. 
De çai devers Espaigne m'a fait esponde. 
Assaillent-mei paien de tot le monde. 
Ne pois volar en France, ne soi aronde , 
Ne n'os sailliren l'aigue : trop est parfonde. 
Tot lo vostre secors Jbesu confonde ! 
A .G. me tendrai , par Dé del monde. » 
Li reis est tant iriez, ne seit que gronde. 

Anséis de Nerbone parla com bar : 
« Danz reis, jà un de nos ne deit loar. 
Quidez-vos por mal faire vos ait gent car ? 
Ne somes pas isleis d'outre çà mar. 
Quant lu vas en Espaigne ton ost gnidar, 
E Ten porte t'enseigne, por cadelar, 
En tot îe pejor leu que puez trobar, 
Assaillent-mi T paien d'oltre la mar ; 
Mes portes m'ont fait clorre e enlerrar : 
Onc ne fustes si proz ne si ric bar 
Que m'aillissez de France là ajudar. 
Ad .G. me tendrai, si Deu me gar. » 
Li reis fu tant dolenz, ne seit que far; 
Mais son cheval demande e vait montar. 



DE ROSSILLON. 297 

E ci est montez Karles par is secors, 
Onques ne fist niil reis graignors valors ; 
E tramist ses mesages tantost les cors, 
E manda ses barons e vavasors, 
E en a quinze mile en quatre jors, 
E fureat ajostat à lui, à Tors. 
Enveie por .G. à is secors : 
Orgoil fu e folie e male amors, 
Que sanz lui commença li granz estors, 
E par oc si en fu soe l'onors. 

Es biaus lons jors de mai que tens aonde, 
Que Karles se combat sobre Gironde, 
A paiens d'Esclaudie, une gent blonde, 
E à cez Aufricans neirs com aronde. 
Segurans de Surie fist Mapemonde 
Amener cele gent que Dex confonde ! 
Des paiens desleiax lant li abonde, 
N'i volsist estre Karles por tot le monde. 
Ne trove de s'ensaigne qui le responde, 
Qnant li quens .G. sorst de Val-Parfonde ; 
Lance porte trenchant, targe reonde. 
S eschiele joint premiere la segonde. 
De sanc que vei aunar vermeille Tonde. 

Onc ne veistes rei qui si rancur, 
Quant .G. a josté les siens as lur ; 
Onques ne vi baron si proz, si dur. 
Tote jor se combatent tresqu'à l'obscur. 
A l'aube apareissant vaincuz sunt Tur, 
Paien e Aufrican a maléur. 

La bataille est vaincue, li camp finaz; 
E .G. de l'estor est repairaz, 



298 GÉRARD 

E tal mil clievalier de ses privaz , 

Qui ont perdues les lances, les branz oscaz. 

Espiez portent toz nuz ensanglentaz. 

Ne seront estoiez, s'ierent lavaz 

E forbiz à cainsil e resuiaz. 

Par le conseil Folcon, qui est molt senaz, 

Fu li gaainz à .K. seus presentaz; 

E il dist : (( .G. conte, tot le prenaz 

E donaz à voz homes que mielz amaz. 

Par le conseil d'is conte serai preisaz 

E serviz e cremuz e redotaz ; 

Plus vos amerai mais que home naz, 

Se en vos ne defaut cest amistaz. » 

Quant Bos d'Escarpion les a sevraz, 

Çoe fu fès granz dels e Ves pecaz ; 

Kar il en fu pois morz e afolaz, 

E danz .G. li quens deseritaz. 

Tant par est bien .G. li quens del rei, 
Qu'o luiTenmaine en France, à Saint Romei; 
Toz li dist ses conselz, tant l'aime e crei ; 
E .G. puet en France tort faire e drei : 
II n'i a tant riche home vers lui s'alei, 
Qui n'ait forfait sa terre e son pagei. 
Li quens en prent, s'il velt, de tor la lei. 

Tant par est bens amis li quens al reis, 
N'en a baron en France n'en Vermendeis, 
S'il a fait tort vers .K. ne aneleis, 
Qui n'ait forfait sa terre e son pageis, 
Ad dan .G. la rendent, le ric mafqueis. 
Eissi sont bien ensemble seisante meis, 
C'onc ne li fìst chose dont il li peis ; 
Ainz ]i fìst ses batailles as paiens treis. 



DE ROSSILLON. 299 

Li termes est venuz qiie Tierris meis, 
E .K. de son duc merci li queis, 
E .G. li pardone quanque li feis. 
Donc fu mandaz Tierris sempres maneis. 
A Saint-Denis en France .K. esteis, 
Quar mal torna le duc en son pageis : 
Par tant l'estut morir par veir anceis, 
Faite en fu grant boisdie en feleleneis. 

Karle mande sa cort, e fu bien grant, 
De barons loherens e alemanz, 
De Tieis, de Franceis e de Normanz. 
Fu-i Tierris d'Ascane, li dux poissanz, 
Li saives dreituriers, li vielz ferranz. 
Onques [ne] juja tort ses escianz, 
Ne onc ne prist ]oier le pris d'uns ganz; 
E ac ensembJe lui ses .ij. enfanz. 
.G. les prist à homes e à commanz. 
Le jor les ocist Bos con souduiant : 
Par oc recommence li dels si granz 
E la guerre mortals maire que anz. 

Li dux Tierris repaire del lonc eissil, 

Del poi de la montaigne de Mont-Causil. 

.K. manda sa cort à Merevil; 

Vait là Bos e Seguins e li danziL 

Se guerre orent li paire, si auront li fil. 

Bos commença la guerre e le bestil, 

Morz en furent barons plus de trei mil, 

Carreies d'astes fraite à un tornil ; 

E .G. enchauçat par un caumil : 

Se ne fust Roissillons, mort i fust-iL 

Oï avez la guerre e la tençon 



300 GÉRARD 

Qu'ot .K. à Guerrart del Roissillon , 

E con les mesla Bos de Carpion, 

Kar il retint Folchier le Marençon, 

Qui embla les chevals .K. sor Mont-Argon, 

Quant li reis fu à siege a. Rosillon, 

E de Tierri le duc, le ric baron, 

De Teslor qui fu fait en Val-Beton, 

Où il ocist Draugon e Windelon. 

L'un fu paire .G., l'autre Folcon, 

E li enfant refurent chevalier bon, 

E taus jà refurent mal mancipon ; 

E resont tant cregu, chevalier sont. 

A un lunsdi de Pasque Surrection, 

L'encontra à la cort au rei Karlon. 

Que vos en mentireie? ocistre l'on. 

Ce fu à une Pasque, ce m'est avis, 

Que Karles tint sa cort grant à Paris. 

Tierris, li dux d'Ascane, là fu ocis; 

Dan Bos de Carpion la lance i mis 

E por paire e por oncle venjance em pris : 

Por ce remut la guerre icest dis. 

Ce fu à un lundi, prins jor semane, 
Que .K. tint sa cort grant e fortane, 
En la sale à Paris, qui est viele ançane. 
Quant li reis a manjat, dort meriane ; 
Li danzel vont bordir à la quintane 
Aval soz la citat, lonc la fontane. 
Grant doel i ot mogu par la folane, 
Entr'els i ot levat une mesclane. 
Mort ont Tierri le proz, le duc d'Ascane 
(Danz Bos de Carpion, qui tint Jordane, 
! mist tote sa lance par mie l'entrane), 



DE ROSSILLON. 3oi 

E teìs seisante d'aiitres, nus ne s'en vane ; 
Mais pois s'en venja IJgues de Monbrisane, 
Par le conseil Gautier, au fort de Brane, 
Qui ne fait laide chose ne citolane, 
Ainz fu faite en bataille bien grant cainpane. 
Plus de mil en i jurent mort par la plane, 
C'uns de ces n'en a quer ne teste sane. 

Soz Paris la citat, en un campon, 

Quintaine i ot basti par traïson ; 

Fait-Ia Bos e Seguin de Besençon. 

Li filz ïierri là vont, li mancipon. 

Li uns porte une verge, l'autre un bozon. 

Cil vait à la maisnade que Dex mal don. 

Bos tolt chascun la teste soz le menton : 

Par tant renchiet la guerre, donc fìns ne fon 

Tresque morz fu dan Bos de Carpion. 

.K. chaça .G. de son reion, 

Maint grant sac porta pois plain de charbon, 

Li fil Tierri là porte vcrges peJades, 
La mais[nad]e Boson targes ovrades . 
Soz lor goneles ont broignes safFrades. 
A Saint-Germain ont faites lor recelades ; 
Aiqui lor ont les testes del bu sevrades. 
Guerres en commencierent tant aïrades, 
Cent milhomes en eissirent de lor contrades; 
Si en i ot ocis cin cenz carades, 
Donl gastés sont les terres, enermitades. 

Li fil Tierri là portent bliauz fronciz, 
La maisnade Boson haubers vestiz ; 
Soz les goneles ont bliauz tresliz. 
Cil vont à la maisnade qui's ont traït. 



302 Gérard 

Bos tolt chascun la tcste, soz la cerviz ; 
E pois ocist lor paire li Deu-mentiz, 
Le duc Tierri d'Ascane, dont fu haïz. 

Karles entre en sá' chambre por rei^osar. 

Li dux Tierri d'Ascane s'en velt aunar ; 

Ne seit ]a meschaance fju'il oï far , 

Ne de ses petiz-filz, qu'il tient tant car. 

Là est aunaz li dux por desmeslar. 

Bos e Seguins l'encontrent, qui 1' vont ques- 

E baissarent les lances, e vont-Ii dar. [tar; 

Là oïsseiz croissir e enanscar, 

Par mie le cors al duc menu passar, 

Que l'ame del baron ne puet durar, 

Qu'ainc nel'vitnuldes siens qui l'éust car. 

Rarles oït la noise e ist al crit, 
Demande son hauberc e l'a vestit, 
Trova en mie sa veie le duc delit ; 
Ainz qu'il fust à Boson, s'en sont foït. 
Es-vos à Rossillon .G. vertit; 
Jà ne verra avant un meis complit, 
Le íieu qu'il tient de .K. aura saisit. 
Premiers prent-le Folcon e agastit. 
Ne quidez de .G. qu'il s'en oblit; 
Avant l'en fera guere, si com il dit. 

Mort ot le duc Tierri, le ric baron ; 
E dient çà en France la region , 
C'ocis I'ont en la cort Bos e li son. 
Dan Bos s'en est aunaz à Carpion. 
Aiqui a deus castiaus de Mont-Argou, 
L'un commande Seguin, l'autre Folconi 
E quant .K. l'oï, ne li fu bon : 



DE ROSSILLON. 3o3 

Por ce rencrut la guere e la tençon. 

Mort outTierri le sage, le duc d'Ascance. 
Danz Bos de Carpion i mist sa lance, 
E por peire e por oncle en prist Yenjance, 
I)e quei vint pois à .K. teil eschivauce 
E .G. en eissi de sa garance, 
Que tals vint anz dura la malvoiJlance, 
Qu'ainc ne s'osa veeir au rei en Frauce , 
Tresqu'en furent chanu icil d'enfance, 
E poi en fist Boson de mort temprance. 

Car li peire Ugon fu fraire Tierri[c], 
E Bos e Ugue furent molt enemic. 
S'encontrent en bataille si com vos dic, 
Anneiront sei ferir de tal affic, 
Cil arestut el foc qui jus chaïc. 
Ugues venjat son oncle com son amic. 

Aimes e Aimeri, ob Audefrei, 

Nevo furent Tierri, norri ensei. 

Li quens lor dona armes toz en conrei, 

E vait cridar merci KarIon lo rei: 

(( Laisse~mei ta maisnade mener o mei. 

Vengié avrai mon oncle demaiu, ce crei. » 

E .K. li respont : « Ge le t'otrei. » 

Ice est la parole qui mal estei. 

(( Mesagiers m'est venuz duiz d'Avalon, 
Que noitvendra .G. devers Dijon. 
Ge metrai mon agait en Clarençon ; 
Quar se dan Bos s'en entre en Carpion, 
Ouse Seguin s'en vaitvers Besençon, 
Ne se Folchier s'en torne vers Monl-Argon, 



3o4 GÉRARD 

Liquex des treis que Dex avant me don, 
Ge prendrai de mon oncle la vengeison. » 
E .K. li respont : « Ge l' t'abandon. » 
Ice cst la parole qui male fon. 

Aimes e Aimeris e Audefreis, 
la maisnade au rei, montent raaneis; 
E furent quatre contes de purs Franceis. 
El bois de Carpion nus ne s'est meis, 
E cil sunt remontat as genz le reis ; 
E .G. quant i'oït, quit que li peis : 
« De feeltat me gite, dist-il, li reis, 
Quant il sanz defíìance m'a agait meis. » 

La noit lieve, Folchiers li Marençons 

Mena ensemble o lui ses compaignons 

E les a fait vestir comme garçons ; 

En la cit à Paris vait à larrons. 

Quant la noit est vengue, li jorz rescons, 

Poierent en la sale par escalons. 

En la chambre qui es volte, très lo crotons, 

Teil aveir embla .K. qui molt fu bons : 

Treis cenz henas emportent de tals façons, 

De I'obre que fist faire rei Salemons. 

A .K. fu contade iste razons , 

Ad un main que venie des oreisons. 

.K. jure le Deus qui fist le trons, 

Qu'i[I] confondra coarz e cogoons 

E quens .G. par non, e ses glotons. 

S'il ne rent son aveir e ses larrons, 

Ne remandra Val-Nubes ne Besençons. 

D'oreir repaire Karles ainz le soleil, 
E a oï la messe à Saint-Marceil, 



DE ROSSILLON. 3o5 

E pois est eissuz fors desoz un teil. 
Enz la chambre qui est volse o apareil, 
Qiii fu de marbre taint vert e vermeil, 
Là est intraz li reis e ses feeiJ'; 
De .G. lor demande à toz conseil. 

Li reis intre entre (sic) en la chambre , 

[onc ne vitau; 
Tote est vouse e coverte de ben metau, 
E est paint à musec gent par egau, 
Plus reluist que esteile d'emmi jornau , 
Li pavement de marbre tailliez de mau. 
Là est intrat li reis e si vasau, 
Conte, visconte e bibe e ric cartau. 
Li visquens de Limoge qui a nun Girau, 
Qui fu niés Audoin e niés Folquau, 
Cors a vasal e proz, fort e jurnau ; 
Assaz dona conseil fort e leiau. 
D'ice parla li reis dont plus li cau; 
De vus se conseiUe, qui il velt mau. 

Karles mande ses princes toz de sa gent, 
E il vindrent à lui de si à cent, 
E furent en la cambre par paviment. 
Li reis lor dist à toz communalment : 
« Saignor, qui seit de dreit rien ne entent, 
Si me conseìt par fei, son escient ; 
Qu'en ceste cort m' ont fait teil honiraent. 
Mortm'ont ïierri le duc, un mien parent^ 
Mon or cuit m ont emblé e mon argent. 
Soubre .G. n'ai mais mon chasement; 
E d'iqui ont parié e ge V consent, 
Se par non de bataille ne s'en defFent, 
Jà un meis ne verra, si com g'entent, 



30 



3o6 GÉRARD 

Que saisirai le fieu que de mei tent. » 
Li baron , quant roïrent, responent gent. 
« E cil qui seit conseil ne V me dont lent.)) 

k- 
Premiers parla uns quens, danz Emois : 
(c Or ne sai, saignor rei, por quei mentis. 
Se Bos de Carpion Tierri ocis, 
E .G. ne lo sot ne consentis, 
S'il s'en puet escondire, ce m'est avis, 
II n'en deit perdre un aune son païs. » 
— « Par mon cap î ce dist Rarles, qui tal oïz, 
Ge ne demant au plus que se garis ; 
Mais il ne lo puet faire por tot Paris.» 
— «Donc ne sai, ce dist-el que plus en dis, 
Que d'iceste razon en ai mespris. » 

— « ConseiUaz-mei, baron, por Dieu amor : 

Por .G. le vos di, monboiseor, 

Qui selt vers mei avoir tant grant amor. 

Quant ge ne me gardoe de sa folor, 

Si m'a fait tant grant honte e desenor : 

Mort m'a Tierri d'Ascane, mon dru meillor ; 

Par tant vos en requier conseil meillor, 

Quar je l'ai trop provat à traïtor. 

Ne laisserai à toldre chastel ne tor, 

Jà ne li remaindra point de s'enor. 

« A toz vos pri, mi home qui çaienz son, 
Por Deu, qui seit conseil qu'il le me don 
De .G. iqueste conte de Rossillon; 
Quar le jor qu'ot mangié en mameson, 
Si consenti la mort de mon baron, 
Del duc Tierri àfairela traïson, 



DE ROSSILLON. So^ 

Qu'en ma cort le m'a mort le fel Boson. 
II n'en a clievalier, ne mal ne bon, 
Que se il en rlesdie un mot que non, 
Que vos le provaz sempres a mal felon. )> 

Premiers parla Armans de Bel-Monsel , 
A lei de bien genure home, de preu consel : 
(( Don, se .G. vos boise ne m'en mervel. 
Ses paires e ses aives fu toz dis fel. 
Or mandaz vostre gent tresqirà Carmel 
E de Gienne en France tresqu'à Croel, 
E chevalchent trestuit en tropeel. 
Se trobent fort chastel en plain caumel, 
Si facent la bataille par teil mazel 
Qu'il facent camp de sanc trestot vermel. 
Qui trobera .G., gart non somel ; 
Mais rooint-li la teste soz le capel. 
Pois aillent herbergier à Mont-EspeJ , 
Tolon-li Piossillon e Saint-Maurel. 
N'en feras oan fin , par mon consel , 
Très l'aies confundu, Uii e Aimel. » 

— (( D'icesai, ce dist .K., molt bienlaflor. 
De mei ne de .G. ne sai lo jor; 
Mais or revendra mai après Pascor, 
Que iert l'erbe cregiie sobre la flor. 
Vendront çàliforrier, cil vantador, 
La maisnade .G. par lor folor. 
Quant movront les chevals fort corador, 
Ge me fi tant en Deu, le rei aucor, 
Se nos venon egal li uostre as lor, 
Sempres i auront cil de mort poor.» 

Ales de Val-Beton, le filz Tiebert, 



3o8 GÉRARD 

Fu laianz al coDseil, qui bien parlet : 

« Qui dera bien conseiJ, bien seit creet. 

Se .G. dan Boson çà amenet, 

Quant Bos ocist Tieiri, .G. peset; 

II ne r sot n il ne V volt ne l' consentet, 

Ne poistiquest mesfait ne V recelet : 

Non deit perir .G. se Bos pechet. » 

E li reis quant roït, s'irasquisseit ; 

Dist : « Dahé ait la barbe qui 1' sepenseit ! 

Mon ayeir a .G., que il m'embleit; 

II tramist le larron qui Temporteit, 

E de lui mut le lairron , à lui torneit. » 

Ales de Val-Beton plus ne parleit. 

Puis parla li visquens de Saint-Marciau 
A lei de bien franc home, qui Diex bien saii 
i( A Karle, gentils sire, reis naturau ! 
Belien ton bien baron, ton ben vasau, 
S'il te velt faire dreit, s'il t'a fait mau, 
E laisse estar lo double, pren le catau 
E fai ton cuer haliegre e fai joiau. 
Mielz valdra le servise de ton feau, 
Ne fai d'argent carquié quatre chevau. » 
— « Dahé ait, dist .K., qui de lui chau ! 
Filz à putain, parjures, fel, desleiau, 
Me m'estortra .G. se pois atau. » 

Gazel visquens de Droes le prist à dir : 
(( Don, dirai-vos un poi de mon avir. 
Homqui dreit seitjugier non deit menlir, 
Non pas de ton lige-home qui velt servir, 
De guerre esconmoveir ne ahatir. 
Mande-Ie à ta cort à tei venir ; 
E s'il se puet salyer ne escondir, 



DE RossiLLON. 3og 

Ne deit mie .G. par ce perir, 

Ne ne Y deis, en ta colpe, de tei partir. » 

Gazel YÌsquens de Droes en piez levere, 

E maintient sa razon e essaucere ; 

Kar c ert uns chevaliers molt ben parlere, 

E la parole Alon dira enquiere : 

« Quant Bos ocist Tierri .G. peseire, 

II ne r volt ne ne V sot ne 1' consentere , 

Ne poist icest meffait n'el recetere , 

Non doit perir .G. se Bos pechere. » 

E li reis quant roï, molt s'irasquere : 

« E vos d'ice, dan Gace, qu'en direiz ere? 

.G. amon aveir, que il m'enbleire; 

Çà tramist le larron qui l'emportere, 

Ê de lui vint li laire e là tornere ; 

Mais il m'en fera dreit ainz que ge muiere.» 

— <( Ici a, ce dist Gasce, parole fere. 

II est toz dis costume en ist empeire , 

Là où l'cn seit conseil, que l'en le quere, 

E prenge l'en l'avoir de là oìi eire, 

E là le mete-l'on où il non eire. 

Se vos retez .G. e il non feire , 

S'il s'en puet escondire, que mal non meire, 

Tot par non de bataille , s'est qui li queire, 

Non devez à is conte guere movere, 

Ne ne li deveiz toldre plain pié de terre. » 

Lainz fuen la chambre quens Enjorranz, 
Cil qui tint Abevile , les vaus de ranz , 
Engelberz e Erranz e quens Guinanz. 
E Karles tient aïres cum Alemanz , 
Par .G., dont ne puet far ses talanz. 
« A reis ! por quei t'aïres ? dist Galeranz. 



3lO GÉRARD 

Jà n'est dreiz à cest conte guerre commanz, 
QuarseEudres estmorz, quifuMons-Branz, 
E Tierri l'a ocis,4i dux d'Ascanz, 
E pois en seit venjat par ses enfanz, 
E ,G. ne le set, li dux, abanz, 
S'il s'en puet escondire veiant tes janz , 
Ne Ten deiz raoveir guerre ne maltalanz , 
Ne ne l'en deveiz toldre vaillant uns ganz.» 

Danz Garins de Cable , li paire Evrat, 
Tienge bien covenant , s'il parle tart. 
<( Donc trameta a Guion de Mont-Agart, 
Cel tramet' à Folcon e à Bemart 
E à Gilbert, le conte de Senegart. 
Cist trei nos amerront conte .G. 
E s'il te puet dreit faire oiant Richart , 
Au Galeran ton conte ou au Folcart, 
Ne deit perdre eu ta colpe conte .G. 
Ne r deiz partir de tei par negun art. » 

Molt les en crut bien Rarles, faitfaire 
Etramet ses mesages e ses corlieus, [brieus, 
Emanda por Guillaume, quens de Peitieus, 
E Richart dc Combort, Folcon d'Angeus , 
Viengent à la cort .K. sanz nul tresteus. 

Tuit cil i sunt vengut por qui trameis , 
Folques, liquens Guillaume e quens Joífreis. 
Adons fu li conselz de noef repreis. 
Eu la chambre qui est volse, al chief del deís, 
Qui fu encortinade de pailles freis , 
Siet en un faldestue .K. li reis ; 
Conselt quert de Boson, que molt haeis. 
Premier parla Bernart de Looneis : 



BE ROSSILLON. 3ll 

« Sire, .G. mandastes qu*à tos Tcneis, 
sei amaint Boson , que féist dreis ; 
E se fere non velt, ne te chaleis ; 
Mais mandaz Tostre gent sempi*es adeis , 
Asegiez Val-color tot demaneis : 
Mar i remaindra tcr ne miir c'aToeis. 
Se Boson poon prendre , iqiiist marqueis , 
Si en faites tal justise com jugereis. » 
E .K. respondit : « Saigiier, merceis. 

« Conseilliez-mei, saigner, que ge ci Tei, 
Dan Gascon, cel TÌsconte, e dan JoíTrei, 
E, si Toleiz, Perron de Mont-Habei. » 
.K. les fait Tenir seus dcTant sei : 
<c Saigner, à Rosillon m'estuet qu'envei ; 
E me direiz .G. qu'il TÌenge à mei, 
E si m'amaint Boson , que face drei ; 
E se faire nun Telt , en meie fei , 
Jà ne Terra passar de mai le mei, 
Que li mosterrai d'elmes teil esbanei 
Que n'i remaindra vigne que n'estrepei , 
Ne fontaine ne poiz que ne chaucei : [rei.» 
Onc mais n'ot tant grant guerre nus quens à 

Après parla danz Aimes de Val-Gruage, 

Peire fu Carbonel de Mont-Brisage : 

« Ne mandeiz à .G. teil eífreage; 

Mais mandez tot em pais Tostre mesage, 

Qu'il Tos TÌenge dreit faire, à Tostre estage, 

Si com firent li homme de son lignage ; 

E se siegre Ic Telt par ben ostage , 

Ne perdez pas del conte Tostre homenage, 

N'il ne perde par tos son heritage ; 

E se li quens le laiit par son folage , 



3l2 GÉRARD 

Si mandez vostre gent par grant bamage. 
Bieri vos savrai mener tot le veiage; 
E porperneiz sa terre, plain e boschage; 
Jà ne vos en moivez por enuiage. 
De quanque vos ai fait vos doig ben gage ; 
Mais cil qui là ira nun ait folage , 
Ne n'aie coardie ne goupiilage , 
Mais proece e valor e vaseìage. » 

Après parla Tiebaut de Val-Beton; 

En lui a chevalier moltisme bon ; 

Cent anz a porté armes, bien le seit-ron, 

E fu près de lignage au rei Karlon : 

« Une rien, sire rei, sai, qu'i n'est bon 

Qu'entre tei e .G. ait contençon ; 

Quer se tu à tort retes ton ben baron , 

Entresque saches primes la mesprison ; 

IMais creez la parole sire Naimon 

E à ce que te loent tuit ti baron , 

E trametez al conte, à RossiUon, 

Qu'il te vienge dreit faire en ta maison, 

Ausi com ses Jignages le fist au ton, 

E amaint par ostages conte Folcon 

E Boson e Seguin de Besençon 

E tals cent chevalier qui seient bon ; 

E si faire ne 1' velt e die non , 

N'en creirre pois conseil que Ten te don , 

Tresque maneis lo tienges en ta prison. » 

E .K. quant roït , molt Ji fu bon ; 

E apela à sei li quens Perron , 

Lo íil Gautier, au saive , al freire Alon : 

« Pierres , tu m'en iras à Rosillon , 

A dan .G. conteir iste razon. » [mon, 

-^ « Ge movrai , ce dist Pierres, à brief sar^ 



DE ROSSILLON. 3l3 

Le matÌD , quantparra raiibe del tron. » 

As-vos à son ostal Perron tornat. 
Solement cele noit a sojornat , 
E est reis e tondu e gent baignat. 
Lendemain, ainz que jor fust esclairat, 
Gentement s'est vestu e conreat , 
A la guise de France s'esteit calçat ; 
E quant vos aurai dit e acontat , 
Yos ne le tendreiz mie à paubretat. 

Brages vest e chemise de ben chainsil : 
Onc ne veistes drap, tant fust delgil , 
Vers cestui tenisseiz autres à vil ; 
E fureut li cbauçon d'autreteil íil. 

Chauces chauça de paile , d'un aufrican, 
Sollars vermelz à flors resplendisan , 
E desus uues hoses de cordoan , 
E esperons d'argent à or luisau : 
En la cort à cel conte , lai où iran , 
Nul tant bien conreat ne verra Tan. 

Un peliçon vesti molt ben , hermin , 
Bien entaillat à bestes de marmorin ; 
Affublat un mantel freis , sebelin , 
La volsure d'un paile alyxandrin ; 
Les ataches en furent de ben or fin. 
Vait oreir au mostier bien par matin , 
E escolta la messe de ben cuer fin , 
Pois s'en est eissuz fors desoz un pin. 

Pierres ist del mostier, quantot orat» 
E a la messe oïe del ben abat. 



3l4 GÉRARD 

Es-li Gautier, son peire , le viel senat, 

E prist-]e par le poing e l'a raenat 

Sor un pcrron dc marbre bien entaillat ; 

Chaslie-Ie à guise^'ome senat. 

Gautier de Mont-Rabei, peirePerron, 

Est venu à Ja coit à Venclon , 

A un contc nrodome qui tint Seisson , 

E contat del mcssage tot le sarmon : 

Que Pierres dcit aler à Rossillou ; 

Prist son filz par le poing corame le son , 

E trait-le belement sor un perron , 

E dist-ii soavet une razon 

Qui bicn fait à entcndre à danzillon 

Qui vait parlar al conte al cucr fclon. 

Se fil fait com son paire lo li despon , 

Ne scmblera à nul fol nc fclon : 

« Filz, j'ai cbanue barbe e le guernon, 

Ne fiii en cort raespris par ma razon. 

Chastie-lei, biau íìls , ce te preion. 

« Biau filz, cc dit Gautiers, là en irez ; 
Cest mcsagc de .K. i portercz, 
Quen'en seiez blasmaz quantpartirez. 
Li quens est fels e plains de mal pensez : 
Filz, par icele fei que me dcvez , 
Jà, par rien qu'il vos die, nonirasquez; 
QuarjAporrien cfu'ildie mainsnevaldrez.» 
— « Jà por cc, dist-il, pcire, nun chastiez; 
Sc tant l)icn nc li di, oncor Torrez; 
Jà miclz forni mesage mes non saurez. » 

Quantdan Gautiers, son paire, l'ot castiat, 
E Pierrcs Ta, son íìlz, bien cscollat, 



DB ROSSILLOH. 3l5 

A goise d*oiiie sarre c Inen membrat , 

11 ert pfta e gentîl e liicn j^cisat 
E sahre de parole e emaisnat} , 
E .K. U díst : «c Pierrcs, moít es senat. 
Or me diras Gncrart, d^omilítat, 
Qu'íl me TÍenge drcít £úrc k ma postat : 
Ge li ferai tos dis sa Tolentat , 
Jà ne partira mais nostrc amistat; 
E se uirc non Tclt par drcit csgart , 
ià ne Tcrra de mai le meis passat, 
Ifosterrai'li tant helme forEi jaçat 
E tant ben cheTalier de nof chaaçat , 
Ffe garra en chastel ne eo cítat. 
Ferai-lc fors eisór estrc son grat. » j^contaí. 
— <íPar Dcî ce re^ont PíeiTe , bien iert 

Par la lei Dex, dist Pierres, que prosdom 
Ge ne nie presereíe on oriol , [col, 

$*en la cort oe loeient e sage e fòl, 
E dan Guerart premier, se il se to! , 
Quk .K. en sa cope son dreit ne tol. n 

Ès-Tos Perron molt bien entaleâtat 
Qull fera son mesaae moJt bien à grat. 
Ne semble pas nom de pobretat , 
Bíen pareít â son sens ou ot e>tat. 
Sor palefreí íra amblant soat , 
Cheval merra en destre molt acorsat. 
En un perrín s'en est Perron poiat , 
11 demande scs armes, pois est armat. 

Quant il furent roontat en un solier, 
lioques s'anp.a Picrres corn chevalicr. 
Vestent-li un haulxrrc fort e entier, 
Que Rarles a[>orta de Mont-Disdier ; 



3l6 GÉRARD 

II fu ovré d'argent e d'or cuit mier, 
La ventaille à eschas e de quartier ; 
II fu ovré en Inde , celer nun quer : 
Là le ílrent par art dui habergier, 
En France l'aporteirent dui mercadier; 
Ne peise gaires plus d'un oreiller, 
II ne dote quarrel d'arbalestier. 
II a ceinte î'espade au senestrier, 
Ne véistes teil arme à cel mestier. 
Une targe à son col qui fu d'ormier, 
La bocle d'or d'Araibe vermeil e chier, 
E hanste fort e rade à cel mestier. 
E nun mena o sei nul compaignier, 
Fors Ascelin , son niés , le íilz Aschier: 
Icelui menera son ben destrier, * 
Un cheval sor, bauçan , fort e legier, 
Non a en tote France tant estradier 
Qui lui péust corre plus c'un somier ; 
I a tal frain el chief, meillor nun quier. 

Cheval a fort e ben e gamement 
Quivalt d'autres chevals multplus de cent. 
Pierres entre [au mostier,] oíi molt a gent, 
Des barons de la terre plus de set cent. 
D'an evesque e d'un conte font jugement. 
Li reis en faldestue seit noblement. 
Pierres fu à genoiz molt covinent : 
« Or voil que diaz vostre talent , 
Qìie mandarez al conte , vostre escient. » 
— « Volentiers, ce dist .K., tot maintenent. 
A ce que te dirai molt bien entent : 
Mesagier ne valt rien quant il mesprent. 

(í Pierres , vos me direz à dan Guerart 



DE ROSSILLON. Sl/ 

Qu'il me vienge dreit faire ad mon esgart, 

A Rains, à Oriiens, à Saint-Maart, 

Au jugement au conte sire Ricart , 

Ou de Gacon de Droes, ou de Rrochart. 

Amaint o sei Seguin e dan Rernart : 

Miel ne's puet nus conduire, de meie part, 

Que puez faire , se velz, sanz nul regart. 

(.( Ce me direz al conte que ge li mant 
Qu'il me vienge dreit faire à mon talant. 
Trop me vait malement del tot menant. 
Met t'en, Pierres, dist . K . , poimei engrant. » 
— (( Ge m'en vois, ce dist Pierres, apareil- 
E me donez conjat d'or en avant. » [lant, 

Pierres parla au rei, congié en prent, 

E des autres barons tot ensement ; 

E eissi de la sale e s'en descent , 

E a fait son paire brief parlemeut , 

E le fdz lo baisa tot ensement. 

Le peire lo commande de ben talent 

A Deu le redemptor omnipolent , 

E montent chevalier entresqu'a cent. 

Guident aler o lui, il lor defent; 

E li paires en jure son serement 

Qu'il ne r sievront de terre un sol arpent. 

E cil s'en repairierent tristre e dolent, 

E Pierres se part d'els, sa vie tent. 

Lo grant chemin tient Pierres le plus ple- 
II ne puet encontrer un sol guerrier, [nier; 
Por qu'il chanjast un dor de son sentier. 
Les jornades qu'a fetes , conter ne quier. 
Entra en Rosillon par pont premier, 



3l8 GÉRARD 

E descent à rarvol , soz un clochier. 
A ses arines corurent cent chevalier. 
S'espade commanda à Tesquier, 
Pois est entré orar en un mostier. 

Enz el moslier fait Pierres brieve oreison, 

E tant com il i dist fu asaz bon ; 

Sanctam Mariam prie e Dieu del tron 

Qu il hoi cele parole dire ne dou 

Par quei por fol ne V tiengent ne por bricon, 

Ne que Guerart ne T tort à mesprison. 

E a saignat son cap àcest sarmon, 

E trobé hors, à Tus, son compaignon, 

Torna s'espade elfuerre aiqui où fon, 

E vient par mie la place lo plain passon , 

E encontra le conte Âtevenon 

E Robert e Guillaume e Aenmon 

E Ranol e Tiebaut e danz Ascon ; 

E quant il le quideirent metre à razon , 

Guerart parle à Doitran e à Folcon 

E ad Boson le conte de Carpion. 

II a laissaz toz cez quant vit Perron , 

E s'est drecié en piez , mist l'à raizon. 

Guerart dreça en piez , quant Perron vit, 

E prist-le par lo poing , leiz sei l'asist, 

E demande de .K. quant en partit 

E se il seit tals noves qu'en ait oït, 

E mal aie d'ice qui l'en menlit. 

(c A Paris lo laissai, ce li a dit. 

II te mande par mei, bien seics fît, 

Que ton cors le parla e consentit , 

Del duc Tierri d'Ascane, quanlil morit. 

Onc nus ne 1' porparla ne ne roït, 



DE ROSSILLON. SlQ 

Ne cil sobre son cors là ne ferit, 
Se ne 1' fais de sa terre trestot faidit , * 
Que li reis ne te moeve guerre e estrit. » 
E .G. quant roï, inolt se marrit , 
Torne sei vers Folcon , mot ne li dit. 

(( Pierres, seiz altres noves de par lo rei ? » 

— « Iteiles con ge sai celar nun dei ; 
Car mon saignor te mande , ge 1' di à tei, 
Que li vienges dreit faire à sa mercei, 

A Saisons, ou à Rains, à Saint-Romei. 
E maines de tes homes meillors o tei ; 
E ue quidaz-vos mie si vos plaidei , 
Com l'en deit faire conte de vostre lei. 

(c Guerart, .K. vos mande iste raison , 

Que li vienges dreit faire, en sa maison , 

Eissi com tes lignages le fist al son. 

Menez ensembJe o vos conte Boson 

E Seguin, le visconle de Besençon, 

E menez parostages conte Folcon 

E tals cent chevaliers qui seient bon , 

E menez dan Folchier le Marançon ; 

E là seront si home e si baron , 

Qui orront de ton dreit, si Tas ou non. 

E ne dieiz-vos mie par mesprison 

Que mon saiguor en face jà traïsou , • 

Qu'il nel' sepensereit, par Deu del tron, 

Por autretan d'or cuit , por tant mangon , 

Comme l'en porreit metre en cest danjon. » 

— (( Pierres, va herberjar o Aimenon, 
E le matin revien , ge t'en semon : 

De l'aler te dirai ou o ou non. » 

Aimenon herberge Pierres la noit , 



320 GÉRARD 

un homebien sage, cointe e leidoit. 
Bels mès li dona Aimes bien dis e oit, 
Piment e vin e nieles e pain bescoit. 

Aimenon va Pierres sei ostelar, 
tal home qui seit gent conrear. 
Son cheval e son mul vail ístablar, 
Son hauberc e sonhiaume fait estoiar. 
Quant tabìes sont garnies , si vont manjar 
Bene char de chevroel e de senglar, 
E mainte voletille, peisson de mar: 
Dont-li piment à beivre e ben vin clar. 
E Pierres fu toz las del chevalchar; 
E quant li lit sont fait , si vont colchar. 
Amaine-li danzele à tastonar. 
Cele noit se jut Pierres tresqu'al jor clar, 
Que il se vit vestir bien e chauçar ; 
Pois en vait al mostier messe escoltar; 
E .G. ses barons a fait mandar. 

Guerart entre en la cambre de mur caucai- 
A mandez les barons toz d'icel raigne , [ne, 
Ne seit ben chevalier qu'o lui ne maine : 
c< Saignor, qui seit conseil gart ne se faigne, 
Vers .K. mon [saignor] cum mi contaigne. 
II me quide chacier en terre estraignc. » 
Dan Girarz d'Ostéun celar ne daigne : 
« Va, fai dreittonsaignor ainz qu'il s'en plai- 
ARains, ou à Sesons, ou àCompaigne ; [gne, 
E se par son orgoil prendre nel ' daigne, 
Ne prise pois sa guerre une castaigne; 
Mais prie dam-Ie-Deu qu'il te mainlaigne, 
E il t'aïdera sanz rien qu'enpraigne. » 



DE ROSSILLON. 321 

Girart fu en sa chambre, por conseillar, 
E fist ses meillors homes o sei intrar. 
Adonc les prist le conte à conjurar : 
(( Mi ami e mi home e tuit mi par, 
Savez-mei d'une rien conseil donar? 
Rarles mande que dreit li aille far 
Ad Reins ou à Sesons , à son estar ; 
E maintles meillors homes que pois mandar, 
Qui ostagent le dreit, se n'el pois far. » 
— (( Sire, vos n'irez míe, dist Bos l'abar, 
Par toticel conseil que vos sai dar, 
Ne par negun conduit de bachelar. 
ler me vint un mesage à Tavesprar, 
lcil parti del plait de Mont-Gunar. 
Karles le rei de France vos velt traiar ; 
Fairelifait Harmanz cil de Risclar 
E Asce d'Avignon , Gui de Biauclar, 
Par duc Tierri, que .K. aveit tant car 
(Onc home ne pot autre jor tant amar). » 
— (( Par mon cap ! dist . G . , m'en voil gardar . 
Mal aie, sige ore i quier aunar. )> 

— (( Tesiez, Bos, distFolcon,malledirez; 

Jà à .K. cest blasme sus ne metez ; 

Ne le se pensereit por vint citez, 

Ne por tote l'onor que vos avez ; 

N'à .G. nostre sire ne 1' conseiUez, 

Que à la cort n'en aut quant est mandez. 

Dan .G.,alez-i, ne demorez. 

S'ostages i covient , vos li livrez ; 

E se aveirs i coite, vos li donez. 

Se .K. a damage , vos si aurez ; 

Se vostre saignor plore , vos n'en riez. 

« Tot le meiUor conseil que ge en sai , 



322 GÉRARD 

Veirement, ce dist Folques , le vos dirai. 

Li reis tendra sa cort en mai ; 

E ses barons i erent meillors , ce sai. 

Pois que .K. nos mande , alons-en lai; 

E se .G. i va, ge le siegrai. 

Se ostage i covient , ge le ferai ; 

E se aveirs i coite, ge li dorrai. 

Se bataille i covient , tu la li fai ; 

Quar meiUor chevalier de tei non sai. 

Se .G. a damage, ge si aurai. » 

Gilberz de Senegarz, filz Eudelon , 

Freire Boson esteit e danz Folcon 

E Bernart e Seguin de Besençon, 

Cosins germains .G. e niés Draugon; 

Orrez con il a dit sa raizon : 

« E par Deu ! fraire Bos , non crei Oton. 

Conjur-tei par cel Deu qui fist le tron , 

Non loés à .G. iste razon, 

Que il n'en aut dreit.faire au rei Karlon : 

Tendreient-le cil autre à mesprison , 

Bientost le tornereient à traïzon ; 

Mais or li autdreitfaire, pois que le semont, 

E le reis le reti'enge comme le sou, 

Car sis bom est, li mieldres de son reion. 

E se faire ne V velt e dit que non , 

E pois nos aut menant par achaison, 

Ge t'en aïderai sanz rien del ton ; 

Tendrai mil chevaliers en ta meson , 

Sen ce que jàt'en quiere prisd'un mangon. » 

E .G. li respont: « Garniz en son, » 

Quant dan Bos saut avant, e dist que non. 

Dan Bos sailli em piez à une part, 
E a parlé li quens par iteil art : 



BE ROSSILLON. 323 

« Dirai-vos , dan Gilbert de Senegart , 

Se dam-le-Dex t'aït e il te gart, 

Conseille miex à dreit sire .G. 

De .K. rei de France, icel gaignart , 

D'Ugon, duc d'Agiane, é de Berart, 

Qui me quident confondre lui engignart. » 



Dan Gilbeit quant roï, vait sei seeir ; 
Bernart dreça em piez , dist son plazeir : 
« E per Dé î sire Folque , ge dirai veir ; 
Ge dirai bon conseil, qui V volsist creir. 
Hom non a hoi cest jor si grant poeir 
Que .G. ne lo poisse greignor aveir ; 
Que s'il mande ses homes tot par leizeir, 
Ne quit qu'en en bataiUe li contresteir. 
Ne quier jà en sa tene est noit jazeir ; 
Nepor ocqui crerreit cest mien saveir, 
L'en movreit à la cort demain à seir ; 
La guerre porreit faire si remaneir, 
Jà n'en orreit unmot ramenteveir. » 

DanzLandris, icel conte qui tient Nivers, 
Fu laienz au conseil levez toz drez , 
E parole à .G. com boem senez : 
« Danz, ge voil une rien que vos fazez. » 
— « E ge voil, dist .G., que vos diez. )> [lez. 
— « Volentiers, dist Landris, puis que l' vo- 
Quantà voz meillors bomes conseil querez, 
Or vos dirai, .G., toz mes pensez ; 
E n'i dereie gaires se vos irez, 
Kar ce est vostre preu se me creez. 
Dreit ne lei ne justise vos ne tcnez; 
Ainz qu'il se claint à vos , Vescbarnissez. 
Ce est la piere tecbe que yos avez ; 



3^4 GÉRARD 

Mais par icelui Deu par qui vivez , 

Se rorgoil ne laissiez qu'enpris avez, 

Lo tort e la bataiUe que vos tenez , 

E daiQ-le-Deu del cuer n'amentevez, 

Qu'il vos tienge en enor tant com vivrez, 

.K., vostre saignor, mielz ne servez, 

Vos perdrez les henors que granz tenez ; 

Que de cent milie hommes non aurez dez , 

Ne cité ne chastel ne porserrez. » 

— (( Par mon cap ! ce dist Folque , c'est veri- 

Mal aie se d'un mot menti avez ! [tez. 

(( D'une rien, ce dist Folque , soi molt 

Oez e escoltez , e riens n'entenz. [dolenz : 

Diz que .K., ton saindres , est mescreenz, 

E qui traïr nos velt, se faz e senz. 

Ore mande tcs homes e tes parenz ; 

E done-lor chastiax e chasemenz 

E haubers e chévax e garnemenz, 

E ne laisse por ce clreit ne presenz. 

E se prendre ne Y velt par son bobenz, 

Cil qui pois te faldra seit recreenz ! 

Quar se Dex ne t'ajue e non consenz , 

Ne puez .K. confondre ne sesgranz genz. » 

E dan Bos quant roït, prent-li pesar, 
E est drecié en piez, prent à parlar : 
« Folcjue, laissaz cest plait trestot estar; 
Quar ice non est proz à conseiUar, 
Ne mon saignor ne V deit jà escoltar ; 
Mais une rien voldrie molt bien loar , 
Se .K. se voleit çà aprochar, 
Que alisson à lui à plain parlar, 
E ireie mei sire desencopar. 



DE ROSSILLON. 325 

Non i quit chevalier jà s'en empar, 

Qui m'en ost par son dreit en i'escudar. « 

— « Eissi puel, dist .G., moltbien restar.» 

Li consei fu donaz qui V volsist far ; 

Les tables sont covertes, que vont manjar. 

Quant mangié ont, si pristrent à eissir, 
Ei plain devant la sale vont por bordir. 
Qui seit cançon ne fable, là la puet dir; 
E chevaliers s'asient, vont-la oïr. 
E .G. se commence à esbaldir 
Entresque le seir prist à refreidir. 
Li quens demande vin e vait dormir. 
II leva le matin al esclargir, 
E si danzel là vindrent à lui vestir, 
E pois vait al mostier la messe oïr ; 
Pois a fait lo mesage à sei venir. 
Ce que velt mander .K. li prent à dir : 

« Pierres, tu t'en iras à ton saignor, 
A .K. rei de France, emperador. 
De meie part li dies en Dei emor, 
Peise-mei que me tient por sordeior, 
Mais qu'al fraire mon peire soi anceisor, 
Que deia cadelar son ost francor, 
E porteir en bataille son oireflor, 
E doner en la chambre conseii meillor ; 
Mais si le m'ont tolu si traïtor, 
Li culvert, li malvès, li beffador : 
Par quei ne pois aveir lui ne s'araor. 
Por noc m'en combatreie o le meillor, 
A cels qui faiz se sunt vers lui doctor, 
E fait de lui vers mei losenjador, 
Quant Bos ocist Tierri, son malfaictor, 



326 GÉRARD 

Qu'il n'eii parla à mei, ne ge as lor, 
Ne recet ne dona, chastel ne tor, 
Par quei seie forfait vers mon saignor, 
Ne qu'il m'en déust toldre point de m'enor.» 

— « Si m'aït Dex, dist Pierres, or oi biau 

[plait, 
Quant tu diz que au rei nun as tort fait. 
Pois que tant biau le dites, alon à Ait, 
E seront-i si conte e si abait. » 
— c( Mal aie, dist .G., se sole i vait! 
Ainz en seront encore mil escu frait, 
Set cenz danzels de seles par terre trait ; 
Jà ne garont les helmes sort ne carait, 
A venjar-mei de .K. del tort qu'a fait. 

(( Pierres, non pois mudár tie t'en apel, 
Quant .K. vait en guerre ou en cembel, 
A assaut de citat ne de chastel. 
Naffré aurai la char e ceste pel 
Ou de lance ou d'espade ou de quarrel ; 
E se g'i ai ami, don m'en est bel. 
Or me mande mon sire un plait molt bel , 
Le fieu qui fu mon paire non contr'apel ; 
11 le me velt torner en lonc cadel, 
Plumer me velt li reis con fait oisel. 
Jà ne verra la feste saint Michael, 
Que li mosterra d'armes si grant tropel, 
Si corront par sa terre con lous isnel. 
Ce me dirrez, dan Pierres, Karles Martel : 
Ainz coveret sa boche de son mantel 
Qu'il m'osast envaïr plus, s'ere aignel. 

« Pierres, que dei mander au rei Karlon, 



DE ROSSILLON. 827 

Qui m'a ocis mon oncle quens Windelon , 
E si m'a mort mon paire le duc Draugon, 
Qu'ocist le duc ïierri en Val-Beton ? 
De foltat nos araisne, mei e Boson, 
E porprent nostre terre sanz achaison. 
Se ne me fait tal plait qui me seil bon, 
De nostre part li porte deffieison. » 

E Pierres, quant Foït, molt s'en irance, 
E sembla-li orgoil, ire e pesauce, 
Malvestat, felenie e fol estance : 
« Que mandes ton saignor teil deffiance ? 
Ne por quei muez teil ire au rei de Frauce ? 
Quar il en firent plait e engignance, 
En Val-Beton où firent la concordance, 
Quant de la mort Tierri au duc d'Ascance, 
Qu'ocist nostre saignor Bos sa lance, 
Fu de la guerre la commençance, 
E sera del damage la majorance ; 
Oncor li fereiz dreit tot à balance.» 

Oncore li dist Pierres à cor gaignart, 
Cors a d'emperador e vis gaiUart, 
E parla à la guise conte Bernart : 
« Une rien vos dirai, conte .G. 
Non facez à la guise al rei Folcart, 
A un conte felon de Saint-Maart, 
Qui traï treis saignors e pois al quart. 
Cil li gueredona qui vint plus tart, 
Qui r gila de s'enor par dreit esgart. 
Ci vei ester Auchier e dan Gimart, 
Hermanz le duc de Frise e conte Acart ; 
N'en i a un tant proz ne si gaillart 
Que ue m'i combatisse à une part , 



328 GÉRARD 

Que nus ne deit le rei clamer boisart, 
Qu'il ne r se pensereit, par negun art, 
Qu'om qui aul à sa cort de lui se gart. » 

Quant ce oì\ dau Bos fu pesanços , 

Pesa-li de Folcon qui est si parlos ; 

E jure dam-le-Dé le glorios , 

.G. ne sa maisnade ne sunt si pros, 

S'eissi Pierres s'en torne , ist orgoiUos. 

E Perres li respont toz amoros , 

Con bons vasals e saives e fianços : 

« Qu'en direz, sire quens ? mais taisiez-vos, 

Quer mal estait de conte tant pooros 

Qui a talent legier e sens de tos , 

Quar par cel dam-le-Dé qui est sobre nos , 

Ge ne pris vostre orgoil ne vos un tros. 

Se erian andui ès praz là-jos, 

E fusson de bataille garniz nos dos ; 

E ne fusson par home iluec rescos , 

Se Bos là me fereit, si fol ne fos. » 

E dan Bos quant l'oït , molt s'en aïr, 

Non pot mudar, parires, que non sospir; 

E est levaz del renc où deit séir, 

E velt aler Perron sempres ferir, 

Quant dan Folque, son fraire, le cort tenir: 

Ne sai, ou à Torgoil ou à raïr, 

Molt i dut grant folie sempres coillir. 

E Pierres fu iraz e à li dit : 
« Bos, tu m'as bien mostrc com es hardit, 
Par un pou que ne m'as molt lai ferit ; 
Mais Dex e li quens Folque m'en a garit. 
Eas .K. Martel avilanit, 



DE ROSSILLON. 829 

E .G. ton saignor molt escliarnit, 

Qui eci, veant lui, m'as aatit; 

Mais ne quidez-vos mie li reis l'oblit : 

Jà ne verreiz avant un meis complit, 

Queplus de cent milhomes sobre vos guit.» 

E dans Bos s'irasquit, à Perron dis : 

« Se à .G. ne fussés eci tramis , 

E dan Folque, mon fraire, no m retengis, 

Teil vos éusse dat en mie cel vis 

Que li oil de cel cap hors en saillis. 

D'ice sie ton saindi'e e lu bien fis , 

Jà n'en istra lo tens que prez floris , 

Que maint bon chevaler en iert ocis. » 

E Pierres l'esgarda e si s'en ris : 

i( Vos que savez , danz quens , si sereiz vis 

Ne se adons corra li vostre bruis ? 

Non est Mons-Amelis itant fraïs, 

Se sor vos n'amainc tant de mes amis. 

Des chevalers dedins plus enforcuis , 

Que vos avez molt proz amanevis, 

Par mie les chans corra de sanc li ris ; 

E ge me clameraimalvais, chaitis, 

Se avanl non est fait que past au ris. » 

Dans Bos de Carpion dreça eu sol, 
Non puet adons mudar que nonparol : 
(( .G., moltpar te tient .K. por fol , 
Qui tant nos a torbez e tant fait dol. 
Nos peires nos a morz, t'enor te tol. 
Membre-tei del proverbe que dist Maiol, 
Quant afola Elmon le fil Turol ; 
Lai-mei pendre is mesage que ge l'en crol , 
Ou ferir de m'espade teil par le col , 



336 GÉRARD 

Tenez-mei por malvais se cap non tol. » 
— ((Tozdisparlez,distPierres,danBos,enfol. 

« Bos, vos parlez,^ist Pierres, comme le mendre, 
Trop donez lonc conseil fort à entendre. 
Chevaler aduré ne deit aprendre, 
N^à son lige-saignor loeir ne rendre. 
Nus ne vole si hauì, se velt son fendre, 
Que il ne l' face aval bien bas descendre. 
Mais ne morrez maishoi à vos contendre.» 

De Tautre part sestait li quens Seguis, 

E parla à Perron com hons pervis : . 

« Pierres , molt par vos faites ores eschis. 

Onques mais chevalers ce ne nos dis, 

E iert molt grant merveilie se t'en jois 

E se tu vis t'en vas de cest païs. 

Jà ne sera avant eissuz estis 

Que seron à Orliens ou à Paris , 

E seron à ia porte devant treis dis 

Qu'à remperaire dies que fors eissis. 

Ne vestirai avant peliçon gris 

Qu'o lui nos combatron, s'il ne guenchis.» 

Danz Pierres parla bien e sanz mentir : 
« Seguin, ceste parole que vos oi dir 
Fait dan .G. au conte bien à taisir. 
Quens qui à tort prent guerre par son air 
Vers son lige-saignor que deit servir, 
Mal est e felonie, ce puez véir, 
Par l'orgoil de la force que puet movir ; 
Mais qnant il veit sor lui graignor venir, 
E ses vignes trenchier e esracir, 
E sa terre gaster e aermir, 



DE ROSSILLON. 33l 

E veit ses castials prendre e asaillir, 
E ses gens craventar, fossez emplir*.... 

<( Par Deu ! ce respont Pierres, cestplain coil, 

E li reis le tendra à grant orgoil, 

Que conduit li demandes en son cadoil. » 

A iqueste parole passe le soil, 

Monte el cheval e broclie devers un broil. 

Pierres part de .G. iradement, 
Bien a fait son mesage son escient, 
Vait-s'en à Saint-Denis où reis latent. 
.K. a messe oïe à Saint-Vincent : 
Atant Pierres en Tombre defors descent. 

Karles ot les matines, jorz esclarzis , 
L'arcevesque Hervieu la messe dis. 
Quant .K. Ta oïe, qu'en fu eissis, 
Desor un faldestue îi reis s'asis, 
Entor lui li baron d'iquel païs, 
E n'en i a negun bien ne vesds [gi'iS' 

Qui n'en ait piau de martre, garnement 
« Saignor, escoltaz-mei, .K. lor dis. 
Enoit ne fu nul hore que ge dormis, 
Por le meillor vasal que connoguis, 
Perron de Mont-Rabei que lai tramis ; 
Mais par iquel Saignor que ge requis, 
Se tant a fait .G. que Ta feris, 
Jamais jor n'aura pais tant com soi vis. » 
Atant respont Gautier de Mont-Senis, 
Qui fu paire Perron e ses amis : 

1. Ce vers , qui termine le folio 24, laissant le sens sus- 
pendu, on est autorisé à penser qu'il nianque un feuiUet ici, 
Voyez ci dessus, p. 119-121. 



332 GÉRARD 

(( Tal li dorreie el chief, sans en eissis. 
lui me combatré tant qu'il iert pris, 
E en vostre prison .G. iert mis, 
Si que vos le tendtez quatorze dis. » 

— « Ge le sai, dist li reis, non soi parvis, 
Ne idonques non eire mon enemis. 

E Draugue de Borgoigne fu poestis ; 
E si mais lo teneie, serei fis. » 

— « A tart le tendrez mais, » Gauter li dis. 
Atant Pierres descent, e .K. ris. 

«Pierres, seiz veires noves de dan .G.?» 

— (( Oïl, com de felon e de gaignart. 
Maldit seit-il, ce dist, de saint Maart, 
Se la meitié de France tote ne art, 

Del mielz que a dedenz ne prent sa part. » 

— (( II i menti, dist .K., come coart ; 
Carse ge l' truis dedenz, par saint Bernart, 
Onques n'ot en sa vie tant grant regart. » 

Karles veit son mesage qui est venguz, 
Nul dreit ne li est fait ne convenguz, 
Aveirs, chiens ne oisiax n'est trameguz : 
11 a mandez ses homes e semonuz ; 
Mais il ne' s i a mie toz atenduz, 
E en a bien trei mile toz à escuz. 
Ainz que li jorz pareisse ne soleil luz, 
Sont soz Mont-Amele toz descenduz ; 
E ne fu onc castel mielz requefuz. 
Devant la maistre tor est descenduz. 

En la cambre a un conte, dan Manasseir ; 
Icel a pris le rei à mainteneir *.... 

1. ll manque ici un vers. Yoyei ci dessus, p. isa. 



DE ROSSILLON. 333 

« E la noise à quoisar e remaneir ; 
E pois faites Perron eci seeir. 

— E si Dex t'ajut, Pierres, di-en le veir ; 
Mal en diras mençonge par mal voleir. » 

— « Non ferai-ge, dist Pierres, au mien es- 

[peir, 
Se Dex me laist entrar en cest mosteir. » 

Or escotez les noves que Pierres diz : 

(( Saignor, ce fu josdi, bien seiés fiz , 

Que fu de bones armes mes cors garniz, 

E menai mon cheval al cuer hardiz, 

E chevalchai un mul bons e esliz. 

Mes escuiers fu proz e mal traitiz. 

Entrai en Rossillon par pont voltis, 

E descendi à Torme desor la viz, 

E entrai el mostier que vos bastiz, 

Preiai sainte Marie Deu genetriz 

Que ne fusse engignaz ne escharniz. 

E dan .G. parlot à ses norriz : 

Folque i f u e Doiltrun Tenvaladiz, 

« E fui à lor conseil sempres coilliz. 

.G. demanda noves ce entroïz : 

« Pierres, eissi fajut Sainz-Esperiz, 

« De .K. reis de France quels noves diz? » 

« E ge respondi toz amaneviz 

Que ailleiz à sa cort si bien garniz 

Que n'i seiez blasmez n'avilaniz , 

Eissicom tes lignages toz tens le fiz. 

« Or escoltaz les noves que là disere, 
Ice sont les paroles que là contere : 
« .G., .K. vos mande, ne vos menteire, 
« Qu'aiUeiz à sa cort, saut guiere. 



334 GÉRARD 

(( Menez Boson, le conte, en icesteeire, 
« E dan Carcon Folchier, quens de Bieire. 
« Quan que là t'iert forfait, totamendeire.» 

— « Par mon cap! dist .G. , non voel cest 

[eire 
« Tresqu'el mal que m'a fait chier li vendeire . 
« Pierre, va-t'en hoi mais por herbergeire, 
« Li seneschals te quierge bien à mangei- 

« E lieve lo matin quant tens en eire. » 
« E oiés la parole que entendeire, 
Lo mesage au rei .K. que me mandeire.» 
— « mei venez, dist Aimés , conduit vos 

[ere; 
« Por amor del rei .K. te herbergeire. » 

— « A-imés, ce dist .G., fai-li herberc. » 

— « Si ferai-ge, dist-il , sain e enterc . 

« Non ai dreit en mon fieu si por oc perc» 
« Li jorz falt, la noit vient, e fait tenerc, 
E Aimés me mena par lo colderc , 
De maintes granz daintaz me presenterc. 

« Que por la vostre amor, mon escient , 
E par bien que li fis e mi parent 
E que r feras oncore à ton vivent, 
Bien me conrea Aimés, à mon talent : 
Colcha-mei en un lit molt richement , 
E dona-mei danzele tant covinent , 
Ne véistes plus bele ne plus vaiUent. 
Chaucié fui e vestu au jor parent , 
E alai au mostier cointadement ; 
La messe qu'on chanta oï e entent , 
E après vinc al conte al parlement. 



DE ROSSILLON. 335 

<í Quant oi la messe oïe que dona Dex , 
Eissi fors del mostier e fui toz liex ; 
Trobai .G., cel conte, entre les siex, 
E dis une parole qui fu bien liex : 
« Quens, ne seies iraz, tristre ne griex, 
C( Si com est Sarrazins ou fel Ibriex ; 
<( Concorde-tei à .K., si t'aït Diex : 
« Auras de dreit tes terres e loz tes fîex . » 
— (( Pierres, tant par m'afole Karle e les siex , 
<( II me pert en sa colpe, fait qu'ennoiex. 
« Avant le comperra que seit her nex , 
« Ne que seie passadela Sainte-Romiex. 

« Pierres , li rais me maine tant male- 

« De feelté me giteà escient; [ment, 

« Que deveie mener la seie gent, 

« E ferir en bataille premierement, 

« E donar en la chambre conseil vaillent , 

« Eissi com firent tuit li mien parent ; 

« Mais sí le ra'ont tolu cil son sirvent, 

« Li cuvert losengier e recreent, 

« Por quei non poi aveir s'amor neient. 

« Por oc si em cofiibatrie sempre a present 

« Que de la mort Tierri non faz consent, 

« Ne mei Bos n'en pristnul parlement, 

« Com ala à la cort necom en vent , 

« Por quei aie forfait, mon escient , 

« Que reis m'en deie toldre mon chasement. » 

« Carles Martel me tient trop vil e lait*. 
— « Guerart tu par tiens, .K. , trop vil e lait, 
De feelté lo gites tot entresait , 
E sanz colpe de tort que t'éust fait , 

1. Gette lígne est bìfîée dans le manuscrit. 



336 GÉRARD 

Li féis al desert bastir agait. 
Ne vendra à ta cort ne à ton plait, 
Tresque vende lo mal que li as fait. 
Molt se contient segur, qui que resmait. 

« Celordirai, distPierres, tot àbriésmoz. 
Toz tens aura .G., ce dist, corroz, 
Se Dex sauve ses homes e ses neboz , 
Tresqu'el rei ait vaincuz e les siens toz. 
Pois portera d'Orliens la sainle croz. » 

— « Iqui nienti, dist .K., comme fels gloz. 
Se g'el trois herberjat el non desoz , 

Onc n'ot si mal ostage à negun joiz. » 

— « Bien forni le mesage ad mon talent , 
Vi Aucier e Guinart, Odon, Arment 

E Seguin e Boson e dan Guintrent. 
Quant oi dit mon mesage e ton comment , 
Si connui bien lo conte à son semblent , 
Soi bien qu'il ne t'amot ne tant ne quent ; 
Ainz ala ma raison contralient. 
Ge dis une parole qui l' pesa tent 
Com qui r ferist par neis o un vergent. 
Dis : « Qucns, si faites guerre, mal vos en 
(( Compereie Taureie avant un ent. » [vent, 
« E là me voil combatre tot pié estent 
Que tort e la boisdie e tol Tenjent 
N'ot .G. chevalier nul si vaillent, 
Borgoignon ne Baivier ne Alement, 
Qui en volsist contre mei faire semblent ; 
Mais Bos deCarpion fu en estent, 
E ot mot fìere caire e aïrent , 
E a clos son poig destre e traist son guent; 
E si Folque non fust , donast-mei grent ; 



DE ROSSILLON. 33; 

Mais ge li dis tal chose par maltalent , 
Tuit ren tindrent por fol e por effent. 

« De feelté le gites e faiz-Ii tort , 
Qui son paire e son oncle li avez mort. 
Conrei-tei dc guerre con puez à fort, 
Qu'il s'en est toz garniz com la deport. 

« Oiant toz dist .G. iste razon, 
Que restar non deveie le rei KarIon 
Tant que fust à ta cort e ti baron ; 
Kar n as fait felenie ne mesprison 
Vers .G. ne as siens ne à Boson. 
E ge m'en voil combatre en sa meson. 
Onc n'i ot chevalierue neir ne blon, 
Alemant ne Bivier ne Borgoignon ; 
JN'i trovai si hardi qui mot me son : 
Par tant esmut la guerre de dan Boson ; 
E ferreie-mei sempres c'un non dist non, 
Quant Dex tramist iluec sire Folcon. 
Por tant dis mon mesage e ma razon, 
Qu'il te vienge dreit faire en ta maison, 
Et amenast Folchier e dan Boson 
E dan Seguin le conte de Besençon. 
E .G. respondi del tot que non; 
Requert la mort son oncle, conte Eudelon, 
E cele de son paire le duc Draugon , 
Qui par tei furent mort en Val-Beton ; 
E se lu ne l'adreces , tei e li ton , 
De la lorpart lor di deffiançon.)) 

E quant .K. oï del deffîar, 

E fu de si fier cuer e si amar 

Que [ne] pot vers Perron un mot souar, 



338 GÉRARD 

E son vis d'altre part prent à tornar : 
« Danzel de nia maisnade, tenez-yos car ; 
Qui voldra d'iste guerre mei ajudar, 
Toz dis à mon aveir puet recovrar. » 
Li chevalier s'en pristrent à leeçar, 
E l'un envaïr Tautre e à vantar. 
A .K. fu molt bon qui's ot gabar. 
E li jorz fu tornat à î'avesprar, 
E demanderent Taigue e vont manjar, 
E vont par tens gesir por main levar. 
Cele noit se jut .K. tresqu'al jor clar. 
Quant la messe a oïe , vient del mostar 
E fait dire à chascun qu'il s'alt armar. 
Qui a son bon cheval , fait Tenselar ; 
Qui a osberc ne hiaume, ne 1' volt laissar ; 
Mais li rais a s'ensaigne fait aportar, 
E prent primes sa gent à cadelar, 
Sobre .G. aquelt à chevaulchar, 
Felenie li velt a par man far. 

A tant s'est conreé .K. li reis. 
Non a sei ses homes ne ses marqueis ; 
Non a ades barons, fors ses pledeis. 
Ne quide de .G. guerre en fazeis. 
.K. n'a que trei mile de pur Franceis ; 
Mais mielz adobaz homes ne vit onc reis , 
Des granz broignes saffrades, des apareis , 
E li alquant d'alberc viel vianeis , 
Lances e gonfanons, escuz de Blois , 
E ffranz chevals corsiers e espaneis. 
A iquestes compaignes inlrar là-eis 
• G. ferafolie; mais bien li peis, 
A ffuerre muet reis .K. e à encreis. 
Sobre .G. les guide quens Albereis; 



DE ROSSILLON. SSq 

On li tolt Mont-Amele, que tenc Londeis, 
Chastials vaillanz e bous e forz maneis. 
Toz ont porpris les bors e le pageis : 
Dolenz en iert .G., Bos le marqueis. 
A tal en vendramal qui ne la queis, 
Atort en iert blasmez Folques e Landreis. 
Quart jor i ont esté, puis si î'ont preis, 
C'onques negun del'ost rien ne soífreis. 
A vintain jor .G. e à un meis , 
Idonc se combatirent e quens e reis. 

Sobre .G. a .K. quar jor géu, 
E tant que Mont-Amele li a tolu. 
Au vintain jor .G. quant l'a segu, 
Qu'il dit de Mont-Amele qu'il l'a perdu , 
.K. li reis de France l'en a fait nu , 
Ais-le-vos tant doJent et irascu 
Que il ne puetparler à rien qui fu , 
Entresque veit venir Folcon, son dru : 
« Folque, conseiUe-mei, si Dex t'aiu, 
De .K. qui me tient por recréu. 
Tolu m'a Mont-Amele, le poi agu, 
Quide mei aveir tot confondu ; 
Mais ge ne 1' voil oncore mie, ce qu. 
Set anz voldreie aveir mon fieu perdu, 
Par quei nos en fusson tuit combatu 
E que .K. en fust maz e vaincu. » 

Donc sejornot .G. à Oirvent, 
Un castel qu'ot de .K. en chasement. 
Li chastiax est tant forz qu'il se deffent. 
Lai furent plus de mil si bon sirvent 
E chevalier à coite plus de set cent ; 
E li borgeis sont riches e bien manent 



34o GÉRARD 

De chcvals e de mul, d'or e d'argent. 

E .G. en un ombre, defors al vent , 

E parole à ses homes et à sa gent , 

E tient à ses barons un jugement. 

A tant ès un mesage qui là descent , 

Qui dist de Mont-Amele que reis le prent. 

Ais-ie-vos tant irat e si dolent , 

Que ]i quens ne parole à rien vivent 

Entresqu'il veit Folcon à qui s'atent : 

(( Folque, si Dex t'aiut , conseil me rent 

De .K. qui rae tient por recreent. 

Et a jurat li reis son serement , 

Non irai sanz bataille, se ge l'atent; 

Mais ge t'en jur Jhesus omnipotent, 

Sc Aleman ne faillent e'l desertent, 

Non irasanz bataille , s'oit jorz m'atent. » 

Or oiez la parole del quens Folcon : 
(( Que quides de conseil c'um le te don ? 
Quar tu crez ainz le mal, ne faiz le bon. 
Cest demandot mon fraire, conte Boson , 
E Seguin le visconte de Besençon , 
Qui toz i conseillierent de ior razon 
En la chambre qui es painte, en Rosillon. 
/à ne dora conseil d'ome felon, 
Que tu jà te combates vers rei Rarlon ; 
Quár tu es ses hom-liges, de son reion , 
E tu n'as chasement nul fors le son ; 
Mais va, si li fai dreit, pois t'en semon , 
A Paris ou à Rains ou a Seson. 
Se Dex ton cors garist de mesprison, 
Que tu retat non sies de traïson, 
Tresqu'à quarante jorz met la razon 
Par visconte e par conte leial e bon 



DE ROSSILLON. S^I 

E par riche arcevesque de sa maison. 

Quant 11 averas fait dreit, quer-li le ton ; 

S'il faire ne 1' te velt e dit que non, 

Et il vos vout raenant par achaison, 

Dès pois tVíderai e ti baron : 

C'om qui à tort guerreie, par Deu del tron ! 

Son damage quert grant e son pro non. 

« Jà n'en dorai conseil, al mien viaire, 
Par quei tu seies fol, fel neboisaire, 
Que nus hom pois te poisse en cort retrairc ; 
Maisva, si pren AuchierdeSaint-Machaire, 
Qui est frans chevaliers e debonaire, 
E si mandez au rei dreit l'ireiz faire, 
Ou qu'il s'en voist en France, àson repaire : 
De ce donez ostage moi e mon fraire. » 
— ((Folque, ce dist Seguins, ne Tamez gaire, 
Quant plait li conseillaz à honte faire. 
Ainz éust-il perdue la cit de Caire 
E mil mars de l'enor que tint son paire, 
Que .K. la trespast u sanz contraire. » 

Guerart entent Scguin, o lui s'aponl, 
Et oït la folie, moltli fu bon : 
<( Jà Dex, ce dist dan Folque, bien ne me 
Se ge jà jor vos crei d'iceste razon ! [don 
Se li reis latrespasse e si geldon, 
Li Normant, li Franceis e li Breton , 
Se bataille demande, se ne li don. » 
E Folque, quant l'oït, tant dolent fon , 
Conseil ne done emprès ne mal ne bon. 

Or a mandez ses homes li quens Guerart 
Tot par non de bataille vers Mont-Espart. 



342 GÉRARD 

E vient à lui Aucliiers e quens Girarl , 
Qui tint en Alemaigne Mont-Beliart; 
Doze mil homes maine de si gaillart , 
Jà n'en a nul malvais, lent ne coart. 
E ne quidez d'is cOnte que gaire estart; 
Combatia-sei à .K. premier dimart. 

Quant .G. veitde .K. si le scommeis, 
Que for porprent sa terre e son pageis , 
Son meillor castel a robat e preis , 
E prist trente mesages proz e corteis 
E forz muìs ambladors et espaneis. 
Là où sot bons amis, por es trameis ; 
Manda les Caorcins, cels d'Ageneis, 
Tosanz e Barzelans e Roergeis 
E Bascbques e Gascons e Bordeleis; [preis, 
E tresqu'as porz d'Espaigne onc fin non 
Li Navare e li Bascle vienent espeis *.... 
Se ge en cest estor ne l'arazon. » 
E brocha le cheval fic esperon. 

Audefreis escride : « Or çai, Folchier ! 
Damage me féis e destorbier , 
Qui m'oceis mon o[n]cle Tierri l'autr'ier : 
Or me pesera molt se ne 1' te mier, 
S'o ceste meie espade tal non te fier 
Que tot tc trencherai desqu'al braier. » 
— «Toti avez menti, glot losengier; 
A torner vos en quit à mençongier. » 
E brochent les chevals, l'un l'autre fîer; 
E ne remeist li cols mie en Folchier. 
Toz li trencha l'escu soz le pogier, 

I. Quatre feuilleU qpt été coupés ici, après cs ters, qui 
termine le folio 5i recto. Voyez cì-dessus, p. i3s-i3g. 



DE ROSSILLON. 343 

Et Audefrei s'iraist, e si le fier 
Qu'il li false labroigne alpan doblier. 
Ambedui se desroquent en un gravier : 
Par icest eop se meslent mil chevalier. 

Ambedui s'entr'abatent en unes prades, 
Si que sunt ses compaignes tost ajostades. 
Verraz tanz escuz fraiz , hanstes froisades 
E tant hauberc rompu, broignes saífrades, 
E tanz cobes ferir o les espades, 
Tantes testes o hiaumes de bu sevrades, 
Bien cn i trovast-l'en quinze quarades. 
Par le tort qu'a .G. tantes feiades, 
A perduz les barons de ses contades. 

Onc de forçor bataille mais nun oïz, 
Que méismes li reis i fu feriz. 
[E] mut de sa bataille cil qui o fîz, 
Filz fu au viel Giros, si a nun Daviz ; 
Del rei parti par guerre e fu faidiz. 
A dan .G. le conte est revertiz , 
Qui li dona granz dons e granz païs. 
Par icel fu li reis forz envaïz ; 
Si el feri en l'escu qui est d'or floriz , 
Outre en passa lalance li fers burniz. 
Pois torna ad .G. en un calmis , 
E prist-le par le frain com hom forniz : 
« A fel ! com si estais toz csbahiz ! 
Jà cst ci si li cans des tuens garniz , 
Eissi le laisses prendre com escharniz. » 
— «Amis, ce cíist .G.,porqueim'o diz? 
Ge t'en jur par la Virge Dex genetriz , 
Mielz voldreie estre morz ensepeliz 
Que li reis me retraie seie foïz : 



344 GÉRARD 

Alon-les donc ferir, g'en soi garniz. » 
Très idonc fu Testor bien envaïz. 

As vos par camp '«Perron le filz Galter. 
Se ii encontre Bos enz en sentier, 
II se ferront andui molt volentier. 
II encontra Seguin, un suen guerrier : 
Donc membra à Perron del reprovier 
Qu'il dist à RosiUon soz l'olivier, 
Quant Ji reis li tramist por mesagier ; 
E dit c'um Tentendra à mal parler, 
Se or ne V vait ferir en l'escu ner ; 
E bioche les cbevals, l'un l'autre quier. 

Andui se portent guerre, ire gravor, 
E brochent les chevals, l'un ì'autre cor. 
Seguin le fiert si haut desus la flor 
Qu'il li falsa l'osberc al pan forçor , 
Treis des costes li taille donc à dolor; 
E Pierres refiert lui de tal vigor 
Qu'onc ne reçut tal cop par vavasor. 

Pierres brocha cheval qui molt trebail, 
E vait ferir Seguin que pas ne fail, 
Qu'il li trencha l'escu sos le pogail, 
E trencha-li l'osberc à menu mail ; 
Emmie le piz li fist tel fenestrail 
Que deriere e devant li sans li sail : 
Ne deseie en sa vie mie un sol ail. 

Gace e viscons de Droes maintenant join ; 
Or veit la máior presse n'i fait resoin, 
E vait ferir Alchier de Mont-Saint-Droin, 
Qu'il li trenche I'escu desus le poin 



DE ROSSILLON. 345 

E le pan del hauberc tot li desjoin. 

E Gasce refiert lui haut sus le groin : 

Non est tant fort l'osberc, tot non vergoin, 

Que Tensaigne e la lance par col li oin , 

E gravente-lo mort del cheval loin. 

Onques ne en bataille ne en besoin 

Ne fiert mielz Aleman, Saisne, Borgoing. 

As-vos par camp Alon le filz Ansel. 
Hauberc ot jazaran dès le capel, 
Et ot lacié li heaume Raimon Borel 
Et a çainte Tespade Milon d'Urgel, 
Lance porte et escu qui est de Bordel, 
E chevalche un cheval ferrant podrel, 
E porte gonfanon, à or mantel, 
E vait criant l'ensaigne Rarles Martel. 
Asvos de là Girart de Mont-Revel, 
E quit que Tun d'els I'autre en contrapel 
E si que l'un des dels se desensel. 

Gyrart fu chevalier proz e vaillenz, 
Onc cors de chevalier ne fu plus genz ; 
Homfu .G. au conte e ses parenz. 
Quant ot I'ensaigne Karle, molt fu dolenz, 
E vait ferir Alons ; mais non fis lenz. 
Et Alon fiert si lui , quant le cop senz, 
E li false la broigne de Saint-Maissenz, 
E cravente-Io mort à terre adenz 
Vciant les euz Durant de Saint-Lorenz , 
E par icelui en fu pris vengemenz. 

Doitran broche cheval e fiert Alon 
EI piz desoz l'auberc, par auquelon ; 
El cors li met la lance al gonfanon 



346 GÉRARD 

E cravente-le mort enz el sablon 
Trestot veiant les euz al conte Ugon, 
Veiant teil qui en a pris la vengeison. 

As-vos par la bataille Ugon assin. 
Desor le peliçon qui fu hermin , 
A vestu un hauberc blanc osterin ; 
Et a lacié un hiaume verjaz d'orfin, 
Et a çainte Tespade Genon d'Aiglin, 
E porte escu e lauce de Saint-Domin , 
Chevalche cheval bai, o un sor crin, 
E peise-li d'Alon qui apris fin, 
E fu dolenz del conte qui est de son lin. 

Ugon feri Doitran en son escut, 

Que son hauberc li a tot desromput ; 

El cors li met la lance tot nu à nut, 

E cravente-le mort el pré herbut. 

Quant les compaignons sont reconnegut, 

Verraz maint haste íraindre e maint escut, 

E tant franc chevalier mort abatut. 

Bien a .K. Guerart si revendut 

Par duc Tierri d'Ascane qu'il a perdut. 

Rarles vient apoignant à grant poest, 
Vait ferir un danzel de molt grant gest 
Amont sobre son hiaume, en Taucor fest ; 
Trenche coir e chevel de si qu'al test, 
E lui e le cheval tot agravest. 
Le jor remeist le chace en la forest. 

Iste bataille fu à un dimarz. 

Li Naval e li Bascle lancent lor darz : 

N'i a tant fort hauberc ne face parz. 



DE ROSSILLON. 34; 

Franceis fierent'ès hiaumes, que fìst Gimarz ; 
Le sanc e la cervele il en esparz ; 
E ci non a mestier nus hom coarz, 
Quar il n'i puet durar ne sis regarz. 

Ce fu à un lonc jor que entre estaz, 

Un marsdi , que soleil fu cler levaz. 

Les compaignes s'encontrent, dunc fu pecaz. 

De ferir e d'ocire ne tienent paz : 

Mil en verreiz gesanz morz enversaz, 

Qui ont perdu pié, ou poig toz detrencaz, 

Tant vermeil gonfanon ensanglentaz, 

Par cors de chevalier menu passaz, 

E set mile chevals tant enserraz, 

N'i a hom qui estende ne pié ne braz ; 

Mais nus n'en i puet vivrefors quant Dé plaz. 

Girart vientpar l'estor toz aïraz, 

Si en a vint ocis et affolaz, 

Toz le vis e la caire li sont chanjaz, 

Et e^t de maltalant jambe aterraz, 

Et a fiché l'ensaigne en mie uns praz, 

Et escria as siens : « Or lor aidaz, 

Ferez e ociez e desrocaz ; 

E se mestier nos est, à moi tornaz ; 

Car si me troverez si reperaz. 

Ne jà m'en moverai, ice sachaz, 

Ainz serai pris ou morz ou detranchaz. 

E Karles sera reis ou abaissaz. » 

E dist Folcon al conte : « mei restaz. » 

E Folcon respondi si com membraz, 

Com corteis chevalier e com senaz : 

« Toz tens fus fols e fels e forsenaz, 

E fu grant duel al siecle quant tu fus naz. 

Ce ne fu pas almone, mais grant pecaz : 



348 GÉRARD 

Par tei est abaisade crestientaz. 

A fel ! non veis les rens tant empeiraz, 

Plus de set mil en gist morz e naffraz ? 

E per hoc si 's avon bien reusaz, 

Quar Carles r a perduz des siens assaz. 

Li reis est ton saignor, riclies postaz : 

El mileu de sa terre nos a trobaz, 

E si home li creissent devers toz laz, 

En sol loeie seron cobraz. 

Hoimais n'i aurez honte, s'os eu tornaz. 

Saigner franc chevalier, car li loaz. 

Qui a parent ne fraire, quar Tenlevaz 

E tot le petit pas les emportaz ; 

E ge irai derie e dan Dannaz, 

Bose Gilbert o nos e Garindas. 

E se rien i perdez, mei demandaz. » 

Quant .G. fait l'estor, molt fu iraz. 

Onques n'i fu plain pié pois encalçaz ; 

Onc ne l'osa hom dire de meire naz 

Faite i fust malvestiez ne vilanaz, * 

Mais le camp receit Rarles e ses barnaz. 

Rarles remaint li reis en la bataille, 
Vit tanz danzels gesir soz la ventaille, 
E tant hauberc saffrat, sanglente maille : 
A vis dora, ce dit, asaz vitaille. 
Des morz non sai pensar que plus Ten vaiUe 
A chascun unsarqueu dorra sanz faille, 
Ce dist uns abé brez de CornoaiIIe 
Que il n'ait jà relief d'autre toaille. 
Li reis li done en feu sanz entrefaille. 

Le bibe e li abat, nostre doclor, 
Facent un cimetiere à Deu enor. 



DE ROSSILLON. 3^9 

Tuit cil qui ci sont mort, e nostre e lor, 
Cliascun seit enterrat par son saignor. 
E donc lont otreié tuitli meillor, 
Mil mars en dont li abés à son prior, 
Sanz ce dont sont loat li tailleor, 
Tant com furent entr'els guerreiador. 

Guerart s'en est alez, Karles reman, 
E jut la noit el champ tresqu'al deman. 
De ci s'en vait à Rainsla cit à plan. 
E dist li reis als siens : « I)e ce me van, 
Qui qu'ait eci I'aveir ne or d'Espan, 
Boen cheval arrabi ne castelan, 
Tot estovra passarpar mie ma man. 
Qui a bon sens e hardi coer soveran, 
Ne trobera en mei rien de vilan, 
Maisd'onor à donar le soveran. » 

Cel jor meismes mande li reis Odon ; 
Ais-Ii venu devant li le conte Aimon : 
(( Saigner, prison avez rique baron, 
Senebruns de Bordele le filz lon, 
E Giles li Tosanz, lui e Neblon . » 

— «Parmon chief! distlireis, moltmeseit 
Ce sont mienemi li plus felon. [bon. 
A brief terme en auront tel guerredon, 

Jà nus n'en chalcera mais d'esperon. j) 

— « Saigner, ne le puès faire sanz mespri- 
Anceis devon conter lor achaison. [son, 
Con il s'en reperoent en lor reion, 

Nos féimes agait enCIarençon, 
Noz homes de Boorges e de Borboii ; 
E quant furent eissu hors à bandon, 
Nos saillimes derriere à esperon. 



35o GÉRARD 

Oncnus n'en estorst, nis bien le savon, 
Ne mais que Senebruns e trei baron ; 
E nos les enbatimes en CorneiUon, 
E coiUi-les Girarz en sa maison. 
Ainc rendre ne les volt, se issi non 
Que quite s'en ireient par raençon ; 
E de celi feimes bien pievison. » 
— «Ge lor dorrai, dist .K., de tal poison, 
14 plus rique dira garniz en son. » 
Pois prist un parlement soz Albion. 

Karles parle as Gascons par grant lezeir. 

Par engin de donar e par sabeir 

Les a si conquesuz à son aveir, 

E chascun d'els li livre son grant maneir. 

.K. les vait garnir à grant poeir, 

Mesage en a .G. dès le quint seir. 

Li quens soz Rossillon, à Biau-Veeir, 

Fait Gilbert e Folcon leiz lui seeir, 

E Bernart e Boson e Manasseir. 

De lor armes portar sont taint e neir ; 

II furent repairat de Saint-Seveir. 

Le castel le rei fait à feu ardeir, 

E parolent de guerre faire e soffreir. 

A tant ès le mesage qui lor dist veir : 

Li reis li vait Gascoine tote toleir, 

E li Gascon li font tot son plazeir. 

« Balailleeniert, distBos, almien espeir.» 

— « E os en aurez,disl Folques, trestotlezeir; 

Car vos i gaaignastes tant l'autre seir, 

Or puet .G. e nos à euz vooir 

Que nus ne i ot de gucrre à tort moveir. » 

En après parola li quens Bernart, 



DE ROSSILLON. 35l 

Ce fu uns jovenciaus proz e gaillart : 
« Fraire, se me creeiz, vos e Guerart, 
Non respassera Karles le pont de Gart 
Ne la terre en quei gist saint Leenart; 
Et il nos toit des noz la meillor part, 
Deçà devers Provence non crientregart; 
Tant i a coveitos, fel e gaignart, 
E .K. lor tramet à son canart, 
N'en i est remasuz del mielz le quart. » 

— « Par Deu ! ce distGilberz de Senegart, 
Jà n'en iert confonduz li reis gaignart, 

Se ne l' fait cop de lance, espade ou dart; 
II ne porreit caleir, se Dex me gart, 
Fors que l'éust ocis un escubart, 
Or eissi com morut li reis Cesart. » 

— « Ge l'ocirai malvès », ce dist Folquart. 
« Onc ne fu rien, dist Bos, qui tant me tart. » 

E Folques, quant l'oï, irasquit sei : 
(( GrantfoJie parlaz entre vos trei. 
Jà n'amerai qui die que me deslei. » 

— (( Ge ne 1' voil, dist .G. , ne ne l'otrei ; 
Mais dreiz est e costume que fol folei, 

E qui ereit fol conseilsi 'n a sordei. 

Biau niés Folque , por Deu, conseille-mei. » 

— (( Conseil ne sai, dist Folques, ne ne li 
Tant connois à felon .K. le rei, [vei. 
Jà nus son ennemi ne li soplei, 

Ne qu'il pot sormonteir, non a mercei ; 
E por oc si est bon que se pledei. 
Qui hom de traïson en cort mescrei, 
Jà ne deit herbegiertal ret o sei : 
Donc l'en face son eir mostreir al dei. 



352 GÉRARD 

o Quant te donai conseil, ne me crecs. 
Qui ne garde de loig, ne jotde près. 
Tant sai le rei yers nos fel e engrès, 
Jà ne graera pais qu'en li envès ; 
E por oc si fust bien qu'en li mandès 
Par un preu chevalier, tal qui T trobès, 
Qui de la traïson nos raisonès. 

« Preiaz e conseillaz à don Begon, 

(Quar ge n'i sai meillor ne nul tant bon. 

Si parent son meiilor en la meson) 

Por nos guerpe son fieu del rei Karlon : 

Ge li dorrai Val-Brune, e tu Dijon. » 

— « Ja pois Dex , dist Bos , bien ne me don, 

Quant jà prendrai s'enor ne rien del ton ; 

Mais gc m'en irai là, e te semon 

Que vienges après raei e ti baron. 

Se li reis ne velt dreit e dit que non, 

Avant que isse fors de sou roion', 

L'en aurai-ge rendu le gaerredon; 

E si l'en là te reite de Iraïson , 

Ge defendrai ton cors e dan Folcon, 

Es autres fors Folcher e dan Boson ; 

E d'icez i metrai tel acheson, 

Ne lor dona recet , tor ne danjon , 

Tresqu'il donat conjat à dan Aimon , 

Audefrei son cosin e dan Ugon , 

Qu'il te metront as guez soz Avalon. 

Ge i fui e la vi e blasmai l'on. 

N'enchalcera vers mei son esperon, 

Que li reis ne féist tel mesprison 

Avant que tramesist à tei Perron. » 

— (c Cosins, ce dist .G., fai or razon, 

Ore fai brief conseul e cort sarmon. » 



DE ROSSILLON. 353 

Monte Begue el cheval sanz compaignon , 
Ne mais son escuier pur sou blison. 
• G. tramet mesages tot environ 
Que viengent Loherenc e Borgaignon , 
E passent à Nevers et à Chalon, 
Et assemblent ès praz de Yal-Muçon. 
A Karlon ont íin faite tuit li Gascon. 
11 ne sojorne gaire en lor reion , 
Gironde atra\erseie o bonnoon, 
E fait tendre à la rive son paveillon. 
Li reis jut sor un paile de ciclaton, 
Esgarde con passeirent si danzillon , 
E parole à Tiebaut de Val-Beton 
Et à Gascon le conte et à Ugon. 
A tant Bege descent, qui lor despon 
Lemesage .G. e le Folcon. 

Là où Begue descent, des plus preisanz 
Fu de set réceu ses mulz ferranz; 
Et entra el paveiUon entre deus panz. 
Chevalier est forniz et assaz granz , 
E fu hardi par armes e de roman. 
E .K. Tapela, e traist ses ganz : 
<( Çà vostre enor vos rent e quatre tanz 
De la meie meillor, mais non balanz. ^) 

— (( De tes meillors parenz çaienz as tanz , 
Jà connoistra rcn qu'en seie danz.» 

— (( Saigner, iste reson que vos aport 
N'en est desconvenanz , bien mi recort 
Que ton beir mal te face ne tu lui tort. )> 

— (( Gardaz n'en parlaz , Bec , par negun 
A .G. ne as suens jà me racort, [tort; 
Ainz seront confondu tuit li plus forl. 

s3 



354 GÉRARD 

Jà n'amerai le conte si ne V vei mort. » 

— « Seigner, quant preuz vos est, si Tociez ? 
Avant aureiz grant honte , se -vos perdez 
En vostre colpe un conte de ses bontez . 
Li quens est proz e riche , bien le savez , 
E pîus vos puet servir que meillors dez 
Ne font de toz ices que vos avez. » 

— « Dan Bec, sagrantvalor estmalvestaz, 
E tote sa richece est povretaz. 

Cent mil homes m'a mort et afolaz, 

Mes regues confunduz e desertaz ; 

E por oc si m'en soi un poi venjaz 

De tals cent milie homes de ses casaz 

Cui il fesoit grant hontes, quant ert en paz. 

Ge fui ce qui 'es retig e doig assaz , 

E tendrai à enortoz, se Dex plaz. )/ 

— « Ice est tort, dist Begue, e granz pecaz, 
Que quens ne seit de rien vers vos dampnaz, 
Par quei il ait foifait ses heritaz. » 

— « E tu d'ice , dan Bec , que m'en diraz? 
Eci se mist .G. el ìeu Judas, 

Manja o mei e bite o mes henas , 
Lo jor ocist Tierri cum Sathanas : 
Ge li rendrai molt chier, si que T verras. 
Un pau Tai jà sanz aigue tondu e ras, 
E de deus cenz mil home les armes tras : 
Ne li est de Gascoigne chaslel remas. » 

E Begues se hauça por mielz respondre : 
« Saigner, ainz que V féisses de dreit semon- 
Féis saisir sa terre, le suen repondre, [dre, 
Ses citaz porardeir, ses chastials fondre. 



DE ROSSILLON. 355 

Ne r poez à briés termes tant gríés confondre, 
Car non véistes homtant dur à tondre. » 

— « Jà n'auront tant dur coir ne cordoan, 
Se truis Bos ne Folchiers , li trei Satan , 
Se pois de lor atraire(?) , ne lor enjan : 
Per oc solion dire cosins eran. 

S'en poeie un tenir en mon lian , 
Ge le fereie pendre com un larran ; 
Ne ìi valdreit or cuit son peis d'aran. » 

^ — « Seigner, ne le faraz , ce respont Bege. 
Girart a pris le quens que dreit vos siege. 
Pernez-le, s'il vos plaist, mete-vos plege.» 

— (cQuantm'a traï, dist .K., e mereniege, 
Pois dit que fera dreit, son gant me pliege. 
Ne corrie por rien de moi lor triege , 

Ne lor lairai d'enor pesant d'un liege. » 

— « Pro l'auront, dist Begue , e prestre e 

[miege. » 

Après parla Galters de Saint-Romec : 
« Une rien vos dirai , dist-il , dan Bec. 
Pois que .G. prist guerre,de rien non crec; 
Que fist, rautrier, bataille quant fair non dec. 
Al rei se combati en un plain sec. 
Bien i estut le jor tant com li lec, 
Ses escuz fu trenchat e s'anste i frec; 
Mais jà Dex no m dont part en cel eschec , 
Que quens e sa mesnade en champ resesc» 

— « E vos, ce respont Bec, que fesis donc? 

I. II y a ici dans le manuscrit une vaste lacune , quí 
c'étend , dans le texte provençal , de la page i53 4 la 
page S07. 



356 GÉRARD 

« Ne vos sai conseillar, Dex tos ajutî 
Car cest siecle e Tautre aveiz perdut. 

«Bons hom, ce disti'ermite, que n'as poor ; 
Qu'en ton jovent as faite tante folor, 
Et as cn mal usat tote ta flor : 
Onquore vels ocire ton dreit saignor I 
Jà pois ne troberas clers ne doctor 
Qui te dont penitance à negun jor, 
Que la divinitat e li actor 
Nos mostrent en la lei au Redemptor 
Quel justise Ten fait de traïtor : 
Desmenbrar à cheval , ardre à chalor ; 
E qui la poldre en met en un destor, 
Jà pois n'i creistera herbe por nul labor, 
Arbre ne rien qui traie pois à verdor. )> 
Non puet muar la donne qu'ele non plor : 
« .G. , por quei fazez tant grant folor ? 
Pardone à tote gent mal et iror 
Et à Karlon, ton sire, Temperador. )> 
— « E donne, e ge si faz, por Deu amor. )> 
E l'ermite respont : « Dex en aor, 
E de sa part mc claim dreit confessor. 
Se de bon cuer le faiz e por s'amor, 
Oncor auras barnage,' terre et enor. » 

Or li a fait ,G. quanqu'il a quis. 

Li sainz hom, qui 'n ot joie, e si s'en ris, 

Que .G. li otreie quanque li dis, 

Que cheval e les armes li deguerpis , 

Tant que il vicnge al terme que il li mis, 

Que aura ses pecaz espenadis , 

E coil en son bien fait tant com iert vis. 

Iqui plorat .G. quant s'en partis ; 



DE ROSSILLON. SS^ 

E rermite les saigne e benedis, 

Et ensaigna la veie per gax antis. ' 

Marcadiers encontra ainz qu'en eissis, 

E demandent dont sont : (( Don, de Paris, 

E venon de Baiviere e de Hongris. » 

— (( Quels novesdelrei .K. ?de queilpaïs?)) 

E cil li respondirent : « Don, toz est vis, 

E enveie raesages e ses espis 

Por dan .G. le duc, si l'a vengis.» 

E la donne d'is moz s'espaoris : 

« Ge fui là où .G. en terre mis. » 

Li marcheant en rendent à Deu mercis : 

((Granz guerres nos a faites e mal toz dis. » 

E Guerarz quant roít, si s'engremis ; 

E s'il tenist s'espade, si l'en feris. 

Bon gré ait li sainz hom qui I'en plevis ! 

Etil le distrent au rei de Saint-Denis. 

Karles en a tel joie, molt en soiris. 

Li marclieant li content en France as lor 

Que .G. estoit mort tot de frescor : 

Grant joie en a li reis, qui que s'en plor, 

E tuit si enemi, grant e menor, 

Ne mais ces nobles hommes ancienor, 

E cil en ont grant duel por sa valor ; 

E la reine en a sor toz major. 

Li quens n'en a nul eir dc sa seror, 

Qui après sa mort tienge dor de s'enor. 

Or laisseron del rei, de sa baldor , 

Si diron de .G. qui agrant valor. 

En cel leu quant parti des marcadiers, 
Entra en unes veies, malvès sentiers, 
E trobent molt mals pas et encombriers 



358 GÉRARD 

De roiices e d'espines e d'aiglentiers, 
Devalent en uns vals qui ert granz e niers ; 
Desor un aigue trobent deus paus mostiers 
Etun moltsainthermite quianon Rainiers, 
Qui 's herberja la noit molt volentiers. 
Ne lor dona deintaz n'autres ploiers, 
Mais pain d'orge pestri aleisiniers 
Etaigue freidc e dolce de fonteniers. 
La noit se jut .G. c sa moiUiers 
Entresqu à lendemain qu'est al sentiers. 

Ore s'en vait .G. egal soleil 

Par un estreit sentier, leiz un rameil, 

E trove une fontaine desozun teil, 

E velt sei endormir, qu'il a someil ; 

Mais non quidaz del conte gaires dormeil. 

Avant plore des euz, tire cabeil , 

Dist mielz volgre estre morz en plain campeil, 

E réust le rei mort e si feeil. 

E sa moillier li dist : « Non far, danzeil ; 

Mais preiez Damlcdex qu'il nos conseil.» 

E d'iqui herberja à un repaire. 

Donc sont mort de sa guerre e fd e paire, 

Et oïsseiz maldire efille e maire. 

Entre le duel e Fire e lo mal traire , 

Si non fust sa moillier, non vesquist gaire. 

El' est saive e corteise e debonaire, 

E si parole mielz c'un predicaire : 

«Saigner, lasse le dol, si t'en esclaire. 

Toz tens fus orgoillos e gueirreiaire, 

Batailliers et engrès de ton aífaire, 

Et as plus homes morz non sai retraire, 

E lor ers apovris e tot lor aire. 



DE ROSSILLON. 359 

Or en prcnt Dex justise, lo vrai jujaire. 
Menbre-tei del saint home , del sarmonaire, 
Com il te conseilla del mal retraire : 
Oncor auras enor, si la vels faire. » 

E d'iqui herberja as porz miraz, 

E passe le chemin de set contaz. 

Aiqui aprent tels novels qui sont vertaz : 

Pariquiest mesages très-ier passaz, 

Que .K. a mesages tramis toz laz, 

Quitrobera .G., seit-li menaz : 

D'or e d'argent li iert un neis comblaz. 

«Seignor, distla contesse, quer me creaz. 

Eschivon les chastiax e les citaz 

E toz les chevaliers, les poestaz. 

Biau sire, vostre non car le chanjaz. » 

Et il li responeit : u Si com vos plaz. » 

Aiqui-ès l'apeleit Jocel Manjaz. 

Chiés un lucrier felon s'est herberjaz. 

Felonesse ferae a, etil malvaz. 

lÁ li prent enferté e mal assaz, 

Que de quarante jorz non fu levaz 

Très la nuit de naal que Dex fu naz. 

II le fist devaler de son palaz 

En I arvol d'un celier, soz uns degraz. 

Aiqui a la contesse dolent solaz. 

Guerart vit en Farvol, n'i a servent , 
Forssa moillier, qui el sertmolt bonement. 
Atantès Migael qui à lui vent, 
Que Dex li a tramis tot veirement ; 
E li aporte un drap , devant I'estent : 
« Donne , por amor Dé omnipotent, 
Qui nasquit à tal noit en Bethleent, 



36o GÉRARD 

Me taillez e coseiz is vestement. » 

Ele dist : « Volentiers. » Sempres le prent, 

E tailla e cosit molt vistement. 

A l'oste Tont contó de maintenent : 

« La pautoniere cost molt isniaument. )) 

II li tramet vestir d'un sien parent , 

Mande-Ii qu'el' le cose tost e non lent. 

Ele dist al mesage molt humblement : 

« Amis , ge en cos un à plus manent , 

E pois prendrai le sien, si tant m'atent. » 

E cil li reconteirent tot ensement. 

II en vient par degrat aval corent , 

A lei de Sathanas iradement , 

E gita-li del tol son bastiment. 

Itant male moillier non vistes anc , 

Com ele a fait .G. foler el fanc. 

Li quens non a vertu ne char ne sanc ; 

La contesse le prent par miele flanc. 

Un prodome Tesgarde, qui ale cuer franc; 

Fait dejoste son feu costar son banc , 

Done-Ii veneison, peison d'estanc. 

Quant il furent caeit anduì el brac , 
Si se pasme la donne del doel qu'el ac. 
Un prodome l'esgarde, si com Deu plac , 
E fait-l'en aportar tot freis e flac. 
Lors li fait leiz son feu un lit, où jac; 
Done-Ii veneison , peison de lac. 

Guerart se regarda e jut envers , 

E non ot sor les os fors cuir e ners : 

« Las! quels ovres ai faites, tant lai me mers! 

Folsques , Landris, Tiebert cil de Nevers , 



I)E ROSSILLON. 36l 

Bernarz, Folchier, Segiiin, Bos e Gilbers, 
Pois vesqui après vos, molt fui culvers. » 
E sa bone moillier le cap li ters : 
<( Car seigner, Jesse estar l'enor que pers; 
Karse tu quelz en grat, meillors conquers.» 
Pois li despont des saumes David treis vers, 
E conte-li de Job qui fu Dex sers , 
E son sarmon où dist saint Rogebers 
Que ce fu un miracle granz et apers 
Que Dex fist por ceste conte qui tant fu fers ; 
Quar s'il ne fust faidis e tant desers, 
Jà ne pjftist del mal ne fust convers. 

Qui vos acoutereit les encombriers 
E les fains e les seis , les destorbiers, 
Eissi com dit l'escrit qui est as mostiers , 
Vint e dels anz fu pois li fors guerriers 
Qu'il n'en a de sa terre quatre deniers, 
Ainz est en Alemaigne donc fulchiers. 
Un jor enlre en un gaut granz e pleniers , 
Et oït une noise de carpentiers ; 
E soït tant la voiz, par les ramiers, 
Qu'il troba à un feuc dels carboniers. 
Li uns fu grans e laiz e tainz e nierz, 
Et a non Garin Bruns, l'autre Rainiers. 
Cil fu unz petitez, uns ramponiers : 
(( Amis, dijaz, don es espenadiers? 
Quar portaz is carbon , seiaz coliers , 
E seiez del gaaig dreit parçoniers. » 
E G. respondit : « Don, volentiers. » 

.G. sont li dui, trei compaignon; 
Chascun a pris son sac, li quens le son; 
E sont eissu del bois par plain çampon. 



362 GÉRARD 

Vienent en Aurilac, soz Troïlon ; 
Chascun sisain denier vent son carbon. 
.G. veit logaaig, semblat-li bon. 
Cil n'en ont plus de lui mie un boton. 
Or li dont Dex ostal e teil meson _, 
Par quei poisse venir à garison ! 

Es rues d'Aurilac , en la sobriere, 
Aveit unemeson piuque estramiere : 
Là herberge .G. chiés la sauniere. 
C^est une veve feme, bonealmosniere. 
De lui firent servent e chamberiere. 
.G. seit bien d'Ardene la grant charriere, 
II abone vertu forte.e pleniere , 
E va sovent la rue où herbergiere. 
lluecfu la contesse taiUandicre , 
Qu'onques ne fu de mains teil fazendiere. 
N'i a donne tant riche ne la requiere , 
De ses ovres à fere ne la profiere ; 
E dienl cil danzel e gent legiere , 
Parolent son oient et en deriere : 
« Esgardaz la biauté c'a carboniere ! 
S'es vilains de carbons ne la fausniere , 
N'éust tant bele donne dedinz Baiviere. 
Corteise e proz e gente e bone ovriere , 
Por qu'as pris à mari carbon faisniere ? » 
Ele respont , qui fu feme parliere 
E qui bien le sot estre e mençongiere : 
« Saigner, merci por Deu e por saint Piere ! 
Troba-mei orfenine , povre bregiere., 
E príst-mei à moillier, Dex le li miere î 
E pois me fist aprendre à costuriere. 
Ne sai plus gentils hom de lui oìi quiere 
Qu'jl n 'est pas de çà mar d'iste ribiere ; 



DE ROSSILLON. 363 

N'i a un tan felon de male tiere , 

sa dolce reson tot ue V conquiere. » 

Li gaaig del carbon vient par talent : 
Cil le font , il le porte e si le vent. 
Vint e dels auz se tint cissi vilinement , 
De si qu'à une feste , quarem-pernant. 
Vasal qui deit quinteinne , le jor la rent. 
Vaitlà Ji dux Jociaumes, li dux d'Aiglent. 
.G. la vait veeir e Tautre gent , 
E fu loignet des altres eti son gisent , 
Entr'es braz sa moillier, qui car le tent. 
La donne les vasals vit bordissent , 
E membre-li de loig delnorriment.... 

(( Trobé ai bon conseil que te dirai. 
Demain sera disvendres , par Deu le sai. 
Enquenoit ìa réine en cerche vai. 
Quant sera al mostier, annaz-en lai, 
Baille-li cest anel que te dorrai, 
Que ele vos dona de cuer verai 
tot sa druerie , veiant Gervai , 
El gonfanon de France e Bertelai. » 
— (( Sire , tu el me baillas , ge V te gardai ; 
Par besoing que usson , onc ne l' laissai. » 
E. G. responcieit, quar bien le sai : 
« Pois que vos le volez , là m'en irai. » 

Icel jor est passaz, e seirs venguz , 
Que la noit fu meiade, lor loi chaiiz. 
Idonc fu grant la noise e le tambuz 
De moines , de chanoincs , de clerz menuz. 
La réine à mostiers vait piez toz nuz ; 

1. II manque ici un feuiUet entre le ^i'' et le ^a'"» 



364 GÉRARD 

E .G. se leva, là est venguz , 
E la réine orot soz Tars voluz; 
Bien prof de lie se traist, ne se fist muz: 
« Donne , por araor Dé qui fait vertuz, 
E por l'amor des sainz qu'avez quesuz, 
E por l'amor .G., qui futes druz, 
Donne, te quier merciz que tu m'ajuz. » 
La réine li dist : « Bons hom barbuz , 
Que savez de .G.? qu'est devenguz?» 

— « Donne, par toz les sainz que vos preiaz, 

E por l'amor de Dieu que aoraz , 

E par iquele Virge dont il fu naz , 

Se vos . G. le conte ci veiaz , 

Quarmedijaz, réine, qu'en feriaz?» 

La réine respont : « Bons hom barbaz , 

Molt fazaz grant pecbié qu'en conjuraz. 

G'i voldreie aveir mis trente citaz, 

Por quei li quens vesquist et éust paz 

E trestote l'enor dont fu gitaz. » 

Donc s'est li quens de lie fait plus privaz , 

E bailla-li l'anel e dit: « Veiaz ! 

Ge fui Guerarz , cel conte dont vos parlaz. » 

E quant el tint l'anel, connut-l'assaz. 

Onques là li divendres n'i fu gardaz , 

M aintenant fu .G. set feiz besaz. 

Apela Aimar, clers bien letraz : 

« Iquist est de la terre dont je fui naz , 

Et apartient à raei ses parentaz. 

Querrez-mei lieu aese, se 1' m'enmenaz. » 

E cil dit: « Volentiers. » Là est annaz, 

Font ses danzeles totes traire à un laz. 

Ore baise .G., pris-lo par col; 



DE ROSSILLON. 365 

E fu-li bon asaz , qu'amer lo sol ; 
E trait-la une part desoz rarvol , 
E demande-li ce que oïr vol ; 
E, si com il li conte , ele en a dol. 

(( Seigner, où est ma suer? — « Donne, là 

En Tospital Hervieu l'esberjador. [puor, 

Je non vi onques donne de sa valor. 

De mil vies n'oguisse pas la menor; 

Mais ele m'a gari par sa dolçor 

Et son bon conseil et o s'amor. 

El' m'a fait çà venir o grant poor. » 

— « Don. ne vos esmaiez, quant ge ai la flor 

Del consel de la cort l'emperador. 

Tant bon aveir de pris e monador 

Lor ai donat, que m'aiment grant e menor ; 

E ne querez janiais mainlenador, 

Se a iquist besoig ne vos secor : 

Tot iteil com ge voil ai mon saignor. 

Apelez Bien-Assis, lo contador 

Del mostier de la croiz al Salvador. 

— Herbergiez ist romieus, lui e s'oisor; 

De ma terre fu nat, si 'n ai tendror, 

E furent d'un lignage nostre anceisor. 

E si el faites eissi por meie amor, 

Que ne l' sachent Jà fors cel gabador, 

Chevalier ne servent losenjador. » 

E cil dist : « V^olenliers. » De joie i cor, 

De ses chambres les met en la gentor. 

Là entre la réine e sa seror , 

E remeistrent defors li mentador. 

Ne vos i voil acontar le doel, le plor ; 

N'en partit la réine ainz vit lo jor. 



366 Gérard 

Adons fu li divendres que Dex trarais. 
La réine apela lo bibe Ogis : 
(c Seigner , preiaz le rei e ses amis , 
Por Deu , que le mesfet d'iquest chaitis 
Qu'il a deseritat e fait eschis , 
Pardont malevoiUance ses enemis 
A toz cels qu'it volt mal e morz e vis. » 
E li bibes lo fait à son devis, 
E parole o le rei com hom pervis. 
Ainz qu'aorast la croiz oíi Dex fu mis, 
Li otreia li reis quauque li dis, 
E pardona eissi com li requis. 
La réine manda ses Bons-Assis : 
Or puet .G. tornar son plor en ris , 
C'onquor iert de s'onor poestadis. 

Lendemain fu dissades, dies pascaux , 
Que li reis fu baigniez , tonduz e raux , 
La réine vestue de pailes taux , 
Ne véistes meillors, vermelz ne blaux ; 
E vient devant le rei, dist-Ii soax : 
« Seigner, oiaz un songe , qui toz est faux. 
Enoit m'estoit avis, as ainzjornaux, 
Que quens .G. veneitpar mie uns vaux, 
Et entra çà dedenz par ist portax ; 
E juroe^sor sainz, com hom leiax , 
Jamais tant com il fust uns hom carnaux , 
Ne nos vendreit par lui noise ne maux. 
Portendue ert ta sale de nos dossaux , 
De pailes, de tapiz e de bancaux , 
Et estoit de ta cort chiés seneschax. » 
— « E Dex ! ce dist li reis, quar fust-iltaux! 
Ge voldreie que fust vis, sains e saux ; 



DE ROSSILLON. 367 

E per oc si me fist guerre mortaux, 
E fist mei les siens mil dels coraux. » 

— «Seigner, distlaréine, donaz-m'undon : 

Que tramete saveir s'est vis ou non , 

Quar Tautr'ier oï dire conte Draugon 

Que oncor est toz vis el regne Oton. 

Reis, laisse-le venir en ta meson , 

E por Dex e por mei li fai pardon , 

Et il le servira à esperon ; 

Quar tes hom est, li mieldres de ton reion.» 

De son eslant s'est mise à genoillon , 

E prist-Io par la jambe e par talon , 

E tocha-i sa boche e sa façon ; 

E li reis l'en dreça, ne li fu bon, 

E de quanque li dis non dist que non. 

Paritant I'en a faite l'otreieison, 

Qu'il quida qu'il fust mort soz Rosillon 

(E fu naíTrat el piz, soz le menton) , 

Entresqu'à lendemain qu'acordé son, 

Que molt se repenti d'iste razon. 

Lendemain fu la pas, que l'en s'esjois. 
Le rei à Sainte-Croiz la messe oï. 
Quant aporta corone e fu assis , 
E quant il ot manjat, passe midis. 
En mie la sale estendent un noés tapis 
Desor un faudestuc à or massis : 
.K. li reis de France s'i est assis, 
Joste lui la réine qui 1' semonis. 
Les contes ol mandez e les marquis , 
E li reis drece en piez , à toz le dis : 
« De .G., d'icel conte quifu faidis, 
Bien avez oï toz qu'il est feniz ; 



368 GÉRARD 

Or li pardont chascun qui rien forfis : 
Plus soeif en sera son ame en paréis. » 
Tuit li ont otreié quanque lor quis, 
Fors li qucns Âimar et Aimeris , 
Qu'il vainquit en bataille, lor fraire ocis ; 
Enrri del destre poing moignon \i fis. 
Celui li pardona molt à envis. 
« Aimar, dist la donne , clerc de Paris , 
Prenez drap de chainsil e vair e gris , 
Et aunques tost corant chiés Ben-Asis. 
Le romain e sa feme me revestis , 
Amaine-le çà sus. » E cel si fis 
E l'amaine el palès par marbre bis , 
As degrez de la sale , au deis Tasis. 
Créue est molt la barbe e blanchesis , 
Et avient-li molt gent sobre le gris, 
E ne quida jà hom lo connegris; 
Mais lo rei lo connut al plenier vis. 
Del maltalant qu'il ot tot negrezis ; 
Lo pardon qu'il a fait, de Deu maldis , 
E claime la réine enganeris. 

Quant le rei veit .G., si s'en irais; 
Apela Otoer e Bertelais 
E lo conte Aimar et En Estais , 
A une part les traist de son palais : 
« Seigner, est bien .G. fel e malvais? 
Sor mei s'est embatu cest gloz pugnais. 
Ge non quit qu'en ma cort gaires estais : 
Demain le feraipendre à Mont-Gelais. » 
La réine en guigna cons Bertelais : 
U vient à lie corant sempres d'eslais. 
Prist le rei par ìo poig, vers sei le trais : 
« A! seigneur reide France, amis, quefais? 



DE ROSSILLON. 869 

.G. vient çà à nos, non seit-on mais. 

Reis, si tu vels, si 1' pent ou le desfais , 

Por oc si jurera sor saint Gervais, 

E dorra mil ostages, qu'en ta cort lais, 

Que jamais ne vos faille por rien qui nais ; 

E ge lo plegerai et En Estais , 

E tot li chevaìier de si à Ais. » 

En cel leu la réine lo Lec li frais , 

Tot ce li fait li reis que velt e mais. 

Adonc sont pardonat ire et orgoil : 

(c Rendez-li terre plaine , borc sanz cadoil ; 

Pois non aura en France, ce quit, regoil. 

Qu'en metrie lo siege de fors al soil , 

ïenez-mei al malvaise, se camp non toil. » 

E li reis li respont : « Eissi lo coil . » 

Là li rent terre plaiue per un raim foil. » 

Li cons per raim del rei receit son fieu, 
E clina-li parfont d'entresqu'al pieu. 
Li reis non est tant fel qu'il ne Ten lieu : 
« Seigner, de m'enor est Folque e li sieu, 
E de ceste citat tuit li Judeu. 
De I'enor, s'il la tient, non m'est à grieu ; 
Mais sol Folcon me rent por amor Dieu. » 
— « Par mon cap ! dist li reis, non gins tant 

[lieu.» 
A tant noves li vienent par un corlieu , 
E cil dist les paroles, qui list lo brieu. 

Cil reconte les noves, qui lo brief lez : 
« Elinant e Golgas e Guingenez, 
Jaguz et Enissanz et Agenez 
(Li sires de Bretaigne od icez ez) 

a4 



3^0 GÉRARD 

Vos tolent Saint-Micliel e feront pez , 
Se ne garnis le port par les destrez. » 
A tant monta li reis e ses consez. 

Li reis s'en ist lonc Lcire enz el sablon , 

E sonto lui si conte e si baron, 

Li dui fil Audefrei e conte Aimon , 

E li quarz Aimeri qui tient Noon , 

E li autres Bernart qui o ès s'apon ; 

Movent del duc al rei male tençon : 

« A saigner ! com i faiz grant mesprison ! 

Nostre paire ont mort is Borgaignon , 

E tu retiens .G. e fais pardon. » 

— (c La réine, seigner, me fait içon ; 

Par oc non est mes hom ne pois ne fon, 

Qu'il me fist de ma gent ocision. » 

Premiers parla Oldins qui tient Noon 

E treis citaz lonc mar e Port-Andon : 

« Voslre niece, la rosse, au ranc talon, 

Qui fu fille Tierri au ricbaron , 

Qui por la mort son paire vos quist Folcon, 

Qui si fraire aveit mort en traïson , 

Quidastes qu'en presist la vengeison. 

EI aime tant son cors e sa façon, 

Si s'en foï lui en Auridon , 

En une tor bien haute , en un coron. 

Es gaus d'Ardene siet sobre Arguençon. 

Fait-Ii boies d'argent , non dc laton . 

Iqui I'a pois gardé en tal prison , 

PÍus soeif le norrist qu'aigue peisson ; 

Et ama assez plus icel gìoton 

Que le cotjte d'Ausis ou cel Breton 

A cuivos en féistes par nos le don , 

Qui ore nos en muet guerre etençon. 



DE ROSSILLON. Sjl 

Mandastes qu'cl rendist, el dist que non. 
Non laisseron d'entor ne d'environ, 
Çà seront ajostat iquil felon ; 
Damage e hontes iert de grantrcson. » 
E .K. respondit : « Ge 's abandon ; 
Mais de .G. non voil retraction, 
Tant com iert en ma cort n'en ma meson ; 
Mais pois s'empartira. Qui guerredon 
Li reudra de son mal, ge li pardon. » 

Bretanz de Val-Olec, le filz Begon, 
Cosin germain .G. e dan Folcon 
(N'otmielz enparentaz en celreion, 
Ne mielz emparentaz, que paire fon), 
Quant oit les paroles , non li fu bon, 
Partit de Tost soeif el à larron, 
Si es venguz en la chambre on .G. fon, 
E ce que là oï ce ior despon. 

Don laissa en la chambre fors queseiquart: 
« Réine , pren conseil e grant esgart, 
Car tuit si enemi sont d'une part, 
E li reis en creit bien cel plus gaignart. 
Alpais por dan Folcon movront regart 
Del siege mettre à brieu, non mie à tart.» 
La réine respont : « Dex les en gart 
E dont de garison enging et art ! » 

E .G. quantroït, otgrantpoor, 

E la contesse ç'oï qui ot freor : 

(( Ne vos esmaiez mie, suer de Aalor. 

Quant li reis nos gita de noslre honor, 

Si me dona tot l'oscle à ma seror, 

Dijon e Rossillon, castel e tor, 



372 Gérârd 

CasteiJloD, Mont-Ârgon e Val-Color; 

E g'es ai si gardaz o grant vigor, 

Repleni e garni de grant ricor, 

En icez non avez conlraditor. 

Ge Tos dorai chevaî tant movador, 

Oltre mar ne deçà non cuit meillor ; 

Et ai ensemble o mei un venador 

Qui fu del norriment nostre anceisor : 

Cil nos enginera à la brunor, 

E meneron Bertran e ma seror. » 

Aiqui es le manda , et il là cor 

toz ses quatre filz qu'ot de s'oisor. 

La réine apela le viel Droon : 

« Qui seit annar perbois à RossiUon, 

D'iloc anne noittresqu'à Dijon. 

Or me gardaz is conte par guerredon. 

Oncor serez ses hom, il vostrc don, 

Qui sont quatre milliers , chevaliers bon. » 

E li cons le receit e pramet don, 

Quar del plus povre fist rique baron : 

« Ci ne covient, dist Droe, longue razon. » 

Font-li vestir gonele e chaperon , 

E fait venir Balçan Tarabion, 

E li cous i monte fors al perron, 

E prist un berserez triés son arçon ; 

« Ôr en annaz à Dieu benéiçon, 

Dites que reis demande venation ; 

Mais iquiste que quier est fors saison. » 

Vont s'en par la citat tot à bandon ; 

Et quantfurent al bois al sens Droon, 

Chevalchent tote noit que die fon, 

E passeirent lona au gar Salon. 

Pain e vin e cibade prist à foison, 



DE ROSSILLON. SjS 

Aunent-sei el bocs laz un perron, 
Fait maujar ses chevals e li baron 
E dormir un petit, qiii li seit bon. 
A itant sont annat à Rossilon. 

El broil soz RossiUon, en un vcrgier, 
Est descenduz li quens de son destrier : 
« E qual là feron ore , mi compaignier? 
Si atendron Bertran e ma moillier, 
Ou trametron laienz un mesagier, 
Por savoir de la gent lor desirier ; 
Car de Folcon secorre a grant mestier. » 
— « E dons, respondi Droes, ice vos quier. 
Ge irai, merrai mon fìl Auchier, 
Qui çà vos noncera ce que là quier. » 

Droe entra el chastel sor son cheval , 

Mil en troba as tresches e mil au bal , 

E trei mile borgeis per lo carnal , 

E treis cenz chevaliers, tuit proz vasal, 

Qui de joie e de geu sont communal ; 

E quant virent Droon, parolent d'al : 

« Dinoves, si tu seiz, de cort reial. » 

— «Volentiers, de .G. bon e leial. » 

— «Va, tu nos escharnis e fais grant mal. » 

— «Ânceis vos di tot voir, par saint Mical ! » 

E fait lire lo brieu Begon bigal ; 

E cil briés dist à toz : « Que Dex vos sal 

De par .G. le duc, le ric vasal , 

Cui li reis a rendu s'onor cheval ! 

E la réine mande al seneschal, 

Cil qui sont au chastel aillent aval 

E delivrent .G. al duc estal. » 

Ici ot si grant joie c'onc u'oï tal. 



374 GÉRARD 

Quant oïrent parlar de lor saignor, 
Non i a tant felon por lui non pior : 
« Seigner, quant le verron? di-nos lo jor.» 
— (( Vienge enconU'e quiTaime, qu'il vicntlà 

[por. 
Es vos e moigne e clerc Saint-Salvador, 
Font-li procession com à saignor : 
E vos venez o mei , chevalchador. » 
Après lui sont eissu devers pontor, 
E ses filz premerains à .G. cor, 
E conta-li quel joie fontpor s'amor. 
Li quens monte el cheval , il contre lor. 
Li demaine le baisent e li conlor 
E borseis e servant e vavasor ; 
N'i a paubre ne rique Dex non aor. 

Cels baisent à cheval e les plus druz , 
E danzels galobiers et encreguz. 
Après descent à pié o les menuz ; 
E quant les ot baisaz e fu venguz , 
A la proccssion est recebuz ; 
E quant fu forz eissuz des arsvoluz , 
A toz lor rent mercis e granz saluz; 
Et il li dient tuit : (( Bien es venguz , 
Quar toz nos as gariz et erobuz. 
Les 'traïtors avon morz e vaincuz , 
Por quei li reis fu vers nos irascuz. 
Jamès non ies par home jor conquesuz. a 

— (( Bone gent, dist .G., que tal non fon. 
Toz dis m'avez serviz comme baron. 
Jà ne fusson conquis par rei KarIon, 
Si n'éust fait Richiers la traïson. 
Un servise vos quier par guerredon , 
Que trameteiz viaz tresqu'à Dijon^ 



DE ROSSILLON, SŷS 

Que viengent chevalier e li peon , 

E cil de Mont-Argon, de Casteillon. 

E vos , li mien ami de RossiUon , 

Mandaz trestoz icelz par quei semon 

Et à si grant besoig cum per Folcon 

Mon nevo delivrar de sa prison, » 

E chascun li respont : « Ce amisson , 

Jà n'en troberez un qui die non. » 

Et Odins e li soen a fort semon 

Por aler mettre siege à Audridon. 

A Maante tramist et à Noon , 

D'ambes parz Tont empriz par contençon ; 

E la réine bone en fait son don. 

Par .G. s'esjoïssent li Borgaignon, 

Car Dex Jor a renduz , mot lor sat bon. 

Avant que departist de son conseil , 
Où que réine sot vasal danzeil, 
Tramet-li son argent et or vermeil. 
De donar sont ses tors e si damteil , 
Jà de ce donne à lie non s'apareil. 
E preia à chascun que l'apareil 
Si com d'annar o lie egal soleil ; 
E commande à Bertran matin l'esveil : 
« Or verromes quau sont nostre feeil. )> 

Nof conte sont al rei, e lor trei paire 
Nevo furent Tierri e germain frere , 
E vont iste razon au rei retraire : [reiaire , 
c( Seigner, Bertran vell estre vostre guer- 
E cuit que part de vos com íìst son paire. 
Quar semon de ta cortquanque puez traire, 
N'i remaint chevalier ne guerreiaire. » 
La réine responl : « Ne durra gaire , 



376 GÉRARD 

Que merrai ma seror en son doaire. » 

Et Odin en jura ber saint Hylaire : 

(( Se de mon enemi est or guaire , 

Ge li ierc, quant porrai, contraliaire. » 

La réine respont : (( Non dites, fraire. » 

Idons parla Pepins, ses filz li maire, 

Com danzels de quinze ans, de bon viaire , 

E saives e corteis e debonnaire : 

(( Cil qui corrocera mi domna ma maire, 

Si gart de mei son cors e son repaire. » 

Por iquest mot se targe li emperaire. 

Annaz sont tuit al rei conte e contor ; 
Ânceis que .G. tort en son henor, - 
Li feront, si com dient, de mort poor. 
Merci Dé e Bertran le venador, 
La réine qui sot choisir la flor. 
Bertrau fu chevalier, non sai meiUor ; 
Quint e cinc nevoz de grant valor 
(De fraire e de seror, non sont loignor), 
E dels cenz chevaliers, bon vavasor* ; 
De sa mesnade sont bon fereor. 
Quant les noves oï, sempres là cor : 
((Evos, que demandez .G. seignor? 
Cuidaz l'aveir trobat comme pastor? 
Li reis Ta retengut, hoi est lo jor. 
Vos porparlaz sa mort , tuit li meillo[r] ; 
Ne convient à conseil d'emperador. 
Franceis ne Borgaignon n'en ont amo[r]. 
Se il ont morz noz paires, e nos les lo[r], 



1. A partir du folio 49 'ecto , où nous sommes arrivé, 
jusqu'au folio 52, le volume est rogné de telle manière que 
la fin et le eommencement d'un grand nombre de vers out 
été enlevés. 



DE ROSSILLON. Z']J 

Ne devez refreschir tant vielle iror. » 

— (( Bcrtrau, dist la réine, n'i ait gramor. 

Pois que li reis ne l'velt ne li meillor, 

Ne vos faz de .G. plus guiador; 

Mais ge rendrai son oncle e ma seror; 

E se li quens i vient en Dé amor, 

II le herbergera com son saignor. 

E ge la guiderai demain au jor, 

E menerai o mei mon fiìz major. » 

— (í Par mon cap ! dist li reis, nis le menor ; 

E ge merrai Bertran qui me secor, 

Qui tient par ton conjat de mei s'enor. » 

E ]i reis d'ire mut de sa color; 

Mais non velt descovrir sa grant folor. 

Odins a trait li reis des altres loing, 
Apela ses cosins e cels que soing : 
(( A ces mestiz Franceis , demie Borgoing , 
Nos fait ce apereir I'orgoil d'Autoing. 
Reis, de parlarmi donne tant vos ai[ng], 
Que tot vos a tornat en altre coing. 

ÍTrop a g]ran dont del run entresqu'al groig; 
Bien fait scmblant] de terre ne d'el n'eit 

[soing, 
[Qui si grant] enor gite hors de son poig.» 

La réi]ne leva quant jor parès, 
Mon]te, lie e sa suer, ès palefrès ; 
'E .V. ce]nz chevaliers.issent d'Orlès 
([Toz le so]rdeires fu vasal cortès), 
. . . plusors a donc conquès. 
"E passen]t les agaiz que .G. mès, 
'E sont iss]iz del bois e d'Orlenès. 
La réin]e herberge en Herupès, 



378 GÉRARD 

[Et a dit à] Bertran que ne li pès 

[De chevjalchar la noit, quar mester ès : 

« [Portetz A]upais is brief e siaz mès 

Qu'eu li da]rei Folcon, que hii pramès. 

Par lui] me velt grantmal la gent francès. 

Per tota m]on honor, si m'aït fès , 

Ne voil] qiie V tienge Odins, doné lor ès. 

E dites-mjei .G. que n'i augès, 
. . . ison i a ge i tramès, 
[E non] remaindra un c'armes adès, 
. . . t clerc ou moigne ou viel borgeis. » 

E Bertransl li cUna, e rent mercès ; 

E quant sej part de lui, s'est esdemès. 

Molt trojbe bien garni BossiUonès 

De cinc cjenz chevaliers, ohiaumes frès, 

De .X. m. ] que servant que bons borgès; 

De quanque lo]r quier .G. rien ne sofrès. 

[Bertralnz parle à .G. e dist Droon : 
(c [Portjaz Alpais is brief e dan Folcon , 
Que facent tot ice qe il despon. 
Ge irai après vos à Audridon; 
Ensemble mei iront mi compaignon 
E cels de cest honor e de Dijon. 
Fai guidar Baldoin al conte Odon 
Deus ligueiesmoltgrandes delbois d'Aro[n]: 
En cel bois remaindront tuit li peon.» 
— (( Irai-i, dist .G.; sire, vos non. 
La réine vos mande non est sazon , 
Que li reis ne le torge à achaison ; 
Ele tient ist affaire trestot por son. » 
E si ont ajostat e font razon 
Bertelme de Brivant et à Guion ; 
Icil fu filz Folchier à ric baron. 



T)E ROSSILLON. 879 

E Droes vait poignant à Andridon; 
Mès devant ce i fu li mès Karlon. 

Li mesagiers Rarlon dit à Alpais : [Ais, 
« Rarles , tes oncles , mande que viens à 
Qu'il te dora marie le duc d'Ausais, 
Ou li quens desBretons qui est proz e g[ais], 
Qui li mut par tei guerre donc sera pais; 
E tu li rent Folcon, ne i'tenir mais.» 
— « Dehé ait se 1' vos rent oncor Alpais ! » 
— « E li reis te movra ire e pantais , 
E t'enveiera siege ainz que sol bais. « 
— « Mesagier, va de ci, trop me fais lais. » 
E Beraz Bruns s'en torne, o lui s'irais , 
E vait dreit à Odin qui le retrais. 

Con li mès del rei ist, li .G. enl[re]. 
Cele qui fu en haut le veit dcscendr[e] . 



"De paorl li trembla le cuer el ventre ; 
'Fait lesj portes fermar , vait les cleispren- 

[dre : 
(([E qual le f ]erez ore, Folque, chier sendre, 
[Que l'ensajgne voijà lespoisporprendre?» 
— «[No sai , so] respont-il , auquei deffendre, 
'Com cel qui] est segurs de mort ou pendre.» 
II vait] vestir osberc, espade cendre; 
'Mcilhor]s vasals non fu por autre atendre. 
"Ço dist: «] Mielz voil morir que lais vis 

[prendre. » 

1. II paraît manquer ici une ligne au commencemeDt 
du folio 5o verso, aussi bien qu'en tête cies autres, qui ne 
renferment que vingt-neuf vers et paraissent avoir été at— 
teints par le ciseau durelieur. Une autre main semble avoir 
pris à tâche de réparer cette imperfection , en traçant au 
pied de l'original des vers , reconnaissables à la pàleur de 
ì'encre. 



38o 



GÉRÂRD 



[Folques]voit qued'ensaignes quien haut 

[vente : 

« [Dam]e, quidez-vos mie que ge vos 

^ [mente ? » 

— c< [Trop ai,] Folque, en vos faite malvaise 

[atente ; 
Perdut i ai] mon tens e ma jovente. 
Per v]os me fu ma gent tant malvoillente 
"Que non a]i de m'enor avoir ne rente, 
'Ni non a]i les vasals dont vos deífende. » 
'Ab la paor] qu'el a dont s'espoente. [gentc. 
Drogues cri]e à la porte : « Laim'intrar, 
Telz saluz] vos aport, joie presente. » 



"Quant a auz]i Droon son connoissent , 
Li vai]t la porte ovrir, per poing lo prent : 
«Drogues, quel]snovesseisquisontçà gent? 
La mai]naae .G. qui por tei vent , 
Que tramet l]a réine , qui vos atent, 
Où es? » — «A R]ossillon, elmandement. 
'Tien cest] brief de sa part, que te present.» 
'De joie] le baisa, quant le brief prent : 
'«Dis-tu v]oir de .G., si Dex t'ament* ? » 

Ele vient à Folcon caire rient : 

« Folque, noves t'aport à ton talent, 

De par .G. le duc , nostre parent. » [ment.» 

— « Trop m'escharnis , danzele , vilaine- 



i.Au ba« du feuillet 5o verso , on lit ces vers, écrits 
par une main postérieure, probablpment du Xiv siècle : 

Si veit venir Bertran de loig soentre, 
De joie li tranbla le cuer el ventre, 
Fait les portes fremaìr, vait les c. 



DE ROSSILLON. 38l 

E qnant Folques roï, trop s'en irais : 
« Trop m'escharnis, danzele, grant pe[chat 

fais]. 
Morz est li quens .G., ne 1' verrais mais. » 
Bailla-li le seel, et il le frais ; 
E quant il l'esgarda, ris l'en li cais : 
« Iquestbrieuditmoltbien, s'el estve[rais].)> 

— <c Don, grant valor te creist e joie à fais. 
La réine chevalche , vient à eslais , 
Quide .G. au rei cerge la pais. 

(( A Rossillons , où est , dins lo palais , 
Là te dora à mei , s'à lui t'en vais. 
Avantmejurerasparsaint Gervais [mai?.])) 
Qu'à moiJlier me prendras ainz qu'isses 

— (( E ge r t'affi, danzele, par fei tebais. » 
A tant monte Bertran sus par relais , 

lui cent chevaliers tels com li plais ; 

E Folques quant lo veit, teil joie n'otmai[s]. 

Bertran lor demanda : (( A-i content?» [ent]; 

— (( Nenal , ce respont Folques tot queiem- 
Mais ele mc demande un saigre[ment].)) 

•— « Seigner, s'el en quiert un, si l'en faice[nt].)) 
En sa capele entra, un salter prent 
Et un texte entaillat d'or resplende[nt]. 
Là li jure quan velt à son talent. 
El embraça Bertran e dist rient : 
[« leu m'e]n von à mai itant povrement, 
Aveir no]n port o mei, or ne argent, 
'Pali, s]amis, ne porpre n'aornement. )) 
'E Bertransl li respont, qui bien entent : 
'« Vos si faitjes grantbiauté e bon cors gent. 
'Anem-lnos-en viaz, non faites lent. 
"Mesagejs m'est venguz cointadament 



382 



GÉRARD 



ÍQue por t]a damage vienent tuit ti parent. » 
Aqui pljorent danzelcs e li servent : 
« [Nos, ore] que feron, chaitif, dolent? » 
[E .F.] quant l'oït, pitié rem prent: 
cc [Cest ch]astel vos otrei en chasement ; 

E si perde]z icest, meillor vos rent ; 

E venre]z tost à mei segurement , 
[Quar je n]e vos faldrai à mon vivent. » 

Bertrans Ija prent par braz e l'en descent, 

E mont]e en un cheval amblant moven, 
'E prentj Balçan par le frain, Folcon le rent: 
cc [De part .G.] le duc le vos present , 

Auc non] vi mais si bon ne si corent. « 

.F. i] saut de plain, qu'estrieu niprent ; 

E disent] chevalier e l'autre gent : 
c( [Cest a gajrdes éues à son talent , 
[Non a p]ris en prison affolement, » 

Car Baljçan fu chevals balçans e bais ; 
"Fu dejmis arabis, l'autre raorais ; 
'Non a tajnt bon cheval de Rome à Ais. 
'Li vassalsjest tantbons, rien n'i soffrais ; 
"E li matilns fu clars e tens de mais, 
'Du soloijl resplendist sor els li rais , 
E li cans des oisiax, e vit Alpais, 
Et a de pensement perdu l'engrais ; 
D'aligrance e de joie fait un eslais : 
(( Ge vei treis gonfanons, dist Bertelais. 
Viaz, franc chevalier, passaz hoimais. » 
Folques dist à Bertran : cc Que m'enrclrais? 
Si avon chevaliers, poi soffrir fais. » 
— c( Ne véistes meillor par toz essais, 
Et autretant d'agait el broil de Clais, 
E dez mile peons , ce quit, e mais. 



DE ROSSILLON. 383 

Li passages est fiers, e granz li plais : 
S'il passeiit après nos, grant joie nos fais , 
Et as lor, se Dex plaist, ire et esmais. » 

Set chevaliers trametent contre cels treis, 

E tolent-lor l'angarde, e furent meis. 

Virent les lor armar el val espeis , 

A Folcon sont venguz mesagiers treis : 

<( A doble sont de nos ce qu'en pareis. » 

Bertran dist à Folcon : « Passez anceis 

E menaz çà danzele très Audefreis, 

E parlaz à icels de Dijoneis , 

A cels de Rossillon rendez merceis , 

Qu'i sont li chevalier tuit e borgeis. 

Quantvéu nos auront, joie lor creis, 

E seront tuit membrat si à toz eis. 

Bien sai où nos tendiont iquist Franceis, 

E nos enchalceront iquist corteis. 

E por oc ne sont gaires de chevals freis, 

Quar bien ont faitgrant cors très Orleneis. 

Gardaz n'isse l'agait delbois espeis 

Très qu'il auront mon cor oï treis feis. 

Dites-lor qu'il manaient les lor genz preis, 

Kar par istprisonier plaideut genceis. » 

Folques passa lo gau e lo mareis 

E loplain tresqu'au bois où l'agait eis. 

Iqui garda Alpais, Droe e Geífreis. 

La forest fu de fox noviax foilluz, 
Où l'agait des danzels est descenduz. 
Onc mais hom tant joïz ne fut véuz 
Com est Folques quant fu entr' els venguz : 
« A seigner quens, com t'es si contenguz 
En ta longue prison don est eissuz ! » 



384 GÉRARD 

— «Merci Dieu et Aìpais, à qui soi druz , 
Oiiques n'i empirai ne ma -vertuz ; 
Mais pernez tuit les armes e les escuz» 
E seit cliascuns vasax apercebuz : 
Uns tals assax nos est aparéuz 
Dont li plus povres iert toz erobuz , 
Qu'Odins e suens nos ont tant perseguz 
Qu'il passent d'Argençon guez e paluz. » 

— c< Seigner, puet estre voir? » — « Ge's 

[ ai véuz ; 
Mais gardaz non seit faiz ne criz ne huz 
Devant qu'aiez deus moz d'un cor éuz. 
Pois isaz e ferez des fers moluz ; 
E gardaz n'ociez les retenguz : 
Par les prisons trail Ten de guerre aluz. » 

Quant Folques vient à els, biau les chastie, 
Rent merciz e saluz, molt les convie : 
^ « Franche gent natural , bone e hardie, 
Qui por mei est vengue tal compaignie , 
Dex vos dontfaire enquore qui bien vos siel» 
Tote la gent por lui s'est [esjbaldie : 
« Sire, qui t'a conduit Alpais t'amie ? » 

— « Qui m'a trait de prison e gari vie. » 

— «Eleo est? » — «Encelboissozlajarrie. » 

— « Grant honor fait à mei , qui la mercie ; 
Mais Odins nos persielt , qui a gent movie. 
E gardaz non fazaz broil ne saillie 
Tresque aurez la voiz d'un cor oïe : 
Donc issaz e prenez grant mauantie. » 

Com il parlat o els, e li vasal 

Li ont asseguré tuit communal , 

Ne li faldi'ont por rien d'estor campal, 



DE ROSSILLON. 385 

As qualre filz Droon ist del boschal, 

Qui furent chevalier proz e leial ; 

E chevalchent vers Taigue parmie un val, 

E virent d'autre part la gent reial , 

E sontmil chevalier par un costal. 

Bertran lor vient lo pas par un canal , 

E Folques li mandat per seneschal 

S'il ne chevalche à ait', raolt fait grant mal, 

Tot li tolt son gaaing d'iquest jornal. 

E Bertran li respont n'atendre al. 

Bertran tient lo passage o ses neboz, 
E parla à Odin à haute voz : 
« Torne-t'en, Odins quens, feras que proz ; 
Quar nos avon agait el broil desoz. » 

— (( Ne vos dot , dit Odins , mie une no/, 
Ainz vos desconfirai e prendrai toz. » 

— (( Odins, ce dist Bertran, fai-noscousence. 
Se Folques prent Alpais , ce nos graeuce ; 
Quinze citaz en oscle, estre Provence, 
Li doiai en Viane, estre Valence. » 

— í( N'en ferai, dist Odins, jà convinence 
Tresque vos aie pris e toz vos vence. 
Dahé ait chevalier qui o autre tence ! » 

E broche le cheval, qui tost se lence ; 
E quant Bertran s'en vait, l'enchalz com- 

[mence. 

Odins passa premiers e si certan , 

E tuitli autre après, c'uns n'en reman ; 

E Bertran lor laissa l'aigue e lo plan. 

Odins a abatu un castelan , 

Trente en ont abatu al premeran. 



386 GÉRARD 

Odins crie à Bertran : « Tuit estes van ; 
Ne vos faldra enchalz hoi ne deman, 
Se ne rendez Folcon e la putan. 
Oiì sont vostre vassal li seguran? » 
Folques là s'aparéîst , sist en Balçan : 
« Vos le verrez , dist-il , tost à parman. » 

E Bertran crie en half : « Seignor Odins, 
Le meillor, le plus rique de noz cosins. » 
— « Pois tant pres, ce dist Folques, est noz 

[veisins , 
Se mais se part de mei , non soi engins 
Si Alpais seie mais druz ne amis. 
Hoimaiz sonaz li cors , Bertran , ensis. » 
Et il si fist maneis dès qu'il Tot dis, 
Fait tentir la montaigne , le broil foïs ; 
Et 11 ot en I'agail ciuc cenz meschis. 
Au contant de I'eissir fu grant hustis 
Des escuz e des lances o fers fresniz , 
gonfanons vermelz , blans e porpris. 
Cil porprenent les chans e les chemis ; 
E la gelde resalt del boil sauzis , 
E guida-Ies cons Odes e Baldoïs': 
Cil tendront mais hoi corz lor enemis. 

Folques fu duiz de guerre et essaiaz, 
E de grant coite faire duiz e membraz. 
Cheval ot grant e fort et abrivaz, 
E ses cors fu hardiz e talentaz. 
E vait ferir Odins qui est iraz ; 
Tal li done en I'escu desoz le braz, 
Li destrés sor quei chiet est peceiaz. 
Treis en a abatuz, torne viaz, 
Fait le prison lever d'iqui où jaz. 



DE ROSSILLON. 38; 

Donc est sobre les autres le hu levaz. 
Bertelais pris Aimon, Bertran, Dalmaz, 
Celui qui fu Noon e Mons-Claraz. 
Quatre contes ont pris qui sont palaz, 
E cinc cenz chevaliers des plus preisaz , 
E les autres gari bois e plaissaz ; 
Les armes , les chevals lor ont laissaz ; 
Assaz fu qui's a pris toz enselaz. 
Hoimais s'en vait segur, qui qui' s raenaz. 

« Bertelais , dist Folcon , un don vos quier , 

Dont tote vostre gent ont graut mestier : 

mei vos vendreiz sempres tuit herbergier, 

Tuit servant e borgeis e chevalier.» 

La nuit le herberja le íìl Folchier, 

Qui lor fait de conduit ostal plenier. 

En sa garde sont tuit li prisonier ; 

E fait Alpais servir à sa moillier, 

Lor disnar al matin apareiller, 

E si fait après sei riere-garder. 

Vont-s'en à Rossillon sanz destorbier. 

Avant que Folques entrast en Rossillon , 

Vient .G. contre lui par un cambon ; 

Primes baisa Alpais e pois Folcon : 

(( Seigner, ge le vos rent par guerredon 

Que r me donjaz à peir, à compaignon. » 

— c(Par mon cap ! dist .0., molt me satbon. 

Comment aveiz-vos faite devision?» 

E Folques respondi sanz achaison : 

(( Lie me doig et otrei e tieng por son.» 

E mandent la réine per dan Droon 

Où li plera que seit l'asembleison , 

En tor ou en chastel ou en danjon. 



388 GÉRARD 

La réine quanl lot, respont que npn , 
Face as borgeis saveir ne s'en move hon 
Tresque prenge conseil de raençon. 
A tant Folques descent forz al perron. 

Descendent al perron desoz un lor, 
Desobre tregetat d'arain un tor. 
Folques receit Alpais, qu'ama de cor. 
D'entre es arçons doraz qui sont trifor, 
La réine là vient ,*lie e sa sor. 
Folques baisa Alpais qui a lo peil spr. 
En une chambre paiute d'azur e d'or, 
Sont venuz as fenestres devers les sor ; 
Parolent de prisons e de lor for 
E d'Odin lo mancnt , qui a grant tresor. 

Folques, .G., Bertran e BerteJais, 

La réine e sa soer, Berte et Aipais , 

Cil furent en la chambre, n'en i ot mais. 

.G. dist à Folcon : « Des pris que fais ? » 

E Folques li respont : « Que mi don plais , 

Qui t'a gari de mort e mei en trais. » 

Bertelais a parlé , e Bertran tais ; 

Onc en .G. lo duc n'en ot esraais. 

Odins a de I'argenl e d'or mil fais , 

E li autre dorout bien tant e mais. » 

E .G de la joie un ris le fais : 

« Quar tu fus filz Folchier, niés En Estais; 

Mon cousin germain ert , bien i relrais ; 

E ge soi recreant trop e malvais, 

Si per poor de guerre teil aveirlais. » 

Par un poi la regine que ne s'irais : 

« Commencier volez guerre, ci covientpais. » 

— «Iquestconseil, distFolques,nonavalor, 



DE ROSSILLON. 889 

E ci metez ma done en tal error, 
Non çà ne remaindront conte e contor 
Ne chevalier de pris ne vavasor. » 
E .G. respondi par grantdolçor : 
(( Jà perdé-ge lo sen e la vigor, 
Quant j'aurai contre lie chastel ne tor^» 
E Bertran respondi : « G'en sai la flor. 
Si ma donne le velt , e vos , saignor, 
Que fiance en aiez d'elz e des lor, 
Se acorder nos poent, c'iert grant valor 
Cun facent pais à .K. Temperador. 
Jà pais non i auront ostageor ; 
E si non poon faire , à mez lo jor, 
Qu'il torgent en prison en iste tor. » 

La réiue respont : (( Bien dit Bertranz , 
E s'il ne font la paiz , les trieves granz, 
Grant amor puet norrir dedinz set anz. 
Ma seror, si Dex plaist , aura enfanz. 
Vos saisirez l'enor qu'avez molt granz , 
Con(iuerrez Borgoignon et Alemanz , 
E Folques de s'onor non est voianz. 
Mon fìlz iert chevalier proz e savanz , 
Qui fera , se Dex plaist , de vos talanz. » 
— « E nos , ce respont Folques , de ses cora- 
ïl iert empereor de Rome abanz , [manz ; 
Pois ne li iert del regne nus contrestanz.» 
Eissi com ele dist le font enanz ; 
Pois aleirent manjar petiz e granz , 
Quar li quens le manda e li escanz. 

El demain sont mandat dinz lc mostier 
E prison e borgeis e chevalier, 
E .G. dan Bertran fait parolier : 



SgO GÉRARD 

« Li dus non a d'aveir tal desirrier 
Com de ramor sis sires , don vos requier , 
Qui estes son chier dru e conseillier. 
Se li faites [ia paiz] de lui e de l'empier, 
Ne quiert de raançon un sol denier. 
Ma donne vos ostage moit volentier, 
Tresque Folcon aura pris sa moiilier. 
Li dus aura conseil molt dreiturier. » 

La noit fu devisat, e lendemaiu 
Que la réine Alpais prist par la main. 
Premiers apele Odins cosin germain : 
« Va, done ta cosine aquest tosain. » 
— « Ne m'en metrai en plai, dist-i), en vain, 
Quar il n'est fait parmei ne nus remain , 
Pieça que fist de lui son castelain 
E qu'il aprist à faire le joc humaiu.» 
Folques dist à conseil al capelain 
Que les sainz li aport là fors al plain, 
E cil Ji aporta soz une plagain. 

E Folques quant les veit, ses mains estent: 

(( Se Dex m'aït, dist-il, omnip'otent, 

Et iquist saint qui sont ci aparent , 

E tuit altre qui sont à Deu servent , 

Que ne jui o Alpais onc charnalment, 

Par que honte i éust ne si parent , 

Ne ge ne fis à lie descovinent. » 

La réine respont : « Tu diz molt gent , 

E ge la te dorai, trai-m'à garent. » 

— « Donne, moltes merciz , de vos la prent. » 

Là l'esposa li quens lor euz veent 

De son cors e d'anel de blanc argent , 

Si li a doné oscle en chasemeut, 



DE ROSSILLON. Sgi 

E quanque conquerra en son vivent. 

Icel jor adoba chevaliers cent, 

Done à chascun destriers e garniraens ; 

Quintaine lor fait faire ès praz d'Arsent , 

D'escu noef e d'osberc fort e luisent , 

E corent-i danzel, cil de jovent, 

E vont por esgarder cel autre gent. 

Quant Odins vit la joie, si dist orgoil : 
(( Qui cest plait a mogu, grant mal escoil. 
Des chastiaus sont au rei tuit li cadoil 
E totes les citaz , tresqu'à Mergoil. » 
E .G. respondi : « Ge que li toil ? 
Mais ge ferai bien plan de tot si voil. » 
La réine ot les moz , ob els s'escoil : 
« Laissaz , Odins , ice, pois que non voil. 
Desque verrai mis sire li reis del oil, 
Sempres serai o lui, si bien con soil. 
De çai torrai lo plait en altre foil , 
N'aisoingqueme venjaz , si ge m'en doil.» 

Guerart ot des contrailes la coramençaille, 
E pesa-li molt fort en sa coraille. 
A Ja quintane vait grant communaille , 
Cent danzel i ont fait cop juaiile, 
Onc neguns n'i falsa de l'osberc maille. 
Li quens demande espade , Droes li baille ; 
Si la porta Artus de CornoaiIIe , 
Qui jà fist en Borgoigne une balaille. 
Li quens broche cheval que del renc saille ; 
Si fìert si en l'escu que lant en taille, 
Que passast-i volant oltre une quaille. 
L'osberc rot e trencha , soz la ventaille. 
Non est un chevalier qui miex i vaiUe, 



392 GÉRARD 

Ne nul lui ne puet soffrir bataille. 

Tant fort i fiert li quens que l'une estache 
Peceia à r'empaindre e l'autre esrache, 
E tient si son espié que fors l'en sache. 
E dient ce li sien : « Com cist le brache ! » 
Onc ne prist de sa terre berbiz ne vache ; 
Ainz selt ses enemis tenir grant frache. 
Des cors lor a del sanc Irait maint esclache, 
A grant tort l'a traï Richiers lo trache. 

Li quens fu entr'es siensbien esgardaz, 
E fu molt gent vestuz et aflfublaz , 
Grant a la forchéure, bien fu calçaz 
E fu entr'es estranges e les privaz 
Tantbiaus e covinenz et acesmaz 
Cum entre oisiax menuz est fax m[ujaz. 
A tant là est Raimon jarabe-aterraz , 
Qui dels clers li amaine bons e letraz 
Par qui li fu avers granz presentaz ; 
E li cons les connut, qui 's a baisaz, 
E si li content noves de mainles parz. 
Donc molt s'est esbaldiz et haliegraz , 
E tornent entre seins e diz membraz : 
i( Gene voil de m'enor c'uns m'en menaz.» 
Et a dit à Folcon : « Çai escoltaz. [paz. « 
Que il que voille , si preuge ou guerre ou 
E Folcon li respont : « Ice celaz. )> 

Saigniers, parla premiers le filz Gigon : 
« Don, ge viengde Viane e d'Avignon. 
Cum oïrent de tei li Borgoignon 
Que Dex t'aveit tramis en Rossillon, 
IIoc font as Franceis invasion 



DE ROSSILLON. SgS 

Qui gardoent Cadoil de par KarIon. 
Jà contr'els n'en auront un garison 
En castel ne en tor ne en danjon. 
Quant ge ai là oï grant contençon, 
Altretal de Loon e de Mascon, 
Endesi que nostre oncle e Bedelon 
Amenez les gardens de Besençon. » 
E .G. s'en sozris e dist Folcon : 
« VoJgre là fus Odins de par Karlon. » 

— « Seigner, dist Endecas , nos est venguz, 
Qui t'avon desiré tant e quesuz 

Onc pople ne vit mais tant irascuz 
Com li tuen quant t'aveient eissi perdu. 
Grant present t'aporton e genz saluz , 
Viutmilemars d'argent, nos deus chanuz.» 

— (( Sire, vos les prendrez, si Dex m'ajuz ; 
Jà n'en aurai vaillant un abatuz ; 

Quar bien savon que Dex t'a erobuz, 
E vostre cors qui m'a Folcon renduz. 
Jà ne seron por rien mais confonduz. » 

A tant escrient Taigue e vont lavar. 

Assaz a grant dainlié, beivre e maiujar; 

Mii solz dona Folcon à bon juglar, 

Et a tot le peior en fait cent dar. 

E .G. s'en eissi à l'avesprar. 

Une danzele vit amont poiar 

A petite compaigne de gent afar, 

E demandequi est ; quant l'ot nomnar, 

E descent des arçons del muJ liar, 

Jambelerrat Je quens vait embraçar, 

E mena en sa chambre, dist al intrar • 



394 GÉRARD 

« Veiz, comtesse, celie que selz amar. » 
E cele de grant joie le cort baisar. 
(( Se Diex m'ajut, saigner, si deiz-tu far, 
Quar por nos se laissa deseritar : 
Or repensez de lie î)ien conseillar. » 

Onc en .G. le duc ne fu oblis , 
Ne hom qui tant l'ama e le servis, 
Que solonc sa valor ne li meris : 
(( Dame réine, oiaz que ceste fis. 
Ele fu fille Auchier de Mont-Belis , 
Ensi mal fu par mei de guerre ocis. 
Ceste s'en vint o nos quant fui fuitis , 
E laissa sa contat e son païs. 
Bertran, franc chevalier, pren Engoïs : 
Ge te dorrai l'onor que tint Seguis , 
E grant rente de Sallons e Salis , 
Mongeu e Geneveis e Monçenis. » 
— c( Seigner dux, granz m^ceis, quar bien 

[ou dis. )) 
Iqui receit l'enor e puis Ta pris. 

La réine apela conle .G. 

Et acena Folcon de l'autre part : 

(( Mesagiers m'est venguz al vespre tart, 

Que reis oï parlar de Brun Berart 

E de treis contes pris e d'Odin quart. 

Tant grant ire a, por pei de doel non part; 

E mande chevaliers ae mainte part. 

Li pris feront de mei lo Leonart , 

Quant toldrai à chascun de vos sa part ; 

Mais Odins vos lairai , qui seit gaignart , 

Que non tolist le rei par son mal art. » 



DE ROSSILLON. SgS 

— « Donne, ce respont Folques, à vostre 

[esgart, 
Vos n'en orreiz jà el, se Dex me gart. » 

La noit [ont] devisat , et al matin 
Font les prisons venir desoz un pin , 
E les ont fait livrar Bertran meschin : 
« Vos guieraz is conte , dan palaïn , 
E cergerez de Karle e de Pepin. 
Se ne poon aveir del rei la fin , 
Que tenez en prison iceste aisin 
Dedenz iste closture de mur caucin , 
A garant conte Odin e Baldoin , 
Eliborgeis qui sonttuit si amin. » 
E cil li ont jurat trestot eisin, 
E demandent chevals e pois chemin. 

Odins manda au roi par mesagier 
Que r traie de prison e d'encombrier ; 
Mielz velt gart son tresor que si guerrier. 
Folques demande où sont reial gardier : 
« Toz tornereiz ariere sans destoibier. 
Vos seront delivrat mur e terrier ; 
Les chastials e les tors , toz voz profier. » 
E cil responent tuit : « Non a mestier. 
Borgoignon sont felon et aversier, 
Car non avon servant n'arbalestier 
De qui n'aient fait manc ou eschacier. 
Se la tor perseguez ne par logier, 
Jà Dex non dont veir filz ne moiliier ! » 
.G. dist à conseil : a Ne ge ne quier» » 

La réine monta e s'en eissit» 



396 GÉRARD DE ROSSILLON. 
De tanz i a ploré quant s'en partis ; 
Mais non velt que li dux gaires la guis 
« Faites ce que verrez par mon escrit , 
Jà d'ome n'en sera mot contredit. » 
E ii reis fu à Treies, qui se movit... 





LEÇONS 

ET 

CORRECTIONS. 



Page xiv , en note , ligne i o. Ajoutez ce qui suit : 
Dans le cahier suivant du même Bulletin , pag. 
2 n, on voit que le fait signalé par M. Mignard était 
consigné dans le Catalogue des manuscrits de la 
bibliothèque deTroyes, où quelques unsdesvers 
des fragments du Roman de Gérard de Rossillon 
ont même été rapporlés. {Catalogue général des 
manuscrils des bibliothèques publiques des départe— 
mentSy elc, tom. ii, pag. 837.) 

L'opuscule de M. Mignard que nous avons cité 
plus baut , pag. vj , not. 2 , ne Ta peut-être pas 
été avec toute l'exactitude et l'ótendue désirables. 
C'est un grand in-S» de 3a pages,publié à la 
librairie archéologique de Victor Didron , avec le 
titre que nous avons donné , mais oU l'on lit Châ- 
tillonnais , et non Châtillonnois ; la parlie légendai- 
re^ consacrée au récit des faits et gestes de Gérard 
et de Berthe , son épouse , commence à la pag. 1 1 
et finit avec le livre. 

P. i3, lig. i5. Lisez d'au[r] cuh. 

P. 19, avant-dernière ligne. Lisez lo Marcanso. 

P. 20, lig. 2; p. 21, lig. 23. Peut-être vaudrait- 
il mieux écrire Mont-Argo. II est à regretter qu'on 
n'ait point adopté et suivi , pour cette sorte de 
noms, un système uniforme. 

P. 37, lig. 1. II est évident qu'il faut ììre reírenc, 

P. 45, lig. 20. Lisez Marcanços. 

P. 48, lig. 17. Mon-Beliart devrait être écrit comme 
pag. 53, V. 2, et pag. i66, v. 20. 



3^8 Leçons 

P. 55, lig. 6. Lisez enquet, mot qui vient à'inchoare , 

comme enqua et enquadas , que l'on trouve pag. 

ayo , lig. ai , et pag. 282, lig. 1. Cf. pag. 3oi, 

lig. i5. 

P. 55, lig. a6. Lisez Marcanço. 

P. 57, lig. 20, Lisez Ife sa ^spasa^ commepag. 60, 

V. 34. 
P. 59, lig. 4. Lisez pareillement Sa 'scala. 
P. 62, lig. 3. Lisez ponh. 
P. 71, lig. 3. Terminez ce vers par une virgule. 
P. 71, lig. 6. Lisez no i, en deux mots. 
P. 75, lig. 19. Terminez ce vers par un point. 
P. 76, lig. 17. Lisez E gardat[z]-lo-me. 
P. 78, lig. 9. Lisez Mon-Caucei. 
P. 85, lig. 26. Lisez Marcanço, avec une capitale. 
P. 86, lig. i3. Placez une virgule après setmana. 
P. 87, lig. 24. II ne doit y avoir, dans ce vers, 

qu'une virgule, à la fîn. 
P. 87, lig. 25. Placez une virgule après Asquana. 
P. 90, lig. 12. Marcançons doit prendre ici une ca- 

pitale. 
P. 93, lig. 9. Le 5 placé ici entre crochets s'y trouve 

mal à propos ; mieux vaudrait ajouter un la Col- 

meih pour rendre la rime pareiUe aux autres. 

Voyez plus loin, p. 210, lig. 2. 
P. 93, lig. 10. Terminez ce vers par une virgule. 
P. 93, lig. 11. Placez une virgule après Creelh. 
P. 94, lig. 2. Ce vers, commençant un nouveau cou- 

plet, doit être en alinéa. 
P. 94, lig. 11. Terminez ce vers par un point et 

virgule. 
P. 94, lig. 12. Lisez Dist : « Pustela, etc. 
P. 97, dernière ligne. Lisez Mont-Briatge. 
P. 98, lig. 29. Lisez Aisi cum sos Ihinatges fet[s] 

au to. 
P. 99, lig. 23. Placez une virgule après pali. 
P. 100, lig. 16. Lisez Mon-Rahei. 
P. 106, lig 11. Supprimez les guillemets à ce vers 

et aux deux suivants. 
P. io6, lig. 12. Terminez ce vers par une virgule. 
P. 107, lig. 1. Lisez Marcanço, avec une capitale. 
P. 108, lig. 19. Supprimez le guiilemet. 
P. ii3, lig. 10. Eutre ce vers et le suivant, la sépa- 



ET CORRECTIONS. 899 

ration doit être plus forte en raison du change- 

ment de couplet. 
P. ii4, lig. 17. Tenninez ce vers par un point et 

virgule, et le suivant par une virgule. 
P. ii4, lig. 3o. Lisez Val-Belo. 
P. 117, lig. 19. Terminez ce vers par une virgule. 
P. 117, lig. 25. Placez un point à la íìn de ce vers. 
P. n8, lig. i3. Commencez ce vers par un guil- 

lemet. 
P. 118, lig. a4. Lisez so [no] nos dis. 
P, 118, lig. 26. Faites deux mots d7er[/] et de molt. 
P. 118, lig, 3o. Lisez dedins tres. 
P. 119, lig. 3. Séparez ce vers du précédent, qui 

commence un alinéa. 
P. 121, dernière ligue, Terminez ce vers par un 

point. 
P. 123, lig. 16. Mêmerecommandation. 
P. 124, lig. 3. Ouvrez ce vers par un guillemet. 
P. 125, note. Lisez : II y a ici, dans le ms., vnc 

lacune, etc. 
P, 126, lig. ao. Lisez dera-tn^en. 
P. 126, lig. 23. Lisez fas-lhi. 
P. 127, lig. 7. Placez un trait d'union entre feira 

et me, 
P. 127, lig. i5. Lisez Val-Beton. 
P. 128, iig. 24. Le G. doit se trouver entre deux 

points, 
P. 129, lig. ao, Terminez le vers par une virgule, 
P. i3o, lig. 23. II serait bon, ceme semble, de pla- 

cer une virgule entre litges et de. 
P. i3o, lig, 26. II faudrait un point après Saisso. 
P. i32, lig, a, Lisez Combatra-se. 
P. i44, lig. 7. 11 ne faut pas de T capital à test. 
P. 145, lig, 7. Ne faudrait-il pas alevatz? 
P. 145, lig, 32,Enlevezlepointqui terminelevers, 
P. 147, lig. 6. Lisez — nSenher, etc, etterminez 

le vers précédent par un guiUemet. 
P. i48, lig. 22. Lisez — « Per Dicu! 
P. i5o, lig. a3. Lisez Val-Beto. 
P, i5o, lig, 27, Placez une virgule après dissen. 
P. i5i, lig, 1, Séparez mai et non. 
P. i5i, íig, 20. Terminez ce vers par un point et 

virgule. 



4oo Leçons 

P. i5i, lig. 11. LÌBez soi[-ieu] et supprimez le point 

qui termine le vers. 
P. 171, lig. 5. La rime changeant ici, il faut in- 

diquer Talinéa. 
P. ao8, lig. 17. Lisez ieu si fauc^ sans virgule. 
P. aog, lig. 26. Lisez ronces, au lieu de romes. 
P. 311, lig. ai. A la place de digiel, ne faudrait-il 

pas sngiet ? Encore aujourd'hui, en Belgique, on 

appelle un domestique un sujet. 
P. 312, lig. 27. Lisez ditz-el. 
P. 218, lig. 22. Lisez ac ne. 
P. 218, lig. 3o. Placez une virgule après Don. 
P. 219, lig. 3. Terminez ce vers par deux points. 
P. 21 9, lig. 11. Supprimez le point ])ar lequel s'ou- 

vre ce vers. 
P. 220, lig. 5. Placez les trois derniers mots entre 

deux virgules. 
P. 220, lig. 7. Terminez ce vers par un point et 

virgule. 
P. 223, lig. 5. Placez un point après corlieu. 
P. 227, lig. 4.Supprimez lavirgulequiestaprèsm. 
P. 229, lig. 18. Placez une virgule après sorors. 
P. 23o, lig. 6. II semble qu'il faut lire merrai. 
P. 232, lig. 7. Lisez d'Ais. 

P. 236, lig. 23. Terminez le vers par deux points. 
P. 238, lig 2. Après ce vers, il faut indiquer un 

alinéa. 
P. 238, lig. 21. Terminez le vers par un guillemet. 
P. 238, lig. 22. Placez une virgule après s'apareis. 
P. 238, lig. 27. Lisez Se huimai se part de mi^ no, etc. 
P. 239, lig. 4. Terminez le vers par deux points. 
P. 239, lig. 5. Lisez Cil tendran. 
P. 245, lig. 24. Terminez ce vers par un point et 

virgule. 
P. 249, lig. 16. Lisez « — Trop. 
P. 264, lig. 3. 11 serait peut-être préférable de lire 

plussor en un mot. 
P. 265, lig. 29. Mieux vaudrait écrire entrasah en 

un seul mot. 
P. a85, dernière ligne. Lisez Bos e. 
P. 289, lig. 1. Terminez ce verspar unevirgule. 
P. 289, lig. 10. Lisez e sans /. 
P. 289, lig. 3o. Lisez le conte. 
P. 291, lig. 10. Terminez ce vers parunpointet un 



ET CORRECTIONS. 4oi 

guiUemet, et commencez ainsi le suivant : — 

« Plait , etc. 
P. 392, lig. 26. Lisez vos. 
P. 294, lig. 7. 11 semble qu'il vaudrait mieux lire 

arailar. 
P. 294 , lig. 8. Lisez malevoillence en unâeul mot, 

comme pag. 3o3, lig. 7, etpag. 366, lig. 6. 
P. 296, lig. 10. Terminez ce vers par deux points. 
P. 296, lig. 23. Lisez guidar. 
P. 298, lig. LÒ.Ilec conviendraitmieux pour lesens 

et la mesure. 
P. 3oi, lig. 19. Lisez porte[nt]. 
P. 3oi, lig. 37. Lisez gastes. 
P. 3o2, lig. 23. Ouvrez avec ce vers un guiUemet, 

qui doit être fermé avec le couplet. 
P. 3o3, lig. 2. Lisez ont. 
P. 3o4. Peut-être aurait-il mieux valu ponctuer 

ainsi : 
La noit lieve Folchiers li Morençons , 

et terminer le vers par un point et virgule. 

P. 3o6,lig. i3. Placez une virgule après dist-el. 

P. 3o8, lig. 6. Je propose de lire Af pois, commc 
p. 309, lig. 9. 

P. 3o8, lig. 9. Faut-il lire se penseit en deux mots? 
Même observation pour la p. 019, lig. 26,.la pag. 
321, lig. 24, et la pag. 328, lig. 2. 

P. 3o8, lig. 3o. Je soupçonne qu'il faut lire esfor 
moveir au lieu d'esconmoveir. 

P. 3i7,lig. 21. Lhez enlresqu'à. 

P. 320, lig. 10. J'aimerais mieux un point et virgule 
à la fm de ce vers. 

P. 320, lig. 28. Lisez ne l' daigne. 

P. 321, lig. 9. Lisez ne V. 

P. 322, lig. i5. Lisez raîzon pour la mesure. 

P. 33i, lig. i6. Nous avons écrit faldestue, commc 
Ta fait Roquefort pour un passage du Roman de 
Dolopathos, qu'il cite dans son Glossaire de la lan- 
gue romane, tom. I^'*, pag. 679, col.i, au mot 
Faudesteuil ; mais la mesure, dans l'une et l'autre 
citation , exige faldestuc , faudestuc , comme nous 
l'avonsécritpag. 367,lig. 26. 

P. 332 , lig. 10. Lisez A lant en deux mots, eommc 

36 



4o2 Leçons 

en d'autres endroits , nommément pag. 388 lig. 4^ 

ei pag. 393, lig. 21. 
P. 33q , lig. 23. Lisez n'es. 
P. 333, lig. 21. Supprimez le guiUemet par lequel 

s'ouvre ce vers. 
P. 333, dernière ligne. Ne faudrait-il pas plutôt lirc 

sanz ? 
P. 336, lig. 11. Lisez Se ge l'. Peut-être aussi fau- 

drait-il, trois vers plus haut, Tresque l\ 
P. 338, lig. 23. Peut-être vaudrait-il mieux lire 

adès. 
P. 341, lig. 4* I^ se pourrait qu'avec vont le sens fût 

plus clair. 
P. 343, lig. 2. Appliquez au nom de Mont-Beliart 

l'observation présentée ci-dessus pour la pag. 48 

lig. 17. 
P. 344, lig. 3. Lisez As-vos, comme pag. 34^ > lig» 8 

eti6, etc. 
P. 348, lig. 14. Ce vers, évidemment corrompu, 

doit être , ce me semble , restitué ainsi : 
E ge irai deriere e dan Dalmaz 

P. 348, lig. 3j . II serait peut-être à propos d'ouvrir 

ce vers par un guiUemet, que l'on fermerait avec 

la phrase, pag. 349, lig. 2. 
P. 349, lig. 21. Le manuscrit porte bien Tosanzy 

mais on nepeut douter qu'il ne faiUe Tolsam. 
P. 354, lig. i5. Peut-êtrel'apostrophe est-elle inutile 

ici. Voyez pag. 370, lig. 8. 
P. 359, lig. 27. Lemanuscritporte bien qui el ; mais 

la mesure du vers exige qui l'. 
P. 362, lig. 8. Estraniere me semble préférable. 
P. 364, lig' i6« Je nie demande s'il ne faudrait pas 

ici que ni' conjuraz. 
P. 368, lig. 10. Icilemanuscritjceme semble,de- 

vrait être corrigé ; 11 faudrait lire Et augés. 
P. 373, lig. 25. On verra s'il vautmieux écrire Bi- 

gal avec une capitale. 
P. 374, lig. 6. Lisez Es-vos, comme précédemment. 
P. 375, lig. 7. On peut lire aussi Ce amis son en trois 

mots. 
P. 376, iig. 3. II fautici, pour la mesure, un tréma 

sur I'm de guaire. 



ET CORRECTIONS. 4o3 

P. 379, lig. 1. Lisez Audridon, comrae pag. 378, 

lig. ax. 
P. 379, lig. 6. Ne vaudrait-il pas mieux terminer le 

vers par un point ? 
P. 38o, lig. 16. II y aprobabilité qu'il faut terminer 

ce vers par un guillemet , et commeucer ainsi le 

suivant : — « Ore es ? » 
P. 389, lig. i3. Le trouvère a-t-ii entendu parlerde 

Metz ? En d'autres termes , faut-il ici une capitale 

à mez ? Le texte provençal porte nomnatz lo jorn. 

Voyez ci-dessus, pag. 241 , lig. 24. 
P. 389, lig. 21. On verras'il ne vaudraitpas mieux 

lire noianz.he provençal donne vogans. 
P. 389, lig. 29. Le texte provençal suivi par le tra- 

ducteur avait peut-être e si es tanz. 




TABLE DES MATIÈRES. 

Pages 

Préface v 

Gérard de Rossillon en provençal .... i 

Gérard de Rossillon en français .... 285 

Leçons et corrections 397 




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