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Full text of "Las ordenansas et coustumas del libre blanc"

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LAS ORDENANSAS 



ET COUSTUMAS DEL LIBBE BLANC 



LAS ORDENANSAS 



ET COCSTUMAS DEL LIBRE BLANC 



^;| .'^ ^r^bl'-ji'-' - 



ORDENANSAS 

ET COCSTCMAS DEl IIBBE BIANC 

^ '^ PDBLIÉES 

AÏRC lINt; INTÏODOCTION, DES NOTES ET tlN GLOBSAIRF, 



LE D" J.-B. NOULET 




PARIS 
MAISONNEUVE ET C", ÉDITEURS 

25, QUAI VOLTAIRE, 25 



M DCGCLXXVIII 



1.' 



^1888 



I 



% ;.î 



INTRODUCTION 



Je ne voudrais pas trop hausser le ton en parlant du 
modeste opuscule dont je me fais aujourd'hui le nouvel édi- 
teur. Les Ordonnances et Coutumes du livre hlanc de Toulouse ne 
constituent, en réalité, qu'un badinage écrit dans le roman pro- 
vençal dégénéré du XVP siècle. 

Ce livreta pour sujet les crojances, préjugés et usages po- 
pulaires ajant eu cours, à cette époque, dans le pays toulou- 
sain et, on peut le préjuger, dans le reste du Midi . 

Les Ordonnances furent donc, pour cette région, ce qu'é- 
taient déjà bien auparavant ìesEvangiles des Quenouilles, pour 
la Belgique et pour le nord de la France . 

On ne saurait mettre en doute que leur auteur ne se fût 
inspiré de cette facétieuse et tout à la fois instructive compo- 
sition *. 

On sait ce que sont les Evangiles des Quenouilles, livre éclos 
au XV* siècle et attribué, quant aux premières éditions, à 
Fouqaart de Cambrai, à Antoine du Val et à Jean d'Arras, 
mais qui fut augmenté par diverses plumes. 

Les auteurs ont supposé que, dans une viUe qu'ils ne nom- 
ment point, des dames se seraient plusieurs fois réunies, à la 
veiUée, tout en filant leurs quenouilles, en des assemblées pri- 
vées, avec Tintention de recueillir çt d'apprécier à leur juste 



* Le premier, j'ai établi ce rapprochement dans une communication 
faite à VAcadémie des Sciences, Inscriptians et BelleS'lettres de Toulouse, 
en 1860. V. lo Recueil d(3 celte aunée. Co n'a óté qu'en 1862 qun M. J.-G. 
Brunet a écrit dansson Manuel du libraire, 5" éilil., lom. Ill, col. 1057 et 
1058 : « 11 est à reraarquer qu'uue partie des idées superstilieuses et des 
» préjugés populaires contonus daus ce iivre est la reproduclion exacle 
» des Évangiies des Quenouilles.t 



VI 

valeur les crojrances populaires du temps. Six d'entre elles, 
jugées les plus capables, — deux de plus qu'il n'avait fallu 
d'apôtres pour rédiger les Saints Évangiles, — auraient été 
commises comme présidentes et directrices de ces graves 
réunions. De là le titre singulier du livre, qu'un discret se- 
crétaire fut chargé de coucher par écrit, ainsi que les gloses 
que chacune des assistantes eut le droit d'j introduire. 

L'auteur des Ordonnances et Coutumes du livre blanc n'a fait 
quereprendre cette fiction. Mais, au lieu d'avoir imité la pro- 
lixité de ceux qu'il avait pris pour modèles, on peut lui 
adresser le reproche de s'être montré, sous ce rapport, habi- 
tuellement trop contenu. A Toulouse, les commères le plus 
en renom de chaque quartier sont convoquées etnominative- 
ment désignées. Elles ne s'assemblent qu'une seule fois, dans 
une salle où, assises sur des corbeilles renversées, ainsi 
qu'elles ont coutume de le faire en tenant le marché aux oies, 
et après avoir longtemps parlé toutes à la fois et sans s'en- 
tendre, elles fìnissent par arrêter leurs Ordonnances etCoutumes 
du livre blanc, titre qui fait allusion au registre nommé Livre 
blanc, contenant les franchises et coutumes de la viUe de Tou- 
louse*. 

Uauteur des Ordonnances, Ducèdre *, qui a à peine voilé 



* c Vocatur libtfr cUbus eonsuetudinum ToIoscb, et consueuit alíquando 
» teneri per notarium regestri domus communis ad íaciendum extrac- 
» tusSipsarum consuetudinum, vei alterius ipsarum. Et aliquando ponitur 
» et tenetur in archiuis domus communis vidi ssepissime. 

» Vocatur etiam liberalbus, et consueuerat teneri per notarium regestri 

9 curie vicarrii Tolosae, in principio cujus est fopma iuramenti quod 

> praestabant Consules. » 

iConsuetudines Tolosoe, etc, Magistri loan, de Gasavbtbri. 
Tolosse, 1554 ) 

• L'histoire de Toulouse nous fait connaltie Pierre DucôJre, licenci'}, 
puis docteur, syndicde cette viUe en 1545 ot 1546. II était syndic de la 
Province de l^anguedoc en 1555. On le retrouve capitoui eu 1562, appar- 
tenant & celte municipalité accusée d'avoir favorisô la prise d'armes des 
huguenots contre Toulouse, et qui, pour cette cause, fut cassée par le 
Parlement. 

Pierre Ducèdro mérita le prix du Souci au concours ouvert en 1541 par le 
Collége de l'art et science de la Rhétorique française, qui avait succédé au 
Consistoire du gai savoìr. Le Livre rouge, déposé aujourd'hui dans la 
Bibtiothèque de l'Àcadétnie des Jeux ftorauXy — qui nous a conservé ie 



VII 

son nom, à la ûn du livret, dans un acrostiche composé en 
f]*ançais, a eu le soin d'avertir que le Secrétaire des Dames de 
Toulouse s^est contenté de ne divulguer que quelques-unes des 
ordonnances discutées et approuvées par les fortes tétes de 
cette YÌlle, laissant à d'autres le soin de continuer cette oeuvre^ 



Ghant royal quí lui valut ceUe distinction,— lui donne le titre de MaUrê 
mla gak icUnce de Rhétorique, Or, pour avoir drgit à ce titre de Maltre, 
il fiediait que Pierre Duoòdre eût préalablement remporiô les prix de 
rÉglantine et de la Yiolette, ce qui fait remonter & quelques années plus 
haul aes premiers succòs académiques. 

Ges diverses dates et ia haute posilion sodale que Pierre Ducòdre 
occupait à Toulouse en 1555, année de rimpression des Ordonnanees, 
indiquent suffîsamment que le docteur syndic de la Province, ayant ôté 
déjà ^ndic de cette viile et trois fois lauróat du Collôge de poésie, était 
parvenu à un àge mûrf sinon avancé. quL ne lui permettait pas d*attacher 
son nom à une OBUvro légère, digno d'avoir exeroô la verve sans retenue 
de i'un de c ces nobles compagnons enfants de Minerve, étudiant en la 
» íameuse et signalée Université tolosaine, ou envoyés pour ce faire i, 
ainsi que les caractérisait spirituelloment Claude Odde, de Thriors (Triors) 
eo ses Joyeuses Recherches de la langìte tolosaine, datées de Tannée 1578. 

J*ajouterai, à Tappui de cette manière de voir, le propre témoignage de 
l'auteur des Ordonnance^, déclarant avoir, en un teì propos, easerciié sa 
muse /byMe H tendre — (Acrostiche cité) — et donnant pour excuses de 
s'ôtrelivrô àcette débauche d'eáprit, son jeune &ge d'abord et les exemples 
qu'il avait suivis. 11 faisait allusion sans doute & des pièces rat)elaisiennes 
portant ia date de 1555, dont nous citons quelques titres dans la note 
sutvante. 

Pour avo'r le droit d'attribuer & Pierre Duoèdre les Ordonnances, ii 
faudrait supposer gratuitement que, composées pendant la jeunesse de 
ce personnâge, elles auraient ôté tardivement lìvrées au public, ce que le 
rang et la dignité de Pierre Ducòdre ne permettent point d'admettre, ou 
bien que i'éditionde 1555 n'est qu'une rôimpression d'une édition anté- 
rieure, parue longlemps auparavant. Or le titre dit formellement : /m- 
primadas nouuellament a Tolosa. 

De plus, certains passages des O^donnance^ fontallusion à TEdit somp 
tuaire de 1550, qui dôfendaitaux femmesdes bacheliers, procureurs,etc. 
de porter le chaperon de velours, ce qui empôche de íaire remonter au 
deiàde cettedate la composition du livret. 

Gardons-nous donc d'en attribuer, sans aucune preuve, la patemité à 
Pierre Duoòdre, ainsi que I'a fait M. le docteur Desbarreaux-Bernard 
(dans VAnnuaire de VAcadémie des sciences de Touhuse, pour Vannée 
académique 1874-1875), et sachons nous résoudre & ne connattre que le 
nom de famiUe de l'auteur des Ordonnmces. 



VIIÏ 



n'ayant eu la prétention, quant à lui, que d'ouvrir cette voie . 
C'est exactement la recommandation que ûrent les premiers 
qui travaiUèrent aux Évangiles des Quenouilles, recomman- 
dation qui ne manqua pas d'être suivie.JIl en fut tout au- 
trement des Ordonnances toulousaines, qui n'eurent'point, que 
nous sachionSj les compléments que nous leur eussions sou- 
haités. 

Ducèdre, au lieu d'écrire son livret, ainsique Tavaientpra- 
tiqué les auteurs des Évangiles des Quenouilles, en se servant 
de cette prose aisée qui convient si bien à des récits de ce 
genre, se donna desentraves volontairesetenchaînasaverve, 
si toutefois il en avait suffìsamment, en composant les Ordon- 
nances en vers octosjllabes. 

A ce premier inconvénient Tauteur ajouta celui d'avoir 
employé un idiome si fort altéré, qu'on peut dire qu'il établit 
le passage direct du roman littéraire au patois toulousain 
d'un usage général auXVIP siècle, mais qui était certainement 
déjà usité, comme langue parlée, au XVP. 

Néanmoins, au XVI® siècle, on composait et Ton imprimait 
encore à Toulouse des ouvrages que Fon avait la prétention 
d'écrire en roman orthodoxe, quoique la forme adoptée s'é • 
loignât, par une foule de côtés, de la langue classique des 
troubadours et des prosateurs anciens. Tels étaient .quelques 
traités religieux et divers opuscules qui servirent de passe- 
temps aux écoliers de rUniversité de cette viUe, alors très- 
fréquentée*. 



1 Citons, parmi les premiers: lo Doctrinal de Sapiensa en îo lenguatgê 
de Tholosa (150i); — le Vìta Christi (154i); — la Confession generala de 
fraire Olivier Mailhart, en lenguatge de Tholosa (s. d.); — ^e Moduscon- 
cionandiad populum, où l'on Irouve un prône sous ce titre: tnsiecse 
la forma et maniera de dire les mandamens et pregarias en lengage 
vulgar de Tholosa, etc. (Lyon, 1538). 

Nous oonnaissons des oeuvres badines de la mème époque: la Re* 
queste faicte et baillée par les Dames de la ville de Tolose, aux Messieurs 
Maistres et Mainteneurs de la Gaye sdence de Rhéthorique, au Moys de Mai, 
auquel moys par les dits Seigneurs se adjugent les Fleurs d'or et d'argent 
auaj mieux disanSf tendent (sic) afhn quelles feussent reçues à gaigner le 
dit pris. Ávec plusieurs sortes de rithmes en divers langaiges et surdivers 
propos, parles dites damesde Tolose oomposéeSf etc (1555); —lasNom- 
pareilhf^s Receplas, per fa las Femnas tindentas, rizentas, plasentas 



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IX 

n est donc permis de penser que Ducèdre avait eu rinten- 
tion de se conformer sufâsamment à ce roman de la déca • 
dence, quirésistait encore, quoique bien faiblement, au français 
qui l'asservissait, et aux vulgaires patois, qui, devenus d'un 
emploi général dans tout leMidi,comme langues parlées, 
allaient le dégradant de jour en jour. Les Ordonnances en 
oflfrentlapreuve manifeste; car, si quelques-unes desincorrec- 
tions qu'elles présentent sont incontestablement du fait de 
Tauteur, les plus fréquentes doivent être probablement por 
tées au compte des imprimeurs, qui se laissèrent entraîner à 
Tusage *. 

Mais ces incorrections même, d'où qu'elles viennent, témoi- 
gnent également de ce fait, àsavoir qu'à Toulouse, tandisque 
quelques esprits s'appliquaient, sans trop j réussir pourtant 7 
à maintenir les droits de la vieille langue romane du Midi , 
— en s'affranchissant toutefois des principales règles qui Ta- 



polidas 9t bellas . Et aussi per las fa plalcantar et oaminar honestamen 
êt per compaSf etc. (1555). 

Plusieurs de ces n beaux livres tolosains », comine les appelle Glaude 
Odde, de Triors, en inscrivant leurs titres dans le discours liminaire de 
ses Joyeuses RechercheSj n'ont pas été retrouvés. 

* On ne peut s'empôcher d'attribuer à Ducèdre les incorrections occa- 
sionnôes par les exigences de la rime, telles que les suivantes: 

Esposat v., pour esposar, rimant avec glosa ; 
Confirmat v., pour confirmarj rimant avec ma; 
Dormy, v , pour dormyr^ rimant avec camy\ 
SaìJiUaf v., pour sauUary rimant avec a\»la ; 
Hosty, V., pour rostyr^ rimant avec Augusti. 

On doit regarder comme fautes typographiques la plupart des incorrec- 
tions qui représentent la prononciation patoise, car il est arrivé que le 
môme mot est régulièrement et irrégulièrement imprimô: on trouve et 
plus souvent ou; potzei poutz; cotel et coutely etc. 

Parfois de fausses rimes indiquentcertaines deces incorrections : velour 
rimant avec talos, conduit à rétablir velos ; dejous, pour de}os, rimant 
SL\fec pescajos ; doulha, pour ddha, rimant avec andolha. 

Les fautes les plus fréqueutes sont celles qui consistent dans lechange* 
mentdeoen ou: coustumas, \)o\iv costumas; coularet, pour colaret; poul' 
pour pot; ours, pour orSt etc . 

On remarque aussi souvent l'absence de IV à la fin des infinitifs: esposa^ 
pour esposar; trempa, pour trempar; jogua, pour joguar; garda, pour 
gardar; troba pour trobar; vese^ pour veser; compli, pour complir. 



vaient régie pendant une période de plusieurs siècles, — le 
plus grand nombre, à la suite du populaire, emplo^^ait les 
patois vulgaires, bien plus dégénérés encore. 

Cet état de choses nous imposait Tobligation de conserver 
dans toute son intégrité le texte des Ordonnances de 1555 ; 
aussi Tavons-nous reproduit sansy introduire lemoindre chan* 
gement, respectant jusqu'aux incorrections typographiques . 
Mais, en regard de ce texte, si souvent dénaturé, nous avons 
placé celui que nous avons cherché à ramener au roman litté- 
raire du XVP siècle, tel que Ton peut supposer que Ducèdre 
aurait voulu Templojer. 

Cette révision, faite avec toute Tattention qu'elle méritait , 
m'a conduit àmepréoccuperdes mots, relatés dans les Ordon- 
nances, qui manquent dans le Lexique roman de Raynouard*, 
ou qui offrent des acceptions n'ayant pas été relevées par 
Téminent lexicographe. De là est sorti le Glossaire placé 
à la fìn de ce volume . II contient un nombre considórable de 
mots, dont j'ai cherché à préciser Thistoire, en remontant 
pour chacun d'eux, toutes les fois que je Tai pu, à son ori-- 
gine habituellement latine et, par dérivatiou, en le suivant 
dansles diverses transformations quMl a subies, en passant du 
roman pur aux patois modernes qui en sont lacontinuation. 

Malheureusement, pour accomplir un tel dessein, je n'ai eu 
à ma disposition qu'un seul texte. On ne connaît, en effet, des 
Ordonnances qu'un exemplaire unique de Tédition de 1555. 
C'est celui qu'a si exactement décrit M. J.-Ch. Brunet et dont 
voici le titre : 

Las Ordenansas et coustumas del libre blanc, obseruadas de 
tota ancianetat, compausadas per las sabias femnas de Tolosa . 
Et regidas en forma deguda per lor Secretary, 

Imprimadas nouuellament a Tolosa per lac, Colomies Jmpri- 
meur (sic). 1555*. 



* LeaHqueroman, ou Dictionnaire de la langue des Trouhadours^ etc, 
par Raynouard. Paris, 1836-1844, 6 vol. in-8». 

' « Les Ordonnances commencent au verso du titre et se terminent au 
» recto du dernier feuillet. Elles sont suivies d'une pièce de sept vers fran- 
> çais. UÁuteur donnant i'anagramme ( c'est un acrostiche) Dvcedre, et 



XI 

Y dut-il, comme semblerait le faire supposer un titre inscrit 
dans la Bibliothèque françoisp. * d'Antoine du Verdier de Vau- 
privas, une autre édition des Ordonnances? ^ìen ne tciifl â 
le démontrer. 

Voicien quels termes en a parlé du Verdier: « Lt: Litre 

9 BLÀNC DBS MaDONES DE ThOLOSB COMMBNSENT ( $ÌC ) AINSI : 

c Aissi s'ensiegon las coustumos 
1 Escriutas per diuersas plumos, 
» Quan fan fìlhols et quant fas festas 
» Escriuies per diuersas testas, etc.» 

« Imprimé à Tholose par Guy Boudeuille. » 
C'est là un texte bien diflférent de celui de Tédition de 
Jacques Colomìès, à la date de 1555, s'ouvrant par ces vers : 

c Ensieguen las grandas coustumas 

> Escriutas per diuersas plumas. 

> Goma on deu far filhols et festas, 
» Ordenadas per las sabias testas, 

» Las habitantas d*esta villa.» 

On peut donc s'arrêter à cette opinion, que du Verdier a 
écrit rindication du titre et non le titre lui-même, de mémoire, 
etpar à-peu-près, ainsi que les quatre premiers vers des Or- 
donnances. II se serait aussi trompé sur le nom de l'imprimeur, 
Guj Boudeville, qui fut le contemporain de Jacques Colomiès. 

Une réimpression de réditiondes Oréíonnanma été publiée 
par M. Gustave Brunet, de Bordeaux*. Elle a conservé pres- 

» d'un Huyctain de Pierre Borlière a son amy L'atitour, en roman. Le 
» verso du 16* feuiUet est blanc. » 

c Petit in-8% de 16 ff. à 28 lignes par page. Lcttre ronde. » 

J.-G. Brunet, Manuel dulihraire, 1843, 4* édit.,t. III, p. 124, et 5* édit , 
1862, t. m, col. 1057 el 1058. 

Ajoutons que le titre porte deux vignettes accolées, dont Tune repré- 
sente un groupe de íemmes se disputant, tandisqu'un cavalier debout, au 
second plan, suit du regard celte scène; Tautre est trop indécente pour en 
indiquer môme le sujet. 

Gette rarissime plaquette est entrée, depuis plusieurs annôes, dans la ri- 
che bibliothèque de mon confròre, M. le D' Desbarreaux-Bernard, ce qui 
m*a permis de comparer, à plusieurs reprises, l'édition de 1555 à celle 
qu'en a donnée, en 1846, M. Gustave Brunet, de Bordeaux. 

* Lyon, 1585, in-fol., p. 138. 

' Las Ordenanscís et Coustumas^ etc. Réimprimées en 1846 Paris et 
Toulouse, in-8*. 



XII 

que toutes les fautes de celle de 1555 et en a acquis de nou- 
velles; si bien qu'une réimpression, revue avec un très-grand 
soin et accompagnée de commentaires suffìsants, était de- 
venue indispensable '. 

Je viens de dire comment j'avais cru devoir conduire Tédi- 
tion que je présente au public, si restreint, resté curieux de 
nos raretés bibliographiques. Je dois ajouter que j'ai accom- 
pagné le texte de notes, parmi lesquelles fìgurent les Versets 
et Gloses des Évangiles des Quenouilles qui correspondent à 
divers passages des Ordònnances, A ce sujet, je demanderai 
pardon aux lecteurs délicats, une fois pour toutes, de la cru- 
dité de quelques expressions et de certaines allusions qui se 
rencontrent dans les deux ouvrages. Le goût du temps, aux XV« 
et XVPsiècles, était encore aux causeries; les plus hardies 
étaient les mieux accueillies. On lisait ces jeiix d'esprit aux 
heures perdues, sans mauvaises intentions, restant ainsi 
íìdèle au vieux caractère de notre nation, narquois et fron- 
deur, sans que tout cela tirât à conséquence. 

Notre fausse pruderie s'en étonne et s'en offusque ; aussi, 
pour les juger sainement, devons-nous nous placer au point 
de vue de ceux pour qui furent rédigées ces oeuvres badines, 
qui ont néanmoins leur importance sous le rapport de l'étude 
des usages, et surtout du langage. 

L'histoire n'est point tout entière dans les faits et dans les 
dates ; ceux-ci et celles-là n'en sont en quelque sorte que la 
trame. Le tableau des moeurs, des opinions, des préjugés 
mcme de chaque époque, tels sont les éléments qui donnent 
le soufûe et la vie aux récits qui nous restent des temps passós. 
Ce sera aussi notre excuse de nous être appliqué, à notre 
tour, à préserver de la destruction une oeuvre d'apparence 
si frivole. 

Considérées au point de vue du langage, les Ordonnances 
oflfrent un réel intérêt : c'est au XVP siècle que la langue ro- 
mane du Midi s'altéra si profondément, qu'on peut dire que, 



* En 1874, M. le D' Desbarreaux-Bernard cn a publié de nombreux 
passages dans sa Note hibliographique sur Pierre Ducèdre, Ces citations 
ne sont pas loujours exactement coníormes au texte de 1555. 



XTII 

livrée désormais à rarbitraire, eile passa tout à fait aux patois 
qui en sont encore la continuation. 

• Néanmoins, en interrogeant attentivement cette langue, si 
gravement modifìée par l'abandon de la règle et que la pro- 
nonciation a sifort défigurée, on troiive matière à de sérieuses 
réflexions : tant et de si profonds changements ne se sont pro- 
duits qu'en vertu de principes que Ton dirait être des lois 
grammaticales. 

Puis, chemin faisant, on découvre une foule de mots que 
les poètes dela littérature romane, parvenue à son apogée, — 
aux XIP et XIIP siècles,— ne pouvaient employer dans leurs 
OBUvres, avanttout lyriques. II en fut autrement des composi- 
tions populaires : de là un gr^nd nombre d'expressions du 
commun langage, qui fontdéfaut dans les lexiques romans, et 
dont certaines servent à éclairer parfois des étymologies 
françaises, ettoujours à établir la filiation naturelle dela lan- 
gue provençale transformée en nos patois méridionaux. 

En fìnissant, je prierai le lecteur d'accueillir bénévolement 
la révision du^texte des Ordonnances, qui m'a longtemps pré- 
occupé. Je pense Tavoir ramené à une suffisante correc- 
tion, qui permettra désormais d^arriver à rintelligence com- 
plète de l'oeuvre de Ducèdre. A cet égard, je puis dire des 
éditions des Ordonnances et Coutumes que j'ai connues ce 
que Clément Marot disait de celles des poésies de Villon, qu'il 
essayait de rendre compréhensibles : « Qui est celluy qui voul- 
» droit nyer le sens n'en estre grandement corrompu? Ainsi, 
» pour vray, aj-je trouvé aux vieilles impressions, et encore 
» pis aux nouvelles ; or, voyez maintenant comant il a esté 
» rabillé, et enjugez gratieusement'.» 

* Je prie MM. G. Ghabaneau et A. Rogue-Ferrier, mes confìrères à la IzP^ 
Société des Langues romanes, d'agréermes'témerciements pour lecon- ' 
cours éclairé qu'ils ont bien vouUi me prêter pendant i'impression des 
Ordonnances . 



Î.AS 



ORDENANSAS 



ET 



GOUSTVMÂS DEL LIBRE BLÂNG, 

OBSBRUADAS BE TOTA ANCIANETAT, COMPAUSàDAS PER LAS SABIAS 
FBMNAS DB TOLOSA. ET REGIDAS BN FORMA DBGUDA 
PER LOR SBCRBTARY. 



IMPRIMADAS 

NOUUELLAMENT A TOLOSA, PER lAC. COLOMIES IMPRIMEUR. 

1555. 



Í,AS 



ORDENANSAS 

RT 

COSTUMAS DEL LIBRB BLANC 

0B9ERVADAS DE TOTA ANCIANETAT, COMPAUSADAS PER LAS SABIAS 
FBMNAS DE TOLOSA, ET REGIDAS EN FORMA DEGUDA 

PER LOR SMGRETARI 



IMPRIMADAS 

NOVELAMBNT A TOLOSA, PBR L\C. COLOMIES, IMPRIMUR. 

1555 



LAS 



ORDENANSAS ET COUSTUMAS 



DEL LIBRE BLANC 



Ensieguen las grandas coustumas 
Escriutas per diuersas plumas 
Coma on deu far âlhols et festas 
Ordenadas per las sabias testas 
5 Las habitantas d'esta villa (1). 

Prumierament de Pousonuilla 
Dona Stroissida Leuado (2) 
Dona Guilhauma et la Condo 
De sanct Remesi et de Tonis 
10 La veusa de mestre Danis, 

De Mathabuou dels Polynayres 
Las Boytosas dels Belinajres 
De sanct Estephe et de las Clotas 
Dona loanella porta crotas, 

15 De lom de Rojs et Montolieu 
La vielha Hostessa del Romieu 
Etde sanct Geordj et de Borbona 
Dona Beatrix et dona Bona 
Del Carbon Blanc et de Mirabel (3) 

20 Dona Esclarmonda del fardel (4) 
Peys la Forniera D'agulheras 
Menec Lastruga de darrieras 
Et per melho trossa L'arengua 
Y suruenguec dona Berlengua 



LAS 



ORDENANSAS ET COSTUMAS 



DEL LIBRE BLANC 



Ensieguen las grandas Costumas, 
Escriutas per diversas plumas, 
Com on deu far fìlhols et festas, 
Ordenadas per sabias. testas, 
5 Las habitantas d'esta viUa. 

Prumierament, de Posonvilla, 
Dona Streissida, levado; 
Dona Guilhauma et la Condo, 
De Sanct Remesi et de Tonis, 

10 La veusa de mestre Danis^ 

De Mathabuou, dels Polynayres, 
Las Bojtosas dels Belinayres ; 
De Sanct-Estephe et de las Clotas, 
Dona Joanella, porta crotas ; 

15 De rOm de Roys et Montolieu, 
La vielha hostessa del Romieu ; 
Et de Sanct-Jordi et de Borbona, 
Dona Biatris et dona Bona ; 
Del Carbo-Blanc de Mirabel, 

20 Dona Esclarmonda del Fardel ; 
Pejs la Forniera d'Agulheras 
Menec TAstruga de darrieras, 
Et, per melhor trossar Tarengua, 
Y survenguec dona Berlengua ; 



- 18 - 

25 De la Carriera de Malbec 
La Floretta nas de Rebec 
Et de la Poma et del Poutz Claux 
La molhe dVn Adoban Claux 
S'auetz de Sarralhas rompudas 

30 Item tambe y son vengudas 

De la Carriera de Regans 
La Sebellia que fa les Gans 
Dona Martineta Pastissiera 
Dona Agnes la Merlussiera 

35 Dona Esperona et la Rixens 
Dona Margoy, Dona Micens 
La Condoreta, la Riqueta 
La Catharo d'am la Blanqueta. 

Item et per vn grand miracle 
40 De Baladas et del Bazacle 

Y es venguda dona Loysa 
Dona Naudina et dona Ljsa 
Qu'auia esposats tretze Maritz 
Toutz tretze plantayres de Vitz 

45 Dotze sens honta n'esposec 
Mais al tretzeme vergongnec, 
Peys de la Capella Redonda 

Y foc tambe la Miramonda 
La Trauqueta menec sa mayre 

50 Am dona lohana del Brodayre 
Et per agusa la Ressegua 
La Guilhaumeta ventre d'Egua 
L'anthonia de Pargaminieras 
La Mengarde de Seruinieras 

55 Dona Maria la Penchenajra 

Et dona Arnaulda L'enchajajra 
Dona Gracieta Çousturiera 
Dona Esperona gorratiera 
Ou reuendejre de Bonetz 

CO De Templetas et Coul aretz 
Demourant a la Percha pinta. 



— 19 — 

25 De la carriera de Malbec, 
La Floretta, nas de rebec, 
Et de la Poma et del Potz-Claus 
La molher d'un adoban ciaus, 
S'avetz de sarrallias rompudas. 

30 Item tambe y son vengudas, 
De la carriera de Regans, 
La Sebellia que fa les gans ; 
La Martineta, pastissiera; 
Dona Agnes, la merlussiera; 

35 Dona Esperona et la Rixens, 
DonaMargoy, dona Micens, 
La Condoreta, la Riqueta, 
La Catharo dam la Blanqueta. 

Item^ et per un gran miracle, 
40 De Baladas et del Bazacle, 

Y es venguda dona Loysa, 
Dona Naudina et dona Lysa, 
Qu'avia esposatz tretze maritz, 
Totz tretze plantayres de vitz : 

45 Dotze sens honta n'esposec, 
Mays al tretzeme vergognec. 
Pejs, (ie la Capella Redonda, 

Y foc tambe la Miramonda. 
La Trauqueta menec sa majre, 

50 Am dona Johana del brodajre, 
Et, per agusar la ressegua, 
La Guilhaumeta, Ventre d'egua ; 
L'Anthonia de Pargaminieras; 
La Mengarda de Cervinieras ; 

55 Dona Maria, penchenayra, 

Et dona Arnaulda renchajayra ; 
Dona Gracieta costuriera, 
Dona Esperona gorratiera 
O revendeyra de bonetz, 

60 De templetas et colaretz, 

Demorant à la Percha-Pinta. 



— 20 ^ 

Et per milho compljr la fìncta 
Dona Guinetta moliniera 
Portec sur le col vna Engraniera 
65 D'argentieras la Magdalena 
Dona Michella et dona Helena 
Del Pont Vieil et dels Couteliers 
Dona lammeta delsOliers. 

Pareillement foc ordenat 
70 Que yendrian de mal Cosinat 
Dona Peyrona Gilardina 
Et la Franqueta sa vesina. 

Et per donar milhor exemple 
La vielha Martina del Temple 

75 La Francesa de sanctas Carhas 
Tant grassa que fa quatre harhas 
Auant que d'autra causa ohra 
Soneguen las de sanct Suhra 
La Boneta, la Gausseranda 

80 Qui va de la Carriera granda 
Del cap del Pont a Peyralada 
Dona Bertranda esseruelada 
Et de la Porta de la Ylha 
L'estehena et may sa filha 

85 Belcop d'autras pareilhament 

Que son nomadas amplament 
Dedins la Ceda originala 
Vn certan iorn dedins vna Sala 
Assemhladas a son de Trompa 

90 Secretament coma qui crompa 
De las Auquieras del Salj 
Ou quant ellas son au Moly 
Assemhladas vn hel Tropel 
Ontse hailha, trop vn Capel. 

1^5 Las dessusditas d'vn accordy 

Coma cordas de Manicordi 
Totas amassa pyri que Auquas 
Tant parleguen que foguen raucas, 



— 21 — 

Et, permilhor complir la fincta, 
Dona Guinetta, moliniera, 
Portec sul col una engraniera ; 
65 D*Argentieras, la Magdalena; 
Dona Michella et dona Helena, 
Del Pont-Vieil et dels Coteliers ; 
Dona Jammeta dels Oliers. 

Pareilhament foc ordenat 
70 Que vendrian de Mal-Cosinat, 
Dona Peyrona, Gilardina, 
Et la Franquetasa vesina. 

Et per donar milhor exemple, 
La vielha Martina del Temple, 

75 La Francesa, de Sanctas-Carbas, 
Tant grassa que fa quatre barbas, 
Avant que d'autra causa obra, 
Soneguen las de Sanct-Subra : 
La Boneta, la Gausseranda ; 

NO Que va de la Carriera-Granda 
Del Cap del Pont, à Pejralada : 
Dona Bertranda Esservelada, 
Et de la Porta de la Ilha, 
L'Estebena et may sa filha. 

85 Belcop d'autras pareilhament 

Que son nomnadas amplament 
Dedins la ceda originala, 
Un certan jorn, dins una sala, 
Assembladas à son de trompa, 

90 Secretament, comaquicrompa 
De las auquieras del Sali, 
quand elas son al moli, 
Assembhidas un bel tropel, 
Ont se bailha trop un capel. 

95 Las dessusditas, d'un accordi, 

('oma cordas de manicordi, 
Totas amassa, piri qu'aucas, ,. . 
Tant parleguen que foguen paucas. 



— 22 — 

Mais a la fln per lo cpnseilh 
100 De la Conolha et del Verteilh (5) 
Tout a trauers coma qui pesca 
Assetiadas svr vna Desca 
Compauseguen las Ordenansas 
lustas coma belas Balansas 
105 Lors Estatutz et lors vsatges. 

Premierement qu'en filholatges 
Iran deuant las apparentas 
Las grans Damas et Presidentas 
Apres yendran las Conseilheras 
110 En Parlament et las Grafâeras 
Las honorablas Secretarias 
D'ambelas las Referendarias 
Cad'una segon lor estat. 

Apres vendran d'autre costat 
115 Las plus ancianas Doctoressas 
Et deuant ellas las lugeressas 
Quant lors maritz d'estat Real 
Conselheras du Seneschal 
ConteroUessas Thesaurieras 
120 Et tout dVn renc las Audientieras 
Vendran apres coma plus dignas 
Precedissen las Medicinas. 
Mais el es dit en vna Ley 
Qu'apres officieras de Rey 
125 Iran Doctoresses Regentas 

Deuant las simplas Loctenentas. 

Doctoressas en la gaje sciensa 
Pel Libre Blanc ella a licentia 
D'anar apres las Aduocadas 

130 Dauant las simplas Licentiadas, 
En dreyct Cano, ho drejct Ciuii 
Et seria de trop inciuil 
Desrasonnable d'autra part 
Que Doctoressas en tal Art 

135 A Lesempre fossan darrieras 

Toutas las gens per las Carrieras 



— 23 — 

Majs a la fin, per lo conseìlh 
100 De la Conolha et del Verteilh, 
Tot a trayers, coma qui pesca, 
Á.ssetìadas sur una desca, 
Compauseguen las Ordenansas, 
Justas coma belas balansas 
105 Lors Estatutz et lors Usatges. 

Premierament qu'en âlholat^es 
Iran davant las apparentas, 
Las Grans-Damas et Presidentas, 
Âpres vendran las Conseilheras 
110 En Parlament et las Graffîeras, 
Las honorablas Secretarias, 
Damb*elas las Referendarias, 
Cad*una segon lor estat. 

Apres vendran, d'autre costat, 
1 15 Las plus ancianas Doctoressas : 
Davaiit elas las Jugeressas, 
Qu'an lors maritz d*estat real : 
Conseilheras del Senescal, 
Conterolessas, Thesaurieras ; 
120 Et, tot d'un renc, ias Audiencieras, 
Vendran apres, coma plus dignas, 
Precedissen las Medicinas. 
Majs, ei es dit en una lej, 
Qu*apres Offîcieras del Rej 
125 Iran Doctoressas, Regentas, 

Davant las simplas Loctenentas. 

Doctoressas en Gaja-Sciensa, 
Pei Libre Blanc, auran licencia 
D'anar, apres las Advocadas, 

130 Davant las simpias Licenciadas 
En Drejt Cano o Drejt civil, 
Et seria de trop incivil, 
Desrasonnable d'autra part 
Que Doctoressas en tal Art 

135 A Tasempre fossan darrieras : 
Totas las gens per las carrieras 



— 24 — 

No farian pejs que sen truffár 
Per aquo no se deu ponct far. 

£1 es rason pareilhament 
140 Qu'auocadas en Parlament 
Precediscan Percurajressas 
Mais san estat Capitolessas 
Auran vn petit may d'hono 
Coma dict a le dreyct Cano . 

145 Item es dict en vn Paraphe 

Que las molhes dels clercz del Graít'e 
Las Percurayras las Hucheras 
En lors honors serian parieras 
Et per aquo d'ayssi en auant 

150 Las prumieras yran deuant 

Tant en Yuern coma en Estieu 
Sens degun dehat ne questieu 

En vn Item el es metut 
Qu'a deguna n'es permetut 

155 Portar Capayro de Velours (6) 
Ne Patins bridatz pelz Talos 
3i los maritz no son Doctos 
Ou Licentiatz en grand honors 
Lauetz sans deguna sorn etta 

lóO Les maritz portaran Cornetta (1) 
Et las molhes Capayronet 
Autrament no, aquo es trop net . 

Las Notarias et Procurayras 
Simplas Marchandas Pothycayras 

165 Las Hucheras las Caussatieras 
Candelieras, et Ferratieras 
Capayronet no portaran 
Mais ellas se contentaran 
De portar qualque bel Tiret 

1 70 A tout le pire vn Reuiret 

Ou se lor play, Perna am Callota 
Et se y auia qualque fallota 



— 2h — 

No farian pejg que s'en truffar, 
Per aquo no se deu ponct far. 

El es raso pareilhament 
140 Qu'Advocadas en Parlament 
Precediscan Percurajressas, 
Majs, s'an estat Capitolessas, 
Auran un petit maj d'hono 
Coma dict ale Drejt Cano. 

145 Ifemj es dict en un paraphe, 

Que las molhers dels Clercs del Graffe, 
Las Percurayras, las Hucheras, 
En lors honors serian parieras, 
Et per aquo, d'ayssi en avant, 

150 Lasprumieras iran davant 

Tant en ivern coma en estieu, 
Sens degun debat^'ne questieu . 

En un /tem el es metut 
Qu'a deguna n'es permetut 

155 Portar Capayro de Velos, 
Ni Patins bridatz pelz talos 
Si los maritz no son Doctors 
Licenciats en grand honors. 
Lavetz, sens deguna sorneta, 

160 Los maritz portaran corneta 
Et las molhers capajronet, 
Autrament no, aquo estrop net. 

Las Notarias et Percurajras, 

Simplas Marchandas, Pothycayras, 
165 Las Hucheras^ las Caussatieras, 

Candelieras et Ferratieras, 

Capayronet no portaran; 

Mays elas se contentaran 

De portar qualque bel tiret, 
170 A tot lo piri un reviret, 

0, se lor play, perna am callota . 

Et se y avia qualque fallota. 



— 2f^ — 

Espanholada et muguetolla 
Que volguessa fa de^folla 

175 Et que Capa^ronet carguessa 
Encaras que tres ne portessa 
Deffendem que tala affajtada 
Damojsella no sia appellada 
Mais solament simpla Madona, 

180 El no es pas fayt en sabia dona 
Cargua Testat que no aperte 
Et si lo marit ]j ho mante 
Tout be contat per lo menut 
Merita be d'estre Cornut. 

185 La vegada madona Geordia 

D'equitat et misericordia 
Lour permetec ( sa dissec ella ) 
Portar Capajronet de tola. 

Item lo Libre Blanc nous manda 
190 Qu'inha bona richa marchanda 
Et Borgesa de bona rassa 
Mais qu'ajam crompada vna Plassa 
Capayronet podem cargar 
Per que pescam roilhor bragar 
195 Aquo es vertat segurament 
Et non pas iamaj autrament 
Car el seria causa nouuella 
Qu'una femna fos Damojsella 
Et son Marit senhen Arnauld 
200 Laissem aquo saultem plus nault. 

Le Libre Blanc ordena et vol 
Qu*en degun corps mort portem le Dol 
Toutas las prochanas parentas 
Petitas grandas ho Siruentas 
205 Sino per cas que defortunâ 
El sen y trouuessa qu'aulcuna 
Que fossa prens D'enfant ho filha 
En aquel cas sella se habilha 



— 27 — 

Espanholada et muguetolla^ 
Que volguessa far de la folla, 

175 Et que capajronet carguessa, 
Encaras que tres ne portessa, 
Deffendem que tala affajtada 
Damajsella no sia appellada, 
Mays solament simpla Madona : 

180 El Do es pas fajt en sabia dona 
CargarTestat quen*aperte. 
Et si lo marit 11 ho mante, 
Tot be contat per lo menut, 
Merita be d'estre cornut. 

185 La vegada madona Jordia, 

D'equitat et misericordia, 
Lor permetec ( sa dissec ela) 
Portar capayronet de tela. 

Itemy lo Libre Blanc nos manda 
190 Qu'una bona richa Marchanda 
Et Borgesa de bona rassa, 
Majs qu'ajan crompada una plassa 
Capayronet poden cargar. 
Per que pescon milhor bragar ; 
195 Aquo es vertat segurament 

Et non pas jamajs autrament; 
Car el seria causa novella 
Qu'una femna fos Damajsella 
Et son marit senhen Arnaud : 
200 Laissem aquo sautem plus naut. 

Lo Libre Blanc ordena et vol 
Qu'en degun corps-mort porten dol 
Totas las prochanas parentas, 
Petitas, grandas o sirventas, 
205 Sino per cas que, de fortuna, 
El s'en y trovessa qualcuna 
Que fossaprens d'enfant o âlha : 
En aquel cas s'ela s'habilha 



Per portar Dol es amendabla 
210 Et de son Marit ben batabla. 

Vna nouuella maridada 
En corps n'yra si n'es anada 
Premierement en Filholage 
Pensatz j be so es vn passatfre 
215 Que le tout vist et regardat 

Sur tous deu estre ben gardat. 

Item disseguen en parlant 
Qu'a las honors ne cap de L'an 
No qual iamay manjan rostit 
220 Ne de Drap Rouge anar vestit 
Car lo corps mort sen ploraria 
Et per aquo mal fajt seria. 

Seruietasny Coutelz en Taula 
En Corps n'aura (8), so nes pas faiila 
225 Ajtal es estat ordenat 

Dauant que ieu no fossa nat. 

Quant a las honors vffriran 
Lauetz totas se leuaran 
Deguna no se assetiara 
280 Tant que Luflferta durara, 
Mais se faran la reuerensia 
Et se seyran de lor licensia. 

Majson la ont Dol se fara 
L'on no deu iamay para (9) 

235 Quant dauant passa la Processieu 
Et fossa el del Corps de Dieu 
Ny may per lintrada del Rey 
(3ar coma es dict èn nostra Ley 
El seria causa deshonesta 

240 Que Ton paressa et fessa festa 

D'auant L'hostal on Dol se porta 
Ny may tant pauc, d'auant la porta 
Lo Fogayro no deuen far 
Que Ton no sen pesca truflfar. 



— 29 — 

Per portar dol, es amendabla 
210 Et de son marit ben batabla. 

Una novella maridada 
liîn corps nMra, si n'es anada 
Premierament en filholatge : 
Pensatz-y be, so es un passatge, 
215 Que le tot vist et regardat, 

Sus totz deu estre ben gardat. 

Item disseguen en parlan 
Qu'a las honors ne cap-de-ran 
No cal jamaj manjar rostit, 
220 Ne de drap roge anar vestit, 
Car lo corps-mort s'en ploraria 
Et per aquo mal favt seria. 

Servietas ni cotelz en taula 
En corps n'aura, so n'es pasfaula 
225 Aytal es estat ordenat 

Davant que ieu no fossa nat. 

Quand a las honors uffriran 
Lavetz totas se levaran ; 
Deguna no s'assetiara 
2:-J0 Tant que Fuíferta durara ; 
Mays se faran la reverensia 
Et se sevran de lor licensia. 

Mayso, la ont dol se fara, 
L'on no deu jamays la para 

235 Quand davant passa processieu, 
Et fossa el del Corps de Dieu ; 
Ni maj perl'intrada del Rey. 
Car coma es dict en nostra Ley, 
El seria causa deshonesta 

240 Quo Ton paressa et fessa festa 
Davant Thostal on dol se porta ; 
Ni may tant pauc davant la porta 
Lo fofjiayro no deven far, 
Que Ton no s'en pesca truflfar. 



— 30 ^ 

245 Item vna femna qu'alaycta 

No monstre pas la Popa traycta 
Del Colaret sera cuberta 
Car se era touta descuberta 
Qu'aulcun ì\iy pojria far pereilh 

250 La regardant de maluais Oeilh. 

Al Ce, n'auran argent ny Clau 
Especialament lo iorn que plau 
Car aquo fa tarir la Lajct 

Pa de Rascladuras de Mayct 
255 Carnsalada, et Sabrie magre 
Vy moysit, poyrit ho agre 
Es fort contrari alas Noyrissas, 
Mas Carbonadas et Saulsissas 
Forsa Pastisses et Flausony >!■• 
260 Per las Noyrissas sont for^*bonas. 

Quant la Layct va en pelerinatge 
Soupa Dailh an de gras Formatge 
Sul punct de la Luna nouuella 
Encontinent la renouuella 

265 Et de bon Vin vna grand lusta 
Que tengua vn Pegua tota iusta 
Mesura del Comte Ramond 
Mas la Finoy de Cocut Mont 
Dissec, que no lor faria mal 

270 Et tenguessa ella vna Semal 
Aytal gloria lor donaua 
Auqual Article ordenaua 
Per las Noyrissas Vy lurbat 
Al tems que cour es reprobat 

275 Car del bon Vy sailh le bon sang 

Et del bon sang, le bon Layct blanc 
Per noyrir le petit Maynatge 

El es comandat per lusatgo 
Que Noyrissa quant L'enfant popa 
280 No deu beure ny manja souppa 



- 31 

245 Item uno femna qu^alajta 

No mostre pas la popa trajta ; 
Del colaret sera cuberta ; 
Gar s'era tota descuberta, 
Qualcun Ijjpoyria far pereilh, 

250 La regardan de malvajs ueílh. 

Al se n'auran argent ni clau, 
Especialment lo jorn que plau, 
Car aquo fa tarir la layt. 

Pa de rascladura de mayt, 
255 Carnsalada et sabrier magre, 
Vi moysit o poyrit o agre, 
Es fort contrari à las noyrissas. 
Mays carbonadas et salsissas, 
Forsa pastisses et llausonas 
260 Per las noyrisssas son fort bonas. 

Quant la layt va'n pelerinatge, 
Sopa d'ailh am de gras formatge, 
Sul punct de la luna novella, 
Encontinent la renovella ; 
265 Et de bon vi una grand justa, 

Que tengua un pegua tota justa, 
Mesura del Comte Ramond. 

Mays la Finoy de Cocut-Mont, 
Dissec que no lor faria mal 

270 Et tenguessa ela una semal ; 
Aytal gloria lor donava. 
Alqual article ordenava 
Per las noyrissas vi turbat, 
Al temps que cor es reprobat ; 

275 Car del bon vi sailh lo bon sang, 
Et del bon sang lo bon layt blano 
Per noyrir lo petit maynatge. 

El es commandat per Tusatge 
Que noyi'issa, quand Tenfant popa, 
280 No deu beure ni manjar sopa : 



— 32 — 

L'enfant seria trop grant gourmant 
Pire que n'es vn Lansament. 

Vna femua bona layctiera 
A Nojrissa que sia estrangiera 
285 No done beure de sa man 

Car per sens fauta rendoman 
Touta la Layct auria perduda 
Et fautra la ìj auria veguda, 

Enfans no qual bota dormy 
200 Sur la Taula ne sur Camy 

Que lo perilh no les rencontre 
Nj mal no lor vengua d'encontre 
Per les gardar dels espauentz 
Les vodaran a sanct Orens (10) 

295 Quant les Enfans auran le Sircle 
Eîls passaran dedins Larriscle 
Tres cops en salhen del Rusquie 
Apres per vn gougeat auqie 
Vna Romec lor qual far fendre 

300 Pejs la bruslar, etde la Cendre 
Et lor rusquaran las Pernetas 
Et quant elas seran pla nettas : 
Gentament las estroparan . 

Simoissas en crotz botaran 
305 Per les gardar de las Fantaumas (11 
Que se desguisan coma Saumas 
Et van cachar las gens al Lieyct 
An pet sur feilha cada neyt. 

Dona Naudeta la prosenna 
310 Commanda a tota saige femna 
Apres que sera leuada 
De sen ana vers la Daurada 
Per milhor far son personnatge 
Et portara lo petit maynatge 
315 A Nostra Dama de Bethleem 

Car belcop may nous en valem 



— 33 — 

L'enfant seria trop grand gormant, 
Piri que n'es un Lansamant. 

Una femna bona lajtiera, 
A nojrissa que sia estrangiera, 
285 No done beure de sa man ; 

Car, per sens fauta, Tendoman 
Tota la layt auria perduda 
Et Tautrala Ij auria beguda. 

Enfans non cal botar dormi 
290 Sus la taula ni su'l cami, 

Que lo pereilh no les rencontre, 
Ni mal no lor vengua d'encontre. 
Per les gardar dels espavens 
Les vodaran a sanct Orens. 

295 Quand les enfants auran le Siscle, 
Els passaran dedins rarriscle, 
Tres cops en salhen del rusquier ; 
Apres, per un gojat auquier, 
Una romec lor cal far fendre, 

300 Peys la bruslar, et de la cendre 
On lor ruscara las pernetas ; 
Et, quant elas seran pla netas, 
Gentament les estroparan. 

Simoyssas en crotz botaran 
305 Per les gardar de las fantaumas, 
Que se desguisan coma saumas 
Et van cachar las gens al lieyt, 
An pet sus feilha cada neyt. 

Dona Naudeta, la prosemna, 
310 Commanda a tota saja femna, 
Apres que se sera levada, 
De s'en anar vers la Daurada. 
Per milhor far son personnatge, 
Portara lo petit maynatge 
315 A Nostra-Dama de Bethleem, 
Car belcop may nos en valem. 



— 34 — 

Aquo sera per vn Dissapte 
Per so que le iorn es may apte 
De far las mostras per Mercat 
320 L'enfant sera plus arriseat 

Quant auran faytlo Romiuatge 
La Costosido per son gatge 
Aura lauetz vna Fogassa 

Quant ausiretz cantar la Gassa 
325 Ou le Corbas a la ma esquerra 
El es senhal de Pesta ou Guerra 
Et per aquo quant Tausiretz 
A ionctas mas la vetz diretz 
Ausel, Dieu te donne pastura 
330 Et may amy bonna aduentura. 

Et per ontendre la fortuna 
Vous gouuernaretz per la Luna 
Ou segont las ancianas Leys 
Faretz la vespra dels tres Reys 

335 Al pe del foc le Bojs saulta 

Et quant veyretz regna L'auta 
Ou dins lo foc tomba la Setge 
Tout segur es seignal de plege 
Et may quant veyretz de maty 

340 Al Cel Larquet de sanct Marti 
Et quant sul tard el es al Cel 
L'abetz es signe de far bel 
A tout le mens per Tendoma. 

Si vous ausetz Laze brama 
345 Quant dessus el, qu'aulcun ìy inonta 
Be podetz pla dire sens honta 
Quaquel deu estre filh de puta. 

Item lo Libre blanc disputa 
Al loc que dessus aliegat 
350 Que si Ton vetz penchena lo Gat (12) 
Et quant Lauqua se spepissona 
Be sens falhj la Pleja sona 



- 35 ^ 

Aco sera per uu dissapte, 
Perso que le jorn es maj apte 
De far las mostras per mereat; 
320 L'enfant sera plus arriscat. 

Quant auran fajt lo romiuatge, 
ìiSL costosido, per son gatge, 
Aura lavetz una fogassa. 

Quand ausiretz cantar Tagassa 
325 le corbas a ]a ma esquerra, 
£1 es senhal de pesta o guerra ; 
£t, per aquo, quand Tausiretz, 
A junctas mas, lavetz diretz : 
Ausel, Dieu te done pastura 
330 £t maj a mi bona aventura. 

£t^ per entendre la fortuna, 
Vos governaratz per la luna ; 
0, segon las ancianas lejs, 
Faretz, la vespra dels tres Rejs, 

335 Al pe del foc le bojs sauta. 

Et quand vejretz regnar Tauta, 
dins lo foc tombar îa seja, 
Tot segur es seignal de pieja ; 
Et maj quand vejretz de mati 

340 Al cel Tarquet de Sanct-Marti ; 
Et quand su'l tard el es al cel, 
Lavetz es signe de far bel, 
A tot lo mens per Tendoma. 

Si vos ausetz l*aze brama 
345 Quand dessus el qualcun Ij monta, 
Be podetz pla dire, sens honta, 
Qu'aquel deu estre fìlh de puta. 

ííem ìo Libre Blanc disputa, 
Al loc que dessus allegat, 
350 Que si Fon vetz penchena Tgat, 
Et quant l'auqua s'espepissona, 
Be, sens falhir, la pleja sona ; 



- 36 - 

Per aquo donc en breu plaura. 

Quant femna mal de cap aura 
355 Ou pauc ou prou le Nas \j sangna, 
Segon Taduis de la Susanna 
El es senhal que es prens de âlha 
Per so disia dona Trotilha 
En femna prens le mal de cap 
360 Segurament a ôlha sap 

Aquo es lo signe d'aquel mal 
Coma es escriut al test formal. 

Quant las Aurelhas cornaran (13) 
Encontinent Dieu pregaran 
365 Que lor done bonas nouuellas 

Femnas que volen estre bellas 
Coma aperte a lors manieras 
Passaran deioux tres Banieras 
Le darrier iorn de las Letanias 

370 Ou dels peloux de las Castaignas 
Se fretaran vn pauc la Cara 
Aquo es causa que no es pas cara 
No pot costar que laissagea, 
Quant femnas se yran passegea 

375 Sy trobaban le vent follet 
Que cor pel sol en viroUet 
Encontinent se arestaran 
Las Queyssas en crotz boutaran 
Afíìn que no las pesca atteigne 

380 Et que dauant no las empreigne 
Buffant deioust le Deuantaì . 

Et per le gitar de L'hostal 
Dessus le Poutz cal vn Linsol 
Pejs semena de Milg pel sol 
385 Si le folet le Milh n'amassa 

Se ronsa al Potz coma vna raassa 
Et iamays plus no tornara 
Mais L'hostal habandonara. 



r- 37 — 

Per aquo donc en breu plaura. 

Quand femna mal de cap aura, 
355 O pauc o pro le nas li sangnà, 
Segon radvis de la Susanna, 
El es senhal qu'es prens de âlha. 
Per 80 disia dona Trotilha : 
En femna prens lo mal de cap 
360 Segurament a âlha sap ; 

Aquo es lo signe d*aquel mal. 
Coma es escriut al test formal. 

Quand las aurelhas cornaran, 
Encontinent Dieu pregaran 
365 Que lor donne bonas novellas. 

Femnas que volen estre bellas, 
Com aperte a lors manieras, 
Passaran dejots tres banieras 
Le darrier jorn de las Letanias ; 
370 O dels pelos de las castaignas 
Se fretaran un pauc la cara ; 
Aquo es causa que n*es pas cara, 
No pot costar que Taissajar. 

Quand femnas s'iran passejar, 
375 Si trobavan le Vent-Follet, 
Que cor pel sol en virollet, 
Encontinent s'arrestaran, 
L^,s cueissas en crotz botaran, 
AflSn que no las pesca atteigne 
380 Et que davant no las empreigne, 
Buffan dejots lo davantal. 

Et per lo gitar de rhostal : 
Dessus le potz cal un linsol ; 
Peys semenar de milh pel sol ; 
385 Si le FoUet le mil amassa, 

Se ronsa al potz com una massa 
Et jamajs plus no tornara, 
Mays Thostal abandonara« 



— 38 — 

Per la vespra de la Assentìeu 

390 No cal iamais far le Lessieu 

D'aquio que la Crotz sia banhada (14) 
Car Laygua lauetz es senhada 
Del grant Ramìe, d'aquia al Bazacle 
L'on n'a vist far trop vn miracle 

395 Daquella Aygua doas grans Cubas 
Es fort bona per las Estubas 
Quant femnas an le mal de majre 
Per si banlia dam la comajre. 
Be podem tambe appella 

400 Qualque bel ioue Capella 
Honest homme et deuocios 
Que lor dira forsa Oratios 
A miege perda et miex guasahang 
Tant que seran dedins lo Baing. 

405 Peys la cubrira d'vna EstoUa 

Que la mayre no venga folla, 
Mays la femna qual que sia nuda 
Tout al salhen de la Cornuda. 

Le Dymecres nj lo Dyuendres 
410 No qual iamay leuar las Cendres 

Coupar la vnglas (15), far la Rusquada 
Lauar le Cap, ny far Cayrada 
Nj maj Capdans, festas ho Nossas, 
Et lor respondre per Carbossas 
415 Aquo seria trop abusar. 

En Estubas n'yran susar 
Le Djmecres, ny lo Dýlus 
Ny bouta trempa lo Merlus 
Ou tournegea la Carnsalada 

420 May sa dissec L'esseruelada 
Que le Dygeaus et le Dimars 
Iram forbir les bracomartz, 
Bracomartz entendia broquiers 
Per affoisonar les auquiers, 

425 Et per tornar la majre al loc 
Lauetz cadauna fa son íloc. 



— 39 — 

Per la vespra de rAssencieu 

390 No cal jamajs far le lessieu, 

D'aquìa que la crotz sia banhada ; 
Car Tajga lavetz es senhada, 
Del Grant-Ramier d'aqui al Bazacle. 
L'on n'a vist far trop un miracle : 

395 D'aquella ajgua doas grans cubas, 
Es fort bona per las estubas, 
Quand femnas an lo mal de mavre, 
Per s'y banhar dam la comayre . 
Be poden tambe appella 

400 Qualque bel jove capella, 
Honest homme et devocios, 
Que lor dira forsa oratios 
A mieja perda et miech gasanh, 
Tant que seran dedìns lo banh. 

405 Peys las cubrira d'un' estolla, 
Que la majre no venga folla; 
Majs la femna cal que sìa nuda, 
Tot al salhen de la cornuda. 

Lo dimecres ni lo divendres 
410 No cal jamajs levar las cendres, 
Copar unglas, far la ruscada 
Lavar le cap ni far cajrada, 
Ni may capdans, festas o nossas, 
Et lor respondre per carbossas ; 
415 Aquo seria trop abusar. 

En estubas n'iran susar 
Lo dimecres ni lo dilus, 
Ni botar trempar lo merlus, 
tornejar la carnsalada. 

420 Mays sa dissec rEsservelada, 
Que lo dijaus et lo dimars 
Iran forbir los bracomarts . 
Bracomarts entendia broquierá 
Per affaissonar los anquiers, 

4:i5 E per tornar la maTre al loc ; 
Lavetz cad'una fa son floc. 



40 



A femna prens porta hono 
lamay no ly digatz de no 
Ou vous auriatz als oeilhs largeol 

430 Laganhoses coma vng augeol, 
Aquo seria perlo peccat 
Las veusas al magniâcat 
Ny a leuangely no se leuen, 
De genolhos qual que Dieu preguen 

435 Que lordonne nouuel marjt 
Per resiouyr lor cor marrit 
E per forhy lo pelysso 
Segon la nouuela faysso 
En recognoissen la verquiere. 

440 Sapiatz tamhe qu'es la maniera 

Et degus no y pot glosa 
Que veusas deuen esposa 
Ses tamhorins, et ses garlanda, 
En messa hassa, et non pas granda 

445 Son marit elle espousara : 
Lo Ricto no ly houtara 
Deguna estoUa sur le cap 
Que no ly calga bota cap 
Le Libre Blanc nous ho comanda. 

450 Et dona Gausia tamhe manda 

Que lasyeusas etioynas ôlhas 
No ioguen iamais a las quilhas 
D'aquia que seran maridadas 
Ellas seran mal estimadas 

455 logar en tal ioc deshonest 

D'aquo nous ahem vn hel Test. 

Aâlha escausa defenduda 
Porta Laupalandra fenduda 
D'aquia qu'aia Marit fermat 
460 Aytal est estat confermat 

Per le Lihre Blanc ancianament. 

Ny may tant pauc parelhament 



- 41 — 

A femna prens portatz hono : 
Jamajs no li digatz de no, 
O Yos auriatz als ueilhs Tarjol, 
430 Laganhoses coma un aujol : 
Aquo seria per lo pecat. 

Las yeusas al Magnificat 
Ni a rEvangeli no se leven; 
De genolhos cal que Dieu preguen 
435 Que lor donne novel marit, 
Per resjoir lor cor marrit 
£t per forbir lo pelisso, 
Segon la novela faysso, 
En recognoissen la verquiera. 

440 Sapiatz tambe qu'es la maniera, 
Bt degus no pot j glosar, 
Que yeusas deven esposar 
Ses tamborins et ses garlanda ; 
En messa bassa et non pas granda 

445 Son marit ela esposara; 
Lo Rictor no li botara 
Deguna estolla sus lo cap: 
Que no li ealgabotar cap, 
Le Libre Blanc nos o comanda. 

450 Bt dona Gausia tambe manda 

Que las veusas et joynas fìlhas 
No joguen jamajs a las quilhas, 
D'aquiaqúe seran maridadas ; 
Elas seran mal estimadas 

455 Joguar en tal joc deshonest; 
D'aquo nos avem un bel test. 

A ûlha es causa defenduda 
Portar Taupalandrafenduda, 
D'aquia qu'aja marit fermat : 
460 A jtal es estat confermat 

Pel Libre-Blanc ancianament. 

Ni may tant pauo parelhament 



— 42 — 

Als Ditz no portaran Anelz 
Mais de portar forsa Ramelz 
465 Homme no las poyria reprendre 
Car Tauetz ellas son àvendre (16). 

Yna filha qu'a mala goula 
Que se fara souppas dins Loula (17) 
Et dins lo Mortie mange Salsa 
470 ( Ou la sententia seria falsa ) 
Ploura lo iorn que sera Nobia, 
Et tombara dins tala folia 
Queson Marit sen anara. 

Vna fllha qu'engranara 
475 L^hostal, la Sala, ho la Carriera 

Et si layssaua Lengraniera. 

Dessus las palhas touta colcada 

Ou se no fa blanca Rusquada 
480 EUa aura son marit tinhos 

Tout ple de Lendas als guinhos 

Femna qu'a estat en maridatge 
Vn long temps sens auer maynatge 
Cal que mange tostemps foguassa 

486 Peys bota al foc vna Piguassa 
Et quant ella sera pla cauda 
Coma dissec dona Guirauda 
El qual que pisse per la Doulha, 
Apres de qualque bona Andolha 
Cada matj qual qu'ella mange 

490 Am vn petit de chuc D'irange 
Ajtal se vfûa le Deuantal. 

Ou bien que la neyt de Nadal 
Ane prumierament al vffertory 
A la Missa de fray Gregory 
495 Et per accomplir le pastis 

Fray Q-ermanon delz Augustis 
Es vn home fort necessary 
Coma notable Commissary 
Periogua à laTiramassa(18). 



- 43 - 

Als ditz no portaran anels, 
May de portar forsa ramels 
465 Hom no las poyria reprendre, 
Car lavetz elas son a vendre. 

Una âlha qu*a mal$i gola, 
Que se farasopas dins l'ola, 
Et dins lo mortier mange salsa 
470 (0 la sententia seria falsa ), 

Ploura lo jorn que sera novia, 
Et tombara dins tala solia 
Que son marit s'en anara. 

Una filha qu'engranara 
475 L'hostal, la sala o la carriera, 
Et s'y laissavarengraniera 
Sus las palhastota colcada, 
se no fa blanca ruscada, 
Ela aura son marit tinhos, 
480 Tot ple de lendas als guinhos. 

Femna qu'a 'stat en maridatge 
Un long temps sens aver maynatge, 
Cal que mange tostemps fogassa, 
Peys bota al foc una pigassa . 

485 Et quand ela sera pla cauda, 
Coma dissec dona Q-uirauda, 
El cal que pisse per la dolha. 
Apres, de qualque bona andolha, 
Cada mati cal qu'ela mange, 

490 Am un petit de chuc d'irange : 
Ajtal s'uffla le davantal. 
be que la neyt de Nadal, 
Ane premier al uflfertorj, 
A la messa de fray Gregory, 

495 Et per accomplir le pastis, 

Fray Germanon, dels Augustis, 
Es un home fort necessari, 
Coma notable commissari, 
Per joguar à la tiramassa, 



— 44 — 

500 Duas Veusas n'yran punt amassa 

Sa nous comanda la Riqueta 
La testa no portaran dreyta 
Si non quVn pauc à bellas pausas 
En femna Yeusa cal tres causas 

505 Per blanqua premierament 
Apres y cal communament 
Segon les testes del terras 
Caussa tirada et Testre ras. 

Las filhas qu'on vol marida 
510 De tres cops no diran oy da 

Quant lor marit on lor presenta 
Apres diran yeu son contenta 
Pejs qu'atal plaj a noz parentz 
Parlant tout sciau entre sas dentz 
515 Qu'on no posca gayre be entendre. 

Tarin barast am le pa tendre 
Sa dissec dona Sobirana, 
De la carriera Nauelana 
Qui le Libre Blanc a legit, 
520 Tout aquo veyra corregit 

Hoey lon ne fa punt tant de minas 
Mais sa disseguen sas vesinas 
Qu'entre las gens de bassa ma 
Au qual punct se deu confìrma. 

525 Quant la nobia s'ira dormj 

Gardatz vous be que pel camy 
Sa garlanda no sia tocada 
Car ajtal pot esse estaquada 
Etmasbotada en mal tout temps 

530 Per aquo donec en aquel temps 
Quant vous la menaretz al lieyt 
El que la premiera neyct 
La nobia no sia descaussada 
Sino per femna maridada, 

535 Qu'aja portat forsa d'enfans 

De bels, politz, et triumphantz, 



— 45 — 

500 Doas yeusas n'iran punt amassa. 

Sa nos oomanda la Riqueta ; 
La testa no portaran dreta, 
Sinon qu'un pauc, à bellas pausas. 
En femna veusa cal tres causas : 

505 Pel blanquatot premierament, 
Après, y cal communament, 
Segon les testes del terras, 
Caussa tirada et Festre ras. 

Las âlhas qu'on vol marida 
oíO De tres cops no diran : Oy-da, 

Quand lor marit on lor presenta ; 
Apres diran : yeu son contenta , 
Peys qu'atal play a mos parentz, 
Parlant tot siau entre sas dentz, 
515 Qu'on no posca gayre be entendre. 

Tarin-barast ! am le pa tendre, 
Sa dissec dona Sobirana, 
De la carriera Navelana, 
Qui lo Libre Blanc a legit, 
520 Tot aquo veyra corregit : 

Hoey, Ton no fa punt tant de minas. 
Mays sa disseguen sas vesinas, 
Qu'entre las gens de bassa ma 
Aquel punct se de confirma . 

525 Quand la Novia s'ira dormi, 

Gardatz-vos be que, pel cami, 
Sa garlanda no sia tocada : 
Car aytal pot esse estaquada 
Et mas botada en mal tot temps. 

530 Per aquo donc, en aquel temps, 
Quand vos la menaretz al lieyt, 
El cal que, la premiera neyt, 
La Novia no sia descaussada 
Sino per femna maridada, 

535 Qu'aya portatforsa d'enfantz, 
De bels, politz et triumphantz ; 



— 46 - 

Autrament es causa segura, 
Coma dissec dona Segura 
Que iamais no portarian fruct. 

540 Et per affln que n'aya bruct 

Entre les nouuels maridatz, 
El qual appres arregardatz 
(No penses pas que sian folias) 
De la nobia las cambalias, 

545 De totz los caps nosar amassa, 
El es mestié qu'atal se fassa 
Car tant qu'ellas seran nosadas 
No siatz truffadas, ny abusadas 
lamais entre els n'aura debat 

550 Goma es estat ben approbat. 

Per lo garda d'estre ialoux 
Le qual truca surles talos. 

Et quant vng nobi dansara 
A la dansa darrie sera 

555 Car coma ditz nostra ordenansa 
Vng nobi al Ijeyt et a la dansa 
Cal que mena la quoa tout iorn, 
Et se volia prendre soubiourn 
Nous permettem à sa molhe 

560 Que mande querre vn escoullie 

Apres dissec dona Danisa 
Que dVna Nobia la Camisa 
El qual que sia de Lj marcesc 
Et per troba L'estre tout fresc 

565 Quant vna filha espousara 
Le iorn deuant s'estubara 
Am forsa Menta et Nasitort 
Affin q'uaya milho confort 
Per sobstenir le grand trauailh 

570 A la iornada del Batailh. 

Nous vous deffendem que iamay 
Vous no fassatz Nopsas en Maj (19) 



— 47 — 

Autramen es causa segura, 
Coma dissec dona Segura, 
Quejamajs no portaria frufc. 

540 Et per affln que n'aja brut 

Entre les noyels maridatz 
El cal apres, arregardatz 
(No pensets pas que sian folias), 
De la novia las cambalias 

545 De totz los caps nosar amassa, 
El es mestier qu^atal se fassa ; 
Car tant qu'elas seran nosadas, 
No siatz truffadas ni abusadas, 
Jamays entr'els n'aura debat, 

550 Coma es estatben approbat. 

Per lo gardard'estre jalos, 
Le cal trucar sus les talos. 

Et quand un novi dansara, 
A la dansa, darrier sera ; 

555 Car, coma ditz nostr' Ordenansa, 
Un novi al liejt et à la dansa 
Cal que mene la coa tot jorn ; 
Et se volia prendre sobjorn, 
Nos permettem à sa molher 

560 Que mande querre un escolier. 

Apres, dissec dona Danisa 
Que d'una novia la camisa 
Ei cal que sia de li marsesc ; 
Et per trobarTestre totfresc, 

565 Quand una ûlha esposara, 
Lo jorn davant s'estubara 
Am forsa menta et nasitort, 
Affìn qu'aya melhor confort 
Per sostenir le grand trabailh 

570 A la jornada del batailh. 

Nos vos deflfendem que jamaj 
Vos no fassatz nopsas en May, 



— 48 - 

Ny esposetz en Conuent de Mongeas 
No pensetz pas que sìan mensongeas 
575 Tallas Nopsas son malhurosas. 

Majs per affin que sian hurosas 
Bs ordenat que dins Tolosa 
La Nobia quant Marit esposa 
Pater Nostres no deu portar. 

580 Item vous volem exhortar 

Per remrembransa de sanct Blase 
Que no montez iamajs sus Ase 
El es malhuroulx animal 
Et qui ne tomba se fa mal 

585 Oar en tombant Lase ditz creua 
Et lo Rossj vous dira leua (20) 

Item no layssets vn Cotel 
Qu'aja le Tailh deuers le Cel 
Car sVn Angel venia sur taula 
590 Per escoutar qualque paraula 
Se talharia d'aquella sorta 

Quant vna femna prengs es morta 
Per fauta d'auer leuado 
Segon que ditz dona Condo 
595 Le fruct de son corps, et may ella 
Sont conuertiz en vna estella. 
Coma souuen el s'en deue. 

Vna ûlha que vol scaue 
Le nom de son futur marit 

600 Et per vese s'auia esperit 
Le premier fìel que fìlara 
Deuant la porta boutara 
Tout a travers de la carriera 
Et peys qu'espie la maniera 

605 D'aquel que premier passara, 
Car son marit ajtal sera 
Coma es escriut en nostre drejct, 
Se marque le flel del pe drejct 



- 49 - 

Ni esposetz en conyent de monjas ; 
No pensetz pas que sian mensonjas : 
575 Talas nopsas son malhurosas . 

Maj, per affîn que sianhurosas, 
Es ordenat que, dins Tolosa, 
La novia, quand marit esposa, 
Pater-nostres no deu portar. 

580 Item vos volem eihortar, 

Per remembransa de sanct Blase, 
Que no montetz jamaj sus ase ; 
£1 es malhuros animal, 
Et qui ne tomba se fa mal, 

585 Car en tombant, Tase ditz : creva ! 
Et lo rossi Yos dira: leva! 

Item no layssetz un cotel 
Qu'aja letailh deyers le cel, 
Car s*un angel venia sus taula, 
590 Per escoutar qualque paraula, 
Se talharia d*aquela sorta. 

Quand una femna prens es morta 
Per fauta d'aver levado, 
Segon que ditz dona Condo, 
595 Lo frut de son corps et may ela 
Son convertitz en un' estela, 
Coma soven el s'endeve. 

Una ûlha que yol saye 
Le nom de son futur marit, 

600 Et per veser s'aura esperit , 
Le premier fìel que fìlara 
Davant la porta botara, 
Tot à travers de la carriera, 
Et pejs qu'espie la maniera 

605 D'aquel que premier passara, 
Car son marit ajtal sera, 
Com es escriut en nostre dreyt : 
Se marqua le fìel del pe dreyt. 



— 60 — 
Del nom d*aquel se nomara (21). 

610 £t qui se descaremara 

Am yous en Bure, ou dam formatge, 
Coma es escriut en nostre vsatge, 
Aurelhas d*aze aura per Paschas, 
A ta longas coma de Masquas, 

615 Ou per le mens coma vng conilh, 
No qual pas gitar Temhonilh 
Que tómhara al petit majnatge 
Gar el es hon pel foc saluatge. 
No les laissetz al Gat mengea, 

620 Car Tenfant en pensant songea 
Vous pissaria tostemps al lyejct 
Antant lo iorn coma la ne jct, 

Quant femna prengs se vol ageaire 
Si vous vesetz que pene gayre 

625 Dostatz ly les anels des ditz 

Car segon nostres communs ditz (22) 
lamais no se deliuraria 
Tant qu*en sos ditz Anels auria. 
Ou que sia plus leau garida 

630 Les plans de sancta Margarida 
Vous \y faretz legir de costa (23) 
En ly fasen mangea vna rosta 
Trempada am de hon ypocras 
Ou dam hon plat de sahrie gras. 

635 La femna prengs en iutgament 

No fara punct de sagrament 
Car si ne fasia per ventura 
Faria domatge a la creatura 
Ly donant qualque grossa fehre. 

640 Ny mais tant pauc no mange lebre (24 

Car son fruct per causa entenduda 
Aiiria la gorgea trop fenduda 
A tout le mens trop longuas dentz . 

Item quant vna femna prengs 



— 51 - 
Del nom d'aquel se nomnara. 

610 Et qui se descaresmara 

Am jous en bure, o dam formatge, 
Com es escriut en nostre usatge, 
Aurelhas d'aze auraper Paschas, 
Auta longas coma de masquas, 

615 O per le mens coma un conilh. 
No cal pas gitar Tembonilh 
Que tombara al petit majnatge 
Car el es bon pelfoc salvatge. 
No 1 laissetz pas al gat manjar, 

620, Car Fenfant, en pensant somjar, 
Vos pissaria tostemps al lieyt, 
Autant lo jorn coma la neyt. 

Quand femna prensse vol ajaire, 
Si vos vesetz que pene gayre, 

625 Dostatz li les anels dels ditz ; 
Car segon nostres comuns ditz, 
Jamajs no se deliuraria 
Tant qu'en sos ditz anels auria. 
per que sia plus leu garida. 

630 Les Plans de sancta Margarida 
Vos li faretz legir de costa. - 
En lifasen manj* una rosta 
Trempada am de bon ypocras, 
dam bon plat de sabrier gras. 

635 La femna prens en jutjamen 

No fara punct de sagrament, 
. Car si ne fasia, per ventura, 
Faria domatge a la creatura, 
Li donant qualque grossa febre. 

640 Ni mays tant pauc no mange lebre : 
Car son frut, per causa entenduda, 
Auria la gorja trop fenduda, 
A tot le mens trop longuas dens. 

Item quand una femna prens 



- 52 - 

645 Vol scaue si aura filh ou ôlha, 

El qual qu'ella plante vna quilla 
En vna taula de lumbert 
Si le lumbert demoura vert 
Que no se secque encontinent 

650 Segond que ditz dona Aduinent 

El es senhal qu'es prengs d'enfant 
Et sel lumbert en estre fan 
Se secqua, et tourna obscur 
Es pres de filha tout segur, 

655 Aqui no cal re plus prouar. 

Femna prens no se deu leua 
Per escampar aygua tout contat 
Dauant que lo Poul n'aya cantat 
Si no que porte al col vng breu 
660 Car si se leuaua plus leau 

Rencontraria qualque espauen, 

Vna femna prengs que souuen 
Caualga vng tymon de charreta(25), 
Ou que desmargua vna ferreta 
665 Le cinquiesme iour de Septembre 
Si porta fìlh aura gros membre 
Plus redde et fort que no son osses. 

Si porta fìlha aura potz grosses 
Molletz coma bels pescayos, 

670 Autant dessus coma deious : 

Et quant femna prens aura enueja 
De qualque causa qu'ella veja, 
Donatz lin leu, car autrament 
Perdria son fruct segurament, 

675 Que seria trop plu? grand domatge 
Qu'on no scauria per lengatge 
Tant que lon viuria guasanha. 

Si vna femna vol empreigna 
Plus leau dVng filh que dVna fumella, 



— 53 — 

645 Vol saver si aura íilh o filha, 

El cal qu'ela plante una quilha 
En una taula de jumbert. 
Si le jumbert demora vert, 
Que no se seque encontinent, 

650 Segon que ditz dona Advinent, 

El es senhal qu'es prens d'enfant ; 
Et sel jumbert, en estrefan, 
Se sequa et torna escur, 
Es prens de fìlha tot segur ; 

655 Aqui no cal re plus provar. 

Femna prens no se deu levar 
Per escampar aygua, tot contat, 
Davant quel pol n'aya cantat, 
Sino que porte alcol un breu; 
660 Car si se levava plus leu , 

Rencontraría qualque espaven. 

Una femna prens que soven 
Cavalga un timo de carreta, 
que desmargua una ferreta, 

G65 Lo cinquiesme jor de septembre, 
Si portafìlh, aura gros membre, 
Plus redde et fort que no son osses; 
Si porta fìlha, aura potz grosses, 
Molletz coma bels pescajos, 

670 Autant dessus coma dejos. 

Et quand femna prens aura enveja 
De qualque causa qu'ela veja 
Donatz lin leu, car autrament 
Perdria son frut segurament. 
675 Que seria trop plus grand domatge, 
Qu'on no sauria per lengatge 
Tant que Ton viuria guasanhar. 

Si una femna vol empreignar 
Plus leu de fìih que de femella, 



- 54 — 

680 Portara deiotz sa gonella 

Cousut le pe drejt dVna Agassa. 

ben quant son marit rambrassa 
Que tengua los dus puntz serratz (26), 
Los talos ferrnes, los oeilhs barratz, 

685 Et qu'aja lo coratge hardit, 
Car aquo fa so dessus es dict, 
Mes que son marit be la rascle, 
Empreignera d'vn enfant mascle. 

Et sa dissec la vieilha Arnauda 
690 Al lessieu no botaretz gauda (27) 
Car qui bouta gauda al lessieu 
No vejra iamais la cara de Dieu 
Si ny dona qualque bon recapte. 

Le cap lauaran lo dissapte 
095 Deuant que no toquen completas. 

Siruentas no portem timpietas 
Tressas de perla ny dauradas 
Daqui que seran maridadas, 
Car autrament tout contestat 
700 S*en cargaria trop grand estat, 

Le maty quant se leuaran 
Le pe drejt plus leu caussaran (28), 
Si caussauan Tesquer plus leau 
Poyria ben esse que beleau 
705 Lor vendria qualque desfortuna. 

Item tout segur si calcuna 
Aboùtatz linsolz blancz al lyeyt 
Vn angel y dorm cada neyct, 
Entro que lon y ajaloffat (29) : 
710 Qui no le creyra sera dit fat 
Et coma tal Testimaran. 

Petitz enfans no mingearan 
Surles carbos depa torrat (30), 
( Sino que fos mingeat de rat ) 



— Oi) — : 

V-- 



680 Portara dejots sa gonella 

Cosut le pe drejt d'una agassa ; 
be quant son marit rembrassa, 
Que tengua los dos punhz sarratz, 
Los talos ferms, los ueilhs barratz 

685 Et qu'aja lo coratge hardit; 
Car aquo fa so dessus dict, 
Mays que son marit be la rascle, 
Empreignara d'un enfant mascle. 

Et sa dissec la vieilha Arnauda, 
690 Al lessieu no botaretz gauda, 
Car qui bota gauda al lessieu 
No vejra la cara dejDieu, 
Si n'y dona qualque recapte. 

Lo cap lavaran lo dissapte, 
695 D'avant que no toquen completa?;. 

Sirventas no porten templetas, 
Tressas de perla ni dauradas 
D'aqui que seran maridadas, 
Car autrament, tot contestat, 
700 S*en cargaria trop grand estat. 

Lo mati, quand se levaran, 
Lo pe dreyt plus leu caussaran : 
Si caussavan l'esquer plus leu, 
Pojria ben esse que beieu 
705 Lor vendria qualque desfortuna. 

ítem tot segur, si calcuna 
A botatz linsols blancs al liejt, 
Un Angel y dorm cada neyt 
Entro que Fon y aja loífat : 
710 Qui no 1 creyra sera dit fat, 
Etcoma tal Testimaran. 

Petitz enfans no manjaran 
Sur les carbos de pa torrat, 
(Sino que fos manjat de rat ): 



— m — 

715 Lauetz le podetz fa rosty, 

Car, coma ditz sanct Augustj 
Nostre senhe s'en ploraria, 
Et Tenfant mal s*en portaria 
Per so gardatz lo be d'en mangea. 

720 Qui se vol garda de songea 

Deguns songes espouentables, 
Comme pendutz, negatz, ou diables, 
Mecta ioux lo cap vnas matinas. 

« 

Qui besoigna las Augustinas 
725 Repentidas, ou autras mongeas (31 \ 
Que son moletas coma espongeas, 
Quant sera mort sera aquo scieu 
Plus dreyt bordo quVng de romieu . 

Si caualgatz nau passes TOurs (32) 
730 Apres qu'aura faict les nau tours 
Desquavalgatz de la ma esquerra 
Et iamais n'auretz mai de terre, 
Nj degun autre mal perilh. 

Si pissatz contre le Soleilh (33) 
735 Ou dins le foc sur rescabella 
Es segur d'auer la grauella, 
Que que tu fassas ny que diguas. 

Et qui torqua l^estre d'ortiguas 
N'aura iamais verms ny morenas. 

740 Home no done per estrenas 

A sa nobia deguns cotelz (34) 
Per tant qu'elz sian riches ny belz 
De malheur serian atrapatz 
Et no viurian iamais en patz. 

745 Qui dormira dam sa comajre (35) 

Segon que ditz le Sermonayre 
Sera iugeat d'aspra sententia 



— o/ 

715 Lavetz le podetz far rosti, 

Car coma ditz sanct Augusti, 
Nostre-Senhe s'en ploraria, 
Et Tenfant mal s'en portaria ; 
Per so gardatz lo d'en manjar. 

720 Qui se vol gardar de sonjar 

Deguns songes espaventables, 
Coma pendutz, negatz o diables, 
Meta jots 1 cap unas matinas. 

Qui besogna las Augustinas, 
725 Repentidas o autras monjas, 

Que son moletas coma esponjas, 
Quand sera mort, sera aquo sieu 
Plus drejt bordo qu'un de romieu. 

Si cavalgatz nau passes Tors, 
730 Apres qu'aura fait les nau tors, 
Descavalgatz de la ma esquerra, 
Et jamays n'auretz mal de terra 
Ni degun autre mal pereilh. 

Si pissatz contra le soleilh 
735 dins le foc, sus rescabella, 
Es segur d'aver la gravella, 
Que que tu fassas ni que diguas. 

Et qui torca i'estre d'ortiguas 
N'aura jamajs verms ni morenas. 

740 Home no done per estrenas 

A sa novia deguns cotels 
Per tant qu*els sian riches ni bels ; 
De malhur serian atrapatz 
Et no viurian jamajs en patz. 

7 15 Qui dormira dam sa comajre, 

Segon que ditz le Sermonayre, 
Sera jutjat d^aspra sententia. 




— 68 — 

Sel fìlhol no fa penitentia 
Coma prouaua per latj. 

750 Quant vna femna le matj 

Vestitz sa camjsa al reuers, 
Ou las caussas tout de trauers 
La causa al long be debatuda 
Es signe que sera batuda 

755 De qualque torto dur et gros 
Segon Taduis de lean del cros. 

Qui se miralha dam le lum 
Tornara negra coma fum, 
Et dauantaige trouuera 
760 Que son visatge ruara, 

Et ìj vendra coma cailhol (36) 

A qui n'aura faict vng filhol 
Lon no poyria segurament 
Apres sa mort aucunament 
765 Ly far plegar en crotz les brasses 
Ny tant pauc ne deu auer classes 
Coma las autras que nan faict. 

Item disen mect en faict (37j 
(Tant vertat que Dieu es al cel) 

770 Que si vng homme iouue piucel 
Espousa vna fìlha piucelle 
Lj vendra mal à la maissella 
Ou bien que le premier maynatge 
Que salhira de tal maridatge 

775 Sera tant fat coma boulhan. 

Et per affìn que no failham (38) 
Quant vn enfant sera nascut 
Si vouletz que sia leu crescut 
Et que sia fort et bien adreyct 
780 Portatz le plu leau au bras dreyct 
Car autrament seria esquerrie 
Coma dict lo libre terrie. 



- 59 — 

Sel âlhol no fa peniteutia, 
Coma provava per lati. 

750 Quand una femna, le mati, 

Vestitz sa camisa al revers 
O las caussas tot de travers, 
La cansa al long be debatuda, 
Es signe que sera batuda 

755 De qualque torto dur et gros, 
Segon Tadvis de Jean del Cros. 

Qui se miralha dam le lum, 
Tornara negra coma fum, 
Et d'avantage trovara 
760 Que son visatge ruara 

Et li vendra coma cailhol. 

A qui n'aura fait un filhol, 
L'on no poyra segurament, 
Apres sa mort, aucunament 
765 Lí far plegar en crotz los brasses ; 
Ni tant pauc no deu aver classes, 
Coma las autras que n'an faict. 

Item disem, metem en faict 
( Tant vertat que Dieu es al Cel ), 

770 Que si un home, jove piucel, 
Esposa una filha piucella, 
Li vendra mal à la majsella ; 
be que le premier mrijnatge 
Que salhdra de tal mariatge 

775 Sera tant fat coma bolham. 

Et per affin que no failham, 
Quand un enfant sera nascut, 
Si voletz que sia leu crescut 
Et que sia fort et ben adreyt, 
780 Portatz-le plus leu al bras dreyt ; 
Car autrament seria esquerrier 
Coma dict lo libre terrier. 



— 60 — 

Quant femnas se deschaussaran 
Las banquetas no lajssaran 

785 Que los pecolz anen en sus 
Car sa ditz la Finoj Daissus 
Tant qu'ella es d'aquella sorta 
La Faytilliera se desporta 
A caual sus vna Hacaneya 

790 Tout le long dVna Chamineya. 

Quant vna femna se agenolha 
No deu portar Fus ne Conolha 
Nj degun Dauantal sintat. 

Or messenhors tout arrestat 

795 Ei y a belcoup d'autres Articles 
Per los veser caldria Besicles 
Mais per no vous rompre lo cap 
Non voly plus descriure cap 
leu ey dVbert aquest Camj 

800 Qu'aulcun autre vendra apres my 
Que per milho complj la festa 
Vous contara touta la resta 
Trop matj me caldria leuar 
Si de tout ie volia acauar 

805 L'ouurage es tant grand et confus 
Que solament ccntar dVn Fuz 
Las grans soUemnitatz et gestas 
Tendria may que las tres Digestas 
Et no se acauaria iamaj 

810 Mays si ne voletz scaber may 

Retiratz vous deuers las Femnas 
Autant iojnas coma prosemnas 
Qui en aj nommadas amplament 
Dessus al bel commensament 

815 Tant resoludas d'aquio al bout 

816 Que vous pojran contar le tout. 

FINIS 



— 61 — 

Quand femnas se descaussaran, 
Las banquetas no layssaran 

785 Que los pecolz anen en sus, 

Car, sa ditz la Finoy d'Ayssus, 
Tant qu^ela es d'aquela sorta 
La Faytilliera se desporta, 
A caval sus una hacaneja 

790 Tot le long d'una chamineya. 

Quand una femna s'agenolha 
No deu portar fus ne conolha, 
Ni degun davantal cintat. 

Or, Messenhors, tot arrestat, 

795 El y a belcop d'autres articles, 
Per los veser caldria besicles ; 
Mais per no vos rompre lo cap, 
No 'n voli plus descriure cap. 
leu ey dubert aquest cami, 

800 Qualcun autre vendra apres mi, 
Que per milhor complir la festa, 
Vos contara tota la resta. 
Trop mati me caldria levar, 
Si de tot le volia acabar: 

805 L'obratge es tant grand et confus 
Que solament contar d'un fus 
Las grans solemnitatz et gestas, 
Tendria may que las tres Digestas, 
Et no s'acabaria jamay. 

810 Mays, si ne voletz saber may, 
Retiratz vos devers las femnas, 
Autant joynas coma prosemnas, 
Qu'ieu ay nomnadas amplament, 
Dessus. al bel commensament, 

815 Tant resoludas d'aquia al bot, 

816 Que V03 poyran contar le tot. 

FINIS 



5 



~ 62 — 



L'AUTHEUR 

D'auoir produict, et mis en chant publique 

Vn tel propos, mainctz me vouldront reprendre 

Car ie debuoys, en quelque autre practique 

Exerciter, ma Muse foyble et tendre 

De lauoir faict, ie me puys defendre 

Rememorant plusieurs qui par effaict 

En telz propos, autant que moy ont faict. 



Hnyctain de PIERRE BORLIERE 

A SON AMY L'aUTEUR 

De menta femna auetz fort quaquetat 
Et pla contat de totz lors grantz fadessas 
Sens auer mes, en loc lor maluestat 
Grand capitat fasen mentas aulesas 
A lors amycz, quant d'auocats son presas 
Tant fort represas d'Orgueil ho vanitat 
De voluntat, de faictz ho de promesas 
Non trobaretz, gayres qu'ayon bontat. 



— 63 — 



L'AUTHEUR 

O'avoirproduict et mis en chant publique 

-<^n tel propos, maintz me vouldront reprendre, 

oar je debvojs, en quelque autre practique, 

Rlxerciter ma muse fojble et tendre ; 

Oe Tavoir faict je me puis défendre, 

^emémorant plusieurs qui par effaict, 

Czin tels propos autant que moi ont faict. 



Huyctain de PIERRE BORLlâRE 



A SON AMI l'aTJTBUR 



De menta femna avetz fort caquetat 
Et pla contat de totz lors grantz fadesas, 
Sens aver mes en loc lor malvestat, 
Grand capitat, fasen mentas aulesas 
A. lors amicz, quand d'avocatz son presas, 
Tant fort represas d'orgueil o vanitat, 
De voluntat, defaictz o de promesas, 
No 'n trobaretz gayres qu'ayan bontat. 



NOTES 



NOTES 

(l)V.l. 

Les Ordonnances s'ouvrent par rénumération des sages tôtes 
féminines, choisies dans les rangs populaircs, et appelées à 
prendre part à la rédaction des Goutumes toulousaines. Ducèdre 
leur donne des noms, ou plutôt des sobriquets, servant à caracté- 
riser ces commères. lienfait venir des principaux quartiers dela 
ville, en désignant les rues et les places par des dénominations qui 
se sont, pour la plupart, conservées jusqu'à nous. J*ai cru devoir 
réunir dans cette note les notions que j'ai recueiUies sur chacune 
de ces rues, en les disposant par ordre alphabétique *, 

AaULHERAS, V. 21. 

Rue des Aiguilliers, EUe a été englobée dans la place del'Hôtel- 
de-ViUe ; elle était située dans la direction de la façade nord 
actuelle de celle-ci. 

« Demeurant iceluy à la rue des Aguilliares » (sic). 
(Gl. Odde, de Triors, les Joyeuses Recherehes, au mot: Goutblas.) 

Glaude Odde, de Triors, nous a donné la véritable signifícation 
du mot Aiguillier dB,ns son facétieux livret(1578) : « Dehoc noinine 
» Aguillier, = AguiIIierest à dire vn petit peloton de drap que 
» les femmes coustumierement tiennent pendu en leur ceinture, 

• ensemble avec leur bource, auquel elles mettent et fìchent leurs 
» espingles, et doit estre tousiours beau.joly, et s'il est possible 
» neuf, et la bource semblablement. ...» 

G'estavecle mème sens que Aguillier sl été employé dans le 
Roman de la Rose, v. 14617 : 

Bien doint orillier, ou touaiUe, 
Ou cuevrechief, ou aumosnière^ 
Mès qu'el ne soit mie trop chiere ; 
Aguilliery ou laz, ou ceinture 
Dont poi vaiUe ia ferreure. 

* Lorsque les noms des rues sont tirés de celui des corporations qui ies 
habitaient plus particuliòremeDt, iis affeclent souvent une forme régu- 
liòre; le nom de la corporation prend ia terminaison as: c'est ainsique 
Ton fit agulheras á'agtilhers; jpargaminieras de pargaminiers ; argen- 
iieras á*argentiers, etc. 



— 68 — 

VÁiguillier n*était donc pas alors « un petit étui où Ton met 
les aiguilles», comme le disent nos plus récents dictionnaires 
français, mais bien ce qu'on nomme encore aujourd*hui une 
Pelote. 

m Un aguillier de drap, de laine, à couches de soye, etc. >» 
(D. Carp., Supp, Gloss. lat. de DuCange,au mot Âgullium.) 

Aroentibras, V. 65. 

Rue des Argentiers. « Appelée Argentières pource que les orfeu- 
» res s'y tenoyent. » (Catel, Mém.y Tolose, p. 158.) 

« Guilhem Astolh, argentier, à la carriera á'Argentieras. » 

{Livre d^estime du Capitoulat de la Daurade (1478). 

Bue des Argentiers ou du Gollége Sainte-Catherine. Règlement 
de 1688. 

Aujourd'hui rue des Balances^ d'une enseigne d'hôtellerie, qui 
existait en 1631 . 

Bàladas, V. 40. 

£n 1318, cette rue portait le nom de Baladas, ainsi que le dé- 

montre le passage suivant, emprunté à la Lettre de Gonvocation 

adressée aux Mainteneurs par le chancelier de la Gaye Science, 

Guillaume Molìnier, dont la maison était située dans cette même 

rue: 

Las presens lettras foron dadas 

En Tostal nostre de Baladas, 

Aprop sopar, venen la nueg, 

L'anM.CGG. XVIIL, 

Am l'autentic sagel penden 

Del Gay Consistori plazen ; 

Per l'umil vostre Cancelier 

Mensonat Guiliem Molinier. 

(G. LafaiUe, Ann. de Toulouse, 1" part., PreuveSf p. 70. ) 

Elle est nommée, dans les plans de la ville, ruedss Balades ou 
des Chartreux (Règlement de 1688); rue Valade, autrefois Char- 
treux (jiìa.n de 1631 ); on l'appelle aujourd'hui rue Valade. 

Le couvent des Chartreux et leur éghse (celle-ci est actuelle- 
ment l*église de la paroisse Saint-Pierre), occupaient en grande 
partie les locaux qui sont devenus TArsenal, à Toulouse. 

Bazacle, V. 40. 

Le moulin du Basacle est sur la Garonne, en aval de la viiie. 11 
y avait le château du Basacle ( castrum Badaclì ou de Badaclo ) 
et un quartier de ce même nom. (Catel, Mém., Tolose, p. 233.) II 



- 69 — 

y avait aussi un pont et une barbacane du Basacle ; il est fait 
mention de l'un et de l'autre dans l'histoire en vers de la Croi- 
sade conlre les hérétiqttes albigeois : 

N Arnaut de Montagut coratjos e valens 
Br. de Rocafort en Ar. Barasc gens 
Ab lors belas cumpanhas complidas dardimens 
Son de la barbacana de Bazagle establens. 

(Í7aní0,vv. 9458 à 9461.) 

Sus lo pont del Bazagle ques faitz novelamens. 

{Ibid., V. 9542.) 

Belinayres, y . 12. 

Je n'ai trouvé cette désignation dans aucun autre document. 
Elle me semble désigner les ouvriers qui préparaient le vélin . 
Velin en roman etbelinen patois. 

BORBONA, V. 17. 

II faut lire Bolbona. Rue ainsi appelée de la maison collégiale 

de Boulbonne, du nom de Vahbaye de Boulbonne, de Tordre de 

Gîteaux, dans le comté de Foix. 

(Gatel, Mém., Tolose, p. 181.) 

P. de Caussieras de la carriera de Bolbona. {Livre des débileurs 
áeìSLVillede Tovlouse (1336, fol. 27). 

Cafella redonda, V. 47. 

La Chapelle ronde était anciennement une chapelle oíi les 
pôcheurs de la Garonne avaient leur confrérie. Elle avait été 
démolie au temps où Gatel écrivait ses If^moim.Sur le terrain 
qu'elle avait occupé existait une place du même nom. (Catel, 
l, c, p. 154 et 174.) Le novìciat des Jésuites, bâtiment qui sert 
actuellement de caserne, s*ouvrait sur cetteplace. 

Carbon blanc, V. 19. 

Rue ainsi nommée d'une enseigne d*hôtellerie . EUe devait se 
trouver près de celle de Mirabel, dont il sera parlé plus loin. 

La Carriera Granda del cap del ponta Pbyralada, V. 80. 

«i La Grand'rue qui va de rHospital à la Porte de Tlsle faict la 

» separation du Capitolat de la Daurade d'auec celuy du Pont 

» Vieil. » 

(Gatel, Mém., Tolose, p. 146.) 

Las Clotas, V. 13. 

« La place des Glotes. Nous avons dit cy-dessus parlant du 



^ 



- 71 — 

» trois cens six, où il se ipaiTÌe áe Reclusa portae Matábouis eiMis- 
* cellaria portae de Matabouis , » 

(Catel. Mém., Tofoíé, p. 273.) 
Dans laChanson de laGroisade^il estquestion dela barbacane 
do ce nom : 

Et en Ratiers de Bosna Jiihans Martis fazens 
Tenon la harbacana Matahou finamens. 

(w. 9494 et 9495.) 

MlRABEL, V. 19. 

« Le Senescha) et ses prisons sont appelés Mirabel d'autant 
» que le dit Seneschal et ses prìsons sont situés à la rue de Mi- 
» rabel. » (Gatel, Mém., Tohse, p. 272.) 

Gette rue de Mirabel est ainsi désignée dans le Règlement de 
1688: Rue Nego-Gousses ou áe Mirahel; on l'appelle depuis peu 
d'années rue Rivalz, du nom de deux peintres de Toulouse, J.-P. 
Rivalz et Antoine, son fils. 

MONTOLIBU, V. 15. 

« Je croy que cette porte de ville a prins son nom de ce que 
» Pon sort par iceile pour aller au pays bas à vne ville que Ton 
» nomme Montolieu, en laquelie il y a vne abbaye qui s*appelle 
» dans le liyre des taxes Montis oliui, et est de Tordre de Saint- 
» Benoist au Diocese de Garcassonne. » 

(Gatel, Mém., Tolose, p'. 193.) 
Tenon la barbacana de Montoliu leumens. 

{Chanson d^ la Oroisade, v. 9524 ) 
Nauelana, V. 518. 

« La croix dela Pergepinte, — le pense que c'est la croix Aue- 

» lano de laquelle est faicte mention dans les anciens actes, qui 

^> seruoit aussi de borne au Gloistre» [de Saint-Étienne]. 

(Gatel, Mém„ Tolose, p. 190.) 
La erotz avelana. 

(Regiatre des déhiteura de la ville de Toulou8e,en 1346, fol 52.) 

La crotz nauelana, 

{Ihid., foì 61.) 

Nous avons actueliement la rue Velane, nommée rue Belanes 
dans le plan de Tolose de 1766 ; eiie représente Tancienne rue 
Nauelana des Ordormances 

Oliers, V. 68. 

Les Oliers, plus tard Ouliés (les potiers), étaient les fabri- 
cants de pots de terre, nommés olas en roman eíouìa»en patoi». 

Om de Rots, v. 15. 



— 70 — 

» Gloistre saint Estienne, comme le dit Gloistre estoit anciene- 
» ment bomé d'vn costé par la Groix des Glotes : c'est pour- 
» quoy dans quelques titres anciens les Glotes sont appelées les 
» Glotes Yieilles : et n'y a point de doute que ce nom de Glotes 
» ne vie^ne du nom de Gloistre. » 

(Gatel, Mém., Totose, p. 186.) 

« La croix des Glotes a esté ainsi appelée, parce qu'elle servoit 

» de borne au Gloistre ancien. ^o 

(Gatel,iMd.,p. 190.) 

Le cloître ancien comprenait la très-grande enceinte claus- 
trale de Saint-Etienne. 

ClotaSf du latin Claustra, orum ; ici limite des possessions de 
l'église Saint-Elienne. 

GOUTELIERS, V. 67. 

La rue des CoutelierSf comme il est écrit dans les Ordonnan' 
ces, porte encore le même nom. 

Daurada, y. 312. 

Eglise paroissiale de la Daurade (la Dorée); elle était desservie 

par des religieux de Saint-Benoit et donnait son nom à un Ca- 

pUoulat. 

(V. Gatel, Mém., Tolose, p. 146.) 
Malbec, y. 25. 

La carriera de Malbec, Gette rue existe et porte le même nom . 

EUe part du carrefour récemment encore appelé place du Puits- 

de-Peyrolières (puits fermé depuis peu d'années), pour aboutir à 

ce qui était autrefois la place de la Ghapelle-Bonde. (V. ce nom .) 

Mal cosinat, V. 70. 

Martin de Mons, marchand à la rue de Malcosinat, remporta 
le prix de l'Eglantine, en 1436. 

(Y. lasJoyas del Gay Saber, p. 105.) 

La grand'rue Malcousinat (mal^cuisiné) porte aujourd'hui le 
nom de rue de la Bourse, Gelui de Malcousinat est resté à la rue 
transversale allant de la rue des Ghanges à la rue de la Bourse. 

Mathabuou,v. 11. 

Ducèdre a écrit Mathabuou, comme le copiste du livre des dé- 
biteurs de la ville de Toulouse pour l'an 1336, fol, 55. 

« II y auoit anciennement vne famille dans Tolose qui s'appe- 
« loît Matébiou^ et en latin de Mataboue, de laquelle est souvent 
» parlé dans les anciens instrumens ; et croyie qu'elle a donné le 
» nom en ceste porte, en laquelle 11 y auoit vne Recluse, et vne 
>» Maladeríe, comme nousapprenons d*vne quittance deránmille 



- 71 — 

» trois cens six, où 11 se parle àe Recluaa portae Matabouis eiMis- 
* cellariaportaede Matabouis. >» 

(Catel. Mém., 7V)fo«€, p. 273.) 
Dans la Ghanson de la Groisade, il est question de la barbacane 
dc cc nom : 

Et en Ratiers de Bosna Jiihans Martis fazens 
Tenon la barbacana Matahou finamens. 

(vv. 9494 et 9495.) 

MlRABEL, y. 19. 

« Le Senescha) et ses prisons sont appelés Mirabel d'autant 
» qae le dit Seneschal et ses prisons sont situés à la rue de Mi- 
» rabel. » (Gatel, Mém., Tohae, p. 272.) 

Gette nie de Mirabel est ainsi désignée dans le Règlement de 
1688: Ru0 Nego-Gousses on áe Mirabel; on l'appelle depuis peu 
d'années rue Rivalz, du nom de deux peintres de Toulouse, J.-P. 
Rivalz et Antoine, son fíls. 

MONTOLIBU, V. 15. 

« Je croy que cette porte de viUe a prins son nom de ce que 
» l'on sort par icelle pour aller au pays bas à vne ville que Ton 
» nomme Montolieu, en laquelle ii y a vne abbaye qui s'appelle 
» dans le liyre des taxes Montis oliui, et est de Tordre de Saint- 
» Benoist au Diocese de Garcassonne. » 

(Gatel, Mém., Tolose, p. 193.) 
Tenon la barbacana de Montoliu leumens. 

{Chamon de la Oroisade, v. 9524 ) 
Nauelana, y. 518. 

« La croix de la Pergepinte. — le pense que c'est la croix Aue- 

» lano de laquelle est faicte mention dans les anciens actes. qui 

» seruoit aussi de borne au Gloistre» [de Saint-Étienne]. 

(Gatel, Mém., Tolose, p. 190.) 
La erotz avelana, 

(Regiatre des débiteurs de la ville de Toulou8e,exi 1346, fol 52) 

La crotz nauelana. 

(Ibid.,M 61.) 

Nous avons actueliement la rue Velane, nommée rue Belanes 
dans le plan de Tolose de 1766 ; eile représente l'ancienne rue 
Nauelana des Ordormances 

Oliers, V. 68. 

Les Oliers, plus tard Ouliés (les potiers), étaient les fabri- 
cants de pots de terre, nommés olas en roman Qíouìa»en patoi». 

Om de Rots, v. 15. 



— 72 — 

On désignait ainsi le quartier, aujourd'hui de Eouaix, où se 
trouvait planté un ovme. Om est mis pour oZm, du latin ulmm: 
Oum, ourm, en patois (Doujat, Dict.). Roys a été souvent écrit, 
au lieu de Roais et Roaix, dans le cadastre du Capitoulat de 
Saint-Étienne (XVo siècle). Ge nom était porté par une des 
plus anciennes families de Toulouse. Bertrand de Boaix (Ber- 
trandus de Roaxio) mérita plusieurs des prix du Consistoire de la 
Gaie-Science. 

Pargaminieras, V. 53. 

« La rm des Parcheminiers. On Tappelle encore rue de Parga^ 
» minières. 

« Guiot Clamens et J. Clamens fìls, et heretiers de mestre 
» Henric Clamens, pargaminier de Tolosa. » 

(Livre d'estime du Capitoulat de la Daurade, 1478.) 

Percha-Pinta, y. 61. 

Nom conservé au carrefour de la Perche-Pinte. « Dans la place 
>» de la Pergepinte, il y a un puits qui est appelé par les an- 
» ciennes recoignoissances Puteus dulcisj et en iangage du pays 
» le Pouts doux, auquel puits y avoit vne perche ou barre de fer 
» toute droicte, laquelle estoit peincte, ce qui a donné le nom à 
» la Pergepinte, laquelle perche est appelée dans les anciem; 
» cadastres Pertica picta, » (Gatel, Mém,, Tolose^ p. 189.) 

Peyralada, V. 81. 

M Non loin de cette porte (Porte-de-Taillefer au faubourg 
» Saint-Cyprien), qui est un ancien portal qui demeure encore 
» entier, bien près* du lieu où les Religieuses des Feuillans ont 
» basti leur chapelle, on void des masures d'un ancien chasteau 
» que l'on nomme aujourd'hui la Caualerie, et le jardin où pa- 
» roissent les masures de ce grand édifíce appartient aux Che- 
» valiers de Saint-lean-de-Hierusaiem. 

» Or est-il que tout ce terroir du côté do Saint-Cyprien où 
» est rAmphithéâtre, le Chasteau Saint-Michel et le Chasteau de 
» la Caualerie, est appelé dans les anciennes recoignoissanceis 
» à Peyroles ou Peyrolade, et encores aujourd'hui le lieu où. 
r> est basti le Monastère des Religieuse's Saincte-Scolastique, à 
» Saint-Cyprien, est appelé Peyrolade. » (Catel, Mém,, Tolose, 
p. 127.) 

Nous avons conservé l'orthographe du texte, Peyralada (Pe- 
tra lata,) 

POLYNAIRBS, V. 11. 

La rue appelée d« ce nom est encore anjonrd'hui la rue de» 
Polinaires. 



— 73 - 

Dans le plan de la ville de Toulouse de 1631, cette même rue 
porte les désignations de rue des Polynaires et des Éperonniers* 

POMA, V. 27. 

Actuellement rue de la Pomme, du nom de Tenseigne d'une 
ancienne hôtellerie. 

PONT-VIBIL, V. 67. 

11 yavaitle Oapitoulat du Pont-Viel, inégalement partagé par 
le cours de la Garonne; cette circonscription tirait son nom d'un 
pont qui existait encore en l'an 1281 . 

(Gatel,ilfòm., Tolose^ p. 194.) 

PORTA DBLA YlHA, V. 83. 

« Porte de Vlste, G'est une porte de Sainct-Gyprien, laqueile est 

• appelée de l'ísle parce que, par icelle, on va à l*lsle-en-Ior- 

» dain. » 

(Gatel, Mém., Tolose, p. 159.) 

On disait aussi Porte de la Hitte au XVlIe siècle : {Régt. de 1688.) 

POUSONVILLA, V. 6. 

II y avait à Toulouse le faubourg de Pousonvitte, auquel venait 
aboutir une des portes de la viUe qui, à cause de cela, était nommée 
porte de Pousonville. Elle était située entre les portes Matabiau et 
Arnaud-Bernard. {Ca.íe\, Mém., Tolose, p. 130.) 

Dans la Ghanson de la Groisade, il est queslion d'une barbacane 
qui, d'après la leçon, sans doute fautive, de Fauriel, aurait été 
appelée de Pozamita : 

Tenon la barbacane Pozamita sufrens. 

(V. 9489) 

Ne faudrait-il pas lire Pozonvila ? Ge qui me porterait à adopter 
cette rectifìcation, c'est que l'action dont 11 est question, dans lo 
récit, eut lieu pròs de la barbacane Hatdbou, 

POUTZ-CLAUX, V. 27. 

La rue ainsi désignée porte encore le nom de rue des PuitS'Clos; 
c*est du PuitsClos qu'il faudrait dire. 

Regans, V. 31 . 

Carriera de Regans .Ddins uii ancien plan de la ville, cette rue est 
nommée í2e Regans comme dans les Ordonnances; plus tard on a 
écrit, comme aujourd'hui, des Regans. 

Saly, V. 91. 
Sur la place du Salin (Règlement de 1688) se tenait un des 



— 74 — 

'principaux marchés de Toalouse; on dit plaço del SaXi en patois. 

Sanctas-Carbás, V. 75. 

« La Place SaincteS'Carbes , En cette place il y avait anciennement 
» vn Ormeau, qui est appelé dans les vieux titres latins Vlmus 
nSanctarum Carbarum. Ge nom de Saînctes-Garbes est assez vieil 
» car riiistorien gascon qui a escrit rHistoire du Comte Raymond 
» en fáit mention . » (Gatel, Mém., Tolose, p. 186.) 

L'orme de Sainctes-Garbes est rappelé dans la Ghanson de la 
Groisade : 

Ga lolm de Santas Garvas fan la terra tremir. 

(V. 5162.) 

Sanct-Estbphb, V. 13. 

Saint-Étienne : l'Église cathédrale de Touiouse et le quartier 
qui en dépendait. 

(V. Gatel, Mém., Tolose, pp. 185 et 190.) 

Tot dreit vas Sent Estephe sils poiram dan tenir. 

{Chanson de la Croisade, v. 5160.) 

Sanct-Gbordy, V. 17. 

« La place Saint-George a pris son nom d*une petite chapelle 
» qui estoit anciennement bastie au milieu d'icelle. » 
« Dans cette piace est aujourd'hui le marché au vin. » 

(Catel, Mém,, Toìose, p. 186.) 

Sur la place Saint-George fut bâti plus tard, en pierre et en 
brique, ìePilori ou VEschafaud Sainct-George; ìì datait de l'an 
1523. 

(Gatel,/Wd.,p. 191.) 

Sanct-Orbns, V. 294. 

Après avoir occupé une Église et un monastère au faubourg 
de PouzonviUe, démolis pour la défense de la ville, les reli- 
gieux de Sainte-Groix entrèrent en possession de la petite cha- 
pelle élevée sous l'invocation de Saint-Orens, dans le bourg de 
Saint-Sernin. 

(V. Gatel, Mém., Tolose, pp. 265 et 266.) 

Sanct-Rbmbsi, V. 9. 

La rue de Saint-Remesi, comme on l'appelle eiicore aujoui*-' 
d*hui, a pris ce nom de celui de la chapelle que saint Germier, 



— 75 — 

évêque de Toulouse, y fìt bâtir sous le yocable de Saint-Remi 
(S. Remigius), évêquede Reims. 

( \. Gatel, Mém. , Tolose, p. 207. ) 

Ab aitant salumnero las falhas el brando 
Ma sobre Sant Remezi a Juzaigas on so. 

('Chansonde la Croisade, vv. 5140 et 5141.) 

Sanct-Subra, V. 78. 

• On nomme encore en patois Senl-Subra le faubourg Saint^ Cy- 
prien^ qui est situé sur la rive gauche de la Garonne. II a pris son 
nom d'une chapelie dédiée à saint Cyprien, 

(V. Gatel, ilfóm., Tolose, p. 146.) 

11 est plusieurs fois question de ce faubourg de Toulouse dans 
la Ghanson de la Groisade ; l'auteur le considère comme une 
villeà part: 

£1 coms es en la vila de sent Subra intratz. 

( V. 6645. ) 

£ io coms de Montfort ab totz los sieus batent 
Vengron permeg la vilade sent Subrabaten. 

( Vv. 7501 et 7502. ) 

Nos nintren albergar^a sent Subra laent 

(V. 7540.) 
Sbruinieras, V. 54. 

La carriera de Cervinieras, ainsi qu'il faut l*écrire, était la rue 
des Cerviniers, du nom des ouvriers qui travaillaient la peau de 
cerf préparée ; dans les Staluís des niéliers ( Archiv, de Vhôlél de 
villede Toulouse), on trouve ceux des Cervernieriorum faciorum 
des années 1279 à 1311. Gette ruefut appelée plus tard, par cor- 
ruption du nom primitif, rue Sermifiières et Sermignières (Règl. 
de 1688). Elle ouvrait la rue qui porte aujourd'hui lenom de Saint- 
Rome, en partant de la place de l'Hôtel-de-Ville. 

Lb Tbmplb, V. 74. 

« Le temple estoit la maison des frères de rHospitaldu Temple, 
» appelée Templiers . » 

(Gatel, Mém., Toloee, p. 210.) 

La rue du Temple (Règlement de 1688 ) est aujourd*hui la rue 
de la Dalbade, 

ToNis, V. 9. 

Ile placée entre la Garonne et le canal de fuite du Moulin Nar- 



— 76 — 

bonuais, formant un quartior deToulouse. Gatel en a parlé en 
ces termes :«Gette isle est appelée, dans unancien Arrest, /^oríuí 
» sancliÁntonii, où i'onmetpourpartiele Synáic piscatorum par- 
» liíarum sancLi Cypriani, Badaclei et Thonisii, siue portus sancH 
» Antonii : ce qui me fait croire que le mot de Tounis vient du 
» port Saint-Antoine ; car, en langagede ce pays, Tom veutdire 
o Antoine. » 

(Gatel, Mém.y Tolose, p. 211.) 

Un chronogramme, que j'ai rapporté dans les notes de las 
Joyas del gay sàber, p. 270, rappelant la date d'une tròs-grande 
inondation survenue en 1415, dit: 

Ti'an que l'ayga foc tan granda, 
Laqual se nopna Garona, 
Qu'en Tolosa foc gran dona, 
Gar sus teules deimolys 
Del Gastel, près de Thonis, 
Un guabarroty lasec. 



(2) V. 7. Dona Stroissida Leuado. 

Ducèdre aura voulu faire allusion au rôlo complaisant que 
jouaienl souvent les accoucheuses ence temps-là: « Servant de 
rétrécisseuses de maljoints », ainsi que les en accusait Moulinet 
dans ses Facetieux Devis et Plaisans Contes . 

(3) V. 19. Del Carbon blanc et de Mirabel. 

Au XVI* siècie, des hôtelleries étaient tenues à l'enseigne du 
Charbon blanc dans les grandes viUes de France. Toulouse avait 
la sienne, ainsi que le prouve le passage cité des Ordonnances 
et cet autre tiré des Joyeuses Recherches de la tangue tolosaine, de 
Gl. Odde, de Triors (1578) : « La carrièro que fa le cantou à 
» l'enseigno del Carbou blanc, » 

Dans le premier et le second dialogue du Cymbalum mundi, 
Bonaventure des Perriers a placó la scène de Mercure volé dans 
l'hôtellerie du Charbon blanc, On sait que, dans ce récit, deux 
voleurs, ou deuxavocats, comme le voulait Bernard de La Mon- 
noye, ravissent à Mercure le livre des destins pendant qu'il 
cherche, lui aussi, quelque chose à dérober dans cette hôtel- 
lerie, « où il avait bu vin exquis. » 

(4)* V. 20. Dona Esclarmonda del fardel. 

Fardet, en vieux français comme en roman, signi6ait fardeau. 



— T7 — 

II y avait des enseignes à cette marque : une édition des Évan- 
giles des Quenouilles porte : Imprimé à Rouen pour Raulin Gaul- 
lier, libraire, demeurant au dit lieu, en la grant rue de Saint- 
Martin-du-Pont^ jomvte Venseigne du Fìlroel. 

(5) V. 99. Mais a la ân per lo conseilh 

De la Conolha et del Verteilh. 

Allusion aux Évangiles des Quenouilles, ouvrage duquel s*est 
inspiré Tauteur des Ordonnances. (Voir notre Introduction.) 

(6) V. 153. En vn Item el es metut 

Qu'a deguna n'es permetut 
Portar Capayro de Velours. 

En 1550, un édit somptuaire fìt défense aux non*nohles de 
porter des habits de soie. Le Parlement de Toulouse prit de là 
ie motif, par arrêt du 12 mars de la même année, de défendre 
aux femmes des bacheliers, procureurs et autres sortes de gens 
non nobles, de porter des chaperons de velours. A Toulouse, le 
Procureur général prétendait faire exécuter cet arrêt contre les 
femmes des Gapitouls en exercice et de ceux qui avaient rempli 
cette charge. Coux ci eurent recours au Roi, qui leur fít adresser 
des lettres patentes dans lesquelles ii déclara que, par sonédit, il 
ji'avait pas entendu les comprendre dans cette catégorie, ni eux, 
ni leurs femmes. ( Germain de Lafaille, Ánn. de Toulouse^ t. II, 
pag. 156.) 

Nonobstant l'édit de 1550, la mode Temporta, et le chaperon 
de velours resta aux bourgeoìses ; les dames nobles ne le prirent, 
dòs lors, quc pour porter le deuil de leurs maris . 

Gl.Odde, de Triors, a dit plaisamment, en ses Joyeuses Recherches 
de la langue tolosaine: a Item aussi utrum hostellières et taver- 
» nières, avec leur face cramoysie et rouge museau, peuvent porter 
» chaperon de velours, qu'est une chose de tout contrevenante à 
» l'ordonance et institution du Livre blanc de ceste viUe de To- 
» lose. Et par conséquent un grand preiudice et interest aux 
» damoyselles d'estat de ceste presente ville. » 

Les Ordonnances s'occupent tout d'abord des Préséances, ot, 
à ce sujet, Ducèdre se livre à une longue énumération des condi- 
tions des dames à Toulouse, tirée le plus souvent de la position 
sociale occupée par leurs maris. li y avait dans la société un 
ferment d'insurrection contre la distinction des rangs, qui se 
faîsait. jour surtout par les femmes ; de là les édits somptuaires 
provoqués pour maintenir les rangs établis, mais que les résis- 

6 



— 78 -. 

tancesopiniàtresiiela luode réduisaiont toujours à Pimpuissance. 

Dans cette commune de Toulouse, où la bourgeoisie avait iìni 
par constituer une sorte de petite noblesse, on était fort jaloux 
des distinctions et des titres qu*elle donnait. 

Au reste, ce qui se passait à Toulouse avait aussi iieuà Paris 
et partout en France. Dans los Caquels de Vaccouchée (1623), les 
Yisiteuses mises en scène par le spirituel conteur prennent tou- 
jours place selon ieur rang. 

(7) V. 160. Les maritzportaran Cornetta. 

« GoRNBTTB, c'est le deuant d'un chaperon ou bourrelet qu'on 
» entortilioit sur la fontaine de la teste, selon Nicod, et ce nom 
» vient de ce qû'après auoir fait tous ces tours les bouts for- 
» moient sur la teste comme de petites cornes, comme a re- 
» marqué M. Beloy.» 

( P. Borel, Tresor de recherch es, etc, au mot Cornete. ) 

Ducèdre entend cornette comme Tentendait l'auteur des Roles 
des présenlations faictes au Grand Jour de Véloquence françoise^ 
première assize^ le 13 mars 1634 : « 8'est présenté noble Anthoine 
» Partout , sieur de Passevolant , chevau-léger de MontestruCj 
» menant pardessous les bras la demoiselle Niepce de laGuim- 
» barde en simple coiffure de nuict, eux requerant conjoincte- 
» ment que, pour éviter à grands inconvénients, il plaise à la 
» compagnié déclarer que Cornette est diminulif de Cor ou de 
» Corps et non de Corne, — R. La compagnie ayant égard à l'in- 
» térest que peuvent prétendre à ce mot Messieurs les Offìciers 
» de justice, etc» 

(E. Fournier, VarUtés hist. et litt, ( Bibl. elzevir. de Jannet), 
t. l,p. 130). 

AuXVlI' siècle, le chaperon était passé de mode à Toulouse, 
comme en témoignent les vers suivants : 

Las Doumaisèlos soun Damados, 
Las Madonos Doumaiselados, 
Per de Mestressos nou n'i a pus ; 
Despèy que 1' Coufet es en tòsto 
Le Capayrou faséc soun resto, 
Las Pernos ò ies Biels al tens qu'èn es l'abus. 

( Le Siècle malhurous, o la banitat de las fennos è fillos del tens) . 

(8) V. 217. Item disseguen en parlant 

Qu'a las honors ne cap de L'an 



— 79 - 

No qual iamay mánjan rostit, , , 
Seruietas ny Coutelz en Taula 
En Corps n' aura 

Tandis qùe, dans certaines localités, des festins copieux» après 
les cérémonies funèbres, étaient en usage, tout se passait très- 
austèrement à Toulouse. On se gardait, comme on se garde 
jncore, de servir des viandes rôties aux repas qui suivaient les 
funérailles ; dans nos campagnes, on suit encore à la lettre les 
prescriptions des Ordonnances, 

(9) V. 233, ' Majson la ont Dol se fara 

L'on no deu iamay para. . . . 

La coutume de ne point décorer les maisons dont les habitants 
sont en deuil était rigoureusement suivie, il y a peu d'années, 
dans nos campagnes. Quand arrivait la procession de la Fète- 
Dieu, on ne plaçait pas de tentures devant celles-ci. 

(10) V. 293, Per les gardar des espauentz 

Les vodaran a sanct Orens. 

Saint Orens, évêque d*Auch, avait sa chapelle dans le bourg 
de Saint-Sernin, à Toulouse. Les enfants que Ton vouait à ce 
saint étaient entourés de la chaîne qui avait servi, croyait-on, 
à ceindre les reins du saint personnage, 

Cette pratique s'est perpétuée à Toulouse ; c'est à Péglise de 
Saint-Sernin que la cérémonie a lieu de notre temps. 

oc Par le seul attouchement d'icelle ( la chaîne ), plusieurs ont 
» ressenti les efifets admirables du pouvoir de ce saint envers 
» Dieti, particulièrement à chasser les frayeurs nocturnes, à faîre 
» cesser lea épmvantemenU des petits enfants, etc , » 

( Vie du glorieux saint Orens; Tolose, Arn. Colomiés (S. D.)) 

(11) V. 305. Per les gardar de las Fantaumas. 

G*est du cattchemar qu'il est ici question. Voici ce que recom- 
mandaient les Évangiles des Quenouilles, 2« journée, chap. x, 
pour se préserver de la cauquemare : « Or entendez, vons toutes, 
» bien ce chapitre, car je vous dy que qui doupte la Cauquemare 
» qu'elle no viengne de nuit à son lit, il convient mettre une sel- 
» iette de bois de chesne devant un bon feu, et se elle venue se 
:» siet dessus, jamais de là elle ne se porra lever qu'il ne soit 
» cler jour, et est chose esprouvée. » 



— 80 — 

« (t/om.— Jennoton Tost-Preste dit qu'elle oublia une fois ceste 
» chose faire, mais elle après qu'eile fut cauquie, tasta que ce 
» pouYoit estre, si trouva que c'estoit une chose velue de assez 
» doux poìl. » 

(12) V. 350. Que si Ton vetz penchena lo Gat. 

<c Quant vous veez un chat assîs sur une fenestre au soleil, 
» qui lesche son derrière, et la patte qu'il lève ne porte au-des- 
» sus de Toreille, il ne vous convient de doubter que celle jour- 
» née il ne pleuve. » 

{Les Évang. des Quenouilles, 2« journée, chap. xxii ). 

(13) V. 363. Quant las Aurelhas cornaran. 

Le tintemcnt d*orcìlle ( tinnitus aurium ) fut un des présages 
admis par les Grecs et par les Romains ; il n'a cessé de se main- 
tenir. 

Astruc a consacré une agréable et instructive dissertation aux 
trois présages superstitieux : le tintement (Toreille, le tressaille' 
ment des paupières et V étemuement, áains ses Mém pour Vhistoire 
naturelle de la province de Languedoc, p. 59. 

« Quant les oreilles escopissent ou démenguent à aucun, sa- 
» chiez pour vérité et comme Euvangile que, se c'est la droite 
]» oreiUe, se seront bonnes nouvelles, et se c'estla senestre, elles 
ì> seront mauvaises. » 

{Les Évangiles des Quenouilles, 2* journée, chap. viii.) 

L*abbé Thiers a dil, tout au contraire des Évangiles des Que- 
nouilles, « que, quand I'oreiIIe gauche nous tinte, ce sont nos 
V amis qui parlent ou se souviennent de nous, et que le con- 
» trairearrive lorsque I'oreille droite nous tinte. » 

( Traité des superstitions, etc. Paris, 1741, 1. 1, p. 211 .) 

(14) V. 389. Per la vespra de la Assentieu 

No cal iamais far le Lessieu 
D'aquio que la Crotz sia banhada. . . 

La coutumc que rappelle ce passage des Ordonnances se 
rapporte à une cérémonie qui dura jusqu'à ia Révolution ; elle 
était pratiquée avec pompe, à la très-grande satisfaction des 
Toulousains. Ghaque année, le Prieur des Bénédictins de la Dau- 
rade était conduit, la veiile de rAscension, au soir, dans un ba- 
teau, jusqu'à rîie du Ramier, un peu en amont de la ville. Arrivé 



-• 81 - 

là» îl trempait la croix paroissiale dans les eaux du fleuve, et le 
conjurait de ne point déborder de cette limite fusqu'au moulìn du 
Bazacle . 

Les religieux de la Daurade faisaient semblant de croire que 
le cours de la Garonne leur avaìt'été concédé, dans une certaine 
étendue, par I'empereurGharlemagne; tous les ans ils en renou- 
velaient ainsi la prise de possession. (V. G. de LafaiUe, TraiU 
de la nóblesse du Capitoulat, p. 15.) 

Étienne Dolet rappelle cette singulìère coutume dans sa se« 
conde Oraison contre les Toulousains, qu'ìl accuse de pousser le 
culte des superstitions plus loin que ies Turcs: « Quo pertinet 
» crucem in Garumnam flumen stata die proluere ? Velut Eri- 
» dani, Danubiive aut Nili alicujus, vel patris Oceani caput de- 
» mulcentis ? et cum fluvii Lymphis tum de leni aquabili que 
» fluxu, tum de aquarum non exuperanti incremento pasci- 
» centes?» {Steph. Doleti Orationes, Orat, II, p. 57). 

(15) V. 409. Le Dymecres ny lo Dyuendres 

No qual iamaj leuar las Cendres, 
Coupar la vnglas 

Ges prescriptions ridicules ont été relevées par Tabbé Thiers : 
« Ne pas vouloir couper ses ongles le vendredi, ni semer, ni plan- 
» ter, ni labourer, ni faire voiles, ni couper du bois, ni remuer 
» du blé dans les greniers, ni fairedes contrats à certains jours.» 

a Serrer les cendres à certains jours de la semaine, afìn que 
» lalessiveen soit meilleure. » 

(Traité des superstitions^ etc. Paris, 1741, 5* édit., 1. 1, p. 307.) 

(16) V. 464. Mais de portar forsa Ramelz 

Homme no las poyria reprendre 
Car l'auetz ellas son à vendre. 

G'estde ia même manière qu*il faut entendre le passage d'une 
lettre de Jeanne d'Albret à son fìls, qui fut Henri IV, au sujet 
de son mariage avec Marguerite deValois, qu'elle désapprouvait : 

(c Je vous envoie, lui disait-elie, un bouquet pour mettre sur 
» roreilie, puisque vous estesà vendre. » 

(17) V. 467. Vna fìlha qu'a mala goula 

Que se fara souppas dins Loula. . . 

« le vous jure comme Euvangile que, quant une jone fille men- 

6* 



— 82 ~ 

« gue accoustumeement lait boully en la paelle ou en un pot 
» de terre, qu*il pleut volentiers et par coustume le jour de ses 
» nopces, et si a volentiers mari mérancolieux et hoingnard. Et 
»aussi nc fault-elle pas d*être souvent crottée etmal parée.» 

( Les Evang. des Quenouilles, 1" journée, chap. x.) 

(18) V. 499. Per iogua à la Tiramassa. 

II sera à peine nécessaire de dire que Ducèdre a eu, dans ce 
passage, une tout autre intention que de rappeler la singûliòre 
coutume qu'avaient lesToulousains de trafner les images du Ghrist 
et des saints dans les ruisseaux de la ville et de les jeter ensuite 
dans les puits publics et dans la Garonne, afín d'obtenir la pluie 
dans les temps de grande sécheresse. 

Voici comment Jean Bodin, dans sa Démonomanie des sorders 
(1604), s'en est expiiqué : « Nous lisons aussi en Pontanus une 
» histoire memorable au liure V, que les François se voyans 
» assiegez des Espagnols, en la ville de Suesse au Royaume de 
» Naples, lors que tout brusloit de secheresse et de chaleur, et 
» que les François estoyent réduits à l'extrémité par faute d'eau 
» douce, il se treuua là plusieurs Prestres sorciers, qui trainerent 
» le Grueifìx par les riies la nuict, luy disant milleiniures etblas- 
» phemes, et le ietterent en la mer, puis ils baillerent vne Hostie 
» consacrée à vn Asne, qu*ils enterrerent tout vif soubs la porte 
» derEglise, et apres quelques charmes, et blasphemes deles- 
» tables (qu'il n'est pas besoin de sçavoir) il tomba vne pluye si 
» violente, qu'il sembloit vn vray deluge, par ce moyen I'Espagnol 
» quitta le siege ; lors on dit, Flectere si nequeo superoSf Ache- 
n ronla mouebo, Geste coustume de trainer Grucifìx et images 
» en la riuiere pour avoir la pluye se pratique encore en Gas- 
» cogne, et I'ay veu faire à Tholoze en plein iour par les petits 
_ » enfants deuant tout le peuple, qui appellent cela tiremasse : et 
» se trouua quelcun qui iesta toutes les images dedans le puis 
» du Salin, I'an 1557. Lors la pluye tomba en abondance, qui est 
» une signalée meschanceté qu'on passe par souffrance, etvne 
» doctrine de quelques sorciers de ce pays-Ià, qui ont enseigné 
» cetteimpiété au pouure peuple,en chantant quelques chansons, 
» comme fîrentles prestres de Suesse au Royaume de Naples.» 

(Livre II, chap. vui, p. 292.) 

Daus VEpistre en lengaige Tolosain, faicle et composée p'ar les Da- 
mes de Tolose, responciue à celle que les Dames de Paris leur auoyent 
enuoyée, (1555) , I'auteur rappelle les petits jeux auxquels se 



— 83 — 

livraìent ies enfants. Parmi ceux-ci, il cite la liramassa, qui avait 
ótó nouvellement introduite : 

Âl tìra massa, qu'es causafort nouuella. 

(19) V. 571. Nous vous deflfendem que iamaj 

Vous no fassatz Nopsas en Maj. 

Get usage a duré jusqu'à ces dernières années ; il était suivi 
dans tout le midi de la France. Astruc, dans ses Mémoires potir 
servir à Vhisioire naturelle du Languedoc, p. 514, a écrit, à ce sii- 
jet, le chapìtre intitulé : de la Répugnance à se marier dans le mois 
de mai, D'après cet estimabie savant, cette coutume serait venuc* 
des Romains, qui avaìent consacré le mois de mai aux Lémuries, 
fètes des Lémures ou mauvais génies : 

Mense malas maio nubere vulgus ait. 

( Ovide, Fastor., lib. V.) 

Au XVII* siècle, le Père Amiiha fait allusion à cet usage' 
quand ii adresse cette question au chrétien qu*il interroge : 
Auriosfugit en may d'assista à iBançailhos, 
D*augi canta I'auzèl è fa tas espousailhos ? 

( Le Tàbl, de la bido del parfèt crestia, p. 234. ) 

(20) V. 585. Car en tombant Lase ditz creua 

Et lo Rossj vous dira leua 

La recommanilation de ne pas monter à âne revient à celle-ci 
des Évangiles des QuenouilleSy 2e journée, chap. IV: « Onques 
» homme sage^ne monta sur asne,pour rhònneur de NostreSei- 
» gneur, qui dessus monta, mais très bien sur cheval, car 
» qui chiet de l'asne ii dit criève, et qui chiet de cheval il dit 
» iiève. » 

(21) V. 609. Dei nom d'aquel se nomara. 

Gette ridicule pratique est conseillée dans les Évangiles des 
Quenouilles, 1" journée, chap. vi : « Fille qui veult savoir le nom 
» de son mari a venir doit tendre devant son huis le premier fii 
» qu*elle fìlera celiui jour, et de tout le premier homme qui par 
» iilec passera savoir son nom. Sache pour certain que tel nom 
» aura son mari. » 

(22) V. 623. Quant femna prengs se vol ageayre 

Si vous vesetz que pene gayre 
Dostatz \j les anels des ditz. 



— 84 - 

Get usage s'est conservé à Toulouse : les sages-femmes ne 
manquent pas do recommander aux clîentes qu'elles assistent, 
pendantleur délivrance, de quitter les bagues qu'elles portent 

(23) y. 630. Les plans de sancta Margarida 

Vous ly faretz legir de costa. 

On faisait lire la passion de sainte Marguerite auprès des 
femmes en mal d'enfant. Rabelais a relevé cette coutume dans 
Garganlua, livre i^, chap. vi. — V. la Vie de sainte Margueritet en 
vers romans, que nous avons publiée en 1875. (Mémoires de VÁ- 
cadémie des sciences de Toulouse, et tirage à part.) 

(24) V. 640. Ny mais tant pauc no mange lebre . 

La recommandation faite ici aux femmes enceintes de ne point 
manger du lièvre s'adresse aux fîlles à marier, dans ies Evangi- 
les des Quenouilles^ 1'« journée, cbap. vni ; c'est la tète du lièvre 
dont on leur défend de faire usage : « On ne doit point donner à 
<c jones fìUes à mangier de la teste d'un lièvre, afìn qu'elles ma- 
« riéez et par especial encheintes, n'y pensent; car, pour certain, 
« leurs enfans en pourroient avoir leurs lèvres fenduez. » 

La difiTormité résultant de la division de la lèvre supérieure est 
dite &6c-de-/tèv7'6, parce que celle de cet animalestnaturellement 
fendue. ^ 

(25) V. 662. Vna femna prengs que souuen 

Caualga vng tymon de charreta. 

Ducèdre, dansles Ordonnances, s'estinspirédupassage suivant 
des Evangiles des Quenouilles, 5* journée , chap. viii : « Quant 
o une femme grosse engambe le tymon- d'un cbar, se c'est un 
tt fìlz, il aura gros membre et dur à mervilles, et se c*est une 
« fìlle, elle aura moult grosses lèvres et vermeilles, aussi bien 
« dessoubz comme dessus. » 

(26) V. 683. Que tengua los dus puntz serratz. 

« Quant une femme couchie avec son marí et veull avoir plus 
« tost un fìls que une fîlle, elle doit tenir ses mains closes tandis 
« que Bon mari fait rceuvre de nature, et, pour vray, elle aura 
« un fìlz. » 

(Les Evangiles des Quenouilles, 5«journée, chap. xviii). 

(27) V. 690. Allessieu no botaretz gauda. 

La gdiuAe (Reseda luieola , Linné) teint très-fortemenlenjaune. 



— 85 - 

Dans un autre passage, les Ore^nano^s menacent la fílle à 
marier d'épouser un mari teigneux.-si elle ne fait blanche les- 
sive: 

Ou se no fa hlanca Rusquada 
Ella aura son marit tinhos. 

(vv. 479 et 480.) 

(28) V. 701. Le maty quantse leuaraií 

Le pe dreyt plus leu caussaran. 

Tandis que Ducèdre rapporte la coutume où Ton était, à Tou- 
louse, de chausser, en se levant, plulôt le pied droit que le pied 
gauche, l'abbé Thiers relève la superstition qui consistait, ail- 
lcurs, « à chausser toujours la jambe gauche la-'première, pour 
» se préserver de la colique. » 

( Traité des superstitionSj t. 1, p. 433.) 

(29) V. 709. Entro que lon y aja loffat. 

On trouve la môme recommandation dans les Évangiles des Que^ 
nouilles, 3« journée, chap. xiii® : « Je vous dy, mes voisines, que 
9 quant on met blans draps en un lit, l'angèle de Dieu s'y 
» repose jusques à ce qu'on y fait ou pet ou vesse. » 

(30) V. 712. Petitz enfans no mingearan 

Sur les carbos de pa torrat. 

Dans nos campagnes, le pain grillé est encore, bien à tort, 
réputé malsain; on croit son usage capable de rendre les en- 
fants phthisiques. On recommande, au contraire, comme il est 
dit dans les Ordonnancea, de fáire grilìer, pour Tassainir, le pain 
rongé des rats. 

(31) V. 724. Qui besoigna las Augustinas 

Repentidas, ou autras mongeas. 

Les Ordonnances ne disent pas aulrement que les Evangiles des 
Quenouilles : <i Quiconques congnoist charnelement nonnain ou 
» femme voilée par copulacion d'homme de religion ou prestre 
» seculier, sachez qu'ilz morrons tous à membre roit, et à trop 
» plus de doleur que autres gens. » 

(4* Journée, chap. iv. ) 

(32) V. 729. Si caualgatz nau passes rOurs. 

« Cellui qui franchement puet chevauchier l'ours .ix. pas d'un 
» tenant, il est affranchy de .ix. paires de maladies. » 



~ 86 - 

« Gloss Dist ane vìelle matrone qui derrière les autres estoit: 
» Je cuido bien qu'il soit vray de la guarison desdites .ix. mala> 
n dies, mais non pas de celles dont on chiet à la renverse. • 

(LesÉvangiles des Quenouîlles , ^ejoumée, chap xxi.) 

tc Monter sur un ours et faire certains tours dessus pour être 
» préservé de la peur. Gela se pratiquait autrefois en Francoplus 
» communement qu'aujourd'hui, ou parce qu'aujourd'hui on voit 
» moins d'ours en France qu'autrefois, ou peut-être parce qu'au- 
» jourd'hui les François sont plus éclairés etmoins superstitieux 
» qu'ils n*etoient autrefois. » 

(Thiebs, Traité dea supersiitions^ ^QLg, 388.) 

Gette coutume s'est perpétuée jusqu'à nos jours. 

(33) V. 734. Si pissatz contre le Soleilh. 

« Je vous asseure que pour pissier entre deux maisons, ou 
» contre le soleil, on gaigne le mal des yeulx qu'on appelle le 
» leurieul. » 

(Les Évangiles des Quenouilles, 3« journée, chap. i.) 

La recommandation de s'abstenir dc se tourner vers le solei], 
dans le cas déíini par les Ordonnances, et auparavant par les i^an- 
giles des Quenouilles, est fort ancienne ; on la trouve déjà daos le 
poêmegrec d'Hésiode, les Travaux et les JourSy v. 725. 

« Gelui qui pisse contre le soleil, il devient en sa pleine vie 
» graveleux, et si engendre souvent la pierre. » 

« Glosb. Je croy, dist Agnechon la Pellée, que la gravele 
» Yiengne plus. tost de boire trouble vin ou autre breuvage trou- 
» bleet especialment de chivauchier sans selle.» 

{Les Évangiles des Quenouilles, 3« journée, chap. xxi.) 

(34) V. 740. Home no done perestrenas 

A sa nobia deguns cotelz. 

« Geluiqui estrine sa dame par amours lejour deTani decou- 
» teaux, sachiez que leur amour refroidera.» 

{Les Évangiles des QuenouiUes, 2* journée, chap. xx.) 

De nos jours encore, une fíancée ne recevrait en cadeaux ni 
couteaux, ni autres instruments tranchants: ceux-ci, pense-t-on, 
trancheraient I'affection des deux fiancés. On en dit autant des 
cadeaux que se font les amants . 

(35) V. 745. Qui dormira dam sa comajre. 

Les Évangiles des Quenouilleê sont pius explicites que ne le 



— 87 — 

sont les Ordonnances: « Gellui qui congnoist charnelement 
» sa commère à sa prière, jamais ne puet en paradis entrer, se 
» le fílleul son enfant ne fait de soa gré ia penitance, premier 
» pour sa marrine, et après pour son père. » 

« Glose. Gristine ia Sauvage dist que qui prend sa commèrc 
» par mariage, toutefEois qu'ilz. se conjoindrent charnelement, 
» qu'il tonne voiontiers, ou fait orage en terre ou en mer. » 
(Les Évangiles des Quenouilles, 4« journée, chap. ni.) 

(36) V. 761. Qui se miralhadam le lum 

Tornara negra coma fum, 
Et davantaige trouuera 
Que son visatge ruara, 
Et Ij vendra coma cailhol. 

« Qui se mire en un mirouer, de nuit, pour aussi vray que Eu- 
» vangiie, il y veoit le mauvais, et si n'en embelira jà pburtant, 
» ains en deviendra plus lait.» 

{Les Évangiles des QuenouiUes, 4® journée, chap. xvi.) 

(37) V. 768. Item disen, mect en faict. 

Ge passage des Ordonnances est conforme à celui-ci des Êvan- 
giles des Quenouilles : « Pour aussy vray que Euvangile, je vous dy 
» que quant un jone liomme pucel espouse une fílle pucelle, le 
» premier enfant qu'ilzont estpar coustume fol. 

» Glose. Berthe l'Estroite sur ce chappitre dist que aìnsi estoit 
» nagaires avenu à l'une de ses fìlles, quelle avoil mariée au 
» porchier de son hostel, car il convintque pour la premièrenuit 
» elle leur enseignast comment ils devoient faire, dont il est 
» avenu que leur premier fílz cst fol et povre innocent. » 

( l'*journée, chap. xu. ) 

(38) V. 776. Et pep affin que no failham. 

Encore une réminiscence des Évangiles des Quenouilles, 4« jour- 
née, chap. xv: « Quant un enfant est né, avant qu'il soitbaptisié, 
» gardez-vous de le mettre preinierement ne porter sur vostre 
« bras senestre, car pour vray il en seroit gauchier toute savie» 



GLOSSAIRE 




^^ í: 



V 






GLOSSAIRE * 



Aduentura, s. f. Aventure. 

Ausel, Dieu te donne pastura 
Et may amy bona aduentura- 

(Las Orden.y vv. 329 et 330). 

Du latin adventurus. En vieux francais, adventure: 

« Moy saillant de vostre palais, ay par bonne adventure, trouvé 
« le roy d'armes d'Anjou. » (Jehan de Saintré, chap. xix ) 

Aventuì^a, en roman, d'où abenturo en patois de Toulouse : 

a Sur les peiros èron taiìlados toutos ias ábenluros amourousos 
qu'èron estados. » (Goudelin, Ohr., p. 159. ) 

Las anjos an troumpetat 
Aquello grand' abenturo. 

{Noèls nouv.: A la gloire de Dieu.) 

Ducèdre a aussi emplojé ventura, que Ton trouve rarement 
dans les textes romans : 

La femna prengs en iutgament 

No fara punct de sagrament 

Car si ne fasia per venlura 

Faria domatge ala creatura (vv. 635 à 638.) 

De ventura est venu benturo en patois : 

Car de l'hei'batge bert pcr benturo cbarmat. 

( De Valòs, Bucol. de Virg.. égl. VI.) 

Aqui abio labets per beniurOy 
Costo uno roco nauto è duro, 
Prèp de la ribo un galioun. 

( Do Valès, Virg. déguis.f lib. X.) 



* Les mots romans inscrits dans ce cUossairecomprennent : l'' des 
mots omis par les lexicographes; 2" des mols offrant des variantes ássez 
notables pour être relevées; 3° des mots déjà signalés, maisprésentant de.- 
acceptìoDS différeotes de celles qui leur ont étô attribuées. 

7 



— 92 — 

Aduis, s. m. Avis. 

Segon Vaduis de la Susanna (v. 356). 

Advis est eniployé ici en conformité de l'orthographe française, 
que Furetière ( Dict,) maintenait encore au XVIr siècle. 

Le roman avait avisy d'où abis en patois. 

Abis d'un boun pastou à sous parrouquias. 
Âbis salutari al paure pople de Toulouso et de las campagnos . 

(Titres de deux pamphlets de I'époque révolutionnaire.) 

Aduocada, s. f. Femme d'avocat (advocat), 

D'anar apres las Aduocadas (v. 129). 

Sus, Aduocadas lenguetasafûladas. 

(La Requeste, etc. , 1655.) 

Agdlheras, s. Nom de la rue des Aiguilliers. 

Dans la note II, v. 21, j'ai interprété agulher, aguillier, 
par aiguillier, pelote propre à recevoir les aiguilles et les 
épingles, que les femmes portaient suspendue à leur ceinture, 
à côté de leur bourse ; d'où le proverbe suivant, rapporté par 
Claude Odde, de Triors, dans ses Joyeuses Recherches de la 
langue tolosaine : 

A bourço nauvo nou cal aguillier vieil. 
AiLH, s. m. Ail. 

Soupa Dailh (v. 262). 

Variante à'alh, aill, en roman. Al, ail, en patois : 

Recipe cabossas à^ailh 

Tan qu'en caubran dins un metailh. 

{Las Nompareillas receptas, 1555). 

Per descrubi Vail del gigot. 

(Goudelin, ObroSyi^, 162.) 

Dan Pachis à l'estoufadouro 
Et le pastis à punto d'a/, 
Gourman la talen à tout'houro 
A malo forso de cayssal. 

(Goudelin, Ohì'os^ p. 150.) 

enfourno 

Dins Taigo sa petito dourno ; 
De la tira pleno, aqui es VaL 

(Grimaud, la Bido de S. -B.,p. 76.) 

Aqui es l'al est une locution continuellement usitée pour 
exprimer : là est la diflSculté, là git le lièvre. 



— 93 - 

AissAGBA (L'), infin. subst. L'essajer. 

No pot costar que laissagea (v. 373). 

Le roman avait issajar, assajar, ensajar. 

Ce motn'a cessé devarier; on le trouve, dans lepatois tou- 
lousain du XVIP siècle, écrit assaja : 

Quand ome pot bateja, 

Fennonon diu s'y assaja. {LaDouctr. cresL, p. 43.) 

As dins Taigo assajat se le dinyè surnado ? 

(Amilh., Tabl., p. 232.) 

Toutis dous, cap-et-cap, gardon les agnelets 
Que froun encountro froun assajon la courneto. 

(Goudelin, Obr., p. 128.) 

Aujourd'hui on prononce ensaja, á'ensajar. 
Amassa, loc. adverb. En masse, ensemble, d'accord. 

Totas amassa pyri que Auquas, 

Tant parleguen que foguen raucas (vv. 97 et 98). 

Duas Veusas n'yran punt amassa (v. 500). 

El qual appres arregardatz. . . ., 

De la nobia las cambalias, 

De totz los caps nosar a?nfl5sa (v. 542 à 545). 

Amassa est toujours écrit en un seul mot. II en a été de 
même dans nos patois du XVII* siècle, où cette locution était 
fréquemment emplojée : 

Benaziscan amasso 

Diu le Pèro, la Mèro et le bèl Efantet. 

(Goùdelin, Obros.-p. 115.) 

Prep d'aquest auta touts amasso 
Del'enemic nous gandiren, 
touts amasso mouriren. 

(De Valès, VÉneid. de Virg., 1. II, p. 48.) 

Dancen touts siès amasso uno danço redoundo. 

(De Gortète, Miramondo, act. I, sc. i.) 

Delprat, parlant de la flûte de Pan, dira : 

As-tu james agut sept caramels amasso? 

(Bucol. de Virg., p. 18.) 
Ambrassar ( voy. Embrassar) . 

Amendable, adj. Amendable. 

En aquel cas sella se habilha 

Per portar Dol es amsndabla (vv. 208 et 209). 

Du latin emendare; emendar, esmendar, en roman. Ducèdre 



— 94 — 

sc sera inspiré du français, qui avait changé Ve á^emendare 
en a, d'où amcnder, amendement, amendahle. 

Andolha, s. f. Andouille. 

Apres de qualque bona Andolha, 

Cada mary qual qu'ella mange (vv. 488 et 489). 

Du bas-latin inductilis, pense-t-on. Andoille en vieux fran- 
çais ; dans nos patois, andoulho, andouìlho, andouillo, dérivés 
á'andolha : 

Tripos, andouilhos et palmous. (Grautier, Recuilf p. 11.) 

Serbissets-lour tripos, andouilhos. (Gautier, Recuily p. 28.) 

Fara d'un' Agasso un Goucut. . . 
Un escritori d'un' andoûilho. 

(De Valès, VEneidode Virg., 1. IV, p. 52.) 
Anel, s. m. Anneau, bague. 

Dostatz-ly les anels des ditz (v. 625). 

Anel, en roman; du latin annellus, qui se trouve déjà dans 
Cicéron, pour annulus, d'après Ménage. 

Dans le passage cité des Ordonnances, anel signifie bague. 
II s'est maintenu longtemps dans nos patois avec cette accep- 
tion ; baguo a finipar prévaloir. 

Y ba coumo peyro en t7ne/.(Goudelin, Ohr., 2® part., p. 38.) 

Les anels de ta maire. (Amilha, Tahl,, p. 259.) 

S'a cargat tabe sa perno empesado, 
Fors'flne/s as dits. {Le Graniéde Nadal, p. 7.) 

Les anels toutle louugdes dits. 

{Le Dimerìje de las Coumaires (1626), p. 4.) 

Lou bela sur lou pun de se mettre en despenço 
Grompa Vanel nouhial, s'abilla tout de neu. 

( De Gortète, MiramondOy act. IV, sc v . ) 

Anquier, s. m. Les hanches. 

Bracomartz entendia broquiers 

Per afiFoissonar les aMguíerí (vv. 423 et 424). 

J'ai remplacé, au texte corrigé, auquiers par anquiers. 

Rajnouard a anca, hanca, hanche. Le patois toulousain 

du XVIP siècle avait conservé anquier; Doujat enregistrait 

ancos, anquiè, les hanches {Dict,). 

Lifre coumo Vanquiè d'un tays. 

(Goudelin, O^r., p. 45.) 



— 95 — 

Gar un anquiè de cabirolo, 

Le Groucan, qu'y fourèc puleau, 

Le lour crouquècàla coussolo. 

(Goudelin, Obr.y p. 94.) 

Aco dits î et la bieilho en carroussan la cambo, 
Et gaudillian Vanquiè, s'abansabo ai gran pas. 

(DeValès, VÉnéidode Virg.^lìh. IV.; 

Apparent, ta, adj. employé substantiv. « Apparent; se^ dit 
«aussi parmi les bourgeois d'une ville, de ceux quisont les plus 
))riches,quisont distinguésdesautrespar leurs emplois ou par 
))leurs mérites.» (Furetière, Dici.) 

Premierement, qu'en filholatges, 

Iran deuant las apparenlas 

Las grans Damas et Presidentas (vv. 106 à 108). 

« Le remettoit (le mort) aux chambrières du logis, si c'estoit 
»personne de basse étoffe : s'il estoit des apparenls et principaux, 
»il le consignoit entre les mains des personnes coramises à c'est 
»office« . . . .» 

(GlaudeGuichard, Funérailles, eic.y Lyon, 1591. 

Apparent, apparent, du latin apparens, apparere. 
Argeol, s. m. Orgelet, orgeolet. 

Ou vous auriatz als oeilhs Vargeol (v. 429). 

Orgeol, en vieux français, d'après Oudin, citépar M.Littré 
{Dict.)\orgueil[Èi.m\)Voì%e Paré); leurieul, dans les Évangilès des 
Quenouilles^ 3* journée. Nos patois actuels ont ardiol et ardoL 

Arquet-de-Sanct-Marti, s. m. Arc-en-ciel. 

Et may quant veyretz de maty 

Ai Gel Larquet de sanct Marti (vv. 340 et 341). 

Arquet'de-Sanct-Marti est le diminutif de Arc-S .'Marti, arc- 
en-ciel, relevé par Raynouard {Lex.). 

On fit un fréquent usage des diminutifs dans les patois issus 
de la langue romane du Midi ; ils servirent et servent encore 
ài exprimer une foule de nuances, le plus souvent prises en 
bonne part. 

Au lieu de V Arquet-de-Sant-Marti, on abrégea, en disant 
seulement VArquet, Tarc agréable à la vue, Tarc qui annonce 



— 96 — 

le retour du beau temps. On se servìt de cette locution au 
XVII* sìècle ; elle est restée dans notre idiome toulousain : 

Per tout tu rabisses moun èl, 
En l'ayre, dins Varquet del cel. 

(Gautier, Recuilf p. 7.) 

Arquet mirgailhat de coulous. 

(Amilha, Tabl., p. 221.) 

En conformité de ropinion exprimée dans les Ordonnances, 
que rArc-en-Ciel qui paraît le matin est un un signe de pluie, 
nous avons le proverbe suivant : 

Uarquet de la mailinado 
Tiro le bouè de la laurado . 

Arriscat, adj. Alerte, éveillé. 

L'enfant sera plus arriscat (v. 320). 

Au XVIP siècle, le patois de Toulouse avait conservé nar- 
ïìríscat, jolj, propre, avenant, bien troussé. » (Doujat, Dict.) 
En gascon, arrisclat avait la même acception : 

Te, coum es arrisclat ? 
(D'Astros, Obr. posth. , jPo^í. gasc, t. II, p. i7.) 

Arrisclb, s. m. Eclisse ; cerceau que l'on place au-dessus du 
cuvier et sur lequel repose le cendrier. 

Els passaran dedins Larriscle 

Tres cops en salhen del Rusquiè (vv. 296 et 297). 

Doujat avait défìni ce mot : « cercle ou rondeau à buée, 
caisse de tambour.» On dit encore de quelqu'un qui soutient 
le pour et le contre : Autant tusto su Varriscle coumo sul tam- 
hour, L'arriscle, dans ce cas, indique celui des deux cerceaux 
servant à tendre la peau d'un tambour, sur laquelle on le 
bat. 

Le substantif armc/e, ayant Tacception de cercle de buée, 
comme le défìnissait Doujat, nous servira à fìxer le vrai sens 
de Tadjectif am'íc/aí. Máis, pour arriver à cette démonstra- 
tion, il est besoin de citer le passage corrigé des Ordonnances 
où ce mot a été emplojé; le voici : 

Quant les enfants auran le siscle, 
Els passaran dedins l'arriscle, 
Tres cops en salhen del rusquier. 



— 97 - 

Quand les enfants auront le cri {éclamptiqtÀe), 
On les passera à travers le cerceau, 
Trois fois, celui-ci sortant du cuvier. 

Ainsi la coutume de faire passer les enfants à travers un 
cerceau sortant du cuvier, après une lessive, avait pour but 
de les guérir de certaines aflfections et de les rendre gais et 
alertes. On dut dire dès lors d'un enfant ajant été soumis à 
cette pratique qu'il était arrisclat, c'est-à-dire passé à travers 
le cerceav; puis on étendit le sens de ce mot, en rappliquant à 
tout enfant bien portant et éveillé. 

Ce serait donc arrisclat^ et non arriscat, qu'il faudrait dire. 

AsEMPRE, s. m. Convoi, cortége, réunion, assemblée. 

Et seria de trop inciuil 

Desrasonnable d'autra part 

Que Doctoressas en tal art 

A Lesempre fossan darrieras ( vv. 132 à 132). 

J'ai corrigé esempre par azempre, Rochegude {Gloss, occit.) 

a azempre avec sa signification primitive de réquisition, de 

convocation . 

« Asempre apud Tolosates idem est gallice quod convoy soit de 
>» nopces, baptisailles ou funérailles.» 

(Cl. Odde, de Triors, les Joyeuses Recherches (1578.) 

Asempre ou azempre s'est perpétué dans nos patois avec la 
même signiûcation: 
«Asempre, convoy, assemblée. « (Doujat, Dicl, ) 
<t Qui dira que la nostro (lengo) noun fouresso pasde Vasempre?» 

(Goudelin, Obr., Aiouts). 

Bilen abaricious, tu te metes en curo 

Quin asempre, estant mort, aura ta sepulturo. 

( De Valès, Sal. de Perso, Vl«.) 

Estounats soun en pessomen, 
Goussi el es mort ta bitomen ; 
Uasempre mentretan s'apresto. 

(Grimaud, la Bido de S. B., p. 241 ) 

En paradis soun touts Reis; 
Toutos soun nqui Reginos, 
Garatal se recouneis 
Que lai nossos soun dibinos. 
A nossos de Fil de Diu, 
Autr' azempre nou se diu. 

(La Douctrino crest.^ p. 154 (1641). 



— 98 — 

AssENTiEU, s. f. Ascension, 

Per la vespra de la Assentieu 

No cal iamais far le Lessieu. (vv. 389 et 390.) 

En roman Áscensio, comme en latin. Assentieu, qu'il aurait 
fallu écrire Ascensieu^ est laforme patoise, parle changement 
de 10 final en leu, Ici, c'est bien le fait de Ducèdre qui a em- 
ployé l'idiome parlé au lieu du roman de convention. On dit 
aujourd'hui Ascensieu à Toulouse : 

— Quoiiro sera Testieu? 

— Le jour de VAscensieu* (Dicton populaire.) 

AuDiENTiERA. s. f. Femmo d'audiencier, d'huissier audien- 
cier {audiencier). 

Et tout d'vn renc las Audientieras 

Vendran apres coma plus dignas. (vv. 120 et 121.) 

AuGEOL, s. m. Aïeul, vieillard. 

Ou vous auriatz als oeilhs largeol, 

Laganhoses coma vng augeol. (vv. 429 et 430.) 

En roman aviol, du latin aviolus, diminutif á'avius» En vieux 
francais aioL 

Ce mot est écrit aujol dans nos auteurs toulousains : 

« Aujol, ayeul, et se dit généralement de tous les vieillards, » 

(Doujat, Dict.) 

Qu'un aujol que se plainh la bido 
Dan l'escarcèlo pla garnido. 

(Gou4eUn, Obr.,^'' part., p. 42 ) 

Les jouenos coumo les aujols, 

(Gautier, Recuil, p. 41 ) 

AuLEZA, s. f. Fausseté, mauvaiseté. 

Grand capitat fasen mentas aulesas. 

(P. Borlière, Huyctain, v. 4.) 

J'ai relevé auleza dans le glossaire placé à la suite de las 
Joyas del gay saber, p. 20 : 

Si per mal dit ho auleza 
Vos fu jamay desplasens . 

(Pierre de Blays , 1462.) 
Pe aul en roman, qui avait aussi avol, d'où avolezza, Auk, 



- 99 — 

mauvais, faux, d'infime qualité, est resté dans le patois de 
Toulouse : 

se d'un pauc d'ances y fa fuma l'audou, 
Nou s'enquestara pas s'és de Vauleoáéì bou. 

(De Valès, les Sal. de Perse, sat. VI«.) 

AuPALANDRA, s. f. Houppelande. 

A fìlha es causa defenduda 

Porta ìaupalandra fenduda (vv. 457 et 458). 

Sec, qu'in braga nostra vesina 
An Vaupalandre {sic) d'hostadina. 

( La Requesle, etc. , 1 555 ) . 

Hopelande en vieux français. 

Huet tirait ce môt de Upland, province suédoise, d'où ce 
vêtement serait venu. 

M. Quicherat se demande s'il ne répondrait pas à Titalien 
palando ( Littré, Dict. ). Ce serait revenir à Topinion de Mé- 
nage, qui écrivait : « Les Italiens appellent une houppelande 
» pelanda (sic); et il ajoutait: Houppelande est un mot ancien 
« dans notre langage. II se trouve dans rinventaire des meu- 
» bles de Charles V. » 

Auq[u]ib, a. m. Gardeur d'oies. 

Apres per vn gougeat auqie (v. 298). 

Notrc patois a conservé ce mot et sa vieille acception ; on 
emploie fréquemment encore le dicton suivant pour qualifìer 
certaines gens qui veulent, à tout prix, attirer Tattention sur 
eux : « Fa coumo rauquie de Berat, que caguèc dins taigO'Sei' 
» gnadiè per fa parla d^eln^ et desquels Regnier avait dit : 

Pissant au benoistier afìn qu'on parle d'eux. {Sat, II.) 

AuQUiERA, s. f. Femme qui garde ou qui fait métier de 
vendre des oies. 

.... Goma qui crompa 

De las Auquieras del Saly ( vv. 90 et 91). 

({ Âuquiero, oysonnière. » (Doujat, Dict,), 

AuTA, s. m. Autan, vent d'autan. 

Et quant veyretz regna IjAuta (v. 336). 

Raynouard a inscrit autan s. m. dans son Lexique roman, 



- 100 — 

en le faisant dériver du latin altanus^ qui se trouve dans Pline, 
au rapport de Ménage, et en raccompagnant de cette seule 
citation : 

Venl auta. . , . Aula cs vent cardinal. 

( Eluc, de la Propr., fol . 36 et 134 . ) 

On a écrit de même auta dans nos patois depuis le seizième 
siècle. 
» Autay le vent d'autan .» (Doujat. Did.) 

Quand le cel en plen jour s'amantoulo d'oumbratge, 
Et le sers et Vauta segourmon toutisdous. 

(Goudelin, Obr.j p, 40.) 

Jouts las rabentos alenados áeVaula. 

(Goudelin, Obr., p. 197.) 

E fa beni ïauta, le sers . 

( De Valès, l'Eneïdo de Virg., p. 1 1 .) 

AuTA et AuTANT, adv. Autant, aussi. 

Aurelhas d'aze aura per Paschas, 
Auta longas coma de masqnas. 

(Texte corrigé, vv. 613 et6l4.) 

Autant lo iorn coma la neyct (v. 622J. 
Le roman avait aitant, aitan. Notre patois a conservé auta 
et autant : 

D'au/a brabe, boli dire. (Goudelin, Oôr., p. 112.) 
Autant hounesto que poulido. (Goudelin, Obr., p. 55.) 

AvocADA EN Parlament. Femmo d'avocat au Parlement, 
qui ne fait que plaider, écrire et consulter. (Furetière, Dict,) 

Qú'auocadas en Parlament (v. 140). 

ATauA-SBNHADA, s. f. Eau bénite. 

Gar Laygua lauetz es senhada (v.p.392.) 

» Aygo segnado, eaubénite.» (Doujat, Dict.) 

Per prendre Vaigua senhada. . . » 
(Lo Doctrinal de sapiensa : deU Pecals venialSy 1504.) 

8a Bergo se troubec cambiado 
An esparssou á^aigo seignado 

(Grimaud, la Bido de S.B., p. 60.) 

Gresets prene á^aigoseignado. 

(De Valès, Virg. deguis., libr. V.) 



- 101 — 

En fan le tour de rassemblado, 
Dounec tres cops á'aigo-seinhado (sic). 

(De Valès, Virg. deguis., lib. VI.) 

As contro fait á^aigo-seignado? 

(Amiiha, TabL, p. 184.) 

Les pelegris que passaran 
Prendran á'aigo-seignados. 

(Vieilie chanson populaire.) 

Banqueta, s. f . Escabelle. 

Las banquetas no layssaran 

Que los pecolz anen en sus (vv. 784 et 785). 

Banqueta est le défìnitif de banca, banc, en roman. Banco 
et banqueto sont dans notre patois : 

Que les pecouls porten la banco. 

(Goudelin,Oí?r., II, p. 92.) 
Barba, s. f. Menton. 

La JbVancesa de sanctas Carbas 

Tant grassa que fa quatre barbas (vv. 75 et 76). 

On dit en notre patois fa tres ou quatre harbos, comme on 

dit en français avoir double ou triple menton, 

« Bien que ce nom barbe soit bon françois, si est ce qu'il faut 
» noter en passant que nonnunquam apud Tolosates sumitur pour 
» le menton. juxta vulgare diclum apud eosdem: estre coumo donno 
» Guilhalmo de Sanclos Carbes que fa tres barbesy id est trois men- 
» tons. » 

(GI. Odde, de Triors, les Joyeuses Recherches: de Hoc Nomine barbe.) 

8a barbo se trosso en redoun 

Goumo la testo d'un biuloun (Goudelin, Obrosy p. 21.). 

Batailh, s. m. Battant d'une cloche; ici avec un sens 
détourné : 

Per sobstenir le grand trauailh 

A la iornada del Balailh (vv. 569 et 570). 

_ • 

Batailh n'est qu'une variante orthographique de batalh en 
roman. 

Batail en vieux francais : 

« Le òatoi/ estoit d'une queue de renard. » (Rabelais.) 

Bbloop, adv. Beaucoup. 

Gar belcop may nous en valem (v. 316). 

Du roman bel et de colp, ce mot dérivé du bas-latin colpus ; 
changé en cop par la perte de /, comme en français beau et 
coup, ainsi que le pensait Ménage. Belcop s'est maintenu dans 
le patois toulousain : 



— 102 - 

« En luy fasen belcop demals. » (Lo Doctr. de sapiensa.) 

» L'injuro de las annados n'oufensaran jamay lours noums repre- 
» sentats en peyros, libres et tableous et belcop milhou dins lours 
» meritis. •> (Goudelin, Obr. II, p. 6.) 

Belina YRE, s. m. Ouvrier qui prépare le vélin. 

Las Boytosas dels Belynayres (v. i2). 

De velin, en roman, on avaitfait velinaire^ qui a pris le B du 
patois toulousain dans les Ordonnances, 

Belinayres^ dans le passage cité, désigne une rue ou un 
quartier de Toulouse, où étaient établis les ouvriers qui pré- 
paraient le vélin, 

Berlengua, s. f. Femme babillarde, bavarde. 

Y Suruenguec dona Berlengua (v. 24). 

De òer, préfixe ayant un sens péjoratif, comme en fran- 
çais (V. Littré, Dict,) 

Acoustumieras d'estre fort berlenguieras 
truffandieras 

(LaRequeste, etc. : De la Reyne, ballade (1555). 

Nous avons encore berlengo, avec le même sens, dans le 
patois de Toulouse. 

Besigles, s. m. pl. Besicles. 

Perlos veser ca.\ána. Besicles {w . 796). 

Sens besicles etsens veirials. 

Las NompareUlas receptas, etc. (1555). 

Au XVIP siècle on disait mencles, à Toulouse : « Mericles, 
besicles, lunettes. (Doujat, Z>/cí.) 

« Aquel que manjao las cerieros dan de mericles^ aíi que sem- 
» blosson degriots. » (Goudelin, Obr., p. 69.) 

« Qui tantos ajo pres les meiHcles per beze le jour, que jiou les 
» quite pas sebol aro beze la neyt. » (Goudeìin, 06r.,p. 155.) 

BoNET, s. m. Bonnet. 

Dona Esperona gorratiera 

Ou reuendeyre de Bonetz (vv. 58 et 59). 

Raynouard n'a que boneta. En patois, on se sert de bounet 
et de bouneto : 

Moun bounet noou, ma capo bèio. 

(Goudelin, O&r., p. 182.) 

Fournisà I'Efan pernos et bourrasso, 



— 103 - 

Bequis et hounel^ 
Perle teni nejt, 

{La Pastouralo de Nadal, \i . 8.) 
Quitì moun hounet (ìq neit. 

(Amilha, Tahl , p. 75.) 

Erets dus caps dins un bounef. 

(De Valès, VÉnéid. de Virg., libr. IV, p. 42.) 

Ai punt que le Soulcl, en plegan la houneto, 
Pencheno soun pel d'or sul naut des tucoulets.* 

(Goudelin, Ohr., p.l27.) 

BoRGBSA, s. f. Bourgeoise, femme de bourgeois (Borges), 

Et Borgesa de bona rassa (v. 191.) 
A'pt^^ Borgesas, dignas d'estre embrassadas. 

( La Requeste, elc . , 1 555 . ) 

Rajnouard a borzeza et non borgesa, quoiqu'il ait borges 
{Lex. roman,). 

BouT, s. m. Bout. 

Mays si ne voletz scaber may 
Retiratz vous deuers las Femnas 



Tant resoludas d'aquio al hout, 

Que vous poyrancontar le tout(vv. 810 à 816). 

Le texte des Ordonnances porte bout rimant avec tout, qui 
sont deux mots patois et français ; j'a,i rétabli bot et tot. 

Du bas-latin butum, bout, fin, terme. Bot en vieux fran- 
cais. 

Bracomart, s. m. Braquemard. 

Iram forbir les hracomartz (y , 422). 

Bragar, V. Se parer avec affectation, s'attifer. 
Per que pescam milhor hragar{y, 194). 

Braga en patois. « Braga, piafer. » (Doujat, Dict.) En vieux 
français, braguer, avec la même acception. 

Sec, qu*in hraga nostra vesina, 
An L'aupalandre D'hostadina, 
Et la Sinta de duas coulous, 
Le Gardecol de fin Velours (sic), 
Quelycurbis touta Losquina 



— 104 — 

Les margotz a de seda fìna, 
Etla Gounella Dieu sap quMnha, 
Dos pams plus longua qu'elz Talous, 

Sec. 
Mais quant am haquesta famina, 
N'auem Aur, Blat. Pa, ny Farina : 
Aqui que be son las doulous, 
Trop montam de dos Escalous: 
Que faria mays vna Regina 
Sec. 
(La Requeste : Rondeau ; la Bragarda indigmte (sic)). 

Fi fì al gibet de Palhardas 

On ias deuria totas nega, 

Trop de part Diable son galhardas 

Fi fî an (sic) gibet de palhardas, 

Talla n*a pas valen doas Sardas 

Que mais que trenla vol braga 

Fi fì al gibet de palhardas 

On las deuria toutas nega. 

(Ihìá.. TriolUt.) 

Bous cal hraga, 

(Goudelin, Ohr., 11« part., p. 87.) 

Alai sera separat, 

Le supcrbe qu'aro hrago 

Derumble ta mespresat. 

{La Douctr. creat., p. 127.) 

As deraubat per jouga, 
poude milhou braga. 

(Amilha, Tahl., p. 225.) 

Breu, s. m. Bref, billet ou brevet ; amulettes écrits sur de 
petits biUets. 

Femna prens no se deu leua 

Per escampar aygua lout contat 

Dauant que lo Poul n'aya cantat 

8i no que porte al col vng hreu (vv. 656 à 659). 

Du latin brevis, en roman breu. Raynouard (Lex.) n'a pas 
breu avec racception que Ducèdre lui attribuait et qui a per- 
sisté dans le patois toulousain. Doujat {Dict.) a défini breuet, 
charme, et Amilha [Dict.) breu, « brevet, billet porté sur soi 
par superstition.)) 



-. 105 — 

« D'autres que usan de breus hont fan crotz et paraulas escuras 
» non conogudas : et disan que aquels que los portaran sobre els 
» no poden perilha en foc ny autre loc perilhos et en fan portar 
» de liguatzal col ho als brasses per guery d'alcunas malautias. » 

(LoBoclrinal de sapiensa, etc, 1504.) 

As fail breu ni supersticius ? 

( Amilha. Tabl,, p. 183.) 

A bous qu'abetz ses doute uzat de bostro lenguo, 
De malicio, de breus, de ruzo etde flatenguo. 

(De Cortète, Ramounel, act. IV , sc. II.) 

cc Éviter et chasser quantité de maladies et detourner quantité 
» de dangers par le moyen des brevels ou billels, qui sont une es- 
» pècede préservatif avec paroles, non moins superstitieux et ré- 
» prouvés que les autres.» (L'abbé J.-B. Thiers, Trailé dessuper- 
» stiHonSy etc, 174i, 5« édit., tom. I, p. 421 .) 

Brodayrb, s. m. Brodeur. 

Am dona lohana del Brodayre (v. 50). 

Notre patois a abandonné brodaire; broudur, du français 
brodeur, a prévalu. 

Les Broudurs e les Gandeliés. 

(Letro moundino (XVII* siècle), p 3.) 

Broquier, s. m. Bouclier; dans le passage cité, sorte de 
vertugadin. 

Bracomartz entendia broquiers 
Per aíîaissonar los anquiers. 

(vv. 423 et 424, texte corrigó.) 

Du latin broquerius, bouclier; en roman broquier, Ray- 
nouard n'a relevé que la variante bloquier ( i^x, ) ; on disait 
en vieux français brouquier et biouquier, 

BuRB, s. m. Beurre. 

Am yous en Bure, ou dam formatge (v. 61 1 ). 

Du latin butyrum, Le roman avait buire, qui a perdu ri 
dans bure, au XVI® siècle. Notre patois a conservé bure en 
accentuant la prononciation, d'où burre: 

£t quo coumo l'auzel al besc, 
Se pren sur aquel burre fresc 

(Goudelin, Obros, p. 17.) 

8 



-- 106 — 

De burre fresc lour pourtec Miquel. 

(Le Graniè de Nadal^ p. 8.) 

Cachar, V. a. Presser, peser sur quelqu'un ou sur quelque 
chose, comprimer. 

Per les gardar de las Fantaumas 

Que se desguisan coma Saumas 

Et van cachar las gens al Lieyct ( vv. 305 à 307). 

Le patois toulousain a cacha, qui est prononcé catcha^ avec 
la méme acception que cachar dans les Ordonnances. Doujat 
( Dict. ) Ta traduit par presser, serrer. 

Goudelin s'en est servi en badinant, tout juste comme Du- 
cèdreravait fait, et on est tenté de le penser, en se souvenant 
du passage que nous venons de citer : 

« Un autre desturbi sera d'un Magicien et dequalques Faytiliè- 
» ros, que, per se randreal Sabat, aniran fa pet sur feillojouts uno 
» chemineyo. Filhetos, affique qualqu'uno d'elos noubous ane ca- 
» cha dins bostro crambo, nou dourmats pas souletos. . . >» 

(Goudelin, Obr,, p. 157.) 

Mès elis nou couneissoun poun 
Doulan lou sabatou me cacho, 

(De Valès, la Pastouralo, strophe 63) 

Le français avait cacher : 

A pieds deschaux cache (foule ) le vin nouveau. 

(Ronsard.) 

Cailhol, adj. Pie, bigarré. 

Que son visatge ruara, 

E ly vendra coma cailhol (vv. 761 et 762). 

Doujat {Dict,) a ncalhol, pie ; boeuf ou autre animal de deux 
couleurs. » Ce mot est resté dans notre patois : 

Blanquis, cailhols, tanats e rousses. 

(De Valès, Énéid. de Virg., Ubr. II.) 

La [baco] qu'a lou piel cailhol m'agrado se nha cap. 

(De Valès, Georg. de Virg., hbr. III.) 

Callota, s. f. Calotte. 

Mais ellas se contentaran 

De portar qualque bel Tiret 

A tout le pire vn Reuiret 

Ou se lor play, Perna am Callota (vv. 168 à 171j. 



— 107 — 

Bastou^ Caloto dan Lunetos 
Prenen counget de las Filhetos. 

(Goudelin, Obros^ II, p. 103.) 
Cambalia, s. f. Jarretière. 

De.la nobia las camhalias, 

De totz los caps nosar amassa (vv. 544 et 545), 

Notre patois a perdu cambalia, de camba, jambe, pour 
prendre garroutiero, de garrou, jarret, comme jarretière en 
francais. 

De Sauvages {Dict. languedocien-français) a recueilli cam- 
balié, jarretière, et cambalia, verb., mettre ses jarretières. 

Candelibra, s. f. Femme de Chandelier [Candelier), 

Candelieras, et Ferratieras (v.l66). 

Cap d'an et CAP DE l'an, s. m. Anniversaire, service reli- 
gieux que Ton fait pour un mort un an après son décès. 

Ny may Gapdans, festas ho Nossas (v. 413). 

Item disseguen en parlant 

Qua las honors ne cap de Lan 

No qual iamay manjan rostit (vv. 217 à 219). 

Cap d'an a encore cette signifìcation dans le patois tou- 

lousain : 

dìns de bilos d'igounaus 

Que nou fan poun. coumo nous aus, 

De capd'an ny may de noubeno. 

(De Valòs, Virg. deguis, libr. V.) 

Raynouard a inscrit cap d'an dans son Lexique comme si- 
gnifìant le premier jour de Tannée. Doujat (Dict.) a aussi 
cette locution avec la même acception ; le patois Ta con- 

servée : 

Per bostr' estreno de cap d'an, 
Jantis amics de Garmantran, 
Bous secouti per las barbolos 
Aquest arpat de faribolos. 

(De \alès, Eslrenos à 1a camarado, strophe 1 .) 

Capel, s'. m. Chapeau. Employé ici, au fìguré, pour coup de 

langue. 

On se bailha, trop vn capel (v. 94). 

Capitat, s. m. Entêtement. 



-^ 108 — 

8ens auer mes, en loc lor maluestat 
Grand capitat fasen mentas aulesas . 

(P. Borlière, Huiclain, vv. 3et4.) 
Du latin caput, cap en roman et en patois de Toulouse. 

Capitolbssa, s. f. Femme de capitoul {Capitol)^ magistrat 
municipal dc Toulouse. 

Mais san estat Capitolessas , 

Auran vn petit may d'hono (vv. 142 et 143). 

CayoiVo/ en roman, dubas-latin capitularii ou dominide Ca^ 
pitulo^ d'où le patois de Toulouse a fait capitoul, qui est passé 
dans le français. 

Carbonada, s. f. Carbonnade. 

Mas Carbonadas et Saulsissas (v. 258). 
En patois carbounado : 

Sas maisous, de tout punt ournados, 
Nou seml)laran que carbounados , 

(Grimaud, la BidodeS. fi.,p. 162.) 

cendres de Troyo è Pergam, 
E tu maudit ò darriò flam 
Qu'as, a modo de carbounadosy 
Gresilhadis mous camarados. 

(De Valès, ì'Énéid. de Virg., libr. II.) 
En vieux francais carbonade : 

a 

« L'on appresta carbonades à force. . .» 

(Rabelais, Gargantua, chap. xxi.) 

Caqubtar, V. caqueter. 

De menta femna avetz fort caquelat, 

(P. Borlière, Huyctain, v. 1, texte corrigé.) 

On lit quaquetat dans le Huyctain de Borlière. Caquetar est 
devenu caqueta en patois: 

La miserablo gen 
Que ba dins la gieiso souben 
Pery caqueta, o be per rire. 

(Grimaud, la Bidode 5. fl., p. 100.) 

« \ a pla iong-tems que n'abion pas caquetat ensemble. » 

{Dialogo sul dangé de la patrio, XVI1I« siècle.) 

Carbossas, s. f. pL Festins, fêtes de table, bombances. 



- 109 — 

Le Dymecres ny lo Diuendres 

No qual iamay leuar las Cendres 

Goupar la vnglas, far la Rusquada 

Lauar le Cap, ny far Gayrada 

Ny may Gapdans, festas ho Nossas 

Et lor respondre per Carbossas (vv. 409 à 414). 

Cargar et Carguar, v. Prendre un vêtement, revêtir un 
costume. 

El no es pas fayt en sabìa dona 

Cargua l'estat que no aperte (vv. 180 et 181). 

Gapayronetpodem cargar (vv. 193). 

En patois carga, qui signifìe chargerj prend la même accep- 
tion détournée : 

Gal carga le gran dol. 

(Regret de TirciSy apud Goudelin.) 

Habillats-me de negre al jour del mes de may, 
Et nou me carguels plus ni cinto, ni courouno. 

{Despieyt de Damo Clamenço (XVII* siècle).) 

Déjà la luno 
Abio cargat sa raubo bruno. 

(Grimaud, ía Granouíraí., p. 15.) 

Margots de damas s^a cargat laGlaro. 

{Le Graniè de Nadal, p . 7 . ) 

Carnsalada, s. f. Viande salée. 

Ou tournegea la Garnsalada (v. 419). . 
Garnsaladay et Sabrie magre (v.255). 

a Gansalado (par corruption), chair de porc, le maigre et le lard 
n tout ensemble. » (Doujat, Dict ) 

« Vn muis de cansalado, alias lard en bon français.» 

(Gl. Odde, de Triors, les Joyeuses Rech,{[blS.)) 

Helas ! ei crebèc per la panso 

D'un tros de cansalado ranso 

Que rougagnèc à l'amagat. (Goudelin, 06r., p. 44.) 

Ouffretz-ly ço de milhou, 
L'aignel gras è cansalado. 

(Bole, le Germede Noêl, p. 12.) 

De cansaladOy Jacques (pourtecj un quartiè. 

(Le Gh'aniè deNadal, p. 10.) 

Propris per penja cansalado. 

(UeVsLÌès.VEnéid.de Virg., libr. IV.) 



— 110 — 

Caussatiera, s. f. Femme de chaussetier {Caussatier}. 

Las Hucheras las Caussaiieras (v. 165). 
Sus, Caussatieras mignonament caussadas. 

{La Requestéy etc. , 1555).) 

« M. Jehan Mastras, marchant et caussalier.» 

(Livre d'Eslime du Capitoulat de la Daurade (1478). ) 

Cayrada, s. f. Charrée; sorte de lessive. 

Le Dymecres ny lo Dyuendres, 

No qual iamay leuar las Cendres. 

Coupar la vnglas, far la Rusquada, 

Lauar le Cap, ny far Cayrada (vv. 409 à 412). 

En patois cayrado^ pour désigner de Teau dans laquelle on 
a fait bouillir des cendres, et qui sert à laver ou nettoyer divers 
objets. 

Doujat [Dict,] a « Cairie, charrier de lessive »; mot qui nous 
eat resté avec la même acception, et qui est, en outre, devenu 
un terme de mépris et d'injure. 

« Preu de bonnes cendres et met avec de l'eaue etfais comme 

charrée.» 

{Menagier, II, 5, (dans Littré, Diel.) 

Ceda, s. f. Acte écrit ; ici procès-verbal, relation de Tas- 
semblée tenue par les commères de Toulouse. 

Belcop d*autras pareilhament 
Que son nomadas amplament 
Dedins la Ceda originala (vv. 85 à 87). 

Du latin, scheda; schedula a donné cédule en français. 

Chamineya, s. f. Cheminée. 

Toutle long d*vna C/iamineya.(v.790). 

En patois chamineyo, et plus habituellement chemineyo ou 
même chimineo : 

Doulant y a de panhés de fruto pel repais, 
La chamineyo caudo et les porcs à i'engrais. 

(De Valès, Sat. de Perso, sat. I.) 
louts uno cheminego. (Goudelin, Ohr., p. I.jT.) 

Amh'iin couûn áe chiminego (Goudelin, Oôr., p. 163.) 

E nou trobi re de mal fa 

Que le tour de la chimineo. (Gautier, Recuily p. 20.) 



— 111 — 

Chuc, s. m. Suc, jus. 

Am vn petit de chuc D'irange (v. 490). 

Au XVIIc siècle, chuc est fréquemment employé; Doujat a 
défìni ce mot : suc, jus. (Dict.) 

Al bi met un luquet d'irange 
Et le chuc sur dous perdigals . 

(Goudelin, 06r.,p. 106.) 

E mes en fourmo la cougeto , 
Dam le brabe chuc de souqueto. 

( Goudelin, 06r., p. 23 ) 

Le chuc delicat de las trillos 
Perdèc-el pas Lot è sas fillos ? 

( Grimaud, la Bido de S. B., p. 182.) 

Bous pren en ma le goubelet, 
Ple del chuc que sorl de la souco. 

(De Valès, Virg, deguis», libr. V.) 

Del chuc rouge d'amouro elo ly tinto 1' froun. 

(De Valès, BueoL de Virg., Egl. VI.) 

CnrrAR, v. Ceindre. 

No deu portar Fus ne Conolha, 

Ny degun Dauantal sintat(vy, 792 et 793). 

Le Lexique de Raynouard a cenher, sendre; il n'a pas cintar, 
qui a perdu IV ûnale dans nos patois. 
« Cintai ceindre.» (Doujat, Dict.) 

Cintat per cos d'uho cadeno. 

(Grimaud, la Bido de S. 5., p. 259.) 

S'en dntaon le cap. 

( Grimaud, la Bido de S,B.^ Epit. dédic . ) 

Ses abe que dntat un mos de gardaraubo. 

(De Cortète, Bamounet, act. 1, sc. vn.) 

Nous employons dessinta^ déceindre : 

Lou pe 'squer tout descaus la raubo dessintado. 

(De Valès, VEnéid. de Virg., libr. IV.) 

Classes, s. m. pL Glas; sons d'une cloche annonçant lamort 
de quelqu'un. 

Ny tant pauc ne deu eLuerclasses ( v. 766). 

Raynouard a clas avec Tacception de m, du latin clamare, 
pensait-il (Lex. rom. ). On s'accorde de faire dériver clas en 



— 112 — 

vieux français, aujourd'hui glas, du latin classtcum, signal 
donné au son de la trompette. 

Notre patois a conservé classesa.n pluriel: « classes^ glas, » 
(Doujat, Dtct.) 

Encountinent n'enten que classes. 

( Grimaud, la Bido de S, ^, p. 342.) 

Clbrc del Graffb, s. m. Clercdu greffe ou greffìer. 

Que las molhes dels Clercz del Graffe ( v. 146). 

c< llem lo dit Mosso lo Rìctor deu far tocar las campanas a sos 
» clercs, » [Coutumes deCintegabelle^ ms.) 

Clerc^ du latin clericus ; le roman faisait usage de clergue 
eiclerge, 

CoLARBT, s. m. « Collerette, sorte de petit coUet que les 
» femmes portent pour se couvrir la gorge, et surtout les 
» paysannes et les femmes de basse condition. » ( Furetière, 
Dict.). 

ítem vna femna qu'alaycta 

No monstre pas la Popa traycta 

Del Colaret sera cuberta ( vv. 245 à247). 

Ou reuendeyre de Bonetz, 

De Templetas et Coularetz (vv. 59 et 60). 

Colaret est le diminutif de colar^ collier, mot que notre pa- 
tois a perdu en adoptant couliè^ qui est la forme tirée du 
français, collier. 

CoMMUNAMENT, adv. Communémeut. 

Apres y cal communament 

Gaussa tirada et l'estre ras ( vv. 506 et 507). 

« Usava en sos sermos et predications communament de exem- 
» ples.» ( Lo Doctrinal de sapiensa. ) 

Comunalmen, en roman ; coumunomen^ en patois : 

(t Le safra è la roso se dounon coumunomen à l'albo . » 

(Goudplin, Obr., p. 65.) 

L'onditspertout, coumunomen, 
Que la lengo es un estrumen 
Que pren le cor per las aureillos. 

( Grimaud, la Bido de S. B.,p, 228.) 



— 113 — 

CoMPAUsAU, V. Composer. 

Compauseguen las Ordenansas (v. 103). 

Du latin compausare, ainsi que pour le français compose7\ 

CoNiLH. s. m. Lapin. 

Ou per le mens coma vng conilh ( v. 615.) 
ContY, en roman, du latin cuniculus, La variante conilh était 
déjà employée à Toulouse, aux XIV* et XV* siècles: 

Lo camels es conilhs. 

(R. de Cornet, Versa, vers 1330.) 

Tu prendras Jo cap d'un raoto, 
D'un ca, d'un conilhj d*im capo. 

(Noulet, Ghronogrammes \ Mém. de VAc, des sc, de Toulouse 
(1847), et dans las Joyas del Gay Saber, p. 269.) 

Counil, en patois du XVII* siècle. Lapi, lapin, ont depuis 

prévalu. 

£t dejà la pel de counil 

Luzis sul' capelet gentil. (Goudelin, 06r., pag. 39.) 

CoNOLUA, s. f. Quenouille. 

Mais a la fín per lo conseilh 

Dela Conolha et del Verteilh(vv. 100 et 101). 

No deu portar Fus ne Conolha{v. 792). 

Conolha, dérivé, comme quenouille, du latin colus, colucula, 
d'après Nicot et Ménage, qu'ont suivi nos lexicographes les 
plus récents. Counoulho en patois toulousain : 

a L'amour le desarmo (Hercule) et 11 cambio la masso en cou- 
nnouillo. » (Goudelin, Obr., pag. 99.) 

£tai lum del calel sas serbentos exerso 

A teni pu loung tens la counoUlho al coustat. 

(De Valès, VEnéide de Virg., libr. VIII.) 
De Valès et de Cortète employèrent ausgi counoul, s. m. 
Que lou counoul se tire et garo las espallos. 

(De Gortète, Ramounei, act. II, sc. 2.) 
Quauque truc de eounoul. . . . (/&., act. I, sc. 2.) 

CoNSELHERA, s. f. Conseillère, femme de conseiller {Con- 
selher^ Conseilher) . 

Conselheras del Seneschal, Femme de conseiller au Sénéchal 
Conselheras du SenescalÇy. 118). 



-^ 114 — 

EtY0U8(^tc), vantadas, honestas Conselheras. 

{La Requestey etc. (1556).) 

Conmlhera en Parlament. Femme de conseiUer au Parle- 
ment. 

Apres vendran las Conseilheras 

En Parlament et las Graffieras (vv. 109 et 110). 

CoNTEROLLEssA, s. f. Femme de contrôleur, contrôleuse. 
Conterollessas Thesaurieras (v. 119). 

CoNUENT, s. f. Couvent. 

Ny esposetz en Conuent de Mongeas (v. 573). 

Du latin comentus. Les lexiques romans ont covent et co- 
ven, 

« Couvent. On disait autrefois convent^ comme on le prononce 
» encore dans sesdérivés. » (Furetière, Dict.) 

On se servait de coven à Toulouse : « al couen dels frayres 
menos. » (Ze Doctrinal de sapiensa. ) 

£n patois couben, qui ramène à coven par le changement 
normal de Vo en ou et du t; en 6 : 

Les meno d'inquios à la porto 
Et d'estre sobres les exhorto, 
Et de se soubeni souben 
De la Règlo de lour couben. 

(Grimaud, la Bido d« 5. fi., p. 131.) 

CoRBÀS, s. m. Corbeau. 

Quant ausiretz cantar la Gassa 

Ou le Corbas à la ma esquerra (vv. 324 et 325). 

Corbas est Taugmentatif, pris en mauvaise part, de corb, 
corvus, en latin. Les lexicographes ont ce mot avec Tortho- 
graphe de corp (Rajnouard, Lex.). On prononçait ^oré au 
lieu de corb, à Toulouse et ailleurs ; témoin le Pa del gorb, qui 
revient annuellement dans les comptes de la ville. Par cette 
dénomination, on entendait le salaire des hommes emplojés, 
en temps de peste, à enterrer les morts. 

« Corbeau se dit fígurément de ceux qui viennent airier les mai- 
» sons infestées de peste et qui en enterrent ies corps, parce que 
» ces gens sont ordinairement avec des corps morts, comme les 
» véritables corbeaux. »(Furetière, Dict.) 



— 115 — 

En un bosc auia ung corb. . . 

{Lo Doctrinalde sapiensa (i504).) 

En un gran regimen de gorps, toutés en troupo, 
Fa las alos brungi en tournan des pastengs. 

* (De Valès, 6eorg.de Virg.) 

Me rodo tout lou jour comme un gorp la carroigne. 

(Hist. du valet Guillaume^ dans le Triomphe de 
BézierSy 2«partie, p. 106.) 

Nou parlés sotomen le girgou d'un courbas. 

(De Valès, Sat. dêPerso, sat. V.) 

La couloumbo s'y ren eourbas. 

(Amilha, Tabl, p.240.) 

E preféran un bièl courbas 
A un' innoucento couloumbo. 

(Amilha, Tabl.ip. 13.) 

E per aco tabe lous courbasses countens, 
Gridoun à plen gahût de gauch qu'an del bel tens. 

(DeValès, Géorg, de Virg,) 

« Del pa empoiiisounat qu'un courbaSf s*empourtèc en terro 
» deserto. » (Grimaud, la Bido de S. B. . p. 79.) 

CoRNETTA, s. f. Comette, sortq de coiflfure d'homme. aCe 
» mot se disait autrefois de toutes sortes d'habiUement de 
» tête. » (Puretière, Bict,) 

Les maritz portaran Cornetta 

Et las molhes Capayronet (vv. 160 et 161). 

CoRNUDA, s. f. Baignoire ; vaisseau à deux cornes servant 
de baignoire. 

Mays la femna qual que sia nuda 

Tout al salhen deia Cornuda (vv. 407 et 408). 

Raynouard (Lex. rom., tom. IV, p. 487) a relevé ce mot, 
avec racceptation de comue, AuXVIPsiècleil avait conservé, 
àToulouse, le sens qu'il a dans les Ordonnances: nCoumudo, 
» bagnoir, cuue à se baigner.» (Doujat, Dict, ) 

CoRPS, s. m. Enterrement, convoi mortuaire. 

En corps n'yra si n'es anada 

Premierement en Filholage (w. 212 et 213). 

On disait corps pour corps-mòrt. 



— 116 - 

« Corps se dit aussi d'un cadavre dont râme est séparée. » 

(Furetière, Dict,) 

A Toulouse et en Gascogne, cos remplaça corps : « El escos, 
il estmort. » (Doujat, Dici.) 

Coses le courpoural Baldéau. 

(Goudelin, 06r.,p. 44.) 

CoRPS DE DiEU, s. m. Fête-Dieu, fête du Corpus ChrisH. 

Quant dauant passa la Proçessieu 

Et fossa el del Gorps de Dieu (vv. 235 et236). 

«En lo jorn que tu auras vist lo cors de Dieu » (en assistant à la 
Messe). {Lo Doctr, de sapiensa.) 

CosTOSiDO, s. f. Celie qui a donné des soins à une femme 
en couches. 

La cosiosido per son gatge 

Aura lauetz vna Fogassa (vv. 322 et 323). 

Costosido, signifìant garde-malade, a été aussi employé au 

masculin : 

lo no son pas bon majorau, 
Bon boé, ny bonmestierau, 
Ny demaiaus costossido, 

( Pey de Garros, Poesias, Egloga IV ( 1567) . ) 

M Coustouzi et coustezi, soigner un maiade. » (Donjat, Dici,) 

Per coustouzi l'Efan aymable, 
La Mèro nou bey poun de lieit. 

(Goudelin, 06r.,p, 189.) 

Gardats, coustesissets (nous), . . 

Dinquio dedins la toumbo. (Amilha, Tabl,, p. 37.) 

CousTURiERA, s. f. Couturière. 

Dona Gracieta Coujíuncra (v. 57). 
Dans le texte corrigé, nous avons adopté costurie7*a, de cos- 
tura en roman, dérivant du latin consutura^ couture . 
Les lexiques romans ont cordurier^ corduriera. 
Le patois de Toulouse, au XVIP siècle, avait cousturier : 

Engrimayres ò cousturiers. (Letro moundinOj p. 3.) 

CoTEL et CouTEL, s. m. Couteau. 

Seruietas ny coutelz en Taula 

En Gorps n'aura, so nes pas faula (vv. 223 et 224). 



— 117 — 

Item no layssets un Cotel 

Qu'aja le Tailh deuers le Gel (vv. 587 et 588). 

On disait cotel à Toulouse ; le patois en fit couteL 

CoTELiER et CouTELiER, s. m. Coutelier. 

Del Pont Vieil et dels Couteliers (v. 67). 

Cotelier en roman ; coutelier et ensuite coutelié en patois. 

B. de Foys, coielier, 

( Livre des débileurs de la ville de Tou- 
louse (1336), fol. 218.) 

Petrus Fulii, Cotellarius de Garriera de Bretonarii. 

(Ibid., fol. 11.) 

Les Couteliés et les Gartaires. 

{Letro moundino (XY11« siècle). 

Crompar, V. Acheter. 

Mais qu'ajam crompada vna Plassa (v. 192). 

Crompar au lieu de comprar. La transposition de IV s'est 
conservée dans notre patois ; 

« Croumpa, acheter. » (Doujat, Dict.) 

Croumpao d*un quadun le coretPaffecciu. 

(Goudelin, Obr., p. 3.) 

Daquia que, prép. comp. Jusqu'à ce que. 

Daquia que seran maridadas (v. 698). 
No cal iamais far le Lessieu 
ÏÏaquio que la Grotz sia banhada (vv. 390 et391). 
ÏÏaquia gu'aia Marit fermat(v. 459). 

Daquia que^ pour de aquia que., de là, jusqu'à ce que. 
En patois gascon, dequia, jusque ; dequia quant, jusques à 
quand ; dequia que, jusqu'à ce que. 

Et de l'un dequia l'autre bord. 

(Pey de Garros, Píflvmeí, ps. 18.) 

Dequia quant contra my vos este? 

{Ibid,, ps. 6.) 

Et Dequia qe (sic) jo sentire 
De mon Diu l'ajudaprezenta. 

(íbid,, ps. 6) 
Dejous, dejouts, adv. Dessous. 



— 118 — 

Si porta fìlha aura potz grosses 

Mplletz coma bels pescayos 

Âutant dessus coma deioua (vv. 668 à 670). 

Buffant deioutz le Deuantal (v. 381). 

Femnas que volen estre bellas 

Coma aperte a lors manieras 

Passaran deioux tres Banieras (vv. 366 à 368). 

J'ai corrigé dejous, dejouts et dejoux, par dejos et dejots, mots 
que j'avais relevés dans le Glossaire áesJoies du Gai Savoir: 

leu soli aver Judia gran e menor, 
Per molt gran part dejost ma senhoria . 

(B. de L'Hôpital, Plan de Crestiandat(\^l\).) 

Flors vos etz sur tot nompnada, 
La plus excellent del mon, 
Sobre totas quez huey son 
Dejos los cels mays presada. 

(Malader, Dansa d'Amor,) 

Le patois de Toulouse fit de dejos et dejots, dejous et de- 
joufó, diversementorthographiés ási.ns ìesOrdonnances; 11 a con- 
servé dejouts, que Doujat inscrivit dans son DictionnairCy et 
dejoux, 

Anen, anen, Nymphetos sourretos, 
Endimenja le cami de flouretos 
Dejouts les pès de Taymable Louis. 

(GoudeUn, O&r., p. 83.) 

Roudaren sauzes, oums ê casses, 
E deỳoutSf en countentomen, 
Faren tinda qualqu' instrumen. 

(Goudelin, 06r.,p. 66.) 

E merce Louis on nous bey 
En uno fe dejouts un Rey. 

(Letro moundino, p. 1 .) 

Abion per se curbi la raubo d'innoucenço 
Et se bezion dejoux sense concupiscenço. 

(Le Miral moundi, P- 8 ) 
Ducèdre a aussi employé joux ^ourjots, sous: 

Meta joux lo cap vnas matinas (v. 723). 

/outo aqueste grand roc es reboundudo l'osso 
D'Encelado le fier, la glorio des Gigans. 

(Goudelin, 06r.,p. 42.) 



— 119 ~ 

Dbsca, 8. f. Corbeille. 

Assetiadas svr vna Desca (v. 102). 

Portatz pleas descas 
De verduras phrescas. 

(Pey de Garros, Poesias: Cant nobiau (1567).) 

Desc en roman, du latin discus (Rayn., Aeo;.). Desca est ici 
employé comme augmentatif, grande corbeille. En patois, 
desco, corbeille (Doujat, Dict,)^ et aussi desquet^ diminutif de 
desc^ qui est tombé en désuétude. 

A r£rs pescon amb' nno desco. 

(Goudelin, Obr., p. 143.) 

As peros è poumos frescos, 
d'autre frut las plenos descos. 

(Grimaud, la Bido de S, -4.,p. 18.) 

On porto prestomen de panets din de descos, 

(De Valès, VEnéid, de Virg.,libr. I.) 

DESCARBMA(se), v. Rompro rabstinence pendantle carême. 

Et qui se descaremara 

Am yous en Bure (vv . 610 et 61 1) . 

De des préôxe, dis en latin, et de carema^ qui se dìsait aussi 
caresma en roman. Se descarema est encore dans notre patois, 

Dbsfortuna, s. f. Infortune. 

Lor vendria qualque desfortuna (y , 705). 

De des préfìxe et de fortuna, J'ai relevé le mot desfortuna 
dans le Glossaire placé à la suite de las Joyas del gay saber^ 
p. 287. 

Te demostres hobedient e pazible, 
Al payre tieu, en tagreudeí/oHtina. 

( J. de Calmont, Vers, en 1464.) 

c Lo monde nos tenta per fortuna et desfortuna >» 

( Lo Doclrin . de sapiensa . ) 

En patois, desfourtuno : 

Ahl paures, qu'es asso ? quin cop áe desfouríuno? 

(Gòudelin, Oôr., p. 111. ) 

Soûen, d*un eusé curat, ragrailho malasito, 
Aquesto desfourtuno, en brauilhan, m'a predito. 

(De Valès,Btico/. de Virg., Egl. I.) 



— 120 — 

Tu nou te repentiras poun 
D'abela prumiero. al besoun. 
Supplit à nostros desfourtunos. 

( De Valès, VEnéid. de Virg. . lib . 1 . ) 
Desmargar, V. Démancher. 

Ou que desmargua vna ferreta ( v. 664) . 

De des préfixe et de margar, emmancher, comme dans les 
deux mots précédents. 

« Desmarga, demancher. » ( Doujat, Dict.) 

Mes n'abèc pas coupat sa carguo 
Que sa pigasso se demargo. 

(Grimaud, /a Bidode5. ^., p. 70.) 

Apey le meno dins la plasso 
Oun a demargat la pigasso. 

(Grimaud, la Bido de S. B,, p. 71.) 

De bastous que se demargaboun . 

(De Vab's. Virg. deguis., libr. VJI.) 

Desportar (se), v. Se départir, se porter autre part. 

Tant qu'ella es d'aquella sorta 

La FayMlliera se desporía 

A caual sus vna Hacaneya (v. 787 à789). 

' Desrasonable, adj. Déraisonnable. 

Et seria de trop iuciuil, 

Desrnsonnnhle d'autra part (vv. 132 et 133). 

De des préfìxe et de razonable, celui-ci dérivant du latin ra- 
tionabilis, 

Deuantal, s. m. Tablier. 

Buffant deioust lo Deuanlal {w. 381). 
Aytal se vffla le devantal (\. 491). 

Variante à ajouter à davantaì, devandail., devandalh. De- 
vantal est devenu debantal en patois de Toulouse : 

« />e6aníai, tabUer, devantier ». ( Doujat, D\cl,)Oï\ a dit aussi 
dahantai : 

Ourlat un daboníal. 

(De Gortète, Eamounet, act. II, ^c. i.) 

Deuers, prép. Vers, devers, du côté de. 

Qu'aja le Tailh deuers Je Cel ( v. 588). 



~ 121 — 

Devers, comme en français, du bas-latìn deversum ; le ro- 
man avait deves, d'où les patois ont fait debes: 

Be s'en ba debès Tort prene la permenado. 

(Goudelin, Obr., p. 127 ) 

Tournen enta 1' bilatge 
Debès nostres troupels. 

(La Pastouralo de Nadal, p. 14.) 

DiOBSTA, s. f. Digeste ; recueil de décisions desjuriscon- 
sultes romains, réunies, par ordre de matières^ en un corps de 
droit. 

Tendria may que las tres Digestas ( v. 808) . 

Dnìdiiuidigesta. Digeste, aujourd*hui masculin, étaitfémi- 
nin dans rancien français, comme en roman. 

DocTORESSA, s. f. Fcmme de docteur (rfocíor). 

Las plus ancianas Docloressas (v. 115). 

Mais el es dit en vna ley 

Qu'apres officieras de Rey 

Iran Doctoressas Regentas ( vv. 123 à 125). 

DocTORBSSA en la Gaye Sciensa, s. f. Femme de docteur en 
la Gaie Science ( du Collége de poésie ). 

Doctoressas en la gaye sdensa (v. 127). 
DoL, s. m. Avec l'acception de signe extérieur de deuil. 

Mayson la ont Dol se fara 

L'on no deu iamay para ( vv. 233 et 234). 

D'auant L'hostal oni>o/se porta(v. 241). 

» Dol, deùil. Pourtadol, fairele deûil. » (Doujat, Dicl,) 

Qui au pot milhou sabe qu'aquel que jou souspiri 
De qui jou porii dol 

(Regret de Tircis, apud Goudelin.) 
£ de Jesus-Grist mort elo porto le dol. 

(Amiiha, Tahl. p. 57.) 

DouLHA, s. f. Douille. 

Peys bota ai foc vna Piguassa 

Et quant ella sera pla cauda. . . 

£1 qual que pisse per la Doulha(yy. 485 à 488). 

£n roman, dolha. 

9 



— 122 — 

Embrassar, y. Embrasser. 

ben quant son marit Vambrassa (v. 682). 

Le texte des Ordonnances porte fambrassa^oiXT la embrassa^ 
Fembrasse. 

Et tant que la Mèro Vemhrasso, 

(Goudelin, 06r., p. 194.) 

Enchatayra, s. Femme d'encaveur, homme de peine qui 
met le vin en cave ou, mieux, en chai {enchayayre). 

Et dona Arnaulda V enchayayra (v. 56). 

^Chayj csLwe, » (Doujat, /)ící.) En bas-latin, cayiumeichayium, 

Enchayayre est encore en usage à Toulouse, ainsi que le 
verbe enchaya : 

Sort de foro bilen golis, 
Que n'enchayos un péga. 

(GoudeJin, Obr., p. 103.) 

Encontinent, adv. Incontinent . 

Encontinenl Dieu prégaran. (v. 364). 

Encontinent se arrestaran (v .375). 

tt Et encontinent que hom a memoria d'aquella (crotz) tota la 
companya de peccat s'en fugis d'el. » {Lo Doctr, de sapiensa.) 

Encontenen en roman ( Raynouard, Lex,) ; au XV* siècle, 
encontinent était pourtant employé : 

Affin que el fos pendut encontinent. 

{Ludus sancti Jacobi, dans la Chrestom, prov , de 
EarlBartsch, 2«édit.,402, v. 44.) 

Benasis la peyro charmado 
Encountinent le Diable fuch. 

(Grimaud, la Bido deS, B.,ip, 113.) 

L'ome fourèc fourmat le darniè deys oubratges, 
Dins le sixiemo joun, encounlinent pecquet. 

{Le Thresor descubert, p. 5.) 

Enfant, s. des deux genres. Enfant. 

Venfant seria tro grand gourmant (v. 281). 

« 

Enfant^ s. m. Garçon, fìls. 

Que fossa prens D'enfant ho fìlha (v. 207.) 



— 123 — 

« Perdec sept enfans et tres fìllìas quel avia » (Lo Doctrinal de 
sapiensa,) 

Enfant TeYÌent à rorthographe française, du latin infans. 
Efan prévalut dans nospatois, depuis le XVII« siècle. 

Coumo sabets que ies éfans 
N*an pas coulèro de tengudo. 

(Goudelin, Ohr,, p. 51.) 
Tant d'amistouzes éfanteis. 

(Goudelin, Obr., p. 52.) 

Pey taleu gu'an lou tens, d^effan bengut joûen home, 
Poúiras dèjà lou laus des grans homes legi. 

( De Valès, Bucol. de Virg. , Egl. IV.) 
Engranar, y. Balajer. 

Vna filha qu' engranara 

L'hostal, la Sala, ho la Garriera, 

Et si layssaua Lengraniera ( vv. 474 et 476). 

« EngraììOy balayer, balier.» (Doujat. Dict.) 

« 

Del coumbat mesuron la plasso 
EVengranon toutis amasso. 

(De Valès, Virg. deguis., libr. XII.) 

Quand engrani moun oustal, 
Jesus le Diu d'inoucenço, 
De l'orre pecat mourtal 
Purgats atal ma couscienço. 

(Amilha, Tabl., p. 68.) 
.... engrano la salo. (Amilha, Tabl., p. 4.) 

Agranar, en catalan. 

Agranar et engranar doivent se rattacher à gran, grain, du 
latin granum. II ont dû signifier d'abord épuration des grains, 
séparation de ceux-ci d'avec les corps étrangers qui les sa- 
lissent, et ensuite, par extension, nettoyer, balayer toutes 
choses. 

Engraniera, s. f. Balai. 

DonaGuinetta moliniera 

Portec sur le col vna Engraniera ( vv. 63 et 64). 

Méme étymologie que engranar. 

« EngranhèrOy balay. » (Doujat, Dict.) 

Aprèp qu'à grans cops á'engranhèro 



— 124 — 

El aguèc, eoumo per despieit, 
Del Gèl acampado la neit. 

(DeValès, Virg, deguit,, lib. X.) 

as bîrat tout esprès 

Uengranièro, le banc, o l'abital rebes? 

(Amilha, Tabl.,i^. 232.) 
Enubja, s. f. Envie, désir. 

Et quant femna prens aura enu^'a 

De qualque causa qu^ella veja ( vv. 671 et 672). 

Enveja, variante ortbograpbique et de prononciation á^en- 
t;eta en roman. 

Enveja est devenu enbejo en patois toulousain : 

Uembejo mo pren autaleu 
De palpuga sas mas doucetos . 

(Goudelin, 06r., p. 27.) 

EscAMPAR AYGUA. Au propre, verser de l'eau, mais employé 
ici pour uriner, évacuer rurine; locution que Fon a conservée 
à Toulouse. 

Femna prens no se deu leua 

Per escampar aygua, tout contat 

Dauant que lo Poul n*aya cantat ( vv. 656 à 658) . 

S*aurini nou scampi que d^aygo, 

(Goudelin, Obr., II, p. 51.) 

EsEMPRE. Voyez Asempre. 

EsPANHOLAT, espanholada^ adj. Espagnolé, accommodé, fa- 
çonné à Fespagnole. 

Et se y auia qualque fallota 

Espanholada et muguetoUa ( vv. 172 et 173). 

« Pour faire un corps espagnolé, quelle gehenne ne souffrent- 
» elles, guindées et cînglées, à tout grosses coches sur les costés. 
>> iusque à la chair vifve î Ouy, quelquesfois à en mourir. » 

(Montaigne, Essais, liv.I, chap. xl.) 

EsPAUBN, s. m. Epouvante, frayeur, eflíroi. 

Per les gardar dels espauentz 

Les vodaran a sanct Orens ( vv. 293 et 294). 

Gar si se leuaua plus leau 

Rencontraria qualque espauen ( vv. 660 et 661). 



— 125 — 

Les lexiques romans ont espaven ; en patois on s'est servi 
à^espahen et á^espabent, ainsi que á'espauent et á^espauento : 

Gran Prince, rarmo de la guerro, 
Vespabent de delà les mounts . 

(Goudelin, Obr., II, p. 18.) 

£ tout aquel brut de trouneire 
Que fa per tout tant á'espahen, 

(Gautier, Recuil, p. 10.) 

£ la couloumbo estermentido. . . 

iyespahen\B.SB\os flatic (DeValès, Virg, deg,,\ìb.Y.) 

A8atan douno Vespauento, (Amilha, Tahl.f p. 146.) 

EsTRB, s. m. Mot emplojé ici pour exprimer toutes cboses 
qn'on ne veut pas nommer exactement. 

Apres y cal communament. . . . 

Gaussa tirada et Yestre ras ( vr. 506 et 508). 

Et per troba Uestre tout fresc 

Quant vna fílha espousara 

Le iorn deuant s*estubara ( vv. 564 à 566). 

Et qui torqua Vestre d'ortiguas 

N'aura iamais verms ny morenas ( vv. 738 et 739) 

« Hestre^ apud Tholosates^ se prend pour quelque cbose que ce 
» soil, le nom de laquelle ayant conceu en notre esprit pour la de- 
» mander et explicquer, ne la pouuons exprimer. Item aulem sonat 
» ce mot hestre apud Tholosates que ce mot Chose apud Gallos . . • 

(Cl. Odde, de Triors, les Joyeuses Rech, (1578), au mot Hestre,) 

M ^j(r0,chose, un tel du nom duquel on ne se souvient pas. >• 

(Doujat, Dict.) 

EstrCf de grabèlo pressat. 

Dits que n^enduro malo guerro. 

(Goudelin, Ohr., p. 46.) 

« Coussi Moussur Estre baillao le biays à Madoumaisèlo Choso,n 
(Goudelin, Oòr.,p. 198.) 

Rabelais a emplojé le mot estre avec la même signiûcation 

qu'il a dans les deux premiers passages cités des Ordonnances : 

« Aristotelis a déclaré Vestre des femmes, estre de soy insa- 
tiable. » {Pentagruelj livr. III, chap.xxvii.) 

EsTRBFAR, v. Verbe emplojé pour exprimer une aotion que 
Ton ne déûnit point. 



- 126 - 

Et sel lumbert en estrefaUf 

8e secqua, et tourna obscur(w. 652 et 653). 

« Estrefa, faire quelque chose que ce soit, dont on cherche le 
»mot propre. M (Doujat, Dict.) 

Quant plus no troba ont estreffay 
Per despieyt, la Vielha ronhosa, 
Reproba so que no pot fa. 

{La Requeste, etc, contra una Vielha,) 

Nous n'entendèn pas estrefa 
Que gran be nouli posco fa. 

(Goudelin, Oôr., p. 24.) 

Aro *s tens á*estrefa ma lengo, 
Per endimenja moun arengo. 

(Seré, le Pople moundi (1710).) 
EsTROPAR, V. Envelopper ; ici, emmailloter. 

Et lor rusquaran las Pernetas 
Et quant elas seran pla nettas: 
Gentament ìaiS eslroparan (vv. 301 à 303). 

J'avais déjà relevé le verbe estropar dans le Glossaire placé 
à la suite de las Joyas del gay saber, 

« Estroupa, emmaillotter, envelopper. »(Doujat, Dict,) 

Al miey del bent que taillo, 
Nostre-Seignet s'es boulgut eslroupa. 

(Goudelin, Oôr., p. 181.) 

Per saluda l'Enfantet Diu 
Qu*uno Berges doucetomen estroupo. 

(Goudelin, Obr., p. 182.) 

Aquelo Bierges que Vestroupo 
Nous fara toutis perdouna. 

{Reflex . mouralosy p . 8 . ) 

Aquel Efan, coumpay Miquel, 
Que sa mayret' eslroupo, 
Rabic toutola troupo. 

(Le Salut de Nadály p. 7.) 

« Bstroup, le maillot d'un petit enfant. » (Doujat, Dict.) 

Dins un estroup^ en pauretat, 
El es en sa dibinitat. 

(Goudelin. Oôr., p. 195.) 

Quan les pastous angueguen adourat 
Le Díu dms Yeslroup tout embouloupat. 

{Le Granié de Nadalf p. 10.) 



— 127 — 

EsTUBAR (s'), V. Se baigner, prendre un bain ; en français, 
jusqu'au XVII» siècle, íétuver, aller aux étuves, 

Le iorn deuant s^esiuhara (v. 566). 
ExHORTAR, V. Exhorter. 

Item vous volem exhortar (v. 580). 
Du latin exhortari, comme exhorter en français. 

Âtal le Sant les exhorlao. 

(Grimaud, la Bido de S. B., p. 33 ) 

Mentretan le debot Placido 
Exhorto les sius. 

(Grimaud, la Bido de S. J5,, p. 362.) 

Fallot, ta, adj. Falot. «Personne ridicule et qui sert de 
jouet aux autres » (Furetière). 

Et se y auia qualque fallota (v. 172). 

m Arresto falot, » (Gl. Odde, les Joyeuses Recherches, au mot Cou^ 
telasiihlS). 

En vieux français, fallot avait la même acception. 
Faytilliera, s. f. Sorcière, magicienne. 

La Faytilliera se desporta 
A caual sus vna Hacaneya 
Tout le long d'vna Ghamineya (vv. 787 à 789). 

Faitilleira, Fachilieira (Raynouard, Lex,). 

Faitilhes et Faithilheras [Lo Doctrin. de sapiensa (1504).) 

Fachiliers y Fachilierasut Deì ma.náíimen de Mossenhor rofficial 
» de Tholosavos denuncian per excumengiatz/acW/i«rí, fachilieras, 
» divins, divinas » ( OEconomia domus domini, etc. (1538).) 

« FaHilièy FaitilhèrOy sorcier, sorcière. »(Doujat, Dict.) 

« Un autre desturbi sera d'un Magicien et de qualquos Fayti" 
nlieros. » (Goudelin, Obr., p. 157.) 

Countro-mi, grando faitilhièro 
Nou te metos pas en coulèro. 

(De Valès, Virg, deguiSy libr. VI.) 

Am lou charme cambièc Gircé la fachilhèro, 

(De Valès, Bucol. de Virg., Egl. VIII.) 

Ferratiera, s. f. Ferronnière, femme de ferronnier {fer- 
ratier). 

Candelieras, et Ferratieras (v. 166). 



— 128 — 

c Pe de Moulis, le Ferralie de M. Johan Gombaud, contra la 
«Daurada. » 

(Livre uesiime du Capitoulai de la Daurade (1478). 

Ferrbta, s. f. Serpe. 

Ou que desmargua vna ferreia (v. 664). 

Ce mot a été emplojé avec une foule d'acceptions, en pas- 
sant dans le patois de Toulouse. Doujat, dit de ferreto: « goye; 
braquemard, toute sorte de ferrement. » (Dict.) Actuellement, 
le sens de ferreto est limité à désigner laserpe dont on se 
sert pour taiUer les arbres, et principalement la vigne. 

La binho es estacado am lou bim que rembrasso ; 
Las bits dounoun relambi à la ferreio lasso. 

(De Valès, Georg, de Virg.y libr. IL) 

D'aqueato gen d'aunou, dount yeu fau tant de glorio, 
Les noums despitaran la ferreio del tens . 

(Goudelin, Oôr., 2« part., p.8.) 

FlBL, s. f. Fil. 

Le premier flel que filara (v. 601). 

« Fièl, fil » (Doajat, Dict.) est resté dans le patois de Tou- 
louse : 

Per se couze d*amb*el amb'un fíèl d'amistat. 

(Goudclin, Obr., p. 111.) 

Les estacaré d'un nousèl 
Plus segur que s'ero de fièl. 

(De yB\és,XÉnéidodeV%rg., libr., IV.) 
FiLHOL, s. m. Baptême; cérémonies et fêtes de baptéme. 
Goma on deu far filholset festas (v.3). 

Filhol en roman et en patois; du latin^ filiolus^ comme fil- 
leul en français. Mais ce mot a été détourné de sa significa- 
tion primitive et a servi à exprimer, non plus le fílleul, mais ce 
qui fait le fìUeul, c'est-à-dire les cérémonies du baptême et 
les fêtes defamille qui les accompagnent. C'est ainsi que, au 
XVIP siècle, Doujat écrivait : « Filhol^ vn baptisé, ou convoy 
pour le baptesme. » (Dict,) 

Goudelin associait lesfêtes de baptême àune foulo d*antres 
sujets de récréation : 

« Per las permenados, musicos. . . presents, filhols, bals, balés 
«coursos debago. ..» (05r., p. 119 à 120 ) 



— 129 — 

Arrengats coum'amb*un filhol, 

(De Valès, Virg. deguù., libr. VI.) 

FiLHOLATOE et FiLHOLAGE, s. m. Cérémonies, fétes de bap- 
téme, ce qui appartient au baptême. 

Premierement qu'en filholatgeê 

Iran deuant las apparentas (vv. i06 et 107). 

Vna nouuella maridada 

En corps n*yra si n'es anada, 

Premierement en Filholage (vv.2i1 à 213). 

« Et no y aga degun empachament de linatge ho de filhotatgê, » 

(Lo Doctrinal de sapiensa (1 504) . ) 

Mot de même provenance que filhoL 

FiNCTA, 8. f. Feinte. 

Et per milho comply la fincta fv. 62). 

Dn latin fingere, comme feinte en français. Raynouard a in- 
scrit (Lex. rom.) fenha et fencha. Nos patois ont conservé 
finto. 

lou le deguisaré per uno drollo finto . 

(De Glarac, Arlequin gascony sc. iii.) 

Deguerto. en fet d'amour, ma Galateo, en finto^ 
Gop de poumos me rounso. 

(De Valès, Bucol. de Virg., égl. III.) 

De la Reyno en secret Ty descrubic la finto. 

( De Valès, VEnéid . , lib. VI . ) 

Gar per coubri la finlo el kal fa tout de bou. 

(De Gortète, Miramondo, act. V, sc. i.) 

Flausona, s. f. Flan, tarte. 

Forsa Pastisses et Flausona» (v. 259). 

Rajnouard a inscrit {Lex. rom.) flazon, s. m. Le vieux 
français avait flaon, Ce mot a beaucoup varié dans le Midi : 
« Flans; on les appelle, en Languedoc, flaones, flounes, flausons 
et flausones. » (Pierre Borel, Trésor des recherches, au mot 
Flans,]^. 200.) 

A Montpellier on désigne encore, sous leínom de fíausouna, 
un petit gâteau prisé des enfants, à répoqne des processioni. 
(M. A. Roque-Ferrier, m litt.) 



— 130 — 

Floc, s. m. Plocon. Au fìguré, réunion de divers objets, et, 
par extension, abondànce, proât. 

Lauetz cadauna fa son floc ( v. 426). 

Floc en roman ; flocon, diminutif de floc, en français; du la- 
tin floccus, d'après Ménage, jusqu'à nos plus récents lexico- 
graphes. 

Farsoun floc^ faire son profit de quelque chose, commedans 
le patois toulousain, ainsi que Doujat {Dict.) Tavait noté: 

E m*en bauc en un autre loc 
Oun farè brabomen mounfloc, 

(Goudelin, Obr,, p. 145.) 

Gourman un flascou bous descofo, 
Apey per fa milhou soun floc, 
L^amago dedins calque loc. 

( Grimaud, la Bido de S, 5. , p. 185.) 

Le Bourtoumieu (pourtet) un grand floc de salpres. 

( Le Granié de Nadaly p. 10.) 

Atal roudarè las carrièros 

Dan de grans/îoc*de garroutièros. 

(Goudelin, Oôr..p. 139.) 

Petit mouli de prat, à la sasou primaygo 
Qu'es adezaro flou, è dins un pauc sera 
Un flouquet de bourrils que le bent desfara. 

(Goudelin, Ohr., p. 109.) 

Foc SALVATGE, s. m. Fcu-sauvage {ignissylvesfris, sylvatìcus); 
dartre vive qui attaque le visage, particulièrement <5hez les 
enfants. 

Car el es bon pel foc saluatge ( v. 618). 

Cette appellation s'est maíntenue dans le patois de Tou- 
louse : 

As conjuratle foc salvatge? 

(Amiiha. TabL.ip. 183.) 

FoGAYRo, s. m. Feu de joie. 

D'auant L'hostal on Dol se porta, 

Ny may tant pauc, d'auant la porta, 

Lo Fogayro no deuen far ( vv, 241 à 243). 

Raynouard a /bjratro, avec Facception de foyer {Lex. rom.)^ 
que ce mot a cònservé dansmaintes localités. Au XYIP siècle, 
de Valès Templojait de même : 



— 131 — 

Prenets les Dius des fougairous, 

( h'Enéid. de Virg., libr. 11.) 

A Toulouse, ce mot n'a plus signifié que feu de joie; déjà 
Doujat {Dict.) rinterprétait ainsi. 

Plassos et carrièros resplandission de fougairoui. 

(Goudelin, 06r., p. 197.) 

PuMRLLA, s. f. Femelle ; ici, fìUe. 

Si vna femna vol empreigna 

Plus leau d'vng filh que d'vna /umei/a ( vv. 678). 

Fumella a été employé par corruption de femeUa; du latin 
femina. Femelo en patois écrit, mB.is femelo et fumelo sont en- 
core usités dans le patois parlé : 

Aro mascle, tantos femèlo. 

( De Valès, Virg, déguis , y ìihr . IV.) 

Gerco de gratilhous le bèc de la femèlo. 

(Goudelin, Obr., ll,p.25.) 

Gauda, s. f. Gaude, herbe à jaunir ( Resêda luteola, L.) 

Al lessieu no botaretz gauda; 

Gar qui bouta gauda al lessieu 

No veyrajiamais lacara de Dieu (vv. 690 à 692.) 

GoRGEA, s. f. Bouche. 

Aìiria la gorgea trop fenduda ( v. 642). 

Gorgea est une variante orthographique de gorfa, gorga; du 
ÌBLÌingurges. 

« GorJOf bouche » ( Doujat, Dicl.) . 

Garmantran la bouno-gorjo. 

(Goudelin, O&r., p. i54.) 

Et lour goicjo pallo é gourmando 
Bado toutjour aprèp la biando. 

( De Valès, VEnéid. de Virg., Ubr. 111.) 

GoRRATiERA, s. f. Femme de courtier { gorratìer). J)B.ns le 
passage cité, entremetteuse, proxénète, ainsi que le surnom 
à'Esperona le dit suffisamment. 

Dona Esperona gorraiiera (v. 58). 
« Guilhem de la Pugada gorratìer de olis.» 

{Livre desiime du Capitoulai de laDaurade (1478).} 



- 132 — 

Variante de oorratier, corratiera ; du latin curatorum ; en 
îtBXíqB.\%yCourretier, puis courtier. 

Le patois toulousain conserva le g, mis à la place du c ; 
eomme pour ^oré, au lieu de corb. 

Les gourratiès etcourdouniès. 

(Letro moundino (XVI1« siècle), p. 3.) 

GouoBAT, s. f. Garcon. 

Apres per vn gougeal auqie, 

Vna Romec lor qual far fendre (vv. 2^8 et 299). 

Gougeat, que l'on écrit habituellement goujat, est employé, 
en patois, pour garçon, jeune homme, après avoir signifié ser- 
vant (Tarmes et tout simplement serviteur, 

tiGoujOt cliambrière servante» (Doujat, Dict.); actuellement, ce 
terme est bas et pris en mauvaise part. 

Ja goujatj bando-me l'ast. 

(Goudelin, Obr., p. 147.) 

Baillo cartos, petit; goujat qualqu'escabèlo. 

(De Barutel, 1$ Triomphe de VEglantine (1651) ) 

Goujo porto-me d'aigo en touto diligenso. 

(De Valès, Bucol. de Virg., Egì. VIII.) 

Al resto cargat de famiUo 
Sies grans goujats è calque fillo. 

(Grimaud, la Bido de S, B, , p. 300.) 

Aro que podi jou mès da î 
Un brabe goujat à cadûo 
De las goujos à marida 
Et à cado goujai la sûo . 

(D*Astros, ^ác/r^o generalo, dans Poésiesgaseonnes. 
t. 11, p. 171 etl72.) 

GouRMANT, s. Gourmand. 

L*enfant seria trop grant gourmant (v. 281). 

Ce mot est écrit gourmant dans les Ordonnances ; dani le 
patois toulousain, gourman : 

Gourman, un flascou bous descofo. 

(Grimaud, la Bido de S,B, p. 185.) 

Le gourman è le goulut (La Douctr. crest,^ p. 98). 
Gràfps, 8. f. Greffe. 

Que las molhes dels clercz del Graffe (v. 146). 



— 133 — 

Du bas-latin graphium, qui, dans la bonne latinité, signi- 
fiait style, poinçon pour écrire sur la cire. 

Grappibra, s. f. Greffière, femme de grefûer {graffier). 

Apres vendran las Gonseilheras 

En Parlament et las Graffieras (vv. 109 et 110). 

Sus, sus Graffieras, tendretas, delicadas. 

{La Requeste, etc. (1555).) 

En patois de Toulouse, grafiè et gra/fiè : 

Gingi, qu'enta'l graflé courrèc tout en fuman . 

(Goudelin, Obr,, p. 104). 

E que nè plus à mous garrous 
Ny graffieSf sarjans, ny fourrous. 

(Grimaud, la BidodeS. B,, p. 267). 

Moussu, se bous n'abex per fa nostre mestiò 
Un Noutary subtil, un Grafièi^er escriure. 

( De Glarac, A rlequin gascon, sc. 1 . ) 

Sense Graffiè^ Recors, nyBayle. 

(Gautier, Becuily p. 6.) 

GuiNHO, s. m. Mèche, boucle de cheveux snr les tempes ; 
papillote. 

Ella aura son maric tinhos . 

Tout ple de Lendas als guinhos (v. 480 et 481). 

Guignou est resté en notre patois, avec la même acception 
que dans les Ordonnances : 

« Aqui VenuSj un brespe, se chapoutejao serbido de quatre Mou- 
» ninos quo tantôs frizounaon sous guignous daurats.. . » 

(Goudelin, Obr,, p. 173.) 

tt Me brembo, de n'a pas gayre, que las Mirgr.etos de nostro 
9 cousino dansaon Tespagnouleto sur la ^resilho sense poou de se 
» ruma les guignous, et le paure Minaut, a fauto de cendres caiidos 
» so rebetsiiiao las mouslachos al soulel sur la lucano dei galata.» 

(Goudelin, Obr., p. 161.) 

Goudelin attribue les guignous aux souris et la moustache 
au chat. 

Guîno, en espagnol et en catalan, signifie signe de roeil, 
oeiUade ; guignon, enfrançais, en dérive. Guigna, en patois tou- 
lousain, a été déûni par Doujat :<( viser, faire signe des jeux.» 
{Dict.) G'est avec ce sens que Goudelin Ta employé dans les 
passages suivants: 



— 134 — 

Quand d*un èl mourent elo guigno. 

(Obr.f p. 97.) 

Per li guigna de l'èl, se podi, 
Que le siu m'aluco d*amour. 

(6oudelin,06r., p. 27.) 

Ginho ei guignou sont devenus, par métaphore, papillote, 

boucle de cheveux, qui attirent comme une oeillade ou qui 

deviennent le but des regards. Goudelin a dit d'une maî- 

tresse : 

D*un quicom de beziat sa paraulo se guido, 
Un guignou frizoulat que se lors en anel^ 
Un larabrec amourous qu'escapo de soun el, 
Sur tout autro beautat la tenen accoumplido. 

(Goudelin, Ohr.. p. 26.) 

Alabets tout despitous. 
leu Ji tiri les guignous. 

(Goudelin, Ofcr., p. 32.) 

On a dit aussi, en roman et en patois, guinho et guignou pour 
moustache et perruque (Doujat, Dict.). M. Paul Meyer a relevé 
guinnos et guinhounut, signifiant moustache et moustachu^ dans 
le Glossaire placé à la suite du roman de Flamenca . 

Habitant, ta, s. m. etf. Habitant. 

Las habitantas d'esta villa (v. 5). 

Ce mot est vraisemblablement tiré du francais. U s'est 
maintenu dans notre patois. La langue romane du Midi avaít 
les formes : habitaire, habitador, habitator, abitairitz. 

Toutis les habitans de las aygos salados. 

(Goudelin, Obr., p. 165.)- 

Hacanbya, s. f. Haquenée. 

A caual sus vnaLHacaneya (v. 789). 

En patois, haquaneyo et aquaneo : 

« La pesso entiero réjouis et countento las Damos que benen à 
» elis en carosso, o sur Vhaquaneyo de nostre chichou : à pè. » 

(Goudelin, 06r., p. 179.) 

Ly bailhegoun uno haqueneo . 

(De Valès, Virg. deguù., lib. VIIL) 

Le Rey qu'abio le cor grabat 
8'en cour. 



— 135 — 

A cabal sur uno aqueneo . 

(De Valès, Virg. deguis.^ libr. VII, ) 

L'espagnol a hacanea, monture de taille entre le bidet et le 
cheval. Ce mot derive de Tanglais huchney^ lequel vient du 
germanique hack ou kacke et de Tanglais nag, (Littré, Dict.). 

On a voulu faire dériver haquenée du latin equus grada- 
rtus, Notre de Caseneuve a glosé sur ce mot,et, après lui, plus 
disertement Ménage, qui allajusqu'à faire venir á'equus Aì- 
fana, la jument illustrée par TArioste, ce qui lui valut Tépi- 
gramme bien connue du chevalier de CaiUj, que Ménage a 
eu le bongoûtde nous conserver dans son Dictionnaire étymo- 
logique : 

Âlfana vient dìequnSy sans doute; 
Mais il faut avouer aussi 
Qu'en venant de là jusqu'ici, 
11 a bìen changé sur sa route. 

Furetière ( ZH'cí. iímu.)adit: « Haquenée, il vient de hahinea^ 
>» diminutif de /iaca, qui est encore en usage chez les Espagnols. » 

On a cru que le mot haquenée avait été introduit en France 
au XVIP siècle ; nous Tavions bien avant que la Cour ne se 
fût espagnolisée : 

« La royne très doulcement s'excusa, mais à la parfin elle vint 
9 veoir ìdLhaquenéesLiix fenestres, qui moult belle et bonne estoit.. .» 

(Petit Jehan de Saintré, chap. xxvi.) 

« Les dámes montées sur belles haquenées. » 

(Rabelais, Gargantua, chap. lvii.) 
Ho, coDJonct. Ou. 

Davant las simplas Lîcentiadas 

En dreyct Gano, ho dreyct Ciuil (vv. 130 et 131). 

Vna filha qu'engranara 
L'hostal, la Sala, ho la Garriera (vv. 474 et 475). 

De voiuntat. de faictz ho de promesas. 

(Pierre Borlière, Huydain, apud las Orden.) 

A part les cas ci-dessus cités, où la conjonction alternative 
est orthographiée Ao, elle affecte partout, dans Tédition de 
1555, la forme francaise ou. 

Ho est une variante de o en roman. Elle fut habituellement 
employée à Toulouse au XVP siècle ; aussi avons-nous cru 
devoir Fadopter dans notre texte corrigé. 



— 13(5 - 

« Totz aquels et aquelas que fan ho fan far los dits breus. . . fan 
» grant peccat. » (Lo Doctrínaí de sapiensa (1504).) 

Au XVIP siècle, c'est o qui prévaut : 

flourísso la Pats, ô touquesso ralarmo, 
La Justecio, la Fe, la Forço, la fìountat, 
£ tout ço que le Gél douno per raretat ; 
Goumo l*aygo à la mar, se randion à soun armo. 

(Goudelin, Obr,, p. 2.) 

Acos le cop (Muso piucélo) 
Que tu m'alizes la ratélo, 
que me fascos gratillous 
D*ab' un bisatge merbeillous, 
que de boun grat, o per fosso 
Tu fougnes dedins ma cabosso 
Toun humou 

(Grimaud, la Granoulrat,, P- 2.) 

Que faséc el per nous aus 

Sion alegreso malaus. (Amilha, TabL, p. 40.) 

Las herbos de pes prats eroun secos de caut, 
Et lou blat din Tespic, o mort o pla malaut. 

(De Valès, PEnéid., líbr. 111, p. 53.) 

Au XVIIP siècle, ou est exclusivement emplojé : 

Tout amour que coumenço es foundat sur Testimo, 
Ou sur qualquo passiu que la naturo animo. 

{Le Miral moundi, libr. VIII.) 

HoBT, adv. Aujourd'hui. 

Hoey lon ne fa punt tant de minas (v. 521). 
Variante de oi, huey, huoi, etc; le patois en a fait oiuey : 

Ouey tourni prene bent per ufla ma musetu. 

(Goudelin, 0&r.,p. 2.) 
Ouey que le mes de may coumenço. {Ibid., p. 133.) 

HoNORS, s. f. pl. Honneurs funèbres, funérailles. 

Item disseguen en parlant 

Qu'a las honors ne cap de L*an 

No qual iamay manjan rostit ( vv. 217 à 219). 

HoNTA, s. f. Honte. 

Be podetz pla dire sens honta (v. 346). 

La langue romane du Midi et ritalien possèdent onta^ le 
catalan* honta. Notre patois a conservé hounto et ounto. 



— 137 — 

Et Vounto que les desespèro. 

(DeValès, Virg. déguis., Ub. IX.) 

Cridara que iout* hounio es perdudo aci-bas. ^ 

(De Valès, Sat, dePersOf sat. V. 

Es aro bel qu'yeu sioy le reprochi et la hounto 

De mous castis parens? ( De Valès, ibid.) 

De hounto s'agourrudo. (Amilha, Tabl., p. 100.) 
Se quaucun ou besio, s'abalirio de hounto. 

(De Cortète, Eamounet, act. I, sc. v.) 

HucHERA, s. f. Femme d'huissier ( hucher). 

Las Percurayras las Hucheras (v. 147). 
Las Hucheras las Caussatieras (v, 165). 
Huché en patois : 

Coumenseg peys Vchés, diguec n'y a qualques us 
Qu*an cornosal bounet è dejouts è dessus. 

( De Clarac, Arlequin gascon, sc. vi.) 
Inciuil, adj. InciviL 

El seria do trop inciuil{y. 132). 
Du latin incivilis. 

Irange, s. m. Orange. 

Am vn petit de chuc D'irange (v. 490). 

Ce mot n'a pas cessé d'être employé dans le patois de Tou- 

louse : 

Gingi, d'un apetit estranje 
Al bi met un Uiquet áHrange. 

(Goudelin, Obr., p. 106 ) 

Nous lour mandaren pel Canal 
E nabiris ples de perdrlx, 
Qu'al bèc pourtaran les iranges. 

( L'Accoumplissomendeí Canal, p. 5.) 

JouuE et JoYNB, na, adj. Jeune. ' 

Que si vng homme iouue piucel ( v. 770). 
Autant ioynas coma prosemnas ( v. 812 ). 

« Et ioues et vielhs et los cnfans. » 

(Lo Docírinal de Sap.). 

Au XIV* siècle, le roman avait Joyne et jove, J'ai rdevé 
le mot joyne dans le Glossaire des Joyas del gaysaber, p. 290. 

10 



— 138 — 

JuaBRESSA, s. f. Femme de juge {juge et jugge), 
Et deuantellas las lugeressas(v. 116). 

JuMBERT, s. m. Persil. 

£n vna taula de Imibert 

Si le lumbert demoura vert 

£t sel lumbertf en estrefan 

Se secqua, et touma obscur ( vv. 647 à 653). 

Le nom du persil, dans les patois du midí de la France, 
présente de nombreuses variantes : à Toulouse, depuis le 
XVI® siècle, on n'a pas cessé de se servirde celle de jimbert. 

La substitution áe u k i, et réciproquement de t à u, est 
fréquente. 

« M*en soun anat presenta mas affectius estroupados dins uno 
•• feillo de gimbert. » (Goudelin, Obr.f p. 160.) 

Le fenouil et le janitort, 

Soun bel-tens-à morts à nostr* ort, 

E n*y trobi plus de gimberí. 

(De Yalès, Eatrenos à la Camarado^ stroph. 26.) 

E bostre adot de turo-luro 
S'estroupario, jou fauc gatjuro, 
Dins uno Feilio de Gimbert. 

(VEsclabo indiferent sur las andouillairos (XVÍI« siècle.) 

JusTA, s. f. Grande bouteille contenant un pegua: le pegua 
était une mesure de capacité pour le vin. 

Et de bon Vin vna grand 7u5<a, 

Que tengua vn Pegua tota iusta, 

Mesura del Gomte Ramond ( vv. 265 à 267). 

« lusiOt pinte, pot de vin.» (Doujat. Dicl. ). Ge mot est souvent 
employé pour bouteille de vin : 

Se Garmantran nou reslo pas, 
De carga de roubis soun nas, 
Que nou facourre que \aLJU8to. 

(Goudelin, O^r., p. 46.) 

Unojuí/opla lusento, 

Un boun bermeillou de chay, 

Es le sujet que me tento. 

(Gautier, Recuil.t cansou.) 

N'ajax pas dins le cap le flascou ni la^'u5/o. 

( De Glarac, Ârlequin gascon, sc. iv.) 

Le moijusta, ^ms justOp me semble être la réduction de 



— 139 — 

mesura junta, que nous traduirions par mesure exacte, mesure 
légale, non variable, remontant aux ordonnanoes des 7ieux 
oomtes de Toulouse : mesura del tomte Bamond. 
Lansabibnt, s. m. Lanceman. 

El es comandat per lusatge 

Que Noyrissa quant L'enfant popa, 

No deu beure ny manja souppa, 

L'enfant seria trop grant gourmant, 

Pire que n'es vn Lansament ( vv. 278 à 282). 

Ge mot est écrit fautivement lansament dans les Ordon- 

nances;'ú faut lire lansamant^ ainsi que le sens et la rime 

Texigent. 

<c Lanceman est une dictíon dont le commun et bas peuple des 
» François gaudit PÂIemand et le Suysse» assez ignorament pour 
» entendre la signification du mot, nilaproIation,ni i'orthographe. 
» L'AlIemand Tescrit et prononce Landsman, qui signitìe homme 
9 du paySj compalriote, conteraneus,^ 

( Nicot, Thrés, de la langue françoyse,) 

Au XYII* siècle, ce mot était encore en usage dans le bas 

Languedoc : 

Quant yeou ay mes un cop lou flascou 
Dessus lou cap, yeou parli Bascou; 
Lou Soûisse ei Thaut ÂUeman : 
Enfín, après mille louanges, 
Hardo, godefrin, lansemany 
Yeou porti lou veyre à las Anges. 

( Le Duel d^Isahele et Chloris, dans le Triomphe de 
Béziers, 2«part., pag. 81). 

En Yieux francais, lancemant : 

<c Aussi bien ne beuuions-nous que laschement, non en tance- 
mant, » (Rabelais, Fantagruel, chap. ii.) 

Labetz, Layetz, ady. Alors, cette fois. 

L'ahetz es signe de far bel (v. 342). 
Gar rauetz eilas son à vendre (v. 466). 

Lavetz est la contraction de à las vets. V. Raynouard, Le- 
xique rom., V, p. 531 . 

« A lavetz, langel se leuec del lieyt. » (Xo Doctr. de sapiensa.) 
^Ei la vetZy Nostre Salvador leusus Crist dissec en bassa votz. » 
(Lo Doctrin. de sapiensa.) 

On dit en patois labets, ainsi que le portent les Ordonnances 
au vers 342. 



— 140 — 
f LabeUf alors. ** (Doujat, Dict,) 

Hurons le que laJíeU èro à Ja picoureo. 

( Goudelin, Obr, , p . 4 . ) 

Labets, yeu lcbarè le nas. (Goudelin, Obr.^ p. 12.) 
On se sert ^ouvent á'alabels. 

Alabets, en rizen de gauto, 

Tu sabios capbira l'escauto. (Gk)udelin, Obr*^ p. 38.) 

Layct, s. m. ou f. Lait. 

Cîar aquo fa tarir la Layet (v. 253). 

Quant la Layct va en pelerinatge (v. 26i). 

Touta la Layct auria perduda (v. 287). 

Car del bon Vy sailh le bon sang, 

Et del bon sang, le bon Layct blanc (vv. 275 et 276). 

Ce mot a été emplojé quatre fois par Ducèdre : trois fois au 
féminin et une foìs au masculin ; notre patois a lait féminin : 

Affì que ple de layl yeu dizi dlnnoucenço 

Pel carrairou de layt (la voie lactée) el gagnèsso le Cèl. 

(Goudelin, Obr,, p. 43.) 

Aqueste pastre estraình mouls, coumo a toutjour fait, 
Dins un'houro dous cops à sas oiieilhos la lait. 

(De Valès, Bucol. de Virg.y égl. II 1.) 

Latctiera, adj. f. Laitière, qui donne du lait ; bona layctiera, 
femme bonne nourrice. 

Vna femna bona layctiera (v. 283). 
En patois, laitièro : 

Sous èls se neguegon de plours 
Que dessus sas poupos laitièros 
Hajaon coumo dos goutièros 

(De Valès, VEnéidode Virg,, libr. IV.) 

Le et Lo, art. Le. 

Ces deux modes ont été emplojés indistinctement dans les 
Ordonnances. Le a fini par prévaloir dans le patois toulousain. 
Dans la tìequeste (1555), Fauteur s'est servi de le et les, de lo 
et los, tandis que celui de las Nompareilas receptas (1555) a 
exclusivement adopté le et les. Doujat {Dict.) n'a que fe. 



— 141 — 

Lenda, s. f. Lente. 

Tout ple de Lendas a.\s guinhos (v. 481.) 

Raynouard {Lex, rom, IV, p. 45.) a lende, s. f., que le pa- 
tois toulousain a conservé. Disait-on aussi lenda? ou bien 
lenda a-t-il été imprimé au lieu de knde ? 

Le patois de Montpellier a encore lende et lenda, d'après 
M. Alph. Roque-Ferrier, m liU. 

Lessieu, s. m. Eau de lessive. 

No cal iamais far le Lessieu (v . 390). 
Al lesaieu no botaretz gauda (v. 690.) 

Variante de lissiu, leissiu, du latin lixivium ; lessiu est reste 
dans notre patois : 

Le boun lessiu de sa ruscado. 

(Goudelin, Obr. p. 44.) 

Y cal mescla le lessiu. 

(La Douctr, crest, p. 50). 

On labèt an de bou lessiu. 
Las restos 

(De Valès, Virg. deguts., libr. VI.) 

Yeou li voli lavalou cap sansso lessieou. 

{Hist. de dono Peyroutouno, dans le Triomph. de Béziers, 2* part.) 

Levado, 8. f. Accoucheuse, sage-femme. 
Dona Stroissida Leuado (v. 7). 

Quant vna femna prengs es morla 
Per fauta d'auer leuado (vv. 592 et 593). 
« Lebadou, sage-femme. » (Doujat, Dict») 

Dins uno granjo de pages, 

Diu ben tasta notro miséro, 

Oun Taccoumplido Berges es 

Lebadou, serbicial e méro. (Goudelin, Obr,^ p. r»9.) 

« Qu'on ajo apres à las lébadous las faissous de bateja los efanti» 
(Amilha, TaiZ., Introd.) 

Lbndoma et Lendoman, s. m. Lendemain. 

L^abetz es signe de far bel 

A tout le mens por Vendoma (vv. 342 et 343) . 

A Noyrissa que sia estrangiera, 
No done beure de sa man 



— 142 - 

Gar per sens faute Pendoman 

Touta la Layct auria perduda (vv. 284 à 287). 

En patois, lendouma: 

Boulio lendotma lour unta les pots . 

(Goudelin, Ohr., p. 158.) 

Courrets leu à Nostre Seigne 
Quand el bous apelara; 
D*au remettre à lendouma 
N'es pas rayma ny le creigne. 

{Le Thresor deecuberty p. 10.) 

Doma était déjà dans des textes du XlVe siècle. M. C. Cha- 
baneau en a cité un exemple (Blandin, v. 2275), dans sa Gram- 
maire limousine, pag. 307. 

LiCENTiADA, s. f. Femmo de licendé (licenciat). 
Dauan t las simplas Licentiadas (v . 1 30) . 

Loc, s. m. Lieu ( En loc). En aucun lieu, nuUe part. 

Sen auermes, en loc iormaluestat. 

( Huyctain de Pierre Borlière^ à la suite de loê 
Ordin.,v.^.) 

La locution en loc est r.estée dans notre patois. 

LocTENENTA, s. f. Femmc de lieutenant {loctenent)] lieute- 
nante (Furetière, Dict.) 

Deuant las sìmplas Loctenentas (v. 126). 
LoPFAR, V. Vesser. 

Entro que lon y aja loffat (v. 709). 

En patois loufa et louffa : 

Mes la fílho qu'a soun aunou, 
Lour respoundra coumo qui loufo, 
Et sajo lour dira de nou. 

(Le Dimenje de las Coumaires (1626), p. 16.) 

Tout siau coumo gato quan huffo, 

(De Valès, rEnéid. de Virg.,ììhT. IV.) 

Malagoula, s. f. Mot à mot : mauvaise gueule (gueule, gola 
en roman, pour bouche), comme en français gueulefraiche. 

Vna fílha qu'a mala goula 

Que se fara souppas dins Loula 

Et dins lo Mortie mange Salsa vv. 467 à 469). 



K. 



- 143 — 

Malhbur, 8. m. Malheur. 

De malheur serian atrapatz (v. 743). 

II faut lire malhur, qui est la contraction de malahur en ro- 
man, par rabandon de Va, Malahur et malhur, malur de notre 
patois, yiennent du latin ma/utn augurium^ comme malheur en 
français, étymologie que nos lexicographes ont substituée, 
ayec raison, à celle de mala hora, longtemps acceptée. 

Jou bauc counta d'un esprit pur 
Le subjet d'un ta gran malhur, 

(Grimaud, GVonoiiZra^ ,p. 4.) 

Le malur a finit soun cours . 

(Amilha, Tabl., p. 250.) 

Malhuroulx, adj. Malheureux. 

£1 es malhuroulx animal (v. 583). 

Malhuroulx est ici pour malhuros; en patois, malhurous, so. 

Le simulacre malhuroua 

E l'oumbro de Gretiso absento 

Daban les èls se me presento. 

(De Valès, rEnéid. ék Virg., libr. II.) 

E per aquel malhurous sort 
El trouquèc sa bido an la mort. 

(De Valès, lEnéidde Virg,, libr. II, p. 51.) 

Jou te preni dounc sur lou feyt, delouyalo, 
Ingrato, malhurousof, . . 

(De Gortète, Ramounet, act. III, sc. vui.) 

Le siecle malhurou8f o la banitat de las fennos et fìlhos dei tens . » 

(Stanços, XVII« siècle.) 

Mal db matre, 8. m. Hjstérie, mal de matrice. (Vojez 
Mayre.) 

Quant femnas an le mal de mayre (v. 397). 

Manicordi, s. m. Monocorde. 

Las dessusditas d'vn accordy 

Goma cordas de Manicordi (vv. 95 et 96). 

Le roman slybXì manicorda, s. f., provenant du grec mono- 
cordos, d'où monochordum en latin. Le monocorde grec ne pos- 
sédait qu'une corde,ainsi que son nom Tindique ; mais on s'est 
servi de ce terme pour désigner un autre instrument de mu- 
sique à plusieurs cordes, toutes à runisson, servant à régler 



— 144 - 

les tons des autres instruments. C'est évideínment à celuì-ci 
quo se rapporte le passage cité des Ordonnances. 
J. de Valès a employé mamcorrfz avec le sens du monocouíe 

grec: 

Per fredouna sur l'harpo o sur lc manicordi. 

{Sat. de Perso, sat. V.) 

Marchanda, s. f. Marchande, femme de marchand ( mar- 
chand et marchant) . 

Simplas Marchandas Pothycayras (v. 164). 

« An haqufìst sirventes ílgurat, Marti de Mons, marchant de Mal- 
» cosinat de Tholosa, gasanyhec l'englentina. » 

(Las Joyas del gay Saber, p. 105 . ' 

Marquar, V. Marchersur quelque chose ; fouler auxpieds. 

Se marque le íiel del pe dreyct (v. 608). 

II faut lire marear, du latin marcare, Au XlVe siècle, Ar- 
naucl Vidal s'en est servi dans le passage suivant : 

Et tot entorn mant bel tapit 
Ha fait paiisar e qu'om marqueè, 

(P. Meyer, G. àe la Barre^ Noiice et Gloss., p. 45.) 
En patois, marqua, marcher dessus, fouler. (Doujat, Dict.) 
Marcesc, adj. Du mois de mars, qui appartient à ce mois. 
El qual que sia de Ly marcesc (v. 563). 

Le patois toulousain a gardé cet adjectif, qu'il faut écrire 
marsesc et non marcesc. II a aussi las marsescados, les gibou- 
lées, mêlées de grésil et de pluie, du mois de mars. 

Pascos marsescos , 

Toumbon fresquos {Dicton populaire) . 

Cl. Pejrot a emplojé marsens, enlui attribuant le sens de 
marsois et marsez en vieux français, que Ton applique parfois 
encore aux grains semés en mars : 

Sus un rastoul birat semena lous marsens, 

{Las Qualre Satous. cant. 1 .) 

Masqua, s. f. Masque. 

Aurelhas d'aze aura per Pascha^ 

Ata longas coma de Masquas (vv. 613 et 614). 

Masco et masquo en patois, depuis le XVII* siècle : 



\ 



— 145 — 

En quîtan la masco. 

(Goudelin. 06r.,p.178.) 

calque masco de belous . 

(Grimaud, la Bido de S, B. , p . 331 . ) 

Espulgo aquelis mouts, et lèbo-lour ia masquo. 

(De Valès, las Sat, de PeraOy sat. 1 .) 

Aco me dissèc Torro masquo, 

(De Valès, VJEkéid, de Virg,, libr. 111.) 
Jonts aquelos 'bilènos masquos, 

(Amilha, TaW,,.p.252.) 

Mayct, s. f. Maie, pétrin. 

Pa de Rascladuras de Mayct (v . 254) . 

A Toulouse, on disait aussi mait: 

« La cargua de las maits petitas ; una mait petita. » 
« La cargua de las maits grandas ; ung dinier tornés. » 

(Tarif des droits de leude, etc . , p . 173 . ) 
Ple de pasto coum' uno mait. 
(De Valès, Estrenos à la Camarado, strophc 2*2.) 

Mag, en roman. (Rajnouard, Lex, rom,) 
Au XVIP siècle, on disait mach, à Béziers : 

Que fa la pasto dins la mach. 
(Histoire des chambrières, in TriompTie de BézierSj p. 85.) 

En vieux français, mai, maict, maie, 

Maynatge, s, m. Enfant. 

Et del bon sang, le bon Layct blanc 

Per noyrir le petit Maynatge (vv. 276 et 277). 

Et portara lo petit maynatge(s. 314). 

Maynatge, enfant. » (Doujat, jDìcí.) 

Aro quei' tens s'aprocho et que n'es plus maynalge. 

(DeYaXès, Bucol. de Fír^., égl. IV.) 

Acos' un efân que n'es pas maynatge. 

(La Pastouralo de Nadal, p . 8 . ) 

8e dision à tout moumen 
B'es pia len aquel maynaige 

I (Noêls nouv., p. 6.) 

Regarden pey soun bél bisatge, 
Doucet coumo le d'un mainatge. 

{Le Siècle malhuroua, p . 3 . ) 
Mayre, s. f. Matríce. 



á 



— 146 — 

Quant femnas an le mal de maiyrê, . . 

Be podem tambe appella 

Quaique bei ioue Gapella.. . 

Peys la cubrira d'vna Estolla 

Que la mayre no venga folla (vv . 397 à 406). 

On disait aussi en roman mayrits, du latin matìHx ; mais 
maire et mayre, du latin mater, sont restés dans notre patois. 

Mbdicina, s. f. Femme de médecin {medict). Médecine (Fu- 
retière, Dict,). 

Et tout d'vn renc las Audientieras 
Vendran apres coma plus dignas, 
Precedissen las Medicinas (vv. 120 à 122}. 

De medicus et medicinus, comme médedn en français. 
Le patois de Toulouse a medeci: 

« Tout del loung au dits un brabe meded, Fuschius. >» 

(Goudelin. Obr., p. 70.) 

Gruautat de meded, 

(La Douctr . chreet. , p . 1 38 . ) 

Mblho, Milho, Milhor, adv. Mieux, davantage. 
Ce mot, dérivé de melior en latin, signifie mdlleur dans la 
langue romane du Midi; meU, melhs, miels, de melius, mieux. 

Les Ordonnances ont mieux exprimé par melho, au lieu de 
melhor, et aussi par milhor et milho: 

. Et per melho trossa L'arengua (v. 23). 

• Et per milho comply la fìncta (v. 62). 
Et per donar milhor exemple (v. 73). 

« Per lo meïhor amar. » 

(Lo Doctr, de sapiensa,) 

De milho, qui était dans le roman corrompu du XYI* siècle, 
le patois ûi milhou, qu'il a conservé : 

Bol jutja qui fara miïhou, 

(Goudeiin, Obr,, p. 6.) 

As deraubat per jouga 
poude milhou braga ? 

(Amilha, Tahl,y p. 255.) 
Mbnsonqea, s. f. Mensonge . 

No pensetz pas que sian rMmongeas (v. 574). 



- 147 — 

Memongea pour mensmja; on disait aussi meniùngia au 
XVI* siècle : a Aquel que jura per memongxa. » [Lo Doctr, de 
sapiensa), Mensonja, mensongea, sont devenus mensounjo en 

patois : 

Qu*aco n*èron pas de mmsouìýoB. 

(Grimaud, la Bido (2e 5. JB.. p . 196 . ) 
E pren la bertat per mensotmjo, 

(Grimaud, la Bido deS.B,, p. 306.) 

Ment, ta, adj. Maint, mainte. 

De menta femna auetz fort quaquetat. 

(P. Borlière, Huyctam, v. 1.) 
Grand capitat fasen mentas aulesas. 

(i&.,v. 4.) 

Le roman avait mant, manta, que le patoiscontérya.d Afart^ 
un-cop, maintes fois. » (Doujat, Dict,) 

Atal en coumensan manf' tmo cansouneto. 

(Goudelin, Obr„ p. 128.) 

Aqui mant-un gougat, aqui fTum^'-tmo fìlho 
Acuson qui mai pot le paire de familho. 

(Amiiha, Tabl., p. 128.) 
Merlussiera, s. f. Marchande de morue. 

Dona Agnes la Merlussiera (v. 34). 

Du roman merlus, merluche, morue ; merlussa en catalan ; 
merlusso en patois. 

« Merlussiero, merlussaofro, vendeuse de morue, harangòre. » 

(Doujat, Dict.) 

Enfîn, per au dire tout net, 
Las Taíhuros, las Gourdounièros, 
Jusqu*os las quiti Merlussieros 
Embelopon le cap d*amb'un negre coufet. 

(LeSièclemaïhurous,^, k,) 

Mesqub, conjonct. comp. Pourvu que, excepté que. 

Mes que son marít be la rascle (v. 687). 

Mes que est là pour mas ou mais que, Cettelocutionest enoore 
emplojée dans le langage de Toulouse et dans celui de Mont- 
pellier. On prononce ordinairement mai que. 

Més permofes yeu bebi d'aygo 
Mag qu'cýo bulhit d'amb'un coûal. 

(Goudelin, 06r., II, p 5i.) 



à 



— Itó — 

Dinnaré d'an croustet may que le boun bi bengo. 

(Goudelin, 06r.,II^p. 51.) 

Jo condi Yolentes dam Thoste 
Més que Tescot arré no m'coste . 

(Pey de Garros, Poesias gaeconas^ egloga 2.) 

Arroso le cap de l'efan 
Goumo las gens de Gleiso fan, 
Le cap ou qualqu'autro partido 
Quan nou serio que sur le bort 
Mee g'M'ajo sentiment de bido 
Per nou bateja pas un mort. 

(Amilha, Tahl,,^. 144.) 

MiLH, s. m. Mil, millet. 

6i le folet le ife7A n'amassa (v.385). 

Simple variante orthographique et de prononciation de mil 
en roman, du latin milium, Le roman du XIV« siècle avait 
mil ct milh : 

Loplus gros bìat es miïh, (Ray. de Gornet, Ver$a.) 

Mil, que Ton prononce souvent milh, s'est conservé dans le 
patois du Midi : 

Prenets-me bous uno raboto, 
Dus gras de mil dins un crubèl. 

(Goudelin, Oftr , II, p. 95.) 
lou nou panarè mil ni blad (Amilha, TabL, p. 71). 

MissA, s. f. Messe. 

' A ia Missa de fray Gregory (v. 494). 

En latin missa, que le catalan a adopté . En roman messa, 
même au XVI* siècle, d'où messo en patois : 

» Hom legis de belcop decapelas que totz los iorns cantan m^asa ..» 

{Lo Doct.de aapiema.) 

Fa cânta Mesao per lours armos. 

(Grimaud, to Bido de 8, B. , p. 234. ) 

Almoinos, m^essosj ouraciu, 
Poden fa toumba lours cadenos. 

(Amilha, Tabl., p. 29.) 
MoLiNiBRA, s. f. Femme de meunier {molinier)^ meunière. 
Dona Guinetta moZímera (v. 63). . 

MoNGBA^ s. f. Moinesse, religieuse. 



^ 149 ~ 

Ny esposetz en Gonuent áeMongecu (v. 573)^ 

Variante de monga, Mongea est pour monja, cotnme menson- 
gea pour mensonja, 

« Ladita monga foc menada dauant l'autar. >» ( Lo Doctrìnal de 
sapiensa, ) 

On écrivait aussi mongia : 

« Una bona menoreta ho mongia. » 

{Lo Doct. de sapiensa.) 

En patois mounjo : 

a D'un moucadou amagat qu'un fraire abio recebut de las fnotm- 
»Jos.n (Grimaud, la Bido de S. B., p. 189.) 

Aprep que de Febus la bieilho mounjo atal 

Aguec fait soun recit. (De Valès, Enéid,, lib. VI.) 

MoTSiT, part. passé. Moisi. 

Vy m^oysity poýrit ho agre 

Es fort contrari a las Noyrissas (vv. 256 et 257). 

Mozir, dans le Lexique roman de Raynouard, d'où mouzi en 
patois : 

Qu'al bourset de la pauro gen 
Nou se m^uzira pas l'argen. 

(Goudelin, Obr., II, p. 42.) 

El y ba moustra dan le dit 
Un bièi tresor è tout mousit. 

(De Valès, ï£^Hd. de Virg., p. 27.) 

MuouETOLLA, adj. Muguetée. 

Et se y auia qualque fallota, 

Espanholada et muguetolla 

Que volguessa fa de folla (vv. 172 à 174). 

Nasitort, s. m. Nasitort, cresson alénois. 

Am forsa Menta et Nasitort (v. 567). 

Même étymologie que nasturtium, ainsi nommé, d'après 
Pline, parce que, dit Charles Etienne, cité par Ménage : 
c( Nasturtium autem appellatum est, à naribus torquendis ; quod 
» odore et seminis acrimonia sternutamenta provocet, )> 

« Nasitort, cresson. » (Doujat, Dict,)\ mais il lui auraitfallu 
compléter, comme Furetière I'a fait, cette dénomination, en 



— 150 - 

ajoutant eresson des jardins, ou, comme on le dit plus habi- 
tuellementi cresson alénois. 

« L*abet et le pîgnè manjarion soupos sul cap al nantort. » 

(Goudelin, 05r., p. 167.) 

On dit aussi janitort en patois. De Yalès Ta emplojé dans 
le passage suivant : 

Le fenouil et le janitort 

Soun, bòl tens-a, morts à nostr'ort. 

{Estrenoa à la Camarado, stroph. 26.) 

NoMAR, T. Nommer. 

Del nom d'aquel se nomara v. 609). 

- « Qu*on no las deu punt nomar. » (£o Doctrin. de sapiensa,) 

Le roman avait nomnar; à Toulouse, on prononçait nomar, 
au XYI* siècle, si Ton s'en rapporte à Torthographe de ce 
mot dans les Ordonnances et dans le Doctrinal de sapiensa. La 
prononciation de noumma, en patois actuel, est presque celle 
de nouma. 

NoPSÂS, s. f. pl. Noces. 

Yous no fassatz Nopsas en May (v. 572). 

Du latin nuptice. Le roman avait nossas, plus éloigné que 
nopsas de rétjmologie latine. L'ancien patois de Toulouse se 
servit des deux orthographes : 

fìengueguen toutis en carrosso 
Amb' aquelo rouyalo nopço. 

(Grimaud, Granóulrat.^ p. 5.) 

tt L^accoumpiissomen del Ganai ou las nossos de l'Ocean è de la 
» Mediterranèo. » (1681.) 

NoTARiA, s. f. Femme de notaire (notari). 

Las Notarias et Procurayras (v. 163). 

Otda, loc. adv. Ouì-dà, volontiers. 

Las fìlhas qu'on vol marida 

De tres cops no diran oy da (vv. 509 et 510). 

Dérivé, comme oui-dà en français, d'une de ces formes va- 
riées que hoc ou hoc illud prirent dans les divers dialectes de 
la France. Oy»dà resta dans le patois de Toulouse : 



— 151 — 

Oyda, yeu boli-be me cluca. 

(Goudelin, O&r., p. 177.) 

Oyda, tinde la cansouneto. 

(Goudelin, 06r., p. 187.) 

Oyday Taugi pertant de segos 
E lòn de may de quatre legos . 

(Grimaud, Oranoulrat,f p. 15.) 

Yeu soun de toun abist, oida, 

(De Valès, VÈnéid. de Yirg.. libr. IV, p. 12.) 

Oydaf yeu boli-be, mon co n'es tout counten . 

(De Gortète, Miramondo, act. I, sc 2 j 

Paraphe, s. m. Paraphe, signifìant ici paragraphe. 

Item es dict en vn ParapheÇy. 145). 

Rabelais entendait paraphe, abréviation de paragraphe, 
comme Ducèdre : 

« Votre Faraphe, Caton, la loy Frater. . . . sont bien plus diffì- 
ciiles. >» {Fantagruel^ chap. xm.) 

Parelhambnt, Pareilhament, adv. Pareillement. 

£1 es rason pareilhament (v. 139). 

Ny may^tant peLUC parelhament 

Als Ditz no portaran Ânelz (vv. 462 et 463). 

« Se emaginec que lo fdírìa. parelTuxment morir per peccat. » 

(£o Doctr, de mpiensa.) 

Parelhament était déjà employé au XV* siècle : 

Gar avia Dieu en son entendement 
£ la Verges María parelJiament. 

{LudiM sancti Jacobi, in Chrestomat, prov., par 
Kari Bartsch, 2« édit., 402, vv. 28 et 29.) 

Passatgb, s. m. Passage, citation d'un auteur. 

Pensatz-y-be so es ynpcusatge 

Que le tout vist et regardat 

Sur tous deu estre ben gardat (vv. 214 à 116). 

Passatge a été employé dans notre patois : 

Mès le prouchen cal fort ayma 
N*abèn de pcusatges en ma. 

(Grímaud, laBidode S. B., p. 136.) 




- 152 ^ 

Pastis, s. m. Pâté. 

Forsa Pasíisses et Flausonas (v. 259). 
Et per accomplir le pastis (v. 495). 

a Pastis, pâté. » (Doujat, Dict.) 

Dan racbis à restoufadouro 

B le pastis à punto d'al. (Goudelin, Oì/r,, p. 150.) 

a Prestis d'espoulseta le flascou des Goumpayres et le pastis de 
las Coumayres. » (Goudelin, Ohr., p. 179.) 

Pastissiera, s. f. Pâtissière, femme de pâtissier (Paí/mier) . 
Dona Martineta Pastisaiera {y , 33). 

« Los heretiers de Johan Lonhet, Pasticier de Servinieras, an un 
» houstal an lou four de pastissario aquy meteis. » 

(Livre deatime du capitoulat de la Dawrade(ikl\). 

pastissiè, en patois. 

Guilhomo franciman, coumpaignou pasHssiè. 

(Goudelin, Obr., p. 104.) 

Sur un cap de taulo de pastissiè. 

(Goudelin, Obr,, p. i57.) 

Pey bendran en suito 
Ostes, tratturs, pastiasièa, {La Jasenpiucèlo, p. 11 .) 

Patin, s. m. Patin. « Soulier de femme qui a des semelles 
» fort hautes et pleines de liége, afìn de paroistre de plus 
» belle taille. » ( Furetière, Dict,) 

Ne Patins bridatz pelz Talos (v. 156). 

Patin, de patinus, Pati, au XI V° siècle, dérivé de patissis : 
« Patissis, idem quod patínus» » (Du Cange, Gloss,) 

Que may prezon esclops 

Qiiepatisses dauratz. (R. de Cornet, Letras,) 

Pecol, s. m. Pied, support de certains meubles ou usten- 

siles. 

Las banquetas no layssaran 

Que \os pecoh anen en sus (vv. 784 et 785). 

« Pecol, quenouille de lit.On dit encore vnpecoul en Languedoc. » 
(Borel, Trésorderecherches, au mot Pecol, p. 376.) 

a Pecoul, pié d'un tréteau ou banc : quenouille d'unlit. » (Doujat, 

Dict,). 

Que ìes pecouls porten labanquo. 

(A. G. T.jOpi^Goudelln, Obr,, 11, p. 92.) 



— 153 — 

Pe-del-poc, s. m. Foyer. 

Faretz la vespra dels tres Reys 

Aìpe dèlfoc le Boys saiilta (vv. 334 et 335). 

Mot à mot, pè delfnc signifìe pied du feu, du foyer, comme 
on àìipied dune montagne, pied d'un mur, etc. On en fait un 
continuel usage à Toulouse : 

Al pè delfoc, coumo de gato?. 

( Grimaud, Za Bido deS, B., p. 381 .) 

Quan le bouè ben de laura, 
Planto soun agulhado ; 
Trobo sa ienno al pè delfoc, 
Tristo. doscounsoulado. 

(Vieille chanson populaire.) 

Pequa, s. m. «C'est unemesure de vin, plus grande d'en 
» viron deux tiers que la quarte de Paris. » ( Doujat, Dict.) 

Et de bon Vin vna grand lusta 

Que tengua vn Pegua tota iusta (vv. 265 et 266 ). 

« En 1593, la grosse mesure de vin, que nous appellons le pega, 
» se vendoit quatorzesols. » 

( Lafaille, Annal. de Toulouse, t. II, p. 468.) 

Ay I ay 1 bengo lepega, bengo, 
La set me bol ruma la lcngo. 

(Goudelin. Oftr.,p. 146.} 

Lajusto ou ìepegay 
Lour counsoulaciUf 
N'animaran pas mal lour debouciu. 

{La Jasenpîucèlo, p. 11. ) 

UíTris à toun demoun de bi blous un pega. 

( De Valès, Sat, de Perso, sat. II.) 

Pelysso, s. m. Pelisse,fourrure; ici avec un sens détourné et 
risqué. 

E per forby lo pelysso 
Segon la nouuela faysso (vv. 437 cL 438 ). 

Pelisso, dans Raynouard, Lex,, t. VI, p. 35. 

Le roman avait surtout pelissa, s. f., d'où pelisso en patois. 

Per les gari de la jaunisso, 
Lour bous sautan sur ìapelisso. 

( De Valès, Virg. deguÌB., libr. 11.;- 

Qu'an fait nostres paures rasins, 
Ouey, que le poble les esquis&o, 

11 



— 154 — 

Et que l'on bey tant d'assassins 
Que lour sautoun sur Ìa.peli880, 

( De Valès, Requesto^ stroph. 1 .) 

\]no pelisso roujo et d'hormino fourrado. 

(Gl. Peyrot, las Quaire Sasous, cantll.) 

Peloux, s. m. Bogue, enveloppe épineuse de la châtaigne. 

Ou dels péUmx de las Gastagnas 

8e fretaran vn pauc la Gara ( vv. 370 et 371 ). 

Pelou, dans nos patois : 

Amay plus herissat qu'un pehu de castaigno. 

(Delprat, las Bucol. de Birgilo, p. 41 . ) 

On vajous castanìés acampa ìous pelous» 

(Gl. Peyrot, las Quatre Sasous, cant III. ) 

Lì plouvian coumo lo chategno, 
Quan l'aigo o deiber ìou pehu, 

( J. Foucaud, Vers en patois limousin, imil. 

de la 11« odc d'florace.) 

Penchenayra, s. f. Pemme de ^eigneìxv {penchenayre). 
Dona Maria ia Penchenayra ( v. 55 ). 

Per, Prép. Pour, afìn de. 

Femna prens no se deu leua 

Per escampar aygua tout contat 

Dauant que le Poul n'aya cantat. (vv. 656 à 658.) 

II faut prononcer pr'escampary comme on prononce praco 
^OMT per aco, 

Percurayra, Percurayressa et Procurayra, s. f. Femme 
de procureur {percurayre). 

Las Percurayras las Hucheras ( v. 147 ). 

Goumo fan per assi las autros Procurayros. 

( De Glarac, Arlequin gascon^ sc. 1 .) 

Les Percurairea qu'an trahidos 
Amay plumados las partidos. 

(De Valès, Virg. deguis.y libr. VI.) 

Ducèdre a employé percurayressa avec la même accep- 

tion : 

Qu'auocadas en Parlament 

Precediscan Percurayressas (vv. 140 et 141 ). 



— 155 — 

On lit Procurayras au vers 163 des Ordonnances^ que j'ai dû 
ramener à Percurayras, précédemment employé. 

Pereilh, s. m. Sort; dans le passage eité, retrait du lait 
chez les nourrices, par reffet d'un mauvais regard. 

Qu'aulcun luy poyria far pereilh 

La regardant de maluais Oeilh ( vv. 249 et250 ). 

Du ìaiin periculum, comme pour jom/ en français. 

• Perèl, mal de tetine. » (Doujat, Dict ). « Mal qui vient aux 
mamelles. » ( Âmilha, Dict. ) 

As charmat, as CTengntperèlf 

(Amilha, Tabl^ip. 184.) 

Aqueste jour ta bèl 

Nou pot pourta perèL {Noêls nouv . , p . 6 . ) 

Nou sabi pas quin oêl, 

A mous ainhèls de lait porto ta gran perèl. 

( De Valès, BucoL de Virg., Egl. III. 

Le perel ou pereilh est encore, à Toulouse, ce qu'est X^jet- 
tatura en Italie. A Naples, les nourrices portent des talismans 
en corail pour se préserver du mauvais osiL Ici, elles ont re- 
cours à un semblable moyen : on vend chez les joaiUiers des 
pierres travaillées et percées, pour être portées suspendues 
au cou. On les nomme d'un nom très-significatif : gardo-lait, 
Je dois ajouter que Ton faít de jour en jour un moindre 
usage de ces amulettes. 

Perna, s. f. Couvre-chef, coiffure de femme. 

Mais ellas se contentaran 

De portar qualque bel Tiret. . , 

Ou se lor play, Perna am Gallota ( vv. 168 à 171). 

«Perno, couvre-chef ». (Doujat, Dict.) 

Catin qu'es la plus affiscado, 
S*a cargat tabe sdi pemo empesado. 

(Le Graniè de Nadál^ p . 7 . ) 

Despey que l'coufet es en tcsto, 
Le capayrou faset soun resto, 
Las pemos è les beils al tcras qu'en es l'abus. 

( Le Siècle maïhurous^ P • 2 . ) 

Perneta, s. m. Dim. de pemaf drapeau, lange servant à 
emmaiUoter les enfants. 




— 158 - 

Pigassa doit avoir été dit pour picassa, dérivé de pic; le 
patois gascon a picasso . Raynouard a traduit piguassa par 
épieu {Lex. rom,), 

« Pigasso, coignée, hache ; Pigassou, hachette. » ( Doiijat, Dict.) 

Le taur bramo d'aquelo sorto, 
Sul tens que rmazeliò ly porto 
Le cop de pîgasso sul froun. 

(De Valès, VÉnéid. de Virg., libr. IL) 

Qualques boès, la pigaaso en ma» 
Sesperforson, qui may pouira, 
D'aterra. noun pas san maganho, 
Un bièl fraisse sur la mountagno . 

(De Valòs, VÉnéid. de Virg., libr. IL) 

Pey, dan les cops de ma pigasso, 
Nou y a res que jou n'estrefasso 
Quand un cop me mailly d'ascla . 

(Gautier, Recuil, p. 16.) 

« Un gigand al temp passat ero si grand qu'el se tirabo les 
>» brians anb'un pigaasou. ... » (Gi. Odde, de Triors, les Joyeuses 
Recherches de la íangue tolosaine (1578).) 

« leu me curabi las dens á^ amh' un pigassou . » 

(Goudelin, O&r., p. 167. 

PiRB et Pyri, adj. comp. Pire. 

Totas amassa pyri que Auquas (v. 97). 

Mais ellas se contentaran 

De portar qualque bel Tivet, 

A tout \epire un Reuiret(vv. 168 à 170). 

Ce mot est écrit pyri (v. 967) et pire, comme en français 
(v. 170) ; nous Tavons ramené à Piri^ d'après notre patois : 

Atal yeu nou fau res, è soun piri que mort. 

(Goudeiin, Oôr.,p. 103.) 

lou soun piri qu'un laquay. 

(Grimaud, la Bido de S. B., p. 61 .) 

Piri que bestio biu. 

{La Douctr. crest.t p. 144.) 

Alahets des malurs le piri 
Toumbario sur le grand Empiri. 

(De Valès, VÉnéid. de Virg., libr. 11.) 

Le demoun es maissant, iou soun encaroi?iV*. 

(Amilha, Tabl.,ji. 81.) 



— 159 — 

Pla, adv, Bien, beaucoup, tout à fait. 

Eí quant ella sera pla cauda (v. 486). 

Et lor rusquaran las Pemetas 
Et quant elas seran pla nettas, 
Gentament las estroparan (vv. 301 à 303). 

Du latin plane^ adv. Le patois de Toulouse a conservé pla 
(Doujat, />ec^). 

Pla t'abion poussedit las feramios d'ifier. 

(Goudelin, Obr,y p. 4.) 

Pla serè cos, talèau que de toun èl 
Perdre Tesclayre ta bèl. 

(Goudelin, Obr,, p. 31.) 
Plaurb, V. Pleuvoir. 

Per aco donc en breu plaura (v. 353). 

Raynouard a relevé plourey pleuvoir, qui a été employé par 
Ducédre au v. 471 des Ordonnancès : 

Plouraìo}OTn que sara Nobia. 

Plaure, seul, est resté dans le patois de Toulouse : 

Plaure^ pluvoir (Amilha, Dict.). 

Un soulel humourous yplau, 

(Goudelin, Ohr,, p. 132.) 

J'ai conservé ces deux formes dans le texte corrigé, Tune 
étant conforme à la tradition classique, et Fautre représentant 
la prononciation qui allait prévaloir. 

Plegb et Plbja, s. f. Pluie. 

Et quant veiretz regna PAuta 

Ou dins lo foc tomba la setge, 

Tout segur es seignal de plege (vv. 336 à 338). 

Que si Ton vets penchena lo gat 
Et quant l'auqua se spepissona, 
Be sens falhy la plqja sona (vv. 350 à 352). 

Pleja est une variante de pluvia à ajouter à celles que les 
lexicographes ont relevées; ce mot est écrit plege dans la 
première citation des Ordonnances, et pleja dans la seconde . 
On n'a cessé de dire plejo en patois toulousain : 

Attenden la pZ^o que benguo. 

(Grimaud, la Bido deS. B.,\\òL) 



- 160 — 

L'aigo del riu, o de la foun, 
de ìaplèfo del cel toumbado, 
Per batisa poden serbi. 

(Amilha. Ta6/., p. 143.) 

PouL, s. m. Coq. 

Dauant que lo Poul n'aya cantal (v 658). 

Poul pour poL 

Pol, en roman du Xlll« siècle : a "Bei PoL La natura del pol es 
» que canta lo vespre, cant sent venir la nuech, pus soven el mati, 
» can sent venir io jorn. » 

(Aiso son las naturas d'alcus auzels, in Karl Bartsch, Chrea^om, 
prov, 2« ódit., 325, 12). 

Pol, coq (Rochegude, Gloss. occit.) 

« Poul^ coq » (Doujat, Dict.)^ que notre patois amaintenu, 
ainsi que poulo, poule. On disait polla au XVI® siècle : 

D'un galinat fìlh d*una polla. 

{Las Nompareilhas Receptas, — 1555.) 

ì espouls an brandit lasalos pes jouquiès. 

(Goudelin, 0&r.,p. 178.) 

A l'houro que le poul de la terro rebeillo 
La clóuqueto del cèl per crida les pouleis. 

(Goudelin, Ohr.y p 175.) 

PoLYNAYRB, s. m. Polisscur, brunisseuF, et, par extension, 
bridier et éperonnier. 

De Mathabuou dels Poîynayres (v. 11). 

J'ai dit aux Notes, pag. 72, que la rue désignée dans les Or- 
donnances porte encore le nom de Polinaires ; elle fut aussi 
appelée rue des Eperonniers. 

Un Polynayre exerçait sa profession à la rue Chaude ( Statutê 
municipaux dea métiers de Toulouee, XlIIe et ^IV* siècles). 

PoNCT, adv. Point, pas. 

Per aquo ho se áQnponcl far(v. 138). 

Du latin punctum. 

Variante orthographique à ajouter à celles qui ont été déjà 
relevées, On disait pont à Toulouse, au XVP siècle ; le patois 
en fìt poun, tombé en désuétude : 



— 161 — 

Thetaurieras simpletas, non pont fieras 

(LaRequeste ; De la Royne, Ballade botelée.) 

Carper aquo novoulen (sic) j?oní resta. 

(Ib., des Muguets.) 

No y cal pont de glosa. 

(Ib., Epistre en langaige tolosain.) 

De so qu*encaro n*é pas bist 
Et que n'époun fizo de beze. 

(Goudelin, O&r., p. 17.) 

Nou cerquen poun en jouènesso 
Ni proucesni pessomen. 

(Goudelin, Ohr. p. 101.) 

Permo que nou y aura poun 
Brico sutjétde querélo. 

(LaDouctr, crest , p. 17?.) 

Per un Diu doun la sentenço 
Nou pot^om abed'appel. 

(Amilha, TabL.ip. 220.) 
PoTHTCATRA, s. f. Femme d'apothicaire (potthycayre), 

Simplas Marchandas Pothycayras , . . 
Capayronet no portaran (vv. 164 e! 167). 

Tard abusadas Pothicayras. 

{La Eequesle, etc. , — 1 555) . ) 

En patois de Toulouse, pouticayre: 

Prèp d'uno foun per beure caut, 
Un sauniatiè benguèc malaut, 
El mandèc querre per sa mayre 
Un Diabolus al Póuticayre, 

(Goudelin, Obr., II, p. 44.) 

Les Surgens è les Pouticayres. 

{Letro moundino.) 

Prengs et Prens, adj. f. Enceinte. 

Que fossa ^ensD'enfantho filha (v. 207). 

Et quant femna prem aura enueja 

I)e qualque causa quella veja (vv. 671 et 672). 

Es pres iprens) de filha tot segur (v. 654). 

Quant vna femnvi prengs es morta (v. 592). 

Quant femna prengs se vol ageaire (v. 623). 

La femna prengs en lutgament 



— 162 — 

No fara punct de sagrament (vv. 635 et 636). 

Item quant una íemxìB. prengs 

Vol scaue si aura filh ou filha (vv. 644 et 645). 

El es segnal qu'es pren^» d'enfant (v. 651). 

Vna femna prengs que souuen 

Caualga ung tymon de charreta (vv. 662 et 663). 

Du latin prcegnans; prens a prévalu en patois. « PrenSt 
femme grosse, enceinte. » (Doujat, Dict.). 

Bergés pòy fourèc SLxnsiy prens . 

(Goudelin, Obr., p. 57). 

Sant Jousèp l'artisan 
Se maridèc ounguan 
D'amb' uno bèlo fiiho, 
May que dins pauc de tens 
El la counesquèc^ren^. 

{Le Graniè de Nadal^ p. 3.) 

Rhèo la mounjo, un bel mati, 
Prensà^xxn diu, touto fenno qu'èro. 

(De Valès, Virg. deguis., libr. VII.) 

Presidenta, s. f. Femme de président (pmtcfenOí prési- 
dente. 

Las grans Damas et Presidentas (v. 108). 
noblas Damas Presidmias presadas . 

(La Requesíe, etc, — 1555.) 

Procbssiu, 8. f. Procession. 

Quant dauant passa la Processieu 

Et fossa el del corps de Dieu (vv. 235 et 236). 

Du latin processio, sortie solennelle, que le roman avait 
adopté. On a dit ensuite poussessiu en patois deToulouse : 

D'un cor ple de debouciu, 

Anen touts enpoussessiu 

Adoura l'Efan Dieu . 

{Le Lugra de miejo-neit, p . 7 . ) 

Ceremony o& y poussessius, nossos o sacromens. 

(Amilha, TabL, p. 231.) 

Fasen ambe la gran esquilo 
Poucessiu per touto la bilo. 

(De Valès, VEnéid. de Virg., Ubr. II.) 
Proohan, na, adj. Proche ; prochain, en vieux français. 



— 163 — 

Toutas las prochanas parentas (v 203) 
Procurayra (voyez Percurayrá) * 

Prosemna, Prosenna, s. f. Prude femme. 

Dona Naudeta la prosenna (v. 309). 

Retiratz vous deuers las Femnas 

Autant ioynas coma prosemnas (vv, 811 et 812) . 

Per totas manieras de Fennas 
Sian filhas iounas ou prosennas, 

{Las Nompareillas Receptas, — 1555.) 

D'après ces textes, on disait Prosemna et prosenna^ à Tou- 
louse, au XVI* siècle. Le roman slyslìì profemena, 

« Tramet mea cap de tres }orr\s profemenas et donzelas tionestas.» 

(Dans P. Meyer, Rec. (Vanciens textes (1874), p. 136. — Profemna 
(Raynouard, Lex, rom.) 

Prouar, v. Prourer. 

Aqui no cal re ij^ìufi protiar (v. 656). 

On trouve provar dans une composition de Guillaume IX, 
comte de Poitiers : 

Ma domna ra'assaj* e m prova 
Gonsi de qual guiza Tam. 

(Karl Bartsch, Ghrestomat, prov., 2« édit., 28-25.) 

Le catalan et Tespagnol ont probar ; notre patois prouha, 
du latin probare, 

Qu*uno noubèlo 
Benets nous anounça, 

Qual que sìo bèlo, 
Tout nous a.\ìprobo pla. 

(Noêlsnouv., p 6.) 
Proar prévalut en roman. 

PuNT, 8. m. Poing. 

Que tengua los áus puntz serratz (v. 683). 

De pugnits en latin, variante à ajouter à ponh, punh du ro- 
man ; pun en patois écrit de Toulouse, on prononce punh: 

Un dilus, '\\ prinson, Tocosson le grouilliè 
De quatre cops áepuns extrenec sa mouillé. 

(Goudelin, Obr.y p. 46.) 
QuAQUBTAR (vojez Caçuetar.) 



•- 164 — 
QnETssA, s. f. Cuisse. 

Las queyssas en crotz boutaran (v. 378). 
Variante de ctieissa en roman queysso, queisso, en patois. 
u Quéy$8o, cuisse. »> (Doujat, Dict,) 

Gap n'a la garrampo à la queisso . 

(Grimaud, la Bido deS, B ,\i, 66.) 

QuiLHA et QuiLLA, s. m. Quille. 

Que las veusas et ioynas fílhas 

No ioguen iamais à las quilhas (vv. 451 et 452). 

El qual qu'ella plante vna quilla 

En vna taula delumbert (vv. 646 et 647). 

Quilho et quillo en patois. 

E nau pels li formon las silhos 
Arrengats coum' un joc de quilhos, 

(Goudelîn, Ohr., p.21). 

E nou soun plus (las Musos) coumo nau quillos 
Enjoucados sur rHelicoun. 

(Boudet, Odo.) 

Se planto dret coum' uno quillo 

(De Valès, VEnéid. de Virg.) 

QuoA, s. f. Queue. • 

Vng nobi al Iyeyt et a la dansa 

Gal que mena la quoa tout iorn (vv. 556 et 557). 

Quoa est une variante orthographique de coa en roman, du 
latin cauda, d'où coûo et quo en patois toulousain (Doujat, 
Dict.) 

Atal à cops de dens, de coûo, d'urpos è d*èls 
Les espauris, esquisso, endouloumo, moussèguo. 

(Goudelin, Oôr.^p. 4.) 

Ramel, s. m. Rameau, rameau de âeurs ; bouquet dans le 
passage cité. 

Mais de portar forsa Eamelz 

Homme no las poyria reprendre 

Car l'auetz ellas son à vendre (vv. 464 à 466). 

Ramus et rameltus en latin ; ram^ ramely ramelet, en roman 
et en patois. 



— 1G5 — 

Déjà, au XVP siècle, ramel signifìait rameau fleuri, et par 
extensiòn bouquet, à Toulouse. II eut pour diminutif ramelet, 
que Goudelin choisit, au XVIP siècle, pour titre de ses gra- 
cieuses compositions : le Ramelet moundi *, — le Bouquet ra- 
moudin ou toulousain, — Tous ceux qui lui adressèrent des 
vers en cette occasion Tinterprétèrent ainsi : 

Ingenieux ouvrier, monstre-nous où tu pris 
Les Fleurs de ce Bouquet, si riche de merveilles. 

(Dant, Stances apud Goudelin, Obr,, s. p.) 

Bouquet^ sacré Bouquet, à qui les destinées, 
Sans hazard de mentir, peuvent bien asseurer 
Qiie, malgré la longueur des fuyantes années, 
Ton Nom et tes odeurs doivent toujours durer. 

(D.L.T., aptwîGoudelin, Ohr., s. p.) 

Y a fauto de culhé d'un ram feilhut escrumo 
Et del pairol builhent gito Tespesso brumo. 

(De Valòs, Géorg, de Virg.) 

lou \\ cueilhi un ramel de flous , 

(De Valès, Pastouralo, stroph. 57.) 

Per pago de moun ramelet, 

Ello me dèc un bracelet 

De soun peil fait entrelasses . 

(/6., stroph. 58 ) 

Uno fillo d'aunou, qu'òro tan retirado, 
Qu'a bayzat Ramounet ly dounan un rameL 

(De Gortète, Ramounet, act.IV, sc. 1.) 

T'y bendras fa de ramelets 
De tontos flous 

(Delprat, Bucol. de Birgilo, p. 15.) 

Ramie, s. m. Ramée, fourré ; île ou bord de rivière planté 
d'arbres. Dans le passage cité, île de laGaronne, enamont de 
la ville de Toulouse. 

Del grant Ramie, d'aquia al Bazacle ( v. 393). 

On lit ramié dans rédition de 1555, variante de ramier en 
roman, ajant prisla forme patoise qui s'estmaintenuejusqu'à 
ce jour. Raynouard {Lex, rom.) a attribué à ce mot les accep- 
tions de rameau et de fourré, A Toulouse, il sert à désigner 

1 V. notre Dissertation sur le mot roman Mondi, dans ies Mém. de 
l'Ác. desSc. de Toulouse (1850), 3« série t, "VI, p. 104. 



— 166 — 

les îles et les bords des rivières peuplés d'arbres de rivage. 
Doujat (Dict,) le définit « île dans la rivière. » 

Goudelin a cbanté le Grand-fíamié, ou grande île de la Ga- 
ronne, auquel faisaitdéjà allusion Ducèdre; il a poétiquemení^ 
appelé les fleurs de sa prairie : 

Beautats flouridos del Ramié. {Ohr,y p. 55.) 

II dit ailleurs : 

Et m'es abìst qiie bau déjà 

Pel Grand'Ramié calandreja. {Ohr,y p. 85.) 

Tout de mèmo qu'un gros limiè 
Que rancountro per un ramiè 
Un gran cerbi 

(De Valès, Virg. deguis., libr. Xll.) 

Rascladura, s. f. Raclure. 

Pa de rasdaduras de Mayct. (v. 254). 

c( Metre las lauaduras et las rascladuras 3Lm las reliquias.» 

{Doclr. de sapiema ) 

Rasclar, V. Racler. 

Mes que son marit be \sira8cle (\. 687). 
« On deu tost rascla lo loc hont es tombat. » 

{Lo Doctr. de sapiensa.) 

Du latin rasiculare, comme le vieux français rascler, main- 
tenant racler, 

Rassa, s. f. Race. 

Et Borgesa de bona rasaa (v. 191). 

Rassa en catalan ; raza en roman, d'après Raynouard {Lex, 
rom,)\ rasso et raço, en patois toulousain : 

Mès be soun de royalo rasso, 

(Goudelin, Obr.,U, p. 66.) 

Yeu, te proumeti que ta raço 
Tendra ihilo cops mai de plaço. 

(Grimaud, la Bido de S. -B., p. 23.) 

Sourtit de la raço des Dius. 

(Grimaud, la Gh'anoulrai . , p. 19.) 

sièclehurous, tens admirable, 
Dambe rasou l'ancienno rasso 
T'a batisat del noum premiè de siècle d'or. 

{Le Siecle malhurous^ P- !•) 



— 167 — 

Recapte, s. m. Rachat, rédemption. 

Car qui bouta gauda al lessieu 

No veyra iamais la cara de Dieu 

Si n'y dona qualque recapte (vv. 691 à 693). 

Le roman avait recaptaì\ racheter. 

Rbferendaria, s. f. Femme de référendaire freferendari) . 

D'ambelas las Referendarias (v . 1 1 2) . 

Regan, s. m. Dédain, refus, rebuflfade. 

Item tambe y son vengudas 

De la carriera de Regans 

La Sebellia que fa les gans (ss . 30 à 32). 

La rue des Regans existe encore àToulouse,ayant conservé 
cette vieille dénomination. 

Et les que coumo bous an poou que lours mestressos 
Nou cambien en rigous lours pu doussos carressos, 
que d'elos jamay n'an agut que regans. 

(De Valès, Bucoí, de Virg., égl. III . ) 

Et quisquis amores 

Aut metuet dulces, aut experietur amaros . 

(Virgile.) 

Le roman avait regagnar, dont le patois de Toulouse a fait 
regagna, rechigner. 

Reganx, adj. 

No crezatz quar vilas es fals 
Reganx e cobes e rurals, 

(Las Leys d'amora, I, p. 328.) 

Rencontrar, V. Rencontrer. 

Renconiraria qualque espauen (v. 661). 

Le roman et les langues néo-latines ont enconirar; encon^ 
trer en vieux francais. Les formes rencontrer et rencountra et 

9 

rancountra ont depuis longtemps prévalu, soit en français, 
soit en patois. 

Reprobar, V. Réprouver, rejeter. 

Per las Noyrissas Vy turbat 

Al tems que cour es reprobat (273 et 274). 

Du latin reprobare, reprobar, variante de reproar et re- 



— 168 — 

provar, inscrits dans les lexiques romans. En patois re- 
prouba : 

De Dieu sera reproubat 
Qui nou saura sa crescnço. 

(La Douctr. crest, p 27 . } 

L'autre que fourèc reproubat. 

(Amilha, Tabl., p. 23*) 

Resiouyr, V. Réjouir. 

Per reeiouyr lor cor marrit (v. 436). 

Car aquel cas resouys touta 
La pcrsona tant sia fachada. 

( Las Nompareillas Receptas, — 1555.) 

Les Ordonnances portent resiouyr, qui est le passage à la 
forme patoise rejoui, Le vieux français avait resjoir, En ro- 
man, on employait gauzir etjauzir, du latin gaudere. 

Benets bous rejoui dan noiis. 

(Goudelin, OJr., p. 138.) 

Bejouiscan-n ou s b ra bome n . 
Diu porto nostre salbomen. 

(Goudelin, Oôr., p. 193.) 

Ressegua. s. f. Scie. 

Et per agusa la Bessegua (v. 51). 

Dans les Statuts des métiers de la ville de Toulouse, aux 
XIII* et XIV® siècles, on trouve ceux des resegatorum, des 
scieurs de long. 

Las tenaillos, les guingassous, 
Las ressègos ò les rasous 
Nou fasion qu'agusa sa forço. 

(Amilha. Tabl.j p. 152.) 

La ressego on troubòcqu'en ressegan ranguillo. 

(Dc Valòs, Géorg., libr. I ) 

Resta, s. f, Reste . 

Vous contara touta la resta (v. 802) . 
« Lo capela no podia dire la resla. » 

{Lo Doctr* desapiensa.) 

Raynouard {Lex. rom.) a resta, pause, repos, du latin res- 
tare. 



— 169 — 

Resto, dans notre patois, a pris le genre masculin, comme 
reste, en francais : 

Ero le diaman qu oundrao tout ie resto. 

(Goudelin., Oôr, p. 2). 

Reuiret, s. m. Sorte de coiffure de femme. 

Mais ellas se contentaran 

De portar qualque bel Tiret, 

A tout le pire vn reuiret fvv. 168 à 170). 

Ce mot fut probablement tiré du verbe roman revirar, 
tourner, retourner, par suite de la forme de ia coiffure qu'il 
désignait. 

RiCTO, s. m. Recteur, curé. 

Lo Eicto no ly bontara 

Deguna estolla sur ie cap (vv. 446 et 447). 

Le roman avait conservé rector du latin. Rtctor en est une 
variante, qui est écrite ricto dans les OrdonnanceSy d'où rictou, 
et enfìn ritou dans notre patois : 

« Item lo dit Mosso lo Rictor deu far tocar las campanas a sos 
» clercs. » (Couiume de Cinctegabelle, ms.) 

Tu que tenes dejouts ta gardo 
Tant d'armos, fay tout siau, regardo 
De beilla en fídèl serbitou, 
sios Abesque o sios Rictou, 

(Grimaud, la Bido c26 iS. j5.^ p. 31 .) 

« Les Abesques, Bittom, Missiounaris. » 

(Amilha, Tahl,: Al santEsprit.) 

Le Ritou qu'ais autas presido. 

(De Valès, Virg, deguis.t libr. VIII.) 

RoMEC, s. f. Ronce. 

Vna romec lor qual far fendre (v. 299). 

Du latin rumex, Romec est devenu roumèc en patois tou- 
lousain : 

De roumèca de doulou moun armo randurado. 

(Goudelin, Obr.f p.2.) 

o Aqueste moundtî n*es qu'un bartas. . . . et taleau s'y trobo Tes- 
» caragol coumo l'amouro ; run et Tautre rae soun bous, môs le 
» clòsc eílaroumec me soun fachouses. » (Goudolin, Oôr., p. 201.) 

Aqui 'abio' un fort gran bosc afifrous de negres caêses, 

12 



— 170 — 

Plc de roumèca per tout ct d'espessìs bartasses. 

(De Valès, VÉnéid. de Virg,, libr. IX, p. 220.) 

De bouissous, roumècs et bartasses. 

(De Valòs, Virg, deguis., libr. VIII.) 

RoMiUATGE, s. m. Pèlerinage. 

Quant auran fayt lo Bomiuatge (v. 321). 

« Plusors romiem anauan ensemble en romiuatge. » 

{Lo Doctr. de sapiensa,) 

« Aquels que van en romyuatge totz se deuen confessar. » 

{Lo Doctr. de sapiensa,) 

Dès que roumiUf pèlerin, fut adopté, le roman dut avoir 
romiuatge, qui s'est maintenu avec les formes patoises, rou- 
miûatge (Doujat, Dict.) ou roumiatge, Raynouard [Lex. rom,) 
a enregistré romeatge, qui eut romeu pour antécédent. 

Leben la bouts è le couratge 
Per canta le sant roumïatge 
De tres Reys (Jel soulel leban . 

(Goudelin, Obr., p. 184.) 

RosTA, s. f. Rôtie, tranche de pain rôtie. 

En Iy fasen mangea vna rosta 

Trempada am de bon ypocras (vv. 632 et 633). 

Haust et raustaj adj., en roman. 

On a dit roustido, en patois, dès le XVIP siècle : 

A belis gloups de bimuscat 
O soulbut amb'uno rouatido, 

(Goudelin, O&r., p. 142.) 

Sabèts la pepido, 
Non Tendurets pas 
Din le bipoucras 
Fasòtz uno roustido. 

(VAzempre de Nadal, p. 20). 

RosTiT, s, m. Rôti, viandes rôties 

No qual iamay manjan ro8tit(\, 219.) 

« Lung los vol raustitz^ l'autrc bolhitz. » (Lo Doctr. de sapiensa. 

Jìaustir, V. Rôtir en roman ; raust, rôti 
Le vieux francais avait rosíir, rosti, etc 

RouGE, adj. Rouge. 



— 171 - 

Ne de drap rouge anar vestit (v. 220). 

Rogé est devenu rougé en patois, comme roge est devenu 
rouge en français. 

Déjà d'un rougé cramesi 
L'Albocoumensabo à lusì. 

(DeYaìès,VEnéid.de Virg.,\ìhT III.) 

Aquesto liquoureto roujo. 

(Goudelin, Ohr.y p. 145.) 

RoYS (voyez Boys). 

RusQUADA, s. m. Lessive, buée (Doujat, DictJ). 

Le Dymecres ny lo Dyuendres 

No qual iamay leuar las Gendres 

Goupar la vnglas, far ia Rìisquadaiyy. 409 à 411) 

Ou se no fa blanca Rusguada 

Ella aura son marittinhos (vv. 479 ot 480). 

Ruscado en patois de Toulouse. 

O bil gue tu me fas besoun, 
E que jou bouldrio cado joun 
Poude fa de tu la mscado. 

(Gautier, Recuil, p. 11.) 

Venus del cèl forobandido. 
Per Tafroun que fèc à Vulcan, 
Disen que se gaigno la bido 
A fa ruscado tout oungan. 

(Goudelin, 06r., pag. 44.) 

Quan labos, el fa la ruscado, 

(Amilha, Tabl., p. 4). 

Uno bouno coufessiu 

Es d'un* armo ia ruscado . 

{LaDuuctr. crest.j p. 50 ) 

Nou reste rès après Pusclado 
Que las cendres per fa ruscado. 

(De Valès, VÉnéid. de Virg., lib. U.) 

Nous faisons dériver ruscada du roman rusca, s. f., ccorce, 
ì'usco, en patois. On placc, en effet, au-dessus du cuvier un 
cerceau, ordinairement fait d'écorce d'arbre (v. Arriscle)^ qui 
fixe le ccndrier, en toile grossière destinée à recevoir les 
cendres qui servent à lessiver le linge. D'où rvsquier, cuvier; 
ruscada, lessive, et ruscar, lessiver. 



— 172 — 

O'uno rusco d'auba ei bous abilh' apey las sos de Phaetoun. 

(Delprat, lasBticol. deBirgiìo, p. 38.) 

RusQUAB, V. Lessiver. 

Et lor rasquaran las pernetas (v. 301). 

« Ruscat bûer. » (Doujat, Dict.) 

RusQUiE, s. m. Cuvier. 

Els passaran dedins Larriscle 

Tres cops en salhen del ru8quie(\y. 296 et 297). 

« Rusquiè, CMVÌQt de lescive, mortierà bûée.» (Doujat, Dict,) 

Rusquier dans le texte corrigé. 

Sa, adj. Ce, cela. 

Sa nous comanda la Riqueta (v. 501). 
/Sadissec dona Sobirana (v. 517). 
Gar sa ditz la Finoy Dayssus (v. 786) . 

Sa est rorthographe romane de ça^ en français, passé dans 
le patois. 

A la fì, ça me dissèc el. 

(Goudelin, 06r., p. 7.) 
A d'autres, ça li bau jou dire. 

(Goudelin, Ohr., p. 8. 

Bèni m'estrena d'un poutet, 
Ça disi jou, bèlo aymieto. 

(Goudelin, Oìyr., p. 23.) 

Cal, ça diguèt Janeto, 
De layt per lou toustou. 

(No'éls nouv,, p. 10.) 

Saber, V. Savoir, connaître. Employé ici avec une acception 
qui n'a pas été relevée . 

En femna prens le mal de cap 

Seguramenl a filha sap 

Aquo es lo signe d'aquel nial. (vv. 359 à 361 ). 

Sabrie, s. m. Savouret. 

Garnsalada, eísabrie magre (v. 255). 

Ou dam bon plat de aabrie gras (v. 634). 

Ce mot est éerit deux fois, avec la forme patoise, dans les 
Ordonnances : Sabriè. Raynouard a relevé sabrier, qu'il a in- 



— 173 — 

terprété par saveur, goût, sauce (Lex, rom.), Le sabrier gras ct 
le sabrier maigre, de Ducèdre, étaient dela viande de porc sa- 
lée, répondant au mot français savouret. Le texte invoqué par 
Raynouard est on ne peut plus explicite, en se rapportant à 
. la manière dont nos pères vivaient: 

Be m'enueia de cavalier 

Que quer tres vets cauls e sabrier, 

( Le Moine de Montaudon. ) 

Rajnouard a traduit ainsi ce passage : 

Bien m'ennuie de cavalier 
Quicherche trois fois choux etsaveur, 

Je propose : qui cherche trois fois choux et savouret. 

« Faisoit un potaige de choux-verds, avec couenne de lard jaune 
» et un vieil savorados,» (Rabelais, Pantagruel, chap. xvu). 

Notre patois a perdu sabrier, qui a été remplacé ^SLVsaboural. 

Nou boulguèc sa taulo garnido 
Que de lard è áesaboural. 

( Grimaud, la Granoul/raUm., p. 4.) 

D'un tros de sabomral se fa freta le mour. 

(Au Lovp)(ìm.) 

Saulsissà, s. f. Saucisse. 

Mas Garbonadas et Sauleissas, 

Forsa Pastisses et Flausonas, 

Per los Noyrissas sont fort bonas (vv. 258 à 260.) 

On lit saulsissas dans ìes Ordonnances, qu'il faut ramener 
èisalsissas, du latin salsitia ; salsisso et salsissou, en patois de 
Toulouse. 

« Garmantran que se fasio gratilhous à la den ulhai d'ambe un 
» fourmatge de Rocofort et d*un aalcissou de Milan. » 

( Goudelin, 0&r.,p. 159 .) 
Saulta, V. Sauter. 

Faretz ia vespra dels tres Reys, 
Ai pe del foc lo boys saulta, 

(La rime qui suit est auta; vv. 334 ct 335.) 

En vÌGux français, saulter; du latin saltare. 
Le roman avait sautar, dont saultar n'est qu'une variante ; 
le patois a conservé sauta par la perte de IV fìnale : 

Ja lebao l'un pè le descarat colosso 



— 174 — 

Per aauta dins le Gèl bezi de quatrc pans. 

(Goudelin, Ohr,, p. 42. ) 

Mai quant las rasics an sautat^ 
Goussi boulèts qu^un albre cresque. 

( Gautier, Recuil, p. 41 . ) 

El sauto de plase. 

( Amilha. Tàbl,^. 146) 

Sebellia, 8. f. et prénom de femme ; Sibylle. 

La Sebellia que fa les Gans (v. 32). 

Yarìante de sibilla et sibila, du latin sibylla. 

Secretaria, s. f. Femme de secrétaire {secretari). 
Las honorablas Secretarias (v . 11 1 ) . 

Sbmal, s. f. Cornue, tinette à deux cornes, servant prin- 
cipalement à transporter la vendange et le vin. 

Et tenguessa ela vna 8emal[\. 270). 

« Non in manutergiis, aut fialis [phialis], sed cofìnis [co- 

» phinis] et aemalis^ panis et vini raunera cum rebus aliis trans- 
» miitebat peregrinis » 

Chronicon magistri Chiillelmi de Podio'Laureniii. — capit. XL 
(Xlll' siècle). A la suite de VHistoire des Comtes de Toloae, de G. 
Gatel, p. 85. 

Du bas-latin 5ema/w, semalus, d'après Astruc, quifaisait dé- 
river ces mots du celtique. 

Nous avons les statuts des Semalium et Comportorum Fac- 
tomm de Tan 1230 {Arch. de rhôtelde villede Toulouse). 

On distinguait, d'après ce passage, la semaláe la comporte. 

iiSemal, bouiUet, tinette, cuveau. » (Doujat, Dict.) 

Quand tu n'aurios uno semal. 

(De Valès, VÉnéid. de Virg.^ Ubr. l.) 

Que d'autres porten las canals, 
D'autres d'aigodins de semals. 

(De Valòs, VÉnéid. de Fir^., Ubr. L) 

Tout lay ero adaUt mays qu'uno semal vielie. 

(MichaiUe, les Mariages rahillez (1647), dans VAnHq. 
du Triomphe de BézierSy p. 6.) 

S'avòs cap de barriquo ou semal dessauclado. 

(Gl. Peyrot, laa Qualres Sasous, cant. III ) 

« Ains coramcndra-on aux vendangeurs, les raisins souls et 



— 175 — 

» bien qualitìós. estre nettement rais dans les panniers et cor- 
» beilles , et de là portés dans les comtiea, et fînalement charriés 
» au cellier. »{01iv. de Serres.) 

Sbruieta, s. f. Serviette. 

Seruieiaa ny coutelz en Taula. 
En Corps n'aura (vv. 223 et 224). 

Du latin servire, sans que Ton connaisse les intermédiaires 
qui ont conduit à servieúa, en roman, et à serviette, en français. 
Le patois a serhieto : 

D'uno ma truquo toun cor, 
De Tautro pren la serhieto. 

(Amilha, Ta6Z.,p. 166.) 
Setjb, s. f. Suie. 

Et quant veyretz regna PAuta 

Ou dins lo foc tomba la Setge (vv. 336 et337). 

Ce mot est écrit setge (V. ce mot) dans les Ordonnances,ri' 
mant avec pleje, au lieu de pleja; il convient donc de le ra- 
mener à setja ou seja, forme romane qui fournit une variante 
à ajouter à celles qui ont été déjà relevées, telles que suia, 
sueia, suga. Le patois toulousain a conservé sèjo : 

Per mor que nou le rando trum, 
Per trop ae sejo ou trop de fum, 

(Grimaud, la Bido deS, B., p. 224.) 

SiMoissA, s. f. Lisière de drap servant à emmaillotter les 
enfants. 

Simoissa en crotz botaran 
' Per ies gardar de las fantaumas (vv. 304 et 305). 

Raynouard a traduit simoyssa et simossa par frange, bor- 
dure, bourre {Lex. rom.), Dans le passage cité des Ordonnan- 
ces, il est employé avec un sens défini. 

SiNO, SiNON, conjonct. Sinon. 

La nobia no sia descaussada 

Sino per fcmna maridada (vv. 533 et 534). 

Sino quo fos mingeat de rat (v. 714). 

La testa no portaran dreyta 

Sinon qu'vn pauc a bellas pausas (vv. 503 et 504). 

J'avais relevé sino dans le Glossaire des Joies du gaì savoir. 



— 176 - 

May no y vcirctz sino mal e tristor. 

(J. Rccaiit, Vers figurat, p. 141.) 

Sino est devenu sinou en patois. 

Sinou que tengo butat. 

( Jj'abbé Nérie, Lettro, in Eevtte des langues romanes, l'* série, 
tom. VI, pag. 592, année 1874. ) 

SiNTAR(voyez Cintar), 

SiRCLE, 8. m. Criaigu et perçant ; le cri qui précède les ac- 
cès d'épilepsie ou d'éclampsie chez les enfants. 

Quant les enfans auran le sircle (v. 295). 

II faut lire siscle au lieu de sircle, Ce mot aurait eu en roman 
la signification de gazouiUement, d'après Raynouard {Lex. 
rom.), Doujat avait plus exactement traduitítsc/apar criailler 
crier avec éclat {Dict.) 

Etz gitaran sisclelz d'exultation. 

(Pey de Garros, Psaumes, Ps. 5.) 

Par extension, sisclet a signifìé, à Toulouse, loquet, cliquet 
(Douj., Dict.). 

« Daban de passa la landinièro, o tira le sisclet, el aura rcncoun- 
» tre de may de quatre desturbis. » 

((xoudelin, Obr., p. 1560 

SouBiouRN^ s. m. Séjour, repos. 

Vn nobi al Iyegt et a la dansa. 

Cal que mena la quoa tout iorn, 

Et se volia prendre soubiourn 

Nous permettem à sa molhe 

Que mande querre un escoullior (vv. 556 à 560.) 

II faut lire sobjom, variante de sojom^ sejom^ du latin sub- 
diurnare, 

SoBSTENiR, V. Soutenir, supporter. 

Per sobstenir legrand trauailh (v. 569). 

Sostener dans les lexiques romans ; sostenir en catalan ; nos 
patois ont sousteni. 

SoLLEMNiTAT, s. f. Solcnnité . 

Las grans sollemrdtatz et gestas (v. 807). 



— 177 — 

Du latin solennitatem ; le roman avait aussi solempnitat 
( Bartsch, Chestom. prov,, 2* édit., 35-20), et le verbe solemp' 
nisar : 

« Sancta mayre gleysa solmprmera la festa d*ang apostol grand 
amic de nostre Sennor. » 

Modus condona/ndi ad populum (1538). 

Notre patois a soulemnitat et soulennitat, 

An d'aquestos soulemnilals. 

(De Valès, Virg, deguis,, libr. Vlll.) 

Las soulemmtats digudos. 

{La Douctr. crest., p. 41.) 

Dins aquesto soulemnitat. 

{Letro moundino, p. 3) 

Las soulennilats que s'y fan. 

(Amilha, Tabl.y pag. 145.) 

SoLiA, SoLHA, s. f . Souillure, saleté. 

Vna fîlha qu'a mala goula, 

Que se fara souppas dins Loula. . . , 

Ploura lo iorn que sera Nobia, 

Et tombara dins tala/oZûz 

Que son marit s*en anara (vv. 467 à 473). 

Nous avons corrigé ce texte ainsi que suit : 

Una fílba qu'a mala gola 
Que se fera sopas dins l'ola. •, 
Ploura lo jorn que sera novia 
Et tombara dins tala solia 
Que son marit s'en anara. 

Ce passage correspond à celui-ci des Evangiles des Quenouilles^ 
cbap, X : a Je vous jure comme Evangile que, quant une jone 
)) fílle mangue acoustumement lait bouillj en la paelle ou en 
)) un pot de terre, qu'il pleut volontiers et par coustume le 
)) jour de ses nopces, et si a volontiers mari merancolieux et 
)) hoignard, et aussi ne faut-elle par d'estre souvent crottée 
)) et mal parée. )) 

Outre que le mot foliaj du vers 472, ne répondait pas aux 
exigences de la rime, ou même de rassonnance, il n'exprimait 
pas ce que rauteur, à la suite des Evangiles, avait voulu dire. 
Nous Tavons remplacé par celui de solia^ que M. Gbabaneau 
nous a proposé. Solia^ solha, appartiendrait au méme groupe 



- 178 — 

que suil et soill, souiUure, interprétés par Raynouard, Lex., 
t. V,p. 288. 

Le français a conservé souille, représentant solia des Ordon- 
nances; terme de chasse^ lieu boueux où se vautre le sanglier ; 
du latin suilíus, de porc. 

SoRNBTA, s. f. Sornette. 

Lauetz sans deguna aometa 

Los maritz portaran Gornetta (vv. 159 et 160). 

Le vieux français avait sorne, d'où le diminutif «omeífó. 

SoRTA, s. f. Sorte, manière. 

Se talharia d'aquella sorta (v. 591). 

En patois sorto. 

Le triginiè de Rouan bous porto 
Marèio de quaduno sorto. 

(Goudelin, Obr., p.24.) 

Labets dins le mal que i*emporto 
Parlèc à sas gens de la sorto. 

(Grimaud, la Granoulratom., p. 12.) 

Spepissonar (se), v. S'éplucher. Se dit des oiseaux qui 
s'épluchent leurs plumes avec le bec. 

Et quant Lauqua se spepissona (v. 351). 

Ce verbe est encore dans le patois toulousain, ayant la même 
acception. Doujat Ta inscrit dans son Dictionnaire avec les 
deux variantes : espepissouna et espipoussouna, a éplucher exac- 
tement. » 

En espepiasoiman fínonem sas actius! 

(Le Miral moìmcU, p. 22.) 

Stroissir, V. Rétrécir. 

Dona Stroissida leuado (v . 7 . ) 

J'aicru devoir remplacer 5ím5Sírfa par estreissida, participe 
passé féminin du verbe stressir ou estreissir, dont Ducèdre a 
fait le nom d'une accoucheuse : la Rétrécie. 

Raynouard a cité estreysshement, étroitesse. {Lex. rom.) 

SuRVENiR, V. Venir à la suite. 

Y suruenguèc dona Berlengua (v. 24). 

De survenir, pris sans doute au français, le patois a tiré 
surbeni. Le roman avait sobrevenir. 



^ 179 — 

Des pecats la coufessiu 

An le regrèt d'un cor lendro 

QudLTiá mrben l'absouluciu. 

(LaDoucfr. crest.ji^ 46.) 

Tambe, adv. Aussi, aussi bien. 

Item tamhe y son vengudas 

De la Garriera de Regans 

La Sebellia que fa ies Gans (v. 30 à 33). 

Y foc tambe la Miramonda (v. 48). 

£t dona Gausia tambe manda 

Que las veusas et ìoynas fìlhas 

No ioguen iamais à las quilhas (450 à 452). 

En patois : tabe, tabes, aussi. (Doujat, Dict,) 

Tàbe per le plassa dins le temple d'aunou 
Le Gèl Pabio fourmat à bertuts rapourtados. 

(GoudeUn, Oôr.^p. 2.) 

Tabes au fa le blous francés. 

(Goudelin, Obr.; A touts) 

Le bermilhou tabes sas gautos coulouris. 

{Le Siecle malhurous.) 

Tu tabé, Toulouzen, pren-mé per counduttou. 

{Le Miral moundij p. 5 ) 

De tan, tant (tantum) etde be (bene). En espagnol, tambien; 
on catalan, també, 

Tant-pauc, adv. Non plus, aussi ; mot à mot, si peu. 

Ni may tant pauc parelhament 

Als Ditz no portaran Anels (vv. 462 ct 463) 

« Mas a tantpau^ y fes coma i'autre avia fait. >» 

{Lo Doctrinal de sapiensa.) 

Doujat a relevé « tapauc, non plus, aussi. » (Dict.) Locution 
conservée par le patois toulousain: 

Tapauc yeu n'èri pas ta fol 
De pensa que le roussignol 
Nou randèsso mous fredous mudis. 

(Goudelin, Obr., p. 6.) 

A perpaus, un tal broc n'es pas mes en usatge 
Per entrauca bruguets ni per pausa sedous, 
Ni tapauc per fourni mercos as jougadous. 

(Goudelin, Obr., p. 41 .) 



— 180 — 

Tarin-barast, locution populaire exprimant le doute, Fin- 
. crédulité. 

Tarin barast am le pa tendre (v. 516) 

Taula, s. f. Table. Dans le passage cité, planche, compar- 
timent de jardin aífecté à une culture spéciale. 

El qual qu'ella plante vna quilla 

En vna taula de lumbert (vv. 646 et 647). 

Tabulay dans Palladius, avec le même sens. (Quicherat^ 
Dict. lat.'fr.). 

Nousdisons encoreune taulo de cauletSf uno tauh de cebosy 
pour désigner une planche de choux, une planche d'ognons. 

Tbbípletas et Timplettas, s. f. pl. Templettes. 

Ou reuendeyre de Bonetz 

De Templetas et Coularetz (vv. 59 et 60). 

Siruentas no portem timpletas 

Tressas de perla ny dauradas (vv. 696 et 697). 

De templas, tempes, en roman. On disait temples en vieux 
francais. 

a 

« TempletteSy sont les bandelettes quc ies femmes meltent à leur 
tête : temporalia ;fa8cice temporales, Aussi ce mot vient de tempora, 
latin. » (Nicot, Thrésor de ía langtie franqcyyse.) 

« Voulez-vous chaisnes, doreures, templettes, bagucs? » 

(Rabelais, Pantagruel, chap.xxi.) 

Terras, s. m. Terroir, pays, localité. 

Aprèsy cai communament 

Segon les testes del terras 

Gaussa tirada et l'estre ras (vv. 506 à 508). 

Thesauriera, s. f. Femme de trésorier (thesaurier). 

Gonterollessas Theaaurieraa (v. 119). 
Sus, Thesaurieras, simpletas^ non pont fìeras. 

ÇLa Requeste, etc.) 

TiRAMASSA, s. f. Action de tirer, de traîner plusieurs en- 
semble ; sorte de jeu d'enfants. Employé dans le passage cité 
avec un sens détourné. 

Fray Germanon delz Augustis 
Es vn home fort necessary 
Goma notable Gommissary, 



— 181 — 

Per iogua à la Tiramasm (vv. 496 à 499). , 

Subst. masc. : Al Ura massa ques causa fort nouuella. 

{La Requeste; Epistre en iangaige tolosain.) 

V. ci-dessus amassa et la Note de la page 82. 

TiRBT, s. m. Sorte de coiflTure de femme. 

Mais ellas se contentaran 

De portar qualque bel Tiret (vv. 168 à 169). 

Tiì^et : Petitbateau de rivière. 

(Roquefort, Gloss. de la langue rom.y t. II, p. 626.) 

TocAR, V. Toucher, sonner. 

Deuant que no toquen completas (v. 695). 

Car vespras toca/n, et nous y calana. 

{La jRegttCíte/Bpistre.) 

« Item lo dit Mosso lo Rictor deu far tocar las campanas a sos 
« clcrcs. » {Coutumede Cinctegabelle .) 

Touca en patois, avec le même sens. (Doujat, Dict.) 

Quand la campano toque l*ordo. 

(Goudelin, Obr., II, p. 40.) 

Les relotges nou tocon plus 

Quant lour doston les countropeses. 

(Gautier, Recuil, p. 41.) 

TosTEMPS, adv. Toujours, en tout temps. 

Car i'enfant en pensant songea 

Vous pissaria tostemps al lyeyct (vv. 620 et 621), 

Tostemps fust orgolhos et gueregaire . 

(Girard deRossilho(12«siècle), dans Bartsch, 
Chrestomathieprov., 35, 15.) 

Tostem et toustem sont restés dans le patois gascon ; le patois 
toulousain les a perdus. 

Lou baùous limac, dab sa 'scumo, 
Beng toustem argenta mous bers. 
(Bedout, hu Parterre gascoun: Soulitude amourouse.) 

Ta bousse da toustem à touts. 

(/&., A un aumouyné.) 

TouT-sciAU, adv. Tout doucement, tout bas. 

Parlant tout sciau entre sas dentz (v. 514). 



— 184 — 

Le vieux frarçais eut vefox, velouxetveloui. Velos, enroman, 
devìnt behtis en patois toulousain. 

Un mantou noou me farè fa 
D*un drap de bint escuts la cano, 
Doublat ue belous ò de pano . 

(Goudelin, 06r., p. 139.) 

Quand uflo soun se merbeiilous, 
£ que tout siaûet me capigno 
D'uno maneto de belous, 

(Goudelin, Obr,, p. 97.) 

Elo laisso ana sus talous 
Soun bei coutilhou de bêloua, 

(De Valès, ïEnéid. de Virg., libr. I.) 

Que semblo un|tapis de beloue. 

( De Cortète, las Lermos del Grábè. ) 

Vbnt Follbt, s. m. Esprit follet. 

Quant femnas se yran passegea 

Sy trobaban le vent follet 

Que cor pel sol en virollet 

Encontinent se arestaran (vv. 375 à 377). 

On disait aussi follet en roman. Le patois a de même con- 
servé ben foulet et foukt : 

Si ÌQfoUt le Milh n'amassa ( v. 385 ). 

Jou sauti, jou me ronci, y fauc un biroulet 
Goumo s'èri poussat de cauque benfoulet. 

( De Gortòte, M%ramondo,dkQi. 111, sc. 3.) 

Aquos es mfouUt qiiand ellc cs per rhoustai. 

(Michaille, les Mariagea rabillez (1647), p. 34.) 

Las lllhos d'aquest temps van coumo {\QfouUt8, 

( Las Aventuroe de Gazetto, p. 26 ) 

En gascon holet : 

E si tu n'as autes cops holejat 
Dam le hoUt. 

( Pey de Garros, Poe^iae, Egloga VII.) 

Dans le passage de Pierre de Garros auquel j'ai emprunté 
cette citation, se trouve indiquée la manière de se débarrasser 
du foliet, à Taide du mii répandu à terre, telle qu'elle est dé- 
crite dans les Ordonnances, pp . 36 et 37 . 



- ISf) — 

Ventura, s. Aventure. 

— V. aussiit. Adventura. 

« Per ventura, Dieu metra al coratge de Lemperador que el aura 
merse de nos. » 

(Vita€bri8ti(1544).) 

Vertbilh, s, m. Peson de fuseau. 

Mais a la fín per lo conseìlh 

De la Conolha et del Verteilh (vv. 99 et 1 00 . ) 

Le roman avait vertelh, que Rajnouard a inscrit avec la 
seule acception á'articulation, Bertel, peson, en patois tou- 
lousain ( Doujat, Dict. ) 

Les Évangiles des Quenouiiles portent vertoiles : « Sur ce se 
)) commencèrent toutes à elles lever et prendre leurs que- 
» nouilles, fuisseaux, fuseez, happlez, vertoiles, tourés et au- 
)) tres bagaiges appartenansà Tart de fillerie. )) (3* journée.) 

M. P. Jannet a traduit, avec doute il est vrai, vertoiles par 
courroics ( Évang, des Quen., nouv. édit., 1855, Glossaire — 
Index, p. 167. ) 

Vespra, s. f. Veille, le jour précédent. 

Faretz la vespra dels Lres Reys (v. 334). 
Per ia vespraáe la Assentieu (v. 389). 

Du latin vespera. Le patois a fait brespo de vespra, par 
transposition de IV. Le roman avait vespre, soir, brespe en 
patois. 

La brespo de soun gran banquet. 

(Grimaud, la Bido de S. 5., p. 25.) 

Veusa, s. f. Veuve. 

La veusa do mestre Danis (v. 10.) 

« Disals veuzes ot veusas que grandament lor os bon que se ten- 
» guen en aqiiel estat. » (Lo Doctrinal de sapiema,) 

Rajnouard a relevc veuva et vezoa [Lex, rom.), de vidua en 
latin. Veusa, mentionnó par Rochegude {Gloss. occit.), est de- 
venu beiiso en patois, par le changement régulier du i; en ^ et 
de l'a terminal en o .* 

De las béusoses le payre. 

(Grimaud, la Biáo de S.-B., p. 264.) 

1 



— 186 — 

Jesas paire des onrfelins 
£ de la batêo delaìssado. 

(ÂmiUia, TaU., p. 72.) 

ViROLLBT, 8. m. Toarbillon, piroaette. 

8y trobaban le vent foUet 

Que cor pel sol en viroUet (yy. 375 et 376). 

Da bas latin virare, virer ; virar en roman, bira en patois. 
ViroUet oa mrokt est devena notre biroulet: 

Joa sauti, joa me ronci, y fauc an Uronìei, 
(]oamo 8*èri poussat de cauque ben foalet. 

(Oe Gortète, Miranumdo, act. III, sc . m.) 
Yoou, 8. m. (Euf. 

Am yoous en fìure, ou dam formatge (y. 61 .) 

(' Yoou, (Buf. » (Doujat, Dict.) Rajnouard a les variantes 
saivantes : ov, uov, ueu, du latîn ovum. 

Les yoous en bure des Ordonnances étaient les yoous al òurre, 
que Doujat (Dict.) a défìnis csufs au miroir, 

a Ah I luzentos dos estelos del cèl,autres cops pouliquets dins un 
yoou de cygne.» (GoudeUn, Obr., p. 201.) 

Soun mantou court n'èro pas noou, 
Mès b*èro frounzit coum'un yoou. 

(GoudeUn, Oòr.,p.90.) 

E may uno doutzeno 
B'ioous que ben de leba. 

{Noèlsnouv., p. 10.) 

Bcoumo (ïyoous les espouti. 

(De Valès, VE>néid. de Virg., Ubr. 111.) 

Ypocras, 8. m. Hypocras. 

£n ly fasen mangea vna rosta 

Trempada am de bon ypocras. (vv. 632 et 633.) 

« En belcop de locs a las grans festas disen quels deven aver vy 
» despicias: so es ypocras ho pymens.» {Lo Doctrinal de sapiensa.) 

Ypocras, vin d'Hippocrate, devint ypoucras en patois. On 

cUsait aussi bipoucras. 

VHypoucras inhentaX per le gran Hypoucrato. 

(Qmt rouyal, refrain (XVII« siècle).) 

Dins un bòl beyre net porton lour ypoucras. 

(GoudeUn, O&r., p. 157). 



— 187 — 

A qui, per chiica Vypoucrcía, 
Les pots fan toutjoun tìfo-tafo. 

(Goudelin, Obr,, p. 99.) 

S'abèts la pepido, 
Nou l'endurets pas, 
Dins le bipoucraa 
Fasèts uno roustido. 

( VAzempre de Nadal, p, 20.) 



LISTE 



DE OUVRAGES CITES DAKS LE GLOSSAiRE 



Abis d*un boun pastou à sous parrouquìas. [Toulouse^ époque ré- 
volutionnaire]. Br. in-8o. 

Abis salutari a1 paure pople de Toulouso et de las campagnos. 
[Touhuae, époque révolutionnaire.] Br. in-8o. 

Acoumplissomen (l') del canal. ou las Nossos de TOcean è de la 
Mediterraneo, faitos à Castelnaudary, le 19 may 1681. Touhuse^ 
1681. Br. in-4o. 

Amilha. Le Tableu de la bido del parfet crestia^ etc, è un Dicciou- 
nari per resclarcissomen des mots les plus difíciUes de nostro len- 
guo explicats en francés. Toulouse, 1673 ; in-8o. 

Antiquité (V) du triomphe de Besiers, au jour de l'Ascension, etc. 
Besiers, en deux parties, 1628 et 1644 ; in-12. 

AsTROs (G. D'). Estreo generalo. Dans Poèsies gascones [XV11« 
siècle]. Pam, 1869; 2 vol. pet. in-8\ édition de M.F.T. 

Au Loup. [Toulouse, 1790.] Br. in-8o. 

Aventuros de Gazetto (Las), dans le Triomphe de Besier» au jom 
<fer-á«ce7mow, etc.Besiers, Jean Martel, 1644, in-8o; réimprimé 
t. Yl, p. 275, du Bullelin dela Société archéohgique de Béziers. 

Azempre (1) de Nadal, o autromen Noels (sic) à Taunou delas Festos 
quo la Gleyso coubido quad'an per acoumpagna la soulennitat de 
la nayssenço de Nostre-Seigne. Tolose, 1668; in-12. 

Bârtsgh (Karl). Ghrestomathie provençale, accompagnée d'une 
grammaire et d*un glossaire. Elberfeldy 2« édit., 1868; in-8*>. 

Bardtel (de). Le Triomphe de PEglantine. Tohae^ 1651; in-4o. 

Bedout (Gabriel). Lou Parterre gascoun, coumpouzat de quouate 
carreus. Bourdeus, 1642; in-4o. 

Bole (P.) Le Germe de Noêl sorty de la lerre foeconde {sic) de 
Marie par la rosée céleste. Noêls nouveaux. Tohse, 1668;in-12. 

BoREL (Pierre). Tresorde recherches et antiquités gauloises etfran- 
çoises réduites en ordre alphabétique. Pam, 1655; in-4^. 



^ 190 - 

BoBLiÈRE (Pierre). Huyctain de Pierre fìoriière à son amil'auteur. 
4 la suite des Ordonnances, 

BouDET (François). Le Triomphede l'Eglantine. Tolose^ 1656; in-4*, 

Galmon (Jean de).Vers capcoal, siguen compasd'acen decoblaen 
cobla. (Dans las Joyas del gay sàbtr, p. 59.) 

Cansou : Uautre jour m*en anabi 
Debès nostre Gommunal. 

[XVII* siècle.] Un feuillet in-4v 
Gant royal.Le Poul [Toulouse, XVlPsiècle]; in-4®. 
Gatel (G.).Histoire des comtcs de Tolose. Tolose, 1623; in-foL 

GHABANEÁU.Grammairelimousine. Paris, Maisonneuyeyl876;in-8^ 

(Extrait de la Bevue des languea romanes ,) 

Glabag (de), Arlequin ou Grapignan gascou, coumedio. Lyon 
[XVIÍesiècle]; petit in-12. 

On lit à la fìn de ce rare livret : « Get ouvrage a été donné 
par le sieur de Giarac Duvernet [du Vernet] en Foix. » 

GoRNET (Raymond de). Lettras. Manuscrit du XlVesiècle. 

GoRNET (Raymond de). Versa.Manuscrit du XIV« siècle. 

Gette pièce de vers a été publiée sous le faux titre de Gesta 
defraPeyre Cardinal^ dans Raynouard, Lex.rom.^t. I, p.464. 
V.Noulet, las Joyaa del gay saher^ Notes, p. 247. 

GoRTÈTB (François de). Ramounet, ou lou Paysan agenez tournat 
dela guerro. Pastouraloen lengatge d'Agen. Agen, 1684; in-8o. 

Gortètb (François de). La Miramondo, Pastouralo En Lengatge 
d'Agen, etc. Agen, 1700; in-8®. 

GoRTÈTE (François de).I.as lermos del Grabié. (A la suite de la 
Miramondo.) 

Goutumes de Gintegabelle. Ms. 

Daydê (Henric). La gloriodel canal de Nadal.Toío«6[1667]; in-12. 

Delprat (G.). Las Bucolicos de Birgilo^ tournados en bers Age- 
nez. Agen^ 1696; in-12. 

Dimenje (le) de las Goumaires. A tout l'azempre des Goumpaires. 
Per B. B. T. [Toulouse], 1626; in-8o. 

Doctrinal (lo) de Sapiensa en lo lenguatgo de Tholosa. Jean Grant 
lohan libraire demoran a Tholosa al canton de la Portaria. 1504; 
petitin-fol. 



- 191 - 

Ge livre, dont on ne connaît encore que rexemplaire de ma 
bibliolhèque, n'est, en grande partie, qu'une traduction ro- 
mane d'un texte latin du XIV" siècle, translaté déjà en fran- 
çais au XV* . 

Douctrino (la) Grestiano meso en rimos, per poude èstre cantado 
sur dibórses ayres , ò per afal ajuda la memorio del popple de 
Toulouso. Toulouso, 1641; in-12. 

DoDJAT 'Jean). Le Dicciounari moundi, de la oun soun enginats 
principaiomen les mouts les pus escarriés, an l'esplîcaciu Fran- 
cezo, etc. ToulousOj 1638; à la suite de le Eamelet moundi, del 
S. Goudelin. 8. pagination. 

Le Dictionnaire de Doujat n'a cessé d'accompagner les nom- 
breuses éditions des CEuvres de P. Goudelin. On le trouve 
parfois à part. 

Despiéyt de Damo Glamenço sur la mort de Goudouly. Dizen. ( A 
la suìte de las Obros de Pierre Goudelin, édîtion de J. Pech, 
1678.) 

Dialogo sul dangé de la Patrio et de 1a Gountro-reboulucìou. Br. 
in-8°. (Période révolutionnaire.) 

Dd Ganqb (Garol. Dufresne). Glossarium mediae et infimaB latini- 
tatis. Paris, 1678; 3 vol. in-fol. 

La dernière édition^ par Henschel, est de 1840-1850. Paris, 
7voI. in-4^. 

Esclabo (r) indifíerent sur las andouillairos. In-4®, 1 p. sans lieu 
ni nom d'auteur ni d'imprimeur. 

Evangiles des Quenouilles (les). Nouvelle édition revue sur les 
éditions anciennes et les manuscrits, avec préface, glossaire et 
tableanalytique. PariSy P. Jannet, 1855;in-12. 

FoDCAUD (J.). Poésies en patois limousin. A la suite de Quelques 

fableè choisies de la Fontaine,mÌ8e8 en vers limousins, Limoges, 1809; 

2voI. in-12. 
Flors (las) del Gay Saber estier dichaslas leys d'Amors. Dans les 

Monuments de îa littérature romane depuis le XIV^ siècle, publiés 

par M. Gatien-Arnoult. Toulouse, 3 vol. in-8°. 

Fdbetière (Ant.). Le Dictionnaíre universel. Eotterdam, 1690; 
2 vol. in-fol. 

Garros (Pey de). PoesiasGasconas de Pey de Garros Laytores, 
dedicadas a Magniphic e poderos Princep lo Princep de Nauarra 
son Sefío. ro/o«a,1567; petit in-4®. 

Garros (Pey de). Psavmes de David virats en fìhytme gascon 



á 



- lí>2 — 

per Pey de Garros Laytores, Dedicats a sa serea maiestat de la 
Regina de Nauarra. Tolosa, 1565; petitin-4<^. 

Gautier. Recuil de pouesios de la Muso moundino, imprimados 
aqnesto annado. [Toiilouse], 1671; in-12. 

GouDELiN (Pìerre). Las Obros de Pierre Goudelin, augmentados 
d'uno noubèlo floureto. Toulouso, ÌMS et 1647 (sic); in-4o en 
deux parties . 

II y eut antérieuremfìnt à cette édition, à laquelle nous ren- 
voyons pour nos cìtations, denombreuses éditionsdesCEuvres 
de ce poête, publiées avec le titre de Bamelet moundi, 

Granié (le) de Nadal, que counserbo le pur Froument doun se fa 
le Pa des Anjos. Nouels noubelets faytis per D. C. N. de 
Toulouso. Toulouso [ 1667]; in-12. 

Grimaud (B.). Le Dret Cami del Cel dins le pâys moundi, O ia 
bido del gran patriarciio Sant Benoist, etc. Toulouso, 1659; 
in-8». 

GniMAUD (B.). La Granoulratomachio, o la furiouso è descaradoba. 
taiilo des Rats è de las Granouillos, jouts le Regne de Rodilard 

è de Croacus, etc. Per B. G. T. (B. Grimaud, toulousain). Tou- 

louso, 1664; in-12. 

GuiGHARD (Claude). Funérailles et diverses manières d'ensevelir des 
Romains, Grecs, etc. Lyon, 1581; pet. in-4®- 

GuiLLAUMB DE LA Barre. Roman d'aventure, composé enlSlS pa, 
Arnaud Vidal, de Castelnaudary. Notice accompagnée d'un glos- 
saire, par Paul Meyer. Paris^ Franck, 1868; in-8**. 

HôPiTAL (Be de L'). Planh de Crestianclat contra lo gran Turc. 
( Dans las Joyas del gay saber, p. 83. V. ce titre.) 

Jasen piucèlo (ia). Nouèls causits des plus renomats auturs del 
darnié siècle. [Toulouso, XVlle siècle.] In-12. 

Joyas (las) del Gay Saber. Avec la traduction littérale, des noíes 
et un glossaire, par le D. J.-B. Noulet. Dans les Monuments 
de la littérature romane , 2« publication, par M. Gatien Arnoult. 
Tolou^sey 1848; ivol. in-8o. 

Joyeuses (les) recherches de la langue tolosaine, par Claude Odde 
deTriors. Tolose [1578]; petit in-8o. 

Laborde. Cant rouyal. L'Hypoucras inbentat per le gran Hypou- 

crato. [Toulouse, XVII" siècle.] 3 pag. in-4<>. 
Lafailliì (Germain). Annales de la villo de Toulouse, etc. Toulouse, 

1687-1701; 2 vol. in-fol. 



— 193 — 

La SALE(Antoine de). L'Hystoireet plaisante^chronique du Petit 
Jehan deSaintré etde laJeune Dame'desbelles Goasines, sans 
autre nommer. 

Edition de J -M. Guichard. Paris, 1843; in-i2. 

Letro moundino sur la joyo de Toulouso, per le reooubromen de 
la Santatdel Rey. [Toulause, 1687], 3 pag. in-4* à 2 col. 

LiTTRÉ (E.). Dictionnaire de la languefrançaise. Paris, 1863-1873; 

4 voL in-4o. 
Livre d' Gstime du Gapitoulat de]^1a Daurade. Registre manuscrit 

aux Archives municipales de la viUe de Touloi\se . 

Livre des débiteurs de la viile de Toulouse. Registre manuscrit 
aux Archives de la ville de Toulouse. 

Lugra (le) de miejo-neit lebat pel salut des homes. Nouels nou- 

belets. Toulouse [XV11« siècle], in-12. 
» 
Maladee (P. de). Dansa de Nostra Dona. ( Dans las Joyas del gaý 

saber, p. 193. V. ce titre. ) 

Ménaoe. {Dictionnaire étymologique, ou origine de la langue 

françoise. Faris, 1694; in-fol. 

Miral (le) moundi, pouemo en bint et un librò, Ambe soun Dic- 

tiounari, etc. ToulousOf 1781; in-12. 
MoNTAiQNE (Michel de). Essais. 
Mout de'Ietro sur la nayssenço de Mounseignou le duc de Bour- 

gougno; Mout de letro de Tamic à ramic. [Toulou8e,lòS2.] In-4o 

de 4 pages. 
Nérie (rabbé). Letro de Moussu Nério, ritou d'Alzouno (envers), 

publiée dans la Revuedes langues romanes, 1'esérie, t IV, p. 590. 

NïcoT (Jean). Trésor de la langue françoyse, tant ancienne que 
moderne, etc. Farisj 1606; in-fol. 

Noêls nouveaux^sur les plus beaux airs du temps. Touhuse, 1707; 
in-80. 

Noels nouveaux à la gloire de Dieu et de la Yierge Marie, compo- 
sés par M« A. B. P. E. Toulouse [XVíle siècle] ; in-12. 

Nompareilhas (las)Receptas, per fa las femnas tindentas.rizentas, 
plasentas, polidas et bellas, etc. Tolose, 1555, petit in-8o. "*" 

CEconomialdomus domini sou liber de sacramentorum administra 
tione,'etc. Lyon^ 1538; petitin-4o. 

On trouve dans co volume, sous le titre de Modus concionandi 
ad populum, un'prône en languej'vulgaire de Toulouse (enlen- 
gage uulgar de Tholosa), du fol. 87 au fol. fínal 91. 
Pastouralo (la) de Nadal. Toulouso [1668], in-12. 



i 



- 194 — 
Petìt Jehan de Saintré. Y. La Sale. 

Pbyròt (Glaade) . Les Quatre Baisons, ou les Georgiques patoises, 
poeme par M. P. A. P. D. P. (Peyrot, ancien prieur de Pra- 
dinas), en Rouergue. 1774, in-8". 

Pdylaubens (G . de). Ghronicon Magistri Guillelmi de Podio Lau- 
rentii. A la suite de VHistoire des Comtes de Tolose^ par G. GateL 
rofow, 1623,inrfol. 

QuiCHERAT et Daveluy Dictionnaire latin-français . Pam, 1870; 
in.8». 

Rabelais. (François).CEuvres deF.Rabelais.Edition de L. Jacob. 
Pam, 1845; in-1 2. 

Ratnouard. Lexique roman, ou Dictionnaire de la langtie des 
troubadours, etc. Paris, 1838-1844; 6 vol. in-8«. 

Recaut (J.). Vers íigurat per coblas sparsas. (1462.) ( Dans Uu 
Joycís del gay saher^ p . 1 39. ) 

Reflexius mouralos sur ia naissenço de Nostre Seigne, faitos per 
R. D.X. T. Tolo8e[\m\\ petitin-8«. 

Réqniee (Mathurin). Les épitres et autres oeuvres. Londres, 1730. 
Regret de Tircis. A la suite de laa Obros dePierre Goudelin. Tou- 
Umse, 1678;in-12. 

Requeste (la) faicteet bailiée parles Dames de la ville de Tolose, 
Aux messieurs, maistres et mainteneurs de la gaye science de 
Rhetûrique, au moys de May, etc. Tolose, 1555: petit in-8®. 

RocHEGuDE (de). Essai d'un glossaire occitanien, pour servir à 
l'intelligence des poésies des troubadours. Toulotise, 1819; in-8°. 

RoNBAED (Pierre de). Les diuvres de Ronsard. Paris, 1623; 2 tom. 
in-fol. 

Roman de Flamenca (le), publié d'après le manuscrit unique de 
Garcassonne, traduit et accompagné d'un glossaire par Paul 
Meyer. PariSf 1865, gr. in-8o. 

RoQUEPORT (J.-B.-B). Glossaire de la langueromane. Pam, 1808- 
1820; 3 vol. in-8'. 

Salut de Nadal (le) embouyat de Diu as homes. Per D. G. N. de 
Toulouso. Toulouso (1668), in-12. 

Sauvaoes (l'abbé de). Dictionnaire languedocien françois, etc. Nis- 

tnesj 1785, 2 vol. in-8o. 
Sbrê. Le Poble moundi à Mounseignou le prumié President (de 

Bertier). [Toulouse, 1710], 4 pages in-4*. 



— 195 — 

Siècle (le) malhurous, o la Banitat de las fennos è fîlhos del tens. 
Stanços bertadieros. [TouUmse^ XVll» siècle], 4 pages in-4o. 

THiERS(l'abbé J.B.) TraitédessuperstitionSjetc.i'am, 1741, 5« éd. 

Thresor(le) descubert dins Testable de Bethleem, ou autromen la 
Mouralo su la Naissenço de Nostre-8GÌgne, su la bisito des Pas- 
tous, su TEstelo des tres Reys, è lour bisito, etc. Tolose [1668]; 
in-12. 

Tarif des droits de leude. Extrait du verbal de la traduction du ta- 
rif des droits de leude, péage et guidonage, qui se perçoivent en 
la villede Toulou.se. Toulouse, 1761; in-4o. 

Le Tarif Catalan (sic) vient à la suite, avec la traduction française 
en regard. 

Valès (Jean de). Virgilo deguisat o TEneido burlesco. Touloueo, 
1648; in-40. 

Ce volume ne contient que le travestissement des quatre 
premiers livres de VÉnéide. 

Je possède des OEuvres manuscrites de J. de Valès : 1® las 
6 Satiros de Perso ; 2° las Bucolicos o Eglogoa de Virgilo ; S® las 
Georgiquoe de Virgilo ; 4® VEneidode Virgilo ; 5° Virgilo deguiaatj 
compiet. 

J'ai en outre, du même auteur, la Pastouralo et quelques 
autres pièces détachées. 

Vita Ghristi. La Vida de Nostre Saluador et Redemptor Jesuchrist 
al lengaget (eic) de Tholosa, etc. Nouueiament imprimada aldict 
Tholosa.1544, petit in-4o. (BibliothèquedeM. le D' Desbarreaux- 
Bernard.) 



— 11»? — 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



P. 25, V. 158 : Hspz grands ou, mieux, grans, au lieu de grand. 
P. 27, V. 192 : mettez une virgule à la íìn du vors. 
P. 27, V. 193: mettez une virgule àla finduvers. 
P. 31, v. 268 : enlevez la virgule à ia fin du vers. 
P. 37, V. 361 : remplacez le point par une virgule. 
P. 43, V. 484 : hota, lisez hote . 
• P. 47, V. 542 : portez le crochet de la parenthèseavant arregardats. 

P. 59, v. 774: mariatge, \ì?>qz r%aridatge . 
. P. 98, l. 2Qfjoueno8j ììs.jouenes. 
P. 101, 1. 7: aigo-seignados, lis. aigo-seignado . 
P. 110, 1. 34 et 35 : cheminego, lis. chemineyo. 
P. 125,1. 36: Pentagruel, lis. Pantagruel. 
P. 132,1. 28: Extreo, lis. Estreo. 
P. 135, 1.4: huckney, lis. hachney. 
P. 135, 1. 13 : equns, lis. equus. 
P. 141, Ze?wío7?Mi, ajoutez ; 

Lendonuí de mati els intreguen totz en lor synagogua. 

(Fíto Christí (1544).) 
P. 145, ajoutez : Matinas. s, f. pl. Livre des Matines. 
Mecta ioux lo cap vnas matinas Iv. 723.) 

Matinas, avec l'acception de livre d'église, contenant lesMatines, 
manque dans lo Lexique roman de Raynouard. 
P. 148 : Missa, ajoutez : 

Lemperador et son filh Titus sen aneguen a la Missa de sanct 
Glement. Et quant eJs agueguen ausida la Missa, els sen aneguen 
al Palays. ( Vita Christi.) 

P. 152, 1.25 : VíS.paUs, au lieu depa/í. 
P. 1 57^ 1. 25 ifangilo^ lis. fan gih, 
P. 159 : Plaure, ajoutez : 

Car eXplauria quaranta iorns et quaranta noheytz. 

{Vita Christi.) 



/ 



- 198 — 

P. 159, Pleja. Ajoutez : 

Dieu la vetz fec venir la pma. 

{VitaChrUd.) 
P.160, 1. 18, Im, li8. L(w. 
P. 174, ajoutez : 

3b, 81, 8Y, conj. si|: 

Et M y auia qualque fallota 

Rspaoholada et muguetoUa 

Que volguossa fa de folla (vv. 172 à 174). 

Et si lo marit ly ho mante, 

Tout be contat per lo menut 

Merita be d'estro Gornut (vv.l82à 184). 

Quant femnas so yran passegea, 

Sy trobaban le vent follet 

Que cor pel sol en viroUet 

Eacontinent se arrestaran (vv. 374 à 377;. 

Bi et se dérivent du latin si, que le roman classique adopta. Au 
XVI* s'iècie, 8i prédomina, tantôt exclusivement employé, comme 
dans le Doctrinal de sapiensa; tantôt concurremment avec«e^ comme 
dans les Ordonnances^ qui fournissent do nombrenx exemples de ces 
deux formes,que l^on retrouve dans ÌB.Reqîieste et dans les Novvpareil- 
lasReceptas. Depuis le XVIP siècle, se a complétement remplacé si, 

P. 174, 1.37, quatresj lis. quatre. 



Un scrupule me vient au sujet des trois mots Belinayre, p. 102; 
— Broquier, p. 105, et Carbossas, p. 108 du Ghssaire. Ne pouvant 
appuyer Pinterprétation que j'en ai proposée sur aucun texte, je 
crois devoir attirer sur eux Tattention des lexicographes. 



TABLE 



Pages. 

Introductîon v 

Texte de 1555 .- 14 

Texte corrigé 15 

Notes 65 

Glossaire 89 

Liste des ouvrages cités dans lo glossaire 188 

Additions et corrections 197 

Table des matières 199 




V 



f ftl ■ 



y 



JUri C ^ i:îoo