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Full text of "Miréio poéme provencal"

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Sîarbarlï  CoUcgc  ÎLibratj 

THE  GIFT  OF 

FREDERICK   ATHERN   LANE, 
OF  NEW  YORK,  N.  V. 


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MIRÊIO 

POÈME   PROVENÇAL 


FRÉDÉRIC  MISTRAL. 


ÉDITION  PUBLIÉE  POUR  LES  COURS  UNIVERSITAIRES 

PAR 

BDUARD    KOSCHWITZ 

AVEC  UN   GLOSSAIRE 

PAR 

OSKAR  HBNNICKB 

ET   LE   PORTRAIT   DU  "pOÈTE. 


MARBURG 

N.  G.  ELWERT,  LIBRAIRE -ÉDITEUR 
PARIS  MARSEILLE 

H.  LE  SOUDIER  P.  RUAT 

LIBRAIRE-ÉDITEUR  LIBRAIRE   DE   l'DNIVERSITÉ 

174,     BOULEVARD    S <^  GERMAIN,    176.  54,  RUE  PARADIS 

1900. 


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imprimerie  O.  Otto.  Darmitadi. 


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PRÉFACE. 


Après  la  publication  de  ma  Grammaire  de  la  langue  des 
fUïbres  (en  1894),  des  amis  du  Félibrige  me  demandèrent 
soit  une  anthologie  ou  un  manuel,  soit  l'édition  d'un  ouvrage 
néo- provençal  préparé  pour  l'usage  des  personnes  qui 
désirent  s'initier  sérieusement  à  la  lecture  de  la  littéra- 
ture félibréenne.  En  effet,  cette  littérature  manquait  entière- 
ment d'un  livre  de  lectures  publié  dans  ce  but.  Les  Fleurs 
félibresques  de  M.  Hennion  (Paris  1883),  les  Flour  de  Prou- 
vènço  de  M.  Delille  (Montpellier  1885)  et  les  nombreuses 
éditions  d'auteurs  provençaux,  avec  traductions  françaises  en 
regard,  ne  s'adressaient  qu'au  grand  public  français  et  ne 
cherchaient  qu'à  faciliter  l'accès  du  contenu  des  œuvres  mé- 
ridionales, sans  exiger  une  étude  tant  soit  peu  appro- 
fondie de  la  langue  des  auteurs.  Ne  pouvant  nier  l'utilité 
ou  la  nécessité  de  la  proposition  qu'on  me  faisait,  je  lui  ai 
donné  suite  et,  dans  cette  intention,  j'ai  demandé  à  M.  Mistral 
de  vouloir  bien  m'autoriser  à  publier  une  édition  classique  de 
sa  Mirèio^  chef  d'oeuvre  par  excellence  de  la  nouvelle  littéra- 
ture, et  pour  cela  le  plus  digne  de  servir  d'introduction  à 
toute  étude  félibréenne.  M.  Mistral  a  eu  la  bonté  non  seule- 
ment d'acquiescer  à  mon  désir,  mais  encore  de  me  prêter 
son  concours  pendant  la  préparation  de  cette  édition.  C'est 
avec  un  véritable  plaisir  que  je  lui  en  exprime  mes  remercie- 
ments. 

Une  édition   faite  pour  le  public  auquel  nous  pensons, 
demandait   une   Introduction    littéraire,    un  Texte    des    plus 


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IVà  phéface. 

corrects,  des  Notes  explicatives  et  un  Glossaire  étymo- 
logique. Dans  V Introduction^  il  fallait  donner  une  histoire 
sommaire  du  Félibrige,  inséparable  de  notre  auteur,  une 
biographie  de  M.  Mistral  et  quelques  réflexions  sur  son 
œuvre,  spécialement  sur  Mirèio,  Malheureusement  il  est  im- 
possible de  bien  connaître  et  de  bien  étudier  les  évolutions 
de  la  Renaissance  littéraire  du  Midi  français  sans  être  félibre 
actif  et  sans  habiter  le  pays  du  Félibrige.  Une  grande  partie 
de  cette  littérature  est  entièrement  inaccessible  aux  profanes 
et  aux  étrangers.  Je  n'avais  donc  que  le  choix  ou  de  ré- 
péter à  peu  près  ce  que  j'avais  dit  dans  mon  étude  Veher 
die  provençalischen  Feliber  und  ihre  Vorgdnger  (Berlin  1894) 
ou  de  faire  un  emprunt  à  plus  savant  que  moi  en  matière 
félibréenne.  Reconnaissant  l'impossibilité  de  donner,  en  si 
peu  d'espace,  une  histoire  du  Félibrige  aussi  exacte,  aussi  neuve, 
aussi  bourrée  de  faits  que  celle  publiée  par  M.  Mariéton  — 
chancelier  du  Félibrige  et  auteur  du  classique  «journal  de 
route»  La  Terre  provençale  —  dans  la  Grande  Encyclopédie  s.  v. 
Félibrige^  j'ai  préféré  ce  dernier  procédé,  et  je  me  suis  adressé 
à  l'auteur  pour  lui  demander  la  permission  de  me  servir  de 
son  article  pour  notre  Introduction.  M.  Mariéton,  qui  le  ré- 
imprime lui-même  en  ce  moment,  avec  notes  additionnelles, 
dans  son  Précis  de  Vhistoire  des  félibres  (3*  chap.  de  sa 
Provence  Nouvelle  [1550—1900]),  m'a  gracieusement  accordé 
toutes  les  autorisations  voulues,  et  ainsi  on  trouvera  p.  i — xx 
de  notre  Introduction  —  à  quelques  petites  omissions  et  ad- 
ditions près  —  une  reproduction  textuelle  de  cet  article  d'En- 
cyclopédie, qui  par  l'exactitude  de  son  information,  pat  la 
justesse  de  ses  appréciations  et  par  son  grand  nombre  de 
faits  accumulés,  était  tout  prédestiné  pour  le  nouvel  emploi 
que  nous  lui  avons  trouvé. 

Cet  emprunt  réussi  m'a  encouragé  à  en  essayer  un 
second.  Mistral  a  trouvé  dans  M.  G.  Paris,  Bévue  de  Paris^ 
1894,  I,  478  ss.  et  II,  58  ss.  (réimpression  dans  les  Penseurs 
et-  Poètes  du  même  auteur,  Paris  1896)  un  biographe  et  un 
juge  littéraire  d'une  telle  compétence,  d'une  telle  pénétration 


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PRÉFACB.  \k 

et  d'une  telle  puiesaDce  de  style,  qu'il  me  semble  impossible 
de  mieux  présenter  et  de  mieux  apprécier  notre  auteur  et 
son  œuvre.  On  ne  saurait  surpasser  M.  Paris  que  par  l'ad* 
dition  de  détails  et  par  l'entreprise  de  recherches  minutieuses 
là  où  il  s'est  contenté  de  donner,  de  main  de  maître,  des 
Yues  d'ensemble.  Une  pareille  amplification  de  l'étude  de 
M.  G.  Paris  ne  serait  pas  entrée  dans  le  cadre  de  notre  Intro- 
duction où,  au  contraire,  il  fallait  se  borner  à  répéter  une 
partie  seulement  de  ce  que  M.  Paris  avait  si  brillamment  dé- 
veloppé. Dans  ces  conditions,  il  m'a  paru  plus  simple  de 
donner,  au  lieu  d'un  aperçu  plus  ou  moins  original,  un  extrait 
de  cette  excellente  étude,  et  M.  G.  Paris,  informé  de  mon 
intention,  n'a  pas  été  moins  bienveillant  pour  moi  que  M. 
Mariéton,  et  a  bien  voulu  servir  aussi  pour  sa  part  (Introd. 
p.  xxu—  xxx)  comme  introducteur  au  charmant  ouvrage  dont 
nous  publions  une  édition  scolaire. 

n  ne  me  restait  qu'à  dire,  à  la  fin  de  l'Introduction 
(p.  xxx — XLUi),  quelques  mots  de  Mirèio  même.  Je  l'ai  fait, 
non  sans  marcher,  ici  encore,  sur  les  brisées  de  M.  G.  Paris. 
Espérons  que  les  trois  parties  qui  forment  l'ensemble  de  notre 
Introduction  ne  jureront  pas  trop  par  la  disparité  de  leur  pro- 
venance, et  que  les  raccords  que  j'ai  dû  faire,  ne  montreront 
pas  trop  de  saillie! 

Le  Texte  de  notre  édition  a  subi  une  revision  plus  sé- 
vère que  nous  ne  l'avons  dit  p.  XL  et  suiv.  de  l'Introduction. 
L'orthographe  a  été  réglée  sur  l'orthographe  officielle  des 
félibres,  celle  suivie  dans  le  Trésor  ;  les  concessions  faites  à 
l'œil,  dans  les  rimes  des  éditions  antérieures,  ont  été  sup- 
primées; enfin  la  ponctuation  a  été  soumise  à  une  correction 
soigneuse. 

Quant  aux  NoteSy  le  chemin  était  tracé  par  l'auteur  lui- 
même,  n  né  s'agissait  pas  de  prendre  notre  poème  pour  pré- 
texte à  toutes  sortes  d'excursions  ethnologiques,  hagiographiques, 
historiques,  botaniques,  linguistiques  etc.  etc.,  mais  d'expliquer 
uniquement  ce  qui  demandait  réellement  un  bref  commentaire 
pour  des  lecteurs  qui,  n'habitant  pas  la  Provence,  n'en  con- 


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VIA  PRÉFACE. 

naissent  pas  assez  la  topographie,  les  mœurs  et  les  croyances 
pour  pouvoir  comprendre  immédiatement  toutes  les  allusions  de 
l'auteur.  Nous  avons  gardé,  autant  que  possible,  les  notes  que 
M.  Mistral  avait  jugées  nécessaires  lui-même.  Nous  en  avons 
rejeté,  d'ailleurs,  une  partie  dans  le  Glossaire  quand  elles  y 
trouvaient  plus  naturellement  leur  place.  Nous  avons  emprunté 
d'autres  notes  au  Trésor  du  FUtbrige  où  l'on  trouve  de  nom- 
breuses explications,  insérées  par  l'auteur  avec  l'intention 
manifeste  de  faciliter  aux  chercheurs  l'entendement  de  son 
œuvre  et  de  l'œuvre  de  ses  compagnons  d'idées.  Souvent  aussi 
nous  avons  recouru  directement  au  poète  qui  n'a  jamais  manqué 
de  répondre  à  nos  questions  et  d'éclaircir  nos  doutes.  Enfin  nous 
avons  puisé,  pour  les  notes,  dans  la  littérature  félibréenne, 
dans  la  thèse  utile  de  M.  Maass  sur  les  croyances  populdres 
mentionnées  dans  le  poème,  dans  toutes  sortes  de  manuels, 
et  dans  nos  souvenirs  personnels.  Il  m'a  paru  inutile  d'in- 
diquer en  détail  toutes  ces  sources.  On  reconnaîtra  fa- 
cilement ce  qui  est  dû  directement  ou  indirectement  à  l'au- 
teur de  Mirèio.  Dès  qu'il  s'agit  de  véritables  citations  ou 
d'opinions  dont  nous  déclinons  la  responsabilité,  nous  n'avons 
pas  manqué  d'indiquer  exactement  les  auteurs  utilisés. 

Le  Glossaire  est  l'œuvre  de  M.  Hennicke.  Une  heureuse 
chance  me  fit  faire  sa  connaissance  au  moment  même  où 
j'allais  commencer  l'élaboration  de  cette  partie  importante  de 
notre  édition.  M.  Hennicke  avait  composé,  pour  son  usage 
personnel,  un  glossaire  de  Mirèio  (et  un  glossaire  de  la 
Grammaire  de  la  langue  des  félibres)  ;  il  ne  fallait  qu'ajouter 
des  étymologies  et  les  autres  indications  qu'on  a  l'habitude 
de  trouver  dans  les  glossaires  de  textes  romans.  Sur  ma 
proposition,  M.  Hennicke  a  bien  voulu  prendre  sur.  lui  cette 
charge,  et  on  verra  facilement  qu'il  s'en  est  consciencieuse- 
ment acquitté.  On  ne  pourra  qu'approuver  qu'il  n'ait  pas 
entrepris  de  trouver  des  radicaux  aussi  à  ces  mots,  pour 
lesquels  l'état  actuel  de  notre  science  n'aurait  permis  que 
des  conjectures  plus  ou  moins  hiwardées. 


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PRÉFAOR.  Vil  ▲ 

D'après  ce  que  nous  veDODs  de  dire,  Dotre  éditioD  est, 
dans  toutes  ses  parties,  une  œuvre  de  collaboratioD,  et  je  n'en 
suis  pour  ainsi  dire  que  le  rédacteur  en  chef.  C'est  probable- 
ment la  meilleure  méthode,  quand  il  s'agit  d'éditer  l'ouvrage 
d'un  auteur  vivant;  un  ti*avail  trop  personnel  de  l'éditeur  ou 
du  commentateur  aurait  été  indiscret.  Quoi  qu'il  en  soit, 
nous  serons  heureux,  si  notre  édition  de  MirHo  contribue  à 
lui  gagner  de  nouveaux  lecteurs  et  à  la  faire  passer  parmi 
les  Btandard'WOi'ks^  dont  l'interprétation  paraît  indispensable 
à  tout  professeur  de  philologie  romane  qui  tient  à  consacrer 
au  Midi  de  la  France  la  part  de  l'attention  qui  lui  est  due. 


Koschwitz. 


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INTRODUCTION. 


Au  moyen  âge,  la  littérature  provençale  était  florissante 
jusqu'à  l'époque  où  la  néfaste  guerre  contre  les  Albigeois  mit 
fin  à  l'indépendance  et  à  la  civilisation  propre  du  Midi  de  la 
France.  Les  chevaliers  du  pays  d'oc,  humiliés  et  appauvris, 
n'étaient  plus  disposés  à  se  donner  à  des  occupations  trouba- 
douresques  qui  demandaient  du  loisir  et  l'aisance;  le  clergé 
rigoureusement  surveillé  devait  abandonner,  pour  des  besoins 
et  des  travaux  plus  urgents,  la  culture  de  la  poésie  et  de 
la  prose  dévote  et  scientifique.  Les  vainqueurs  importaient 
avec  leurs  mœurs  et  leurs  idées  aussi  leur  langue,  et  l'ancienne 
langue  des  troubadours,  qui,  dans  l'idiome  limousin,  avait  ac- 
quis une  sorte  d'unité,  abandonnée  de  la  faveur  officielle, 
commença  de  déchoir  et  de  se  désunir.  Entraînée  dans  le 
courant  de  la  littérature  triomphante,  que  la  restauration 
toulousaine  du  xi\*  siècle  ne  parvint  pas  à  détourner,  elle 
perdit,  reléguée  dans  le  peuple,  jusqu'à  son  orthographe 
naturelle,  avant  de  tomber  au  rang  des  patois.  Cependant, 
le  provençal  n'a  jamais  entièrement  cessé  d'avoir  des  inter- 
prètes, et  nous  le  trouvons  très  vivant  toujours,  sous  sa  trans- 
formation récente,  en  1539,  quand  François  P'  en  interdit 
l'usage  dans  les  actes  publics.  C'est  même  alors  que  se 
manifesta  un  premier  réveil  des  lettres  provençales.  Le 
Grassois  La  Bellaudière  (1532—88),  un  Marot  provençal,  dont 
l'œuvre  posthume  fut  publiée  par  son  émule  et  ami  Pierre 
Paul,  manqua  de  provoquer  à  Marseille  une  première  renais- 
sance, en  1595.  Vers  le  même  temps,  Augié  Gaillard,  le 
fameux  charron  de  Rabastens,   avait  réveillé   facétieusement 


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II  Introduction. 

les  Muses  d'Aquitaine,  auxquelles  la  renommée  française  de 
Du  Bartas,  qui  rima  aussi  de  nobles  strophes  gasconnes,  rendait 
la  considération.  Au  siècle  suivant,  Pierre  Goudelin,  de 
Toulouse  (1579 — 1649),  un  lyrique  du  plus  haut  vol,  s'élevait 
jusqu'à  la  gloire.  En  Provence,  le  noëlliste  Saboly  gagnait 
une  popularité  qui  ne  l'a  pas  quitté  après  deux  siècles.  Sous 
Louis  XV,  le  Languedoc  tout  entier  riait  avec  le  joyeux 
çrieur  de  Celleneuve,  l'abbé  Favre,  et  le  Béarn  souriait  aux 
grâces  des  idylliques  chansons  de  Despourrins.  Ainsi  les 
idiomes  méridionaux  n'avaient  jamais  manqué  d'interprètes. 
Mais  leurs  poètes  et  leurs  conteurs,  souvent  inconnus  l'un  à 
l'autre,  s'étaient  transmis  le  flambeau,  sans  s'inquiéter  d'où 
venait  la  lumière.  Ce  n'est  qu'aux  premières  années  de  notre 
siècle  qu'on  vit  poindre,  parmi  les  écrivains  de  langue  d'oc, 
le  souci  de  la  dignité,  sinon  encore  du  relèvement  de  leur 
instrument  littéraire.  Scientifique  chez  les  uns,  apostolique 
chez  les  autres,  ce  sentiment  devait  aboutir  à  la  réhabilitation 
définitive  des  lettres  méridionales.  C'est  en  Languedoc  qu'il 
se  traduisit  le  plus  généralement  sous  la  forme  de  l'esprit 
critique.  La  plupart  des  écrivains  notables  de  cette  région 
ont  laissé  des  recherches  philologiques  ou  le  glossaire  de  leur 
parler,  tels,  au  premier  rang,  Fabre  d'Olivet  (1767—1825), 
penseur  original,  polygraphe,  qui  eut  des  parties  de  lyrique 
puissant,  et  le  marquis  de  Lafare-Alais  (1791 — 1846),  le 
savoureux  et  pittoresque  descripteur  des  Castagnados  de  son 
pays  natal;  puis  l'anacréontique  Aubanel,  de  Nîmes,  l'érudit 
Moquin-Tandon  et  Jacques  Azaïs,  le  jovial  et  verveux  biter- 
rois.  Leurs  renommées  modestes  furent  éclipsées  par  la  gloire 
de  l'Agenais  Jacques  Jasmin  (1798 — 1864),  à  qui  n'a  manqué 
qu'un  peu  de  culture,  sous  son  émotion  géniale,  pour  devenir 
classique. 

De  l'autre  côté  du  Rhône,  dans  le  premier  tiers  de  ce 
siècle,  on  était  moins  soucieux  d'érudition.  Comme  les  anciens 
troubadours,  les  Provençaux  ne  chantaient  guère  que  pour 
chanter.  Depuis  Toussaint  Gros,  leur  meilleur  poète  du 
xviii*  siècle,  toute  une  floraison  d'insouciants  troubaïres,  comme 


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Introductiom.  m 

ils  se  Dommaient,  s'épanouissait  de  la  Drôme  à  la  mer  Ìe 
Nice.  L'Avignonais  Hyacinthe  Morel,  le  Niçois  Rancher, 
l'Arlésien  M.  de  Truchet,  le  Marseillais  Bellot,  l'Aixois  Diou- 
loufet,  TAptésien  Seymard,  le  Beaucairois  Pierre  Bonnet, 
populaires  à  divers  titres,  mais  poètes  sans  profondeur,  faci- 
litaient la  germination  d'une  littérature  facile  et  obstinément 
patoise.  Trois  Marseillais,  Chailan,  le  poète  du  Gangui;  Bénédit, 
l'auteur  de  Chichois,  l'historien  topique  des  Nèrvi,  et  le  lyrique 
réaliste  Gelu,  qui  —  avec  le  Bordelais  Verdie  (1779 — 1820) 
et  le  Nîmois  Bigot  (1829  —  97)  —  méritent  une  place  à 
part,  gardaient  leurs  muses  pittoresques  de  toutes  prétentions 
à  l'art  littéraire  et  à  ia  dignité  de  la  langue.  Mais  du  grand 
nombre  des  rimeurs  comme  de  la  sociabilité  de  la  race,  de- 
vaient surgir  les  premières  tentatives  de  groupement  des  écri- 
vains provençaux,  qui,  plus  que  les  restitutions  savantes  des 
Languedociens ,  provoqueraient  l'éclosion  d'une  renaissance 
littéraire.  Déjà  en  1823  les  frères  Achard,  de  Marseille,  et 
sept  autres  «troubaïres»  avaient  donné  un  recueil  collectif 
de  leurs  vers.  Il  convient  d'ajouter  qu'en  1839  la  Société 
archéologique  de  Béziers,  présidée  par  J.  Azaïs,  avait  ouvert 
ses  concours  aux  compositions  de  langue  d'oc,  la  première 
entre  toutes  ces  académies  méridionales  fondées  pour  l'en- 
couragement exclusif  du  français.  Cette  même  année,  deux 
rimeurs  en  vogue,  Pierre  Bellot  (1788 — 1855),  qui  régnait 
sans  conteste  sur  le  Parnasse  patois,  et  l'abondant  Tarasconais 
Désanat  (1796 — 1873),  convenaient  de  publier  un  journal 
populaire.  Celui-là  le  voulait  bilingue,  celui-ci  uniquement 
provençal.  Il  en  parut  deux:  Lou  Tambourinaire  et  le 
Ménestrel  (1841—42),  de  Bellot  et  Louis  Mery  (pour  le  français), 
Lou  Bouil' Abaissa,  de  Désanat  (1841—42,  1844—46).  La 
plupart  des  écrivains  patois  d'alors  et  les  premiers  félibres 
collaborèrent  à  ces  deux  journaux.  Une  impulsion  était  don- 
née qui  permettait  de  pressentii'  un  mouvement  d'ensemble. 
Parmi  ceux  qui  faisaient  œuvre  d'art  dans  ce  concert  touffu 
et  discordant,  les  sympathies  des  mieux  doués  allaient  à  un 
modeste  fabuliste,   interprète  savoureux  de  La  Fontaine,   le 


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IV  Introduction. 

D'  Léon  d 'Astres,  frère  du  cardinal.  Il  fut  choisi 
pour  présider  les  deux  premières  assemblées  des  poètes  de 
langue  d'oc. 

Le  29  août  1852,  un  «Congrès  des  troubadours  pro- 
vençaux» se  réunit  à  Arles.  Il  était  dû  à  l'autorité  naissante 
de  Joseph  Roumanille,  de  Saint-Remy,  très  estimé  déjà  pour 
deux  petits  livres  de  poésie,  Li  Margandeto  (Les  Pâquerettes; 
1847),  et  Li  Sounjarello  (Les  Songeuses;  1851),. d'un  atticisme 
suave  inconnu  jusque-là  dans  sa  langue,  et  plus  encore  pour  des 
pamphlets  politiques  du  plus  sain  réalisme  indigène  (LiClube^  Li 
CapelaUj  LiPartejatre,  etc.).  Comme  pour  préparer  cette  réunion 
de  chanteurs,  il  venait  de  publier,  avec  le  concours  de  deux 
jeunes  amis,  Frédéric  Mistral  et  Anselme  Mathieu,  les  premiers 
confidents  de  ses  projets,  un  recueil  collectif  des  poètes  vivants 
du  Midi,  Li  Prouvençalo  (Les  Provençales  ;  1852).  Depuis  près  de 
deux  ans,  il  avait  battu  le  rappel  des  traditions  artistiques  de  la 
langue  natale,  et  groupé  ses  meilleurs  interprètes  dans  un 
journal  d'Avignon,  la  Commune.  Et  ce  volume,  lancé  mainte- 
nant avec  un  instructif  avant-propos  de  l'érudit  Saint-René 
Taillandier,  attirait  l'attention  de  la  critique  sur  cette  résur- 
rection inattendue.  Pierre  Bellot  et  Jasmin  n'avaient  mérité 
les  éloges  de  Nodier,  de  Villemain,  de  Sainte-Beuve,  qu'à  titre 
d'accidents  isolés  de  la  perpétuation  de  leur  idiome.  C'était 
un  commencement  de  littérature  qui  surgissait.  Car,  moins 
qu'à  rallier  à  eux  tous  leurs  frères,  ce  premier  essai  avait 
permis  à  Roumanille  et  à  son  groupe  de  rassembler  les  élé- 
ments d'une  restauration  linguistique  et  orthographique,  base 
du  relèvement  qu'ils  rêvaient  pour  le  provençal.  Le  double 
succès  d'un  tel  recueil  affranchi  des  grossièretés  d'expression 
et  d'écriture  où  piétinaient  jusque-là  les  écrivains  «patois», 
et  de  l'assemblée  d'Arles  qu'il  avait  provoquée,  suscita  un 
2*  congrès  des  écrivains  méridionaux.  Il  se  réunit  à  Aix 
(1853),  sous  l'initiative  de  J.-B.  Qaut,  auxiliaire  de  Rou- 
manille pour  le  premier,  poète  et  journaliste,  réformateur  lui 
aussi,  mais  dans  une  mesure  qui  le  reléguait  encore  à  la 
suite  de  Bellot  parmi  les.  trouhaires.     Le  succès   fut  grand  : 


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Introduction.  v 

€5  chanteurs  assistèrent  au  congrès  d'Aix,  et  un  recueil  col- 
lectif, Lou  Boumavàgi  deis  Troubaïres,  le  suivit  (1854). 

Cependant,  le  groupe  avignonais  dont  Roumanille  et 
Mistral  étaient  Tâme  poursuivait  ses  réformes  et  se  constituait 
en  école  littéraire  pour  en  assurer  l'avenir.  Le  21  mai  1854, 
sept  poètes  provençaux,  assemblés  au  castelet  de  Font-Ségugne 
(Vaucluse)  sous  le  nom  de  félibres  qu'ils  s'étaient  donné, 
résolurent  solennellement  de  restaurer  l'édifice  de  leur  parler 
national.  Les  sept  fondateurs  du  Félibrige  appartiennent  dé- 
sormais à  la  légende.  C'étaient  Joseph  Roumanille  (1818-91), 
Paul  Giera  (1816—61),  Jean  Brunet  (1822—94),  Alphonse 
Tavan  (né  en  1838),  Anselme  Mathieu  (1828—95),  Théodore 
Aubanel  (1829-86)  et  Frédéric  Mistral  (né  en  1830).  Leur 
premier  soin  fut  de  décréter  la  publication  d'un  almanach  de 
langue  vulgaire,  qui  devait  répandre  au  loin  la  bonne  nouvelle 
avec  de  beaux  vers  et  de  jolis  contes,  et  la  bonne  semence 
d'un  idiome  désormais  fixe,  dans  les  couches  natives  du  peuple 
qui  le  maintenait.  JjArmana  prouvençau  pèr  lou  bel  an  de 
Dieu  1855  inaugura  cette  aimable  encyclopédie  familière  qui 
compte  aujourd'hui  46  volumes.  Les  tendances  apostoliques 
et  éducatrices  de  ce  petit  livre  du  peuple  sont  très  sensibles 
dans  les  premières  années.  h^Armana  de  Noël  est  comme 
un  é.vangile  de  la  Provence  chrétienne,  messager  de  son 
patriotisme  ressuscité.  Les  contes  joyeux  de  Roumanille, 
profonds  et  sains  croquis  de  mœurs ,  ont  fait  sa  première 
popularité.  Avec  lui,  avec  les  Sept  de  Fon*-Ségugne,  d'autres 
conteurs,  d'autres  poètes,  Castil-Blaze,  Gaut,  Bourrelly,  Chalvet, 
Crousillat,  Reboul,  Adolphe  Dumas,  Aug.  Boudin,  le  D' Poussel, 
amis  et  un  peu  précurseurs  des  félibres,  de  nouveaux  venus, 
M"*  d'Arbaud,  Bonaventure  Laurens,  Autheman,  Thouron, 
Legré,  Ch.  Poney,  Martelly,  et,  du  Languedoc  provençal, 
Gabriel  Azaïs,  Roumieux,  Floret,  Canonge,  Gaidan,  exaltaient 
par  leur  enthousiasme  le  goût  des-  choses  du  foyer,  l'amour  de 
la  Provence.  Mais  Mistral,  mieux  que  tout  autre,  avait 
compris  la  tâche  assumée  par  le  Félibrige.  Tandis  que  la 
plupart  se  contentaient  de  chanter,  il  commençait  à  dire  dans 


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VI  Introduction. 

VArmana  tout  ce  que  doit  savoir  un  Provençal.  Il  entendait 
déjà  son  rôle  de  chef  d'un  peuple.  De  grands  traits  d'histoire, 
des  leçons  élémentaires  de  botanique  et  d'astronomie,  des 
conseils  nioraux  et  jusqu'à  des  recettes  de  cuisine,  entre  une 
cascareleto  réjouissante  et  un  chapitre  de  la  Bible,  à  côté 
d'un  divin  poème  comme  la  Coumunioun  di  Sant  et  un  chef- 
d'œuvre  d'humour  et  d'observation,  comme  Lou  Mège  de  Cu- 
cugnan:  voilà  YArtnfina  prouvençau  des  premières  années. 

Cette  première  époque  du  Félibrige,  son  âge  de  forma- 
tion, est  dominée  par  Roumanille.  Encore  casanière,  la  lit- 
térature naissante  s'occupe  surtout  du  présent.  Quand  elle 
regarde  en  arrière,  elle  ne  chante  que  la  seule  Provence, 
catholique  et  grecque  et  deux  fois  romaine,  des  saintes  Maries- 
de-la-Mer  et  de  la  Vénus  d'Arles,  des  papes  d'Avignon  et 
de  Marins,  vainqueur  des  barbares.  Cette  période  se  termine 
avec  l'apparition  de  Mirèio  (Mireille;  1859). 

On  connaît  les  pages  enthousiasmées  des  Entretiens  de 
Lamartine,  qui  saluèrent  l'avènement  de  Mirèio.  Du  coup, 
Mistral  était  célèbre,  et  tous  les  regards  se  tournaient  vers 
la  jeune  littérature  d'où  était  sorti  le  chef-d'œuvre.  Le  Féli- 
brige entrait  dans  sa  période  d'affirmation.  En  sept  ans,  ce 
fut  une  rare  efBorescence  de  talents  nouveaux:  Théodore 
Aubanel,  le  profond  passionné,  le  peintre  au  coloris  puissant 
Aq  \2l  Mióugrano  entre-duberto  (Grenade  entr'ouverte  ;  1861), 
un  Intermezzo  chrétien  ;  Anselme  Mathieu ,  dont  la  Faran- 
doulo  (Farandole)  ressuscitait  l'âme  amoureuse,  insouciante  et 
fine  des  anciens  troubadours;  Louis  Roumieux,  avec  sa  comédie: 
Quau  VÒU  prendre  dos  lèbre . . .  (Qui  veut  prendre  deux  lièvres), 
premier  symptôme  d'un  théâtre  provençal  épuré  des  épices 
traditionnelles.  Après  eux,  Fr.  Vidal,  qui,  par  son  Tambourin 
en  claire  prose  aixoise,  préludait  à  la  résurrection  de  l'instru- 
ment national;  le  Salonais  Ant.-Blaise  Crousillat,  le  poète 
contemplatif  de  la  Crau,  où  il  avait  recueilli  le  miel  classique 
de  sa  Bresco  (Rayon  de  miel);  trois  félibresses:  M"®d'Arbaud, 
dont  tout  le  Comtat  goûtait  les  Amouro  de  Bibas  (Mûres  des 
rives).  M"*  R.-A.  Roumanille,  l'héroïne  des  fêtes  de  Sainte- 


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Introduction.  vu 

Anne-d'Apt  (1862),  première  consécration  populaire  du  Féli- 
brige  en  Provence,  et  Antoinette  de  Beaucaire,  à  qui  ses 
frères  les  poètes  élevèrent  un  «tombeau»  magnifique  et  tou- 
chant pour  abriter  ses  Belugo  (Bluettes)  posthumes;  un  Ir- 
landais conquis  à  la  jeune  Renaissance  et  devenu  un  de  ses 
maîtres,  William-Bonaparte  Wyse,  le  trouvère  nomade  des 
Parpaioun  blu  (Papillons  bleus)  et  des  Piado  de  la  Princesso 
(Traces  des  pas  de  la  Princesse),  dont  l'original  esprit  et  la 
culture  cosmopolite  «élargit  par  delà  les  Alpilles  natales»  les 
horizons  du  Félibrige;  d'autres  encore  qui  apparurent  au  soleil 
fécond  de  ces  années  enthousiastes. 

Roumanille  avait  réuni  en  deux  recueils  ses  Oubreto 
(Petites  Œuvres)  en  prose  et  en  vers  (1859—  64).  Avec 
Mistral,  il  avait  réédité  Saboly,  le  premier  aïeul  vénéré  des 
félibres,  l'abbé  Favre,  Hyacinthe  Morel,  puis  les  poésies 
éparses  de  quelques  précurseurs  comme  ce  bon  Reboul  qui 
leur  avait  fait  connaître  à  Nîmes  les  délices  du  premier 
triomphe  (1859).  Enfin,  Mistral  donna  son  poème  de  Calendau 
(Calendàl,  déc.  1866),  couvé  sept  ans  comme  Mireille  et  qui 
achevait  de  le  consacrer  poète  national  de  la  Provence. 
L'action  de  Calendau  fut  décisive  sur  les  jeunes  patriotes 
méridionaux  pour  lesquels  il  semblait  écrit.  La  profondeur 
autochtone  de  sa  poésie  et  sa  fière  éloquence  au  nom  des 
revendications  de  la  race  faisaient  présager  une  orientation 
nouvelle  de  la  «Cause». 

Dans  cette  période  de  son  évolution,  qui  nous  conduit 
jusqu'en  1876,  le  Félibrige  ne  se  borna  donc  pas  à  une  af- 
firmation littéraire.  Un  triple  courant  ethnique,  scientifique 
et  autonomiste  s'y  développa  qui  aboutit  à  une  affirmation 
sociale.  S'il  n'avait  fait  présager  d'abord  qu'une  littérature 
de  chanteurs,  le  Félibrige  démontra  peu  à  peu  la  nécessité 
d'une  éducation  nationale  plus  conforme  à  l'histoire  et  aux 
traditions.  Il  en  vint  à  prouver  l'existence  d'une  race  méri- 
dionale, entité  aux  parties  solidaires,  dont  le  cœur  a  toujours 
battu  quelque  part  sur  une  des  terres  de  sa  domination.  On 
les  reconnaît  àr  leur  idiome  fraternel  de  la  langue  d'oc.    C'est 


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VIII  lUTRODUOTION. 

à  Mistral  qu'il  appartient  d'avoir  mis  en  lumière  ce  sentiment 
de  la  race  plus  puissant  que  les  frontières  politiques  pour 
rapprocher  ou  éloigner  les  cœurs.  Toute  son  œuvre  en  té- 
moigne depuis  VOde  aux  Catalans  (1861)  jusqu'au  Chant  de 
la  Coupe  et  au  sirvente  de  La  Comtesse  et  à.  «es  strophes 
devant  le  bronze  de  Jasmin  ;  son  épopée  de  Calendau  n'est 
qu'un  hymne  à  la  race,  comme  tous  ses  discours  de  Capoulié 
(Chef  des  félibres).  Quelques-uns  des  cris  du  poète  ont  fait 
interpréter  son  particularisme  en  mauvaise  part.  Le  mot  de 
séparatisme  a  été  prononcé.  Mais  Mistral,  dès  cette  époque, 
avait  répondu  d'avance  à  toutes  les  suspicions  malveillantes: 

Sian  de  la  grando  Franco,  e  ni  court  ni  constiè! 

D'autres  tendances  sont  venues  se  greffer  sur  les  siennes, 
les  horizons  s'étant  multipliés  avec  les  hommes.  En  1860, 
un  poète  de  Figueras,  Damaso  Calvet,  venait  raconter  aux 
félibres  la  restauration  solennelle  des  Jeux  floraux  de  Barcelone. 
Mistral,  dans  YArmana^  ne  tardait  pas  à  exposer  le  côté 
mystérieu'x  de  ce  réveil  de  la  langue  d'oc  dans  ses  diverses 
branches  et  à  saluer  les  Catalans  d'un  poème  superbe  qui 
rappelait  la  commune  grandeur  historique  des  deux  peuples. 
Peu  après,  un  proscrit  espagnol,  Victor  Balaguer,  datait  de 
Narbonne  un  appel  poétique  où  il  demandait  l'amitié  des 
Provençaux  pour  la  jeune  Catalogne.  On  le  reçut  en  triomphe; 
le  souvenir  de  la  triple  fête  donnée  par  Bonaparte  Wyse  à 
Font-Ségugne,  Vaucluse  et  Avignon,  et  à  laquelle  prirent  part 
quatre  écrivains  de  Barcelone  ;  le  voyage  que  bientôt  les  fé- 
libres Mistral,  P.  Meyer,  Roumieux  et  Wyse  firent  en  Catalogne 
préparèrent  une  définitive  alliance  qui  fut  scellée  à  Saint- 
Remy  en  1869.  Le  Félibrige  avait  passé  le  Rhône,  propagé 
par  Roumieux  et  Albert  Arnavielle,  un  boute-en-train  et  un 
apôtre.  11  eut  bientôt  des  affiliés  jusqu'à  Toulouse  et  en 
Gascogne.  La  jeune  littérature,  qui  depuis  Mireille  avait  la 
sanction  de  tous  les  amis  du  beau,  provoqua  la  création  à 
Montpellier  d'une  Société  des  langues  romanes  qui  la  justifia 
scientifiquement.    Son  premier  fauteur,  le  baroli  Ch.  de  Tour- 


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Introduction.  ix 

toulon,  comme  historien  de  Jacques  le  Conquérant,  les  philo- 
logues Boucherie  et  Montel,  et  les  deux  futurs  maîtres  du 
provençalisme  en  France,  Camille  Chabaneau  (principal  ré- 
dacteur de  la  Sevue  des  langues  romanes^  créé  en  1870)  et 
Paul  Meyer  (fondateur,  íivec  M.  Gaston  Paris,  de  la  Bomania, 
Paris,  1872)  et  avec  eux,  d'autres  glossateurs  et  éditeurs  des 
anciens  poètes,  enfin  Mistral  lui-même,  par  la  publication 
successive  de  son  Trésor  du  Félibrige,  l'admirable  encyclopédie 
des  dialectes  d'oc,  rattachèrent  la  littérature  nouvelle  à  la 
tradition  romane. 

Du  jour  où  Catalans  et  Provençaux  avaient  fraternisé, 
r«idée  latine»  était  apparue  aux  félibres.  Elle  allait  s'affirmer 
dans  une  manifestation  internationale.  M.  de  Berluc-Pérussis 
avait  fait  naître  de  son  «Académie  des  sonnettistes»  le  cente- 
naire de  Pétrarque  à  Avignon.  Aidé  de  MM.  Guillibert,  d'Aix, 
et  Doncieux,  préfet  de  Vaucluse,  il  donna  à  la  fête  une  ex- 
tension inattendue.  A  côté  du  français,  de  l'italien  et  du 
catalan ,  le  provençal  témoigna  pour  la  première  fois  de  sa 
dignité  d'idiome  vivant.  MM.  Mézières,  Nigra,  Conti  et  de 
Quintana  furent  entendus  tour  à  tour  avec  Aubanel,  Félix 
Gras,  Mistral.  Les  quatre  langues  latines,  qu'avait  également 
connues  Pétrarque,  s'associaient  pour  son  triomphe  (1874). 
L'année  suivante,  la  Société  romane  ayant  ouvert  à  Mont- 
pellier un  grand  concours  philologique  et  littéraire,  l'Institut 
de  France  apportait  au  Félibrige  sa  première  adliésion: 
Mistral  le  présidait  avec  Egger,  assisté  de  Mila  y  Fontanals, 
Michel  Bréal  et  G.  Paris.  Ce  dernier,  frappé  de  l'inter- 
prétation sociale  que  cet  événement  provoquait  à  l'étranger, 
écrivait  dans  le  Journal  des  Débais:  «Des  politiques  à  courte 
vue  peuvent  seuls  négliger  de  pareils  symptômes.  Il  y  a 
dans  l'histoire  '  bien  des  événements  considérables  qui  ont  eu 
une  origine  analogue». 

Nous  avions  laissé,  en  1867  le  développement  littéraire 
du  Félibrige,  pour  l'exposé  de  ses  manifestations  extérieures. 
Dès  que  la  renaissance  provençale  eut  pénétré  en  Languedoc, 
elle    y    propagea    l'incendie.      L'ardent    Albert    Aruavielle, 


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X  IlíTRODUOTIOlSr. 

d'Alais,  éveillait  les  Cévennes  avec  ses  Cants  de  VAubo 
(Chants  de  l'Aube),  de  noble  et  tendre  inspiration; 
Roumieux,  populaire  de  Beaucaire  à  Nîmes,  réhabilitait 
la  chanson  provençale  dans  son  recueil  de  la  Rampelado 
(Rappel);  Lucien  Mengaud  et  Paul  Barbe,  à  Toulouse,  le 
conteur  Chastanet  en  Périgord,  le  lyrique  et  savant  Gabriel 
Azaïs  à  Béziers,  le  fabuliste  Castela  à  Montauban,  sur- 
tout Achille  Mir,  le  Roumanille  de  Garcassonne,  fin  chan- 
sonnier et  savoureux  humoriste  en  prose ,  entretenaient  le 
culte  du  parler  natal,  tandis  que  Montpellier,  la  vieille  capi- 
tale scientifique,  révélait  les  Octavien  Bringuier  (1830 — 75), 
dont  la  Prouvença  (Provence)  et  le  Roumiéu  (Pèlerin)  pro- 
mettaient le  plus  fier  essor  classique  et  patriote,  et  Langlade 
(né  en  1823),  le  grand  peintre  idyllique  des  landes  palesti- 
niennes du  Bas-Languedoc.  En  Provence,  la  même  période 
voyait  naître  d'innombrables  chanteurs.  Mentionnons  briève- 
ment Alphonse  Michel,  un  Béranger  champêtre,  l'auteur  du 
Flc^quet  (Flacon);  R.  Marcellin  et  L.  Geoflfroy,  les  délicats 
rêveurs  de  Long  déu  Camin  (Le  long  du  Ghemin)  et  de  Mei 
Veiado  (Mes  Veillées);  puis  un  fabuliste,  un  noëlliste  et  un 
sonnettiste  du  temps  des  troubaïreSy  Bourrelly,  Lambert  et 
Gant .  .  .  Mais  c'est  parmi  les  nouvelles  recrues  de  YArmana 
qu'apparaissent  les  plus  artistes.  Paul  Arène  y  fait  ses  dé- 
buts littéraires  avec  un  chapelet  d'odelettes,  luisantes  de 
rayons  de  soleil.  Alph.  Daudet  y  donne,  en  provençal,  ses 
premières  Lettres  de  mon  Moulin.  Léon  de  Berluc-Pérussis, 
qui  apporte  au  Félibrige  son  érudition  d'humaniste  et  ses 
idées  sur  la  décentralisation,  prélude  à  ses  précieux  sonnets, 
mi-partis  de  grâce  et  d'humour.  D'autres  talents  les  avoisi- 
nent  :  Pierre  Mazière,  Marins  Girard,  Jean  Monné  et  Auguste 
Verdot,  mort  avant  moisson  faite. 

Mais  voici  surgir,  avec  une  épopée  en  12  chants,  Li 
Carbounié  (Les  Charbonniers)  de  Félix  Gras,  cette  révélation 
majeure:  que  la  génération  de  Font-Ségugne  n'a  pas  épuisé 
le  fonds  créateur  et  natif.  Quelques  mois  plus  tôt.  Mistral 
avait   réuni   le  recueil  de  ses  œuvres   lyriques   en   un  livre 


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Introduction.  xi 

magistral  :  Lis  Isdo  d'or  (Les  îles  d'or),  où  il  s^affirmait  chef 
d'une  littérature  et  représentant  d'un  peuple. 

Le  21  mai  1876,  le  Pélibrige,  désireux  de  resserrer  et 
d'élargir  ses  rangs,  s'assembla  pour  se  reconstituer.  Cinquante- 
quatre  de  ses  membres,  étant  réunis  dans  la  grande  salle 
des  Templiers  d'Avignon,  sous  la  présidence  de  Mistral,  as- 
sisté du  poète  catalan  Albert  de  Quintana,  votèrent  le  Statut 
qui  régit  désormais  la  société.  C'est  en  une  vaste  confédéra- 
tion littéraire  de  patriotes  provinciaux,  dont  le  territoire  cor- 
respond au  glorieux  Midi  du  xii*  siècle,  que  s'était  constitué 
le  Félibrige.  Formé  et  affirmé  depuis  vingt-deux-ans,  il  lui 
restait  à  s'organiser^). 


*)  Voici  quelques  extraits  d'une  traduction  des  statuts  de  1876: 

Art.  1.  —  Le  Félibrige  a  pour  but  de  réunir  et  stimuler  les  hom- 
mes qui,  par  leurs  œuvres,  sauvent  la  langue  du  pays  d'Oc,  ainsi  qoe 
les  savants  et  les  artistes  qui  étudient  et  travaillent  dans  l'intérêt  de 
ce  pays. 

Art.  3.  —  Une  étoile  à  sept  rayons  est  le  symbole  du  Félibrige, 
en  mémoire  des  sept  Félibres  qui  Tout  fondé  à  Fontségugne  . . . 

Art.  4.  —  Les  Félibres  se  divisent  en  majoì'aux  et  mainteneurs: 
ils  se  relient  par  les  Maintenances^  qui  correspondent  à  un  grand  dialecte 
de  la  langue  d'oc.    Les  Maintenances  se  divisent  en  ïcolea. 

Art.  5.  —  Les  Félibres  majoraux  sont  choisis  parmi  ceux  qui  ont 
le  plus  contribué  à  la  Renaissance  du  Gai-Savoir.  Ils  sont  au  nombre 
de  cinquante  et  leur  réunion  porte  le  nom  de  Consistoire  Félibréen. 

Art.  8.  —  Le  Bureau  du  Consistoire  se  compose  du  Capoulié, 
des  Assesseurs  et  des  Syndics^  ainsi  que  du  Chancelier  et  du  Vice- 
Chancelier. 

Le  Capoulié  préside  les  assemblées  générales  du  Félibrige ,  les 
réunions  consistoriales  et  le  bureau  du  Consistoire. 

Les  Assesseurs  remplacent  le  Capoulié  empêché  . . . 

Il  y  a  autaiit  d'Assesseurs  que  de  Maintenances,  et  chaque  Mainte- 
nance a  aussi  un  Syndic  chargé  de  l'administrer. 

Le  Chancelier  garde  lés  archives,  tient  la  correspondance  et 
perçoit  la  cotisation  des  félibres  Majoraux. 

Art.  9.  —  Le  bureau  est  élu  pour  trois  ans  dans  la  séance  consis- 
toriale  de  Sainte-Estelle.  Le  vote  a  lieu  au  scrutin  secret.  Les  Majo- 
raux absents  peuvent  v«ter  par  correspondance  pourvu  que  leurs  bulle- 
tins soient  signés. 


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xn  Introduction. 

L'autorité   de  la  Loi  Douvelle  fayorisa   singulièrement 
les  tendances  sociales  dont  nous  connaissons  les  origines.    De 


Le  Caponlié  est  nommé  par  les  Majoranx,  mais  c'est  loi  seul  qui 
nomme  le  Chancelier  et  le  Vice-Chancelier. 

Les  Assessenrs  et  les  Syndics  sont  nommés  par  les  Majoranx  de 
leur  Maintenance. 

Le  Capoulié  sortant  proclame  le  nouveau  bureau  à  la  réunion  de 
Sainte-Estelle. 

Art.  10.  —  Le  Consistoire  peut  modifier  les  statuts  sur  la  demande 
écrite  de  sept  félibres.  Il  peut  exclure  les  indices.  Il  peut  dissoudre 
les  Écoles  qui  violent  les  statuts.  Il  peut  casser  les  décisions  des 
Maintenances.  Il  peut  se  prononcer  sur  les  questions  grammaticales  ou 
orthographiques. 

Art.  lô.  Dans  les  félibrées  le  Capoulié  a  pour  insigne  Vl"  toile 
d'or  à  sept  rayons  et  les  Majoranx  la  Cigale  d'or. 

Art.  16.  -  Chaque  Cigale  recevra  du  Consistoire  un  nom  parti- 
culier qu'elle  gardera  à  perpétuité. 

Art.  17.  —  Les  Félibres  mainteneurs  sont  en  nombre  illimité. 

Art.  18.  —  Ceux  qui  voudront  posséder  ce  titre  devront  s'adresser 
au  bureau  de  la  Maintenance  de  laquelle  dépend  le  dialecte  natal. 

Le  bureau  accepte  ou  repousse  la  demande;  dans  le  premier  cas 
elle  est  transmise  au  Capoulié. 

Si  celui-ci  donne  un  avis  favorable,  la  demande  est  de  nouveau 
soumise  au  bureau  de  la  Maintenance,  qui  se  prononce  en  dernier  ressort. 

Art.  21.  —  On  entend  par  Maintenance  la  réunion  des  félibres 
d'un  grand  dialecte  de  notre  langue  d'oc. 

Art  22.  —  Le  bureau  de  la  Maintenance  se  compose  du  syndic, 
de  deux  ou  trois  vice-syndics,  des  cahiscols  de  la  Maintenance  et  d'un 
secrétaire. 

Le  Syndic,  préside  les  assemblées  de  la  Maintenance.  -  En  cas 
d'empêchement,  il  est  remplacé  par  le  Vice-Syndic  qu'il  désigne,  et  à 
défaut  de  désignation  par  le  plus  âgé. 

Les  Cahiscols  administrent  les  Écoles. 

Le  Secréiaire  tient  les  archives  et  la  correspondance.  Il  perçoit 
la  cotisation  des  félibres  mainteneurs. 

Art.  24.  —  La  Maintenance  peut  créer  des  Écoles  en  se  conformant 
aux  articles  28  et  29.  Elle  nomme  les  félibres  mainteneurs  conformément 
à  l'article  18.  Elle  peut  célébrer  des  fêtes  littéraires  ou  artistiques, 
ainsi  que  des  Jeux  Floraux,  soit  d'elle-même,  soit  en  se  concertant  avec 
des  Sociétés  ou  avec  des  villes.   Elle  règle  la  disposition  de  ses  revenus. 


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Introduction.  xiii 

soIenDelles  Fêtes   latines  furent  célébrées  à  Montpellier   en 
1878.     L'inspirateur   en   était  A.  de  Quintana,   le  président 

Art.  28.  ~  L'École  est  la  réunion  des  lélibres  d'une  même  région. 
Elle  a  pour  but  rémnlation,  renseignement  des  nns  aux  autres  ou  la 
-collaboration  à  des  travaux  communs. 

L'École  est  constituée  par  décision  de  Maintenance  sur  la  de- 
mande de  sept  Îélibres  habitant  le  même  centre. 

Art.  29.  —  Les  Félibres  qui  veulent  créer  une  École  font  eux- 
mêmes  leur  règlement  tout  en  se  conformant  à  l'esprit  des  Statuts  et  à 
l'obligation  prescrite  par  l'article  7;  ils  le  transmettent  par  écrit  en 
même  temps  que  leur  demande  au  bureau  de  la  Maintenance  et  ne  peu- 
vent, sans  l'autorisation  de  celle-ci,  modifier  leur  règlement. 

Art.  30.  —  L'École  élit  elle-même  son  bureau  dont  le  Président 
porte  le  titre  de  Cabiscol  et  fait  partie  du  bureau  de  la  Maintenance 
comme  il  est  dit  à  l'article  22. 

Chaque  année,  à  la  réunion  de  la  Maintenance,  le  Cabiscol  fait 
un  rapport  sur  les  travaux  et  les  progrès  de  son  École. 

Art.  36.  —  Chaque  Maintenance  tient  une  fois  par  an  une  assem- 
blée qui  se  réunit  en  septembre  ou  octobre  dans  la  ville  désignée  par 
son  bureau.  Cette  réunion  n'est  pas  publique  et  se  tient  à  table.  On  y 
traite  les  affaires  spéciales  à  la  Maintenance. 

Le  Syndic  peut  convoquer,  s'il  le  juge  nécessaire,  d'autres  assem- 
blées de  Maintenance.  Il  réunit  le  bureau  de  la  Maintenance  quand  il 
le  croit  utile,  il  choisit  de  même  le  jour  et  le  lieu  de  la  réunion. 

Art.  37.  —  Enfin  les  Écoles  choisissent  elles-mêmes ,  à  leur  gré, 
leurs  jours  de  réunion.  Les  membres  des  Écoles  doivent  féltbréger 
(felibreja),  c'est-à-dire  se  réunir  de  temps  à  autre  à  table  pour  se  com- 
muniquer leurs  créations  nouvelles  et  s'encourager  à  la  propagation  du 
Félibrige.  Ces  réunions  se  noxamQni  Félihrées  et  sont  de  tradition  dans 
le  monde  félibréen. 

Art.  45.  —  Les  Concours  littéraires,  que  nous  appelons  Jeux  Flo- 
raux, sont  de  deux  sortes:  les  Grands  Jeux  Floraux  du  Félibrige  et 
les  Jeux  Floraîix  de  maintenance. 

Art.  46.  —  Les  Jeux  Floraux  du  Félibrige  ont  lieu  tous  les  sept 
ans  à  la  Sainte  Estelle.    Le  Consistoire  entier  forme  le  jury. 

Seuls  peuvent  concourir  les  écrivains  en  langue  d'oc. 

Trois  récompenses  au  plus  sont  mises  au  concours. 

La  première  est  réservée  au  Gai  Savoir;  c'est  le  Capoulié  lui- 
même,  en  assemblée  plénière,  qui  proclame  le  nom  du  lauréat. 

Le  lauréat  devra  choisir  lui-même  la  Reine  de  la  fvte^  et  celle-ci, 
devant  tous,  lui  mettra  sur  la  tête  la  couronne  d'olivier  en  argent,  in- 
signe des  maîtres  en  Gai  Savoir. 


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XIV  Introduction. 

Mistral,  et  le  lauréat  Yasile  Aleosandri,  poète  national  des 
Roumains  (f  1890),  qui  fut  un  ami  fervent  du  Félibrige. 
L'organisateur  de  ces  fêtes,  le  baron  de  Tourtoulon,  fondait 
peu  après  la  Revue  du  Monde  latin  (1888).  Les  rapports 
fraternels  de  Catalans  à  Provençaux  s'affirmaient  de  nouveau 
en  des  hommages  rendus  à  Paris  et  à  Montpellier  (1885 — 86) 
aux  poètes  Balaguer  et  Jacinto  Verdaguer,  les  deux  plus 
hauts  représentants  de  la  renaissance  catalane.  Une  députa- 
tion  de  Languedociens  prenait  part  (1887)  aux  Jeux  floraux 
de  Barcelone,  présidés  par  la  reine  régente  et  pélerinait  aux 
Baléares.  La  Société  des  Félibres  de  Paris  (fondée  en  1879 
par  MM.  Maurice  Faure,  Baudouin  et  de  Ricard,  dédoublée, 
en  1892,  par  U école  Parisienne  du  félibrige,  présidée  par 
M.  Amouretti)  continuait  la  tradition  en  faisant  présider  ses 
grandes  assises,  depuis  1883,  par  les  plus  célèbres  partisans 
de  la  fraternité  latine:  Aubanel,  Mistral,  Balaguer,  Castelar, 
Alecsandri,  Ruys  Zorilla  et  Jules  Simon.  Enfin,  en  1890, 
une  ambassade  était  envoyée  par  le  Félibrige  en  Italie,  aux 
fêtes  provoquées  par  M.  de  Qubernatis  pour  le  centenaire  de 
Béatrix,  et  reçue  avec  honneur  par  le  municipe  florentin. 

Tandis  que  les  Félibres  se  multipliaient  en  Languedoc, 
à  la  faveur  du  romanisme  scientifique  et  de  l'idée  latine, 
quelques-uns  d'entre  eux  s'y  distinguaient  par  un  accent  in- 
attendu. Inspirée  par  un  grand  écrivain  protestant.  Napoléon 
Peyrat,  le  Michelet  des  Albigeois  et  de  l^ Inquisition^  la  petite 
secte  se  réclamait  des  libertés  de  la  pensée  romane,  comme 
de  la  langue  des  troubadours.  Un  poète,  Auguste  Fourès, 
et  un  théoricien  Louis-Xavier  de  Ricard,  l'auteur  du  Fédé- 
ralisme, furent  les  porte-parole  du  cénacle,  déjà  très  éloigné 
de  l'école  catholique  d'Avignon.  Sans  continuer  les  traditions 
joyeuses  et  populaires  du  premier  Félibrige,  maintenues  en 
Languedoc  par  Roumieux,  Arnavielle  et  Langlade,  ceux-là 
entonnèrent  des  sirventes  de  deuil  et  de  sang.  «Toute  Re- 
naissance suppose  une  mort,  un  martyr  qui  se  réveille  dans 
son  tombeau.  Or  cette  grande  et  sainte  martyre,  c'est  l'Aqui- 
taine >,  avait  dit  Napoléon  Peyrat.    Après  sa  magistrale  épopée 


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Introduction.  xv 

en  prose,  plus  éloquente  que  scientifique,  l'idéal  nouveau 
deyait  susciter  des  œuvres  vaillantes  comme  les  Grilhs  (Gril- 
lons) de  Fourès  et  Tohzà  (Toulouse),  la  geste  provençale  de 
Félix  Gras.  Mais  ces  jeunes  Languedociens  ne  bornaient 
pas  à  cet  archaïsme  leurs  innovations.  Quelques-uns  d'entre 
eux  se  proclamaient  républicains  fédéralistes,  et  rassemblaient 
tous  les  adeptes  provençaux,  italiens  et  catalans  de  ces  idées, 
dans  un  almanach  littéraire  et  radical  qui  fit  grand  bruit,  La 
Lauseto  (L'Alouette)  (1877—78—79  et  1885).  L'avant-garde 
marseillaise  et  socialiste  du  Félibrige  devait  les  suivre  dans 
la  voie  du  fédéralisme,  avec  Jean  Lombard,  l'auteur  de  l^ Agonie 
(t  1891),  le  député  Antide  Boyer  et  les  poètes  Pierre  Bertas 
et  Auguste  Marin.  Le  voyage  des  Félibres  à  Florence  fut 
une  occasion  nouvelle  de  manifester  ces  tendances.  Le 
délégué  officiel,  M.  Paul  Mariéton,  y  célébra  «l'idéale  Fédé- 
ration, embrassant  les  provinces  fraternelles  dans  les  Etats 
arbitralement  unis».  Mais  ces  souhaits  fédéralistes,  admis 
d'une  grande  partie  des  félibres,  étaient  repoussés  par  quel- 
ques-uns, le  statut  de  la  société  excluant  d'ailleurs  toute 
théorie  qui  puisse  engager  la  collectivité.  On  s'en  aperçut 
bien  le  jour  où,  profitant  d'une  visite  du  Capoulié  aux  félibres 
de  Paris  (févr.  1892),  MM.  Fréd.  Amouretti  et  Ch.  Maurras 
lurent,  au  nom  du  jeune  Félibrige,  une  déclaration  nettement 
fédéraliste  qui  ouvrit  le  débat  actuel  entre  les  félibres  simple- 
ment décentralisateurs  et  ceux  qui  réclament  un  régionalisme 
affirmé  par  l'action.  Au  premier  rang  de  ces  régionalistes 
d'avant  le  fédéralisme,  figurait  de  longue  date  M.  de  Berluc- 
Pérussis.  Amené  au  Félibrige,  comme  bien  d'autres,  par  le 
double  courant  des  Congrès  archéologiques  du  comte  de  Cau- 
raont  et  de  la  Réforme  sociale  de  L^play,  qui  avaient  rendu 
à  la  province  le  goût  de  ses  monuments  et  de  ses  traditions, 
il  en  arrivait  à  demander  «la  disparition  du  gouvernement 
anonyme  des  bureaux,  et  la  ruine  de  cette  vieille  Bastille  de 
la  centralisation». 

Tandis  que  s'agitaient  les   politiciens  du  Félibrige,    de 
nouveaux   érudits  y  prenaient  place,    qui  appliquaient  leurs 


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XVI  Introduction. 

connaissances  à  sa  propagande,  tels  Tépigraphiste  V.  Lieutaud 
et  le  médiéviste  A.  Roque-Ferrier,  rares  poètes  l'un  et  l'autre, 
dans  le  même  goût  d'archaïsme.  Avec  eux,  d'autres  patriotes, 
chacun  dans  sa  région ,  le  comte  de  Toulouse  •  Lautrec ,  le 
marquis  de  Villeneuve,  Ch.  Ratier,  de  Gantelme-d'Ille,  etc., 
«organisaient  la  victoire>.  L'auteur  d'une  petite  Grammaire 
provençale^  le  frère  Savinien,  d'Arles,  se  faisait  l'apôtre  de 
l'enseignement  primaire  du  français  par  les  dialectes,  comme  les 
poètes  Ant.  Perbosc,  en  Quercy,  et  l'abbé  Pascal  à  Gap.  Un 
jeune  Prémontré,  le  P.  Xavier  de  Fourvière  tâchait  de  po- 
pulariser l'étude  de  la  langue  provençale  par  sa  Grammaire 
et  Guide  de  la  conversation  provençale,  tandis  qu'un  romaniste 
étranger,  M.  Koschwitz,  de  Marburg,  ami  du  Félibrige,  le 
munit  d'une  Grammaire  à  base  scientifique  {Grammaire 
historique  de  la  Langue  des  Félibres),  M.  Maurice  Faure, 
l'âme  du  Félibrige  de  Paris,  se  faisait  l'initiateur  de  ces  pèle- 
rinages des  Méridionaux  aux  grands  souvenirs  de  la  terre 
natale,  qui  popularisaient  la  Cause  dans  son  berceau. 
M.  Constans  donnait  à  Aix  et  à  Marseille  des  cours 
publics  de  littérature  provençale  ancienne  et  moderne, 
et  Mistral  achevait  de  publier  son  dictionnaire,  vrai  trésor 
linguistique  de  sa  race  et  de  son  pays.  Avec  la  Sevue  fili* 
bréenne,  française  et  provençale,  fondée  à  Paris  en  1885  par  M. 
P.  Mariéton,  qui  archive  et  apprécie  les  manifestations  de 
la  renaissance  méridionale,  la  critique  et  l'annalisme  étaient 
entrés  dans  le  Félibrige.  M.  Donnadieu  écrivait  l'histoire  de 
ses  Précurseurs  (1800 — 1855),  des  Languedociens  en  parti- 
culier; M.  Chabaneau  recueillait  les  traces  des  nombreux 
poètes  provençaux  du  xvi®  au  xviu®  siècle,  et  MM.  Jeanroy, 
Bourciez,  Clédat,  Devaux,  Moutier,  Theulié,  suivaient  l'exemple 
de  ce  doyen  de  la  philologie  romane  en  France,  par  la  publi- 
cation de  textes  provençaux  oubliés  ou  par  l'étude  de  la 
littérature  et  des  dialectes  anciens  et  modernes  du  Midi  de  la 
France.  M.  Jourdanne,  dans  sa  consciencieuse  Histoire  du  Féli- 
brige réunit  tous  les  documents  importants  sur  le  mouvement 
félibréen  depuis  1854.    A  l'étranger,  l'intérêt  porté  aux  nou- 


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Introduction.  xvii 

velles  évolutions  de  la  littérature  provençale  s'agrandit  aussi 
de  jour  en  jour.  En  Allemagne,  où  après  Raynouard  (1761 — 
1836),  auteur  d'un  Choix  des  poésies  originales  des  troubadours 
et  d'un  Lexique  roman  ou  dictionnaire  de  la  langue  des 
IroubadourSy  Diez  a  jeté  la  base  de  la  philologie  provençale, 
on  n'a  jamais  cessé  d'encourager  et  de  faire  avancer  le  pro- 
vençalisme  savant.  Aux  Diez,  Bartsch  et  Mabn  ont  succédé  de 
nouveaux  maîtres  de  la  philologie  romane,  dont  les  uns,  MM. 
Stengel,  Stimming,  Suchier,  Lévy,  etc.  se  donnent  surtout  à  l'étude 
du  moyen-âge  provençal,  les  autres,  MM.  Bôhmer,  Koschwitz, 
Sachs,  Schneider,  etc.  aident  et  encouragent  par  leur  exemple 
l'étude  des  langues  et  des  littératures  modernes  de  la  France 
méridionale.  A  côté  de  ces  romanistes  savants,  M.  Bertuch, 
traducteur  de  la  Mirèio  et  de  la  Nerfo  de  M.  Mistral,  M. 
Fasteurath,  fondateur  de  Jeux  Floraux  à  Cologne,  M.  Welter, 
auteur  d'une  biographie  de  M.  Mistral,  d'autres  encore, 
travaillent,  avec  succès,  à  augmenter  dans  leur  pays  le 
nombre  des  lecteurs  et  des  amateurs  de  la  littérature  féli- 
bréenne.  Aussi  en  Italie,  en  Suède,  en  Finlande,  en  Amérique, 
la  littérature  des  félibres  est  étudiée  comme  une  des  plus 
intéressantes  manifestations  du  génie  franco-gaulois. 

De  nombreux  journaux  de  langue  d'oc,  quelques-uns 
déjà  anciens,  répandent  graduellement  la  semence  de  Font- 
Ségugne,  des  Pyrénées  aux  Alpes:  Lou  Felibrige  de  M.  Jean 
Monné,  à  Marseille  ;  VAiòli  d'Avignon  (où  écrit  Mistral),  dirigé 
par  M.  Folco  de  Baroncelli  ;  Lou  Gau  du  P.  Xavier  de  Four- 
vière,  de  Frigolet;  la  Cigalo  d'or  et  la  Campana  de  Maga- 
louna  de  MM.  Roumieux,  Arnavielle  et  Marsal,  à  Montpellier; 
le  Lengodoucian  de  M.  de  Ricard  et  la  Terro  d^Oc  de  M. 
Bacquié-Fonade,  à  Toulouse;  Lou  Calel  de  M.  Delbergé,  à  Ville- 
neuve-sur-Lot; ia,Vihado  de  ÌAax&eìUe;  Lou  Cascavèl  d'Alais;  Lot* 
Viro-Soulèu  de  Paris;  la  Cahreto  d'Aurillac;  le  Lemouzi  de 
Brive  etc.,  avec  quelques  organes  franco-provençaux:  VOccitania 
et  le  Felibrige  latin  de  M.  Roque-Ferrier,  à  Montpellier;  la 
Cornemuse  de  M.  Jos.  Gautier,  à  Marseille;  les  Echos  de 
Tamaris   de    M.  Coffinières;    le   Mois   Cigalier^   rédigé   par 


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XVIII  INTRODUCTION. 

M.  Alb.  Tournier,  à  Paris,  et  bien  d'autres.  D'autre  part, 
le  succès  croissant  de  VArmana  prouvençau  inspirait  des 
publications  similaires:  à  Draguignan,  Lou  Franc-Prouvençau ; 
à  Avignon,  Lou  Jacoumar;  à'  Carpentras,  Lou  Cacho-Fio;  à 
Vaison,  VArmana  dóu  Ventour;  puis  les  almanachs  dou  Lengadò^ 
Oarounenc^  Lemouzi,  de  VAriejo,  Vivarés,  Dóufinen,  Mouni- 
Pelieirenc^  etc.,  enfin  VArmana  Marsihés  du  poète  Aug.  Marin 
qui  a  fait  accepter  à  Marseille,  d'un  public  fidèle  aux  trou- 
haïreSj  les  réformes  graphiques  des  félibres. 

Depuis  1876,  les  productions  littéraires  se  sont  infini- 
ment multipliées;  quelques-unes  atteignaient  l'universelle  cé- 
lébrité. Parmi  les  plus  remarquables  :  Amour  e  plour  d'Al- 
phonse Tavan,  le  livre  des  tendresses  et  de  la  douleur  patiente; 
Nerto  de  Mistral,  exquise  chronique  rimée  du  temps  des 
papes  d'Avignon,  digne  de  l'Arioste  ...  ou  de  Calendau  ;  le 
Rose  (Rhône)  du  même  auteur  (1897);  le  Romancero  Prouvençau 
de  Félix  Gras  (1886),  légendaire  et  populaire,  son  plus  beau 
livre;  Li  Fiho  d'Avignoun  (les  Filles  d'Avignon)  d'Aubanel 
(t  1886),  où  s'affirmait  tout  son  génie,  ardent,  plastique  et 
tendre  ;  la  Chansou  Lemouzina  (Chanson  Limousine)  de  l'abbé 
Roux  (l'auteur  des  Pensées)^  magnifiques  fresques  épiques, 
retraçant  les  grands  épisodes  du  pays  des  grands  troubadours; 
les  Debis  Gascous  (Devis  gascons)  d'Isidore  Salles,  initiateur 
dans  son  pays  landais,  poète  ingénieux  et  traditionniste;  les 
Gants  dou  Soulelh  et  la  Muso  silvèstro  (Chants  du  Soleil  et  Muse 
sylvestre)  de  Fourès  (f  1891),  le  dernier  Albigeois,  recueils 
lyriques,  très  variés,  d'un  artiste  et  d'un  patriote;  Dal  très 
a  la  toumho  (Du  Berceau  à  la  Tombe)  de  l'abbé  Justin 
Bessou,  le  Brizeux  du  Rouergue,  pieuse  épopée  villageoise 
de  l'âge  d'or;  les  Cansoun  dou  terraire  (Chansons  du  terroir)  de 
Ch.  Rieu,  le  populaire  Charloun  (Charlon),  du  Paradou,  peintre 
naïf  des  mœurs  du  pays  d'Arles;  la  Pauriho  (Les  Pauvres) 
de  Valère  Bernard,  fière  suite  d'eaux -fortes  d'un  réalisme 
vengeur  et  attendri  .  .  .  Comment  à  ces  poètes  de  talent 
consacré  ne  pas  ajouter  parmi  les  plus  récents.  M"®  J.  Gau- 
tier, l'exquise  félibresse  Brémonde,  MM.  Louis  Astruc,  l'auteur 
des  Cado  (Acacias)  et  de  la  Messo  pagano  (Messe  payenne). 


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Introduction.  xix 

Eug.  Plauchud,  le  charmant  félibre  des  Basses- Alpes,  auteur 
du  Diamant  de  Sant  Maime,  d'Ow  Cagnard  et  de  Conte  ga- 
vouât  (Contes  gavots),  Pierre  Bertas,  l'organisateur  du  25*  cen- 
tenaire de  la  fondation  de  Marseille,  qui,  édile  de  cette  ville, 
marie  en  provençal  les  jeunes  époux,  Pascal  Gros,  le  directeur 
du  journal  La  Sartan,  Aug.  Marin,  Clovis  Hugues,  J.  Boissière, 
Ch.  Boy,  M.  André,  H.  Bouvet,  H.  Giraud,  pour  la  Pro- 
vence ;  Perbosc,  A.  Blavet,  Prosper  Estieu,  J.  Félicien  Court, 
pour  le  Languedoc,  etc. 

Mais  la  poésie  lyrique  et  épique  n'était  plus  seule  cultivée. 
Un  théâtre  provençal  entrait  dans  les  desiderata  des  félibres. 
Citons  brièvement:  le  drame  shakspearien  d'Aubanel,  Lou  Pan 
dóu  Pecat  (Pain  du  Péché),  représenté  à  Montpellier  (1878) 
et  à  Paris  (traduit  par  P.  Arène);  la  comédie  de  Roumieux, 
La  Bisco  (La  Mauvaise  humeur),  jouée  à  Montpellier;  la 
tragédie  lumineuse  de  Mistral,  La  Bèino  Jano  (La  Reine 
Jeanne;  1890),  promise  au  théâtre  antique  d'Orange;  et 
n'oublions  pas:  Li  masc  (Les  Sorciers)  d' A.  Tavan;  Li  Varai 
de  Vamour  (Les  Troubles  de  l'amour)  et  Tetin  V escarrabiha 
(Baptistin  l'éveillé)  de  J.  Cassini;  Lou  Creserèu  (Le  Crédule), 
et  L'oulo  d'Arpian  (La  Marmite  d'Harpagon)  de  Marins 
Chabrand;  Charloun  e  Charloto  (Charlon  et  Charlote)  de  J. 
Sorbier,  toutes  pièces  de  théâtre  qui  ont  été  jouées  dans  la 
région  d'Avignon  et  d'Arles  par  des  ouvriers  ou  paysans 
amateurs.  Rappelons  aussi  les  comédies  dauphinoises  du 
félibre  Almoric  qui  parcourt  la  vallée  de  la  Drôme  avec  une 
troupe  de  paysans  qui  les  jouent  avec  grand  succès,  et  les 
nombreuses  pastorales  où  le  public  de  Marseille,  de  Toulon, 
d'Avignon  et  d'Arles  vient  s'ébaudir  à  la  Noël  pour  entendre 
en  provençal  la  mise  en  scène  populaire  de  la  Nativité  du  Christ. 

Enfin  la  prose,  longtemps  dédaignée  en  dehors  des  al- 
manachs  et  des  journaux,  eut  tout  un  bataillon  d'interprètes. 
Roumanille,  son  premier  artisan,  donnait  un  recueil  de  ses 
Conte  prouvençau  (1883),  modèles  d'observation  humoristique, 
pour  la  plupart  déjà  célèbres  sous  les  versions  d'Alph.  Daudet, 
Pontmartin,  Em.  Blavet,   etc.     Le  facétieux  La  Sinso  (Ch. 


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XX  Introduction. 

Senès,  de  Toulon)  publiait  ses  Scènes  de  la  vie  provençale^ 
instantanés  prodigieux  du  grossier  langage  du  peuple  des 
villes,  que  d'imbéciles  préjugés  entravent  dans  le  libre  usage 
de  son  idiome.  Le  P.  Xavier  de  Fourvière,  par  ses  con- 
férences toutes  publiées,  faisait  école  de  félibres  dans  le  clergé 
militant,  et  popularisait  la  langue  classique.  Ses  volumes  de  la 
Creaciaun  dóu  Mounde  et  Li  Patriarcho  sont  de  vrais  monu- 
ments religieux  de  l'éloquence  provençale,  tandis  que  son  livre 
En  Mountagno  le  révèle  charmant  narrateur.  Moins  mystique, 
Félix  Gras  contait  en  coloriste  finement  ingénu,  dans  les 
PapalinOf  la  légende  gaillarde  de  l'Avignon  des  cardinaux  et 
du  saint  Père,  avec  autant  de  verve  que  d'imagination,  et 
dans  Li  Rouge  dóu  Miejour  il  donnait  un  récit  de  l'héroïque 
épopée  d'un  bataillon  marseillais.  Baptiste  Bonnet,  dans  ses 
Memòri  d'un  gnarro^  savoureuse  et  documentaire  autobiographie 
d'un  valet  de  ferme,  et  dans  sa  Vido  d'enfant^  mémoires 
d'une  adorable  simplicité  et  d'une  touchante  sincérité  d'im- 
pressions, a  créé  deux  œuvres  magistrales.  Bref,  M.  Raim- 
bault,  de  Cannes,  l'auteur  distingué  d'un  roman  provençal 
Agueto  (Agathe)  et  de  Li  Darbousso  (Les  Arbouses),  Marguerite 
Sol,  auteur  du  Curât  de  Minerbo,  Louis  Foucard,  comédien  de 
talent,  auteur  de  très  pittoresques  chroniques  (Lou  Palangre^ 
Engin  de  pêche)  —  MM.  L.  Funel,  de  Baroncelli,  etc., 
tâchent  de  leur  mieux  de  donner  à  la  prose  littéraire 
provençale  de  la  souplesse,  et  contribuent  pour  leur  part  à  la 
rendre  toujours  plus  apte  à  rivaliser  même  avec  ce  que  la  prose 
française  a  créé  de  plus  délicat  et  de  plus  savoureux. 

L'esprit  dominateur  de  tout  ce  mouvement  littéraire  et 
politique.  Mistral,  Ta,  dès  1854,  imprégné  de  son  esprit  et  lui  a 
imposé  son  cachet  personnel.  C'était  Mistral  qui  le  premier 
eut  l'idée  de  fonder  l'association  dite  Félibrige,  et  c'est  lui  qui 
lui  fournit  le  nom.  Il  avait  entendu  à  Maillane  une  vieille 
femme  chanter  une  complainte  où  l'on  voyait  Jésus  enfant 
qui  parlait,  dans  le  Temple,  aux  sèt  felibre  de  la  lèi.  Ce 
mot  félibre^  dont  l'étymologie  est  restée  obscure,  semblait 
répondre  à  peu  près  à  docteur,  maître;  il  était  neuf,  sonore; 


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Introduction.  xxi 

Mistral  le  proposa  comme  nom  de  ralliement,  il  fut  acclamé 
par  les  sept  convives  de  Font-Ségugne,  et  YArmana  prouvençau^ 
proposé  et  fondé  dans  la  même  séance,  annonça  à  la  Pro- 
vence et  au  monde  que  les  rénovateurs  de  la  littérature  pro- 
vençale s^étaient  institués  félibres.  Cet  Armana,  dontRoumanille 
s'occupa  plus  particulièrement,  doit  à  Mistral  sa  forme  originale  ; 
et  Mistral  n'a  jamais  cessé  de  l'inspirer  et  d'y  faire  plus  que 
tous  les  autres  l'éducation  de  son  peuple.  Plus  tard,  après 
avoir  montré,  par  l'immense  succès  de  Mirèio^  que  les  félibres 
n'entreprenaient  pas  une  œuvre  aussi  puérile  qu'on  le 
croyait  volontiers  autour  d'eux.  Mistral  conçut  la  pensée  de 
donner  au  félibrige  une  existence  corporative  et  lui  fit  ac- 
cepter, en  1863,  ses  premiers  statuts.  Ce  n'était  encore 
qu'une  ébauche  assez  vague  et  flottante;  mais  Mistral  songeait 
toujours  à  la  compléter.  De  son  incubation  passionnée 
et  de  la  collaboration  du  comte  Christian  de  Villeneuve 
sortit,  en  1876,  le  plan  définitif  qui  constituait  toute  cette 
hiérarchie  que  nous  avons  fait  connaître  plus  haut  (p.  xi,  note). 
Par  son  Ode  aux  Catalans  (1859)  et  le  Chant  de  la  Coupe, 
Mistral  scella  le  rapprochement  des  Provençaux  et  des  Cata- 
lans, leurs  frères  de  race  et  d'idiome  ;  par  les  soins  du  baron 
de  Tourtoulon  et  de  son  groupe,  il  provoquait,  à  Montpellier, 
la  création  de  la  Société  pour  VÉtude  des  langues  romanes^ 
dont  les  travaux  devaient  justifier  scientifiquement  ce  relève- 
ment de  la  langue  d'oc.  Fort  de  l'appui  des  savants  et  des 
lettrés  officiels  du  Midi  français,  jusque-là  réfractaires  — 
et  encore  aujourd'hui  insuffisamment  gagnés  —  le  mouvement 
félibréen,  déjà  catalan-provençal,  ne  tardait  pas  à  devenir 
latin.  Ce  fut  encore  Mistral,  qui  attira  surtout,  par  la  splendeur 
de  SOS  chefs-d'œuvre,  l'attention  du  monde  entier  sur  la  Renais- 
sance qui  se  faisait  dans  sa  patrie  provençale,  et  c'est  à  l'a- 
mabilité de  son  caractère,  à  la  largeur  de  ses  vues,  à  la 
richesse  et  à  la  souplesse  de  son  esprit  que  le  Félibrige  doit 
en  grande  partie  la  sympathie  et  le  secours  moral  et  prati- 
que qu'il  a  trouvé  non  seulement  chez  les  peuples  de  la  race 
latine,    mais   autant   et   même   davantage,    chez   les  peuples 


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xxii  Introduction. 

de  race  germanique.  C'est  Mistral  qui,  nouveau  Dante, 
a  donné  à  la  nouvelle  littérature,  une  langue  classique  en 
épurant  et  en  enrichissant  son  dialecte  natal  avec  une  rare 
intuition  de  ce  qu'il  fallait  adopter  ou  rejeter,  et  ce  fut  lui, 
qui  dans  l'œuvre  bénédictine  de  sa  vie,  le  Trésor  du  FéU- 
brige^  emmagasina  non  seulement  cette  nouvelle  langue,  mais 
aussi  la  langue,  la  littérature,  les  mœurs  et  le  folklore  du 
Midi  entier  de  la  France.  Enfin  ce  fut  lui  qui  fonda,  en 
1896,  le  Museon  Arlaten^  musée  arlésien  d'ethnographie  qui 
est  déjà  actuellement  un  commentaire  et  une  synthèse  ma- 
térielle de  son  œuvre  de  poète,  et  qui  doit  aider  à  garder 
vivants  les  souvenirs  et  traditions  de  la  race  provençale. 

La  vie  de  Mistral,  si  riche  par  son  activité  intellectuelle, 
est  pauvre  en  faits,  matériels.  Il  l'a  contée  lui-même,  autant 
qu'il  le  croyait  utile  pour  faire  comprendre  son  œuvre,  dans 
quelques  pages  mises  en  tête  de  la  première  édition  des  Iles 
d'Or  (1875).  Il  est  né,  le  8  septembre  1830,  à  Maillane, 
village  de  l'arrondissement  d'Arles,  près  de  Saint-Remy.  Son 
père,  veuf,  avait  épousé  à  55  ans  une  jeune  fille  qu'il  avait 
rencontrée  un  jour  à  glaner  après  ses  moissonneurs:  de  ce 
Booz  et  de  cette  Ruth  devait  naître  un  prophète.  Le  père 
François  Mistral  était  riche  et  dirigeait  lui-même  la  culture 
de  ses  champs;  la  mère  de  notre  poète,  qui  survécut  très 
longtemps  à  son  mari,  resta  toujours  une  simple  «fille  de  la 
terre»,  entendant  pou  le  français  et  ne  parlant  que  la  langue 
du  pays.  L'enfant  grandit  au  milieu  des  scènes  toujours 
variées  de  cette  vie  rustique,  dans  la  familiarité  des  travail- 
leurs attachés  au  mas,  dès  l'aube  à  leur  suite  pour  le  labour, 
les  semailles,  la  tonte,  la  fauche,  la  moisson,  la  vendange,  la 
cueillette  des  olives  ou  des  feuilles  de  mûrier,  causant  avec 
eux  de  leurs  travaux  dans  leur  langue,  la  seule  qu'il  connût, 
et  laissant  ses  yeux  et  son  âme  s'emplir  du  spectacle  de  ce 
ciel  éclatant,  de  cet  horizon  majestueux,  de  ces  hommes  «qui 
travaillaient  avec  des  gestes  nobles»  et  de  ces  filles  aux  yeux 
profonds,  à  la  grâce  fière  et  douce.  Le  soir,  à  souper,  tous 
les  gens  de  la  maison  s'asseyaient  sur  les  bancs  le  long  de 


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IHTEODUCTION.  XXUI 

la  grande  table  que  servait  la  mère  et  où  présidait  le  père, 
«grand  et  beau  vieillard,  digne  dans  ses  propos,  ferme  dans 
son  commandement,  bienveillant  au  pauvre  monde,  rude  pour 
lui  seul».  Après  le  souper,  en  hiver,  tout  le  monde  s'asseyait 
en  cercle  autour  d'un  feu  clair  de  vieilles  souches  d'oliviers, 
et  souvent  un  «chemineau»  accueilli  pour  la  nuit,  assis  en 
face  du  père  sous  le  manteau  de  la  cheminée,  racontait  un 
vieux  conte  ou  une  légende  du  pays,  ou  chantait  quelque 
chanson  de  mendiant.  Mais  les  belles  chansons  et  les  belles 
«sornettes»,  c'était  la  mère  qui  les  savait  le  mieux;  elle  ne 
se  lassait  pas  plus  de  les  dire,  en  filant  sa  quenouille,  que  son 
fils,  assis  à  ses  pieds,  ne  se  lassait  de  les  entendre.  Parfois, 
le  père  lisait  l'Evangile  à  la  famille  réunie,  et  le  jour  de 
Noël  il  bénissait  lui-même  la  bûche  de  Noël,  et  racontait 
quelque  histoire  sur  les  vieux,  en  invitant  l'assemblée  à  prier 
pour  leurs  âmes;  puis  on  chantait  un  des  gracieux  noëls  de 
Saboly,  restés  si  populaires  dans  la  contrée.  Et  l'enfant 
allait  se  coucher,  l'esprit  et  le  cœur  vaguement  émus  par  ces 
premiers  appels  de  la  Muse  qui  devait  Tinspirer. 

À  neuf  ou  dix  ans,  on  le  mit  à  l'école;  mais,  nous  dit- 
il,  <je  fis  tant  et  si  bien  l'école  buissonnière  que  mes  parents 
jugèrent  bon  de  m'envoyer  dehors  pour  couper  court  à  mes 
escapades».  D'ailleurs,  malgré  ses  frasques  enfantines,  le 
jeune  Frédéric  avait  montré  à  l'école  une  haute  intelligence, 
et  son  père  voulait  la  cultiver.  Le  petit  sauvage  se  trouva 
d'abord  tout  penaud  de  ne  plus  courir  les  champs,  tout  triste 
d'être  condamné  entre  des  murs  noirs  à  une  occupation  sé- 
dentaire, et  tout  eiFa^'ouché  surtout  de  se  voir  incompris  ou 
raillé  s'il  parlait  la  langue  qui  était  l'expression  ordinaire  de 
ce  qu'il  pensait  et  sentait.  Mais  bientôt  la  beauté  de  la 
poésie  antique  l'émerveilla;  il  découvrit  dans  Virgile  et  dans 
Homère  une  façon  de  comprendre  et  d'interpréter  la  nature 
et  la  vie  qui  répondait  à  l'inconsciente  aspiration  de  son 
âme,  et  il  y  reconnut  même,  nous  dit -il  naïvement,  «les 
idées,  les  mœurs  et  les  coutumes  du  pays  maillanais».  C'est 
grâce  à  cette  greflfe  classique   du  sauvageon   provençal  que 


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XXIV  Introduction. 

s'est  épanouie  la  fleur  de  sa  poésie.  Il  faut  y  joindre,  bien 
entendu,  et  dans  une  large  mesure,  l'influence  de  la  littéra- 
ture française.  Surtout  il  se  baigna  avec  délices  dans  le 
large  flot  harmonieux  de  Lamartine,  dans  «cette  grande 
source  de  poésie»,  comme  il  l'a  dit  plus  tard,  «qui  avait  rajeuni 
l'âme  de  l'univers.  > 

On  a  raconté  vingt  fois  comment  Joseph  Roumanille 
jeta  dans  son  âme  l'étincelle  du  feu  sacré.  Et  l'excellent  et 
aimable  Roumanille  a  dit  lui-même  avec  un  grand  charme 
comment,  ayant  d'abord  fait  des  vers  en  français,  il  les  récita 
à  sa  mère,  qui  pleura  de  n'y  presque  rien  entendre,  et  com- 
ment il  se  jura  de  ne  plus  rien  écrire  que  sa  mère  ne  com- 
prît. La  nouvelle  poésie  provençale  est  née  de  cette  larme 
d'une  mère,  touchant  symbole  de  la  plainte  douce  et  in- 
formulée de  la  chère  vieille  petite  patrie,  oubliée,  dédaignée 
pour  la  grande!  La  semence  déposée  dans  l'àme  de  l'écolier 
d'Avignon  ne  devait  toutefois  lever  pleinement  qu'au  bout  de 
quelques  années.  Mistral  termina  ses  études  et  rentra  au 
mas^  prenant  sa  pa^rt  des  travaux  agricoles  de  la  famille:  il 
ébaucha  alors,  nous  dit- il,  un  poème  en  quatre  chants  sur 
les  Moissons,  géorgiques  provençales  qu'il  n'a  pas  publiées. 
Mais  comprendre  la  poésie  de  la  charrue  ne  suffit  pas  à  faire 
un  bon  laboureur  :  son  père  vit  bien  que  l'instruction  donnée 
à  son  fils  l'appelait  à  d'autres  destinées,  et  il  l'envoya  faire 
son  droit  à  Aix.  Tout  en  passant  ses  examens,  Mistral 
s'affermissait  de  plus  en  plus  dans  la  voie  où  Roumanille 
l'avait  engagé,  et  où  il  le  maintenait  par  une  active  cor- 
respondance, ayant  bien  vite  «deviné  dans  cet  enfant  un 
enfant  8ublime>.  Quand,  à  vingt  et  un  ans.  Mistral,  licencié 
en  droit,  revint  à  Maillane,  son  père  lui  dit:  «A  présent, 
mon  fils,  moi  j'ai  fait  mon  devoir:  tu  en  sais  beaucoup  plus 
que  ce  qu'on  m'a  appris;  c'est  à  toi  de  choisir  une  carrière; 
je  te  laisse  libre.»  Son  choix  fut  bientôt  fait:  «Aussitôt», 
dit-il,  <- je  jetai  aux  buissons  ma  robe  d'avocat,  et  je  m'épanouis 
dans  la  contemplation  de  ce  que  j'aimais  tant:  la  splendeur 
de  ma  Provence.»     Et   le   vieux  Booz   eut   la   grandeur   de 


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ImTRODUCTION.  XXV 

comprendre  que  son  fils  avait  pris  la  part  de  Dieu.  «Mon 
père  étant  mort  quatre  ans  après  (1855),  je  quittai  avec 
douleur  le  mas  où  j'étais  né,  par  suite  du  partage  qui  eut 
lieu  dans  ma  famille,  et  je  vins,  avec  ma  mère,  habiter  le 
village  de  Maillane,  où  je  souhaite,  quand  le  bon  Dieu  voudra, 
de  mourir  et  d'avoir  ma  tombe,  en  face  de  ces  collines  qui 
ont  réjoui  ma  vue,  asséréné  mes  vers  et  reposé  mon  áme.> 
C'est  la  beauté  de  la  vie  du  poète  et  c'est  le  secret  de  sa 
grande  poésie  d'avoir,  à  l'âge  des  ardeurs  inquiètes,  conçu 
ce  plan  d'existence,  et  de  l'avoir  réalisé  sans  défaillance. 

Mistral  est  resté  dans  son  village,  et  n'en  est  sorti 
que  pour  de  courtes  excursions,  presque  toujours  entreprises 
dans  l'intérêt  de  sa  poésie  ou  de  «la  Cau8e>,  soit  qu'il  ait 
parcouru  tous  les  recoins  de  sa  Provence  pour  les  connaître 
et  les  chanter,  ou  qu'il  soit  allé,  dans  les  villes  provençales, 
languedociennes,  gasconnes,  présider  les  fêtes  dont  il  est  le 
héros  ou  promener  son  entraînant  apostolat.  En  1868,  il  a 
même  franchi  les  Pyrénées  pour  visiter  les  Catalans  qui 
venaient  d'instaurer  les  Jochs  florals  de  Barcelone,  et  aux- 
quels il  avait  adressé  la  magnifique  pièce  Aux  Poètes  cata- 
lans^ un  des  joyaux  les  plus  éclatants  de  son  œuvre. 

En  1858,  comme  Mirèio  venait  d'être  terminée,  Mistral 
vint  à  Paris  et  fut  présenté  à  Lamartine,  auquel  il  lut  quel- 
ques vers  et  envoya  l'année  suivante  son  poème  avant  qu'il 
eût  paru.  Nous  avons  déjà  dit  avec  quel  enthousiasme  le  chantre 
de  Milly  accueillit  cette  poésie  d'une  fraîcheur  et  d'un  éclat 
si  nouveaux  ;  dans  V Entretien  littéraire  qu'il  lui  consacra,  il  y  a 
des  pages  admirables,  et  de  sa  grande  main  paternelle  il 
lança  en  pleine  gloire  le  jeune  oiseau  qui  doutait  encore  de 
lui-même  et  qui  ouvrit  largement  ses  ailes  dans  la  lumière 
et  dans  la  joie.  Après  la  publication  et  l'éclatant  succès  de 
Mirèio^  Mistral  revint  à  Paris;  il  y  fut  accueilli  avec  un  de 
ces  enthousiasmes  éphémères  et  enivrants  que  la  grande  ville, 
aussi  agitée  et  aussi  trompeuse  que  la  mer,  pousse  successive- 
ment, comme  des  vagues  d'un  moment,  aux  pieds  de  ceux 
qui  lui  apparaissent  dans   un  rayon  de  gloire.     C'est  là  que 


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XXVI  '  Introduction. 

la  ferme  résolution  du  poète  fut  mise  à  une  rude  épreuve: 
de  toutes  parts  on  le  sollicitait  de  rester  à  Paris,  et  aucune 
séduction  ne  manquait  pour  le  retenir.  Ce  ne  fut  pas  seule- 
ment le  vœu  qu'il  avait  formé  de  rester  fidèle  à  son  pays 
qui  Tempécha  d'écouter  les  dangereuses  sirènes:  un  sûr  in- 
stinct lui  dit  que  son  génie  était  dans  sa  sincérité;  qu'un 
poète  provençal  à  Paris  ne  serait  fatalement  qu'un  amuseur 
et  un  comédien  comme  les  autres;  qu'il  n'avait  sa  vraie  force 
qu'en  touchant  sa  terre  natale,  et  qu'il  devait  se  donner  à 
elle  tout  entier,  corps  et  âme,  pour  que,  corps  et  âme,  elle 
se  livrât  entièrement  à  lui.  Puis  toutes  ces  ovations,  tous 
ces  compliments,  le  troublaient  presque  autant  qu'ils  le  ra- 
vissaient. Quelques  expériences  comme  en  ont  pu  faire  tous 
ceux  que  le  monde  croit  devoir  louer  sans,  bien  souvent, 
comprendre  ou  même  connaître  leur  œuvre,  avaient  inspiré 
une  juste  défiance  à  son  esprit  très  fin  et  à  son  sens  très 
pratique.  D'autre  part,  la  frivolité,  le  manque  de  sérieux  et 
de  conviction  de  la  société  brillante  où  il  s'était  trouvé  jeté 
tout  à  coup,  lui  avaient  semblé  présenter  de  graves  dangers 
pour  lui-même.  Il  avait  été  surpris  de  la  tolérance  extrême 
ou  plutôt  de  l'indiflférence  avec  laquelle  se  mêlaient  les  re- 
présentants d'opinions  et  de  sentiments  que,  dans  son  pays, 
séparait  un  abîme.  Il  avait  rencontré  Renan,  qui  lui  semblait 
devoir  être  un  Lucifer  et  jeter  un  blasphème  à  chaque  mot, 
et  Renan  lui  avait  parlé  de  son  poème  avec  des  paroles  si 
douces  et  si  délicatement  flatteuses  qu'elles  avaient  pénétré, 
quoi  qu'il  en  eût,  jusqu'à  son  cœur  et  y  troublaient  la  foi 
qui  faisait  partie  à  ses  yeux  de  l'héritage  sacré  du  foyer.  Il 
sentit  que  s'il  restait  dans  cette  atmosphère  factice,  capiteuse 
et  troublante,  il  verrait  peu  à  peu  s'y  amollir  le  ressort  de 
son  âme  et  s'y  dissoudre  l'essence  pure  et  sauvage  qu'il 
avait  apportée  de  ses  champs,  de  son  grand  Rhône  et 
de  sa  mer,  et  il  s'enfuit,  sauvant  son  trésor.  Il  n'avait 
pas  oublié  les  belles  et  graves  paroles  qu'au  moment 
de  son  départ,  lors  de  la  première  des  fêtes  du  félibrige^  en 
portant   un   brinde   à   Mireille^    «le   plus   beau   miroir  où  la 


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Introduction.  xxvii 

Provence  se  soit  mirée»,  lui  avait  dites  le  vieux  et  saint 
homme  Reboul,  le  poète-boulanger  de  Nîmes:  «Mistral,  tu 
vas  à  Paris.  Souviens-toi  qu'à  Paris  les  escaliers  sont  de 
verre.  N'oublie  pas  ta  mère!  N'oublie  pas  que  c'est  dans 
un  mas  de  Maillane  que  tu  as  fait  Mireille^  et  que  c'est  cela 
qui  te  fait  grand!  Et  n'oublie  pas  que  c'est  un  bon  catho- 
lique de  la  paroisse  de  Saint-Paul  qui  tout  à  l'heure  a  posé 
la  couronne  sur  ta  tête!» 

Depuis,  il  est  revenu  à  Paris,  pour  y  prendre  part  — 
la  première  part  —  à  des  réunions  ou  à  des  fêtes  consa- 
crées à  «la  Cause»  :  mais  il  n'y  a  jamais  fait  que  de  courtes 
apparitions,  et  il  s'est  réfugié  toujours  au  plus  vite  dans  son 
cher  village  de  Maillane,  qui  lui  devra  la  célébrité  que  le 
poète  lui  doit  en  partie. 

L'année  1876  amenait  à  Maillane  la  jeune  épouse  qui 
devait  compléter  et  faire  refleurir  la  vie  poétique  du  maître. 
Installé  dans  le  nid  provençal  que  le  chanteur  avait  lui-même 
préparé  pour  un  doux  oiseau  encore  inconnu,  le  ménage  y  a 
fidèlement  enfermé  son  bonheur.  A  part  les  ordinaires  tour- 
nées félibrenques^  un  voyage  fait  en  Italie  en  1891  est  son 
seul  déplacement  de  quelque  durée.  C'est  de  Maillane  que 
Mistral  a  dirigé  la  publication  des  œuvres  qu'il  y  avait  com- 
posées: mreiUe  (1859),  Calendal  (1866),  les  Iles  d'Or  (1874), 
Nerte  (1884),  la  Reine  Jeanne  (1891).  C'est  là  qu'il  a  achevé 
aussi  son  Poème  du  Rhône  (1897)  qui  doit  être  le  couronne- 
ment de  son  œuvre.  C'est  là  qu'il  a  compilé  ce  prodigieux 
Trésor  du  félibrige^  dont  il  avait  été  recueillir  les  matériaux 
dans  tous  les  coins  de  la  Provence.  C'est  là  aussi  qu'il 
prépare  le  recueil  de  ses  discours,  qu'il  écrit  de  temps  à 
autre  une  page  de  ses  mémoires,  et  que  depuis  quarante  ans 
il  polit,  il  dégage  de  leurs  scories,  il  fait  revivre  dans  leur 
forme  la  plus  savoureuse  et  la  plus  idiomatique  ces  «sornettes», 
ces  contes  de  grand'mères  qui  enchantaient  son  enfance,  qu'il 
a  rassemblés  avec  amour  dans  les  repos  des  méridiennes  et 
dans  les  veillées  de  fileuses,  et  qui  formeront,  à  en  juger 
par  les  ét^hantillons  publiés  çà  et  là,   un  recueil  comparable 


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XXVm  INTRODUCTION. 

à  ceux  de  Griinm  et  d'AsbjôrDsen.  Car  il  n'a  pas  suffi  à 
Mistral  d'être  le  peintre  et  l'interprète  de  la  Provence:  il  a 
su  réunir,  pour  la  gloire  de  sa  patrie  adorée,  l'attention  do- 
<îile  du  chercheur  à  l'inspiration  du  poète,  et  il  a  pu,  dans 
ses  longues  heures  consacrées  tantôt  à  la  Muse  qui  chante, 
tantôt  à  celle  qui  écoute,  savoir  laquelle  donne  plus  de  joies 
et  laquelle  demande  plus  de  travail  et  de  patiente  ténacité. 
Nous  ne  voulons  pas  apprécier  ici  l'œuvre  littéraire  de 
Mistral  dans  son  ensemble,  et  nous  préférons  renvoyer  le 
lecteur  au  travail  consciencieux  de  M.  N.  Welter:  Frederi 
Mistral^  der  Dichter  der  Provence  (Marburg  1899),  dont  la 
lecture  s'impose  autant  que  celle  de  l'étude  lumineuse  que 
M.  Gr.  Paris  a  consacrée  à  notre  auteur,  dans  la  Sevue  de  Paris 
de  l'année  1894,  p.  478  et  58  et  suiv.,  et  dont,  du  reste, 
M.  Welter  a  tiré  le  plus  grand  profit.  Mais  il  est  urgent 
de  dire  quelques  mots  sur  Mirèio^  qui  gardera  toujours  le 
])remier  rang  parmi  les  chefs-d'œuvre  de  notre  poète,  parce  que 
le  génie  supérieur  du  félibre  s'y  est  révélé  pour  la  première 
fois,  et  parce  que,  dans  ce  poème,  Mistral  a  traité  de  main 
de  maître  un  sujet  qui,  autant  universel  que  local,  conservera 
toujours  sa  fraîcheur  virginale  et  ne  cessera  jamais  d'exercer 
son  charme  irrésistible  et  vainqueur.  Le  fonds  même  du  récit 
épique  de  Mirèio  est  extrêmement  simple:  il  chante  les 
amours  d'un  pauvre  petit  vannier  et  de  la  jeune  fille 
d'un  riche  propriétaire  dont  les  parents  s'opposent  à  un 
mariage  mal  assorti  et  amènent,  par  leur  refus,  la  fin 
tragique  de  leur  enfant.  Celle-ci  meurt  sous  le  coup  d'une 
insolation  pendant  sa  fuite  de  la  maison  paternelle,  qu'elle 
a  prise  pour  aller,  dans  un  lointain  pèlerinage,  prier  les 
Saintes  Maries  de  protéger  son  humble  amour.  Mais  Mistral  a 
su  liiconter  ces  simples  événements  avec  un  tel  art  qu'il  faut 
ranger  son  couple  d'amoureux  à  côté  de  Daphnis  et  Chloé,  de 
Paul  et  Virginie  et  de  Hermann  et  Dorothée.  Son  amant  ingénu 
et  naïf,  Vincent,  est  fermement  et  gracieusement  dessiné  dans 
sa  jeunesse  inexpérimentée,  dans  sa  pauvreté  fière,  son  courage 
d'enfant  héroïque,    son  amour  simple,    étonné  et  dévorant  et 


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INTRODUCTION.  XXIX 

dans  ses  propos  à  Mireille  d'une  grâce  et  d'une  sincérité 
charmantes;  Tamante,  Mireille,  est  une  belle  et  saine  fille  de 
la  campagne,  amoureuse  de  prime  saut,  et  avec  tout  son  être. 
Elle  lo  dit  hardiment,  la  première,  à  Vincent;  elle  se  griso 
d'amour,  et  avec  cela,  elle  est  franche,  courageuse  et  dévouée 
et  deviendrait,  si  elle  échappait  à  sa  destinée  fatale,  une 
excellente  ménagère.  Les  scènes  à  la  fois  ardentes  et  can- 
dides qui  mettent  en  présence  Mireille  et  Vincent  sont  des 
scènes  d'amour  entre  deux  enfants  à  l'âme  naïve,  aux  sens 
frémissants,  au  cœur  pur.  Et  ces  scènes  généralement  hu- 
maines sont  animées  et  rendues  plus  humaines  encore  par 
le  caractère  particulièrement  provençal  que  Mistral  a  donné 
à  ses  héros  comme  à  sa  poésie  entière.  Avec  l'histoire  de 
l'amour  de  ces  aimables  enfants  bien  provençaux  par  la  viva- 
cité de  leurs  sentiments,  par  la  vigueur  de  leur  foi  aussi  bien 
que  par  l'étendue  et  le  genre  de  leurs  superstitions,  par  leurs 
actes  et  par  leurs  paroles,  le  poète  a  combiné  la  peinture 
de  son  pays,  la  représentation  de  la  vallée  du  Bas  Rhône,  de 
la  Crau  et  de  la  Camargue  et  la  représentation  de  la  vie  du 
peuple  entier  qui  habite  ces  régions.  Et  ces  descriptions 
sont  d'un  réalisme  frappant,  faites  avec  un  art  exquis.  Les 
paysages  de  la  plaine  rhodanienne,  le  ciel  enivré  de  lumière, 
le  soleil  triomphant  et  implacable,  les  cimes  ou  les  ravins  des 
Âlpilles,  l'étendue  brûlante  de  la  Crau,  Arabie  Pétrée  de  la 
France,  la  plantureuse  Camargue,  la  mer  provençale  avec 
son  sourire  infini,  les  villes  et  leurs  monuments,  Arles  et  ses 
arènes,  les  Baux  et  leurs  ruines,  tout  se  reflète  avec  une 
force  et  une  vie  incomparables.  Dans  ces  décors  si  variés, 
si  beaux,  si  riches  de  souvenirs,  qui  forment  la  scène  de 
Mirèio^  on  voit,  avec  une  admiration  jamais  lassée,  agir  et  se 
mouvoir  les  nombreux  personnages  qui  la  peuplent.  La  cul- 
ture sous  toutes  ses  formes,  la  plantation,  le  labour,  les  ré- 
coltes diverses,  depuis  la  fauche  et  la  moisson  jusqu'à  la 
cueillette  des  olives,  les  vieux  usages  rustiques,  les  fêtes  des 
laboureurs,  leurs  courses,  leurs  danses,  leurs  chansons;  et 
l'élevage  dans  les  montagnes   et   dans  les  plaines,   les  longs^ 


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XXX  Introduction. 

troupeaux  dévalant  des  Alpes,  la  capture  des  cavales  sauvages 
de  la  Camargue,  la  ferrade  des  taureaux;  les  industries  pri- 
mitives comme  celles  du  vannier,  du  pécheur,  et  les  repos  à 
Tombre,  et  les  festins,  et  les  longues  farandoles,  et  les  tam- 
bourins, et  les  jeux  des  enfants  et  des  jeunes  filles;  et  sur 
!es  rochers,  dans  les  forêts,  sur  l'herbe,  dans  l'air,  dans  l'eau 
des  torrents,  des  ruisseaux,  du  grand  fleuve  ou  de  la  mer, 
parmi  les  arbres  tous  familièrement  connus  et  marqués  d'un 
mot,  parmi  les  mille  plantes  indigènes,  la  vie  bruissante,  fré- 
missante, joyeuse  des  animaux  qui  courent,  rampent,  volent 
ou  nagent,  mêlée  à  la  vie  humaine  qui  travaille,  qui  souffre, 
■qui  aime,  qui  prie,  qui  chante.  C'est  un  immense  tumulte 
de  vie  qui  nous  enveloppe  de  son  bruit,  de  son  chatoiement 
et  de  son  ardeur.  Mistral  vit  lui-même  avec  les  êtres, 
animés  et  même  inanimés,  qu'il  nous  présente;  car  rien,  dans 
ce  qu'il  décrit,  ne  reste  immobile  ;  tout  prend  part  à  l'action, 
tout  vit,  et  les  mouvements  accessoires  se  groupent  pour  faire 
comprendre  le  mouvement  général.  C'est  ce  sentiment  de  la 
nature,  cette  animation  des  choses  qui  semblent  mortes,  qui 
rendent  le  poète  si  sympathique  surtout  à  ses  lecteurs  ger- 
maniques, dont  la  pensée  et  la  langue  ont  gardé  comme 
notre  poète  et  son  idiome  le  souvenir  des  temps  primitifs,  où 
l'homme  et  la  nature  étaient  encore  plus  intimement  liés. 

Mistral  s'intitule,  dans  la  première  strophe  de  notre 
poésie,  umble  escoulan  dóu  grand  Oumèro  (humble  écolier  du 
grand  Homère).  En  effet,  sa  poésie  ressemble  et  par  son  art 
•et  par  son  style  aux  œuvres  de  ce  maître  immortel.  Mistral 
a  entièrement  retrouvé  le  ton  épique  de  son  modèle:  son 
ampleur  gracieuse,  sa  belle  ingénuité,  sa  large  sérénité,  sa 
■concision  et  sa  plasticité.  Cette  ressemblance  se  fait  bien  re- 
marquer dans  des  scènes  qui  permettaient  au  poète  plus  par- 
ticulièrement de  se  rapprocher  de  scènes  analogues  chez 
l'auteur  antique.  Le  récit  de  Vincent  de  la  course  des  hommes 
à  Nimes  (Chant  I),  la  demande  en  mariage  des  trois  préten- 
<iants  (Chant  IV),  le  combat  d'Ourrias  et  de  Vincent  dans 
la  Crau  (Chant  V),   l'entretien  des  deux  pères   (Chant  Vil), 


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iNTEODrCTION.  XXXI 

rassemblée  racontée  dans  le  Chant  IX,  sont  des  scènes 
Traiment  homériques.  Mais  Mistral  ressemble  plus  encore  à  son 
modèle  dans  ses  descriptions.  Pour  peindre  leur  entourage, 
Homère  met  ses  personnages  en  mouvement  et  nous  dit  ce 
qu'ils  voient  et  ce  qu'ils  rencontrent.  C'est  aussi  la  méthode 
de  notre  poète.  L'imitation  voulue  d'Homère,  sur  ce  point, 
est  particulièrement  visible  au  Chant  IX,  dans  l'épisode  où 
le  père  de  Mirèio  convoque,  par  son  échanson,  tous  ses 
ouvriers,  faucheurs,  moissonneurs  et  bergers,  et  où  le  poète 
nous  raconte  ce  que  ce  messager  volant  voit  dans  ses  courses 
rapides.  Le  même  procédé  se  retrouve  dans  d'autres  pas- 
sages: au  Chant  I,  quand  Vincent  et  son  père  se  rendent 
au  mas  de  mèste  Ramoun^  au  Chant  VI,  quand  Mireille  et 
Vincent,  conduits  par  la  sorcière,  passent  par  les  excavations 
des  Alpilles;  aux  Chants  VIII  et  IX,  dans  la  course  de  la 
pauvre  Mireille  éperdue  à  travers  la  Crau  et  la  Camargue, 
et  dans  le  récit  d'^Andreloun.  Ce  que  Mistral  nous  peint,  c'est 
toujours  ce  qu'aperçoivent,  ce  que  regardent  ses  personnages, 
ou  dans  d'autres  conditions,  ce  qui  éveille  leurs  sentiments 
ou  détermine  leurs  destinées.  Ainsi  passent  sous  les  yeux  du 
lecteur  tous  les  aspects  de  la  Provence  des  Alpilles,  des 
plaines,  des  landes,  des  fleuves  et  de  la  mer.  Et  ces  évo- 
cations sont  si  naturelles,  si  parfaitement  nouées  au  drame  et 
aux  impressions  des  personnages  qu'elles  ne  font  jamais  l'effet 
de  hors-d'œuvre. 

Encore  sous  d'autres  rapports,  Mistral  a  tenu  à  se  con- 
former à  l'exemple  de  son  grand  prédécesseur.  Il  adopte 
ses  invocations,  au  commencement  du  poème  et  au  Chant  VI, 
avec  la  différence  que  les  Muses  doivent  céder  leur  place  au 
Christ  et  aux  amis  de  jeunesse  du  poète.  Il  fait  largement 
usage  des  répétitions  épiques  d'Homère  (Voy.  les  notes  des 
vers  I,  85,  H,  85,  126,  V,  75,  896,  546;  VI,  226,  435; 
VII,  354;  Vin,  45,  140;  IX,  80;  X,  43,  190).  Au  Chant  IX, 
le  messager,  dont  nous  parlions  plus  haut,  répète  trois  fois 
textuellement  les  mots  de  son  patron,  absolument  de  la 
même  manière  que  le  font  les  messagers  de  l'épopée  antique. 


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xxxii  Introduction. 

Quelquefois,  les  répétitions  de  notre  poète  sont  moins  effi- 
caces; mais  deux  fois,*  au  moins,  il  a  su  surpasser  son  mo- 
dèle.   C'est  au  Chant  II,  où  six  fois  se  répètent  les  mots: 

Gantas,  cantas,  magnanarello, 
et  au  Chant  V,   où  se  répètent  trois  fois  les  vers  empruntés 
à  un  dicton  populaire: 

Mai  parlen  plan,  o  mi  bonqueto, 

Que  li  booissoun  an  d'auriheto. 

Dans  ces  deux  cas,  les  vers  répétés  rendent  le  sentiment  ou 
l'accord  fondamental  de  tout  le  chant,  et  la  répétition  homéri- 
que y  est  transformée  dans  le  Leitmotiv  de  la  musique  de 
Wagner. 

Le  même  emploi  modéré  et  intelligent  est  fait,  par 
Mistral,  de  la  comparaison  et  de  Tépithète  homérique.  Notre 
poète  n'imite  pas  les  formes  ou  formules  de  son  modèle,  mais 
bien  l'esprit  et  la  raison  qui  les  ont  produites.  Les  comparaisons, 
introduites  assez  sobrement,  sont  empruntées  à  l'entourage 
qui  se  présente  naturellement  dans  notre  poésie;  et  le  désir 
de  lutter  avec  les  anciens  dans  l'emploi  de  l'épithète  lui 
a  fait  créer  une  foule  d'heureuses  compositions  de  mots 
qui  ne  contribuent  pas  peu  à  rendre  sa  diction  aussi  ex- 
pressive que  pittoresque. 

Mistral  a  même  eu  soin  de  donner  une  correspondance  à  la 
Visite  des  Enfers  dans  l'épopée  antique  :  c'est  le  Chant  VI  qui  doit 
en  prendre  lieu  avec  sa  promenade  fantastique  à  travers  l'antre 
des  Fées  et  ses  horreurs  imaginaires.  La  mythologie  des  anciens 
est  ici  remplacée  par  les  résidus  de  la  mythologie  germanique; 
à  peu  près  tout  ce  que  Mistral  nous  raconte  des  Esprits  et 
des  Spectres  familiers  de  la  Provence  et  des  superstitions 
populaires  de  son  pays,  se  retrouve  en  Allemagne  et  dans  les 
autres  pays  germaniques  et  s'y  explique  naturellement  comme 
traces  de  leurs  anciennes  croyances  payennes.  La  mythologie 
des  anciens  est  remplacée  une  seconde  fois  par  Mistral, 
quand  il  puise  dans  la  légende  et  dans  la  tradition 
chrétienne  ou  catholique.  Au  Chant  IX,  il  nous  fait 
même  entrevoir  un  coin  du  Paradis.   Enfin,  au  Chant  VI,  nous 


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Introduction.  xxX  ii  i 

rencontrons  dans  la  sorcière  Taven  une  digne  descendante 
des  sibylles  du  paganisme  grec  ou  romain.  Il  est  vrai  que 
cette  femme  mi-payenne  y  sort  un  peu  de  son  rôle  et  se 
transforme  trop  subitement  en  une  prophétesse  d'un  christia- 
nisme aussi  exalté  que  problématique.  Mais  nous  ne 
disputerons  pas  avec  notre  poète  sur  la  réalité  ou  la  pos- 
sibilité de  ce  personnage  secondaire  qui  possède  quelque 
chose  de  la  double  nature  des  humains  fantasques  que  présentait 
autrefois,  avec  tant  de  réalisme,  T.  A.  Hoffmann  dans  ses 
récits  exubérants  d'imagination. 

Pour  écrire  Mirèio,  Mistral  était  dans  la  nécessité  de 
créer  une  nouvelle  langue  littéraire.  H  employait,  comme 
ses  plus  proches  amis  et  disciples,  Tidiome  populaire  de 
Saint- Remy  et  d'Arles,  qui,  sans  différences  notables,  se 
parle  dans  la  vallée  du  Rhône  depuis  Orange  environ 
jusqu'au  Martigue.  La  syntaxe  peu  formée  de  cet  idiome 
comme  de  tous  les  parlers  populaires,  fut  complétée  ou  rem- 
placée, à  quelques  exceptions  près,  par  celle  de  la  langue 
française.  Le  poète  avait  plus  de  difficulté  par  rapport  au 
vocabulaire.  Jusqu'à  lui,  le  vocabulaire  de  son  idiome 
n'avait  servi  qu'aux  besoins  des  paysans  et  des  artisans,  et 
par  conséquent  ne  possédait  pas  suffisamment  de  mots  pour 
les  abstractions  et  pour  des  idées  qui  appartiennent  à  une 
culture  supérieure.  D'autre  part,  étant  le  langage  des  basses 
classes,  le  parler  provençal  avait  une  foule  de  mots  d'un 
caractère  grossier  et  trivial,  qui  naturellement  détruisent  la 
noblesse  d'expression.  Enfin  le  peuple  avait  emprunté  au 
franç.ais  une  quantité  de  mots  en  leur  faisant  subir  une 
altération  phonétique  souvent  d'un  effet  des  plus  déplaisants, 
du  moins,  à  l'oreille  française.  C'étaient  là  des  obstacles  qui, 
moins  sensibles  pour  les  lecteurs  provençaux  ou  étrangers, 
devaient  pourtant  être  surmontés  autant  que  possible,  pour 
ne  pas  effaroucher  les  lecteurs  habitués  à  la  langue  raffinée 
des  auteurs  français.  Heureusement,  à  côté  de  ces  pauvretés 
et  de  ces  scories,  le  vocabulaire  provençal  avait  des  richesses 
qui  en  faisaient  un  instrument  merveilleux  pour  une  littérature 

ÌU 


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3LXXIV  Imtropuction. 

qui  ne  s'éloignait  pas  trop  de  la  langue  et  de  la  pensée 
plus  concrète  du  peuple.  La  nature  et  la  vie  méridionales 
présentent  une  foule  d'objets,  de  sensations,  d'actes, 
d'usages  qui  ne  sont  propres  qu'à  ce  pays  et  qui,  in- 
connus et  innommés  dans  des  pays  septentrionaux,  ont 
cependant  dans  les  idiomes  du  Midi  des  dénominations  exactes. 
Le  peuple  de  la  Provence  rhodanienne  a  une  âme  à  lui, 
façonnée  sous  l'influence  de  la  nature  qui  l'entoure  et 
de  la  vie  qu'il  mène;  et  cette  âme  s'est  exprimée  dans 
sa  langue,  parfois  avec  brutalité,  mais  souvent  aussi  avec 
une  force,  une  originalité  et  une  délicatesse  extrêmes.  Ainsi 
le  parler  populaire  de  la  Provence  cachait  dans  ses  profon- 
deurs des  mots  splendides  ou  caressants,  des  verbes  où 
l'énergie  était  puissamment  condensée,  des  substantifs  pittores- 
ques, des  adjectifs  d'une  douceur  exquise  ou  d'une  charmante 
poésie.  De  ces  éléments  contraires  il  fallait  faire  une  langue 
littéraire,  et  pour  y  arriver,  l'épurer  d'une  part,  la  fixer 
d'autre  part.  C'est  ce  que  Mistral  a  fait  magistralement.  Il 
a  éliminé  autant  que  possible  les  mots  français,  qui  avaient 
remplacé,  dans  l'usage  du  peuple,  leurs  correspondants  pro- 
vençaux, et  il  a  restauré  les  formes  indigènes  quand  il  les 
trouvait  encore  vivantes.  Il  a  fixé  la  langue  sous  l'apparence 
modeste  d'une  fixation  de  l'orthographe;  car,  l'orthographe 
constituée  par  Roumanille  et  Mistral  et  appliquée  par  les 
félibres  provençaux  déterminait  en  réalité  la  phonétique  et 
la  morphologie  de  la  langue  littéraire.  Par  un  choix  et  un 
groupement  habiles,  Mistral  a  donné  souvent  aux  mots  natifs 
l'ampleur  et  la  suggestion  des  mots  antiques.  Pour  enrichir 
son  idiome  davantage,  il  y  a  fait  entrer  des  mots  recueillis 
hors  de  ses  limites  restreintes,  qui  lui  semblaient  propres  à 
exprimer  de  nouvelles  nuances  d'action  ou  de  sensation,  et 
dans  l'idiome  même  il  a  recherché  soigneusement  les  idiotismes 
le  plus  franchement  marqués  au  coin  du  terroir  et  les  vieilles 
expressions  en  train  de  disparaître.  Dans  tout  cela.  Mistral 
a  montré  un  instinct  merveilleux  qui  lui  a  permis  de  dis- 
cerner avec  sûreté  ce  qui  pouvait  entrer  dans  l'harmonie  de 


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INTRODUCTION.  XXXV 

sa  poésie.  Enfin,  Mistral  a  su  développer  les  ressources 
de  sa  langue,  soit  en  tirant  parti  des  extensions  de  sens 
suggérées  par  l'usage  commun,  soit  en  profitant  de  la  richesse 
de  la  dérivation  pour  faire  porter  à  de  vieilles  souches  des 
rejetons  légitimes,  mais  imprévus  0- 

Dans  sa  versification.  Mistral  a  adopté,  à  quelques  ex- 
ceptions près,  les  lois  de  la  versification  française.  Déjà  les 
vers  provençaux  écrits  depuis  le  xvi*  siècle  étaient  calqués 
sur  les  vers  français.  Roumanille  n'a  pas  fait  autrement  que 
ses  prédécesseurs,  et  Mistral  n'a  pas  innové  sur  ce  terrain. 
Il  a  admis  non  seulement  les  principes  et  les  lois  fonda- 
mentales où  sont  d'accord  depuis  l'origine  la  versification  du 
Nord  et  celle  du  Midi,  mais  les  règles  plus  récentes  et  moins 
essentielles  qui  régissent  les  vers  français  depuis  Malherbe: 
il  se  soumet  aussi  à  l'interdiction  de  l'hiatus  et  à  l'alternance 
des  rimes.  Néanmoins  le  caractère  de  sa  langue  produisait 
spontanément  quelques  divergences.  L'auteur  n'avait  pas  à 
se  poser  la  fameuse  question  de  Ye  muet  qui  trouble  aujourd'hui 
les  versificateurs  français:  Yo,  Ye  et  Yi  atones  qui  corre- 
spondent à  Ye  final  des  Français,  ont  leur  pleine  valeur 
syllabique  ;  on  ne  peut  donc  pas  accuser  les  vers  provençaux 
de  manquer,  à  l'occasion,   d'une,    deux  ou  trois  syllabes,   ou 

*)  Nous  ne  nous  attarderons  pas  ici  à  nous  occuper  des  reproches 
plus  ou  moins  ineptes  ou  absurdes  qu'on  a  faits  à  la  langue  créée  par 
Mistral.  M.  G.  Paris,  dans  Farticle  cité  que  nous  suivons,  les  a  suffi- 
samment réfutés  (p.  65  ss.).  Si  les  Provençaux  ne  réussissent  pas  dans 
leur  tentative  de  créer  dans  la  langue  de  Mistral  ou  des  félibres  une 
littérature  complète,  et  si  leur  parler  indigène  ne  devient  jamais  la 
langue  naturelle  de  leurs  entretiens  sérieux,  ce  ne  sera  pas  la  faute  de 
Finstrument,  mais  bien  la  faute  des  personnes  et  de  la  situation  politique 
et  administrative  de  leur  pays.  Il  n'y  a  aucun  empêchement  sérieux 
dans  la  langue  même:  un  emprunt  plus  fréquent  de  mots  abstraits  ou 
savants  fait  au  français  aura  d'autant  moins  d'inconvénient  que  ces  mots 
sont  généralement  des  mots  d'emprunt  dans  le  français  lui-même  et  appar- 
tiennent, pour  la  plupart,  au  jargon  savant  international.  On  ne  pourra  pas 
refuser  aux  Provençaux  ce  que  les  Français  ainsi  que  tous  les  autres 
peuples  se  permettent  journellement  ;  et  il  n'y  a  pas  de  distinction  à  faire, 
qu'on  babille  ces  mots  savants  à  la  française  ou  à  la  provençale. 

III* 


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XXXVI  INTRODUCTION. 

la  distinction  des  rimes  masculines  et  féminines  d^étre  souvent 
purement  orthographique.  D'après  l'intention  de  notre  poète, 
les  voyelles  atones  (o,  «,  i)  s'élident  devant  une  voyelle  qui 
les  suit;  cependant  il  se  trouve  des  lecteurs  provençaux, 
qui,  dans  une  déclamation  emphatique,  les  font  sonner  dis- 
tinctement aussi  dans  ce  cas,  ou  les  combinent  en  une  sorte 
de  diphthongue  avec  la  voyelle  initiale  du  mot  suivant  ^).  Il  y  a 
des  déclamateurs  français  qui  prennent  la  même  liberté  avec  Ve 
sourd  de  leur  langue  et  parfois  le  font  sonner  devant  une 
voyelle.  D'ailleurs,  dans  l'élision,  le  provençal  admet  quelques 
différences  de  l'usage  français.  Le  provençal  n'élide  pas  seule- 
ment les  voyelles  atones  o«,  a,  e  de  l'article  et  des  pronoms 
personnels  (iou,  ia,  iwe,  te^  «e),  du  pronom  relatif  et  de 
la  conjonction  que,  de  la  particule  ne  {=  en,  inde),  de  la 
préposition  de  et  de  la  conjonction  se,  mais  aussi  Vé  tonique 
de  la  préposition  emé  {emH  I,  19,  em^éu  II,  56;  eni^ amour 
II,  236,  etc.),  de  l'adverbe  pronominal  ié  (t'a  I,  63,  84; 
iavié  VII,  45,  v  emporta  VIII,  7,  etc.)  et  de  la  terminaison 
ié  do  la  3®  sing.  de  l'imparfait  (fasi'à  I,  534,  poudiana  XI, 
133).  De  plus,  la  langue  provençale  connaît  l'aphérèse  de  l'e, 
et  quelquefois  de  l'a  et  de  Vu  initial,  si  ces  voyelles  sont 
précédées  d'une  voyelle  ou  d'une  diphthongue  faible  (í^.  Cet 
usage,  inconnu  au  français,  se  trouve  pour  Ve  initial  dans 
les  mots  où  cet  e  est  suivi  d'une  s  impure  (s  suivie  d'une 
autre  consonne)  et  où  la  vieille  langue  française  possédait 
la  même  liberté  (nisperanço  V,  366,  e'spavourdi  VI,  391, 
lou  la  ^spiravo  VIII,  131,  etc.);  dans  emé  {e^mél^  113,  venguè 
'mé'fV  èr  II,  142,  e'mé  furoiir  VI,  360,  avé'nVacò  VII,  80 
etc.;  même  après  la  consonne  r-,  0  plourl  ^mé  lou  darrié 
IX,  16,  cf.  I,  239);  dans  entai  (acò  ^mai  I,  136);  dans  eni  {en 
langui  ligno  IX,  120)  ;  dans  enca  et  encaro  (t'a'  nca  I,  505  ;  Vavié 
'ncaro  VII,  45);  dans  es  {aco's  I,  331,  VII,  78,  448),  et  dans 


*)  Cf.  les  transcriptions  phonétiques  de  quelques  strophes  de  notre 
poésie  contenues  dans  la  traduction  allemande  de  M.  Bertuch,  p.  279  ss., 
et  la  note  de  ce  traducteur,  p.  277. 


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Introduction.  xxxvii 

quelques  cas  isolés  [é^nterin  I,  446,  acò^ro  I,  122).  Dans 
eHlavan  X,  378  (au  lieu  de  e  eilavau)^  il  faut  plutôt  peuser  à  une 
contraction.  Un  a  initial  peut  disparaître  dans  le  pronom  aquéu 
{e  ^quelo  1, 87,  etc.),  dans  les  adverbes  aqui  et  ansin  {apUmta  ^qui 
IX,  333,  faguè  'nsin  II,  94,  etc.),  et  par  exception  dans  asseta 
{s  ^avè  ^seta  I,  Il  4).  La  voyelle  u  disparaît  seulement  dans  larticle 
indéfini  {fa'n  1, 306,  dinda  'wo  1, 398,  i  \t  '«  VII,  118;  VIII,  263, 
garniguè'n  1, 160,  faguè  'no  VI,  204,  emé  'no  VIII,  64,  o  'n  1, 389, 
avié  'n  I,  424,  etc.)  Parfois,  pour  pouvoir  amener  ces  aphérèses, 
le  poète  supprime  en  même  temps  une  s  muette:  su'n  I, 
114,  su'no  II,  194,  VIII,  39,  su'quelo  I,  310,  sia'qui  XII, 
402.  Dans  l'interdiction  de  Thiatus,  Mistral  a  introduit  une 
notable  et  très  intelligente  exception  :  il  admet  l'hiatus  après 
toutes  les  diphtongues  et  triphtongues  fortes  (dont  le  dernier 
élément  est  atone)  et  avtmt  les  diphtongues  ou  triphtongues 
graphiques  commençant  par  i  (ié^  iéu^  etc.),  c'est-à-dire  dans 
des  cas  où  la  diphtongue  (triphtongue)  finale  se  termine, 
ou  la  diphtongue  (triphtongue)  initiale  commence  par  un  son 
qui  n'est  plus  qu'une  semi-voyelle  ou  une  semi-consonne,  et  dans 
des  cas  qui  n'existent  presque  pas  en  français.  La  rime  n'est 
pas  moins  soignée  chez  notre  poète.  Pourtant  il  ne  s'astreint 
pas  à  la  rime  pour  l'œil,  et,  avec  raison,  il  ne  tient  aucun 
compte  pour  la  rime  des  consonnes  conservées  par  l'ortho- 
praphe  à  la  fin  des  mots,  m«is  qui  ne  se  prononcent  que 
quand  elles  sont  suivies  de  la  voyelle  initiale  d'un  mot  in- 
timement lié  à  ce  qui  précède.  La  prohibition  de  la  versi- 
fication française  qui  interdit  de  faire  rimer  avec  un  singulier 
un  pluriel  se  prononçant  de  même,  ne  peut  exister  pour  les 
félibres,  puisque  dans  leur  langue  le  pluriel  des  substantifs 
s'écrit  et  se  prononce  comme  le  singulier.  Débarrassé 
de  ces  entraves,  Mistral  s'est  attaché  d'autant  plus  à  donner 
à  ses  rimes  de  la  richesse  et  de  la  sonorité.  Il  prend  garde 
de  ne  pas  faire  rimer  les  voyelles  ouvertes  avec  les  voyelles 
fermées,  comme  le  font  couramment  les  poètes  français;  il  a 
grand  soin  d'appuyer  par  la  consonne  précédente  les  voyelles, 
qui,  seules,    donneraient  une  rime  trop  pauvre  ou  trop  com- 


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XXX  VIII  Introduction. 

muDe;  et  quand  il  ne  s'interdit  pas  d'accoupler  à  la  rime 
des  adjectifs,  des  participes  passés,  ou  des  substantifs  formés 
avec  le  même  suffixe,  il  n'abuse  pas  de  ces  libertés  et  évite 
d'employer  trop  fréquemment  de  pareilles  rimes,  qui  né- 
cessairement ont  quelque  chose  de  faible  et  de  banal.  La 
strophe  dont  Mistral  se  sert  dans  notre  poésie  et  dont  il  a 
créé  le  moule  lui-même,  se  compose  de  cinq  octosyllabes  et 
de  deux  alexandrins,  arrangés  de  sorte  que  les  deux  premiers 
octosyllabes  sont  suivis  du  premier  alexandrin,  les  trois 
derniers  octosyllabes  du  second  alexandrin  (8.  8. 12. 8. 8. 8. 12). 
Les  deux  alexandrins  ont  une  même  rime  masculine,  les  octo- 
syllabes une  rime  féminine  différente  dans  leur  premier  et 
dans  leur  second  groupe  (a'a'b  c"c"c"b).  Cette  strophe,  qui 
se  prête  à  dos  divisions  rythmiques  et  syntaxiques  très 
diverses,  est  maniée  par  le  poète  avec  une  admirable  dextérité. 
La  césure  de  l'alexandrin  est  observée,  mais  sans  pédanterie, 
et  l'auteur  use  avec  liberté  de  l'enjambement,  non  seule- 
ment d'un  vers  à  l'autre,  mais  d  une  strophe  à  l'autre.  Ainsi 
il  évite  toute  monotonie;  et  la  mollesse  et  la  sonorité  de  sa 
strophe  savante,  de  ses  rythmes  toujours  d'accord  avec  l'idée 
poétique  qu'il  exprime,  donnent  à  Mirèio  cet  élément  lyrique 
si  approprié  au  sujet  qui  répugnait  à  une  diction  et  à  une 
forme  trop  viriles  et  trop  énergiques. 

Le  lyrisme  de  notre  épopée  est  accentué,  dans  les 
Chanta  I  et  III,  par  l'insertion  de  deux  chansons,  dans  les- 
quelles notre  poète  a  su  rendre,  avec  autant  d'art  que  de 
succès,  le  ton  de  la  chanson  populaire.  Dans  la  chanson  du 
Baile  Su/rèn,  I,  204  ss.,  à  laquelle  Mistral  voulut  prêter  un 
air  archaïque,  il  s'est  servi  d'une  strophe  des  plus  simples. 
La  chanson  se  compose  de  13  sizains,  dont  chacun  se  divise, 
par  la  syntaxe  et  par  la  rime,  en  deux  tercets.  Le  seul  vers 
employé  est  le  décasyllabe  ayant  la  césure  après  la  cinquième 
syllabe;  la  césure  est  presque  toujours  masculine  (féminine  aux 
vers  238,  241,  267,  268,  269,  282).  Ce  vers  a  quelque  chose 
de  haché  ou  de  guerrier  et  s'accorde  bien  avec  les  senti- 
ments   énergiques   exprimés    dans   le  texte.     Les  rimes  (abb 


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Imtroductioíí.  XXXIX 

aba)  varient  de  strophe  en  strophe:  Tune  des  deux  rimes 
de  chaque  strophe  est  féminine,  l'autre  masculine,  d'après  la 
loi  de  l'alternance,  appliquée  aussi  aux  strophes  qui  se  suivent: 
la  rime  féminine  du  dernier  vers  de  la  strophe  précédente 
est  suivie  par  une  rime  masculine  dans  le  premier  vers  de 
la  strophe  subséquente,  et  vice  versa.  La  seconde  pièce 
lyrique,  la  célèbre  chanson  de  Magali  (III,  393  ss.)  montre 
une  structure  beaucoup  plus  artistique.  Chacun  de  ses  douze 
huitains  se  divise  en  deux  quatrains  d'une  formation  diflFé- 
rente  ;  le  premier  quatrain  comprend  quatre  octosyllabes  rimes 
a"*)  b  a"b,  le  second  comprend  deux  octosyllabes  et  deux 
vers  de  quatre  syllabes  (8.  4. 8.  4),  rimes  ba'cc.  Les  deux 
derniers  vers  de  chaque  strophe  (8  c  4  c)  forment  le  refrain 
qui  cependant  ne  leur  demande  que  l'identité  des  mots  me 
ýarai  (remplacés  irrégulièrement  par  counfessarai  dans  strophe 
10),  dans  l'une,  et  de  la  rime  rai  dans  l'autre  des  deux  lignes 
finales.  Les  refrains  de  la  première  et  de  la  dernière  strophe 
sont  en  correspondance  entre  eux:    aux  vers  de  la  première 

strophe 

Mai  lis  estello  paliran 
Quand  te  veiran 

répondent  les  vers  de  la  12*  strophe  : 

Ve  lis  estello,  o  Magali, 
Coume  an  pâli. 

La  correspondance  des  rythmes  et  des  rimes  est  relevée 
par  la  correspondance  des  idées;  chaque  second  quatrain  est 
la  réponse  au  quatrain  précédent;  et,  dans  les  strophes  2 — 10, 
chaque  quatrain  annonce  une  nouvelle  métamorphose  des  deux 
amants  qui  se  parlent  dans  notre  aubade*.  La  1"  strophe 
contient  l'introduction,  la  12®  la  conclusion:  l'aubade  est 
finie,  quand  les  étoiles  de  la  nuit  pâlissent  devant  les  rayons 
du  soleil  qui  se  lève.  Les  strophes  de  cette  chanson  sont 
d'une  douceur  infinie  qui  provient  autant  du  parallélisme  et 

*)  Le  signe  ^  indique  une  rime  féminine. 


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XL  Introduction. 

de  la  beauté  des  pensées  qu'elles  expriment  que  de  la  beauté 
et  du  parallélisme  de  leur  formation  savante. 

Une  troisième  pièce  lyrique  se  trouve  au  Chant  X,  dans 
la  prière  que  Mireille,  déjà  frappée  mortellement,  fait  aux 
Saintes  Maries  (v.  190 — 279).  Elle  se  compose  de  18  strophes 
de  cinq  vers.  Les  vers  sont  de  cinq  syllabes  et  rimes: 
a"bba"b.  Les  rimes  varient  avec  chaque  strophe.  Les  strophes 
6  et  14  répètent  la  l'**  strophe;  ces  trois  strophes  forment 
par  conséquence  une  sorte  de  refrain.  Elles  rappellent  vague- 
ment le  refrain  de  la  prière  de  Gretchen,  dans  le  Faust  de 

Goethe  : 

Ach  neige 

Du  Schmerzensreiche 

Dein  Antlitz  gnâdig  meiner  Noth 

(dans  la  traduction  de  Sabatier: 

Abaisse, 

Mère  en  détresse, 

Ta  face  sur  mon  triste  sort). 

Mistral,  qui  a  lu  Faust  environ  à  l'âge  de  25  ans,  c'est- 
à-dire  à  une  époque  où  il  travaillait  encore  à  Mirèio,  ne  s'est 
pas  déclaré  conscient  d'avoir  subi  l'influence  du  drame  alle- 
mand. Cependant,  la  prière  de  Mireille^  malgré  toutes  ses 
divergences  d'avec  celle  de  Gretchen^  et  des  ressemblances  plus 
frappantes  (cure  de  Vincent  par  la  sorcière  Taven)  avec  d'autres 
parties  analogues  dans  Faust  (Laboratoire  de  sorcière,  Nuit 
de  Walpurgis)  ne  rendent  pas  invraisemblable  une  influence 
lointaine  de  l'œuvre  de  Goethe,  du  moins  dans  ces  deux 
endroits.  ' 

Pour  l'établissement  de  notre  texte  nous  nous  sommes 
servi  de  la  nouvelle  édition  Charpentier  (Paris  1898)  qui, 
du  reste,  ne  se  distingue  en  rien  de  la  première  édition  pu- 
bliée par  ce  libraire  (Paris  1888).  Nous  avons  eu  soin  d'éli- 
miner les  nombreuses  fautes  typographiques  qui  défigurent 
ces  éditions.  Mirèio  a  paru  aussi  chez  Roumanille 
(Avignon  1859),  chez  Hachette  (éd.  illustrée  par  Burnand, 
Paris  1884),  et  chezLemerre  (Paris  s.  d.,  elzévier).    11  était  in- 


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Introduction.  xli 

utile  de  coUationner  ces  dijférentes  éditions,  l'auteur  nous 
assurant  qu'à  l'exception  de  quelques  corrections  insignifiantes, 
plutôt  orthographiques,  il  n'y  a  rien  de  changé.  Dans  notre 
réimpression,  surveillée  par  le  poète  lui-même,  nous  nous 
sommes  contenté  de  régulariser  les  formes  du  pronom  noste 
dans  Nosto-Damo  (au  lieu  de  Nostro-Damo  III,  175, 
IX,  370,  XII,  286,  etc.)  et  le  nom  propre  Sufrèn  (au  lieu 
de  Sufren\  d'introduire  des  guillemets  dans .  le  texte  pro- 
vençal pour  en  faciliter  la  lecture,  et  de  numéroter  les  vers 
dans  l'intérêt  de  ceux  qui  consultent  les  notes  ou  le  glos- 
saire. — 

Noiis  ne  voulons  pas  finir  notre  introduction  sans  dire 
quelques  mots  d'un  reproche  qu'on  a  fait  souvent  à  notre 
poème.  On  a  soutenu  que  Mirèio  manquait  d'unité  et  que 
le  poète  y  étouffait  parfois,  sous  la  végétation  luxuriante  de 
ses  descriptions,  la  tendre  fleur  de  l'amour  de  Vincèn  et  de 
Mirèio.  Et  on  a  voulu  expliquer  ces  défauts  supposés  par 
le  long  temps  que  Mistral  a  mis  pour  achever  son  poème  (sept 
ans,  de  1852 — 8).  En  effet,  quand  on  se  met  au  point  de 
vue  d'un  lecteur  qui  porte  un  intérêt  purement  humain, 
même  intense  à  ce  charmant  et  malheureux  couple  d'amants, 
maïs  à  qui  la  terre  provençale  est  indifférente,  on  trouvera 
dans  notre  poésie  maint  épisode  superflu.  Un  tel  lecteur 
se  passera  volontiers  du  Chant  VI  et  de  sa  longue  excursion 
dans  le  pays  des  chimères,  du  Chant  IX,  où  le  seul  berger 
Antèutne  donne  un  renseignement  utile,  du  Chant  XI,  où  les 
Saintes  racontent  leur  histoire  avec  trop  de  verbosité  et  sans 
aucune  utilité  apparente,  et  il  trouvera  peut-être  aussi  que  Mirèio, 
au  Chant  XII,  devient  trop  extatique  et  met  trop  de  temps  pour 
mourir.  Même  sans  ce  point  de  vue  on  ne  pourra  nier  quelques 
longueurs  pour  les  chants  indiqués.  Mais  on  ne  juge  pas  jus- 
tement quand  on  ne  se  rend  pas  compte  des  intentions  du  poète. 
Ces  intentions,  Mistral  les  fait  connaître  clairement  dès  les 
premiers  vers  de  son  poème  où  il  déclare:  «Je  chante  une 
jeune  fille  de  Provence.  Dans  les  amours  de  sa  jeunesse, 
à  travers   la  Crau,   vers   la    mer,    dans    les  blés,   je  veux  la 


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XLii  Introduction. 

suivre».  La  seconde  phrase  a  pour  le  poète  autant  de 
valeur  que  la  preniière:  il  veut  peindre  autant  la  Provence 
et  sa  vie  que  l'amour  de  ses  héros,  et  il  ne  faut  pas,  dans 
son  plan,  que  ses  deux  personnages,  quelque  charmants 
qu'ils  soient,  mettent  au  second  rang  ou  fassent  oublier  la 
scène  où  il  lui  plaît  de  les  placer.  Le  poète  a  voulu  donner 
un  tableau  de  sa  plus  proche  patrie,  et  animer  ce  tableau 
par  le  groupe  de  deux  aimables  enfants,  productions  de 
cette  terre.  Au  contraire,  ses  lecteurs,  français  ou 
étrangers,  lui  demandent  souvent  un  tableau  où  tout  intérêt 
se  concentre  sur  les  deux  amants  et  où  la  Provence,  dans 
le  fond,  ne  se  montre  que  sous  des  couleurs  effacées  et  dans 
une  perspective  lointaine.  Cette  exigence  est  incompatible 
avec  le  dessein  du  poète.  Si  Mistral  avait  voulu  chanter 
uniquement  l'amour  de  deux  jeunes  gens,  provençaux  autant 
que  cela  ne  gène  aucun  de  ses  lecteurs  français  ou  exotiques, 
il  aurait,  sans  doute,  préféré  écrire  en  français,  et,  à  son 
public  international,  il  aurait  probablement  présenté  un  couple 
d'amoureux  avec  cette  vague  couleur  locale  que  chérissait  le 
romantisme.  Mais  il  a  voulu  autre  chose;  il  voulait  chanter 
pour  les  *  pâtres  et  habitants  des  mas*  de  son  pays,  il  s'a- 
dressait à  un  public  —  et  il  l'a  trouvé  —  à  qui  est  sacré 
et  plein  d'intérêt  tout  ce  qu'il  dit  de  leur  pays,  de  leur  vie, 
de  leurs  idées,  et  à  qui  peut-être  même  la  destinée  fatale 
de  ses  héros  n'inspire  qu'un  intérêt  secondaire.  Sa  poésie 
voulait  être  une  poésie  descriptive  autant  qu'épique,  et  c'est 
peut-être  le  trait  le  plus  admirable  de  son  génie  que,  malgré 
la  disparité  de  ce  but,  il  ait  su  remuer  le  monde  entier  par 
le  drame  tragique  de  ses  deux  amoureux  qui  pour  lui  n'é- 
taient ou  ne  devaient  être  qu'un  levier  pour  peindre  et 
pour  faire  aimer  sa  patrie  provençale. 

Un  poète  allemand,  M.  Giesebrecht,  dans  une  lettre 
communiquée  par  M.  Bertuch,  Traduction  allemande  de  Mirèio 
(Strasbourg  1896),  p.  V  ss.,  n'a  pas  moins  mal  compris  notre 
épopée  rustique,  bien  qu'il  la  trouve  digne  de  tout  applaudisse- 
ment.   H  ne  méconnaît  pas  les  qualités  homériques  de  Mirèio^ 


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Introduction.  xlui 

mais  il  voudrait  la  comparer  plutôt  à  la  Divine  Comédie  du  Daute. 
«Comme  celui-ci,  Mistral  s'est  posé  la  question  :  que  deviendra 
le  christianisme?  Et  il  répond:  Le  Christ  est  né,  il  est  mort 
et  ressuscité,  et  il  ressuscitera.  Et  le  remède  qui  doit  ac- 
complir le  renouvellement  du  christianisme,  c'est  le  martyre 
de  l'Amour.»  D'après  cette  théorie,  le  poème  de  Mistral  se 
compose  de  deux  parties  égales.  Dans  la  première  partie 
(Chant  I — VI),  on  apprend  l'amour  de  Mirèio,  depuis  sa 
naissance  jusqu'au  moment  de  sa  plus  haute  félicité.  Déjà 
dans  cette  partie  de  sa  vie,  Mirèio  doit  aussi  souffrir.  Les 
railleries  de  ses  camarades  forment  pour  ainsi  dire  le  pré- 
lude du  drame  de  son  amour.  Le  véritable  martyre  commence 
pour  elle,  quand  on  amène  Vincent  blessé  dans  la  maison  de 
ses  parents.  Dans  la  seconde  partie  du  poème  (Chant  VII-XII), 
l'opposition  de  ses  parents  à  son  mariage  avec  Vincent,  sa 
fuite  à  l'église  des  Saintes  Maries,  ses  souffrances  pendant 
sa  fugue,  son  insolation,  forment  autant  d'étapes  de  son 
martyre,  qui  est  fini  par  son  extase,  parallèle  à  celle  de  la 
sorcière  Taven.  Mireille  voit  le  passé,  comme  Taven  a  vu 
l'avenir.  —  Ces  idées  mystiques  et  transcendentales  étaient 
entièrement  étrangères  à  Mistral,  et  il  n'y  a  aucun  moyeu 
de  voir  dans  Mireille  le  symbole  de  la  régénération  du 
christianisme  par  l'amour  et  le  martyre  volontaire.  Giesebrecht 
prouve  une  fois  de  plus  que  toute  interprétation  de  notre 
poème  est  erronée  ou  se  fourvoie,  qui  ne  se  tient  pas  unique- 
ment aux  mots  de  notre  poète: 

Cante  uno  chato  de  Prouvèn(;o. 

Dins  lis  amour  de  sa  jouvènço, 

A  travès  de  la  Crau,  vers  la  mar,  dins  li  bla  .  . . 

léu  la  vole  segui.    (Ch.  T,  v.  1 — 5.) 


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MIRÈIO 


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CANT  PROUMIÉ 

LOU  MAS>)  DI  FALABREGO 

EtpoMielo«n.  ~  Ebt^mmIoui  m  Crtot,  bmoo  dlM  1«  pMtriho.  —  Un  Tièi  panlendre, 
Mèste  Ámhrò^t  «>^  M>Bn  drol« ,  Ylnoèn,  rmu  doMUKU  1«  r^rmáo  as  Maa  dl  Fala- 
br«fO.  —  Mirèio,  iibo  de  Mòfte  Ramoan,  Ion  mettre  don  bmm,  ié  fal  la  benTeagado.  — 
Ll  ràfl,  apràa  toapa,  fan  canta  Mette  Ambrotl.  ~  Lon  Tièi,  àatrl-Ctt  nutrla,  eanto  «a 
•oambat  navam  áóm  Balle  Safrèn.  —  Mlrèlo  qaettiouio  Tlnoèn.  —  Reolt  de  Ylnoèn  : 
la  easto  dl  caatarido,  la  peteo  dit  Irvfe,  Ion  mlraele  dl  Sànti  Mario,  la  ooarto  dit 
ome  à  Ninef.  —  Mlrèlo  et  «tpantado  e  tonn  amonr  poonehi^o. 

'  1     Cante  uno  chato  de  Prouvèoço. 

DÌDB  lis  amour  de  sa  jouvènço, 
'        A  travès  de  la  Crau,  vers  la  mar,  dÎDs  li  bla,. 


')  Le  mot  tnas^  maison  rustique,  ferme,  métairie,  est  usité  surtout 
dans  Tarrondissement  d'Arles  et  en  Langoedoc.  Dans  la  Provence 
orientale,  on  emploie  de  préférence  le  mot  bastido,  et  dans  le  Comtat 
celai  de  granjo.  Chaque  maa  porte  un  nom  distinctif  et  caractéristique  : 
ainsi  Uu  Mas  de  la  Font,  lou  Mas  de  VOste  (v.  III,  67),  lou  Mas  Crema, 
lou  Mas  di  Falahrego.  La  fakibrego  est  le  fruit  du  micocoulier,  en 
provençal /aio&rc^*^,  grand  arbre  commun  en  Provence. 

*  Voy.  Introd.  p.  xu  et  xliii. 

*  La  Crau  est  une  vaste  plaine  aride  et  caillouteuse,  bornée  an 
nord  par  la  chaîne  des  Alpilles,  au  sud  par  la  mer,  au  levant  par  les 
étangs  du  Martigue  (voy.  I,  290  note),  au  couchant  par  le  Rhône.  L'é- 
tendue superficielle  de  la  Crau  est  d'environ  73000  hectares.  Le  sol 
consiste  en  une  terre  légère  et  rougeátre,  entremêlée  de  cailloux  dé- 
tachés et  mobiles  à  la  surface,  agglutinés  et  formant  un  poudingue  très 
dur  à  un  ou  deux  pieds  de  profondeur.  Les  eaux  filtrent  à  travers 
cette  terre  avec  la  plus  grande  facilité,  de  telle  sorte  que  la  Crau  se 
trouve,  pendant  la  majeure  partie  de  Tannée,  dans  un  état  de  sécheresse 
qui  arrête  toute  espèce  de  végétation.  Cette  circonstance  avait  dé- 
terminé les  anciens  propriétaires  à  laisser  le  sol  sans  culture.  L'éta- 
blissement du  canal  de  Craponne  (voy.  III,  202  note),  en  1581,  commença 

1* 


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12 


OAKT  PBOUMIÉ. 

Umble  escoulan  dóu  grand  Oumèro, 
léu  la  vole  segwL     Coume  èro 
Eèn  qu'uno  ebato  de  la  terro, 
En  foro  de  la  Crau  »o  n'es  gaire  parla. 

2    Emai  Boun  front  noun  lusiguèsse 

Que  de  jouinesso,  emai  n'aguèsse 
Ni  diadème  d'or  ni  mantèu  de  Damas, 

Yole  qu'en  glòri  fugue  aussado 

Coume  une  rèino,  e  caressado 

Pèr  noâto  lengo  mespresado, 
Car  cantan  que  pèr  vautre,  o  pastre  e  gènt  di  mas! 

*^  3    Tu,  Segnour  Dieu  de  ma  patrie, 

Que  nasquères  dins  la  pastriho, 
Eniioco  mi  paraulo  e  douno-me  d'alen! 
^*  Lou  sabes:  entre  la  verdure. 

Au  soulèu  em'i  bagnaduro, 

Quand  li  iigo  se  fan  maduro, 
21       Vèn  l'ome  aloubati  desfrucha  l'aubre  en  plen. 

4    Mai  sus  l'aubre  qu'eu  espalanco 
Tu  toujour  quilles  quauco  branco 
^       Ounte  Tome  abrama  noun  posque  aussa  la  man, 
Bello  jitello  proumierenco 

à  modifier  Taspect  de  la  Cran;  celai  de  Boisgelin,  en  1786,  vint  com- 
pléter Toeuvre.  Le  sol  de  la  Cran  renferme,  dans  ses  oasis,  de  très  beaux 
vignobles  produisant  un  vin  excellent,  anéantis  il  y  a  30  on  40  ans  par  le 
phylloxéra,  mais  reconstitués  anjoard'hui.  L'altitade  de  la  Cran  varie  depuis 
33  mètres  jusqu'au  minimum  d'un  mètre  au  dessus  du  niveau  de  la  mer. 
Son  territoire  est  bordé  par  une  ligne  de  marais  appelés  Cotistiero.  Les 
p&turages  aqueux  de  cette  Coustiero  servent  de  nourriture  à  de  nombreux 
troupeaux  de  chevaux  et  aux  manado  de  bœufs  sauvages  (v.  IV,  317  note).  — 
La  plaine  de  la  Crau  avec  ses  horizons  indéfinis  qui  se  prêtent  à  la  rêverie, 
a  trouvé  un  poète  spécial  dans  M.  Girard,  dont  la  Crau  (Avignon  1894) 
anime  ses  terrains  et  les  montre  sous  les  aspects  les  plus  différents. 
M.  Mistral,  qui  peint  la  Crau  au  Chant  VIII,  168  ss.  de  notre  poésie, 
Tavait  devancé. 

*  Voy.  Introd.  p.  xxx  ss. 


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LOU  MA8   DI  FÁLÁBREaO. 

E  redoulèDto  e  yiergineDCo, 
^  Belle  frucho  madalenenco 

Ounte  l'aucèu  de  Ter  se  vèn  leva  la  fam. 

5    léu  la  yese,  aquelo  branqueto, 
^^  E  sa  frescour  me  fai  lingueto! 

léu  vese,  i  ventoulet,  boulega  dins  lou  cèu 
Sa  ramo  e  sa  frucho  inmourtalo  .  .  . 
'^  Bèu  Dieu,  Dieu  ami,  sus  lis  aie 

De  nosto  lengo  prouvençalo, 
Fai  que  posque  avéra  la  bran  ce  dis  aucèu! 

^  6    De-long  dóu  Kose,  entre  li  pibo 

E  li  sauseto  de  la  ribo, 
En  un  paure  oustaloun  pèr  Taigo  rousiga 
^  Un  panieraire  demouravo, 

Qu'emé  soun  drôle  pièi  passavo 

De  mas  en  mas,  e  pedassavo 
^^       Li  canestello  routo  e  li  panié  trauca, 

7     Un  jour  qu'èron  ansin  pèr  orto, 

Emé  si  long  fais  de  redorto: 

^        «Paire»,  digue  Vincèn,  «espinchas  lou  soulèu! 

Yesès,  eila  sus  Magalouno, 

Coume  lou  nivo  l'empielouno! 

*^  S'aquelo  empare  s'amoulouno, 

Paire,  avans  qu^èstre  au  mas  nous  bagnaren  belèu». 


**  Magalouno  (Magnelone),  nom  d'ane  ancienne  ville,  sitnèe  sur 
le  littoral  da  département  de  rfiérault,  sur  une  bande  de  terre  entre 
la  Méditerranée  et  Tétang  de  TAmet.  Cette  ville,  fondée  peut-être  par 
des  Phocéens,  fut  longtemps  prospère.  Les  Sarrasins  s'en  étant  em- 
parés, Charles -Martel  la  lenr  reprit  et  la  détruisit,  en  737.  Elle  se 
releva  de  ses  ruines,  mais  Louis  XIII  la  fit  raser  en  1633,  à  Texception 
de  son  ancienne  cathédrale,  curieux  édifice  des  styles  roman  et  gothi- 
que, aujourd'hui  en  ruine.  D'après  un  vieux  roman  de  chevalerie  très 
populaire,  le  comte  Pierre  de  Provence,  ayant  enlevé  Maguelone,  fille 
du  roi  de  Naples,  s'enfuit  avec  elle  à  travers  monts  et  vallées.  Un 
jour  que  Maguelone  s'était  endormie  au  bord  de  la  mer,  un  oiseau  de 


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6  OANT  PBOUMIÉ. 

8     «Hòu!  lou  yènt-larg  brando  li  fueio... 
^'  Noun  ! . . .  acò  sara  pas  de  plueio,» 

Bespoundeguè  lou  YÌèi...«Ah!  s'aco  Vo  lou  Eau, 
È8  diferènt!»  ...  «Quant  fan  d'araire, 
^  Au  Mas  di  Falabrego,  paire?» 

«Sièis»,  respoundè  lou  panieraire. 
«Ah!  'cò's  un  tenamen  di  pu  fort  de  la  Crau! 

^^  9    Tè,  veses  pas  soun  óulivetoP 

Entre-mitan  i'a  quàuqui  veto 
De  yigno  e  d'amelié . . .  Mai  lou  bèu,»  recoupé, 
^  (E  n'i'a  pas  dos  dins  la  coustiero!) 

«Lou  bèu,  es  que  i'a  tant  de  tiero 
*   Coume  a  de  jour  Taunado  entière 
^^       E,  tant  coume  de  tiero,  en  chasco  i'a  de  pèd!» 

10     «Mai»,  faguè  Vincèn,  «caspitello! 
Dèu  bèn  falé  d'óulivarello 
^       Pèr  óuliva  tant  d'aubre!»    «Hou!  tout  acò  se  fai! 
Vèngue  Toussant,  e  li  Baussenco, 

proie  enleva  on  bijoa  de  santal  qui  brillait  an  cou  de  la  princesse. 
Son  amant  monta  sur  nne  nacelle  pour  suivre  Toiseau  sur  la  mer  ;  mais 
soudain  une  tempête  s'éleva,  et  emporta  Pierre  en  Egypte,  où  il  fut 
accueilli  et  comblé  d'bonnenrs  par  le  Soudan.  La  belle  Maguelone 
s'éveilla  et  se  mit,  tout  éplorée,  à  chercher  son  ravisseur.  Après  une 
foule  d'aventures  romanesques,  ils  se  retrouvèrent  en  Provence,  où 
Maguelone,  devenue  abbesse,  avait  fondé  un  hôpital  et  la  cathédrale. 
Dans  une  de  ses  chapelles,  on  voit  encore  le  tombeau  de  ce  couple  d'amoureux. 
Voy.  Goedeke,  Grundriss  der  Geschichie  der  deutschen  Dichtung  II 
(1886).  p.  20. 

*■  RaUj  contracté  de  Rouau  (RousaUy  de  Rose^  Rhodanum),  peut^ 
être  sous  l'influence  de  l'adj.  rau,  raucum,  vent  qui  souffle  du  côté  du 
Rhône,  vent  d'ouest-nord-ouest,  par  rapport  à  la  Provence,  et  qui  amène 
souvent  la  pluie. 

*•  Quant  fan  d'araire,  combien  font-ils  ou  fait-on  de  charrues, 
c'est-à-dire,  de  combien  de  charrues  a-t-on  besoin  pour  labourer  les 
champs  du  Mas  di  Falabrego. 

•'  Baussenco,  habitantes  (filles)  des  Baux.  Les  Baux,  près  de 
Saint -Remy    (Bouches    du   Rhône),    petite   ville   ruinée   où   il   n*y   a 


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LOU   MÀ8   DI   FàLABBEGO. 

De  vermeialo,  d'amelenco 
**  Te  van  clafi  saco  e  bourrenco  ! . . . 

Tout  en  cansounejant  n'acamparien  bèn  mai!» 

11     E  Mèste  Ambroi  toujour  parlavo  .  .  • 
'*  E  lou  soulèu  que  trecoulavo 

Di  plus  bèlli  coulour  tegnié  li  nivoulun; 
E  li  bouié,  BUS  si  coulado, 
7*  Venien  plan-plan  à  la  soupado, 

Tenènt  en  l'èr  sis  aguïado  .  .  . 
E  la  niue  soumbrejavo  alin  dins  la  palun. 


pas  anjoiird^bai  400  habitants,  mais  qui  était  une  cité  florissante, 
an  moyen-âge,  et  capitale  de  la  maison  princière  du  même  nom,  dont 
les  titulaires,  ancêtres  des  princes  d'Orange,  furent  longtemps  très  puis- 
sants en  Provence.  L'endroit  est  curieux  par  son  aspect  pittoresque 
et  Fimportance  et  Foriginalité  de  ses  ruines.  H  est  situé  sur  un  contre- 
fort rocheux  des  Alpilles  et  dans  un  vallon  bordé  de  rochers  ruiniformes. 
Au  sommet  se  trouve  un  vaste  château  seigneurial,  maintenant  absolu- 
ment délabré,  mais  encore  intéressant  par  certaines  parties  taillées  dans 
le  roc  vif.  Il  y  a  aussi  des  maisons  du  même  genre,  plus  ou  moins 
écroulées.  «Ceux  qui  les  premiers  eurent  la  pensée  d'habiter  ce  rocher 
taillèrent  Uur  abri  dans  ses  flancs;  ce  nouyeau  système  d'architecture 
fut  jugé  bon  par  leurs  successeurs ,  car  la  masse  était  vaste  et  com- 
pacte: une  ville  en  sortit  bientôt  comme  une  statue  du  bloc  d'où  l'art 
la  fait  jaillir  :  une  ville  imposante,  avec  ses  fortifications,  ses  chapelles 
et  ses  hospices,  une  ville  où  l'homme  semblait  avoir  éternisé  sa  demeure. 
L'empire  de  cette  cité  s'étendit  au  loin;  de  brillants  faits  d'armes  lui 
conquirent  une  noble  place  dans  l'histoire;  mais  elle  n'en  fut  pas  plus 
durable  que  tant  d'autres  moins  solidement  construites»  (J.  Canonge, 
Histoire  de  la  ville  des  Baux  en  Provence^  Nimes,  1844  ;  3«  éd.  1864).  — 
L'action  de  notre  poème  commence  au  pied  de  ces  ruines.  Cf.  plus  bas 
m,  140  88. 

^^  Mèsie  Atnbroi  (Maître  Ambroise).  Mèste  ou  Mèstre  est  un  titre 
respectueux  qu'on  donne  aux  laboureurs  et  artisans  en  âge,  comme  aussi 
aux  avocats  et  à  tous  les  gradués.  Le  nom  de  famille  át  Mèste  Ambroi 
(ou  Anibròsi)  doit  être  Vincèn,  que  porte  son  fils,  et,  dans  la  forme 
féminine,  aussi  sa  fille  (Vinceneto  VU,  44).  D'après  le  même  usage  pro- 
vençal. Mistral  avait  un  frère  aîné  qui  s'appelait  Mistralet  et  une  sœur 
aînée  qui  s'appelait  Mistraleto. 


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8  OANT  PROUMIÉ. 

78        12     «An!  déjà  s'entre-vèi  dins  Tiero 

Lou  camelun  de  la  paiero,» 
Digue  mai  Yincenet:  «sian  au  recatadou! ...» 
®^  «Aquî,  ié  vènon  bèn  li  fedo! 

Ah!  pèr  Pestiéu  an  la  pinedo, 

Pèr  dins  l'ivèr  la  claparedo,» 
®*      Eecoumencè  lou  vièi .  .  .  «Hou!  aqui  i'a  de  tout! 

13  E  tóuti  aquéli  grands  aubrage 
Que  sus  li  téule  fan  oumbrage! 

^"^      E  'quelo  belle  font  que  raio  en  un  pesquié! 

E  tóuti  aquéli  bruse  d'abiho 

Que  chasco  autouno  desabiho, 
^  E,  tre  que  Mai  s'escarrabiho, 

Pendoùlon  cent  eissame  i  grand  falabreguié!» 

14  «Ho!  pièi,  en  toute  la  terrado, 

*^  Paire,  lou  mai  qu'à  iéu  m'agrado,» 

Aqui  faguè  Yincèn,  «es  la  chato  dóu  más  .  .  . 
Ey  se  vous  n'en  souvèn,  moun  paire, 
^  L'estiéu  passa,  nous  faguè  faire 

Dos  canestello  d'óulivaire 
E  mètre  uni  manibo  à  soun  pichot  cabas.»    * 

^        15    En  devisant  de  talo  sorte 

Se  capitèron  vers  la  porto. 
La  chatouno  venié  d'arriba  si  magnan  ; 
*^  E  sus  lou  lindau,  à  Teigagno, 

Anavo  alor  torse  une  escagno. 

«Bon  vèspre  en  toute  la  coumpagno!» 
^^5      Faguè  lou  panieraire  en  jitant  si  vergan. 

16     «Mèste  Ambròsi,  Dieu  vous  lou  doune!» 
Digue  la  chato;  «mouscouloune 
^^      La  pouncho  de  moun  fus,  vès!...  Vautre?  sias  tardié! 
^D'ounte  venès?  de  Valabrego?» 

*^    Valabrego^    en  français  Valahrègue,    village  situé  sur  la  rive 
gauche  du  Rhône,  entre  Avignon  et  Tarascon,  et  habité  par  des  vanniers. 


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LOU  MÁ8  DI  FALÁLBEGO.  9 

«JuBt!  e  lou  Mas  di  Falabrego 
^^^  Se  devinant  sus  nosto  rego. 

Se  fai  tard,  avèn  di,  coucharen  au  paie.» 

17     E'  mé  soun  fiéu,  lou  panieraire 
^**  S*anè  'seta  su'n  barrulaire. 

Sènso  mai  de  resoun,  à  trena  tóuti  dous 
Uno  banasto  coumençado 
^^^  Se  groupèron  uno  passade, 

E  de  sa  garbo  desnousado 
Crousavon  e  toursien  li  vege  voulountous. 

'*^        18    Vincèn  avîé  sege  an  pancaro; 

Mai  tant  dóu  cors  que  de  la  caro, 
Certo,  acò  Vo  un  bèu  drôle,  e  di  miés  estampa; 
*®  Emé  li  gauto  proun  moureto. 

Se  voulès...  mai  terro  negreto 

Adus  toujour  bono  seisseto, 
^^      E  sort  di  rasin  nègre  un  vin  que  fai  trepa. 

*•*  Terro  negreto  Adus  toujour  bono  seisseto  (terre  noirâtre  ap- 
porte tonjonre  bon  froment),  variation  dn  proverbe  : 

Terro  negro  fai  bon  blad, 

Terro  roujo,  carbonna, 

E  terro  blancç,  gama. 
<Terre    noirfttre    donne    bon   blé;    terre  ronge,    blé   carié;    et   terre 
blanche,  blé  gftté.) 

D'antres  variantes  se  trouvent  dans  Maass,  Allerlei  provenzaliseher 
Voiksglauhey  nach  F.  Mistrals  Mirèio,  Berlin  1896,  p.  55.  —  L'anteor  aime 
beaucoup,  dans  notre  texte,  à  se  servir  de  proverbes,  soit  sous  leur 
forme  traditionnelle,  soit  sous  une  forme  plus  ou  moins  remaniée,  selon 
les  besoins  de  la  rime.  Voy.  I,  186;  II,  160,  217;  III,  354;  IV,  484; 
T,  74,  299,  329;  VI 149,  466,  etc.,  notes.  Au  Chant  VII,  où  deux  vieux 
campagnards,  Mèste  Bamoun  et  Mèste  Ambroi,  se  disputent,  ces  pro- 
verbes ou  locations  proverbiales  sont  accumulés  avec  Tintention  de  faire 
parler  à  ces  personnages  comme  au  naturel:  c'est  l'habitude  des  gens 
du  peuple  de  justifier  leur  dire  par  des  proverbes  ou  des  sentences  con- 
nues. Ailleurs,  Mistral  insère  des  sentences  de  sa  propre  invention 
(voy.  II,  213;  V,  337;  Vil,  341,  352,  384,  etc.  notes)  et  leur  donne  une 
tournure  si  populaire  qu'elles  font  l'impression  d'être  empruntées  égale- 
ment au  riche  trésor  de  dictions  familiers  de  son  pays. 


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10  OANT  PROUMIÉ. 

19  De  quête  biais  fau  que  lou  vege 
E  se  prépare  e  se  gaubeje, 

1^^      Eu  lou  sabié  de-founs;  doud  pas  que  sus  lou  fin 

Travaiejèsse  d'ourdinàri  : 

Mai  de  banasto  pèr  ensàrri, 
182  Tout  ço  qu'i  nias  es  necessàri, 

E  de  rous  terreiròu  e  de  bràvi  coufin; 

20  De  panié  de  cano  fendudo, 

185  Qu'es  tout  d'eisino  lèu  vendudo, 

E  d'esooubo  de  mi,...  tout  acò,  'mai  bèn  mai, 
Eu  lou  façounavo  à  grand  dèstre, 
188  Bon  e  poulit,  de  man  de  mèstre... 

Mai,  de  Testoublo  e  dóu  campèstre, 
Lis  orne  èron  déjà  revengu  dóu  travai. 

***        21     Déjà  deforo,  à  la  fresquiero, 

Mirèio,  la  gènto  masiero, 
Sus  la  taulo  de  pèiro  avié  mes  lou  bajan; 
1^  E  dou  platas  que  treviravo 

Chasque  ràfi  déjà  tiravo, 

A  plen  cuié  de  bonis,  li  favo... 
!♦'      E  lou  vièi  e  soun  fiéu  trenavon.  —  «Bèn?  vejan! 

22    Yenès  pas  soupa,  Mèste  Âmbròsi?» 
Emé  soun  èr  un  pan  renòsi 
150      Digue  Mèste  Ramoun,  lou  majourau  don  mas. 
«An!  leissas  donne  la  canestello! 
Yesès  pas  naisse  lis  estelloP... 
153  Mirèio,  porge  uno  eseudello. 

An!  à  la  taulo!  dau!  que  devès  èstre  las.» 

**•  Mirèio  j  Mireille.  Mistral  a  pris  le  nom  de  son  héroïne  dans 
le  dicton  suivant  qui  avait  cours  à  Maillane  (voy.  Intr.  p.  xxii  et  Ch.  XII, 
835  note)  au  commencement  du  siècle  et  devait  se  rapporter  à  quelque 
jeune  fille  célèbre  par  sa  beauté: 

Sèmblo  la  bello  Mirèio,  mis  amour. 

Mirèio  parait  être  la  forme  provençale  de  Mirian,  nom  de  femme 
encore  usité  dans  les  familles  juives  de  la  Provence. 


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LOU  MÀ8  DI  FALÁBREGO.  11 

23     «Anen!»  faguè  lou  panieraire. 
^^  E  s'avancèron  à-n-un  caire 

De  la  taulo  de  pèiro,  e  coupèron  de  pan. 
Mirèio,  vitamen,  braveto, 
«•  Emé  ròli  de  l'ouliveto 

lé  garniguè^n  plat  de  faveto; 
Venguè  pièi  en  courrènt  i'adurre  de  si  man. 

182        24    Dins  si  quinge  an  èro  Mirèio... 

Coiistiero  bluio  de  Font-Vièio, 
E  vous,  colo  Baussenco,  e  tous,  piano  de  Crau, 
165  N'avès  pu  yist  de  tant  poulido! 

Lou  gai  soulèu  l'avié  'spelido; 

E  nouveleto,  afrescoulido, 
'••      Sa  caro,  à  flour  de  gauto,  avié  dous  pichot  trau. 

25  E  soun  regard  èro  uno  eigagno 
Qu'esvalissié  toute  magagno... 

^*^'      Dis  estello  mens  dous  es  lou  rai,  e  mens  pur; 
lé  negrejavo  de  trenello 
Que  tout-de-long  fasien  d^anello; 
"^  E  sa  peitrino  redounello 

Èro  un  pessègue  double  e  panca  bèn  madur. 

26  E  fouligaudo,  e  belugueto, 
1^^               E  sóuvagello  uno  brigueto!... 

Ah!  dins  un  vèire  d'aigo,  entre  vèire  aquéu  biais, 
Toute  à  la  fes  Taurias  begudo! 
180  Quand  pièi  chascun,  à  Tabitudo, 

Aguè  parla  de  sa  batudo, 
(Coume  au  mas,  coume  au  tèms  de  moun  paire,  ai!  ai!  ai!) 


"••  Fant'VièiOy  en  franc.  Font-Vieille^  est  un  village  situé  dans  une 
yallée  des  AlpiUes  aux  enYÌrons  d'Arles.  A.  Daudet  y  a  passé  une 
partie  de  son  enfance;  le  moulin  de  ses  célèbres  Lettres  de  mon  moulin- 
est  celui  de  ce  village. 

"•  Voy.  Vn,  393  note. 


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12  CàNT  PROUMIÉ. 

18«        27     <BènP  Mèste  Amtroi,  aquesto  bruno, 
Nous  n'en  can tarés  pas  quaucuno?» 
Diguèron:  «es  eiçò  lou  repas  que  se  dor!» 

'8^  «Chut!  mi  bons  ami...  Quau  se  trufo,» 

Bespoundè  lou  vièi,  «Dieu  lou  bufo 
E  fai  vira  coume  baudufo .... 

^^      Cantas  vauti*e,  jouvènt,  que  sias  jouine  emai  fort!» 

28  «Mèste  Ambroi,>  diguèron  li  ràfi, 
«Noun,  noun,  parlan  pas  pèr  escàfi! 

iî>2      jfai  vès!  lou  vin  de  Crau  vai  tout-aro  escampa 
De  voste  got...  Dau!  touquen,  paire!» 
«Ah!  de  moun  tèms  ère  un  cantaire,» 

^^^  Alor  faguè  lou  panieraire; 

«Mai  aro,  que  YoulèsP  li  mirau  soun  creba!» 

29  «Si!  Mèste  Ambroi,  acò  recrèio: 
^^  Cantas  un  pau»,  digue  Mirèio. 

«Bello  chatouno»,  Ambroi  venguè  donne  coume  acò, 
«Ma  voues  noun  a  plus  que  Paresto; 
^*  Mai  pèr  te  plaire  es  déjà  presto.» 

E  tout-d'un-tèms  coumencè  'questo, 

Après  agué  de  vin  escoula  soun  plen  got: 

*^  I     «Lou  Baile  Sufrèn,  que  sus  mar  coumando, 

Au  port  de  Touloun  a  donna  signau... 
Partèn  de  Touloun  cinq  cent  Prouvençau. 


"•  Quau  se  trufo  .  .  Dieu  lou  bufo  e  fai  vira  coume  baudufo 
(Celui  qui  raille,  .  .  Dieu  souffle  et  le  fait  tourner  comme  une  toupie). 
Proverbe. 

"•  Li  mirau  soun  creba  (Les  miroirs  sont  crevés).  En  provençal 
•on  appelle  mirau,  miroirs,  deux  petites  membranes  luisantes  et  sonores 
que  les  cigales  ont  sous  Tabdomen,  et  qui,  par  leur  frottement,  produisent 
le  bruit  connu  sous  le  nom  de  chant.  On  dit  proverbialement  d'une 
personne  dont  la  voix  est  brisée  par  Tâge  :  A  li  mirau  creba,  elle  a  les 
miroirs  crevés. 

B04  pi^re  André  Sufrèn  (en  franc.  Suffren),  seigneur  de  Saint 
Tropez,  né  en  1729  à  Saint  Cannât  (Bouches  du  Rhône),  mort  à  Paris, 


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LOU   MA8   m  FÁLALRE60.  13 

^^  D'ensaca  TAnglés  Tenvejo  èro  grando: 

Youlèn  plus  tourna  dins  nòstis  oustau 
Que  noun  de  TADglés  veguen  la  desbrando. 

^^^         II    Mai  lou  proumié  mes  que  navegaviaD, 
N'avèn  vist  degUD,  que  dins  lis  anteno 
Li  yòu  de  gabian  voulant  pèr  centeno... 

2^^  Mai  lou  segound  mes  que  vanegavian, 

Uno  broufounié  nous  baie  proun  peno! 
E,  la  niue,  lou  jour,  dur  agoutayian. 

**•        m     Mai  lou  tresen  mes,  nous  prenguè  l'enràbi: 
Nous  bouié  lou  sang  de  degun  trouba 
Que  noste  canoun  pousquèsse  escouba. 

*^*  Mai  alor  Sufrèn:  «Pîchoun,  à  la  gàbi!» 

Nous  fai;  e  subran  lou  gabié  courba 
Espincho  eilalin  vers  la  costo  aràbi... 

^^        IV     «O  tron-de-bon-goi!»  cridè  lou  gabié, 

«Très  gros  bastimen  tout  dre  nous  arribo!» 
«Alerte,  pichoun!  li  canoun  eu  ribo!» 

^^  Cridè  quatecant  lou  grand  marinié. 

«Que  taston  d'abord  li  iigo  d'Antibo! 
N'i'  en  pourgiren,  pièi,  d'un  autre  panié.» 

*^         V    N'a  vie  panca  di,  se  vèi  qu'une  flamo: 
Quarante  boulet  van  coume  d'uiau 
Trauca  de  l' Angles  li  veissèu  reiau... 


en  1788,  vice-amiral  et  marin  célèbre  qui  combattit  glorieasement  les 
Anglais,  provenait  d'une  famille  noble  originaire  de  Salon.  H  était 
bailli  (haile)  de  VOrdre  de  Malte.  Sur  sa  vie  voy.  Tniblet,  Essai 
historique  sur  ia  vie  et  les  campagnes  du  bailli  S,  Paris  1824.  —  Sur 
la  versification  de  la  cbanson  de  Sufrèn  voy.  Introd.  p.  xxxvm.  Le 
rythme  a  été  créé  par  Tauteur. 

•••  Figo  d'AntibOj  figues  d'Antibes,  c'est-à-dire  boulets  de  canon. 
La  métaphore  se  comprend  facilement  :  les  environs  de  la  petite  forteresse 
de  mer  d'Antibes  sont  aussi  fertiles  en  figues  que  les  batteries  de  cette 
place  forte  en  boulets. 


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14  GANT  PROUMIÉ. 

*^i  Un  di  bastimeD,  ié  resté  que  Tamo! 

Long-tèmB  s'entend  plus  que  li  canoun  rau, 
Lou  bos  que  oracino  e  la  mar  que  bramo. 

*34        VI    Di  nemi  pamens  un  pas  tout-au-mai 

Nous  tèn  sépara:  que  bonur!  que  chale! 

Lou  Baile  Sufrèn,  intrépide  e  pale, 
287  E  que  sus  lou  pont  brandavo  jamai: 

«Pichot!»  crido  enfin,  «que  yoste  fiò  cale! 

E  vougnen-lèi  dur  'mé  d'òli  de-z-Ai!» 

240       vu    N'avié  panca  di,  mai  tout  l'équipage 
Lampo  is  alabardo,  i  visplo,  i  destrau, 
E,  grapin  en  man,  Tardit  Prouvençau, 

2*3  D'un  soulet  alen,  crido:  «A  l'arrambage  !» 

Sus  lou  bord  angles  sautan  dins  qu'un  saut, 
E  coumenço  alor  lou  grand  mourtalage! 

24^      vin     Oh!  quénti  bacèu!  oh!  que  chapladis! 

Que  crèbis  que  fan  l'aubre  que  s'esclapo, 
Souto  li  marin  lou  pont  que  s'aclapo! 

2^*  Mai  que  d'un  Angles  cabusso  e  péris; 

Mai  d'un  Prouvençau  à  l' Angles  s'arrapo, 
L'estren  dins  sis  arpo  e  s'aproufoundis.» 

252        30     «Semble,  parai?  qu'es  pas  de  crèire!» 

Aqui  se  coupé  lou  bon  rèire. 
«Es  pamens  arriba  tau  que  dins  la  cansoun. 
255  Certo,  poudèn  parla  sens  crento, 

léu  i'ére  que  teniéu  l'empento! 

Ha!  ha!  tambèn,  dins  ma  mémento, 
258      Quand  visquèsse  milo  an,  milo  an  sara  rejoun!» 


•••  Ai^^BXL  lieu  de  la  forme  plus  commune  Ais,  Aix  en  Provence, 
est  dû  an  besoin  de  la  rime.  Cf.  Qramm.  provenç.  §  22,  p.  45.  Aix  est  un 
centre  pour  Vexportation  de  Thuile  de  Provence.  Vougne  cTàli  de-z-Alf 
=  battre  (comme  plâtre)  est  en  correspondance  aux  figo  d*Antiho  du 
V.  226. 


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270 


LOU   MAd   DI   FALALREGO.  15 

31     «Hoi!...  sias  esta  d'aquéu  grand  chapleP 
Mai,  coume  un  dai  souto  Tenchaple, 
2«!      Deguèron,  très  contre  un,  voua  escrapouchina!» 
«QuauP  lis  Angles?»  fai  en  coulèro 
Lou  vièi  marin  que  s'engimerro. . . 
^^^  Tourna-mai,  risoulet  coume  èro, 

Eeprenguè  fieramen  soun  cant  entamena: 

IX  «Li  pèd  dins  lou  sang,  duré  'quelo  guerre 
**'  Desempièi  dos  ouro  enjusqu'à  la  niue. 

Verai,  quand  la  poudro  embournié  pu  Fine, 
Mancavo  cent  orne  à  nosto  galèro; 
Mai  très  bastimen  passèron  pèr  iue. 
Très  bèu  bastimen  dóu  rèi  d'Anglo-Terro! 

X  Pièi  quand  s'envenian  au  païs  tant  dous, 
*^               Emé  cent  boulet  dins  nòsti  murado, 

Emé  vergo  en  tros,  vélo  espeiandrado. 
Tout  en  galejant,  lou  Baile  amistous: 
^^  «Boutas»,  nous  digue,  «boutas,  cambarado! 

Au  rèi  de  Paris  parlarai  de  vou8.> 

XI     «O  noste  amirau,  ta  paraulo  es  franco», 
Favèn  respoundu,  «lou  rèi  t'ausira  . . . 
Mai,  pàuri  marin,  dequé  nous  faraP 
Avèn  tout  quita,  Toustau,  la  calanco, 
*^  Pèr  courre  à  sa  guerre  e  pèr  l'apara, 

E  veses  pamens  que  lou  pan  nous  manco! 

xii    Mai  se  vas  amount,  ensouvène-te, 
^^  Quand  se  clinaran  sus  toun  bèu  passage, 

Que  res  t'amo  autant  que  toun  équipage. 

Car,  0  bon  Sufrèn,  s'avian  lou  poudé, 
288  Davans  que  tourna  dins  nosti  vilage. 

Te  pourtarian  rèi  sus  lou  bout  dóu  det! 


«79 


***  Pourta  9U8  lou  bout  dôu  det^   porter  sur  la  main,  aimer  ten- 
drement, vénérer. 


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16  CANT  PROUMUÊ. 

XIII    Es  un  Martegau  qu'à  la  vesperado 
^^^  A  fa  la  cansouD,  eo  calant  si  tis . . . 

Lou  Baile  Sufrèn  parte  pèr  Pans; 

E  dien  que  li  gros  d'aquelo  encountrado 
^^  Fuguèron  jalous  de  sa  renoumado, 

E  si  vièi  marin  jamai  l'an  .pu  yist!» 

32    Â  tèms  lou  vièi  dis  amarino 
^'^  Acabè  sa  cansoun  marino, 

Que  sa  voues  dins  li  plour  anayo  s'ennega, 
Mai  pèr  li  ràfi  noun  pas  certo, 
3^  Car  sens  muta,  la  tèsto  alerte, 

E'mé  li  bouco  entre-duberto, 
Long-tèms  après  lou  cant  escoutavon  enca. 

^^       33     «E  vaqui,  quand  Marto  fielavo, 

Li  cansoun»,  dis,  «que  se  cantavo! 
Eron  belle,  o  jouyènt,  e  tiravon  de  long . . . 

^*  L'èr  s' es  fa'n  pau  vièi,  mai  que  provoP 

Aro  n'en  canton  de  pu  novo, 
En  franchimand,  ounte  s'atrovo 

^^      De  mot  forço  pu  fin...  mai  quau  i'entènd  quiconP» 

*^  Martegau,  habitant  du  Martigne,  petite  ville  de  5918. 
habitants,  &  la  jonction  des  étangs  de  Berre  et  de  Caronte.  Cette  cité 
curieuse,  presque  entièrement  peuplée  de  pêcheurs,  est  bâtie  sur  des  îlots, 
au  milieu  de  la  mer  et  d'étangs,  et  sillonnée  de  canaux  en  guise  de 
rues  ce  qui  lui  a  valu  le  surnom  de  Yenise  provençale.  £lle  a  donné 
le  jour  à  Gérard  Tenque,  fondateur  des  Hospitaliers  de  Saint-Jean-de- 
Jérusalem.  —  Le  Martégal,  auteur  de  la  chanson  intercalée,  est  ima- 
ginaire; la  chanson  est  de  Tinvention  de  M.  Mistral  qui  en  a  tiré  le 
fond  de  Thistoire  et  de  la  légende  de  Suffren. 

•®*  Qucmd  Marto  fielavo,  locution  proverbiale  qui  fait  concurrence 
au  dicton  plus  ancien:  dôu  tèms  que  Berto  fielavo,  dans  un  temps  plus^ 
heureux,  dans  le  bon  vieux  temps.  En  Provence,  la  Berthe  de  ce  dicton,, 
qui  est  à  Torigine  la  déesse  Perahta  de  la  mythologie  germanique,  a 
quelquefois  dû  céder  le  pas  &  Marthe,  sans  doute  &  cause  de  la  popu- 
larité de  Sainte  Marthe  dans  ce  pays.  Selon  la  légende,  Marthe,  Thô- 
tesse  du  Christ,  après  avoir  délivré  Tarascon  du  monstre  qui  ravageait 
son  territoire  (voy.  XI,  375  note),  termina  ses  jours  dans  cette  contrée, 
habitant  une  maisonnette  aux  bords  du  Ehône,  et  filant  modestement, 
sa  quenouille  au  milieu  de  ses  néophytes. 


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LOU  MAS   DI  FALABBEOO.  17 

34  E  dóu  vièi  su'quelo  paraulo, 
Li  bouié,  s'aussant  de  la  taulo, 

^^^      Èron  ana  mena  si  sièis  couble  au  raiòu 

De  la  belle  aigo  couladisso; 

E  août  la  tribo  penjadisso, 
^^^  En  zounzouDant  la  cantadisso 

DÓU  vièi  Valabregan,  abéuravon  li  miòu. 

35  Mai  Mirèio,  toute  souleto, 
^^®               Ere  restado,  risouleto, 

Restado  emé  Yincèn,  lou  fiéu  de  Mèste  Ambroi; 
E  tóuti  dous  ensèn  parlavon, 
8*^  E  si  dos  teste  pendoulavon 

Une  vers  l'autro,  que  semblavon 
Dos  cabridello  en  flour  que  clino  un  vent  galoi. 

^*        36     «Ah!  ço!  Vincèn»,  fasié  Mirèio, 

«Quand  sus  Tesquino  as  ta  bourrèio 
E  que  t'envas  pèr  orto  adoubant  li  panié, 

3*^  N'en  dèves  vèire,  dins  ti  viage, 

De  castelas,  de  liò  sóuvage, 
D'endré,  de  vot,  de  roumavage  ! . . . 

^^      Nautre,  sourtèn  jamai  de  noste  pijounié!» 

37  «Acò  's  bèn  di,  madamisello  ! 
De  l'enterigo  di  grounsello 

^5      Tant  vous  levas  la  set  que  de  béure  au  boucau, 
E  se,  pèr  acampa  l'óubrage, 
DÓU  tèms  fau  eissuga  l'outrage, 
^^  Tambèn  a  soun  plesi,  lou  viage, 

E  Toumbro  dóu  camin  fai  óublida  la  caud. 

38  Coume  tout-aro,  tre  qu'estivo, 
3^              Tant  lèu  que  lis  aubre  d'óulivo 

Se  saran  tout-de-long  enrasina  de  flour, 

Dins  li  plantado  emblanquesido 
^^2  E  sus  li  frais,  à  la  sentido, 

Anan  cassa  la  cantarido. 
Quand  verdejo  e  lusis  au  gros  de  la  calour. 


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18  CANT  PROUMIÉ. 

845        39     pièi  nous  li  croumpon  i  boutigo  . . . 

Quouro  cuièn,  dins  li  garrigo, 
Lou  vermé  rouge;  quouro,  i  clar,  anan  pesca 
8*^  De  tiro-sang.   La  bravo  pesco! 

Pas  besoun  de  fielat  ni  d^esco: 

l'a  que  de  batre  l'aigo  fresco, 
^^^      L'iruge  à  vòsti  cambo  arribo  s'empega. 

40    Mai  sias  jamai  estado  i  SautoP... 
Es  aqui,  pauro!  que  se  canto, 
3*^      Aqui  que  de  pertout  s'adus  li  malandrous! 
lé  passerian  qu'èro  la  voto  . . . 
Certo,  la  glèiso  èro  pichoto, 
8*^  Mai  quénti  crid!  e  quant  d'esvoto! 

«<0  Santo,  grandi  Santo,  agués  pieta  de  nous!»» 


i4íyMi  Tiro-sang,  iruge  (sangsue).  Les  sangsues  viennent  en 
général  pour  la  Provence  du  centre  des  canaux  et  roubines  situés  entre 
Arles  et  Tarascon.  Des  hommes  du  peuple  entrent  dans  Teau,  et  les 
sangsues  s'attachent  aussitôt  à* leurs  jambes  nues.  Elles  se  détachent  à 
mesure,  et  les  pêcheurs  les  placent  alors  dans  des  flacons  remplis  d'eau 
pour  les  vendre  aux  pharmacies. 

••*  Li  Santo  (Les  Saintes-Maries-de-la-Mer),  petite  ville  de  1446 
habitants,  située  dans  Tile  de  Camargue,  au  bord  de  la  mer,  entre  les 
embouchures  du  Rhône.  Une  vénérable  et  poétique  tradition  y  attire, 
le  25  mai  de  chaque  année,  de  tous  les  points  de  la  Provence  et  du 
Bas-Languedoc,  une  affluence  innombrable  de  pèlerins.  La  légende  rap- 
porte qu'après  la  mort  du  Christ,  les  Juifs  contraignirent  quelques-uns 
de  ses  plus  fervents  disciples  à  monter  sur  un  navire  désemparé,  et  les 
livrèrent  à  la  merci  des  flots.  Conduite  par  la  Providence,  la  barque 
vint  aborder  en  Provence,  à  l'extrémité  de  l'île  de  Camargue.  Les 
pauvres  bannis,  miraculeusement  échappés  aux  périls  de  la  mer,  se  dis- 
persèrent dans  la  Gaule  méridionale  et  en  furent  les  premiers  apôtres. 
Marie-Magdeleine,  l'une  des  trois  Maries,  se  retira  dans  le  désert  de  la 
Sainte-Baume,  pour  y  pleurer  ses  péchés.  Les  deux  autres,  Marie- Jacobé, 
mère  de  saint  Jacques  le  Mineur,  et  Marie-Salomé,  mère  de  saint  Jacques 
le  Majeur  et  de  saint  Jean  l'Évangéliste,  accompagnées  de  leur  servante 
Sara,  après  avoir  converti  à  la  foi  nouvelle  quelques-unes  des  peuplades 
voisines,  revinrent  mourir  au  lieu  de  leur  débarquement.  (Voy.  le  Chant 
XI.).    M.  B.  Laurens,  qui  a  raconté  et  dessiné  dans  le  journal  VIllu^ 


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LOU  MAS   Dl  FALÂBREQO.  19 

41     Es  Pan  d'aquéu  tant  graDd  miracle  . . . 
360  Moun  Dieu!  moun  Dieu!  quet  espetacle! 

Un  enfant  èro  au  sou,  plourant,  malautounet, 
Poulit  coume  Sant  Jan-Batisto; 
5^*  E  d'uno  voues  pietouso  e  tristo: 

«<0  Santo,  rendès-me  la  vÌ8to>>, 
Fasié,  ««vous  adurrai  moun  agneloun  banet.»» 

^*        42     A  soun  entour  li  plour  coulavon. 
DÓU  tèms,  li  caisso  davalavon, 
Plan-plan,  d'eilamoundaut,  sus  lou  pople  agrouva; 

^^^  E  pas-pulèu  la  tourtouiero 

Moulavo  un  pau,  la  glèiso  entiero, 
Coume  un  gros  vent  dins  li  broutiero, 

8^*      Cridavo:  ««Grandi  Santo,  oh!  venès  nous  sauva!»» 


tration  (t.  XX,  p.  7),  le  pèlerinage  des  Saintes  Maries,  ajoute:  «On  dit 
qu'un  prince  dont  le  nom  n'est  pas  désigné,  sachant  que  les  corps  des 
Saintes  Maries  reposaient  en  cet  endroit,  y  fit  bâtir  une  église  en  forme 
de  citadelle,  pour  la  mettre  à  couvert  de  Tinvasion  des  pirates.  Il  fit 
bâtir  également  à  Tentour  de  Téglise  des  maisons  et  des  remparts  pour 
mettre  les  habitants  du  pays  en  sûreté.  Les  constructions  que  Ton  voit 
encore  aujourd'hui  (et  qui  datent  du  douzième  siècle),  répondent  parfai- 
tement à  cette  dernière  tradition.  £n  1448,  après  avoir  entendu  un 
sermon  sur  le  bonheur  qu'avait  la  Provence  de  posséder  les  dépouilles 
des  Saintes  Maries,  le  roi  René  alla  visiter  l'église  bâtie  en  leur  honneur, 
fit  faire  des  fouilles  pour  trouver  les  saints  ossements,  et  le  succès  de 
son  entreprise  fut  constaté  par  l'odeur  merveilleuse  qui  s'exhala  au  mo- 
ment où  chaque  corps  fut  mis  à  découvert.  Il  est  inutile  de  dire  tous 
les  honneurs  qu'on  rendit  à  ces  reliques  et  tout  le  soin  qu'on  en  prit.» 
Comp.  P.  Mariéton,.  La  Terre  provençale,  Paris  1894,  p.  205  ss. 

•••  Agneloun  banetf  agnelet  cornu.  Cf.  Odyssée  IV,  85  s.  Ces 
agneaux  cornus  se  trouvent  aussi  en  Provence. 

••^  Li  caisso  davalavon  (Les  châsses  descendaient).  «Le  chœur  de 
l'église  présente  cette  particularité  d'être  formé  de  trois  étages:  une 
crypte,  qui  est  désignée  comme  étant  la  place  même  de  l'antique  ora- 
toire des  Saintes,  un  sanctuaire  exhaussé  plus  qu'à  l'ordinaire,  et  une 
chapelle  supérieure,  où  sont  exposées  les  châsses  des  reliques.  (Cf.  XII, 
57  ss.) . . .  Cependant  d'innombrables  cierges  tenus  par  les  assistants  s'al- 
lument, et  le  cabestan  dont  la  chaîne  retenait  la  châsse  des  reliques 
se  déroulant,    cette  châsse  descend  lentement  de  la  chapelle  supérieure 

2* 


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20  CANT  PROUMIÉ. 

43  Mai,  dins  li  bras  de  sa  meirino, 
De  si  manoto  mistoulino 

^'^^      Tre  que  l'enfantounet  pousquè  touca  lis  os 

Di  très  Mario  benurouso, 

S'arrapo  i  caisso  miraclouso 
^^®  Emé  Tarpiado  vigoureuse 

DÓU  negadis  en  quau  la  mar  jite  une  postî 

44  Mai  pas-pulèu  sa  man  aganto 
^^  Em'afecioun  lis  os  di  Santo, 

(Lou  veguère!)  subran  cridè  l'enfantounet 

Emé'no  fe  meravihouso: 
^*  <<Tese  li  caisso  miraclouso! 

Vese  ma  grand  toute  pleureuse! 
Anen  querre,  lèu,  lèu,  meun  agneleun  banet!»> 

^®'        45    E  vous  tambèn,  madamiselle, 

Dieu  vous  mantèngue  urouse  e  belle! 
Mais  s'un  chin,  un  lesert,  un  loup,  o'n  serpatas, 

^®  0  toute  autre  bèsti  ceurrènto. 

Tous  fai  senti  sa  dent  peugnènte, 
8e  lou  malur  vous  despeutènte, 

^^      Ceurrès,  courrès  i  Santé!  aurés  lèu  de  seulas.» 

46    Ansin  fusave  la  vihado. 
La  carrete  desatalado 
^^      Emé  si  grandi  rode  eumbrejave  pas  liun; 
Tèms-en-tèms  dins  li  palunaio 
S'entendié  dinda  'no  sounaio  . . . 
8^  E  la  machoto  que  pantaio 

Au  cant  di  roussignòu  apoundié  seun  plagnun. 


dans  le  chœar.  C'est  le  moment  favorable  aux  miracles.  Aussi  on  con- 
cours immense  de  supplications  s'élève  de  tous  côtés:  Saintes  Maries^ 
guérissez  mon  enfant!  tel  est  le  cri  pénétrant  qui  vient  arracher  des 
larmes  au  cœur  le  plus  froid.  Tout  le  monde  attend,  en  chantant  des 
cantiques,  le  moment  où  il  pourra  faire  asseoir  sur  la  châsse  un  pauvre 
aveugle  ou  un  èpileptique,  et  quand  il  y  est  parvenu,  tout  le  monde  se 
croit  exaucé.»    (B.  Laurens,  l.  c.) 


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LOU  MA8   DI  FALABBEGO.  21 

47     «Mai,  dins  lis  aubre  e  dins  li  lono 
^^  D'abord  qu'aniue  la  luno  dono, 

Voulès»,  dis,  «que  vous  conte  uno  fes  qu'en  courront 
D'en-tant-lèu  gagnave  li  joioP» 
^06  La  chatouneto  digue:  «Soie!» 

E  mai  qu'urouso,  la  ninoio 
En  tenènt  soun  alen  s'aprouchè  de  Yincèn. 

^^       48     «Èro  à  Nimes,  sus  TEsplanado, 

Qu'aquéli  course  èron  dounado, 
A  Nimes,  o  Mirèio  ! . . .  Un  pople  amoulouna 
^"  E  mai  espés  que  peu  de  tèsto, 

Èro  aqui  pèr  vèire  la  fèsto. 

En  peu,  descaus  e  sènso  yèsto, 
^'^      Proun  courrèire  au  mitan  déjà  venien  d'ana. 

49  Tout-en-un-cop  van  entre-vèire 
Lagalanto,  rèi  di  courrèire, 

^"      Lagalanto,  aquéu  fort  que  soun  noum  de  segur 
Es  couneigu  de  vosto  auriho, 
Aquéu  célèbre  de  Marsibo, 
^^^  Que  de  Prouvènço  e  d'Italie 

Avié  desalena  lis  orne  li  pu  dur. 

50  T'avié  de  cambo,  avié  de  cueisso 
^**^  Coume  lou  Senescau  Jan  Cueisso! 

De  làrgi  plat  d'estan  avié'n  plen  estagnié 
Mounte  si  course  èron  escricbo; 


^  Les  courses  &  pied  sont  toujours  usitées,  en  Provence, 
dans  les  fêtes  des  villages.  H  y  en  a  pour  les  hommes  faits,  pour  les 
adolescents,  pour  les  vieillards  et  quelquefois  même,  comme  dans  des 
villes  de  rAUemagne  du  Midi,  pour  les  jeunes  femmes  avec  un  broc 
plein  d'eau  sur  la  tête. 

**•  Lagalanto  ainsi  que  lou  Cri  (v.  431  ss.)  sont  des  coureurs 
qui  furent  populaires  sous  la  Restauration  de  1815—30.  L,  doit  son 
nom  à  un  hameau,  du  côté  d'Aix,  d'où  il  était  originaire. 

***  Jan  Cueisso  (Jean  de  Cessa),  seigneur  napolitain,  qui  avait 
suivi  le  roi  René,    grand  sénéchal  de  Provence,   mort  en  1476.    Jan 


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22  CANT  PROUMIÉ. 

^28  E  tant  n'avié,  de  cherpo  richo, 

Qu'aurias  jur^  qu'à  si  traficho, 
Mirèio,  Tarc-de-sedo  espandi  se  tenié! 

^29        51     ]\£ai  tout-d'un-tèms,  bcissant  la  tèsto, 

Lis  autre  cargon  mai  si  vèsto. .. 
Res  emé  Lagalanto  auso  courre.     Lou  Cri, 
^^^  Un  jouveinet  de  primo  traco, 

(Mai  qu'avié  pas  la  cambo  flaco!) 

Ero  vengu  mena  de  vaco 
435      ^  Nimes,  aquéu  jour:  soûl,  ausè  Tagarri. 

52  léu  que  d'asard  me  i'atrouvère: 
««Eh!  noum-d'un-gàrri!»»  m'escridère, 

438      ««Sian  courrèire  peréu!...  Mai  qu'ai  di,  fouligaud! 

Tout  acò  vèn:  ««Dau!  te  fau  courre!»» 

E  jujas  vèire:  sus  li  mourre, 
^*^  E  pèr  temouin  rèn  que  li  roure, 

N'aviéu  just  courregu  qu'après  li  perdigau! 

53  Fauguè  i'ana!  l'a  Lagalanto, 

*^*  •     Qu'entre  me  vèire  ansin  m'aplanto: 

««Pos,  moun  paure  pichot,  liga  ti  courrejoun!»» 
E'nterin,  de  si  cueisso  redo 
**''  Eu  estremavo  la  mouledo 

En  de  braieto  facho  en  sedo, 
Que  dès  cascavèu  d'or  à  l'en  tour  i'èron  joun. 

Cueisso  est  très  populaire  à  Tarascon  (voy.  IX,  244  note),  où  le  peuple 
lui  attribue  la  construction  du  clocher  de  Sainte-Marthe  (voy.  I,  303; 
XI,  375  notes).  Il  est  enterré  dans  la  crypte  de  cette  église,  et  sa 
statue  couchée  surmonte  son  tombeau. 

*•*  Lou  Cf'i,  sobriquet  emprunté  au  levier  appelé  cri  (fr.  cric), 
qu'on  donne  quelquefois  à  des  hommes  remarquables  par  leur  force 
musculaire. 

***  Cf.  V.  507  ss.  Les  braieto  (petite  culotte,  comme  les  portent 
les  lutteurs,  les  sauteurs  et  les  coureurs)  sont  un  objet  qu'on  offre  or- 
dinairement en  prix  dans  les  exercices  gymniques  de  Provence.  Les 
coureurs,  qui  aiment  à  ajouter  à  leurs  braieto  plusieurs  rangées  de 
grelots,  en  font  hommage  à  celui  qui  parvient  à,  les  vaincre. 


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LOU  MA8   DI   FALABREGO.  23 

450       54    pèr  que  Talen  se  ié  repause, 

Prenèn  i  bouco  un  brout  de  sause; 
Tóuti,  coume  d'ami,  nous  toucan  lèu  la  man. 

45S  Trefoulî  de  la  petelego, 

Emé  lou  sang  que  nous  boulego,  ^ 
Tóuti  très,  lou  pèd  sus  la  rego, 

^^      Esperan  lou  signau ...  Es  douna  !  Coume  un  lamp 

55,    Tóuti  très  avalan  la  piano! 
Tè  tu!  tè  iéu!  E  dins  l'andano 
^^^      Un  revoulun  de  pousse  embarro  nòsti  saut! 
E  l'èr  nous  porto,  e  lou  peu  tubo... 
Oh!  qu'afecioun!  oh!  queto  estubo! 
^^  Long-tèms,  dóu  vanc  que  nous  atubo, 

Creseguèron  qu'en  front  empourtarian  l'assaut! 

56     Iéu  à  la  fin  prene  l'avanço. 
^•*  Mai  fugue  bèn  ma  maluranço! 

Car,  en  estent  que  iéu,  coume  un  fier  fouletoun, 
A  la  perdudo  m'abrlvave, 
4^  Tout-en-un-cop,  mourènt  e  blave. 

Au  bèu  moumen  que  li  passave, 
Darboune,  court  d'alen,  e  de  mourre-bourdoun  ! 

*^^        57     Mai  éli  dous,  coume  quand  danson 

A-z-Ais  li  Chivau-frus,  se  lançon, 
Kegla,  toujour  régla.     Lou  famous  Marsihés 
^^*  Cresié  segur  de  Pavé  bello  ! . . . 

S'es  di  qu'avié  ges  de  ratello: 

Lou  Marsihés,  madamisello, 
^"      Pamens  trouvé  soun  orne  en  lou  Cri  de  Mouriés! 


*'•  Li  Chivau-fncs  (Les  chevaux  frux),  chevaux  de  carton  peint, 
en  usage  dans  les  réjouissances  publiques.  £n  Provence,  particulière- 
ment à  Aix,  lors  de  la  Fête-Dieu,  les  cavaliers  les  ajustent  à  leur 
ceinture  et  parcourent  les  rues  en  dansant  au  son  du  tambourin  (voy. 
m,  28  note).    Comp.  Mistral,  Calendai,  Paris  1887,  p.  SSo  et  note. 

*"  MouriéSy  village  au  midi  des  Alpilles,  dans  la  Crau. 


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24  GANT  PBOUMIÉ. 

58  Dintre  lou  pople  que  Tafloco, 
Déjà  brulavon  de  la  toco. .. 

<80      ]tf  a  bello,  aguessias  vist  landa  lou  Cri  ! . . .  Vès-lou  ! 
Ni  pèr  11  mouDt  ni  pèr  li  servi, 
l'a  ges  de  lèbre,  ges  de  cèrvi 
*^*  Qu'agon  au  courre  tant  de  nèrvi! 

Lagalanto  s'aloDgo  en  ourlant  comme  un  loup... 

59  E  lou  Cri,  couronna  de  gloio, 
^^  Embrasse  la  barro  di  joio! 

Tóuti  li  Nimesen,  en  se  precepitant, 

Yolon  counèisse  sa  patrie; 
^^*  Lou  plat  d'estan  au  soulèu  briho, 

Li  palet  dindon,  is  auriho 
Canto  l'auboi. ..  Lou  Cri  reçaup  lou  plat  d'estan.» 

*^«        60     «E  Lagalanto  P>  fè  Mirèio. 
«Agroumeli,  dins  la  tubèio 
Que  lou  trepé  dóu  pople  aubouravo  à  l'entour, 

*^^  Tenié  sarra  de  si  man  jouncho 

Si  dons  geinoun;  e  l'amo  pouncho 
De  l'escorno  que  tant  lou  councho, 

^^8      j  degout  de  soun  front  eu  mesclavo  de  plour. 

61  Lou  Cri  l'abordo  e  lou  saludo: 
*«Souto  l'autin  d'une  begudo, 

^*      Praire»»,  digue  lou  Cri,  <«'mé  iéu  vène*t-en  lèu! 

Vuei  lou  plesi,  deman  la  reno! 

Vène,  que  beguen  lis  estreno! 
*®*  Alin,  darrié  li  grande  Areno, 

Pèr  tu,  coume  pèr  iéu,  vai,  i'a'nca  proun  soulèu!»» 

62  Mai,  aubourant  sa  caro  blavo, 
*^^               E  de  sa  car  que  trampelavo 

Arrancant  si  braieto  emé  d'esquerlo  d'or: 
««D'abord  que  iéu  l'âge  m'esbréuno, 

*'•  Brulavon  de  la  toco  (ils  brûlaient  du  but),  pour  dire  :  Ils  tou- 
chaient presque  le  but. 


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LOU   MAS   DI  FALABBEOO.  25 

'1®  Tè!»»  ié  respoundeguè,  ««soun  tiéuno! 

Tu,  Cri,  la  jouinesso  t'assiéuno: 
Em'ounour  pos  pourta  li  braio  dóu  pu  fort.»» 

^^3        63    Acò-d'aqui  fugue  sa  dicho. 

E  dÌDs  la  prèsso  que  s'esquioho. 
Triste  coume  un  long  frais  que  l'an  descapela, 
^'^  Despareiguè  lou  grand  courrèire. 

Ni  pèr  Sant  Jan  ni  pèr  Sant  Pèire, 

En-liò  jamai  s' es  plus  fa  vèire 
*'*      Pèr  courre  vo  sauta  sus  Touire  boudenfla.» 

64  Davans  lou  Mas  di  Falabrego, 
Ansin  Vincèn  fasié  desplego 

^2      Di  cause  que  sabié.     Li  rouito  ié  venien, 

E  soun  iue  nègre  flamejavo. 

Ço  que  disié,  lou  brassejavo, 
^*^  E  la  paraulo  i'aboundavo 

Coume  un  ruscle  subit  su  'n  reviéure  maien. 

65  Li  grihet,  cantant  dins  li  mouto, 
*28  Mai  d'un  cop  faguèron  escouto; 

Souvent  li  roussignòu,  souvent  l'aucèu  de  niue  ' 

Dins  lou  bos  faguèron  calamo; 
^^'  E  pretoucado  au  founs  de  l'amo, 

Elo,  assetado  sus  la  ramo, 
Enjusquo  à  la  primo  aubo  aurié  pas  plega  l'iue. 

*w        QQ     «léu  m'es  d'avis,»  fasi'  à  sa  maire, 
«Que,  pèr  l'enfant  d'un  panieraire, 
Parle  rudamen  bèn  ! ...  0  maire,  es  un  plesi 

^^  De  soumiha,  l'ivèr;  mai  are 

Pèr  soûmiha  la  niue  's  trop  claro; 
Escouten,  escouten-l'encaro. . . 

*^      Passariéu  mi  vihado  e  ma  vido  à  l'ausi!» 


•"  Sauta  8U8  Vouire  houdenfla  (sauter  sur  l'outre  enflée),  jeu  usité 
dans  les  fêtes  de  Provence  et  qui  consiste  à  faire  trois  sauts  consé- 
cutifs sur  une  outre  enflée  et  à  frapper  trois  fois  des  mains  sans  tomber 
à  terre. 


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CANT  SEGOUND 

LA  CULIDO 

Mirèio  oael  de  fuelo  d'amonrié  pèr  •!  mafoui.  -^  D'atard,  Ylnoèn  loa  paniaraire  paato  an 
oarreironn  vetln.  —  La  ohato  Ion  sodo.  —  Lon  drôle  eonr,  e  pèr  i'^fuda,  moonto 
em'elo  eat  Paabre.  ~  CharradUto  di  dooi  enfant  —  Yinoèn  t$i  la  oonmpareeonn  de 
■a  eorre  Yinoeneto  emé  MJrèlo.  —  Lon  nie  de  pimparrin.  —  La  branoo  ronto;  Mirèio 
emé  Yineèn  tonmbon  de  Panbre.  —  L'amonrouso  ohatoono  te  deolaro.  —  Lon  drole 
apassionna  desbonndo.  —  La  Cabro  d'or,  la  flgnlero  de  Yan-Clneo.  —  Mirèio  ee  eonnado 
pèr  ta  maire.  —  Etcanfèetre  e  teparaeioun  di  cali^aire. 

1  Gantas,  cantas,  magnanarello, 
Que  la  culido  es  cantarello! 

^       Galant  soun  li  magnan  e  s'endormon  di  très: 

Lis  amourié  soun  plen  de  fiho 

Que  lou  bèu  tèms  escarrabiho, 
^  Coume  un  vòu  de  blóundis  abiho 

Que  rauboQ  sa  melico  i  roumanin  dóu  grès. 

2  En  desfuiant  vòsti  verguello, 
^                 Gantas,  cantas,  raagnanarello  ! 

Mirèio  es  à  la  fueio,  un  bèu  matin  de  Mai. 
Aquéu  matin,  pèr  pendeloto, 
^*  A  sis  auriho,  la  faroto! 

Avié  penja  dos  agrioto 

Vincèn,  aquéu  matin,  passé  'qui  tourna-mai. 

•  Les  vers  à  soie  {magnan)  vivent  à  Tétat  de  larve  trente-quatre  jours 
environ,  et  dans  cet  intervalle  changent  quatre  fois  de  peau.  A  l'approche 
de  chaque  mue,  ils  s'engourdissent  et  cessent  de  manger,  dormon.  On 
dit  dourmi  de  la  proumiero^  di  dos^  di  treSj  di  qtiatre,  ce  qui  signifie 
littéralement  dormir  de  la  première  (mue),  des  deux  (mues),  des  trois 
(mues)y  etc.  Les  vers  à  soie  se  nourrissent  des  feuilles  du  mûrier 
[amourié)  blanc,  qui  porte  des  mûres  blanches.  La  cueillette  (culido)  a 
lieu  au  printemps  (voy.  v.  10). 


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GANT  SEGOUKD.      LA   CULIDO.  27 

'*  3    A  sa  barreto  e»carlatino, 

Coume  an  li  gènt  di  mar  latino, 
Avié  poulidamen  udo  plumo  de  gau, 
^®  E'n  trepejant  dins  li  draiolo 

Fasié  fugi  li  serp  courriolo, 

E  di  dindànti  clapeirolo 
^^       Emé  soun  bastounet  bandissié  li  frejau. 

4     «0  Vincèn»,  ié  faguè  Mirèio 
D'entre-mitan  li  verdi  lèio, 
^*        «Passes  bèn  vite,  que!»  —  VinceDet  tout-d'un-tèm» 
8e  revirè  vers  la  plantado, 
E,  sus  un  amourié  quihado 
^  Coume  une  gaio  couquihado, 

Destousquè  la  chatouno,  e  ié  lande,  countènt. 

'5     «Bèn?  Mirèio,  vèn  bèn  la  fueio?» 
^  «He!  pau  à  pau  tout  se  despueio. ..» 

«Voulès  que  vous  ajude?»  «O  !>  Dóu  tèms  qu'eilamount 
Elo  risié  jitant  de  siéule, 
^^  Vincèn,  picaut  dóu  pèd  lou  tréule, 

Escale  l'aubre  coume  un  gréule. 
«Mirèio,  n'a  que  vous  lou  vièi  Mèste  Ramoun  : 

5^  6     Fasès  li  baisso!  aurai  li  cimo, 

léu,  boutas!»  E'mé  sa  man  primo, 
Elo  en  móusènt  la  ramo:  «Engardo  de  langui 

3*  De  travaia  'n  pau  en  coumpagno! 

Souleto,  vous  vèn  uno  cagno!» 
Dis.     «léu  peréu  ço  que  m'enlagno», 

**       Respoundeguè  lou  drôle,  «es  just  acò-d'aqui. 

7     Quand  sian  eiça  dins  nosto  bòri, 
Mounte  n'ausèn  que  lou  tafòrí 
^^        Dóu  Rose  tourmentau  que  manjo  lis  auvas, 
Oh!  de  fes,  quéti  languitudo! 
Pas  tant  Testiéu,  que,  d'abitudo, 
^  Fasèn  nòstis  escourregudo, 

L'estiéu,  emé  moun  pai,  d'un  mas  à  l'autre  mas» 


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28  CANT  8BG0UND. 

8     Mai  quand  lou  verboiiisset  vèn  rouge, 
^'  Que  li  jour  se  fan  ivernouge, 

E  longo  li  vihado;  autour  dóu  recaliéu, 
Entanterin  qu'à  la  cadaulo 
^^  Quauque  esperitoun  siblo  o  miaulo, 

Sènso  lume  e  sens  grand  paraulo 
Fau  espéra  la  som,  tout  soulet  iéu  em'éu!...» 

^^  9    La  chato  ié  fai  à  la  lèsto: 

«Mai  donne  ta  maire,  mounte  rèstoP» 
«Es  morto!...»  Lou  drouloun  se  teisè  'n  moumenet, 

^  Pièi  reprenguè:  «Quand  Vinceneto 

Ero  emé  nautre,  e  que,  jouineto, 
Qardayo  enca  la  cabaneto, 

"^       Alor  èro  un  plesi!>   «Mai  coumeP  Vincenet, 

10  As  uno  sorreP>   «E  la  jouvènto, 
Braveto  qu'es  e  bèn-fasènto>, 

^^       Digue  lou  verganié;...  «trop!  qu'à  la  Font-dóu-Rèi, 
Alin  en  terro  de  Bèu-Caire, 
Ero  anado  après  li  segaire: 
•^  Tant  i'  agradè  soun  galant  faire 

Que  pèr  tanto  l'an  presse,  e  tanto  i'  es  dempièi.» 

11  «lé  donnes  d'èr,  à  ta  sourretoP» 

'2  «QuauP  iéu?  pas  mai!  Elo  èi  saureto, 

E  iéu  siéu,  lou  vesès,  brun  coume  un  courcoussoun. . . 
Mai  pulèu,  sabès  quau  revertoP 
■^*  Vous!  Vòsti  tèsto  disaverto, 

Coume  li  fueio  de  la  nerto 
Vòsti  peu  aboundous,  dirias  que  soun  bessoun. 

^®         12     Mai  pèr  sarra  la  claro  telo 

De  vosto  couifo,  bèn  miés  qu'elo 
Mirèio,  avès  lou  fiéu!...  N'es  pas  laido,  tambèn, 

••  La  Font'dòu-BH^  la  Fontaine  du  Roi,  endroit  près  Beau- 
Caire,  où  Ton  prétend  qne  saint  Louis  se  désaltéra  avec  toute  sa  suite. 
—  Sur  BèU'Ckiire  (Beaucaire)  voy.  III,  202  note. 


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Lk  CULIDO.  29* 

®*  Ma  sorre,  nimai  endourmido  ; 

Mai  TOUS,  de  quant  sias  pu  poulido!» 

Mirèio  aqui,  mita  culido, 
^       Leîssant  ana  sa  branco  :  «  Oh  !  »  dis,  «  d'aquéu  Vincèn  ! ...  » 

13  Gantas,  cantas,  magnanarello  ! 
Dis  amourié  la  fueio  es  belle, 

^"^       Galant  soun  li  magnan  e  s'endormon  di  très; 

Lis  amourié  soun  plen  de  fìho 

Que  lou  bèu  tèms  escarrabiho, 
^  Coume  un  vòu  de  blóundis  abiho 

Que  raubon  sa  melico  i  roumanin  dóu  grès. 

14  «Alor,  m'atroves  galantouno 

^8  Mai  que  ta  sorre  P»  La  chatouno 

Faguè  'nsin  à  Vincèn.    «De  forço»,  eu  respoundè. 
«E  qu'ai  de  mai?»    «Maire  divine! 
^  E  qu'a  de  mai  la  cardelino 

Que  la  petouso  mistoulino, 
Senoun  la  bèuta  même,  e  lou  cant,  e  l'esté!» 

^         15     «Mai  encarô?»     «Ma  pauro  sorre, 

Noun  vas  agué  lou  blanc  dóu  porre! 
Coume  l'aigo  de  mar  Vincèn  eto  a  lis  iue 

^^  Que  ié  bluiejon  e  clarejon... 

Li  vostre  coume  un  jai  negrejon; 
E  quand  dessus  me  beluguejon, 

*^      léu  me  semble  que  chourle  un  cigau  de  vin  eue. 


•*  La  construction  familière  employée  dans  d'aquéu  Vincèn  se 
trouve  déjà  dans  le  refrain  d'une  alha  anonyme  du  12<»  siècle.  Cf. 
Bartsch,  Chrestomaihie  provençale  *,  p.  101. 

'•  et  suiv.  Eépetîtion  pleine  d'effet  de  la  première  strophe  du 
deuxième  chant.   Voy.  aussi  str.  2,  19;  28,  41  ;  et  Introduction  p.  xxxiu 

*^  Vin  eue  (vin  cuit),  moût  qu'au  sortir  de  la  fouloire  on  fait 
bouillir  dans  un  chaudron,  et  qui  étant  cuit  à  point,  rappelle,  après 
un  an  de  bouteille,  la  couleur  et  le  goût  des  meilleurs  vins  d'Espagne. 
Les  Provençaux  le  boivent  dans  les  festins,  et  principalement  au  repas 


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30  CAKT   8BG0UND. 

16  De  sa  voues  linjo  e  clarinello, 
Quand  cantavo  la  Peirounello, 

108      jj[^  sorre,  aviéu  grand  gau  d'ausi  soun  doue  acord; 

Mai  vous,  la  mendro  resouneto 

Que  me  digues,  o  jouveineto! 
^^^  Mai  que  pas  ges  de  cansouneto 

Encanto  moun  auriho  e  bourroulo  moun  cor. 

17  Ma  sorre,  en  courront  pèr  li  pàti, 
^^*               Ma  sorre,  coume  un  brout  de  dàti 

S'es  roustido  lou  coui  e  la  caro  au  soulèu; 

Vous,  bello,  crese  que  sias  facho 
^^'^  Coume  li  flour  de  la  pourracho; 

E  de  TEstiéu  la  man  mouracho 
Noun  auso  caressa  voste  front  blanquinèu! 

^^^        18     Coume  uno  damo  de  gandolo 

Ma  sorre  es  enca  primacholo; 
Pecaire!  dins  un  an  a  fa  tout  soun  creissènt... 
^^3  .  Mai  de  l'espalo  enjusquo  à  l'anco, 

Vous,  0  Mirèio,  rèn  vous  manco!» 

Mirèio,  lâchant  mai  la  branco, 
^-^  •   E  touto  rouginello:  «Oh!»  dis,  «d'aquéu  Vincèn!» 

19     En  desfuiant  vòsti  verguello, 
Cantas,  cántas,  magnanarello  ! , . . 
^29      Ansin  li  bèus  enfant,  de  l'aubre  panouious 
Escoundu  souto  lou  ramage, 
Dins  Tinnoucènci  de  soun  âge 
'^2  S'assajavon  au  calignage. 

Pamens,  de  mens  en  mens,  li  serre  èron  neblous. 


de  Noël.  —  Un  cigau  de  vin^  un  coup  de  vin  qui  donne  la  cigalo,  c'est-à- 
dire  Tivresse  qui  fait  chanter  comme  elle. 

^^  La  Peirounello j  la  Péronelle,  chanson  populaire  du  xv^  siècle. 
Canta  la  P.  a  pris  en  Provence  le  sens  général  :  chanter  une  chanson 
joyeuse,  chanter  ses  amours,  être  heureux. 

"•  Ohj  rfis,  d'aquéu  Vincèn,  répétition  de  la  fin  du  vers  84.  Cf. 
Introd.  p.  XXXI  s. 


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LA   CULIDO.  31 

20    Ámount  sus  li  roco  pelado, 
^^^  Sus  li  grand  tourre  esbarboulado 

Ounte  trèvoD,  la  niue,   li  yièi  prince  di  Baus, 
Li  capoun-fèr,  que  blanquejavon, 
^^  Dins  l'estendudo  s'enauravoo, 

E  sis  alasso  fouguejavon 
Au  soulèu,  que  dejn  caufavo  lis  avaus. 

'^^        21     «Oh!  n'avèn  rèn  fa!  que  vergougno!* 

Elo  venguè  'mé  'n  èr  de  fougno. 
«Aquéu  galo-bon-tèms  dis  que  vèn  m'ajuda, 
^^*  Pièi  me  fai  rèn  que  faire  rire... 

Anen!  dau!  que  la  man  s'esiire, 

Que  pièi  ma  maire  pourrie  dire 
^^^      Qu'ai  panca  proun  de  biais,  o,  pèr  me  marida. 

22  Vai,  vai»,  dis,  «tu  que  te  vantaves, 
Moun  paure  ami  !  se  te  lougaves 

150      Pèr  la  cueie  à  quintau,  la  fueio,  crese  que, 

Quand  fuguèsse  touto  en  pivello, 

Pourries  manja  de  regardello!» 
158  «Me  cresès  donne  uno  ganchelloP> 

Respoundeguè  lou  drole,  un  brigouloun  mouquet. 

23  «Bèn!  quau  sara  meiour  cuièire, 
156  Madamisello,  Tanan  vèire!» 

E  ZÓU  !  'mé  li  dos  man,  feroun,  atravali. 

Vague  de  torse  e  móuse  ramo! 
'5»  Plus  de  resoun!  plus  de  calamo! 

(Perd  lou  moussèu  fedo  que  bramo) 
L'amourié  que  li  porto  es  tout-aro  culi. 

iw        24     Fuguèron  lèu,  pamens,  à  pauso. 

Quand  sias  jouine,  la  bello  causo! 
Estent  qu'au  même  sa  metien  la  fueio  ensèn, 

*»«  Voy.  I,  67  note. 

'*^  Perd  lou  moussèu  fedo  que  bramo,  variante  du  proverbe  :  Fedo 
que  bèlo  perd  lou  moussèu  (Brebis  qui  bêle,  perd  sa  goulée). 


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32  CAMT   8EG0UND. 

i«5  Un  cop  li  poulit  det  cherescle 

De  la  chatouno,  dÌDs  Tarescle, 

Se  devinèron  entre-mescle 
1^      Emé  li  det  brûlant,  li  det  d'aquéu  Vincèn. 

25     EIo  emai  eu  trefouliguèron  ; 
D'amour  si  gauto  s'enflourèron, 
^'^^      E  tóuti  dous  au  cop,  d'un  fiò  noun  couneigu 
Sentiguèron  l'escandihado. 
Mai  coume  aquesto,  à  l'esfraiado, 
'^*  Sourtié  sa  man  de  la  fuiado, 

Eu,  de  la  treboulino  enca  tout  esmougu: 

•  26     «Qu'avèsP  TJno  guèspo  escoundudo 
^'■^  Vous  a  belèu»,  dis,  «pougnegudoP» 

«Noun  sai!»  clinant  lou  front,  elo  respoundè  plan. 
E  sènso  mai,  chascun  se  bouto 
^^  A  tourna  cueie  quauco  brouto. 

Emé  d'iue  couquin,  tèsto  souto, 
S'espinchavon  pamens  quau  ririé  de  davan. 

^^       27     Lou  pitre  ié  batié!...  La  fueio 

Toumbè  pièi  mai  coume  la  plueio; 
E  quand  pièi  au  saquet  venié  que  la  metien, 

^^  Li  dos  manoto  blanco  e  bruno. 

Que  fugue  esprès  o  pèr  fourtuno, 
Venien  toujour  uno  vers  Tuno, 

^®^      Memamen  qu'au  travai  grand  joio  éli  prenien. 

28     Gantas,  cantas,  magnanarello. 
En  desfuiant  vòsti  verguello  ! . . . 
192       €Yel  ve!»  tout-en-un-cop  Mirèio  crido,  «ve!» 
«Qu'es  acò?»  Lou  det  sus  la  bouco. 
Vivo  coume  un  créu  su  'no  souco, 
^®^  Dre  de  la  branco  ounte  s'ajouco 

Fasié  signe  dóu  bras...  «Un  nis. ..  qu'anan  avé!» 

*••  Arescle,'  cerceau  qu'on  adapte  à  la  gueule  d'un  sac  pour  le 
tenir  ouvert.  On  donne  en  général  le  nom  d^arescle  aux  bois  de  fente 
dont  on  fait  les  sas,  les  cribles,  les  tambours,  les  boisseaux. 


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LA   CULIDO.  33 

29     «Espèro!...»  E  'n  reteoènt  soun  gréule, 
^^8  Coume  un  passeroun  long  di  téule, 

Yincèn  de  branco  en  branco  a  bourobi  vers  lou  nis. 
Au  founs  d'un  trau  que  de  nature 
201  Entre-mitan  la  rusco  dure 

8'èro  fa,  de  remboùcaduro 
Li  pichot  se  yesien,  flame  e  boulegadis. 

^^       30     Mai  Vincèn  qu'à  la  branco  torto 

Vèn  de  nousa  si  canibo  forte, 
E  penja  d'une  man,  dins  lou  trounc  baumelu 
^'^  Fume  emé  l'autre.     Un  pau  pus  auto, 

Mirèio  alor,  la  flame  i  gauto: 

«Qu'es?»  ié  demande  cauto-cauto. 
210      «De  pimparrin!»  «De  que?»  «De  bèu  sarraié  blu!» 

31  Mirèio  esclafiguè  lou  rire. 
«Que!»  dis,  «l'as  jamai  ausi  dire? 

^'5      Quand,  dous,  trouvas  un  nis  au  bout  d'un  amourié 
0  de  tout  aubre  que  lou  semble, 
Passe  pas  l'an  que  noun  ensemble 
^'*  La  santo  Glèiso  vous  assemble.... 

Prouvèrbi,  dis  moun  paire,  es  toujour  vertadié.» 

32  «0,»  ié  fai  eu;  «mai  fau  apoundre 
2>^               Qu'aquelo  espèro  pou  se  foundre, 

S'avans  que  d'èstre  en  gàbio  escapon  li  pichot.» 
«Jèsu  moun  Dieu!  douno-te  garde!» 
*22  Cridè  la  chato;  «e  sènso  tarde 

Rejoun-lèi  bèn,  que  nous  regarde!» 
«Ma  fisto!>  lou  jouvènt  ié  respond  coume  eiçò. 


lit — 17  Variation  poêtiqne  du  dicton  populaire:  Quand  atrouhoê 
un  nis,  vous  maridae  dins  Vannado.  Sur  le  rôle  du  nid  dans 
les  croyances  populaires  de  la  Provence,  voy.  IX,  260  note.  —  Pt-ou- 
vèrhi^  dis  moun  paire  ^  es  toujour  vertctdié  (Proverbe,  dit  mon  père,  est 
toujours  véridique),  renchérissement  sur  le  proverbe  provençal:  Tout 
prouvèrhi  es  pas  mentèire. 

3 


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34  CAMT   BEGOUi(D. 

^*       33     «Lou  miéus  que  li  poudèn  rejougne 

Sarié  bessaí  dins  yoste  jougne. . .» 
cAh!  tè,  baio!  verai!...»  Lou  drole  quatecant 
2*®  Mando  sa  man  dins  la  caforno; 

E  sa  man  pleno  que  s'entoruo 

Quatre  n'en  tiro  dé  la  borno. 
2^^      «Boudiéu!»  digue  Mirèio  en  aparant,  «oh!  quant! 

34  Queto  nisado  galantouno! 

Tè!  tè!  pecaire,  uno  poutouno!> 
28*      E,  folo  de  plesi,  de  milo  poutounet 

Li  devouris  e  poumpounejo  ; 

Pièi  em'  amour  plan-plan  li  vejo 
287  Souto  soun  jougne  que  gounflejo. .. 

«Tè!  tè!  paro  la  man>,  cridè  mai  Vincenet. 

35  «Oh!  li  poulit!  Si  tèsto  bluio 
2*^  An  d'uioun  fin  coume  d'aguïo!» 

E  lèu  mai,  dins  la  blanco  e  lisqueto  presoun, 

Très  pimparrin  elo  recato; 
2*8  E,  dins  lou  sen  caud  de  la  chato, 

La  couvadeto  que  s'amato 
Se  crèi  que  Tan  remesso  au  founs  de  soun  nisoun. 

2*6       36     «Mai,  de  bon?  Vincenet,  n'i'a  'ncaroP> 
—  «0!»  —  «Santo  Vierge!  Ve,  tout-aro 
Dirai  qu'as  la  man  fado!»    «Eh!   pauro  que  vous  sias! 

2*9  Li  pimparrin?  quand  vèn  Sant  Jorge, 

Fan  dès,  douge  iòu,  eraai  quatorge, 
Souvènti-fes ! . . .  Mai  tè!  tè!  porge, 

252      Li  cago-nis  ! . . .  E  vous,  belle  borno,  adessias  !» 

37     Coume  lou  drole  se  despènjo, 
E  qu'clo  vite  lis  arrènjo 
2á5      Bèn  delicadamen  dins  soun  fichu  flouri... 
«Ai!  ai!  ai!»  d'uno  voues  tendrino 
Subitamen  fai  la  mesquino. 
258  E,  vergougnouso,  à  la  peitrino 

S'esquicho  li  dos  man.  «Ai!  ai  ai!  vau  mouri!> 


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LA  CUUDO.  35 

38     «Houi!  houi!»  plouravo,  <me  grafignon! 
*•'  Ai!  me  grafignon  e  m'espignon! 

Courre  lèu,  Vincenet,  lèu!...»  Es  que,  Ta  'n  moumen... 
Que  vous  dirai?  dins  Tescoundudo 
^^  Grande  e  vivo  ère  reemougudo! 

Fa  'n  moumen,  dins  la  bando  aludo 
Avien,  li  cago-nis,  mes  lou  bourroulamen. 

-^        39     E  dins  Testrecho  valounado, 

La  fouligaudo  moulounado 
Que  noun  pou  libramen  faire  soun  roudelet, 
270  j^  grand  varai  d'arpioun  e  d'alo, 

Fasié,  dins  li  mounto-davalo, 

Cambareleto  sènso  egalo, 
*'*      Fasié  long  di  galis  milo  bèu  redoulet. 

40  «Ai!  ai!  vène  lèi  querre!  lampo,» 
lé  souspiravo.     E  coume  pampo 

*^*      Que  l'auro  atremoulis,  coume  di  cabrian 
Quand  se  sent  pounclio  uno  junego, 
Ansin  gémis,  sauto  e  se  plego 

^*  La  chatouno  di  Falabrego. .. 

Eu  pamens  i'a  voula. . .  —   Gantas,  en  desfuiant, 

41  En  desfuiant  vòsti  jitello, 

^^  Cantas,  cantas,  magnanarello  ! 

Sus  la  branco  ounte  plouro  eu  pamens  a  voula: 
«La  cregnès  donne  bèn,  la  coutigo?» 
*^  Eu  ié  fai  de  sa  bouco  amigo. 

«Eb!  coume  iéu,  dins  lis  ourtigo, 
Se  descausso  proun  fes  vous  falié  barrula, 

*^       42    Coume  farias?»  E  pèr  rejougne 

Lis  enfourniau  qu^a  dins  soun  jougne. 
Eu  ié  porge,  en  risènt,  soun  bonnet  de  marin. 

^*  Déjà  Mirèio,  sont  l'estofo 

Que  la  nisado  rendié  gofo, 

Mando  sa  man^  e  dins  la  cofo 

*^      Un  pèr  un  adeja  torno  li  pimparrin; 

3* 


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36  CAMï  8BQ0UND. 

43  Déjà,  mé  lou  front  clin,  pecaire! 
E  revirado  un  pau  de  caire, 

^'^      Déjà  lou  risoulet  se  mesclavo  à  si  plour: 

Semblablamen  à  Teigagnolo 

Que,  lou  matin,  di  courrejolo 
^^  Bagno  li  campaneto  molo, 

E  perlejo  e  s'esbéu  i  proumièri  clarour... 

44  E  souto  éli  vèn  que  la  branco 

^^  Tout-en-un-cop  peto  e  s'escranco  ! . . . 

Au  coui  dóu  panieraire,  elo,  en  quilant  d'esfrai,. 
Se  precepito  e  se  i'  embrasse; 
8^  E  dóu  grand  aubre  que  s'estrasso, 

En  un  rapide  viro-passo 
Toumbon,  embessouna,  sus  lou  souple  margai. . . 

^^       45    Près  ventoulet,  larg  e  gregàli, 

Que  di  bos  boulegas  lou  pàli, 
Sus  lou  jouine  parèu  que  voste  gai  murmur 
51*  Un  moumenet  mole  e  se  taise! 

Fòlis  aureto,  alenas  d'aise! 

Donnas  lou  tèms  que  Ton  pantaise, 
5'^      Lou  tèms  qu'à  tout  lou  mens  pantaison  lou  bonurT 

46  Tu  que  lalejes  dins  ta  gorgo, 

Vai  plan,  vai  plan,  pichouno  sorgo! 

3*®      Dintre  ti  cascagnòu  menés  pas  tant  de  brut! 
Pas  tant  de  brut,  que  si  dos  amo 
Soun,  dins  lou  même  rai  de  flamo, 

521  Partido  coume  un  brusc  qu'eissamo. . . 

Leissas-lèi  s'emplana  dins  lis  èr  benastru! 

47  Mai  elo,  au  bout  d'une  passade, 
52*  Se  daverè  de  la  brassado 

Mens  palinello  soun  li  flour  dóu  coudounié. 
Pièi  sus  la  ribo  s'assetèrou, 
52^  Un  contre  l'autre  se  boutèron. 

Un  moumenet  se  regardèron, 
E'm'  aco  parlé  'nsin  lou  drôle  di  panié: 


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LA  GULIDO.  87 

^^       48     <Vou8  sias  rèn  facho  mau,  MirèioP 

0  la  vergougno  de  la  lèio, 
Aubre  dóu  diable,  aubras  qu'un  divèndre  an  planta, 
^^  Que  la  marrano  t'agarrigue, 

Que  l'artisoun  te  devourigue, 

E  que  toun  mèstre  t'abourrigue!» 
^^      Mai  elo,  em'  un  tramblun  que  noun  pou  arresta: 

49  «Me  siéu  pas,»  dis,  «facho  mau,  nàni! 
Mai,  coume  un  enfant  dins  si  làni, 

^^*      Que  de  fes  plourinejo  e  noun  saup  per-dequé. 
Ai  quaucarèn,»  dis,  «que  me  grève;. 
L'ausi,  lou  vèire,  acò  me  lève; 

^^  Moun  cor  n'en  boni,  moun  front  n'en  rèvo, 

E  lou  sang  de  moun  cors  noun  pou  demeura  quet!» 

50  «Belèu»,  digue  lou  panieraire, 
^*  «Es  de  la  pou  que  vosto  maire 

Vous  charpe  qu'à  la  fueio  avès  mes  trop  de  tèms? 

Coume  iéu,  quand  veniéu  subr'ouro, 
^^  Estrassa,  moustous  coume  un  Mouro, 

Pèr  èstre  ana  cerca  d'amouro...» 
«Oh!  noun»,  digue  Mirèio,  «autre  peno  me  tèn.» 

^5'       51     «0  belèu  une  souleiado,» 

Faguè  Vincèn,  «vous  a'mbriado. 


*"  Le  vendredi,  jour  de  la  mort  de  Jésus-Christ,  passe  aussi  en 
Provence  pour  un  jour  qui  porte  malheur.  Cf.  les  proverbes  cités  dans 
le  Trés(or)  de  M.  Mistral: 

Quand  lou  premié  de  Tan  es  un  divèndre,  mesûso-te  (Quand  le 
premier  de  Tan  est  un  vendredi,  méfie-toi). 

D'ana  deforo  lou  divèndre,  de  se  faire  la  barbo,  de  se  rougna  lis 
ounglo,  de  leva  li  cendre,  de  cura  li  fedo,  de  faire  sant-Michèn,  de 
faire  bugado,  de  faire  noço  lou  divèndre,  porto  malur  (Sortir  le  ven- 
•drediy  se  faire  la  barbe,  se  rogner  les  ongles,  enlever  les  cendres,  net- 
toyer les  brebis,  changer  de  logis,  faire  la  lessive,  faire  noces  le  ven- 
dredi, porte  malheur). 


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38  CAMT  SEQOUlîD. 

Sabe,>  dis,  «uno  yièio,  aperamount  i  Baus 
^^  (lé  dison  Taven):  vous  asaigo 

Bèn  sus  lou  front  un  got  plen  d^aigo^ 

E  lèu,  dî  cervello  embriaigo, 
^^'^      Li  rai  escounjura  gisclon  dins  lou  cristau.» 

52  «Noun,  noun!»  respoundè  la  Cravenco; 
«Lis  escandihado  maienco 

^^      N'es  pa'i  chato  de  Crau  que  podon  faire  pou!... 

Mai  en  que  sièr  de  te  deçaupre? 

Dins  moun  sen  acò  pou  plus  caupre! 
3W  Vincèn,  Vincèo,  vos-ti  lou  saupre? 

De  tu  siéu  amourouso  ! . . .  >     Au  bord  dóu  rajeiròu, 

53  Emai  l'èr  linde,  émai  la  tepo, 
8W  Emai  li  vièi  sause  de  cepo, 

Fuguèron  claramen  espanta  de  plesi!... 
«Âh!  princesso,  que,  tant  poulido, 
5^  Agués  la  lengo  tant  marrido,» 

Lou  panieraire  aqui  s'escrido, 
«Fa  de  que  pèr  lou  sou  se  traire  estabousi! 

^'*        54     Coume!  de  iéu  vous  amourouso? 
De  ma  vidasso  encaro  urouso 
Anes  pas  vous  jouga,  Mirèio,  nu  noum  de  Dieu! 

875  jje  fagués  pas  crèire  de  cause 

Qu',  aqui  dedins  uno  fe  'nclauso, 
De  ma  mort  sarien  pièi  Tencauso! 

8''®      Mirèio,  d'aquéu  biais  vous  trufés  plus  de  iéu!» 

55     cQue  Dieu  jamai  m'emparadise, 
Se  i'a  messorgo  en  ço  que  dise! 
8®*      Vai,  de  crèire  que  t'ame  aco  fai  pas  mouri, 
Vincèn  ! . . .  Mai  se,  pèr  marridesso, 
Noun  vos  de  iéu  pèr  ta  mestresso. 


»»*  Sur  Taven,  la  sorcière,  voy.  III,  64—107  et  VI,  187  ss. 


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LA   CDLIDO.  39 

^^  Sara  iéu,  de  malo  tristesso, 

Sara  iéu  qu'à  ti  pèd  me  veiras  coumbouri!» 

56     «Oh!  digues  plus  de  cause  ausinto! 
^^  De  iéu  à  vous  i'a  'n  laberinto,» 

L'enfant  de  Mèste  Ambroi  faguè  'n  bretounejant. 
«Tous,  sias  dóu  Mas  di  Falabrego 
3^  La  rèino  davans  quau  tout  plego... 

Iéu,  banastié  de  Valabrego, 
Siéu  qu'un  gandard,  Mirèio,  un  trevaire  de  champ!» 

993       57     «Eh!  que  m'enchau  que  moun  fringaire 

Siegue  un  baroun  o  'n  panieraire, 
Mai  que  m'agrade  à  iéu!»  ié  respoundeguè  lèu 
8^  E  toute  en  fiò  coume  uno  liandro. 

«Mai  se  noun  vos  que  la  malandro 

Fure  moun  sang,  dins  ti  peiandro 
38®      Perqué  donne,  o  Vincèn,  m'aparèisses  tant  bèuP» 

58  Davans  la  vierge  raubativo, 
Eu  resté  mè,  coume  di  nivo 

^^      Quand  toumbo  pau-à-pau  un  aucèu  pi  vêla. 

'Siés  donne  masco»,  pièi  faguè  proumte, 
«Pèr  que  ta  visto  ansin  me  doumte, 

405  Pèr  que  ta  voues  au  su  me  mounte 

E  me  rende  foulas  coume  un  ome  enchusclaP 

59  Lou  veses  pas  que  ta  brassado 
^^  A  mes  lou  fiò  dins  mi  pensado? 


•"  Lou  laberinto  (au  lieu  de  laherinie),  dans  la  bouche  de  Vincèn, 
pourrait  surprendre.  Mais  le  mot  existe  aussi  dans  une  forme  plus 
populaire,  imitée  en  partie  par  Tauteur  :  la  barinto,  et  la  locution  èstre 
dins  la  harinto  veut  dire  :  être  dans  Tembarras,  le  désordre,  le  désarroi. 

*^  Le  verbe  pivela  ou  pipa  (fasciner)  signifie  Faction  vraie  ou 
imaginaire,  par  laquelle  un  reptile  attire  à  lui  un  oiseau,  et  même  une 
personne.  Cf.  III,  101.  Le  peuple  attribue  cette  attraction  à  une 
aspiration  irrésistible,  qui  peut  néanmoins  être  interceptée  par  le  passage 
subit  d'un  corps  étranger. 


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40  GAMT  SEQOUND. 

Car,  tè!  se  vos  lou  saupre,  à  Tagrat  que  de  iéu, 
Paure  pourtaire  de  bourrèio, 
^i^  Vogues  faire  que  ta  risèio, 

T'ame  peréu,  t'ame,  Mirèio! 
T'ame  de  tant  d'amour  que  te  devouririéu! 

414       50    T'ame,  que  se  disien  ti  labro: 
««Vole  la  Cabro  d'or,  la  cabro 
Que  deguD  de  mourtau  ni  la  pais  ni  la  mous, 

^'^  Que  sont  lou  ro  de  Baus-Maniero, 

Lipo  la  moufo  roucassiero»», 
0  me  perdriéu  dins  li  peiriero, 

*^      0  me  veiriés  tourna  la  cabro  dóu  peu  rous! 

61     T'ame,  o  chatouno  encantarello. 

Que  se  disiés:  ««Vole  uno  estello!>> 
*2^      l'a  ni  travès  de  mar,  ni  bos,  ni  gaudre  foui, 
l'a  ni  bourrèu,  ni  fiò,  ni  ferre 
Que  m'aplantèsse  !  Au  bout  di  serre, 
^**  Toucan t  lou  cèu,  l'anariéu  querre, 

E  dimencbe  l'auriés,  pendoulado  à  toun  coui. 


*"  Baus-Maniero  (Bans-Manière),  rocher  à  pic  au  nord  de  la  ville 
des  Baux.    Cf.  I,  67  note. 

**  La  Cabro  d'or  (La  Chèvre  d'or),  trésor  ou  talisman  que  le 
peuple  croit  avoir  été  enfoui  par  les  Sarrasins  sous  Fun  des  antiques 
monuments  de  la  Provence.  Les  uns  prétendent  que  la  Chèvre  gît 
sous  le  mausolée  de  Saint-Remy  (voy.  lY,  131  note),  d'autres  dans  la 
grotte  de  Corde  (voy.  VI,  645  note),  d'autres  sous  les  roches  des  Baux 
(voy.  I,  67  note).  A  Arles,  on  croyait  que  la  Chèvre  d'or  passait  tous 
les  matins,  aux  premiers  rayons  du  jour,  sur  la  colline  de  Montmajour 
(voy.  VI,  645  note).  A  Laudnn  (Gard),  on  disait  que,  le  24  juin, 
sur  la  montagne  de  Saint-Jean  s'entr'ouvrait  à  minuit  un  antre  profond 
d'où  s'élançait  la  Chèvre  d'or.  Au  Vemègue  (Bouches -du -Rhône),  on 
montre  aussi  la  baumo  (grotte)  de  la  Cabro  d'or.  La  silhouette  de  la 
mountagno  de  la  Cabro  (la  montagne  de  la  Chèvre),  saillie  rocheuse, 
située  entre  Baumes  et  le  Barroux  (Vaucluse),  sert  d'horloge  aux 
paysans  du  bas  Comtat.  La  Chèvre  d'or  est  sans  doute  une  réminiscence  du 
Veau  d'or.  En  effet,  les  paysans  du  Rouergue  et  du  Périgord  préten- 
dent qu'un  veau  d'or  {vedèu  d^or)  est  enterré  dans  les  ruines  de  certains 


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LA   CULIDO.  41 

62     Mai,  0  belasso!  au-mai  t'aluque, 
^^  Au-mai,  pecaire!  m'embarluque  ! . . . 

Yeguère  uno  figuiero,  un  cop,  dins  mouu  camiu, 
Ârrapado  à  la  roco  duso 
^^  Contro  la  baumo  de  Vau-Cluso: 

Maigro,  pecaire!  i  lagramuso 
lé  dounarié  mai  d'oumbro  un  clôt  de  jaussemin! 

*^       63    Un  cop  pèr  an  vers  si  racine 
Vèn  flouqueja  roundo  vesino; 
E  Taubret  secarous,  à  raboundouso  font 

^^  Que  mounto  à-n-éu  pèr  que  s'abéure, 

Tant  que  n'en  vòu,  se  bouto  à  béure 

D'acò  tout  l'an  n'a  proun  pèr  viéure. 

^^      Coume  à  l'anèu  la  pèiro,  à  iéu  acò  respond; 

64     Que  siéu,  Mirèio,  la  figuiero, 
E  tu,  la  font  e  la  fresquiero! 
^**      E  basto,  à  iéu  pauret!  basto,  uno  fes  de  Tan, 
Que  pousquèsse,  à  geinoun  coume  aro, 
Me  souleia  i  rai  de  ta  caro! 
**'  E  subre-tout  de  poudé  'ncaro 

Te  floureja  li  det  d'un  poutoun  tremoulant!» 


vieux  monuments.  Une  explication  naturaliste  de  cette  tradition  a  été 
entreprise  par  Ascherson,  Naturwissenechaftliche  Wochenschrift  1893, 
p.  121  88.,  qui  rapporte  qu'on  aperçoit  quelquefois  un  brillement  d'or 
sur  les  dents  des  ruminants,  dû  à  un  piment  organique  produit  par  la 
sève  des  plantes  mangées.  Il  est  peu  probable  que  ce  phénomène,  qu'où 
prétend  observer  fréquemment  sur  les  bords  de  la  Méditerranée,  soit 
l'origine  de  nos  récits.  La  tradition  d'un  trésor,  qui  prend  des  formes 
sans  nombre  et  qui  est  gardé  par  un  animal  étranger,  se  retrouve 
chez  tous  les  peuples,  et  elle  s'y  lie  aux  plus  anciens  souvenirs 
sans  cesser  d'être  toujours  vivante.  —  La  tradition  provençale  a  été 
mise  à  profit  par  P.  Arène  dans  son  roman  bien  connu  La  Chèvre  cCor, 
Paris  1889. 

*"  Baumo  de  Vau-Cluso,  la  célèbre  grotte  où  prend  naissance  la 
fontaine  de  Vaucluse,  source  de  la  Sorgue,  qui  est  immédiatement  assez 
abondante  pour  faire  marcher  des  papeteries.   Cet  endroit  a  été  illustré 


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42  CANT  8BG0UND.      LA   CULIDO. 

65    Mirèio,  d'amour  tresananto, 
^^  L'escoutavo. . .  Mai  eu  Taganto, 

Eu  Taganto  esperdu;  contro  soun  pitre  fort 
L'adus  esperdudo. . .    «Mirèio!» 
^58  Subran  coume  eiçò  dins  la  lèio 

S'entendeguè  'no  voues  de  vièio, 
«Li  magnan,  à  miejour,  niaujaran  rèo,  alor!» 

*56  66  Dedins  un  pin,  en  grande  fogo, 
Un  VÒU  de  passeroun  que  jogo, 
Emplisson,  i'a  de  fes,  d'un  chamatan  galoi 

^^^  La  vesprado  que  s'enfresquèiro; 

Mai  d'un  glenaire  que  li  guèiro 
Se  tout-d'un-cop  toumbo  la  pèiro, 

*^2      De  tout  caire,  esfraia,  tabouacon  dins  lou  boi. 

67     Desmemouria  de  l'escaufèstre, 
Ansin  fugis  pèr  lou  campèstre 
^®*      Lou  parèu  aniourous.     Elo,  de-vers  lou  mas, 
Sènso  muta,  part  à  la  lèsto, 
Emé  sa  fueio  sus  la  tèsto. . . 
^*®  Eu,  planta  coume  un  sounjo-fèsto, 

L'arregardo  landa  peralin  dins  l'ermas. 


par  Pétrarqne,  qni  s'y  retira  à  partir  de  1387,  près  de  son  ami  le  car- 
dinal de  Cabassole,  dont  on  voit  le  château  en  raine  snr  la  hantenr  de 
la  rive  ganche.  La  grotte  se  trouve  au  fond  d'un  cirque  grandiose 
{vallis  clicsa)  qui  se  termine  par  des  rochers  à  pic  de  200  m.  de  haut. 
Elle  a  8  à  9  m.  de  largeur,  la  source  en  jaillit  avec  impétuosité,  quand 
les  eaux  sont  assez  hautes,  par  dessus  un  déversoir  naturel  formé  de 
blocs  de  rocher.  Quand  les  eaux  sont  basses  et  semblent  dormir  dans 
le  bas  de  la  grotte,  la  rivière  n'est  plus  alimentée  que  par  des  filtrations 
sous  le  déversoir,  qu'il  faut  gravir  pour  voir  la  source  au  fond  de  la 
grotte,  à  une  profondeur  qui  peut  dépasser  20  m.  La  poésie  de  ce  lieu 
est  aujourd'hui  troublée  par  une  grande  quantité  de  boutiques  qui 
longent  la  rive  droite  par  où  l'on  arrive,  et  où  l'on  vend  de  prét.endues 
photographies  de  Laure  et  de  Pétrarque,  de  la  bauco  multicolore  (voy. 
V,  384  note),  et  toutes  sortes  d'autres  souvenirs  d'un  goût  plus  ou  moins 
douteux. 


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CANT  TRESEN 

LA  DESCOUCOUNADO 

Li  reeordo  proaTençalo.  —  Aa  Mm  di  Fftiabrefo,  un  gai  roadelet  de  ebato  dMOoaeounMi. 
—  Jaoo-Mario,  mftlre  de  Mirèio.  —  TftVeii,  U  bumoo  di  B*iu.  —  L*  mftIo-Tisto.  — 
Ll  desooaoooiutrello  fan,  pèr  paMO-^èms,  de  eastèu  en  Prcuvknço.  —  La  ftèro  Lwiro, 
rèino  de  Pamparlgonsto.  —  Clemènço,  rèlno  di  Bans.  —  Loa  Yentoor,  Ion  Rote,  I» 
Dorènço.  —  Asalaîs  e  Vioalano.  —  La  Court  d'amour.  —  Lis  amour  de  Mirèio  e  de 
Yinoèn  deeouberto  pèr  Nourado.  —  Li  gaiejado.  —  Taren  la  maaoo  fki  teisa  ii  ohator 
l'ermitan  don  Leberonn  e  lou  tant  pattre.  —  Noro  canto  MayalL 

1  Quand  li  póusito  soun  braveto, 
Qu^à  plen  barrau  lis  óuliveto 

^       Dins  li  gerlo  d'argelo  escampon  l'òli  rous, 
Quand,  sus  li  terro  c  dins  li  draio, 
DÓU  garbejaire  que  varaio 

•  Lou  grand  càrri  reno  e  trantraio, 

E  tuerto  de  pertout  *nié  soun  front  auturous; 

2  Nus  e  gaiard  coume  un  luchaire, 

®  Quand  Bacus  vèn,  e  di  chaucbaire 

Coundus  la  farandoulo  i  vendémîo  de  Crau; 
E,  de  la  caucadouiro  emplido, 
ï*  Quand  la  bevèndo  benesido, 

Souto  li  cambo  enmoustousido, 
Dins  Tescumouso  tino  escapo  à  plen  de  trau, 

*^  La  farandoulo  (farandole),  danse  de  conrse  cadencée,  ressemblant 
aux  Schlangeziehen  des  enfants  allemands,  qne  Ton  exécute  an  son  do 
tamboorin  (v.  III,  28  note)  en  se  tenant  par  la  main  ou  avec  des- 
mouchoirs. La  farandole  est  populaire  en  Provence,  en  Languedoc,  en 
Roussillon  et  dans  les  pays  Basques.  Dans  les  Alpes  Maritimes  le» 
danseurs  vont  à  la  file  sans  se  donner  la  main.  Elle  se  danse  entre 
hommes  seuls  aussi  bien  et  même  mieux  qu'avec  des  femmes. 


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44  CANT   TRE8BN. 

i^  3     E,  clarinèu,  sus  li  genèsto 

Quand  H  magnan  mountou  en  fèsto 
Pèr  fiela  si  presoun  bloundinello  ;  e  que  lèu 

^®  Aquéli  toro  mai  qu'abilo 

S'ensevelissoD,  à  cha  milo, 
Dins  si  bressolo  tant  sutilo 

^1       Que  vous  sèmblon  teissudo  em'  un  rai  de  soulèu; 

4  Alor,  en  terro  de  Prouvènço, 
l'a  mai  que  mai  divertissènço  ! 

^*       Lou  bon  muscat  de  Baumo  e  lou  Ferigoulet 

Alor  se  chourlo  à  la  gargato; 

Alor  se  canto  e  l'on  se  trato; 
27  Alor  se  vèi  e  drôle  e  chato 

Au  son  dóu  tambourin  fourma  si  vertoulet. 

5  «léu  claramen  siéu  fourtunado! 
^^                 Sus  mi  canisso  encabanado 

Quéti  flo  de  coucoun  ! . . .  Un  bos  miéu  enseda, 
Un  pu  riche  descoucounage, 
^  L'aviéu  pu  vist  dins  lou  meinage, 

Vesino,  dempièi  moun  jouine  âge, 
Desempièi  l'an  de  Dieu  que  nous  sian  marida.» 


■*  Baumo  (Baumes),  village  du  département  de  Vaucluse,  qui  pro- 
duit un  vin  muscat  estimé.  —  Lou  Ferigoulet  (Frigolet)  est  un  excellent 
vin  qu'on  récolte  sur  un  coteau  des  collines  de  Graveson  (Bouches  du 
Ehône),  tout  près  du  viDage  natal  de  notre  poète.  Ferigoulo  signifiant 
ihynt,  le  vin  de  Frigolet  rappelle  agréablement  le  parfum  de  cette 
plante  très  répandue  en  Provence. 

*•  Lou  tambourin  (le  tambourin)  est  une  espèce  de  tambour,  moins 
large  et  plus  long  que  le  tambour  ordinaire,  sur  lequel  on  bat  de  la 
main  droite  avec  une  baguette  et  qui  sert  d'accompagnement  au  galoubet, 
petite  flûte  à  trois  trous  dont  on  joue  de  la  main  gauche.  Ces  deux 
instruments  de  musique  ont  été  remis  à  la  mode,  en  Provence,  surtout 
par  M.  F.  Vidal,  auteur  d'un  livre:  Lou  tambourin  y  istbri  de  Vestrumen 
prouvençau,  seguido  de  la  metodo  dôu  galoubet  e  dôu  tambourin  e  deis 
iV  naciounau  de  Prouvènço  (Le  tambourin,  histoire  de  l'instrument 
provençal,  suivie  de  la  méthode  du  galoubet  et  du  tambourin  et  des 


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LA   DESCOOCOUNADO.  45- 

^^  6    Dóu  tèms  que  lou  coucoun  se  trio, 

Ansin  disié  Jano-Mario, 
DÓU  vièi  Mèste  Ramoun  ounourado  mouié, 
^  De  Mirèio  ourgueiouso  maire; 

E  li  yesÌDO  e  li  coumaire, 

En  trin  de  rire  e  de  desfaire, 
^^       Èron  à  soun  entour,  dins  la  magnaDarié. 

7  DescoucounayoD  :  elo-memo, 
Mirèio,  à  tout  mouTneu,  i  femo 

^^       Pourgié  li  brout  d'avaus,  li  clôt  de  roumaniu, 
Ounte,  à  l'óudour  de  la  mountagno, 
Taut  Youlountié  'mé  soun  escagno 

^  La  noblo  toro  s'embaragno 

Que,  coume  rampau  d'or,  n'èron  clafi  dedin. 

8  «Sus  l'autar  de  la  Bono  Maire,» 
*^                 Jano-Mario  à  si  coumaire 

Venié  dounc,  «aièr,  femo,  anère  lèu  pourta 
De  mi  brout  lou  pu  bèu  pèr  dèime: 
^  Ânsin  fau,  tóuti  li  milèime; 

Car  es  pièi  elo  qu'à  bel  èime 

Coumando,  quand  ié  plais,  i  magnan  de  mounta.» 

57  9     «léu»,  digue  Zèu  dóu  Mas  de  l'Oste, 

«Ai  belle  pou  que  me  n'en  coste! 
Lou  jour  que  tant  boufavo  aquéu  gros  levantas, 

*^  (D'aquéu  laid  jour  vous  n'en  remembre!) 

Aviéu  leissa,  pèr  destenèmbre, 
A  brand  lou  fenestroun  dóu  membre, . . . 

^       Adès  n'ai  coumta  vint,  canela  sus  lou  jas!» 

airs  nationaux  de  Provence),  Aix  1862.  On  connaît  le  famenx  tom- 
bourinaire  (joueur  de  tambourin  et  de  galoubet)  qui  joue  an  rôle  assez 
important  dans  le  Numa  Roumestan  d'A.  Dandet. 

••  La  Bono  Maire  (la  Bonne  Mère),  la  Sainte  Vierge. 

••  Canela  (blanchi)  se  dit  des  vers  à  soie  atteint  de  la  maladie 
appelée  mmcardine^  due  au  développement  d'une  moisissure  qui  leur 
donne  une  apparence  pl&trée. 


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46  CA.NT  TRE8BN. 

10  Taven,  pèr  douna  soun  ajudo, 
Peréu  di  Baus  èro  vengudo. 

*^       A  Zèu  Taven  digue:  «Toujour,  mai  que  li  vièi, 
Cresès,  li  jouine,  de  counouisse  ! 
Mai  fau  que  Tage  nous  angouisse, 

*^  Fau  que  Ton  ploure  e  que  l'on  gouisse: 

Alor,  mai  bèn  trop  tard,  l'on  vèi  e  l'on  counèi! 

11  Vàutri,  li  femo  tartavello, 
^2  Se  l'espelido  parèis  belle, 

Lèu-lèu  que  pèr  carrière  anas  en  bardouiant: 
««Ta  mi  magnan  qu'es  pas  de  crèire 
^^  Coume  soun  bèu!  Venès  lèi  vèire!»» 

L'Envejo  rèsto  pas  à  rèire: 

Darrié  vous  à  la  chambre  escale  en  remoumiant. 

"78         12     ««Pan  gau!>»  te  dira  la  vesîno; 

««Es  bèn  tout  clar  qu'as  ta  crespino!»» 
Mai  tant-lèu  de  contre  elo  auras  vira  lou  pèd, 

^^  Te  ié  dardaio,  l'envejouso, 

Une  espinchado  vérin  ouso 
Que  te  li  brulo  e  te  li  nouso!... 

^*        ««Es  l'auro»»,  dires  pièi,'  ««que  me  lis  engipè!»> 

13     «Dise  pas  qu'acò  noun  ié  fague», 
Respoundè  Zèu.     «Coume  que  vague, 
^^        Poudiéu  bèn,  aquéu  jour,  barra  moun  fenestroun!> 
«Di  verinado  que  l'iue  lanço. 
Quand  dins  la  tèsto  briho  e  danse >, 
^^  Faguè  Taven,  «n'as  dounc  doutançoP...> 

E  sus  Zéu  entremen  mandavo  d'iue  feroun. 


'•  As  ta  crespino  (tu  es  née  coiffée).  Crespino,  coiffe,  membrane 
que  quelques  enfants  portent  sur  la  tête  en  venant  au  monde,  et  qui 
est  aux  yeux  du  peuple  un  indice  de  bonheur.    Cf.  Maass,  l.  c,  p.  35  ss. 

81 — 108  n  s'agit  de  la  superstition  bien  connue  de  la  malo^isto 
(œil  méchant  ou  œillade  venimeuse). 


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LA   DE8C0UC0UNAD0.  47 

14  «Oh!  pau-de-sèn  qu'emé  Tescaupre 
^3  FurDant  la  mort,  creson  de  saupre 

La  vertu  de  Tabiho  e  lou  secret  dóu  inèu! 

Quau  t'a  pas  di  que,  davans  terme, 
^  Pou  un  regard  lusènt  e  ferme, 

DÓU  femelan  torse  lou  germe, 
Di  vaco  poussarudo  agouta  li  mamèu! 

15  Is  aucelouD  yen  la  mascoto, 

ï^  Rèn  qu'à  l'aspèt  de  la  machoto; 

Au  regard  de  la  serp  degoulon  tout-d'abord 
Lis  auco,...  e  souto  l'iue  de  l'ome, 
10$  Xu,  vos  qu'un  verme  noun  s'endrome?... 

Mai,  contro  l'iue  dóu  jouvenome, 
Quand  trespiro  l'amour,  la  flamo,  o  l'estrambord, 

'^        16    Mounte  es  la  cbato  proun  savènto 
Pèr  8'apara?>     Quatre  jouvènto 
Leissèron  de  si  man  escapa  li  coucoun: 

^^  «Que  fugue  en  jun,  fugue  en  óutobre, 

Toun  aguïoun  fau  toujour  qu'obre, 
Que!»  ié  cridèron,  «vièi  coulobre!» 

"2       «Li  droleP,..  digo-ié  qu'avançon  un  brigoun!» 

17  «Noun!»  venié  la  gaio  ninèio, 
«N'en  voulèn  ges!  parai,  Mirèio?» 

i>*      «Se  descoucouno  pas»,  faguè,  «tóuti  li  jour: 
Sabe  uno  fiolo,  dins  l'estivo, 
Qu'anas  trouva  fort  agradivo. . .» 
^^®  E  Mirèio,  despachativo, 

Davalo  dins  lou  mas  escoundre  sa  roujour. 

18  «Bèn!  iéu,  mi  bono,  siéu  bèn  pauro!> 
^*>                Acoumencè  la  fièro  Lauro. 

Mai  se,  d'escouta  res,  iéu,  l'aviéu  envela, 
Quand  lou  rèi  de  Pamparigousto 


^•*  Pamparigousto,  Schlaraffia,  pays  de  Cocagne. 


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48  CA.NT   TRE8EN. 

^'^^  De  sa  man  me  farié  semousto, 

Sarié  moun  chale,  ma  coungousto, 
De  lou  vèire  sèt  an  à  mi  pèd  barbela!» 

^^        19     «léu  Doun!»  aquî  digue  Clemènço. 

«Se  quauque  rèi,  pèr  escasènço, 
De  iéu  veni'  amourous,  pou  arriba  bessaî, 
^^  Subre-toat  s'èro  jouine  e  lèri 

E  lou  pu  bèu  de  soun  empèri, 

Que,  sènso  tant  de  refoulèri, 
^^^      Me  leissèsse  pèr  eu  mena  dins  soun  palais. 

20  Mai  uno  fes  que  m'aurié  messo 
Emperairis  e  segnouresso, 

186      Emé  capo  ufanouso,  à  papàrri  d'orfré, 

Em^  autour  de  ma  teste  eaudo 

Uno  courouno  qu'esbrihaudo 
^3®  Rèn  que  de  perlo  e  d'esmeraudo, 

M'envendriéu,  iéu  la  rèino,  i  Baus,  moun  paure  endréî 

21  Di  Baus  fariéu  ma  capitale! 

^**  Sus  lou  roucas  que  iuei  rebalo, 

De  nôu  rebastiriéu  noste  vièi  castelas: 
l'apoundriéu  uno  tourrello 
^*^  Qu'emé  sa  pouncho  blanquinellò 

Ajougneguèsse  lis  estello! 
E  pièi,  quand  voudriéu  un  pauquet  de  soûlas, 

i-^ô        22    Au  tourrihoun  de  ma  tourriho, 

Sènso  courouno  ni  mantiho, 
Souleto  emé  moun  prince  amariéu  d'escala. 
^'^^  Souleto  em'  eu,  sarié,  ma  fisto! 

Cause  de  bon  e  de  requisto 

Peralin  de  perdre  sa  visto, 
^^^      Contre  lou  releisset  couide  à  couide  apiela!» 


»*o  Bau8.    Voy.  I,  67  note. 


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LA    DÊ8CÔUC0UNAD0.  40 

23  De  vèire  en  plen»,  fasié  ClemèDço, 
«Moun  gai  reiaume  de  Prouvènço 

^^'*      Coume  un  clans  d'arangié  davans  ién  s'espandi; 

E  sa  mar  bluio  estalouirado 

Souto  si  colo  e  si  terrado, 
'^^  E  li  grand  barco  abandeirado, 

Poujanto  à  plen  de  vélo  i  pèd  dóu  Castèu  d'I; 

24  E  Ventour  que  lou  tron  labouro, 
163               Ventour  que,  vénérable,  aubouro 

Subre  li  mountagnolo  amatado  sOuto  eu 

Sa  blanco  tèsto  fin-qu'is  astre, 
í^  Coume  un  grand  e  vièi  baile-pastre 

Qu'entre  li  fan  e  li  pinastre. 
Coûta  'raé  soun  bastoun,  countèmplo  soun  vaciéu; 

i«9       25    E  lou  Rose,  ounte  tant  de  vilo 
Pèr  béure  vènon  à  la  filo 
En  risènt  e  cantant  s'amourra  tout-de-long, 
^■^*  Lou  Rose,  tant  fier  dins  si  ribo, 

E  qu'Avignoun  tant-lèu  arribo, 
Counsènt  pamens  à  faire  gibo 
Pèr  veni  saluda  Nosto-Damo  de  Dom  ; 


175 


'**  Ckistèu  d'I,  le  Château  d'If,  illustré  par  Al.  Dumas  dans 
Monte 'Christo^  donjon  construit  en  1529  et  qui  a  servi  de  prison 
d'État.  Ses  cachots  ont  abrité  entre  autres  le  mystérieux  Masque  de 
fer,  Mirabeau  et  Philippe  Égalité.  Il  se  trouve  sur  la  petite  île  d'If 
devant  le  port  de  Marseille. 

^•*  Lou  Ventour  (Le  Ventour  ou  Ventoux),  haute  montagne  à 
48  kilomètres  au  nord-est  d'Avignon,  s'élevant  tout-à-coup  à  1911  m. 
au-dessus  du  niveau  de  la  mer,  isolée^  escarpée,  visible  de  40  lieues, 
couronnée  de  neige  durant  six  mois  de  l'année.  Un  de  ses  appendices 
porte  le  nom  de  Ventouret^  et  un  certain  vent  du  nord  la  Vetitoureso 
(voy.  V,  2),  parce  qu'il  vient  de  ce  côté.  Le  mont  Ventour  est  le  théâtre 
de  l'épopée  de  M.  F.  Gras:  Li  Carbounié^  Avignon  1876. 

"*  NostO'Damo  de  Dom  (Notre-Dame  de  Dom),  cathédrale 
d'Avignon,  église  romane,  du  15«  siècle,  située  sur  le  Rocher  de  Dom 
{de  Domo\  promontoire  qui  domine  Avignon  et  au  pied  duquel  roulent 
les  flots  d'un  bras  du  Rhône. 

4 


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50  CANT   TRE8EN. 

26  E  la  Durènço,  aquelo  cabro, 
Alandrido,  feroujo,  alabro, 

^''^      Que  rousigo  en  passant  e  cade  e  rebaudin, 
Aquelo  chato  boulegueto 
Que  vèn  dóu  pous  'mé  sa  dourgueto 

^sí  E  que  degaio  soun  eigueto 

En  jougant  'mé  li  chat  que  trovo  pèr  camin.» 

27  Tout  en  disent  eiçò,  Clemènço, 
'^               La  gènto  rèino  de  Prouvènço, 

Quitè  sa  cadiereto,  e  dins  lou  canestèu 

Anè  Yuja  sa  faudadouno. 
^®*^  Azalaïs,  bruno  cbatouno, 

Emé  Vióulano,  sa  bessouno, 
(Que  si  gènt  d^Estoubloun  menavon  lou  castèu), 

'^^       28    Azalaïs,  bruno  chatouno, 

Emé  Vióulano,  sa  bessouno, 
Au  Mas  di  Palabrego  ensèn  venien  souvent. 

^*^  L'Amour,  aquéu  terrible  glàri 

Qu'is  amo  tèndro  e  nouvelàri 
Se  plais  qu'à  faire  de  countràri^ 

196      Tavié  donna  d'ardour  pèr  lou  même  jouvènt. 

29     Azalaïs  levé  la  tèsto: 

«Fiheto,  perqué  sian  en  fèsto, 
^^^      Meten>,  dis,  «qu'à  moun  tour  fugue  la  rèino,  iéu! 
E  que  Marsiho  emé  si  vélo, 
E  la  Cióutat,  que  ris  em'  elo, 


*•*  Estouhloun  (Estoublon),  château  près  de  Font-Vieille  (voy.  I, 
163  note),  dans  les  Bouches  du  Rhône. 

**  La  Ciùutat  (La  Ciotat),  ville  prospère  de  13 (XX)  hab.  sur  le 
golfe  des  Lèques  (Méditerranée)  qui  a  remplacé  l'ancienne  colonie  mas- 
saliote  de  Citharista.  Son  port  se  livre  surtout  à  la  pêche  et  en  parti- 
culier à  la  pêche  du  corail. 


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LA   DBSCOUCOUNADO.  51 

^^  Emé  Seloun  e  sis  amelo, 

Bèu-Caire  emé  soun  Prat,  tout  acò  fugue  miéu!> 

30     «  «Damiseleto  e  bastidano, 
^^  D'Arle,  di  Baus,  de  Barbentano,»» 

Diriéu,  ««à  moun  palais  landas  coume  d'aucèu! 
Vole  chausi  li  sèt  pu  belle, 
2^  E  pesaran  dins  rarchimbello 

L'amour  que  troumpo  o  que  barbèlo . . . 
Gaiamen,  tóuti  sèt,  yenès  teni  counsèu! 

21^        31     N'  i'a  pas  pèr  èstre  maucourado, 

Se  i'a  'n  parèu  que  bèn  s'agrado, 
Que,  la  mita  dóu  tèms,  doud  posque  s'aparia? 
^i**  Mai  iéu,  Azalaïs  la  rèino, 

Dins  moun  empèri,  malapèino! 

De  quauco  injuste  e  laido  gèino 
^}'^      Se  jamai  un  parèu  se  vèi  countraria, 

*^  Seloun  (Salon),  petite  ville  prospère  d'env.  11000  hab.,  située 
dans  la  Crau,  patrie  d'Ad.  de  Craponne,  Tingénieur  qui  commença  les 
canaux  d'irrigation  de  la  Crau,  et  de  Crousillat^  poète  de  Provence 
(v.  VI,  961  note).  Salon  a  encore  des  restes  de  remparts  et  un  château, 
du  14«  siècle,  actuellement  converti  en  caserne. 

*>•  Bèu'Caire  (Beaucaire),  théâtre  de  la  chantefable  û'Aucassin 
et  Nicolette,  ville  rivale  de  Tarascon  sur  le  Rhône,  popularisé  par 
A.  Daudet  dans  ses  Tm-tarinades,  doit  son  nom  (bellum  quadrum)  au 
château  dont  les  restes  la  dominent,  surtout  une  grosse  tour  qu'on  voit 
déjà  du  fameux  pont  suspendu  qui  de  Tarascon  conduit  à  Beaucaire. 
La  célèbre  foire  de  Beaucaire,  dans  la  seconde  quinzaine  de  juillet, 
peinte  par  Mistral  dans  le  lO  chant  de  son  Poème  du  Rhône  (Paris 
1897),  a  perdu  beaucoup  de  son  ancienne  importance.  Près  de  la  ville 
qui,  dans  ses  ruelles  étroites,  a  gardé  un  caractère  tout  médiéval,  et 
qui  compte  aujourd'hui  à  peu  près  9000  habitants,  commence  le  canal 
de  Beaucaire,  long  de  plus  de  50  kil.,  qui  relie  le  Rhône  à  la  Méditer- 
ranée près  d'Aigues-Mortes  (v.  IV,  336).  —  Lou  Prat  (le  Pré)  de  Beau- 
caire est  le  terrain  où  se  tient  la  foire. 

^^  Bastidano^  habitante  d'une  hastido.    Cf.  I,  1  note. 

*^  Barbentano  (Barbentane) ,  bourg  d'env.  3000  hab.  dans  le 
voisinage  d'Avignon,  situé  sur  un  rocher,  avec  une  belle  tour  du 
16«  siècle. 

4* 


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52  GANT   TRE8EN. 

32  Au  tribunau  di  sèt  chatouno 
Trouvara  lèi  que  ié  perdouDo! 

*^      Pèr  jouièu  0  pèr  or,  de  sa  raubo  d'ounour 
Quau  fara  pache;  à  sa  mestresso 
Quau  fara  'scorno  vo  treitesso, 

*28  Au  tribunau  di  sèt  beilesso 

Trouvaran  lèi  terrible  e  venjanço  d'amour! 

33  E  quand  pèr  une  se  rescontro 
*^  Dous  calignaire;  vo,  pèr  contre 

Quand  se  vèi  dos  chatouno  amourouso  que  d'un, 
Yole  que  lou  counsèu  désigne 
^^  Quau  miés  ame,  quau  miés  caligne, 

E  d'èstre  ama  quau  es  pu  digne. 
Enfin,  e  pèr  coumpagno  au  bèu  damiselun, 

*^2        34     Sèt  felibre  vole  que  vèngon; 

E,  'mé  de  mot  que  s'endevèngon 
E  mounte  enaussaran  lou  noble  roudelet, 

^^  Vole  qu'escrigon  sus  de  rusco 

0  sus  de  fueio  de  lambrusco 
Li  lèi  d'amour;  e  tau  di  brusco 

*^      Lou  bon  mèu  coulo,  tau  van  coula  si  coublet.»» 

35     Antan,  di  pin  souto  lou  tèume, 
Ansin  Faneto  de  Gantèume 


"•  Sèt  felibre.  Voy.  Introd.  p.  xi  et  xx.  Le  mot  felibre  a  ici  le 
sens  pins  général  de  poète.  Le  nombre  sept,  à  cause  du  nombre  des 
Sept  de  Font-Ségugne,  est  resté  sacré  pour  tout  le  Félibrige. 

**®  Faneto  de  Gantèume,  Estéfanette  ou  par  abréviation  Fanette, 
de  la  noble  famille  des  CYantelme,  présidait,  selon  nue  tradition,  vers 
1340,  la  Cour  d'Amour  du  château  de  Romanin,  près  de  Saint- Remy 
de  Provence  (voy.  242  note),  ensemble  avec  sa  nièce,  la  célèbre  Ltaure 
de  Pétrarque.  Notre  auteur  Ta  ressuscitée  pour  un  moment  dans  sa 
vision:  Roumanin  (Isclo  d'or,  Paris  1889,  p.  274  ss.).  On  sait  que  ces 
Cours  d^amour.  assises  poétiques  où  les  dames  les  plus  nobles,  les  plus 
belles,  les  plus  savantes  en  gai-saber,   auraient  jugé  des  questions  de 


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LA   DB8C0UC0UNAD0.  53 

^*^      Dévié  parla  segur,  quand  soud  front  estela 
De  Boumanin  e  dis  Aupiho 
Enluminavo  li  mountího; 

galanterie  et  des  litiges  d'amonr.  n'ont  probablement  jamais  existé  que 
dans  des  fictions  poétiques.  Le  point  de  départ  de  ces  fictions  se  trouve 
dans  les  tenzos  ou  disputes  poétiques  des  troubadours  qui  en  appelaient, 
du  moins  pour  la  forme,  au  jugement  de  nobles  dames  particulièrement 
célèbres  par  leur  esprit  et  leur  beauté.  C'était  une  manière  de  leur 
rendre  hommage  ;  mais  on  n'a  aucune  preuve  authentique  que  ces  juge- 
ments aient  été  réellement  prononcés,  surtout  de  la  manière  solennelle  et 
quasi  officielle  que  le  fait  supposer  la  tradition  moderne,  presqu'unique- 
ment  basée  sur  une  invention  spirituelle  du  compatriote  de  notre  poète, 
J.  de  Nostradame ,  auteur  d'un  livre  très  fantaisiste  :  Les  vies  des  plus 
célèbres  et  anciens  poètes  provençaux.  Lyon  1675.  Voy.  Rajna,  Le  Corti 
d*Amore,  Milan  1890,  et  Crescini,  Per  la  questione  délie  corti  d'amore, 
Padoue  1891  ;  et  cf.  G.  Paris,  Romania,  XX  (1891),  635.  On  comprend 
que  Mistral  se  soit  emparé  avec  plaisir  de  cette  tradition  qui,  de  nos 
jours,  dans  les  Cours  d'amour  des  félibres,  a  reçu  une  réalisation  in- 
contestable, mais  différente  de  ce  qu'on  racontait  des  Cours  d'amour 
du  moyen-âge. 

***  Roumanin  (Bomanin;  voy.  la  note  précédente),  ch&teau  autre- 
fois célèbre,  sur  le  revers  des  Alpilles,  à  une  heure  environ  de  Saint- 
Remy.  De  cette  construction  jadis  fort  belle,  il  ne  reste  plus  que 
quelques  ruines.  «Après  avoir  suivi,  entre  des  yeuses  rabougris,  mal 
venus  et  dair-semés,  le  chemin  qui  arrive  au  pied  de  la  montagne,  vous 
prenez  un  sentier  abrupt,  escarpé,  pierreux,  bordé  d'asperges  sauvages, 
de  touffes  de  chèvre-feuilles,  de  ronces,  de  thyms,  de  serpolets,  de  la- 
vandes-spic,  de  buis-nains,  d'ajoncs  épineux,  etc...  qui  vous  conduit  à 
travers  des  tertres  stériles  et  rougeàtres  là-haut  devant  les  ruines.  Des 
murailles  démolies,  un  reste  de  donjon,  assez  bien  conservé,  et  percé 
d'étroites  fenêtres,  c'est  à  peu  près  tout  ce  qui  reste  de  l'extérieur. 
Entrons  :  Une  large  brèche  faite  dans  le  mur  laisse  pénétrer  le  touriste 
dans  la  première  salle:  là  souffle  et  gémit  le  vent  du  Nord,  visiteur 
assidu  des  tours  élevées.  Une  autre  salle  voûtée,  un  four  en  briques  à 
peu  près  démoli,  une  citerne  en  assez  bon  état  de  conservation,  quatre 

ou  cinq  marches  d'escalier  en  pierre  dure Voilà  tout  ce  qui  reste 

actuellement  de  cet  ancien  rendez-vous  des  troubadours.»  M.  Girard, 
Lis  Aupiho  (Avignon  1878),  p.  200.  —  Aupiho^  Alpilles,  petite  chaîne  de 
montagnes  au  nord -est  d'Arles,  entre  le  Rhône  et  la  Durance,  où  sont 
des  carrières  de  pierre  déjà  exploitées  par  les  Romains  pour  les  édifices 
d'Arles. 


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54  CAKT   TRE8EN. 

2^*  Ansin  la  Coumtesso  de  Dio, 

Quand  tenié  court  d'amour,  segur  dévié  parla. 

36     Mai,  à  sa  man  tenènt  un  fiasco, 
2^^  Bello  coume  lou  jour  de  Pasco, 

Dius  la  chambro  di  femo,  en  aquéu  tèms  d'aqui, 
Mirèio  èro  tourna  vengudo: 
250  «An!  se  fasian  uno  begudo! 

Acò  'sgaiejo  la  batudo», 
Faguè;  «femo,  aparas,  avans  de  persegui!» 

2W       37     E  dóu  flasquet  bèn  garni  d'aufo, 

La  liquoureto  que  rescaufo, 
Dins  la  tasso,  à-de-rèng,  raie  coume  un  fiéu  d'or. 
256  «léu  l'ai  facho,  aquelo  menèstro. 

Digue  Mirèio;  «s'amajèstro 

Quarante  jour  sus  la  fenèstro, 
259      pèr  fin  que  lou  soulèu  n'adoucigue  lou  fort. 

38     l'a  de  très  erbo  de  mountagno; 
E  lou  sumoustat  que  li  bagno 
2^2      N'en  gardo  uno  sentour  qu'embaimo  l'estouma.» 
«Mai,  que!  Mirèio»,  veici  qu'une 
Vèn  à-n-aquesto,  <ve,  chascuno, 
2^^  Se  quauque  jour  èro  en  fourtuno, 

Nous  a  di  ço  que,  rèino,  aurié  lou  mai  ama; 


*"  La  Coumtesso  de  Dio,  la  Comtesse  de  Die,  célèbre  trouveresse 
du  douzième  siècle  (1139—85),  dont  il  nous  reste  quatre  chansons  conte- 
nant des  élans  plus  passionnés  et  plus  voluptueux  que  ne  les  offrent 
généralement  les  poésies  des  troubadours.  En  1888,  les  félibres  ont 
dressé  son  buste,  œuvre  de  M™»  C-lovis  Hugues,  à  Die,  actuellement 
chef-lieu  d'arr.  de  la  Drôme  (env.  4000  hab.).  Cf.  0.  Schultz,  Die  pro- 
venzalischen  Dichterinnen,  Leipzig  1888,  et  Sernin  Santy,  La  Comtesse  de 
Die,  Paris  1893. 

•**/•*  Il  s'agit  de  la  liqtwur  de  fenèstro,  ainsi  nommée  parce  qu'on 
l'expose  au  soleil  pendant  40  jours  sur  la  fenêtre  du  logis.  C'est  de 
l'eau -de -vie  dans  laquelle  on  fait  macérer  des  plantes  aromatiques, 
telles  que  sauge,  verveine,  lavande,  etc. 


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LA    DEtiGOUCOUNADO.  55 

39     Tu  peréu,  digo  lèu,  Mirèio, 
268  Digo-nou8  tambèn  toun  idèio!» 

«Que  voulès  que  vous  digue?  .  .   Urouso  eraé  mi  gènt, 
A  noste  mas  de  Crau  countènto, 
^^  Ta  pas  rèn  autre  que  me  tènto.» 

«Ah!»  faguè  'lor  uno  jouvènto, 
«Vevai,  ço  que  t'agrado  es  ni  d'or  ni  d'argent! 

^^        40    Mai,  un  matin,  iéu  m'ensouvène  . . . 

(Perdouno-me,  se  noun  lou  tène, 
Mirèio!),  èro  un  dimars;  veniéu  de  buscaia; 
2"  Coume  anave  èstre  à  la  Crous-Blanco, 

Emé  moun  fais  de  bos  sus  l'anco, 

T'entre-veguère,  dîns  li  branco, 
2^      Que  parlaves  em'un,  proun  oscarrabiba! . . .» 

41  «Quau?  quau?»  cridèron.  «De  moun  te  èroP» 
«Emé  lis  aubre  de  la  terre», 

^^      Nourado  respoundè,  «destriave  pas  bèn; 

Mai,  se  noun  troumpo  lou  parèisse, 

Me  semblé  bén  de  recounéisse 
*®*  Aquéu  que  li  panié  saup  téisse, 

Aquéu  Valabregan  que  ié  dison  Vincèn.» 

42  «Oh!  la  capouno,  la  capouno!» 
^^                Esclafiguéron  li  chatouno. 

«Avié'nvejo,  parèis,  d'un  poulit  gourbelin, 
E  i'a  fa  'neréire  au  panieraire 
*^  Que  lou  voulié  pèr  calignaire! 

Oh!  la  pu  belle  dóu  terraire 
Qu'a  chausi  pér  galant  Vincén  lou  rampelin!» 

2«5        43     E  la  galejavon.    Tout-d'uno, 
E  sus  la  caro  de  caduno 


*"  Crous-Blanco  (Croix  Blanche),  nom  que  portent  certaines  croix 
sculptées  en  pierre  blanche  et  qui  sont  plantées  à  certains  carrefours 
de  route.  A  Maillane,  il  y  a  une  croix  de  ce  nom,  sur  la  route  de 
Tarascon.  C'est  à  elle  que  notre  poète  aura  pensé,  en  écrivant  ce  vers. 


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56  CANT   TRBSBK. 

Permenant  tout  autour  un  regard  de  galis: 

^®  «Malavalisco  à  vàutri,  pèco!» 

Faguè  Taven.    «Que  la  Roumèco 
Vous  rendeguèsse  tóuti  mèco! 

^^      Passarié  lou  bon  Dieu  dins  soun  camin  d^Alis, 

44  Que  se  n^en  trufarien,  esturto! 
D'aquéu  Vincèn,  à  toute  zurto, 

30^      Es  bèu,  parai?  de  rire!...  E  sabès  ço  que  tèn, 
Paure  que  paure?...  Ausès  Touracle: 
Même  davans  soun  tabernacle, 

^*^  Dieu,  uno  fes,  monstre  miracle! 

Vous  lou  pode  afourti,  s'es  passa  de  moun  tèms. 

45  Ero  un  pastre:  toute  sa  vido, 
^*^               L'avié  passade  assóuvagido, 

Dins  Taspre  Leberoun,  en  gardant  soun  avé. 


***  La  Roumèco  (La  Roamèque),  monstre  imaginaire  dont  on  fait 
peur  anx  enfants.  Le  marquis  de  Lafare-Alais  (1791—1816),  dans  sa 
poésie  La  Roumèquo  {Castaffnados^  p.  203),  la  comparant  à  d'autres 
monstres  du  même  genre,  dit: 

Mais  la  pus  orro  de  la  colo, 
La  pu  michauto  et  la  pu  folo, 
La  pu  cousino  de  Fanfer, 
La  sur  de  Nemesis  la  grèquo, 
FooU'ti  la  nouma?  ...  La  Roumèquo. 

(Mais  la  plus  horrible  de  la  bande,  la  plus  méchante  et  la  plus 
folle,  la  plus  parente  de  TEnfer,  la  sœur  de  Némésis  la  grecque,  faut-il 
la  nommer?  —  La  Roumèque.) 

et  il  continue:         Sus  vint  arpo  d'aragno 

S'escasso  soun  cors  brun  .  . . 
Soun  ventre  que  regagno, 
De  fèbre  e  de  magagno 
Suso  Forrè  frescun. 

(Sur  vingt  pattes  d'araignée  est  porté  son  corps  brun  ;  son  ventre 
proéminent  sue  l'horrible  odeur  de  fièvres  et  de  maladies.) 

•"  Leberoun  (Lébéron),  chaîne  de  montagnes  peu  élevées  du  dé- 
partement de  Vaucluse. 


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LA   DE8C0UC0UNÂD0.  57 

Enfin,  de-vers  lou  cementèri 
^*3  Sentent  plega  soun  cors  de  fèrri, 

A  l'ermitan  de  Sant  Ouquèri 
Vouguè  se  counfessa,  coume  èro  soun  devé. 

^**        46     Soûl,  esmarra  dins  la  Vau-Masco, 

Desempièi  si  proumiéri  pasco, 
Dins  glèiso  ni  capello  ayié  plus  mes  11  pèd; 
^^*  l'avié  passa  de  la  memòri 

Même  sis  ouro  ! . . .  De  sa  hòví 

Eu  mountè  donne  à  Termitori, 
^*      E  davans  Termitan  jusqu'au  sou  se  courbé. 

47  ««De  que  vous  acusas,  moun  fraireP>* 
Digue  lou  capelan.   ««Pecaire!»» 

32»      Respoundeguè  lou  vièi,  ««iéu  m'acuse  qu'un  cop, 

Dins  moun  troupèu,  un  galapastre 

(Qu'es  un  aucèu  ami  di  pastre) 
328  Voulastrejavo  . . .  Pèr  malastre 

Tuère  em'un  caiau  lou  paure  guigno-co!»» 

48  ««Se  noun  lou  fai  à  bel  esprèssi, 
331               Aquel  orne  dèu  èstre  nèsci!»» 

Pensé  l'ermito  ...  E  Iéu  roumpént  la  counfessioun  : 
««Anas  penja  su  'quelo  barro»», 
33^  lé  fai  en  estudiant  sa  caro, 

««Voste  mantéu,  que  iéu  vau  aro, 
Moun  fraire,  vous  donna  la  santo  assoulucioun.»» 

337    49     Aquelo  barro  que  lou  préire, 

Pér  lou  prouva,  ié  fasié  véire, 
Èro  un  rai  de  souléu  que  toumbavo  eu  galis 
3^0  Dins  la  capello.  De  sa  jargo 

Lou  bon  viéî  pastre  se  descargo, 

•**  L'ermitage  de  S.  Ouquèri  (Saint  Eucher)  se  trouvait  dans  les 
montagnes  du  Lébéron  (voy.  311  note). 

•••  Va%i-Ma8co  (Valmasque),  vallée  du  Lébéron,  habitée  jadis  par 
les  Vaudois. 


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58  CANT   TRBSEN. 

E,  creserèu,  en  l'èr  la  largo  .  .  . 
^^      E  la  jargo  tenguè,  pendoulado  au  rai  lise! 

50  ««Orne  de  Diéu!>»  cridè  l'ermito  .... 
E  tout-d'un-tèms  se  précipite 

'*•      I  geÌDOUD  dóu  sant  pastre,  en  plourant  soun  sadou: 
««léu,  se  pòu-ti  que  vous  assòugueP 
Ah!  de  mis  iue  que  Taigo  plòugue, 
^**  E  sus  iéu  vosto  man  se  mòugue, 

Que  vous  sias  un  santas,  e  iéu  un  pecadou!»> 

51  E  Taven  finiguè  soun  dire. 
^^2  I  chato  avié  coupa  lou  rire. 

«Acò  mostro»,  Laureto  alor  ajusté  'nsin, 
«Acô  mostro,  e  noun  lou  countésti, 
8^^  Que  noun  fau  se  trufa  dóu  viéstí 

E  que  de  tout  peu  bono  bèsti  .... 
Mai,  chato,  revonen.   Coume  un  gran  de  rasin, 

358        52    Nosto  jouineto  majouralo, 

Ai  vist  que  venié  vermeialo, 
Tant  Iéu  que  de  Vincén  lou  dous  noum  s' es  ausi;  .  .  . 
3*^  l'a  mai  que  mai  !  .  .  .  Vejan  !  poulido, 

Quant  duré  de  téms  la  culido? 

En  estent  dous,  l'ouro  s'óublido, 
3«^      Es  que,  'mé  'n  calignaire,  avés  toujour  lesi!...» 

•*«  La  légende  du  Sant  Pastre  (saint  pâtre)  a  été  racontée  bien 
des  fois  à  M.  Mistral  pendant  son  enfance.  Elle  est  particnliére  à 
son  pays.  L'épisode  d'nn  manteau  (ou  d'un  chapeau)  accroché  à  un 
rayon  de  soleil  se  retrouve  dans  les  légendes  d'autres  saints. 

•**/*  Acò  mostro  .  .  . 

Que  noun  fau  se  trufa  âóu  vièsti 
E  que  de  tout  peu  bono  besti 

(Cela  montre  . .  .  qu'il  ne  faut  point  se  moquer  de  l'habit  et  qu'il 
y  a  bonne  bête  de  tout  poil), 

dictons  populaires.  Cf.  le  prov.  vieux  français:  On  ne  cognoist  pas  les 
gens  aux  robbes^  ne  les  chiens  aux  poilz,  et  le  proverbe  provençal:  Fau 
pas  juja  li  gmt  per  la  mino ,  répété ,  avec  une  variante  insignifiante 
dans  notre  poème,  VII,  225. 


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LÀ   DE8C0UC0UNAD0.  59 

53  «Travaias,  descoucounarello  ! 

W  Ta  panca  prouD,  galejarello?» 
^*'      Mirèio  respoundè;  «farias  daDa  li  sant! 

Oh!>  dis,  «mai  vès!  pèr  vous  counfoundre 

Pulèu  que  de  me  vèire  apoundre 
^^  A-n-uD  marît,  me  vole  escoundre 

En  un  couvent  de  mourgo,  à  la  flour  de  mis  an.» 

54  «Tan-deran-lan  !  tan-deran-lèron!> 
37*               Tóuti  li  chato  ensèn  cantèron. 

Anen!  eiçò  sara  la  belle  Magali, 

Magali,  que,  dóu  grand  esglàsi 
'"^^  Qu'avié  pèr  l'amourous  estàsi. 

En  Arle  au  couvent  de  Sant-Blàsi, 
Toute  vivo,  amè  mai  courre  s'enseveli. 

37*       55    Noro,  an!  dau!  tu  que  tant  bèn  cantes. 
Tu  que,  quand  vos,  Tausido  espantes, 
Canto-ié  Magali,  Magali  qu'à  l'amour 

3^  Escapavo  pèr  milo  escampo, 

Magali  que  se  fasié  pampo, 
Aucèu  que  volo,  rai  que  lampo, 

385      E  que  toumbè  pamens,  amoureuse  à  soun  tour.» 

56     «0  Magali,  ma  tant  amado!  ...» 
Coumencè  Noro;  e  l'oustalado 
3^      A  l'obro  redoublé  de  gaieta  de  cor; 
E  coume,  quand  d'une  cigale 
Brusis  la  cansoun  estivale, 
3*1  En  Cor  tóuti  reprenon,  talo 

Li  chatouno  au  refrin  partien  tóutis  en  Cor. 


•"  Lou  couvent  de  Sant-Blàsi  (Le  couvent  de  Saint-Biaise),  couvent 
de  femmes  qui  existait  autrefois  à  Arles. 


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60  CANT   TRE8EN. 


MAGALI 

I     «0  Magali,  ma  tant  amado, 
39*  Mete  la  tèsto  au  fenestroun! 

Escouto  un  pau  aquesto  aubado 
De  tambourin  e  de  vióuloun. 

3^  Es  plen  d'estello,  aperamount! 

L'auro  es  toumbado, 
39®  Mai  lis  estello  paliran, 

Quand  te  veiran!» 

II     «Pas  mai  que  d6u  murmur  di  broundo 
*^  De  toun  aubado  iéu  fau  cas! 

Mai  iéu  m'envau  dins  la  mar  bloundo 
Me  faire  anguielo  de  roucas.» 

*05  «0  Magali!  se  tu  te  fas 

Lou  pèis  de  Toundo, 
Iéu,  lou  pescaire  me  farai, 
*^  Te  pescarai!» 


*'*  La  chanson  de  Magali,  aujourd'hui  si  populaire  en  Provence, 
est  une  variante  des  chansons  populaires  à  transformations  dont  M. 
Maass,  /.  c,  p.  61  ss.,  mentionne  un  certain  nombre.  D'après  les  com- 
munications faites  par  M.  F.  Vidal,  Revue  Féltbréenne  1885,  p.  202  ss., 
M.  Mistral  a  mis  à  profit  une  chansonette  très  répandue  du  temps  de 

sa  jeunesse: 

Margarido,  ma  mio, 
Margarido,  mis  amour, 
Eiço  soun  lis  aubado 
Que  se  tocon  pèr  vous 

(Marguerite,  m'amie,  Marguerite,  mon  amour,  voici  les  aubades 
qui  se  donnent  pour  vous) 

et  a  emprunté  l'air,  que  nous  donnons  à  la  fin  du  volume,  à  un  nommé 
J.  Roussière,  palefrenier,  qui  le  chantait  sur  un  autre  texte.  —  V.  383 
mentionne  une  transformation  en  patnpo  (pampre)  dont  le  texte  de  M. 
Mistral  ne  porte  rien.  —  Sur  la  versification,  voy.  Introd.  p.  xxxix. 


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LA    DBBCOUCOUNADO.  61 

II     «Oh!  mai,  se  tu  te  fas  pescaire, 
Ti  vertoulet  quand  jitaras, 
^^^  léu  me  farai  l'aucèu  voulaire, 

M'enyoularai  dins  li  campas.» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
*'*  L'aucèu  de  Taire, 

léu  lou  cassaire  me  farai, 
Te  cassarai.» 

417         IV     «I  perdigau,  i  bouscarido, 

Se  yènes,  tu,  cala  ti  las, 

léu  me  farai  l'erbo  flourido 
^^^  E  m'escoundrai  dins  li  pradas.» 

«O  Magali,  se  tu  te  fas 
La  margarido, 
^^  léu  Taigo  lindo  me  farai, 

T'arrousarai.» 

V     «Se  tu  te  fas  Teigueto  lindo, 
^^*  léu  me  farai  lou  nivoulas, 

E  lèu  m'enanarai  ansindo 
A  TAmerico,  perabas!» 

*w  «0  Magali,  se  tu  t'en  vas 

Alin  is  Indo, 
L'auro  de  mar  léu  me  farai, 
*^  Te  pourtarai!» 

Vi     «Se  tu  te  fas  la  marinado, 

léu  fugirai  d'un  autre  las: 

^^'^  léu  me  farai  l'escandihado 

DÓU  grand  soulèu  que  found  lou  glas!» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
^®  La  souleiado, 

Lou  verd  limbert  iéu  me  farai, 
E  te  béurai!* 


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62  CANT  TRE8KN. 

^^^       VU     «Se  tu  te  rendes  l'alabreno 

Que  se  rescound  dins  lou  bartas, 
léu  me  rendrai  la  luno  pleno 

^**  Que  dins  la  niue  fai  lunie  i  masc!» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
Luno  sereno, 
^^■^  léu  bello  nèblo  me  farai, 

T'acatarai.> 

VIII     «Mai  se  la  nèblo  m^enman telle, 
^^  Tu,  pèr  acò,  noun  me  tendras; 

léu,  bello  rose  vierginello, 
M'espandirai  dins  respinas!> 

*"^  «0  Magali,  se  tu  te  fas 

La  rose  bello, 
Lou  parpaioun  iéu  me  farai, 
^^  Te  beisarai.» 

IX     «Vai,  calignaire,  courre,  courre! 
Janiai,  jamai  m^agantaras. 
^^*  léu,  de  la  rusco  d'un  grand  roure 

Me  vestirai  dins  lou  bouscas.» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
^^2  L'aubre  di  mourre, 

léu  lou  clôt  d'èurre  me  farai, 
T'embrassarai!» 

^^''         X     «Se  me  vos  prene  à  la  brasseto, 

Rèn  qu'un  vièi  chaine  arraparas  .  .  . 
Iéu  me  farai  blanco  moungeto 

4^8  Pou  mounastié  dou  grand  Sant  Blas!> 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
Mounjo  blanqueto, 
^"*  Iéu,  capelan,  counfessarai, 

E  t'ausirai! 


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LA    DE8C0UC0CNAD0.  63 

57     Aqui  li  femo  ressautèron; 
^"^^  Li  rous  coucoun  di  man  toumbèron. .. 

E  cridavon  à  Noro:  «Oh!  digo,  digo  pièi 
Ço  que  faguè,  'n  estent  mouDgeto, 
^'^'^  Magali,  que  déjà,  paureto! 

S'es  facho  roure  emai  floureto, 
Luno,  soulèu  e  nivo,  erbo,  auceloun  e  pèis.» 

^^       58     «De  la  cansoun»,  reprenguè  Noro, 

Vous  vau  canta  ço  que  deraoro. 
«N'erian,  se  m'eusouvèn,  au  rode  ounte  elo  dis 
^*®'  Que  dins  li  clastro  vai  se  traire, 

E  que  respond  Tardent  cassaire 

Que  i'  intrara  pèr  counfessaire. . . 
^^^      Mai  d'elo  tourna-mai  ausès  l'entravadis:» 


XI     «Se  dóu  couvent  passes  li  porto, 
Tóuti  li  mounjo  trouvaras 
^^  Qu'à  moun  entour  saran  pèr  orto. 

Car  en  susàri  me  voiras!» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
^^  La  pauro  morto, 

Adounc  la  terro  me  farai, 
Aqui  t'aurai:» 

^^  XII  «Aro  coumence  enfin  de  crèire 
Que  noun  me  parles  en  risènt. 
Vaqui  moun  aneloun  de  vèire 

*^  Pèr  souvenènço,  o  bèu  jouvènt!» 

«0  Magali,  me  fas  de  bènl... 
Mai,  tre  te  vèii'e, 
^*  Ve  lis  estello,  o  Magali, 

Coume  an  palil* 


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64  CAKT  TRBSEH.   LA  DE8COUCOUKAD0. 

59    Noro  se  taiso;  res  mutavo. 
*^  Talamen  bèn  Noro  cantavo, 

Que  lis  autre,  enteriu,  d'un  clinamen  de  front 
L^acoumpagnaYOD,  amistouso: 
^^  Coume  li  mato  de  moutouso 

Que,  penjouleto  e  voulountouso, 
Se  laisson  ana  ^nsèmble  au  oourrènt  d'uno  font. 

^^^*       60     «Oh!  lou  bèu  tèms  que  fai  deforo!» 
En  acabant  ajusté  Noro... 
«Mai  déjà  li  segaire,  à  Taigo  dóu  pesquié, 

^^^  De'si^daioun  lavon  la  goumo. .. 

Cuei-nous,  Mirèio,  quàuqui  poumo 
Di  sant-janenco,  e  'mé  'no  toumo 

•'^1^      Nautre  anaren  gousta  sout  li  falabreguié.» 


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CANT  QUATREN 

LI  DEMANDAIRE 

Loa  tòmt  di  Tióideto.  —  Li  pesoadon  dóu  Martegue.  —  Très  oftllgoalre  vènon  demanda 
Mlrèlo  :  Àlàri  lou  paître  ;  Yeran  loa  gardian  ;  Oorrlaa  loa  toueadou.  —  Alàri,  si  eapitan 
d^avé.  —  La  tonndetoun.  —  Visio  d'un  escabot  qae  davalo  dis  Aup,  anant  en  irer- 
nage.  —  Entre-visto  d'Alàrl  emé  Mlrèlo.  —  Lis  Aniloo  de  Sant-Roamiá.  ~-  Lléorèlo 
dóo  pastre.  Ion  ooaoourelet  de  bonis  esorineela.  —  Alàri  es  ohabl.  —  Lou  gardian 
Yeran.  —  Li  eaTalo  blanco  de  Camargo.  —  Yeran  demande  Mlrèlo  à  Mèste  Ramoun. 
Lou  Tièl  Ion  reçaup  en  grand  joio,  Mlrèlo  lou  refuse.  —  Onrrias,  lou  donmtalre  de 
tan.  —  Li  bran  nègre  souvage.  —  La  Ferrado.  —  Ourrlas  e  Mirèio  à  la  font.  —  Lou 
toueadou  es  ehabl. 

1  Vèngué  lou  tèras  que  li  vióuleto, 
Dîns  li  pradello  frescouleto, 

^       Espelisson  à  flo,  roanco  pas  de  parèu 

Pèr  ana  li  cueie  à  l'oumbrino! 

Vèngue  lou  tèms  que  la  marino 
^  Abauco  sa  fièro  peitrino 

E  respiro  plan-plan  de  tóuti  si  mamèu, 

2  Manco  pas  bèto  e  sisselando 

^  Que  dóu  Martegue,  à  bèlH  bando, 

S'envan  de  si  paiolo  embourgina  lou  pèis, 
S'envan,  sus  l'alo  de  si  remo, 
*-  Escampiha  sus  la  mar  semo. 

Vèngue  lou  tèms  qu'entre  li  femo, 
L'eissame  di  cbatouno  e  flouris  e  parèis, 


•  Sisselando^  grande  barque  non  pontée,  usitée  sur  le  Rhône. 
®  MaHeguc,  voy.  I,  29()  note. 

5 


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66  CANT   QUATREN. 

^^  3     Que  pastourelle  vo  coumtesso 

Prenon  renoum  de  poulidesso, 
Manco  pas  calignaire,  en  Crau  e  i  castelas; 

^8  E  rèn  qu'au  Mas  di  Falabrego 

N'en  venguè  très:  un  gardian  d'ego, 
Un  peissejaire  de  junego, 

21       Em'  un  pastre  d'avé,  tóuti  très  bèu  droulas. 

4  Venguè  proumié  lou  pastre  Alàri. 
Dison  qu'avié  milo  bestiàri 

2^        Arrapa,  tout  l'ivèr,  long  dóu  clar  d'Entressèn. 

I  boni  bauco  salabrouso. 

Dison  qu'eiça  quand  lou  blad  nouso, 
*''  Dins  H  grandis  Aup  fresqueirouso 

Éu-mcme  li  niountavo,  entre  que  Mai  se  sent. 

5  Dison  peréu,  —  e  m'es  de  crèire,  — 

^  Que,  vers  Sant  Marc,  i'a  nòu  toundèire 

Que,  très  jour,  ié  toundien,  e  d'orne  renouma! 
E  iéu  noun  comte  aquéu  que  lèvo 
^  Lis  aus  de  lano  blanco  e  grève. 

Ni  lou  mendi  que  sènso  trèvo 
Carrejavo  i  toundèire  un  douire  lèu  chima. 

®*  6     Mrì  quand  la  caud  pièî  s'apasimo, 

E  que  la  nèu  sus  li  grand  cimo 
Adeja  revouluno  i  terraire  gavot, 

^*  De  l'inmènso  piano  Cravenco 

Pèr  destepa  l'erbo  ivernenco, 
Dis  àuti  coumbo  Dóufinenco 

^*        Falié  vèire  descendre  aquèu  riche  escabot! 


"  E  i  ne  forment  qu'une  syllabe  et  se  prononcent  comme  la 
diphtongue  ei. 

"  Loîi  Clar  d'Entressèn,  l'étang  d'Entressens,  au  milieu  de  la  Crau. 

••  Terraire  gavot  (territoire  gavot),  généralement  la  partie  mon- 
tagneuse de  la  Provence,  la  Haute  Provence,  pays  des  montagnards 
provençaux  que  Ton  appelle,  par  dérision,  gavotSy  c'est-à-dire  grossiers, 
rustres.    Il  est  très  difficile  de  savoir  exactement  quelle  partie  de  la  Pro- 


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45 


LI  DEMANDAIRE.  67 

7  Falié  vèire  aquelo  escarrado 
S'esperlounga  dÎDS  la  peirado! 

En  front  de  tout  lou  rai,  Tagnelun  proumieren 

Sautourlejo  pèr  bando  gaio. .. 

l'a  l'agnelié  que  lis  endraio. 
^  L'ensounaiado  bourriscaio, 

E  li  poutre,  e  li  saumo,  à  bóudre  li  seguien. 

8  D'escambarloun  dessus  la  bardo 
^'  Es  l'asenié  que  n'a  la  gardo: 

Dins  lis  ensàrri  d'aufo,  es  éli,  sus  lou  bast, 

Éli  que  porton  la  raubiho 
^^  E  la  bevèndo  e  la  mangiho, 

E  dóu  bestiàri  que  s'espeio 
La  peu  enca  saunouso,  e  l'agneloun  qu'es  las. 

^'  9     Capitàni  de  la  bregado, 

E  li  bano  revertegado, 
Après  venien  de  front,  en  brandant  si  redoun, 
^  E  lou  regard  vira  de  caire, 

Cinq  fier  roenoun  cabessejaire  ; 

Darrié  li  bôchi  vèn  li  maire, 
^^       E  li  foli  cabreto,  e  li  blanc  cabretoun. 

10     Troupo  courriolo  emai  groumando. 
Es  lou  cabrié  que  la  coumando. 
^       Li  mascle  de  Tavé,  li  grands  esparradou 

De  quau  li  moun*e  en  Ter  se  drèisson, 
Dins  la  carrairo  aqui  parèisson: 
•^  A  si  grand  bano  se  counèisson. 

Très  fes  envertouiado  autour  de  Pausidou. 

vence  doit  être  attribuée  aa  pays  gavot,  les  habitants  des  Basses  Alpes 
affirmant  qu'on  nomme  ainsi  leurs  voisins,  les  habitants  des  Hautes 
Alpes,  et  vice- versa.  Néanmoins  les  Forcalquériens  (Basses  Alpes)  se 
font  une  gloire  d'être  gavots,  et  leur  plus  grand  poète,  M.  Plauchud, 
auteur  du  Diamant  de  Sant  Maime  (Forcalquier  1893),  appelle  un  de 
ses  volumes  écrits  en  dialecte  forcalquiérien  :  Conte  gavouot  (Forcalquier 
1898).  Pour  notre  auteur,  les  tet^raire  gavot  paraissent  être  identiques 
avec  les  hautes  vallées  dauphinoises  {àuti  coumbo  Dôufinenco  v.  41). 


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68  CANT   QUATRElt. 

11     £  peréu  (ounourable  signe 
■^2  Que  dóu  troupèu  acò's  li  aegne) 

An  H  costo  floucado  e  Tesquino  tambèn. 
Camino  en  tèsto  de  la  troupo 
''^  Lou  baile-pastre,  e  de  sa  roupo 

Li  dos  espalo  s^agouloupo. 
Mai  lou  gros  de  l'armado  arribo  d^un  tenènt. 

'*         12    E'n  uno  pousse  nivoulouso, 

E  di  proumiero  e  di  couchouso, 
Courron  lis  agnelado,  en  bramant  loungamen 

®^  Au  belamen  de  si  berouge; 

E,  lou  coutet  flouca  de  rouge, 
Ensèn  póussejon  lis  anouge 

^       E  li  móutoun  lanu  que  van  paloutamen; 

18    Li  pastiûhoun  de  vòuto  en  vòuto 
E  qu'i  chin  cridon:  «A  la  vòuto!» 
^*^        E,  pega  sus  lou  flanc,  Tinnoumbrable  vaciéu, 
Li  nouvelle,  li  tardouniero, 
E  li  segoundo,  e  li  manière, 
•^  E  li  fegóundi  bessouniero 

Qu'an  peno  à  tirassa  soun  ventre  empachatiéu. 

14    Escarradoun  tout  espeiòti, 
^^  Entre  li  turgo,  li  vièi  mòti 

Qu'an  agu  lou  dessouto  i  batèsto  d'amour, 
Emé  li  berco  e  li  panarde, 
*^  Clauson  enfin  la  rèire-gardo, 

Aret  creba,  tristo  desfardo. 
Qu'an  perdu  tout  ensèn  e  li  bano  e  l'ounour. 

*®         15     E  tout  acò,  fedo  e  cabrairo, 

Tant  que  n'î*  avié  dins  la  carrairo, 
Ero  d'Alàri,  tout,  jouine  e  vièi,  bèu  o  laid... 
^^-  E  davans  eu  quand  davalavon, 

Qu'à  cha  centeno  defilavon, 
Avié  sis  iue  que  se  chalavon... 
í^      Pourtavo,  coume  un  scètrc,  un  rebatun  de  plai. 
■^*  Sv^jne  (senior)  se  prononce  comme  signe  (signom). 


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LI  DEMANDAIRE.  69 

16  E  'mé  si  blanc  chinas  de  pargue 
Que  lou  seguien  dins  li  relargue, 

'^      Li  geinoun  boutonna  dins  si  guèto  de  peu, 

E  l'èr  seren,  e  lou  front  sàvi, 

L'aurias  cresu  lou  bèu  rèi  Dàvi 
m  Quand,  sus  la  tarde,  au  pous  dis  àvi 

Anavo,  en  estent  jouine,  abéura  li  troupèu. 

17  «Vaqui  Mirèio  que  vanego 

^^^  Davans  lou  Mas  di  Palabrego!» 

Digue  lou  pastre.«.  «Oh!  Dieu!  m'an  di  la  verîia: 
Ni  dins  lou  plan,  ni  sus  l'auturo, 
^^■^  Ni  pèr  verai,  ni  pèr  pinturo, 

léu  n'ai  ges  vist  qu'à  la  centuro 
lé  vague,  pèr  lou  biais,  la  gràci,  la  bèuta!» 

^^        18     Que,  rèn  que  pèr  la  vèire,  Alàri 

S'èro  escarta  de  soun  bestiàri. 
A  dre  d'elo  pamens  quand  fugue:  «Pourriés-ti,» 
^^  lé  fai  d'une  voues  que  trémolo, 

«Me  faire  vèire  une  draiolo 

Pèr  travessa  li  mountagnolo? 
^^^      Autramen,  chato,  ai  pou  de  pas  me  n'en  sourti!> 

19     «l'a  que  de  prene  la  drechiero, 
Vès!>  respoundè  la  masagiero, 
Í*®      «E  pièi  de  Pèiro-Malo  enregas  lou  désert, 
E  caminas  dins  la  vau  torto, 
Pin-que  vegués  une  grand  porto, 
'^2  Emé  *no  toumbo  que  suporto 

Dous  generau  de  pèiro,  eilamount  dins  lis  èr; 


*"  PèirO'Malo  (Peyremale),  passage  des  Alpilles,  entre  Maussane, 
village  à  4  kil.  des  Baux,  et  Saint-Remy.    Voy.  III,  242  note. 

*•*/***  1^9  Antico  (Les  Antiques)  sont  les  deux  beaux  monuments 
romains  qui,  à  une  demi-heure  de  Saint-Bemy,  s'élèvent,  à  côté  l'un  de 
l'autre,  au  pied  même  des  Alpilles,  et  qui  sont  les  restes  de  la  ville 
de  Glanum  lAviù  colonie  marseillaise  détruite  par  les  Visigoths  en  480. 


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70  CANT   QUATREN. 

20     Es  ço  qu'apellon  lis  Antico.» 
i8^  «Qramaci!»  lou  jouvènt  replico. .. 

Milo  bèsti  d'avé,  pourtant  ma  marco,  en  Crau, 
Mounton  deman  à  la  mountagno, 
^^  E  iéu  précède  la  coumpagno 

Pèr  ié  marca  dins  la  carapagno 
Li  COU880U,  la  couchado,  e  peréu  lou  carrau. 

1^1        21     E  tout  de  bèstio  fino!...  E  quouro 

Que  me  maride,  ma  pastouro 
Entendra  tout  lou  jour  canta  lou  roussignòu. . . 
^4*  E  s'aviéu  Tur,  belle  Mirèio, 

Que  tu  vouguèsses  ma  liéurèio, 

Te  semoundriéu,  noun  de  daurèio, 
'^"^      Mai  un  vas  que  t'ai  fa,  de  bonis,  e  flame-nòu.» 

22  E  de  parla  tant-lèu  s'arrèsto, 
Coume  un  relicle,  de  sa  vèsto 

*^      Sort  un  coucourelet  taia  dins  lou  bonis  viéu; 

Car,  à  sis  oureto  de  pauso, 

Amavo,  asseta  su  'no  lauso, 
163  De  s'espassa  'n-aquéli  causo; 

E  rèn  qu'emé  'n  coutèu  fasié  d'obro  de  Dieu! 

23  E  d'une  man  cascareleto 
ï*^  Escrincelavo  de  clincleto 

Pèr  la  niue,  dins  lou  champ,  mena  soun  abeié; 

Le  premier  est  nu  arc  de  triomphe,  dont  le  haut  est  en  partie  détruit. 
Il  n'est  pas  très  grand  et  il  n'a  qn'nne  senle  arcade,  mais  il  est  bien 
proportionné  et  a  encore  de  beaux  restes  d'ornements  (caissons)  et  de 
sculptures  représentant  des  captifs.  Cet  arc  est  du  1^  ou  du  2«  siècle 
de  notre  ère.*  L'autre  monument,  mieux  conservé,  est  un  mausolée,  dit 
le  tombeau  de  Jules,  d'après  l'inscription  de  l'architraTe.  H  a  18  m. 
de  haut  et  se  compose  de  trois  étages:  une  sorte  de  stylobate  carré, 
avec  bas-reliefs  dans  le  haut:  une  riche  ordonnance  de  portiques  et  de 
demi-colonnes  cannelées;  enfin  un  petit  temple  rond  composé  de  dix 
colonnes  corinthiennes  cannelées,  où  sont  deux  statues  drapées,  avec  des 
têtes  modernes.  Ce  magnifique  monument  est  selon  les  uns  de  l'époque 
de  César,  selon  d'autres  d'une  époque  beaucoup  moins  reculée. 


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LI   DEMANDAIBE.  71 

E  SUS  lou  càmbis  di  sounaio, 
^^  E  sus  Tos  blanc  que  li  mataio, 

Fasié  de  taio  e  d^entre-taio, 
E  de  flour,  e  d'aucèu,  e  tout  ço  que  voulié. 

^•2       24     Mai  lou  vas  que  venié  d'adurre, 

Aurias  nega,  vous  l'assegure, 
Que  i'aguèsse  passa  coutèu  de  pastriboun  : 
i«î>  Uno  massugo  bèn  flourido 

A  soun  entour  èro  espandido; 

E  dins  si  roso  alangourido, 
*®^      Dous  cabròu  ié  peissien,  fourroant  li  manihoun. 

25  Un  pau  plus  bas,  vesias  très  fiho 
Qu'èron  segur  très  meravîho  ! . . . 

'''^      Pas  liuen,  dessouto  un  cade,  un  pastourèu  dourmié. 

Li  fouligàudi  cbatouneto 

Se  n'aprouchavon  plan-planeto, 
*'^  E  ié  metien  sus  la  bouqueté 

Uno  alo  de  rasin  qu'avien  dins  soun  panié. 

26  E  lou  pichot  que  soumihavo 
^'^  Tout  risoulet  se  revihavo; 

E  l'uno  di  chatouno  avié  Ter  esmougu. .. 
Sens  la  couleur  dóu  racinage, 
*^  Aurias  di  que  li  personnage 

Èron  viéu  dins  aquel  óubrage . . . 
Sentie  'ncaro  lou  nòu,  i'avié  panca  begu. 

î88        27     «En  verita»,  digue  Mirèio, 

«Pastre,  fai  gau,  vosto  liéurèio. ..» 
E  l'espinchavo.     Pièi  partiguè  tout  d'un  bound. . . 
<86  tMoun  bon-ami  n'a  'no  pu  belle: 

Soun  amour,  pastre!  E  quand  me  bèlo, 

0  fau  que  baisse  li  parpello, 
*®®      0  dins  iéu  sente  courre  un  bonur  que  me  poun...» 

mpi  0gg  yçf g  imiteiit  vaguement  la  célèbre  description  du  bouclier 
d'Achille,  dans  Homère,  Iliade,  XVIII,  478  ss.    Comp.  Introd.  p.  xxx  ss. 


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72  OAMT   QUATBEN. 

28  E  la  chatouno,  coume  un  glàri, 
Despareiguè. . .  Lou  pastre  Alàri 

1^      Estremè  soun  vasèu;  e  plan-plan,  à  l'errour, 

Eu  s^enanè  de  la  bastido, 

E  la  pensado  entreboulido 
^^^  Qu'aquelo  chato  tant  poulido 

Pèr  autre  que  pèr  eu  aguèsse  tant  d'amour! 

29  Au  même  Mas  di  Falabrego 

^^  Venguè  tambèn  un  gardian  d'ego, 

Veran.  Aquéu  Veran  ié  venguè  dóu  Sambu. 
Au  Sambu,  dins  li  grand  pradello 
^^  Ounte  flouris  la  cabridello, 

Avié  cent  ego  blanquinello 
Despounchant  di  palun  li  rousèu  esoambu. 

^^       30    Cent  ego  blanco!  La  creniero, 
Coume  la  sagno  di  sagniero, 
Oundejanto,  fougouso,  e  franco  dóu  cisèu. 

*^  Dins  sis  ardèntis  abrivado, 

Quand  pièi  partien,  descaussanado, 
Coume  la  cherpo  d'une  fado, 

2^0      En  dessus  de  si  cou  floutavo  dins  lou  cèu. 

31     Vergougno  à  tu,  raço  oumenenco: 
Li  cavaloto  Camarguenco, 
2'^      Au  pougnènt  esperoun  que  i'estrasso  lou  flanc, 
Coume  à  la  man  que  li  caresse, 
Li  veguèron  jamai  soumesso. 
*'^  Encabestrado  pèr  treitesso, 

N'ai  vist  despatria  liuen  dóu  pàti  salan; 


*»•  Lou  Sambu  (Le  Sambuc),  hameau  du  territoire  d'Arles,  dans 
l'île  de  Camargue.    Voy.  la  note  suivante. 

•*•  Li  cavaloto  Camarguenco  (Les  chevaux  de  Camargue)  sont 
d'origine  inconnue  ;  ils  forment  une  race  qui  depuis  des  siècles  s'est  con- 
servée sans  altération.  «On  croit  généralement  qu'ils  ont  été  amenés 
d'Afrique  par  les  Maures,   après   l'invasion   de  l'Espagne   et  des   pro- 


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LI   DEMAlilDAmE.  73 

32    E'n  jour,  d'un  bound  rabin  e  proumte, 
*^®  Embardassa  quau  que  li  mounte, 

D'un  galop  avala  vint  lègo  de  palun, 
La  narro  au  vent!  e  revengudo 
2«2  ^u  Vacarés,  que  soun  nascudo, 

Après  dès  an  d'esclavitudo, 
Respira  de  la  mar  lou  libre  salabrun. 

vinces  méridionales  de  la  France.  Les  chevaux  de  la  Camargue  se 
rapprochent  beaucoup,  en  effet,  des  chevaux  arabes  ;  ils  en  ont  Tencolure 
et  la  taille  et  leur  ressemblent  par  la  tête.  Ils  sont  généralement 
blancs;  quelques-uns  ont  un  manteau  gris  qui  s'affaiblit  avec  Tâge  et 
disparaît  le  plus  souvent  dans  leur  postérité.  Leur  taille  est  petite, 
ils  ont  les  yeux  grands,  à  fleur  de  tête,  garnis  de  prunelles  très  dila- 
tables, les  oreilles  courtes  et  bien  placées,  la  poitrine  large  et  forte,  la 
queue  touffue  et  bien  attachée.  Abandonnés  dans  les  marais  où  ils  sont 
obligés  de  chercher  leur  unique  nourriture,  quels  que  soient  la  saison 
et  le  temps,  depuis  le  commencement  de  janvier  jusqu'à  la  fin  de  mars, 
ils  luttent  sans  cesse  contre  la  mort  et  maigrissent  à  vue  d'œil.  Le 
printemps  venu ,  ceux  qui  ont  résisté  à  la  faim  et  au  froid ,  trouvent 
des  fourrages  généreux  et  abondants.  ICn  peu  de  temps  il  se  refont, 
Tembonpoint  affine  leur  poil,  arrondit  leurs  formes.  Le  changement  est 
complet.  Mais  cet  état  florissant  n'est  pas  de  longue  durée  :  les  chaleurs 
brûlantes  de  Tété,  les  fatigues  auxquelles  on  les  assujettit  pour  le  dé- 
piquage des  blés  (voy.  Vin,  344  ss.,  et  note),  les  tourments  que  leur 
font  éprouver  les  piqûres  des  moustiques  dont  rien  ne  les  garantit,  la 
diminution  des  pâturages  altèrent  de  nouveau  leur  robuste  santé.  Us 
vivent  ordinairement  de  20  à  25  ans;  Tindépendance  est  le  fond  de 
leur  caractère;  ils  dédaignent  Thabitation  et  la  protection  de  l'homme. 
Quand  après  de  longs  efforts  on  croit  avoir  dompté  leur  caractère,  en 
un  moment,  pour  un  rien,  leur  colère  s'enflamme,  ils  renversent  leur 
cavalier,  s'échappent  en  bondissant,  même  dans  la  nuit  obscure,  rejoig- 
nent leurs  compagnons  et  leurs  pâturages  et  font  au  besoin  pour  cela 
25  lieues  d'un  trait.»    Girard,  La  Orau,  Avignon  1884,  p.  480  ss. 

La  Camargo  (La  Camargue),  vaste  delta  formé  par  la  bifurcation 
du  Rhône.  Cette  île,  qui  s'étend  depuis  Arles  jusqu'à  la  mer,  contient 
74727  hectares  de  superficie;  mais  il  y  a  des  marais  et  des  étangs  qui 
en  occupent  une  grande  partie  —  le  principal,  l'étang  de  Vacarés, 
compte  pour  2500  hectares  ;  —  et  il  y  a  de  vastes  plaines  arides,  env.  les 
Vft,  par  suite  de  l'excès  de  sel  que  contient  le  sol.  Il  y  a  aussi  de  gras 
pâturages,  où  paissent  de  grands  troupeaux  de  moutons,  de  taureaux 
et  de  chevaux  à  demi-sauvages.   L'immensité  de  ses  horizons,  le  silence 


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74  OANT   QUATREN. 

**^       33     Qu'aquelo  meno  sóuvagino, 
Soun  elemen  es  ]a  roarino: 
DÓU  carri  de  Netune  escapade  segur, 

228  Es  encaro  tencho  d'escumo; 

E  quand  la  mar  boufo  e  s'embrume, 
Que  di  veissèu  peton  li  gumo, 

28^      Li  grignoun  de  Camargo  endihon  de  bonur 

34  E  fan  brusi  coume  une  chasse 
Sa  Ion  go  ce  que  ié  tirasse; 

234      E  gravachon  lou  sou,  e  sènton  dins  sa  car 
Intra  lou  trent  dóu  dieu  terrible 
Qu'en  un  barrejadis  ourrible 
2^''  Mou  la  tempèsto  e  l'endoulible 

E  bourroulo  de  founa  li  toumple  de  la  mar. 

35  Aquéu  Veran  li  pasturgavo. 
2*®  En  Crau  un  jour  que  traficavo, 

Enjusquo  vers  Mirèio,  acò  s' es  di,  Veran 
Se  gandiguè.     Car  en  Camargo. 
^^^  E  fin-qu'alin  i  bouco  largo 

D'ôunte  lou  Rose  se  descargo, 
Se  disié  qu'ère  belle,  e  long-tèms  lou  diran! 

2**        36     lé  venguè  fier,  emé  reboundo 
A  l'Arlatenco,  longe  e  bloundo, 
Jitado  sus  l'espalo  en  guiso  de  mantèu; 

2*^  Emé  taiolo  chimarrado 

Coume  une  esquino  de  rassado 
E  capèu  de  telo  cirado 

252      Ounte  se  rebâtie  lou  trelus  dóu  soulèu. 


grandiose  de  ses  plaines  unies,  son  étrange  végétation,  son  mirage, 
ses  étangs,  ses  essaims  de  monstiqaes,  ses  grands  troupeaux,  étonnent 
le  voyageur  et  font  penser  aux  pampas  de  TAmérique  du  Sud  (voy. 
(liant  X).  On  trouve  un  tableau  vivant  de  la  Camargue  et  de  ses 
habitants  dans  le  Trésor  d'Arlatan   d'A.  Daudet,  Paris  1897. 

•*•/'  liehoundo  à  l'Arlatenco,   espèce   d'habit  très   court,  terminé 
par  de  petites  basques  et  porté  par  les  Provençaux  aux  17«  et  18«  siècles. 


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Ll    DEMANDAIRE.  75 

37  E  quand  fugue  davans  lou  mèstre: 
«Bon-jour  à  vous  emai  bèn-èstre! 

2^^      DÓU  Rose  Camarguen  siéu»,  dis,  «un  ribeiròu; 
Siéu  lou  felen  dóu  gardian  Pèire: 
Es  pas  que  noun  lou  déugués  vèire, 

^^  Qu'au-mens  vint  an  'mé  si  courrèire 

Moun  grand,  lou  gardian  Pèire,  a  cauca  voste  eìròu  ! 

38  Dins  la  palun  que  nous  enrodo, 

*•*  Moun  segne  grand  n'avié  très  rodo, 

Vous  n'en  souvèn!  Mai,  mèstre,  oh!   se  vesias  dempièi 
Lou  riche  crèis  d'aquéu  levame! 
^^  Podon  n'en  toumba  11  voularae! 

N'avèn  sèt  rodo  emé  sèt  liame!» 
«Longo-mai!  o  moun  fiéu,»  respoundeguè  lou  vièi. 

2«7        39     «0,  longo-mai  n'en  vegues  naisse, 

E  li  coundugues  dins  lou  paisse! 
Ai  couneigu  toun  grand;  e  certo,  acó  'ro  em'éu 
^^  Uno  amista  de  longo  toco! 

Mai  quand  pièi  l'âge  nous  desfioco, 

A  la  clarta  de  nosto  moco 
^^      Demouran  en  repaus,  e  l'amistanço,  adieu!» 

40     «Es  pas  lou  tout!»  venguè  lou  drôle, 
«E  noun  sabès  ço  que  vous  vole: 
^'*^      Mai  d'un  cop,  au  Sambu,  quand  vènon  li  Craven 
Querre  de  càrri  d'apaiage, 
Entandóumens  que  de  si  viage 
•''^  l'ajudan  faire  lou  bihage, 

Di  chatouno  de  Crau  arribo  que  parlen; 

••'  Les  chevaux  camargnes  employés  au  foulage  des  gerbes  (voy. 
IV,  212  note,  et  VIII,  344  ss.)  se  comptent  par  7-o(io  (roue,  cercle).  La 
rodo  est  composée  de  six  liame  (liens)  ;  le  liame  est  une  paire  :  la  rodo 
contient  par  conséquent  douze  chevaux. 

^^  La  moco  est  un  tronçon  de  roseau  qu'on  suspend  dans  les  mas 
(voy.  L  1  note)  aux  solives  de  la  salle  à  manger.  Elle  porte  la  lampe 
romaine  appelée  caU-u. 


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76  CANT   QUATRBK. 

41     E  m'an  retra  vosto  Mirèio 
282  Tant  de  moun  goust  qu'à  vosto  idèio 

Se  trouvas  Veranet,  voste  gendre  sara..» 
«Veranet!  Pousquèsse  lou  vèire!» 
*^  Cridè  Ramoun,  «que  de  toun  rèire, 

De  moun  ami  lou  gardian  Pèire 
Lou  sagatun  fleuri  noun  pou  que  m'ounolira!» 

288        42    E  coume  un  ome  que  rend  gràci 
Au  Segnour  Dieu,  dins  lis  espàci 
Aubourè  si  dos  man  'm'  aquesto  esclamacioun  : 

291  «Mai  qu'agrades  à  la  pichoto, 

(Car  es  souleto  e  la  mignoto!) 
En  proumierage  de  la  doto 

29<      Lou  sant  toustèms  t'avèngue  e  la  benedicioun!» 

48     E  sono  quatecant  sa  chato, 
E  ié  dis  lèu  de  que  se  trato. 
29^      Palo  subitamen,  lou  regard  enebi, 
E  tremoulanto  de  cregnènço: 
«Mai  vosto  santo  couneissènço», 
300  lé  faguè  'nsin,  «paire,  en  que  pènso, 

Que  vougués,  liuen  de  vous,  tant  jouino  me  chabi? 

44     ««Ve,  fau  que  plan  acò  se  mené,»» 
303  M'avès  agu  di,  «<pèr  se  prene! 

Fau  counèisse  li  gènt,  fau  n'èstre  couneigu  .  .  .»> 
E  li  counèisse,  qu'es  encaro?  .  .  .* 
806  E  dins  la  nèblo  de  sa  caro 

Subitamen  pareiguè  claro 
Uno  douço  pensado.     Un  matin  qu'a  plóugu, 

309        45     Se  vèi  ansin  li  flour  negado 

A  travès  l'aigo  bautugado. 
La  maire  de  Mirèio  aprouvè  sa  resoun  ... 
8*2  E  lou  gardian  emé  'n  sourrire: 

«Mèste  Ramoun»,  dis,   «me  retire! 

Car  dou  niouissau,  ai  à  vous  dire 
815      Qu'un  gardian  Camarguen  counèis  la  pougnesoun.» 


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827 


330 


Ll   DRMANDAIRE.  77 

46  Au  mas,  dins  lou  même  estivage, 
Venguè,  di  pàti  dóu  Sóuvage, 

^^®      Pèr  vèire  la  chatouno,  Ourrias  lou  toucadou. 

DÓU  Sóuvage,  negro,  malino, 

E  renoumado  es  la  bouvino  .  .  . 
^*'  I  souleias,  à  la  plouvino, 

Souto  lou  batedis  di  glavas  negadou, 

47  Aqui,  tout  soûl  emé  si  bravo, 
^^  Ourrias  tout  l'an  11  pasqueiravo. 

Kascu  dins  la  manado,  abari  'mé  li  biòu, 

Avié  di  biòu  Testampaduro 

E  l'iue  sóuvage  e  la  negruro 

E  l'èr  menèbre  e  l'amo  duro. 
Un  bihoun  à  la  man,  lou  vièsti  tra  pèr  sou, 

48  Quant  de  cop,  rufç  desmamaire. 
D'entre  li  pousso  de  si  maire 

N'avié  pas  derraba,  desteta  li  vedèu! 
'^^  E  sus  la  maire  encourroussado 

Rout  de  barroun  uno  brassado, 

D'aqui  que  fuge  l'espóussado, 
886      Ourlante,  e  revirado  entre  li  pinatèu! 

49  Quant  de  doublon  e  de  ternenco, 
Dins  li  ferrado  Camarguenco, 

339      N'avié  pas  debana!  N'en  gardavo,  tambèn, 
A  l'entre-ciho,  uno  cretasso 
Coume  lou  niéu  qu'un  tron  estrasso; 

^*  E  lis  engano  e  li  tirasse 

De  soun  sang  regoulant  s'èron  tencho  pèr  tèms. 

•"  Lou  Sauvage ^  vaste  contrée  déserte,  nommée  aussi  petite  Ca- 
margue, circonscrite  au  levant  par  le  petit  Rhône,  qui  la  sépare  de  la 
grande  Camargue,  au  midi  par  la  Méditerranée,  au  couchant  et  au  nord 
par  le  Rhône  Mort  et  le  canal  d'Aigues-Mortes.  C'est  le  principal  sé- 
jour des  taureaux  noirs  sauvages. 

"^Z*  Un  bouvillon  d'un  an  s'appelle  en  provençal  un  anouble; 
de  deux  ans,  un  doublen;  de  trois  ans,  un  ternen.  Une  ternenco  est 
une  génisse  de  trois  ans.    *Lf^  ferrado  (ferrade)  est  un  spectacle  dont 


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78  OANT  QUATREN. 

50    Èro  un  bèu  jour  de  grand  ferrado. 
»46  pèr  veni  faire  la  virado, 

Li  Santo,  Faraman,  Aigo-Morto,  Aubaroun, 
Avien  manda  dedins  lis  erme 
^^  Cent  cavalié  de  si  pu  ferme. 

Aqui  pamens  ounte  es  lou  terme, 
E  mounte  un  pople  foui  embarro  un  vaste  round, 

la  scène  est  placée  en  rase  campagne  et  qni  excite  an  plus  haut  point 
rinterêt  et  la  curiosité  des  Provençaux.  On  nomme  de  la  sorte  Topération 
par  laquelle  on  imprime  sur  le  corps  des  jeunes  taureaux  —  habituelle- 
ment le  haut  de  la  cuisse  —  à  Taide  d'un  fer  incandescent,  la  marque 
de  leur  propriétaire.  Quand  une  ferrade  doit  avoir  lieu,  celui  qui  la 
donne  invite  ses  voisins  et  amis.  La  veille  du  jour  indiqué,  les  gar- 
diens, montés  sur  des  chevaux  camargues  et  armés  de  longs  tridents, 
se  rendent  dans  les  plaines  où  paissent  ces  animaux.  Us  les  cernent 
galopent  autour  d'eux,  s'en  rapprochent  petit  à  petit  et  les  forcent  par 
leurs  cris  et  à  coups  de  trident  à  suivre  précipitamment  la  route  qu'on 
veut  leur  faire  prendre.  On  parvient  ainsi  à  les  réunir  dans  le  parc 
où  ils  doivent  passer  la  nuit.  Le  lendemain  au  point  du  jour  une  en- 
ceinte a  été  formée  au  moyen  de  charrettes  et  de  voitures  sur  lesquelles 
se  sont  placés  les  nombreux  spectateurs.  Au  fond  du  cercle  brûle  un 
vaste  brasier  où  rougissent  les  fers  destinés  à  la  marque.  Tout  est 
prêt,  le  signal  est  donné.  Deux  gardiens  à  cheval  partent  au  galop, 
et  après  avoir  forcé  un  taureau  par  les  mêmes  moyens  que  la  veille  à 
sortir  du  parc,  ils  se  placent  à  ses  côtés,  le  maintiennent  entre  eux  à 
coups  de  trident  et  le  font  entrer  dans  l'enceinte.  Aussitôt  quelques 
hommes  se  jettent  sur  lui:  l'un  le  saisit  par  les  cornes,  un  autre  par 
la  queue;  il  se  débat,  secoue  rudement  ses  adversaires;  on  jette  entre 
ses  jambes  des  entraves;  on  le  renverse,  on  parvient  à  le  terrasser. 
Le  fer  !  le  fer  !  crie-t-on  alors  de  toutes  parts  ;  un  gardien  l'apporte  en 
courant  et  l'applique  avec  promptitude  sur  la  cuisse  de  l'animal,  qui 
pousse  d'affreux  mugissements.  L'opération  terminée  on  lâche  le  taureau, 
il  se  relève  furieux  et  s'élance  les  cornes  baissées  sur  ceux  qui  l'entourent. 
On  l'évite,  on  s'écarte,  on  lui  ouvre  l'espace  :  il  s'y  précipite  et  ne  tarde 
pas  à  disparaître  à  travers  des  îlots  de  poussière.  Une  seule  journée 
suffit  pour  marquer  de  la  sorte  une  centaine  de  taureaux.»  Girard,  /.  c, 
p.  476  s.  —  11  y  a  aussi  des  ferrades^  qui  forment  une  partie  des  soi-disants 
jeux  provençaux  (tauromachies  sans  mise  à  mort) ,  et  où  un  gardien, 
dans  une  arène,  lutte  seul  avec  un  jeune  taureau  et  le  renverse  en  le 
prenant  par  les  cornes  et  en  lui  tournant  la  tête.  Voy.  IX,  259  note. 
•*•  lA  Santo^  voy.  T,  8ô2  note.  --  Faraman  et  Anharoun  (Albaron) 
sont  de  petits  hameaux  de  la  Camargue.  -  Aiyo-Morto  (Aigues-Mortes) 


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Li  dëmâudâire.  79 

^*        51     DestrassouDa  dins  la  sansouiro, 

Acoussegui  de  la  fichouiro 
Que  ié  tanco  au  galop  lou  bouiènt  toucadou, 
^^  A  courso  folo,  tau  e  tauro 

Venien  coume  un  brounzimen  d'auro, 

En  escrachant  sagno  e  centauro, 
^■^      Venien  de  s'acampa,  très  cent,  au  marcadou. 

52  La  troupelado  banarudo 
S'aplanto,  espavourdido  e  mudo. 

^^      Mai,  Tarmo  dins  li  costo,  à  coucho  d'esperoun, 

Très  fes  encaro  ié  fan  batre 

Lou  virouioun  de  Tanfitiatre, 
^^  Coume  lou  chin  après  lou  matre, 

Coume  après  li  ratié  Taiglo  dóu  Leberoun. 

53  Quau  lou  creiriéP  de  sa  cavalo, 
^®  Contre  l'usage,  Ourrias  davalo. 

I  porto  de  l'areno  araoulouna,  li  biòu 
Terriblamen  subran  s'esbrandon. 


est  une  ville  de  B981  habitants,  située  près  d'étangs  et  de  marais  qui 
lui  ont  donné  son  nom.  et  sur  quatre  canaux  navigables,  qui  la  relient 
avec  la  Méditerranée  (6  kil.),  au  Rhône  (Beaucaire)  et  aux  étangs  (sa- 
lines). C'est  bien  une  ville  morte,  et  morte  depuis  longtemps,  par  suite 
de  Tensablement  de  son  ancien  port.  La  ville  (dép.  Gard)  a  été  fondée 
en  1246  par  saint  Louis  qui  s'y  embarqua  pour  ses  deux  croisades,  en 
1248  et  1270,  et  son  fils  Philippe  le  Hardi  la  fit  entourer,  dès  1272,  de 
fortifications  qui  sont  une  des  curiosités  de  la  France,  supérieures  à 
celles  de  Carcassonne  et  d'Avignon  en  ce  qu'elles  forment  un  tout  homo- 
gène, d'une  même  époque  et  sont  parfaitement  conservées.  On  y  a  seule- 
ment fait  des  modifications  aux  créneaux  après  l'invention  des  armes  à 
feu,  et  le  fossé  a  été  comblé.  La  ville  elle-même  est  à  peu  près  dénuée 
d'intérêt.  Elle  est  bâtie  sur  un  plan  régulier,  avec  de  larges  rues,  mais 
déserte,  car  elle  pourrait  contenir  deux  fois  plus  d'habitants. 

•**  Sansouiro  (sansouire),  vastes  espaces  stérilisés  et  couverts  d'ef- 
florescences  salines  par  le  voisinage  et  l'infiltration  de  la  mer.  Ci. 
XI,  136  8. 

••*  Leberoun,  voy.  III,  311  note. 


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80  CANT   QUATREN. 

3^^  E  dins  l'areno  lèu  s'alandon 

Cinq  bouvachouD,  que  sis  iue  brandon 
£  que  traucon  lou  cèu  de  si  fier  cabassòu! 

^"2       54     Coume  lou  vent  Ourrias  s'abrivo, 

Coume  lou  vent  après  li  nivo, 
Li  secuto  à  la  courso,  à  la  course  li  poun; 
^*^^  Quouro  à  la  courso  li  davanço, 

Quouro  li  cote  emé  la  lanço, 

  Tendavans  quouro  ié  danse, 
^^^      Quouro  li  remouchino  emé'n  dur  cop  de  poung. 

55  Ai!  tout  lou  pople  di  man  pico: 
Ourrias,  blanc  de  pousse  oulimpico, 

^^      Pèr  li  bano,  à  la  courso,  à  la  fin  n'a  près  un, 
E  tèsto  e  mourre,  e  force  à  force, 
VÒU  desclava  si  bano  torse 

^^  Lou  nègre  monstre,  e  se  bidorso 

E  bramo  de  furour,  e  niflo  sang  e  fum. 

56  Vano  furour!  bound  inutile! 
^^  Lou  bouvatié,  d'un  cop  sutile, 

Amourro  à  soun  espalo,  en  ié  troussant  lou  cou, 

L'orro  testasse  dou  bestiàri; 
^^^  E  rudamen  e  pèr  countràri 

Butant  la  bèsti,  coume  un  barri 
E  crestian  e  bestiau  barrulon  pèr  lou  sou. 

3^        57     Une  esglariado  cridadisso 

Estreraentis  li  tamarisso: 
«Bon  ome,  Ourrias!  bon  orne!...»  E  cinq  drôle  espalu 
^^  Tenien  lou  brau.     De  soun  empèri 

Pèr  ié  marca  lou  batistèri, 

Ourrias  éu-meme  pren  lou  fèrri 
^^      E'  mé  lou  fèrri  caud  ié  rime  lou  malu. 

58     Un  v()u  de  fiho  d'Arle,  en  sello, 
Emé  lou  sen  que  ié  baeello, 


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LI  DEMAKDÂIRE.  81 

^^      Enflourado  au  galop  de  si  cavalot  blanc, 

Vènon  i'adurre  uno  grand  bano 

Raso  de  yin;  e  dins  la  piano, 
^^^  Z6u  mai  !  lou  fouletoun  s'esvano. . . 

Un  YÒu  de  cavalié  li  seguisson,  brûlant. 

59     Ourrîas  vèi  que  biòu  à-n-abatre. . . 
^^  E  n*en  demoro  encaro  quatre; 

Mai  coume  lou  daiaire  es  à  toumba  lou  fen 
Tant  mai  ardent  que  mai  n'en  rèsto, 
^**!  I  durs  esfors  de  la  batèsto 

Sèmpre  que  mai  eu  tenié  tèsto, 
E  de  quatre  animau  despouderè  li  ren. 

*^"*        60    Taco  de  blanc,  bano  superbo, 

Lou  que  restavo  toundié  l'erbo... 
«Ourrias!  n'i'a  proun!  n'i'a  proun!»  touti  li  yièi  vaquié 
"•^^  lé  cridèron.     Vano  restanco! 

Contre  lou  brau  di  taco  blanco, 

Lou  ficheiroun  pausa  sus  Tanco, 
^^      Relent,  despeitrina,  déjà  se  bandissié. 

61  Zan!  coume  en  plen  mourre  Tencapo, 
Lou  ficheiroun  volo  en  esclapo. 

^^      L'atroço  pougneduro  endemounio  lou  brau; 

Lou  toucadou  ié  sauto  i  bano, 

Parton  ensèn,  e  de  la  piano 
^***  Ensèn  afoundron  lis  engano. 

Sus  si  lòngui  fourquello  apiela  d'à  chivau, 

62  Li  vaquié  d'Arle  e  d'Aigo-Morto 
^**  Tenien  d'à  ment  la  lucho  forto: 

A  vincre,  touti  dous  feroun,  acarnassi, 
L'orne  doumtant  lou  biòu  bramaire, 
^^  Lou  biòu  empourtant  lou  doumtaire, 

E'm'un  lengau  escumejaire 
Lipant,  tout  en  courront,  soun  mourre  ensaunousi. 

6 


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82  OANT  QUATREN. 

^85        63     Mîsericòrdi!  lou  biòu  gagno! 

Coume  uno  vilo  rastelagno, 
L'ome  i'a  darbouna  davans,  dóu  vanc  qu'avié... 
*88  «Pai  lou  mort!  fai  lou  mort!»  En  terro 

Lou  biòu  'mé  si  pivèu  l'aferro 

E,  dius  lis  èr,  sa  tèsto  fèro 
^*^      A  sèt  cano  d'autour  lou  bandis  à  Tarrié! 

64  Uno  esglariado  cridadisso 
Estrementis  li  tamarisso. . . 

^^      Alin  liuen  lou  pauras  vai  toumba  d'abouchoun, 
Amaluga.  Dempièi  pourtavo 
La  creto  que  lou  descaravo.  — 
**■'  Sus  la  cavalo  que  mountavo, 

Venguè  donne  vers  Mirèîo,  arma  de  soun  pounchoun. 

65  Aquéu  matin,  la  piéuceleto 
450  Èro  à  la  font  toute  souleto; 

Avié  'stroupa  si  maneho  emé  soun  coutihoun 

E  netejavo  li  fiscello 
453  Em'  la  counsòudo  fretarello. 

Santo  de  Dieu  !  coume  èro  belle, 
Quand  dins  lou  sourgènt  clar  gafavon  si  petoun! 

^*       66     Ourrias  faguè:  «Bon-jour,  la  belle! 

Bèn?  refrescas  vòsti  fiscello? 
A-n-aquéu  sourgènt  clar,  se  vous  fasié  pas  mai, 
*^*  Abéurariéu  ma  bèsti  blanco.» 

«Oh!  n'es  pas  l'aigo,  eici,  que  manco», 

Respoundeguè  :   «dins  la  restanco 
^^      Poudès  la  faire  béure,  autant  eoume  vous  plais.» 


*"  Fiscello^  faisselle,  éclisse,  vase  de  terre  dont  le  fond  est  percé 
de  petits   trous,   destiné  à  former   et   à  faire  égoutter   les   fromages. 


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LI  DEMANDAIRE.  6S 

67  «Bello»,  digue  l'enfant  sauvage, 
«Se,  pèr  mariage  o  roumavage, 

465      Venias  à  Séuvo-Riau,  ounte  la  mar  s'entend, 

Belle,  n'aurias  pas  tant  de  peno; 

Car  la  vaco  de  negro  meno, 
^^  Libre  e  feroujo,  se  permeno, 

E  jamai  noun  se  mous,  e  li  femo  an  bèu  tèms.» 

68  «Jouvènt,  mounte  li  biou  demoron, 
^*"               De  languimen  li  chato  moron.» 

«Belle,  de  languimen,  en  estent  dous,  n'i'a  ges!» 

«Jouvènt,  quau  eilalin  s'esmaro, 
^'^  Dison  que  béu  une  aigo  amaro, 

Ë  lou  soulèu  i'usclo  la  caro...» 
«Belle,  soute  li  pin  à  l'oumbro  vous  tendres.» 

*^'        69     «Jouvènt,  dison  qu'i  pin  i'escalo 
De  tourtouioun  de  serp  verdalo!» 
«Bello,  avèn  li  flamen,  avèn  li  serpatié 

*^  Qu'en  desplegant  soun  mantèu  rose 

lé  fan  la  casse,  long  dóu  Rose » 

«Jouvènt,  escoutas  (que  vous  crose), 

^^      Soun  trop  liuen,  vòsti  pin,  de  mi  falabreguié.  > 

70     «Belle,  entre  capelan  e  fiho, 
Noun  podon  saupre  la  patrie 


*•*  SéuvO'Riau  (Sylvaréal),  forêt  de  pins-parasols,  située  dans  la 
petite  Camargue  (voy.  IV,  317  note).  Un  petit  fort,  construit  dans  ces 
parages  pour  protéger  la  navigation,  dominait  cette  île,  et  portait  aussi 
le  nom  de  fort  de  Sylvaréal. 

*'*  Entre  capelan  etc.,  proverbe.  Le  Très,  en  donne  les  variantes 
suivantes  : 

Entre  fiho  e  capelan 

Sabon  ounte  naisson,  noun  ounte  mouriran; 
(Filles  et  prêtres  savent  où  ils  naissent,  non  où  ils  mourront) 
et:  Sabon  pas  ounte  anaran  manja  soun  pan. 
(.  .  .  ignorent  où  ils  iront  manger  leur  pain). 

6* 


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84  OANT  QUÂTREN.      LI   DBBIANDAIRE. 

*86      Ounte  anaran,  se  dis,  manja  soun  pan  un  jour.» 
«Mai  que  lou  mange  emé  quau  ame, 
Jouvènt,  rèn  autre  noun  réclame 
489  pèr  que  de  moun  nis  me  desmame.» 

«Belle,  s'acò^s  ansin,  dounas-me  veste  amour!» 

71     «Jouvènt,  Taures»,  digue  Mirèio; 
4»2  «jiai  'quéli  plante  de  ninfèîo 

Pourtaran  perayans  de  rasin  couloumbau; 
Auperavans  vosto  fourcolo 
^•^  Jitara  flour;  aquéli  colo 

Coume  de  cire  vendran  mole, 
E  s'anara  pèr  aigo  à  la  vilo  di  Baus!» 


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CANT  CINQDEN 

LA  BATÈSTO 

r»oo  bonTatié  •'eatonrno,  fttrlous  don  reftii  de  Mlrèio.  —  Calignage  de  Mirèio  emé  Yinoèn. 

—  L'wbo  di  fritonn.  —  OnniM  reeeontro  Tinoenet,  •  bratAlamen  lé  oeroo  reno.  — 
Lti  prejit:  Jan  de  POoree.  —  Monrtalo  batèeto  dl  dons  riTan  dins  1«  Orma  Tatto.  — 
▼itòri  e  fenerooeeta  de  Vinoenek.  —  Treiteeto  dóa  tonoadon.  —  Oarrias  trauoo  Ylneèn 
dhm  eop  de  flcbeiroim,  e  tagiê  an  galop  de  sa  oaTalo.  —  Arribo  aa  Boae.  —  Ll  tree 
barqnlé  fantasti.  —  Lon  batèn  t'enaroo  «onto  Ion  pee  de  l'aMasiln.  —  La  nlae  de  sant 
Medard:  proneeaalooo  di  negadls  «os  lon  dougan  don  flnme.  —  Onrrlas  «'i^refonndia. 

—  Danao  di  Trèro  «na  lon  pont  de  Trenoo-Talo. 

1  L'oumbro  dis  aubo  s'aloungavo; 
La  Ventoureso  boulegavo; 

*  Lou  soulèu  avié  'ncaro  un  parèu  d'ouro  d'aut; 

E  li  bouié  que  labouravon 
Vers  lou  soulèu  se  reviravon 

•  De  tèms  en  tèms,  car  desiravon 
Lou  retour  dóu  seren  e  si  femo  au  lindau. 

2  Lou  touoadou  se  retournavo: 
^                Dins  sa  cabesso  remenavo 

L'escorno  que  venié  de  reçaupre  à  la  font. 

Sa  tèsto  èro  destimbourlado, 
^*  E  de  sa  ràbi  lecatado 

De  tèms  en  tèms  li  lancejado 
lé  jitavon  lou  sang  e  la  vergougno  au  front. 


•  La  VentouresOj  voy.  III,  162  note. 


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18 


86  CANT   CINQUBN. 

'^  3    E  tout  en  lampant  dins  li  terro, 

Remiéutejavo  sa  coulèro 
£  de  Taspre  despié  que  ié  gounflo  soun  lèu, 
I  code  que  la  Crau  n'es  pleno 
Coume  un  bouissoun  de  sis  agreno, 
Pèr  se  batre  aurié  cerca  reno, 

^^        Aurié  de  soun  pounchoun  fichouira  lou  soulèu  ! . 

4  Un  porc-singlié  que  de  sa  tousco 
An  fa  parti,  e  que  tabousco 

^*       Sus  li  mourre  désert  de  l'Oulimpe  negras, 

Avans  de  courre  sus  li  chino 

Que  lou  secuton,  revechino 
2''  Lou  rufe  peu  de  soun  esquino, 

En  amoulant  si  pivo  i  pège  di  blacas. 

5  A  Tendavans  dóu  gardo-vaco 

^^  Que  lou  mourbin  pounchouno  e  maco, 

Dins  lou  même  draiòu  lou  bèu  Vincèn  venié; 
E  dins  soun  amo  risouleto, 
^  Ravassejavo  i  parauleto 

Que  l'amourouso  piéuceleto 
Tavié  dicho  un  matin  dessouto  l'amourié. 

^  6     Dre  coume  un  canié  de  Durènço, 

Eu  caminavo;  e  de  plasènço 
E  de  pas  e  d'amour  clarejavon  sis  èr; 
^*  L'aureto  molo  s'engourgavo 

Dins  sa  camiso  que  badavo; 

Dins  li  coudelet  caminavo, 
^2       Descaus,  e  lóugeiret,  e  gai  coume  un  lesert. 

7     Souvènti-fes,  à  Touro  fresco 
Ounte  la  terro  s'enmouresco, 
*^        Alor  que  dins  li  prat  li  fueio  de  tréuloun 


"  Oulimpe  (Olympe),   haute  montagne,  sur  les  limites  du  Var  et 
des  Bouches  du  Rhône. 


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LA  BATÈ8T0.  87 

Se  replegon  afrejoulido, 
Is  alentour  de  la  bastido, 
^  Ounte  restavo  la  poulido, 

Venié,  tout  treboula,  faire  lou  parpaioun. 

8    E  d'escoundoun,  emé'n  fin  gàubi, 
^>  DÓU  lucre  d'or  o  dóu  reinàubi 

Imitavo  de  liuen  lou  canta  diudoulet: 
La  jouveineto  afeciounado 
^^  Qu'a  lèu  coumprés  quau  Ta  sounado, 

Venié  lèu  à  la  bouissounado, 
Cauto-cauto,  e  lou  cor  douçamen  tremoulet. 

^^      •     9     E  lou  clar  de  luno  que  dono 

Sus  li  boutoun  de  courbo-dono; 
E  l'aureto  d'estiéu  que  fruato,  à  jour  fali, 
•^  L'auto  barbeno  dis  espigo, 

Quand,  souto  la  molo  coutigo, 

En  milo  e  milo  rigoumigo 
*'       Se  fringouion  d'amour  coume  un  sen  trefouli, 

10  E  la  joio  desmemouriado 

Qu'a  lou  chamous,  quand  à  si  piado 
^        Tout  un  jour  a  senti,  dins  li  ro  dóu  Queiras, 

Li  cassaire  que  lou  fan  courre, 

E  qu'à  la  longo  sus  un  mourre 
*^  Escalabrous  coume  uno  tourre, 

Se  vèi  soûl,  dins  li  mêle,  au  mitan  di  counglas; 

11  N'es  qu'une  eigagno,  en  coumparanço 
7^  Di  moumenet  de  benuranço 


**  Lucre,  oiseau  chanteur  à  plumage  vert,  à  ventre  jaune,  avec 
une  petite  tache  noire  sur  la  tête.  —  Reinàubi,  cul -blanc  rougeâtre, 
stapazin,  oreillard.  —  Voy.  Vil,  79  note. 

*'  Lou  Qtieiras  (Le  Queyras),  contrée  ainsi  nommée  d'un  château 
fort  du  même  nom  au  pied  duquel  viennent  aboutir  quatre  vallées.  Ce 
pays  très  pittoresque  mais  peu  connu  des  touristes  constitue  aujourd'hui 
le  canton  d'Aiguilles  (Hautes  Alpes). 


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88  CANT   CINQUEN. 

Que  passa  von  alor  e  Mirèio  e  Yincèn... 
Mai  parlen  plan,  o  mi  bouqueto, 
'^'  Que  li  bouissoun  an  d'auriheto! 

Escoundu  dins  l'oumbro  caieto, 
Si  man  de  pau  à  pau  se  mesclavon  ensèn. 

■^®         12    Pièi  se  teisavon  de  long  rode 

E  si  pèd  turtavon  li  code; 
E  tantosty  noun  sachent  que  se  dire  autramen, 
^*  Lou  calignaire  nouvelàri 

Countavo  en  risènt  lis  auvàri 

Que  i'arribavon  d'ourdinàri: 
^*       E  li  niue  que  dourmîé  souto  lou  fiermamen, 

13  E  di  chin  de  mas  li  dentado 
Contro  sa  cueisso  enca  cretado. 

^^       E  Mirèio,  tantost,  de  la  vueio  e  dóu  jour 
lé  racountavo  sis  oubreto, 
E  li  prepaus  de  sa  meireto 
^  Emé  soun  paire,  e  la  cabreto 

Qu'avié  desverdega  toute  uno  triho  en  flour. 

14  Un  cop  Vincèn  fugue  plus  mèstre: 
•^  Sus  Terbo  rufo  dóu  campèstre 

Coucha,  coume  un  cat-fèr,  venguè  de  rebaloun 
Toucant  li  pèd  de  la  jouineto... 
^*  Mai  parlen  plan,  o  mi  bouqueté. 

Que  li  bouissoun  an  d'auriheto! 
«Mirèio!  acordo-me  que  te  fague  un  poutoun!» 


■^*  Li  bouissoun  an  d'auriheto.    Proverbe.    Cf.  Très.: 

Parlas  plan,  fiheto, 

Qu'en  chaeque  bouissoun  i'a  d'auriheto. 
(Parlez  doucement,  fillettes,  parce  que  dans  chaque  buisson  il  y  a 
des  oreilles). 

Dans  la  Bugado  prouvençalo  (Aix  1857),   on  trouve  la  variante: 

Parlas  plan,  filletos, 

Qu'en  cade  bouissoun  Vy  a  d'oureilletos. 
Voy.  Maass,  /.  c,  p.  57. 

Les  vers  74/5  sont  répétés  :  v.  96  s.  et  v.  141  s.   Voy.  Intr.  p.  xxxi  s. 


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LA   BATÈ8T0.  89 

^         15     «Mirèio»,  dis,  «mange  ni  beve 

De  l'amour  que  de  tu  receve! 
Mirèio!  voudriéu  cstrema  dins  moun  sang 
^*^*  Toun  alen  que  lou  vent  me  raubo! 

A  tout  lou  mens,  de  Taubo  à  Taubo, 

Rèn  que  sus  l'orle  de  ta  raubo 
'^^      Laisso-me  que  me  viéute  en  la  poutounejant!» 

16  «Vincèn  !  acò's  un  pecat  nègre! 
E  li  bouscarlo  emé  li  piegre 

108      YeLn  pièi  di  calignaire  esbrudi  lou  secret.» 
«Agnes  pas  pou  que  se  n'en  parle, 
Que  iéu  deman,  ve,  desbouscarle 
1  *  *  Toute  la  Cran  enjusquo  en  Arle  !  .  .  . 

Mirèio!  vese  en  tu  lou  paradis  escrèt! 

17  Mirèio,  escouto:  dins  lou  Rose,» 
'*"*  Disié  lou  fiéu  de  Mèste  Ambrose, 

«l'a'no  erbo,  que  nouman  Verbeto  di  frisoun; 
A  dos  floureto,  separado 
"'  Bèn  sus  dos  plante,  e  retirado 

Au  founs  dis  oundo  enfresqueirado  ; 
Mai  quand  vèn  de  l'amour  pèr  éli  la  sesoun, 

120        18    XJno  di  flour,  toute  souleto, 

Mounto  sus  l'aigo  risouleto 
E  laisse,  au  bon  soulèu,  espandi  soun  boutoun. 
123  jíai^  de  la  vèire  tant  poulido, 

l'a  l'autre  flour  qu'es  trefoulido, 

E  la  vesès,  d'amour  emplido, 
Í26       Que  nado  tant  que  pou  pèr  ié  faire  un  poutouo. 

19     E,  tant  que  pòu^  se  desfrisouno 
De  l'embuscun  que  l'empresouno, 


"*  Erbeto  di  fonsoum,  (herbette  aux  boucles),  plante  qu'on  trouve 
dans  le  Rhône  et  dans  les  mares  qui  l'avoisinent,  aux  environs  de 
Tarascon  et  d'Arles. 


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90  OÂKT  OIKQUBN. 

'^      D'aqui,  paureto!  que  roumpe  soun  pecoulet! 

E  lîbro  enfin,  mai  mourtinello, 

De  si  bouqueté  palinello 
182  Fruste  sa  serre  blanquinelle. . .   * 

Un  pouteuDy  pièi  ma  mert,  Mirèie!...  e  sian  soulet!» 

20     Elo  ère  pale;  eu  pèr  délice 
'8^  La  miravo...  Dins  soun  broulice, 

Coume  un  cat-fèr  s'enarco,  alor,  e  vitamen 
De  soun  anqueto  enredounido 
'58  La  chatouneto  espavourdido 

YÒU  escarta  la  man  ardido 
Que  déjà  l'encenturo;  eu  tourna-mai  la  pren... 

"^        21     Mai  parlen  plan,  o  mi  bouqueto, 

Que  li  bouissoun  an  d^auriheto! 
«Finisse!»  elo  gémis,  e  lucho  en  se  toursènt; 
1**  Mai  d'une  caudo  caranchouno 

Déjà  lou  drôle  l'empresouno, 

Oauto  sus  gauto. ..  La  chatouno 
^*'^      Lou  pessugo,  se  courbe,  e  s'escapo  en  risènt. 

22  E'  m'  acò  pièi  la  belugueto 

De  liuen  en  se  trufant:  «Lingueto! 

'^      Lingueto!»  ié  cantavo. ..  Es  ansin,  éli  dous, 
Que  semenavon  à  la  brune 
Soun  blad,  soun  poulit  blad  de  lune, 

153  Mauno  flourido,  ur  de  fourtuno 

Qu^i  pacan  coume  i  rèi  Dieu  li  mando  aboundous. 

23  Un  vèspre  donne,  en  la  Crau  vaste, 
'5^  Lou  bèu  trenaire  de  banasto 

A  l'endavans  d'Ourrias  venié  dins  lou  draiòu. 


*"  Blad  de  luno  (Blé  de  lune).  Au  propre,  faire  de  blad  de  lutte 
signifie  dérober  du  blé  à  ses  parents  à  la  clarté  de  la  lune.  Blad  de 
luno,  au  figuré,  désigne  des  larcins  amoureux.  A  cette  sorte  de  hUid 
de  hmo  Fauteur  a  consacré  une  de  ses  plus  harmonieuses  poésies  {Isclo 
d'or,  Paris  1889,  p.  302  ss.). 


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LA   BATÈSTO.  91 

Lou  tron  d'uno  chavano  acipo 
'^^  Lou  proumier  aubre  que  lou  pipo 

E,  Tiro  bourroulant  si  tripo, 
Yeici  coume  parlé  lou  doumtaire  de  biòu: 

1««        24     «Es  belèu  tu,  fiéu  de  baudrèio, 
Que  l'as  enclauso,  la  Mirèio? 
En  tout  cas,  o  'speia,  d'abord  que  vas  d'alin, 
165  Digo-ié'n  pau  que  m'enchau  d'elo 

*  E  de  soun  mourre  de  moustelo 
Pas  mai  que  dóu  vièi  tros  de  telo 
'•*      Que  te  cuerbe  la  peu!...  l'auses,  bèu  margoulin?» 

25  Vincenet  ressautè;  soun  amo 
Se  revibè  coume  la  flamo; 

^'^^      Soun  cor  ié  boumbiguè  coume  un  fiò  grè  que  part: 
«Panto!  vos  donne  que  te  coustible 
E  que  moun  arpo  en  dous  te  gibleP» 

'"^^  lé  fai  en  l'alucant,  terrible 

Coume  quand,  afama,  se  reviro  un  léupard. 

26  E  de  soun  iro  li  trambleto 
^''^  Fasien  ferni  si  car  vióuleto. 

«Sus  la  grave»,  dis  l'autre,  «anaras  mourreja! 
Car  as  li  man  trop  mistoulino 
^^  E  noun  siés  bon,  raubo-galino, 

Que  pér  gibla'n  brout  d'amarino,     » 
Pér  camina  dins  l'oumbro,  e  pér  gourrineja!» 

1^        27     «0,  coume  torse  l'amarino», 

Respond  Vincén  qu'eiçò  'nverino, 
«Vau  torse  toun  galet!  ...    Ve!  ve!  fuge,  se  pos, 
18«  Fuge,  capoun,  qu'ai  la  maliço! 

Fuge,  o,  Sant  Jaque  de  Galiço! 

Reveiras  plus  ti  tamarisso, 
1®*      Car  vai,  'quest  poung  de  ferre,  embreniga  tis  os!» 

*"  Sant  Jaque  de  Galiço  (Saint  Jacques  de  Galice),  Saint  Jacques 
de  Compostelle.    Voy.  les  vers  X,  329 — 49. 


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92  CANT  CIliQUBN. 

28  Meraviha  de  trouva  'n  orne 
Sus  quau  enfin  sa  ràbi  gome: 

192      «Un  moumen!>  ié  respond  lou  vaquié  regagnons, 
«Un  moumenet,  moun  jouine  tòchi, 
Qu'abren  la  pipo!>  ...  E  de  sa  pòchi 

195  Tiro  un  boursoun  de  peu  de  bòchi 

E'n  nègre  cachimbau  qu'embouco;  e  desdegnous: 

29  «Quand  te  bressavo  au  pèd  d'un  ourse, 
198               T'a  jamai  counta  Jan  de  l'Ourse, 

Ta  bóumiano  de  maire?»  à  Vincèn  digue  'nsin. 

l'a  Jan  de  l'Ourse,  l'ome  double, 
2^1  Que,  quand  soun  mèstre,  emé  dous  couble, 

Lou  mandé  fouire  si  restouble, 
Arrapè,  coume  un  pastre  arrapo  un  barbesin, 

2«^        30    Li  bèsti  tóutis  atalado, 

E  su'no  pibo  encimelado 
Li  bandiguè  pèr  l'èr,  emé  l'araire  après! 
207  E  tu,  marrias,  bonur  t'arribo 

Qu'apereici  i'a  ges  de  pibo!  ...»  * 

^Levariés  pa'n  ai  d'une  ribo, 
2*0      Grand  porc!  n'as  que  de  lengo!»    E  Vincén,  à  l'arrèst, 

31     Coume  un  lebrié  tanco  un  bestiàri, 
Tancavo  aqui  soun  aversàri. 
213      «Que,  dîgo!»  ié  cridavo  à  s'esgargamela, 
«Long  galagu,  que  t'estrampales 


"'/•  UOurae  (voy.  Glossaire)  est  une  plante  commiine  au  bord 
de  la  mer.  Jan  de  l'Ourse  (Jean  de  TOurs),  héros  de  contes  de 
veillées,  espèce  d'Hercule  provençal  auquel  on  attribue  une  foule 
d'exploits,  était  fils  d'une  bergère  et  d'un  ours  qui  l'avait  enlevée.  H 
avait  pour  compagnons  de  gloire  deux  aventuriers  d'une  force  fabuleuse, 
dont  l'un  se  nommait  Arrache-Montagne,  et  l'autre  Pierre  de  Moulin. 
M.  H.  Babou  a  relaté  l'histoire  de  Jean  de  l'Ours  dans  ses  Payens  in- 
nocents de  1857  ou  1858;  M.  Cosquin,  Contes  populaires  j  Paris  1886, 
lui  a  consacré  une  étude  philologique. 


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LA   BATÈ8T0.  93 

Sus  ta  ganchello,  bèn?  davÌEiles 
«»«  0  te  davaleP  .  .  .  Cales?  cales, 

Aro  qu'anan  sache  quau  tetè  de  bon  la? 

32    Es  tu,  gusas,  que  portes  barbo, 
**^  Te  caucarai  coume  uno  garbo! 

Es  tu  qu^as  mespresa  la  vierge  d'aquéu  mas, 
Mirèio,  la  flour  dóu  terraire? 
^^  0,  iéu,  lou  marrit  panieraire, 

léu,  Vincenet,  soun  caligDaire, 
Yau  lava  ti  mesprés  dins  toun  saDg,  se  n'en  as!» 

^^        33     Mai  lou  yaquié  bramo:  «Arri!  àrri! 

Bóumian,  calignaire  d'armàri  ! 
Espèro,  espèro-me!»  ....  Sus-lou-cop  sauto  au  sou; 
**®  Apereila  H  vèsto  volon; 

Picon  di  man,  lis  èr  tremolon; 

Souto  éli  li  caiau  regolon; 
*®^      Un  sus  l'autre  à  la  fes  parton  coume  dous  biòu. 

34  Ansîn  dous  brau,  quand  sus  lis  erme 
Lou  souleias  dardaio  ferme, 

^^      An  vist  lou  peu  courous  e  li  large  malu 
D'uno  vaco  jouino  e  moureto 
Bramant  d'amour  dins  li  sarreto  . .  . 

2^'  E  sus-lou-cop  lou  tron  li  peto, 

E  d^amour  sus-lou-cop  vènon  foui  e  calu. 

35  Pièi  arpatejon,  pièi  s'alucon, 

^^^  Prenon  lou  vanc,  e  zou!  s'ensucon. 

E  prenon  mai  lou  vanc,  e  de  mourre-bourdoun 
Fan  restounti  li  cop  de  tèsto. 
*^^  Longo  e  marrido  es  la  batèsto, 

Car  es  l'amour  que  lis  entèsto, 
Es  l'amour  pondérons  que  li  buto  e  li  poun. 

*^       36    Ansin  éli  dous  tabassavon, 

Ansin,  feroun,  s'escabassavon. 


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94  CAST  CHTQUEN. 

Ourrias  a  recassa  lou  proumié  lavo-dènt; 
2*^  Mai  coume  l'autre  lou  menaço 

D'un  nouyèu  cop,  sa  grand  manasso 
S'aubouro  en  Ter  coume  uno  masso, 
2M      E  d'un  large  gautas  amassolo  Vincèn. 

37  ^Tè!  tè!  frestèu,  paro  aquéu  lèpi!» 
«Tasto,  moun  orne,  s'ai  lou  grèpi!» 

2^^      Se  cridoD  l'un  à  l'autre.  «Ardit!  comto,  bastard, 
Li  blayeiròu  mounte  s'enfounso 
La  rintraduro  de  mis  ounço!> 

*^  «E  tu,  moustras,  comto  lis  ounço, 

Lis  ounço  de  sang  viéu  qu'espiron  de  ta  car!» 

38  Alor  s'arrapon,  se  póutiron, 
261  S'agroumoulisson  e  s'estiron, 

Espalo  contre  espalo,  em'  artèu  contre  artèu; 

Li  bras  se  trosson,  se  fringouion 
^•*  Coume  de  serp  que  s'entourtouion; 

Souto  la  peu  li  veno  bouion, 
Lis  esfors  fan  tibia  li  tèndo  di  boutèu. 

^^       39     Long-tèms,  inmoubile,  s'estellon 
Emé  li  flanc  que  ié  bacellon, 
Coume  quand  bat  de  l'alo  un  pâlot  estardoun: 

^^  Imbrandable,  la  lengo  muto, 

Un  coûtant  l'autre  dins  sa  buto, 
Coume  li  pielo  grande  e  bruto 

2^3      DÓU  pont  espetaclous  qu'encambo  lou  Oardoun. 


"*  Le  célèbre  pont  du  Gard,  un  des  monuments  les  plus  grandioses 
qui  restent  des  Romains.  C'est  une  partie  d'un  aqueduc  de  41  kil.  de 
long,  destiné  à  conduire  à  Nimes  les  eaux  de  deux  sources  des  environs 
d'Uzès,  et  attribué  à  Agrippa,  gendre  d'Auguste  (19  av.  J.  C).  Il  a 
plus  de  269  m.  de  long  sur  49  m.  de  haut  et  se  compose  de  trois  rangs 
d'arcades  superposées,  en  retraite  l'un  sur  l'autre,  les  deux  premiers  de 
six  et  de  onze  arcades  de  mêmes  dimensions,  le  troisième  de  85  arcades 
plus  petites.  Le  tout  est  admirablement  construit,  en  grosses  pierres 
sans  ciment,  sous  le  canal  du  sommet. 


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LA   BATÈ8T0.  95 

40  E  tout-d'un-cop  se  desseparon, 

E  tourna-mai  li  pouDg  se  barroD, 
^*      Lou  trîssoun  tourna-mai  engruno  lou  mourtié: 
Dins  la  furour  que  li  counjounglo, 
lé  van  di  dent,  ié  van  dis  ounglo  .  .  . 
^'^^  Dieu!  quénti  cop  Vincèn  i'ajounglo! 

Dieu!  quénti  bacelas  mando  lou  bouvatié! 

41  Abasimanto  èron  li  mougno 

^2  Qu'aquest  largavo  à  plen  de  pougno; 

Mai  lou  Valabregan,  rapide  e  picadis 
Coume  uno  grelo  que  desboundo, 
^*  A  poun  en  tour  boundo  e  reboundo, 

Reyoulunous  coume  uno  froundo. 
«Veici>,  dis,  *lou  turtau,  gourrin,  que  t'espóutis!» 

^^        42     Mai  coume  tors  Tesquino  à  rèire, 

Pèr  miéus  pica  soun  empegnèire, 
Lou  gaiard  toucadou  subran  Parrapo  i  flanc; 
^®^  A  la  manière  prouvençalo 

Te  lou  bandis  darrié  Tespalo, 

Coume  lou  blad  dessus  la  palo, 
*^      E  vai  pica  de  costo  apereila  au  mitan! 

43     «Acampo!  acampo  Teiminado 

Qu'emé  toun  mourre  as  darbounado, 
2^      E  suâmes  lou  póutras,  vermenoun,  manjo  e  béu!» 
«Proun  de  di!  bèsti  mal-estrucho, 
l'a  que  li  très  e-op  que  fan  lucho!> 
3^  Respond  lou  drôle,  en  quau  s'enclucho 

L'amar  vérin.     Lou  sang  ié  mounto  au  bout  di  peu. 


*••  Variante  des  dictons  :  Li  très  cop  fan  lucho  (Les  trois  coups 
achèvent  la  Intte)  et:  Dins  très  cop  s'envai  la  lucho  (Dans  trois  coups 
la  lutte  s'en  va).  Ces  dictons  s'expliquent  par  Tusage  des  anciens  et  des 
Provençaux  de  ne  déclarer  vainqueur  aucun  lutteur  qui  ne  Tait  emporté 
trois  fois.  Sur  les  usages  des  luttes  provençales,  voy.  J.  Brunet,  Revue 
dê8  lanffues  romanes^  1882,  p.  128. 


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90  CANT   CINQUBN. 

44     Se  relèvo,  lou  panieraire, 
'^  Coume  un  coulobre;  e,  fier  luchaire, 

A  l'agrat  de  péri  vo  de  venja  soun  noum, 
Part  sus  lou  Camarguen  sóuvage, 
^^  E  d'une  force  e  d'un  courage 

Meravihous  pèr  aquel  âge, 
l'alongo  dins  lou  pitre  un  mourtau  cop  de  poung. 

^^        45     Lou  Camarguen  trantaio,  tasto 

Pèr  coûta  soun  esquino  vasto; 
Mai  à  sis  iue  neblous  ié  semble  quatecant 
^?^  Qu'à  soun  entour  tout  fai  que  courre 

La  tressusour  ié  mounto  au  mourre, 

E  pataflòu!  coume  une  tourre 
^^^      Toumbo  lou  grand  Ourrias,  au  mitan  dóu  trescamp!. 

46  La  Crau  ère  tranquilo  e  mudo, 
Aperalin  soun  estendudo 

^'^      Se  perdié  dins  la  mar,  e  la  mar  dins  l'èr  blu: 

Li  ciéune,  li  fòuco  lusènto, 

Li  becaru,  qu'an  d'alo  ardènto, 
^21  Venien  de  la  clarta  mourènto 

Saluda,  long  di  clar,  li  bèu  darrié  belu. 

47  DÓU  vaquié  la  cavale  blanco 
^-*  Toundié  dis  agarrus  li  branco; 

E  vuege,  lis  estriéu,  li  grands  estriéu  ferra, 
Balin-balòu  contro  soun  ventre... 
^2^  «Breguigno  mai!  se  noun  t'esvèntre! 

Lis  ome,  are,  bregand,  pos  sèntre 
S'a  la  cane  vo  au  pan  se  de  von  mesura!» 


•*•  La  cano  (canne),  mesure  de  longueur,  usitée  autrefois  dans 
tout  le  midi  de  la  France.  Elle  se  divisait  en  8  pan  et  valait  deux 
mètres,  plus  ou  moins  selon  le  pays.  Lou  pan  (empan,  longueur  d'une 
main  ouverte)  se  divisait  en  huit  menut,  équivalents  à  31  millimètres 
chacun  ;  le  menut  se  subdivisait  en  huit  menut  de  menut  (un  peu  moins 
de  4  millimètres).  —  Le  pan  s'emploie   aujourd'hui  couramment  pour 


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LA   BATÈ8T0.  97 

3^        48     DÌD8  lou  silènci  dóu  campèstre, 

Lou  panieraire,  d'un  pèd  mèstre, 
Esquichavo  lou  piés  d'Ourrias  amaluga. 
^33  Souto  la  cambo  que  lou  sarro 

Lou  toucadou  luchavo  encaro 

E  pèr  li  brego  e  pèr  li  narro 
^^*      Racavo  à  gros  mouchoun  un  sang  encre  e  maca. 

49  Très  oop  vouguè  jita  de  caire 
Lou  pèd  ounglu  dóu  panieraire; 

339      Très  cop  d'un  tai  de  man  lou  fiéu  de  Mèste  Âmbroi 

L'estemiguè  mai  sus  la  gravo; 

E  lou  vaquié  qu'escuraejavo, 
^2  Emé  d'iue  torge,  retoumbavo 

En  boufant  e  badant  coume  un  orre  bóudroi. 

50  «Lis  ome,  donne,  o  barataire, 
^^^               Lis  a  pas  tóuti  fa,  ta  maire!» 

Vincenet  ié  cridavo.    «I  biòu  de  Séuvo-Riau 
Vai,  vai  counta  quento  es  ma  pougno! 
^®  Vai-t'en  escoundre  ti  boudougno, 

Toun  arrouganço  e  ta  vergougno 

Au  founs  de  ta  Camargo,  au  mitan  de  ti  brau!» 

^**        51     Acò  di,  lachè  la  bestiasso. 

Tau  un  toundèire,  dins  la  jasso, 
Retèn  entre  si  cambo  un  grand  aret  banard; 
^^  Mai  tant-lèu  i'a  toumba  soun  àbi, 

Sus  lou  malu  ié  man  do  un  bàbi 

E  lou  bandis.     Gounfle  de  ràbi, 
^^'^      Ansin,  e  tout  poussons,  lou  vaquié  sauto  e  part. 


le  quart  du  mètre.  —  Le  proverbe,  varié  dans  v.  328  s.,  est  communé- 
ment formulé  :  Lis  ome  se  mesuron  ni  au  pan  ni  à  la  cano ,  ou  plus 
simplement:  Lia  ome  se  mesuron  pas  à  la  cano.  Cela  veut  dire  qu'il 
faut  mesurer  les  hommes  non  à  leur  taille  plus  ou  moins  grande,  mais 
plutôt  à  leur  bravoure  et  à  leur  vigueur. 

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98  CAKT  CIKQUKN. 

52  Udo  pensado  maladito 

A  travès  champ  lou  precepito; 

*^      Jitavo  d'escumenge;  ourlant  e  feroissènt, 
Dins  lis  avaus,  dins  li  genèsto, 
Que  cerco  dounc?  ...  Ai!  ai  !  s'arrèsto  . . . 

3^3  Ai!  ai!  ai!  brando  sus  la  tèsto 

Soun  ficheirouD  terrible  e  lampo  sus  Yincèn. 

53  Quand  se  veguè  souto  la  lanço, 
3^  Sènso  re venge  ni  'speranço, 

Vincenet  paliguè  coume  au  jour  de  sa  mort: 

Noun  que  la  mort  ié  fugue  duro, 
^^  Mai  ço  qu'aclapo  sa  nature, 

Es  de  se  vèire  la  caturo 
D'un  feloun  que  Tengano  avié  fa  lou  pu  fort. 

872        54     «Traite!  ausariés?»  faguè  que  dire. 

E,  voulountous  coume  un  martire, 
S'aplanto . . .  Alin,  alin,  dins  lis  aubre  escoundu, 
^'^^  Favié  lou  mas  de  sa  niestresso. 

Se  ié  viré  'mé  grand  tendresse, 

Coume  pèr  dire  à  la  pastresso: 
^'^^      «Mirèio,  espincbo-me,  que  vau  mouri  pèr  tu!> 

55     O  béu  Vincén!  d'aquelo  qu'amo 
Enca  pantaiavo  soun  amo ... 
^^       «Fai  ta  preguiero!>    Ourrias  ié  venguè  coume  un  tron, 
D'uno  voues  despietouso  e  rauco. 
E  de  souu  ferre  aqui  lou  trauco. 
^®*  Em'un  fort  gème,  sus  la  bauco 

Lou  paure  verganié  barrulo  de  soun  long. 


••^  Ficheifoufiy  trident,  arme  des  gardiens  de  taureaux  sauvages. 
Voy.  IV,  337  note. 

"*  Bauco.  On  désigne  généralement  sous  ce  nom  les  hantes  herbes 
qui  poussent  un  peu  partout  le  long  des  fossés,  sur  les  chemins,  etc.  11 
y  a  parmi  elles  une  espèce  de  stipe  fort  curieuse  qu'on  nomme  baueo 
à  plumety  stipe  empennée  (stipa  pennata),  et  que  Ton  trouve  conunnné- 


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LA   iiATÈSlt).  99 

56     E  Terbo  plego,  «nsaunouaido^ 
^®^    .  £  de  si  cambo  eDterrousido 

Li  fournigo  de  champ  fan  déjà  soun  «aiBin. 
Mai  lou  toucadou  galoupavo. 
890  «^u  (jiai*  (Je  luno,  sua  la  gravo,> 

Tout  en  fugènt  eu  prejitavo, 
«Aniae  li  loup  de  Crau  van  rire,  à  tau  leetûi! ...» 

^^        57     La  Crau  èro  tranquilo  e  mudo. 

Aperalin  soun  estendudo 
8e  perdié  dins  la  mar,  e  la  mar  dins  l'èr  blu; 
*^  Li  ciéune,  li  fouco  lusènto, 

Li  becaru,  qu'an  d'alo  ardènto, 

Yenien  de  la  clarta  mourènto 
^^      Saluda,  long  di  clar,  li  bèu  darrié  brfu. 

58  E  galopo,  vaquié,  galopo 

Que  galouparas! . . .  «Hopo!  hopo!» 
**^      lé  venien  ooume  aco  lis  esclapaire  verd 

A  sa  cayalo  que  chauriho 

Dis  iue,  di  narro  e  dis  auribo. 
^^  Souto  la  luno  déjà  briho 

Lou  Bose,  entre-dournii  dins  soun  lié  desoubert, 

59  Coume  un  roumiéu  de  Santo-Baumo 
^^  Que,  nus,  de  lassige  e  de  caumo 

S'estalouiro  e  s'endor  au  founs  d'un  vabre.    «Hou! 

L'ausès?  . . .  hou  de  la  ratamalo! 
^^^  Hou!  hou!...  En  cuberto  vo'n  ealo, 

Me  passarias  'me  ma  cavalo?» 
De  liuen  lou  capounas  crido  à  très  barqueiròu. 

ment  dans  les  montagnes  méridionales.  Les  pauvres  femmes  de  Van- 
olnse  la  font  teindre  de  couleurs  différentes  après  l'avoir  récoltée,  et  la 
vendent  aux  voyageurs  qui  viennent  voir  Vaucluse.   Voy.  II,  432  note. 

tê» — M  Képétition  poétique  des  vers  319—22. 

^®'  SantO'Baumo  (Sainte-Baume),  grotte  célèbre,  au  milieu  d^nne 
vaste  *forêt,  près  de  Saint-Maximin  (Var).  Selon  la  tradition,  Sainte- 
Madeleine  s'y  retira  pour  faire  pénitence  et  y  mourut.  La  grotte  a  été 
transformée  en  chapelle,  et  c'est  encore  aujourd'hui  un  pèlerinage. 

7* 


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100  CANT   CINQUEN. 

*^*        60     «Vène  lèu,  vène,  bono  voio!» 

Respoundeguè  'no  voues  galoio, 
«Que,  pèr  vèire  mounta  de  la  niue  lou  calèu, 
^^^  Entre  li  remo  e  la  partego 

Lou  pèis  entrefouli  vanego  . . . 

La  pesco  presse,  acò  boulego, 
*^^      Moun  ome,  l'ouro  es  bono  .  .  .  Abordo,  aborde  lèu!> 

61  En  poupe  lou  fenat  s'assèto. 
La  cavale,  darrié  la  bète, 

^•3      Nadavo,  la  caussano  estacado  à  Testrop. 

E  li  grand  pèis,  vesti  d'escaume, 

Abandounant  si  fóunsi  baume, 
*^^  DÓU  Rose  mouvien  la  calaumo 

E,  lusènt,  boumbissien  à  Tentour  de  la  pro. 

62  «Mèstre  pilot,  douno-te  garde! 

*-^  La  nau,  semble  que  vèn  panarde!» 

E  lou  qu'avié  parla,  pèd  sus  banc,  sus  lou  rèm 
Tourna  se  pleguè  coume  un  vise. 
'<32  «l'a'n  mouraenet  que  me  n'avise  .  .  . 

Pourtan  un  marrit  pes,  vous  dise,» 
Respoundè  lou  pilot;  e  pièi  digue  plus  rèn. 

^^^        63    La  ratamalo  trantaiavo 

D'un  biais,  de  l'autre,  gansouiavo 
D'un  balans  esfraious  coume  un  ome  embria. 
^^  La  ratamalo  ère  marrido, 

Avié  li  post  mita  pourrido  . . . 

«Tron  de  Dieu!»  lou  toucadou  crido . . . 
*^*      E  s'arrapo  à  l'empento  e  s'aubouro  esfraia. 

*•'  Fenat,  mauvais  sujet,  sacripant,  scélérat.  Horace  a  dit  dans 
le  même  sens  en  parlant  d'un  méchant  homme:  Fœnum  hahet  in  cornu 
(sat.  I,  4,  34).  C'était  proverbial  chez  les  Romains ,  et  ce  dicton  venait 
de  l'usage  où  l'on  était  autrefois  de  mettre  du  foin  aux  cornes  des 
taureaux  dangereux,  pour  avertir  de  s'en  garder. 

^•^  Pèd  sus  banc  (pieds  sur  banc).  Meire  (mettre)  pèd  sus  banc, 
en  terme  de  marine,  c'est  mettre  le  pied  sur  le  petit  banc  qui  est  de- 
vant le  siège  des  rameurs,  pour  faire  plus  de  force,  et  fig.  travailler 
avec  ardeur. 


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LA   BATÈ8T0.  101 

64  Mai,  souto  uno  invesîblo  forço, 
La  nau  sèmpre  que  mai  bidorso, 

*^      Coume  uno  serp  en  quau  un  pastre  em'un  clapas 

A  coupa  lis  esquino.    «Soci, 

Perqué  fasès  aquéu  trìgòssiP 
**^  Voulès  dounc  que  me  nègue?>  i  mòssi 

Yenguè  lou  toucadou,  pale  coume  un  gipas. 

65  «Pode  plus  mestreja  la  barco!» 
^^               Respoundè  lou  pilot.    «S'enarco 

Souto  iéu  e  boumbis  coume  uno  escarpe  fai: 

As  tua  quaucun,  misérable !> 
*58  «Iéu?  . . .  Quau  te  l'a  di?  . . .  Que  lou  diable, 

S'acò's  verai,  'mé  soun  rediable 
Me  póutire  subran  au  founs  di  garagai!» 

*^        66     <Ah!»  countuniè  lou  pilot  blave, 

Es  iéu  que  me  troumpe!  oublidave 
Qu'es  anîue  Sant  Medard.    Tout  paure  negadis, 

**^  Di  toumple  afrous,  di  revòu  sourne, 

Pèr  founs  que  l'aigo  l'encafourne. 
Sus  terro  aniue  fau  que  retourne . . . 

*^*      La  longo  proucessioun  adeja  s'espandis. 


*^  Sant  Medard  (La  Saint-Mèdard,  8  juin).  La  légende,  répétée 
dans  les  vers  suivants,  raconte  que  les  noyés,  qui  n'ayant  pas  reçu 
Textrême  -  onction  ne  peuvent  gagner  le  paradis,  ont  une  dernière 
chance  de  salut,  s'ils  trouvent  dans  la  nuit  de  Saint-Médard  assez  de 
bonnes  œuvres  faites  par  eux  pour  en  former  un  bouquet  de  fleurs. 
M.  Maass,  l.  c,  p.  12,  voudrait  mettre  cette  légende  en  rapport  avec 
l'expression  óumorno  flourido  (aumône  fleurie)  XII,  347,  aumône  donnée 
par  un  pauvre  à  un  plus  pauvre  et  qui  se  change  pour  le  donateur  en  fleur, 
parce  que  c'est  une  bonne  œuvre  d'un  mérite  particulier.  Il  rappelle  aussi 
les  vers  X,  190-2;  215-  8;  255-7, 

0  Santi  Mario 
Que  poudès  en  flour 

Chanja  nòsti  plour, 
parce  que  les  larmes  versées  par  un  malheureux  parlent  également  en 
sa  faveur. 


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102  CAIIT   CINQUBN. 

67  Ve-lèi!.,.  pàuris  amo  plourouso! 
Ve-lèil  8U8  la  ribo  peirouso 

^^^      Monnton  à  pèd  descaus:  de  si  vièsti  lima, 

De  Boun  peu  amechouli,  coulo 

A  gros  degout  Taigo  treboulo. 
*^  Dins  l'oumbro,  souto  li  piboulo, 

CaminoD  à  renguiero,  em'un  cire  aluma. 

68  Coume  regardon  lis  estello! 
*^^                D6u  sablas  que  lis  empestello 

En  derrabant  si  canibo  arrampido,  pecai! 

Emé  si  bras  blu,  'roé  sa  tèsto 
^'^*  Mounte  la  nito  encaro  rèsto, 

Es  éli,  coume  uno  tempèsto, 
Que  tuerton  lou  batèu  d'aquéu  rude  trantai. 

477        g9     Toujour  quaucun  de  mai  arribo 

E  mounto,  afeciouna,  la  ribo. 
Coume  bevon  l'èr  linde  e  la  visto  di  Crau 
^^  E  la  sentour  que  vèn  di  fòure! 

E  coume  trovon  dous  lou  mòure, 

En  regardant  si  vièsti  plòure  ! . . . 
488      Toujour  quaucun  de  mai  mounto  dóu  cadarau!... 

70     l'a  de  vièi,  de  jouine,  de  femo,» 
Disié  lou  mèstre  de  la  remo . . . 
*^^      «(Coume  espòusson  la  fango  e  l'ourrour   dou   pesquié!) 
De  forme  descarnado  e  berco; 
De  pescadou  qu'èron  en  cerco 
^^  D'aganta  lou  lampre  e  la  perco, 

E  qu'i  perco  em'i  lampre  an  servi  de  pasquié. 


D'après  les  vers  XI,  160  s. 

Anan  entendre  lou  sonlàmi 
Di  negadis,  que  Toundo  escoubiho,  pecai! 
la  superstition  populaire  fait  entendre  les  morts  aussi  quand  la  tempête 
fouette  les  vagues  de  la  mer.    Cf.  Maass,  /.  c. 


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LA   BATÈ8T0.  103 

71     Ve!  regarde  aquéu  vòu  qu'esquiho, 
*^  Descounsoula,  sus  li  graviho  . . . 

Es  li  bèlli  chatouDO,  es  li  folo  d'amour, 
Que,  de  se  vèire  separado 
*^*  De  Tome  ama,  desesperado, 

An  demanda  la  retirado 
Au  Rose,  pèr  nega  soun  inmènso  douleur. 

498        72     Ve-lèi!...  0  pàuri  pichounello! 

Dins  la  sournuro  clarinello, 
Boulegon  si  sen  nus,  em'un  tau  rangoulun, 
^*  Souto  l'augo  que  li  mascaro, 

Que,  de  soun  peu  neblant  sa  caro* 

A  long  trachèu,  iéu  doute  encaro 
^^      S'es  d'aigo  que  regoulo  o  s' es  Tamar  plourun.» 

73  Lou  pilot  quinquè  plus.   Lis  amo 
A  la  man  tenien  uno  flamo, 

^'^      E  seguien,  à  la  mudo  e  plan,  lou  ribeirés. 
Aurias  ausi  voula'no  mousco  . . . 
«Mèstre  pilot!  mai,  dins  la  fousco, 
^í®  Vous  semble  pas  que  soun  en  beu8co?> 

lé  fai  lou  Camarguen,  d'orre  e  d'espaime  près. 

74  «0,  soun,  en  bousco  . . .  Ve,  pecaire! 
^^^                Coume  testejon  de  tout  caire! 

Cercon  li  bonis  obro  e  lis  ate  de  fe 

Que  sus  la  terre  semenèron, 
^^*  Espés  0  clar,  quand  ié  passèreu. 

Tre  qu'aperceven  ço  qu'espèron, 
Coume  au  fres  margaioun  vesèn  courre  l'avé, 

*^^        75     Se  preoepiton;  e,  culido, 

Entre  si  man  l'obro  poulido 
Vèn   uno  fleur;   e  quand,   pèr   un  bouquet  n'an  proun, 
^^  A  Dieu,  alègre,  lou  fan  vèire, 

E  vers  li  porte  de  Sant  Pèire 

La  fleur  emporte  lou  cuièire. 
5*5      Dins  l'engrau  de  la  mort  toumba  de  reviroun. 


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104  CANT   CINQUEN. 

76  I  negadis  ansin  Dieu  même 
Douno  un  relais  pèr  se  redeme. 

528      jitai  souto  lou  glavas  dóu  fluve  segrenous, 
Avans  que  Faubeto  s'enaure, 
Ve-n'-en  que  tournaran  s'euclaure: 

631  Negaire  de  Dieu,  manjo-paure, 

Tuaire  d'ome,  traite,  escabot  vermeDOus. 

77  Cercon  uno  obro  que  11  sauve 
5^  E  noun  poussigon,  dins  lis  auve, 

Que  pecatas  e  crime,  en  formo  de  caiau 
Mounte  soun  artèu  nus  s'embrounco. 
5^  Fin  de  miòu,  fin  de  cop  de  rounco! 

Mai  éli,  dins  Terso  que  rounco, 

Sens  fin  barbelaran  lou  perdoun  celestiau!» 

5^^        78     Coume  un  bregand  à-n-un  recouide, 
Ourrias  aqui  l'arrapo  au  couide: 
«L'aigo  dins  lou  batèu!»    «l'a  l'agouta»,  respond, 

^8  Tranquile,  lou  pilot.    En  aio, 

Ourrias  agoto,  e  zóu!  travaio 
Coume  un  perdu  ! . . .    De  Trenco-Taio 

54«      Li  Trèvo  aquelo  niue  dansavon  sus  lou  pont. 


**'  Fin  de  miòu,  fin  de  cop  de  rounco  (fin  de  mulet,  fin  de  coups 
de  trique),  sentence  créée  par  Fauteur  sur  le  thème  antique:  Finis 
miseriae  mors  est, 

•**  Trenco-Taio  (Trinquetaille),  faubourg  d'Arles,  situé  dans  la 
Camargue,  sur  la  rive  droite  du  Rhône,  anciennement  le  quartier  com- 
merçant de  la  ville,  aujourd'hui  sans  intérêt.  Un  pont  de  fer  le  relie 
à  la  ville;  à  Tépoque  où  M.  Mistral  écrivait  MirHo.  c'était  encore  un 
pont  de  bateaux. 

*"  Li  Trèvo  (Les  Trêves)  ou  Trevan  (voy.  v.  VI,  262),  fantômes 
qui  hantent  les  maisons  inhabitées  et  qui  se  manifestent  par  certains 
bruits  étranges,  ou,  comme  ici,  lutins  qui  dansent  à  la  pointe  des  ondes, 
quand  le  soleil  ou  la  lune  fait  miroiter  les  eaux.  Le  verbe  tref^a  (hanter, 
en  parlant  de  revenants)  se  trouve  aussi  II,  136,  où  le  poète  raconte 
que  les  vieux  princes  des  Baux  trèvon  dans  la  grande  tour  écroulée  de 
cette  ville.  —  Les  vers  545/6  sont  répétés  aux  v.  573/4,  à  la  fin  du  Chant. 


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LA    BATÈ8T0.  105 

79  E  zóu!  agoto,  Ourrias,  agoto 
Qu'agoutaras  ! . . .    La  cavaloto, 

^^^      Pèr  se  descabestra,  folo!  —  «Blanco,  dequ'as? 

As  pou  di  mort?»  ié  dis  soun  mèstre 

Qu'a  li  peu  dre  de  l'escaufèstre. 
^'^^  E,  sournaru,  lou  toumple  eiguèstre, 

De-long  dóu  bregànèu,  afloco,  ras  à.  ras. 

80  'Sabe  pas  nada,  capitàni!... 
^^*                La  sauvarés,  la  barco?»    «Nàni! 

Encaro  un  vira-d'iue,  la  barco  toumbo  à  founs. 

Mai,  de  la  dougo,  ounte  varaio 
'**^  La  proucessioun  que  tant  t'esfraio, 

Li  mort  nous  van  manda'no  traio.* 
E  coume  a  di,  la  barco  au  Rose  se  prefouud. 

^'        81     E,  dins  la  liuencho  escuresino, 

E  di  viholo  fouscarino 
Qu'i  man  di  negadis  tremolon,  un  long  rai 
^*  D'uno  ribo  à  l'autre  lampejo, 

E  coume,  au  soulèu  que  pouncbejo, 

Coume  uno  aragno  que  fielejo 
^^'^       Se  laisse  resquiha  de-long  dou  fiéu  que  trai, 

82     ]ji  pescadou  (qu'èron  de  Trèvo!) 
Au  rai  claret  que  fai  co-lèvo 
^*^^      Se  guindon  e  lèu-lèu  s'esquihon  tout-de-long. 
D'entre  l'aigo  que  l'eumourraio, 
Ourrias  peréu  mando  à  la  traio 
^^8  Si  man  crispado  ! . . .    A  Trenco-Taio, 

Li  Trèvo,  aquelo  niue,  dansèron  sus  lou  pont! 


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CANT  SIEISENO 

LA  MASCO 

A  Paobo,  tre«  ponroadé  troTon  Vinoèn  dins  sonn  —ng,  ettenda  dint  Ht  enne  de  Crma.  — 
L'adiuon  à  la  bratteto  au  Mas  di  Falabref  o.  —  Dl^ettionn  :  loa  Felibre  te  reeoamando 
à  fit  ami ,  li  felibre  de  ProoTènço.  —  Doaloar  de  Mirèio.  Porton  Yinoèn  an  Trao  di 
Fado,  cafomo  dit  Esperit  de  niae  e  demoaraoço  de  la  maaoo  TaTen,  eseoaojararello 
de  tout  maQ.  —  Li  Fado.  —  Mirèio  acoampagno  •oan  oaligrnaire  dins  H  borno  de  la 
mounta^o.  —  La  Mandragouro.  —  Lit  aparicioun  de  la  baamo:  Li  Foaletonn,  l'Etperit 
Fantatti,  la  Bagadiero  dóa  Yentonr.  —  Raconte  de  la  matoo  :  la  Mette  di  mort,  loa 
Sabatòrl,  la  Garamaado,  loa  Oripet,  la  Bambarouoho,  la  diaocho-Vièio,  Ht  Etcarinohe, 
li  Dra,  loa  Chin  de  Cambao.  loa  Baroan  CatHhoon.  —  L'A^èa  nefre,  la  Cabro  d'or. 
—  Taren  etcoanjaro  la  plago  de  Yincèn.  —  Bnanramen  e  proafetito  de  la  matoo. 

1     A  Taubo  claro  se  marido 
Lou  clar  caota  di  bouscarido. 
•^         La  terro  enamourado  espèro  lou  soulèu, 
Vestido  de  frescour  e  d'aubo, 
Coume  la  chato  que  se  raubo, 
*^  Dins  la  plus  bello  de  si  raubo 

Espèro  lou  jouvènt  que  i'a  di:  «Parten  lèu!» 

*)  Ce  Chant,  embairas  et  souvent  pierre  d'achoppement  pour  les 
critiques  et  les  commentateurs  de  notre  poète,  a  trouvé  une  interpré- 
tation symbolique  par  le  poète  allemand  L.  Giesebrecht,  dans  la  lettre 
publiée  par  M.  Bertuch  à  Tintroduction  de  sa  Traduction  allemande  (cf. 
Introd.  p.  XLii  s.).  Voici  Topinion  de  cet  interprète:  Mistral  a  donné, 
dans  son  sixième  Chant,  des  significations  aux  croyances  populaires, 
qui,  certes,  n'existaient  jamais  dans  Topinion  du  peuple.  Ces  fées, 
Esprits  légers,  mystérieux,  que  Dieu  avait  créées  demi  -  terrestres 
afin  qu'elles  fussent,  pour  ainsi  dire,  Tâme  visible  des  campagnes,  et  afin 
d'apprivoiser  la  sauvagerie  des  premiers  hommes,  mais  qui,  au  lieu  d'é- 
lever les  mortels  vers  les  célestes  espaces,  passionnées  de  nos  passions, 
tombèrent  de  leurs  hauteurs  dans  notre  obscur  destin  (voy.  v.  162—175). 
qu'est-ce  qu'elles  sont  sinon  les  dispositions  morales  des  hommes  tom- 


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CANT   dIElSEN.      LA   MASCO.  lOT 

2     En  Crau  très  ome  caminavon, 

Très  pourcatié,  que  s^entourDavon 
De  Sant-Chamas  lou  riche,  ounte  èro  lou  marcat. 

Venien  de  vendre  sa  toucado 

E,  tout  en  fasènt  la  charrado, 

Sus  l'espalo,  à  Tacoustumado, 
Pourtavon  sis  argent  dins  si  roupo  amaga. 


^®  Sant'Chamas  (Saint-Ohamas),  bourg  près  de  rextrémité  nord- 
est  de  Tétang  de  Berre,  avec  une  poudrerie  très  importante. 

bés  dans  la  bassesse  et  la  vilenie  de  leur  race?  Les  Follets,  abatteurs 
de  moisson,  ces  vilains,  ces  fanfarons  représentent,  sans  doute,  Tesprit 
laisonnenr,  démolisseur.  Taven  en  dit:  «Et  dans  le  bien  que  nous 
pouvons  faire,  dire  ensuite  qu'il  nous  faut  employer  telle  engeance! 
Car  oui,  de  même  que  le  médecin  tire  le  bon  du  pire,  nous  forçons,  par 
la  vertu  des  sortilèges,  le  mal  à  engendrer  le  bien»  (v.  266 — 72).  L'Esprit 
Fantasti  est,  comme  l'indique  son  nom,  l'imagination  sans  tenue,  qui,  selon 
ses  caprices,  saisit  le  bon  et  le  mauvais  et  le  fait  vivre  par  les  arts.  Dans 
la  Lavandière  (v.  340-2;  351—56),  on  reconnaît  facilement  ce  que  nous 
appelons  aujourd'hui  la  puissance  de  la  phrase.  Le  troupeau  de  porcs 
qui  se  jette  dans  les  jambes  des  amants,  et  à  cause  duquel  Taven  les 
exhorte  à  bien  garder  leurs  couronnes  magiques  (v.  380—3),  symbolise  la 
sensualité.  La  sorcière  l'appelle  elle-même:  mau-vivènti  sautarello  (v.  394). 
Elle  distingue  ensuite  les  fantômes  qui  hantent  la  grotte  des  Fées  pen- 
dant la  journée  et  en  sortent  pendant  la  nuit,  en  deux  groupes.  Les  uns 
se  rendent  dans  les  églises,  les  autres  dans  la  Crau.  Dans  les  églises,  on 
lit  la  messe  des  morts,  c'est-à-dire:  des  morts  spirituellement,  parmi  les- 
quels le  prêtre  desservant  est  le  seul  vivant.  Dans  la  Crau  règne  le 
Sabbat,  c'est-à-dire:  le  champ  y  est  libre  à  tous  les  vices,  à  tous  les 
délits  qui  craignent  la  lumière.  Soudain  la  sorcière  s'écrie:  «Ouvrez 
roreille  et  les  yeux!  L'Agneau  noir  nous  appelle.  Aux  chrétiens  im- 
prudents alléchés  par  sa  voix,  il  montre  la  place  où  la  Chèvre  d'or  fut 
enfouie  par  les  Sarrasins.  Jusqu'à  leur  mort  ils  la  traient  tant  qu'ils 
veulent;  mais  à  l'agonie,  lorsqu'ils  râlent,  qu'ensuite  ils  fassent  de- 
mander le  sacrement  divin!  Le  Noir  leur  réplique  par  un  orage  de 
coups  sur  les  côtes.  Et  néanmoins,  aux  temps  mauvais  où  nous  sommes, 
temps  marqués  par  la  morsure  de  tout  vice,  combien  d'âmes  sèches  et 
affamées  de  gain  qui  mordent  à  son  piège  et  qui  font  fumer  leur  encens- 
à  la  Chèvre  d'or!»  (v.  465— 518).  Ces  vers  n'ont  pas  besoin  d'être  inter- 
prétés.   Enfin,  dans  la  troisième  grotte,  à  la  fin  des  fins,  se  fait  la  gué- 


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108  CANT  81EI8EN. 

'^  3     Quand  tout-d'un-cop:  «Chut!  cambarado, 

Fai  un  di  très,    ra'no  passado 
Que  me  semble  d'ausi  seuspira  dins  li  brusc.» 
«Hòu!>  fao  lis  autre,  «es  la  campano 
De  Sant-Martin  o  de  Maussauc, 
0  belèu  bèn  la  Tremountano 
Que  gansouio  en  passant  li  tousco  d'agarrus.» 


18 


**  Sant' Martin  (Saint-Martin)  de  Cran,  village  sitaé  dans  la  Crau. 
—  MatissanOj  voy.  IV,  129  note. 

rison  de  Vincent  :  la  vieille  èchaude  la  poitrine  du  blessé  avec  le  contenu 
de  sa  marmite  magique.  En  même  temps,  elle  est  saisie  par  Tesprit 
prophétique.  «Christ  ressuscitera!»,  s'écrie-t-elle.  Dans  son  extase,  elle 
le  voit  monter  au  Calvaire,  mais  pas  de  Véronique,  pas  de  Simon  Cyré- 
néen,  pas  de  Maries  plaintives,  personne  qui  ait  pitié  du  porte-croix! 
Les  hommes  sont  comme  Tétaient  les  Juifs.  Une  destruction  pareille  à 
celle  de  Jérusalem  anéantira  la  nouvelle  race,  et  ce  qui  est  pierre  de- 
viendra poussière.  «Oh,  que  de  lances!  oh,  que  de  sabres!  Sur  quels 
monceaux  de  cadavres  vois-je  bondir  Teau  des  ravins!  Pacifie  tes  vagues, 
mer  tempétueuse  !  Aïe,  la  barque  antique  de  Pierre  s^est  brisée  aux 
Âpres  rochers  où  elle  frappe!  Mais  voyez!  Le  maître  pêcheur  a  dominé 
le  flot  rebelle;  dans  une  barque  belle  et  neuve,  il  gagne  le  Rhône  et 
rebondit  parmi  les  vagues,  avec  la  croix  de  Dieu  plantée  au  timon  !  Oh, 
divin  arc-en-ciel!  immense,  éternelle  et  sublime  clémence!  Je  vois  une 
terre  neuve,  un  soleil  qui  réjouit!  Dieu  est  adoré  dans  son  temple»  (v. 
582—639).  —  Ainsi  de  la  prophétie.  La  barque  de  Pierre  est,  sans  doute. 
rÊglise  catholique  ;  mais  qui  est  le  maître  pécheur?  le  Pape  ou  le  Christ  V 
D'après  le  contexte  ce  doit  être  ce  dernier  dont  la  résurrection  est 
annoncée. 

Le  symbolisme  que  Giesebrecht  prête  à  notre  poète,  même  pour 
Tensemble  de  sa  Mirèio,  n'a  pas  trouvé  beaucoup  de  croyants,  et  il  ne 
les  a  pas  mérités.  Mistral  a  voulu  simplement  peindre,  dans  le  Chant 
VI  comme  dans  les  autres  Chants  de  son  poème,  les  mœurs  et  les  croy- 
ances des  habitants  de  son  pays.  Les  paysans  n'aimant  pas  à  appeler 
des  médecins  à  leur  secours,  il  était  naturel,  dans  le  cas  de  Vincent, 
de  recourir  à  la  vieille  Taven  qui,  déjà  Chant  III,  298  ss.,  avait  pris 
parti  pour  cet  amant  et  s'y  était  montrée  supérieure  aux  autres  femmes. 
Pour  la  sorcière,  il  fallait  une  demeure  ou  un  refuge  digne  d'elle  et  de 
ses  sorcelleries;  la  grotte  des  Fées  s'offrait  d'elle-même,  et  avec  elle 
l'occasion  de  passer  la  revue  des  superstitions  en  cours  dans  la  Provence 


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liA   MASCO.  109* 

4  Coume  acabavon,  di  genèsto 
Sort  un  plagnoun  que  lis  arrèsto, 

^*       Un  plagnoun  tant  doulènt  que  ti'encavo  lou  cor. 

«Jésus!  Maria!»  touti  faguèron, 

<ra  mai-que-mai!»  e  se  signèron, 
-^  E  d'aise,  d'aise,  caminèron 

De  mounte  li  plagnoun  venien  toujour  pu  fort. 

5  Oh!  que  'spetacle!   Dins  l'erbage, 
^                 Sus  li  caiau,  'mé  lou  visage 

Rcvessa  pèr  lou  sou,  Vincèn  èro  estendu: 

La  terro  à  l'entour  chaupinado, 
^^  Lis  amarino  escampihado 

E  sa  camiso  espeiandrado 
E  l'erbo  ensaunousido  e  soun  pitre  fendu! 

s*  6     Abandonna  dins  la  campagne, 

Emé  lis  astre  pèr  coumpagno, 
A  qui  lou  paure  drôle  avié  passa  la  niue. 
3^  E  l'aubo  umido  e  clarinello. 

En  ié  picant  sus  li  parpello, 

Dedins  si  veno  mourtinello 
*^        Reviscoulè  la  vido  e  ié  durbè  lis  iue. 


an  cominencement  du  siècle.  Les  vents-coulis  de  l'antre  se  changeaient 
en  latins,  ses  bmits  étranges  en  voix  de  fantôme,  sa  population  ailée 
en  spectres  ou  êtres  fantasques  de  toutes  sortes,  et  les  sensations  et 
les  frissons  des  deux  intrus  en  attouchements  de  quadrupèdes  imaginaires. 
Ainsi  tonte  la  mythologie  populaire  pouvait  être  présentée.  Naturel^ 
lement  la  sorcière  était  pourvue  des  ustensiles  et  des  compagnons 
chers  à  ses  égales:  la  marmite,  les  herbes  magiques,  la  poule  blanche, 
les  chats  noirs  aux  yeux  incandescents,  rien  ne  manque.  Enfin 
la  sorcière,  ppur  faire  sa  cure,  avait  besoin  de  formules  magiques. 
Il  a  pin  au  poète  de  la  faire  prophétesse  ou  plutôt  de  lui  mettre  dans 
la  bonche  des  paroles  incohérentes,  pleines  d'allusions  aux  souffrances 
de  Jésus-Christ,  comme  c'est  l'habitude  pour  les  cures  dites  symbo- 
liques. Ce  ne  sont  que  les  dernières  paroles  de  Taven  qui  ont  rapport 
à  certaines  prophéties  qui  annoncent  le  retour  de  la  papauté  à  Avignon, 
après  quelque  cataclysme  européen  ou  social. 


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110  CAMT  81£I8EN. 

7  E  li  très  orne,  tout  en  aio, 
QuitèroD  tout-d'un-tèms  la  draio: 

^^       E,  courba  tóuti  très,  ié  faguèron  un  brès 
De  si  roupo,  qu'espandiguèron  ; 
Pièi  entre  tóuti  lou  prenguèron 

^^  A  la  brasseto,  e  l'aduguèron 

Au  Mas  di  Falabrego,  ounte  èro  lou  pu  près.. 

8  0  dous  ami  de  ma  jouvènço, 
^^                 Valent  Felibre  de  Prouvènço, 

Qu'escoutas,  atentiéu,  mi  cansoun  d^autre-tèms  : 
ïu  que  sabes,  o  Roumaniho, 
**  Entrena  dins  tis  armounio 

E  li  plour  de  la  pacaniho 

E  lou  rire  di  cfaato  e  li  flour  dóu  printèms; 


^  88.  Évocation  de  poètes  provençanx,  amis  de  jeunesse  de  notre 
antenr,  qui  doivent  prendre  la  place  des  Mnses,  et  à  qui  M.  Mistral 
^lève  ici  an  monument  poétique.  Quand  le  jeune  auteur  travaillait  à 
son  poème  de  Mirèio,  il  lisait  les  chants,  au  fur  et  à  mesure  de  lenr 
composition,  au  groupe  des  premiers  f  élibres  qu'il  recrutait  soit  à  Avignon, 
soit  à  Maillane,  soit  à  Font-Ségugne.  Ces  amis  Tapplaudissaient  avec 
enthousiasme,  et  Mistral  voulut  les  en  récompenser  en  inscrivant  leurs 
noms  dans  le  poème.  L'idée  lui  en  vint,  quand  il  travaillait  à  ce  sixième 
chant  (vers  1855).  —  Les  vers  50—84  ont  été  pris  pour  une  allusion  à  la 
fondation  du  Félibrige,  et  on  a  voulu  y  voir  la  liste  officielle  des  Sept  de 
Font-Ségugne  qui,  le  21  mai  1854,  établirent  les  bases  de  cette  société.  C'est 
une  erreur  :  en  dehors  de  Mistral,  seuls  Roumanille,  Aubanel,  A.  Mathieu, 
Paul  Giéra  et  Tavan  étaient  de  leur  nombre;  Garcin  qu'on  croyait  le 
septième  fondateur,  bien  qu'il  fit  partie  de  la  camaraderie,  n'était  pas 
à  Font-Ségugne.    Voy.  Introd.  p.  vu,  et  Jourdanne,  l.  c,  p.  199  s. 

"  Roumaniho  (Roumanille),  né  le  8  août  1818,  «d'un  jardinier  et 
d'une  jardinière,  dans  les  jardins  de  Saint-Remy».  fit  ces  études  clas- 
siques et  embrassa  d'abord  la  carrière  de  l'enseignement.  Dès  l'âge  de 
17  ans,  il  se  mit  à  composer  des  poésies  dans  la  langue  de  sa  mère. 
A  27  ans,  en  1846,  U  entra  comme  professeur  dans  un  pensionnat  d'A- 
vignon, qui  comptait  parmi  ses  élèves  le  jeune  Mistral,  alors  âgé  de  15 
ans.  Bientôt  naquit  entre  le  maîta'e  et  l'élève  une  amitié  que  rien  n'a 
jamais  affaiblie.  (Voy.  Introd.  p.  xxiv.)   Roumanille  abandonna  ensnite  le 


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LA   MASCO.  111 

9     Tu  que  di  bos  e  di  ribiero 

Cerques  lou  sourne  e  la  fresquiero, 
Pèr  toun  cor  coumbouri  de  pantai  amourous, 


professorat,  fat,  pendant  dix  ans,  correctenr  de  Timprimerie  Seguin 
d'Avignon,  pois,  ce  métier  affaiblissant  sa  vue,  se  fit  libraire  et  se  donna 
tont  entier  à  son  œuvre.  On  rappelle  communément  le  Père  du  Féli- 
brige;  et  en  effet,  par  Tencouragement  du  jeune  Mistral,  par  ses  ou- 
vrages personnels:  Li Margarideto  (les  Pâquerettes),  publiées  dès  1847; 
lA  Nouvè  (les  Noëls),  composés  de  1845 — 1869;  li  Sounjarello  (les  Son- 
geuses), parues  en  1862  ;  la  Part  de  Dieu  (1863)  ;  la  Campano  mountado 
(la  Cloche  montée,  poésie  héroï-comique,  qui  date  de  1857)  ;  li  Flour  di 
Sàupî  (les  Fleurs  des  Sauges);  par  la  publication,  en  1852,  des  Prouven- 
çaîo  (les  Provençales),  œuvre  collective,  où  à  côté  de  R.  parurent  pour 
la  première  fois  Anselme  Mathieu,  Mistral  et  Aubanel  et  qui  fut  le  vé- 
ritable manifeste  de  la  nouvelle  École;  par  la  fondation,  en  1854,  de 
VAnnana  Prouvençau  (l'Almanach  provençal),  où  il  a  inséré  beaucoup 
de  pièces  de  vers  pleines  d'humour,  de  nombreux  contes  dune  gaîté 
aussi  franche  qu'honnête,  aussi  comme  éditeur  et  comme  libraire,  R.  a 
contribué  largement  à  la  réussite  du  mouvement  de  rénovation  litté- 
raire qu'on  appelle  le  Félibrige.  Il  est  mort  le  24  mai  1891.  Ses  amis 
lui  ont  érigé  un  monument  dans  le  jardin  public  d'Avignon.  Cf.  Ma- 
riéton,  Eoumanille,  dans  la  Eei^e  Félihréenne,  1891,  p.  65  ss. 

"  ss.  Auhanèu  (Aubanel),  né  à  Avignon  en  1829,  fils  d'un  im- 
primeur et  imprimeur  lui-même,  a,  comme  Roumanille,  contribué  puis- 
samment au  succès  de  la  Renaissance  littéraire  du  Midi,  aussi  bien  par 
ses  presses  que  par  sa  plume.  Après  avoir  révélé  son  nom  et  son  talent 
par  des  poésies  insérées  daDS  li  Prouvençalo,  dans  VArmana  (voy.  Introd. 
p.  v)  et  dans  un  recueil  de  Noëls,  il  publia,  en  18()0,  au  lendemain 
de  la  triomphale  apparition  de  Mirèio,  la  Miôugrano  entre- duberto 
(la  Grenade  entr'ouverte).  Le  succès  de  ce  recueil  poétique  fut  immense, 
et  Zani,  la  jeune  fille  aimée  et  célébrée  par  le  poète,  vint  grossir 
le  groupe  glorieux  des  amantes  de  poètes  immortalisées.  La  première 
partie  de  ce  recueil  dit  l'histoire  de  cette  Zani  qui,  par  crainte  de  l'a- 
mour, se  sauva  dans  un  monastère,  la  seconde  et  la  troisième  sont  for- 
mées de  paysages  et  de  visions  d'histoire  provençale.  Li  fiho  d'Avig- 
•noun  (les  Filles  d'Avignon),  imprimées  plus  tard,  sont  formées  d'odes 
merveilleuses  à  l'honneur  de  la  femme.  A.  a  aussi  composé  trois  drames 
en  vers  provençaux,  dont  lou  Pan  dôu  pecat  (le  Pain  du  Péché),  traduit 
par  P.  Arène  pour  le  Théâtre  libre,  a  trouvé  le  succès  le  plus  éclatant. 
n  est  mort  à  Avignon,  le  2  novembre  1886.  Cf.  Legré,  Le  poète  Th. 
Aubanel,  récit  d'un  témoin  de  sa  vie.    Paris  1894. 


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112  CANT   81EI8BN. 

^^*  Fier  Aubanèu!  e  de  ti  soubro, 

Tu,  Crousihat  qu'à  la  Touloubro 
Fas  mai  de  noum,  que  n'en  recoubro 

^^       De  soun  Nostradamus,  lastroulò  souloumbrous ; 

10    E  tu  tambèn,  Matiéu  ÂDsèume, 
Que,  di  triho  souto  lou  tèume, 

•*  Crousihat  (Crousillat),  majorai  des  fèlibres,  né  à  Salon,  chef- 
lieu  de  canton  des  Bonches  du  Rhône  (voy.  III,  202  note),  en  1814, 
s'est  distingué  surtout  par  son  recueil  de  poésies  intitulé  La  Bresco 
(Le  Rayon  de  miel;  Avignon  1865)  qu'au  dire  des  fèlibres,  on  pourrait 
croire  traduit  d'une  anthologie  grecque  perdue.  En  1880,  il  fit  paraître^ 
sous  le  titre  de  Là  Nadau  (les  Noëls),  un  volume  contenant  60  noëlB 
qui  comptent  parmi  les  meilleurs  de  ce  genre  très  cultivé  en  Provence. 
En  1893,  il  publia  son  dernier  volume:  L'Eissame  (L'Essaim)  (Aix).  Il 
est  mort,  dans  sa  ville  natale,  le  8  nov.  1899. 

La  Touloubro  (Touloubre)  est  une  petite  rivière  qui  se  jette  dans 
l'étang  de  Berre,  après  avoir  traversé  le  territoire  de  Salon,  patrie  du 
poète  Crousillat. 

•*  Nostradamus^  *le  sombre  astrologue*.  Michel  de  Notre-Dame^ 
né  à  Saint-Remy  en  1503,  mort  à  Salon,  en  1565,  exerça  la  médecine 
avec  un  grand  succès  sous  les  derniers  Valois.  Il  s'adonna  aussi  aux 
mathématiques  et  à  l'astrologie  et  publia,  en  1537,  sous  le  nom  de 
Centuries^  les  fameuses  prophéties  qui  ont  rendu  son  nom  si  populaire. 
Charles  IX  le  nomma  son  médecin  en  titre  et  le  combla  d'honneurs.  — 
Jean  N.,  frère  de  Michel  et  auteur  des  Vies  des  anciens  poètes  proven- 
çaux^ très  peu  dignes  de  foi  (voy.  III,  240  note),  est  né  également  à 
Saint-Remy. 

«^  Matiéu  Ansèume  (Anselme  Matthieu),  né  le  21  avril  1828,  à 
Châteauneuf-du-Pape,  plaisant  village  de  Vaucluse,  entre  Orange  et 
Avignon,  fut  le  condisciple  de  M.  Mistral  au  lycée  d'Avignon  et  à 
l'École  de  Droit  d'Aix.  Comme  lui,  il  s'essaya,  dès  le  collège,  à  chanter 
dans  la  langue  provençale  de  ses  pères  ;  et  l'on  doit  probablement  faire 
remonter  à  cette  époque  ses  jolies  traductions  provençales  d'Horace  et 
de  Catulle.  D  a  donné  au  public:  La  Farandoulo  (la  Farandole, 
Avignon  1862,  voy.  III,  10  note),  recueil  de  pièces  lyriques,  divisé  en 
trois  parties:  les  Aubades,  les  Soleillades  et  les  Sérénades,  c'est-à-dire 
les  chants  de  l'Aube,  les  chants  du  Midi,  les  chants  du  Soir.  Les 
pièces  dont  ce  livre  se  compose,  comptent  parmi  ce  que  la  poésie  pro- 
vençale a  produit  de  plus  gracieux;  elles  sont  pleines  du  bruit  des 
baisers  qui  s'échangent  aux  demi-ombres  du  crépuscule.  Ce  n'est  donc 
pas  sans  raison  que  ce  poète  s'appela  lou  Felibre  di  Poutoun  (le  Félibre 


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LA   MASCO.  113 

^        Regardes,  pensatiéu,  li  chato  que  fan  gau! 

E  tu.  Pauloun,  fin  galejaire; 

E  tu,  lou  paure  trenquejaire, 
^^  Tavan,  umble  cansouDejaire 

Coume  li  grihet  brun  qu'espinchon  toun  ningau! 

11     Tu  mai,  que  dÌDs  li  durençado 
^*  Trempes  eucaro  ti  pensado, 

Tu  qu'à  nòsti  soulèu  caufes  lou  franchimaud, 
Moun  Adòufe  Doumas:  grandido, 
'^^  Quand  pièi  Mirèio  s'es  gandido 

Liuen  de  soun  mas,  novo  e  candido, 
Tu  que  l'as,  dins  Paris,  menado  pèr  la  mnn! 

des  Baisers).  En  dehors  de  la  Farandoulo,  A.  M.  a  publié  une  trentaine 
d'autres  poésies  et  des  contes  populaires  publiés  dans  VArmatia  prou- 
vençau  et  la  Revue  Félibréenne,  H  est  mort  le  8  février  1895.  Voyez 
rAièU  du  17  février  1895. 

^  Pauloun  (Paul)  Giéra,  né  en  1816,  mort  en  1861,  propriétaire, 
en  1854,  du  château  de  Font-Ségugne,  où  le  Félibrige  fut  fondé,  et  au- 
teur de  quelques  poésies  plutôt  badines,  publiées  dans  le  recueil  Lou 
Liante  de  Rasin  (Faisceau  de  grappes  de  raisins),  Avignon  1865. 

••  Tavan  (Alphonse  T.),  né,  en  1833,  à  Châteauneuf-de-Gadagne 
(Yaucluse),  simple  paysan,  n'avait  que  20  ans  quand  il  composa  sa 
première  poésie  :  Li  frûoun  de  Marieto  (Ijes  frisons  de  Mariette).  Devenu 
soldat  et  envoyé  à  Kome  pour  y  tenir  garnison,  la  fièvre  palu- 
déenne faillit  remporter,  et,  après  sa  libération  du  service  militaire,  le 
força  d'abandonner,  pour  un  emploi  au  chemin  de  fer,  le  travail  des 
champs.  Il  se  maria,  eut  une  fille,  mais  dut  bientôt  pleurer  la  perte 
de  sa  femme  et  de  son  enfant.  Son  recueil  de  poésies  Amour  e  Plour 
(Amour  et  Pleurs;  Avignon  1876)  est  l'expression  sentie  de  ses  joies 
et  de  ses  douleurs  pendant  un  court  mariage.  D'autres  pièces  de  Ta- 
van ont  été  publiées  dans  VArma?ta  proutençau,  et  ailleurs. 

'*  Adòufe  Doumas  (Adolphe  Dumas),  né  à  Bonpas.  près  d'Avignon, 
en  1805,  mort  en  1861,  auteur  d'un  volume  de  poésies  françaises  sous 
le  titre  Provence  (Paris  1849),  de  plusieurs  drames  joués  au  Théâtre 
Français,  et  de  quelques  poésies  provençales  publiées  dans  Lou  Liame 
de  rasin  (voy.  VI,  67  note).  En  1858,  Mistral  était  allé  à  Paris  montrer 
son  manuscrit  à  Ad.  Dumas,  le  seul  homme  de  lettres  quMl  connût  alors, 
et  il  lui  fit  la  lecture  de  Mirèio.  Dumas  en  fut  ravi,  l'annonça  comme 
un  chef-d'œuvre  dans  une  lettre  à  la  Gazette  de  France^  et  en  parla  à 

8 


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114  CANT    81EISKW. 

78         12     Tu  'nfin,  de  quau  un  vent  de  flamo 

Ventoulo,  emporte  e  fouito  Tamo, 
Garcin,  o  fiéu  ardent  dóu  manescau  d'Alen  ! . . . 
^»  Vers  la  frucho  bello  e  raaduro, 

0  vàutri  tóuti,  à  mesure 

Que  iéu  escale  moun  auturo, 
®"*        Alenas  moun  camin  de  voste  sant  alen  ! . . . 

13  «Mèste  Ramoun,  bon-jour!»  diguèron 
Li  pourcatié,  quand  arribèron: 

^^        «Avèn  trouva,  pecaire!  aquéu  paure  jouvènt 

Aperavau  dins  la  champino; 

Poudès  cerca  de  pato  fino, 
9^  Car  a'n  bèu  trau  à  la  peitrino!» 

Sus  la  taulo  de  pèiro  alor  pauson  Vincèn. 

14  Au  brut  de  la  malemparado, 
93  Mirèio  cour,  despouderado, 

Que  venié  dóu  jardin,  e  sus  Tauco  tenié 
Soun  plen  panié  de  liéume;  courron 
9*  Tóuti  lis  ome  que  labouron  . . . 

Mirèio,  en  l'èr  si  bras  s'aubouron  : 
«Maire  de  Dieu!»  pièi  quilo,  e  toumbo  soun  panié. 

Lamartine  et  à  d'autres.  Pour  le  remercier,  Mistral  ajouta  la  11«  strophe 
(V.  71—7)  de  notre  Chant  quand  il  imprima  Mirèio  (Avignon,  chez 
Seguin,  1858). 

•®  Eugène  Garcin.  fils  d'un  maréchal  -  ferrant ,  du  petit  village 
d'Alleins  (Bouches  du  Rhône),  a  collaboré,  par  des  poésies  débordantes 
á'esirambord,  aux  premières  publications  des  félibres,  aux  Prouvençaio, 
à  VArmana ,  au  Boumaràgi  dei  trotcbaire  (le  Pèlerinage  des  trouvères) 
(voy.  Introd.  p.  v).  mais  plus  tard  il  se  sépara  d'esprit  de  ses  con- 
frères et  de  leur  cause.  On  trouve  les  motifs  de  ce  schisme  dans  son 
livre:  Français  du  Nord  et  Français  du  Midi,  Paris  1868,  où  l'auteur 
se  montre  partisan  d'un  patriotisme  mesquin,  et  adversaire  des  idées 
saines  de  décentralisation  que  le  Félibrige  a  adoptées.  Cette  évolution 
de  M.  Garcin  fut  une  grande  douleur  pour  Mistral.  Actuellement  M.  G.  est 
à  peu  près  rentré  dans  le  giron  félibréen.  A  la  fête  de  Sceaux  des  félibres 
de  Paris  (voy.  Intr.  p.  xiv),  en  1895,  il  lut  un  discours  sur  les  Origines  du  i?V/f- 
òn^c  (reproduit  dans  la  Revue:  la  Province),  dans  lequel  il  essaya  de  justifier 
sa  fugue  de  jadis.  Cf.  Jourdanne,  Histoire  du  félibrige,  Avignon  1897,  p.  291  s. 


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LA   MÂ800.  115 

^^         15     «Vincèn!  mai  que  t'an  fa,  pecaire! 

Qu'as  tant  de  sang?»    De  soun  fringaire 
Ausso  alor  douçamen  la  tèsto,  e'n  bon  moumen 
^^  Lou  regarde,  mudo,  atupido, 

Pèr  la  douleur  coume  arrampido. 

De  lagremo  grosso  e  rapide 
^^^      S'ineundavo  enterin  Tauturoun  de  seun  sen. 

16  De  l'amourouso  pichouneto 
Yincèn  couneiguè  la  maneto; 

^^      E  d'une  voues  mourènto:  «Oh!>  dis,  «agués  pieta! 
Ai  de  besoun  que  m'acoumpagne 
Lou  bon  Dieu,  car  siéu  bèn  de  plagne!» 
'^1  «Laisse  que  ta  bouco  se  bagne», 

Paguè  Mèste  Ramoun,  «d'un  pau  d'agrioutat.» 

17  «0  béu-lou  lèu,  qu'acò  remounto,» 
^*'*               Reprenguè  la  jouvènto.    E,  proumto, 

Arrapè  lou  flasquet;  e,  degout  à  degout, 

En  ié  parlant  lou  fasié  béure 
^'"^  E  ié  levavo  lou  inau-viéure. 

«De  tau  malur  Dieu  vous  deliéure», 
Vincèn  coumencè  mai,  «e  vous  pague  de  tout! 

i*<^        18     En  refendent  une  amarino, 

L'esquichave  sus  ma  peitrino, 
Quand  lou  fèrri  m'esquifo  e  me  pico  au  mamèu.» 
^^  Vouguè  pas  dire  que  pèr  elo 

S'èro  batu  coume  uno  grelo  .  .  . 

Mai  sa  paraulo,  d'esperelo, 
**^      Revenié  vers  l'amour,  coume  la  mousco  au  mèu. 

19     «La  douleur»,  dis,  <de  veste  caro 
Mai  que  ma  plago  m'es  amaro! 
*2^      Ço  qu'avian  coumença,  lou  canestèu  poulit, 
Fau  donne,  parèis,  que  noun  s'acabe 
E  que  la  treno  se  derrabe!  .  .  . 
1^2  Pèr  quant  à  iéu,  Mirèio,  sabe 

Qu'auriéu  de  veste  amour  vougu  lou  vèire  empli. 

8* 


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116  CANT  8IEI8E1Í. 

20     Mai  tenès-vous  aqui!  .  .  .  que  vegue 
135  Vòstis  iue  dous,  e  que  ié  bègue 

La  vido  enca'n  brisoun  !  vous  demande  pas  mai  .  .  . 
Vous  demande  ...  se  poudias  faire 
'3^  Quaucarèn  pèr  lou  panieraire: 

Ai  alin  moun  paure  vièi  paire 
Qu'es  escranca  de  l'âge  e  mort  pèr  lou  travai.» 

'^'        21     Mirèio  se  descounsoulavo  .  .  . 

DÓU  tèms,  elo  pamens  lou  lavo, 
E  l'un  de  l'escarpido  esfato  lou  velout, 
'*^  D'autre  lèu  landon  vers  l'Aupiho 

Cerca  li  bonis  erbouriho. 

Mai  sus-lou-cop  Jano-Mario: 
^^'^      «Au  Trau  di  Fado,  au  ïrau  di  Fado  pourtas-lou? 

22     Tant-mai  la  plago  es  dangeirouso, 
Tant-mai  la  masco  es  pouderouso!» 
^'"^      ZÓU  dounc!  au  Trau  di  Fado,  à  la  coumbo  d'Infèr, 
Quatre  lou  porton  .  .  .  Dins  li  peno 
Que  di  Baus  formon  la  cadeno, 
'^3  En  un  rode  que  l'alabreno 

Trèvo,  e  qu'en  virouiant  marcon  li  capoun-fèr, 


"'  Trau  di  Fado  (Trou  des  Fées),  nom  porté  par  plusieurs  grottes. 
Ici  il  s'agit  de  celle  près  des  Baux.  Voici  la  note  que  Mistral  donna 
pour  l'explication  de  notre  vers:  Nous  aimons  à  citer  notre  ami  J. 
Canonge,  parce  qu'il  a  décrit  avec  bonheur  des  lieux  chantés  dans  ce 
poème  :  «Au  fond  d'une  gorge  bien  nommée  Enfer,  je  suis  descendu  dans 
la  grotte  des  Fées;  mais  au  lieu  des  gracieux  fantômes  dont  mon 
imagination  l'avait  peuplée,  je  n'y  ai  trouvé  que  voûtes  sous  lesquelles 
il  faut  ramper,  blocs  entassés,  chauves-souris  et  profondeurs  ténébreuses. 
Je  viens  de  dire  que*  cette  gorge  était  bien  nommée  Enfer  ;  nulle  part 
en  effet  je  n'ai  vu  de  roches  aussi  étrangement  tourmentées;  elles  se 
dressent,  se  creusent,  se  prolongent  sur  le  vide  en  gigantesques  entable- 
ments, jardins  aériens  qui  soutiennent  des  végétations  échevelées  ;  elles 
s'ouvrent  en  défilés  comme  ce  bloc  des  Pyrénées  fendu  par  le  glaive  de 
Roland.»  {Histaire  de  la  ville  des  Baux.  Avignon,  Aubanel  frères.) 
En  comparant  la  description  de  l'Enfer  de  Dante  à  ce  paysage 
bouleversé,  cyclopéen,  fantastique,  on  devient  convaincu  d'une  chose: 


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LA   MASCO.  117 

23     Di  roumanin  entre  li  raato, 
^^^  A.  flour  de  roco,  un  trau  s'acato. 

Alin  dedins,  despièi  que  lou  sant  Angélus^ 
En  l'ounour  de  la  Vierge,  pico 
*■*•  Lou  brounze  clar  di  baselico, 

Âlin  dedins  li  Fado  antico, 
Pèr  toustèms,  dóu  soulèu  an  fugi  lou  trelus. 

162        24     Esperitoun  plen  de  mistèri, 

Entre  la  fonno  e  la  matèri 
Erravon,  au  mitan  d'un  linde  calabrun. 
^^^  Dieu  lis  avié  fa  mie-terrestre 

E  feraelin,  coume  pèr  èstre 

L'amo  vesiblo  di  campèstre 
*6S      E  pèr  di  proumiés  orne  amansi  lou  ferun. 

25     Mai  li  Fadeto,  —  bèu  coume  èron,  — 
Di  fiéu  dis  orne  s'aflamèron; 
'^^      E,  li  foulasse!  au-liò  d'enaura  li  mourtau 
Vers  li  celèstis  esplanade, 
Di  passioun  nostro  apassiounado, 
^"^*  A  nosto  fousco  destinado, 

Coume  d'aucèu  pipa,  toumbèron  d^amoundaut. 


c'est  que  le  grand  poète  florentin,  qui  voyagea  dans  nos  contrées  et 
séjourna  même  à  Arles,  a  visité  la  ville  des  Baux,  s'est  assis  sur  les 
escarpements  du  valoun  d'Infèr^  et  frappé  de  cette  désolation  grandiose, 
a  conçu,  au  milieu  de  ce  cataclysme  de  pierres,  la  configuration  et  le 
sombre  caractère  de  son  Infemo.  Tout  ramène  à  cette  idée,  et  le  nom 
de  la  gorge  elle-même,  Infèr,  et  sa  forme  amphithéâtrale ,  qui  est  celle 
donnée  par  Dante  à  l'Enfer,  et  les  grandes  roches  détachées  qui  en 
forment  les  gradins: 

In  su  l'estremità  d'un'  alta  ripa 
Che  facevan  gran  piètre  rotte  in  cerchio, 
et  le  nom  provençal  de  ces  escarpements  eux-mêmes,   baus^    italianisé 
par  le  poète,  balzo,  et  donné  par  lui  aux  escarpements  de  son  lugubre 
entonnoir. 

••'  Angélus  (Angélus)  ou  Avé-Maria.  Les  cloches  de  Notre-Dame 
de  Dom,  à  Avignon,  furent  les  premières  à  sonner  l'angelus,  institué 
par  le  pape  Jean  XXII,  en  1318. 


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118  GANT   S1E18EN. 

26    DÌDs  la  gorgo  estrechano  e  rudo 
^'^'^  De  la  caforno  sournarudo, 

Li  pourtaire  pameDs  avien  leissa  Yincèn 
Se  davala  de  resquiheto. 
^^  Em'éu,  dins  l'escUro  draieto 

S'aventure  que  Mireieto, 
Recoumandant  soud  aiuo  à  Dieu,  camÌD  fasènt. 

^^^        27     Au  founs  dóu  pous  que  li  carrejo, 
Dins  uno  grande  baume  frejo, 
Se  devinèron;  e,  souleto  au  bèu  mitan, 

'^^  E  dins  li  sounge  ennivoulido, 

Taven,  la  masco,  agroumoulido, 
Tenié  'no  blesto  de  caliçlo  . . . 

^®^      E  triste  que-neun-sai  tout  en  la  regardant: 

28  «Paure  peu  d'erbo  serviciable! 

Li  gènt  te  noumon  blad-dóu-diable,» 
*^      Remiéutejavo,  «e  siés  un  di  signe  de  Dieu!» 

Alor  Mirèio  la  saludo; 

E  coume  entameno,  esmougudo, 
^^^  L'estiganço  de  sa  vengudo, 

La  masco,  sens  leva  la  teste:  «^Lou  sabiéu!» 

29  E  pièi  sa  voues  atremoulido 
^®®  S'adreissè  mai  à  la  calido; 

«Pauro  fleur  de  la  tepo!  es  ti  fueio  e  ti  gre 
Que  li  troupèu  tout  Tan  rousigon, 
^^^  E,  pecaire!  au-mai  te  caucigon, 

Au-mai  tis  espigau  espigon, 

E  vestisses  de  verd  tant  l'uba  que  l'adré.» 

*^        30     Taven  aqui  faguè  'no  pauso. 
Dins  un  eruvèu  de  cacalauso 
Un  lumenoun  cremavo,  e  fasié  rougeja 
^^'^  La  paret  mouisso  de  la  roco; 


»"  Taven;  voy.  III,  64—107. 


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Lk  mâsgo.  119 

Sus  la  fourquello  d*uno  broco 
l'avié  'no  graio  e,  toco-à-toco 
2*®      Udo  galino  blanco,  em'  un  crevèu  penja. 

31  «Quau  que  fugues»,  digue  la  masco 
Subitamen  e  coume  nasco, 

2ï3       «Eh!  que  m'enchau?  la  Pe  camino  de  plegoun, 

La  Carita  porto  li  plego, 

E  noun  s'escarton  de  la  rego  .  .  . 
-'^  Banastounié  de  Valabrego, 

Te  sentes  feP»     «Me  sente !>     «Enrego  nioun  regoun!» 

32  Adraiado  coume  uno  loubo 

*^^  Qu'emé  sa  co  li  flanc  se  zoubo, 

Pèr  un  trau  desparèis  la  masco.    Estabousi, 
Lou  Valabregan  e  Mirèio 
^^^  Après  ié  van.    Davans  la  vièio, 

S'entendié  dins  l'orro  tubèio 
Youlastreja  la  graio  e  la  clusso  clussi. 

2^^        33     «Davalas  lèu,  qu'es  déjà  l'ouro 
De  se  cencha  de  mandragouro!» 

«<*'  "Sur  la  fourchette  d'un  bâton*,  *Bur  un  bâton  fourchu*,  qui  n'a 
rien  à  faire,  comme  on  pourrait  le  croire,  au  balai  magique  des  sorcières. 

•***  La  galino  hlanco  (poule  blanche)  appartient  aux  bêtes  chères 
aux  sorciers  et  sorcières  de  la  Provence.  Autrefois  les  sorciers  allaient 
avec  une  poule  blanche  aux  carrefours,  au  clair  de  lune,  et  évoquaient 
le  diable  par  ce  cri  trois  fois  répété:  Pèr  la  vertu  de  ma  poulo  blanco/ 
CVest  un  reste  d'une  superstition  de  l'antiquité  où  la  poule  blanche  pas- 
sait pour  un  oiseau  de  bon  augure.  Juvénal  XIU,  141,  en  parlant  d'un 
homme  heureux,  dit:  Gallinae  filim  albae.  Voy.  Vil,  78  note.  —  Le 
crible  {crevèu)  servait  au  prétendu  art  de  deviner  en  regardant  par  ses 
trous,  art  déjà  connu  de  l'antiquité  sous  le  nom  de  koshinomancie.  On 
se  servait  aussi  du  crible,  en  le  faisant  tourner  sur  des  pointes  de 
ciseaux,  pour  découvrir  l'auteur  d'un  larcin.  H  ne  manque  pas  non 
plus  dans  le  laboratoire  de  la  sorcière  de  Qœthe  {Faust  I). 

•••  On  attribue  à  la  mandragouro  (mandragore)  toutes  sortes  de 
forces.  Les  prétendus  sorciers  s'en  servaient  pour  faire  ce  qu'ils  ap- 
pelaient leur  man  de  glàri  (main  de  gloire,  jeu  de  mot  sur  mandragouro)^ 
qui  avait  la  vertu  de  faire  doubler  tous  les  jours  l'argent  qu'on  mettait 
auprès  d'elle.  —  Les  vers  225/6  sont  répétés  par  les  vers  245/6. 


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120  CANT   8IE18EN. 

E  lèu,  de  rebaloun,  de  tirassouD,  parèu 
*2®  Que  l'un  de  l'autre  noun  se  brando, 

Van  à  la  voues  que  H  coumando. 

En  uno  baumo  enca  plus  grande 
*^^      Venié  se  relarga  Tinfernau  gourgarèu. 

34  «Vaqui!»  Taven  ié  faguè  signe  .  .  . 
«0  planto  santo  de  moun  segne 

^*      Nostradamus!  brout  d'or,  bastoun  de  Sant  Jousè, 

E  vergo  masco  de  Mouïse!» 

Crido;  e  de  l'erbo  que  vous  dise, 
^^  Cregnènto,  couronné  li  vise 

Emé  soun  eapelet  qu'à  geinoun  ié  pause. 

35  Pièi  s'aubourant:   «Es  l'ouro,  es  l'ouro 
^♦^  De  se  cencha  de  mandragouro!» 

De  la  planto  creissudo  à  l'asclo  dóu  roucas 
Cuei  très  jitello:  n'en  courouno 
^*^  EIo,  lou  drôle,  la  chatouno  .  .  . 

«Avans  toujour!»    E  s'en  fourgonne, 
Ardènto  raai-que-mai,  dins  li  sourne  traucas. 

2^^        36     Emé  de  lume  sus  l'esquino, 

Pèr  enclari  l'escuresino, 
Un  VÒU  d'escarava  ié  camino  davans. 
-^^  «Jouvènt!  à  tout  camin  de  glòri 

l'a  soun  travès  de  purgatòri  .  .  . 

An!  courage!  dóu  Sabatòri 
2^*      Anan  aro,  ai!  ai!  ai!  franqui  lis  espravant.» 

37     N'avié  panca  barra  la  bouco, 
Uno  auro  forto  li  remouco 
2^5      E  ié  copo  l'alen,  subit:   ^Amourren-nous! 

•"/*  Sur  la  rime  du  v,  233,  voy.  IV,  72  note.  —  Nostradamus; 
voy.  VI,  63  note.  —  Brout  d'ar  (rameau  d'or),  éloge  hyperbolique  à 
l'adresse  de  la  mandragouro  (voy.  la  note  précédente).  —  Bastoun  de 
Sant  Jousè  (bâton  de  Saint-Joseph),  allumette  symbolique  que  les  bonnes 
femmes  présentent  au  nouveau -né,  quand  l'accouchée  fait  sa  première 
sortie.    C'est  le  symbole  de  la  virilité. 


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LA   MASCO.  121 

Di  Fouletoun  veici  lou  trounfle!» 
Coume  un  croupas,  de  grelo  gounfle, 
-^  Souto  li  croto  passo  à  rounfle 

L'eissame  vagabound,  quilant,  revoulunous. 

38     PassoD  ;  e,  de  tressusour  trempe, 
*^^  Li  très  mourtau  sènton  si  tempe 

Ventoula,  bacela  de  l'alo  di  Trevan, 
Coume  un  glas  pelado  e  jalèbro. 
^^*  «Anas  pu  liuen  pica  tenèbro,> 

Taven  cridè,  «bando  menèbro! 
Isso,  mato-blad!  isso!  o  garas- vous  davans! 

^•^        39     Oh!  li  pudènt!  lis  esbroufaire ! . . . 

E  dins  lou  bèn  que  poudèn  faire, 
Dire  pièi  que  nous  faugue  emplega  talo  gènt! 
^^^  Car,  0,  de  même  que  lou  mège 

Souvent  tiro  lou  bon  dóu  pièje, 

Pèr  la  vertu  di  sourtilège 
^^5       Fourçan,  nautre,  lou  mau  à  coungreia  lou  bèn; 

40  Car  sian  li  masco.    E  nouD  i'a  cause 
Qu'à  nosto  visto  reste  clause. 

^*       E  mounte  lou  coumun  vèi  uno  pèiro,  un  fouit, 

Uno  malandro,  uno  coundorso, 

lé  destriau,  nautre,  uno  forço 
^''^  Que  dins  sa  rusco  se  bidorso, 

Coume  souto  la  raco  un  vin  nouvèu  que  boni, 

41  Trfluco  la  tino:  la  bevènto 
282  N'en  gisclara  toute  bouiènto. 

Destousco,  se  tu  pos,  la  clau  de  Salamoun  ! 
Parle  à  la  pèiro  dins  sa  lengo, 
^^"^  E  la  mountagno,  à  touD  arengo, 

Davatara  dins  la  valengo  ! . .  .* 
E  sèmpre  descendien  dins  li  cauno  dóu  mount. 

■••  Trevan;  voy.  V,  546  note. 

••*  Bevènto  (rhod.  buvènto)  au  lieu  de  bevèndo,  à  cause  de  la  rime. 

•*•  Clau  de  Salamoun  (Clavicule  de  Salomon),  livre  cabalistique  connu. 


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122  CANT   SIK18EN. 

288        42    Uno  pichoto  voues,  malino 

Coume  un  quilet  de  cardelino, 
Alor  ié  fai:  «Hoï!  hoï!  la  coumaire  Taven! 

^^  Viro  lou  tour^  ma  tanto  Jano^ 

Viro  lou  tour,  e  pièi  dehano^ 
La  niue^  lou  jour^  soun  fiéu  de  lano, 

^^*      E  crèi  fiela  de  laoo,  e  fielo  que  de  fen! 

43  E  zóu!  ma  graud!  que  lou  tour  vire!> 
Em'acò  'n  Ter,  vague  de  rire. 

2*^      Tout  coume  quand  endiho  un  poutre  desmaroa. 
«Dequ^es  aquelo  voues  parlante 
Que  quouro  ris  e  quouro  cantoP» 
300  Venguè  Mirèio  tremoulanto  . . . 

«Hoï!  hoï!>   en  répétant  soun  rire  acoustuma, 

44  Faguè  la  voues  enfantoulido, 
s<>3  <Quau  es  aquelo  tant  poulido? 

Ah  !  laisso,  mourranchoun,  qu'auboure  toun  fichu  . . 
Laisse  qu'auboure ...    Es  d'avelano 
^^  Que  i'a  dessouto,  o  de  mióugrano?> 

E  la  paureto  bastidano: 
«Ai!»  anavo  crîda.    Taven  ié  fai  lèu:  «Chut! 


•"  La  pichoto  voues  malino  (petite  voix  maligne)  qui  chante 
la  chanson  enfantine  Viro  lou  tour^  etc.,  est  celle  d'un  lutin  {glàri 
V.  309  ou  esperii'faniasti  v.  311)  qui,  comme  tous  les  lutins,  se  réjouit 
des  mauvais  tours  qu'il  joue  aux  mortels  (cf.  v.  296,  301,  333,  374). 
qui  aime  à  taquiner  (lutiner)  les  jeunes  filles  (cf.  v.  301 — 7  ;  326—332), 
et  qui,  dans  ses  hons  moments,  aime  autant  à  aider  les  humains,  à  la 
manière  des  Heinzelmannchen  des  Allemands  (cf.  v.  312—15),  qu'à  les 
tourmenter,  quand  le  caprice  l'en  prend  (cf.  v.  316—322).  Sur  ses  égaux 
en  France  et  d'autres  pays,  voy.  Maass,  /.  <?.,  p.  18  ss. 

••*-  •  Chanson  enfantine,  formulée  généralement: 
Viro  lou  tour,  ma  tanto  Jano, 
Viro  lou  tour 
La  niue,  lou  jour. 
Cette  formulette,  très  populaire  pendant  l'enfance  du  poète,   est,   sans 
doute,    d'une  origine  très  ancienne,   et  la  tante  Jano  y  aura  pris    la 
place  d'une  déesse  mythologique. 


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LA   MASCO.  '  12S 

309        45     Agues  pas  pou!  acò'a  un  glàri 

Bon  que  pèr  faire  de  countràri; 
Es  aquéu  fouligaud  d'Esperit-Fantasti  : 
*^*  Quand  dins  si  bono  se  devino, 

Te  vai  escouba  ta  cousino, 

Tripla  lis  iòu  de  ti  galino, 
^'^       Empura  lou  gavèu  e  vira  toun  roustit. 

46  Mai,  que  ié  prengue  un  refoulèri, 
Pos  dire  adieu  ! . . .    Que  treboulèri! 

s^^       Dins  toun  oulo,  ié  largo  un  quarteiroun  de  sau, 

Empacho  que  toun  fiò  s'alume; 

Te  vas  coucha?  boufo  toun  lume; 
^-'  Vos  ana  i  vèspro  à  Sant-Trefume? 

T'escound  o  te  passis  tis  ajust  dimenchau.» 

47  <Tè!  tè!...  vièi  cro,  giblo  ti  pouncho! 
^-^                L^ausès,  la  carrelle  mau  vounchoP» 

Lou  leyènti  lèu-lèu  ié  respond,  «o,  carcan, 
La  niue,  quand  dormon  li  chatouno, 
S27  Tire  plan-plan  sa  cubertouno; 

Lis  espinche,  nuso  e  redouno, 

E  que,  folo  de  pou,  s'amaton  en  pregant. 


••*  Sont' Trefume  (Saint-Trophime),  la  célèbre  cathédrale  d'Arles, 
fondée,  dit-on,  sur  les  mines  dn  prétoire  romain  et  consacrée  en  609  par 
Tarchevêque  Saint  VirgUe.  L'empereur  Frédéric  Barberonsse  y  a  été 
sacré  en  1178.  L'église  a  été  remaniée  plusieurs  fois,  agrandie  de  tout 
le  chœur  en  1430  et  restaurée  de  nos  jours.  La  partie  la  plus  re- 
marquable est  le  portail,  du  style  roman  du  xii«  siècle,  avec  6  colonnes 
reposant  sur  des  lions,  des  statues  de  saints  et  des  sujets  bibliques 
entre  ces  colonnes,  un  linteau  et  un  tympan  richement  sculptés,  re- 
présentant le  Christ  avec  les  symboles  des  évangélistes.  A  côté  de  la 
cathédrale  se  trouve  le  cloître  de  St.  Trophime,  non  moins  célèbre  par 
Foriginalitè  et  la  beauté  de  ses  quatre  galeries,  avec  de  nombreuses 
colonnettes  qui  ont  de  riches  chapiteaux,  des  pilastres  cannelés  et  de 
curieuses  statues.  —  Saint  Trophime  fut  le  premier  évêque  d'Arles. 
Voy.  VI,  645  note  et  XI,  258  ss.  et  262  note. 


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124  '  CANT   81EI8EN. 

^^       48     Vese  si  dos  coucoureleto 

Que  van  e  vènon,  tremouleto; 
Vese...*    E  l'Esperitoun  s'enanavo  eilalin 
^^3  Emé  soun  rire  . . .    Sout  li  baumo, 

Li  mascarié  faguèron  chaumo; 

E  dins  li  oumbro  e  la  calaumo 
8^      Entendien  dégoûta  sus  lou  sou  cristalÎD, 

49  Dégoûta  lou  trespir  di  vòuto, 

E  rèn  qu'acò,  de  vòuto  en  vòuto. 
339      E  veici,  peravau  dins  la  vasto  negrour, 

Veici  qu'uno  grand  formo  blanco, 

Qu'èro  assetado  su'no  estanco, 
^*^  S'aubourè  drecho,  un  bras  sus  l'anco. 

Vincèn,  coume  un  queiroun,  aplanta  de  terrour; 

50  E  s'aqui  même  pousquèsse  èstre 
3*^                Un  degoulòu,  de  l'escaufèstre 

Mirèio  tout  d'un  vanc  se  ié  trasié.    «Que  vos,> 

Taven  cridè,  «long  escamandre, 
8***  Pèr  que  ta  tèsto  se  balandre 

Coume  uno  pibo?...    Mi  calandre,» 
Faguè  pièi  au  parèu  qu'a  la  mort  dins  lis  os, 

^*        51     «Couneissès  pas  la  Bugadiero? 

Sus  Mount-Ventour  (qu'es  sa  cadiero), 
Quand  la  veson,  d'en  bas,  pèr  un  long  nivo  blanc 
85^  Li  gènt  la  prenon.    Mai,  o  pastre, 

Lèu!  lèu!  que  voste  avé  s'encastre! 

La  Bugadiero  de  malastre 
^^'      Acampo  à  soun  entour  li  nivo  barrulant; 

S40 — 42.  m— M6  /^^  Bugadiero  (La  Lavandière),  qui  a  quelque 
ressemblance  avec  le  géant  Hrœsvclgr  de  la  mythologie  germanique  et 
lui  doit  peut-être  son  origine,  est  en  rapport  aussi  avec  le  nuage  qui 
apparaît  sur  le  mont  Ventour  (voy.  III,  1B2  note),  qui  annonce  la  pluie. 
et  que  les  paysans  d'Arles  nomment  également  la  bugadiero.  Comme 
lou  glàri  (voy.  VI,  288  note),  cet  être  fantastique  est  emprunté  aux 
xîroyances  populaires  de  la  Provence.    Voy.  Maass,  (.  c,  p.  7  ss. 


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LA    MASCO.  125» 

52  E  quand  nTa  proun  pèr  la  bugado, 
Sus  lou  mouloun,  revertegado 

360       E'mé  furour,  bacello  e  rebacello:  à  bro, 
N'en  tors  la  raisso  emé  la  flamo, 
E,  sus  la  mar  que  mounto  e  bramo, 

^^'  A  la  gàrdi  de  Nosto-Damo 

Li  marin  palinous  recoumandon  sa  pro! 

53  E  lou  bouié  de-vers  l'estable 

^•*  Coucho  ...»    Un  sagan  espaventable 

lé  tanco  tourna-mai  la  paraulo  entre  dent: 
E  de  miaula  de  catamiaulo, 
3«^  E  de  brandamen  de  cadaulo, 

E  de  piéu-piéu,  e  de  paraulo 
A  mita  dicho,  e'n  quau  lou  diable  soûl  entend. 

^'^2        54     Qjn!  gin  î  poun-poun  ! . . .    Quau  es  que  pico- 

Sus  de  peirolo  fantastico?  . . . 
E  d'estras,  e  de  rire,  emé  d'esquichamen, 
375  Coume  de  femo  abasimado 

Dins  lou  moumen  de  si  ramado; 

Pièi  de  badai,  pièi  de  bramado, 
37®      E  z6u!  lou  roumadan  e  li  gingoulamen! 

55     «Pourgès  la  man,  que  vous  arrape! 
E  donnas  siuen  que  noun  s'escape 
3ô^      La  courouno  de  masc  que  vous  cencho  lou  front!» 
E  dins  si  cambo  aqui  s'eneoufo 
Coume  uno  pourcado  qu'esbroufo: 
Un  quilo,  un  japo,  un  reno,  un  boufo. 
Souto  un  lançòu  de  nèu  quand  la  Naturo  drom, 


384 


56    Pèr  uno  niue  ventouse  e  claro, 
3Ô7  Quand  li  cassai re  de  fanfaro 

Espòusson  li  roumias  tout-de-long  di  valat, 
Ansin  passeroun  e  machoto, 


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126  CAIIT   SIEiSEN. 

^^  Destrassouna  dins  sa  liechoto 

E'  spavourdi,  parton  à  floto, 
E  'mé  'n  brut  d'auriflant  s'embourson  au  fielat. 

H93        57     jyfai  alor  rescounjurarello  î 

«I,  mau-vivèuti  sautarello! 
Arri! . . .  malavalisco  à  vautre  ! . . .  passas-me  !» 
•*^  E  coussaiant  la  chourmo  impuro 

Emé  soun  drai,  dins  la  sournuro 

Trasié  de  ciéucle,  de  figuro, 
^^^      De  raio  luminouso  e  coulour  de  vermé. 

58  «Eutraucas-vous  dins  yòsti  borno, 

0  maufatan  ! . .  .  quau  vous  destorno  ? 
-^^^      I  dardaioun  de  fiò  que  pougnon  vòsti  car, 

Sentes  dounc  pas  que  sus  TAupifao 

Lou  soulèu  rous  encaro  briho? 
^^'^  Pendoulas-vous  i  roucassiho! 

Pèr  li  rato-penado  es  encaro  trop  clar...» 

59  E  de  tout  caire  patusclavon, 
*^  E  li  brut  pau-à-pau  moulavon. 

«Fau  vous  dire»,  au  parèu  digue  Taven  alor, 
«Que  di  Trevan  eiçò  's  la  cauno, 
-♦il  Tant  que,  sus  lis  estoublo  jauno, 

Lou  jour  laisso  toumba  sa  mauno; 
Mai  uno  fes  que  Toumbro  estènd  soun  drap  de  mort; 

■•'^        60     Eiça  quand  la  Vièio  encagnado 
Mando  à  Febrié  sa  reguignado, 

*^*  ss.  Les  paysans  du  Midi  ont  remarqué  que  les  trois  derniers 
jours  de  février  et  les  trois  premiers  de  mars  amènent  presque  toujours 
une  recrudescence  de  froid,  et  voici  cooune  leur  imagination  poétique 
explique  cela: 

Une  vieille  gardait  une  fois  ses  brebis.  C'était  à  la  fin  du  mois 
de  février,  qui,  cette  année-là,  n'avait  pas  été  rigoureux.  La  Vieille, 
se  croyant  échappée  à  l'hiver,  se  permit  de  narguer  Février  de  la 
manière  suivante: 


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LA  MASCO.  127 

Dins  li  glèiso  deserto  e  clavado  à  très  tour, 

^*"*  Anessias  pas,  femo  tardiero, 

Lou  front  pendent  Bu'no  cadiero, 
Resta  'ndourmido  ! . . .    A  la  sourniero, 

420      Pourrias  vèire  li  bard  s'eigreja  tout  autour, 

61  E  s'atuba  li  lumenàri, 

E,  courdura  dins  lou  susàri, 
^^      Li  mort,  un  aro,  un  pièi,  s'ana  mètre  à  geinoun  ; 

Un  capelan,  pale  coume  éli, 

Dire  la  Messo  e  l'Evangéli; 
•'-•  E  li  campano,  d'esperéli 

A  brand,  ploura  de  clar  emé  de  long  plagnoun! 

62  Parlas,  parlas-n'en  i  béulòli: 
^^  Dins  li  glèiso,  pèr  béure  l'òli 

Di  lampo,  quand  l'ivèr,  davalon  di  clouquié, 
Demandas-ié  se  vous  mentisise, 


Adieu,  Febrié!  'Mé  ta  febrerado 
M'as  fa  ni  peu  ni  pelado  ! 

.  (Adieu,  Février!  Avec  ta  gelée 

Tu  ne  m'as  fait  ni  peau  ni  pelée!) 

La  raillerie  de  la  Vieille  courrouce  Février,  qui  va  trouver  Mars: 
«Mars!  rends-moi  un  service!»  —  «Deux,  s'il  le  faut!»  répond  l'obligeant 
voisin.  —  «Prête-moi  trois  jours,  et  trois  que  j'en  ai,  je  lui  ferai  peaux 
et  pelées!» 

Presto-me  lèu  très  jour,  e  très  que  n'ai, 
Peu  e  pelado  ié  farai! 

Aussitôt  se  leva  un  temps  affreux,  le  verglas  tua  l'herbe  des 
champs,  toutes  les  brebis  de  la  Vieille  moururent,  et  la  Vieille,  disent 
les  paysans,  regimbait,  reguignavo.  Depuis  lors,  cette  période  tempétueuse 
porte  le  nom  de  Reguignado  de  la  Vièio,  ruade  de  la  Vieille.  Voy.  Vil, 
295  note. 

^'*  ss.  La  résurrection  passagère  des  morts,  de  laquelle  il  faut 
rapprocher  ce  qui  est  raconté  dans  les  vers  XII,  323  ss.,  doit,  .selon 
M.  Maass,  /.  c,  p.  14,  exprimer  ici  la  pensée  que  les  morts  ont  besoin  de 
Taide  des  vivants.  Cet  auteur  rappelle  encore  d'autres  traditions  qui 
semblent  répondre  à  la  même  idée. 


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128  CAKT  81E18EN. 

^^2  E  se  lou  clerc  que  sièr  l'óufice, 

Que  met  lou  vin  dius  lou  calice, 
N'es  pas  soulet  d'en  vido  à  la  ceremounié! 

^5^        63     Eiça  quand  la  Vièio  encagnado 
Mando  à  Febrié  sa  reguignado, 
Pastre,  se  noun  voulès,  espeloufi  de  pou, 

^^®  Resta  set  an,  li  cambo  redo, 

Enclaus  aqui  'mé  vòsti  fedo, 
Rintras  pulèu  dins  vòsti  cledo, 

^*'      Pastre!  lou  Trau  di  Fado  a  bandi  tout  soun  vòu! 

64  E  dins  la  Crau,  de  quatre  cambo 
0  de  voulado,  se  ié  rambo 

^**      Tout  ço  qu'a  fa  lou  pache;  e  pèr  li  draiòu  tort, 

Li  Matagoun  de  Varigoulo 

E  li  Masc  de  Fanfarigoulo 
^^'  Van  veni  dins  li  ferigoulo. 

En  farandoulejant,  béure  à  la  tasso  d'or. 

65  Vès!  coume  danson  li  garrigo! 
^^                En  fernissènt  de  l'embourigo. 


*»*  8.    Répétition  des  vers  414  et  suiv. 

***  Tout  ço  qu'a  fa  lou  pache  (tout  ce  qui  a  fait  le  pacte)  se.  emé 
lou  diable  (avec  le  diable). 

**^  Matagoun  y  en  général  Intins,  ou  chats  sorciers  qui,  selon 
une  croyance  populaire,  enrichissent  ceux  qui  prennent  soin  d'eux.  M. 
Mistral  traduit  ici:  tnagiciens,  —  La  bautno  de  Varigoulo  (grotte  de  Va- 
rigoule)  est  une  profonde  caverne  du  Lébéron,  du  côté  de  Murs  (Vau- 
cluse).  —  Fanfarigoulo  (Fanfarigoule),  vallée  de  la  Crau,  du  côté  d'Istres 
(Bouches  du  Rhône). 

**•  Béure  à  la  tasso  d'or  (boire  dans  la  tasse  d'or).  Comme  par- 
tout, les  sorciers  et  les  sorcières  ont  leur  sabbat  (voy.  VI,  251)  aussi 
en  Provence.  Après  avoir  dansé,  tout  le  monde  y  boit  dans  une  même 
tasse  :  la  tasso  di  masc.  De  là  le  nom  d'une  rue  de  Marseille  :  rue  de  la 
Tasse  d'Argent  ;  li  Fraire  de  la  Tasso,  c'est-à-dire  les  sorciers,  et  peut- 
être  aussi  le  proverbe  :  /  tasso  d'or  se  béu  pouisoun.  Cf.  Maass,  /.  <?.,  p.  41. 


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LA   MASCO.  129 

Déjà  la  Garamaudo  espèro  lou  Qripet . . . 

Hui  !  la  paDturlo  eDdemouDÌado  ! 
^**^  Gripet,  morde  la  carougDado 

E  'stripo-la  de  grafigDado  . . . 
DesparèissoD  ...    Ve  mai  que  fan  orre  e  tripet  ! 

■*-'»6        66     Aquelo,  eilavau,  quefpatusclo 

Terro-bouiroun  dins  li  lachusclo, 
Coume  un  laire  de  niue  que  fuge  en  s'amourrant, 
^^^  Es  la  Bambaroucho  mourrudo! 

Entre  sis  arpo  loungarudo 

E  sus  sa  tèsto  banarudo 
^®2      Emporte  d'enfantoun,  tóuti  nus  e  pleurant . . . 

67     Eila,  vesès  la  Chaucho-vièio  P 
Pèr  lou  canoun  di  chaminèio, 


*^^  Garamaudo,  être  imaginaire  dont  on  fait  peur  aux  petits  en- 
fants. Voy.  ni,  299  note.  On  a  voulu  dériver  ce  mot  de  Caratnandus, 
chef  d'armée  gaulois,  qui  assiégeait  Marseille  en  485  av.  J.-C.  M.  Maass, 
/.  c,  p.  29,  préfère  le  dériver  de  cara  tnala,  vilaine  figure,  propre  à  ef- 
frayer les  enfants,  mais  ne  réussit  pas  à  vaincre  les  difficultés  de  cette 
étymologie.  —  Lou  Gripet^  d'après  le  Très.:  esprit  badin  et  souvent 
serviable  qui  se  plaît  à  faire  d'innocentes  niches,  ressemble  au  glàri  ou 
fantasti  des  vers  cités  plus  haut  (voy.  VI,  288  note).  Lafare-Alais  qui, 
dans  ses  Castagnados,  p.  9,  a  consacré  une  poésie  au  Chipé,  le  peint  de 
la  même  manière.  Mais  il  n'est  pas  douteux  qu'à  l'origine  et  aussi  dans 
l^intention  de  notre  poète,  le  Gripet  (du  germ.  grîpon)  ne  fût  différent 
des  lutins  à  qui  il  ressemble  dans  la  croyance  populaire  des  Provençaux. 
Cf.  Maass,  /.  c,  p.  23. 

^'*  La  Bambaroucho  (la  Bambarouche),  encore  un  être  imaginaire 
pour  faire  peur  aux  enfants,  par  conséquent  de  la  même  famille  que 
la  Boumèco  (voy.  IH,  299  note),  la  Garamaudo  (voy.  la  note  précédente), 
et  aussi  lou  Barhan  et  lou  Marmau  (v.  472),  dont  l'étymologie  (cf.  la  forme 
Marman)  est  peut-être  identique.  Voy.  Maass,  /.  c,  p.  27  ss. 

*••  La  ChauchO'pièio  (le  Cauchemar),  en  anc.  français  chauche- 
vieille,  dont  la  vieille  fut  remplacée  par  la  mare  des  Allemands.  Le 
nouveau  mot  garda  longtemps  son  genre  féminin:  cf.  rieilles  et  laides 
cauquemares  {L'Amant  vert,  cité  par  La  Curne);  Bodin  raconte  qu'<au 
pays  de  Valois  et  de  Pycardie  il  y  a  une  sorte  de  sorciers  et  de 
sorcières,  qu'ils  appellent  cauchemars.»  Sur  l'activité  et  les  particu- 
larités des  cauchemars  ou  incubes  dans  les  différentes  traditions,  voy. 
Haass,  l.  c,  p.  24  ss. 

9 
I 


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130  CAUT   81EI8EN. 

465      Davalo  d'à  cachoun  sus  Testouma  relent 

De  l'endourmi  que  se  revèsso; 

Mudo,  se  i'agrouYo;  Touprèsso 
<<58  Coume  uno  tourre,  e  i'entravèsso 

De  souDge  que  fan  afre  e  de  pantai  doulènt. 

68     Ausès  desgounfouna  li  porto? 
<^i  Lis  Escarinche  soun  pèr  orto, 

Pèr  orto  lou  Marmau,  lou  Barban  . . .  Dins  Termas, 
Fan  nèblo;  enjusquo  di  Ceveno, 
♦^*  Emé  si  ventre  d'alabreno, 

Li  Dra  s'acampon  à  dougeno, 
E  'n  passant,  pataflòu!  destéulisson  li  mas. 

^'*'^        69     Que  tarabast  ! . . .  o  Luno,  o  Luno, 
Que  mau-passage  t'encantuno. 
Pèr  davala,  tant  roujo  e  largo,  sus  li  Baus?  .  .  . 
480  Aviso-te  dóu  chin  que  japo, 

0  Luno  folo!  Se  t'arrapo, 
T'engoulara  coume  uno  papo, 
^®^      Car  lou  chin  que  t'aluco  es  lou  Chin  de  Cambau! 

*'*  Escarinche^  être  imaginaire,  enfanté  par  la  peur,  une  appa- 
rence de  squelette.  On  appelle  escarinche  aussi  une  personne  maigre  à 
faire  peur. 

"«  Voy.  VI,  459  note. 

*"  Li  Dra  (les  Dracs),  de  la  famille  des  lutins  plus  ou  moins 
malins  {glàri^  fantasti,  voy.  VI,  288  et  .451  notes),  paraissent  hanter 
avec  prédilection  le  Languedoc  (les  Cévennes)  et  le  Velay.  Leur  ori- 
gine (de  draco)  n'est  pas  douteuse.  Il  faut  les  distinguer  du  fameux  Drac 
du  Rhône,  monstre  ailé  et  amphibie  qui  porte  sur  un  corps  de  reptiVe 
les  épaules  et  la  tête  d'un  beau  jeune  homme  et  à  qui  Mistral  a  créé 
une  nouvelle  popularité  par  son  Poème  du  Rhône. 

*®'  Lou  Chin  de  Cambau  (le  Chien  de  Cambal),  espèce  de  loup- 
garou  appelé  lou  chi  Cambaud  à  Montpellier.  Royer  (f  1755),  dans  une 
poésie  inédite,  en  dit: 

Dins  uno  croto  umido  e  soumbro 

Ounte  se  rend  lou  queitivié 

E  di  regolo  e  dis  eiguié 

Trèvo  despièi  long-tèms  uno  oumbro 

Que  fai  mai  de  pou  que  de  mau: 

L'apellon  lou  Chin  de  Cambau. 


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LA   MASCO.  131 

70  Mai  quau  aDsin  brando  lis  éuse?  .  .  . 
Ai!  soun  troussa  coume  de  féuse; 

^®*      E  di  fiò  de  Sant-Èume,  à  saut,  à  yertouioun, 

Boumbis  la  flamado  gancherlo; 

E  d'estrepado,  e  'n  brut  d'esquerlo 
^®^  Estrementis  la  Crau  esterlo  .  .  . 

Lou  galop  enrabia  dóu  Baroun  Castihoun  !» 

71  Rauco,  desalenado,  estcnco, 
*^2  S'èro  arrestado  la  Baussenco. 

Mai  subran:  «Tapas-vous,»  faguè,  «'mé  lou  faudau, 
Tapas  l'auriho  e  li  parpello, 
^^*  Que  l'Agnèu  nègre  nous  apello!» 

«Quau?  .  .  .  aquel  aguclouD  que  bèlo?» 
Digue  Vineèn.    Mai  elo:  «Auriho  sourdo,  e  dau! 


(Dans  nne  grotte  humide  et  sombre,  où  se  rend  Teau  sale  des 
rigoles  et  des  éviers,  séjourne  depuis  longtemps  une  ombre  qui  fait  plus 
de  peur  que  de  mal:  on  l'appelle  le  Chien  de  Cambau.) 

Lou  coundu  de  Canibaxid  est  le  nom  d'un  égout  d'Avignon,  d'où 
Ton  croyait  que  le  diable  sortait  à  minuit  sous  la  forme  d'un  cheval 
noir,  lou  chivau  de  Cambaud,  qui  s'allongeait  sous  les  divers  cavaliers  qui 
le  montaient  et  ensuite  les  emportait  en  enfer  (et  Amtanau  prourençuu 
1885  ;  Revue  des  Traditions  VIII,  25).  Maass,  /.  c,  p.  16  ss.,  assigne  au 
Chin  de  Cambau  une  place  parmi  les  Génies  ondins. 

*••  Fiò  de  Sant-Èume  (feu  de  Saint-Elme),  les  petites  flammes  qui  se 
montrent,  quand  l'air  est  chargé  d'électricité,  aux  pointes  de  corps 
aigus  et  très  élevés,  p.  ex.  aux  mâts  des  navires.  La  mythologie 
^ecque  a  mêlé  ces  flammes  à  la  tradition  de  Castor  et  Pollux;  encore 
aujourd'hui  les  marins  concluent  de  ce  feu  qu'ils  n'ont  rien  à  craindre 
d^un  orage  imminent. 

*^  Lou  baroun  Castihoun  (le  Baron  Castillon),  le  féroce  chasseur 
(le  Veneur  de  Fontainebleau,  Robin  des  bois),  successeur  du  dieu  Wodan 
de  la  mythologie  germanique,  est,  dans  la  tradition  provençale,  un  roi 
ou  comte,  chasseur  tellement  passionné  qu'un  jour  il  quitta  la  messe 
immédiatement  après  avoir  entendu  qu'un  gros  sanglier  s'était  fait  voir 
près  de  l'église.  Par  punition,  il  est  condamné  à  continuer  éternelle- 
ment cette  chasse  au  sanglier.    Cf.  Maass,  /.  c,  p.  10. 

*••  La  BaussencOj  voy.  I,  67  note. 

*•*  L'Agnèu  nègre  (l'agneau  noir),  forme  sous  laquelle  le  démon  se 
met  au  service  de  certains  avares,  suivant  une  vieille  croyance  provençale. 

9* 


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132  OANT  8IBISEN. 

498        72     Malur,  eici,  pèr  quau  trabuco! 

Mai  que  lou  pas  de  la  Sambuco 
Dangeirous  es  lou  pas  dóu  nègre  Banaru. 
^1  Coume  aro  venès  de  l'entendre, 

A  'n  teta-dous,  un  bêla  tendre 

Que  vous  atiron  à  descendre. 
^^      I  Crestian  imprudent  que  se  yiron  au  brut 

73  Fai  lusi  l'empèri  d'Erode, 
L'or  de  Judas,  e  dis  lou  rode 

^^      Mounte  la  Cabro  d'or  fugue  di  Sarrasin 
Aclapado.   Fin  que  degolon, 
Móuson  la  Cabro  tant  que  volon; 

^^0  Mai  à  Tangòni  quand  rangolon, 

Fagon  pièi  demanda  lou  sacramen  diyin! 

74  L'anouge  nègre  ié  resposto 
^**  Em'  uno  rousto  sus  li  costo. 

E  pamens,  e  pamens,  i  tèms  que  sian,  mau  tèms 

Escoussura  de  toute  déco, 
^^^  Quant  n'i'a  d'amo  alucrido  e  seco, 

Ai!  las!  que  mordon  à  sa  leco, 
E  qu'à  la  Cabro  d'or  fan  tuba  soun  encens!» 

^'^        75    Aqui  lou  cant  de  la  galino 

Très  cop  fende  la  nivoulino. 
«Dins  la  tregenco  baumo,  à  la  perfin,  enfant, 
^22  Sian  arriba!»  digue  la  vièio. 

Lou  panieraire  emé  Mirèio, 

Souto  uno  grande  chaminèio, 
525      Veguèron  sèt  cat  nègre,  au  fougau  se  caufant. 


*•*  Lfìu  pas  de  la  Sambuco  (le  pas  de  la  Sambnqae),  défilé  re-^ 
douté  des  voyageurs,  dans  les  montagnes  de  la  Sambuque,  à  Torient 
d'Aix  en  Provence. 

"7  La  Cabro  d'or,  voy.  II,  420  et  VI,  645  notes. 

»25 — 6  Li  cat,  surtout  li  cat  nègre  (les  chats  noirs),  jouent,  dans 
les  croyances  des  Provençaux,  le  même  rôle  prééminent  qu'ailleurs.   CL 


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LA  MASCO.  133 

76  VeguèroD,  entre  li  sèt  mascle, 
Uno  oulo  de  ferre  au  cremascle; 

»«8      Veguèron  dous  coulobre  en  forme  de  tisouiJ, 
Que  racavon  à  plen  de  goulo 
Dos  flamo  bluio  au  quiéu  de  roule. 

^^^  «Pèr  cousina  vosto  bourroulo, 

Vous  serves  d'aquéu  bos,  ma  grand?»  «0,  moun  garçoun! 

77  Brulo,  acò,  miéus  que  gens  de  busco: 
*^                Es  de  souquihoun  de  lambrusco.» 

Mai,  en  cabessejant,  Vincèn:  «De  souquihoun, 
De  souquihoun,  lou  voulès  dire  .  .  . 
^^^  Mai  fasen  lèu,  qu'es  pas  de  rire.» 

Uno  grand  taulo  de  pourfire, 

Au  centre,  espandissié  soun  large  virouioun. 

^^        78    A  proucessioun  e  blanquinello, 

Milo  coulouno,  clarinello 
Coumo  li  jaleiroun  que  pènjon  di  cubert, 
^^^  D'aqui  parton,  pèr  ana  courre 

Souto  li  racine  di  roure 

E  la  foundamento  di  mourre, 
^^**      Inmènsi  galarié  que  li  Fado  an  dubert. 


les  proverbes:  Li  cat  nègre  porton  bonur  (les  chats  noirs  portent  bon- 
heur) ;  Li  chin  soun  dôu  bon  Dieu  e  li  cat  soun  dôu  diable  (les  chiens 
sont  da  bon  Dieu,  les  chats  sont  du  diable)  ;  quomd  lou  cat  viro  lou  cuou 
au  fiò,  marco  de  fre  (quand  le  chat  tourne  le  cul  au  feu,  cela  annonce 
le  froid)  ;  quand  lou  coi  passo  la  pato  sus  la  tèsto,  ben  lèu  fara  tempèsto, 
quand  se  freto  Vauriko,  lou  tems  viéu  se  reviho  (quand  le  chat  passe  la 
patte  sur  la  tête,  il  y  aura  bientôt  tempête  ;  quand  il  se  frotte  Toreille, 
le  temps  vif  se  réveille),  etc.  —  Les  chats  noirs  sont  partout  les 
compagnons  ou  les  domestiques  des  sorcières.  Cf.,  dans  le  Faust  de 
Goethe,  la  scène  qui  a  lieu  au  laboratoire  de  la  sorcière. 

•*®  ss.  Dans  cette  78«  strophe,  on  pourrait  vouloir  chercher  un 
symbolisme  quelconque.  11  n'y  en  a  point.  Ces  mille  (=  nombre  in- 
fini de)  colonnes  doivent  être  prises  pour  des  colonnes  réelles  telles  qu'on 
les  trouve  dans  les  grottes  à  stalactites  on  à  stalagmites. 


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134  GANT  SIEISEN. 

79  Porge  majestuous,  qu^amago 
Uno  lusour  neblouso  e  vago; 

^**      Meravihous  emboui  de  temple,  de  palais, 

De  peristil,  de  laberÌDto, 

Coume  n'en  taièron  ansiiito 
^^2  Ni  Babilouno  ui  Courinto, 

E  qu'un  alen  de  Fado  esyalis,  quaùd  ié  plais. 

80  Aqui  li  Fado  varaiejon: 

^^^  Coume  de  rai  que  trantaiejoo, 

Emé  H  chivalié  qu'enfadèron  aotan 
CountùnioD  la  vido  amourouso 
^®  Dins  lis  andaDO  souloumbrouso 

D'aquelo  tranquilo  chartrouso  .  .  . 
Mai  chut!  pas  i  parèu  dins  Toumbro  s'acatant! 

^*        81     L'encaDtarello,  déjà  lèsto, 

Quouro  dreissavo  sus  la  tèsto, 
Quouro  de-vers  lou  sou  beissavo  si  bras  nus. 

5^  Sus  la  grand  taulo  de  pourfire, 

Coume  Laurèns  lou  sant  martire, 
Ero  coucha  sènso  rèn  dire 

^•^      Vincèn  lou  panieraire,  emé  sa  plago  au  bust. 

82  Ferouno,  creissegudo  en  tato 
Pèr  l'esperit  que  la  travaio 

'>70      E  d'un  vent  proufeti  ié  gounflo  lou  galet, 
Taven,  dins  l'oulo  que  revouiro 
A  grossis  oundo  boulidouiro, 

^■^3  Plante  subran  Tescumadouiro. 

A  soun  entour  li  cat  fasien  lou  rondelet. 

83  Venerablo,  emé  la  menèstro, 
^'^^  La  masco,  de  la  man  senèstro 

Esbouiènto  à  Vincèn  soun  pitre  descata; 


*••  On  sait  que  Sant  Laurèns  (Saint  Laurent)  fut  martyrisé  sur 
un  feu  lent;  d'après  la  légende,  sur  un  grand  gril. 


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LA  MASCO.  135 

E,  lis  iue  fisse,  n'escouDJuro 
^'^  La  douloureuse  pougneduro 

En  remoumiant  à  voues  escuro: 
*Crist  es  na!  Crist  es  mort!  Crist  es  ressuscita! 

^®2        84     Crist  ressuscitara!. .  .*    Mestresso 

Coume  i  fourèst  la  grand  tigresso 
Qu'alongo,  après  la  casao,   un  cop  d'arpo  au  flaoc  rous 
^^  De  sa  tremoulanto  vitimo, 

Sus  la  fruchaio  que  trelimo 

Ânsin  la  masco  alor  emprimo 
^®®      Très  fes  emé  Tartèu  lou  signe  de  la  crous. 

85  E  de  sa  bouco,  a  touto  zuerto, 
La  paraulo  desboundo,  e  tuerto 

^^*       I  pourtau  nivoulous  de  Tendevenidou  : 
«0,  ressuscitara  !    Lou  crese! 
De  la  colo  entre  li  roumese 
^^*  E  li  frejau,  alin  lou  vese 

Que  mounto,  emé  soun  front  que  sàuno  à  gros  degout! 

86  E  dins  li  róumio  e  dins  li  clapo 
^^^                Mounto  soulet  ;  sa  crous  Taclapo  . . . 

Mounte  es,  pèr  Teissuga,  Verounico? . . .    Mounte  es 

Aquéu  brave  orne  de  Cireno, 
^^*  Pèr  l'auboura,  se  'n-cop  s'arreno? 

Emé  soun  peu  que  se  destreno, 
Li  Mario  plagnènto  ounte  soun  P.. .  T  a  pas  res! 


•••  En  Provence,  les  conjaratears  et  charmeurs  de  maladie  font 
des  signes  de  croix  avec  leur  gros  orteil  snr  la  partie  malade.  Pln- 
tarqne  dit  que  Pyrrhus  guérissait  certaines  maladies  de  cette  manière 
et  que  son  gros  orteil  du  pied  droit  avait  une  vertu  divine.    Très. 

*••  Verounico  (Véronique)  qui,  selon  la  légende,  passa  à  Jésus- 
Christ,  dans  sa  montée  au  Calvaire,  son  mouchoir  sur  lequel  se  dessina 
la  figure  du  Seigneur.  —  Lou  brave  orne  de  Cireno  (le  brave  homme  de 
Cyrène),  Simon  le  Cyrénéen. 


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136  GANT  81E18EN. 

^^^       87     E  dins  roumbrun  e  la  terriho, 

Avau,  richesso  emai  pauriho 
Lou  regardon  que  mounto,  e  dison:  ««Mounte  vai, 
^^  Emé  sa  fusto  sus  Tespalo, 

Âquéu,  amount  que  sèmpre  escaloP  .  .  .>» 

Sang  de  CaïD,  amo  carnalo, 
•^      Don  pourtaire  de  Crous  n'an  de  pieta,  pas  mai 

88  Que  se  vesien  dins  lou  campèstre 
Un  chin  aqueira  pèr  soun  mèstre  ! . . . 

^**      Ah  !  raço  de  Jusiòu,  que  mordes  en  furour 

La  man  que  t^abaris,  e,  torso, 

Lipes  aquelo  que  t'endorso, 
^i^  Dins  la  mesoulo  de  toun  orso 

(Lou  vos?)  davalaran  li  frejoulun  d'ourrour! 

89  E  ço  qu'es  pèiro  vendra  pòusso  . . . 
^*®  E  de  l'espigo  e  de  la  dòusso 

Vai  esfraia  ta  fam  lou  mascarun  amar . . . 

Oh!  que  de  lanço!  oh!  que  de  sabre! 
6^1  Sus  quénti  molo  de  cadabre 

Vese  boumbi  Taigo  di  vabre  ! . . . 
Pacefico  tis  erso,  o  tempestouso  mar  ! . . . 

^24        90     Ai!  de  Pèire  la  barco  antico 

Is  àspri  roco  mounte  pico 
S'es  esclapado  ! . . .    Hoï-ve  !  lou  mèstre  pescadou 
^27  A  dóumina  l'oundo  rebelle; 

Dins  uno  barco  novo  e  belle 

Gagne  lou  Rose  e  reboumbello 
®^^      Emé  la  crous  de  Dieu  plantado  au  trepadou! 

91     0  divin  arc-de-sedo!  inmènso, 
Eterno  e  sublime  clemènço! 


•*•  Lou  mascarun  (ou  carhouncle^  carbounèu,  charbon),  carie  du 
blé  et  d'autres  plantes,  qui  change  le  grain  en  poussière  noire.  —  La 
sorcière  menace  la  société  impie  de  toutes  sortes  de  Aèaux. 


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LA  MASCO.  137 

«33      Vese  uno  terro  novo,  un  soulèu  que  fai  gau, 

D^óuIÍYarello  en  farandoulo 

Davans  la  frucho  que  pendoulo, 
^^  E  8U8  H  garbo  de  paumoulo 

Li  meisBouDÌé  jasent  que  teton  lou  barrau. 

92     E,  desnebla  pèr  tant  d'eisèmple, 
*3^  Dieu  es  adoura  dins  soun  temple ...» 

E  la  masco  di  Baus,  acò  di,  'mé  lou  det 
I  dous  enfant  mostro  une  draio 
**2  Qu'un  fiéu  de  jour  au  bout  ié  raio, 

Menu,  menu . . .   Parton  en  aio, 
E  la  gaugno  aferado,  e  courbant  lou  coutet. 

^^        93     De  souto  terro,  au  Trau  de  Cordo 
Lou  bèu  parèu  enfin  abordo; 


•**  Cordo  (Corde).  «A  Torient  d'Arles  s'élèvent  deux  collines  qni 
prímitÌTement  durent  n'en  former  qu'une,  mais  qu'un  marais  sépare  au- 
jourdliui  Dans  le  sommet  nu,  rocailleux  et  plat  de  la  moins  haute, 
les  Celtes  pratiquèrent  jadis  en  forme  de  glaive  une  excavation  couverte 
de  blocs  gigantesques.  Les  Sarrasins  campèrent,  dit-on,  sur  cette  col- 
line; en  souvenir  de  Cordoue,  ils  lui  donnèrent  le  nom  de  Corde,  qu'elle 
porte  encore  aujourd'hui.  Des  traditions  merveilleuses  l'animent  et  la 
X)oétisent:  c'est  la  Couleuvre-fée,  Mélusine  provençale;  c'est  surtout  la 
Chèvre  d'or  qui  fait  trouver  les  trésors  cachés,  mais  rend  incurablement 
tristes,  au  sein  de  leurs  richesses,  ceux  qui  ne  les  méritent  pas.» 
«L'autre  colline,  plus  grande,  porte  le  nom  presque  romain  de  Mont- 
Majeur.»  (J.  Canonge,  Illustration,  29  mai  1852.)  Sur  cette  colline  sont 
les  ruines  de  la  célèbre  abbaye  de  Mont-Majour,  fondée  au  6«  siècle, 
rebâtie  aux  11«— -13«  s.  et  en  partie  de  nouveau  au  18«  s.  C'est  cette 
dernière  partie  qu'on  voit  tout  d'abord  et  qui,  avec  ses  salles  et  ses  ar- 
cades en  ruine,  fait  l'impression  d'un  palais  écroulé.  On  remarque  par- 
ticulièrement une  grosse  tour  carrée,  de  26  m.  de  haut,  et  du  même 
côté  de  la  colline  une  église  du  12«  siècle  et  une  chapelle  très  ancienne 
et  en  partie  souterraine.  La  tradition  veut  que  ce  soit  celle  de  Saint 
Trophime  (voy.  VI,  321  note),  et  on  y  montre  sa  cellule  et  sa  cachette 
dans  les  persécutions.  En  bas  de  la  colline  se  trouve  la  chapelle  de 
Sainte-Croix,  curieuse  construction  du  11«  s.  qui  présente  à  la  base  4 
absidioles,  dont  une  précédée  d'un  porche;  au  dessus,  un  étage  carré 
avec  fronton   sur  chaque  face  et  au  sommet  une  lanterne.    Devant  et 


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138  GAMT   8IEI8EN.      LA   MASCO. 

Remounton  au  souléu  . . .    Âcatant  lou  roucas 
^*®  Emé  si  rouino  e  soun  vieiounge, 

Mount-Majour,  Tabadié  di  mounge, 
Taparèis  coume  dins  un  sounge. 
^^1      Se  fan  uno  brassado,  e  gagnon  lou  jouncas. 


sur  les  côtés  se  voient  à  fleur  de  terre  des  sarcophages  creusés  dans  le 
roc  vif  et  maintenant  sans  couvercles  et  vides.  —  La  grotte  de  Corde 
porte  aussi  le  nom  de  Trau-di-Fado^  comme  la  grotte  des  Baux;  et. 
d'après  la  croyance  populaire,  ces  deux  excavations  communiquent 
entre  elles. 


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CANT  SETEN 

LI  VIÈI 

Loa  Tièi  panieralre  emé  soun  flén,  assesta  daTant  loo  llndau  de  ta  bòri,  trenon  ooo  ca* 
BMtello.  —  Lon  ribeirét  dóo  Rose.  —  Yincèn  dis  à  soun  paire  d'ana  demanda  Mirèlo 
•n  mariaire.  —  Refos  e  remoastranço  don  tIòI.  —  Vinoeneto,  sorre  de  Ylnoèn,  pèr 
iO>^  sonii  fhdre  à  touoa  Mèste  Ambroi,  oonto  l'istori  de  SlTèstre  emé  d'Alis.  —  Par- 
tènço  de  Mette  Ambroi  pèr  lou  lias  dl  Falabrego.  —  L*arribado  e  loa  gousta  di 
melssoiinlé.  —  Mèste  Ramoan.  —  Loa  labour.  —  Reolt  d'Ambròsl,  responso  de  Ramoun. 
—  La  taolo  de  Calèndo.  —  Mirèio  deolaro  soun  amour  pèr  lou  fléu  don  panleraire.  — 
▲mallotado,  empreeaeioun  e  reftas  di  parent.  —  Endignaoloun  de  Mèste  AmbroL  — 
Vapouleon  e  11  grandi  fuerro.  —  Encagnamen  de  Mèste  Ramoun.  —  Lou  soudard  la- 
bonraire.  —  Farandoulo  dl  melssounlé  à  Pentour  dóu  flò  de  Sant  Jan. 

1     «Vous  dise,  paire,  e  vous  redise 

Que  n'en  siéu  fou!...    Cresès  que  rise?» 
3  En  fissant  Mèste  Ambroi  emé  d'iue  treboula, 

Fasié  Vincèn  à  soun  vièi  paire. 
Lou  mistrau,  pouderous  courbaire 
•  Dis  àuti  pibo  dóu  terraire, 

À  la  voues  dóu  jouvènt  apoundié  soun  ourla. 


*  Lou  mistrau  (le  mistral),  grand  vent  de  nord-ouest  qui  descend 
par  la  vallée  du  Rhône  aux  côtes  de  la  Méditerranée.  Il  a  l'avantage  de 
purifier  Tair,  néanmoins  il  est  craint,  à  cause  des  ravages  qu'il  fait  souvent 
dans  les  paysages  situés  sur  le  bord  du  Bas-Rhône  et  même  dans  le  Yar, 
On  comprend  que  ce  vent,  terrible  surtout  au  printemps,  ait  une  grande 
importance  pour  les  Provençaux  et  soit  devenu  Tobjet  d'une  grande 
quantité  de  dictons,  dont  voici  le  plus  caractéristique: 

Lou  mistrau  emé  la  Durénço 
Gaston  la  mita  de  Prouvènço 

(Le  mistral  et  la  Durance  gâtent  la  moitié  de  la  Provence). 


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140  GANT   BETEN. 

2     Davans  soun  cabanoun  dóu  Rose, 
^  Large  coume  un  cruvèu  de  nose, 

Lou  vièi,  sus  un  to  d'aubre,  èro  asseta  au  calahc 
E  desruscavo  de  redorto; 
^2  Lou  jouine,  agrouva  sus  la  porto, 

Entre  si  man  adrecho  e  forto 
Plegavo  en  canestello  aquéli  vergan  blanc. 

^^  3     Lou  Rose,  enmalicia  pèr  l'auro, 

Fasié,  coume  un  troupèu  de  tauro, 
Courre  sis  erso  treblo  à  la  mar:  mai  eici, 

'®  Entre  li  tousco  d'amarino 

Que  fasien  calo  emai  oumbrino, 
Uno  mueio  d'aigo  azurino, 

^*        Liuen  dis  oundo,  plan-plan  venié  s'emperesi. 

4    De  vibre,  long  de  la  lauseto, 

Rousigavon  de  la  sauseto 

^*       La  rusco  amaro;  alin,  à  travès  lou  cristau 

De  la  calamo  countinuio, 

Apercevias  li  bruni  luio 

^^  Barrula  dins  li  founsour  bluio, 

Á  la  pesco  di  pèis,  di  bèu  pèis  argentan. 


80 


5     Au  long  balans  dóu  vent  bressaire, 
Aqui  de-long  li  debassairo 
Avien  penja  si  nis;  e  si  nis  blanquinèu, 
Teissu,  coume  uno  molo  raubo, 
^^  Emé  lou  coutounet  qu'is  aubo 

L'aucèu,  quand  soun  flourido,  raubo, 
Boulegavon  i  brout  de  verno  em'  i  canèu. 

^^  6     Rousso  coume  uno  tourtihado, 

Uno  chato  escarrabihado, 
D'un  large  capeiroun  espandissié  li  pie, 

••  TourtihadOy  gâteau  en  forme  de  couronne,  fait  de  fine  p»te,  de 
sacre,  d'oenfs  et  d'anis. 


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LI    VIÈI.  141 

^^  Trempe  d'aigo,  su  'no  figuiero, 

Li  bestiàri  de  la  nbiero, 

Nimaî  li  piegre  di  broutiero, 
^2       N'avien  pas  mai  de  pou  que  di  jounc  tremoulet. 

7  Pecaire!  èro  la  chatouneto 
De  Mèste  Ámbròsi,  Yinceneto. 

*^       Sis  auriho,  degun  i'avié  'ncaro  trauca; 

Avié  d'iue  blu  coume  d'agreno, 

Emé  lou  sen  boudenfle  à  peno; 
**  Espinouso  flour  de  tapono 

Que  lou  Rose  amourous  amavo  d'espousca. 

8  Emé  sa  rufo  barbo  blanco 
Que  ié  toumbavo  enjusquo  is  anco, 

Mèste  Ambroi  à  soun  fiéu  respoundè:  «Bartavèu^ 
De  tout  segur  lou  dèves  èstre, 
Car  de  ta  bouco  siés  plus  mèstre!» 
«Pèr  que  l'ase  se  descabèstre, 

Paire,  fau  que  lou  prat  fugue  rudamen  bèu! 

^■^  9     Mai  en  que  sièr  que  tant  vous  parle? 

Sabès  coume  es  !..  .  S'anavo  en  Arle, 
Li  fiho  de  soun  tèms  s'escoundrien  en  pleurant^ 

^  Car  après  elo  an  rout  lou  mole  .  .  . 

Que  respoundrés  à  voste  drôle 
Quand  saubrés  que  m'a  di:  ««Te  vole!»» 

^       «Richesse  e  paureta,  foulas,  te  respoundran.» 

10     «Paire,  partes  de  Valabrego; 
Anas  au  Mas  di  Falabrego, 
^*       E  lèu-lèu!  à  si  gènt  racountas  tout  coume  es! 
Digas-ié  que  l'on  dèu  s'enchaure 


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**/•    Sentence  inventée  par  le  poète. 

••/•  La  beauté  des  Arlésiennes  est  proverbiale,  et,  en  Provence, 
on  ne  sait  pas  mieux  vanter  la  grâce  d'une  jeune  fìlle  qu'en  la  mettant 
même  au-dessus  des  Arlésiennes.    Cf.  VIII,  312  ss. 


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142  CAMT   8ETBN. 

Se  Tome  es  brave  e  noun  s'es  paiire; 
"^®  Digas-ié  que  sabe  reclaure, 

Desmaienca  li  vigno  e  laboura  H  grès. 


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81 


S( 


11  Digas-ié  mai  que  si  sièis  couble, 
Sout  moun  gouvèr,  cavarau  double  ; 

Digas-ié  que  siéu  ome  à  respeta  li  vièi; 
Digaa-ié  que,  se  nous  separon, 
Pèr  toujour  nòsti  cor  se  barron, 
E,  tant  iéu  qu'elo,  nous  entarron!  .  .  .» 

«Ah!»  faguè  Mèste  Ambroi,  «siés  jouine,  aqui  se  vèi. 

12  Acò  's  Tiòu  de  la  poulo  blanco! 
Acò  's  lou  lucre  sus  la  branco! 

Auriés  gau  de  l'avé;  'm'  acò  lou  sounaras, 

lé  proumetras  la  papo  au  sucre, 

Gingoularas  fin  qu'au  sepucre  .  .  . 

Jamai  veiras  veni  lou  lucre 
Se  pausa  sus  toun  det,  car  noun  siés  qu'un  pauras.» 


13  «Mai  d'èstre  paure  es  dounc  la  pèsto?» 
Vincèn  en  grafignant  sa  tèsto 

*^        Cridè.     «Mai  lou  bon  Dieu  qu'a  fa  de  cause  ansin, 
Lou  bon  Dieu  que  me  vèn  esclaure 
DÓU  soulet  bèn  que  me  restaure, 

^  Es-ti  juste?  .  .  .  Perqué  sian  paure? 

Perqué,  dóu  vignarés  embala  de  rasin, 

14  Lis  un  cueion  toute  la  frucho, 

^3  E  d'autre  an  que  la  raco  eissucho?» 

Mai  Ambroi  tout-d'un-tèms  aussant  lou  bras  en  l'èr: 
«Treno,  vai,  treno  ti  pivello, 


'•  Ach  *s  Viàu  de  la  poulo  blanco  (c'est  l'œnf  de  la  poule  blanche)  : 
expression  proverbiale,  pour  dire  une  chose  rare,  précieuse,  à  laquelle 
on  tient  beaucoup.    Voy.  VI,  210  note. 

^*  88.  Voy.  V,  51  note.  Son  chant  agréable  a  fait  passer  Iç  lucre 
en  proverbe. 


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Li  viÈi.  143 

^  E  lèvo  acò  de  ta  cervelle! 

Desempièi  quouro  la  gavelle 
Repren  lou  meisseunié?  .  .  .  Lou  loumbrin  o  la  serp 

^        15     Âdeunc  pou  dire  à  Dieu:  ««Peirastre, 
Que  noun  de  iéu  fasiés  un  astre P>» 
««Perqué,»»  dira  lou  biòu,  «m'as  pas  créa  bouié? 

í^  A-n-éu  lou  gran,  à  iéu  la  paie!  .  .  .»» 

Mai  noun,  raoun  fiéu:  marrido  o  gaio, 
Tóuti,  soumés,  tenon  sa  draio  .  .  . 

'"^      Li  cinq  det  de  la  man  soun  pas  tóuti  parié! 

16     Lou  Mèstre  t'a  fa  lagrainuso? 
Tèn-te  siau  dins  toun  asclo  nuso, 
^^      Béu  toun  rai  de  soulèu  e  fai  toun  gramaci.» 
«Mai,  vous  ai  pas  di  que  l'adore 
Mai  que  moun  Dieu,  mai  que  ma  sorre? 
Me  la  fau,  paire,  o  senoun  more!  ...» 
E  coume  pèr  liuen  d'eu  bandi  l'aspre  soucit, 


111 


117 


17     De-long  dôu  flume  que  rounflavo, 
^'*  Eu  en  courrènt  se  desgounflavo. 

Vinceneto,  la  sorre,  en  pleurant  alor  vèn, 
E  ié  fai  au  vièi  panieraire: 
«Avans  de  maucoura  moun  fraire, 
Ausès-me,  pai!  V  a  'n  labouraire, 
Au  mas  ounte  serviéu,  qu'èro  amourous  tanibèn; 

'20        18     L'èro  de  la  fiho  dôu  mèstre, 
Alis;  eu,  ié  disien  Sivèstre. 
Au  travai  (tant  Tamour  Tavié  fa  courajous) 
'^  Ero  un  loup  !  en  toute  obro  abile, 

Abarous,  matinié,  doucile  .  .  . 
Li  mèstre,  anas,  dourmien  tranquile. 
Un  matin  —  regardas,  paire,  s'es  pas  fachous  !  — 

w»  Proverbe.    Dans  le  Très,  simplement:   Li  cinq  (ici  de  la  man 
^oun  pas  parié  (les  cinq  doigts  de  la  main  ne  sont  pas  pareils). 


126 


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144  GANT   8ETBN. 

19  Un  matin,  la  mouié  dóu  mèstre 
Entendeguè  parla  Sivèstre: 

*^      Countavo  d'escoundoun  soun  amour  à-n-Alis. 

A  dina,  quand  lis  orne  intrèron 

E  qu'à  la  taulo  se  virèron, 
J^2  Lis  iue  dóu  mèstre  s'empurèron! 

«  «Traite  !»>  dis!  «*tè  toun  comte,  e  passe  que  t'ai  vist!*» 

20  Lou  bon  ràfi  partiguè.    Nautre 
ï35  S'espinchavian  dis  un  is  autre, 

Mau-countènt  e  'spanta  de  lou  vèire  embandi. 
Très  semano,  dins  li  roumpido, 
*3®  Lou  veguerian  courre  bourrido 

Is  alentour  de  la  bastido, 
Tout  desvaria,  morne,  avala,  mau  vesti; 

^**        21     Quouro  estendu,  quouro  à  grand  course. 

La  niue,  l'entendian  coume  uno  ourso 
Ourla  souto  li  triho  en  apelant  Âlis! . . . 
*•**  Mai  un  jour,  pièi,  un  fiò  venjaire 

Que  flamejavo  i  quatre  caire 

Counsumè  la  paiero,  o  paire, 
^^'^      E  dóu  pous  lou  treiau  daverè  'n  negadis!» 

22     Aqui  s'aubourè  Mèste  Ambròsi! 
«Enfant  pichot,»   digue  renòsi, 
^^      Pichoto  peno;  grand,  grand  peno.»  —  E  mounto  d'aut, 
Cargo  sis  àuti  garramacho 
Qu'éu-meme  autre-tèms  s'èro  facho, 
'^3  Si  bon  soulié  garni  de  tacho. 

Sa  grand  bouneto  roujo,  e  camino  à  la  Crau. 


14»  »0   Variante  du  proverbe: 

Pichot  enfant,  pichoto  peno; 

Grande  grand  peno. 
(Petit  enfant,  petite  peine;  grand  [enfant],  grande  peine). 


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LI   YIÈI.  145 

23    Erian  au  tèms  que  li  terrado 
*5*  An  si  recordo  amadurado: 

Ero,  vous  trouvarés,  la  vueio  de  Sant  Jau. 
Dins  li  draiòu,  long  di  baragno, 
^^^  Dejftf  pèr  noumbróusi  coumpagno, 

Li  prefachié  de  la  mountagno 
Ycnien,  brus  e  póussous,  meissouDa  nòsti  champ, 

iw        23     E,  li  voulame  en  bandouliero 

Dins  li  bedoco  de  figuiero, 
Ensóuca  dous  pèr  dous,  chasco  sòuco  adusènt 
'•'^  Sa  ligarello.    Uno  flaveto, 

Un  tambourin  flouca  de  veto 

Acoumpagnavon  li  carreto, 
^^      Ounte,  las  dóu  camin,  li  vièi  èron  jasent. 

25     E  'n  ribejant  long  di[,tousello 
Que,  sont  lou  vent  que  li  bacello, 
"^      Oundejon  à  grands  erso:   «0  mounDiéu!  li  bèu  blad! 
Quénti  blad  dru!»  fasien  en  troupo. 
«Acò  sara  de  bello  coupo! 
Vès!  coume  l'auro  lis  estroupo, 
E  peréu  coume  en  l'èr  soun  lèu  mai  regibla!> 


174 


26    Veici  qu'Ambroi  s'ajougnè  'm'éli: 
^'^^  «Soun  tóuti  preste  coume  aquéli, 

Vòsti  blad  prouvençau,  moun  segne?»  fai  subran 
Un  di  jouvènt.    «l'a  li  blad  rouge 
'^  Que  soun  enc6u:o  darrierouge; 

Mai,  en  durant  lou  tèms  aurouge, 
Veirés  que  li  voulame  à  Tobro  mancaran  ! 


^**  Bedoco,  arcs  en  bois,  portant  nne  rainure  sur  le  dos  dans  la- 
quelle les  moissonnenrs  placent  le  tranchant  de  lenr  faucille,  et  les  fan- 
chenrs  celui  de  leur  faux. 

*••  Flaveto  (galoubet)  et  tambourin.  Voy.  in,  28  note.  La  raison 
pour  laquelle  on  amène  ces  instruments,  est  donnée  par  les  vers  549  et 
suiv.  de  notre  Chant. 

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146  CAKT  8BTEN. 

188        27     Remarquerias  H  très  caudèlo, 

Pèr  NouvèP    Semblavon  d'estello  .  .  . 
Rapelas-vous,  enfant,  que  i'aura  granesoun 

186  Pèr  benuranço  !»    «Dieu  vous  ause, 

E  dins  Yoste  òrri  la  repause, 
Bon  segne-grand  !»    Entre  li  sause, 

1®®      Emé  lou  bouscatié  lis  ome  de  meissoun, 

28  Entanterin  que  s'avançavon, 
Bounamen  ansin  devisavon. 

!•*      E  s'atrovo  qu'au  Mas  di  grand  Falabreguié 

Peréu  venien  li  meissounaire. 

Mèste  Ramoun,  en  permenaire, 
^®^  DÓU  mistralas  desengranaire 

Venié  vèire  pamens  ço  que  lou  blad  disié. 

29  E  de  Tespigado  planuro 
*^               Eu  travessavo  la  jaunuro, 

D'auro  en  auro,  à  grand  pas;  e  li  blad  rou8;iinèu: 
«Mèstre,»  murmura  von,  «es  Touro! 
20ï  Vès  coume  l'auro  nous  amourro 

E  nous  estraio  e  nous  desflouro  . . . 
Boutas  à  vòsti  det  li  dedau  de  canèu!» 

'^        30     D'autre  ié  venien  :  «Li  fournigo 

Déjà  nous  mounton  is  espigo; 
Tout-escew  plen  de  cai,  nous  derrabon  lou  gran  . . 
2^^  Vènon  pancaro  li  gourbiho?» 

Aperalin  dins  lis  aubriho 

Lou  majourau  viré  li  ciho, 
**^      E  soun  iue  peralin  li  descuerbe  subran. 


"•  ss.  Sur  les  trois  chandelles  de  Noël  (ires  candelo\  dont  la 
flamme  a  une  signification  prophétique,  voy.  VII,  393  note.  D'autres 
superstitions  relatives  à  la  lumière  de  trois  chandelles  sont  énumérées 
par  M.  Maass,  U  c,  p.  37  s. 

'^  ss.  Fait  observé  par  le  poète  lui-même  :  les  fourmis  grimpent 
aux  épis  quand  le  grain  est  mûr  et  tâchent  de  Tarracher. 


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Li  viÈi.  147 

31  Entre  parèisse,  tout  Teissaine 
DeBfourrelèron  li  voulame, 

-'5      E  dins  rèr  au  soulèu  li  fasieu  treluai 

E  li  brandavon  sus  la  tèsto, 

Pèr  saluda  'mé  faire  fèsto. 
2ÍC  Mai  à  la  troupelado  agrèsto 

DÓU  pu  liuen  que  Ramoun  pousquè  se  faire  ausi: 

32  «Bèn-vengu  sias,  toute  la  bande!» 

21^  lé  cridè;  «lou  bon  Dieu  vous  mande.» 

E  lèu  de  ligarello  aguè  ^n  brande  noumbrous 
A  soun  entour:  «0  reste  mèstre, 
^*  .  Toucas  un  pau  la  man  !  bèn-èstre 

Posque  emé  vous  longe-mai  èstre! 
N'i'aura  de  garbo  à  Tiero,  aquest  an,  Santo  Crous!» 

*^^        33     «Noun  fau  juja  tout  pèr  la  mine, 

Mi  bèus  ami  !  Quand  pèr  l'eimino 
Aura  passa  l'eiròu,  alor  de  ço  que  tèn 
-28  Saubren  lou  just.    S'es  vist  d'annado 

Que  proumetien  une  granado 

A  fai  d'un  vint  pèr  eiminado, 
-•^      E  pîèi  fasien   d'un   très!.  ..    Mai  fau  èstre  countènt.» 

34    E  'mé  la  fàci  risouleto, 
Toucavo  en  tóuti  la  paleto. 


"*  Santo  Crotts  (Sainte  Croix),  exclamation  fréquente;  employée 
ici  pour  confirmer  ce  qui  précède. 

"*  Voy.  m,  354  note. 

*••  Granado  à  fai  d*un  vint  pèr  eiminado ,  récolte  à  faire  vingt 
d'une,  c'est-à-dire  à  rendre  vingt  hémines  de  grains  d'une  hémine  de 
semence.  Veimino  (hémine,  boisseau)  est  une  mesure  de  capacité  usitée 
autrefois  en  Provence,  équivalente  à  22  livres,  plus  ou  moins,  selon  les 
pays.  Veimimido  est  un  espace  de  terrain  que  Ton  peut  ensemencer 
avec  une  hémine  de  blé,  8  à  10  ares.  V eiminado  de  Provence  était 
anciennement  la  huitième  partie  de  la  saumado  (charge  d'une  bourrique  ; 
mesure  de  superficie  équivalente  à  70  ares  en  Provence)  et  contenait  100 
désire  (800  mètres  carrés)  ou  200  cannes  carrées.    Voy.  V,  329  note. 

10* 


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148  CANT  8BTEN. 

^*      Amistadousamen  parlavo  à  Mèste  Ambroi, 

E  tout-bèu-just  prenien  la  lèio 

De  la  bastido,  que:  «Mirèio! 
237  Garnisse  lèu  la  cicourèio, 

E  vai  tira  de  vin,>  cridavo,  «tron-de-goi!» 

35    Lèu  aquesto,  à  pléni  faudado, 
240  Vujè  sus  taulo  la  goustado. 

Ramoun,  lou  bèu  proumié,  se  i'assèto  à-n-un  bout^ 
E  tóuti  fan  coume  eu.    En  briso 
2*3  Lou  pan  croustous  déjà  se  friso 

Souto  la  dent  que  l'enfreniso 
Enterin  que  li  man  pescon  i  barbabou. 

2*«        36    La  taulo  fasié  gau,  lavado 

Coume  uno  fueio  de  civado; 
Lou  cachât  redoutent,  Paiet  que  fai  tuba, 
249      %         Li  merinjano  à  la  grasiho, 

Li  pebroun,  cousènto  mangiho, 

Li  blóundi  cebo,  à  la  rapiho 
252      Dessus  li  vesias  courre,  à  bel  èime  escampa. 

37  Mèstre  à  la  taulo  coume  au  fouire, 
Ramoun,  qu'avié  contro  eu  lou  douire, 

255      De  tèms  en  tèms  l'aussavo,  e:  «Dau!  chourlen  un  cop! 
Quand  i'a  de  pèiro  dins  lis  erme, 
Pèr  que  la  daio  se  referme, 
258  N'en  fau  bagna  lou  tai,  e  ferme  !> 

E  lis  orne,  à-de-reng,  aparavon  lou  got. 

38  *Bagnen  lou  tai!»    E  dóu  grand  inde 
261                Lou  vin  raiavo,  rouge  e  lin  de, 

Is  àspri  gargassoun  di  gourbihaire.    «Pièi», 

"^  Cachât,  fromage  pétri  qui  acquiert  par  la  fermentation  on  goût 
excessivement  piquant.  Ce  mets  figure  journellement  sur  la  table  de» 
valets  de  ferme  ou.rá/î.  —  L'aiet  (l'ail),  qu'on  mange  frotté  sur  le  pain 
ou  dans  une  sorte  de  mayonnaise  (Vaiòli),  forme  un  élément  sinon  in> 
dispensable,  du  moins  très  favori  dans  les  repas  des  Provençaux. 


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Li  viÈi.  149 

Venguè  Ramoun  à  la  taulado, 
^^  «Se  'n-cop  la  fam  es  sadoulado, 

E  li  forço  reviscoulado, 
Pèr  bèn  acoumença,  segound  Tusage  vièi, 

^^        39     Coupas,  dins  li  bos  de  rebroundo, 
ChascuD  voste  balaus  de  broundo; 
Qu^en  làupi  li  balaus  s'amoulounon  ...  Mi  iiéu, 

"^^  Quand  l'auto  làupi  sara  lèsto, 

De-vèspre  coumpliren  lou  rèsto, 
Car  de  Sant  Jau  aniue  's  la  fèsto, 

^^      Sant  Jan  lou  meissounié,  Sant  Jan  Tami  de  Dieu!» 

40  Ansin  lou  mèstré  li  coumando. 
Dedins  la  sciènci  noblo  e  grande 

^^      Que  fau  pèr  mena  'n  bèn,  que  fau  pèr  coumanda, 

Que  fau  pèr  faire  espeli,  souto 

La  tressusour  que  ié  degouto, 
^^  L'espigau  blound  i  négri  mouto, 

De  n'en  saupre  coume  eu  res  poudié  se  vanta! 

41  Sa  vido  èro  paciènto  e  sobro. 
*^                Es  verai  que  si  lònguis  obro, 

Emé  lou  pes  dis  an,  Tavien  un  pau  gibla; 

Mai  au  tèms  dis  iero,  à  la  caro, 

Souvènti-fes,  di  jóuini  gnarro. 

Fier  e  galoi,  pourtavo  en  caro 
Sus  la  paumo  di  man  dous  plen  sestié  de  blad! 


285 


•"  88.  Cf.  V.  325—9;  636-74.  Le  feu  de  la  Saint -Jean,  très 
conna  aussi  en  Allemagne  où  on  aime  à  Talliimer  sur  des  hauteurs, 
remonte,  comme  on  sait,  à  un  usage  payen  qui  a  été  adopté  par  Téglise 
chrétienne.  Dans  les  temps  reculés  de  TÉglise  on  sautait  par-dessus  les 
feux,  allumés  la  veille  de  Saint-Jean,  pour  se  garantir,  par  la  vapeur 
montante,  contre  le  diable.  Avec  la  même  intention,  on  brûlait  des 
herbes  bénites  dans  les  feux.  Dans  notre  texte,  cet  usage  gardé  (v.  Ô64  ss.) 
parait  avoir  reçu  une  autre  signification.    Cf.  Maass,  /.  c,y  p.  39  s. 

■•'  Lou  sestié  (sétier)  d'Arles  équivaut  à  six  décalitres.  En 
général  il  vaut  deux  eimino  et  est  le  quart  de  la  cargo  (charge)  ou  de 
la  saumado  (voy.  Vil,  229  note). 


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150  CAJNT  8ETBN. 

288       42    Couneisaié  Taflat  de  la  luno, 

Quouro  es  bono,  quouro  impourtuno, 
Quouro  buto  la  sabo  e  quouro  rentuBsis; 

^1  E  quand  fai  rodo,  e  quand  es  palo, 

£  quand  es  blanco  vo  pourpalo, 
Sabié  lou  tèms  que  n'en  davalo. 

2**      Pèr  eu,  lis  auceloun,  lou  pan  que  se  móusis 

*^  88.  La  lune  est  pour  les  météorologistes  rustiques  de  la  Pro- 
vence d'une  si  grande  importance,  que  la  langue  a  même  créé  les  mots 
lunejOy  lunatOy  tenir  compte  des  phases  de  la  lune,  et  qu'il  s'est  formé 
une  opposition  triíMÍitionelle  contre  l'abus  de  ces  lunatié  ou  lunii^  dans 
des  proverbes  tels  que: 

Qnau  lunejo 
Peguejo  (fait  folie); 
ou:    Qui  lunate 

Folate  ; 
ou:    Jamai  lunatié 

Noun  fara  granié. 
(Jamais  lunadier  —  ne  fera  grenier),  etc. 
Naturellement,   les  dictons  sont  nombreux,  qui  confirment  les  règles 
météorologiques  des  'lunadiers'.    P.  ex.: 

Lou  jour  que  toumo  la  luno, 
Pèr  tout  travai  es  fourtuno 
(Le  jour  où  la  lune  prend  un  nouveau  quartier,  il  y  a  fortune 

pour  tout  travail.); 

Luno  palo 

L'aigo  davalo; 
Luno  ronjo, 
Lou  vent  se  boujo; 
Luno  blanco 
Joumado  franco. 
(Lune  pâle,   l'eau  tombe;   Lune  rouge,  le  vent  se  remue;   Lune 
blanche,  journée  franche); 

Luno  quihado 
Terro  bagnado 
(Lune  aux  cornes  en  l'air  —  terre  baignée),  etc.  etc.  Voy.  Maass, 
l,  c,  p.  44  88. 

**'  lAs  aucelouriy  les  oiseaux  de  bon  ou  de  sinistre  augure,  se  re- 
trouvent assez  fréquemment  déjà  dans  la  littérature  provençale  du  moyen- 
âge  (cf.  Diez,  Leben  und  Werke  der  Troubadours,  Zwickau  1829,  p.  22  s. 


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LI  VIÈI.  151 

43    E  li  jour  nègre  de  la  Vaco, 
Pèr  eu  lî  nèblo  qu'Avoust  raco, 
^^      E  li  contro-soulèu  e  l'aubo  de  Sant  Clar, 
Di  quaranteno  gabinouso 
E  di  secaresso  rouinouso, 
5^  Di  pountannado  plouvinouso 

E  peréu  di  bons  an  èron  li  signe  clar. 

note).  L'espèce  des  oiseaux,  leur  vol.  leurs  cris  et  leur  silence  servaient 
également  pour  prévoir  Tavenir.  Les  hirondelles  sont  de  bon  augure; 
les  corneilles,  les  corbeaux  et,  en  général,  les  oiseaux  de  nuit  annoncent 
les  plus  tristes  événements.  —  Lou  pan  que  se  móu»i8  (le  pain  qui  se 
moisit).  Comp.  le  prov.  :  A  gènt  malurous  lou  pan  tnéusis  au  four  (Aux 
gens  malheureux  le  pain  moisit  dans  le  four). 

*^  Les  jours  néfastes  de  la  Vache,  vulgairement  li  Vagueiriéu, 
sont  les  trois  derniers  jours  de  mars  et  les  quatre  premiers  d'avril, 
période  redoutée  des  paysans.  On  a  vu,  dans  la  note  du  Chant  VI.  414, 
ce  que  les  Provençaux  entendent  par  la  Vieille,  Voici  la  suite  de 
ce  récit: 

Quand  la  vieille  eut  perdu  son  troupeau  de  brebis,  elle  acheta 
des  vaches;  et,  arrivée  sans  encombre  à  la  fin  du  mois  de  mars,  elle 
dit  imprudemment: 

En  escapant  de  Mars  e  de  Marsèu, 
Ai  escapa  mi  vaco  e  mi  vedèu. 

(En  échappant  de  Mars  et  de  sa  suite,  j'ai  sauvé  mes  vaches  et 
mes  veaux). 

Mars,  blessé  du  propos,  va  sur-le-champ  trouver  Avril: 
Abriéu,  n'ai  plus  que  très  jour:  presto-me-n'en  quatre, 
Li  vaco  de  la  Vièio  faren  batre! 

(Avril,  je  n'ai  plus  que  trois  jours:  prête-m'en  quatre;  nous  ferons 
battre  entr'elles  les  vaches  de  la  Vieille). 

Avril  consentit  au  prêt ...  ;  une  tardive  et  terrible  gelée  brouit 
toute  végétation,  et  la  pauvre  Vieille  perdit  encore  son  troupeau.  —  Sur 
d'antres  traditions  concernant  ces  Jours  d'Emprunt,  cf.  Shaineanu, 
Bonumia  XVHI,  lOV  note,  et  Maass,  l  c,  p.  48  ss. 

•••  Comp.  le  prov.:  Tant  de  nèblo  au  mes  d'avoust,  tant  de  déluge 
dins  Van  (Autant  de  brouillards  au  mois  d'août,  autant  de  déluges 
dans  l'année). 

*^''  Vavbo  de  Sant  Clar^  l'aube  de  la  Saint-Clair,  sur  laquelle  on 
base  des  pronostics  sur  le  temps  à  venir.  Comp.  le  prov.  :  Sant  Clar  porto 
quaranteno  (Saint- Clair  porte  quarantaine),  c'est-à-dire,  le  temps  qu'il 
fait  le  jour  de  Saint-Clair,  persiste  quarante  jours.  -  Saint  Clair,  apôtre 
de  l'Aquitaine,  premier  évêque  d'Albi.  vivait  au  4«  siècle. 


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152  CANT  8BT£N. 

44    Dins  uno  terro  labourivo, 
^^  Quand  la  faturo  es  tempourivo, 

Ai  de-fes  agu  vist,  atalado  au  coutrié, 
Sièis  bèsti  grasso  e  nervihouso; 
808  Èro  uno  visto  mervihouso! 

La  terro,  bleto  e  silenciouso, 
Plan-plan  devans  la  riho  au  soulèu  se  durbié, 

^^        45     E  li  sièîs  miolo,  bello  e  sano, 
Seguien  de-longo  la  versano; 
Semblavon,  en  tirant,  coumprene  per-dequé 

^*2  Fau  que  la  terro  se  laboure: 

Sens  camina  trop  plan,  ni  courre, 
De- vers  lou  sou  beissant  lou  raourre, 

^^^      Atentivo,  e  lou  cou  tiblant  coume  un  arquet. 

46  Lou  fin  bouié,  l'iue  sus  la  rego, 
E  la  cansoun  entre  li  brego, 

^'®     Tanavo  à  pas  tranquile,  en  tenènt  soulamen 
L'estevo  drecho.    Ansin  anavo 
Lou  tenemen  que  semenavo 

^*^  Mèste  Ramoun,  e  que  menavo, 

Ufanous,  coume  un  rèi  dins  soun  gouvernamen. 

47  Déjà  pamens  levant  la  fàci, 
^2*  Lou  majourau  disié  li  gràci 

E  signavo  soun  front;  e  di  travaiadou 

L'escarrado  partie,  galoio, 
^^  Pèr  alesti  lou  fiò  de  joio. 

D'uni  van  acampa  de  boio, 
D'autre,  di  pin  negras  toumba  lou  ramadou. 


'^^  'Les  six  bêtes  grasses  et  nerveases'  de  ce  vers,  qu'on  apprend 
être  *six  mules,  belles  et  saines*  au  v.  309,  sont  néanmoins  gouvernées 
par  un  bouié ^  bouvier  (v.  316),  parce  que  les  mules,  conduites  par  le 
'laboureur*  (c'est  ainsi  qu'il  faut  traduire  houU)^  ont  succédé,  en 
Provence,  aux  bœufs,  employés  plus  généralement  au  travail  de  la 
charrue. 


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Li  viÈi.  153 

^^       48     Mai  li  dou8  vièi  rèston  à  taulo, 

E  Mèste  Ambroi  pren  la  paraulo: 
«YèDe,  iéu,  0  Ramoun,  vous  demanda  counsèu. 
"^  M'arribo  un  àrsi  qu^avans  l'ouro 

Me  coundurra  mounte  se  plouro; 

Car  noun  vese  coume  ni  quouro 
^*      D'aquén  nous  de  malur  poudrai  trouva  lou  sèu! 

49  Sabès  qu'ai  un  drole:  jusqu'aro, 
D'uno  sagesse  mai  que  raro 

^^      M'avié  donna  li  provo,  e  toustèms.    Auriéu  tort, 

Se  veniéu  dire  lou  countràri. 

Mai  toute  pèiro  a  si  gavàrri, 
•**  Lis  agnèu  même  an  si  catàrri, 

E  l'oundo  la  pu  traite  es  aquelo  que  dor. 

50  Sabès  qu'a  fa,  lou  sounjo-fèsto  ? 
**^  S' es  ana  mètre  pèr  la  tèsto 

Une  chato  qu'a  vist,  de  riche  meinagié  .  .  . 

E  la  TÒU,  e  la  vòu,  lou  nèsci! 
^^  E  tant  vióulènt  es  souu  desfèci, 

E  soun  amour  de  talo  espèci 
Que  m'a  fa  pou!  En  van  i'ai  moustra  sa  foulié. 

^*       51     En  van  i'ai  di  qu'en  aquest  mounde 

Richesse  crèis,  pauriho  founde  .  .  . 
««Courrès  dire  à  si  gènt  que  la  vole  à  tout  près,»» 
'^  A  respoundu;  ««que  fau  s'enchaure 

Se  l'ome  es  brave  e  noun  s'es  paure; 

Digas-ié  que  sabe  reclaure, 
'^^      Desmaienca  li  vigne  e  laboura  li  grès. 

•**  Sentence  inventée  par  l'auteiir.  Voy.  1, 124  note.  —  Le  gavàrri 
est  on  défaut  d'nne  pierre  de  taille,  on  dnrillon. 

•*•  Variante  poétique  du  proverbe  provençal:  Aigo  queto  es  dan- 
geirousOf  faite  sur  le  modèle  du  prov.  franc.:  Il  n^est  pire  eau  que  Veau 
qui  dort. 

•••  Sentence  du  poète. 

•"/"  Répétition  homérique  des  vers  VU,  67—76. 


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154  CANT   BETEir. 

52  Digas-ié  mai  que  si  sièis  coable 
Sout  moun  gouvèr  cavarao  double; 

860      Digas-ié  que  siéu  orne  à  respeta  li  vièi; 
Digas-ié  que,  se  nous  separou, 
Pèr  toujour  nòsti  cor  se  barron, 
3®'  E  tant  iéu  qu'elo,  nous  entarron!»» 

Aro  donne,  o  Raraoun,  que  vesès  ço  que  n'èi, 

53  Digas-me  s'emé  mi  roupiho 
^^  Anarai  demanda  la  fiho, 

0  bèn  se  leissarai  mouri  moun  drôle...»  —  «Pou!» 
Ramoun  ié  fai,  «noun  largués  vélo 
^^^  Sus  un  tau  vent.    Eu  nimai  elo. 

Boutas,  mouriran  pas  d'aquelo! 

Es  iéu  que  tous  lou  dise,  Ambroi,  n'agués  pas  pou. 

•72        54    Moun  ome,  en  voste  lioc  e  plaço, 

Fariéu  pas  tant  de  cambo  lasso: 
««Acoumenço,  pichot,  de  garda  toun  repaus,»» 
^^^  lé  vendriéu  sènso  raistèri, 

««Que  s'a  la  fin  ti  refoulèri, 

Ve!  fan  esmòure  lou  tempèri, 
3'^®      Sarnipabiéune !  ve!  t'endóutrine  em^un  pau.»» 

55     Ator  Ambroi:  «Quand  Tase  bramo. 
Panés  donne  plus  traire  de  ramo: 
^^      Arrapas  un  barroun,  e  'm'  acò  'nsucas-lou!» 
E  Ramoun:  «Un  paire  es  ud  paire; 
Si  voulounta  dèvon  se  faire; 
58-*  Troupèu  que  meno  soun  gardaire 

Crussis,  à  tèms  o  tard,  dins  la  gorgo  don  loup. 


387 


56     Qu'à  soun  paire  un  fiéu  reguignèsse, 

De  noste  tèms,  ah!  Dieu  gardèsse! 
L'aurié  tua,  belèu  !  .  .  .  Li  famiho,  tambèn, 
Li  vesian  forto,  unido,  sano 


•**/*  Sentence  propre  au  poète. 


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Li  viÈi.  155 

^^  E  resistènto  à  la  chavaDO 

Coume  un  braDcage  de  platano! 
Avien  prouR  si  garrouio,  —  acoto,  lou  sabèn  — 

^^^        57     Mai  quand  lou  vèspre  de  Calèndo, 

Souto  soun  estelado  tèndo, 
Aoampavo  lou  rèire  e  sa  generacioun, 
^^*  Davans  la  taulo  benesido, 

Davans  la  taulo  ounte  presido. 


•••  Noël  est  la  principale  fête  des  Provençaux.  En  voici  une 
description  qui  primitivement  faisait  partie  du  poème,  et  que  Tauteur 
a  supprimée  pour  éviter  les  longueurs: 

I 


»'»  Ah!  Calèndo,  Calèndo,  ounte  es  ta  douço  pas? 

Ounte  soun  li  caro  risènto 
Dis  enfantoun  e  di  jouvènto? 

^''^  Ounte  es  la  man  rufo  e  mouvènto 

D6u  vièi  que  fai  la  crous  dessus  lou  sant  repas! 

II    Alor  lou  ràfi  que  labouro 
»•*  Quito  la  rego  de  bono  ouro, 

£  tanto  e  pastrihoun  patusclon,  deligènt; 
D6u  dur  travai  lou  cors  escàpi, 
^*  Van  à  soun  oustaloun  de  tapi 

Emé  si  gènt  manja  /n  gre  d'àpi 
£  pausa  gaiamen  cacho-fiò  'mé  si  gènt. 

*»'  m    D6u  four,  sus  lo  taulo  de  pibo, 

Déjà  lou  calendau  arribo, 
Flouca  de  verbouisset,  festonna  de  façoun; 

»•<>  Déjà  s'atubon  très  candèlo, 

Novo,  sacrado,  clarinello, 
£  dins  très  blànquis  escudello, 

***  Greio  lou  blad  nouvèu,  premicio  di  meissoun. 

IV    Un  grand  pirastre  negrejavo 
£  dôu  vieiounge  trantaiavo  . . . 
^*  L'einat  de  Toustau  vèn,  lou  cepo  pèr  lou  pèd, 

A  grand  cop  de  destrau  Tespalo, 
£,  lou  cargant  dessus  Tespalo, 
»••  Contre  la  taulo  calendalo 

Vèn  i  pèd  de  soun  grand  lou  pausa  'mè  respèt. 


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156  CAKT  BETEN. 

Lou  rèire,  de  sa  man  froimsido, 
^®®      Negavo  tout  acò  dins  sa  benedicioun!» 

58     Mai,  afebrido  e  blavinello, 
L'enamourado  pichounello 


y    Lou  segne-grand,  de  gens  de  modo, 

Von  renouncia  si  vièii  modo: 
A  troussa  Ion  davans  de  soun  ample  capèa 

£  vai,  couchoas,  qnerre  la  fiolo; 

A  mes  sa  longo  camisolo 

De  cadis  blanc,  e  sa  taiolo 
£  si  braio  nouvialo  e  si  guèto  de  pèn. 

Yi    Mai  pamens  tonto  la  famiho 

A  sonn  entonr  s'escarrabiho  .  . . 
cBèn?  Cacho-fiò  bontan,  pichot?>    «Si!>  vitamen 

Tôuti  ié  respondon.    <Alègre/» 

Crido  lou  vièi,  «alègre^  alègre! 

Que  Noste  Segne  nous  alègre! 
^un  autre  an  sian  pas  mai,  maun  Dieu,  fuguen  pas  mens!* 

VII    £  'mpUssènt  lou  got  de  clareto, 

Davans  la  bando  risouleto, 
Eu  n^escampo  très  cop  dessus  Taubre  fruchau; 

Lou  pu  jouinet  lou  pren  d'un  caire, 

Lou  vièi  de  Tautre,  e  sorre  e  fraire 

£ntre-mitan,  ié  fan  pièi  faire 
Très  cop  lou  tour  di  lume  e  lou  tour  de  Toustau. 

vu    £  dins  sa  joio  lou  bon  rèire 

Aubouro  en  Ter  lou  got  de  vèire: 
«0  /iò,>  dis,  «/ÎÒ  sacra,  fai  qu^aguen  de  hèu  tèms  ! 

E  que  ma  fedo  bèn  agnelle, 

E  que  ma  trueio  bèn  poucelle, 

E  que  ma  vaco  bèn  vedelle, 
Que  mi  chato  e  mi  noro  enfanton  tôuti  bèn! 

IX    Cacìto-fiò,  bouto  Jià!»  Tout-d'uno, 

Prenènt  lou  trounc  dins  si  man  bruno, 
Dins  lou  vaste  fougau  lou  jiton  tout  entié. 

Veirias  alor  fougasso  à  Tòli 

£  cacalauso  dins  Taiòli, 

Turta,  dins  aquéu  bèu  regòli. 
Vin  eue,  nougat  d'amelo  e  frucho  d6u  plantié. 


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LI    VIÈI.  151 

402     Yen  alor  à  soun  paire:  «Adounc  me  tuarés, 
0  paire!  Es  iéu  que  Vincèn  amo 
E,  davaDs  Dieu  e  Nosto-Damo, 
Res  autre  qu'eu  n'aura  moun  amo!  ...» 
Un  silènci  mourtau  li  prenguè  tóuti  très. 


405 


X    D'uno  vertu  devinarello 
Veirias  lasi  li  très  candèlo; 
***  Veirias  d^Esperitoan  giscla  dôu  fiò  rama, 

D6a  mou  veirias  penja  la  branco 
Vers  aquén  que  sara  de  manco; 
^'  Veirias  la  napo  resta  blanco 

Sonto  an  carboun  ardent,  e  li  cat  resta  mut! 

(i  Ah!  Noël,  Noël,  où  est  ta  douce  paix?  —  Où  sont  les  visage» 
riants  —  des  petits  enfants  et  des  jeunes  filles?  —  Où  est  la  main 
calleuse  et  agitée  —  du  vieillard  qui  fait  la  croix  sur  le  saint  repas  ?^ 

il    Alors  le  valet  qui  laboure  —  quitte  le  sillon  de  bonne  heure, 

—  et  servantes  et  bergers  détalent,  diligents.  —  Le  corps  échappé 
au  dur  travail,  —  ils  vont,  à  leur  maisonnette  de  pisé,  —  avec  leurs 
parents  manger  un  cœur  de  céleri  —  et  poser  gaiement  la  bûche  (au  feu) 
avec  leurs  parents. 

ra  Du  four,  sur  la  table  de  peuplier,  —  déjà  le  (pain)  de  Noël 
arrive,  —  orné  de  petit-houx,  festonné  d'enjolivures.  —  Déjà  s'allument 
trois  chandelles,  —  neuves,  claires,  sacrées,  —  et  dans  trois  blanche» 
écuelles  —  germe  le  blé  nouveau,  prémices  des  moissons. 

IV  Un  noir  et  grand  poirier  sauvage  —  chancelait  de  vieillesse . .  » 

—  L'sdné  de  la  maison  vient,  le  coupe  par  le  pied.  ~  à  grands  coups 
de  cognée  Tébranche,  -—  et  le  chargeant  sur  l'épaule,  près  de  la  table 
de  Noël,  —  il  vient,  aux  pieds  de  son  aïeul,  le  déposer  respectueusement. 

V  Le  vénérable  aïeul,  d'aucune  manière,  —  ne  veut  renoncer  à 
ses  vieilles  modes.  —  H  a  retroussé  le  devant  de  son  ample  chapeau, 

—  et  va,  en  se  hâtant,  chercher  la  bouteille.  —  Il  a  mis  sa  longue 
camisole  —  de  cadis  blanc,  et  sa  ceinture,  -  et  ses  hrayes  nuptiales,, 
et  ses  guêtres  de  peau. 

VI  Cependant  toute  la  famille  —  autour  de  lui  joyeusement 
s'agite  ...  —  «Eh  bien!  posons -nous  la  bûche,  enfants?»  —  «Oui!» 
promptement  —tous  lui  répondent.  *  Allégresse  !>  —  le  vieillard  s'écrie, 
*allégressey  allégresse!  —  que  Notre-Seigneur  nous  emplisse  d* allégresse/ 

—  et  si,  une  autre  année,  nous  ne  sommes  pas  plus,  mon  Dieu,  ne  soyon» 
pas  moins  h 


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158  CANT   BETEN. 

59     JaDO-Mario  es  la  proumiero 
■*^®  Que  s'aubourè  de  la  cadiero: 

«Ma  fiho!  la  resoun  que  vènes  dalarga,» 
lé  fai  ansin  'mé  li  man  jouncho, 
^"  «Es  uno  escorno  que  dous  councho, 

Es  uno  espino  d'aiguespouncho 
Que  nous  a  pèr  long-tèms  nòstì  cor  trafiga! 

vu  Et  remplissant  le  verre  de  clarette,  —  devant  la  troape 
soariante  —  il  en  verse  trois  fois  sur  Tarbre  fruitier;  —  le  plus  jeune 
prend  (l'arbre)  d'un  côté,  —  le  vieillard  de  l'autre,  et  sœurs  et  frères  — 
entre  les  deux,  ils  lui  font  faire  ensuite  —  trois  fois  le  tour  des  lumières 
et  le  tour  de  la  maison. 

vni  Et  dans  sa  joie,  le  bon  aïeul  —  élève  en  l'air  le  gobelet  de 
verre:  —  «0/«*,>  dit-il,  *feu  sacré j  fais  que  nous  ayons  du  beau  temps f 

—  et  que  ma  brebis  mette  bas  heureusement,  —  que  ma  truie  soit  féconde^ 
que  ma  vache  vêle  bien,  —  que  mes  filles  et  mes  brus  enfantent  toutes  bien  ! 

IX  Bûche  bénie,  allume  le  feu  h  Aussitôt  —  prenant  le  tronc 
dans  leur  mains  brunes,  —  ils  le  jettent  entier  dans  l'&tre  vaste.  — 
Vous  verriez  alors  gftteaux  à  l'huile  —  et  escargots  dans  Vaiòli^  — 
heurter,  dans  ce  beau  festin,  vin  cuit,  nougat  d'amandes  et  fruits  de 
la  vigne. 

X  D'une  vertu  fatidique  —  vous  verriez  luire  les  trois  chandelles; 

—  vous  verriez  des  Esprits  jaillir  du  feu  touffu;  —  du  lumignon  vous 
verriez  pencher  la  branche  —  vers  celui  qui  manquera  (au  banquet  futur); 

—  vous  verriez  la  nappe  rester  blanche  —  sous  un  charbon  ardent,  et 
les  chats  rester  muets!) 

M  Mistral  a  fait,  dans  VAibli  du  17  déc.  1891,  une  description 
détaillée  de  la  manière  dont  on  célébrait  la  fête  de  Noël  dans  la  maison 
de  son  père.  Cette  description  répond  exactement  à  ce  qu'on  vient  de 
lire  dans  les  vers  précédents.  C'est  le  souvenir  de  sa  jeunesse  qui  les  lui 
a  dictés,  comme  il  lui  a  dicté  le  v.  182  du  premier  Chant  On  sent  que 
«le  vénérable  aïeul  qui  d'aucune  manière  ne  veut  renoncer  à  ses  vieilles 
modes»  est  le  propre  père  du  poète.  Une  illustration  exacte  de  la  scène 
citée  se  trouve  dans  le  Musean  Arlaten  créé  et  inauguré  par  Mistral  à 
Arles,  en  1897.  Une  des  salles  de  ce  musée  représente,  avec  tous  ses 
détails,  la  réunion  de  trois  générations  de  Provençaux  devant  la  Bûche 
de  Noël  (lou  cacho-fiò),  et  rien  ne  manque  pour  rendre  vivante  cette 
scène  de  famille.  —  La  fête  de  Noël  s'appelle  Calmdo  (Calendes),  parce  que 
les  Calendes  de  janvier  étaient  une  fête  payenne  qui  fut  adoptée  par  les 
chrétiens  et  confondue  avec  celle  de  la  Nativité  du  Christ. 


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Li  viÈi.  159 

^*'*        60    As  refusa  lou  pastre  Alàri, 

Âquéu  qu'avié  milo  bestiàri! 
Refusa  Yeranet  lou  gardian;  rebuta, 
'•*''  Pèr  ti  maniero  besuqueto, 

Ourrias,  lou  tant  riche  eu  Taqueto! 

Em'  acò  pièi,  em'  un  fresqueto, 
-^^      Em*  un  galo-bon-tèms  te  vas  encoucourda! 

61  Bèn  !  i'anaras  de  porto  en  porto 
Emé  toun  gus  courre  pèr  orto! 

^*3      Siés  toute  tiéuno,  parte,  abóumianido  !  .  .  .  Bon  ! 
Assòcio-te  'mé  la  Roucano! 
Emé  Beloun  la  Roubicano! 
^^  Sus  très  caiau,  emé  la  Gano, 

Yai  couire  ta  bouiaco,  à  la  sousto  d'un  pont!» 

62  Mèste  Ramoun  leissavo  dire; 

-*^  Mai  soun  iue,  lusènt  coume  un  cire, 

Soun  iue  parpelejavo  e  jitavo  d'uiau 
Souto  sis  usso  espesso  e  blanco. 
^8*  De  sa  coulèro  la  restanco 

Pièi  à  la  longo  se  desranco, 
E  l'oundo  à  boui  feroun  s'esclafis  dins  lou  riau: 

-•''*        68     «A  resoun,  o,  ta  maire!  parte, 

E  que  l'aurige  liuen  s'esvarte!  .  .  . 
Mai  noun,  demouraras,  veses?  .  .  .  Quand  saubriéu 

^38  De  t'estaca  'mé  lis  enfèrri 

E  de  te  mètre  i  narro  un  fèrri, 
Coume  se  fai  à-n-un  gimèrri; 

461       Yeguèsse-iéu  subran  toumba  lou  fiò  de  Dieu! 

64     De  facharié  morno  e  malauto, 
Veguèsse-iéu  foundre  ti  gauto. 


*•*  88.  Iju  Boucano,  Beloun  la  Roubicano,  la  Cano  (la  Chienne), 
noms  de  mendiantes  connues  dans  la  région  des  Alpilles,  à  Tépoqae  où 
les  èyènements  de  notre  poème  ont  pn  se  passer  (commencement  du 
19«  siècle). 


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160  CAÎIT   8ETBN. 

^^      Courae  la  nèu  di  colo  à  l'uscle  dóu  soulèu! 

Mirèio!  coume  aquelo  graso 

DÓU  fougueiroun  porto  la  braso; 
^"^  Coume  lou  Rose,  quand  s'arraso, 

Fau  que  desbounde,  e  Te!  coume  acò  's  un  calèu, 

65    Rapello-te  de  ma  paraulo: 
*50  Lqu  veiras  plus!»  ...  E  de  la  taulo 

Em^  un  grand  cop  de  poung  destrantaio  Tamplour. 
Coume  l'eigagno  sus  li  berlo, 
^^  Coume  un  rasin  que  si  pouperlo 

Plovon  à  l'auro,  perlo  à  perlo, 
Mirèio  entanterin  escampavo  si  plour. 

^^        66     «Quau  m'a  pas  di,  malavalisco!» 

Repren  lou  vièi,  bret  de  la  bisco, 
«Ambroi,  quau  m'a  pas  di  que  vous,  vous,  Mèste  Ambroi^ 
45»  Agués,  'mé  voste  tantalòri, 

Entrepacha  dins  vosto  bòri 

Aquel  infâme  raubatòri!  .  .  .> 
^^      L'endignacioun,  aquest,  l'enaurè  tout  revoi. 

67  «Malan  de  Diéu!>  cridè  tout-d'uno. 
Se  l'avèn  basso,  la  fourtuno, 

465      Yuei  aprenès  de  iéu  que  pourtan  lou  cor  aut! 

Que  sache  encaro,  n'es  pas  vice 

La  paureta,  nimai  brutice! 
*^  Ai  quarante  an  de  bon  service, 

De  service  à  l'armado,  au  son  di  canoun  rau! 

68  Just  manejave  uno  partego, 
4^^  Que  siéu  parti  de  Valabrego 

Pèr  mòssi  de  veissèu.    Emplana  sus  la  mar. 
Sus  la  mar  tempestouso  o  lindo, 


466^  2(f^g  po^  ^cc  id  paureta ,  nimai  brutice  (pauvreté  n'est  pM^ 
vice  ni  souillure),  variante  du  prov.  :  Paureta  Wes  pas  vice  (Pauvreté 
n'est  pas  vice). 


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LI   ?IÈ1.  161 

^'*  Ai  vîflt  l'empèri  de  Melindo, 

Emé  Sufrèn  ai  treva  Tlndo, 
E,  mai  que  la  marino,  agu  de  jour  amar! 

^■^'       69     Soudard  peréu  di  grandi  guerre, 

Ai  barrula  toute  la  terro 
Em^  aquel  aut  guerrié,  que  inountè  dóu  Miejour 
^^  E  permenè  sa  man  destrùssi 

De  l'Espagno  à  Fermas  di  Rùssi; 

E  coume  un  aubre  de  perùssi 
^      Lou  mounde  s'espóussayo  au  brut  de  si  tambour! 

70  E  dins  l'ourrour  dis  arrambage, 
E  dins  l'angouisso  di  naufrage, 

*^      Li  riche,  pèr  acò,  n'an  jamai  fa  ma  part! 

E  iéu,  enfant  de  la  pauriho, 

léu  que  n'aviéu  dins  ma  patrie 
^^  Pas  un  terroun  à  planta  reio, 

Pèr  elo,  quarante  an,  ai  matrassa  ma  car! 

71  E  couchavian  à  la  plouvino, 
*^*  E  manjavian  que  de  canine! 

E  jalous  de  mouri,  courrian  au  chapladis 
Pèr  apara  lou  noum  de  Franco . . . 
^^  Mai,  d'acò,  res  n'a  remembraoço!» 

En  acabant  sa  remoustranço, 
Pèr  lou  mas  bandiguè  sa  jargo  de  cadis. 

*^       72     «Qu'anas  bousca  Ters  Mount-de- Vergue 
Lou  8ant-Pieloun?>  Lou  vièi  rouërgue 
Rambaio  coume  eiçò  Mèste  Ambroi,  «emai  iéu 

*'*   L'empèri  de  Melindo  (empire  de  Mélinde),  dans  le  Zangnebar, 
qn'nn  marin  provençal  aurait  bien  pu  connaître. 

*w  Beio  (:  io)  doit  être  prononcé  Hig  {riho).  Cf.  v.  IX,  298.  ' 
*••/•  Mount-de -Vergue  (Mont -de -Vergue),  colline  au  levant 
d'Avignon.  —  Lou  Sant-Pieloun  (le  Saint-Pilon,  le  Saint-Puy),  nom  du 
rocher  à  pic  dans  lequel  est  creusée  la  grotte  où  se  retira  sainte  Made- 
leine (voy.  I,  352  note  et  XI,  456  ss.).  —  Le  Mas  des  Micocouliers  est 
supposé  à  peu  près  à  mi-chemin  entre  ces  deux  collines.  Par  con- 
séquent, ana  bousca  vers  Mount-de-Vergue  lou  Sant-Pieloun  (chercher 

11 


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162  OAKT  8BTBK. 

^*  Ai  ausi  Porre  tron  di  boumbo 

Di  Toulouuen  clafi  la  coumbo; 

D'Arcolo  ai  vist  lou  pont  que  toumbo 
*^      E  li  sablas  d^gito  embuga  de  sang  viéu! 

73  Mai,  de  retour  d'aquéli  guerre, 
A  fouire,  à  bourjouna  la  terre 

^^      Nous  sian  mes  coume  d'ome,  à  se  desmesoula. 

De  pèd  e  d'ounglo!  La  joumado 

Ero  avans  Taubo  entamenado, 
*io  E  la  luuo  di  vesprenado 

Nous  a  vist  mai  d'un  cop  sus  la  trenco  gibla! 

74  Dison:   La  terre  es  abelano! 

^^  Mai,  coume  un  aubre  d'avelano, 

En  quau  noun  la  tabasse  à  grand  cop,  donne  rèn; 
E  se  coumtavon,  dèstre  à  dèstre, 
*'*  Li  moutihoun  d*aquéu  bèn-èstre 

Que  moun  travai  me  n'a  fa  mèstre, 
Coumtarien  li  degout  de  moun  front  susarènt! 

^'*        75     Santo  Ane  d'At!  pièi  fau  rèn  dire! 
^Aurai  adounc,  coume  un  satire, 

le  Saint- Pilon  vers  Mont-de- Vergue)  veut  dire:  faire  un  détonr  inutile. 
C'est  un  dicton  tout  local ,  qui  prend  la  place  de  la  locution  plus  ré- 
pandue :  cerca  miejour  à  quatorge  ouro  (chercher  midi  à  quatorze  heures). 

•^  Lou  pont  d'Arcolo^  le  pont  d'Arcole,  célèbre  par  la  bataille  du 
15—17  nov.  1796.  Ce  pont  défendu  par  les  batteries  des  Autrichiens  et 
attaqué  par  Tarmée  de  Napoléon  concentra  longtemps  les  aspirations 
ennemies.  On  connaît  Tépisode  du  petit  tambour  héroïque  André  Étieiuie 
(né  vers  1777  à  Cadenet  [Vaucluse],  mort  à  Paris  en  1838),  à  qui  Mistral 
a  érigé  un  monument  poétique  dans  ses  Isclo  d'or  (Paris  1889,  p.  53  ss.). 

•**  Dèstre  à  dèstre^  pas  à  pas.  Sur  la  mesure  agraire  nommée 
dèstre  (=  8  mètres  carrés),  voy.  VII,  229  note. 

*"  Santo  Ano  d'At  (Sainte  Anne  d'Apt)  !  Exclamation  invocatoire. 
La  ville  d'Apt  (6725  hab.,  chef-lieu  d'arr.  de  la  Vaucluse  et  anc.  évêché) 
croit  posséder  les  reliques  de  sainte  Anne,  qui  auraient  été  apportées 
en  Provence  par  saint  Lazare  (voy.  XI,  92,  et  87  note)  et  confiées  par 
lui  à  saint  Auspice,  apôtre  d'Apt. 

*•*  Pour  dire  travailler  comme  un  nègre,  on  dit  en  Provence  tra- 
vailler comme  un  satyre  {coume  un  satire).    «Les  anciens  ont  pu  prendra 


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u  YiÈi.  163 

Rustica  de-countùnio  e  maDJa  mi  grapié, 
^  Pèr  qu'à  Foastau  lou  Tiéure  abounde, 

Pèr  que  de-longo  se  i'apounde, 
Pèr  me  mètre  à  l'ounour  dóu  mounde, 
^^     Pièi  dounarai  ma  fiho  à-n-un  gus  de  paie! 

76  Anas-TOUs-en  au  tron  de  Diéune! 
Oardo  toun  chin,  garde  moun  ciéune.» 

*^     Tau  fugue  d6u  pelot  lou  parla  rabastous. 

E  l'autre  vièi,  s'aussant  de  taulo, 

Preuguè  sa  jargo  emè  sa  gaulo 
^'  E  n'apouudè  que  dos  paraulo: 

«Âdessias!   Quauque  jour,  noun  fugues  regretous! 

77  E  lou  grand  Dieu  emé  sis  ange 
^^  Mené  la  barco  e  lis  arange  ! . .  .> 

E  coume  s'enanavo  emé  lou  jour  fali, 
Souto  lou  Tènt-terrau  que  bramo, 
^'^  Banejè  dóu  mouloim  de  ramo 

Uno  longo  lengo  de  flamo. 
Autour,  li  meissounié,  de  joio  trefouli, 

^       78     Emé  si  tèsto  fièro  e  libre 

Se  revessant  dins  l'èr  que  vibro, 
Tôuti,  d'un  même  saut  picant  la  terro  ensèn, 
^'  Fasien  déjà  la  farandoulo. 

La  grand  flamado,  que  gingoulo 

Au  revoulun  que  la  ventoulo, 
^      Empuravo  à  si  front  de  rebat  trelusènt. 


les  nègres  sauvages  pour  ^es  divinités  sylvestres  qu'ils  nommèrent 
satyres,  et  dans  Tesprit  du  peuple,  ces  deux  mots  ont  pu  devenir  sy- 
nonymes.»   (Mistral). 

••*  Mena  la  barco ^  conduire  la  barque,  au  fig.  diriger  une 
entreprise.  Cf.  Coume  vai  la  barco:  comment  cola  va-t-il?  —  Il  est  in- 
utfle  de  rappeler  Timportance  des  arange  (oranges)  au  Midi  de  la  France. 
Les  vers  533/4  disent  simplement:  Que  Dieu  vous  bénisse! 

•*•  La  farandoulo.    Voy.  III,  10  note. 

11* 


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164  CáHT  8STB1Ì.      LI  VIÈI. 

79  Li  belugo,  à  remoulÌDado, 
MountoD  i  nivo,  aferounado. 

^^      Au  crussimeD  di  trounc  toumbani  dÌDs  lou  brasas 

Se  mesolo  e  ris  la  musiqueto 

Dóu  flahutet,  revertigueto 
^^^  Coume  un  sausin  dins  li  branqueto  . . . 

Sant  Jan,  la  terro  aprens  trefoulis,  quand  passas! 

80  La  regalido  petejavo; 

^^^  Lou  tambourin  Tounvounejavo, 

Qrèu  e  countinuous,  coume  lou  chafaret 
De  la  mar  founso,  quand  afloco 
^^  Pasiblamen  contro  li  roco. 

Li  lamo  foro  di  bedoco 
E  brandussado  en  Tèr,  li  dansaire  mouret, 

*•'        81     Très  fes,  à  grandis  abrÌTado, 

Fan  dins  li  flamo  la  Bravado; 
E  tout  en  trépassant  lou  rouge  cremadou, 
^*  D'un  rèst  d'aiet  trasien  li  veno 

Au  recaliéu;  e,  li  man  pleno 

De  trescalan  e  de  verbeno, 
^^      Que  fasien  benesi  dins  lou  fiò  purgadou  : 

82     «Sant  Jan!   Sant  Jan!   Sant  Jan!»  cridavon. 
Tóuti  li  colo  csbrihaudavon, 
^^^      Coume  s'avié  plóugu  d'estello  dins  l'oumbrun. 
Enterin  la  rounflado  folo 
Empourtavo  Tencèns  di  colo 
^'^^  Emé  di  fiò  la  rougeirolo 

Yers  lou  Sant,  emplana  dins  lou  blu  calabrun. 

^  La  Bravado  (La  bravade),  déchaiges  de  mousqueterie  qu'on 
faisait  autrefois  an  moment  d'allumer  le  feu  de  la  Saint-Jean,  et,  par 
extension,  cérémonies  préliminaires  et  saut  de  ce  feu.  Voy.  Vil,  272  note. 

*••/•'  Le  trescalan  (mille  -  pertuis)  et  la  verbeno  (verveine)  sont 
déposés  dans  les  armoires  comme  talismans  de  bonheur.  Ils  servent 
aussi  à  composer  des  vulnéraires,  òli  rouge. 


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CANT  VUECHEN 

LA  CRAU») 

l>e»eepT>nço  à»  MlrMo.  —  ÀtniMaduro  d'Àrlaténeo.  —  L*  ebato,  au  mltan  de  1«  nlaa, 
fkgls  Poviten  paiitttt.  —  Vai  aa  tonmbèa  dl  Sànti  Mario,  qae  tonn  11  patronoo  de  Pron- 
Tènço,  11  tiipUoa  da  tovea  si  parant.  —  Lia  Enelgne.  —  Toot  en  eoorrènt  à  travèt  de 
Cran,  reeoontro  11  paatre  de  toan  paire.  —  La  Cran,  la  ^erro  dl  Qi^aot  -  Li  raasado, 
11  prèfO-Dlén  d'eetoablo,  11  parpaloun,  arertUsoii  Mlrèio.  -  Mirèio.  badanto  de  la  set, 
•  n'en  pondent  plna  de  la  eand,  prègo  tant  Oènt,  qne  rèn  à  tonn  secourt.  —  Reeeontre 
«PAndreloun,  lou  oaoalausié.  —  Bloge  d'Arle.  —  Reoit  d'Andrelonn:  Utòrl  dóu  Trau 
de  I*  Capo,  11  oauoo,  11  oaueaire  aprefoundL  —  Mlrèio  ooucho  au  ttbanèu  de  la  Cualho 
d*Andreloun. 

1  Quau  tendra  la  forto  lioano, 
Quand,  de-retour  à  soun  androuno, 

s         Yèi  plus  soun  liounèu?    Ourlante  sus-Ion-cop, 

Lóugiero  e  primo  de  yentresco, 

Sus  li  mountagno  barbaresco 
^  Patusclo  . . .   Un  cassaire  mouresco 

Entre  lis  argelas  i'emporto  au  grand  galop. 

2  Quau  TOUS  tendra,  fiho  amourouso  P  . . . 
9                  Dins  sa  chambreto  souloumbrouso 

Mounte  la  niue  que  briho  esperlongo  soun  rai, 

Mirèio  es  dins  soun  lié  couchado 
1«  Que  plouro  touto  la  niuchado, 

Emé  soun  front  dins  sa  jounchado: 
<Nosto-Damo-d' Amour,  digas-me  que  farai! 


*)  La  CraUf  voy.  I,  3  note. 

"  Notto-Damo-d' Amour  (Notre-Dame  d'Amour),  ancienne  chapelle 
ou  église  abandonnée  qui  se  trouve  au  milieu  de  Pile  de  Camargue. 


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166  GANT  YUECHBN. 


15 


S    0  marrit  sort  que  m'estransines  ! 
0  paire  dur  que  me  chaupines, 
Se  vesiés  de  moun  cor  Testras  e  lou  coumbour, 
1®  Auriés  pieta  de  ta  pichoto! 

léu  qu'apelaves  ta  mignoto, 
Me  courbes  vuei  souto  la  joto, 
*i       Coume  s'ère  un  fedoun  atrinable  au  labour! 

4  Ah!  perqué  noun  la  mar  s'enverso 
E  dins  la  Crau  largo  sis  erso! 

*^       Gaio,  veiriéu  prefoundre  aquéu  bèn  au  soulèu, 

Soulo  encauso  de  mi  lagremo! 

0  perqué,  d'uno  pauro  femo, 
^  Perqué  nasquère  pas  iéu-memo, 

Dins  quauque  trau  de  serp  ! . . .   Alor,  alor,  belèu, 

5  S'un  paure  drôle  m*agradavo, 
^                Se  Vincenet  me  demandayo, 

Lèu-lèu  sariéu  chabido  ! . . .    0  moun  bèu  Vincenet, 
Mai  qu'emé  tu  ponsquèsse  yiéure 
^  E  t'embrassa  coume  fai  Téurre, 

Dins  li  roudan  anariéu  béure! 

Lou  manja  de  ma  fam  sarié  ti  poutounet!» 

^  6    E  coûme,  ansin,  dins  sa  bressolo, 

La  belle  eufant  se  descounsolo, 
Lou  sen  brûlant  de  fèbre  e  d'amour  fernissènt, 
*•  De  si  proumiéris  amoureto 

Coume  repasse  lis  oureto 

E  li  passade  tant  clareto, 
**       lé  revèn  tout-d'un-cop  un  counsèu  de  Vincèn: 

7     «0»,  crido,  «un  cop  qu'au  mas  veuguères 
Es  bèn  tu  que  me  lou  diguères: 
*5        ««S'un  chin  foui,  un  lesert,  un  loup  o  'n  serpatas, 


*Y^  Hépétition  des  vers  389—93  du  premier  Chant.    Voy.  Introd- 
p.  XXXI  et  Ch.  I,  dô2  note. 


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LA   CBAU.  167 

0  touto  autro  bèsti  courrènto, 
Vous  fai  seDti  sa  dent  pougnènto, 
^  8e  lou  malur  vous  despoutènto, 

Courrès,  courrès  i  Santo!  aurés  lèu  de  soûlas !»> 

8    Vuei  lou  malur  me  despoutènto, 
*'  Parten!   N'en  revendren  countènto.» 

Acò  di,  sauto  lèu  de  soun  blanc  linçoulet; 
Emé  la  clau  lusènto,  duerbe 
^  Lou  gardo-raubo  que  recuerbe 

Soun  prouvimen,  mo.ble  superbe 
De  nóuguié,  tout  fleuri  souto  lou  oiselet. 

^^  9     Si  tresouroun  de  chatouneto 

Eron  aqui:  sa  courouneto 
De  la  proumiero  fes  que  faguè  soun  bon -jour; 
^  Un  brout  de  lavande  passido; 

Une  candeleto,  gausido 

Quàsimen  touto,  e  benesido 
^       Pèr  esvarta  li  tron  dins  la  soumo  liunchour. 

10    Elo,  emé  'no  courdello  blanco, 
D'abord  se  nouso,  autour  dis  anco, 
^*       Un  rouge  coutihoun,  qu'elo-memo  a  pica 
D'uno  fine  carreladuro, 
Meraviheto  de  courduro; 
^^  E  sus  aquéu,  à  sa  centuro, 

Un  autre  bèn  plus  bèu  es  lèu  mai  atrenca. 


••/•  Faire  .soun  hon-jour,  communier.  A  leur  première  com- 
munion les  filles  portent,  en  France,  le  costume  blanc  et  la  couronne 
des  fiancées.    ]<]xpre8sion  symbolique  de  leur  mariage  avec  le  Seigneur. 

••/*  On  met  de  la  lavande  dans  les  armoires  pour  parfumer  le 
linge.  —  Les  candeleto,  petits  cierges  bénits  qu'on  distribue  dans  les 
églises,  à  la  fête  de  la  Chandeleur.  Une  croyance  populaire  leur  attribue 
le  pouvoir  indiqué  dans  notre  poème. 

^  ss.  Le  poète  donne  dans  ces  vers  une  description  de  la  toilette 
et  du  costume  pittoresque  des  Arlésiennes.  —  Vèso  (v.  71)  est  une  sorte 
de  spencer  ou  de  corsage  collant:  il  est  toujours  noir  en  toilette,  de 
couleur  nankin  ou  autre  en  négligé. 


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168  OANT  TXTEOHBN. 

11     Pìèi,  dins  uno  èso  negro,  esquicho 
^'  Lóugeiramen  sa  taio  richo, 

Qu'uno  espingolo  d'or  eufis  à  ressarra; 
Pèr  treneto  longo  e  brunello 
^^  SouD  peu  pendoulo  e  renmantello 

Si  dos  espalo  blanquinello. 
Mai  elo,  n'arrapant  li  trachèu  sépara, 

^®         12    Lèu  lis  acampo  e  li  restroupo, 

A  plen  de  man  lis  agouloupo 
D^uno  dentello  fine  e  clareto;  e  'no  fes 
®^  Li  bèlli  floto  ansin  restrencho, 

Très  cop  poulidamen  li  cencho 

Em'  un  riban  à  bluio  tencho, 
^       Diadème  arlaten  de  soun  front  jouine  e  fres. 

13  Met  soun  faudau;  sus  la  peitrino, 
De  soun  fichu  de  mousseline 

^       8e  croso  à  pichot  pie  lou  vierginen  teissut: 

Mai  soun  capèu  de  Prouvençalo, 

Soun  capeloun  à  grandis  aie 
^  Pèr  apara  li  caud  mourtalo, 

Óublidè,  pèr  malur,  de  s'en  curbi  lou  su . . . 

14  Acò  fini,  l'ardènto  chato 

^  Pren  à  la  man  si  dos  sabato; 

Dis  esealié  de  bos,  sens  mena  de  yarai, 
Davalo  d'escoundoun  ;  desplanto 
^^  D6u  pourtau  la  fanco  pesante; 

Se  recoumando  i  boni  Santo 
E  part,  coume  lou  vent,  dins  la  niue  porto-esfrai. 

^         15     Èro  Touro  que  lis  Ensigne 
I  barquejaire'fan  bèu  signe. 
De  l'Aiglo  de  Sant  Jan,  que  se  vèn  d'ajouca, 

••  ss.  Lis  Ensigne,  la  Ceinture  d'Orion  ou  les  Trois  Rois,  con- 
stellation favorable  aux  navigateurs.  —  UAiglo  de  San  Jan  (l'Aigle  de 
Saint-Jean)  est  visible  en  Provence  dans  les  nuits  de  juillet.  —  Lou 


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LA  CEAtr.  169 

^^  I  pèd  de  soun  Eyangelieto, 

Su8  li  très  astre  mounte  elo  isto, 

8e  vesié  trantaia  la  yisto; 
^^^      Lou  tèms  èro  eeren  e  soi  e  'sperluoa. 

16  E  dins  li  plannro  estelado 
Precepitant  si  rodo  alado, 

1^      Lou  grand  Càrri  dis  Amo,  alin,  dóu  Paradis 

Prenié  la  mountado  courouso, 

Emé  sa  cargo  benurouso; 
^*^  E  li  mountagno  tenebrouso 

RegardaYon  passa  lou  Càrri  vouladis. 

17  Mirèio  anavo  dayans  elo, 

11^  Coume  an  tan  Magalouno,  aquelo 

Que  cerquè  tant  de  tèms  en  pleurant,  dins  li  bos, 
Soun  ami  Pèire  de  Prouvènço, 
^^'  Qu'eu,  empourta  pér  la  vióulènço 

Dis  oundo,  èro  restado  sènso. 
I  counfigno  pamens  dóu  terraire  entre-fos, 

^•^        18    E  dins  lou  pargue  recampaire, 

l'avié  li  pastre  de  soun  paire 
QuWavon  déjà  móuse;  e  d'uni,  'mé  la  man, 
ï^  Tenènt  li  fedo  pèr  lou  mourre, 

Inmoubile  dayans  li  fourre, 

Fasien  teta  lis  agnèu  bourre. 
1^      E  dc-longo  entendias  quauco  fedo  bramant . . . 


grcmd  Càrri  dis  Amo  (le  grand  Char  des  âmes;  c'est-à-dire  le  char  qni 
transporte  les  âmes  en  paradis),  le  Chariot  de  David,  la  grande  Onrse. 
—  Les  trois  étoiles  qui  précèdent  le  Chariot  sont  appelées  li  hèati  (les 
bêtes),  et  la  petite  qui  accompagne  la  troisième  est  appelée  lou  carretié 
(le  charretier).  —  Cf.  Mistral,  Escourregudo  astrounoumico ^  dans  YAr- 
mana  prouvençau  de  1872. 

»"  Voy.  I,  46  note. 

*•*  Fourre  (feurre,  chaume),  claie  rembourrée  de  roseanx  et  de 
carex  que  les  bergers  de  la  Crau  dressent  obliquement  sur  la  terre,  afin 
d'abriter  leurs  brebis. 


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170  CAMT  YUECHBN. 

19  D'autre  oouchayon  li  maniero 
Yers  lou  móusèire;  à  la  sourniero, 

>*•      Asseta  su  'no  pèiro,  e  mut  coume  la  niue, 
Di  pousso  gounflo  aqueet  tiravo 
Lou  bon  la  caud:  lou  la  'spíravo 

iM  A  long  raiòu  e  s'aubouravo 

Dins  li  bord  escumous  dóu  cibre,  à  visto  d*iue. 

20  Li  chin  èron  coucha,  tranquile; 
^^               Li  bèu  chinas,  blanc  coume  d'ile, 

Jasien  de-long  dóu  cast,  'mé  lou  mourre  alounga 

Dins  li  ferigoulo;  calaumo 
>^  Tout  à  l'entour,  e  som  e  chauma 

Dins  lou  campas  que  sent  qu'embaumo . . . 
Lou  tèms  èro  seren  e  sol  e  'sperluca. 

l'^i       21     E  coume  un  lamp,  à  ras  di  oledo, 
Mirèio  passo.   Pastre  e  fedo, 
Coume  quand  lis  amourro  un  subit  fouletoun, 

^^^  S'amoulounèron.   Mai  la  fiho: 

«Emé  iéu,  i  Sànti-Marlo 
Res  YÒu  veni,  de  la  pastrihoP» 

147      'E  davans,  ié  fusé  coume  un  esperitoun. 

22  Li  chin  dóu  mas  la  couneiguèron 
E  dóu  repaus  noun  bouleguèron; 

1^      Mai  elo,  dis  avaus  Trustant  li  cabassòn, 
Es  déjà  liuencho;  e  sus  li  mato 
Di  panicaut,  di  canfourato, 

*^  Aquéu  perdigalet  de  chato 

Lando,  lando!  Si  pèd  toucavon  pas  lou  sou... 

23  Souvènti-fes  à  soun  passage, 
^^               Li  courreli  que,  dins  l'erbage. 

Au  pèd  di  reganèu,  dourmien  agroumouli, 
De  sa  dourmido  treboulado 


"•  Répétition  du  v.  105. 


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LÀ  ORIU,  171 

i^  Snbran  partien  à  grand  youlado; 

E  dins  la  Crau  soiirno  e  pelado 
Cridavon:  Courreli/  cùurreli!  courreli! 

1^        24    Emé  si  peu  lusènt  d'eigagno, 

KAubo,  entremen,  de  la  mountagno 
'  Se  vesié  pau  à  pau  davala  dins  lou  plan; 

1^  E  di  calandro  capeludo 

Lou  YÒu  oan taire  la  saludo; 
E  de  TAupifao  baumeludo 

1^      Semblavo  qu'au  soulèu  se  mouvien  li  oalan. 

25  Acampestrido  e  secarouso, 
L'inmènso  Crau,  la  Crau  peirouso 

l'^i      Au  matin  pau  à  pau  se  vesié  destapa; 
La  Crau  antico,  ounte,  di  rèire 
Se  li  raconte  soun  de  croire, 
i''*  Souto  un  déluge  counfoundèire, 

Li  Gigant  auturous  fuguèron  aclapa. 

26  Li  testoulas!  em'  uno  escalo, 
177               Em'  un  esfors  de  sis  espalo 

Cresien  de  cabussa  TOunnipoutènt  !  Déjà 

De  Santo-Ventùri  lou  serre 
180  Èro  estrassa  pèr  lou  pau-ferre; 

Déjà  l'Aupiho  venien  querre, 
Pèr  n'apoundre  au  Yentour  li  grand  baus  eigreja. 


"'  LMuj>//io  ftaMm€/u(io  (l'Alpille  caverneuse).  L'épithète  est  motivée 
par  les  grottes  des  Baux  et  de  Corde  qu'on  trouve  dans  cette  montagne. 
Voy.  m,  242,  VI,  147  et  VI,  645  notes. 

"•  ss.  Dans  ces  vers,  la  Gigantomachie,  racontée  dans  l'Odyssée 
XI,  305 — 20,  est  transposée  en  Provence,  pour  expliquer  poétiquement 
Forigine  de  la  Crau.  —  Voyez  le  même  récit  dans  Lou  Rose  de  M. 
Montier,  p.  27  ss.  (Valence  1897).  —  Lou  serre  de  Santo-Ventùri  (le  morne 
ou  pic  de  Sainte -Victoire,  v.  179),  à  Torient  d'Aix,  au  nom  duquel  les 
érudits  de  la  Renaissance  ont  rattaché  à  tort  le  souvenir  de  la  grande 
victoire  remportée  par  Marins  sur  les  Teutons,  à  Fourrières,  dans  le 
voisinage. 


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172  OAIÍT   VTJBCHBN. 

183       27    Diéu  duerb  la  man;  e  lou  Maïstre, 
Emé  lou  Tron,  emé  TAuristre, 
De  sa  man,  coume  d'aiglo,  an  parti  tóutí  très; 

i^  De  la  mar  founso,  e  de  si  vabre, 

E  de  si  toumple,  van,  alabre, 
Espeirega  lou  lié  de  mabre, 

!*•      E  *m*  acò  s'enaurant, ,  coume  un  lourd  sagarés, 

28  L'Anguieloun,  lou  Tron  e  l'Auristre, 
D^un  vaste  curbecèu  de  sistre 

1*2      Amassolon  aqui  lis  oumenas  ...    La  Crau, 
I  douge  yènt  la  Crau  duberto, 
La  mudo  Crau,  la  Crau  deserto, 

'**  A  counserva  Torro  cuberto  .  . . 

Mirèio,  sèmpre  mai,  dóu  terradou  peirau 

29  Prenié  l'alòngui.    Li  raiado 
1*^               E  lou  dardai  di  souleiado 

Empuravon  dins  Ter  un  lusènt  tremoulun; 
E  di  cigalo  garrigaudo, 
^*  Que  grasihavo  Terbo  caudo, 

Li  cimbaleto  fouligaudo 
Repetavon  sens  fin  soun  long  cascarelun. 

20*       30    Ni  d'aubre,  ni  d'oumbro,  ni  d'amo! 
Car,  de  Testiéu  fugènt  la  flamo, 
Li  noumbrous  abeié  que  rasclon,  dins  l'ivèr, 

^^  L'erbeto  courte,  mai  goustouso. 

De  la  grand  piano  sóuvertouso, 
Dins  lis  Aup  fresco  e  sanitouso 

*>®      Eron  ana  cerca  de  pasquié  sèmpre  verd. 

31     Souto  li  fiò  que  Jun  escampo, 
Mirèio  lampo  e  lampo  e  lampo! 
21'      E  li  rassado  griso,  au  revès  de  si  trau, 
S'entre-disien  :  «Fau  èstre  folo 
Pèr  barrula  li  clapeirolo, 
21^  Em'  un  soûl  eu  que  sus  li  colo 

Fai  dansa  li  mourven  e  li  code  à  la  Crau!> 


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LA  OBAU.  173 

32    E  li  prègo-Diéu,  à  l'oumbrino 
•í^  Dis  argelas:  «0  pelerino, 

Entoumo,  entoumo-te!>  ié  venien.    «Lou  bon  Dieu 
A  mes  i  font  d'aigo  clareto, 
***  Au  front  dis  aubre  a  mes  d'oumbreto 

Pèr  apara  ti  couloureto, 
E  tu  rimes  ta  caro  à  Tuscle  de  l'estiéu!» 

*^        33    En  van  peréu  l'avertiguèron 

Li  parpaioun  que  la  veguèron. 
Lis  alo  de  l'Amour  e  lou  vent  de  la  Fe 
*^  L'emporton,  coume  l'auro  emporte 

Li  blanc  gabian  que  soun  pèr  orto 

Dins  li  sansouiro  d'Aigo-Morto. 
^*      Tristas,  abandouna  di  pastre  e  de  Tavé, 

34  De  liuen  en  liuen,  pèr  la  campagne, 
Parèis  un  jas  cubert  de  sagno . . . 

^^      Quand  pamens  se  veguè,  badanto  de  la  set, 
Au  bruladou  toute  souleto, 
Ni  regouloun  ni  regouleto, 
**^  Trefouliguè  'no  brigouleto  .  .  . 

E  faguè:  «Grand  Sant  Gènt,  ermite  dóu  Bausset! 

35  0  bèu  e  jouine  labouraire, 
'^                Qu'atalerias  à  voste  araire 

Lou  loup  de  la  mountagno!  o  divin  garrigaud, 
Que  durberias  la  roco  dure 
^*  A  dos  pichòti  couladuro 

D'aigo  e  de  vin,  refrescaduro 
Pèr  vosto  maire,  lasso  e  mourènto  de  caud; 


•*>  Sansouiro^  voy.  IV,  351  note.  —  Aigo-Morto,  voy.  IV,  346  note. 

■••  Sant  Gènt  (Saint  Gent),  jeune  laboureur,  de  Monteux,  qui  au 
commencement  du  11«  siècle,  se  retira  dans  la  gorge  du  Bausset  (près 
de  Vaucluse)  pour  y  vivre  en  ermite.  Son  ermitage  et  la  fontaine  mira- 
culeuse qu'il  fit  jaillir,  dit  la  tradition,  en  implantant  ses  doigts  dans  le 
rocher,  sont  le  but  d'un  pèlerinage  très  fréquenté. 


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174  CA»T  VUBCHBK. 

*^^       36    Car,  coume  iéu,  quand  tout  soumiho, 
Avias  plaça  vosto  famiho, 
E,  soulet  emé  Dieu,  i  gorgo  dóu  Bausset 

^**  Vous  trouvé  vosto  maire.    Ansindo, 

Mandas-me  'n  fiéu  d'eigueto  lindo, 
0  bon  Sant  Qènt!    Lou  grès  que  dindo 

852      ]^e  crèmo  li  peiado,  e  more  de  la  set!» 

37  Lou  bon  Sant  Gènt,  de  l'empirèio, 
Enteçdeguè  prega  Mirèio: 

«55      E  Mirèio,  autant  lèu,  d'un  releisset  de  pous, 

Alin  dins  la  champino  raso, 

A  vist  belugueja  la  graso. 
•58  E  dóu  dardai  fende  la  braso, 

Coume  lou  martelet  que  travèsso  un  espousc. 

38  Èro  un  vièi  pous  tout  garni  d'éurre, 
2^*               Que  li  troupèu  i'  an  a  von  béure. 

Murmurant  douçamen  quàuqui  mot  de  cansoun, 

r  a  'n  pichot  drôle  que  jougavo 
^^  Souto  la  pielo,  ounte  cercavo 

Lou  pau  d'oumbreto  qu'amagavo; 
Contre,  avié  'n  panié  plen  de  blanc  cacalausoun. 

39  E  l'enfantoun,  dins  sa  man  1)runo, 
Lis  agantavo,  uno  pèr  uno, 

Li  pàuri  meissounenco;  e  'm'  acò  ié  venié: 
^^  *Cacalau$y  cacalaus  mourgueto, 

Sorte  lèu  de  ta  cabaneto, 

Sorte  lèu  ti  bèlli  Laneto, 
278      0  senoun^  te  roumprai  toun  pichot  mounastié,* 

•••  Meissounenco,  hélice  des  moissons,  parce  qu'après  la  moisson, 
elle  monte  et  se  colle  le  long  des  chaumes. 

^^  ss.  ('es  vers  sont  tirés  d'une  formulette  que  les  enfants  chantent 
à  l'escargot,  pour  l'engager  à  sortir  ses  cornes: 
Cacalaus  mourgueto. 
Sorte  ti  baneto; 

Se  li  vos  pas  sourti,  anarai  vers  lou  manescau, 
Que  te  roumpra  toun  oustau. 


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LA   CRAO.  175 

40  La  bello  Crayenoo  enflourado, 
E  qu'au  ferrât  s'èro  amourrado, 

^^      Aubourè  tout-d'un-cop  soun  poulit  mourraDchoun: 
«Mignot,  que  fas  aqui?»    «Pauseto.» 
«Dins  lou  baucage  e  li  lauseto 

*^*  Acampes  de  cacalausetoP» 

«L'avès  bèn  devina!»  respoundè  lou  pichouD. 

41  «Vès!  quant  n'ai  dins  ma  canestello! 
*^               Ai  de  mourgueto,  de  platello! 

De  meissounenco» . . .  «E  pièi,  li  manges?»  <Iéu?  pas  mai! 

Ma  maire,  tóuti  li  divèndre, 
*^  Li  porto  à-n-Arle  pèr  li  vendre 

E  nous  entourno  bon  pan  tendre . . . 
lé  sias  agudo  estado,  en  Arle,  vous?»    «Jamai.» 

*^        42     <Hoï!  sias  jamai  estado  en  ArleP 

lé  siéu  esta,  iéu  que  vous  parle! 
Ai!  pauro,  se  sabias  la  grande  vilo  qu'es, 
*•'  Arle!   Talamen  s'estalouiro 

Que,  dôu  grand  Rose  que  revouiro. 

N'en  tèn  li  sèt  escampadouiro  ! . . . 
^^      Arle  à  de  biòu  marin  que  paisson  dins  si  tes, 

43     Arle  a  soun  cavalin  sóuvage; 
Arle,  dins  rèn  qu'un  estivage. 


(Escargot  nonnain,  sors  tes  cornes  ;  si  tu  ne  yeax  pas  les  sortir, 
j'irai  chez  le  forgeron  qui  te  rompra  ta  maison.) 

M.  Rolland,  Faune  populaire  de  la  France^  Paris  1881,  III,  196  ss., 
cite  de  nombreuses  variantes  de  ce  dicton  enfantin.  Voy.  aussi  Maass,  l.  c, 
p.  Ô9  8.  En  Silésie,  on  chante  (je  cite  la  formnlette  la  plus  répandue)  : 

Schnecke,  Schnecke,  Schniere, 

Zeig'  mir  deine  Viere; 

Zeig'st  mir  deine  Viere  nicht, 

Schmeiss'  ich  dich  in'n  Graben, 

Da  fressen  dich  die  Raben, 

Da  kommt  ein  grosser  Fleischerhund 

Und  zieht  dir's  Fell  vom  Kopfe  runt^r). 


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176  GANT  VUBCHBN. 

^^''      Meissouno  proun  de  blad,  pèr  se  nourri,  se  vòu, 
Sèt  an  de  filo!   A  de  pescaire 
Que  ié  carrejon  de  tout  caire; 
^^  A  d'intrepidi  navegaire 

Que  van  di  liuéuchi  mar  afrounta  li  revòu . . .» 

44    E  tirant  glòri  mervihouso 
808  De  sa  patrie  souleiouso, 

Disié,  lou  galant  drôle,  emé  sa  lengo  d'or, 
E  la  mar  bluio  que  trémolo, 
^^  E  Mount-Majour  que  pais  li  molo 

De  plenîgourbin  d'óulivo  molo, 
E  lou  bram  quU  palun  fai  ausi  lou  bitor. 

•^       45    Mai,  o  ciéuta  douço  e  brunello. 

Ta  meraviho  courounello, 
Óublidè,  lou  pichot,  de  la  dire:  lou  cêu, 
^'*  0  drudo  terro  d*Arle,  douno 

La  bèuta  puro  à  ti  chatouno, 

Coume  li  rasin  à  Tautouno, 
8»*      De  senteur  i  mountagno  e  d'aleto  à  l'aucèu. 

46  La  bastidano,  inatentivo, 
Ero  aqui  drecho  e  pensativo: 

^'®      «Bèu  jouveinet,  se  vos,»  faguè,  «veni  'mé  iéu, 

Emé  iéu  vèue!    Sus  li  sause 

Avans  que  la  reineto  s'ause 
^^*  Canta,  fau  que  moun  pèd  se  pause 

De  l'autre  man  dôu  Rose,  à  la  gàrdi  de  Dieu!» 

47  Lou  drouloun  ié  digue:    «Pecaire! 
*^*  Capitas  bèn  :  sian  de  pescaire. 

Emé  nous-autre,  aniue,  soute  lou  tibanèu^ 
Vous  coucharés  au  pèd  dis  aubo. 


•**•/•   Mount-Majour,  voy.  VI,  645  note.    —   Li  molo   sont  des 
meules  tournantes  qui  écrasent  les  olives  afin  d'en  extraire  Thuile. 
»»V"   Voy.  VII,  58  note. 


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LA  ORAL.  lî? 

**^  E  dourmirés  dins  vosto  raubo; 

Moud  paire,  pièi,  à  la  primo  aubo, 
Deman  vous  passara,  dins  noste  breganèu.» 

^®        48     «Oh!  noun,  me  sente  enca  proun  forto 

Pèr,  esto  niue,  resta  pèr  orto ...» 
«Que  Dieu  vous  en  préserve!  adounc  voulès  aniue 
^^  Vèire  la  bando  que  s'escapo, 

Doulènto,  dóu  Trau  de  la  Capo? 

Ai!  ai!  ai!  ai!  se  vous  encapo, 
^^      Em'  elo  dins  lou  gourg  vous  fai  passa  pèr  iue!» 

49     *E  qu'es  aquéu  Trau  de  la  Capo?> 
«Tout  en  caminant  dins  li  clapo, 
^^      Vous  countarai  acò,  fiheto!...»    E  coumencè: 
«Tavié  'no  fes  uno  grande  iero 


•**  Trau  de  la  Capo ,  nom  d'un  gouffre,  aujourd'hui  comblé,  dans 
la  Camargue.  La  tradition,  racontée  v.  337  as.  et  très  populaire  à 
Arles,  a  des  parallèles  extrêmement  nombreux.  M.  R.  Basset,  Revue 
des  Traditions^  V,  483  ss.,  en  a  collectionné  plus  d'une  centaine.  On  y 
trouve  (ib.  VI,  528)  un  récit  qui  a  la  plus  grande  ressemblance  avec 
celui  du  Trou  de  la  Cape,  et  que,  pour  cette  raison,  nous  répétons  ici: 
«Autrefois,  sur  le  territoire  de  la  Besse,  petite  ville  située  sur  la  route 
de  Carnoules  à  Brignoles,  la  fête  de  sainte  Anne  se  célébrait  comme 
dans  la  France  entière.  Mais  des  gens  de  la  commune,  pressés  par  le 
temps,  ou  bien  encore  oubliant  d'honorer  cette  sainte,  faisaient  tourner 
ce  jour-là  leurs  chevaux  sur  les  gerbes  mûres,  lorsque  soudain  l'aire  se 
creuse  en  un  abîme  profond  et  engloutit  hommes  et  bêtes  dans  ce  gouffre 
immense  qui  s'emplit  entièrement  d'eau.  Depuis  ce  cataclysme,  Besse 
possède  un  beau  lac,  il  est  vrai,  mais  les  cultivateurs  de  notre  région, 
frappés  de  terreur,  sans  doute,  au  souvenir  de  cette  catastrophe,  s'ab- 
stiennent de  fouler  leur  blé  en  ce  beau  jour  de  Messidor  (26  juillet).  La 
légende  raconte  qu'on  entend  encore,  lorsqu'aucun  souffle  ne  vient  rider 
la  surface  de  l'eau,  des  bruits  de  voix  et  des  claquements  de  fouet  mon- 
tant des  profondeurs  de  ce  lac  prodigieux.  Et  ici  même,  à  Cuers  (Var) 
nous  pouvons  affirmer  qu'à  l'époque  où  l'église  fête  la  mère  de  Dieu,  on 
ne  pourrait  décider,  pour  tout  l'or  du  monde,  un  grand  nombre  de 
cnhivateurs  à  fouler  leurs  céréales.»  Cf.  Maass,  /.  c,  p.  53.  -  Le  thème 
commun  à  toutes  ces  légendes  est  que  des  riches  avares  ou  des  gens 
impies  sont  punis  par  l'engloutissement  de  leur  propriété. 

12 


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lié  Cant  VUÈCHEK. 

Que  regounflavo  de  garbiero. 
^*^  Sus  lou  dougan  de  la  ribiero, 

Deman  veirés  lou  rode  ounte  acò  se  passé. 

50    Despièi  un  mes,  emai  passavo, 
^^^  Sus  lou  plantât  que  s'espóussavo, 

Un  roudet  Camarguen  de-longo  avîé  cauca. 
Pas  uno  vouto  de  relàmbi! 
3^  Sèmpre  li  bato  dins  Tengàmbi! 

E,  sus  Teiròu  poussons  e  gàmbi. 
De  mountagno  d'espigo  à  sèmpre  cavauca! 

^^*        51     Fasié  'n  soulèu!...    La  derrabado 
Semblavo,  dison,  atubado. 
E  li  fourco  de  bos,  de-longo  en  Ter,  fasien 

3^*  Sauta  de  revoulun  de  blesto; 

E  lou  póutras  e  lis  aresto, 
Coume  de  flècho  d'aubaresto, 

^^"^      I  narro  di  chivau  de-longo  se  trasien. 

52     0  pèr  Sant  Pèire  o  pèr  Sant  Charle 
Poudias  sonna,  campano  d'Arle! 
8*^      Ni  fèsto  ni  dimenche  au  paure  cavalun! 
Sèmpre  la  matrassanto  cauco, 
Sèmpre  l'aguiado  que  trauco, 
^3  Sèmpre  la  cridadisso  raúco 

D6u  gardian,  aplanta  dins  l'ardent  revoulun! 


•*•  Lhi  roudet  Camarguen  (un  petit  cercle  de  chevaux  Camargues), 
voy.  IV,  261  note. 

•**  La  derrabado  (L'airée  ou  proprement:  l'arrachis)  désigne 
les  gerbes  qui  ont  déjà  subi  un  premier  piétinement  de  chevaux, 
et  qu'on  arrache  de  dessous  Tairée  pour  les  soumettre  à  un  nouveau 
foulage. 

•"  Sant  Pèire  (Saint  Pierre),  patron  des  pécheurs,  invoqué  na- 
turellement par  un  fils  de  pécheur.  —  Sant  Charle{magne),  cité  à  cause 
de  la  rime,  est  légendaire  à  Arles  comme  vainqueur  des  Sarrasins  à 
Mont-Majour. 


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Là   (3RAtJ.  lïÔ 

53    L'avare  mèstre,  î  blanc  caucaire 
5^  Eûcaro  avié  bouta,  pecaire! 

Lou  mourraiouD  .  .  .   Venguè  Nosto-Damo  d' Avouât. 
Déjà,  sus  lou  plantât  que  fumo, 
^^  Li  liame,  coume  de  coustumo, 

Virayon  mai,  trempe  d'escumo, 
Lou  fege  arrapa  i  costo  e  lou  mourre  bavous. 

872        54    Yeici  que  tout-d'un-cop  s'acampo 

E  la  chavano  e  la  cisampo  .  .  . 
Ai!  un  cop  de  mistrau  escoubeto  Teirôu; 
^''^  Dis  afama  (que  renegavon 

Lou  jour  de  Dieu)  lis  iue  se  cavon; 

Lou  batedou  mounte  caucavon 
^^®      Trantaio,  e  s'entre-duerb  coume  un  nègre  peiròu! 

55  La  grand  bancado  remoulino 
Coume  en  furour;  de  la  toumplino, 

^^       Fourquejaire,  gardian,  gardianoun,  rèn  pousquè 
Se  n'en  sauva!    Lou  raèstre,  l'iero, 
Lou  drai,  li  cabro,  li  garbiero, 

8«*  Li  primadié,  la  rodo  entière, 

Dins  lou  toumple  sens  founs  tout  s'aprefoundiguè!» 

56  «Me  fai  femi!»  digue  Mirèio. 

^^  «Oh!  n'i'a  bèn  mai,  o  vierginèio! 

Deman,  dires  bessai  que  siéu  un  foulinèu: 
Veirés,  dins  soun  aigo  blavenco, 
^^  Jouga  lis  escarpe  e  li  tenco 

E  li  merlato  palunenco 
De-countùnio  à  l'entour  canta  dins  li  canèu. 


••*'   Nosto-Damo   d'Avoust    (Notre-Dame   d'Août).   TAssomption 
(15  août). 

•••   L4  liame  (=  lou  rotulet  Camarguen  du  v.  VIIT,  346).    Voy. 
IV,  261  note. 

•••   Li  cabro  (les  chèvres)   auxquelles  ou  suspendait  //  drai  (les 
grands  cribles  de  peau  pour  nettoyer  les  grains). 

12* 


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180  CANt  VUECtìfiN. 

393        57     VèDgue  lou  jour  de  Nosto-Darao: 
Lou  soulèu,  courouDa  de  flamo, 
A'mesuro  que  mounto  à  soun  pounteficat, 

3^*  Emé  l'auriho  coutro  terro 

Boutas-vou8  plan,  plan,  à  l'espèro: 
Veirés  lou  gourg,  de  lin  de  qu'èro, 

3^      S'ensourni  pau  à  pau  de  Tourabro  dóu  pecat! 

58  E  di  founsour  de  l'aigo  fousco, 
Coume  de  l'alo  d'une  mousco, 

^^      Ausirés  pau  à  pau  s^auboura  lou  zounzouD; 

Pièi  es  un  clar  dindin  d'esquerlo; 

Pièi,  à  cha  pau,  entre  li  berlo, 
4i>5  Coume  de  voues  dins  uno  gerlo, 

Un  orre  chafaret  qu'adus  la  fernisoun  ! 

59  Es  pièi  un  trot  de  chivau  maigre 
^^^               Que  sus  l'eiròu  un  gardian  aigre 

Lis  esbramasso  e  couche  emé  de  maugrabiéu. 

Es  d'estrepado  rabastouso; 
41  ï  Es  uno  terro  despietouso, 

Aspro,  secado,  sóuvertouso, 
Que  respond  coume  uno  iero  ounte  caucon,  Testiéu. 

41*        60     Mai  à  mesure  que  décline 

Lou  sant  soulèu,  de  la  toumplino 
Li  blastème,  li  brut,  se  fan  rau,  nlourtinèu  ; 

41^  Toussis  la  manado  gancherlo 

Aperaliu  ;  souto  li  berlo 
Calon  li  clar  dindin  d'esquerlo, 

*2^      E  canton  mai  li  merle  au  bout  di  long  canèu.» 

61     Tout  eu  parlant  d'aquéli  cause, 
Em'  soun  panié  de  cacalauso 


'"   NostO'Damo  —  Xosto-Damo  d^Avoîisi.    Voy.  v.  367  et  note. 
•**   Mounta  à  soun  pounteficat  (monter  k  son  pontificat),  monter 
dans  sa  splendeur,  dans  tout  son  éclat,  à  son  apogée. 


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LÀ  ORAU.  181 

*î8      Davans  la  chatouneto  anavo  lou  drouloun. 

Lindo,  sereno,  acoulourido 

Pèr  lou  tremouDt,  la  colo  arido 
^•^  Emé  lou  cèu  déjà  marido 

Sis  àuti  peDO  bluio  e  si  grand  testau  blound; 

62    E  lou  soulèu  que,  dins  la  cintro 
***  De  si  long  rai,  plan-plan  s'enintro, 

Laisso  la  pas  de  Dieu  i  palun,  au  Qrand-Clar, 
Is  óulivié  de  la  Vau-Longo, 
*^*  Au  Rose  qu'eilavau  s'alongo, 

I  meissounaire,  qu'à  la  longo 
Aubouron  soun  esquino  e  bevon  lou  vènt-larg. 

^5*        63     E  lou  drouloun  digue:  «Jouvènto, 

Alîn,  vès  la  telo  mouvènto 
De  noste  tibanèu,  mouvènto  au  ventoulet! 
488  Yèsj  sus  l'aubo  que  ié  fai  calo, 

Vès,  vès  moun  fraire  Not  qu'escalo! 

Segur  aganto  de  cigalo, 
*^^      0  regarde  belèu  se  tourne  au  tendoulet. 

64    Ai  !  nous  a  vist  ! . . .    Ma  sorre  Zeto, 
Que  ié  fasié  la  courbo-seto, 
***      Se  reviro . . .  e  vès-la  que  vers  ma  maire  cour 
Ié  dire  que,  sens  tiro-laisso, 
Pou  alesti  lou  boui-abaisso. 
^'  Dins  lou  barquet  déjà  se  baisso 

Ma  maire,  e  pren  li  pèis  que  soun  à  la  frescour.» 


*••/*  Lou  Orand'Clar,  anciennement  vaste  étang  de  la  Cran,  entre 
les  Baux  et  Arles,  anx  environs  de  Mont-Majonr.  Anjonrd'hai  il  est 
desséché.  —  Vau-Longo  (Vallongne),  vallée  des  Alpilles. 

*•*  Lou  vènt'larg.    Voy.  I,  50. 

**•  Boui-abaisso  (bonillabaisse) ,  matelote  à  la  provençale,  potage 
de  poissons  bouillis,  plat  très  aimé  snr  le  Littoral  provençal,  et  sacra- 
mentel pour  la  veillée  de  Noël,  à  Marseille  et  ailleurs. 


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182  CANT  VUECHBN.   LA  CRAU. 

65     Mai  éli  dous,  d'uno  abrivado, 
*5<>  Coume  escalayon  la  levado: 

«Tè!>  cridè  lou  pescaire,  «espincho,  que  fai  gau, 
Femo  ! . . .    Bèn  lèu,  pèr  mau  que  vague, 
^^^  Noste  Andreloun,  crese  que  fague 

Un  pescadou  di  fier  que  i*  ague! 
Ve-lou  que  nous  adu8  la  rèino  di  pougau!» 


^*  Rèino  di  pougau,  jeu  de  mots.  Pougau  signifie  an  sens  propre: 
anguille  de  marais,  et  an  fig.:  jenne  fille  bien  prise. 


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CANT  NOUVEN 

L'ASSEMBLADO 

Desoaladomi  de  Mette  Bamonn  e  de  Jano-Mario,  qaand  troTon  plot  Mirèio.  —  Tonk-d'on- 
tème  Ion  Tièi  nuuido  sonna  e  aoampo  dine  Piero  tónti  11  traTaladon  don  mas.  —  Ll 
••falref  11  rastelareUo,  Ion  fènelrage.  —  Ll  carretlë,   Peetrema^  dl  fen.  ~  Li  bonlé. 

—  Ll  meiaeonnié,  la  meUaonn,  11  irl«n<urello.  -  Ll  paître.  ~  Reolt  de  Lanrèna  de  Oònt, 
eaponllé  dl  meisaonnlé  :  Ion  cop  de  Tonlame.  —  Reelt  don  eegaire  Jan  Bonqnet  :  Ion 
aU  ayarri  pèr  11  fonmlgo.  —  Reolt  don  Marran ,  balle  dl  ràfi  :  la  maroo  de  mort.  — 
Reell  d>Aiitèa]iie,  Ion  balle -pattre.  —  Antènme  a  rltt  Mlrèlo  qn'anaTO  1  Sintl  Mario. 

—  Bstrambord  e  pniJlt  de  la  maire.  ~  Partènço  de  la  funlho  pèr  ayé  Mlrèlo. 

1  Li  grand  falabreguié  plourèron; 
Adoulentido,  s'embarrèron 

^       Dins  si  bnisc  lis  abiho,  oublidant  lou  pasquié 

Plen  de  lachusclo  e  de  sadrèio. 

«Avès  rèn  vist  mounte  es  Mirèio?» 
*  lé  demandavon  li  ninfèio 

I  gèntis  argno  bluio  adounado  au  pesquié. 

2  Lou  vièi  Ramoun  emé  sa  femo, 
^  Tóutí  dous  gouufle  de  lagremo, 

Eusèn,  la  mort  au  cor,  asseta  dins  lou  mas, 
Amaduron  soun  coudoun:    «Certo, 
*-  Fau  agué  l'amo  escalaberto! . . . 

0  malurouso!  o  disaverto! 
De  la  folo  jouinesso  o  terrible  estramas! 


"  Amaduron  soun  coudoun  (mûrissent  leur  doalenr),  jeu  de  mots. 
Coudoun  (de  cotoneum)  signifie  :  coing,  fruit  du  cognassier,  et  (dérivé  d'un 
autre  radical,  voy.  Gloss.):  chagrin. 


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184  GANT   NOUVEN. 

^^  3    No8to  Mirèio  bello,  o  gafo! 

0  plour!  'mé  lou  darrié  di  piafo 

S'es  raubado,  raubado  em'  ud  abóumiaDÌ! . . . 
'®  Quau  nous  dira,  desbadarnado, 

Lou  liò,  la  cauno  acantounado 
Ounte  lou  laire  t'a  menadoP...* 
21       E  brandavon  ensèn  si  front  achavani. 

4  Emé  la  eaumo  e  lis  ensàrri 
Venguè  lou  chourlo,  à  l'ourdinàri; 

2-*       E,  dre  sus  lou  lindau:    «Bon-jour!    Veniéu  cerca, 
Mèstre,  lis  iòu  e  lou  grand-béure.» 
«  Entourno-te,  maladiciéure  !  » 
2*^  Cridè  lou  vièi,  «que,  tau  qu'un  eiéure, 

Me  semble  que  sènso  elo  aro  siéu  desrusca! 

5  D'uno  souleto  escourregudo, 
5^  Entourno-te  de  ta  vengudo, 

Chourlo!  à  travès  de  champ  parte  coume  l'uiau! 
Que  li  segaire  e  labouraire 
^  Quiton  li  daio  e  lis  araire! 

1  meissounié  digo  de  traire 

Li  Youlame;  i  mendi,  de  leissa  lou  bestiau: 

^  6     Que  vèngon  m'atrouva!>  Tout-d'uno, 

Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 
Part  lou  varlet  fidèu;  travèsso,  dins  li  grès, 
^^  Li  bèus  esparset  rouge;  passe 

Entre  lis  éuse  di  ribasso; 

Franquis  d'un  bound  li  draio  basse; 
^2        Sent  déjà  li  prefum  dóu  fen  toumba  de  fres. 

7     Dins  li  luserno  bèn  nourrido, 
Auto  e  de  blu  tóuti  flourido, 
*^        Entend  crussi  de  liuen  la  daio;  à  pas  egau 
Vèi  avança  li  fort  segaire, 
Sus  Pandano  plega:  de  caire, 
*^  Davans  l'acié  desverdegaire, 

Cabusso  la  panouio  en  marro  que  fan  gau. 


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l'assemblado.  185 

8     D*eDfant,  de  chato  risouleto, 
^'  Dins  l'andaîado  verdouleto 

Rastelavon  ;  n'en  vèi  que  meton  à  mouloun 
Lou  fen  adeja  lest;  cantayon, 
**  E  li  grihet  (que  desertavon 

De  davans  li  daio,)  eecoutavon. 
Sus  un  brancan  de  frais  que  tiron  dous  biòu  blound, 

^'^  9     Alin  pu  liuen,  vèi,  auto  e  largo, 

L'erbo  fenalo  que  se  cargo: 
L'abile  carretié,  sus  lou  viage,  eilamount, 
^  A  grand  brassòu,  de  la  pasturo 

Que  i'embarravo  la  centuro, 

Fasié  mounta  sèmpre  l'auturo, 
^       Acatant  parabando  e  rodo  emai  timouu. 

10  E  'mé  lou  fen  que  tirassavo, 
Quand  pièi  lou  càrri  s'avançavo, 

^       D'un  bastimen  de  mar  aurias  di  Tembalun  ! 
Veici  pamens  que  lou  cargaire 
S'aubouro  dre  coume  un  targaire 
••  E  tout-d'un-tèms  crido  i  segaire: 

«Segaire!  aplantas-vous,  i'  a  quauque  treboulun!» 

11  Li  carreteiroun,  qu'à  fourcado 
'^  lé  pourgissien  l'erbo  secado, 

Tourquèron  li  degout  de  soun  front  tout  coulant; 
E,  sus  la  cenglo  de  sa  taio, 
^^  Pansant  la  costo  de  la  daio, 

Yers  la  planuro  ounte  dardaio 
Li  segaire  tenien  la  yisto,  en  amoulant. 

"^®         12     «Orne!  escoutas  qu'a  di  lou  mèstre,» 
lé  fai  lou  mandadou  campèstre: 
«Chourlo»,  m'a  di,  «subran  parte  coume  l'uiau! 


•*/'  Répétition  homérique  des  vers  31—8.    La  même  répétition: 
V.  99-108  ;C  148-  57,  176-  82.    Voy.  Introd.  p.  xxxi. 


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186  CANT    NOUVEK. 

^i  Que  li  segaire  e  laboaraire 

QuitoD  li  daio  e  lis  araire; 

I  meissouDÌé  digo  de  traire 
^^      Li  Youlame;  i  mendi,  de  leissa  lou  bestiau: 

13  Que  vèngon  m'atrouva  !»    Tout-d*uno, 
Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 

^'^      Part  lou  varlet  fidèu:  encambo  li  regoun 
Mounte  trachisson  li  garauço, 
D'AIten  preciouso  remembranço; 

^"  Vèi  de  pertout  l'Amaduranço 

Que  daurejo  la  terre  i  fiò  de  souu  pegouD. 

14  Dins  li  gara  'stela  d'auriolo, 
^^  Vèi,  caminaot  darrié  si  miolo, 

Li  ràfi  yigourous,  courba  sus  lou  doubli; 

Vèi,  de  soun  ivemenco  dormo, 
*^  La  terre  qu*en  inouto  disformo 

S'eigrejo,  e  dins  la  rego  einormo 
Li  guigno-co  segui  Taraire,  entre-fouli. 

^^        15     «Orne!  escoutas  qu*a  di  lou  mèstre!» 
lé  fai  lou  maudadou  campèstre: 
«Chourlo,»  m'a  di,  «subran  parte  coume  l'uiau! 

^^  Que  li  segaire  e  labouraire 

Quiton  li  daio  e  lis  araire; 
I  meissouDÌé  digo  de  traire 

1^^      Li  voulame;  i  mendi,  de  leissa  lou  bestiau: 


••  Altm  (Jean  Althen),  aventurier  arménien  qui,  en  1774,  intro- 
duisit dans  le  Comtat-Venaissin  la  culture  de  la  garance,  jusqu'à  nos 
jours  une  des  principales  ressources  de  la  contrée,  avec  Tindustrie  de 
la  soie,  mais  abandonnée  maintenant,  parce  qu'on  est  parvenu  à  extraire 
plus  économiquement  de  la  houille  un  rouge  qui  remplace  celui  de  la 
garance.  En  1850,  on  a  élevé  à  Âlthen  une  statue  sur  le  Rocher  d'Avignon. 

"  1j auriolo,  centaurée  du  solstice,  plante  qui  pullule  dans  les 
chaumes^  après  la  moisson.  Ses  fleurs  jaunes,  et  les  épines  étoilées  de 
leur  involucre,  lui  ont  valu  son  nom  provençal,  qui  signifie  auréole, 

»•  Lou  guigno-co.     Voy.  III,  326—9. 


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L^ASSBMBLADO.  187 

16  Que  vèngon  m'atrouva!»    Tout-d'uno, 
Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 

^^      Part  lou  varlet  fidéu:  e  sauto  li  valat 

Tóuti  flouri  d'erbo  pradiero; 

Trauco  li  blànqui  civadiero; 
*^^  Dins  li  grand  terrado  bladiero 

E  rousso  d'espigau,  s'eemarro  apereila. 

17  Quarante  meisBOunié,  quarante, 
"^  Coume  de  flame  deveurante, 

De  seun  vièsti  feugous,  redoulènt,  agradiéu, 
Despuiavon  la  terre;  anayon 
'^^  Sus  la  meissoun  que  meisseunavon, 

Coume  de  loup!    Desvierginayon 
De  soun  or,  de  sa  fleur,  e  la  terre  e  l'estiéu. 

^^        18    Darrié  lis  ome,  e  'n  lòngui  ligne 

Coume  li  maiòu  d'une  vigne, 
Toumbavo  la  gavello  à-de-rèng:  dins  si  bras, 
'^'  Li  ligarello  afeciounado 

Lèu  acampayon  li  manade, 

E  lèu,  la  garbo  estent  quichado 
>*«      Em'  un  cep  de  geinoun,  la  jitavon  detras. 

19  Coume  lis  alo  d*un  eissame 
Beluguejayon  li  youlame; 

^**      Beluguejayon  coume,  à  la  mar,  li  risènt 

Mounte  au  soulèu  jogo  la  larbo; 

E  counfoundènt  si  rùfi  barbe, 
ïw  En  garbeiroun  lis  àuti  garbo, 

En  garbeiroun  pounchu  mountavon  à  cha  cent. 

20  Acò  semblaye,  pèr  li  terre, 

1^  Li  payaioun  d'un  camp  de  guerre: 

Coume  aquéu  de  Bèu-Caire,  autre-tèms,  quand  Simoun, 

"'  S8.  Sinunm,  Simon  de  Montfort,  chef  militaire  dans  la  Croisade 
contre  les  Albigeois  (1208—1218).  Le  légat  du  v.  138  est  Milon  qui 
aidait  Simon  par  des  moyens  diplomatiques,  après  avoir  été  le  véritable 


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188  CANT  NOUVEN. 

E  la  Crousado  fraDchimando, 
'^  E  lou  légat  que  li  coumando, 

Venguèron,  zóu!  à  toute  bande, 
Sagata  la  Preuvènço  e  leu  Comte  Ramoun! 

^^^        21     Mai  enterin  li  glenarello, 

D'aqui,  d'eila,  van,  jougarello, 
E  si  gleno  à  la  man;  enterin,  i  canié, 

'^*  0  di  garbiero  à  l'oumbro  caudo, 

Manto  chatouno  fouligaudo, 
Souto  un  regard  que  Tesbrihaudo, 

^^^      S^alangouris  :    Amour  tambèn  es  meissounié. 

22  «Ome!  escoutas  qu'a  di  lou  mèstre,» 
lé  fai  lou  mandadou  campèstre: 

^^      «Chourlo!»  m'a  di,  «subran  parte  coume  l'uiau; 

Que  li  segaire  e  labouraire 

Quiton  li  daio  e  lis  araire; 
^^^  I  meissounié  digo  de  traire 

Li  voulame;  i  mendi,  de  leissa  lou  bestiau. 

23  Que  vèngon  m'atrouva!»    Tout-d'uno, 
^^  Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 

Part  lou  varlet  fidèu:  dins  lis  oulivié  gris 
Pren  lis  acóurchi;  mounte  lampo, 
159  j)i  vignarés  trosso  la  pampo, 

Coume  un  revès  de  la  cisampo; 

E,  tout  soûl,  vès-l'aqui  dins  li  canto-perdris. 

i«2        24     Dins  Testendard  di  Crau  brusido, 
Souto  d'éusino  abousoassido, 
Destousco  aperalin  li  troupèu  achauma: 
**^  Li  pastrihoun,  lou  baile-pastre, 

chef  an  commencement  de  la  campagne.  C^est  après  la  Saint-Jean 
de  Tan  1209,  que  la  vallée  du  Rhône  parut  couverte  des  soldats  nom- 
breux qui  allaient  combattre  les  Albigeois  et,  à  leur  tête,  lou  comte 
Ramoun,  Raimond  VI,  comte  de  Toulouse  (1156—1222).  —  La  Proutènço 
(la  Provence,  v.  140)  est  employée  ici  dans  un  sens  plus  général. 


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L^ABSBMBLADO.  189 

Fasien  miejour  sus  lou  mentastre  ; 
En  pas  courrien  li  galapastre 
'•®       Sus  Tesquino  di  fedo  en  trin  de  remiauma. 

25  De  nivoulino  clarinello 

E  voulatilo  e  blanquinello 
*^^       De  la  mar  plan-planet  s'enauravon:  belèu, 

Dins  lis  autour  inmaterialo, 

Quauco  santouno  celestialo 
'^*  De  soun  velet  de  couventialo 

S'èro  delóugerido  en  Trustant  lou  soulèu. 

26  <On)e!  escoutas  qu'a  di  lou  mèstre,» 
^^^  lé  fai  lou  mandadou  campèstre: 

«Chourlo,»  m'a  di,  «subran  parte  coume  l'uiau, 
Que  li  segaire  e  labouraire 
*^  Quiton  li  daio  e  Us  araire; 

I  meissounié  digo  de  traire 
Li  voulame;  i  meudi.  de  leissa  lou  bestiau.» 

183        27     Adounc  li  daio  s'arrestèron, 
E  lis  araire  s'aplantèron  ; 
Li  quaranto  gavot  que  toumbavon  li  blad, 

*®^  Adounc  quitèron  li  youlame 

E  venguèron  coume  un  eissame 
Que,  de  soun  brusc  emparti  flame, 

18^      Au  brut  di  chaplachòu  su  'n  pin  vai  s'assembla. 

28     Au  mas  yenguè  li  ligarello, 
Venguèron  li  rastelarello, 
192      Yenguè  lou  carretîé  'mé  si  carreteiroun  ; 
Venguè  li  pastre,  li  glenaire 


"»  Gavot,  voy.  IV,  38  note. 

*••  Lou  chaplachòuj  généralement  le  bruit  des  cymbales  ou  une 
musique  composée  de  cymbales  d^acier,  d'un  fifre  et  d'un  tambour,  est 
ici  le  bruit  que  Ton  fait  avec  des  ustensiles  de  métal  pour  faire  arrêter 
les  abeilles  qui  essaiment. 


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19Ô  CAlït   NOtVE». 


195 


E  li  touto-obro  amoulounaire, 
Venguè  lis  engarbeirounaire, 
LeissaDt  touinba  li  garbo  au  pèd  di  garbeiroun. 


29     Morne  e  mut,  dins  l'iero  tepouso, 
^^  Lou  raajourau  e  soun  espouso 

EsperavoD  l'acamp;  e  lis  orne,  esmougu 
De  ço  qu'ansin  li  destourbavon, 
2^^  Autour  d6u  inèstre  se  rambavon 

E  ié  disien,  coume  arribavon: 
«Nous  avès  manda  querre,  o  mèstre,  sian  vengu!» 

2^*        30    Mèste  Ramoun  aussè  la  tèsto: 

«Sèmpre  à  meissoun  la  grand  tempèsto! 
Pauras  que  tóuti  sian!  pèr  tant  qu'anen  d'avis, 

^^  Sèmpre  au  malur  fau  que  l'on  pique! 

Oh!»  digue,  «sens  que  mai  m'esplique. 
Mi  bons  ami,  vous  n'en  suplique, 

^^^      Lèu  digue-me,  chascun,  ço  que  saup,  ço  qu'a  vist.» 

31  Laurèns  de  Gòut  aqui  s'avanço. 
N'avié  pas,  dempièi  soun  enfanço, 

^'^      Manca  'no  soulo  fes,  quand  bloundejon  li  blad. 
De  se  gandi  'mé  sa  bedoco 
I  piano  d'Arle.    Vièio  roco 
-'•  Mounte  la  mar  en  van  afloco, 

Coume  un  queiroun  de  glèiso  avié  lou  ten  brûla. 

32  Vièi  capitàni  dóu  voulame, 

21*  Que  lou  soulèu  roustigue,  o  brame 

Lou  Maïstrau,  de-longo  à  l'obro  lou  proumié! 
Avié  'm'  eu  si  sèt  drôle,  ruste. 


•"  Gòut  (Goult  ou  Agoult),  village  du  département  de  Vaacluse, 
qui  a  donné  son  nom  à  une  des  plus  illustres  maisons  de  Provence. 

'*'  Coume  un  queiroun  âe  glèiso  (comme  une  pierre  d'église);  les 
pierres  des  monuments  sont  dorées  ou  bronzées  par  le  grand  soleil  de 
la  Provence. 


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L^SSBMBLADO.  191 

*^  Mouret  coume  eu,  coume  eu  roubuste.  — 

Li  meissounié,  coume  de  juste, 
L'avien,  tout  d'un  acord,  chausi  pèr  capoulié. 

^^        33     «S'acò  's  verai  que  plòu  o  nèvo, 
Quand,  rouginas,  lou  jour  se  lève, 
Ço  qu^ai  vist,»  coumencè  Laurèns  de  Gòut,  «segur, 

2^  Mèstre,  nou8  marco  de  lagremo. 

Dieu!  esvartas  lou  terro-tremo ! 
Èro  de  matin:  l'aubo  mémo 

2^*       Déjà  vers  lou  Pounènt  fasié  courre  l'escur. 

34  Trempe  d'eigagno,  à  l'abitudo, 
Anavian  faire  la  fendudo. 

28-*       ««Sòci,  rapelen-nous  de  lou  bèn  adouba,»» 
lé  dise,  ««e  d'enavans!»»    M'estroupe, 
A  moun  prefa,  galoi,  me  groupe: 

^''  D6u  proumié  cop,  mèstre,  me  coupe. 

l'a  trente  an,  bèu  Bondiéu!  que  noun  m'èro  arriba!> 

35  E  coume  a  di,  mostro  sis  ounso 
24®  Qu'ensaunousis  la  plago  founso. 

Li  parent  de  Mirèio  an  que  mai  pregemi. 

E  Jan  Bouquet,  un  di  segaire, 
**^  Pren  la  paraulo  de  soun  caire, 

Tarascounen  e  Tarascaire, 
Bèu  clapfls  de  jouvènt,  mai  dous,  e  bon  ami. 


•"/•  Allusion  aux  proverbes:  Bouge  de  matin  Bagno  lou  eamin. 
(Bouge  du  matin,  baigne  le  chemin)  et  Aubo  roujo^  Vent  o  ploujo  (Aurore 
ronge  fait  vent  ou  pluie).  Déjà  dans  FÉv.  de  s.  Math.  XVI,  2,  3  on  lit  : 
Facto  vespere  dicitis:  Serenum  erit.  rubicandnm  enim  est  caelam.  Et 
mane:  Hodie  tempestas,  mtilat  enim  triste  caelam.  D'antres  variantes 
de  ce  dicton  se  trouvent  dans  Maass,  /.  c,  p.  43,  et  dans  les  ouvrages 
cités  par  cet  auteur. 

•**  ss.  Tarascaire,  chevalier  de  la  Tarasqne.  On  lira  plus 
loin  des  détails  sur  la  Tarasco  (Tarasque),  monstre  qni,  d'après  la  tra- 
dition, ravageait  les  bords  du  Rhône  et  fut  dompté  par  sainte  Marthe 
(voy.   I,   303  note;   XI,   368   ss.,   et   XI,   375  note).    L'Ordre  et  les 


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192  CA.NÍ  KOUVEN. 

^^       36     Ha!  quand  courrié  la  vièio  mascOy 
Lagadigadèu/  la  Tarasco! 
Que  de  danse,  de  crid,  de  joie  e  d'estampèu 

2*^  La  vile  morno  s'enlumine, 

Res  que  faguèsse  en  Coundamino, 
Miés  qu'eu  o  de  meiouro  mine, 

252      Voulastreja  pèr  l'èr  la  Pico  e  lou  Drapèu. 


Jeux  de  laTarasque  ont  été  institués,  le  14  ayril  1474,  par  le  roi  René  d'Anjou, 
comte  de  Provence.  Les  statuts  (plus  ou  moins  fantastiques)  de  cet  ordre 
faisaient  aux  dignitaires  un  devoir  strict:  1°  de  conserver  fidèlement  les  jeux 
de  la  Tarasque  et  de  les  célébrer  au  moins  sept  fois  par  siècle;  2°  de  veiller 
à  ce  que  les  bruyantes  réjouissances,  charivaris,  farandoles  et  festins  ne 
fussent  pas  interrompus  de  ôO  jours  ;  3*"  de  faire  bon  accueil  aux  étrangers 
et  de  les  héberger  pendant  toute  la  fête.  Les  chevaliers  de  Tordre 
portaient  un  élégant  costume  dont  Tarrangement  et  la  composition 
avaient  été  fixés  par  le  roi.  H  comprenait  les  pièces  suivantes  :  chapeau 
Henri  II,  orné  d'un  panache  et  de  rubans;  veste  ronde  et  fermée,  à 
collet  renversé,  sans  pans  ni  basques,  et  ornées,  dans  le  bas,  de  franges 
cramoisies,  épaulettes  en  soie  cramoisie  et  baudrier  tricolore  terminé 
par  un  flot  de  rubans;  culotte  de  soie  également  cramoisie  ;  bas  de  soie 
blancs  et  souliers  de  cuir  fauve,  attachés  de  rubans  rouges.  Les  che- 
valiers étaient  armés  de  piques  de  trois  pieds.  Leur  cri  de  guerre  était: 
Anen  heure  (Allons  boire)  !  Dans  les  fêtes  et  processions,  seize  chevaliers 
de  Tordre  accompagnaient  Teffigie  de  la  Tarasque.  Huit  d'entre  eux, 
cachés  dans  l'énorme  carcasse,  représentaient  les  hommes  dévorés  par 
le  monstre  avant  l'arrivée  de  sainte  Marthe.  Ils  faisaient,  en  outre, 
avancer  l'animal,  et,  en  manœuvrant  un  mécanisme  intérieur,  ils  faisaient 
exécuter  à  sa  gigantesque  queue  ces  mouvements  aussi  désordonnés 
qu'imprévus  qui,  à  la  grande  joie  des  spectateurs,  jetaient  souvent  à 
terre  les  imprudents  qui  s'étaient  trop  rapprochés.  Les  huit  autres 
chevaliers,  ceux  de  la  Pique  et  du  Drapeau,  mentionnés  dans  notre 
poème,  armés  de  leurs  piques,  escortaient  la  Tarasque  dans  toutes  les 
rues,  au  son  des  instruments  les  plus  bruyants,  tambours,  fifres,  ga- 
loubets, et  s'amusaient  et  amusaient  le  public  à  faire  voltiger  gracieuse- 
ment, à  lancer  à  une  grande  hauteur  et  à  rattraper  avec  adresse  un 
étendard  à  larges  plis  ou  leur  longue  javeline.  Ces  jeux  de  la  Tarasque 
ont  été  célébrés  avec  plus  ou  moins  de  régularité  depuis  le  lô«  siècle.  Le 
19«  siècle  a  vu  trois  fois  la  Tarasque  fournir  sa  course  historique  :  au 
passage  de  la  duchesse  d'Angoulême,  sous  la  Restauration;  devant 
Napoléon  III,   en  1861;   en  1891,    à  l'occasion  de  fêtes  félibréennes  et 


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L*A88EMBLADO.  193 

37     Entre  li  mèstre  dóu  segage 
Aurié  près  rèng,  i  pasturgage, 
^**      S'aguèsse  dóu  travai  bèn  tengu  lou  draiòu; 


cigalières,  et,  de  plus,  elle  a  été  montrée  le  jonr  de  la  procession  de 
sainte  Marthe,  le  29  juillet  1896.  Le  chant  qui  accompagne  les  évolu- 
tions du  monstre  et  qu'on  attribue  au  roi  René,  est  le  suivant: 

Lagadigadèn, 

La  Tarasco, 

Lagadigadèn, 

La  Tarasco 

De  Castèu! 

Leissas-la  passa, 

La  vièio  masco, 

Leissas-la  passa 

Que  vai  dansa! 
(Lagadigadèn,  —  La  Tarasque,  —  Lagadigadèn,  —  La  Tarasque  — 
Du  Château!  —  Laissez-la  passer,  —  La  vieille  sorcière,  —  Laissez -la 
passer  —  Car  elle  va  danser!). 

On  a  voulu  trouver  dans  ce  chant  une  preuve  que  les  premiers 
habitants  de  Tarascon  se  transportèrent  des  Alpilles  sur  les  bords  du 
Hhône.  Il  existe  en  effet,  à  6  kilomètres  au  sud-est  de  la  ville,  sur  un 
mamelon  de  la  chaîne,  une  chapelle  romane  du  11«  siècle,  Noire-Dame 
du  Château,  qui  est  l'objet  d'une  grande  vénération  et  un  but  de  pèle- 
rinage pour  les  habitants  de  Tarascon.  Ce  pèlerinage,  dont  la  continuité 
s'est  perpétuée  à  travers  les  siècles,  serait  un  reste  du  culte  que  les 
anciens  peuples  rendaient  à  leurs  ancêtres  dans  les  lieux  où  ils  avaient 
vécu,  en  allant  tous  les  ans  faire  le  repas  des  funérailles  aux  lieux 
mêmes  où  reposaient  leurs  cendres.  —  Le  poète  (v.  249)  appelle  Tarascon 
s.  Rhône  une  ville  morne;  avec  pleine  raison,  car  la  petite  ville 
(9263  hab.)  est  extrêmement  tranquille,  et  sa  population  n'est  nullement 
bruyante  comme  on  pourrait  le  croire  d'après  les  Tarasconades  d'A. 
Daudet.  —  Tarascon  possède  deux  constructions  remarquables: 
le  château,  édifice  imposant  des  14«  et  15«  siècles,  fini  et  habité  par  le 
roi  René,  actuellement  transformé  en  prison  ;  et,  à  son  côté,  l'église  de 
sainte  Marthe,  fondée  au  12«  siècle,  reconstruite  au  14«  et  au  15«  siècle. 
Voj.  XI,  375  note.  -  La  Coundamino  (La  Gondamine)  est  un  quartier 
de  Tarascon.  Cette  dénomination ,  assez  fréquente  dans  les  villes  du 
3iidi,  est  connue  surtout  par  la  Condamine  de  Monaco,  quartier  neuf  de 
cette  ville  situé  au  fond  de  sa  baie,  entre  ses  rochers  et  ceux  de  Monte 
Carlo.  Le  mot  désigne  originairement  une  propriété  commune  (condo- 
minium). 

13 


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194  CA.NT   NOtîVEN. 

Mai  quand  venié  lou  tèms  di  voto, 
Adieu  PeDchaple!  I  grand  riboto 
2^  Souto  Tautin  o  dins  li  croto, 

I  lÒDgui  farandoulo,  em'  i  courso  de  biòu, 


'"  Li  croto  (tavernes  voûtées).  Les  tavernes,  remplacées  anjonrdliai 
par  les  cafés,  étaient  généralement  établies  dans  des  salles  à  voûtes  de 
pierre.  A  Avignon,  il  y  a  la  rue  des  croto  ;  à  Marseille,  le  quartier  des 
Crotes;  le  cabaret  des  Baux  est  encore  dans  une  croto. 

**•  Li  courso  de  biàu  (courses  de  taureaux)  se  font  à  la  provençale, 
et  à  l'espagnole  avec  mise  à  mort  des  taureaux.  Les  courses  à  la 
provençale  ou  les  jeux  provençaux  se  composent  de  la  ferrade  (voy.  IV, 
337  note),  du  jeu  aux  vaches  emboulées,  où  le  public  mâle  peut  prendre 
sa  part  et  s'amuser  aux  dépens  de  vaches  rendues  inoffensives,  et  des  jeux 
où  des  toréadors  à  pied  et  à  cheval  excitent  de  jeunes  taureaux  à  Taide 
de  manteaux,  de  petites  javelines  ou  piques  et  de  banderUkis.  L'art 
consiste  à  éviter  les  attaques  des  bêtes  devenues  furieuses.  Les  tauro- 
machies à  Tespagnole  sont  trop  connues  pour  nécessiter  une  description 
détaillée.  Ce  spectacle  qui  a  lieu  dans  les  arènes  conservées  de 
l'antiquité,  à  Nîmes  ou  à  Arles,  ou  dans  des  arènes  modernes, 
s'ouvre  invariablement  par  une  marche  aux  sons  de  laquelle  se 
fait  le  paseo  ou  défilé  des  cxuidiillas  précédés  de  Valffuazil,  à  qui 
le  président  jette  la  clef  du  toril  ou  étable  à  bœufs,  et  suivis  des 
picadores  et  du  train  de  mules  ou  de  chevaux  qui  traînera  hors  de  la 
piste  les  cadavres  des  taureaux  et  des  chevaux.  L'exercice  de  chaque 
combat  est  absolument  le  même:  travail  des  picadores^  qui  piquent  et 
affaiblissent  le  taro  ;  travail  des  banderilleros,  qui  l'excitent  et  le  fatiguent 
par  la  pose  de  banderillas,  travail  du  matador  muni  du  manteau  rouge 
traditionnel  et  d'un  glaive,  qui  le  mate  ou  le  tue  avec  plus  ou  moins 
d'habileté.  Il  y  a  aussi  des  femmes  toréadors  et  des  toréadors  en  bicyclette. 
Des  comités  taurins  arrangent  et  surveillent  les  courses,  et  le  public 
les  suit  avec  un  intérêt  des  plus  vifs,  qui  s'exprime  aussi  souvent  par 
des  acclamations  que  par  des  explosions  d'indignation,  si  les  toréadors 
ou  les  taureaux  se  montrent  lâches  ou  maladroits.  On  regarde,  dans  le 
Midi  de  la  France,  la  conservation  des  courses  des  taureaux  comme  une 
question  d'amour  propre  national,  et,  pour  les  protéger  contre  les  attaques 
des  Français  du  Nord,  il  s'est  même  constitué,  en  1896,  une  «Fédération 
des  Cités  du  Midi.»  Cf.  Revue  Félibrèenne  XII  et  VAlmanacJi  du  Midi 
1898,  p.  123  ss. 


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l'assemiìladò.  19à 

38    Ero  un  timoun,  un  fenat!  —  «Mèstre, 
**^  Coume  daiayian  à  grand  dèstre,» 

Coumencè  lou  jouvènt,  «souto  un  clot  de  margai, 
Descate  un  nia  de  francoulcto 
2«*  Que  boulegavon  sis  aleto; 

E  vers  la  raato  penjouleto, 
Pèr  vèire  quant  n'  i'  avié,  iiie  clinave  tout  gai  .  .  . 

2«7        39     Oh  !  noum  de  sort  !  pàuri  bestiolo  ! 

De  fournigasso,  roujo  e  folo, 
Dóu  nis  e  di  nistoun  venien  de  s'empara: 
270  Très  èron  déjà  mort;  lou  rèsto, 

Empesouli  d'aquelo  pèsto, 

Sourtîé  foro  dóu  nis  la  tèsto, 
^'^      Que  semblavo  me  dire:    Oh!  venès  m'apura! 

40     Mai  uno  uèblo  de  fournigo 
Mai  verinouso  que  d'ourtigo, 
«76      Ferouuo,  acamassido,  alabro,  li  pougnié; 
E  iéu,  apensamenti  qu'ère, 
Contro  lou  manche  de  mouu  ferre, 
*^*  Dins  la  garrigo  entendeguère 

La  maire  qu'en  pleurant  piéutavo  e  li  plagnié.» 

"^  Un  fenat j  voy.  V,  421  note. 

*•*  8S.  Nous  avons  rencontré  un  nid  de  bon  augure  II,  2J3  ss. 
Ici  il  s'agit  d'un  nid  détruit  par  des  fourmis  et  qui,  par  conséquent, 
ne  peut  être  que  de  mauvais  augure.  L'importance  du  nid  dans  les 
croyances  populaires  de  la  France  nous  est  démontrée  aussi  par  d'autres 
sources.  H.  Maass,  /.  c,  p.  34  emprunte  au  Très,  de  M.  Mistral  s.  v.  nis 
le  proverbe:  De  moustra  li  dent  à-n-un  nis.  en  risènt  o  noun^  ié  /ai 
reni  de  fournigo  (Montrer  les  dents  à  un  nid,  en  riant  ou  non,  y  fait  venir 
des  fourmis)  et  cite,  de  plus,  les  dictons  de  provenance  plus  septentrio- 
nale :  Si  vous  connaissez  un  nid  de  merles,  n'en  parlez  pas  à  l'intérieur 
de  la  maison,  sinon  les  fourmis  le  connaîtront  et  iront  immédiatement 
manger  les  jeunes  merles  (Haute  Vienne)  ;  et  :  Quand  on  sait  où  est  un 
nid,  il  ne  faut  pas  le  dire  près  d'un  ruisseau,  parce  que  les  fourmis  iraient 
le  détruire.  Dans  d'autres  dictons,  les  vipères  prennent  la  place  des 
fourmis.  Il  semble  que  dans  les  croyances  populaires  des  pays  germa- 
niques on  ne  trouve  pas  de  parallèles. 

13* 


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l9é  ÔANt  ÎÎOUVKK. 

41     Aquéu  récit  de  maluranço 
282  Es  tourDa-mai  un  cop  de  lanço: 

DÓU  paire  e  de  la  maire  a  gounfla  lou  segreD. 
E  coume,  en  Jun,  quand  vers  la  piano 
^^  Mounto  en  silènci  la  chavano, 

Que,  cop  sus  cop,  la  Tremountano 
XJiausso,  e  que  lou  tèms  de  tout  caire  se  pren, 

288        42    Yen  lou  Marran.     Dins  li  bastido 

Soun  noum  avié  de  restountido; 
E  lou  vèspre,  enterin  que  li  miòu  estaca 
2^^  Tiron  di  grûpi  la  luserno, 

Souvent  li  ràfi,  quand  ivemo, 

Abenon  l'òli  di  lanterne 
2^*      En  parlant  de  la  fes  que  venguè  se  louga. 

43     8'èro  louga  pèr  li  semenço: 
Chasque  bouié  lèu  acoumenço 
2^^      D'enrega  sa  versano;  e  lou  Marran,  pamens, 
Ero  darrié,  que  de  sa  reio 
Tascoulejavo  lis  auriho 
8^  0  l'aramoun  o  li  teudiho, 

Coume  un  que,  de  sa.vido,  a  touca  l'estrumen. 

•*•  La  Tremountano,  la  Tramontane,  vent  du  nord-est,  déjà  men- 
tionnée VI,  20,  est  d'une  vigueur  tout  aussi  proverbiale  que  le  mistral 
(voy.  VII,  5  note).    Cf.  les  proverbes: 
Tremountano, 
Ni  bono  ni  sano 
(Tramontane,  ni  bonne  ni  saine); 
Quand  lou  tèms  se  viro  à  la  tremountano, 
Plòu  très  jour,  bono  semano 
(Quand  le  vent  se  tourne  à  la  Tramontane,  il  pleut  trois  jours,  la 
bonne  semaine); 

Quouro  bat  la  tremountano, 
Intro  dins  ta  tano! 
(Quand  bat  la  tramontane,  entre  dans  ta  tanière!). 
2»»   Sur  la  rime,  voy.  Vil,  489  note. 

***    La  suppression  de  la  particule  pas  (a  pas  touca)  est  permise 
dans  les  phrases  relatives  dont  le  sert»  négatif  n'admet  pas  de  doute. 


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l'assbmblado.  197 

44     «Te  vas  louga  pèr  labouraire, 
^^  E  sabes  pas  mounta  'n  araire, 

Desgaubia!»  ié  cridè  lou  proumié  carretié. 
«Tène  qu'uD  verre  emé  jBOun  mourre 
^^  Miéus  que  tu,  gafagnard,  laboure!» 

«Vosto  escoumesso,  iéu  l'auboure,» 
Respouudè  lou  Marran;  <e  quau  sara  coustié, 

3^       -45    De  iéu  o  de  vous,  perdra,  baile, 

Très  louvidor!  . . .  Sounas  dóu  graik»!» 
Li  dos  reio  à  la  fes  au  fendu  lou  gara. 

*^'  Li  dous  bouié  vers  l'autre  ribo 

Prenon  signau  eu  dos  grand  pibo . . . 
Li  dous  fourcat  fan  pa'  no  gibo! 

^'^      Pèr  lou  rai  dóu  soulèu  li  cresten  soun  daura. 

46  «Rampau  de  Dieu!»  adoune  faguèron 
Li  lougadié  tóuti  tant  qu'èron, 

3Í8      Vosto  enregado,  baile,  es  d'un  ome  de  bon 

E  d'une  man  rèn  maladrecho! 

Mai  fau  tout  dire:  es  bèn  tant  drecho 
^^  Aquelo  d'eu,  qu'em'  une  flecho 

Se  pourrie  de-segur  enfiela  tout-de-long!» 

47  E  lou  Marran  gagné  li  joio. 
5**  Au  parlamen  que  desmemoio 

Lou  Marran,  eu  peréu,  vengué  donne  escampa 
Soun  mot  amar.    Digue  tout  blave: 
^^  <Adés  en  coutreiant  siblave; 

Ero  un  brisoun  dur:  me  tablave 

D'alounga  'n  pau  la  juncho  e  'm'  acò  d'acaba. 


•*"  88.  L'anecdote,  racontée  dans  ces  vers,  de  la  lutte  pour  la  recti- 
tude du  sillon,  se  répète  dans  les  milieux  agricoles  du  pays  d'Arles.  On 
rapplique  toujours  à  quelque  valet  de  labour  qui  a  laissé  des  souvenirs. 
Le  Marran  était  encore  vivant  à  l'époque  de  Mirèio. 


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198  CANT  NOUVBN. 

330       48     Tout-en-un-cop  vese  mi  bèsti 

Rebufela  soud  pelous  vièsti; 
Vcse  la  fernisoun  e  l'esirai  tout  ensèn 
*^  Que  fan  aplauta  'qui  moun  couble 

E  chauriha;  iéu,  veaiéu  double, 

Vesiéu  lis  erbo  dóu  restouble 
^^      Se  clina  vers  lou  sou  en  s'escoulourissènt. 

49  Couche  mi  bèsti:  la  Baiardo 
Em  'un  èr  triste  m'arregardo, 

^^      Mai  brando  pas;  Falet  niflavo  lou  cresten. 

Un  cop  de  fouit  lis  en  jarre  to . . . 

Parton  esglaia;  la  cambeto, 
**2  Uno  cambeto  d'óume,  peto; 

Emporton  bacegoun  e  joto;  e  pale,  esten, 

50  A  iéu  m'a  près  coume  un  catàrri; 
^^                Un  aucidènt  invoulountàri 

A  fa  crussi  ma  maîsso;  un  frejoulun  me  vèn; 

E  sus  mi  car  estabousido, 
**®  E  sus  ma  tèsto  agarrussido 

Coume  li  tèsto  de  caussido, 
Iéu  ai  senti  la  Mort  qu'a  passa  coume  un  vent!» 

^^^        51     «Bono  Maire  de  Dieu!  acato 

De  toun  mantèu  ma  belle  chato!» 
Cridè  la  pauro  maire  em'  un  crid  desoula. 

^^  Es  à  geinoun  aqui  toumbado 

E  vers  li  nivo  encaro  bado . . . 
Veici  qu'arribo  à  grand  cambado 

•^■^      Lou  bai  le  Antèume,  pastre  e  móusèire  de  la. 


•"  La  Baiardo  (la  Bayaxde).  Dans  les  campagnes  on  désigne 
ordinairement  les  bêtes  de  somme  par  la  couleur  de  leur  robe.  Les  noms 
les  plus  communs  sont  hlanquet  (blanc),  tnouret  (noir,  v.  405),  brunèu 
(brun),  faïet  (i^ris  v.  389),  bâtard  (bai),  roubin  (bai  clair). 

•*^  Cf.  le  dicton:  la  mort  m'a  passa  sus  la  tèsto ^  qui  s'emploie 
lorsqu'on  éprouve  un  frissonnement  subit.  En  Allemagne,  on  dit,  dans 
la  même  condition  :  JJer  Tod  ist  mir  Ubers  Gràb  gelaufen. 


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l'ássembládo.  199 

52  «Qu'es  qu'avîé  dounc  tant  matiniero, 
Pèr  treva  'nsin  li  cadenieroP> 

^     Diguè  lou  baile  Antèume  en  intrant  au  counsèu. 
«Nautre  erian  claus  dins  nòsti  cledo, 
En  trin  de  nióuse  nòsti  fedo; 
^  E  8U8  li  vàsti  claparedo 

Lis  estello  de  Diéu  clavelavon  lou  cèu. 

53  Uno  amo,  uno  oumbrinello,  un  glàri 
306               Fruste  lou  pargue;  de  l'esglàri 

Se  tenon  mut  li  chin,  s'amoulouno  l'avé. 

Parlo-me  dounc,  se  siés  bono  anio! 
^•^  Se  siés  marrido,  tourne  i  flamo! 

En  iéu  pensère  ...    A  Nosto-Damo, 
Mèstre,  n'ai  pas  lesi  d'entamena  'n  Ave, 

87«       54     «cEmé  iéu,  i  Sànti  Mario, 

Res  VÒU  veni  de  la  pastrihoP^.  .  .»» 
Uno  voues  couneigudo  alor  crido.   E  'm'  acò 

3'^  Tout  s'esvalis  dins  lou  campèstre. 

Quau  TOUS  a  pas  di,  noste  mèstre. 
Qu'ère  Mirèiol»    «Acò  pou  èstreP» 

''*      Tout  lou  mounde  à  la  fes  adoune  fai  sus-lou-cop. 

55     «Mirèio»  !  countuniè  lou  pastre, 
«L'ai  visto  à  la  clarta  dis  astre, 
•^'      L'ai  visto,  iéu  vous  dise,  e  m'a  fusa  davans; 


•^  Un  glàri,  voy.  VI,  288  note. 

•••  SB.   Variation  de  la  formule  de  conjuration  (Très.). 

Se  siés  bono  amo,  parlo-me! 

Se  siés  marrido,  avalis-te  (disparais!) 
Dans  la  Revue  des  langues  romanes  IV,  563,  on  trouve  les  vers  : 

Se  ses  de  Tautre.  avalisca,  Satanas, 

Se  ses  bona  causa,  parlas! 
(Si  tu  es  de  Tautre  monde,   disparais,  Satan;  si  tu  es  une  bonne 
chose,  parle!) 

On  exorcise  aussi  par  une  invocation  ou  par  une  prière  à  la  sainte 
Vierge,  à  Notre-Dame,  quand  on  en  a  le  temps  (voy.  v.  370  s.). 


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200  GANT  KOUVEN. 

L'ai  vÎ8tO)  noun  plus  talo  qu'èro, 
Mai,  dins  sa  caro  tristo  e  fèro, 
•^  Se  couneissié  que,  sus  la  terro, 

Ud  cousent  desplesi  ié  dounavo  lou  vanc!» 

56     D'entendre  la  debalausido, 
^^'^  Entre  si  man  enterrousido 

Lis  orne  en  gémissent  piquèron  à  la  fes. 
«I  Santo  menas-me  lèu,  drôle!» 
5^  Crido  la  pauro  maire:  «vole, 

Ounte  que  vague,  ounte  que  vole, 
Segui  moun  auceloun,  moun  perdigau  de  grès!» 

^®^        57     Se  li  fournigo  l'agarrisson. 

Fin-que  d'une,  mi  dent  que  trisson, 
Manjuran,  trissaran  fournigo  e  fourniguié! 

*^*  Se  Tabramado  Mort-Peleto 

Te  voulié  torse,  iéu  souleto 
Embrecarai  sa  daio  bleto, 

8^^      E  dóu  tèms,  fugiras  à  travès  li  jounquié!» 

58  E  pèr  lou  champ,  Jano-Mario, 
Que  la  cregnènço  desvario, 

*^      Semenavo  en  courront  si  desvaga  prejit. 
«Carretié,  tèndo  la  carreto, 
Vougne  l'eissiéu,  bagno  li  freto 
^^^  E  lèu  atalo  la  Moureto, 

Qu'es  tard,»  disié  lou  mèstre,   *e  qu'avèn  long  trejit!> 

59  E  sus  lou  càrri  bacelaire 
*^               Jauo-Maiio  mounto,  e  l'aire 

S'emplissié  mai-que-mai  d'estrambord  pietadous: 
«Ma  belle  mignoto!  .  .  .  Clapouiro, 
^^^  Erme  de  Crau,  vàsti  sansouiro, 

A  ma  chatouno  que  langouiro, 
Emai  tu,  souleias,  fugues  amistadous!  .  .  . 


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l'ássbmblado.  201 

^^^       60    Mai  l'abouroinablo  mandrouno 

Que  póutirè  dìns  soun  androuno 
Ma  chato,  e  de-segur  i'  a  vuja,  i'  a  'mpassa 

Sí  trassegun  e  si  boucòni, 

TaTen!  que  tóuti  U  demòni 

Qu'espaventèron  Saut  Antoni, 
Sus  li  roco  di  Baus  te  yagon  tirassa! ...» 


417 


420 


61     Dins  lou  trantran  de  la  oarreto 
S'esperd  la  voues  de  la  paureto  .  .  . 
^^     E  lis  ome  dóu  mas,  en  espinohant  se  res 
Apareissié  dins  la  Crau  liuncho, 
Plan  s'entournaTon  à  la  juncho  .  .  . 
*^  Urous,  entre  li  lèio  juncho, 

Li  YÒU  de  mousquihoun  revoulunant  au  fres! 


^'*  AUosion  aux  tentations  de  saint  Antoine  si  populaires.  Les 
villes  d'Arles  et  de  Vienne  se  sont  disputé  longtemps  les  reliques  de  ce 
saint,  apportées  d'Orient  en  980,  par  Josselin,  seigneur  du  Dauphiné, 
et  transportées  à  Arles  au  14«  siècle. 


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CANT  DESEN 

LA  CAMARGO 

Mirèto  pMao  loa  Rom  dint  loo  Iwrqvet  d*Ajidr«loan ,   •  oonntùaio  m  ooarao  à  trayèt  la 
Cam*rfo.  —  Li  doofMi  dóo  Rose  entre  la  nuu*  •  Arle.  —  Deecrlpoloon  de  Ui  CftBftrfo. 

-  L«  oaloor.  —  La  danto  de  la  Tièfo.  —  Ll  monntlho.  —  Li  saasoairo.  —  Mirèio  et 
entocado  pèr  un  cop  de  sovlèu  eoe  H  ribo  de  Peetanf  dóo  Yaearée.  —  Lis  erebi  la 
reTènon.  —  La  roniniéaTo  d'aaoar  se  tirasto  Juqu'à  la  g lèlto  di  Santo.  —  La  pregniero. 

—  La  resioan.  —  Dlsoonre  dt  Sântl  Mario.  —  La  Tanita  dóa  bonnr  d'aqnett  mounde, 
la  neoeaeiia  e  loa  mérite  de  la  eonfrèiifo.  —  Li  Santo,  pèr  ié  referml  Ion  oor,  raeoa- 
ton  à  Mirèio  •!•  eeproTO  terrèetro. 

1  Desempièi  Arle  jusqu'à  Vènço, 
Escoutas-me,  gènt  de  Prouvèuço! 

3       Se  trouvas  que  fai  caud,  ami,  tóutis  eusèn, 
Sus  lou  ribas  di  Dureaçolo 
Anen  à  santo-repausolo! 
*  E  de  Marsiho  à  Valensolo, 

Que  se  cante  Mirèio  e  se  plagne  YÌDcèn! 

2  Lou  piohot  barquet  fendîé  Taigo, 

^  Sens  mai  de  brut  qu'uDO  palaigo; 

Lou  pichot  Andreloun  menavo  lou  barquet; 
E  l'amourouso  qu'ai  cantado 
^2  Eni'  Andreloun  s'èro  avastado 

Sus  lou  grand  Rose;  e,  d'assetado, 
Countemplavo  lis  oundo  em'  un  regard  fousquet. 

*  88.  Apostrophe  épique  aux  lecteurs.  —  Vènço^  citée  par  le  besoin 
de  la  rime,  est  une  vieille  petite  Tille  du  dép.  du  Var,  du  côté  d'Antibes, 
qui  conserve  encore  des  restes  de  fortifications  et  qui,  ancien  évécbé, 
possède  une  cathédrale  remarquable.  —  Durençolo  (Durançoles) ,  nom 
donné  aux  divers  canaux  dérivés  de  la  Durance.  —  Valensolo  (Valensole), 
petite  ville  des  Basses  Alpes. 


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CAUT  DE8BN.      LA   CAMARQO.  203 

*^  3     E  ié  disié  l'enfant  remaire: 

«Vès!  coume  es  large  dins  sa  maire 
Lou  Rose!  .  .  .  Jouveineto,  entre  Camargo  e  Crau, 

^^  Se  ié  farié  de  bèlli  targo! 

Car  aquelo  isclo  es  la  Camargo, 
E  peralin  tant  s'espalargo 

^^      Que  dóu  flume  arlaten  vèi  bada  li  sèt  grau.» 

4  Coume  parla vo,  dins  lou  Rose 
Tout  resplendènt  di  trelus  rose 

^^       Que  déjà  lou  matin  i'espandissié,  plan-plan 

Mountavo  de  laliut:  di  vélo 

L'auro  de  mar  gounflant  la  telo, 
^  Li  campejavo  davans  elo, 

Coume  uno  pastourelle  un  troupèu  d'agnèu  blanc. 

5  0  magnefiqui  souloumbrado  ! 
^                De  frais,  d'aubo  desmesurado 

Miraiavon,  di  bord,  si  pège  blanquinous; 

De  lambrusco  antico,  bestorto, 
^  l'envertouiavon  si  redorto, 

E  dóu  cimèu  di  branco  forto 
Leissavon  pendoula  si  pampagnoun  sinous. 

^  6     Lou  Rose,  emé  sis  oundo  lasso 

E  dourmihouso  e  tranquilasso, 
Passavo;  e  regretous  dóu  palais  d'Avignoun, 
^*  Di  farandoulo  e  di  sinfòni, 

Coume  un  grand  vièi  qu'es  à  Tangòni, 

Eu  pareissié  tout  malancòni 
^^       D'ana  perdre  à  la  mar  e  sis  aigo  e  soun  noum. 

7     Mai  l'amourouso  qu'ai  cantado 
Sus  lou  dougan  èro  sautado: 
*Camino,»  lou  pichot  ié  eridavo,   «tant  que 

**  Flume  arlaten  (fleuve  arlésien),  le  Rhône. 
*»  Répétition  du  v.  11. 


45 


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204  OÁNT   DE8EN. 

Trouvaras  de  camin!    Li  Santo 
A  sa  oapello  miraclanto 
*®  Tout  dre  te  ineDaran.>    AgaDto, 

Acò  di,  si  dos  remo  e  Tiro  soun  barquet. 

8     Souto  li  fiò  que  Jun  eecampo, 
^^  Mirèio  lampo  e  lampo  e  lampo! 

De  soulèu  en  soulèu  e  d'auro  en  auro,  yèi 
Un  plan-païs  inmènse;  d'erme 
^^  Que  n'an  à  l'iue  ni  fin  ni  terme; 

De  liuen  en  liuen  e  pèr  tout  germe, 
De  ràri  tamarisso  ...  e  la  mar  que  parèis  .  .  . 

^^  9     De  tamarisso,  de  counsòudo, 

D'engano,  de  fraumo,  de  sòudo, 
Amàri  pradarié  di  campèstre  marin, 
^  Ounte  barrulon  li  brau  nègre 

E  li  cavalot  blanc:  alegre, 

Podon  a  qui  libramen  segre 
•3       Lou  ventihoun  de  mar  tout  fres  de  pouverin. 

10  La  bluio  capo  souleianto 
S'espandissié,  founso,  brihanto, 

^®       Courounant  la  palun  de  soun  vaste  countour; 

Dins  la  liunchour  qu'alin  clarejo 

De-fes  un  gabian  Toulastrejo; 
^^  De-fes  un  aucelas  oumbrejo, 

Ermito  cambaru  dis  estang  d'alentour. 

11  Es  un  cambet  qu'a  li  pèd  rouge, 

■^2  0  'n  galejoun  qu'espincho,  aurouge, 

E  drèisso  fieramen  soun  noble  capelut 

"  BS.  Tamarisso  (tamaris),  engano  (salicorne),  fraumo  (arroche- 
ponrpier),  sòudo  (sonde),  végétaux  communs  dans  la  Camargae. 

'*/*  Cambet.  Ce  nom  désigne  plusieurs  oiseaux  de  Tordre  des 
échassiers,  principalement  le  petit  Chevalier  aux  pieds  rouges  (tring* 
gambetta,  Lin.),  et  le  grand  Chevalier  aux  pieds  souges  (scolopax  ca- 
Udrix,  Lin.)  —  Lou  galejoun  (bihoreau  ;  ardea  nycticorax,  Lin.)  est  éga- 
lement  un  oiseau  de  Tordre  des  échassiers  qu'on  appelle  aussi  m(ma. 


I 


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LA   CAMARQO.  205 

Fa  de  très  lòngui  plumo  blanco  .  .  . 
^^  La  caud  déjà  pameDS  assanco: 

Pèr  s'alóugeri,  de  sis  anco 
La  chatouDo  desfai  li  bout  de  soun  fichu. 

'^        12    E  la  calour,  sèmpre  mai  vivo, 
Sèmpre  que  mai  se  recalivo; 
E  dóu  soulèu  que  mounto  à  l'afrèst  dóu  cèu-sin, 

^'  DÓU  souleias  li  rai  e  l'uscle 

Plovon  à  jabo  coume  un  ruscle: 
Semble  un  lioun  que,  dins  soun  ruscle, 

^       Devouris  dóu  regard  li  désert  abissin! 

13  Souto  un  fau,  que  farié  bon  jaire! 
Lou  blound  dardai  beluguejaire 

^'       Fai  parèisse  d'eissame,  e  d'eissame  feroun, 

D'eissame  de  guèspo,  que  volon, 

MountoD,  davaloD,  e  tremolon, 
^  Coume  de  lamo  que  s'amolou. 

La  roumiéuvo  d'amour  que  lou  lassige  rourop 

14  E  que  la  caumo  desaleno, 

^  De  soun  èso  redouno  e  pleno 

A  leva  l'espÎDgolo;  e  soun  sen,  bouleguiéu 
Coume  dos  oundo  bessouneto 
^  Dins  uno  lindo  fountaneto, 

Semble  d'aquéll  campaneto 
Qu'en  ribo  de  la  mar  blanquejon  dius  Testiéu. 

^         15     Mai  pau  à  pau,  davans  sa  visto, 
Lou  terradou  se  desentristo; 
E  veici  pau  à  pau  qu'aperalin  se  mou 


•'/••  L^anteur  parle  ici  de  la  belle  fleur  qu'on  nomme  en  pro- 
vençal iU  de  mar  (pancratium  maritimnm.  Lin.). 

••/*••  Le  poète  peint  dans  ces  vers  un  mirage,  phénomène  assez 
fréquent  dans  la  Cran  et  dans  la  Camargue.  Il  se  produit  lorsque  les 
Tenta  d'ouest  ont  rassemblé  les  brouillards  des  marais.  Ces  brouillards, 
en  resserrant  Thorizon,  reflètent  à  une  certaine  distance  tous  les  objets 


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206  CAMT  DE8EN. 

'^  E  trelusis  un  grand  clar  d'aigo: 

Li  daladèr,  H  bourtoulaigo, 
Autour  de  l'erme  que  s^euaigo, 

'0^      Orandiason  e  se  fan  un  capèu  d'oumbro  mou. 

16  Èro  uno  visto  celestino, 

Un  fres  pantai  de  Palestine! 

^^®.     De-long  de  Taigo  bluio  uno  vilo  lèu-lèu 
Alin  sWbouro,  emé  si  lisso, 
Soun  barri  fort  que  Fempalisso, 

'^^  Si  font,  si  glèiso,  si  téulisso, 

Si  clóuchié  loungaru  que  crèisson  au  soulèu. 

17  De  bastiraen  e  de  pinello, 
^'^  Emé  si  vélo  blanquinello, 

Intravon  dins  la  darso;  e  lou  vent,  qu'èro  dous, 

Fasié  jouga  sus  li  poumeto 
>^^  Li  bandeiroun  e  li  flameto. 

Mirèio,  emé  sa  man  primeto, 
Eissuguè  de  soun  front  li  degut  aboundous; 

*2o        18     E  de  vèire  tal  espetacle, 

Cujè,  moun  Dieu!  crida  miracle. 
E  de  courre  e  de  courre,  en  cresènt  qu'èro  aqui 

^^3  La  toumbo  santo  di  Mario. 

Mai  au-mai  cour,  au-mai  varie 
La  ressemblance  que  l'esbriho, 

^26      Au-mai  lou  clar  tablèu  de  liuen  se  fai  segui. 


compris  dans  le  cercle  qu'ils  ont  formé  et  en  varient  singulièrement 
les  aspects,  par  le  léger  mouvement  que  leur  imprime  le  zéphyre.  Le 
mirage  n'est  sensible  qu'à  la  condition  d'avoir  le  soleil  derrière  soi. 
Il  plaît  à  l'auteur  de  l'attribuer  v.  128  au  Fantasti  (voy.  VI,  288  note)  ; 
fçénéralement  on  l'attribue,  en  Provence,  à  la  Vièio  (la  Vieille),  qui  dans 
ce  cas  n'est  pas  identique  avec  la  Vièio  des  vers  VI,  414  et  VII.  295 
note,  mais  doit  être  prise  pour  une  personnification  de  la  Nature.  Elle 
répond  à  l'antique  Cybèle  ou  à  la  déesse  Hulda  ou  Perahta  de  la  my- 
thologie germanique. 


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tS9 


LA   CAMARGO.  ,  207 

19  Obro  vano,  sutilo,  alado, 
Lou  Fantasti  Tavié  fielado 

Em'  un  rai  de  soulèu,  tencho  emé  li  coulour 

Di  nivouluD:  sa  tramo  feblo 

Finis  pèr  tremoula,  vèn  treblo 
^3*  E  s'esvalis  coume  uno  nèblo. 

Mirèio  rèsto  soulo  e  nèco,  à  la  calour. 

20  E  ZÓU  li  camello  de  sablo, 
i^'>                   Brulanto,  mouvènto,  ahissablo! 

E  ZÓU  la  grand  sansouiro,  e  sa  orousto  de  sau 

Que  lou  soulèu  boufigo  e  lustro, 
^^^  E  que  craeino  e  qu'escalustro  ! 

E  ZÓU  li  plantasse  palustre, 
Li  canèu,  li  triangle,  estage  di  mouissau! 

1*1  21     Emé  Vincèn  dins  la  pensado, 

Pamens,  dempièi  lòngui  passade, 
Ribejavo  toujour  Tesmarra  Vacarés; 

1**  Déjà,  déjà  di  grandi  Santo 

Vesié  la  glèiso  roussejanto, 
Dins  la  mar  liuencho  e  flouquejanto 

»*''        Crèisse,  coume  un  veissèu  que  poujo  au  ribeirés. 

22  De  rimplacablo  souleiado 
Tout-en-un-cop  l'escandiluido 

1'**        lé  tanco  dins  lou  front  si  dardaioun  :  vès-la, 

0  pecaireto!  que  s'arreno, 

E  que,  long  de  la  mar  sereno, 
'•'^3  Toumbo,  ensucado,  sus  Tareno  .  .  . 

0  Crau,  as  toumba  flour!  o  jouvènt,  plouras-la!  .  .  . 

23  Quand  lou  cassaire  de  la  coumbo 
"^                 De-long  d'un  riéu  vèi  de  couloumbo 

Que  bevon,  innoucènto,  o  que  s'aliscon,  lèu 


"•  Sansouiro,    Voy.  IV,  351  note. 
*♦•  Vacarés.    Voy.  IV,  212  note. 


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208  OAKT  DB8BK. 


159 


Qu'entre-mitan  li  bouissounaio 
Emé  soun  armo  vèn  en  aio; 
E  sèmpre  aquelo  qu'engranaio 
Es  la  pu  bello:  ansin  faguè  lou  dur  soulèu. 

i«2        24    La  malurouso  èro  esternido 

Sus  lou  sablas,  estavanido. 
D'asard,  aqui  de  long,  passé  'n  vòu  d'arabi; 
ï*^  E  'n  la  vesènt  que  rangoulavo, 

E  soun  blanc  pitre  que  gounflavo, 

E  dóu  rebat  que  la  brulavo 
i«8      pjyj  un  brout  de  mourven  que  vèngue  la  curbi, 

25  Pietousanien  li  mouissaleto 
Fasien  vióuloun  de  sis  aleto 

''^'      E  zounzounavon  :  «Lèu!  poulido,  lèvo-te! 

Lèvo-te  lèu!  qu'es  trop  malino 

La  caud  de  la  palun  salino!» 
^'^*  E  ié  pougnien  sa  tèsto  clino. 

E  la  mar,  entremen,  de  si  fin  degoutet, 

26  Contre  li  flamo  de  sa  caro 
^'^  Bandissié  Teigagnolo  amaro. 

Mirèio  se  levé.    Doulènto  e  gingoulant: 
«Ai!  de  ma  tésto!»  plan-planeto 
^^  Se  tirasse  la  chatouneto 

E,  d'enganeto  en  enganeto, 
I  Santo  de  la  mar  venguè  balin-balant. 

184        27     E  'mé  de  plour  dins  si  parpello, 

Contre  li  bard  de  la  capello, 
Que  lou  toumple  marin  bagno  de  soun  trespir, 
*®*  Piqué  sa  tèsto,  la  paureto! 

E,  sus  lis  alo  de  Taureto, 

Entanterin  sa  preguiereto 
189      Veici  coume  eilamount  s'enanavo  eu  souspir: 


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LÀ  CâHaeqO.  209 


I     0  Sànti  Mario, 
Que  poudès  en  flour 
'^  Chanja  nòsti  plour, 

Clinas  lèu  l'aurihc 
De- vers  ma  douleur! 

^^  II    Quand  veirés,  pecaire! 

Moun  reboulimen 
E  moun  pensamen, 

í^  Vendras  de  moun  caire 

Pietadousamen. 

III  Siéu  une  chatouno 
2^*  Qu'âme  un  jouveinet, 

Lou  bèu  Vincenet! 
léu  l'ame,  Santouno, 
20*  De  tout  moun  senet! 

IV  léu  l'ame!  iéu  l'ame, 
Coume  lou  Talat 

*^  Amo  de  coula, 

Coume  l'aucèu  flame 
Amo  de  voula. 

210  V    E  volon  qu'amosse 

Aquéu  fiò  nourri 
Que  VÒU  pas  mouri! 

215  E  volon  que  trosse 

L'amelié  fleuri! 

VI     0  Sànti  Mario, 
21«  Que  poudès  en  flour 

Chanja  nòsti  plour, 
Clinas  lèu  Tauribo 
2W  De- vers  ma  douleur! 


i»o^4  voy.  V,  458  note.    Sur  la  versification  de  la  prière  de  Mirèio 
et  sur  la  strophe  répétée  v.  215—9  et  255—9,  voy.  Introd.  p.  xl. 

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210  CANT  DE8EN. 

vii^D'alin'^siéu  vengudo 
Querre**eici';la  pas. 
^^  Ni  Crau,'Jni  campas, 

Ni  maire  esmougudo 
Qu'arrèste^mi  pas! 

225  VIII    E  la  souleiado, 

Emé  si  clavèu 

E  sis  arnavèu, 
2*8  La  sente,  à  raiado, 

Que  poun  moun  cervèu. 

IX     Mai,  poudès  me  crèire! 

281  DouDas-me  Vincèn, 

E  gai  e  risènt, 
Vendren  vous  revèire 

284  Tóuti  dous  ensèn. 

X    L^estras  de  mijtempe 
Alor  calara; 
287  E  dou  grand  ploura 

Moun  regard  qu'es  trempe 
De  gau  lusira. 

2*^  XI     Moun  paire  s'oupauso 

A-n-aquel  acord: 
De  touca^soun  cor, 

2^8  Vous  es  pau  de  causo, 

Bèlli  Santo  d'or! 

XII     Emai  fugue  diiro 
2^^  L'oulivo,  lou  vent 

Que  boufo  ia  Avènt, 
Paraens  l'amadui'o 
2^*®  Au  poun  que  counvèn. 


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La  ûaMabôo. 


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xm    La  nèspo,  Tasperbo, 
Tant  aspro  au  culi 
Que  fan  tressali, 
Fa  proun  d'un  pau  d'erbo 
Pèr  li  remouli! 

XIV     0  Sànti  Mario, 

Que  poudès  en  flour 
Chanja  nòsti  plour, 
Clinas  lèu  l'auriho 
De-vers  ma  douleur!  .  .  . 

XV     Ai  de  farfan telle? 

Qu'es  ?  . . .  lou  paradis  ? 
La  glèiso  grandis, 
Un  baren  d'estello 
Amount  s'espandis  ! 

XVI     0  iéu  benurouso! 

Li  Santo,  moun  Dieu! 
Dins  l'èr  sènso  niéu 
Davalon,  courouso, 
Davalou  vers  iéu  !.. . 

XVII     0  bèlli  patrouno. 

Es  vous,  bèn  verai  ! . . . 
Ëseoundès  li  rai 
De  vòsti  eourouno, 
0  iéu  mourirai! 


xviii    Vosto  voues  m'apello  ?  . . . 
Que  noun  vous  neblas, 
Que  mis  iue  soun  las  !.. . 
Moun  te  es  la  eapello? 
Santo  ! . . .  me  parlas  ? . . . 

■*•/*  On  fait  mûrir  et  ramollir  sur  de  la  paille  les  nèfles  (nèspo) 
et  les  cormes  {asperbo). 

14* 


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212  CAKt    DË8BK. 

28  E  dins  l'estàsi  que  Pemporto 
Desalenado,  mita  morto, 

*^      Mirèio,  d'à-geinoun,  èro  aqui  sus  li  bard, 
Li  bras  en  Ter,  la  tèsto  à  rèire  ; 
E  dÌDS  li  porto  de  Sant  Pèire 
*^^  Sis  iue  fissa  pareissieu  vèire 

L'autre  mounde,  à  travès  la  teleto  de  car. 

29  A  si  bouqueto  que  soun  mudo; 
28®  Sa  caro  bello  se  tremudo, 

E  soun  amo  e  soun  cors  dins  la  countemplacioun 

Nadon  estabousi:  dins  l'Aubo 
^*  Que  cencho  d'or  lou  front  dis  aubo, 

Palis  de  même  e  se  derraubo 
Lou  lume  que  vihavo  un  ome  en  perdicioun. 

2**        30    ïres  femo  de  bèuta  divino, 

Pèr  un  draiòu  d'estello  fino, 
Davalavon  d'amount;  e  courae,  au  jour  levant, 
^■^  Un  escabot  se  destroupello, 

Lis  aut  pieloun  de  la  capello 

Emé  Tarcèu  que  l'encapello, 
•^      Pèr  ié  durbi  camin,  se  garavon  davans. 

31     E,  dins  rèr  linde  blanquinouso, 
Li  très  Mario  luminouso 
803      Davalavon  d'amount:  uno,  contro  soun  sen, 
Tenié  sarra  'n  vas  d'alabastre; 
E,  dins  li  niue  sereno,  l'astre 
5^  Que  douçamon  fai  lume  i  pastre, 

Pou  retraire  soulet  soun  front  paradisen! 

•••  Quand  un  homme  est  à  Tagonie  {en  perâidoun),  on  laisse  toute 
la  nuit  une  lampe  allumée  à  côté  de  lui. 

*^  ss.  Mirèio  voit,  dans  son  extase,  et  le  poète  décrit  les  saintes 
Maries  comme  elles  sont  figurées  dans  les  images  populaires  qui  les  re- 
présentent. —  Le  vase  d'albâtre  {vas  d'alabastre)  répond  à  quelque  al- 
lusion évangélique.  (Dans  les  litanies  chantées,  au  mois  de  mai.  dans 
les  églises  catholiques,  sainte  Marie,  mère  de  Dieu,  est  appelée:  ««< 
devoir  e). 


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LA  OAMARGO.  213 

32    I  jo  de  l'auro  la  segoando 
^  Laisso  ana  si  treneto  bloundo, 

E  camino  inoudèsto,  ud  rampau  à  la  man; 
La  tresenco,  jouÌDeto  encaro, 
''^  De  sa  blaDCo  mantibo  claro 

Escoundié  'n  pau  sa  bruno  caro, 
E  si  négri  yistoun  lusien  mai  que  diamant. 

•'*       33     Vers  la  doulènto  quand  fuguèron, 

En  dessus  d'elo  se  tenguèron, 
Inmoubilo,  e'm'acò  ié  parlavon.    Tant  dous 
5^  E  clarinèu  èro  soun  dire, 

E  tant  afable  soun  sourrire, 

Que  lis  espino  dóu  martire 
^*      Flourissien  dins  Mirèio  en  soûlas  aboundous. 

34  «Assolo-te,  pauro  Mirèio: 
Sian  li  Mario  de  Judèio! 

^     Assolo-te!»  fasien,  «sian  li  Santo  di  Baus! 
Assolo-te!  sian  li  patrouno 
De  la  barqueto,  qu'envirouno 
^  Lou  trigos  de  la  mar  ferouno, 

E  la  mar^  quand  nous  vèi,  retoumbo  lèu  à  paus! 

35  Mai,  que  ta  visto  amount  s'estaque! 
^              Veses  lou  camin  de  Sant  Jaque  P 

Adès  i'erian  ensèn,  alin  de  Tautre  bout; 

Regardavian,  dins  lis  estello, 

Li  proucessioun  que  van,  fidèlo. 

En  ronmavage  à  Coumpoustello 
Prega,  sus  soun  toumbèu,  noste  fiéu  e  nebout. 

^       36     E  'scoutavian  li  letanio. 

E  lou  murmur  di  fountaniho, 

'"  La  tresenco  (la  troisième)  est  sainte  Sara,  patronne  des  Bo- 
hémiens de  Provence.    Voy.  I,  352  et  X,  *)  notes. 
»»*  Li  Santo  di  Baus.    Voy.  I,  352  note. 


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214  OAKT  DEBEM. 

Lou  balaDs  di  campaDO  e  lou  déclin  dóu  jour 
5^^  E  li  roumiéu  pèr  la  campagne, 

Tout  rendié  glòri  de  coumpagno 

A  TApoustoli  de  TEspagno, 
8*2      Noste  fiéu  e  nebout,  Sant  Jaque  lou  Majour. 

37  E,  benurouso  de  la  glòri 
Que  remountavo  à  sa  memòri, 

8*^      Sus  lou  fí*ont  di  roumiéu  mandavian  lou  bagnun 

DÓU  serenaU;  e  dedins  Tamo 

lé  vujavian  joio  e  calamo. 
^^  Pougnènt  coume  de  jit  de  flamo, 

Es  alor  que  vers  nautre  an  mounta  ti  plagnun. 

38  O  chatouno,  ta  fe  's  di  grande; 
8^^               Mai,  que  nous  peson  ti  demande! 

Vos  béure,  dessenade,  i  font  de  l'amour  pur! 
Dessenado,  avant  qu'èstre  morte, 
^^  Vos  assaja  la  vide  forte 

Que  dins  Dieu  même  nous  trasporto! 
Dempièi  queuro  as  avau  rescountra  lou  bonur? 

3^"^        39     L'as  vist  dins  l'ome  riche?    Qeunfle, 
Estalouira  dins  soun  triounfle, 
Nège  Dieu  dins  soun  cor  e  tèn  tout  lou  camin; 

3®^  Mai,  quand  es  plen,  toumbo  l'iruge; 

E  que  fara  de  soun  gounfluge, 
Quand  se  voira  davans  lou  Juge 

^^      Que  dins  Jerusalèn  intravo  su'n  saumin? 

40     L'as  vist  au  front  de  la  jacude, 

Quand  de  soun  la,  toute  esmeugudo, 
336      Porge  lou  preumié  rai  à  soun  enfantounetP 
l'a  preun  d'une  malo  tetade; 
E,  sus  la  brèsso  doscatado, 
8^^  Regarde-la,  despoutentado. 

Que  poutounejo  mort  soun  paure  picheunet! 


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LA  OAHABGO.  215 

41     L'as  vist  au  front  de  la  nouvieto, 
^^  Quand,  plan-planet,  dins  la  draieto 

Caminavo  à  la  glèiso  emé  soun  nòvi  ? . . .  Yai, 
Pèr  lou  parèu  que  lou  cbaupino, 
87*  Aquéu  draiòu  a  mai  d'espino 

Que  Tagrenas  de  la  cbampino, 
Car  tout  n'es  eilavau  qu'esprovo  e  long  travail 

378        42    E  'ilavau  Toundo  la  pu  claro, 

Quand  Tas  begudo,  vèn  amaro; 
Eilavau  nais  lou  verme  emé  lou  fru  nouvèu, 
5^1  E  tout  degruno,  e  tout  se  gasto  .  .  . 

As  bèu  cbausi  sus  la  banasto: 

L'arange,  tant  dous  à  la  tasto, 
•^       A  la  longo  dóu  tèms  vendra  coume  de  fèu! 

43  E  tau,  te  semble  que  respiron, 

Dins  voste  mounde,  que  souspiron  ! . . . 

3S7       Mai  quau  sara  'nvejous  de  béure  à-n-un  sourgènt 
Que  noun  s'agote  e  se  courroumpe, 
En  soufrissènt,  que  se  lou  eroumpe! 

^^  Fau  que  la  pèiro  en  tros  se  roumpe, 

Se  voulès  n'en  tira  la  paiolo  d'argent. 

44  Urous  adounc  quau  pren  li  peno 
8w  E  quau  en  bèn  fasènt  s'abeno; 

E  quau  plouro,  en  vesènt  ploura  lis  autre;  e  quau 

Trais  lou  mantèu  de  sis  espalo 
^^  Sus  la  pauriho  nuso  e  palo; 

E  quau  'mé  l'umble  se  rebalo 
E  pèr  l'afrejouli  fai  lampa  soun  fougau! 

^^        45     E  lou  grand  mot  que  l'ome  oublido, 

Ve-l'eici:  La]^mort  es  la  vido! 
E  li  simple  e  li  bon  e  H  dous,  benura! 
*<«  Emé  raflat::d'un  vent  sutile, 

Ainount  s'envoularanUranquile, 

E  quitaran,  blanc  \coume  d'ile, 
^^      Un  mounde  ounte  li  Sant  soun  de-longo  aqueira! 


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216  OAUT  DE8EN.      LA   CAMARQO. 

46  Tambèn,  oh!  se  vesiés,  Mirèio, 
Pereiçamount  de  l'empirèio, 

^^      Coume  veste  univers  nous  parèis  marridoun, 

E  folo  e  pleno  de  misèri 

Vòstís  ardour  pèr  la  matèri 
**'  E  vòsti  pou  d6u  cementèri! 

0  pauro!  belariés  la  mort  e  lou  perdoun! 

47  Mai,  de  davans  que  lou  bla  'spigue, 
*'^  En  terre  fau  que  rebouligue! 

Es  la  lèi  .  .  .   Emai  Dautre,  avans  d^avé  de  rai, 
Avèn  begu  l'aigre  abéurage; 
^'^  E  pèr  enfin  que  toun  aouragè 

Prengue  d'alen,  de  noôte  viage 

Voulèn  te  racounta  lis  àrsi  e  lis  esfrai.» 

^^       48     E  se  teisèron  li  très  Santo. 

E  lis  oundado  caressante, 
Pèr  escouta,  courrien  de-long  dóu  ribeirés 
^^^  A  troupelado.    Li  pinedo 

Faguèron  signe  à  la  vernedo, 

E  li  gabian  e  lis  anedo 
^^      Veguèron  s'amata  l'inmènse  Vacarés. 

49     E  lou  soulèu  emé  la  lune, 

Dins  la  liuncbour  que  s'empaluno, 
^^      Adourèron,  clinant  si  frouotas  cremesin; 
E  la  Camargo  salabrouso 
Trefouliguè  ! . . .  Li  Benurouso, 
*^^  Pèr  douna  voio  à  l'amourouso, 

Au  bout  d'un  moumenet  coumencèron  ansin: 


*••   Uinmènse  Vacarés.    Voy.  IV,  212  note. 


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GANT  VOUNGEN 

LI  SANTO  «) 

U  Sàntl  Mario  raoontOB,  qs'aprèt  1«  mort  áóu  Critt,  Itagvèron  «nbasdido,  «né  d'ànftrl 
dlaoiplt,  à  ift  b«Uo  etsMnro  de  1«  mur^  e  qn'aboiirdèroii  en  Prontènço,  e  que  eonn- 
T0rtif«èroii  11  pople  d'aqoelo  «Moantrado.  —  La  naTlgaetoun.  —  La  tempètto.  —  Arrl- 
bado  à-n-Arla  dl  sant  detpatria.  —  Arle  roaman.  —  La  fètto  de  Yeniu.  —  Sermotui 
de  sant  Treftune.  —  CouiiTertloiui  dit  Arlaten.  —  Li  Tanuooimen  Tenon  Imploara  loa 
•eoovn  de  Santo  Marto.  —  La  Tarateo.  —  Sant  M ardan  à  Umofe  ;  Sant  Saroiimln 
à  Toolonao  ;  Sant  Betròpl  en  AnreiUo.  —  Santo  Marto  doomto  la  Tarateo,  e  pièl  oonn- 
rertie  ATlgnonn.  —  La  papanta  en  ATlgnoon.  —  Sant  LaxAri  à  Martlho.  —  Santo 
Madaleno  dlnt  la  baoao.  ~  Sant  Maetemln  à-s-Aii.  —  Li  Sàntl  Mario  1  Baot.  —  Lon 
rèi  Reinié.  —  La  ProaTèn^o  onido  A  la  Franco.  —  Mirèlo,  rlerfe  e  martiro. 

1     «L'aubre  de  la  crous,  o  Mîrèio, 
Sus  la  mountagno  de  Judèio 
'        Èro  encaro  planta:  dre  sus  Jerusalèn, 
E  dóu  saDg  de  Dieu  encaro  ime, 
Cridavo  à  la  ciéuta  dóu  crime, 
•  Endourmido  avau  dins  Tabime: 

Que  n'as  fa,  que  n'as  fa  dóu  rèi  de  BetelènP 


*)  Voy.  1, 352  note.  Voici  comment  M.  Mariéton,  La  Tetf-e  provençale 
(Paris  1890),  p.  207  ss.,  résnme  le  culte  des  saintes  Maries  à  Tantique  ViUa 
de  la  Mar  (les  Saintes),  avec  les  recherches  d'émdition  qne  son  objet  même 
a  inspirées  :  «Le  testament  de  Tarchevêqne  d'Arles,  saint  Césaire  (ô42),  fait 
mention  d'un  territoire  où  se  trouve  l'église  de  Notre-Dame-de-la-Barque 
(Sancta  Maria  de  ratUi),  ce  qui  est  confirmé  par  le  testament  d'un  comte 
de  Provence,  en  992.  A  la  fin  du  12«  siècle,  le  gouverneur  du  royaume 
d'Arles,  le  «maréchal»  Gervais  de  Tilbury  parle  aussi  dans  ses  'Loisirs 
de  l'Empire'  (Otia  Imperialia)  de  la  sépulture  des  Deux  Maries  à  Notre- 
Dame-de-la-Mer.  Un  siècle  encore,  et  un  évéque  de  Mende,  légat  du 
Pape  au  concile  de  Lyon,  citera  un  autel  en  terre  'qu'élevèrent  en  ce 
lien  Marie-Madeleine,  Marie  Jacobé  et  Marie  Salomé...'  On  le  montre 
toujours,  à  l'église  des  Saintes.    Durant  le  moyen  âge  cet  autel  des 


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218  CANT   VOUWGBN. 

2    E  di  cairiero  apasimado 
^  Mountavon  plus  li  grand  bramado; 

Lou  Cedroun  tout  soulet  gingoulavo  eilalin; 
E  lou  Jourdau,  de  lauguitudo, 
12  S'anavo  escoundre  i  soulitudo, 

Pèr  desgounfla  si  plagnitudo 
A  l'oumbro  di  rastencle  e  di  verd  petelin. 

1^  3     E  lou  paure  pople  èro  triste, 

Car  vesié  bèn  qu'èro  soun  Criste 
Aquéu  que  de  la  toumbo  aussant  lou  curbecèu, 

ï®  A  si  coumpagno,  à  si  cresèire, 

Èro  tourna  se  faire  vèire, 
E  pièi,  leissant  li  clau  à  Pèire, 

*^       8'èro  coume  un  eigloun  enaura  dins  lou  cèu! 


Saintes  fut  l'objet  de  grandes  dévotions.  On  ferait  un  livre  curieux  de 
ces  pèlerinages  et  des  miracles  qui  s'y  virent.  Un  carme,  Jean  de  Venette, 
a  chanté  dans  son  poème  des  Trois  Maries^  la  guérison  merveilleuse 
de  Mons  Pierre  de  Nantes,  évoque  de  8aint-Pol-de-Léon,  lequel  avait,  en 
reconnaissance,  élevé  trois  chapelles  aux  Saintes,  à  Saint-Pierre  de  Nantes, 
au  Val  des  Écoliers  et  au  couvent  des  Carmes  de  Paris ...  En  1448,  le 
roi  René,  sortant  d'entendre  un  sermon  en  l'honneur  des  saintes  Maries, 
jura  de  retrouver  leurs  ossements.  Son  confesseur,  Adhémar  de  Comte, 
lui  montra  un  vieux  manuscrit  qui  affirmait  que  Marie  Jacobé  et  Marie 
Salomé  avaient  été  inhumées  à  Notre-Dame- de-la-Mer,  et  cachées  au  temps 
des  invasions.  Avant  de  commencer  les  recherches,  le  roi  s'adressa  au 
pape,  qui  désigna  pour  y  présider  l'archevêque  d'Aix,  Robert  Damiens, 
et  Nicolas  de  Brancas,  évêque  de  Marseille.  Le  chevalier  d'Arlatan 
dirigea  les  fouilles.  On  tâtonna  longtemps  sous  le  chœur  de  l'église, 
où  une  petite  salle  fut  découverte  dont  est  faite  la  crypte  de  sainte  Sara, 
patronne  des  Bohémiens.  Enfin  sous  l'autel,  du  côté  de  l'Évangile,  les 
ossements  de  deux  corps  humains  apparurent,  soigneusement  protégés 
par  de  petites  pierres.  Une  odeur  suave,  dit  le  procès-verbal,  accom- 
pagna leur  mise  au  jour.  Nul  doute  que  ce  ne  fussent  les  reliqueslmêmes 
des  Saintes.  Le  roi  René,  ayant  obtenu  du  pape  de  procéder  à  leur 
élévation,  Nicolas  V  désigna  le  cardinal  de  Foix,  son  légat  d'Avignon, 
pour  vérifier  les  incidents  de  la  découverte.  Enfin,  le  2  décembre  de  la 
même  année,  le  roi,  suivi  de  sa  fille,  Isabelle  de  Lorraine,  de  Frédéric 
de  Lorraine,  son  gendre,  et  du  sénéchal  de  Provence,  avec  le  légat  en- 


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U  8AKT0.  219 

4  Ab  !  lou  plagnieD,  dins  la  Judèio, 
Lou  bèu  fustié  de  Qalilèio! 

^        Lou  fustié  di  peu  blound  qu'amansissié  H  cor 

Emé  lou  mèu  di  parabolo, 

E  qu'à  bel  èime  sus  Îi  colo 
^  Li  nourrissié  'mé  de  caudolo 

E  toucavo  si  ladre  e  revenié  si  mort! 

5  Mai  li  dóutour,  li  rèi,  li  prèire, 
^  Toute  la  chourmo  di  vendèire 


tooré  de  douze  prélats,  se  rassemblèrent  anx  Saintes-Mariés  en  grande 
solennité.  Le  P.  Adhémar  de  Comte  prononça  le  panégyrique,  et  le  len- 
demain, la  châsse  des  Saintes  fat  élevée  devant  le  peuple  à  la  chapelle 
supérieure  de  Téglise,  où  elle  est  encore  déposée,  —  dans  le  même  coffret 
de  noyer,  couvert  de  peintures  pieuses. 

La  question  de  la  venue  des  Saintes  Maries  en  Camargue  repose 
toute  sur  l'intérêt  supérieur  de  Thistoire  du  christianisme  en  Gaule» 
L'abbé  Faillon ...  a  plaidé  savamment  en  faveur  de  la  venue  en  Provence 
des  témoins  de  la  Passion,  c'est-à-dire  pour  Timplantation  de  la  Croix, 
dès  le  1^  siècle  {Monuments  inédits  de  Vapostolat  de  sainte  Madeleine^ 
2  voL  in-4^  1862).  Il  existe  dans  ce  même  sens  une  lettre  de  feu  Paulin 
Pans  à  l'historien  de  l'église  du  Velay,  M.  Frugère,  datée  de  1868: 

'Il  est  moralement  impossible*,  dit  l'illustre  savant,  'que  les  Gaules, 
centre  des  écoles  philosophiques  et  littéraires  dans  les  premiers  siècles, 
les  Gaules  où  les  jeunes  Romains  qui  voulaient  se  perfectionner  dans 
l'éloquence  et  les  belles-lettres  étaient  envoyés  soit  à  Bordeaux,  soit  à 
Marseille,  &  Lyon,  à  Arles,  etc.,  il  est  impossible,  dis-je,  d'admettre  que 
la  foi  nouvelle  n'y  ait  pas  été  prêchée  dès  le  temps  des  premiers  papes, 
et  que  l'Allemagne,  l'Espagne,  l'Angleterre  en  aient  reçu  le  bienfait 
avant  elles  ...  Il  n'en  serait  pas  moins  démontré,  aux  yeux  de  tout 
critique  non  prévenu,  que  le  christianisme  a  été  apporté  chez  nous,  non 
à  la  fin  du  '6^  siècle,  mais  dès  le  temps  de  saint  Clément* 

Vers  la  même  date,  un  conseiller  à  la  cour  de  Douai,  M.  Taillar, 
battait  en  brèche  tout  l'édifice  de  Tabbé  Faillon,  pour  placer  à  la  fin 
du  3*  siècle  l'introduction  de  l'Évangile  parmi  nous  {Essai  sur  VoHgine 
et  le  développement  du  christianisme  dans  les  Gaules,  Bulletin  monumental, 
1866).  Cette  opinion  est  assez  généralement  partagée.  Tout  récemment, 
le  docte  M.  Leblant,  dans  le  dernier  tome  de  son  ipigraphie  chrétienne 
de  la  Gaule,  présente  des  inscriptions  où  la  belle  influence  grecque  est 
encore  sensible,  et  qui  nous  ramèneraient  au  l®'  siècle.» 


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220  caKt  voungbn. 

Que  de  soun  temple  sant  lou  mèstre  avié  cassa: 

«Quau  poudra  teni  la  pauriho,» 
^  Se  murmurèron  à  l'auriho, 

«Se  dins  Sioun  e  Samarlo, 
Lou  lume  de  la  Crous  n^es  pas  lèu  amoussa?» 

5^  6     Alor  li  ràbi  s*encagnèron, 

E  li  martire  temounièron  : 
Alor  Tun,  eoume  Estève,  èro  aqueira  tout  viéu, 
3^  Jaque  espiravo  pèr  Tespaso, 

D^autre,  eugrana  souto  uno  graso  ! . . . 

Mai  sout  lou  ferre  o  dins  la  braso, 
^*       Tout  cridavo  en  meurent:  ««0,  Jèsu  's  Fiéu  de  Diéu!>> 

7  Nautre,  li  sorre  emé  li  fraire, 
Que  lou  seguian  pèr  tout  terraire, 

^^       Sus  uno  ratamalo,  i  furour  de  la  mar, 

E  sènso  vélo  e  sènso  remo, 

Fuguerian  embandi.   Li  femo, 
^  Toumbavian  un  riéu  de  lagremo; 

Lis  orne  vers  lou  cèu  pourtavon  soun  regard. 

8  Déjà,  déjà  vesèn  s'encourre 
^^  Ouliveto,  palais  e  tourre; 

Vesèn  de  Faut  Carmel  li  serre  e  lis  estras 
Qu'aperalin  fasien  la  gibo. 
^  Tout-d'un-cop  un  crid  nous  arribo: 

Nous  reviran,  e  sus  la  ribo 
Vesèn  uno  chatouno.    Aubouravo  si  bras, 

^■^  9     En  nous  cridant,  toute  afougado: 

««Oh!  meuas-me  dins  la  barcado, 
Mestresso,  menas-me!    Pèr  Jèsu,  iéu  peréu, 

^  Vole  mouri  de  mort  amaro!>^ 

Ero  nosto  servènto  Saro; 
E  dins  lou  cèu  la  veses  aro 

^^       Que  lou  front  ié  lusis  coume  uno  aubo  d'Abréu. 


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U  SIBTO.  221 

10  LiuGD  d'aqui  l'anguieloun  nous  tiro; 
Mai  Saloumè,  que  Dieu  ispiro, 

^       Is  erso  de  la  mar  a  jita  soun  velet . . . 

O  pouderouso  fe  ! . . .  sus  l'oundo 

Que  sautourlejo,  bluio  e  bloundo, 
^  La  obato,  que  noun  se  prefoundo, 

Venguè  dóu  ribeirés  à  noste  veisselet; 

11  E  Tanguieloun  la  campejavo 
■^*  E  lou  velet  la  carrejavo. 

Pamens,  quaud  dins  la  fousco  eilalÌD  vegueriau 

Cimo  à  cha  cimo  desparèisse 
"^^  Lou  dous  païs  e  la  mar  croisse, 

Fau  Tesprouva  pèf  lou  counèisse, 
Lou  langui  segrenous  qu^alor  sentiguerian  ! 

'8         12     Adieu!  adieu,  terro  sacrado! 

Adieu!    Judèio  mal  astrado. 
Que  coussaies  ti  juste  e  clavelles  toun  Dieu! 
®^  Aro,  ti  vigno  emé  ti  dàti 

Di  rous  lioun  saran  lou  pàti, 

E  ti  muraio,  lou  recàti 
^       Di  serpatas  ! . . .    Adieu,  patrio,  adieu,  adieu  ! 

13     XJno  ventado  tempestouso 
Sus  la  marino  sóuvertouso 
^^       Couchavo  lou  batèu:    Marciau  e  Savournin 
Soun  ageinouia  sus  la  poupo; 
Apensamenti,  dins  sa  roupo 
^  Lou  vièi  Trefume  s'agouloupo  ; 

Contre  eu  èro  asseta  Tevesque  Massemin. 


^  SB.  Marciau,  saint  Martíal,  apôtre  de  TAqnitaine  et  patron  de 
Limoges  dont  il  fut  le  premier  évêque,  à  la  fin  du  !•'  siècle.  —  Savournin, 
saint  Saturnin,  premier  évêque  de  Toulouse,  martyrisé  vers  257.  — 
Trefume,  saint  Trophine  (v.  90),  premier  évêque  d'Arles.  Voy.  VI,  321 
et  645  notes,  et  XI,  258  ss.  La  copie  d'une  Vie  de  ce  saint ,  en  vers 
provençaux  du  14«  siècle,  se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal  à  Paris 
(ms.  frç.  13514).   Sur  les  publications  de  ce  texte,  voy.  Stimming,  dans 


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222  CANT   VOUKÔBK. 

14    Dre  sus  lou  tèume,  aquéu  Lazàri 
^^  Que  de  la  toumbo  e  dóu  susàri 
Avié  'ncaro  garda  la  mourtalo  palour, 
Sèmblo  afrounta  lou  gourg  que  reno: 

le  Grundriss  der  ramanischen  Philologie,  H,  40  ss.  (Strasbourg! 
Massemin,  saint  Maximin  (v.  91),  qui  a  donné  son  nom  &  la  petite  ville 
de  ce  nom  (Var),  dont  règlise  monumentale  contient,  dans  sa  crypte 
très  ancienne,  les  sarcophages  de  notre  saint,  de  sainte  Madeleine,  de 
sainte  Marcelle  et  de  saint  Sidoine.  —  Lazàri,  saint  Lazare  (t.  92), 
premier  évêqne  de  Marseille.  Le  corps  de  saint  Lazare  fat  transporté 
à  Autnn  pendant  les  invasions  sarrasines;  mais  la  tête  resta,  dit-on,  à 
Marseille,  où  elle  est  encore  honorée.  —  Mario,  sainte  Marthe  (v.  97). 
Voy.  I,  303  et  XI,  375  notes.  —  Madaleno,  sainte  Marie-Madeleine.  Ses 
reliques  sont  encore  honorées  dans  Téglise  de  Saint -Maximin.  Voy.  V, 
407  note,  et  cf.  Chabaneau,  Sainte  Marie- Madeleine  dans  la  littérature 
provençale,  Paris  1887.  —  Estropi,  saint  Eutrope  (v.  100),  premier  évêqne 
d'Orange.  —  Sidòni,  saint  Sidoine,  successeur  de  saint  Maximin  à  Fépis- 
copat  d'Aix.  Selon  les  légendes,  saint  Sidoine  ne  serait  autre  que  Ce- 
lidonius,  Chélidoine,  l'aveugle -né  de  TÉvangile.  Cf.  v.  359.  —  Jáusè 
d^Arimatïo,  Joseph  d'Arimathie  (v.  101),  que  d'autres  légendes  font  par- 
venir en  Bretagne  et  qui  est  mis  en  rapport  avec  la  tradition  du  Saint 
Graal  (voy.  la  littérature  dans  Goedeke,  Grundries  der  Geschichie  der 
deutschen  Dichtung  L  77  s.).  —  Marcello,  sainte  Marcelle,  compagne  on 
servante  de  sainte  Marthe,  honorée  à  Tarascon  (-sur-Rhône).  —  CUwn, 
disciple  de  Jésus-Christ,  qui,  selon  la  légende,  évangélisa  Toulon.  —  La 
liste  de  ces  saints  est  empruntée  par  l'auteur  à  un  vieux  cantique 
français,  dont  voici  le  texte: 

Entrez,  Sara,  dans  la  nacelle, 
Lazare,  Marthe  et  Maximin, 
Cléon,  Trophime,  Saturnin, 
Les  trois  Maries  et  Marcelle, 
Eutrope  et  Martial,  Sidoine  avec  Joseph. 
Vous  périrez  dans  cette  nef! 

Allez  sans  voile  et  sans  cordage. 
Sans  mât,  sans  ancre,  sans  timon. 
Sans  aliment,  sans  aviron. 
Allez  faire  un  triste  naufrage! 
Retirez-vous  d'ici,  laissez-nous  en  repos, 
Allez  crever  parmi  les  flots! 

Mistral  a  trouvé  ce  texte  dans  un  recueil   de  cantiques  intitulé: 
Vâme  dévoie,  datant  du  17«  siècle  et  très  populaire  autrefois. 


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LI  BÁIÍTO.  223 

^  Em'  eu  la  nau  perdudo  enmeno 

Marto,  sa  sorre,  e  Madaleno, 
Coacbado  eu  un  cantouD,  que  plouro  sa  doulour. 

^         15    La  nau,  que  buton  H  demòni, 

Meno  Estròpi,  meno  Sidòni, 
Jóusè  d'Arimatìo  e  Marcello  e  Cleoun  ; 
*^  E,  d'apiela  sus  lis  escaume, 

Au  silènci  dóu  blu  reiaume 

Fasien  ausi  lou  cant  di  saume 
'^      E  'nsèn  répéta vian  :  Laudamus  te  Deum  ! 

16  Oh!  dins  lis  aigo  belugueto 
Coume  Inndavo  la  barqueto! 

^^      Nous  semble  enca  de  vèire  aquéli  fouletoun 

Que  retoursien  en  revoulino 

Lou  pouverèu  de  la  toumplino, 
^'^  Pièi,  en  coulouno  mistoulino, 

S^esvalissien  alin  coume  d'esperitoun. 

17  De  la  mar  lou  soulèu  mountavo 
^^^  E  dins  la  mar  se  recatavo; 

E,  toujour  emplana  sus  la  vaste  aigo-sau, 

Courrian  toujour  la  belle  eisservo. 
^'^  Mai  dis  estèu  Dieu  nous  préserve, 

Car  dins  si  visto  nous  réserve 
Pèr  adurre  à  sa  lèi  li  pople  prouvençau. 

^^       18     Un  matin  sus  tóuti  lis  autre, 

Fasié  tèms  sol:  de  davans  nautre 
Vesian  courre  la  niue  'mé  soun  lume  à  la  man, 


"•  Les  esperitoun  (esprits),  dans  la  bouche  des  Saintes,  pourraient 
surprendre.  Il  ne  faut  pas  oublier  que,  durant  tout  le  Chant,  les  Saintes 
parlent  à  Mireille  dans  la  langue  de  son  intellectualité. 

^**  La  niue  *mé  soun  lume  à  la  man  (la  nuit  avec  sa  lampe  à  la 
main).  Cf.  Texpression  :  le  flambeau  du  jour.  *La  lampe  à  la  main*  est 
amené  par  la  comparaison  qui  suit  :  coume  uno  véuso  (comme  une  veuve). 


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224  OAMt   YOONQSir. 

í*8  Coume  uno  véuso  matiniero 

Que  vai  au  four  couire  si  tiero; 
L'oundo,  aplanado  coume  uno  iero, 

'2«      DÓU  batèu  tout-bèu-just  batié  li  calaman. 

19  D'apereilalin  nais,  se  gouDÎlo 

E  porto  ourrour  dins  l'amo  e  rounflo 
*^^      Un  brut  descouneissable,  un  sourne  brounzimen, 
Que  nous  pénètre  li  mesoulo 
E  sèmpre  mai  ourlo  e  gingoulo. 
'^*  Isterian  mut!    La  visto  soulo, 

Tant  liuen  que  poudi^  ana,  tenié  Taigo  d^à  ment. 

20  E  sus  la  mar  que  s'agrounchayo, 
^'*  La  broufounié  se  raprouchavo, 

Rapide,  fourmidablo!  e  morte  à  noste  entour 
Eron  lis  erse;  e,  negro  marco, 
'^  Enelauso  aqui  tenien  la  barco. 

Alin,  tout-en-un-eop  s^enareo 
Uno  mountagno  d'aîgo,  esfraiouso  d'autour. 

i^>        21     De  nivoulas  encourounado, 

La  mar  entière  amoulounado, 
E  que  boufo  e  que  brame,  o  Segnour!  en  courront 

ï^^  Venié  sus  nautre:  à  la  subito, 

Un  cop  de  mar  nous  precepito 
Au  founs  d'un  toumple  e  nous  rejito 

^^^      A  la  pouncho  dis  erso,  espavourdi,  meurent! 

22    Quéntis  espaime!  que  destourne! 
De  longs  uiau  fèndon  lou  sourne. 
*^^      E  peto  cop  sus  cop  d'espaventàbli  tron  ! 
E  tout  l'infèr  se  descadeno 
Pèr  englouti  nosto  careno. 
^•^^  La  labechado  8Ìblo,'^reno 

E  contre  lou  paiòu'bacello  nòsti  front. 


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159 


162 


m 


Li  8ÁÍIT0.  225 

23  Sus  Fesquinau  de  si  camello 

'*•  TaDtost  la  mar  nous  encimello; 

Tantost,  dins  la  founsour  di  négri  garagai, 

Ounte  barrulon  li  lasàmi, 

Li  biou-marin  e  li  grand  làmi, 

Anan  entendre  lou  soulàmi 
Di  negadis,  que  Poundo  escoubibo,  pecai! 

24  Nous  veguerian  perdu!  S'enverso 
Sus  nòsti  tèsto  uno  grando  erso, 

Quand  Lazàri:  ««Moun  Dieu,  serve-nous  de  timoun! 
M'as  davera  'n  cop  de  la  toumbo  .  .  . 
Ajudo-nous!  la  barco  toumbo!»» 
Coume  Tauroun  de  la  paloumbo, 
*^      Soun  erid  fend  la  chavano  e  volo  peramount. 

25  De  Tant  palais  ounte  triounflo 
Jèsu  Ta  vist;  sus  la  mar  gounflo 

'^*      Jèsu  vèi  soun  ami,  soun  ami  qu'en-tant-lèu 

Vai  èstre  aclapa  souto  l'oundo. 

Sis  iue  'mé  'no  pieta  prefoundo 
"*  Nous  countèmplon  :  subran  desboundo 

A  travès  la  tempèsto  un  long  rai  de  soulèu. 

26  Alléluia!  sus  l'aigo  amaro 
''^  Mountan  e  davalan  encaro, 

E,  trempe  e  matrassa,  boumissèn  Pamarun. 

Mai  lis  esfrai  tout-d'un-tèms  parton, 

Li  lamo  fièro  s'escavarton, 

Li  nivoulado  alin  s'esvarton, 
La  terro  verdouleto  espelis  dóu  clarun. 

^^       27     Long-tèms,  'mé  d'afróusi  turtado, 

Nous  trigoussejon  lis  oundado. 
Pièi  se  courbon  enfin  davans  la  primo  nau 
'^  Souto  un  alen  que  lis  abauco; 

La  primo  nau,  coume  uno  plauco, 

Puso  entre  li  roumpènt,  e  trauco 

^^      De  làrgi  flo  d'escumo  emé  soun  carenau. 

15 


ISO 


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226  CAIÎT  VoUMOfel*. 

28  Contro  uno  ribo  sènso  roco, 
Alléluia!  la  barco  toco; 

1^^      Sus  TareDO  eigalouso  aqui  nous  amourran, 

E  cridau  tóuti:  ««Nòsti  tèsto 

Qu'as  póutìra  de  la  tempèsto, 
195  Fin-qu'au  coutèu  li  vaqui  lèsto 

A  prouclama  ta  lèi,  o  Crist!  Te  lou  juran!»» 

29  A-D-aquéu  Doum,  de  jouïssènço, 
**®               La  noblo  terro  de  Prouvènço 

Parèis  estrementido  ;  à-n-aquéu  crid  nouvèu, 
E  lou  bouscas  e  lou  campèstre 
^^^  An  trefouli  dîne  tout  soun  èetre, 

Coume  un  chin  qu'en  sentent  soun  mèstre 
lé  cour  à  Tendavans  e  ié  fai  lou  bèu-bèu. 

*^        30    La  mar  avié  jita  d'arcèlli  .  .  . 

Pater  noster^  qui  es  in  cœli, 
A  nosto  longo  fam  mandères  un  renos; 
*<>'  A  nosto  set,  dins  lis  engano 

Faguères  naisse  uno  fountano: 

E  miraclouso  e  lindo  e  sano, 
*^^      Gisclo  enca  dins  la  glèiso  ounte  soun  nòstis  os! 

31  Plen  de  la  fe  que  nous  afougo, 
D6u  Rose  prenèn  lèu  la  dougo; 

*'^      De  palun  en  palun  caminan  à  l'asard; 

E  pièi,  galoi,  dins  lou  terraire 

Trouvan  la  traço  de  l'araire; 
2*^  E  pièi,  alin,   dis  Emperaire 

Vesèn  li  tourre  d'Arle  auboura  l'estendard. 

32  A  l'ouro  d'iuei  siés  nieissouniero, 
^'^               Arle!  e  couchado  sus  toun  iero, 

Pantaies  em'amour  ti  glòri  d'àutri-fes; 
Mai  ères  rèino,  alor,  e  maire 

•*/'<*   Uno  fountano,   puits  dans  la  crypte  de  Téglise  des  Saintes- 
Mariés.    Voy.  I,  367  note. 


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tt  ÔAHTÒ.  22? 

*^  D'un  tant  bèu  pople  de  remaire 

Que,  de  toun  port,  lou  vent  bramaire 
Noun  poudié  travessa  rinmènse  barcarés. 

**^       33    Roumo,  de  nòu,  t'avié  vestido 

En  pèiro  blanco  bèn  bastido; 
De  ti  grandis  Areno  avîé  mes  à  toun  front 
^  Li  cènt-vint  porto;  aviés  toun  Cièri; 

Aviés,  princesse  de  rEmpèri, 

Pèr  espassa  ti  refoulèri, 
®*      Li  poumpous  Aquedu,  lou  Tiatre  e  l'Ipoudrom. 

34  Intran  dins  la  ciéuta:  la  foulo 
Mountayo  au  Tiatre  en  farandoulo. 

^^      E  zóu!  mountan  em'elo.    Au  mitan  di  palais, 

A  Toumbro  di  temple  de  mabre, 

Se  gandissié  lou  pople  alabre, 
^'^  Coume  quand  rounco  dins  li  vabre 

Un  lavàssi  de  plueio,  à  l'oumbrino  di  plai. 

35  0  mnladicioun!  o  vergougno! 
^^^               I  son  moulan  de  la  zambougno. 

Sus  lou  pountin  dóu  Tiatre,  emé  lou  pitre  nus, 
Un  VÒU  de  chato  viroulavon, 
^^  E  su  'n  refrin  qu'ensèn  quilavon. 

En  danso  ardèûto  se  giblavon. 
Autour  d'un  flo  de  mabre  en  quau  disien  Tenus. 

^       36    La  publiée  embriagadisso 

lé  bandissié  si  bramadisso; 
Jouvènto  emai  jouvènt  repetavon:  *« Canton! 
^^'  Canton  Venus,  la  grand  divesso 

De  quau  prouvèn  toute  alegresso! 

Canten  Venus,  la  segnouresôo, 
^^*     La  maire  de  la  teiTo  e  dóu  pople  arlaten!»» 

***/>  Le  poète  suppose  qu'on  montait  an  théâtre  en  dansant;  et 
il  a  mis  m  farandoulo  (voy.  Ill,  10  note),  parce  qu'il  croit  à  une  origine 
grecque  de  cette  danse  (voy.  Très.  s.  v.  farandoulo), 

15* 


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228  CANt    VOUNaKK. 

37  Lou  front  aut,  la  narro  duberto, 
L'idolo,  encourouDa  de  nerto, 

*^^      Dins  li  nivo  d'encens  pareissié  s'espoumpi; 

Quand,  endignà  de  tant  dWdanço 

E  derroumpènt  e  crid  e  danso, 
2^®  Lou  vièi  Trefume  que  se  lanço, 

En  aussant  si  dous  bras  sus  lou  mounde  atupi, 

38  D'uno  voues  forto:  *«Pople  d'Arle, 
^^'               Escouto,  escouto  que  te  parle! 

Escouto,  au  noum  dóu  Crist!»»  E  n'en  digue  pas  mai. 

Au  frounsimen  de  sa  grande  usso, 
^^*  Vaqui  l'idolo  que  brandusso, 

Gènço  e  dóu  pedestau  cabusso. 
Em'  eu  li  dansarello  an  toumba  de  Tesirai! 

267        39     Se  fai  qu'un  crid,  s'entend  qu'ourlado. 

Vers  li  pourtau  de  troupelado 
S'engorgon  e  pèr  Arle  escampon  l'espravant; 
2'^  Li  majourau  se  descourounon, 

Li  jouvenome  s'enferounon, 

En  eridant!  ««Zóu!»»  nous  envirounon  . . . 
273      En  l'èr  milo  pougnard  lusisson  tout  d'un  vanc. 

40  Pamens,  de  nosto  vestiduro 
L'enregouïdo  saladuro  ; 

'^'6      De  Trefume  lou  front  seren,  coume  enciéuola 
De  clarour  santo;  e,  mai  poulido 
.  Que  sa  Venus  enfrejoulido, 
2'®  La  Madaleno  ennivoulido, 

Tout  acò,  'n  moumenet,  li  faguè  recula. 

41  Mai  alor  Trefume:  <«Gènt  d'Arle, 
^®*                Escoutas-me  que  iéu  vous  parle!»» 


**•  8s.  L'auteur  raconte  ici  la  légende  d'Arles  telle  qu'elle  est  re- 
présentée dans  les  vieux  tableaux  de  l'église  de  saint  Trophime  (voy. 
VI,  321  note). 


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LI   8ANT0.  220 

lé  cridè  tourna-mai,   ««après  me  chaplarés! 

Pople  arlaten,  vènes  de  vèire 
^^  Toun  dieu  s'esclapa  coume  un  vèire 

Au  noum  dóu  miéu!    Anes  pas  crèire 
Que  ma  voues  l'a  pouscu:  nous-àutri  sîan  pas  res! 

*^        42     Lou  Dieu  qu'a  'sclapa  toun  idolo 

N'a  ges  de  temple  sus  la  colo  ! 
Mai  lou  jour  e  la  niue  veson  qu'eu  eilamount; 
"'  8a  man,  pèr  lou  crime  sevèrd, 

Es  alarganto  à  la  preguiero; 

Es  eu  soûl  et  qu'a  fa  la  terro, 
^^      Es  eu  qu'a  fa  lou  cèu  e.la  mar  e  li  mount. 

43  Un  jour,  de  soun  auto  demoro, 
A  vist  soun  bèn  manja  di  toro; 

2^      A  vist  béure  à  l'esclau  si  plour  e  soun  vérin  ; 

E  jamai  res  que  lou  counsolo! 

A  vist  lou  Mau,  poui'tant  l'estolo, 
*^  Sus  lis  autar  teni  l'escolo; 

Toun  fihan,  l'a  vist  courre  à  l'afront  di  gourrin! 

44  E  pèr  espurga  tau  brutice, 
^^               Pèr  bouta  fin  au  long  suplice 

De  la  raço  oumenenco  ostacado  au  pieloun, 
A  manda  soun  Fiéu:  nus  e  paure, 
^^  Emé  pas  un  rai  que  lou  daure, 

Soun  Fiéu  es  davala  s'enclaure 

Dins  lou  sen  d'uno  Vierge;  es  na  sus  d'estoubloun  ! 

*^       45     0  pople  d'Arle,  penitènci! 

Coumpagnoun  de  soun  eisistènci^ 
Te  poudèn  afourti  si  miracle:  eilalin, 
'*^  Is  encountrado  mounte  coulo 

Lou  blound  Jourdan,  entre  uno  foulo 

Espeiandrado  e  mau  sadoulo, 
^^^      L'avèn  vist  blanqueja  dins  sa  raubo  de  lin  ! 

^  Estolo  (étole),  employée  ici  avec  le  sens  primitif  du  mot  latin  stola. 


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230  cànt  \oungen. 

46  E  nous  parlavo  qu'entre  nautre 
Falié  s'ama  lis  un  lis  autre; 

^*®      Nous  parlavo  de  Dieu,  tout  bon,  tout  pouderous; 
E  dóu  reiaume  de  soun  Paire, 
Que  noun  sara  pèr  li  troumpaire, 

^*  Lis  auturous,  lis  usurpaire, 

Mai  bèn  pèr  li  pichot,  li  simple,  li  plourous. 

47  E  fasié  fe  de  sa  dóutrino 
824  En  caminant  sus  la  marine; 

Li  malaut,  d'un  cop  d'iue,  d'un  mot  li  garissié  ; 
Li  mort,  mau-grat  lou  sourne  barri, 
^■^  Soun  revengu  :  vaqui  Lazàri 

Que  pourrissié  dins  lou  susàri!... 
Mai,  rèn  que  pèr  acò,  boúfre  de  jalousie, 

5^       48     Li  rèi  de  la  nacioun  Jusiolo 

L'an  près,  l'an  mena  su  'no  colo, 
Clavela  su  'n  trounc  d'aubre,  abéura  d'amarun, 

888  Cubert  d'escra  sa  santo  fàci, 

E  pièi  auboura  dins  Tespàci, 
En  se  trufant  d'eu !...>»   —   ««Qràci!  gràci!»» 

88«      Esclatè  tout  lou  pople,  estoufa  dóu  plourun; 

49  ««Gràci  pèr  nautre!    Que  fau  faire 
Pèr  desarma  lou  bras  dóu  Paire? 

88*      Parle,  ome  de  Dieu,  parle!  e  s'es  de  sang  que  vòu, 

lé  semoundren  cent  sacrefice!>» 

««Inmoulas-ié  vòsti  délice, 
8*3  In  moulas  vosto  fam  de  vice,»> 

Respoundeguè  lou  Sant  en  se  jitani  pèr  sou. 

50  «»Nàni,  Segnour!  ço  que  t'agrado, 
8*^                N'es  pas  l'óudour  d'uno  tuado. 

Ni  li  temple  de  pèiro:  âmes,  âmes  bèn  mai 
Lou  tros  d'artoun  que  Ton  présente 
8*8  A  l'afama,  vo  la  jouvènto 

Que  vèn  à  Dieu,  douço  e  cregnènto, 
Oufri  sa  casteta  coume  une  fleur  de  Mai.»» 


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u  SÁ»TO.  281 

85*       51     Di  bouco  dóu  grand  Apoustòli 

Adsìd  raíè  coume  un  sant  òli 
La  pataulo  de  Dieu:  e  plour  de  regoula, 
354  E  malandrous  e  rustícaire 

De  beisa  sa  raubo,  peoaire! 

E  lis  îdolo,  de  tout  caire, 
^^      Sus  li  graso  di  temple  alor  de  barrula! 

52  Entanterío,  en  testimòni, 
L'Avugle-na  (qu'èro  Sidòni), 

'•^      Moustravo  is  Arlaten  si  vistoun  neteja; 

En  d^autre  Massemin  recito 

Lou  Clavela  que  ressuscite, 
868  La  repentènci  qu'es  necito  . . . 

Arle,  aquéu  même  jour,  se  faguè  bateja! 

53  Mai,  counie  uno  auro  qu'escoubiho 
3^  Davans  elo  un  fiò  de  broundiho, 

Sentèn  TEsprit  de  Dieu  que  nous  buto.   E  veioi, 

Coume  partiao,  uno  embassado 
^^  Qu'à  uòsti  pèd  toumbo,  apreissado, 

En  nous  disent:    ««Uno  passade, 
Estrangié  dóu  bon  Dieu,  vougués  bèn  nous  ausi! 

8^       54     Au  brut  de  vòsti  grand  miracle 

E  de  vòsti  nouvèus  ouracle, 
Nous  mando  à  vòsti  pèd  nosto  pauro  ciéuta . . . 
^^5  Sian  mort  sus  nòsti  cambo!    Alabre 

De  sang  uman  e  de  cadabre, 

Dins  nòsti  bos  e  nòsti  vabre 
37*      Un  monstre,  un  flèu  di  dieu,  barrulo . . .   Agués  pieta  ! 


^^  88.  Snr  la  Tarasque  et  sa  légende,  M.  Bancal,  dans  la  Bévue 
encyclopédique  Larousse  dn  31  juillet  1897,  p.  666  8S.,  donne  les  renseigne- 
ments suivants:  «La  plaine  qni  s'étend  à  Test  de  Tarascon  sur  une 
largeur  moyenne  de  6  à  8  kilomètres,  entre  le  pied  du  massif  des  Al- 
pilles  et  de  celui  de  la  Montagnette,  . . .  était  couverte  d'eau  stagnante 
jusqu'au  11«  siècle.  Etangs  et  marais  étaient  les  restes  de  l'ancien 
golfe  qui  avait  couvert  la  partie  inférieure  du  cours  du  Rhône  aux  temps 


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232  CAKT    VOUNGEN. 

55     La  bèstio  a  la  co  d'un  coulobre, 
A  d'iue  mai  rouge  qu^un  cinobre; 
^®*      Sus  Tesquino  a  d'escaumo  e  d'àsti  que  fan  pou! 
D'un  gros  lioun  porto  lou  mourre, 
E  Bièis  pèd  d'orne  pèr  miés  courre; 
^®*  Dins  sa  cafomo,  souto  un  mourre 

Que  doumino  lou  Rose,  emporte  ço  que  pou. 


préhistoriques . . .  Les  habitants  du  plateau  des  Alpilles,  qui,  suivant  les 
recherches  des  historiens  locanx,  ont  été  les  ancêtres  des  Tarasconais 
actuels,  décimés  par  les  fièvres  paludéennes,  rendaient  un  culte  et  offraient 
des  sacrifices  aux  génies  malfaisants  des  eanx.  Pour  eux,  ces  génies 
revêtaient  la  forme  de  monstres  que  l'imagination  populaire  a  perpétuée 
jusqu'à  nos  jours.  Les  Baux,  Eyragues,  Noves.  Tarascon,  avaient  leurs 
TarasqueSy  dont  on  a  trouvé  les  images  dans  les  raines  des  anciens 
habitats  et  que  les  auteurs  du  12«  siècle  ont  décrites  avec  des  détails 
montrant  qu'ils  considéraient  ces  animaux  monstrueux  comme  d'effrayantes 
réalités.  La  Tarasque  trouvée  à  Noves  est  en  pierre.  Elle  est  conservée 
au  musée  d'Avignon.  Par  la  tête  et  les  pattes,  elle  ressemble  à  un 
ours;  elle  a  une  queue  de  lion  et  des  écailles  sur  tout  le  corps.  Pour 
montrer  l'instinct  destructeur  dont  elle  était  animée,  l'artiste  a  placé 
une  tête  humaine  dans  chacune  de  ses  griffes  antérieures  et  dans  sa 
gueule  un  petit  enfant!  Celle  des  Baux  ressemble  plutôt  à  un  lion. 
Non  moins  féroce  que  sa  voisine,  elle  est  représentée  dévorant  un 
homme.  Les  chercheurs  n'ont  pas  encore  découvert  la  Tarasque  de 
Tarascon;  mais,  d'après  la  Vie  de  sainte  Marthe,  'c'était  un  terrible 
dragon,  d'une  longueur  incroyable  et  d'une  grosseur  extraordinaire  ;  son 
souffle  répandait  an  air  empesté;  ses  yeux  lançaient  des  flammes;  sa 
gueule  était  armée  de  dents  aiguës  et  tranchantes,  et  il  en  sortait 
d'horribles  rugissements.'  —  'C'était  un  monstre  à  la  fois  terrestre  et 
aquatique,  plus  grand  qu'un  taureau  de  haute  taille,  avec  une  tête  de 
tigre,  une  crinière  de  cheval,  des  griffes  acérées  et  une  peau  couverte 
d'écaillés  .  .  .*  D'autres  en  font  soit  une  espèce  de  tortue  venue  de 
l'Océan,  soit  un  de  ces  énormes  animaux  de  la  période  tertiaire . . . 

La  tradition  et  la  légende  veulent  que  Marthe,  sœur  de  Marie  et 
de  Lazare ,  venue  de  Palestine  en  Gaule ,  ait  apporté  rÉ.vangile  à  Ta- 
rascon, et  dompté  la  Tarasque.  jusque-là  fiéau  de  la  population.  Sainte 
Marthe  fut  inhumée  dans  la  crypte  qu'elle  avait  fait  construire.  Sur  cette 
crypte  fut  édifiée  au  12«  siècle  une  église  qui  fut  reconstruite  en  1379. 
Le  tombeau  de  la  sainte,  qu'on  voit  actuellement  dans  la  crypte,  a  été 


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U   SANTO.  233 

56     Tóuti  li  jour  nòsti  pescaire 
•^^  S'esclargisson  que  mai,  pecaire!»> 

E  li  Tarascounen  se  bouton  à  ploura. 
Mai,  sèuBo  pauso  ni  chaucello, 
'^  Marto  s'escrido:  ««Emé  Marcello 

léu  i'anarai!    Moud  cor  bacello 
De  courre  à-n-aquéu  pople  e  de  lou  deliéura.»» 


refait  dans  les  temps  modernes.    Il  reste  de  Tédifice  primitif  le  porche, 
qni  condnit  à  la  crypte,  et  le  portai]  dn  midi . . . 

Voici  la  gracieuse  légende  de  sainte  Marthe,  telle  qu'elle  a  cours 
actuellement  dans  la  population  tarasconaise  :  Ce  que  je  vais  vous  dire 
date  de  longtemps:  deux  mille  ans  et  plus  peut-être!  Tarascon  ne 
jouissait  pas,  comme  aujourd'hui,  d'une  tranquillité  parfaite  à  Tombre 
de  ses  grands  peupliers  blancs  que  les  riverains  du  Rhône  aiment  tant, 
qui  poussent  par  bénédiction,  donnant  une  ombre  fraîche  et  claire  avec 
leurs  jolies  feuilles  vertes  doublées  de  coton  blanc  que  les  oiseaux  vien- 
nent butiner  pour  rembourrer  leur  nids.  Le  Rhône,  le  large  Rhône, 
n'avait  pas  encore  vu  ses  bords  resserrés  et  fixés  par  des  digues  que 
rien  n'ébranle:  à  cette  lointaine  époque,  le  terrible  fleuve  allait  de  çà 
de  là,  divaguant  au  hasard,  à  la  garde  de  Dieu,  majestueux  et  énorme, 
courant  partout  comme  un  cheval  échappé,  et  on  le  laissait  faire.  Chênes 
géants,  peupliers  élancés  et  musicaux,  arbres  de  toute  espèce  se  mêlaient, 
s'enchevêtraient  en  un  hallier  sauvage,  et  cela  durait  depuis  des  centaines 
et  des  centaines  d'années;  les  rives,  les  îles  en  étaient  couvertes:  forêt 
mystérieuse,  épaisse  et  sombre,  où  la  lumière  ne  pénétrait  point  et  où 
régnait  la  peur!  Le  Bote  noir,  comme  on  l'appelait,  horrible,  effrayant,  ja- 
mais personne  ne  l'avait  traversé  ;  y  penser  seulement  faisait  frémir  d'épou- 
vante. Mais  il  faut  tout  dire  :  le  Bois  noir  était  fréquenté  et  gardé  par  un 
monstre  comme  on  n'en  verra  plus  jamais,  et  le  grand  rocher  qui  s'éle- 
vait près  de  la  ville,  ce  grand  rocher  où  aujourd'hui  se  dresse  au  soleil 
qui  dore  ses  murailles  le  château  armorié  de  notre  bon  roi  René  de 
Provence,  cachait  dans  ses  cavernes  une  bête  féroce  d'une  force  sans 
égale  qui  ravageait  tout,  bètes  et  gens,  tuait  tout,  mangeait  tout.  Cette 
béte  féroce  était  la  Ta¥-asque.  Elle  avait  des  pieds  humains,  un  corps 
de  lézard ,  effrayant ,  avec  des  dards  sur  son  dos ,  une  tête  de  lion, 
des  yeux  qui  jetaient  du  feu,  des  mâchoires  rouges  et  une  queue! 
oh  !  quelle  queue  !  longue,  longue  et  qui  balayait  tout  là  où  elle  passait. 
On  ne  saura  jamais  combien  de  pauvres  gens  ce  monstre  avait  en- 
gloutis. Aussi  les  bons  Tarasconais,  pâles  et  tremblants,  s'assem- 
blaient chaque  matin  derrière  les  murs  de  leur  petite  ville,  et,  avec  ap- 


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234  CANT  VOUNGBN. 

398        57     pèr  la  darriero  fes  sus  terro, 
Nous  embrassau,  emé  Pespèro 
De  nous  revèire  au  cèu,  e  nous  desseparan* 

^^  Limoge  aguè  Marciau;  Toulouso 

De  Savournin  fugue  Tespouso; 
E  dins  Aurenjo  la  poumpouso 

^*^      Estròpi  lou  proumié  semeuè  lou  bon  gran. 


préhension,  tristement  se  comptaient.  Hèlas  !  il  manquait  toujours  quel- 
qu'un. Us  se  regardaient  alors  épouvantés:  'Qui  sera,  se  disaient-ils. 
pris  aujourd'hui  et  dévoré?'  Les  plus  hardis,  les  plus  forts  avaient  bien 
essayé  de  lutter,  et  avaient  autrefois  tenté  une  battue,  mais  aucun  d'eux 
n'en  était  revenu.  Adieu  la  chasse  et  la  pêche,  adieu  les  douces  promenades 
dans  les  saulaies  des  bords  du  Rhône,  sous  les  charmants  ombrages  à  la 
fois  sauvages  et  intimes  ;  adieu  fêtes  et  farandoles  !  Personne  ne  dormait 
plus,  et  les  gens  affolés  ne  savaient  où  se  réfugier.  Plus  d'espoir!  £t 
que  pouvait -on  espérer  enfin?  —  Et  pourtant  il  restait  encore  un 
espoir,  pas  grand,  oh  non  !  tout  au  plus  un  lumignon  qui  brillait  à  peine, 
mais  enfin  tel  qu'il  était,  ce  lumignon  ne  s'était  pas  éteint.  Un  prophète, 
longtemps  auparavant,  était  passé  un  jour  à  Tarascon,  et,  en  traversant 
la  ville,  avait  prédit  qu'une  vierge,  venue  des  pays  du  Levant,  annon- 
cerait le  vrai  Dieu,  apporterait  un  nouvel  évangile  et  sauverait  le  pays 
du  démon.  Et  pour  les  Tarasconais  il  ne  pouvait  y  avoir  d'autre  démon 
que  la  Tarasque  !  L'oracle  était  donc  clair  :  cette  vierge  attendue  devait 
délivrer  le  pays  de  la  Tarasque.  Et  on  attendait  sans  se  lasser  cette 
divine  vierge  de  la  prophétie,  cette  libératrice  puissante,  inconnue,  mais 
promise.  Et  le  temps  s'écoulait,  et  rien  ne  paraissait  encore.  Les 
vieilles  gens,  qui  avaient  autrefois  entendu  la  prophétie,  étaient  tons 
morts,  et  la  Tarasque  semblait  plus  enragée  que  jamais. 

Pourtant  un  matin  un  grand  mouvement  se  propagea  dans  la 
ville.  Au  moment  où  les  Tarasconais  assemblés  se  comptaient,  comme 
d'habitude,  apparut  tout  à  coup  au  milieu  d'eux  une  jeune  fille  que  per- 
sonne n'avait  encore  vue,  belle  comme  le  jour  levant,  le  front  auréolé. 
Une  croix  étincelait  sur  sa  poitrine  et  elle  était  vêtue  d'un  costume 
étranger.  Tout  à  coup  elle  prit  la  parole,  sans  peur  ni  crainte:  'Avec 
l'aide  de  Dieu/  dit-elle,  *je  viens,  Tarasconnais,  comme  on  vous  l'a  an- 
noncé autrefois,  accomplir  votre  délivrance.*  Elle  parla  ensuite  de  ce  Dieu 
nouveau,  de  son  empire  céleste,  de  sa  gloire,  de  sa  grâce,  d'une  manière 
si  parfaite  et  si  touchante  que  les  Tarasconais  tombèrent  à  genoux 
devant  l'adorable  inconnue:    *0h!  qui  que  tu  sois,  libératrice  attendue,' 


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LI   SANTO.  235 


58     Mai  ouDte  vas,  tu,  douço  vierge?.. 
Em'  uno  crous,  em'  un  asperge, 
^^      Marto,  d'un  èr  seren,  caminavo  tout  dre 
Vers  la  Tarasco;  li  Barbare 
Noun  poudènt  crèire  que  s'apare, 
*^  Pèr  espincha  lou  coumbat  rare, 

Eron  tóuti  mounta  sus  li  pin  de  Tendre. 


s'écrièrent-ils,  ton  Dien  sera  notre  Dieu  ;  nous  n'en  voulons  point  d'antre. 
Mais  délivre-nous,  hâte-toi,  le  temps  presse.' 

Cette  vierge  était  Marthe,  la  simple  et  douce  fille  de  Galilée, 
venue  en  Provence  avec  Marie-Madeleine  pour  prêcher  rèvangile  de  paix, 
sainte  Marthe,  qui  devait  être  un  jour  honorée  comme  la  grande  patronne 
du  pays.  Conduite  par  le  peuple  enthousiasmé  et  tressaillant  d'espérance, 
elle  se  dirige  vers  le  fameux  rocher  où  la  bête  rassasiée  dormait  son 
monstrueux  sommeil.  *Au  nom  du  Père,  du  Fils  et  du  Saint-Esprit!* 
dit  la  sainte;  et  tranquille,  sans  effroi,  elle  attendit  Subitement,  la 
Tarasque  s'élança  de  sa  grotte,  écumante,  furieuse,  la  gueule  ouverte . . . 
La  sainte,  sereine  et  radieuse,  traça  dans  l'air,  de  sa  main  fine,  le 
signe  de  la  croix,  et  l'horrible  bête,  frémissante  et  grondante,  rampa 
doucement  et  vint  s'accroupir  à  ses  pieds  comme  un  jeune  chien. 
La  vierge  de  Judée  dénoua  sa  ceinture  de  soie  rose,  ceintiure  de 
jeunesse  et  d'innocence,  et  en  entourant  le  cou  rugueux  du  monstre 
dompté,  le  conduisit  ainsi  attaché,  en  triomphe,  vers  la  ville.  Et  tou- 
jours le  menant  par  son  simple  ruban,  elle  lui  fit  faire  trois  fois  le  tour 
des  barrières.  Chaque  fois  que  la  Tarasque  passait  devant  son  antre, 
un  frémissement  l'agitait  :  elle  se  tortillait,  dressant  ses  dards,  et  les 
rudes  poils  de  sa  crinière  grinçaient  comme  des  fils  de  métal.  Mais  sa 
rage  ne  durait  pas  ;  elle  penchait  la  tête,  et  obéissante,  suivait  doucement 
la  dompteuse  éblouissante  qui  commandait  au  nom  du  Père,  du  Fils  et 
du  Saint-Esprit.  Lorsque  les  trois  tours  furent  terminés,  la  sainte  s'arrêta, 
détacha  sa  ceinture  du  cou  de  la  bête,  et  étendant  la  main  vers  le  terrible 
rocher  où  le  monstre  avait  dévoré  tant  de  pauvres  gens,  elle  fit  encore 
un  signe  de  croix.  Alors,  ô  merveille!  le  Rhône  ècumant  se  resserra, 
ses  eaux  se  retirèrent  et  taiirent  à  découvert,  vaste  et  profonde,  l'entrée 
de  la  grotte.  La  Tarasque  se  dirigea  vers  son  antre.  Arrivée  là,  elle 
jeta  un  long  regard  de  regret  vers  le  Bois  noir,  son  domaine  inviolé; 
vers  le  Rhône,  dompté  lui  aussi,  où  elle  se  baignait  au  retour  de  ses 
sanglants  exploits;  vers  Tarascon,  qui  jusqu'alors  l'avait  abondamment 
pourvue.    Elle  rugit  une  dernière  fois,    et  rentrant  enfin   dans  son 


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236  CAKT   VOUNGEfî. 

59     DestraBsouna,  poun  dÌDS  soun  soustre, 
^°^  AguèssGB  vist  bouinbi  lou  moustre!... 

Mai  souto  Taigo  santo  a  bèu  se  trevira, 
De-bado  reno,  siblo  e  boufo . . . 
•**^  Marto,  em'  un  prim  seden  de  nioufo, 

L'embourgino,  Tadus  que  broufo . . . 
Lou  pople  tout  entié  oourreguè  l'adoura! 

<i*        60     ««Quau  siés?    La  cassarello  DîanoP»» 

Venien  à  la  jouino  Crestiano, 
««O  Minervo  la  casto  e  la  fortoP»»    ««Noud,  noun,»> 
^^■^  lé  respoundeguè  la  jouvènto: 

««Siéu  de  moun  Dieu  que  la  servènto:»» 

E  quatecant  lis  assavènto, 
420      E  'm»  eio  davans  Dieu  pleguèron  lou  geinoun. 

61     De  sa  paraulo  vierginenco 

Piqué  la  roco  Avignounenco ... 
*2«      E  la  fe  talamen  à  belle  oundo  gisclè 
Que  li  Clemèn  e  li  Gregòri, 


tron  béant,  elle  s'y  enfonça  comme  en  nn  tombean.  Le  Rhône  reprit 
subitement  son  ancien  cours ,  couvrant  complètement  Touverture  de  la 
caverne,  pendant  que  la  douce  Marthe,  au  nom  du  Père,  du  Fils  et  dn 
Saint-Esprit,  ordonnait  au  monstre  de  ne  plus  en  sortir  jusqu'à  la  fin 
des  siècles  !  Depuis  lors,  quand  le  mistral  furieux  agite  les  eaux  du  fleuve, 
quand  les  îlots  déchaînés  se  précipitent  bruyamment  vers  la  mer,  on 
entend  parfois  un  sourd  bramement  qui  paraît  venir  de  loin  sons  le 
rocher  de  la  Tarasque.  Ne  vous  avisez  pas  de  dire:  *C'est  le  mistral 
qui  fait  des  siennes.  C'est  le  Rhône  qui  lutte  contre  le  vent/  Ah! 
mon  Dieu,  non!  Les  Tarasconais  se  souviennent:  c^est  la  Tarasqne 
qui,  un  moment  réveillée  de  son  sommeil  de  *deux  mille  ans,  rugit  dans 
sa  caverne  profonde.  Mais  elle  n'en  sortira  pas.  Au  nom  du  Père,  du 
Fils  et  du  Saint-Esprit.» 

*^  Li  Clément:  Clément  V,  premier  pape  d'Avignon  (1305—14): 
Clément  VI,  pape  d'Avignon  (1342—52):  Clément  Vil,  antipape  qni 
siégea  à  Avignon  (1378  -94).  —  TA  Gregòri  :  Grégoire  XI,  pape  à  Avignon 
(1371-8). 


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Ll   SANfO.  237 

Pu  tard,  emé  soun  sant  cibòri, 
^^  Vendrai!  ié  béure.    Pèr  sa  glòri 

r  a  Roumo  qu'eilalin  setanto  an  tremoulè! 

62    Pamens,  déjà  de  la  Prouvènço 
***  Mountavo  un  cant  de  reneissènço 

Que  fasié  gau  à  Dieu:  Tas  agu  remarca, 
Tre  qu'a  plóugu  'n  degout  de  plueio, 
*^*  Coume  tout  aubre  e  touto  brueio 

Aubouron  lèu  sa  gaio  fueioP  • 
Ân>in  tout  cor  brûlant  courrié  se  refresca. 

485        53     Tu  mémo,  auturouso  Marsiho, 

Que  sus  la  mar  duerbes  ti  ciho, 
E  que  rèn  de  ta  mar  noun  te  pou  leva  l'iue, 
^^^  E  qu'en  despié  di  vent  countràri, 

Sounges  qu'à  l'or  entre  ti  barri, 

A  la  paraulo  de  Lazàri, 
**'      Rebalères  ta  visto  e  veguères  ta  niue! 

64  E  dins  l'Uvèuno  que  s'aveno 
Emé  li  plour  de  Madaleno, 

*^*      Lavères  davans  Dieu  toun  orre  queitivié  ... 

Vuei  tourna-mai  drèisses  la  tèsto  . . . 

Davans  que  boufe  la  tempèsto, 
**^  Ensouvène-te,  dins  ti  fèsto, 

Di  plour  madalenen  baguant  tis  óulivié! 

65  Colo  de-z-Ais,  cresten  arèbre 
*^  De  la  Sambuco,  vièi  genèbre, 

*^  Setanto  an,  soixante-dix  ans.  Exactement,  les  papes  (reconnus) 
ont  séjourné  à  Avignon  pendant  68  ans:  de  1309  à  1377. 

***  L'Uvèuno  (L'Huveaune),  petit.e  rivière  qui  prend  sa  source 
à  la  Sainte-Baume  (Var  ;  voy.  V,  407  note),  passe  à  Aubagne  et  se  jette 
à  la  mer,  à  Marseille,  au  bout  de  la  promenade  du  Prado.  Une  pieuse 
et  poétique  légende  attribue  son  origine  aux  larmes  de  sainte  Madeleine, 
a.  V.  456  ss. 

**^  ss.  Samimco  (Sambuque)  montagne  à  l'orient  d'Aix.  Voy.  VI,  499 
note.  '  Esteréu  (Estérel),  massif  de  montagnes  isolé,  au  dép.  du  Var,  formé  de 


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23Ô  OàKT  VOtJNGËIÎ. 

Grand  pÌD  que  vestissès  li  baus  de  TEsteréu, 
Vous,  mourven  de  la  Trevaresso, 
^^'  Redigas  de  quinto  alegresBO 

Vòsti  coumbo  fuguèron  presse, 
Quand  passé  Massemin  pourtant  la  crous  em'  eu! 

^^        66    Mai,  alin,  la  veses  aquelo 

Que,  si  bras  blanc  sarra  contre  elo, 
Prègo  au  founs  d'uno  baume?   Ai!   pauro!  si  geinoun 

^^^  Se  maçon  à  la  roco  duro, 

E  n'a  pèr  toute  vestiduro 
Que  sa  bloundo  cabeladuro, 

^^      E  la  lune  la  viho  emé  soun  lumenoun. 

67  E  pèr  la  vèire  dins  la  baume, 
Lou  bos  se  clino  e  fai  calaumo; 

465      E  i'  a  d'ange,  tenènt  lou  batre  de  si  cor. 

Que  Tespincbon  pèr  une  esclèiro; 

E  quand  perlejo  sus  la  pèiro 
^^  Un  de  si  pleur,  en  grand  pressèiro 

Van  lou  cueie  e  lou  mètre  en  un  calice  d'or! 

68  N'i'a  proun,  n'i'a  proun,  o  Madaleno! 
^'^                Lou  vent  que  dins  lou  bos  aleno 

T'adus  dempièi  trente  an  lou  perdoun  dóu  Segnour; 
E  de  ti  pleur  la  roco  mémo 
^'^^  Plourara  sèmpre;  e  ti  lagremo 

Sèmpre,  sus  tout  amour  de  femo, 
Coume  une  auro  de  nèu,  jitaran  la  blancour! 

^'^'^        69     Mai  dóu  regret  que  Testransino 
Rèn  counsoulavo  la  mesquine: 


roches  primitives  d'émption,  tandis  que  les  ramifications  des  Alpes  qui  Ta- 
voisinent  le  sont  de  masses  calcaires  stratifiées.  Ces  montagnes  sont  à  pen 
près  désertes  et  incultes:  il  y  a  des  bois  de  chênes -liège  et  de  pins. 
—  Trevaresso  (Trévaresse),  chaîne  de  montagnes  entre  la  Touloubre,  la 
Purance  et  le  canal  de  Craponne.  —  Sur  Massemin  (Maxindn),  voy.  XI, 
87  note. 


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LI  8ÀKT0.  23Ô 

Ni  1Î8  aucelounet  qu'en  foulo  au  Sant-Pieloun, 
^^  Pèr  èstre  benesi,  nisavoD  ; 

Ni  lis  ange  que  Tenaussavon 

A  la  brasseto  e  la  bressavon 
^^      Sèt  fes  tóuti  li  jour,  en  l'èr  sus  li  valoun  ! 

70  A  tu,  Segnour,  à  tu  revèngue 
Toute  lausènjo!  à  nautre  avèngue 

'•*•      De  te  vèire  sens  fin  tout  lusènt  e  verai! 

Pàuri  femo  despatriado. 

Mai  de  toun  amour  embriado, 
^®®  De  toun  etemo  souleiado 

Avèn,  nàutri  peréu,  escampa  quàuqui  rai! 

71  Colo  Baussenco,  Aupiho  bluio, 
^^               Vòsti  calanc,  vòstis  aguïo, 

De  nosto  predicanço  à  toustèms  gardaran 

La  gravaduro  peirounenco. 
*•*  I  soulitudo  palunenco, 

Au  fouDs  de  l'isclo  Camarguenco, 
La  mort  nous  alóujè  de  nòsti  jour  óubrant. 

498        72     Coume  en  toute  cause  que  toumbo, 
L'óublit  rescoundè  lèu  li  toumbo. 
La  Prouvènço  cantavo,  e  lou  tèms  courreguè; 
^'  E  coume  au  Rose  la  Durènço 

*'•   Sant-Pieloun,    Voy.  Vil,  498  note. 

^^8.  On  a  vn,  dans  le  récit  des  Saintes  Maries,  qne  la  barque 
des  saints  proscrits  aborda  à  Textrèmité  de  Tîle  de  Camargne.  Ces 
premiers  apôtres  des  Ganles  remontèrent  le  Rhône  jnsqn'à  Arles,  et  de 
là  se  dispersèrent  dans  le  Midi.  Telle  est  la  tradition  arlésienne.  La 
tradition  des  habitants  des  Baux  reprend  alors  et  continue  Todyssée  des 
saintes  femmes:  elle  dit  qne  ces  dernières  vinrent  prêcher  la  foi  dans 
les  Alpines,  et  qne  pour  éterniser  le  sonvenir  de  leur  prédication,  elles 
gravèrent  miracnlensement  lenrs  effigies  snr  on  rocher.  Au  levant  dn 
rocher  des  Baux,  on  voit  encore  ce  mystérieux  et  antique  monument: 
c'est  un  énorme  bloc  détaché,  debout  sur  le  penchant  d'un  précipice,  et 
taillé  en  aiguille.  Snr  sa  face  orientale  sont  sculptées  trois  figures 
grandioses,  objets  de  la  vénération  des  populations  voisines. 


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240  CANT   VOtJNGEK.      LI  8ANT0. 

Perd  à  la  fin  soun  escourrènço, 
Lou  gai  reiaume  de  Prouvènço 
^^      Dins  lou  sen  de  la  Franco  à  la  fin  s^aniaguè. 

73  ««Franco,  emé  tu  meno  ta  sorre!»» 
Digue  80un  darrié  rèi,  «<iéu  more. 

^^      Gandissès-vous  ensèn  alin  vers  l'aveni 

Au  grand  prefa  que  vous  apello . . . 
Tu  siés  la  forto,  elo  es  la  belle! 

^^^  Veirés  fugi  la  niue  rebelle 

Davans  la  resplendour  de  vòsti  front  uni.>> 

74  Reinié  faguè  'có  bèu.    Un  sero 
^'^  Qu'entre-dourmié  dins  sa  coucero, 

lé  moustrerian  lou  rode  ounte  èron  nòstis  os:    • 

Emé  douge  evesque,  si  page, 
^*^  Sa  belle  court,  sis  équipage, 

Lou  rèi  venguè  sus  lou  ribage, 
E  souto  lis  engano  atrouvè  nòsti  cros. 

^*®        75     Adieu,  Mirèio  !.. .    L'ouro  voie, 

Vesèn  la  vido  que  trémolo 
Dins  toun  cors,  coume  un  lume  en  anant  s'amoussa . 
^^  De  davans  que  Tamo  lou  quite, 

Parten,  mi  sorre,  parten  vite! 

Vers  li  bèlli  cimo,  es  necite 
^2^      Qu'arriben  davans  elo,  es  necite  e  pressa. 

76     De  rose,  une  raubo  nevenco 
Alestissen-ié  :  viorginenco 
^*®      E  martiro  d'amour,  la  chato  vai  mouri  ! 
Flourissès-vous,  celèsti  lèio! 
Sànti  clarour  de  l'empirèio, 
Escanipas-vous  davans  Mirèio  ! . . . 
Glòri  au  Paire  em'  au  Fiéu  em'  au  Sant  Esperit!» 


531 


*•»/>•  Voy.  I,  352  et  XI  >)  notes. 


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CANT  DOUGEN 

LA  MORT 

Lon  paît  dis  arangre.  —  Li  Santo  ramoimton  an  paradis.  —  Loa  paire  emé  la  maire  ar- 
ribon.  —  Li  Santen  mounton  Mirèio  à  la  oapello-z-auto ,  ounte  i*a  li  relide.  —  La 
glèito  di  Sànti  Mario.  —  Li  suplicaoioan.  —  La  plajo  oattargueaco.  —  Vincèn  arribo 
e  sa  doulonr  desboundo.  —  Loa  cantioo  di  Santen.  —  Darriero  resionn  de  Mirèio  :  vèi 
li  SAnti  MarW  emplanado  dlns  la  mar.  —  Darriérl  paraulo  e  luminouso  mort  de  la 
ebatoono.  —  Li  oonmplancho,  la  deaesperanço. 

1  Au  païs  dis  arange,  à  Touro 
Que  lou  jour  de  Dieu  s'esvapouro 

*  E  que  li  pescadou,  qu'an  cala  si  jambin, 

Tiron  si  barco  à  la  calanco, 
E  que,  leissant  parti  la  branco, 

*  Sus  la  cabesso  vo  sus  Tanco 

Li  chato  en  s'ajudant  cargon  si  plen  gourbin; 

2  Di  ribo  ounte  TArgèns  varaio, 

*  Di  piano,  di  coulet,  di  draio, 
S'enausso  peralin  un  long  Cor  de  cansoun. 

Mai  belamen  de  la  cabruno, 
^^  Cant  d'amour,  èr  de  canto-bruno 

Pau  à  pau  dins  li  colo  bruno 
S'esperdon,  e  vèn  l'oumbro  emé  la  languisoun. 


*  Lou  pais  dis  arange ,  la  côte  d'Azur  (Hyères ,  Cannes ,  Nice  et 
Ligurie). 

*  Leissant  parti  la  hranco,  laissant  partir  la  branche  où  elles  ont 
caeilli  des  fruits. 

*  Argèns,  Argens.  rivière  du  département  du  Var,  dont  la  source 
se  trouve  non  loin  de  la  grotte  où  sainte  Madeleine  finit  ses  jours  (voy. 
V,  407  note)  et  qui  se  jette  dans  le  golfe  de  Fréjus. 

16 


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242  CANT   DOUORIÍ. 

^^  3     Di  Mario  que  s'envoulavon 

ÂDSÌD  li  paraulo  calavon, 
Calavoo  pau  à  pau,  de  nivo  en  nivo  d'or: 
*®  Semblavo  un  resson  de  cantico, 

Semblavo  uno  liuencho  musico 

Qu^en  dessus  de  la  glèiso  autico 
21        S^nanavo  emé  Tauro.    Elo,  sèmblo  que  dor 

4  E  que  pantaio  ageinouiado 
E  qu^uDo  estranjo  souleiado 

**      Encourouno  soun  front  de  nouvèlli  bèuta. 

Mai,  dins  lis  erme  e  li  jouncado, 

Si  yièi  parent  tant  Tan  cercado 
2^  Qu'à  la  perfin  Tan  destouscado; 

E  dre,  souto  lou  porge,  alucon  espanta. 

5  Prenon  pamens  d'aigo-signado, 

^  M  an  don  au  front  sa  man  bagnado. 

Sus  lou  bard  que  respond  e  la  femo  e  lou  yièi 
Dedins  s'avançon  . . .  E^aurido 
*^  Courae  quand  subran  uno  trido 

Vèi  li  oassaire:  «Moun  Dieu!»  crido, 
«Paire  e  maire,  ounte  anas?»    E  de  vèire  quau  vèi, 

**  6     Mirèîo  toumbo  aqui.    Sa  maire, 

Em'  un  visage  lagreraaire, 
lé  cour  e  dins  si  bras  l'aganto  e  ié  disié: 
'^  «Qu'as,  que  toun  front  es  caud  que  brulo? 

Noun,  es  pa  'n  sounge  que  m'embulo. 

Es  elo  qu'à  mi  pèd  barrulo, 
*2       Es  elo,  es  moun  enfant!...»    E  plouravo  e  risié. 

7     «Mirèio,  ma  belle  mignoto. 
Es  iéu  que  sarre  ta  manoto, 
^^       Iéu  toun  paire!...»    E  lou  vièi,   que  la  douleur  esten, 
lé  recaufavo  si  man  morto. 


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LA  Mottt.  243 

Lou  vent  déjà  pamens  emporte 
^  La  grand  nouvelle:  à  plen  de  porto, 

Dins  la  glèiso,  esmougu,  s'acampon  li  Santen. 

8     «Mountas-la,  mountas  la  malauto!» 
^^  Venien;  «à  la  capello-z-auto 

Mountas-la,  tout-d'un-tèms !  que  toque  li  sants  os! 
Dins  si  caisso  miraclejanto 
^  Que  baise  nòsti  grandi  Santo 

De  si  bouqueté  angounisanto!» 
Li  femo  tout-d'un-tèms  l'arrapon  entre  dos. 

^'  9     Depèr-d'aut  de  la  glèiso  belle, 

Ta  très  autar,  i'a  très  eapello 
Bastide  une  sus  l'autre  en  blot  de.  roucas  viéu. 

^  Dins  la  eapello  sousterrado 

l'a  Santo  Saro,  venerado 
Di  brun  Bóumian  ;  mai  aubourado, 

^       La  segoundo  es  aquelo  ounte  es  Tautar  de  Dieu. 

10  Sus  li  pieloun  dóu  santuàri, 
La  capeleto  mourtuàri 

^       Di  Mario,  amoundaut,  s'enarco  dins  lou  cèu, 
'Mé  li  relicle,  sànti  laisso 
D'ounte  la  gràci  coule  à  raisso.  — 

^  Quatre  clau  pestellon  li  caisso, 

Li  caisso  de  ciprès  emé  si  curbecèu. 

11  Un  cop,  chasque  cent  an,  li  duerbon. 
Urous,  urous,  quand  li  descuerbon, 

Aquéu  que  pou  li  vèire  e  li  touca!  bèu  tèms 

**  lA  Santen^  les  Saintins.  habitants  de  la  ville  des  Saintes  Maries 
(voy.  I,  352  note). 

••  Les  Bohémiens  du  3lidi  de  TEurope  occidentale  ont  une  grande 
yënération  pour  les  saintes  Maries.  Tous  les  ans,  à  la  fête  du  25  mai 
(voy.  I,  352  note),  ils  viennent  en  grand  nombre  aux  Saintes ,  où  ils 
s'adonnent  à  leur  dévotion  dans  la  crypte  qui  contient  les  reliques  de 
sainte  Sara. 

16* 


72 


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244  Câîît  dougên. 

Aura  sa  barco  e  bono  estello, 
■^'^  E  de  sis  aubre  li  jitello 

Auran  de  frucho  à  canestello, 
E  souD  amo  cresènto  aura  lou  bon  toustèms. 

^®        12     TJno  belle  porto  de  chaîne 

Rejoun  aquéu  sacra  doumaine, 
Richamen  fustejado,  e  doun  di  Bèu-Cairen. 

®^  Mai  subre-tout  ço  que  l'aparo, 

Noun  es  la  porto  que  lou  barro, 
Noun  es  lou  barri  que  l'embarro: 

^*     Es  Taflat  que  ié  vèn  di  relarg  azuren. 

13  La  malauto,  à  la  capeleto, 
Dins  la  viseto  virouleto 

^"^      La  mountèron.   Lou  prèire,  en  subrepelis  blanc 
Buto  la  porto.    Dins  la  pousse, 
Coume  un  ordi  grèu  de  si  dòusso 
^  Qu'un  fouletoun  subran  espòusso, 

Tóuti  sus  lou  bardât  s'aboucon  en  quilant: 

14  «0  bèlli  Santo  umanitouso, 

*^  Santo  de  Dieu,  Santo  amistouso! 

D'aquelo  pauro  chato  agués,  agués  pieta!» 
<Agués  pieta!»  la  maire  crido, 
08  «Vous  adurrai,  se  'n-co's  garido, 

tioun  an  eu  d'or,  ma  crous  flourido, 
E  pèr  vilo  e  pèr  champ  iéu  l'anarai  canta!» 

^        15     «0  Santo,  acò  's  ma  pesqueirolo! 
O  Santo,  acò  's  ma  denierolo!> 
Gémis  Mèste  Ramoun  en  turtant  dins  l'oumbrun 
^^  Emé  sa  tèsto  atremoulido. 

«0  Santo,  à-n-elo,  qu'es  poulido, 
Innoucentouno,  enfantoulido, 
La  vido  ié  counvèn:  mai  iéu,  vièi  sabourun. 


105 


*''  Crom  flourido  (croix  fleurie),  croix  d'or,  ornée  de  diamants  aux 
extrémités  des  quatre  branches,  qu'on  portait  au  cou. 


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LA   MORT.  245 

16  léu,  mandas-me  fuma  1i  maulo!    .  .  . 
Lis  iue  barra,  sènso  paraulo, 

108       Mirèio  èro  estendudo.    Ero  alor  sus  lou  tard. 

Pèr  que  l'auro  tamarissiero 

Reviscoulèsse  la  masiero, 
^'^  Dessus  li  lauso  téulissiero 

L'avien  entre-pausado,  en  visto  de  la  mar. 

17  Car  lou  pourtau  (qu'es  la  parpello 
^*^                D'aquelo  benido  capello), 

Regarde  sus  la  glèiso:  alin,  pereilalio, 
D'aqui  se  vèi  la  blanco  raro 
^^*'  Que  jeun  ensèn  e  desseparo 

Lou  oèu  redouD  e  Taigo  amaro; 
Se  vèi  de  la  grand  mar  l'eteme  remoulin. 

'^^        18    De-longo  lis  erso  foulasse 

Que  s'encavaucon,  jamai  lasso 
De  s'esperdre  en  bramant  dins  }i  mouloun  sablons; 
'^  De-vers  la  terro  uno  planuro 

Qu'a  gens  de  fin;  pas  uno  auturo 

Qu'à  soun  entour  fague  centuro; 
*^      Un  cèu  inmènse  e  clar  sus  d'erme  espetaclous. 

19  De  clarinèlli  tamarisso 

Au  mendre  vent  boulegadisso  ; 
^**      De  long  campas  d'engano  e,  dins  l'oundo,  pèr  fes 

Un  VÒU  de  ciéune  que  s'espurgo; 

0  bèn,  dins  la  sansouiro  turgo, 
*^  Uno  manado  que  pasturgo 

O  que  passe  en  nadant  Taigo  dóu  Vacarés. 

20  Mirèio  enfin,  d'un  parla  feble, 
'^               A  murmura  quàuqui  mot  treble: 

«De-vers  la  terro,»  dis,  «emé  de-vers  la  mar 
Sente  veni  dos  alenado: 

»"  Vacarés.    Voy.  IV,  212  note. 


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246  CANT   DOUGEN. 

i88  Uno  di  do8  es  sereDado 

Coume  Talen  di  matinado; 
Mai  Tautro  es  espannado,  ardènto,  e  sent  Tamar.» 

^^'        21     E  se  teisè...    De-vers  la  piano 

E  de-vers  lis  oundo  salano, 
Li  Santen  sus-lou-cop  regardèron  veni; 
1**  E  n'en  veson  un  qu'esfoulisso 

De  revoulun  de  terro  trisso 

Davans  si  pas:  li  tamarisso 
^*'^      Parèisson  davans  eu  s'encourre  e  demeni. 

22  Es  Vincenet  lou  panieraire  ! . . . 
Oh!  paure  drôle  e  de  mau-traire! 

'^      Soun  paire  Mèste  Ambroi  pas-pulèu  i'aguè  di: 
«Moun  íìéu,  sara  pas  pèr  ti  brego 
Lou  poulit  brout  de  falabrego!» 
'^3  Que  tout-d'un-tèms  de  Valabrego, 

Pèr  la  vèire  enca  'n  cop,  parte  coume  un  bandit. 

23  En  Crau  ié  dison  :    «Es  i  Santo!» 
^•^  Rose,  palun,  Crau  alassanto, 

Rèn  Tavié  detengu  de  courre  enjusquo  i  tes. 
Mai  pas-pulèu  es  dins  la  glèiso, 
159  Pas-pulèu  vèi  aquelo  prèisso, 

Pale,  sus  lis  artèu  se  drèisso 
E  cridavo:  «Mounte  es?  ensignas-me  mounte  es!» 

i«2        24     «Es  amoundaut  à  la  capello, 

Dins  uno  angòni  que  trampello!» 
E  lèu  coume  un  perdu  mountè  lou  marridoun. 
*^^  Entre  la  vèire,  vers  l'espàci 

Levé  si  man  emai  sa  fàci: 

«Pèr  encapa  tàli  desgràci, 
^^^      A  Dieu»,  cridè  lou  paure,  «à  Dieu  que  i'ai  fa  donne ^ 

25     «Ai-ti  coupa  la  gargamello 
En  quau  tetère  li  mamelle  ? 
^^^       Escumerga,  m'an  vist  abra  moun  cachimbau 


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LA   MORT.  247 

DÍD8  UDO  glèiso  à  la  viholoP 
0  tirassa  dios  lis  auriolo 
*^*  Lou  Crucefis,  à  la  Jusiolo  ?  . . . 

Qu'ai  fa,  malan  de  Dieu!  pèr  agué  tant  de  mau? 

26     Pas  proun  que  me  l'an  refusado, 
^■^^  Enca  me  l'an  martirisadoi!» 

E  'mbrassè  soun  amigo;  e  de  vèire  Vincèn 
De  la  grand  forço  que  trenavo, 
^^  Lou  mounde  foui  qu'envirounavo 

Sentien  soun  cor  que  tresanavo, 
E  pèr  eu  trasien  peno  e  plouravon  ensèn. 

188        27     E  coume,  i  vabre  d'une  coumbo, 

Lou  brut  d'un  gaudre  que  trestoumbo 
Vai  esmòure  lou  pastre  amount  sus  li  cresten, 

1^^  D6u  founs  de  la  glèiso  mountavo 

La  voues  dóu  pople  que  cantavo, 
E  tout  lou  temple  ressautavo 

^®*       DÓU  cantico  tant  bèu  que  sabon  li  Santen: 

28     «0  Santo,  bèlli  marinière, 
Qu'avès  ohausi  nòsti  sagniero 
^®*      Pèr  i'auboura  dins  l'èr  la  tourre  e  li  merlet 
De  Yosto  glèiso  roussinello, 
Coume  fara  dins  sa  pin  elle 
^^^  Lou  marin,  quand  la  mar  bacello. 

Se  ié  mandas  pas  lèu  voste  bon  ventoulet? 


171^4  Tirassa^  etc.,  «traîner  le  crucifix  dans  les  épines  de  la  lande, 
comme  font  les  profanateurs,  à  la  façon  des  Juifs  dans  le  récit  de  la 
Pas8ion>.  Mistral. 

"®  SB.  Les  strophes  28— HO  donnent  un  résumé  des  invocations 
diverses  qu*on  rencontre  dans  les  cantiques  usités  dans  les  fêtes  des 
saintes  Maries  (25  mai).  On  vend,  le  jour  du  pèlerinage,  des  recueils 
de  cantiques  provençaux  et  français  sur  toutes  sortes  d'airs.  Le  félibre 
arlésien,  Maître  Eyssette  compose  tous  les  ans,  depuis  de  longues  années, 
un  nouveau  cantique  provençal  qu'il  fait  chanter  aux  pèlerins  de  la  fête. 


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248  CAMT   DOU0EN. 

29     Coume  fara  la  pauro  avuglo? 
^^  Ah!  noun  i'a  sàuvi  nimai  buglo 

Que  poscon  ié  gari  soun  lamentable  sort; 
E,  sens  muta,  tout  lou  jour  isto 
^^  En  repassant  sa  vido  triste  . . . 

0  Santo,  rendès-ié  la  vistOy 
Que  Toumbro,  e  toujour  l'oumbro,  es  pire  que  la  mort! 

*-^*        30    Rèino  de  Paradis,  mestresso 

De  la  planuro  d'amaresso, 
Clafissès,  quand  vous  plais,  de  pèis  nosti  fielat: 
207  Mai  à  la  foulo  pecadouiro 

Qu'à  vosto  porto  se  doulouiro, 

0  blànqui  flour  de  la  sansouiro, 
210      S'es  de  pas  que  ié  fau,  de  pas  emplissès-la!* 

31  Ansin  li  bon  Santen  pregavon, 
Emé  de  crid  que  vous  trancavon! 

2*3      E  veici  que  li  Santo  à  la  pauro  que  jai 

Boufèron  un  brisoun  de  voie, 

E  sa  caro  un  brisoun  galoio 
2>*  S'enflourè  d'une  douço  joio, 

Car  de  vèire  Vincèn  i'  agradè  que-noun-sai. 

32  «Moun  bel  ami,  de  mounte  vènes?» 
2*®               Ié  faguè.    «Digo,  t'ensouvènes 

De  la  fes  qu'emé  tu  parlavian  eila  au  mas, 

Asseta  'nsèn  souto  la  triho? 
222  ««Se  quauque  mau  te  desvario. 

Courre  lèu  i  Sànti  Mario,»» 
Me  diguères  alor,  ««auras  lèu  de  soûlas.»» 

225        33     0  Vincenet,  que  noun  pos  vèire 

Dins  moun  cor  coume  dins  un  vèire! 
De  soûlas,  de  soûlas,  n'en  regounflo  moun  cor! 

228  Moun  cor  es  un  lauroun  que  verso: 

Abelimen  de  toute  merço, 
Gràci,  bonur,  n'ai  à  reverso  !  .  .  . 

231      Dis  Ange  dóu  bon  Dieu  entre-vese  li  Cor  ...  - 


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240 


LA  MORT.  249 

34  Áqui  Mirèio  s'abaucavo 

E  dins  restendudo  alucavo: 
^      Semblavo,  peralin  au  fin  founs  de  Ter  blu, 

Vèire  de  cause  espetaclouso. 

Pièi  sa  paraulo  nivouleose 
^^^  Recoumençavo  :  >Ureuso,  urouso 

Lis  amo  que  la  car  en  terre  detèD  plu! 

35  VincèDÎ  as  vist,  quand  remeuntavon, 
Li  fie  de  lume  que  jitavon  !  .  .  . 

Ah!»  dis,  «lou  libre  bèu  que  se  n'en  sarié  fa, 

S'aquéli  resoun  que  m'an  dicho, 
^^  Fin-que  d'une,  s'èron  escricho!» 

Vincèn,  que  Icu  plourun  esquichc, 
Lachè  mai  soun  gounflige  un  mcumen  estoufa: 

^*       36     «Basto  lis  agué  visto!  basto!» 

Eu  cridè,  «coume  une  langasto 
Me  sanéu  à  si  raubo  arrapa  tout  bramant .  .  . 
^^*  Oh!  i'auriéu  di,  rèino  celèsto, 

Soulet  recàti  que  nous  reste, 

Prenès-me  lis  iue  de  la  tèsto 
*^     E  li  dent  de  la  bouco  e  li  det  de  la  man! 

37  Mai  elo,  ma  belle  fadeto. 

Oh!  rendès-me-la  gaiardeto! .  .  .> 
***      <Ve-lèi!  ve-lèi  veni  'mé  si  raubo  de  lin!» 

Elo  subran  se  boute  à  faire. 

E'n  boulegant  pèr  se  desfaire 
^  D'entre  la  faudo  de  sa  maire. 

De  la  man  vers  la  mar  fasié  signe  eilalin. 

38  Quatecant  tóuti  se  dreissèron, 
^^               De-vers  la  mar  tóuti  fissèron 

E,  la  man  sus  lou  front:    «Eilalin  descurbèn^, 
Venien  entre  éli,  «rèn  pèr  aro, 
^  Senoun  alin  la  blanco  rare 

Que  joun  lou  cèu  e  l'aigo  amaro  .  .  . 
Noun,  se  vèi  rèn  vèni .  .  .>    'Si!  si!  regardas  bèn! 


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250  CAMT  DOUQBN. 

2^'^        39     Soun  su  'no  barco  sènso  vélo,* 
Cridè  Mirèio  .  .  .    «Davans  elo, 
Vesès  pas  coume  Toundo  aplano  si  revòu? 

^^  Oh!  qu'es  bèn  éli!    L'èr  clarejo, 

E  l'aleD  siau  que  li  carrejo 
Lou  mai  plan  que  pou  voulastrejo  .  .  . 

2'^^      Lis  aucèu  de  la  mar  li  saludon  à  vòu.* 

40  «La  pauro  chato  ravassejo  .  .  . 
Sus  la  marine  que  rougejo 

^'^      Vesèn  que  lou  soulèu  que  vai  se  cabussa.> 
«Si!  si!  lis  es»,  fai  la  malauto; 
«Boutas!  moun  iue  noun  me  defauto, 

2''^  E  quouro  founso,  quouro-z-auto, 

0  miracle  de  Dieu!  sa  barco  vèn  d'eiça!> 

41  Mai  déjà  venié  'scoulourido, 
282  Coume  uno  blanco  margarido 

Que  lou  dardai  la  rimo,  entre  que  s'espandis; 

E  Vincenet,  l'esfrai  dins  l'amo, 
285  Agrouva  contro  aquelo  qu'amo, 

La  recoumando  à  Kosto-Damo, 
La  recoumando  i  Santo  e  Sant  dóu  Paradis. 

2S8        42     Avien  abra  de  candeleto.  — 
Cencha  de  l'estolo  vióuleto, 
Yenguè  lou  capelan  'mé  lou  pan  angeli 

2^*  Refresca  soun  palai  que  crèmo; 

lé  dounè  pièi  l'Ouncioun  estrèmo 
E  la  Yougnè  'mé  lou  Sant  Crèmo 

29^      En  sèt  part  de  soun  cors,  segound  l'us  catouli. 

43     D'aquéu  moumen  tout  èro  en  pauso; 
Noun  s'entendié  dessus  la  lauso 
2^^      Que  Voremus  dou  prèire.    Au  flanc  de  la  paret, 
Lou  jour-fali  que  se  prefoundo 
Esvalissié  si  clarta  bloundo, 
3^  E  la  marino  à  bèllis  oundo 

Plan-plan  venié  se  roumpre  em'un  long  chafaret. 


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LA  MOKT.  251 

44     ÁgeÌDOUÌa,  soun  tendre  amaire, 
^*^  Emé  soun  paire,  emé  sa  maire, 

Trasien  de  tèms  en  tèms  un  senglut  rau  e  sourd. 
«Ânen!»  digue  Mirèio  encaro, 
^^^^  «La  despartido  se  prépare  .  .  . 

Ânen!  touquen-nous  la  man  aro, 
Que  dóu  front  di  Mario  aumento  la  lusour. 

^^        45     A  Tendavans,  li  flamen  rose 

Courron  déjà  di  bord  dóu  Bose  .  .  . 
Li  tamarisso  en  flour  coumençon  d'adoura. 

^'*  0  boni  Santo!  me  fan  signe 

D'ana  'm'  éli,  qu'ai  rèn  à  eregne, 
Que,  coume  entèndon  is  Ensigne, 

^i^      Sa  barco  en  Paradis  tout  dre  nous  menara.» 

46  Mèste  Ramoun  ié  digue:  «Migo, 
D'avé  'strassa  tant  de  garrigo, 

3^      De  que  vai  me  servi,  se  partes  dóu  maset? 
Car  Tafecioun  que  m'ajudavo. 
De  tu  venié!  La  caud  lardavo, 
^**  Lou  fiò  di  mouto  m'assedavo  .  .  . 

Mai  te  vèire  empourtavo  e  la  caud  e  la  set.» 

47  «Se  'n-cop  veirés  à  voste  lume 
824                Quauque  sant-fèli  que  s'alume, 

Bon  paire,  sara  iéu  .  .  .  Li  Santo,  sus  la  pro, 
Soun  drecho  que  m'espèron  .  .  .  Eto! 
^^  Esperas-me  'no  passadeto  .  .  . 

Yau  plan,  iéu,  que  siéu  malauteto  ...» 
La  maire  alor  esclato:    «Oh!  noun,  noun,  aco  's  trop! 

MO        48     Vole  pas,  vole  pas  que  mores! 
Emé  iéu  vole  que  demores! 
E  pièi,  ma  Mireiouno,  e  pièi,  se  'n-cop  vas  bon, 

»"  Ensigne.    Voy.  Vm,  99  note. 

***  88.  L*apparition  de  morts  on  de  mourants  sons  la  forme  d'un 
papillon  répond  à  des  croyances  populaires  très  répandues  dont  M.  Maass, 
/.  c,  p.  15  cite  plusieurs  exemples.    Cf.  VI,  416  note. 


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252  CANT  DOUGEN. 

833  ADaren  vers  ta  tanto  Aurano 

Pourta  'n  canestèu  de  mióugrano: 
Di  Baus  n'es  pas  bèn  liuen  Maiano, 

^8^      E  se  pou  dins  un  jour  faire  lou  vai-e-vèn.» 

49  «Noun,  es  pas  liuen,  bono  meireto! 
Mai,  boutas  !  lou  farés  souleto  !  .  .  . 

88*      Ma  maire,  pourgès-me  mis  ajust  blanquinèu. 

Yès  li  blanco  e  bèlli  mantiho 

Qu'an  suâ  Tespalo  li  Mario! 
^^2  Quand  a  neva  sus  li  mountiho. 

Pas  tant  bléujo  es  la  nèu,  la  tafo  de  la  nèu!» 

50  Lou  brun  trenaire  de  garbello 

8*^  lé  crido  alor:  «Moun  tout,  ma  belle, 

Tu  que  m'aviés  dubert  toun  fres  palais  d'amour, 
Toun  amour,  óumorno  flourido! 
8*8  Tu,  tu  pèr  quau  ma  labarido 

Coume  un  mirau  s'èro  clarido, 
E  sens  crento  jamai  di  marridi  rumour; 

851        51     Tu,  la  perleto  de  Prouvènço, 

Tu,  lou  soulèu  de  ma  jouvènço, 
Sara-ti  di  que  iéu,  ansin,  dóu  glas  mourtau 
85^^  Tant  lèu  te  vegue  tressusantoP  ... 

3ara-ti  di,  vous,  grandi  Santo, 

Que  Taures  visto  angounisanto 
857      E  de-bado  embrassa  vòsti  sacra  lindauP» 

52     Su  'cò-d'aqui,  la  jouveineto 
lé  respoundeguè  plan-planeto: 
360      ^0  moun  paure  Vincèn,  mai  qu'as  davans  lis  iue? 

•"  Maiano  (Maillane),  village  de  rarrondiBsement  d'Arles,  patrie 
de  Fauteur.    Voy.  Introd.  p.  xxu. 

•*'  Oumomo  flourido  (aumône  fleurie),  aumône  que  le  pauvre  qui 
Ta  reçue  donne  à  un  autre  pauvre  ;  expression  poétique  qui  signifie  par 
extension:  rare  bienfait.    Voy.  V,  458  note. 


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LA  MORT.  253 

La  mort,  aquéu  mot  que  t'engaDo, 
Qu'es?  uno  nèblo  que  s'esvano 
^*^  .  Emé  li  clar  de  la  campano, 

Un  BouDge  que  reviho  à  la  fin  de  la  niue! 


366 


869 


372 


53    Noun,  more  pas!  léu,  d'un  pèd  proumte 

Sus  la  barqueto  déjà  mounte  .  .  . 
Adieu,  adieu  ! .  .  .  Déjà  nous  emplanan  sus  mar  ! 

La  mar,  belle  piano  esmougudo, 

DÓU  Paradis  es  l'avengudo, 

Car  la  bluiour  de  Testendudo 
Tout  à  l'entour  se  toco  emé  lou  toumple  amar. 


54  Ai  !..  .  coume  Taigo  nous  tintourlo  ! 
De  tant  d'astre  qu'amount  penjourlo, 

N'en  trouvarai  bèn  un,  mounte  dous  cor  ami 
3'^  Libramen  poscon  s'ama!  .  .  .  Santo, 

Es  uno  ourgueno,  alin,  que  canto?  ...» 

E  souspirè  Tangounisanto 
^^      E  revessè  lou  front,  coume  pèr  s'endourmi  .  . 

55  Is  èr  de  sa  risènto  caro, 
Âurien  di  que  parlavo  encaro.  — 

^^     'Mai  déjà  li  Santen,  à  l'entour  de  l'enfant 
Un  après  l'autre  s'avançavon, 
E  'm'  un  cire  que  se  passavon 

^  Un  après  l'autre  la  signavon  ... 

Âtupi,  si  parent  arregardon  que  fan. 

56  En  liogo  d'èstre  mourtinouso, 
^'  Eli  la  veson  lumineuse; 

An  bèu  la  senti  frejo,  au  cop  descounsoula 
Noun  volon  pas,  noun  podon  crèire. 
^  Mai  Vincèn,  eu,  quand  la  vai  vèire 

Emé  soun  front  que  pènjo  à  rèire, 
Si  bras  enregouï,  sis  iue  coume  entela: 


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254  Cant  dOooéK. 

8*2*        57     «Es  tnorto!  .  .  .  vesèsj  pas  qu'es  morto?  ...» 
E  coume  torsoD  li  redorto, 
  la  desesperado  eu  tourseguè  si  poung; 

^^  E  'mé  si  bras  foro  di  mancho, 

ÂcoumencèroD  li  coumplancho: 
«Ta  pas  que  tu  que  saras  plancho! 

^^^      Emé  tu  de  ma  vido  a  toumba  lou  cepoun! 

58  Es  morto I .  .  .  Morto?  Es  pas  pousstble! 
Fau  qu^uD  Demòni  me  lou  sible  .  .  . 

^^      Parlas,  au  noum  de  Dieu,  boni  gèut  que  sia  'qui, 
Vautre,  avès  agu  vist  de  morto: 
Digas-me  s'en  passant  li  porto 

^*  Risoulejavon  de  la  sorto  !  .  .  . 

Pas  verai  qu'a  sis  èr  quasimen  ajougui? 

59  Mai  dequé  fan?  .  .  .   Viron  la  tèsto, 

*^  Soun  tóuti  gounfle!  Ahl  n'i'a  de  rèsto! 

Ta  voues,  toun  dous  parla,  iéu  l'entendrai  pas  plu!> 
Âqui  de  tóuti  lou  cor  boundo, 
*"  Un  lavàssi  de  plour  desboundo, 

Lou  orèbo-cor  au  plang  dis  oundo 
Âpoundeguè  subran  un  desbord  de  senglut. 

*'^        60    Ânsin,  dins  uno  grand  manado, 
Se  'no  ternenco  es  debanado, 
A  Tentour  dóu  cadabre  estendu  pèr  toujour, 
**^  NÒU  vèspre  à-de-rèng,  tau  e  tauro 

Van,  souloumbrous,  ploura  la  pauro, 
'  E  la  palun  e  l'oundo  e  l'auro 

^20      De  si  doulourous  bram  restountisson  nòu  jour. 


*"/'°  Le  fait  chanté  ici  a  trouvé  beaucoup  de  sceptiques.  M. 
MaasS)  /.  c,  p.  48,  nous  raconte,  que,  sur  une  question  adressée  à  Tauteur 
M.  Mistral  lui  a  répondu:  «Larmes  versées  par  les  taureaux  sur  le 
cadavre  de  Tun  d'entre  eux  -  chose  très  vraie,  vue  et  expérimentée 
par  moi-même,  en  présence  du  peintre  Bumand  qui  a  illustré  Mireille, 
et  peint  cette  scène  d'après  nature.»  Le  silence  éloquent  qui  suit  cette 
communication  et  la  place  qu'il  lui  donne  font  voir  que  M.  Maass  n'est 


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LA   MORT.  255 

61  «Vièi  Mèste  Ambroi,  plouro  toun  drôle! 
Ai!  ai!  ai!»  Vincèn  fasié,  «vole, 

*^      Santen,  que  dins  lou  croa  em'  elo  m'erapourtés  .  .  . 

Aqui,  ma  bello,  à  mouD  auriho 

Tant-e-pièi-mai  de  ti  Mario 
**^  Me  parlaras;  ...  e  de  couquiho, 

O  tempèsto  de  mur,  aqui  nous  acatés! 

62  Bràvi  Santen,  de  vous  me  fiée!  .    . 
*^               Fasès  pèr  iéu  ço  que  vous  dise  : 

Pèr  un  dòu  ooume  aquéu  es  pas  prouu  lou  ploura! 

Cavas-nous  dins  Tareno  molo 
*3^  Pèr  tóuti  dous  qu'uno  bressolo! 

Aubouras-ié  'no  clapeirolo, 
Pèr  que  Toundo  jamai  nous  posque  sépara! 

^díó  bleu  persuadé  et  avait  peur  d'être  la  victime  d'une  galéjade.  M. 
Burnand  a  rendu  compte  de  Texpérience  faite  avec  M.  Mistral  dans  un 
n®-  de  la  Bévue  des  Lettres  et  Arts.  Voici  ce  qu'il  en  écrit:  «J'avais 
quelques  doutes  au  sujet  de  l'authencité  du  fait  chanté  par  M.  Mistral, 
à  l'occasion  de  la  mort  de  Mireille.  Je  voulais  en  avoir  le  coeur  net, 
et  le  gardien  du  troupeau,  que  je  questionnai  sur  les  mœurs  de  ses 
bétes  et  qui  croyait  fermement,  lui,  aux  larmes  des  taureaux,  me  proposa 
de  m'en  donner  la  preuve.  H  réunit  le  troupeau  et  le  poussa  vers  un 
point,  distant  de  quelques  milles,  où  il  avait  enfoui  une  génisse,  plusieurs 
mois  auparavant.  A  peine  les  premiers  animaux  furent-ils  parvenus  à 
l'endroit  où  la  fosse  avait  été  creusée  qu'ils  s'arrêtèrent  en  reniflant 
bruyamment.  Ils  se  mirent  à  gratter  le  sol  et  à  le  flairer  en  mugissant. 
Rien  ne  peut  donner  une  idée  du  caractère  pathétique  de  cette  scène. 
Les  bêtes,  pressées  les  unes  contre  les  autres,  semblaient  se  confier  leur 
douleur  et  leur  émoi;  il  y  en  avait  qui  levaient  la  tête  en  beuglant 
d'une  manière  déchirante,  il  y  en  avait  qui  grondaient  sourdement,  la 
gueule  grand'ouverte  ;  toutes  étaient  agitées,  inquiètes.  Même  pour  ces 
créatures  d'un  ordre  inférieur,  la  mort  est  bien  le  roi  des  épouvantements.» 
M.  M.  Girard,  La  Or  au,  p.  479,  est  également  affirmatif:  «Une 
autre  particularité  non  moins  intéressante,  c'est  de  les  (les  taureaux) 
voir  pleurer  de  grosses  larmes  lorsque  l'un  d'eux  vient  à  mourir  dans 
les  prairies  ;  la  manado  s'assemble  alors  à  la  tombée  du  jour  autour  de 
la  bête  morte,  et  là  se  met  à  beugler,  à  gémir,  à  pleurer  véritablement. 
C'est  un  spectacle  fort  émouvant,  je  vous  assure.» 


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256  CANT  DOtJGEK.      LA  MOftT. 

*8B        63     E  d'enterin  quH  liò  moiinte  èro 
Se  turtaran  lou  front  sus  terro 
DÓU  remors,  iéu  em'  elo,  enclaus  d'un  blu  seren, 

*^  Souto  lis  aigo  atremoulido, 

0,  iéu  'mé  tu,  ma  tant  poulido! 
Dins  de  brassado  trefoulido 

^^^      Longo-mai  e  sens  fin  nous  poutounejaren!» 

64  E,  desvaga,  lou  panieraire 
A  la  perdudo  vèn  se  traire 

*^      Sus  lou  cors  de  Mirèio,  e  lou  desfourtuua 
Dins  si  brassado  fernetico 
Sarro  la  morto  .  .  .  Lou  cantico, 

**^  Eilavau  dins  la  glèiso  antico, 

Coume  eiçò  tourna-mai  s'entendié  ressouna: 

65  «0  bèlli  Santo,  segnouresso 
*^               De  la  planuro  d'amaresso, 

Clafissès,  quand  vous  plais,  de  pèis  nòsti  fielat! 
Mai  à  la  foulo  pecadouiro 
*^  Qu'à  vosto  porto  se  doulouiro, 

0  blànqui  flour  de  la  sansouiro, 
S'es  de  pas  que  ié  fau,  de  pas  emplisses- la!» 

Maiano  (Bouco-dour-Rose), 
ÎA>u  hèu  jour  de  la  CandeUmsOj  de  Van  1859. 


FIN 


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GLOSSAIRE. 


Remarque.  —  J'aurais  été  bien  content  de  pouvoir  établir  dans 
ce  glossaire,  basé  sur  un  petit  dictionnaire  que  j'avais  composé  pour 
mon  propre  usage,  l'étymologie  de  chaque  mot  contenu  dans  notre 
poème.  Mais  je  dois  avouer  que  je  n'y  ai  pas  toujours  réussi ,  et  je 
me  suis  vu  réduit,  bien  des  fois,  à  ajouter  les  mots  :  or{igin€)  hic{onnue). 
Ce  fait  n'étonnera  guère  ceux  qui  connaissent  la  difficulté  des  investiga- 
tions étymologiques,  et,  sans  doute,  ils  me  sauront  gré  d'avoir  évité  des 
explications  aventureuses  et  purement  hypothétiques.  Les  astérisques 
précédant  les  étymologies  indiquent  des  formes  construites  par  induction. 
Les  substantifs  et  adjectifs  latins  sont  donnés  à  la  forme  de  l'accusatif 
du  singulier.  Pour  la  conjugaison  des  verbes  forts,  il  y  a  toujours 
un  renvoi  à  la  Grammaire  historique  de  la  langue  des  félihres  par 
M.  Koschwitz.  La  plupart  des  formes  de  ces  verbes,  du  moins  celles 
dont  l'infinitif  ne  se  présente  pas  sans  difficulté,  se  trouvent  énumé- 
rées  au  glossaire.  Il  m'a  paru  inutile  d'introduire  une  notation  figurée 
de  la  prononciation  des  mots  provençaux,  et  je  me  suis  borné  à  mar- 
quer par  un  crochet  ([)  les  consonnes  finales  qui  sont  muettes, 
sauf  en  cas  de  liaison,  suivant  en  cela  les  indications  que  le  poète  lui- 
même  a  eu  la  bonté  de  me  fournir,  et  qui,  du  reste,  sont  toujours  con- 
formes aux  règles  données  par  M.  Koschwitz  dans  la  partie  phonologique 
de  sa  Grammaire.  Les  chiffres  romains  et  arabes  qui  suivent  les  tra- 
ductions françaises,  se  rapportent  aux  chants  et  aux  vers  de  Mirèio. 
En  général  je  me  suis  contenté  de  citer  un  nombre  restreint  de  pas- 
sages, mais  j'ai  cru  nécessaire  d'indiquer  tous  les  endroits  quand  un  mot 
ne  se  trouve  que  rarement  dans  notre  poème.  ().  H. 

Abréviations. 


a.  —  adjectif. 

udv.  {de  t.)  —  adverbe  (de  temps). 

ags.  —  anglo  saxon. 

augin.  —  augmentatif. 

h.  lai.  —  bas  latin.  1      dim.  —  diminutif. 

17 


celt.  —  celtique. 
conj,  —  conjonction. 
cp.  —  comparer. 
dtm.  —  démonstratif. 


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258 


GLOSSàIRE!. 


esp.  —  espagnol. 

/.  —  féminin. 

Jig,  —  au  figuré. 

fr.   —  français. 

fréqu.  —  verbe  fréquentatif. 

germ,  —  germanique. 

goth.  —  gothique. 

gr.  —  grec. 

irf.  —  le  même  mot,   la  même 

signification. 
int.  —  interjection. 
interr.  —  interrogatif. 
it.  —  italien. 
lai.  —  latin. 

/o<?.  aàx),    —  locution  adverbiale, 
m.  —  masculin, 
n.  de  f.  —  nom  de  femme. 
n,  de  L  —  nom  de  lieu. 
n,  de  71,  {ord.)  —  nom  de  nombre 

(ordinal). 
néerl.  —  néerlandais. 
nord.  —  nordique. 
onom.  —  onomatopée. 
opp.  —  par  opposition  à. 
orig.  —  originairement. 
p.  —  pour,  au  lieu  de. 
p-ê.  —  peut-être  —  p.  e.  —  par 

exemple. 


pers.  —  personnel. 

p.  p.  —  participe  passé. 

p,  pr.  —  participe  présent 

pi.  —  pluriel. 

port.  —  portugais. 

pos8.  —  possessif. 

pr.  —  pronom. 

prép,  —  préposition. 

prob.  —  probablement. 

propr.  —  proprement. 

q.  —  quelqu'un. 

qc,   ~  quelque  chose. 

rac.  —  racine. 

rad.  —  radical. 

rel.  —  relatif. 

8.  —  substantif. 

s.  p.  —  substantif  participial. 

8.  V.  —  substantif  verbal. 

suff.  —  suffixe. 

r.  —  voyez. 

V.  c.  m.  —  voyez  ce(s)  mot(s). 

vfr.  —  vieux  français. 

vha.  —  vieux  haut  allemand. 

vpr.  —  vieux  provençaL 

V.  a.  —  verbe  actif. 

V.  itnp.  —  verbe  impersonnel. 

t?.  n.  —  verbe  neutre. 

î7.  r.  —  verbe  réfléchi. 


Ouvrages  cités  dans  le  Glossaire. 


Arch.  gl.  —  Archivio  glottologico 
italiano,  diretto  da  Ascoli.  To- 
rino,  Ermanno  Lœscher. 

Bridel.  —  Glossaire  du  patois  de 
la  Suisse  romande  par  le  doyen 
Bridel,  recueilli  et  annoté  par 
L.  Favrat.  Lausanne,  CIges. 
Bridel  1866. 

Dz.  —  Etymologisches  Wiirter- 
buch  der  romanischen  Sprachen 
von  Fr.  Diez.  4«  Aufl.  Bonn 
1878. 


Du  C.  —  Glossarium  mediae  et 
infimae  latinitatis  conditum  a 
Carolo  du  Fresne,  domino  Du 
Cange,  éd.  nova  a  L.  Favre. 
Niort  1883-87. 

Gr,  —  Grammaire  historique  de  la 
langue  des  félibres  par  Eduard 
Koschwitz.  Greifswald  -  Avig- 
non-Paris 1894. 

{Gr.)Z.  —  Zeitschrift  fiir  roina- 
nische  Philologie,  herausg.  von 
Gust.  Grober.   Halle,  Niemeyer. 


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GLOSSAIRE. 


2o9 


Kôrt,  —  Lateinisch  -  romanisches 
Wôrterbuch  von  GustavKftrting. 
Paderborn  1891. 

Rom.  —  Romania,  recueil  tri- 
mestriel consacré  à  Tètnde  des 
langues  et  des  littératures  ro- 
manes, publié  par  Paul  Meyer 
et  Gaston  Paris. 


Scheler  —  Dictionnaire  d'étymo- 
logie  française,  par  Aug.  Scheler. 
3«  éd.    Bruxelles  1888. 

Très,  -  Lou  Trésor  d6u  felibrige 
ou  dictionnaire  provençal-fran- 
çais par  Frédéric  Mistral.  2  vols. 
—  Aix-en- Provence- Avignon- 
Paris. 

Z.  —  voir  (tv.  Z, 


17* 


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à  prép.  (ád)  à  ;  devant  une  voyelle 
souvent  à-n:  VII,  102.  II.  438. 
III,  370;  ou  à-z:  I,  472;  à  -^ 
lou  {art.  déf.)  =  au.  devant  une 
consonne.  I,  19.  49.  —  à  -h  li 
=  i,  à  +  lis  =  is:  I,  91.  132. 
352.  240.  —  La  prép.  à  sert  à 
marquer  le  rég.  indh\  {datif.)  : 

I,  93.  269.  277."  4(X).  —  le  séjour 
dans  l'espace:  I,  49.  54.  80. 112. 
205  etc,  —  V approximation  dans 
l'espace  ou  la  destination:  I.  75. 
98.  154.  219.  243.  156.  272.  282 
etc.  —  V  accompagnement:  1, 102. 
141.  344.  483.  —  la  mnniire:  I, 
137. 146. 168. 179. 180.  342.  367. 

II,  57.  171.  150.  VI,  475.  XIL 
395  etc.  -  le  temps:  I,  182.  290. 
296.  464.  469.  II,  323.  —  devant 
Vinf.  aptrs  c<rtains  verbes:  I, 
115.  540.  II,  179.  —  pour  former 
d'autres  prépositions,  telles  que  : 
à  l'entour  de  I,  366.  449.  494. 
à  travès  I,  3  etc.  {r.  c.  w.\  en- 
jusquo  à  I,  267.  533;  ou  des  ad- 
verbes: aniue  I,  402. 

abadié  s.  f.  {de  abbatiam)  abbaye 

VI,  649. 
abandeira,  do  p.  p.  et  a.  {de  ad 

+  germ.  band  drapeau)  pavoisé 

III,  160. 

(8')abauca  v.  a.  et  r.  {du  germ. 
balk  foi't)  apaise?-  IV,  6.  s'apai- 
ser XII,  233. 


abandonna  v.  a.  (de  l'ancienne 
locution  adverbiale  à  bandon, 
à  volonté^  du  germ.  band  +  suff. 
roman  on)  abandonner  V,  425. 
VIII,  231. 

abari  {—  abali)  v.  a.  {origine  in- 
connue) nourrir,  élever  IV,  325. 

VI,  613. 

abarous,  o  (—  avarous)  o.  (àvar 
+  suff.  osum)  économe,  ménager 

VII,  124. 

abasima  {—  abîma)  r.  a.  (du  $. 
àbjssïmump.  ábŷssum)  abîmer, 
accabler  V,  281.  VI,  375. 

abatre  r  a.  —  Gr,  §  106  p.  147 
-  (ad-bâttûere)  abattre  IV,  407. 

abeié  *•.  m.  {b.  lat.  averium,  de 
hàbÇre,  çp.  avé  s.  m.)  troupeau 
transhumant  qui  passe  l'hiDer 
dans  la  plaine  et  l'été  dans  h 
montagne  IV,  157.  VIU,  206. 

abelan,  o  a.  {de  avelano,  v.  c.  m.) 
tendre,  friable,  généreuxVU,ài2. 

abelimen  s.  m.  (ad-bell-imentum) 
délice.  XII,  229. 

(s')abena  r.  a.  et  r.  {de  à  f  bèn, 
cp.  le  vpr.  abenar)  user,  utiliser 
jusqu'au  bout,  épuiser  IX,  293. 
^épuiser  X,  393. 

(8>bénra  v.  a.  et  r.  (ad-*blbërare) 
abreuver  I,  316.  IV,  112;  «f  dés- 
altérer II,  438. 

abéurage  *?.  m.  (de  abéura)  bifu- 
vage  X,  416. 


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GLOSSAIRE. 


261 


àbi  s.  m.  (hábítum)  rvbe  V,  'òô4. 
abiho   s.  f,  (*ápïctllam)  nheiUe  I, 

88.  n,  6.  III,  94  etc. 
abile,  0   a.  (hâbrlem)  habile  III, 

18.  IX,  59. 
abime    î.   m.   (*ábl8inum,  forme 

superlative  de  àbyssum)  ahîme 

XI,  6. 
abissin,  o   a.   et  s.  (Àbyssïnum) 

Abyssin,  c  X,  84. 
abitndo    s,  f.  {du  /r,  habitude. 

lot.   hàbltudînem)    habitude   1, 

180.  II,  47.  IX,  232. 
d'aborld  adv.  de  t.  (de  ad  +  gertn, 

bort)  rf'aftorrf  1,226;  soudain  III, 

101. 
d'aborld  que  ccnj.  puisque  I,  402. 

509. 
s'abouca   v.  r.  (se  *ad-buccare,  de 

buccam)  se  prosterner  XII,  91. 
d'abouchoun  loc.  adv.  {de  buccam) 

la  face  contre  terre  IV,  444. 
abóumiani ,   do   pp,  a.  et  s.  m.  f. 

{de  à  +  bóumian,  v,  c.  m.)  de- 

€enu(e)    bohémien(ne)    IX,    17. 

VII,  4-23. 
abouminable,  o  a,  (âbûminabllem) 

abominable  IX,  414. 
abonnda  v.  ».  (ab-ûndare)  abonder 

I,  525. 
aboundous,   o    a.   (♦âb-ûndosum) 

abondant,  e  II,  77.  437.  X,  119. 

321  etc. 
abourda    v.    n,    {du   yerm.    bord) 

oriy,  :  arriver  à  bord,  p.  exiens.  : 

entamer  une   chose,   abordir  </. 

I,  499.  XI  p.  217. 
abonrri  v.  a.  (ab-horrëre)  prendre 

q.  en  horreur  II,  335. 
abouscassi,  do  p.  p.  et  a.  {de  bous- 
cas,   r.  c.  m)   changé  en  brous- 

saille,  rabougri  IX,  163. 


abra  v.  a.  {de  *ab-bttrere  p.  com- 
burere)  aliumer  V,  194.  XII, 
171.  288. 

abrama,  do  a,  {de  à  +  germ.  brë- 
man,  crier,  désirer  ardemment) 
enflammé  de  désir,  passionné, 
affamé,  avide,  insatiable  1,  24. 
IX,  396. 

Ubréu  (=  abriéu)  s.  m.  (àprllem) 
av7'il.  XI,  63. 

s'abriva  v.  r.  (ad-*bri^are  du  celt. 
brêga  vigueur;  cp.  Kort.  1344) 
s'élancer  I,  467.  IV,  372, 

abrivado  s.  f  {s,  p.  de  abriva) 
élan  IV,  207.  VIII,  449. 

acaba  r.  a.  et  n.  (♦á[c]-capare, 
de  caput)  achever  I,  297.  III, 
511.  IX,  329  etc. 

acam[p  s.  m,  {s.  v.  de  acampa) 
rassemblement  IX,  199. 

(s')acampa  v.  a.  et  r.  (ad-campare) 
amasser,  ramasser,  rassembler 
I,  70.  334.  V,  295.  IV,  357  etc. 

acampestri,  do  p,  p.  et  a.  {du  s. 
campestre,  v.  c.  m.)  tombé  en 
friche,  inculte  VIU,  169. 

acantouna,  do  p,  p.  et  a,  {de  can- 
toun,  coin,  qui  vient  du  celt. 
*cambitos  courbure)  reculé,  e 
IX,  19. 

acarnassi,  do  p.  p.  et  a.  {de  ad  + 
carnacéum)  acharné,  avide  de 
chair  IV,  430.  IX,  276. 

s'acata  v.  a.  et  r,  (ád-captare) 
{/ jenvelopper ,  {se)  cacher,  re- 
couvrir III,  448.  VI,  156.  647. 
IX,  63.  351  etc. 

achauma  v.  a.  {de  chaumo,  caumo, 
V.  c.  m.)  réunir  les  brebis  pour 
les  faire  reposer  ;  achauma,  do 
p.  p.  et  a.  qui  repose,  en  repos 
IX,  164. 


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262 


GLOSSAIRE. 


achavani,  do  ^j.  p.  et  a.  {de  cha- 
vano,  17.  c.  m.)  orageux^  se 
IX,  21. 

acié  «.  m.  (*acïarlum,  de  ácíem) 
acier  IX,  48. 

acipa  V,  a.  {du  germ.  [néerl] 
schoppeD,  frapper,  pottsser  du 
pied;  cp.  le  vpr.  açupar)/rap2?ef 
V,  158. 

(8')aclapa  v.  a.  et  r.  (de  klap, 
onom,  ;  cp  clapas,  claparedo  ; 
cp.  Kôri.  4543  ;  p,-ê.  il  y  a  une 
confusion  de  ce  mot  avec  acabla, 
qui  vient  de  catabolam,  gr.  yara- 
fio/iilj  machine  à  lance?'  des  pieì'- 
res)  couvrir  de  pierres,  enfouir, 
ensevelir  VI,  580.  VIU,  175. 
XI,  172;  au  fig,:  accabler  I, 
248.  —  s'aclapa  ^effondrer  I, 
248. 

acò  pr.  dém,   (eccu[mj  hôc)    cela 

I,  51.  52  56.  66  etc.;  pèr  acò. 
a)  pour  cela,  pour  ces  fnotifs 
XI,  329;  b)  malgré  cela  VÌl, 
486. 

acò-d'aqui  pr.  dém.  n.  (eccnm 
hoc  de  eccnm  hic)  cela  1,  513. 

II,  42;  su  acô-d'aqoi  adv.  là- 
dessus  XII,  358. 

acor[d  s.  m.  {s.  v.  de  acourda,  de 
♦áccôrdare,  de  c5r,  cÒTáÌB)acco7'd 
II,  108.  X,  241  etc.;  tout  d'un 
acord  loc.  adv.,  d'un  accord  una- 
nime IX,  224. 

acoto  pr.  dém.  {emphatiquement 
pour  acò,  servant  à  affirmer  qc.) 
cela,  c'est  cela,  sans  doute/  Vil, 
392. 

acoulouri,  do  p.  p.  et  a.  {de  cou- 
lour)  coloré  VIII,  424. 

acoumença  v.  n.  (àd-cùm-înítíare, 
r.  couraença)  commencer  III.  121. 
IX,  296.  XII,  379  etc. 


acoumpagna  r.  «.  (♦àccòmpânïare) 
accompagner  1IÍ,  506. 

acóurchi  s.  m.  {s.  v.  de  acóurchi 
raccourcir,  lat.  ex-*cùrtiare)  rac- 
courci.m.  IX,  158. 

acourda  r.  a.  (♦àccordare)  ac- 
corder V,  98. 

accoussegui  r.  a.  —  Gr.  §  103. 
p.  142.  —  (ad-*c0n8ëquére)  pour- 
suivre IV,  352. 

acouBtuma  v.  a.  {de  ♦co[n]8[nej- 
tomen,  p.  consuetudinem)  ac- 
coutumer VI,  301;  à  Tacous- 
tumado  loc.  adv.,  à  l'accoutumée. 
VI,  13. 

acusa  V.  a.  (áccûaare)  accuser  III, 
323. 

adeja  {=  déjà)  adv.  (ad  de  jâm) 
déjà.  II,  294.  IX,  53. 

à-de-rèng  adv.  tour  à  tour  III. 
255;  arec  ordre  IX,  122;  non 
jour  à-de-rèng  neuf  jours  de 
suite,  conséciUifs  XII,  417. 

adès  adv.  dt  t.  (àd  ipsum)  naguire. 
tantôt,  tout  à  l'heure  III,  63. 
IX,  327.  X,  331. 

adessias  interj.  {=  à-diéu-sias.  à 
Dieu  soyez)  adieu  U,  252. 

adieu  int.  (àd  Déum)  adieu  IV, 
273.  IX,  257.  XI,  78.  79.  W 
etc. 

adouba  t\  a.  {b.  lat.  adobare,  du 

V.  nor.  dubba,  ags.  dubban. 
frapper,  adouber  q.  à  chevalier, 
de  là  préparer  en  gén.)  raccomo- 
der,  arranger,  apprêter  I,  '^'^' 
IX,  234. 

adouci  V.  a.  (àd-dûlcire)  adoucir 

III,  259. 
Adòufe  n.  d'h.  (Adôlphum)  Adolphe 

VI,  74. 

adoulenti  v.a.  {deáoxúéut,  r.c.ff^ì- 
affliger  IX,  2. 


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OL088AIRE. 


263 


adonnlc  adv,  (âd-doniquë)  donc 
III.  493.  VIII,  382.  IX.  378. 

adoara  t?.  a.  (àdorare)  adonr  VI, 
839.  X.  429.  XI,  413. 

adraia,  do  p,  p,  et  a.  (de  draio, 
f.  f.  m.)  acheminé  y  qui  marche 
darus  la  bonne  voie,  empressé. 
VL  218. 

adré,  adrecho  a.  (ad-drîctum  p. 
dlnctum)  adroit,  e  VII,  13. 

adré  «.  m.  (id.)  versant  méridional; 

—  opp.  :  uba,  t\  c.  m,  -  VI,  203. 
(s')adreis8a    r.  a.  et  r.  (ád-*drlc- 

tfare)  {8')adre8ser  VI,  198. 
adurre  t?.  a.  —  Gr,  §  108  p.  158. 

-  ad-dtlcére)  amener  I,  125. 
161.  354.  II,  452  etc. 

afable,  o  a.  (afffibllem)  affable 
X,  319. 

afama,  do  p.  p,  et  a.  {de  famem) 
a  famé  V,  175.  VIII,  375.  XI, 
348. 

afebri,  do  p,  p.  et  a.  (de  îébrim) 
enjiivré  VII.  400. 

afecioun  s,  /.  (àfféctiOnem)  affec- 
tion, amour  I,  381.  XII,  319. 

afecionna,  do  p,  p,  et  a,  (de  afe- 
cioun) ardent,  affectionna.,  avec 
ardeur  V,  53.  478.  IX.  123. 

aîera,  do  p,  p.  et  a.  (éfferâtum, 
de  fëmm)  effaré,  hagard  VI, 
644. 

aferonna,  do  p.  p.  et  a.  (de  feroun, 
r.  c.  m.)  furibond  VII,  548. 

aferra  i?.  a.  (àd-fërrare.  c?^  férrum) 
en/errer,  saisir  avec  un  croc  VI, 
439. 

8'ailama  «?.  r.  (se  ad -*flammare) 
s'enflammer  VI.  170. 

arta]  t  if.  m.i^âffl&tnm,  souffle)  souffle  ; 
au  flg.  :  faveur  ;  emé  Tafiat  don 
vent  avec  le  souffle  du  vent,  à 
la  faveur  du  vent.  X,  402.  XII, 


84  ;  influence  bénigtw  (de  la  lune) 
VII,  288. 

aflouca  r.  «.  i  ad-*fl()ccare,  de  flôccus 
flocon)  affluer  I,  478;  clapoter 
V,  553;  battre,  frapper  VII, 
557.  IX,  216. 

afoudra  (=  afonndra)  v.  a.  (ád- 
♦îtindulare)  ravager  IV,  426. 

afoujça  V.  a.  (ád-*fôcare,  de  fôcum) 
brûler  XI,  211;  afouga,  do  p,p- 
et  a,  ardent  XI,  57. 

af ourti  V.  a.  (de  ad-f ortem)  affirmer 
III,  308.  XI,  311. 

afre  s.  m.  (du  vha.  eiver,  ags.  afor, 
acer,  horridus,  par  V intermé- 
diaire du  fr,)  affrCy  effroi.,  hor- 
reur VI,  469. 

afrejouli,  do  p,  p,  et  a.  (àd-*frîgid- 
ùlltum)  frileux,  se.  V,  46.  X, 
398. 

afrescouli,  do  p.  p.  et  a.  (de  fresc. 
V.  c.  m.)  frais,  fraîche  I,  167. 

afrès[t  (  -  frèst)  s.  m.  (du  germ. 
first  le  plus  haut)  comble,  faite, 
zénith  X,  80. 

afronlt  s.  m.  (s.  v.  de  afronnta) 
affront   XI,  301. 

afrounta  t?.  a.  (*affrontare)  affron- 
ter VIII.  301.  XI,  95. 

afrons,  o  a.  (de  afre,  v.c  m.)  affreux, 
V,  459.  XI,  183. 

aganta  v.  a.  {du  germ.  want.  gant, 
coup  de  la  main)  saisir,  prendre, 
attraper  I,  380.  II,  450.  III,  458. 

agarri  v.  a.  (ad  f  gertn,  warjan) 
attaquer,  provoquer  I,  435.  IX, 
393  ;  saisir,  s'emparer  de  II,  333. 

agamis  (=  garrus)  s.  m,  [du  celt, 
gar,  garrow  ;  cp.  garrigo)  chêne- 
kermès  V,  324.  VL  21. 

(  s' jagarrussi  t?.  a.  et  r.  (de  agar- 
rusi  s'ébouriffer,  se  hérisser  IX, 
348. 


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264 


GLOSSAIRE. 


âge    s,  m.   {du  fi\   âge ,  de  *ietfl- 

trcum)  âge  I,  509.  III,  34. 
s'agenouia  f?.r.  (ad-*gëniic[îl]lare) 

s'agenouiller  XI,   88.   XII,   22. 

302. 
agnela   v,   n.   (*agnëllare)  mettre 

bas  des  brebis,  agneler  VII,  625. 
agnelado   s.  f.   {s.  p.  de   agnela) 

brebis  mh-e  IV.  80. 
agnelié  s.  m.  (♦agnëllarTiim)  berger 

qui  garde  les  agneaux  IV,   47. 
agneloun    s.    m.     {de    âgnëllum) 

agnelet  I,  365.  386.  IV,  56  etc. 
agnelun    s,  m.    {de  agnellnm)  les 

agneaux  en  gén.  IV,  45. 
agnèu    5.  m.    (agnëllum)    agneau 

VI,   495.  VIIÏ,  125.    X,  28  etc. 
agon  v.  avé. 
(8')agoulonpa  r.  a.  et  r.  {Suivant 

Iloming,  Gr.  Z.  21.  p.  192  ss. 

du  lat.  faluppa,  sous  V influence 

de   involvëre;   cp.   atissi   K'ôrt. 

4429)  {s*)envelopper  IV,  76.  VIII, 

79.  XI,  90. 
(8')agouta  V.  a,n.et  r. (*àd-gtittare) 

mder  Veau  {d^un  namre)  I,  215  ; 

tarir,  v.  n.  ÏII,  98;  se  tarir,  v. 

r.  X.  388. 
agouta   s.  m.  {de  agonta)  escope. 

pelU  creuse  V,  542. 
agrada   v.  n.  et  a.  (*àd-gratare) 

agréer^   plaire    I,    93.    II,   69. 

395. 
agradiéu,  ivo   a.  (*ád-grât-lviiin) 

agréable  III,  117.  IX,  115. 
agra[t  s.  m.  (ad-grfitum)  gré,  con- 
sentement;  à  l'agrat    (que)   de 

au  risque  de  II,  409.  V,  304. 
agrenas  s.  m.  {de  agreno)  prune- 

lier  X,  376. 
nereno  ^.  f  (de  acrem,  aigre)  pru- 


agròste,  o  a.  (agi'ëstem)  agresit 
VII.  216. 

agrioto  s.  /.  {de  acrem  ou  âcrnm) 
cerise  II,  13. 

agriouta[t  s.  m.  {de  agrioto)  <agrio- 
tat*,  liqueur  composée  d'eau  de 
vie,  de  sucre  et  de  cerises  VI. 
112. 

s'agroumouli  v.  r.  {du  lat.  gramus 
petit  tas,  grumeau)  s^aca'oupir 
I;  493.  V,  261.  VIII,  157. 

s'agrouncha  v.  r.  (à  +  grouncha 
se  tordre  f  du  s.  groun,  laU 
*congnim  congre,  poisson  de 
mer?)  se  blottir  XI,  134. 

(s')agrouva  v.  a.  et  r.  {du  gej^n. 
krupp-;  cp.  K'ôrt.  4587)  (î>/c- 
croupir  I,  368.  XII,  285. 

agu,  do;  ague  etc.  v.  avé. 

agnïado  s./,  {s.  p.  de  aguïa,  *acn- 
culare)    aiguillon    {de    boutier^ 

I,  76.  VIII,  362. 

aguïo   s.  /.  (*ácùcùlam)    aiguille 

II,  240.  XI,  4i)2. 

aguïoun  s.  m.  {de  aguïo)  aiguil- 
lon III,  110. 

ah  int.  de  douleur,  de  surprise, 
de  joie,  ah!  I,  52.  82  etc. 

ah  ço  !  interj.  ah  çà  I,  324. 

ahissa  v.  a.  {de  à  +  isso,  t.  c.  m.) 
exciter  X,  135. 

ai  int.  de  douleur  et  de  surprise: 
aie,  ah\  V,  362.  363.  XII,  422. 

ai   V.  avé. 

Ai    H.  d.  l.  V.  Ais. 

ai  (  -  ase)  s.  m.  (àsilinm)  (tne 
V,  20Í). 

aièr  adv.  de  t.  (heri)  hier  m, 
52. 

aie|t    s.  m.   {de   àlliom)  ail  Vil, 


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GL08SÂ1RB. 


265 


aiglo  s.  /.  (tíqullain)  aigle  IV,  864. 
Vin,  185.  Aiglo  de  Sant  Jan, 
l'Aigle  de  Saint  Jean,  constella- 
tion VIII,  101,  V.  note. 

aigo  8,  f.  (àquam)  eau  I,  38.  178. 
318.  350  etc. 

Aigo-Morto  n.  de  l.  (Aqnas  Mor- 
tuas)  Aiguës-Mortes.  VIII,  280. 

IV,  346.    Voy.  note. 
aigo-san  s.f.  iaigo  +  san,  v.  c.  m.) 

plaine  salée,  mer  XT,  115. 
aigre,  o  a.   (âcrem)   aigre   VIII, 

408.  X,  416. 
aiguesponncho  (=-  aigo-espouncho). 

s.  f.   (àquam  4-  ex-*punctam  ?) 

nirprun^  arbrisseau  VII,   412. 
(en)  aio  loc.  adv.  {de  Vinterj.  aio  ! 

allons  f)  en  mouvement^  en  hâte^ 

empressé^  ardent  V,  543.  VI,  43. 

643.  X,  159. 
aiòli  s.  m.  (ai  {lat.  alliom)  +  òli, 

V,  c.  m.)  l'aioliy  mets  en  forme 
de  pommade  qu'on  fait  en  pi- 
lant de  l'ail  avec  un  jaune  d'œuf 
VII,  633,  p.  156. 

aire  s.  m.   (aSrem)   air  III,  414. 

IX,  408. 
Ai[8  n.  de  L  (Aquas  [Sextias])  Aix 

en  Provence  I,  239  {v.  note),  472. 

XI,  449. 
aise    s.    m.    (Voy.    Kôrting   142) 

ai8e\   d'aise  doucement  II,  313. 

VI,  27. 

s'ajonca  v.  r.   {origine  inconnue) 

se  jucher  II,  195.  VIIÍ,  101. 
(s')ajongne  v.  a.  et  r.  (àd-j\ing(ire) 

rejoindre,    atteindre   III,    146; 

s'ajouca  emé  se  joindre  à.  VII, 

176. 
ajongui,  do   p,  p.  et  o.  {de  àd  + 

jôcnm)  propr,  :    adonné  au  jeu, 

fíii.:  enjoué  XTT.  406. 


ajoungla  (=  asonngla)  v.  a.  (àd- 
ûngûlare)  assener  {des  coups)  V, 
279. 

ajuda  V.  a.  (♦adjtttare,  fréqu.  de 
adjrivare)  aider  II,  31.  XI,  166. 
XII,  7.  319. 

ajudo  5.  /.  {s.  V.  de  ajuda)  aide. 
/,  m,  '64. 

ajus[t  s.  m.  {s.  v.  de  ajusta)  pa- 
rure VI,  322.  XII,  339. 

ajusta  V.  a.  et  n.  (ád-*jûxtAre) 
ajouter  III,  353. 

ala,  do  p.  p,  et  a.  (álfitum)  ailé 
VIII,  107.  X,  127. 

alabardo  s,f.  {de  l'arabe  el  barbet 
lance)  hallebarde  I,  241. 

alabastre  s.  m.  (alabastrem  ou  ala- 
bastrum)  albâtre  X,  304. 

alabre,  o  a.  {de  Vesp.  alarbe,  de 
l'arabe  al-arabi)  avide,  vorace 

III,  147.   VIII,   187.   IX,  276 
etc. 

alabreno  s.  f.  {de  alabre)  sala- 
mandre III,  441. 

s'alanda  v.  r.  {de  landa,  v.  c.  m.) 
^élancer  IV,  369. 

s'alangouri  t\  r.  {du  s,  langour,  lat. 
languorem)  se  laisser  aller  à  la 
langueur  IX,  147  ;  alangouri,  do 
p.  p.  et  a.  languissant,  langoureux 

IV,  167. 

alandri,  do  p.  p.  du  v.  r.  s'alandri, 
devenir  coureur  en  parlant  d'un 
troupeau  {de  landa,  v.  c.  m.)  ar- 
dent à  la  course  III,  197. 

alarga  v.  a.  (ád-*lárgare)  élargir, 
laisser  échapper  VII,  409,  alar- 
gant,  0.  p.  pi',  et  a.  généreux, 
se  XI,  292. 

Alàri  ».  d'h,  (Alârïcum)  Alaric 
IV,  22. 


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266 


GLOSSAIRE. 


alassa   v.  a.  (de  à  +  las.  so)  fa- 
tiguer XII,  156. 
alasso    8.  /.   (de  al[am]    +   suff, 

augmentatif  acëam)  gi-ande  aile 

II,  139. 
alegra     v,   a.    (de   l'adj.    alègre) 

rendre  joyeux,  réjouir  VIT,  613. 
alègre,  a  a.  (♦álácrem  p,  íllácrem) 

joyeux  V,  522.  X,  61  etc. 
alegresso  s.f  (de  alègre)  allégresife. 

XI,  250.  453. 
Alen   n.  de  L  (Alignum)  Alleims 

(Bouches-du-Rhùné)  VI,  80. 
a' en  if.  m.  (s.  v.  de  alena)  haleine ^ 

souffle  I,  17.  243.  407.  450  etc., 

prendre  d'alen,  prendre  haleine 

X,  418. 
alena  v.  n,  et  a.  (anhelare)  respirer 

II,  313.  XI,  471  ;  aérer  VI,  iU. 
alenado   s.  f  (s.  p,  de  alena)  ha- 
leine XII,  137. 

alentour  s.  m,  (s.  formé  de  V ex- 
pression adverbiale  à  l'entonr, 
V.  c.  m.)  alentour  VI,  47.  X,  70. 

alerto  a.  m.  /  (cjo.  alerto)  alerte, 
éveillé  I,  300. 

alerto!  int.  (de  l'it.  all'erta,  sur 
la  hauteur^  du  v.  lat.  êrïgére) 
alerte/  debout!  I,  224. 

alesti  V,  a.  (de  lest,  t?.  c.  m.)  pré- 
parer \ih  327.  VIII,  446.  XI,  527. 

aleto  s.f,  (de  alo)  petite  aiVe VIII. 
315.  IX,  264.  X,  170 

alin  adv.  (illinc)  au  loin ,  là-bas 
I,  77.  504.  II,  67  etc. 

Alis  (/.  et  s.  m.    (ëlvsium)  Elysée 

III,  301 

Alis    n.  de  f.    (de  AlixiaV)    Alice 

VII.  121. 
s'alisca   V.  r.   (de   à   I-  lise.    r.  c. 

m.)  se  lisser  X,  157. 
allelnia!    [de  Chébreu,  —  chantez 

le   Seigneur)  alléluia!   XI,   17H 


alo  s.  f  (âlam)  aile  I,  33.  II,  270. 

VIII,  89  etc.  ;  alo  de  rasin  gra- 
pillon  de  raisin  IV,  175. 

alòngni   s,  m.  {de  alonnga,  r.  c. 

m.)  chemin  plus  long\  prendre 

alòngui  s'éloigna-  VIII,  197. 
alor    adv,   de    temps,    (ad    illam 

horam)   alors  I,  lOÎ.  219.  245. 

II,  455. 
atoubati,  do  a.  (de  à  +  loobat  - 

îouvaU  jeune  loup,  d^  /af. lùpumj 

avide  comme  un  loup  I,  21. 
alóuja  (=  aléuja,  al6ugi  etc.)  v.  a. 

(*állevïare)  alléger  XI,  497. 
s'alôugeri  v.   r,  (de  à  +  lôugié. 

V.  c.  m.)  s'alléger  X,  76. 
(s')alounga  v,  a.  et  r,  (àllôngare) 

allonger  V.    1.  308.  VIIT,  136. 

432  etc;  se  ruer  I,  484. 
Alten    ».    d'h.   arménien.  AUhen. 

IX,  89,  V.  note. 

alu,  do   a,  (*àlQtum)  ailé  llj  265. 

aluca  V,  a.  (♦àllûcare,  attumer" 
regarder,  guetter  II,  428.  VI. 
483.  Xn,  28.  233. 

(s')aluma  v.  a.  et  r.  (*ád-lam[ïn]are) 
(s')ailumer  V,  469.  XII.  324. 

alacri,  do  p.  p.  et  a,  (de  lucrum, 
gain)   affamé  de  gain  VI,  516. 

ama  t?.  a,  et  n,  (ftmare)  aimer  L 
286.  II,  412.  ni.  229.  230;  ama 
de.  suivi  de  Vinf.  aimer  à  X. 
205,  207.  209. 

amadura  v.  a.  (àd-*mStiirare) 
mûrir  VII,  156.  IX,  11.  X,  248. 

amaduranço  s.  f,  {de  amadura 
-(-  suff.  àntlam)  maturité  IX? 
90. 

amaga  v.  a,  (du  celt.  mag  de- 
meure, refuge;  cp.  le  vpr.  amagar 
cacher)  envelopper^  abrita  VI, 
14.  VIII,  265;  s'amaga.  t,  r. 
s'endormir  XI,  504. 


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GLOSSAIRE. 


267 


amaire     s.  tn.   (♦àinator)    amant 

Xn,  802. 
s'amajestra   v,  r.  (ad-màgîstrare) 

if'éiabof'er  III,  257. 
amalnga,  do  p.  p,  et  a.  {de  malu, 

malnc,  hanche,    v,  c.  m.)  briséy 

freinte  IV,  445. 
amassi  t?.  a.  (àd-*mfin8-ire  [Du  C], 

de  mSnsam,  manëre)  apprivoiser 

VI,  168.  XI,  24. 
amar,  o    a,  (amarum)  amer,  ère 

IV,  474,  IX,  326.  X,  59.  177  etc, 

—    s.  m.  amertume  XII,  140. 
amaresso    s,  /.  (amar    4-    itlam) 

amertume  XII,  205. 
amarino  s.  y,  {de  âmarnm)   hrin 

d'osier  I,  296.  V,  181. 
amarnn  s,  m.  {de  àmfirnm)  amer- 
tume XI,  178,  332. 
amassonla  v.  a.  (âd-*ina(t)tëOlare, 

cp,  masso)   assommer   V,   252. 

Vni,  192. 
s'amata  v.  a.  et  r,  (àd-máctare) 

r.  fl.   abattre  III,  164;   v.  r.  se 

blottir  II,  244.  X,  426. 
Ambroi  n.  d'h,  (AmbrÔsTum)  Am- 

broise  I,   71  etc,    Voy.  note,   et 

Ambròsi. 
Ambròsi  id.  I,  106.  148  etc.   Les 

deux  formes    s'emploient   sans 

dictinction. 
amechouli,   do    j?.   p.    et  a.   (de 

m5'xam,   mèche)  feutré,   séparé 

par  mèches  V,  466. 
amelenco  s.f.  {de  amelo  +  incam) 

olive  de  la  forme  d'une  amande 

I,  68. 
amelié    s.    m.    (àmygdàl  -  àrïum) 

amandier  I,  59.  X,  214. 
amelo  s.  f,  (àmygdàlam)  amande 

m,  202. 
Americo      s.    f.     Amérique    III. 

428. 


a)  ami,  b)  amigo  (=  migo)  s.  m,f 
(âmicam,  àmicam)  a)  ami  I,  33. 
186.  452  etc,  b)  amie  II,  285. 
XII,  178.  316  etc. 

amiral!  s.  m.  {de  Carabe  amir 
princef  chef)  amiral  I,  278. 

amista  s.  /.  (*ámicïtatem)  amitié 
IV,  270. 

amistadous,  o  a.  C^ámicltátosnm) 
amical  IX,  413.  —  amistadou- 
samen  adv,  (♦àmicltátosft  m?ntÔ) 
amicalement  VII,  234. 

amistanço  s.  f.  (*àmicïtantiam) 
liaison  amicale,  les  amis  {en 
sens  collectif)  IV,  273. 

amJstous,  o  a.  (*àmicit08iim)  a/- 
I         fable  I,  275.  III,  506  etc. 

amo  s.  /.  (anïmam)  âme  I,  231. 
296.  531.  II,  319  etc. 

(s')amoiila  v.  a.  et  r,  (*am-mÔlare 
p.  môlëre)  {syUffuiser  V,  28. 
!         IX,  77.  X,  90. 

(s')amoulonna  v.  a.  et  r.  {du  s. 
monloun,  de  môlam,  cp.  Meyer^ 
Lubke  dans  Grôb,  Z.  19.  p.  97) 
amonceler  y  agglomérer,  ameulon- 
ne7-  I,  48.  410  IV,  3()7.  XI, 
142.  —  r.  r.  se  pelotonner  IX, 
367. 

amonlonnaire,  o  a.  ide  amoulouna) 
qui  ameulonne  IX,  194. 

(d')amoundau[t  adv.  de  l.  {de  M 
môntem  âltum)  {d')en  haut  VI, 
175.  XII,  66.  162. 

amoun[t  adv.  de  l.  (ad  môntem) 
amont,  là-haut  I,  284.  X,  329. 
403  etc.-,  d'amount  d'en  haut, 
du  ciel  X,  296. 

amour  s.  m.  etf  (àmorem)  amour 
I,  2.  II,  170.  XI,  475  etc.  — 
l'Amour  l'Amour  III,  193.  - 

amonreto  g.  f.  {de  amour  i  amou- 
rette, amour  VIII.  39. 


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268 


GLOSSAIRE. 


amonrié  s,  m.  {de  amouro  +  ftrtam) 

mâfier  II,  4.  V,  85. 
amouro  s.f.  {de  morum,  vpr.  mora) 

mûre  II,  349. 
amoarons,  o  a.  et  s.  (  âmor($sum) 

amoureux,  se,  amant,  e  II,  364. 

IIÏ,  129.  V,  34  etc. 
(8')ainourra  t?.  r.  et  a.  [de  mourre, 

tî.  c.  m.)  a)  V.  r,  :  se  prosterner, 

plongei'  ses  lèvres  III,  171.  VIII, 

41.    b)  V.  a,:  appuyer,  incliner, 

courber    la   tête   à   q.   IV,   388. 

VIT,  201.  VÏII,  143. 
(s')amoussa  v.  a.  et  r.  (ád-*inû tiare, 

cp.  Kort.  55 lô)  émousser,  éteindre 

X,  210.  XI,  35.  ~  s'éteindre  XI, 
521. 

ample,  o  a.  (amplam)  ample  VII. 
603. 

amplonr  s.f.  (amplorem)  ampleur 
VII,  451. 

an!  int,  allons!  courage!  I,  78. 
151. 

an  V.  avé. 

an  s.  m.  (ânnum)  an  m.  I,  120. 
162.  359  itc, 

ana  r.  n.  —  Gr,  §  100.  p.  137.  - 
(àmbûlare  ;  c/.  Kôrt.  2818)  aller, 
Inf.  I,  414.  —  iV.  Ind,  vau  etc. 
XII,  328.  332.  XI,  400.  528.  I, 
69.  X,  333.  -  Imparf.  Ind. 
anavo  I,  103.  Pr.  Sbj,  vague 
s'emploie  pour  introduire  un  Inf, 
historique  V I,  296  ;  impers,  vague 
de  suivi  d'un  inf.  qu'il  s'agisse 
de  II,  1.58.  —  Impér,  Sg.  vai  I, 
505.  —  P.  p.  I,  312.  —  ana 
suivi  d'un  inf.,    aller  faire   qc. 

XI,  2m.  521.  528  etc. 

anco  s.f.  [du  germ,  ankja)  Jianche 
II,  123.  III,  278.  X,  76  etc. 

andano  s.f.  (indfiginem.  cp.  G. 
Paris,  Rom.  19.  452)  allée  VI, 


558;   carrière  I,  458;  andain, 

espace  qu'on  parcourt  en  fath 

chant  IX,  47. 
Andreloun    n,  d'h.  {dim.  de  An- 

driéu,  lat.  Andrêam)  petit  André 

VIII,  453.  X,  10. 
androuno  s.f.  (àndrona,gr.  àvSotir; 

il  y  a  p.-ê.  confusion  avec  an- 

trum)  antre  VIII,  2.  IX,  415. 
anedo  s.  f.  (de  Ônatem)  sarcelle 

X,  425. 

anello  s.f.  (♦anellam  p.  finelluin) 
anneau,  boucle  de  cheveux  1, 173. 

aneloun  s.  m.  (*anëll[um]  +  onem 
annelet  III,  497.  • 

anèu  s.  m.  (ânellum)  anneau,  bague 

II,  441.  XII,  97. 
anfitiatre  s.  m.  (du  gr.  áfnpt^^iaTçor) 

amphithéâtre  IV,  362. 
Angélus  s.  m.  (angôlus)  l'Angelus 

VI,  157.    Voy.  note. 

ange  s.  nu  (àngélum)  ange  VIL 
533.  X,  465.  481  eU. 

angeli,  co  a.  (ángêlïcum)  angélique 
XII,  290. 

Angles  s.  et  a.  Anglais.  1, 207.244. 

Anglo-Terro  s.f.Ângleierrel,^\- 

angòni  (=  agoni)  s.  f  (àgOnïam) 
agonie  VI,  510.  X,  40.  XII,  163. 

angouissa  v.  a.  (angûstiare)  af- 
fliger, angoisser  III,  68. 

angouisso  s.f.  (angîSstlam)  aw^o***^ 

VII,  485. 

angounisan[t,  o  p.  pr.  de  angou- 
nisa  (àgonizantem)  agonisai 
XII,  55.  356.  377. 

anguielo  s.f,  (angniUam)  anguille 

III,  404. 

anguieloun  (=  aguieloun)  ft-  *"• 
(áquílonem)  l'Aquilon  VlU,  190. 

XI,  64.  71. 

animau  s.  m.  (ànïmàl)  animal  IT, 
413. 


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ÛL0S8A1RË. 


269 


aniue  adv.  det.(=k  niue.  r.  c.  m.) 

cette  nuit  VIII,  825. 
aimado  s.  /.  C^ânn&tam ,  de  àn- 

num)  année  I,  62. 
anouge  s.  m,  (annûctilum)  agntau 

de  Vannée,  antenais  IV,  83. 
anqueto  s./,  (dim.  de  anco,  r.c.m.) 

hanche  V,  137. 
Ânsèame    n.  d*h.  (i7m.  Anshelm) 

Anselme  VI,  64,  r.  note. 
ansin  adv.  (spquë  sir)  ainsi  I,  43. 

394.  521  etc. 
ansindo  adv.  (pequë  sic  indo?)  ainsi 

III,  427.  VllI,  249. 
ansinto     adv.    id,    II,    38(î.    VI. 

551. 
antan    adv.  (antô  ftnnam)   jV/f?*V 

III,  239.  YIII,  114. 
Antèume    n.    d'h,    (—   Ansèume) 

Antelme  IX.  357. 
Antibo  *.  /.  n.  de  l.  (Ant.pôlim) 

Antibes  I,  226,  t\  note. 
anti(qae),   antico    a.  (ántíquum) 

antique  VI,    160.   X,   32.   Xn. 

20  etc. 
antico    s.  /.   (àntiquam)   antique, 

monument  antique  IV,  134,  v.  note. 
apaiage  «.  m.  (àd-*paleátïcum,  de 

p&leam,  pailie)  lititre  IV,  277. 
(s')apara    t\   a,  et  r.    (appàrare) 

r.  a.    a)  défendre  I,  282    VIII, 

90.  223  etc.  ;  b)  tendre  (la  main 

etc.)  II,  231.  Y II,  259.  —  v.  r. 

se  défendre  III,   107.  XI,   404. 
aparèisse    v.   n.   —   Gr.    §  109. 

p.  104  —  ^*àpp&r08Ct're)  appa- 
raître II,  399.  IX,  424. 
s'aparia  r.r.  (*áppáriare)  s'appa- 
rier^ s'unir  III,  213. 
(s')apasima  t?.  a.  et  r,   (ád-*pâcì- 

mare)  {s')apaiser  IV,  36.  XI,  8. 
apassionnap  p.  (àd-*pàssiî>nfitDm) 

passiwmé  II,  p.  26. 


apela    v,   a    (âppéllare)    appeler 

IV,  134.  X,  275.  XI,  508. 
apensamenti,  do   p.  p,  et  a.   (ad- 

♦penBa-mént-ltum)/>en*»/,  ve  IX, 

277.  XI,  89. 
aperalin   adv.  rfe  /.  (=  à  +  pèr 

+  alin.  V.  c.  m.)  par  là-has  VII. 

208.    VIII,   418.  IX,   164.    XI, 

53  etc. 
aperamoun[t   adv.  de  L  {—   à  + 

pèr  +  amoant)  là-haut,  aux  mon- 

tafffies  ir,  353.  III,  397. 
apercebre  u.  a.  —  Gr.  §  1U7.  p.  151 

—  (àd-*p?rcipére)  apercevoir  V, 

517. 
apereici    adv.   de  L    (=  à  +  pèr 

-h  eici,  r.  c.  m)  par  ici  V,  208. 
apereila    adv.  de  l.   (=  à  +  pèr 

-f   eila,  V.  c  m.)  par  lày  au  loin 

V.  228.  IX,  112. 
apereilalin  adv.  de  l.  (=  apereila 

+  alin,  t'.  c.  m.)  dans  ces  coŷi- 

trées  lointaines  XI,  127. 
àpi  s.  m.  (api uni)  céleri  VI  i,  585. 
apiela  v.  a.  (ád-*pllare,  de  piiam, 

pilier)    appuyer   III,    154.    IV, 

427.  XI,  102. 
aplana  t?.  a.  (àd-plânare)  aplanir 

XI.  125.  XII,  269. 
(s')aplanta   t\  a.  et  r.   (*àd-plán- 

tare)  {s')arrí'íer  a)  v.  a.  II,  425. 

IX,  333.  b)  V.  r.  I,  444.  IX,  70. 
184.  aplanta,  do  p.  p,  et  a, 
immobile  VI.  343.  VIII,  364. 

apoundre  v.  a.  et  n.  —  Gr.  §  10(J. 
p.  149  —  (apponi^re)  ajouter  I, 
400.  II,  218.  UI,  144  etc.  unir 
m,  369. 

apoustòli  5.  m.  (apostòlium)  apôtre 

X,  341.  XI,  351. 
s'aprefoundi   v.  r.   (àpprofùndire) 

s'approfondir,  s'enff/outir  1.251. 
VIIL  38^). 


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270 


GLOSSAIRE. 


apreissa,  do  p.  p.  et  a.  {de  à  + 
pressa,  V.  c.  m,)  ejupressé  XI. 
869. 

aprendre  v.  a.  —  Gr.  §  106  p.  147 
—  {apprO-(hë)ndf're)  apprendre 
VII.  465. 

aprens  (=  prens,  prenh,  pregn 
etci)  a.f,  (*praegnam  p.  praefç- 
nantem;  /p  préýixe  a-  a  été 
probablement  ajouté  par  une 
assimilation  de  forme  à  aprendre) 
enceinte;  grosse  VII.  558. 

après  prép,  (ád-prí'»ssnm)  aprh 
I,  802.  442.  II,  68  etc  devant 
l'inf    I,  2a8    -    adv.  XI,  288. 

s'aproncha  i\  r,  (*áppròpîare) 
{s')approcher   I.   4()7.   IV,    178. 

aprouva  t?.  a.  (àpprôbare)  ap- 
prouver IV,  811. 

aqnedu  s,  m.  (dufr,  aqueduc,  lai. 
àquae  dùctum)  aqueduc  XI,  281 . 

aqueira  v.  a.  (ád-*quftdrare)  la- 
pider VI,  611.  X,  405.  XI,  88. 

aquéa,  aquel;  /. :  aquelo;  pi.: 
aqueli(s)  a.  et  pron.dénu(<èç,Q\i[v[i\ 
illnm  etc.)  a)  pron.  déterminatif: 
celuif  celle;  ceux,  celles  IV,  82. 
XI,  17.  456.  XII,  2a5  etc.  — 
b)  adj.  dém.:  ce,  cette;  ces  I, 
29.   48.  85.   178.   259.  266   etc. 

aques[t(e),  o;  pi.  -i(s)  a.  et  pr. 
dém.  (?ccù[ml  istum)  a)  ce,  cette; 
ces  I,  188,  202  etc.  b)  celui-ci, 
celle-ci  etc.  II,  178. 

aqai  adv,  de  l.  (i^ccu[m)  hic.)  là 
I,  81.  94.  258.  858  etc,\  d'aqui 
d'eila  ça  et  In  IX,  21  ;  d'aqui 
que    conj.  de  t.  jusqu'à  ce    que 

IV,  885   V,  129. 

aràbi     a.   (árabilc]uin)    arabe    I, 

221.  —  s.  m.  moustique  X,  164. 

aragno   s.  f.  { íírânêam  )  araigìiée 

V.  ,">()() 


araire  s.  m.  (ár&trum)  charrue  \. 

58  {v.  note).  V,  206.  VIII,  240  etc. 
aramoun  s.  m.  (du  v.  arare  ?)  cep. 

partie  d^  la  charrue  qui  porte  U 

soc  IX,  800. 
arange  s.  m.  (du  sanscrit  naga- 

ranga,  fruit  des  élépiuintSj  cp. 

Kort.   Ù530)  orange  Vil,   534. 

X,  888.  XII,  1. 
arangié  s.  m.  (de  arange)  oranger 

III,  157. 
arc-de-sedo  s.  m.  (àrcum  +  de  t 

sëtam)  propr.:  arc  de  soie  = 

arc-en-ciel  I,  428. 
arcèlli  «.m.  (de  arcëllum?)  coquil- 
lage XI.  204. 
arcèu  s  m.(àrcëllum)  arceau X, 299. 
archimbello    s.  f.     (or.  inc.)  ba- 
lance  à  un  seul  plateau,  poids 

public  III,  208 
Arcolo    V.  note  VII,  503. 
ardèn[t,  o  a.  (àrdéntem)  ardent,  t 

m  484   IV,  207.  VIII,  92  etc. 
ardi|t,  ardido  a.  (*hardituin,  pp. 

du  r.  gei-m,  hardjan,  rendre  dur] 

hardi  I,  242    V,  139. 
ardour  s.f.  (ardorem)  ardeur  llh 

196.  X,  410. 
arèbre,  o  (=  asèbre,  o)  o.  (âciT- 

bum)  abrupte  XI,  449. 
arengo  s.f.(dugerm.  htm^  cereie) 

harangue  VI,  285. 
areno  s.  f.  (àrënam)  sable  X,  153. 

XII,   481;    arène  IV,  867;  Us 

Arènes  d'Arles  I,  504.  XI,  227. 
arescle     s.    m,    (*arl9tûlum ,   de 

♦aristura  ;  cp.  A.  Thomas,  Rom. 

2H.  1897.  p.  414)  éclisse,  cerceau 

II.  166,  V.  note. 
aresto   s.  /.    (aristam)  arête,  ip* 

égrené,  barbe  du  froment  1."^)^ 

VIII.  855. 
are[t  s.m.  (arpjëtem)  béliei'  IV. 97. 


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GLOSSAIRE. 


271 


argelas    s.  m.  (argïllscëum)  genêt 
épineux  VIII,  7  ;  ajonc  de  Pro- 
^  vence  VIII,  218 
argelo     s.  f.    (árgïllam)    argile 

m,  3. 

Argèn[s  s.  m.  (flamen  ArgÎ^ntCum) 

CArgèns  {Var)  XII.  8.    V.  note. 

argèn[t  s.  m.  (àrgëntumi   argent 

III,  278.  X,  391. 
argentau,   alo   a.  (de   argent  + 

Slem)  argenté  VII,  28. 
argno  (=  arno)  s.  /.  pour  arnié. 
8.  w.  (de  tàrmïtem,  teigne  ^  à 
cause  de  la  propriété  attribuée 
à  sa  peau  de  préserver  les  draps 
des  teignes  (Très.);  cp.  Kort. 
8056)   alcyon,    martin-picheur 

IX,  7. 

aride,  o  a.  (ârïdum)  aride  VIII, 
425. 

Arlaten,  co  a.  et  s,  (Arelatincum 
p.  Arelatensem)  d'Arles^  Arté- 
sien, ne  IV,  247.  VIII,  84.  X, 
21  etc. 

Arle  n.  de  L  (Arëlate)  Arles  Ilf, 
205.  X,  1  etc. 

arma  v.  a.  (àrmare)  armer  IV, 
448. 

armado    s.  f.   (ármStam)   armée 

IV,  77. 

armàri  s.  m.  (àrmarïum)    cuisine 

V,  226. 

armo    s,  f.  (ànna)  arme  IV,  360. 

X,  159. 

armounio    s.  f.   (harmônïam ,   du 

ffr.)  harmonie  TV,  54. 
arnayèu  (=  arnavès,  arnès,  ernès 

etc)   s.  m.    (or.  inc.    —    Mistr. 

pense  au  lat.  erïnàcous,  hérisson, 

chardon.     Il  y  a  aussi  le  nom 

d'une  plante  iftconnue  i^rlnr^as. 

t;.    Georges.)    plante    épineuse, 

épine  X,  277. 


aro  adv.  de  t.  (liac  horâ)  à  présent 
I,  196.  307.  537.  II,  445  etc. 

arpateja  v.  w.  (*arpaticare ,  cp. 
arpo)  agiter  les  griffes,  les  mains, 
pour  saisir  ou  défendre,  tré- 
pigner V,  239. 

arpiado  ìí.  /.  (de  arpo,  v.  c.  m.) 
étreinte  I,  378. 

arpioun  s.  m.  (de  arpo)  grig^e  II, 
270. 

arpo  s,/,  (du  gr.  írçnij,  faux,  croc, 
griffe)  griffe,  harpon  I,  251.  V. 
173. 

arque  [t  s.  m.  (dim.  de  arc)  arc 
VII,  315. 

arrambage  s.  m.  (ad  -^  ramp  [mot 
germ.]  -i-  -âtïcum)  abordage  1, 
243. 

arrampi,  do  p.  p.  et  a.  (de  rampo. 
crampe,  du  b.  ail.  ramp)  con- 
tracté, pétrifié  V,  472.  VI,  103. 

arranca  v.  a.  (de  eruncare,  arec 
changement  de  préfixe,  sarcler) 
arracher  I,  508. 

arrapa  v.  a,  (*árrâpare,  du  germ. 
rapôn)  empoigner,  saisir,  ac- 
crocher II,  431.  III,  466.  XII, 
56.  VIII,  371.  —  s'arrapa  à. 
se  cramponner  â  I,  250.  377 
etc. 

s'arrasa  v.  r.  (ad-ràsare,  fréqu. 
de  rftdëre)  se  combler  par  les 
pluies,  en  parlant  d'un  fleure 
VII.  447. 

arregarda  v.  a,  (âd-ri^-*gardare. 
du  germ.  wartôn)  regarder  II, 
469.  IX,  338.  XII,  385. 

s'arrena  v.  r.  (ad-*rënare,  de  rën 
rein)  s'affaisser  VI.  600.  X,  151. 

arrenja  v.  a.  (*arringare,  du  germ. 
ring,    cercle)   arranger  II,  254. 

arrès[t  s.  m.  (s.  v.  de  arresta). 
arn't  V,  210 


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272 


GLOSSAIRB. 


arresta  r.  a.  (àd-rë-stftre  faire 
rester)  arrHei-.  Il,  836.  X,  224. 

—  s^arresta  de  v.  r.  cesser  de 
IV,  148.  IX,  183. 

àrri!  int.  (cp,  le  vha.  haro,  hero, 
herot  par  ici ,  et  ie  fr.  haro  !} 
hue!    cfH  des  muletiers  V,  225. 

arriba  a)  r.  n.  (ád-*rlpare)  orig.  : 
atteindre  le  rivage  =  arriver 
I,  351.  —  comme  v.  impers,  ar- 
ribo,  es  arriba,  il  anive,  il  est 
af^ivé  I,  223.  256.  IX,  238  etc. 

-  h)  r.  a.  atteindre  III,  173.  — 
donner  à  manger,  p.  ex.  à  des 
vers  à  soie  (ce  que  le  Très,  ex- 
plique par:  conduire  ou  faire 
arriver  des  bêtes  à  la  lisière 
d'une  prairie  pour  les  faire 
paître)  I,  101. 

arrié  adv.  (ad  rétro )  arrihe;  à 
Tarrié  en  arrière  IV,  441. 

arrouganço  s.  y.  (àrrogantîam) 
arrogance  V,  .349. 

arronsa  r.  a.  (*árrosare)  arroser 
III.  424. 

àrsi  s.  m.  {de  l'inf.  arsi  foi'mé  du 
p,  p.  ars,  du  V.  ardre,  lat.  *ar- 
dére  brûler)  traverse  VII.  .333; 
tribulation  X,  119. 

artèu  s.  m.  (àrticulum)  orteil  V, 
202.  XII,  IHO. 

artisoun  s.  m.  {de  [t] armes,  [t]íírmì- 
tem;  cp.  K'&rt.  80.')(J.)  artison, 
insecte  rongeur  II,  334. 

artoun  s.  m.  {du  gr.  »M.ro.V  — 
4>f /on  l)z.,  du  basque  artoa,  pain 
de  mais)  pain  XI,  347. 

asar[d  s.  m.  {de  l'arabe  assahar, 
assar)  hasard:  à  Tasard  au 
Itasard  XI,  213;  d'asard  par 
hasard  I,  43«.  X,  164. 

asclo  i.  /.  (*asclam  p.  assfilarai 
creriisfi'^  fetitc  VI,  241. 


ase    s.  m.  (âsinum)  âne  VII,  55. 
aseiga   v.  a.  (ftdàqnare)  arroser, 

mouiller  II,  354. 
asenié    s.    m.    (àsÌDfirìam)   ânier 

IV,  51. 
asperbo  (=  sorbo)  s.  f.  {fusion 

de  aspre  [r.  r.  m.]  +  sorbum) 

sorbe^   corme,  fruit  du  cormier 

X,  25(). 
asperge   s.  m.  (de  àd-spergére) 

aspersoir  XI,  40 1. 
aspèjt   s,  m.  (àd-spëctum)  tispect 

III,  1(X). 
aspre,   o    a.  (àspëmm)  âpre  III. 

311.  VIII,  412.  X,  251. 
(s')a8saja   v.  a.  et  r.   (*èxagiare) 

{s'jessager  II,  132.  X,  354. 
assanca  v.  a.  et  n.  (*éx-àncare;  cp. 

Du  C.  :  sauchatQS,  membris  de- 

tractus,  et  i'it.  sciancato) />ro/>r.: 

déhancher,  fig.:  ènei'ver  X,  7ô. 
assau[t   s.  m.  (ad-saltum)  itssaut 

I,  463. 
assavènta   r.  a.  (*àd-sàp[iiéDtare! 

instruire  XI,  4  9. 
asseda  r.  a.  {de  à  f  sét,  v.  c.  w.» 

altérer'  XIJ,  321. 
assegura  v.  a.  et  w.  (*ádsê:ílrare) 

assureì'  IV,  163. 
(s')assembla  v.a.  et  r.  (assinùlarei 

(s'jossembier  II,  216.    IX,  1H9. 
assemblado  s.f  {s.  v.  de  assemblai 

as:.(mblée  IX,  p.  183. 
(  s')asseta  r.  a.  et  r.,    inf  et  p.  p- 

(*a.l-st^ditare)  s'asseoir;  assis l 

532.  Il,  326.  IV,  152.  VIII,  19  etc. 
assiéuna  r.  a.  (àssigDare)  par^-f' 

I,  511. 
assòudre   (=  absoudre)  r   a.  — 

Gr.  §  107.  p.  l'»3,  —  (àbsôlvi^re) 

absoudre  III,  347. 
(s')assoucia  r.  {a.  et)  r.  (ad-socìare' 

s'associer  VII.  424. 


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OLOdSAIRB. 


273 


(s')a880iila  V,  (a.  et)  r.  (&d-8Qlare 

p,  consolare)  se  consoler  X,  322. 
assoulnciomi  s.  f,  (ibsolntlt^nem) 

absolution  lU,  336. 
assÔQYagi,  do  p.  p.  et  a.  (de  à  + 

sÔQYage)  sauvage  III,  310. 
àsti   (=  aste)  s,  m.  {de  h&stam) 

dard  XI,  381. 
astra,  do   p,  p.  et  a,  (&8tr&tam) 

mal  astra  voité  au  malheur  XI, 

79. 
astre   s.   m.   (âstrnm)   astre  III, 

166.  Vni,  103.  IX,  380  etc. 
astroulò  s,  m.  (*á8trÔlôgum,  du  gr, 

àaiycÀoyoç)  <tsiroloçue  YI,  63. 
At  ou  A[t  n.  de  l.  (Aptam  [ Jnliam]) 

Apt  VIL  519.    F.  note. 
atala  v.  a.  (&d-t9lare,  de  telom, 

flèche,    timon;    cp.   KbrU    673, 

Scheler  s.  v.  atteler)  atteler  V, 

204.  Vm,  240.  IX,  405. 
ate  s.  m.  (actum)  acte  V,  514. 
atentién,  atentivo  a.  (àttëntiviim) 

attentif f  ve,  VI,  52. 
atira    r.    a.    (&d-tlrare)    attirer 

VI,  503. 
atravali,   do  p.  p,  et  a.  (ád-*tri- 

bftcQlItam,  r.  travai)  ardent  au 

travail  II,  157. 
atremoQli  v,   a.  (àd-trëmûl-lre) 

faire  frissonner  II,  276.  XII, 

438;  p,  p.  tremblant:  Toues  atre- 

moQlido    voix   chevrotante  VI, 

197;  tèsto  atremoulido  tête  va- 
cillante Xn,  102. 
atrenca  v,  a,  (de  trenco,  v,  c,  m.) 

préparer,     accoutrer,     attifer 

vm,  70. 
atrencadnro    «.  /.    (de   atrenca) 

toileUe  vm,  p.  165. 
atrinable,  o  a.  (de  trin,  v,  c.  m.) 

çu^on  peut  dresser  Vm,  21. 


atroce,  atroço  a.  (àtrocem)  atroce 

IV,  423. 

(8')atroQba  (^  atrouTa)  v,  a.  et  r. 
(du  vha,  tmoban,  trôban,  cp. 
Braune  dans  Or,  Z.  18  p.  516) 
(se)  trouver  I,  308.  436.  Il,  92. 
IX,  36.  XI,  518  etc. 

ataba  v.  a,  (*ád-typhare,  de  ty- 
pbam  ;  cp.  le  v.  tuba)  enflammer 
I,  462.  VIU,  352. 

(8^)atQpi  i;.  a.  et  r.  (du  thème  germ. 
top,  pointe;  cp.  Kôrt.  8238.) 
consterner,  stupéfier  VI,  102. 
XI,  259.  XII,  385. 

au  (=  à  lou)  dat.  de  l'art,  déf. 
sg.  m.  (ftd  ïllum)  au  I,  19.  49. 
54.  112  etc. 

Aubanèu  n.  de  famille.  Aubanel 
VI,  60.    Foy.  note. 

aubaresto  s.f  {de  arcti-b&listam) 
arbalète  Vm,  356. 

Aubaroun  n.  de  l.  (Albaronem) 
Albaron,  hameau  de  la  Ca- 
margue IV,  346. 

aubado  s.f.  {lot.  *âlb&tam)  aubade 
ni,  395. 

aubo  s.  f.  (âlbam)  a)  aube,  au- 
rore I,  533.  V,  101.  X,  290  etc. 
h)  peuplier  blanc  VII,  33.  Vm, 
326.  438  etc. 

aubeto  s.  f   {dim.  de  aubo)  attbe 

V,  529. 

auboi  s.  m.  {vfr.  aut  bois,  c^est-à- 
dire  instrument  de  bois  dont  le 
son  va  haut)  hautbois  I,  491. 

(s')auboura  v.  a.  et  r.  (♦árbôrare) 
lever,  soulever,  élever,  relever 
I,  494.  506.  vm,  4.34.  IX,  307. 
XI,  433  etc.;  s'élever  VIII,  132. 
IX,  68  etc. 

aubrage  s.  m.  {de  aubre  -|-  -fitï- 
cum)  massif  d'arbres  I,  85. 
18 


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274 


GLOSSAIRE. 


anbre  s,  m.  (árbôrem)  arbre  I,  21* 
22.  m.  247  etc. 

aabrelt  s.  m.  (dint.  de  aubre)  ar- 
buste II,  437. 

aabriho  s.  f.  (aubre  -  -ilia)  les 
arbres  en  gén,  VU,  208. 

aucelas  s.  m.  {de  àtïcell  +  -ftceum 
grand  oiseau  X,  69. 

aaceloun  s.  m.  {de  avïcill  f  -Onem) 
oisillon  III,  99.  497.  IX,  392  etc. 
Cp,  VII,  294  note, 

aaceloane[t  s.  m.  (dinu  de  aace- 
loun) petit  oiseau  XI,  479. 

aucèu  s.  m.  (*ávïcellum)  oiseau  I, 
28.  35.  529  II,  402  etc. 

aucidèn[t  s.  m.  (àccïdëntem)  con- 
vulsion  IX,  345. 

auco  s.f.  (♦àvïcam,  de  àvem)  oie 

III,  102. 

audanço  s./,  (aud-antîam)  audace 
XI,  256. 

aufo  «./.  {de  l^ arabe  alfa)  sparte, 
sparterie  III,  253. 

augo  s.  /.  (álgam)   algue  V,  501. 

au-liò,  V.  liò, 

au-mai,  v,  mai. 

aumenta  v.  a.  (augmentare)  aug- 
menter XII,  308. 

Aup  s.  /.  pi.  (Alpes)  les  Alpes 
VI,  27.  VIII,  209. 

auperayan|s  adt\  de  t.  (=  aupèr 
avans,    v.    c.    m.)    auparavant 

IV,  494. 

Aupiho  s.  f.  (Alpîllam)  Alpilles, 
faussement  Alpines  y  chaîne  de 
montagnes  à  l'est  d'Arles.  III, 
242  (t\  n<}te).  VIII,  167.  181. 
XI,  491. 

aurai  etc.  v.  avé.  • 

Aurano  n.  de  /.,  fréquent  en  Pro- 
vence, (forme  adj.  de  auro  ;  cp. 
le  vpr,  auran  léger^  capricieux) 
Aurane  XH,  333. 


Aurenjo  n.  de  l.  {de  Arausïïinem) 

Orange  XI.  39a 
aureto  s,  f.  (dim.  de  auro)  orne 

U,  311.  V,  39.  X,  187. 
auriflan[t  s.  m.  (auram  flantem) 

soufflet  de  forge  VI,  392. 
aurige     s.    m.    {de    auro)    orage 

VII,  436. 
auriheto   s.  f.  {de  auriho)  petite 

oreille  V,  75. 
auribo  s.f,  (aurïcûlam,  de  auremi 

oreille  I,  416.  490.  II,  12.  112 

etc.;  ver  soir  du  soc  IX,  299. 
auriolo  s.  f  (aurëôlam)  chardon, 

centaurée  du  solstice  XH,  173. 

IX,  92.  Voy.  note. 
Auristre  s.  m.  {de  auram  +  ans- 

trum?)  ouragan  VIII,  184. 
auro  s.  f  (auram)  souffle  de  teni 

n,  276.  III,  84.  398  etc.;  d'aoro 

en  auro   du  nord  au  midi,  cp- 

soulèu  X,  52. 
aurouge,  o  a.  (de  auro)  venteux, 

se;  farouche,    qui  pari  comme 

le  vent  VII,  181.  X,  72. 
auroun  s.  m.    {de  auro)  vol  ^un 

oiseau,  essor  XI,  167. 
auls    s.  m.  (hftpsom)    toison  IV. 

33. 
ausa   V.    n.    (*au8are,  friqu.  de 

audëre)  oser  I,  435.  II,  119- 
ausi  V.  a.  et  n.  (audlre)  ouïr,  en- 
tendre I,  279.  540.  n,  41.  108. 

212   etc.  '—    Tausi  s.  m.  Me 

{cp.  leva)  n,  341. 
ausido  s.  f.  (s.  p.  de  ausi)  owff- 

III,  380. 

ausidou  s,  m.  (audïtorem)  o^^^^ 

IV,  70. 

(s')aussa  v.  a.  et  r.  (àltïare)  hausttr. 
élever  I,  11.  24.  IX,  204.  tt 
17  Hc.  —  se  lever  I,  311. 


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GLOSSAIRE. 


;<o 


aa^t,  0  a.  (àltiim)  haut,  e  II,  207. 

IV,  41  etc.  ;  d'aut  adv.  m  haut 

VII,   150.  —  depèr-d'aut  loc. 

adv.  dans  la  partie  haute,  par 

le  haut  XII,  57. 
antaii[t   adv,   de  quantité,   (ál[i]- 

tantum)  autant  I,  206;   autant 

lèu  aussitôt  VIII,  255. 
aatar  s.  m,  (altare)  autel  III,  50. 

XI,  300.  XII,  58. 
autin  s.  m.  (àltinum)  vigne  enlacée 

à  un  arbrCj  berceau,  tonnelle  I, 

500.  IX,  258 
aatouno  s./,  (auctumnam)  automne 

I,  89.  VIII,  314. 
autour  s.f.  (dér.  de  aut)  hauteur 

IV,  441.  IX,  172.  XI,  140. 
autour  de  prép.    (ad  tôrnum  dé) 

autour  de  II,  52.  UI,  137.  IX, 

201  etc, 
autramen  adv,  (àlterfi  mëntii)  au- 
trement IV,  126. 
autre,    o  ;    devant  un    s.  au  pi,  : 

àutri(8)  a.  et  pr.  indéf,  (àlterum) 

autre  I,  227.  322.  430.  X.  394. 

XI,  40  etc, 
(d')autre-tèm[s  loc,  adv,  (àlterum 

tëmpus)  du  temps  pasgé,  d^ autre- 
fois   VI,    52.    VII,    152.    IX, 

136. 
(d*)àutri-fe8  loc.  adv.  (altéras  vices) 

{d*)autrefois  XI,  220. 
auturo  s,  f.   (*álttlram)   hauteur, 

éminence  IV,  116.  IX,  62.  Xn, 

124. 
auturoun  s.  m.  {de  auturo  +  -onem) 

légère  éminence  VI,  105. 
anturous,  o  a,  {de  auturo  -i-  -Dsum) 

altier,  hautain,  orgueilleux  lU, 

7.  VIII,  175.  XI,  321.  435. 
auvàri  s,  m.    {de  V arabe  awâri, 

dégâtj  mésaventure  V,  82. 


auvas  s.  m.  (de  auve  +  -ficëum) 
gravier  II,  46. 

auve  s.  m.  (alvëum)  lit,  gravier 
du  fleure  V,  534. 

avala  v,  a,  (de  îd  vallem:  faire 
descendre,  scil.  par  le  gosier) 
avaler  I,  457.  IV,  220;  p.  p,  et 
a.  hâve  Vn,  140. 

(8')avança  v.  n.  et  r.  (*áb-ánteare) 
(s*)avancer  a)  v.  n,  III,  112.  IX, 
46  etc,  ;  b)  v,  r.  I,  156.  IX.  65. 
211  etc. 

avanço  s,  f.  {s.  v.  de  avança) 
avance  ;  prendre  Wy^Sif^o  prendre 
le  devant  I,  464. 

avan[s  que  conj,  de,  t,  (cp,  aussi 
davans  que)(àb-antë-quÔd)at?aw< 
que  a)  suivi  du  sbj,  VIII,  320; 
b)  avans  que,  suivi  de  Vinf.  I, 
49.  X,  353;  c)  avans  que  de, 
suivi  de  Vinf,  II,  220  ;  d)  avans 
de,  suivi  de  Vinf,  avant  de  III. 
252.  V,  25.  X,  415. 

avare,  o  a.  (avarum)  avare  VIII, 
365. 

s'avasta  v.  r.  (de  à  +  vaste,  t?. 
c.  m.)  ^aventwrer  X,  12. 

avau  adv,  de  l.  (ad  vallem)  là-bas 
VI,  604.  X,  356.  XI,  6. 

avau[s  s,  m,  (p.-ê.  identique  avec 
Vadv,  précédent^  désignant  la 
plante  basse  et  rampante)  chêne- 
nain,  chêne-kermès  (quercus  coc- 
cifera)  II,  140.  III,  45.  VIU, 
150. 

avé  V.  auxiliaire.  -  Gr,  §97  — 
(hàbere)  avoir,  —Inf  avé  X,  415. 
agué  XII,  175.  -  Pr.  Ind.  ai, 
as  etc.  XII,  168.  I,  82.  84.  112. 
515.  XI,  490.  -  Impft.  avié 
etc.  XI,  225.  227.  228.  229.  — 
P.  d,  aguère  I,  181.  —  Fut. 
18* 


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276 


OL088AIBE. 


aurai  etc.  II,  86.  Xn,  224.  I, 

393.  —  IV.  Sbj.  et  Impér.  ague 

etc.  YIII,  464.    I,  358.  378.  - 

Impft,  Sbj.  agnèsse  etc.  1, 9. 480. 

XI,  408.  —  P.  p.  agu,  do  IV, 

94.  Vni,  287.  Xn,  403. 
avé  8.  nu  (h&bëre)  avoir  m,;   rir 

ch€S8e,spécialement  les  troupeaux 

de  brebis  Ul,  311.  IV,  21.  VIU, 

231.  IX,  367. 
avé  (Maria)  *.  w.  (avS  Maria)  avé 

Maria,  angélus  IX,  371. 
aveîano  «./.  (íícAvellam,  ville  de 

Campanie)  noisette,  aveline  VI, 

305. 
s'avena   v.  r.    (de  vënam,  veine), 

s^alimenter,    en  parlant   d'une 

source,  jaillir  de  la  veine  XI, 

442. 
avengndo   s,  f,   (s,  p.  de  aveni) 

avenue  XII,  369. 
aveni  v.  n.  —  Qr.  §  102,  p.  140. 

(àdvënire)    advenir    IV,     294. 

XI,  485. 
aveni  s.  m.  (id.)  l'avenir  XI,  507. 
Avèn[t  s,  m.  (àdvSntum)   l'Avent 

X,  247. 
s'aventara   v,  r.    (*Sdventtirare) 

s'aventurer  VI,  181. 
avéra  (=  averra)  v,  a.  (*a-verrare 

p.  verrëre)  aveindre,  arracher, 


tirer  une  chose  du  lieu  oà  elle 
était  I,  35. 

aversàri  s.  m.  (ftdvërsllrïum)  ad- 
versaire V,  212. 

averti  v.  a.  (de  Sdvertëre)  avertir 
VIII,  225. 

àvi  s,  m.  (♦ftvïum  p.  avum)  cueul 
IV,  111. 

Avignonn  n.  de  L  (Aveni^nem) 
Avignon  UL,  173.  X,  38. 

Avignounen,  coa,ets.  (duprécéd,) 
d'Avignon  XI,  422. 

avis  s.  m.  (àdvisum)  avis;  iéa  m'es 
d'avis  il  m'est  avis  I,  534  ;  ana 
d'avis  être  bien  avisée  agir  avec 
circonspection  l'a.,  206. 

s'avisa  (de)  v.  r.  (*ad-vlsare)  Ra- 
viser (de)  V,  432;  s'apercevoir 
de  V,  432;  prendre  garde  à 
VI,  480. 

Avoasit  s,  m.  (Angustam)  août 
Vn,  296  (v.  noU),  VIII,  367. 

avugle,  0  a.  et  s.  (&b-Ôcûlum) 
aveugle  XII,  197;  avugle-na 
aveugle-né  XI,  359. 

Azalaïs  n.  de  /.  (du  germ,  Adal- 
haid)  Adélaïde  IH,  187. 

aznren,  co^  a,  (du  s.  aznr,  de  Va- 
rabe  lâzvardi)  d'astur,  azuré 
XII,  84. 

Skzurin,  0  a.  (id,)  VII,  20. 


B 


bàbi  s.  m.  (onom.)  coup,  taloche, 

tape  V,  355. 
Babilouno   s,  f,  {de  Bàbylonem) 

Bahylone  VI,  552. 
bacegonn   s,  m.  (de  bacegne,  ba- 

cego  s.  m.,  d'or,  inc.)  flèche  de 

la  charrue  IX,  343. 
bacela  v.  a.  et  n.    (*bacellare,  de 


♦bâccOlare)  battre^  fouetter, 
frapper;  ^agiter  IV,  401.  V 
268.  VI,  262.  360.  XI,  154  etc. 

bacelaire,  o  a.  {de  bacela)  reten- 
tissant IX,  59. 

bacelas  s.  m.  (de  bacèu  +  -ic5iun) 
soufflet  énorme  V,  280, 

bacèu  *.  m.    (*bacelluin  p  *bác- 


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OL088AIBE. 


277 


cttlam,  ep.  A,  Thomas,  Bom.  26 
[1897]  p.  414)  coup  I,  246. 
Bacns  «.  m.    (Bacohns)   Bacchus 

ni,  9. 

bada  r.  n.  (♦bàdare)  béer,  regarder 
la  bouche  béanU  Y,  40.  343. 
Vin,  234  etc. 

badai  s.  m.  (s.  v,  de  badaia,  ba- 
dalha,  du  lot,  *b&d-âlîare,  de 
bádare)  baUlement  YI,  277. 

(se)  bagna  r.  a.  et  r.  (b&lnëare) 
(se)  baigner  y  mouiller  I,  49; 
n,  300.  m,  261.  IX,  404  eu. 

bagnaduro  «.  /.  (*bilnëaturam) 
rosée  I,  19. 

bagnim  s.  m.  (de  bagna)  roaée 
X,  345. 

baia  €7.  a.  (bftjtllare,  donner  à  ad- 
ministrer, confier)  donner,  bailler 

I,  214.  n,  227. 

baiar[d,  o  a,  et  s.  {b.  laU  bajar- 
dom,  de  bâdîom)  bai^  rouge-brun, 
en  parlant  de  chevaux  et  de 
bœufs  IX,  337.    F.  note, 

baile  s.  m,  (bSjQlQm)  bailli  I,  30; 
chef  des  laboureurs  IX,  309. 
318.  357  etc. 

baile-pastre  s.  m.  (bSjQlam-f-pas- 
tôr)  chef  des  pasteurs  III,  166. 
IX,  165. 

baise  v,  beisa. 

baisso  r.  beissa. 

baisso  s,  f.  (^bassìam)  lieu  bas  ; 
faire  li  baisso,  cueillir  les  fruits 
ou  la  ramée  des  branches  basses 

II,  36. 

bajan  s.  m,  (or,  inc.)  plat  de  lé- 
gumes cuits  à  Veau,  salade  de 
légumes  I,  143. 

balandra  (=  balanda)  v.  n.  (de 
balans,  v,  c,  m.)  balancer  V, 
348. 

bala]i[s  s,  m.    (bilanx,  bîlancem) 


branle,  balancement  V,  437.  VII, 

29.  X,  338. 
balaQ[s  s, m. (du  b.lat,  bala  sagma, 

fascis,  onas,  sarcina,  in  rnodnm 

pilae  qnam  GaUi  et  Itali  ballam 

yocant,  compacta  [Du  C.]\  du 

thème  bail,  cp.  Kôrt,  1013)  fagot 

Vn,  268. 
balin-balant  ;  balin-balòn  loc.  adv, 

(du  V,  bala,  baller,  danser,  cp. 

le  gr.  fiáXXnv)  en  balançant  de 

COU  et  d'autre  V,  326.  X,  182. 
Bambaroncbo  ;  v.  VI,  459  note. 
banarld,  o    a.    (de  bano  -f  suff. 

germ.  bard)  cornu,  e  V,  353. 
banam,  do   a.  (de  bano,  v.  c.  m.) 

cornu,  e  IV,  358;  lou  Banara 

le  Cornu,  U  Diable  VI,  500. 
banasto  s.f  {du  b.  lat.  *banastam, 

de  bennam  +  astrnm,  suivant 

l'analogie  de  canasto;   cp.  Dz. 

benna  48  et  Kôrt.  1123)  manne, 

grande  corbeille  d* osier  I,  116. 

131.  X,  382  etc. 
banastié   s.  m.    (^b&nast-Srlnm) 

vannier  II,  391. 
banastonnié   s.  m.    (*b&nast-Dn- 

Srlnm)  vannier  VI,  216. 
ban[c  s.  m.  (du  vha.  banc)  banc 

V,  430. 
bancado    s.  f.   (banc   +   -&tam) 

monceau  (de  paille)  VIII,  379. 
bandeiroon  s.  m.    {de  bandiero, 

du  germ.  band,  drapeau,  b.  lat. 

bandnm,    Texillnm)    banderolle 

X,  117. 
bandi  v.  a.  (^bandlre,   du  germ. 

*bandjan)  chasser,  lancer,  jeter 

n,  21.  IV,  441.  Vn,  497.  XI, 

246;  bannir  VII,  112. 
bandi[t  s.  m.  {p.  p.  du  v.  bandi, 

mettre  au  ban)  bandit  XII,  154. 


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278 


OLOSSAIRB. 


bando  «./.  (du  germ.  band)  troupe^ 

bande  H,  265.  IV,  9.  46.  Vm, 

a33.  IX,  139  etc. 
bandouliero  *.  /  (de  Vesp.  bando- 

lera,  de  bandola,  dim.  de  banda 

ruban;   çp,  bando)  bandoulière 

Vn,  162. 
baneja  t?.  n.  (de   bano)  montrer 

les  cornes^  s^élever  pareil  à  une 

corne  VII,  537. 
banelt,  o  a,  (de  bano)  cornu  I, 

365.  386. 
baneto  s.  /.  (dim.  de  bano)  petite 

corne  VIII,  272. 
bano   8.  /.  (du  celt,  ban ,  benn  ; 

cp.  Meyer-Liibke,  dans  Gr.  Z. 

XIX,  273)  corne  IV,  58. 
baragno  «./.  (de  Vesp,  brefia,  p.-ê, 

du  basque)  haie  épineuse  VII,  158. 
barataire  s,  m,  (b.lat.  *bîr&t£ltor 

(Du  C),  du  lat.  bârâthrum,  gr. 

/9áça9çoç)  forban  V,  344. 
barbabon  s.  m.  (de  barbo  +  bon 

bouc,  du  germ.  bnkk)  barbe-de- 

bouCy  salsifis  des  prés  (plante) 

vn,  245. 
Barban    s.   m.    (probablement   de 

barbamy    cp.    Du    C.    s.    Bar- 

bnaldns  et  barbuda)  le  Barban, 

bête  noire,  être  imaginaire  dont 

on  fait  peur  aux  enfants  VI, 

472.    V.  VI,  459  note, 
barbare   s.  et   a,  m.    (bàrbàrum) 

barbare  XI,  403. 
barbaresc,  o  a.  (♦bàrbàrïscum  p. 

bárbàrïcum)  barbaresque  VIII,  5. 
barbela  v,  n.  et  a,  (Très.:  verbé- 

TBie  frapper,  palpiter  d^  émotion) 

brûler  de  désir  III,  126.  209; 

i'.  a.  convoiter  V,  539. 
barbeno  s.  f  (de  barbe,  p.-ê.  sous 

l'influence  de  verbenam)  barbe 

des  épis  V,  60. 


Barbentano  s.  /.,  n.  de  l.  (b.  lat. 
Barbentanam,  autrefois  Bellin- 
tonem)  Barbentane  (B.-du-Rh.) 
m,  205.    Voy.  noie. 

barbesin  s.  m.  (vervëcinum.  de 
ntoiUon)  hippobosque  du  mouton, 
insecte  parasite  V,  203. 

barbo  s.f  (barbam)  barbe  V,  218. 

IX,  131. 

barcado  s.f.  (*birc-fttam,  de  barc- 
am)  batelée  XI,  58. 

barcarès  s.  m.  (♦bSrcàrëtnm ,  de 
barcam)  réunion  de  barquet, 
flotte  XI,  224. 

bar|d  s.  m.  (du  vnord.  bardi  bouc- 
lier; cp.  K'ôrt.  1055)  dalle  VI, 
420.  X,  184.  282.  XII,  31  etc. 

barda[t  s.  m.  (b.  lat.  barditum. 
Du  a,  de  bard)  les  dalles  XII, 
91. 

bardo  s.  f.  (du  vnord.  bardi  ou 
de  L'arabe  al-barda*ah  ;  cp.  Dz. 
42  et  K'ôrt.  1055)  bardelle, 
espèce  de  selle  IV,  50. 

bardonia  v.  n.  (prob.  le  même  mot 
que  bredouiller,  d'or,  inc.)  ba- 
varder III,  73. 

baren  (barenc)  s.  m.  (p.-ê.  du  bas- 
que barincou  bas-fond  [Trés.]'^) 
gouffre  X,  263. 

baronn  s.  m.  (bâronem)  baron  II. 
394. 

barqaeìròu  s.  m.(b.lat.  barcheroluniT 
nantam  (Du  C.)  p.  ♦barcarolem) 
batelier  V.  413. 

barquéjaire  5.  m.  (du  v.  barqueja) 
nautonier  VIII,  100. 

barqne[t  s.  m.  (dim.  de  barco) 
bateau  VIII,  447.  X,  8.  49. 

barqueto  s.f.  (id.)  esquif  nacelle 

X,  326.  XI,  107.  XII,  366. 
barquié  s.  m.  (barcftrïum)  haielie^ 

V,  p.  85. 


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0L0S8A1BE. 


279 


barra  v,  a,  et  r.  {d'un  radical 
barr-  qui  marque  V empêchement, 
cp.  Kôrt,  1062)  barrer,  fermer, 
clore  m,  87.  XII,  82.  107  ;  se 
fermer  V,  275.  VII,  75. 

barran    s,    m.    (♦barrsle)    harril 

ni,  2. 

barrejadis  s,  m.  {du  t\  barreja 
agiter  violemment  une  barre,  v, 
barro)  pêle-^nêle  (propr.  :  agita- 
tion violente  d'une  barre)  IV, 
236. 

barreto  s.f,  {du  b.-lat.  *birr6tiini, 
de  birrum,  byrrhum  sorte  d'é- 
toffe grossière  f  du  gr.  nvn^ç 
rouge)  bonnet,  béret  II,  15. 

barri  s.  m.  {du  radical  barr,  cp. 
barra)  rempart,  muraille  IV, 
391.  XI,  326.  439.  X,  110.  XU, 
83. 

barro  s.  f.  (id.)  barre,  poteau, 
perche  I,  486.  III.  333. 

barroun  s.  m,  {de  barro)  gourdin 
IV,  334. 

barmla  v,  n,  et  a.  {de  barro  a)  v. 
n.  rouler  IV.  392.  XI,  357.  XII, 
41;  vaguer,  errer  II,  287.  X, 
60.  XI,  158.  378;  h)  v,  a.  par- 
courir VU,  478.  VIII,  215. 

barmlaire  s.  m.  {de  barmla)  rou- 
leau de  labour  I,  114. 

bartas  *.  m,  {de  barto.  vpr.  barta, 
batta,  buisson,  du  gr.  /Sàroç 
ronce?)  buisson  épais,  halHer 
m,  442. 

bartavèu,  ello  a.  {du  s.  m.  barta- 
vèu  loquet  de  porte,  claquet  de 
moulin,  b.-lat,  bartaTella,  verte- 
vella  [Du  CJ,  lot.  *vërtebëllum 
cp,  Kôrt.  8655)  étourdi,  écervelé, 
qui  tourne  à  tout  vent  VII,  52. 

bas,  80  a.  (bassam)   bas,  se  IX, 


41;  adv.  bas  IV,  169;  d'en  bas 

VI,  357. 
baselico  s,f.  (bâsîlïcam,  gr.  /Sam- 

liMÌ)  basilique  VI,  159. 
ba8[t  s.  m.  (♦bastum)  bât  m.  IV,  52. 
I     ba8tar[d  s.  m.  (de  bast,  bât;  cp, 
I         Scheler,  s.  bâtard,  et  Kôrt.  1076) 

bâtard  V,  255. 
basti  V.  a.  (*ba8tire,  d'un  rad.  bast- 

qui  marque  le  fondement)  bâtir 

XI,  ^26.  XII,  59  etc. 
bastidano  s.  f  {de  bastido)  Jilles 

des  champs.   Voy.  note  III,  204. 

VIII,  316. 
bastido  s.f.  [s.  p.  de  basti)  bastide, 

ferme  f.    IV,  193.  IX,  288  etc. 

Voy.  I,  1  note. 
bastimen   s  m.  (♦basti  -  mentum) 

bâtiment  I,   223.  231.   270   etc. 
basto  !  adv.intei'j.  (íí«*ba8tfire.  suf- 
fire, cp.  Kôrt.  1076)  cela  suffit! 

plût  au  ciel!  II,  444.  Xn,  246. 
bastoun  s.  m.  (*bastonein,  de  bas- 
tum, cp.  Kôrt.  1076)  bâton  III, 

168. 
ba8toune[t  s.  m.  (dinu  de  bastoun 

bâton  n,  21. 
batedis  s.  m.  {du  v.  batre.  v.  c.  m.) 

battement.  IV,  322. 
batedou  s.  m.  (id.)  champ  du  foulage 

VIII,  377. 
bateja  v.  a.  (báptïzáre)  baptiser 

XI,  364. 
batésto  (=  batusto,  batouosto  [cp. 

Très.])  s.f.  {de  fit.  batosta,  de 

♦battëre  -h  *tostare;  cp.  Kôrt. 

1081)  combat  IV,  94. 
batèu  s.  m.  {du  germ.  [vnord.]  bâtr, 

bateau)  bateau  V,  476.   IX,  87. 

126  etc. 
batistèri  s.  m.  (baptïstërium)  bap- 

tisth'e,  extrait  baptistaire,   acte 

de  naissance  IV,  397. 


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280 


GLOSSAIRE. 


batre  r.  a,  —  Gr,  §  106  p.  147.  — 
(♦battëre  p.  bftttûere)  battre  I, 
360.  n,  183.  XI,  126  etc.  — 
batre  s.  m.  battement  IX,  465. 

batado  $.  f.  (♦battûtam)  battue, 
séance  de  travail  entre  detixrepas 

.  (les paysans  provençaux  divisent 
la  journée  d'hiver  en  deux  b., 
celle  de  printemps  ou  d^ automne 
en  trois,  et  celle  d*été  en  quatre)^ 
travail  I,  181.  III,  261. 

baacage  s.  m.  (de  banco)  gazon 
Vm,  377. 

banco  s.f.  (ô.  lat,  ♦balcha,  arundo, 
juncus,  calamus;  vpr.  baie  hu- 
mide; p.'ê.  du  celt.  baie, /oW? 
cp.  Kôrt.  1007.  1012)  gramen, 
herbe  IV,  26.  V,  384.    V.  note. 

bandrèio  (=  bôudrèio)  s.  f.  (de 
bóndre)  prostUuée  V,  162. 

bandnfo  s.  /.  (or.  inc,  cp.  l'esp. 
galdrnfa)  toupie  I,  188. 

banmeln,  do  a.  {de  banmo)  caver- 
neux n,  206.  Vin,  167. 

banmo  s.  f.  f^'balmam;  suivant 
G.  Cohn,  dans  Or.  Z.  19  [1895] 
p,  5J — 60,  de  terra  ba8[8i]ma) 
groUe,  antre  II,  432.  IX,  468. 

Banmo  n.  de  l.  (id.)  Baume  {Vau- 
cluse)  ÎII,  24.    V.  note. 

Santo-Banmo  s.  f.  Sainte-Baume 
(Var),  grotte  célèbre  ot\,  selon  la 
légende,  se  retira  Sainte  Made- 
leine V,  407.    Voy.  note. 

ban[8  s.  m.  (balt^nm)  escarpement 
dont  le  sommet  est  plat  VIII, 
182.  XI,  451. 

li  Ban  [s  n.  de  l.  {id.)  les  Baux 
{B.-du'Rh.)  II,  136.  X,  324.  Voy. 
J,  67  note. 

Banssen,  co  a.  et  s.  m.  et  f.  {de 
Bans  +  -incnm)  des  Baux  XI, 
491.     y^oy.  I,  67  note. 


Ban[ 8  •  Manière  n.  de  l  Baux- 
Manière,  rocher  à  pic  près  des 
Baux  II,  417.    F.  note. 

Bansset  n.  de  U  {dim.  de  Bans)  U 
Bausset  {Vaucl)  VIII,  238. 248. 
Voy.  note. 

bantnga  v.  a.  {or.  inc.)  troubler 
IV,  310. 

bavons,  o  a.  {de  bavo  bave,  lat. 
vulg.  *babam)  baveux,  if  VIII, 
371. 

becarn  s.  m.  {du  s.  bec,  du  rad. 
celt.  bacc,  crochu)  propr.  au 
large   bec;  flamant  m,  V,  320. 

bedoco  (=  badoco)  s.  f.  {cp.  l'esp. 
h&iocsk  gousse;  du  v.hé^áirebéer?) 
carquois,  fourreau  àfaudUeYIL, 
163.  (Voy.  note.)  IX,  214. 

begndo  s.f.  {s. p.  rfcbénre)  buvette, 
action  de  boire;  faire  une  b. 
boire  un  coup  I,  600.  III,  350. 

beilesso  s.  f.  f^'bftjûl-issam)  bail- 
live  m,  223. 

beisa  v.  a.  (bftsîare)  baiser  m, 
466.  XI,  356.  XII,  64. 

beissa  v.  a.  (^bassïare)  baisser  l 
429.  IV,  188. 

bel  i;.  bén. 

bêla  V.  a.  (belare)  a)  bêler  IV, 
486  ;  b)  regarder  passionnément 
IV,  187;  c)  admirer,  convoiter 
X,  412.  —  s.  m.  bêlement  VI, 
602. 

belamen  s.  m.  (de  bêla  -f  -mentam) 
bêlement  IV,  81.  XII,  11. 

bêlas,  so  a.  et  s.  {de  bèn,  bèllo  + 
suff.  augm.)  très  beau  II,  428. 

belèn  adv.  (bënë  \Pv^)  peut-être 
I,  49.  n,  177.  361. 

Belonn  {de  bêla?)  n.  d.  /.  VIL 
427.    Voy.  note. 

beln  s.  m.  (bïs  [?]  +  Inx)  lueur  V, 
322. 


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GLOSSAIRE. 


281 


belQgo  5./.(bï8[?]  +  ♦lacam)  étin- 

ceUe  VII,  547. 
belagaeja  r.  n.  (de  belugo)  étin- 

celer  n,  104.   VUI,   257.   IX, 

128. 
belngnejaire,  o  a.  {de  belagaeja) 

qui  scintille  X,  86. 
belagae[t,  o  a.  {de  belugo)  scin- 
tillant, sémillant,  vi/  I,  176.  V, 

148.  XI,  106. 
bèn  adv.  (benë)  inen  I,  66,   175. 

536  etc.  —  interj.  eh  bien!  I, 

147.  183.  —  s.  m.   le  bien  m, 

499. 
benastra,  do  a.  (bëaë  ♦astracam) 

plein  cTétoiles  H,  322. 
benedicioan  s.  f.  (bënëdictîonem) 

bénédiction  IV,  294. 
benesi  v.  o.  (bënëdïcërë)  bénir  III, 

12.  XI,  480. 
bèn-èstre  s.  m.  (bèn  +  èstre,  v.  c,  m.) 

bien-être,  aisance  IV,  254.  VII, 

516. 
béni,  do   {contraction  de  bene[8]i 

p.  p.,  r.  c.  m.)  béni^  e  XII,  114. 
benara,  do  o.  (bënë   augttratam) 

bien-heureux  X,  401. 
benaranço  «./.(benar[a]  -h  -Sntiam) 

/^îit^,  bénédiction  V,  72.  Vn, 

186. 
benaroas,  o  a,  et  s.  (bënë  ^angtlr- 

Osam)  {bien)  heureux,  se  1, 376. 

Vm,  110.  X,  265  etc, 
bèn-Tenga,  do  a.  (bèn  +  vengu, 

p.  p,  de   veni)  bien  venu  Vil, 

218. 
berc,  0  a.  {du  genn,  brikan,  briser) 

édenté,  ébréché  IV,  95. 
berlo  «./.  {de  bèryllam,  gr,  fii^Uoq) 

berle,  lentille  d'eau  VII,   452. 

VIII,  404.  4ia 
beroage  s.  m,  {de  la  même  racine 

que  berbis  brebis,  lot,  vërvecem; 


cp,  aussi  Nigra,  Arch,  gl.  XIV, 
356)  agneau  faible  qui  ne  peut 
pas  suivre  le  troupeau  VUI, 
81. 

besoan  s,  m.  {de  *80nïam  chagrin? 
cp.  Rôrt.  7617)  besoin  I,  349; 
avé  de  b.  de  avoir  besoin  de 
VI,  109. 

bessai  adv,  (bëne  s&pîo)  peut-être 
II,  226.  m,  129.  VIII,  388  etc, 

bessoan,  o  a.  et  s,  {selon  Homing^ 
dans  Gr,  Z.  21.  [1897]  p,  451, 
d'un  adj.  *bis8am  double)  ju- 
meau, jumelle  II,  77.  m,  188. 

bes8oane[t,  o  a.  {dim.  de  bessoan) 
jumeau,  elle  X,  95. 

bessoaniero  s.  /.  {de  bessoan  4- 
-anam)  bessonnière,  brebis  qui 
met  bas  des  jumeaux  IV,  90. 

bèsti  5.  /.  (bestïam)  bête  I,  390. 
in,  356.  IV,  136  etc, 

bestiàri  s,  m.  (*be8t-ïftrïam)  les 
bêtes  à  laine  IV,  23.  55.  121 
etc. 

bestiasso  «./.  (*best-ïaceam)  bête 
féroce  V,  351. 

bestiaa  s.  m.  (*be8tïftle)  bête,  bé- 
I         tail  IV,  393.  IX,  35  etc, 
I     bèstio  s,f,  (bestïam)  bHe  IV,  141. 
XI,  379. 

bestiolo  s.  f  (bestïôlam)  bestiole, 
pHUe  bête  IX,  267. 

bestorlt,  o  a,  (bïs-tdrtam)  tortueux 
X,  32. 

besaqaejt,  o  a,  {du  v.  besaca 
manger  peu  et  délicatement,  du 
lot,  bïs  +  succare?)  difficile, 
délicat,  dédaigneux  VII,  417. 

Betelèn  n.  de  l,  {de  Vhébreu  Beth- 
léem) Bethléem  XI,  7. 

bèto  s.  f  {de  Vags.  bât)  prame, 
bateau  plat  servant  à  la  pêche 
IV,  8.  V,  422. 


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282 


GLOSSAIRE. 


bèu,  bel  (devant  les  voyelles); 
bello  pL  bèus  (devant  les  voyel- 
les), bèlli(8)  a.  (bellum)  beau, 
bel;  belle  I,  33.  61.  122.  388 
etc.,  lou  b.  proamié  le  premier 
de  tom  VII,  241  ;  avé  bèu,  suivi 
de  Vinf,,  avoir  beau  faire  qc. 
X,  382.  XI,  409.  XII,  388. 

bèu-bèu  s.  m.  dans  la  loc,  faire 
lou  b.-b.  à  faire  fcie  à  q.  XI, 
203. 

Bèu-Caire  n.de  l.  (bellum  quadrum, 
belle  pierre  de  taille)  Beaucaire 
II,  67.  IX,  136.  Voy,  III,  203 
note. 

Bèu-Cairen  s,  m.  {de  Bèu-Uaire) 
Beaucairois  XII,  80. 

béulòli  s,  m.  (=  béu  lou  òli  qui 
boit  Vhuile)  effraie,  hibou  VI, 
428. 

béure  v.  a,  et  n.  —  Gr.  §  107, 
p.  lui  -  (blbi^re)  boire  —  Inf  I, 
333.  —  Pr.  ind.  VIII,  434.  - 
iV.  sbj.  I,  503.  -  P.  p.  begu, 
do  IV,  482.  X,  460  etc. 

bèuta  s.  f  (♦bellitfttem)  beauté 
II,  98.  IV,  119.   VIU,  313  etc. 

beve,  bevon  etc.,  v,  béure. 

bevèndo  s.  f,  (bïbendam)  boisson 
m,  12.  IV,  54.  VI,  283  (v. 
note). 

biai[s  s.  m.  (selon  A.  Thomas, 
dans  la  Bom.  26  [1897]  p.  415, 
d*un  adj.  ♦bïftsïum,  de  asam  p. 
ansam)  mani^re^  grâce  ï,  127. 
178.  II,  147.  IV,  Wdetc]  d'aquèu 
biais  de  cette  sorte  II,  378;  d'un 
biais  de  l'autre  d*un  côté  à 
Vautre;  de  ci,  de  là  V,  ()3. 

se  bidoursa  (=^  bidoussa)  v.  r, 
(bî-*dôrs-are)  tordre  la  croupe 
(e7i  parlant  d*un  bœuf),  se  tordre 
IV,  384  ;  se  tourmenter  VI,  279. 


bihage  s.  m.  {du  s.  f.  biho  bilUy 
du  celt.  bill)  Hure  èPune  charreUe 
IV,  279. 

bihoun  s.  m.  {dim,  de  biho)  rondin 

IV,  329. 

biòu  s,  m.  (bôvem)  bœuf  IV,  325. 
VIII,  294.  IX,  56.  259  etc. 

biòu-marin  s.  m.  (bôvem  mannum) 
phoque  XI,  159. 

bisco  s.  f.  {du  V,  bisca  bisquer,  du 
Scandinave  bêsk,  anc.  angl: 
baiske  aigre;  cp.  Littré  s.  bis- 
que) colère  VII,  457. 

bitor  s.  m.  (cp.  Kort.  1432)  butor, 
oiseau  VIII,  308. 

blacas  (=  blancas)  s.  m.  {de  blanc 

V.  c.  m.)  chêne  blanc  V,  28. 
bla[d  s.  m.  (àblstum,  p.  p.  de  ao- 

ferre)  blé  I,  3.  IV,  26.  VIH, 
297  etc.  —  blad  de  luno  blé  de 
lune  =  larcins  amoureux  V,  152. 
F.  note.  —  blad-d6u-diable  hU- 
du'diable.  brome  stérile,  cp.  ca- 
lido  VI,  191. 

bladié,  bladiero  a.  {de  blad  + 
-arium)  de  blé  IX,  111. 

blan[c,  o;  pi.  blànqui(8)  a.  {du 
germ.  blank)  blanc,  blanche  H, 
100.  III,  467.  Vn,  18  etc.  - 
blanc  s.  m.  le  blanc,  v.  porre. 

blancour  s.  /.  {de  blanc  +  -Orem) 
blancheur  XI,  476. 

blanqueja  v.  n.  {de  blanc  -h  suf 
rerb.  -idlare)  être  blanc,  éclater 
de  blancheur  II,  137.  X,  98.  XI, 
315. 

blanque[t,  o  a.  (blanc  +  -ittum) 
un  peu  blanc  III,  470. 

blanquinèu,  ello  a.  {de  blanc  + 
-in-ellum)  blanc,  blanche  II,  H^- 
III,  145.  IV,  202  etc. 

blanquinous,  o  a.  {de  blanc  +  -^' 


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GLOSSAIRE. 


285 


Osnin)  blanchâtre,  limpide  X,  31, 

301  etc. 
blastème  s.  m.  (^blasphemlom,  du 

gr,  /SJUzaipiifáov)  blasphème  VIII, 

416. 
blave,  o  a.  (du  germ.  blaw  bleu) 

blême,   livide  I,  468.   506.  IX, 

326. 
blaveiroa  *.  m.  (de  blave)  meur- 
trissure V,  256. 
blaven,  co  a.  {de  blave)  bleuâtre 

Vni,  389. 
blavinèn,  ello  a.  (de  blave)  blême 

VII,  400. 
blesto  s.f.  (6.-/ai.  blesta  [DuC.]), 

propr,:  touffe  (de  cheveux  etc.); 

gerbie  VIII,  354  ;   ipi  VI,  ISR 
ble^t,  0  a.  (du  germ.  blSt)  friable 

VII,  307;  usé  IX,  398. 
bléuge,  bléujo  a  (du  germ,  blaw  ?) 

éclatant  de  blancheur,   éblouis- 
sant XII,  343. 
blo[t  s.  m.  (du  fr.  bloc,  du  b.-all. 

blok)  bloc  Xn,  59. 
bloaii[d,  0    a.  (Selon  Nigra^  dans 

la  Bom.  26  [1897]  p.  555,    en 

opposition  avec  Dz.  [cp,  Kôrt. 

1247],  d'or,  lat.,   de  *ablundu, 

avec     métathèse     p.    ♦albundu 

blanchissant,  et  avec  aphérèse  de 

i'a  initial,  de  alba  aurore)  blond,  e 

n,  6.   vm,  427.   IX,  56  etc. 

de  couleur  claire  lïl,  403. 
bloundeja  v.  n.  (de  blound)  blondir 

IX,  213 
bloundinèa,  ello  a.  (de  blound) 

blond,  e  III,  17. 
blu,  blnio  a.  (du  germ.  blao)  bleu,  e 

I,  163.  II,  210.  239  etc. 
bloieja  v.  n.  (de  blri[io])  être  bleu, 

bleuir  II,  102. 
bluionr  s.  f.   (de  blu[io])   le  bleu 

XII,  370. 


bòcbi  s.  m,  (du  germ.  bukk)  bouc 

IV,  62. 
boi  s.  m.  =  bo8  (v.  c.  m.) 
boio  (=  bolo)  s.  f.  (bûllam)  litih-e 

de  plantes  paludéennes  VII,  328. 
bon,  0  a.  (bônum)  bon,  ne  I,  104. 

125.  186  etc.;  de  bon,  loc.  adv. 

tout  de  bon  II,  246.  —  bon  s. 

m.  le  bon  VI,  271.  X,  401. 
bono  s.  f.  dans  la  loc.  adv.  dins 

si  bono  dans  ses  bons  moments 

VI,  312. 
bon-ami  s.  m.   (bônum  âmicam) 

amant  IV,  186. 
Bondiéu  s.  m.  (bônum  dëum)  Dieu 

IX,  238. 
bon-jour;  V.  VIII,  59  note. 
bonur  s.  m.   (bônum    augtirïum) 

bonheur  II,  315.  IV,  189  etc. 
bor[d   s.  m.   (du  vha.  bort,   par 

Vinterméd.  du  français)  bord  I, 

244.  II,  364.  VIII,  laS. 
bòri  s.  m.  (or.  inc.)  hutte,  masure 

II,  43. 
borno  s.  /.  (vpr.  borna ,  de  Vali. 

bohrenV)     Je    creux;    caverne^ 

grotte  II,  230.  252. 
bos  s.  m.  (♦buscum  p.  buxum)  bois 

I,  233.  m,  ^\.21^etc.;forêtl. 

530.  II.  310.  XI,  464  etc. 
boucau  s.  m.  (baucalem,  gr.  ^av- 

xaXiç)  pot  I,  333. 
bouco  s.f.  fbûccam)  bouche  I,  301. 

451.  U,  193  etc. 
boucòni   (=   boucoun)   s.  m.   (de 

bouco)  boucon,  poison  IX,  417. 
boudenfla  v.  a.  (d^un  type  bod,  bot, 

lat.  ♦botum,   qui  signifie  enfleiy 

et  le  lat.  inflare,  qui  marque  la 

même    chose;    cp.    Kôrt.   1262} 

enfler  I,  519. 
boudenfle,  o  a.  (bod  +  infl[ât]um> 

e7iflé  VII,  47. 


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284 


GLOSSAIRE. 


boudìéa  !  interj,  (corruption  de  bon 
Dieu)  bon  Dieu!  II,  231. 

boudoagno  s,  f.  (p.-ê.  boude  + 
bougno,  qui  tous  les  deux  signi- 
fient enflure;  boude  d'un  rad. 
bod,  cp,  boudenfla,  bougno  du 
vha,  bunga)  tumeur  V,  348. 

bóudre  a.  (de  volvëre  bouleversé^ 
dans  la  loc.  adv.  à  bôudre  pêle- 
mêle,  sans' ordre  lY,  49. 

'bóudroi  s,  m.  (de  bôudre)  baudroie, 
diable- de -mer,  poisson  hideiix 
V,  343.  V 

boufa  V.  n.  {de  Vonom,  bouf!) 
souffler  III,  59.  IV,  229.  X,  247 
etc. 

boufiga  V,  a.  {de  boufa)  boursoufler 
X,  137. 

boufre,  o  a.  {de  bouf;  cp,  boufa) 
enflé  XI,  329. 

boni  s.  m.  {s,  v,  de  bouli)  bouillon 
VII,  434. 

boui-abaisso  s.f.  (=  boui-abaisso  ; 
la  marmite  bout^  abaisse- la 
[Très.])  bouillabaisse,  potage  de 
poissons  bouillis  VIQ,  446.  Foy. 
note. 

bouié  s.  m.  (bôvfirïum)  bouvier, 
laboureur  I,  74.  311  etc.  V.  Vil, 
.303  note. 

boui[8  s.  m.  (buxum)  buis  I,  146. 
IV,  147. 

bouissoun  s.m.  (*bííx-onem)  buisson 
Y,  19.  75.    V.  note. 

bouissounado  s.f.  {de  bouissoun  + 
-atam)  haie  vive  V,  55. 

bouisBounaio  s.f.  {de  bouissoun  4- 
-ftlTa)  les  buissons  X,  158. 

boulega  v.  a.  et  n.  (♦bûllïcare)  v.  n. 
palpiter,  remuer',  botter  I,  31. 
454.  IÍ,  310.  —  V.  a.  agiter  IX, 
264. 


boulegadis,  so  a.  {de  boulega)  re- 
muant II,  203.  Xn,  128. 

boulegU6[t,  0  a.  (id.)  sémillant  UL 
179. 

bouli  V.  n.  —  Gr.§  103.  p.  141  - 
(bûlllre)  bouillir  I,  217.  VI,  280. 
282  etc. 

boulidou,  ouiro  a.  (♦bûllltorïnm) 
prompt  à  entrer  en  ébuUition: 
à  grossis  onndo  boulidoniro  à 
gros  bouillons  VT,  572. 

bouleguiéu,  ivo  a.  (de  boulega  -h 
-ivum)  agité  X,  100. 

bouIe[t  s.  m.  (bûll-ittum)  boukt 

I,  229.  273. 

boumbi  V.  n.  (*b5mbïtlre)  bondir 

II,  199.  V,  171.  XI,  40a 
boumbo   s.  f.  {de  bSmbiini  bruit) 

bombe  VU,  601. 
boumi  (=  voumi)  v.  n.  et  a.  {de 

vÔm?re)  vomir  XI,  178. 
bôumian,  o  a.  et  s.  m.  et  f.  (*B«- 

hémïftnum)  bohémien,  ne  V,  199. 

226.  XII,  62.    F.  note. 
bounamen  adv.  (b5nS  mëntè)  bon- 
nement Vn,  191. 
bounld  s.  m.  (s.  v.  de  bounda)  bond 

m.  IV,  185.  218.  IX,  41  etc. 
bounda  (=  boundi)  v.  n.  (Wm- 

bïtare)  bondir  V,  285.  XII,  410. 
boune[t  s.  m.   (nom  d'une  étoffe^ 

d!or.  inc.)  bonnet  II,  290. 
bouneto    s.  f    (fém.  de  bonnet) 

bonnet  VII,  154. 
bouquelt  s.  m.  (♦bttsc-ittum)  hw- 

quet  V,  521. 
bouqueto  s.  f.  (dim.  de  bonco,  f- 

c.  m.)  bouche,  lèvre  IV,  174.  V 

74  etc. 
bourjouna  (=  fourgonna)  v.  a.  {df 

♦fôriconem,  fourgon,  ds  fôrare, 

cp.  A.  Thomas  dans  la  Bom.  2S 

[1894]p.455)  bouleverseryn,^ 


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GLOSSAIRE. 


285. 


bourre,  o    a.   (bnmim)   brun^  e 

Vin,  125. 
bonrrèio  «./.  {de  burram,  cp,  Kdrt. 

1424)  haurtée,  fagot  I,  326.  II, 
410. 

boarrenco  s.  /.   {de  bQn[am]  + 

-incam)  drap  I,  69. 
bonrrido  s.f.  {p.  boulido,  s.  p.  de 

bouli,  V.  c,  m.)  propr,:  bouillie; 

courre    boarrido    être  dans  la 

peine,  battre  la  campagne  YII, 

138. 
bonrriscaio  (=  boarricaio,   bour- 

riscalho)  e.  /.  (♦btirrïcftlla)  lee 

bourriques,  ânes  IV,  48. 
bonrronla  v.   a.   (♦bûrrûlare ,    de 

biirrtillam    flocon?    cp.    Kôrt. 

1425)  troubler  II,  112. 
bonrroalamen  s.  m.  {de  boorronla) 

trouble,  bouleversement  II,  266. 
bourroulo  s./,  {s,  v.  de  bourroala) 

bouillie  VI,  76. 
boursonn  s.  m.  ([^biirsonem,  du  gr. 

fivqoopeau^  cuir)  bourson,  bourse 

V,  195. 
boortonlaigo    s,  /.    (pGrtilI&cam) 

pourpier,  plante  X,  103. 
bonsca  v,  a,  ('^'btiscare  p,  *bûxare 

rôder  au  bois  pour  chercher  le 

gibier)  chercher  VII,  498. 
boQBcarido  s,  /.  {de  bonsca  bois, 

forêt)  bec'fln,  fauvette,  oiseau 

qui  se  plaît  dans  les  bois  m, 

417. 
bonscarlo  s.  f  (*bli8c-ar1ila)  fau- 

vetu  V,  107. 
boQBcas  s.  m.  (♦bûsc-ftcéum)  forêt 

m,  460.  XI,  200. 
booscatié  s.m.{de*hìïscum)biích€ron 

Vn,  189. 
boQSCO  s.  /.  {s.  <?.  de  bonsca)  re- 
cherche V,  ôlO. 


boQ[t  s.  m,  {s,  V.  de  bouta)  bout 
I,  289.  II,  213.  323  etc. 

boata  17.  a.  et  r,  {du  germ.  botai^ 
frapper)  a)  v,  a.  mettre  VIII,. 
366;  bouta  fin  à  mettre  fin  à 
XI,  303;  bouta  lou  lume  souf- 
fier  la  lumière  VI,  320.  —  b)  v.  r, 
se  mettre,  se  placer  TL,  327  ;  ôe 
bouta  k  .  .  se  mettre,  se  prendre 
à  faire  qc.  H,  179.  XI,  388. 

boutas!  sorte  d^interj.  {impér.  de 
bouta)  allez!  1,  276.  U,  37.  XII, 
278.  388  etc. 

boutèu  s.  m.  (♦bôtSllum)  mollet  V, 
266. 

boutigo  s,f  ([âlpôthôcam)  boutique 
I,  345. 

boutoun  s,  m.  {du  germ.  bôtaii 
frapper, pousser  ;  cp.  bout,  bouta) 
bouton  V,  122. 

boutonna  v.  a.  {de  boutoun)  bou- 
tonner IV,  108. 

bonvacbonn  «.  m.  {de  bôvem)  bou- 
viUon  IV,  a70. 

bonvatié  s.  w.  (*bÔvatûrïum ,  de 
bôvem)  bouvier  IV,  387. 

bouvino  s.  f.  (bôvlnam)  l'espèce 
bovine,  les  bœufs  IV,  320. 

braieto  s,  f.  {dim,  de  braio)  braie, 
caleçon  I,  448  {v.  note).  508. 

braio  s.  f  (brScam,  d'or,  gauloise) 
braie,  caleçon  I,  512. 

bram  s,  m.  {s.  v.  de  brama)  beugle- 
ment Vni,  308.  Xn,  420. 

brama  v.  n.  {du  germ.  breman, 
cp.  le  gr.  /Sçéinëtf)  mugir,  bêler ^ 
beugler  l,  233.  II,  160.  IV,  80- 
etc. 

bramadisso  s,f  {de  bramado)  cla- 
meur XI,  247. 

bramado  s,  /.  {s,  p.  de  brama) 
huée,  clameur  VI,  377.   XI,  9. 


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286 


GLOSSAIRE. 


'bramaire,  o  a.  {de  brama)  mi^gis- 
sant  XI,  223. 

brancage  s.m,{d€hTQ.ììco)branc?iage 
VII,  391. 

brancan  s.  m.  {de  branco)  chartil 
IX,  56. 

branco  s.f.  (brancam)  branche  I, 
23.  35.  II,  84.  125.  199  etc. 

braT)[d  s.  m,  {s.  v.  de  branda, 
agiter  v.  c.  m.)  branle,  balance- 
ment; à  brand  a)  tout  ouvert, 
en  parlant  d'une  porte,  d'une 
fenêtre  III,  62  ;  b)  en  branle  YI, 
427. 

branda  v.  a.  r,  et  n.  {du  germ. 
brant  tison,  lame  d'épée)  a)  v.  a. 
branler^  agiter  I,  50.  IV,  59. 
IX,  21  etc.  b)  r,.  n.  bouger,  re- 
muer I,  237.  IX,  339.  -  brûler, 
flamboyer  IV,  370;  —  c)  v.  r. 
se  branda,  ^écarter  VI,  228. 

"brande  s.  m.  {s.  v.  de  branda) 
branle,  ronde  qu'on  exécute  en 
branlatU  les  bras  en  cadence 
VII,  220. 

brandussa  t\  a.  et  n.  {de  branda  + 
tltïare)  a)  t\  a.  brandir,  agiter 
VII,  5()0  ;  b)  t.  n.  chanceler  XI, 
264. 

branqueto  s.  f.  {dim.  de  branco) 
branchette  I,  29.' VII,  552. 

bras  s.  m.  (brâchlum)  bras  I,  373. 
II,  196  etc. 

brasas  if.  m.  {de  braso)  brasier 
VII,  549. 

braso  s.  f.  {germ  brasa)  braise 
VII.  446.  Vm,  258.  XI,  41. 

brassado  s.  f.  (*brachïatam)  et«- 
brassade,  brassée  II,  324.  IV, 
334.  XII,  440. 

brasseja  t\  n.  (♦brfichïdïare)  gesti- 
culer I.  524. 


brasseto  s.  f.  {de  bras)  à  la  b.. 
loc.  adv.,  à-bras-h'Corps,  dam 
ses  bras  IH,  465.  VI,  4a  XI 
482. 

brassòa  s.  m.  {de  bras)  brassée  de 
foin  IX,  60. 

brau  s.  m.  {b.-lai.  bravns,  hos 
junior  et  indomitus  [Du  C.]) 
taureau,  mâle  de  la  génisse  IV, 
396.  X,  60. 

bravado  s.  f.  {s.  p.  de  brava  brater, 
de  brave,  i?.  c.  m.)  bravade,  céré- 
monie qui  se  fait  autour  ^m 
feu  de  joie  VII,  562.  Voy.  nott. 

brave,  o  a.  {de  ♦bàrbàmm?  cp. 
Dz  64;  Scheler  s.  brave;  Kôrt. 
1048)  brave,  honnête  VII,  68: 
charmant  I,  348;  commode  l. 
133. 

braveLt,  o  a.  {dim.  de  brave)  hcn- 
nête,  gentil,  accorte  I,  158.  II 
65.  m,  1. 

bravo  s.  f.  {b.-lat.  bravam;  cp. 
brau)  vache,  génisse  TV,  323. 

bregado  s.  f.  {du  goth.  brikwi 
briser,  lutter;  cp.  Kdrt.  1345) 
brigade,  phalange  IV,  57. 

breganld  s,  m.  {du  goth.  brikan) 
brigand  V,  328.  540. 

breganèa  s.  m.  {de  barcánellnmV 
cp.  bregaigna)  dernier  hordagf 
V,  553,  plat -bord  d'un  bateau, 
et  (pars  pro  toto)  bateau  VIO. 
329. 

brego  s.  f.  {s.  r.  de  brega  briser, 
du  goth.  brikan)  lèvre  V,  335. 
XII,  151. 

breguigna  (=  barguigna)  ^-  **• 
(barcànëare  aller  et  venir  en 
barque  avec  les  marchandise '* 
cp,  Scheler,  s.  barguigner)  re- 
muer .^  bouger  V,  327. 


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QL088AIBE. 


287 


brès  8.  m.  (s.  v.  de  bressa  t?.  c.  m. 

berceau  VI,  45. 
bressa   r.   a.   t*bráchïare    agiter 

les  bras?  Cp.  Kdrt.  1311)  bercer 

V,  197.  XI,  482. 
bressaire  s.  m.  {de  bressa)  berceur 

VII,  29. 
brèsso   s.  f.  (de  bressa,  v.  c,  m. 

berceau  X,  368. 
bressolo    s.  /.    (dim.   de   bresso) 

berceau,  couchette  iH.  2().  VIII, 

36.  XU,  432. 
brelt  a.  et  s.  m.  (de  bret  bretan) 

bègue  VII,  457. 
bretoaneja  v,  n.  {de  Bretoun,  lat. 

Bntonem)  balbutier  II,  388. 
brigouleto  «.  /.  (r.  brigueto)  uno 

b.  un  peu  VIII,  237. 
brigoaloan  s.  m.  (r.  brigueto)  ;  un 

b.  un  peu  II,  154. 
brigonn  s,  m.  (id.)  III,  12. 
brigueto  e,  /.  {dim.  de  brigo  miette, 

du germ,  hrikicn  briser:  cp,Kôrt. 

1345)  petite  miette;  uno  b.  tant 

soit  peu  I,  177. 
briha  r.  n,  (♦bërylliare)  briller  I, 

489.  m,  89.  X,  65. 
briso  s./,  {s,  r.)  (de  hns&briser;  d'un 

rad.  celt,  bris-)  miette  VII,  242. 
brisoun  s.  m.  {de  brise)  un  b.  un 

peu  VI,  136.  IX,  328.  XII,  214. 
bro  s.  m.  {du  rad.  celt.  brocc  aigu) 

broc  VI,  360. 
broco  s.  f.  {id.)  bâton  VI,  208. 
broufa  t?.  n.  {du  rad.  germ,  bru, 

qui  implique  Vidée   de  bouillon 

et    d'écume)  s'ébrouer,   souffler 

XI,  412. 
broufounié  s./,  {de  broufa)  tour- 
mente,  rafale    XI,    135;    voLc 

grave  I,  214. 
brouUce  s.  m.  (s.  v.  de  bourroula 

[v.c.m.]  +  'Îcinm)  troubleY  ,Vòò. 


broundo  s.f.  (*frDndam)  branche  y 

rameau  III,  401. 
broundiho  s.f.  (*frond-ilïa)^mow<ff, 

broutillCf  ramille  XI,  366. 
brounze  s.  m.  {de  Vital,  bronzo 

s.  m.  qui  vient  du  lai.  Brundu- 

sium)  bronze  VI,  159. 
brounzimen  s.  m.  {du  t?.  brounzi, 

onom.)  rugissement  FV,  355.  XI, 

129. 
broult  s.  m.  {du  germ.  brut)  brout, 

rameau,   brin  I,    451.  II,    114. 

III,  45  etc. 
brouto    s.  f.    {id.)    brindille    II, 

180. 
broutiero  s.  f.   {de  brout)   taillis 

d^  osier  f  oseraie  I,  371. 
brueio  s.f,  {vpr.  bruelha,  du  celt. 

brog,   brogi;   cp.    Kdrt.    1356) 

végétation  XI,  432. 
brûla  V.  a.  et  n.  f*brustîilare)  brûler 

II,  168.  m,  as.  IX,  217;  brûla 

de  la  toco  brûler  le  but,    tou- 
cher presque  le  but  I,  479. 
bruladou    s.  m.  {de   brûla)    lieu 

brûlant  VIII,  235. 
brun,  0  a.  {du  germ.  brun)  brun,  e 

II,  73.  186.  III,  187  etc. 
brunèu,  ello  a.  {de  brun)  brun^  e 

VIII,  74.  309. 
bruno    s.  /.  (id.)   brune,  soir    I. 

183. 
brusc  s.  m.  (or.  inc.)  bruyère  VI, 

17. 
brus[c  s.  m,  (♦bruscum,   du  celt. 

*vrÌ8C,   sous   l'influence  du  lat. 

ruscum  ;  cp.  Kôrt.  3823,  et  Dz. 

373)  ruche  {en  écorce  de  chène- 

liège)  I,    88.  Il,   321.    IX,  3. 

etc. 
brusco  s.f.  (*bruscam)  ruche  IM 

235.  IX.  188. 


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288 


OL0S8AIRE. 


brnsi  v.  n.  (b,  euphonique  f  rû- 

glre)  bruire  III,  390.  IV,  232. 
brusi,  do   a.   (or.  inc.)  aride  IX, 

162. 
brn|t    8.   m.    (b    euphonique    + 

mgïtum)  hruit  II,  318.  vni, 

416.  IX,  189  etc. 
bruit,  0  a.  (bratum)  brut,  e  V,  272. 
brntice  (=  bru  tige)  s.  m.  (c?€  brut 

brut  +  ïgïum)  état  brut,  souiP- 

lure,  immondice  Vil,  467.  XI, 

302. 
bufa  (=  boufa)f;.  a.  (onom.) souffler 

I,  187. 
bugadiero  «./.  {dugerm.  bukon  íe^- 

«ít7«r) /af?anrft^c VI,  351.  V.note. 


bugado  «.  /.  {id.,  ep.  VU.  bncato) 

lessive  VI,  368. 
bugl0  5./.  (btlgîUam[rr^«.])  hugle 

XII,  198. 
buscaia  v.a.('bllsc-ftlîare,cp.  bnsco) 

ramasser  des  broussailles  IH, 

276. 
buBCo  *.  /.  (♦btlscam)  bûchette  VI, 

533. 
bus[t  s.  m.  (bustum)    buste  VI, 

567. 
buta  V,   a,  (=  bouta,   t?.  c.  m.) 

i?OM««tfr  V,   245,   IX,   99.   367 

etc, 
buto  s,  /.  («.  r.  de  buta)  poussée 

V,  271. 


cabaneto  «.  /.  (citm.  cfe  cabanno, 

lot,  câbannam)  cabane  II,  62. 

Vni,  271. 
cabanoun  s.  m.  {id,)  cabane  VU,  8. 
cabas  s,  m.  (càpacem)  coAo*,  panier 

natté  à  deux  anses  I,  98. 
cabassòu  v.  m.  {de  cabas)  <áí«  (ea?- 

pression  famil.)  IV,  371,  VIH, 

150. 
cabeladuro   s,   /.   (*càpïllâturam 

chevelure  XI,  461. 
cabesseja  t;.  n.  (de  cabesso)  hocher 

la  tête  VI,  534. 
cabessejaire,  o   a,  (de  cabesseja) 

à  la  tête  menaçante  IV,  61. 
cabesso  s.  /.  (♦càpïtïam,  de  cètput) 

tête  V,  9.  XII,  6  etc. 
cabrairo  s.f.  (*càprarïa)  les  chèvres 

{sens  collectif.)  IV,  99. 
cabreto  s.  f  {de  cabro  +  -ittam) 

chevrette  IV,  63.  V,  90. 
cabretoun  s,  m.  {de  cabreto)  petit 

chevreau  VI,  63. 


cabridello  s.f.  (*c&prîtëllam)  aster 
de  Tripoli  j  cabridelle,  plante 
commune  dans  les  marécages  du 
Midi  (aster  tripolium.  LL)  I, 
323.  IV,  201. 

cabrié  s.  m.  (câprarîum)  chevrier 
IV,  65. 

cabrian  s.  m.  {de  cftpram)  frelon 
n,  276. 

cabro  s,  f.  (c&pram)  chèvre  IR, 
176.  VIII,  383  {v.  noté)  etc.  ;  Cabro 
d'or  la  Chèvre  d^or  II,  420.  Voy. 
la  note. 

cabròu  s.  m.  (cápreòlum)  chevreuil 
IV,  168. 

cabruno  s.  f.  {de  cabro)  chèvre 
IX,  37.  XII,  11. 

(se)  cabussa  v.  a.,  n.  et  r.  (*cS- 
pûtîare,  de  cftpu^)  v.  a.  ren- 
verser VIII,  178  ;  V.  n.  plonger^ 
se  renverser,  se  précipiter  I, 
249.  IX,  49.  XI,  265;  v.  r.  $e 
plonger  XII,  276. 


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eLOSSAIBE. 


289 


cacaUnseto  s.f.  {de  cacalanso  r.c 
m.)  limaçon  VIII,  279. 

cacalansié  s.  m.  {de  cacalans  + 
-arîiim)  ramcLSseur  de  limaçons 
Vin,  166.  270.    F.  note. 

cacalanso  s.  /.  (=  cacalaas  s.  m.) 
—  {de  cochlënm,  de  xo/ltaç)  es- 
cargot, limaçon  VI,  206.  Vm, 
422.  270.    V.  note. 

cacalansonn  s.  m.  {de  cacalaas) 
limaçon  VIII,  266. 

cachait  s.  m.  {de  cacha,  *cÒ&ctï- 
care)  fromage  pétri  VII,  248. 
V.  note, 

cachimbaa  s,  m.  {de  Vesp,  cachimba, 
d*or,  indienne?)  pipe,   calumet 

V,  196.  XII,  171. 

cacho-fiò  8,  m.  {de  cacha,  c&ptîare 
-I-  fiò)  bûche  de  Noël;  bonta  c.-f. 

mettre  la  bûche  au  feu  VII,  610. 
à  cachonn   loc.  adv.  {de  cacha) 

furtivement  VI,  466. 
cadabre  s.  m,  (càd&ver)   cadavre 

VI,  621.  XI,  376.  Xn,  416. 
cadaraa  s,  m.  (♦càdavër-ftle)  voi- 
rie^  lieu  oà  Von  jette  les  bêtes 
mortes  V,  483. 

cadaulo  s,  /.  (càt&bdlam)  loquet 

U,  63. 
cade  s,  m.  {b.  lai,  cades,  du  gr. 

KiSftç  ?)  grand  genévrier  III,  178. 

IV,  171. 
cadeniero  s.f  {de  cade)  taillis  de 

cade  IX,  369. 
cadeno  s.f.  (c&tënam)  chaîne  VI, 

162. 
cadiereto  s,  f.  {dim,  de  cadiero) 

chaise  lH,  186. 
cadiero  s,  f.  (c&thëdram)  chaise^ 

siège  VI,  362. 
cadis  s.  m.  {de  Càdis,  kU.  G&des) 

cadiSj   étoffe  de  laine  grossière 

Vn,  497. 


cadnn,  o  pr.  ind.  {mot à  imiim) 
chacun^  e  III,  296  etc. 

caforno  (=  cafonmo)  s,  f  {cPor, 
ine,;  selon  Nigra^  dans  VArch, 
gl,  it,  XIV,  p,  266  ss.,  et  Darme- 
stefer,  Mots  Composés,  p,  112: 
composé  de  cal[a]  +  bomo,  v. 
c,  m.)  cavité,  caverne  H,  228. 
XI,  384. 

cagno  s.  f.  (*c&niam ,  de  canis, 
chienne)  nonchaloir,  paresse, 
fainéantise  II,  40. 

cagoriiis  s.  m,  {de  c&cftre  et  Dldom) 
le  dernier  né  d'une  nichée  II, 
262. 

cai  s.  m.  {s,  V.  de  caia,  lot.  cò&gti- 
lare)  matihre  coagulée-,  Ion  gran 
es  plen  de  cai  le  grain  est 
caillé  VII,  206. 

caian  s.  m.  {de  c&lc&lnm,  dim,  de 
calx)  caillou  lil,  329. 

caie[t,  0  a,  {de  caio  caille,  b.-lat, 
qaaqnilam,  qualiam,  néerl.  kwa- 
kel)  tacheté  de  blanc  comme  le 
plumage  de  la  caille  V,  76. 

Caïn.w.  d'h.  Caln  VI,  608. 

caire  s.  m.  (qaàdmm)  pierre  an- 
gulaire-, coin^  côté  I,  166;  de 
caire  de  côté  II,  296.  IV,  60. 
IX,  47  ;  de  tout  caire  de  toutes 
parts  II,  462.  Vm,  299.  XI, 
366;  de  monn  caire  de  mon 
côté  X,  198  etc. 

caisso  s.f  (càpsam)  châsse  I,  367. 
377.  XII,  63.  69. 

cala  V.  n.  et  a.  (cálare)  v.  n.  des- 
cendre; cesser  I,  238.  X,  236; 
mollir  V,  216  ;  s'éteindre  VIII, 
419.  XII,  17;  —  f?.  a.  faire 
descendre]  cala  de  las  tendre 
des  filets  I,  291.  IH,  418.  Xn,  3. 

calabrun  (=  carabrnn)  s.  m.  {com- 
posé de  la  particule  cal  [a]  -\- 
19 


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290 


GLOSSAIRE. 


brun  soir,  nuit;  v.  Darmesteter, 
Mots  Composés,  p.  111  ss.,  et 
Nigra,  dans  VArch,  gl.  it.  lé. 
p.  269  ss,)  crépuscule,  clair- 
obscur  VI,  164. 

calaman  s.m,  (  Très,:  du  gr.  xàlvfâfia) 
madrier  XI,  126. 

caJamo  {-=  calanmo)  s.f.  {de  caoma, 
dugr.xavfia)  silence,  calme,  cesse 
1,  630.  n,  159.  VII,  25.  X,  347 
etc, 

calaD[c  s.  m.  (du  v,  càlare,  cp, 
cala  et  calanco)  escarpement, 
sommet,  morne,  lieu  abrité,  abri 
VII,  10.  VIII,  168.  IX,  492. 

calanco  s,  /.  (id.)  anse  du  rivage, 
baie;  à  la  c.  à  Vabri  des  rochers 

I,  281.  XII,  4. 

calandre  s.  m.  {Très.:  du  gr,  xaJLov 

arSça)  bon  compagnon,  bon  drille 

VI,  349. 
calandro  s,  f,  (*cálandram,  cor- 
rompu du  gr.  x^çaSçioç  ;  cp,  Kdrt, 

1^7)  alouette  VIII,  165. 
calanmo    s.  f.   (f.calamo)   calme, 

silence  XI,  464.  V,  426.   VIU, 

137  etc, 
calendan,  alo  a,  (câlëndâlem)  de 

Noël  VII,  599.  —  s,  m.  le  pain 

de  Noël  VII,  588. 
Calèndo  s,f,  (Càlëndas)  Noël  VII, 

575.  393.    V.  noie. 
calèn  s,  m,  (câllcûlam,  de  c&lîcem) 

lampe  V,  416. 
calice  s,  m,  (calicem)   calice  VI, 

433.  XI.  469. 
calido  s.f.  (càlldam)  brome  stérile, 

plante  VI,  188. 
câlina   V.   a.   et   n,    {orig.    inc,) 

aimer  lU,  229. 
calignage  s.  m.  {de  caligna)  action 

de  faire  l*amour,  de  courtiser 

II,  132. 


calignaire  s.  m.  {de  caligna)  amant 

III,  226. 

calo  s,  f,  {s,  V,  de  cala  descendre, 
i>.  c.  m.)  cale  (d'un  navire)  V, 
411  ;  abri  ;  faire  cale  abriter  VIL 
19.  Vm,  438. 

caloor  *.  /.  (c&lorem)  chaleur  l, 
344.  X,  78.  133. 

calu  (  =  calu[c),  calnco  eu  (cadtlcain, 
cp.  Kôrt.  1458)  aveugle  V,  23a 

Camargo  s.  f,  (Câmarïcam)  Ca- 
margue, île  formée  p.  les  bouches 
du  Rhône  IV,  231.  X,  17.  19 
etc,    Voy,  IV,  212  note. 

camargaen,  co  a.  et  s,  {de  Ca- 
margo)  camarguais,  de  Camargue 

IV,  212.  V,  305  eu. 
cambado  s,  f.  {s.  p,  de  camba,  du 

s,  cambo)  enjambée  IX,  356. 
cambarado  s.  m,  etf,  (^càmàrfttam 

ou  camëratam  de  câm&ram,  ci- 

mëram)  camarade  1,  276. 
cambareleto  s,  f,  {formé  de  cambo) 

culbute  II,  272. 
cambam,  do  a.  {de  cambo)  aux 

longues  jambes  X,  70. 
Cambau  n.  éPh.  Cambal;  Ion  Cbin 

de  C.  le  Chien  de  C,  espèce  de 

loup-garou  VI,  483.    V,  note, 
cambe[t  s,  m,  (de  cambo)  chevalier, 

oiseau  de  V ordre  des  échassiers 

X,  71.    V,  note. 
cambeto  s,  f  {id,)   âge,  pièce  de 

la   charrue  qui  porfe  la  flèche 

IX,  341. 
càmbis  s.  m.   {de   c&mnm  licou) 

collier  de  bois  qu^on  met  au  cou 

des  bêtes  pour  y  suspendre  une 

sonnaille  IV,  158. 
cambo  s,f,  (^cambam  p,  gambam 

de  la  roc,  celt.  camb,  courhi) 

jambe  I,  351.  422.  II,  206  etc.; 


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QL088AIRE. 


291 


faire  de  c.  lasso  faire  des  dé- 
marches  vaines  VII.  873. 

camello  s,  f,  {b.-lat.  cômëlam  [v, 
^^  ^J  ^  femelle  du  chameau)  mon- 
ceau X,  134;  houle  XI,  15ô. 

camelonn  s.  m.  {de  camello)  sommet 
d^une  meule,  comble  I,  79. 

camin  s.  m.  (càmiDnm)  chemin  I, 
337.  n,  430.  X,  46.  359  etc.; 
pèr  camin  par  le  chemin  III, 
182. 

camina  v.  n.  (càmlnare)  cheminer 

IV,  74.  139.  X,  46  etc. 
camisolo  s.  /.  {de  Vit.  camiciaola, 

de  câmlsïam)  camisole  VII,  605. 
camiso  s.  f  (c&misîam)  chemise 

V,  40,  VI,  34. 

cam[p  s.  m.  (cftmpam)  camp  IX, 
135. 

campagno  s.  f.  ("'câmpànlam)  cam- 
pagne IV,  139.  VIII,  232.  X, 
339. 

campaneto  s,  f,  (de  campano  + 
-ittam)  clochette  II,  300;  cam- 
panule X,  97.    V.  note. 

campano  s.  f.  (càmpftnam)  cloche 

VI,  18.  Vin,  359.  X,  338  etc. 
campas  s  m,  {de  camp  +  -ftcëum) 

lande,  fHche  III,  412.  VIII,  139. 

X,  222  etc. 

eampeja  v.  a.  {de  camp)  pour- 
suivre à  travers  champs  X,  27. 

XI,  71. 

campèstre,    o    a.    (càmpestrem) 

champêfre  IX,  79. 
campèstre  s.  m.  {id.)  terrain  in- 

culU,  lande  I,  139.  II,  467.  V, 

93  etc.;  plage  X,  59. 
candeleto«./.(ii«candèlo  -h  -ittam) 

petU  cierge  VUI,  61.  XII,  288. 
candèlo  s.f.  (c&ndSlam)  chandelle 

Vn,  183. 


Gandelouso  s.  f  (♦cándel-Dsam)  la 

Chandeleur  XII,  fin. 
candide,  o  a.  (c&ndïdnm)  candide 

VI,  76. 

se  canela  v.  r.  (c&nn^are)  blanchir, 
être  atteint  par  la  muscardine, 
maladie  des  vers  à  soie  III,  63. 
Vofj.  note. 

canestello  s.  f.  (♦cànistellam,  de 
canistrom,  gr.  jeavaar^ov]  b.-lai. 
canestellam)  corbeille  I,  42.  97. 
151  etc. 

canestèu  s.  m.  (♦cànistellum)  cor- 
beille m,  185.  XII,  334. 

canèn  s.  m.   (♦cànnëllum)  roseau 

VII,  35.  Vin,  392.  420,  X,  140 
etc. 

canfoorato  s.f.  {s.  v.  de  canfonra, 

canfra    camphrer^    de    V  arabe 

al-kâfûr  camphre)  camphrée,  f; 

plante  Vni,  152. 
caniè  s.  m.  ("'cànn-arîam,  de  cftn- 

nam)  cannaie  V,  36.  IX,  143. 
canino  s.  f.   (càninam)  pain  de 

chien  vn,  492. 
canisso  s.  f  (c&nnTtîam)  claie  de 

cannes  M,  30. 
cano  s.f  (cánnam)  canne,  roseau 

I,  134.  IV,  441. 
cano  s.f.  {prob.  le  même  mot  que 

cano  canne)  mesure  de  longueur, 

suivant  Du  C.  =  une  aune  et 

demie.    Très.:  deux  mètres  V, 

329.    V.  note. 
la  Cano   s.  f.  (canem,  cp.  le  vpr. 

canha)  la  Chienne  Vn,  426. 
canoun  s.  m.  (*cánnonem,  de  cán- 

nam)  tuyau  VI.  464;  canon  I, 

218.  224  etc. 
cansonn  s.  f.  (cántïonem)  chanson 

I,  254.  297.  m,  390  etc. 
cansouneja    v.    n.    {de    cansonn) 

chanter  I,  70. 

19* 


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292 


eLOSSÁlRE. 


canBoanejaire  «.  m.  {de  cansouneja) 
chansonnier  VI,  69. 

cansonneto  «./.  (de  cansonn)  chan- 
Bonnette  II,  111. 

canLt  8,  m.  (c&ntam)  chant  I,  265. 
302.  400  eu. 

canta  v.  a.  et  n.  (càntare)  chanter 
I,  1.  14.  184.  198  eu,  —  *.  m. 
2e  chant  V,  62. 

canto-bnino  «.  /.  (=  canto  bnmo 
chante  brune;  loc.  qui  fait  al- 
lusion à  la  couleur  des  futailles 
sur  la  bouche  desquelles  on  ap- 
plique un  chalumeau  pour  en 
tirer  le  vin  [TrésJ)  chalumeau 
XII,  12. 

cantadisso  «/.('cantatitia)  cJumson 
I,  315. 

cantaire  s.  m.  et  a.  (c&ntàtOrem) 
chanteur  I,  194.  VIII,  166. 

cantarèn,  ello  a.  (de  c&ntàre  + 
-ëUmn)  qui  aime  les  chants  II,  2. 

cantarido  s,f  (canth&rtdem)  can- 
tharide  I,  343. 

cantico  s,  m,  (càntTcnm)  cantique 
Xn,  18.  189.  446. 

canto-perdris  s,  m.  (de  càntsre  + 
përdicem)  lieu  où  chante  la  per- 
drix, lande,  terrain  incuUe  I, 
161. 

cantoon  s.  m,  (du  celt.  ^cambïtos 
courbure^  ep.  Kôrt.  1530)  coin 
XI,  98. 

capeiroan  s,  m.  (de  cappam)  filet 
(en  forme  conique,  semblable  à 
un  chaperon)  VII,  38. 

capelan  s.  m.  (^c&pëll&nam)  cha^ 
pelain,  prêtre  III,  324.  471.  XII, 
290.    V.  note  IV,  484. 

capeleLt  s.  m.  (♦cáp6ll[am]  +  -it- 
tum)  chapelet  VI,  288. 

capeleto  s.f.  (*câp6ll[am]  f  -ittam) 
petite  chapelle  XII,  65.  85. 


capello  s.  f  (*càpëUam,  v.  Du  C, 
et  Schelery  s.  cape)  chapelle  m, 
318.  X,  47.  184.  278  eU, 

capeloon  s.  m.  (dim.  de  capèa) 
petit  chapeau  VIII,  89. 

capelu,  do  a.  (capell[nin]  +  -atam) 
huppé  Vm,  165. 

capeln[t  s.  m.  (id.)  aigrette  X,  73. 

capèn  s,  m.  (*cáppôlluin,  dinu  de 
câppam)  chapeau  IV,  251.  VIH 
88.  X,  105. 

(ae)  capita  v.  a.  et  r.  (♦capitare) 
se  trouver^  rencontrer  I,  100. 
Vra,  324. 

capitale  s,f.  (de  càpïtftlem)  capitale 
m,  141. 

capitàni  s,  m.  (^c&pîtsnënm)  capi- 
taine IV,  57.  rx,  2ia 

capitaa  s.  m.  (càpTtSlem)  capital 
IV,  p,  65. 

capo  8.  f  (cappam)  manteau  ïïl 
136;  voûU  célesU  X,  64;  Trou 
de  la  Capo  Trou  de  la  Cape, 
nom  d'un  gouffre  dans  la  Crau 
Vni,  337.  aS4.    Foy.  note. 

caponlié  s.  m.  (*cáp5]&rliun,  p- 
♦cápôrslïum,  de  *càpum,  càput) 
chef  IX,  224. 

caponn  s.  m.  (csponem)  capon, 
lâche  V,  186. 

capoun-fèr  s,  m.  (c&ponem  fënun) 
sacre,  vautour  d'Egypte  (vultnr 
percnoptems)  oiseau  commun 
dans  les  Alpilles  H,  137.  VI, 
194. 

capounas  s.  m.  (de  caponn)  homiM 
lâche  V,  413. 

capouno  s,f  (de  cftponem)/rf>»w< 

III,  288. 

car  s,  f  (càrnem)  chair  I,  ô07. 

IV,  234.  IX,  247  etc, 

car  conj,  causative  (qufiri)  car  Ij 
14.  287.  466  etc. 


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GL0S8AIBE. 


293 


caimnchoano  s.  /.  {de  cSrnm)  ca- 
resse V,  144. 

earboun  s.  m.  (cftrbODem)  charbon 
Vn,  642. 

carcan  s.  m.  (de  Vit,  carcame,  sque- 
lette ?  de  arcamen  s,  m.  /cp.  Kort. 
706  et  1652])  fruit  véreux,  fruit 
tombé  avant  la  maturité  et  des- 
séché VI,  32Ô. 

cardelino  s.  /.  (^càrdûSlinam,  de 
c&rdûSlem)  chardonneret  II,  96. 

carenau  s.  m.  (carm[am]  +  -ftlem) 
quille  XI,  189. 

careno  s.f.  (carinam)  carène  XI, 
152. 

caressa  r.  a.  (car[am]  -1-  -itiare) 
caresser  I,  12.  II,  119.  IV,  214 
etc. 

carga  v.  a.  (*c&rrîcare,  de  c&mun 
char)  charger  IX,  58.  XU,  7; 
meUre  (des  habits)  I,  430. 

cargaire  s.  m,  (de  carga)  chargeur 
IX,  67. 

cargo  s.f,  (s.  v.  de  carga)  charge 
Vin,  110. 

carita  *./.  (cfirTt&tem)  charité  VI, 
214. 

Carmèl  s,  m.  (CarmSlam,  de  Vhé- 
hreii)  le  mont  Carmel,  en  Pale- 
stine XI,  52. 

camau,  alo  a.  (c&mslem)  charnel, 
U  VI,  608. 

caro  s.  f,  (♦caram  face,  gr,  xìÌqu 
têU?  cp.  Kôrt,  1643)  visage, 
mine  I,  121.  168.  506  etc. 

caroognado  s,  /.  (^cârOnTfttam, 
cp.  Kôrt.  1681)  charogne  VI, 
453. 

carrairo  s,f,  (^cárrSrlain,  se.  viam, 
de  carmm)  route  IV,  68. 

carrau  s,  m.  (*c&rrale,  de  carram) 
chemin  IV,  140. 

carreja  v.  a.  {de  c&rrum)  charrier, 


amener,  porter  IV,  35.  VI,  183. 
Vm,  299  etc, 

ci^reladaro  s.f.  (*qaftdrëllatarain) 
carrelage,  broderie  carrelée  VIII, 
67. 

carrello  s.f.  (*c&rrëllam,  dim.  de 
carmin)  (petite  roue),  poulie  VI, 
324. 

carréteiroon  s.  nu  (de  carretié) 
aide-charretier  IX,  71.  192. 

carretié  s.  m.  (♦càrr  -  itt  -  Srïum) 
charretier  IX,  59. 192.  304.  403 
etc. 

carreto  s.  f.  (♦cSrr-ittam)  char- 
rette  I,  395.  IX,  403.  421. 

càrri  (=  carre,  car)  s.  m.  (de  cftr- 
mm)  chariot  III,  6.  IV,  227. 
IX,  65.  407;  lou  grand  Càrri 
dis  Âmo  le  grand  Char  des 
Ames,  constellation  Vm,  108. 
F.  note. 

carrière  s.f.  (*cárrerTam,  de  cár- 
rum)  rue,  propr.  :  route  carros- 
sabU  III,  73.  XI,  8. 

cas  s.  m.  (cftsnm)  cas;  en  tout  cas 
V,  164  ;  faire  cas  de  III,  402. 

cascagnòn  s.  m.  (de  casca,  lat. 
*qa&B8]care  secouer,  briser)  galet 
sonore  II,  318. 

cascarelet,  o  a.  (de  cascarela,  du 
lat.  ♦quàssicare)  fantaisiste  IV, 
155. 

cascarelon  s.  m.  (de  cascarela) 
claquettement  VIII,  203. 

cascavèu  s.  m.  (de  scâbëllam  in- 
strument de  percussion^  avec  le 
préfixe  réduplicatif  et  onomato- 
péique  ca;  cp.  le  s.  cascai  cli- 
quetis] Kôrt.  7188)  grelot  I, 
449. 

caspitello  (=  càspi)  int.  de  sur- 
prise (d'or,  inc.)  dame!  tudieu! 
I,  64. 


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294 


GLOSSAIRE. 


cassa  17.  a.  (*cfiptïare)  chasser  I, 
343.  m,  416.  XI,  31  etc. 

cassaire  s,  m.  {de  cassa)  cÎMSseur 
m,  414.  X,  155  etc. 

cassarello  s,  /.  {de  cassa)  chasse- 
resse XI,  414. 

casso  s,  /.  {s,  V»  de  cassa)  chasse 

IV,  481. 

caslt  (=  castre)  s,  m,  (c&strum) 
enclos,  bercail  VIII,  136. 

caste,  0  a.  (c&stnm)  ciiaste  XI,  416. 

castelas  s.  m.  {de  ca8tell(iim)  + 
-Scèmd)  château  antique,  manoir 
I,  328.  m,  143.  IV,  17. 

casteta  t.  /.  (cftstTtiStem)  chasteté 
XI,  350. 

castèu  s,  m.  (cSstëllum)  château 
lïl,  161. 

Castihoun  n.  d'h,  {b.-lat.  Cftstël- 
In^nem)  Castillon;  Ion  baroun 
Castihoiin  le  baron  Castillon, 
être  fantastique  VI,  490.  Voy. 
note, 

cat  s.  m,  (cattum)  chat  VI,  525 

V.  note. 

catamiaulo  s,  f.  (=  cato  mianlo 
le  chat  (qui)  miaule;  v,  c.  m.) 
chattemite  VI,  36a 

catàrri  s.  m.  (cittarrhom,  gr,  xa- 
rà^ovç)  convulsion^  épilepsieWÏ, 
342.  IX,  344. 

cat-fèr  s.  m.  (c&ttam  fërum)  cJiat' 
sauvage  V,  94. 

catouli,  co  a,  et  s.  (câthôlicnni, 
du  gr.  xa9o/Ux6ç  universel)  ca- 
tholique XII,  294. 

catnro  s.  /.  (cáptaram)  proie  V, 
370. 

canca  r.  a,  (câlcare)  fouler,  dé- 
piquer IV,  259.  V,  219.  VIII, 
346.  377  etc. 

caucadoniro  s.  f  (*càlcfitoriam  p. 
-iura)  fouloire  III,  11. 


cancaire  s.  m.  (cfilcfttor)  foulevr 

VIII,  365. 
canciga  v.  a.  (*cálc-Tcare  p.  cil- 

care)  fouler  VI,  201. 
canco  s.  f  (s.  v.  de  canca)  foulage 

Vm,  361. 
caud,  0  a.  (c&ITdum)  chaud,  e  II, 

243.  m,  137.  VIII,  131  eu. 
cau[d  s.  f.  (id.)  le  chaud  I,  337. 

IV,  36.  VIII,  90.  X,  75.  173 

etc. 
caadolo  (=  candolo)  *.  /.  (du  gr, 

itàvSvloz  mets  lydien)  pain  cayme, 

sans  levain  XI,  27. 
canfa  v.  a.  (*calëf«re  p.  càlëficëre) 

chauffer  n,  140. 
caumo  S-  f   (canma ,  gr,  xav^a) 

grande  chaleur  V,  408.  X,  92. 
cauno  s,  /.   {du  gr.  x^vro;?)  ca- 
verne VI,  287.  IX,  19. 
canpre  v.  n.  —  Gr.  §  107,  p,  loi 

—  (càpëre)  tenir,  être  contenu 

II,  362. 
caaso  s,f  (caasam)  chose  I,  522. 

II,  163.  ni,  152  etc. 
caassano  s.  f  {b.-lat.  capsanam. 

Du  C.)  licou  V,  423. 
caussido  s,f,  {de  chalcëtum  planU 

inconnue  (Georges)?  cp.  chalcWB 

plante   épineuse)    chardon  K. 

349. 
cauto-cauto  loc,  adv.  {de  Va,  can- 

tum)  avec  prudence,  furtiremetU 

II,  209.  V,  56. 
cava   V.  a,  et  r,   (cávare)  caver, 

creuser  VII,  72.  XII,  431;  f.''- 

se  creuser  VIII,  376. 
cavalié  s,  m,  (*cibftll-arïum)  che- 
valier IV,  348. 
cavalin  s.  m.  (*cib«ll-Iimm)  race 

de  chevaux  VIE,  295. 
cavalo  s,f  (càbsllam)  cavale  IV, 

365. 


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GL088AIBE. 


295 


cayalot  s,  m.  (^càbsll-ottum)  petit 
cheval  IV,  402.  X,  61. 

cayaloto  s,  f.  (*cftbftll-ottam)  ca- 
vale, haquenée  IV,  212. 

cavaliin  s.  m.  (=  cavalin,  v.  c,  m.) 
Vni,  360. 

cavanca  v,  n.  (c&b&llîcare)  chevau- 
cher Vm,  350. 

cebo  8./,  (c5pain)  oignon  VII,  251. 

Cedronn  s.  m.  le  Cédron,  torrent 
de  Palestine  XI,  10. 

célèbre,  o  a.  (cëlëbrem)  célèbre  I, 
419. 

céleste,  o  a.  (cœlëstem)  céleste  VI, 
172.  XI,  529.  Xn,  249. 

celestiau,  alo  a.  (*c8ele8tri-ftlem) 
céUste  V,  639.  IX,  173. 

celestin,  o  a,  (^cœlest-inum)  céleste 
XI,  106. 

cementèri  s,  m.  (cœm6t5rium,  du 
gr,  MotfinTtÇtov  lieu  de  repos)  ci- 
metière ni,  312.  X,  411. 

cencha  v,  a.  (^cinctìare,  de  cinctnm) 
ceindre  VI,  226.  VIII,  82.  X,  291. 

cenglo  s./,  (*cingalam^.  cingulam) 
ceinturon  IX,  74. 

cènlt  n.  de  n.  (cëntum)  cent  I,  91. 
206.  XI,  228  etc. 

centanro  s.f,  (ce]itaar[ë]am)  cen- 
taurée (plante)  IV,  356. 

centeno  s.f.  (cënt-ênam)  centaine 
I,  212. 

centre  s.  m.  (cëntmm)  centre  VI, 
539. 

centoro  s.f.  (cincturam)  ceinture 
IV,  118.  Vin,  69.  IX,  61  etc. 

cepa  f?.  a.  (de  cepo)  couper  (un 
arbre)  VIT,  596. 

cepo  s.f.  {de  cippum)  tronc  d'arbre; 
sause  de  cepo  saules  taillis  II, 
366. 

cepons  s.  m.  {de  cepo  +  -onem) 
tronc  XII,  399. 


cerca  v.  a.  (cïrcare)  chercher  II, 
349.  vm,  115.  264  etc. 

cerco  s.f  {s.  v.  de  cerca)  recherche; 
èstre  en  cerco  chercher  V,  488. 

ceremounié  s.f  (cerëmonïam)  cé- 
rémonie VI,  434. 

certo  adv.  d'affirmation  (c6rta[8]) 
certes  I,  122.  255.  IX,  11  etc. 

cervello  s.  f  (*côr[ë]bëllam  p.  ce- 
rebellum,  dim.  de  cerëbrum) 
cerveau^  cervelle  II,  356. 

cervèu  s.  m.  (cërCbëUum)  cerveau 
X,  229. 

cèrvi  s.  m.  {de  cërvnm)  cerfly  482. 

cèu  s.  m.  (cœlum)  ciel  I,  31.  Il, 
426.  IV,  210  etc. 

cèn-sin  s.  m.  (Très.:  terme  de 
marine,  p.  cèu  seren,  v.  c,  m.) 
ciel  serein^  sans  nuages  X,  80. 

Ceveno  s.  f  pi.  (Cevennas)  Cé- 
vennes  VI,  473. 

à  cha  prép.  qui  s'emploie  dans 
un  sens  distributif  {du  gr. 
ttara)  h  cha  milo  à  (par)  mil' 
liers  III,  1 9  ;  à  cha  cent,  centeno 
par  centaines  IV,  103.  IX,  133  ;  à 
cha  pau  peu  à  peu  V III,  404  ;  cimo 
à  cha  cimo  cime  d  cime  XI,  74. 

chabi  V.  a.  {de  câmbîare;  cp.  Du 
C.  :  cabimentam,  de  cabire  aii- 
quid  assumer e)  débite^',  se  dé- 
faire d'une  marchandise^  nuiriez 
une  fille  IV,  301.  VIH,  31. 

chafaret  s.  m.  (Très.:  de  l'arabe 
safaret,  mois  où  les  musulmans 
céUbrent  l'anniversaire  de  la 
mort  du  prophète)  murmure  VII, 
556;  bruissement  (de  la  met) 
xn,  301  ;  tumulte  Vin,  406. 

chaîne  s.  m.  (♦quascïnum  p.  quer- 
cinnm)  chêne  III,  466.  XII,  78. 

(se)  chala  v.  a.  et  r.  (cp.  Kdrt. 
3582)  (se)  délecter  IV,  104. 


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296 


GLOSSAIRE. 


chale  s.  m.  (s.  v.  du  v.  chala)  ro- 

lupté  I,  235.  III,  125. 
chamatan  s.  m.  (de  cl&mare?)  va* 

carme,  ramage  (des  passereaux) 

n.  458. 
chambreto  s,f,  {de  chambro)  chant- 

brette  VIII,  9. 
chambro  s,f.  (cfimëram)  chambre 

m,  77. 
chaminèio  s.  f.  (camin&tam)  che- 
minée VI,  464. 
chaînons  s.  m.  {du  vha,  gamnz, 

ail.  mod.  gemse)  chamois  V,  65. 
cham[p  s.  m,  (câmpum)  champ  II, 

392.  IX,  31.  400  etc. 
champino   s.  /.  {de  champ)  lande 

VI,  88.  Vm,  256.  X,  376. 
chancello  s./,  {s.  r,  de  chancela, 

iat.  cincellare)  hésitance  XI,  389. 
chanja  v,  a.  (cSmbïare)  changer 

X,  192. 
chapla  V.  a,  (c&pûlare)  hacher  XI, 

283. 
chaplachòa  s,  m,  {onom.,  du  rad. 

klap)  bruit  de  cymbales  IX,  189. 

Voy.  7wte. 
chapladis  s,  m.  {de  chapla)  carnage 

I,  246. 

chaple  s.  m.  {s,  v,  de  chapla)  car- 

'nage  I,  259. 
charpa  v,  a.  (crPpare?)  gi'onder  q. 

II,  346. 

charradisso,  charrado  «.  /.  {de 
charra  causer,  d'or,  inc.)  cau- 
serie n,  p.  26.  VI,  12. 

chartrouso  s.  /.  {de  Carturissium, 
n.de  L,  cp.  Du  C.  s.  Cartnnenses) 
chartreuse  VI,  559. 

chascun,  o  a.  pr.  ind.  (♦cáscanum 
p.  quïsquo-anum)  chacun  1, 180. 
II,  179.  IX,  210. 

chasque,  chasco  a,  ind,  {de  chas- 
cun)  chaque  I,  63.  89.  145  etc. 


chasso  s,  /.  Cep.  Kdrt.  4544)  fi- 
celle d'un  fouet  IV,  232. 

chalt  s,  m,  (cáttom)  jeune  garçon, 
gars  m,  179. 

chato  s,  /.  (c&ttam)  jeune  JUle  I, 

I.  94.  107.  n,  57  Hc. 
chatonneto  s.f,  {dim.  de  chatouio) 

fillette,  adolescente  I,  405.  IV, 
172  etc, 

chatouno  s,f.  (de  chato)  fillette  h 
101.  109.  II,  28  etc. 

chanchaire  s.  m.  (câlcfttor)  fou- 
leur  {de  raisin)  III,  9. 

Chancho-vièio  t.  /.  (*calcam  de 
càlcare  +  *vëc[Ù]Iam  p.  v6tù- 
lam)  le  Cauchemar  VI,  463;  r. 
note. 

chanmo  s.  f.  (=  canmo,  v.  c.  m.) 
repos  Vin,  138;  faire  chaume 
faire  trêve  VI,  334. 

chanpina  v.  a.  {de  l'esp.  chapin  pan- 
toufle ^  chapinazo  coup  de  pan- 
toufle, qui  dérivent  probahUm, 
de  la  racine  onom.  klap;  ep. 
Kôrt,  4543)  fouler  aux  pieds 
VI,  32.  Vni,  16.  X.  374. 

chaoriha  v.  a.  {de  auriho,  v.  c.  m.) 
dresser  r  oreille;  chauvir  des 
oreilles  V,  403.  IX,  334. 

chansî  v.  a.  {du  goth,  kansjan 
examiner)  choisir  III,  207.  IX, 
224.  X,  382  etc. 

chavano  s,  f.  {or,  inc.)  orage  V, 
158.  Vra,  373.  IX,  285.  XI,  168. 

cherescle,  o  a.  {de  chariscle  serm, 
onom.  du  gazouillement  des  oi- 
seaux, cp.  lev,  cìárisca.gazouilUr, 
vpr.  sisclar)  efflié,  grêle,  délicat 

II,  165. 

cherpo  s.  f.  {de  VcUl.  schftrpe) 
écharpe  I,  426.  IV,  209. 

chima  (  =  cima,  chama)  v.  a.  {onom.) 
boire  IV,  35. 


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GLOSSAIRE. 


297 


chimarra,  do  p.  p.  et  a.  (de  Vit 
zimarra  habit  long,  d*of\  obsc.^ 
ep.  Kôrt.  2776)  bariolé  IV,  249. 

chin  s.  m.  (c&nem)  chien  I,  389. 
IX,  367;  ch.  de  pargue  m4/m, 
chien  de  berger  IV,  363. 

chinas  s.  m.  (de  chin  +  -ftcenm) 
grand  chien  IV,  106.  VIII.  134. 

chivalié  s.  m.  (c&ball6rlam)  che- 
valier VI,  556. 

chivan  s.  nu  (câb&llnm)  c?ieval 
IV,  427.  VIII,  357.  407. 

li  Chiyan-fnis  «.  m.  {de  chivan  + 
frast,  0  usé,  maigre  ^  de  Vital, 
f msto,  lat.  fmstnm)  les  Chevaux- 
frux,  chevaux  de  carton  peint 
I,  472.    Voy.  note. 

cbourla  (=  chnrla,  chula)  v,  a. 
(anom.)  humer,  boire  à  longs 
traits  n,  105.  III,  25. 

chonrlo  s,  m.  (de  chourla)  écitanson 
IX,  23.  31.  80  etc. 

chonrmo  s  /.  (emprunté  à  Vit. 
cinrma,  du  gr.  xiXtvafia)  orig,: 
troupe  de  rameurs,  de  forçats, 
de  travailleurs^  puis:  horde,  en 
gén.  VI,  396.  XI,  30. 

choit  int.  (onom.)  chut!  silence! 
l,  186.  VI,  15. 

cìbòrì  s,  m.  (ciborïum)  ciboire  XI, 
425. 

cibre  s. m.  (du  vha.  znbar,  ail.  znber 
par  V intermédiaire  du  haut-it. 
et  rhétoroman  cever,  seber)  seille 
Vm,  133. 

Cièri  *.  m.  (circum)  le  Cirque 
cP  Arles  XI,  228. 

cièncle  s.  m.  (cïrctllum)  cercle  VI, 
398. 

déane  t.  m.  (cŷcnum)  cggne  V, 
319.  Xn,  130. 

dénta  s./.  (cl?ïtfitem)  cité  VIII, 
309.  XI,  5.  232.  374. 


cigalo  s.  /.  (de  cTcftdam)  cigale 

III,  389.  Vin,  200.  440. 
cigan  s,  m.  (de  cTc&dam)  cigale 

femelle  (que  le  peuple  crut  au 

contraire  être  mâle)  rasade,  bon 

coup  de  vin  If,  105. 
ciho  s.  f  (cïlïa)  cil  VII.  209.  XI, 

436. 
cimbaleto  s,  f  (de  cimbalo,   lot, 

cŷmb&lam)  petite  cymbale  VIII, 

202. 
cimèn  s.  m.  (de  cimo)  faîte  X,  34. 
cimo  s.  /.   (cymam)  cime  II,  36. 

IV,  37,  XI,  74.  524. 
cinobre  s,  m,  (cinnàbârem,  du  gr. 

Kivvâfiaçiç)  cinabre  XI,  380. 
cin[q  n.  de  n.  (qainqnë)  cittq  1, 206. 
cinqnen,  con.den.  ordinal  (de  cinq 

+  -incum)  cinquième  V,  p.  85. 
cintro  s,f  (dufr.  cintre  =  chaintre, 

contour,  de  ♦camïtem,  cp,  Hor- 

ning  dans  &r.  Z.  21,  p.  453  et 

22  p,  482)  cintre  Vm,  428. 
la  Cióutalt  (=  la  Ciéutalt)  n.  de  l. 

(cïvïtatem)  la  dotât,   autrefois 

la  Cité  de   Ceyreste,  B.-dvrlth, 

III,  201.    Voy,  note. 
dprès  s.  m.   (cûpressnm,   du  gr. 

nvnâçiaaoç)  cyprès  XII,  70. 
cira  V.  a.  (curare)  cirer  IV,  251. 
cire  s.  m.  (cerëum)  cierge  V,  469. 

xn,  383. 
Cireno  n.  de  L  (Cyrënam)  Cyrène 

VI,  599. 
ciro  s.  f.  (cëram)   cire  IV,  496. 
cisele[t  s  m.  (dim.  de  dsell|am]  f 

-ittum)  ciselet  VIII,  56. 
dsèu  s.  m.  ('*'clBëllam)  uni  dsèu 

(une  paire  de)  ciseaux  IV,  206. 
civadiero  s.f.  (de  civado  +  -arTam) 

champ  d'avoine  blanc  IX,  110. 
civado  s.  f.  (cïbfttam,  de  cïbum) 

avoine  Vil,  274. 


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298 


GL088AIBE. 


clafi  (=  caô)  t?.  a.  {Très,:  le  v.  cafi 
peut  dériver  du  mot  cafi,  ou  cafis 
\b,'lai.  caffiom,  caficium  Du  C] 
mesure  de  capacité  usitée  à  Mar- 
seilley  appelée  cahiz  en  Esp.  et 
cafiso  dans  les  Etats  Barhares- 
ques)  remplir  en  pressant,  com- 
bler I,  69.  m,  49.  Xn,  206. 

claparedo  s,  /.  {de  clapo)  plaine 
caillouteuse  I,  83.  IX,  363. 

clapas  s.  m.  (de  clapo)  bloc  de 
pierre,  gros  caillou  V,  444  ;  fig. 
clapas  de  jouvènt  bloc  de  garçon 
IX,  255. 

clapeirolo  s,  /.  (de  clapo)  tas  de 
pierre  H,  20.  VU,  215.  XH,  433. 

clapo  s.  /.  (d'un  type  onom,  klap 
cp.  Kôrt.  4543)  pierre  VI,  596. 
Vin,  338. 

clapoairo  s.  /,  (de  clapo)  pierrée 
IX,  410. 

clar  (=  clss,  glas)  s,  m.  (*classiiin 
p.  classTcnm)  cri,  plainte,  glas 
VI,  427.  XII,  363. 

clar,  0  a.  (clârum)  clair,  e  I.  538. 

IV,  307.  X,  312  etc;  adv.  se- 
mena  clar  semer  clair  V,  516. 

clar  s,  m.  (clarnm)  flaque,  petit 
lac  I,  347.  II,  78.  IV,  24.  VIH, 
430;  Grand-Clar,  v.  note  IV, 430; 
clar  de  luno  clair  de  lune  V,  57. 

claramen  adv.  (clarâ  mëntg)  claire- 
ment II,  367. 

clareja  v,  n.  (de  clar  +  -ïdïare) 
être  clair,  rayomter  II,  102,  V, 
38.  X,  67  etc, 

clare[t,  o  a  (clar  -f  -ittum)  clair,  e 

V,  569.  Vm,  41  etc. 

clareto  «./.  (de  Vadj.  claret)  variété 
de  raisin  blanc,  tnn  blanc  VII, 
615. 

se  clari  (♦clárire  p.  clârare)  se 
clarifier  XU,  349. 


clarinèa,  ello  a,   (*clir-in-ëlliim) 

clair,  e  H,  106.  HI,  15.  IX,  169  etc, 
claroor  s,  f,  (clSrorem)  clarté  H, 

301.  XI,  277.  530. 
clarta  «./.  (clfirïtfitem)  clarté  Vf, 

272.  IX,  380.  Xn,  299. 
clanm   s,  m.  (de  clar)  éclairde 

XI,  182. 
clastro  s.f.  (claustra)  cloître  YH, 

483. 
clau   s,  f,  (clavem)  clé  VI,  283. 

vm,  53.  XII,  69. 
claure  v.  a,  —  Qr.  §  108  p.  159 

(claudëre)  clore,  fermer  IV,  96. 

p,  p.  claus,  0  (clauflum)  caché, 

enfermé  VI,  275.  IX,  361. 
clau[8  s,  m.  (clausum)  clos  m.  III, 

157. 
clava  V.  a.  (♦clftvare,  de  clávem) 

fermer  à  clef  VI,  416. 
clavela  v.  a.  (*clAvellare)  clouer 

IX,  364.  XI,  80.  332;  lou  Cla- 
vela le  Crucifié  XI,  362. 

clavèn  s.  m.  (♦clftvëllum,  de  cli- 
vum)  clou  X,  226. 

cledo  «./.  (*cl6tam)  claie  VI,  440. 
Vin.  141.  IX,  361. 

Clemèn  w.  d'h,  (açmentem)  dé- 
ment XI,  424.    F.  note. 

clemènço  s.  f  (clëmentïam)  clé- 
mence VI,  632. 

Clemènço  n,  de  f.  (Clgmentïam) 
Clémence  III,  127. 

Cleoun  n.  d'h.  (CléOnem)  Cléon 
XI,  101.  87.    V.  note, 

cler[c  V,  m,  (clôrïcum)  clerc  VI,  432. 

clin,  0  a,  (♦cllnnm)  baissé  H,  295. 

X,  174. 

(se)  clina  v,  a.  et  r,  ([injdinare) 
(^)incliner  I,  285.  323.  H,  Vl^ 
IX,  266.  336  etc. 

clinamen  s,  m,  (cllnSmeo)  p^' 
chement,  inclinaison  III,  506. 


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eii088AIRB. 


29» 


clincleto  (=  clinqaeto)  s./,  (onom,) 
cliquette  IV,  156. 

clôt  (=  clos,  crot,  clonet)  s,  m.  {La 
signification  orig,  étant  j,creuai^*, 
ce  mot  pourrait  dériver  de  cryp- 
tam;  cp,  le  vpr.  clôt  creux; 
clota,  cropta,  crota  grotte,  le 
cataL  clôt)  creux f  fossette  qu'on 
fait  dans  la  terre  pour  semer 
les  graines  en  touffes;  touffe 
n,  434.  m,  45.  463.  IX,  262. 

clÒQchìé  (=  clouquié)  *.  m.  {p-ê. 
éPorig,  celt.,  de  cloc;  cp.  Kdrt. 
1554)  clocher  VI,  430.   X,  112. 

cIusBÌ  V.  n,  (glocire,  gr.  xXtâCfiv) 
glousser  VI,  224. 

dosso  s.  f  {s.  V.  de  clnssi)  poule 
VI,  224. 

co  =  cop  (r.  c,  m.)  XII,  96. 

co  *.  /.  (candam)  queue  IV,  233. 
XI,  379. 

ço  pr.  déni,  neutre  (ecce  hôc)  ce 
I,  132.  624  etc. 

code  s.  m.  (cotem)  caillou  V,  18. 
Vni,  217. 

cofo  s.f.  (f?.  couifo)  coife  II,  293. 

co-lèvo  s.f.  {de  co  +  leva,  v.  c.  m.) 
faire  co-lèvo  faire  basculeY ,ò69, 

colo  s,  f.  (côllem)  colline  I,  164. 
in,  159.  Vin,  216  etc. 

conlonno,  coulono  s.f.  (c51ûmnam) 
colonne  VI,  541.  XI,  111. 

comte  s.  m,  {s.  v.  de  conmta  v. cm.) 
compte  VII,  133. 

comte  s.m.  (cOmîtem)  comte  IX,  140. 

contre  prép.  (cSntrft)  contre  1, 261. 
n,  327.  432  etc.  ;  à  côté  de,  près 
deyn,  254.  XI,  91.  —  adv.  tout 
près  Vin,  266;  —  de  contre 
prép,  à  côté  de  III,  80  ;  pèr  contre 
adv.  au  contraire  III,  226. 

contro-soulèn  s.  m,  {v.  c.  m.)  par- 
hélie  VII,  297. 


co[p  s.  m.  (còlpnm,  de  c^lftphnm) 
coup  I,  528.  IX.  282.  Xn,  388^ 
etc.;  cop  d'ine  coup  d'ceil  XI, 
325  ;  tout-en-un-cop  iout-à-coup 
II,  303  etc.;  tout  d'un  cop  tout 
d'un  coup  II,  461.  VIU.  372  etc.  r 
sus-lou-cop  sur  le  champ  V, 
227.  IX,  378.  XII,  143  etc.;  un 
cop  une  fois  II,  166.  430  etcr 
au  cop  à  la  fois  II,  171. 

cor  *.  m.  (côr)  cœur  II,  112.  343. 
m,  388  etc. 

cor  s.  m.  (chòrum)  chœur  UI,  392^ 
XII,  10.  231. 

Cordo  s.  f.  n.  de  l.  (CCrdûbam) 
Cordoue  ;  lou  Trau  de  Cordo  le 
Trou  de  Corde,  nom  d'une  ca- 
verne située  ù  Vest  d'Arles  y  1, 
645.     Voy.  note. 

cor[8  s.  m.  (corpus)  corps  I,  12 K 
II,  343.  m,  313  etc. 

costo  s.  f.  (côstam)  côte  I,  221. 
IV,  73.  VIII,  371;  costo  d'uno 
daio  dos  d'une  faux  IX,  75. 

cou  s.  m.  (côllum)  cou  IV,  210. 

couble  s.  m.  (copùlum)  couple  {de 
bêtes)  I,  312  {de  bœufs)  V,  201. 
IX,  333. 

couble[t  s.  m.  {de  couble  +  -ittum) 
couplet  III,  238. 

coucero  (=  coucedro,  coulcedo  etc.) 
s.  f.  (*ctllcïtram)  lit  de  plumes 
IX,  513. 

(se)  coucba  v.  a.  et  r.  (côllôcare) 
coucher  I.  112.  VI,  320.  VUI, 
11.  326  etc. 

coucba  tî.  a.  (*côctare,  fréqu.  de 
côquëre)  chasser  VI,  366.  VIII. 
127;  toucher  {les  bêtes)  IX,  a37. 
presser  Vin,  409. 

couchado  s.  f  {s.  v.  de  coucha). 
couchée  FV,  140. 


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:300 


GLOSSAIRE. 


•ooucho  «./.(côcta  ;  cp.  coucha  ■)  hâte^ 

dans  la  loc.  adv.  à  coacho  d'espe- 

roim  à  Mie  d'éperon  17,  360. 
-conchons,   o  a.  {de  coucho)    em- 
pressé, hâtif  IV,  79. 
conconn  s,  m.  {de  coco,  lat.  c$ccam) 

cocon  in,  31. 
•€onconrele[t  {=  cacaraulet,  caca- 

lanset)  s.  m.  {de  cacalaas  escargot, 

du  lat.  cOchlëam,   gr.   xoxXíaç) 

coupe  toute  petite,  coupelle  FV, 

160. 
•coucoureleto  s.  f.  {id.)   VI,  330. 
•condele[  t  s.  m.  {dim,  de  code,  r.  c,  m.) 

galet  V,  41. 
-condoun  s.m.  {de  cuda,  vpr.  coidar, 

laU  c$gTtare,  soits  l'influence  de 

ooudonn  coing?)  chagrin  IX,  11. 
coudounié    s.   m.   (♦côtDnëfirium) 

cognassier  II.  325. 
■couide  s.  m.  (cûbïtam)  cotide  m, 

154. 
confin  s.  m.  (cSphïnum,  gr.  xótpiroç) 

coffinj  corbeiUe  I,  133. 
-coui  (=  cou,  col)  s.  m.  (cÔUum) 

cou  II,  115.  304.  427. 
couifo  s.  f.  {du  fr.  coiffe,  du  vha, 

kupphja   mitra)   coiffe  IL   79. 
•couire  V,  n.eta,  —  Gr.  §108  p.  155  — 

(cSqudre)  cuire;  eue,  cuecho  p.p. 

(cSctum)  cuit,  e  II,  105.  XI,  124; 

cousent    p,    pr.    cuisant,    qui 

rend  brûlant,  piqimnt  VII,  250. 

IX,  385. 
-isoula  V.  n.  (colftre  filtrer)  couler 

I,  366.  m.  238.  X,  207  etc. 
•couladis,  80  a.  {de  coula  +  tissum) 

coulant  I,  313. 
-coulado  s.  f.  (*cÔll-fttam,  de  côl- 

lum)  bêtes  attachées  par  le  cou 

I,  74. 
•couladnro  s.  f.  (colaturam)  filet, 

écoulement  VIII,  243. 


coulèro  s.  /.  (chSlëram)  colère  L 
262.  V,  16. 

coulelt  *.  m.  {de  colo,  v.  c.  m.)  col- 
Une  XII,  9. 

coulobre  5.m.(cÔlîibrem)  eoiUeuiire 
m,  111.  XI,  379. 

couloumbau,  alo  a.  (*cÔlûmb-&Iem) 
coïontbin,  couleur  gorge  de  pi- 
geon; rasin  couloumbau  raisin 
à  grains  blanchâtres  IV,  493. 

oouloumbo  s.f.  (cÔltUubam)  colombe 
X,  156. 

coulour  s.  f,  (côlDrem)  couleur  I, 
73,  IV,  179.  X,  129. 

couloureto  s.  /.  (color  +  -ittam) 
légère  couleur,  vermillon  des 
joues  VIII,  223. 

coumaire  s.f.  (ctim-m&trem)  com- 
mère m,  40. 

coumanda  v.  n.  et  a.  (cûm-mân- 
dare)  commander  I,  204.  III,  56. 
IX,  138  etc. 

coumba[t  s.  m.  {s.  v.  de  eoumbatre, 
r.  batre)  combat  XI,  405. 

coumbo  s.f.  (cûmbam,  cymbam, 
probablem.  du  celtique  ;  cp.  Kârt. 
2063)  combe,  vallée  escarpée  IV, 
41.  X,  155.  XI,  454  eU. 

coumbour  *.  m.  {s.  v.  de  coum- 
bouri)  brûlure,  trouble  VIA,  17. 

coumbouri  v.  n.  (cSmbUrëre)  se 
consumer  II,  385. 

coume  conj.  et  adv.  (quOmÔdô) 
comme,  a)  cot^.,  indiquant:  1)  la 
cause  I,  5  etc.  2)  la  manière 
I,  7  etc.  3)  l'intensité:  combien 
I,  47.  4)  le  temps  VI,  2a  - 
b)  adv.,  exprimant  une  compa- 
raison 1, 12.  62. 182  etc.  ;  coume 
eiço  comme  cela,  ainsi  II,  .453. 

coume  que  conj.  suivi  du  subj.; 
coume  que  vague  quoi  quOl  en 
soit  III,  86. 


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GLOSSAIRE. 


301 


conmença  v,  a.  et  n.  (ctlm  +  ♦Tnï- 
tîare)  commencer  1,  116.  202. 
245  etc. 

coumpagno  «./.  (*cÔmpfinîam)  a) 
comp<igǹ  I,  101.  II,  39  elc,; 
de  coumpagno  de  concert  X, 
340.  —  b)  compagnon,  compagne 
XI,  18.  VI,  37. 

comnpagiioiiD^  fn.(*c5mpsnîtSDem) 
compagnon  XI,  310. 

conmparanço  «./.  (*cdmpfir-antïam) 
comparaison;  en  c.  de  «n  com- 
paraison  de,  au  prix  de  V,  71. 

conmparesonn  s.  f.  (cômparfitio- 
nem)  comparaison  II,  p.  26. 

coumplancho  «./.  (ciim-planctam) 
complainte  XII,  397. 

coampli  r.a.(cÒmpllrep.  còmplsre) 
accomplir  VII,  271. 

Coninpoostello  n.  de  l.  (campus 
stellse)  Composielle  en  Oalice 
X,  334. 

coumprés,  o  p,  p,  de  coumprèndre 
(=  coumprene)  v.  a,  —  Or, 
§  106  p,  Í47.  —  (cômprëhëndëre) 
comprendre  V,  64.  VII,  311. 

coumta  V,  a,  et  n.  (cÒmpQtare) 
compter  III,  63. 

coumtesBO  s,/,  (*c9mît-Ì8sam)  com- 
tesse m,  244.  IV,  15. 

coumun  s,  m,  (cSmmtlnem)  le  vul- 
gaire VI,  276. 

councha  v.  a.  ([6x]c0mptiare,  it, 
conciare,  sconciare)  souiller  I, 
497. 

Coundamino  s.  /,  (condominium) 
la  Condamine,  quartier  de  To- 
rascon  et  d* attires  villes  du  Midi 
IX,  250.    Voy,  IX,  244  note. 

coundorso  s,f.  (côntorsam)  perche 
transversale  VT,  277. 

coundnrre  v.  a. — Gr.  §  108  p,  159  — 


(cônducere)  conduire  III,  10.. 
IV,  268. 

counèisse  (=  counouisse)  v.  a.  — 
Or,  §  109  p,  163  —  (cognos- 
cere)  connaître  I,  184.  III,  67. 
Vm,  148.  IX,  374  p.  p.  cou- 
neigu,  do  I,  418.  H,  171  etc. 

couneissènço  s./.  (*cogn08cëntïam) 
connaissance,  intelligence  IV,  299. 

(se)  counfessa  v,  a,  et  r.  (*cÔnfes- 
sare,  fréqu.  de  confiteri)  {se) 
confesser  III,  315.  471. 

counfessaire  s,  m.  (^cÒnfessStor) 
confesseur  III,  486. 

connfessionn  s,  f.  (cônf essîonem) 
confession  III,  332. 

counfigno  (=  counfino)  s.f  (*côn- 
flnîam  p.  cônflnïum)  confins 
Vni,  119. 

connfoundèire  s.  m,  (*cimftUidï- 
torem)  subversif  Vin,  174. 

counfoundre  r.  a.  —  Or,  §  106. 
p.  149.  —  (con  -  fondëre)  con- 
fondre ra,  368.  IX,  131. 

counglas  s,  m.  (cîSm  +  *gl&cTnm 
p.  glàcTem)  glacier  V,  70. 

coungousto  s.  f.  (cvim  +  gustum) 
délectation  III,  125. 

coungreia  v.  a.  (congrëgare)  multi- 
plier^ engendrer  VI,  273. 

counjouDgla  v.  a.  (côn  -f-  *jûngû- 
lare  p.  jûng?re)  étreindre  en- 
semble V,  277. 

counouisse  v,  counèisse. 

counsenti  v.  n.  —  Crr.  §  102 
p.  139.  —  (consëntire)  consentir 
III,  174. 

counserra  v.  a.  (côn-sÇrvare)  con- 
server VIII,  195. 

counsèu  s.  m.  (consïlïum)  conseil 

III,  210.  VIIÍ,  42.   X,  360  etc. 
counsòudo  s.  f.  (consôlïdam)  prêle 

IV,  453.  X,  57. 


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302 


0LOSSAIRB. 


•coimsoiila  v.  a,  (con-sulare)  con' 
soler  Xi,  297.  478. 

«counta  v,a.  (cômpûtare)  Cra)conter 
I,  403.  Vm,  339. 

•connsama  v,  a,  (*cl»isamare  p, 
consnmëre)  consumer  VII,  146. 

•conntempla  v,  a.  (♦côntëmplare  p, 
contemplari)  contempler  III,  168. 
X,  14.  XI,  174. 

•conntemplacioan  «./.  (cônfémplâ- 
tiOnem)  contemplation  X,  289. 

•countèn[t,  o  a.  (côntëntum)  con- 
tent, e  II,  28.  III,  270. 

«ountesta  v.  a.  (côntçstfire  p.  con- 
testari)  contester  III,  354. 

coantina,  o  ou  -io  a.  (c5ntïntiam) 
continuel  VII,  25. 

•countinaoQB,  o  a.  (*c$ntïnû9siim) 
continu,  e  VII,  556. 

•conntoar  s.  m.  {s.  v.  de  countonnia, 
de  cûm  +  tôrnare)  contour  X,66. 

«ountràri,  o  a.  (côntrsrïum)  con^ 
traire  XI,  438.  —  s,  m.  le  con- 
traire ;  faire  de  conntràri  faire 
des  malices f  niches  III,  195  ;  pèr 
countràri  loc.  adv.  en  sens  con- 
traire IV,  390. 

«oontraria  v.  a.  (*ci5ntrftrïare)  con- 
trarier m,  217. 

countnnia  (=  countinna)  v,  a, 
(côntïnùare)  continuer  V,  456. 
IX,  379. 

de  coantùnio  (  -  de  countinuo) 
loc.  adv.  sans  relâche  VII,  521. 
VIII,  392. 

«coun  veni  v.  n,  —  Gr.  §  102.  p.  140  — 
(côn-vënire)  convenir  Xj  249.  XII, 
405. 
counventialo  (=  conventialo)  s.f, 
(b.-lat.  cÔnvSntùâlem)  nonne  IX, 
174. 

coonversionn  s./,  (cônvërsïonem) 
conversion  XI,  p.  217. 


couBverti   v,  a.   (de   cônvërtëre) 

convertir  XI,  p.  217. 
(se)  coupa  v,  a,  et  r.  {de  cSl&phnm. 

V.  cop)  couper,  rompre  I,  157. 

m,  352.  V,  445  eU.;  se  coupa 

s'intcTTompre  I,  253. 
coupo  (=  copo)  s.f.  {s.  V.  de  coupa) 

action  de  couper^  coupe  /.  VIL 

173. 
couquihado  s.f,  (cttcûllatam)  alou- 
ette huppée,  cochevis  II,  27. 
couquiho  s./,  (*cônchŷlTam  p.  con- 

chylium)  coquille  XII,  426. 
couquin,  o  a.  et  s.  (du  fr.  coquin, 

d'or,  douteuse^  p.-ê.  dim.  de  coq) 

coquin,  malin  II,  181. 
courage  «.  m.  (*c0rsticum,  de  cor) 

courage  V,  306.  X,  417. 
courajous,  o  a.  (de  courage)  cou- 
rageux Vn,  122. 
(se)  courba  v.  a.  et  r.  (cùrvare) 

(se)  courber   I,   220.   322.  XI, 

185  etc. 
courbaire  s.  m.  (de  courba)  cour- 

heur  VII,  5. 
courbo-dono  s,f.  (clirvam  dòmïnam 

dame  courbe,  dame  penchée)  nar- 
cisse V,  58. 
courbo-seto  s.  /.  (p.-e.  p.  courbo- 

sello  selle  courbe,  ou  p,  courbe 

sèti  siège  courbe)  faire  la  c-b. 

prêter   V épaule  à  q.,  faire  la 

courte  échelle  VIII,  443. 
courcoussoun   s,  tn,  (de  cÔssum, 

p.-ê.  sous  rinfluence  de  cûrcùlï- 

Onem)  cuceron  II,  73. 
courdello  s.  f  (côrdëllam,  de  chor- 

dam)  lacet  VTU,  64. 
courdura  v.  a.  {de  courduro)  coudre 

VI,  422. 
courduro  s.f. (de  courdre,  p.  coudre, 

lat.  consûëre)  couture  VIII,  68. 


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GLOSSAJRE. 


303 


Conrinto  «./.  (Còrinthum)  Corinthe 

VI,  552. 
couronna  v.  a.  (cÔrOnfire)  coi*r<m- 

fkîr  I,  485.  X,  66. 
conrouneto   ».  /.    (de   conroiino) 

petiU  couronne  Y III,  58. 
conronnello  «./.  {de  conronno)  chose 

principale^  suprême  VIH,  310. 
eoarouno  «./.  (cdronam)  couronne 

m,  138.  X,  273. 
conroos,  o  a.  (côrascnm)  brillant, 

luisant,  radieux  V,  234.  X,  268 

etc. 
conrre  r.  n.  —  Or.  §  106  p.  148. 

—  (cttrrëre)  courir  I,  161.  282. 

393.  431  etc.;  coïirrèn[t,  o  p. 

pr.  et  a.  courant,  errant  I,  390. 

IX,  402  etc.;  s.  m.  courant  m. 

lU,  509. 
courrèire  s.  m.  (de  courre  +  -ator) 

courrier,  coureur  I,   414.  416. 

438.  516  etc.;  coursier  IV,  258. 
courrejoun  s.  m.  (♦corrïgïonem,  de 

corrïgïam)  courroie;  liga  li  c. 

lier   les  courroies ^   c'est-à-dire 

se  préparer  à  une  course  rapide 

I,  445. 
courreli  s.  m.  (onom.  tirée  du  cri 

de  l^oiseau  ainsi  nommé)  courlis 

VUI,  161. 
courrejolo  s.  /.  (*corrïgîolam,  de 

corrïgïam)  liseron  II,  299. 
coorríòQ,  olo   a.  (*ctirrïoluin ,   de 

cûrrére)   coureur^  vagabond  II, 

19.  IV,  64. 
coorroumpre  v.  a.  —  Gr.  §  106. 

p.   148.   —    (côrrûmpëre)   cor- 
rompre X,  388. 
coorso  8./.  (fém.  de  cours,  cûrsum) 

course  I,  409  (v.  note).  425.  IX, 

259  (v.  noU). 
cour[t   s.  f.  (cortem)  cour  f.  III, 

245.  XI,  516. 


cour[t,  0  a.  (cûrtum)  court,  e  I, 
470.  VIII,  207. 

cou8èn[t,  V.  couire. 

cousina  v.  n.  (du  s.  consino)  cui- 
siner VI,  531. 

cousino  s./.  (*côcïnam,  de  côcëre 
p.  côquëre)  cuisine  VI,  313. 

coitesaia  (-  courseja)  v.  a.  (de 
ciirsum)  chasser,  pourchasser 
VI,  396.  XI,  80. 

coussou  s.  m.  (b.-lat.  cûrsOrîum) 
pâtis,  pacage  IV,  140. 

cousta  V.  n.  (constare)  coûter  Ul, 

m. 

coustibla  V.  a.  (*côn8tlp-ulare  ser- 
rer) érHnter  V,  172. 

coustié,  iero  a.  et  s.  (*cÔ8t-Srïum) 
latéral;  èstre  coustié  manquer 
le  but  IX,  308. 

coustiero  s.  f.  (*cÔ8t-arïam)  cote, 
littoral  I,  60.  163. 

coustumo  s.f.  (co[n]8[ue]ttim[ïn]am 
p.  consuetudinem)  coutume;  de 
coustumo,  loc.  adv.  de  coutume 
VIII,  369. 

coûta  t?.  a.  (cùbïtare)  accoter, 
étayer,  heurter  lU,  168.  V,  271. 
310.  IV,  376  Hc. 

coûtent  s.  m.  (du  gr.  xori;  tête^ 
nuque?)  nuque  IV,  82. 

coutèu  s.  m.  (cùltellum)  couteau 
IV,  154;  glaive  XI,  195. 

coutigo  s.  f.  (s.  V.  de  coutiga, 
catiga,  catiha,  du  thème  cat) 
chatouillement  II,  284. 

coutihoun  s.  m.  (dim.  de  coto  cotte, 
du  germ.  kotte,  chozza,  couver- 
ture à  longs  poils)  cotillon  FV, 
451.  VIII,  66. 

coutoune[t  s.  m.  (dim.  de  coutoun, 
de  l'arabe  al-qo*ton)  coton  fin, 
ouate  Vil,  33. 


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304 


0L0S8AIBE. 


contreia  v.  a.  {de  contre,  lat.  ctil- 

tram)  labourer  avec  la  charrue 

à  coutre  IX,  327. 
contrié  «.m.(*ciiltr-Srïum)  charrtie 

VII,  304. 
conyadeto  s.f.  {dim,  de  convado, 

lat.  ctlb&tam)  petite  couvée  II, 

244. 
coïivèn[t  8.  m.  (cÔnTëntmn)  cou- 
vent m,  371.  487. 
cracina  v,  n.  {onom.,  cp.  le  gemu 

krak)  craquer  I,  232.  X,  138. 
Crau  «./.  {du  radical  celt  craac-, 

croc-,  tumulns;  cp.  Dz.  556  et 

Kdrt.  2242)  la  Crau  I,  a  7.  56. 

164  etc.    Voy.  I,  3  note, 
Crayen,  co  a.  et  a.  {de  Crau)  qui 

appartient  à  la  Crau  II,  3&8. 

IV,  39.  Vin,  274  eu. 
créa   v.    a.   (crëSre)    créer  VII, 

101. 
creba  v,  n.  f crëpftre)  crever  1, 196. 

IV,  97. 

crèbis   8.  m.  (crëpïtum)  fracas  I, 

247. 
crèbo-cor  s.  m.  {de  creba  4-  cor, 

V,  c.  m.)  crève-cccur  XII,  412. 
cregne  v,  a,  et  n.  —  GV.  §  109, 

p,  162  —  (trëmëre)  craindre  II, 
284.  Xn,  313  etc.;  cregnèn[t,  o 
p.  pr,  et  a.  craignant,   craintif 

VI,  237.  XI,  349. 
cregnènço  s.f.  (*tremëntïam)  ap- 
préhension IV,  298.  IX,  401. 

crèire   v.  n.  et  a.   —   Or.  §  108. 

p.  157.   —   (crëdëre)  croire  I, 

252.  463.  II,  116.  VI,  294.  X, 

122.  xn,  77  etc. 
crèi[8  8.  m.  {s.  v.  de  crèisse)  croH 

m.  IV,  263. 
crèisse  v.  n.  —  Gr.§  109.  p.  163  — 

(crcscere)  croître  X,  112.   XI, 


75  ;  p.  p.  a)  crèissu,  do  VI,  641; 

b)  crèissega,  do  VI,  461. 
creissènLt  s.  m.  {p.  pr.  de  crèisse) 

croissance  H,  122. 
crema  v.  a.  (crëmare)  brûler  YI, 

206.  Vm,  252.  XII,  291. 
cremadon  s.m.  {ctëm6,Uinîim)foyer 

VII,  5a3. 
cremascle  s.  m.  {p.-ê.  du  gr,  gff 

itaiTijç,  cp.  Homing  dans  Gr.  Z. 

21  [1897]  p.  453,  et  KM.  4568) 

crémaillère  VI,  527. 
cremesin,  o  a.  {de  l'arabe  gennazt 

it.  cremisi)  cramoisi  X,  429. 
Crèmo   s.  m.  {du  gr.  /oîff««,  cp» 

Kôrt.  1857)  sant  C.  le  Chrême 

saint  xn,  293. 
creniero  *./.  (*crlnarïam,  de  crl- 

nem)  crinière  IV,  204. 
crento  s.f.  {s.  v.  de  cregne)  crainte 

I,  -255.  xn,  360. 
cresèire  s.  m.  (crçditorem)  celui 

qui  croit,  disciple  XI,  18. 
creserèn,  eUo  a.  {de  crêdît9r[em]  + 

-ellum)  crédule  m,  342. 
crespÌDo  s.f.  (crlsp-lnum,  de  crïsp- 

um)  coiffe,  membrane  que  quel- 
ques nouveaux-nés  ont  sur  la 

tête  et  qu^on  regarde  comme  signe 

de  bonheur;  avé   sa   crespino 

être  né  coiffé  m,  79.    F.  note. 
cresten  s.  m.  (crîstam)  crête  H, 

315.  339  etc. 
crestian,  o  a.  et  s.  (chnstT&niun) 

cArAi>nIV,  392;  chrétieunellj 

415. 
creta  s.f.  (crètam  craie  =  marque 

de  craie,  marque  en  gén.)  cica- 
trice rv,  446. 
creta,  do  p.  p.  et  a.   (crètStom) 

portant  une  cicatrice  V,  86. 
cretasso  s.f.  (*cr6t-&cëaiii)  ftoio/rf, 

cicatrice  IV,  340. 


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GLOSSAIRE. 


305 


créu  (=  criéu)  s,  m.  {otwm,  ?)  lo- 

custellej  espèce  d'alouette  II,  194. 
crevèu  s,  m.  (cribëllmn)  crible  VI, 

210. 
lou  Cri  «.  d'K  le  Cric  I,  431.    V. 

note, 
cri[d   *.  m,  [s,  v,  de  crida)  cri  I, 

357.  IX,  248.  353  etc, 
crida  v,  n.  (quirïtare)  crier  I,  222. 

238.  382  etc. 
cridadisso  $.f,  (de  crida)  clameur, 

long  cri  perçant  IV,  393.  VIII, 

363. 
crime  s.  m,  (crlmen)  crime  V,  635. 

XI,  5.  291. 
crispa  V.  a.  (crispare)  crisper  V, 

573. 
CrÌBt(e)  s.  nu  (Christum)  le  Christ 

XI,  16.  196. 
cristalin,  o  a.  (crystaUinam)  cri- 
stallin VI,  336. 
crifitau  s.  m.  (crystallum)  cristal 

n,  357. 
cro  (=  cro[c)  (du  germ.  [vnordj 

krohr)  croc  VI,  323. 
cros  s,  m.  (côrrosom,  de  côrrodëre) 

creux  nu,  fosse  XI,  518.   XTI, 

423. 
croto  «./.  (crŷptam,  du  gr,  Kftvnrfj) 

crypte,  taverne  voûtée  VI,  258. 

IX,  258.    F.  note, 
cromnpa  v,  a.  (cômp&rare)  acheter 

I,  345.  X,  389. 
croupas   (=  groupas)  s,  m,   (de 

gronp  ncetid,  p.-ê.   en  pensant 

aux  monceaux  de  nuages  ?)  tour- 
billon de  vent,  grain  VI,  267. 
crous  s,f.  (crtlcem)  croix  m,  277. 

XI,  1.  36. 455  etc.  Crous-Blanco 

m,  277.    V.  note. 
Santo  Crous!  Sainte  Croix/  sorte 

d'exclamation  VU,   224.     Voy. 

note. 


crousa  v.  a,  (crticïare)  croiser 
interrompre  I,  119.  IV,  482. 

crousado  s.  f.  (s.  p,  de  crousa) 
croisade  IK,  137. 

Crou8Ìha[t  n.  d*h.  Crousillat,  poète 
provençal  VI,  61.    V,  note. 

crousto  s,  f.  (crUstam)  croûte  X, 
136. 

croustous,  0  a.  (de  crousto)  à 
croûte  épaisse  VII,  243. 

crucefis  s,  m.  (crûcïflxum)  crucifix 
XII,  174. 

crussi  V,  n,  (crocire)  a^aquer  VII, 
385;  gHncer  IX,  346. 

crussimen  s.  m.  (de  crussi  f  -mënt- 
um)  craquement  VII,  549. 

cruvèu  s.  m.  (♦crupellum  armure; 
cp.  crupellarium  gladiateur  co%^ 
vert  d'une  armure^  cp,  Georges 
et  Du  C.)  coquille  VI,  205. 

cuber[t,  o  v,  curbi. 

cuber[t  s.  m.  (cÔSpërtum)  toit  VI, 
642. 

cuberto  s.  f.  (cÔÔpërtam)  couver- 
ture, pont  d'un  navire  VIII,  195. 
V,  411. 

cubertouno  s.  f.  (de  cubert)  cou- 
verture VI,  327. 

eue,  cuecho  v.  couire. 

cueie  V.  culi. 

cueisso  s,f.  (côxam)  cuisse  I,  422. 
446.  .Tan  Cueisso  n.  d'h.  Jean 
Cossa,  grand  sénéchal  sous  le 
roi  René  I,  423.    F.  note. 

cuerbe  v.  curbi. 

cuié  s.  m.  (cÔchlëâre)  cuiller  I, 
146. 

cuie  etc.  V.  culi. 

cuièire  s.  m.  (*cÔllïgïtor)  cueilleur 
n,  150. 

cuja  V,  n,  (côgitSLié)  penser  Xy  121. 

culi  (cueie)  v,  a,  —  Ch-.  §  103, 
p.  142.  —  (*côllïglre  p.  cÔUï- 
20 


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306 


GLOSSAIRE. 


gëre)  cueillir  I,  346.  H,  150  etc. 

—  8.  m.  la  cueille  X,  251. 
cnlido  8,  f.  (s,  p,  de  culi)  cueillette 

n,  2.  m,  362. 
curbecèn  s.  m.  (ô.-iai.*cîlbrëcëlliim 

[Du  CJ  du  lat.  côÔpërciUum) 


couvercU  Vin,  191.  XI,  17.  XH, 
70. 
curbi  V,  a.  —  Gr.  §  102  pJ40  — 
(cô-ôpërlre)  couvrir  V,  168.  VEI, 
91.  X,  168  ;  cubert,  o  p,  p.  cou- 
vert, e  XI,  3aH. 


dai  (=  dalh)  8,  m.  (dagtilam,  de 
*dagam  dague,  d*or,  inc.)  faux 
«./.  I,  260. 

daia  V,  a,  {de  dai)  faucher  IX,  261. 

daiaire  v,  c,  {de  daia)  faucheur 
IV,  409. 

daio  s.  f  (*dagam)  faux  f  Vil, 
257.  IX,  33.  45. 

daionn  s.  m.  {dim.  de  dai)  faux 
m,  513. 

daladèr  (=  aladèr)  s.  m.  (álátem- 
um)  alaterne^  phillyrea  latifolia 
Lin,,  arhris8eau  de  la  famille 
des  jasminée8  X,  103. 

Damas  n.  de  l.  (Damascnm)  Damas 
I,  10. 

damiseleto  s.f  (♦dSmînïcëll-ittam) 
demoiselle  III,  204. 

damiselun  s,  w.  {de  *d5mïnïcëllam) 
la  classe  des  demoiselles  III,  231. 

damo  s,  f  (dômïnam)  demoiselle^ 
libellule  II,  120.  —  Nosto-Damo 
8.f  Notre-Dame  IX,  370  XII, 
286  etc.\  Nosto-Damo  de  Dom 
s.f,  (Nostram  dômïnam  de  dômo) 
Notre-Dame  de  Dom,  cathédrale 
d'Avignon  III,  175.    F.  note. 

dana  v.  a.  (damnare)  damner  III, 
367. 

dangeirous,  o  a.  (♦dàmnarïosum) 
dangereux,  se  VI,  148. 

dansa  v.  n.  {du  germ.  daoson) 
danser  I,  471.  Vm,  217  etc. 


dansaire  s.  m.  {de  dansa)  danseur 

VII,  560. 
dansarello  s.f.  {de  dansa)  danseuse 

XI,  266. 
danse  s.f  {s.  v.  de  dansa)  danse 

IX,  248.  XI,  244  etc. 
darbonna  v.  n.  {Très.  :  de  V arabe 

djerbooh  gros  rat,  taupe)  rouler, 

mordre  la  poussihre,  fouler  le 

sol  I,  470  IV,  437. 
darda  v,  n.  {du  s.  dard,  germ.  [ags.] 

darad  lance)  darder  XII,  320. 
dardai   s.  m.  {de  dard)  dard  {du 

soleit),  rayonnement  X,  86.  VIII, 

198.  258  etc. 
dardaia   v.  a.  {de  dardai)  darder 

m,  402.  IX,  76. 
dardaionn  s.  m.  {de  dardai)  aiguil- 
lon VI,  402.  X,  150. 
darrié,  darriero   a.  et  s.  (♦dë-àd- 

rëtr-arïnm)  dernier,  ère  V,  322. 

IX,  16.  XI,  393.  bOQ  etc. 
darrié  prép.  derrière  (de  àd  rëtro) 

derrière  Hl,  74.  IV,  62.  IX,  120 

etc. 
darrieroQge,  o   a,  {de  darrié)  en 

retard  VU.  180. 
darso  s.  f.  {de  Vit.  darsena ,  de 

l'arabe  dârçanah  maison  de  tra- 
vail) darse,  partie  séparée  é^un 

port  X,  115. 
dàti  s.  m.  (dâctŷlmn)  datte  H,  114. 

XI,  81. 


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GLOSSAIRE. 


307 


dan  interj,  {Impér.  du  v.  da  don' 
ner,  lat.  dare)  donne  desstisf 
alerte  I  courage  1 1, 164.  193. 493 
etc, 

danra  v,a.  (dë-aurare)  dorer  IX, 
315.  XI.  306. 

danrèio  «./.  {de  daura)  bijou  d'or, 
joyau  IV.  146. 

danreja  v.  a.  {de  daora)  dorer 
IX,  91. 

davala  v,  n.  et  a,  (*d6-vftllfire,  de 
vàllem)  descendre  I,  367.  III, 
119.  IV,  102  etc,  —  V,  a.  faire 
descendre  V,  215. 

davança  r.  a.  (de  davans)  devancer 
IV,  375. 

daTaD[8  prép.  et  adv.  (de  àb  ànte) 
devant  a)  prép.:  I,  520.  II,  390. 
III,  95.  rv,  437  etc.  b)  odi?.  VUI, 
147.  X,  300  eic.  —  de  davans 
le  premier  II,  182.  —  davans 
s,  m.  le  devant  VII,  603.  — 
davaDB  que  suivi  de  Vinf,,  avant  i 
de  I,  288  ;  de  dayans  que  conj,  : 
suivi  du  shj.f  anant  que  X,  413. 
XI,  444.  522. 

(se)  dayera  v,  a.  et  r.  (♦d6-*áver- 
rftre,  cp.  avéra)  (sej  délivrer, 
tirer  hors,  détacher,  décrocher 
n,  324.  Vn,  147.  XI,  165. 

Dàvi  n.  d'h.  David  IV,  110. 

de  prép.  (de)  de,  devant  une  voy- 
elle: d';  combiné  avec  V article 
loa  en  don,  avec  li,  lis  en  di, 
dis  ;  marquant  le  génitif  a)  pos- 
sessif I,  2.  15  etc.  b)  de  quan- 
tité, après  tant,  ges  et  d'autres 
adverbes  I,  63.  XI,  289  etc.;  c) 
de  qualité  I,  10.  44.  366.  ~  in- 
diquant le  lieu,  en  répondant  à 
la  question  *d'où?'  I,  41  etc.; 
l'origine  ou  la  provenance  I,  10. 
n,  389  ;  le  temps  :  de  moun  tèms 


I,  194;  de  vèspre  ce  soir  VU, 
271;  V.  tèms;  le  moyen,  l'in- 
strument: adurre  de  si  man  ap- 
porter de  ses  mains  I,  161  ;  en 
lé  fai  de  sa  bonco  amigo  lui 
dit-il  de  sa  bouche  amie  II,  285  ; 
la  cause  d'une  action:  Insi  de 
luire  delj9;  tonmba  de  Teslrai 
tomber  d'effroi  XI,  266  ;  espanta 
de  plesi   émerveillé  de  plaisir 

II,  367.  La  prép.  de  marque 
le  régime  après  certains  verbes 
et  adjectifs:  amonrons  de  II, 
372;  se  jonga  de,  se  trnfa  de 
se  jouer  de,  se  moquer  de  II, 
374.  378.  Elle  est  employée 
comme  article  partitif:  d^alen 
du  souffle  etc.  I,  17.  51.  Î57  etc. 
—  de  se  trouve  devant  l'infinitif: 
a)  comme  sujet,  à  la  tête  de  la 
phrase:  VII,  85.  n,  381.  L'inf. 
précédé  de  la  prép.  de  s'emploie 
aussi  d'une  manière  adverbiale, 
au  lieu  de  l'inf.  fr.  précédé  de 
à:  D'entendre  la  debalansido 
à  entendre  la  fatale  nouvelle  IX, 
486.  b)  comme  sujet  logique 
après  des  verbes  impersonnels: 
Nons  sèmblo  de  vèire  ♦/  nous 
semble  voir  XI,  108;  en  qne  sèr 
de  te  deçanpre?  à  quoi  bon  t'a- 
buser  ?  II,  361  ;  i  a  qne  de  batre 
Taigo  fresco  il  n'y  a  qu'à  battre 
l'eau  fraîche  I,  350.  -  c)  après 
certains  verbes:  anriés  gau  de 
Tavé  vous  vous  réjouiriez  de  l'a- 
voir VII,  80;  ama  de  .  .  aimer 
à  . .  X,  207.  208;  èstre  de  être 
à  :  n'es  pas  de  rire  ce  n'est  pas 
à  rire  VI.  537.  VUI,  173.  d) 
comme  inf.  historique:  E  plour 
de  regonla  et  pleurs  de  ruisseler 
XI,  aó3. 

20* 


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308 


GLOSSAIRE. 


de-bado  adv,  (du  v.  bada,  v.  c.  m.) 
dans  une  attente  vaine  ^  vaine- 
ment XI,  410.  Xn,  357. 

debalausido  s.  f.  {s,  v.  de  deba- 
lansi  abasourdir,  étourdir,  de 
dayau  à  bas^  lat.  &d  vàUem  + 
ansi,  V.  cm)  nouvelle  gui  aba- 
8<nirdit  IX,  386. 

debana  v,  a.  et  n.  {de  bano,  v, 
c,  m.)  renverser  (une  bête)  par 
les  carnes  IV,  339;  succomber 
XII,  415. 

debana  v,  a.  (""dêp&nare)  dMder, 
mettre  le  fil  en  écheveau  VI, 
292. 

debassaire  s,  m.  {de  debas  s.  m. 
le  bas,  lat.  de  +  ♦bassum)  pen- 
duline  VU,  30. 

deçanpre  (=  decebre)  v,  a.  —  Or. 
§  107.  p.  151  —  (dëcïpëre)  dé- 
cevoir n,  361. 

déclin  s.  m,  {s.  v.  de  déclina)  dé- 
clin X,  338. 

déclina  v,  n.  (dsclinare)  décliner 
Vm,  414. 

déco  s.  /.  {cp.  le  vpr.  decs  et  deçà  : 
Kdrt.  2779)  vice  VI,  515. 

dedan  s.  m.  (dïgît&le)  doigtier, 
tuyau  de  roseau  que  les  mois- 
sonneurs adaptent  aux  doigts 
de  leur  main  gauche,  afin  de  ne 
pas  se  blesser  avec  la  faucille 
Vn,  203. 

dedins  a)  adv.  (dS-dë-întas)  dedans 
n,  376.  m,  49.  XII,  32  etc.; 
b)  prép.  dans  II,  456.  X,  346 
etc. 

défila  V.  n,  (dëfllare)  défiler  IV, 
103. 

deforo  adv.  de  l.  (dë-fôras)  dehors 
I,  141.  m,  510. 

degaia  (=  degasta)  v.  a.  (devastare) 
répandre  (de  l'eau)  III,  181. 


degoula  v.  n.  (de  de  +  côUem?) 

tomber  du  haut  du  ciel,  mourir 

m,  101. 
degonlòn   s.  m.   {du  v.   degonla) 

précipice  VI,  345. 
degou[t   s.  m.  {s.  v.  de  dégoûta) 

goutU  I,  498.  IX,  73.  X,  119 

etc. 
degonta  v.  n.  (de-gûttare)  dégoutter 

VI,  336. 
degoate[t  s.  m.  (de  degout  v.  c.  tn.) 

gouUelette  X,  175. 
degrnna  i?.  n.  {de  de  +  gmn,  grom 

grain,  lat.  gromum)  s^ égrener, 

tomber  en  ruines  X,  381. 
degae  etc.  v.  dèure. 
degon,  0  pr.  ind.  (du  germ.  de- 

h[ein]  +  nnnm)  ne  ...  personne, 

ne...  aucun  I,  211.  217.  H, 416. 
dèime  s.  m.  (dëcïmum)  dîme  III,  53. 
déjà  adv.  de  t.  (de  ipsD  jám)  déjà 

I,  78.  140.  414  etc. 
delicadamen  adv.  (dëlîcfits  mëntë) 

délicatement  U,  255. 
délice  s.  m.  et  f.  (delïcïas)  délice 

V,  134.  XI,  341. 

deliènra  v.  a.  (de-llberare)  délivrer 

VI,  118.  XI,  392. 
deligènlt,  o  a.  (dllïgëntem)  diligent 

vn,  582. 
de-long(o)  v.  long, 
delôngeri  (=  alôngeri,  alôugeira) 

V.  a.  (de  lôugié,  v.  c.  m.)  alléger 

IX,  175. 
déluge   s.  m.  (du  fr.  déluge,  lat. 

dllùvïum)  déluge  Vin,  174. 
deman  adv.  de  t.  (de-manë)  demain 

l,  502.  IV,  137.  vm,  329. 
demanda  v.  a.  (de-màndare)  de- 
mander V,  496.  VIII,  30.  IX,  6 

etc. 
demandaire   s.  m.   (demftndStor) 

prétendant  IV,  p.  65, 


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GLOSSAIRE. 


309 


demando  s.  /.  (s,  v.  de  demanda) 

demande  /.  X,  361. 
demeni  (  —  diminua  etc.)  v.  n.  {cp, 

le  vpr,  demenir,  de  dlmlnîiëre) 

diminuer,  décroHre  XII,  147. 
demòni  s.  m.  (dœmôniam)  démon 

IX,  418.  XI,  99.  Xn,  401. 
demoro  8.  f,  («.  v,  de  demonra) 

demeure  XI,  295. 
demonra  v,  n.  (♦dëmôrare  p,  ds- 

môrari)  demeurer  I,  39.  II,  343. 

m,  481  etc, 
dempièi  v,  desempièi. 
denierolo  s,  f.  (*dSnSr-T51am ,  de 

dsn&rïnm)  trésor  XII,  100. 
dènlt  8,  /.  (dëntem)  dent  I,  391. 

IX,  394.  xn,  252  eU. 
dentado  s,  f.  (*dëntatam)  dentée, 

coup  de  dent  V,  85. 
dentello  a.  y,  (<iu/r.  dentelle,  dim. 

de  dëntem)  dentelle  Vm,  80. 
depèr-d'ant  v,  ant. 
deqne  {en  Languedoc  et  sur  les 

bords  du  Rhùne  au  lieu  de  que) 

que,  quoi  I,  280.  H,  210.  VI,  298. 

xn,  407. 
derraba  r.  a.  (dï8-*rapare  p.  ra- 

pere)  arracher,  déraciner,   ex- 
traire IV,  332. 
derrabado  s.  f.  (s.  v.  de  derraba) 

arrachis,   airée  une  fois  foulée 

\Tn,  351.    F.  note, 
derroumpre  v.  a.  —  Gr,  §  106. 

p,  148,  —  (dïBrûmpëre)  inter- 
rompre XI,  257. 
dès  n.  de  n,  (dëcëm)  dix  I,  449. 

n,  250.  IV,  223  etc. 
desabiha  v,  a.  (dïs  +  *hàbïlïare) 

déshabiller,  dépouiller  I,  89. 
desalena  v,  a.  (dïs-SlSnare  p,  &n- 

hslare.   v.  alena)  essouffler  I, 

421.  X,  92.  281  etc. 


desarma  v.a.  (dïs-armare)  désarmer 

XI,  338. 
desatala  i?.  a.  (dïs-&d-telare,  de 

t€lum  timon)  dételer  I,  397. 
desbardana,  do   (=  desbadarna) 

p.  p.  et  a.  {de  des  +  bada,  v.  c.  m.) 

propr.  :  tout  ouvert,  débraillé;  au 

fig,:  dévergondé  IX,  18. 
desborld  s,  m,  {s,  v.  de  desbourda, 

de  bord,  v,  c.  m.)  débordement 

xn,  413. 
desbounda  v.  n.  {de  boundo  bonde, 

tampe,  selon  Dz.^  d*un  mot  ail. 

[dialecte  souabej  bunt  ;  cp.  l'ail. 

spund)  débonder,  jaillir,  éclater 

V,  284.  XI,  174.  XII,  411. 
desbouscarla  v,  a.  {de  dïs  +  bous- 

carlo,    V.  c.  m.)    dépeupler   de 

fauvetUs  V,  110. 
desbrando  s.  f.  {de  dïs  +  germ. 

brand  lame  d'épée)  déroute  1, 209. 
descabestra  v.  a.  (dïs-cápistr&re) 

ôter    le    chevêtre,    le    licou   V, 

549. 
(se)  descadena  v.  a.  et  r.  (dîs-ca- 

tenare)  déchaîner  XI,  151. 
descapela  v.  a.  (dis  +  -capëllare, 

r.   capèu)   écimer,   décapiter  I, 

515. 
descara  v.  a.  (*dïs-carare,  v,  caro) 

défigurer  IV,  446. 
(se)  descarga  v,  a.  et  r.  (dïs-*cár- 

rïcare,  de  càrrum)  (se)  décharger 

ni,  341.  IV,  244. 
descama,  do  p.  p,  et  a.  (dï8-*cár- 

nstum,  de  caro,  carnis)  décharné 

V,  487. 
descata  v,  a.   (dë-ëx-*capltare) 

découvrir  VI,  577.  IX,  263.  X, 

368. 
descau|8,  so   a.  (*dí8-cálc6us)  dé- 
chaussé,  nu -pieds   I,  413.   n, 

287. 


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310 


GLOSSAIRE. 


descanssana,  do  p,  p,  et  a.  (de 
dis  +  -caussano,  v.  c,  m.)  effréné, 
délicoté  TV,  208. 

descendre  v,  n.  —  Gr.  §  106  p. 
149,  —  (de-scëndëre)  descendre 
IV,  42. 

desclava  v,  a.  (dï8-*clavare,  de 
clsvum)  dégager  IV,  383. 

descouconna  v.  a.  {de  dis  +  cou- 
conn,  V.  c,  m.)  détacher  des  ra- 
meaux les  cocons  de  soie  m, 
43. 

desconconnado  s.f.  («.  v,  de  des- 
couconna) récolte  des  cocons  III, 
p.  43. 

desconconnage  s.  m.  (descouconna 

+  -atïcnm)  id.  III,  32. 
•  descoucounarello  s.  f.  {de  descou- 
couna  +  -ar-ëllam)  dépouilleuse 
de  cocons  III,  366. 

descouneissable,  o  a.  {de  descou- 
nèisse,  lot.  dis  +  -cognoscëre) 
méconnaissable^  inconnu  XI,  129. 

se  desconnsonla  i7.r.(*dis-consolare 
p,  disconsolari)  se  désoler  Y ^  492. 
Vni,  37.  XII,  388. 

se  descourouna  v.  r.  (dîs-côronare) 
arracher  sa  couronne  XI,  270. 

descripcioun  s.f,  (dêscrlptïonem) 
description  X,  p.  202. 

descuberLt,  o  p.p.  de  descurbit?.  a. 
"  Gr.  §  102.  p.  UO  -  (dïs- 
côôperlre)  découvrir  V,  406.  VII, 
210.  XII,  72.  262  etc, 

desdegnouB,  0  a.  {de  dïs-*dïgniire) 
dédaigneux  V,  196. 

a)  desempièi  (=  despièi);  b)  dem- 
pièi  prép,  et  adv,  (de  ipso  ïn 
pÔ8t[eum])  depuis,  ad  a)  prép, 
I,  267.  X,  1.  142  adv.  II,  70. 
ad  b)  prép,  III,  35.  IX,  212. 
XI,  472. 


desengrenaire,  o  a.  (dïs-ïn-grsn- 
-fttor)  qui  égrène  (les  épis)  VII, 
195. 

se  desentrista  v,  r,  {de  dts  +  -ïn 
+  tnstem)  perdre  sa  tristesse 
X,  100. 

de8er[t,  o  a.  (dësërtnm)  désert^  e 
V,  24.  Vm,  194. 

deserLt  s.  m.  {id.)  désert  m.  IV, 
129.  X,  84. 

déserta  v,  n.  et  a,  {de  désert)  dé- 
serter IX,  54. 

désespéra  v.  n.  (dë-spërare)  V,  495; 
à  la  desesperado  en  désespéré 
XII,  395. 

desesperanço  s.  f,  (d^spsrantïam) 
désespoir  VIII,  p.  165.  XII,  p. 
241. 

desiaire  v.  a.  et  r.  (dïs-fScëre)  dé- 
tacher (les)  cocons  III,  41.  X, 
77.  —  se  dégager  XII,  257. 

desfardo  s.f.  (—  des-fardo,  de 
dis  +  ar,  fard)  chose  dont  on  se 
décharge  facilement,  débris  IV, 
97. 

desfauta  (=  defauta)  v,  a.  {de  dé- 
faut, lat.  ♦dë-fallïtum)  tromper 
XII,  278. 

desfèci  s.  m,  (dedïs-fïcere)  désespoir 
VIÍ,  348. 

desfiouca  v.  a,  (dl8-*fî5care)  priver 
de  son  feu^  glacer  IV,  271. 

desfloura  v,  a.  (dïs-florare)  déflorer, 
défleurir  VII,  202. 

desfourrela  v,  a.  {de  fourrèu/iwr- 
reaUy  b,-lat.  forellam,  du  goth. 
fodr)  tirer  du  fourreau,  dégainer 
VII,  212. 

desfourtuna,  do  p,  p.  a.  et  s,  (dïs- 
fôrtunstum)  infortuné  XII,  444. 

se  desfrisouna  v,  r,  {de  îrisoun, 
V.  c.  m.)  se  défrisonner,  dérouler 
ses  boucles  V,  127. 


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GL088ÀIBE. 


311 


desfrncha  r.  a.  (♦disfractare)  dé- 
fruiter,  dépouiller  de  ses  fruits 
1,21. 

desÍDÌa  t?.  a.  (dïs-*f Ôlïare)  déf cuil- 
ler n,  8.  127.  281  eu, 

desgaubia,  do  a.  et  s.  {de  des  + 
gaubi,  V.  c.  m.)  maladroitj  e  IK, 
304. 

(se)  desgonnfla  v.  a,  et  r.  (dis  + 
gonnâa,  v.  c.  m.)  v,  a.  :  dégonfler 
XI,  13  ;  V,  r.  exhaler  sa  douleur 
Vn,  114.  XI,  13. 

desgoanioima  t?.  a.  (de  dïs  -f  -gôm- 
phnni;  gr,  ydfnpog)  arracher  les 
gonds  d'une  porte  VI,  470. 

desgràci  s  /.  (dïs-grfttïam)  dis- 
grâce Xn,  167. 

désigna  v.  a.  (dë-signare)  désigner 
m,  228. 

désira  v,  a.  (dësidërare)  d4sirer 
V,  6. 

desmaienca  v,  a,  {de  des  4-  maien, 

V.  c.  m.)  éhourgeonner  les  vignes 
au  mois  rfe  mai  VII,  70. 

(se)  desmama  v.  a.  et  r.  (dis  + 
*iii&mmare)  (se)  sevrer  IV,  489. 

VI,  297. 

desmamaire  s,  m.  {de  desmama) 
sevreur  IV,  830. 

desmemoaia,  desmemoiiriar.a.(dl8- 
♦memôrïare)  déconcerter,  troub- 
ler n,  463.  V,  64.  IX,  324;  — 
p.  p.  :  joio  desmemonriado  joie 
éperdue  V,  64. 

se  desmesonla  v.  r.  {de  des  + 
mesoolo,  v,  c,  m.)  se  sécher  la 
moelle  VII,  507. 

desmesora,  do  p,  p,  et  a.  {de  des 
-f  mesiiro,  v,  c.  m.)  démesuré 
X,  30. 

desnebla  v,  a.  (dïs-*nëblllare)  d^- 
voiler  de  ses  nuages  VI,  638. 


desDousa  v,  a.  (dîs-nodare)  dénoua 
I,  118. 

desonla  t;.  a.  (dësolare)  désoler  IX, 
353. 

desoulacioun  s.  f.  (dSsoI&tîOnem) 
désolation  IX,  p.  183. 

despachatiéa,  ivo  a,  (*dïspàctïat- 
ivum)  léger ^  expéditif  III,  118. 

desparèisse  v.  n,  —  Gr,  §  109 
p.  164.  —  (dï8-*par6scëre)  dispa- 
raître I,  516.  IV,  191.  XI,  74 
etc. 

despartido  s,  f.  (dîs-'^artltam) 
départ  XII,  306. 

despatriar.a.  (dïs-*pitrïare)  exiler 

IV,  217.  XI,  487. 
despeitrina,  do   a.  {de  des  4-  pei- 

trino ,  V.  c.  m.)  „dépoitriné",  la 
poitrine  nue  IV,  420. 

(se)  despenja  v,  a.  et  r.  (d6-*pën- 
dicare)  (se)  décrocher  II,  253. 

despiè  s,  m.  (despëctum)  dépit  V, 
17  ;  en  despié  de  prép,  en  dépit 
de  XI,  438. 

despietoas,  o  a,  (dïs-*pïëtosnm) 
impitoyable  V,  382.  VIH.  411. 

desplanta  v.  a,  {=  des  +  -planta) 
enlever  VIII,  95. 

desplega  v.  a.  (*dï8plïcare)  dé- 
ployer IV,  480. 

desplego  s.  f.  {s.  u.  de  desplega) 
déploiement  I,  521. 

desplesi  (=  desplase)  s.  m,  {dufr. 
déplaisir,  lat.  dïs-plàcëre)  dé- 
plaisir IX,  385. 

despondera  v.  a,  {de  des  +  i>oadé, 

V.  c,  m.)  énerver^  ôter  le  pouvoir 
IV,  413;  p.  p,  éperdu  VI,  93. 

despooncha   t?.  a.  (dïs  -  punctare) 

épointer  IV,  2a3. 
despoutenta  t?.  a.  (dïs-*p5tentare) 

priver  de  ses  forces  1 ,  392.  X, 

369. 


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312 


GLOSSAIRE. 


despnìa  r.  a.  (dé-spôlTare)  dépouil- 
ler II,  30.  IX,  116. 

se  âesranca  v.  r.  (dïs-nincare,  cp. 
arranca)  ^arracher  VII,  433. 

se  desranba  v,  r.  (de  des  +  raabo) 
se  dérober  X,  292. 

desrnsca  v,  a.  {de  des  +  rusco, 

V,  c,  m.)  icorceTy  priver  un  arbre 
de  son  écorce  Vn,  11.  IX,  28. 

dessena,  do  a.  {de  des  4-  sen  sensj 
du  germ,  sin)  insensé  X,  3ô2. 

(se)  dessepara  v,  a.  et  r.  (dïs- 
s^pârare)  (se)  séparer  V,  274. 
XI,.  395.  XII,  117. 

dessonto  prép.  et  a.  (dS  -  sQbtiis) 
a)  prép.:  au-dessous  de,  sous 
IV,  171.  V,  35;  b)  adv.  dessous 

VI,  44.  —  s,  m.  le  dessous;  avé 
lou  d.  être  vaincu  IV.  94. 

dessus  prép.  et  adv.  (ds  sarsam) 
a)  prép.  sur  II,  104.  IV,  50. 
XII,  296  etc.;   b)   adv,   dessus 

VII,  252.  —  en-dessus  de  prép, 
au-dessus  de  IV,  210.  X,  316. 
XIÍ,  20  etc, 

destapa  v. a. {de  des  -1-  tapa,  v,  cm.) 

découvrir  VIII,  171. 
destenèmbre   s.  m.  {s.  v.  de  des- 

tenèmbra,   iat.  dïs-mëm5rïare) 

oubli;  pèr  d.  par  mégarde  lU, 

61. 
destepa  v.  a,  (des  +  tepo,  v.  c.  m.) 

brouter^  arracher  le  gazon  IV, 

40. 
desteta  v.  a.  (des-teta,  v,  c.  m.) 

sevrer  IV,  332. 
destéulissa  v.  a,  {de  dïs  4-  tëgûlam) 

arracher  les  tuiles  VI,  476. 
destimbourla  v,  a.  {de  dïs  +  tym- 

pàDum)  bouleverser,  troubler  V, 

11. 
destinado   s.  /.  (dëstïnatam)   de- 

8tin(é€)  VI.  174. 


destoorba  v,  a,  (dïs-tarbare)  trou- 
bler IX.  200. 

destourna  v,  a,  (dï8-*tôniare)  dé» 
tourner  VI,  401. 

destoume  s.  m.  {s.  v,  de  destourna) 
bouleversement  XI,  148. 

destoosca  v,  a.  {de  des  +  toosca) 
V.  c.  m.)  proprem,  découvrir,  dé- 
nicher sous  une  touffe;  dénicher, 
découvrir  n,  28.  IX,  164.  XU, 
427. 

destrantaia  v,  a.  (des  +  trantai&, 
V.  c.  m.)  faire  trembler  VII, 
451. 

destrassonna     (=    destressonna) 

V.  a.  (dSstrîctîtSnare,  de  dSstrîD- 
gëre,  destrictom  déloumer,  dis- 
traire) orig,  détourner  y  distraire, 
spéûialem.  éveiller  en  sursaut, 
interrompre  le  sommeil  IV,  351. 
XI,  407. 

destrau  s.  m.  (dëxtrftlë)  hache 
(d'armes)  I,  241. 

dèstre  s,  m.  (dextëram)  le  pas, 
mesure  agreste,  la  100*  partie 
de  Veiminado  (voy,  XII,  220 
note)  ;  à  grand  d.  rapidement  I, 
137,  à  grands  coups  IX,  261; 
à.  k  à.  pas  à  pas  VII,  515. 

(se)  destrena  v,  a.  et  r.  (dls- 
♦trinare,  cp.trena)  se  détresser 

VI,  601. 

destria  v.  a.(dis-*tritare)  distinguer 

ni,  283. 
(se)  destroapela  t?.  r.  {de  des  + 

tronpèu,  V,  c.  m.)  se  disperser 

X,  297. 
destrùssi  a.  et  s.  {du  v,  destmire 

détruire)  destructeur  VII,  480. 
desvaga,  do  p.  p,  et  a.  (*dïsvS- 

gare)  divaguant,  e,  fou,  folle  H-^ 

402.  .Xll,  442. 


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QL088AIRB. 


313 


desraria  v.  a.  (dïs-vftrïare)  égarer 

IX,  401;  déconcerter  XII,  222; 
p.  p.  et  a.  hagard  VII,  140. 

desverdegaire,  o  a.  et  s.  {de  des- 
verdega)  celui  qui  détruit  la 
verdure  IX,  48. 

desverdeja  (=  desyerdega)  v,  a. 
(des  +  verdeja,  v.  c.  m.)  cueil- 
lir tout  vertj  priver  de  sa  ver- 
dure V,  91. 

desYÌergina  v,  a.  (de-*vïrgïnare) 
dévirginer  IX,  118. 

delt  8.  m.  (dïgïtum)  doigt  I,  289. 
II,  165  eU, 

deteni  v.  a.  —  Gr.  §  102  p.  141. 
—  (de-tënSre)  détenir,  retenir 
Xn,  157.  238. 

detras  cuiv.  de  l,  {de  tr ììiìb)  derrière^ 
en  arrière  IX,  126. 

dèare  v.  auxil.  —  Gr.  §  107  p, 
151.  —  (♦dgbëre  p.  dëbëre)  de- 
voir I,  65.  154.  261.  327.  V,  329 
etc. 

devé  s.  m.  (dëbsre)  devoir  s,  m,  III, 
315. 

dever[8  (=  de-ver[8)  prép.  (de  + 
versus)  vers  II,  465.  III,  312. 

X,  194  etc. 

devina  v,  a,,  n.  et  r,  (dïvinare) 

deviner  VIII,  280;  se  rencontrer 

I,  111.  n,  167. 
devinarèn,  ello  a.  {de  dïvlnare  + 

-ellum)  fatidique  Vil,  636. 
devisa  v.  n.  (♦divisare,  u.  fréqu. 

de  diyidere)  deviser,  causer  I, 

99. 
devoura,  devouri  v,  a,  (dëvSrfire) 

dévorer  H,   235.  334.   IX,  114. 

X,  84  etc, 
diable  s.  m.  (dlftbÒlam)  diable  II, 

232  etc. 
diadème  s.  m.  (dî&d€ma)  diadème 

I,  10.  Vm,  84  etc. 


diamaii[t  s.  m.  {de  &d&maiita,  du 
gr.  aSáuaì)  diamant  X,  314. 

Diano  s.  /.  (Dîanam)  Diane  XI, 
414. 

dicho  «./.  (dîctam,  cp.  dire)  les  pa- 
roles I,  513. 

Dién  s.  m.  (Dëum)  Dieu  1,  15.  33. 
106  etc. 

Diéune  s.  m.  (euphémisme  em- 
ployé p.  Dieu)  VII,  526. 

diferèn|t,  o  a.  (dïffërëntem)  diffé- 
rent^ e  I,  53. 

digne,  0  a.  (dlgnam)  digne  m, 
230. 

dimarl  s  s.  m.  (dlem  M&rtîs)  mardi 
ni,  276. 

dimenchau,  alo  a.  (*dQmînTc&lem) 
de  dimanche,  dominical  VI,  322. 

dimenche  s.  m.  (dômînïcam,  se. 
diem)  dimanche  II,  427.  VIU, 
360. 

dina  V.  n.  et  s.  m.  (dïs-*jnnare 
p.  dïs-jëjunare)  dîner  V.  130. 

dinda  r.  n.  (tïnnîtare,  onom.)  tinter 
I,  398.  490.  n,   20.  Vni,   257. 

dindin  s.  m.  (tlntïnnom)  tintement 
Vni,  403. 

dindonle[t,  o  a.  {du  r.  dindoula 
se  balancer;  cp.  Vit.  dondolare, 
le  lat.  Ûndûlare)  grêle  a.  V,  52. 

din[s  prép.  (df-ïntns)  dans  1, 2. 16. 
31.  60.  77.  162  etc. 

^ntre  prép.  (di^-ïn  ter)  parmi,  dans, 
dedans  I,  478.  II,  318. 

Dio  s.  /.,  n.  de  l.  (Dea  Vocon- 
tiorum)  Die  (Drôme)  III,  244. 
V.  note. 

di,  dis  v:  lou. 

dire  V.  n.  et  a.  -  Gr.  §  108  p.  158. 
—  (dïcëre)  dire.  Pr.  Ind.  dise 
etc.  VII,  1.  II,  49,  XII,  241.  I, 
293.  —  Impft.  Ind.  disiéu  etc. 
I,  524.  —  P.  d.  digue  etc.  I, 


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314 


GLOSSAIRE. 


46.  80.  107.  185  -  iV.  Sbj.  et 
Impér,  digue  etc,  VII,  67.  IX, 
34.  -  P.  pr.  XI,  370.  —  P.  p.  di, 
dicho  I,  228.  Xn,  150.  242.  249. 
dire  8.  m.  (id.)  le  dire  m,   351. 

X,  318. 

disavert,  o  a.  (dïs-ápertnm)  éveillé 

II,  75;  écervelé  IX,  13. 
disciple  8.  m.  (dlscïptilnm)  disciple 

XI,  217. 

discours  8.  m.  (dïscîSrsum)  discours 
X,  p.  202. 

disionne,  o  a,  {de  dsfôrmem)  avec 
changement  de  préfixe)  difforme 
IX,  96. 

divèndre  *.  m.  (dl?m  Vënëris) 
vendredi  Vni,  284.  II,  332. 
Voy,  note, 

divertissènço  s.  /.  (*divert-is8- 
ëntïam,  de  divërtere)  diver^ 
tissementj  éhatidissement  III,  23. 

divesso  s.f,  {de  dTv[um]  +  -issam) 
déesse  XI,  249. 

divin,  0  a.  (dïTïnum)  divinj  e  II, 
95.  VIII,  241.  X,  294. 

donno  s.  f.  {s.  v.  de  doarmi)  som- 
meil IX,  95. 

dos  V.  dons. 

doto  s.  /.  (dotem)  dote  IV,  293. 

don  V,  Ion. 

don  s.  m  {s.  v.  de  dòure,  lat,  ♦do- 
lëre  p,  dolëre,  —  cp,  Gr,  §  107 
p.  153.  —  V,  atissi  donlènt)  deuil 

XII,  430. 

double,   0  a.   (dûplnm)  double  I, 

175.  IX,  334. 
doublen  s.  m.  {de  double)  houvillon 

de  deux  ans  IV,  337.'    V.  note, 
donbli,  doubiis  s.  w.  {de  dûplïcem) 

charrue  tirée  par  deux  bêtes  IX, 

94. 
douçamen  adv,  {de  dnlcia  mente) 

c?owccm€niV,56.VIII,262.X,306. 


doncile.  o  a.  (dScïlem)  docile  TU, 
124. 

Dónfinen,  co  a.  et  s,  (*dëlphlii- 
incnm)  dauphinois,  e  IV,  41. 

dongan  s,  m.  {de  dongo)  berge, 
rivage  VIII,  342.  X,  44. 

douge  n.  de  n.  (dûôdëcïm)  douze 
n.  250.  VIII,  193  eu, 

dongeno  «./.  (douge  +  -ënam)  dou- 
zaine VI,  475. 

dongo  s./,  (dogam  vase,  mesure) 
berge  V,  557.  XI,  212. 

douire  s,  m.  (dolinm)  broc,  buire 

IV,  35.  VII,  254. 
doulèn[t,  0  p.  pr.  de  dòure  (cp. 

dòu),  a.  et  s,  dolent,  faisant  mal 
VI,  24.  VIII,  334.  X.  17a  315. 

se  doulonira  v,  r.  {de  *dÔlOridre)  se 
lamenter  XII,  208. 

doulour   s.  f.  (dòlorem)  douleur 

V,  497.  X,  194.  XI,  98  eU. 
donlonrous,  o  a.  (dÒlDrOsum)  dou- 
loureux VI,  579.  xn,  420  eu. 

doumaine  s.  nu  (domininm,  b,  lat. 

dSmSnîum)   domaine  XII,  79. 
Doumas  n.  de  fam,  {=  d6u  mas, 

V,  c,  m.)  Adolphe  Dumas,  poète 

provençal  VI,  74.    V.  note. 
donmina  v,  a,  (*d9mïnare  p.  d5- 

mïnari)  dominer\l,  627.  XI,  385. 
donmta  v.  a,  (dSmîtare)  dompter 

U,  404.  IV,  431  etc. 
doumtaire  s.  m.  (dOmîtStor)  domp- 
teur IV,  432. 
doun  s.  nu  (dDnnm)  don  s,  m.  XII, 

80. 
donna  v.  a.  (dOnare)  donner  1, 17. 

106.  409.  456  etc. 
donne  adv,  et  conj.  (donïquë)  donc 

I,  151.  II,  58.  284  etc, 
dourgneto  s,  f.  {dim.  de  dourgo, 

lai,  de-orcam)  petite  cruche  VU, 

180. 


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GLOSSAIRE. 


315 


dourmi  v,  n.—  Gr.§  102,  p.  139. 
—  (dôrmlre)  dormir  1, 185.  IV, 
171.  Vm,  158.  327;  drom  VI, 
385  etc. 

doormido  s.  /.  (s.  v,  de  dourmi) 
sommeil  VIII,  158. 

donnnihons,  o  a,  {de  dourmi)  fa- 
tigué X,  37. 

dous,  doB  n.  de  n.,  m.  et  f.  (dÛOs, 
diiss)  deux  1, 60.  97. 267. 320  etc. 

dous,  douço  a.  (dtllcem)  doux,  ce 
1, 171.  272.  II,  108.  ni,  360  etc. 

dòusso  (=  dolso,  douolso)  s.  f. 
(vpr.  dolsa,  d'or,  celt?)  gousse 
VI,  618;  épi  Xn,  89. 

douta  V.  n.  (dûbïtare)  douter  V, 

5œ. 

doutanço   s.  f.   (*dîibït  -  antïam) 

doute  s.  m.  III,  90. 
dôutour  s.  m.  (dôctorem)  docteur 

XI,  29. 
dôutrino  s./,  (dôctrinam)  doctrine 

XI,  323. 
li  Dra  (=  Dralc)  s.  m.  (dràconem?) 

les  Dracs,  lutins,  en  Languedoc 

et  en  Velay  VT,  475.     V.  note. 
drai  s.  m.  (♦trágùm  filet)  crible 

VI,397;t?anVm,  383.  V.  note. 
draieto  s./,  {dim.  de  draio)  sentier 

VI,  180.  X,  372. 
draio  s.f.  (tràgam?)  chemin  rural 

m,  4.  IX,  41.  XII,  9. 
draiolo  s.f.  {de  draio)  sentier  II, 

18. 
draiòu  s.  m.  {id,)  V,  31.  IX,  255. 

X,  295.  375. 
dra[p  s.  m.  (drappum)  drap  VI, 

413. 
drapèn  s.  m.  (♦drapëllum)  drapeau 

IX,  252. 
dre,  drecho  a.  (drictumi).  dirëctum) 

droit,  e  Vin,  317.  IX,  320.  XII, 

326  etc. 


dre  adv.  (id,)  droit,  debout  I,  223. 

IX,  24.  68  etc.;  (à)  dre  de  prép., 

vis-à-vis  de,  devant  H,  195.  IV, 

122. 
drechiero  s,f.  {de  drecho  +  -ftrïam) 

droite  ligne,   chemin  direct  IV^ 

127. 
(se)  dreissa  v.  a.  et  r.  (*drïctia) 

(se)  dresser  IV,  67.  X,  73.  XI, 

445  etc. 
drôle  s.  m,  {or.  inc ,  p,-ê.  du  germ.; 

cp.  Dz.  564)  drôle,  garçon  I,  40. 

122.  II,  42.  III,  27  etc. 
drom  V.  dourmi. 
droulas  s.  m.  {de  drôle  +  suff. 

augmentatif)  garçon  IV,  21. 
droulouu   s.  m.  {de  drôle)  garçon 

n,  59.  VIII,  323.  423  etc. 
dru[d,  do  a.  {p.-ê.  du  celt.  dlûto) 

dru,  luxuriant  VII,  172;  fécond 

VIII,  312. 
duber^t,  duerb  etc.  v.  durbi. 
dur,  0  a.  (durum)  dur,  e  I,  421- 

n,  201.  XI,  459  etc. 
dur    adr.  {id.)  ferme,  durement  I, 

215.  239  etc. 
dura  V.  n.  (dnrare)  durer  I,  266. 

m,  362. 
durbi  V.  a.  ^  Gr.  §  102.  p.  140. 

—  (de-Ôpërïre)  ouvrir  VI,  42. 

VIII,  53. 183.  242.  X,  300.  XI, 

253.  XII,  11  etc.;   dubert,   a 

p.p.  ouvert,  e  VI,  546.  XI,  253 

etc. 
durençado  s.f  {de  Durènço  [v.  c.  m.] 

+   -fttam)    débordement    de    la 

Durance  VI,  73. 
Durènço  «./.(Drûentïam)  Dwrance, 

affluent  du  Rhône  III,  176.  XI, 

501  etc. 
Durençoio  s.f  {de  Durènço)  Du- 

rançolef,  bras,  canal  dérivé  de 

la  Durance  X,  4. 


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-316 


GL08SAIBK. 


E 


-e  conj,  copulative  (et)  et  1, 12. 32. 59. 

98  ;  mais  (après  nonn)  XI,  322. 
egan,  egalo  a.  (œqnftlem)  égal,  e 

IX,  45;  senso  egan  sans  pareil 

n,  272. 
Egito  s.  f.   (Aegyptum)   Egypte 

VII,  504. 

ego  s.f.  (ëquam)  cavale  IV,  19. 202. 
eiça   adv.  de  L  (ëccë  hfic)  de  ce 

côté-ci  n,  43.  XII,  280. 
eici  adv.  de  L  (ëccë  hic)  ici  17, 

460.  X,  221. 
eiçò  pr.  dém,  (î?ccë  hôc)  ceci  I, 

185;   conme   eiçò   comme  cela, 

ainsi  II,  224  etc. 
eigagno  s,f.  (^qnftnëam)  rosée  I, 

102.  169.  VIII,  162  eu, 
eigagnolo  s,f.  (de  eigagno)  rosée 

II,  298.  X,  177. 
eigalons,  o  a.  C^âqaalDsnm)  humide 

XI,  192. 
eiglonn  s,  m.  (de  aiglo,  ^.&qnîiam) 

aiglon  XI,  21. 
(8')eigreja  v.  a,  et  r.  (de  aigre,  lot, 

acrem)  (se)  soulever  VIII,  182. 

VI,  420.  IX,  97. 
•eiguèstre,  o  a.(*aqu-e8trem)agtteua;, 

liquide  Y,  552. 
eigaeto  s.  f.  (dim.  de  aigo)  onde, 

eau  peu  profonde  III,  181.  425. 

VIII,  250. 

eila  adv,  de  h  (occu[m  ïljlftc)  de 
ce  côté 'là  L  46.   XIÏ,  220  etc. 

eilalin  adv.  de  l.  (eila  +  alin,  du 
lat,  îiccum  ïllSc  ïllinc)  au  loin 
I,  221.  IV,  473.  XI,  10.  73  etc. 

.a)  eilamoundaut  adv.  de  L  =  b) 
eilamoant  (=  eila-mount-aut, 
lat.  ♦Pccum  ïllâc-môntem-àltum) 
là -haut,  sur  cette  hauteur -là; 


ad  a)  I,  368;  ad  b)  U,  31.  IX, 
59.  X,  189. 

eilavan  adv.  de  l.  (ëccam  îUsc 
vftUem)  là -bas  VI,  456.  YID, 
432.  X,  377.  380  etc. 

èime  s.  m.  (*8e8tïm-nm,  v.  Du  C) 
opinion,  jugement;  à  bel  èime 
avec  largesse,  à  profusion  III, 
65.  XI,  26. 

eiminado  s.  f.  (*heiiiïii-5tam)  ar- 
pent de  terre  qu^on  peut  en$e- 
mencer  avec  une  héntine  de  blé. 
héminéeY,29b.VU,230.  V.note. 

eimino  s.  /.  (hSminam)  hémine, 
boisseau  VU,  226.    F.  note. 

eina[t,  einado  o.  (ântiiis  nStam) 
aîné  VII,  596. 

einorme,  o  (=  énorme)  a.  (snormem, 
de  ëx  normS)  énorme  IX,  97. 

eiròu  (=  ieròu)  s.  m.  (♦SrèÔlum, 
dim,  de  ftrëam,  cp,  iero)  airie 
IV,  259.  VIII,  349.  374. 

eisèmple  s,  m.  (ëxëmplom)  exemple 
VI,  638.* 

eisino  s.  f.  (vpr,  aizina,  de  *àd- 
-atîare  rendre  utile,.  agréabUj 
du  germ.  asfttia,  azSti  commodité) 
ustensile,  panier  I,  135. 

eisistènci  s.  f.  (*ëxi8t-entïam) 
existence,  vie  XI,  310. 

ei8sama  v.  n.  (ëxftmînare)  essaimer 
II,  231. 

eissame  s.  m.  (ëx&men)  esscÀm  L 
91.  IV,  14.  IX,  127  etc. 

eisserro  s,  f,  (de  ei,  es  particule 
privative  [lot.  ex],  +  serva,  toi. 
serrare)  direction  que  suit  vn 
navire  dans  sa  rouie;  courre  1» 
bello  eisservo  ne  plus  obéir  au 
gouvernail,  aller  au  gré  du  vent 


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QL088AIRB. 


317 


XI,  16;   à  la  bello  eisserro  de 

la  mar  à  la  merci  des  flots  XI, 

p.  217. 
eissiéu  s.  m.  (Sxîcûlnm)  essieu  IX, 

404. 
eissn,  cEo  a.  (ëz-suctnm)  desséché 

Vn,  93. 
eissuga  V.  a.  (ëx-sûcSre)  essuyer 

a)  =  sécher  VI,  598.   X,  119. 

b)  fig.:  supporter^  endurer  I, 
335. 

elemen  s,  m.  (ëlëmentnm)  élément 

IV,  226. 

elo  pr,  pers.  3*  p,  sg.  /.  (ïllam) 
elle  I,  532  etc,  ;  éli  pi.  m.  et  /. 
(ïllos,  ïllas)  eux,  elles  I,  471.  H, 
189;  elo-memo  elle-même  VIII, 
66. 

emai  conj.  et  adv,  (et  mftgis)  et, 
et  de  plus,  ei  même  I,  19.  189. 
II,  169.  250  etc.  —  conj,  quoi- 
que, bien  que  I,  8.  X,  245 
etc. 

embaima,  v,  embauma. 

embala  r.  a.  (de  balo  haïle^  du  gr, 
TtdUa)  charger  VU,  91. 

embalnn  s.  m.  (de  embala)  masse 
IX,  66. 

embandi  v,  a,  (in  +  bandi,  v.  c,  m.) 
chasser  VII,  136.  XI,  47  etc. 

embardassa  v.  a.  (de  bard,  v.  c.  m.) 
jeter  bas  violemment  IV,  219. 

B*embarluca  v.  r.  (ïn-bîs-lacare) 
^éblouir  n,  429. 

s'embaragna  v,  r.  (de  baragno 
clôture,  cp.  le  cataL  barana,  et 
Vesp.  baranda;  d*or,  indienne?) 
^emprisonner  III,  48. 

(8*)embarra  v.  cl.  et  n  (in  \  barra, 

V.  c.  m.)  envelopper,  (s^)enfermer 
I,  459.  IV,  350.  IX,  2.  61 
eu. 


embassado  s.  f.  C^&mb&ctîatam, 
de  âmbâctum,  d^or,  celt.)  am- 
bassade XI,  368. 

embauma,  embeima  v.  a.  et  n.  (de 
baume,  lat.  bal[8a]mum)  embau- 
mer VIII,  139.  m,  362. 

embessouua,  do  p.  p.  et  a.  (de 
bessoun]  réunis  comme  deux 
jumeaux  II,  308. 

emblanquesi,  do  p.  p.  (de  blanc) 
blanchi,  e  I,  341. 

embouca  v.  a.  (*ïmbticcare)  em- 
boucher V,  196. 

emboucaduro  «./.  (*ïmbiiccataram) 
embouchure,  ouverture  II,  202. 

emboui  s.  m.  (de  en — f-boui,  v.c.m.) 
pêle-mêle  VI,  549. 

embourgina  v.  a.  (du  s.  bonrgin 
bregin^  b.-lat.  bruginum  filet  de 
pêche^  or.  inc.)  prendre  dans  le 
bregin,  enlacer,  entortiller  IV, 
10.  XI,  412. 

embourigo  s.  /.  (♦ùmbïllcam  />.- 
tlmbïlicum)  nombril  VI,  450. 

embournia  (=  embonrgna)  v.  a. 
(en  +  borgne,  d*or.  encore  dou- 
teuse; cp.  Dz,  60;  Scheler,  s. 
borgne  et  K'ôrt.  1268)  aveugler, 
éborgner  l,  268. 

s'emboursa  v.  r.  (*ïmbîirsare ,  du 
gr./Svçaa  cuir ^  peau)  s^  engouffrer 
VI,  392. 

embrassa  v.  a.  (în-brScbîare ,  v. 
bras)  embrasser  I,  486.  II,  305. 
m,  464  etc. 

embreca  v.a.  (de  en  f  breca  briser, 
du  goth.  brikan)  ébrécher  IX, 
398. 

embreniga  v.  a.  C^imbranîcare,  du 
celt.  bran  bran^  son)  broyer  V, 
189. 

embria  v.  a.  (ëbrïare)  enivrer  II, 
352.  XI,  488. 


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318 


OL088ÁIBE. 


«mbriagadisso  s.  f,  {de  embria) 
ivresse  XI,  246. 

embriaigo  (=  embriago)  a.  et  s. 
(ëbriacum)  ivre,  ivrogne  II,  366. 

s'embronnca  v.  r.  (*ïmpronïcare) 
broncher  V,  536. 

s'embruma  v,  r.  (ïn-*brQmare,  de 
bmmam)  s^assombrir  IV,  229. 

«mbuga  V.  o.  (de  Vit  imbucare, 
du  genn.  bukon  ;  cp,  bugadiero, 
bugado)  comhuger  VII,  504. 

•embala  v.  a.  (im-*bûllare)  abuser 
XII,  40. 

«mbuscun  s.  m.  (du  v.  embusca, 
de  buse  broussailles)  algues  qu'on 
enlève  d'un  cours  d'eau  (propr.  : 
les  buissons  qu'on  ôte)  V,  128. 

«mé,  em'  prép,  (apùd,  cp.  vpr.  ab, 
amb)  avec  I,  40.  44.  113.  123. 
149.  273.  431  etc;  em'  acò,  'm' 
acò  avec  cela,  puis  VIII,  269. 
IX,  374  etc;  conj.,  au  lieu  de 
la  conj.  e  et,  devant  un  in/.  VIT, 
215. 

«mpacha  v,  a.  (*ïmpàctare)  em- 
pêcher VI,  319. 

empachatiéu ,  ivo  a.  (*ïmpáctat- 
ivum)  embarrassant  TV,  91. 

empalissa  v.  a.  (de  en  +  palis, 
t?.  c.  m,)  ceindre  X,  110. 

s'empaluna  v.  r.  {de  en  +  palnn, 
V.  c.  m.)  s'enfoncer  dans  les 
marais  X,  428. 

s'empara  v.  r,  (ïm-pàrare)  s'em- 
parer IX.  269. 

emparadisa  v.  a.  {de  in  .+  pàrà- 
dlsam)  laisser  entrer  au  paradis 
II,  379. 

emparo  s.  /.  {s,  v.  de  empara) 
rempart  I,  48. 

empassa  v.  a.  {de  en  +  passa)  faire 
avaler,  ingurgiter  IX,  416. 


s'empega  v.  r.  (ïmpïcare)  se  coller 

I,  351. 
empegnèire  s.  nu  {du  v.  empegne, 

împingëre  pousser  —  cp,  Gr. 

§  109.  p.  162)  celui  qui  pousse, 

agresseur  V,  289. 
empento  s.  f  {s.  p.  de  empegne, 

V.  le  mot  précéd,)  gouvernail  I, 
256. 

emperaire  s.  m.  (împër&tor)  em- 
pereur XI,  216. 

emperairis  s,  /.  (ïmperátncem) 
impératrice  III,  135. 

s'emperesi  v.  r.  {de  en-  +  pereso 
paresse,  lot.  pîgrTtîam)  s'alentir 
VII,  21. 

empèri  s,  m.  (ïmpërïum)  empire 
III,  131.  XI,  229. 

empesonli  v.  a.  {de  peson  pou,  lai. 
♦pëdùcûlum  p.  pëdïcùlum)  *»- 
fester  (de  poux)  IX,  271. 

empestela  r.  a.  (în-pistîllare  fous- 
ser  la  pêne  de  la  serrure)  em- 
prisonner V,  471. 

empielonna  v.  a.  {du  s.  pieloun 
pilier^  du  lai,  pëlam)  Haytr  par 
des  piliers  I,  47. 

empirèio  s.  f.  (ëmpyrëam,  du  gr. 
IfA-nvfiioz)  empyrée  VIII,  253.  X, 
407.  XI,  530. 

s'emplana  v.  r.  (*ïm-planare,  de 
planum)  aller,  se  perdre  dans 
la  plaine,  planer  II,  322.  VU, 
472.  574.  XI,  115  etc. 

emplega  v.  a,  (ïmplïcare)  employer 

VI,  269. 

(s')empli  V.  a.  et  r.  (*ïmplire  p. 
ïmplëre)  (se)  remplir  II,  458. 
III,  11.  XU,  210.  IX,  409  etc. 

empourta  v,  a.  (înde-pôrtare)  em- 
porter I,  463.  rV,  432.  IX,  343 
etc. 


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GL038AIBE. 


319 


emprecacionn  «.m.(iinprëcatîDnem) 
imprécation  VII,  p.  139. 

empresonna  v.  a.  (de  presoon,  v. 
c  m.)  emprisonner  V,  128. 

emprima  v.  a.  (ïmprîmare ,  mot 
lettré  p.  ïmprïmëre,  qui  a  donné 
empregne)  imprimer  VI,  587. 

empara  (=  empusa)  v.  a.  (*ïm- 
pùlsare,  cp.  Vesp.  empuja)  at- 
tiser VI,  315.  VIII,  199. 

en  prép,  (ïn)  en  ;  marquant  le  lieu, 

a)  le  repos:  I,  38.  XI,  273  etc.; 

b)  la  direction  dans  V espace  :  I, 
41.  92  etc.;  au  fig,:  I,  11.  - 
devant  le  p,  pr.  pour  former  le 
gérondif:  I,  99.  I,  161  etc. 

en,  n'en  et  n'  devant  les  voyelles^ 
adv,  pronominal,  remplaçant  le 
génitif  d'un  pr.  pers,  de  la  3* 
p.  sg,  et  pL  (ïnde)  en  I,  7.  95. 
307.  327  eu. 

enaigo,  r.  eneiga. 

énamoura,  do  p.  p.  et  a.  (ïn- 
*âm0r&tam)  énamouré,  e  VI,  3. 

s'enana  v.  r.  {de  en  +  ana,  v  c.  m.) 
^en  aller  I,  326.  VII,  535.  X, 
189.  XII,  21  etc. 

s'enarca  v.  r.  {de  ïn  4-  -àrcum)  se 
dresser,  se  cabrer,  élever  sa  voûte 
V,  136.  450.  XI,  139.  XII,  66. 

(8')enaiiTa  v.  a.  et  r.  (ïn-*anrare, 
de  auram  petit  air)  (s^)élever  II, 
138.  VI,  171.  IX,  171  etc. 

(8)enaus8a  v.  a.  et  r,  (ïn-àltïare) 
exalter  III,  234.  enlever  XI,  481  ; 
f^élever  XII,  10  etc. 

enaYan[8  s.  m.  (en  -»-  avans)  éner- 
gie, entrain  IX.  235. 

enca  adv,  de  t,  {abrév.  de  encaro, 
17.  c,  m.)  encore  I,  302.  505.  H, 
62  etc. 

encabana   v.   a.   (Tn-'^câbannare, 


de  càbannam)  recouvrir  comme 
une  cabane.  Cani880  encaba- 
nado:  claie  de  roseaux  oil  la 
bruyère  en  berceaux  s^entrelace 
m,  30. 

encabestra  v.  a.  (în-c&pT8trare, 
de  cápï8trum  muselière)  enche- 
vêtrer IV,  216. 

encafooma  v.  a.  {de  en  +  cafonrno, 

V,  c.  m.)  ensevelir  V,  460. 
(8)encagna   v.  a.  et  r.   {or.  inc; 

de  cagno  chienne?)  irriter  VI, 
414;  ^irrite^'  XL  36. 

engagnamen  s.  m.  {de  encagna) 
irritation  VII,  p.  139. 

encamba  v.  a.  (^inc&mbare,  de 
cambo)  enjamber  V,  273.  IX,  87. 

encanta  v.  a.  (•ïncântare)  enchanter 
II,  112. 

encantarèu,  ello  a.  et,  s.  {de  en- 
canta) enchanteur,  eresse  II,  421. 

VI,  561. 

encantuna  v.  a.  {de  encanta?) 
courroîicer  VI,  478. 

encapa  v.  a.  (ïn-*càpare,  de  cà- 
pût)  mettre  dans  sa  tête^  com- 
prendre, recevoir  sur  sa  tête, 
atteindre  IV,  421.  VUI,  325. 
XII,  167. 

encapela  v.  a,  {de  en  +  capèn) 
propr.  couvrir  d'un  chapeau, 
d'une  voûte  X,  299. 

encaro  {v.  enca)  adv.  de  t.  (àtquë 
hflc  hora)  encore  I,  539.  II,  99. 
IX,  .355.  X,  311  etc. 

8'encastra  v.  r.  (*ïncastrare  ;  p.-ê. 
du  goth.  kasta)  rentrer  au  parc 
VI,  355. 

encauso  s.f.  (ïn  +  causam)  causcy 
motif  II,  377,  Vm,  25. 

s'encavauca  v.  r.  (en  +  cavaaca, 
V.  c.  m.)  monter  à  cheval,  mon- 
ter l'un  sur  l'autre  XII,    121, 


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320 


GLOSSAIRE. 


encèn[s  s.  m.  (ïncenstim,  bcil.  thos) 

encens  VI,  518,  XI,  255. 
encentara  v.  a.  {de  en  +  centura, 

V,  c.  m.)  ceindre  V,  140. 
enchaple  (=  encap)  s.  m,  (s,  v.  de 

enchapla  rebattre  le  tranchant 
de  iafatia:,  lat.  capùlare /rajjper; 
cp.  chaple,  chapladis)  marteau 
qui  bat  la  faux^  martelage  de 
la  faux  \,  260.  IX,  257. 

s^enchanre  i?.  r.  ei  impers.  —  Gr, 
§  79  p.  113,  —  (ïndë-*cftlëre 
p,  càlere)  se  soucier  II,  393.  V, 
165;  que  m'enchau?  que  m'im- 
porte? VI,  213. 

enchuscla  v.  a.  (ïn-*[là]ctactilare) 
engourdir  le  poisson  avec  le  suc 
de  Veuphorbe  (lachnsclo)  griser, 
enivrer  n,  406. 

enciéucla  u.  a.  (ïn-cïrcûlare)  en- 
cercler XI,  276. 

encimela  (=  encima)  v.  a,  {de 
cimo,  V,  c,  m.,  cp.  Vesp.  endma) 
hisser  XI,  156;  p.  p,  encimela, 
do  à  haute  cime  V,  205. 

enclari  v,  a,  (m-*clarire)  éclairer 

VI,  247. 

(8')enclaure  r.  a.  et  r.  —  Gr.  §  108. 
p,  159.  —  (ïn-claudere)  (s'Jen- 
clore,  enfermer^  ensorceler,  en- 
sevelir V,  530.  XI,  307  etc.; 
enc]aa[8,  o  p.  p,  et  a.  enclos, 
enfermé  H,  376.  V,  163.  VI, 
439;  immobilisé  comme  par  un 
charme  XI,  138. 

(8')enclucha  (=  encncha,  cncha) 
V,  a.  et  r.  (ïn-cÔll5care)  entasser, 
(s^)accumuler  V,  300. 

s'encoucoarda  v.  r,  {de  en  +  cou- 
coordo  courge)  au  propre  :  acheter 
une  courge  pour  un  melon;  au 


figuré:  se  tromper,  se  mal  ma- 
rier VII,  420. 

s'encoufa  v.  r.  {de  en  f  couîo 
manne^  cabas,  du  lai,  còphlnam, 
gr.  xótptro:  corbeille)  se  presser 
pêle-^êle  (propr.  comme  dam 
une  manne)  VI,  382. 

encountrado  s,  f  (ïn-*contrStam) 
contrée  I,  293.  XI,  312. 

enconronna  v.  a,  (en  +  conroona, 
V.  c.  m.)  couronner  XI,  141.  254. 

XII,      24; 

B'encourre*  v,  r.'-Or,§  106,  p.  148, 

-  fuir  XI,  50.  XII,  147. 
encourroussar.  a.  (ïn-*coiTttptïare) 

courroucer  IV,  333. 

encrèire  (=  acrèire)  v.  a,  —  Gr, 
§  107,  p.  157,  —  (ïn-crgdëre) 
seulem.  à  Vinf.  dans  la  loc,  faire 
encrèire  faire  accroire  III,  291. 

à  rendayan[s  de  prép,  (ïn  de  Ib 
ânfê)  devant,  au  devant  de  IVr 
379,  V,  29.  XI,  205  etc 

endemonnia  v.  a.  (ïn-*d8emÔnïare) 
rendre  démoniaque^  endiablerVff 
423.  VI,  452. 

s'endeveni  v.  r.  —  GV.  §  102.  p.  M 

—  (*ïn-dëvënire)  s'accorder  Hit 
233. 

endevenidou  s.  m.  {de  endeveni 

advenir)  avenir  s.  m.  VI,  591. 
endigna  v.  a.  (ïndïgnare)  indigner 

XI,  256. 
endignacioon  s,f.  (Tndîgnationem 

indignation  VII,  462. 
endiha  v.  n.  {vpr,  endilha,  origine 

inc.)  hennir  IV,  231. 
endoalible  s,  m,   {de  dlltiviftlem) 

déluge  IV,  237. 
(8')endourmi  v.  a,etr.''Gr.§  10^ 

p.  139.  —   (ïn-dôrmire)  (s'Jen- 

dormir  H,  3.  XI,  6  eic;  èstre 


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QLOSSÁÍRti. 


32l 


pas  endoiirini(do)  être  dêgour- 

di(e)  n,  81. 
endonrsa  v,  a.  (în  -  ^dSrsare,   de 

dOTSwai  dos)  éreinter  de  coups 

VI,  614. 
endóntrìna  v.  a.  (tn-dSctrlnare)  en- 
doctriner Vn,  378. 
endraia  v.  a.  (de  en  +  draio,  v. 

e,  m.)  mettre  dans  la  voie  IV,  47. 
endré  s.  m.  (ïn-*drïctam  p.  ïn- 

dlrëctnm)  endroit  I,  329.  III, 

140.  XI,  406. 
enebi  v,  a.  (ïnhïb€re)  interdire  IV, 

297. 
s^eneiga  v.  r.  {de  en  +  aigo,  v,  cm.) 

se  liquéfier  X,  104. 
enlada  v,  a,  (ïn-*f&tare)  enchanter 

VI,  556. 
enfanço  s.  /.  (inf&ntîam)  enfance 

IX,  212. 
enfan[t   s.  m.  (infantëm)   enfant 

I,  361.  II,  388. 
enfanta  v.  n.  et  a.  (de  enfant)  en- 
fanter vn,  628. 
enfantoun  s.  m.  {id.)  petit  enfant 

VI,  462.  Vm,  267. 
enfantonli,  do  a.  {id.)  enfantin,  e 

VI,  302,  XII,  104. 
enf  antonne[t  s.  m.  et  a.  (id.)  petit 

enfant  I,  375.  382.  X,  366  etc. 
s'enferonna  v.  r.  {de  en  f  feroun, 

V.  cm.)  se  mettre  en  colère  XI,  271. 
enfèrri  s.  m.  {s.  v.  de  enferria  mettre 

aux  fers)  entrave  VII,  438. 
enfiela  v.  a.  {de  en  +  fiela,  v.  c 

m.)  enfiler  IX,  322. 
enfin   adv,  de  t.  (in  finem)  enfin 

I,  238.  X,  417.  XI,  185  etc 
enfioQca  v.  a.  (Tn-f5care)  enflammer 

I,  17. 

(8')enfloara  v.  a.  et  r.  (ïn-*florare) 
s'enfieurer,  se  parer  de  fleurs 

II,  17a  IV,  402.  Xn,  216;  en- 


flonra,  do  p.  p,  et  a.  (ayant) 
le  teint  fleuri  VIII,  274. 

s'enfounsa  v.  r.  (ïn-''1tindïtïare) 
Renfoncer  V,  266. 

s'enfoorgouna  v.r.  (ïn-*fÔrcionare, 
de'fôrcionem)  ^introduire  comme 
un  fourgon,  s^ engouffrer  VI, 
244. 

enf onrnian  s.  m.  {s.  v,  de  enfonrnia, 
de:  en  foro  nis)  en  dehors  du 
nid  n,  289. 

enfrejonli  v.  a.  {de  en  +  fre,  frejo, 
lat.  ïn-*frïgï-dûllre)  rendre  fri- 
leux^ transir  XI,  278. 

s'enfrenisa  (=  s'enfriénna)  v.  a. 
{de  en  -I-  fren,  frionn  vermou- 
lure, cp.  le  vpr.  humi  froisser, 
b.-lat.  fninire,r.  Dz.  591.)  broyer, 
émietter  VII,  244. 

B'enfresqueira  v  r.  {de  freBc)  fraî- 
chir II,  459.  V,  118. 

engàmbi  s.  m.  {de  en  •{  gàmbi, 
V.  c  m.)  entrave  Ym,  348. 

engana  v.  a.  (^îngannare,  du  germ. 
ganja  ;  cp.  Kôrt.  3589)  tromper 
XII,  361. 

enganeto  s.  f.  dim.  {de  engano) 
salicorne  X,  181. 

engano  s.  f.  {s.  v.  de  engana) 
ruse  V,  371. 

engano  (=  lengano)  s^f.  {Très.: 
b.-lat.  langana,  lagnna  maré- 
cage. Du  C.)  salicorne  IV,  342. 
X,  58.  XI,  207  etc 

engarbeiroanaire  s.  m.  {de  engar- 
beiroona,  v.  garbeiroun)  en- 
tasseur  de  gerbes  IX,  195. 

engarda  v.  a.  (ïn  +  germ.  wardôn) 
garder,  veiller  sur  II,  38. 

s'engimerra  v.  r.  {de  en  +  gimerre, 
V.  c.  m.)  s'opiniâtrer ,  se  re- 
chigner, (propr.  se  cabrer  comme 
un  jumartj  I,  263. 

21 


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322 


GLOaSAIRB. 


engipa  v,  a.  (ïn-'gypsare)  plâtrer, 
coiwrir  (Îes  vers  à  soie)  d'une 
moississurehlanchelH^M,  Voy, 
m,  60  note. 

englouti  V.  a.  (ïngittttire)  engloutir 
XI,  152. 

engoola  v,  a.  (ïn-*gîllare,  de  gû- 
lam)  engouler  VI,  482. 

s'engoorga  v.  r.  (*ïngûrgare,  de 
gûrgam)  ^engouffrer  V,  39.  XI, 
269. 

engrana  v.  a.  (ïn-*grfinare  ré- 
duire en  grains,  de  granum) 
écraser  XI,  40. 

engranaia  v,  a.  {de  en  -I-  granaio 
grenaille,  de  gran,  t?.  c,  m.) 
percer  de  ses  plombs  X,  160. 

engran  s.  m.  {s,  v,  de  engraTa, 
de  Vall.  graben)  gueule  immense 
Ny  525. 

engrana  v.  a,  {de  en  +  germ.  krûma 
mie  de  pain)  écraser,  broyer  V, 
276. 

s'enintra  t?.  r.  (ïn-ïntrare)  se  re- 
tirer, rentrer  VUI,  429. 

enjarreta  v,  a.  {de  en  -I-  jarret, 
du  ceU,  gar)  cingler  les  jarrets 
d'un  cheval  IX,  340. 

enjosquo  à  (en)  prép.  (ïn  de  asqnë 
àd)  jusqu^à  I,  267.  533.  II,  123. 
IV,  241.  V,  111  etc. 

enlagna  v.  a,  (In  f  l&nïare  dé- 
chirer) irriter  U,  41. 

en-liò  adv,  (ïn  [se.  nullo]  lôco) 
en  aucun  lieu,  nulle  part  I, 
518. 

(s')  enlumina  v.  a.  et  r.  (ïn-ltimï- 
nare)  illuminer  III,  243;  s'en- 
luminer IX,  249. 

emmalicia  v.  a,  {de  maliço,  i?.  c.  m.) 
irriter  VII,  15. 

enmantela  v.  a.  (ïn-*mànteUare) 
envelopper   HI,   449.  Vm,  75. 


emmena   v.  a.  {de  Inde  f  mena, 

V.  c.  m.)  emmener  XI,  96. 
s'enmouresca  v.  r.  {de  en  +  mon- 

resc)   s'habiller  en  mauresque, 

se  voiler  V,  44. 
enmourraia  v,  a.  {de  mourre,  t. 

c.  m.)  enmuseler  V,  571. 
enmoustousi  v.  a.  {de  in  ^^  rnOst- 

Dsum,   de  mtlstam)   barbouillé 

de  moût    m,  13. 
s'ennega  v,  r.  {de  ïn  +  nëcare,  en 

b.-kU,  spécialement:   tuer  par 

immersion)  se  noyer  I,  298. 
ennÌTOuli  t?.a.(ïn-*nëbill-lre)  voiler 

d'un  nuage  VI,  186.  XI,  279. 
enràbi  s.  m.  (ïn  +  rftbïem)  rage 

I,  216. 
enrabia  v.  a.  (ïn-*rábïare)  enragé 

VI,  490. 

s'enrasina  (de)  v.  r.  (de  en  +  rasin, 
v.  c.  m.)  se  couvrir  de  grappes 
de  fleurs  (propr.:  de  raisin)  I, 
340. 

enredouni,  do  p.  p,  et  a.  {de  ïn  + 
rôtùndum)  arrondi,  e  V,  137. 

enrega  v.  a.  (ïn-rïgare)  enfiler, 
suivre,  tracer  IV,  129.  VI,  217. 
IX,  297  etc. 

enregado  s,  /.  (î.  p.  de  enrega) 
sillon  IX,  318. 

enregouï  v.  a.  {de  ïn  4  rïgldum) 
rendre  raide,  engourdir  XI,  275. 
Xn,  392. 

enrouda  v.  a  (ïn-*rôtare,  (îer5tam 
roue)  entourer  IV,  260. 

ensaca  r.  a.  (In-*8&ccare)  propr.: 
ensacher,  fig.  :  battre  I,  207. 

ensàrri  s./.  pL  (de  ïn-*8ërrSre  en- 
serrer) deux  grands  cabas  de 
sparterie  nattée  qu'on  place  swr 
le  bât  des  bêtes  de  somme  1, 131- 
IV,  52.  IX.  22. 


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GLOSSAIRE. 


328 


ensaniioiid  v.  a.(deïn  4  ^sSngtiT- 

nOBum)  ensanglanter  IV,  434.  VI, 

96.  IX,  240. 
enseda,  do  p.p,et  a.  (în-^sCUtam, 

de  s^tam)  êoyeux,  se  III,  31. 
a)  ensemble   b)  ensèn  adv.  (Ta- 

sTmtkl)  ensemble  ad  a)  n,  215. 

m,  609  etc.;  ad  b)  I,  320.  H, 

164.  X,  234.  331  etc. 
(8')€n8eveli  v.a.etr.  flD-sëpëllre) 

(synseeelir  m,  19.  378. 
eDsigna  v.  a.  (îii-*8lgii&re)  enseig- 
ner, indiquer  XIÌ,  161. 
ensigne  s,  m.  (ïii-*8ïgnïum)  can- 

sUUationYlI\,9d.  XII,  314.  F. 

note. 
ensônca  v.  a.  {de  sOuco,  r.  c.  m.) 

accoupler  VII,  164. 
ensounaia  (r=  easoiiiialha)  v.  a. 

(m**8dii-&ctl1&re)  munir  un  ani- 
mal d'une  sonnaille  lY,  48. 
s'ensonrni  v.  r.  (de  sourne,  v.  c  m.) 

^assombrir  YIII,  399. 
s'easoaTeni  v.  r.  —  Gr,  §  102  p, 

140.   —   {de  en  +  souveni,  v. 

c.  m.)  se  souvenir  I,  284.  III, 

274.  482  etc. 
(B>nraca  v.  a,  et  r.  {de  en  ^  sac, 

V.  c.  m.)  a)  t?.  a.  a««omm^,  /rap- 

l>er  à  mort  VH,  384.  X,  163.  — 

b)  V.  r.  ^entrechoquer  V,  240. 
eatamena  v.  a.  (Tn-tàmToare)  en- 

imtner  I,  266.  IX,  371. 
eiit8nd6oinen[8  que  eonj.  (-  en 

tant  d6u  mens)   pendant   que 

rv,  278. 
entanterín  adv.  de  t.  (Tn  t&nt[tim 

injtërhn)    en   même   temps    X, 

188. 
entanterin    qne    conj.   de  t.  (Tn 

tftiit[am  ia]tërTm  cpibdLJ  pendant 

que  n,  63. 


en-tant-lèn  adv.  presque,  peu  s^en 
est  fallu  I,  404.  XI,  171  etc. 

entarra  (=  enterra)  v.  a.  (în- 
tërrare)  enterrer  VII,  76. 

eiitela  v.  a,  {de  en  -¥  telo,  v.  e.  m.) 
couvrir  de  toile,  voiler,  en  par- 
lant des  yeuœ  des  mourants  XII, 
392. 

entendre  c.  a.-^Or.ŷ  106.  p.  149. 
—  (IntfindSre)  entendre,  eom- 
pre$idre,  concevoir  I,  232.  809. 
398.  U,  464  <^ 

enterigo  (=r  denterigo)  s,/.  (Très.: 
de  dëtîlëgnm  à  qui  on  a  cassé 
les  dents)  agacement  des  dents 
I,  332. 

enterin  adv.  de  t.  (Tntërïm)  en 
même  temps  I,  44a  ni,  606.  IX, 
141  ;  (d')enteriii  qne  eonf.  pen- 
dant que  VII,  245.  IX,  290.  XU, 
435. 

enterronsi,  do  p.  p.  et  a.  {de  îïk  ^ 
terrosum)  terreux,  se  V,  887. 
IX,  387. 

entesta  9.  a.  ((2«  en  •!•  tèsto,  17.  e.  m.) 
entêter^  enivrer  V,  244. 

entté,  entière  a.  (Intëgnim)  entier, 
ère  I,  62.  370.  Vm,  384.  XI, 
413  etc. 

entoor  *.  w.  (ïn  tôrnnm)  entour^ 
lieu  environnant;  employé  comme 
prép.  dans:  à  Tentonr  de,  à 
moon  entoor  etc.  à  fentour  de, 
autour  de  moi  I,  366.  449.  494. 
III,  42.  XI,  136  etc.;  tout  à 
Fentour  Vin,  138.  Xli,  371. 

(s')entouma  v.  a.  et  r.  (ïn-*tÔrn- 
are)  a)  v.  a.  rapporter  VIII, 
286;  b)  V.  r.  sfen  retourner  II, 
229.  VIII,  220  IX,  26.  425. 

s'entourtouia  v.  a.  (ïn-*tÔrtucilare 
p.  ïn-tÔrtTctllare)  s^ entortiller  V, 
264. 

21* 


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324 


GLOSSAIRE. 


s'entranca  v,  r.  {de  en  -l-  tranca, 
V,  c,  m.)  se  clapir  VI,  400. 

entravadis  s.  m.  {de  *ïntrábare 
[de  tr&bemj  =  mettre  une  poutre 
dans  le  chemin  de  q.)  obstacle 
m,  486. 

entravessa  v.  a.  (în  -  trâvërsare) 
enchevêtrer  VI,  468. 

entre  prép.  (ïntër)  entre  (deux 
choses)  X,  i?02.  XII,  56;  parmi, 
au  milieu  de  1, 18.  36.  III,  167. 

IV,  331.  X,  313  etc.;  entre  de- 
vant un  inf.,  équivaut  à  un  gé- 
rondif: I,  178.  444.  VII,  211. 
XII,  164  ;  entre  que  (=  tre  que, 

V,  c.  m.)  conj.  de  t.  (ïnter  quôd) 
dès  que  IV,  28.  XIL  283. 

entrebouli  b.  a.  {de  ïn-tribûlare) 
troubler  IV,  194. 

entre-ciho  s.  /.  {de  entre  +  ciho, 
V.  c.  m.)  Ventre-deux  des  sour- 
cils; à  Te.  entre  les  sourcils  FV, 
340. 

s'entre-dire  v.  r.  —  Gr.  §  108.  p. 
158.  —  (înterdïcëre)  se  dire  l'un 
à  l'autre  VHI,  214. 

entre-dourmi  v.  n.  —  Gr.  §  102, 
p.  139.  —  (ïnterdormlre)  som- 
meiller V,  406.  XI,  513. 

entre-dubert  v.  entre-durbi. 

(s')entre-durbi  v,  a.  et  r.  —  Gr. 
§  102.  p.  140.  —  (ïntër-dë- 
ôpvrlrei  (s'Jentr'ouvnrYlU,  378. 
I,  301. 

entre-fos  p,  p,  de  entre-fouire  — 
Gr.  §  108.  p.  156.  —  (ïnter-fô- 
dëre)  bêcher  léger ement  VIII,  1 1 9. 

entre-fouli,  do  p.  p.  et  a.  (ïnter- 
♦fôllltum,  f?.  foui  fou)  frétillant 
V,  418.  IX,  98. 

entremen  adv.  (=  entre  mentre; 
lot.  ïnter   [du]m  ïn[terïm])   en 


même  temps  III,  91.  VHI,  163. 

X,  175. 
entre-mescle,  o  a.  (ïntër-*mï8cîll- 

um)  emmêlé  II,  167. 
entre-mitan   adv.  de  l.  (ïnter  + 

mëdïetantem,  suivant  Marchci, 

Gr.  Z.  XVI,  380,  XVIII,  433; 

mais  cp.  aussi  G.  Paris,  Rom, 

XXII,  315  et  Homing,  Gr.  Z. 

XVIII,  224)  au  milieu  I,  5a  U, 

201.  X,  158  etc.;  d'entre-mitan 

du  milieu  de  XI,  23. 
entrena  v.  a.  {de  en  +  trena,  v. 

c.  m.)  tresser  VI,  54. 
entrepacha  v.  a.  (ïntër  -  pSctare) 

machiner  VII,  460. 
entre-pausa  v,  a.  (entre  +  pansa, 

V.  c.  m.)  déposer  XII,  112. 
entrepide,  o  a.  (ïntrëpïdum)  intré- 
pide I,  236.  Vin,  300. 
Entressèn   n.  de  l.;  clar  d'E.  lac 

d'K,  dans  la  Crau  IV,  24.   V. 

note. 
entre- taio   *.  /.    fv.  c.  m.)  entre- 
taille s.  f,  terme  de  gravure  IV, 

160. 
(s')entre-vèire   v.  a.  et  r.  —  Or. 

§  108  p.  158.  —  (entre  4  vèire) 

(s'Jentrevoir  I,  78.  415.  lU,  279 

etc. 
entre- visto  «./.(entre  f  vÌ8to)^rí- 

vue  rv,  65. 
entussi   V.  a.  {de  ïn  -+-  tons,  tot 

tûssim)  propr.  :  donner  la  tottx; 

fig.:  arrêter  (le  développement) 

VII,  290. 
envejo  s.f.  (ïnvïdïam)  envie  1, 207. 

m,  74. 
envejous,  o    a.  (ïnvîdTDsnm)  enr 

vieîix,  se  III,  81  ;  désireux,  se 

X,  387.       . 
envela  v.n.eta,  (or,  inc,J  résoudre, 

vouloir  absolument  III,  122. 


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GLOSSAIRE. 


325 


s'enveni  v,  r.—  Gr.  §  102  p.  140. 
—  (86  ïndë  vënire)  s'en  venir, 
revenir,  s^en  retourner  I,  272. 
501.  lïl,  140  etc. 

enverina  v.  a.  {de  en  4  vérin,  lat. 
♦vënlmen,  cp,Nigra,dans  l'Arch, 
gL  XIV p,  300 (?)  et  Thomas,  Rom. 
XXV,  88)  exaspérer  V,  184. 

s'enverea  v.  r.  (ïn-vSrsare)  dé- 
border VII,  22  ;  se  renverser  XI, 
162. 

envertonia  v.  a,  (ïn-*vërtîicïlare) 
entoHiller  IV,  70.  X,  33. 

environna  v.  a.  (de  la  ïoc.  adv. 
enviroun,  du  v.  vira,  v.  c,  m.) 
environner  X,  326.  XI,  272.  XII, 
180  eu. 

s'envoola  v.  r.  (sS  ïndë  vôlftre) 
^envoler  IH,  412.  X,  403.  XH, 
15  eu, 

équipage,  aqnipage  s.  m.  {du  fr. 
équipage,  du  germ.  skif  navire 
-I-  -atïcum)  équipage  1, 240. 286. 
XI,  516  etc. 

èr  8.  m.  (aërem)  air  a)  atmosphère 
I,  28.  76.  460  eu,;  b)  mine  I, 
149.  306.  IX,  338  eU,;  donna 
d'èr  à  . .  ressembler  à  II,  71; 
c)  mélodie  XII,  12. 

erbage  s.  m.  (hërb  -  Stîcnm)  les 
herbes  VI,  29.  VIH,  156. 

erbeto  s.f.  (hërb-ittam)  herbette 
V,  115.  Vin,  207. 

erbo  s.f.  (hërbam)  herbe  111,260. 
419.  479  eu. 

erbonriho  s,  f.  {de  hërbîil[am]  + 
-ilïa)  bonne  herbe,  herbe  médici- 
nale VI,  145. 

ère  eU.  v.  èstre. 

ermas  s.  m.  {de  erme  +  -Sceum) 
friche,  lande,  désert,  sUppe  1\, 
469.  VI,  472.  VII,  481. 

erme  s.  m.  (ërëmnm  désert)  lande, 


savanne  IV,  347.  IX,  411.  X, 
53  eu. 

ermitan  s.  m.  (ërëmlt-Snnm)  er- 
mite in,  314. 

ennito  s.  m.  (6r6mltam)  ermiU  III, 
!  332.  Vm,  238;  ermite,  oiseau 
I         X,  70. 

ennitòri  s.  m.  (érCmlt-Ortum)  er- 
mitage m,  321. 

Erode  n.  d*h.  (HSrDdes)  Hérode 
VI,  506. 

erra  v.  n.  (ërrare)  errer  VI,  164. 

errour,  dans  la  lac.  adv.  à  Terronr 
(p.  une  étymologie  populaire  pour 
à  Tahonr,  de  ♦àhomm,  gr.  âtoço^ 
entre  chien  et  loup,  au  créptis- 
cuU  IV,  192. 

erso  s.  f  (♦5r[c]tam  de  ♦ergëre 
p.  grîgëre;  cp.  Kôrt.  2833;  cp. 
aussi  le  V.  erze  élever  les  ger- 
bes) vague  s.f  V,  538.  Vm,  23. 
XI,  66  eu. 

esbarbonla,  do  p.  p.  (or.  inc.)  cre- 
vassé, écroulé  II,  135. 

s'esbéure  v.n.  —  Gr,§  107  p.  loi, 
-  (ex-bïbëre)  s^ évaporer  TL, 
301. 

esbouienta  v.  a.  (ëx-bûllîënt-are) 
échauder  VI,  577. 

esbramassa^.  a.  (es  +  bramassa, 
forme  augm.  de  brama,  v.  c,  m.) 
insulter  de  ses  cris  Vm,  409. 

s'esbranda  v.  r,  {v,  brand  et  branda) 
s'ébranler  IV,  368. 

esbréuna  (=  esbrena  eU.)  v.  a. 
{Très.  :  de  es  +  bren  son^  b,-lat, 
brana)  briser  les  forces  de  q,l, 
509. 

esbriha  v.  a.  {de  es  +  briha)  éblouir 
X,  125. 

esbrihanda  v.  n.  et  a.  {de  esbriha) 
étinceler,  éblouir,  fasciner  lU, 
138.  VII,  569.  IX,  146. 


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326 


GLOSSAIRE. 


s^esbronfa  v,  r.  (de  es  +  bronfa, 
V,  c,  m.)  s'ébrouer  VI,  383. 

esbroufaire  s.  m,  (de  esbroufa  4 
-fitor)  celui  qui  ^ébroue,  fan- 
faron VI,  267. 

esbrudi  v,  a.  (de  es  +  brut,  r.  c. 
m.)  ébruiter  V,  108. 

s'escabassa  v,  r.  ((2e  es  +  cabesso, 
t>.  c.  m.)  ÍC  gourmer  la  tète  V, 
247. 

escabo[t  a.  m.  (or.  tnç.^  troupeau 
IV,  42.  X,  297. 

escàfi  8,  m.  ((2u  fr.  ail.  ?  cp,  Vangl. 
scoff,  m.  afl^Z.  scof,  retord,  skanp, 
skop,  skopa,  v.  n^^i.  scboppen 
etc,)  moquerie  I,  191. 

escagno  8.  f,  (prcib.  d'or,  celt,^  cp. 
Vangl,  skaip)  écheveauj  écagne  I, 
103.  m,  47. 

escala  v,  a,  et  n,  (sc&lSre)  esca- 
lader n,  34.  ni,  77.  150  etc, 

esca1aber[t,  o  a.  (or,  ine,)  écervelé, 
étourdi j  en  délire  IX,  12. 

Sscalabrons,  o.  a  (sc&lftbrosam) 
escarpé  V,  69. 

escalié  s.  m.  (sc&lftrîam)  escalier 
Vin,  94. 

escalo  s.  f  (scàlam)  échelle  VHI, 
176. 

escalustra  v.  a,  (de  es  4  cala  myope, 
aveugle,  v,  c.  m.,  sous  Vinfluence 
de  lustra,  v,  c.  m.)  éblouir  X, 
138. 

escamandre  s,  m,  (prob.  une  con- 
fusion de  Escamandre,  rivière 
de  la  Phrygie  et  étang  des  en- 
virons de  St,-GilleSf  et  escande, 
esclandre)  escogriffe  VI,  247. 

escambu,  do  a.  (de  cambo,  v.cm.) 
haut  enjambes,  de  haute  tige  IV, 
203. 

d'escambarloun  loc.  adv.  (du  v, 
escambarla,  d'im  type  lat,  '^êx- 


càmbarëllare  enjamber;  cj^.caa- 

bo)  à  califourchon  IV.  50. 
(s'reseampa  v,  n,  et  r,  (*ëx-càm- 

pare)  v,  n,  déborder  I,  192;  v. 

a,:  épancher,  répandre,  verter 

m,  H,  XI,  269.  490  eU,;v.r.: 

s'épancher  XI,  531. 
escampadouiro  s.f  (de  escampa  + 

-tnrîam)  déversoir,  embouchure 

VJII,  293. 
escampiba  v.  n,  (de  es  camp[a]  + 

Ilïare)  s'éparpUler  IV,  12. 
escampo  s.  f,  (s.  v.  de  escampa) 

échappatoire,  subterfuge  lU,  3S2. 
escandibado  s,  f  (s.  p.  de  escan- 

diha  chamffer  à  la  flamme,  d^un 

type  lai.  *ëx-candllTare)  échappée 

du  soleil  II.  172.  359.  III.  435. 

X,  149  etc, 
escapa  v.  n.  (*gx-cáppare  se  glisser 

de  sa  chape)  échapper  II,  220. 
III,  14.  10S.382  etc 
etcàpi,  io  (=  escap,  o)  a.  (du  v. 

escapa)  échappée  VII,  583,  p.  155. 
Ëscarinche  (=  Ësquerinche)  s.  m. 

(or,  inc.)   personne   maigre  et 

fluette  VI,  471.    V,  note. 
escarava  s,  m.  (scàràbœum,  du  gr. 

axaçafiaioz)  escorbot  VI,  248. 
escarlatin,  o  a.  (du  pers.  sakir- 

lat?)  écarlate  U,  15. 
escarpido  s.  f.  ("^x-c&rpltam,  d« 

carpire  p,  carpëre)  charpie  VI, 

143. 
escarpo  s.  f.  (b.-lat,  *carpam,  vha. 

charpho)   carpe   V,  451.  VIH 

390. 
(s')e8carrabiha  v.  a.  et  r.  (de  ëx- 

cárpere  ;  cp.  Eh.  448  s,  excara- 

pelarse,  et  Kôrt.  7197)  (s'Jé- 

veiller,  émoustiller,  dégourdir, 

ragaillardir  I,  90.  II,  6.  III, 

280. 


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GL088ÁIBB. 


327 


escarrado  «./.  (*ëxqa&drStam)  mul- 

tUude  IV,  43.  YU,  326. 
escairadonn  s,  m.  (de  escarrado) 

escadron  IV,  92. 
(sOeecarta  v.<i.etr,  (*ëx-qQartare) 

Wécarter  IV,  121.  V,  139. 
escasènço  s.  /.  (*ëx  -  cftdentïam) 

échéance,  hasard,  pèr  e.  par  Ao- 

«ard  m,  128. 
escanlèstre  s.  m.  (de  ëx-cal8i  [  are]  -I- 

-estxum)  émoi^  épouvante  II,  463. 

VI,  345. 
escanme  s.  m.  (scftlmum)  tolei  XI, 
.  102. 
escaomo  s.  /.  (sqaftmam)  écaille 

V,  424.  XI,  381. 
escanpre  s.  nu  -(scftlpriLm)  sccUpel 

m,  92. 

s'escavarta  f7.  r.  (variation  de  es- 
varta,  t^.  c.  m.)  ««  dispenser  VI, 
180. 

(8^)e8clafi  t7.  a.  e<  r.  (cf  un  (yp6  onom. 
klap,  klaf,  cp,  Kôrt.  4543)  es- 
olafi  lou  rire  éclater  de  rire  U, 
211.  289.—  «.  r.  s'élancer  Vil, 
434. 

esdamadoiin  «.  /.  (*ëx-clftins- 
tlimem)  exclomaêion  IV,  290. 

(s^esclapa  «.  a.  e<  r.  (cp.  esdafi 
<f  ^»<.  schiappare)  t?.  a.  briser 
XI,  41  ;  V.  r,  se  rompre  I,  247  ; 
sê  Iriser  en  éclats  VI,  626.  XI, 
286. 

efldapaire  s.  m.  (de  esdapa)  propr, 
/endeur  de  bois,  à  cause  de  son 
cri:  ha,  ha;  crabier  vert  (ardea 
yiridis),  oiseau  échassier  V,  402. 

esclapo  s.f.  («.  v.  de  esdapa)  écku 
IV,  422. 

s'esclargi  c.  r.  (♦SxdSrïcire  ;  cp, 
Thomas,  Rom.  XXVI,  p,  422) 
iéclaircir  XI,  387. 

esdata  v.  n.  (d'un  type  '^^xdapi- 


tare,  du  rad,  onom.  klap)  éclater 

XI,  336.  XII,  329. 
esdan,  avo  a.  et  s.  (*sdaYum,  orig. 

prisonnier  slave)  esclave  IV,  223. 
esdaore  r.  a,  —  Gr.  §  108  p.  159.  — 

(ëx-daudëre)  exclure  Vn,   88. 
esdaTÌtudo  s./.  (sdaY[am]  +  itndo) 

esclavage  IV,  223. 
esdèiro  s,/,  (s.  v.  de  esdeira^ctoi- 

rer,  lat,  ëx-dSrare)  interstice  XI, 

467. 
esco  s.  /.  (68cam)  appât  I,  349. 
escok)  s.f,  (schfilam)  école  XI,  300. 
escorno  «./.(iic*ëxcomare  écorner) 

affront  I,  497.  IIÏ,  222. 
esconba  v.  a.  (scopare)  balayer  I, 

218. 
escoubeta  v,  a.  (de  esconba)  ba- 
layer vni,  374. 
esconbiha  v.  a.  (id.)  XI,  161.  366. 
esconbo  s,f.  (scopam)  balai  1, 136. 
esconla  v.  a,  (ëx-colare)  vider,  écou' 

1er  I,  203. 
esconlan  s.  m.  (^sdiôlannm)  écolier 

1,4. 
s'esconlonri  v.  r.  (de  es  f  conlonri, 

v.cm.)  se  décolorer  IX,  336.  XII, 

281. 
eBcoumesso  s,  /.  (s.  p,  de  escoa- 

metre,  lat.  ëx-c9mmîttere)  pari^ 

gageure  IX,  307. 
escoimdoan  s.  m,  (de  esconndre) 

recoin;  d'esconndonn.  loc.  adv., 

en  cachette  V,  60.  VIII,  95. 
esconndre  v,  a.  —  Chr,  §  106  p.  149. 

—  (ftbscôndëre)  cacher  U,  130. 

176.  ni.  119  etc. 
esconndndo  s.f.  (s.  p.  de  esconndre) 

cachette  II,  263. 
esconnjnra  v.   a.  (ëx  -  côn jnrare) 

charmer  II,  357. 
esconnjurarello  s.  /.  (de  esconn- 
jnra) charmeresse  VI,  393. 


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328 


GL088AIR£. 


escoorregado  *.  /.  («.  p.  de  es- 
coorre,  gx-ctarëre)  course,  ex- 
cursion n,  48.  IX.  29. 

esconrrènço  s.  f.  {de  escoiirre  + 
-ëntîam)  cours  s,  m.  XI,  502. 

escoQssnra  v.  a.  {du  loi,  ëxcQssnm) 
marquer  par  la  morsure,  échan- 
crer  avec  les  dents  Voreille  des 
agneaux  qu^on  veut  garder  pour 
l'entretien  du  troupeau  VI,  615. 

escouta  v,  a.  (a[a]8Ctkltare)  /coûter 
I,  302.  539.  II,  450  etc. 

esconto  s,  /.  (*.  v.  de  escoata) 
écoute  s./.  ;  faire  esconto  écouter 
I,  528. 

escra  (=  escrach)  s.  m.  {s.  v,  de 
escracha  cracher,  du  rad.  germ. 
hrac)  crachat  XI,  333. 

escracha  v.  a.  (du  germ.  [vnordj 
krasa)  écraser  IV,  356. 

s'escranca  v.  r,  (ëx-*cr&ncAre,  de 
c&ncrem)  se  rompre  II,  303  ;  es- 
cranca  de  Tage  hrisé  par  Vâge 
VI,  140. 

escraponchina  v.  a.  Cp.-ê,  de  es- 
cracha écraser,  formé  sous  l'in- 
fluence de  grapandino  crapaud, 
du  germ.  krappa  ?  cp.  Kôrt.  2254) 
écraser  comme  un  crapatid  1, 
261. 

escrèlt,  o  a.  (ëx-cr6tum)  pur,  e  V, 
112. 

s'escrida  v.  r.  (de  es  4-  crida,  v. 
c  m.)  s'écrier  I,  437.  II,  370 
etc. 

escriéure  v.  a.etn.  —  Or.  §  107. 
p.  152.  —  (scrïbëre)  escri,  cho 
p.  p.  écrit,  e  I,  425.  XII,  243 
etc. 

escrincela  v.  a.  (cp.  l'ail,  kritzeln, 
Vesp.  cinzelar  ciseler)  graver 
sur  U  bois  IV,  156. 


escudello  s.  f.  (scntëllam)  écurie 

I,  153. 

escamadouiro  s.  f.  (escumo  +  -at- 

Orîam)  écumoire  VT,  573. 
esoameja  v.  n.  (de  escnmo)  écumer 

V,  341. 

escnmejaire,  o   a.  (de  escumeja] 

écumeux,  se  IV,  433. 
escnmenge  s.  m.  (de  ëxcommaiiM- 

mëntiim)  anathime,  malédiction; 

jita  d'escnmenge  jeter  des  im- 

précaUons  V,  360. 
escamerga,  do    (=    esconmenja) 

p.  p.  et  a.  (ëxcommnnîcfltnm)  ex- 

communié^  anathème  XII,  171. 
escnmo  s./,  (du  vha.  scûm)  écume 

IV,  228.  VIII,  370  XI,  189  etc. 
escnmoQS,  o  a.(de  escnmo  i  -osnin) 

écumant  HI,  14.  VIH,  133. 
escnr,  o  a.  (Ôbscornm)  obscur,  e 

VI,  180. 

escnr  s.  m.  (id.)  obscurité  IX,  231. 
escnresino  s./,  (de  escnr)  obscurité 

V,  561. 

esfata  v.  a.  (du  s.  fato  linge,  hor- 
des ;  cp.  Vesp.\iSkUi,  du  rad.  germ. 
fat-)  déchirer  VI,  143. 

esfor[s  s.  m.  (s.  v.  de  esfonrça,  lot. 
ëx-fortïare)  ejfoí^  IV,  411.  vm. 
177. 

esfonlissa  v.  o.  (ëx-*f0lllcïare,  de 
fÒllem  fou)  courroucer,  ébourif- 
fer, soulever  (des  tourbillom) 
XII,  144. 

esf rai  *.  m.  (s.  v,  de  esfraia)  effroi 

II,  304.  IX,  332.  419  ftó. 
esfraia  v.  a.  (ex-*frïdare,  du  germ. 

frida  paix  :  faire  sortir  q.dela 
paix;  cp.  Kôrt.  2782)  effrayer 
n,  462.  V,  441. 
esfraiado   s.  f.  (s.  p.  de  esfraia) 
effroi  II,  173. 


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QL088AIBS. 


329 


esfraions,  o  a.  {de  esfrai  -f-  -osam) 

payable  V,  437.  XI,  140. 
esgaieja  v.  a.  (de  ëx  4  gai,  v.crn.) 

égayer  III,  261. 
s'eflgargamela  v.  r.  {de  ea  -^  gar- 

gamello,  v.  c.  m.)  se  rompre  la 

gorge,  s^égosiUer  V,  213. 
(sÔesglaia  v,  a.  et  r,  {de  ♦ëx-glid- 

ïare,  de  gl&dïam;  cp.  Kôrt.  317; 

r.  glàri)  ^effrayer  IV,  393.  IX, 

341. 
a)  esglàri,  b)  esglàsi  s,  m.  («.  v, 

de  esglasia,  esglaria,  esglaia, 

r.  c.  m.)  horreur  ad  a)  IX,  366. 

ad  b)  m,  375. 
s'esmarra  v.  r.   {de  ëx  +  germ, 

marrjan)  se  perdre,  s^égarer  IV, 

473.  IX,  112;  esmarra,  do  p.p, 

et  a.  perdu,  reculé  III,  316.  X, 

143. 
esmeraudo  8,f,  (sm&rftgdtun)  éme- 

raude  III,  139. 
esmongudo  s.f.  {s,  p.  de  esmònre) 

émoi  II,  264. 
esmonre  v.  a.  —  Or.  §  107,  p.  152 

—  iëx-*inÔvëre)  émouvoir  VII, 

377.  Xn,  185  ;  esmongn,  do  p,p, 

ému,  e  II,  176.  IV,  178.  X,  223. 

365  eu, 
èso    s.  /.   {Très.:  p.  leso,  laizo 

bande  o  'étoffe,  de  Ift tîam  p,  làtmn) 

casaque  VIII,  71  (V.  noU).  X, 

93. 
espàci  s,  m.  (sp&tTnm)  espace  IV, 

289.  XI,  334.  xn,  166  eU. 
Espagno  s.f.  (Bi^^SXLXsim)  Espagne 

Vn,  481.  X,  341. 
espaime  (=  espasme)  s.  m.  (sp&s- 

mam)  épouvante,  transes  V,  511. 

XI,  148. 
espa  la  v.  a.  {b.-lat.  ëx-patnlare  p. 

ëx-sp&ihiilare  épauler)  disloquer 

l'épaule^  aufig.  :  au  lieu  de  espa- 


lanca,  r.  c.  m.,  ébrancher  VII, 
597. 

espalanca  v.  a.  (*explaiicare  ouvrir 
des  planches,  une  porte  ;  cp,  l'esp. 
spalancar  et  Vit,  palanca;  Dz. 
244.  401.)  briser  les  rameaux 
I,  22. 

s'espaiarga  v.  r.  (proh.:  caincp- 
dence  de  espalanca  et  alarga, 
V.  c.  m.)  s'étendre  X,  20. 

espalo  s.  f.  (sp&thtliam ,  dim.  de 
sp&tham,  gr.  anà^tj  omoplate) 
épaule  II,  123.  IV,  76.  VII,  598. 

espaln,  do  a.  (de  espalo)  à  larges 
épaules  IV,  395. 

(s^espandi  v.  a.  et  r.  (*ëxpandire 
p.  ëxpandëre)  (s')étendre,  dé- 
ployer, épandre,  épanouir  1, 428. 
m,  157.  452.  IV,  166  etc, 

espanna,  do  p.  p.  et  a.  (p.  esi>anta, 
f?.  c.  m.)  pantelant  XII,  140. 

espanta  v.  a.  (♦ëxpà[v6]ntare,  de 
ëxpàvëre)  épouvanter  VTI,  136; 
émerveiller  U,  367.  III.  380; 
stupéfait  XII,  28. 

esparce[t  s.  m.  {du  v.  esparsi 
épandre,  du  lat.  sparsum)  sain- 
foin, espar  cette  IX,  39. 

esparradon  s.  m.  {du  v.  esparra 
glisser  en  écartant  les  jambes; 
de  Vall.  sperren)  bélier  conduc- 
teur rv,  66. 

espaso  s,  f.  (spàtham)  êpée  XI, 
39. 

(8')e8pas8a  (=  espaça)  t?.  a.  et  r. 
(♦ëx-passare)  (se)  distraire,  se 
récrier  XI,  230.  IV,  153. 

espauri  (=  espavonrdi,  v.  c.  m.) 

espaventa  v,  a.  (*ëx-pàvëntare  ;  cp. 
espanta)  épouvanter  XI,  419. 

espaventable,  o  a.  (ëxpàvënt-  + 
-ftbïlem)  épouvantabU  VI,  366. 
XI,  150. 


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330 


OL088AIRB. 


espavonrdi,  do  (=  espavonri,  es- 
panri)  p,p.  et  a.  {de  Ôx  +  páv- 
Orem)  épouvanté,  effaré,  effa^ 
rouché  IV,  369.  V,  138.  XI,  147 
etc. 

espèci  *.  /.  (spëcïem)  espèce  VII, 
349. 

espeia  r.  a.  (de  ëx  4-  pëllem  peau, 
oude^x  ^  pTlmn  poil)  écorcher; 
p»  p.  déguenillé  V,  164. 

espeiaodra  v.  a,  {de  espeia;  pei- 
andro  guenille,  de  peio)  mettre 
en  lambeaux  I,  274.  XI,  314. 

espeiòti  a.  m.  {de  espeia)  dépenaillé 
IV,  92. 

espeirega  v.  a,  (*ëx-p6trïcare,  v. 
pèiro)  épierrer  VIII,  188. 

espeli  V,  a.  et  n,  {de  expëllere; 
Ovide:  se  in  auras  expellere  = 
nasci  ;  cp.  le  vpr,  espelir  faire 
éclore)  éclore  v.  a,  I,  166.  v.  w. 
IV,  3.  XI,  182. 

espelido  «./.  {s.  p.  de  espeli)  éclo- 
sion  III,  72. 

espelonfi  v.  a.  {de  pîlnm,  v,  c.  m.) 
ébouriffe^'  VI,  437. 

espéra  v,  n.  et  a.  (spSrare)  espérer, 
attendre  I,  456.  II,  197.  IX,  199 
etc. 

esperanço  «./.  (sperSntïam)  espé- 
rance V,  366. 

(s')esperdre  v.  a.  etr.—  Gr.§  106, 
p,  149.  —  (ëx-përdëre)  perdre 
IX,  422  ;  V,  r.  se  perdre  XII,  1 4. 
122.  esperdu,  do  p,  p.  et  a. 
éperdu,  e  H,  452. 

d'esperéli  (=  de  es  pèr  éli)  d'elles- 
mêmes  VI,  426. 

d'esperelo  (fém.  de  d'esperéu  m  ) 
(=  de  es  pèr  elo)  d'elle-même 
VI,  125. 

esperi[t  «.  m.  (spirïtum)  esprit  VI, 


569;  Ion  Sant-Esperit  le  SaitU 
Esprit  XI,  532. 

E8peri[t-Fanta8ti  s.  m.  (splrltom 
*ph&nta8tîCQm)  Esprit-Fantasti- 
que VI,  311.  280.    F.  note, 

esperitoan  s.  m.  (spirit  +  -^nem) 
lutin  II,  54.  VIII,  147.  XI,  112. 

(8')esperlounga  v.  a.  et  r,  (ex- 
prolôngare)  prolonger  VIII,  10; 
se  développer  IV,  44. 

s'esperlaca  r.  a.  et  r.  (ëx-p6r- 
*lllcare)  v,  a.  dessiller  les  if  eux; 
V.  r.  ouvrir  les  yeux  à  la  lu- 
mière; p.  p.  serein,  resplendis- 
sant d'étoiles  VIU,  105. 

espèro  s,f,  (s.  v.  de  espéra,  v,  c  m,) 
espoir  n,  219.  XI,  394  ;  se  boute 
à  Te.  se  mettre  à  VaffùA  VIU, 
397. 

esperoun  *.  m.  {du  germ,  sporo) 
éperon  IV,  213.  316. 

espés,  so  a.  (spïssom)  épais,  se  L 
511.  VII,  431;  adv,:  semena 
espés  semer  dru  V,  516. 

espetacle  s.  m.  (spëctsctlliim)  spec- 
tacU  I,  360.  X,  120. 

espetaclous,  o  a.  (spectacnlosom) 
prodigieux  V,  273.  Xn,  126. 
235. 

espiga  V,  n.  (^spioure)  monter  tn 
épis,  se  muUiplier  VI,  20a  Vïï, 
197.  X,  413. 

espigau  *.  m.  (♦spïcale)  épi  VI, 
200.  Vn,  279.  IX,  112. 

espigna  v,  a.  (gx-pïng-fire)  piquer 
II,  261. 

espigo  s,  /.  (spicam)  épi  V,  60. 

espinas  s,  m.  (*8pin-*cëttm)  buisson 
épineux  Hl,  452. 

espincha  v,  a.  {du  vha.  spchôn 
épier,  avec  n  inorganique)  épier, 
regarder,  examiner  I,  46.  221- 
n,  182.  IV,  185  etc. 


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eLOSSAlRB. 


331 


espinchado  «./.  («.  p,  de  esphiclut) 

ceillade  Ul,  82. 
espingolo  8,  f.  (de  spicttlam,  cp. 

Niifra,  dans   VArch,  gl  XIV, 

p.  298)  épingle  VIII,  73.  X,  94. 
espÌBo   s.  /.   (Bpinam)  épine  VU, 

412.  X,  320.  375. 
espinoos,  o  a.  (spinosum)  épineux 

Vn,  48. 
espira  v.  n.  (ëx-spirare)  expirer, 

jaillir  V,  259.   XI,  39.  VHI, 

131. 
esplanado  e.  /.  {du  lai.  *ëx-p1&n- 

fttam)  esplanade,  espace  I,  408. 
s'esplica  V.  r,  (ëx-plîcare)  expH" 

quer  IX,  208. 
s'espoompi  (=  s'espoumpa)  v.  r, 

(de  es  4  poumpo,  du  lat,  bômbnm 

bruit  sourd,  du  gr,  /Jo/i/îo,-,  cp, 

Kort.  1274)  se  gonfler  d'orgueil 

XI,  255. 
e8poD8[c  s.  m.  (s,  v.  de  esponsca) 

ondée  Vin,  259. 
esponsca  v.  a,  (de  es  +  ponsco) 

éclabousser  VII,  49. 
esponso  s,f,  (sponsam)  épouse  JX, 

198. 
(s')esp6ns8a  v.  a.  (t;.  pôusso)  v.  a. 

secouer    la  poussière  V,   486; 

battre,  étHller  XII,  90;   v.  r 

se  secouer  VII,  483. 
espónssado  s.f,  (s,  p.  de  espônssa) 

orage  de  coups  IV,  335. 
espònti  V.  a,  (de  pûltem  pt^ée  de 

farine)  broyer  V,  287. 

espravanlt  (=  espayènt)  s.  m.  (s, 
V.  de  espaventa,  v,  e.  m.)  épou- 
vanU  VI,  252.  XI,  269. 

esprès,  esprèssi  adv,  (ëxprSMum, 
ëxprëBsim)  exprès,  à  dessein  U, 
187.  m,  330. 


espritt,  V.  esperit. 

esprouva  v,  a.  (ëx  pròbare,  forme 
tntensitive  p.  pròbare)  éprouver 
XI,  76. 

esprovo  s.  /.  (s.  v.  de  espronva) 
épreuve  X,  377. 

espnrga  v.  a.  (ëx-ptirgare)  puri- 
fier, ia^^  XI,  302.  Xn,  130. 

esquerlo  s,  /.  (du  germ,  skella. 
ail,  schelle)  sonnette  1, 508.  VIII, 
403. 

(s')e8qiiicha  v.  a.  et  r,  (de  es  + 
quicha,  v.  c,  m.)  (se)  presser, 
oppresser  I,  314.  II,  259.  Vni, 
71.  xn,  244. 

esqaichamen  s,  m.  (de  esqnicha  -h 
mëntum)  épreinU  VI,  374. 

esquifa  v.  r.  (du  vha,  skinhan) 
esquiver,  échapper  VI,  122. 

esqniha  t;.  a.  {p.-ê,  identique  avec 
esquiva,  esquifa,  du  vha.  skin- 
han) glisser  V,  491. 

esqninan  s.  m,  (de  esqnino  i  -Siem) 
dos  XI,  155. 

esqnino  s.f.  (du  vha.  skîna)  échine, 
dos  I,  325.  IV,  73.  Vni,  434 
etc, 

esta,  do  v.  èstre. 

estable  s.  m.  (stâbûlnm)  étable  VI, 
365. 

estabonsi,  do  p.  p.  et  a.  {or.  inc) 
stup^ait,  consterné,  ravi  II,  371. 
IX,  347.  X,  290  etc. 

(s')estaca  v.  a.  et  r.  (de  la  roc. 
tac-,  cp.  KôrL  8004)  (^)attacher 
V,  423.  IX,  290.  X,  329.  XI, 
304  etc. 

estage  s.  m.  (st&tïcnm)  asile,  de- 
meure X,  150. 

estagnié  «.m.(*8tàgnarlnm,  stfinn- 
Srïiun)  dressoir  (d'étain)  1, 424. 


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332 


GLOSSAIRE. 


s^estalooira  v.  r.  (du  germ.  stall) 
s^ étendre  mollement,  se  coucher 
nonchalamment  IH,  158.  V,  409. 
Vin,  291.  X,  358  etc. 

estampa  v.  a,  (du  rad,  germ,  stamp 
presser)  estamper,  imprimer;  p,  p. 
découplé  I,  122. 

estampadoro  s.  f,  {de  estampa) 
empreinte  IV,  326. 

estampèu  s.  m.  {de  estampa)  i>a- 
carme  IX,  248. 

estan  s,  m.  (st&gnnm,  st&nnnm) 
étain  I,  424.  491. 

estanco  s.  /.  {du  v,  estanca,  lot, 
st&gnare  arrêter  l'écoulement) 
banc  de  roche  VI,  341. 

estang  s.  m.  (stàgnnm)  étang  X, 
70. 

estardouD  s.  m,  {dim,  de  estardo, 
astardo,  oustardo);  lat  &vT8 
tarda,  vpr.  austarda)  outardeau, 
petit  de  l'outarde  V,  269. 

estàsi  s.  m.(ec8tasin,  dugr.  ixtiTamç) 
extase  III,  376.  X,  280. 

s^estavani  v.  r,  {de  es  +  t  inorgani- 
que -i-  avani,  du  lat.  ôvfinëscëre) 
s'évanouir  X,  163. 

esté  s.  m.  {du  germ,  stik,  stek, 
ail.  Stecken  ;  esté,  estèc,  rome- 
stècq  jeu  de  cartes,  puis  la 
manière  de  s'y  prendre,  savoir- 
faire,  adressé)  grâce  II,  98. 

estegne  v.  a.  —  Gr.  §  109  p.  162 
—  (exstïngûëre)  éteindre  XII, 
45  ;  estenc,  o  ou  -cho  p,  p.  éteint, 
suffoquant,  oppressé  Ylj  491.  IX, 
343. 

estela,  do  p.  p.  et  a.  (stëllfttam) 
étoile  m,  241.  Vin,  106.  IX, 
92  etc,    . 

s'estela  v.  r.  (♦âstïllare)  se  fendre 
en  éclats,  se  raidir  Y  y  267. 


estello  «./.  (stëllam)  étoile  1, 152. 

171  etc. 
e8tendar[d  s.  m.  (de  estèndre  + 

suff.  germ.  hart)  étendue  f.  IX, 

162.  XI,  217. 
estèndre  v.  a.       Gr,  §  106  p.  149 

—  (ëxtëndëre)  étendre  U,  13a 

VI,  413  eu. 
estendndo  s,  /.  (s,  p.  de  estèndre) 

étendue  H,  138.  Xn,  233.  370. 
estent,  17.  èstre. 
Esterén  «.  m.   l'Esterel  XI,  451. 

V.  note. 
esterle,  o  a.  (stërïlem)  stérile  YI, 

489. 
estemi  v.  a.  (de  stërnëre)  terrasser 

V,  340.  X,  162. 
estèu  s.  m.  (b.-lat.  stellum,  locum 

palis  circumseptum,  Du  C,  S  or. 

germ,?)  écueil  XI,  117. 
Estève  n,  d'h,  {StéiphìiJìXim)  Etienne 

XI,  38. 
estevo   s,  f,  (stïpam  p,  stipam) 

manche  m,  VU,  319. 
estién  s.  m.  (œstivum,  se.  tempos) 

éU  I,  82.  %.  II,  47.  118  etc. 
estiganço  s.  f  (*ïn8tlgántïam  p. 

ïnstlgStïOnem)  motif  VI,  195. 
(8')e8tira   v,  a,  et  r,   (es  +  tira, 

V,  c.  m.)   étirer,    se   dégourdir, 

s'allonger  U,  145.  V,  261. 
estiva  V,  n.  (œstivare)  être  en  Hé 

I,  338. 
estivage  s.  m.  (♦sBstivStïcum)  If 

courant  de  l'été  IV,  316.  VIII, 

296. 
estivau,  alo  o.  (♦aestivfilem)  cPHéf 

estival  m,  390. 
estivo  s.  f.  (œstlvam)  cellier  pour 

l'huile  ou  le  vin  III,  116. 
esto  pr,  dém.  fém:  (ïstam)  esto 

nine  cette  nuit  YUI,  329; 


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GLOSSAIRE. 


333 


estoío  8.  /.  (or:  inc,)  étoffe  II, 
291. 

estolo  *./.  (stôlam,  du  gr,  aToltf) 
étoie  XI,  299.  XII,  289. 

estoablo  *./.  (d'or,  germ.;  cp.  l'ags. 
stnbla,  V.  Braune,  dans  Gr,  Z, 
XXII  p.  205)  jachère  I.  139. 

estoubloun  s.  m.  (de  estonblo) 
chaume  XI,  308.  —  Estoubloun 
n.  de  l,  Esioublon  (B.-du-Rh,) 
ni,  189.    V,  noie. 

estonfa  v.  a.  (d'un  type  ♦ëxtufare, 
du  gr.  ivtpoi  vapeur?)  étouffer 
XI,  336.  Xn,  245. 

estouma  v.  m.  (stômâchum)  estomac 
m,  262. 

estraia  v,  a.  {de  *6xtrágere,  cp. 
Kôrt.  3048)  gâter,  détruire,  ver- 
ser et  embrouiller  les  blés  VII, 
202. 

estramas  s.  m.  (s.  v.  de  estra- 
massa  jeter  par  terre  violem- 
ment, lai.  ëxtra-*inattëare,  cp. 
Vit.  stramazzare)  lourde  chute 
IX,  14. 

estrainbor[d  s,  m,  {de  '*'strâmbam 
de  travers,p.-ê.  sous  Vinfluence  de 
tT9iA^0TÌ)enthousiasme,  transport 
m,  105.  IX,  409. 

s'estrampala  v.  r.  {de  '''stràinbum 
tortu)  s^écarquiller  les  jambes 
V,  214. 

estrangié,  iero  a.  (♦ôxtrftnëftrïum) 
étranger,  -ère  XI,  371. 

estrangejo  a.  (extrftnéam)  étrange 
Xn,  23.       . 

estransina  v.  a,  {de  Hrascinare, 
*traginare,  cp.Kdrt.8299,  formé 
sous  Vinfluence  de  transire)  ha- 
rasser VIII,  15;  consumer  XI, 
477. 

estras   s.  m.   {s.  v.  de  estrassa) 


déchirure,  déchirement  VI,  374. 

Vm,  17.  X,  235  etc. 
(8')e8tras8a  v.  a.  et  r.  (*ëxtrftctïare) 

(se)  déchirer  II,  306.  348.   In  , 

213  etc.;  essatier  XII,  317. 
èfitre   V,  auxil.  —  Crr.  §  97.  — 

(♦essëre  p.  esse)  être.  Inf.  I,  49. 

154.  —  Pr.  Ind.  siéu  n,  364; 

siés  Vn,  54.   XI,  218  etc.;  es 

I,   259.   352.    II,   59.    XI,   35 

etc.;  sian  I,  80;   sias  I,  108. 

189;  soun  XI,  88.  327.—  Jmp/f. 

Ind.  ère  etc.  I,  5.  43.  140.  256. 

—  P.  d.  fugue  etc.  I,  465.  VII, 
528.  vm,  175.  X.  315.  XI,  47. 

—  Fut.  sarai  etc.  I,  51.  258.  — 
Cond.  sariéu  etc.  H,  377.  XII, 
248  -  P.  Ind.  sian  esta  I,  259. 

—  Pr.  Sbj.  fugue  etc.  I,  11.  187. 
Impér.  fugues  VU,  532.  —  P.  p. 
esta,  do  I,  259.  352.  —  P.  pr. 
estent  IX,  125;  en  estent  que 
étant  que,  comme  (indiquant  la 
cause)  I,  466.  II,  164. 

èstre  8.  m.  être  m.  XI,  201. 
estré,  estrecbo  a.  (strictum)  étroit,  e 

U,  267. 
estrechan,  o  a.  {de  estré,  estrecbo) 

étroit,  e  VI,  176. 
estrema  r.a.  (♦extrëmare)  en/erm^r, 

remettre  I,  447.  IV,  192.  V,  101. 
estremage    s.  m.  {de  estrema  + 

-atïcum)  rentrée  (du  foin)  IX, 

p.  183. 
estrementi    v.  a.  (ëx-*tremëntlre, 

de   trëmëntem)    secouer,  faire 

trembler,  faire  retentir  IV,  394. 

VI,  489.  XI,  199. 
estreno  s.  f.  (strënam)  étrenne  I, 

503. 
estrepado   s.  f.  (s.  p.  de  estrepa, 

V.  trepa)  piétinement  VI,  488. 

vm,  410. 


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334 


GL088ÂIRB. 


estrién  s.  m,  (du  germ,  strenpa) 
étrier  V,  325. 

e8tro[p  8,  m.  (strSppiim)  Hrope  V, 
423. 

Ëstropi  n.  d*h.  (£iitr5pTiim)  Eí^ 
trope  XI,  100.  399. 

estroupa  v.  a.  {du  rad.  germ.  stnp, 
strap,  cp.  l'ail,  gtruppig)  re- 
trousser IV,  451.  Vn,  174.  IX, 
235. 

estrumen  s.  m.  (instrnmSiitam)  in- 
strument, outil  IX,  301. 

estabo  s.  /.  {de  *ôxtufare  /aire 
suer,  cp.  le  gr,  Twpoç,  Kôrt.  3061; 
V.  aussi  tnba)  propr,  :  Huve,  suée, 
fig.:  course  effrénée  I,  461. 

estudla  v.  a.  (*8tadTare)  étudier 
III,  334. 

estùrti  s.  m.  (8tùltum)/ow  III,  302. 

s'esvali  V.  a.  et  r.  (*6x-valhre,  de 
vailum)  dissiper  I,  170.  XH, 
299;  se  dissiper,  disparaître  IX, 
376.  X,  132.  XI,  112. 

s'esvana  (=  s'esvani)  v.r.  (*evèln- 
are  p.  evànëscëre)  s^évaporer, 
se  dissiper  IV,  405.  XII,  362. 

s'esvapoura  t?.  r.  (ôx-vaporare)  s^é- 
vaporer  XII,  2. 


(g^eav^rta  v.  a,  et  r.  {de  5x-vôrtëre) 

V.  a.  dissiper  IX,  229  ;  v.r,  se  dis- 
siper Vn,  463.  VIII,  63.  XI, 
181. 

eeventra  v.  a.  (ëx-*Tëntrare)  éven- 

trer  V,  327. 
esvoto  s.  m.   cffranàe  faite  „ex 

vôto",  c,  à  d.  à  la  suite  d'un 

vceu  I,  357. 
eterne,   o   a.  (œtemani)  éternel 

VI,  632.  XI,  489.  XH,  119. 
eto!   int.  (îtâ)  en  effet,  oui  XII, 

326. 
eu  pr.  pers.  3^  p,  sg,  (ïllnm)  lui 

I,  22.  129.  447  etc.;  eu -même 

lui-même  IV,  28. 
èurre   (=  èuro)  s.  f.   (hedéram) 

lierre  IH,  463.  VHI,  33.  260. 
éuse  *.  m.  (ïlîcem)  yeuse  VI,  484. 

IX,  40. 
éusino    s.  /.   {de  èuse)  chêneteau 

IX,  163. 
Evangèli  s.  m.  (euangelium,  dugr. 

wyyihoy)  Vhvangile  VI,  425. 
evangelisto   s.  m,  (euangëllstam) 

évangéliste  VIU,  102. 
evesque  s.  m.  (ëpïscopum)  étiêque 

XI,  91.  515. 


F 


fa,  facho  «.  faire. 

facharié   s.  /.   {du  v.  fâcha,   lut. 

*fa8tldïcare)  fâcherie  VH,  442. 
fachous,  0  a.  {id.)  fâcheux,  se  VH, 

126. 
fàci   s.  f.  (fàctem)  face  VII,  232. 

VI,  333.  Xn,  166. 
façoun  «./.  (f&ctïonem)  enjolivure 

vn,  689. 
façonna  v.  a.  (de  ís^omì)  façonner, 

ouvrager  I,  137. 


Fadeto  s.  f.  {dim.  de  fado)  petite 
fée  VI,  169.  xn,  253. 

fado  s.f.  {fs,tfm)fée  IV,  209;  ad- 
jectivement: as  la  man  fado  tu 
as  la  main  fée  H,  248. 

fagon,  fague  etc  v.  faire. 

fai  p,  faire  (v.  e.  m.)  VIÍ,  230. 

faire  v.  a.  —  Or,  §  108.  p.  166  — 
(f acëre)  faire,  —  Pr.  Ind.  fas 
Vm,  277;  fai  I,  30.66;  fanl, 
20.  63.  —  Impft.  Ind.  f aaiéu  etc. 


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OliOBSAlRB. 


335 


I,  173.  Vn,  4.  100.  —  p.  d. 
fagnère  etc.  I,  94.  96;  fè  rdia- 
lecte  de  MarseilleJ  I,  492.  — 
I^tU.  et  Cond,  farai,  fariéu  etc. 
Vni,  14.  Vn,  373.  -  Impér. 
íai  I,  35.  —  Pr.  Sbj.  fague  etc. 
XJI,  125.  VI,  511.  -  Impft. 
Sbj.  fagaèsse.  —  P.  pr,  fasènt 

X,  65.  393.  —  P.  p.  fa,  facho 

XI,  293.  I,  448.  —  faire  suivi 
d'un  in/.,  comme  en  /r.  X,  126. 
898  etc.  —  employé  comme  v. 
impers,  fai  bon  (jaire)  il  fait 
bon  (s* étendre)  X,  85  ;  fasiè  tèms 
sol  il  faisait  un  temps  calme 
XI,  121.  --  deqnè  nous  fara? 
à  quoi  cela  nous  servira-t-il?  I, 
281.  —  faire  à  dire,  crier  à  qn. 

II,  22;  p.  ex.  faguè  dit-il  I,  64. 
94.  Xn,  256;  se  faire  v.r.  de- 
venir I,  20.  112.  306. 

faire   s.  m.  le  faire,  V adresse  H, 

69. 
fai[8  s.  m.  (fftscëm)  faix,  fagot  I, 

44.  in,  278.  . 
falabrego  (  -  farabrego.  fanabrego 

etc.)   s.  f.   (or.  inc,)   micocoule, 

fruit  du  micocoulier  I,  54.  520. 

xn,  152  etc.  Cp.  I,  1  note. 
falabregnié  s.  m.  (de  falabrego) 

micocoulier  (celHs  australis  de 

Linné)  I,  91.  IX,  l  etc. 
falé  (=  fougue,  fangnè)  v.  n.  — 

Or.  §  104.  p.  145  -  (*fallsre 

p.  iiiXtëre)  falloir  I,  65.  Pr.  Ind. 

fan  I,  127.  335.  439.    -  P.  d. 

langue  I,  443.  —   Impft.  Ind. 

falié  XI,  317.  ~  JV.  Sltj.  faugue 

VI,  269. 
falelt,  0  a.  et  t.  (du  germ.  falu 

fauve)  de  couleur  faune  (en  par- 

kuU  de  mulets  et  de  chevaux) 

IX,  339. 


I  f ali  V.  n.  (*f aUire  p.  f alfére)  fail- 
lir; lou  jour  fali  le  jour  dé- 
faillant xn,  298;  loc,  adv.  lou 
jour  fali  au  jour  failli,  tombant 
V,  59;  emé  lou  jour  fali  avec 
le  jouflr  tombant  VII,  535. 

fam  s.f  (famem)/a«H  1, 28.  VJII, 
35.  XI,  206  etc. 

famiho  s.f.  (î&ml\ia,m)  famille  VII, 
388.  YIII,  247. 

famous,  0  a.  (fftmosum)  fameux  I, 
473. 

fan,  V.  faire. 

Faneto  (de  Gantèume)  «.  de  f. 
Fanette  (abr.  de  Estéfaneto)  de 
Gantelme,  présidait  les  cours 
d'amour  vers  1340.  IH,  240.  F. 
note. 

Fanfarigoulo  s  f.  (or.  obsc.)  Fan- 
farigoule,  vallée  de  la  Crau, 
du  côté  d'Istre  (B.-du-Rh)  VI, 
446. 

fanfaro  s.f.  (or.  inc,  p.-ê.  onom.) 
chasse  au  flambeau  VI,  387. 

f ango  s.  f.  (du  germ.  f anjai  fange 
V,  486. 

fantasti,  co  a.  (*phantâ8tïcum) 
fantastique  VI,  373.  X,  128;  v. 
aussi  Esperit-F. 

Faraman  n.  de  l.  (b.-lat.  Villa  de 
Faramannis,  c.-à-d.  des  émigrés 
des  Burgondes)  Faraman,  dans 
la  Camargue  IV,  346.    V.  note. 

farandouleja  v.  a.  (de  fârandoulo) 
faire  la  farandole  VI,  448. 

fârandoulo  s.  f  (du  germ.  faran, 
cp.  l'esp.  farandula  troupe  am- 
bulante d'acteurs)  farandole  s.f. 
ra,  10.  IX,  259.  X,  39  etc.  V. 
III,  10  et  XI,  232  notes. 

farfantello  s.f.  (du  s.  farfant  for- 
fante,  d'un  mot  onom   "'fanfa. 


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336 


GL088ÂIRB. 


qui  désigne ýorfofUerie,  une  chose 

ou  une  personne  légère;  cp.  Kdrt. 

3185)  éblouissement  X,  260. 
faro[t,  0    a,  et  s,   {du  gr,   tpovôç 

falot)   coquet,   te,  falot,  e  H, 

12. 
fatnro  s,f.  (fàcttiram)  culture  VII, 

303. 
fan  s.  m.  (fftgum)  hêtre  III,  167. 

X,  85. 

fan,  fangné,  v.  falè. 

fandado  s.  f  {s.  p.  de  fanda,  du 
vha.  faldan,  faldôn)  tablier  YII, 
239. 

fandadonno  s.f.  (de  fandado)  tab- 
lier plein  m,  186. 

fandan  s.  m.  {du  v.  fanda)  tablier 
VI,  493.  VIII,  85. 

fando  8.  f  {du  germ.  falda)  giron 
XII,  à58. 

faveto  s.  f  {de  favo)  féverole  1, 
160. 

favo  «.  /.  (fabam)  fève  I,  146. 

fe  =  fes,  V.  c.  m. 

fe  s,f  (fidem)  foi  I,  3a3.  X,  350. 

XI,  67.  211   etc.;  faire   fe   de 
faire  foi  de,  attester  XI,  323. 

fè,  V,  faire. 

feble,  0  a.  (fl6bllem)/at6/e  X,  130. 

XII,  134. 

fèbre   s.f  (febrem)  fièvre  VIII, 

38. 
febrié  s.  m.  (febr[ti]ârïnm)  février 

VI,  415.     V,  note. 
fedo  s.  f.  (fstam,  cp.  Dz,  f>82,  feda 

et  Kôrt.  3213)  brebis  I,  81.  II, 

160.  IV,  99  Hc. 
fedoun  s,  m.  {de  fedo)  poulain  VIII, 

21. 
fege  s. m.  {de  ficfttnm,  se.  jecùr)/o«î 

VIII,  371. 
fegonn[d,  o  a.  {ÌêcTUiánm) fécond,  e 

IV,  90. 


felen  s,  m.  {de  fllïnm)  petit-fils 
IV,  256. 

felibre  s,  m.  {Pour  les  explicatioru 
de  ce  mot  v.  le  Très,  s.  felibre; 
selon  Jeanroy,  Rom.  XXIII,463, 
de  Vesp,  feligrés,  orig.:  filii 
ecclesiae,  doctores  legis)/^/tftre, 
littérateur  de  la  langue  (Poe  M, 
232.  Voy,  Inirod.  et  III,  232 
note. 

felonn  s.  m.  {b.-lat.  fellonem,  du 
germ.  fiUo  flagellaieur)  félon  V, 
371. 

femelan  (=  femelnn)  «.  m.  (de 
femëllnm)  sexe  féminin,  les  fem- 
mes en  gén.  III,  97. 

femelin,  o  (  -  femenin,  o)  a.  (de 
fSmïninum)  féminin,  e  VI,  166. 

femo  s.  f  (fémînam)  fem$ne  El, 
44.  IV,  469.  Vni,  452  etc. 

fen  s.  m.  (fœnnm)  foin  IV,  409. 
IX.  42. 

fena[t  s.  m.  (fœn&tum  marqué  de 
foin)  scélérat ,  mauvais  st^jet, 
sacripant  JX,  260.  Y,  Ì2Í.  Foy. 
note. 

fenan,  alo  a.  ("'fœn-ftlem)  de  foin, 
fauché  IX,  5a 

fendre  v.  a.  ^  Or.  §  106.  p.W 
-  (fïndëre)  fendre  I,  134.  VHI, 
258.  IX,  311  etc. 

fendudo  s.  f.  {s.  p.  de  fendre) 
trouée  faite  dans  un  champ  de 
blé  par  le  clief  des  moissonneurs 
IX,  233. 

feneirage  s.  m.  (du  v.  feneira  ren- 
trer les  foins,  de  fen)  fenaisw 
IX,  p.  183. 

fenèstro  s.  f.  (fënëstram)  fenêtre 
m,  258. 

fenestronn  s.  m.  {de  feùéitro)  petite 
fenêtre  m,  62. 


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GLOSSAIRE. 


337 


fèr,  o  a.  (fëmm)  sauvage  IX,  383; 
farouche  IV,  440. 

Ferigoalet  s.  m,  {de  ferigonlo)  le 
Ferigoulet,  i>in  muscat  III,  24. 
F.  note. 

ferigonlo  «./.  (fërictilam  sauvage) 
thym  VIII,  137. 

ferme,  o  a.  (*fïrmuin)  ferme  m, 
96  ;  adv.  ferme,  fort  V,  233. 

femeti,  co  (=  freneti,  co)  a  (phrë- 
nSticum,  du  gr,  (pQfyrjnxoç)  fré- 
nétique XII,  445. 

femi,  freni  v.  n.  {de  îr^mëie)  fré- 
mir V,  177.  Vm,  38.  386  etc. 

femisoun  s.f.  {de  feni[i]  +  -ïtïonem) 
ýrisson  VIII,  406.  IX,  332. 

feronge,  jo  (=  fourège,  fourèche) 
a.  (*feroticum  tiré  de  ferOcem, 
d'après  sîlySticnm  sauvage)  fa- 
rouche m,  177.  IV,  468  etc. 

feroon,  o  a.  {de  férum)  farouche, 
furieux,  passionné  U,  157.  m, 
91.  IX,  276  etc. 

ferra  v.  a.  (fërrare)  ferrer  V,  325. 

ferrado  s.  f  {s.  p.  de  ferra)  „fer- 
rade^\  opération  pastorale  célé- 
brée à  Arles  IV,  338.  V.  note 
rv,  337. 

ferra[t  s,  m.  (♦îërrfitum)  seau  de 
bois  cerclé  de  fer  Vm,  275. 

ferre  s.  m.  (fërrum)/«r  s.  m.  II,  424. 
IX,  278.  XI,  41. 

fèrri  s.  m,  =  ferre  m,  313.  Vn, 
439. 

femn  s,  m.  {de  fëmm)  sauvagerie  ' 
VI,  168. 

fes  s.  f.  (vïcëm)  fois  I,  403.  VIII, 
340  etc.;  tonto  à  la  fes  tout  à 
la  fois  I,  179;  de-fes  des  fois, 
parfois  n,  46.  X,  68;  i'a  de  fes 
parfois  n,  458  ;  proun  fes  mainte 
fois  II,  287;  à  la  fes  à  la  fois 
V,  231.  IX,  311. 


festin  s.  m.  (festinnm  p.  fëstivnm) 
festin  V,  392. 

fèsto  s.f.  (festam)  fHe  I,  412.  m, 
16  etc.;  faire  fèsto  faire  fHe 
VII,  215. 

festonna  v.  a.  {de  Vit.  festone,  de 
Vadj.  lat.  ïé^txim)  festonner  VII, 
589. 

fèn  s.  m.  (fel)  fiel  X,  384. 

fénse  s.  m.  (fîlïcem)  fougère  VI, 
485. 

ficheironn  s.  m.  {de  fichoniro)  tri- 
dent IV,  419.  V,  364.    V.  note. 

fichonira  v.  a.  {de  fichoniro)  percer 
V,  21. 

fichoniro  s.  f  {du  v.  ficha,  lat.  pop. 
♦flccare  p.  ♦figïcare,  4  -orïam) 
tout  ce  qui  sert  à  fixer,  trident 
IV,  352. 

fichn  s.  m.  {du  fr.  fichn,  du  v. 
ficher,  UU.  pop.  flccare  p.  ♦figï- 
care) fichu  II,  255.  Vin,  86. 
X,  77. 

fidèn,  èlo  a.  (fîdslem)  fidèle  IX, 
38.  X,  333. 

fiela  V.  a.  et  n.  (fllare)  filer  I,  303. 
III,  17.  X,  128  etc. 

fielatt  s,  m.  (♦flktnm)  filet  I,  349. 
XU,  206. 

fieleja  v.  a.  (♦fll-ïcare)  filer  V, 
566. 

fier,  0  a.  (fëmm)  fier,  fière  I,  466. 
m,  121.  IV,  6  etc. 

fieramen  adv.  (fërft  mente)  fière- 
ment I,  265.  X,  73. 

fiermamen  s.  m.  (fïrmSmëntnm) 
firmament  V,  84. 

fién  s.  m.  (fllïum)  fils  1, 113. 147. 
319  etc. 

fién  s.  m.  (îllnm)  fil  lU,  255.  V, 
mi\  filet  d'eau  YJll,  250;  avé 
Ion  f.  avoir  le  fil,  être  fin,  adroit 
U,  80. 

22 


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338 


GLOSSAIRE. 


figo  8.  f.  (*flcam  p,  ficum)  figite 
I,  20.  226. 

figniero  «./.  (flcftrtam)  figuier  H, 
430.  VII,  39. 

figuro  8.f.  (fîgtlram)/^r<!  "VI,  398. 

fihan  (=  fihun)  s.  m.  {de  fiho)  les 
filles  en  gén.  XI,  301. 

fiheto  8.  f.  (dim,  de  fiho)  filleUe 
III,  198.  Vni,  339. 

fiho  8.  /.  (filiam)  fille  U,  4.  IV, 
169  etc, 

filo  8.  /.  (fila)  file  m,  170  ;  de 
filo  de  suite  VIH,  298. 

fin,  0  a.  (♦fmum  p.  tlnltum)  fin,  e 
I,  309.  n,  240  etc.  —  lou  fin 
s.  m.  le  fin  I,  129. 

fin  8,f.  (finem)  fin  s,/,  I,  464.  X, 
259  etc.;  houta  fin  à  mettre  fin  à 
XI,  303.  —  fin-que  prép,  jusque  à 
m,  165.  IX,  394.  XI,  195;  fin- 
qne  d'uno  sans  en  excepter  une 
XU,  248;  (à)  fin-que  conj.  jus- 
qu'à ce  que  IV,  131  ;  pèr  fin  que 
conj,  afin  que  III,  259. 

fini,  feni  t?.  à,  et  n.  (flnlre)  finir 
m,  351.  VIU,  92;  fini  yèr  finir 
par  (suivi  de  Vinf.)  X,  131. 

fiò  s.  m.  (fScum)  feu  I,  288.  II, 
171.  396  etc. 

fiolo  «./.  (phïàlam,  gr,  tpiaXtj)  bou- 
teille III,  116. 

fisa  V.  a,  (*fldare  p.  fidere)  se  fier  à 
Xn,  428. 

fiscello  8.  f.  (fiscellam)  éclissef 
faisselle,  petit  rond  sur  lequel 
on  fait  égoutter  le  lait  caillé  IV", 
452.    F.  note. 

fissa  t?.  a.etn.  (♦flxare,  de  fixum) 
fixer  VII,  8.  X,  285;  regarder 
fixement  XII,  261. 

fisse,  0  a.  (flxum)  fixe;  les  iue 
fisse  les  yeux  fixes  VI,  578. 


fisto  ;  ma  fisto  int,  (de  fisto  8.  /. 
fesse,  lat,  fissam)  ma  foi  (en 
style  burlesque)  II,  224.  IH,  151. 

fia,  flaco  a.  (fiâccum)  flasque  I, 
433. 

flahutelt  s.  m.  {dim,  de  flahnto,  r. 
flaveto)  petite  flûte  à  trois  trous 
VII,  551. 

flamado  s,f  {*MmmSX8M)  flanme 
VI,  487. 

flame,  o  a.  (flámmeum)  pourm  de 
plumes,  dru,  brillant  de  nou- 
veauté II,  203.  X,  208;  à  qui 
les  ailes  ont  poussé  IX,  188; 
flame-nòu  a.  (v.  c.  m,)  battant- 
neuf  IV,  147. 

flameja  v.  n.  {de  ♦flámma)  jeter 
des  flammes,  flamboyer  I,  523. 

flamen  s,  m.  (flftmmftntem)  flamant 
IV,  479.  xn,  309. 

flameto  *.  /.  {de  flamo  +  -ïttam) 
flamme  X,  117. 

flamo  s.  /.  (flàmmam)  flamme  I, 
228.  II,  208.  320  etc. 

flan[c  s.  nu  {de  flàccum?)  flanc  IV, 
87.  213.  xn,  297. 

fiasco  s.f  {b.'lat.  flascam,  rfe  tîs- 
ctdum)  flacon  III,  246. 

flasque[t  s.  m.  {dim.  de  fiasco) 
petit  flacon  III,  253. 

flaveto  (=  flahuto)  s.f.  {d'un  type 
lat.  ♦flfttûtïtare,  cp.  Homing 
dans  Gr.  Z.  XXII  p.  484}  9^' 
loubet  VII,  165.    V.  note. 

flècho  s.  f.  {vfr,  flesche,  du  f .  ir/. 
flesc,  *vliscâ  baguette  ?  Cp.  KdrU 
3331)  flèche  Vni,  356.  IX:,321. 

flèu  (=  flagèu)  s.  m.  (flàgëlto) 
fléau  XI,  378. 

flo  s.  m.  (flôccum)  flocon  XI,  189 
XII,  240  ;  bouquet  IC,  31  ;  Umfe 
IV,  8;  bloc  XI,  245. 


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GLOSSAIRE. 


339 


floto  9.  /.  (♦flûctam  p.  flactnm)  ; 

à  .floto  par  bandes  VI,  391; 

touffe  Vm,  81. 
flonca,  do  p.  p.  et  a.  (flôcc-fitam) 

orné  de  bouffettes,   de  houppes 

IV,  73.  82. 

flonqneja  (=  floucouneja)  v.  n.  {de 
flQccnm)  propr,  :  tomber  en  flo- 
cons; clapoter  II,  436.  X,  146. 

flour  s.  /.  (florem)  fleur  I,  168. 
323.  340. 

flonreja  v.  a.  {de  flour)  effleurer 
II,  448. 

flooreto  s.f.  (flour  +  -ittam)  fle/wr^ 
fleurette  in,  476. 

flouTÎ  V.  n.  (*flOrire  p.  florêre)  fleu- 
rir n,  256.  III,  419.  IV,  14.  201 
etc.;  crous  flourido  Xn,  97.  347. 
V.  notes, 

flouta  V.  n.  {de  flot,  germ.  flut) 
floUer  IV,  210. 

fume  s,  m.  (flomen)  fleuve  VII, 
113.  X,  21. 

ûave,  flùvi   s.  m.  (flûvïum)  fleuve 

V,  528. 

fogo  s,  f,  (îûgam)  animation,  ar- 
deur, fougue  II,  456. 

fonlt  s.  f.  (fôntem)  source,  fon- 
taine I,  87.  II,  437.  ra,  509  etc. 

Fon[t-d6u-Réi,  la  n.  de  l.  la  Fon- 
taine-du- Boi,  endroit  près  de 
Beaucaire  II.  66.     V.  note. 

FoDl^Vièio,  la  n.  de  l.  Font-  Vieille, 
village  situé  dans  une  vallée  des 
Alpilles  I,  163.    V.  note. 

forço  s.  f  (fôrtïa)  force  IV,  382. 
xn,  179.    V.  note. 

forço  adv.  {id.)  beaucoup  (sert  à 
renforcer  un  comparât,  ou  à  dé- 
signer un  sup.  absolu)  I,  309. 
n,  94. 

formo  s.  f  (formam)  forme  V, 
487. 


foro  prép.  et  adv.  (f5ras)  hors; 
(en)  foro  de  prép.  en  dehors  de, 
hors  de  VU,  559.  IX,  272.  XII, 
396. 

fortt,  0  a.  et  s.  (fôrtem)  fort,  e 
I,  56.  189.  417.  512  etc.  —  fort 
adv.  fort  IH,  117. 

fort  s.  m.  {id.)  le  fort  in,  259. 

fou,  folo;  pi.  fòli(8)  a.  (fmiem) 
fou,  folle  II,  234.  313.  IX,  14 
etc. 

fòuco  s.f.  (fûlïcam)  macreuse,  ca- 
nard de  mer  V,  319. 

fougasso  s.  /.  (♦fôcftcëam,  se.  pas- 
tam  pâte  cuite  sous  les  cendres) 
gâteau,  fouace  VII,  632,  p.  156. 

fougau  s.  m.  (fOcSle,  de  fòcum) 
foyer,  âtre  VI,  525.  VII,  631. 
X,  398. 

fougno  s.f  {s.  V.  de  fougna,  fouina, 
le  vfr.  hongner,  b.-lat,  hugnare 
obmurmurare,  p.-ê.  du  germ. 
haunjan,  ail.  mod.  hôhnen)  bou- 
derie II,  142. 

fougous,  0  a.  {de  fogo,  v.  c.  m.) 
fugueux,  touffu  IV,  206.  IX, 
115. 

fougueiroun  s.  m.  {de  fougulé,  lot. 
fôcarîum)  foyer  Vn,  446. 

fougneja  v.  n.  (de  fôcum)  étinceler 
II,  139. 

foui  (=  fou,  V.  c.  m.)  fou  II,  423. 
IV,  350.  XII,  180. 

fouire  V.  a.-^Gr.§  108  p.  156.  - 
(fôdere)  labourer  Y,  202. -fouire 
s.  m.  {id.)  labour  VII,  253. 

fouitt  s.  m.  {dim.  de  fau,  lat.Ì&gam) 
fouet  VI,  276.  IX,  340. 

fouita  V.  a.  {de  fouit)  fouetter  VI, 
76. 

foulas,  so  a.  et  s.  (fôll[em]  -h  suff. 
-acëum)  insensé,   grand  fou  11^ 
406.  VI,  171.  VII,  63.  XII,  120. 
22* 


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340 


aLOSSAIRE. 


fooletoiin  8,  m,  {de  fOUem)  follet, 

lutin  I,  466;  tourbillon  IV,  406. 

VIII,  143.  XI,  108. 
fouUé   8,  f.  (*fômam)  folie  VU, 

350. 
fonlìgand^  o  a.  {du  v.  fouliga,  vpr, 

f olijar,  folear,  lat,  fôllïcare)  fo- 
lâtre; enjoué;  fou,  folle  I,  176. 

438.  II,  268.  rv,  172.  VIII,  202 

etc, 
foulinèn  s.  m.  {de  fou)  petit  fou 

VIII,  388. 
foulo  8,  f.  {8.  V,  de  foula  fouler, 

lat  ♦follare)/i)u/«  XI,  232.  479. 

XII,  207. 
foundamento   8.  f.   (fClndSmëuta) 

fondement  VI,  545. 
(se)  foundre  v,  a,etr.^  Gr.§  106 

p.  149  —  (ftUidëre)  (8e)  fondre 

II,  219.  in,  436. 
founLs  *.  m.  (fùndufi)  fond  m,  I, 

531.  II,  200;  au  an  foons  aux 

profondeurs  XH,  234;  de-founs 

à  fond  I,  129. 
f oun[8,  0  ;  pL  foun8Ì(8)  a.  {de  îun- 

dus)  profond,  e  V,  425.  VIII, 

186.  Xn,  279. 
founsour   s.  f    {de   Vadj,  founs) 

profondeur  VU,  27.  Vm,  400. 

XI,  157. 
fountano  «./.  (font-anam) /on/atnf 

XI,  208. 
fountaneto  s.f  {de  fountano) /on- 

taine  X,  96. 
îountaniho  8.  f  {id.)  X,  337. 
four  s.  m   (fûrnum)  four  XI,  124. 

VII,  587. 
fourça  V.  a.  {de  forço)  forcer  VI, 

273. 
à  fourcado  loc.  adv.  (àd  ♦fûrc-fitam) 

à  pleine  fourche  IX,  71. 
fourca[t  s,  m.  (*îûrcfitum)  araire 

8.  m.  IX,  314. 


fonrco  «./.  (fûrcam)/oMrc/j€  VIU, 

353. 
fourcolo   8,  f  (fûrcûlam)  trideni 

IV,  494. 

fourèst  «./.  (*f6r€8tam)  forH  VI, 

583. 
fourma  v.  a.  (formare) /orm^  DI, 

28.  IV,  168. 
f ourmidable,  o  a.  {de  formidftbïlem) 

formidable  XI,  136. 
fourniga8SO  «./.  {foi^me  pijor,  de 

fournigo)   affreu8e  fourmi  IX, 

268. 
fournigo  8.f.  (fôrmicam) /ourmiV, 

388.  IX,  395.    V.  VH,  204  note, 
fourniguié   8.  f   (*fÔrmicirîum) 

fourmilière  IX,  395. 
fourquejaire  8.  m,  {du  v.  fourqueja, 

de  fourco)  ouvrier  à  la  fourche, 

faneur  VIII,  381. 
fourquello  8.  f  (♦f ûrcëllam  p.  fùr- 

c1SL\9,m)  fourchette,  aiguillonfour- 

chu  IV,  427.  VI,  208.    F.  note, 
fourre   s.  m.  {b,-lat,  fodrum,  du 

vha,  IviotAT  fourrage,  nourriture) 

récolte  V,  480. 
fourre  8.  m.  {du  germ,  fodr)  abri- 
vent  VIII,  124.    F.  note, 
fourtuna,  do  p,  p.  et  a.  (fôrttin- 

fttum)  fortuné,  heureux  III,  29. 
fourtuno  8.  f  (f$rtllnam)  fortune 

n,  187.  UI,  265. 
fou8[c,   o   a.    (fu8cum    noirâtre) 

obscur  VI,  174.  Vm,  400. 
fou8carin,  o  a.  {de  fousc)  blafard 

V,  562. 

f 0U8CO  8.  /.  (fVi)  obscurité  V,  509. 

XI,  73. 
fousquett,  o  a.  {id.)  nébuleux  X,  14. 
fraire  s.  m.  (frfttrem)  frère  1, 501. 

III,  323.  XI,  43  etc 
frai[s   8.  m.  (fr&xTnum)  frêne  1, 

342.  515.  IX,  56  etc. 


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OLOSSAIBB. 


341 


franlc,  o  a.  (du  genn.  Franko 
homme  libre)  franc  ^  franche  I, 
278.  IV,  206. 

franchiman[d],  o  s.  et  a.  (de  Vall. 
Franzmann,  ou  de  Vangl.  French- 
mBJi)françaÌ8f  e  (du  nord,  d*  outre- 
Loire)  I,  30a  VI,  73.  IX,  m  eu. 

Franco  8.  f.  (♦Francïam)  France 
VII,  494.  XI,  504. 

francouleto  s.f  {dim.  de  franconlo 
oiseau  qui  vient  de  France)  petit 
francolin  (Tëtrào  attàgen)  IX, 
263. 

franqui  (=  franchi)  r.  a.  (du  vfr. 
franchir,  de  franc)  franchir  VI, 
252.  IX,  41. 

fraumo  «./.  (du  gr,  q>çâçiua  brous- 
saille?)  arroche  pourpier  (atri- 
plex  portolacoïdes)  X,  58. 

fre,  frejo  a.  (♦frïgïdum)  froid,  e 
VI,  1S4.  XII,  388  etc. 

frejan  s.  m.  (♦frTgtdalem)  pierre 
froide,  pierre  dure,  caillou  H, 
21. 

frejoulonn  s,  m.  (de  fre,  frejo) 
frisson  VI,  616.  IX,  346. 

fres,  fresco;  pi.  fre8qui(s)  a.  (du 
germ,  frisk)  frais,  fraîche  1, 350. 
n,  309.  Vin,  84  etc.;  de  fres 
loc.  adv.  fraîchement  IX,  42.  — 
fres  s.  m.  le  frais  IX,  427. 

fresconlet,  o  a.  (de  fres,  fresco) 
frais,  fraîche  IV,  2. 

frescoar  s.  f  (de  fresc  -h  -Orem) 
fraîcheur,  le  frais  I,  30.  VI,  4. 
Vm,  448. 

fresqneirons,  o  a,  (de  fresqniero) 
frai^,  fraîche  IV,  27. 

fresqniero  «./.  (de  fresc  +  -erïam) 
fraîcheur  I,  141.  II,  443. 

frestèn  s.  m.  (de  fistellom)  chétif, 
imbécile  V,  253. 


fretarèu,  ello  a.  (♦frïctftr-gllnm, 
de  ♦frïctare,  fréqu,  de  frïcare) 
qui  frotte  bien,  polisseur,  se  IV, 
453. 

freto  s.f  (contraction  de  ferreto, 
de  f ermm  ;  cp,  Scheler,  s.  frette, 
Kôrt.  s.  ♦ferrittam)  cercle  de 
fer  qui  entoure  le  moyeu  des 
roues  IX.  404. 

fringaire  s.  m.  (de  im^fringuer, 
d'un  type  fring-,  frig-  ;  cp.  Kdrt. 
3463)  jeune  homme  fringant; 
bien-aimé  II,  393. 

se  fringonia  v.  r.  (♦frigulare,  cp. 
fringaire)  se  trémousser,  se  frot- 
ter V,  63. 

se  frisa  v.  r.  (♦frictïare)  se  pulvé- 
riser Vn,  243. 

frisoun  s.  m.  (du  rad.  germ.  fris-) 
boucle;  erheto  de  frisoun  her- 
bette  aux  boucles,  valisneria 
spiralis  V,  115.    V.  note. 

fron[t  s.  m.  (frontem)  front  I,  8. 
498.  II,  119  etc.;  en  front  de 
front,  en  ligne  rangée  I,  463. 

fronndo  (=  fonndo)  s.f  (fûndam) 
fronde  V,  286. 

fronnsi  v.  a.  (orig.  incertaine;  p.-ê. 
du  germ.  mnzel)  rider  VII,  398. 

fronnsimen  8.m.(deÌToxaìBÌ)fro7ice- 
ment  XI,  263. 

fronntas  s.  m.  (de  front  +  -ftceum) 
large  front  X,  429. 

fru  (=  fmch,  frot)  s.  m.  (fmctum) 
fruit  X,  380. 

fmchaio  (frechaio)  s.f.  (♦frix-ftlïa) 
viscères  VI,  586. 

fruchan,  alo  a.  (de  frucho  +  -alem) 
anhre  fruchan  arbier  fruitier 
vn,  617. 

frucho  s.f.  (*fractam  p.  frnctnm) 
fruit  I,  32.  XII,  76  etc.;  frucho 
madalenenco  figue  I,  27. 


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342 


GLOSSAIRE. 


friista  V.  a.  (f rustare) /rdZer,  ^' 

fleurer  V,  59.  132.   Vm,  160 

eic, 
fueio  «./.  (fîJlïa)  feuille  I,  50.  H, 

29  etc.;  récolte  des  feuilles  de 

mûrier  II,  346;    èstre  à  la  !. 

cueillir  ou  ramasser  la  feuille 

de  mûrier  H,  10. 
fugue  etc.  V.  èstre. 
fugi  V.  n.  et  a.  (*fiSglre  p.  fûgëre) 

fuir  II,  19.  464.  m,  434  etc. 
fuiado  s.f.  (»fÔlïfttam)  feuilUe  U, 

174. 
fum  s.  m.  (fumum)  fumée  IV,  385. 
fuma  tJ.  a.  (fumare)  fumer  VIII, 

368;  fuma  li  mauvo  être  enterré 

XII,  106. 


fura  v.  a.  (fSrSre)  miner  H,  398. 
fuma   V.  a.  (*ftlrnare,  de  fûrniu) 

fouiller  (propr.:  dans  un  four) 

n,  207.  m,  93. 
furour  s.  f  (f ûrorem)  fureur  IV, 

386.  Vin,  380  etc. 
fus  s.  m.  (fusum)  fuseau  I,  108. 
fusa  V,  n.  (*fusare,  fréqu.  de  fûn- 

dëre)  s'écouler  1, 294  ;  fUer  Vm, 

147.  IX,  381;  siller  XI,  188. 
fusteja  V.  n.  (^stlcare)  travailler 

(le  bois)  XII,  80. 
fustiô  s.  m.  (♦fustSrïum,  fabrum 

lignarium,  Du  C.)  charpentier 

XI,  24. 
fusto   s.  f  (*fu8tam  p.  fustem) 

poutre  VI,  606. 


G 


gàbi  s.  f.  (cSvëam)  gabie,  hune  I, 
219. 

gabian  s.  m.  (de  gàbi)  goéland  I, 
212.  VIII,  229.  X,  68.  425. 

gabié  s,  m.  {de  gàbi)  gabier,  homme 
sur  la  hune  I,  220.  222. 

gabinous,  o  a.  {du  s.  gabin  humi- 
dité du  sol,  b.'lat.  gabinum,  Du 
a,  de  càvëam)  humide  Vn,  298. 

gàbio  s.f.  (càvëam,  cp,  gàbi)  cage 
II,  220. 

gafa  V.  n.  (=  gasa,  vpr.  guasar, 
lot.  '^vadare,  vadëre,  sous  Vin- 
fiuence  du  germ.  watan)  guéer 
—  marcher  dans  Veau,  les  jam- 
bes  nues  IV,  455. 

gaf 0  s.  f.  {vpr.  gab ,  du  vnord. 
gabb  raillerie)  ô  gaf  o  !  oh  équi- 
pée/ IX,  15. 

gagna  v.  a.  {du  germ.  waidanjan) 
gagner  I,  404.  IV,  435.  IX, 
323. 


gai,  0  a,  {p.'é.  du  germ.  gàbi)  gai,  e 

I,  166.  n,  27.  311.  IIL  113  etc. 
gaiamen   adv.  {de  gai)  gaiement 

ni,  210. 
gaiar[d,  o   a.  {du  germ.  waflen, 

vfr.  galer   +  st^ff".  germ.  hard; 

cp.  Kôrt.  3562)  vigoureux,  gail- 
lard m,  8.  V,  290. 
gaiarde[t,  o   a.  {dim.  de  gaiard) 

sain  et  sauf  XII,  254. 
gaieta  s.f.  {de  Vadj.  gai  +  ïtstem) 

gaieté  IH,  38a 
gaire  adv.  {du  vha.  weigaro)  guère 

1,7. 
galagu  s.  m.  {du  v.  gala  +  gu,  gns, 

mot   d'argot  p.   ventre)  goulu, 

goinfre  V,  214. 
galaD[t,  0  a.  {de  gala,  v.  galo-bon- 

tèms)  beau,  gentil  H,  3. 69.  m, 

294. 
galantoun,  o  a.  (de  galant)  beau, 

gentil  II,  92.  232  eU. 


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GL088AIBE. 


343 


galapastre  s.  m.  {du  v.  gala  + 
pastre)  oiseau  gui  réjouit  les 
pâtres  m,  326. 

galarié  «./.  (cftlttrïam)  galerie  Yl, 
546. 

galeja  v,  n.  et  a.  {de  gala)  plai- 
santer I,  275.  in,  295. 

galejado  s,  f.  {s,  p.  de  galeja) 
raillerie  lÙ,  43. 

galejaire  s.  m.  {de  galeja)  railleur 
VI,  67. 

galejarèn,  ello  o.  {de  galeja)  rail- 
leur, euse  III,  366. 

galejonn  {■=  gallechoan)  s.  m.  {de 
gallmn  coq)  héron,  hihoreau, 
oiseau  échassier  X,  72.  V,note. 

galèro  «./  (♦cfilarïam,  du  gr,  xâlor 
bois,  navire)  galère  I,  269. 

gale[t  s.  m,  (or,  inc.)  gorge,  gosier 
V,  185. 

Galiço  s.  /.  (Galliciam)  Galice, 
province  d'Espagne  V,  187. 

Galilèio   s,  f.  (Gàlïlœam)  QaliUe 

XI,  23. 

galino  s.  /.  (g&lllnam)  poule  YI, 
210.    r.  note, 

galis  {languedoc.  agalis)  s.  m,  (or. 
inc,)  ligne  oblique,  diagonale, 
talus  II,  273;  regard  de  galis 
regard  oblique  III,  397  ;  en  galis 
obliquement  III,  339. 

galo-boD-tèms  s,  m,  (=  qui  se  ré- 
jouit du  bon  temps;  le  v.  gala 
prob.  du  germ,  geilî)  viveur, 
garnement,  drôle  H,  143. 

galoi,  0  a,  {du  v.  gala)  goguenard, 
joyeux  I,  323.  n,  458.  IX,  236. 

XII,  215  etc, 

galo[p  s,  m.  {s.  V,  de  galoupa)  ga- 
lop IV,  220. 

galoupa  V,  n,  {du  germ.  ga-hlanpan 
courir)  galoper  V,  389. 


gàmbi,  0  a.  {b,-lat,  cambnm  in- 
flexam,  tortuDsoin,  Du  C;  du 
rad,  celt,  camb-)  tortueux  Vin, 
349. 

gancbello  s,f,  {du  germ.  wankjan 
chanceler,  cp.  le  fr.  ganchir) 
mazette,  haridelle  II,  153.  V, 
215. 

gancherle,  o  a.  {cp.  ganchello) 
tortu,  e  VI,  487;  éclopé  Vm, 
417. 

gandar[d  s.  m.  {du  v.  gandi  + 
suff'.  hard)  batteur  de  pavé,  vau- 
rien n,  392. 

(se)  gandi  v,  a.  et  r,  {du  germ, 
wandjan)  (sej  sauver,  pousser 
ses  pas,  se  lancer,  s'acheminer 

IV,  242.  VI,  75.  IX,  214.  XI, 
236.  507. 

gandolo  s.f.  {de  Vit.  gondola,  qui, 
selon  Dz.,  vient  du  gr.  novâv 
vase)  ruisseau  de  rue  II,  120 

gansonia  (=  ganciha  etc.)  v.  n.  et 
a,  {vpr.  gancillar,  de  ganchir, 
germ.  wankjan)  agiter,  vaciller 

V,  436.  VI,  21. 

Gantènme  n.  d*h.  {du  germ,  Gant- 
helm)  nom  d'une  noble  famille 
provençale.    V.  m,  240  Faneto. 

gara  {=--  garach)  s.  m.  (vÇrvàctnm, 
du  V.  vërvàgëre  défricher)  gué- 
ret,  champ  non  ensemencé  IX, 
92.  311. 

se  gara  v.  r.  {du  vha.  warôn  ob- 
server, prendre  garde)  se  ranger, 
s'écarter  VI,  266.  X,  300. 

garagai  s.  m.  {de  garach  ?)  gouffre, 
abîme  V,  455.  XI,  157. 

Garamaudo  (=  Garamanlo,  Gara- 
macho)  s.  f.  {de  l'esp.  caranta- 
maulo  masque  hideuse,  or,  inc.  ; 
ou  de  Karamandas,  chef  gaulois 
qui    vint    assiéger    Marseille?) 


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344 


GLOSSAIRE. 


{ 


Garamaude,  être  imaginaire  dont 

on  fait  peur  aux  enfanta  VI, 

451.    F.  note. 
garanço  s.  /.  (de  *gnSr&ntîam,  du 

vha.  wërên  garantir;  cp.  Kôrt, 

8630)  garance  IX,  88. 
garbeironn  s,  m.  (de  garbo)  petite 

meule  de  gerbes  en  pyramides 

IX,  132.  196. 
garbejaire   s.  m,  {du  v,  garbeja, 

de  garbo)  ramasseur  de  gerbes 

III,  5. 

garbello  (=  courbello)  s,  f,  (c5r- 
bïcûlam)  corbeille  XII,  344. 

garbiero  s.  f  {de  garbo  +  -ërïam) 
meule  de  gerbes  VIH,  341.  383. 
IX,  144. 

garbo  s,f,  (du  vha.  garba)  gerbe 

I,  118.  IX,  125.  132  etc. 
Garcin  n.  d*h.  Oarcin,  poète  pro- 
vençal VI,  80.  F.  note. 

garçoun  s,  m.  (or.  inc,;  cp,  Kôrt, 

1656)  garçon  VI,  532. 
garda  v.a.  {du  germ.WB.Taon)  garder 

II,  62.  III,  262.  XI,  94.  493  eU. 
gardaire  s.  m.  {de  garda)  gardien 

VII,  384. 

gàrdi  s.  f  {b.'lat.  gardiam,  de  gar- 
da) garde  s.  f.  à  la  gardi  de 
Nosto-Damo,  de  Dieu  VI,  363. 

VIII,  322. 

gardian  s,  m.  (♦gardïfinum,  de 
garda)  gardien  IV,  19. 198.  VIII, 
364.  381  etc. 

gardianonn  s.  m.  {dim.  de  gar- 
dian) aide-gardien  VIII,  381. 

gardo  s.  f.  (s.  v.  de  garda)  garde  f. 

IV,  51;    se  donna  gardo  pren- 
dre garde  II,  221.  V.  428. 

gardo  s.  m.  {id.)  garde  m,  ;  gardo- 
vaco  s.  m.  racket'  V,  29. 

gardo-raubo  s.f.  garde-robe  VIII, 
54. 


Gardoon  s.  m,  (Vardonem)  le  Gar- 
don on  Gard,  rivière  du  Langue- 
doc, affluent  du  Rhône  V,  273. 
V.  note. 

gargamello  s,  f,  (Sun  rad,  onom, 
gw-g»  gorg,  cp.  le  fr.  gargouille, 
gargariser  etc,)  gorge  Xn,  169. 

gargassonn  s,  m.  {id.)  gosier  YUj 
262. 

gargato  *./.  (id,)  gosier;  à  la  gar- 
gato  à  la  regaktde  III,  25. 

gari  V,  a.  (du  goth,  warjan  mettre 
en  sûreté)  guérir  XI,  325.  XII, 
96.  199. 

garni  v.  a.  (du  germ.  wamjan) 
garnir,  préparer  1, 160.  III,  253. 
Vni,  260. 

garramacbo  (=  garamacbo).  s.f. 
(Cp,  Vesp.  guadamaci  et  gorro- 
mazos  grandes  bottes  à  l'écuyère, 
de  la  ville  tripolitaine  de  Ga- 
damesj  cp,  Kôrt.  1527)  itouseau 
VII,  151. 

gàrri  s.  m.  (suivant  Nigra,  Arch. 
gl.  XIV,  278,  ce  mot  doit  Hre 
comparé  au  fr.  jarce,  jar,  jars, 
jard  [or.  inc]  long  poil  dur  et 
luisant  à  la  superficie  des  peaux 
de  castor  etc.  U animal  a  reçu 
son  nom  des  longs  poils  qu^U 
porte  à  son  museau.)  gros  rat; 
noum  d'un  gàrri,  juron,  nom 
d'un  rat  I,  437. 

garrigauLd,  o  a.  et  s.  (de  garrigo) 
de  la  lande  \IJI,  200;  habitant 
de  la  lande,  solitaire  m.  VIII, 
241. 

garrigo  s.  f.  (vpr.  garric  chêne, 
b.-lat.  garrigam,  p.-ê.  du  celi. 
gar  jambe;  cp.  Kôrt.  3600)  ga- 
rigue,  lande  oil  il  ne  croît  que 
des  chênes-nains  I,  346.  IX,  279. 
xn,  317. 


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GLOSSAIRE. 


345 


^arrouìo  a.  /.  {s,  v.  de  garronia, 
kU.  *gàrrlil-iare)  querelle  VII, 
392. 

se  gasta  v,  r,  (vftstare)  se  gâter, 
tomber  en  corruption  X,  381. 

gan  8,  m.  et  f.  (gaudïnm)  joie  \1, 
108.  X,  239;  faire  gau  faire 
plaisir  ni,  78.  VI,  633  etc.;  avé 
gau  se  r^ouir  VII,  80. 

gan  s,  fit.  (g&llnm)  coq  II,  17. 

se  gaubeja  i7.  r.  (de  gàubi)  se  ma- 
nier avec  soin  I,  128. 

gànbi  s.f.  (du  vha.  garawi,  garwi 
ornement)  aisance,  dextérité, 
grâce  V,  50. 

gaadre  s,  m.  (or,  inc,)  ravin,  tor- 
rent II,  423.  XII,  184. 

gangno  s,/,  (càvînëam,  it.  gavig- 
na  ;  cp,  K'&rt.  1763)  propr.  glande 
salivaire  ;  Joue  VI,  644. 

ganlo  s,  /.  (du  /r,  gaule,  de  val- 
Inm,  ou  du  goth.  valus  bâton) 
bâton  VII,  530. 

gansi  V.  a.  [de  gaudëre)  user  Vin, 
61. 

gantas  s./,  (de  gauto  -I-  -Scëum) 
soufflet  V,  252. 

gauto  s.f.  (gàbàtam)  joue  1, 123. 
168.  II,  170  etc, 

gavàrri  s.  m.  (or.  inc)  javart, 
tumeur  dure  et  douloureuse-  qui 
vient  aux  pieds  des  chevaux  et 
des  boeufs  VU,  341. 

gavello  s,  f  (or,  inc,  prob.  celt.) 
javelle,  faisceau  d^épis  VII,  97. 
IX,  122. 

gavèu  s,  m.  (forme  masc.  de  gA- 
YeWo)  javelle  de  sarment  VI,  315. 

gaTo[t,  0  a.  et  s.  (de  la  ville  de 
Gap,  ^^.  Vapincum)  montagnard 
IX,  185.  IV,  38.    Vog.  note. 

gèino  s,  f,  (gëhennam  enfer  des 
Juifs)  gêne  lU,  216. 


geinoun  (TW^.  :  geinoui,  geinous, 
geinouioun)  s.  m.  (de  '^gënûcti- 
lum)  genou  I,  496.  II,  445.  IX, 
126.  354  etc.;  d'à-geinoun  à  ge- 
noux X,  282. 

gème  s.  m.  (s.  v.  de  gémi)  gémis- 
sement V,  384. 

gémi  V.  n.  (de  gSmëre)  gémir  II, 
278.  IX,  388.  Xn,  101. 

gença  v.  n.  (du  kU.  gî?miscÇre) 
gémir  XI,  265. 

gendre  s.  m.  (gÇnërum)  gefidre  IV, 
283. 

genèbre  s.  m.  (JQnïpërum)  genièvre 
XI,  450. 

generacioun  s.  f.  (gënëritïonem) 
génération  VII,  395. 

generau,  alo  a.  et  s.  m.  (gënëralem) 
général  IV,  133. 

genèsto  s,f  (gënïstam)  genêt  III, 
15. 

gens  =  ges  (v.  c.  m.)  VI,  533.  XII, 
124. 

gènlt  a)  8.  f  au  sgl.,  b)  m,  et  f 
au  pi.  (gentem;  gentes)  a)  race 
VI,  269;  ~  b)  gens  II,  16.  X, 
2.  Xr,  281;  parents  III,  189. 
269.  VII,  66. 

gènlt,  0  a.  (genïtum  bien  né)  gen- 
til, le  I,  142.  III,  184.  IX,  7. 

gerlo  s.  f.  (de  l'arabe  djarrah  vase 
â  eau)  jarre,  amphore  III,  3. 
VIII,  405. 

germe  s.  m.  (germen)  germe  III, 
97;  végétation  X,  55. 

ges  (=  gens)  adv.  de  nég.  (gênùs) 
point  I,  475.  482.  II,  111  etc. 

(se)  gibla  v.  a.  etr.  (♦gïbber-ftre, 
de  gïbbërem)  a)  v.  a.  ployer, 
courber  V,  173.  VU,  283;  river 
VI,  323.  b)  V.  r.  se  tordre  XI, 
244. 


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346 


GLOSSAIRE. 


gibo  8.  f.  (♦gïbbam  p.  gïbbum) 
bosse  ;  faire  gibo  faire  ttne  in- 
flexion,  bossuer  III,  174.  IX, 
314.  Cà  l'horizon)  XI,  53. 

gigaD[t  «.  m.  (gïg&ntem)  géant 
Vm,  175. 

gimèrri,  gimerre  s.  w.  (prob,  de 
chimsera,  cp,  Dz.  622,  K'ôrt.  4489) 
jumart  VII,  440. 

gingonla  v,  n,  (du  germ,  jange- 
lôn  aboyer^  cp.  le  tfr,  jangler, 
vpr,  janglar  railler)  se  lamen- 
ter, gémir  y  n,  82.  X,  178.  XI, 
10.  131  ;  glapir  VII,  544. 

gingoulamen  s.  m.  (de  gingonla) 
gémissement  VI,  378. 

gipas  s.  m.  (de  gip  gypse,  lat,  gyp- 
sum)  plâtras  V,  448. 

giscla  V.  n.  (orig.  incertaine)  jaillir 
n,  357.  XI,  210.  423. 

glàri  s,  m,  {de  gládïum?  qp.  es- 
glaia,  esglàri)  lutin,  spectre  III, 
193.  IV,  190.  IX,  365. 

glas  s.  m.  (♦glàcïum)  glace  ^  gla- 
çon III,  436.  VI,  263.  XII,  353. 

glavas  s,  m,  (de  lavare?)  pluie 
torentielle,  masse  liquide,  lavasse 
IV,  322.  V,  528. 

glèiso  s,  /.  (ëcclësïam)  église  I, 
356.  368.  II,  216  etc. 

glenaire  s.  m.  (de  glena,  b,-lat. 
glenare,  glanarep.  le  /af  .grsnare) 
glaneur  U,  460.  IX,  193. 

glenarello  s.  f.  (de  glena)  glaneuse 
IX,  141. 

gleno  s.f.(s,v,de  glena)  ^Zane  IX,143. 

gloio  f?.  glòri. 

glòri  s./,  (glorïam)  gloire  I,  11. 
485.  VIII,  302.  X,  340.  343  etc. 

gnarro  s.  m,  (ignârum)  valet  de 
ferme  VII,  285. 

gofe,  0  a.  (♦gufhim,  or.  inc.)  bouf- 
fant, gonflé  II,  292. 


gorgo  s,f.  (gûrgam)  gorge,  gueule, 

lit  d'un  ruisseau  H,  316.  Vn, 

386.  VIII,  248. 
go[t  s,  m,  (gûttmn)  verre  I,  193. 

203.  n,  356. 
gooissa  V.  n.  (du  s.  m.  goni  peine^ 

douleur,  cp.  le  lat.  vae,  le  vha. 

wai,   l'it.  gaai)  gémir,  pleur- 
nicher m,  69. 
goulo  s.  /.  (gùlam)  gtieuls  VI,  529. 
gonma  v.  n.  (de  goumo)  refluer, 

se  dégorger,  (propr.  en  parlant 

de  la  sève  d'une  planU)  V,  191. 
goumo  s.  f.  (gnmmam,  gummi) 

gomme  HT,  513. 
(se)  gounfla  v.  n,  et  r.  (cOnflare) 

gonfler  V,  17.  IX,  283.  X,  26. 

166.  —  se  gonfler  XI,  127. 
gounfle,  0  a.  (♦cî>nfl[ftt]um)  gonflé, 

bouffi  V,  366.   vm,  130.  IX, 

9  etc. 
goonfleja  v.  n.  (de  gounfla)  renfler 

Ii;  237. 
gounflige  s.  m.  (*cDnfligïum  p.  con- 

flictum)  sanglot  (propr.:  gonfle- 
ment) XII,  245. 
gounfluge  s.  m.  (id.)  bouffissure 

X,  361. 
gourbelin  s,  m.  (dim.  de  côrbenir 

♦corbûlaum)  corbillon  m,  290. 
gourbihaire   s.  m,   (de  gourbih» 

faucher,  v,  gonxhïho)  faucheur 

VII,  262. 
gourbiho  s.  f.  (de  gourb,  laU  ctir- 

vum,  +  -ïlïa)  fauciUe  VII,  207. 
gourbin  s.  m.  (de  gorbo,  laL  c5r- 

bem)  manne,  corbeille  VIII,  307. 

XII,  7. 
gour[g  s.  m.  (b.-Ust.  gorgam  y- 

gûrgïtem)  gouffre  d'eau  VlHr 

336.  398.  XI,  95. 
gourgarèu  s.  m.  (de  gourg  +  -i^^' 

lum)  couloir,  gorge  VI,  231. 


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0L0B8AIRE. 


347 


gonnìn  a.  m.  (p.-l.  du  goth.  gann 
a/fligéy  cp.  le  vfr,  gourrer  tromr 
per,  voler)  vagabond  ^  libertin 

V,  287.  XI,  301. 
goarrineja  r.  n.  (de  gonrrin)  vaga- 
bonder V,  182. 

gouslt  8.  m.  (gûstum)  goût  IV,  282. 

gonsta  V.  a.  et  n.  (gtlstare)  goûter 
ni,  516;  8.  m.  le  goûter  VII, 
p.  139. 

gonstado  s,  /.  («.  p.  de  gonsta) 
goûter  8.  m.  VII,  240. 

goustous,  0  a.  (gûBtósum)  savour- 
eux, se  Vin,  207. 

Gòult  (=  Agòult)  n.  de  l  Ooult, 
AgouU,  village  du  département 
de  Vaucluse  IX,  211.  Voy.  note. 

gouvèr  8.  m.  (gûbëmum)  conduite 
Vn,  72. 

gonyernamen  «.  m.  (du  /r.  gou- 
vernement, lat.  ♦gùbern-a-mën- 
twoi)  gouvernement,  royaumeYll, 
322. 

gràci  #./.  (grfttïam)  grâce  IV,  119. 
Xn,  68.  230;  dire  li  gràci  dire 
les  grâces  VII,  324.  XI,  335. 

grafigna  v.  a.  (*gr&phTnëare,  de 
grâphïam  poinçon)  égratigner 
II,  260;  de  grafignado  locadv. 
à  coups  de  griffes  VI,  454. 

graile  s.  m.  (grftcïlem  grêle,  p, 
rapport  au  son)  clairon  IX,  310. 

graio  s.  f,   (gr&cûlam)   corneille 

VI,  209. 

gramaci  s.  et  adv,  (du  fr.  grand 
merci,  du  lat.  grandëm  mërcSd- 
em)  grand  merci;  faire  soun 
gramaci  rendre  grâce  IV,  135. 

VII,  108. 

gran   s.  m.  (gr&nnm)  grain  III, 

357.  XI,  399. 
granado  s.f.  ("'gran-fttam,  de  gran) 

récolte  vn,  229. 


granld,  fém,:  grand  ou  grande, 
pi.:  a)  grand,  o,  b)  gràndi(8), 
c)  grands,  grande  a.  (gr&ndëm) 
grand,  e.  —  m.  sgl.  I,  4. 137  ;  /. 
sgl.  a)  grand  IV,  131.  VI,  538.  b) 
grando  I,  207.  Vin,  290.  XI, 
263  ;  pi  a)  grand  1, 91.  XI,  372  ; 
grando  X,  350.  b)  gràndi(s)  XI, 
227  (au  fém,).  c)  grands  I,  85. 

grand  s.  m.  grand-père  IV,  259. 
—  grand  s.  f.  grand'mère,  aï- 
eule I,  385. 

grand -bénre  s,  m.  {v.  grand  et 
bénre)  petit  repas  que  les  mois- 
sonneurs font  vers  10  heures  du 
matin  IX,  25. 

grandi  v,  n.  (gràndire)   grandir 

VI,  74.  X,  105.  262  etc. 
granesoun  s.  f  (♦gran  -  atïonem) 

grenaison  VII,  185. 

grapié  s.  m.  (du  v.  grapa  gratter 
la  terre,  racler,  d*un  rad.  germ, 
ou  celt.  grap;  cp.  KôH.  2234) 
criblure  VII,  521. 

grapin  s.  m.  (du  vha,  krapho  cro- 
chet) grappin  I,  242. 

gras,  80  a.  (cràssum)  gras,  se  VII, 
305. 

grasiba  v.  a.  {de  grasibo)  griller 

vni,  201. 

grasibo  s.  f,  (craticùlam)  gril  VII, 

249. 
graso  s.  f.  {vpr.  graza,  grasa,  de 

grádnm)  degré  XI,  357;   dalle 

VII,  445.  Vin,  257;   bloc  de 
pierre  XI,  40. 

grau  (=  gras)  s.  m.  {de  gràdum) 
embouchure  (du  Rhône)  X,  21. 

gravacba  (=  grave eba)  v,  a,  {du 
germ.  krattôn?)  gratter,  égra- 
tigner IV,  234. 

gravadnro   s.  /.   {du  rad.  germ. 


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348 


GLOSSAIRE. 


grab-  +  -ataram)  trace  gravée 
XI,  494.    F.  note, 
grayiho  s,/,  {dim.  de  gravo)  grève 

V,  492. 

^avo  8.  f.  {du  celt.  gro  caillou) 
gravier  V,  178.  340. 

^e  (=  gréu)  8.  m.  {de  carelium, 
du  gr.  xàçvov,  Plin.:  caryum, 
cp,  Schuchardt,  dans  Gr.  Z, 
XXIII,  192  et  334;  cp.  le 
vfr.  grel,  le  port,  grelo)  germe, 
tendron,  bourgeon  VI,  199  ;  gre 
d'àpi  cœur  de  céleri  Vil,  585. 

^è,  grèco  a.  (graecum)  grec,  grec- 
que; fiò  grèfeu  grégeois  V,  171. 

Gregàli  (—  Gregau  ou  Grè)  s.  m. 
(♦graec-alifl)  vent  „greé^,  vent 
du  nord-est  II,  309. 

Gregòri  n.  rf'A.  (GrëgOrlum)  Gré- 
goire XI,  424.    F.  note. 

greia  (=  grêla,  grelha)  v,  n.  {du 
8.  gre,  r.  c.  m.)  germer  VII,  593. 

grelo  8.  /.  {du  vha.  grioz,  greoz, 
cp.  grès  ^fí)  grêle  f.  V,  284. 

VI,  124. 

grèpi  (=  grep,  gremp,  guerp, 
gnelp,  grup,  gurp  etc.)  s.  m.  {du 
V.  germ.  werpan,  cp.  lefr.  guer- 
pir)  onglée,  engourdissement  des 
doigts  V,  254. 

grès  s,  m.  {b.-lat.  ♦gresum,  du  vha. 
grioz  gravier)  grès;  champ  pier- 
reux XI,  7;  galet  VIII,  251.  IX, 
38.  392. 

grèu,  grèvo  a.  (♦grf'vem  p.  gravem) 
grave,  lourd  IV,  33.  XII,  89. 

gréule  s.  m.  {de  ♦gllrûlum,  p.  métha- 
thèse  grilûrum  de  gllrem;  cp. 
Thomas,  Bonu  XXVIII  [1899] 
p,  191)  greul  (v,  Sachs),  espèce 
de  rat,  loir  II,  34. 

gréule  s.  m.  {de  grâcïlem?  Cp.  le  vpr. 
graile)  souffle  haletant  II,  197. 


greva  v.  a,  (♦grgvare)  tourmenter 
II,  340. 

grignoon  (plus  correctem  :  garag- 
nonn)  s.  m.  {du  germ.  wranjo, 
cp.  Vit.  gaaragno)  étalon  IV,  231. 

grihe[t  s.  m.  {dim.  de  gnllmn, 
gryllum)  grillon  L  527.  IX,  M. 

Gripe[t  s.  m.  {du  v.  gripa  saisir, 
du  goth.  greipan)  Gripet,  Itdin, 
esprit  badin  souvent  serviable 

VI,  451.    F.  note. 

gris,  0  a.  {du  germ  gris)  gris,  e 

VIII,  213.  IX,  157. 

gros,  80  a.  (grSssom)  gros,  grand 

I,  293.  371.  III,  59  etc. 
gros  s.  m.  {id.)  aa  gros  de  la  caloar 

au  gros  de  la  chaleur  L  344. 
grouman[d,  o  a.  {du  vnord.  gonnr 

bouc,  cp.  Dz.  SOI,  KM.  3719) 

gourmand,  e  IV,  64. 
grounsello  s.  /.  {du  fr.  groseille, 

qui  vient  de  ValU  kraas[beerel. 

krâu8el[beere])  groseille  I,  332. 
se  groupa  v.  r,  {d'un  type  germ. 

ou  celt.  krupp  nœud,  cp.  Dz. 

174  s.  groppo)  se  grouper;  se 

mettre  au  travail  I,  117. 
grùpi  s.f.  {du  germ.  krippjft)  crèche 

IX,  291. 

gueira  v.  a.  {du  germ.  warôn)  guet- 
ter II,  460. 
guerrié  s.  m.  {de  guerro)  guerrier 

VII,  449. 

guerro  s.f.  {du  germ.  werra  que- 
relle) guerre  I,  266.  282.  IX, 
135  etc. 

guèspo  s.f.  (vëspam)  guêpe  II, 
176.  X,  88. 

guèto  s.  f.  {p.-ë.  de  vëstem,  cŷ. 
Scheler  ;  et  Kdrt.8590)  Dernière- 
ment Nigra,  dans  VÁrch.  gìott 
XIV,  365,  a  expliqué  Tii.  ghetto 


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GLOSSAIRE. 


349^ 


par*g&)àìtA,  de  gajda,  le  lom- 
bard gaida,  pointe  de  lance  qui 
doit  marquer  la  forme  du  coin, 
chanteau  ou  poignard  qui  se 
trouve  dans  les  guêtres;  cp,  le 
rapport  qu'il  y  a  entre  /'tï.ghiera 
flèche,  du  vha.  gêr,  et  gherone 
chanteau,  Dz.  s,  v.  ghiera  375) 
guêtres  IV,  108. 
gnigno-co  s.  m.  (de  gaigna  remuer, 
hocher,  d'or,  germ.,  p.-ê.  de  wink- 
jan,  et  de  co,   v.  c.  m.)  guigne- 


queue,  hoche -queue  (Motacilla 

alba)  III,  329.  IX,  98. 
(se)  guinda  v.  a.  et  r,  {de  Vall. 

winden)  (se)  hisser  V,  670. 
guiso  s.  y.  {du  germ,  wîsa)  guise,^ 

manière  FV,  248. 
gumo  s./,  {de  l'arabe  gommai,  cp. 

Vit.   gomena)   câble  de  l'ancre 

IV,  230. 
gus  s.  m.  (or,  inc.)  gueux  Vil,  422. 
gusas  s.  m.  {péjor.  de  gus)  scélé- 

raty  gros  gueux  V,  218. 


ha!  ha!  int  ah/  ah/  I,  257. 
ho,  hou  !  int,  {de  douleur,  d'étonné- 

ment,  d'appel)  oh/  I,  50.  GS,  84. 

92. 
hoï!  int.  quoi/  I,  259.  VIII,  288. 
hoï-ve  !  interj,  qui  marque  l'éton- 


nement  {de  hoï  +  ve,  lat.  vide)' 

oh  voyez/  VI,  626. 
hopo!  hopo!   int.   (cri  qui  sert  à 

exciter)  hop/  hop/  V,  401. 
houi!  int.  (exprimant  la  terreur)' 

ho/  II,  260. 


I  n.  de  l.  (Hypeam,  b.-lat.  Iphïum) 
If,  île  près  deMarseille;ioxi  castèu 
d'I  le  château  d'If,  construit  par 
François  I.  III,  161.  V.  note. 

i,  is  (=  à  li,  à  lis)  V.  lou. 

idèio  s,f  (ïdëam,  du  gr.  ISéa)  idée 
m,  268. 

idolo  s.  f  (idolum,  du  gr.  êïâwXov) 
idole  XI,  254.  264.  288. 

ié,  i'  adv.  de  lieu  et  pronominal, 
servant  de  régime  indir,  (datif) 
aux  pronoms  pers.  atones  Supers, 
sg.  et  pi.  (ïbl,  et  en  même  temps 
des  anciennes  formes  li,  lui,  liei, 
lot.  •ïlli,  *illui,  *ill8ei)  a)  luiy  leur 
n,  22.  57.  209.  218.  IV,  401. 
XI,  247  etc.;  b)  y  I,  355  etc.; 
i'a  il  y  a  I,  58.  84  etc. 


iero  s.  f.  (arëam)  aire  s.f  I,  78.. 
Vm,  340.  IX,  199  etc  ;  au  tèms 
dis  i.  au  temps  oit  les  aires  sont 
pleines  VII,  284. 

iéu  pr,  pers.  1^'  pers.  sg.  (ëgÔ) 
moi,  je  I,  5.  29.  93.  436  ;  iéu- 
meme,  o  moi-même  VUI,  27. 

ile  s.  m.  (lllïum)  lis  m.  VIII,  135. 
X,  404. 

imbrandable,  o  a.  (ïn  +  ♦brand 
[cp.  brandi]  +  -abïlem)  inébran- 
lable V,  270. 

ime,  0  a.  (*[b]ïmïdum  p.  hnmïdum) 
humide  XI,  4. 

imita  V.  a.  (*ïmïtare  p.  imitari) 
imiter  V,  52. 

implacable,  o  a.  (ïmpl&cSbîlem) > 
implacable  X,  148. 


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550 


GLOSSAIRE. 


implonra  v.  a.  (ïmptôrare)  implorer 
XI,  217. 

impourton,  o  a.  (Tmportanam)  dé- 
favorable  VH,  289. 

imprudent,  o  a.  (împradëDtem) 
imprudent,  e  VI,  504. 

impur,  0  a.  (ïmptlrum)  impur,  e 
YI,  396. 

inatentiéu,  ivo  a.  (ïn  +  atentiéu, 
r.  c.  «t.)  inattentif,  ve  Vin,  316. 

inde  (indo)  s,  m.  {de  hydrïam,  cp. 
Vit.  idria,  et  Veap,  hidria)  aigui- 
ère, cruche  à  bec  et  à  anse,  en 
cuivre  étamé  VII,  260. 

Indo  8.  f  (Indïam)  Inde,  Indes 
in,  430. 

infâme,  o  (ïn-f5mem)  infâme  Vn, 
461. 

inîèr  s.  m,  flnfernum)  enfer;  Tlnfer 
s.  m.  V Enfer,  lieu  sauvage  près 
des  Baux  VI,  150.  XI,  151. 

infernau,  alo  a.  (infërnftlem)  in- 
fernal, e  VI,  231. 

injust,  0  a.  (ïnjustum)  injuste  III, 
216. 

inmateriau,  alo  a.  (immSfêrTalem) 
immatéHel  IX,  172. 

inmènse,  o  a.  (ïmmënsum)  immense 
IV,  39.  Vin,  170.  X,  53  etc. 

inmoubile.  o  a.  (ïmmobïlem)  im- 
mobile V,  267.  Vin,  124.  X,  317. 

inmoula  v,  a,  (ïmmôlare)  immoler 
XI,  342. 

inmourtau,  alo  a.  (ïmmortslem) 
immortel,  le  I,  32. 

innoucènci  s.f.  (ïnnôcentïam)  in- 
nocence II,  131. 

innoucèn[t,  o  a.  et  s.  (ïnnôcëntem) 
innocent,  e  X,  157. 

innoucentoun,  o  a,  et  s.  {de  in- 
noucènt)  jeune  innocent,  e;  in- 
génu, e  XII,  104. 


innoumbrable,  o  a.  (în-nûmeiftb- 

ïlem)  innombrable  IV,  87. 
inounda  v.  o.  (In-tindare)  inonder 

VI,  105. 
intra   v.  n.  (ïntrare)  entrer  El, 

485.  IV,  235.  IX,  360  eU, 
intrépide  v.  entrepide. 
inutile,  o  a.  (în-tltîlem)  inutile  H, 

386. 
invesible,  o   a.  (ïnvïsibïlem)  in- 

visibU  V,  442. 
invonlountàri,  o  a.(Tn-y91tlnt&rTQm) 

involontaire  IX,  345. 
iòu   s.  m.   (*Ôvum)   œuf  II,  250. 

IX,  25. 
Ipoudrom  s,  m.  {du  gr,  InnoSçofioç) 

VHippodrome  (d'Arles)  XI,  231. 
iro  s,  f  (iram)  colère  V,  160. 
iruge  s.  m,  (hlrudïnem)  sangsue  I, 

351.  X,  360. 
isclo  s.f  (insQlam)  ÍU^,  19.Xr,496. 
ispira  V.  a.  (ïnsplrare)  inspirer 

XI,  65. 
isso  !  int,  qui  sert  à  exciter:  allez! 

VI,  266. 
ista  (=  esta)  v,  n.  (stftre)  être,  rester 

VIII,  103.  XI,  132.  Xn,  200. 
Italio,  ItàU   s.  f.  (Itàlïam)  Italie 

I,  420. 
iue  (=  uei)  s.  m.  (ôcûlum)  ceUl, 

270.  523.  533.  II,  101  eU. 
iuei  adv.  de  t.  (bôdïg)  aujourd'hui 

m,  142.  XI,  218  etc, 
ivèr  s.  m,  (bïbërnum,  sciL  tempos) 

hiver  I,  83.  537.  IV,  24  etc 
iverna  v.  n.  et  impers,  (hïbernare); 

iverno  il  y  a  Vhiver  IX,  292. 
ivernage   s.  m.  (♦htbëm-âtïcuni) 

hivernage  IV,  65. 
ivernen,  co  a.  (♦hïbëm-incum)  hi- 
vernal IV,  40.  IX,  95. 
ivemouge,  o  a.  {de  hïbëmum)  hi- 
vernal II,  51. 


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GLOSSAIRE. 


361 


jabo  1  int,  qui  marque  le  contente- 
ment: (jftm  bônum!)  soit/  suffit/ 
Tant  mieux  /  plòure  à  jabo  pleu- 
voir à  verse  X,  82. 

jacudo  s./,  {s,  p.  de  jaire,  v.  c. m.) 
accouchée  s.  f.  X,  364. 

jai  (=  gai)  s,  m.  {du  vha.  g&hi 
prompt,  vif)  geai,  oiseau  II,  103. 

jaire  v,  n,  —  Gr.  §  108  p.  156  — 
(♦jàcëre)  gésir  X,  85.  VIII,  136. 
Xn,  2VÒ\p.pr,  jasent  VI,  637. 

jalèbre,  o  (=  gelèbre,  o)  a.  (gg- 
Iftbïlem,  de  gëlare)  froid,  e  VI, 
263. 

jaleiroun  (=  geleiroun)  s.  «t.  {de 
gela,  lai.  gëlare)  glaçon  VI,  542. 

jalons,  0  a.  (zëlDsum)  jaloux,  se 
I,  294. 

jalousie  s.  f.  {de  jalons  +  -lam) 
jalousie  XI,  329. 

jamai  adv.  (jàm  mSgis)  jamais  I, 
237.  295.  330.  352  etc. 

jambin  s.  m.  {de  jambo,  lat,  gim- 
bam)  nasse,  filet  XH,  3. 

Jan-Batisto  n.  d'h.  (Jobannes 
Baptista)  Jean-Baptiste  I,  362. 

Jan  de  rOnrse  n.  d*h.  Jean  de 
l'Ours,  espèce  d'Hercule  pro- 
vençal V,  198.    V.  note. 

Jano-Mario  n.  d^  f  (Jobannam 
Manam)  Jeanne-MaiHe  III,  37. 

japa  V,  n,  (onom.)  japper,  aboyer 
VI,  384. 

Jaque  «.  d*h,  (Jacobum)  Jacques 
XI,  39. 

jardin  s.  m.  {du  goth.  gardo,  ail. 
garten)  jardin  VI,  94. 

jargo  s.f  (sërîcam,  *s5rïcam  <fio/e 
de  soie;  cp.  Vesp,  jergo)  man- 
teau m,  340. 


jas  s,  m.  {Jb.-lat.  jassînm,  Du  C, 

de  jâcere)  litière  lH,  63. 
jasent  V,  jaire. 
jasso  s,f.  {/ém.  de  jas)  bercail  Y, 

352. 
jaune,  o  a.  (gàlbïnum)  jaune  VI, 

411. 
jaunuro  s.  f.  {de  jaune  -f  -uram) 

étendue  jaune  (des  champs  de 

blé)  VII,  198. 
jaussemin  s.  m.  {du  persan  jâse- 

mîn)  jasmin  H,  434. 
Jerusalèn  n.  de  L  (Hîërûsàlem  p, 

flfêrQs5lŷmam)    Jérusalem   X, 

363.  XI,  3.  N 

Jèsu  s,  m.  (Jssum)  Jésus  U,  221. 

XI,  59.  170  171. 
jin-jin  int.  (onom.  qui  imite  le  son 

des  cuivres)  VI,  372. 
jiLt  s.  m»  {s.  V,  de  jita)  jet  s.  m,  X, 

348. 
jita  V,  a,  (jàctare)  jeter  I,  105. 

379.  II,  32  etc. 
jitello  s,f.  (*jactëllam)  jet  d'arbre, 

pousse,  rameau  I,  25.  II,  281. 

xn,  75  etc. 
jo  s.  m.  (jôcum)  jeu  X,  308. 
joio  s.  f  (gaudïa)  a)  joie  II,  189. 

V,  64.  IX,  248  etc,  b)  pHx  I, 

404.  486.  IX,  323. 
joto  (=  joueto,  jouât)  s,  f  (jû- 

gâta)  joug  VIII,  20.  IX,  343. 
(se)  jouga  V,  n.  et  r.  (♦jôcare)  jouer, 

s'ébattre  U,  457.  VIII,  263.  390 

etc.  ;  V.  r.  se  jouga  de  se  jouer, 

se  railler  de  II,  374. 
jougarèu,   ello   a.  {de  jouga)  se 

jouant  IX,  142. 
jougne  V.  a,  et  n.  —  Gr.  §  109 

p.  161   —  (jûngëre)  joindre  I, 


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352 


OL088AIRE. 


449.  XII,  117;  p.  p,  joun,  cho 

joint,  e  I,  495.  VII,   410.  IX, 

426  etc. 
jongne  s.  m.  ftdO  corsage  H,  226. 
jouièu  s.  m.  (♦gaudïëllum)  joyau 

III,  220. 
jouine,  0  a,  (jûvënem)  jeune  1, 189. 

n,  163.  311  etc. 
jouinesBo  a,  /.  (jouine  +  -îtlam) 

jeunesse  I,  9.  511.  IX,  14  eic, 
joQÎneit,  0  a.  (joaine  +  -ittam) 

tout  jeune  II,  61.  III,  358.  X, 

311  etc. 
jouïssènço  s.  /.  (de  joui,  lat.  gau- 

dôre)  JoU  XI,  197. 
joim[c  s,  m,  (juncum)  JiwcVII,  42. 
jonncado  s.f,  (jounc  +  -atam)y(m- 

chaie  XII,  425. 
jouncas  s,  nu  (jounc  +  -Scëum) 

jonchaie  VI,  651. 
jounquiè  s.  m.  (*jtlnc-arïum)  jon- 
chaie IX,  399. 
jour  s,  m,  (dïûrnum)  jour  I,  43. 

62.  215  etc. 
Jourdan  s.  m.  (JordSnum)  le  Jou/r- 

dain  XI,  11.  313. 
joumado  «./.  (*dïûrn-fttam)yimr- 

née  VII,  508. 
Jóusè   d'Arimatio  n.  d'h,  Joseph 

d'Àrimathie  XI,  101. 87.  V.  note. 
jouveinett  (=  jouvenet)  s.  m.  (*jù- 

ven-ïttum)  jouvenceau  1 ,   432. 

Vm,  318.  X,  201. 
jouveineto  s.f.  (*jûvën-ïttam)you- 

vencelle  U,  110.  X,  17.  XII,  358. 
jouvènço  s,  /.  {du  fr,  jouvence, 

du  vfr.  jouvente,  lat,  jûvëntam) 

jeunesse,  jouvence  I,  2.  XII,  352. 
jouvènt   s,  m.   (jùvëntum)   jeune 


homme,  jouvenceau  I,  187.  II, 

224.  IX,  245  etc. 
jouvènto  s.  /.  (jûvëntam)  jeune 

fille,  jowoenceUe  H,  64.  BEI,  107. 

Vin,  435  etc. 
Judas  n.  d'h.  Judas  VI,  506. 
Judèio  s.  f.  (Judaeam)  Judée  X, 

323.  XI,  2.  22. 
juja  V.  a.  et  n.   (jadïcare)  juger 

I,  440. 
juge  *.  m.  (judïcem)  juge  X,  362. 
jun  s.  m.  (junïum)  juin  III,  109. 

vm,  211  etc. 
junchado  (=  jounchado)*./.  (*jnnfr 

tStam)  jointée,  les  mains  jointes 

VIII,  13. 

juncho  s.  f.  {s.  p.  de  jougne)  séance 

IX,  329;  paHie  de  la  journée 
pendant  laquelle  les  bestiaux  sont 
sous  le  joug,  travail  du  labou- 
reur IX,  425. 

junego  s.f.  (♦junecam  p.  jtinicem) 

génisse  II,  277.  IV,  20. 
jura  V.  a.  et  n.  (jtlrare)  jurer  I, 

427.  XI,  196. 
jusiòu,  jusiolo  a.  (♦jadïOlum)  juif, 

ve  VI,  612.  XI,  330.  XH,  174. 
jusque,  jusqu'à  prép.  (ùsquë  àd) 

jusqu'à  UI,  322.  X,  1. 
just(e),  0  a.  et  s.  (jtlstiim)  jusU 

VII,  90.  XI,  80  ;  lou  just  s.  tn. 

le  juste  Yïly  228;  —  coume  de 

juste  loc.  adv.  comme  de  raison 

IX,  223. 
just  adv.  (id.)  justement,  juste  l> 

110.  442.  II,  42  eu. 
juvenome,  jouvenome   s.  m.  (jû- 

vën[em]  \i^m\jiem)  jeune  homme 

XI,  271. 


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âLOdSAmB. 


353 


la  s.  m.  Gïcte  p.  Ittc)  lait  V,  217. 
Vin,  131.  IX,  857  etc. 

la,  r  devant  une  voyelle,  pr.  pers. 
3*  p.  sg.  rég.  dir.,  forme  atone 
(Ulam)  la,  V  I,  3.  16  etc. 

la  art,,  t?.  lou. 

labarido  (=  lavarido)  s,  /.  (de 
lava,  f».  c.  m,)  bourbe  XII,  348. 

labecbado  «.  /.  {de  labé,  labech 
vent  du  sud-ouest)  tempête  pro- 
venant d'un  vent  du  sud-ouest 
XI,  153. 

laberinto  s,  m.  (du  gr.  lafiv^iv^oç) 
labyrinthe  II,  387.    V.  note. 

laboura  v,  a.  (làborare)  labourer 
III,  162.  IX,  306. 

labouraire  s.  m.  (lâbOrStor)  labou- 
reur VII,  118.  VIII,  239.  IX, 
32  etc. 

labonriéa,  ivo  a.  {de  labour  + 
-Tvum)  labourable  VII,  302. 

labro  s,  /.  (kbra)  lèvre  II,  414. 

lacba  V.  a.  (♦lascare,  de  *lascum 
p.  laxum)  lâcher  II,  125.  XII, 
245. 

lacbasclo  s,f.  (de  lácttlcûlam)  tithy- 
maie  du  genre  euphorbe  VI,  457. 
IX,  4. 

ladre,  o  a,  (Lazamm)  ladre,  lé- 
preux XI,  28. 

lagadigadèu  int.  exprimant  la  joie, 
refrain  du  chant  populaire  de 
la  Tarasque  IX,  247. 

Lagalanto  n.  d'h.  Lagalante  I, 
417.    V,  note. 

lagramuso  s,  f.  flàcërtam  muror- 
um,  par  analogie  à  Vadj,  lagre- 
moas  larmoyant)  lézard-gris  des 
muraUles  II,  433. 


lagremaire,  o  a.  (♦làcrïm-atôr)  en 
larmes  XII,  37. 

lagremo  s.f.  (lácrïmam)  larme  VI, 
104.  VIII,  25.  IX,  228  etc. 

]abn[t  s.  m.  (de  Varahe  aPùd)  a) 
luth;  b)  tartane  (qui  rappelle 
la  foi'me  du  luth  par  la  dispo- 
sition de  ses  cordages  X,  25. 

lai[d,  0  a.  {du  germ.  laid)  laid,  e 
II,  80.  IIL  60. 

laire  s,  m,  (làtro)  voleur  VI,  458. 
IX,  20. 

laisse  etc.  v.  laissa. 

laisso  s.  f.  {s.  V.  de  leissa)  chose 
laissée  par  testament  XII,  67. 

laleja  v,  n.  {de  làllare)  gazouiller 
II,  316. 

lambmsco  s.f,  (labmscam)  vigne 
sauvage  III,  236.  X,  32. 

lamentable,  o  a.  (Ismëntabîlem) 
lamentable  XII,  199. 

làmi  s.  m,  (làmïam)  requin  XI, 
159. 

lamo  s,  f.  (Ifimïnam)  lame  VII, 
559.  X,  90.  XI,  180. 

lam[p  s.  m.  {de  lampàdem)  éclair 
I,  456.  Vm,  141. 

lampa  v,  n,  {de  lamp)  a)  briller 
comme  un  éclair  X,  398  ;  b)  cou- 
rir rapidement,  comme  Véclair 
I,  241.  n,  274.  IX,  158  etc. 

lampeja  v.  n.  {de  lampa)  briller 
comme  un  éclair  V,  564. 

lampo  s.f  {de  lampàdem)  lampe 
VI,  430. 

lampre  s,  m.  {de  *lamp«^tram)  lam- 
proie V,  490. 

(se)  lança  v.  a.  et  r.  (lànceare) 
(se)  lancei'  I,  472.  m,  88.  XI, 
258  eu. 

23 


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354 


0[/>8SAIRË. 


lancejado  *./.  (♦l&nceâtam)  élance- 
ment V,  13. 
lanço  i.f.  (làncëam)  lance  IV,  376. 

IX,  282. 
lançòu,  linçòu  s.  m.  (lïntëôlum,  de 

lïntëum  linceul)  linceul  VI,  386. 
landa  v,  n,  {de  lando  lande?  du 

celU  landa)  bondir  I,  480.  H,  28. 

469.  m,  206  etc, 
langasto  s.  /.  (♦làcûstam  p.  loc- 

tlstam)   tique f  insecte  parasite 

XII,  247. 
langonira  v.  n.  (de  langonr,   lot, 

l&ngaorem)  languir  IX,  412. 
langui  r.  n.  {de  Iftnguere)  languir 

n,  38. 
làngoi  s.  m.  {s.  v.  de  langni)  ennui 

XI,  77. 
langoimen    s.  m.   {de  langui    + 

-mëntam)  langueur,  ennui  IV, 

471. 
languisonn  s.  f.  (*lânguitîDnem) 

mélancolie  XII,  14. 
languitndo  s./,  {h.-lai,  langûTtado) 

ennui  II,  46.  XI,  11. 
làni  s,  m.  {de  Vadj,  lanëns  de  laine) 

langes  II,  838. 
lano  s.  /.  (Iftnam)  laine  IV,  33. 
lanterno  s.f.  (I&nfêrnam)  lanterne 

IX,  293. 
lann,  do   a.  (*l&n-atum)   laineux 

IV,  84. 
larbo  s.f.  (larram)  carrelet^  pois- 
son IX,  130. 
lar[g  s.  m.  v.  vent-larg. 
larga  v.  a.  (*lárgare)  lâcher  VIII, 

23;  décharger  V.  282;  jeter  IH, 

342;  larga  vélo  déployer  voile 

Vn,  368 
large,  o  a.  {dufr.  large,  de  lârgam) 

large  I,  424.  IV,  243.  X,  16. 
las    s.  m.  (♦làcëum   p.  l&qnënm) 

lacs,  lacet  m,  418. 


las  s.  m.  (Istnm)  eàté  m,  434. 

las,  so  a.  (Ifissom)  las,  se  I,  154. 
VIII,  245  etc;  faire  de  cambo 
lasso  faire  des  démarches  in- 
utiles VII,  373;  ai  las!  int.  (aï 
4-  Iftssnm)  hélas  Ì  VI,  517. 

lasàmi  s.  m.  (or.  inc.)  paon  de  mer, 
poisson  qui  habite  les  creux  des 
roches  XI,  158. 

lassige  s,  m.  ('*'las8  +  -Igîam)  lassi- 
tude V,  408. 

latin,  0  a.  (l&tinam)  latin,  e  VL 
16. 

làupi  s.  m,  {du  germ,  *laapja)  pUe, 
tas  de  bois  Vn,  270. 

Laorèns  n.  cPh.  (Laorëntïam)  Lau- 
rent VI,  566.  IX,  211. 

Laureto  n.  de  f.  {dim.  de  Lanro) 
LaurHte  III,  353. 

Lanro  n.  de  f  (Lanram)  Laure 
m,  121. 

lanroun  s.  m.  {de  UbOrare?)  a)  «7- 
Um,  trace  que  fait  la  charrue; 
b)  source  à  fleur  de  terre  W., 
228. 

lansenjo  s,  f  (♦laudgmïam)  Um- 
ange  XI,  485. 

lauseto  s.  f  {dim.  de  lanso)  grht, 
gaUts  vn,  22.  VIH,  278. 

lauso  s.f.  ([lapides]  lansias, /onuf 
adj.  qui,  selon  Nigra,  Areh.  gl 
XIV,  285  etc.,  viendrait  <ftm 
s,  p.  laosom,  de  ♦lan-d-ëre;  ep- 
aussi  Kôrt,  471b)  pierre,  dalle 
IV,  162.  XII,  111.  296. 

lava  V.  a.  (làvare)  laver  III,  513. 
XI,  444. 

lavando  s.  f.  {de  Vit.  lavanda,  ai* 
lot.  Iftvare)  lavande  VIII,  60. 

lavàssi  s.  m.  (lav-StTom)  Uveas^t 
averse  XI,  238.  XH,  411. 

lavo-dènt  s.  m,  {de  lava  +  dent, 
r.  c.  m.)  horion,  soufflet  V,  248. 


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aLÔSSAIRË. 


355 


Lazàri  n.  (f  A.  (Lazarnm)  Lazare 

XI,92. 164.327 e<c.  KXI,87note. 
Leberonn   s.  m.   (Lnerîonem)    le 

Lébéron,  chaîne  de  montagnes 

(Vaucl.)  m,  311.    F.  noie  IV, 

364. 
lèbre  «.  /.  (lëpôrem)  lièvre  I,  482. 
lebrié  s,  m.  (lepôr-atìíum)  lévrier 

V,  211. 
leco  s.  f,  {vpr.  lecca,  6.-/ai.  lecham, 

licam,   du  breton  lech  pierre, 

rocher)  piège  construit  avec  une 

pierre  plate  soutenir  par  des 

baguettes  VI,  617. 
lega[t  s.  m.  (ISg&tam)   légat  IX, 

138. 
lègo  «.  /.  (leucam)  lieue  IV,  220. 
lèi  «.  /.  (legem)  loi  III,  219.  X, 

415.  XI,  119.  196  etc. 
lèi  =  li,  lis  V.  loa. 
lèio  «./.  (c?w  germ,  leid  ducttis,  trac- 

tus)  avenue,  laie,  allée  U,  331. 

IX,  426.  XI,  529. 
leissa  V.  a.  (ISxare)  laisser*  I,  151. 

II,  84.  322  etc. 
lengau  s,  m.  (^lingtiftlem)  langue 

tirée,  longue  langue  IV,  433. 
lengo  s.  f.  (lïngûam)  langue  I,  13. 

34.  II,  369  etc. 
lèpi  s.  m.  {du  germ.  lappa)  gour- 

mode,  coup,  soufflet  V,  253. 
lèri,  0  a.  {du  ceit.  leiri-,  lêri-,  an- 
cien irl.  leir  actif)  frais  et  gail- 
lard, brillant  III,  130. 
leserlt  s.  m.  (làcertum)  lézard  I, 

389.  V,  42. 
lesi  s.  m.  {de  Vinf.  lai,  lïcëre)  loisir 

m,  364.  IX,  371. 
lest,  o  a.  {du  goth,  listeigs,  ail. 

listig)  prêt,  e  VI,  561.  IX,  53. 

XI,  195;   à  la  lèsto    lac.   adv. 

promptement,  vivement   II,  57. 

466. 


letaDÎo  s.f  (lïtànlas,  du  gr.  Xuu- 
,»/.».)  litanie  X,  336. 

lèn  adv.  (lëvem)  vite,  bientôt,  aussi- 
tôt I,  135.  369.  380.  452  etc.; 
lèn-lèn  rapidement  V,  570.  X, 
108.  —  palèu  adv.  plutôt,  v. 
c.  m.;  cp.  aussi:  autant,  tant, 
pas. 

lèu  s.  m.  (levé)  poumon,  le  mou 
V,  17. 

lénpard  s.  m.  (lëôpardum,  propr.  : 
lion -panthère)  léopard  V,  175. 

(se)  leva  v.  a.  et  r.  (lëvare)  a) 
lever;  au  jour  levant  au  lever 
du  jour  X,  296;  se  lever  IX, 
226.  X,  171.  —  b)  enlever,  ôter 
II,  341.  X,  94.  IV,  32.  Xn,  166; 
distraire  (les  yeux)  XI,  437; 
apaiser  (la  faim)  1,28;  étancher 
la  soif  I,  333. 

levado  s.  f.  {s.  p.  de  leva)  digue 
Vin,.450. 

levame  s.  m.  Clëvfimen)  levain  IV, 
263. 

Levantas  s.  m.  {de  levant  +  suff. 
augm.)  vent  de  VEst  impérieux 

m,  59. 

levènti  s.  m.  {de  lëvantem,  cp.  Vesp. 
levente  levantin,  soldat  turc  de 
marine)  fanfaron,  espiègle  VI, 
325. 

li,  lis,  V.  lou. 

liame  s.  m.  (ligSmen)  lien,  paire 
de  chevaux  camarguaisYllî,H^9. 
rV,  265.    V.  note. 

liandro  (=  liairo)  s.f.  {de  lïgare) 
lieuse  de  gerbes  II,  396. 

libramen  adv.  (libéra  mente)  libre- 
ment U,  269.  X,  62.  XII,  375. 

libre,  0  a.  (llberum)  libre  IV,  224. 

libre  s.  m.  (lïbrum)  livre  XII,  241. 

lié  s.  m.  (lectum)  lit  V,  406.  VIII, 
11.  188  etc. 

23* 


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356 


ÔLOdSAltlK. 


lìechoto  9,f.  (*lëctrottam)  couchette 
YI,  390. 

liéame  s.  m.  (Iggtimen)  légume  VI, 
95. 

lienrèio  a.  f,  (*llbërfitam)  lif>rée, 
corbeiUe  de  mariage  IV,  145. 

liga  V.  a.  OïgSre)  lier  I,  445. 

ligarello  s,  /.  {de  liga)  lieuse  de 
gerbes  VII,  165.   IX,  123.  190. 

ligno  s.  f.  (llDëam)  ligne,  file  IX, 
120. 

lima,  do  p.  p,  et  a.  (limstam,  de 
llmnm)  limoneux,  souillé  de  li- 
mon V,  465. 

limber[t  s,  m.  {de  lïmbum)  lézard 
ra,  439. 

Limoge  n.  de  l.  (Lemovicum)  Li- 
moges XI.  396. 

lin  5.  m.  (llnum)  lin  XI,  315.  XII, 
255. 

liiiçoule[t  s,  m.  {dim.  de  linçou,  lai, 
lînteôlum)  petU  drap  VIII,  52. 

lindau  s,  m.  {de  llmïtem)  seuil^ 
linteau  I,  102.  IX,  24.  XH,  357. 

linde,  lindo  a.  (llmpïdum)  limpide, 
clair  n,  365.  IH,  423  etc, 

lingueto  {dim,  (?elinguam,  v.  lengo) 
faire  1.  faire  montre  de  qc.  pour 
provoquer  les  désirs  de  ^.  1, 30  ; 
lingueto!  terme  de  moquerie 
qu'on  répète  en  riant  à  q.  et  en 
lui  montrant  qc.  de  loin  ou  de 
haut  pour  exciter  sa  convoitise 
V,  149. 

linge,  jo  a.  {de  llnëam)  grêle,  effilt', 
svelte  II,  106. 

liò  s,  m.  (iScnm)  lieu  I,  328.  IX, 
19.  Xn,  435;  an-liò  de  prép, 
au  lieu  de  VI,  171. 

lioun,  0  s.  m.  et  f,  (lëOnem)  lion 
X,  83.  XI,  82;/.  :  lionne  VIII,  1. 

olianèu  {de  lioun  +  -ëllum)  lion- 
ceau VIU,  3. 


Uotc  s,  m.  (td.)  Vn,  372. 

en  liogo  de  p,  au-liò  de  prip,  ott 
lieu  de  XII,  386. 

lipa  t?.  a.  {de  Vall,  lippe)  lécher 
II,  418.  IV,  434. 

liquoureto  s,  /.  {dim.  de  liqueur, 
lai,  lîquorem)  liqueur  EŒ,  254. 
F.  fMU, 

li8[c,  0  a.  {p,'ê.  du  vha.  lîsi  doux) 
lisse  ni,  343. 

lisque[t,  o  a.  {dim,  de  lise)  lisse 
et  doux  n,  241. 

lisso  s.  f.  {du  germ.  lista  liste) 
lice;  rempart^  boulevard  X,  109. 

liuen,  liuencho,  pi,  liuénchi(s)  a, 
(longe)  lointain,  éloigné  V,  561. 
Vm,  151.  301  etc. 

liuen,  liun  adv,  ÇÌÔnge)  loin  1, 396. 
IV,  444.  V,  413  etc.;  de  Uun  de 
loin  IX,  45  ;  de  liun  en  liun  de 
loin  en  loin  X,  55. 

liunchouri./.((feliuench-  f  -orem) 
éloignement,  le  lointain  Vlll,  63. 
X,  67.  428. 

long,  o  a.  (15ngam)  long,  longue 
Í,  44.  515.  n,  52  etc.;  v.  tira. 
—  tout-de-long  loc,  adv,  entière- 
ment, tout  de  long  I,  173.  340. 
m,  171  etc.;  de  soun  long  de 
son  long  V,  385;  à  la  longo  à 
la  longue  y  enfin  V,  68.  Vm, 
434  etc.  ;  de-longo  toujours,  con- 
tinuellement vn,  310.  vm,  346. 
357.  xn,  120  etc,;  aqui-de-long 
sur  les  bords  XI,  164.  —  longo- 
mai  adv.  (longam-màgïs)  long- 
temps, à  jamais  lY,  266.  XII, 
441. 

de-long  de  ;  tont-de-long  de  prép' 
marquant  le  lieu  (d?  4-  lòngum 
^  á^)  le  long  de  l,  36.  173 
etc.;  —  long  de  {id.)  II,  198. 
X,  164. 


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GLOSSAIRE. 


357 


long-tèms  adv.deUÇttÌJìgamtempus) 

longtemps  1, 232. 302.  XI,  183  etc. 
lono  s,f.  (I&canam)  eau  profonde 

et  tranquille,  mare  I,  401. 
lou,  1'  devant  une  voyelle  a)  pr. 

père.  B*  p,  sg,  m.,  rég.  dir., forme 

atone  (illum)  U,  V  I,  18.  47.  499. 

XI,  298.  308  eU,  pi,  U,  lis,  lèi 

(illos,  illas)  les  I,  2.  33.  239  etc* 
lou,  r  b)  art,  défini  sg,  m.  (id.) 

U,  V  1, 31.  52. 59;  21. 27. 28  etc.; 

fém,  la,  r  I,  3.  16.  37;  38;  pi. 

li,  lis  I,  20.  31.  33  ete.  -  gén, 

sg.  m.  dóu  (p,  de  Ion)  du  I,  4. 

36;  pi.  m,  et  f.  di,  dis  (p.  de 

li,  de  lis)  des  1, 14.  35. 122  etc,  — 

dcU,  sg.  m.  au  (p.  à  lou)  au  I,  . 

19.  49.  54.  112;  pi.  m.  et  f,  i/ 

is  (=  à  lis)  ai*a:  I,  19.  31.  91. 

352. 
loubo   s.  f.   (lùpam)   louve   VI, 

218. 
(se)  longa  v.  a,  et  r,  (Ibcare)  (se) 

louer   n,   149.    IX,   294.    295 

etc. 
longadié  s,  m.  (♦lôcfitftrïum)  ser- 
viteur IX,  317. 
lôageiramen  adv.  (*16vûrïft  mëntô) 

Ugèrement  Vin,  72. 
16ugeirelt,  o  (-  lôugeret,  o)  a. 

{de  lôogié,  iero)  léger,  ère  IX, 

37.  V,  42. 
lôagié,  iero  a,  (lëvSrînm,  de  lëvem) 

léger,  ère  VIII,  4. 
loumbrin  (=  lonmbric)  s.  m.  (lûm- 

bncum)  lombric  VII,  97. 
lonngamen    adv.    (loDgS   mënfê) 

longuement  IV,  80. 
lonngani,  do  a.  (de  long)  d^une 

longueur  démesurée,  allongé  VI, 

460.  X,  112. 
lon[p  s.  m.  (Uipom)  loup  I,  389. 

484  etc. 


!  loiir[d,  o  a,  (lurdum  p.  Itlrïdum 
jaune)  livide,  sale,  lourd,  e  VÍII, 
189. 

lonvidor  (=  louïs  d'or)  s.  m.  (du 
fr.)  louisd'or  IX,  310 

lâcha  V,  a.  (luctare)  lutter  V,  143. 

luchaire  s.  m.  (lûctfttôr)  lutteur 
III,  8. 

lucho  s.  f.  (iQctam)  lutte  IV, 
429.  V,  299.  V,  note. 

lucre  s.  m.  (lïgùnnam,  de  Lign- 
riam,  cp.  VU.  lucherino)  lucre, 
tarin  de  Provence,  oiseau  (frin- 
gilla  spinus)  V,  51.   V.  note. 

luio  (=  lùrio)  s.  f,  (*lûtrïam  p. 
lUtram)  loutre  Vil,  26. 

lume  s,  m,  (lnmën)  lumière  H,  55. 
XI,  122  etc;  faire  lume  éclairer 
III,  444. 

lumenàri  s.  m,  et  f,  (lomlnare  ou 
pi.:  lamîn&rïa)  luminaire  VI, 
421. 

lamenonn  s.  m.  (*ltlmTn-Onain,  de 
ItUnën)  petiU  lumière  VI,  206. 
XI,  462. 

laminons,  o  o.  (ItUnïnosom)  lumi- 
neux, se,  radieux,  se  VI,  399. 
X,  302  eU. 

luno  s,  f,  (lonam)  lune  III ,  443. 
X,  427  etc.  la  Inno  dono  il  fait 
clair  de  lune  I,  402.  Cp,  aflat 
et  VU,  288  note. 

Inserno  s.f.  (de  Itlcëmam  ver  lui- 
sant?) luzerne,  plante  IX,  43. 
291. 

Insi  v.n.  --  Qr.  §  101  p.  138  — 
(laclre  p.  Itlcire)  luire  1, 8.  344. 
X,  239. 314  etc.  —  p.pr.  Insènt,  o 
luisant,  lustré  III,  96.  V,  319  etc. 

lusonr  s.f.  (de  Insi)  lueur  VI,  548. 
Xn,  308. 

Instra  v.  a,  Otistrare)  lustrer  X, 
137. 


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358 


ÛLOSSAIRB. 


M 


ma,  V.  moun. 

mabre  (—  marbre)  s.  m.  {de  már- 
môr)  marbre  YIU,  188.  XI,  235. 
245  etc. 

(se)  maca  v.  a.  et  r.  (*màccare, 
primitif  fictif f  d*òu  vient  màcù- 
lare)  (se)  meurtrir  V,  30;  XI, 
459. 

machoto  s.f  {b.-lat.  machota,  or. 
inc.)  chouette  I,  399.  III,  100. 

madalenen,  co  a.  {de  Madaleno) 
de  Madeleine  XI,  448;  frucbo 
madalenenco  figue  mûre  à  la 
Madeleine  (22  juillet)  I,  27. 

Madaleno  n.  de  f  (Magdalênam) 
Madeleine  XI,  97.  279.  443  etc. 

madamisello  s,  f  {du  fr,,  du  lat. 
mi5am-*dÔmïnïcMlamj  mademoi- 
selle I,  331.  389.  476. 

madnr,  o  a.  (mfttiiram)  mûr,  e  I, 
20.  170  etc. 

magagno  s.  f.  {s.  v,  de  magagna, 
du  germ.  man  *hamjan  estropier 
un  homme,  b.-lat.  magagnare 
mabaminm,  Du  C,  cp,  Kôri- 
5053)  douleur  I,  170. 

Magali  (=  Magari)  n.  de  f  {con- 
traction de  Margarido)  Margot 
III,  381.  383.  393.    V.  note. 

Magalouno  s.f.  (^Magalonam)  Ma- 
guelone,  a)  nom  d'une  princesse 
de  roman  de  chevalerie  VIII, 
114;  b)  ville  de  l' Hérault  ly  4^. 

V.  note. 

magau  s.  m.  {du  gr.  fiáxtUa?) 
hoyaUy    houe   à   deux  fourches 

VI,  70. 

magnan  s.  m.  {selon  Nigra^  Arch. 
gl.  XIV,  279,  —  *mifion,  de  mifio, 


^f  en  prov.f  piémontais  etc., 
signifie  „chat**,  it.  gatto;  ep. 
Cit.  gattone  ver  p.  excellence j 
ver  à  soie)  ver  à  soie  II,  3. 

magnanarello  s.  f.  {de  magnan) 
cueilleuse  de  feuilles  de  m^irier^ 
femme  préposée  à  C  éducation  des 
vers  à  soie  II,  1. 

magnanarié  s.f  (id.)  „magnanerit^*, 
chambrée  de  vers  â  soie,  lieu  ou 
l'on  élève  les  vers  â  soie  III,  42. 

magnifi,  co  a.(magnïfïcnm)m<ï<;ni- 
fique  X,  29. 

mai,  mais  adv.'et  conj,  (mágîs) 
1)  adv.  plus  y  davantage  I,  70. 
115;  —  devant  un  adj.,  pour 
former  le  compar.  ;  XI,  277. 380 
et  précédé  de  Vart.  déf  lou  etc., 
pour  former  le  superl.  I,  93. 
ni,  263.  —  de  plus,  encore  I, 
80;  de  nouveau  I,  429.  H,  123. 
184.  —  mai  bèn  mai  ei  pl^s 
encore  1, 136. — an-mai . . .  au-mai 
plus-plus  II,  428;  X,  124;  tant- 
mai  . . .  tsLììt'msiìpluS'plusVl,  148. 

—  que  mai  de  plus  en  plus  XI, 
387.  —  i'a  mai-qne-mai  il  y  « 
qc.  là-dessous  m,  361.  VI,  26. 

—  mai-qne-mai  plus  que  jamais 
III,  23.  IX,  409.  -  pas  mai! 
exprime  une  forte  négation:  tant 
^ en  faut!  allons  donc!  nennit 
II,  72.  VIII,  283.  -  2)  mai  qne 
conj.  pourvu  qne  FV,  487.  3)  mai 
conj.  adrersaiivej  mais  1.  59. 64. 
121.  429.  537  etc. 

Mai  s.  m.  (Msjnm)  le  mois  de  tuai 
I,  90.  II,  10.  IV,  28  etc. 

Maiano  n.  de  l.  (Malleanam)  Mail- 
lane  XII,  335.    F.  note. 


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ÛLOSSAIRtt. 


359 


maien,  co  a.  (de  Mai  4  -incam) 
de  mai  I,  526.  H,  3ô9. 

maigre,  o  a.  (m&cnun)  maigre  II, 
433.  Vin,  407. 

maiòu  (=  malhòu,  malhol)  s.  m. 
(màllf^lnin)  erossetUy  bouture  de 
vigne  IX,  121. 

maire  «./.  (m&trem)  mère  I,  534. 
n,  58.  m,  39;  lit  d'un  fleuve 
X,  16.  Bono  Maire,  cp.  m,  50 
note. 

maireto,  meireto  s,/,  {dim.  (ternaire) 
petite  mère  V,  89.  XII  337. 

maisso  «./.  (du  dim,  meissello,  lat. 
mflxTilam)  mâchoire  IX,  346. 

Maïstrau  s.  m.  (m&gîstr&le)  mistral 
IX,  220. 

Maîstre  (=  mèstre)  s.  m.  (mág- 
ïstmm)  mistral  VIII,  183;  cp. 
mistran. 

majestuoas,  majestons,  o  a.  {de 
Vaâj.  fr,  formé  de  mfijgstatem) 
majestueux,  se  VI,  547. 

majoaraa,  alo  s.  m.  et/.  (mSjDr- 
ftlem)  maître,  chef;  maîtresse  I, 
150.  IX,  198.  XI,  270;  HI,  358.. 

maladiciéore!  int,  {euphémisme  p. 
maladicioun,  de  m&lëdictîonem) 
malédiction!  XI,  239.  IX,  26. 

maladi[t,  o  a.  (*m&l&dîctnm  p. 
màlëdictiim,^.-^.  hous  Vinfluence 
de  maladictio?)  maudit,  e  V,  358. 

maladré,  écho  a.  {de  mal  4  adré, 
V.  c.  m.)  maladroit  IX,  319. 

malan  «.  m.  (màlam  ànnum)  mal- 
heur; malan  de  Dieu  malheur 
de  Dieu/  int.  V,  463.  XH,  175. 

malaocòDÌ,  o  {ou  ico)  a,  (mël&n- 
ch5licam)  mélancolique  X,  41. 

malandro  s.  f.  {de  màl&ndriam) 
mctladie  de  langueur,  de  con- 
somption II,  397.  VI,  277. 

malandrooB,  o  a.  (malàndr-osnm) 


infirme^  malade  I,  354.  XI,  354 
etc. 

malapèino!  mt,  (m&Iam  pœnam) 
malepeste/  m,  215. 

malastre  s,  m.  (m&l[am]  ftstrom) 
malheur  III,  328.  VI,  356. 

malant,  o  a.  {de  m&le  hàbîtom) 
malade  VU,  442.  XI,  325.  Xn, 
50  etc. 

malaatelt,  o  o.  {de  malaat)  malade 
XII,  328. 

malaiitoiu)e[t,  o  a.  {id.)  malingre 
I,  361. 

malavalÌBCo!  int.  {de  m&l[am]  -|- 
&d  +  *ytí\'ísoìkre)fi/audiabU/ 
malédiction/  m,  298.  VI,  395. 

malemparado  (=  maa-parado)  s.f. 
(m&][am]  *ïmparàtam) /ato^  évé- 
nement VI,  92. 

mal-estru,  cho  o.  (mSle  ^astracom) 
malotru,  ignorant  V,  298. 

maliço  s.f.  (m&lïtlam)  malice,  co- 
lère V,  186. 

malin,  o  a.  (m&llgnam)  malin, 
maligne;  méchant,  e  IV,  319.  X, 
172. 

malovisto,  cp.  m,  81  note. 

malu  (=  amalîi(c))  s.  m.  (Selon 
Devic,  Mém.  de  la  Soc.  de  lin- 
guistique V  p.  284  :  de  V arabe 
a^zm  al-honqq  os  de  la  cavité 
coUfUỳide)  hanche  des  bêtes  de 
somme,  croupion  IV,  399. 

malnr  s.  m.  (m&l[am-aiig]arTiim) 
malheur  I,  392.  IX,  207  etc.; 
pèr  m.  par  malheur  Vm,  91. 

maluranço  s.fidemsAur  +  -antïam) 
malheur  I,  465.  IX,  281. 

malnrous,  o  a.  et  s.  {de  malnr  + 
-Osom)  malheureux,  se  IX,  13. 
X,  162. 

mamello  s.f.  fmàmillam)  mamelle 
xn,  170. 


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360 


GLOSSAIRE. 


mamèa  s.  m.  Chnàmillnm)  mamelle, 
pis  m,  98.  IV,  7. 

man  s.  /.  (m&num)  main  1 ,  24. 
138.  161  eu. 

manado  s,/.  (*inàii-atam)  poignée 
IX,  124. 

manado  *.  /.  pour  menado  {s,  p. 
de  mena,  v.  c.  m.)  troupeau  IV, 
325.  VIII,  417  etc. 

manasso  s./,  {de  man  +  -&ceam) 
main  énorme  V,  250. 

manca  v.  n.  (de  Vadj.  lat,  mancum 
estropié)  manquer  I,  269.  283. 
II,  124  etc, 

manche  s.  m.  (♦mànïcum)  manche 
m.  IX,  278. 

mancho  s,f.  (manîcam)  manche/, 
IV,  451.  XII,  396. 

manco  s.  /.  {s.  v.  de  manca)  man- 
que s.  m.  ;  èstre  de  manco  man- 
quer VII,  640. 

manda  t;.  a.  (mândare)  envoyer  II, 
228.  III,  91  eu. 

mandadon  s.  m,  (mandstorem)  mes- 
sager IX,  79. 

mandragooro  s.f.  (màndrágSram, 
du  gr.  juarSçayôçttç)  mandragore 
VI,  226.    F.  note. 

mandrouno  s,  /.  (selon  Dz.  187, 
de  mal  -I-  h.-all,  slendern,  cp, 
K'ôrt.  7ÙÒ2)  entremeUeuse  IX, 
414. 

maneja  v.  a.  (♦mànïcare)  manier 
Vn,  67. 

manescau  s.  m.  (p.  marescau,  du 
germ.  marahskalk  valet  qui 
soigne  les  chevaux)  maréchal 
ferrant,  forgeron  VI,  80. 

mangiho  (=  manjiho)  s.f  {du  v. 
manja  +  «</f.  -ilïa)  les  vivres 
IV,  54.  VII,  250. 

maniero  s.  f.  (mantifirïam)  a)  ma- 
nière V,  291;   b)  brebis  qu'on 


a  privées  de  leurs  agneaux  ÏY, 

89.  VIII,  127. 
maniho  s.f.  (mânîcùlam)  anse  d'un 

vase,  d'un  panier  I,  98. 
manihonn  s.  m.  {dim.  de  maniho) 

id.  IV,  168. 
manja    v.  a,  et  n.    (mândacare) 

manger   II,  45.  455  etc.;  s.  m. 

le  manger  VIII,  35. 
manjiho  v.  mangiho. 
manjo-panre   s.  m.  {de  manja  + 

panre)    mangeur    de    pauvres, 

sangsue  du  peuple  V,  531. 
manoto  v.  menoto. 
man[t,  o;  pi.  -i(s)  a.  indêf.  {lat 

pop.  *manetnm  de  vha.  manac 

et    lat.    mnltum;    selon   Âseoii 

dans  VArch.  gl.  XI  (1890),  de 

tammagnns  4  tantas)  maint,  t 

IX,  145. 
manteni  v.  a.  —  Gr.§  102  p.  140 

—   màntl  tënere)   maintenir  I, 

388. 
mantèn  s.  m.  (màntëUnm)  manitou 

I,  10.  m,  335.  IX,  352  etc. 
.  mantiho  s.  f,  {de  Vesp,  mantilla, 

du    lat.    *mftntillam,    dim.  de 

màntom)  mantille  III,  149.  X, 

312.  XII,  340. 
mar   s.  /.   (mare)  mer  I,  3.  204. 

233.  379  etc. 
marca  v.  a.  (♦marcare  du  germ. 

markôn,  alL  merken)  marquer, 

présager  IV,  139.  IX,  22a 
marcadon  s.  m.  {de  marca)  marque- 

ment,   lieu  où.  Von  marque  IV, 

357. 
marca[t  s,  m.  (mërcstnm)  marché 

VI,  10. 
Marcello  n.  def.  (Marcellam)  Mar- 
celle XI,  101.  390.  87.  V.  noU. 
Marciann.  d'h.{ÌÍ9ice\lum)Mariial 

XI,  396.  87.    V.  noU. 


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GLOSSAIRE. 


361 


marco  «./.  (s.  v.  de  marca)  mar- 
que, présage  IV,  136.  XI,  137 
etc, 

margai  (=  margaa,  margal,  mar- 
galh)  8.  m.  (de  margam  marne, 
cp,  i'esp.  margal  a)  mamière, 
b)  loliam.  plante)  ivraie  (mvace), 
lolium  perenne  II,  308.  IX,  262. 

margaioan  s.  m.  {de  margai)  ivraie 
V,  518. 

margarido  s,  f,  (m&rg&ntam,  du 
gr.  yLo^yaçhfì^  perle)  marguerite 
III,  422.  Xn,  282. 

margoalin  s,  m.  {p.-ê,  de  Vanc, 
franc,  mariole  [statue  de  la 
Vierge  Marie],  pria  en  mau- 
vaise part)  marjolet,  godelureau 
V,  168. 

mariage  (=  maridage)  s.  m.  (*mir- 
itfttïcam)  mariage  IV,  464. 

(se)  marida  v.  a.  et  r.  (màntare) 
(se)  marier  II,  147.  III,  35.  IV, 
142  etc, 

marin,  o  a.  (m&rinam)  marin,  e 
I,  297.  Vin,  294.  X,  59  etc. 

marin  s.  m.  (id.)  marin  I,  248. 
280.  II,  290  etc. 

marinado  s.f.  ('*'m&rlnfttam)  vent 
de  mer  lU,  433. 

marinié  s.  m.  (*mSrinârïiim)  marin 
I,  225. 

mariniero  s.  /.  (♦minnariam)  ma- 
Hnière  XII,  190. 

marino  s./,  (màrïnam)  mer  IV, 
5.  226.  XI,  86  etc. 

Mario  n.  de/.  (M&rlam)  Marie  I, 
376.  xn,  15  etc. 

mari[t  s.  m,  (m&rltiim)  mari  III, 
370. 

Marman  (=  marman)  s.  m.  Mar- 
mal,  ogre,  être  imaginaire  VI, 
472.    Voy.  VI,  459  noU. 


Marran  n.  d*h.  {de  Vesp.  marrano 
cochon,  sobriquet  donné  aux 
Maures  et  provenant  des  mots 
hébraïques  maran  atha,  cp.  Ba- 
bad  dans  Gr.  Z.  XIX  p.  271) 
Marran  IX,  288.  308. 

marrano  s.f.  {du  germ.  marrjan) 
maladie  de  langueur,  marasme 
II,  333. 

marrias  s.  m.  {de  marrit  mauvais) 
chétif  V,  207. 

marridesso  s.  f  {de  marrit)  mé- 
cJtanceté  U,  382. 

marridonn,  o  a.  et  s.  {de  marrit) 
un  peu  mauvais,  chétif,  souffre- 
teux X,  408;  malheureux  XII, 
164. 

marri[t,  marrido  a.  (p,p.  de  marri, 
du  vha.  marrjan  empêcher,  ir- 
riter) mauvais,  e  H,  369.  VIII, 
15.  IX,  369. 

marro  s.  f.  (or.  inc.)  tas  de  foin 
amoncelé  en  lignes  IX,  49. 

Marsihés  s.  m.  {de  Marsiho)  Mar- 
seillais I,  473. 

Marsiho  *./.  (Massïlïam)  Marseille 
I.  419.  X,  6  etc. 

Martegau  s.  m.  {b.-lat,  Martigalem) 
Martégal,  habitant  du  Martigue 
I,  290.   V.  note. 

Martegne  n.  de  l.  {de  Mártem?) 
U  Martigue  (B.-du-Rh.)  IV,  9. 
I,  290.    F.  note. 

martele[t  s.  m.  (martel!  [um]  + 
-ittnm)  martinet,  hirondelleVlH^ 
259. 

martir(e),  o  s.  m.  etf  (martyrem) 
martyr,  e  s.  m.  etf.  V,  373.  XI, 
37.  528. 

martire  s.  m.  (martyrïum)  martyre 
s.  m.  X,  320. 

martirisa  v.  a.  f'lnartŷrizSre)  mar- 
tyriser xn,  177. 


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362 


GLOSSAIRE. 


Marto  n.  def.  (Mart(h)ain)  Marthe 
XI,  97.  390.  I,  303.  V.  I,  303 
et  XI,  87  notes, 

mas  8.  m.  fhnftnsnm,  de  manSre) 
maison  rustique,  ferme,  métairie 

I,  14.  41.  49.  54.  94  etc.   V.  1, 1 
note, 

masagiero 9./. ((Peinas  -f  -ftgftrïnm) 
Jille  des  champs,  campagnarde 

IV,  128. 

mas[c,  oa,ets.  (*inasctim,'*^ascam  ; 
cp.  Dz,  206.  Kdrt,  5151  et  Scheler 
s,  masque)  magique;  sorcier,  -ière 

II,  403.   III,  444.  VI,  235.  381 
etc, 

mascara  «.  a.  {du  vha.  masca,  mâsa 
tache)  souiller,  tacheter  de  noir 

V,  601. 

mascarié  s,  /.  (^mascariam)  sor- 
cellerie VI,  334. 
mascara  n  s.  m.  (du  v.  mascara) 

charbon  du  blé  VI,  619.    Voy. 

note, 
mascle,  o  a.  et  s.  (mâscûlnm)  mâle, 

matou  IV,  66.  VI,  526. 
mascoto  s.  /.  {de  masc  +  -Ôttam) 

sortilège  IH,  99. 
mase[t   s,  m.  {de  mas  +  -ïttum) 

maison,  ferme  s.  f  XII,  318. 
masiero  s,  f  {de  mas   f  -ftrïam) 

fermière  I,  142.  XH,  110. 
Massemin    n.   d^h.    (Maximlnum) 

Maanmin  XI,  91.  361.   Voy.  XI, 

87  note, 
masso  s,  f.  (♦mattëam)  massue  V, 

251. 
massago    s.  /.   (de  'hnattëam   + 

-ncikm)  ciste  s.m,,  arbuste  IV,  165. 
mata-bla[d  s,  m.  (de  m&ctare  -I- 
.  blad,  V.  c,  m.)  abatteur  de  mois- 
sons VI.  266. 
matagonn  (=  matagot)  s.  m.  (or. 

inc.J  magicien  VI,  445.    V,  note. 


mataia  (=  matalha)  v.  a.  (*mSc- 
tftlïare,  de  mftctare,  cp.  le  s. 
b.'lat.  matabolum,  campanae 
tadicala.  Du  C.)  munir  (une 
cloche)  d'un  battant  IV,  159. 

matèri  s.  f,  (mStërîam)  matière 
VI,  163.  X,  410. 

Matién  n.  <^h.  Matthieu  ;  Anselme 
Matthieu,  un  des  fondateurs  du 
félihrige  VI,  64.    V.  note. 

matin  s.  m.  (m  attltinnm,  se.  tempns) 
matin  II,  10.  VHÌ,  171.  Xi,  120 
etc.  ;  de  matin  ce  matin  IX,  230. 

matinado  s.f,  (de  matin  +  -fttam) 
matinée  XII,  139. 

matinié,  matiniero  a.  (de  matin  \ 
-ftrïnm)  matineux,  matinal  VII, 
124.  IX,  358.  XI,  123. 

mato  s,  f.  (mattam)  touffe,  fane 
ni,  507.  Vin,  151.  IX,  266. 

matrassa  v.  a.  (de  matras,  du  mol 
lat,-ceU,  mat&ram  javelot  des 
Gaulois)  harasser  VII,  490.  VIII, 
361.  XI,  178. 

matre  s,  m,  (du  germ,  martn)  martre 
IV,  363. 

man,  malo  a.  (m&lnm)  mauvais,  e, 
misérable  U,  384.  X,  367. 

man  s.  m.  (id.)  mal  s,  m.  II,  330. 
XI,  299.  314  etc. 

mau-coontènlt  o  a.  (mftle  cSntënt- 
um)  mécontent  VII,  136. 

manconra  v,  a.  (de  mau-cor,  lot. 
m&lnm  +  côr)  décourager  III, 
211.  VII,  117. 

manfatan  (=manfasan,man!asènt) 
s.  m.  (m&le  f  àcîëntem  ;  le  t  inex- 
pliqué par  une  fausse  analogie 
à  malfatour,  malfaiteur)  artisan 
de  mal  VI,  401. 

mangrabièn  s.  m.  (corruption  de 
mau-grat-Dién)  juron,  impréca- 
tion Vm,  409. 


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GLOSSAIRE. 


363 


maa-gra[t  frép,  (mftlnm  gistnm) 

malgré  XI,  326. 
maiilo  (=  manvo)  s,  /.  (m&lvam) 

mauve  XI Í,  106;  cp,  fuma, 
manno   s.  f.  {de  Vhéhreu  maona) 

manne  V,  153. 
man-passage  s.  m.  (v.  c,  m.)  malen- 

eanire  VI,  478. 
Maassano  n.  de  l  {b.-laU  Malmas- 

sanam,  Malimissanam)  Maus- 

sane,  mllage  (B.-du-Rh.)  VI,  19f 
man-tiaire   v,  défectif,  aeulem,  à 

Vinf,  et  au  p,  p.  mautra,  cho. 

—  Gr.  §  108  p.  156  —  (màlë- 

♦tràgëre)  avoir  du  mal;  èstre 

de  m.-t.  être  digne  de  pitié  XII, 

149. 
mau-TÎénre   s.  m.    (mtllë   vïvëre) 

mal-être  VI,  117. 
mau-vivèn[t,  o;  pi.  -i{s)  a.  (màlë 

vïvëntem)  demauvaise  ncVI,  394. 
me,  m*  (devant  les  voyelles)  pr. 

pers,  P^*  p.  sg,  rég.  dir.  et  in- 

dir.,  /orme  atone  (m6)  me,  m' 

1, 17.  436.  469.  509.  H,  104  etc, 
mè,  mèco   a.  (de  ini[tï]ga[tum"|  ; 

cp.  Vesp.  mego  et  le  port,  meigo 

doux;  V,  Dz.  468)   interdit,  e; 

rendre  mè  stupéfier  II,  401.  III, 

300. 
meinage   s.  m.  f^'mSnsîOnStïcnm) 

ménage,  ferme  s.  f.  HT,  33. 
meinagié    s.  m.   {de  meinage  -|- 

-ftrïnm)  tenancier  VII,  346. 
meionr,  o   a.  compar.  (mëlïtJrem) 

meilleur,  e  II,  155.  IX,  251. 
meirino  s, y.  (matnnam)  marraine 

I,  373. 
meissonn  s./.  (messîOnem)  moisson 

VII,  189.  IX,  117.  205  etc, 
meisBonna  v.a.etn.  (de  meissonn) 

moissonner  VII,  161.  VIII,  297. 

IX,  117  etc. 


meissoanaire  s.  m,  {de  meissonn 
-I-  -fttòr)  moissonneur  VII,  193. 
Vm,  433. 

meissonnenco  s.f,  {de  meissonn  -l- 
-Inqnam)  hélice  des  moissons, 
escargot  VIII,  269.    V,  note. 

meissonnié  s,  m,  {de  meissonn  -f- 
-arïnm)  mMsonneur  VI,  637. 
IX,  113.  147  etc, 

meissonniero  s,/,  {de  meissonn  + 
-ârïam)  moissonneuse  XI,  218. 

mège  s,  m,  (mëdïcnm)  médecin  VI, 
270. 

mêle  (=  mènse,  mèlze,  merze)«.tit. 
(♦mëllïcem,  usité  dans  les  dia- 
lectes romans  des  Alpes;  cp. 
Meyer-LUbke,  dans  Gr,  Z,  XV 
p,  243)  mélèze  V,  70. 

melico  s,f,  (♦m^llïcam  p.  mëllëam 
ou  mëllîcùlam)  miel  II,  7. 

Melindo  s.  f.  Mélinde,  ville  et  roy- 
aume d* Afrique  VII,  474.  Voy. 
note. 

memamen  ot/v.  (met-ipsîmft  mëntë) 
même,  mêmement  II,  189. 

membre  s.  m.  (mt^mbmm)  membre; 
appartement,  chambre  III,  62. 

même,  o  ;  pi.  même,  mèmi  pr.  in- 
déf  (mët-ïpsimnm)  même  II, 
98.  X,  355  etc;  de  même  de 
même  X,  292;  de  même  que  conj. 
de  même  que  VI,  270. 

mémento  s.  f  (mëmënto)  terme 
familier  p,  mémoire  I,  257. 

memòri  *.  /.  (mëmôrïam)  mémoire 
m,  319.  X,  344. 

(se)  mena  v,  a.  et  r.  (mïnare  faire 
marcher  du  bétail  devant  soi) 
(se)  mener  I,  312.  434.  III,  133 
etc.  mena  de  varai  faire  du 
bruit  Vin,  94. 

menaça  v,  a,  {du  s.  '*'mïnftcîam 
p.   mïniScïas)  menacer  V,  249. 


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364 


QL088AIRB. 


mendì  s,  m,  (mëndicnm)  berger, 
bergerot  lY,  34.  IX,  3ô. 

mendre,  o  a.  compar.  (mlnôr) 
moindre  II,  109.  Xn,  128. 

menèbre,  o  a.  (mïnsbïlem  p.  mi- 
nScem,  cp.  Du  C.)  revêche,  bourru 

IV,  328.  VI,  265. 

menèstro  «./.  (mTnîstram)  élixir^ 

mixture  III,  256.  VI,  575. 
meno   s.  /.  {s,  v,  de  mena  mener, 

V,  c.  m.;  meno  signifie  „race'*, 
c*-à-d,  „tout  ce  qvion  mène  en- 
semby^  en  parlant  de  bestiaux, 
V.  les  exemples;  et,  aufig,^  tout 
ce  qui  se  mène  de  la  même  ma- 
nière:   qualité,    manière)    race 

IV,  225.  467. 

menoto  s./,  (^rfw/r.  menotte,  dim. 
de  mánum)  petite  main  I,  374. 
II,  186. 

menonn  s.  m.  (b.-lat,  mënonam, 
p,'ê,  de  mïnûëre  ;  cp.  Vit  menno) 
bouc  châtré^  menon  IV,  61. 

mens  adv,  compar.  (mînûs)  moins 
I,  171;  de  m.  en  m.  de  moins 
en  moins  II,  133;  à  tont  Ion 
mens  à  tout  le  moins  II,  315. 

V,  103  ;  an  mens  au  moinsW,  258. 
menlt  s.  m.  etf,  (mSntem)  esprit; 

teni  d^à  m.  guetter^  contempler 

IV,  429.  XI,  133. 
mentastre    s,    m.    (mëntastmm) 

menthe  sauvage  ;  marrube,  plante 

IX,  166. 
menti  v,  n.  —  Gr,  §  102  p.  139  — 

(♦mentire  p,  mëntiri)  mentir  VI, 

431. 
menât,   menndo    a.    (mintltnm) 

m€nM,  «  VI,  643.  V,  329.  V.note. 
meraTÌha  v,  a.  {du  s,  meraviho) 

émerveiller  V,  190. 
meraviheto  s.  f.  {dim.  de  mera- 
viho) petite  merveille  VIU,  68. 


meraviho  s./,  (mlrftbilla)  merveiiie 

IV,  170.  Vin,  310. 
meravihous,  o  (=  mervihous)  o. 

{de  meraviho  -i-  -osom)  l,  383. 

VII,  306.  Vm,  302. 
merço  s.  /.  {de  mërcem,  cp.  le  vpr. 

mercz  marchandise)  sorte  XII, 

229. 
merinjano  s,  /.  {de  Ve^.  beren- 

gena,   de  l'arabe  al-badindjan) 

mélongèncj  aubergine  VU,  249. 
mérite  s,  m.  (mëritnm)  mérite  X, 

202. 
merlato  s./.  (ii«  merle)  merieVin, 

391. 
merle  s.  m,  (♦mërûlum  p.  merû- 

lam)  merle  VIU,  420. 
merlelt  s,   m.    {b.-lat.   merlçtum 

pinnam,  du  lot,  môrgùl-ittam, 

de  mërgtllam,  de  mërgfts)  créneau 

xn,  192. 
mes,  messo  v,  mètre, 
mes  s.  m.  (mensem)   mois  I,  210. 

Vni,  344. 
mescla  v.  a.  (♦mïscûlare,  de  mïs- 

cere)  mêler  I,  498.  H,  297. 
mesoulo  s.  /.  (mëdtUlam)  moèlk 

VI,  615.  XI,  130. 
mesprés  s.  m.  {s.  p.  de  mespresa) 

mépris  V,  224. 
mespresa  v.  o.  (*mTntl8  prëtïare) 

mépriser  I,  13. 
mesqnin,  o  a,  et  s,   {de  Varabe 

meskîn)    pauvret^    malheureux 

II,  257.  XI,  478. 
messo  s.  /.  (♦mïssam)  messe  VI, 

425. 
messorgo  s.  f.  (♦mëntltïtinïca,  de 

mëntltom)  mensonge  II,  380. 
mèste  (devant  des  noms)  ou  mèstre 

(quand  le  mot  est  isolé)  ^  ^ 

(migistnim)  maître  I,  7t  106. 


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QLOSBAmS. 


366 


150;   I,  138.  IX,  31.  202  etc.\ 

mèstre    a.   victorieux   V,   331. 

Vay.  I,  71  note. 
mestreja  v,  a.   (de  mèstre)  maî- 
triser V,  449. 
mestresso  s,  f.  (mligTstr  -  issam) 

maîtresse;  amante  II,  388.  III, 

221.  XI,  59  etc. 
mesura  v.  a,  (mônsnrare)  mesurer 

V,  329. 
mesnro  *.  /.  (mënsuram)  mesure 

s,/,;  à  m.  que  à  mesure  que  VI, 

82.  VIII,  395.  414. 
mètre  v.  a.—  Gr.§  106,  p.  147,  — 

(mittëre)  meHre  I,  98.  143.  II, 

164.  185.  346  etc.;  p.  p.  mes, 

messo  XI,  227   etc.;  admettre^ 

supposer  III,  199. 
mèu  s.  m.  (mel)  miel  III,  94.  2:38. 

XI,  '2b  etc, 
mi  s.  m.  (mïlïnm)  mil,  millet  I, 

136. 
mi(s)  V,  monn. 
miaula  v.  n.  (onom.)  miauler  II, 

54. 
miejour  s.  m.  (mëdîum  dïtlmum) 

midi  II,  455  ;  faire  m.  faire  la 

méridienne  IX,  166. 
miés,  miens  adv,  (compar.  de  bèn) 

(mëlïus)  mieux  I,  122.   II,  79. 

IX,  251  etc;  lou  miéus  le  mieux 

II,  225. 

mié- terrestre,  o  a.  (mëdium  f 
-tërrëstrem)  demi-terrestre  VI, 
165. 

lou  miéu,  la  miéuno  pr.  poss. 
(meum)  le  mien,  la  mienne  etc. 

III,  203.  XI,  286. 

mignot,  0  a.  et  s.  {du  vha.  minni 
amour  +  -Ôttum)  hien-aimé  FV, 
292.  VIII,  19.  277  etc. 

migo  =  amigo  v.  c.  m. 


milèime  s.  m.  (mlllSsimum)  année 

III,  54. 
milo  n.  de  n.  (mille)  mille  I,  258. 

II,  234.  XI,  273. 
Minervo  s.  f.  (Mïnervam)  Minerve 

XI,  416. 

mino  s./,  {du  breton  min  museau, 

cp.  Kort.  0928)  mine  VII,  225. 

IX,  251. 
miòu,  miolo  s.  m.  et  /.  (mulum, 

malam)  mulet  I,  316.  IX,  290; 

mule  Vn,  309.  IX,  93. 
miôugrano  s.  y.  (mille  grSná)  gre- 
nade VI,  306.  Xn,  334. 
mira  v.  a.  (mlrare)  admirer  V, 

135. 
miraclant,  o  a.  {p.  pr.  de  miracla 

opérer  des  miracles,  v.  miracle) 

miraculeux,  se  X,  47. 
miracle  s.  m.  (mlrScûlum)  miracle 

I,  359.  III,  307  etc. 
miraclejant,  o  a.  (p.  pr.  de  mira- 

cleja,  de  miracla)  miraculeux 

XII,  53. 

miraclous,  o  a.  (mirscûlosum)  mi- 
raculeux I,  377.  XI,  209. 

miraia  v.  a.  (mirScûlare,  v.  mirau) 
mirer  X,  31. 

mirau  s.  m.  (mlr&cQlnm)  miroir 
XII,  349;  petites  membranes 
luisantes  et  sonores  qui  se  trouvent 
sous  l'abdomen  des  cigales;  a  li 
mirau  creba  il  a  les  miroirs 
crevés,  il  a  la  voix  crevée  I, 
196.    V.  note. 

Mireieto  n.  de  f.  {dim.  de  Mirèio) 
Mireille  VÍ,  181. 

Mirèio  n.  def.  {de  Vhébr.  Miriam 
Marié)  Mireille  I,  142,  voy. 
note,  etc. 

MireiouDO  ».  de  /.  {dim.  de  Mi- 
rèio) Mireille  XH,  332. 


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â66 


GLOSSAIRE. 


misérable,  o  a,  et  s.  (misër&bîlem) 

misérable  V,  452. 
misèri  «./.  (mîsëriam)  misère  X, 

409. 
misericòrdi  s,  /.  et  int.  (miserî- 

cordiam)  miséricorde/  IV,  435. 
mistèri  s.  m.  (mystSrïam)  mystère 

VI,  162. 
mistoulin,  o  a.  (de  mtlsfôllnam) 

fluet,  débile,  léger  I,  374.  II,  97. 

V,  179  etc. 

mistralas  s,  m.  (de  mistran  + 
-Scëum)  mistral,  vent  du  nord- 
ouest  VIÍ,  5. 

mistrau  s.  m.  (♦màgïstrííem)  le 
mistral  V,  5.    F.  note, 

mita  s.f,  (mëdïëtatem)  moitié  III, 
213;  comme  adv,,  à  moitié  II, 
83.  X,  281. 

mitan  s.  m.  (♦mëdïetantem,  cp. 
entre-mitan)  milieu  I,  414.  XI, 
234;  an  m.  au  milieu  de  la 
plaine  V,  294. 

moble  s.  m.  {de  mQbllem)  meuble 
s,  m.  Vm,  55. 

moco  s.  f.  {de  mûcum ,  cp,  Kôrt. 
5444)  lampe  IV,  272.    Voy.  note. 

modo  s.  f,  {du  fr,  mode,  de  mô- 
dum)  mo(i^/.Vn,601  ;  manière  ib. 

mole  s. m.  (môdûlum)  mouleYlI,  60. 

molo  s.  /.  {de  molem)   monceau 

VI,  621  ;  meule  (de  foin,  de  blé) 
vm,  306.    V,  note. 

mordre  v,  a,^Gr.§  106  p,  149  — 

(♦môrdëre,  p.  mordëre)  mordre 

VI,  453.  612. 
more  etc.  v,  monri. 
morne,  o   a.  {du  goth,  maoman 

être  triste)  morne  VII,  140.  IX, 

197.  249. 
mor[t  s.f.  (môrtem)  mort  s.f.  II, 

377.  XU,  361  etc.    V.  IX,  350 

note. 


Mor[t-Peleto  s.f. {de  mort  -1-  pelet,o 

a.,  de  pèn  peau)  Mort  décharnée, 

spectre  de  la  Mort,  squelette  IX, 

396. 
mòssi  s.  m.  {emprunté  de  Vit.  mozzo  ; 

V.  Dz.)  mousse  s.  m.  V,  447. 
mo[t  s.  m.  (♦muttum,  de  muttire, 

cp.  mata)  mot  I,  309.  ni,  233. 

vm,  262  etc. 
mot!  s.  m.  {de  mtitïlum?)  bélier 

écorné  rV,  93. 
mou  s.  m.  (mtlcam)  lumignon  YH 

639. 
mou,  mol  ;  molo  a.  (mSllem)  mou, 

mol;  molle  II,  300.  IV,  496. 

Vni,  307  etc.     . 
mon  V.  monre. 

moudèste,  o   a.  (mSdëstum)  mo- 
deste X,  310. 
moafo  (=  moasso)  s.f.  du  germ. 

muf  moisi)  mousse  s.f.  Il,  418. 

XI,  411. 
mòngne,  v.  mòore. 
moQgno  (=  mooino,  mangno)^./. 

{du  germ.  maawa,  v.  RM,  5179; 

cp.  le  fr.  mone)  bourrade,  coup 

de  poing  sur  la  figure  V,  281. 
mouié  s.  f  (♦mùlïgrem ,  p.  mû- 

iTërem)  femme  mariée,  épouse 

m,  38. 
Mouïse  n.  d'h.  (Moses)  Moïse  yi 

235. 
mouissaleto    s.  f   {de  mouissan) 

moucheron  X,  169. 
mouissan  s.  m.  (♦mûscifilem,  de 

mûscam)  cousin,  moucheron  IV, 

314.  X,  140. 
monisse,  o   a.  (♦mûcïdnm  num) 

humide  VI,  207. 
moula  V.  n.  (*mÔllare)  moUir  1. 

370;  s'éteindre  VL  408. 
moulan  a.  m.  {de  mou,  mollo)  mw, 

langoureux  XI,  240. 


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QL0S8AÍRB. 


367 


monledo  s.  f,  (^mnsctllatam ,  de 

mtlsctilain)  chamure,  muscles  I, 

447. 
monloon  s.  m.f'InDlQiiuin,  de  molem) 

meuley  monceau  VI,  859.  IX,  52. 

XII,  122. 
monloonado  s.  /.  (de  moaloan  + 

-fttam)  multitude  lî,  268. 
monmen  s.  m.  (momëntnm)  moment 

I,  469.  II,  265  etc, 
monmenelt    s.   m.    (de   monmeo) 

petit  moment  II,  59.  312.  X,  433 

etc. 
rnonn,  ma;  pi.  mi(8)  a.poss.  l^*p, 

sgl.  (mëam  eic^  mon  y  ma  y  mes 

I,  95.  108.  360.  364;   I,  15.  17 

eu. 
monnastié    s.  m.    (monftstërïam) 

monastère  ni,  468.  Vni,  273. 
moande   s,  m.   (mûndum)   monde 

Vn,  351.  X,  286  etc.;  foule  XI, 

259;   tout  Ion  monnde   tout  le 

monde  IX,  378. 
monnge  s.  m.  ("hnSnîcnm  p.  môn- 

&cham)  moine  VI,  649. 
moungeto  «. /.  {dim.  de  moanjo) 

nonnette  m,  467. 
monnjo  s.  /.  (♦mônicam  p.  môn- 

âcbam)  religieuse  III,  470. 
inoan[t  s,  m.  (môntem)  mont^  mon- 
tagne I,  481.  X,  294  etc. 
monota  v.  n.  et  a.  C^^ôntare,  de 

môntem)  monter  v.  n.  II,  405. 

438.  VI,  362  etc.;  r.  a.:  faire 

monter  IV,  28.  XII,  50.  52. 
monntado  s.  f,  (s.  p.  de  mounta) 

montée  VIII,  109. 
monntagno    s.  f    (♦môntâneam) 

montagne  III,  46.  VIII,  111.  241 

etc. 
mountagnolo  s.f  (de  moantagno 


4-  -tllain)  petite  montagne  III, 
164. 

Mount-de- Vergue  s.  m.  (m5ntem  + 
dS  -1-  AvSnïcum)  Montdevergues, 
Mont  de  Vergue,  à  Vest  d^ Avig- 
non (Vaucl.)  VII,  498.    V.  note. 

mounte  (=  ounte)  adv.  de  l.  (ûndë) 
ôà  I,  425.  II,  44.  VI,  507  etc. 

mountiho  s.  f.  (môntïcillam)  col- 
lincy  dune  III,  243.  XII,  342  etc. 

Monnt-Majoar  s,  m.  (Môntem  Ma- 
jorem)  Mont-Majourf  montagne 
et  ancienne  abbaye  VI,  649.  VIII, 
306.    F.  VI,  645  note. 

moanto-davalo  s.  m.  etf  (de  moanta 
-h  davala)  ondulation  II,  271. 

moaqnelt,  o  a.  (de  mon,  monc,  du 
V.  moQca  moquer,  moucher, 
♦mííccare)  penaud,  sot  II,  154. 

mouracho  s.  et  a.  (de  Vesp.  moracho 
couleur  de  mûre,  foncé,  de  mllr- 
um  -I-  -àcum)  moricaud,  hâlé  II, 
118 

monrbin  s.  m,  (de  mBrbnm,  cp. 
Vit.  morbino  pétulance)  ressenti- 
ment, chagrin  V,  30. 

moure  (=  mourre)  s.  m.  (du  germ. 
♦murr,  cp.  Braune,  dans  Gr.  Z. 
XXI  p.  216  s.)  mamelon,  pic  I, 
440.  III,  462.  V,  68  etc. 

moure  v.  n.  —  Gr.  §  107  p.  152 
—  (*mÔvere  p.  movëre)  mouvoir 
III,  349.  IV,  237.  V,  426  etc.; 
p.  pr.  mouvènt  VIII,  436.  X, 
135  etc.  —  moure  s.  m.  (id.)  le 
mouvement  V,  481. 

mouresc,  o  a.  (*maurïscum  p. 
maurtisîâcnm)  moresque  VIII,  6. 

mourelt,  o  a.  (*maurittum)  noiraud, 
brun  foncé  î,  123.  V,  235.  IX, 
222  etc. 


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368 


QLOSSÁtRÈ. 


monrgo  (=  monnjo)  8.  f.  (♦môn- 
ïcam)  religieuse  m,  371. 

mourgueto  (=  moungeto)  s.f,  (de 
monrgo  +  -ìttam)  nonnain,  helix 
vermiculata,  espèce  d'escargot 
VIII,  270. 

mouri  V.  n,  —  Chr  §  102  p.  141 
—  (*môrïre)  mourir  I,  468.  II, 
259.  VI,  108.  Vni,  252.  XIÍ, 
.S30  etc;  mort,  o  p.  p.  mortf  e 
II,  59.  III,  492  etc. 

Moiirié[s  village  au  midi  des  Al- 
pilles  I,  477. 

Moaro  s.  m.  (Mauram)  Maure  II. 
348. 

mourraioun  s.  m.  {de  mourre,  v. 
c.  m,)  muselière  Vm,  367. 

moarranchoun  s.  m,  (id.)  petit 
minois  VI,  304.  VIII,  276. 

mourre  s.  m.  {du  germ.  ♦murr  ;  cp, 
Braune,  dans  Gr.  Z.  XXI,  216  s) 
mufle,  museau,  visage  IV,  67. 
380.  VIII,  136.  371.  XI,  382; 
groin  IX,  305. 

de  mourre-bourdoun  loc,  adv.  {de 
mourre  +  bourdoun  bourdon; 
onom.  Cette  loc.  signifierait  donc  : 
tomber  le  visage  contre  terre 
comme  un  bourdon;  p.-ê^pour: 
toumba  de  mourre-bourdous  [v, 
le  Très.]  tomber  à  terre  le  vi- 
sage boueux)  la  face  contre  terre, 
mordant  la  poussière  I,  470.  V, 
241  etc. 

mourreja  v,n.  {de  mourre)  rouler 
par  terre,  inordre  la  poussière 
V,  178. 

mourru,  do  a.  {de  mourre  f  -utum) 
renfrogné  VI,  459. 

mourtalage  s.  m.  (♦mSrtal-Stïcum) 
massacre  I,  245. 

mourtau,  alo   a,  et  s,  (môrtSlem) 


morUl,  le  H,  416.  Vm,  90.  H, 
94  eu, 

mourtiê  s.  m,  (môrtftrium)  mortier 
V,  276. 

moortinèu,  ello  a.  (*môrt-ln-ëllum) 
pâle  comme  un  mourant,  languis- 
sant, morbide  V,  130.  VIIL416. 

mourtinous,  o  a.  (*m5rt-ïn-0sum) 
livide  Xn,  386. 

mourtuàri,  o  a.  (*morttiârïum) 
mortuaire  XU,  65. 

mourven  s.  m,  (or,  inc.)  „morven", 
genévrier  de  Phénicie,  juniperus 
phœnicea,  Li.  Vm,  217.  X,  168. 
XI,  452. 

mousco  s,  f,  (mtlscam)  moucheN^ 
508.  Vni,  401. 

mouscoulouna  v.  a.  {de  mousconlo, 
lat.  mûscûlam?,  thie,  petit  cône 
de  métal  creux  qu'on  adapte  à 
la  pointe  d'un  fuseau  pour  re- 
tenir le  fil;  cp.  Du  C:  mosclaris, 
hamus,  Massiliensibus  muscUtu) 
adapter  un  crochet,  ou  une  thie, 
à  un  fuseau  I,  107. 

móuse  V.  a.  —  Gr.  §  109  p.  164 
—  (♦mûlcëre  p.  mulcere)  traire 
n,  38.  158.  VI,  509.  VIU,  122. 
IX,  362  etc. 

móusèire  s,  m.  {de  môuse)  traceur 
VIII,  128.  IX,  357. 

m6usi  V.  n.  {du  lat.  pop,  mOclre 
p.  mttcSre)  moisir  VII,  294. 

mousquihoun  s.  m.  {de  monsco) 
moucheron  IX,  427. 

mouBselino  s.f,  {de  Vit.  mussolino, 
de  Mosul,  ville  d'Asie)  mousseline 
Vin,  86. 

moussèu  s,  m.  (*m0r8ellum,  de 
raôrsura)  morceau,  dentée  ^herhe 
II,  160. 

moustelo  s.  f  (mustëlam)  belette 
V,  166. 


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GLOSSAIRE. 


360 


monstoQS,  o  a.  (*mtt8tî)8nm)  bar- 
bouillé n,  348. 
monstra  v.  a,  (monstrare)  montrer 

III,  307.  IX,  239  etc. 
moostras  s.  nu  (monstre  f  -ftcëum) 

grand  monstre  V,  258. 
monstre  s,  m.  (monstrum)  monstre 

IV,  384.  XI,  378.  408. 
montibonn  s.  m.  {dim,  de  monto) 

petite  motte  de  terre  Vil,   516. 

monto  s./,  {du  germ.  motte  terre 
amoncelée)  motte,  glèbe  I,  527. 
IX,  96.  XII,  321. 

môntonn  s.  m.  {de  *mûtïlonem  V) 
mouion  IV,  84. 

montonso  s,  f,  {de  monto  f  -osam) 
toug^e  d'herbe  aquatique  avec  sa 
motte,  souchetf  carex  III,  507. 

monvèn[t,  monvien  etc.,  v,  mònre. 

mn,  V.  mnt. 

mneio  s.f.  {du  i?.  *mÔllïare  mouiller  ; 
cp.  monille  s.  f.  usité  à  Genève 
(Sac/isJ  et  mollhe  s.  /.  pi.  prés 
marécagetix  (Jorat),  v.  Bridel- 


Favrat,  Gloss.  des  patois  de  la 
Suisse  romande,  La^isanne,  1866) 
lagune,  mare  XII,  20. 

mnrado  «./.  ('hnaratam,  de  marnm) 
bordqge  I,  273. 

mnrmnr  s,  m.  (mûrmûr)  murmure 
II,  311.  ni,  401.  X,  337. 

mnrmnra  t\  n.  (mûrmûrare)  mur- 
murer VII,  200.  Vni,  262.  XI, 
33  etc. 

mn8ca[t  s.  m.  (♦mûsc-fttum,  de 
mûscam)  muscat  s.  m.  m.  24. 

musico   s.  f.   (mOsTcam)   musique 

xir,  19. 

mnsiqaeto  s.  f.  {dim,  de  mnsico) 
petite  musique  Vil,  550. 

mn[t,  mnto  ou  mndo  a.  (mQtnm) 
muet,  te  IV,  359.  V,  270.  IX, 
197  etc.\  à  la  mndo  silencien- 
setnent  V,  507. 

mnta  v.  n.  {de  mìíttlre  parler  entre 
ses  dents)  dire  un  mot,  parler 
I,  300.  III,  503;  sènso  mnta 
sans  mot  dire  II,  466.  XII,  200. 


N 


na,  nado,  v.  naisse. 

nada  v.  n.  (nàtare)  nager  V,  126. 

X,  290.  XII,  133. 
naisse  v.  n.—  Gr.§  109  p.  162  — 

(♦nftscere  p,  nascl)  naître  I,  16. 

152.  IV,  267.  X,  380  Hc;  p.  p, 

a)  na,  nado  né,  e  VI,  581.  Xi, 

308  etc.  b)  nascn,  do  {de  l'ancien 

parfait  nasc,   lat.  *nftscni)  IV, 

222. 
nàni  adv.  de  négation  {dufr,  nenni, 

non  ille  etc.)  nenni  II,  337.  XI, 

344. 
napo  s,  f.  (màppam)  nappe  VII, 

641. 


narro  s.  f.  {de  nfirem)  narine  IV, 
221.  VIII,  357.  XI,  258. 

nasc,  0  a.  (or.  inc.)  ivre  VI,  212. 

nascn,  nasqnère  etc.,  v.  naisse. 

natnro  s.f.  (nfttaram)  nature;  de 
n.  naturellement  II,  200. 

nau  s,  /.  (nfivem)  nef,  navire  V, 
429.  XI,  96.  99.  IRô  etc. 

nanfrage  s,  m.  (nanfrágmm)  nau- 
frage VII,  485. 

nantre.  devant  les  qualificatifs: 
nàntri(s)  pr.  pers.  1^*  p.  pL 
{=  nons- antre,  nos  àlteros) 
nous  (autres)  I,  380.  Il,  61.  IX, 
361.  XI,  485  etc. 

24 


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âîO 


ûlOssàirë. 


navega  v.  n.  (n&Tïgare)  naviguer 

I,  210. 
navegaire  a.  m.  (navïgfttôr)  naei- 

gateur  Vm,  300. 
naveg^cioun  s,  f.  (nfivïgatïonem) 

navigation  XI,  p.  217. 
n',  n'en,  v.  en. 
ne  (n')  particule  négative  qui  n'est 

guère  usitée  que  sous  la  forme 

de  n\  devant  une  voyelle  (nS) 

ne;  ne  ...  ni  I,  9;  ne  . .  pas  I, 

60.  184;  ne panca  I,  228; 

ne  . . .  degnn  I,  210;  ne  ...  pu 

I,  165. 
ne   (=   nèc),  nèco  a.  (nidïcum) 

interdity  ébahi  X,  133. 
nebla  v.  a.  (♦nebiilare)  voiler  V, 

502.  X,  276. 
nèblo    s,  f.  (nëbûlam)  brouillard, 

brume,  nuée  III,  447.  IV,  306. 

IX,  274.  X,  132  etc. 
neblous,  o  a.  (nëbûlDsam)  brumeux, 

se  II,  133. 
nebou[t  s.  m.  (nëpOtem)  neveu  X, 

335. 
necessàri,  o  a.  (nëcessftrïnm)  né- 
cessaire I,  132. 
nécessita  s.  f,  (nëcessïtfitem)  né- 
cessité X,  p.  202. 
necite,  o  (=  necis,  ido)  a.  (nëcess- 

-Itum)  nécessaire  Xi,  363.  524. 
nega  v,  a,  et  n.  (nggare)  nier  IV, 

163.  X,  359. 
nega  v.  a,  (nëcare)  noyei-  IV,  309. 

V,  447. 
negadis  a.  et  s.  m,  (*nëcatis8nm) 

noyé,  naufragé  I,  379.  V,  458. 

526.  XI,  161. 
negadou   s.  et  a.  m.  (nëcfitorem) 

qui  noie  IV,  322. 
negaire  *.  m.  (nëgStÔr)  renieur  V, 

531. 


negras,  so  a.  (de  nègre  ^  -Scëum) 

sombre  V,  24. 
nègre,  o    a,  (nïgnim)  noir,  e  I, 

126.  523.  XI,  157  etc. 
negreja  v.  n.  (de  nègre)  briUer  en 

noir  I,  172.  II,  103. 
negre[t,  o  a.  (*nïgr-ittum)  noirâtre 

I,  124.    F.  note, 
negronr,  negmro  «.  /.  (nïgrorem, 

♦nïgrnram)   noirceur  VI,  339; 

IV,  327. 
nemi  (=  enemi)  s.  m.  (ïnïmlcwn) 

ennemi  I,  234. 
nerto  s.f,  (n^rtham)  myrte  H,  76. 

XI,  254. 
nèrvi  *.  m.  (nërvnm)  nerf  I,  483. 
nervihons,  o  a.  {de  nèrvi)  nerveux, 

se  Vn,  305. 
nèsci,  0  a.  et  s.  (nëscTnm)  ignorant, 

insensé,  idiot  III,  331.  Vil,  347. 
nèspo  s.f.  {de  mëspTlam)  nèfle  Ji^ 

250.    V.  note. 
neteja  v.  a.  (♦nïtïdiare  p.  nïtïdare) 

nettoyer  IV,  452.  XI,  360. 
Netane  n.  p.  (Neptunum)  ifeptme 

IV,  227. 
nèu    s.  f.  (nïvem)  neige  IV,  37. 

XI,  476.  Xn,  343. 
neva  v.  n.  (*nïvare)  neiger  IX,  225. 

xn,  342. 
neven,  co  a.  f^ïv-incnm)  de  neige 

XI,  526. 
ni  ...  ni,  conj.  copulative  (nëc) 

m ...  m  I,  10.  349.  481  eU. 
niéu   (nive,  nivo,  v,  c.  m.)  s.  w. 

(nobem)  nuée  IV,  341.  X,  267 

etc. 
nifla  V.  a.  {cf.  fr.  [re]nifler,  du 

b.-all.  nibbi,  nif  nez)  renifler, 

flairer  IV,  385.  IX,  339. 
nimai  adv.  (ni  f  mai,  v.  cm.)  non 

plus,  ni  u,  81.  xn,  19a 


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OL088AIRE. 


371 


Nimesen,  enco  «.  m.  et  f,  {de  Ne- 
mans[iim]  +  -inqanm,  -incam) 
Nîmais  l  487. 

Nimes  n.  de  l.  (Nemaasnm)  Nîmes 

I,  408. 

ninfèio  8./.  (nymphseam)  nymphsea 
nénufar  IV,  492.  IX,  1. 

ninèio  (=  linèio,  lignado)  s.  f. 
(♦ImëStam)  lignée,  famille  nom- 
breuse, troupeau  de  filles  III, 
113. 

ninoio  {du  m.  ninoi)  «./.  {de  *iiin- 
Dam  berceau)  enfant  naive  1, 406. 

Dis  s.  m.  (mdus)  nid  II,  196.  IX, 
268.  V.ll,2VÒ  et  VL,  2m  notes. 

nisa  V.  n.  (de  nis)  nicher  XI,  480. 

nisado  s.  f  {s,  p.  de  nisa)  nichée 

II,  232.  292. 

nisoun  s.  m.  {de  nis  +  -onem)  nid 

n,  245. 
nistoun  s.  m.  {de  Vall.  nest,  sou>s 

l'influence  de  nis?)  les  jeunes  du 

nid  IX,  269. 
nito  s,  f  (or.  inc.)  vase  s  f.  V,  474. 
niue  s.f  (nôctem)  nuit  I,  77.  215. 

267.  529  etc.;  à  nine  adv.  à  la 

nuit,  cette  nuit  I,  402. 
niuecbado   s.  f  {de  niue  :  *nÔct- 

atam)  nuit,  nuitée  VIH,  12. 
nivo  (—  nive)  s.  m.  (ntlbem)  nuage 

I,  47.  II,  401.  m,  479  etc, 
nivonlado  s.  f  (*nibul  -  atam  p, 

nûbTl-atam)  nuée,  nuage  épais 

XI,  181. 
nivonlas  s.  m.  (*nibnl-ficíìam)  gros 

nuage  III,  426.  XI,  141. 
nivoulino  «./.(*nibnl-lnam)  brume, 

papeur  VI,  520.  IX,  169. 
nivonlons,  o  a.  (*nibnl08um)  mut- 

geux,  se  VI,  591.  XU,  236;  de 

poussière  IV,  78. 
nÌToalan  s,  m.  (*nibul-Hmen)  léger 

nuage  I,  73.  X,  130. 


noble,  0  a.  (nôbïlem)  noble  III,  48. 

X,  73.  XI,  198.       • 
noro  s.f,  (*n5ram  p,  nûram)  bru 

Vn,  628. 
Noro  n.  de  f.  {aphérèse  de  Eleo- 

noram)  Nore  III,  379. 
nose  s.  f.  f  nùcem)  noix  VII,  9. 
noste  (devant  les  noms)  (=no8tre),  o 

pi.   -i(8)    a.  poss.   1'*^*  p.  pi. 

(ndstmm,  ndstram)   notre,  nos 

I,  13.  34.  lit.  208.  288  etc. 
Nosto-Damo-d'Amonr,  v.  VIII,  14 

note, 
Nosto-Damo  de  Dom,  v.  damo. 
Nostradamus    n.  d'h.   Michel   de 

Nostradame,  célèbre  astrologue 

VI,  63,  234.    F.  n,  63  note. 
Not  n.  d*h.  {aphérèse  de  Estienot, 

dim.  de  Estève)  Not  VIII,  439. 
non,  novo  a.  (nôvum)  neuf,  neuve 

I,  307  etc.;  de  non  loc.  adv.  à 

neuf  ra,  143.  XI,  225.  —  lou 

non  le  neuf  IV,  182. 
non  n,  de  n.  (nôvem)  neuf  IV,  30. 

XII,  420. 
nonga[t  s.  m.  (*nûcatum,  de  nûcem) 

nougat,  tourteau  de  nota;  VII,  635. 
nôngnié   s.  m.  (nûcftrTnm)   noyer 

vni,  56. 

non  m  s.  m.  (nômën)  nom,  renom- 
mée I,  417.  II,  374.  VI,  62  etc.; 
nonm  de  sort  sorte  d'imprécation, 
sort  fatal  !  IX,  267  ;  nonm-d'un- 
gàrri  \  juron,  nom-d'un-ratUyiSl. 

nouma  v.  a.  (nômïnare)  nommer 
V,  115. 

nonmbrons,  o  a  {de  noombre  -f 
-Dsum)  nombreux  Yll,  159.  VIII, 
206. 

noun  adv.  de  négation  (non)  a)  avec 

le  verbe  :  ne  I,  200.  XT,  416.  XII, 

278  etc.  —  b)  absolument:  non 

I,  51.  191  etc.  —   noun  .  .  que 

24* 


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372 


QL088ÂÎRK. 


adv,  de  nég,  :  ne  , ,  que  I,  8  etc.  ; 

noan  pas  qne  eonj.  suivie  du 

sbj.  non  pas  que  I,  129.. 
Noarado  (Ounourado)  n.  de/.  (H5- 

nôratam)  Narade  III,  283. 
(se)  nourri  v,  a.  et  r,  (nutrlre)  (se) 

nourrir  VIH,  297.   IX,  43.  X, 

211  etc. 
nous   pr.  pers.  1^'  p.  pi.   (n(JB) 

nous  I,  49.  96  etc.;  nous-autre 

p.  nous  nous  (autres)  .XI,  287 

V,  nautre. 
nous  s.  m.  (nodus)  nœud  VII,  336. 
nousa  t>,  a.  et  n.  (de  nous)  nouer 

II,  205.  m,  as.  VIII,  66;  v.n, 

former  des  nœuds,   en  parlant 

du  blé  IV,  26. 
Nouvè  s,  m.  (nôvëllum)  Noël  VII, 

184. 


nouvelàri,  o  a.  (♦nÔvôU  -  Srïum) 
naïf,  novice  IIl,  194. 

nouveIe[t,  o  a.  (de  nouTèu,  -ello) 
tout  nottveau,  ingénu  I,  167. 

nouvèu,  nouvello  ;  pi.  -i(8)  a.  (nô- 
vëllum) nouveau,  nouvelle  VI, 
180.  X,  380.  XI,  199  etc, 

nouvello  s.  f.  (nôvëllam)  a)  nou- 
«e//e*/.XII,48;  h) pi  les  aduttes, 
en  parlant  de  brebis  IV,  88. 

nouviau,  alo  a,  (♦nôvïftlem,  p.nòvi) 
de  noces  VII,  607. 

nouvieto  s.f  (dim.  de  ììòyÌQ) fiancée 
X,  371. 

nòvi  s,m.  (*nÔvïum)  nouveau  marié, 
fiancé  X,  373. 

nus,  0  (=  nud,  o)  a.  (nadum)«M,e 
n,  431.  m,  8.  X,  396  eu. 


O 


o  (=  oi)  adv.  d'affirmation  (hÔc) 

oui  V,  512.  VII,  435. 
0  conj,  (aut)  ou  II,  419.  420.  VIII, 

273.  X,  72  etc.;  cp.  vo. 
0,  oh   int.  qui  marque   le  vocatif 

oh!  I,  14.  246. 
obro  s.  f.  (Ôpërara)  ouvrage,  ceuvre 

ni,  382.  IV,  154  etc. 
òli  s.  m.  (Ôlëum)  huile  I,  159.  239. 

III,  3  etc.. 
ome  s.  m.  (hôraïnem)  homme  I,  21. 

24. 140  etc.;  orne  de  bon  homme 

valeureux  IX,  318. 
orfré(s)  «.  m.  (aurum  phrygium) 

orfroi^  broderie  d'or  III,   136. 
or  s,  m.  (aurum)  or  s.  nu  L\0.  449. 

508.  III,  49  etc. 
òrdi    s,  m.  (hôrdëum)   orge   XII, 


orle  s.  m,  (*ortllum,  de  oram  bord} 
ourlet  V,  104. 

orre,  o  a.  (hôrrïdum)  liorrihU,  hi- 
deux, sale  IV,  384.  VHI.  195. 
406  etc, ;  orre  s.  m.  (id.)  horreur; 
faire  orre  faire  horreur  VI, 
455. 

òrri  s.  m.  (hSrrëum)  grenier  yH. 
187. 

orso  (=  ouercho)  s.  f.  (or.  inc.) 
croupion,  os  qui  termine  la  co- 
lonne vertébrale;  vertèbres  VL 
615. 

orto  s.f.  (*hortam)  grand  jardin; 
pèr  0.  par  les  champs,  çà  et  tó, 
errant  I,  43.  326.  m,  489.  VI. 
471  eU. 

os  s.  m,  (Ôs,  Qssis)  oss.m.1. 375. 
381.  IV,  159  etc. 


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GLOSSAIRE. 


373 


oste  8.  m.  (hQspîtem)  hôte  III,  ô7. 
ôublida  V.  a.  et  n.  (*ïih\lUae,  fréqu 

de  oblivisci)  oublier  I,  337.  III, 

363.  VIII,  91.  311  etc. 
6ubli[t  8.  m.  (s.  f>.  de  ôublida)  oubli 

XI,  499. 
ôubra  «.  n.  (ôpërare)  ouvrer^  être 

à  l'œuvre,  travailler  III,  110. 
ôubrage  e»  m.  (5përfttïcain)  ouvrage 

I,  334.  IV,  181. 
6abran[t  o.  m,  {p  pr,  de  6abra) 

ouvrable;  jonr  ôabrant  jour  de 

labeur  XI,  497. 
oabreto  «./.  (dim.  de  ôubro,  Qpëram) 

petit  ouvrage  V,  88. 
ôadoar  8.  f.  (Òdorem)  odeur,  sen- 
teur Iir,  46.  XI,  345. 
ôafice  8.  m,  (Ôfficïum)  office  VI, 

432. 
ôufri  17.  a.-'Qr.§  103  p.  143  — 

(*offërlre)  offrir  XI,  360. 
ouire  8,  m.  (titërem)  outre  8.f,  I, 

519.    F.  note. 
Oalimpe  s.  m.  (Olympum)  Olympe 

V,  24.    F.  note. 
oalimpi[c,  0  a,  (Òlympîcnm)  olym- 
pique IV,  380. 
ônliva  V,  a.  (Ôllvare)  cueillir  des 

olives  I,  66. 
ônlÎTaire  s,  m.  (d«  6uliva)  cueilleur 

â^olives  I,  97. 
óulivarello  «./.  (iiei.^  oliveuse  I,  65. 
ônliyeto  î./.  (Vie  ÔllvBtum)  olivaie, 

verger  cPoliviers  I,  57.  159.  m, 

2  «ÍC. 
ôulivié  s.  m.  (*Ôllvarïum)  olivier 

Vm,  431.  IX,  157.  XI,  448. 
ôolivo  8.  f.  (Ôllvam)  olive  I,  339. 

VIII,  307.  X,  246  etc. 
oulo  s.f.  (ôllam)  marmite  VI,  318. 
oambrage  s.  m.  (timbratïcum)  om- 
brage I,  86. 


onmbreja  t?.  a.  (*ùmbr-ïdiare)  om- 
brager I,  396.  X,  69. 

oambreto  s.  f.  {dim.  de  oumbro) 
ombre  agréable  VDI,  222. 

oumbrinello  s.  /.  (de  oumbrino) 
ombre  légère  IX,  365. 

oumbrino  s./,  {de  oumbro  +  -inam) 
ombre  IV,  4.  Vni,  218.  XI,  238. 

oumbro  s.  f.  (ûmbram)  ombre  I, 
337.  II,  434.  VIII,  399  etc, 

oumbrnn  8.m,{de  oumbro  +  -Umen) 
ombre,  ténèbres  VI,  603.  XII, 
101. 

6ume  s.  m.  (tOmum)  orme  IX,  342. 

oumenas  s.  m.  (♦hSmïn-ftcëum)  co- 
losse VIII,  192. 

oumeuen,  co  a.  (hômîn-incum) 
humain,  e  IV,  211.  XI,  304. 

Oumèro  s.  m.  (HÔmôrum)  Homère 
1,4. 

óumorno  s.f.  (♦àlmôsïnam,  du  gr. 
fUrjuoavyrl)  aumône;  óumorno 
flourìdo  aumône,  fleurie,  expreS' 
sion  poétique  pour  rare  bienfait, 
une  aumône  qu'un  pauvre  par- 
tage avec  un  autre  XII,  347.  F. 
note. 

ouncioun  s.f.  (unctïOnem)  l'Oun- 
cioun  estrèmo  l'Onction  extrême 
Xn,  292. 

ounço  s.f  (uncïam)  once,  seizième 
partie  de  la  livre  de  Provence 
V,  258. 

oundado  s,  f  {de  oundo  +  -atam) 
onde  X,  421.  XI,  184. 

oundeja  v.  n.  {de  oundo  -I-  -ïdiare) 
ondoyer  IV,  206. 

oundo  s.  f.  (ûndam)  onde  II,  456. 
m,  406.  X,  14  etc 

oungio  s.  f.  (ungûlam)  ongle  V, 
278;  de  pèd  e  d'o.  d^ arrache- 
pied  VII,  508. 


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374 


GLOSBiaRB. 


onngla,  do  a.  (de  onnglo  -1-  -ntnrn) 
qui  a  les  ongles  longs,  ongle,  e 
V,  338. 

OimDÌpoatèn[t  s.  m.  (Omnïpôtënt- 
em)  le  Tout-puissant  VIII,  178- 

ounoar  *.  m.  et  f,  (hònorem)  hon- 
neur I,  512.  III,  220, 

oanoara  v.  a.  (hônorare)  honorer 
IV,  287.  III,  38. 

onnourable,  o  a.  (hônôrabïlem)  ho- 
norable IV,  71. 

ounso  (=  ounço)  s.  f.  (nnciam) 
phalange,  nœud  des  doigts  V, 
257.  IX,  239. 

onnte  adv.  de  l.  (iinde)  oà  I,  24. 
308;  d'ounte  d'oà  I,  109. 

(8')óupau8a  r.  a.  et  r.  (du  fr.  op- 
poser, du  lat.  ÔppOnere)  opposer 
X,  240. 

ôapressa  v,  a.  {de  oppressum)  op- 
presser VI,  467. 

oaracle  s.  m.  (orficùlum)  oracle 
III,  305.  XI,  373. 

oardinàri  a.  (Qrdïnáríum)  ordi- 
naire; d'ourdinàri  adv.  d^ ordi- 
naire I,  130;  à  roordinàri  à 
l'ordinaire  IX,  23. 

onreto  s.  /.  {de  ouro  +  -ittam) 
petite  heure,  heure  charmante 
Vin,  40  ;  onreto  de  pauso  heure 
de  loisir  VIII,  40. 

oargaeno  s,  f.  {de  Ôrgánnm,  gr. 
SçY^rov)  orgue  XII,  376. 

onrgneions,  o  a.  {du  s.  ourguei,  du 
germ.  urgoli)  orgueilleux  III,  39. 


ourla  V.  n.  (ûlûlare)  hurler  1. 484. 
IV,  336.  XI,  131;  s,  m.  hurle- 
ment VII,  7. 

onrlado  s.f.  {de  ùlûlatum)  hurle- 
ment XI,  267. 

ouro  s,  /.  (horam)  heure  I,  267. 
XI,  519  etc.;  à  l'ouro  d'iuei  à 
cette  heure  XI,  218;  subre  oaro 
à  une  heure  indue  II,  347;  ouro 
pL  les  heures,  prières  III,  320. 

Ourrias  n.  rf'/r.  forme  provençale 
p.  Elzéar  FV,  318.  366.  372  etc. 

ourrible,  o  a.  (bôrrïbïlem)  horrible 

IV,  236. 

ourrour    s,  f.  (hôrrorem)  horreur 

V,  486.  XI,  128. 

ourse  s.  m.  (ulïcem,  cp.  Vesp.  urce; 

K'ort.  8466)    ansMne,  plante; 

soude  ligneuse  (Salsola  fmcti- 

cosa)  V,  197. 
ourso  s.f,  (tirsam)  ourse  s.f  VII, 

142  ;  Jan  de  l'Ourse,  cf€  ourse,  onrs 

s.  m.  (ursum)  ours,  cp.\,  197  fwie. 
ourtigo   s,  f  (♦ùrticam)  ortie  II, 

286.  IX,  275. 
oustalado  s,f  {de  oustau  +  -àtam) 

maisonnée  III,  387. 
oustaloun  s,  m,  (oustau  +  -onem) 

maisonnette  I,  38. 
oustau  s,  m,  (bôspïtale)  maison  I, 

208.  281. 
óutobre   s,  m.  (Sctobrem)  octobre 

III,  109. 
outrage  s.m.  (ùltr-atïcum)  outrage 

I,  335. 


pacan   s.  nu  (pfigftnum)  paysan ^ 

manant  V,  154. 
pacaniho«./.(pagaii  +  -Win)  peuple 

VI,  55. 


paceiica  v.  a.  (pftcîfîcare)  pacifier 

VI,  623. 
pache  ^.m.  (pftctum)  pacte  s.  m.  III, 

221. 


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0L088ÁIR£. 


375 


pacièn[t,  o  a.  (pStïëntem)  patient,  e 

VU,  281. 
paga   V,  a.  et  n.  (pftcare)  payeì- 

VI,  119. 
page  s,  nu  {du  gr,  -nai^iori)  page 

XI,  515. 
pai   «.  m.  familièrement  p.  paire 

(b.  c.  m.)  père  II,  49. 
paie    (=  paiero,   v.  c,  m.)   «.  m. 

(palëfirïum)    pailler,    meule    de 

paille  I,  112. 
paiero  s.  f.  (*i)alëftrïam)  meule  de 
^  paiUe  I,  79. 

paio  s.  /.  (pàlSam)  paille  VII,  102. 
paiolo  «./.  (ft.-/a^*pàlëolam,  J>u  C.) 

paillette  X,  391  ;  paillole,  grand 

filet  à  mailles  étroites  qui  sert 

à  barrer  un  cimrs  d'eau  IV,  10. 
paiòu  s,  m.  (*pal]ÎÔlam,  de  pallîam 

couverture)  pont  d^un  navire  XI, 

154. 
paire    s.  m.  (p&trem)  père  I,  45. 

49.  54  etc. 
pais    s.  m.  (pSgense,  de  pftgum) 

pays  I,  272.  XI,  75.  XH,  1  etc, 
paisse   V.  a,  et  n.   —   Gr,  §  109 

p.  163  —  (♦pascëre)  paître  II, 

416.  IV,  168.  VIII,  294.  306  etc. 

—  s.  m.  pâturage  IV,  268. 
palai  s,  m.  (pftl[i]&tnin)  palais  (de 

la  bouche)  XII,  291. 
palaigo  s./,  (prob.  de  pale  +  aigo, 

17.  c.  m.)  j>^t£e  «o/«,  poisson  X,  9. 
pa]ai[s  6.  m.  (p&lstîam)  j^a/ais  Kl, 

133.  206.  X,  38  etc, 
pale,  o  a.  (p&llïdnm)  ^d/^  I,  236. 

rV,  297.  IX,  343  etc. 
Palestine  s.  /.  (Pàlsestinam)  Pa- 
lestine X,  107. 
pale[t«.in.(<]^palo  +  -ittnin)pa/^, 

disques  d^  acier  qu'on  frappe  à  la 

manière  des  cymbales  I,  490. 


paleto   s.  f.   (de  palo   +  -ittam) 

petite  pelle,  fam.  p.  main  VII, 

233. 
pâli  V.  n.  (de  p&llëscëre)  pâlir  III, 

399.  505.  V,  367  etc. 
pâli  s.  m.  (p&Uïam)  dais  II,  310. 
palinèu,  ello  a.  (♦pallï[dï]n-ëllum, 

de  pàllïdum)   pâle  n,  325.  V, 

131. 
palinous,  0    a.   (♦pìíllï[dï]n-08um, 

de  pallidum)  pâle  VI,  364. 
palo  s.  f.  (palam)  pelle  V,  293. 
palo[t,  0   a.  et  s.  {de  palo  pelle, 

l'instrument   des  paysans,    lat. 

pfilam  f  -ottnm)  pâlot,  lourd, 

rustre  V,  269. 
paloumbo  s.f  (p&ltlmbain)  ramier 

XI,  167. 
paloor  s.f  {de  pale  +  -orem)  pâ- 
leur XI,  94. 
palontamen  adv.  {v.  pâlot)  à  pas 

lents  IV,  84. 
palan  s.f.  (p&ltldem)  marécage  I, 

77.  IV,  203.  220  etc. 
palnnaio  s.f  {de  palan)  marécage 

I,  397. 
palnnen,  co  a.  (id.)  paludéen,  ne 

Vm,  391.  XI,  495. 
palustre,  o  a.  (p&lastrem)  paludéen 

X,  139. 
pamenls   con;.  (=  pas  mens,  lat. 

pfissam  mînns)  cependant,  pour- 
tant I,  234.  254.  283.  477  etc. 
pampagnoon  (=  pampinoan)  s.  m. 

{de*'^ìSímfiTìTim)moissine,pampre, 

branche  de  vigne  avec  ses  grappes 

X,  35. 
Pamparigousto  s.f  (de  pampano 

bedaine  et  gousta  goûter)  Pam- 

parigouste,  pays  imaginaire  III, 

123.    F.  note. 
pampo  s.f  {de  p&mpînom)  pampre 

n,  275.  III,  383.  IX,  159. 


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376 


GL088ÂIBB. 


pan  8.  m.  (pftlmam)  empan,  huit- 
ième partie  de  la  cano,  mesure 
de  longueur  V,  329.  V.  note, 

pan  s,  m.  (pfinem)  pain  I,  157. 
283  etc. 

panar[d,  o  a.  et  s.  {de  Vadj.  lat 
pandnm  courbé  en  dehors;  cp, 
lefr,  cheval  panard,  cheval  dont 
les  pieds  de  devant  sont  tournés 
en  delwrs;  v.  K'ort.  5855)  boi- 
teux,