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Full text of "Miréio poéme provencal"

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ìm      — "-^"^k^^;^^^ — — *^ 


ELIJAH  CLARENCE  HILLS  •  1867-1932 
r 


EujAM  Clakcpîci  HlLU  W3U,  irom  1931  till  hîs  death,  firrt  a.  Prof  essor  of 

Spanish  and  thcn  Proícísor  of  Ronnance  Philûlogy  at  thc  University  of 
CaliTornii.  A  Eiative  of  lUinoia,  rearcd  in  Floridai  hc  graduaceti  from  Cor- 
nctl  m  1891  and  studted  m  Paris;  he  was  luccessîvely  professer  in  KolUns 
CoUcgCp  LD  Colorado  Collcgc»  librari^n  of  ihe  Hinp^nk  Society  of  Aitierica, 
and  head  for  romance  laagi^ages  ae  lodiana  Uoiv'ersity.  For  his  distio- 
gui&hed  achi^emenls  in  Spanish  philology,  hc  waî  madé  Knight  Com- 
mander of  ibe  Royal  Order  of  Queco  l&abcl. 

In  Profcssor  Hills  wcre  combined  vase  and  précise  learniog  wjth  eattraof- 
dinary  humanity.  Though  a  grammarian  and  philologist,  tm  teaching 
împtied  die  great  world.  He  had  a  ulent  ibr  írìend^hip:  capable  of  the 
icci usions  of  the  scholar  and  cdkor  and  born  to  an  inviolable  po-sonul  dig- 
nityt  he  possesscd  al  50  an  uocofnfnoa  social  char  m  which  cxercised  ïtséf 
in  wjdcoing  circî<3.  His  charity  showcd  ^s  kmdliness,  déférence,  tolér- 
ance» tbe  shahng  of  thc  possessions  his  long  labors  had  accumitlatcd.  Ht 
wait  4  Wisc  colleetor  of  books»  and  specialixad  in  Sp^nisii  lexicons,  Mri^ 
HUls  prcacnted  to  the  Unîvcrsity  of  CâbÎornU  bis  collection  of  books,  ùUc 
of  whlch  if  hcf  e  inscribcd  10  his  mcmory* 


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MIRÈIO 

POÈME  PROVENÇAL 


DK 


FRÉDÉRIC  MISTRAL. 

ÉDITION  PUBLIÉE  POUR  LES  COURS  UNIVERSITAIRES 


BDUARD    KOSCHWITZ 

AVEC  UN  GLOSSAIRE 

PAR 

OSKAR   HBNNICKB 

ET    LK    PORTRAIT    DU    POÈTK. 


MARBURG 

N.  G.  ELWERT,  LIURAIRE-ÉDITEUR 

Librairie  Haar  &  Steinert 

LIVRES  A.  EICHLER  Succ^  revues 

*'  2i  (ANaENNEMENT  9),  pue  Jacob,  ^^ 

CARTES  à  PARIS  JOURNAUX 

1900. 


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HILLS 


•  •  •     •  • 


•  •  •       •      " 

••  •        •   ** 
•  •  •• •  • 


Imprimurie  O.  Otto.  I>»rmstadi. 


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PRÉFACE. 


Après  la  publioation  de  ma  Grammaire  de  la  langue  des 
fHibres  (en  1894),  des  amis  du  Félibrige  me  demandèrent 
soit  une  anthologie  ou  un  manuel,  soit  Tédition  d'un  ouvrage 
née  -  provençal  préparé  pour  Pusage  des  personnes  qui 
désirent  s'initier  sérieusement  à  la  lecture  de  la  littéra- 
ture félibréenne.  En  effet,  cette  littérature  manquait  entière- 
ment d'un  livre  de  lectures  publié  dans  ce  but.  Les  Fleurs 
filibresques  de  M.  Hennion  (Paris  1883),*  les  Flour  de  Prou- 
vènço  de  M.  Delille  (Montpellier  1885)  et  les  nombreuses 
éditions  d'auteurs  provençaux,  avec  traductions  françaises  en 
regard,  ne  s^adressaient  qu'au  grand  public  français  et  ne 
cherchaient  qu'à  faciliter  l'accès  du  contenu  des  œuvres  mé- 
ridionales, sans  exiger  une  étude  tant  soit  peu  appro- 
fondie de  la  langue  des  auteurs.  Ne  pouvant  nier  l'utilité 
ou  la  nécessité  de  la  proposition  qu'on  me  faisait,  je  lui  ai 
donné  suite  et,  dans  cette  intention,  j'ai  demandé  à  M.  Mistral 
de  vouloir  bien  m'autoriser  à  publier  une  édition  classique  de 
sa  Mirèio^  chef  d'œuvre  par  excellence  de  la  nouvelle  littéra- 
ture, et  pour  cela  le  plus  digne  de  servir  d'introduction  à 
toute  étude  félibréenne.  M.  Mistral  a  eu  la  bonté  non  seule- 
ment d'acquiescer  à  mon  désir,  mais  encore  de  me  prêter 
son  concours  pendant  la  préparation  de  cette  édition.  C'est 
avec  un  véritable  plaisir  que  je  lui  en  exprime  mes  remercie- 
ments. 

Une  édition  faite  pour  le  public  auquel  nous  pensons, 
demandait   une   Introduction    littéraire,   un  Texte    des    plus 


8^4902 

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IVA  PUÉFACE. 

corrects,  des  Notes  explicatives  et  un  Glossaire  étymo- 
logique. Dans  V Introduction^  il  fallait  donner  une  histoire 
sommaire  du  Félibrige,  inséparable  de  notre  auteUr,  une 
biographie  de  M.  Mistral  et  quelques  réflexions  sur  son 
œuvre,  spécialement  sur  Mirèio,  Malheureusement  il  est  im- 
possible de  bien  connaître  et  de  bien  étudier  les  évolutions 
de  la  Renaissance  littéraire  du  Midi  français  sans  être  félibre 
actif  et  sans  habiter  le  pays  du  Félibrige.  Une  grande  partie 
de  cette  littérature  est  entièrement  inaccessible  aux  profanes 
et  aux  étrangers.  Je  n'avais  donc  que  le  choix  ou  de  ré- 
péter à  peu  près  ce  que  j'avais  dit  dans  mon  étude  Veber 
die  provençalischen  Feliber  und  ihre  Vorgânger  (Berlin  1894) 
ou  de  faire  un  emprunt  à  plus  savant  que  moi  en  matière 
félibréenne.  Reconnaissant  l'impossibilité  de  donner,  en  si 
peu  d'espace,  une  histoire  du  Félibrige  aussi  exacte,  aussi  neuve, 
aussi  bourrée  de  faits  que  celle  publiée  par  M.  Mariéton  — 
chancelier  du  Félibrige  et  auteur  du  classique  «journal  de 
route  ^  La  Terre  provençale  —  dans  la  Grande  Encyclopédie  s.  v. 
Félibrige^  j'ai  préféré  ce  dernier  procédé,  et  je  me  suis  adressé 
à  l'auteur  pour  lui  demander  la  permission  de  me  servir  de 
son  article  pour  notre  Introduction.  M.  Mariéton,  qui  le  ré- 
imprime lui-même  en  ce  moment,  avec  notes  additionnelles, 
dans  son  Précis  de  Vhistoire  des  félibres  (3*  chap.  de  sa 
Provence  Nouvelle  [1550—1900]),  m'a  gracieusement  accordé 
toutes  les  autorisations  voulues,  et  ainsi  on  trouvera  p.  i— xx 
de  notre  Introduction  —  à  quelques  petites  omissions  et  ad- 
ditions près  —  une  reproduction  textuelle  de  cet  article  d'En- 
cyclopédie, qui  par  l'exactitude  de  son  information,  par  la 
justesse  de  ses  appréciations  et  par  son  grand  nombre  de 
faits  accumulés,  était  tout  prédestiné  pour  le  nouvel  emploi 
que  nous  lui  avons  trouvé. 

Cet  emprunt  réussi  m'a  encouragé  à  en  essayer  un 
second.  Mistral  a  trouvé  dans  M.  (i.  Paris,  Revue  de  Paris^ 
1894,  I,  478  ss.  et  II,  58  ss.  (réimpression  dans  les  Penseurs 
et  Poètes  du  même  auteur,  Paris  1896)  un  biographe  et  un 
juge  littéraire  d'une  telle  compétence,  d'une  telle  pénétration 


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PRÉFACE.  VA 

et  d'une  telle  puissance  de  style,  qu'il  me  semble  impossible 
de  mieux  présenter  et  de  mieux  apprécier  notre  auteur  et 
son  œuvre.  On  ne  saurait  surpasser  M.  Paris  que  par  l'ad- 
dition de  détails  et  par  l'entreprise  de  recherches  minutieuses 
là  où  il  s'est  contenté  de  donner,  de  main  de  maître,  des 
vues  d'ensemble.  Une  pareille  amplification  de  l'étude  de 
M.  G.  Paris  ne  serait  pas  entrée  dans  le  cadre  de  notre  Intro- 
duction où,  au  contraire,  il  fallait  se  borner  à  répéter  une 
partie  seulement  de  ce  que  M.  Paris  avait  si  brillamment  dé- 
veloppé. Dans  ces  conditions,  il  m'a  paru  plus  simple  de 
donner,  au  lieu  d'un  aperçu  plus  ou  moins  original,  un  extrait 
de  cette  excellente  étude,  et  M.  G.  Paris,  informé  de  mon 
intention,  n'a  pas  été  moins  bienveillant  pour  moi  que  M. 
Mariéton,  et  a  bien  voulu  servir  aussi  pour  sa  part  (Introd. 
p.  XXII—  xxx)  comme  introducteur  au  charmant  ouvrage  dont 
nous  publions  une  édition  scolaire. 

11  ne  me  restait  qu'à  dire,  à  la  fin  de  l'Introduction 
(p.  XXX — XLiii),  quelques  mots  de  Mirèio  même.  Je  l'ai  fait, 
non  sans  marcher,  ici  encore,  sur  les  brisées  de  M.  G.  Paris. 
Espérons  que  les  trois  parties  qui  forment  l'ensemble  de  notre 
Introduction  ne  jureront  pas  trop  par  la  disparité  de  leur  pro- 
venance, et  que  les  raccords  que  j'ai  dû  faire,  ne  montreront 
pas  trop  de  saillie! 

Le  Texte  de  notre  édition  a  subi  une  revision  plus  sé- 
vère que  nous  ne  l'avons  dit  p.  XL  et  suiv.  de  l'Introduction. 
L'orthographe  a  été  réglée  sur  l'orthographe  officielle  des 
félibres,  celle  suivie  dans  le  Trésor;  les  concessions  faites  à 
Tœil,  dans  les  rimes  des  éditions  antérieures,  ont  été  sup- 
primées; enfin  la  ponctuation  a  été  soumise  à  une  correction 
soigneuse. 

Quant  aux  Notes^  le  chemin  était  tracé  par  l'auteur  lui- 
même,  n  ne  s'agissait  pas  de  prendre  notre  poème  pour  pré- 
texte à  toutes  sortes  d'excursions  ethnologiques,  hagiographiques, 
historiques,  botaniques,  linguistiques  etc.  etc.,  mais  d'expliquer 
uniquement  ce  qui  demandait  réellement  un  bref  commentaire 
pour  des  lecteurs  qui,  n'habitant  pas  la  Provence,  n'en  con- 


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vu  PRÉFACE. 

naissent  pas  assez  la  topographie,  les  mœurs  et  les  croyances 
pour  pouvoir  comprendre  immédiatement  toutes  les  allusions  de 
Fauteur.  Nous  avons  gardé,  autant  que  possible,  les  notes  que 
M.  Mistral  avait  jugées  nécessaires  lui-même.  Nous  en  avons 
rejeté,  d'ailleurs,  une  partie  dans  le  Glossaire  quand  elles  y 
trouvaient  plus  naturellement  leur  place.  Nous  avons  emprunté 
d'autres  notes  au  Trésor  du  Félibrige  où  l'on  trouve  de  nom- 
breuses explications,  insérées  par  l'auteur  avec  l'intention 
manifeste  de  faciliter  aux  chercheurs  l'entendement  de  son 
œuvre  et  de  l'œuvre  de  ses  compagnons*  d'idées.  Souvent  aussi 
nous  avons  recouru  directement  au  poète  qui  n'a  jamais  manqué 
de  répondre  à  nos  questions  et  d'éclaircir  nos  doutes.  Enfin  nous 
avons  puisé,  pour  les  notes,  dans  la  littérature  félibréenne, 
dans  la  thèse  utile  de  M.  Maass  sur  les  croyances  populaires 
mentionnées  dans  le  poème,  dans  toutes  sortes  de  manuels, 
et  dans  nos  souvenirs  personnels.  Il  m'a  paru  inutile  d'in- 
diquer en  détail  toutes  ces  sources.  On  reconnaîtra  fa- 
cilement ce  qui  est  dû  directement  ou  indirectement  à  l'au- 
teur de  Mirèio,  Dès  qu'il  s'agit  de  véritables  citations  ou 
d'opinions  dont  nous  déclinons  la  responsabilité,  nous  n'avons 
pas  manqué  d'indiquer  exactement  les  auteurs  utilisés. 

Le  Glossaire  est  l'œuvre  de  M.  Ilennicke.  Une  heureuse 
chance  me  fit  faire  sa  connaissance  au  moment  même  où 
j'allais  commencer  l'élaboration  de  cette  partie  importante  de 
notre  édition.  M.  Hennicke  avait  composé,  pour  son  usage 
personnel,  un  glossaire  de  Mirèio  (et  un  glossaire  de  la 
Grammaire  de  la  langue  des  filibres)  ;  il  ne  fallait  qu'ajouter 
des  ctymologies  et  les  autres  indications  qu'on  a  l'habitude 
de  trouver  dans  les  glossaires  de  textes  romans.  Sur  ma 
proposition,  M.  Hennicke  a  bien  voulu  prendre  sur  lui  cette 
charge,  et  on  verra  facilement  qu'il  s'en  est  consciencieuse- 
ment acquitté.  On  ne  pourra  qu'approuver  qu'il  n'ait  pas 
entrepris  de  trouver  des  radicaux  aussi  à  ces  mots,  pour 
lesquels  l'état  actuel  de  notre  science  n'aurait  permis  que 
des  conjectures  plus  ou  moins  hasardées. 


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FRÉFACiC.  Vil  A 

D'après  ce  que  nous  veDons  de  dire,  notre  édition  est, 
dans  toutes  ses  parties,  une  œuvre  de  collaboration,  et  je  n'en 
suis  pour  ainsi  dire  que  le  rédacteur  en  chef.  C'est  probable- 
ment la  meilleure  méthode,  quand  il  s'agit  d'éditer  l'ouvrage 
d'un  auteur  vivant:  un  travail  trop  personnel  de  l'éditeur  ou 
du  commentateur  aurait  été  indiscret.  Quoi  qu'il  en  soit, 
nous  serons  heureux,  si  notre  édition  de  Mirèio  contribue  à 
lui  gagner  de  nouveaux  lecteurs  et  à  la  faire  passer  parmi 
les  standard-Works^  dont  l'interprétation  paraît  indispensable 
à  tout  professeur  de  philologie  romane  qui  tient  à  consacrer 
au  Midi  de  la  France  la  part  de  l'attention  qui  lui  est  due. 


Koschwite. 


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INTRODUCTION. 


Au  moyen  âge,  la  littérature  provençale  était  florissante 
jusqu'à  l'époque  où  la  néfaste  guerre  contre  les  Albigeois  mit 
fin  à  l'indépendance  et  à  la  civilisation  propre  du  Midi  de  la 
France.  Les  chevaliers  du  pays  d'oc,  humiliés  et  appauvris, 
n'étaient  plus  disposés  à  se  donner  à  des  occupations  trouba- 
douresques  qui  demandaient  du  loisir  et  l'aisance;  le  clergé 
rigoureusement  surveillé  devait  abandonner,  pour  des  besoins 
et  des  travaux  plus  urgents,  la  culture  de  la  poésie  et  de 
la  prose  dévote  et  scientifique.  Les  vainqueurs  importaient 
avec  leurs  mœurs  et  leurs  idées  aussi  leur  langue,  et  l'ancienne 
langue  des  troubadours,  qui,  dans  l'idiome  limousin,  avait  ac- 
quis une  sorte  d'unité,  abandonnée  de  la  faveur  officielle, 
commença  de  déchoir  et  de  se  désunir.  Entraînée  dans  le 
courant  de  la  littérature  triomphante,  que  la  restauration 
toulousaine  du  xiv*  siècle  ne  parvint  pas  à  détourner,  elle 
perdit,  reléguée  dans  le  peuple,  jusqu'à  son  orthographe 
naturelle,  avant  de  tomber  au  rang  des  patois.  Cependant, 
le  provençal  n'a  jamais  entièrement  cessé  d'avoir  des  inter- 
prètes, et  nous  le  trouvons  très  vivant  toujours,  sous  sa  trans- 
formation récente,  en  1539,  quand  François  I*'  en  interdit 
l'usage  dans  les  actes  publics.  C'est  même  alors  que  se 
manifesta  un  premier  réveil  des  lettres  provençales.  Le 
6rassoÌ8.La  Bellaudière  (1532—88),  un  Marot  provençal,  dont 
l'œuvre  posthume  fut  publiée  par  son  émule  et  ami  PieiTe 
Paul,  manqua  de  provoquer  à  Marseille  une  première  renais- 
sance, en  1595.  Vers  le  même  temps,  Augié  Gaillard,  le 
fameux  charron  de  Rabastens,   avait  réveillé  facétieusement 


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If  Introduction. 

les  Muses  d^ÂquitaÌDe,  auxquelles  la  reDommée  française  de 
Du  Bartas,  qui  rima  aussi  de  nobles  strophes  gasconnes,  rendait 
la  considération.  Au  siècle  suivant,  Pierre  Goudelin,  de 
Toulouse  (1579 — 1649),  un  lyrique  du  plus  haut  vol,  s'élevait 
jusqu'à  la  gloire.  En  Provence,  le  noëlliste  Saboly  gagnait 
une  popularité  qui  ne  Ta  pas  quitté  après  deux  siècles.  Sous 
Louis  XV,  le  Languedoc  tout  entier  riait  avec  le  joyeux 
prieur  de  Celleneuve,  Tabbé  Favre,  et  le  Béarn  souriait  aux 
grâces  des  idylliques  chansons  de  Despourrins.  Ainsi  les 
idiomes  méridionaux  n'avaient  jamais  manqué  d'interprètes. 
Mais  leurs  poètes  et  leurs  conteurs,  souvent  inconnus  l'un  à 
l'autre,  s'étaient  transmis  le  flambeau,  sans  s'inquiéter  d'où 
venait  la  lumière.  Ce  n'est  qu'aux  premières  années  de  notre 
siècle  qu'on  vit  poindre,  parmi  les  écrivains  de  langue  d'oc, 
le  souci  de  la  dignité,  sinon  encore  du  relèvement  de  leur 
instrument  littéraire.  Scientifique  chez  les  uns,  apostolique 
chez  les  autres,  ce  sentiment  devait  aboutir  à  la  réhabilitation 
définitive  des  lettres  méridionales.  C'est  en  Languedoc  qu'il 
se  traduisit  le  plus  généralement  sous  la  forme  de  l'esprit 
critique.  La  plupart  des  écrivains  notables  de  cette  région 
ont  laissé  des  recherches  philologiques  ou  le  glossaire  de.  leur 
parler,  tels,  au  premier  rang,  Pabre  d'Olivet  (1767—1825), 
penseur  original,  polygraphe,  qui  eut  des  parties  de  lyrique 
puissant,  et  le  marquis  de  Lafare-Alais  (1791 — 1846),  le 
savoureux  et  pittoresque  descripteur  des  Castagnados  de  son 
pays  natal;  puis  Tanacréontique  Âubanel,  de  Nîmes,  l'érudit 
Moquin-Tandon  et  Jacques  Azaïs,  le  jovial  et  verveux  biter- 
rois.  Leurs  renommées  modestes  furent  éclipsées  par  la  gloire 
de  l'Agenais  Jacques  Jasmin  (1798 — 1864),  à  qui  n'a  manqué 
qu'un  peu  de  culture,  sous  son  émotion  géniale,  pour  devenir 
classique. 

De  l'autre  côté  du  Rhône,  dans  le  premier  tiers  de  ce 
siècle,  on  était  moins  soucieux  d'érudition.  Comme  les  anciens 
troubadours,  les  Provençaux  ne  chantaient  guère  que  pour 
chanter.  Depuis  Toussaint  Gros,  leur  meilleur  poète  du 
xviii®  siècle,  toute  une  floraison  d'insouciants  troubaïres,  comme 


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Introdoctio».  m 

ils  se  nommaient,  s'épanouissait  de  la  Drôme  à  la  mer  de 
Nice.  L'Avignonais  Hyacinthe  Morel,  le  Niçois  Rancher, 
TArlésien  M.  de  Truchet,  le  Marseillais  Bellot,  l'Aixois  Diou- 
loufet,  TAptésien  Seymard,  le  Beaucairois  Pierre  Bonnet, 
popuiedres  à  divers  titres,  mais  poètes  sans  profondeur,  faci- 
litaient la  germination  d'une  littérature  facile  et  obstinément 
patoise.  Trois  Marseillais,  Chailan,  le  poète  du  Gangui;  Bénédit, 
l'auteur  de  Chichois,  l'historien  topique  des  Nèrvi,  et  le  lyrique 
réaliste  Gelu,  qui  —  avec  le  Bordelais  Verdie  (1779 — 1820) 
et  le  Nîmois  Bigot  (1829  —  97)  —  méritent  une  place  à 
part,  gardaient  leurs  muses  pittoresques  de  toutes  prétentions 
à  l'art  littéraire  et  à  la  dignité  de  la  langue.  Mais  du  grand 
nombre  des  rimeurs  comme  de  la  sociabilité  de  la  race,  de- 
vaient surgir  les  premières  tentatives  de  groupement  des  écri- 
vains provençaux,  qui,  plus  que  les  restitutions  savantes  des 
Languedociens,  provoqueraient  l'éclosion  d'une  renaissance 
littéraire.  Déjà  en  1823  les  frères  Achard,  de  Marseille,  et 
sept  autres  «troubaïres»  avaient  donné  un  recueil  collectif 
de  leurs  vers.  Il  convient  d'ajouter  qu'en  1839  la  Société 
archéologique  de  Béziers,  présidée  par  J.  Azaïs,  avait  ouvert 
ses  concours  aux  compositions  de  langue  d'oc,  la  première 
entre  toutes  ces  académies  méridionales  fondées  pour  l'en- 
couragement exclusif  du  français.  Cette  même  année,  deux 
rimeurs  en  vogue,  Pierre  Bellot  (1788 — 1855),  qui  régnait 
sans  conteste  sur  le  Parnasse  patois,  et  l'abondant  Tarasconais 
Désanat  (1796 — 1873),  convenaient  de  publier  un  journal 
populaire.  Celui-là  le  voulait  bilingue,  celui-ci  uniquement 
provençal.  Il  en  parut  deux:  Loti  Tambourinaire  et  le 
Ménestrel  (1841 — 42),  de  Bellot  et  Louis  Mery  (pour  le  français), 
Lou  Bouil' Abaissa,  de  Désanat  (1841—42,  1844—46).  La 
plupart  des  écrivains  patois  d'alors  et  les  premiers  félibres 
collaborèrent  à  ces  deux  journaux.  Une  impulsion  était  don- 
née qui  permettait  de  pressentir  un  mouvement  d'ensemble. 
Parmi  ceux  qui  faisaient  œuvre  d'art  dans  ce  concert  touffu 
et  discordant,  les  sympathies  des  mieux  doués  allaient  à  un 
modeste  fabuliste,    interprète  savoureux  de  La  Fontaine,   le 


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IV  Introduction. 

D'  Léon  d'Astros,  frère  du  cardinal.  Il  fut  choisi 
pour  présider  les  deux  premières  assemblées  des  poètes  de 
langue  d'oc. 

Le  29  août  1852,  un  «Congrès  des  troubadours  pro- 
vençaux» se  réunit  à  Arles.  Il  était  dû  à  l'autorité  naissante 
de  Joseph  Roumanille,  de  Saint-Remy,  très  estimé  déjà  pour 
deux  petits  livres  de  poésie,  Li  Margarideto  (Les  Pâquerettes  ; 
1847),  et  Li  Soufijarello  (Les  Songeuses;  1851),  d'un  atticisme 
suave  inconnu  jusque-là  dans  sa  langue,  et  plus  encore  pour  des 
pamphlets  politiques  du  plus  sain  réalisme  indigène  (LiClube,  Li 
Capelan^  Li  Partejaïre,  etc.).  Comme  pour  préparer  cette  réunion 
de  chanteurs,  il  venait  de  publier,  avec  le  concours  de  deux 
jeunes  amis,  Frédéric  Mistral  et  Anselme  Mathieu,  les  premiers 
confidents  de  ses  projets,  un  recueil  collectif  des  poètes  vivants 
du  Midi,  Li  Prouvençalo  (Les  Provençales  ;  1 852).  Depuis  près  de 
deux  ans,  il  avait  battu  le  rappel  des  traditions  artistiques  de  la 
langue  natale,  et  groupé  ses  meilleurs  interprètes  dans  un 
journal  d'Avignon,  la  Cofnmune.  Et  ce  volume,  lancé  mainte- 
nant avec  un  instructif  avant-propos  de  l'érudit  Saint-René 
Taillandier,  attirait  l'attention  de  la  critique  sur  cette  résur- 
rection inattendue.  Pierre  Bellot  et  Jasmin  n'avaient  mérité 
les  éloges  de  Nodier,  de  Villemain,  de  Sainte-Beuve,  qu'à  titre 
d'accidents  isolés  de  la  perpétuation  de  leur  idiome.  C'était 
un  commencement  de  littérature  qui  surgissait.  Car,  moins 
qu'à  rallier  à  eux  tous  leurs  frères,  ce  premier  essai  avait 
permis  à  Roumanille  et  à  son  groupe  de  rassembler  les  élé- 
ments d'une  restauration  linguistique  et  orthographique,  base 
du  relèvement  qu'ils  rêvaient  pour  le  provençal.  Le  double 
succès  d'un  tel  recueil  affranchi  des  grossièretés  d'expression 
et  d'écriture  où  piétinaient  jusque-là  les  écrivains  «patois», 
et  de  l'assemblée  d'Arles  qu'il  avait  provoquée,  suscita  un 
2*  congrès  des  écrivains  méridionaux.  Il  se  réunit  à  Aix 
(1853),  80U8  l'initiative  de  J.-B.  Qaut,  auxiliaire  de  Rou- 
manille pour  le  premier,  poète  et  journaliste,  réformateur  lui 
aussi,  mais  dans  une  mesure  qui  le  reléguait  encore  à  la 
suite  de  Bellot  parmi  les  troubaïres.    Le  succès  fut  grand: 


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Introduction.  v 

65  chanteurs  assistèrent  au  congrès  d'Aix,  et  un  recueil  col- 
lectif, Lou  Boumavàgi  deis  Troubaïres,  le  suivit  (1854). 

Cependant,  le  groupe  avignonais  dont  Roumanille  et 
Mistral  étaient  Tame  poursuivait  ses  réformes  et  se  constituait 
en  école  littéraire  pour  en  assurer  l'avenir.  Le  21  mai  1854, 
sept  poètes  provençaux,  assemblés  au  castelet  de  Font-Ségugne 
(Vaucluse)  sous  le  nom  de  félibres  qu'ils  s'étaient  donné, 
résolurent  solennellement  de  restaurer  l'édifice  de  leur  parler 
national.  Les  sept  fondateurs  du  Pélibrîge  appartiennent  dé- 
sormais à  la  légende.  C'étaient  Joseph  Roumanille  (1818-91), 
Paul  aiera  (1816—61),  Jean  Brunet  (1822—94),  Alphonse 
Tavan  (né  en  1838),  Anselme  Mathieu  (1828—95),  Théodore 
Aubanel  (1829-86)  et  Frédéric  Mistral  (né  en  1830).  Leur 
premier  soin  fut  de  décréter  la  publication  d'un  almanach  de 
langue  vulgaire,  qui  devait  répandre  au  loin  la  bonne  nouvelle 
avec  de  beaux  vers  et  de  jolis  contes,  et  la  bonne  semence 
d'un  idiome  désormais  fixe,  dans  les  couches  natives  du  peuple 
qui  le  maintenait.  IjArmana  prouvençau  pèr  lou  bel  an  de 
Dieu  1855  inaugura  cette  aimable  encyclopédie  familière  qui 
eompte  aujourd'hui  46  volumes.  Les  tendances  apostoliques 
et  éducatrices  de  ce  petit  livre  du  peuple  sont  très  sensibles 
dans  les  premières  années.  IjArmana  de  Noël  est  comme 
un  évangile  de  la  Provence  chrétienne,  messager  de  son 
patriotisme  ressuscité.  Les  contes  joyeux  de  Roumanille, 
profonds  et  sains  croquis  de  mœurs,  ont  fait  sa  première 
popularité.  Avec  lui,  avec  les  Sept  de  Font-Ségugne,  d'autres 
eonteurs,  d'autres  poètes,  Castil-Blaze,  Gaut,  Bourrelly,  Chalvet, 
Crousillat,  Reboul,  Adolphe  Dumas,  Aug.  Boudin,  le  D*"  Pousse!, 
amis  et  un  peu  précurseurs  des  félibres,  de  nouveaux  venus, 
M™*  d'Arbaud,  Bonaventure  Laurens,  Autheman,  Thouron, 
Legré,  Ch.  Poney,  Martelly,  et,  du  Languedoc  provençal, 
Oabriel  Azaïs,  Roumieux,  Floret,  Canonge,  Gaidan,  exaltaient 
par  leur  enthousiasme  le  goût  des  choses  du  foyer,  l'amour  de 
la  Provence.  Mais  Mistral,  mieux  que  tout  autre,  avait 
«ompris  la  tâche  assumée  par  le  Félibrige.  Tandis  que  la 
plupart  se  contentaient  de  chanter,  il  commençait  à  dire  dans 


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VI  Imtroduction. 

YArmana  tout  ce  que  doit  savoir  un  Provençal.  Il  entendait 
déjà  son  rôle  de  chef  d'un  peuple.  De  grands  traits  d'histoire, 
des  leçons  élémentaires  de  botanique  et  d'astronomie,  des 
conseils  moraux  et  jusqu'à  des  recettes  de  cuisine,  entre  une 
cascareleto  réjouissante  et  un  chapitre  de  la  Bible,  à  côté 
d'un  divin  poème  comme  la  Coumunioun  di  Sant  et  un  chef- 
d'œuvre  d'humour  et  d'observation,  comme  Lou  Mège  de  Cu- 
cugnan:  voilà  YArmana  prouvençau  des  premières  années. 

Cette  première  époque  du  Félibrige,  son  âge  de  forma- 
tion, est  dominée  par  Roumanille.  Encore  casanière,  la  lit- 
térature naissante  s'occupe  surtout  du  présent.  Quand  elle 
regarde  en  arrière,  elle  ne  chante  que  la  seule  Provence, 
catholique  et  grecque  et  deux  fois  romaine,  des  saintes  Maries- 
de-la-Mer  et  de  la  Vénus  d'Arles,  des  papes  d'Avignon  et 
de  Marins,  vainqueur  des  barbares.  Cette  période  se  termine 
avec  l'apparition  de  Mirèio  (Mireille;  1859). 

On  connaît  les  pages  enthousiasmées  des  Entretiens  de 
Lamartine,  qui  saluèrent  l'avènement  de  Mirèio.  Du  coup, 
Mistral  était  célèbre,  et  tous  les  regards  se  tournaient  vers 
la  jeune  littérature  d'où  était  sorti  le  chef-d'œuvre.  Le  Féli- 
brige entrait  dans  sa  période  d'affirmation.  En  sept  ans,  ce 
fut  une  rare  eflBorescence  de  talents  nouveaux:  Théodore 
Aubanel,  le  profond  passionné,  le  peintre  au  coloris  puissant 
do  la  Mióugrano  etitre-duberto  (Grenade  entr'ouverte  ;  1861), 
un  Intermezzo  chrétien;  Anselme  Mathieu,  dont  la  Faran- 
doulo  (Farandole)  ressuscitait  l'âme  amoureuse,  insouciante  et 
fine  des  anciens  troubadours;  Louis  Roumieux,  avec  sa  comédie: 
Quaii  vdu  prendre  dos  lèbre . , .  (Qui  veut  prendre  deux  lièvres), 
premier  symptôme  d'un  théâtre  provençal  épuré  des  épices 
traditionnelles.  Après  eux,  Fr.  Vidal,  qui,  par  son  Tambourin 
en  claire  prose  aixoise,  préludait  à  la  résurrection  de  l'instru- 
ment national;  le  Salonais  Ant.-BIaise  Crousillat,  le  poète 
contemplatif  de  la  Crau,  où  il  avait  recueilli  le  miel  classique 
de  sa  Bresco  (Rayon  de  miel);  trois  félibresses:  M"*d'Arbaud, 
dont  tout  le  Comtat  goûtait  les  Amouro  de  Bibas  (Mûres  des 
rives),  M"*  R.-A.  Roumanille,  l'héroïne  des  fêtes  de  Saintc- 


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Introduction.  vu 

Anne-d'Apt  (1862),  première  consécration  populaire  du  Féli- 
brîge  en  Provence,  et  Antoinette  de  Beaucaire,  à  qui  ses 
frères  les  poètes  élevèrent  un  «tombeau»  magnifique  et  .tou- 
chant pour  abriter  ses  Béluga  (Bluettes)  posthumes;  un  Ir- 
landais conquis  à  la  jeune  Renaissance  et  devenu  un  de  ses 
maîtres,  William-Bonaparte  Wyse,  le  trouvère  nomade  des 
Parpaiùun  blu  (Papillons  bleus)  et  des  Piado  de  la  Princesse 
(Traces  des  pas  de  la  Princesse),  dont  l'original  esprit  et  la 
culture  cosmopolite  «élargit  par  delà  les  Alpilles  natales»  les 
horizons  du  Félibrige;  d'autres  encore  qui  apparurent  au  soleil 
fécond  de  ces  années  enthousiastes. 

Rouraanille  avait  réuni  en  deux  recueils  ses  Oubreto 
(Petites  Œuvres)  en  prose  et  en  vers  (1859—64).  Avec 
Mistral,  il  avait  réédité  Saboly,  le  premier  aïeul  vénéré  des 
félibres,  Tabbé  Pavre,  Hyacinthe  Morel,  puis  les  poésies 
éparses  de  quelques  précurseurs  comme  ce  bon  Reboul  qui 
leur  avait  fait  connaître  à  Nîmes  les  délices  du  premier 
triomphe  (1859).  Enfin,  Mistral  donna  son  poème  de  Calendau 
(Calendal,  déc.  1866),  couvé  sept  ans  comme  Mireille  et  qui 
achevait  de  le  consacrer  poète  national  de  la  Provence. 
L'action  de  Calendau  fut  décisive  sur  les  jeunes  patriotes 
méridionaux  pour  lesquels  il  semblait  écrit.  La  profondeur 
autochtone  de  sa  poésie  et  sa  fière  éloquence  au  nom  des 
revendications  de  la  race  faisaient  présager  une  orientation 
nouvelle  de  la  «Cause». 

Dans  cette  période  de  son  évolution,  qui  nous  conduit 
jusqu'en  1876,  le  Félibrige  ne  se  borna  donc  pas  à  une  af- 
firmation littéraire.  •  Un  triple  courant  ethnique,  scientifique 
et  autonomiste  s'y  développa  qui  aboutit  à  une  affirmation 
sociale.  S'il  n'avait  fait  présager  d'abord  qu'une  littérature 
de  chanteurs,  le  Félibrige  démontra  peu  à  peu  la  nécessité 
d'une  éducation  nationale  plus  conforme  à  l'histoire  et  aux 
traditions.  Il  en  vint  à  prouver  l'existence  d'une  race  méri- 
dionale, entité  aux  parties  solidaires,  dont  le  cœur  a  toujours 
battu  quelque  part  sur  une  des  terres  de  sa  domination.  On 
les  reconnaît  à  leur  idiome  fraternel  de  la  langue  d'oc.    C'est 


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vm  Introduction. 

à  Mistral  qu'il  appartient  d'avoir  mis  en  lumière  ce  sentiment 
de  la  race  plus  puissant  que  les  frontières  politiques  pour 
rapprocher  ou  éloigner  les  cœurs.  Toute  son  œuvre  en  té- 
moigne depuis  VOde  aux  Catalans  (1861)  jusqu'au  Chant  de 
la  Coupe  et  au  sirvente  de  La  Comtesse  et  à  ses  strophes 
devant  le  bronze  de  Jasmin;  son  épopée  de  Calendau  n'est 
qu'un  hymne  à  la  race,  comme  tous  ses  discours  de  Cùpoulié 
(Chef  des  félibres).  Quelques-uns  des  cris  du  poète  ont  fait 
interpréter  son  particularisme  en  mauvaise  part.  Le  mot  de 
séparatisme  a  été  prononcé.  Mais  Mistral,  dès  cette  époque, 
avait  répondu  d'avance  à  toutes  les  suspicions  malveillantes: 

Sian  de  la  grande  Franco,  e  ni  court  ni  coustié! 

D'autres  tendances  sont  venues  se  greffer  sur  les  siennes, 
les  horizons  s'étant  multipliés  avec  les  hommes.  En  1860, 
un  poète  de  Figueras,  Damaso  Calvet,  venait  raconter  aux 
félibres  la  restauration  solennelle  des  Jeux  floraux  de  Barcelone. 
Mistral,  dans  VArmana^  ne  tardait  pas  à  exposer  le  côté 
mystérieux  de  ce  réveil  de  la  langue  d'oc  dans  ses  diverses 
branches  et  à  saluer  les  Catalans  d'un  poème  superbe  qui 
rappelait  la  commune  grandeur  historique  des  deux  peuples. 
Peu  après,  un  proscrit  espagnol,  Victor  Balaguer,  datait  de 
Narbonne  un  appel  poétique  où  il  demandait  l'amitié  des 
Provençaux  pour  la  jeune  Catalogne.  On  le  reçut  en  triomphe; 
le  souvenir  de  la  triple  fête  donnée  par  Bonaparte  Wyse  à 
Font-Ségugne,  Yaucluse  et  Avignon,  et  à  laquelle  prirent  part 
quatre  écrivains  de  Barcelone  ;  le  voyage  que  bientôt  les  fé- 
libres Mistral,  P.  Meyer,  Roumieux  et  Wyse  firent  en  Catalogne 
préparèrent  une  définitive  alliance  qui  fut  scellée  à  Saint- 
Remy  en  1869.  Le  Félibrige  avait  passé  le  Rhône,  propagé 
par  Roumieux  et  Albert  Arnavielle,  un  boute-en-train  et  un 
apôtre.  Il  eut  bientôt  des  affiliés  jusqu'à  Toulouse  et  en 
Gascogne.  La  jeune  littérature,  qui  depuis  Mireille  avait  la 
sanction  de  tous  les  amis  du  beau,  provoqua  la  création  à 
Montpellier  d'une  Société  des  langues  romanes  qui  la  justifia 
scientifiquement.    Son  premier  fauteur,  le  baron  Ch.  de  Tour- 


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Introduction.  ix 

ioulon,  comme  historien  de  Jacques  le  Conquérant,  les  philo- 
logues Boucherie  et  Montel,  et  les  deux  futurs  maîtres  du 
provençalisme  en  France,  Camille  Chabaneau  (principal  ré- 
dacteur de  la  Bévue  des  langues  romanes^  créé  en  1870)  et 
Paul  Meyer  (fondateur,  avec  M.  Gaston  Paris,  de  la  Romania^ 
Paris,  1872)  et  avec  eux,  d'autres  glossateurs  et  éditeurs  des 
anciens  poètes,  enfin  Mistral  lui-même,  par  la  publication 
successive  de  son  Trésor  du  Félibrige,  l'admirable  encyclopédie 
des  dialectes  d'oc,  rattachèrent  la  littérature  nouvelle  à  la 
tradition  romane. 

Du  jour  où  Catalans  et  Provençaux  avaient  fraternisé, 
r«idée  latine»  était  apparue  aux  félibres.  Elle  allait  s'affirmer 
dans  une  manifestation  internationale.  M.  de  Berluc-Pérussis 
avait  fait  naître  de  son  «Académie  des  sonnettistes»  le  cente- 
naire de  Pétrarque  à  Avignon.  Aidé  de  MM.  Quillibert,  d'Aix, 
et  Doncieux,  préfet  de  Vaucluse,  il  donna  à  la  fête  une  ex- 
tension inattendue.  A  côté  du  français,  de  l'italien  et  du 
catalan,  le  provençal  témoigna  pour  la  première  fois  de  sa 
dignité  d'idiome  vivant.  MM.  Mézières,  Nigra,  Conti  et  de 
Quintana  furent  entendus  tour  à  tour  avec  Aubanel,  Félix 
Gras,  Mistral.  Les  quatre  langues  latines,  qu'avait  également 
connues  Pétrarque,  s'associaient  pour  son  triomphe  (1874). 
L'année  suivante,  la  Société  romane  ayant  ouvert  à  Mont- 
pellier un  grand  concours  philologique  et  littéraire,  l'Institut 
de  France  apportait  au  Félibrige  sa  première  adhésion: 
Mistral  le  présidait  avec  Egger,  assisté  de  Mila  y  Fontanals, 
Michel  Bréal  et  G.  Paris.  Ce  dernier,  frappé  de  l'inter- 
prétation sociale  que  cet  événement  provoquait  à  l'étranger, 
écrivait  dans  le  Journal  des  Débats:  «Des  politiques  à  courte 
vue  peuvent  seuls  négliger  de  pareils  symptômes.  Il  y  a 
dans  l'histoire  bien  des  événements  considérables  qui  ont  eu 
une  origine  analogue». 

Nous  avions  laissé  en  1867  le  développement  littéraire 
du  Félibrige,  pour  l'exposé  de  ses  manifestations  extérieures. 
Dès  que  la  renaissance  provençale  eut  pénétré  en  Languedoc, 
elle    y    propagea    l'incendie.     L'ardent    Albert    Arnavielle, 


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X  IliTRODUCTION. 

d'Alais,  éveillait  les  Cévennes  avec  ses  Cants  de  VAuho 
(Chants  de  l'Aube),  de  noble  et  tendre  inspiration; 
Roumieux,  populaire  de  Beaucaire  à  Nîmes,  réhabilitait 
la  chanson  provençale  dans  son  recueil  de  la  Bampélado 
(Rappel);  Lucien  Mengaud  et  Paul  Barbe,  à  Toulouse,  le 
conteur  Chastanet  en  Périgord,  le  lyrique  et  savant  Gabriel 
Azaïs  à  Béziers ,  le  fabuliste  Castela  à  Montauban ,  sur- 
tout Achille  Mir,  le  Roumanille  de  Carcassonne,  fin  chan- 
sonnier et  savoureux  humoriste  en  prose,  entretenaient  le 
culte  du  parler  natal,  tandis  que  Montpellier,  la  vieille  capi- 
tale scientifique,  révélait  les  Octavien  Bringuier  (1830 — 75), 
dont  la  Prouvença  (Provence)  et  le  Boumiéu  (Pèlerin)  pro- 
mettaient le  plus  fier  essor  classique  et  patriote,  et  Langlade 
(né  en  1823),  le  grand  peintre  idyllique  des  landes  palesti- 
niennes du  Bas-Languedoc.  En  Provence,  la  même  période 
voyait  naître  d'innombrables  chanteurs.  Mentionnons  briève- 
ment Alphonse  Michel,  un  Béranger  champêtre,  l'auteur  du 
Flasquet  (Flacon);  R.  Marcellin  et  L.  Qeofifroy,  les  délicats 
rêveurs  de  Long  ddu  Camin  (Le  long  du  Chemin)  et  de  Mei 
Veiado  (Mes  Veillées);  puis  un  fabuliste,  un  noëlliste  et  un 
sonnettiste  du  temps  des  troubaïreSy  Bourrelly,  Lambert  et 
Gaut .  .  .  Mais  c'est  parmi  les  nouvelles  recrues  de  YArmana 
qu'apparaissent  les  plus  artistes.  Paul  Arène  y  fait  ses  dé- 
buts littéraires  avec  un  chapelet  d'odelettes,  luisantes  de 
rayons  de  soleil.  Alph.  Daudet  y  donne,  en  provençal,  ses 
premières  Lettres  de  mon  Moulin.  Léon  de  Berluc-Pérussis, 
qui  apporte  au  Félibrige  son  érudition  d'humaniste  et  ses 
idées  sur  la  décentralisation,  prélude  à  ses  précieux  sonnets, 
mi-partis  de  grâce  et  d'humour.  D'autres  talents  les  avoisi- 
nent  :  Pierre  Mazière,  Marins  Girard,  Jean  Monné  et  Auguste 
Verdot,  mort  avant  moisson  faite. 

Mais  voici  surgir,  avec  une  épopée  en  12  chants,  Li 
Carbounié  (Les  Charbonniers)  de  Félix  Gras,  cette  révélation 
majeure:  que  la  génération  de  Font-Ségugne  n'a  pas  épuisé 
le  fonds  créateur  et  natif.  Quelques  mois  plus  tôt.  Mistral 
avait   réuni  le  recueil  de  ses  œuvres  lyriques  en   un  livre 


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Introduction.  xi 

magistral  :  Lis  Isclo  d^or  (Les  îles  d'or),  où  il  s'affirmait  chef 
d'une  littérature  et  représentant  d'un  peuple. 

Le  21  mai  1876,  le  Félibrige,  désireux  de  resserrer  et 
d'élargir  ses  rangs,  s'aesembla  pour  se  reconstituer.  Cinquante- 
quatre  de  ses  membres,  étant  réunis  dans  la  grande  salle 
des  Templiers  d'Avignon,  sous  la  présidence  de  Mistral,  as- 
sisté du  poète  catalan  Albert  de  Quintana,  votèrent  le  Statut 
qui  régit  désormais  la  société.  C'est  en  une  vaste  confédéra- 
tion littéraire  de  patriotes  provinciaux,  dont  le  territoire  cor- 
respond au  glorieux  Midi  du  xii^  siècle,  que  s'était  constitué 
le  Félibrige,  Formé  et  affirmé  depuis  vingt-deux-ans,  il  lui 
restait  à  s'organiser^). 


')  Voici  quelques  extraits  d'une  traduction  des  statuts  de  1876: 

Art.  1.  —  Le  Félibrige  a  pour  but  de  réunir  et  stimuler  les  hom- 
mes qui,  par  leurs  œuvres,  sauvent  la  langue  du  pays  d'Oc,  ainsi  qne 
les  savants  et  les  artistes  qui  étudient  et  travaillent  dans  l'intérêt  de 
ce  pays. 

Art.  3.  —  Une  étoile  à  sept  rayons  est  le  symbole  du  Félibrige, 
en  mémoire  des  sept  Félibres  qui  Vont  fondé  à  Fontségugne  ... 

Art.  4.  —  Les  Félibres  se  divisent  en  majoraux  et  mainteneurs: 
ils  se  relient  par  les  Maintenances,  qui  correspondent  à  un  grand  dialecte 
de  la  langue  d'oc.    Les  Maintenances  se  divisent  en  l' cotes. 

Art.  5.  —  Les  Félibres  majoraux  sont  choisis  parmi  ceux  qui  ont 
le  plus  contribué  à  la  Renaissance  du  Gai-Savoir.  Ils  sont  au  nombre 
de  cinquante  et  leur  réunion  porte  le  nom  de  Consistoire  Félihréen, 

Art.  8.  —  Le  Bureau  du  Consistoire  se  compose  du  Capoulié, 
des  Assesseurs  et  des  S^^ndics,  ainsi  que  du  Chancelier  et  du  Vice- 
Chancelier, 

Le  Capoulié  préside  les  assemblées  générales  du  Félibrige,  les 
réunions  consistoriales  et  le  bureau  du  Consistoire. 

Les  Assesseurs  remplacent  le  Capoulié  empêché  . . . 

Il  y  a  autant  d'Assesseurs  que  de  Maintenances,  et  chaque  Mainte- 
nance a  aussi  un  Syndic  chargé  de  l'administrer. 

Le  Chancelier  garde  les  archives,  tient  la  correspondance  et 
perçoit  la  cotisation  des  félibres  Majoraux. 

Art.  9.  —  Le  bureau  est  élu  pour  trois  ans  dans  la  séance  consis- 
toriale  de  Sainte-Estelle.  Le  vote  a  lieu  au  scrutin  secret  Les  Majo- 
raux absents  peuvent  voter  par  correspondance  pourvu  que  leurs  bulle- 
tins soient  signés. 


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XII  Introduction. 

L'autorité   de  la  Loi  nouvelle  fayorisa   singulièrement 
les  tendances  sociales  dont  nous  connaissons  les  origines.    De 


Le  Capoulié  est  nommé  par  les  Maj oraux,  mais  c'est  loi  seul  qui 
nomme  le  Chancelier  et  le  Vice-Chancelier. 

Les  Assesseurs  et  les  Syndics  sont  nommés  par  les  Majoraux  de 
leur  Maintenance. 

Le  Capoulié  sortant  proclame  le  nouveau  bureau  à  la  réunion  de 
Sainte-Estelle. 

Art.  10.  —  Le  Consistoire  peut  modifier  les  statuts  sur  la  demande 
écrite  de  sept  iélibres.  Il  peut  exclure  les  indignes.  Il  peut  dissoudre 
les  Écoles  qui  violent  les  statuts.  Il  peut  casser  les  décisions  des 
Maintenances.  Il  peut  se  prononcer  sur  les  questions  grammaticales  ou 
orthographiques. 

Art.  15.  Dans  les  félibrées  le  Capoulié  a  pour  insigne  V  Étoile 
<ror  à  sept  rayons  et  les  Majoraux  la  Cigale  à* or. 

Art.  16.  -  Chaque  Cigale  recevra  du  Consistoire  un  nom  parti- 
culier qu'elle  gardera  à  perpétuité. 

Art.  17.  —  Les  Félibres  mainteneurs  sont  en  nombre  illimité. 

Art.  18.  —  Ceux  qui  voudront  posséder  ce  titre  devront  s'adresser 
au  bureau  de  la  Maintenance  de  laquelle  dépend  le  dialecte  natal. 

Le  bureau  accepte  ou  repousse  la  demande;  dans  le  premier  cas 
elle  est  transmise  au  Capoulié. 

Si  celui-ci  donne  un  avis  favorable,  la  demande  est  de  nouveau 
soumise  au  bureau  de  la  Maintenance,  qui  se  prononce  en  dernier  ressort. 

Art.  21.  —  On  entend  par  Maintenance  la  réunion  des  félibres 
d'un  grand  dialecte  de  notre  langue  d'oc. 

Art.  22.  —  Le  bureau  de  la  Maintenance  se  compose  du  syndic, 
de  deux  ou  trois  vice-syndics,  des  cabiscols  de  la  Maintenance  et  d'un 
secrétaire. 

Le  Syndic  préside  les  assemblées  de  la  Maintenance.  -  En  cas 
d'empêchement,  il  est  remplacé  par  le  Vice-Syndic  qu'il  désigne,  et  à 
défaut  de  désignation  par  le  plus  âgé. 

Les  Cabiscols  administrent  les  Écoles. 

Le  Secrétaire  tient  les  archives  et  la  correspondance.  Il  perçoit 
la  cotisation  des  félibres  mainteneurs. 

Art.  24.  —  La  Maintenance  peut  créer  des  Écoles  en  se  conformant 
aux  articles  28  et  29.  Elle  nomme  les  félibres  mainteneurs  conformément 
à  l'article  18.  Elle  peut  célébrer  des  fêtes  littéraires  ou  artistiques, 
ainsi  que  des  Jeux  Floraux,  soit  d'elle-même,  soit  en  se  concertant  avec 
des  Sociétés  ou  avec  des  villes.   Elle  règle  la  disposition  de  ses  revenus. 


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Introduction.  xin 

solennelles  Fêtes   latines  furent  célébrées  à  Montpellier   en 
1878.    ^inspirateur   en   était  A.  de  Quintana,   le  président 

Art.  28.  —  L'École  est  la  réunion  des  félibres  d'une  même  région. 
Elle  a  pour  but  l'émulation,  l'enseignement  des  uns  aux  autres  ou  la 
collaboration  à  des  travaux  communs. 

L'École  est  constituée  par  décision  de  Maintenance  sur  la  de- 
mande de  sept  félibres  habitant  le  même  centre. 

Art.  '29.  —  Les  Félibres  qui  veulent  créer  une  École  font  eux- 
mêmes  leur  règlement  tout  en  se  conformant  à  l'esprit  des  Statuts  et  à 
l'obligation  prescrite  par  l'article  7;  ils  le  transmettent  par  écrit  en 
même  temps  que  leur  demande  au  bureau  de  la  Maintenance  et  ne  peu- 
vent, sans  l'autorisation  de  celle-ci,  modifier  leur  règlement. 

Art.  30.  —  L'École  élit  elle-même  son  bureau  dont  le  Président 
porte  le  titre  de  Cahiscol  et  fait  partie  du  bureau  de  la  Maintenance 
comme  il  est  dit  à  l'article  22. 

Chaque  année ,  à  la  réunion  de  la  Maintenance ,  le  Cabiscol  fait 
un  rapport  sur  les  travaux  et  les  progrès  de  son  École. 

Art.  36.  —  Chaque  Maintenance  tient  une  fois  par  an  une  assem- 
blée qui  se  réunit  en  septembre  ou  octobre  dans  la  ville  désignée  par 
son  bureau.  Cette  réunion  n'est  pas  publique  et  se  tient  à  table.  On  y 
traite  les  affaires  spéciales  à  la  Maintenance. 

Le  Syndic  peut  convoquer,  s'il  le  juge  nécessaire,  d'autres  assem- 
blées de  Maintenance.  Il  réunit  le  bureau  de  la  Maintenance  quand  il 
le  croit  utile,  il  choisit  de  même  le  jour  et  le  lieu  de  la  réunion. 

Art.  37.  —  Enfin  les  Écoles  choisissent  elles-mêmes,  à  leur  gré, 
leurs  jours  de  réunion.  Les  membres  des  Écoles  doivent  félihrégir 
(felibreja),  c'est-à-dire  se  réunir  de  temps  à  autre  à  table  pour  se  com- 
muniquer leurs  créations  nouvelles  et  s'encourager  à  la  propagation  du 
Félibrige.  Ces  réunions  se  nomment  Félibrées  et  sont  de  tradition  dans 
le  monde  félibréen. 

Art.  45.  ~  Les  Concours  littéraires,  que  nous  appelons  Jeux  Flo- 
raux, sont  de  deux  sortes:  les  Grands  Jeux  Floraux  du  Félibrige  et 
les  Jeux  Floraux  de  maintenance. 

Art.  46.  —  Les  Jeux  Floraux  du  Félibrige  ont  lieu  tous  les  sept 
ans  à  la  Sainte  Estelle.    Le  Consistoire  entier  forme  le  jury. 

Seuls  peuvent  concourir  les  écrivains  en  langue  d'oc. 

ïrois  récompenses  au  plus  sont  mises  au  concours. 

La  première  est  réservée  au  Gai  Savoir;  c'est  le  Capoulié  lui- 
même,  en  assemblée  plénière,  qui  proclame  le  nom  du  lauréat. 

Le  lauréat  devra  choisir  lui-même  la  Reine  de  la  fête^  et  celle-ci, 
devant  tous,  lui  mettra  sur  la  tête  la  couronne  d'olivier  en  argent,  in- 
signe des  maîtres  en  Gai  Savoir. 


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XIV  IWTRODUCTIO». 

Mistral,  et  le  lauréat  Vasile  Alecsandri,  poète  national  des 
Roumains  (f  1890),  qui  fut  un  ami  fervent  du  Pélibrige. 
L'organisateur  de  ces  fêtes,  le  baron  de  Tourtoulon,  fondait 
peu  après  la  Sevue  du  Monde  latin  (1883).  Les  rapports 
fraternels  de  Catalans  à  Provençaux  s'affirmaient  de  nouveau 
en  des  hommages  rendus  à  Paris  et  à  Montpellier  (1885 — 86) 
aux  poètes  Balaguer  et  Jacinto  Yerdaguer,  les  deux  plus 
hauts  représentants  de  la  renaissance  catalane.  Une  députa- 
tion  de  Languedociens  prenait  part  (1887)  aux  Jeux  floraux 
de  Barcelone,  présidés  par  la  reine  régente  et  pélerinait  aux 
Baléares.  La  Société  des  Félibres  de  Paris  ^fondée  en  1879 
par  MM.  Maurice  Faure,  Baudouin  et  de  Ricard,  dédoublée, 
en  1892,  par  U école  Parisienne  du  félihrige^  présidée  par 
M.  Amouretti)  continuait  la  tradition  en  faisant  présider  ses 
grandes  assises,  depuis  1883,  par  les  plus  célèbres  partisans 
de  la  fraternité  latine:  Aubanel,  Mistral,  Balaguer,  Castelar, 
Alecsandri,  Ruys  Zorilla  et  Jules  Simon.  Enfin,  en  1890, 
une  ambassade  était  envoyée  par  le  Pélibrige  en  Italie,  aux 
fêtes  provoquées  par  M.  de  Gubernatis  pour  le  centenaire  de 
Béatrix,  et  reçue  avec  honneur  par  le  municipe  florentin. 

Tandis  que  les  Félibres  se  multipliaient  en  Languedoc, 
à  la  faveur  du  romanisme  scientifique  et  de  l'idée  latine, 
quelques-uns  d'entre  eux  s'y  distinguaient  par  un  accent  in- 
attendu. Inspirée  par  un  grand  écrivain  protestant.  Napoléon 
Peyrat,  le  Michelet  des  Albigeois  et  de  Vlnquisition^  la  petite 
secte  se  réclamait  des  libertés  de  la  pensée  romane,  comme 
de  la  langue  des  troubadours.  Un  poète,  Auguste  Fourès, 
et  un  théoricien  Louis-Xavier  de  Ricard,  l'auteur  du  Fédé- 
ralisme^ furent  les  porte-parole  du  cénacle,  déjà  très  éloigné 
de  l'école  catholique  d'Avignon.  Sans  continuer  les  traditions 
joyeuses  et  populaires  du  premier  Félibrige,  maintenues  en 
Languedoc  par  Roumieux,  Arnavielle  et  Langlade,  ceux-là 
entonnèrent  des  sirventes  de  deuil  et  de  sang.  «Toute  Re- 
naissance suppose  une  mort,  un  martyr  qui  se  réveille  dans 
son  tombeau.  Or  cette  grande  et  sainte  martyre,  c'est  l'Aqui- 
taine», avait  dit  Napoléon  Peyrat.    Après  sa  magistrale  épopée 


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Introduction.  xv 

en  prose,  plus  éloquente  que  scientifique,  l'idéal  nouveau 
devait  susciter  des  œuvres  vaillantes  comme  les  Grilhs  (Gril- 
lons) de  Pourès  et  Toloza  (Toulouse),  la  geste  provençale  de 
Félix  Qras.  Mais  ces  jeunes  Languedociens  ne  bornaient 
pas  à  cet  archaïsme  leurs  innovations.  Quelques-uns  d'entre 
eux  se  proclamaient  républicains  fédéralistes,  et  rassemblaient 
tous  les  adeptes  provençaux,  italiens  et  catalans  de  ces  idées, 
dans  un  almanach  littéraire  et  radical  qui  fit  grand  bruit,  La 
Lauseto  (L'Alouette)  (1877—78—79  et  1885).  L'avant-garde 
marseillaise  et  socialiste  du  Félibrige  devait  les  suivre  dans 
la  voie  du  fédéralisme,  avec  Jean  Lombard,  l'auteur  de  C Agonie 
(t  1891),  le  député  Antide  Boyer  et  les  poètes  Pierie  Bertas 
et  Auguste  Marin.  Le  voyage  des  Félibres  à  Florence  fut 
une  occasion  nouvelle  de  manifester  ces  tendances.  Le 
délégué  officiel,  M.  Paul  Mariéton,  y  célébra  «l'idéale  Fédé- 
ration, embrassant  les  provinces  fraternelles  dans  les  Etats 
arbitralement  unis».  Mais  ces  souhaits  fédéralistes,  admis 
d'une  grande  partie  des  félibres,  étaient  repoussés  par  quel- 
ques-uns, le  statut  de  la  société  excluant  d'ailleurs  toute 
théorie  qui  puisse  engager  la  collectivité.  On  s'en  aperçut 
bien  le  jour  où,  profitant  d'une  visite  du  Capoulié  aux  félibres 
de  Paris  (févr.  1892),  MM.  Fréd.  Amouretti  et  Ch.  Maurras 
lurent,  au  nom  du  jeune  Félibrige,  une  déclaration  nettement 
fédéraliste  qui  ouvrit  le  débat  actuel  entre  les  félibres  simple- 
ment décentralisateurs  et  ceux  qui  réclament  un  régionalisme 
affirmé  par  l'action.  Au  premier  rang  de  ces  régionalistes 
d'avant  le  fédéralisme,  figurait  de  longue  date  M.  de  Berluc- 
Pérussis.  Amené  hu  Félibrige,  comme  bien  d'autres,  par  le 
double  courant  des  Congrès  archéologiques  du  comte  de  Cau- 
mont  et  de  la  Réforme  sociale  de  L «play,  qui  avaient  rendu 
à  la  province  le  goût  de  ses  monuments  et  de  ses  traditions, 
il  en  arrivait  à  demander  «la  disparition  du  gouvernement 
anonyme  des  bureaux,  et  la  ruine  de  cette  vieille  Bastille  de 
la  centralisation». 

Tandis  que  s'agitaient  les   politiciens  du  Félibrige,    de 
nouveaux   érudits  y  prenaient   place,   qui  appliquaient  leurs 


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XVI  Introduction. 

coDDaissanpes  à  sa  propagande,  tels  Tépigraphiste  Y.  Lieutaud 
et  le  médiéviste  A.  Roque-Ferrier,  rares  poètes  l'un  et  l'autre, 
dans  le  même  goût  d'archaïsme.  Avec  eux,  d'autres  patriotes, 
chacun  dans  sa  région,  le  comte  de  Toulouse-Lautrec,  le 
marquis  de  Villeneuve,  Ch.  Ratier,  de  Qantelme-d'Ille,  etc., 
«organisaient  la  victoire».  L'auteur  d'une  petite  Grammaire 
provençale j  le  frère  Savinien,  d'Arles,  se  faisait  l'apôtre  de 
l'enseignement  primaire  du  français  par  les  dialectes,  comme  les 
poètes  An  t.  Perbosc,  en  Quercy,  et  l'abbé  Pascal  à  Gap.  Un 
jeune  Prémontré,  le  P.  Xavier  de  Fourvière  tâchait  de  po- 
pulariser l'étude  de  la  langue  provençale  par  sa  Grammaire 
et  Guide  de  la  conversation  provençale^  tandis  qu'un  romaniste 
étranger,  M.  Eoschwitz,  de  Marburg,  ami  du  Félibrige,  le 
munit  d'une  Grammaire  à  base  scientifique  {Grammaire 
historique  de  la  Langue  des  Félibres).  M.  Maurice  Faure^ 
l'âme  du  Félibrige  de  Paris,  se  faisait  l'initiateur  de  ces  pèle- 
rinages des  Méridionaux  aux  grands  souvenirs  de  la  terre 
natale,  qui  popularisaient  la  Cause  dans  son  berceau. 
M.  Constans  donnait  à  Aix  et  à  Marseille  des  cours 
publics  de  littérature  provençale  ancienne  et  moderne^ 
et  Mistral  achevait  de  publier  son  dictionnaire,  vrai  trésor 
linguistique  de  sa  race  et  de  son  pays.  Avec  la  Revue  féli-- 
hréenne^  française  et  provençale,  fondée  à  Paris  en  1885  par  M. 
P.  Mariéton,  qui  archive  et  apprécie  les  manifestations  de 
la  renaissance  méridionale,  la  critique  et  l'annalisme  étaient 
entrés  dans  le  Félibrige.  M.  Donnadieu  écrivait  l'histoire  de 
ses  Précurseurs  (1800 — 1855),  des  Languedociens  en  parti- 
culier; M.  Chabaneau  recueillait  les  traces  des  nombreux 
poètes  provençaux  du  xvi«  au  xviii"  siècle,  et  MM.  Jeanroy, 
Bourciez,  Clédat,  Devaux,  Moutier,  Theulié,  suivaient  l'exemple 
de  ce  doyen  de  la  philologie  romane  en  France,  par  la  publi- 
cation de  textes  provençaux  oubliés  ou  par  l'étude  de  la 
littérature  et  des  dialectes  anciens  et  modernes  du  Midi  de  la 
France.  M.  Jourdanne,  dans  sa  consciencieuse  Histoire  du  Féli- 
brige réunit  tous  les  documents  importants  sur  le  mouvement 
félibréen  depuis  1854.    A  l'étranger,  l'intérêt  porté  aux  nou- 


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Introduction.  xvii 

Telles  évolutioDS  de  la  littérature  provençale  s'agrandit  aussi 
de  jour  en  jour.  En  Allemagne,  où  après  Raynouard  (1761 — 
1836),  auteur  d'un  Choix  des  poésies  originales  des  troubadours 
et  d'un  Lexique  roman  ou  dictionnaire  de  la  langue  des 
troubadours^  Diez  a  jeté  la  base  de  la  philologie  provençale, 
on  n'a  jamais  cessé  d'encourager  et  de  faire  avancer  le  pro- 
vençalisme  savant.  Aux  Diez,  Bartsch  et  Mahn  ont  succédé  de 
nouveaux  maîtres  de  la  philologie  romane,  dont  les  uns,  MM. 
Stengel,Stimming,Suchier,Lévy,etc.  se  donnent  surtout  à  l'étude 
du  moyen-âge  provençal,  les  autres,  MM.  Bôhmer,  Koschwitz, 
Sachs,  Schneider,  etc.  aident  et  encouragent  par  leur  exemple 
l'étude  des  langues  et  des  littératures  modernes  de  la  France 
méridionale.  A  côté  de  ces  romanistes  savants,  M.  Bertuch, 
traducteur  de  la  Mirèio  et  de  la  Nerto  de  M.  Mistral,  M. 
Fasteurath,  fondateur  de  Jeux  Floraux  à  Cologne,  M.  Welter, 
auteur  d'une  biographie  de  M.  Mistral,  d'autres  encore, 
travaillent,  avec  succès,  .à  augmenter  dans  leur  pays  le 
nombre  des  lecteurs  et  des  amateurs  de  la  littérature  féli- 
bréenne.  Aussi  en  Italie,  en  Suède,  en  Finlande,  en  Amérique, 
la  littérature  des  félibres  est  étudiée  comme  une  des  plus 
intéressantes  manifestations  du  génie  franco-gaulois. 

De  nombreux  journaux  de  langue  d'oc,  quelques-uns 
déjà  anciens,  répandent  graduellement  la  semence  de  Font- 
Ségugne,  des  Pyrénées  aux  Alpes:  Lou  Felibrige  de  M.  Jean 
Monné,  à  Marseille;  YAiòli  d'Avignon  (où  écrit  Mistral),  dirigé 
par  M.  Folco  de  Baroncelli;  Lou  Gau  du  P.  Xavier  de  Four- 
vière,  de  Frigolet;  la  Cigalo  d'or  et  la  Campana  de  Maga- 
louna  de  MM.  Boumieux,  Amavielle  et  Marsal,  à  Montpellier; 
le  Lengodoucian  de  M.  de  Ricard  et  la  Terro  d'Oc  de  M. 
Bacquié-Fonade,  à  Toulouse;  IjOu  Calel  de  M.  Delbergé,  à  Ville- 
neuve-sur-Lot; IsiVihado  de  Marseille  ;  Lou  Cascavèl  d'Alais;  Lou 
Viro-Soulèu  de  Paris;  la  Cabreto  d'Aurillac;  le  Lemouzi  de 
Brive  etc.,  avec  quelques  organes  franco-provençaux:  YOcdtania 
et  le  Filibrige  latin  de  M.  Roque-Ferrier,  à  Montpellier;  la 
Cornemuse  de  M.  Jos.  Oautier,  à  Marseille;  les  Echos  de 
Tamaris   de    M.  Coffinières;    le   Mois   Cigalier^   rédigé    par 


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xviii  Introduction. 

M,  Alb.  Tournier,  à  Paris,  et  bien  d'autres.  D'autre  part, 
le  succès  croissant  de  VArtnana  prouvençau  inspirait  des 
publications  similaires:  à  Draguignan,  Lou  Franc-Prouvençau; 
à  Avignon,  Lou  Jacoumar\  à  Carpentras,  Lou  Cacho-Fiò;  à 
Vaison,  VArmana  dóu  Ventour;  puis  les  almanachs  dóu  Lengadò, 
Garounenc^  Lemoim,  de  VAriejo,  Vivarés,  Dóujinen,  Mount- 
Pelieirepc^  etc.,  enfin  VArmana  Marsihés  du  poète  Aug.  Marin 
qui  a  fait  accepter  à  Marseille,  d'un  public  fidèle  aux  trou- 
haïres^  les  réformes  graphiques  des  félibres. 

Depuis  1876,  les  productions  littéraires  se  sont  infini- 
ment multipliées;  quelques-unes  atteignaient  l'universelle  cé- 
lébrité. Parmi  les  plus  remarquables:  Amour  e  plour  d'Al- 
phonse Tavan,  le  livre  des  tendresses  et  de  la  douleur  patiente; 
Nerto  de  Mistral,  exquise  chronique  rimée  du  temps  des 
papes  d'Avignon,  digne  de  l'Arioste  ...  ou  de  Calendau  ;  le 
Rose  (Rhône)  du  même  auteur  (1 897)  ;  le  Romancero  Prouvençau 
de  Félix  Gras  (1886),  légendaire  et  populaire,  son  plus  beau 
livre;  Li  Fiho  d^Avignoun  (les  Filles  d'Avignon)  d'Aubanel 
(t  1886),  où  s'affirmait  tout  son  génie,  ardent,  plastique  et 
tendre  ;  la  Chanson  Lemouzina  (Chanson  Limousine)  de  l'abbé 
Roux  (l'auteur  des  Pensées)^  magnifiques  fresques  épiques, 
retraçant  les  grands  épisodes  du  pap  des  grands  troubadours; 
les  Debis  Gascons  (Devis  gascons)  d'Isidore  Salles,  initiateur 
dans  son  pays  landais,  poète  ingénieux  et  traditionniste  ;  les 
Cants  don  Souleïh  et  la  Muso  silvèstro  (Chants  du  Soleil  et  Muse 
sylvestre)  de  Fourès  (f  1891),  le  dernier  Albigeois,  recueils 
lyriques,  très  variés,  d'un  artiste  et  d'un  patriote;  Dal  brès 
a  la  toumbo  (Du  Berceau  à  la  Tombe)  de  l'abbé  Justin 
Bessou,  le  Brizeux  du  Rouergue,  pieuse  épopée  villageoise 
de  l'âge  d'or;  les  Cansoun  dóu  terraire  (Chansons  du  terroir)  de 
Ch.  Rieu,  le  populaire  Charloun  (Charlon),  du  Paradou,  peintre 
naïf  des  mœurs  du  pays  d'Arles;  la  Pauriho  (Les  Pauvres) 
de  Val  ère  Bernard,  fière  suite  d'eaux -fortes  d'un  réalisme 
vengeur  et  attendri  .  .  .  Comment  à  ces  poètes  de  talent 
consacré  ne  pas  ajouter  parmi  les  plus  récents.  M"*  J.  Gau- 
tier, l'exquise  félibresse  Brémonde,  MM.  Louis  Astruc,  l'auteur 
des  Cado  (Acacias)  et  de  la  Messo  pagano  (Messe  payenne), 


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Introduction.  xix 

Eug.  Plauchud,  le  charmant  félibre  des  Basses-Alpes,  auteur 
du  Diamant  de  Sant  Maime,  d'Ow  Cagnard  et  de  Conte  ga- 
vouot  (Contes  gavots),  Pierre  Bertas,  l'organisateur  du  25*  cen- 
tenaire de  la  fondation  de  Marseille,  qui,  édile  de  cette  ville, 
marie  en  provençal  les  jeunes  époux,  Pascal  Gros,  le  directeur 
du  journal  La  Sartan^  Aug.  Marin,  Clovis  Hugues,  J.  Boissière, 
Ch.  Boy,  M.  André,  H.  Bouvet,  H.  Giraud,  pour  la  Pro- 
vence; Perbosc,  A.  Blavet,  Prosper  Estieu,  J.  Félicien  Court, 
pour  le  Languedoc,  etc. 

Mais  la  poésie  lyrique  et  épique  n'était  plus  seule  cultivée. 
Un  théâtre  provençal  entrait  dans  les  desiderata  des  félibres. 
Citons  brièvement:  le  drame  shakspearien  d'Aubanel,  LouPan 
dóu  Pecat  (Pain  du  Péché),  représenté  à  Montpellier  (1878) 
et  à  Paris  (traduit  par  P.  Arène);  la  comédie  de  Roumieux, 
La  Bisco  (La  Mauvaise  humeur),  jouée  à  Montpellier;  la 
tragédie  lumineuse  de  Mistral,  La  Rèino  Jano  (La  Reine 
Jeanne;  1890),  promise  au  théâtre  antique  d'Orange;  et 
n'oublions  pas:  Li  masc  (Les  Sorciers)  d' A.  Tavan;  Li  Varai 
de  Vamour  (Les  Troubles  de  l'amour)  et  Tetin  Vescarrabiha 
(Baptistin  l'éveillé)  de  J.  Cassini;  Lou  Creserèu  (Le  Crédule), 
et  L^oulo  d^Arpian  (La  Marmite  d'Harpagon)  de  Marins 
Chabrand;  Charloun  e  Charloto  (Charlon  et  Charlote)  de  J. 
Sorbier,  toutes  pièces  de  théâtre  qui  ont  été  jouées  dans  la 
région  d'Avignon  et  d'Arles  par  des  ouvriers  ou  paysans 
amateurs.  Rappelons  aussi  les  comédies  dauphinoises  du 
félibre  Almoric  qui  parcourt  la  vallée  de  la  Drôme  avec  une 
troupe  de  paysans  qui  les  jouent  avec  grand  succès,  et  les 
nombreuses  pastorales  où  le  public  de  Marseille,  de  Toulon, 
d'Avignon  et  d'Arles  vient  s'ébaudir  à  la  Noël  pour  entendre 
en  provençal  la  mise  en  scène  populaire  de  la  Nativité  du  Christ. 

Enfin  la  prose,  longtemps  dédaignée  en  dehors  des  al- 
roanachs  et  des  journaux,  eut  tout  un  bataillon  d'interprètes. 
Roumanille,  son  premier  artisan,  donnait  un  recueil  de  ses 
Conte  prouvençau  (1883),  modèles  d'observation  humoristique, 
pour  la  plupart  déjà  célèbres  sous  les  versions  d'Alph.  Daudet, 
Pontmartin,   Em.  Blavet,   etc.     Le   facétieux  La  Sinso  (Ch. 


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XX  Introduction. 

Senès,  de  TouIod)  publiait  ses  Scènes  de  la  vie  provençale^ 
instantanés  prodigieux  du  grossier  langage  du  peuple  des 
villes,  que  d'imbéciles  préjugés  entravent  dans  le  libre  usage 
de  son  idiome.  Le  P.  Xavier  de  Pourvière,  par  ses  con- 
férences toutes  publiées,  faisait  école  de  félibres  dans  le  clergé 
militant,  et  popularisait  la  langue  classique.  Ses  volumes  de  la 
Creaciùun  dóu  Mounde  et  Li  Patriarcho  sont  de  vrais  monu- 
ments religieux  de  l'éloquence  provençale,  tandis  que  son  livre 
En  Mountagno  le  révèle  charmant  narrateur.  Moins  mystique^ 
Félix  Gras  contait  en  coloriste  finement  ingénu,  dans  les 
PapalinOj  la  légende  gaillarde  de  l'Avignon  des  cardinaux  "et 
du  saint  Père,  avec  autant  de  verve  que  d'imagination,  et 
dans  Li  Rouge  dóu  Miejour  il  donnait  un  récit  de  l'héroïque 
épopée  d'un  bataillon  marseillais.  Baptiste  Bonnet,  dans  ses 
Memòri  d'un  gnarro,  savoureuse  et  documentaire  autobiographie 
d'un  valet  de  ferme,  et  dans  sa  Vido  d'enfant^  mémoires 
d'une  adorable  simplicité  et  d'une  touchante  sincérité  d'im- 
pressions, a  créé  deux  œuvres  magistrales.  Bref,  M.  Raim- 
bault,  de  Cannes,  l'auteur  distingué  d'un  roman  provençal 
Agueto  (Agathe)  et  de  Li  Darbousso  (Les  Arbouses),  Marguerite 
Sol,  auteur  du  Curât  de  Minerbo,  Louis  Poucard,  comédien  de 
talent,  auteur  de  très  pittoresques  chroniques  (Lou  Pàlangrej 
Engin  de  pêche)  —  MM.  L.  Punel,  de  Baroncellî,  etc., 
tâchent  de  leur  mieux  de  donner  à  la  prose  littéraire 
provençale  de  la  souplesse,  et  contribuent  pour  leur  part  à  la 
rendre  toujours  plus  apte  à  rivaliser  même  avec  ce  que  la  prose 
française  a  créé  de  plus  délicat  et  de  plus  savoureux. 

L'esprit  dominateur  de  tout  ce  mouvement  littéraire  et 
politique.  Mistral,  Ta,  dès  1854,  imprégné  de  son  esprit  et  lui  a 
imposé  son  cachet  personnel.  C'était  Mistral  qui  le  premier 
eut  l'idée  de  fonder  l'association  dite  Pélibrige,  et  c'est  lui  qui 
lui  fournit  le  nom.  Il  avait  entendu  à  Maillane  une  vieille 
femme  chanter  ime  complainte  où  l'on  voyait  Jésus  enfant 
qui  parlait,  dans  le  Temple,  aux  sèt  felibre  de  la  lèi.  Ce 
mot  félïbre^  dont  l'étymologie  est  restée  obscure,  semblait 
répondre  à  peu  près  à  docteur,  maître;  il  était  neuf,  sonore; 


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Introduction.  xxi 

Mistral  le  proposa  comme  nom  de  ralliement,  il  fut  acclamé 
par  les  sept  convives  de  Pont-Ségugne,  et  VArmana  prouvençau^ 
proposé  et  fondé  dans  la  même  séance,  annonça  à  la  Pro- 
vence et  au  monde  que  les  rénovateurs  de  la  littérature  pro- 
vençale s'étaient  institués  félibres.  Cet  Armana,  dontRoumanille 
s'occupa  plus  particulièrement,  doit  à  Mistral  sa  forme  originale  ; 
et  Mistral  n'a  jamais  cessé  de  l'inspirer  et  d'y  faire  plus  que 
tous  les  autres  l'éducation  de  son  peuple.  Plus  tard,  après 
avoir  montré,  par  l'immense  succès  de  Mirèio,  que  les  félibres 
n'entreprenaient  pas  une  œuvre  aussi  puérile  qu'on  le 
croyait  volontiers  autour  d'eux.  Mistral  conçut  la  pensée  de 
donner  au  félibrige  une  existence  corporative  et  lui  fit  ac- 
cepter, en  1863,  ses  premiers  statuts.  Ce  n'était  encore 
qu'une  ébauche  assez  vague  et  flottante  ;  mais  Mistral  songeait 
toujours  à  la  compléter.  De  son  incubation  passionnée 
et  de  la  collaboration  du  comte  Christian  de  Villeneuve 
sortit,  en  1876,  le  plan  définitif  qui  constituait  toute  cette 
hiérarchie  que  nous  avons  fait  connaître  plus  haut  (p.  xi,  note). 
Par  son  Ode  aux  Catalans  (1859)  et  le  Chant  de  la  Coupe, 
Mistral  scella  le  rapprochement  des  Provençaux  et  des  Cata- 
lans, leurs  frères  de  race  et  d'idiome  ;  par  les  soins  du  baron 
de  Tourtoulon  et  de  son  groupe,  il  provoquait,  à  Montpellier, 
la  création  de  la  Société  pour  VÉtude  des  langues  romanes^ 
dont  les  travaux  devaient  justifier  scientifiquement  ce  relève- 
ment de  la  langue  d'oc.  Fort  de  l'appui  des  savants  et  des 
lettrés  officiels  du  Midi  français,  jusque-là  réfractaires  — 
et  encore  aujourd'hui  insuffisamment  gagnés  —  le  mouvement 
félibréen,  déjà  catalan-provençal,  ne  tardait  pas  à  devenir 
latin.  Ce  fut  encore  Mistral,  qui  attira  surtout,  par  la  splendeur 
de  ses  chefs-d'œuvre,  l'attention  du  monde  entier  sur  la  Renais- 
sance qui  se  faisait  dans  sa  patrie  provençale,  et  c'est  à  l'a- 
mabilité de  son  caractère,  à  la  largeur  de  ses  vues,  à  la 
richesse  et  à  la  souplesse  de  son  esprit  que  le  Félibrige  doit 
en  grande  partie  la  sympathie  et  le  secours  moral  et  prati- 
que qu'il  a  trouvé  non  seulement  chez  les  peuples  de  la  race 
latine,   mais  autant   et   même   davantage,    chez   les  peuples 


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XXII  Introduction. 

de  race  germanique.  C'est  Mistral  qui,  nouveau  Dante, 
a  donné  à  la  nouvelle  littérature,  une  langue  classique  en 
épurant  et  en  enrichissant  son  dialecte  natal  avec  une  rare 
intuition  de  ce  qu'il  fallait  adopter  ou  rejeter,  et  ce  fut  lui, 
qui  dans  l'œuvre  bénédictine  de  sa  vie,  le  Trésor  du  Féli- 
brige^  emmagasina  non  seulement  cette  nouvelle  langue,  mais 
aussi  la  langue,  la  littérature,  les  mœurs  et  le  folklore  du 
Midi  entier  de  la  France.  Enfin  ce  fut  lui  qui  fonda,  en 
1896,  le  Museon  Arlaten,  musée  arlésien  d'ethnographie  qui 
est  déjà  actuellement  un  commentaire  et  une  synthèse  ma- 
térielle de  son  œuvre  de  poète,  et  qui  doit  aider  à  garder 
vivants  les  souvenirs  et  traditions  de  la  race  provençale. 

La  vie  de  Mistral,  si  riche  par  son  activité  intellectuelle, 
est  pauvre  en  faits  matériels.  Il  l'a  contée  lui-même,  autant 
qu'il  le  croyait  utile  pour  faire  comprendre  son  œuvre,  dans 
quelques  pages  mises  en  tête  de  la  première  édition  des  Iles 
d'Or  (1875).  Il  est  né,  le  8  septembre  1830,  à  Maillane, 
village  de  l'arrondissement  d'Arles,  près  de  Saint-Remy.  Son 
père,  veuf,  avait  épousé  à  55  ans  une  jeune  fille  qu'il  avait 
rencontrée  un  jour  à  glaner  après  ses  moissonneurs:  de  ce 
Booz  et  de  cette  Ruth  devait  naître  un  prophète.  Le  père 
François  Mistral  était  riche  et  dirigeait  lui-même  la  culture 
de  ses  champs;  la  mère  de  notre  poète,  qui  survécut  très 
longtemps  à  son  mari,  resta  toujours  une  simple  «fille  de  la 
terre»,  entendant  peu  le  français  et  ne  parlant  que  la  langue 
du  pays.  L'enfant  grandit  au  milieu  des  scènes  toujours 
variées  de  cette  vie  rustique,  dans  la  familiarité  des  travail- 
leurs attachés  au  mas,  dès  l'aube  à  leur  suite  pour  le  labour, 
les  semailles,  la  tonte,  la  fauche,  la  moisson,  la  vendange,  la 
cueillette  des  olives  ou  des  feuilles  de  mûrier,  causant  avec 
eux  de  leurs  travaux  dans  leur  langue,  la  seule  qu'il  connût, 
et  laissant  ses  yeux  et  son  âme  s'emplir  du  spectacle  de  ce 
ciel  éclatant,  de  cet  horizon  majestueux,  de  ces  hommes  «qui 
travaillaient  avec  des  gestes  nobles»  et  de  ces  filles  aux  yeux 
profonds,  à  la  grâce  fière  et  douce.  Le  soir,  à  souper,  tous 
les  gens  de  la  maison  s'asseyaient   sur  les  bancs  le  long  de 


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Introduction.  xxui 

la  grande  table  que  servait  la  mère  et  où  préaidait  le  père, 
«grand  et  beau  vieillard,  digne  dans  ses  propos,  ferme  dans 
son  commandement,  bienveillant  au  pauvre  monde,  rude  pour 
lui  seul».  Après  le  souper,  en  hiver,  tout  le  monde  s'asseyait 
en  cercle  autour  d'un  feu  clair  de  vieilles  souches  d'oliviers, 
et  souvent  un  «chemineau»  accueilli  pour  la  nuit,  assis  en 
face  du  père  sous  le  manteau  de  la  cheminée,  racontait  un 
vieux  conte  ou  une  légende  du  pays,  ou  chantait  quelque 
chanson  de  mendiant.  Mais  les  belles  chansons  et  les  belles 
«sornettes»,  c'était  la  mère  qui  les  savait  le  mieux;  elle  ne 
se  lassait  pas  plus  de  les  dire,  en  filant  sa  quenouille,  que  son 
fils,  assis  à  ses  pieds,  ne  se  lassait  de  les  entendre.  Parfois, 
le  père  lisait  l'Évangile  à  la  famille  réunie,  et  le  jour  de 
Noël  il  bénissait  lui-même  la  bûche  de  Noël,  et  racontait 
quelque  histoire  sur  les  vieux,  en  invitant  l'assemblée  à  prier 
pour  leurs  âmes;  puis  on  chantait  un  des  gracieux  noëls  de 
Saboly,  restés  si  populaires  dans  la  contrée.  Et  l'enfant 
allait  se  coucher,  l'esprit  et  le  cœur  vaguement  émus  par  ces 
premiers  appels  de  la  Muse  qui  devait  Tinspirer. 

A  neuf  ou  dix  ans,  ou  le  mit  à  l'école;  mais,  nous  dit- 
il,  «je  fis  tant  et  si  bien  l'école  buissonnière  que  mes  parents 
jugèrent  bon  de  m' envoyer  dehors  pour  couper  court  à  mes 
escapades».  D'ailleurs,  malgré  ses  frasques  enfantines,  le 
jeune  Frédéric  avait  montré  à  l'école  une  haute  intelligence, 
et  son  père  voulait  la  cultiver.  Le  petit  sauvage  se  trouva 
d'abord  tout  penaud  de  ne  plus  courir  les  champs,  tout  triste 
d'être  condamné  entre  des  murs  noirs  à  une  occupation  sé- 
dentaire, et  tout  effarouché  surtout  de  se  voir  incompris  ou 
raillé  s'il  parlait  la  langue  qui  était  l'expression  ordinaire  de 
ce  qu'il  pensait  et  sentait.  Mais  bientôt  la  beauté  de  la 
poésie  antique  Témerveilla;  il  découvrit  dans  Virgile  et  dans 
Homère  une  façon  de  comprendre  et  d'interpréter  la  nature 
et  la  vie  qui  répondait  à  l'inconsciente  aspiration  de  son 
âme,  et  il  y  reconnut  même,  nous  dit -il  naïvement,  «les 
idées,  les  mœurs  et  les  coutumes  du  pays  maillanais».  C'est 
grâce  à  cette   greffe   classique   du  sauvageon   provençal  que 


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XXIV  Introduction. 

s^est  épanouie  la  fleur  de  sa  poésie.  II  faut  y  joindre,  bien 
entendu,  et  dans  une  large  mesure,  Tinfluence  de  la  littéra- 
ture française.  Surtout  il  se  baigna  ayec  délices  dans  le 
large  flot  harmonieux  de  Lamartine,  dans  ccette  grande 
source  de  poésie»,  comme  il  l'a  dit  plus  tard,  «qui  avait  rajeuni 
l'âme  de  l'univers.» 

On  a  raconté  vingt  fois  comment  Joseph  Roumanille 
jeta  dans  son  âme  l'étincelle  du  feu  sacré.  Et  l'excellent  et 
aimable  Roumanille  a  dit  lui-même  avec  un  grand  charme 
comment,  ayant  d'abord  fait  des  vers  en  français,  il  les  récita 
à  sa  mère,  qui  pleura  de  n'y  presque  rien  entendre,  et  com- 
ment il  se  jura  de  ne  plus  rien  écrire  que  sa  mère  ne  com- 
prît. La  nouvelle  poésie  provençale  est  née  de  cette  larme 
d'une  mère,  touchant  symbole  de  la  plainte  douce  et  in- 
formulée de  la  chère  vieille  petite  patrie,  oubliée,  dédaignée 
pour  la  grande!  La  semence  déposée  dans  l'âme  de  l'écolier 
d'Avignon  ne  devait  toutefois  lever  pleinement  qu'au  bout  de 
quelques  années.  Mistral  termina  ses  études  et  rentra  au 
mas^  prenant  sa  part  des  travaux  agricoles  de  la  famille:  il 
ébaucha  alors,  nous  dit- il,  un  poème  en  quatre  chants  sur 
les  Moissons^  géorgiques  provençales  qu'il  n'a  pas  publiées. 
Mais  comprendre  la  poésie  de  la  charrue  ne  suffit  pas  à  faire 
un  bon  laboureur  :  son  père  vit  bien  que  l'instruction  donnée 
à  son  fils  l'appelait  à  d'autres  destinées,  et  il  l'envoya  faire 
son  droit  à  Âix.  Tout  en  passant  ses  examens,  Mistral 
s'affermissait  de  plus  en  plus  dans  la  voie  où  Roumanille 
l'avait  engagé,  et  où  il  le  maintenait  par  une  active  cor- 
respondance, ayant  bien  vite  «deviné  dans  cet  enfant  un 
enfant  sublime».  Quand,  à  vingt  et  un  ans.  Mistral,  licencié 
en  droit,  revint  à  Maillane,  son  père  lui  dit:  «A  présent, 
mon  fils,  moi  j'ai  fait  mon  devoir:  tu  en  sais  beaucoup  plus 
que  ce  qu'on  m'a  appris  ;  c'est  à  toi  de  choisir  une  carrière  ; 
je  te  laisse  libre.»  Son  choix  fut  bientôt  fait:  «Aussitôt», 
dit-il,  «je  jetai  aux  buissons  ma  robe  d'avocat,  et  je  m'épanouis 
dans  la  contemplation  de  ce  que  j'aimais  tant:  la  splendeur 
de  ma  Provence.*     Et   le   vieux  Booz   eut   la   grandeur   de 


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Introduction.  xxv 

comprendre  que  son  fils  avait  pris  la  part  de  Dieu.  «Mon 
père  étant  mort  quatre  ans  après  (1855),  je  quittai  avec 
douleur  le  mas  où  j'étais  né,  par  suite  du  partage  qui  eut 
lieu  dans  ma  famille,  et  je  vins,  avec  ma  mère,  habiter  le 
TÎIlage  de  Maillane,  où  je  souhaite,  quand  le  bon  Dieu  voudra, 
de  mourir  et  d'avoir  ma  tombe,  en  face  de  ces  collines  qui 
ont  réjoui  ma  vue,  asséréné  mes  vers  et  reposé  mon  âme.» 
C'est  la  beauté  de  la  vie  du  poète  et  c'est  le  secret  de  sa 
grande  poésie  d'avoir,  à  l'âge  des  ardeurs  inquiètes,  conçu 
ce  plan  d'existence,  et  de  l'avoir  réalisé  sans  défaillance. 

Mistral  est  resté  dans  son  village,  et  n'en  est  sorti 
que  pour  de  courtes  excursions,  presque  toujours  entreprises 
dans  l'intérêt  de  sa  poésie  ou  de  «la  Cause»,  soit  qu'il  ait 
parcouru  tous  les  recoins  de  sa  Provence  pour  les  connaître 
et  les  chanter,  ou  qu'il  soit  allé,  dans  les  villes  provençales, 
languedociennes,  gasconnes,  présider  les  fêtes  dont  il  est  le 
héros  ou  promener  son  entraînant  apostolat.  En  1868,  il  a 
même  franchi  les  Pyrénées  pour  visiter  les  Catalans  qui 
venaient  d'instaurer  les  Jochs  fiorals  de  Barcelone,  et  aux- 
quels il  avait  adressé  la  magnifique  pièce  Aux  Poètes  cata- 
lans^ un  des  joyaux  les  plus  éclatants  de  son  œuvre. 

En  1858,  comme  Mirèio  venait  d'être  terminée.  Mistral 
vint  à  Paris  et  fut  présenté  à  Lamartine,  auquel  il  lut  quel- 
ques vers  et  envoya  l'année  suivante  son  poème  avant  qu'il 
eût  paru.  Nous  avons  déjà  dit  avec  quel  enthousiasme  le  chantre 
de  Milly  accueillit  cette  poésie  d'une  fraîcheur  et  d'un  éclat 
si  nouveaux;  dans  V Entretien  littéraire  qu'il  lui  consacra,  il  y  a 
des  pages  admirables,  et  de  sa  grande  main  paternelle  il 
lança  en  pleine  gloire  le  jeune  oiseau  qui  doutait  encore  de 
lui-même  et  qui  ouvrit  largement  ses  ailes  dans  la  lumière 
et  dans  la  joie.  Après  la  publication  et  l'éclatant  succès  de 
Mirèio^  Mistral  revint  à  Paris;  il  y  fut  accueilli  avec  un  de 
ces  enthousiasmes  éphémères  et  enivrants  que  la  grande  ville, 
aussi  agitée  et  aussi  trompeuse  que  la  mer,  pousse  successive- 
ment, comme  des  vagues  d'un  moment,  aux  pieds  de  ceux 
qui  lui  apparaissent  dans   un  rayon  de  gloire.     C'est  là  que 


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XXVI  In  TRODUCTION. 

la  ferme  résolution  du  poète  fut  mise  à  une  rude  épreuve: 
de  toutes  parts  on  le  sollicitait  de  rester  à  Paris,  et  aucune 
séduction  ne  manquait  pour  le  retenir.  Ce  ne  fut  pas  seule- 
ment le  vœu  qu'il  avait  formé  de  rester  fidèle  à  son  pays 
qui  l'empêcha  d'écouter  les  dangereuses  sirènes:  un  sûr  in- 
stinct lui  dit  que  son  génie  était  dans  sa  sincérité;  qu'un 
poète  provençal  à  Paris  ne  serait  fatalement  qu'un  amuseur 
et  un  comédien  comme  les  autres;  qu'il  n'avait  sa  vraie  force 
qu'en  touchant  sa  terre  natale,  et  qu'il  devait  se  donner  à 
elle  tout  entier,  corps  et  âme,  pour  que,  corps  et  âme,  elle 
se  livrât  entièrement  à  lui.  Puis  toutes  ces  ovations,  tous 
ces  compliments,  le  troublaient  presque  autant  qu'ils  le  ra- 
vissaient. Quelques  expériences  comme  en  ont  pu  faire  tous 
ceux  que  le  monde  croit  devoir  louer  sans,  bien  souvent, 
comprendre  ou  même  connaître  leur  œuvre,  avaient  inspiré 
une  juste  défiance  à  son  esprit  très  fin  et  à  son  sens  très 
pratique.  D'autre  part,  la  frivolité,  le  manque  de  sérieux  et 
de  conviction  de  la  société  brillante  où  il  s'était  trouvé  jeté 
tout  à  coup,  lui  avaient  semblé  présenter  de  graves  dangers 
pour  lui-même.  Il  avait  été  surpris  de  la  tolérance  extrême 
ou  plutôt  de  l'indifférence  avec  laquelle  se  mêlaient  les  re- 
présentants d'opinions  et  de  sentiments  que,  dans  son  pays, 
séparait  un  abîme.  Il  avait  rencontré  Renan,  qui  lui  semblait 
devoir  être  un  Lucifer  et  jeter  un  blasphème  à  chaque  mot, 
et  Renan  lui  avait  parlé  de  son  poème  avec  des  paroles  si 
douces  et  si  délicatement  flatteuses  qu'elles  avaient  pénétré, 
quoi  qu'il  en  eût,  jusqu'à  son  cœur  et  y  troublaient  la  foi 
qui  faisait  partie  à  ses  yeux  de  l'héritage  sacré  du  foyer.  Il 
sentit  que  s'il  restait  dans  cette  atmosphère  factice,  capiteuse 
et  troublante,  il  verrait  peu  à  peu  s'y  amollir  le  ressort  de 
son  âme  et  s'y  dissoudre  l'essence  pure  et  sauvage  qu'il 
avait  apportée  de  ses  champs,  de  son  grand  Rhône  et 
de  sa  mer,  et  il  s'enfuit,  sauvant  son  trésor.  Il  n'avait 
pas  oublié  les  belles  et  graves  paroles  qu'au  moment 
de  son  départ,  lors  de  la  première  des  fêtes  du  félïbrige^  en 
portant   un    brinde   à   Mireille,    «le    plus    beau   miroir  où  la 


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Introduction.  xxvii 

Provence  se  soit  mirée»,  lui  avait  dites  le  vieux  et  saint 
homme  Reboul,  le  poète-boulanger  de  Nîmes:  «Mistral,  tu 
vas  à  Paris.  Souviens-toi  qu'à  Paris  les  escaliers  sont  de 
verre.  N'oublie  pas  ta  mère!  N'oublie  pas  que  c'est  dans 
un  mas  de  Maillane  que  tu  as  fait  Mireille^  et  que  c'est  cela 
qui  te  fait  grand!  Et  n'oublie  pas  que  c'est  un  bon  catho- 
lique de  la  paroisse  de  Saint-Paul  qui  tout  à  l'heure  a  posé 
la  couronne  sur  ta  tête!» 

Depuis,  il  est  revenu  à  Paris,  pour  y  prendre  part  — 
la  première  part  —  à  des  réunions  ou  à  des  fêtes  consa- 
crées à  «la  Cause»  :  mais  il  n'y  a  jamais  fait  que  de  courtes 
apparitions,  et  il  s'est  réfugié  toujours  au  plus  vite  dans  son 
cher  village  de  Maillane,  qui  lui  devra  la  célébrité  que  le 
poète  lui  doit  en  partie. 

L'année  1876  amenait  à  Maillane  la  jeune  épouse  qui 
devait  compléter  et  faire  refleurir  la  vie  poétique  du  maître. 
Installé  dans  le  nid  provençal  que  le  chanteur  avait  lui-même 
préparé  pour  un  doux  oiseau  encore  inconnu,  le  ménage  y  a 
fidèlement  enfermé  son  bonheur.  A  part  les  ordinaires  tour- 
nées félibrenques,  un  voyage  fait  en  Italie  en  1891  est  son 
seul  déplacement  de  quelque  durée.  C'est  de  Maillane  que 
Mistral  a  dirigé  la  publication  des  œuvres  qu'il  y  avait  com- 
posées: Mireille  (1859),  Calendal  (1866),  les  Iles  d'Or  (1874), 
Nerte  (1884),  la  Reine  Jeanne  (1891).  C'est  là  qu'il  a  achevé 
aussi  son  Poème  du  Rhône  (1897)  qui  doit  être  le  couronne- 
ment de  son  œuvre.  C'est  là  qu'il  a  compilé  ce  prodigieux 
Trésor  du  félihrige^  dont  il  avait  été  recueillir  les  matériaux 
dans  tous  les  coins  de  la  Provence.  C'est  là  aussi  qu'il 
prépare  le  recueil  de  ses  discours,  qu'il  écrit  de  temps  à 
autre  une  page  de  ses  mémoires,  et  que  depuis  quarante  ans 
il  polit,  il  dégage  de  leurs  scories,  il  fait  revivre  dans  leur 
forme  la  plus  savoureuse  et  la  plus  idiomatique  ces  «sornettes», 
ces  contes  de  grand'mères  qui  enchantaient  son  enfance,  qu'il 
a  rassemblés  avec  amour  dans  les  repos  des  méridiennes  et 
dans  les  veillées  de  fileuses,  et  qui  formeront,  à  en  juger 
par  les  échantillons  publiés  çà  et  là,    un  recueil  comparable 


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xxviii  Imtroduction. 

à  ceux  de  Grimm  et  d'ÂsbjôrDsen.  Car  il  n'a  pas  suffi  à 
Mistral  d'être  le  peintre  et  l'interprète  de  la  Provence;  il  a 
su  réunir,  pour  la  gloire  de  sa  patrie  adorée,  l'attention  do- 
cile du  chercheur  à  Tinspiration  du  poète,  et  il  a  pu,  dans 
ses  longues  heures  consacrées  tantôt  à  la  Muse  qui  chante, 
tantôt  à  celle  qui  écoute,  savoir  laquelle  donne  plus  de  joies 
et  laquelle  demande  plus  de  travail  et  de  patiente  ténacité. 
Nous  ne  voulons  pas  apprécier  ici  l'œuvre  littéraire  de 
Mistral  dans  son  ensemble,  et  nous  préférons  renvoyer  le 
lecteur  au  travail  consciencieux  de  M.  N.  Welter:  Frederi 
Mistral^  der  Dichter  der  Provence  (Marburg  1899),  dont  la 
lecture  s'impose  autant  que  celle  de  l'étude  lumineuse  que 
M.  G.  Paris  a  consacrée  à  notre  auteur,  dans  la  Bévue  de  Paris 
de  l'année  1894,  p.  478  et  58  et  suiv.,  et  dont,  du  reste, 
M.  Welter  a  tiré  le  plus  grand  profit.  Mais  il  est  urgent 
de  dire  quelques  mots  sur  Mirèio^  qui  gardera  toujours  le 
premier  rang  parmi  les  chefs-d'œuvre  de  notre  poète,  parce  que 
le  génie  supérieur  du  félibre  s'y  est  révélé  pour  la  première 
fois,  et  parce  que,  dans  ce  poème,  Mistral  a  traité  de  main 
de  maître  un  sujet  qui,  autant  universel  que  local,  conservera 
toujours  sa  fraîcheur  virginale  et  ne  cessera  jamais  d'exercer 
son  charme  irrésistible  et  vainqueur.  Le  fonds  même  du  récit 
épique  de  Mirèio  est  extrêmement  simple:  il  chante  les 
amours  d'un  pauvre  petit  vannier  et  de  la  jeune  fille 
d'un  riche  propriétaire  dont  les  parents  s'opposent  à  un 
mariage  mal  assorti  et  amènent,  par  leur  refus,  la  fin 
tragique  de  leur  enfant.  Celle-ci  meurt  sous  le  coup  d'une 
insolation  pendant  sa  fuite  de  la  maison  paternelle,  qu'elle 
H  prise  pour  aller,  dans  un  lointain  pèlerinage,  prier  les 
Saintes  Maries  de  protéger  son  humble  amour.  Mais  Mistral  a 
su  raconter  ces  simples  événements  avec  un  tel  art  qu'il  faut 
ranger  son  couple  d'amoureux  à  côté  de  Daphnis  et  Chloé,  de 
Paul  et  Virginie  et  de  Hermann  et  Dorothée,  Son  amant  ingénu 
et  naïf,  Vincent,  est  fermement  et  gracieusement  dessiné  dans 
sa  jeunesse  inexpérimentée,  dans  sa  pauvreté  fière,  son  courage 
d'enfant  héroïque,   son  amour  simple,    étonné  et  dévorant  et 


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INTRODUCTION.  XXIX 

dans  ses  propos  à  Mireille  d'une  grâce  et  d'une  sincérité 
charmantes;  Tamante,  Mireille,  est  une  belle  et  saine  fille  de 
la  campagne,  amoureuse  de  prime  saut,  et  avec  tout  son  être. 
Elle  le  dit  hardiment,  la  première,  à  Vincent;  elle  se  grise 
d'amour,  et  avec  cela,  elle  est  franche,  courageuse  et  dévouée 
et  deviendrait,  si  elle  échappait  à  sa  destinée  fatale,  une 
excellente  ménagère.  Les  scènes  à  la  fois  ardentes  et  can- 
dides qui  mettent  en  présence  Mireille  et  Vincent  sont  des 
scènes  d'amour  entre  deux  enfants  à  Tâme  naïve,  aux  sens 
frémissants,  au  cœur  pur.  Et  ces  scènes  généralement  hu- 
maines sont  animées  et  rendues  plus  humaines  encore  par 
le  caractère  particulièrement  provençal  que  Mistral  a  donné 
à  ses  héros  comme  à  sa  poésie  entière.  Avec  l'histoire  de 
l'amour  de  ces  aimables  enfants  bien  provençaux  par  la  viva- 
cité de  leurs  sentiments,  par  la  vigueur  de  leur  foi  aussi  bien 
que  par  l'étendue  et  le  genre  de  leurs  superstitions,  par  leurs 
actes  et  par  leurs  paroles,  le  poète  a  combiné  la  peinture 
de  son  pays,  la  représentation  de  la  vallée  du  Bas  Rhône,  de 
la  Crau  et  de  la  Camargue  et  la  représentation  de  la  vie  du 
peuple  entier  qui  habite  ces  régions.  Et  ces  descriptions 
sont  d'un  réalisme  frappant,  faites  avec  un  art  exquis.  Les 
paysages  de  la  plaine  rhodanienne,  le  ciel  enivré  de  lumière, 
le  soleil  triomphant  et  implacable,  les  cimes  ou  les  ravins  des 
Alpilles,  l'étendue  brûlante  de  la  Crau,  Arabie  Pétrée  de  la 
France,  la  plantureuse  Camargue,  la  mer  provençale  avec 
son  sourire  infini,  les  villes  et  leurs  monuments,  Arles  et  ses 
arènes,  les  Baux  et  leurs  ruines,  tout  se  reflète  avec  une 
force  et  une  vie  incomparables.  Dans  ces  décors  si  variés, 
8i  beaux,  si  riches  de  souvenirs,  qui  forment  la  scène  de 
Mirèio^  on  voit,  avec  une  admiration  jamais  lassée,  agir  et  se 
mouvoir  les  nombreux  personnages  qui  la  peuplent.  La  cul- 
ture sous  toutes  ses  formes,  la  plantation,  le  labour,  les  ré- 
coltes diverses,  depuis  la  fauche  et  la  moisson  jusqu'à  la 
cueillette  des  olives,  les  vieux  usages  rustiques,  les  fêtes  des 
laboureurs,  leurs  courses,  leurs  danses,  leurs  chansons;  et 
l'élevage  dans  les  montagnes   et   dans  les  plaines,   les  longs 


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XXX  IlîTR0DUCT10>'. 

troupeaux  dévalant  des  Alpes,  la  capture  des  cavales  sauvages 
de  la  Camargue,  la  ferrade  des  taureaux;  les  industries  pri- 
mitives comme  celles  du  vannier,  du  pêcheur,  et  les  repos  à 
l'ombre,  et  les  festins,  et  les  longues  farandoles,  et  les  tam- 
bourins, et  les  jeux  des  enfants  et  des  jeunes  filles;  et  sur 
les  rochers,  dans  les  forêts,  sur  l'herbe,  dans  l'air,  dans  l'eau 
des  torrents,  des  ruisseaux,  du  grand  fleuve  ou  de  la  mer, 
parmi  les  arbres  tous  familièrement  connus  et  marqués  d'un 
mot,  parmi  les  mille  plantes  indigènes,  la  vie  bruissante,  fré- 
missante, joyeuse  des  animaux  qui  courent,  rampent,  volent 
ou  nagent,  mêlée  à  la  vie  humaine  qui  travaille,  qui  souffre, 
qui  aime,  qui  prie,  qui  chante.  C'est  un  immense  tumulte 
de  vie  qui  nous  enveloppe  de  son  bruit,  de  son  chatoiement 
et  de  son  ardeur.  Mistral  vit  lui-même  avec  les  êtres, 
animés  et  même  inanimés,  qu'il  nous  présente;  car  rien,  dans 
ce  qu'il  décrit,  ne  reste  immobile  ;  tout  prend  part  à  l'action, 
tout  vit,  et  les  mouvements  accessoires  se  groupent  pour  faire 
comprendre  le  mouvement  général.  C'est  ce  sentiment  de  la 
nature,  cette  animation  des  choses  qui  semblent  mortes,  qui 
rendent  le  poète  si  sympathique  surtout  à  ses  lecteurs  ger- 
maniques, dont  la  pensée  et  la  langue  ont  gardé  comme 
notre  poète  et  son  idiome  le  souvenir  des  temps  primitifs,  où 
l'homme  et  la  nature  étaient  encore  plus  intimement  liés. 

Mistral  s'intitule,  dans  la  première  strophe  de  notre 
poésie,  umble  escoulan  dóu  grand  Oiimèro  (humble  écolier  du 
grand  Homère).  En  effet,  sa  poésie  ressemble  et  par  son  art 
et  par  son  style  aux  œuvres  de  ce  maître  immortel.  Mistral 
a  entièrement  retrouvé  le  ton  épique  de  son  modèle:  son 
ampleur  gracieuse,  sa  belle  ingénuité,  sa  large  sérénité,  sa 
concision  et  sa  plasticité.  Cette  ressemblance  se  fait  bien  re- 
marquer dans  des  scènes  qui  permettaient  au  poète  plus  par- 
ticulièrement de  se  rapprocher  de  scènes  analogues  chez 
l'auteur  antique.  Le  récit  de  Vincent  de  la  course  des  hommes 
à  Nimes  (Chant  I),  la  demande  en  mariage  des  trois  préten- 
dants (Chant  IV),  le  combat  d'Ourrias  et  de  Vincent  dans 
la  Crau  (Chant  V),   l'entretien  des  deux  pères   (Chant  Vil), 


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Introduction.  xxxi 

rassemblée  racontée  dans  le  Chant  IX,  sont  des  scènes 
Yraiment  honiériques.  Mais  Mistral  ressemble  plus  encore  à  son 
modèle  dans  ses  descriptions.  Pour  peindre  leur  entourage, 
Homère  met  ses  personnages  en  mouvement  et  nous  dit  ce 
qu'ils  voient  et  ce  qu'ils  rencontrent.  C'est  aussi  la  méthode 
de  notre  poète.  L'imitation  voulue  d'Homère,  sur  ce  point, 
est  particulièrement  visible  au  Chant  IX,  dans  l'épisode  où 
le  père  de  Mirèio  convoque,  par  son  échanson,  tous  ses 
ouvriers,  faucheurs,  moissonneurs  et  bergers,  et  où  le  poète 
nous  raconte  ce  que  ce  messager  volant  voit  dans  ses  courses 
rapides.  Le  même  procédé  se  retrouve  dans  d'autres  pas- 
sages: au  Chant  I,  quand  Vincent  et  son  père  se  rendent 
au  mas  de  mèste  Bamoun;  au  Chant  VI,  quand  Mireille  et 
Vincent,  conduits  par  la  sorcière,  passent  par  les  excavations 
des  Alpilles;  aux  Chants  VIU  et  IX,  dans  la  course  de  la 
pauvre  Mireille  éperdue  à  travers  la  Crau  et  la  Camargue, 
et  dans  le  récit  à^Andreloun.  Ce  que  Mistral  nous  peint,  c'est 
toujours  ce  qu'aperçoivent,  ce  que  regardent  ses  personnages, 
ou  dans  d'autres  conditions,  ce  qui  éveille  leurs  sentiments 
ou  détermine  leurs  destinées.  Ainsi  passent  sous  les  yeux  du 
lecteur  tous  les  aspects  de  la  Provence  des  Alpilles,  des 
plaines,  des  landes,  des  fleuves  et  de  la  mer.  Et  ces  évo- 
cations sont  si  naturelles,  si  parfaitement  nouées  au  drame  et 
aux  impressions  des  personnages  qu'elles  ne  font  jamais  l' effet 
de  hors-d'œuvre. 

Encore  sous  d'autres  rapports,  Mistral  a  tenu  à  se  con- 
former à  l'exemple  de  son  grand  prédécesseur.  Il  adopte 
ses  invocations,  au  commencement  du  poème  et  au  Chant  VI, 
avec  la  différence  que  les  Muses  doivent  céder  leur  place  au 
Christ  et  aux  amis  de  jeunesse  du  poète.  Il  fait  largement 
usage  des  répétitions  épiques  d'Homère  (Voy.  les  notes  des 
vers  I,  85,  II,  85,  126,  V,  75,  396,  546;  VI,  226,  435; 
Vn,  354;  Vm,  45,  140;  IX,  80;  X,  43,  190).  Au  Chant  IX, 
le  messager,  dont  nous  parlions  plus  haut,  répète  trois  fois 
textuellement  les  mots  de  son  patron,  absolument  de  la 
même  manière  que  le  font  les  messagers  de  l'épopée  antique. 


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XXXII  Introduction. 

Quelquefois,  les  répétitions  de  Dotre  poète  sont  moins  effi- 
caces; mais  deux  fois,  au  moins,  il  a  su  surpasser  son  mo- 
dèle.   C'est  au  Chant  II,  où  six  fois  se  répètent  les  mots: 

Gantas,  cantas,  magsanarello, 
et  au  Chant  V,  où  se  répètent  trois  fois  les  vers  empruntés 
à  un  dicton  populaire  : 

Mai  parlen  plan,  o  mi  bonqneto, 

Que  li  bouissonn  an  d'anriheto. 

Dans  ces  deux  cas,  les  vers  répétés  rendent  le  sentiment  ou 
Taccord  fondamental  de  tout  le  chant,  et  la  répétition  homéri- 
que 7  est  transformée  dans  le  Leitmotiv  de  la  musique  de 
Wagner. 

Le  même  emploi  modéré  et  intelligent  est  fait,  par 
Mistral,  de  la  comparaison  et  de  l'épithète  homérique.  Notre 
poète  n'imite  pas  les  formes  ou  formules  de  son  modèle,  mais 
bien  l'esprit  et  la  raison  qui  les  ont  produites.  Les  comparaisons^ 
introduites  assez  sobrement,  sont  empruntées  à  l'entourage 
qui  se  présente  naturellement  dans  notre  poésie;  et  le  désir 
de  lutter  avec  les  anciens  dans  l'emploi  de  l'épithète  lui 
a  fait  créer  une  foule  d'heureuses  compositions  de  mots 
qui  ne  contribuent  pas  peu  à  rendre  sa  diction  aussi  ex- 
pressive que  pittoresque. 

Mistral  a  même  eu  soin  de  donner  une  correspondance  à  la 
Visite  des  Enfers  dans  l'épopée  antique  :  c'est  le  Chant  VI  qui  doit 
en  prendre  lieu  avec  sa  promenade  fantastique  à  travers  l'antre 
des  Fées  et  ses  horreurs  imaginaires.  La  mythologie  des  anciens 
est  ici  remplacée  par  les  résidus  de  la  mythologie  germanique  ; 
à  peu  près  tout  ce  que  Mistral  nous  raconte  des  Esprits  et 
des  Spectres  familiers  de  la  Provence  et  des  superstitions 
populaires  de  son  pays,  se  retrouve  en  Allemagne  et  dans  les 
autres  pays  germaniques  et  s'y  explique  naturellement  comme 
traces  de  leurs  anciennes  croyances  payennes.  La  mythologie 
des  anciens  est  remplacée  une  seconde  fois  par  Mistral^ 
quand  il  puise  dans  la  légende  et  dans  la  tradition 
chrétienne  ou  catholique.  Au  Chant  IX,  il  nous  fait 
même  entrevoir  un  coin  du  Paradis.   Enfin,  au  Chant  VI,  nous 


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Introduction.  xxitiii 

rencontrons  dans  la  sorcière  Taven  une  digne  descendante 
des  sibylles  du  paganisme  grec  ou  romain.  II  est  vrai  que 
cette  femme  mi-payenne  y  sort  un  peu  de  son  rôle  et  se 
transforme  trop  subitement  en  une  prophétesse  d'un  christia- 
nisme aussi  exalté  que  problématique.  Mais  nous  ne 
disputerons  pas  avec  notre  poète  sur  la  réalité  ou  la  pos- 
sibilité de  ce  personnage  secondaire  qui  possède  quelque 
chose  de  la  double  nature  des  humains  fantasques  que  présentait 
autrefois,  avec  tant  de  réalisme,  T.  Â.  Hofhnann  dans  ses 
récits  exubérants  d'imagination. 

Pour  écrire  Mirèio,  Mistral  était  dans  la  nécessité  de 
créer  une  nouvelle  langue  littéraire.  Il  employait,  comme 
ses  plus  proches  amis  et  disciples,  Tidiome  populaire  de 
Saint-Remy  et  d'Arles,  qui,  sans  différences  notables,  se 
parle  dans  la  vallée  du  Rhône  depuis  Orange  environ 
jusqu'au  Martigue.  La  syntaxe  peu  formée  de  cet  idiome 
comme  de  tous  les  parlers  populaires,  fut  complétée  ou  rem- 
placée, à  quelques  exceptions  près,  par  celle  de  la  langue 
française.  Le  poète  avait  plus  de  difficulté  par  rapport  au 
vocabulaire.  Jusqu'à  lui,  le  vocabulaire  de  son  idiome 
n'avait  servi  qu'aux  besoins  des  paysans  et  des  artisans,  et 
par  conséquent  ne  possédait  pas  suffisamment  de  mots  pour 
les  abstractions  et  pour  des  idées  qui  appartiennent  à  une 
culture  supérieure.  D'autre  part,  étant  le  Lingage  des  basses 
classes,  le  parler  provençal  avait  une  foule  de  mots  d'un 
caractère  grossier  et  trivial,  qui  naturellement  détruisent  la 
noblesse  d'expression.  Enfin  le  peuple  avait  emprunté  au 
français  une  quantité  de  mots  en  leur  faisant  subir  une 
altération  phonétique  souvent  d'un  effet  des  plus  déplaisants, 
du  moins,  à  l'oreille  française.  C'étaient  là  des  obstacles  qui, 
moins  sensibles  pour  les  lecteurs  provençaux  ou  étrangers, 
devaient  pourtant  être  surmontés  autant  que  possible,  pour 
ne  pas  effaroucher  les  lecteurs  habitués  à  la  langue  rafSnée 
des  auteurs  français.  Heureusement,  à  côté  de  ces  pauvretés 
et  de  ces  scories,  le  vocabulaire  provençal  avait  des  richesses 
qui  en  faisaient  un  instrument  merveilleux  pour  une  littérature 


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Xxxiv  Imtroduction. 

qui  ne  s'éloignait  pas  trop  de  la  langue  et  de  la  pensée 
plus  concrète  du  peuple.  La  nature  et  la  vie  méridionales 
présentent  une  foule  d'objets,  de  sensations,  d'actes, 
d'usages  qui  ne  sont  propres  qu'à  ce  pays  et  qui,  in- 
connus et  innommés  dans  des  pays  septentrionaux,  ont 
cependant  dans  les  idiomes  du  Midi  des  dénominations  exactes. 
Le  peuple  de  la  Provence  rhodanienne  a  une  âme  à  lui, 
façonnée  sous  l'influence  de  la  nature  qui  l'entoure  et 
de  la  vie  qu'il  mène  ;  et .  cette  âme  s'est  exprimée  dans 
sa  langue,  parfois  avec  brutalité,  mais  souvent  aussi  avec 
une  force,  une  originalité  et  une  délicatesse  extrêmes.  Ainsi 
le  parler  populaire  de  la  Provence  cachait  dans  ses  profon- 
deurs des  mots  splendides  ou  caressants,  des  verbes  où 
l'énergie  était  puissamment  condensée,  des  substantifs  pittores- 
ques, des  adjectifs  d'une  douceur  exquise  ou  d'une  charmante 
poésie.  De  ces  éléments  contraires  il  fallait  faire  une  langue 
littéraire,  et  pour  y  arriver,  l'épurer  d'une  part,  la  fixer 
d'autre  part.  C'est  ce  que  Mistral  a  fait  magistralement.  Il 
a  éliminé  autant  que  possible  les  mots  français,  qui  avaient 
remplacé,  dans  l'usage  du  peuple,  leurs  correspondants  pro- 
vençaux, et  il  a  restauré  les  formes  indigènes  quand  il  les 
trouvait  encore  vivantes.  Il  a  fixé  la  langue  sous  l'apparence 
modeste  d'une  fixation  de  l'orthographe;  car,  l'orthographe 
constituée  par  Roumanille  et  Mistral  et  appliquée  par  les 
félibres  provençaux  déterminait  en  réalité  la  phonétique  et 
la  morphologie  de  la  langue  littéraire.  Par  un  choix  et  un 
groupement  habiles.  Mistral  a  donné  souvent  aux  mots  natifs 
l'ampleur  et  la  suggestion  des  mots  antiques.  Pour  enrichir 
son  idiome  davantage,  il  y  a  fait  entrer  des  mots  recueillis 
hors  de  ses  limites  restreintes,  qui  lui  semblaient  propres  à 
exprimer  do  nouvelles  nuances  d'action  ou  de  sensation,  et 
dans  l'idiome  même  il  a  recherché  soigneusement  les  idiotismes 
le  plus  franchement  marqués  au  coin  du  terroir  et  les  vieilles 
expressions  en  train  de  disparaître.  Dans  tout  cela,  Mistral 
a  montré  un  instinct  merveilleux  qui  lui  a  permis  de  dis- 
cerner avec  sûreté  ce  qui  pouvait  entrer  dans  l'harmonie  de 


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Introduction.  xxxv 

sa  poésie.  Enfin,  Mistral  a  su  développer  les  ressources 
de  sa  langue,  soit  en  tirant  parti  des  extensions  de  sens 
suggérées  par  Tusage  commun,  soit  en  profitant  de  la  richesse 
de  la  dérivation  pour  faire  porter  à  de  vieilles  souches  des 
rejetons  légitimes,  mais  imprévus  0- 

Dans  sa  versification.  Mistral  a  adopté,  à  quelques  ex- 
ceptions près,  les  lois  de  la  versification  française.  Déjà  les 
vers  provençaux  écrits  depuis  le  xvi*  siècle  étaient  calqués 
sur  les  vers  français.  Roumanille  n'a  pas  fait  autrement  que 
ses  prédécesseurs,  et  Mistral  n'a  pas  innové  sur  ce  terrain. 
Il  a  admis  non  seulement  les  principes  et  les  lois  fonda- 
mentales où  sont  d'accord  depuis  l'origine  la  versification  du 
Nord  et  celle  du  Midi,  mais  les  règles  plus  récentes  et  moins 
essentielles  qui  régissent  les  vers  français  depuis  Malherbe: 
il  se  soumet  aussi  à  l'interdiction  de  l'hiatus  et  à  l'alternance 
des  rimes.  Néanmoins  le  caractère  de  sa  langue  produisait 
spontanément  quelques  divergences.  L'auteur  n'avait  pas  à 
se  poser  la  fameuse  question  de  Ye  muet  qui  trouble  aujourd'hui 
les  versificateurs  français:  Yo,  Ye  et  l'i  atones  qui  corre- 
spondent à  Ye  final  des  Français,  ont  leur  pleine  valeur 
syllabique  ;  on  ne  peut  donc  pas  accuser  les  vers  provençaux 
de  manquer,  à  l'occasion,   d'une,   deux  ou  trois  syllabes,   ou 

>)  Nous  ne  nous  attarderons  pas  ici  à  nous  occuper  des  reproches 
plus  ou  moins  ineptes  ou  absurdes  qu^on  a  faits  à  la  langue  créée  par 
Mistral.  M.  G,  Paris,  dans  Tarticle  cité  que  nous  suivons,  les  a  suiïi- 
samment  réfutés  (p.  65  ss.).  Si  les  Provençaux  ne  réussissent  pas  dans 
leur  tentative  de  créer  dans  la  langue  de  Mistral  ou  des  félibres  une 
littérature  complète,  et  si  leur  parler  indigène  ne  devient  jamais  la 
langue  naturelle  de  leurs  entretiens  sérieux,  ce  ne  sera  pas  la  faute  de 
Tinstrument,  mais  bien  la  faute  des  personnes  et  de  la  situation  politique 
et  administrative  de  leur  pays.  Il  n'y  a  aucun  empêchement  sérieux 
dans  la  langue  même:  un  emprunt  plus  fréquent  de  mots  abstraits  ou 
savants  fait  au  français  aura  d'autant  moins  d'inconvénient  que  ces  mots 
sont  généralement  des  mots  d'emprunt  dans  le  français  lui-même  et  appar- 
tiennent, pour  la  plupart,  au  jargon  savant  international.  On  ne  pourra  pas 
refuser  aux  Provençaux  ce  que  les  Français  ainsi  que  tous  les  autres 
peuples  se  permettent  journellement  ;  et  il  n'y  a  pas  de  distinction  à  faire, 
qu'on  habille  ces  mots  savants  à  la  française  ou  à  la  provençale. 

m* 


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XXXVI  Introduction. 

la  distinction  des  rimes  masculines  et  féminines  d'être  souvent 
purement  orthographique.  D'après  Pintention  de  notre  poète, 
les  voyelles  atones  (o,  e,  i)  s'élident  devant  une  voyelle  qui 
les  suit;  cependant  il  se  trouve  des  lecteurs  provençaux, 
qui,  dans  une  déclamation  emphatique,  les  font  sonner  dis- 
tinctement aussi  dans  ce  cas,  ou  les  combinent  en  une  sorte 
de  diphthongue  avec  la  voyelle  initiale  du  mot  suivant  ^).  Il  y  a 
des  déclamateurs  français  qui  prennent  la  même  liberté  avec  Ve 
sourd  de  leur  langue  et  parfois  le  font  sonner  devant  une 
voyelle.  D'ailleurs,  dans  l'élision,  le  provençal  admet  quelques 
diflférences  de  l'usage  français.  Le  provençal  n'élide  pas  seule- 
ment les  voyelles  atones  ou,  a,  e  de  l'article  et  des  pronoms 
personnels  (iow,  la^  iwe,  <e,  s«),  du  pronom  relatif  et  de 
la  conjonction  que  y  de  la  particule  ne  (=  en,  inde),  de  la 
préposition  de  et  de  la  conjonction  se,  mais  aussi  Yé  tonique 
de  la  préposition  emé  (em'i  I,  19,  em^éu  II,  56;  em^ amour 
II,  236,  etc.),  de  l'adverbe  pronominal  ié  (t'a  I,  63,  84; 
i^avié  VII,  45,  i  emporta  VIII,  7,  etc.)  et  de  la  terminaison 
ié  do  la  3*  sing.  de  l'imparfait  {/a$tà  I,  534,  poudi'ana  XI, 
133).  De  plus,  la  langue  provençale  connaît  l'aphérèse  de  Ve, 
et  quelquefois  de  l'a  et  de  Vu  initial,  si  ces  voyelles  sont 
précédées  d'une  voyelle  ou  d'une  diphthongue  faible  (t^.  Cet 
usage,  inconnu  au  français,  se  trouve  pour  Ve  initial  dans 
les  mots  où  cet  e  est  suivi  d'une  s  impure  (s  suivie  d'une 
autre  consonne)  et  où  la  vieille  langue  française  possédait 
la  même  liberté  (nfsperanço  V,  366,  e'spavourdi  VI,  391, 
lou  la  ^spiravo  VIII,  131,  etc.);  dans  emé  (e^mél,  113,  venguè 
'mfn'  èr  II,  142,  e'mé  furour  VI,  360,  avé'm'acò  VII,  80 
etc.;  même  après  la  consonne  r:  0  plouri  'mé  lou  darrié 
IX,  16,  cf.  I,  239);  dans  emai  {acò  ^mai  I,  136);  dans  en:  {en 
lonffui  ligno  IX,  120)  ;  dans  enca  et  encaro  (t'a'  nca  I,  505  ;  Vamé 
'ncaro  VII,  45);  dans  es  {acos  I,  331,  VII,  78,  448),  et  dans 


^)  Cf.  les  transcriptions  phonétiques  de  quelques  strophes  de  notre 
poésie  contenues  dans  la  traduction  allemande  de  M.  Bertuch,  p.  279  ss., 
et  la  note  de  ce  traducteur,  p.  277. 


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Introduction.  xxxvii 

quelques  cas  isolés  {e'fiterin  I,  446,  acò'ro  I,  122).  Dans 
eHlavau  X,  378  (au  lieu  de  e  eilavau)^  il  faut  plutôt  penser  à  une 
contraction!  Un  a  initial  peut  disparaître  dans  le  pronom  aquéu 
{e  ^quelo  1, 87,  etc.),  dans  les  adverbes  aqui  et  ansin  (aplanta  'qui 
IX,  333,  faguè  'nsin  II,  94,  etc.),  et  par  exception  dans  asseta 
{s 'anè  'seta  1, 114).  La  voyelle  u  disparaît  seulement  dans  larticle 
indéfini  ifa'n  1, 306,  dinda  'no  1, 398,  i  Vi  'n  VII,  1 18;  VUI,  263, 
gamiguè'n  1, 1 60,  faguè  'no  VI,  204,  emé  'no  VIII,  64,  o  'n  1, 389, 
avié  *n  I,  424,  etc.)  Parfois,  pour  pouvoir  amener  ces  aphérèses, 
le  poète  supprime  en  même  temps  une  s  muette:  su'n  I, 
114,  su'no  II,  194,  VIII,  39,  su'quelo  I,  310,  sia'qui  XII, 
402.  Dans  l'interdiction  de  l'hiatus,  Mistral  a  introduit  une 
notable  et  très  intelligente  exception  :  il  admet  l'hiatus  après 
toutes  les  diphtongues  et  triphtongues  fortes  (dont  le  dernier 
élément  est  atone)  et  avant  les  diphtongues  ou  triphtongues 
graphiques  commençant  par  i  (i^,  iéu^  etc.),  c'est-à-dire  dans 
des  cas  où  la  diphtongue  (triphtongue)  finale  se  termine, 
ou  la  diphtongue  (triphtongue)  initiale  commence  par  un  son 
qui  n'est  plus  qu'une  semi-voyelle  ou  une  semi-consonne,  et  dans 
des  cas  qui  n'existent  presque  pas  en  français.  La  rime  n'est 
pas  moins  soignée  chez  notre  poète.  Pourtant  il  ne  s'astreint 
pas  à  la  rime  pour  l'œil,  et,  avec  raison,  il  ne  tient  aucun 
compte  pour  la  rime  des  consonnes  conservées  par  l'ortho- 
praphe  à  la  fin  des  mots,  mais  qui  ne  se  prononcent  que 
quand  elles  sont  suivies  de  la  voyelle  initiale  d'un  mot  in- 
timement lié  à  ce  qui  précède.  La  prohibition  de  la  versi- 
fication française  qui  interdit  de  faire  rimer  avec  un  singulier 
un  pluriel  se  prononçant  de  même,  ne  peut  exister  pour  les 
félibres,  puisque  dans  leur  langue  le  pluriel  des  substantifs 
s'écrit  et  se  prononce  comme  le  singulier.  Débarrassé 
de  ces  entraves.  Mistral  s'est  attaché  d'autant  plus  à  donner 
à  ses  rimes  de  la  richesse  et  de  la  sonorité.  Il  prend  garde 
de  ne  pas  faire  rimer  les  voyelles  ouvertes  avec  les  voyelles 
fermées,  comme  le  font  couramment  les  poètes  français  ;  il  a 
grand  soin  d'appuyer  par  la  consonne  précédente  les  voyelles, 
qui,  seules,    donneraient  une  rime  trop  pauvre  ou  trop  com- 


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XXX  VIII  Introduction. 

mune;  et  quand  il  ne  s'interdit  pas  d'accoupler  à  la  rime 
des  adjectifs,  des  participes  passés,  ou  des  substantifs  formés 
avec  le  même  suffixe,  il  n'abuse  pas  de  ces  libertés  et  évite 
d'employer  trop  fréquemment  de  pareilles  rimes,  qui  né- 
cessairement ont  quelque  chose  de  faible  et  de  banal.  La 
strophe  dont  Mistral  se  sert  dans  notre  poésie  et  dont  il  a 
créé  le  moule  lui-même,  se  compose  de  cinq  octosyllabes  et 
de  deux  alexandrins,  arrangés  de  sorte  que  les  deux  premiers 
octosyllabes  sont  suivis  du  premier  alexandrin,  les  trois 
derniers  octosyllabes  du  second  alexandrin  (8.  8. 12. 8. 8. 8. 12). 
Les  deux  alexandrins  ont  une  même  rime  masculine,  les  octo- 
syllabes une  rime  féminine  différente  dans  leur  premier  et 
dans  leur  second  groupe  (a"a"b  c"c"c"b).  Cette  strophe,  qui 
se  prête  à  des  divisions  rythmiques  et  syntaxiques  très 
diverses,  est  maniée  par  le  poète  avec  une  admirable  dextérité. 
La  césure  de  l'alexandrin  est  observée,  mais  sans  pédanterie, 
et  l'auteur  use  avec  liberté  de  l'enjambement,  non  seule- 
ment d'un  vers  à  l'autre,  mais  d'une  strophe  à  l'autre.  Ainsi 
il  évite  toute  monotonie;  et  la  mollesse  et  la  sonorité  de  sa 
strophe  savante,  de  ses  rythmes  toujours  d'accord  avec  l'idée 
poétique  qu'il  exprime,  donnent  à  Mirèio  cet  élément  lyrique 
si  approprié  au  sujet  qui  répugnait  à  une  diction  et  à  une 
forme  trop  viriles  et  trop  énergiques. 

Le  lyrisme  de  notre  épopée  est  accentué,  dans  les 
Chants  I  et  III,  par  l'insertion  de  deux  chansons,  dans  les- 
quelles notre  poète  a  su  rendre,  avec  autant  d'art  que  de  , 
succès,  le  ton  de  la  chanson  populaire.  Dans  la  chanson  du 
Baile  Su/rèn,  I,  204  ss.,  à  laquelle  Mistral  voulut  prêter  un 
air  archaïque,  il  s'est  servi  d'une  strophe  des  plus  simples. 
La  chanson  se  compose  de  13  sizains,  dont  chacun  se  divise, 
par  la  syntaxe  et  par  la  rime,  en  deux  tercets.  Le  seul  vers 
employé  est  le  décasyllabe  ayant  la  césure  après  la  cinquième 
syllabe  ;  la  césure  est  presque  toujours  masculine  (féminine  aux 
vers  233,  241,  267,  268,  269,  282).  Ce  vers  a  quelque  chose 
de  haché  ou  de  guerrier  et  s'accorde  bien  avec  les  senti- 
ments   énergiques   exprimés    dans   le  texte.     Les  rimes  (abb 


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Imtroductioíí.  XXXlX 

aba)  varient  de  strophe  eu  strophe:  Tune  des  deux  rimes 
de  chaque  strophe  est  féminine,  l'autre  masculine,  d'après  la 
loi  de  l'alternance,  appliquée  aussi  aux  strophes  qui  se  suivent: 
la  rime  féminine  du  dernier  vers  de  la  strophe  précédente 
est  suivie  par  une  rime  masculine  dans  le  premier  vers  de 
la  strophe  subséquente,  et  vice  versa.  La  seconde  pièce 
lyrique,  la  célèbre  chanson  de  Magali  (III,  393  ss.)  montre 
une  structure  beaucoup  plus  artistique.  Chacun  de  ses  douze 
huitains  se  divise  en  deux  quatrains  d'une  formation  diffé- 
rente ;  le  premier  quatrain  comprend  quatre  octosyllabes  rimes 
a"')  b  a"b,  le  second  comprend  deux  octosyllabes  et  deux 
vers  de  quatre  syllabes  (8.  4.  8.  4),  rimes  ba'cc.  Les  deux 
derniers  vers  de  chaque  strophe  (8  c  4  c)  forment  le  refrain 
qui  cependant  ne  leur  demande  que  l'identité  des  mots  me 
ýarai  (remplacés  irrégulièrement  par  counfessarai  dans  strophe 
10),  dans  l'une,  et  de  la  rime  rai  dans  l'autre  des  deux  lignes 
finales.  Les  refrains  de  la  première  et  de  la  dernière  strophe 
sont  en  correspondance  entre  eux:    aux  vers  de  la  première 

strophe 

Mai  lis  estello  paliran 
Quand  te  veiran 

répondent  les  vers  de  la  12*  strophe  : 

Vc  lis  estello,  o  Magali, 
Coume  an  pâli. 

La  correspondance  des  rythmes  et  des  rimes  est  relevée 
par  la  correspondance  des  idées  ;  chaque  second  quatrain  est 
la  réponse  au  quatrain  précédent;  et,  dans  les  strophes  2 — 10, 
chaque  quatrain  annonce  une  nouvelle  métamorphose  des  deux 
amants  qui  se  parlent  dans  notre  aubade*.  La  1"  strophe 
contient  l'introduction,  la  12®  la  conclusion:  l'aubade  est 
finie,  quand  les  étoiles  de  la  nuit  pâlissent  devant  les  rayons 
du  soleil  qui  se  lève.  Les  strophes  de  cette  chanson  sont 
d'une  douceur  infinie  qui  provient  autant  du  parallélisme  et 


*)  Le  signe  ^  indique  une  rime  féminine. 


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XL  Introduction. 

de  la  beauté  des  pensées  qu'elles  expriment  que  de  la  beauté 
et  du  parallélisme  de  leur  formation  savante. 

Une  troisième  pièce  lyrique  se  trouve  au  Chant  X,  dans 
la  prière  que  Mireille,  déjà  frappée  mortellement,  fait  aux 
Saintes  Maries  (v.  190 — 279).  Elle  se  compose  de  18  strophes 
de  cinq  vers.  Les  vers  sont  de  cinq  syllabes  et  rimes: 
a"bba"b.  Les  rimes  varient  avec  chaque  strophe.  Les  strophes 
6  et  14  répètent  la  1'"  strophe;  ces  trois  strophes  forment 
par  conséquence  une  sorte  de  refrain.  Elles  rappellent  vague- 
ment le  refrain  de  la  prière  de  Gretchen,  dans  le  Faust  úe 

Goethe  : 

Ach  neige 

Dn  Schmerzensreiche 

Dein  Antlitz  gnâdig  meiner  Noth 

(dans  la  traduction  de  Sabatier: 

Abaisse, 

Mère  en  détresse, 

Ta  face  sur  mon  triste  sort). 

Mistral,  qui  a  lu  Faust  environ  à  l'âge  de  25  ans,  c'est- 
à-dire  à  une  époque  où  il  travaillait  encore  à  Mirèio,  ne  s'est 
pas  déclaré  conscient  d'avoir  subi  l'influence  du  drame  alle- 
mand. Cependant,  la  prière  de  Mireille^  malgré  toutes  ses 
divergences  d'avec  celle  de  Gretchen^  et  des  ressemblances  plus 
frappantes  (cure  de  Vincent  par  la  sorcière  Taven)  avec  d'autres 
parties  analogues  dans  Faust  (Laboratoire  de  sorcière,  Nuit 
de  Walpurgis)  ne  rendent  pas  invraisemblable  une  influence 
lointaine  de  l'œuvre  de  Goethe,  du  moins  dans  ces  deux 
endroits. 

Pour  l'établissement  de  notre  texte  nous  nous  sommes 
servi  de  la  nouvelle  édition  Charpentier  (Paris  1898)  qui, 
du  reste,  ne  se  distingue  en  rien  de  la  première  édition  pu- 
bliée par  ce  libraire  (Paris  1888).  Nous  avons  eu  soin  d'éli- 
miner les  nombreuses  fautes  typographiques  qui  défigurent 
ces  éditions.  Mirèio  a  paru  aussi  chez  Eoumanille 
(Avignon  1859),  chez  Hachette  (éd.  illustrée  par  Burnand, 
Paris  1884),  et  chezLemerre  (Paris  s.  d.,  elzévier).    Il  était  in- 


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Introduction.  xli 

utile  de  collationner  ces  différentes  éditions,  Fauteur  nous 
assurant  qu'à  l'exception  de  quelques  corrections  insignifiantes, 
plutôt  orthographiques,  il  n'y  a  rien  de  changé.  Dans  notre 
réimpression,  surveillée  par  le  poète  lui-même,  nous  nous 
sommes  contenté  de  régulariser  les  formes  du  pronom  noste 
dans  NostO'Dawo  (au  lieu  de  Nostro-Damo  III,  175, 
IX,  370,  XII,  286,  etc.)  et  le  nom  propre  Sufrèn  (au  lieu 
de  Sufren),  d'introduire  des  guillemets  dans  le  texte  pro- 
vençal pour  en  faciliter  la  lecture,  et  de  numéroter  les  vers 
dans  l'intérêt  de  ceux  qui  consultent  les  notes  ou  le  glos- 
saire. — 

Nous  ne  voulons  pas  finir  notre  introduction  sans  dire 
quelques  mots  d'un  reproche  qu'on  a  fait  souvent  à  notre 
poème.  On  a  soutenu  que  Mirèio  manquait  d'unité  et  que 
le  poète  y  étouffait  parfois,  sous  la  végétation  luxuriante  de 
ses  descriptions,  la  tendre  fleur  de  l'amour  de  Vincèn  et  de 
Mirèio.  Et  on  a  voulu  expliquer  ces  défauts  supposés  par 
le  long  temps  que  Mistral  a  mis  pour  achever  son  poème  (sept 
ans,  de  1852 — 8).  En  effet,  quand  on  se  met  au  point  de 
vue  d'un  lecteur  qui  porte  un  intérêt  purement  humain, 
même  intense  à  ce  charmant  et  malheureux  couple  d'amants, 
mais  à  qui  la  terre  provençale  est  indifférente,  on  trouvera 
dans  notre  poésie  maint  épisode  superflu.  Un  tel  lecteur 
se  passera  volontiers  du  Chant  VI  et  de  sa  longue  excursion 
dans  le  pays  des  chimères,  du  Chant  IX,  où  le  seul  berger 
Antèutne  donne  un  renseignement  utile,  du  Chant  XI,  où  les 
Saintes  racontent  leur  histoire  avec  trop  de  verbosité  et  sans 
aucune  utilité  apparente,  et  il  trouvera  peut-être  aussi  que  Mirèio, 
au  Chant  XII,  devient  trop  extatique  et  met  trop  de  temps  pour 
mourir.  Même  sans  ce  point  de  vue  on  ne  pourra  nier  quelques 
longueurs  pour  les  chants  indiqués.  Mais  on  ne  juge  pas  jus- 
tement quand  on  ne  se  rend  pas  compte  des  intentions  du  poète. 
Ces  intentions,  Mistral  les  fait  connaître  clairement  dès  les 
premiers  vers  de  son  poème  où  il  déclare:  «Je  chante  une 
jeune  fille  de  Provence.  Dans  les  amours  de  sa  jeunesse, 
à  travers   la  Crau,   vers   la    mer,    dans   les  blés,   je  veux  la 


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XLii  Introduction. 

suivre».  La  seconde  phrase  a  pour  le  poète  autant  de 
valeur  que  la  première:  il  veut  peindre  autant  la  Provence 
et  sa  vie  que  Tamour  de  ses  héros,  et  il  ne  faut  pas ,  dans 
son  plan,  que  ses  deux  personnages,  quelque  charmants 
quMls  soient,  mettent  au  second  rang  ou  fassent  oublier  la 
scène  où  il  lui  plaît  de  les  placer.  Le  poète  a  voulu  donner 
un  tableau  de  sa  plus  proche  patrie,  et  animer  ce  tableau 
par  le  groupe  de  deux  aimables  enfants,  productions  de 
cette  terre.  Au  contraire,  ses  lecteurs,  français  ou 
étrangers,  lui  demandent  souvent  un  tableau  où  tout  intérêt 
se  concentre  sur  les  deux  amants  et  où  la  Provence,  dans 
le  fond,  ne  se  montre  que  sous  des  couleurs  effacées  et  dans 
une  perspective  lointaine.  Cette  exigence  est  incompatible 
avec  le  dessein  du  poète.  Si  Mistral  avait  voulu  chanter 
uniquement  Tamour  de  deux  jeunes  gens,  provençaux  autant 
que  cela  ne  gène  aucun  de  ses  lecteurs  français  ou  exotiques, 
il  aurait,  sans  doute,  préféré  écrire  en  français,  et,  à  son 
public  international,  il  aurait  probablement  présenté  un  couple 
d'amoureux  avec  cette  vague  couleur  locale  que  chérissait  le 
romantisme.  Mais  il  a  voulu  autre  chose;  il  voulait  chanter 
pour  les  «pâtres  et  habitants  des  mas*  de  son  pays,  il  s'a- 
dressait à  un  public  —  et  il  Ta  trouvé  —  à  qui  est  sacré 
et  plein  d'intérêt  tout  ce  qu'il  dit  de  leur  pays,  de  leur  vie, 
de  leurs  idées,  et  à  qui  peut-être  même  la  destinée  fatale 
de  ses  héros  n'inspire  qu'un  intérêt  secondaire.  Sa  poésie 
voulait  être  une  poésie  descriptive  autant  qu'épique,  et  c'est 
peut-être  le  trait  le  plus  admirable  de  son  génie  que,  malgré 
la  disparité  de  ce  but,  il  ait  su  remuer  le  monde  entier  par 
le  drame  tragique  de  ses  deux  amoureux  qui  pour  lui  n'é- 
taient ou  ne  devaient  être  qu'un  levier  pour  peindre  et 
pour  faire  aimer  sa  patrie  provençale. 

Un  poète  allemand,  M.  Giesebrecht,  dans  une  lettre 
communiquée  par  M.  Bertuch,  Traduction  allemande  de  Mirèio 
(Strasbourg  1896),  p.  V  ss.,  n'a  pas  moins  mal  compris  notre 
épopée  rustique,  bien  qu'il  la  trouve  digne  de  tout  applaudisse- 
ment.   Il  ne  méconnaît  pas  les  qualités  homériques  de  Mirèio^ 


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Introduction.  xliii 

mais  il  voudrait  la  comparer  plutôt  à  la  Divine  Comédie  du  Diinte. 
-Comme  celui-ci,  Mistral  s'est  posé  la  question  :  que  deviendra 
le  christianisme?  Et  il  répond:  Le  Christ  est  né,  il  est  mort 
et  ressuscité,  et  il  ressuscitera.  Et  le  remède  qui  doit  ac- 
complir le  renouvellement  du  christianisme,  c'est  le  martyre 
de  l'Amour.»  D'après  cette  théorie,  le  poème  de  Mistral  se 
compose  de  deux  parties  égales.  Dans  la  première  partie 
(Chant  I — VI),  on  apprend  l'amour  de  Mirèio,  depuis  sa 
naissance  jusqu'au  moment  de  sa  plus  haute  félicité.  Déjà 
dans  cette  partie  de  sa  vie,  Mirèio  doit  aussi  souflFrir.  Les 
railleries  de  ses  camarades  forment  pour  ainsi  dire  le  pré- 
lude du  drame  de  son  amour.  Le  véritable  martyre  commence 
pour  elle,  quand  on  amène  Vincent  blessé  dans  la  maison  de 
3es  parents.  Dans  la  seconde  partie  du  poème  (Chant  VII-XII), 
l'opposition  de  ses  parents  à  son  mariage  avec  Vincent,  sa 
fuite  à  réglise  des  Saintes  Maries,  ses  souffrances  pendant 
sa  fugue,  son  insolation,  forment  autant  d'étapes  de  son 
martyre,  qui  est  fini  par  son  extase,  parallèle  à  celle  de  la 
sorcière  Taven.  Mireille  voit  le  passé,  comme  Taven  a  vu 
l'avenir.  —  Ces  idées  mystiques  et  transcendentales  étaient 
entièrement  étrangères  à  Mistral,  et  il  n'y  a  aucun  moyen 
de  voir  dans  Mireille  le  symbole  de  la  régénération  du 
christianisme  par  l'amour  et  le  martyre  volontaire.  Giesebrecht 
prouve  une  fois  de  plus  que  toute  interprétation  de  notre 
poème  est  erronée  ou  se  fourvoie,  qui  ne  se  tient  pas  unique- 
ment aux  mots  de  notre  poète: 

Gante  uno  chato  de  Pronvènço. 

Dins  lis  amonr  de  sa  jouvènço, 

A  travès  de  la  Grau,  vers  la  mar,  dins  11  bla  .  .  . 

léu  la  vole  segui.    (Gh.  I,  v.  1 — 5.) 


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MIREIO 


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••.:;•;:••;..• 


•  •  •  •      • 


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CANT  PROUMIÉ 

LOU  MAS»)  DI  FALABREGO 

Espoiitioioiiiu  —  EnTonoaoioim  an  Crist,  oascu  dios  la  |>aatriho.  —  Ua  rièl  paaleralra, 
Mèata  Ambrod,  emé  lonn  drôle,  Ylnoèn,  ran  demanda  la  retirado  au  Mas  di  Fala- 
brefo.  —  MlrMo,  flho  de  Mèsto  Ramoun,  Ipa  mettre  don  mae.  ié  fal  la  benTengudo.  — 
Li  rAfl,  apròa  soapa,  fan  oanta  Miette  Ambròsi.  —  Lonviàl,  àutri-fas  marin,  oaato  on 
eoombat  navan  dóa  Balle  Safrèn.  —  Mlrèio  qaettloilno  Ylnoèn.  —  Reett  de  Vlnoèn  : 
la  eaiso  dl  oantarido,  la  pesoo  dU  irofe,  Ion  mlraole  di  Sàntt  Mario,  la  oonrso  dis 
ome  &  Nlraes.  —  Mlrèio  es  espantado  e  soan  amonr  poanobejo. 

'  1     Cante  uno  chato  de  ProuvèDço. 

Dîna  lis  amour  de  sa  jouvènço, 
^         À  travès  de  la  Crau,  vers  la  mar,  dins  li  bla, 


»)  Le  mot  mas,  maison  rnstique,  ferme,  métairie,  est  usité  surtout 
dans  Tarrondissementî'^ïrïeS^^  en  Languedoc.  Dans  la  Provence 
orientale,  on  emploie  de  préférence  le  mot  bastido,  et  dans  le  Comtat 
celui  de  granjo.  Chaque  mas  porte  un  nom  distinctif  et  caractéristique  : 
ainsi  lou  Mas  de  la  Font,  lou  Mas  de  VOste  (y.  IIÍ,  57),  lùu  Mas  Crema^ 
lou  Mas  di  Falaht*ego.  La  falabrego  est  le  fruit  du  micocoulier,  en 
provençal  falabreguié,  grand  arbre  commun  en  Provence. 

*  Voy.  Litrod.  p.  xli  et  xliii. 

•  La  Crau  est  une  vaste  plaine  aride  et  caillouteuse,  bornée  au 
nord  par  la  chaîne  des  Alpilles,  au  sud  par  la  mer,  au  levant  par  les 
étangs  du  Martigue  (voy.  I,  290  note),  au  couchant  par  le  Rhône.  L'é- 
tendue superficielle  de  la  Crau  est  d'environ  73000  hectares.  Le  sol 
consiste  en  une  terre  légère  et  rougeâtre,  entremêlée  de  cailloux  dé- 
tachés et  mobiles  à  la  surface,  agglutinés  et  formant  un  poudingue  très 
dur  à  un  ou  deux  pieds  de  profondeur.  Les  eaux  filtrent  à  travers 
cette  terre  avec  la  plus  grande  facilité,  de  telle  sorte  que  la  Crau  se 
trouve,  pendant  la  majeure  partie  de  Tannée,  dans  un  état  de  sécheresse 
qui  arrête  toute  espèce  de  végétation.  Cette  circonstance  avait  dé- 
terminé les  anciens  propriétaires  à  laisser  le  sol  sans  culture.  L'éta- 
blissement du  canal  de  Craponne  (voy.  III,  202  note),  en  lô81 ,  commença 

1* 


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V   ! 


4  GANT  PROUMIÉ. 

Umble  escoulan  dóu  grand  Oumèro, 

.  .  léu  la  yole  segui.     Coume  èro 

\fil/\:  Ì  Rèn  qu'uno  chato  de  la  terro, 

....    JEU  fmç  de  la  Crau  se  n'es  gaire  parla. 
*««••    •••      - 

•••*••  2    Emaî  soun  front  noun  lusiguèsse 

^  Que  de  jouinesso,  emai  n'aguèsse 

Ni  diadènio  d'or  ni  mantèu  de  Damas, 

Yole  qu'en  glòri  fugue  aussado 

^'^  Coume  uno  rèino,  e  caressado 

Pèr  noôto  lengo  mespresado, 

Car  cantan  que  pèr  vautre,  o  pastre  e  gènt  di  mas! 

*^  3     Tu,  Segriour  Dieu  de  ma  patrlo. 

Que  nasquères  dins  la  pastriho, 
Enfioco  mi  paraulo  e  douno-me  d'alen! 
^®  Lou  sabes:  entre  la  verdure, 

Au  seul  eu  em'i  bagnaduro. 

Quand  li  figo  se  fan  maduro, 
21       Vèn  Tome  aloubati  desfruchà  l'aubre  en  plen. 

4    Mai  sus  Taubre  qu'eu  espalanco 
Tu  toujour  quihes  quauco  branco 
24       Ounte  Tome  abrama  noun  posque  aussa  la  man, 
Belle  jitello  proumierenco 

à  modifier  Taspect  de  la  Crau;  celui  de  Boisgelin,  en  1786,  vint  com- 
pléter rœuvre.  Le  sol  de  la  Cran  renferme,  dans  ses  oasis,  de  très  beaox 
vignobles  produisant  an  vin  excellent,  anéantis  il  y  a  30  ou  40  ans  par  le 
phylloxéra,  mais  reconstitués  aujourd'hui.  L'altitude  de  la  Crau  varie  depuis 
33  mètres  jusqu'au  minimum  d'un  mètre  au  dessus  du  niveau  de  la  mer. 
Son  territoire  est  bordé  par  une  ligne  de  marais  appelés  Caustiero.  Les 
pâturages  aqueux  de  cette  Coustiero  servent  de  nourriture  à  de  nombreux 

troupeaux  de  chevaux  et  aux  manado  de  bœufs  sauvages  (v.  IV,  317  note) 

La  plaine  de  la  Crau  avec  ses  horizons  indéfinis  qui  se  prêtent  à  la  rêverie» 
a  trouvé  un  poète  spécial  dans  M.  Girard,  dont  la  Crau  (Avignon  1894) 
anime  ses  terrains  et  les  montre  sous  les  aspects  les  plus  différents. 
M.  Mistral,  qui  peint  la  Crau  au  Chant  YIII,  168  ss.  de  notre  poésie, 
Tavait  devancé. 

*  Voy.  Introd.  p.  xxx  ss. 


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LOU   HA8   BI  FALABREGO. 

E  redoulènto  e  yiergÌDenco, 
^  Bello  frucho  madalenenco 

Ounte  Taucèu  de  Ter  se  vèn  leva  la  fam. 

5     léu  la  vese,  aquelo  branqueto, 
®®  E  sa  frescour  me  fai  lingueto! 

léu  vese,  i  ventoulet,  boulega  dins  lou  cèu 
Sa  ramo  e  sa  frucho  inmourtalo  .  .  . 
^^  Bèu  Dieu,  Dieu  ami,  sus  lis  alo 

De  nosto  leugo  prouvençalo, 
Fai  que  posque  avéra  la  brauco  dis  aucèu! 

^*  6     De-long  dóu  Rose,  entre  li  pibo 

E  li  sauseto  de  la  ribo. 
En  un  paure  oustaloun  pèr  l'aigo  rousiga 

Un  panieraire  demouravo, 

Qu'emé  soun  drôle  pièi  passavo 

De  mas  en  mas,  e  pedassavo 
Li  canestello  routo  e  li  panié  trauca. 

7     Un  jour  qu'èron  ansin  pèr  orto, 

Emé  si  long  fais  de  redorto: 

^^        «Paire»,  digue  Vincèn,  «espinchas  lou  soulèu! 

Yesès,  eila  sus  Magalouno, 

Coume  lou  nivo  l'empielouno  ! 

*®  S'aquelo  empare  s'amoulouno. 

Paire,  avans  qu^èstre  au  mas  nous  bagnaren  belèu». 


99 


42 


*^  Magalouno  (Magnelone),  nom  d'une  ancienne  ville,  sitnée  sur 
le  littoral  du  département  de  THèrault,  sur  une  bande  de  terre  entre 
la  Méditerranée  et  Tétang  de  rAmet.  Cette  ville,  fondée  peut-être  par 
des  Phocéens,  fut  longtemps  prospère.  Les  Sarrasins  s'en  étant  em- 
parés, Charles -Martel  la  leur  reprit  et  la  détruisit,  en  737.  Elle  se 
releva  de  ses  mines,  mais  Louis  XIII  la  fit  raser  en  1633,  à  l'exception 
de  son  ancienne  cathédrale,  curieux  édifice  des  styles  roman  et  gothi- 
que, aujourd'hui  en  ruine.  D'après  un  vieux  roman  de  chevalerie  très 
populaire,  le  comte  Pierre  de  Provence,  ayant  enlevé  Maguelone,  fille 
du  roi  de  Naples,  s'enfuit  avec  elle  à  travers  monts  et  vallées.  Un 
jour  que  Maguelone  s'était  endormie  au  bord  de  la  mer,  un  oiseau  de 


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6  GANT  PROUMIÉ. 

8     «Hòu!  lou  vènt-larg  brando  li  fueio... 
^^  Noun!...acò  sara  pas  de  plueio,» 

Respoundeguè  lou  yièi...«Ah!  s'acò  ^ro  lou  Rau, 
Es  diferènt!»  . ..  «Quant  fan  d'araire, 
^  Au  Mas  di  Falabrego,  paire  P> 

«Sièis»,  respoundè  lou  panieraire. 
«Ah!  'cò's  un  tenamen  di  pu  fort  de  la  Crau! 

^^  9     Tè,  veses  pas  soun  óulivetoP 

Entre-mitan  i'a  quàuqui  veto 
De  vigno  e  d'amelié . . .  Mai  lou  bèu,»  reooupè, 

^  (E  n'i'a  pas  dos  dins  la  coustiero!) 

«Lou  bèu,  es  que  i'a  tant  de  tiero 
Coume  a  de  jour  Taunado  entière 

^^       E,  tant  coume  de  tiero,  en  chasco  i'a  de  pèd!> 

10     «Mai»,  faguè  Vincèn,  «caspitello! 
Dèu  bèn  falé  d'óulivarello 
^       Pèr  óuliva  tant  d'aubre!»    «Hou!  tout  acò  se  fai! 
Vèngue  Toussant,  e  li  Baussenco, 


proie  enleva  un  bijou  de  santal  qui  brillait  au  cou  de  la  princesse. 
Son  amant  monta  sur  une  nacelle  pour  suivre  Toiseau  sur  la  mer  ;  mais 
soudain  une  tempête  s'éleva,  et  emporta  Pierre  en  Egypte,  où  il  fut 
accueilli  et  comblé  d'honneurs  par  le  Soudan.  La  belle  Maguelone 
s'éveilla  et  se  mît,  tout  éplorée,  à  chercher  son  ravisseur.  Après  une 
foule  d'aventures  romanesques,  ils  se  retrouvèrent  en  Provence,  où 
Maguelone,  devenue  abbesse,  avait  fondé  '  un  hôpital  et  la  cathédrale. 
Dans  une  de  ses  chapelles,  on  voit  encore  le  tombeau  de  ce  couple  d'amoureux. 
Voy.  Goedeke,  Grundriss  der  Geschichte  der  deuUchen  Dichiung  II 
(1886),  p.  20. 

*■  Rau,  contracté  de  Rottau  {Roxisau,  de  Rose^  Rhodanum),  peut- 
être  sous  l'influence  de  l'adj.  raw,  raucum,  vent  qui  souffle  du  côté  du 
Rhône,  vent  d'ouest-nord-ouest,  par  rapport  à  la  Provence,  et  qui  amène 
souvent  la  pluie. 

**  Qiiant  fan  d'araire,  combien  font-ils  ou  fait-on  de  charrues, 
c'est-à-dire,  de  combien  de  charrues  a-t-on  besoin  pour  labourer  les 
champs  du  Mas  di  Falabrego. 

*''  Baussenco^  habitantes  (filles)  des  Baux.  Les  Baux,  près  de 
Saint -Remy    (Bouches    du    Rhône),    petite   ville   ruinée   où   il   n'y   a 


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LOU   MÀ8  DI   FALABREGO. 

De  vermeialo,  d'amelenco 
*®  Te  van  clafi  saco  e  bourrenoo  ! . . . 

Tout  en  cansounejant  n'acamparien  bèn  mai!> 

11     E  Mèste  Ambroi  toujour  parlavo  .  .  . 
■^2  E  lou  soulèu  que  trecoulavo 

Di  plus  bèlli  couleur  tegnié  li  nivoulun; 
E  li  bouié,  sus  si  coulado, 
^^  Yenien  plan-plan  à  la  soupado, 

Tenènt  .en  l'èr  sis  aguïado  .  .  . 
E  la  niue  soumbrejavo  alin  dins  la  palun. 


pas  aujourd'hui  400  habitants ,  mais  qui  était  une  cité  florissante, 
au  moyen-âge,  et  capitale  de  la  maison  princière  du  même  nom,  dont 
les  titulaires,  ancêtres  des  princes  d'Orange,  furent  longtemps  très  puis- 
sants en  Provence.  L'endroit  est  curieux  par  son  aspect  pittoresque 
et  l'importance  et  l'originalité  de  ses  ruines.  Il  est  situé  sur  un  contre- 
fort rocheux  des  Alpilles  et  dans  un  vallon  bordé  de  rochers  ruiniformes. 
Au  sommet  se  trouve  un  vaste  château  seigneurial,  maintenant  absolu- 
ment délabré,  mais  encore  intéressant  par  certaines  parties  taillées  dans 
le  roc  vif.  n  y  a  aussi  des  maisons  du  même  genre,  plus  ou  moins 
écroulées.  «Ceux  qui  les  premiers  eurent  la  pensée  d'habiter  ce  rocher 
taillèrent  leur  abri  dans  ses  flancs;  ce  nouveau  système  d'architecture 
^t  jugé  bon  par  leurs  successeurs ,  car  la  masse  était  vaste  et  com- 
pacte: une  ville  en  sortit  bientôt  comme  une  statue  du  bloc  d'où  l'art 
la  fait  jaillir  :  une  ville  imposante,  avec  ses  fortifications,  ses  chapelles 
et  ses  hospices,  une  ville  où  l'homme  semblait  avoir  éternisé  sa  demeure. 
L'empire  de  cette  cité  s'étendit  au  loin;  de  brillants  faits  d'armes  lui 
conquirent  une  noble  place  dans  l'histoire;  mais  elle  n'en  fut  pas  plus 
durable  que  tant  d'autres  moins  solidement  construites»  (.T.  Canonge, 
Histoire  de  la  ville  des  Baux  en  Provence,  Nimes,  1844  ;  3«  éd.  1864).  — 
L'action  de  notre  poème  commence  au  pied  de  ces  ruines.  Cf.  plus  bas 
m,  140  S8. 

'*  Mèste  Ambroi  (Maître  Ambroise).  Mèste  ou  Mèstre  est  un  titre 
respectueux  qu'on  donne  aux  laboureurs  et  artisans  en  âge,  comme  aussi 
aux  avocats  et  à  tous  les  gradués.  Le  nom  de  famille  de  Mèste  Ambroi 
(ou  Anibròsi)  doit  être  Vincèn,  que  porte  son  fils,  et,  dans  la  forme 
féminine,  aussi  sa  fille  (Vinceneio  VII,  44).  D'après  le  même  usage  pro- 
vençal, Mistral  avait  un  frère  aîné  qui  s'appelait  Mistralet  et  une  sœur 
aînée  qui  s'appelait  Mistraleto, 


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8  OANT  PBOUMIÉ. 

'8        12     «An!  déjà  s'entre-vèi  dins  l'iero 

Lou  camelun  de  la  paiero,» 
Digue  mai  Yincenet:  «sian  au  recatadou! ...» 
81  «Aqui,  ié  vènon  bèn  li  fedo! 

Ah!  pèr  l'estiéu  an  la  pinedo, 

Pèr  dins  Tivèr  la  claparedo,» 
8^      Recoumencè  lou  yièi .  .  .  «Hou!  aqui  i'a  de  tout! 

13  E  tóuti  aquéli  grands  aubrage 
Que  sus  li  téule  fan  oumbrage! 

^'^      E  ^quelo  bello  font  que  raio  en  un  pesquié! 

E  tóuti  aquéli  brusc  d'abiho 

Que  chasco  autouno  desabiho, 
^  E,  tre  que  Mai  s'escarrabiho, 

Pendoulon  cent  eissame  i  grand  falabreguié!» 

14  «Ho!  pièi,  en  toute  la  terrado, 

®'  Paire,  lou  mai  qu'à  iéu  m'agrado,» 

Aqui  faguè  Yincèn,  «es  la  chato  dóu  mas  .  .  . 
E,  se  vous  n'en  souvèn,  moun  paire, 
^  L'estiéu  passa,  nous  faguè  faire 

Dos  canestello  d'óulivaire 
E  mètre  uni  maniho  à  soun  pichot  cabas.» 

^^        15     En  devisant  de  talo  sorte 

Se  capitèron  vers  la  porto. 
La  chatouno  veuié  d'arriba  si  magnan  ; 
^^  E  sus  lou  lindau,  à  l'eigagno, 

Anavo  alor  torse  une  escagno. 

«Bon  vèspre  en  toute  la  coumpagno!» 
105      Faguè  lou  panieraire  en  jitant  si  vergan. 

16     «Mèste  Ambròsi,  Dieu  vous  lou  donne!» 
Digue  la  chato;  «mouscouloune 
1^8      La  pouncho  de  moun  fus,  vès!...  Vautre P  sias  tardié! 
D'ounte  venèsP  de  ValabregoP» 

*^    Valahrego^    en  français  Valahrègue,    village  situé  Bur  la  rive 
gauche  du  Rhône,  entre  Avignon  et  Tarascon,  et  habité  par  des  vanniers. 


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LOU   MA8   m  FALALREGO.  9 

«Just!  e  lou  Mas  di  Falabrego 
^**  Se  devinant  sus  nosto  rego, 

Se  fai  tard,  avèn  di,  coucharen  au  paie.» 

17    E'  mé  soun  fiéu,  lou  panieraire 
^'^  S'anè  'seta  su'n  barrulaire. 

Sènso  mai  de  resoun,  à  trena  tóuti  dous 
Uno  banasto  coumençado 
'*^  Se  groupèron  uno  passado, 

E  de  sa  garbo  desnousado 
Crousavon  e  toursien  li  yege  voulountous. 

^^        18     Vincèn  avié  sege  an  pancaro; 

Mai  tant  dóu  cors  que  de  la  caro, 
Certo,  acò  'ro  un  bèu  drole,  e  di  miés  estampa; 
**^  Emé  li  gauto  proun  moureto, 

Se  voulès...  mai  terro  negreto 

Adus  toujour  bono  seisseto, 
^^*      E  sort  di  rasin  nègre  un  vin  que  fai  trepa. 

"*  Terro  negreto  Adus  toujour  bono  seisseto  (terre  noirâtre  ap- 
porte toujours  bon  froment),  variation  du  proverbe: 

Terro  negro  fai  bon  blad. 

Terro  ronjo,  carbouna, 

E  terro  blanco,  gama. 
(Terre    noir&tre    donne    bon   blé;    terre  rouge,    blé   carié;    et   terre 
blanche,  blé  gftté.) 

D'autres  variantes  se  trouvent  dans  Maass,  Allerlei  provenzalischer 
Volksglaube,  nach  F.  Mistrals  MirHo^  Berlin  1896,  p.  65.  —  L^auteur  aime 
beaucoup,  dans  notre  texte,  à  se  servir  de  proverbes,  soit  sous  leur 
forme  traditionnelle,  soit  sons  une  forme  plus  ou  moins  remaniée,  selon 
les  besoins  de  la  rime.  Voy.  I,  186;  II,  160,  217;  III,  354;  IV,  484; 
V,  74,  299,  329;  VI 149,  466,  etc.,  notes.  Au,  Chant  VII,  où  deux  vieux 
campagnards,  Mèste  Ramoun  et  Mèste  Ambroi,  se  disputent,  ces  pro- 
verbes ou  locations  proverbiales  sont  accumulés  avec  Tintention  de  faire 
parler  à  ces  personnages  comme  au  naturel:  c'est  Thabitude  des  gens 
du  peuple  de  justifier  leur  dire  par  des  proverbes  ou  des  sentences  con- 
nues. Ailleurs,  Mistral  insère  des  sentences  de  sa  propre  invention 
(voy.  II,  213;  V,  337;  VU.  341,  352,  3^,  etc.  notes)  et  leur  donne  une 
tournure  si  populaire  qu'elles  font  l'impression  d'être  empruntées  égale- 
ment an  riche  trésor  de  dictions  familiers  de  son  pays. 


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10  CANT  PROUMIÉ. 

19  De  quête  biais  fau  que  lou  vege 
E  se  prépare  e  se  gaubeje, 

^^      Eu  lou  sabié  de-founs;  noun  pas  que  sus  lou  fin 

Travaiejèsse  d'ourdinàri  : 

Mai  de  bauasto  pèr  ensàrri, 
'82  Tout  ço  qu'i  mas  es  necessàri, 

E  de  rous  terreiròu  e  de  bràvi  coufin; 

20  De  panié  de  cano  feududo, 

185  Qu'es  tout  d'eisino  lèu  vendudo, 

E  d'escoubo  de  mi,...  tout  acò,  'mai  bèn  mai. 
Eu  lou  façounavo  à  grand  dèstre, 
198  Bon  e  poulit,  de  man  de  mèstre... 

Mai,  de  Testoublo  e  dóu  campèstre, 
Lis  ome  èron  déjà  revengu  dóu  travai. 

1*1        21     Déjà  deforo,  à  la  fresquiero, 

Mirèio,  la  gèuto  masiero, 
Sus  la  taulo  de  pèiro  avié  mes  lou  bajan; 
i'**  E  dóu  platas  que  treviravo 

Chasque  ràfi  déjà  tîravo, 

A  plen  cuié  de  bonis,  li  favo... 
1*'      E  lou  vièi  e  soun  fiéu  trenavon.  —  «BènP  vejan! 

22    Yen  es  pas  soupa,  Mèste  ÁmbròsiP» 
Emé  soun  èr  un  pau  refiòsi 
i^      Digue  Mèste  Ramoun,  lou  majourau  dóu  mas. 
«An!  leissas  donne  la  canestello! 
Yesès  pas  naisse  lis  estelloP... 
158  Mirèio,  porge  uno  escudello. 

An!  à  la  taulo!  .dau!  que  devès  èstre  las.» 

1^*  Mirèio,  Mireille.  Mistral  a  pris  le  nom  de  son  héroïne  dans 
le  dicton  suÌTant  qui  avait  cours  à  Maillane  (yoy.  Intr.  p.  xxu  et  Ch.  XIT. 
33Ó  note)  an  commencement  du  siècle  et  devait  se  rapporter  à  quelque 
jeune  fille  célèbre  par  sa  beauté: 

Sèmblo  la  bello  Mirèio,  mis  amour. 

Mirèio  paraît  être  la  forme  provençale  de  Mirian,  nom  de  femme 
encore  usité  dans  les  familles  juives  de  la  Provence. 


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LOU  MAS  Dt  FALABREGO.  11 

23     «Anen!»  faguè  lou  panieraire. 
***  E  s'avancèron  à-n-un  caire 

De  la  taulo  de  pèiro,  e  coupèron  de  pan. 
Mirèio,  vitamen,  braveto, 
«9  Emé  l'òli  de  l'ouliveto 

lé  garniguè'n  plat  de  faveto; 
Venguè  pièi  en  courrènt  i'adurre  de  si  man. 

182        24    Dins  si  quinge  an  èro  Mirèio... 

Coustiero  bluio  de  Pont-Vièio, 
E  vous,  colo  Baussenoo,  e  vous,  piano  do  Crau, 
166  N'avès  pu  vist  de  tant  poulido! 

Lou  gai  soulèu  l'avié  'spelido; 

E  nouveleto,  afrescoulido, 
^•*      Sa  caro,  à  flour  de  gauto,  avié  dous  pichot  trau. 

25  E  soun  regard  èro  uno  eigagno 
Qu^esvalissié  toute  magagno... 

^^'      Dis  estello  mens  dous  es  lou  rai,  e  mens  pur; 

lé  negrejavo  de  trenello 

Que  tout-de-long  fasien  d^anello  ; 
1^^  E  sa  peitrino  redounello 

Éro  un  pessègue  double  e  panea  bèn  madur. 

26  E  fouligaudo,  e  belugueto, 
ï^''                E  sóuvagello  uno  brigueto!... 

Ah!  dins  un  vèire  d'aigo,  entre  vèire  aquéu  biais. 
Toute  à  la  fes  l'aurias  begudo! 
180  Quand  pièi  chascun,  à  l'abitudo, 

Aguè  parla  de  sa  batudo, 
(Coume  au  mas,  coume  au  tèms  de  moun  paire,  ai!  ai!  ai!) 


*••  Font'Vièio,  en  franc.  Font-Vieille,  est  un  village  situé  dans  une 
vallée  des  Alpilles  aux  environs  d'Arles.  A.  Daudet  y  a  passé  nne 
partie  de  son  enfance;  le  monlin  de  ses  célèbres  Lettrée  de  mon  moulin 
est  celai  de  ce  village. 

"•  Voy.  VII,  393  note. 


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12  CANT  PROUMIÉ. 

188        27     «BènP  Mèste  Âmbroi,  aquesto  bruno, 
Nous  n^en  can tarés  pas  quaucunoP» 
Diguèron:  «es  eîçò  lou  repas  que  se  dor!» 

^8^  «Chut!  mi  bons  ami...  Quau  se  trufo,» 

Respoundè  lou  vièi,  «Dieu  lou  bufo 
E  fai  Yira  coume  baudufo .... 

18»      Gantas  yautre,  jouvènt,  que  sias  jouine  emai  fort!» 

28  «Mèste  Âmbroi,»  diguèron  li  ràfi, 
«Noun,  noun,  parlan  pas  pèr  escàfi! 

'^      Mai  vès!  lou  vin  de  Crau  vai  tout-aro  escampa 
De  Yoste  got...  Dau!  touquen,  paire!» 
«Ah!  de  moun  tèms  ère  un  cantaire,» 
i»5  ^Iqj.  faguè  lou  panieraire; 

«Mai  aro,  que  youlèsP  li  mirau  soun  creba!» 

29  «Si!  Mèste  Ambroi,  acò  recrèio: 
i»8  Gantas  un  pau»,  ^iguè  Mirèio. 

«Belle  chatouno»,  Ambroi  venguè  donne  coume  acò, 
«Ma  voues  noun  a  plus  que  l'aresto; 
^^*  Mai  pèr  te  plaire  es  déjà  presto.»  . 

E  tout«d^un-tèms  coumencè  'questo, 
Après  agué  de  vin  cscoula  soun  plen  got: 

^^  I     «Lou  Baile  Sufrèn,  que  sus  mar  coumando, 

Au  port  de  Touloun  a  donna  signau... 
Partèn  de  Touloun  cinq  cent  Prouvençau. 


"•  Quau  se  trufo  .  .  Dieu  lou  hufo  e  fai  vira  coume  haudufo 
(Celai  qui  raille,  .  .  Dieu  souffle  et  le  fait  tourner  cosune  une  toupie). 
ProTerbe. 

*••  Li  mirau  soun  creba  (Les  miroirs  sont  crevés).  En  provenç&l 
on  appelle  mirau^  miroirs,  deux  petites  membranes  luisantes  et  sonores 
que  les  cigales  ont  sons  Tabdomen,  et  qui,  par  leur  frottement,  produisent 
le  brait  connu  sous  le  nom  de  chant.  On  dit  proverbialement  d'une 
personne  dont  la  voix  est  brisée  par  Tâge  :  A  li  mirau  creha,  elle  a  les 
miroirs  crevés. 

•^  Pierre  André  Sufrèn  (en  franc.  Sufren),  seigneur  de  Saint 
Tropez,  né  en  1729  à  Saint  Cannât  (Bouches  du  Rhône),  mort  &  Paris, 


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LOT)   HA8   DI  FALALREGO.  *  13 

^^  D'ensaca  l'Anglés  Tenvejo  èro  grando: 

Youlèn  plus  tourna  dins  nòstis  oustau 
Que  noun  de  l'Anglés  veguen  la  desbrando. 

2*^         II    Mai  lou  proumié  mes  que  navegavian, 
[N'avèn  yist  degun,  que  dius  lis  anteno 
Li  YÒu  de  gabian  voulant  pèr  centeno... 

2^^  Mai  lou  segound  mes  que  vanegavian, 

XJno  broufounié  nous  baie  proun  peno! 
E,  la  niue,  lou  jour,  dur  agoutavian. 

21«        m     Mai  lou  tresen  mes,  nous  prenguè  l'enràbi: 
Nous  bouié  lou  sang  de  degun  trouba 
Que  noste  canoun  pousquèsse  escouba. 

219  Mai  alor  Sufrèn:  «Pichoun,  à  la  gàbi!» 

Nous  fai;  e  subran  lou  gabié  courba 
Espincho  eilalin  vers  la  costo  aràbi... 

222        IV     «0  tron-de-bon-goi!»  cridè  lou  gabié, 

«Très  gros  bastimen  tout  dre  nous  arribo!» 
«Alerte,  pichoun!  li  canoun  en  ribo!» 

225  Cridè  quatecant  lou  grand  marinié. 

«Que  taston  d'abord  li  figo  d'Antibo! 
N'i'  en  pourgiren,  pièi,  d'un  autre  panié.» 

228         V    N'avié  panca  di,  se  vèi  qu'une  flamo: 
Quarante  boulet  van  coume  d'uiau 
Trauca  de  l'Anglés  li  veissèu  reiau... 


en  1788,  vice-amiral  et  marin  célèbre  qui  combattit  glorieusement  les 
Anglais,  provenait  d'une  famille  noble  originaire  de  Salon.  Il  était 
bailli  (haiU)  de  l'Ordre  de  Malte.  Sur  sa  vie  voy.  Trublet,  Essai 
historique  sur  la  vie  et  les  campagnes  du  bailli  S,  Paris  1824.  —  Sur 
la  versification  de  la  cbanson  de  Sufrèn  voy.  Introd.  p.  xxxvm.  Le 
rythme  a  été  créé  par  Fauteur. 

•••  Figo  d'Antiho,  figues  d'Antibes.  c'est-à-dire  boulets  de  canon.' 
La  métaphore  se  comprend  facilement  :  les  environs  de  la  petite  forteresse 
de  mer  d^Antibes  sont  aussi  fertiles  en  figues  que  les  batteries  de  cette 
place  forte  eu'èoulets. 


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14  CANT  PROUMIÉ. 

*'^i  Un  di  bastimen,  ié  resté  que  Tamo! 

Long-tèms  s'entend  plus  que  li  canoun  rau, 
Lou  bos  que  cracino  e  la  mar  que  bramo. 

234        Yi    Di  nemi  pamens  un  pas  tout-au-mai 

Nous  tèn  sépara:  que  bonur!  que  chale! 

Lou  Baile  Sufrèn,  intrépide  e  pale. 
2^^  E  que  sus  lou  pont  brandavo  jamai: 

«Pichot!»  crido  enfin,  «que  voste  fiò  cale! 

E  vougnen-lèi  dur  'mé  d'òli  de-z-Ai!> 

240       YQ    N'avié  panca  di,  mai  tout  l'équipage 
Lampo  is  alabardo,  i  visplo,  1  destrau, 
E,  grapin  en  man,  Tardit  Prouyençau, 

243  D'un  soulet  alen,  crido:  «A  l'arrambage  !> 

Sus  lou  bord  angles  sautan  dins  qu'un  saut, 
E  coumenço  alor  lou  grand  mourtalage! 

2*«      VIII     Oh!  quénti  bacèu!  oh!  que  chapladis! 

Que  crèbis  que  fan  l'aubre  que  s'esclapo, 
Souto  li  marin  lou  pont  que  s'aclapo! 

2^^  Mai  que  d'un  Angles  cabusso  e  péris; 

Mai  d'un  Prouvençau  à  l' Angles  s'arrapo, 
L'estren  dins  sis  arpo  e  s'aproufoundis.» 

252        30     «Semble,  parai?  qu'es  pas  de  crèire!» 

Aqui  se  coupé  lou  bon  rèire. 
«Es  pamens  arriba  tau  que  dins  la  cansoun. 
255  Certo,  poudèn  parla  sens  crento, 

léu  i'ére  que  teniéu  l'empento! 

Ha!  ha!  tambèn,  dins  ma  mémento, 
258      Quand  yisquèsse  milo  an,  milo  an  sara  rejoun!» 


•••  Aij  au  lieu  de  la  forme  plus  commune  Ais,  Aix  en  Provence, 
est  dû  au  besoin  de  la  rime.  Cf.  Gramm,  provenç.  §  22,  p.  45.  Aix  est  un 
centre  pour  l'exportation  de  Thuile  de  Provence.  Vougne  cPòli  de-z-Ai^ 
=  battre  (comme  plâtre)  est  en  correspondance  aux  figo  d'Antibo  du 
V.  226.  » 


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LOU   HAÔ   DI  FALALREGO.  15 

81     «Hoi!...  Bias  eata  d'aquéu  grand  chapleP 
Mai,  ooume  un  dai  souto  Tenchaple, 
*•'      Deguèron,  très  contro  un,  vous  escrapouchina!» 
«Quau?  ]Ì6  Angles?»  fai  en  coulèro 
Lou  vièi  marin  que  s'engimerro. . . 
264  Tourna-mai,  risoulet  coume  èro, 

Reprenguè  fieramen  soun  cant  entamena: 

DL     «Li  pèd  dins  lou  sang,  duré  'quelo  guerre 
*^^  Desempièi  dos  ouro  enjusqu^à  la  niue. 

Yerai,  quand  la  poudre  embournié  pu  Tlue, 
Mancavo  cent  orne  à  nosto  galèro; 
^®  Mai  très  bastimen  passèron  pèr  iue, 

Très  bèu  bastimen  dóu  rèi  d'Ânglo-Terro! 

X    Pièi  quand  s'envenian  au  pais  tant  dous, 
<73  Emé  cent  boulet  dîns  nòsti  murado, 

Emé  verge  en  très,  vélo  espeiandrado, 
Tout  en  galejant,  lou  Baile  amistous: 
^^  «Boutas»,  nous  digue,  «boutas,  cambarado! 

Au  rèi  de  Paris  parlarai  de  vous.» 

XI     «0  noste  amirau,  ta  paraulo  es  franco», 
'*•  l'avèn  respoundu,  «lou  rèi  t'ausira  . . . 

Mai,  pàuri  marin,  dequé  nous  fara? 

Avèn  tout  quita,  Toustau,  la  calanco, 
*^  Pèr  courre  à  sa  guerre  e  pèr  Tapara, 

E  veses  pamens  que  lou  pan  nous  manco! 

XII    Mai  se  vas  amount,  ensouvène-te, 
2^  Quand  se  clinaran  sus  toun  bèu  passage, 

Que  res  t'amo  autant  que  toun  équipage. 

Car,  0  bon  Sufrèn,  s'avian  lou  poudé, 
**®  Davans  que  tourna  dins  nòsti  vilage. 

Te  pourtarian  rèi  sus  lou  bout  dóu  det'! 


"•  Paurta  sus  lou  bout  dôu  det,  porter  sur  la  main,  aimer  ten- 
drement, vénérer. 


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16  CAKT  PROUMIÉ. 


291 


294 


XIII    Es  un  Martegau  qu'à  la  vesperado 
À  fa  la  cansouD,  eu  calant  si  tís . . . 
Lou  Baile  Sufrèn  parte  pèr  Paris; 
E  dien  que  li  gros  d'aquelo  encountrado 
Fuguèron  jalous  de  sa  renoumado, 
E  si  vièi  marin  jamai  l'an  pu  vist!» 


32     A  tèms  lou  vièi  dis  amarino 
^^'^  Àcabè  sa  cansoun  marine, 

Que  sa  voues  dins  li  plour  anavo  s'ennega. 
Mai  pèr  li  ràfi  noun  pas  certo, 
300  fjar  sens  muta,  la  tèsto  alerto, 

E'mé  li  bouco  entre-duberto, 
Ijong-tèms  après  lou  cant  escoutavon  enca. 

303       33     «E  vaqui,  quand  Marto  fielavo, 

Li  cansoun»,  dis,  «que  se  cantavo! 
Èron  belle,  o  jouvènt,  e  tiravon  de  long . . . 

^^^  L'èr  s'es  fa'n  pau  vîèi,  mai  que  provo? 

Aro  n'en  canton  de  pu  novo, 
En  franchimand,  ounte  s'atrovo 

309      De  mot  forço  pu  fin  . . .  mai  quau  i'entènd  quicon  ?> 

*•**  Martegau,  habitant  du  Martigae,  petite  ville  de  5918 
habitants,  à  la  jonction  des  étangs  de  Berre  et  de  Caronte.  Cette  cité 
curieuse,  presque  entièrement  peuplée  de  pêcheurs,  est  bâtie  sur  des  îlots, 
au  milieu  de  la  mer  et  d'étangs,  et  sillonnée  de  canaux  en  guise  de 
rues  ce  qui  lui  a  valu  le  surnom  de  Venise  provençale.  EUe  a  donné 
le  jour  à  Gérard  Tenque,  fondateur  des  Hospitaliers  de  Saint-Jean-de- 
Jérusalem.  —  Le  Martégal,  auteur  de  la  chanson  intercalée,  est  ima- 
ginaire; la  chanson  est  de  l'invention  de  M.  Mistral  qui  en  a  tiré  le 
fond  de  l'histoire  et  de  la  légende  de  Suffren. 

*°*  Quand  Mario  fielavo,  locution  proverbiale  qui  fait  concurrence 
au  dicton  plus  ancien  :  dôu  tèms  que  Berio  fielavo,  dans  un  temps  plus 
heureux,-  dans  le  bon  vieux  temps.  En  Provence,  la  Berthe  de  ce  dicton, 
qui  est  à  l'origine  la  déesse  Perahta  de  la  mythologie  germanique,  a 
quelquefois  dû  céder  le  pas  à  Marthe,  sans  doute  à  cause  de  la  popu- 
larité de  Sainte  Marthe  dans  ce  pays.  Selon  la  légende,  Marthe,  l'hô- 
tesse du  Christ,  après  avoir  délivré  Tarascon  du  monstre  qui  ravageait 
son  territoire  (voy.  XI,  375  note),  termina  ses  jours  dans  cette  contrée, 
habitant  une  maisonnette  aux  bords  du  Ehône,  et  filant  modestement 
sa  quenouille  au  milieu  de  ses  néophytes. 


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LOU  MAS  DI  FALABBEGO.  17 

34  E  dóu  YÌèì  su'quelo  paraulo, 
Li  bouié,  s'aussant  de  la  taulo, 

^^^      Èron  ana  mena  si  sièis  couble  au  raiòu 

De  la  bello  aigo  couladisso; 

E  août  la  triho  penjadisso, 
^'^  En  zounzounant  la  cantadisso 

DÓU  vîèi  Valabregan,  abéuravon  li  miòu. 

35  Mai  Hirèio,  touto  souleto, 
^^®               Ero  restado,  risouleto, 

Restado  emé  Yincèn,  lou  fiéu  de  Mèste  Arabroi; 

E  tóuti  dous  ensèn  parlavon, 
5*1  .  E  si  dos  tèsto  pendoulavon 

XJno  vers  l'autro,  que  semblavon 
Dos  cabridello  en  flour  que  clino  un  vent  galoi. 

824        36     cAh!  ço!  Vincèn»,  fasié  Mirèio, 

«Quand  sus  Tesquino  as  ta  bourrèio 
E  que  t'envas  pèr  orto  adoubant  li  panié, 

^*'  N'en  dèves  vèire,  dins  ti  viage, 

De  castelas,  de  liò  sóuvage, 
D^endré,  de  vot,  de  roumavage  ! . . . 

^^      Nautre,  sourtèn  jamai  de  noste  pijounié!» 

87     «Acò  's  bèn  di,  madamisello! 
De  l'enterigo  di  grounsello 
®8      Tant  vous  iQvas  la  set  que- de  béure  au  boucau, 
E  se,  pèr  acampa  Tóubrage, 
DÓU  tèms  fau  eissuga  l'outrage, 
38«  Tambèn  a  soun  plesi,  lou  viage, 

E  l'oumbro  dóu  caniin  fai  óublida  la  caud. 

38     Coume  tout-aro,  tre  qu'estivo, 
38^  Tant  lèu  que  lis  aubre  d'óulivo 

Se  saran  tout-de-long  enrasina  de  flour, 
Dins  li  plantado  emblanquesido 
**2  E  sus  li  frais,  à  la  sentido, 

Anan  cassa  la  cantarido, 
Quand  verdejo  e  lusis  au  gros  de  la  calour. 


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18  GANT  PROUMIÉ. 

845        39     pièi  nous  H  croumpon  i  boutigo . . . 

Quouro  cuièn,  dins  H  garrigo, 
Lou  vermé  rouge;  quouro,  i  clar,  anan  pesca 
8*8  De  tiro-sang.   La  bravo  pesco! 

Pas  besoun  de  fielat  ni  d'esco: 

l'a  que  de  batre  l'aigo  fresco, 
8^^      L'iruge  à  vòsti  cainbo  arribo  s'empega. 

40    Mai  sias  jamai  estado  i  Santo?... 
Es  aqui,  pauro!  que  se  canto, 
^^      Aqui  que  de  pertout  s'adus  li  malandrous! 
lé  passerian  qu'èro  la  voto . . . 
Certo,  la  glèiso  èro  pichoto, 
8*^  Mai  quénti  crid!  e  quant  d'esvoto! 

«<0  Santo,  grandi  Santo,  agués  pieta  de  nous!»» 


848^151  TirO'Sang,  iruge  (sangsue).  Les  sangsues  Tiennent  en 
général  pour  la  Provence  du  centre  des  canaux  et  roubines  situés  entre 
Arles  et  Tarascon.  Des  hommes  du  peuple  entrenc  dans  Teau,  et  les 
sangsues  s'attachent  aussitôt  à  leurs  jambes  nues.  EUes  se  détachent  à 
mesure,  et  les  pêcheurs  les  placent  alors  dans  des  flacons  remplis  d'eau 
pour  les  vendre  aux  pharmacies. 

»»•  Li  Santo  (Les  Saintes-Maries-de-la-Mer),  petite  vilie  de  1446 
habitants,  située  dans  l'île  de  Camargue,  au  bord  de  la  mer,  entre  les 
embouchures  du  Rhône.  Une  vénérable  et  poétique  tradition  y  attire, 
le  25  mai  de  chaque  année,  de  tous  les  points  de  la  Provence  et  du 
Bas-Languedoc,  une  afflùence  innombrable  de  pèlerins.  La  légende  rap- 
porte qu'après  la  mort  du  Christ,  les  Juifs  contraignirent  quelques-uns 
de  ses  plus  fervents  disciples  à  monter  sur  un  navire  désemparé,  et  les 
livrèrent  à  la  merci  des  flots.  Conduite  par  la  Providence,  la  barque 
vint  aborder  en  Provence,  à  l'extrémité  de  l'île  de  Camargue.  Les 
pauvres  bannis,  miraculeusement  échappés  aux  périls  de  la  mer,  se  dis- 
persèrent dans  la  Gaule  méridionale  et  en  furent  les  premiers  apôtres. 
Marie-Magdeleine,  l'une  des  trois  Maries,  se  retira  dans  le  désert  de  la 
Sainte-Baume,  pour  y  pleurer  ses  péchés.  Les  deux  autres,  Marie-Jacobé, 
mère  de  saint  Jacques  le  Mineur,  et  Marie-Salomé,  mère  de  saint  Jacques 
le  Majeur  et  de  saint  Jean  TÉvangéliste,  accompagnées  de  leur  servante 
Sara,  après  avoir  converti  à  la  foi  nouvelle  quelques-unes  des  peuplades 
voisines,  revinrent  mourir  au  lieu  de  leur  débarquement.  (Voy.  le  Chant 
XL).    M.  B.  Laurens,  qui  a  raconté  et  dessiné  dans  le  journal  VIllus- 


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LOU   MAS   DI   FALABREQO.  19 

41     Es  Tan  d'aquéu  tant  grand  miracle  . . . 
^^  Moun  Dieu!  moun  Dieu!  quet  espetaole! 

Un  enfant  èro  au  sou,  plourant,  malautounet, 
Poulit  coume  Sant  Jan^Batisto; 
*®*  E  d'une  voues  pietouso  e  tristo: 

*<0  Santo,  rendès-me  la  visto>», 
Fasié,  <«Y0us  adurrai  moun  agneloun  banet.»» 

^^       42     A  soun  entour  li  plour  coulavon. 
DÓU  tèms,  li  eaisso  davalavon, 
Plan-plan»  d'eilamoundaut,  sus  lou  pople  agrouva; 

3^^  E  pas-pulèu  la  tourtouiero 

Moulavo  un  pau,  la  glèiso  entiero, 
Coume  un  gros  vent  dins  li  broutiero, 

372      Cridavo:  «<Gràndi  Santo,  oh!  venès  nous  sauva!»» 


iration  (t.  XX,  p.  7),  le  pèlerinage  des  Saintes  Maries,  ajoute:  «Od  dit 
qa'on  prince  dont  le  nom  n'est  pas  désigné,  sachant  que  les  corps  des 
Saintes  Maries  reposaient  en  cet  endroit,  y  ât  bâtir  une  église  en  forme 
de  citadelle,  pour  la  mettre  à  couvert  de  Tinvasion  des  pirates.  Il  fit 
bâtir  également  à  Teutour  de  Féglise  des  maisous  et  des  remparts  pour 
mettre  les  habitants  du  pays  en  sûreté.  Les  constructions  que  Ton  voit 
encore  aujourd'hui  (et  qui  datent  du  douzième  siècle),  répondent  parfai- 
tement à  cette  dernière  tradition.  En  1448,  après  avoir  entendu  un 
sermon  sur  le  bonheur  qu'avait  la  Provence  de  posséder  les  dépouilles 
des  Saintes  Maries,  le  roi  Bené  alla  visiter  Téglise  bâtie  en  leur  honneur, 
fit  faire  des  fouilles  pour  trouver  les  saints  ossements,  et  le  succès  de 
son  entreprise  fut  constaté  par  Todeur  merveilleuse  qui  s'exhala  au  mo- 
ment où  chaque  corps  fut  mis  à  découvert.  Il  est  iuutile  de  dire  tous 
les  honneurs  qu'on  rendit  à  ces  reliques  et  tout  le  soin  qu'on  en  prit.» 
Comp.  P.  Mariéton,  La  Terre  provençale^  Paris  1894,  p.  205  ss. 

••*  Agneloun  banet,  agnelet  cornu.  Cf.  Odyssée  IV,  85  s.  Ces 
agneaux  cornus  se  trouvent  aussi  en  Provence. 

"''  Li  eaisso  davalavon  (Les  châsses  descendaient).  «Le  chœur  de 
réglise  présente  cette  particularité  d'être  formé  de  trois  étages:  une 
crypte,  qui  est  désignée  comme  étant  la  place  même  de  l'antique  ora- 
toire des  Saintes,  un  sanctuaire  exhaussé  plus  qu'à  l'ordinaire,  et  une 
chapelle  supérieure,  où  sont  exposées  les  châsses  des  reliques.  (Cf.  XII, 
57  88.) . . .  Cependant  d'innombrables  cierges  tenus  par  les  assistants  s'al- 
lument, et  le  cabestan  dont  la  chaîne  retenait  la  châsse  des  reliques 
se  déroulant,   cette  châsse  descend  lentement  de  la  chapelle  supérieure 

2* 


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20  CANT  PROUMIÉ. 

43  Mai,  dîna  li  bras  de  sa  meirino, 
De  si  manoto  mistoulino 

^"^^      Tre  que  l'enfantounet  pousquè  touca  lis  os 

Di  très  Mario  benurouso, 

S'arrapo  i  caisso  miraclouso 
3*^8  Emé  l'arpiado  vigourouso 

DÓU  negadis  en  quau  la  mar  jito  uno  post! 

44  Mai  pas-pulèu  sa  man  aganto 
^^  Em'afecioun  lis  os  di  Santo, 

(Lou  veguère!)  subran  cridè  l'enfantounet 

Emé'no  fe  meravihouso: 
S84  ««Vese  li  caisso  miraclouso! 

Vese  ma  grand  toute  plourouso! 
Ànen  querre,  lèu,  lèu,  moun  agneloun  banet!»» 

3®'        45    E  vous  tambèn,  madamisello, 

Dieu  vous  mantèngue  urouso  e  belle! 
Mais  s'un  chin,  un  lesert,  un  loup,  o'n  serpatas, 

^^  O  toute  autre  bèsti  courrènto. 

Vous  fai  senti  sa  dent  pougnènto, 
Se  lou  malur  vous  despoutènto, 

8*5      Courrès,  courrès  i  Santo!  aurés  lèu  de  soûlas.» 

46     Ànsin  fusavo  la  vihado. 
La  carreto  desatalado 
3^      Emé  si  grandi  rodo  oumbrejavo  pas  liun; 
Tèms-en-tèms  dins  li  palunaio 
S'entendié  dinda  'no  sounaio  . . . 
^®^  E  la  machoto  que  pantaio 

Au  cant  di  roussignòu  apoundié  soun  plagnun. 

dans  le  chœur.  C'est  le  moment  favorable  aux  miracles.  Aussi  on  con- 
cours immense  de  supplications  s'élève  de  tons  côtés:  Saintes  Maries, 
g^Urissez  mon  enfant!  tel  est  le  cri  pénétrant  qui  vient  arracher  des 
larmes  au  cœur  le  plus  froid.  Tout  le  monde  attend,  en  chantant  des 
cantiques,  le  moment  où  il  pourra  faire  asseoir  sur  la  châsse  un  pauvre 
aveugle  ou  un  épileptique,  et  quand  il  y  est  parvenu,  tout  le  monde  se 
croit  exaucé.»    (B.  Laurens,  l.  c.) 


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LOU   M  AS  DI  FALABREGO.  21 

47     «Mai,  dins  lis  aubre  e  dins  li  lono 
^^  D'abord  qu'aniue  la  luno  dono, 

Voulès»,  dis,  <que  vous  conte  uno  fes  qu'en  courront 
D'en-tant-lèu  gagnave  li  joioP» 
^*  La  chatouneto  digue:  «Soio!> 

E  mai  qu'urouso,  la  ninoio 
En  tenènt  soun  alen  s'aprouchè  de  Vincèn. 

*os        48     «Èro  à  Nîmes,  sus  l'Esplanado, 

Qu'aquéli  courso  èron  dounado, 
A  Nimes,  o  Mirèio  ! . . .  Un  pople  amoulouna 
***  E  mai  espés  que  peu  de  tèsto, 

Èro  aqui,  pèr  vèire  la  fèsto. 

En  peu,  descaus  e  sènso  vèsto, 
^*"      Proun  courrèire  au  mitan  déjà  venien  d'ana. 

49  Tout-en-un-cop  van  entre-vèire 
Lagalanto,  rèi  di  courrèire, 

^*"      Lagalanto,  aquéu  fort  que  soun  noum  de  segur 

Es  couneigu  de  vosto  auriho, 

Aquéu  célèbre  de  Marsiho, 
^^^  Que  de  Prouvènço  e  d'Italio 

Avié  desalena  lis  ome  li  pu  dur. 

50  T'avié  de  cambo,  avié  de  cueisso 
^^^  Coume  lou  Senescau  Jan  Cueisso! 

De  làrgi  plat  d'estan  avié'n  plen  estagnié 
Mounte  si  courso  èron  escricho; 


*^  Les  courses  à  pied  sont  tonjonrs  usitées,  en  Provence, 
dans  les  fêtes  des  villages.  Il  y  en  a  pour  les  hommes  faits,  pour  les 
adolescents,  pour  les  vieillards  et  quelquefois  même,  comme  dans  des 
villes  de  l'Allemagne  du  Midi,  pour  les  jeunes  femmes  avec  un  broc 
plein  d'eau  sur  la  tête. 

^'^  Lagalanto  ainsi  que  lou  Cri  (v.  431  ss.)  sont  des  coureurs 
qui  furent  populaires  sous  la  Eestauration  de  1815—30.  L.  doit  son 
nom  à  un  hameau,  du  côté  d'Aix,  d'où  il  était  originaire. 

^"  Jan  Cueisso  (Jean  de  Cessa),  seigneur  napolitain,  qui  avait 
suivi  le  roi  Eenê,    grand  sénéchal  de  Provence,   mort  en  1476.    Jan 


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22  GÁST  PBoumÉ. 

^^^  E  tant  n'avié,  de  cherpo  richo, 

Qu'aurìas  jura  qu'à  si  trafícho, 
Mírèio,  Tarc-de-sedo  espaudi  se  tenié! 

^^®        51     Mai  tout-d'un-tèms,  beissant  la  tèsto, 

Lis  autre  cargon  mai  si  vèsto. . . 
Res  emé  Lagalanto  auso  courre.    Lou  Cri, 
*^*  Un  jouveinet  de  primo  traco, 

(Mai  qu'avié  pas  la  cambo  flaco!) 

Ero  yengu  mena  de  yaco 
455      ^  Nimes,  aquéu  jour:  soul,  ausè  Tagarri. 

52  léu  que  d'asard  me  i'atrouvère: 
««Eh!  noum-d'un-gàrri!»»  m'escridère, 

*88      <<Sian  courrèire  peréu!...  Mai  qu'ai  di,  fouligaud! 

Tout  acò  vèn:  ««Dau!  te  fau  courre  !>> 

E  jujas  vèire:  sus  li  mourra, 
^*^  E  pèr  temouin  rèn  que  H  roure, 

N'aviéu  just  courregu  qu'après  li  perdigau! 

53  Fauguè  i'ana!  Ta  Lagalanto, 

*^*  Qu'entre  me  vèire  ansin  m'aplanto: 

«<Pos,  moun  paure  pichot,  liga  ti  courrejoun!»» 
E'nterin,  de  si  cueLsso  redo 
*^^  Eu  estremavo  la  mouledo 

En  de  braieto  facho  en  sedo, 
Que  dès  cascavèu  d'or  à  l'en  tour  i'èron  joun. 

Cîieisso  est  très  populaire  à  Tarascon  (toj.  IX,  244  note),  où  le  peuple 
lui  attribue  la  constniction  dn  clocher  de  Sainte-Marthe  (voy.  I,  303; 
XI,  375  notes).  Il  est  enterré  dans  la  crypte  de  cette  église,  et  sa 
statne  conchèe  surmonte  son  tombeau. 

*•'  Lou  Crij  sobriquet  emprunté  au  levier  appelé  cri  (fr.  eríc\ 
qu'on  donne  quelquefois  &  des  hommes  remarquables  par  leur  force 
musculaire. 

**•  Cf.  V.  507  ss.  Les  braieto  (petite  culotte,  comme  les  portent 
les  lutteurs,  les  sauteurs  et  les  coureurs)  sont  un  objet  qu'on  offre  or- 
dinairement en  prix  dans  les  exercices  gymniques  de  Provence.  Les 
coureurs,  qui  aiment  à  ajouter  à  leurs  braieto  plusieurs  rangées  de 
grelots,  en  font  hommage  à  celui  qui  parvient  &  les  vaincre. 


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LOU  HáS  m  FALABRBGO.  23 

450        54    pèr  que  l'alen  se  ié  repause, 

Prenèn  i  bouco  un  brout  de  sause; 
Tóuti,  coume  d'ami,  nous  toucan  lèu  la  man. 

^^  Trefouli  de  la  petelego, 

Emé  lou  sang  que  nous  boulego, 
Tóutì  très,  lou  pèd  sus  la  rego, 

^^      Esperan  lou  signau ...  Es  donna  !  Coume  un  lamp 

55  Tóuti  très  avalan  la  piano! 

Tè  tu!  tè  iéu!  E  dins  Tandano 
*^^      Un  revoulun  de  pousse  embarro  nòsti  saut! 

E  rèr  nous  porto,  e  lou  peu  tubo. .. 

Oh!  qu'afecioun!  oh!  queto  estubo! 
^^  Long-tèms,  dóu  vanc  que  nous  atubo, 

Creseguèron  qu'en  front  empourtarian  l'assaut! 

56  Iéu  à  la  fin  prene  l'avanço. 
465  jjai  fugue  bèn  ma  maluranço! 

Car,  en  estent  que  iéu,  coume  un  fier  fouletoun, 

A  la  perdudo  m'abrivaye, 
468  Tout-en-un-cop,  meurent  e  blave, 

Au  bèu  moumen  que  li  passave, 
Darboune,  court  d'alen,  e  de  mourre-bourdoun  ! 

^^^        57     Mai  éli  dous,  coume  quand  danson 

A-z-Ais  li  Chivau-frus,  se  lançon, 
Régla,  toujour  régla.    Lou  famous  Marsihés 
^''^  Cresié  segur  de  l'avé  bello!... 

S'es  di  qu'avié  ges  de  ratello: 

Lou  Marsihés,  madamisello, 
'*■'''      Pamens  trouvé  soun  orne  en  lou  Cri  de  Mouriés! 


*'•  Li  Chivau'frus  (Les  chevaux  fmx),  chevaux  de  carton  peint, 
en  usage  dans  les  réjouissances  puhliques.  En  Provence,  particulière- 
ment à  Aix,  lors  de  la  Fête-Dieu,  les  cavaliers  les  ajustent  &  leur 
ceinture  et  parcourent  les  rues  en  dausant  au  son  du  tamhourin  (voy. 
m,  28  note).    Comp.  Mistral,  Calendal,  Paris  1887,  p.  385  et  note. 

*"  Mouriés,  village  au  midi  des  Alpilles,  dans  la  Crau. 


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24  CANT  PBOUMIÉ. 

58  Dintre  lou  pople  que  i'afloco, 
Déjà  brulavon  de  la  toco. .. 

*^      Ma  belle,  aguessias  vist  landa  lou  Cri  ! . . .  Vès-lou  ! 

Ni  pèr  li  mount  ni  pèr  li  servi, 

l'a  ges  de  lèbre,  ges  de  cèrvi 
^^  Qu'agon  au  courre  tant  de  nèrvi! 

Lagalanto  s'alongo  en  ourlant  comme  un  loup... 

59  E  lou  Cri,  couronna  de  gloio, 
^^  Embrasse  la  barro  di  joio! 

Tóutí  li  Nimesen,  en  se  precepitant, 
Volon  counèisse  sa  patrie; 
*®®  Lou  plat  d'estan  au  soulèu  briho, 

Li  palet  dindon,  is  auriho 
Canto  l'auboi...  Lou  Cri  reçaup  lou  plat  d'estan.» 

**«        60     *E  Lagalanto?»  fè  Mirèio. 
«Agroumeli,  dins  la  tubèio 
Que  lou  trepé  dóu  pople  aubouravo  à  l'entour, 

**^  Tenié  sarra  de  si  man  jouncho 

Si  dous  geinoun;  e  Tamo  pouncho 
De  l'escorno  que  tant  lou  councho, 

*^8      I  degout  de  soun  front  eu  mesclavo  de  plour. 

61  Lou  Cri  Tabordo  e  lou  saludo: 
««Souto  Tautin  d'une  begudo, 

^^      Fraire»»,  digue  lou  Cri,  ««'mé  iéu  vène-t-en  lèu! 

Vuei  lou  plesi,  deman  la  reno! 

Vène,  que  beguen  lis  estreno! 
^^  Alin,  darrié  li  grands  Areno, 

Pèr  tu,  courae  pèr  iéu,  vai,  i'a'nca  proun  soulèu !>» 

62  Mai,  aubourant  sa  caro  blavo, 
^^               E  de  sa  car  que  trampelavo 

Arrancant  si  braieto  eraé  d'esquerlo  d'or: 
««D'abord  que  iéu  l'âge  m'esbréuno, 

*'•  Brulavofi  de  la  toco  (ils  brûlaient  du  but),  pour  dire:  Ils  tou- 
cbaient  presque  le  but. 


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LOU   MAB   DI  FALABREGO.  25 

**®  Tè!»»  ié  respoundeguè,  ««soun  tiéuno! 

Tu,  Cri,  la  jouinesso  t'assiéuno: 
Em'ouDour  pos  pourta  li  braio  dóu  pu  fort.»> 

^^*        63    Acò-d'aqui  fugue  sa  dicho. 

E  dius  la  prèsso  que  s'esquicho. 
Triste  coume  un  long  frais  que  l'an  descapela, 
^^®  Despareiguè  lou  grand  courrèire. 

Ni  pèr  Sant  Jan  ni  pèr  Sant  Pèire, 

En-liò  jamai  s'es  plus  fa  yèire 
**®      Pèr  courre  vo  sauta  sus  l'ouire  boudenfla.» 

64  Davans  lou  Mas  di  Palabrego, 
Ânsin  Yincèn  fasié  desplego 

^22      Di  cause  que  sabié.     Li  rouito  ié  venien, 

E  soun  iue  nègre  flamejavo. 

Ço  que  disié,  lou  brassejavo, 
^*'"*  E  la  paraulo  i'aboundavo 

Coume  un  ruscle  subît  su  'n  reviéui'e  maien. 

65  Li  grihet,  cantant  dins  li  mouto, 
^^  Mai  d'un  cop  faguèron  escouto; 

Souvent  li  roussignòu,  souvent  l'aucèu  de  niue 

Dins  lou  bos  faguèron  calamo; 
^^^  E  pretoucado  au  founs  de  l'amo, 

Elo,  assetado  sus  la  ramo, 
Enjusquo  à  la  primo  aubo  aurié  pas  plega  l'iue. 

^*       66     «léu  m'es  d'avis,»  fasi'  à  sa  maire, 
«Que,  pèr  l'enfant  d'un  panieraire, 
Parle  rudamen  bèn!...  0  maire,  es  un  plesi 

^^  De  soumiha,  l'ivèr;  mai  aro 

Pèr  soumiha  la  niue  's  trop  claro; 
Escouten,  escouten-l'encaro. . . 

*^      Passariéu  mi  vihado  e  ma  vido  à  l'ausi!» 


*''  Sauta  8U8  Vouire  boudenfla  (santer  sur  Tontre  enflée),  jeu  usité 
dans  les  fêtes  de  Provence  et  qui  consiste  à  faire  trois  sauts  consé- 
cutifs sur  une  outre  enflée  et  à  frapper  trois  fois  des  mains  sans  tomber 
à  terre. 


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CANT  SEGOUND 

LA  CULIDO 

Hirèio  oaei  de  A10ÌO  d'Amonrié  pèr  •!  Buigaaii.  —  D'atard,  Ylaoèa  loa  paaleralre  paMO  aa 
oarrefrovn  Teain.  '-  La  ohato  Ion  sodo.  —  Lon  drôle  coar,  e  pèr  Pijadaf  moanto 
eat'elo  eiu  Paubre.  ~  CliarradÌMO  dl  dons  enfant.  —  Vlncèa  fU  la  oonnparesonn  de 
la  eorre  Yineeneto  emé  11 irèio.  —  Lon  nia  de  pimparrln.  —  La  braneo  ronto  ;  Mlrèio 
emé  Ylncèn  tonmbon  de  l'anbre.  —  L*amonrov80  ohatoono  se  deolaro.  —  Lon  drôle 
apasalonna  detbonndo.  ~  La  Cabro  d'or,  la  flgnlero  de  Yan-Clnso.  —  MIrèto  ea  sonnado 
pèr  ea  maire.  —  Esoanièetre  e  separacionn  di  oaliynaire. 

1  Cantas,  caDtas,  magDanarelIo, 
Que  la  culido  es  cantarello! 

^       Galant  soun  li  magnan  e  s'endormon  di  très: 

Lis  amourié  soun  plen  de  fiho 

Que  lou  bèu  tèms  escarrabiho, 
^  Coume  un  vòu  de  blóundis  abiho 

Que  rauboa  sa  melico  i  roumanin  dóu  grès. 

2  En  desfuiant  vosti  verguello, 
^                 Gantas,  cantas,  magnanarello  ! 

Mirèio  es  à  la  fueio,  un  bèu  matin  de  Mai. 
Aquéu  matin,  pèr  pendeloto, 
^^  A  sis  auriho,  la  faroto  ! 

Avié  penja  dos  agrioto 

Vincèn,  aquéu  matin,  passé  'qui  tourna-mai. 

•  Les  vers  à  soie  (ntagnan)  vivent  à  l'état  de  larve  trente-quatre  jours 
environ,  et  dans  cet  intervalle  changent  quatre  fois  de  peau.  A  rapproche 
de  chaque  mue,  ils  s'engourdissent  et  cessent  de  manger,  dormoH.  On 
dit  dourmi  de  la  p7-outnierOj  di  dos^  di  très,  di  quatre,  ce  qui  signifie 
littéralement  dormir  de  la  première  (mue),  des  deux  (mues),  des  trois 
(mues),  etc.  Les  vers  à  soie  se  nourrissent  des  feuiUes  du  mûrier 
(amourié)  blanc,  qui  porte  des  mûres  blanches.  La  cueillette  (culido)  a 
lieu  au  printemps  (voy.  v.  10). 


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GAKT  SEGOUND.      LA   GULIDO.  2T 

^^  3    A  sa  barreto  escarlatino, 

Coume  an  li  gènt  di  mar  latino, 
Avié  poulidamen  uno  plumo  de  gau, 
^®  E'n  trepejant  dins  li  draiolo 

Pasié  fugi  li  serp  courriolo, 

E  di  dindànti  clapeirolo 
^^       Emé  soun  bastounet  bandissié  li  frejau. 

4  «O  Vincèn»,  ié  faguè  Mirèio 
D'entre-mitan  li  verdi  lèio, 

2^        «Passes  bèn  vite,  que!»  —  Vincenet  tout-d'un-tèms  i 

Se  revirè  vers  la  plantado,  j 

E,  sus  un  amourié  quihado 

^  Coume  une  gaio  couquihado, 

Destousquè  la  chatouno,  e  ié  lande,  countènt. 

5  «Bèn?  Mirèio,  vèn  bèn  la  fueioP» 

^  «He!  pau  à  pau  tout  se  despueio. ..» 

«Voulès  que  vous  ajude?>  «O  !»  Dóu  tèms  qu'eilamount 
Elo  risié  jitant  de  siéule, 
^  Vincèn,  picant  dou  pèd  lou  tréule, 

Escale  Taubre  coume  un  gréule. 
«Mirèio,  n'a  que  vous  lou  vièi  Mèste  Ramoun: 

8^  6     Pasès  li  baisso!  aurai  li  cimo, 

léu,  boutas!»  E'mé  sa  man  primo, 
Elo  en  móusènt  la  ramo:  «Engardo  de  langui 
3^  De  travaia  'n  pau  en  coumpagno! 

Souleto,  vous  vèn  uno  cagno!» 

Dis.     «léu  peréu  ço  que  m'enlagno», 
**        Respoundeguè  lou  drôle,  «es  just  acò-d'aqui.  ! 

7     Quand  sian  eiça  dins  nosto  bòri, 
Mounte  n'ausèn  que  lou  tafòri 
'•^        D6u  Rose  tourmentau  que  manjo  lis  auvas, 
Oh  !  de  fes,  quéti  languitudo  ! 
Pas  tant  Testiéu,  que,  d'abitudo, 
*®  Pasèn  nòstis  escourregudo, 

L'estiéu,  emé  moun  pai,  d'un  mas  à  l'autre  mas. 


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28  CAIÍT  8BG0UND. 


51 


8    Mai  quand  lou  verbouisset  vèn  rouge, 
Que  li  jour  se  fan  ivemouge, 
E  longo  li  vihado;  autour  dóu  recaliéu, 
Entanterin  qu'à  la  cadaulo 
^  Quauque  esperitoun  siblo  o  miaulo, 

Sènso  lume  e  sens  grand  paraulo 
Fau  espéra  la  som,  tout  soulet  iéu  em'éu!..,» 

^^  9    La  chato  ié  fai  à  la  lèsto: 

«Mai  donne  ta  maire,  mounte  rèsto?» 
«Es  morto!...»  Lou  drouloun  se  teisè  'n  moumenet, 

^  Pièi  reprenguè:  «Quand  Vinceneto 

Èro  emé  nautre,  e  que,  jouineto, 
Gardavo  enca  la  cabaneto, 

^       Alor  èro  un  plesi!»   «Mai  coume?  Vincenet, 

10  As  uno  sorreP>   «E  la  jouvènto, 
Braveto  qu'es  e  bèn-fasènto>, 

®®       Digue  lou  verganié;...  «trop!  qu'à  la  Pont-d6u-Rèi, 
Alin  en  terro  de  Bèu- Caire, 
Ero  anado  après  li  segaire: 
"•*  Tant  i'  agradè  soun  galant  faire 

Que  pèr  tanto  Tan  presse,  e  tanto  i'  es  dempièi.> 

11  «lé  dounes  d'èr,  à  ta  sourretoP» 

■^2  «QuauP  iéu?  pas  mai!  Elo  èi  saureto, 

E  iéu  siéu,  lou  vesès,  brun  coume  un  courcoussoun... 
Mai  pulèu,  sabès  quau  revertoP 
■^^  Vous!  Vòsti  tèsto  disaverto, 

Coume  li  fueio  de  la  nerto 
Vòsti  peu  aboundous,  dirias  que  soun  bessoun. 

"^®         12     Mai  pèr  sarra  la  claro  telo 

De  vosto  couifo,  bèn  miés  quelo 
Mirèio,  avès  lou  iiéul...  N'es  pas  laido,  tambèn, 

•«  La  Foni-dóu'Rèi,  la  Fontaine  du  Roi,  endroit  près  Beau- 
caire,  où  Ton  prétend  que  saint  Louis  se  désaltéra  avec  toute  sa  suite. 
—  Sur  BèU'Caire  (Beaucaire)  voy.  m,  202  note. 


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LA  cauDO.  2& 

^'  Ma  serre,  nimai  endeurmido; 

Mai  yeus,  de  quant  sias  pu  poulido!» 

Mirèio  aqui,  mita  culido, 
^       Leissant  aua  sa  bran  ce  :  <0h  !»  dis,  «d'aquéu  Vincèn  !...=»- 

13  Gantas,  cantas,  magnanarello  !  f 
Dis  amourié  la  fueio  es  belle, 

^'^       Galant  seun  li  magnan  e  s^endermen  di  très; 

Lis  amourié  soun  plen  de  fiho 

Que  lou  bèu  tèms  esoarrabiho, 
^  Courae  un  yòu  de  blóundis  abiho 

Que  raubon  sa  melico  i  roumanin  dóu  grès. 

14  «Alor,  m'atroves  galantouno 

^'  Mai  que  ta  serre?»  La  chatouno 

Paguè  'nsin  à  Vincèn.    «De  force»,  eu  respoundè. 
«E  qu'ai  de  maip»    «Maire  divine! 
^  E  qu'a  de  mai  la  cardelino 

Que  la  petouso  mistoulino, 
Senoun  la  bèuta  même,  e  lou  cant,  e  Testé!» 

«»         15     «Mai  ëncaro?»     «Ma  pauro  serre, 

Noun  vas  agué  lou  blanc  déu  porre! 
Coume  l'aigo  de  mar  Vinceneto  a  lis  iue 

"^  Que  ié  bluiejon  e  clarejon... 

Li  vostre  coume  un  jai  negrejon; 
E  quand  dessus  me  beluguejon, 

^^*      léu  me  semble  que  chourle  un  cigau  de  vin  eue. 


^^  La  constrnction  familière  employée  daDS  d*aguéu  Vincèn  se 
trouve  déjà  dans  le  refrain  d'une  alha  anonyme  dn  12«  siècle.  Cf. 
Bartsch,  Chrestomathie  provençale  *,  p.  101. 

■•  et  suiv.  Répétition  pleine  d'effet  de  la  première  strophe  du 
deuxième  chant.   Voy.  aussi  str.  2,  19,  28,  41  ;  et  Introduction  p.  xxxu.. 

*^  Vin  eue  (vin  cuit),  moût  qu'au  sortir  de  la  fouloire  on  fait 
bouillir  dans  un  chaudron,  et  qui  étant  cuit  à  point,  rappelle,  après 
un  an  de  bouteille,  la  couleur  et  le  goût  des  meilleurs  vins  d'Espagne. 
Les  Provençaux  le  boivent  dans  les  festins,  et  principalement  au  repas 


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SO  CAKT  8BG0UMD. 

16  De  sa  voues  linjo  e  clarinello, 
Quand  cantavo  la  Peirounello, 

^^®      Ma  sorre,  aviéu  grand  gau  d'ausi  soun  dons  acord; 

Mai  vous,  la  mendro  resouneto 

Que  me  digues,  o  jouveineto! 
^^^  Mai  que  pas  ges  de  cansouneto 

Encanto  moun  auriho  e  bourroulo  moun  cor. 

17  Ma  sorre,  en  courrènt  pèr  li  pàti, 
^'^               Ma  sorre,  coume  un  brout  de  dàti 

S'es  roustido  lou  coui  e  la  caro  au  soulèu; 

Vous,  bello,  crese  que  sias  facho 
^^■^  Coume  li  flour  de  la  pourracho; 

E  de  TEstiéu  la  man  mouracho 
NouD  auso  caressa  voste  front  blanquinèu! 

^•^        18     Coume  uno  damo  de  gandolo 

Ma  sorre  es  enca  primacholo; 
Pécaire!  dius  un  an  a  fa  tout  soun  croissent.. . 
^'3  liai  de  l'espalo  enjusquo  à  Tanco, 

Vous,  0  Mirèio,  rèn  vous  manco!» 

Mirèio,  lâchant  mai  la  branco, 
^^      E  toute  rouginello:  «Oh!»  dis,  «d'aquéu  Vincèn!» 

19     En  desfuiant  vòsti  verguello, 
Cantas,  cantas,  magnanarello  ! . . . 
^^^      Ânsin  li  bèus  enfant,  de  Taubre  panouious 
Escoundu  souto  lou  ramage, 
Dins  l'innoucènci  de  soun  âge 
^^2  S'assajavon  au  calignage. 

Pamens,  de  mens  en  mens,  li  serre  èron  neblous. 


de  Noël.  —  Un  cigau  de  vin^  un  conp  de  vin  qui  donne  la  cigalOy  c^est-à- 
dire  rivresse  qui  fait  chanter  comme  elle. 

^^  La  Peirounello^  la  Péronelle,  chanson  populaire  du  xv«  siècle. 
Canta  la  P.  a  pris  en  Provence  le  sens  général  :  chanter  une  chanson 
joyeuse,  chanter  ses  amours,  être  heureux. 

"•  Oh,  dis,  d^ctquéu  Vinchi,  répétition  de  la  fin  du  vers  84.  Cf. 
Introd.  p.  XXXI  s. 


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LA   CULIDO.  31 

20    Amount  sus  li  roco  pelado, 
135  Sus  li  grasd  tourre  esbarboulado 

Ounte  trèvon,  la  niue,   li  Tièi  prince  di  Baus, 
Li  capoun-fèr,  que  blanquejavon, 
138  Dins  l'estendudo  s'enauravon, 

E  sis  alasso  fouguejavon 
Au  Boulèu,  que  déjà  caufavo  lis  avaus. 

141        21     «Oh!  n'ayèn  rèn  fa!  que  vergougno!* 

Elo  venguè  'mé  'n  èr  de  fougno. 
«Âquéu  galo-boD-tèms  dis  que  vèn  m'ajuda, 
1^*  Pièi  Die  fai  rèn  que  faire  rire... 

Ânen!  dau!  que  la  man  s'estire, 

Que  pièi  ma  maire  pourrie  dire 
^-'^      Qu'ai  panca  proun  de  biais,  o,  pèr  me  marida. 

22  Vai,  yai»,  dis,  «tu  que  te  vantaves, 
Moun  paure  ami!  se  te  lougaves 

160      Pèr  la  oueie  à  quintau,  la  fueio,  crese  que, 

Quand  fuguèsse  touto  en  pivello, 

Pourries  manja  de  regardello!» 
158  «Me  cresès  donne  uno  ganchelloP» 

Respoundeguè  lou  drôle,  un  brigouloun  mouquet. 

23  «Bèn!  quau  sara  meiour  cuièire, 
1^  Madamisello,  Tanan  vèire!» 

E  ZÓU  !  'mé  li  dos  man,  feroun,  atravali, 
Vague  de  torse  e  móuee  ramo! 
15®  Plus  de  resoun!  plus  de  calamo! 

(Perd  lou  moussèu  fedo  que  bramo) 
L'amourié  que  li  porto  es  tout-aro  culi. 

162        24    Puguèron  lèu,  pamens,  à  pauso. 

Quand  sias  jouine,  la  belle  cause! 
Estent  qu'au  même  sa  metien  la  fueio  ensèn, 

«••  Voy.  I,  67  note. 

**^  Pet'd  lou  moîissèu  fedo  que  bramo,  variante  du  proverbe  :  Fedo 
^ue  hèlo  perd  lou  moussèu  (Brebis  qui  bêle,  perd  sa  goulêe). 


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% 


32  GANT  SEGOUND. 

^«5  Un  cop  li  poulit  det  cherescle 

De  la  chatouno,  dins  Tarëddè, 

8e  devinèron  entre-mescle 
i«®      Emé  H  det  brûlant,  li  det  d'aquéu  Viàdèû.. 

25  Elo  emai  eu  trefouliguèron  ; 
D'amour  si  gauto  s'enflourèVôn,  \ 

*''*      E  tóuti  dous  au  cop,  d'un  fiò  noun  couneigu 

Sentiguèron  l'escandihado. 

Mai  coume  aquesfco,  à  l'esfraiado, 
''^*  Sourtié  sa  man  de  la  fuiado, 

Eu,  de  la  treboulino  enca  tout  esmougu: 

26  «Qu'avès?  Uno  guèspo  escoundudo 
''■^                Vous  a  belèu»,  dis,  «pougnegudo?» 

«Noun  sai!»  clinant  lou  front,  elo  respoundè  plan. 
E  sènso  mai,  chascun  se  bouto 
*®^  A  tourna  cueie  quauco  brouto. 

Emé  d'iue  couquin,  tèsto  souto, 
S'espinchavon  pamens  quau  ririé  de  davan. 

^^       27     Lou  pitre  ié  batié  ! . . .  La  fueio 

Toumbè  pièi  mai  coume  la  plueio; 
E  quand  pièi  au  saquet  venié  que  la  metien, 

^^  Li  dos  manoto  blanco  e  bruno. 

Que  fugue  esprès  o  pèr  fourtuno, 
Venien  toujour  uno  vers  l'uno, 

^®^      Memamen  qu'au  travai  grand  joio  éli  prenien. 

28     Gantas,  cantas,  magnanarello, 
En  desfuiant  vòsti  verguello  ! . . . 
192       «Yeî  ve!»  tout-en-un-cop  Mirèio  crido,  «ve!» 
«Qu'es  acò?»  Lou  det  sus  la  bouco. 
Vivo. coume  un  créu  su  'no  souco, 
^®^  Dre  de  la  branco  ounte  s'ajouco 

Fasié  signe  dóu  bras...  «Un  nis. . .  qu'anan  avé!» 

^^  Arescle,  cercean  qu'on  adapte  à  la  gueule  d'un  sac  pour  le 
tenir  ouvert.  On  donne  en  général  le  nom  à*are8cle  aux  bois  de  fente 
dont  on  fait  les  sas,  les  cribles,  les  tambours,  les  boisseaux. 


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LA   GULIDO.  33 

29     «Espèro!...»  E  'n  retenènt  soun  gréule, 
^^  Coume  un  passeroun  loDg  di  téule, 

Vincèn  de  branco  en  branco  a  bourabi  vers  lou  nîs. 
Au  fouDs  d'un  trau  que  de  nature 
2^*  Entre-mitan  la  rusco  dure 

S'èro  fa,  de  remboucaduro 
Li  picbot  se  vesien,  âame  e  boulegadis. 

^^       30    Mai  Vincèn  qu'à  la  branco  torto 

Yen  de  nousa  si  canibo  forte, 
E  penja  d'une  man,  dins  lou  trounc  baumelu 
^o'  Purno  emé  l'autro.     Un  pau  pus  auto, 

Mirèio  alor,  la  âamo  i  gauto: 

«Qu'es?»  ié  demande  cauto-cauto. 
210      «De  pimparrin!»  «De  que?»  «De  bèu  sarraié  blu!» 

31  Mirèio  esclafiguè  lou  rire. 
«Que!»  dis,  «l'as  jamai  ausi  dire? 

^'^      Quand,  dous,  trouvas  un  nis  au  bout  d'un  amourié 
0  de  tout  aubre  que  lou  semble. 
Passe  pas  l'an  que  noun  ensemble 

2*^  La  santo  Glèiso  vous  assemble 

Prouvèrbî,  dis  moun  paire,  es  toujour  vertadié.» 

32  «0,»  ié  fai  eu;  «mai  fau  apoundre 
2^^               Qu'aquelo  espèro  pou  se  foundre, 

S'avans  que  d'estre  en  gàbio  escapon  li  pichet.» 
'  «Jèsu  moun  Dieu!  douno-te  gardo!» 

222  Cridè  la  chato;  «e  sènso  tarde 

Rejoun-lèi  bèn,  que  nous  regarde!» 
«Ma  fisto!»  lou  jouvènt  ié  respond  coume  eiçô. 


iif_îi  Variation  poétique  du  dicton  populaire:  Quand  atroubas 
un  nia  y  vous  maridaa  dins  Vannado.  Sur  le  rôle  du  nid  dans 
les  croyances  populaires  de  la  Provence,  voy.  IX,  260  note.  —  Prou- 
ipèrhi^  dis  moun  paire,  es  toujour  vertadié  (Proyerbe,  dit  mon  père,  est 
toujours  véridique),  renchérisBement  sur  le  proverbe  provençal:  Tout 
prouvèrbi  es  pas  mentèire. 

3 


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34  CANT  8EG0UND. 

225       33     «Lou  miéus  que  li  poudèn  rejougne 

Sarié  bessai  dins  Toste  jougne. . .» 
«Âh!  tè,  baio!  verai!...»  Lou  drôle  quatecant 
22^  Mando  sa  man  dins  la  caforno; 

E  sa  man  pleno  que  s'eutoruo 

Quatre  n'en  tiro  de  la  borno. 
231      €Boudiéu!>  digue  Mirèio  en  aparant,  «oh!  quant! 

34  Queto  nisado  galantouno! 

Tè!  tè!  pecaire,  uno  poutouno!» 
28*      E,  folo  de  plesi,  de  milo  poutounet 

Li  devouris  e  poumpounejo  ; 

Pièi  em'  amour  plan-plan  li  vejo 
287  Souto  soun  jougne  que  gounflejo. .. 

«Tè!  tè!  paro  la  man»,  cridè  mai  Yincenet. 

35  «Oh!  li  poulit!  Si  tèsto  bluio 
2*0  An  d'uioun  fin  coume  d'aguïo!» 

E  lèu  mai,  dins  la  blanco  e  lisqueto  presoun, 

Très  pimparrin  elo  recato; 
2*3  E,  dins  lou  sen  caud  de  la  chato, 

La  couvadeto  que  s'amato 
Se  crèi  que  Fan  remesso  au  founs  de  soun  nisoun. 

«*«       36     «Mai,  de  bon?  Vincenet,  nTa  ^ncaroP» 
—  «0!»  —  «Santo  Vierge!  Ve,  tout-aro 
Dirai  qu^as  la  man  fado!»    «Eh!   pauro  que  vous  sias! 

2*®  Li  pimparrin?  quand  vèn  Sant  Jorge, 

Fan  dès,  douge  iou,  emai  quatorge, 
Souvènti-fes  ! . . .  Mai  tè!  tè!  porge, 

252      Li  cago-nis  ! . . .  E  vous,  belle  borno,  adessias  !» 

37     Coume  lou  drôle  se  despènjo, 
E  qu'elo  vite  lis  arrènjo 
255      Bèn  delicadamen  dins  soun  fichu  fleuri... 
«Ai!  ai!  ai!»  d^uno  voues  tendrino 
Subitamen  fai  la  mesquine. 
258  E,  vergougnouso,  à  la  peitrino 

S'esquicho  li  dos  man.  «Ai!  ai  ai!  vau  mouri!» 


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STS 


LA   CCLIDO,  35 

38     <Hoai!  houi!»  plouravo,  «me  grafignon  ! 
^^  Ai!  me  grafignon  e  m^espignon! 

Courre  lèu,  Vincenet,  lèu!...»  Es  que,  i'a  'n  moumen... 
Que  vous  dirai?  dins  Tescoundudo 
^^*  Orando  e  vivo  èro  Pesmougudo!     . 

Ta  'n  moumen,  dins  la  bando  aludo 
Avien,  li.cago-nis,  mes  lou  bourroulamen. 

-«^       39     E  dins  Testrecho  valounado, 
La  fouligaudo  moulounado 
Que  noiin  pou  libramen  faire  soun  roudelet, 
^^  A  grand  varai  d'arpioun  e  d'alo, 

Fasié,  dins  li  mounto-davalo, 
Cambareleto  sènso  egalo, 
Fasié  long  di  galis  milo  bèu  redoulet. 

40  «Ai!  ai!  vène  lèi  querre!  lampo,» 
lé  souspiravo.    E  coume  pampo 

^^      Que  l'auro  atremoulis,  coume  di  cabrian 
Quand  se  sent  pounclio  uno  junego, 
Ansin  gémis,  sauto  e  se  plego 

^^  La  chatouno  di  Falabrego, .. 

Eu  pamens  i'a  voula. ..  —  Gantas,  en  desfuiant, 

41  En  desfuiant  vòsti  jitello, 

*^*  Gantas,  oantas,  magnanarello  ! 

Sus  la  branco  ounte  plouro  eu  patiiens  a  voula: 

«La  cregnès  dounc  bèn,  la  coutigo?» 

Eu  ié  fai  de  sa  boueo  amigo. 

«Eh!  coume  iéu,  dins  lis  ourtigo, 
Se  descausso  proun  fes  vous  falié  barrula, 

*^        42     Goume  farias?>  E  pèr  rejougne 

Lis  enfourniau  qu'a  dins  soun  jougne, 
Eu  ié  porge,  en  risènt,  soun  bounet  de  iharin. 

*•*  Déjà  Mirèio,  sont  Testofo 

Que  la  nisado  rendié  gofo, 
Mando  sa  man,  e  dins  la  cofo 

***       Un  pèr  un  adeja  torno  li  pimparrin; 


285 


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36  CANT  SEÛOUND. 

43  Déjà,  mé  lou  front  clin,  pecaire! 
E  revirado  un  pau  de  caire, 

^"^      Déjà  lou  risoulet  se  mescIaTo  à  si  plour: 

Semblablamen  à  l'eigagnolo 

Que,  lou  matin,  di  courrejolo 
5^  Bagno  li  campaneto  molo, 

E  perlejo  e  s'esbéu  i  proumièri  olarour... 

44  E  souto  éli  yen  que  la  branco 

^^  Tout-en-un-cop  peto  e  s'escranco  I . . . 

Au  coui  dóu  panieraire,  elo,  en  quilant  d'esfrai^ 
Se  precepito  e  se  i'  embrasso; 
^^  E  dóu  grand  aubre  que  s'estrasso, 

En  un  rapide  viro-passo 
Toumbon,  embessouna,  sus  lou  souple  margai... 

®^       45    Fres  ventoulet,  larg  e  gregàli. 

Que  di  bos  boulegas  lou  pâli, 
Sus  lou  jouine  parèu  que  voste  gai  murmur 
818  Un  moumenet  mole  e  se  taise! 

Fòlis  aureto,  alenas  d'aise! 

Dounas  lou  tèms  que  Ton  pantaise, 
8^^      Lou  tèms  qu'à  tout  lou  mens  pantaison  lou  bonur! 

46  Tu  que  lalejes  dins  ta  gorgo, 

Yai  plan,  yai  plan,  pichouno  sorgo! 

818      Dintre  ti  cascagnòu  menés  pas  tant  de  brut! 
Pas  tant  de  brut,  que  si  dos  amo 
Soun,  dins  lou  même  rai  de  flamo, 

821  Partido  coume  un  brusc  qu'eissamo. . . 

Leissas-lèi  s'emplana  dins  lis  èr  benastru! 

47  Mai  elo,  au  bout  d'une  passade, 
82*  Se  daverè  de  la  brassado. ... 

Mens  palinello  soun  li  flour  dóu  coudounié. 

Pièi  sus  la  ribo  s'assetèrou, 
^*^  Un  contre  l'autre  se  boutèron. 

Un  moumenet  se  regardèron, 
E'm'  acò  parlé  'nsin  lou  drôle  di  panié: 


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LA  OULIDO.  37 

^^       48     «Vous  sias  rèû  facho  mau,  Mirèio? 

0  la  vergougno  de  la  lèio, 
Aubre  dóu  diable,  aubras  qu'un  divèndre  an  planta, 
^*  Que  la  marrano  t'agarrigue, 

Que  l'artisoun  te  devourigue, 

E  que  toun  mèstre  fabourrigue!» 
^^      Mai  elo,  em'  un  tramblun  que  noun  pou  arresta: 

49  «Me  siéu  pas,»  dis,  «facho  mau,  nàni! 
Mai,  coume  un  enfant  dins  si  làni, 

*^      Que  de  fes  plourinejo  e  noun  saup  per-dequé. 
Ai  quauoarèn,»  dis,  «que  me  grève; 
L'ausi,  lou  vèire,  aco  me  lèvo; 

^2  Moun  cor  n'en  boni,  moun  front  n'en  rèvo, 

E  lou  sang  de  moun  cors  noun  pou  demeura  quet!» 

50  «Belèu»,  digue  lou  panieraire, 
^*  «Es  de  la  pou  que  vosto  maire 

Vous  charpe  qu'à  la  fueio  avès  mes  trop  de  tèmsP 
Coume  iéu,  quand  veniéu  subr'ouro, 
^*®  Estrassa,  moustous  coume  un  Mouro, 

Pèr  èstre  ana  cerca  d'amouro...» 

«Oh!  noun»,  digue  Mirèio,  «autre  peno  me  tèn.» 

«5ï        51     «0  belèu  une  souleiado,» 

Faguè  Vincèn,  «vous  a'mbriado. 


•••  Le  vendredi,  jour  de  la  mort  de  Jésus-Chriat,  passe  aussi  en 
Provence  pour  un  jour  qui  porte  malheur.  Cf.  les  proverbes  cités  dans 
le  Tré8(or)  de  M.  Mistral: 

Quand  lou  premié  de  Tan  es  un  divèndre,  mesfiso-te  (Quand  le 
premier  de  Tan  est  un  vendredi,  méfie-toi). 

D^ana  deforo  lou  divèndre,  de  se  faire  la  barbo,  de  se  rougna  lis 
ounglo,  de  leva  li  cendre,  de  cura  li  fedo,  de  faire  sant-Michèu,  de 
faire  bugado,  de  faire  noço  lou  divèndre,  porto  malur  (Sortir  le  ven- 
dredi, se  faire  la  barbe,  se  rogner  les  ongles,  enlever  les  cendres,  net- 
toyer les  brebis,  changer  de  logis,  faire  la  lessive,  faire  noces  le  ven- 
dredi, porte  malheur). 


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868 


38  .  CAMT  8EQ0UlïI>. 

Sabe,»  dis,  «uno  vièio,  aperamount  i  Baus 
^^  (lé  dison  Taven):  vous  asaiga 

Bèn  sus  lou  front  un  got  plen  d^aigo, 

E  lèu,  di  cervello  embriaigo, 
^^^      Li  rai  escounjura  gisclon  dins  lou  cnstau.» 

52  «Noun,  noun!»  respoundè  la  Cravenco; 
«Lis  escandihado  maienco 

^^      N'es  pa'i  chato  de  Crau  que  podon  faire  pou!... 
Mai  en  que  sîèr  de  te  deçaupre? 
Dins  moun  sen  acò  pou  plus  caupre! 
Vincèn,  Vincèn^  vos-ti  lou  saupreP 
De  tu  siéu  amourouso  î . . .  »     Au  bord  dóu  rajeiròu^ 

53  Emai  Ter  linde,  emai  la  tepo, 
^"^  Emai  li  vièi  sause  de  cepo, 

Fuguèron  claramen  espanta  de  plesi!... 
«Âh  !  princesse,  que,  tant  poulido, 
S69  Agués  la  lengo  tant  marrido,» 

Lou  panieraire  aqui  s'escrido, 
«l'a  de  que  pèr  lou  sou  se  traire  estabousi! 

^'*        54     Coume!  de  iéu  vous  amourouso? 
De  ma  vidasse  encaro  urouso 
Anes  pas  vous  jouga,  Mirèio,  au  noum  de  Dieu! 

*^^  Me  fagués  pas  crèire  de  cause 

Qu',  aqui  dedins  uno  fe  'nclauso. 
De  ma  mort  sarien  pièi  l'encauso! 

5'®      Mirèio,  d'aquéu  biais  vous  trufés  plus  de  iéu!» 

55     «Que  Dieu  jamai  m'emparadise. 
Se  i'a  messorgo  en  ço  que  dise! 
381      Vai,  de  crèire  que  t'ame  acò  fai  pas  mouri, 
Vincèn  ! . . .  Mai  se,  pèr  marridesso, 
Noun  vos  de  iéu  pèr  ta  mestresso. 


»*  Sur  Taven,  la  sorcière,  voy.  III,  64—107  et  VI,  187  ss.  j 

i 


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LA   CULIDO.  39 

^^  Sara  iéu,  de  malo  tristesso, 

Sara  iéu  qu'à  ti  pèd  me  Teiras  coumbouri!» 

56     «Oh!  digues  plus  de  causo  ansinto! 
^^  De  iéu  à  vous  i'a  'n  laberinto,» 

L'enfant  de  Mèste  Ambroi  faguè  'n  bretounejant. 
«Vous,  sias  dóu  Mas  di  Falabrego 
^^  La  rèino  davans  quau  tout  pi  ego. . . 

Iéu,  banastié  de  Yalabrego, 
Sîéu  qu'un  gandard,  Mirèio,  un  trevaire  de  champ!» 

8^3        57     «Eh!  que  m'enchau  que  moun  fringaire 

Siegue  un  baroun  o  'n  panieraire, 
Mai  que  m'agrade  à  iéu!»  ié  respoundeguè  lèu 
^^  E  touto  en  fiò  coume  uno  liandro. 

«Mai  se  noun  vos  que  la  malandro 

Fure  moun  sang,  dins  ti  peiandro 
^*      Perqué  donne,  o  Vincèn,  m'aparèisses  tant'  bèuP» 

58  Davans  la  vierge  raubativo, 
Eu  resté  mè,  coume  di  nivo 

^^      Quand  toumbo  pau-à-pau  un  aucèu  pivela. 

«Siés  donne  masco»,  pièi  faguè  proumte, 
«Pèr  que  ta  visto  ansin  me  doumte, 
405  Pèr  que  ta  voues  au  su  me  mounte 

E  me  rende  foulas  coume  uti  ome  enchusclaP 

59  Lou  veses  pas  que  ta  brassado 
^^  A  mes  lou  fiò  dins  mi  pensado? 


'^  Lou  laberinto  (an  lieu  de  laberinte\  dans  la  bonche  de  Vincèn, 
poorrait  snrprendre.  Mais  le  mot  existe  anssi  dans  nne  forme  pins 
populaire,  imitée  en  partie  par  Tauteur  :  la  barinto,  et  la  location  èstre 
dins  la  barinto  vent  dire  :  être  dans  rembarras,  le  désordre,  le  désarroi. 

*<*  Le  verbe  pivela  on  pipa  (fasciner)  signifie  Faction  vraie  ou 
imaginaire,  par  laquelle  un  reptile  attire  à  lui  un  oiseau,  et.  même  une 
personne.  Cf.  ni,  101.  Le  peuple  attribue  cette  attraction  à  une 
aspiration  irrésistible,  qui  peut  néanmoins  être  interceptée  par  le  passage 
subit  d^un  corps  étranger. 


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40  cánt  begound. 

Car,  tè!  se  tos  lou  saupre,  à  Tagrat  que  de  iéu, 

Paure  pourfcaire  de  bourrèío, 
^^^  Vogues  faire  que  ta  risèio, 

T'ame  peréu,  t'ame,  Mirèio! 
T'ame  de  tant  d'amour  que  te  devouririéu! 

*"       60    T'ame,  que  se  disien  ti  labro: 
««Vole  la  Cabro  d'or,  la  cabro 
Que  degun  de  mourtau  ni  la  pais  ni  la  mous, 

^'^  Que  sont  lou  ro  de  Baus-Maniero, 

Lipo  la  moufo  roucassiero»», 
0  me  perdriéu  dins  li  peiriero, 

^20      0  me  veiriés  tourna  la  cabro  dóu  peu  rous! 

61     T'ame,  o  chatouno  encan tarello, 

Que  se  disiés:  ««Vole  uno  e8tello!>» 
*^      l'a  ni  travès  de  mar,  ni  bos,  ni  gaiidre  foui, 
l'a  ni  bourrèu,  ni  fiò,  ni  ferre 
Que  m'aplantèsse  !  Au  bout  di  serre, 
426  Toucant  lou  cèu,  l'anariéu  querre, 

E  dimenche  Tauriés,  pendoulado  à  toun  coui. 


^"  Baus-Maniero  (Bans-Manière),  rocher  à  pic  an  nord  de  la  ville 
des  Baux.    Cf.  I,  67  note. 

***  La  Cabro  d'or  (La  Chèvre  d'or),  trésor  ou  talisman  que  le 
peuple  croit  avoir  été  enfoui  par  les  Sarrasins  sous  Tun  des  antiques 
monuments  de  la  Provence.  Les  uns  prétendent  que  la  Chèvre  gît 
sous  le  mausolée  de  Saint-Remy  (voy.  IV,  131  note),  d^autres  dans  la 
grotte  de  Corde  (voy.  VI,  64ô  note),  d'autres  sous  les  roches  des  Baux 
(voy.  I,  67  note).  A  Arles,  on  croyait  que  la  Chèvre  d'or  passait  tous 
les  matins,  aux  premiers  rayons  du  jour,  sur  la  colline  de  Montmajonr 
(voy.  YI,  645  note).  A  Laudun  (Gard),  on  disait  que,  le  24  juin, 
sur  la  montagne  de  Saint-Jean  s'entr'ouvrait  à  minuit  un  antre  profond 
d'où  s'élançait  la  Chèvre  d'or.  Au  Vernègue  (Bouches -du -Rhône),  on 
montre  aussi  la  baumo  (grotte)  de  la  Cabro  d'or.  La  silhouette  de  to 
mountagno  de  la  Cabro  (la  montagne  de  la  Chèvre),  saillie  rocheuse, 
située  entre  Baumes  et  le  Barroux  (Vaucluse),  sert  d^horloge  aux 
paysans  du  bas  Comtat.  La  Chèvre  d'or  est  sans  doute  une  réminiscence  du 
Veau  d'or.  En  effet,  les  paysans  du  Rouergue  et  du  Périgord  préten- 
dent qu'un  veau  d'or  {vedhi  d''or)  est  enterré  dans  les  ruines  de  certains 


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LA   GULIDO.  41 

62    Mai,  0  belasso!  au-mai  t^aluque, 
^2»  Au-mai,  pecaire  !  m'embarluque  ! . . . 

Veguère  uno  figuiero,  un  cop,  dins  moun  camin, 
Arrapado  à  la  roco  nuso 
^^  Contro  la  baumo  de  Vau-Cluso: 

Maigro,  pecaire!  i  lagramuso 
lé  dounarié  mai  d'oumbro  un  clôt  de  jauBsemin  ! 

^^       63    Un  cop  pèr  an  Ters  si  racino 
Vèn  âouqueja  l'oundo  vesino; 
E  Taubret  secarous,  à  Taboundouso  font 

^^®  Que  mounto  à-n-éu  pèr  que  s'abéure, 

Tant  que  n'en  vòu,  se  bouto  à  béure 

D'acò  tout  l'an  n'a  proun  pèr  TÌéure. 

^^      Coume  à  l'anèu  la  pèiro,  à  iéu  acò  respond; 

64    Que  siéu,  Mirèio,  la  figuiero, 
E  tu,  la  font  e  la  fresquiero! 
^♦*      E  basto',  à  iéu  pauret!  basto,  uno  fes  de  Tan, 
Que  pousquèsse,  à  geinoun  coume  aro, 
Me  eouleia  i  rai  de  ta  caro! 
^^"^  E  subre-tout  de  poudé  'ncaro 

Te  floureja  li  det  d'un  poutoun  tremoulant!> 


vieux  monuments.  Une  explication  naturaliste  de  cette  tradition  a  été 
entreprise  par  Ascherson,  Naturwissensehaftliche  Wochenschrift  1893, 
p.  121  ss.,  qui  rapporte  qu'on  aperçoit  quelquefois  un  brillement  d'or 
sur  les  dents  des  ruminants,  dû  à  un  piment  organique  produit  par  la 
sève  des  plantes  mangées.  Il  est  peu  probable  que  ce  phénomène,  qu'on 
prétend  observer  fréquemment  sur  les  bords  de  la  Méditerranée,  soit 
roiigine  de  nos  récits.  La  tradition  d'un  trésor,  qui  prend  des  formes 
jsans  nombre  et  qui  est  gardé  par  un  animal  étranger,  se  retrouve 
chez  tous  les  peuples,  et  elle  s'y  lie  aux  plus  anciens  souvenirs 
sans  cesser  d'être  toujours  vivante.  —  La  tradition  provençale  a  été 
mise  à  profit  par  P.  Arène  dans  son  roman  bien  connu  La  Chèvre  cPor, 
Paris  1889. 

*"  Baumo  de  Vau-Cluso,  la  célèbre  grotte  où  prend  naissance  la 
fontaine  de  Yaucluse,  source  de  la  Sorgue,  qui  est  immédiatement  assez 
abondante  pour  faire  marcher  des  papeteries.   Cet  endroit  a  été  illustré 


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42  CANT  8EG0UND.      LA   CULIDO. 

65    Mirèio,  d'amour  tresananto, 
^^  L'escoutavo. . .  Mai  eu  Taganto, 

Eu  l'aganto  esperdu;  contro  soun  pitre  fort 
L'adus  esperdudo. . .    «Mirèio!» 
^^  Subran  coume  eiçò  dins  la  lèio 

S'entendeguè  'no  voues  de  vièio, 
«Li  magnan,  à  miejour,  luaDJaran  ròn,  alor!» 

*5«  66  Dedins  un  pin,  en  grande  fogo, 
Un  VÒU  de  passeroun  que  jogo, 
Emplisson,  i'a  de  fes,  d'un  chamatan  galoi 

*5®  La  vesprado  que  s'enfresquèiro; 

Mai  d'un  glenaire  que  li  guèiro 
Se  tout-d'un-eop  toumbo  la  pèiro, 

*®*      De  tout  caire,  esfraia,  tabouscon  dins  lou  boi. 

67     Desmemouria  de  l'escaufèstre, 
Ânsin  fugis  pèr  lou  campèstre 
^^^      Lou  parèu  aniourous.     Elo,  de-vers  lou  mas, 
Sènso  muta,  part  à  la  lèsto, 
Emé  sa  fueio  sus  la  tèsto. . . 
^^  Eu,  planta  coume  un  sounjo-fèsto, 

L'nrregardo  landa  peralin  dins  i'ermas. 


par  Pétrarque,  qui  s'y  retira  à  partir  de  1387,  près  de  son  ami  le  car- 
dinal de  Cabassole,  dont  on  voit  le  château  en  ruine  sur  la  hauteur  de 
la  rive  gauche.  La  grotte  se  trouve  au  fond  d'un  cirque  grandiose 
{vallis  clusa)  qui  se  termine  par  des  rochers  à  pic  de  200  m.  de  haut 
Elle  a  8  à  9  m.  de  largeur,  la  source  en  jaillit  avec  impétuosité,  quand 
les  eaux  sont  assez  hautes,  par  dessus  un  déversoir  naturel  formé  de 
blocs  de  rocher.  Quand  les  eaux  sont  basses  et  semblent  dormir  dans 
le  bas  de  la  grotte,  la  rivière  n'est  plus  alimentée  que  par  des  filtrations 
sous  le  déversoir,  qu'il  faut  gravir  pour  voir  la  source  au  fond  de  la 
grotte,  à  une  profondeur  qui  peut  dépasser  20  m.  La  poésie  de  ce  lieu 
est  aujourd'hui  troublée  par  une  grande  quantité  de  boutiques  qui 
longent  la  rive  droite  par  où  l'on  arrive,  et  où  l'on  vend  de  prétendues 
photographies  de  Laure  et  de  Pétrarque,  de  la  bauco  multicolore  (voy. 
V,  384  note),  et  toutes  sortes  d'autres  souvenirs  d'un  goût  plus  ou  moins 
douteux. 


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CANT  TRESEN 

LA  DESCOUCOUNADO 

Lii  reoordo  proaTençalo.  —  An  Mm  di  Falabragro,  on  gai  rondelet  de  ohato  deiooneonnon. 
—  Jaso-Mario,  maire  de  Mlrèto.  —  TaTen,  la  maseo  di  Bau.  —  La  malo-Tieto.  — 
U  deeeoaeovnarello  fan,  pèr  paMO-tàmt,  de  castèu  tn  Prouvènço,  —  La  llèro  Lanro, 
riino  de  Pampariffonsto.  —  Clemènço,  rèino  di  Bani.  —  Lon  Ventoor,  Ion  Boee,  la 
Dnrtefo.  -~  Aialaïs  e  Viónlano.  —  La  Gonrt  d^amonr.  —  Lis  amonr  de  Mirèio  e  de 
Yincèn  deaenberto  pèr  5onrado.  —  Li  ^ejado.  —  Taren  la  maeeo  fid  teisa  li  eliato: 
l'ermitan  don  Leberoun  e  lon  sant  pastre.  —  Noro  canto  Magali. 

1  Quand  H  póusito  soun  braveto, 
Qu^à  plen  barrau  lis  ouliveto 

*        Dins  li  gerlo  d'argelo  escampon  l'òli  roua, 
Quand,  sus  li  terro  e  dins  li  draio, 
DÓU  garbejaire  que  varaio 

^  Lou  grand  càrri  reno  e  trantraio, 

E  tuerto  de  pertout  'mé  soun  front  auturous; 

2  Nus  e  gaiard  coume  un  luchaire, 
^                 Quand  Bacus  vèn,  e  di  chauchaire 

Coundus  la  farandoulo  i  vendémio  de  Crau; 
E,  de  la  caucadouiro  cmplido, 
^*  Quand  la  bevèndo  benesido, 

Souto  li  cambo  enmoustousido, 
Dins  l'escumouso  tino  escapo  à  plen  de  trau, 

^  La  farandoulo  (farandole),  danse  de  conrse  cadencée,  ressemblant 
aux  Schlangeziehen  des  enfants  allemands,  que  Ton  exécute  au  son  du 
tambourin  (y.  m,  28  note)  en  se  tenant  par  la  main  ou  avec  des 
moncboirs.  La  farandole  est  populaire  en  Provence,  en  Languedoc,  en 
Roussillon  et  dans  les  pays  Basques.  Dans  les  Alpes  Maritimes  les 
danseurs  vont  à  la  file  sans  se  donner  la  main.  Elle  se  danse  entre 
hommes  seuls  aussi  bien  et  même  mieux  qu'avec  des  femmes. 


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44  gânt  tresen. 

i^  3     E,  clarinèu,  sus  li  genèsto 

Quand  li  magnan  mounton  en  fésto 
Pèr  fiela  si  presoun  bloundinello  ;  e  que  lèu 

^®  Aquéli  toro  mai  qu'abilo 

S'ensevelisson,  à  cha  milo, 
Dins  si  bressolo  tant  sutilo 

2^       Que  TOUS  sèmblon  teissudo  em'  un  rai  de  soulèu; 

4  Alor,  en  terro  de  Prouvènço, 
l'a  mai  que  mai  divertissènço  ! 

"24       Lou  bon  muscat  de  Baumo  e  lou  Ferigoulet 

Âlor  se  chourlo  à  la  gargato; 

Alor  se  canto  e  Ton  se  trato; 
27  Alor  se  vèi  e  drôle  e  chato 

Au  son  dóu  tambourin  fourma  si  vertoulet. 

5  «léu  claramen  siéu  fourtunado! 
^®                 Sus  mi  canisso  encabanado 

Quéti  flo  de  ooucoun!...  Un  bos  miéu  enseda, 
Un  pu  riche  descouoounage, 
^  L'aviéu  pu  vist  dins  lou  meinage, 

Vesino,  dempièi  moun  jouine  âge, 
Desempièi  Tan  de  Dieu  que  nous  sian  marida.» 


**  Baumo  (Baumes),  village  du  département  de  Vauciuse,  qui  pro- 
duit un  vin  muscat  estimé.  —  Lou  Ferigoulet  (Frigolet)  est  un  excellent 
vin  qu'on  récolte  sur  un  coteau  des  collines  de  Graveson  (Bouches  du 
Rhône),  tout  près  du  viUage  natal  de  notre  poète.  Ferigoulo  signifiant 
thym,  le  vin  de  Frigolet  rappelle  agréablement  lé  parfum  de  cette 
plante  très  répandue  en  Provence. 

^  Lou  tambourin  (le  tambourin)  est  une  espèce  de  tambour,  moins 
large  et  plus  long  que  le  tambour  ordinaire,  sur  lequel  on  bat  de  la 
main  droite  avec  une  baguette  et  qui  sert  d'accompagnement  au  galoubet 
petite  flûte  à  trois  trous  dont  on  joue  de  la  main  gauche.  Ces  deux 
instruments  de  musique  ont  été  remis  à  la  mode,  en  Provence,  surtout 
par  M.  F.  Vidal,  auteur  d'un  livre:  Lou  tambourin ^  istàri  de  l'estrumen 
prouvençau.  seguido  de  la  metodo  dóu  galoubet  e  dóu  tambourin  e  deis 
èr  naciounau  de  Prouvènço  (Le  tambourin,  histoire  de  Finstrument 
provençal,  suivie  de  la  méthode  du  galoubet  et  du  tambourin  et  des 


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LA   DE8C0DC0U1ÏAD0.  45- 

^^  6    Dóu  tèms  que  Idu  coucoun  se  trio, 

Ansiii  disié  Jano-Mario, 
Dóu  YÌèi  Mèste  Ramoun  ouDOurado  mouié, 
^  De  Mirèio  ourgueiouao  maire; 

E  li  Tesíno  e  li  coumaire, 

En  trin  de  rire  e  de  desfaire, 
*^        EroQ  à  souD  entour,  dins  la  magnanarié. 

7  Descoucounavon:  elo-memo, 
Mirèio,  à  tout  moumen,  i  femo 

^^        Pourgié  li  brout  d'ayaus,  li  clôt  de  roumaniu, 
Ounte,  à  Tóudour  de  la  mountagno, 
Tant  voulountié  'mé  soun  escagno 
^  La  noblo  toro  s'embaragno 

Que,  coume  ranipau  d'or,  n'èron  clafi  dedin. 

8  «Sus  l'autar  de  la  Bono  Maire,» 
**                 Jano-Mario  à  si  coumaire 

Venié  dounc,  «aièr,  femo,  anère  lèu  pourta 
De  mi  brout  lou  pu  bèu  pèr  dèime: 
■^  Ansin  fau,  tóuti  li  milèime; 

.  Car  es  pièi  elo  qu'à  bel  èime 
Coumando,  quand  ié  plais,  i  magnan  de  mounta.» 

57  9     «léu»,  digue  Zèu  dóu  Mas  de  TOste, 

«Ai  bello  pou  que  me  n'en  coste! 
Lou  jour  que  tant  boufavo  aquéu  gros  levantas, 

^^  (D'aquéu  laid  jour  vous  n'en  remembre!) 

Aviéu  leissa,  pèr  destenèmbre, 
A  brand  lou  tenestroun  dóu  membre, . . . 

^        Adès  n'ai  coumta  vint,  canela  sus  lou  jas!» 

airs  nationanx  de  Provence),  Aix  1862.  On  connaît  le  fameux  tam- 
haurinaire  (jonenr  de  tambourin  et  de  galoubet)  qui  joue  un  rôle  assez. 
important  dans  le  Numa  Boumestan  d'A.  Daudet. 

^  La  Bono  Maire  (la  Bonne  Mère),  la  Sainte  Vierge. 

**  Canela  (blancbi)  se  dit  des  vers  à  soie  atteint  de  la  maladie 
appelée  muscardine,  due  au  développement  d'une  moisissure  qui  leur 
donne  une  apparence  pl&trée. 


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46  CÂ.NT  T&BSEN. 

10  TaveD,  pèr  douna  soun  ajudo, 
Peréu  di  Baus  èro  vengudo. 

*^       A  Zèu  Taven  digue:  «Toujour,  mai  que  li  vièi, 
Cresès,  li  jouine,  de  counouisse  ! 
Mai  fau  que  Page  nous  augouisse, 

^^  Fau  que  l'on  ploure  e  que  Ton  gouisse: 

Alor,  mai  bèn  trop  tard,  l'on  vèi  e  l'on  counèi! 

11  Vàutri,  li  femo  tartavello, 
^2  Se  l'eepelido  parèis  bello, 

Lèu-lèu  que  pèr  carriero  anas  en  bardouiant: 
««l'a  mi  magnan  qu'es  pas  de  crèire 
'^^  Coume  soun  bèu!  Venès  lèi  vèire!»» 

L'Envejo  rèsto  pas  à  rèire: 
Darrié  vous  à  la  çhambro  escalo  en  remoumiant. 

*^8         12     ««Pan  gau!»»  te  dira  la  vesino; 

««Es  bèn  tout  clar  qu'as  ta  crespino!»> 
Mai  tant-lèu  de  contro  elo  auras  vira  lou  pèd, 

^^  Te  ié  dardaio,  l'envejouso, 

TJno  espinchado  vérin ouso 
Que  te  li  brulo  e  te  li  nouso!... 

®*        ««Es  l'auro»»,  dires  pièî,  ««que  me  lis  engipè!»> 

13     «Dise  pas  qu'acò  noun  ié  fague>, 
Bespoundè  Zèu.     «Coume  que  vague, 
^^        Poudiéu  bèn,  aquéu  jour,  barra  moun  fenestroun!» 
<Di  verinado  que  l'iue  lanço, 
Quand  dins  la  tèsto-  bribo  e  danso», 
^  Faguè  Taven,  «n'as  douuc  doutanço?...> 

E  sus  Zéu  entremen  mandavo  d'iue  feroun. 


'•  A9  ta  cre^pino  (tu  es  née  coiffée).  Crespino,  coiffe,  membrane 
que  quelques  enfants  portent  sur  la  tête  en  venant  au  monde,  et  qni 
est  aux  yeux  du  peuple  un  indice  de  bonheur.    Cf.  Maass,  l,  c,  p.  35  ss. 

81—108  II  s'agit  de  la  superstition  bien  connue  de  la  malo-^isto 
(œil  mécbant  ou  œillade  venimeuse). 


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LA   DE8C0UC0UNA.D0.  47 

14  «Oh!  pau-de-sèn  qu'emé  l'escaupre 
^  FuTDant  la  mort,  creson  de  saupre 

La  vertu  de  Tabibo  e  lou  secret  dóu  mèu! 

Quau  t'a  pas  di  que,  davans  terme, 
^  Pou  un  regard  lusènt  e  ferme, 

DÓU  femelan  torse  lou  germe, 
Di  yaco  poussarudo  agouta  H  mamèu! 

15  Is  auceloun  vèn  la  mascoto, 

^^  Rèn  qu'à  Taspèt  de  la  macboto; 

Au  regard  de  la  serp  degoulon  tout-d'abord 
Lis  auco, . . .  e  souto  l'iue  de  l'orne, 
^^  Tu,  vos  qu'un  verme  noun  s'endrome?... 

Mai,  contre  l'iue  dóu  jouvenome, 
Quand  trespiro  l'amour,  la  flamo,  o  l'estrambord, 

'^        16    Mounte  es  la  chato  proun  savènto 
Pèr  s'apara?»     Quatre  jouvènto 
Leissèron  de  si  man  escapa  li  coucoun: 

^09  «Que  fugue  en  jun,  fugue  en  óutobre, 

Toun  aguïoun  fau  toujour  qu'obre. 
Que!»  ié  cridèron,  «vièi  coulobre!» 

"*       «Li  drôle?...  digo-ié  qu'avançon  un  brigoun!» 

17  «Noun!»  venié  la  gaio  ninèio, 
«N'en  voulèn  ges!  parai,  Mirèio?» 

^'*       «Se  descoucouno  pas»,  faguè,  «tóutí  li  jour: 

Sabe  uno  fiolo,  dins  l'estivo, 

Qu'anas  trouva  fort  agradivo...» 
*^®  E  Mirèio,  despachativo, 

Davalo  dins  lou  mas  escoundre  sa  roujour. 

18  «Bèn!  iéu,.  mi  bono,  siéu  bèn  pauro!» 
^*^                Âcoumencè  la  fièro  Lauro. 

Mai  se,  d'escouta  res,  iéu,  Taviéu  envela. 
Quand  lou  rèi  de  Pamparigousto 


*••  Pamparig<nisto,  Schlaraffia,  pays  de  Cocagne. 


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48  CAMT   TRESElî. 

^*^'^  De  sa  man  me  farié  semousto, 

Sarié  moun  ehale,  ma  coungouato, 
De  lou  vèire  sèt  an  à  mi  pèd  barbela!» 

127        19     <iéu  noun!>  aqui  digue  Clemènço. 

«Se  quauque  rèi,  pèr  escasènço, 
De  iéu  yeni'  amourous,  pou  arriba  bessai, 
^^  Subre-tout  s'èro  jouine  e  lèri 

E  lou  pu  bèu  de  soun  empèri, 

Que,  aènso  tant  de  refoulèri, 
^^^      Me  leissèsse  pèr  eu  mena  dins  soun  palais. 

20  Mai  uno  fes  que  m'aurié  messo 
Emperairis  e  segnouresso, 

'^^      Emé  capo  ufanouso,  à  papàrri  d'orfré, 

Em'  autour  de  ma  teste  caudo 

Uno  courouuo  qu'esbrihaudo 
^^®  Rèn  que  de  perlo  e  d'esmeraudo, 

M'enveudriéu,  iéu  la  rèiuo,  i  Baus,  moun  paure  endré! 

21  Di  Baus  fariéu  ma  capitale! 
^^*  Sus  lou  roucas  que  iuei  rebalo, 

De  nòu  rebastiriéu  noste  vièi  castelas: 

l'apoundriéu  uno  tourrello 
*^^  Qu'emé  sa  pouncho  blanquinello 

Ajougneguèsse  lis  estello! 
E  pièi,  quand  voudriéu  un  pauquet  de  soûlas, 

H8        22     Au  tourrîhoun  de  ma  tourriho, 

Sènso  courouno  ni  mantiho, 
Souleto  emé  moun  prince  amaricu  d'escala. 
^^^  Souleto  em'  eu,  sarié,  ma  fisto! 

Cause  de  bon  e  de  requisto. 

Peralin  de  perdre  sa  visto, 
^^^      Contre  lou  releisset  couide  à  couide  apiela!» 


»*o  Baus.    Voy.  I,  67  note. 


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hk  debcoucodnadO.  49 

23  De  yèire  en  plen»,  fasié  Clemènço, 
«Moan  gai  reiaume  de  Prouvènço 

^^''      Coume  un  claue  d'arangié  davans  iéu  s'espandi; 

E  sa  mar  bluio  estalouirado 

Souto  si  colo  e  si  terrado, 
'•^  E  li  grand  barco  abandeirado, 

Poujanto  à  plen  de  vélo  i  pèd  dóu  Castèu  dl; 

24  E  Ventour  que  lou  tron  labouro, 
163  Ventour  que,  vénérable,  aubouro 

Subre  li  mountagnolo  amatado  souto  eu 

Sa  blanco  tèsto  fin-qu'is  astre, 
*^  Coume  un  grand  e  vièi  baile-pastre 

Qu'entre  li  fau  e  li  pinastre. 
Coûta  'mé  soun  bastoun,  countèmplo  soun  vaciéu; 

169       25    E  lou  Rose,  ounte  tant  de  vilo 

Pèr  béure  vènon  à  la  filo 
En  risènt  e  cantant  s'amouiTa  tout-de-long, 
^**'*  Lou  Rose,  tant  fier  dins  si  ribo, 

E  qu'Avignoun  tant-lèu  arribo, 

Counsènt  pamens  à  faire  gibo 
1"^      Pèr  veni  saluda  Nosto-Damo  de  Dom; 


"»  Castèu  d'I,  le  Château  d'If,  illustré  par  Al.  Dumas  dans 
Monte 'Christo,  donjon  construit  en  1529  et  qui  a  servi  de  prison 
d'État.  Ses  cachots  ont  abrité  entre  autres  le  mystérieux  Masque  de 
fer,  Mirabeau  et  Philippe  Égalité.  H  se  trouve  sur  la  petite  île  d'If 
devant  le  port  de  Marseille. 

"■  Lou  Ventour  (Le  Ventour  ou  Ventoux),  haute  montagne  à 
48  kilomètres  au  nord-est  d'Avignon,  s'élevant  tout-à-coup  à  1911  m. 
au-dessus  du  niveau  de  la  mer,  isolée,  escarpée,  visible  de  40  lieues, 
couronnée  de  neige  durant  six  mois  de  l'année.  Un  de  ses  appendices 
porte  le  nom  de  Ventouret,  et  un  certain  vent  du  nord  la  Ventoureso 
(voy.  V,  2),  parce  qu'il  vient  de  ce  côté.  Le  mont  Ventour  est  le  théâtre 
de  Tépopée  de  M.  F.  Gras:  Li  Carbounié,  Avignon  1876. 

"*  Nosto-Damo  de  Dom  (Notre-Dame  de  Dom),  cathédrale 
d'Avignon,  église  romane,  du  15«  siècle,  située  sur  le  Rocher  de  Dom 
{de  Domo\  promontoire  qui  domine  Avignon  et  au  pied  duquel  roulent 
les  flots  d'un  bras  du  Rhône. 

4 


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50  GANT   TBE8E1Î. 

26  E  la  Durènço,  aquelo  cabro, 
Alandrido,  feroujo,  alabro, 

^*^^      Que  rousigo  en  passant  e  cade  e  rebaudin, 
Aquelo  chato  boulegueto 
Que  vèn  dóu  pous  'mé  sa  dourgueto 

^81  E  que  degaio  soun  eigueto 

En  jougant  'mé  li  chat  que  trovo  pèr  camin.» 

27  Tout  en  disent  eiçò,  Clemènço, 
^^               La  gènto  rèino  de  Prouvènço, 

Quitè  sa  cadiereto,  e  dins  lou  canestèu 

Anè  vuja  sa  faudadouno. 
^^'^  Azalaïs,  bruno  chatouno, 

Emé  Yíóulano,  sa  bessouno, 
(Que  si  gèut  d'Estoubloun  menavon  lou  castèu), 

^^       28    Azalaïs,  bruno  chatouno, 

Emé  Vióulano,  sa  bessouno, 
Au  Mas  di  Falabrego  ensèn  venien  souvent. 

^•5  L'Amour,  aquéu  terrible  glàri 

Qu'is  amo  tèndro  e  nouvelàri 
Se  plais  qu'à  faire  de  countràri, 

196      l'avié  donna  d'ardour  pèr  lou  même  jouvènt. 

29     Azalaïs  levé  la  tèsto: 

«Piheto,perqué  sian  en  fèsto, 
^^      Meten>,  dis,  «qu'à  moun  tour  fugue  la  rèino,  iéu! 
E  que  Marsiho  emé  si  vélo, 
E  la  Cióutat,  que  ris  em'  elo, 


"•  Estoubloun  (Estoublon),  château  près  de  Font-VieUle  (voy.  I, 
163  note),  dans  les  Bouches  du  Rhône. 

"^'  La  Ciôutat  (La  (^iotat),  ville  prospère  de  13000  hab.  sur  le 
golfe  des  Lèques  (Méditerranée)  qui  a  remplacé  rancienue  colonie  mas- 
saliote  de  Citharista.  Son  port  se  livre  surtout  à  la  pêche  et  en  parti- 
culier à  la  pêche  du  corail. 


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LA   DE8C0UG0UNAD0.  51 

^^  Emé  Seloun  e  sis  amelo, 

Bèu-Caire  emé  soun  Pratj  tout  acò  fugue  raiéu!» 

30     «  «Damiseleto  e  bastidano, 
**^  D'Arle,  di  Baue,  de  Barbentano,»» 

Diriéu,  ««à  moun  palais  landas  coume  d^aucèu! 
Vole  chausi  li  sèt  pu  belle, 
^^  E  pesaran  dins  rarchimbello 

L'amour  que  troumpo  o  que  barbèlo . . . 
Oaiamen,  tóuti  sèt,  venès  teni  counsèu! 

^^*        31     N'  i'a  pas  pèr  èstre  maucourado, 

Se  i'a  'n  parèu  que  bèn  s'agrado, 
Que,  la  mita  dóu  tèms,  noun  posque  s'aparia? 
^^^  Mai  iéu,  Azalaïs  la  rèino, 

Dins  moun  empèri,  malapèino! 

De  quauco  injuste  e  laido  gèino 
**''      Se  jamai  un  parèu  se  vèi  countraria, 

**  Seloun  (Salon),  petite  ville  prospère  d'env.  11000  hab.,  située 
dans  la  Cran,  patrie  d'Ad.  de  Craponne,  Tingénienr  qui  comméiiça  les 
(banaux  d'irrigation  de  la  Cran,  et  de  Orousillat,  poète  de  Provence 
(v.  VI,  961  note).  Salon  a  encore  des  restes  de  remparts  et  un  château, 
du  14«  siècle,  actuellement  converti  en  caserne. 

*"  Bèu-Caire  (Beaucaire),  théâtre  de  la  chantefable  d'Aucassin 
et  Nicolette,  ville  rivale  de  Tarascon  sur  le  Rhône,  popularisé  par 
A.  Daudet  dans  ses  Tariarinades,  doit  son  nom  (bellum  qùadrum)  au 
château  dont  les  restes  la  dominent,  surtout  une  grosse  tour  qu'on  voit 
déjà  du  fameux  pont  suspendu  qui  de  Tarascon  conduit  â  Beaucaire. 
La  célèbre  foire  de  Beaucaire,  dans  la  seconde  quinzaine  de  juillet, 
peinte  par  Mistral  dans  le  10«  chant  de  son  Poème  du  Rhône  (Paris 
1897),  a  perdu  beaucoup  de  son  ancienne  importance.  Près  de  la  ville 
qui,  dans  ses  ruelles  étroites,  a  gardé  un  caractère  tout  médiéval,  et 
qui  compte  aujourd'hui  à  peu  près  9000  habitants,  commence  le  canal 
de  Beaucaire,  long  de  (lus  de  50  kil.,  qui  relie  le  Rhône  à  la  Méditer- 
ranée près  d'Aigues-Mortes  (v.  IV,  ;^36).  —  Lou  Prat  (le  Pré)  de  Beau- 
caire est  le  terrain  où  se  tient  la  foire. 

*•*  Bastidano,  habitante  d'une  hastido.    Cf.  I,  1  note. 

**  Barbeîttano  (Barbentane) ,  bourg  d'env.  3000  hab.  dans  le 
voisinage  d'Avignon,  situé  sur  un  rocher,  avec  une  belle  tour  du 
16«  siècle. 

4* 


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52  CA.NT   TRE8BN. 

32  AU  tríbunau  di  sèt  chatouno 
Trouvara  lèi  que  ié  perdouno! 

220      Pèr  jouièu  o  pèr  or,  de  sa  raubo  d'ounour 
Quau  fara  pacfae;  à  sa  mestresso 
Quau  fara  'scorno  vo  treitesso, 
223  Au  tribunau  di  sèt  beilesso 

Trouvaran  lèi  terriblo  e  venjanço  d'amour! 

33  E  quand  pèr  uno  se  rescontro 
22«  Dous  calignaire;  vo,  pèr  contro 

Quand  se  vèi  dos  chatouno  amourouso  que  d'un, 
Vole  que  lou  counsèu  désigne 
229  Quau  miés  ame,  quau  miés  caligne, 

E  d'èstre  ama  quau  es  pu  digne. 
Enfin,  e  pèr  coumpagno  au  bèu  damiselun, 

2^2        34     Sèt  felibre  vole  que  vèngon; 

E,  'mé  de  mot  que  s'endevèngon 
E  mounte  enaussaran  lou  noble  roudelet, 

285  YqIq  qu'escrigon  sus  de  rusco 

0  sus  de  fueio  de  lambrusco 
Li  lèi  d'amour;  e  tau  di  brusco 

28®      Lou  bon  mèu  coulo,  tau  van  coula  si  coublet.»» 

35     Antan,  di  pin  souto  lou  tèume, 
Ansin  Faneto  de  Gantèume 


•»•  Sèt  felibre,  Voy.  Introd.  p.  xi  et  xx.  Le  mot  felibre  a  ici  le 
sens  plus  général  de  poète.  Le  nombre  sept,  à  cause  dn  nombre  des 
Sept  de  Font-Ségugne,  est  resté  sacré  pour  tout  le  Félibrige. 

•*<>  Faneto  de  Gantèume,  Estéfanette  ou  par  abréviation  Fanette, 
de  la  noble  famille  des  Gantelme,  présidait,  selon  une  tradition,  vers 
1340,  la  Cour  d^ Amour  du  château  de  Romanin,  près  de  Saint -Remy 
de  Provence  (voy.  242  note),  ensemble  avec  sa  nièce,  la  célèbre  Laure 
de  Pétrarque.  Notre  auteur  Ta  ressuscitée  pour  un  moment  dans  sa 
vision:  Roumanin  {Iscïo  d'or,  Paris  1889,  p.  274  ss.).  On  sait  que  ces 
Cours  d'amour,  assises  poétiques  où  les  dames  les  plus  nobles,  les  pins 
belles,  les  plus  savantes  en  gai'8àbeì\   auraient  jugé  des  questions  de 


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LA   DB8C0UC0UKAD0.  53 

^*^      Dévié  parla  segur,  quand  soun  front  estela 
De  Boumanin  e  dis  Aupiho 
Ënluminayo  li  mountiho; 

galanterie  et  des  litiges  d'amour,  n'ont  probablement  jamais  existé  que 
dans  des  fictions  poétiques.  Le  point  de  départ  de  ces  fictions  se  trouve 
dans  les  tenzos  ou  disputes  poétiques  des  troubadours  qui  en  appelaient, 
du  moins  pour  la  forme,  au  jugement  de  nobles  dames  particulièrement 
célèbres  par  leur  esprit  et  leur  beauté.  C'était  une  manière  de  leur 
rendre  hommage  ;  mais  on  n'a  aucune  preuve  authentique  que  ces  juge- 
ments aient  été  réellement  prononcés,  surtout  de  la  manière  solennelle  et 
quasi'  officielle  que  le  fait  supposer  la  tradition  moderne,  presqu 'unique- 
ment basée  sur  une  invention  spirituelle  du  compatriote  de  notre  poète, 
J.  de  Nostradame ,  auteur  d'un  livre  très  fantaisiste  :  Les  vies  des  plus 
célèbres  et  anciens  poètes  provençaux,  Lyon  1575.  Voy.  Rajna,  Le  Corti 
d'Amorey  Milan  1890,  et  Crescini,  Per  la  questione  délie  corti  d^amore, 
Padoue  1891;  et  cf.  G.  Paris,  Bomania^  XX  (1891),  636.  On  comprend 
que  Mistral  se  soit  emparé  avec  plaisir  de  cette  tradition  qui,  de  nos 
jours,  dans  les  Cours  d'amour  des  félibres,  a  reçu  une  réalisation  in- 
contestable, mais  différente  de  ce  qu'on  racontait  des  Cours  d'amour 
du  moyen-âge. 

•*•  Boumanin  (Romanin;  voy.  la  note  précédente),  ch&teau  autre- 
fois célèbre,  sur  le  revers  des  Alpilles,  à  une  heure  environ  de  Saint- 
Remy.  De  cette  construction  jadis  fort  belle,  il  ne  reste  plus  que 
quelques  ruines.  «Après  avoir  suivi,  entre  des  yeuses  rabougris,  mal 
venus  et  clair-semés,  le  chemin  qui  arrive  au  pied  de  la  montagne,  vous 
prenez  un  sentier  abrupt,  escarpé,  pierreux,  bordé  d'asperges  sauvages, 
de  touffes  de  chèvre-feuilles,  de  ronces,  de  thyms,  de  serpolets,  de  la- 
vandes-spic,  de  buis-nains,  d'ajoncs  épineux,  etc...  qui  vous  conduit  à 
travers  des  tertres  stériles  et  rouge&tres  là-haut  devant  les  ruines.  Des 
murailles  démolies,  un  reste  de  donjon,  assez  bien  conservé,  et  percé 
d'étroites  fenêtres,  c'est  à  peu  près  tout  ce  qui  reste  de  l'extérieur. 
Entrons  :  Une  large  brèche  faite  dans  le  mur  laisse  pénétrer  le  touriste 
dans  la  première  salle  :  là  souffle  et  gémit  le  vent  du  Nord ,  visiteur 
assidu  des  tours  élevées.  Une  autre  salle  voûtée,  un  four  en  briques  à 
peu  près  démoli,  une  citerne  en  assez  bon  état  de  conservation,  quatre 
ou  cinq  marches  d'escalier  en  pierre  dure. . . .  Voilà  tout  ce  qui  reste 
actuellement  de  cet  ancien  rendez-vous  des  troubadours.»  M.  Girard, 
Lis  Aupiho  (Avignon  1878),  p.  200.  —  Aupiho,  Alpilles,  petite  chaîne  de 
montagnes  an  nord -est  d'Arles,  entre  le  Khône  et  la  Durance,  où  sont 
des  carrières  de  pierre  déjà  exploitées  par  les  Romains  pour  les  édifices 
d'Arles. 


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54  CANT   TRES  EN. 

^^^  Ansin  la  Coumtesso  de  Dio, 

Quand  tenié  court  d'amour,  segur  dévié  parla. 

36     Mai,  à  sa  man  tenònt  un  fiasco, 
*^'  Belle  courae  lou  jour  de  Pasco, 

Dins  la  chambre  di  femo,  en  aquéu  tèms  d^aqui, 
Mirèio  èro  tourna  vengudo: 
250  «An!  se  fasian  une  begudo! 

Acò  'sgaiejo  la  batudo>, 
Faguè;  «femo,  aparas,  ayans  de  persegui!> 

258  37     E  (JÓU  flasquet  bèn  garni  d'aufo, 

La  liquoureto  que  rescaufo, 
Dins  la  tasso,  à-de-rèng,  raie  coume  un  fiéu  d'or. 
256  «léu  l'ai  facho,  aquelo  menèstro. 

Digue  Mirèio;  «s'amajèstro 
Quarante  jour  sus  la  fenèstro, 

259  pèr  fin  que  lou  soulèu  n'adoucigue  lou  fort. 

38     Ta  de  très  erbo  de  mountagno; 
E  lou  sumoustat  que  li  bagno 
2*2      N'en  garde  une  senteur  qu'embaimo  l'estouma.» 
«Mai,  que!  Mirèio»,  veici  qu'une 
Vèn  à-n-aquesto,  «ve,  chascuno, 
2*^  8e  quauque  jour  èro  en  fourtuno, 

Nous  a  di  ço  que,  rèino,  aurié  lou  mai  ama; 


■"  La  Coumtesso  de  Dio,  la  Comtesse  de  Die,  célèbre  trouveresse 
du  douzième  siècle  (1139—85).  dont  il  nous  reste  quatre  chansons  conte- 
nant des  élans  plus  passionnés  et  plus  voluptueux  que  ne  les  offrent 
généralement  les  poésies  des  troubadours.  En  1888,  les  félibres  ont 
dressé  son  buste,  œuvre  de  M"»»  C'iovis  Hugues,  à  Die,  actuellement 
chef-lieu  d'arr.  de  la  Drôme  (env.  4()00  hab.).  Cf.  0.  Schultz,  Die  pro- 
venzalischen  Dichierinnen,  Leipzig  1888,  et  Sernin  Santy,  La  Comtesse  de 
Die.  Paris  1893.. 

niyet  ji  s'agit  de  la  Uquour  de  fenèstro^  ainsi  nommée  parce  qu^on 
l'expose  au  soleil  pendant  40  jours  sur  la  fenêtre  du  logis.  C'est  de 
l'eau -de -vie  dans  laquelle  on  fait  macérer  des  plantes  aromatiques, 
telles  que  sauge,  verveine,  lavande,  etc. 


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LA    DESGOUCOUNADO.  55 

39     Tu  peréu,  digo  lèu,  Mirèio, 
268  Digo-nou8  tambèn  toun  idèio!» 

«Que  voulès  que  voue  digue?  .  .  Urouso  emé  mi  gènt, 
  noste  mas  de  Crau  countènto, 
^*  l'a  pas  rèn  autre  que  me  tènto.» 

«Ah!»  faguè  'lor  uno  jouvènto, 
«Verai,  ço  que  t'agrado  es  ui  d'or  ni  d'argent! 

^^        40    Mai,  un  matin,  iéu  m'ensouvène  . . . 

(Perdouno-me,  se  noun  lou  tène, 
Mirèio!).  èro  un  dimars;  veniéu  de  buscaia; 
-'*'  Coume  anave  èstre  à  la  Crous-Blanco, 

Emé  moun  fais  de  bos  sus  l'anco, 

T'entre-veguère,  dins  li  branco, 
2^      Que  parlaves  em'un,  proun  escarrabiha! . , .» 

41  «Quau?  quauP»  cridèron.  «De  mounte  èro?» 
«Emé  lis  aubre  de  la  terro», 

Nourado  respoundè,  «destriave  pas  bèn; 

Mai,  se  noun  troumpo  lou  parèisse, 

Me  semblé  bèn  de  recounèisse 

Aquéu  que  li  panié  saup  tèisse, 
Aquéu  Valabregan  que  ié  dison  Vincèn.» 

42  «Oh!  la  capouno,  la  capouno!» 
2®*                Esclafiguèron  li  chatouno. 

«Avié'nvejo,  parèis,  d'un  poulit  gourbelin, 
E  i'a  fa  'ncrèire  au  panieraire 
2^  Que  lou  voulié  pèr  calignaire! 

Oh!  la  pu  belle  dóu  terraire 
Qu'a  chausi  pèr  galant  Yincèn  lou  rampelin!» 

2«5        43    E  la  galejavon.    Tout-d'uno, 
E  sus  la  caro  de  caduno 


28S 


286 


*"  Orou^'Blanco  (Croix  Blanche),  nom  que  portent  certaines  croix 
scnlptées  en  pierre  blanche  et  qui  sont  plantées  à  certains  carrefours 
de  route.  A  Maillane,  il  y  a  une  croix  de  ce  nom,  sur  la  route  de 
Tarascon.  C'est  à  elle  que  notre  poète  aura  pensé,  en  écrivant  ce  vers. 


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56  CANT   TRBSEN. 

Permenant  tout  autour  un  regard  de  galis: 

2^8  «Malavalisco  à  vàutri,  pèco!» 

Faguè  Taven.    «Que  la  Roumèco 
YouB  rendeguèsse  tóuti  mèco! 

301      Passarié  lou  bon  Dieu  dins  soun  camin  d'Alis, 

44  Que  se  n'en  trufarien,  esturto! 
D'aquéu  Vincèn,  à  toute  zurto, 

3^      Es  bèu,  parai?  de  rire! . . .  E  sabès  ço  que  tèn, 
Paure  que  paure?...  Ausès  Touracle: 
Même  davans  soun  tabernacle, 

^'^  Dieu,  une  fes,  moustrè  miracle! 

Vous  lou  pode  afourti,  s'es  passa  de  moun  tèms. 

45  Ero  un  pastre:  toute  sa  yido, 
810               L'avié  passade  assóuvagido, 

Dins  Taspre  Leberoun,  en  gardant  soun  avé. 


'**  La  Roumèco  (La  Roumèqae),  monstre  imaginaire  dont  on  fait 
peur  anx  enfants.  Le  marqais  de  Lafare-Alais  (1791 — 1816),  dans  sa 
poésie  La  Roumèquo  {Castagnudos,  p.  203),  la  comparant  à  d'aatres 
monstres  dn  même  genre,  dit: 

Mais  la  pns  orro  de  la  colo, 
La  pn  michanto  et  la  pu  folo, 
La  pn  consino  de  Tanfer, 
La  snr  de  Nemesis  la  grèqno, 
Fooa-ti  la  nonma?  ...  La  Roumèquo. 

(Mais  la  plus  horrible  de  la  bande,  la  plus  méchante  et  la  plus 
folle,  la  plus  parente  de  l'Enfer,  la  sœur  de  Nèmésis  la  grecque,  faut-il 
la  nommer?  -—  La  Roumèque.) 

et  il  continue:         Sus  vint  arpo  d'aragno 

S'escasso  soun  cors  brun  . .  . 
Soun  ventre  que  regagne, 
De  fèbre  e  de  magagno 
Suso  l'orre  frescun. 

(Sur  vingt  pattes  d'araignée  est  porté  son  corps  brun  ;  son  ventre 
proéminent  sue  l'horrible  odeur  de  fièvres  et  de  maladies.) 

•"  Leberoun  (Lébèron),  chaîne  de  montagnes  peu  élevées  du  dé- 
partement de  Vaucluse. 


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LA   DB8C0UC0UNAD0.  57 

Enfin,  de-vers  lou  cementèri 
3*3  Sentent  plega  soun  cors  de  fèrri, 

A  l'ermitan  de  Sant  Ouquèri 
Vouguè  se  counfessa,  coume  èro  soun  devé. 

3^®       46     Soûl,  esmarra  dins  la  Vau-Masco, 

Desempièi  si  proumiéri  pasco, 
Dins  glèiso  ni  capello  avié  plus  mes  li  pèd; 
*^^  l'avié  passa  de  la  memori 

Même  sis  ouro  ! . . .  De  sa  bòri 

Eu  mountè  doimc  à  l'ermitòri, 
^*      E  davans  Termitan  jusqu'au  sou  se  courbé. 

47  ««De  que  vous  acusas,  moun  fraire?»» 
Digue  lou  capelan.   ««Pecaire!>» 

*2^      Respoundeguè  lou  vièi,  ««iéu  m'acuse  qu'un  cop, 

Dins  moun  troupèu,  un  galapastre 

(Qu'es  un  aucèu  ami  di  pastre) 
3^  Voulastrejavo  . . .  Pèr  malastre 

Tuère  em'un  caiau  lou  paure  guigno-co!»» 

48  ««Se  noun  lou  fai  à  bel  esprèssi, 
3^^                Âquel  ome  dèu  èstre  nèsci!»» 

Pensé  l'ermito  .  .  .  E  Iéu  roumpént  la  counfessioun  : 

««Anas  penja  su  'quelo  barro»>, 
^^  lé  fai  en  estudiant  sa  caro, 

««Voste  mantéu,  que  iéu  vau  aro, 
Moun  fraire,  vous  doima  la  santo  assoulucioun.»> 

ss*^    49     Aquelo  barro  que  lou  préire, 

Pér  lou  prouva,  ié  fasié  véire, 
Èro  un  rai  de  souléu  que  toumbavo  en  galis 
s-io  Dins  la  capello.  De  sa  jargo 

Lou  bon  viéi  pastre  se  descargo, 

»"  L'ermitage  de  S.  Ouquèri  (Saint  Eucber)  se  trouvait  dans  les 
montagnes  du  Lèbèron  (voy.  311  note). 

•*•  VaU'Masco  (Valmasque),  vallée  du  Lébéron,  habitée  jadis  par 
les  Yaudois. 


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58  OANT   TRE8EN. 

E,  creserèu,  en  Ter  la  largo  .  .  . 
3*^      E  la  jargo  teuguè,  pendoulado  au  rai  lise! 

50  <<Oine  de  Diéu!>»  cridè  Termito  .... 
E  tout-d^un-tèms  se  précipite 

^^^      I  geinouD  dóu  sant  pastre,  en  pleurant  soun  sadou: 
««léu,  se  pòu-ti  que  vous  assòugueP 
Âh!  de  mis  iue  que  Taigo  plòugue, 
'*•  E  sus  iéu  vosto  man  se  mòugue, 

Que  vous  sias  un  sautas,  e  iéu  un  pecadou!»> 

51  E  Taven  finiguè  soun  dire. 
^^^  I  chato  avié  coupa  lou  rire. 

«Acò  mostro,  Laureto  alor  ajusté  'nsin, 
«Acò  mostro,  e  noun  lou  countésti, 
^^  Que  noun  fau  se  trufa  dóu  yiésti 

E  que  de  tout  peu  bono  bésti  .... 
Mai,  chato,  revenen.  Goume  un  gran  de  rasin, 

3M        52     Nosto  jouineto  majouralo. 

Ai  vist  que  venié  vermeialo, 
Tant  léu  que  de  Yincén  lou  dous  noum  s^es  ausi;  . 
3«!  l'a  mai  que  mai  !  . .  .  Vejan  !  poulido, 

Quant  duré  de  téms  la  culidoP 

En  estent  dous,  Touro  s'óublido, 
^^      Es  que,  'mé  'n  calignaire,  avès  toujour  lesi!...> 


***  La  légende  du  Sant  Pastre  (saint  p&tre)  a  été  racontée  bien 
des  fois  à  M.  Mistral  pendant  son  enfance.  Elle  est  particulière  à 
son  pays.  L'épisode  d'nn  manteaa  (ou  d'an  chapeau)  accroché  à  un 
rayon  de  soleil  se  retrouve  dans  les  légendes  d'autres  saints. 

•**/*  -^c^  mostro  . .  . 

Que  noun  fau  se  trufa  dôu  vi^sti 
E  que  de  tout  peu  bono  besti 

(Cela  montre  . .  .  qu'il  ne  faut  point  se  moquer  de  Thabit  et  qu'il 
y  a  bonne  bête  de  tout  poil), 

dictons  populaires,  (^f.  le  prov.  vieux  français:  On  ne  cognoist  pas  ies 
gens  aux  robbes,  ne  les  chiens  aux  poilz,  et  le  proverbe  provençal:  Fau 
pas  juja  H  gi-nl  per  la  mino ,  répété ,  avec  une  variante  insignifiante 
dans  notre  poème,  VIT,  225. 


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LA    DESCOUCOUlîADO.  59 

53  «Trayaias,  descoucouDarello! 

W  i'a  panca  proun,  galejarello?» 
^*'      Mirèio  respoundè;  «farias  dana  li  sant! 

Oh!»  dis,  «mai  vès!  pèr  vous  counfoundre 

Pulèu  que  de  me  vèire  apoundre 
*^®  A-n-un  marit,  me  vole  escoundre 

En  un  couvent  de  mourgo,  à  la  flour  de  mis  an.» 

54  «Tan-deran-lan  !  tan-deran-lèron  !» 
3"^^               Tóuti  li  chato  ensèn  cantèron. 

Anen  !  eiçò  sara  la  bello  Magali, 

Magali,  que,  dóu  grand  esglàsi 
^^  Qu'avié  pèr  Tamourous  estàsi. 

En  Arle  au  couvent  de  Sant-Blàsi, 
Toute  vivo,  amè  mai  courre  s'enseveli. 

3'^*        55    Noro,  an!  dau!  tu  que  tant  bèn  cantes. 
Tu  que,  quand  vos,  Tausido  espantes, 
Canto-ié  Magali,  Magali  qu'à  l'amour 

^^  Escapavo  pèr  milo  escampo, 

Magali  que  se  fasié  pampo, 
Aucèu  que  volo,  rai  que  lampo, 

^^      E  que  toumbè  pamens,  amourouso  à  soun  tour.» 

56     «0  Magali,  ma  tant  amadol ...» 

Coumencè  Noro;  e  l'oustalado 
L  l'obro  redoublé  de  gaieta  de  cor; 
E  coume,  quand  d'uno  cigalo 
Brusis  la  cansoun  estivalo, 
^^  En  Cor  tóuti  reprenon,  talo 

Li  ^hatouno  au  refrin  partien  tóutis  en  Cor. 


388 


•"  Lùu  cornent  de  Sant-Blàsi  (Le  couvent  de  Saint-Biaise),  couvent 
de  femmes  qui  existait  autrefois  à  Arles. 


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60  CANT   TRE8EN. 


MAGALI 

I     «0  Magali,  ma  tant  amado, 
3^*  Mete  la  tèsto  au  fenestroun! 

Escouto  UD  pau  aquesto  aubado 
De  tambourin  e  de  vióuloun. 

^^'^  Es  plen  d'estello,  aperamount! 

L'auro  es  toumbado, 
399  Mai  lis  estello  paliran, 

Quand  te  yeiran!> 

II     «Pas  mai  que  dóu  murmur  di  broundo 
*^  De  toun  aubado  iéu  fau  cas! 

Mai  iéu  m'envau  dins  la  mar  bloundo 
Me  faire  anguielo  de  rouca8.> 

^^  «0  Magali!  se  tu  te  fas 

Lou  pèis  de  Toun  do, 
Iéu,  lou  pescaire  me  farai, 
*^  Te  pescarai!» 


''*  La  chanson  de  Magali,  anjonrd'hni  si  populaire  en  Provence, 
est  nne  variante  des  chansons  populaires  à  transformations  dont  M. 
Maass,  /.  c,  p.  61  ss.,  mentionne  un  certain  nombre.  D'après  les  com- 
munications faites  par  M.  F.  Vidal,  Revue  Félibréenne  1885,  p.  202  ss., 
M.  Mistral  a  mis  à  profit  nne  chansonette  très  répandae  dn  temps  de 

sa  jennesse  : 

Margarido,  ma  mio, 

Margarido,  mis  amoar, 
Eiço  soan  lis  anbado 
Que  se  tocon  pèr  vous 

(Marguerite,  m'amie,  Marguerite,  mon  amour,  voici  les  aubades 
qui  se  donnent  pour  vous) 

et  a  emprunté  Tair,  que  nous  donnons  à  la  fìn  du  volume,  à  un  nommé 
J.  Roussière,  palefrenier,  qui  le  chantait  sur  un  autre  texte.  —  V.  383 
mentionne  une  transformation  en  pampo  (pampre)  dont  le  texte  de  M. 
Mistral  ne  porte  rien.  —  Sur  la  versification,  voy.  Introd.  p.  xxxdl 


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LA   DBaCOUCOUNADO.  61 

Il     <0h!  mai,  se  tu  te  fas  pescaire, 
Ti  Tertoulet  quand  jitaras, 
■*^i  léu  me  farai  l'aucèu  voulaire, 

M'envoularai  dins  li  campas.  > 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
^^*  L'aucèu  de  Taire, 

léu  lou  cassaire  me  farai, 
Te  ca88arai.> 

'♦^'^        IV     «I  perdigau,  i  bouscarido, 

Se  vènes,  tu,  cala  ti  las, 

léu  me  farai  l'erbo  flourido 
^^^  E  m'escoundrai  dins  li  pradas.» 

«O  Magali,  se  tu  te  fas 
La  margarido, 
^^  léu  Taigo  lindo  me  tarai, 

T'arrousarai.» 

Y     «Se  tu  te  fas  Teigueto  lindo, 
**®  léu  me  farai  lou  nivoulas, 

E  lèu  m'enanarai  ansindo 
A  TAmerico,  perabas!» 

48«  «0  Magali,  se  tu  t'envas 

Alin  is  Indo, 
L'auro  de  mar  iéu  me  farai, 
^^  Te  pourtarai!» 

Ti     «Se  tu  te  fas  la  marinade, 

léu  fugirai  d'un  autre  las: 

*'^^  léu  me  farai  l'escandihado 

DÓU  grand  soulèu  que  found  lou  glas!» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
-^^^  La  souleiado, 

Lou  verd  limbert  iéu  me  farai, 
E  te  béurai!> 


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62  CANT  TKB8KN. 

^^       VII     «Se  tu  te  rendes  Palabreno 

Que  se  rescound  dins  lou  barias, 
léu  me  rendrai  la  luno  pleno 

^**  Que  dins  la  niue  fai  lume  i  masc!» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
Luno  sereno, 
^^'*  léu  belle  nèblo  me  farai, 

T'acatarai.» 

VIII     «Mai  se  la  nèblo  m'enmantello, 
^^  Tu,  pèr  acò,  noun  me  tendras; 

léu,  bello  roso  vierginello, 
M^espandirai  dins  Pespinas!» 

4W  cO  Magali,  se  tu  te  fas 

La  roso  bello, 
Lou  parpaioun  iéu  me  farai, 
^^^  Te  beisarai.» 

IX     «Vai,  calignaire,  courre,  courre! 
Jamai,  jamai  m^agantaras. 
Iéu,  de  la  rusco  d'un  grand  roure 
Me  vestîrai  dins  lou  bouscas.» 


459 


«0  Magali,  se  tu  te  fas 
4^2  L'aubre  di  mourre, 

Iéu  lou  clôt  d'èurre  me  farai, 
T'embrassarai!» 

^^^         X     «Se  me  vos  prene  à  la  brasseto, 

Rèn  qu'un  vièi  chaine  arraparas  .  .  . 
Iéu  me  farai  blanco  moungeto 

•*^®  DÓU  mounastié  dóu  grand  Sant  Blas!» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
Mounjo  blanqueto, 
4^'  Iéu,  capelan,  counfessarai, 

E  t'ausirai! 


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LA    DESCOUCOUNADO.  *  63 

57     Aqui  li  femo  ressautèron  ; 
^^^  Li  rou8  coucoun  di  man  toumbèron. . . 

E  cridavon  à  Noro:  «Oh!  digo,  digo  pièi 
Ço  que  fagnè,  'n  estent  moungeto, 
^''^  Magali,  que  déjà,  paureto! 

S'es  facho  roure  emai  floureto, 
Luno,  soulèu  e  nivo,  erbo,  auceloun  e  pèis> 

^^       58     «De  la  cansoun»,  reprenguè  Noro, 

Vous  vau  canta  ço  que  demoro. 
cN'erîan,  se  m'eusouvèn,  au  rode  ounte  elo  dis 
^®^  Que  dins  li  clastro  vai  se  traire, 

E  que  respond  Tardent  cassaire 

Que  i'  intrara  pèr  counfessaire. . . 
^^^      Mai  d'elo  tourna-mai  ausès  l'entra vadis:» 


XI     «Se  dóu  couvent  passes  li  porto, 
Tóuti  li  mounjo  trouvaras 
^^  Qu'à  moun  entour  saran  pèr  orto. 

Car  en  susàri  me  voiras!» 

«0  Magali,  se  tu  te  fas 
*^  La  pauro  morto, 

Adounc  la  terro  me  farai, 
Aqui  t'aurai:» 

*^       XII     «Aro  coumence  enfin  de  crèire 
Que  noun  me  parles  en  risènt. 
Vaqui  moun  aneloun  de  vèire 
Pèr  souvenènço,  o  bèu  jouvènt!» 


496 


«0  Magali,  me  fas  de  bèn!. 
Mai,  tre  te  vèire, 
^^  Ve  lis  estello,  o  Magali, 

Coume  an  pali!» 


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64  CAKT  TRBSEH.   LA  DE8C0UC0UKAD0. 

59    Noro  se  taiso;  res  mutavo. 
^^  Talamen  bèn  Noro  caDtavo, 

Que  lis  autro,  enterîn,  d'un  clinamen  de  froot 
L^acoumpagnavon,  amistouso: 
^^  Coume  li  mato  de  moutouso 

Que,  penjouleto  e  voulountouso, 
Se  laisson  ana  'nsèmble  au  courrènt  d'une  font. 

51«       60     «Oh!  lou  bèu  tèms  que  fai  deforo!» 
En  acabant  ajusté  Noro... 
«Mai  déjà  li  segaire,  à  Taigo  dóu  pesquié, 

*i'^  De^'si  daioun  lavon  la  goumo. . . 

Cuei-nous,  Mirèio,  quàuqui  poumo 
Di  sant-janenco,  e  'mé  'no  tourne 

^^^      Nautre  anaren  gousta  sont  li  falabreguié.» 


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CANT  QUATREN 

LI  DEMANDAIRE 

LpOU  tèmt  dl  vióaleto.  —  Li  pesoadoa  don  Marteirne.  —  Très  CAllgriutire  vènon  demanda 
M irèlo  :  Alàri  Ion  pastre  ;  Yeran  Ion  gardian  ;  Oarriat  Ion  toneadon.  —  Alâri,  li  oapltau 
d'are.  —  La  tonndesonn.  —  Viito  d'nn  esoabot  qne  davalo  dis  Anp,  anank  en  Wer- 
nage.  -  Entre-Tieto  d' Alàri  «mé  Mlrèlo.  —  Lie  Antloo  de  Sant-Roamlé.  »  Liéorèlo 
don  pastre,  Ion  ooacoarelet  de  booii  eeorineela.  —  AlÀrl  ee  ohabl.  —  Lon  gardian 
Yeran.  —  Li  eaTalo  blaneo  de  Camargo.  —  Yeran  demande  Mirèio  à  Mèete  Ramoon. 
Lon  Tièl  Ion  reçaup  en  grand  Joio,  Mirèio  lou  refaso.  —  Oarriae,  Ion  donmtaire  de 
tan.  —  Li  bran  nègre  eóuTage.  —  La  Ferrado.  —  Ourriat  e  Mirèio  à  la  font.  —  Loa 
toQcadon  ee  chabi. 

1  Vèngue  lou  tèms  que  li  vióuleto, 
Dins  li  pradello  frescouleto, 

^        Espelisson  à  flo,  manco  pas  de  parèu 

Pèr  ana  li  cueie  à  l'oumbrino! 

Vèngue  lou  tèms  que  la  marino 
*  Âbauco  sa  fièro  peitrîno 

E  respire  plan-plan  de  tóuti  si  mamèu, 

2  Manco  pas  bèto  e  sisselando 

^  Que  dóu  Martegue,  à  bèlli  bando, 

S'envan  de  si  paiolo  embourgina  lou  pèis, 
8'envan,  sus  l'alo  de  si  remo, 
*-  Escampiha  sus  la  mar  semo. 

Vèngue  lou  tèms  qu'entre  li  femo, 
L'eissame  di  chatouno  e  flouris  e  parèis, 


•  Sisselando,  grande  barque  non  pontée,  usitée  sur  le  Rhône. 
^  Mai-Ugue,  voy.  I,  290  note. 


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66  CANT   QUATRBN. 

^5  3     Que  pastourello  vo  coumtesso 

Prenon  reDoum  de  poulidesso, 
Manco  pas  calignaire,  eo  Crau  e  i  castelas; 

^8  E  rèn  qu'au  Mas  di  Palabrego 

N'en  venguè  très:  un  gardian  d'ego, 
Un  peissejaire  de  junego, 

21       Ein'  un  pastre  d'avé,  tóuti  très  bèu  droulas. 

4  Venguè  proumié  lou  pastre  Alàri. 
Dison  qu'avié  milo  beatiàri 

24       Arrapa,  tout  l'ivèr,  long  dóu  clar  d'Entressèn. 

I  boni  bauco  salabrouso. 

Dison  qu'eiça  quand  lou  blad  nouso, 
27  Dins  li  grandis  Aup  fresqueirouso 

Éu-meme  li  mountavo,  entre  que  Mai  se  sent. 

5  Dison  peréu,  —  e  m'es  de  crèire,  — 

^  Que,  vers  Sant  Marc,  i'a  nòu  toundèire 

Que,  très  jour,  ié  toundien,  e  d'ome  renouma! 
E  iéu  noun  comte  aquéu  que  lèvo 
53  Lis  au8  de  lano  blanco  e  grève, 

Ni  lou  mendi  que  sènso  trèvo 
Carrejavo  i  toundèire  un  douire  lèu  chima. 

8®  6     Mni  quand  la  caud  pièi  s'apasimo, 

E  que  la  nèu  sus  li  grand  cimo 
■    Adeja  revouluno  i  terraire  gavot, 

®®  De  rinmènso  piano  Cravenco 

Pèr  destepa  l'erbo  ivernenco, 
Dis  àuti  coumbo  Dóufinenco 

42        Falié  vèire  descendre  aquèu  riche  escabot! 


"  E  i  ne  forment  qu'une  syllabe  et  se  prononcent  comme  la 
diphtongue  ei. 

■*  Lou  Clar  d'Entressin,  Pétang  d'Entressens,  au  milieu  de  la  Crau. 

"  Teiraire  gavot  (territoire  gavot),  généralement  la  partie  mon- 
tagneuse de  la  Provence,  la  Haute  Provence,  pays  des  montagnards 
provençaux  que  Ton  appelle,  par  dérision,  gavota,  c'est-à-dire  grossiers, 
rustres.    Il  est  très  difficile  de  savoir  exactement  quelle  partie  de  la  Pro- 


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LI  DEMANÎ)AIRfi.  6? 

7  Falié  vèire  aquelo  escarrado 
S'esperlounga  dîns  la  peîrado! 

^^       En  front  de  tout  lou  rai,  Tagnelun  proumieren 

Sautourlejo  pèr  bando  gaio. .. 

I^a  l'agnelié  que  lis  endraio. 
^*®  L'ensounaiado  bournscaio, 

E  li  poutre,  e  li  saumo,  à  bóudrc  li  seguien. 

8  D'escambarloun  dessus  la  bardo 
^^  Es  l'asenîé  que  n'a  la  gardo: 

Dins  lis  ensàrri  d'aufo,  es  éli,  sus  lou  bast, 

Eli  que  porton  la  raubiho 
^"*  E  la  berèndo  e  la  mangiho, 

E  dóu  bestiàri  que  s'espeio 
La  peu  enca  saunouso,  e  Tagneloun  qu'es  las. 

^'^  9     Capitàni  de  la  bregado, 

E  li  bano  revertegado, 
Après  venien  de  front,  en  brandant  si  rcdoun, 
^^  E  lou  regard  vira  de  caire, 

Cinq  fier  menoun  cabessejaire  ; 

Darrié  li  bòchi  vèn  li  maire, 
^^        E  li  foli  cabreto,  e  li  blanc  cabretoun. 

10     Troupo  courriolo  emai  groumando, 
Es  lou  cabrié  que  la  coumando. 
^        Li  mascle  de  l'avé,  li  grands  esparradou 

De  quau  li  mourre  en  Ter  se  drèisson, 
Dins  la  carrairo  aqui  parèisson: 
•^  A  si  grand  bano  se  counèisson, 

Très  fes  envertouiado  autour  de  Tausidou. 

vence  doit  être  attribuée  au  paya  gavot,  les  habitants  des  Basses  Alpes 
affirmant  qu'on  nomme  ainsi  leurs  voisins .  les  habitants  des  Hautes 
Alpes,  et  vice-versa.  Néanmoins  Us  Forcalquériens  (Basses  Alpes)  se 
font  une  gloire  d'être  gavots,  et  leur  plus  grand  poète,  M.  Plauchud, 
auteur  du  Diamant  de  Sant  Maime  (Forcalquier  1893Ì,  appelle  un  de 
ses  volumes  écrits  en  dialecte  forcalquiérien  :  Conte  gavouot  (Forcalquier 
1898).  Pour  notre  auteur,  les  ten-aire  gavot  paraissent  être  identiques 
avec  les  hautes  vallées  dauphinoises  {àuti  coiimho  Dôujinenco  v.  41).  . 


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68  CAlïT   QUATRE». 

11     E  peréu  (ounourable  signe 
■^2  Que  dou  troupèu  acò's  li  segne) 

An  li  costo  floucado  e  Tesquino  tambèn. 
Gamino  en  tèsto  de  la  troupo 
''^  Lou  baile-pastre,  e  de  sa  roupo 

Li  dos  espalo  s^agouloupo. 
Mai  lou  gros  de  Tarmado  arribo  d'un  tenènt. 

''^         12    E'n  uno  pousse  nivoulouso, 

E  di  proumiero  e  di  couchouso, 
Courron  lis  agnelado,  en  bramant  loungamen 

^^  Au  belamen  de  si  berouge; 

E,  lou  coutet  flouca  de  rouge, 
Ensèn  poussejon  lis  anouge 

^       E  li  móutoun  lanu  que  van  paloutamen; 

13  Li  pastrihoun  de  vòuto  en  vòuto 
E  qu'i  chin  cridon:  «A  la  vòuto!» 

^'^       E,  pega  sus  lou  flanc,  l'innoumbrable  vaciéu, 

Li  nouvello,  li  tardouniero, 

E  li  segoundo,  e  li  manière^ 
•^  E  li  fegóundi  bessouniero 

Qu'an  peno  à  tirassa  soun  ventre  empachatiéu. 

14  Escarradoun  tout  espeiòti, 
^  Entre  li  turgo,  li  vièi  mòti 

Qu'an  agu  lou  dessouto  i  batèsto  d'amour, 
Emé  11  berco  e  li  panarde, 
^  Clauson  enfin  la  rèire-gardo, 

Aret  creba,  tristo  desfardo. 
Qu'an  perdu  tout  ensèn  e  li  bano  e  Tounour. 

•^         15     E  tout  acò,  fedo  e  cabrairo, 

Tant  que  n'i'  avié  dins  la  carrairo, 
Ero  d'Alàri,  tout,  jouine  e  vièi,  bèu  o  laid... 
'^-  E  davans  eu  quand  davalavon, 

Qu'à  cha  centeno  defilavon, 
Avié  sis  iue  que  se  chalavoD. . . 
ï^      Pourtavo,  coume  un  scètro,  un  rebatun  de  plai. 
'*  Scfrne  fsenior)  se  prononce  comme  siijne  (signum). 


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U  DEMAJNDAIRB.  69 

16  E  'mé  si  blanc  chinas  de  pargue 
Que  lou  seguien  dins  li  relargue, 

'^      Li  geinoun  boutouna  dins  si  guèto  de  peu, 

E  Ter  seren,  e  lou  front  sàvi, 

L'aurias  cresu  lou  bèu  rèi  Dàvi 
1^^  Quand,  sus  la  tarde,  au  pous  dis  àvi 

Ánavo,  en  estent  jouine,  abéura  li  troupèu. 

17  «Vaqui  Mirèio  que  vanego 

'*^  Davans  lou  Mas  di  Falabrego!» 

Digue  lou  pastre.».  «Oh!  Dieu!  ûi'an  di  la  veriia: 
Ni  dins  lou  plan,  ni  sus  l'auturo, 
'^^  Ni  pèr  verai,  ni  pèr  pinturo, 

léu  n'ai  ges  rist  qu'à  la  centuro 
lé  vague,  pèr  lou  biais,  la  gràci,  la  bèuta!» 

^^        18     Que,  rèn  que  pèr  la  vèire,  Alàri 

S'èro  escarta  de  soun  bestiàri. 
Â.  dre  d'elo  pamens  quand  fugue:  «Pourriés-ti,» 
'28  lé  fai  d'une  voues  que  trémolo, 

«Me  faire  vèire  une  draiolo 

Pèr  travessa  li  mountagnolo  ? 
^**      Autramen,  chato,  ai  pou  de  pas  me  n'en  sourti!» 

19     «l'a  que  de  prene  la  drechiero, 
Yès!»  respoundè  la  masagiero, 
'*^      «E  pièi  de  Pèiro-Malo"  enregas  lou  désert, 
E  caminas  dins  la  vau  torto. 
Fin-que  vegués  uno  grand  porto, 
^82  Emé  'no  toumbo  que  suporto 

Dous  generau  de  pèiro,  eilamount  dins  lis  èr; 


^**  Pèiro-Malo  (Peyremale),  passage  des  Alpilles,  entre  Maussane, 
village  à  4  kil.  des  Baux,  et  Saint-Remy.    Voy.  III,  242  note. 

"V"*  ^"*  ^ntico  (Les  Antiques)  sont  les  deux  beaux  monuments 
romains  qui,  à  une  demi-heure  de  Saint-Remy,  s'élèvent,  à  côté  Tun  de 
Vautre,  au  pied  même  des  Alpilles,  et  qui  sont  les  restes  de  la  ville 
de  Glanum  Livii.  colonie  marseillaise  détruite  par  les  Yisigoths  en  480. 


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70  CANT   QUATRE». 

20    Es  ço  qu'apellon  lis  Aotico.» 
^3^  «Gramaci!»  lou  jouvènt  replico. .. 

Mîlo  bèsti  d'avé,  pourtant  ma  marco,  en  Crau, 
Mounton  deman  à  la  mountagno, 
^^  E  iéu  précède  la  coumpagno 

Pèr  ié  marca  dins  la  campagno 
Li  coussou,  la  couchado,  e  peréu  lou  carrau. 

^^1       21     E  tout  de  bèstio  fino!...  E  quouro 

Que  me  maride,  ma  pastouro 
Entendra  tout  lou  jour  canta  lou  roussignòu. . . 
14*  E  s'aviéu  l'ur,  belle  Mirèio, 

Que  tu  vouguèsses  ma  liéurèio, 

Te  semoundriéu,  noun  de  daurèio, 
*4^      Mai  un  vas  que  t'ai  fa,  de  bonis,  e  flame-nòu.> 

22  E  de  parla  tant-lèu  s'arrèsto, 
Coume  un  relicle,  de  sa  vèsto 

^^^      Sort  un  coucourelet  taia  dins  lou  bonis  viéu; 

Car,  à  sis  oureto  de  pauso, 

Amavo,  asseta  su  'no  lauso, 
'53  De  s'espassa  'n-aquéli  cause; 

E  rèn  qu'emé  'n  coutèu  fasié  d'obro  de  Dieu! 

23  E  d'une  man  cascareleto 
1^  Escrincelavo  de  clincleto 

Pèr  la  niue,  dins  lou  champ,  mena  soun  abeié; 

Le  premier  est  on  arc  de  triomphej  dont  le  haut  est  en  partie  détruit, 
n  n'est  pas  très  grand  et  il  n'a  qu'une  seule  arcade,  mais  il  est  bien 
proportionné  et  a  encore  de  beaux  restes  d'ornements  (caissons)  et  de 
sculptures  représentant  des  captifs.  Cet  arc  est  du  !•«•  ou  du  2«  siècle 
de  notre  ère.  L'autre  monument,  mieux  conservé,  est  un  mausolée,  dit 
le  tombeau  de  Jules ,  d'après  l'inscription  de  l'architrave.  Il  a  18  m. 
de  haut  et  se  compose  de  trois  étages:  une  sorte  de  stylobate  carré, 
avec  bas-reliefs  dans  le  haut;  une  riche  ordonnance  de  portiques  et  de 
demi-colonnes  cannelées;  enfin  un  petit  temple  rond  composé  de  dix 
colonnes  corinthiennes  cannelées,  où  sont  deux  statues  drapées,  avec  des 
têtes  modernes.  Ce  magnifique  monument  est  selon  les  uns  de  l'époque 
de  César,  selon  d'autres  d'une  époque  beaucoup  moins  reculée. 


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LI    DEMANDAIBE.  71 

E  8UB  lou  càmbis  di  sounaio, 
^^^  E  sus  l'os  blaoc  que  li  mataio, 

Fasié  de  taio  e  d'entre-taio, 
E  de  flour,  e  d'aucèu,  e  tout  ço  que  voulié. 

162       24    Mai  lou  vas  que  veuié  d'adurre, 

Âurias  nega,  vous  l'assegure, 
Que  i'aguèsse  passa  coutèu  de  pastrihoun  : 
'®*  XIno  massugo  bèn  flourido 

A  soun  entour  èro  espandido; 

E  dins  si  roso  alaugourido, 
'^^      Dous  cabròu  ié  peissieu,  fourmant  li  manihoun. 

25  Un  pau  plus  bas,  vesias  très  iiho 
Qu'èron  segur  très  meraviho  ! . . . 

''''      Pas  liuen,  dessouto  un  cade,  un  pastourèu  dourmié. 

Li  foulîgàudi  chatouneto 

Se  n'aprouchavon  plan-planeto, 
^'^^  E  ié  metien  sus  la  bouqueto 

Uno  alo  de  rasin  qu^avien  dins  soun  panié. 

26  E  lou  pichot  que  soumihavo 
^■''^  Tout  risoulet  se  revihavo; 

E  l'uno  di  chatouno  avié  l'èr  esmougu. .. 
Sens  la  couleur  dóu  racinage, 
^®®  Aurias  di  que  li  personnage 

Èron  viéu  dins  aquel  óubrage . . . 
Sentie  'ncaro  lou  nòu,  i'avié  pânca  begu. 

188        27     «En  verita»,  digue  Mirèio, 

«Pastre,  fai  gau,  vosto  liéurèio. ..» 
E  Tespinchavo.     Pièi  partiguè  tout  d'un  bound. . . 

^86  «Moun  bon-ami  n'a  'no  pu  belle: 

Soun  amour,  pastre!  E  quand  me  bèlo, 
0  fau  que  baisse  li  parpello, 

'8^      0  dins  iéu  sente  courre  un  bonur  que  me  poun...» 

168^5  Qeg  yerg  imitent  vaguement  la  célèbre  description  du  bouclier 
d'Achille,  dans  Homère,  Iliade,  XVIII,  478  ss.    Oomp.  Introd.  p.  xxx  ss. 


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72  CAHT   QUATBEN. 

28  E  la  chatouDO,  coume  un  glàri, 
Despareiguè. . .  Lou  pastre  Alàri 

1^      Estremè  soun  vasèu  ;  e  plan-plan,  à  l'errour, 

Eu  s^enanè  de  la  bastido, 

E  la  pensado  entreboulido 
^®^  Qu'aquelo  chato  tant  poulido 

Pèr  autre  que  pèr  eu  aguèsse  tant  d'amour! 

29  Au  même  Mas  di  Falabrego 

^^  Venguè  tambèn  un  gardian  d'ego, 

Veran.  Aquéu  Veran  ié  venguè 'dóu  Sambu. 
Au  Sambu,  dins  li  grand  pradello 
^^  Oupte  fleuris  la  cabridello, 

Avîé  cent  ego  blanquinello 
Despounchant  di  palun  li  rousèu  escambu. 

^^       30    Cent  ego  blanco!  La  creniero, 
Coume  la  sagno  di  sagniero, 
Oundejanto,  fougouso,  e  franco  dóu  clsèu. 

■^  Dins  sis  ardèntis  abriyado, 

Quand  pièi  partien,  descaussanado, 
Coume  la  cherpo  d'une  fado, 

*^^      En  dessus  de  si  cou  floutavo  dins  lou  cèu. 

31     Vergougno  à  tu,  raço  oumenenco: 
Li  cavaloto  Camarguenco, 
*^'      Au  pougnènt  esperoun  que  i'estrasso  lou  flanc, 
Coume  à  la  man  que  li  caresse, 
Li  veguèron  jamai  soumesso. 
*^*  Encabestrado  pèr  treitesso, 

N'ai  vist  despatria  liuen  dóu  pàti  salan; 


**'  Lou  Sambu  (Le  Sambuc),  hameau  du  territoire  d'Arles,  dans 
rîle  de  Camargne.    Voy.  la  note  sniyante. 

'^'  Li  cavaloto  Camarguenco  (Les  chevaux  de  Camargue)  sont 
d'origine  inconnue  ;  ils  forment  une  race  qui  depuis  des  siècles  s'est  con- 
servée sans  altération.  «On  croit  généralement  qu'ils  ont  été  amenés 
d'Afrique  par  les  Maures,  après  l'invasion  de  l'Espagne  et  des   pro- 


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LI   DEMAlfDAIBE.  73 

32    E'n  jour,  d'un  bound  rabîn  e  proumte, 
***  Embardassa  quau  que  li  mounte, 

D'un  galop  avala  vint  lègo  de  paluu, 
La  narro  au  vent!  e  revengudo 
^^  Au  Vacarés,  que  soun  nascudo, 

Après  dès  an  d'esclavitudo, 
Respira  de  la  mar  lou  libre  salabrun. 

vinces  méridionales  de  la  France.  Les  chevaux  de  la  Camargae  se 
rapprochent  heauconp,  en  effet,  des  chevaux  arabes  ;  ils  en  ont  Tencolure 
et  la  taille  et  lenr  ressemblent  par  la  tête.  Ils  sont  généralement 
blancs;  qaelques-nns  ont  un  manteau  gris  qui  s'affaiblit  avec  Tâge  et 
disparaît  le  plus  souvent  dans  leur  postérité.  Leur  taille  est  petite, 
ils  ont  les  yeux  grands,  à  fleur  de  tête,  garnis  de  prunelles  très  dila- 
tables, les  oreilles  courtes  et  bien  placées,  la  poitrine  large  et  forte,  la 
queue  touffue  et  bien  attachée.  Abandonnés  dans  les  marais  où  ils  sont 
obligés  de  chercher  leur  unique  nourriture,  quels  que  soient  la  saison 
et  le  temps,  depuis  le  commencement  de  janvier  jusqu'à  la  un  de  mars, 
ils  luttent  sans  cesse  contre  la  mort  et  maigrissent  à  vue  d'œil.  Le 
printemps  venu,  ceux  qui  ont  résisté  à  la  faim  et  au  froid,  trouvent 
des  fourrages  généreux  et  abondants,  liln  peu  de  temps  il  se  refont, 
Vembonpoint  affine  leur  poil,  arrondit  leurs  formes.  Le  changement  est 
complet.  Mais  cet  état  florissant  n'est  pas  de  longue  durée  :  les  chaleurs 
brûlantes  de  Tété,  les  fatigues  auxquelles  on  les  assujettit  pour  le  dé- 
piquage des  blés  (voy.  YIII,  344  ss.,  et  note),  les  tourments  que  leur 
font  éprouver  les  piqûres  des  moustiques  dont  rien  ne  les  garantit,  la 
diminution  des  pâturages  altèrent  de  nouveau  leur  robuste  santé.  Ds 
vivent  ordinairement  de  20  &  25  ans;  Tindépendance  est  le  fond  de 
leur  caractère;  ils  dédaignent  Thabitation  et  la  protection  de  Thomme. 
Quand  après  de  longs  efforts  on  croit  avoir  dompté  leur  caractère,  en 
un  moment,  pour  un  rien,  leur  colère  s'enflsunme,  ils  renversent  leur 
cavalier,  s'échappent  en  bondissant,  même  dans  la  nuit  obscure,  rejoig- 
nent leurs  compagnons  et  leurs  pâturages  et  font  au  besoin  pour  cela 
2ô  lieues  d'un  trait.»    Girard,  La  Crau,  Avignon  1884,  p.  480  ss. 

La  Camargo  (La  Camargue),  vaste  delta  formé  par  la  bifurcation 
du  Rhône.  Cette  île,  qui  s'étend  depuis  Arles  jusqu'à  la  mer,  contient 
74727  hectares  de  superficie;  mais  il  y  a  des  marais  et  des  étangs  qui 
en  occupent  une  grande  partie  —  le  principal,  l'étang  de  Vacarés^ 
compte  pour  2500  hectares  ;  —  et  il  y  a  de  vastes  plaines  arides,  env.  les 
*Uy  par  suite  de  l'excès  de  sel  que  contient  le  sol.  Il  y  a  aussi  de  gras 
pâturages,  où  paissent  de  grands  troupeaux  de  montons,  de  taureaux 
et  de  chevaux  à  demi-sauvages.   L'immensité  de  ses  horizons,  le  silence 


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74  CANT   QUATREN. 

*25       33     Qu'aquelo  meno  sóuvagioo, 
Soun  elemen  es  la  marino: 
DÓU  carri  de  Netune  escapado  segur, 

22®  Es  encaro  tencho  d'escumo; 

E  quand  la  mar  boufo  e  s^embrumo, 
Que  di  veissèu  peton  li  gumo, 

^^      Li  grignoun  de  Camargo  endihon  de  bonur 

34  E  fan  brusi  coume  uno  chasso 
Sa  longo  co  que  ié  tirasse; 

«34      E  gravachon  lou  sou,  e  sènton  dins  sa  car 
Intra  lou  trent  dóu  dieu  terrible 
Qu'en  un  barrejadis  ourrible 
28*^  Mou  la  tempèsto  e  Tendoulible 

E  bourroulo  de  founs  li  toumple  de  la  mar. 

35  Aquéu  Veran  li  pasturgavo. 
2^0  En  Crau  un  jour  que  traficavo, 

Enjusquo  vers  Mirèio,  aeò  s'es  di,  Veran 
Se  gandiguè.     Car  en  Camargo, 
243  E  fin-qu'alin  i  bouco  largo 

D'ounte  lou  Eose  se  descargo, 
Se  disié  qu'èro  belle,  e  long-tèms  lou  diran! 

2^        36     lé  venguè  fier,  emé  reboundo 
A  l'Arlatenco,  longo  e  bloundo, 
Jitado  sus  Tespalo  en  guiso  de  mantèu; 

24^  Emé  taiolo  chimarrado 

Coume  uno  esquino  de  rassado 
E  capèu  de  telo  cirado 

2^2      Ounte  se  rebâtie  lou  trelus  dôu  soulèu. 


grandiose  de  ses  plaines  unies,  son  étrange  végétation,  son  mirage, 
ses  étangs,  ses  essaims  de  moustiques,  ses  grands  troupeaux,  étonnent 
le  voyageur  et  font  penser  aux  pampas  de  l'Amérique  du  Sud  (voy. 
Chant  X).  On  trouve  un  tableau  vivant  de  la  Camargue  et  de  ses 
habitants  dans  le  Trésor  d'Arlatan   d'A.  Daudet,  Paris  1897. 

■**/^  Reboundo  à  l'Arlatenco,   espèce   d'habit  très   court,  terminé 
par  de  petites  basques  et  porté  par  les  Provençaux  aux  17«  et  18«  siècles. 


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Ll    DEMANDAIRK.  75 

37  E  quand  fugue  davans  lou  mèstre: 
«Bon-jour  à  vous  emai  bèn-èstre! 

255      DÓU  Hose  Camarguen  8Ìéu>,  dis,  «un  ribeiròu; 
Siéu  lou  felen  dóu  gardian  Pèire: 
Es  pas  que  noun  lou  déugués  vèire, 

*^  Qu'au-mens  vint  an  'mé  si  courrèire 

Moun  grand,  lou  gardian  Pèire,  a  cauca  voste  eiròu  ! 

38  Dins  la  palun  que  nous  enrodo, 
^•^  Moun  segne  grand  n'avié  très  rodo. 

Vous  n'en  souvèn!  Mai,  mèstre,  oh!  se  vesias  dempièi 
Lou  riche  crèis  d'aquéu  levame! 
^^  Podon  n'en  toumba  li  voulame! 

N'avèn  sèt  rodo  emé  sèt  liame!» 
«Longo-mai!  o  moun  fiéu,»  respoundeguè  lou  vièi. 

2^^        39     «0,  longo-mai  n'en  vegues  naisse, 

E  li  coundugues  dins  lou  paisse! 
Ai  couneigu  toun  grand;  e  certo,  acó  'ro  em'éu 
^^  Uno  amista  de  longo  toco! 

Mai  quand  pièi  l'âge  nous  desfioco, 

A  la  clarta  de  nosto  moco 
^^      Demouran  en  repaus,  e  l'amistanço,  adieu!» 

40     «Es  pas  lou  tout!»  venguè  lou  drôle, 
«E  noun  sabès  ço  que  vous  vole: 
2''^      Mai  d'un  cop,  au  Sambu,  quand  vènon  li  Craven 
Querre  de  càrri  d'apaiage, 
Entandóumens  que  de  si  viage 
^"^®  l'ajudan  faire  lou  bihage, 

Di  ehatouno  de  Crau  arribo  que  parlen; 

••*  Les  chevaux  camargnes  employés  an  foulage  des  gerbes  (voy. 
IV,  212  note,  et  VIII,  344  ss.)  se  comptent  par  rodo  (roue,  cercle).  La 
rodo  est  composée  de  six  liame  (liens);  le  liante  est  une  paire:  la  rodo 
contient  par  conséquent  douze  chevaux. 

"■  La  moco  est  un  tronçon  de  roseau  qu'on  suspend  dans  les  mas 
(voy.  I,  1  note)  aux  solives  de  la  salle  à  manger.  Elle  porte  la  lampe 
romaine  appelée  calèu. 


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76  CANT   QUATREN. 

41     E  m'an  retra  vosto  Mirèio 
2S2  Tant  de  moun  goust  qu'à  vosto  idèio 

Se  trouvas  Veranet,  voste  gendre  sara..» 
«Veranet!  Pousquèsse  lou  vèire!» 
28Ó  Cridè  Ramoun,  «que  de  toun  rèire, 

De  moun  ami  lou  gardian  Pèire 
Lou  sagatun  fleuri  noun  pou  que  m'ounoura!> 

288        42    E  coume  un  ome  que  rend  gràci 
Au  Segnour  Dieu,  dins  lis  espàci 
Aubourè  si  dos  man  'm'  aquesto  esolamacioun  : 

291  «Mai  qu'agrades  à  la  pichoto, 

(Car  es  souleto  e  la  mignoto!) 
En  proumierage  de  la  doto 

28^      Lou  sant  toustèms  t'avèngue  e  la  benedicioun!» 

43  E  sono  quatecant  sa  chato, 

E  ié  dis  lèu  de  que  se  trato. 
29^      Palo  subitamen,  lou  regard  enebi, 

E  tremoulanto  de  cregnènço: 

«Mai  vosto  santo  couneissènço», 
800  Ié  faguè  'nsin,  «paire,  en  que  pènso, 

Que  vougués,  liuen  de  vous,  tant  jouino  me  chabi? 

44  ««Ve,  fau  que  plan  acò  se  mené,»» 
803  M'avès  agu  di,  ««pèr  se  prene! 

Fau  counèisse  li  gènt,  fau  n'èstre  couneigu  .  .  .»» 
E  li  counèisse,  qu'es  encaro?  ...» 
306  E  dins  la  nèblo  de  sa  caro 

Subitamen  pareiguè  claro 

TJno  douço  pensado.     Un  matin  qu'a  plóugu, 

309        45     Se  yèi  ansin  li  flour  negado 

A  travès  l'aigo  bautugado. 
La  maire  de  Mirèio  aprouvè  sa  resoun  .  .  . 
812  E  lou  gardian  emé  'n  sourrire: 

«Mèste  Ramoun»,  dis,  «me  retire! 

Car  dóu  niouissau,  ai  à  vous  dire 
81^      Qu'un  gardian  Camarguen  counèis  la  pougnesoun.» 


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324 


LI   DRMANDAIRB.  77 

46  AU  ma»,  dins  lou  même  estivage, 
Yenguè,  di  pàti  dóu  Sóuvage, 

^^®      Pèr  vèire  la  chatouno,  Ourrias  lou  toucadou. 

D6u  Sóuvage,  negro,  malino, 

E  renoumado  es  la  bouvino  ... 
^^'  I  souleias,  à  la  plouvino, 

Souto  lou  batedis  di  glavas  negadou, 

47  Aqui,  tout  soûl  emé  si  bravo, 
Ourrias  tout  l'an  li  pasqueiravo. 

Nascu  dins  la  manado,  abari  *mé  li  biòu, 

Avié  di  bîòu  l'estampaduro 
'^  E  l'iue  sóuvage  e  la  negruro 

E  l'èr  menèbre  e  l'amo  dure. 
Un  bihoun  à  la  man,  lou  vièsti  tra  pèr  sou, 

^^        48     Quant  de  cop,  rufe  desmamaire, 

D'entre  li  pousse  de  si  maire 
N'avié  pas  derraba,  desteta  li  vedèu! 
*^^  E  sus  la  maire  encourroussado 

Rout  de  barroun  uno  brassado, 

D'aqui  que  fuge  l'espóussado, 
^^      Ourlante,  e  revirado  entre  li  pinatèu! 

49     Quant  de  doublon  e  de  ternenco, 
Dins  li  ferrado  Camarguenco, 
339      N'avié  pas  debana!  N'en  gardavo,  tambèn, 
A  rentre-ciho,  uno  cretasso 
Coume  lou  niéu  qu'un  tron  estrasso; 
^^*  E  lis  engano  e  li  tirasse 

De  soun  sang  regoulant  s'èron  tencho  pèr  tèms. 

•"  Lou  Sauvage  y  vaste  contrée  déserte,  nommée  aussi  petite  Ca- 
margue, circonscrite  au  levant  par  le  petit  Rhône,  qui  la  sépare  de  la 
grande  Camargue,  au  midi  par  la  Méditerranée,  au  coucbant  et  au  nord 
par  le  Rhône  Mort  et  le  canal  d'Aigues-Mortes.  C'est  le  principal  sé- 
jour des  taureaux  noirs  sauvages. 

•'7'  Un  bouvillon  d'un  an  s'appelle  en  provençal  un  anouble; 
de  deux  ans,  un  doublen;  de  trois  ans,  un  ternen.  Une  ternenco  est 
une  génisse  de  trois  ans.    «La  ferrado  (ferradc)  est  un  spectacle  dont 


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78  GANT  QUATRE». 

50     Ero  un  bèu  jour  de  grand  ferrado. 
»45  pèr  veni  faire  la  virado, 

Li  Santo,  Faraman,  Aigo-Morto,  Aubaroun, 
Avien  manda  dedins  lis  erme 
^^  Cent  cavalié  de  si  pu  ferme. 

Aqui  pamens  ounte  es  lou  terme, 
E  mounte  un  pople  foui  embarro  un  vaste  round, 

la  scène  est  placée  en  rase  campagne  et  qui  excite  an  pins  haut  point 
rinterêt  et  la  curiosité  des  Provençaux.  On  nomme  de  la  sorte  Topération 
par  laquelle  on  imprime  sur  le  corps  des  jeunes  taureaux  —  habituelle- 
ment le  haut  de  la  cuisse  —  à  Taide  d'un  fer  incandescent,  la  marque 
de  leur  propriétaire.  Quand  une  ferrade  doit  avoir  lieu,  ceini  qui  la 
donne  invite  ses  voisins  et  amis.  La  veille  du  jour  indiqué,  les  gar- 
diens, montés  sur  des  chevaux  camargues  et  armés  de  longs  tridents, 
se  rendent  dans  les  plaines  où  paissent  ces  animaux.  Bs  les  cernent 
galopent  autour  d'eux,  s'en  rapprochent  petit  à  petit  et  les  forcent  par 
leurs  cris  et  à  coups  de  trident  à  suivre  précipitamment  la  route  qu'on 
veut  leur  faire  prendre.  On  parvient  ainsi  à  les  réunir  dans  le  parc 
où  ils  doivent  passer  la  nuit.  Le  lendemain  au  point  du  jour  une  en- 
ceinte a  été  formée  au  moyen  de  charrettes  et  de  voitures  sur  lesquelles 
se  sont  placés  les  nombreux  spectateurs.  Au  fond  du  cercle  brûle  un 
vaste  brasier  où  rougissent  les  fers  destinés  à  la  marque.  Tout  est 
prêt,  le  signal  est  donné.  Deux  gardiens  à  cheval  partent  au  galop, 
et  après  avoir  forcé  un  taureau  par  les  mêmes  moyens  que  la  veille  à 
sortir  du  parc,  ils  se  placent  à  ses  côtés,  le  maintiennent  entre  eux  à 
coups  de  trident  et  le  font  entrer  dans  l'enceinte.  Aussitôt  quelques 
hommes  se  jettent  sur  lui:  l'un  le  saisit  par  les  cornes,  un  autre  par 
la  queue;  il  se  débat,  secoue  rudement  ses  adversaires;  on  jette  entre 
ses  jambes  des  entraves;  on  le  renverse,  on  parvient  à  le  terrasser. 
Le  fer  !  le  fer  !  crie-t-on  alors  de  toutes  parts  ;  un  gardien  l'apporte  en 
courant  et  l'applique  avec  promptitude  sur  la  cuisse  de  l'animal ,  qui 
pousse  d'affreux  mugissements.  L'opération  terminée  on  lâche  le  taureau, 
il  se  rélève  furieux  et  s'élance  les  cornes  baissées  sur  ceux  qui  Tentourent. 
On  l'évite,  on  s'écarte,  on  lui  ouvre  l'espace  :  il  s'y  précipite  et  ne  tarde 
pas  à  disparaître  à  travers  des  îlots  de  poussière.  Une  seule  journée 
suffit  pour  marquer  de  la  sorte  une  centaine  de  taureaux.»  Girard,  /.  c. 
p.  476  s.  — 11  y  a  aussi  des  fey-rades^  qui  forment  une  partie  des  soi-disants 
jeux  provençaux  (tauromachies  sans  mise  à  mort) ,  et  où  un  gardien, 
dans  une  arène,  lutte  seul  avec  un  jeune  taureau  et  le  renverse  en  le 
prenant  par  les  cornes  et  en  lui  tournant  la  tête.  Voy.  IX,  2ò9  note. 
•*•  Li  Sa7ito,  voy.  I,  802  note.  -•  Faraman  et  Aubaroun  (Albaron) 
sont  de  petits  hameaux  de  la  Camargue.  -  Aigo-Mwio  (Algues-Mortes) 


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LI  DEMâHDAÍRB.  79 

^^        51     Destrassouna  dins  la  sansouiro, 

Acoussegui  de  la  fìchouiro 
Que  ié  tanco  au  galop  lou  bouiènt  toucadou, 
^^  A  courso  folo,  tau  e  tauro 

Venien  couine  un  brounzimen  d'auro, 

En  escrachant  sagno  e  centauro, 
^"^      Venien  de  s'acampa,  très  cent,  au  marcadou. 

52    La  troupelado  banarudo 

S^aplanto,  espavourdido  e  mudo. 
^^      Mai,  l'arrao  dins  li  costo,  à  coucho  d'esperoun, 
Trea  fee  encaro  ié  fan  batre 
Lou  virouioun  de  l'anfitiatre, 
^®  Coume  lou  chin  après  lou  matre, 

Coume  après  li  ratié  I'aiglo  dóu  Leberoun. 


366 


53     Quau  lou  creiriéP  de  sa  cavalo, 
Contro  l'usage,  Ourrias  davalo. 
I  porto  de  l'areno  araoulouna,  li  biòu 
Terriblamen  subran  s'esbrandon. 


est  une  ville  de  3981  habitants,  située  près  d'étangs  et  de  marais  qui 
lai  ont  donné  son  nom.  et  sur  quatre  canaux  navigables,  qui  la  relient 
avec  la  Méditerranée  (6  kil.),  au  Rhône  (Beaucaire)  et  aux  étangs  (sa- 
lines). C'est  bien  une  ville  morte,  et  morte  depuis  longtemps,  par  suite 
de  Tensablement  de  son  ancien  port.  La  ville  (dép.  Gard)  a  été  fondée 
en  1246  par  saint  Louis  qui  s'y  embarqua  pour  ses  deux  croisades,  en 
1248  et  1270,  et  son  fils  Philippe  le  Hardi  la  fit  entourer,  dès  1272,  de 
fortifications  qui  sont  une  des  curiosités  de  la  France,  supérieures  à 
celles  de  Carcassonne  et  d'Avignon  en  ce  qu'elles  forment  un  tout  homo- 
gène, d'une  même  époque  et  sont  parfaitement  conservées.  On  y  a  seule- 
ment fait  des  modifications  aux  créneaux  après  l'invention  des  armes  à 
feu,  et  le  fossé  a  été  comblé.  La  ville  elle-même  est  à  peu  près  dénuée 
d'intérêt.  Elle  est  bâtie  sur  un  plan  régulier,  avec  de  larges  rues,  mais 
déserte,  car  elle  pourrait  contenir  deux  fois  plus  d'habitants. 

■**  Sansouiro  (sansouire),  vastes  espaces  stérilisés  et  couverts  d'ef- 
florescences  salines  par  le  voisinage  et  l'infiltration  de  la  mer.  Cf. 
XL  136  s. 

••*  Leberoun,  voy.  III,  311  note. 


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80  CANT   QUATREN. 

^^^  E  dins  Fareno  lèu  s'alandon 

Cinq  bouvachoun,  que  sis  iue  brandon 
E  que  traucon  lou  cèu  de  si  fier  cabassòu! 

^"2       54     Coume  lou  vent  Ourrias  s'abrivo, 

Coume  lou  vent  après  li  nivo, 
Li  secuto  à  la  course,  à  la  course  li  poun; 
^■^^  Quouro  à  la  course  li  davanço, 

Queuro  li  cote  emé  la  lance, 

A  Tendavans  quouro  ié  danse, 
^^^      Quouro  li  remouchino  emé'n  dur  cep  de  peung. 

55  Ai!  tout  lou  pople  di  man  pico: 
Ourrias,  blanc  de  pousse  oulimpico, 

^®i      Pèr  li  bano,  à  la  course,  à  la  fin  n'a  près  un, 
E  teste  e  mourre,  e  force  à  force, 
YÒU  desclava  si  bano  torse 

^^  Lou  nègre  monstre,  e  se  bidorso 

E  brame  de  fureur,  e  nifle  sang  e  fum. 

56  Vano  fureur!  bound  inutile! 
^^                Lou  beuvatié,  d'un  cep  sutile, 

Amourre  à  soun  espale,  en  ié  troussant  lou  cou, 

L'orro  testasse  dóu  bestiàri; 
^•^  E  rudamen  e  pèr  countràri 

Butant  la  bèsti,  coume  un  barri 
E  crestian  e  bestiau  barrulon  pèr  lou  sou. 

3*^        57     Une  esglariado  cridadisso 

Estrementis  li  tamarisse: 
«Bon  ome,  Ourrias!  bon  orne!...»  E  cinq  drôle  espalu 
^^  Tenien  lou  brau.     De  soun  empèri 

Pèr  ié  marca  lou  batistèri, 

Ourrias  éu-meme  pren  lou  fèrri 
899      E'  ^é  lou  fèrri  caud  ié  rime  lou  malu. 

58     Un  VÒU  de  fiho  d'Arle,  en  sello, 
Emé  lou  sen  que  ié  bacello, 


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Ll  DBMAKDÂlRfi.  81 

^^      Enflourado  au  galop  de  si  cavalot  blanc, 
Vènon  i'adurre  uno  grand  bano 
Raso  de  vin;  e  dins  la  piano, 
*^  Z6u  mai!  lou  fouletoun  s'esvano. .. 

Un  YÒu  de  cavalié  li  seguisson,  brûlant. 

59     Ourrias  vèi  que  biòu  à-n-abatre. . . 
^^  E  n'en  demoro  encaro  quatre; 

Mai  coume  lou  daiaire  es  à  toumba  lou  fen 
Tant  mai  ardent  que  mai  nY'n  rèsto, 
"*"  I  durs  esfors  de  la  batèsto 

Sèmpre  que  mai  eu  tenié  tèsto, 
E  de  quatre  animau  despouderè  li  ren. 

^"       60    Taco  de  blanc,  bano  superbo, 

Lou  que  restavo  toundié  l'erbo. .. 
«Ourrias!  n'i'a  proun!  n'i'a  proun!»  tóuti  li  vièi  vaquié 
^^'^  lé  cridèron.     Vano  restanco! 

Contre  lou  brau  di  taco  blanco, 

Lou  ficheiroun  pausa  sus  Tanco, 
^^®      Relent,  despeitrina,  déjà  se  bandissié. 

61  Zan!  coume  en  plen  mourre  Tencapo, 
Lou  ficheiroun  volo  en  esclapo. 

^^      L'atroço  pougneduro  endemounio  lou  brau; 

Lou  toucadou  ié  sauto  i  bano, 

Parton  ensèn,  e  de  la  piano 
^**  Ensèn  afoundron  lis  engano. 

Sus  si  lòngui  fourquello  apiela  d'à  chivau, 

62  Li  vaquié  d'Arle  e  d'Aigo-Morto 
^**  Tenien  d'à  ment  la  lucho  forto: 

A  vincre,  tóuti  dous  feroun,  acarnassi, 
L'ome  doumtant  lou  biòu  bramaire, 
*^^  Lou  biòu  empourtant  lou  doumtaire, 

E'm'un  lengau  escumejaire 
Lipant,  tout  en  courront,  soun  mourre  en^aunousi. 

I  6 


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82  CANT  QUATREN. 

<85        63    Misericòrdi!  lou  biòu  gagno! 

Coume  uno  vilo  rastelagno, 
L'orne  i'a  darbouna  davans,  dóu  vanc  qu'avié. .. 
^3®  «Fai  lou  mort!  fai  lou  mort!>  En  terro 

Lou  biòu  'mé  si  pivèu  Taferro 

E,  dins  lis  èr,  sa  tèsto  fèro 
^*^      A  sèt  cano  d'autour  lou  bandis  à  l'arrié! 

64  Uno  esglariado  cridadisso 
Estrementis  li  tamarisso. .. 

^^      Âlin  liuen  lou  pauras  vai  toumba  d'abouchoun, 

Amaluga.  Dempièi  pourtavo 

La  creto  que  lou  descaravo.  — 
♦^■^  Sus  la  cavalo  que  mountavo, 

Venguè  donne  vers  Mirèio,  arma  de  soun  pounchoun. 

65  Aquéu  matin,  la  piéuceleto 
^^  Ero  à  la  font  toute  souleto; 

Avié  'stroupa  si  manche  emé  soun  coutihoun 

E  netejavo  li  fiscello 
*^3  Em'  la  counsòudo  fretarello. 

Santo  de  Dieu!  coume  ère  belle, 
Quand  dins  lou  sourgènt  clar  gafavon  si  petoun! 

*5*        66     Ourrias  faguè:  <Bon-jour,  la  bello! 

Bèn?  refrescas  vòsti  fiscello  P 
A-n-aquéu  sourgènt  clar,  se  vous  fasié  pas  mai, 
***  Abéurariéu  ma  bèsti  blanco.» 

<0h!  n'es  pas  Taigo,  eici,  que  manco», 

Respoundeguè  :  «dins  la  restanco 
460      poudès  la  faire  heure,  autant  coume  vous  plais.» 


"'  Fiscello,  faisselle,  éclisse.  vase  de  terre  dont  le  fond  est  percé 
de  petits   trous,   destiné  à  fomier   et   à  faire  êgontter   les   fromages. 


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LI  DEMANDAIRE.  83 

67  «Bello»,  digue  Tenfant  sóuvage, 
«Se,  pèr  mariage  o  roumavage, 

^^      Venîas  à  Séuvo-Riau,  ounte  la  njar  s'entend, 

Bello,  n'aurias  pas  tant  de  peno; 

Car  la  vaco  de  negro  meno, 
*^  Libre  e  feroujo,  se  permeno, 

E  jamai  noun  se  mous,  e  li  femo  an  bèu  tèms.» 

68  <JouYènt,  mounte  li  biòu  demoron, 
*^'               De  languimen  li  chato  moron.» 

«Belle,  de  languimen,  en  estent  dous,  nTa  ges!» 
«Jouvènt,  quau  eilaJin  s'esmaro, 
^'*  Dison  que  béu  une  aigo  araaro, 

E  lou  soulèu  i'usclo  la  caro. ..» 
«Bello,  souto  li  pin  à  Toumbro  vous  tendres.» 

*^''        69     «Jouvènt,  dison  qu'i  pin  i'escalo 
De  tourtouioun  de  serp  verdalo!» 
«Bello,  avèn  li  flamen,  avèn  li  serpatié 

*^  Qu'en  desplegant  soun  mantèu  rose 

lé  fan  la  casso,  long  dóu  Rose....» 
«Jouvènt,  escoutas  (que  vous  crose), 

^3      Soun  trop  liuen,  vòsti  pin,  de  mi  falabreguié.» 

70     «Bello,  entre  capelan  e  fiho, 
Noun  podon  saupre  la  patrie 


*•*  SéuvO'Biau  (Sylvaréal),  forêt  de  pins-paxasols ,  située  dans  la 
petite  Camargue  (voy.  IV,  317  note).  Un  petit  fort,  construit  dans  ces 
parages  pour  protéger  la  navigation,  dominait  cette  île,  et  portait  aussi 
le  nom  de  fort  de  Sylvaréal. 

***  Entre  capelan  etc.,  proverbe.  Le  Très,  en  donne  les  variantes 
suivantes  : 

Entre  fibo  e  capelan 

Sabon  ounte  naisson,  noun  ounte  mouriran; 
(Filles  et  prêtres  savent  où  ils  naissent,  non  où  ils  mourront) 
et:  Sabon  pas  ounte  anaran  manja  soun  pan. 
(.  .  ,  ignorent  où  ils  iront  manger  leur  pain). 

6* 


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84  GAUT  QUATREN.   LI  DBMANDAIRE. 

^^      Ounte  anaran,  se  dis,  manja  soun  pan  un  jour.» 
«Mai  que  lou  mange  emé  quau  ame, 
Jouvènt,  rèn  autre  noun  reclame 
**•  Pèr  que  de  moun  nis  me  desmame.» 

«Bello,  s^aco's  ansin,  dounas-me  voste  amour!» 

71     «Jouvènt,  Taures»,  digue  Mirèio; 
492  «jfai  'quélî  plante  de  ninfèio 

Pourtaran  peravans  de  rasin  couloumbau; 
Auperavans  vosto  fourcolo 
^•^  Jitara  flour;  aquéli  colo 

Coume  de  ciro  vendran  molo, 
E  s'anara  pèr  aigo  à  la  vilo  di  Baus!» 


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GANT  CINQDEN 

LA  BATÈSTO 

Lon  boQTatié  t'entoonio,  ftoions  don  reAu  de  M iràlo.  —  Callgnafe  de  Klrèlo  vmé  Yino^ 

—  L'«rbo  di  ftiBoan.  —  OnrrÌAS  reMontro  Yinoenat,  e  bratalaman  lé  oeroo  r«>o.  — 
Li  prfjit:  Jan  de  I'Ohtm.  —  Monrtalo  batètto  dl  doos  rlyaa  dins  la  Cran  Tafto.  — 
Vltòri  a  fanerooseta  de  Yinoanat.  —  Treitesso  don  tonoadon.  —  Oorrtas  traaeo  Yiaoèo 
d?nn  oop  de  lioheirovii,  e  iagÎB  an  galop  de  sa  oaTalo.  —  Arrlbo  au  Rose.  —  Ll  tree 
barqnié  lántaetL  —  Lon  batèu  t'enaroo  soiiio  lou  pas  de  l'aMaasin.  —  La  nlne  de  saot 
Medard:  proneeeeloiiB  di  oegadls  sas  loa  doufan  don  flnme.  —  Ourrias  s'aprefoondls. 

—  Danso  dl  TrèTO  sus  lon  pont  de  Trenoo-Taio. 

1  L'oumbro  dis  aubo  s'alouDgaYo; 
La  Yentoureso  bouIegaYo; 

^       Lou  Boulèu  avié  'ncaro  un  parèu  d'ouro  d*aut; 
E  li  bouié  que  labouraYon 
Vers  lou  soulèu  se  reviravon 
^  De  tèms  en  tèms,  car  desiraYon 

Lou  retour  dóu  seren  e  si  femo  au  lindau. 

2  Lou  toucadou  se  retoumaYo: 
^               Dins  sa  cabesso  remenaYO 

L^escorno  que  Yenié  de  reçaupre  à  la  font. 

Sa  tèsto  èro  destimbourlado, 
'-  E  de  sa  ràbi  lecatado 

De  tèms  en  tèms  li  lancejado 
lé  jitaYon  lou  sang  e  la  Yergougno  au  front. 


•  La  Ventoureso^  voy.  III,  162  note. 


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86  CANT   CINQUEN. 

^^  3     E  tout  en  lampant  dins  li  terro, 

Bemiéutejavo  sa  coulèro 
E  de  Taspre  despié  que  ié  gounflo  soun  lèu, 

*®  I  code  que  la  Crau  n'es  pleno 

Coume  un  bouissoun  de  sis  agreno, 
Pèr  se  batre  aurié  cerca  reno, 

^^       Aurié  de  soun  pounchoun  fichouii*a  lou  soulèu!. 

4  Un  porc-singlié  que  de  sa  tousco 
An  fa  parti,  e  que  tabousco 

"       Sus  li  mourre  désert  de  l'Oulimpe  negras, 

Avans  de  courre  sus  li  chino 

Que  lou  secuton,  revechino 
^*^  Lou  rufe  peu  de  soun  esquino, 

En  amoulant  si  pivo  i  pège  di  blacas. 

5  A  l'endavans  dóu  gardo-vaco 

*^  Que  lou  mourbin  pounchouno  e  maco, 

Dins  lou  même  draiòu  lou  bèu  Yincèn  venié; 
E  dins  soun  amo  risouleto, 
^  Ravassejavo  i  parauleto 

Que  Tamourouso  piéuceleto 
l'avié  dicbo  un  matin  dessouto  l'amourié. 

^  6     Dre  coume  un  canié  de  Durènço, 

Eu  caminavo;  e  de  plasènço 
E  de  pas  e  d'amour  clarejavon  sis  èr; 
*^  L'aureto  molo  s'engourgavo 

Dins  sa  camiso  que  badavo; 

Dins  li  coudelet  caminavo, 
*2       Descaus,  e  lóugeiret,  e  gai  coume  un  lesert. 

7     8ouvènti-fes,  à  l'ouro  fresco 
Ounte  la  terro  s'enmouresco, 
^^       Alor  que  dins  li  prat  li  fueio  de  tréuloun 


"  Oulimpe  (Olympe),  haute  montagne,  sur  les  limites  du  Var  et 
des  Bouches  du  Rhône. 


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LA   BATÈSTO.  87 

Se  replegon  afrejoulido, 
Is  alentour  de  la  bastido, 
^  Ounte  restavo  la  poulido, 

Yenié,  tout  treboula,  faire  lou  parpaioun. 

8     E  d'escoundoun,  emé'n  fin  gàubi, 
^^  D6u  lucre  d'or  o  dóu  reinàubi 

Imitavo  de  liuen  lou  canta  diudoulet: 
La  jouveineto  afeciounado 
^  Qu'a  lèu  coumprés  quau  l'a  sounado, 

Venié  lèu  à  la  bouisBOunado, 
Cauto-cauto,  e  lou  cor  douçamen  tremoulet. 

^'  9     E  lou  clar  de  luno  que  dono 

Sus  li  boutouu  de  courbo-dono; 
E  l'aureto  d'estiéu  que  frusto,  à  jour  fali, 
•^  L'auto  barbeno  dis  espigo, 

Quand,  souto  la  molo  coutigo, 

En  milo  e  milo  rigoumigo 
•'       Se  fringouion  d'amour  coume  un  sen  trefouli, 

10  E  la  joio  desmemouriado 

Qu'a  lou  chamous,  quand  à  si  piado 
••        Tout  un  jour  a  senti,  dins  li  ro  d6u  Queiras, 

Li  cassaire  que  lou  fan  courre, 

E  qu'à  la  longo  sus  un  mourre 
•^  Escalabrous  coume  uno  tourre. 

Se  vèi  soûl,  dins  li  mêle,  au  mitan  di  counglas  ; 

11  N'es  qu'une  eigagno,  en  coumparanço 
^  Di  moumenet  de  benuranço 


•"  Lucrêy  oiseau  chanteur  à  plumage  vert,  à  ventre  janne,  avec 
une  petite  tache  noire  sur  la  tête.  —  Reinàubi  ^  cnl- blanc  rougeâtre, 
stapazin,  oreillard.  —  Voy.  VII,  79  note. 

**  Lou  Queiras  (Le  Qneyras),  contrée  ainsi  nommée  d'un  ch&tean 
fort  dn  même  nom  au  pied  duquel  viennent  aboutir  quatre  vallées.  Ce 
pays  très  pittoresque  mais  peu  connu  des  touristes  constitue  aujourd'hui 
le  canton  d'Aiguilles  (Hautes  Alpes). 


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88  CANT   CLNQUBN. 

Que  pasBavon  alor  e  Mirèio  e  Vincèn... 

Mai  parlen  plan,  o  mi  bouqueto, 
'^^  Que  li  bouissoun  an  d'auriheto! 

Escoundu  dins  l'oumbro  caieto, 
Si  man  de  pau  à  pau  se  mesclavon  ensèn. 

"^         12    Pièi  se  teisavon  de  long  rode 

E  si  pèd  turtavon  li  code; 
E  tantost,  noun  sachent  que  se  dire  autramen, 
®*  Lou  calignaire  nouvelàri 

Countavo  en  risènt  lis  auvàri 

Que  i'arribavon  d'ourdinàri: 
^*       E  li  niue  que  dourmié  souto  lou  fiermamen, 

13  E  di  chin  de  mas  li  dentado 
Contre  sa  cueisso  enca  cretado. 

E  Mirèio,  tantost,  de  la  vueio  e  dóu  jour 

lé  racountavo  sis  oubreto, 

E  li  prepaus  de  sa  meireto 

Emé  soun  paire,  e  la  cabreto 
Qu'arié  desverdega  toute  une  triho  en  flour. 

14  Un  cop  Vincèn  fugue  plus  mèstre: 
*'^  Sus  l'erbo  rufo  dóu  campèstre 

Coucha,  coume  un  cat-fèr,  venguè  de  rebaloun 

Toucant  li  pèd  de  la  jouineto... 

Mai  parlen  plan,  o  mi  bouqueto. 

Que  li  bouissoun  an  d'auriheto! 
«Mirèio!  acordo-me  que  te  fague  un  poutoun!» 

'*  Li  bouissoun  an  d'auriheto.    Proverbe.    Cf.  Très.: 
Parlas  plan,  fiheto, 

Qu'en  chasque  bouissoun  i'a  d'auriheto. 
(Parlez  doucement,  fillettes,  parce  que  dans  chaque  buÌBSon  il  y  a 
des  oreilles). 

Dans  la  Bugado  prouvençalo  (Aix  1857),   on  trouve  la  variante: 
Parlas  plan,  filletos, 

Qu'en  cade  bouissoun  Ty  a  d'oureilletos. 
Voy.  Maass,  l.  c,  p.  57. 

Les  vers  74/5  sont  répétés  :  v.  96  s.  et  v.  141  s.  Voy.  Intr.  p.  xxxi  s. 


87 


90 


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LA   BATÈBTO.  89 

^         15     «Mirèio»,  dis,  «mange  ni  beve 

De  l'amour  que  de  tu  receve! 
Mirèio!  Youdriéu  estrema  dins  moun  sang 
1*^^  Toun  alen  que  lou  vent  me  raubo! 

A  tout  lou  mens,  de  Taubo  à  Taubo, 

Rèn  que  sus  Torle  de  ta  raubo 
^^''      Laisso-me  que  me  viéute  en  la  poutounejant!» 

16  «Yincèn!  acò's  un  pecat  nègre! 
E  li  bouscarlo  emé  li  piegre 

108      Yan  pièi  di  calignaire  esbrudi  lou  secret.» 
«Agues  pas  pou  que  se  n'en  parle, 
Que  iéu  deman,  ve,  desbouscarle 
^^^  Touto  la  Crau  enjusquo  en  Arle!  .  .  . 

Mirèio!  vese  en  tu  lou  paradis  escrèt! 

17  Mirèio,  escouto:  dins  lou  Rpse,» 
*^^  Disié  lou  fiéu  de  Mèste  Ambrose, 

«l'a'no  erbo,  que  nouman  Verheto  di  frisoun; 
A  dos  floureto,  separado 
"'  Bèn  sus  dos  plante,  e  retirado 

Au  founs  dis  oundo  enfresqueirado  ; 
Mai  quand  vèn  de  Tamour  pèr  éli  la  sesoun, 

^^       18    TJno  di  flour,  touto  souleto, 
Mounto  sus  Taigo  risouleto 
E  laisse,  au  bon  soulèu,  espandi  soun  boutoun. 
*^  Mai,  de  la  vèire  tant  poulido. 

Ta  l'autre  flour  qu'es  trefoulido, 
E  la  vesès,  d'amour  emplido, 
Que  nado  tant  que  pou  pèr  ié  faire  un  pou  toun. 

19     E,  tant  que  pou^  se  desfrisouno 
De  l'embusGun  que  l'empresouno, 


126 


"*  Erheto  di  frisoun  (herbette  aux  boucles),  plante  qu'on  trouve 
dans  le  Rhône  et  dans  les  mares  qui  TaToisinent,  aux  environs  de 
Tarascon  et  d'Arles. 


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90  CANT  OINQUBN. 

^^      D'aqui,  paureto!  que  roumpe  soun  peooulet! 

E  libro  enfin,  mai  mourtinello, 

De  si  bouqueté  palinello 
182  Fruste  sa  serre  blanquinelle. . . 

Un  pouteun,  pièi  ma  mort,  Mirèio!...  e  sian  soulet!» 

20    Elo  èro  palo;  eu  pèr  délice 
*85  La  miravo. ..  Dins  soun  broulice, 

Coume  un  cat-fèr  s'enarco,  alor,  e  vitamen 
De  soun  anqueto  enredounido 
^5®  La  chatouneto  espavourdido 

Yòu  escarta  la  man  ardido 
Que  déjà  Tencenturo;  eu  tourna-mai  la  pren... 

^^^       21     Mai  parlen  plan,  o  mi  bouqueté. 

Que  li  bouissoun  an  d'auriheto  ! 
«Finisse!»  elo  gémis,  e  lucho  en  se  toursént; 
^^^  Mai  d'une  caudo  carancheuno 

Déjà  lou  drôle  Fempresouno, 

Oauto  sus  gauto. ..  La  chatouno 
1^^      Lou  pessugo,  se  courbe,  e  s'escapo  en  risènt. 

22  E'  m'  acò  pièi  la  belugueto 

De  liuen  en  se  trufant:  «Lingueto! 

'^      Lingueto!»  ié  cantavo. ..  Es  ansin,  éli  dous, 
Que  semenavon  à  la  brune 
Soun  blad,  soun  poulit  blad  de  luno, 

*^^  Mauno  flourido,  ur  de  fourtuno 

Qu'i  pacan  coume  i  rèi  Dieu  li  mande  aboundous. 

23  Un  vèspre  donne,  en  la  Crau  vaste, 
'56  Lou  bèu  trenaire  de  banasto 

A  Tendayans  d'Ourrias  venié  dins  lou  draiòu. 


^**  Blad  de  luno  (Blé  de  lune).  Aa  propre,  faire  de  hlad  de  luno 
signifie  dérober  da  blé  à  ses  parents  à  la  clarté  de  la  lune.  Blad  de 
lunOy  au  fignrè,  désigne  des  larcins  amoureux.  A  cette  sorte  de  blad 
de  luno  Fauteur  a  consacré  une  de  ses  plus  barmonieuBes  poésies  {Isclo 
d'or,  Paris  1889,  p.  302  ss.). 


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LA   BÀTÈ8TO.  91 

Lou  tron  d'uno  chayano  acipo 
^*^  Lou  proumier  aubre  que  lou  pipo 

E,  l'iro  bourroulant  si  tripo, 
Yeici  coume  parlé  lou  doumtaire  de  biòu: 

1««        24     *E&  belèu  tu,  fiéu  de  baudrèio, 
Que  l'as  enclauso,  la  MirèioP 
En  tout  cas,  o  ^speia,  d'abord  que  vas  d'alin, 

165  Digo-ié'n  pau  que  m'enchau  d'elo 

E  de  soun  mourre  de  moustelo 
Pas  mai  que  dóu  vièi  tros  de  telo 

^^      Que  te  cuerbe  la  peu!...  Pauses,  bèu  margoulin P> 

25  Yincenet  ressautè;  soun  amo 
Se  reyihè  coume  la  ilamo; 

^'^^      Soun  cor  ié  boumbiguè  coume  un  fíò  grè  que  part: 
«Panto!  vos  donne  que  te  coustible 
E  que  moun  arpo  en  dons  te  gibleP» 

"^  lé  fai  en  l'alucant,  terrible 

Coume  quand,  afama,  se  reviro  un  léupard. 

26  E  de  soun  iro  li  trambleto 
^'^'^  Fasien  ferni  si  car  vióuleto. 

cSus  la  grayo»,  dis  l'autre,  «anaras  mourreja! 

Car  as  li  man  trop  mistoulino 

E  noun  siés  bon,  raubo-galino, 

Que  pèr  gibla'n  brout  d'amarino, 
Pér  camina  dins  l'oumbro,  e  pér  gourrineja!» 

^^       27     *0,  coume  torse  l'amarino», 

Respond  Vincèn  qu'eiçò  'nyerino, 
Vau  torse  toun  galet  !  .  .  .    Ve  !  ye  !  fuge,  se  pos, 

Fuge,  capoun,  qu'ai  la  maliço! 

Fuge,  0,  Sant  Jaque  de  Galiço! 

Reyeiras  plus  ti  tamarisso, 
^^     Car  yai,  'quest  poung  de  ferre,  embreniga  tis  os!» 

*"  Sant  Jaque  de  Galiço  (Saint  Jacques  de  Galice),  Saint  Jacques 
de  Compostelle.    Voy.  les  vers  X,  329—49. 


180 


186 


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92  CANT   CINQUBN. 


Sus  quau  enfin  sa  ràbi  gome: 
1^2      «xJn  moumen!»  ié  respond  lou  vaquié  regagnons, 
«Un  moumenet,  moun  jouine  tòchi, 
Qu'abren  la  pipo!>  ...  E  de  sa  pòchi 
'^^  Tiro  un  boursoun  de  peu  de  bòchi 

E'n  nègre  cachimbau  qu'embouco;  e  desdegnous: 

29     «Quand  te  bressavo  au  pèd  d'un  ourse, 
^^®  T'a  jamai  counta  Jan  de  l'Ourse, 

Ta  bóumiano  de  maire  P>  à  Yincèn  digue  'nsin. 
l'a  Jan  de  l'Ourse,  Tome  double, 
2^^  Que,  quand  soun  mèstre,  emé  dous  couble, 

Lou  mandé  fouire  si  restouble, 
Arrapè,  coume  un  pastre  arrapo  un  barbesin, 

20^        30    Li  bèsti  tóutís  atalado, 

E  su'no  pibo  encimelado 
Li  bandiguè  pèr  l'èr,  emé  l'araire  après! 
2<>7  E  tu,  marrias,  bonur  t'arribo 

Qu'apereici  l'a  ges  de  pibo!  ...» 

«Leyariés  pa'n  ai  d'une  ribo, 
2^0      Grand  porc!  n'as  que  de  lengo!»    E  Vincèn,  à  l'arrèst^ 

31     Coume  un  lebrié  tanco  un  bestiàri, 
TancaYO  aqui  soun  aversàri. 
213      «Que,,  digo!»  ié  cridavo  à  s'esgargamela, 
«Long  galagu,  que  t'estrampales 


"■'Z*  L'Ourse  (voy.  Glossaire)  est  une  plante  commune  an  bord 
de  la  mer.  Jan  de  VOurse  (Jean  de  TOors),  héros  de  contes  de 
veillées,  espèce  d'Hercule  provençal  auqnel  on  attribue  une  foule 
d'exploits,  était  fils  d'une  bergère  et  d'un  ours  qui  l'avait  enlevée.  B 
avait  pour  compagnons  de  gloire  deux  aventuriers  d'une  force  fabuleuse, 
dont  l'un  se  nommait  Arrache-Montagne,  et  l'autre  Pierre  de  Moulin. 
M.  H.  Babou  a  relaté  l'histoire  de  Jean  de  l'Ours  dans  ses  Payens  in- 
nocents de  1857  ou  1858;  M.  Cosquin,  Contes  populaires  ^  Paris  1886, 
lui  a  consacré  une  étude  philologique. 


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LA  BATÈ8T0.  93 


Sus  ta  gaochello,  bènP  davales 
^^«  0  te  davaleP  .  .  .  Cales?  cales, 

Aro  qu'anan  sache  quau  tetè  de  boD  la? 


219 


225 


228 


281 


237 


240 


32  Es  tu,  gusas,  que  portes  barbo, 
Te  caucarai  coume  uno  garbo! 

Es  tu  qu'as  mespresa  la  vierge  d'aquéu  mas, 

Mirèio,  la  flour  dóu  terraire? 

0,  iéu,  lou  marrit  pauieraire, 

léu,  Vincenet,  soun  calignaire, 
Vau  lava  ti  mesprés  dins  toun  sang,  se  n'en  as!» 

33  Mai  lou  vaquié  bramo:  «Arri!  àrri! 
Bóumian,  calignaire  d'armàri! 

Espèro,  espèro-me!>  ....  Sus-lou-cop  sauto  au  sou; 

Apereila  li  vèsto  volon; 

Picon  di  man,  lis  èr  tremolon; 

Souto  éli  li  caiau  regolon; 
Un  sus  l'autre  à  la  fes  parton  coume  dous  biòu. 


34    Ansin  dous  brau,  quand  sus  lis  erme 
Lou  souleias  dardaio  ferme, 
^^      An  vist  lou  peu  courons  e  li  large  malu 
D'uno  vaco  jouino  e  moureto 
Bramant  d'amour  dins  li  sarreto  .  .  . 
E  sus-lou-cop  lou  tron  li  peto, 
E  d'amour  sus-lou-cop  vènon  foui  e  calu. 


35    Pièi  arpatejon,  pièi  s'alucon, 

Prenon  lou  vanc,  e  zóu!  s'ensucon. 
E  prenon  mai  lou  vanc,  e  de  mourre-bourdoun 
Fan  restounti  li  cop  de  tèsto. 
^^^  Longo  e  marrido  es  la  batèsto, 

Car  es  l'amour  que  lis  entèsto, 
Es  l'amour  pondérons  que  li  buto  e  li  poun. 

•*^       36    Ansin  éli  dous  tabassavon, 

Ansin,  feroun,  s'escabassavon. 


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94  OAKT   CDTQUEN. 

Ourrías  a  recassa  lou  proumié  lavo-dènt; 

2*®  Mai  coume  Tautre  lou  menaço 

D'un  nouvèu  cop,  sa  grand  manasso 
S'aubouro  en  Ter  coume  uno  masso, 

^^^      E  d'un  large  gautas  amassolo  Vincèn. 

37  «Tè!  tè!  frestèu,  paro  aquéu  lèpi!» 
«Tasto,  moun  onie,  s'ai  lou  grèpi!» 

^^5      8e  cridon  l'un  à  l'autre.  «Ardit!  corato,  bastard, 
Li  blayeiròu  mounte  s'enfounso 
La  rintraduro  de  mis  ounço!> 

2^  «E  tu,  moustras,  comto  lis  ounço, 

Lis  ounço  de  sang  viéu  qu'espiron  de  ta  car!» 

38  Alor  s'arrapon,  se  póutiron, 
2*'  S'agroumoulisson  e  s'estiron, 

Espalo  contre  espalo,  em'  artèu  contre  artèu; 

Li  bras  se  trosson,  se  fringouion 
^•^  Coume  de  serp  que  s'entourtouion  ; 

Souto  la  peu  li  yeno  bouion, 
Lis  esfors  fan  tibia  li  tèndo  di  boutèu. 

2^*^        39     Long-tèms,  inmoubile,  s'estellon 
Emé  li  flanc  que  ié  bacellon, 
Coume  quand  bat  de  l'alo  un  pâlot  estardoun: 

*''^  Imbrandable,  la  lengo  muto, 

Un  coûtant  l'autre  dins  sa  buto, 
Coume  li  pielo  grande  e  bruto 

^^      D6u  pont  espetaclous  qu'encambo  lou  Qardoun. 


^*  Le  célèbre  pont  du  Gard,  nn  des  monuments  les  plus  grandioses 
qui  restent  des  Romains.  C'est  nne  partie  d'nn  aqnednc  de  41  kil.  de 
long,  destiné  à  conduire  à  Nimes  les  eanx  de  deux  sources  des  environs 
dTzès,  et  attribué  à  Agrippa,  gendre  d'Auguste  (19  av.  J.  C).  Il  a 
plus  de  269  m.  de  long  sur  49  m.  de  haut  et  se  compose  de  trois  rangs 
d'arcades  superposées,  en  retraite  l'un  sur  l'autre,  les  deux  premiers  de 
six  et  de  onze  arcades  de  mêmes  dimensions,  le  troisième  de  85  arcades 
plus  petites.  Le  tout  est  admirablement  construit,  en  grosses  pierres 
sans  ciment,  sous  le  canal  du  sommet. 


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LA   BATÊ8TO.  95 

40  E  tout-d'uD-cop  se  desseparoD, 

E  tourna-mai  li  poung  se  barron, 
^*      Lou  trissoun  tourna-mai  engruno  lou  mourtié: 
Dins  la  furour  que  li  counjounglo, 
lé  van  di  dent,  ié  van  dis  ounglo  .  .  . 
*^*  Dieu!  quénti  cop  Vincèn  i'ajounglo! 

Dieu!  quénti  bacelas  mando  lou  bouvatié! 

41  Abasimanto  èron  li  mougno 

2®^  Qu'aquest  largavo  à  plen  de  pougno; 

Mai  lou  Yalabregan,  rapide  e  picadis 
Coume  uno  grelo  que  desboundo, 
^^  A  eoun  entour  boundo  e  reboundo, 

Reyoulunous  coume  uno  froundo. 
«Veici»,  dis,  *lou  turtau,  gourrin,  que  t'espóutis!» 

288        42    Mai  coume  tors  l'esquino  à  rèire, 

Pèr  miéus  pica  soun  empegnèire, 
Lou  gaiard  toucadou  subran  Farrapo  i  flanc; 
^^  A  la  maniero  prouvençalo 

Te  lou  bandis  darrié  Tespalo, 

Coume  lou  blad  dessus  la  palo, 
^^      E  yai  pica  de  costo  apereila  au  mitan! 

43     «Acampo!  acampo  Teiminado 

Qu'emé  toun  mourre  as  darbounado, 

E  s'ames  lou  póutras,  vermenoun,  manjo  e  béu!> 
«Proun  de  di!  bèsti  mal-estrucho, 
Ta  que  li  très  cop  que  fan  lucho!» 
Respond  lou  drôle,  en  quau  s'enclucho 

L'amar  vérin.     Lou  sang  ié  mounto  au  bout  di  peu. 


2«7 


300 


""  Variante  des  dictonB  :  Li  très  cop  fan  lucho  (Lee  trois  coups 
achèvent  la  lutte)  et:  Lins  très  cop  ^etwai  la  lucho  (Dans  trois  coups 
la  lutte  s'en  va).  Ces  dictons  s'expliquent  par  Tusage  des  anciens  et  des 
Provençaux  de  ne  déclarer  vainqueur  aucun  lutteur  qui  ne  l'ait  emporté 
trois  fois.  Sur  les  usages  des  luttes  provençales,  voy.  J.  Brunet,  Revue 
d€9  langues  romanes^  1882,  p.  128. 


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96  GANT   CINQUBN. 

44    Se  relèvo,  lou  panieraire, 
803  Coume  un  coulobre;  e,  fier  luchaire, 

A  Tagrat  de  péri  vo  de  venja  soun  noum, 
Part  sus  lou  Camarguen  sóuvage, 
^^  E  d'une  force  e  d'un  courage 

Meravihous  pèr  aquel  âge, 
l'alongo  dins  lou  pitre  un  mourtau  cop  de  poung. 

^^        45     Lou  Camarguen  trantaio,  tasto 
Pèr  coûta  soun  esquino  vaste; 
Mai  à  sis  iue  neblous  ié  semble  quatecant 
^^^  Qu'à  soun  entour  tout  fai  que  courre 

La  tressusour  ié  mounto  au  mourre, 
E  pataflòul  coume  une  tourre 
Toumbo  lou  grand  Ourrias,  au  mitan  dóu  trescamp!. 

46  La  Crau  èro  tranquilo  e  mudo. 
Âperalin  soun  estendudo 

Se  perdié  dins  la  mar,  e  la  mar  dins  l'èr  blu: 

Li  ciéune,  li  fòuco  lusènto, 

Li  becaru,  qu'an  d'alo  ardènto, 
^^*  Venien  de  la  clarta  mourènto 

Saluda,  long  di  clar,  li  bèu  darrié  belu. 

47  DÓU  yaquié  la  cavale  blanco 
^2^  Toundié  dis  agarrus  li  branco; 

E  vuege,  lis  estriéu,  li  grands  estriéu  ferra, 

Balin-balòu  contre  soun  ventre. . . 
^^"^  «Breguigno  mai!  se  noun  t'esvèntre! 

Lis  ome,  are,  bregand,  pos  sèntre 
S'a  la  cane  vo  au  pan  se  dèvon  mesura!» 


815 


31S 


■••  La  cano  (canne),  mesure  de  longueur,  usitée  autrefois  dans 
tout  le  midi  de  la  France.  Elle  se  divisait  en  8  pan  et  valait  deux 
mètres,  plus  ou  moins  selon  le  pays.  Lou  pan  (empan,  longueur  d'une 
main  ouverte)  se  divisait  en  huit  menut,  équivalents  à  31  millimètres 
chacun  ;  le  menut  se  subdivisait  en  huit  menut  de  menui  (un  peu  moins 
de  4  millimètres).  —  Le  pan  s'emploie   aujourd'hui  couramment  pour 


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Lk  BATÈ8T0.  97 

3^       48     Dîns  lou  silènci  dóu  campèstre, 

Lou  panieraire,  d'un  pèd  mèatre, 
Esquichavo  lou  pies  d'Ourrias  amaluga. 
^*^  Souto  la  cambo  que  lou  sarro 

Lou  toucadou  luchavo  eucaro 

E  pèr  li  brego  e  pèr  li  Darro 
^^^      Racavo  à  gros  mouchoun  un  sang  encre  e  maca. 

49  Très  cop  vouguè  jita  de  caire 
Lou  pèd  ounglu  dóu  panieraire; 

^^      Très  cop  d'un  tai  de  man  lou  fiéu  de  MèsteAmbroi 
L'esterniguè  mai  sus  la  gravo; 
E  lou  vaquié  qu'escumejavo, 
**2  Emé  d'iue  torge,  retoumbavo 

Ed  boufant  e  badant  coume  un  orre  bóudroi. 

50  «Lis  ome,  donne,  o  barataire, 
^*^               Lis  a  pas  tóuti  fa,  ta  maire!» 

VÌDcenet  îé  cridavo.    <I  biòu  de  Séuvo-Riau 
Vai,  vai  counta  quento  es  ma  pougno! 
^*®  Vai-t'en  escoundre  ti  boudougno, 

Toun  arrouganço  e  ta  vergougno 
Au  founs  de  ta  Camargo,  au  mitan  de  ti  brau!» 

3^^        51     Acò  di,  lachè  la  bestiasso. 

Tau  un  toundèire,  dins  la  jasso, 
Retèn  entre  si  cambo  un  grand  aret  banard; 
^^  Mai  tant-lèu  i'a  toumba  soun  àbi, 

Sus  lou  malu  ié  man  do  un  bàbi 

E  lou  bandis.     Gounfle  de  ràbi, 
^*''      Ansin,  e  tout  poussons,  lou  vaquié  sauto  e  part. 


le  quart  du  mètre.  —  Le  proverbe,  varié  dans  v.  328  s.,  est  communé- 
ment formulé:  Lis  ome  se  tnesuron  ni  au  pan  ni  à  la  cano,  ou  plus 
simplement:  Lis  ome  se  mesuron  pas  à  la  cano.  Cela  veut  dire  qu'il 
faut  mesurer  les  hommes  non  à  leur  taille  plus  ou  moins  grande,  mais 
plutôt  à  leur  bravoure  et  à  leur  vigueur. 

7 


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98  CAKT   GIlilQUEN. 

52  Udo  pensado  maladito 

A  travès  champ  lou  precepito; 

^^      Jitavo  d'escumenge;  ourlant  e  fernissènt, 
Dins  lis  avaus,  dins  li  genèsto, 
Que  cerco  dounc  ?  . . .  Ai  !  ai  !  s'arrèsto  . . . 

^•3  Ai!  ai!  ai!  brando  sus  la  tèsto 

Soun  ficheiroun  terrible  e  lampo  sus  Vincèn. 

53  Quand  se  veguè  souto  la  lanço, 
^^^  Sènso  revenge  ni  'speranço, 

Yincenet  paliguè  coume  au  jour  de  sa  mort: 

Noun  que  la  mort  ié  fugue  duro, 
^•9  Mai  ço  qu'aclapo  sa  nature. 

Es  de  se  vèire  la  caturo 
D'un  feloun  que  l'engano  ayié  fa  lou  pu  fort. 

872        54     «Traite!  ausariésP>  faguè  que  dire. 

E,  Youlountous  coume  un  martire, 
S'aplanto . . .  Alin,  alin,  dins  lis  aubre  escoundu, 
8''^  l'avié  lou  mas  de  sa  mestresso. 

Se  ié  viré  'mé  grand  tendresse, 

Coume  pér  dire  à  la  pastresso: 
»78      «Miréio,  espincho-me,  que  vau  mouri  pér  tu!» 

55     0  béu  Vincèn!  d'aquelo  qu'amo 
Enca  pantaiavo  soun  amo  . . . 
88 Í       cFai  ta  preguiero!»    Ourrias  ié  vengué  coume  un  tron, 
D'uno  voues  despietouso  e  rauco. 
E  de  souu  ferre  aqui  lou  trauco. 
88*  Em'un  fort  gème,  sus  la  bauco 

Lou  paure  verganié  barrulo  de  soun  long. 


■•*  Ficheiroun^  trident,  arme  des  gardiens  de  taureaux  sauvages. 
Voy.  IV,  337  note. 

^**  Bauco,  On  désigne  généralement  sous  ce  nom  les  hautes  herbes 
qui  poussent  tui  peu  partout  le  long  des  fossés,  sur  les  cliemins,  etc.  Il 
y  a  parmi  elles  une  espèce  de  stipe  fort  curieuse  qu'on  nomme  bauco 
à  plumetj  stipe  empennée  (stipa  pennata),  et  que  Ton  trouve  commune- 


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LA    BATÈ8T0.  99 

56    E  Terbo  plego,  ensaunousido  ; 
^^'*  E  de  si  cambo  enterrousido 

Li  foumigo  de  champ  fan  déjà  soun  camin. 
Mai  loa  toucadou  galoupayo. 
3W  «^u  (»]ar  de  luno,  sus  la  grave,» 

Tout  en  fugènt  eu  prejitavo, 
«Âniue  li  loup  de  Crau  van  rire,  à  tau  festin!...» 

^^       57     La  Crau  èro  tranquilo  e  mudo. 

Aperalin  soun  estendudo 
Se  perdié  dins  la  mar,  e  la  mar  dins  l'èr  blu; 
^^  Li  ciéune,  li  fòuco  lusènto, 

Li  becaru,  qu^an  d'alo  ardènto, 

Yenien  de  la  clarta  mourènto 
^^      Saluda,  long  di  clar,  li  bèu  darrié  belu. 

58  E  galopo,  vaquié,  galopo 

Que  galouparas! . . .  «Hopo!  hopo!» 
^^      lé  venien  coume  aco  lis  esclapaire  verd 

A  sa  cayalo  que  chauribo 

Dis  iue,  di  narro  e  dis  auriho. 
^^  Souto  la  luno  déjà  briho 

Lou  Rose,  entre-dournii  dins  soun  lié  descubert, 

59  Coume  un  roumiéu  de  Santo-Baumo 
^^  Que,  nus,  de  lassige  e  de  caumo 

S'estalouiro  e  s'endor  au  founs  d'un  vabre.    «Hou! 
L'ausès?...  hou  de  la  ratamalo! 
^*>  Hou!  hou!...  En  cuberto  vo'n  calo, 

Me  passarias  'mé  ma  cavalo?» 
De  liuen  lou  capounas  crido  à  très  barqueiròu. 

ment  dans  les  montagnes  méridionales.  Les  pauvres  femmes  de  Van- 
cluse  la  font  teindre  de  coolenrs  différentes  après  Tavoir  récoltée,  et  la 
vendent  aux  voyageurs  qui  viennent  voir  Yaucluse.   Voy.  II,  432  note. 

•••-—••  Répétition  poétique  des  vers  319—22. 

**"  Santo-Baumo  (Sainte-Baume),  grotte  célèbre,  au  milieu  d'une 
vaste  forêt,  près  de  Saint-Maximin  (Var).  Selon  la  tradition,  Sainte- 
Madeleine  s'y  retira  pour  faire  pénitence  et  y  mourut.  La  grotte  a  été 
transformée  en  chapelle,  et  c'est  encore  aujourd'hui  un  pèlerinage. 

7* 


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100  CANT   GINQUEN. 

^^^        60     «Vène  lèu,  vène,  bono  voio!» 

Respoundeguè  'do  voues  galoio, 
«Que,  pèr  vèire  mounta  de  la  niue  lou  calèu, 
*^'^  Entre  li  remo  e  la  partego 

Lou  pèis  entrefouli  van  ego  . . . 

La  pesco  presse,  aco  boulego, 
•*2o      Moun  orne,  Touro  es  bono  .  .  .  Abordo,  abordo  lèu!» 

61  En  poupo  lou  fenat  s'assèto. 
La  cavalo,  darrié  la  bèto, 

^**      Nadavo,  la  caussano  estacado  à  Testrop. 

E  li  grand  pèis,  vesti  d'escaumo, 

Abandounant  si  fóunsi  baumo, 
^^^  DÓU  Rose  mouvien  la  calaumo 

E,  lusènt,  boumbissien  à  Tentour  de  la  pro. 

62  «Mèstre  pilot,  douno-te  gardo! 

^-^  La  nau,  semble  que  vèn  panarde!» 

E  lou  qu'avié  parla,  pèd  sus  banc,  sus  lou  rèm 
Tourna  se  pleguè  coume  un  vise. 
^^*  «IVn  moumenet  que  me  n'avise  .  .  . 

Pourtan  un  marrit  pes,  vous  dise,» 
Respoundè  lou  pilot;  e  pièi  digue  plus  rèn. 

^^        63     La  ratamalo  trantaiavo 

D'un  biais,  de  l'autre,  gansouiavo 
D'un  balans  esfraious  coume  un  orne  embria. 
488  La  ratamalo  èro  marrido, 

Avié  li  post  mita  pourrido  . . . 

«Tron  de  Diéu!>  lou  toucadou  crido . . . 
**i      E  s'arrapo  à  l'empento  e  s'aubouro  esfraia. 

^'^  Fmat,  mauvais  snjet,  sacripant,  scélérat.  Horace  a  dit  dans 
le  même  sens  en  parlant  d'nn  méchant  homme:  Fœnum  habet  in  cornu 
(sat.  I,  4,  34).  C'était  proverbial  chez  les  Romains ,  et  ce  dicton  venait 
de  Tusa^e  où  Ton  était  autrefois  de  mettre  du  foin  aux  cornes  des 
taureaux  dangereux,  pour  avertir  de  s'en  garder. 

*••  P^d  8ti8  banc  (pieds  sur  banc).  Mètre  (mettre)  pèd  sus  banc^ 
en  terme  de  marine,  c'est  mettre  le  pied  sur  le  petit  banc  qui  est  de- 
vant le  siège  des  rameurs,  pour  faire  plus  de  force,  et  iig.  travailler 
avec  ardeur. 


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LA   BATÈ8T0.  101 

64  Mai,  souto  uno  invesiblo  forço, 
La  nau  sèmpre  que  mai  bidorso, 

^^      Coume  UDO  serp  en  quau  un  pastre  em'un  clapas 

  coupa  lis  esquino.    «Sòci, 

Perqué  fasès  aquéu  trigòssi? 
*^''  Voulès  douDC  que  me  nègue?>  i  mòssi 

Venguè  lou  toucadou,  pale  coume  un  gipas. 

65  «Pode  plus  mestrcja  la  barco!» 
^^                Respoundè  lou  pilot.    «S'enarco 

Souto  iéu  e  boum  bis  coume  uno  escarpo  fai: 
As  tua  quaucun,  misérable!» 
*^  «léuP  . . .  Quau  te  l'a  di?  . . .  Que  lou  diable, 

S'acò's  verai,  'mé  soun  rediable 
Me  póutire  subran  au  founs  di  garagai  !> 

*^        66     *Ah!»  countuniè  lou  pilot  blave, 

Es  iéu  que  me  troumpe!  óublidaye 
Qu'es  aniue  Sant  Medard.    Tout  paure  negadis, 

*^*  Di  toumple  afrous,  di  revòu  sourne, 

Pèr  founs  que  l'aigo  l'encafourne, 
Sus  terro  aniue  fau  que  retourne . . . 

^*      La  longo  proucessioun  adeja  s'espandis. 


*"  Sant  Medard  (La  Saint-Médard.  8  juin).  La  légende,  répétée 
dans  les  vers  sniyantB,  raconte  que  les  noyés,  qui  n'ayant  pas  reçu 
Textrème  -  onction  ne  peuvent  gagner  le  paradis,  ont  une  dernière 
chance  de  salut,  s'ils  trouvent  dans  la  nuit  de  Saint-Médard  assez  de 
bonnes  œuvres  faites  par  eux  pour  en  former  un  bouquet  de  fleurs. 
M.  Maass,  l  c,  p.  12,  voudrait  mettre  cette  légende  en  rapport  avec 
Texpression  óumomo  flaurido  (aumône  fleurie)  XU,  347,  aumône  donnée 
par  un  pauvre  à  un  plus  pauvre  et  qui  se  change  pour  le  donateur  en  fleur, 
parce  que  c'est  une  bonne  œuvre  d'un  mérite  particulier.  H  rappelle  aussi 
les  vers  X,  190-2;  215-  8;  256-7, 

0  Santi  Mario 
Que  poudès  en  flour 

Chanja  nòsti  plour, 
parce  que  les  larmes  versées  par  un  malheureux  parlent  également  en 
sa  faveur. 


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102  GANT   CINQUEH. 

67  Ve-lèi  ! . . .  pàuris  amo  plourouso  ! 
Ve-lèi!  8U8  la  ribo  peirouso 

^^^      Mounton  à  pèd  descaas:  de  si  yièsti  lima, 

De  soun  peu  amechouli,  coulo 

A  gros  degout  Taigo  treboulo. 
*^®  Dins  Toumbro,  souto  H  piboulo, 

Gaminon  à  renguiero,  em'iin  cire  aluma. 

68  Goume  regardon  lis  estello! 
^'^^                D6u  sablas  que  lis  empestello 

En  derrabant  si  cambo  arrampido,  pecai! 
Emé  si  bras  blu,  'mé  sa  tèsto 
^*^^  Mounte  la  nito  encaro  rèsto, 

Es  éli,  coume  uno  tempèsto, 
Que  tuerton  lou  batèu  d'aquéu  rude  trantai. 

477        69     Toujour  quaucun  de  mai  arribo 
E  mounto,  afeciouna,  la  ribo. 
Goume  bevon  l'èr  linde  e  la  visto  di  Grau 
^^  E  la  senteur  que  vèn  di  fòure! 

.•::;::  i  E  coume  trovon  dous  lou  moure, 
'.•  :  :•:•..  ^  p^^  regardant  si  vièsti  plòure  ! . . . 
*???    îTiWJo.ûr  quaucun  de  mai  mounto  dóu  cadarau!... 

70    l'a  de  vièi,  de  jouine,  de  femo,» 
Disié  lou  mèstre  de  la  remo  . . . 
48«       «(Goume  espòusson  la  fango  e  l'ouri'our   dou   pesquié!) 
De  forme  descarnado  e  berco; 
De  pescadou  qu'èron  en  cerco 
^^®  D'aganta  lou  lampre  e  la  perco, 

E  qu'i  perco  em'i  lampre  an  servi  de  pasquié. 


D'après  les  vers  XI,  160  s. 

Ánan  entendre  lou  soulàmi 

Di  negadis,  que  Toundo  escoubiho,  pecai! 

la  superstition  populaire  fait  entendre  les  morts  aussi  quand  la  tempête 

fouette  les  vagues  de  la  mer.    Cf.  Maass,  L  c. 


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LA   BATÈBTO.  103 

71     Ve!  regarde  aquéu  vòu  qu'esquiho, 
^^  Descounsoula,  sus  li  graviho ... 

Es  li  bèlli  chatouBO,  es  li  folo  d'amour, 
Que,  de  se  vèire  separado 
^***  De  Tome  ama,  desesperado. 

An  demanda  la  retirado 
Au  Rose,  pèr  nega  soun  inmènso  douleur. 

498        72    Ve-lèi!...  O  pàuri  pichounello! 

Dins  la  sournuro  clarinello, 
Boulegon  si  sen  nus,  em'un  tau  rangoulun, 
^^  Souto  Taugo  que  li  mascaro, 

Que,  de  soun  peu  neblant  sa  caro 

A  long  trachèu,  iéu  doute  encaro 
^^      S'es  d'aigo  que  regoulo  o  s' es  Tamar  plourun.» 

73  Lou  pilot  quinquè  plus.   Lis  amo 
A  la  man  tenien  uno  flamo, 

i>o^      E  seguien,  à  la  mudo  e  plan,  lou  ribeirés. 
Aurias  ausi  youla'no  mousco  . . . 
«Mèstre  pilot!  mai,  dins  la  fousco, 
5'^  Vous  semble  pas  que  soun  en  bousco?» 

lé  fai  lou  Camarguen,  d'orre  e  d'espaime  près. 

74  «O,  soun,  en  bousco  . . .  Ve,  pecaire! 
^^^                Ceume  testejon  de  tout  caire! 

Cercon  H  bonis  obre  e  lis  ate  de  fe 

Que  sus  la  terro  semenèron, 
^^*  Espés  0  clar,  quand  ié  passèron. 

Tre  qu'apercevon  ço  qu'espèron, 
Coume  au  fres  margaioun  vesèn  courre  l'avé, 

*'*        75     Se  precepiton;  e,  culido. 

Entre  si  man  Tobro  poulido 
Vèn   uno  fleur;   e  quand,   pèr   un  bouquet  n'an  proun, 
^^  A  Dieu,  alègre,  lou  fan  vèire, 

E  vers  li  porto  de  Sant  Pèire 

La  fleur  emporte  lou  cuièire. 
^^      Dins  Tengrau  de  la  mort  teumba  de  revireun. 


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104  CilNT   CINQUEN. 

76  I  negadís  ansin  Dieu  même 
Doano  un  relais  pèr  se  redeme. 

^28      Mai  souto  lou  glavas  dóu  fluve  segrenous, 
Ayans  que  Taubeto  s'enaure, 
Ve-n'-en  que  touroaran  s'enclaure: 
^31  Negaire  de  Dieu,  manjo-paure, 

Tuaire  d'ome,  traite,  escabot  vermenous. 

77  Cercon  uno  obro  que  li  sauve 
534  E  noun  poussigon,  dins  lis  auve, 

Que  pecatas  e  crime,  en  formo  de  caiau 
MouDte  souu  artèu  nus  s'embrounco. 
'■^8^  Pin  de  miòu,  fin  de  cop  de  rounco! 

Mai  éli,  dins  Terso  que  rounco, 

Sens  fin  barbelaran  lou  perdoun  cele8tiau!> 

^^^        78     Coume  un  bregand  à-n-un  recouide, 
Ourrias  aqui  Tarrapo  au  couide: 
«L'aigo  dins  lou  batèu!»    «Ta  Tagouta»,  respond, 

^5  Tranquile,  lou  pilot.    En  aio, 

Ourrias  agoto,  e  zóu!  travaio 
Coume  un  perdu  ! . . .    De  Trenco-Taio 

54«      Lj  Trèvo  aquelo  niue  dansavon  sus  lou  pont. 


**^  Fin  de  midu,  fin  de  cop  de  rounco  (fin  de  mnlet,  fin  de  coups 
de  trique),  sentence  créée  par  Tautenr  sur  le  thème  antique:  Finis 
miseriae  mors  est, 

***  Trenco-Taio  (Trinquetaille),  fanbourg  d'Arles,  situé  dans  la 
Camargue,  snr  la  rive  droite  du  Khône,  anciennement  le  quartier  com- 
merçant de  la  ville,  aujourd'hui  sans  intérêt.  Un  pont  de  fer  le  relie 
à  la  ville;  à  Tépoque  où  M.  Mistral  écrivait  Mirèio,  c'était  encore  un 
pont  de  bateaux. 

**•  Li  Trèvo  (Les  Trêves)  ou  Trevan  (voy.  v.  VI,  262),  fantômes 
qui  hantent  les  maisons  inhabitées  et  qui  se  manifestent  par  certains 
bruits  étranges,  ou,  comme  ici,  lutins  qui  dansent  à  la  pointe  des  ondes, 
quand  le  soleil  ou  la  lune  fait  miroiter  les  eaux.  Le  verbe  treva  (hanter, 
en  parlant  de  revenants)  se  trouve  aussi  II,  136,  où  le  poète  raconte 
que  les  vieux  princes  des  Baux  trèvon  dans  la  grande  tour  écroulée  de 
cette  ville.  —  Les  vers  545/6  sont  répétés  aux  v.  573/4,  à  la  fin  du  Chant. 


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LA    BATÈSTO.  105 

79  E  zóu!  agoto,  Ourrias,  agoto 
Qu'agoutaras  ! . . .    La  cavaloto, 

^*^      Pèr  se  descabestra,  folo!  —  «Blanco,  dequ'as? 

As  pou  di  mort?»  ié  dis  soun  mèstre 

Qu'a  li  peu  dre  de  l'escaufèstre. 
''^^'  E,  soumaru,  lou  toumple  eiguèstre, 

De-long  dóu  breganèu,  afloco,  ras  à  ras. 

80  «Sabe  pas  nada,  capitàni!... 
^^               La  sauvarés,  la  barco?>   «Nàni! 

EDcaro  un  vira-d'iue,  la  barco  toumbo  à  founs. 

Mai,  de  la  dougo,  ounte  varaio 
^^  La  proucessioun  que  tant  t'esfraio, 

Li  mort  nous  van  manda'no  traio.» 
E  coume  a  di,  la  barco  au  Rose  se  prefouud. 

^*        81     E,  dins  la  liuencho  escuresino, 

E  di  viholo  fouscarino 
Qu'i  man  di  negadis  tremolon,  un  long  rai 
***  D'uno  ribo  à  Tautro  lampejo, 

E  coume,  au  soulèu  que  pounchejo, 

Coume  uno  aragno  que  fielejo 
'*^^       Se  laisso  resquiha  de-long  dóu  fiéu  que  tnii, 

82     Li  pescadou  (qu'èron  de  ïrèvo!) 
Au  rai  claret  que  fai  co-lèvo 
^"'^      Se  guindon  e  lèu-lèu  s'esquihon  tout-de-long. 
D'entre  Taigo  que  Tenmourraio, 
Ourrias  peréu  mando  à  la  traio 
^''^  Si  man  crispado  ! . . .    A  Trenco-Taio, 

Li  Trèvo,  aquelo  niue,  dansèron  sus  lou  pont! 


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CANT  SIEISENO 

LA  MASCO 

A  l'aubo,  très  poarofttié  troTon  Tinoèn  dins  sonn  sang,  estendu  dins  lis  arme  de  Cran.  — 
L'aduson  à  la  brasseto  au  If  as  di  Falabrego.  —  Digressioun  :  loa  Fellbre  se  reeoiunando 
k  sis  ami ,  11  fellbre  de  Prouvènço.  —  Doulonr  de  MIrèio.  Porton  Yincèii  au  Traa  di 
Fado,  oaforno  dis  Esperlt  de  nlue  e  demouranço  de  la  masoo  TaTen,  escoosjararello 
de  tout  mau.  —  Li  Fado.  —  Mlrèlo  acoumpagno  soun  calignaire  dins  11  borne  de  1« 
mountagno.  —  La  Mandragoaro.  —  Lis  aparidoun  de  la  banmo  :  Ll  Fouletonn,  l'Esperit 
Fantasti,  la  Bu^adiero  dóu  Yentoor.  —  Raoonte  de  la  maseo  :  la  Messo  di  mort,  lou 
Sabatòrl,  la  Oaramaudo,  loa  Orlpet,  la  Bambaroucho,  la  Chaueho*YIèio,  Ils  Esoaiincbe. 
11  Dra,  loa  Chin  de  Cambaa.  lou  Baroan  Castiboon.  —  L'Agnèa  nefre,  la  Cabro  d*or. 
—  TaTen  escounjoro  la  plago  de  Yincèn.  —  Enaoramen  e  proafeilso  de  la  maeeo. 

1     A  l'aubo  claro  se  marido 
Lou  clar  canta  di  bouscarido. 
^         La  terro  enamourado  espèro  lou  soulèu, 
Vestido  de  frescour  e  d'aubo, 
Coume  la  chato  que  8e  raubo, 
^  Dins  la  plus  belle  de  si  raubo 

Espèro  lou  jouvènt  que  i'a  di:  «Parten  lèu!> 


*)  Ce  Chant,  embarras  et  souvent  pierre  d'achoppement  pour  les 
critiques  et  les  commentateurs  de  notre  poète,  a  trouvé  une  interpré- 
tation symbolique  par  le  poète  allemand  L.  Giesebrecht^  dans  la  lettre 
publiée  par  M.  Bertuch  à  l'introduction  de  sa  Traduction  allemande  (cf. 
Introd.  p.  xLii  s.).  Voici  Topinion  de  cet  interprète:  Mistral  a  donné, 
dans  son  sixième  Chant,  des  significations  aux  croyances  populaires, 
qui,  certes,  n'existaient  jamais  dans  l'opinion  du  peuple.  Ces  fées. 
Esprits  légers,  mystérieux,  que  Dieu  avait  créées  demi  -  terrestres 
afin  qu'elles  fussent,  pour  ainsi  dire,  l'âme  visible  des  campagnes,  et  afin 
d'apprivoiser  la  sauvagerie  des  premiers  hommes,  mais  qui,  au  lieu  d'é- 
lever les  mortels  vers  les  célestes  espaces,  passionnées  de  nos  passions, 
tombèrent  de  leurs  hauteurs  dans  notre  obscur  destin  (voy.  v.  162—176). 
qu'est-ce  qu'elles  sont  sinon  les  dispositions  morales  des  hommes  tom- 


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OâMT   SIEISEN.      Lk   MASCO.  107 

2     En  Crau  très  oine  caminayoD, 
®  Très  pourcatié,  que  s'entournavon 

De  Sant-Chamas  lou  riche,  ounte  èro  lou  marcat. 
Venîen  de  vendre  sa  toucado 
'^  E,  tout  en  fasènt  la  charrado, 

Sus  Tespalo,  à  Tacoustumado, 
Pourtavon  sis  argent  dins  si  roupo  amaga. 


^  Sant-Chamas  (Saint-Chamas),  bourg  près  de  Textrémité  nord- 
eit  de  Tètang  de  Berre,  avec  une  poudrerie  très  importante. 

bés  dans  la  bassesse  et  la  vilenie  de  leur  race  ?  Les  Follets ,  abatteurs 
de  moisson,  ces  vilains,  ces  fanfarons  représentent,  sans  doute,  Tesprit 
raisonneur,  démolisseur.  Taven  en  dit:  «Et  dans  le  bien  que  nous 
pouvons  faire,  dire  ensuite  qu^il  nous  faut  employer  telle  engeance  î 
Car  oui,  de  même  que  le  médecin  tire  le  bon  du  pire,  nous  forçons,  par 
la  vertu  des  sortilèges,  le  mal  à  engendrer  le  bien»  (v.  266 — 72).  L'Esprit 
Fantasti  est,  comme  l'indique  son  nom,  l'imagination  sans  tenue,  qui,  selon 
ses  caprices,  saisit  le  bon  et  le  mauvais  et  le  fait  vivre  par  les  arts.  Dans 
la  Lavandière  (v.340-2;  351—56),  on  reconnaît  facilement  ce  que  nous 
appelons  aujourd'hui  la  puissance  de  la  phrase.  Le  troupeau  de  porcs 
qui  se  jette  dans  les  jambes  des  amants,  et  à  cause  duquel  Taven  les 
exhorte  à  bien  garder  leurs  couronnes  magiques  (v.  380—3),  symbolise  la 
sensualité.  La  sorcière  l'appelle  elle-même  :  mau-vivènti  sautarello  (v.  394), 
Elle  distingue  ensuite  les  fantômes  qui  hantent  la  grotte  des  Fées  pen- 
dant la  journée  et  en  sortent  pendant  la  nuit,  en  deux  groupes.  Les  uns 
se  rendent  dans  les  églises,  les  autres  dans  la  Crau.  Dans  les  églises,  on 
lit  la  messe  des  morts,  c'est-à-dire:  des  morts  spirituellement,  parmi  les- 
quels le  prêtre  desservant  est  le  seul  vivant.  Dans  la  Crau  règne  le 
Sabbat,  c'est-à-dire:  le  champ  y  est  libre  à  tous  les  vices,  à  tous  le» 
délits  qui  craignent  la  lumière.  Soudain  la  sorcière  s'écrie:  «Ouvrez^ 
Toreille  et  les  yeux!  L'Agneau  noir  nous  appelle.  Aux  chrétiens  im- 
prudents alléchés  par  sa  voix,  il  montre  la  place  où  la  Chèvre  d'or  fut 
enfouie  par  les  Sarrasins.  Jusqu'à  leur  mort  ils  la  traient  tant  qu'ils 
veulent;  mais  à  l'agonie,  lorsqu'ils  râlent,  qu'ensuite  ils  fassent  de- 
mander le  sacrement  divin!  Le  Noir  leur  réplique  par  un  orage  de 
coups  sur  les  côtes.  Et  néanmoins,  aux  temps  mauvais  où  nous  sommes., 
temps  marqués  par  la  morsure  de  tout  vice,  combien  d'âmes  sèches  et 
affamées  de  gain  qui  mordent  à  son  piège  et  qui  font  fumer  leur  encen& 
à  la  Chèvre  d'or!»  (v.  465— 518).  Ces  vers  n'ont  pas  besoin  d'être  inter- 
prétés.   Enfin,  dans  la  troisième  grotte,  à  la  fin  des  fins,  se  fait  la  gué- 


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108  CA19T   SIEISEN. 


3     Quand  tout-d'un-cop:  «Chut!  cambarado, 
Fai  un  di  très.    Ta^no  passado 

Que  me  semble  d^ausi  souspira  dins  li  bru8C.> 
«Hou!»  fan  lis  autre,  «es  la  caropano 
De  Sant-Martin  o  de  Maussano, 
0.  belèu  bèn  la  Tremountano 

Que  gansouio  en  passant  li  tousco  d'agarrus.» 


18 


LM 


**  SanUMaHin  (Saint-Martin)  de  Crau,  village  situé  dans  la  Cran. 
—  Maussano^  voy.  IV,  129  note. 

f  ison  de  Vincent  :  la  vieille  èchaude  la  poitrine  dn  blessé  avec  le  contenu 
de  sa  marmite  magique.  En  même  temps,  elle  est  saisie  par  Tesprit 
prophétique.  «Christ  ressuscitera!»,  s'écrie-t-elle.  Dans  son  extase,  elle 
Je  voit  monter  au  Calvaire,  mais  pas  de  Véronique,  pas  de  Simon  Cyré- 
néen ,  pas  de  Maries  plaintives,  personne  qui  ait  pitié  du  porte-croix  ! 
Les  hommes  sont  comme  Tétaient  les  Juifs.  Une  destruction  pareille  à 
celle  de  Jérusalem  anéantira  la  nouvelle  race,  et  ce  qui  est  pierre  de- 
viendra poussière.  «Oh,  que  de  lances!  oh,  que  de  sabres!  Sur  quels 
monceaux  de  cadavres  vois- je  bondir  l^eau  des  ravins!  Pacifie  tes  vagues, 
mer  tempétueuse!  Aïe,  la  barque  antique  de  Pierre  s'est  brisée  aux 
Apres  rochers  où  elle  frappe!  Mais  voyez!  Le  maître  pêcheur  a  dominé 
le  flot  rebelle;  dans  une  barque  belle  et  neuve,  il  gagne  le  Rhône  et 
rebondit  parmi  les  vagues,  avec  la  croix  de  Dieu  plantée  au  timon!  Oh, 
divin  arc-en-ciel!  immense,  éternelle  et  sublime  clémence!  Je  vois  une 
terre  neuve,  un  soleil  qui  réjouit!  Dieu  est  adoré  dans  son  temple»  (f. 
582—639).  —  Ainsi  de  la  prophétie.  La  barque  de  Pierre  est,  sans  doute. 
rÉglise  catholique  ;  mais  qui  est  le  maître  pécheur?  le  Pape  ou  le  Christ? 
D'après  le  contexte  ce  doit  être  ce  dernier  dont  la  résurrection  est 
Annoncée.  ^ 

Le  symbolisme  que  Giesebrecht  prête  à  notre  poète,  même  pour 
l'ensemble  de  sa  Mirèio,  n'a  pas  trouvé  beaucoup  de  croyants,  et  il  ne 
les  a  pas  mérités.  Mistral  a  voulu  simplement  peindre,  dans  le  Chant 
VI  comme  dans  les  autres  Chants  de  son  poème,  les  mœurs  et  les  croy- 
ances des  habitants  de  son  pays.  Les  paysans  n'aimant  pas  à  appeler 
des  médecins  à  leur  secours,  il  était  naturel,  dans  le  cas  de  Vincent, 
de  recourir  à  la  vieille  Taven  qui,  déjà  Chant  111,  298  ss.,  avait  pris 
parti  pour  cet  amant  et  s'y  était  montrée  supérieure  aux  autres  femmes. 
Pour  la  sorcière,  il  fallait  une  demeure  ou  un  refuge  digne  d'elle  et  de 
ses  sorcelleries;  la  grotte  des  Fées  s'offrait  d'elle-même,  et  avec  elle 
l'occasion  de  passer  la  revue  des  superstitions  en  cours  dans  la  Provence 


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24 


30 


LA   MA.8(50.  lOO' 

4  Coume  acabavon,  di  genèsto 
Sort  un  plagnoun  que  lis  arrèsto, 

Un  plagnoun  tant  doulènt  que  treiicavo  lou  cor. 

«Jésus!  Maria!»  tóuti  faguèron, 

«l'a  mai-que-mai!»  e  se  signèron, 

E  d'aise,  d'aise,  caminèron 
De  mounte  li  plagnoun  venien  toujour  pu  fort. 

5  Oh!  que  'spetacle!   Dins  l'erbage, 
Sus  li  caiau,  'mé  lou  visage 

Revessa  pèr  lou  sou,  Vincèn  èro  estendu: 

La  terro  à  l'en  tour  chaupinado, 
^3  Lis  amarino  escampihado 

E  sa  camiso  espeiandrado 
E  l'erbo  ensaunousido  e  soun  pitre  fendu  T 

s*  6     Abandonna  dins  la  campagne, 

Emé  lis  astre  pèr  coumpagno, 
Aqui  lou  paure  drôle  avié  passa  la  niue. 
^^  E  l'aubo  umido  e  clarinello, 

En  ié  picant  sus  li  parp^^llo, 

Dedins  si  veno  mourtinello 
*2        Reviscoulè  la  vido  e  ié  durbè  lis  iue. 


an  commencement  du  siècle.  Les  yents-coulis  de  Tantre  se  changeaient 
en  lutins,  ses  bruits  étranges  en  voix  de  fantôme,  sa  population  ailée 
en  spectres  ou  êtres  fantasques  de  toutes  sortes,  et  les  sensations  et 
les  frissons  des  deux  intrus  en  attouchements  de  quadrupèdes  imaginaires. 
Ainsi  toute  la  mythologie  populaire  pouvait  être  présentée.  Naturel- 
lement la  sorcière  était  pourvue  des  ustensiles  et  des  compagnons 
chers  à  ses  égales:  la  marmite,  les  herbes  magiques,  la  poule  blanche, 
les  chats  noirs  aux  yeux  incandescents,  rien  ne  manque.  Enfin 
la  sorcière,  pour  faire  sa  cure,  avait  besoin  de  formules  magiques. 
Il  a  plu  au  poète  de  la  faire  prophétesse  ou  plutôt  de  lui  mettre  dans 
la  bouche  des  paroles  incohérentes,  pleines  d'allusions  aux  souffrances 
de  Jésus-Christ,  comme  c'est  l'habitude  pour  les  cures  dites  symbo- 
liques. Ce  ne  sont  que  les  dernières  paroles  de  Taven  qui  ont  rapport 
à  certaines  prophéties  qui  annoncent  le  retour  de  la  papauté  à  Avignon, 
après  quelque  cataclysme  européen  ou  social. 


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110  CkiSr  BIËISEN. 

7  E  li  très  orne,  tout  en  aio, 
Quitèroo  tout-d'un-tèms  la  draio: 

^''»       E,  courba  tóuti  très,  ié  faguèron  un  brèa 
De  si  roupo,  qu'espandiguèron  ; 
Pièi  entre  tóuti  lou  pronguèron 

^^  A  la  brasseto,  e  Taduguèron 

A  u  Mas  di  Falabrego,  ounte  èro  lou  pu  près . , 

8  0  dous  ami  de  ma  jouvènço, 
^'                 Valent  Felibre  de  Prouvènço, 

Qu'escoutas,  atentiéu,  mi  cansoun  d^autre-tèins  : 
Tu  que  sabes,  o  Roumaniho, 
**  Entrena  dins  tis  armounio 

E  li  plour  de  la  pacaniho 

E  lou  rire  di  chato  e  li  flour  dóu  printèms; 


^  88.  Évocation  de  poètes  provençaux,  amis  de  jeunesse  de  notre 
auteur,  qui  doivent  prendre  la  place  des  Muses,  et  à  qui  M.  Mistral 
élève  ici  un  monument  poétique.  Quand  le  jeune  auteur  travaillait  à 
son  poème  de  Mirèio,  il  lisait  les  chants,  au  fur  et  à  mesure  de  leur 
composition,  au  groupe  des  premiers  félibres  qu'il  recrutait  soit  à  Avignon, 
soit  h  Maillane,  soit  à  Font-Ségugne.  Ces  amis  Tapplaudissaient  avec 
enthousiasme,  et  Mistral  voulut  les  en  récompenser  en  inscrivant  leurs 
noms  dans  le  poème.  L'idée  lui  en  vint,  quand  il  travaillait  à  ce  sixième 
chant  (vers  1855).  —  Les  vers  50—84  ont  été  pris  pour  une  allusion  à  Îa 
fondation  du  Félibrige,  et  on  a  voulu  y  voir  la  liste  officielle  des  Sept  de 
Font-Ségugne  qui,  le  21  mai  1854,  établirent  les  bases  de  cette  société.  C'est 
une  erreur:  en  dehors  de  Mistral,  seuls  Roumanille,  Âubanel,  A.  Mathieu. 
Paul  Giéra  et  Tavan  étaient  de  leur  nombre;  Garcin  qu'on  croyait  le 
septième  fondateur,  bien  qu'il  fît  partie  de  la  camaraderie,  n'était  pas 
à  Font-Ségugne.    Voy.  Introd.  p.  vii,  et  Jourdanne,  l.  c,  p.  199  s. 

**  Boumaniho  (Roumanille),  né  le  8  août  1818.  «d'un  jardinier  et 
d'une  jardinière,  dans  les  jardins  de  Saint-Remy>,  fit  ses  études  clas- 
siques et  embrassa  d'abord  la  carrière  de  l'enseignement,  i  )è8  Tâge  de 
17  ans,  il  se  mit  à  composer  des  poésies  dans  la  langue  de  sa  mère. 
A  27  ans,  en  1846,  il  entra  comme  professeur  dans  un  pensionnat  d'A- 
vignon, qui  comptait  parmi  ses  élèves  le  jeune  Mistral,  alors  âgé  de  15 
ans.  Bientôt  naquit  entre  le  maître  et  l'élève  une  amitié  que  rien  n'a 
jamais  affaiblie.  (Voy.  Introd.  p.  xxiv.)  Roumanille  abandonna  ensuite  le 


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LA   MASCO.  111 

9     Tu  que  di  bos  e  di  ribiero 

Cerques  lou  sourne  e  la  fresquiero, 
Pèr  toun  cor  couiubouri  de  pantai  amourous, 


professorat,  fut,  pendant  dix  ans,  correcteur  de  rimprimerie  Seguin 
d'Avignon,  puis,  ce  métier  affaiblissant  sa  vue,  se  fit  libraire  et  se  donna 
tout  entier  à  son  œuvre.  On  l'appelle  communément  le  Père  du  Féli- 
brige;  et  en  effet,  par  Tencouragement  du  jeune  Mistral,  par  ses  ou- 
vrages personnels:  Li Margarideto  (les  Pâquerettes),  publiées  dès  1847; 
Li  Nouvè  (les  Noëls),  composés  de  1845 — 1859;  li  Soufijarello  (les  Son- 
geuses), parues  en  1852  ;  la  Part  de  Dieu  (1853)  ;  la  Campano  mountado 
(la  Clocbe  montée,  poésie  béroï-comique,  qui  date  de  1857)  ;  li  Flour  di 
Sàuw  (les  Fleurs  des  Sauges);  par  la  publication,  en  1852,  des  Prouven- 
çalo  (les  Provençales),  œuvre  collective,  où  à  côté  de  R.  parurent  pour 
la  première  fois  Anselme  Matbieu,  Mistral  et  Aubanel  et  qui  fut  le  vé- 
ritable manifeste  de  la  nouvelle  École;  par  la  fondation,  en  1854,  de 
VÂrmana  Prauvençau  (l'Almanach  provençal),  où  il  a  inséré  beaucoup 
de  pièces  de  vers  pleines  d'bumour,  de  nombreux  contes  d'une  gaîté 
aussi  franche  qu'honnête,  aussi  comme  éditeur  et  comme  libraire,  R.  a 
contribué  largement  à  la  réussite  du  mouvement  de  rénovation  litté- 
raire qu'on  appelle  le  Félibrige.  II  est  mort  le  24  mai  1891 .  Ses  amis 
lui  ont  érigé  un  monument  dans  le  jardin  public  d'Avignon.  Cf.  Ma- 
riéton,  Roumanillef  dans  la  Revue  Félibréenne,  1891,  p.  65  as. 

"  ss.  Aubanèu  (Aubanel),  né  à  Avignon  en  1829,  fils  d'un  im- 
primeur et  imprimeur  lui-même,  a,  comme  Eoumanille,  contribué  puis- 
samment au  succès  de  la  Renaissance  littéraire  du  Midi,  aussi  bien  par 
ses  presses  que  par  sa  plume.  Après  avoir  révélé  son  nom  et  son  talent 
par  des  poésies  insérées  dans  li  Frouvençalo,  dans  VArmana  (voy.  Introd. 
p.  v)  et  dans  un  recueil  de  Noëls,  il  publia,  en  1860,  au  lendemain 
de  la  triomphale  apparition  de  Mirèio^  la  Miàugrano  entre- duherto 
(la  Grenade  entr' ouverte).  Le  succès  de  ce  recueil  poétique  fut  immense, 
et  Zani^  la  jeune  fille  aimée  et  célébrée  par  le  poète,  vint  grossir 
le  groupe  glorieux  des  amantes  de  poètes  immortalisées.  La  première 
partie  de  ce  recueil  dit  l'histoire  de  cette  Zani  qui,  par  crainte  de  l'a- 
mour, se  sauva  dans  un  monastère,  la  seconde  et  la  troisième  sont  for- 
mées de  paysages  et  de  visions  d^histoire  provençale.  Li  fiho  d'Avig- 
noun  (les  Filles  d'Avignon),  imprimées  plus  tard,  sont  formées  d'odes 
merveilleuses  à  l'honneur  de  la  femme.  A.  a  aussi  composé  trois  drames 
en  vers  provençaux,  dont  lou  Pan  dôu  pecat  (le  Pain  du  Péché),  traduit 
par  P.  Arène  pour  le  Théâtre  libre,  a  trouvé  le  succès  le  plus  éclatant. 
11  est  mort  à  Avignon,  le  2  novembre  1886.  Cf.  Legré,  Le  poète  Th. 
Aubanel,  récit  d'un  témoin  de  sa  vie.    Paris  1894. 


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112  cânt  sieibën. 

^"  Fier  Aubanèu!  e  de  ti  soubro, 

Tu,  Crousihat  qu'à  la  Touloubro 
Fas  mai  de  noum,  que  n'en  recoubro 

^^       De  80un  Nostradamus,  lastroulo  souloumbrou^ ; 

10     E  tu  tambèn,  Matiéu  Ansèume, 
Que,  di  triho  souto  lou  tèume, 

**  Crousihat  (Cronsillat),  majorai  des  félibres,  né  à  Salon,  chef- 
lieu  de  canton  des  Bouches  du  Rhône  (voy.  III,  202  note),  en  1814, 
s'est  distingué  surtout  par  son  recueil  de  poésies  intitulé  La  Bresco 
(Le  Rayon  de  miel;  Avignon  1865)  qu'au  dire  des  félibres,  on  pourrait 
croire  traduit  d'une  anthologie  grecque  perdue.  En  1880,  il  fit  paraître, 
sous  le  titre  de  Li  Naâau  (les  Noëls),  un  volume  contenant  60  noëls 
qui  comptent  parmi  les  meilleurs  de  ce  genre  très  cultivé  en  Provence. 
En  1893,  il  publia  son  dernier  volume:  UEissame  (L'Essaim)  (Aix).  Il 
est  mort,  dans  sa  ville  natale,  le  8  nov.  1899. 

La  Touloubro  (Tonloubre)  est  une  petite  rivière  qui  se  jette  dans 
l'étang  de  Berre,  après  avoir  traversé  le  territoire  de  Salon,  patrie  du 
poète  Crousillat. 

•'  Nostradamue^  'le  sombre  astrologue*.  Michel  de  Notre-Dame, 
né  à  Saint-Remy  en  1Ô08,  mort  à  Salon,  en  lô6ô,  exerça  la  médecine 
avec  un  grand  succès  sous  les  derniers  Valois.  Il  s'adonna  aussi  aux 
mathématiques  et  à  l'astrologie  et  publia,  en  lô37,  sous  le  nom  de 
Centuries,  les  fameuses  prophéties  qui  ont  rendu  son  nom  si  populaire. 
Charles  IX  le  nomma  son  médecin  en  titre  et  le  combla  d'honneurs.  — 
Jean  N.,  frère  de  Michel  et  auteur  des  Vies  des  anciens  poètes  proven- 
çaux, très  peu  dignes  de  foi  (voy.  III,  240  note),  est  né  également  à 
8aint-Remy. 

«*  Matiéu  Ansèume  (Anselme  Matthieu),  né  le  21  avril  1828,  à 
t/hâteauneuf-du-Pape,  plaisant  village  de  Vaucluse,  entre  Orange  et 
Avignon,  fut  le  condisciple  de  M.  Mistral  au  lycée  d'Avignon  et  à 
l'École  de  Droit  d'Aix.  Comme  lui,  il  s'essaya,  dès  le  collège,  à  chanter 
dans  la  langue  provençale  de  ses  pères  ;  et  l'on  doit  probablement  faire 
remonter  à  cette  époque  ses  jolies  traductions  provençales  d'Horace  et 
de  Catulle.  Il  a  donné  au  public:  La  Farandoulo  (la  Farandole. 
Avignon  1862,  voy.  III,  10  note),  recueil  de  pièces  lyriques,  divisé  en 
trois  parties:  les  Aubades,  les  Soleillades  et  les  Sérénades,  c'est-à-dire 
les  chants  de  l'Aube,  les  chants  du  Midi,  les  chants  du  Soir.  Les 
pièces  dont  ce  livre  se  compose,  comptent  parmi  ce  que  la  poésie  pro- 
vençale a  produit  de  plus  gracieux;  elles  sont  pleines  du  bruit  des 
baisers  qui  s'échangent  aux  demi-ombres  du  crépuscule.  Ce  n'est  donc 
pas  sans  raison  que  ce  poète  s'appela  lou  Felibre  di  Poutoun  (le  Félibre 


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LA   MASCO.  113 

^        Regardes,  pensatiéu,  li  cliato  que  fan  gau! 

E  tu.  Pauloun,  fin  galejaire; 

E  tu,  lou  paure  trenquejaire, 
^®  Tavan,  unible  cansounejaire 

Coume  lî  grihet  brun  qu'espinchon  toun  magau! 

11     Tu  mai,  que  dins  li  durençado 
^*  Trempes  encaro  ti  pensado, 

Tu  qu'à  nòsti  soulèu  caufes  lou  franchimand, 
Moun  Adoufe  Doumas:  grandido, 
"^^  Quand  pièi  Mirèio  s'es  gandido 

Liuen  de  soun  mas,  noYO  e  candido. 
Tu  que  l'as,  dins  Paris,  menado  pèr  la  man! 


des  Baisers).  En  dehors  de  la  FarandoulOy  Á.  M.  a  publié  une  trentaine 
d^antres  poésies  et  des  contes  populaires  publiés  dans  VArmana  prau^ 
vençau  et  la  Revue  Félibréenne.  E  est  mort  le  8  février  1895.  Voyez 
VAiòli  du  17  février  1895. 

"  Pauloun  (Paul)  Giéra,  né  en  1816,  mort  en  1861,  propriétaire, 
en  1854,  du  cb&teau  de  Font-Ségugne,  où  le  Félibrige  fut  fondé,  et  au- 
teur de  quelques  poésies  plutôt  badines,  publiées  dans  le  recueil  Lou 
Liante  de  Basin  (Faisceau  de  grappes  de  raisins),  Avignon  1865. 

••  Tavan  (Alphonse  T.),  né,  en  1833,  à  Châteauneuf-de-Gadagne 
(Yaucluse),  simple  paysan,  n'avait  que  20  ans  quand  il  composa  sa 
première  poésie  :  Li  frisoun  de  Marieto  (Les  frisons  de  Mariette^.  Devenu 
soldat  et  envoyé  à  Rome  pour  y  tenir  garnison,  la  fièvre  palu- 
déenne faillit  remporter,  et,  après  sa  libération  du  service  militaire,  le 
força  d'abandonner,  pour  un  emploi  au  chemin  de  fer,  le  travail  des 
champs.  H  se  maria,  eut  une  fille,  mais  dut  bientôt  pleurer  la  perte 
de  sa  femme  et  de  son  enfant.  Son  recueil  de  poésies  Amour  e  Plour 
(Amour  et  Pleurs;  Avignon  1876)  est  l'expression  sentie  de  ses  joies 
et  de  ses  douleurs  pendant  un  court  mariage.  D'autres  pièces  de  Ta- 
van ont  été  publiées  dans  VArmana  prouvençaUy  et  ailleurs. 

'*  Adoufe  Doumas  (Adolphe  Dumas),  né  à  Bonpas,  près  d'Avignon, 
en  1805,  mort  en  1861,  auteur  d'un  volume  de  poésies  françaises  sous 
le  titre  Provence  (Paris  1849),  de  plusieurs  drames  joués  au  Thé&tre 
Français,  et  de  quelques  poésies  provençales  publiées  dans  Lou  Liame 
de  rasin  (voy.  VI,  67  note).  En  1858,  Mistral  était  allé  à  Paris  montrer 
son  manuscrit  à  Ad.  Dumas,  le  seul  homme  de  lettres  qu'il  connût  alors, 
et  il  lui  fit  la  lecture  de  Mirèio,  Dumas  en  fut  ravi,  l'annonça  comme 
an  chef-d'œuvre  dans  une  lettre  à  la  Gazette  de  France^  et  en  parla  à 

8 


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114  GANT    SIEISEM. 

'^^         12     Tu  'nfin,  de  quau  un  vent  de  flamo 

Ventoulo,  emporte  e  fouito  l'amo, 
Garcin,  o  fiéu  ardent  dóu  maneseau  d'Alen!... 
^^  Vers  la  frucho  bello  e  maduro, 

0  vàutri  tóuti,  à  mesure 

Que  iéu  escale  moun  auturo, 
^^        Alenas  moun  camin  de  voste  saot  alen  ! .  . . 

13  «Mèste  Ramoun,  bon-jour!»  diguèron 
Li  pourcatié,  quand  arribèron: 

S'        «Avèn  trouva,  pecaire!  aquéu  paure  jouvènt 

Aperavau  dins  la  champino; 

Poudès  cerca  de  pato  fino, 
^^  Car  a'n  bèu  trau  à  la  peitrino!» 

Sus  la  taulo  de  pèiro  alor  pauson  Vincèn. 

14  Au  brut  de  la  malemparado, 
^3  Mirèio  cour,  despouderado. 

Que  venié  dciu  jardin,  e  sus  l'anco  tenié 
Soun  plen  panié  de  liéurae;  courron 
®®  Tóuti  lis  ome  que  labouron  . . . 

Mirèio,  en  Ter  si  bras  s^aubouron  : 
«Maire  de  Dieu!»  pièi  quilo,  e  toumbo  soun  panié. 

Lamartine  et  à  d'autres.  Pour  le  remercier,  Mistral  ajouta  la  11»  strophe 
(V.  71—7)  de  notre  Chant  quand  il  imprima  Mirèio  (Avignon,  chez 
Seguin,  iao8). 

•®  Eugène  Garcin,  fils  d'un  maréchal -ferrant,  du  petit  village 
d'Âlleins  (Bouches  du  Rhône),  a  collaboré,  par  des  poésies  débordantes 
d'esiramborâ,  aux  premières  publications  des  félibres,  aux  lYouvençalo. 
à  VArmana  ,  au  Roumaràgi  dei  trovhaire  (le  Pèlerinage  des  trouvères  ' 
(voy.  Introd.  p.  v),  mais  plus  tard  il  se  sépara  d'esprit  de  ses  con- 
frères et  de  leur  cause.  On  trouve  les  motifs  de  ce  schisme  dans  son 
livre:  Français  du  Nord  et  Français  du  Midi,  Paris  1868,  oii  l'auteur 
se  montre  partisan  d'un  patriotisme  mesquin,  et  adversaire  des  ìdée^ 
saines  de  décentralisation  que  le  Félibrige  a  adoptées.  Cette  évolution 
de  M.  Garcin  fut  une  grande  douleur  pour  Mistral.  Actuellement  M.  G.  est 
à  peu  près  rentré  dans  le  giron  félibréen.  A  la  fête  de  Sceaux  des  félibres 
de  Paris  (voy.  Intr.  p.  xiv),  en  1895,  il  lut  un  discours  sur  les  Origines  du  Féli- 
brige (reproduit  dans  la  Revue  :  la  Province),  dans  lequel  il  essaya  de  justifier 
sa  fugue  de  jadis.  Cf.  Jourdanne,  Histoire  du  félibrige,  Avignon  1897,  p.  291  s. 


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LA   MASCO.  115 

^         15     «Vincèn!  mai  que  t'an  fa,  pecaire! 

Qu'as  tant  de  sang?»   De  soun  fringaire 
Ausso  alor  douçamen  la  tèsto,  e'n  bon  moumen 
"^  Lou  regarde,  mudo,  atupido, 

Pèr  la  douleur  coume  arrampido. 

De  Ingremo  grosso  e  rapide 
'^^      S'inoundavo  enterin  l'auturoun  de  soun  sen. 

16  De  l'amourouso  pichouneto 
Vincèn  couneiguè  la  maneto; 

^^      E  d'une  voues  mourènto:   «Oh!»  dis,  «agués  pieta! 
Ai  de  besoun  que  m'acoumpagne 
Lou  bon  Dieu,  car  siéu  bèn  de  plagne!» 

^^^  «Laisse  que  ta  bouco  se  bagne», 

Faguè  Mèste  Ramoun,  «d'un  pau  d'agrioutat.» 

17  «0  béu-lou  lèu,  qu'acò  remounto,» 
^***                Reprenguè  la  jouvènto.    E,  proumto, 

Arrapè  lou  flasquet;  e,  degout  à  degout, 
En  ié  parlant  lou  fasié  béure 
^'^  E  ié  levavo  lou  inau-viéure. 

«De  tau  malur  Dieu  vous  deliéure», 
Vincèn  coumencè  mai,  «e  vous  pague  de  tout! 

1Í0        18     En  refendent  une  amarino, 

L'esquichave  sus  ma  peitrino. 
Quand  lou  fèrri  m'esquifo  e  me  pico  au  mamèu.» 
128  Vouguè  pas  dire  que  pèr  elo 

S'èro  batu  coume  une  grelo  .  .  . 

Mai  sa  paraulo,  d'esperelo, 
'*^      Revenié  vers  l'amour,  coume  la  mousco  au  mèu. 

19     «La  douleur',  dis,  <'de  vosto  caro 
Mai  que  ma  plago  m'es  amaro! 
*2^      Ço  qu'avian  coumença,  lou  canestèu  poulit, 
Fau  dounc,  parèis,  que  noun  s'acabe 
E  que  la  treno  se  derrabe!  .  .  . 
132  Pèr  quant  à  iéu,  Mirèio,  sabe 

Qu'auriéu  de  voste  amour  vougu  lou  vèire  empli. 

8* 


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116  CANT  SIEI8EN. 

20     Mai  tenès-Yous  aqui!  .  .  .  que  vegue 
185  Vòstis  iue  doua,  e  que  ié  bègue 

La  vido  enca'n  brisouu  !  vous  demande  pas  mai .  .  . 
Tous  demande  ...  se  poudias  faire 
'^^  Quaucarèn  pèr  lou  panieraire: 

Ai  alin  moun  paure  vièi  paire 
Qu'es  escranca  de  l'âge  e  mort  pèr  lou  travai.» 

'^'        21     Mirèio  se  descounsoulavo  .  .  . 

D6u  tèms,  elo  pamens  lou  lavo, 
E  Tun  de  Tescarpido  esfato  lou  yelout, 
'*^  D'autre  lèu  landon  vers  l'Aupiho 

Cerca  li  bonis  erbouriho. 

Mai  sus-lou-cop  Jano-Mario: 
^^'^      «Au  Trau  di  Fado,  au  Trau  di  Fado  pourtas-lou! 

22     Tant-mai  la  plago  es  dangeirouso, 
Tant-mai  la  masco  es  pouderouso!» 
^^      ZÓU  dounc!  au  Trau  di  Fado,  à  la  coumbo  d'Infèr, 
Quatre  lou  porton  .  .  .  Dins  li  peno 
Que  di  Baus  formon  la  cadeno, 
^^3  En  un  rode  que  l'alabreno 

Trèvo,  e  qu'en  virouiant  marcon  li  capoun-fèr, 


"'  Trau  di  Fado  (Trou  des  Fées),  nom  porté  par  plasieurs  grottes. 
Ici  il  s'agit  de  celle  près  des  Baux.  Voici  la  note  que  Mistral  donna 
pour  Texplication  de  notre  vers:  Nous  aimons  à  citer  notre  ami  J. 
Canonge,  parce  qu'il  a  décrit  avec  bonheur  des  lieux  chantés  dans  ce 
poème  :  «Au  fond  d'une  gorge  bien  nommée  Enfer,  je  suis  descendu  dans 
la  grotte  des  Fées;  mais  au  lieu  des  gracieux  fantômes  dont  mon 
imagination  Tavait  peuplée,  je  n'y  ai  trouvé  que  voûtes  sous  lesquelles 
il  faut  ramper,  blocs  entassés,  chauves-souris  et  profondeurs  ténébreuses. 
Je  viens  de  dire  que  cette  gorge  était  bien  nommée  Enfer;  nulle  part 
en  effet  je  n'ai  vu  de  roches  aussi  étrangement  tourmentées;  elles  se 
dressent,  se  creusent,  se  prolongent  sur  le  vide  en  gigantesques  entable- 
ments, jardins  aériens  qui  soutiennent  des  végétations  échevelées  ;  elles 
s'ouvrent  en  défilés  comme  ce  bloc  des  Pyrénées  fendu  par  le  glaive  de 
Roland.»  {Histoire  de  la  ville  des  Baux.  Avignon,  Aubanel  frères.) 
En  comparant  la  description  de  l'Enfer  de  Dante  à  ce  paysage 
bouleversé,  cyclopèen,  fantastique,  on  devient  convaincu  d'une  chose: 


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LA.  MâBCO.  117 

23     Di  roumanin  entre  li  mato, 
**^  A  flour  de  roco,  un  trau  s'acato. 

Alin  dedins,  despièi  que  lou  sant  Angélus^ 
En  l'ounour  de  la  Vierge,  pico 
'^  Lou  brounze  clar  di  baselico, 

Alin  dedins  li  Fado  antico, 
Pèr  toustèms,  dóu  soulèu  an  fugi  lou  trelus. 

i«î?.       24    Esperitoun  plen  de  mistèri, 

Entre  la  forme  e  la  matèri 
ErraYon,  au  mitan  d^un  linde  calabrun. 
^^^  Dieu  lis  avié  fa  mié-terrèstre 

E  femelin,  coume  pèr  èstre 

L'amo  vesiblo  di  campèstre 
*^^      E  pèr  di  proumiés  ome  amansi  lou  ferun. 

25    Mai  li  Fadeto,  —  bèu  coume  èron,  — 
Di  fiéu  dis  ome  s'aflamèron; 
"*      E,  li  foulasse!  au-liò  d'enaura  li  mourtau 
Vers  li  celèstis  esplanade, 
Di  passioun  nostro  apassiounado, 
"*  A  nosto  fousco  destinado, 

Coume  d'aucèu  pipa,  toumbèron  d^amoundaut. 

c'est  que  le  grand  poète  florentin,  qui  voyagea  dans  nos  contrées  et 
séjourna  même  à  Arles,  a  Tisité  la  yille  des  Baux,  s'est  assis  sur  les 
escarpements  dn  valaun  d'Infìr,  et  frappé  de  cette  désolation  grandiose, 
a  conça,  au  milieu  de  ce  cataclysme  de  pierres,  la  configuration  et  le 
sombre  caractère  de  son  Infemo,  Tont  ramène  à  cette  idée,  et  le  nom 
de  la  gorge  elle-même,  Infèr,  et  sa  forme  amphithéâtrale ,  qui  est  celle 
donnée  par  Dante  à  TEnfer,  et  les  grandes  roches  détachées  qoi  en 
forment  les  gradins: 

In  su  Testremità  d'un'  alta  ripa 
Che  facevan  gran  piètre  rotte  in  cerchio, 
et  le  nom  provençal  de  ces  escarpements  eux-mêmes,   hatLs,   italianisé 
par  le  poète,  halzo^  et  donné  par  lui  aux  escarpements  de  son  lugubre 
entonnoir. 

"^  Angélus  (Angélus)  ou  Avé-Maria.  Les  cloches  de  Notre-Dame 
de  Dom,  à  Avignon,  furent  les  premières  à  sonner  Tangelus,  institué 
par  le  pape  Jean  XXII,  en  1318. 


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118  CANT   S1B18EN. 

26     Dins  la  gorgo  eatrechano  e  rudo 
^'^'^  De  la  caforno  sournarudo, 

Li  pourtaire  pamens  avien  leissa  Vincèn 
Se  davala  de  resquiheto. 
^^.  Em'éu,  dins  Tescuro  draieto 

S'aventure  que  Mireieto, 
Recouuiandant  soun  amo  à  Dieu,  cainin  fasènt. 

^®^        27     Au  founs  dóu  pous  que  li  carrejo, 
Dins  une  grande  baume  frejo, 
Se  devinèron;  e,  souleto  au  bèu  mitan, 

^®*  E  dins  li  sounge  ennivoulido, 

Taven,  la  masco,  agroumoulido, 
Tenié  'no  blesto  de  calido  ... 

^®^      E  triste  que-noun-sai  tout  en  la  regardant: 

28  «Paure  peu  d'erbo  serviciable! 

Li  gènt  te  noumon  blad-dóu-diable,» 
*^2      Remiéutejavo,  «e  siés  un  di  signe  de  Dieu!» 

Alor  Mirèio  la  saludo; 

E  coume  entameno,  esmougudo, 
^^^  L'estiganço  de  sa  vengudo, 

La  masco,  sens  leva  la  teste:   *Lou  sabiéu!» 

29  E  pièi  sa  voues  atremoulido 
1^®  S'adreissè  mai  à  la  calido; 

«Pauro  fleur  de  la  tepo!  es  ti  fueio  e  ti  gre 
Que  li  troupèu  tout  Tan  rousigon, 
20  Í  E,  pecaire!  au-mai  te  caucigon, 

Au-mai  tis  espigau  espigon, 
E  vestisses  de  verd  tant  l'uba  que  i'adré.> 

204        30     Taven  aqui  faguè  'no  pause. 
Dins  un  cruvèu  de  cacalauso 
Un  lumenoun  cremavo,  e  fasié  rougeja 
^^'^  La  paret  mouisso  de  la  roco; 


»"  Taven]  voy.  III,  84—107. 


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LA   MASCO.  119 

Sus  la  fourquello  d'uno  broco 
l'avîé  'no  graio  e,  toco-à-toco 
-^^      Uno  galino  blanco,  em'  un  crevèu  penja. 

31  «Quau  que  fugues»,  digue  la  masco 
Subitamen  e  coume  nasco, 

-*3       <Eh!  que  m'enchau?  la  Fe  camino  de  plegoun, 

La  Carita  porto  li  plego, 

E  noun  s'escarton  de  la  rego  .  .  . 
-*®  Banastounié  de  Valabrego, 

Te  sentes  feP»    «Me  sente  !>     «Enrego  nioun  regoun!» 

32  Adraiado  coume  uno  loubo 

*'^  Qu'emé  sa  co  li  flanc  se  zoubo, 

Pèr  un  trau  desparèis  la  masco.    Estabousi, 
Lou  Valabregan  e  Mirèio 
^*-  Après  ié  van.    Davans  la  vièio, 

S'entendié  dins  Torro  tubèio 
Youlastreja  la  graio  e  la  clusso  clussi. 

22^        33     «Davalas  lèu,  qu'es  déjà  l'ouro 
De  se  cencha  de  mandragouro!> 

•^'  *Sur  la  fourchette  d'nn  bâton\  *8ur  an  bâton  fourchn*,  qui  n'a 
rien  à  faire,  comme  on  pourrait  le  croire,  au  balai  magique  des  sorcières. 

•**>  La  galino  blanco  (poule  blanche)  appartient  aux  bêtes  chères 
aux  sorciers  et  sorcières  de  la  Provence.  Autrefois  les  sorciers  allaient 
avec  une  poule  blanche  aux  carrefours,  au  clair  de  lune,  et  évoquaient 
le  diable  par  ce  cri  trois  fois  répété:  Pèr  la  vertu  de  ma  poulo  blanco! 
C'est  un  reste  d'une  superstition  de  l'antiquité  où  la  poule  blanche  pas- 
sait pour  un  oiseau  de  bon  augure.  Juvénal  XUI,  141,  en  parlant  d'un 
homme  heureux,  dit:  Gallinae  filius  albae.  Voy.  VII,  78  note.  —  Le 
crible  {crevèu)  servait  au  prétendu  art  de  deviner  en  regardant  par  ses 
trous,  art  déjà  connu  de  l'antiquité  sous  le  nom  de  koskinomanoie.  On 
se  servait  aussi  du  crible,  en  le  faisant  tourner  sur  des  pointes  de 
ciseaux,  pour  découvrir  l'auteur  d'un  larcin.  Il  ne  manque  pas  non 
plus  dans  le  laboratoire  de  la  sorcière  de  Goethe  {Faust  1). 

•••  On  attribue  à  la  mandragouro  (mandragore)  toutes  sortes  de 
forces.  Les  prétendus  sorciers  s'en  -servaient  pour  faire  ce  qu'ils  ap- 
pelaient leur  man  de  glàri  (main  de  gloire,  jeu  de  mot  sur  mandragouro), 
qui  avait  la  vertu  de  faire  doubler  tous  les  jours  l'argent  qu'on  mettait 
auprès  d'elle.  —  Les  vers  225/6  sont  répétés  par  les  vers  245/6. 


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120  CANT  SIEI8EN. 

E  lèu,  de  rebalouD,  de  tirassoun,  parèu 
^®  Que  l'un  de  l'autre  noun  se  brando, 

Yan  à  la  voues  que  li  coumando. 

En  uno  baumo  enca  plus  grande 
23^      Venié  se  relarga  l'infernau  gourgarèu. 

34  «Vaqui!»  Taven  ié  faguè  signe  .  .  . 
«0  plante  santo  de  moun  segne 

^*      Nostradamus  !  brout  d'or,  bastoun  de  Sant  Jóusè, 
E  vergo  masco  de  Mouïse!» 
Crido;  e  de  l'erbo  que  vous  dise, 

28^  Cregnènto,  courounè  li  vise 

Emé  soun  capelet  qu'à  geinoun  ié  pause. 

35  Pièi  s'aubourant:  «Es  l'ouro,  es  l'ouro 
^^  De  se  cencha  de  mandragouro!» 

De  la  plante  creissudo  à  l'asclo  dóu  roucas 
Cuei  très  jitello:  n'en  courouno 
2^'  Elo,  lou  drôle,  la  ehatouno  .  .  . 

«Avans  toujour!»    E  s'enfourgouno, 

Ardènto  mai-que-mai,  dins  li  sourne  traucas. 

2*^        36     Emé  de  lume  sus  l'esquino, 

Pèr  enclari  l'escuresino, 
Un  VÒU  d'escarava  ié  caraino  davans. 
-^^  «Jouvènt!  à  tout  camin  de  glòri 

l'a  soun  travès  de  purgatòri  .  .  . 

An!  courage!  dóu  Sabatòri 
*^*      Anau  aro,  ai!  ai!  ai!  franqui  lis  espravant.> 

37     N'avié  panca  barra  la  bouco, 
Uno  auro  forte  li  remouco 
2^^      E  ié  copo  l'alen,  subit:   «Araourren-nous! 


•••/*  Sur  la  rime  du  v.  233,  voy.  IV,  72  note.  —  Nostradamus; 
voy.  VI,  63  note.  —  Brout  d'or  (rameau  d'or),  éloge  hyperbolique  à 
l'adresse  de  la  mandragouro  (voy.  la  note  précédente).  ^  Bastoun  de 
Sant  Jóusè  (b&ton  de  Saint- Joseph),  allumette  symbolique  que  les  bonnes 
femmes  présentent  au  nouveau -né,  quand  Taccouchée  fait  sa  première 
sortie.    C'est  le  symbole  de  la  virilité. 


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LA   MA8C0.  121 

Di  Fouletoun  veici  lou  trounile!» 
Coume  un  croupas,  de  grelo  gounfle, 
^^  Souto  li  croto  passo  à  rounfle 

L'eissame  yagabound,  quilant,  revoulunous. 

38     Passon;  e,  de  tressusour  trempe, 
^^^  Li  très  mourtau  sènton  si  tempe 

Ventoula,  bacela  de  l'alo  di  Trevan, 
Coume  un  glas  pelado  e  jalèbro. 
^**  «Anas  pu  liuen  pica  tenèbro,> 

Taven  cridè,  «bando  menèbro! 
Isso,  mato-blad!  isso!  o  garas-vous  davans! 

*•''        39     Oh!  li  pudènt!  lis  esbroufaire ! . . . 

E  dins  lou  bèn  que  poudèn  faire, 
Dire  pièi  que  nous  faugue  emplega  talo  gènt! 
**^  Car,  0,  de  même  que  lou  mège 

Souvent  tiro  lou  bon  dóu  pièje, 

Pèr  la  vertu  di  sourtilège 
"5      Fourçan,  nautre,  lou  mau  à  coungreia  lou  bèn; 

40  Car  sian  li  masco.    E  nouD  i'a  cause 
Qu'à  nosto  visto  reste  clause. 

^*      E  mounte  lou  coumun  vèi  uno  pèiro,  un  fouit, 

ITno  malandro,  uno  coundorso, 

lé  destriau,  nautre,  uno  forço 
*'*  Que  dins  sa  rusco  se  bidorso, 

Coume  souto  la  raco  un  vin  nouvèu  que  boni, 

41  Trauco  la  tino:  la  bevènto 
2^2  N'en  gisclara  toute  bouiènto. 

Destousco,  se  tu  pos,  la  clau  de  Salamoun! 

Parle  à  la  pèiro  dins  sa  lengo, 
2^  E  la  mountagno,  à  toun  arengo, 

Davalara  dins  la  valengo  ! . . .» 
E  sèmpre  descendien  dins  li  cauno  dou  mount. 


*•  Trevan]  voy.  V,  546  note. 

'^  Bevènto  (rhod.  huvènto)  au  lieu  de  hevèndo,  à  cause  de  la  rime. 

^  Clau  de  Salamoun  (Clavicule  de  Salomon),  livre  cabalistique  connu. 


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122  CANT   SIKISEN. 

288        42    XJno  pichoto  voues,  malino    . 
Coume  un  quilet  de  cardelÌDo, 
Alor  ié  fai:  «Hoï!  hoï!  la  coumaire  Taven! 

291  Yiyo  lou  tour^  ma  tanto  Jano, 

Viro  lou  tour,  e  pièi  dehano^ 
La  niue^  lou  jour^  soun  fiéu  de  lano^ 

2»*      E  crèi  fiela  de  lano,  e  fielo  que  de  fen! 

4B     E  zóu!  ma  grand!  que  lou  tour  vire!» 
Em'aeò  'n  l'èr,  vague  de  rire. 
2^'^      Tout  coume  quand  endiho  un  poutre  desmama. 
«Dequ'es  aquelo  voues  parlanto 
Que  quouro  ris  e  quouro  canto?» 
800  Venguè  Mirèio  tremoulanto  . . . 

«Hoï!  hoï!»   en  répétant  soun  rire  acoustuma, 

44     Faguè  la  voues  enfantoulido, 
303  «Quau  es  aquelo  tant  poulidoP 

Ah  !  laisso,  mourranchoun,  qu'auboure  toun  fichu  , 
Laisso  qu'au boure  ...    Es  d'avelano 
^^  Que  i'a  dessouto,  o  de  mióugrano?» 

E  la  paureto  bastidano: 
«Ai!»  anavo  crida.    Taven  ié  fai  lèu:  «Chut! 


***  La  pichoto  voues  malino  (petite  voix  maligne)  qui  chante 
la  chanson  enfantine  Viro  lou  tour^  etc.,  est  celle  d'un  lutin  (glàri 
V.  309  ou  esperit'/antagti  v.  311)  qui,  comme  tous  les  lutins,  se  réjouit 
des  mauvais  tours  qu'il  joue  aux  mortels  (cf.  v.  296,  301,  333,  374^. 
qui  aime  à  taquiner  (lutiner)  les  jeunes  filles  (cf.  v.  301—7  ;  326—332), 
et  qui,  dans  ses  bons  moments,  aime  autant  à  aider  les  humains,  à  la 
manière  des  Heinzelmânnchen  des  Allemands  (cf.  v.  312—15),  qu'à  les 
tourmenter,  quand  le  caprice  l'en  prend  (cf.  v.  316  -  322).  Sur  ses  égaux 
en  France  et  d'autres  pays,  voy.  Maass,  l.  c,  p.  18  ss. 

■•*    *  Chanson  enfantine,  formulée  généralement: 
Viro  lou  tour,  ma  tanto  Jano, 
Viro  lou  tour 
La  niue,  lou  jour. 
Cette  formulette,  très  populaire  pendant  l'enfance  du  poète,   est,   sans 
doute,    d'une  origine  très  ancienne,   et  la  tante  Jano  y  aura  pris    la 
place  d'une  déesse  mythologique. 


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LA   MASCO.  123- 

309        45     Agues  pas  pou!  acò's  un  glàri 

Bon  que  pèr  faire  de  countràri; 
Es  aquéu  fouligaud  d'Esperit-Fantasti  ; 
^^2  Quand  dins  si  bono  se  devino, 

Te  vai  escouba  ta  cousin  o, 

Tripla  lis  iòu  de  ti  galino, 
^^^      Empura  lou  gavèu  e  vira  toun  roustit. 

46  Mai,  que  ié  prengue  un  refoulèri, 
Pos  dire  adieu!...    Que  treboulèri! 

s^®       Dins  toun  oulo,  ié  largo  un  quarteiroun  de  sau^ 

Empacho  que  toun  fiò  s'alume; 

Te  vas  coucha?  boufo  toun  lume; 
32^  Vos  ana  i  vèspro  à  Sant-Trefume  P 

T'escound  o  te  passis  tis  ajust  dimenchau.» 

47  «Tè!  tè!...  vièi  cro,  giblo  ti  pouncho! 
^*^*                L'ausès,  la  carrello  mau  vounchoP» 

Lou  levènti  lèu-lèu  ié  respond,   <o,  carcan, 
La  niue,  quand  dormon  li  chatouno, 
22''  Tire  plan-plan  sa  cubertouno; 

Lis  espinche,  nuso  e  redouno, 

E  que,  folo  de  pou,  s'araaton  en  pregant. 


»•*  Sant-Trefume  (Saint-Trophime),  la  célèbre  cathédrale  d'Arles., 
fondée,  dit-on,  sur  les  mines  du  prétoire  romain  et  consacrée  en  609  par 
l'archevêque  Saint  Virgile.  L'empereur  Frédéric  Barberousse  y  a  été 
sacré  en  1178.  L'église  a  été  remaniée  plusieurs  fois,  agrandie  de  tout 
le  chœur  en  1430  et  restaurée  de  nos  jours.  La  partie  la  plus  re- 
marquable est  le  portail,  du  style  roman  du  xii«  siècle,  avec  6  colonnes 
reposant  sur  des  lions,  des  statues  de  saints  et  des  sujets  bibliques 
entre  ces  colonnes,  un  linteau  et  un  tympan  richement  sculptés,  re- 
présentant le  Christ  avec  les  symboles  des  évangélistes.  A  côté  de  la 
cathédrale  se  trouve  le  cloître  de  St.  l'ropbime,  non  moins  célèbre  par 
roriginalité  et  la  beauté  de  ses  quatre  galeries,  avec  de  nombreuses 
colonnettes  qui  ont  de  riches  chapiteaux,  des  pilastres  cannelés  et  de 
curieuses  statues.  —  Saint  Trophime  fut  le  premier  évêque  d'Arles.. 
Voy.  VI,  646  note  et  XI,  258  ss.  et  262  note. 


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124  CAJ^T   8IEI8EN. 

sso       48    Vese  si  dos  coucourelefco 

Que  van  e  vènon,  tremouleto; 
Vese...»    E  PEsperitoun  s^enanavo  eilalin 
^^3  Emé  soun  rire  . . .   Bout  li  baumo, 

Li  mascarié  faguèron  chaumo; 

E  dins  li  oumbro  e  la  calaumo 
33^      Entendien  dégoûta  sus  lou  sou  cnstalin, 

49  Dégoûta  lou  trespir  di  vòuto, 

E  rèn  qu'acò,  de  vòuto  en  vòuto. 
3**      E  veici,  peravau  dins  la  vasto  negrour, 

Veici  qu'une  grand  formo  blanco, 

Qu'èro  assetado  su'no  estanco, 
^^2  S'aubourè  drecho,  un  bras  sus  l'anco. 

Yincèn,  coume  un  queiroun,  aplanta  de  terrour; 

50  E  s'aqui  même  pousquèsse  èstre 
3*5               Un  degoulòu,  de  l'escaufèstre 

Mirèio  tout  d'un  vanc  se  ié  trasié.    «Que  vos,» 
Taven  cridè,  «long  escamandre, 
^*^  Pèr  que  ta  tèsto  se  balandre 

Coume  uno  pibo?...    Mi  calandre,» 

Faguè  pièi  au  parèu  qu'a  la  mort  dins  lis  os, 

^61        51     «Couneissès  pas  la  BugadieroP 

Sus  Mount-Ventour  (qu'es  sa  cadiero), 
Quand  la  veson,  d'en  bas,  pèr  un  long  nivo  blanc 

3**  Li  gènt  la  prenon.    Mai,  o  pastre, 

Lèu!  lèu!  que  voste  avé  s'encastre! 
La  Bugadiero  de  malastre 

^^*'      Âcampo  à  soun  entour  li  nivo  barrulant; 


S51— Mft  i^  Bugadiero  (La  Lavandière),  qui  a  quelque 
ressemblance  avec  le  géant  Hrœsvelgr  de  la  mythologie  germanique  et 
lui  doit  peut-être  son  origine,  est  en  rapport  aussi  avec  le  nuage  qui 
apparaît  sur  le  mont  Ventour  (voy.  III,  162  note),  qui  annonce  la  pluie, 
et  que  les  paysans  d'Arles  nomment  également  la  bugadiero.  Comme 
lou  glàri  (voy.  VI,  288  note),  cet  être  fantastique  est  emprunté  aux 
croyances  populaires  de  la  Provence.    Voy.  Maass,  /.  c,  p.  7  ss. 


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LA   MASCO.  125» 

52  E  quand  n'i'a  proun  pèr  la  bugado, 
Sus  lou  mouloun,  revertegado 

3^      E'mé  furour,  bacello  e  rebacello:  à  bro, 
N'en  tors  la  raisso  emé  la  flamo, 
E,  sus  la  mar  que  mounto  e  bramo, 

^'  A  la  gàrdi  de  Nosto-Darao 

Li  marin  palinous  recoumandon  sa  pro! 

53  E  lou  bouié  de-vers  Festable 

^**  Coucho...»    Un  sagan  espaventable 

lé  tanco  tourna-mai  la  paraulo  entre  dent: 
E  de  miaula  de  catamiaulo, 
^^  E  de  brandamen  de  cadaulo, 

E  de  piéu-piéu,  e  de  paraulo 
A  mita  dicbo,  e'n  quau  lou  diable  soûl  entend. 

'■'^        54     Gin  !  gin  !  poun-poun  ! . . .    Quau  es  que  pico^ 

Sus  de  peirolo  fantastico  ?  . . . 
E  d'estras,  e  de  rire,  emé  d'esquichamen, 
3'5  Coume  de  femo  abasimado 

Dins  lou  moumen  de  si  ramado; 

Pièi  de  badai,  pièi  de  bramado, 
^®      E  z6u!  lou  roumadan  e  li  gingoulamen! 

55  «Pourgès  la  man,  que  vous  arrape! 
E  donnas  siuen  que  noun  s'escape 

^^      La  courouno  de  masc  que  vous  cencho  lou  front!» 
E  dins  si  cambo  aqui  s'encoufo 
Coume  uno  pourcado  qu'esbroufe: 
^*  Un  quilo,  un  japo,  un  reno,  un  boufo. 

Souto  un  lançon  de  nèu  quand  la  Nature  drom,. 

56  Pèr  uno  niue  ventouse  e  claro, 
*'  Quand  li  cassaire  de  fanfare 

Espòusson  li  roumias  tout-de-long  di  valat, 
Ansin  passeroun  e  machoto, 


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126  CKHT  SlEiSEN. 

^®^  Destrassouna  dins  sa  liechoto 

E'  spavourdi,  parton  à  floto, 
E  'mé  'n  brut  d'auriflant  s^embourson  au  fielat. 

î*ô3        57     Mai  alor  l'escourijurarello  : 

«I,  mau-vivèuti  sautarello! 
Arri! . . .  malavalisco  à  vautre  ! . . .  passas-me  !» 
''^  E  coussaiant  la  chourmo  impuro 

Emé  soun  drai,  dinB  la  soumuro 

Trasié  de  ciéucle,  de  figuro, 
:î99      De  raio  lurainouso  e  coulour  de  verrné. 

58  «Entraucas-vous  dins  vòsti  borno, 

0  maufatan!...  quau  voua  destorno? 
^^^      I  dardaioun  de  fiò  que  pougnon  vòsti  car, 

Sentes  dounc  pas  que  sus  TÂupifao 

Lou  Boulèu  rous  encaro  briho? 
405  Peu  doulas- vous  i  roucassiho! 

Pèr  li  rato-penado  es  encaro  trop  clar...» 

59  E  de  tout  caire  patusclavon, 
*^  E  li  brut  pau-à-pau  moula  von. 

«Fau  vous  dire»,  au  parèu  digue  Taven  alor, 
«Que  di  Trevan  eiçò  's  Ja  cauno, 
^^^  Tant  que,  sus  lis  estoublo  jauno, 

Lou  jour  laisse  toumba  sa  mauno; 
Mai  uno  fes  que  l'oumbro  estènd  soun  drap  de  morl  ; 

^'•*        60     Eiça  quand  la  Vièio  encagnado 
Mando  à  Febrié  sa  reguignado, 

*^*  ss.  Les  paysans  dn  Midi  ont  remarqué  qne  les  trois  derniers 
jours  de  février  et  les  trois  premiers  de  mars  amènent  presque  toujours 
une  recrudescence  de  froid,  et  voici  comme  leur  imagination  poétique 
explique  cela: 

Une  vieille  gardait  une  fois  ses  brebis.  C'était  à  la  fin  du  mois 
de  février,  qui,  cette  année-là,  n'avait  pas  été  rigoureux.  La  Vieille, 
se  croyant  échappée  à  Tbiver,  se  permit  de  narguer  Février  de  la 
manière  suivante: 


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LA   MASCO.  127 

Dina  li  glèiso  deserto  e  clavado  à  très  tour, 

^**^  Ânessias  pas,  ferao  tardiero, 

Lou  froDt  pendent  su'no  cadiero, 
Resta  ^ndourmido  ! . . .    A  la  sourniero, 

420      Pourrias  vèire  li  bard  s'eigreja  tout  autour, 

61  E  s'atuba  li  lumenàri, 

E,  courdura  dins  lou  susàri, 
*23      Li  mort,  un  aro,  un  pièi,  s'ana  mètre  à  geinoun; 

Un  capelan,  pale  coume  éli, 

Dire  la  Messo  e  l'Evangéli; 
^'®  E  li  campano,  d'esperéli 

A  brand,  ploura  de  clar  emé  de  long  plagnoun! 

62  Parlas,  parlas-n'en  i  béulòli: 
^^  Dins  li  glèiso,  pèr  béure  Tòli 

Di  lampo,  quand  IMvèr,  davalon  di  clouquié, 
Demandas-ié  se  vous  mentisse, 


Adieu,  Febrié!  'Mé  ta  febrerado 
M'as  fa  ni  peu  ni  pelado  ! 

(Adieu,  Février!  Avec  ta  gelée 
Tu  ne  m'as  fait  ni  peau  ni  pelée!) 

La  raillerie  de  la  Vieille  courrouce  Février,  qui  va  trouver  Mars: 
«Mars!  rends-moi  un  service!»  —  «Deux,  s'il  le  faut!»  répond  l'obligeant 
voisin.  -  «Prête-moi  trois  jours,  et  trois  que  j'en  ai,  je  lui  ferai  peaux 
et  pelées!» 

Presto-me  lèu  très  jour,  e  très  que  n'ai, 
Peu  e  pelado  ié  farai! 

Aussitôt  se  leva  un  temps  affreux,  le  verglas  tua  Pberbe  des 
champs,  toutes  les  brebis  de  la  Vieille  moururent,  et  la  Vieille,  disent 
les  paysans,  regimbait,  reguignavo.  Depuis  lors,  cette  période  tempétueuse 
porte  le  nom  de  Reguignado  de  la  Vièio,  ruade  de  la  Vieille.  Voy.  VII, 
295  note. 

*"  ss.   La  résurrection  passagère  des  morts,   de  laquelle  il  faut 

-  rapprocher  ce  qui  est  raconté  dans  les  vers  XII,  323  ss.,   doit ,   selon 

M.  Maass,  /.  c,  p.  14,  exprimer  ici  la  pensée  que  les  morts  ont  besoin  de 

l'aide  des  vivants.    Cet  auteur  rappelle  encore  d'autres  traditions  qui 

.semblent  répondre  à  la  même  idée. 


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128  CANT   SIEISËN. 

*52  E  se  lou  clerc  que  8Ìèr  l'óufice, 

Que  met  lou  vin  dins  lou  calice, 
N'es  pas  soulet  d'en  vido  à  la  ceremounié! 

^^5        63     Eiça  quand  la  Vièio  encagnado 
Mando  à  Febrié  sa  reguignado, 
Pastre,  se  noun  voulès,  espeloufi  de  pou, 

*^  Resta  sèt  an,  li  cambo  redo, 

Enclaus  aqui  'mé  vòsti  fedo, 
Bintras  pulèu  dins  vòsti  cledo, 

^*'      Pastre!  lou  Trau  di  Fado  a  bandi  tout  soun  vòu! 

64  E  dins  la  Crau,  de  quatre  cambo 
0  de  voulado,  se  ié  rambo 

44*      Tout  ço  qu'a  fa  lou  pache;  e  pèr  li  draiòu  tort, 
Li  Matagoun  de  Varigoulo 
E  li  Masc  de  Fanfarigoulo 
^*'  Van  veni  dins  li  ferigoulo, 

En  farandoulejant,  béure  à  la  tasso  d'or. 

65  Vès!  coume  danson  li  garrigo! 
460               En  fernissènt  de  l'embourigo, 


*'*  s.    Répétition  des  vers  414  et  suiv. 

***  Tout  ço  qu'a  fa  lou  pache  (tout  ce  qui  a  fait  le  pacte)  se.  emt 
lou  diable  (avec  le  diable). 

**^  Matagoun,  en  géoéral  Intins,  on  chats  sorciers  qni,  selon 
une  croyance  populaire,  enrichissent  ceux  qui  prennent  soin  d'eux.  M. 
Mistral  traduit  ici:  magiciens,  —  La  baumo  de  Varigoulo  (grotte  de  Ya- 
rigoule)  est  une  profonde  caverne  du  Lébéron,  du  côté  de  Murs  (Vau- 
cluse).  —  Fanfarigoulo  (Fanfarigoule),  vallée  de  la  Crau,  du  côté  d'Istres 
(Bouches  du  Rhône). 

***  Béure  à  la  tassa  d'or  (boire  dans  la  tasse  d'or).  Comme  par- 
tout, les  sorciers  et  les  sorcières  ont  leur  sabbat  (voy.  VI,  251)  aussi 
en  Provence.  Après  avoir  dansé,  tout  le  monde  y  boit  dans  une  même 
tasse  :  la  tasso  di  masc.  De  là  le  nom  d'une  rue  de  Marseille  :  rue  de  la 
Tasse  d'Argent  ;  li  Fraire  de  la  Tasso,  c'est-à-dire  les  sorciers,  et  peut- 
être  aussi  le  proverbe  :  /  tasso  d'or  se  béu  pouisoun.  Cf.  Maass,  /.  c,  p.  4L 


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453 


LA   MA8G0.  129 

Déjà  la  Garamaudo  espèro  lou  Gripet . . . 

Hui  !  la  panturlo  endemouniado  ! 

Gripet,  morde  la  carougDado 

E  'stripo-la  de  grafignado  . . . 
DesparèissoD  ...    Ve  mai  que  fan  orre  e  tripet  ! 

*'»6        (j6     Aquelo,  eilavau,  quefpatusclo 

Terro-bouiroun  dins  li  lachusclo, 
Coume  un  laire  de  niue  que  fuge  en  s'amourrant, 
*'^^  Es  la  Bambaroucho  mourrudo! 

Entre  sis  arpo  loungarudo 

E  sus  sa  tèsto  banarudo 
*^      Emporte  d'enfantoun,  tóuti  nus  e  pleurant . . . 

67     Eila,  vesès  la  Chaucho-vièio  ? 
Pèr  lou  canoun  di  chaminèio, 


*^^  Garamaudo j  être  imaginaire  dont  on  fait  peur  aux  petits  en- 
fants. Voy.  in,  299  note.  On  a  voulu  dériver  ce  mot  de  CaratnanduSj 
chef  d'armée  gaulois,  qui  assiégeait  Marseille  en  485  av.  J.-C.  M.  Maass, 
/.  c,  p.  29,  préfère  le  dériver  de  cara  mala,  vilaine  figure,  propre  à  ef- 
frayer les  enfants,  mais  ne  réussit  pas  à  vaincre  les  dîfiicultés  de  cette 
étymologie.  —  Lou  Chripet,  d'après  le  Très.:  esprit  badin  et  souvent 
serviable  qui  se  plaît  à  faire  d'innocentes  niches,  ressemble  an  glàri  on 
fantasti  des  vers  cités  plus  haut  (voy.  VI,  288  note).  Lafare-Alais  qui, 
dans  ses  Castagnados,  p.  9,  a  consacré  une  poésie  au  Chripé,  le  peint  de 
la  même  manière.  Mais  il  n'est  pas  douteux  qu'à  l'origine  et  aussi  dans 
l'intention  de  notre  poète,  le  Gripet  (du  germ.  grîpon)  ne  fût  différent 
des  Intins  à  qui  il  ressemble  dans  la  croyance  populaire  des  Provençaux. 
Cf.  Maass,  h  c,  p.  23. 

*"  La  Bambaroucho  (la  Bambarouche),  encore  un  être  imaginaire 
pour  faire  peur  aux  enfants,  par  conséquent  de  la  même  famille  que 
la  Roumèco  (voy.  m,  299  note),  la  Garamaudo  (voy.  la  note  précédente), 
et  aussi  lou  Barban  et  lou  Marmau  (v.  472),  dont  l'étymologie  (cf.  la  forme 
Marman)  est  peut-être  identique.  Voy.  Maass,  L  c,  p.  27  ss. 

*••  La  Chaucho-vièio  (le  Cauchemar),  en  anc.  français  chauche- 
vieille,  dont  la  vieille  fut  remplacée  par  la  mare  des  Allemands.  Le 
nouveau  mot  garda  longtemps  son  genre  féminin:  cf.  vieilles  et  laides 
cauquemares  {L'Amant  vert^  cité  par  La  Curne);  Bodin  raconte  qu'<au 
pays  de  Valois  et  de  Pycardie  il  y  a  une  sorte  de  sorciers  et  de 
sorcières,  qu'ils  appellent  cauchemars.»  Sur  l'activité  et  les  particu- 
larités des  cauchemars  ou  incubes  dans  les  différentes  traditions,  voy. 
Maass,  /.  c.y  p.  24  ss. 

9 


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130  GANT   B1E18BJN. 

465      Davalo  d'à  cachoun  sus  l'estouma  relent 

De  rendourmi  que  se  revèaso; 

Mudo,  se  i'agrouvo;  Touprèsso 
**®  Coume  uno  tourre,  e  i'entravèsso 

De  souDge  que  fan  afre  e  de  pantai  doulènt. 

68     Ausès  desgounfouna  li  porto? 
^^1  Lis  Escarinche  soun  pèr  orto, 

Pèr  orto  lou  Marmau,  lou  Barban  . . .  Dins  Termas, 
Fan  neblo;  enjusquo  di  Ceveno, 
*7*  Emé  si  ventre  d'alabreno, 

Li  Dra  s'acampon  à  dougeno, 
E  'n  passant,  pataílòu!  destéulisson  li  mas. 

*"        69     Que  tarabast  ! . . .  o  Luno,  o  Luno, 
Que  mau-passage  t'encantuno. 
Pèr  davala,  tant  roujo  e  largo,  sus  li  BausP  .  .  . 
480  Aviso-te  dóu  chin  que  japo, 

O  Luno  folo!  Se  t'arrapo, 
T'engoulara  coume  uno  papo, 
*^^      Car  lou  chin  que  t'aluco  es  lou  Chin  de  Cambau! 

^^'  Escarinche^  être  imaginaire,  enfanté  par  la  pear>  nne  appa- 
rence de  squelette.  On  appelle  escarinche  anssi  une  personne  maigre  à 
faire  peur. 

47«  voy.  VI,  459  note. 

^^^  Li  Dra  (les  Dracs),  de  la  famille  des  latins  plus  on  moins 
malins  {glàriy  fantasti.  voy.  VI,  288  et  461  notes),  paraissent  hanter 
avec  prédilection  le  Languedoc  (les  Cévennes)  et  le  Velay.  Leur  ori- 
gine (de  draco)  n'est  pas  douteuse.  Il  faut  les  distinguer  du  fameux  Drac 
du  Rhône,  monstre  ailé  et  amphihie  qni  porte  sur  un  corps  de  reptile 
les  épaules  et  la  tête  d'un  beau  jeune  homme  et  à  qui  Mistral  a  créé 
une  nouvelle  popularité  par  son  Poème  du  Rhône. 

*••  Lou  Chin  de  Catnbau  (le  Chien  de  Cambal),  espèce  de  loup- 
garou  appelé  lou  chi  Cambaud  à  Montpellier.  Royer  (f  1755),  dans  une 
poésie  inédite,  en  dit: 

Dins  uno  croto  umido  e  soumbro 

Ounte  se  rend  lou  queitivié 

£  di  regolo  e  dis  eiguié 

Trèvo  despièi  long-tèms  uno  oumbro 

Que  fai  mai  de  pou  que  de  mau: 

L'apellon  lou  Chin  de  Cambau. 


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LA   MA6G0.  131 

70  Mai  quau  ansin  brando  lis  éuse?  .  .  . 
Ai!  soun  troussa  coume  de  féuse; 

*^      E  di  fiò  de  Sant-Èume,  à  saut,  à  vertouioun, 

Boumbis  la  flamado  gancherlo; 

E  d'estrepado,  e  'n  brut  d'esquerlo 
^®^  Estrementis  la  Crau  esterlo  .  .  . 

Lou  galop  enrabia  dóu  Baroun  Castihoun!» 

71  Rauco,  desalenado,  estenco, 
^^2  S'èro  arrestado  la  Baussenco. 

Mai  subran:  «Tapas- vous,»  faguè,  «'mé  lou  faudau, 
Tapas  Tauriho  e  li  parpello, 
*'^^  Que  l'Agnèu  nègre  nous  apello!» 

«Quau?  .  .  .  aquel  agneloun  que  bèlo?» 
Digue  Yincèn.    Mai  elo:  «Auriho  sourde,  e  dau! 

(Dans  une  grotte  humide  et  sombre,  où  se  rend  Tean  sale  des 
rigoles  et  des  éviers,  séjourne  depuis  longtemps  une  ombre  qui  fait  plus 
de  peur  que  de  mal:  on  l'appelle  le  Chien  de  Cambau.) 

Lou  coundu  de  Cambaud  est  le  nom  d'un  égout  d'Avignon,  d'où 
Ton  croyait  que  le  diable  sortait  à  minuit  sous  la  forme  d'un  cheval 
noir,  lou  chivau  de  Cambaud,  qui  s'allongeait  sous  les  divers  cavaliers  qui 
le  montaient  et  ensuite  les  emportait  en  enfer  (cî.  Armanau  prouvençau 
1885  ;  Bévue  des  Traditions  VUI,  2ô).  Maass,  /.  c,  p.  16  ss.,  assigne  au 
Chin  de  Cambau  une  place  parmi  les  Génies  ondins. 

*M  jPi^  ^e  Sant'Èume  (feu  de  Saint-Elme),  les  petites  flammes  qui  se 
montrent,  quand  l'air  est  chargé  d'électricité,  aux  pointes  de  corps 
aigus  et  très  élevés,  p.  ex.  aux  mâts  des  navires.  La  mythologie 
grecque  a  mêlé  ces  flammes  à  la  tradition  de  Castor  et  PoUux;  encore 
aujourd'hui  les  marins  concluent  de  ce  feu  qu'ils  n'ont  rien  à  craindre 
d'un  orage  imminent. 

***  Lou  baroun  Castihoun  (le  Baron  Castillon),  le  féroce  chasseur 
(le  Veneur  de  Fontainebleau,  Robin  des  bois),  successeur  du  dieu  Wodan 
de  la  mythologie  germanique,  est,  dans  la  tradition  provençale,  un  roi 
ou  comte,  chasseur  tellement  passionné  qu'un  jour  il  quitta  la  messe 
immédiatement  après  avoir  entendu  qu'un  gros  sanglier  s'était  fait  voir 
près  de  l'église.  Par  punition,  il  est  condamné  à  continuer  éternelle- 
ment cette  chasse  au  sanglier.    Cf.  Maass,  l.  c.,  p.  10. 

*••  La  Baussenco,  voy.  I,  67  note. 

^**  I/Agnèu  nègre  (l'agneau  noir),  forme  sous  laquelle  le  démon  se 
met  au  service  de  certains  avares,  suivant  une  vieille  croyance  provençale. 

9* 


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132  gâ^t  sieisen. 

498       72    Malur,  eicî,  pèr  quau  trabuco! 
Mai  que  lou  pas  de  la  Sambuco 
DaDgeirous  es  lou  pas  dóu  nègre  Banaru. 

^^  Coume  aro  venès  de  l'entendre, 

A  'n  teta-dous,  un  bêla  tendre 
Que  TOUS  atiron  à  descendre. 

^*      I  Crestian  imprudent  que  se  viron  au  brut 

73     Fai  lusi  Tempèri  d'Erode, 
L'or  de  Judas,  e  dis  lou  rode 
^'      Mounte  la  Cabro  d'or  fugue  di  Sarrasin 
Aclapado.   Fin  que  degolon, 
Móuson  la  Cabro  tant  que  volon; 
Mai  à  Tangoni  quand  rangolon, 
Fagon  pièi  demanda  lou  sacramen  divin! 


510 


74    L'anouge  nègre  ié  resposto 
513  Em'  une  rousto  sus  li  costo. 

E  pamens,  e  pamens,  i  tèms  que  sian,  mau  tèma 
Escoussura  de  toute  déco, 
^^^  Quant  n'i'a  d'amo  alucrido  e  seco, 

Ai!  las!  que  mordon  à  sa  leco, 
E  qu'à  la  Cabro  d'or  fan  tuba  soun  encens!» 

^*^        75    Aqui  lou  cant  de  la  galino 

Très  oop  fende  la  nivoulino. 
«Dins  la  tregenco  baumo,  à  la  perfin,  enfant, 
52^  Sian  arriba!»  digue  la  vièio. 

Lou  panieraîre  emé  Mirèio, 

Souto  uno  grande  chaminèio, 
525      Veguèron  sèt  cat  nègre,  au  fougau  se  caufant. 


*•'  Lou  pas  de  la  Sambuco  (le  pas  de  la  Sambaqne),  défilé  re- 
douté des  voyageurs,  dans  les  montagnes  de  la  Sambnqne,  à  Torient 
d'Aix  en  Provence. 

»<"  La  Cabro  d*or,  voy.  II,  420  et  VI,  645  notes. 

526 — 6  i^  f^^  surtout  li  cat  nègre  (les  chats  noirs),  jouent,  dans 
les  croyances  des  Provençaux,  le  même  rôle  prééminent  qu'ailleurs.   Cf. 


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LA   MASCO.  133 

76  Veguèron,  entre  li  sèt  mascle, 
Uno  oulo  de  ferre  au  cremascle; 

5Í8      Veguèron  doue  coulobre  en  forme  de  tisoun, 
Que  racavon  à  plen  de  goulo 
DoB  flamo  bluio  au  quiéu  de  Toulo. 

wi  «pèr  cousina  vosto  bourroulo, 

Vous  serves  d'aquéu  bos,  ma  grand?»  «0,  moun  garçoun! 

77  Brulo,  acò,  miéus  que  gens  de  busco: 
*^  Es  de  souquihoun  de  lambrusco.» 

Mai,  en  cabessejant,  Vincèn:  «De  souquihoun, 
De  souquihoun,  lou  voulès  dire  .  .  . 
^*'  Mai  fasen  lèu,  qu'es  pas  de  rire.> 

Uno  grand  taulo  de  pourfire, 
Au  centre,  espandissié  soun  large  virouioun. 

^*^        78     A  proucessioun  e  blanquinello, 

Milo  coulouno,  clarinello 
Coumo  li  jaleiroun  que  pènjon  di  cubert, 
^^'  D'aqui  parton,  pèr  ana  courre 

Souto  li  racine  di  roure 

E  la  foundamento  di  mourre, 
•'*^*      Inmènsi  galarié  que  li  Fado  an  dubert, 


les  proverbes:  Ld  cat  nègre  porton  bonur  (les  chats  noirs  portent  bon- 
heni);  Li  chin  soun  dôu  bon  Dieu  e  li  cat  soun  dôu  diable  (les  chiens 
sont  du  bon  Dien,  les  chats  sont  du  diable)  ;  quand  lou  cat  viro  lou  cuou 
au  fiày  marco  de  fre  (quand  le  chat  tourne  le  cul  au  feu,  cela  annonce 
le  froid)  ;  quand  lou  cat  passo  la  pato  sus  la  tèsto,  ben  lèu  fara  temp^sto^ 
quand  se  fréta  Vauriho,  lou  tenus  viéu  se  reviho  (quand  le  chat  passe  la 
patte  sur  la  tête,  il  y  aura  bientôt  tempête  ;  quand  il  se  frotte  Toreille, 
le  temps  vif  se  réveille),  etc.  —  Les  chats  noirs  sont  partout  les 
compagnons  ou  les  domestiques  des  sorcières.  Cf.,  dans  le  Faust  de 
Gœthe,  la  scène  qui  a  lieu  au  laboratoire  de  la  sorcière. 

^^  SB.  Dans  cette  78«  strophe,  on  pourrait  vouloir  chercher  un 
symbolisme  quelconque.  Il  n'y  en  a  point.  Ces  mille  (=  nombre  in- 
fini de)  colonnes  doivent  être  prises  pour  des  colonnes  réelles  telles  qu'on 
les  trouve  dans  les  grottes  à  stalactites  ou  à  stalagmites. 


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134  '  CANT  SŒI8EN. 

79  Porge  majestuous,  qu^amago 
Uno  lusour  neblouso  e  vago; 

3*^      Meravihous  emboui  de  temple,  de  palais, 

De  penstil,  de  labcrÎDto, 

Coume  n'en  taièron  ansinto 
332  Ni  Babilouno  ni  Courinto, 

E  qu'un  alen  de  Fado  esvalis,  quand  ié  plais. 

80  Aqui  li  Fado  varaiejon: 

335  Coume  de  rai  que  trantaiejon, 

Emé  li  chivalié  qu'enfadèron  antan 
Gountùnion  la  vido  amourouso 
338  Dins  lis  andano  souloumbrouso 

D'aquelo  tranquilo  chartrouso  .  .  . 
Mai  chut!  pas  i  parèu  dins  Toumbro  s'acatant! 

3^*        81     L'encantarello,  déjà  lèsto, 

Quouro  dreissavo  sus  la  tèsto, 
Quouro  de-vers  lou  sou  beissavo  si  bras  nus. 

3«*  Sus  la  grand  taulo  de  pourfire, 

Coume  Laurèns  lou  sant  martire, 
Èro  coucha  sènso  rèn  dire 

3*^      Vincèn  lou  panieraire,  emé  sa  plago  au  bust. 

82  Ferouno,  creissegudo  en  taio 
Pèr  l'esperit  que  la  travaio 

370      E  (j'mi  yènt  proufeti  ié  gounflo  lou  galet, 
Taven,  dins  l'oulo  que  revouiro 
  grossis  oundo  boulidouiro, 

373  Plante  subran  Tescumadouiro. 

  soun  entour  li  cat  fasien  lou  rondelet. 

83  Vénérable,  emé  la  menèstro, 
37<^  La  masco,  de  la  man  senèstro 

Esbouiènto  à  Vincèn  soun  pitre  descata; 


^'*  On  sait  que  Sant  Laurèns  (Saint  Laurent)  fut  martyrisé  sur 
nn  feu  lent;  d'après  la  légende,  sur  nn  grand  gril. 


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LA  MABCO.  135 

E,  lis  iue  fisse,  n'escounjuro 
^"^^  La  douloureuse  pougneduro 

En  remoumiant  à  voues  escuro: 
<Crist  es  nat  Crist  es  mort!  Crist  es  ressuscita! 

^^       84     Crist  ressusdtara  / . . .  »    Mestresso 

Coume  i  fourèst  la  grand  tigresso 
Qu'alongo,  après  la  casHo,   un  cop  d'arpo  nu  flanc  rous 
^^  De  sa  tremoulanto  vitimo, 

Sus  la  fruchaîo  que  trelimo 

Ânsin  la  masco  alor  emprimo 
^^      Très  fes  eraé  Tartèu  lou  signe  de  la  erous. 

85     E  de  sa  bouco,  a  toute  zuerto, 
La  paraulo  desboundo,  e  tuerto 
^^^      I  pourtau  nivoulous  de  l'endevenidou  : 
«0,  ressuscitara  !    Lou  crese! 
De  la  colo  entre  li  roumese 
£  li  frejau,  alin  lou  vese 
Que  mounto,  emé  soun  front  que  sauno  à  gros  degout! 


594 


86     E  dins  li  róuinio  e  dins  li  clapo 
^^  Mounto  soulet  ;  sa  crous  l'aclapo  . . . 

Mounte  es,  pèr  Teissuga,  Verounico? . . .    Mounte  es 
Âquéu  brave  orae  de  Cireno, 
Pèr  Tauboura,  se  'n-cop  s'arrenoP 
Emé  soun  peu  que  se  destreno, 
Li  Mario  plagnènto  ounte  sounP...  V  a  pas  res! 


600 


'^  En  Provence,  les  conjaratenrs  et  charmeurs  de  maladie  font 
des  signes  de  croix  avec  lenr  gros  orteil  sur  la  partie  malade.  Pln- 
tarqae  dit  que  Pyrrhus  guérissait  certaines  maladies  de  cette  manière 
et  que  son  gros  orteil  du  pied  droit  avait  une  vertu  divine.    Très. 

•••  Verounico  (Véronique)  qui,  selon  la  légende,  passa  à  Jésus- 
Christ,  dans  sa  montée  au  Calvaire,  son  mouchoir  sur  lequel  se  dessina 
la  fignre  du  Seigneur.  —  Lou  brave  orne  de  Cireno  (le  brave  homme  de 
Cyrène),  Simon  le  Cyrénéen. 


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136  CAHT  BIEIBEN. 

^^^        87     E  dins  l'oumbrun  e  la  terriho, 

Avau,  richesso  emai  pauriho 
Lou  regardoD  que  mounto,  e  dison:  ««Mounte  vai, 
*^  Emé  sa  fusto  sus  l'espalo, 

Aquéu,  amount  que  sèmpre  escalo?  .  .  .»» 

Sang  de  Caïn,  amo  carnalo, 
^^      Don  pourtaire  de  Crous  n'an  de  pieta,  pas  mai 

88  Que  se  vesien  dins  lou  campèstre 
Un  chin  aqueira  pèr  soun  mèstre  ! . . . 

^>2      Ah!  raço  de  Jusiòu,  que  mordes  en  furour 
La  man  que  t^abaris,  e,  torso, 
Lipes  aquelo  que  t'endorso, 
^^^  Dins  la  mesoulo  de  toun  orso 

(Lou  vos?)  davalaran  H  frejoulun  d'ourrour! 

89  E  ço  qu'es  pèiro  vendra  pousse . . . 
*^^  E  de  l'espigo  e  de  la  dòusso 

Vai  esfraia  ta  fam  lou  mascarun  amar . . . 

Oh!  que  de  lanço!  oh!  que  de  sabre! 
^^1  Sus  quénti  molo  de  cadabre 

Vese  boumbi  Taigo  di  vabre  ! . . . 
Pacefico  tis  erso,  o  tempestouso'  mar  ! . . . 

®-*        90     Ai!  de  Pèire  la  barco  antico 

Is  àspri  roco  mounte  pico 
S'es  esclapado  ! . . .    Hoï-ve  !  lou  mèstre  pescadou 
®-^  A  dóumina  l'oundo  rebelle; 

Dins  une  barco  novo  e  belle 

Oagno  lou  Rose  e  reboumbello 
•30      Emé  la  crous  de  Dieu  plantado  au  trepadou! 

91     0  divin  arc-de-sedo!  inmènso, 
Eterno  e  sublime  clemènço! 


•*•  Lou  mascarun  (ou  carbounclej  carhounèuy  charbon),  carie  du 
blé  et  d'autres  plantes,  qui  change  le  grain  en  poussière  noire.  —  La 
sorcière  menace  la  société  impie  de  toutes  sortes  de  fléaux. 


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LA  MASCO.  137 

^^      Vese  uno  terro  novo,  un  soulèu  que  fai  gau, 

D'óulivarello  en  farandoulo 

Davans  la  frucho  que  pendoulo, 
®^^  E  sus  li  garbo  de  paumoulo 

Li  meissounié  jasent  que  teton  lou  barrau. 

92     E,  desoebla  pèr  tant  d^eisèmple, 
•3^  Dieu  es  adoura  dins  soun  temple...» 

E  la  masco  di  Baus,  acò  di,  'mé  lou  det 
I  dous  enfant  mostro  une  draio 
^2  Qu'un  fiéu  de  jour  au  bout  ié  raio, 

Menu,  menu . . .    Parton  en  aio, 
E  la  gaugno  aferado,  e  courbant  lou  coutet. 

^*        93     De  souto  terro,  au  Trau  de  Cordo 
Lou  bèu  parèu  enfin  abordo; 


•^*  Cordo  (Corde).  «A  Torient  d'Arles  s'élèvent  deux  collines  qni 
primitivement  durent  n'en  former  qu'une,  mais  qu'un  marais  sépare  au- 
jourd'hui. Dans  le  sommet  nu,  rocailleux  et  plat  de  la  moins  haute, 
les  Celtes  pratiquèrent  jadis  en  forme  de  glaive  une  excavation  couverte 
de  blocs  gigantesques.  Les  Sarrasins  campèrent,  dit-on,  sur  cette  col- 
line; en  souvenir  de  Cordoue,  ils  lui  donnèrent  le  nom  de  Corde,  qu'elle 
porte  encore  aujourd'hui.  Des  traditions  merveilleuses  l'animent  et  la 
poétisent:  c'est  la  Couleuvre-fée^  Mélusine  provençale;  c'est  surtout  la 
Chèvre  d'or  qui  fait  trouver  les  trésors  cachés,  mais  rend  incurahlement 
tristes,  au  sein  de  leurs  richesses,  ceux  qui  ne  les  méritent  pas.» 
-< L'autre  colline,  plus  grande,  porte  le  nom  presque  romain  de  Mont- 
Majour.»  (J.  Canonge,  Illustration j  29  mai  1852.)  Sur  cette  colline  sont 
les  ruines  de  la  célèhre  abbaye  de  Mant-Majour,  fondée  au  6«  siècle, 
rebâtie  aux  11«— 13«  s.  et  en  partie  de  nouveau  au  18»  s.  C'est  cette 
dernière  partie  qu'on  voit  tout  d'ahord  et  qui,  avec  ses  salles  et  ses  ar- 
cades en  ruine,  fait  l'impression  d'un  palais  écroulé.  On  remarque  par- 
ticulièrement une  grosse  tour  carrée,  de  26  m.  de  haut,  et  du  même 
côté  de  la  colline  une  église  du  12«  siècle  et  une  chapelle  très  ancienne 
et  en  partie  souterraine.  La  tradition  veut  que  ce  soit  celle  de  Saint 
Trophime  (voy.  VI,  321  note),  et  on  y  montre  sa  cellule  et  sa  cachette 
dans  les  persécutions.  En  bas  de  la  colline  se  trouve  la  chapelle  de 
Sainte-Croix,  curieuse  construction  du  11«  s.  qui  présente  à  la  hase  4 
absidioles,  dont  une  précédée  d'un  porche;  au  dessus,  un  étage  carré 
avec  fronton  sur  chaque  face  et  au  sommet  une  lanterne.    Devant  et 


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138  GANT   SIEISEN.      LA   MASCO. 

Remounton  au  soulèu  . . .    Acatant  lou  roucas 
*^®  Emé  si  rouino  e  soun  vieiounge, 

Mount-Majour,  Tabadié  di  mounge, 
Faparèis  coume  dins  un  sounge. 
^^*      Se  fan  uno  brassado,  e  gagnon  lou  jouncas. 


sur  les  côtés  se  voient  à  fleur  de  terre  des  sarcophages  creusés  dans  le 
roc  vif  et  maintenant  sans  couvercles  et  vides.  —  La  grotte  de  Corde 
porte  aussi  le  nom  de  Trau-di-Fado,  comme  la  grotte  des  Baux;  et^ 
d'après  la  croyance  populaire,  ces  deux  excavations  communiquent 
entre  elles. 


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CANT  SETEN 
Li  vrÈi 

LoQ  Tlèi  panientire  «mé  toon  flén,  usesta  daTans  loa  llndaa  de  sa  bòrl,  Irenon  nao  ea^ 
naatello.  —  Lon  ribeirAs  d^a  Rom.  —  Tineèn  dis  à  soun  paire  d'aaa  demanda  Mirèio 
en  mariage.  —  Beftas  e  remoastranço  don  TièL  —  Tinoeneto,  sorre  de  YlnoèOf  pèr 
%Jada  soon  Araire  à  toaea  Mèste  Ambroi,  conto  Pistòri  de  SiTèstre  emé  d'Aiis.  —  Par* 
tdaço  de  Mèste  Ambroi  pèr  lou  Mas  di  Palabre^.  —  L'arribado  e  loa  yonsta  dl 
melssonnié.  —  Mèste  Bamoim.  —  Loa  laboar.  —  Reolt  d'AmbròsÌ,  responso  de  Ramoun. 
—  La  toolo  de  Calèndo.  —  Mirèio  déclare  soan  amour  pèr  loa  fiéa  dóa  panieraire.  ~ 
Amalieiado,  emprecaeioan  e  refiis  dl  parent  ~~  Endignaoioan  de  Mèste  AmbroL  — 
Napooleon  e  U  grandi  goerro.  —  Bnca^amen  de  Mèste  Ramoan.  —  Lov  soudard  la- 
booraire.  —  Farandoolo  di  meissooniA  à  l*entoar  dóu  flò  de  fiant  Jan. 

1     «Vous  dise,  paire,  e  tous  redise 

Que  n'en  siéu  fou!...    Cresès  que  rise?» 
3         En  fissant  Mèste  Ambroi  emé  d'iue  treboula, 
Pasié  Vincèn  à  soun  vièi  paire. 
Lou  mistrau,  pondérons  courbaire 
*  Dis  àuti  pibo  don  terraire, 

A  la  voues  d6u»jouvènt  apoundié  soun  ourla. 


*  Lou  mistrau  (le  mistral),  grand  vent  de  nord-ouest  qui  descend 
par  la  vallée  dn  Bhône  aux  côtes  de  la  Méditerranée.  Il  a  Vavantage  de 
purifier  Tair,  néanmoins  il  est  craint,  à  cause  des  ravages  qull  fait  souvent 
dans  les  paysages  situés  sur  le  bord  du  Bas-Rhône  et  même  dans  le  Yar. 
On  comprend  que  ce  vent,  terrible  surtout  au  printemps,  ait  une  grande 
importance  pour  les  Provençaux  et  soit  devenu  Tobjet  d'une  grande 
quantité  de  dictons,  dont  voici  le  plus  caractéristique: 

Lou  mistrau  emé  la  Durènço 
Gaston  la  mita  de  Prouvènço 

(Le  mistral  et  la  Durance  gâtent  la  moitié  de  la  Provence)» 


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140  CANT   SKTEN. 

2     Davans  soun  cabanoun  dóu  Rose, 
®  Large  coume  un  cruvèu  de  nose, 

Lou  vièi,  sus  un  to  d'aubre,  èro  asseta  au  ealanc 
E  desruscavo  de  redorto; 
^*  Lou  jouine,  agrouva  sus  la  porto, 

Entre  si  man  adrecfao  e  forto 
Plegavo  en  canestello  aquéli  vergan  blanc. 

'^  3     Lou  Rose,  enmalieia  pèr  l'auro, 

Fasié,  coume  un  troupèu  de  tauro, 
Courre  sis  erso  treblo  à  la  mar:  mai  eici, 

^®  Entre  li  tousco  d'amarino 

Que  fasien  calo  emai  oumbrino, 
Uno  mueio  d'aigo  azurino, 

^^       Liuen  dis  oundo,  plan-plan  venié  s'emperesi. 

4  De  vibre,  long  de  la  lauseto, 
Rousigavon  de  la  sauseto 

2^       La  rusco  amaro;  alin,  à  travès  lou  cristau 

De  la  calamo  countinuio, 

Apercevias  li  bruni  luio 
^^  Barrula  dins  li  founsour  bluio, 

A  la  pesco  di  pèis,  di  bèu  pèis  argentan. 

5  Au  long  balans  dóu  vent  bressaire, 
^^  Aqui  de-long  li  debassaire 

Avien  penja  si  nis;  e  si  nis  blanquinèu, 

Teissu,  coume  uno  molo  raubo, 
^^  Emé  lou  coutounet  qu'is  aubo 

L'aucèu,  quand  soun  flourido,  raubo, 
Boulegavon  i  brout  de  verno  em'  i  canèu. 

^®  6     Rousso  coume  uno  tourtihado, 

Uno  chato  escarrabihado, 
D'un  large  capeiroun  espandissié  li  pie, 

*'  Tourtihado,  g&tean  en  forme  de  couronne,  fait  de  fine  pâte,  de 
«acre,  d'œufs  et  d'anis. 


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48 


51 


Ll    VIÈI.  141 

^^  Trempe  d'aigo,  su  'no  figuiero, 

Li  bestiàri  de  la  ribiero, 

Mmai  li  piegre  di  broutiero, 
^^       N'avien  pas  mai  de  pou  que  di  jounc  tremoulet. 

7  Pecaire!  èro  la  chatouneto 
De  Mèste  Ambròsi,  Vinceneto. 

^^       Sis  auriho,  degun  i'avié  'ncaro  trauca; 
Avié  d'iue  blu  coume  d'agreno, 
Emé  lou  sen  boudenfle  à  peno; 
Espinouso  flour  de  tapeno 
Que  lou  Rose  amourous  amavo  d'espousca. 

8  Emé  sa  rufo  barbo  blanco 
Que  ié  toumbayo  enjusquo  is  anco, 

Mèste  Ambroi  à  soun  fiéu  respoundè:  «Bartavèu^ 
De  tout  segur  lou  dèves  èstre, 
^^  Car  de  ta  bouco  siés  plus  mèstre!» 

«Pèr  que  l'ase  se  descabèstre, 
Paire,  fau  que  lou  prat  fugue  rudamen  bèu! 

^■^  9     Mai  en  que  sièr  que  tant  vous  parle? 

Sabès  coume  es  !..  .  S'anavo  en  Arle, 
Li  âho  de  soun  tèms  s'escoundrien  en  plourant^ 

^  Car  après  elo  an  rout  lou  mole  .  .  . 

Que  respoundrés  à  voste  drôle 
Quand  saubrés  que  m'a  di:  ««Te  vole!»» 

•^        «Kichesso  e  paureta,  foulas,  te  respoundran.» 

10     «Paire,  partes  de  Valabrego; 
Anas  au  Mas  di  Falabrego, 
*•        E  lèu-lèu!  à  si  gènt  racountas  tout  coume  esT 
Digas-ié  que  l'on  dèu  s'enchaure 


"/•    Sentence  inventée  par  le  poète. 

"/•  La  beauté  des  Arlésiennes  est  proverbiale,  et,  en  Provence^ 
on  ne  sait  pas  mienx  vanter  la  grâce  d'une  jeune  fille  qu'en  la  mettant 
même  au-dessus  des  Arlésiennes.    Cf.  VIII,  312  ss. 


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142  CAUT  8ETEK. 

Se  Tome  es  brave  e  noun  s' es  paure; 
■*®  Digas-ié  que  sabe  reclaure, 

Desmaienca  li  vigno  e  laboura  li  grès. 


72 


11     Digas-ié  mai  que  si  sièis  couble, 
Sout  moun  gouvèr,  cavaran  double; 
Digas-ié  que  siéu  orne  à  respeta  li  vièi; 
Digas-ié  que,  se  nous  separon, 
■^*  Pèr  toujour  nòsti  cor  se  barron, 

E,  tant  iéu  qu'elo,  nous  entarron  !  .  .  .» 
«Ah!»  faguè  Mèste  Ambroi,  «siés  jouine,  aqui  se  vèi. 

'*^         12     Aco  's  l'iòu  de  la  poulo  blanco! 

Acò  's  lou  lucre  sus  la  branco! 
Auriés  gau  de  Tavé;  'm'  aco  lou  sounaras, 
^'  lé  proumetras  la  papo  au  sucre, 

Gingoularas  fin  qu'au  sepucre  .  .  . 

Jamai  veiras  yeni  lou  lucre 
^^       Se  pausa  sus  toun  det,  car  noun  siés  qu'un  pauras.» 

13  «Mai  d'èstre  paure  es  donne  la  pèsto?» 
Yincèn  en  grafignant  sa  tèsto 

*^        Cridè.     «Mai  lou  bon  Dieu  qu'a  fa  de  cause  ansin, 
Lou  bon  Dieu  que  me  vèn  esclaure 
DÓU  soulet  bèn  que  me  restaure, 

^  Es-ti  juste?  .  .  .  Perqué  sian  paure? 

Perqué,  dóu  vignarés  embala  de  rasin, 

14  Lis  un  cueion  toute  la  frucfao, 

93  E  d'autre  an  que  la  raco  eissucho?» 

Mai  Ambroi  tout-d'un-tèms  aussant  lou  bras  en  Ter: 
«Treno,  vai,  treno  ti  pivello. 


''*  Aco  '«  Viòu  de  la  poulo  blanco  (c'est  Toenf  de  la  poale  blanche)  : 
expression  proverbiale,  pour  dire  une  chose  rare,  précieuse,  à  laquelle 
on  tient  beaucoup.    Voy.  VI,  210  note. 

^'  SB.  Voy.  V,  51  note.  Son  chant  agréable  a  fait  passer  le  lucre 
^n  proverbe. 


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Li  viÈi.  143 

^  E  lèvo  acò  de  ta  cervello! 

Desempièi  quouro  la  gavello 
Repren  lou  meissounié?  .  .  .  Lou  loumbrin  o  la  serp 

^        15     Adounc  pou  dire  à  Dieu:  ««Peirastre, 
Que  noun  de  iéu  fasiés  un  astre  P»» 
*«Perqué,»»  dira  lou  biòu,  «m'as  pas  créa  boulé? 

*^  A-n-éu  lou  gran,  à  iéu  la  paie!  .  .  .»» 

Mai  noun,  moun  fiéu:  marrido  o  gaio, 
Tóuti,  soumés,  tenon  sa  draio  .  .  . 

'*^*       Li  cinq  det  de  la  man  soun  pas  tóuti  parié! 

16  Lou  Mèstre  t'a  fa  lagrainuso? 
Tèn-te  siau  dins  toun  asclo  nuso, 

^^       Béu  toun  rai  de  soulèu  e  fai  toun  gramaci.> 
«Mai,  ^ous  ai  pas  di  que  l'adore 
Mai  que  moun  Dieu,  mai  que  ma  sorre? 

"^  Me  la  fau,  paire»  o  senoun  more!  ...» 

E  coume  pèr  liuen  d'eu  bandi  l'aspre  soucit, 

17  De-long  dóu  flume  que  rounflavo, 
**'*                Eu  en  courrènt  se  desgounflavo. 

Vinceneto,  la  sorre,  en  pleurant  alor  vèn, 

E  ié  fai  au  vièi  panieraire: 
îH  «Avans  de  maucoura  moun  fraire, 

Ausès-me,  pai!  I'  a  'n  labouraire, 
Au  mas  ounte  serviéu,  qu'èro  amourous  tambèn; 

120        18     L'èro  de  la  fiho  dóu  mèstre, 

Alis;  eu,  ié  disien  Sivèstre. 
Au  travai  (tant  l'amour  Tavié  fa  courajous) 
128  Èro  un  loup!  en  toute  obro  abile, 

Abarous,  matinié,  doucile  .  .  . 

Lî  mèstre,  anas,  dourmien  tranquile. 
'2*       Un  matin  —  regardas,  paire,  s'es  pas  fachous  !  — 

106  Proverbe.    Dans  le  Très,  simplement:   L4  cinq  det  de  la  man 
soun  pas  parié  (les  cinq  doigts  de  la  main  ne  sont  pas  pareils). 


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144  CANT  8ETEN. 

19  Un  matÌD,  la  mouié  dóu  mèstre 
Entendeguè  parla  Sivèstre: 

*2«      Countavo  d^escoundoun  soun  amour  à-n-Alis. 

A  dina,  quand  lis  orne  intrèron 

E  qu*à  la  taulo  se  virèron, 
'^2  Lis  iue  dóu  mèstre  s'empurèron! 

«  «Traite  !>>  dis!  ««tè  toun  comte,  e  passe  que  t'ai  vi8t!>> 

20  Lou  bon  ràfi  partiguè.    Nautre 
135  S'espinchavian  dis  un  is  autre, 

Mau-countènt  e  'spanta  de  lou  vèire  embandi. 
Très  semano,  dins  li  roumpido, 
138  Lou  veguerian  courre  bourrido 

Is  alentour  de  la  bastido, 
Tout  desvaria,  morne,  avala,  mau  vesti; 

1*1        21     Quouro  estendu,  quouro  à  grand  courso. 

La  niue,  Pentendian  coume  uno  ourso 
Ourla  souto  li  triho  en  apelant  Alis  ! . . . 
1**  Mai  un  jour,  pièi,  un  fiò  venjaire 

Que  flamejavo  i  quatre  caire 

Gounsumè  la  paiero,  o  paire, 
1*''      E  dóu  pous  lou  treiau  daverè  'n  negadis!> 

22     Aqui  s'aubourè  Mèste  Ambròsi! 
«Enfant  pichot,»   digue  renòsi, 
^^      Pichoto  peno;  grand,  grand  peno.»  —  E  mounto  d'aut^ 
Cargo  sis  àuti  garramacho 
Qu'éu-meme  autre-tèms  s'èro  facfao, 
1^^  Si  bon  soulié  garni  de  tacho, 

Sa  grand  bouneto  roujo,  e  camino  à  la  Crau. 


1*9  M)   Variante  du  proverbe: 

Pichot  enfant,  pichoto  petio; 

Grand ^  grand  peno. 
(Petit  enfant,  petite  peine;  grand  [enfant],  grande  peine). 


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LI   VIÈL  145 

23    Erian  au  tèms  que  li  terrado 
15«  An  si  recordo  amadurado: 

Ero,  vous  trouvarés,  la  vueio  de  Sant  Jan. 
Dins  li  draiòu,  long  di  baragno, 
^^®  Déjà,  pèr  noumbróusi  coumpagno, 

Li  prefachié  de  la  mountagno 
Ycnien,  brun  e  póussous,  meissouna  nòsti  champ, 

i«*       23     E,  li  voulame  en  bandoulière 

Dins  li  bedoco  de  figuiero, 
Ensóuca  dous  pèr  dous,  chasco  sòuco  adusènt 
^^  Sa  ligarello.    Uno  flaveto, 

Un  tambourin  flouca  de  veto 

Âcoumpagnavon  li  carreto, 
*^      Ounte,  las  dóu  camin,  li  vièi  èron  jasent. 

25  E  'n  ribejant  loog  di^tousello 
Que,  sont  lou  vent  que  li  bacello, 

^''^      Oundejon  à  grands  erso:   «0  moun  Dieu!  li  bèu  blad! 
Quénti  blad  dru!»  fasien  en  troupo. 
«Acò  sara  de  belle  coupo! 
1*^^  Vès!  coume  l'auro  lis  estroupo, 

E  peréu  coume  en  l'èr  soun  lèu  mai  regibla!» 

26  Veici  qu'Ambroi  s'ajougnè  'm'éli: 
i^"^  «Soun  tóuti  preste  coume  aquéli, 

Vosti  blad  prouvençau,  moun  segne?»  fai  subran 
Un  di  jouvènt.    «Fa  li  blad  rouge 
1®^  Que  soun  encaro  darrierouge; 

Mai,  en  durant  lou  tèms  aurouge, 
Veirés  que  li  voulame  à  l'obro  mancaran  ! 


^^  Bedoco,  arcs  en  bois,  portant  une  rainure  snr  le  dos  dans  la- 
quelle les  moissonneurs  placent  le  tranchant  de  leur  faucille,  et  les  fau- 
cheurs celui  de  leur  faux. 

"*  Flaveto  (galoubet)  et  tambourin.  Voy.  III,  28  note.  La  raison 
pour  laquelle  on  amène  ces  instruments,  est  donnée  par  les  vers  549  et 
suiv.  de  notre  Chant.  ' 

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146  GiLl«T  SETEN. 

183        27     Remarquerias  li  très  caudèlo, 

Pèr  NoavèP    Semblavon  d'estello  .  .  • 
Rapelas-Yous,  enfant,  que  i'aura  granesoun 

186  pèr  benuranço  !»    «Diéu  vous  ause, 

E  dins  Yoste  òrri  la  repause, 
Bon  segne-grand  !»    Entre  li  sause, 

189      Eraé  lou  bouscatié  lis  ome  de  meissoun, 

28  Entanterin  que  s'avançavon, 
Bounamen  ansin  devisavon. 

1*^      E  s'atrovo  qu'au  Mas  di  grand  Falabreguié 

Peréu  venien  li  meissounaire. 

Mèste  Ramoun,  en  permenaire, 
195  DÓU  mistralas  desengranaire 

Venié  vèire  pamens  ço  que  lou  blad  disié. 

29  E  de  Tespigado  planuro 
*98  Eu  travessavo  la  jaunuro, 

D'auro  en  auro,  à  grand  pas;  e  li  blad  rousaioèu: 
«Mèstre,»  murmuravon,  «es  l'ouro! 
201  Vès  coume  l'auro  nous  amourro 

E  nous  estraio  e  nous  desfiouro  . . . 
Boutas  à  TÒsti  det  li  dedau  de  canèu!> 

*04        30    D'autre  ié  venien  :  «Li  fournigo 

Déjà  nous  niounton  is  espigo; 
ïout-escas  plen  de  cai,  nous  derrabon  lou  gran  . . . 
207  Vènon  panearo  li  gourbiho?» 

Aperalin  dins  lis  aubriho 

Lou  majourau  viré  li  ciho, 
210      E  soun  iue  peralin  li  descuerbe  subran. 


"•  ss.  Sur  les  trois  chandelles  de  Noël  {très  candelo\  dont  la 
ilamme  a  nne  signification  prophétique,  voy.  VIT,  393  note.  D'autres 
superstitions  relatives  à  la  lumière  de  trois  chandelles  sont  énumérées 
par  M.  Maass,  /.  c,  p.  37  s. 

'^  68.  Fait  observé  par  le  poète  lui-même  :  les  fourmis  grimpent 
aux  épis  quand  le  grain  est  mûr  et  t&chent  de  Tarracher. 


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LI  viÈl.  147 

31  Entre  parèisse,  tout  TeissaiDe 
Desfourrelèron  li  voulame, 

^^      E  dins  l'èr  au  soulèu  li  fasien  trelusi 
E  li  brandavon  bus  la  tèsto, 
Pèr  saluda  'mé  faire  fèsto. 
^*^  Mai  à  la  troupelado  agrèato 

DÓU  pu  liuen  que  Ramoun  pousquè  se  faire  ausi  : 

32  «Bèn-yengu  sias,  toute  la  bando!» 

^1®  lé  cridè;  «lou  bon  Dieu  vous  mando.» 

E  lèu  de  ligarello  aguè  'n  brande  noumbrous 
A  soun  entour:  «0  r.oste  mèstre, 
**  Toucas  un  pau  la  man!  bèn-èstre 

Posque  emé  vous  longo-mai  èstre! 
NM'aura  de  garbo  à  Tiero,  aquest  an,  Santo  Crous!» 

^^        33     «Noun  fau  juja  tout  pèr  la  mino, 

Mi  bèus  ami  !  Quand  pèr  Peimino 
Aura  passa  Teiròu,  alor  de  ço  que  tèn 
^28  Saubren  lou  just.    8'es  vist  d'annado 

Que  proumetien  uno  granado 

A  fai  d'un  vint  pèr  eiminado, 
^^      E  pièi  fasien   d'un   très!.  ..    Mai  fau  èstre  countènt.» 

34    E  'mé  la  fàci  risouleto, 
Toucavo  en  tóuti  la  paleto. 


*"  Santo  Crous  (Sainte  Croix),  exclamation  fréquente;  employée 
ici  poor  confirmer  ce  qui  précède. 

»»  Voy.  ni,  354  note. 

•"  Crranado  à  fai  d'un  vint  pèr  eiminado ,  récolte  à  faire  vingt 
d'une,  c'est-à-dire  à  rendre  vingt  hémines  de  grains  d'une  hémine  de 
semence.  Veimino  (hémine,  boisseau)  est  une  mesure  de  capacité  usitée 
autrefois  en  Provence,  équivalente  à  22  livres,  plus  ou  moins,  selon  les 
pays.  Veiminado  est  un  espace  de  terrain  que  Ton  peut  ensemencer 
avec  une  hémine  de  blé,  8  à  10  ares.  V eiminado  de  Provence  était 
anciennement  la  huitième  partie  de  la  saumado  (charge  d'une  bourrique  ; 
mesure  de  superficie  équivalente  à  70  ares  en  Provence)  et  contenait  100 
désire  (800  mètres  carrés)  ou  200  cannes  carrées.    Voy.  V,  329  note.     • 

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148  CANT  8BTEN. 

^^      Amistadousamen  parlavo  à  Mèste  Ambroi, 

E  tout-bèu-just  prenien  la  lèio 

De  la  bastido,  que:  «Mirèio! 
237  Garnisse  lèu  la  cicourèio, 

E  vaî  tira  de  vin,»  cridavo,  «trbn-de-goi!» 

35    Lèu  aquesto,  à  pléni  faudado, 
2*^  Vujè  sus  taulo  la  goustado. 

Ramoun,  lou  bèu  proumié,  se  i'assèto  à-n-un  bout, 
E  tóuti  fan  coume  éu.    En  briso 
2*8  Lou  pan  croustous  deja  se  friso 

Souto  la  dènt  que  Tenfreniso 
Enterin  que  li  man  pescon  i  barbabou. 

^^       36     La  taulo  fasié  gau,  lavado 

Coume  uno  fueio  de  civado; 
Lou  cachât  redoulènt,  Taiet  que  fai  tuba, 
2^^  Li  merinjano  à  la  grasiho, 

Li  pebroun,  consente  niangiho, 

Li  blóundí  cebo,  à  la  rapiho 
2^2      Dessus  li  vesias  courre,  à  bel  èinie  escampa. 

37  Mèstre  à  la  tàuIo  coume  au  fouire, 
Ramoun,  qu'avié  contre  éu  lou  douire, 

-^      De  tèms  en  tèms  Taussayo,  e:  «Dau!  chourlen  un  cop! 
Quand  l'a  de  pèiro  dins  lis  erme, 
Pèr  que  la  daio  se  referme, 
2^  N'en  fau  bagna  lou  tai,  e  ferme!» 

E  lis  orne,  à-de-reng,  aparavon  lou  got. 

38  «Bagneu  lou  tai!»    E  dóu  grand  inde 
2*'                Lou  vin  rniavo,  rouge  e  linde, 

Is  àspri  gargassoun  di  gourbihaire.    «Pièi», 

*^  Cachatj  fromage  pétri  qui  acquiert  par  la  fermentation  un  goût 
excessivement  piquant.  Ce  mets  figure  journellement  sur  la  table  des 
valets  de  ferme  ou  ràfi.  —  L'aiet  (rail),  qu'on  mange  frotté  sur  le  pain 
ou  dans  une  sorte  de  mayonnaise  (Vaioli),  forme  un  élément  sinon  in- 
dispensable, du  moins  très  favori  dans  les  repas  des  Provençaux. 


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Li  viÈi.  149 

Yenguè  Ramoun  à  la  taulado, 
*w  «8e  'n-c5op  la  fam  es  sadoulado, 

E  li  forço  reyiscoulfldo, 
Pèr  bèn  acoumença,  segound  l'usage  vièi, 

2«''        39     Coupas,  dins  li  bos  de  rebroundo, 
ChascuD  Yoste  balaus  de  broundo; 
Qu'en  làupi  li  balaus  s'amoulounon  ...  Mi  fiéu, 

^^  Quand  l'auto  làupi  sara  lèsto, 

De-vèspre  coumpliren  lou  rèsto, 
Car  de  Saut  Jan  aniue  's  la  fèsto, 

^*      Sant  Jan  lou  meissounié,  Sant  Jan  l'ami  de  Dieu!» 

40  Ansin  lou  mèstre  li  coumando. 
Dedins  la  sciènci  noblo  e  grando 

^^      Que  fau  pèr  mena  'n  bèn,  que  fau  pèr  coumandai 

Que  fau  pèr  faire  espeli,  souto 

La  tressusour  que  ié  degouto, 
^^  L'espigau  blound  i  négri  mouto, 

De  n^en  saupre  coume  eu  res  poudié  se  vanta! 

41  Sa  vido  èro  paciènto  e  sobro. 
^^               Es  verai  que  si  lònguis  obro, 

Emé  lou  pes  dis  an,  l'avien  un  pau  gibla; 

Mai  au  tèms  dis  iero,  à  la  caro, 
2^  Souvènti-fes,  di  jóuini  gnarro. 

Fier  e  galoi,  pourtavo  encaro 
Sus  la  paumo  di  man  dous  plen  sestié  de  blad! 

«"  88.  Cf.  V.  325—9;  636-74.  Le  feu  de  la  Saint -Jean,  très 
connu  aussi  en  Allemagne  où  on  aime  à  Tallamer  sur  des  hanteors, 
remonte,  comme  on  sait,  à  an  usage  payen  qui  a  êtè  adopté  par  Tèglise 
chrétienne.  Dans  les  temps  reculés  de  TÉglise  on  santait  par-dessus  les 
feux,  allumés  la  veille  de  Saint-Jean,  pour  se  garantir,  par  la  vapeur 
montante,  contt»  le  diable.  Avec  la  même  intention,  on  brûlait  des 
herbes  bénites  dans  les  feux.  Dans  notre  texte,  cet  usage  gardé  (v.  564  ss.) 
paraît  avoir  reçu  une  autre  signification.    Cf.  Maass,  l  c,  p.  39  s. 

*"  Lou  sestié  (sétier)  d'Arles  équivaut  à  six  décalitres.  En 
général  il  vaut  deux  eimino  et  est  le  quart  de  la  cargo  (charge)  ou  de 
la  Baumado  (voy.  VII,  229  note). 


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150  CANT  SETKN. 

288        42     Couneissié  Taflat  de  la  Iudo^ 

Quouro  es  bono,  quouro  impourtuno^ 
Quouro  buto  la  sabo  e  quouro  Tentussis; 

^*  E  quand  fai  rodo,  e  quand  es  palo, 

E  quand  es  blauco  vo  pourpalo, 
Sabié  lou  tèms  que  n'en  davalo. 

^^      Pèr  eu,  lis  auceloun,  lou  pan  que  se  móusis 

^^  88.  La  lune  est  pour  les  météorologistes  mstiqnes  de  la  Pro> 
vence  d'une  si  grande  importance,  qne  la  langae  a  même  créé  les  mot« 
luneja,  lunata,  tenir  compte  des  pha8e8  de  la  Inné,  et  qn'il  s'est  formé 
une  opposition  traditionelle  contre  Tabus  de  ces  lunaiié  on  lunié^  dans 
des  proverbes  tels  qne: 

Quau  Innejo 
Pegnejo  (fait  folie); 
on:    Qui  lunate 

Folate  ; 
on:    Jamai  Innatié 

Nonn  fara  granié. 
(Jamais  Innadier  —  ne  fera  grenier),  etc. 
Naturellement,   les  dictons  sont  nombrenz,  qni  confirment  les  règles 
météorologiques  des  Uunadìers'.    P.  ex.: 

Lou  jour  que  tourne  la  luno, 
Pèr  tout  travai  es  fourtuno 
(Le  jour*  où  la  lune  prend  un  nouveau  quartier ,  il  y  a  fortune 

pour  tout  travail.); 

Luno  palo 

L^aigo  davalo; 
Luno  roujo, 
Lou  vent  se  boujo; 
Luno  blanco 
Journado  franco. 
(Lune  pâle,   Teau  tombe;   Lune  rouge,  le  vent  se  remue;   Lune 
blanche,  journée  franche); 

Luno  quihado 
Terro  bagnado 
(Lune  aux  cornes  en  Tair  —  terre  baignée),  etc.  etc.  Voy.  Maass, 
/.  c,  p.  44  88. 

***  Lia  auceloun,  les  oiseaux  de  bon  ou  de  sinistre  augure,  se  re- 
trouvent assez  fréquemment  déjà  dans  la  littérature  provençale  du  moyen- 
âge  (cf.  Diez,  Lehen  und  Werke  der  TrouhadourSf  Zwickau  1829,  p.  22  s. 


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LI   VIÈI.  151 

43    E  li  jour  nègre  de  la  Vaco, 
Pèr  eu  li  nèblo  qu'Avoust  raco, 
2*^      E  li  contro-soulèu  e  l'aubo  de  Sant  Clar, 
Di  quaranteno  gabiuouso 
E  di  secaresso  rouinouso, 
s^  Di  pountanuado  plouvÌDOuso 

E  peréu  di  bons  an  èron  li  signe  clar. 

note).  L'espèce  des  oiseaax,  lear  toI.  lenrs  cris  et  leur  silence  servaient 
également  ponr  prévoir  Tavenir.  Les  hirondeUes  sont  de  bon  angnre: 
les  corneilles,  les  corbeaux  et,  en  général,  les  oiseanz  de  nuit  annoncent 
les  pins  tristes  événements.  —  Lou  pan  que  se  môusis  (le  pain  qui  se 
moisit).  Comp.  le  prov.  :  A  gènt  maluroua  lou  pan  mouais  au  four  (Anx 
gens  malbenrenx  le  pain  moisit  dans  le  four). 

•**  Les  jours  néfastes  de  la  Vache,  vulgairement  li  Vaqueiriéu, 
sont  les  trois  derniers  jours  de  mars  et  les  quatre  premiers  d'avril, 
période  redoutée  des  paysans.  On  a  vu,  dans  la  note  du  Chant  71,  414, 
ce  que  les  Provençaux  entendent  par  la  Vieille,  Voici  la  suite  de 
ce  récit: 

Quand  la  vieille  eut  perdu  son  troupeau  de  brebis ,  elle  acheta 
des  vaches;  et,  arrivée  sans  encombre  à  la  fin  du  mois  de  mars,  elle 
dit  imprudemment: 

En  escapant  de  Mars  e  de  Marsèu, 
Ai  escapa  mi  vaco  e  mi  vedèu. 

(En  échappant  de  Mars  et  de  sa  suite,  j'ai  sauvé  mes  vaches  et 
mes  veaux). 

Mars,  blessé  du  propos,  va  sur-le-champ  trouver  Avril: 
Abriéu,  n'ai  plus  que  très  jour:  presto-me-n'en  quatre, 
Li  vaco  de  la  Vièio  faren  batrel 

(Avril,  je  n'ai  plus  que  trois  jours  :  prête-m'en  quatre  ;  nous  ferons 
battre  entr'elles  les  vaches  de  la  Vieille). 

Avril  consentit  au  prêt ...  ;  une  tardive  et  terrible  gelée  brouit 
toute  végétation,  et  la  pauvre  Vieille  perdit  encore  son  troupeau.  —  Sur 
d'autres  traditions  concernant  ces  Jours  d'Emprunt,  cf.  Shaineanu, 
Ramania  XVIII,  107  note,  et  Maass,  L  c,  p.  48  ss. 

•••  Comp.  le  prov.:  Tant  de  nèblo  au  mes  d'avoust,  tant  de  déluge 
dins  Van  (Autant  de  brouillards  au  mois  d'août,  autant  de  déluges 
dans  l'année). 

••'  Uaubo  de  Sant  Clar,  l'aube  de  la  Saint-Clair,  sur  laquelle  on 
base  des  pronostics  sur  le  temps  &  venir.  Comp.  le  prov.  :  Sant  Clar  porto 
quaranteno  (Saint- Clair  porte  quarantaine),  c'est-à-dire,  le  temps  qu'il 
fait  le  jour  de  Saint-Clair,  persiste  quarante  jours.  -  Saint  Clair,  apôtre 
de  l'Aquitaine,  premier  évêque  d'Albi.  vivait  au  4«  siècle. 


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152  CJlST  âBT£M. 

44    Dins  uno  terro  labourivo, 
^^  Quand  la  faturo  es  tempourivo, 

Ai  de-fes  agu  vist,  atalado  au  coutrié, 
Sièis  bèsti  grasso  e  nervihouso; 
^'  Èro  uno  visto  mervihouso! 

La  terro,  bleto  e  silenciouso, 
Plan-plan  devans  la  riho  au  soulèu  se  durbié, 

^^        45     E  li  sièis  miolo,  bello  e  sano, 
Seguien  de-longo  la  versano; 
SemblaYon,  en  tirant,  coumprene  per-dequé 

^'2  Pau  que  la  terro  se  laboure: 

Sens  camina  trop  plan,  ni  courre. 
De-vers  lou  sou  beissant  lou  raourre, 

®'^      Atentivo,  e  lou  cou  tiblant  coume  un  arquet. 

46  Lou  fin  bouié,  Tiue  sus  la  rego, 
E  la  cansoun  entre  li  brego, 

^^^      PanaTo  à  pas  tranquile,  en  tenant  soulamen 
L'esteTo  drecho.    Ansin  anavo 
Lou  tenemen  que  semenavo 

'•^  Mèste  Ramoun,  e  que  menavo, 

Ufanous,  coume  un  rèi  dins  soun  gouvernamen. 

47  Déjà  pamens  levant  la  fàci, 
^^*  Lou  majourau  disié  li  gràci 

E  signavo  soun  front;  e  di  travaiadou 

L'escarrado  partie,  galoio, 
^^  Pèr  alesti  lou  fiò  de  joio. 

D^ùni  van  acampa  de  boio, 
D'autre,  di  pin  negras  toumba  lou  ramadou. 


*<^>  'Les  six  bêtes  grasses  et  nervenses'  de  ce  vers,  qu'on  apprend 
être  'six  milles,  belles  et  saines'  an  v.  309,  sont  néanmoins  gouvernées 
par  an  bouié,  bonvier  (v.  316),  parce  qne  les  maies,  condaites  par  le 
Uaboorear'  (c'est  ainsi  qa'il  faat  tradaire  bouié),  ont  succédé ,  en 
Provence,  aax  bœafs,  employés  plas  généralement  aa  travail  de  la 
charrue. 


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Li  viÈi.  153 

^^       48    Mai  li  doua  vièi  rèston  à  taulo, 

E  Mèste  Âmbroi  pren  la  paranlo: 
«Yène,  iéu,  o  RamouD,  vous  demanda  counsèu. 
^*  M'arribo  un  àrsi  qu'avans  l'ouro 

Me  coundurra  mounte  se  plouro; 

Car  noun  yese  coume  ni  quouro 
^®      D'aquéu  nous  de  nialur  poudrai  trouva  lou  sèu! 

49  Sabès  qu'ai  un  drole:  jusqu'aro, 
D'uno  sagesso  mai  que  raro 

^      M'avié  donna  li  provo,  e  toustèms.    Âuriéu  tort, 

Se  yeniéu  dire  lou  countràri. 

Mai  toute  pèiro  a  si  gavàrri, 
•**  Lis  agnèu  même  an  si  catàrri, 

E  l'oundo  la  pu  traite  es  aquelo  que  dor. 

50  Sabès  qu'a  fa,  lou  sounjo-fèsto  ? 
^^  S'es  ana  mètre  pèr  la  tèsto 

Une  chato  qu'a  vist,  de  riche  meinagié  .  .  . 

E  la  YÒu,  e  la  vou,  lou  nèsci! 
^*®  E  tant  vióulènt  es  soun  desfèci, 

E  soun  amour  de  talo  espèci 
Que  m'a  fa  pou!  En  van  i'ai  moustra  sa  foulié. 

^^^        51     En  van  i'ai  di  qu'en  aquest  mounde 

Richesse  crèis,  pauriho  founde  .  .  . 
««Courrès  dire  à  si  gènt  que  la  vole  à  tout  pres,^» 
^^  A  respoundu;  ««que  fau  s'enchaure 

Se  l'ome  es  brave  e  noun  s'es  paure; 

Digas-ié  que  sabe  reclaure, 
'^^      Desmaienca  li  vigne  e  laboura  li  grès. 

•**  Sentence  inventée  par  Tautenr.  Voy.  1, 124  note.  —  Le  gavàrri 
est  on  défaut  d'une  pierre  de  taille,  on  durillon. 

•*•  Variante  poétique  du  proverbe  provençal:  Aiço  gueto  es  dan- 
geirouso,  faite  sur  le  modèle  dn  prov.  franc.  :  Il  West  pire  eau  que  Veau 
qui  dort. 

•»■  Sentence  du  poète. 

»M/«  Répétition  homérique  des  vers  VII,  67-76. 


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154  CANT   8ETEN. 

52  Digas-ié  mai  que  si  sièis  couble 
Sout  moun  gouvèr  cavaran  double; 

^^      Digas-ié  que  siéu  ome  à  respeta  li  vièi; 

Digas-ié  que,  se  nous  separou, 

Pèr  toujour  nòsti  cor  se  barron, 
3^^  E  tant  iéu  qu'elo,  nous  entarron!»» 

Aro  dounc,  o  Rarooun,  que  vesès  ço  que  n'èi, 

53  Digas-me  s'eraé  mi  roupiho 
3^^  Anarai  demanda  la  fiho, 

0  bèn  se  leissarai  mouri  moun  drôle...»  —  «Pou!» 
Ramoun  ié  fai,  «noun  largués  vélo 
^^®  Sus  un  tau  vent.    Eu  nimai  elo, 

Boutas,  mouriran  pas  d'aquelo! 

Es  iéu  que  vous  lou  dise,  Ambroi,  n'agués  pas  pou* 

^^        54     Moun  ome,  en  voste  lioc  e  plaço, 

Fariéu  pas  tant  de  cambo  lasso: 
««Acoumenço,  pichot,  do  garda  toun  repau8,»> 
3*^  lé  vendriéu  sènso  mistèri, 

««Que  s'a  la  fin  ti  refoulèri, 

Ve!  fan  esmòure  lou  tempèri, 
^*^®      Sarnipabiéune !  ve!  t'endoutrine  em'un  pau.»» 

55  Alor  Ambroi:   «Quand  Tase  bramo, 
l'anés  dounc  plus  traire  de  ranio: 

^^      Arrapas  un  barroun,  e  'm'  acò  'nsucas-lou!» 
E  Ramoun:  «Un  paire  es  un  paire; 
Si  voulounta  dèvon  se  faire; 

384  Troupèu  que  mono  soun  gardaire 

Crussis,  à  tèms  o  tard,  dins  la  gorgo  dóu  loup. 

56  Qu'à  soun  paire  un  fiéu  reguignèsse, 
^^'^  De  noste  tèms,  ah!  Dieu  gardèsse! 

L'aurié  tua,  belèu  I  .  .  .  Li  famiho,  tambèn, 
Li  vesian  forto,  unido,  sano 


'*/*   Sentence  propre  au  poète. 


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Li  viÈí.  155 

^^  E  resiatènto  à  la  chavaDO 

Coume  un  brancage  de  platano! 
Avien  proun  si  garrouio,  —  acoto,  lou  sabèn  — 

2^8        57     jjfai  quand  lou  vèspre  de  Calèndo, 

Souto  soun  estelado  tèndo, 
Âcampavo  lou  rèire  e  sa  generacioun, 
^^  Davans  la  taulo  benesido, 

Davans  la  taulo  ounte  presido, 

■••  Noël  est  la  principale  fête  des  Provençaux.  En  voici  une 
description  qui  primitivement  faisait  partie  du  poème,  et  que  Tauteur 
a  supprimée  pour  éviter  les  longueurs: 


Ah!  CalèndO;  Calèndo,  ounte  es  ta  douço  pas? 

Ounte  soun  li  caro  risènto 

Dis  enfantoun  e  di  jouvènto? 

Ounte  es  la  man  rufo  e  mouvènto 
D6u  vièi  que  fai  la  crous  dessus  lou  sant  repas! 

II    Alor  lou  ràfi  que  labouro 
Quito  la  rego  de  bono  ouro, 

£  tanto  e  pastrihoun  patusclon,  deiigènt; 
D6u  dur  travai  lou  cors  escàpi, 
Van  à  soun  oustaloun  de  tapi 
Emé  si  gènt  manja  'n  gre  d'àpi 

E  pausa  gaiamen  cacho-fiò  'mé  si  gènt. 

m    D6u  four,  sus  lo  taulo  de  pibo, 

Déjà  lou  calendau  arribo, 
Flouca  de  verbouisset,  festonna  de  façoun; 

Déjà  s'atubon  très  candèlo, 

Novo,  sacrado,  clarineUo, 

E  dins  très  blànquis  escudello, 
Greio  lou  blad  nouvèu,  premicio  di  meissoun. 

IV    Un  grand  pir astre  negrejavo 
E  d6u  vieiounge  trantaiavo  . . . 

L^einat  de  l'oustau  vèn,  lou  cepo  pèr  lou  pèd, 
A  grand  cop  de  destrau  Tespalo, 
E,  lou  cargant  dessus  Tespalo, 
Contro  la  taulo  calendalo 

Yen  i  pèd  de  soun  grand  lou  pausa  'mé  respèt. 


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156  CAKT  8ETËN. 

Lou  rèire,  de  sa  man  frouDsido, 
«99      Negavo  tout  acò  dins  sa  benedicioun!» 

58     Mai,  afebrido  e  blavinello, 
L'eDaraourado  pîchounello 


V    Loa  segne-grand,  de  gens  de  modo, 

Vòu  renouncia  si  yièii  modo: 
A  troussa  Ion  davans  de  sonn  ample  capèn 

£  yai,  conchoas,  qnerre  la  fiolo; 

A  mes  sa  longo  camisolo 

De  cadis  blanc,  e  sa  taiolo 
E  si  braio  nouvialo  e  si  gaèto  de  peu. 

Vi    Mai  pamens  tonto  la  famiho 

A  sonn  entour  s'escarrabiho  . . . 
cBèn?  Cacho-fiò  bontan,  pichot?»    «Si!»  vitamen 

Tónti  ié  respondon.    <Alègre/» 

Orido  lou  vièi,  *alèffre^  alègre/ 

Que  Noste  Segne  nous  alègre! 
S^un  autre  an  sian  pas  maij  moun  DiéUy  fiéguen  pas  menih 

Yii    £  'mplissènt  lou  got  de  clareto, 

Davans  la  bando  risonleto, 
Eu  n'escampo  très  cop  dessus  Taubre  fruchau; 

Lou  pu  jouinet  lou  pren  d^un  caire, 

Lou  vièi  de  l'autre,  e  sorre  e  fraire 

£ntre-mitan,  ié  fan  pièi  faire 
Très  cop  lou  tour  di  inme  e  lou  tour  de  Toustau. 

vu    £  dins  sa  joio  lou  bon  rèire 

Aubouro  en  Ter  lou  got  de  vèire: 
«0^d,t  dis,  «/ÎÒ  sacra,  fat  qu^aguen  de  bèu  tèmsf 

E  que  ma  fedo  bèn  agnelle, 

E  que  ma  trueio  bèn  poucelle, 

E  que  ma  vaco  bèn  vedelle, 
Que  mi  chaio  e  mi  noro  enfanton  tôuti  bèn! 

IX    CkLchO'fib,  bouto  fiòl*  Tout-d'uno, 

Prenant  lou  trounc  dins  si  man  bmno, 
Dins  lou  vaste  fougan  lou  jiton  tout  entié. 

Veirias  alor  fougasso  à  Tôli 

£  cacalauso  dins  TaJoli, 

Turta,  dins  aquéu  bèu  regòli, 
Vin  eue,  nougat  d*amelo  e  frucho  d6u  plantié. 


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LI   VIÈI.  15Z 

402      Yen  alor  à  soun  paire:  «Adounc  me  tuarés, 

0  paire!  Es  iéu  que  Yincèn  amo 

E,  davaDs  Dieu  e  Nosto-Damo, 
^^^  Ees  autre  qu'eu  o'aura  ihoun  amo! .  .  .> 

Un  silèuci  mourtau  li  prenguè  tóuti  très. 


X    D'ano  vertn  deyinare'lo 
Veirias  lasi  li  très  candèlo; 
***  Veirias  d'Esperitoun  giscla  don  fiò  ramu, 

D6a  mou  veirias  penja  la  branco 
Vers  aquéa  que  sara  de  manco; 
*"  Veirias  la  napo  resta  blanco 

Sonto  an  carbonn  ardent,  e  li  cat  resta  mot! 

(i  Ah!  Noël,  Noël,  où  est  ta  doace  paix?  —  Où  sont  les  visages^ 
riants  —  des  petits  enfants  et  des  jeunes  filles?  —  Où  est  la  main 
callense  et  agitée  —  da  vieillard  qui  fait  la  croix  sur  le  saint  repas? 

Il    Alors  le  valet  qui  laboure  —  quitte  le  sillon  de  bonne  heure, 

—  et  servantes  et  bergers  détalent,  diligents.  —  Le  corps  échappé- 
au  dur  travail,  —  ils  vont,  à  leur  maisonnette  de  pisé,  —  avec  leurs 
parents  manger  un  cœur  de  céleri  —  et  poser  gaiement  la  bûche  (au  feu) 
avec  leurs  parents. 

m  Du  four,  sur  la  table  de  peuplier,  —  déjà  le  (pain)  de  Noët 
arrive,  —  orné  de  petit-houx,  festonné  d'enjolivures.  —  Déjà  s'allument 
trois  chandelles,  —  neuves,  claires,  sacrées,  —  et  dans  trois  blanches 
écuelles  —  germe  le  blé  nouveau,  prémices  des  moissons. 

IV  Un  noir  et  grand  poirier  sauvage  —  chancelait  de  vieillesse  — 

—  L'aîné  de  la  maison  vient,  le  coupe  par  le  pied.  —  à  grands  coups 
de  cognée  Fébranche,  —  et  le  chargeant  sur  l'épaule,  près  de  la  table 
de  Noël,  —  il  vient,  aux  pieds  de  son  aïeul,  le  déposer  respectueusement. 

V  Le  vénérable  aïeul,  d'aucune  manière,  —  ne  veut  renoncer  à 
ses  vieilles  modes.  —  Il  a  retroussé  le  devant  de  son  ample  chapeau, 

—  et  va,  en  se  hâtant,  chercher  la  bouteille.  ~  Il  a  mis  sa  longue 
camisole  —  de  cadis  blanc,  et  sa  ceinture,  -  et  ses  hrayea  nuptiales, 
et  ses  guêtres  de  peau. 

VI  Cependant  toute  la  famille  >-  autour  de  lui  joyeusement 
b' agite  ...  —  «Eh  bien!  posons -nous  la  bûche,  enfants?»  —  «Oui!» 
promptement  —tous  lui  répondent.  < Allégresse i-^  —  le  vieillard  s'écrie, 
^allégresse,  allégresse!  —  que  Notre-Seigneiir  nous  emplisse  d* allégresse/' 

—  et  si,  une  autre  année,  nous  ne  sommes  pas  plus,  mon  Dieu,  ne  soyons- 
pas  moins!» 


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158  GAKT   SETEN. 

59     Jano-Mario  es  la  proumiero 
'^^^  Que  s'aubourè  de  la  cadiero: 

«Ma  fiho!  la  resouD  que  vènes  dalarga,» 
lé  fai  ansÌD  'mé  li  man  jouncho, 
^*^*  «Es  uno  escoruo  que  nous  couDcho, 

Es  uno  espino  d'aiguespouncho 
Que  nous  a  pèr  long-tènois  nòsti  cor  trafiga! 


VII  Et  remplissant  le  verre  de  clarette,  —  devant  la  tronpe 
souriante  —  il  en  verse  trois  fois  sur  Tarbre  fruitier;  —  le  plus  jeune 
prend  (l'arbre)  d'un  côté,  —  le  vieillard  de  Tautre,  et  sœurs  et  frères  — 
•entre  les  deux,  ils  lai  font  faire  ensuite  —  trois  fois  le  tour  des  lumières 
•et  le  tour  de  la  maison. 

VIII  Et  dans  sa  joie,  le  bon  aïeul  —  élève  en  Tair  le  gobelet  de 
verre:  —  «0  /«♦,>  dit-il,"  *feu  eacréj  fais  qite  nous  ayons  du  beau  temps/ 

—  et  que  ma  brebis  mette  bas  heureusement,  —  que  ma  truie  soit  féconde, 
que  ma  vache  vêle  bien,  —  que  mes  filles  et  mes  brus  enfantent  toutes  bien/ 

IX  Bûche  bénie,  allume  le  feu!»  Aussitôt  —  prenant  le  tronc 
dans  leur  mains  brunes,  —  ils  le  jettent  entier  dans  Tâtre  vaste.  — 
Vous  verriez  alors  gftteaux  à  Thuile  —  et  escargots  dans  Vaiòliy  — 
beurter,  dans  ce  beau  festin,  vin  cuit,  nougat  d'amandes  et  fruits  de 
la  vigne. 

X  D'une  vertu  fatidique  —  vous  verriez  luire  les  trois  chandelles; 

—  vous  verriez  des  Esprits  jaillir  du  feu  touffu;  —  du  lumignon  vous 
verriez  pencher  la  branche  —  vers  celui  qui  manquera  (au  banquet  futur); 

—  vous  verriez  la  nappe  rester  blanche  —  sous  un  charbon  ardent,  et 
les  chats  rester  muets!) 

M  Mistral  a  fait,  dans  VAiòli  du  17  dèc.  1891,  une  description 
détaillée  de  la  manière  dont  on  célébrait  la  fête  de  Noël  dans  la  maison 
de  son  père.  Cette  description  répond  exactement  à  ce  qu'on  vient  de 
lire  dans  les  vers  précédents.  C'est  le  souvenir  de  sa  jeunesse  qui  les  lui 
a  dictés,  comme  il  lui  a  dicté  le  v.  182  du  premier  Chant.  On  sent  que 
«le  vénérable  aïeul  qui  d'aucune  manière  ne  veut  renoncer  à  ses  vieilles 
modes»  est  le  propre  père  du  poète.  Une  illustration  exacte  de  la  scène 
citée  se  trouve  dans  le  Museon  Arlaten  créé  et  inauguré  par  Mistral  à 
Arles,  en  1897.  Une  des  salles  de  ce  musée  représente,  avec  tous  ses 
détails,  la  réunion  de  trois  générations  de  Provençaux  devant  la  Bûche 
de  Noël  {lou  cacho-fiò\  et  rien  ne  manque  pour  rendre  vivante  cette 
scène  de  famille.  —  La  fête  de  Noël  s'appelle  Calèndo  (Calendes),  parce  que 
les  Calendes  de  janvier  étaient  une  fête  payenne  qui  fut  adoptée  par  les 
chrétiens  et  confondue  avec  celle  de  la  Nativité  du  Christ. 


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Li  viÈi.  159 

^'*        60     As  refusa  lou  pastre  Alàri, 

Aquéu  qu'avié  milo  bestiàri! 
Refusa  Yeranet  lou  gardian;  rebuta, 
^^*'  Pèr  ti  maniero  besuqueto, 

Ourrias,  lou  tant  riche  en  vaqueto! 

Em'  acò  pièi,  em'  un  tresqueto, 
"^^o      Em'  un  galo-bon-tèms  te  vas  encoucourda! 

61  Bèn!  i'anaras  de  porto  en  porto 
Emé  toun  gus  courre  pèr  ortô! 

■**5      Siés  touto  tiéuno,  parte,  abóumianido  !  .  .  .  Bon  ! 

Associo-te  'mé  la  Roucano! 

Emé  Beloun  la  Roubicano! 
^^  Sus  très  caiau,  emé  la  Cano, 

y  ai  couire  ta  bouiaco,  à  la  sousto  d'un  pont!» 

62  Mèste  Ramoun  leissavo  dire; 

•*^*  Mai  soun  iue,  lusènt  coume  un  cire, 

Soun  iue  parpelejavo  e  jitavo  d'uiau 
Souto  sis  usso  espesso  e  blanco. 
^*  De  sa  coulèro  la  restanco 

Pièi  à  la  longo  se  desranco, 
E  Toundo  à  boni  feroun  s'esclafis  dins  lou  riau: 

^^^        63     «A  resoun,  o,  ta  maire!  parte, 

E  que  l'aurige  liuen  s'esvarte!  .  .  . 
Mai  noun,  demouraras,  vesesP  .  .  .  Quand  saubriéu 

^^®  De  t'estaca  'mé  lis  enfèrri 

E  de  te  mètre  i  narro  un  fèrri, 
Coume  se  fai  à-n-un  gimèrri; 

461       Yeguèsse-iéu  subran  toumba  lou  fiò  de  Dieu! 

64     De  facharié  morno  e  malauto, 
Veguèsse-iéu  foundre  ti  gauto. 


***  88.  La  Roucano,  Beloun  la  RotibicanOy  la  Cano  (la  Chienne], 
noms  de  mendiantes  connues  dans  la  i:égion  des  Alpilles,  à  Tépoque  où 
les  événements  de  notre  poème  ont  pu  se  passer  (commencement  du 
19«  siècle)- 


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160  CA»T  8ETEJ». 

^*      Coume  la  nèu  di  colo  à  l'uscle  dóu  Boulèu! 

Mirèio!  coume  aquelo  graso 

DÓU  fougueirouB  porto  la  braso; 
**^  Coume  lou  Rose,  quand  s'arraso, 

Fau  que  desbounde,  e  ve!  coume  acò  's  un  calèu, 

65    Rapello-te  de  ma  paraulo: 
*^  Lou  veiras  plus!»  ...  E  de  la  taulo 

Em'  un  grand  cop  de  poung  destrantaio  Tamplour. 
Coume  Teigagno  sus  li  berlo, 
*55  Coume  un  rasin  que  si  pouperlo 

Plovon  à  l'auro,  perlo  à  perlo, 
Mirèio  entanterin  escampavo  si  plour. 

^*        66     «Quau  m'a  pas  di,  malavalisco!» 

Bepren  lou  vièi,  bret  de  la  bisco, 
«Ambroi,  quau  m'a  pas  di  que  vous,  vous,  Mèste  Ambroi, 
459  Agués,  'mé  voste  tantalòri, 

Entrepacha  dins  vosto  bòri 

Aquel  infâme  raubatòri!  ...» 
^^      L'endignacioun,  aquest,  l'enaurè  tout  revoi. 

67     «Malan  de  Dieu!»  cridè  tout-d'uno. 
Se  l'avèn  basse,  la  fourtuno, 
465      Vuei  aprenès  de  iéu  que  pourtan  lou  cor  aut! 
Que  sache  encaro,  n'es  pas  vice 
La  paureta,  uimai  brutice! 
Ai  quarante  an  de  bon  service, 
De  service  à  l'armado,  au  son  di  canoun  rau! 


468 


68     Just  manejave  une  partego, 
^'^i  Que  siéu  parti  de  Valabrego 

Pèr  mòssi  de  veissèu.    Emplana  sus  la  mar, 
Sus  la  mar  tempestouso  o  lin  do, 


4«6y7  j^gg  pç^  ^ice  la  paureta ,  nimai  hrutice  (pauvreté  n*est  pas 
vice  ni  souillure),  variante  du  prov.  :  Paureta  n'es  pas  vice  (Pauvreté 
n'est  pas  vice). 


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LI   VIÈl.  161 

*^*  Ai  vist  Tempèri  de  Melindo, 

Emé  Sufròn  ai  treva  Tlndo, 
E,  mai  que  la  marino,  agu  de  jour  amar! 

^'^       69     Soudard  peréu  di  grandi  guerre, 

Ai  barrula  toute  la  terre 
Em'  aquel  aut  guerrié,  que  mountè  d6u  Mi^jour 
^^  E  permenè  sa  man  destrùssi 

De  l'Espagno  à  l'ermas  di  Rùssi; 

E  coume  un  aubre  de  perùssi 
*^      Lou  mounde  s'espóussavo  au  brut  de  si  tamy)Our! 

70  E  dins  Tourrour  dis  arrambage, 
E  dins  Tangouisso  di  naufrage, 

^^      Li  riche,  pèr  acò,  n'an  jamai  fa  ma  part! 

E  iéu,  enfant  de  la  pauriho, 

léu  que  n'aviéu  dins  ma  patrie 
^^  Pas  un  terroun  à  planta  reio, 

Pèr  elo,  quarante  an,  ai  matrassa  ma  car.! 

71  E  couchavian  à  la  plouvino, 
*^               E  manjavian  que  de  canine! 

E  jalons  de  mouri,  courrian  au  chapladis 
Pèr  apara  lou  noum  de  Franco . . . 
^•5  jjj^i^  d'acò,  res  n'a  remembranço!» 

En  acabant  sa  remoustranço, 
Pèr  lou  mas  ban  digue  sa  jargo  de  cadis. 

*^        72     «Qu'anas  bousca  vers  Mount-de- Vergue 
Lou  Sant-Pieloun?»  Lou  vièi  rouërgue 
Rambaio  coume  eiçò  Mèste  Ambroi,  «emai  iéu 

^^^  Uempèri  de  Melindo  (empire  de  Mélinde),  dans  le  Zangnebar, 
qu'un  marin  provençal  anrait  bien  pa  connaître. 

*•»   Reio  (:  ïo)  doit  être  prononcé  riiq  {Hho).   Cf.  v.  IX,  298. 

*••/•  Mount' de 'Vergue  (Mont-de-Vergne),  colline  au  levant 
d'Avignon.  —  Lou  Sant-Pieloun  (le  Saint-Pilon,  le  Saint-Puy),  noçi  du 
rocher  à  pic  dans  leqnel  est  crensée  la  grotte  où  se  retira  sainte  Made- 
leine (voy.  I,  3Ô2  note  et  XI,  456  ss.).  —  Le  Mas  des  Micocouliers  est 
supposé  à  peu  prés  à  mi-chemin  entre  ces  denx  collines.  Par  con- 
séquent,  ana  bousca  vers  Mount-de- Vergue  lou  Sant-Pieloim  (chercher 

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162  CAST  SBTfiK. 

^^  Ai  ausi  l'orre  tron  di  boumbo 

Di  Toulouuen  clafi  la  coumbo; 

D'Arcolo  ai  vist  lou  poDt  que  toumbo 
^^      E  li  sablas  d'Egito  embuga  de  sang  viéu! 

73  Mai,  de  retour  d'aquéli  guerro, 
A  fouire,  à  bourjouna  la  terro 

^^      Nous  sian  mes  coume  d'orne,  à  se  desmesoula, 

De  pèd  e  d'ouuglo!  La  journado 

Ero  avaus  Taubo  entamenado, 
^i^  E  la  luuo  di  vesprenado 

Nous  a  yist  mai  d'un  cop  sus  la  trenco  gibla! 

74  Dison:   La  terro  es  abelano! 

^^^  Mai,  coume  un  aubre  d'avelano, 

En  quau  noun  la  tabasso  à  grand  cop,  douno  rèn; 
E  se  coumtavon,  dèstre  à  dèstre, 
***  Li  moutihoun  d'aquéu  bèn-èstre 

Que  moun  travai  me  n^a  fa  mèstre, 
Coumtarien  li  degout  de  moun  front  susarènt! 

»!•        75     Santo  Ano  d'At!  pièi  fau  rèn  dire! 
Aurai  adounc,  coume  un  satire, 

le  Saint-Pilon  yers  Mont-de- Vergue)  veat  dire:  faire  nn  détour  inutile. 
C'est  un  dicton  tout  local,  qui  prend  la  place  de  la  locution  plus  ré- 
pandue :  cerca  mi^our  à  quatorge  ouro  (chercher  midi  à  quatorze  heures). 

"^'  Lou  pont  d*ArcolOy  le  pont  d'Arcole,  célèbre  par  la  bataille  du 
15—17  noY.  17%.  Ce  pont  défendu  par  les  batteries  des  Autrichiens  et 
attaqué  par  Tarmée  de  Napoléon  concentra  longtemps  les  ^pirations 
ennemies.  On  connaît  Tépisode  du  petit  tambour  héroïque  André  Etienne 
(né  vers  1777  à  Cadenet  [Vaucluse],  mort  à  Paris  en  1838),  à  qui  Mistral 
a  érigé  un  monument  poétique  dans  ses  Isclo  d'or  (Paris  1889,  p.  53  ss.). 

*^  Désire  à  dèstre^  pas  à  pas.  Sur  la  mesure  agraire  nommée 
dèstre  {—  S  mètres  carrés),  voy.  VII,  229  note. 

^^*  Santo  Ano  d'At  (Sainte  Anne  d'Apt)  !  Exclamation  invocatoire. 
La  ville  d'Apt  (ô72ô  hab.,  chef-lieu  d'arr.  de  la  Vaucluse  et  anc.  évêché) 
croit  posséder  les  reliques  de  sainte  Anne,  qui  auraient  été  apportées 
en  Provence  par  saint  Lazare  (voy.  XI,  92,  et  87  note)  et  confiées  par 
lui  à  saint  Auspice,  apôtre  d'Apt. 

***  Pour  dire  travailler  comme  un  nègre,  on  dit  en  Provence  tra- 
vailler comme  un  satyre  {coume  un  satire).    «Les  anciens  ont  pu  prendre 


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u  vrfei,  16â 

Rustica  de-countùnio  e  manja  mi  grapié, 
***  Pèr  qu'à  l'oustau  lou  viéure  abouude, 

Pèr  que  de-longo  se  i'apounde, 
Pèr  me  mètre  à  l'ounour  dóu  mounde, 
***      Pièi  dounarai  ma  fiho  à-n-un  gus  de  paie! 

76  Anas-vous-en  au  tron  de  Diéune! 
Oardo  toun  chin,  garde  moun  ciéune.» 

*^      Tau  fugue  dóu  pelot  lou  parla  rabastous. 

E  Tautre  yièi,  s'aussant  de  taulo, 

Prenguè  sa  jargo  emè  sa  gaulo 
^'  E  n'apoundè  que  dos  paraulo: 

«Âdessias!   Quauque  jour,  nouu  fugues  regretous! 

77  E  lou  graud  Dieu  emé  sis  ange 
^^               Meue  la  barco  e  lis  arange  ! . . .» 

E  coume  s'enanavo  emé  lou  jour  falî, 

Souto  lou  vènt-terrau  que  bramo, 
*^''  Banejè  dóu  mouloun  de  ramo 

TJno  longo  lengo  de  flamo. 
Autour,  li  meissouniéy  de  joio  trefouli, 

^        78     Emé  si  tèsto  fièro  e  libre 

Se  revessant  dins  l'èr  que  vibro, 
Tôuti,  d'un  même  saut  picant  la  terro  ensèn, 
^^  Pasien  déjà  la  farandoulo. 

La  grand  flamado,  que  gingoulo 

Au  revoulun  que  la  ventoulo, 
*^      Empuravo  à  si  front  de  rebat  trelusènt. 


les  nègres  sauvages  poar  des  divinités  sylvestres  qnUIs  nommèrent 
satyres,  et  dans  Tesprit  dn  peuple,  ces  deux  mots  ont  pn  devenir  sy- 
nonymes.»   (Mistral). 

••*  Mena  la  harco ,  conduire  la  barque,  au  fig.  diriger  une 
entreprise.  Cf.  Coume  vai  la  barco:  comment  cela  va-t-il?  —  Il  est  in- 
utile de  rappeler  l'importance  des  arange  (oranges)  au  Midi  de  la^Fran^e. 
Les  vers  533/4  disent  simplement:  Que  Dieu  vous  bénisse! 

**•  La  farandoulo.     Voy.  III,  10  note. 

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J 


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164  OáHT  SBTEli.     LI  YIÈI. 

79  Li  belugo,  à  remoulinado, 
Mounton  i  nivo,  aferounado. 

^^      Au  orussimen  di  trounc  toumbani  dÌDS  lou  brasas 
Se  mesdo  e  ris  la  musiqueto 
D6a  flahatet,  reyertigueto 
Conroe  un  sausin  dins  lí  branqueto  . . . 
Saut  Jan,  la  terro  aprens  trefoulis,  quand  passas! 

80  La  regalido  petejavo; 

*^  Lou  tambourin  vounvounejavo, 

Grèu  e  countìnuous,  coume  lou  chafaret 
De  la  mar  founso,  quand  afloco 
^*®  Pasiblamen  contre  li  roco. 

Li  lamo  foro  di  bedoco 
E  brandussadò  en  Tèr,  li  dansaire  mouret, 

B«i        81     Très  fes,  à  grandis  abrivado, 

Fan  dìns  li  flamo  la  Bravado; 
E  tout  en  trépassant  lou  rouge  cremadou, 
w*  D'un  rèst  d'aiet  trasien  li  veno 

Au  recaliéu;  e,  li  man  pleno 

De  trescalan  e  de  verbeno, 
*^      Que  fasien  benesi  dins  lou  fíò  purgadou  : 

82     «Sant  Jan!   Sant  Jan!   Sant  Jan!»  cridavoq. 
Tóuti  li  colo  esbrihaudavon, 
"^      Coume  s'avié  plóugu  d'estello  dins  l'oumbrun. 
Enterin  la  rounflado  folo 
Empourtavo  Tencèns  di  colo 
Emé  di  fíò  la  rougéirolo 
Yers  lou  Sant,  emplana  dins  lou  blu  calabrun. 


&7S 


***  La  Bravado  (La  brayade),  décharges  de  moasqaeterie  aa'on 
faisait  autrefois  an  moment  d'allnmer  le  fea  de  la  Saint- Jean,  et,  par 
extension,  cérémonies  préliminaires  et  sant  de  ce  fen.  Voy.  YII,  272  i^ote. 

*••/"  Le  trescalan  (mille  -  pertnis)  et  la  verbeno  (verveine)  sont 
déposés  dans  les  armoires  comme  talismans  de  bonheur.  Ils  servent 
aussi  à  composer  des  vulnéraires,  OU  rouge. 


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GANT  VUEOHEN 

LA  CRAUO 

DMagpTtnço  à»  Xirèio.  —  Atrinoadoro  d*Arl«teneo.  ~  La  ebato,  mi  mitan  de  1*  nloe, 
tugÎM  l'ontteo  pelraa.  —  Val  an  tonmbèii  dl  Bànti  Mario,  qae  toiui  U  patrouno  de  Proa- 
▼ènço,  U  rapUoa  de  tovoa  ti  parent  —  Lit  Kntl^rM.  —  Tout  en  oourint  à  traTèt  de 
Cna,  reteontro  11  paatre  de  eoiin  paire.  —  La  Cran,  la  gnerro  dl  Gisant  -  Ll  raasado, 
11  prè^-Dién  d*eetonblo,  U  parpaloon,  aTertiaion  IClrèlo.  -  Mlrèio.  badanto  de  la  eeti 
•  a*aa  pondant  plne  de  la  oand,  prèyo  tant  Oènt,  qne  Tèn  à  sonn  seeonrs.  —  Beeoontre 
d*Aiidrelona ,  Ion  eaealantlé.  —  Eloge  d> Arle.  —  Reelt  d'Andrelonn  :  Istòrl  don  Tran 
da  lA  Capo,  U  oanoo,  11  caaealre  aprefonadL  —  Mlrèio  ooneho  an  tibanèn  de  la  funlbo 
d^Andrelonn. 

1  Quaa  tendra  la  forto  liouno, 
Quand,  de-retour  à  soun  androuno, 

>        Yèi  plus  soun  liounèuP    Ourlante  sus-lou-cop, 

Lóugiero  e  primo  de  ventresco. 

Sus  li.mountagno  barbaresco 
^  Patusclo  ...   Un  cassaire  mouresco 

Entre  lis  argelas  i' emporte  au  grand  galop. 

2  Quau  vous  tendra,  fiho  amourousoP  . . . 
^                 Dins  sa  chambreto  souloumbrouso 

Mounte  la  niue  que  briho  esperlongo  soun  rai, 

Mirèio  es  dins  soun  lié  couchado 
^^  Que  plouro  toute  la  niuchado, 

Emé  soun  front  dins  sa  jounchado: 
«Nosto-Damo-d' Amour,  digas-me  que  farai! 


*)  La  OraUy  voy.  I,  3  note. 

^  Nùêto-Damo-d' Amour  (Notre-Dame  d'Amonr),  ancienne  chapelle 
on  église  abandonnée  qui  se  tronve  an  milieu  de  TSle  de  Camargne. 


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166  CAMT  YUEOHBN. 

^^  8     0  marrit  sort  que  m'estransineB  ! 

O  paire  dur  que  me  chaupines. 
Se  vesiés  de  moun  cor  Testras  e  lou  coumbour, 
1^  Auriés  pieta  de  ta  pichoto! 

léu  qu'apelaves  ta  mignoto, 

Me  courbes  vuei  souto  la  joto, 
'^       Coume  s'ère  un  fedoun  atrinable  au  labeur! 

4  Ah!  perqué  noun  la  mar  s'enverso 
E  dins  la  Grau  largo  sis  erso! 

'^       Qaio,  veiriéu  prefoundre  aquéu  bèn  au  soulèu, 

Soulo  encauso  de  mi  lagremo! 

O  perqué,  d^uno  pauro  femo, 
^  Perqué  nasquère  pas  iéu-memo, 

Dins  quauque  trau  de  serp  ! . . .    Alor,  alor,  belèu, 

5  S'un  paure  drôle  m'agr^davo^ 
^                Se  Vincenet  me  demandavo, 

Lèu-lèu  sariéu  chabido  ! . . .    O  moun  bèu  Yincenet, 
Mai  qu^emé  tu  pousquèsse  yiéure 
*'  E  t'embrassa  coume  fai  l'éurre, 

Dins  li  roudan  anariéu  béurel 
Lou  manja  de  ma  fam  sarié  ti  poutounet!» 

^  6    E  coume,  ansin,  dins  sa  bressolo, 

La  belle  enfant  se  descounsolo, 
Lou  sen  brûlant  de  fèbre  e  d'amour  fernissènt, 
3*  De  si  proumiéris  amoureto 

Coume  repasso  lis  oureto 

E  li  passade  tant  dareto, 
**       lé  revèn  tout-d'un-cop  un  counsèu  de  Vincèn  : 

7     «0»,  crido,  €un  cop  qu'au  mas  venguères 
Es  bèn  tu  que  me  lou  diguères: 
^^       ««S'un  chin  foui,  un  lesert,  un  loup  o  'n  serpatw, 


"/*•  Képétition  des  vers  389—93  du  premier  Chant.   Voy.  Introd. 
p.  XXXI  et  Ch.  I,  352  note. 


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LA   OBAU.  1*7 

0  touto  autro  bèsti  courrènto, 
YouB  fai  senti  sa  dent  pougnènto, 
^  Se  lou  malur  vous  despoutènto, 

Courrès,  courrès  i  Santo!  aurés  lèu  de  soûlas!»» 

8     Yuei  lou  malur  me  despoutènto, 
^^  Parten!   N'en  revendren  countènto.» 

Acò  di,  sauto  lèu  de  soun  blanc  linçoulet; 
Emé  la  clau  lusènto,  duerbe 
^  Lou  gardo-raubo  que  recuerbe 

Soun  prouvimen,  moble  superbe 
De  nóuguié,  tout  fleuri  souto  lou  oiselet. 

^'^  9     Si  tresouroun  de  chatouneto 

Eron  aqui:  sa  courouneto 
De  la  proumiero  fes  que  faguè  soun  bon -jour; 
^  T7n  brout  de  lavande  passido; 

TJno  candeleto,  gausido 

Quasimen  touto,  e  benesido 
^^       Pèr  esvarta  li  tron  dins  la  sourno  liunchour. 

10    Elo,  emé  'no  courdello  blanco, 
D'abord  se  nouso,  autour  dis  anco, 
^       Un  rouge  coutihoun,  qu'elo-memo  a  pica 
D'uno  fine  carreladuro, 
Meraviheto  de  courduro; 
^  E  sus  aquéu,  à  sa  centuro, 

Un  autre  bèn  plus  bèu  es  lèu  mai  atrenca. 

"/•  Faire  soun  hon-jaur,  commimier.  A  leur  première  com- 
munion les  filles  portent,  en  France,  le  costume  blanc  et  la  couronne 
des  fiancées,    lilxpression  symbolique  de  leur  mariage  avec  le  Seigneur. 

^/^  On  met  de  la  lavande  dans  les  armoires  pour  parfumer  le 
linge.  —  Les  candeleto,  petits  cierges  bénits  qu*on  distribue  dans  les 
églises,  à  la  fête  de  la  Chandeleur.  Une  croyance  populaire  leur  attribue 
le  pouvoir  indiqué  dans  notre  poème. 

^  ss.  Le  poète  donne  dans  ces  vers  une  description  de  la  toilette 
et  du  costume  pittoresque  des  Arlésiennes.  —  L'èeo  (v.  71)  est  une  sorte 
de  spencer  ou  de  corsage  collant:  il  est  toujours  noir  en  toilette,  de 
couleur  nanidn  ou  autre  en  négligé. 


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188  OAITT  TînSOHBV. 

11     Pièi,  dins  uno  èso  negro,  esquioho 
^'  Lóugeiramen  sa  taio  richo, 

Qu'uno  OBpÎDgolo  d'or  sufis  à  ressarra; 
Pèr  treneto  longo  e  bninello 
7^  Soun  peu  pendoulo  e  i'enmantello 

Si  dos  espalo  blanquinello. 
Mai  elo,  n'arrapant  li  trachèu  sépara, 

^^         12    Lèu  lis  acampo  e  li  restroupo, 

A  plen  de  man  lis  agouloupo 
D'uno  dentello  fino  e  dareto;  e  'no  fes 
^^  Li  bèUi  floto  ansin  restrencho, 

Très  cop  poulidamen  li  cencho 

Em'  un  ribanà  bluio  tencho, 
^       Diadème  arlaten  de  soun  front  jouine  e  fres. 

13  Met  soun  faudau;  sus  la  peitrino, 
De  soun  fichu  de  mousseline 

^       Se  croso  à  piehot  pie  lou  vierginen  teissut: 

Mai  soun  capèu  de  Prouvençalo, 

Soun  capeloun  à  grandis  alo 
^  Pèr  apara  li  caud  mourtalo, 

Óublidè,  pèr  malur,  de  s'en  curbi  lou  su . . . 

14  Acò  fini,  l'ardènto  chato 

^  Pren  à  la  man  si  dos  sabato; 

Dis  escalié  de  bos,  sens  mena  de  yarai, 
Davalo  d'escoundoun  ;  desplanto 
^  DÓU  pourtau  la  tanoo  pesante; 

Se  recoumando  i  boni  Santo 
E  part,  coume  lou  vent,  dins  la  niue  porto-esfrai. 

••         15     Èro  l'ouro  que  lis  Ensigne 
I  barquejaire  fan  bèu  signe. 
De  TAiglo  de  Sant  Jan,  que  se  vèn  d'ajouca, 

**  88.  lAs  Ensigne j  la  Ceinture  d'Orion  on  les  Trois  Rois,  con- 
stellation favorable  aax  navigateurs.  —  VAiglo  de  San  Jan  (r Aigle  de 
Saint-Jean)  est  visible  en  Provence  dans  les  nuits  de  juillet.  —  Loh 


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LA  CBAU.  169 

'^  I  pèd  de  floon  Eyangelisto, 

Su8  li  ires  astre  mounte  elo  isto, 

Se  yesié  trantaia  la  visto; 
10^      Lou  tèms  èro  seren  e  sol  e  'sperluoa. 

16  E  dins  li  planuro  estelado 
Precepitant  si  rodo  alado, 

^^      Lou  grand  Càrri  dis  Amo,  alîn,  dóu  Paradis 

Prenié  la  mountado  courouso, 

Emé  sa  cargo  benurouso; 
^^1  E  li  moimtagno  tenebrouso 

Regardavon  passa  lou  Càrri  youladis. 

17  Mirèio  anayo  davans  elo, 

^^^  Coume  antan  Magalouno,  aquelo 

Que  cerquè  tant  de  tèms  en  plourant,  dins  li  bos, 
Soun  ami  Pèire  de  Prouvènço, 
"'  Qu'eu,  empourta  pér  la  vióulènço 

Dis  oundo,  èro  restado  sènso. 
I  counfigno  pamens  dóu  terraire  entre-fos, 

^       18    E  dins  lou  pargue  recampaire, 

l'avié  li  pastre  de  soun  paire 
Qu'anavon  déjà  móuse;  e  d'uni,  'mé  la  man, 
!«•  Tenènt  li  fedo  pèr  lou  mourre, 

Inmoubile  davans  li  fourre, 

Fasien  teta  lis  agnèu  bourre. 
^^     E  dc-longo  entendias  quauco  fedo  bramant . . . 


grand  Càrri  dis  Asno  (le  grand  Char  des  âmes  ;  c*est-à-dire  le  char  qtd 
transporte  les  âmes  en  paradis),  le  Chariot  de  David,  la  grande  Ourse. 
~  Les  trois  étoiles  qui  précèdent  le  Chariot  sont  appelées  U  hèsti  (les 
bêtes),  et  la  petite  qoi  accompagne  la  troisième  est  appelée  lou  carretié 
(le  charretier).  —  Cf.  Mistral,  Escourreçudo  cuirounoumicoy  dans  VAr- 
mana  prauvençau  de  1872. 

*"  Voy.  I,  46  note. 

^^  Fourre  (fenrre,  chaume),  claie  rembourrée  de  roseaux  et  de 
carex  que  les  bergers  de  la  Crau  dressent  obliquement  sur  la  terre,  afin 
d'abriter  leurs  brebis. 


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170  OAVT  YXrBCHEN. 

19  D^autre  oouchayon  li  maniero 
Yers  lou  móusòire;  à  la  soumiero, 

'^^      Asseta  su  'no  pèîro,  e  mut  ooume  la  niue, 
DÍ  pousso  gounflo  aquest  tiravo 
Lou  bon  la  caud:  lou  la  'spiravo 

^^*  A  long  raiòu  e  s'aubouravo 

Dins  li  bord  escumous  dóu  cibre,  à  visto  d'iue. 

20  Li  chin  èron  coucha,  tranquile; 
^^               Li  bèu  chinas,  blanc  coume  d'ile, 

Jasien  de-long  dóu  cast,  'mé  lou  mourre  alounga 

Dins  li  ferigoulo;  calaumo 
1^  Tout  à  Tentour,  e  som  e  chaumo 

Dins  lou  campas  que  sent  qu'embaumo . . . 
Lou  tèms  èro  seren  e  sol  e  'sperluoa. 

1^'       21     E  coume  un  lamp,  à  ras  di  cledo, 
Mirèio  passo.   Pastre  e  fedo, 
Coume  quand  lis  amourro  un  subit  fouletoun, 

^^  S'amoulounèron.   Mai  la  fiho: 

«Emé  iéu,  i  Sànti-Marlo 
Res  YÒu  veni,  de  la  pastrihoP» 

147      jj  davans,  ié  fusé  coume  un  esperitoun. 

22  Li  chin  dóu  mas  la  couneiguèron 
E  dóu  repaus  noun  bouleguèron; 

^^      Mai  elo,  dis  avaus  frustant  li  cabassòu, 
Es  déjà  liuencho;  e  sus  li  mato 
Di  panicaut,  di  canfourato, 

*^  Aquéu  perdigalet  de  chato 

Lando,  lando  !  Si  pèd  toucavon  pas  lou  sou . . . 

23  Souvènti-fes  à  soun  passage, 
^^               Li  courreli  que,  dins  l'erbage, 

Au  pèd  di  reganèu,  dourmien  agroumouli, 
De  sa  dourmido  treboulado 


"•  Répétition  du  v.  105. 


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LÀ  ORÁU.  171 

^^  Subran  partien  à  grand  Youlado; 

E  dins  la  Crau  sourno  e  pelado 
Cridayon:  CourreliJ  caurreli/  courrelil 

i^       24    Emé  si  peu  lusènt  d'eigagno, 

L'Aubo,  entremen,  de  la  mountagno 
Se  yesìé  pau  à  pau  davala  dins  lou  plan; 

^•*  E  di  calandro  capeludo 

Lou  YÒu  cantaire  la  saludo; 
E  de  l'Aupiho  baumeludo 

'^      Sembla Yo  qu'au  soulèu  se  mouYÌen  li  calan. 

25  Acampestrido  e  seoarouso, 
L'ínmènso  Crau,  la  Crau  peirouso 

>^^      Au  matín  pau  à  pau  se  Yesié  destapa; 

La  Crau  antico,  ounte,  di  rèire 

Se  li  raconte  soun  de  crèire, 
^^^  Souto  un  déluge  counfoundèire, 

Li  Gigant  auturous  fuguèron  aclapa. 

26  Li  testoulas!  em'  uno  escalo, 
"^               Em'  un  esfors  de  sis  espalo 

Cresien  de  cabussa  rOunnipoutènt  !  Déjà 

De  Santo-Ventùri  lou  serre 
*®^  Èro  estrassa  pèr  lou  pau-ferre; 

Déjà  TAupiho  Yenien  querre, 
Pèr  n'apoundre  au  Yentour  li  grand  baus  eigreja. 


"^  I/MifpiAo  &aMme/t#{io  (l'Alpiile  caverneuse).  L'épithète  est  motivée 
par  les  grottes  des  Baux  et  de  Corde  qu'on  trouve  dans  cette  montagne. 
Voy.  m,  242,  VI,  147  et  VI,  645  notes. 

"*  SB.  Dans  ces  vers,  la  Gigantomachie,  racontée  dans  TOdyssée 
XI,  305—20,  est  transposée  en  Provence,  pour  expliquer  poétiquement 
Torigine  de  la  Crau.  —  Voyez  le  même  récit  dans  Lou  Rose  de  M. 
Moutier,  p.  27  ss.  (Valence  1897).  -—  Lou  serre  de  Santo-Ventùri  (le  morne 
ou  pic  de  Sainte -Victoire,  v.  179),  à  Torient  d'Aix,  au  nom  duquel  les 
érudits  de  la  Renaissance  ont  rattaché  à  tort  le  souvenir  de  la  grande 
victoire  remportée  par  Marins  sur  les  Teutons,  à  Fourrières,  dans  le 
Yonrînage. 


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172  GANT  YUBCHE5. 

183       27    Dieu  duerb  la  man;  e  lou  Maïstre, 
Emé  lou  Tron,  emé  TAuristre, 
De  Ba  man,  coume  d'aiglo,  an  parti  tóuti  très; 

^^  De  la  mar  founso,  e  de  si  vabre, 

E  de  si  toumple,  van,  alabre, 
Espeirega  lou  lié  de  mabre, 

189      'E  'm*  aoò  s'enaurant,  coume  un  lourd  sagarés, 

28  L*AnguieIoun,  lou  Tron  e  l'Auristre, 
D'un  Yaste  ourbecèu  de  sistre 

1^      Amassolon  aqui  lis  oumenas  ...    La  Crau, 
I  douge  yènt  la  Crau  duberto, 
La  mudo  Crau,  la  Crau  deserto, 

'**  A  counserva  l*orro  cuberto  . . . 

Mirèio,  sèmpre  mai,  dóu  terradou  peirau 

29  Prenié  Talòngui.    Li  raiado 
^^              E  lou  dardai  di  souleiado 

Empurayon  dins  Ter  un  lusènt  tremoulun; 

E  di  cigalo  garrigaudo, 
^*  Que  grasihavo  Terbo  oaudo, 

Li  oimbaleto  fouligaudo 
Repetavon  sens  fin  soun  long  oascarelun. 

2^       30    Ni  d*aubre,  ni  d'oumbro,  ni  d*amoI 
Car,  de  Testiéu  fugènt  la  flamo, 
Li  noumbrous  abeié  que  rasolon,  dins  Tivèr, 

^^  L'erbeto  courte,  mai  goustouso, 

De  la  grand  piano  sóuyertouso, 
Dins  lis  Aup  fresco  e  sanitouso 

^^^      Èron  ana  cerca  de  pasquié  sèmpre  verd. 

81     Souto  li  fiò  que  Jun  escampo, 
Mirèio  lampo  e  lampo  e  lampo! 
218      £  li  rassado  griso,  au  revès  de  si  trau, 
S'entre-disien  :  «Eau  èstre  folo 
Pèr  barrula  li  clapeirolo, 
2^*  Em'  un  soulèu  que  sus  li  colo 

Fai  dansa  li  mouryen  e  li  code  à  la  Crau!» 


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LA  ORAU.  173 

32    E  li  prègo-Diéu,  à  Toumbrino 
*^*  Dis  argelas:  «O  pelerino, 

Entourno,  entourno-te!»  ié  venien.    «Lou  bon  Dieu 
A  mes  i  font  d'aigo  clareto, 
^^  Au  front  dis  aubre  a  mes  d'oumbreto 

Pèr  apara  ti  couloureto, 
E  tu  rimes  ta  caro  à  Tusole  de  Testiéu!» 

2^        33    En  van  peréu  l'avertiguèron 

Li  parpaioun  que  la  veguèron. 
Lis  alo  de  TAmour  e  lou  vent  de  la  Fe 
*^  L'emporton,  coume  l'auro  emporte 

Li  blanc  gabian  que  soun  pèr  orto 

Dins  li  sansouiro  d'Aigo-Morto. 
^1      Tristas,  abandonna  di  pastre  e  de  Tavé, 

34  De  liuen  en  liuen,  pèr  la  campagne, 
Parèis  un  jas  cubert  de  sagno . . . 

^^      Quand  pamens  se  yeguè,  badanto  de  la  set, 

Au  bruladou  toute  souleto, 

Ni  regouloun  ni  regouleto, 
^■^  Trefouliguè  'no  brigouleto  .  .  . 

E  faguè:  «Grand  Sant  Gènt,  ermite  dóu  Bapsset! 

35  0  bèu  e  jouine  labouraire, 
*^               Qu'atalerias  à  voste  araire 

Lou  loup  de  la  mountagnol  o  divin  garrigaud, 

Que  durberias  la  roco  dure 
***  A  dos  píchòti  couladuro 

D'aigo  e  de  vin,  refrescaduro 
Pèr  vosto  maire,  lasso  e  mourènto  de  caud; 


"•  SansùuirOy  voy.  IV,  351  note.  —  Aigo-Morto,  voy.  IV,  346  note. 

•■"  Sant  Gènt  (Saint  Gent),  jeune  laboureur,  de  Monteur,  qui  au 
commencement  du  11«  siècle,  se  retira  daus  la  gorge  du  Bauaiet  (près 
de  Vancluse)  pour  y  vivre  en  ermite.  Son  ermitage  et  la  fontaine  mira- 
culeuse qu'il  fit  jaillir,  dit  la  traditiou,  eu  implantant  ses  doigts  dans  le 
rocher,  sont  le  but  d'un  pèlerinage  très  fréquente. 


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174  CANT  VUBCHBK. 

**^       36     Car,  coume  iéu,  quand  tout  soumiho, 
ÀTÌas  plaça  vosto  famiho, 
E,  Boulet  emé  Dieu,  i  gorgo  dóu  Bausset 

2*®  Vous  trouvé  vosto  maire.    Ansindo, 

Mandas-me  'n  iiéu  d^eigueto  lindo, 
O  bon  Sant  Gènt!    Lou  grès  que  dindo 

»52      jje  crèmo  li  peiado,  e  more  de  la  set!» 

37  Lou  bon  Sant  Gènt,  de  l'empirèio, 
Entendeguè  prega  Mirèio: 

SM      E  Mirèio,  autant  lèu,  d'un  releisset  de  pous, 

Alin  dins  la  champino  raso, 

A  vist  belugueja  la  graso. 
•^  E  d6u  dardai  fende  la  braso, 

Coume  lou  martelet  que  travèsso  un  espousc. 

38  Èro  un  vièi  pous  tout  garni  d'éurre, 
2«^  Que  li  troupèu  i'  anavon  béure. 

Murmurant  douçamen  quàuqui  mot  de  cansouo, 

r  a  'n  pichot  drôle  que  jougavo 
*^^  Souto  la  pielo,  ounte  cercavo 

Lou  pau  d'oumbreto  qu'amagavo; 
Contre,  avié  'n  panié  plen  de  blanc  cacalausoun. 

39  E  l'enfantoun,  dins  sa  man  bruno, 
Lis  agantavo,  uno  pèr  uno, 

Li  pàuri  meissounenco;  e  'm'  aco  ié  venié: 
270  ^CacalauSf  cacalaus  mourgueto, 

Sorte  lèu  de  ta  cabaneto, 

Sorte  lèu  ti  hèlli  laneto, 
278      0  nenouny  te  roumprai  toun  pUhot  mounastié,* 

*••  Meissounenco,  hélice  des  moissons,  parce  qu'après  la  moisson, 
elle  monte  et  se  colle  le  long  des  chaumes. 

"^  SB.  C-es  vers  sont  tirés  d'une  formulette  que  les  enfants  chantent 
à  Tescargot,  pour  l'engager  à  sortir  ses  cornes  : 
Cacalaus  mourgueto, 
Sorte  ti  baneto  ; 

Se  li  vos  pas  sourti,  anarai  vers  lou  manescau, 
Que  te  roumpra  toun  oustan. 


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LA   CRAU.  175 

40  La  bello  Crayenoo  enflourado, 
E  qu'au  ferrât  s'èro  amourrado, 

*^®      Aubourè  tout-d'un-cop  soun  poulit  mourranchoun: 
«Mignot,  que  fas  aquiP»    «Pauseto.» 
«DiuB  lou  baucage  e  li  lauseto 

-^'  Acampes  de  cacalausetoP» 

«L'avès  bèn  devina!»  respoundè  lou  pichoun. 

41  «Vès!  quant  n'ai  dios  ma  canestello! 
282                j^\  ^Q  mourgueto,  de  platello! 

De  meissounenco» . . .  «E  pièi,  li  mangesP»  «léu?  pas  mai! 

Ma  maire,  tóuti  li  divèndre, 
*^  Li  porto  à-n-Arle  pèr  li  vendre 

E  nous  entourno  bon  pan  tendre . . . 
lé  sias  agudo  estado,  en  Arle,  vous?»    «Jamai.» 

288       42     «Hoï!  sias  jamai  estado  eu  ArleP 

lé  siéu  esta,  iéu  que  vous  parle! 
Ai!  pauro,  se  sabias  la  grande  vilo  qu'es, 
^^  Arle!    Talamen  s'estalouiro 

Que,  dóu  grand  Rose  que  revouiro, 

N'en  tèn  li  sèt  escampadouiro  ! . . . 
^^      Arle  à  de  biòu  marin  que  paisson  dins  si  tes, 

43     Arle  a  soun  eavalin  sóuvage; 
Arle,  dins  rèn  qu'un  estivage. 


(Escargot  nonnain,  sors  tes  cornes  ;  si  tu  ne  yeux  pas  les  sortir, 
j'irai  chez  le  forgeron  qui  te  rompra  ta  maison.) 

M.  Rolland,  Faune  populaire  de  la  France,  Paris  1881,  III,  196  ss., 
cite  de  nombreuses  variantes  de  ce  dicton  enfantin.  Voy.  aussi  Maass,  L  c, 
p.  ô9  s.   En  Silésie,  on  chante  (je  cite  la  formulette  la  plus  répandue)  : 

Schnecke,  Schnecke,  Schniere, 

Zeig'  mir  deine  Viere; 

Zeig'st  mir  deine  Viere  nicht, 

Schmeiss'  ich  dich  in'n  Graben, 

Da  fressen  dich  die  Baben, 

Da  kommt  ein  grosser  Fleischerhund 

Und  zieht  dir's  Fell  vom  Kopfe  runtXr). 


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176  OJLNT  YUBGHSur. 

*•''      î^eissouno  proun  de  blad,  pèr  se  nourri,  se  vòu, 
Sèt  an  de  filo!   A  de  pescaire 
Que  ié  oarrejon  de  tout  caire; 

^^  A  d'intrepidi  navegaire 

Q^e  yan  di  liuénchi  mar  afrounta  li  revòu ...» 

44    E  tirant  glòri  meryihouso 
^^  De  sa  patrie  souleiouso, 

Disié,  lou  gaJant  drôle,  emé  sa  lengo  d'or, 
E  la  mar  bluio  que  trémolo, 
^^  E  Mount-Majour  que  pais  li  molo 

De  plen  gourbin  d'óulivo  molo, 
E  ]ou  bram  qu'i  palun  fai  ausi  lou  .bitor. 

^^       45    Mai,  0  ciéuta  douço  e  brunello, 

Ta  merayiho  courounello, 
Ôublidè,  lou  pichot,  de  la  dire:  lou  cèu, 
*'*  O  drudo  terro  d'Arle,  douno 

La  bèuta  puro  à  ti  cbatouno, 

Coume  li  rasin  à  Tautouno, 
'^^      De  senteur  i  mountagno  e  d'aleto  à  l'aucèu. 

46  La  bastidano,  inatentiyo, 
Èro  aqui  drecho  e  pensatiyo: 

^^®      <Bèu  jouyeinet,  se  yos,»  faguè,  «veni  'mé  iéu, 

Emé  iéu  yène!    Sus  li  sause 

Avans  que  la  reineto  s'ause 
^^^  Ganta,  fau  que  moun  pèd  se  pause 

De  l'autre  man  dóu  Rose,  à  la  gàrdi  de  Diéu!> 

47  Lou  drouloun  ié  digue:    «Pecaire! 
•^*  O^-pitas  bèn  ;  sian  de  pescaire. 

Emé  nous-autre,  aniue,  souto  lou  tibanèu, 
Yqus  coucharés  au  pèd  dis  aubo, 


*^l*   Mount-Majour,  voy.  VI,  645  note.    —   Li  moh  sont  des 
meules  tonrnantep  qui  écrasent  les  olives  afin  d'en  extraire  Thoile. 
tii/u   Voy.  VII,  58  note. 


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LA  CBAX;.  lïî 

'*^  E  dourmirés  dins  Tosto  raubo; 

Moun  paire,  pièi,  à  la  primo  aubo, 
Deman  vous  passara,  dÌDs  noste  breganèu.> 

^^        48     «Oh!  noun,  me  sente  enca  proun  forto 

Pèr,  esto  niue,  resta  pèr  orto ...» 
«Que  Dieu  vous  en  préserve!  adounc  voulès  aniue 
533  Vèire  la  bando  que  s'escapo, 

Doulènto,  dóu  Trau  de  la  Capo? 

Ai!  ai!  ail  ai!  se  vous  encapo, 
^^      Em'  elo  dins  lou  gourg  vous  fai  passa  pèr  iue!» 

49     «E  qu'es  aquéu  Trau  de  la  Capo?> 
«Tout  en  eaminant  dins  li  clapo, 
339      Yous  countarai  aeo,  filieto!...»    E  coumencè: 
«l'avié  'no  fes  uno  grande  iero 


••*  Trau  de  la  Capo,  nom  d'un  gouffre,  aujourd'hui  comblé^  dans 
la  Camargue.  La  tradition,  racontée  t.  837  ss.  et  très  populaire  à 
Arles,  a  des  parallèles  extrêmement  nombreux.  M.  R.  Basset,  Revue 
(if8  TraditianSj  V,  483  ss.,  en  a  collectionné  plus  d'une  centaine.  On  y 
trouve  (ib,  VI,  528)  un  récit  qui  a  la  plus  grande  ressemblance  avec 
celui  du  Trou  de  la  Cape,  et  que.  pour  cette  raison,  nous  répétons  ici: 
< Autrefois,  sur  le  territoire  de  la  Besse,  petite  ville  située  sur  la  route 
de  Carnoules  à  Brignoles,  la  fête  de  sainte  Anne  se  célébrait  comme 
dans  la  France  entière.  Mais  des  gens  de  la  commune,  pressés  par  le 
temps,  ou  bieu  encore  oubliant  d'honorer  cette  sainte,  faisaient  tourner 
ce  jour-là  leurs  chevaux  sur  les  gerbes  mûres,  lorsque  soudain  l'aire  se. 
creuse  en  un  abîme  profond  et  engloutit  hommes  et  bétes  dans  ce  gouffre 
immense  qui  s'emplit  entièrement  d'eau.  Depuis  ce  cataclysme,  Besse 
possède  un  beau  lac,  il  est- vrai,  mais  les  cultivateurs  de  notre  région, 
frappés  de  terreur,  sans  doute,  au  souvenir  de  cette  catastrophe,  s'ab- 
stiennent de  fouler  leur  blé  en  ce  beau  jour  de  Messidor  (26  juillet).  La 
légende  raconte  qu'on  entend  encore,  lorsqu'aucun  souffle  ne  vient  rider 
la  surface  de  l'eau,  des  bruits  de  voix  et  des  claquements  de  fouet  mon- 
tant des  profondeurs  de  ce  lac  prodigieux.  Et  ici  même,  à  Cuers  (Var) 
nous  pouvons  affirmer  qu'à  l'époque  où  l'église  fête  la  mère  de  Dieu,  on 
ne  pourrait  décider,  pour  tout  l'or  du  monde,  un  grand  nombre  de 
cultivateurs  à  fouler  leurs  céréales.»  Cf.  Maass,  /.  c,  p.  53.  -  Le  thème 
commun  à  toutes  ces  légendes  est  que  des  riches  avares. ou  des  gens 
impies  sont  punis  par  l'engloutissement  de  leur  propriété. 

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1Ï8  ÓANT   VUECHEK. 

Que  regounflavo  de  gçirbiero. 
3^^  Sus  lou  dougan  de  la  ribiero, 

Deman  veirés  lou  rode  ounte  acò  se  passé. 

50    Despièi  un  mes,  emai  passavo, 
^^^  Sus  lou  plantât  que  s'espóussavo, 

Un  roudet  Camarguen  de-Iongo  avié  cauca. 
Pas  uno  YÒuto  de  relàmbi! 
^^  Sèmpre  li  bato  dins  l'engàmbi! 

E,  sus  Teiròu  póussous  e  gàmbi, 
De  mountagDO  d'espigo  à  sèmpre  cavauca! 

^^*        51     Fasié  'n  soulèu!...    La  derrabado 
Semblavo,  dison,  atubado. 
E  li  fourco  de  bos,  de-longo  en  l'èr,  fasien 
^^^  Sauta  de  revoulun  de  blesto; 

E  lou  póutras  e  lis  aresto, 
Coume  de  flècho  d'aubaresto, 
I  narro  di  chivau  de-longo  se  trasien. 


S57 


52     O  pèr  Sant  Pèire  o  pèr  Sant  Charle 
Poudias  souna,  campano  d'Arle! 
^^      Ni  fèsto  ni  dimenche  au  paure  cavalun! 
Sèmpre  la  matrassanto  cauco, 
Sèmpre  l'aguiado  que  traueo, 
'^^  Sèmpre  la  cridadisso  rauco 

DÓU  gardian,  aplanta  dins  Tardent  revoulun! 


•*•  Vn  roudet  Camarguen  (un  petit  cercle  de  chevaux  Camargnesi. 
voy.  IV,  261  note. 

••'  La  derrabado  (L'airée  ou  proprement:  l'arrachis)  désipe 
les  gerbes  qui  ont  déjà  subi  un  premier  piétinement  de  chevani. 
et  qu'on  arrache  de  dessous  Tairée  pour  les  soumettre  à  un  nouveau 
foulage. 

•••  i^ani  Pèire  (Saint  Pierre),  patron  des  pécheurs,  invoqué  na- 
turellement par  un  fils  de  pêcheur.  —  Sant  Ckarle{ma(jne\  cité  à  wnse 
de  la  rime ,  est  légendaire  à  Arles  comme  vainqueur  des  Sarrasins  à 
Mont-Majour. 


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Là  CRAt.  1Ý9 

53     L'avare  mèstre,  i  blanc  cauoaire 
^•^  Éncaro  avié  bouta,  pecaire! 

Lou  mourraioun  .  .  .    Venguè  Nosto-Damo  d'Avoust. 
Déjà,  sus  lou  plantât  que  fumo, 
369  Li  liame,  coume  de  coustumo, 

Viravon  mai,  trempe  d'escumo, 
Lou  fege  arrapa  i  costo  e  lou  mourre  bavous. 

372        54    Yeici  que  tout-d'un-cop  s'acampo 

E  la  chavano  e  la  cisampo  .  .  . 
Ai!  un  cop  de  mistrau  escoubeio  l'eiròu; 
3'^  Dis  afama  (que  renegavon 

Lou  jour  de  Dieu)  lis  iue  se  cavon  ; 

Lou  batedou  mounte  caucavon 
3"®      Trantaio,  e  s'enlre-duerb  coume  un  nègre  peiròu! 

55  La  grand  bancado  reraoulino 
Coume  en  furour;  de  la  toumplino, 

^*       Fouvquejaire,  gardian,  gardianoun,  rèn  pousquè 
Se  n'en  sauva!    Lou  mèstre,  l'iero, 
Lou  drai,  li  cabro,  li  garbiero, 

^*  Li  primadié,  la  rodo  entière, 

Dins  lou  toumple  sens  founs  tout  s'aprefoundîguè!» 

56  «Me  fai  ferni!»  digue  Mirèio. 

^'^  «Oh!  n'i'a  bèn  mai,  o  vierginèio! 

Deman,  dires  bessai  que  siéu  un  foulinèu: 
Veirés,  dins  soun  aigo  blavenco, 
^^  Jouga  lis  escarpe  e  li  tenco 

E  li  raerlato  palunenco 
De-countùnio  à  Pentour  canta  dins  li  canèu. 


••^   Nosto-Damo   d'Avoust    (Notre-Dame   d*Août).   rAssomption 
(15  août). 

•••    Li  liame  (=  hu  rotidet  Camarguen  du  v.  VIII,  346).    Voy. 
IV,  261  Tioto. 

*••   Li  cabro  (les  chèvres)   auxquelles  ou  suspendait  //  drai  (les 
grands  cribles  de  peau  pour  nettoyer  les  grains). 

12* 


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180  CANt  VUECHEN. 

393        57     Yèngue  lou  jour  de  Nosto-Damo: 
Lou  soulèu,  courouna  de  flamo, 
A  raesuro  que  mounto  à  soun  pounteficat, 

3»*  Emé  l'auribo  contre  terro 

Boutas-Youa  plau,  plan,  à  l'espère: 
Veirés  lou  gourg,  de  linde  qu'èro, 

^^      S'ensourni  pau  à  pau  de  l'oumbro  dóu  pecat! 

58  E  di  founsour  de  l'aigo  fousco, 
Coume  de  l'alo  d'uno  mousco, 

^^      Ausirés  pau  à  pau  8'aub>)ura  lou  zounzoun; 

Pièi  es  un  clar  dindin  d'esquerlo; 

Pièi,  à  cha  pau,  entre  li  berlo, 
^^^  Coume  de  voues  dins  une  gerlo, 

Un  orre  chafaret  qu'adus  la  fernisoun  ! 

59  Es  pièi  un  trot  de  chivau  maigre 
^®                Que  sus  l'eiròu  un  gardian  aigre 

Lis  esbramasso  e  coucho  emé  de  maugrabiéu. 

Es  d'estrepado  rabastouso; 
^^ï  Es  uno  terro  despietouso, 

Aspro,  secado,  sóuvertouso, 
Que  respond  coume  uno  iero  ounte  caucon,  l'estiéu. 

^1*        60     Mai  à  mesure  que  décline 

Lou  sant  soulèu,  de  la  toumplino 
Li  blastème,  li  brut,  se  fan  rau,  mourtinèu; 

^^■^  Toussis  la  manado  gancherlo 

Aperalin  ;  souto  li  berlo 
Calon  li  clar  dindin  d'esquerlo, 

*2^      E  canton  mai  li  merle  au  bout  di  long  canèu.» 

61     Tout  en  parlant  d'aquéli  cause, 
Em'  soun  panié  de  cacalauso 


*"    \o8to-Datno  =  Noato-Damo  d'Avottst.    Voy.  v.  367  et  note. 
••*    Mounia  à  soun  poiinteficat  (monter  à  son  pontificat),  monter 
dans  sa  splendeur,  dans  tout  son  éclat,  à  sou  apogée. 


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429 


432 


LA  ORáU.  181 

*2S      Davans  la  chatouneto  anavo  lou  drouloun. 

Lindo,  sereno,  acoulourido 

Pèr  lou  tremount,  la  colo  arido 
^^  Emé  lou  cèu  déjà  inarido 

Sis  àuti  peuo  bluio  e  si  grand  testau  blound; 

62     E  lou  soulèu  que,  dins  la  cintro 

De  si  long  rai,  plan-plan  s^enintro, 
Laisso  la  pas  de  Dîéu  i  palun,  au  Grand-Clar, 

Is  óulivié  de  la  Vau-Longo, 

Au  Rose  qu'eilavau  s'alongo, 

I  meissounaire,  qu'à  la  longo 
Âubouron  soun  esquino  e  bevon  lou  vènt-larg. 

^35        63     E  lou  drouloun  digue:  «Jouvènto, 

Alin,  vès  la  telo  mouvènto 
De  noste  tibanèu,  mouvènto  au  ventoulet! 
438  Yès^  sus  l'aubo  que  ié  fai  calo, 

Vès,  vès  moun  fraîre  Not  qu'escalo! 

Segur  aganto  de  cigalo, 
^"*^      O  regarde  belèu  se  tourne  au  tendoulet. 

64    Ai  !  nous  a  vist  ! . . .    Ma  sorre  Zeto, 
Que  ié  fasié  la  courbo-seto, 
^^*      Se  reviro . . .  e  vès-la  que  vers  ma  maire  cour 
Ié  dire  que,  sens  tiro-laisso. 
Pou  alesti  lou  boui-abaisso. 
*^"  Dins  lou  barquet  déjà  se  baisse 

Ma  maire,  e  pren  li  pèis  que  soun  à  la  frescour.» 


*•*»/*  Lou  Crrand-Clar,  anciennement  vaste  étang  de  la  Crau,  «Dtre 
les  Banx  et  Arles,  aux  enviroDS  de  Mont-Majonr.  Aujourd'hui  il  est 
desséché.  —  Vau-Longo  (Vallongue),  vallée  des  Alpilles. 

*•*  Lou  vènt-larg.    Voy.  I,  50. 

^**  Boui-abaisso  (bouillabaisse),  matelote  à  la  provençale,  potage 
de  poissons  bouillis,  plat  très  aimé  sur  le  Littoral  provençal,  et  sacra- 
mentel pour  la  veillée  de  Noël,  à  Marseille  et  ailleurs. 


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182  CÁNT  YUECHBN.   LA  GRAU. 

65     Mai  éli  doua,  d'uno  abrivado, 
^^  Coume  eecalayon  la  levado: 

«Tè!>  cridè  lou  pescaire,  «espincho,  que  fai  gau, 
Femo  ! . . .    Bèn  lèu,  pèr  mau  que  vague, 
^^^  Noste  Andreloun,  crese  que  fague 

Un  pescadou  di  fier  que  i'  ague! 
Ye-lou  que  doub  adus  la  rèino  di  pougau!» 


^*  Rèino  di  pougau^  jen  de  mots.  Pougau  signifie  an  sens  propre  : 
anguille  de  marais,  et  an  fig.  :  jeune  fille  bien  prise. 


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CANT  NOUVEN 

L'ASSEMBLADO 

Desoalaoioan  de  Mèste  Bamonii  e  de  Jano-Marlo,  quand  troron  plu  Mlrèio.  —  Toat-d'on- 
tèms  loB  Tièi  numdo  eoium  e  âMunpo  dins  Piero  tout!  11  tnraUdoa  don  mas.  —  Ll 
Be^aire,  Il  rastelarello,  Ion  feneira^a.  —  Li  carretlé,   Paetremafe  di  fen.  —  Ll  boulé. 

—  Li  melseonnié,  la  meUsoun,  U  ; lenarello.  -  U  pastre.  ->  Reelt  de  Laurent  de  Oònt, 
caponlié  di  meUsoiuié  :  Ion  cop  de  ronlame.  —  Récit  dóu  eegaire  Jan  Bonqoet:  loa 
nia  mgMrri  pèr  U  fonmlgro.  —  Reelt.  don  Harran ,  balle  di  ràfl  :  la  mareo  de  mort.  — 
Baclt  d'Antèame,  loa  balle -pastre.  —  Antèame  a  Tist  Mirèio  qa'anaTo  1  Sànti  Mario. 

—  Sstrambord  e  prc(Jlt  de  la  maire.  —  Partènço  de  la  ikmUio  pèr  are  Mlrèio. 

1  Li  grand  falabreguié  plourèron; 
Adoulentido,  s'embarrèron 

^        Dins  si  brusc  lis  abiho,  óublidant  lou  pasquié 

Plen  de  lachusclo  e  de  sadrèio. 

«Avès  rèn  vist  mounte  es  Mirèio?» 
^  lé  demandavon  li  ninfèio 

I  gèntis  argno  bluio  adounado  au  pesquié. 

2  Lou  vièi  RamouD  emé  sa  femo, 
^  Tóuti  dous  gounfle  de  lagremo, 

Eusèn,  la  mort  au  cor,  asseta  dins  lou  mas, 
Amaduron  soun  coudoun:    «Certo, 
^-  Fau  agué  l'amo  escalaberto  ! . . . 

0  malurouso!  o  disaverto! 
De  la  folo  jouinesso  o  terrible  estramas! 


^'  Amaduron  soun  coudoun  (mûrissent  leur  douleur),  jeu  de  mots. 
Coudoun  (de  cotoneum)  signifie  :  coing,  fruit  du  cognassier,  et  (dérivé  d'un 
autre  radical,  voy.  Gloss.):  chagrin. 


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184  CANT  NOUVEN. 

*^  3    Nosto  Mirèio  bello,  o  gafo! 

0  plour!  'mé  lou  darrié  di  piafo 

S'es  raubado,  raubado  em^  un  abóumìani! . .. 
^^  Quau  nous  dira,  desbadamado, 

Lou  liò,  la  cauno  acantounado 
Ounte  lou  laire  t'a  menado? ...» 
^^       E  brandavon  ensèn  si  front  achavani. 

4  Emé  la  sanmo  e  lis  ensàrri 
Venguè  lou  chourlo,  à  Tourdinàri; 

2*       E,  dre  sus  lou  lindau:    «Bon-jour!   Veniéu  cerca, 
Mèstre,  lis  iòu  e  lou  grand-béure.» 
«  Entourno-te,  nialadiciéure  !  > 
'^'^  Cridè  lou.  vièi,  «que,  tau  qu'un  siéure, 

Me  sèmblo  que  sènso  elo  aro  siéu  desrusca! 

5  D'uno  souleto  escourregudo, 
^^  Entourno-te  de  ta  vengudo, 

Chourlo!  à  travès  de  champ  parte  coume  Tuiau! 
Que  H  segaire  e  labouraire 
^  Quiton  li  daio  e  lis  araire! 

1  meissounié  digo  de  traire 

Li  Youlame;  i  mendi,  de  leissa  lou  bestiau: 

^  6     Que  vèngon  m'atrouva!»  Tout-d'uno, 

Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 
Part  lou  varlet  fidèu;  travèsso,  dins  li  grès, 
^^  Li  bèus  esparset  rouge;  passe 

Entre  lis  éuse  di  ribasso; 

Franquis  d'un  bound  li  draio  basso; 
^2       Sent  déjà  li  prefum  dóu  fen  toumba  de  fres. 

7     Dins  li  luserno  bèn  nourrido, 
Auto  e  de  blu  tóuti  flourido, 
^^        Entend  crussi  de  liuen  la  daio;  à  pas  egau 
Vèi  avança  li  fort  segaire, 
Sus  Tandano  plega:  de  caire, 
*®  Davans  l'acié  desverdegaire, 

Cabusso  la  panouio  en  marro  que  fan  gau. 


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lVssbhblado.  185 

8     D'enfant,  de  chato  risouleto, 
^'  Dîns  l'andaîado  verdouleto 

Rastelavon;  n'en  vèi  que  meton  à  moaloun 
Lou  fen  adeja  lest;  cantavon, 
^  E  li  grihet  (que  desertavon 

De  davans  li  daio,)  escoutavon. 
Sus  un  brancan  de  frais  que  tiron  dous  biòu  blound, 

"  9     Alin  pu  lîuen,  vèi,  auto  e  largo, 

L'erbo  fenalo  que  se  cargo: 
L'abile  carretié,  sus  lou  viage,  eilamount, 
^  A  grand  brassòu,  de  la  pasturo 

Que  i'embarravo  la  centuro, 

Fasié  mounta  sèmpre  l'auturo, 
^       Acatant  parabando  e  rodo  emai  timouo. 

10  E  'mé  lou  fen  que  tirassavo, 
Quand  pièi  lou  càrri  s'avançavo, 

^       D'un  bastimen  de  mar  aurias  di  Tembalun  ! 

Veici  pamens  que  lou  cargaire 

S'aubouro  dre  coume  un  targaire 
•^  E  tout-d'un-tèms  crido  i  segaire: 

«Segaire!  aplantas-vous,  i'  a  quauque  treboulun!» 

11  Li  carreteiroun,  qu'à  fourcado 
'2  lé  pourgissien  l'erbo  secado, 

Tourquèron  li  degout  de  soun  front  tout  coulant; 
E,  sus  la  cenglo  de  sa  taio, 
''^  Pansant  la  costo  de  la  daio, 

Yers  la  planuro  ounte  dardaio 
Li  segaire  tenien  la  visto,  en  amoulant. 

'^^         12     «Orne!  escoutas  qu'a  di  lou  mèstre,» 
lé  fai  lou  mandadou  campèstre: 
«Chourlo»,  m'a  di,  «subran  parte  coume  l'uiau! 

*^P  Répétition  homérique  des  vers  31—8.    La  même  répétition: 
V.  99—108;  148-Ò7,  176-82.    Voy.  Introd.  p.  xxxi. 


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186  CAJST    NOUVEN. 

^*  Que  li  segaire  e  labouraire 

Quiton  li  daio  e  lis  araire; 

I  meissouDÌé  digo  de  traire 
®*      Li  voulame;  i  mendi,  de  leîssa  lou  bestiau: 

13  Que  vèngon  m'atronva  U    Tout-d'uno, 
Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 

®^      Part  lou  varlet  fidèu:  encambo  li  regoun 
Mouute  trachissoD  li  garanço, 
D'Alten  preciouso  remembranço; 

^  Vèi  de  pertout  rAmaduranço 

Que  daurejo  la  terro  i  fiò  de  soun  pegoun. 

14  Dins  li  gara  'stela  d'auriolo, 
^^  Vèi,  caminant  darrié  si  miolo, 

Li  ràfi  vigourous,  courba  sus  lou  doubli; 

Vèi,  de  soun  ivernenco  dormo, 
^^  La  terro  qu'en  mouto  disformo 

S'eigrejo,  e  dins  la  rego  einormo 
Li  guigno-co  segui  Taraire,  entre-fouli. 

®^        15     «Orne!  escoutas  qu'a  di  lou  mèstre!» 
lé  fai  lou  mandadou  campèstre: 
<Chourlo,»  m'a  di,  «subran  parte  coume  l'uiau! 

*"2  Que  li  segaire  e  labouraire 

Quiton  li  daio  e  lis  araire; 
I  meissounié  digo  de  traire 

^^'^      Li  voulame;  i  mendi,  de  leissa  lou  bestiau: 


••  Alten  (Jean  Althen),  aventurier  arménien  qui,  en  1774,  intro- 
duisit dans  le  Comtat-Venaissin  la  culture  de  la  garance ,  jusqu'à  nos 
jours  une  des  principales  ressources  de  la  contrée,  avec  Tindustrie  de 
la  soie,  mais  abandonnée  maintenant,  parce  qu'on  est  parvenu  à  extraire 
plus  économiquement  de  la  houille  un  rouge  qui  remplace  celui  de  la 
garance.  En  1850,  on  a  élevé  à  Althen  une  statue  sur  le  Rocher  d'Avignon. 

••  L\iu7volo .  centaurée  du  solstice ,  plante  qui  pullule  dans  les 
chaumes,  après  la  moisson.  Ses  fleurs  jaunes,  et  les  épines  étoilées  de 
leur  involucre,  lui  ont  valu  son  nom  provençal,  qui  signifie  auréole, 

*•  Lou  guigno-co.     Voy.  III,  326—9. 


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l'assembladò.  187 

16  Que  vèDgon  m'atrouva!»    Tout-d'uno, 
Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 

^^      Part  lou  varlet  fidéu:  e  sauto  li  valat 

Tóuti  flouri  d'erbo  pradiero; 

Trauco  li  blànquí  civadiero; 
"^  Dins  lì  grand  terrado  bladiero 

E  rousso  d'espigau,  s'esmarro  apereila. 

17  Quarante  meissouníé,  quarante, 
"^  Coume  de  flamo  devouranto, 

De  soun  vièsti  feugous,  redoutent,  agradiéu, 
Despuiavon  la  terre;  anavon 
^'^  Sus  la  meissoun  que  meissounavon, 

Coume  de  loup!    Desvierginavon 
De  soun  or,  de  sa  flour,  e  la  terro  e  l'estiéu. 

^20        18    Darrié  lis  ome,  e  'n  lòngui  ligne 

Coume  li  maiòu  d'une  vigne, 
Toumbavo  la  gavello  à-de-rèng:  dins  si  bras, 
'2'  Li  ligarello  afeciounado 

Lèu  acampavon  li  manado, 

E  lèu,  la  garbo  estent  quichado 
'2«      Em'  un  cep  de  geinoun,  la  jitavon  detras. 

19  Coume  lis  alo  d'un  eissame 
Beluguejavon  li  voulame; 

^^      Beluguejavon  coume,  à  la  mar,  li  risènt 

Mounte  au  soulèu  jogo  la  larbo; 

E  counfoundènt  si  rùfi  barbo, 
'32  En  garbeiroun  lis  àuti  garbo. 

En  garbeiroun  pounchu  mountavon  à  cha  cent. 

20  Acò  semblavo,  pèr  li  terro, 

^35  Li  pavaioun  d'un  camp  de  guerre: 

Coume  aquéu  de  Bèu-Caire,  autre-tèms,  quand  Simoun, 

'••  8S.  Simoun,  Simon  de  Montfort,  chef  militaire  dans  la  Croisade 
contre  les  Albigeois  (1208—1218).  Le  légat  du  v.  138  est  Milon  qai 
aidait  Simon  par  des  moyens  diplomatiques,  après  avoir  été  le  véritable 


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188  CAMT  NOUVEK. 

E  la  Crousado  franchimando, 
^^  E  lou  légat  que  li  coumando, 

Yenguèron,  zóu!  à  toute  bande, 
Sagata  la  ProuvèDço  e  leu  Comte  Ramoun! 

^^^        21     Mai  euterin  li  glenarello, 

D'aqui,  d'eila,  van,  jougarello, 
E  si  gleno  à  la  man;  enterin,  i  canié, 
'**  0  di  garbiero  à  Toumbro  caude, 

Mante  chatouno  fouligaudo, 

Soute  un  regard  que  resbrihaudo, 
1^^      S'alangouris  :    Amour  tambèn  es  meissounié. 

22  «Ome!  escoutas  qu'a  di  lou  mèstre,» 
lé  fai  lou  mandadou  campèstre: 

ï^o       «Chourlo!»  m'a  di,  «subran  parte  coume  l'uiau; 

Que  li  segaire  e  labouraire 

Quiton  li  daio  e  lis  araire; 
'^3  I  meissounié  digo  de  traire 

Li  Youlame;  i  mendi,  de  leissa  lou  bestiau. 

23  Que  vèngon  m'atrouva!»    Tout-d'uno, 
^^  Mai  lóugeiret  que  la  cabruno, 

Part  lou  varlet  fidèu:  dins  lis  óulivié  gris 

Pren  lis  acóurchi;  mounte  lampo, 
159  j)j  vignarés  tresse  la  pampo, 

Coume  un  revès  de  la  cisampo; 
E,  tout  seul,  vès-l'aqui  dins  li  canto-perdris. 

162        24     Dins  Testendard  di  Crau  brusido, 
Sûuto  d'éusino  abouscassido, 
Destousco  aperalin  li  troupèu  achauma: 
**^  Li  pastriboun,  lou  baile-pastre, 

chef  an  commencement  de  la  campagne.  C'est  après  la  Saint-Jean 
de  Tan  1209,  que  la  vallée  du  Ehône  parut  couverte  des  soldats  nom- 
breux qui  allaient  combattre  les  Albigeois  et,  à  leur  tête,  lou  comte 
Ramoun,  Raimond  YI,  comte  de  Toulouse  (1156—1222).  —  La  Prouvènço 
(la  Provence,  v.  140)  est  employée  ici  dans  un  sens  plus  général. 


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L^ABSEMBLADO.  189 

Fasien  miejour  sus  lou  mentastre  ; 
En  pas  courrien  li  galapastre 
^^      Sus  Tesquino  di  fedo  en  trin  de  remiauma. 

25  De  nivoulino  clarinello 

E  voulatilo  e  blanquinello 
^^*      De  la  mar  plan-planet  s'cnauravon:  belèu, 

Dins  lis  autour  inmaterialo, 

Quauco  santouno  celestialo 
"^  De  soun  velet  de  couventialo 

S'èro  delóugerido  en  frustant  lou  soulèu. 

26  «Orne!  escoutas  qu^a  di  lou  mèstre,» 
'''^  lé  fai  lou  mandadou  campèstre: 

«Chourlo,»  m'a  di,  «subran  parte  coume  Tuiau, 
Que  11  segaire  e  labouraire 
1^  Quiton  li  daio  e  lis  araire; 

I  meissounié  digo  de  traire 
Li  Youlame;  i  mendi.  de  leissa  lou  bestiau.» 

'^        27    Adonne  li  daio  s'arrestèron, 
E  lis  araire  s'aplantèron  ; 
Li  quarante  gavot  que  toumbavon  li  blad, 

1««  Adounc  quitèron  li  voulame 

E  venguèron  coume  un  eissame 
Que,  de  soun  brusc  emparti  flame, 

>^^      Au  brut  di  chaplacbòu  su  ^n  pin  vai  s^assembla. 

28     Au  mas  venguè  li  ligarello, 
Yenguèron  li  rastelarello, 
192      Venguè  lou  carretié  'mé  si  carreteiroun  ; 
Venguè  li  pastre,  li  glenaire 


"*  Gavot,  voy.  IV,  88  note. 

"•  Lou  chaplachòu,  généralement  le  bruit  des  cymbales  ou  une 
musique  composée  de  cymbales  d'acier,  d'un  fifre  et  d'un  tambour,  est 
ici  le  bruit  que  Von  fait  avec  des  ustensiles  de  métal  pour  faire  arrêter 
les  abeilles  qui  essaiment. 


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190  Cant  nouvèií. 

E  li  touto-obro  amoulounaire, 
195  Venguè  lis  eDgarbeirounaire, 

Leissant  touinba  li  garbo  au  pèd  di  garbeiroun. 

29     Morne  e  mut,  dins  l'iero  teponso, 
*^®  Lou  raajourau  e  soun  espouso 

Espéra  von  l'acamp;  e  lis  orne,  esmougu 
De  ço  qu'ansin  li  destourbavon, 
2^^  Autour  dóu  mèstre  se  rambavon 

E  ié  disien,  coume  arribavon: 
«Nous  avès  manda  querre,  o  mèstre,  sian  vengu!» 

^^        30    Mèste  Ramoun  aussè  la  tèsto: 

«Sèmpre  à  meissoun  la  grand  tempèsto! 
Pauras  que  tóutí  sian!  pèr  tant  qu'anen  d'avis, 

^7  Sèmpre  au  malur  fau  que  Ton  pique! 

Oh!»  digue,  «sens  que  mai  m'esplique, 
Mi  bons  ami,  vous  n'en  suplique, 

2*0      Lèu  digue-me,  chascun,  ço  que  saup,  ço  qu'a  vist.» 

31  Laurèns  de  Qèut  aqui  s'avanço. 
N'avié  pas,  dempièi  soun  enfanço, 

2'^      Manca  'no  soulo  fes,  quand  bloundejon  li  blad. 

De  se  gandi  'mé  sa  bedoco 

I  piano  d'Arle.    Yièio  roco 
2'*  Mounte  la  mar  en  van  afloco, 

Coume  un  queiroun  de  glèiso  avié  lou  ten  brûla. 

32  Yièi  capitàni  dóu  voulame, 

218  Que  lou  soulèu  roustigue,  o  brame 

Lou  Maïstrau,  de-longo  à  l'obro  lou  proumîé! 
Avié  'm'  eu  si  sèt  drôle,  ruste, 


•"  G  dut  (Gonlt  ou  Ap^oult),  village  du  département  de  Vaaclnse. 
qui  a  donné  son  nom  à  une  des  plus  illustres  maisons  de  Provence. 

•"  Coume  un  queiroun  de  glèiso  (comme  une  pierre  d'égUseU  IfS 
pierres  des  monuments  sont  dorées  ou  bronzées  par  le  grand  soleil  de 
la  Provence. 


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L^ASSEMBLADÒ.  191 

*^  Mouret  coume  éu,  coume  éu  roubuste.  — 

Li  meissouDÌé,  coume  de  juste, 
L'avien,  tout  d'un  acord,  chausi  pèr  capoulié. 

**5        33     «S'acò  's  verai  que  plòu  o  nèvo, 
Quand,  rouginas,  lou  jour  se  lèvo, 
Ço  qu'ai  vist,»  coumencè  Laurèns  de  Qòut,  «segur, 

228  Mèstre,  nous  marco  de  lagremo. 

Diéu!  esvartas  lou  terro-tremo! 
Èro  de  matin:  l'aubo  mémo 

23*      Déjà  vers  lou  Pounènt  fasié  courre  l'escur. 

34  Trempe  d'eigagno,  à  l'abitudo, 
Anavian  faire  la  fendudo. 

23^       ««Soci,  rapelen-nous  de  lou  bèn  adouba,»» 
lé  dise,  ««e  d'enavans!»»    M'estroupe, 
A  moun  prefa,  galoi,  me  groupe: 

237  DÓU  proumié  cop,  mèstre,  me  coupe. 

Fa  trente  an,  bèu  Bondiéu!  que  noun  ni'èro  arriba!> 

35  E  coume  a  di,  mostro  sis  ounso 
2*0  Qu'ensaunousis  la  plago  founso. 

Li  parent  de  Mirèio  an  que  mai  pregemi. 

S  Jan  Bouquet,  un  di  segaire, 
2*3  Pren  la  paraulo  de  soun  caire, 

Tarascounen  e  Tarascaire, 
Bèu  clapas  de  jouvènt,  mai  dous,  e  bon  ami. 


*•*/•  Allusion  anx  proverbes:  Rouge  de  m(Uin  Bagno  lou  camin. 
(Rouge  du  matin,  baigne  le  chemin)  et  Aubo  roujo,  Vent  o  ploujo  (Aurore 
rouge  fait  vent  ou  pluie).  Déjà  dans  TÉv.  de  s.  Math.  XVI,  2,  3  on  lit  : 
Facto  vespere  dicitis:  Serenum  erit.  rubicundum  enim  est  caelnm.  Et 
mane:  Hodie  tempestas,  rutilât  enim  triste  caelnm.  D'antres  variantes 
de  ce  dicton  se  trouvent  dans  Maass,  l.  c,  p.  43,  et  dans  les  ouvrages 
cités  par  cet  auteur. 

•**  ss.  Tarascaire,  chevalier  de  la  Tarasque.  On  lira  plus 
loin  des  détails  sur  la  Tarasco  (Tarasque),  monstre  qui,  d'après  la  tra- 
dition, ravageait  les  bords  du  Rhône  et  fut  dompté  par  sainte  Marthe 
(voy.   I,   303  note;  XI,   368  ss.,  et  XI,   375  note).    L'Ordre   et  les 


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192  CANT  NOUVBK. 

^^®       36     Ha!  quand  courrié  la  vièio  mo^co^ 
Lagadigadèul  la  Tarasco! 
Que  de  danso,  de  crid,  de  joio  e  d'estampèu 

2^9  La  vilo  morao  s'enlumino, 

Res  que  faguèsse  en  Coundamino, 
Miés  qu^éu  o  de  meiouro  mino, 

252      Youlastreja  pèr  l'èr  la  Pico  e  lou  Drapèu. 


Jenx  de  laTarasqne  ont  êtè  institués,  le  14  avril  1474,  par  le  roi  René  d'Anjou, 
comte  de  Provence.  Les  statuts  (plus  ou  moins  fantastiques)  de  cet  ordre 
faisaient  aux  dignitaires  un  devoir  strict:  1°  de  conserver  fidèlement  les  jeux 
de  la  Tarasque  et  de  les  célébrer  an  moins  sept  fois  par  siècle;  2°  de  veiller 
à  ce  que  les  bruyantes  réjouissances,  charivaris,  farandoles  et  festins  ne 
fussent  pas  interrompus  de  50  jours  ;  3""  de  faire  bon  accueil  aux  étrangers 
et  de  les  héberger  pendant  toute  la  fête.  Les  chevaliers  de  Tordre 
portaient  un  élégant  costume  dont  l'arrangement  et  la  composition 
avaient  été  fixés  par  le  roi.  Il  comprenait  les  pièces  suivantes  :  cbapean 
Henri  II,  orné  d'un  panache  et  de  rubans;  veste  ronde  et  fermée,  à 
collet  renversé,  sans  pans  ni  basques,  et  ornées,  dans  le  bas,  de  franges 
cramoisies,  épaulettes  en  soie  cramoisie  et  baudrier  tricolore  terminé 
par  un  flot  de  rubans;  culotte  de  soie  également  cramoisie  ;  bas  de  soie 
blancs  et  souliers  de  cuir  fauve,  attachés  de  rubans  rouges.  Les  che- 
valiers étaient  armés  de  piques  de  trois  pieds.  Leur  cri  de  guerre  était: 
Anen  heure  (Allons  boire)  !  Dans  les  fêtes  et  processions,  seize  chevaliers 
de  Tordre  accompagnaient  Tefiigie  de  la  Tarasque.  Huit  d'entre  eux, 
cachés  dans  l'énorme  carcasse,  représentaient  les  hommes  dévorés  par 
le  monstre  avant  l'arrivée  de  sainte  Marthe.  Ils  faisaient,  en  outre, 
avancer  l'animal,  et,  en  manœuvrant  un  mécanisme  intérieur,  ils  faisaient 
exécuter  à  sa  gigantesque  queue  ces  mouvements  aussi  désordonnés 
qu'imprévus  qui,  à  la  grande  joie  des  spectateurs,  jetaient  souvent  à 
terre  les  imprudents  qui  s'étaient  trop  rapprochés.  Les  huit  autres 
chevaliers,  ceux  de  la  Pique  et  du  Drapeau,  mentionnés  dans  notre 
poème,  armés  de  leurs  piques ,  escortaient  la  Tarasque  dans  toutes  les 
rues,  au  son  des  instruments  les  plus  bruyants,  tambours,  fifres,  ga- 
loubets, et  s'amusaient  et  amusaient  le  public  à  faire  voltiger  gracieuse- 
ment, à  lancer  à  une  grande  hauteur  et  à  rattraper  avec  adresse  on 
étendard  à  larges  plis  ou  leur  longue  javeline.  Ces  jeux  de  la  Tarasque 
ont  été  célébrés  avec  plus  ou  moins  de  régularité  depuis  le  15«  siècle.  Le 
19«  siècle  a  vu  trois  fois  la  Tarasque  fournir  sa  course  historique:  au 
passage  de  la  duchesse  d'Angoulême,  sous  la  Restauration;  devant 
Napoléon  111 ,   en  1861  ;   en  1891 ,   à  l'occasion  de  fêtes  félibréennes  et 


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LABSBMBLÁDO.  193 

•  37     Entre  li  inèatre  dóu  segage 
Anrié  près  rèng,  i  pasturgage, 
255      S'aguèsse  dóu  travai  bèn  tengu  lou  draiòu; 


cîgalièreB,  et,  de  pins,  elle  a  été  montrée  le  jonr  de  la  procession  de 
sainte  Marthe,  le  29  jnillet  1896.  Le  chant  qui  accompagne  les  éyoln- 
tions  du  monstre  et  qn'on  attrihne  an  roi  René,  est  le  saiyant: 

Lagadigadèn, 

La  Tarasco, 

Lagadigadèn, 

La  Tarasco 

De  Castèn! 

Leissas-la  passa, 

La  yièio  masco, 

Leissas-la  passa 

Qne  yai  dansa! 
(Lagadigadèn,  —  La  Tarasque,  —  Lagadigadèn,  —  La  Tarasqne  — 
Du  Ch&tean!  —  Laissez-la  passer,  —  La  vieille  sorcière,  —  Laissez -la 
passer  —  Car  elle  va  danser!). 

On  a  voulu  trouver  dans  ce  chant  une  preuve  que  les  premiers 
habitants  de  Tarascon  se  transportèrent  des  Alpilles  sur  les  bords  du 
Rhône.  Il  existe  en  effet,  à  6  kilomètres  au  sud-est  de  la  ville,  sur  un 
mamelon  de  la  chaîne,  une  chapelle  romane  du  11«  siècle,  Notre-Dame 
du  Château,  qui  est  Tobjet  d'une  grande  vénération  et  un  but  de  pèle- 
rinage pour  les  habitants  de  Tarascon.  Ce  pèlerinage,  dont  la  continuité 
s'est  perpétuée  à  travers  les  siècles,  serait  un  reste  du  culte  que  les 
anciens  peuples  rendaient  à  leurs  ancêtres  dans  les  lieux  où  ils  avaient 
vécu,  en  allant  tous  les  ans  faire  le  repas  des  funérailles  aux  lieux 
mêmes  où  reposaient  leurs  cendres.  —  Le  poète  (v.  249)  appelle  Tarascon 
s.  Rhône  une  ville  morne;  avec  pleine  raison,  car  la  petite  ville 
(9263  hab.)  est  extrêmement  tranquille,  et  sa  population  n'est  nullement 
bruyante  comme  on  pourrait  le  croire  d'après  les  Tarasconades  d'A. 
Daudet.  —  Tarascon  possède  deux  constructions  remarquables: 
le  château,  édifice  imposant  des  14«  et  15«  siècles,  fini  et  habité  par  le 
roi  René,  actuellement  transformé  en  prison  ;  et,  à  son  côté,  l'église  de 
sainte  Marthe,  fondée  au  12«  siècle,  reconstruite  au  14«  et  au  15«  siècle. 
Voy.  XI,  375  note.  -  La  Coundamino  (La  Condamine)  est  un  quartier 
de  Tarascon.  Cette  dénomination,  assez  fréquente  dans  les  villes  du 
Midi,  est  connue  surtout  par  la  Condamine  de  Monaco,  quartier  neuf  de 
cette  ville  situé  au  fond  de  sa  baie,  entre  ses  rochers  et  ceux  de  Monte 
Carlo.  Le  mot  désigne  originairement  une  propriété  commune  (condo- 
minium). 

13 


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Ì94  caNt  noûvkN. 

Mai  quand  ve^ié  lou  tèms  di  voto, 
Adieu  l'enchaple!  I  grand  riboto 
2M  Souto  Tautin  o  dins  li  croto, 

I  lòngui  farandoulo,  em'  í  courso  de  biòu, 


•*•  Li  croto  (tavernes  voûtées).  Les  tavernes,  remplacées  aujourd'hui 
par  les  cafés,  étaient  généralement  établies  dans  des  salles  à  voûtes  de 
pierre.  À  Avignon,  il  y  a  la  rue  des  croto  ;  à  Marseille,  le  quartier  des 
Crotes;  le  cabaret  des  Baux  est  encore  dans  une  croio. 

^^*  Li  courso  de  biòu  (courses  de  taureaux)  se  font  à  la  provençale, 
et  à  Tespagnole  *  avec  mise  à  mort  des  taureaux.  Les  courses  à  la 
provençale  ou  les  jeux  provençaux  se  composent  de  la  ferrade  (voy.  IV, 
837  note),  du  jeu  aux  vaches  emboulées,  où  le  public  mâle  peut  prendre 
sa  part  et  s'amuser  aux  dépens  de  vaches  rendues  inoffensives,  et  des  jeax 
où  des  toréadors  à  pied  et  à  cheval  excitent  de  jeunes  taureaux  à  Taide 
de  manteaux,  de  petites  javelines  ou  piques  et  de  banderillas.  L'art 
consiste  à  éviter  les  attaques  des  bêtes  devenues  furieuses.  Les  tauro- 
machies à  l'espagnole  sont  trop  connues  pour  nécessiter  une  description 
détaillée.  Ce  spectacle  qui  a  lieu  dans  les  arènes  conservées  de 
l'antiquité,  à  Nimes  ou  à  Arles,  ou  dans  des  arènes  modernes, 
s'ouvre  invariablement  par  une  marche  aux  sons  de  laquelle  se 
fait  le  paseo  ou  défilé  des  ctuídìillas  précédés  de  Valguazil^  à  qui 
le  président  jette  la  clef  du  toril  ou  étable  à  bœufs,  et  suivis  des 
picadores  et  du  train  de  mules  ou  de  chevaux  qui  traînera  hors  de  la 
piste  les  cadavres  des  taureaux  et  des  chevaux.  L'exercice  de  chaque 
combat  est  absolument  le  même:  travail  des  picadores,  qui  piquent  et 
affaiblissent  le  toro',  travail  des  handeì-i Héros,  qui  l'excitent  et  le  fatiguent 
par  la  pose  de  bander illas,  travail  du  matador  muni  du  manteau  rou^e 
traditionnel  et  d'un  glaive,  qui  le  mate  ou  le  tue  avec  plus  ou  moins 
d'habileté.  Il  y  a  aussi  des  femmes  toréadors  et  des  toréadors  en  bicyclette. 
Des  comités  taurins  arrangent  et  surveillent  les  courses,  et  le  public 
les  suit  avec  un  intérêt  des  plus  vifs,  qui  s'exprime  aussi  souvent  par 
des  acclamations  que  par  des  explosions  d'indignation,  si  les  toréadors 
OTh  les  taureaux  se  montrent  lâches  ou  maladroits.  On  regarde,  dans  le 
Midi  de  la  France,  la  conservation  des  courses  des  taureaux  comme  une 
question  d'amour  propre  national,  et,  pour  les  protéger  contre  les  attaques 
des  Français  du  Nord,  il  s'est  même  constitué,  en  1896,  une  «Fédération 
des  Cités  du  Midi.»  Cf.  Jierue  Féiibrêcnne  XII  et  VAltnanach  du  Midi 
1898,  p.  128  ss. 


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L  ASSKMULADO.  195 

38     Ero  un  timoun,  un  fenat!  —  «Mèstre, 
^^^  Coume  daiavian  à  grand  dèstre,» 

Coumencè  lou  jouvènt,  «souto  un  clôt  de  margai, 
Descate  un  nia  de  francoulcto 
^^  Que  boulegavon  sis  aleto; 

E  vers  la  mato  penjouleto, 
Pèr  vèire  quant  n'  i'  avié,  ino  clinave  tout  gai  .  .  . 

2*^       39     Oh  !  noum  de  sort  !  pàuri  bestiolo  ! 

De  fournigasso,  roujo  e  folo, 
DÓU  nia  e  di  nistoun  venien  de  s'empara: 
**®  Très  èron  déjà  mort;  lou  rèsto, 

Empesouli  d'aquelo  pèsto, 

Sourtié  foro  dóu  nis  la  tèsto, 
-'^^      Que  semblavo  me  dire:    Oh!  vciiès  m'apara! 

40     Mai  uno  nèblo  de  fournigo 
Mai  verinouso  que  d'ourtigo, 
876      Ferouno,  acamassido,  alabro,  H  pougnié; 
E  iéu,  apensamenti  qu'ère, 
Contre  lou  manche  de  moun  ferre, 
27^  Dins  la  garrigo  entendeguère 

La  maire  qu'en  pleurant  piéutavo  e  li  plagnié.» 

^  Un  fenat,  voy.  V,  421  note. 

«•»  ss.  Nous  avons  rencontré  un  nid  de  bon  augure  II,  213  ss. 
Ici  il  s'agit  d'un  nid  détruit  par  des  fourmis  et  qui,  par  conséquent, 
ne  peut  être  que  de  mauvais  augure.  L'importance  du  nid  dans  les 
croyances  populaires  de  la  France  nous  est  démontrée  aussi  par  d'autres 
sources.  M.  Maass,  /.  c,  p.  34  emprunte  au  Très,  de  M.  Mistral  s.  v.  nis 
le  proverbe:  De  moustra  li  dent  â-n-un  nis  y  en  risènt  o  noun,  ié  fai 
vent  (le  fournigo  (Montrer  les  dents  à  un  nid,  en  riant  ou  non,  y  fait  venir 
des  founnis)  et  cite,  de  plus,  les  dictons  de  provenance  plus  septentrio- 
nale :  Si  vous  connaissez  un  nid  de  merles,  n'en  parlez  pas  à  l'intérieur 
de  la  maison,  sinon  les  fourmis  le  connaîtront  et  iront  immédiatement 
manger  les  jeunes  merles  (Haute  Vienne)  ;  et  :  Quand  on  sait  où  est  un 
nid,  il  ne  faut  pas  le  dire  près  d'un  ruisseau,  parce  que  les  fourmis  iraient 
le  détruire.  Dans  d'autres  dictons,  les  vipères  prennent  la  place  des 
fourmis.  Il  semble  que  dans  les  croyances  populaires  des  pays  germa- 
niques on  ne  trouve  pas  de  parallèles. 

13* 


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Í9è  CAKt  KOUVEH. 

41     Aquéu  jecìt  de  maluranço 
^®*  Es  tourDa-mai  un  cop  de  lanço: 

DÓU  paire  e  de  la  maire  a  gounfla  lou  segren. 
K  coume,  en  Jun,  quand  vers  la  piano 
^^  Mounto  en  silènci  la  chavano, 

Que,  cop  sus  cop,  la  Tremountaoo 
Uiausso,  e  que  lou  tèms  de  tout  caire  se  pren, 

288        42     Yen  lou  Marran.     Dins  li  bastido 

Soun  noum  avié  de  restountido; 
E  lou  vèspre,  enterin  que  li  niiòu  estaca 
**^  TiroD  di  grùpi  la  luserno, 

Souvent  li  ràfi,  quand  iyerno, 

Abenon  Poli  di  lanterne 
^^*      Ed  parlant  de  la  fes  que  venguè  se  louga. 

43     S'èro  louga  pèr  li  seinenço: 
Chasque  bouié  lèu  acoumenço 
^^'^      D'enrega  sa  versano;  e  lou  Marran,  pamens, 
Èro  darrié,  que  de  sa  reio 
Tascoulejavo  lis  auriho 
3^  O  Taramoun  o  li  teudiho, 

Coume  un  que,  de  sa  vido,  a  touca  Testrumen. 

•*•  La  Tremountano,  la  Tramontane,  vent  du  nord-est,  déjà  men- 
tionnée VI.  20,   est  d'une  vigueur  tout  aussi  proverbiale  que  le  mistral 
(voy.  VII,  5  note).    Cf.  les  proverbes: 
Tremountano, 
Ni  bono  ni  sano 
(Tramontane,  ni  bonne  ni  saine); 
Quand  lou  tèms  se  viro  à  la  tremountano, 
PJôu  très  jour,  bono  semano 
(Quand  le  vent  se  tourne  à  la  TramonUne,  il  pleut  trois  jours,  la 
bonne  semaine); 

Quouro  bat  la  tremountano, 
Intro  dins  ta  tano! 
(Quand  bat  la  tramontane,  entre  dans  ta  tanière!). 
*•'   Sur  la  rime,  voy.  VII,  489  note. 

•°*    La  suppression  de  la  particule  pas  (a  pas  touca)  est  permise 
dans  les  phrases  relatives  dont  le  sens  négatif  n'admet  pas  de  doute. 


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L^BSEMBLÁDO.  197 

44     «Te  yas  louga  pèr  labouraire, 
^^  E  sabes  pas  mounta  'n  araìre, 

De8gaubia!>  ié  crìdè  lou  proumié  carretìé. 
«Tène  qu^un  verre  eraé  soun  mourre 
^^  Miéus  que  tu,  gafagnard,  laboure  !> 

«Yosto  escoumesso,  iéu  Tauboure,» 
Respouudè  lou  Marran;  «e  quau  sara  coustié, 

^^        45     De  iéu  o  de  vous,  perdra,  baile, 

Très  louvidor!  . . .  Sounas  dóu  grailc!» 
Li  dos  reio  à  la  fes  an  fendu  lou  gara. 

^*'  Li  doua  bouié  vers  l'autro  ribo 

Prenon  signau  en  dos  grand  pibo . . . 
Li  dous  fourcat  fan  pa'  no  gibo! 

^^^      Pèr  lou  rai  dóu  soulèu  li  cresten  soun  daura. 

46  «Rampau  de  Dieu!»  adounc  faguèron 
Li  lougadié  tóuti  tant  qu'èron, 

3^®      Vosto  enregado,  baile,  es  d'un  ome  de  bon 
E  d'une  man  rèn  maladrecho! 
Mai  fau  tout  dire:  es  bèn  tant  drecho 
*2i  Aquelo  d'eu,  qu'em'  une  flecho 

Se  pourrie  de-segur  enfiela  tout-de-long!» 

47  E  lou  Marran  gagné  li  joio. 
^^  Au  parlamen  que  desmemoio 

Lou  Marran,  eu  peréu,  vengué  dounc  escampa 
Soun  mot  amar.    Digue  tout  blave: 
327  <Adé8  en  coutreiant  siblave; 

Èro  un  brisoun  dur:  me  tablave 
D^alounga  'n  pau  la  juncho  e  'm'  acò  d'acaba. 


^  88.  L'anecdote,  racontée  dans  ces  vers,  de  la  lutte  pour  la  recti- 
tade  du  sillon,  se  répète  dans  les  milieux  agricoles  du  pays  d'Arles.  On 
rapplique  toujours  à  quelque  valet  de  labour  qui  a  laissé  des  souvenirs. 
Le  Marran  était  encore  vivant  à  Ì'époque  de  Mirèio. 


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198  CANT  NOUVEN. 

330        48     Tout-en-un-cop  vese  mi  bèsti 

Rebufela  soun  pelous  vièsti; 
Vese  la  fernisoun  e  Teafrai  tout  ensèn 
383  Que  fan  aplanta  'qui  raoun  couble 

E  chauriba;  iéu,  vesiéu  double, 

Yesiéu  lis  erbo  dóu  restouble 
386      Se  cliiia  vers  lou  sou  en  s'escoulourissènt. 

49  Couche  mi  bèsti:  la  Baiardo 
Em  'un  èr  triste  m'arregardo, 

33«      Mai  brando  pas;  Falet  niflavo  lou  cresten. 

Un  cop  de  fouit  lis  enjarreto ... 

Parton  esglaia;  la  cambeto, 
3*2  XJno  cambeto  d'óume,  peto; 

Emporton  bacegoun  e  joto;  e  pale,  esten, 

50  A  iéu  m'a  près  coume  un  catàrri; 
3*^                Un  auoidènt  invoulountàri 

A  fa  crussi  ma  maisso;  un  frejoulun  me  vèn; 

E  sus  mi  car  estabousido, 
3*3  E  sus  ma  tèsto  agarrussido 

Coume  li  tèsto  de  caussido, 
Iéu  ai  senti  la  Mort  qu'a  passa  coume  un  vent!» 

351        51     «Bono  Maire  de  Dieu!  acato 

De  toun  mantèu  ma  belle  chato!» 
Cridè  la  pauro  maire  em'  un  crid  desoula. 

35*  Es  à  geinoun  aqui  toumbado 

E  vers  li  nivo  encaro  bado . . . 
Veici  qu'arribo  à  grand  cambado 

357      Lou  balle  Antèume,  pastre  e  móusèire  de  la. 


•"  La  Baiardo  (la  Bayardej.  Dans  les  campagnes  on  désigne 
ordinairement  les  bêtes  de  somme  par  la  couleur  de  leur  robe.  Les  noms 
les  plus  communs  sont  hlanquet  (blanc),  mourei  (noir,  v.  40ô),  brunèu 
(brun),  falei  (gris  v.  889),  haiard  (bai),  rouhin  (bai  clair). 

•*<*  Cf.  le  dicton:  la  mort  m'a  passa  sus  la  tèsto,  qui  s^emploie 
lorsqu'on  éprouve  un  frissonnement  subit.  En  Allemagne,  on  dit,  dans 
la  même  condition  :  I)(r  Tod  itsi  mir  iihers  Grdb  gelaufen. 


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l'assembládo.  199 

52  «Qu'es  qu'ayié  douDC  tant  matiniero, 
Pèr  treva  'nain  li  cadenieroP» 

^^      Dîguè  lou  baile  Antèume  en  intrant  au  counsèu. 
«Nautre  erian  claus  dÌDs  nòsti  cledo, 
En  trin  de  móuse  nòsti  fedo; 
3^  E  8U8  li  vàsti  claparedo 

Lis  estello  de  Dieu  clavelavon  lou  cèu. 

53  Uno  amo,  uno  oumbrinello,  un  glàri 
3C6  Frusto  lou  pargue;  de  Teaglàri 

Se  tenon  mut  li  chin,  s'amoulouno  l'avo. 

Parlo-me  donne,  se  siés  bono  auio! 
3«9  Se  siés  marrido,  tourne  i  flamo! 

En  iéu  pensère  ...    A  Nosto-Damo, 
Mèstre,  n'ai  pas  lesi  d'entamena  'n  Ave. 

37«        54     ««Emé  iéu,  iSànti  Mario, 

Res  VÒU  venî  de  la  pastrihoP  .  .  .»» 
Uno  voues  couneigudo  alor  crido.   E  'm'  acò 

375  Tout  s'esvalis  dins  lou  campèstre. 

Quau  Yous  a  pas  di,  noste  mèstre, 
Qu'èro  Mirèio!»    «Acò  pou  èstreP» 

3^®      Tout  lou  mounde  à  la  fes  adounc  fai  sus-lou-cop. 

55     «Mirèio»  !  countuniè  lou  pastre, 
«L'ai  visto  à  la  elarta  dis  astre, 
^1       L'ai  visto,  iéu  vous  dise,  e  m'a  fusa  davans; 


•"  Un  glàri,  voy.  VI,  288  note. 

•"  ss.   Variation  de  la  formule  de  conjuration  (Très.). 

Se  siés  bono  amo,  parlo-me! 

Se  siés  marrido,  avalis-te  (disparais!) 
Dans  la  Revue  des  langues  romanes  IV.  563,  on  trouve  les  vers  : 

Se  ses  de  Tautre,  avalisca,  Satanas, 

Se  ses  bona  causa,  parlas! 
(Si  tu  es  de  l'autre  monde,  disparais,  Satan;  si  tu  es  une  bonne 
chose,  parle!) 

On  exorcise  aussi  par  une  invocation  ou  par  une  prière  à  la  sainte 
Vierge,  à  Notre- ïiame,  quand  on  en  a  le  temps  (voy.  v.  370  s.). 


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200  CANT  HOUVEN. 

L'ai  visto,  noun  plus  talo  qu'èro, 
Mai,  dÎDs  sa  caro  tristu  e  fèro, 
^^  Se  couneissié  que,  sus  la  terro, 

Ud  cousent  desplesi  ié  dounavo  lou  vanc!» 

56     D'entendre  la  debalausido, 
3®"^  Entre  si  man  enterrousido 

Lis  orne  en  gémissent  piquèron  à  la  fes. 
«I  Santo  menas-me  lèu,  drôle!» 
8^  Crido  la  pauro  maire:  «vole, 

Ounte  que  vague,  ounte  que  vole, 
Segui  moun  auceloun,  moun  perdigau  de  grès!» 

3^3        57     Se  li  fournigo  Tagarrisson, 

Fin-que  d'une,  mi  dent  que  trisson, 
Manjaran,  trissaran  fournigo  e  fourniguié! 

8««  Se  l'abramado  Mort-Peleto 

Te  voulié  torse,  iéu  souleto 
Embrecarai  sa  daio  bleto, 

8^^      E  dóu  tèms,  fugiras  à  travès  li  jounquié!» 

58  E  pèr  lou  champ,  Jano-Marlo, 
Que  la  cregnènço  desvarlo, 

*^      Semenavo  en  courront  si  desvaga  prejit. 
«Carretié,  tèndo  la  carreto, 
Vougne  l'eissiéu,  bagno  li  freto 
^0«^  E  lèu  atalo  la  Moureto, 

Qu'es  tard,»  disié  lou  mèstre,   <e  qu'avèn  long  trejit!» 

59  E  sus  lou  càrri  bacelaire 
*o®               JaDo-Maiio  mounto,  e  l'aire 

S'emplissié  mai-que-mai  d'estrambord  pietadous: 
«Ma  belle  mignoto  !  .  .  .  Clapouiro, 
***  Erme  de  Crau,  vàsti  sansouiro, 

A  ma  chatouno  que  langouiro, 
Emai  tu,  souleias,  fugues  amistadous!  .  .  . 


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Ii'ábsbmblado.  201 

^^*        60    Mai  rabouminablo  mandrouno 

Que  póutirè  díns  soun  androuno 
Ma  chato,  e  de-segur  i'  a  yuja,  V  a  ^mpassa 
^^'^  Si  trassegun  e  si  boucòni, 

Taven!  que  tóuti  li  demòni 

Qu'espaveutèron  Sant  Ântòni, 
^^      Sus  li  roco  di  Baus  te  vagon  tirassa  ! .  .  .  > 

61     Dins  lou  Irraotran  de  la  carreto 

S'esperd  la  voues  de  la  paureto  .  .  . 
*^      E  lis  orne  dóu  mas,  en  espinchant  se  res 
Âpareissié  dins  la  Crau  Huncho, 
Plan  s'entournavon  à  la  juncho  .  .  . 
*2«  Urous,  entre  li  lèio  juncho, 

Li  VÒU  de  mousquihoun  revoulunant  au  fres! 


''*  Allusion  aux  tentations  de  saint  Antoine  si  popnlaires.  Les 
Tilles  d*Arles  et  de  Vienne  se  sont  disputé  longtemps  les  reliques  de  ce 
saint,  apportées  d'Orient  en  980,  par  Josselin,  seigneur  du  Dauphiné, 
et  transportées  à  Arles  au  14*  siècle. 


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CANT  DESEN 

LA  CAMARGO 

Mirèio  pMSO  loa  Rom  dîna  loa  barqa«fc  d*Aiidreloiiii ,    e  coantiOiio   sa   ooano  à  tnrH  la 
Camary o.  ~  Ll  doogan  áón  Rote  «ntre  la  mar  •  Arle.  —  Deterlpdoun  de  la  Caauirgo. 

-  La  oalonr.  —  La  daato  de  la  Ylèlo.  —  Ll  moantiho.  —  Ll  Matooiro.  —  Mirèio  ea 
ensueado  pèr  an  oop  de  soulèn  aiu  H  ribo  de  Peatang  don  Yaearéa.  —  Lia  arabi  la 
revènon.  —  La  ronmi^aTO  d'amonr  ae  Uraaao  Juaqa'à  la  ylèlao  di  Santo.~  La  prefoiero. 

—  La  Teaioan.  —  Dlaeovn  dl  Sàntl  Mario.  —  La  Tanlta  don  bonor  d'aqoaat  moonde, 
la  neeeaaira  e  Ion  mérite  de  la  aoafrènço.  —  Li  Santo,  pèr  ié  referml  Ion  eor,  raoon- 
ton  à  Mirèio  aia  eaproTo  terrèatro. 

1  Desempièi  Arle  jusqu'à  Vènço, 
Escoutas-me,  gènt  de  Prouvènço! 

^       Se  trouvas  que  fai  caud,  ami,  tóutis  eusèn, 
Sus  lou  ribas  di  Durençolo 
Anen  à  sauto-repausolo  ! 
^  E  de  Marsiho  à  Valensolo, 

Que  se  caute  Mirèio  e  se  plagne  VÌDcèn! 

2  Lou  pichot  barquet  feodié  Taigo, 

^  Sèus  mai  de  brut  qu'uDO  palaigo; 

Lou  pichot  Andrelouu  raenavo  lou  barquet; 
E  Famourouso  qu'ai  cantado 
**  Eiii'  Audreloun  s'èro  avastado 

Sus  lou  grand  Rose;  e,  d'assetado, 
Countemplavo  lis  oundo  em'  un  regard  fousquet. 


*  ss.  Apostrophe  épique  aux  lecteurs.  —  Vènço^  citée  par  le  besoin 
de  la  rime,  est  une  vieille  petite  ville  du  dép.  du  Var,  du  côté  d^Antibes, 
qui  conserve  encore  des  restes  de  fortifications  et  qui,  ancien  évêché, 
possède  une  cathédrale  remarquable.  —  Durençolo  (Durançoles) ,  nom 
donné  aux  divers  canaux  dérivés  de  la  Durance.  —  Valensolo  (Valensole). 
petite  ville  des  Basses  Alpes. 


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CANT   DE8BN.      LA   CAMAROO.  203 

*^  3    E  ié  disié  Tenfant  remaire: 

«Vès!  coume  es  large  dins  sa  maire 
Lou  Rose!  .  .  .  Jouveineto,  entre  Camargo  e  Crau, 

^*  Se  ié  farié  de  bèlli  targo! 

Car  aquelo  isclo  es  la  Camargo, 
E  peralin  tant  s^espalargo 

21      Que  dóu  flume  arlaten  vèi  bada  H  sèt  grau.» 

4  Coume  parla vo,  dins  lou  Rose 
Tout  resplendènt  di  trelus  rose 

^*       Que  déjà  lou  matin  i^espandissié,  plan-plan 

Mountayo  de  lahut:  di  vélo 

L'auro  de  mar  gounilant  la  telo, 
^  Li  campejayo  dayans  elo, 

Coume  uno  pastourelle  un  troupèu  d^agnèu  blanc. 

5  0  magnefiqui  souloumbrado  ! 
^                De  frais,  d'aubo  desmesurado 

Miraiavon,  di  bord,  si  pège  blanquinous; 
De  lambrusco  antico,  bestorto, 
^  Tenvertouiavon  si  redorto, 

E  dóu  cimèu  di  branco  forto 
Leissayon  pendoula  si  pampagnoun  sinous. 

^  6    Lou  Rose,  emé  sis  oundo  lasso 

E  dourmihouso  e  tranquilasso, 
Passavo;  e  regretous  dóu  palais  d'Âvignoun, 
3®  Di  farandoulo  e  di  sinfòni, 

Coume  un  grand  vièi  qu'es  à  Tangoni, 

Eu  pareissié  tout  malancòni 
^♦2       D'ana  perdre  à  la  mar  e  sis  aigo  e  soun  noum. 

7     Mai  Tamourouso  qu'ai  cantado 
Sus  lou  dougan  èro  sautado: 
••^        «Caraino,»  lou  pichot  ié  cridavo,   «tant  quo 


•*  F/vme  arlaten  (fleuve  arlésien),  le  Rhône. 
*»  Képétition  du  v.  11. 


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204  CAKT  DE6BN.- 

Trouvaras  de  camin!    Li  Saoto 
A  sa  capello  iniraclanto 
*®  Tout  dre  te  menaran.»    Agaoto, 

Acò  di,  si  dos  remo  e  viro  soun  barquet. 

8     Souto  li  fiò  que  Jud  escampo, 
^^  Mirèio  lampo  e  lampo  e  lampo! 

De  soulèu  en  soulèu  e  d'auro  en  auro,  vèi 
Un  plan-païs  iumèuse;  d^erme 
^*  Que  n'an  à  l'iue  ni  fin  ni  terme; 

De  liuen  en  liuen  e  pèr  tout  germe, 
De  ràri  tamarisso  ...  e  la  mar  que  parèis  .  .  . 

^'^  9     De  tamarisso,  de  counsòudo, 

D'engano,  de  fraumo,  de  sòudo, 
Amàri  pradarié  di  campèstre  marin, 
•^  Ounte  barrulon  li  brau  nègre 

E  li  cavalot  blanc:  alegre, 

Podon  aqui  libramen  segre 
^^       Lou  ventihoun  de  mar  tout  fres  de  pouverin. 

10  La  bluio  capo  souleianto 
S'espandissié,  founso,  brihanto, 

^^        Couronnant  la  palun  de  soun  vaste  countour; 

Dins  la  liunchour  qu'alin  clarejo 

De-fes  un  gabian  voulastrejo; 
®®  De-fes  un  aucelas  oumbrejo, 

Ermito  cambaru  dis  estang  d^alentour. 

11  Es  un  cambet  qu'a  li  pèd  rouge, 

■^2  0  'n  galejoun  qu'espincho,  aurouge, 

E  drèisso  fieramen  soun  noble  oapelut 

*''  8S.  Tamarisso  (tamaris),  engano  (salicorne),  /raumo  (arroche- 
poarpier),  sòi^o  (soude),  végétaux  communs  dans  la  Camargue. 

■'V'  Camhet.  Ce  nom  désigne  plusieurs  oiseaux  de  Tordre  des 
échassiers.  principalement  le  petit  Chevalier  aux  pieds  rouges  (tringa 
gambetta,  Lin.j,  et  le  grand  Chevalier  aux  pieds  rouges  (scolopax  ca- 
Udrix,  Lin.)  —  Lou  galejoun  (bihoreau  ;  ardea  nycticorax,  Lin.)  est  éga- 
lement un  oiseau  de  Tordre  des  échassiers  qu'on  appelle  aussi  m(m> 


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LA   CAMARQO.  205 

Fa  de  très  lòngui  plumo  blanco  .  .  . 
■^^  La  caud  déjà  pameDs  assaDCo: 

Pèr  s'alóugeri,  de  sis  anco 
La  chatouno  desfai  li  bout  de  bouh  fichu. 

■^®         12    E  la  calour,  sèmpre  mai  vivo, 
Sèropre  que  mai  se  recalivo; 
E  dóu  soulèu  que  mounto  à  Tafrèst  dóu  cèu*8ÌD, 

^i  Dóu  souleias  li  rai  e  Fuselé 

Plovon  à  jabo  coume  un  ruscle: 
Sèmblo  un  lioun  que,  dins  soun  ruscle, 

^       Devouris  dóa  regard  li  désert  abissin  ! 

13  Souto  un  fau,  que  farié  bon  jaire! 
Lou  blound  dardai  beluguejaire 

^'^       Faî  parèisse  d'eissame,  e  d'eissame  ferouD, 

D'eissame  de  guèspo,  que  volon, 

MountoD,  davaloD,  e  tremolon, 
^  Goume  de  lamo  que  s'amolon. 

La  roumiéuvo  d^amour  que  lou  lassige  roump 

14  E  que  la  caumo  desaleno, 

^  De  soun  èso  redouno  e  pleno 

A  leva  l'espingolo;  e  soun  sen,  bouleguiéu 
Coume  dos  oundo  bessouneto 
^  Dlns  uno  lindo  fountaneto, 

Sèmblo  d'aquéli  campaneto 
Qu'en  ribo  de  la  mar  blanquejon  dins  l'estiéu. 

^  15     Mai  pau  à  pau,  davans  sa  visto, 

Lou  terradou  se  desentriato; 
E  veici  pau  à  pau  qu'aperalin  se  mòu 


*^/*'  L'auteur  parle  ici  de  la  belle  fleur  qu'on  nomme  en  pro- 
vençal ile  de  mar  (pancratinm  maritimam,  Lin.). 

^/*"  Le  poète  peint  dans  ces  vers  an  mirage,  phénomène  assez 
fréquent  dans  la  Cran  et  dans  la  Camargue.  Il  se  produit  lorsque  les 
vents  d'ouest  ont  rassemblé  les  brouillards  des  marais.  Ces  brouillards, 
en  resserrant  Thorizon,  reflètent  à  une  certaine  distance  tous  les  objets 


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206  CAN'f  DË8EK. 


102 


E  trelusis  ud  grand  clar  d'aigo: 
Li  daladèr,  li  bourtoulaigo, 
Autour  de  Terme  que  s^enaigo, 
105      Orandisson  e  se  fan  un  capèu  d'oumbro  mou. 

16  Ero  uno  yisto  celestino, 

Un  fres  pantai  de  Palestine! 

108      De-long  de  Taigo  bluio  uno  vilo  lèu-lèu 
Alin  s'aubouro,  emé  si  lisso, 
Soun  barri  fort  que  Tempalisso, 

"'  Si  font,  si  glèiso,  si  téulisso, 

Si  clóuchié  loungaru  que  crèisson  au  soulèu. 

17  De  bastimen  e  de  pinello, 
^^^  Emé  si  vélo  blanquinello, 

Intravon  dins  la  darso;  e  lou  vent,  qu'èro  dous, 

Fasié  jouga  sus  li  poumeto 
^^^  Li  bandeîroun  e  li  flameto. 

Mirèio,  emé  sa  man  primeto, 
Eissuguè  de  soun  front  li  degut  aboundous; 

i2<^  •     18     E  de  vèire  tal  espetacle, 

Cujè,  moun  Dieu!  erida  miracle. 
E  de  courre  e  de  courre,  en  cresènt  qu'èro  aqui 

*23  La  toumbo  santo  di  Mario. 

Mai  au-mai  cour,  au-mai  varie 
La  ressemblance  que  l'esbriho, 

'^*      Au-mai  lou  clar  tablèu  de  liuen  se  fai  segui. 


compris  dans  le  cercle  qa'ils  ont  formé  et  en  varient  singnlièrement 
les  aspects,  par  le  léger  monvement  qne  leur  imprime  le  zèphyre.  Le 
mirage  n'est  sensible  qu'à  la  condition  d'avoir  le  soleil  derrière  soi. 
Il  plaît  à  l'auteur  de  l'attribuer  v.  128  au  FantasH  (voy.  VI,  288  note)  ; 
généralement  on  l'attribue,  en  Provence,  à  la  ViHo  (la  Vieille),  qui  dans 
ce  cas  n'est  pas  identique  avec  la  Vino  des  vers  VI,  414  et  VII.  295 
note,  mais  doit  être  prise  pour  une  personnification  de  la  Nature.  Elle 
répond  à  l'antique  Oybèle  ou  à  la  déesse  Hulda  ou  Perahta  de  la  my- 
thologie germanique. 


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ìsA  caMargo.  207 

19  Obro  vano,  sutilo,  alado, 
Lou  Fantasti  Tavié  fielado 

'*^      Em'  UB  rai  de  soulèu,  tencho  emé  lí  coulour 

Di  Divoulun:  sa  tramo  feblo 

Finis  pèr  tremoula,  vèn  treblo 
'32  E  s'esvalis  coume  uno  nèblo. 

Mirèío  rèsto  soulo  e  nèco,  à  la  calour. 

20  E  zóu  iì  camello  de  sablo, 

135  Brulanto,  mouvènto,  ahissablo! 

E  zóu  ]a  grand  sansouiro,  e  sa  crousto  de  sau 
Que  lou  soulèu  boufigo  e  lustro, 
^^  E  que  craeino  e  qu'escalustro  ! 

E  zóu  li  plantasso  palustro, 
Li  canèu,  li  triangle,  estage  di  mouissau! 

'*^        21     Emé  Vincèn  dins  la  pensado, 

Pamens,  dempièi  lòngui  passado, 
Ríbejavo  toujour  Tesmarra  Vacarés; 

'^^  Deja,  deja  di  grandi  Santo 

Yesié  la  glèiso  roussejanto, 
Dins  la  mar  liuencho  e  flouquejanto 

^*''      Crèisse,  coume  un  veissèu  que  poujo  au  ribeirés. 

22  De  Timplacablo  souleiado 
Tout-en-un-cop  l'escandiliudo 

i'o       lé  tanco  dins  lou  front  si  dardaioun:  vès-la, 

0  pecaireto!  que  s'arreno, 

E  que,  long  de  la  mar  sereno, 
i'*^  Toumbo,  ensucado,  sus  Tareno  ... 

O  Crau,  as  toumba  flour!  o  jouvènt,  plouras-la!  .  .  . 

23  Quand  lou  cassaire  de  la  coumbo 
^^                De-long  d'un  riéu  vèi  de  coulounibo 

Que  bevon,  innoucènto,  e  que  s'aliscon,  lèu 


*>•  Sansouiro.    Voy.  IV,  351  note. 
"»  Vacarés.    Voy.  IV,  212  note. 


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208  CAIIT  DBSBH. 

Qu'entre-mitan  li  bouissounaio 
^^®  Emé  80un  armo  vèn  en  aio; 

E  sèmpre  aquelo  qu'eDgrauaio 
Es  la  pu  bello:  ansin  faguè  lou  dur  soulèu. 

i«2        24    La  malurouso  èro  esternido 

Sus  lou  sablas,  estavanido. 
D^asard,  aqui  de  long,  passé  'n  vòu  d'arabi; 
'^^  E  'n  la  vesènt  que  rangoulavo, 

E  soun  blanc  pitre  que  gounflayo, 

E  dóu  rebat  que  la  brulavo 
i«8      Pa3  un  brout  de  mourven  que  vèngue  la  curbi, 

25  Pietousanien  li  mouissaleto 
Fasien  vióuloun  de  sis  aleto 

^■^'      E  zounzounavon  :  «Lèu!  poulido,  lèvo-te! 
Lèvo-te  lèu!  qu'es  trop  malino 
La  caud  de  la  palun  salino!» 

^■^^  E  ié  pougnien  sa  tèsto  clino. 

E  la  mar,  entremen,  de  si  fin  degoutet, 

26  Contro  li  flamo  de  sa  caro 
*'^               Bandissié  l'eigagnolo  amaro. 

Mirèio  se  levé.    Doulènto  e  giugoulant: 
«Ai!  de  ma  tèsto!»  plan-planeto 
'®^  Se  tirasse  la  chatouneto 

E,  d'enganeto  en  enganeto, 

I  Santo  de  la  mar  venguè  balin-balant. 

184        27     E  'mé  de  plour  dins  si  parpello, 

Contro  li  bard  de  la  capello, 
Que  lou  toumple  marin  bagno  de  soun  trespir, 
*^  Piqué  sa  tèsto,  la  paureto! 

E,  sus  lis  alo  de  l'aureto, 

Entanterin  sa  prcguicreto 
189      Veici  coume  eilamount  s'enanavo  en  souspir: 


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LÀ  óAMAbQO.  209 


192 


0  Sànti  Mario, 
Que  poudès  en  flour 
Chanja  nòsti  plour, 
Glinas  làu  Taurihe 
De-vers  ma  doulour! 


^^  II    Quand  veirés,  pecaire! 

Moun  reboulimen 
E  moun  pensamen, 

^^  Vendras  de  moun  caire 

Pietadousamen. 

III     Siéu  uno  chatouno 
^^  Qu'âme  un  jouveînet, 

Lou  bèu  Vincenet! 

léu  Tame,  Santouno, 
^^  De  tout  moun  senet! 


IV     léu  Tame!  iéu  l'arae, 
Coume  lou  valat 
Amo  de  coula, 
Coume  l'aucèu  flame 
Amo  de  voula. 


207 


210 


213 


216 


V    E  volon  qu'amosse 
Aquéu  fiò  nourri 
Que  VÒU  pas  mouri! 
E  volon  que  trosse 
L'amelié  fleuri! 

VI     O  Sànti  Mario, 

Que  poudès  en  flour 
Chanja  nòsti  plour, 
Clinas  lèu  l*auriho 
De- vers  ma  doulour! 


^1*  Voy.  V,  468  note.    Sur  la  versification  de  la  prière  de  Mtrèio 
et  sur  la  strophe  répétée  v.  215—9  et  255—9,  voy.  Introd.  p.  xl. 

14 


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21Ô  CANT   DE8EK- 

VII    D'alin  8iéu  vengudo 
Querre  eici  la  pas. 
222  Ni  Crau,  ni  campas, 

Ni  maire  esmougudo 
Qu'arrèste  mi  pas! 

226  VIII    E  la  souleiado, 

Emé  si  clavèu 

E  sis  arnavèu, 
2t8  La  sente,  à  raiado, 

Que  poun  moun  cervèu. 

IX    Mai,  poudès  me  crèire! 

281  Dounas-me  Vincèn, 

E  gai  e  risènt, 
Vendren  vous  revèire 

284  Tóuti  dous  ensèn. 

X     L'estras  de  mi  tempe 
Alor  calara; 
287  E  dóu  grand  ploura 

Moun  regard  qu'es  trempe 
De  gau  lusira. 

240  XI    Moun  paire  s'oupauso 

A-n-aquel  acord: 
De  touca  soun  cor, 

243  Vous  es  pau  de  cause, 

Bèlli  Santo  d'or! 

XII     Emai  fugue  dure 
246  L'oulivo,  lou  vent 

Que  boufo  is  Avènt, 
Paraens  Tamadui^o 
24Ô  Au  poun  que  counvèn. 


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La.  camarg^o. 


211 


252 


xm    La  nèspo,  Tasperbo, 
Tant  aspro  au  culi 
Que  fan  tressali, 
Fa  proun  d'un  pau  d'erbo 
Pèr  li  remouli! 


255 


258 


XIV     0  Sànti  Mario, 

Que  poudès  en  flour 
Chanja  nòsti  plour, 
Clinas  lèu  Tauribo 
De-vers  ma  doulour! 


261 


264 


267 


XV    Ai  de  farfantello? 

Qu'es P  ...  lou  paradis? 
La  glèiso  grandis, 
Un  baren  d'estello 
Amount  s'espandis  ! 

XVI     0  iéu  benurouso! 

Li  Santo,  rooun  Dieu! 
Dins  Ter  sènso  niéu 
Davalon,  courouso, 
Davalou  vers  iéu  !.. . 


270 


273 


276 


279 


XVII     0  bèlli  patrouno, 

Es  vous,  bèn  verai  ! . . . 
Escoundès  li  rai 
De  vôsti  courouno, 
0  iéu  mourirai! 

xviii    Vosto  voues  m'apello  ?  . . 
Que  noun  vous  neblas, 
Que  mis  iue  soun  las  ! . . 
Mounte  es  la  capelloP 
Santo  ! . . .  me  parlas  ?  .  . 


■••/*  On  fait  mûrir  et  ramollir  sur  de  la  paille  les  nèfles  (nèspo) 
et  les  cormes  (asperbo). 

14* 


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212  cakt  dësêm. 

28  E  dins  l'estàsi  que  l'emporto 
DesaleDado,  mita  morto, 

*®^      MirèiOy  d'à-geinoun^  èro  aqui  sus  li  bard, 

Li  bras  en  Ter,  la  tèsto  à  rèire; 

E  dÌDS  li  porto  de  Sant  Pèire 
•®^  Sis  îue  fissa  pareissien  vèire 

L'autre  mounde,  à  travès  la  teleto  de  car. 

29  A  si  bouqueto  que  soun  mudo; 
^^  Sa  caro  bello  se  tremudo, 

E  soun  amo  e  soun  cors  dÌDS  la  countemplacioun 

Nadon  estabousi:  dins  TAubo 
^*  Que  cencho  d'or  lou  front  dis  aubo. 

Palis  de  même  e  se  derraubo 
Lou  lume  que  vihavo  un  ome  en  perdicioun. 

294        30    Très  femo  de  bèuta  divine, 

Pèr  un  draiou  d'estello  fino, 
Davalavon  d'amount;  e  courae,  au  jour  levant, 
*^"  Un  escabot  se  destroupello, 

Lis  aut  pieloun  de  la  capello 

Emé  l'arcèu  que  l'encapello, 
5^      Pèr  ié  durbi  camin,  se  garavon  davans. 

31     E,  dins  rèr  linde  blanquinouso, 
Li  très  Mario  lumineuse 
803      Davalavon  d'amount:  uno,  contro  soun  sen, 
Tenié  sarra  'n  vas  d'alabastre; 
E,  dins  li  niue  sereno,  l'astre 
^^  Que  douçamen  fai  lume  i  pastre, 

Pou  retraire  soulet  soun  front  paradisen! 

•••  Quand  un  homme  est  à  Tagonie  {en  perdicioun),  on  laisse  toute 
la  nuit  une  lampe  allumée  à  côté  de  lui. 

*^  ss.  Mirèlo  voit,  dans  son  extase,  et  le  poète  décrit  les  saintes 
Maries  comme  elles  sont  figurées  dans  les  images  populaires  qui  les  re- 
présentent. —  Le  vase  d'albâtre  {vas  d'alahastre)  répond  à  quelque  al- 
lusion èvangélique.  (Dans  les  litanies  chantées,  au  mois  de  mai.  dans 
les  églises  catholiques,  sainte  Marie,  mère  de  Dieu,  est  appelée:  v<ise 
d'ivoire). 


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LA  CAMABQO,  213 

32    I  jo  de  l'auro  la  segoundo 
•^  Laisso  ana  si  treneto  bloundo, 

E  camino  moudèsto,  un  rampau  à  la  roan; 
La  treseDco,  jouineto  encaro, 
^'^  De  sa  blanco  tnantiho  claro 

Escoundié  'n  pau  sa  bru  no  caro, 
E  si  négri  vistoun  lusien  mai  que  diamaut. 

''^       33     Vers  la  doulènto  quaud  fuguèron, 

En  dessus  d'elo  se  tenguèron, 
Inmoubilo,  e'm'acò  ié  parlavon.    Tant  dous 
^*®  E  clarinèu  èro  soun  dire, 

E  tant  afable  soun  sourrire, 

Que  lis  espino  dóu  martire 
^^^      Flourissien  dins  Mirèio  en  soûlas  aboundous. 

34  «Assolo-te,  pauro  Mirèio: 
Sian  li  Mario  de  Judèio! 

***      Assolo-te!»  fasien,  «sian  lî  Santo  di  Baus! 

Assolo-te!  sian  li  patrouno 

De  la  barqueto,  qu'envirouno 
**-*''  Lou  trigos  de  la  mar  ferouno, 

E  la  mar,  quand  nous  vèi,  retoumbo  lèu  à  paus! 

35  Mai,  que  ta  visto  amount  s'estaque! 
^^               Veses  lou  camin  de  Sant  Jaque  P 

Adès  i'erian  ensèn,  alin  de  Pautre  bout; 

Regardayian,  dins  lis  estello, 
®^  Li  proucessioun  que  van,  fidèlo. 

En  roumavage  à  Coumpoustello 
Prega,  sus  soun  toumbèu,  noste  fiéu  e  nebout. 

^^        36    E  'scoutavian  li  letanio. 

E  lou  murmur  di  fountaniho, 


'"  La  tresenco  (la  troisième)  est  sainte  Sara,  patronne  des  Bo- 
hémiens de  Provence.    Voy.  I,  352  et  X,  *)  notes. 
"*  Li  Santo  di  Baus.    Voy.  I,  352  note. 


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214  CANT   DB8EN. 

Lou  balans  di  campano  e  lou  déclin  dóu  jour 
58^  E  li  roumiéu  pèr  la  campagne, 

Tout  rendié  glòrì  de  coumpagno 

A  TApoustoli  de  TEspagno, 
^^      Noste  fiéu  e  nebout,  Sant  Jaque  lou  Majour. 

37  E,  benurouso  de  la  glòri 
Que  remountavo  à  sa  memòri, 

^^      Sus  lou  front  di  roumiéu  mandavian  lou  bagnun 

DÓU  serenau,  e  dedins  Tamo 

lé  yujavian  joio  e  calamo. 
w®  Pougnènt  coume  de  jit  de  flamo, 

Es  alor  que  vers  nautre  an  mounta  ti  plagnun. 

38  0  chatouno,  ta  fe  's  di  grande; 
3^^               Mai,  que  nous  peson  ti  demande! 

Vos  béure,  dessenado,  i  font  de  Tamour  pur! 
Dessenado,  avant  qu'èstre  morte, 
*^  Vos  assaja  la  vide  forte 

Que  dins  Dieu  même  nous  trasporto! 
Dempièi  queuro  as  avau  rescountra  lou  bonurP 

3"        39     L'as  vist  dins  Tome  riche?    Gounfle, 
Estaleuira  dins  soun  trieunfle, 
Nègo  Dieu  dins  soun  cor  e  tèn  tout  lou  camin; 

8«o  Mai,  quand  es  plen,  toumbo  Tiruge; 

E  que  farà  de  soun  gounfluge, 
Quand  se  voira  davans  lou  Juge 

^^      Que  dins  Jerusalèn  intravo  su'n  saumin? 

40     L'as  vist  au  front  de  la  jacudo, 

Quand  de  soun  la,  toute  esmougudo, 
336      Porge  lou  proumié  rai  à  soun  enfantounet? 
l'a  proun  d'une  malo  tetado; 
E,  sus  la  brèsso  descatade, 
^^  Regarde-la,  deapeutentado, 

Que  pouteunejo  mort  soun  paure  picheunet! 


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LA  CAMABGO.  215 

41     L'as  vist  au  front  de  la  nouvieto, 
^^^  Quand,  plan-planet,  dins  la  draieto 

Caminavo  à  la  glèiso  emé  soun  nòvì  P  . . .  Yai, 
Pèr  lou.  parèu  que  lou  chaupino, 
^''^  Aquéu  draiòu  a  mai  d'espino 

Que  Tagrenas  de  la  champino, 
Car  tout  n'es  eilavau  qu'esprovo  e  long  travail 

S78       42    E  'ilavau  Toundo  la  pu  claro, 

Quand  Tas  begudo,  vèn  amaro; 
Eilavau  nais  lou  verme  emé  lou  fru  nuuvèu, 
^'  E  tout  degruno,  e  tout  se  gasto  .  .  . 

As  bèu  chausi  sus  la  banasto: 

L'arange,  tant  dous  à  la  tasto, 
^^      A  la  longo  dóu  tèms  vendra  coume  de  fèu! 

43  E  tau,  te  semble  que  respiron, 

Dins  voste  mounde,  que  souspiron  ! . . . 

^'      Mai  quau  sara  'nvejous  de  béure  à-n-un  sourgènt 
Que  noun  s'agote  e  se  courroumpe, 
En  soufrissènt,  que  se  lou  croumpe! 

••^  Fau  que  la  pèiro  en  tros  se  roumpe, 

Se  voulès  n'en  tira  la  paiolo  d'argent. 

44  Urous  adounc  quau  pren  li  peno 
^^  E  quau  en  bèn  fasènt  s'abeno; 

E  quau  plouro,  en  vesènt  ploura  lis  autre;  e  quau 

Trais  lou  mantèu  de  sis  espalo 
3^  Sus  la  pauriho  nuso  e  palo; 

E  quau  'mé  l'umble  se  rebalo 
E  pèr  l'afrejouli  fai  lampa  soun  fougau! 

399        45     E  Iqu  grand  mot  que  l'orne  óublido, 

Ve-1'eici:  La  mort  es  la  vido! 
E  li  simple  e  li  bon  e  li  dous,  benura! 
*02  Emé  l'aflat  d'un  vent  sutile, 

Amount  s'envoularan  tranquile, 

E  quitaran,  blanc  coume  d'ile, 
*o^      Un  mounde  ounte  li  Sant  soun  de-longo  aqueira! 


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216  CAHT  DESEir.      LA   CAMàROO. 

46  Tambèn,  oh!  se  yesiés,  Mirèio, 
Pereiçamount  de  l'empirèio, 

*08      Coume  voste  univers  nous  parèis  marridoun, 
E  folo  e  pleno  de  misèri         « 
Yòstís  ardour  pèr  la  matòrí 

*"  E  vòsti  pou  dóu  cementèri! 

0  pauro!  belariés  la  mort  e  lou  perdoun! 

47  Mai,  de  davans  que  lou  bla  'spigue, 
*'*  En  terro  fau  que  rebouligue! 

Es  la  lèi  .  .  .   Emai  nautre,  avans  d'avé  de  rai, 
Avèn  begu  l'aigre  abéurage; 
*^''  E  pèr  enfin  que  toun  courage 

Prengue  d'aleu,  de  noste  viage 

Voulèn  te  racounta  lis  àrsi  e  lis  esfrai.» 

**o        48     E  se  teisèroD  li  très  Santo. 

E  lis  ouûdado  caressante, 
Pèr  escouta,  courrien  de-long  dóu  ribeirés 
^^  A  troupelado.    Li  piuedo 

Faguèron  signe  à  la  vernedo, 

E  li  gabian  e  lis  anedo 
426      Yeguèron  s'amata  l'inmènse  Vacarés. 

49     E  lou  soulèu  emé  la  luno, 

Dins  la  liunchour  que  s'empaluno, 
42«      Adourèron,  clinant  si  frountas  cremesin; 
E  la  Camargo  salabrouso 
Trefouliguè  ! . . .  Li  Benurouso, 
^^^  Pèr  donna  voie  à  l'amourouso, 

Au  bout  d'un  rooumenet  coumencèron  ansin: 


*••   L'inmènse  Vacarés.    Voy.  IV,  212  note. 


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CANT  VOUNGEN 

LI  SANTO  >) 

U  Sàati  Mario  raoontont  qn'aprèf  1»  sort  don  Criât,  tagnèron  enbaiidido ,  «mé  «Pàntrl 
diidple,  à  la  b«llo  eUscrro  de  U  mar,  e  qa'abonrdteoii  en  Proi&TènfO,  e  que  eonn- 
▼ertifiièron  U  pople  d*aquelo  eneountrado.  —  La  navif adoon.  —  La  teoipèeto.  —  Arri- 
bado  A-n-Arle  di  eant  deepatrla.  —  Arle  ronman.  —  La  fèeto  de  Yenoe.  —  Seroioui 
de  sant  Treftiae.  —  CouBTertlonn  dit  Arlatea.  —  U  Taraseounen  Tenon  imploora  Ion 
eeeovre  de  Saato  Xarto.  —  La  Taraeeo.  —  Sant  Xaroiaa  à  Llmofe  ;  Sant  SaTonmln 
à  Toolonao  ;  Sant  Bitròpl  en  Avreqjo.  —  Santo  Marto  doomto  la  Taraeeo,  e  plèl  ooon* 
Tertie  ATlgnonn.  —  La  papanta  en  ATlfnonn.  —  Sant  Lasârl  à  Xarelho.  —  Santo 
Xadaleno  dlns  la  lianaio.  —  Sant  Maseemln  à-t-AU.  —  LI  BAntl  Mario  I  Baue.  ~  Lon 
rèl  Belnié.  —  La  Pronjènço  nnldo  A  la  Franco.  —  Mlràlo,  Tierfe  e  martfaro. 

1     «L'aubre  de  la  crous,  o  Mirèio, 
Sus  la  mountagno  de  Judèio 
^         Èro  encaro  planta:  dre  sus  Jerusalèn, 
£  dóu  sang  de  Dieu  encaro  ime, 
Cridavo  à  la  ciéuta  dóu  crime, 
^  Endourmido  avau  dins  l'abîme: 

Que  n'as  fa,  que  n'as  fa  dóu  rèi  de  Betelèn? 


^)  Voy.  1, 362  note.  Voici  comment  M.  Mariéton,  La  Terre  provençale 
(Paris  1890),  p.  207  ss.,  rêsnme  le  culte  des  saintes  Maries  à  Tantiqae  Vilia 
de  la  Mar  (les  Saintes),  avec  les  recherches  d'émditîon  que  son  objet  même 
a  inspirées  :  «Le  testament  de  rarchevêqne  d'Arles,  saint  Cèsaire  (542),  fait 
mention  d'nn  territoire  où  se  trouve  Téglise  de  Notre-Dame-de-la-Barque 
(Sancta  Maria  de  ratûi),  ce  qui  est  confirmé  par  le  testament  d'un  comte 
de  Provence,  en  992.  A  la  fin  du  12«  siècle,  le  gouverneur  du  royaume 
d'Arles,  le  «maréchal»  Gervais  de  Tilbury  parle  aussi  dans  ses  'Loisirs 
de  rSmpire'  (Otia  Imperialia)  de  la  sépulture  des  Deux  Maries  &  Notre- 
Dame-de-la-Mer.  Un  siècle  encore,  et  un  évêque  de  Mende,  légat  du 
Pape  an  concile  de  Lyon,  citera  un  autel  en  terre  'qu'élevèrent  en  ce 
lieu  Marie-Madeleine,  Marie  Jacobé  et  Marie  Salomé../  On  le  montre 
toujours,  à  l'église  des  Saintes.    Durant  le  moyen  âge  cet  autel  des 


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218  CANT  VOUHGBN. 

2    E  di  carriero  apasimado 
^  Mountayon  plus  li  grand  bramado; 

Lou  CedrouD  tout  soulet  gingoulavo  eîlalin; 
E  lou  Jourdan,  de  languitudo, 
*2  S'anavo  escoundre  i  soulitudo, 

Pèr  desgounfla  si  plaguitudo 
A  Toumbro  di  rastencle  e  di  yerd  peteliu. 

^^  3     E  lou  paure  pople  èro  triste, 

Car  vesié  bèn  qu'èro  soun  Criste 
Âquéu  que  de  la  toumbo  aussant  lou  curbecèu, 

^^  .      Â  si  coumpagno,  à  si  cresèire, 

Èro  tourna  se  faire  vèire, 
E  pièi,  leissant  li  clau  à  Pèire, 

*^       S'èro  Goume  un  eigloun  enaura  dins  lou  cèu! 


Saintes  fat  l'objet  de  grandes  dévotions.  On  ferait  an  livre  carieax  de 
ces  pèlerinages  et  des  miracles  qui  s'y  virent.  Un  carme^  Jean  de  Venette, 
a  chanté  dans  son  poème  des  Trois  Maries^  la  gnérison  merveilleuse 
de  Mons  Pierre  de  Nantes,  évéqne  de  8aint-Pol-de-Léon,  lequel  avait,  en 
reconnaissance,  élevé  trois  chapelles  aux  Saintes,  à  Saint-Pierre  de  Nantes, 
an  Val  des  Écoliers  et  aa  couvent  des  Carmes  de  Paris ...  En  1448,  le 
roi  Eené,  sortant  d'entendre  un  sermon  en  l'honneur  des  saintes  Maries, 
jura  de  retrouver  leurs  ossements.  Son  confesseur,  Adhémar  de  Comte, 
lui  montra  un  vieux  manuscrit  qui  affirmait  que  Marie  Jacobé  et  Marie 
Salomé  avaient  été  inhumées  à  Notre-Dame- de-la-Mer,  et  cachées  au  temps 
des  invasions.  Avant  de  commencer  les  recherches,  le  roi  s'adressa  au 
pape,  qui  désigna  pour  y  présider  l'archevêque  d'Aix,  Robert  Damiens, 
et  Nicolas  de  Brancas,  évéque  de  Marseille.  Le  chevalier  d^Arlatan 
dirigea  les  fouilles.  On  tÂtonna  longtemps  sous  le  chœur  de  Tégliae, 
où  une  petite  salle  fut  découverte  dont  est  faite  la  crypte  de  sainte  Sara, 
patronne  des  Bohémiens.  Enfin  sous  l'autel,  du  côté  de  l'Évangile,  les 
ossements  de  deux  corps  humains  apparurent,  soigneusement  protégés 
par  de  petites  pierres.  Une  odeur  suave,  dit  le  procès-verbal,  accom- 
pagna leur  mise  au  jour.  Nul  doute  que  ce  ne  fussent  les  reliques^mêmes 
des  Saintes.  Le  roi  René,  ayant  obtenu  du  pape  de  procéder  à  leur 
élévation,  Nicolas  Y  désigna  le  cardinal  de  Foix,  son  légat  d'Avignon, 
pour  vérifier  les  incidents  de  la  découverte.  Enfin,  le  2  décembre  de  la 
même  année,  le  roi,  suivi  de  sa  fille,  Isabelle  de  Lorraine,  de  Frédéric 
de  Lorraine,  son  gendre,  et  du  sénéchal  de  Provence,  avec  le  légat  en- 


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LI  BASTO.  219 

4  Ah!  lou  plagDÌen,  dius  la  Judèio, 
Lou  bètt  fustié  de  Galilèio! 

^^        Lou  fufitié  di  peu  blound  qu'amansissié  li  cor 

Emé  lou  mèu  di  parabolo, 

£  qu'à  bel  èime  sus  li  colo 
^  Li  nourrissié  'mé  de  caudolo 

E  toucavo  si  ladre  e  revenié  si  mort! 

5  Mai  li  dóutour,  li  rèi,  li  prèire, 
^  Toute  la  chourmo  di  vendèire 


tome  de  douze  prélats»  se  rassemblèrent  aux  Saintes-Mariés  en  grande 
solennité.  Le  P.  Adhémar  de  Comte  prononça  le  panégyrique,  et  le  len- 
demain, la  châsse  des  Saintes  fut  élevée  devant  le  peuple  à  la  chapelle 
supérieure  de  Téglise,  où  elle  est  encore  déposée,  —  dans  le  même  coffret 
de  noyer,  couvert  de  peintures  pieuses. 

La  question  de  la  venue  des  Saintes  Maries  en  Camargue  repose 
toute  sur  l'intérêt  supérieur  de  Thistoire  du  christianisme  en  Gaule* 
L'abbè  Faillon ...  a  plaidé  savamment  en  faveur  de  la  venue  en  Provence 
des  témoins  de  la  Passion,  c'est-à-dire  pour  l'implantation  de  la  Croix, 
dès  le  l«r  siècle  {Monuments  inédits  de  l'apastoïai  de  sainte  Madeleine, 
2  vol.  in-4^  1862).  Il  existe  dans  ce  même  sens  nne  lettre  de  feu  Paulin 
Paris  &  rhistorien  de  l'église  du  Velay,  M.  Frugère,  datée  de  1868: 

'Il  est  moralement  impossible',  dit  l'illustre  savant,  'que  les  Gaules, 
centre  des  écoles  philosophiques  et  littéraires  dans  les  premiers  siècles, 
les  Gaules  où  les  jeunes  Komains  qui  voulaient  se  perfectionner  dans 
l'éloquence  et  les  belles-lettres  étaient  envoyés  soit  à  Bordeaux,  soit  à 
Marseille,  à  Lyon,  k  Arles,  etc.,  il  est  impossible,  dis-je,  d'admettre  que 
la  foi  nouvelle  n'y  ait  pas  été  préchée  dès  le  temps  des  premiers  papes, 
et  que  l'Allemagne,  l'Espagne,  l'Angleterre  en  aient  reçu  le  bienfait 
avant  elles  ...  II  n'en  serait  pas  moins  démontré,  aux  yeux  de  tout 
critique  non  prévenu,  que  le  christianisme  a  été  apporté  chez  nous,  non 
à  la  fin  du  3«  siècle,  mais  dès  le  temps  de  saint  Clément' 

Vers  la  même  date,  un  conseiller  à  la  cour  de  Douai,  M.  Taillar, 
battait  en  brèche  tout  l'édifice  de  l'abbé  Faillon,  pour  placer  à  la  fin 
du  3«  siècle  l'introduction  de  l'Évangile  parmi  nous  {Essai  sur  Vorigine 
et  le  développement  du  christianisme  dans  les  Gaules,  Bulletin  monumental, 
1866).  Cette  opinion  est  assez  généralement  partagée.  Tout  récemment, 
le  docte  M.  Leblant,  dans  le  dernier  tome  de  son  Épigraphie  chrétienne 
de  la  Gaule,  présente  des  inscriptions*  où  la  belle  influence  grecque  est 
encore  sensible,  et  qui  nous  ramèneraient  au  l»'  siècle.» 


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220  CAIÍT   VOUNGBN. 

Que  de  soun  temple  sant  lou  mèstre  ayìá  cassa: 
«Quau  poudra  teni  la  pauriho^» 
*•  Se  murmurèron  à  l'auribo, 

«Se  dins  Sioun  e  Samario, 
Lou  lume  de  la  Orous  n'es  pas  lèu  amoussaP» 

^^  6     Alor  li  ràbi  s'encagnèron, 

E  li  martìre  temounièron  : 
Alor  l'un,  coume  Estève,  èro  aqueìra  tout  viéu, 
3*  Jaque  espiravo  pèr  l'espaso, 

D'autre,  engrana  souto  uno  graso  ! . . . 

Mai  sout  lou  ferre  o  dins  la  braso, 
;**       Tout  cridavo  en  mourènt:  ««0,  Jèsu  's  Fiéu  de  Diéu!>» 

7  Nautre,  li  sorre  emé  li  fraire, 
Que  lou  seguian  pèr  tout  terraire, 

^s       Sus  uno  ratamalo,  i  furour  de  la  mar, 

E  sènso  velo  e  sènso  remo, 

Fuguerian  embandi.   Li  femo, 
^  Toumbavîan  un  riéu  de  lagremo; 

Lis  ome  vers  lou  cèu  pourtavon  soun  regard. 

8  Deja,  deja  vesèn  s'encourre 
^^  Ouliveto,  palais  e  tourre; 

Vesèn  de  l'aut  Carmel  li  serre  e  lis  estras 
Qu'àperalin  fasien  la  gibo. 
^  Tout-d'un-cop  un  crid  nous  arribo: 

Nous  reviran,  e  sus  la  ribo 
Vesèn  uno  chatouno.    Aubouravo  si  bras, 

^'^  9     En  nous  cridant,  toute  afougado: 

««Oh!  meuas-me  dins  la  barcado, 
Mestresso,  menas-me!    Pèr  Jèsu,  iéu  peréu, 
^  Vole  mouri  de  mort  aroaro!>> 

Ero  nosto  servènto  Saro; 

E  dins  lou  cèu  la  veses  aro 
^^        Que  lou  front  ié  lusis  coume  uno  aubo  d'Abréu. 


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LI  BANTO.  221 

10  Liuei)  d^aqui  Panguieloun  nous  tiro; 
Mai  âaloutnè,  que  Dieu  ispiro, 

^       Is  erao  de  la  mar  a  jita  soun  velet . . . 

0  pouderouso  fe  ! . . .  sus  Poundo 

Que  sautourlejo,  bluio  e  bloundo, 
^  La  chato,  que  noun  se  prefoundo, 

Yenguè  dóu  ribeirés  à  noste  veisselet; 

11  E  Fanguieloun  la  campejavo 
^*  E  lou  velet  la  carrejavo. 

Pamens,  quand  dins  la  fousco  eilaliu  veguerian 
Cimo  à  cha  cimo  desparèisse 
^^  Lou  <}ou8  pais  e  la  niar  crèisse, 

Fau  Tesprouva  pèr  lou  counèisse, 
Lou  langui  segrenous  qu'alor  sentiguerian  I 

^®         12     Adieu!  adieu,  terro  sacrado! 

Adieu!    Judèio  mal  astrado, 
Que  coussaies  ti  juste  e  clavelles  toun  Dieu! 
®^  Aro,  ti  vigno  emé  ti  dàtî 

Di  rous  lioun  saran  lou  pàti, 

E  ti  muraio,  lou  recàti 
^       Di  serpatas  ! . . .    Adieu,  patrie,  adieu,  adieu  ! 

13     Une  yentado  tempestouso 
Sus  la  marine  sóuvertouso 
®'       Couchavo  lou  batèu:    Marciau  e  Savournin 
Soun  ageinouia  sus  la  poupo; 
Apensamenti,  dins  sa  roupo 
^  Lou  vièi  Trefume  s'agouloupo  ; 

Contre  eu  ère  asseta  Tevesque  Massemin. 

^"^  88.  Marciau,  saint  Martial,  apôtre  de  TAquitaine  et  patron  de 
Limoges  dont  il  fnt  le  premier  évêque,  à  la  fin  du  l^'  siècle.  —  Savournin, 
saint  Saturnin,  premier  évêque  de  Toulouse,  martyrisé  vers  257.  — 
Trefume,  saint  Trophine  (v.  90),  premier  évêque  d'Arles.  Voy.  VI,  321 
et  645  notes,  et  XI,  258  ss.  La  copie  d'une  Vie  de  ce  saint ,  en  vers 
provençaux  du  14*  siècle,  se  trouve  à  la  bibliothèque  de  TArsenal  à  Paris 
(ma.  frç.  13514).   Sur  les  publications  de  ce  texte,  voy.  Stimming,  dans 


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222  CANT   VOtINGBK. 

14    Dre  sus  lou  tèume,  aquéu  Lazàri 
^^  Que  de  la  toumbo  e  dóu  susàri 

Avié  'ncaro  garda  la  mourtalo  palour, 

Semble  afrounta  lou  gourg  que  reno: 

le  Grundriss  der  romanischen  Philologie,  II,  40  ss.  (Strasbourg  J 
Massemin,  saint  Maximin  (y.  91),  qui  a  donné  son  nom  à  la  petite  ville 
de  ce  nom  (Var),  dont  Têgiise  monumentale  contient,  dans  sa  crypte 
très  ancienne,  les  sarcophages  de  notre  saint,  de  sainte  Madeleine,  de 
sainte  Marcelle  et  de  saint  Sidoine.  —  Lazàri,  saint  Lazare  (y.  92), 
premier  èyêqne  de  Marseille.  Le  corps  de  saint  Lazare  fut  transporté 
à  Autnn  pendant  les  invasions  sarrasines;  mais  la  tête  resta,  dit-on,  à 
Marseille,  où  elle  est  encore  honorée.  —  Marto,  sainte  Marthe  (v.  97). 
Voy.  I,  303  et  XI,  375  notes.  —  Madaleno,  sainte  Marie-Madeleine.  Ses 
reliques  sont  encore  honorées  dans  Téglise  de  Saint -Maximin.  Voy.  Y, 
407  note,  et  cf.  Chahaneau,  Sainte  Marie- Madeleine  dans  la  littérature 
provençale,  Paris  1887.  —  Estropi,  saint  Eutrope  (v.  100),  premier  évéque 
d'Orange.  —  Sidòni,  saint  Sidoine,  successeur  de  saint  Maximin  à  Tépis- 
copat  d'Aix.  Selon  les  légendes,  saint  Sidoine  ne  serait  autre  que  Ce- 
lidoniuB,  Chélidoine,  l'aveugle- né  de  l'Évangile.  Cf.  v.  359.  —  Jôusè 
d'Arimatïo,  Joseph  d'Arimathie  (v.  101),  que  d'autres  légendes  font  par- 
venir en  Bretagne  et  qui  est  mis  en  rapport  avec  la  tradition  du  Saint 
Graal  (voy.  la  littérature  dans  Goedeke,  Grundriss  der  Geschicfite  der 
deutschen  Dichtung  I,  77  s.).  —  Marcello,  sainte  Marcelle,  compagne  ou 
servante  de  sainte  Marthe,  honorée  à  Tarascon  (-sur-Rhône).  —  Cleoun, 
disciple  de  Jésus-Christ,  qui,  selon  la  légende,  évangélisa  Toulon.  —  La 
liste  de  ces  saints  est  empruntée  par  Tauteur  à  un  vieux»  cantique 
français,  dont  voici  le  texte: 

Entrez,  Sara,  dans  la  nacelle, 
Lazare,  Marthe  et  Maximin, 
Cléon,  Trophime,  Saturnin, 
Les  trois  Maries  et  Marcelle, 
Eutrope  et  Martial,  Sidoine  avec  Joseph. 
Vous  périrez  dans  cette  nef! 

Allez  sans  voile  et  sans  cordage, 
Sans  mât,  sans  ancre,  sans  timon. 
Sans  aliment,  sans  aviron. 
Allez  faire  un  triste  naufrage! 
Retirez-vous  d'ici,  laissez-nous  en  repos, 
Allez  crever  parmi  les  îlots! 

Mistral  a  trouvé  ce  texte  dans  un  recueil  de  cantiques  intitulé: 
L\ime  dévote,  datant  du  17«  siècle  et  très  populaire  autrefois. 


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LI  8À1ÎT0.  223 

^  Em'  eu  la  nau  perdudo  enmeiio 

Mario,  sa  sorre,  e  MadaleDO, 
Coucbado  en  un  cantoun,  que  plouro  sa  doulour. 

^         15     La  nau,  que  buton  li  demòni, 

Meno  Estròpi,  meno  Sìdòní, 
Jóusè  d'Arimatìo  e  Marcello  e  Cleoun; 
'^  E,  d'apiela  sus  lis  escaume, 

Au  silènci  dóu  blu  reiaume 

Fasien  ausi  lou  cant  di  saume 
^^      E  'nsèn  répéta vian  :  Laudamus  te  Deum  ! 

16  Oh!  dins  lis  aigo  belugueto 
Coume  landavo  la  barqueto! 

'*      Nous  sèmblo  enca  de  vèire  aquéli  fouletoun 

Que  retoursien  en  revoulino 

Lou  pouverèu  de  la  toumplino, 
^11  Pièi,  en  coulouno  mistoullno, 

S^esvalissien  alin  coume  d'esperitoun. 

17  De  la  mar  lou  soulèu  niountavo 
11^  E  dins  la  mar  se  recatavo; 

E,  toujour  emplana  sus  la  vasto  aigo-sau, 

Courrian  toujour  la  bello  elsservo. 
*'*'  Mai  dis  estèu  Dieu  nous  preservo, 

Car  dins  si  visto  nous  reserro 
Pèr  adurre  à  sa  lèi  li  pople  prouvençau. 

1*®        18     Un  matin  sus  tóuti  lis  autre, 

Fasié  tèms  sol:  de  davans  nautre 
Yesian  courre  la  niue  'mé  soun  lume  à  la  man, 


^"  Les  esperitaun  (esprits),  dans  la  bouche  des  Saintes,  pourraient 
surprendre.  Il  ne  faut  pas  oublier  que,  durant  tout  le  Chant,  les  Saintes 
parlent  &  Mireille  dans  la  langue  de  son  intellectualité. 

^"  La  niue  'mé  soun  lume  à  la  man  (la  nuit  avec  sa  lampe  à  la 
main).  Cf.  l'expression  :  le  flambeau  du  jour.  'La  lampe  à  la  main'  est 
amené  par  la  comparaison  qui  suit  :  coume  uno  véuso  (comme  une  veuve). 


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224  CAKT  yotNGBisr.    • 

'*^  Coume  uno  véuso  matiniero 

Que  yai  au  four  couire  si  tiero; 
L'oundo,  aplanado  coume  uno  iero, 

^26      D6u  batèu  tout-bèu-just  batié  li  calaman. 

19  D'apereilalin  nais,  se  gounflo 

E  porto  ourrour  dins  Famo  e  rounfiò 
^^      Un  brut  descouneissable,  un  sourne  brounzimen, 
Que  nous  pénètre  li  mesoulo 
E  sèmpre  mai  ourlo  e  gingoulo. 
^^*  Isterian  mut!   La  visto  soulo. 

Tant  liuen  que  poudi'  ana,  tenié  Taigo  d'à  ment. 

20  E  sus  la  mar  que  s'agrounchayo, 
^^5  La  broufounié  se  raprouchavo, 

Rapido,  fourmidablo!  e  morto  à  noste  entour 
Eron  lis  erso;  e,  negro  marco, 
^^  Enclauso  aqui  tenien  la  barco. 

Alin,  tout-en-un-cop  s'enarco 
Uno  mountagno  d'aigo,  esfraîouso  d'autour. 

**'        21     De  nivoulas  encourounado, 

La  mar  entière  amoulounado, 
E  que  boufo  e  que  bramo,  o  Segnour!  en  courrènt 

^*^  Venié  sus  nautre:  à  la  subito, 

Un  cop  de  mar  nous  precepito 
Au  founs  d'un  toumple  e  nous  rejito 

^*''      A  la  pouncho  dis  erso,  espavourdi,  meurent! 

22    Quéntis  espaime!  que  destourne! 

De  longs  uiau  fèndon  lou  sourne. 
E  peto  cop  sus  cop  d'espaventàbli  tron! 

E  tout  l'infèr  se  descadeno 

Pèr  englouti  nosto  careno. 

La  labechado  siblo,''reno 
E  contre  lou  paiòu^bacello''nÒ8ti  front. 


lôO 


153 


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Li  &Aiito.  225 

23     Sus  resquînau  de  si  camello 
^^  Tantost  la  mar  nous  encimello; 

Tantost,  dins  la  founsour  di  négri  garagai, 
Ounte  barrulon  li  lasàmi, 
^^^  Li  biòu-marin  e  li  grand  làmi, 

Ânan  entendre  lou  soulàmi 
Di  negadis,  que  Toundô  escoubiho,  pecai! 

162        24     Nous  veguerian  perdu!  S'enverso 

Sus  nòsti  tèsto  uno  grando  erso, 
Quand  Lazàri:  ««Moun  Diéu«  serve-nous  de  timoun! 
i«5  jj'aa  davera  'n  cop  de  la  toumbo  .  .  . 

Ajudo-nous!  la  barco  toumbo!»» 

Coume  Tauroun  de  la  paloumbo, 
^^      Soun  crid  fend  la  chavano  e  volo  peramount. 

25  De  l'aut  palais  ounte  triounflo 
Jèsu  l'a  yist;  sus  la  mar  gounflo 

^*^*      Jèsu  vèi  soun  ami,  soun  ami  qu'en-tant-lèu 

Vai  èstre  aclapa  souto  Toundo. 

Sis  îue  'mé  'no  pieta  prefoundo 
*''*  Nous  countèmplon:  subran  desboundo 

A  travès  la  tempèsto  un  long  rai  de  soulèu. 

26  Alléluia!  sus  l'aigo  amaro 
'^■^  Mountan  e  davalan  encaro, 

E,  trempe  ç  matrassa,  boumissèn  l'amarun. 

Mai  lis  esfrai  tout-d'un-tèms  parton, 
'^  Li  lamo  fièro  s'escavarton, 

Li  nivoulado  alin  s'esvarton, 
La  terro  verdouleto  espelis  dóu  clarun. 

*®3        27     Long-tèms,  'mé  d'afróusi  turtado, 

Nous  trigoussejon  lis  oundado. 
Pièi  se  courbon  enfin  davans  la  primo  nau 
^^  Souto  un  alen  que  lis  abauco; 

La  primo  nau,  coume  uno  plauco, 

Puso  entre  li  roumpènt,  e  trauco 

^^      De  làrgi  flo  d'escumo  emé  soun  carenau. 

15 


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â26  càht  ýoumg*îí. 

28  Gontro  udo  rîbo  sènso  roco, 
Alléluia!  la  barco  toco; 

1^^      Sus  l'areno  eigalouso  aqui  nous  amourran, 

E  cridau  tóuti:  ««Nòsti  tèsto 

Qu'as  póutira  de  la  tempèsto, 
195  PÌD-qu'au  coutèu  li  yaqui  lèsto 

A  prouclama  ta  lèi,  o  Crist!  Te  lou  juran!»» 

29  A-n-aquéu  noum,  de  jouïssènço, 
^^  La  noblo  terro  de  Prouvènço 

Parèis  estrementido;  à-n-aquéu  crid  nouvèu, 
£  lou  bouscas  e  lou  campèstre 
2^*  An  trefouli  dins  tout  soun  èstre, 

Coume  UD  chin  qu'en  sentent  soun  mèstre 
lé  cour  à  Fendavans  e  ié  fai  lou  bèu-bèu. 

*®*        30    La  mar  avié  jita  d'arcèlli  .  .  . 

Pater  noster^  qui  es  in  cœli^ 
A  nosto  longo  fam  mandères  un  renos; 
'^^  A  nosto  set,  dins  lis  engano 

Faguères  naisse  uno  fountano: 

E  miraclouso  e  lindo  e  sano, 
^'^      Gisclo  enca  dins  la  glèiso  ounte  soun  nòstis  os! 

31  Plen  de  la  fe  que  nou9  afougo, 
DÓU  Bose  prenèn  lèu  la  dougo; 

^i^      De  palun  en  palun  caminan  à  Tasard  ; 

E  pièi,  galoi,  dins  lou  terraire 

Trouvan  la  traço  de  l'araire; 
2>®  E  pièi,  alin,  dis  Emperaire 

Yesèn  li  tourre  d'Arle  auboura  l'estendard. 

32  A  Touro  d'iuei  siés  meissouniero, 
2>^                Arle!  e  couchado  sus  toun  iero, 

Pantaies  em'amour  ti  glori  d'àutri-fes  ; 
Mai  ères  rèino,  alor,  e  maire 

ïoayio   ir^^  fountano,   puits  dans  la  crypte  de  l'église  des  Saintes- 
Mariés.    Voy.  I,  367  note. 


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y  ÒAHTÔ.  22Î 

"^  D'un  tant  bèu  pople  de  remaire 

Que,  de  toun  port,  lou  vent  bramaire 
Noun  poudié  travessa  Tinmènse  barcarés. 

^^       33     Roumo,  de  nòu,  t'avié  vestido 

En  pèiro  blanco  bèn  bastido; 
De  ti  grandis  Areno  avié  ineB  à  toun  front 
^  Li  cent- vint  porto;  aviés  toun  Cièri; 

Aviés,  princesso  de  l'Empèri, 

Pèr  espassa  ti  refoulèri, 
^*      Li  poumpous  Aquedu,  lou  Tiatre  e  l'Ipoudrom. 

34  Intran  dins  la  ciéuta:  la  foulo 
Mountayo  au  Tiatre  en  farandoulo. 

^^      E  zóu!  mountan  em'elo,    Au  mitan  di  palais, 

A  Toumbro  di  temple  de  mabre, 

Se  gandissié  lou  pople  alabre, 
2^^  Coume  quand  rounco  dins  li  vabre 

Un  lavàssi  de  plueio,  à  Toumbrino  di  plai. 

35  0  maladicioun!  o  vergougno! 
-^^               I  son  moulan  de  la  zambougno, 

Sus  lou  pountin  dóu  Tiatre,  emé  lou  pitre  nus, 

Un  VÒU  de  chato  viroulavon, 
2*^  E  su  'n  refrin  qu'ensèn  quilavon, 

En  danso  ardènto  se  giblavon. 
Autour  d'un  flo  de  mabre  en  quau  disien  Tenus. 

^^       36     La  publiée  embriagadisso 

lé  bandissié  si  bramadisso; 
Jouvènto  emai  jouvènt  repetavon:  ««Canton! 
*^*^  Canton  Venus,  la  grand  divesso 

De  quau  prouvèn  toute  alegresso! 

Canton  Venus,  la  segnouresso, 
^•'*2      La  maire  de  la  terro  e  dóu  pople  arlaten!>» 

»"/'  I^e  poète  suppose  qu'on  montait  au  théâtre  en  dansant;  et 
il  a  mis  en  farandoulo  (voy.  III,  10  note),  parce  qu'il  croit  à  une  origine 
grecque  de  cette  danse  (voy.  Très.  s.  v.  farandoulo). 

15* 


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228  CANT    VOtJNGEN. 

37  Lou  front  aut,  la  narro  duberto, 
L'idolo,  encourouna  de  nerto, 

^^^      Dins  li  nivo  d'encens  pareissié  s'espourapi; 

Quand,  endigna  de  tant  d^audanço 

E  derroumpènt  e  crid  e  danso, 
^^  Lou  vièi  Trefurae  que  se  lanço, 

En  aussant  si  dous  bras  sus  lou  mounde  atupi, 

38  D'uno  voues  forto:  ««Pople  d'Arle, 
2«ï               Escouto,  escouto  que  te  parle! 

Escouto,  au  noum  dóu  Crist!»»  E  n'en  digue  pas  mai. 

Au  frounsimeu  de  sa  grando  usso, 
*6*  Vaqui  l'idolo  que  brandusso, 

Gènço  e  dóu  pedestau  cabusso. 
Em'  eu  li  dansarello  an  toumba  de  l'esfrai! 

2^^        39     Se  fai  qu'un  crid,  s'entend  qu'ourlado. 

Vers  li  pourtau  de  troupelado 
S'engorgon  e  pèr  Arle  escampon  l'espravant; 
*'^  Li  majourau  se  descourounon, 

Li  jouvenome  s'enferounon, 

En  cridant!  ««Zóu!»»  nous  envirounon  . . . 
2''8      En  l'èr  milo  pougnard  lusisson  tout  d'un  vanc. 

40  Pamens,  de  nosto  vestiduro 
L'enregouïdo  saladuro; 

^'^*      De  Trefume  lou  front  seren,  coume  enciéucla 
De  clarour  santo;  e,  mai  poulido 
Que  sa  Venus  enfrejoulido, 
2^^  La  Madaleno  ennivoulido, 

Tout  acò,  'n  moumenet,  li  faguè  recula. 

41  Mai  alor  Trefume:  ««Gènt  d'Arle, 
2^*                Escoutas-me  que  iéu  vous  parle!»» 


**•  ss.  L'auteur  raconte  ici  la  légende  d'Arles  telle  qu'elle  est  re- 
présentée dans  les  vieux  tableaux  de  l'église  de  saint  Trophime  (voy. 
VI,  321  note). 


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LI   SÁNTO.  229 

lé  crídè  tourna-mai,  ««après  me  chaplarés! 
Pople  arlaten,  vènes  de  vèire 
^^  .  Toun  dieu  s'esclapa  counie  un  vèire 

Au  noum  dóu  miéu!    Anes  pas  orèire 
Que  ma  voues  Ta  pouscu:  nous-àutri  sian  pas  res! 

28»        42     Lou  Dieu  qu'a  'sclapa  toun  idolo 

N^a  ges  de  temple  sus  la  colo  ! 
Mai  lou  jour  e  la  niue  veson  qu'eu  eilamount; 
^^  8a  man,  pèr  lou  crime  sevèro, 

Es  alarganto  à  la  preguiero; 

Es  eu  soulet  qu'a  fa  la  terro, 
^*      Es  eu  qu'a  fa  lou  cèu  e  la  mar  e  li  mount. 

43  Un  jour,  de  soun  auto  demoro, 
A  vist  soun  bèn  manja  di  toro; 

*^      A  vist  béure  à  l'esclau  si  plour  e  soun  vérin  ; 

E  jamai  res  que  lou  counsolo! 

A  vist  lou  Mau,  pourtant  l'estolo, 
3^  Sus  lis  autar  teni  Tescolo; 

Toun  fihan.  Ta  vist  courre  à  l'afront  di  gourrin! 

44  £  pèr  espurga  tau  brutice, 
5^  Pèr  bouta  fin  au  long  suplice 

De  la  raço  oumenenco  estacado  au  pieloun, 
A  manda  soun  Fiéu:  nus  e  paure, 
^^  Emé  pas  un  rai  que  lou  daure, 

Soun  Fiéu  es  davala  s'enclaure 

Dins  lou  sen  d'une  Yierge;  es  na  sus  d'estoubloun  ! 

^^        45     0  pople  d'Arle,  penitènci  ! 

Coumpagnoun  de  soun  eisistènci. 
Te  poudèn  afourti  si  miracle:  eilalin, 
^'-  Is  encouiitrado  mounte  coulo 

Lou  blound  Jourdan,  entre  uno  foulo 

Espeiandrado  e  mau  sadoulo, 
^*^      L'avèn  vist  blanqueja  dins  sa  raubo  de  lin  ! 

***  Esiolo  (étole),  employée  ici  avec  le  sens  primitif  du  mot  latin  stola. 


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230  CANT  vounaEN. 

46  E  nous  parlayo  qu'entre  nautre 
Falié  s'ama  lis  un  lis  autre; 

•'^      Nous  parlavo  de  Dieu,  tout  bon,  tout  pouderous; 
E  dóu  reiaume  de  soun  Paire, 
Que  noun  sara  pèr  li  troumpaire, 

^1  Lis  auturous,  lis  usurpaire, 

Mai  bèn  pèr  li  pichot,  li  simple,  li  plourous. 

47  E  fasié  fe  de  sa  dóutrino 
>^^  En  caminant  sus  la  marine; 

Li  malaut,  d'un  cop  d'iue,  d'un  mot  li  garissié  ; 
Li  mort,  mau-grat  lou  sourne  barri, 
**^  Soun  revengu:  vaqui  Lazàri 

Que  pourrissié  dins  lou  susàri! . . . 
Mai,  rèn  que  pèr  acò,  boufre  de  jalousie, 

•w       48     Li  rèi  de  la  nacioun  Jusiolo 

L'an  près,  l'an  mena  su  'no  colo, 
ClaTela  su  'n  trounc  d'aubre,  abéura  d'amarun, 

^^  Cubert  d'escra  sa  santo  fàci, 

E  pièi  auboura  dins  l'espàci, 
En  se  trufant  d'eu !...>»   -   *«Gràci!  gràci!»» 

^^      Esclatè  tout  lou  pople,  estoufa  dóu  plourun; 

49  ««Gràci  pèr  nautre!    Que  fau  faire 
Pèr  desarma  lou  bras  dóu  PaireP 

•••      Parle,  ome  de  Dieu,  parle  !  e  s'es  de  sang  que  vou, 
lé  semoundren  cent  sacrefice!»» 
«<Inmoulas-ié  vòsti  délice, 

8*8  In  moulas  vosto  fam  de  vice,»» 

Respoundeguè  lou  Sant  en  se  jitanl  pèr  sou. 

50  oNàni,  Segnour!  ço  que  t'agrado, 
3*5               N'es  pas  l'óudour  d'une  tuado. 

Ni  li  temple  de  pèiro:  âmes,  âmes  bèn  mai 
Lou  tros  d'artoun  que  l'on  présente 
^8  A  l'afama,  vo  la  jouvènto 

Que  Yen  à  Dieu,  douço  e  cregnènto, 

Oufri  sa  casteta  coume  une  fleur  de  Mai.»» 


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U  SAKTO.  231 

^^       51     Di  bouco  dóu  grand  Apoustòli 

AnsÌQ  raie  coume  un  sant  òli 
La  paraulo  de  Dieu:  e  plour  de  regoula, 
^^  E  malandrous  e  rusticaire 

De  beisa  sa  raubo,  pecaire! 

E  lis  idolo,  de  tout  caire, 
35'^      Sus  li  graso  di  temple  alor  de  barrula! 

52  Entanterin,  en  testimòni, 
L'Avugle-na  (qu'èro  Sidòni), 

'•®      MoustraYO  is  Arlaten  si  vistoun  neteja; 

En  d'autre  Massemin  recito 

Lou  Glavela  que  ressuscito, 
36S  La  repentènci  qu'es  necito  . . . 

Arle,  aquéu  même  jour,  se  faguè  bateja! 

53  Mai,  coume  uno  auro  qu'escoubiho 
w*  Davans  elo  un  fiò  de  broundiho, 

Sentèn  l'Esprit  de  Dieu  que  nous  buto.    E  yeioi, 
Coume  partian,  uno  embassado 
3^  Qu'à  nòsti  pèd  toumbo,  apreissado, 

En  nous  disent:    «<XJno  passade, 
Estrangié  dóu  bon  Dieu,  vougués  bèn  nous  ausi! 

^^        54     Au  brut  de  vòsti  grand  miracle 

E  de  vòsti  nouvèus  ouracle, 
Nous  mando  à  vòsti  pèd  nosto  pauro  ciéuta . . . 
^'^^  Sian  mort  sus  nòsti  cambo!   Alabre 

De  sang  uman  e  de  cadabre, 

Dins  nòsti  bos  e  nòsti  yabre 
*''®      Un  monstre,  un  flèu  di  dieu,  barrulo . . .   Agués  pieta  ! 


'''*  88.  Sur  la  Tarasque  et  sa  légende,  M.  Bancal,  dans  la  Revue 
encyclopédique  Larousse  du  31  jnillet  1897,  p.  666  ss.,  donne  les  renseigne- 
ments suivants:  «La  plaine  qni  s'étend  à  Test  de  Tarascon  sor  une 
largeur  moyenne  de  6  à  8  kilomètres,  entre  le  pied  dn  massif  des  Al- 
pilles  et  de  celai  de  la  Montagnette,  ...était  couTerte  d'eau  stagnante 
jusqu'au  !!•  siècle.  Etangs  et  marais  étaient  les  restes  de  Tancien 
golfe  qui  avait  couvert  la  partie  inférieure  du  cours  du  Rhône  aux  temps 


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232  CAKT  VOUNQEN. 

55    La  bèstio  a  la  co  d'un  coulobre, 
A  d'iue  mai  rouge  qu'un  cinobre; 
8®*      Sus  Tesquino  a  d'escaumo  e  d'àsti  que  fan  pou! 
D'un  gros  lioun  porto  lou  mourre, 
E  sièis  pèd  d'orne  pèr  miés  courre; 
884  Ding  sa  cafomo,  souto  un  mourre 

Que  doumino  lou  Rose,  emporte  ço  que  pou. 


préhistoriques . . .  Les  habitants  du  plateau  des  Alpilles,  qni,  sniyant  les 
recherches  des  historiens  locaux,  ont  été  les  ancêtres  des  Tarasconais 
actuels,  décimés  par  les  fièvres  paludéennes,  rendaient  an  culte  et  offraient 
des  sacrifices  anx  génies  malfaisants  des  eaux.  Poor  eax,  ces  génies 
revêtaient  la  forme  de  monstres  que  l'imagination  populaire  a  perpétuée 
jusqu'à  nos  jours.  Les  Baux,  Eyragaes,  Noves.  Tarascon,  avaient  leurs 
Tarasquea,  dont  on  a  trouvé  les  images  dans  les  ruines  des  anciens 
habitats  et  que  les  auteurs  du  12«  siècle  ont  décrites  avec  des  détails 
montrant  qu'ils  considéraient  ces  animaux  monstrueux  comme  d'effrayantes 
réalités.  La  Tarasque  trouvée  à  Noves  est  en  pierre.  Elle  est  conservée 
au  musée  d'Avignon.  Par  la  tête  et  les  pattes,  elle  ressemble  à  un 
ours;  elle  a  une  queue  de  lion  et  des  écailles  snr  tout  le  corps.  Pour 
montrer  l'instinct  destructeur  dont  elle  était  animée,  l'artiste  a  placé 
une  tête  humaine  dans  chacune  de  ses  griffes  antérieures  et  dans  sa 
gueule  un  petit  enfant!  Celle  des  Baux  ressemble  plutôt  à  un  lion. 
Non  moins  féroce  que  sa  voisine,  elle  est  représentée  dévorant  un 
homme.  Les  chercheurs  n'ont  pas  encore  découvert  la  Tarasque  de 
Tarascon;  mais,  d'après  la  Vie  de  sainte  Marthe^  'c'était  un  terrible 
dragon,  d'une  longueur  incroyable  et  d'une  grosseur  extraordinaire  ;  son 
souffle  répandait  an  air  empesté;  ses  yeux  lançaient  des  flammes;  sa 
gueule  était  armée  de  dents  aiguës  et  tranchantes,  et  il  en  sortait 
d'horribles  rugissements.*  —  'C'était  un  monstre  à  la  fois  terrestre  et 
aquatique,  plus  grand  qu'un  taureau  de  haute  taille,  avec  une  tête  de 
tigre,  une  crinière  de  cheval,  des  griffes  acérées  et  une  peau  couverte 
d'écaillés  .  .  .'  D'autres  en  font  soit  une  espèce  de  tortue  venue  de 
l'Océan,  soit  un  de  ces  énormes  animaux  de  la  période  tertiaire . . . 

La  tradition  et  la  légende  venlent  que  Marthe,  sœur  de  Marie  et 
de  Lazare,  venue  de  Palestine  en  Gaule,  ait  apporté  l'Évangile  à  Ta- 
rascon, et  dompté  la  Tarasque,  jusque-là  fléau  de  la  population.  Sainte 
Marthe  fut  inhumée  dans  la  crypte  qu'elle  avait  fait  construire.  Sur  cette 
crypte  fut  édifiée  au  12»  siècle  une  église  qui  fut  reconstruite  en  1379. 
Le  tombeau  de  la  sainte,  qu'on  voit  actuellement  dans  la  crypte,  a  été 


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LI   SÀMTO.  233 

56    Tóuti  li  jour  DÒsti  pescaire 
•^^  S'esclargîason  que  mai,  pecaire!»> 

E  li  Tarascounen  se  bouton  à  ploura. 
Mai,  sènso  pauso  ui  chaucello, 
®^  Marto  s'escrido:  ««Emé  Marcello 

léu  i'anarai!   Moud  cor  bacello 
De  courre  à-n-aquéu  pople  e  de  lou  deliéura.»» 


refait  dans  les  temps  modernes.    H  reste  de  rèdifice  primitif  le  porche, 
qui  conduit  à  la  crypte,  et  le  portail  du  midi . . . 

Voici  la  gracieuse  légende  de  sainte  Marthe,  telle  qu'elle  a  cours 
actuellement  dans  la  population  tarasconaise  :  Ce  que  je  yais  tous  dire 
date  de  longtemps:  deux  mille  ans  et  plus  peut-être!  Tarascon  ne 
jouissait  pas,  comme  aujourd'hui,  d'une  tranquillité  parfaite  à  l'ombre 
de  ses  grands  peupliers  blancs  que  les  riverains  du  Rhône  aiment  tant, 
qui  poussent  par  bénédiction,  donnant  une  ombre  fraîche  et  claire  avec 
leurs  jolies  feuilles  vertes  doublées  de  coton  blanc  que  les  oiseaux  vien- 
nent butiner  pour  rembourrer  leur  nids.  Le  Rhône,  le  large  Rhône, 
n'avait  pas  encore  vu  ses  bords  resserrés  et  fixés  par  des  digues  que 
rien  n'ébranle:  à  cette  lointaine  époque,  le  terrible  fleuve  allait  de  çà 
de  là,  divaguant  au  hasard,  à  la  garde  de  Dieu,  majestueux  et  énorme, 
courant  partout  comme  un  cheval  échappé,  et  on  le  laissait  faire.  Chênes 
géants,  peupliers  élancés  et  musicaux,  arbres  de  toute  espèce  se  mêlaient, 
s'enchevêtraient  en  un  hallier  sauvage,  et  cela  durait  depuis  des  centaines 
et  des  centaines  d'années;  les  rives,  les  îles  en  étaient  couvertes:  forêt 
mystérieuse,  épaisse  et  sombre,  où  la  lumière  ne  pénétrait  point  et  où 
régnait  la  peur!  Le  Bois  noir,  comme. on  l'appelait,  horrible,  effrayant,  ja- 
mais personne  ne  l'avait  traversé  ;  y  penser  seulement  faisait  frémir  d'épou- 
vante. Mais  il  faut  tout  dire:  le  Bois  noir  était  fréquenté  et  gardé  par  un 
monstre  comme  on  n'en  verra  plus  jamais,  et  le  grand  rocher  qui  s'éle- 
vait près  de  la  ville,  ce  grand  rocher  où  aujourd'hui  se  dresse  au  soleil 
qui  dore  ses  murailles  le  château  armorié  de  notre  bon  roi  René  de 
Provence,  cachait  dans  ses  cavernes  une  bête  féroce  d'une  force  sans 
égale  qui  ravageait  tou^  bêtes  et  gens,  tuait  tout,  mangeait  tout.  Cette 
béte  féroce  était  la  Tarasque,  Elle  avait  des  pieds  humains,  un  corps 
de  lézard,  effrayant,  avec  des  dards  sur  son  dos,  une  tête  de  lion, 
des  yeux  qui  jetaient  du  feu,  des  mâchoires  rouges  et  une  queue! 
oh!  quelle  queue!  longue,  longue  et  qni  balayait  tout  là  où  elle  passait. 
On  ne  saura  jamais  combien  de  pauvres  gens  ce  monstre  avait  en- 
gloutis. Aussi  les  bons  Tarasconais.  pâles  et  tremblants,  s'assem- 
blaient chaque  matin  derrière  les  murs  de  leur  petite  ville,  et.  avec  ap- 


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:ía4  CAMT  YOUMGBN. 

av>a       57     pèr  la  darriero  fes  bus  terro, 
Nous  embrassan,  emé  Fespèro 
De  nous  revèire  au  cèu,  e  nous  desseparan. 

'^  Limoge  aguè  Marciau;  Toulouse 

De  Savournin  fugue  Tespouso; 
E  dins  Aurenjo  la  poumpouso 

^^^      Estròpi  lou  proumié  semenè  lou  bon  gran. 


préhension,  tristement  se  comptaient.  Hélas  !  il  manquait  toujours  quel- 
qu'un. Us  se  regardaient  alors  épouvantés:  'Qui  sera,  se  disaient-ils, 
pris  aujourd'hui  et  dévoré?*  Les  plus  hardis,  les  plus  forts  avaient  hien 
essayé  de  lutter,  et  avaient  autrefois  tenté  une  hattue,  mais  aucun  d'eux 
n'en  était  revenu.  Adieu  la  chasse  et  la  pêche^  adieu  les  douces  promenades 
dans  les  saulaies  des  bords  du  Rhône,  sous  les  charmants  ombrages  à  la 
fois  sauvages  et  intimes  ;  adieu  fêtes  et  farandoles  !  Personne  ne  dormait 
plus,  et  les  gens  aSolés  ne  savaient  où  se  réfugier.  Plus  d'espoir!  Et 
que  pouvait -on  espérer  enfin?  —  Et  pourtant  il  restait  encore  un 
espoir,  pas  grand,  oh  non  !  tout  au  plus  un  lumignon  qui  brillait  à  peine, 
mais  enfin  tel  qu'il  était,  ce  lumignon  ne  s'était  pas  éteint  Un  prophète, 
longtemps  auparavant,  était  passé  un  jour  à  Tarascon,  et,  en  traversant 
la  ville,  avait  prédit  qu'une  vierge,  venue  des  pays  du  Levant,  annon- 
cerait le  vrai  Dieu,  apporterait  un  nouvel  évangile  et  sauverait  le  pays 
du  démon.  Et  pour  les  Tarasconais  il  ne  pouvait  y  avoir  d'autre  démon 
que  la  Tarasque  !  L'oracle  était  donc  clair  :  cette  vierge  attendue  devait 
délivrer  le  pays  de  la  Tarasque.  Et  on  attendait  sans  se  lasser  cette 
divine  vierge  de  la  prophétie,  cette  libératrice  puissante,  inconnue,  mais 
promise.  Et  le  temps  s'écoulait,  et  rien  ne  paraissait  encore.  Les 
vieilles  gens,  qui  avaient  autrefois  entendu  la  prophétie,  étaient  tous 
morts,  et  la  Tarasque  semblait  plus  enragée  que  jamais. 

Pourtant  un  matin  un  grand  mouvement  se  propagea  dans  la 
ville.  Au  moment  où  les  Tarasconais  assemblés  se  comptaient,  conune 
d'habitude,  apparut  tout  à  coup  au  milieu  d'eux  une  jeune  fille  que  per- 
sonne n'avait  encore  vue,  belle  comme  le  jour  levant,  le  front  auréolé. 
Une  croix  étincelait  sur  sa  poitrine  et  elle  était  vêtue  d'un  costume 
étranger.  Tout  à  coup  elle  prit  la  parole,  sans  peur  ni  crainlie:  'Avec 
l'aide  de  Dieu,*  dit-elle,  'je  viens,  Tarasconnais,  comme  on  vous  l'a  an- 
noncé autrefois,  accomplir  votre  délivrance.*  Elle  parla  ensuite  de  ce  Dieu 
nouveau,  de  son  empire  céleste,  de  sa  gloire,  de  sa  grâce,  d'une  manière 
si  parfaite  et  si  touchante  que  les  Tarasconais  tombèrent  à  genoux 
devant  l'adorable  inconnue:    'Oh!  qui  que  tu  sois,  libératrice  attendue,' 


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LI  8ÂNT0.  235 


58     Mai  ounte  vas,  tu,  douço  vierge?.. 
Em'  uno  crbus,  em'  un  asperge, 
^^      Marto,  d'un  èr  seren,  caminavo  tout  dre 
Vers  la  Tarasco;  li  Barbare 
Noun  poudènt  crèire  que  s'apare, 
^^  Pèr  espincha  lou  coumbat  rare, 

Èron  tóuti  mounta  sus  li  pin  de  Tendre. 


s'écrièrent-ils,  ton  Dien  sera  notre  Dien  ;  nons  n'en  voulons  point  d'antre. 
Mais  délivre-nons,  hâte-toi  le  temps  presse.' 

Cette  vierge  était  Marthe,  la  simple  et  douce  fille  de  Galilée, 
venue  en  Provence  avec  Marie-Madeleine  pour  prêcher  Tévangile  de  paix, 
sainte  Marthe,  qui  devait  être  un  jour  honorée  comme  la  grande  patronne 
du  pays.  Conduite  par  le  peuple  enthousiasmé  et  tressaillant  d'espérance, 
elle  se  dirige  vers  le  fameux  rocher  où  la  hête  rassasiée  dormait  son 
monstrueux  sommeil.  'Au  nom  du  Père,  du  Fils  et  du  Saint-Esprit!* 
dit  la  sainte;  et  tranquille,  sans  eSroi,  elle  attendit.  Subitement,  la 
Tarasque  s'élança  de  sa  grotte,  écumante,  furieuse,  la  gueule  ouverte . . . 
La  sainte,  sereine  et  radieuse,  traça  dans  l'air,  de  sa  main  fine,  le 
signe  de  la  croix,  et  l'horrible  bête,  frémissante  et  grondante,  rampa 
doucement  et  vint  s'accroupir  à  ses  pieds  comme  un  jeune  chien. 
La  vierge  de  Judée  dénoua  sa  ceinture  de  soie  rose,  ceinture  de 
jeunesse  et  d'innocence,  et  en  entourant  le  cou  rugueux  du  monstre 
dompté,  le  conduisit  ainsi  attaché,  en  triomphe,  vers  la  ville.  Et  tou- 
jours le  menant  par  son  simple  ruban,  elle  lui  fit  faire  trois  fois  le  tour 
des  barrières.  Chaque  fois  que  la  Tarasque  passait  devant  son  antre, 
on  frémissement  l'agitait:  elle  se  tortillait,  dressant  ses  dards,  et  les 
rudes  poils  de  sa  crinière  grinçaient  comme  des  fils  de  métal.  Mais  sa 
rage  ne  durait  pas  ;  elle  penchait  la  tête,  et  obéissante,  suivait  doucement 
la  dompteuse  éblouissante  qui  commandait  au  nom  du  Père,'  du  Fils  et 
du  Saint-Esprit.  Lorsque  les  trois  tours  furent  terminés,  la  sainte  s'arrêta, 
détacha  sa  ceinture  du  cou  de  la  bête,  et  étendant  la  main  vers  le  terrible 
rocher  où  le  monstre  avait  dévoré  tant  de  pauvres  gens,  elle  fit  encore 
un  signe  de  croix.  Alors,  ô  merveille!  le  Rhône  ècumant  se  resserra, 
ses  eaux  se  retirèrent  et  mirent  à  découvert,  vaste  et  profonde,  l'entrée 
de  la  grotte.  La  Tarasque  se  dirigea  vers  son  antre.  Arrivée  là,  elle 
jeta  un  long  regard  de  regret  vers  le  Bois  noirj  son  domaine  inviolé; 
vers  le  Rhône,  dompté  lui  aussi,  où  elle  se  baignait  au  retour  de  ses 
sanglants  exploits  ;  vers  Tarascon,  qui  jusqu'alors  l'avait  abondamment 
pourvue.    Elle  rugit  une  dernière  fois,    et  rentrant  enfin   dans  son 


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236  CANT    VOUNGBN. 

59     Destrassouna,  pouD  dins  soun  soustre, 
408  Âguèsses  yist  bouinbi  lou  moustre! . . . 

Mai  souto  Taigo  santo  a  bèu  se  trevira, 
De-bado  reno,  siblo  e  boufo  . . . 
411  Marto,  em'  un  prim  seden  de  moufo, 

L'embourgino,  Vadus  que  broufo . . . 
Lou  pople  tout  entié  courreguè  Tadoura! 

^i^       60     ««Quau  siés?   La  cassarello  Diauo?»» 

Venien  à  la  jouino  Crestiano, 
««0  Minerve  la  casto  e  la  forto?»»    ««Noud,  noun,» 
*"  lé  respoundeguè  la  jouvènto: 

<«Siéu  de  moun  Dieu  que  la  servènto:»» 

E  quatecant  lis  assavènto, 
420      E  'm'  elo  davans  Dieu  pleguèron  lou  geinoun. 

61     De  sa  paraulo  vierginenco 

Piqué  la  roco  Avignounenco  . . . 
^^^      E  la  fe  talamen  à  bello  oundo  gisclè 
Que  li  ClemèD  e  li  Gregòri, 


tron  béant,  elle  s'y  enfonça  comme  en  an  tombeau.  Le  Rhône  reprit 
subitement  son  ancien  cours,  couvrant  complètement  Touverture  de  la 
caverne,  pendant  que  la  douce  Marthe,  au  nom  du  Père,  du  FUs  et  du 
Saint-Esprit,  ordonnait  au  monstre  de  ne  plus  en  sortir  jusqu^à  la  fin 
des  siècles  I  Depuis  lors,  quand  le  mistral  furieux  agite  les  eaux  du  fleuve, 
quand  les  flots  déchaînés  se  précipitent  bruyamment  vers  la  mer,  on 
entend  parfois  un  sourd  bramement  qui  paraît  venir  de  loin  sous  le 
rocher  de  la  Tarasque.  Ne  vous  avisez  pas  de  dire:  *C'est  le  mistral 
qui  fait  des  siennes.  C'est  le  Rhône  qui  lutte  contre  le  vent.'  Ah! 
mon  Dieu,  non!  Les  Tarasconais  se  souviennent:  c'est  la  Tarasque 
qui,  un  moment  réveillée  de  son  sommeil  de  deux  mille  ans,  rugit  dans 
sa  caverne  profonde.  Mais  elle  n'en  sortira  pas.  Au  nom  du  Père,  du 
Fils  et  du  Saint-Esprit.» 

*•*  Li  Clément:  ('lément  V,  premier  pape  d'Avignon  (1305—14); 
Clément  VI,  pape  d'Avignon  (1342—52);  Clément  VII,  antipape  qui 
siégea  à  Avignon  (1378-94).  —  Li  Gregòri:  Grégoire  XI,  pape  à  Avignon 
(1371-8). 


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Ll  8AÎIT0.  237 

Pu  tard,  emé  soun  saDt  cíbòri, 
^^  Vendran  ié  béure.    Pèr  sa  glòri 

r  a  Roumo  qu'eilalin  setanto  an  tremoulè! 

62    PameDs,  déjà  de  la  ProuvèDço 
^^  Mountavo  un  cant  de  reneissènço 

Que  fasié  gau  à  Dieu:  Tas  agu  remarca, 
Tre  qu'a  plóugu  'n  degout  de  plueio, 
*'^  Coume  tout  aubre  e  touto  brueio 

Aubouron  lèu  sa  gaio  fueioP 
Ansin  tout  cor  brûlant  courrié  se  refresca. 

485        53     Tu  mémo,  auturouso  Marsiho, 

Que  sus  la  raar  duerbes  ti  ciho, 
E  que  rèn  de  ta  mar  noun  te  pou  leva  l'iue, 
^^^  E  qu'en  despié  di  vent  countràri, 

Sounges  qu'à  l'or  entre  ti  barri, 

A  la  paraulo  de  Lazàri, 
*^^      Rebalères  ta  visto  e  veguères  ta  niue! 

64  E  dins  l'Uvèuno  que  s'aveno 
Emé  li  plour  de  Madaleno, 

^^*      Lavères  davans  Dieu  toun  orre  queitivié  . . . 

Vuei  tourna-mai  drèisses  la  tèsto . . . 

Davans  que  boufe  la  tempèsto, 
**^  Ensouvène-te,  dins  ti  fèsto, 

Di  plour  madalenen  baguant  tis  óulivié! 

65  Colo  de-z-Ais,  cresten  arèbre 
*^               De  la  Sambuco,  vièi  genèbre, 

*"  Setanto  an,  soixante-dix  ans.  Exactement,  les  papes  (reconnus) 
ont  Béjonmé  à  Avignon  pendant  68  ans:  de  1309  à  1377. 

**■  L'Uvèuno  (L'Huveaune),  petite  rivière  qui  prend  sa  source 
à  la  Sainte-Baume  (Var;  voy.  V,  407  note),  passe  à  Aubagne  et  se  jette 
à  la  mer,  à  Marseille,  au  bout  de  la  promenade  du  Prado,  Une  pieuse 
et  poétique  légende  attribue  son  origine  aux  larmes  de  sainte  Madeleine. 
Cf.  V.  456  SB. 

**®  ss.  Sambuco  (Sambuque)  montagne  à  Torient  d'Aix.  Voy.  VI,  499 
note.  -  Esteréu  (Estérel),  massif  de  montagnes  isolé,  au  dép.  duVar,  formé  de 


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238  CAKT  VOtJHGÈ^. 

Grand  pin  que  vestisBès  li  baus  de  TEsteréu, 
Vous,  mourven  de  la  TrevaresBo, 
^^^  Redigas  de  quinto  alegresso 

Yosti  coumbo  fuguèron  presso, 
Quand  passé  Massemin  pourtant  la  crous  em'  eu! 

^^        66    Mai,  alin,  la  veses  aquelo 

Que,  si  bras  blanc  sarra  contre  qIo, 
Prègo  au  founs  d'une  baume P   Ai!   pauro!  si  geinoun 

^^^  Se  maçon  à  la  roco  dure, 

E  n'a  pèr  toute  vestiduro 
Que  sa  bloundo  cabeladuro, 

^'^      E  la  lune  la  yiho  emé  soun  lumenoun. 

67     E  pèr  la  vèire  dins  la  baumo, 
Lou  bos  se  clino  e  fai  calaumo; 
^^      E  i'  a  d'ange,  tenènt  lou  batre  de  si  cor. 
Que  Fespinchon  pèr  une  esdèiro; 
E  quand  perlejo  sus  la  pèiro 
Un  de  si  plour,  en  grand  pressèiro 
Yan  lou  cueie  e  lou  mètre  en  un  calice  d'or! 


468 


68     N'i'a  proun,  nM'a  proun,  o  Madaleno! 
^'^^  Lou  vent  que  dins  lou  bos  aleno 

T'adus  dempièi  trente  an  lou  perdoun  dóu  Segnour; 
E  de  ti  plour  la  roco  mémo 
*^*  Plourara  sèmpre;  e  ti  lagremo 

Sèmpre,  sus  tout  amour  de  femo, 
Coume  une  auro  de  nèu,  jitaran  la  blancour! 

^^^        69    Mai  dóu  regret  que  l'estransino 
Rèn  counsoulavo  la  mesquine: 


roches  primitiyes  d'éruption,  tandis  que  les  ramifications  des  Alpes  qui  Is* 
voisinent  le  sont  de  masses  calcaires  stratifiées.  Ces  montagnes  sont  à  peo 
près  désertes  et  incultes:  il  y  a  des  bois  de  chênes -liège  et  de  pins 
—  Trevaresso  (Trévaresse),  chaîne  de  montagnes  entre  la  Touloubre.  la 
Durance  et  le  canal  de  Craponne.  —  Sur  Massemin  (Maximin),  voy.  XI 
87  note. 


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LI  BÀKtO.  2âd 

Ni  lis  aucelounet  qu'en  foulo  au  Sant-Pieloun, 
*^  Pèr  èstre  benesi,  nisavon; 

Ni  lis  ange  que  Tenaussayon 

A  la  brasseto  e  la  bressavon 
^^      Sèt  fes  tóuti  li  jour,  en  l'èr  sus  li  valoun  ! 

70  A  tu,  Segnour,  à  tu  revèngue 
Toute  lausènjo!  à  nautre  avèngue 

^*      De  te  vèire  sens  fin  tout  lusènt  e  verai! 

Pàuri  femo  despatriado. 

Mai  de  toun  amour  embriado, 
*®^  De  toun  eterno  souleiado 

Ayèn,  nàutri  peréu,  escampa  quàuqui  rai! 

71  Colo  Baussenco,  Aupiho  bluio, 
■*^               Vòsti  calanc,  vòstis  aguïo, 

De  nosto  predicanço  à  toustèms  gardaran 
La  gravaduro  peirounenco. 
*'^  I  soulitudo  palunenco, 

Au  founs  de  Tisclo  Camarguenco, 
La  mort  nous  alóujè  de  nòsti  jour  óubrant, 

498        72    Coume  en  touto  cause  que  toumbo, 
L'óublit  rescoundè  lèu  li  toumbo. 
La  Prouvènço  cantavo,  e  lou  tèms  courreguè; 
^*  E  coume  au  Rose  la  Durènço 

«•  Sant-Pieloun.    Voy.  VII,  498  note. 

^*'  s.  On  a  vn,  dans  le  récit  des  Saintes  Maries,  qne  la  barque 
des  saints  proscrits  aborda  à  Textrèmité  de  Tîle  de  Camargne.  Ces 
premiers  apôtres  des  Gaules  remontèrent  le  Rhône  jusqu'à  Arles,  et  de 
là  se  dispersèrent  dans  le  Midi.  Telle  est  la  tradition  arlèsienne.  La 
tradition  des  habitants  des  Baux  reprend  alors  et  continue  Todyssée  des 
saintes  femmes:  elle  dit  que  ces  dernières  vinrent  prêcher  la  foi  dans 
les  Alpilles,  et  que  pour  éterniser  le  souvenir  de  leur  prédication,  elles 
gravèrent  miraculeusement  leurs  effigies  sur  un  rocher.  Au  levant  du 
rocher  des  Baux,  on  voit  encore  ce  mystérieux  et  antique  monument: 
c'est  nn  énorme  bloc  détaché,  debout  sur  le  penchant  d'un  précipice,  et 
taillé  en  aiguille.  Sar  sa  face  orientale  sont  sculptées  trois  figures 
grandioses,  objets  de  la  vénération  des  populations  voisines. 


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240  CAJÎT  VOITNGEK.      Ll  BAKTO. 

Perd  à  la  fin  soun  escourrèoço, 
Lou  gai  reiaume  de  Prouvènço 
^^      Dins  lou  sen  de  la  Franco  à  la  fin  s'amaguè. 

73  ««Franco,  emé  tu  meno  ta  8orre!»> 
Digue  80UQ  darrié  roi,  ««iéu  more. 

°^^      Oandissès-vous  ensèn  alin  vers  l'aveni 

Au  grand  prefa  que  vous  apello . . . 
Tu  siés  la  forto,  elo  es  la  bello! 

510  Veirés  fugi  la  niue  rebello 

Davans  la  resplendour  de  vòsti  front  uni.>> 

74  Reinié  faguè  'có  bèu.    Ud  sero 
**^  Qu'entre-dourmié  dins  sa  coucero, 

lé  moustrerian  lou  rode  ounte  èron  nòstis  os: 
Emé  douge  evesque,  si  page, 
^^^  Sa  bello  court,  sis  équipage, 

Lou  rèi  venguè  sus  lou  ribage, 
E  souto  lis  engano  atrouvè  nòsti  cros. 

***        75     Adieu,  Mirèio!...    L'ouro  volo, 

Vesèn  la  vido  que  trémolo 
Dins  toun  cors,  coume  un  lu  me  en  aDant  s'amoussa . 
*^  De  davans  que  l'amo  lou  quite, 

Parteo,  mi  sorre,  parten  vite! 

Vers  li  bèlli  cimo,  es  necite 
^^^      Qu'arriben  davans  elo,  es  necite  e  pressa. 

76     De  roso,  uno  raubo  nevenco 
Alestissen-ié  :  vierginenco 
^^      E  martiro  d'amour,  la  cbato  vai  mouri! 
Fleurisses- vous,  celèsti  lèio! 
Sànti  clarour  de  Tempirèio, 
^^'  Escampas-vous  davans  Mirèio!... 

Glòri  au  Paire  em'  au  Fiéu  em'  au  Sant  Esperit!» 

*»»/*•  Voy.  I,  352  et  XI  »)  notes. 


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CANT  DOUGEN 

LA  MORT 

LoQ  païs  dit  «range.  —  Li  Santo  rttmoanton  an  paradis.  —  Lou  paire  emé  )a  maire  ar- 
ribon.  —  Li  Santen  mounton  Xlrèlo  à  la  eapello-i-anto ,  ounte  Pa  II  reliole.  —  La 
f  lèUo  dl  Sànti  Mario.  ~  Li  ■nplioacioun.  —  La  plajo  camarguenoo.  —  Yineèn  arribo 
e  aa  doulonr  detboundo.  ~  Lon  canti<M>  di  Santen.  —  Derrière  Tesloan  de  Mirèio  :  vèl 
11  SAati  Mario  emplanado  dlns  la  mar.  —  DarriérI  paraulo  e  luminooto  mort  de  la 
ehatonno.  —  Li  oonmplanoho,  la  desesp^anço. 

1  Au  paï8  dis  arange,  à  Touro 
Que  lou  jour  de  Dieu  s'esvapouro 

^       E  que  li  pescadou,  qu'an  cala  si  jambin, 

Tiron  si  barco  à  la  calanco, 

E  que,  leissant  parti  la  branco, 
^  Sus  la  cabesso  vo  sus  Tanco 

Li  chato  en  s'ajudant  cargon  si  plen  gourbin; 

2  Di  ribo  ounte  TArgèns  varaio, 
^  Di  piano,  di  coulet,  di  draio, 

S'enausso  peralin  un  long  Cor  de  cansoun^ 

Mai  belamen  de  la  cabruno, 
'2  Cant  d^amour,  èr  de  canto-bruno 

Pau  à  pau  dins  li  colo  bruno 
S'esperdon,  e  vèn  l'oumbro  emé  la  languisoun. 


>  Loupais  dis  arange f  la  côte  d'Azur  (Hyères,  Cannes,  Nice  et 
Ligarie). 

^  Leissant  parti  la  branco,  laissant  partir  la  branche  où  elles  ont 
caeilli  des  fruits. 

•  Argèns,  Argens,  rivière  du  département  du  Var,  dont  la  source 
se  trouve  non  loin  de  la  grotte  où  sainte  Madeleine  finit  ses  jours  (voy. 
V,  407  note)  et  qui  se  jettp  dans  le  golfe  de  Fréjus. 

16 


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242  CAN'Í    DOÙGKN. 

^^  'ò     Di  Mario  que  s'envoulavon 

Ansm  li  paraulo  calavon, 
Calavoo  pau  à  pau,  de  nivo  en  dìvo  d'or: 
i^  Semblavo  un  resson  de  cantico, 

Semblavo  uno  liùencho  musico 

Qu'en  dessus  de  la  glèiso  antico 
21        S'enanavo  emé  l'auro.    Elo,  sèmblo  que  dor 

4  E  que  pantaio  ageinouiado 
E  qu'uno  estranjo  souleiado 

**      Encourouno  soun  front  de  BOuvèlH  bèuta. 

Mai,  dins  lis  erme  e  li  jouncado, 

Si  vièi  parent  tant  l'an  cercado 
^  Qu'à  la  perfin  l'an  destoHscado; 

E  dre,  souto  lou  porge,  alucon  espanta. 

5  Prenon  pamens  d'aigo-eignado, 

^  Mandon  au  front  sa  man  bagnado. 

Sus  lou  bard  que  respond  e  la  femo  e  lou  vièi 
Dedins  s'avançon  . . .  Espaurido 
^^  Coume  quand  subran  uno  trido 

Vèi  li  cassaire:   <Moun  Dieu!»  crido, 
«Paire  e  maire,  ounte  anasP»    E  de  vèire  quau  vèi, 

*^  6     Mirèio  toumbo  aqui.    Sa  maire, 

Em'  un  visage  lag^emaire, 
lé  cour  e  dins  si  bras  Taganto  e  ié  disié: 
'*  «Qu'as,  que  toun  front  es  cand  que  brulo? 

Noun,  es  pa  'n  sounge  que  m'embulo, 

Es  elo  qu'à  mi  pèd  barrulo, 
^2       Es  elo,  es  moun  enfant!...»    E  plouravo  e  risié. 

7     «Mirèio,  ma  bello  mignoto, 
Es  iéu  que  sarre  ta  manoto, 
*^        Iéu  toun  paire!...»    E  lou  vièi,   que  la  doulour  esten, 
IÓ  recaufavo  si  man  morto. 


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La  MOíiT.  243 

Lou  vent  déjà  pamens  emporto 
^  La  grand  nouvello:  à  plefn  de  porto, 

Dins  la  glèiso,  esmougn,  s'acampon  li  Santen. 

8     «Moun tas-la,  mountas  la  malauto!» 
**  Venien;  *à  la  capello-z-auto 

Mountas-la,  tout-d'on-tèms !  que  toque  li  sants  os! 
Dins  si  caisse  miraclejanto 
^  Que  baise  nòsti  grandi  Santo 

De  si  bouqueté  angounisanto.!> 
Li  femo  tout-d'un-tèms  Tarrapon  ehtre  dos. 

•''^  9    Depèr-d'aut  de  la  glèiso  belle, 

l'a  très  autar,  i'a  très  capello 
Bastidp  une  sus  l'autre  en  blot  de  roucas  viéu. 

^  Dins  la  capello  sousterrado 

l'a  Santo  Saro,  venerado 
Di  brun  Bóumian  ;  mai  aubourado, 

^*       La  segoundo  es  aquelo  ounte  es  Tautar  de  Dieu. 

10     Sua  li  pieloun  dóu  santuàri, 

La  capeleto  mourtuàri 
Di  Mario,  amoundaut,  s'enarco  dins  lou  cèu, 

'Mé  li  relicle,  sànti  laisso 

D'ounte  la  gràci  coule  à  raisso.  — 

Quatre  clau  pestellon  li  caisse, 
Li  caisse  de  ciprès^  emé  si  curbecèu. 


66 


69 


11     Un  cap,  chasque  cent  an,  li  duerbon. 
^*  Urous,  urous,  quand  li  descuerbon, 

Âquéu  que  pou  li  vèire  e  li  touca!  bèu  tèms 

**  Li  Santeny  les  Saintins,  habitants  de  la  ville  des  Saintes  Maries 
(voy.  I,  352  note). 

^  Les  Bohémiens  dn  Midi  de  TEnrope  occidentale  ont  une  grande 
vénération  pour  les  saintes  Maries.  Tons  les  ans,  à  la  fête  du  25  mai 
(voy.  I.  352  note),  ils  viennent  en  grand  nombre  aux  Saintes,  où  ils 
s'adomient  à  leur  dévotion  dans  la  orypte  qui  contient  les  reliques  de 
sainte  Sara. 

16* 


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244  GAKT  DOUGEN. 

Aura  sa  barco  e  bono  estello, 
■'^  E  de  sis  aubre  H  jitello 

Auran  de  frucho  à  canestello, 
E  souD  amo  cresènto  aura  lou  bon  toustèms. 

^®        12    Uno  belle  porto  de  chaîne 

Rejoun  aquéu  sacra  doumaine, 
Richamen  fustejado,  e  doun  di  Bèu-Cairen. 

8*  Mai  subre-tout  ço  que  Taparo, 

Noun  es  la  porto  que  lou  barro, 
Noun  es  lou  barri  que  l'embarro: 

^     Es  Taflat  que  ié  vèn  di  relarg  azuren. 

13  La  malauto,  à  la  capeleto, 
Dins  la  viseto  virouleto 

^'^      La  mountèron.    Lou  prèire,  en  subrepelis  blanc 
Buto  la  porto.    Dins  la  pousse, 
Coume  un  òrdi  grèu  de  si  dòusso 
^  Qu'un  fouletoun  subran  espòusso, 

Tóutí  sus  lou  bardât  s'aboucon  en  quilant: 

14  «0  bèlli  Santo  umanitouso, 

^  Santo  de  Dieu,  Santo  amistouso! 

D'aquelo  pauro  chato  agués,  agués  pieta!». 
«Agués  pieta!>  la  maire  crido, 
08  «Vous  adurrai,  se  'n-co's  garido, 

Uoun  an  eu  d'or,  ma  crous  flourido, 
E  pèr  vilo  e  pèr  champ  iéu  l'anarai  canta!» 

^        15     «0  Santo,  acò  's  ma  pesqueirolo! 

0  Santo,  acò  's  ma  denierolo!> 
Gémis  Mèste  Ramoun  en  turtant  dins  Toumbruo 
^^  Emé  sa  tèsto  atremoulido. 

«0  Santo,  à-n-elo,  qu'es  poulido, 

Innoucentouno,  enfantoulido, 
'^^      La  vido  ié  counvèn:  mai  iéu,  vièi  sabourun, 

•'  Ch'ous  Jiourido  (croix  fleurie),  croix  d'or,  ornée  de  diamants  ani 
extrémités  des  qnatre  branches,  qn'on  portait  an  con. 


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LA  MORT.  245 

16  léu,  mandas- me  fuma  li  maulo!    .  .  . 
Lis  iue  barra,  sènso  paraulo, 

^^       Mirèio  èro  estendudo.    Èro  alor  sus  lou  tard. 
Pèr  que  l'auro  tamarissiero 
Reviscoulèsse  la  masiero, 
^^^  Dessus  li  lauso  téulissiero 

L'avien  entre-pausado,  en  visto  de  la  mar. 

17  Car  lou  pourtau  (qu'es  la  parpello 
'^^                D'aquelo  benido  capello), 

Regardo  sus  la  glèiso:  alin,  pereilalin, 

D'aqui  se  vèi  la  blanco  raro 
^^'*  Que  joun  ensèn  e  desseparo 

Lou  cou  redoun  e  Taigo  am&ro; 
Se  vèi  de  la  grand  mar  Teterne  remoulin. 

^2®        18     De-longo  lis  erso  foulasso 

Que  s'encavaucon,  jamai  lasso 
De  s'esperdre  en  bramant  dins  li  mouloun  sablons; 
*^  De-vers  la  terro  uno  planuro 

Qu'a  gens  de  fin;  pas  uno  auturo 

Qu'à  soun  entour  fague  centuro; 
'^      Un  cèu  inmènse  e  clar  sus  d'erme  espetaclous. 

19  De  clarinèlli  tamarisso 

Au  mendre  vent  boulegadisso  ; 
'^^      De  long  campas  d'engano  e,  dins  l'oundo,  pèr  fes 

Un  VÒU  de  ciéune  que  s'espurgo; 

0  bèn,  dins  la  sansouiro  turgo, 
^^  Uno  manado  que  pasturgo 

0  que  passo  en  nadant  l'aigo  dóu  Yacarés. 

20  Mirèio  enfin,  d'un  parla  feble, 
'3^                A  murmura  quàuqui  mot  treble: 

«De- vers  la  terro,»  dis,  «emé  de-vers  la  mar 
Sente  veni  dos  alenado: 

»»  Vœarés,    Voy.  IV,  212  note. 


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246  CANT   DOUQEN. 

*^  Uno  di  dos  es  serenado 

Coume  l'alen  di  matinado; 
Mai  l'autro  es  espannado,  ardènto,  e  sent  Tamar.» 

^^^        21     E  se  teisè  . . .    De- vers  la  piano 

E  de-vers  lis  oundo  salano, 
Li  Santen  sus-lou-cop  regardèroD  veni: 
^^*  E  n'en  veson  un  qu'esfoulisso 

De  revoulun  de  terro  trisso 

Davans  si  pas:  li  tamarisso 
^**^      Parèisson  davans  eu  s'encourre  e  deniçni. 

22  Es  Vincenet  lou  panieraîre  ! . . . 
Oh!  paure  drôle  e  de  mau-traire! 

^^      Soun  paire  Mèste  Ambroi  pas-pulèu  i^aguè  di: 
«Moun  fiéu,  sara  pas  pèr  ti  brego 
Lou  poulit  brout  de  falabrego!» 
^^8  Que  tout-d'un-tèms  de  Valabrego, 

Pèr  la  vèire  enca  'n  cop,  parte  coume  un  bandit. 

23  En  Crau  ié  dison  :    «Es  i  Santo!» 
^^  Rose,  palun,  Crau  alassanto, 

Rèn  l'avié  detengu  de  courre  enjusquo  i  tes. 
Mai  pas-pulèu  es  dins  la  glèiso, 
*^*  Pas-pulèu  vèi  aquelo  prèisso, 

Pale,  sus  lis  artèu  se  drèisso 
E  cridavo:  «Mounte  esP  ensignas-me  niounte  es!» 

i«2        24     «Es  amoundaut  à  la  capello, 

Dins  uno  angòni  que  trampello!» 
E  lèu  coume  un  perdu  mountè  lou  marridoun. 

iw  Entre  la  vèire,  vers  l'espàci 

Levé  si  man  emai  sa  fàci: 
«Pèr  encapa  tàli  desgràci, 

^•®      A  Dieu»,  cridè  lou  paure,  «à  Dieu  que  i'ai  fa  dounc 

25     «Ai-ti  coupa  la  gargamello 
En  quau  tetère  li  raamello? 
"'      Escumerga,  m'an  vist  abra  moun  cachimbau 


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LA   MORT.  2^47 

Dins  uno  glèiso.à  la  viholo? 
0  tirassa  dins  lis  auriolo 
"^  Lou  Crucefis,  à  la  JuaioloP  . . . 

Qu'ai  fa,  malan  de  Dieu!  pèr  agué  tant  de  mauP 

26    Pas  proun  que  me  l'an  refusado, 
*"  Enca  me  Tan  martirisadol!» 

E  'mbrassè  soun  amigo;  e  de  vèire  Vincèo 
De  la  grand  forço  que  trenavo, 
^^  Lou  mounde  foui  qu'envirounavo 

Sentíen  soun  cor  que  tresanavo, 
E  pèr  eu  trasien  peno  e  plourayon  ensèn. 

188        27     E  coume,  i  vabre  d'une  coumbo, 

Lou  brut  d'un  gaudre  que  trestoumbo 
Vai  esmòure  lou  pastre  amount  sus  li  cresten, 

ï^*  DÓU  founs  de  la  glèiso  mountavo 

La  voues  dóu  pople  que  cantavo, 
E  tout  lou  temple  ressautavo 

^^^      DÓU  cantico  tant  bèu  que  sabon  li  Santen: 

28     *0  Santo,  bèlli  marinière, 
Qu'avès  chausi  nòsti  sagniéro 
^**      Pèr  i'auboura  dins  l'èr  la  tourre  e  li  merlet 
De  Yosto  glèiso  roussinello, 
Coume  fara  dins  sa  pinello 
^^^  Lou  marin,  quand  la  mar  bacello, 

Se  ié  mandas  pa»  lèu  voste  bon  ventouletP 


"•/'*  Tirassa,  etc.,  «traîner  le  crncifix  dans  les  épines  de  la  lande, 
comme  font  les  profanateurs,  à  la  façon  des  Juifs  dans  le  récit  de  la 
Passion».  Mistral. 

^^  88.  Les  strophes  28— HO  donnent  un  résumé  des  inyocations 
diverses  qu'on  rencontre  dans  les  cantiques  usités  dans  les  fêtes  des 
saintes  Maries  (25  mai).  On  vend,  le  jour  du  pèlerinage,  des  recueils 
de  cantiques  provençaux  et  français  sur  toutes  sortes  d'airs.  Le  félibre 
arlésien,  Maître  Eyssette  compose  tous  les  ans,  depuis  de  longues  années, 
un  nouveau  cantique  provençal  qu'il  lait  chanter  aux  pèlerins  de  la  fête. 


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248  CANT  DODGEN. 

29     Coume  fara  la  pauro  avuglo? 
^*®  Ah!  noun  i'a  sàuvi  nimai  buglo 

Que  poscoD  ié  gari  soun  lamentable  sort; 
E,  sens  muta,  tout  lou  jour  isto 
2^^  En  repassant  sa  vido  tristo  . . . 

0  Santo,  rendès-îé  la  visto, 
Que  l'oumbro,  e  toujour  l'oumbro,  es  pire  que  la  mort! 

^^^        30    Rèino  de  Paradis,  mestresso 

De  la  planuro  d'amaresso, 
Clafissès,  quand  vous  plais,  de  pèis  nòsti  fielat: 
2^^  Mai  à  la  foulo  pecadouiro 

Qu'à  vosto  porto  se  doulouiro, 

0  blànqui  flour  de  la  sansouiro, 
2^^      8'es  de  pas  que  ié  fau,  de  pas  emplissès-la!* 

31  Ansin  li  bon  Santen  pregavon, 
Emé  de  crid  que  vous  trancavon! 

218      E  veici  que  li  Santo  à  la  pauro  que  jai 

Boufèron  un  brisoun  de  voio, 

E  sa  caro  un  brisoun  galoio 
2*«  '  8'enflourè  d'une  douço  joio, 

Car  de  vèire  Vincèn  i'  agradè  que-noun-sai. 

32  «Moun  bel  ami,  de  mounte  yènes?» 
2^*               Ié  faguè.    *Digo,  t'ensouvènes 

De  la  fes  qu'emé  tu  parlavian  eila  au  mas, 

Asseta  'nsèn  souto  la  triho? 
222  €€8e  quauque  mau  te  desvario, 

Courre  lèu  i  Sànti  Mario,»» 
Me  diguères  alor,  ««auras  lèu  de  soûlas.»» 

22*        33     O  Vincenet,  que  noun  pos  vèire 

Dins  moun  cor  coume  dins  un  vèire! 
De  soûlas,  de  soûlas,  n^en  regounflo  moun  cor! 

Moun  cor  es  un  lauroun  que  verso: 

Abelimen  de  toute  merço, 

Gràci,  bonur,  n'ai  à  reverso  !  .  .  . 
231      Dis  Ange  dóu  bon  Dieu  entre-vese  li  Cor  .  .  .• 


228 


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LA  MORT.  249 

34  Âqui  Mirèio  s'abaucavo 

E  dins  restendudo  alucavo: 
^^      Semblavo,  pcralin  au  fin  founs  de  Ter  blu, 

Vèire  de  causo  espetaclouso. 

Pièi  sa  paraulo  nivoulouso 
*^^  RecoumençaYO  :  >Urou80,  urouso 

Lis  amo  que  la  car  en  terro  detèn  plu! 

35  Yincèn!  as  yist,  quand  remountavon, 
**®  Li  flo  de  lume  que  jitavon  !  .  .  . 

Ahl>  dis,  <lou  libre  bèu  que  se  n'en  sarié  fa, 

S'aquéli  resoun  que  m'an  dicho, 
2**  Fin-que  d'une,  s'èron  escricho!» 

Vincèn,  que  lou  plourun  esquicho, 
Lachè  mai  soun  gounflige  un  moumen  estoufa: 

2^*       36     «Basto  lis  agué  visto!  basto!» 

Eu  cridè,  «coume  uno  langasto 
Me  sariéu  à  si  raubo  ari'apa  tout  bramant .  .  . 
^^^  Oh!  i'auriéu  di,  rèino  celèsto, 

Boulet  recàti  que  nous  rèsto, 

Prenès-me  lis  iue  de  la  tèsto 
Í62      j;  li  (jènt  de  la  bouco  e  li  det  de  la  man! 

37  Mai  elo,  ma  belle  fadeto, 

Oh!  rendès-me-la  gaiardeto!  ...» 
«55      «Ve-lèi!  ve-lèi  veni  'mé  si  raubo  de  lin!» 

Elo  subran  se  bouto  à  faire. 

E'n  boulegant  pèr  se  desfaire 
25®  D'entre  la  faudo  de  sa  maire, 

De  la  man  vers  la  mar  fasié  signe  eilalin. 

38  Quatecant  tóuti  se  dreissèron, 
*•'                De-vers  la  mar  tóuti  fissèron 

E,  la  man  sus  lou  front:    «Eilalin  descurbèn», 
Venien  entre  éli,  «rèn  pèr  aro, 
2*^  Senoun  alin  la  blanco  rare 

Que  joun  lou  cèu  e  l'aigo  amaro  .  .  . 
Noun,  se  vèi  rèn  vèni  ...»    'Si!  si!  regardas  bèn! 


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250  CA»T  DOUÔB^. 

^^'^        39     Soun  8u  'no  barco  sènso  vélo,» 
Cridè  Mirèio  .  .  .    «Davans  elo, 
Yesès  pas  coume  Toundo  aplano  si  revou? 

270  Oh!  qu'es  bèn  éli!   L'èr  clarejo, 

E  l'alen  siau  que  li  carrejo 
Lou  mai  plan  que  pou  voulastrejo  .  .  . 

27^      Lis  aucèu  de  la  mar  li  saludon  à  vòu.» 

40  «La  pauro  chato  ravassejo  .  .  . 
Sus  la  marino  que  rougejo 

Yesèn  que  lou  soulèu  que  vai  se  cabussa.> 
«Si!  si!  lis  es»,  fai  la  malauto; 
«  Boutas  î  moun  iue  noun  me  defauto, 
E  quouro  founso,  quouro-z-auto, 

O  miracle  de  Dieu!  sa  bareo  y  en  d'eiça!' 

41  Mai  déjà  venié  'scoulourido, 
Coume  uno  blanco  margarido 

Que  lou  dardai  la  rimo,  entre  que  s'espandis; 
E  Vincenet,  l'esfrai  dîns  l'amo, 
Agrouva  contre  aquelo  qu'amo, 
La  recoumando  à  Nosto-Damo, 

La  recoumando  i  Santo  e  Sant  dóu  Paradis. 

288        42     Avien  abra  de  candeleto.  — 
Cencha  de  l'estolo  vióuleto, 
Yenguè  lou  capelan  'mé  lou  pan  angeli 

^^  Refresca  soun  palai  que  crèmo; 

lé  dounè  pièi  l'Ouncioun  estrèmo 
E  la  vougnè  'mé  lou  Sant  Crèmo 

^^^      En  sèt  part  de  soun  cors,  segound  l'us  eatouli. 

43    D'aquéu  moumen  tout  èro  en  pauso; 
Noun  s'entendié  dessus  la  lauso 
-^7      Que  Yoremus  dou  prèire.    Au  flanc  de  la  paret, 
Lou  jour-fali  que  se  prefoundo 
Esvalissié  si  clarta  bloundo, 
^00  E  la  marino  à  bèllis  oundo 

Plan-plan  venié  se  roumpre  em'un  long  chafaret. 


276 


279 


282 


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LA  MOKT.  251 

44    Âgeinouia,  soUn  tendre  amaire, 
^^  Emé  80UIÌ  paire,  emé  sa  maire, 

Trasien  de  tèms  en  tèms  un  senglut  rau  e  sourd. 
«Ânen!»  digue  Mirèio  encaro, 
3^  «La  despartido  se  prépare  .  .  . 

Anen!  touquen-nous  la  raan  aro. 
Que  dóu  front  di  Mario  aumento  la  lusour. 

^^        45    A  l'endavans,  li  flamen  rose 

Courron  déjà  di  bord  dóu  Rose  .  .  . 
.  Li  tamarisso  en  flour  coumençon  d'adoura. 

*'*  0  boni  Santo!  me  fan  signe 

D'ana  'm'  éli,  qu'ai  rèn  à  cregne, 
Que,  coume  entèndon  is  Ensigne, 

3^^      Sa  barco  en  Paradis  tout  dre  nous  menara.» 

46  Mèste  Ramoun  ié  digue:  «Migo, 
D'avé  'strassa  tant  de  garrigo, 

31»      De  que  vai  me  servi,  se  partes  dóu  maset? 
Car  Tafecioun  que  m'ajudavo, 
De  tu  venié  !  La  caud  lardavo, 
^•^  Lou  fiò  di  mouto  m'assedavo  .  .  . 

Mai  te  vèire  empourtavo  e  la  caud  e  la  set.» 

47  «Se  'n-cop  veirés  à  voste  lume 
324               Quauque  sant-fèli  que  s'alume, 

Bon  paire,  sara  iéu  .  .  .  Li  Santo,  sus  la  pro, 
Soun  drecho  que  m^espèron  .  .  .  Eto! 
32^  Esperas-me  'no  passadeto  .  .  . 

Vau  plan,  iéu,  que  siéu  malauteto  ...» 

La  maire  alor  esclato:    «Oh!  noun,  noun,  acò  's  trop! 

sso        48    Vole  pas,  vole  pas  que  mores! 
Emé  iéu  vole  que  demores! 
E  pièi,  ma  Mireiouno,  e  pièi,  se  'n-cop  vas  bèn, 

»^*  Enêigne.    Voy.  Vm,  99  note. 

"*  SB.  L'apparition  de  morts  on  de  mourants  sous  la  forme  d'nn 
papillon  répond  à  des  croyances  populaires  très  répandues  dont  M.  Maasa, 
/,  c,  p.  lô  cite  plusieurs  exemples.    Cf.  VI,  416  note. 


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252  CAKT  DOUGBN. 

^^  Anaren  vers  ta  tanto  Aurano 

Pourta  'n  canestèu  de  mióugrano: 
Di  Baus  n'es  pas  bèn  liuen  Maiano, 

^^^      E  se  pôu  dins  un  jour  faire  lou  vai-e-vèn.» 

49  «Noun,  es  pas  liuen,  bono  meireto! 
Mai,  boutas  !  lou  farés  souleto  !  .  .  . 

^^*      Ma  maire,  pourgès-me  mis  ajust  blanquinèu. 

Vès  li  blanco  e  bèlli  mantibo 

Qu'an  sus  Tespalo  li  Mario! 
^^2  Quand  a  neva  sus  li  mountiho. 

Pas  tant  bléujo  es  la  nèu,  la  tafo  de  la  nèu!> 

50  Lou  brun  trenaire  de  garbello 

*^^  lé  crido  alor:   «Moun  tout,  ma  bello, 

Tu  que  m'aviés  dubert  toun  fres  palais  d'amour, 
Toun  amour,  óumorno  flourido! 
8*^  Tu,  tu  pèr  quau  ma  labarido 

Coume  un  rairau  s'èro  clarido, 
E  sens  crento  jamai  di  marridi  rumeur; 

3^^        51     Tu,  la  perleto  de  Prouvènço, 

Tu,  lou  soulèu  de  ma  jouvènço, 
Sara-ti  di  que  iéu,  ansin,  dóu  glas  mourtau 

3^*  Tant  lèu  te  vegue  tressusanto?  .  .  . 

Sara-ti  di,  vous,  grandi  Santo, 
Que  l'aurés  visto  angounisanto 

357      E  de-bado  embrassa  vòsti  sacra  lindauP» 

52     Su  'cò-d'aqui,  la  jouveineto 
lé  respoundeguè  plan-planeto  : 
SCO       «Q  lYioun  paure  Vincèn,  mai  qu'as  davans  lis  iue? 


•'*  Maiano  (Maillane),  village  de  rarrondissement  d'Arles,  patrie 
de  Fauteur.   Voy.  Introd.  p.  xxii. 

•*'  Ounwmo  flourido  (aumône  fleurie),  aumône  que  le  pauvre  qui 
Ta  reçue  donne  à  un  autre  pauvre  ;  expression  poétique  qui  signifie  par 
extension:  rare  bienfait.    Voy.  V,  458  note. 


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Là  Mort.  253 

La  mort,  aquéu  mot  que  t'engaDo, 
Qu^es?  UDO  nèblo  que  s'esvano 
***  Emé  li  clar  de  la  campano, 

Un  8ounge  que  reviho  à  la  fin  de  la  niue! 

53    Noun,  more  pas!  léu,  d'un  pèd  proumte 
^^  Sus  la  barqueto  déjà  mounte  .  .  . 

Adieu,  adieu  !  .  .  .  Déjà  nous  emplanan  sus  mar  ! 
La  mar,  bello  piano  esmougudo, 
369  £)6u  Paradis  es  l'avengudo, 

Car  la  bluiour  de  Testendudo 
Tout  à  l'entour  se  toco  emé  lou  toumple  amar. 

^^^        54     Ai  !..  .  coume  l'aigo  nous  tintourlo  ! 

De  tant  d'astre  qu'amount  penjourlo, 
Wen  trouvarai  bèn  un,  mounte  dous  cor  ami 
375  Libramen  poscon  s'ama!  .  .  .  Santo, 

Es  uno  ourgueno,  alin,  que  canto?  ...» 

E  souspirè  Tangounisanto 
3'^^      E  revessè  lou  front,  coume  pèr  s'endourmi .  .  . 

55  Is  èr  de  sa  risènto  caro, 
Aurien  di  que  parlavo  en  caro.  — 

^^      Mai  déjà  li  Santen,  à  l'entour  de  l'enfant 

Un  après  l'autre  s'avançavon, 

E  'm'  un  cire  que  se  passavon 
3^  Un  après  l'autre  la  signavon  .  .  . 

Atupi,  si  parent  arregardon  que  fan. 

56  En  liogo  d'èstre  mourtinouso,  ' 
^"^                Éli  la  veson  luminouso; 

An  bèu  la  senti  frejo,  au  cop  descounsoula 
Noun  yolon  pas,  noun  podon  crèire. 
^^  Mai  Vincèn,  eu,  quand  la  vai  vèire 

Emé  soun  front  que  pènjo  à  rèire, 

Si  bras  enregouï,  sis  iue  coume  entela: 


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254  OANT   DOUGÉlí. 

8^3        57     «Es  morto!  .  .  .  vesès  pas  qu'es  morto?  ...» 
E  coume  torson  li  redorto, 
A  la  desesperado  eu  tourseguè  si  poung; 

^^  E  'mé  si  bras  foro  di  mancho, 

Acoumencèron  li  coumplancho  : 
«Va  pas  que  tu  que  saras  plancho! 

^®^      Emé  tu  de  ma  vido  a  toumba  lou  cepouo! 

58  Es  morto!  .  .  .  Morto?  Es  pas  poussible! 
Fau  qu'un  Demòni  me  lou  sible  .  .  . 

*^2      Parlas,  au  noum  de  Dieu,  boni  gènt  que  sia  'qui, 
Vautre,  avès  agu  vist  de  morto: 
Digas-me  s'en  passant  li  porto 

^5  Risoulejavon  de  la  sorto  !  .  .  . 

Pas  verai  qu'a  sis  èr  quasimen  ajouguiP 

59  Mai  dequé  fan  ?..  .   Viron  la  tèsto, 

^^  Soun  tóuti  gounfle!  Ah!  n'i'a  de  rèsto! 

Ta  voues,  toun  dous  parla,  iéu  l'entendrai  pas  plu!» 
Aqui  de  tóuti  lou  cor  boundo, 
^^^  Un  lavàssi  de  plour  desboundo, 

Lou  crèbo-cor  au  plang  dis  oundo 
Apoundeguè  subran  un  desbord  de  senglut. 

^^^        60    Ansin,  dins  uno  grand  manado, 
Se  'no  ternenco  es  debanado, 
A  l'entour  dóu  cadabre  estendu  pèr  toujour, 
^^^  NÒU  vèspre  à-de-rèng,  tau  e  tauro 

Van,  souloumbrous,  ploura  la  pauro, 
E  la  palun  e  l'oundo  e  l'auro 
De  si  doulourous  bram  restountisson  nòu  jour. 


420 


*^*l^  Le  fait  chanté  ici  a  trouvé  beaucoup  de  sceptiques.  M. 
Maass,  l.  c,  p.  43,  nous  raconte,  que,  sur  une  question  adressée  à  l'auteur, 
M.  Mistral  lui  a  répondu:  «Larmes  versées  par  les  taureaux  sw  le 
cadavre  de  l'un  d'entre  eux  —  chose  très  vraie,  vue  et  expérimentée 
par  moi-même,  en  présence  du  peintre  Bnmand  qui  a  illustré  MireiUf, 
et  peint  cette  scène  d'après  nature.»  Le  silence  éloquent  qui  suit  cette 
communication  et  la  place  qu'il  lui  donne  font  voir  que  M.  Maass  n'est 


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LA  MORT.  255 

61  «Vièi  Mèste  Ambroi,  plouro  toun  drôle! 
Ai!  ai!  ai!»  Vincèn  fasié,  «vole, 

*^      SaDlen^  que  dins  lou  cros  em'  elo  m'empourtés  .  .  . 

Aqui,  ma  bello,  à  monD  auriho 

Tant-e-pièi-mai  de  ti  Mario 
*^^  Me  parlarafi;  ...  e  de  couquiho, 

0  tempè8to  de  mar,  aqui  nous  acatés! 

62  Bràvi  SanteD,  de  vous  me  fise!  .  .  . 
429                Fasès  pèr  iéu  ço  que  vous  dise  : 

Pèr  un  dòu  coume  aquéu  es  pas  prouu  lou  ploura! 

Cavas-nous  dins  l'areno  molo 
^^*  Pèr  tóuti  dous  qu'uno  bressolo! 

Aubouras-ié  'no  clapeirolo, 
Pèr  que  Toundo  jamai  nous  posque  sépara! 

yai>  bien  persuadé  et  avait  peur  d'être  la  victime  d'une  galéjade,  M. 
Burnand  a  rendu  compte  de  Texpérience  faite  avec  M.  Mistral  dans  un 
n»-  de  la  Revue  des  Lettres  et  Arts.  Voici  ce  qu'il  en  écrit:  «J'avais 
quelques  doutes  au  sujet  de  l'authencité  du  fait  chanté  par  M.  Mistral, 
à  l'occasion  de  la  mort  de  Mireille.  Je  voulais  en  avoir  le  cœur  net, 
et  le  gardien  du  troupeau,  que  je  questionnai  sur  les  mœurs  de  ses 
bêtes  et  qui  croyait  fermement,  lui,  aux  larmes  des  taureaux,  me  proposa 
de  m'en  donner  la  preuve.  Il  réunit  le  troupeau  et  le  poussa  vers  un 
point,  distant  de  quelques  milles,  où  il  avait  enfoui  une  génisse,  plusieurs 
mois  auparavant.  A  peine  les  premiers  animaux  furent-ils  parvenus  à 
l'endroit  où  la  fosse  avait  été  creusée  qu'ils  s'arrêtèrent  en  reniflant 
bruyamment.  Ils  se  mirent  à  gratter  le  sol  et  à  le  flairer  en  mugissant. 
Rien  ne  peut  donner  une  idée  du  caractère  pathétique  de  cette  scène. 
Les  bêtes,  pressées  les  unes  contre  les  autres,  semblaient  se  confier  leur 
douleur  et  leur  émoi;  il  y  en  avait  qui  levaient  la  tête  en  beuglant 
d'une  manière  déchirante,  il  y  en  avait  qui  grondaient  sourdement,  la 
gueule  grand'ouverte  ;  toutes  étaient  agitées,  inquiètes.  Même  pour  ces 
créatures  d'un  ordre  inférieur,  la  mort  est  bien  le  roi  des  épouvantements.» 
M.  M.  Girard,  La  Crau,  p.  479,  est  également  affirmatif:  «Une 
autre  particularité  non  moins  intéressante,  c'est  de  les  (les  taureaux) 
voir  pleurer  de  grosses  larmes  lorsque  l'un  d'eux  vient  à  mourir  dans 
les  prairies  ;  la  manado  s'assemble  alors  à  la  tombée  du  jour  autour  de 
la  bête  morte,  et  là  se  met  à  beugler,  à  gémir,  à  pleurer  véritablement. 
C'est  un  spectacle  fort  émouvant,  je  vous  assure.» 


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256  CANT  DOtOEK.      LA  MOtlt. 

*85        63    E  d'enterin  qu'i  liò  mounte  èro 
Se  turtaran  lou  front  sus  terro 
DÓU  remors,  iéu  em'  elo,  enclaus  d'un  blu  seren, 

*^  Souto  lis  aigo  atremoulido, 

0,  iéu  'mé  tu,  ma  tant  poulido! 
Dîna  de  brassado  trefoulido 

^^^      Longo-mai  e  sens  fin  nous  poutouDejaren!> 

64  E,  desvaga,  lou  panieraire 
A  la  perdudo  vèn  se  traire 

*^      Sus  lou  cors  de  Mirèio,  e  lou  desfourtuua 
Dins  si  brassado  fernetico 
Sarro  la  morto  .  .  .  Lou  cantico, 

**^  Eilavau  dins.  la  glèiso  antico, 

Coume  eiçò  tourna-mai  s'entendié  ressouna: 

65  «0  bèlli  Santo,  segnouresso 
^^               De  la  planuro  d'amaresso, 

Clafissès,  quand  vous  plais,  de  pèis  nòsti  fielat! 

Mai  à  la  foulo  pecadouiro 
*^'  Qu'à  vosto  porto  se  doulouiro, 

0  blànqui  flour  de  la  sansouiro, 
S'es  de  pas  que  ié  fau,  de  pas  emplisses- la  !> 

Maiano  (Bottco-dôu-Rose)^ 
IjOU  bèu  Jour  de  la  Cafidelouso,  de  l'an  1859. 


FIN 


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GLOSSAIRE. 


Remarque.  —  J'aurais  été  bien  content  de  pouvoir  établir  dans 
ce  glossaire,  basé  sur  un  petit  dictionnaire  que  j'avais  composé  pour 
mon  propre  usage,  Vétymologie  de  chaque  mot  contenu  dans  notre 
poème.  Mais  je  dois  avouer  que  je  n'y  ai  pas  toujours  réussi ,  et  je 
me  suis  vu  réduit,  bien  des  fois,  à  ajouter  les  mots  :  or{igine)  inc{onnue). 
Ce  fait  n'étonnera  guère  ceux  qui  connaissent  la  difficulté  des  investiga- 
tions étymologiques,  et,  sans  doute,  ils  me  sauront  gré  d'avoir  évité  des 
explications  aventureuses  et  purement  hypothétiques.  Les  astérisques 
précédant  les  étymologies  indiquent  des  formes  construites  par  induction. 
Les  substantifs  et  adjectifs  latins  sont  donnés  à  la  forme  de  l'accusatif 
du  singulier.  Pour  la  conjugaison  des  verbes  forts,  il  y  a  toujours 
un  renvoi  à  la  Grammaire  historique  de  la  langue  dea  félihres  par 
M.  Koschwitz.  La  plupart  des  formes  de  ces  verbes,  du  moins  celles 
dont  l'infìnitif  ne  se  présente  pas  sans  difficulté,  se  trouvent  énumé- 
rées  au  glossaire.  Il  m'a  paru  inutile  d'introduire  une  notation  figurée 
de  la  prononciation  des  mots  provençaux,  et  je  me  suis  borné  à  mar- 
quer par  un  crochet  ([)  les  consonnes  finales  qui  sont  muettes, 
sauf  en  cas  de  liaison,  suivant  en  cela  les  indications  que  le  poète  lui- 
même  a  eu  la  bonté  de  me  fournir,  et  qui,  du  reste,  sont  toujours  con- 
formes aux  règles  données  par  M.  Koschwitz  dans  la  partie  phonologique 
de  sa  Grammaire.  Les  chiffres  romains  et  arabes  qui  suivent  les  tra- 
ductions françaises,  se  rapportent  aux  chants  et  aux  vers  de  Mirèio. 
En  général  je  me  suis  contenté  de  citer  un  nombre  restreint  de  pas- 
sages, mais  j'ai  cru  nécessaire  d'indiquer  tons  les  endroits  quand  un  mot 
ne  se  trouve  que  rarement  dans  notre  poème.  ().  H. 

Abréviations. 


a.  —  adjectif. 

celt. 

—  celtique. 

adv.  {de  t.)  —  adverbe  (de  temps). 

CWlj. 

—  conjonction. 

ags.  —  anglo-saxon. 

.  CP-  - 

-  comparer. 

augm.  —  augmentatif. 

détn. 

—  démonstratif 

6.  lat.  —  bas  latin. 

dim. 

—  diminutif. 

17 


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258 


GLOSSAIRE. 


esp,  —  espagnol. 

/.  —  féminin. 

Jig.  —  au  figuré. 

fr.   -  français. 

fréqu.  —  verbe  fréquentatif. 

genn.  —  germanique. 

(joth.  —  gothique. 

gr.  —  grec. 

irf.  —  le  même  mot,  la  même 

signification. 
int.  —  interjection. 
interr.  —  interrogatif. 
H.  —  italien. 
lot.  —  latin. 

loc.  adv,    -  locution  adverbiale. 
nu  —  masculin, 
n.  de  f.  —  nom  de  femme, 
n.  de  L  —  nom  de  lieu, 
w.  de  n.  {ord.)  —  nom  de  nombre 

(ordinal). 
néerh  —  néerlandais. 
nord.  —  nordique. 
onom.  —  onomatopée. 
opp.  —  par  opposition  à. 
oHg.  —  originairement. 
/;.  —  pour,  au  lieu  de. 
p-ê,  —  peut-être  —  p.  e.  —  par 

exemple. 


pers. 

—  personnel. 

p.  p. 

—  participe  passé. 

p,  pr 

.  —  participe  présent. 

pi.  - 

-  pluriel. 

port. 

—  portugais. 

P08S. 

—  possessif. 

pr.  - 

-  pronom. 

prép. 

—  préposition. 

prob. 

—  probablement. 

propr.  —  proprement. 

î-  — 

quelqu'un. 

qc,    - 

-  quelque  chose. 

rac. 

—  racine. 

rad. 

—  radical. 

rel.  - 

-  relatif. 

8.    — 

substantif. 

8.  p. 

—  substantif  participial 

8.   V. 

—  substantif  verbal. 

suff. 

—  suffixe. 

V.    — 

vojez. 

V.  c. 

m.  —  voyez  ce(s)  mot(s) 

vfr. 

—  vieux  français. 

vha. 

—  vieux  haut  allemand. 

vpr. 

—  vieux  provençal. 

i\  a. 

-  verbe  actif. 

V.  imp.  —  verbe  impersonnel. 

V.  n. 

—  verbe  neutre. 

V.  r. 

—  verbe  réfléchi. 

Ouvrages  cités  dans  le  Glossaire. 


Arch.  gl.  —  Archivio  glottologico 
italiano,  diretto  da  Ascoli.  To- 
rino,  Ermanno  Lœscher. 

Bridel.  —  Glossaire  du  patois  de 
la  Suisse  romande  par  le  doyen 
Bridel,  recueilli  et  annoté  par 
L.  Favrat.  Lausanne,  (rges. 
Bridel  Wm. 

Dz.   —   Etymologisches    VVftrter- 
buch  der  romanischen  Sprachen 
von  Fr.  Diez.    4«'  Aufl.     Bonn  ' 
1878. 


Du  C.  —  Glossarium  medîae  et 
infimae  latinitatis  conditum  a 
Carolo  du  Fresne,  domino  Du 
Cange,  éd.  nova  a  L.  Favre. 
Niort  1883-87. 

Gr.  —  Grammaire  historique  de  la 
langue  des  félibres  par  Ëduard 
Koschwitz.  (^reifswald  -  Avig- 
non-Paris 1894. 

(Gr.)Z.  —  Zeitschrift  filr  roma- 
nische  Philologie,  herausg.  von 
Gust.  Grîîber.   Halle,  Niemeyer. 


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GLOmaÂlRË. 


2Ô9 


Kôrt,  —  Lateinisch-romanisches 
Wôrterbuch  von  GustavKiîrting. 
Paderborn  1891. 

Rom.  —  Romania,  recueil  tri- 
mestriel consacré  à  Tétude  des 
langues  et  des  littératures  ro- 
.  mânes,  publié  par  Paul  Meyer 
et  Gaston  Paris. 


Scheler  —  Dictionnaire  d'étymo- 
logie  française,  par  Aug.  Scheler. 
3«  éd.    Bruxelles  1888. 

Très.  -  Lou  Trésor  d6u  felibrige 
ou  dictionnaire  provençal-fran- 
çais par  Frédéric  Mistral.  2  vols. 
—  Aix- en -Provence -Avignon- 
Paris. 

Z.  -  voir  Gr.  Z. 


IT" 


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à  prép.  (ftd)  à  ;  devant  une  voyelle 
souvent  à-n  :  VII,  102.  II,  438. 
m,  370;  ou  à-z:  I,  472;  à  4- 
lou  {art.  déf.)  =  au.  devant  une 
consonne,  I,  19.  49.  —  à  +  li 
=  i,  à  +  lis  =  is  :  I,  91.  132. 
352.  240.  —  La  prép.  à  sert  à 
marquer  le  rég.  indir,  {datif)  : 
Ì,  93.  269.  277.  400.  —  le  séjour 
dans  l'espace:  I,  49.  54,  80. 112. 
205  etc.  —  l'approximation  dans 
l'espace  ou  la  destination  :  I,  75. 
98.  154.  219.  243.  156.  272.  282 
etc.  —  l'accompagiiement  :  1, 102. 
141.  344.  483.  —  la  manih-e:  I, 
137. 146. 168. 179. 180.  342.  367. 

II,  57.  171.  150.  VI,  475.  XIL 
395  etc.  -  le  temps:  I,  182.  290. 
296.  464.  469.  II.  323.  —  devant 
l'inf.  après  ctrtains  verbes:  I. 
115.  540.  II,  179.  —  pour  former 
d'autres  prépositions,  telles  que: 
à  Ventour  de  I,  36f>.  449.  494. 
à  travès  I,  3  etc.  (r.  c.  m.},  en- 
jusquo  à  I,  267.  533;  ou  des  ad- 
verbes: aniue  I,  402. 

abadié  s.  f.  [de  abbâtiam)  abbaye 

VI,  i)49. 
abandeira,  do  p.  p.  et  a.  {de  ad 

+  germ.  band  drapeau)  pavoisé 

III,  160. 

(^s')abauca  r.  a.  et  r.  {du  germ. 
balk  fort)  apaiser  IV,  6.  s'apai- 
ser XII,  233. 


abandonna  v.  a.  {de  l'ancienne 
locution  adverbiale  à  bandon, 
à  volonté.,  du  germ.  band  +  suff. 
roman  on)  abandonner  V,  425. 
VIII,  231. 

abari  (—  abali)  v.  a.  {origine  in- 
connue) nourrir,  élever  IV,  325. 

VI,  613. 

abarous,  o  (-=  avarous)  a.  (àvfir 
+  suff.  osum)  économe,  ménager 

VII,  124. 

abasima  (=  abima)  v.  a.  (du  s. 
âbysslmum^.  âbyssam)  àbhner, 
accabler  V,  281.  VI,  375. 

abatre  va.  —  Gr.  §  106  p.  147 
-  (ad-battûere)  àbaitre  IV,  407. 

abeié  s.  m.  {b.  lai.  averium,  de 
hàbÇre,  cp.  avé  s.  m.)  troupeau 
transhumant  qui  passe  l'hiver 
dans  la  plaine  et  l'été  dans  la 
montagne  IV,  157.  VUI,  206. 

abelan,  o  a.  {de  avelano,  v.  c.  m.) 
tendre  j  friable,  généreuxYlìjbì2, 

abelimen  s.  m.  (ad-bell-imentum) 
délice.  XII,  229. 

(s')abena,r.  a.  et  r.  {de  à  +  bèn, 
cp.  le  vpr.  abenar)  ttser^  utiliser 
jusqu'au  bout^  épuiser  IX,  293. 
s'épuiser  X,  393. 

(s')abénra  v.  a.  et  r.  (ad-*bïberare) 
abreuver  I,  316.  IV,  112;  arc  dés- 
altérer II,  438. 

abéurage  s.  m.  (de  abèara)  breu- 
vage X,  416. 


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GLOSSAIRE. 


261 


àbi  s.  m.  (hàbïtum)  robe  V,  854. 
abiho   a.  /.  (*àpïcûlam)  abeiiie  I, 

88.  n;  6.  III,  94  etc. 
abile,  0   a.  (hàbïlem)  habile  III, 

18.  IX,  59. 
abime    ^.  w.   (♦ablsmum,  forme 

superlative  de  abyssum)  abhfie 

XI,  6. 
abissin,  o   a.   et  s.  (Àbjssinum) 

Abi/ssin,  e  X,  84. 
abitudo    8,  f.  {du  fi\  habitnde. 

lot.   hftbïttldînem)    habitude   I, 

180.  II,  47.  IX,  232. 
d'abor[d  adv.  de  t.  {de  ad  +  germ. 

bort)  d'abordl,226;  soudain  III, 

101. 
d'abor[d  qne  ccnj.  puisque  I,  402. 

509. 
s'abotica  v.  r.  (se  *ad-buccare,  de 

buccam)  se  prosterner  XII,  91. 
d'abouchonn  toc.  adv.  (rfe  buccam) 

la  face  contre  terre  IV,  444. 
abóamìani ,  do   pp.  a.  et  s.  m.  f 

{de  à  +  bóumian,  v.  c.  m.)  de- 

venu(e)    bo1^émien(ne)    IX,    17. 

Vn,  423. 
abouminable,  o  a.  (âbominâbllem) 

abominable  IX,  414. 
aboanda  v.  n.  (áb-úndare)  abonder 

I,  525. 
aboundons,   o    a.   (*ab-ûndosQm) 

abondant,  e  U,  77.  437.  X^  119. 

321  etc. 
alourda    v.    n,    {du    fjcnn,   bord"» 

orii/.  :  arriver  à  h(,rd.  p.  exten^.  : 

entamer   une  chose,   abordir  q. 

I.  499.  XI  p.  217. 
aboiirri  v,  a.  (àb-liorrëre  )  prendre 

q.  en  homur  II,  335. 
abouscassi,  do  p.  p.  et  a.  {dt-  bous- 
cas,   V.  c.  wj   changé  en  hrous- 

saille,  rabougri  IX,  163. 


abra  v,  a.  (de  *ab-btlrere  p.  com- 
burere)  allumer  V,  194.  XII, 
171.  288. 

abrama,  do  a.  {de  à  +  germ.  brë- 
man,  cr/er,  désirer  ardemment) 
enflammé  de  désir,  passionné, 
affamé,  avide ^  insatiable  1,  24. 
IX,  396. 

I      abréu  (=  abriéu)  s.  m.  (aprilem) 
avril.  XI,  63. 

s'abriva  v.  r.  (ad-*brigare  du  celt. 
brêga  vigueur)  cp.  Kort.  1344) 
s'élancer  I,  467.  IV,  372. 

abrivado  s.  f.  {s.  p.  de  abriva) 
élan  IV,  207.  VIIT,  449. 

acaba  v.  a.  et  n.  (♦à[c]-cápfire, 
de  caput)  achever  I,  297.  1IÍ, 
511.  IX,  329  etc. 

acam[p  s.  m.  {s,  v.  de  acampa) 
rassemblement  IX,  199. 

(s')acampa  v.  a,  et  r.  (àd-campare) 
I  amasser,  ramasser^  rassembler 
I         Í,  70.  334.  V,  295.  IV,  357  etc. 

acampestri,  do  p,  p.  et  a.  {du  s. 
campestre,  v.  c.  m.)  tombé  en 
friclte,  inculte  VIII,  169. 

acantouna,  do  p,  p.  et  a.  {de  can- 
toun,    coin,   qui  vient   du  celt. 
i         *cambitos   courbure)    reculé,    e 
IX,  19. 

acarnassi,  do  p.  p.  et  a.  {de  ad  + 
c&rn&cëum)  acharné,  avide  de 
chair  IV,  430.  IX,  276. 

s'acata  i;.  a.  et  r.  (ftd-captare) 
[s*\enrelopper,  {se)  cacher,  re- 
couvrir III,  448.  VI.  156.  647. 
IX,  63.  351  etc. 

achauma  v.  a.  (de  chaumo,  caumo, 
V.  c.  m.)  réunir  les  brebis  powr 
les  faire  repob-er  ;  achauma,  do 
p.  p.  et  a.  qui  repose,  en  repos 
IX,  164. 


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262 


QI.0S8AIRK. 


achavani,  do  p.  p.  et  a.  {de  cha- 
vano,  V.  c.  m.)  orageux^  se 
IX,  21. 

acié  s.  m.  (*acifirlum,  de  acïem) 
acier  IX,  48. 

acîpa  V.  a.  {du  genn.  [néerl.] 
schoppen,  frapper,  pousse^'  du 
pied;  cp.  le  vpi\  açupar)/rap|?ef 
V,  158. 

(s')aclapa  v.  a.  et  r.  {de  klap, 
onom,]  cp  clapas,  claparedo; 
cp.  Kbrt,  4543;  p.-ê,  il  y  a  une 
confusion  de  ce  mot  avec  acabla, 
qui  vient  de  catabolam,  gr.  xara- 
fioXi'y  machine  à  lance?-  des  pier- 
res) couvrir  de  pierres,  enfouir, 

.  ensevelir  VI,  580.  VIE,  175. 
XI,  172;  ou  fig.:  accabler  I, 
248.  —  s'aclapa  s'effondrer  I, 
248. 

acò  pr.  dém.    (eccu[mj  hoc)   cela 

I,  51.  52  56.  66  etc.\  pèr  acò. 
a)  pour  cela,  pour  ces  motifs 
XI,  329;  b)  malgré  cela  VÌl, 
486. 

acò-d'aqui  pr.  dém,  n.  (eccum 
hoc  de  eccnm  hic)  cela  I,  513. 

II,  42;  sn  acò-d'aqni  adv.  là- 
dessus  XII,  358. 

acor[d  s,  m.  {s,  v.  de  acoarda,  de 
♦àccôrdare,  de  côr,  còráis)  acco7-d 
II,  108.  X,  241  etc.;  tout  d'un 
acord  loc.  adv.,  d'un  accord  una- 
nime IX,  224. 

acoto  pr.  dém.  {emphatiquement 
pour  acò,  servant  à  affirmer  qc.) 
celas  c^est  cela,  sans  doute/  VII, 
392. 

acoulouri,  do  p.  p*  et  a.  [de  cou- 
lour)  coloré  VIII,  424. 

acoumença  v.  n.  (^àd-cùm-ïnìtíare. 
r.  coumença)  commencer  III.  121. 
IX,  296.  XII,  379  etc. 


acoumpagua  r.  a,  (*áccÒmp&nïare) 
accompagner  IIÏ,  506. 

acôurchi  s.  m.  {s.  v.  de  acôurchi 
raccourcir,  lai.  ex-*cùrtiare)  rac- 
courci.m.  IX,  158. 

acoarda  v.  a.  (*ftccordare)  ac- 
corder V,  98. 

accoussegui  r.  a.  —  Gr.  §  103. 
p.  142.  —  (ad-*c0ii8ëquëre)  pour- 
suivre IV,  352. 

acoustuma  v.  a,  {de  ♦co[n]s[ue]- 
toinen,  p.  consuetudinem)  ac- 
coutumer VI,  301;  à  Facous- 
tumado  loc.  adv.,  à  l'accoutumée. 
VI,  13. 

acnsa  v,  a.  (accûsare)  accuse^'  III, 
323. 

adeja  (=  déjà)  adv.  (ad  de  jam) 
déjà.  II,  294.  IX,  53. 

à-de-rèng  adv.  tour  à  tour  III, 
255;  avec  ordre  IX,  122;  nòu 
jour  à-de-rèng  neuf  jours  de 
suite,  consécutifs  XII,  417. 

adès  adv.  de  t.  (àd  ipsum)  naguère, 
tantôt,  tout  à  l'heure  III,  63. 
IX,  327.  X,  331. 

adessias  interj,  {=  à-diéu-sias,  à 
Dieu  soyez)  adieu  II,  252. 

adieu  in  t.  (SLd  Dëum)  adieu  IV, 
273.  IX,  257.  XI,  78.  79.  84 
etc. 

adouba  v.  a.  {b.  lot.  adobare,  du 
V,  nor.  dubba,  ags.  dnbban, 
frapper,  adoubet  q,  à  chevalier, 
de  là  préparer  en  gén.)  ra^como- 
der,  arranger,  apprêter  I,  326. 
IX,  234. 

adouci  V.  a.  (àd-dûlcire)  adoucir 
III,  259. 

Adòufe  n.  d'h.  (Adôlphum)  Adolphe 
VT,  74. 

adoulenti  v.  a.  {de  doulènt,  r.  c.  m.). 
affliger  IX,  2. 


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GLOSSAIRE. 


263 


adoDn[c  adv.  (ád-dDníqu6)  donc 
III.  493.  Vm,  332.  IX,  378. 

adoura  v.  a.  (àdorare)  adorer  VI, 
639.  X,  429.  XI,  413. 

adraia,  do  p,  p,  et  a.  {de  draio, 
r.  <r.  m.)  acheminé,  qui  inarche 
dams  la  bonne  voie,  etnpressé, 
VI,  218. 

adré,  adrecho  a.  (àd-drlctnm  p. 
dlrictnm)  adroit,  e  VII,  13.     * 

adré  s,  m,  (id.)  versant  méridional: 

—  opp,  :  uba,  v.  c.  m,  -  VI.  203. 
(s')adreis8a    v.  a.  et  r.  (ád-*dríc- 

tfare)  {s')adre8ser  VI,  198. 
adorre  t?.  a.  —  Gr.  §  108  p.  168. 

-  àd-dac6re)  amener  1,  125. 
161.  354.  II,  452  etc. 

aîable,   o   a.    (afffibïlem)    affable 

X.  319. 
afama,  do  p.  p.  et  a.  (de  iàmem) 

affamé  V,  175.   VIII,  376.   XI, 

348, 
afebri,  do   p.  p.  et  a.  {de  fëbrim) 

enfiévré  VIL  400. 
afecionn  s,  /.  (àffectionem)  affec- 
tion, amour  I,  381.  XII,  319. 
afeciouna,  do  p.  p.  et  a.  {de  afe- 

cioun)  ardent,  affectionné,  avec 

ardeur  V,  53.  478.  IX,  123. 
afera,  do    p.  p.  et  a.   (éffërâtam, 

de   fernm)    effaré,   hagard  VI, 

fr44. 
aferonna,  do  p.  p.  et  a.  {de  feroun, 

f .  c,  m.)  furibond  VII,  548. 
aîeira  v.  a,  (àd-fërrare.  de  férmm) 

enferrer,  saisir  avec  un  croc  VI, 

439. 
s'aflaina   v.  r.  (se  àd-*ilanimare) 

8*e7iflam7ner  VI,  170- 
atla|  t  if.  y«.(àfflfttura,  soufflé)  souffle  ; 

au  fig.  :  faveur  ;  emé  l'aflat  don 

vent  avec  le  souffle  du  vcìit,    à 

la  faveur  du  vent.  X,  402.  XII, 


84  ;  influence  bénigne  {de  la  lune) 
VII,  288. 

aflouca  r.  «.  (ád-*flòccare,  de  flôccns 
flocon)  affluer  I,  478;  clapoter 
V,  553;  battre,  frapper  Vil, 
557.  IX,  216. 

afoudra  (=  afoundra)  v.  a.  (ád- 
♦fûndiilare)  ravager  IV,  426. 

afouga  V.  a.  (àd-*fôcare,  de  fôcum) 
brûler  XI,  211;  afouga,  do  p.p- 
et  a.  ardent  XI,  57. 

afourti  V.  a.  {de  àd-f ôrtem)  affirmer 
III,  308.  XI,  311. 

afre  s.  m.  {du  vha.  eiver,  ags.  afor, 
acer,  borridus,  par  Vintermé- 
.  diaire  du  fr,)  affre,  effroi,  hor- 
reur VI,  469. 

afrejouli,  do  p.  p,  et  a.  (ád-*frTgíd- 
ùlltum)  frileux,  se.  V,  46.  X, 
398. 

afrescouli,  do  p.  p.  et  a.  {de  fresc. 
V.  c.  m.)  frais,  fraîche  1,  167. 

afrèslt  (  -  frèst)  s.  m.  {du  germ. 
first  le  plus  haut)  comble,  faite, 
z/nith  X,  80. 

afron[t  s.  m.  {s.  v.  de  afrounta) 
affront   XI,  301. 

afrounta  t?.  a.  (*affrontare)  affron- 
ter VIII.  301.  XI,  95. 

afrous,  0  a.  {de  afre,  v.  c  m.)  affreux. 
V,  459.  XI,  183. 

aganta  v.  a.  {du  germ.  want.  gant, 
coup  de  la  main)  saisir,  prendre, 
attraper  I,  380.  II,  450.  III,  458. 

agarri  v.  a.  (ad  -H  germ,  warjan) 
attaquer,  provoquer  I,  435.  IX, 
393  ;  saisir,  s^ emparer  de  II,  333. 

agarrus  (=  garnis)  s.  m.  (du  celt, 
gar,  garrow  ;  cp.  garrigo)  chme- 
kennh  V,  324.  VL  21. 

(s')agarrussi  v.  a.  et  r.  (de  agar- 
rus) s'ébouriffer,  se  hérisser  IX, 
348. 


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264 


GLOSSAIRE. 


âge    s,  m.   (V/w  /r.   âge ,  de  *ietâ- 

ticum)  âge  I,  509.  III,  34. 
s'agenouia  i;.  r.  (  àd-*génûc[u]lare) 

s\igenouiller  XI,   88.   XII,   22. 

302. 
agnela  f?.   n.   (*Sgnëllare)  mettre 

bas  des  brebis^  agneler  VII,  625. 
agnelado   s.  f.   (s.  p.  de  agnela) 

ftreWs  mh-e  IV.  80.    • 
agnelié  s,  m.  (♦agnéUarTum)  be^'ger 

qui  garde  les  agneaux  IV,   47. 
agnelonn    s,    m.     {de    Sgnëllum) 

agnelet  I,  365.  386.  IV,  56  etc. 
agnelun   s.  m.   [de  agnellum)  les 

agneaux  en  gén.  IV,  45. 
agnèa    s.  m.   (âgnëUnm)    agneau 

VI,  495.  V  III,  125.   X,  28  etc. 
agon  V,  avé. 
(8')agouloupa  v.  a.  et  r.  {Suivant 

Homing^  Gr.  Z.  21.  p.  192  ss. 

du  ht.  faluppa,  sous  l'influence 

de  invôlvëre;   cp.  aussi   Kôrt, 

4429)  {^)envelopper  IV,  76.  VIII, 

79.  XI,  90. 
(8')agouta  V.  a.n.  et  r.  (*ád-gùttare) 

vider  l'eau  {d'un  navire)  I,  215; 

tarir,  v.  n.  III,  98;  se  tarir,  v. 

r.  X.  388. 
agouta  s.  m.  {de  agonta)  escope. 

pelle  creuse  V,  542. 
fi'^n'^a   f.  n.  rf   n.  f*ft'1-irrfttRre) 

agréer,    p'uirc    1.    i);>.     11.    (59. 

3*95. 
agradiéu.  ivo   a.  (*ád-grât-Ivum) 

agréable  III.  117.  IX,  115. 
agra[t  s.  m.  lad- erratum)  gré,  con- 
sentaient;   à  Tagrat    (que)   de 

au  risque  de  II,  40Í).  V.  304. 
íígrenas  s.  m.  [de  afîreno)  prune- 

lier  X,  376. 
îiirrono  .v. /  idr  acrcîii.  n'niro  pru- 
nelle V,  19. 


agreste,  o   a.   (agrCstem)  atjrfsk 

VII.  216. 
agrioto  s.  f.  {de  âcrem  au  ftcnim 

cerise  II,  13. 

agrioutalt  s.m.  {de  agrioto)  ^agrio- 
tai*j  liqueur  composée  d'eau  de 
vìe^  de  su,cre  et  de  cerises  VI. 
112. 

s'agronmoali  v.  r.  {du  lut.  gitlmus 
petit  tasy  grumeau)  s^aca'ouph- 
I,  493.  V,  261.  VIII,  157. 

s'agrouncha  v.  r.  (à  +  gronncha 
se  tordre,  du  s.  grons,  UU. 
♦congrum  congre,  poisson  dt 
mer?)  se  blottir  XI,  134. 

(s')agrouva  v.  a.  et  r.  {du  germ. 
krupp-;  cp.  Kôrt.  4587}  {s)ac- 
croupir  I,  368.  XII,  285. 

agu,  do;  ague  etc.  v.  avé. 

aguïado  s»f.  {s.  p.  de  agnïa,  *acn- 
cnlare)    aiguillon   {de    bouvier) 

I,  76.  VIII,  362. 

aguïo  s,  f.  (*ácùcûlam)    aiguille 

II,  240.  XI,  492. 

agnïonn  s.  m.  {de  aguïo)  aiguil- 
lon III,  110. 

ah  int.  de  douleur,  de  surprime, 
de  joie,  ah!  I,  52.  82  etc. 

ah  ço  !  interj.  ah  çà  I.  324. 

exciter  a.  1I).'\ 
ai  int.  de  donivur  et  de  surpritc: 

aie,  ah\  V,  .362.  3(Î3.  XII,  422. 
ai   r.  avé. 
Ai    èi.  d.  l.  V.  Ais. 
ai    (       ase)   s.   m.  fasiniim)  «im 

V,  209. 
aior   adv.   de   t.    (h^iri)  hier  III, 

52. 
aic'[t    if.   ÌH.    \d('   all.iiin)  ail  VII, 

■m. 


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GLOSSAIRE. 


265 


aiglo  8.f.  (áquïlam)  aigle  IV,  364. 
Vm,  185.  Aiglo  de  Sant  Jan, 
l'Aigle  de  Saint  Jean,  constella- 
tion YIII,  101,  V.  note. 

aigo  8,  f.  (àquam)  eau  I,  38.  178. 
313.  a^O  etc, 

Aigo-Morto  n.  âe  L  (Aquas  Mor- 
tuas)  Aiguës- Mortes.  VIII,  230. 

IV,  346.    Voy,  note. 
aigo-saa  s.  f.  Caigo  4-  san,  v.  c.  m.) 

plaine  salée^  mer  XT,  115. 
aigre,  o  o.   (ficrem)   aigre  VIII, 

406.  X,  416. 
aiguespouncho  (^aigo-esponocho). 

*•  /•   (âqnam  -f-  ex-*puiictam  ?) 

nerprun^  arbrisseau  VII,  412. 
(en)  aio  loc.  adv.  {de  Vinierj.  aio  ! 

allons  !)  en  mouvement^  en  hâte, 

empressé^  ardent  V,  543.  VI,  43. 

643.  X,  159. 
aiòli  s.  m.  (ai  (íaí.  allium)  +  òli, 

V,  c.  m.)  Vaioli,  mets  en  forme 
de  pommade  qu'on  fait  en  pi- 
lant de  Vail  avec  un  jaune  d^œuf 
Vn,  633,  p.  156. 

aire  s.  m.   (fiërem)  air  III,  414. 

IX,  408. 
Ai[8  n.  de  L  (Aqaas  [Sextias])  Aix 

en  Provence  I,  239  {v.  note).  472. 

XI,  449. 
aise    s.    m.    {Voy.   Kôrting   142) 

aiée;    d'aise  doucement  II,  313. 

VI,  27. 

s'ajouca  v.  r.   {origine  inconnue) 

se  jucher  II,  195.  Vlli,  101. 
is'jajongne  v.  a.  et  r.  (àd-jùng6re) 

rejoindre,    atteindre   III,    146; 

s'ajonca  emé  se  joindre  à.  VII, 

176. 
ajougui,  do   p,  p.  et  a,  {de  ad  4- 

joCBm)  propr.  :    adonné  au  jeUy 

Jig.:  enjoué  XIl/406. 


ajoangla  (=  asoangla)  v.  a.  {M- 

Ùngiilare)  assener  {des  coups)  V, 

279. 
ajuda   V.  a.  (*àdjatare,  fréqu.  de 

adjûvare)  aider  II,  31.  XI,  166. 

XII,  7.  319. 
ajttdo   s.  /.  {s.  V.  de  ajuda)    aide. 

/.  ni,  64. 
aju8[t   s.  m.  {s.  V.  de  ajusta)  pa- 
rure VI,  322.  XII,  339. 
ajusta    V,  a,  et  n.   (àd-*jiixtare) 

ajouter  III,  353. 
ala,  do  p,  p.  et  a.  (âifttumi  ailé 

VIII,  107.  X,  127. 
alabardo  s.f.  {de  l'arabe  el  barbet 

lance)  hallebarde  I,  241. 
alabastre  s.  m.  (àl&bastrem  ou  àlâ- 

bastrum)  albâtre  X,  304. 
alabre,  o   a.  {de  Vesp.  alarbe,   de 

l'arabe  al-arabi)  avide,  vorace 

III,  147.  VIII,   187.  IX,  276 
etc, 

alabreno  s.  f.  {de  alabre)  sala- 
mandre III,  441. 

s'alanda  v.  r.  {de  landa,  t^.  c.  m.) 
s'éluncer  IV,  369. 

s'alangouri  v,  r.  {du  s.  langour,  lut. 
lauguorem)  se  laisser  aller  à  la 
langueur  IX,  147  ;  alangouri,  do 
p.p. et  a. languissant,  langoureux 

IV,  167. 

alandri,  do  p.  p.  du  v.  r.  s'alandri. 
devenir  coureur  en  parlant  d'u7i 
troupeau  {de  landa,  v.  c.  m.)  ar- 
dent à  la  course  III,  197. 

alarga  v.  a,  (àd-*lárgare)  élargir, 
laisser  échapper  VII,  409,  alar- 
gant,  0.  p.  pr.  et  a.  généreua-, 
se  XI,  292. 

Alàri  n.  d'h.  (Alâricum)  Alaric 
IV,  22. 


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266 


GLOSSAIRE. 


alassa   v.  a.  {de  à  +  las,  so)  fa- 
tiguer XII,  156. 
alasso    fi.  /.  {de  âl[am]    +   suff. 

augmentatif  ficSam)  grande  aile 

II,  139. 
alegra    v,   a.    {de   Vadj,    alègre) 

rendre  joyeux j  réjouir  VII,  613. 
alègre,  o  a.  (*àlacrem  p.  álácrem) 

joyeux  V,  522.  X,  61  etc. 
alegresso  «./.  {de  alègre)  allégresse, 

XI,  250.  453. 
Alen   n.  de  l,  (Alignum)  Alleins 

{Bouches'du-Rhône)  VI,  80. 
a' en  s.  m.  {s.  v.  de  alena)  haleine, 

souffle  I,  17.  243.  407.  450  etc., 

prendre  d'alen,  prendre  iialeine 

X,  418. 
alena  t?.  n.  et  a,  (anhêlare)  respirer 

II,  313.  XI,  471;  aérer  VI,  84. 
alenado   s.  f  {s.  p.  de  alena)  ha- 
leine XII,  137. 

alentonr  s.  m,  {s,  formé  de  V ex- 
pression adverbiale  à  l'en  tour, 
V.  c.  m.)  alentour  VI,  47.  X,  70. 

alerto  a.  m.  /.  {cp.  alerto)  alet-te, 
éveillé  I,  300. 

alerto!  int.  {de  Vit.  alFerta,  sur 
la  iiauteur,  du  v,  lot.  ërïgëre) 
alerte!  debout!  I,  224. 

alesti  V,  a.  {de  lest,  i?.  c.  m.)  pi'é- 
parerVll,  327.V1II,  446.  XI,  527. 

aleto  s.f  {de  alo)  petite  aileWll. 
315.  IX,  264.  X,  170. 

alin  adv,  (illinc)  au  loin^  là-bas 
I,  77.  504.  II,  67  etc. 

Alis  a.  et  s.  m.    (ëlyslum)  Elysée 

III,  301 

Alis   n.  de  f.    {de  AlixiaV)   Alice 

VII,  121. 
s'alisca  V.  r.   {de  à   I-  lise.    v.  c. 

m.)  se  lisser  X,  157. 
alléluia  î    {de  l'hébreu,  —  chantez 

/e   Seigneur)  alléluia!  XI,  176. 


alo  fi.  /.  (âlam)  aile  1, 33.  II,  270. 

VIII,  89  etc.  ;  alo  de  rasin  gra- 
pillon  de  raisi7i  IV,  175. 

alònguî  s.  m.  {de  alounga,  r.  r. 

m.)  chemin  plus  long]  prendre 

alòngui  s'éloigner  Vin,  197. 
alor    adv.   de    temps,    (âd   illam 

boram)   alors  I,  103.  219.  245. 

II,  455. 
aloubati,  do  a.  {de  à  +  loubat  - 

lonyaX  Jeune  loup,  du  íaí.lûpum) 

avide  comme  un  loup  I,  21. 
alóuja  (=  aléuja,  alóugi  etc.)  c.  a. 

(*àllëvïare)  alléger  XI,  497. 
s'alôugeri  v.   r.  {de  à  +  lóugié. 

V.  c.  m.)  s'alléger  X,  76. 
(8')alounga  v.  a.  et  r.  C&UÒngare) 

allonger  V.   1.  308.  VIII.  136. 

432  etc;  se  ruer  I,  484. 
Alten    n.   d'h.   arménien.  Âltken. 

IX,  89,  V.  note. 

alu,  do   a.  (*álQtam)  ailé  II,  265. 
aluca    V,  a.   (*álliicare,  allumer 

regarder,  guetter   H,.  428.  Tl. 

483.  Xn,  28.  233. 
(8')aluma  v.  a.  et  r.  (*àd-lllm[in]are ì 

{s')allumer  V,  469.  XII,  324. 
alucri,  do  p.  p.  et  a.  {de  lûcrum, 

gain)   affamé  de  gain  VI,  516. 
ama  v.  a.  et  n,  (àmare)  aimer  I. 

286.  II,  412.  m,  229.  230;  ama 

de,   suivi  de  Vinf   aimer  à  X. 

205,  207.  209. 
amadura    v.    a,    (ad-*inSttirare) 

mûrir  VII,  156.  IX,  11.  X,  24& 
amaduranço    «.  /.   {de  amadara 

-f   s^ff'  àntïam)  maturité  IX. 

90. 
amaga    v,  a,  {du   celt.  mag  de- 

meure,  refuge;  cp.  le  vpr.  amagar 

cacher)    envelopper^  abriiei'  VI- 

14.   VIII,  265;   s^amaga.  f.  r. 

s'endormir  XI,  504. 


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6L08BA1RË. 


267 


a  maire     s.  m,    (*áinator)    amant 

Xn,  302. 
s'amajestra   t\  r.  (àd-mftgïstrare) 

^élaborer  III,  257. 
amaluga,  do  p,  p.  et  a.  {de  malu, 

malnc,   hanche,   v,  c.  m.)  brisé , 

éreinti  IV,  445. 
amansi  t?.  a.  (àd-*mans-ire  [DuC], 

de  mSnstiin,  manëre)  apprivoiser 

VI,  168.  XI,  24. 
amar,   o   a.  (âmâram)  amer,  ère 

IV,  474,  IX,  326.  X,  59.  177  etc. 
—    8.  m.  amertume  XII,  140. 

amaresso  «.  /.  (amar  f  itlam) 
amertume  XII,  205. 

amarino  s.  y.  {de  ámsrnm)  brin 
d'osier  I,  296.  V,  181. 

amarun  s,  m.  {de  âniSriim)  amer- 
tume XI,  178,  332. 

amassonla  v.  a.  (ftd-*ma(t)tëOlare, 
cp,  masso)  assommer  V,  252. 
Vni,  192. 

s'amata   v,  a,  et  r.  (ad-roSctare) 

V.  a.   abattre  III,  164;   v.  r.  se 
blottir  II,  244.  X,  426. 

Ambroi  n,  d*h.  (AmbrÔsTum)  Am- 

braise  I,   71  etc.    Voy.  note,  et 

Âmbròsi. 
Ambròsi  id.  I,  106.  148  etc.   Les 

deux  formes    s'emploient   sans 

dictinction, 
amechouli,   do    p.  p,    et  a.   (de 

myxam,   mèche)  feutré,   séparé 

par  mèches  V,  466. 
amelenco  s.f.  {de  amelo  +  incam) 

olive  de  la  forme  d'une  amande 

I,  68. 
ameliè    s.    m.    (amygdâl  -  ârïum) 

amandisr  I,  59.  X,  214. 
amelo  «. /.  (âmygdâlam)  amande 

III,  202. 
Americo      s.    f.    Amérique    III. 

428. 


a)  ami,  b)  amigo  (=  migo)  i?.  m,f 
(àmlcum,  ámlcam)  a)  ami  I,  33. 
186.  452  etc.  b)  amie  II,  285. 
XII,  178.  316  etc. 

amirau  s,  m.  {de  L'arabe  amir 
prince,  chef)  amiral  I,  278. 

amista  s.  f  (*àmlcïtatem)  amitié 
IV,  270. 

amistadous,  o  a.  (*àmlcItfttostim) 
amical  IX,  413.  —  amistadon- 
samen  adv.  (*ámicïtátOsfi  m?iitë) 
amicalement  VJI,  234. 

amistanço  s,  f  (*àmlcïtantïam) 
liaison  amicale^  les  amis  {en 
sens  collectif)  IV,  273. 

amistous,  o  a.  (♦àmïcitosum)  af- 
fable I,  275.  III,  506  etc. 

amo  s.  f  (ànïmam)  âme  I,  231. 
296.  531.  II,  319  etc. 

(s')amoiila  va.  et  r.  (*am-m(3lare 
p.  môlere)  {syiiguiser  V,  28. 
IX,  77.  X,  90. 

(s')amoulouna  t?.  a.  et  r.  {du  s, 
moaloun,  de  mòlam,  cp.  Meyer- 
Liibke  dans  Grôb.  Z.  19.  p.  97) 
amonceler j  agglomérer,  ameulon- 
ner  I,  48.  410.  IV,  367.  XI, 
142.  —  V.  r.  se  pelotonner  IX, 
367. 

amoalonnaire,  o  a.  {de  amoulouna) 
qui  ameulonne  IX,  194. 

(d')amoundautt  adv.  de  l.  {de  M 
môntem  àltum)  {d')en  haut  VI, 
175.  XII,  66.  162. 

amonn[t  adv.  de  l.  (ad  mbntem) 
amont,  là-haut  I,  284.  X,  329. 
403  etc.  ;  d'amount  d'en  /mut, 
du  ciel  X,  296. 

amour  s.  m.  etf  (amorem)  amour 
I,  2.  II,  170.  XI,  475  etc.  — 
l'Amour  l'Amour  III,  193.  — 

amoureto  íí.  /.  {de  amour)  amou- 
rette, amour  VIII.  39. 


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268 


OL088AIRE. 


amourié  *.  m.  (de  amouro  4-  artum) 

mûHer  II,  4.  V,  35. 
amonro  s.f.  (de  morum,  vpr.  mora) 

mûre  II,  849. 
amonrous,  o  a.  et  s.  (&mQrDSTiin) 

amoureux,  se,  amant,  e  II,  364. 

III,  129.  V,  34  etc. 
(s')amonrra  t>.  r.  et  a.  (de  mourre, 

r.  c.  m.)  a)  v.  r,  :  se  prosterner, 

plonger  ses  lèvres  III,  171.  VIII, 

41.   b)  t\  a.:  appuyer ,  incliner, 

courber   la  tête   à  q.   IV,   388. 

VIT,  2()1.  Vin,  143. 
(s')amoussa  v.  a,  et  r.  (ád-*mtitïare, 

cp,  Kort.  55 lô)  êmousser^  éteindre 

X,  210.  XI,  35.  -  déteindre  XI, 
521. 

ample,  o  a.  (àmplum)  ample  VII, 
603. 

amplour  s.f.  (âmplorem)  ampleur 
VII,  451. 

an!  int.  allons!  courage!  I,  78. 
151. 

an  V.  avé. 

an  s.  m.  (annnm)  an  m.  I,  120. 
162.  359  etc. 

ana  t\  n.  ~  Gr.  §  100,  p.  137,  - 
(àmbiSlare  ;  c/  Kdrt.  2818)  aller. 
In/.  I,  414.  —  Pr.  Ind.  vau  etc. 
XII,  328.  332.  XI,  400.  528.  I, 
69.  X,  333.  -  Imparf,  Ind. 
anavo  I,  103.  Pr.  Sbj.  vague 
Remploie  pour  introduire  un  Inf. 
historique  \  F,  296  ;  impers,  vague 
de  suivi  d'un  inf,  qu'il  s'agisse 
de  II,  158.  —  Impér.  l'^g,  vai  I. 
505.  -  /'.  p.  I,  312.  -  ana 
suivi   d'un  inf.,    aller  ýaire   qc, 

XI,  28(>.  521.  528  etc. 

anco  s.f.  [du  germ.  ankja)  hanche 
II,  123.  ni,  278.  X,  76  etc. 

andano  s.f.  findftginem,  q>.  G. 
Paris ^  Rom.   l'J.  402)  allée  VI, 


558;   carrière  I,  458;  antlain, 

espace  qu'on  parcourt  en /au- 

âhant  IX,  47. 
Andreloun   n.  d'h.  {dim,  de  An- 

driéu,  lat,  Andrëam)  petit  André 

VIII,  453.  X,  10. 
androuno  s.f.  (àndrona,  gr.  àtSçiir  ; 

il  y  a  p.-é.  confusion  avec  an- 

trum)  antre  VIII,  2.  IX,  415. 
anedo  s.  f.  (de   ànatem)  sarcelU 

X,  425. 

anello  s.f  (*Snellam  p,  Snellmni 

anneau,  boucle  de  cheveux  1, 173. 
aneloun   s.  m.  (♦ânëll[um]  +  onem 

annelet  III,  497. 
anèu  s.  m.  (Snellum)  anneau,  hagw 

n,  441.  XII,  97. 
anfitiatre  s,  m.  (du  gr.  ùfnpii>iareoi 

amphithéâtre  IV,  362. 
Angélus  s.  m.  (angëlus)  l'Angetus 

VI,  157.    Voif.  note. 

ange  s.  m.  (àngêlnm)  ange  VII, 
533.  X,  465.  481  etc. 

angeli,  co  a.  (&ngëlTcum)  angélique 
XII,  290. 

Angles  s.  et  a.  Anglais.  1, 207. 241. 

Anglo-Terro  s.f  Angleterre  1, 271. 

angòni  (=  agoni)  s.  f  (ftgODlani> 
agonù  VI,  510.  X,  40.  XII,  m. 

angouissa  v.  a.  (angtLstlare)  af- 
fliger, angoisser  lU,  68. 

angouisso  s.f  (angQ8tIam)aii^oû«f 

VII,  485. 

angounisanlt,  o  p.  pr.  de  angron- 
nisa    (àgbntzantem)    agonisant 
,     XII,  55.  356.  377. 

anguielo  s.f  (anguillam)  anguiilf 
III,  4(U. 

anguieloun  (=  aguieronn)  *.  « 
(aquilonem)  l* Aquilon  VIII.  !«(> 

XI,  (U.  71. 

animau  s.  m.  (ànïmál)  animal  V^ 
413. 


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OL088AIRË. 


269 


aniue  adv.  de  t.  (=  à  niue,  v.cm.) 

cette  nuit  VIII,  325. 
annado  «. /.  (*SiiiiStam ,  de  an- 

num)  année  I,  62. 
anonge  s,  m.  (annûctilam)  agneau 

de  Vannée,  anienois  IV,  83. 
anqueto  8.f.{dinu  de  anco,  v.c.m) 

hanche  V,  137. 
Ansèume    n.  d'h.  {vha.  Ânshelm) 

Anselme  VI,  64,  r.  note, 
ansin  adv.  (aequë  sic)  ainsi  I,  48. 

394.  521  etc. 
ansindo  adv.  (ieqnë  sic  ind??)  aimi 

III,  427.  Vm,  249. 
ansinto     adv.    id,    U,    386.    VI,  ■ 

551. 
antan    adv.  (antë  annurn)    jadis 

IIL  239.  VIII,  114. 
ADtènme    n.    d'h.   (—   Ansèume) 

Antelme  IX,  357. 
Antibo  Í.  /.  n.  de  L  (Antípòlim) 

Antibes  I,  226,  v,  note. 
anti(qne),   antico    a.   (ânttqaam) 

antique  VI,    160.   X,   32.   Xn, 

20  etc. 
antico    8.  f.   (àntiqnam)    antique, 

monument  antique  I V ,  1 34,  t\  Ŷtote. 
apaìage  «.  m.  (ád-*paleàtïcum,  de 

pàlëam,  paille)  litière  IV,  277. 
(s')apara    v.  a.  et  r.    (àppàrare) 

r.  a,   a)  défendre  I,  282   VIII, 

90.  223  etc,  ;  b)  tendre  {la  main 

etc.)  II,  231.  VII,  259.  —  v.  r. 

se   défendre  III,   107.  XI,   404. 
aparèisse    v.   n.    —   (rr.    §  109. 

p.  164  —  (♦àppàrêscere)  ap^ya- 

raiire  U,  399.  IX,  424. 
s'aparia  p.  r.  (*ápp&ríare)  s^appa- 

rier,  s^unir  III,  213. 
(s'japasima  v.  a.  et  r.   (àd-*paci- 

mare)  {^)apai8er  IV,  36.  XI,  8. 
apassiouna^.p.  (àd-*pàssîon&tum) 

passionné  II,  p.  26. 


apela    v.   a    (àppëllare)    appeler 

IV,  134.  X,  275.  XI,  508. 
apensamenti,  do  p.  p.  et  a.   (âd- 

*péTisa.'mé'nt-itum)  pensif ,  ve  IX. 

277.  XI,  89. 
aperalin   adv.  de  l.  (=  à  +  pèr 

+  alin,  V.  c.  m.)  par  là-has  VII, 

208.    vm,   418.  IX,   164.   XI, 

53  etc. 
aperamoan[t  adv.  de  L  {=  à  + 

pèr  +  &mouïit)  là-haut,  aux  mon- 

iaqjies  IÍ,  353.  III,  397. 
apercebre  v.  a.  —  Gr.  §  107.  p.  loi 

—  (àd-*përcipére)  apercevoir  V, 

517. 
apereici    adv.  de  L   (=  à  +  pèr 

+  eici,  V.  c.  m.)  par  ici  V,  208. 
apereila    adv.  de  l.    (=  à  +  pèr 

+  eila,  V.  c.  m.)  par  W,  au  loin 

V.  228.  IX,  112. 
apereilalin  adv.  de  l.  (=  apereila 

f  alin,  V.  c.  m.)  dans  ces  con- 
trées lointaines  XI,  127. 

àpi  s.  m.  (ápìum)  céleri  Vif,  585. 

apiela  v.  a.  (ád-*pllare,  de  pilam. 
pilier)  appuyer  III,  154.  IV, 
427.  XI,  102. 

aplana  v.  a.  (ad-pl&nare)  aplanir 
XI,  125.  XII,  269. 

(s')aplanta  v,  a.  et  r.  (*àd-plàn- 
tare)  {s')af*7'êter  a)  v.  a.  II,  425. 

IX,  3;^.  h)  V.  r.  I,  444.  IX,  70. 
184.  aplanta,  do  p.  p.  et  a. 
immobile  VI,  343.  VIII,  364. 

apoondre  v.  a.  et  n.  —  Gr.  §  106. 
p.  149  —  (apponëre)  ajouter  I, 
400.  U,  218.  m,  144  etc.  unir 
III,  369. 

apoustòli  s.  m.  (apostolîum)  apôtre 

X,  341.  XI,  351. 
s'aprefoundi   v.  r.  (àpprofùndirej 

s^ approfondir,  s'engloutir  1.251. 
vm,  385. 


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270 


GLOSHAlKlâ. 


apreìssa.  do  p.  p.  et  a,  {de  k  + 
pressa,  v.  c,  m.)  empressé  XI. 
3«9. 

aprendre  r.  a.  —  Gr.  §  106  p.  147 
—  (appr6-(hëjnd(*re)  apprendre 
VIL  465. 

aprens  (=  prens,  prenh,  pregn 
etc)  a,f,  (*praegnum  p.  praeg- 
nantem;  le  préfixe  a-  a  été 
probablement  ajouté  par  une 
assimilation  de  /orm^  a  aprendre) 
enceinte;  grosse  VII.  »53. 

après  prép.  (ad  -  prôssum)  après 
I,  802.  442.  II,  68  etc  devant 
Vinf    I,  203    -    adv.  XL  283. 

s'aproucha  i'.  n  (*àpprôpiare) 
(s')approcher  L   407.   IV,    173. 

apronva  v.  a.  (apprôbare)  ap- 
prouver IV,  311. 

aqueda  s.  m.  (dufr.  aqueduc,  lot. 
âquae  dûctum)  aqueduc  XI,  231. 

aqueira  v.  a.  (ad-*qnîidrare)  la- 
pider VI,  611.   X,  405.  XI,  38. 

aquéu,  aquel;  /.  :  aquelo;  pL: 
aqueli(s)  a.  et  pron.  dém.  (6ccû[m] 
illam  etc.)  a)  pron.  déterminatif: 
celui,  celle;  ceux,  celles  IV,  32. 
XL  17.  456.  XIL  2^5  etc.  — 
b)  adj.  dém,:  ce^  cette;  ces  I. 
29.   48.  Rô.   178.  259.  266   etc, 

aque8[t(e),  o;  pi.  -i(s)  a.  et  pr. 
dém.  (6cca[m  1  istum)  a)  ce,  cette; 
ces  I,  laS,  202  etc.  b)  celui-ci. 
celle-ci  etc.  II,  173. 

aqui  adv.  de  l  (f*ccu[ml  hic.)  là 
Í,  81.  94.  253.  353  etc.;  d'aqui 
d'eila  ça  et  là  IX,  21;  d'aqui 
que  conj.  de  t.  jusqu*à  ce  que 
IV,  335.  V,  129. 

aràbi  a.  (árábi|c]um)  arabe  I, 
22  L  —  s.  ni.  mouiftique  X,  164. 

ara^no  s.  f.  (  âninêam  )  araignée 
Y,  .■)()(). 


araire  s.  m.  (àrâtrum)  charrue  l. 

53  (v.  note).  V,  206.  VIII.  240  cte. 
aramoun  s.  m.  {du  v.  ftrare  ?)  cep. 

partie  de  la  ciiarrue  qui  porte  l* 

soc  IX,  300. 
arange  s,  m.  (du  sanscrit   na^a- 

ranga,  fruit  des  éléphants,  ep. 

K'ôrt.   Ù5S0)  orange  Vn,   534. 

X,  383.  XII,  1. 
arangié  s.  m.  {de  arange)  oranger 

III,  157. 
arc-de-sedo  s.  m.  (àrcam  +  de  t 

sëtam)  propr.:   arc  de  soie  — 

arc-en-ciel  I,  428. 
arcèlli  s.  m.  {de  &rcëllnmy)  coquil- 
lage XI,  204. 
arcèu  s  m.(arc$llnm) arceau  X. 299. 
archimbello   «.  /.    {or.  inc,)  ba- 
lance à  un  seul  plateau,  poidi 

public  III,  208 
Arcolo    r..no<€  VII,  503. 
ardèn[t,  o  a.  (àrdôntem)  ardent,  t 

m,  484    IV,  207.  Vin,  92  etc. 
ardi[t,  ardido  a.  (*harditnm.  p.  p. 

du  v.  <7e7tw.  hardjan.  rendre  dur' 

hardi  l,  242.  V,  139. 
ardour  a.  /.  (àrdorem)  ardeur  III. 

196.  X,  410. 
arèbre,  o  (=  asèbre,  o)  a,  i&ciir- 

bum)  abrupte  XL  449. 
arengo  s.f.{dugerm.  hring  cercle 

Itarangue  VI,  285. 
areno  s.  f.  (àrSnam)  sable  X,  liVi 

XII,   431;    arène  IV,  367;   /« 

Arènes  d'Arles  I,  50t.  XI,  227 
arescle     s,    m.    (*arl8ttilum.   flf 

^aristum  ;  cp.  A.  Thomas,  Rom 

2fi.  18i*7.  p.  414)  éclisse,  cerccfl'^ 

IL  166,  V.  note. 
j      aresto   s.  /.    (àristam)  arête,  épi 

égrené j  barbe  du  froment  I.  'A^^- 

VIIL  355. 
are|t  s.m.  (àr[i]ëtemi  bélier  IV,í»7. 


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oriOddAlHE. 


271 


argelas  s,  tn.  (àrgillacoam)  //etiH 
épineux  VIII,  7  ;  ajonc  de  Pro- 
vence VIII,  218. 

argelo     *.  /.    (firgillam)    arffile 

m,  3. 

Argèi][8  «.  m.  (flumen  Argënt^am) 
VArgèns  {Var)  XII,  8.   V.  note. 

argèn[t  s.  m,  (argëntumi  argent 
m,  273.  X,  391. 

argentan,  alo  a.  {de  argent  + 
ftlem)  argenté  VII,  28. 

argno  (=  arno)  s.  /.  pottr  arnié. 
8.  m.  (de  târmîtem,  teigne,  à 
cause  de  la  propriété  attribuée 
à  sa  peau  de  préserver  les  draps 
des  teignes  (Très.);  cp.  Kijrt, 
8056)   alcyon,   martin  -  pêcheur 

IX,  7. 

aride,  o  a.  (ârïdum)  aride  VIII, 
425. 

Arlaten,  co  a.  et  s.  (Arelatincam 
p.  Arelatenaem)  d'Arles^  Arté- 
sien, ne  IV,  247.  VIII,  84.  X. 
21  etc. 

Arie  n.  de  l.  (Arëlate)  Arles  Ili, 
2()6.  X,  1  etc. 

arma  r.  «.  (àrmare)  armer  IV, 
448. 

armado    s.  f.   (àrmfitam)   armée 

IV,  77. 

armàri   s.  m.  (ármarmm)   cuisine 

V,  226. 

armo    s.  /.  (arma)  arme  IV,  360. 

X,  159. 

armonnio    s.  f.   (harmOnîam ,   du 

gr.)  harmonie  IV,  54. 
amaTèu  (=  arnayès,  arnès,  ernès 

etc.)    s.  m.    (or.  inc.    —    Mistr. 

pense  au  lat.  erin&c^ns,  hérisson, 

chardon.     Il  y  a  aussi  le  nom 

d'une  plante  inconnue  erinoas. 

V.    Georges.)    plante    épineuse, 

épine  X,  277. 


aro  adv.  de  t.  (hac  bora)  à  présent 
I,  196.  3()7.  537.  IL  445  etc. 

arpateja  v.  n.  (♦arpaticare ,  cp. 
arpo)  agiter  les  gnffes,  les  mains, 
pour  saisir  ou  défendre,  tré- 
pigner V,  239. 

arpiado  s,  f.  (de  arpo,  v.  c.  m.) 
étreinte  I,  378. 

arpionn  s.  m.  (de  arpo)  grig^e  II, 
270. 

arpo  s./,  (du  gr.  t'içirri,  faux,  croc, 
griffe)  griffe,  harpon  I,  251.  V, 
173. 

arqnelt  s.  m.  (dim.  de  arc)  arc 
VII,  315. 

arrambage  s.  m.  (àd  -t-  ramp  [mot 
germ,]  -f-  -Sticum)  abordage  I, 
243. 

arrampi,  do  p,  p,  et  a.  (de  rampo, 
crampe,  du  b.  ail.  ramp)  con- 
tracU,  pétrifié  V,  472.  VI,  103. 

arranca  v.  a.  (de  eruncare,  avec 
changement  de  préfixe,  sarcler) 
arracher  I,  508. 

arrapa  v.  a.  (♦árràpare,  du  gei^. 
rapôn)  empoigner,  saisir,  ac- 
crocher II,  431.  III,  466.  XII, 
56.  VIII,  371.  —  8'arrapa  à, 
se  cramponner  à  I,  250.  377 
etc. 

s'arrasa  v.  r.  (àd-râsare,  fréqu. 
de  rftdëre)  se  combler  par  les 
pluies,  en  parlant  d'un  fleure 
VU,  447. 

arregarda  v.  a.  (àd-r6-*gardare. 
du  germ.  wartôn)  regarder  II, 
469.  IX,  338.  XII,  385. 

s'arrena  v.  r.  (ád-*r6nare,  de  rën 
rein)  s'affaisser  VI.  600.  X,  151. 

arrenja  v.  a.  (♦arringare,  du  germ. 
ring,   cercle)   arranger  II,  254. 

arrè8[t  s.  m.  [s.  v.  de  arresta). 
arrH  V,  210. 


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27â 


GLOSSAIRE. 


arresta  v.  a,  (ad-rô-stfire  faire 
rester)  arrête}-,  II,  836.  X,  224. 

—  s'arresta  de  v,  r.  cesser  de 
IV,  148.  IX,  183. 

àrri!  int  {cp,  le  vha.  haro,  hero, 
herot  par  ici ,  et  le  fr,  haro  Í) 
hue!    cri  des  muletiers  V,  225. 

arriba  a)  r.  n.  (ád-*ripare)  orig.  : 
atteindre  le  rivage  =  arriver 
I,  351.  —  comme  v.  impers,  ar- 
ribo,  es  arriba,  */  arrive,  il  est 
arrivé  I,  223.  256.  IX,  238  etc. 

-  b)  r.  a.  atteindre  III,  173.  — 
donner  à  manger,  p.  ex,  à  des 
vers  à  soie  {ce  que  le  Très,  ex- 
plique par:  cotiduire  ou  faire 
arriver  des  bêtes  à  la  lisih'e 
d'une  prairie  pour  les  faire 
paître)  I,  101. 

arrié  adv.  (âd  rétro)  arrière-,  à 
l'arrié  en  arrière  IV,  441. 

arroaganço  s.  f  (árrôgantìam) 
atTogance  V,  349. 

arronsa  v.  a.  (*arrDsare)  arroser 
III.  424. 

àrsi  s,  m.  {de  Vinf.  arsi  formé  du 
p.  p.  ara,  du  v.  ardre,  lat.  ♦ar- 
dére  brûler)  traverse  VII,  333; 
tribulation  X,  119. 

artèn  s.  m.  (articulum)  orteil  V, 
262.  XII,  160. 

artisoun  s.  m.  {de  [t]  armes,  [tjarmi- 
tem;  cp.  Kort,  80i)6.)  artison, 
insecte  rongeur  II,  334. 

artoan  s.  m.  {du  gr.  uoto^'^  — 
selon  JJz.,  du  basque  artoa,  pain 
de  mais)  pain  XI,  347. 

asartd  s.  m.  {de  l'arabe  assahar, 
assar)  hasard:  à  Tasard  au 
hasard  XI.  213;  d^asard  par 
hasard  L  436.  X,  164. 

asclo  s.  /.  (*a3clam  p.  assûlam) 
crevasse^  fente  VI,  241. 


ase    s.  m.  (Mmim)  une  VIT*  55. 
aseiga   v.  a,  (ftdàqaare)   arroser, 

mouiller  II,  354. 
asenié    s.    m.    (àsin&riiun)    ânier 

IV,  51. 
asperbo  (=  sorbo)  «.  /.  (fusion 

de  aspre  [v.  c  m.]  +  sorbom' 

sorbe,   corme^  fruit  du  cormier 

X,  250. 
asperge  s.  m.  (de  àd-spergérei 

aspersoir  XI,  40 i. 
aspè|t  s.  m.  (âd-spëctum)  aspect 

III,  100. 
aspre,   o   a.  (aspëmm)  âpre  III. 

311.  Vni,  412.  X,  251. 
(s')a8saja   r.  a,  et  r.  (*èxàgiare 

{s')essayer  II,  132.  X,  354. 
assanca  r.  a.  et  n,  (*ëx-àncare;  cp. 

Du  C.  :  sanchatns,  membris  de- 

tractns,  et  Vit.  sciancato)  ^iropr.; 

déhancher,  fig,:  énerver  X,  7ô. 
as8au[t   s.  m.  (ad-sáltnin)   assatU 

I,  463. 
assavènta  t\  a.  C^àd-sàpííJéDtarc 

instruire  XI,  4i9. 
asseda  v,  a.  {de  à  f  sét,  r.  c.  m.\ 

altérer  XII,  321. 
assegnra  t\  a.  et  n.  i^'^àdeëcarare 

assurer  IV,  163. 
(s')as8cmbla  r.a,  et  r.  (àssioiùlare 

{s')assemblei^  II,  216.    IX,  189. 
assemblado  s.f  {s.  v.  de  assemblai 

assemblée  IX,  p.  183. 
Î8')as8eta  t?.  a.  et  r.,   inf.  et  p.p. 

(*ád-sedítare)  s'asseoir  ;  assis  l 

532.  Il,  326.  IV,  152.  VIII,  19  etc. 
assiénna  r.  a.  (asslgnare)  paru 

I,  511. 
assòadre  (=  absoudre)  i'   a.  — 

Gh'.  §  107.  p.  153.  —  (absôlvi^re 

absoudre  III,  347. 
(s')afisoucia  v.  («.  et)  r.  (ad-sôciare 

s'associer  VII.  424. 


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OLOdSAIBB. 


273 


(B')as80ii]a  V,  (a.  et)  r.  (&d-80lare 

p.  consolare)  se  consoler  X«  322. 
assonlucioim  s,  /.  (àbsOlntTOnem) 

absolution  III,  336. 
assóUTagì,  do  p.  p.  et  a.  {de  à  -f 

BÓUTage)  sauvage  III,  310. 
àsti  (=  aste)  s.  m.  {de  h&stam) 

dard  XI,  381. 
astra,  do   p.  p.  et  a.  (&8tr&tiiin) 

mal  astxa  voué  au  malheur  XI, 

79. 
astre   s.   m.   (âstram)   astre  III, 

165.  VIII,  103.  IX,  380  etc. 
astronlò  s.  m.  ('''astxòldgain,  du  gr. 

àaiŶolóyoç)  astrologue  VI,  63. 
At  ou  A[t  n.  de  l.  (Aptam  [Juliam]) 

Apt  VIL  519.    F.  note, 
atala  f.  a.  (&d-tslare,  de  telum, 

flèche^    timon]    cp.   Kort.    673, 

Scheler  s.  v.  atteler)  atteler  V, 

20a.  Vm,  240.  IX,  405. 
ate  s,  m.  (ftctam)  acte  V,  514. 
atentiéu,  atentivo  a.  (àttentivum) 

attentif,  ve,  VI,  52. 
atira    r.    a.    (ád-tlrare)    attirer 

VI,  503. 
atravali,    do  !>.  p.  et  a.  (ád-*trà- 

b&ctllltain,  r.  travai)  ardent  au 

travail  II,  157. 
atremouli  v.  a.   (àd-trëmûl-lre) 

faire  frissonner  II,  276.  XII, 

438;  p. p.  tremblant:  Toues  atre- 

monlido    voix   chevrotante  VI, 

197;  tèsto  atremonlido  tête  va- 
cillante XII,  102. 
atrenca  v.  a,  (de  trenco,  v.  c.  m.) 

préparer,     accoutrer,     attifer 

Vin,  70. 
atrencaduro    s.  f,    {de   atrenca) 

toilette  vm,  p.  165. 
atrinable,  o  a.  (de  trin,  v.  c.  m.) 

qt^on  peut  dresser  VIII,  21. 


atroce,  atroço  a.  (âtrocem)  atroce 

IV,  423. 

(B')atronba  (=  atronva)  v.  a.  et  r. 

(du  vha.  tmoban,   trôban,   cp. 

Braune  dans  Gr.  Z.  18  p.  516) 

(se)  trouver  I,  308.  436.  Il,  92. 

IX,  36.  XI,  518  etc. 
atuba  V.  a.  (*àd-typhare,   de  ty- 

phnm  ;  cp.  le  v.  tuba)  enflammer 

I,  462.  vm,  aô2. 

(s')atupl  V.  a.  et  r.  (du  thème  germ. 
top,  pointe;  cp.  Kôrt.  8238.) 
consterner,  stupéfier  VI,  102. 
XI,  259.  XII,  385. 

au  (=  à  lou)  dat.  de  Vart.  déf. 
sg.  m.  (ad  ïllum)  au  I,  19.  49. 
54.  112  etc. 

Anbanèn  «.  de  famille.  Aubanel 
VI,  60.    Voy.  note. 

aubaresto  s.f  {de  arcû-b&listam) 
arbalète  VIII,  356. 

Aubaroun  n.  de  l.  (AlbarDnem) 
Albaron,  hameau  de  la  Ca- 
margue IV,  346. 

aubado  s.f.  {lot.  "'álbatam)  auhade 
III,  395. 

aubo  s.  f.  (álbam)  a)  aube,  au- 
rore I,  533.  V,  101.  X,  290  etc. 
b)  peupliez'  blanc  VII,  33.  Vm, 
326.  438  eu. 

aubeto  s.  f.    {dim.  de  aubo)  aube 

V,  529. 

auboi  s.  m.  {vfr.  aut  bois,  c^est-à- 
dire  instrument  de  bois  dont  le 
son  va  haut)  hautbois  I,  491. 

(8')auboura  v.  a.  et  r.  (*árbÔrare) 
lever,  souleva^  élever^  relever 
I,  494.  506.  VIII,  434.  IX,  307. 
XI,  433  etc.;  ^életei^  VIII,  132. 
IX,  68  etc. 

aubrage  s.  m.  {de  aubre  -h  -fitï- 
cum)  massif  d'arbres  I,  85. 
18 


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274 


GLOSSAIRE. 


anbre  s.  nu  (árbSrem)  arbre  I,  21. 
22.  66.  247  etc. 

aabre[t  s.  m.  (dim.  de  aubre)  ar- 
buste II,  437. 

anbiibo  s.  /.  (aubre  -  -ilia)  les 
arbres  en  gén,  VII,  208. 

ancelas  s.  m.  {de  âYîcëU  +  -ftcenm 
grand  oiseau  X,  69. 

ancelonn  s.  m.  {de  ávïcell  -f-  -Onem) 
oisillon  III,  99.  497.  IX,  392  etc. 
Cp,  VII,  294  note. 

aacelonne[t  s.  m.  (dim.  de  ance- 
loun)  petit  oiseau  XI,  479. 

ancèu  s.  m.  (^àvîcellam)  oiseau  I, 
28.  35.  529  II,  402  etc, 

ancidènl  t  s.  m.  (âccîdëntem)  con- 
vulsion IX,  346.' 

auco  s.f.  (*àvïcam,  de  àvem)  oie 

III,  102. 

andanço  s.f.  (aud-antïam)  audace 
XI,  256. 

aoio  s.f.  {de  V arabe  alfa)  sparte, 
sparterie  III,  253. 

augo  s.  f.  (àlgam)   algue  V,  501. 

an-liò,  17.  lia. 

an-mai,  v.  mai. 

anmenta  v.  a.  (augmëntare)  aug- 
menter XII,  308. 

Anp  s.  f.  pi.  (Alpes)  les  Alpes 
VI,  27.  VIII,  209. 

anperayanls  adv.  de  t.  (=  anpèr 
avans,    v.    c.    m.)    auparavant 

IV,  494. 

Aupiho  s.  f.  (Alpïllam)  Âlpilles, 
faussement  Alpines,  chaîne  de 
montagnes  à  Vest  d^ Arles.  III, 
242  (c.  note).  VIII,  167.  181. 
XI,  491. 

aurai  etc.  v.  avé. 

Aurano  n.  de  f,  fréquent  en  Pi'o- 
vence,  (forme  adj,  de  auro  ;  cp. 
le  vpr.  anran  léger,  capricieux) 
Aurane  XII,  333. 


Aorenjo  n.  de  l.  {de  Arausîdnem) 

Orange  XI,  39a 
aureto  s.  f.  (dim.  de  auro)  brise 

n,  311.  V,  39.  X,  187. 
anriflan[t  s.  m.  (auram  flantem) 

soufflet  de  forge  VI,  392. 
anrige     s.    m.  {de   auro)    orage 

VII,  436. 
anriheto   s.  f.  (de  anriho)  petite 

oreille  V,  75. 
anriho  s.f.  (aorîcûlam,  de  aorem) 

oreille  I,  416.  490.  II,  12.  112 

etc.;  ver  soir  du  soc  IX,  299. 
aoriolo  s.  f.  (aorëôlam)  chardon, 

centaurée  du  solstice  XII,  173. 

IX,  92.  Voy.  note. 
Auristre  s.  m.  {de  amram  +  aus- 

trum?)  ouragan  VIII,  184. 
auro  s.  f  (auram)  souffle  de  vent 

n,  276.  III,  U.  398  etc.  ;  d'auro 

en  auro  du  nord  au  midi,   cp. 

Bonlèn  X,  52. 
anrouge,  o  a.  {de  anro)  venteux, 

se;  farouche,    qui  part   comme 

le  vent  VH,  181.  X,  72. 
anroun  s.  m.   {de  anro)   vol  d^un 

oiseau,  essor  XI,  167. 
an[8    s.  m.  (b&psnm)    toison   IV. 

33. 
ansa   v.    n.    (*anBare,  fréqu.    de 

andere)  oser  I,  435.  II,  119. 
ansi  V.  a.  et  n.  (audire)  ouïr,  en- 
tendre I,  279.  540.  n,  44.  108. 

212   etc.    —    Tansi  s.  m.  Vouie 
'         {cp.  leva)  II,  341. 
I     ansido  s.  f  (s.  p.  de  ansi)  ouief. 
!         III,  380. 

ansidon  s.  m.  (auditorem)   oreille 

IV,  70. 
(s')ans8a  v.  a.etr.  {MiAte)  hausser , 

élever  I,  11.  24.    IX,  201.    XI, 

17  etc.  —  se  lever  I,  311. 


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0L0S8AIRE. 


275 


aa|.t,  o  a.  (&ltam)  haut^  e  II,  207. 
IV,  41  etc.  ;  d'aut  adv.  en  haut 
VII,  150.  —  depèr-d'aut  loc, 
adv,  dans  la  partie  haute,  par 
le  haut  Xn,  57. 

antan[t  adv.  de  quantité.  (ál[i]- 
t&ntum)  autant  I,  206;  autant 
lèu  aussitôt  VIII,  255. 

antar  s.  m.  (altâre)  autel  III,  50. 

XI,  300.  xn,  58. 

autin  s.  m.  (àltinum)  vigne  enlacée 
à  un  arbre,  berceau,  tonnelle  I, 
500.  IX,  258 

aatonno  s.f.  (auctamnam)  automne 
I,  89.  VIII,  314. 

aatonr  s./,  {dér.  de  aut)  hauteur 
IV,  441.  IX,  172.  XI,  140. 

autour  de  prép.  (ad  tôrnum  dé) 
autour  de  II,  52.  III,  137.  IX, 
201  etc. 

autramen  adv.  (altéra  mente)  au- 
trement IV,  126. 

antre,  o  ;  devant  un  s.  au  pi,  : 
àntri(8)  a.  et  pr.  indéf.  (àltërnm) 
autre  I,  227.  322.  430.  X.  394. 
XI,  40  etc. 

(d')autre-tèm[8  loc.  adv.  (àlterum 
tempus)  du  temps  passé,  d'autre- 
fois VI.  52.  Vil,  152.  IX, 
136. 

(d')àutri-îe8  loc.  adv.  (altéras  vices) 
ld')autrefois  XI,  220. 

antnro  s.  f,  (♦illtaram)  hauteur, 
éminence  IV,  116.  IX,  62.  XII, 
124. 

antnxonn  s.m.  {de  antnro  -)-  -Onem) 
légère  éminence  VI,  105. 

antnrons,  o  a.  {de  antnro  -H  -osnm) 
aUier,  hautain,  orgueilleux  III, 
7.  VIII,  175.  XI,  321.  435. 

anvàri  *.  m.  {de  l'arabe  awâri, 
dégât)  mésaventure  V,  82. 


anyas  s.  m.  (de  anve  +  -âcënm) 
gravier  II,  45. 

anve  s.  m.  (alvënm)  lit,  gravier 
du  fleuve  V,  534. 

avala  v.  a.  (de  &d  vallem:  faire 
descendre,  scil.  par  le  gosier) 
avaler  I,  457.  IV,  220;  p.  p.  et 
a.  hâve  VII,  140. 

(s')avança  v.  n.  et  r.  (*ab-ântëare) 
(s*)avancer  a)  v.  n.  III,  112.  IX, 
46  etc.  ;  b)  v.  r.  I,  156.  IX.  65. 
211  etc. 

avanço  s.  f  {s.  v.  de  avança) 
avance  ;  prendre  V&ysiiqo  prendre 
le  devant  I,  464. 

avan[s  qne  conj.  de.  t.  (cp.  aussi 
davans  qne)(&b-àntë-quÔd)ai7aMe 
que  a)  suivi  du  sbj.  VIII,  320  ; 
b)  avans  que,  suivi  de  Vinf  I, 
49.  X,  353;  c)  avans  qne  de, 
suivi  de  Vinf  II,  220  ;  d)  avans 
de,  suivi  de  Vinf,  avant  de  III. 
252.  V,  25.  X,  415. 

avare,  o  a.  (àvarum)  avare  Vlli, 
365. 
I     s'avasta  v.  r.   (de  à  +  vaste,  v. 
j         c.  m.)  s'aventurer  X,  12. 

avan  adv.  de  l.  (&d  vallem)  là-bas 
\         VI,  604.  X,  356.  XI,  6. 

avau[s  s.  m.  (p.-ê.  identique  avec 
Vadv.  précédent^  désignant  la 
plante  basse  et  rampante)  chéne- 
nain,  chêne-kermès  (quercus  coc- 
cifera)  II.  140.  III,  45.  VIH, 
150. 

avé  V.  auxiliaire.  -  Gr.  §  97  — 
(hàbëre)  avoir. -Inf  avé  X,  415. 
agné  XII,  175.  ~  Pr.  Ind.  ai, 
I  as  etc.  XII,  168.  I,  82.  84.  112. 
515.  XI,  490.  -  Impft.  avié 
etc.  XI,  225.  227.  228.  229.  — 
P.  d.  aguère  I,  181.  —  FuU 
18* 


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276 


QL088AIBB. 


aurai  etc.  II,  H6.   XII,  224.  I, 

393.  —  Pr,  Sbj.  et  Impér.  ague 

etc.  VIII,  454.    I,  358.  378.  - 

Impft,  Sbj.  agnèsse  etc,  1, 9. 480. 

XI,  408.  —  P.  p,  agu,  do  lY, 

94.  Vni,  287.  XII,  403. 
avé  s.  m.  (hàbëre)  avoir  m.;    W- 

chesse,spécialement  les  troupeaux 

de  brebis  III,  311.  IV,  21.  VIII, 

231.  IX,  367. 
avé  (Maria)  *.  m.  (áv5  Maria)  avé 

Maria,  angélus  IX,  371. 
avelano  s.  /.  (de  Aveliam,  ville  de 

Campanie)  noisette,  aveline  VI, 

305. 
s'avena    v,  r.    (de  vënam,  veine), 

s^alimenter,    en  parlant    d'une 

source  j  jaillir  de  la  veine  XI, 

442. 
avengndo   s,  /.   (s,  p.   de  aveni) 

avenue  XII,  369. 
aveni  v.  n.  —  Gr.  §  102,  p.  140. 

(àdvënlre)    advenir    IV,     294. 

XI,  485. 
aveni  s.  m.  (id.)  l'avenir  XI,  507. 
Avèn[t  s.  m.  (àdvSntum)   VAvent 

X,  247. 
s'aventura   v.  r.    (♦fidventurare) 

s'aventurer  VI,  181. 
avéra  (=  averra)  v,  a.  (♦a-verrare 

p.  verrëre)  aveindre,   arracher. 


tirer  une  chose  du  lieu  où  elle 
était  I,  35. 

aversàri  s.  m.  (âdvërs&rium)  ad- 
versaire V,  212. 

averti  v.  a.  (de  àdvertere)  avertir 
VIII,  225. 

àvi  s.  m.  (♦avïum  p.  &vam)  aïeul 
IV,  111. 

Avignonn  n.  de  l,  (Avenit^nem) 
Avignon  III,  173.  X,  38. 

Avignonnen,  co  a.  et  s.  (duprécéd.) 
d'Avignon  XI,  422. 

avis  s.  m.  (Sdvisum)  avis;  ién  m'es 
d'avis  il  m'est  avis  I,  534  ;  ana 
d'avis  être  bien  avisé,  agir  avec 
circonspection  IX,  206. 

s'avisa  (de)  t?.  r.  (♦ád-visare)  s'a- 
viser (de)  V,  432  ;  ^apercevoir 
de  V,  432;  prendre  garde  à 
VI,  480. 

Avousjt  s,  m.  (Angnstnm)  août 
Vn,  296  (v.  noU).  VIII,  367. 

avngle,  o  a.  et  s,  (ab-Ôcûlum) 
aveugle  XII,  197;  avugle-na 
aveugle-né  XI,  359. 

Azalaïs  n.  de  /.  (du  germ.  Adal- 
haid)  Adélaïde  IH,  187. 

aznren,  co  a.  (du  s.  azur,  de  l'a- 
rabe lâzvardi)  d'azur,  azuré 
XII,  84. 

azurin,  o  a.  (id,)  VII,  20. 


B 


bàbi  s,  m.  (ononi.)  coup,  taloche, 

tape  V,  355. 
Babilouno   s.  /.  {de  Babylonem) 

Bàbylone  VI,  552. 
bacegonn   s,  m.  {de  bacegae,  ba- 

cego  s.  m.,  d'or,  inc.)  flèche  de 

la  charrue  IX,  343. 
bacela  v.  a.  et  n.    (*baceliare,  de 


♦bâccOlare)  battre,  fouetter, 
frapper;  s^ agiter  IV,  401.  V, 
268.  VI,  262.  360.  XI,  154  eU, 

bacelaire,  o  a,  {de  bacela)  reten- 
tissant IX,  59. 

bacelas  s.  m.  (de  bacèn  +  -ftcënm) 
soufflet  énorme  V,  280. 

bacèu  s,  m.    (*bacellum  p.  ♦bác- 


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277 


ctilam,  cp.  A.  Thomas,  Rom,  26 
[1897]  p,  414)  coup  I,  246. 
Bacus  8.  m.    (Bacchns)    Baechus 

ni,  9. 

bada  c.  ».  (*b&dare)  béer,  regarder 

la  bouche  béante    Y,    40.  343. 

Vin,  234  etc, 
badai  s.  m.  (s.  v.  de  badaia,  ba- 

dalha,    du  lai.  ♦bàd-àlïare,    de 

bàdare)  bâillement  VI,  277. 
(se)  bagna  v.  a,  et  r,   (bàlnëare) 

(se)  baigner,    mouiller   I,   49; 

II,  300.  III,  261.  IX,  404  etc, 
bagnaduro    s,  /.   (♦bainëfituram) 

rosée  I,  19. 
bagnnn  s.  m,    (de  bagna)    rosée 

X,  345. 
baia  V.  a.  (bSjtilare,  donner  à  ad' 

ministre?',  confier)  donner,  bailler 

I,  214.  n,  227. 

baiar[d,  o  a,  et  s,  {b.  laU  bajar- 
dnm,  de  badîam)  bai^  rouge-brun, 
en  parlant  de  chevaux  et  de 
boeufs  IX,  337.    F.  note. 

baile  s,  m.  (bftjiilum)  bailli  l,  30; 
chef  des  laboureurs  IX,  309. 
318.  357  etc. 

baile-pastre  s.  m.  (bfijûlum -f- pas- 
tôr)  chef  des  pasteurs  III,  166. 
IX,  165. 

baise  v,  beisa. 

baisso  V,  beissa. 

baisso  s.  /.  (*ba88iam)  lieu  bas  ; 
faire  li  baisso,  cueillir  les  fruits 
ou  la  ramée  des  branches  basses 

II,  36. 

bajan  s.  m.  (or,  inc.)  plat  de  lé- 
gumes cuits  à  l'eau,  salade  de 
légumes  I,  143. 

balandra  (=  balanda)  v,  n.  (de 
balans,  v.  c,  m.)  balancer  V, 
348. 

balan[s  s.  m.    (bilanx.  bîlancem) 


bi'anle,  balancement  V,  437.  VII, 

29.  X,  338. 
balaa[s  s.m. (du  b.lat.  bala  sagma, 

fascis,  onns,  sarcina,  in  modnm 

pilae  quam  Galli  et  Itali  ballam 

vocant,  compacta  [Du  C.];  du 

thème  bail,  cp.  Kôrt,  1013)  fagot 

Vn,  268. 
balin-balant  ;  balin-balòn  loc.  adv. 

(du  V,  bala,  baller,  danser,  cp. 

le  gr.  /SáUfiv)  en  balançant  de 

côté  et  d'autre  V,  326.  X,  182. 
Bambaroncho  ;  v.  VI,  459  note, 
banarfd,  o    a.    (de  bano  +  suff. 

germ.  hard)  cornu,  e  V,  353. 
banam,  do   a,  (de  bano,  v.  c.  m.) 

cornu,  e  IV,  358;  lou  Banara 

le  Cornu,  le  Diable  VI,  500. 
banasto  s.  /.  (du  b.  lat.  ^banastam, 

de  bennam  +  astrnm,  suivant 

l'analogie  de  canasto;   cp,  Dz, 

benna  48  et  Kôrt.  1123)  manne, 

grande  corbeille  d'osier  I,  116. 

131.  X,  382  etc. 
banastié   s.  m.    (*bânast-Srïiun) 

vannier  II,  391. 
banastounié   s.  m.    (*b&nast-0n- 

arïum)  vannier  VI,  216. 
ban[c  s.  m.  {du  vha,  banc)  banc 

V,  430. 
bancado    s,  f.   (banc   +   -âtam) 

monceau  (de  paille)  VIII,  379. 
bandeiroun   s.   m,    (de  bandiero, 

du  germ,  band«  drapeau,  b.  lat. 

bandum,    vexiîlnm)    banderolle 

X,  117. 
bandi  v.  a.  (*bandire,    du  germ. 

*bandjan)  chasser,  lancer,  Jeter 

n,  21.  IV,  441.  vn,  497.   XI, 

246;  bannir  VII,  112. 
bandi[t  s.  m.  {p.  p,  du  v,  bandi, 

mettre  au  ban)  bandit  XU,  154. 


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278 


GL08SAIBE. 


bando  s.f.  {du  germ.  band)  troupe^ 

bande  H,  266.  IV,  9.  46.  VH!, 

333.  IX,  139  etc. 
bandouliero  s.  f.  {de  Vesp.  bando- 

lera,  de  bandola,  dim.  de  banda 

ruban;   cp.  bando)  bandoulière 

Vn,  162. 
baneja  v,  n.  {de   bano)  montrer 

les  cornes^  s'élever  pareil  à  une 

corne  VII,  537. 
bane[t,  o  a.   {de  bano)  cornu  I, 

365.  386. 
baneto  s,  f.  {dim.  de  bano)  petite 

corne  VIII,  272. 
bano   s.  f.  {du  celL  ban ,  benn  ; 

cp.  Meper-Liibke.  dans  Gr.  Z. 

XIX,  273)  corne  IV,  58. 
baragno  s.  f.  {de  Vesp.  brena,  p.-ê. 

du  basque)  haie  épineuse  VII,  158. 
barataire  s.  m.  {b.lat.  *bâràtator 

(Du  C),  du  lai.  bàrâthrnm,  gr. 

/SaçaSço;)  forban  V,  344. 
barbaboa  s.  m.  {de  barbo  +  boa 

bouc,  du  germ.  bnkk)  barbe-de- 

boucj  salsifis  des  prés  (plante) 

VII,  245. 
Barban    s.   m.    {probablement   de 

barbam,    cp.    Du    C.    s.    Bar- 

bnaldns  et  barbuda)  le  Barban ^ 

bête  noire,  être  imaginaire  dont 

on  fait  peur  aux  enfants  VI, 

472.    V.  VI,  459  note. 
barbare   s.  et  a.  m.   (bârb&mm) 

barbare  XI,  403. 
barbareBC,  o  a.  (*b&rb&riscum  p. 

bárbàrïcum)  barbaresque  VIII,  5. 
barbela  v.  n.  et  a.  {Très.:  verbé- 

laxe  frapper,  palpiter  d'émotion) 

brûler  de  dés^ir  III,  126.  209; 

V.  a.  convoiter  V,  539. 
barbeno  s.f.  {de  barbe,  p.-ê.  sous 

l'influence  de  verbënam)  barbe 

des  épis  V,  60. 


Barbentano  s.  /.,   n.  de  l.  {b.  lai. 

Barbentanam,  autrefois  Bellin- 

tonem)  Barbentane  {B.-du-Rh.) 

m,  205.    Voy.  note. 
barbesin   s.  m.  (yervëcinum^  de 

mouton)  hippobosque  du  mouUm. 

insecte  parasite  V,  203. 
barbo  s.f  (barbam)  barbe  V,  218. 

IX,  131. 

barcado  s.f  (*bfirc-&tam,  de  barc- 
am)  batelée  XI,  58. 

barcarés  s.  m,  (*b&rcàrëtam ,  de 
barcam)  réunion  de  barques, 
flotte  XI,  224. 

bar|d  s.  m.  {du  vnord.  bardi  bouc- 
lier; cp.  Kôrt.  1055)  dalle  VI, 
420.  X,  184.  282.  XII,  31  etc. 

barda[t  s.  m.  {b.  lot.  bard&tmn. 
Du  C,  de  bard)  les  dalles  XIL 
91. 

bardo  s,  f  {du  vnord.  bardi  ou 
de  l'arabe  al-barda*ah;  cp.  Dz. 
42  et  Kôrt.  1055)  bardelk, 
espèce  de  selle  IV,  50. 

bardonia  v.  n.  {prob.  le  même  mot 
que  bredouiller,  d'or,  inc.)  ba- 
varder III,  73. 

baren  (barenc)  s.  m.  {p.-ê.  du  bas- 
que barincou  bas-fond  [Trés.y?) 
gouffre  X,  263. 

baroun  s.  m.  (b&rï^nem)  baron  II. 
394. 

barqueiròa  s.  m.{b.lat.  barcherolum. 
nautam  (Du  C.)  p.  ♦barcarolem) 
batelier  V.  413. 

barqnejaire  s.  m.  {du  v.  barqaeja) 
nautonier  VIII,  100. 

barquelt  s.  m.  {dim.  de  barco) 
bateau  VIII,  447.  X,  8.  49. 

barqueto  s.f.  (id.)  esquif,  nacelle 

X,  326.  XI,  107.  Xn,  366. 
barquié  s.  m.  (barcftrïum)  batelia- 

V,  p.  85. 


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279 


barra  v.  a,  et  r.  {d'un  radical 
barr-  qui  marque  Vempêchementj 
cp.  Kort,  1062)  barrer^  fermer, 
clore  III,  87.  XIL  82.  107;  se 
fermer  V,  275.  VII,  75. 

barrau    s.    m,    (♦barrSle)    harril 

in,  2. 

barrejadis  s.  m.  {du  v.  barreja 
agiter  violemment  une  barre,  v. 
barro)  pêle-mêle  (propr,  :  agita- 
tion violente  d'une  barre)  IV, 
236. 

barreto  s,f  {du  bAat.  *birr6tum, 
de  birrnm,  byrrhum  sorte  d'é- 
toffe groseih'e,  du  gr,  nvo}óç 
rouge)  bonnet,  béret  II,  15. 

barri  ^.  m.  {du  radical  barr,  cp. 
barra)  rempart,  muraille  TV, 
391.  XI,  326.  439.  X,  110.  Xn, 
83. 

barro  s.  f.  (id.)  barre,  poteau, 
perche  I,  486.  IIL  333. 

barroun  s.  w.  {de  barro)  gourdin 
IV,  334. 

barmla  v,  n,  et  a.  {de  barro  a)  v. 
n.  rouler  lY,  392.  XI,  357.  XII, 
41;  vaguer^  errer  II,  287.  X, 
60.  XI,  158.  378;  b)  v.  a,  par- 
courir VII,  478.  VIII,  215. 

barmlaire  s,  m.  {de  barmla)  rou- 
leau de  labour  I,  114. 

bartas  «.  m,  {de  barto,  vpr.  barta, 
batta,  buisson,  du  gr.  fiàroç 
ronce?)  buisson  ' épais ^  hallier 
III,  442. 

bartayèu,  ello  a.  {du  s.  m.  barta- 
yèu  loquet  de  porte,  claquet  de 
moulin,  b.-lat,  barta vella,  verte- 
vella  [Du  CJ,  lat.  *vgrtebëllum 
cp.  Kôrt.  8655)  étourdi,  écervelé, 
qui  tourne  à  tout  vent  VII,  52. 

bas,  80   a.  (bassnm)   bas,  se  IX, 


41;  adv,  bas  IV,  169;  d'en  bas 

VI,  357. 
baselico  s.f  (bâsïlïcam,  gr,  /Saai- 

JUjfjJ)  basilique  VI,  159. 
bastt  s,  m,  ('"bastum)  bât  m.  IV,  52. 
ba8tar[d  s.  m,  (de  bast,  bât;  cp. 

Scheler,  s.  bâtard,  et  Kôrt.  1076) 

bâtard  V,  255. 
basti  V.  a.  ('"bastire,  d'un  rad.  bast- 

qui  marque  le  fondement)  bâtir 

XI,  226.  XII,  59  etc. 
bastidano  s,  f  {de  bastido)  filles 

des  champs.   Voy.  note  III,  204. 

VIII,  316. 
bastido  s.f.  {s.  p.  de  basti)  bastide, 

ferme  f.    IV,  193.  IX,  288  etc. 

Voy,  I,  1  note. 
bastimen   s  m.  (*basti-mentam) 

bâHment  1,   223.   231.  270   etc. 
basto  !  adv.interj.  (de^bastfire,  suf- 
fire, cp.  Kôrt.  1076)  cela  suffit! 

plût  au  ciel!  H,  444.  XII,  246. 
bastoun  s.  m.  ('"bastonem,  de  bas- 

tum,  cp.  Kôrt.  1076)  bâton  III, 

168. 
bastoane[t  s.  m.  {dim,  de  bastonn 

bâton  n,  21. 
batedis  s.  m.  {du  v.  batre.  v.  c.  m.) 

battement.  IV,  322. 
batedou  s.  m.  (id.)  champ  du  foulage 

VIII,  377. 
bateja  v.  a.  (bàptïzfire)  baptiser 

XI,  364. 
batèsto  (=  batusto,  batouosto  [cp. 

Très.])  s.f.  {de  Vit.  batosta,  de 

♦battere  +  *to8tare;  cp.  Kôrt. 

1084)  combat  IV,  94. 
batèu  s.  m.  {du  germ.  [vnord.]  bâtr. 

bateau)  bateau  V,  476.  IX,  87. 

126  etc. 
batistèri  s.  m.  (bàptïstërium)  bap- 

tisth-e^  extrait  baptistaire,  acte 

de  naissance  IV,  397. 


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280 


GLOSSAIRE. 


batre  v,  a.  —  Gr.  §  106  p.  147.  — 
(♦battôre  p.  battûere)  battre  I, 
350.  II,  183.  XI,  126  etc.  — 
batre  s,  m.  battement  IX,   465. 

batudo  8.  /.  (♦battûtam)  batttée, 
séance  de  travail  entre  deux  repas 
(les  paysans  pravençaicx  divisent 
la  journée  d'hiver  en  deux  6., 
celle  de  printemps  ou  d'automne 
en  trois,  et  celle  d'été  en  quatre), 
travail  I,  181,  III,  251. 

baucage  s.  m.  (de  bauco)  gazon 
Yin,  377. 

banco  s.f.  {b.  lat.  *balcha,  arundo, 
juncuSf  calamus  ;  vpr,  baie  hu- 
mide; p-ê,  du  celt.  hslCj  fort? 

'  cp.  Kôrt,  1007.  1012)  granten, 
herbe  IV,  25.  V,  384.    F.  note, 

baudrèio  (=  bóudrèio)  s.  /.  (de 
bóudre)  prostituée  V,  162. 

baudufo  s,  f.  (or,  inc.,  cp,  l'esp, 
galdrufa)  toupie  I,  188. 

banmelu,  do  a.  (de  baumo)  caver- 
neux II,  206.  Yin,  167. 

baumo  s.  f.  (*balmam;  suivant 
G,  Cohn,  dans  Gr.  Z.  19  [1895] 
p,  51 — CO,  de  terra  bas[si]ma) 
grotte,  antre  II,  432.  IX,  458. 

Baumo  n.  de  l.  (id.)  Baume  (Vaii- 
cluse)  III,  24.    V.  note. 

Santo-Banmo  s.  /.  Sainte-Baume 
(Var),  grotte  célèbre  où,  selon  la 
légende,  se  retira  Sainte  Made- 
leine V,  407.    Voy.  note. 

bau[8  s.  m.  (balteum)  escarpement 
dont  le  sommet  est  plat  VIII, 
182.  XI,  451. 

li  Bauls  n.  de  /.  (id,)  les  Baux 
(B.-du-Rh.)  IL  136.  X,  324.  Voy, 
J,  67  note, 

Baussen,  co  a.  et  s.  m,  et  f,  (de 
BauB  +  -incura)  des  Baux  XI, 
491.     Vof/.  I,  67  note. 


Bau[8  -  Maniero  n.    de  L  Baux- 
Manière,  rocher  à  pie  près  det 

Baux  II,  417.    V,  note. 
Bausset  n.  de  L  (dim.  de  Bansi  U 

Bausset  (Vaucl.)  VIII,  238.  248. 

Voy.  note. 
bautuga  v.  a.  {or.  inc)  troubler 

IV,  310. 
bayous,  o  a,  (de  bavo  bave,  lai. 

vulg.  *babam)  baveux,  se  VIII. 

371. 
becaru  s.  m.  (du  s.  bec,  du  raà. 

celt.  bacc,    crochu)   propr.  au 

large   bec;  flamant  m.  V,  320. 
bedoco  (=  badoco)  s,  f.  (cp.  l'esp. 

\)a,}oc& gousse  ;  duv.  bàdftreò^er  ?) 

carquois,  fourreau  àfaucilleYll. 

163.  (Voy.  note,)  IX,  2l4. 
begudo  s,f.(s,p,  rfebéure)  buvette, 

action  de  boire;   faire  une  b. 

boire  un  coup  I,  500.  III,  35(1. 
beilesso  s.  f,  (♦bajûl-issam)  bail- 

live  III,  223. 
beisa  v,  a.  (b&siare)  baiser  III. 

456.  XI,  355.  XII,  54. 
beissa  r.  a.  (*bassïare)  baisser  I. 

429.  IV,  188. 
bel  17.  béu. 
bêla  17.  a.   (belare)  a)  bêler  IV. 

486  ;  b)  regarder  passionnément 

IV,  187;  c)  admirer,  convoiter 

X,   412.  —   s,  m.  bêlement  VI. 

502. 
belamen  s,  m,  (de  bêla  +  -mentami 

bêlement  IV,  81.  XII,  11. 
bêlas,  80  a.  et  s,  (de  bèu,  bèllo  + 

suff,  augm.)  très  beau  IL  428. 
belèu   adv.   (bënë  levé)  peut-êtn 

I,  49.  n,  177.  351. 
Beloun  (de  bêla?)   n.  d.  f,  VU, 

427.    Voy.  note. 
belu  *.  m.  (bïs  [?]  +  lux)  lueur  V. 

322. 


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GLOSSAIRE. 


281 


belugo  «./.  (bï8[?]  +  *lacam)  étin- 
celle VIÍ,  547. 
belngaeja  t?.  n.  {de  belugo)  étin- 

celer  H,  104.   VIII,   267.   IX, 

128. 
belugnejaire,  o  a.  {de  belngaeja) 

qui  scintille  X,  86. 
beliigne[t,  o  a.  {de  belugo)  scin- 
tillant, sémillant,  vif  I,  176.  V, 

148.  XI,  106. 
bèu  adv.  (bënë)  bien  I,  65,   175, 

536  etc.  —  interj.  eh  bien!  1, 

147.  183.  —  s.  m.   le  bien  III, 

499. 
benastru,  do  a.  (bene  "'astmcum) 

plein  tPétailes  H,  322. 
benedicionn  s.  /.  (bënëdictlooem) 

bénédiction  IV,  294. 
benesi  v.  a.  (benëdïcerë)  bénir  III, 

12.  XL  480. 
bèii-è8tre5.ni.(bèii  +  èstre,  t?.c.m.) 

bien-être,  aisance  IV,  254.  Vil, 

516. 
béni,  do   (contraction  de  bene[s]i 

p.  p.,  t\  c.  m.)  béniy  e  XII,  114. 
hennra,  do  a,  (bëno   angûrfttnm) 

bien-heureux  X.  401. 
benuranço  «./.(bennr[a]  +  -àntïam) 

félicité,  bénédiction  V,  72.  VII, 

186. 
bennrous,  o  a.  et  s,  (benë  *augtir- 

Osnm)  {bien)  heureux,  se  1, 376. 

VUI,  110.  X,  265  etc. 
bèn-vengu,  do  a.  (bèn  4-  vengu, 

p.  p,  de   veni)  bien  venu  VTI, 

218. 
berc.  o  a.  {du  germ.  brikan,  briser) 

édenté,  ébréché  IV,  95. 
berlo  «./.  {de  beryllum,  gr.  /Sr^ovUoç) 

berle,   lentille  d'eau  VII,   452. 

VIII,  404.  418. 
beronge  s.  m.  {de  la  même  racine 

que  berbis  brebis j  lat.  vërvgcem; 


cp.  aussi  Nigra,  Arch.  gl.  XIV, 
356)  agneau  faible  qui  ne  peut 
pas  suivre  le  troupeau  VIII, 
81. 

besoun  s.  m.  {de  ♦sonlum  chagrin? 
cp.  R&rt.  7617)  besoin  I,  349; 
avé  de  b.  de  avoir  besoin  de 
VL  109. 

bessai  adv,  (benë  s&pîo)  peut-être 
n,  226.  III,  129.  VIII,  388  etc. 

bessoun,  o  a.  et  s,  {selon  Homing, 
dans  Gr.  Z.  21.  [1897]  p.  451, 
d^un  adj.  ♦bissum  double)  ju- 
meau, jumelle  II,  77.  AI,  188. 

bessounelt,  o  a.  {dim.  de  bessoun) 
jumeau,  elle  X,  95. 

bessouniero  s.  /.  {de  bessoun  + 
-arlam)  bessonnière,  brebis  qui 
met  bas  des  jumeaux  IV,  90. 

bèsti  s.  f.  (bestïam)  bête  I,  390. 

III,  356.  IV,  136  etc. 
bestiàri  s.  m.   (♦best-ï&rïum)  les 

bêtes  à  laine  IV,  23.  55.  121 
etc. 

bestiasso  s.f.  (*best-ïftcëain)  bête 
féroce  V,  351. 

bestiau  s.  m.  (*be8tïftle)  bête,  bé- 
tail IV,  393.  IX.  35  etc. 

bèstio  s.f.  (bestïam)  bête  IV,  141. 
XI,  379. 

bestiole  s.  f.  (bestîôlam)  bestiole, 
petite  bête  IX,  267. 

bestor[t,  o  a.  (bïs-tôrtum)  tortueux 
X,  32. 

besuque|t,  o  a.  {du  v.  besuca 
manger  peu  et  délicatement,  du 
lat.  bïs  +  succare?)  difficile.^ 
délicat.,  dédaigneux  VII,  417. 

Betelèn  n.  de  l.  {de  l'hébreu  Beth- 
léem) Bethléem  XI,  7. 

bèto  s.  f.  {de  l'ags.  bât)  prame, 
bateau  plat   servant  à  la  pêche 

IV,  8.  V,  422. 


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282 


OLOSSAIKB. 


bèu,  bel  (devant  les  voyelles); 
bello  pL  bèuB  (devant  les  voyel- 
les), bèlli(8)  a,  (bellnm)  beau, 
bel;  belle  I,  33.  61.  122.  388 
etc.,  lou  b.  proumié  le  premier 
de  tous  VII,  241  ;  avé  bèu,  suim 
de  Vinf,f  avoir  beau  faire  qc. 
X,  382.  XI,  409.  XII,  388. 

bèn-bèa  s,  m.  dans  la  loc.  faire 
lou  b.-b.  à  faire  fête  à  q.  XI, 
203. 

Bèu-Calre  n.  de  l,  (bellum  quadrum, 
belle  pierre  de  taille)  Beaucaire 
n,  67.  IX,  136.  Voy,  III,  203 
note. 

Bèu-Cairen  s.  m.  {de  Bèu-Caire) 
Beaucairois  XII,  80. 

béulòli  s.  w.  (=  béu  lou  òli  qui 
boit  Vhuile)  effraie,  hibou  VI, 
428. 

béure  v.  a.  et  n.  —  Gr.  §  107, 
p.  lui  -  (bïbere)  boire  —  Inf  I, 
333.  —  Pr.  ind.  VUI,  434.  - 
Pr.  sbj.  I,  503.  -  P.  p.  begu, 
do  IV,  482.  X,  460  etc, 

bèuta   s.  /.  (♦bëllïtatem)    beauté 

II,  98.  IV,  119.   VIII,  313  etc. 
beTe,  bevon  etc.,  t?,  béure. 
bevèndo  s.  /.  (bïbendam)  boisson 

III,  12.    IV,  54.    VI,  283  (v, 
note), 

biai[s  s,  m.  {selon  A,  Thomas, 
dans  la  Bom,  26  [1897]  p,  415, 
d^un  adj.  *bïft8ïum,  de  asam  p. 
ansam)  manière^  grâce  I,  127. 
178.  II,  147.  IV,  119  etc.  ;  d'aquèu 
biais  de  cette  sorte  II,  378;  d'un 
biais  de  l'autre  d'un  côté  à 
Vautre;  de  ci,  de  là  V,  63. 

se  bidoursa  {=-  bidoussa)  v.  r. 
(bï-*dÔr8-flre)  tordre  la  croupe 
(en parlant  d'un  bœuf),  se  tordre 

IV,  384;  ife  tourmenter  VI,  279. 


bibage  s.  m.  {du  s.  f.  biho  hxlU, 
du  celt.WiX)  Hure  d'une  charrette 
IV,  279. 

biboun  s.  m.  {dim.  de  biho)  rondin 

IV,  329. 

biòu  s,  m.  (bôvem)  bcsuf  IV,  325. 
VIII,  294.  IX,  56.  259  eU. 

biòu-marìn  s.  m,  (bôvem  maninun) 
phoque  XI,  159. 

bisco  s.  f  {du  V,  bisca  bisquer,  du 
Scandinave  bêsk,  ane.  angl: 
baiske  aigre;  cp.  Littré  s.  bis- 
que) colère  VII,  457. 

bitor  s.  m.  (cp.  Kôrt.  1432)  butor, 
oiseau  VIII,  308. 

blacas  (=  blancas)  s.  m.  [de  blanc 

V.  c.  m.)  chêne  blanc  V,  28. 
bla[d  s.  m.  (àblatum,  p.  p.  de  ao- 

îerre)  blé  I,  3.   IV,  26.   Vin, 

297  etc.  —  blad  de  luno  blé  de 

lune  =  larcins  amoureux  V,  152. 

F.  note.  —  blad-dôu-diable  hli- 

du-diahle.  brotne  stérile,  cp.  ca- 

lido  VI,  191. 
bladié,    bladiero    a.    {de  blad  + 

-arïum)  de  blé  IX,  111. 
blanlc,   o;  pi.  blànqui(B)  a.  [du 

germ.  blank)  blanc,  blanche  II. 

100.  III,  467.  Vn,  18  etc.- 

blanc  s.  m,  le  blanc,  v.  porre. 
blancour  s.  f,  {de  blanc  +  -orenu 

blancheur  XI,  476. 
blanqueja  v.  n.  {de  blanc  +  suff. 

verb.  -Idlare)  être  blanc,  icUUer 

de  blancheur  H,  137.  X,  98.  XI. 

315. 
blanque[t,  o  a.  (blanc  +  -Ittam- 

un  peu  blanc  QI,  470. 
blanquinèu,  ello  a.   (de  blanc  -!- 

-in-ellum)  blanc,  blanche  II,  W- 

m,  145.  IV,  202  etc. 
blanquinons,  o  o.  {de  blanc  +  -in- 


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GLOSSAIRE. 


283 


Osniii)  blanchâtre,  limpide  X,  31. 
-301  etc. 

blastème  s.  m.  ('"blasphSmìíain,  du 
ffr.  /SÀaatprffiov)  bUisphème  VUl, 
416. 

blave,  0  a.  {du  germ,  blaw  bleu) 
blême,  livide  I,  468.  Ô06.  IX, 
326. 

blaveiron  a,  m.  (de  blave)  meur- 
trissure V,  256. 

blayen^  co  a.  (de  blave)  bleuâtre 
Vin,  389. 

blavinèn,  ello  a,  (de  blave)  blême 
VII,  400. 

blesto  «./.  (fc.-Za<.  blesta  [DuCJ), 
propr»:  touffe  (de  cheveux  etc.); 
gerhêe  VIH,  354;  épi  VI,  18a 

ble[t,  0  a.  (du  germ.  blet)  friable 
Vn,  307;  usé  IX,  398. 

bléugC)  bléujo  a  (du  germ,  blaw  ?) 
éclatant  de  blancheur,  éblouis- 
sant XII,  343. 

blo[t  s,  m.  (du  fr.  bloc,  du  b.-alU 
blok)  bloc  Xn,  59. 

blonn[(l,  o  a.  (Selon  Nigra,  dans 
la  JRom.  26  [1897]  p.  555,  en 
opposition  avec  Dz,  [cp.  Kort. 
1247],  d'or,  lat,  de  *ablundu, 
avec  métathèse  p,  *albanda 
blanchissant,  et  avec  aphérèse  de 
l'A  initial,  de  alba  aurore)  blond^  e 
n,  6.  vm,  427.  IX,  66  eu, 
de  couleur  claire  III,  403. 

blonndeja  v,  n.  (de  bloand)  bloTidir 
IX,  213 

blonndinèD,  ello  a.  {de  blound) 
blond,  e  IIL  17. 

bln,  blnio  a.  (du  germ,  blao)  bleu,  e 
I,  163.  II,  210.  239  etc. 

blnieja  v.  «.  {de  blii[io])  être  bleu, 
bleuir  n,  102. 

blniour  s.  f,  (de  blufîo])  le  bleu 
XII,  370. 


bòchi  s.  m,  (du  germ,  bokk)  bouc 

IV,  62. 
boi  s.  m,  =  bo8  {v,  c.  m.) 
boio  (=  bolo)  s,  /".  (bOllam)  litih-e 

de  plantes  paludéennes  VII,  328. 
bon,  0  a.  (bônnm)  bon,  ne  I,  104. 

125.  186  etc.;  de  bon,  loc.  adv. 

tout  de  bon  II,  246.  —  bon  s. 

m.  le  bon  VI,  271.  X,  401. 
bono  s.  f.  dans  la  /oc.  adv.  dins 

si  bono  dans  ses  bons  moments 

VI,  312. 
bon-ami  s,  m.   (bônum   amicnni) 

amant  IV,  186. 
Bondién  s,  m,  (bSnnm  deum)  Dieu 

IX,  238. 
bon-jour  ;  V,'  VIII,  59  noie. 
bonnr  s,  m.   (bÔnum    angurïam) 

bonheur  II,  315.  IV,  189  etc. 
bor[d    s.  m.    (du  vha,  bort,   par 

l'intei-méd.  du  français)  bord  I, 
•    244.  II,  364.  VIII,  133. 
bòri  s.  m.  (or.  inc)  hutte,  masure 

II,  43. 
borno   s.  f.  (vpr,  borna,   de  VaU, 

bohrenV)     le    creux;    caverne, 

grotte  II,  230.  252. 
bos  s.  m.  (♦buscum  p,  bnxum)  bois 

I,  233.  UI,  31.  278efc.;/or^iI, 

530.  U.  310.  XI,  464  eU. 
boncau  s.  m.  (baucftlem,  gr,  ^av- 

xaLç)  pot  I,  333. 
houco's.f.  fbùccam)  bouche  I,  301. 

451.  IL  193  etc, 
boncòni   (=   boucoun)   s.  m,   (de 

bouco)  boucon,  poison  IX,  417. 
bondenfla  v.  a,  (d'un  type  bod,  bot, 

lai.  *botum,   qui  signifie  enfler,. 

et  le  lot,  inflare,  qui  marque  Ut 

même    chose;    cp.    K'ôrt.   1262) 

enfler  I,  519. 
boudenlle,  o  a.  (bod  +  infl[at]um> 

enflé  VII,  47. 


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•284 


GLOSSAIRE. 


^oudièu  !  interj.  {corruption  de  bon 
Dieu)  bon  Dieu!  II,  231. 

bondougno  s.  /  {p.-e.  bonde  + 
bongno,  qui  tous  les  dettx  signi- 
fient  enflure;  bonde  d'wn  rad, 
bod,  cp.  bondenfla,  bongno  du 
vha.  bunga)  tumeur  V,  348. 

bóudre  a.  (de  volvëre  bouleversé, 
dans  la  loc.  adv.  à  bóudre  pêle- 
mêle,  sans  ordre  lY,  49. 

bôndroi  s.  m.  (de  bóudre)  baudroie, 
diable- de- mer ,  poisson  hideux 
V,  343. 

l)onfa  Í7.  n.  {de  Vonom.  bonf!) 
souffler  m,  59.  IV,  229.  X,  247 
etc. 

bonfiga  V.  a.  {de  boufa)  boursoufler 
X,  137. 

bonfre,  o  a.  {de  bonf;  cp.  bonfa) 
enflé  XI,  329. 

l)oui  s.  m.  {s.  V.  de  bouli)  bouillon 
VII,  434. 

boui-abaisso  s.f.  {=  boui-abaisso  ; 
la  marmite  bout^  abaisse -la 
[Très.])  bouillabaisse,  potage  de 
poissons  bouillis  VIII,  446.  Voy. 
note. 

liouié  *.  m.  (bÔvarlum)  bouvier; 
laboureur  I,  74.  311  etc.  V.  Vn, 
303  note. 

bonile  s.  m.  (buxum)  buis  I,  146. 

IV,  147. 

bouissonn  s.  m.  (♦bûx-Onem)  buisson 

V,  19.  76.    V.  note. 
bouissonnado  s.f.  {de  bonissonn  + 

-ûtam)  haie  vive  V,  55. 
bonissonnaio  s.f.  {de  bouissonn  + 

-alla)  les  buissons  X,  158. 
.bonlega  v.  a.  et  n.  (*bííllïcare)  v.  n. 

palpiter,  remue?',  bouger   I,  31. 

454.  II,  310.  —  r.  a.  agiter  IX, 

264. 


bonlegadis,  so  a.  {de  bonlega)  re- 

muant  II,  203.  XH,  128. 
bonlegne[t,  o  a.  (id.)  sémillant  TH. 

179. 
bonli  V.  n.-'Gr.§  103.  p.  141  — 

(bûlllre)  bouillir  I,  217.  VI,  280. 

282  etc. 
bonlidon,  oniro  a.  (♦bûllitorîum) 

prompt  à  entrer  en  ébullition; 

à  grossis  onndo  bonlidoniro   r> 

gros  bouillons  VI,  672. 
bonlegnién,  ivo  a.  (de  bonlega  + 

-ivnm)  agité  X,  100. 
bonleft  s.  m.  (bîQl-ittnm)  boulet 

I,  229.  273. 

boumbi  V.  n.  (*b5mbïtlre)  bondir 

II,  199.  V,  171.  XI,  408. 
bonmbo    s.  f.  (de  b5mbttm  bruit) 

bombe  VII,  501. 

bonmi  (=  vonmi)  v.  n.  et  a.  (de 
vômëre)  vomir  XI,  178. 

bônmian,  o  a.  et  s.  m.  et  /.  (♦Bo- 
hémïftnnm)  bohémien,  ne  V,  199. 
226.  XII,  62.    V.  noU. 

bonnamen  adv.  (bSnft  mëntë)  bon- 
nement VII,  191. 

bonnld  s.  m.  (s.  v.  de  bonnda)  bond 
m.  IV,  186.  218.  IX,  41  eU. 

bonnda  (=  boundi)  v.  n.  (bôm- 
bïtare)  bondir  V,  285.  XII,  410. 

bonne[t  s.  m.  (nom  d'une  étoffe, 
(Cor.  inc.)  bonnet  II,  290. 

bonneto  s.  f.  (fém.  de  bonnet) 
bonnei  VII,  154. 

bonque[t  s,  m.  (*bìísc-ittnm)  bou- 
quet V,  521. 

bonqneto  s.  f  (dim.  de  bonco,  r. 
c.  m.)  bouche,  lèvre  IV,  174.  V. 
74  etc. 

bonrjonna  (=  fourgonna)  v.  a.  (de 
♦fôriconem, /owryon,  de  fôrare. 
cp.  A.  Thomas  dans  la  Rom.  2:i 
[1894\p.éòò)bouleverseryil,Wln. 


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ULObSAlKK 


285. 


bonrre,   o    a.    (bnrrnm)   brunj  e 

Vin,  125. 
boarrèio  «./.  {de  burram,  cp.  Kôri. 

1424)  bourrée,  fagot  I,  325.  II, 
410. 

bonrrenco  s,  /.   {de  barr[am]  + 

-incam)  drap  I,  69. 
bonrrido  s.f,  {p.  boulido,  s.  p,  de 

bonli,  V,  c.  m.)  propr,:  bouillie; 

courre    bonrrido    être  dans  la 

peifi€j  battre  la  campagne  VII, 

138. 
bonrriscaio  (=  bourricaio,   bour- 

riscalho)  8.  /.  (^bnrrlc&lïa)  les 

bourriques,  ânes  IV,  48. 
bonrronla  v.   a.   (♦bûrrtilare ,    de 

bûrrûllam    flocon?    cp.    Kôrt. 

1425)  troubler  II,  112. 
bourroDlamen  s.  m.  {de  bonrronla) 

trouble,  bouleversement  II,  266. 
bourronlo  s.f.  {s.  v.  de  bonrronla) 

bouillie  VI,  76. 
bonrsoun  s.  m.  ([*bîir80nem,  du  gr, 

ftvçttapeau^  cuir)  bourson,  bourse 

V,  195. 
bonrtonlaigo    s.  /.    (pôrtûlscam) 

pourpier,  plante  X,  103. 

bonsca  v,  a.  (*bîiscare  p.  *b1ixare 
rôder  au  bois  pour  chercher  le 
gibier)  chercher  VU,  498. 

bonscarido  s.  f  {de  bonsca  bois, 
forêt)  bec 'fin,  fauvette,  oiseau 
qui  se  plaît  dans  les  bois  m, 
417. 

bonscarlo  s.  f,  (*bîisc-arùla)  fau- 
vette V,  107. 

bouscas  s.  m.  (*bî[sc-acëuin)  forêt 
III,  460.  XI,  200. 

bonscatiê  s,m.{de*hTXscum)bûcheron 
Vn,  189. 

bonsco  s.  f  {s,  V.  de  bonsca)  re- 
cherche V,  510. 


bon[t  s.  m.  {s.  v.  de  bonta)  bout 
I,  289.  II,  213.  323  etc. 

bonta  V.  a.  et  r,  {du  germ,  botan 
frapper)  a)  v.  a.  mettre  VIII, 
366;  bonta  fin  à  mettre  fin  à 
XI,  303;  bonta  Ion  Inme  souf- 
fler la  lumière  VI,  320.  —  b)  t?.  r. 
se  mettre,  se  placer  II,  327  ;  se 
bonta  k  .  .  se  mettre,  se  prendre 
à  faire  qc.  H,  179.  XI,  388. 

bontas!  sorte  dUnterj.  {impér.  de 
bonta)  allez/ 1,  276.  II,  37.  XII, 
278.  388  etc. 

boutèn  s.  m.  (*b6tÔllnm)  mollet  V, 
266. 

bontigo  s.f.  ([â]p8tb6cain)  boutiqtce 
I,  345. 

bontonn  s.  m.  {du  germ.  bôtan 
frapper, pousser;  cp.  bont,  bonta) 
bouton  V,  122. 

boutonna  v.  a.  {de  bontonn)  bou- 
tonner IV,  108.       - 

bonvachonn  s.  m.  {de  bôvem)  bou- 
villon  IV,  370. 

bonvatié  s.  m.  (♦bôvatarïnm ,  de 
bôvem)  bouvier  IV,  387. 

bonvino  s.  f  (bôvinam)  Vespèce 
bovine,  les  bœufs  IV,  320. 

braieto  s.  f  {dim.  de  braio)  braie. 
caleçon  I,  448  (t;.  note).  508. 

braio  s.  f.  (brScam,  d^or.  gauloise) 
braie,  caleçon  I,  512. 

bram  s.  m.  {s.  v.  de  brama)  beugle- 
ment VIII,  308.  XII,  420. 

brama  v.  n.  {du  germ.  breman, 
cp.  le  gr.  /Sçéfifty)  mugir,  bêler ^ 
beugle^'  I,  233.  II,  160.  IV,  80 
etc. 

bramadisso  s.f.  {de  bramado)  cla- 
meur XI,  247. 

bramado  s.  f.  {s,  p.  de  brama) 
huée,  clameur  VI,  377.   XI,  9. 


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286 


GL088AIR6. 


bramaire,  o  a.  {de  brama)  mtigis' 
sant  XI,  223. 

brancage  s.m,{de\)XdkXyco)  branchage 
VII,  391. 

brancan  s.  m,  {de  braDco)  chartil 
IX,  56. 

branco  s.f.  (brancam)  branche  I, 
23.  35.  II,  84.  125.  199  etc. 

brai)[d  s.  m,  {s,  v.  de  branda, 
agiter  v.  c,  m.)  branle,  balance- 
ment; à  brand  a)  tout  ouvert, 
en  parlant  d'une  porte  ^  d'une 
fenêtre  III,  62  ;  b)  en  branle  VI, 
427. 

branda  v,  a.  r.  et  n.  {du  germ. 
brant  tison,  lame  d'épée)  a)  v.  a. 
branler,  agiter  I,  50.  IV,  59. 
IX,  21  etc.  b)  «.  «.  bouger,  re- 
muer I,  237.  rX,  339.  -  brûler, 
flamboyer  IV,  370;  —  c)  v,  r. 
se  branda,  ^écarter  VI,  228. 

brande  «.  m.  {s,  v.  de  branda) 
branle  y  ronde  qu'on  exécute  en 
branlant'  les  bras  en  cadence 
VII,  220. 

brandnssa  v.  a.  et  n.  (de  branda  + 
atïare)  a)  v.  a.  brandir,  agiter 
VII,  560  ;  b)  V.  n.  chanceler  XI, 
264. 

branqueto  s,  /.  {dim.  de  branco) 
branchette  I,  29.  VII,  552. 

bras  s,  m.  (brftchïum)  bras  I,  373. 
II,  196  etc. 

brasas  s.  m.  {de  braso)  brasier 
VII,  549. 

braso  s.  f.  {cferm  brasa)  braise 
Vn.  446.  Vm,  258.  XI,  41. 

brassado  s.  f.  (*bracbïatam)  em- 
brassade, brassée  II,  324.  IV, 
334.  XII,  440. 

brasseja  v.  n.  (♦brfichïdïare)  gesti- 
culer I,  524. 


brasseto  s.  f.  {de  bras)  à  la  b.. 
loc,  adv.,  à-bras-le-corps,  dans 
ses  bras  IH,  465.  VI,  48.  XI. 
482. 

brassòu  s.  m.  {de  bras)  brassée  de 
foin  IX,  60. 

bran  s.  m.  {b.-lat.  braviis,  bos 
junior  et  indomitus  [Du  CJ) 
taureau,  mâle  de  la  génisse  IV, 
396.  X,  60. 

bravado  s.f.  (^.p. cie brava  braver, 
de  brave,  v.  c.  m.)  bravade,  céré- 
monie qui  se  fait  autour  d^un 
feu  de  joie  VII,  562.  Voy.  note. 

brave,  o  a.  {de  *bárbárum?  cp. 
Dz  64  ;  Scheler  s.  brave  ;  Kôrt. 
1048)  brave,  honnHe  VII,  68; 
charmant  I,  348;  commode  I, 
133. 

brave[t,  o  a.  {dim.  de  brave)  hon- 
nête, gentil,  accorte  I,  158.  II, 
65.  III,  1. 

bravo  s.  f.  {b.-lat.  bravam;  cp. 
brau)  vache,  génisse  IV,  323. 

bregado  s.  f.  {du  goth.  brikan 
briser,  lutter;  cp.  Kôrt.  1345) 
brigade,  phalange  IV,  57. 

bregantd  s.  m.  {du  goth.  brikan) 
brigand  V,  328.  540. 

breganèn  s.  m.  {de  bftrcánellnmV 
cp.  bregaigna)  dernier  bordage 
V,  553,  plat -bord  d^un  bateau, 
et  (pars  pro  toto)  bateau  VIII, 
329. 

brego  s.  f.  {s.  v.  de  brega  briser, 
du  goth.  brikan)  lèvre  V,  335. 

xn,  151. 

bregaigna  (=  barguigna)  v.  n. 
(bsrcâneare  cdler  et  venir  en 
barque  avec  les  marchandises; 
cp.  Scheler,  s.  barguigner)  re- 
muer^ bouger  V,  327. 


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QL08SAIKE. 


287 


brés  8,  m,  (s.  v.  de  bressa  r.  c.  m. 

berceau  VI,  45. 
bressa   r.   a.    (*brâcbîare    agiter 

les  bras?  Cp,  Kôrt,  1311)  bercer 

V,  197.  XI,  482. 
bressaire  s,  m,  {de  bressa)  berceur 

VU,  29. 
brèsso  8.  /.  (de  bressa,  v,  c.  m. 

berceau  X,  368. 
bressolo    s.  /.    {dim.   de   bresso) 

berceau,  couchette  III,  20.  VIII, 

36.  XU,  432. 
bre[t  a,  et  s.  m.  {de  bret  breton) 

bègue  VII,  457. 
bretonneja  r.  n.  {de  Bretoan,  lat. 

Britonem)  balbutier  II,  388. 
brigouleto  8.  /.  (r.  brigueto)  uno 

b.  un  peu  VIU,  237. 
brigoalonn  s,  m.  (r.  brigueto)  ;  un 

b.  un  peu  II,  154. 
brigoun  s.  m.  (id.)  III,  12. 
brigueto  s.f.  {dim.  de  bWgo  miette, 

dugerm.hnk&Tï  briser:  cp.Kôrt. 

1345)  petite  miette-,  uno  b.  tant 

soit  peu  1,  177. 
brlha  r.  n.  (♦bërylliare)  briller  I, 

489.  III,  89.  X,  65. 
briso  s.f.  {s.  V,)  (de  brisa  briser  ;  d'un 

rad.  celt,  bris-)  miette  VII,  242. 
brisonn  s.  m.  {de  brise)  un  b.  un 

peu  VL  136.  IX,  328.  XII,  214. 
bro  s,  m.  {du  rad.  celt.  brocc  aigu) 

broc  VI,  360. 
broco  *.  /.  {id.)  bâton  VI,  208. 
broufa  t\  n.  {du  rad.  germ.  bru, 

qui  implique  Vidée  de  bouillon 

et   d'écume)  s'ébrouer^   souffler 

XI,  412. 
broufounié  s,f.  {de  brouia)  tour- 
mente,  rafale    Xi,    135;    voix 

grave  I,  214. 
broulice  s,  m.  (s,  v.  de  bourroula 

[t\  c.  m.]  +  -ïcïum)  trouble  V,  135. 


broundo  *./.  (*frondam)  brandie, 

rameau  III,  401. 
broundiho  s.f  (♦frond-ilïa)  ^onrf«, 

broutille,  ramille  XI,  366. 
brounze  s.  m.   {de  Vital,  bronzo 

s.  m.  qui  vient  du  lot.  Brundu- 

sium)  bronze  VI,  159. 
brounzimen  s,  m,  {du  v.  brounzi, 

onom.)  rugissement  IV,  355.  XI, 

129. 
brou[t  s.  m.  {du  germ.  brut)  brout, 

rameau,  brin  I,   451.  II,   114. 

III,  45  etc. 
brouto    s,  f.    {id.)    brindille    II. 

180. 
broutiero  s.  f.  {de  brout)  taillis 

d^osier,  oserais  I,  371. 
brueio  s.f  {vpr,  bruelha,  du  celt. 

brog,  brogi;   cp.    Kôrt,   1356) 

végétation  XI,  432. 
brûla  t7.  a.  et  ».  f*brustQlare)  brûler 

II,  168.  m,  83.  IX,  217;  brûla 

de  la  toco  brûler  le  but  y   tou- 
cher presque  le  but  I,  479. 
bruladou    s.  m.  {de   brûla)    lieu 

brûlant  YUL  235. 
brun,  0  a.  {du  gertn.  brun)  brun,  e 

II,  73.  186.  HT,  187  etc. 
bmnèn,  ello  a.  {de  brun)  brun^  e 

VIII,  74.  309. 
bruno    s.  f  (/rf.)   brune,  soir    I, 

183.    . 
brusc  s.  m.  {or.  inc.)  bruyère  VI, 

17. 
brus[c  s.  m.  (*bru8cum,   du  celt. 

♦vrisc,   sous   Vinfluence  du  lat. 

ruscum  ;  cp,  Kôrt.  3823,  et  Dz. 

373)  ruche  {en  écorce  de  chêne- 
liège)  I,    88.  II,  321.    IX,  3. 

etc, 
brusco  s.  f  (♦bruscam)  ruche  III 

235.  IX,  188. 


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288 


GLOSSAIRE. 


brusi  V.  n.  (b.  euphonique  -1-  rû- 
glre)  bruire  IH,  390.  IV,  232. 

brnsi,  do  a.  (or.  me.)  aride  IX. 
162. 

bruit  8.  m.  (b  euphonique  -1- 
ragïtnm)  bruit  II,  318.  VIII, 
416.  IX,  189  etc, 

bni[t,  0  a.  (brQtnm)  brut^  e  V,  272. 

brutice  (=  bru  tige)  s.  w.  (de  brut 
brut  +  Igïum)  état  brut,  souil- 
lure, immondice  VII,  467.  XI, 
302. 

bufa  (=  boufa)».  a.  (onotn.)  souffler 
I,  187. 

bugadiero  s,f,  (dugeìtn.  btlkon  les- 
siver) lavandièreYL^h  V,note. 


bagado  s.  f.  (»tf.,  ep.  Vit.  bucato) 

lessive  VI,  358. 
buglo  s.  f.  (bagûlam  [  Très.])  hugU 

XII:  198. 
bnscaia  i?.a.(*btl8c-Slîare,cp.  bnsco  ! 

ramasser  des  broussailUs  IIL 

276. 
busco  Í.  /.  C^btxscam)  bûchetteYl. 

533. 
bas[t  s.  m.  (btlstnm)    buste  YL 

567. 
buta  V.  a.  (=  bouta,  c.  c  w.» 

2?oi«5cr  V,    245.    IX,   99.  mi 

etc. 
buto  s.  f.  {s.  r.  de  buta)  pOMWfV 

V,  271. 


o 


cabaneto  s.  /.  {dim.  de  cabanuo, 

lat.  c&bannam)   cabane  II,  62. 

VIII,  271. 
cabanonn  s.  m.  {id.)  cahane  VII,  8. 
cabas  s.  m.  (capAcem)  cabas,  panier 

natté  à  deux  anses  I,  98. 
cabassòu  v,  m.  [de  cabas)  tête  [ex- 
pression famil.)  IV,  371,  VIII, 

150. 
cabeladuro    s.    /.   (*cápïllâtaram 

chevelure  XI,  461. 
cabesseja  v.  n.  [de  cabesso)  hocher 

la  tête  VI,  534. 
cabessejaire,  o   a.  [de  cabesseja) 

à  la  tête  menaçante  IV,  61. 
cabesso  s./,  (♦càpïtïam,  de  c&put) 

tête  V,  9.  XII,  6  etc. 
cabrairo  s.f.  (*cáprftrïa)  les  chèvres 

[sens  collectif.)  IV,  99. 
cabreto  *. /.  [de  cabro  +  -ittam) 

chevrette  IV,  63.  V,  90. 
cabretoun  s.  m.  [de  cabreto)  petit 

chevreau  VI,  63. 


cabridello  s.f.  (*càprïtellam)  asUr 
de  Tripoli  j  cabridelle,  plante 
commune  dans  les  marécages  du 
Midi  (aster  tripoliam.  Li.)  I. 
323.  IV,  201. 

cabrié  s.  m.  (caprarium)  ckecrier 
IV,  65. 

cabrian  s.  m.  [de  c&pram) /r<iw» 
n,  276. 

cabro  s.  /.  (cápram)  éhhre  IIL 
176.  Vin,  383  [v.  note)  etc;Cabro 
d'or  la  Chèvre  d'or  H,  420.  Voy. 
la  note. 

cabròu  s.  m.  (câprëSlum)  checreuil 
IV,  168. 

cabruno  s.  f.  [de  cabro)  chkrt 
IX,  37.  XII,  11. 

(se)  cabussa  v,  a,,  n.  et  r.  (*cà- 
pûtîare,  de  c&put)  r.  o.  ren- 
verser VIII,  178  ;  V.  n.  plonger, 
se  renverser,  se  prédpiUr  I. 
249.  IX,  49.  XI,  265:  v.  r.  se 
plonger  XII,  276. 


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GLOSSA.IBE. 


289 


cacalaaseto  s.f.  {de  cacalaaso  v.c. 
m,)  limaçon  VIII,  279. 

cacalauBÌé  s,  m.  (de  cacalaus  + 
-ftrïum)  ramasseur  de  limaçons 
Yin,  165.  270.    V,  note. 

cacalaaso  s.  /.  (=  cacalaus  s.  m.) 
—  (de  côchlëam,  de  xo^Xiaç)  es- 
cargot, limaçon  VI,  205.  VIU, 
422.  270.    V.  note. 

cacalansoun  s,  m.  (de  cacalaus) 
limaçon  Vin,  266. 

cacha[t  s.  m.  (de  cacha,  *côactï- 
care)  fromage  pétri  Vil,  248. 
V.  note. 

cachimbaii  s.  m.  (de  Vesp.  cachimba, 
d'or,  indienne?)  pipe,    calumet 

V,  196.  XII,  171. 

cacho-fíò  s.  m.  (de  cacha,  càptîare 
+  fiò)  bûche  de  Noël]  bouta  c.-f. 
mettre  la  bûche  au  feu  Vil.  610. 

à  cachoun  loc.  adv,  (de  cacha) 
furtivement  VI,  465. 

cadabre  s.  m.  (càdfiver)   cadavre 

VI,  621.  XI,  376.  Xn,  416. 
cadarau  s,  m.  (*cadsvër-ale)  voi- 
rie,  lieu  où  Von  jette  les  bêtes 
mortes  V,  483. 

cadaulo   s.  f.  (c&tâbòlam)   loquet 

II,  53. 
cade  *.  m.  (6.  lat.  cades,  du  gr. 

xiSçiç  ?)  grand  genévrier  III,  178. 

IV,  171. 
cadeniero  s,f.  (de  cade)  taillis  de 

cade  IX,  359. 
cadeno  s.f.  (catênam)  chaîne  VI, 

152. 
cadiereto  s,  f,  (dim,  de  cadiero) 

chaise  III,  185. 
cadiero  s,  f.  (cathSdram)  chaise, 

siège  VI,  352. 
cadis  s.  m.  (de  Càdis,  lat.  Gftdës) 

cadis,  étoffe  de  laine  grossière 

VII,  497. 


cadun,  o  pr.  ind,  (xarà  unum) 
chacun,  e  III,  296  etc. 

caforno  (=  cafoumo)  *.  /.  (d'or, 
inc.;  selon  Nigra,  dans  VArch, 
gl.  it.  XIV,  p.  266  ss.,  et  Darme- 
steteì',  Mots  Composés,  p.  112: 
composé  de  cal  [a]  +  bomo,  v. 
c,  m.)  cavité,  caverne  II,  228. 
XI,  384. 

cagDO  s.  f.  (*câ.nYam ,  de  canis, 
chienne)  nonchaloir,  paresse, 
fainéantise  II,  40. 

cago-nis  s,  m.  (de  câc&re  et  uldum) 
le  dernier  né  d'une  nichée  II, 
252. 

cai  s.  m.  (s,  V.  de  caia,  lat.  cò&gti- 
lare)  matière  coagulée;  lou  gran 
es  plen  de  cai  le  grain  est 
caillé  VII,  206. 

caiau  s.  m.  (de  càlclilum,  dim,  de 
calx)  caillou  ni,  329. 

caie[t,  0  a.  (de  caio  caille,  b,-lat, 
quaquilam,  qualiam,  néerl,  kwa- 
kel)  tacheté  de  blanc  comme  le 
plumage  de  la  caille  Y,  76. 

Caïn  n.  d'h,  Cain  VI,  608. 

caire  s.  m,  (quàdrum)  pierre  an- 
gulaire; coin,  côté  L  156;  de 
caire  de  côté  II,  296.  IV,  60. 
IX,  47  ;  de  tout  caire  de  toutes 
parts  II,  462.  Vni,  299.  XI, 
356;  de  moun  caire  de  mon 
côté  X,  198  etc. 

caisso  s.  f  (capsam)  châsse  I,  367. 
377.  XII,  53.  69. 

cala  17.  n.  et  a.  (câlare)  v.  n.  des- 
cendre; cesser  I,  238.  X,  236; 
mollir  V,  216;  s'éteindre  VIII, 
419.  XII,  17;  —  V.  a.  faire 
descendre;  cala  de  las  tendre 
des  filets  1,  291.  IH,  418.  Xn,  3. 

calabrun  i=  carabrun)  s.  m.  (com- 
posé de  la  particule  cal[a]  + 
19 


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290 


GLOSSAIRE. 


brun  soit'j  nuit;  v.  Darmesteter, 
Mots  Composée,  p.  111  w.,  et 
Nigra^  dans  VArch,  gl.  it.  lé, 
p,  269  88.)  crépuscule,  clair' 
obscur  VI,  164. 

calaman  s,m,  (  Très.:  du  gr.  xàivftjua) 
madrier  XI,  126. 

calamo  (^-  calaamo)  «./.  {de  caoma, 
dugr.xavfjLct)  silence,  calme,  cesse 
I,  530.  II,  159.  VIL  25.  X,  347 
etc. 

calan[c  s.  m.  {du  v.  calare,  cp. 
cala  et  calanco)  escarpement, 
sommetf  morne,  lieu  abrité,  abri 
VII,  10.  VIII,  168,  IX,  492. 

calanco  s.  /.  {id.)  anse  du  rivage, 
baie;  à  la  c.  à  l'abri  des  rocfiers 

I,  281.  XII,  4. 

calandre  s.  m.  {Très.:  du  gr.  xaXòy 

uySça)  bon  compagnon,  bon  drille 

VI,  349. 
calandro  s.  f,  (♦càlandram,  cor- 

rpmpu  du  gr.  xaçnSçioç  ;  cp.  Kdrt. 

1487)  alouette  VIU,  165. 
calanmo    s.  f.   (v.calamo)   calme, 

silence  XI,  464.  V,  426.   VIII, 

137  etc. 
calendau,   alo  a.  (càlëndfilem)  de 

Noël  VII,  599.  —  s.  m.  le  pain 

de  Noël  VII,  588. 
Calèndo  s.f.  (Caléndas)  Noël  VII, 

575.  393.    V.  note. 
calèu  s.  m.  (calicùlum,  de  cálïcem) 

lampe  V,  416. 
calice  if.   m.  (càlicem)   calice  VI, 

433.  XI.  469. 
calido  s.f.  (calidam)  bt-ome  stérile, 

plante  VI,  188. 
caligna   v.   a.   et   n.    {orig.    inc.) 

aimer  III,  229. 
calignage  s.  m.  {de  caligna)  action 

de  faire   C amour,   de  courtiser 

II,  132. 


calignaire  s.  m.  {de  caligna)  amant 

III,  226. 

calo  s.  f.  {s.  V.  de  cala  descendre, 
V.  c.  m.)  cale  (d'un  navire)  V, 
411  ;  abri;  faire  cale  abriter  VII. 
19,  Vin,  438. 

calonr  s.  f.  (càlorem)  chaleur  I, 
344.  X,  78.  133. 

calu  (=  caln[c),  caluco  a.  (cadtlcnm. 
cp.  Kôrt.  1458)  aveugle  V,  238. 

Camargo  s.  f.  (CàmSrïcam)  Ckt- 
margue,  île  formée  p.  les  bouches 
du  Bhône  IV,  231.  X,  17.  19 
etc.    Voy.  IV,  212  note. 

camargaen,  co  a.  et  s.  {de  Ca- 
margo) camarguais,  de  Camargue 

IV,  212.  V,  305  etc. 
cambado  s.  f.  {s.  p.  de  camba,  du 

s.  cambo)  enjambée  IX,  356. 
cambarado  s.  m.  etf.  (*c&m&r&tam 

ou  camëratam  de  cámáram,  câ- 

mëram)  camarade  1,  276. 
cambareleto  s.  f.  (formé  de  cambo) 

culbute  II,  272. 
cambaru,   do  a.  {de  cambo)  aux 

longues  jambes  X,  70. 
Camban  n.  d'h.  Cambal;  Ion  Chin 

de  C.  le  Chien  de  C,  espèce  de 

loup-garou  VI,  483.    V.  note. 
cambe[t  s.  m.  (de  cambo)  chevalier, 

oiseau  de  Vordre  des  échassier;* 

X,  71.    y.  noie. 
cambeto  s.  f.  {id.)  age^  pièce  de 

la   charrue  qui  porfe  la  flèche 

IX,  341. 
càmbis  s.  m.   {de  câmnm  licou) 

collier  de  bois  qu'on  met  au  cou 

des  bêtes  pour  y  suspendre  une 

sonnaille  IV,  158. 
cambo  s.f  (^cambam  p.  gambam 

de  la  roc.  celt.  camb,   courbé) 

jambe  I,  351.  422.  If,  205  etc.. 


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QLOBBAIRE. 


291 


faire  de  c.  lasso  faire  des  dé- 
marches vaines  VIL  373. 

camello  s.  f.  {h, -lai.  câmi^lam  /v. 
•2^  C]  ^femelle  du  chameau)  mon' 
ceau  X,  134;  houle  XI,  155. 

camelonn  s.  m.  (de  camello)  sommet 
cPune  meuUj  comble  I,  79. 

camin  s.  m.  (c&mlnum)  chemin  I, 
337.  II,  430  X,  46.  359  etc.; 
pèr  camin  par  le  chemin  III, 
182. 

camina  v.  n,  (c&minare)  cheminer 

IV,  74.  139.  X,  45  etc. 
•camisolo  s.  /.  {de  Vit,  camiciuola, 

de  c&mïsîam)  camisole  VII,  605. 
camiso  s.  /.   (c&mîsTam)  chemise 

V,  40,  VI,  34. 

<;aii][p  s,  m.  (c&mpum)  camp  IX, 
135. 

campagno  s.  f.  (*càmpànlam)  cam- 
pagne IV,  139.  VIII,  232.  X, 
339. 

campaneto  s,  /.  (de  campano  4 
-ittam)  clochette  II,  300;  cam- 
panule X,  97.    F.  note. 

campano  s.  f.  (cámpftnam)  cloche 

VI,  18.  VIII,  359.  X,  338  etc. 
campas  s  m,  (de  camp  +  -ftcëum) 

lande,  fHche  III,  412.  VIII,  139. 

X,  222  etc. 

campeja  v.  a.  (de  camp)  pour- 
suivre  à  travers  champs  X,  27. 

XI,  71. 

campèstre,  o  a.  (càmpestrem) 
champêtre  IX,  79. 

campèstre  s.  m.  (id.)  terrain  in- 
culte, lande  I,  139.  II,  467.  V, 
93  etc.;  plage  X,  59. 

candeleto«./.(rf€candèlo  -h  -ittam) 
petit  cierge  VIII,  61.  XII,  288. 

•candèlo  s./,  (càndslam)  chandelle 

VII,  183. 


Candeloaso  *.  /.  (*cftndsl-08am)  la 

Chandeleur  XII,  fin. 
candide,  o  a.  (cftndîdom)  candide 

VI,  76. 

se  canela  r.  r.  (c&nnellare)  blanchir, 
être  atteint  par  la  muscardine, 
maladie  des  vers  à  soie  III,  63. 
Vog.  note. 

canestello  s.  /.  C^c&nistellam,  de 
canistmm,  gr.  xávanritov',  b.-lat. 
canestellam)  corbeille  I,  42.  97. 
151  etc. 

canestèu  s.  m.  (♦cânistellum)  cor- 
beille m,  185.  XII,  334. 

canèn  s.  m.  (*cànnëllnm)  roseau 

VII,  35.  Vm,  392.  420,  X,  140 
etc. 

canfourato  s.f.  (s.  v.  de  canfoura, 

canfra   camphrer^    de    l'arabe 

al-kâf ùr  camphré)  camphrée,  f.  ; 

plante  VIII,  152. 
canié  s.  m.  C^cann-ftrïnm,  de  cân- 

nam)  cannaie  V,  36.  IX,  143. 
canino  s.  f.   (câninam)  pain  de 

chien  VII,  492. 
canisso  s.  f.  (cannTtlam)  claie  de 

cannes  III,  30. 
cano  s.f.  (cánnam)  canne,- roseau 

I,  134.  IV,  441. 
cano  s.f.  (prob.  le  même  mot  que 

cano  canne)  mesure  de  longueur, 

suivant  Du  C.  =  une  aune  et 

demie.    Très.:  deux  mètres  Y, 

329.    V.  note. 
la  Cano   s.  f.  (canem,  cp.  le  vpr. 

canha)  la  Chienne  VII,  426. 
canoun  s.  m.  (♦cannonem,  de  cán- 

nam)   tuyau  VI,  464;  canon  I, 

218.  224  etc. 
cansonn  s.f.  (càntïDnem)  chanson 

I,  254.  297.  III,  390  etc. 
cansonneja    v.   n.    (de    cansoun) 

chanter  I,  70. 

19* 


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292 


GLOSSAIRE. 


cansoiinejaire  s,  m.  {de  cansonneja) 
chansonnier  VI,  69. 

cansouneto  8./.  {de  cansoan)  chan" 
sonnette  II,  111. 

canLt  s.  m.  (c&ntnm)  chant  I,  265. 
302.  400  etc. 

canta  v.  a.  et  n.  (c&ntare)  chanter 
I,  1.  14.  184.  198  etc.  —  *.  m. 
le  chant  V,  52. 

canto-brnno  s.f.  (=  canto  bmno 
chante  brtme;  loc.  qui  fait  al- 
lusion à  la  couleur  des  futailles 
sur  la  bouche  desquelles  on  ap- 
plique un  chalumeau  pour  en 
tirer  le  vin  [Très.])  chalumeau 
XII,  12. 

cantadisso  </.(*cantatitia)  chanson 
I,  315. 

cantaire  s.  m.  et  a.  (c&nt&torem) 
chanteur  I,  194.  Vlil,  166. 

cantarèa,  ello  a.  {de  cânt&re  -f 
-ëllum)  qui  aime  les  chants  II,  2. 

cantarido  s.f.  (canth&rïdem)  can- 
tharide  I,  343. 

cantico  s.  m,  (cfinticum)  cantique 
XII,  18.  189.  446. 

canto-perdris  s,  m.  {de  c&ntSre  -f 
përdicem)  lieu  où  chante  la  per- 
drix, lande,  terrain  inculte  I, 
161. 

cantoun  s.  m.  {du  celt.  '^cambîtos 
courbure^  cp.  Kôrt,  1530)  coin 
XI,  98. 

capeiroan  s.  m.  {de  cappam)  filet 
(en  forme  conique,  semblable  à 
un  chaperon)  VII,  38. 

capelan  s.  m.  ('^capëllsnnm]  cha- 
pelain, prêtre  III,  324.  471.  XH, 
290.    F.  7iote  IV,  484. 

capele[t  s.  m.  (♦càpëll[am]  +  -it- 
tum)  chapelet  VI,  288. 

capeleto  s.f.  (♦capëll[am]  f  -ittam) 
petite  chapelle  XII,  65.  85. 


capello  s,  f.  (*cápSllain,  v.  Du  C. 

et  Scheler,  s.  cape)  chapelle  III, 

318.  X,  47.  184.  278  etc. 
capeloun   s,  m.   {dim.  de  capèa) 

petit  chapeau  VIII,  89. 
capeln,  do  a.  (capell[iiin]  +  -utum) 

huppé  Vm,  165. 
capelu[t  s.  m.  {id.)  aigrette  X,  73. 
capèn  s.  m.  ('*'cSppëllnm,  dim.  de 

càppam)  chapeau  IV,  251.  VIII, 

88.  X,  105. 
(se)  capita  v,  a.  et  r.  ("^capitare) 

se  trouver,   rencontrer  I,  100. 

Vni,  324. 
capitalo  s.f.  {de  capït&lem)  capitale 

m,  141. 
capitàni  s.  m.  ('^c&pîtsnëiim)  capi-- 

taine  IV,  57.  IX,  218. 
capitan  s.  m.  (c&pïtftlem)  capital 

IV,  p.  65. 
capo  s.  f.  (c&ppam)  manteau  III, 

136;  voûte  céleste  X,  64;  Trau 

de  la  Capo   Trou  de  la  Cape, 

nom  d'un  gouffre  dans  la  Crau 

Vni,  a37.  a34.    Voy.  note. 
capoulié  *.  m.   (*ciipôlarHiin ,  p. 

♦càpôrslïum,  de  '*'cftpiiin,  c&pat) 

chef  IX,  224. 
caponn   s.   m.    (cftponem)    capon, 

lâche  V,  186. 
caponn-Îèr  s.  m.  (cftponem  feram) 

sacre,  vautour  d'Egypte  (vultur 

percnopterns  )    oiseau    commun 

dans   les  Alpilles  H,  137.  VI, 

194. 
capounas  s.  m.  {de  capoun)  homme 

lâche  V,  413. 
caponno  *./.  {de  c&ponem)/ri|Mmne 

III,  288. 

car  s.  f  (càmem)  chair  I,  507. 

IV,  234.  IX,  247  eU. 

car  conj.  causative  (qnSrS)  car  I, 
14.  287.  466  etc. 


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GLOSSAIRE. 


293 


caranchoano  s.  f,  {de  cSrnm)  ca- 
resse V,  144. 

carbonn  s.  m.  (cárbonem)  charbon 
Vn,  642. 

carcan  s,  m.  {de  VU,  carcame,  sque- 
lette ?  de  arcamen  s.  m.  [cp.  Kôrt. 
706  et  1652])  fruit  véreux,  fruit 
tombé  (tvant  la  maturité  et  des- 
séché VI,  325. 

cardelino  s.  /.  C^cfirdûellnam,  de 
càrdûelem)  chardonneret  II,  96. 

carenan  s.  m.  (carin[am]  +  -ftlem) 
quille  XI,  189. 

careno  s.f  (carinam)  carène  XI, 
152. 

caressa  v.  a.  (car[nm]  4-  -itiare) 
caresser  I,  12.  II,  119.  IV,  214 
etc. 

carga  v.  a.  (*c&rrîcare,  de  c&mim 
char)  charger  IX,  58.  XII,  7; 
meUre  (des  habits)  I,  430. 

cargaire  s,  m.  {de  carga)  chargeur 
IX,  67. 

cargo  s.f  {s.  v.  de  carga)  charge 
Vni,  110. 

carita  *./.  (cfirttstem)  charité  Yl, 
214. 

Carmèl  s,  m.  (Carmëlum,  de  Vhé- 
breti)  le  mont  Cannel,  en  Pale- 
stine XI,  52. 

carnan,  aie  a.  (c&mSiem)  charnel, 
le  VI,  608. 

caro  *.  /.  (♦caram  face,  gr.  xáça 
tête?  cp.  Kôrt,  1643)  Hsage, 
mine  I,  121.  168.  506  etc. 

carougnado  s,  f  (*câronï&tam, 
cp,  Kôrt.  1681)  charogne  VI, 
453. 

carrairo  s.f  ('*'cárrSrram,  se.  viam, 
de  carrum)  route  IV,  68. 

carran  s.  m.  ("^càrrale,  de  carram) 
chemin  IV,  140. 

carreja  v.  a.  {de  cârmm)  charrier. 


amener,  porter  IV,  35.  VI,  183. 
Vm,  299  etc, 

carreladuro  s.f  (♦quàdreilatnram) 
carrelage,  b^'oderie  carrelée  VIII, 
67. 

carrelle  s.f.  (*càrrÔllam,  dim.  de 
carmm)  (petite  roue),  poulie  VI, 
324. 

carreteironn  s.  m.  {de  carretié) 
aide-charretier  IX,  71.  192. 

carretié  s.  m.  (*c&rr  -  itt  -  arïum) 
charretier  IX,  59. 192.  304.  403 
etc. 

carreto  s.  f  (*cfirr-ittam)  char- 
rette I,  395.  IX,  403.  421. 

càrri  (=  carre,  car)  s.  m.  {de  càr- 
rumj  chariot  III,  6.  IV,  227. 
IX,  65.  407;  Ion  grand  Càrri 
dis  Amo  le  grand  Char  des 
Ames,  constellation  VIII,  108. 
V.  note, 

carrière  s,f,  (♦cárrSrTam,  de  Car- 
rum) rue,  propr.  :  route  carros- 
sable III,  73.  XI,  8. 

cas  s.  m.  (c&snm)  cas;  en  tout  cas 
V,  164;  faire  cas  de  III,  402. 

cascagnòn  s.  m,  {de  casca,  lat. 
*qn&ssïcare  secouer,  briser)  galet 
sonore  II,  318. 

cascarelet,  o  a,  {de  cascarela,  du 
lat.  ♦quftsôïcare)  fantaisiste  IV, 
155. 

cascarelnn  s.  m,  {de  cascarela) 
claquettement  VIII,  203. 

cascavèn  s.  m.  {de  scfibëllnm  in- 
strument de  percussion^  avec  le 
préfixe  réduplicatif  et  onomato- 
péique  ca;  cp,  le  s,  cascai  cli- 
quetis; Kôrt.  7188)  grelot  I, 
449. 

caspitello  (=  càspi)  int.  de  sur- 
prise (d'or,  inc,)  dame!  tudieu! 
I,  64. 


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294 


GLOSSAIRE. 


cassa  t?.  a.  (*càptïare)  chasser  I, 
343.  m,  416.  XI,  31  etc. 

cassaire  a,  m.  {de  cassa)  chasseur 
ni,  414.  X,  155  etc. 

cassarello  s.  /.  {de  cassa)  chasse- 
resse Xi,  414. 

casso  s,  /.  {s.  V,  de  cassa)  chasse 

IV,  481. 

caslt  (=  castre)  s,  m.  (cistrum) 
enclos^  bercail  VIII,  136. 

caste,  0  a.  (c&stiiin)  chaste  XI,  416. 

castelas  s.  m.  (cfó  castell(am)  + 
-Scëum)  château  antique^  manoir 
I,  328.  III,  143.  IV,  17. 

casteta  s,  f.  (cástTtatem)  chasteté 
XI,  350. 

castèu  s,  m.  (castëllum)  château 
III,  161. 

Castihoun  ».  d'h.  {b.-lat.  Càstël- 
ln$nem)  Castillon;  lou  baronn 
Castihomi  le  baron  Castillon, 
être  fantastique  VI,  490.  Voy, 
note, 

cat  s.  m.   (cattum)  cAai  VI,  525 

V,  note. 

catamianlo  s,  f.  {—  cato  mianlo 
le  chat  (qui)  miaule;  v.  c,  m.) 
chattemUe  VI,  368. 

catàrri  s.  m.  (câtarrham,  gr.  ma- 
Tfi^fovç)  convulsion^  épilepsieYlI, 
342.  IX,  344. 

cat-fèr  s.  m.  (cftttum  fërum)  chat- 
sauvage  V,  94. 

catouli,  co  a.  et  s.  (càthôliciim, 
du  gr.  xa&ohx6ç  universel)  ca- 
tholique  XII,  294. 

caturo  s.  /.  (càpturam)  proie  V, 
370. 

cauca  V.  a.  (cálcare)  fouler,  dé- 
piquer IV,  259.  V,  219.  VIII, 
346.  377  etc. 

caucadoniro  s.  f.  (*càlcStîirïain  p. 
-ium)  fouloire  III,  11. 


caucaire  s.  m,  (c&lcfttor)  fouleur 

VIII,  365. 
canciga  v.  a.  (*c&lc-icare  p,  c&l- 

care)  fouler  VI,  201. 
cauco  s.  f  (s.  V.  de  cauca)  foulage 

Vni,  361. 
cand,  0  a.  (c&lîdnm)  chaud,  e  II, 

243.  III,  137.  VIII,  131  etc. 
cau[d  s.  f.  (id.)  le  chaud  I,  337. 

IV,  36.   VIII,  90.  X,  75.  173 

etc. 
caadolo  {—  candolo)  s.  f  {du  gr. 

KixvSvlos  mets  lydien)  pain  azyme, 

sans  levain  XI,  27. 
caafa  v.  a.  (*càlëfsre  p.  c&lëf&cëre) 

chauffer  II,  140. 
caumo   s.  f   (cauma ,   gr,  xavua) 

grande  chaleur  V,  408.   X,  92. 
caano  «.  /.   {du  gr,  ^ai/roç?)  ca- 
verne VI,  287.  IX,  19. 
caupre  v.  n,  —  Gr.  §  107.  p.  151 

—  (càpere)  tenir,  être  contenu 

II,  362. 
caaso  s.f  (cansam)  chose  I,  Ò22, 
•    II,  163.  III,  152  etc. 
caussano   s.f.  {b.-lat.  capsanam. 

Du  C.)  licou  V,  423. 
caassido  s.f.  {de  chalcêtum  plante 

inconnue  (Georges)?  cp.  chalceos 

plante    épineuse)    chardon    IX, 

349. 
cauto-cauto  loc.  adv.  {de  Va.  cau- 

tum)  avec  prudence,  furtivemeîU 

II,  209.  V,  56. 
cava   V.  a.  et  r.   (càvare)   cavery 

creuser  VII,  72.  XII,  431;  v.  r. 

se  creuser  VIII,  376. 
cavalié  s.  m.  (♦càball-Srïum)  che- 

valier  IV,  348. 
cavalin  s.  m.  ('*'c&bsll-lnnm)  race 

de  chevaux  VIII,  295. 
cavalo  s.f.  (càballam)  cavale  IV, 

365. 


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GL08SAIBE. 


295 


cayalot  s.  m.  (*cábSll-ottiim)  petit 
cheval  IV,  402.  X,  61. 

cavaloto  s,  f.  ('*'c&b&lI-ottam)  ca- 
vale, haçtuenée  lY,  212. 

cavalnn  s,m,(=  cavalin,  i^.  c.  m.) 
Vm,  360. 

cayauca  v.  n.  (cfibsUîcare)  chevau- 
cher Vra,  350. 

cebo  8./,  ic5pam)  oignon  VII,  251. 

Cedronn  s.  m.  le  Cédron,  torrent 
de  Palestine  XI,  10. 

célèbre,  o  a.  (cëlPbrem)  célèbre  I, 
419. 

céleste,  o  a.  (cselëstem)  céleste  VI, 
172.  XI,  629.  Xn,  249. 

celestiaii,  alo  a.  (*cœle8t-i-Slem) 
céleste  V,  539.  EX,  173. 

celestin,  o  a.  (*ciBle8t-iiiiim)  céleste 
XI,  106. 

cementèri  s.  m.  (cœmetSriQm,  du 
gr,  KotfAtTr,çiov  lieu  de  repos)  ci- 
metière Iir,  312.  X,  411. 

cencha  v.a.  (*cinctiare,  de  cinctnm) 
ceindre  VI,  226.  VIII,  82.  X,  291. 

cenglo  s./.  ('*'ciiigîilam  p,  cingnlnm) 
ceinturon  IX,  74. 

cènlt  n.  de  n.  (centnm)  cent  I,  91. 
206.  XI,  228  etc. 

centanro  s.f.  (cëntaar[ë]am)  cen- 
taurée (plante)  IV,  356. 

centeno  s,f.  (cënt-ënam)  centaine 
I,  212. 

centre  s.  m.  (cëntram)  centre  VI, 
539. 

centnro  «./.  (cinctnram)  ceinture 
IV,  118.  VIII,  69.  IX,  61  etc, 

cepa  V.  a.  {de  cepo)  couper  (un 
arbre)  VIÍ,  596. 

cepo  s,f.  {de  cippum)  tronc  d'arbre; 
sanse  de  cepo  saules  taillis  II, 
366. 

cepoan  s,  m.  (de  cepo  +  -Onem) 
tronc  XII,  399. 


cerca  v,  a.  (cïrcare)  chercher  II, 
349.  Vni,  115.  264  etc, 

cerco  s.f,  (s.  v.  de  cerca)  recherche; 
èstre  en  cerco  chercher  V,  488. 

ceremouniè  s.f.  (cërëmonïam)  cé- 
rémonie VI,  434. 

certo  adv.  d'affirmation  (cërta[8]) 
certes  I,  122.  255.  IX,  11  etc. 

cervello  s.  f  (*c6r[e]bëllara  p.  ce- 
rebellnm,  dim.  de  cërëbrnm) 
cerveaUy  cervelle  II,  356. 

cervèu  s.  m.  (cërëbëllnm)  cerveau 
X,  229. 

cèrvi  *.  m.  (de  cervnm)  cerfl,  482. 

cèu  s.  m.  (cœlum)  ciel  I,  31.  II, 
426.  IV,  210  etc. 

cèn-BÎn  s.  m.  CTrés.:  terme  de 
marine^  p.  cèu  seren,  r.  c.  m.) 
ciel  serein,  sans  nuages  X,  80. 

Ceveno  s.  f  pi.  (Cevennas)  Cé- 
vennes  VI,  473. 

à  cha  prép.  qui  s'emploie  dans 
un  sens  distributif  (du  gr. 
xarà)  à  cba  milo  à  (par)  mil' 
liers  III,  1 9;  à  cba  cent,  centeno 
par  centaines  IV,  103.  IX,  133  ;  à 
cha  pan  peu  à  peu  V III,  404  ;  cimo 
à  cha  cimo  cime  à  cime  XI,  74. 

chabi  V.  a.  (de  c&mbîare  ;  cp.  Lu 
C.  :  cabimentnm,  de  cabire  ali- 
quid  assumere)  débiter,  se  dé- 
faire d'une  marchandise,  marier 
une  fille  IV,  301.  VIII,  31. 

chafaret  s.  m.  (Très.:  de  l'arabe 
safaret,  mois  oii  les  musulmans 
céUbrent  l'anniversaire  de  la 
mort  du  prophète)  murmure  VII, 
556;  bruissement  (de  la  mer) 
XII,  301  ;  tumulte  VIII,  406. 

chaîne  s.  m.  ('^qnascînnm  p.  qner- 
cinum)  cJiéne  III,  466.  XII,  78. 

(se)  chala  v.  a.  et  r.  (cp.  K'ôrt. 
3582)  (se)  délecter  IV,  104. 


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296 


GLOBSAiRE. 


chale  8.  m,  {s,  r.  du  v,  chala)  vo- 
lupté  I,  235.  III,  125. 

chamatan  s,  m.  {de  clSmare?)  va- 
canne,  ramage  (des  passereaitx) 

II.  458. 

chambreto  s.f.  (de  chambro)  cham- 

brette  YÌIl,  9. 
chambro  «./.  (càmëram)  chambre 

III,  77. 

chaminèio  s,/.  (c&mTnâtam)  che- 
minée VI,  464. 
chamons  s,  m.  (du  vha.  gamnz, 

ail.  mod,  gemse)  chamois  V,  65. 
cham[p  s.  m.  (campum)  champ  XI, 

392.  IX,  31.  400  etc. 
cfaampino   s.  /.  {de  champ)  lande 

VI,  88.  vm,  256.  X,  376. 
cbancello  s.f.  {s.  v.  de  chancela, 

lai.  cánc^llare)  Msitance  XI,  389. 
chanja  v.  a,  (cambiare)   changer 

X,  192. 
chapla  V.  a.  (càpùlare)  hacher  XI, 

283. 
chaplachòn  s,  m.  {onom.,  du  rad. 

klap)  bruit  de  cymbales  IX,  189. 

Voy.  note. 
chapladis  s,  m.  {de  chapla)  carnage 

I,  246. 

chaple  s.  m.  {s.  r.  de  chapla)  car- 
nage I,  259. 
charpa  v.  a.  (cri^pare  ?)  gronder  q, 

II,  346. 

charradisBo,  charrado  s.  f.  {de 
charra  causer,  d'or,  inc.)  cau- 
serie n,  p.  26.  VI,  12. 

chartrouso  s.  /.  {de  Carturissium, 
».  de  l.,  cp.  Du  C.  s.  Cartunenses) 
chartreuse  VI,  559. 

chascnn,  o  a.  pr.  ind.  (*cáscanum 
p.  quïBquP-ûnum)  chacun  1, 180. 
II,  179.  IX,  210. 

chasque.  chasco  a.  ind,  {de  chas- 
cnn) chaque  I,  63.  89.  145  etc. 


chasso  s.  f.  (cp,  Kôrt.  4544)  fi- 
celle d'un  fouet  IV,  232. 

chalt  s,  m,  (c&ttnm)  jeune  garçon, 
gars  III,  179. 

chato  s.  f.  (c&ttam)  jeune  fille  I, 

I.  94.  107.  n,  57  etc. 
chatouneto  s,f.  {dim,  de  chatonno) 

filleUe,  adolescente  I,  405.  IV, 
172  etc, 

chatonno  s.f.  {de  chato)  fillette  I, 
101.  109.  II,  28  etc. 

chanchaire  s.  m.  (câlc&tor)  fou- 
leur  {de  raisin)  III,  9. 

Chancho-vièio  s.  f.  (*càlcam  de 
câlcare  +  *vëc[îl]lam  p.  vëtù- 
lam)  le  Cauchemar  VI,  463;  r. 
note. 

chanmo  s.  f.  (=  canmo,  v.  c.  m.) 
repos  VIII,  138;  faire  chanmo 
faire  trêve  VI,  334. 

chanpina  v,  a,  {de  Vesp,  chapin  pan- 
toufle,  chapinazo  coup  de  pan- 
toufle^ qui  dérivent  probablem. 
de  la  racine  onom,  klap;  cp. 
Kort.  4543)  fouler  aux  pieds 
VI,  32.  VIII,  16.  X.  374. 

chanriha  v,  a.  {de  anriho,  v.  c.  m.) 
dresser  V oreille;  chauvir  des 
oreilles  V,  403.  IX,  334. 

chansi  v.  a,  {du  goth,  kansjan 
examiner)  choisir  III,  207.  IX, 
224.  X,  382  etc, 

chavano  s.  f.  {or.  inc.)  orage  V, 
158.  VIII,  373.  IX,  285.  XI,  168. 

cherescle,  o  a.  {de  chariscle  serin, 
onom,  du  gazouillement  des  oi- 
seaux^ cp,  lev,  ciarÎBca^gazouiller^ 
vpr,  Bisclar)  effilé,  grêle,  délicat 

II,  165. 

cherpo  s,  f.  {de  l'ail,  sch&rpe) 
éciiarpe  I,  426.  IV,  209. 

chima  (=  cima,  chnma)  v.  a,  {onom,) 
boire  IV,  35. 


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GU08SÁIBE. 


297 


chimarra,  do  p,  p.  et  a,  {de  Vit, 
zimarra  habit  long^  éPor,  obsc.^ 
cp,  Kdrt,  2776)  bariolé  IV,  249. 

chin  8.  m.  (cànem)  chien  I,  389. 
IX^  367;  ch.  de  pargne  mâtin, 
chien  de  berger  IV,  363. 

chinas  s.  m.  (de  chin  +  -ftcSum) 
grand  chien  IV,  106.  VIU,  134. 

chiyalié  s.  m.  (c&h&llârlam)  che- 
valier VI,  556. 

chivan  s.  m.  (c&h&llum)  cheval 
IV,  427.  Vni,  357.  407. 

li  Chivan-frns  s,  m.  {de  chivan  + 
frnst,  0  usé,  maigre,  de  VitaL 
fmsto,  Utt.  fmstnm)  les  Chevaux- 
fruXy  chevaux  de  carton  peint 
l,  472.    Voy.  note, 

chonrla  (=  chnrla,  chnla)  v,  a. 
{onam.)  humer,  boire  à  longs 
traita  n,  105.  ni,  25. 

chonrlo^.  m.  (<?e  chonrla)  échanson 
IX,  23.  31.  80  etc, 

chonnno  e  /.  {emprunté  à  Vit. 
dnrma,  du  gr,  xiÀêvofta)  oHg.: 
troupe  de  rameurs,  de  forçats, 
de  travailleurs,  puis  :  horde,  en 
gén,  VI,  396.  XI,  30. 

chu[t  inL  {onom.)  chut/  silence/ 
I,  186.  VI,  15. 

cibòri  s,  m.  (cïborïum)  ciboire  XI, 
425. 

cibre  s.nu{du  vha.  znbar,  all.zvhei 
par  l'intermédiaire  du  haut-it, 
et  rhétoroman  cever,  seber)  seille 
Vm,  133. 

Cièri  s.  m.  (cïrcnm)  le  Cirque 
cP Arles  XI,  228. 

ciéucle  *.  m.  (cïrcùlum)  cercle  VI, 
398. 

ciénne  s.  m.  (cycnum)  c^gne  V, 
319.  Xn,  130. 

ciénta  s.f,  (civîtfitem)  cité  VIII, 
309.  XI,  5.  232.  374. 


cigalo  s.  /.  {de  cîcsdam)  cigale 

III,  389.  vm,  200.  440. 
cigan  s.  m.  {de  cTc&dam)  cigale 

femelle  {que  le  peuple  crut  au 

contraire  être  mâle)  rasade,  bon 

coup  de  vin  IF,  105. 
ciho  s.  /.  (cïlïa)  cil  Vn.  209.  XI, 

436. 
cimbaleto  s.  /.  {de  cimbalo,   lot. 

cymbàlum)  petite  cymbale  VIII, 

202. 
cimèu  s.  m.  {de  cimo)  faîte  X,  34. 
cimo  s.  f.  (cŷmam)  cime  II,  36. 

IV,  37,  XI,  74.  524. 

cinobre  s,  m.  (cinnábárem,  du  gr. 

Kirrcc/Saçiç)  cinobre  XI,  380. 
cin[q  ».  de  «.  (qninqnô)  cinq  1, 206. 
cinqnen,  co  n.  de  n.  ordinal  {de  cinq 

+  -incum)  cinquième  V,  p.  85. 
cintro  8,f.  {dufr.  cintre = chaintre, 

contour,  de  *camïtem,  cp.  Hor- 

ning  dans  Gr,  Z,  21.  p,  453  et 

22  p,  482)  cintre  VIII,  428. 
la  Cióutalt  (=  la  Ciénta[t)  n.  de  l, 

(cïvïtótem)  la  Ciotat,   autrefois 

la  Cité  de  Ceyreste,  B.-du-Rh. 

III,  201.    Voy.  note, 
ciprès  s.  m.  (cûpressnm,  du  gr. 

vLvniÌQiaaoç)  cyprès  XII,  70. 
cira  V,  a.  (cçrare)  cirer  IV,  251. 
cire  s,  m.  (cerëum)  cierge  V,  469. 

XII,  383. 
Cireno  «.  de  l,  (Cyrënam)  Cyrène 

VI,  599. 
ciro  s.  f  (cëram)   cire  IV,  496. 
ci8ele[t  s  m,  {dim.  de  cisell[um]  -f- 

-ittnm)  ciseUt  VIII,  56. 
cisèu  s.  m.  (♦cisëilnm)  nni  cisèn 

{une  paire  de)  ciseaux  IV,  206. 
civadiero  s.f,  {de  civado  +  -arïam) 

champ  d^ avoine  blanc  IX,  110. 
civado  s,  f,  (cïbâtam,  de  cïbum) 

avoine  VII,  274. 


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298 


GL088A.IBB. 


clafi  (=  cafi)  1?.  a.  {Très,:  le  t.  cafi 
peut  dériver  du  mot  cafi,  ou  cafis 
\b,'lat.  caffiam,  cafìcinm  Du  C] 
mesure  de  capacité  usitée  à  Mar- 
seille, appelée  cahiz  en  Esp.  et 
cafiso  dans  les  Etats  Barbares- 
ques)  remplir  en  pressant,  com- 
bler 1,  69.  III,  49.  XII,  206. 

claparedo  s,  f.  (de  clapo)  plaine 
caillouteuse  I,  aS.  IX,  363. 

clapaB  s.  m.  {de  clapo)  bloc  de 
pierre,  gros  caillou  V,  444  ;  fig, 
clapas  de  j  ou  vent  bloc  de  garçon 
IX,  255. 

clapeirolo  s.  /.  {de  clapo)  tas  de 
pie^-re  H,  20.  VII,  215.  Xn,  433. 

clapo  s.  f.  {d'un  type  onom.  klap 
cp.  Kdrt.  4543)  piètre  VI,  596. 
Vin,  338. 

claponiro  s.  f,  {de  clapo)  pierrée 
IX,  410 

clar  (=  clfts,  glas)  *.  m.  (*classum 
p.  classïcum)  cri,  plainte,  glas 
VI,  427.  XII,  363. 

clar,  0  a.  (clfirum)  clair,  e  I.  538. 

IV,  307.  X,  312  etc.;  adv,  se- 
mena  clar  semer  clair  V,  516. 

clar  s.  m.  (clarum)  flaque,  petit 
lac  I,  347.  II,  78.  IV,  24.  Vni, 
430;  Grand-Clar,  v.  note  IV, 430; 
clar  de  luno  clair  de  lune  V,  57. 

claramen  adv.  (clftrfi  mente)  claire- 
ment 11,  367. 

clareja  v.  n.  {de  clar  +  -ïdïare) 
être  clair,'  rayonner  II,  102,  V, 
38.  X,  67  etc. 

clare[t,  o  a  (clar  -f  -ittnm)  clair,  e 

V,  569.  Vin,  41  etc. 

clareto  s.f.  {de  l'adj.  claret)  variété 
de  raisin  blanc,  vin  blanc  VII, 
615. 

se  clari  (*clarire  p,  clftrare)  se 
clarifier  XII,  349. 


clarinèu,  ello  a.   (♦clar-in-ëllum) 

clair,  e  II,  106.  III,  15.  IX,  169  etc. 
clarour  s.  f.  (clsrorem)  clarté  II, 

301.  XI,  277.  530. 
clarta  s.f.  (clfirïtfttem)  clarté  W y 

272.  IX,  380.  XII,  299. 
clarun   s.   m.   {de  clar)  éclaircie 

XI,  182. 
clastro  s.f.  (clanstra)  cMtreJJl, 

483. 
clan   s.  f  (clfivem)  clé  VI,  2a3. 

VIII,  53.  XII,  69. 

claure  v.  a.  —  Gr.  §  108  p.  159 
(claudere)  clore^  fermer  IV,  96. 
p.  p.  claus,  0  (clansnm)  caché, 
enfermé  VI,  275.  IX,  361. 

clanls  s.  m.  (claasum)  clos  m.  III, 
157. 

clava  t\  a.  (*clfivare,  de  clftvem) 
fermer  à  clef  VI,  416. 

clavela  v.  a.  (*clftvëllare)  clouer 

IX,  364.  XI,  80.  aS2;  lou  Cla- 
vela  le  Crucifié  XI,  362. 

clavèn  *.  m.  (♦clsvëllnm,  de  cla- 
vum)  clou  X,  226. 

cledo  s.f.  (*clëtam)  claie  VI,  440. 
VIIL  141.  IX,  361. 

Clemèn  n.  d'il,  (açmentem)  Clé- 
ment XI,  424.    V.  note. 

clemènço  s.  f.  (clêmentïam)  clé- 
mence VI,  632, 

Clemènço  n.  de  f  (ClSmentiam) 
Clémence  III,  127. 

Cleonn  n.  d'h.  (CléOnem)  Ciéon 
XI,  101.  87.    V.  note. 

cler[c  V.  m.  (clêrïcum)  clerc  VI,  432. 

clin,  0  a.  (*cllnnm)  baissé  II,  295. 

X,  174. 

(se)  clina  v.  a.  et  r.  ([injclinare) 
{s'incliner  I,  285.  323.  H,  178. 
IX,  266.  336  etc. 

clin  amen  s.  m.  (cllnftmen)  peti- 
chement,  inclinaison  III,  505. 


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GL088AIRB. 


299' 


clìncleto  (=  clìnqaeto)  s./,  {onom.) 
cliquette  IV,  166. 

clôt  (=  clos,  crot,  cloaet)  s.  m,  {La 
signification  orig.  étant  „creux**, 
ce  mot  pourrait  dériver  de  ciyp- 
tam;  cp,  le  vpr.  clôt  creux; 
clota,  cropta,  crota  grotte  ^  le 
cataL  clôt)  creux,  fossette  qu'on 
fait  dans  la  terre  pour  semer  ^ 
les  graines  en  touffes;  touffe 
II,  434.  m,  46.  463.  IX,  262. 

clônchiè  (=  clonqnié)  s,  m.  {p-ê. 
d'orig,  celt.j  de  cloc;  cp,  Kôrt. 
Ï554)  clocher  VI,  430.  X,  112. 

clasBÎ  V.  ».  (glDcire,  gr,  x?.tòì;ftv) 
glousser  VI,  224. 

clnsso  s.  f  {s,  V,  de  clnssi)  poule 
VI,  224. 

co  =  cop  (f?.  c.  m.)  XII,  96. 

co  s.  f  (candam)  queue  IV,  233. 
XI,  379. 

ço  pr.  déni,  neutre  (ëcce  hôc)  ce 
I,  132.  624  etc. 

code  s,  w.  (cotem)  caillou  V,  18. 
VIII,  217. 

cofo  s,  f.  {v,  coaifo)  coiffe  II,  293. 

co-lèvo  «./.  {de  co  +  leva,  v.  c,  m.) 
faire  co-lèvo  faire  basculeY,  569. 

colo  s.  f.  (côllein)  colline  I,  164. 
m,  169.  Vni,  216  etc. 

conlouno,  conlono  s. y.  (côlûmnam) 
colonne  VI,  641.  XI,  111. 

comte  s.  m.  {s.  v.  de  conmta  v.  cm,) 
compte  VII,  133. 

comte  s.m.  (cômïtem)  comte  IX,  140. 

contre  pr^.  (côntrft)  contre  1, 261. 
n,  327.  432  etc.  ;  à  côté  de,  près 
de  Vn,  254.  XI,  91.  —  adv.  tout 
près  VIII,  266;  —  de  contre 
prép.  à  côté  de  III,  80  ;  pèr  contre 
adv.  au  contraire  III,  226. 

contro-sonlèn  s.  m.  {v.  c.  m.)  par' 
hélie  VII,  297. 


oo[p  s.  m.  (còlpnm,  de  cQlfiphnm) 
coup  I,  628.  IX.  282.  XII,  388 
etc;  cop  d'iue  coup  d'cHl  XI, 
325  ;  tont-en-un-cop  tout-à-coup 
II,  303  etc.  ;  tout  d'an  cop  tout 
d'un  coup  II,  461.  Vin.  372  etc.  ; 
sns-lon-cop  sur  le  champ  V, 
227.  IX,  378.  XIL  143  etc.;  nn 
cop  une  fois  II,  166.  430  etc.; 
au  cop  à  la  fois  II,  171. 

cor  s.  m.  (côr)  cœur  II,  112.  343. 
in,  388  etc. 

cor  s.  m.  (chôrum)  choeur  III,  392.. 
Xn,  10.  231. 

Cordo  s.  f.  ».  de  l.  (Cfirdlibam) 
Cordoue  ;  lou  Tran  de  Cordo  le 
Trou  de  Corde  ^  nom  d'une  ca- 
verne située  à  Vest  d'Arles  VI, 
645.     Voy.  note. 

corLs  s.  m.  (côrpus)  corps  I,  121.. 
II,  343.  III,  313  etc. 

costo  s,  f  (cSstam)  côte  I,  221. 
IV,  73.  VIII,  371;  costo  d'uno- 
daio  dos  d'une  faux  IX,  75. 

cou  s.  m.  (côUum)  cou  IV,  210. 
i  couble  s.  m.  (copûlum)  couple  {de 
bètes)  I,  312  (de  bœufs)  V,  201. 
IX,  333. 

couble[t  s.  m.  {de  couble  +  -ittum) 
couplet  III,  238. 

coucero  (=  coucedro,  coulcedo  etc.) 
s.  f  (*cùlcîtram)  lit  de  plumes 
IX,  513. 

(se)  coucha  v.  a.  et  r.  (côllôcare) 
coucher  I,  112.  VI,  320.  VUI, 
11.  326  etc. 

coucha  V.  a.  (♦cÔctare,  fréqu.  de 
côquëre)  chasser  VI,  366.  VIII, 
127;  toucher  {les  bHes)  IX,  337. 
presser  VIII,  409. 

coucbado  s.  f  {s.  r.  de  coucha). 
couchée  IV,  140. 


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-300 


GLOSSAIRE. 


-coucho  «./.(côcta  ;  cp.  coucha*)  hâie^ 
dans  la  loc,  adv.  à  coucho  d'espe- 
roiin  à  hâte  d'éperon  IV,  360. 

-couchouB,  0  a.  {de  coucho)  em- 
pressé, hâtif  IV,  79, 

-coucoun  s.  m.  {de  coco,  lat.  côccam) 
cocon  III,  31. 

coi]coarele[t  (=  cacaraulet,  caca- 
lanset)  s.  m.  {de  cacalans  escargot, 
du  lat  côchlëam,  gr.  xoxlíaç) 
coupe  toute  petite,  coupelle  IV, 
150. 

coacoureleto  s.  /.  {id.)   VI,  330. 

condele[t  s.  m.  {dim,  de  code,  v,  c.  m.) 
galet  V,  41, 

coudonn  s.m.  {de  cuda,  vpr.  cuidar, 
lat.  côgïtare,  sous  l'influence  de 
coudoan  coing?)  chagrin  IX,  11. 

•condounié  s.  m.  (♦côtoneftrium) 
cognassier  II,  325. 

cooide  s.  m.  (cûbïtum)  coude  III, 
154. 

couiin  s.  m.  (cÒphïnam,  gr.  xôqurog) 
coffin,  corbeille  I,  133. 

coui  (=  cou,  col)  s.  m.  (côllum) 
cou  II,  115.  304.  427. 

couifo  s.  /.  {du  fr.  coiffe,  du  vha. 
kupphja   mitra)   coiffe  II.   79. 

^ouire  V.  n.  et  a,  —  Gr.§  108  p.  155  — 
(côquëre)  cuire;  eue,  cuecho  p.p, 
(cSctum)  cuit,  e  II,  105.  XI,  124; 
cousent  p.  pr.  cuisant,  qui 
rend  brûlant,  piquant  VII,  250. 
IX,  385. 

<îoula  V.  n,  (colSre  filtrer)  couler 
I,  366.  m,  238.  X,  207  etc. 

«ouladis,  so  a.  {de  coula  +  tissum) 
coulant  I,  313. 

•coulado  «.  /.  (*C(5ll-âtam,  de  cÔl- 
lum)  bêtes  attachées  par  le  cou 
I,  74. 

couladuro  s,  f.  (colataram)  filet, 
écoulement  VIII,  243. 


coulèro  s.  /.  (chôlëram)  colère  I, 
262.  V,  16. 

coale[t  *.  m.  {de  colo,  v.  c.  m.)  col- 
line XII,  9. 

coulobre  s.m,  (côlûbrem)  couleuvre 
in,  111.  XI,  379. 

couloumbau,  alo  a.  (*cÒlûmb-aleni) 
colombiny  couleur  gorge  de  pi- 
geon; rasin  couloumbau  raisin 
à  grains  blanchâtres  IV,  493. 

couloumbo  s.f.  (cditimbam)  colombe 
X,  156. 

couleur  s.  /.  (côlorem)  couleur  I, 
73,  IV,  179.  X,  129. 

couloureto  s.  f.  (color  +  -ittam) 
légère  couleur,  vermillon  des 
joues  VIII,  223. 

coumaire  s.f.  (cÛm-mStrem)  com- 
mère m,  40. 

coumanda  v.  n.  et  a.  (ctlm-mân- 
dare)  commander  I,  204.  III,  56. 
IX,  138  etc. 

coumba[t  s.  m.  {s.  v.  de  coumbatre, 
V.  batre)  combat  XI,  405. 

coumbo  s.  f  (cìímbam ,  cŷmbam, 
probablem.  du  celtique;  cp.  Kôrt. 
2063)  combe,  vallée  escarpée  IV, 
41.  X,  155.  XI,  454  etc. 

coumbour  s.  m.  {s.  v.  de  coum- 
bouri)  brûlure,  trouble  VIII,  17. 

coumbouri  v.  n.  (cÔmbtLrëre)  se 
consumer  II,  385. 

coume  conj.  et  adv.  (quomÔd5) 
comme,  a)  cot^.,  indiquant  :  1)  la 
cause  I,  5  etc.  2)  la  manière 
I,  7  etc.  3)  l'intensité:  combien 
I,  47.  4)  le  temps  VI,  28.  — 
b)  adv.,  exprimant  une  compa- 
raison I,  12.  62. 182  etc.  ;  coume 
eiço  comme  cela,  ainsi  II,  453. 

coume  que  conj.  suivi  du  subj.; 
coume  que  yagne  quoi  qu'il  en 
soit  m,  86. 


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GLOSSAIRE. 


301 


coumença  v.  a,  et  n,  (cîim  +  *ïnï- 
tiare)  commencer  I,  116.  202. 
245  etc, 

coumpagno  «./.  (*c8mpsiiîam)  a) 
compagnie  I,  104.  II,  39  eic; 
de  coumpagno  de  -concert  X, 
340.  —  b)  compagnon,  compagne 
XI,  18.  VI,  37. 

coampagnouD»  m.(*c8mpSiirDDem) 
compagnon  XI,  310. 

conmparanço  s./.  (*c5mp&r-ant]  am) 
comparaison;  en  c.  de  en  com- 
paraison de,  au  piHx  de  V,  71. 

coomparesonn  s,  /.  (cQmparfttïo- 
nem)  comparaison  II,  p.  26. 

conmplancho  «./.  (ctim-plunctam) 
complainte  XII,  397. 

conmpli  V,  a,  (cômplire  p,  cômplgre) 
accomplir  Vil,  271. 

ConmpouBtello  n.  de  L  (campus 
stellae)  Compostelle  en  Galice 
X,  334. 

coumprés,  o  p,  p.  de  coumprèndre 
(=  coumprene)  v.  a.  —  Chr. 
§  106  p,  147,  —  (cSmprëhëndëre) 
comprendre  V,  54.  VII,  311. 

coumta  17.  a,  et  n.  (cSmpûtare) 
compter  ni,  63. 

coumtesso  «./.  (*cÔmït-Ì8sam)  com- 
tesse in,  244.  IV,  15. 

coumun  s,  m.  (cSmmUném)  le  vul- 
gaire VI,  276. 

councha  v,  a.  ([ëx]cîJmptïare ,  it, 
conciare,  sconciare)  souiller  I, 
497. 

Coundamino  s,  f,  (condominium) 
la  Condamine,  quartier  de  Ta- 
rascon  et  d'autres  villes  du  Midi 
IX,  250.    Voy.  IX,  244  note. 

coundorso  «./.  (côntorsam)  perche 
transversale  VJ,  277. 

coundurre  v.  a.  -  Gr.  §  108  p.  159  — 


(cônducëre)  conduire  III,  10. 
IV,  268. 

counèisse  (=  counouisse)  v,  a,  — 
Gr,  §  109  p,  163  —  (cognos- 
cëre)  connaître  I,  184.  lU,  67. 
VIII,  148.  IX,  374  p.  p,  cou- 
neigu,  do  I,  418.  n,  171  etc, 

couneissènço  s./,  (*cogn08centïam) 
connaissance,  intelligencelY,  299. 

(se)  counfessa  v.  a.  et  r.  (♦cônfes- 
sare,  fréqu.  de  confiteri)  (se) 
confesser  m,  315.  471. 

counfessaire  s,  m.  (*cÔnfes8fitor) 
confesseur  III,  485. 

counféssioun  s.  f  (cOnfessïonem) 
confession  in,  332. 

couníìgno  (=  counfino)  s.f  (*c5n- 
flnîam  p,  cônfinïum)  confins^ 
Vm,  119. 

counfoundèire  s,  m,  (*cOnfîindï- 
torem)  subversif  Vin,  174. 

counfoundre  v,  a.  —  Chr.  §  106. 
p.  149,  —  (con  -  ftindëre)  con- 
fondre III,  368.  IX,  131. 

counglas  s.  m,  (cûm  +  *glâcïum 
p,  glàcïem)  glacier  V,  70. 

coungousto  s.  f.  (cum  +  gustum) 
délectation  III,  125. 

coungreia  v.  a.  (congrcgare)  multi- 
plier^ engendrer  VI,  273. 

counjoungla  v,  a.  (cSn  -\-  ♦jîingîi- 
lare  p.  jûngere)  étreindre  en- 
semble V,  277. 

counouisse  v,  counèisse. 

counsenti  v.  n,  —  Gr,  §  102 
p.  139,  —  (consëntire)  consentir 
m,  174. 

counserva  v,  a.  (côn-sërvare)  con- 
server VIII,  195. 

counsèu  Í.  m.  (cOnsïlïum)  conseil 

III,  210.  VIII,  42.   X,  360   etc, 
counsòudo  s.  f.  (consôlïdam)  prêle 

IV,  453.  X,  57. 


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502 


GLOSSAIRE. 


•connsoula  v,  a.  (con-sôlare)  con- 
soler XT,  297.  478. 

•connta  v,  a.  (cômpûtare)  (rajconter 
I,  403.  VIII,  339. 

•coansnma  v.  a.  (*consainare  p, 
consumere)  consumer  VII,  146. 

-conntempla  v.  a.  (*cQntëmplare  p. 
contemplari)  contempler  III,  168. 
X,  14.  XI,  174. 

•countemplacioun  s,f,  (cSntempla- 
tionein)  contemplation  X,  289. 

-countèntt,  o  a.  (côntentum)  con- 
tent, e  II,  28.  III,  270. 

•countesta  v.  a.  (contëst&re  p.  con- 
testari)  contester  III,  354. 

countinu,  o  ou  -io  a.  (côntîntium) 
continuel  VII,  25. 

coontinnoas,  o  a,  (*c5ntïnû08iiin) 
continu,  e  VII,  556. 

conntour  s.  m.  {s,  v.  de  countonma, 
de  cûm  +  tôrnare)  cmitour  X,  66. 

conntràri,  o  a.  (côntrarïum)  con- 
traire XI,  438.  —  s,  m.  le  con- 
traire; faire  de  conntràri  faire 
des  malices,  niches  III,  195  ;  pèr 
conntxàri  loc,  adv.  en  sens  con- 
traire IV,  390. 

countraria  v.  a.  (*cÔntrftrïare)  con- 
trarier  UI,  217. 

countunia  (=  countinua)  t?.  a. 
(côntïnùare)  contitiuer  V,  456. 
IX,  379. 

de  countùnio  (-  de  countinuo) 
loc,  adv.  sans  relâche  VII,  521. 
VIII,  392. 

counveni  v.  n.  —  Gr.  §  102.  p.  MO  — 
(cón-venlre)  conve^nr  X,  249.  XII, 
405. 

counventialo  (—  couventialo)  s.f, 
ih.'Utt.  cÔnvSntùfilem)  nonne  IX, 
174. 

-counversioun  s.f.  (cônversïonem) 
conversion  XI,  p.  217. 


connyerti   v,  a.   {de   convgrtëre) 

convertir  XI,  p.  217. 
(se)  conpa  v.  a,  et  r,  {de  cSl&phum, 

V.  cop)  couper,  rompre  I,  157. 
m,  352.  V,  445  etc.;  se  coapa 
s^interrompre  I,  253. 

conpo  (=  copo)  s.f  {s.  V.  de  coupa) 
action  de  couper^  coupe  f  VII, 
173. 

conqaihado  s.f  (ctlciillatam)  alou- 
ette huppée,  cochevis  II,  27. 

conquiho  s.f  (*c8nchyliam  p.  con- 
chylium)  coquille  XII,  426. 

conquin,  o  a.  et  s,  {du  fr.  coquin, 
d*or.  douteuse^  p.-è.  dim.  de  coq) 
coquin,  malin  II,  181. 

courage  s.  m.  (*cÔrfttîcum,  de  cor) 
courage  V,  306.  X,  417. 

courajous,  o  a.  {de  courage)  cou- 
rageux VII,  122. 

(se)  courba  v,  a.  et  r.  (cûrvare) 
{se)  courber  I,  220.  322.  XI, 
185  etc. 

courbaire  s,  m,  {de  courba)  cour- 
heur  VII,  5. 

courbo-doDo  s.f  (cHryam  d5mînam 
dame  courbe,  dame  penchée)  nar- 
cisse V,  58. 

courbo-seto  if.  /.  {p.-ê.  p.  courbo- 
sello  selle  courbe,  ou  p.  courbe 
sèti  siège  courbe)  faire  la  c.-s. 
prêter  Vépaule  à  q.,  faire  la 
courte  échelle  VIII,  443. 

courcoussoun  s.  m,  {de  côssum, 
p.-ù.  sous  lUnfluence  de  cûrculi- 
Dnem)  cuceron  II,  73. 

courdello  s.  f.  (côrdellam,  de  chor- 
dam)  lacet  VIU,  64. 

courdura  r.  a.  [de  courduro)  coudre 

VI,  422. 

courduro  s.ý.{de  courdre,  |).  coudre, 
lat   consûore)  couture  VIII,  68. 


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GLOSSAIRE. 


303 


Courinto  «./.  (Côrinthnm)  Corinthe 

VI,  552. 
<M)iiroiiiia  V,  a.  (cÒrODftre)  couron- 
ner I,  485.  X,  66. 
conrouneto   s.  f.    (de   courouno) 

petite  couronne  VIII,  68. 
couronDelIo  s.f.  {de  couronno)  c?u>8e 

principale,  suprêtne  VIII,  310. 
•couronno  s./,  (còronam)  couronne 

m,  138.  X,  273. 
•couioas,  0  a.  (còruscum)  brillant, 

luisant,  radieux  V,  234.  X,  268 

etc. 
<;ourre  v,  n.  —  Gr.  §  106  p.  148, 

—  (cùrrere)  courir  I,  161.  282. 

393.  431  etc;  courrènlt,  o   p. 

pr,  et  a.  courant,  citant  I,  390. 

IX,  402  etc.;  s.  m.  courant  m. 

m,  509. 
«ourrèire  s.  m.  {de  courre  +  -fitor) 

courrier,  coureur  I,  414.   416. 

438.  516  etc.;  coursier  IV,  258. 
courrejoun  s,  m,  (*corrïgïônem,  de 

corrïgïam)  courroie;  liga  li  c. 

lier   les  courroies  ^   c'est-à-dii'e 

se  préparer  à  une  course  rapide 

I,  445. 
courreli  s.  m.  {onom.  tirée  du  cri 

de  l^ oiseau  ainsi  nommé)  courlis 

VUI,  161. 
courrejolo  s.  f.  (*corrïgïòlam,  de 

corrïgïam)  liseron  II,  299. 
coujTÌòu,  olo   a.  (*ciirrïolum,   de 

cûrrére)   coureur ,  vagabond  II, 

19.  IV,  64. 
courroumpre  v.  a,  —  Gr.  §  luo. 

p,   148.   —    (côrrumpt^re)    cor- 
rompre X,  388. 
courso  s./,  (fém.  de  cours,  cûrsum) 

course  I,  409  (v.  note).  425.  IX, 

259  (v.  notej. 
«ourtt   s.  /.  (cOrtem)  cour  f.  III, 

245.  XI,  516. 


cour[t,  0  a.  (cùrtum)  court,  e  I, 

470.  vm,  207. 
couBèn[t,  V.  couire. 
consina  v.  n.  {du  s.  cousino)  cui- 
siner VI,  631. 
cousino  s.f.  (*cÔcinam,  de  côcere 

p.  côquëre)  cuisine  VI,  313. 
coussaia  {-  course j  a)  v.  a.  {de 

cûrsum)    chasser,    pourchasser 

VI,  396.  XI,  80. 
coussou  s.  m.  {h. -lai.  cttrsDrfum) 

pâtis,  pacage  IV,  140. 
cousta  V.  n.  (constare)  coûter  III. 

58. 
coustibla  v.  a.  (*côn8tlp-ulare  ser- 
rer) éreinter  V,  172. 
coustié,  iero  a.  et  s.  (*cÔ8t-arïum) 

latéral;  èstre  coustié  manquer 

le  but  IX,  308. 
coustiero  s.  f.  (*cÔst-arïam)  côte, 

littoral  I,  60.  163. 
coustumo  s.f.  (cD[n]8[ue]tam[ïn]am 

p.  consuetudinem)  coutume;  de 

coustumo,  loc.  adv.  de  coutume 

VIII,  369. 
conta    r.    a.    (cùbïtare)    accoter, 

étayer,  heurter  III,  168.  V,  271. 

310.  IV,  376  etc. 
coutett  s.  m.   {du  gr.   xori;  tête^ 

nuque?)  nuque  IV,  82. 
coutèu  s.  m.  (cùltollum)   couteau 

IV,  154;  glaive  XI,  195. 
coutigo   s.  f.   (s.  V.  de   coutiga, 

catiga,    catiha,    du  thhne  cat) 

chatouillement  II,  284. 
coutihoun  s.  m.  {dim.  de  coto  cotte, 

du  germ.  kotte,  chozza,  couver- 
ture à  longs  poils)  cotillon  IV, 

451.  VIII,  66. 
coutoune[t  s.  m.  {dim.  de  coutoun, 

de  Carabe  al-qo*ton)  coton  fin, 

ouate  VII,  33. 


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304 


OL'OSSAIBE. 


contreia  v.  a,  {de  contre,  laL  cùl- 

trnm)  labourer  avec  la  charrue 

à  coutre  IX,  327. 
contriè  *.m.(*cùltr-arîum)  charrue 

VII,  304. 
convadeto  «. /.  {dim,  de  couvado, 

lat.  cnb&tam)  petite  couvée  II, 

244. 
couvèn[t  8.  m.  (cônventum)  cou- 
vent m,  371.  487. 
cracina  v,  n.  {onom.,  cp.  le  gertn, 

krak)  craquer  I,  232.  X,  138. 
Cran  *.  /.  {du  radical  celt,  crauc-, 

croc-,  tumnlus;  cp.  Dz.  556  et 

Kôrt.  2242)  la  Crau  I,  3.  7.  56. 

164  etc.    Voy.  I,  3  note, 
Craven,  co  a.  et  s.  {de  Crau)  qui 

appartient  à  la  Crau  II,   358. 

IV,  39.  VIII,  274  eic, 
créa   v.    a,   (crëftre)    créer  VU, 

101. 
creba  v,  n.  f  crëpfire)  crever  1, 196. 

IV,  97. 

crèbis   8.  nt,  (crgpïtum)  fracas  I, 

247. 
crèbo-cor  s.  m.  {de  creba  +  cor, 

V,  c,  m.)  crève-cœur  XII,  412. 
cregne  v,  a,  et  n.  —  Gr,  §  109, 

p,  162  —  (trëm^re)  craindre  II, 
284.  Xn,  313  etc.;  cregnèntt,  o 
p.  pr.  et  a,  craignant,   craintif 

VI,  237.  XI,  349. 
cregnènço  8.f.  (*trem(?ntïam)  ap- 
préhension IV,  298.  IX,  401. 

crèire  v,  n.  et  a.  —  Gr,  §  108, 
p.  157.  —  (crëdore)  croire  I, 
252.  463.  II,  116.  VI,  294.  X, 
122.  xn,  77  etc. 

crèi^s  8,  m.  {s.  V.  de  crèisse)  croît 
m.  IV,  263. 

crèisse  v.  ».  —  Gr.  §  109.  p,  163  — 
(crêscî^re)   croître  X,  112.   XI, 


75  ;  p,  p,  a)  crèissn,  do  VI,  641  ; 

b)  crèissegn,  do  VI,  461. 
creissènlt  s.  m.  {p,  pr,  de  crèisse) 

croissance  II,  122. 
crema  v,  a.  (cremare)  brûler  VI, 

206.  Vni,  252.  XII,  291. 
cremadou  s,  m.  (crëinfttoriiun)/oyer 

VII,  563. 
cremascle  s,  m,  {p,-è.  du  gr,  *çë- 

fianrijçj  cp,  Homing  dans  Gr,  Z, 

21  [1897]  p,  453,  et  Kôrt,  4568) 

crémaillère  VI,  527. 
cremesin,  o  a,  {de  l'arabe  germazî, 

it,  cremisi)  cramoisi  X,  429. 
Crèmo   s,  m,  {du  gr,  ^[olaua,   cp. 

Kôrt.  1857)  sant  C.   le  Chrême 

saint  xn,  293. 
creniero  s.f.  (*crlnarïam,  de  crl- 

nem)  crinière  IV,  204. 
crento  s.f.  {s,  v.  de  cregne)  crainte 

I,  255,  XII,  350. 
cresèire   s.  m,  (crgdïtôrem)  celui 

qui  croit,  disciple  XI,  18. 
creserèn,  ello  a,  {de  crëdîtDr[eiii]  -f 

-ellum)  crédule  m,  342. 
crespino  s.f.  (crïsp-mum,  de  crïsp- 

nm)  coiffe,  membrane  que  quel- 
ques nouveaux-nés  ont  sur   la 

tête  et  qu'on  regarde  comme  signe 

de   bonheur;  avé  sa   crespino 

être  né  coiffé  III,  79.    V.  note. 
cresten  s.  m.  (crîstam)  crête  IX, 

315.  339  etc. 
crestian,  o  a.  et  s.  (christifinum) 

chrétien  IV,  392;  chrétienne  Xl^ 

415. 
creta  s.f.  (crStam  craie  =  marque 

de  craie,  marque  en  gén.)  cica- 

trice  IV,  446. 
creta,  do  p.  p,  et  a.   (crçtstom) 

portant  une  cicatrice  V,  86. 
cretasso  s.f.  (*crët-ftceain)  balafre, 

cicatrice  IV,  340. 


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GLOSSAIRE. 


305 


créa  (=  criéu)  s.  m.  (onom.  ?)  lo' 

cûstelle,  espèce  d'alouette  II,  194. 
crevèu  s.  m.  (cribëllTim)  crtble  VI, 

210. 
Ion  Cri  n,  cPh.  le  Cric  I,  431.    V. 

noie. 
cri[d   s.  m.  {$.  v.  de  crida)  cri  I, 

357.  IX,  248.  353  etc. 
crida  v.  n,  (quintare)  crier  I,  222. 

238.  382  etc. 
cridadisso  s./,  (de  crida)  clameur, 

long  cri  perçant  IV,  393.  Vni, 

363. 
crime  s.  m.  (criinen)  crime  V,  535. 

XI,  5.  291. 
crispa  V,  a.  (cnspare)  crisper  V, 

573. 
Cri8t(e)  s.  m.  (Chnstam)  le  Christ 

XI,  16.  196. 
cristaUn,  o  a.  (crystallînum)  cri- 
stallin VI,  336. 
cristau  s.  m.  (crystallum)  cristal 

n,  357. 
cro  (=  croie)  {du  germ.  [vnord.J 

krohr)  croc  VI,  323. 
croB  s.  m.  (côrrosum,  de  côrrodëre) 

creuœ  m.,  fosse  XI,  518.  XH, 

423. 
croto  s.f.  (crŷptam,  du  gr.  xçvnrij) 

crypte,  taverne  voûtée  VI,  258. 

Œ,  258.    V.  note. 
croampa  v.  a.  (cSmp&rare)  acheter 

I,  345.  X,  389. 
cronpas   (=  groupas)   s.  m.   {de 
'    gronp  nœitd,  p.-é.    en  pensant 

aux  monceaux  de  nuages  ?)  tour^ 

hillon  de  vent,  grain  VI,  257. 
crous  s.f.  (crUcem)  croix  III,  277. 

XI,  1.  35. 455  etc.  Crons-Blanco 

ni,  277.    F.  note. 
Santo  Crous!  Sainte  Croix!  sorte 

d'exclamation  VII,   224.     Voy, 

note. 


crousa  v.  a.  (crûcïare)  croiser^ 
interrompre  I,  119.  IV,  482. 

crousado  s.  f  {s.  p.  de  crousa) 
croisade  IX,  137. 

Crousiha[t  n.  d'h.  Crotùsillat,  poète 
provençal  VI,  61.    V.  note. 

crousto  s.  f  (crUstam)  croûte  X, 
136. 

croustous,  0  a.  {de  crousto)  à 
croûte  épaisse  VII,  243. 

crucefis  s.  m.  (crûcîfixum)  crucifix 
XII,  174. 

crussi  V,  n.  (crocire)  craquer  VII, 
385;  grincer  IX,  346. 

crussimen  s.  m.  {de  crussi  f  -mënt- 
um)  craquement  VII,  549. 

cruvèu  s.  m.  (*crupellum  armure; 
cp,  crupellarium  gladiateur  cou- 
vert d'une  armure^  cp.  Georges 

'  et  Du  C.)  coquille  VI,  205. 

cuber[t,  o  v.  curbi. 

cuber[t  s.  m.  (cGGpërtum)  toit  VI, 
542. 

cuberto  s.  f.  (cÔ5përtam)  couver- 
ture, pont  d*un  navire  VIII,  195. 
V,  411. 

cubertouno  s.  f  {de  cubert)  cou- 
verture VI,  327. 

eue,  cuecho  «..couire. 

cueie  17.  culL 

cueisso  s,f.  (còxam)  cuisse  I,  422. 
446.  .Tan  Cueisso  n.  d'h.  Jean 
Cossa,  grand  sénéchal  sous  le 
roi  René  I,  423.    F.  note. 

cuerbe  v.  curbi. 

cuié  s.  m.  (cochlëfire)  cuiller  I, 
146. 

cuie  etc.  V.  culi. 

cuièire  s.  m.  (*cÔllïgïtor)  cueilleur 
n,  160. 

cuja  V.  n.  {cÎSgitSiTe)  penser  X,  121. 

culi  (cueie)  v.  a.  —  Gr.  §  103. 
p.  142.  —  (♦côUïgire  p.  côllï- 
20 


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306 


GLOSSAIRE. 


gëre)  cueillir  I,  346.  II,  150  etc. 

—  8.  m.  la  cueille  X,  251. 
colido  s.  f.  («.  p,  de  culi)  cueillette 

II,  2.  III,  362. 
curbecèu  s.  m.  (&.-Zai.  *cîibrëcëllum 

[Du  CJ  du  lat.  côôpercûlum) 


couvercle  Vm,  191.  XI,  17.  XU, 
70. 
curbi  V.  a.  ^  Gr,  §  102  p.l40  — 
(cÔ-5përire)  couvrir  V,  168.  Vm, 
91.  X,  168  ;  cnbert,  o  p.  p.  cou- 
vert, e  XI,  3as. 


dai  (=  dalh)  s,  m.  (dagillnm,  de 
*dagam  dague,  d'or,  inc.)  faux 
e.f.  I,  260. 

daia  V.  a.  {de  dai)/aMcA^  IX,  261. 

daiaire  v.  c.  {de  daia)  faucheitr 
rv,  409. 

daio  8.  f.  (*dagam)  faux  f  Vil, 
257.  IX,  33.  45. 

daioun  s.  m.  {dim.  de  dai)  faux 
m,  513. 

daladèr  (=  aladèr)  «.  w.  (àlàtem- 
am)  alateme^  phillyrea  latifolia 
Lin.^  arbriseeau  de  la  famille 
des  jasminées  X,  103. 

Damas  n.  de  l.  (D&mascam)  Damas 
I,  10. 

damiseleto  «./.  (*d5mïnïcëll-ittam) 
demoiselle  III,  204. 

damiselun  s,  m.  (rfe-*dômïnïcgllam) 
la  classe  des  demoiselles  III,  231. 

damo  s.  /.  (d&mïnam)  demoiselle^ 
libellule  II,  120.  —  Nosto-Damo 
s.f.  Notre-Dame  IX,  370  XII, 
286  etc.;  Nosto-Damo  de  Dom 
8./,  (Nostram  dômînam  de  dômo) 
Notre-Dame  de  Dom,  cathédrale 
d'Avignon  III,  175.    V.  note. 

dana  v.  a.  (damnare)  damner  III, 
367. 

dangeirous,  o  a.  (*dámnarïosum) 
dangereux,  se  VI,  148. 

dansa  v.  n,  {du  germ.  danson) 
danser  I,  471.  VIIL  217  etc. 


dansaire  s.  m.  {de  dansa)  danseur 

VII,  560. 
dansarello  s.f  {de  dansa)  danseuse 

XI,  266. 
danso  s.f  {s.  v.  de  dansa)  danse 

IX,  248.  XI,  244  etc. 
darboiina  v.  n.  {Très.:  de  V arabe 

djerbouh  gros  rat,  taupe)  rouler. 

mordre  la  poussière,  fouler  le 

sol  I,  470.  IV,  437. 
darda  v.  n.  {du  s.  dard,  germ,  [agsj 

darad  lancé)  darder  XII,  320. 
dardai   s.  m.  {de  dard)  dard  {du 

soleil),  rayonnement  X,  86.  VIII, 

198.  258  etc. 
dardaia  v.  a.  {de  dardai)  darder 

III,  402.  IX,  76. 
dardaioon  s.  m.  {de  dardai)  aiguil- 
lon VI,  402.  X,  150. 
darrié,  darriero  a.  et  s.  (*d6-ád- 

rStr-ftrïum)  dernier,  ère  V,  322. 

IX,  16.  XI,  393.  506  etc. 
darrié  prép.  derrière  (d6  ftd  rëtro) 

derrière  UI,  74.  IV,  62.  IX,  120 

etc. 
darrierouge,  o   a.  (rfe  darrié)  en 

retard  VIL  180. 
darso  s.  f  {de  Vit.  darsena ,   de 

Varabe  dârçanah  maison  de  tra- 
vail) darse,  partie  séparée  d^un 

port  X,  115. 
dàti  s.  m.  (dàctylum)  datte  II,  114. 

XI,  81. 


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GLOSSAIRE. 


307 


dau  interj,  {Itnpér,  du  v.  da  don- 
ner, lat  dare)  donne  dessus  ! 
alerte  !  courage  1 1, 154. 193. 493 
etc. 

danra  v.a,  (de-anrare)  dorer  IX, 
315.  XL  306. 

daurèio  «./.  {de  danra)  bijou  d'or, 
joyau  IV,  146. 

danreja  v,  a.  {de  danra)  dorer 
IX,  91. 

dayala  v.  n.  et  a,  (*ds-vftllftre,  de 
vàllem)  descendre  I,  367.  III, 
119.  IV,  102  etc.  —  V.  a.  faire 
descendre  V,  215. 

dayança  v.  a,  {de  dayans)  devancer 
IV,  375. 

daTaii[8  prép.  et  adv.  (ds  ftb  ánte) 
devant  a)  prép.:  L  520.  II,  390. 
ni,  95.  rV,  437  etc.  b)  adv.ym, 
147.  X,  300  etc,  —  de  davans 
le  premier  II,  182.  —  davans 
s.  m.  le  devant  VII,  603.  - 
davans  qne  suivi  de  l'inf.,  avant 
de  I,  288  ;  de  davans  qne  cor\j. 
suivi  du  shj.f  avant  que  X,  413. 
XI,  444.  522. 

(se)  davera  v.  a.  et  r.  (*dê-*âver- 
rSre,  cp.  avéra)  (se)  délivrer, 
tirer  hors,  détacher,  décrocher 

n,  324.  yn,  147.  xi,  i65. 

Dàvi  n.  d^h.  David  IV,  110. 

de  prlp,  (de)  de,  devant  une  voy- 
elle: d';  combiné  avec  V article 
Ion  en  don,  avec  li,  lis  en  di, 
dis  ;  marquant  le  génitif  a)  pos- 
sessif I,  2.  15  etc.  b)  de  quan- 
tité, après  tant,  ges  et  d'autres 
adverbes  I,  63.  XI,  289  etc.;  c) 
de  qualité  I,  10.  44.  366.  -  in- 
diquant le  lieu,  en  répondant  à 
la  question  'd'oùV  I,  41  etc.; 
l'origine  ou  la  provenance  I,  10. 
n,  389  ;  le  temps  :  de  monn  tèms 


I,  194;  de  vèspre  ce  soir  Vn, 
271;  V.  tèms;  le  moyen,  l'in- 
strument: adnrre  de  si  man  ap- 
porter de  ses  mains  I,  161  ;  en 
ié  fai  de  sa  bonco  amigo  lui 
dit-il  de  sa  bouche  amie  II,  285  ; 
la  cause  d'une  action:  Insi  de 
luire  deîj9',  tonmba  de  Tesfrai 
tomber  d'effroi  XI,  266  ;  espanta 
de  plesi   émerveillé  de  plaisir 

II,  367.  La  prép.  de  marque 
le  régime  après  certains  verbes 
et  adjectifs:  amonrons  de  U, 
372;  se  jonga  de,  se  tmfa  de 
se  jouer  de,  se  moquer  de  II, 
374.  378.  Elle  est  employée 
comme  article  partitif:  d^alen 
du  souffle  etc.  I,  17.  51. 157  etc. 
—  de  se  trouve  devant  Vinfinitif: 
a)  comme  sujet,  à  la  tète  de  la 
phrase:  VU,  85.  U,  381.  Uinf. 
précédé  de  la  prép.  de  s'emploie 
aussi  d'une  manière  adverbiale^ 
au  lieu  de  l'inf.  fr.  précédé  de 
à:  D'entendre  la  debalansido 
à  entendre  la  fatale  nouvelle  IX, 
486.  b)  comme  sujet  logique 
après  des  verbes  impersonnels: 
Nous  sèmblo  de  vèire  il  nous 
semble  voir  XI,  t08  ;  en  qne  sèr 
de  te  deçanpre?  à  quoi  bon  t'a- 
buser  ?  II,  361  ;  i  a  qne  de  batre 
Taigo  fresco  il  n'y  a  qu'à  battre 
l'eau  fraîche  I,  350.  -  c)  après 
certains  verbes:  anriés  gau  de 
Vavé  vous  voîis  réjouiriez  de  l'a- 
voir VII,  80;  ama  de  .  .  aimer 
á  . .  X,  207,  208  ;  èstre  de  être 
à  :  n'es  pas  de  rire  ce  n'est  pa^ 
à  rire  VI,  537.  VIII,  173.  d) 
comme  inf.  historique:  E  plonr 
de  regonla  et  pleurs  de  ruisseler 
XI,  353. 

20* 


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308 


GLOSSAIRE. 


de-bado  (idv,  {du  v.  bada,  v.  e.  m.) 
dans  une  attente  vaine  y  vaine^ 
ment  XI,  410.  XH,  367. 

debalansido  s,  /.  {s.  v.  de  deba- 
lauBÌ  abasourdir,  étourdir,  ds 
davau  à  bas,  lat,  &d  y&Uem  + 
aasi,  V,  e.  m.)  nou/oelle  qui  aba- 
sourdit IX,  386. 

debana  v,  a,  et  n,  {de  bano,  v, 
c.  m.)  renverser  (une  bête)  par 
Us  cornes  IV,  339;  succomber 
XIÍ,  415. 

debaDa  v.  a.  (^dôpsnare)  dévider^ 
mettre  le  fil  en  écheveau  VI, 
292. 

debassaire  s,  m.  {de  debas  s.  m. 
le  bas,  lot.  dô  +  *ba8Bxim)  pen- 
duline  VH,  30. 

deçaupre  {=  decebre)  v,  a.  —  Gr, 
§  107.  p.  151  -  (dëcïpëre)  dé- 
cevoir n,  361. 

déclin  s,  m.  {s,  v.  de  déclina)  dé- 
clin X,  338. 

déclina  v.  n.  (dScllnare)  décliner 
Vm,  414. 

déco  s,f,  {cp,  le  vpr,  decs  et  deçà: 
Kdrt.  2779)  vice  VI,  515. 

dedan  s.  m.  (digîtsle)  doigtier, 
tuyau  de  roseau  que  les  mois- 
sonneurs adaptent  aux  doigts 
de  leur  main  gauche,  afin  de  ne 
pas  se  blesser  avec  la  faucille 
Vn,  203. 

dedins  a)  adv.  (de-dS-întns)  dedans 
II,  376.  m,  49.  XII,  32  etc.; 
b)  prép.  dans  II,  456.  X,  346 
etc, 

défila  V,  n.  (dsfllare)  défiler  IV, 
103. 

deforo  adv.  de  l  (dë-fÔrSs)  dehors 
I,  141.  in,  510. 

degaia  {—  degasta)  v,  a.  (dêvastare) 
répandre  (de  Veau)  in,  181. 


degoola  v.  n.  {de  dé  +  cSllem?) 

tomber  du  haut  du  cieU  mourir 

m,  101. 
degonlòu   s.  m.   {du  v.  degoola) 

précipice  VI,  345. 
degou[t   «.  m.  {s.  v,  de  dégoûta) 

gouiU  I,  498.  IX,  73.  X,  119 

etc. 
dégoûta  v.  n.  (de-gilttare)  dégoutter 

VI,  336. 
dégoûte  [t  s.  m,  {de  degout  v.  c  m,] 

gouUeleUe  X,  175. 
degruna  v.  n.  {de  d6  +  grun,  grom 

grain,  lot.  gramum)  ^égrtMr, 

tomber  en  ruines  X,  381. 
degue  etc,  v.  dèure. 
degnn,  o  pr,  ind,  {du  genn.  de- 

h[ein]  4-  tlnum)  ne.., personne, 

ne,.,  aucun I,  211.  217.  E, 416. 
dèime  s.  m.  (dëcîmum)  dîme  111,53. 
déjà  adv.  de  t.  (dQ  ipsD  j&m)  d^à 

I,  78.  140.  414  etc 
delicadamen  adv.  (dêlTcfttS  mënt^ 

délicatement  U,  255. 
délice  s.  m.  et  /.  (dsllclas)  délice 

V,  134.  XI,  341. 

deliéura  v,  a.  (d9-llbërare)  délivrer 

VI,  118.  XI,  392. 
deligèD[t,  0  a.  (dllTgëntem)  diligeM 

vn,  582. 
de-long(o)  v.  long, 
delôugeri  (=  alôugeri,  al6ageira) 

V.  a.  (de  lóugié,  t».  c  m.)  alléger 

IX,  175. 
déluge  s.  m.  {du  fr.  déloge,  lat. 

dllûvïum)  déluge  Vm,  174. 
deman  adv.  de  t.  (d9-manë)  demain 

I,  502.  IV,  137.  vm,  329. 
demanda  v,  a.  (dS-m&ndare)  de- 
mander V,  496.  vm,  30.  IX,  6 

etc. 
demandaire   s.  m.    (dSmándStor) 

prétendant  IV,  p.  65. 


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GLOSSAIRE. 


309 


demando  s,  /.  (a.  v.  de  demanda) 

demande  /.  X,  351. 
demeni  (=  diminua  etc.)  v.  n.  (cp. 

le  vpr.  demenir,  de  dlmlnûëre) 

diminuer,  décroître  XII,  147. 
demòni  s.  m.  (dsBmÔniam)  démon 

IX,  418.  XI,  99.  Xn,  401. 
demoro  s.  f,  {s.  v,  de  demoura) 

demeure  XI,  29ô. 
demoura  v,  n.  (*d6môrare  p,  ds- 

môrfiri)  demeurer  I,  39.  II,  343. 

m,  481  etc. 
dempièi  v,  desempièi. 
denierolo  a,  f.  (*d6nSr-ïi5lam ,  de 

dsnfirïum)  trésor  XII,  100. 
dèntt  8.  /.  (dëntem)  dent  I,  391. 

IX,  394.  xn,  252  etc. 
dentado  s,  /.  (*dëntstam)  dentée^ 

coup  de  dent  V,  85. 
dentelle  s.  y.  (du /r.  dentelle,  rftm. 

de  dëntem)  dentelle  VIU,  80. 
depèr-d'aut  v,  ant 
deqne  {en  Languedoc  et  8ur  les 

bords  du  Rhône  au  lieu  de  que) 

que,  quai  I,  280.  H,  210.  VI,  298. 

xn,  407. 
derraba  v.  a.  (dïs-*rapare  p,  ra- 

pere)  arracher,  déraciner,   ex- 
traire IV,  332. 
derrabado  s.  /.  («.  v,  de  derraba) 

arrachis,   airée  une  fois  foulée 

Vm,  351.    F.  note. 
derronmpre  r.  a.  —  Gr,  §  106, 

p,  148,  —  (dïsrùmpëre)  inter- 
rompre XI,  257. 
dès  n.  de  n..  (dëcëm)  dix  I,  449. 

II,  250.  IV,  223  etc, 
desabiha  v,  a.  (dis  +  *hftbllîare) 

déshabiller^  dépouiller  I,  89. 
desalena  v,  a.  (dîs-ftlsnare  p.  an- 

helare,  i;.  alena)  essouffler  I, 

421.  X,  92.  281  etc. 


désarma  v,a,  (dîs-armare)  désarmer 

XI,  338. 

desatala  v.  a,  (dis-fid-tSlare,  de 
t€lum  timon)  dételer  I,  397. 

desbardana,  do  (=  desbadarna) 
p,p.  et  a.  [de  des  -f  bada,  v.  cm.) 
propr.  :  tout  ouvert,  débraillé;  au 
fig,:  dévergondé  IX,  18. 

desbortd  s.  m,  {s.  v.  de  desbonrda, 
de  bord,  i;.  c.  m.)  débordement 

XII,  413. 

desbonnda  v.  n,  {de  bonndo  bonde, 

tampe,  selon  Dz.,  d*un  mot  ail. 

[dialecte  souàbej  bant  ;  cp.  l'ail, 

spnnd)  débonder,  jaillir,  éclater 

V,  284.  XI,  174.  xn,  411. 
desbonscarla  v.  a,  {de  dïs  +  bons- 

carlo,    V.  c.  m.)    dépeupler   de 

fauvettes  V,  110. 
desbrando  s.  f,  {de  dis  +  germ. 

brand  lame  d'épée)  déroute  1, 209. 
descabestra  v,  a.  (dîs-c&pistrftre) 

ôter    le    chevêtre,    le   licou   V, 

549. 
(se)  descadena  v.  a,  et  r,  (dîs-ca- 

tSnare)  déchaîner  XI,  151. 
descapela  v.  a,  (dis  +  -câpëllare, 

V,  capèn)  écimer,  décapiter  I, 

515. 
descara  v.  a.  (*dÎB-carare,  v.  caro) 

défigurer  IV,  446. 
(se)  descarga  v,  a.  et  r.  (dÏB-*cár- 

rïcare,  de  cárrum)  (se)  décharger 

III,  341.  IV,  244. 
descama,  do  p.  p.  et  a.  (dïs-*câr- 

nfttam,  de  caro,  carnis)  décharné 

V,  487. 
descata  v.  a.  (dS-ëx-*capïtare) 

découvrir  VI,  577.  IX,  263.  X, 

368. 
descauls,  so   a,  (*dïs-calcëns)  dé- 
chaussé,  nu -pieds  1,  413.   II, 

287. 


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310 


GLOSSAIRE. 


descanssana,  do  p,  p.  et  a,  {de 

dÎB  +  -canssano,  v.  c.  m.)  effréné, 

délicoté  IV,  208. 
descendre  v.  n.  —  Gr.  §  106  p, 

149.  —  (de-scëndëre)  descendre 

IV,  42. 
desclava  v.  a.  (dï8-*clfivare,  de 

clftvnm)  dégager  IV,  383. 
descoacouna  v,  a.  {de  dis  4-  cou- 

conn,  V.  c.  m.)  détacher  des  ra- 

meattx  les  cocons  de  soie  III, 

43. 
descoucounado  s.f.  {s,  v,  de  des- 

concouna)  récolte  des  cocons  III, 

p.  43. 
descoaçonnage  «.  m.  (desconcoana 

+  -atïcum)  id.  III,  32. 
descouconnarello  s.f,  {de  descon- 
coana +  -5r-ëllam)  dépouUleuse 

de  cocons  III,  365. 
descouneissable,  o  a.  {de  descoa- 

nèisse,   ïat,  dis  +  -cOgnDscëre) 

méconnaissable^  inconnu  XI,  129. 
se  descounsonla  i?.r.(*dïs-con8olare 

p,  disConsolari)  se  désoler  V,  492. 

VIII,  37.  XII,  388. 
se  descouroona  v.  r.  (dïs-côronare) 

arracher  sa  couronne  XI,  270. 
descripcioun  s.f.  (dëscriptïonem) 

description  X,  p.  202. 
descaberlt,  o  p.  p.  de  descnrbi  v.  a. 

—   Gr.  §  102.  p.  MO  -  (dïs- 

côSpërrre)  découvrir  V,  406.  VU, 

210.  XII,  72.  262  etc. 
desdegnons,  o  a.  {de  dîs-*dlgn&re) 

dédaigneux  V,  196. 
a)  desempièi  (=  despièi);  b)  dem- 

pièi  prép.  et  adv.  (de  ïpso  ïn 

pÔ8t[ëum])  depuis,  ad  a)  prép. 

I,  267.    X,  1.  142  adv.  II,  70. 

ad  b)  prép.  III,  35.  IX,  212. 

XI,  472. 


desengrenaire,  o  a.  (dïs-în-grsn- 
-ator)  qui  égrène  (les  épis)  VII, 
195. 

se  desentrista  v.  r.  {de  dïs  +  -ïn 
+  tristem)  perdre  sa  tristesse 
X,  100. 

de8er[t,  o  a.  (dësërtum)  désert,  e 
V,  24.  Vm,  194. 

deser[t  s.  m.  {id.)  désert  m.  IV, 
129.  X,  84. 

déserta  v.  n.  et  a.  {de  désert)  dé- 
serter IX,  54. 

désespéra  v.  n.  (dë-sp6rare)  V,  495; 
à  la  desesperado  en  désespéré 
XII,  395. 

desesperanço  s.  f.  (de-spërantïam) 
désespoir  VIII,  p.  165.  XII,  p. 
241. 

desfaire  v.  a.  et  r.  (dïs-fàcere)  dé- 
tacher (les)  cocons  III,  41.  X, 
77.  —  se  dégager  XII,  257. 

desfardo  s.f  (—  des-fardo,  de 
dïs  +  ar.  fard)  chose  dont  on  se 
décharge  facilement,  débris  IV, 
97. 

desfanta  (=  defanta)  v.  a.  {de  dé- 
faut, lat.  *dë-fallïtum)  tromper 
XII,  278. 

desfèci  s.m.  {deáìS'fíùèrejdésespoir 
VIT,  348. 

desfiouca  v.  a.  (dl8-*f5care)  priver 
de  son  feu,  glacer  IV,  271. 

desfloura  v.  a.  (dïs-florare)  déflorer, 
défleurir  VU,  202. 

desfoorrela  v.  a.  {de  fourrèn/<n<r- 
reau^  b.-lat.  forellam,  du  goth. 
fodr)  tirer  du  fourreau,  dégainer 
Vn,  212. 

desfourtuna,  do  p.p.  a.  et  s.  (dïs- 
fôrttjnfitnm)  infortuné  XII,  444. 

se  desfrisonna  v,  r.  {de  frisons, 
V.  c.  m.)  se  défrisonner,  dérouler 
ses  boucles  V,  127. 


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GLOSSAIRE. 


311 


desfracha  v.  a,  (^dïsfractare)  dé- 
fruHer,  dépouiller  de  ses  fruits 
1,21. 

desfuia  v.  a.  (dïs-*îôlïare)  défeuil- 
1er  n,  8.  127.  281  etc. 

desganbia,  do  a.  et  s.  (de  des  + 
gaabi,  V.  c.  m.)  maladroit  ^  e  IX, 
304. 

(se)  desgonnfla  v.  a.  et  r.  (dis  -H 
goanâa,  v.  c.  m.)  v,  a,  :  dégonfler 
XI,  13  ;  V.  r.  exhaler  sa  douleur 
yn,  114.  XI,  13. 

desgonnioana  v,  a.  {de  dis  -j-  -gOm- 
phum,  gr.  yófnpoç)  arracher  les 
gonds  d'une  porte  VI,  470. 

desgràci  s  /.  (dTS'gr&tîam)  dis- 
grâce Xn,  167. 

désigna  v.  a.  (dë-signare)  désigner 
ni,  228. 

désira  v.  a.  (dssidërare)  désirer 
V,  6. 

desmaienca  v,  a,  {de  des  +  maien, 

V.  c.  m.)  ébourgeonner  les  vignes 
au  mois  de  mai  VII,  70. 

(se)  desmama  v,  a.  et  r.  (dis  + 
*m&mmare)  '(se)  sevrer  IV,  489. 

VI,  297. 

desmamaire  s,  m.  {de  desmama) 
sevreur  IV,  330. 

desmemonia,  de8memoiiriat^.a.(dIs- 
♦mÇmôrïare)  déconcerter ^  troub- 
ler II,  463.  V,  64.  IX,  324;  — 
p,  p.  :  joio  desmemonriado  joie 
éperdue  V,  64. 

se  desmesonla  v.  r.  {de  des  + 
mesoalo,  v.  c.  m.)  se  sécher  la 
moelle  VII,  507. 

desmesura,  do  p.  p.  et  a,  {de  des 
-f  mesnro,  v.  c,  m.)  démesuré 
X,  30. 

desnebla  v.  a.  (dïs-*nëb1ilare)  dé- 
voiler  de  ses  nuages  VI,""638.'" 


desnonsa  v.  a.  (dis-nodare)  dénouer 
I,  118. 

desonla  v,  a,  (desQlare)  désoler  IX, 
353. 

desoulacionii  s.  /.  (desDlfitît^nem) 
désolation  IX,  p.  183. 

despachatíéu,  ivo  a.  (*dîsp&ctîat- 
ivnm)  léger,  expéditif  III,  118. 

desparèisse  v.  n,  —  Gr.  §  109 
p,  164,  —  (dïs-*pfir6scëre)  dispa- 
raître I,  516.  IV,  191.  XI,  74 
etc, 

despartido  s,  f.  (dîs-*partltam) 
départ  XII,  306. 

despatriaif.a.  (dîs-*pfttrïare)  exiler 

IV,  217.  XI,  487. 
despeitrina,  do   a.  {de  des  +  pei- 

trino ,  V,  c.  m.)  „dépoitriné",  la 
poitrine  nue  IV,  420. 

(se)  despenja  v,  a.  et  r.  (ds-*pëii- 
dïcare)  (se)  décrocher  II,  253. 

despiè  s,  m,  (  dsspëctam)  dépit  V, 
17  ;  en  despié  de  prép,  en  dépit 
de  XI,  438. 

despietous,  o  a.  (dïs-*pïetósum) 
impitoyable  V,  382.  VIII,  411. 

desplanta  v,  a.  {=  des  +  -planta) 
enlever  VIII,  95. 

desplega  v.  a,  (♦dïsplïcare)  dé- 
ployer IV,  480. 

desplego  s.  f.  {s,  -v,  de  desplega) 
déploiement  I,  521. 

desplesi  (=  desplase)  s,  m,  {du/r. 
déplaisir,  lat.  dîs-pl&cSre)  dé- 
plaisir IX,  385. 

despoudera  v.  a.  {de  des  +  ponde, 

V.  c,  m.)  énerver j  ôtér  le  pouvoir 
IV,  413;  p.  p.  éperdu  VI,  93. 

desponncha   v.  a.  (dîs-ptlnctare) 

épointer  IV,  203. 
despontenta  v,  a.  (dTs-*p5tentare) 

priver  de  ses  forces  I,  392.  X, 

369. 


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312 


GLOSSAIRE. 


despnîa  v.  a.  (d€-Bp51iare)  dépouilr 

1er  II,  30.  IX,  116. 
se  desranca  v.  r,  (dîs-rancare,  cp. 

arranca)  harnacher  VII,  433. 
se  desranba  t?.  r.  {de  des  +  ranbo) 

se  dérober  X,  292. 
desrosca  v,  a.  {de  des  +  msco, 

«U  c,  m.)  écoreer^  priver  un  arbre 

de  son  écorce  Vil,  11.  IX,  28. 
dessena,  do  a,  {de  des  4-  sen  sensj 

du  germ.  sin)  insensé  X,  352. 
(se)   dessepara  v,  a.  et  r.   (dïs- 

s^parare)  (se)  séparer  V,  274. 

XI,  395.  XII,  117. 
dessonto  prép,  et  a.  (dë-sûbtns) 

a)  prép.i  au-dessous  de,  sous 
IV,  171.  V,  35;  b)  adv,  dessous 

VI,  44.  —  s.  m.  le  dessous;  avé 
lou  d.  être  vaincu  IV,  94. 

dessus  prép.  et  adv.  (dé  snrsam) 
a)  prép.  sur   II,  104.    IV,  50. 

XII,  2%  etc.;   b)   adv.   dessus 

VII,  252.  —  en-dessus  de  prép. 
au-dessus  de  IV,  210.  X,  316. 
XIT,  20  etc. 

destapa  v.  a.  {de  des  -1-  tapa,  v.  c.  m.) 

découvrir  VIII,  171. 
destenèmbre  s.  m.  {s.  v.  de  des- 

tenèmbra,  lat.  dïs-memÔrTare) 

oubli;  pèr  d.  par  mégarde  lU, 

61. 
destepa  v.  a.  (des  +  tepo,  v.  c.  m.) 

brouter,  arracher  le  gazon  IV, 

40. 
desteta  v.  a.  (des-teta,  v.  c.  w.) 

sevi-er  IV,  332. 
destéulissa'i;.  a.  {de  dis  4-  tëgûlam) 

arracher  les  tuiles  VI,  476. 
destimbourla  v.  a.  {de  dis  4-  tym- 

pànum)  bouleverser,  troubler  V, 

11. 
destinado   s.  f.  (dëstïnatam)   de- 

stinCée)  VI,  174. 


destourba  v.  a.  (dïs-turbare)  trou- 
bler IX.  200. 

destouma  v.  a.  (dïs-*t5niare)  dé' 
tourner  VI,  401. 

destourne  s.  m.  {s.  v.  de  destourna) 
bouleversement  XI,  148. 

destousca  v.  a.  {de  des  +  tousca) 
V.  c.  m.)  proprem.  découvrir,  dé- 
nicher  sous  une  touffe;  dénicher, 
découvrir  H,  28.  IX,  164.  Xïï, 
427. 

destrantaia  v.  a.  (des  +  trantaia, 
V.  c.  m.)  /aire  trembler  VII, 
451. 

destrassouna     (=    destressouna) 

V.  a.  (destrïctïtïnare,  de  dsstrîn- 
gëre,  destrïctum  détourner,  dis- 
traire) orig.  détourner,  distraire, 
spécialem.  éveiller  en  sursaut, 
interrompre  le  sommeil  IV,  351. 
XI,  407. 

destrau  s.  m',  (dëxtrftlë)  ha<^e 
(d'armes)  I,  241. 

dèstre  s.  m.  (dëxtërum)  le  pas, 
mesure  agreste,  la  100'  partie 
de  Veiminado  (voy,  XII,  220 
note)  ;  à  grand  d.  rapidement  I, 
137,  à  grands  coups  IX,  261; 
d.  à  d.  pas  ,à  pas  VII,  515. 

(se)  destrena  v.  a.  et  r.  (dis- 
*tnnare,  cp.  trena)  se  détresser 

VI,  601. 

destria  v.  a.(dis-*trltare)  distinguer 

ni,  283. 
(se)  destroupela  v,  r.  {de  des*  + 

troupèu,  V,  c.  m.)  se  disperser 

X,  297. 
destrùssi  a.  et  s.  {du  v.  destruire 

détruire)   destructeur  VII,  480. 
desvaga,  do  p.  p.  et  a.  (♦dïsvS- 

gare)  divaguant,  e,  fou,  folle  IX, 

402.  ill,  442. 


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QL0S8AIRB. 


313 


desvaria  t?.  a.  (dïs-vàrïare)  égarer 

IX,  401;  déconcerter  XII,  222; 
p.  p.  et  a.  hagard  VII,  140. 

desrerdegaire,  o  a.  et  s.  {de  des- 
yerdega)  celui  qui  détruit  la 
verdure  IX,  48. 

desverdeja  (=  desverdega)  v.  a. 
(des  +  yerdeja,  v,  e,  m.)  cueil- 
lir UnU  vertf  priver  de  sa  ver- 
dure V,  91. 

dcsviergina  v.  a.  (de-*vïrgïnare) 
dévirginer  IX,  118. 

delt  s.  m.  (dïgïtnin)  doigt  I,  289. 
n,  165  etc. 

deteni  v.  a.  -^  Gr,  §  102  p.  141, 
—  (de-t8nere)  détenir,  retenir 
Xn,  157.  238. 

detras  adv.  de  L{á^tr^n8) derrière^ 
en  arrière  IX,  126. 

•déare  r.  auxil.  —  Gr.  §  107  p. 
151.  —  (*dëbëre  p.  dëbere)  de- 
voir I,  65.  15^.  261.  327.. V,  329 
etc, 

•devé  s.  m.  (dëbëre)  devoir  s.  m,  m, 
315. 

•deveris  (=  de-ver[s)  prép,  (de  + 
versus)   vers  II,  465.  III,  312. 

X,  194  etc. 

-devina  v.  a.,  n.  et  r,  (divinare) 

deviner  VIII,  280;  se  rencontrer 

I,  111.  n,  167. 
devinarèu,  ello  a,  (de  divinare  4- 

-ellum)  fatidique  VU,  636. 
•devisa  v.  n.  (*divl8are,  v.  fréqu. 

de  dividere)  deviser,  causer  I, 

99. 
•  -devoura,  devouri  v.  a.  (dçvôrare) 

dévorer  II,   235.  334.  IX,  114. 

X,  84  etc, 
diable  s,  m.  (diâbSlum)  diable  II, 

232  etc. 
diadèmo  s.  m.  (dîadëma)  diadème 

I,  10.  Vm,  84  eu. 


diamanlt  s.  m.  {de  ftd&maiita,  du 
gr.  àêâuaz)  diamant  X,  314. 

Diano  s.  /.  (Dïanam)  Diane  XI, 
414. 

dicho  s.f.  (dictam,  cp.  dire)  les  pa- 
roles I,  513. 

Dieu  s.  m.  (Dëum)  Dieu  1,  15.  33. 
106  eU. 

Dièuue  s.  m.  (euphémisme  em- 
ployé p.  Dieu)  Vn,  526. 

diferènlt,  o  a  (dïffërëntem)  diffé- 
rent^ e  I,  53. 

digne,  0  a.  (dîgnum)  digne  m, 
230. 

dimar|s  s.  m.  (dlem  Mftrtîs)  mardi 
m,  276. 

dimenchaUj  alo  a.  (*d5minîcslem) 
de  dimanche^  dominical  VI,  322. 

dimenche  s.  m.  (dOminîcum,  se. 
diem)  dimanche  II,  427.  VIII, 
360. 

dina  V.  n.  et  s.  m.  (dïs-*jtlnare 
p.  dïs-j6jtinare)  dîner  V,  130. 

dinda  v.n.  (tïnnïtare,  onom.)  tinter 
I,  398.  490.  n,  20.  Vni,   257. 

dindin  s,  m.  (tïntïnnum)  tintement 
VIII,  403. 

dindoule[t,  o  a,  [du  v.  dindoula 
se  balancer;  cp.  Vit.  dondolare, 
le  lot.  ùndûlare)  grêle  a.  V,  52. 

din[8  pi'ép.  (dç-ïntus)  dans  1, 2. 16. 
31.  60.  77.  162  etc. 

dintre  prép.  (dë-ïnter)/îanrt»,  dans^ 
dedans  I,  478.  II,  318. 

Dio  s.  /.,  n.  de  l  (Dea  Vocon- 
tiorum)  Die  (Drôme)  III,  244. 
F.  note. 

di,  dis  V.  loa. 

dire  V.  n.  et  a.  -  Gr.  §  108  p.  158. 
—  (dïcëre)  dire.  Pr.  Ind.  dise 
etc.  VII,  1.  n,  49,  XII.  241.  I, 
293.  —  Impft.  Ind.  disiéu  etc. 
I,  524.  —  P.  d.  digue  etc.  I, 


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314 


OLOSSAIRE. 


45.  80.  107.  185  -  Pr,  Sbj.  et 
Impér,  digne  etc.  VII,  67.  IX, 
34.  -  P.  pr.  XI,  370.  --  P.  p,  di, 
dicho  I,  228.  Xn,  150.  242.  249. 
dire  8.  m,  (id.)  le  dire  III,  351. 

X,  318. 

disavert,  o  a.  (dis-àpertum)  éveillé 

II,  75;  éc&rveU  IX,  13. 
disciple  8,  m.  (discipûlum)  disciple 

XI,  217. 

discours  8.  m.  (discûrsam)  discours 
X,  p,  202. 

disforme,  o  a.  {de  dsfórmem)  avec 
changement  de  préfixe)  difforme 
IX,  96. 

divèndre  s.  m,  (diçm  Vënëris) 
vendredi  yjll,  284.  II,  332. 
Voy,  note. 

divertissènço  8.  /.  (*divert-iss- 
Sntïam,  de  divertëre)  diver- 
tissement, éhaudissement  III,  23. 

dÌTesso  s.f.  {de  dTv[um]  +  -issam) 
déesse  XI,  249. 

divin,  0  a.  (dlvinum)  divin,  e  H, 
96.  Vm,  241.  X,  294. 

donno  s.  f.  {s.  V.  de  dourmi)  som- 
meil IX,  95. 

dos  V.  dons. 

doto  s.  /.  (dotem)  dote  IV,  293. 

d6n  V,  Ion. 

don  s.  m  {s.  v.  de  dònre,  lat.  *do- 
lëre  p.  dolsre,  —  cp.  Gr.  §  107 
p.  153.  —  V.  aussi  donlènt)  deuil 
xn,  430. 

double,  0  a.  (dûplum)  double  I, 
175.  IX,  334. 

donblen  s.  m.  {de  double)  houvillon 
de  deux  ans  IV,  337.    V.  note, 

doubli,  doublis  s,  m.  {de  dûplTcem) 
charrue  tirée  par  deux  bêtes  IX, 
94. 

douçamen  adv.  {de  dnlcia  mente) 
douce^nentY,  56.  VIII,  262.X,  306. 


doncile.  o  a.  (dôcîlem)  docile  VU, 

124. 
D6nfinen,  co  a.  et  s.  (*d6lphln- 

incum)  dauphinois,  e  IV,  41. 
dongan  s.  m,  {de  dougo)  bergey 

rivage  VIII,  342.  X,  44. 
donge  n.  de  n.  (dQ&dëcïm)  douze 

n.  250.  Vin,  193  etc. 
dongeno  s.f.  (donge  +  -€nam)  doit- 

zaine  VI,  475. 
dongo   s.f.  (dogam  vase,  mesure) 

berge  V,  557.  XI,  212. 
donire  s.  m.  (dolinm)  broc,  buire 

IV,  .35.  VII,  254. 

donlèn[t,  o  p.  pr.  de  dònre  (cp. 
don),  a.  et  s.  dolent,  faisant  mal 
VI,  24.  VIII,  334.  X.  178.315. 

se  donlonira  v.  r.  {de  *d5loriare)  se 
lamenter  XII,  208. 

doulour   s,  f   (dôterem)   douleur 

V,  497.  X,  194.  XI,  98  etc. 
donlonrons,  o  a,  (dÔlDrOsnm)  dou- 
loureux VI,  579.  XII,  420  etc. 

donmaine  s.  m.  (domininm,  b.  lai. 

d&mftnînm)   domaine  Xn,    79. 
Doumas  n.  de  fam.  (=  don  mas, 

V.  c.  m.)  Adolphe  Dumas,  poète 

provençal  VI,  74.    F.  note. 
donmina  v.  a.  (*d&mïnare  p.  d9- 

mïnari)  dominer VI,  627.  XI,  385. 
donmta  v.  a.  (d^mitare)  dompter 

II,  404.  IV,  431  etc. 
donmtaire  s.  m.  (dGmîtfttor)  domp- 
teur IV,  432. 
doun  s.  m.  (donum)  don  s.  m.  Xn, 

80. 
donna  v.  a.  (donare)  donner  1, 17. 

106.  409.  456  etc. 
donne  adv.  et  conj.  (donîqnë)  donc 

I,  151.  II,  58.  284  etc. 
donrgneto  s.  f.  {dim.  de  dourgo, 

lat.  de-orcam)  petite  cruche  HL 

180. 


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GLOBSÀiBE. 


315 


donnni  v,  n.^Gr,  §  102.  p.  139. 

—  (dSnnire)  dormir  1, 186.  IV, 

171.  Vm,  158.  327;  droiq  TI, 

385  etc. 
donnnido  a.  /.  («.  v.  de  donnai) 

sommea  VIII,  158. 
dourmìhoas,  o  a.  (de  donrmi)  fa- 
tigué X,  37. 
dons,  doB  n.  de  n.,  m.  et  f.  (dûDs, 

dtiSs)  deux  1, 60. 97. 267. 320  etc, 
dons,  doaço  a.  (dûlcem)  doux,  ce 

1, 171.  272.  II,  108.  IIÍ,  360  etc. 
dònsso   (=  dolso,  donolso)   s.  f. 

(vpr.  dolsa,  ^or.  celt.ì)  gousse 

YI,  618;  épi  Xn,  89. 
douta  V.  n.  (dflbitare)  douter  V, 

503. 
dontanço   s.  /.   (*dtíbTt-antíam) 

douie  8.  m.  JIl,  90. 
dÓQtonr  s.  m.  (dSctOrem)  docteur 

XI,  29. 
dÓQtriiio  «./.  (dSctrlnam)  doctrine 

XI,  323. 
li  Dra  (=  Dra[c)  8.  m.  (dr&conem  ?) 

les  Dracs,  lutins,  en  Languedoc 

et  en  Velay  VI,  475.     F.  note. 
drai  s.  m.  (♦trágùm  filet)  crible 

VI,397;i?anVm,383.  V.note. 
draieto  s.f.  (dim.  de  draîo)  sentier 

VI,  180.  X,  372. 
draio  s./,  (trftgam?)  chemin  rural 

m,  4.  IX,  41.  XII,  9. 
draiolo  s.f.  {de  draio)  sentier  II, 

18. 
draiòu  s.  m.  (irf.)  V,  31.  IX,  255. 

X,  296.  B75. 
dralp  s.  m.  (drappum)  drap  VI, 

413. 
drapèu  s.  m.  (*drapëIlaiD)  drapeau 

IX,  252. 
dre,  drecho  a.  {dtîctump.  dlrëctnm) 
droit,  e  vm,  317.  IX,  320.  XII, 
326  etc. 


dre  adv.  (id.)  droite  debout  I,  223, 

IX,  24.  68  etc.;  (à)  dre  de  prép., 

vis-à-vis  de,  devant  H,  195.  IV, 

122. 
drecbiero  »./.(d«  drecho  +  -ftrîam) 

droite  ligne,   chemin  direct  IV, 

127. 
(se)  dreissa  v.  a.  et  r.  (♦drïctia) 

(sej  dresser  IV,  67.  X,  73.  XI, 

446  etc. 
drôle  s.  m.  (or.  inc ,  p.-ê.  du  germ.; 

cp.  Dz.  564)  drôle,  garçon  I,  40. 

122.  II,  42.  III,  27  etc. 
drom  V.  doormi. 
dronlatf  s.  m.  {de  drôle  +  suff. 

augmentatif)  garçon  IV,  21. 
dronlonn   s.  m.  {de  drôle)  garçon 

n,  69.  VIII,  323.  423  etc. 
drn[d,  do  a.  {p.-ê.  du  celt.  dlûto) 

dru,  luxuriant  VII,  172;  fécond 

VIII,  312. 
duber[t,  duerb  etc.  v.  durbi. 
dur,  0  a.  (durum)  dur,  e  I,  421, 

II,  201.  XI,  459  etc. 
dur    adv.  {id)  ferme^  durement  I, 

215.  239  eu. 
dura  V.  n.  (dtirare)  durer  I,  266. 

in,  362. 
durbi  V.  a.  --  Qr.  §  102.  p.  140. 

—  (dô-Ôp6rlre)  ouvrir  VI,  42. 

VIII,  63.  183.  242.  X,  300.  XI, 

253.  XII,  11   etc.;    dubert,   o 

p.p.  ouvert,  e  VI,  546.  XI,  253 

etc. 
durençado  s.f.  (de  Durènço  [v.  c.  m.] 

+   -fttani)    débordement    de    la 

Durance  VI,  73. 
Durènço  s. f.ÇDTìXentìBm)  Durance, 

affluent  du  Rhône  III,  176.  XI, 

501  etc. 
Durençolo  s.f  {de  Durènço)  Du- 

rançolef,  bras,  canal  déf*ivé  de 

la  Durance  X,  4. 


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316 


OLOBBAHUB. 


E 


•e  eonj.  copulative  (et)  et  1, 12. 32. 69. 

98  ;  mais  (après  nonn)  XI,  322. 
•egan,  egalo  a.  (aeqnslem)  égal,  e 

IX,  45;  senso  egan  sans  pareil 

n,  272. 
Egito   «. /.   (Aegyptum)    Egypte 

VII,  504. 

ego  s.f.  (ëquam)  cavale  I V ,  19. 202. 
eiça   adv.  de  l.  (ëccë  hftc)  de  ce 

côté-ci  II,  43.  XII,  280. 
eici  adv.  de  l.  (ëcce  hic)  ici  IV, 

460.  X,  221. 
■eiçò  pr,  dém.  (ëccë  hÔc)   ceci  I, 

185;   coame   eiçò   comme  cela^ 

ainsi  II,  224  etc. 
«igagno  s./,  (ftqnfinëam)  rosée  I, 

102.  1B9.  VIII,  162  etc, 
•eigagnolo  s.f.  (de  eigagno)  rosée 

II,  298.  X,  177. 
•eigalons,  o  a.  (l'&qnalDsnm)  humide 

XI,  192. 
«igloan  s.m.  (de  aiglo,  ^a^.fiqnîlam) 

aiglon  XI,  21. 
(8')eigreja  v.  a.  et  r.  (de  aigre,  lut. 

ftcrem)  (se)  soulever  VIII,  182. 

VI,  420.  IX,  97. 
eiguèstre,  o  a.(*aqii-estrein)a^tteua;, 

liquide  V,  562. 
«igaeto  s.  f.  (dim.  de  aigo)  onde, 

eau  peu  profonde  III,  181.  425. 

VIII,  250. 

•eila  adv.  de  l.  (eccii[in  ïl]lac)  de 
ce  côté -là  L  46.   XII,  220  etc. 

«ilalin  adv.  de  l.  (eila  +  alin,  du 
lot.  ëccam  îllsc  îlUnc)  au  loin 
I,  221.  IV,  473.  XI,  10.  73  etc. 

a)  eilamoundaut  adv.  de  l,  =  b) 
eilamoant  (=  eila-monnt-ant, 
lat.  *ëccuin  iUfic-mÔntem-altum) 
là 'haut,  sur  cette  hauteur -là; 


ad  a)  I,  368;  ad  b)  II,  31.  IX, 
69.  X,  189. 

eilavan  adv.  de  l.  (ëccom  îU&c 
vallem)  là 'bas  VI,  466.  Vni, 
432.  X,  377.  380  eU. 

èime  s.  m.  (*8e8tîin-iim,  t.  Du  C.) 
opinion,  jugement;  à  bel  èime 
avec  largesse,  à  profusion  TH. 
65.  XI,  26. 

eiminado  s.  f.  (*faemm-Stam)  ar- 
pent de  terre  qu'on  peut  etm- 
mencer  avec  une  hémine  de  hlé. 
héminéeY,2^.Yn,2aO.  V.naU. 

eimino  s.  /.  (heminam)  hémne, 
boisseau  VU,  226.    F.  note. 

eina[t,  einado  a.  (ftotiiifl  n&tiun 
aîné  VIT,  696. 

einorme,  o  (=  énorme)  a.(ëDonDem. 
de  ëz  normS)  énorme  IX,  97. 

eiròu  (=  ieròu)  s.  m.  (♦Srèôlum. 
dim.  de  ftrëam,  ep.  iero)  airée 
IV,  259.  VIII,  349.  374. 

eisèmple  s.  m.  (ëxëmplnm)  exemple 
VI,  638. 

eisino  s.  f.  (vpr.  aizina,  de  *ad- 
-atîare  rendre  utile,  açréabU, 
du  germ.  as&tia,  azStî  eommodiit^ 
ustensile^  panier  I,  136. 

eisistènci  s.  f.  (*ëxist-entïaiDi 
existence,  vie  XI,  310. 

eissama  v.  n.  (ëxfiminare)  essaimer 
II,  231. 

eissame  s.  m.  (ëx&meii)  essaim  I. 
91.  IV,  14.  IX,  127  etc 

eisservo  s.  f.  (de  êi,  es  particule 
privative  [lat.  ex],  +  serva,  lat. 
servare)  direction  que  suit  vu 
navire  dans  sa  route;  courre  U 
bello  eisservo  ne  plus  obéir  an 
gouvernail,  aller  au  gré  du  tent 


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GLOSSAIRE. 


317 


XI,  16;   à  la  bello  eisservo  de 

la  mar  à  la  merci  des  ftoU  XI, 

p.  217. 
eissiéa  8.  m.  (fixicttlmn)  essieu  IX, 

404. 
çissTi,  cho  a.  (ëz-stLctum)  desséché 

vn,  93. 
eissuga  10.  a.  (ex-sacSre)  essuyer 

a)  =  sécher  VI,  698.  X,  119. 

b)  fig,:  supporter^   endurer  I, 

a%. 

elemen  s.  m.  (ëlëmentnm)  élément 

IV,  226. 

elo  pr,  pers.  3*  p,  sg,  /.  (ïllam) 
elle  I,  532  etc.;  éli  pi  m.  et  /. 
(îllos,  illas)  eux,  elles  I,  471.  Il, 
189;  elo-memo  elU-mème  VIII, 
66. 

emai  conj.  et  adv.  (et  m&gis)  et, 
et  de  plus,  et  même  I,  19.  189. 
II,  169.  260  etc.  —  conj.  quoi- 
que, bien  que  I,  8.  X,  246 
eic. 

embaima,  v,  embauma. 

embala  v.  a.  {de  balo  halle,  du  gr. 
.TrdUa)  charger  VII,  91. 

embalnn  s.  m.  {de  embala)  masse 
IX,  66. 

embandi  v,  a.  (in  +  bandi,  v.  c.  m.) 
chasser  VH,  136.  XI,  47  eU. 

embardassa  v.  a.  {de  bard,  v>  c.  m.) 
jeter  bas  violemment  IV,  219. 

8*embarliica  v.  r,  (în-bîs-lucare) 
^éblouir  n,  429. 

s'embaragna  v.  r.  {de  baragno 
clôture,  cp.  le  catah  barana,  et 
l'esp.  haiHJiáa,]  d*or.  indienne?) 
s'emprisonner  III,  48. 

(s*)embarra  v.  a.  et  r.  (in  +  barra, 

V,  c.  m.)  envelopper,  (s^)enfermer 
I,  459.  IV,  350.  IX,  2.  61 
etc. 


embassado  s.  f.  (*fimbftctîAtam,. 
de  âmbâctum,  <i'or.  celt^  am- 
bassade XI,  368. 

embauma,  embeima  v.a.etn.  {de 
baame,  lat  ba][sa]mQm)  embat^ 
mer  VIIÍ,  139.  m,  362. 

embessonna,  do  p.  p.  et  a.  {de 
besBOun)  réunis  comme  deux 
jumeaux  II,  308. 

emblanqnesi,  ào  p.  p.  {de  blanc)v 
blanchi,  e  I,  341. 

embonca  v.  a.  (*ïmbùccare)  em- 
boucher V,  196. 

emboucadnro  s,f.  (*ïmbticcStaram)' 
embouchure,  ouverture  II,  202.^ 

embooi  s.  m.  (rfeen-+boni,f?.c.m.). 
pêle-mêle  VI,  549. 

embonrgina  v.  a.  {du  s.  bonrgin 
bregin^  b.-lat.  braginum  filet  de 
pêche^  or.  tnc.)  prendre  dans  le 
bregin,  enlacer,  entoriiller  IV, 
10.  XI,  412. 

embonrigo  s.  /,  (♦tlmbïllcam  p^ 
limbïllcum)  nombril  VI,  450. 

embournia  (=  embonrgna)  t^.  a. 
(en  +  borgne,  d^or.  encore  dou- 
teuse; cp.  Dz.  60;  Scheler,  s. 
borgne  et  Kôrt.  1268)  aveugler,, 
eborgner  I,  268. 

s'emboursa  v.  r.  (*ïmb1irBare,  du 
gr.fivçna  cuir  ^  peau)  s^  engouffrer 
VI,  392. 

embrassa  v.  a.  (ïn-brfichïare ,  v. 
bras)  embrasser  I,  486.  II,  305. 
III,  464  etc. 

embreca  v.a. {de  en  +  breca briser,, 
du  goth.  brikan)  ébrécher  IX, 
398. 

embreniga  v.  a.  ("'imbranlcare,  du 
celt.  bran  bran,  son)  broyer  V, 
189. 

embria  v.  a.  (gbrïare)  enivrer  II,. 
352.  XI,  488. 


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318 


GLOSSAIRE. 


«mbriagadisso  s.  /.  {de  embria) 
ivresse  XI,  246. 

•embriaigo  (=  embriago)  a.  et  «. 
(Sbriâcum)  ivre,  ivrogne  II,  356. 

s'embrounca  v.  r.  (*împiîïnïcare) 
broncher  V,  536. 

:8'embruma  v.  r,  (ïn-*brQmare,  de 
bmmam)  s'assombrir  IV,  229. 

embnga  v.  a.  {de  rit.  imbucare, 
du  gertn.  bnkon  ;  cp.  bagadiero, 
bugado)  coTrtbuger  VII,  504. 

-embala  v,  a,  (im-*bûllare)  abuser 
XII,  40. 

•embnscun  s,  m.  {du  v.  embusca, 
de  bnsc  broussailles)  algues  qu*on 
enlève  d*un  cours  d'eau  (propr.  : 
les  buissons  qu'on  ôte)  V,  128. 

^mé,  em*  prép.  (ápùd,  cp.  vpr.  ab, 
amb)  avec  I,  40.  44.  113.  123. 
149.  273.  431  etc.;  em'  acò,  'm* 
acò  avec  cela,  puis  VIII,  269. 
IX,  374  etc.;  conj.,  au  lieu  de 
la  conj.  e  et,  devant  un  inf.  VII, 
215. 

-empacha  v.  a.  (*impâctare)  em- 
pêcher VI,  319. 

empachatièu ,  ivo  a.  (*iinp2Lctat- 
Ivum)  embarrassant  IV,  91. 

•empalissa  v.  a.  {de  en  +  palis, 
V.  c.  m.)  ceindre  X,  110. 

s'empalnna  v.  r.  {de  en  +  palun, 
V.  c.  m.)  s'enfoncer  dans  les 
marais  X,  428. 

8'empara  v.  r.  (ïm-parare)  s'em- 
parer IX,  269. 

«mparadisa  v.  a.  {de  în  +  párft- 
disum)  laisser  entrer  au  paradis 
II,  379. 

«mparo  s.  f.  {s.  v.  de  empara) 
rempart  I,  48. 

«mpassa  v.  a.  {de  en  -|-  passa)  faire 
avaler,  ingurgiter  IX,  416. 


B*empega  v.  r.  (ïmpïcare)  se  coller 

I,  351. 
empegnèire  s.  nu  {du  v.  empegne, 

ïmpingëre  pousser  —   cp.  Gr. 

§  109.  p.  162)  celui  qui  pousse, 

agresseur  Y,  289. 
empento  s.  f  {s.  p.  de  empegne, 

V.  le  mot  précéd.)  gouvernail  I, 
256. 

emperaire  s-,  m.  (impërfttor)  em- 
pereur XI,  216. 

emperairis  s.  f.  (ïmpërâtricem) 
impératrice  III,  135. 

s'emperesi  v.  r.  {de  en-  +  pereso 
paresse,  lot.  pïgrïtïam)  Ralentir 
VII,  21. 

empèri  s.  m.  (ïmpSrïum)  empire 
III,  131.  XI,  229. 

empesonli  v.  a.  {de  peson  pou,  lot. 
♦pëdiSclilum  p.  pedïcùlum)  in- 
fester (de  poux)  IX,  271. 

empestela  v.  a.  (ïn-pistïllare  pous- 
ser la  pêne  de  la  serrure)  em- 
prisonner V,  471. 

empielonna  v.  a.  {du  s.  pielonn 
pilier^  du  lat.  p5lam)  étayer  par 
des  piliers  I,  47. 

empirèio  s.  f.  (ëmpyrëam,  du  gr. 
ìtmviHoz)  empyrée  VIII,  253.  X, 
407.  XI,  530. 

s'emplana  v.  r.  (*ïm-plfinare,  de 
plfinum)  aller,  se  perdre  dans 
la  plaine,  planer  II,  322.  VII, 
472.  574.  XI,  115  etc. 

emplega  v.  a.  (ïmplîcare)  employer 

VI,  269. 

(s')empli  V.  a.  et  r.  (*ïmplire  p. 
ïmplgre)  {se)  remplir  II,  458. 
III,  11.  XII,  210.  IX,  409  etc. 

empourta  v.  a.  (înde-pbrtare)  em- 
porter I,  463.  IV,  432.  IX,  343 
etc. 


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GLOSSAIRE. 


319 


emprecacioun  «.fn.(iiDprëcatï5nem) 
imprécation  VII,  p.  139. 

empresouna  v.  a.  {de  presonn,  v. 
c.  m,)  emprisonner  V,  128. 

empriina  v.  a,  (ïmprîmare,  mot 
lettré  p.  ïmprïmëre,  qui  a  donné 
empre^e)  imprimer  VI,  587. 

empnra  (=  empusa)  t;.  a.  (*ïtii- 
pûlsare,  cp.  Vesp.  empnja)  at- 
tiser VI,  315.  VIII,  199. 

en  prép.  (ïn)  en  ;  marquant  le  lieu, 

a)  le  repos:  I,  38.  XI,  273  etc.; 

b)  la  direction  dans  l'espace:  I, 
41.  92  etc.;  au  fig.:  I,  11.  - 
devant  le  p.  pr.  pour  former  le 
gérondif:  I,  99.  I,  161  etc. 

en,  n^en  et  rC  devant  les  voyelles, 
adv.  pronominal,  remplaçant  le 
génitif  d^un  pr.  pers.  de  la  3* 
p.  sg,  et  pL  (ïnde)  en  I,  7.  95. 
307.  327  etc. 

enaigo,  v.  eneiga. 

énamoura,  do  p.  p,  et  a.  (in- 
♦àmorâtnm)  énamouré,  e  VI,  3. 

8*enana  v.  r.  (de  en  +  ana,  v  c.  m.) 
s'en  aller  I,  326.  VII,  535.  X, 
189.  Xll,  21  etc. 

s'enarca  v.  r.  {de  ïn  +  -ârcnm)  se 
dresser,  se  cabrer,  élever  sa  voûte 
V,  136.  450.  Xi,  139.  XII,  66. 

(B')enaura  v.  a.  et  r,  (ïn-*aurare, 
de  anram  petit  air)  (^)élever  II, 
138.  VI,  171.  IX,  171  etc. 

(8)enanssa  v,  a,  et  r.  (in-âltiare) 
exalter  III,  234.  enlever  XI,  481  ; 
s'élever  XII,  10  etc. 

enayan[s  s.  m,  (en  -^  avans)  éner- 
gie, entrain  IX.  235. 

enca  adv.  de  t:  {àbrév.  de  encaro, 
V.  c.  m.)  encore  I,  302.  505.  H, 
62  etc. 

encabana   v.   a.   (In-i'câbannare, 


de  c&bannam)  recouvrir  comme 
une  cabane,  CanisBO  encaba- 
nado:  claie  de  roseaux  oii  la 
bruyère  en  berceaux  s^entrelace 
III,  30. 

encabestra  v.  a.  (în-càpTstrare, 
de  càpïstrum  muselière)  enche- 
vêtrer IV,  216. 

enca! oarna  v.  a,  {de  en  +  cafourno, 
i'.  c.  m.)  ensevelir  V,  460. 

(8)encagna  v.  a.  et  r,  {or.  inc; 
de  cagno  chienne?)  irriter  VI, 
414;  s'irritei'  XI.  36. 

engagnamen  s.  m.  {de  encagna) 
irritation  VII,  p.  139. 

encamba  v.  a,  (''Inc&mbare ,  de 
cambo)  enjamber  Y,  273.  IX,  87. 

encanta  v.  a.  (*Tnc&ntare)  enchanter 
II,  112. 

encantarèu,  ello  a.  et,  s.  {de  en- 
canta) enciianteur,  eresse  II,  421. 
VI,  561. 

encantnna  v,  a,  {de  encanta?) 
courroucer  VI,  478. 

encapa  v.  a,  (ïn-*cápare,  de  cá- 
pût)  mettre  dans  sa  tête^  com- 
prendre, recevoir  sur  sa  tHCy 
atteindre  IV,  421.  VIII,  325. 
XII,  167. 

encapela  v.  a.  {de  en  +  capèn) 
propr.  couvrir  d'un  chapeau, 
d'une  voûte  X,  299. 

encaro  {v,  enca)  adv.  de  t,  (âtqnë 
hac  horfi)  encore  I,  539.  II,  99. 
IX,  355.  X,  311  etc, 

s'encastra  v.  r.  (*ïncastrare  ;  p.-ê. 
du  goth,  kasta)  rentrer  au  parc 
VI,  355. 

encaaso  s.f.  (ïn  +  causam)  cause^ 
motif  II,  377,  VIII,  25. 

s'encavanca  v.  r.  (en  +  cavanca, 
V.  c.  m.)  monter  à  cheval,  mon- 
tpr  l'un  sur  Vautre  XII,   121. 


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320 


GLOSSAIRE. 


encèn[s  s.  m.  (Tncensum^  scil.  thus) 
.  encens  VI,  518,  XI,  255. 
encentara  v.  a.  (de  en  +  centnra, 

V,  c,  m.)  ceindre  V,  140. 
enchaple  (=  encap)  s.  m.  (î.  r.  de 

enchapla  rebattre  le  tranchant 
de  la  faux,  lot.  càpûlare/ra/^pcr; 
cp,  chaple,  chapladis)  marteau 
qui  bat  la  faux^  martelage  de 
la  faux  I,  260.  IX,  267. 

8*enchaure  v,  r.  et  impers.  —  Gr, 
§  79  p.  113.  —  (ïndë-*cèLlere 
p,  càlsre)  se  soucier  II,  393.  V, 
165;  que  m'enchan?  que  m'im- 
portée  VI,  213. 

enchuBcla  v,  a,  (ïn-*[lá]ctûciilare) 
engourdir  le  poisson  avec  le  suc 
de  V euphorbe  (lachasclo)  griser, 
enivrer  II,  406. 

enciéncla  v.  a.  (ïn-cïrcîllare)  en^ 
cercler  XI,  276. 

encimela  (=  encima)  v,  a.  {de 
cimo,  V.  c.  m.,  cp.  Vesp.  encima) 
hisser  XI,  166;  i>.  p,  encimela, 
do  à  haute  cime  V,  205. 

enclari  i?.  a.  (ïn-*clfirire)  éclairer 

VI,  247. 

(sOenclanre  v.  a.etr.  —  Gr.  §  108. 
p.  159.  —  (ïn-claudëre)  (s'M' 
clore,  enfermer,  ensorceler,  en- 
sevelir V,  530.  XI,  307  etc.; 
enclau[B,  o  p.  p.  et  a.  enclos, 
enfermé  H,  376.  V,  163.  VI, 
439;  immobilisé  comme  par  un 
charme  XI,  138. 

(s')encliicha  (=  encucha,  cacha) 
V.  a.  et  r.  (ïn-côllôcare)  entasser, 
(s')aocumuler  V,  300. 

s'encoucourda  v.  r.  {de  en  +  cou- 
coordo  courge)  au  propre  :  acheter 
une  courge  pour  un  melon;  au 


figuré:  se  tromper,  se  mal  ma- 
rier VII,  420. 

s'encoufa  v.  r.  {de  en  f  couio 
manne,  cabas,  du  lot.  cOphlnom, 
gr.  xôtpivoz  corbeille)  se  presser 
pêle-mêle  (propr.  comme  dans 
une  manne)  VI,  382. 

enconntrado  s.  f  (în-*contr&tam) 
contrée  I,  293.  XI,  312. 

encoaroona  v.  a.  (en  +  conronna, 
V,  c.  m.)  couronner  XI,  141.  254. 
XII,  24. 

s'encourre  v.  r.'-Gr.§  106.  p.  148. 

—  fuir  XI,  60.  XII,  147. 
encoarroassav.o.  (ïn-*cOrrùptïare) 

courroucer  IV,  a33. 

encrèire  (=  acrèire)  v.  a.  —  Gr. 
§  107.  p.  157.  —  (ïn-cr6dëre) 
setdem.  à  Vinf  dans  la  loc.  faire 
encrèire  faire  accroire  III,  291. 

&  rendayan[s  de  prép.  (ïn  de  &b 
â.ntë)  devant,  au  devant  de  IV, 
379,  V,  29.  XI,  205  etc. 

endemonnia  v.  a.  (ïn-*daem5nïare) 
rendre  démoniaque,  endiahler  IV, 
423.  VI,  462. 

s'endeveni  v.  r.  —  Gr.§  102.  p.  141 

—  (*ïn-dëvgnïre)  s'accorder  ni, 
233. 

endevenidou  s.  m.  {de  endeveni 

advenir)  avenir  s.  m.  VI,  591. 
endigna  v.  a.  (ïndîgnare)  indigner 

XI,  266. 
endignacionn  s.f.  (ïndïgnationem 

indignation  VII,  462. 
endiha  v.  n.  {vpr.  endilha,  origine 

inc.)  hennir  IV,  231. 
endoalible  s.  m.   {de  dlltiyïalem) 

déluge  IV,  237.  ' 
(s')endourmi  v.  a.etr.  —  Gr.  §  102 

p.  139.  —   (m-dônnïre)  (s^Jen- 

dormir  II,  3.  XI,  6  etc.;  èstre 


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(ÏLOàSAlBË. 


â2i 


pas  endoiinm(do)  être  dêgour- 

di(e)  n,  81. 
endonisa  «.  a.  (în  -  *dôrsare,   de 

dSrsmn  dod)  éreitUer  de  coups 

VI,  614. 
endôutrina  t^.  a.  (în-dôctrinare)  en- 
doctriner VII,  378. 
endraia  v,  a,  {de  en  +  draio,  v. 

c,  m.)  mettre  dans  la  voie  IV,  47. 
endré  s.  m.  (ïn-*drïctllm  p.  ïn- 

dlrgctnm)  endroit  I,  329.  m, 

140.  XI,  406. 
enebi  v.  a.  (ïnhïbere)  interdire  IV, 

297. 
s'eneiga  v,  r.  {de  en  +  aigo,  v.  c,  m.) 

se  liquéfier  X,  104. 
enfada  t;.  a.  (ïn-*ffitare)  enchanter 

VI,  566. 
enfanço  s.  /.  (Inf&ntiam)  enfance 

IX,  212. 
ex)fan[t   s.   m.   (inf&ntêm)    enfant 

I,  361.  II,  388. 
enfanta  v.  n.  et  a.  {de  enfant)  «n- 

fanter  VII,  628. 
enfantonn  s.  m.  {id.)  petit  enfant 

VI,  462.  Vni,  267. 
enfantonli,  do  a.  {id.)  enfantin,  e 

VI,  302,  XII,  104. 
enfantoune[t  s.  m.  et  a.  {id,)  petit 

enfant  I,  375.  382.  X,  366  etc. 
s'enferouna  v.  r.  {de  en  -h  feroun, 

v.  c,  m.)  se  mettre  en  colère  X 1, 27 1 . 
enfèrri  s,m.  {s.  v,  de  enferria mettre 

aux  fers)  entrave  VII,  438. 
enfiela  v.  a.  {de  en  4  Ma,  v.  c. 

m.)  enfiler  IX,  322. 
enfin   adv.  de  t.  (In  finem)  enfin 

I,  238.  X,  417.  XI,  185  etc, 
enfiouca  v.  a.  (ïn-fÔcare)  enflammer 

1,17. 
(s')enfloara  v.  a.  et  r.  (ïn-*íìDrare) 
s^enfleurer,  se  parer  de  fleurs 

II,  170.  IV,  402.  Xn,  216;  en- 


flonra,  do  p.  p.  et  a.  (ayant) 
le  teint  fleuri  Vm,  274. 

s'enfonnsa  v.  r,  (ïn-*ftlndïtïare) 
i^enfoncer  V,  256. 

s'enfoorgonna  v.r.  (ïn-*fî$rciDnare, 
(20*f5rciDnem)  s^introduirecomme 
un  fourgon,  ^engouffrer  VI, 
244. 

enionrnian  s,  m.  («.  v.  de  enfonmia, 
de:  en  foro  nis)  en  dehors  du 
nid  n,  289. 

enfrejouli  t?.  a.  {de  en  +  fre,  frejo, 
lai.  ïn-*frïgï-dûlire)  rendre  fri- 
leux^ transir  XI,  278. 

s'enfrenisa  (=  s'enfriénna)  v,  a. 
{de  en  +  fren,  frioan  vermfyu- 
lure,  cp.  le  vpr.  liximi  froisser ^ 
h,-lat.  fmnire,!».  Dz,  691,)  broyer, 
émietter  VII,  244. 

s'enfresqneira  v  r.  {de  fiesc)  fraî- 
chir II,  459.  V,  118. 

engàmbi  s.  m,  {de  en  -f  gàmbi, 
V.  c.  m.)  entrave  Vm,  348. 

engana  v,  a.  (*îngannare,  du  germ. 
ganja;  cp.  K^rt.  3589)  tromper 
XII,  361. 

enganeto  s,  f,  dim.  {de  engano) 
salicorne  X,  181. 

engano  s.  /.  {s.  v.  de  engana) 
ruse  V,  371. 

engano  (=  lengano)  s.f  {Tris.: 
h.-lat,  langana,  lagana  maré- 
cage, Du  C.)  salicorne  IV,  342. 
X,  58.  XI,  207  etc. 

engarbeirounaire  s.  m.  {de  engar- 
beirouna,  v.  garbeiroon)  en- 
tasseur  de  gerbes  IX,  195. 

engarda  v.  a.  (ïn  +  germ.  wardôn) 
garder,  veiller  sur  II,  38. 

s'engimerra  v.  r.  {de  en  +  gimerre, 
V.  ç.  m.)  s^opiniâtrer,  se  re- 
chigner, (propr.  se  cabrer  comme 
un  jumartj  I,  263. 

21 


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322 


GLOSSAIRE. 


engipa  v.  a.  (ïn-'gypsare)  plâtrer, 
couvrir  (les  vers  à  soiej  d'une 
mùississureblanchein.jM.  Voy. 
m,  60  fwte. 

englouti  V,  a.  (ïnglttttire)  engloutir 
XI,  152. 

engoala  v.  a.  (Tn-*gûlare,  de  gtl- 
lam)  engouler  VI,  482. 

s'engourga  v.  r.  (*ïngilrgare,  de 
gûrgam)  ^engouffrer  V,  39.  XI,  * 
269. 

engrana  v.  a.  (ïn-*grfiiiare  ré- 
duire en  graine,  de  granam) 
écraser  XI,  40. 

engranaia  v,  a.  {de  en  +  granaio 
grenaille,  de  gran,  v.  c.  m.) 
percer  de  ses  plombs  X,  160. 

engran  s.  m.  {s,  «.  de  engravii, 
de  l'ail,  graben)  gueule  immense 
V,  526. 

engrana  v.  a.  (de  en  -f  germ.  krûma 
mie  de  pain)  écraser,  broyer  V, 
276. 

s'enintra  v.  r.  (ïn-ïntrare)  se  re- 
tirer, rentrer  VIII,  429. 

enjarreta  v.  a.  {de  en  +  jarret, 
du  celt,  gar)  cingler  les  jarrets 
d'un  cheval  IX,  340. 

enjnsquo  &  (en)  prép.  (in  d6  asquë 
ad)  jusqt^à  I,  267.  533.  II,  123. 
IV,  241.  V,  111  etc, 

enlagna  t^.  a.  (în  f  lànïare  dé- 
chirer) irriter  H,  41. 

en-liò  adv,  (ïn  [se.  nullo]  lòco) 
en  aucun  lieu^  nulle  part  I, 
518. 

(s') enlumina  v.  a.  et  r.  (ïn-lumï- 
nare)  illuminer  III,  243;  s'en- 
luminer IX,  249. 

emmalicia  v.  a,  {de  jnaliço,  t\  c.  m.) 
irriter  VII,  15. 

enmantela  v.  a.  (în- '"mântellare) 
envelopper   III,   449.  VIII,  75. 


emmena   v.  a.  {de  linde  +  mena, 

V.  c,  m.)  emmener  XI,  96. 
s'enmouresca  c.  r.  {de  «b  +  mou- 

resc)   Rhabiller  en  mauresque, 

se  voiler  V,  44. 
enmourraia  v,  a.  {de  mourre,  v. 

c,  m.)  enmuseler  V,  571. 
enmoustousi  v.  a.  {de  in  -¥  mOst- 

Osum,   de  mûstum)   barbouillé 

de  moût    m,  13. 
s'ennega  v.  r.  {de  ïn  +  nëcare,  en 

b.'lat.  spécialement:   tuer  par 

immersion)  se  noyer  I,  298. 
ennivouli  t?.a.(ïn-*nëbiSl-ire)  voiler 

d^un  nuage  VI,  186.  XI,  279. 
enràbi  s.  m.  (ïn  +  ràbïem)  rage 

I,  216. 
enrabia  v.  a.  (ïn-*ribïare)  enragé 

VI,  490. 

B'enrasina  (de)  v.  r.  (de  en  +  rasin, 
V.  c.  m.)  se  couvrir  de  grappes 
de  fleurs  (propr.:  de  raisin)  I, 
340. 

enredouni,  do  p.  p,  et  a,  {de  ïn  •(- 
rôtûndum)  arrondi,  e  V,  137. 

enrega  v.  a.  (ïn-rïgare)  enfiler, 
suivre,  traça-  IV,  129.  VI,  217. 
IX,  297  etc. 

enregado  s.  /.  (<•  p,  de  enrega) 
sillon  IX,  318. 

enregonï  v,  a.  {de  ïn  4  rïgidum) 
rendre  raide,  engourdir  XI,  275. 
Xn,  392. 

enrouda  v.  a.  (ïn-*rQtare,  de  r5tam 
roue)  entourer  IV,  260. 

ensaca  v,  a.  (ln-*Biccare)  propr.  : 
ensacher,  fig.  :  battre  I,  207. 

ensàxri  s./.  pL  (de  ïn-*8ërrftre  en- 
serrer) deux  grands  cabas  de 
sparterie  nattée  qu'on  place  sur 
le  bât  des  bêtes  de  somme  1, 131. 
IV,  52.  IX.  22. 


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OLOSSAlllfi. 


323 


ensaniioiiBi  «.  a.  (de  In  -f  *8Siigt)T- 
nssTun)  ensanglanter  IV,  434.  VI, 
36.  IX,  240. 

enseda,  do  p.  p.  et  a,  (ïn-^setatam, 
de  sçtam)  soyeux,  se  III,  31. 

a)  ensemble  b)  ensèn  adv.  (în- 
sïmûl)  ensemble  ad  a)  II,  215. 
m,  609  etc;  ad  b)  I,  320.  H, 
164,  X,  234.  331  etc. 

(sOenseTell  v.  a.  et  r.  fïn-sSpëllre) 
(s^ensevelir  TU,  19.  378. 

ensigna  v,  a.  (ïn-^slgnftre)  enseig- 
ner, indiquer  XII,  161. 

ensigne  s.  m.  Oin-*8lgnlviii)  con- 
«teWaifonVni,99.  XII,  314.  V. 
note, 

ensénca  v,  a.  {de  sôuco,  r.  c.  m.) 
ticcoupler  VII,  164. 

ettsonnaia  (=  ensonnalha)  v.  a. 
(fti'*BQn-ftctllSre)  munir  un  ani- 
mal d'une  sonnaille  IV,  48. 

s'ensonmi  v.  r.  (de  sourne,  v,  c  m.) 
s^assambrir  VIII,  399. 

s'ensouYeni  v.  r.  —  Gr.  §  102  p. 
140,  —  (de  en  +  soaveni,  v. 
c.  m.)  se  souvenir  I,  284.  III, 
274.  482  etc, 

(8^)en8aca  i^.  a.  «<  r.  (de  en  +  suc, 
V.  c.  m.)  a)  f .  a.  assommer,  frap- 
per à  mort  Vn,  384.  X,  163-  — 
b)  V.  r.  s'entrechoquer  V,  240. 

entamena  v.  a.  (in-t&mînare)  eri- 
tamer  I,  266.  IX,  371. 

entandôumenls  qne  conj.  (^  en 
tant  d6a  mens)  pendant  que 
rv,  278, 

entanterin  adv,  de  t.  (Tn  t&ntlnm 
in]tgrlm)  en  même  temps  X, 
188. 

entanterin  que  conj.  de  t,  (In 
tftiit[ttm  in]tërîm  qnOd)  pendant 
que  U,  63. 


en-tant-lèn  adv,  presque,  peu  ^en 
est  fallu  I,  404.  XI,  171  etc, 

entarra  (—  enterra)  «.  a,  (Tn- 
tërrare)  enterrer  VII,  76. 

entela  v.  a,  (de  en  -f  telo,  v,  c,  m.) 
couvrir  de  toile,  voiler,  en  par- 
lant des  yeuse  des  mourants  XII, 
392. 

entendre  v.  a.  —  Or,  §  106.  p.  149, 
—  (ïntëndëre)  entendre,  com- 
prendre, concevoir  I,  232.  309. 
398.  II,  464  eU. 

enterigo  (=  denterigo)  s.f.  (Très.: 
de  dëtïlëgnm  à  qui  on  a  cassé 
les  dents)  agacement  des  dents 
I,  332. 

enterin  adv.  de  t.  (întërîm)  en 
I  même  temps  I,  446.  III,  606.  IX, 
I  141  ;  (d')enterin  qne  conj,  pen- 
I  dant  que  VU,  246.  IX,  290.  XU, 
i         436. 

enterronsi,  do  p,  p,  et  a,  (de  in  ■¥ 
tërrOBum)  terreux,  se  Y,  387. 
IX,  387. 

entesta  v.  a,  (de  en -^  tèsto,  v.  c.  m.) 
entêter,  enivrer  V,  244. 

entié,  entiero  a,  (Tntëgrnm)  entier, 
ère'l,  62.  370.  Vm,  384.  XI, 
413  etc, 

entonr  s.  m,  (ïn  tQmnm)  entour, 
lieu  environnant;  employé  comme 
prép,  dans:  à  Fentonr  de,  à 
moun  entonr  etc,  à  Veniour  de, 
autour  de  moi  I,  366.  449.  494. 
ni,  42.  XI,  136  etc.;  tout  à 
rentour  Vni,  138.  XII,  371. 

(8')entouma  v,  a.  et  r.  (ïn-*tôrn- 
are)  a)  v.  a,  rapporter  VIII, 
286;  b)  V.  r.  t^en  retourner  II, 
229.  VIII,  220   IX,  26.  426. 

s'entonrtouia  v.  a,  (Tn-*tÒrtncilare 
p.  ïn-tôrtïctilare)  s'entortiller  V, 
264. 

21* 


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324 


GLOSSAIRE. 


s'entrauca  v.  r.  {de  en  4-  traaca, 
V.  cm.)  se  clapir  VI,  400. 

entravadis  s.  m.  {de  *îiitr&bare 
[de  tr&bemj  =  mettre  unepotUre 
dans  le  chemin  de  q,)  obstacle 
m,  486. 

entravessa  t>.  a.  (ïn  -  trftTSrsare) 
enchevêtrer  VI,  468. 

entre  prép.  (ïnter)  entre  (deux 
choses)  X,  202.  XII,  56  ;  parmi, 
au  milieu  de  1, 18.  36.  III,  167. 

IV,  331.  X,  313  etc.;  entre  de- 
vant un  inf.y  équivaut  à  un  gé- 
rondif:  I,  178.  444.  VII,  211. 
XII,  164  ;  entre  que  (=  tre  que, 

V,  c.  m.)  conj.  de  t.  (ïnter  quôd) 
dès  que  IV,  28.  XII,  283. 

entrebouli  v,  a,  {de  ïn-tnbtilare) 
troubler  IV,  194. 

entre-ciho  s.  /.  {de  entre  +  ciho, 
V,  c,  m.)  l'entre-deux  des  sour- 
cils; à  Te.  entre  les  sourcils  IV, 
340. 

s'entre-dire  v.  r.  —  Gr.  §  108.  p. 
158.  —  (ïnterdïcere)  se  dire  l'un 
à  l'autre  VIII,  214. 

entre-dounni  v,  n.  —  Gr.  §  102. 
p.  139.  —  (înterdormire)  '  som- 
meiller V,  406.  XI,  513. 

entre-dubert  v.  entre-durbi. 

(6')entre-durbi  v.  a.  et  r.  —  Grr. 
§  102.  p.  140.  —  (ïntgr-d5- 
8perlre)(V;cn<r'owurtr  VIII,  378. 
I,  301. 

entre-fos  p.  p.  de  entre-fouire  — 
Gr.  §  108.  p.  156.  —  (ïnter-fô- 
dëre)  bêcher  légèrement  Y UI,  119. 

entre-fouli,  do  p.  p.  et  a.  (^ïnter- 
♦fôllltum,  V.  foui  fou)  frétillant 
V,  418.  IX,  98. 

entremen  adv.  (=  entre  mentre; 
lot.  ïnter  [du]m  ïn[terïm])  en 


même  temps  III,  91.  Vm,  163. 

X,  175. 
entre-mescle,  o  a.  (ïnter-*mï8Cùl- 

um)  emmêU  II,  167. 
entre-mitan  adv.  de  l.  (întër  + 

mëdîetantem,  suivant  Marehot, 

Gr.  Z.  XVI,  380,  XYIII^  433; 

mais  cp.  aussi  G,  Paris,  Rom. 

XXII,  315  et  Homing,  Gr.  Z. 

XVIII,  224)  au  milieu  l,bS.  ÌL 

201.  X,  158  «te.;  d'entre-mitan 

du  milieu  de  H,  23. 
entrena  v.  a.  {de  en  +  trena,  v. 

c.  m.)  tresser  VI,  54. 
entrepacha  v.  a,  (întër  -  pftctare) 

machiner  VII,  460. 
entre-pausa  v.  a.  (entre  -1-  pansa. 

V.  c.  m.)  déposer  XH,  112. 
entrepide,  o  a.  (întrëpïdum)  intré- 
pide I,  236.  Vra,  300. 
Entressèn   n.  de  l.;  clar  d'£.  lac 

d'K,  dans  la  Grau  IV,  24.    V, 

note. 
entre-taio  s.  f   (v.  e,  m.)  entre- 
taille s.  f,  terme  de  gravure  IV, 

160. 
(8*)entre-vèire   v.  a.  et  r.  —  Or. 

§  108  p.  158.  —  (entre  +  vèirei 

Wenirevoir  I,  78.  415.  IH,  279 

etc. 
entre- visto  «./(entre  f  visto)in/re- 

vue  IV,  65. 
entUBsi   V.  a.  {de  ïn  -|-  tous,  UA. 

tttssim)  propr.  :  donner  la  toux; 

fig.:  arrêter  (le  développement) 

VII,  290. 
envejo  s.f.  (ïnvïdïam)  envie  1, 207. 

m,  74. 
enyejouB,  o    o.  (invidil^sum)  en- 
vieux, se  in,  81  ;  désireux,  se 

X,  387. 
envela  v.n,eta.  (or.  incj  résoudre, 

vouloir  absolument  III,  122. 


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GLOSSAIRE. 


325 


s'enveni  c.  r.  —  (3V.  §  102  p.  140, 
—  (85  ïndë  vëBire)  s^en  venir, 
revenir,  s^en  retourner  I,  272. 
501.  III,  140  etc. 

enverina  v,  a.  {de  en  +  vérin,  lat. 
*vënlmen,  cp,Nigra,dane  VArch. 
gLXIVp,300(i)et  Thomas,Bom. 
XXV,  88)  exaspérer  V,  184. 

•s'enversa  v.  r.  (ïn-vSrsare)  dé- 
border VII,  22  ;  ee  renverser  XI, 
162. 

envertouia  v,  a,  (ïn-*vërtîlcflare) 
erUortiUer  IV,  70.  X,  33. 

environna  v.  a,  (de  la  loc.  adv. 
enyiroan,  du  v,  vira,  v.  c.  m.) 
environner  X,  326.  XI,  272.  XII, 
180  etc. 

s'enTonla  v.  r.  (sC  ïndg  vôlftre) 
s'envoler  in,  412.  X,  403.  XH, 
15  etc. 

équipage,  aqnipage  s.  m.  (du  fr. 
équipage,  du  germ,  skif  navire 
+  -fttïcnm)  équipage  1, 240. 286. 
XI,  516  ete, 

èr  s.  m.  (aërem)  a»r  a)  atmosphère 
I,  28.  76.  460  etc,;  b)  mine  I, 
149.  306.  IX,  338  etc.;  donna 
d'ër  à.,  ressembler  à  II,  71; 
c)  mélodie  XH,  12. 

erbage  s,  m.  (hërb  -  fttîcnm)  les 
herbes  VI,  29.  Vin,  156. 

erbeto  s,f.  (bërb-ittam)  herbette 
V,  115.  Vm,  207. 

erbo  «./.  (hërbam)  herbe  m,  260. 
419.  479  etc. 

erbonriho  s.  f.  (de  h§rb1il[am]  + 
-ilïa)  bonne  herbe,  herbe  médici- 
nale VI,  145. 

ère  etc.  v.  èstre. 

ermas  s.  m.  (de  erme  +  -Kcënm) 
friche^  lande,  désert,  steppe  II, 
469.  VI,  472.  VII,  481. 

erme  s.  m,  (ërëmnm  désert)  lande. 


savonne  IV,  347.   IX,  411.   X, 

53  etc. 
ermitan   s.  m.  (ërëmit-ftnnm)  er- 

mite  m,  314. 
ermito  s.  m.  (ëremitam)  ermite  III, 

332.  Vni,  238;   ermite,  oiseau 

X,  70. 

ermitòri  s.  m.  (ëremit-orïnm)  er- 
mitage in,  321. 

Erode  n.  d'h.  (Hërodes)  Hérode 
VI,  505. 

erra  v.  n.  (ërrare)  errer  VI,  164. 

erronr,  dans  la  loc.  adv.  &  Terronr 
(p.  une  étymologie  populaire  pour 
à  Tahonr,  de  *ahomm,  gr.  Utoçoç) 
entre  chien  et  loup,  au  crépus- 
cule  IV,  192. 

erso  s.  f.  (*5r[c]tam  de  ♦ergëre 
p.  erïgëre;  cp.  Klh^.  2833;  cp. 
aussi  le  V.  erze  élever  les  ger- 
bes) vague  s./.  V,  538.  VHI,  23. 

XI,  66  etc. 

esbarbonla,  do  p.  p.  (or.  inc.)  cre- 
vassé, écroulé  n,  135. 
s'esbénre  v.  n.  —  Gr.§  107  p.  151. 

—    (ëx-bïbëre)    s'évaporer  n, 

301. 
esbonienta  v.  a.  (ëx-blilllënt-are) 

échauder  VI,  577. 
esbramassa  v.  a.  (es  -1-  bramassa, 

forme  augm.  de  brama,  v.  c  m.) 

insulter  de  ses  cris  Vni,  409. 
s'esbranda  v.  r.  (v.  brand  et  branda) 

s'ébranler  IV,  368. 
esbrénna  (=  esbrena  etc.)  v.  a. 

(Très.  :  de  es  4-  bren  son,  b.-lat. 

brana)  briser  les  forces  de  q.  I, 

509. 
esbriba  v.  a.  (de  es  -|-  briba)  éblouir 

X,  125. 
esbribanda  v.  n.  et  a.  (de  esbriba) 

éOnceler,  éblouir,  fasciner  III, 

138.  VII,  569.  IX,  146. 


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326 


GrX)88AIR£. 


s'esbronfa  i^.  r.  {de  es  4  broufa, 
17.  c.  m.)  s'ébrouer  VI,  383. 

esbroQÎaire  a.  m.  {de  esbroofa  -f 
-Stor)  celui  qui  s'ébrime,  fan- 
faron VI,  267. 

esbnidi  v,  a.  {de  es  +  bmt,  v.  c. 
m.)  a>ruiter  V,  108. 

s'escabassa  v,  r.  {de  es  +  cabesso, 
V,  c  m.)  se  gouTiHêr  la  tête  V, 
247. 

escabo^t  s,  tju  {or.  inc)  troupeau 
IV,  42.  X,  297. 

escàfi  s.  nu  {du  h.  ail.  9  cp.  Vangl. 
Bcoff,  m.  angU  scof,  vnord.  skaup, 
skop,  skopa,  v.  néerl.  scboppen 
etc.)  moquerie  I,  191. 

escagno  s,  f.  (proh.  â^or,  celt.^  cp. 
Vangl.  skain)  écheveau,  écagne  I, 
103.  m,  47. 

escala  v.  a.  et  n.  (scfilftre)  esca- 
lader n,  34.  m,  77.  150  etc. 

eBcalaber[t,  o  a.  (or.  ine.)  écervelé, 
étourdi,  en  délire  IX,  12. 

escalabroùs,  o..  a  (sc&lSbrDsnm) 
escarpé  V,  69. 

escalié  s.  m.  (sc&lftrïnm)  escalier 
Vni,  94. 

escalo  s.  f  (scàlam)  échelle  VIII, 
176. 

escalnstra  t^.  o.  {de  es  +  cala  myope^ 
aveugle,  v.  c.  m.,  sous  Vinfiuence 
de  lustra,  v.  c.  m.)  éblouir  X, 
138. 

escamandre  s.  m.  {jprob.  une  con- 
fusion de  Escamandre,  rivière 
de  la  Fhrygie  et  étang  des  en- 
virons  de  St.'Gilles^  et  escande, 
esclandre)  escogriffe  VI,  247. 

escambn,  do  a.  {de  cambo,  v.c.m,) 
haut  enjambes,  de  haute  tige  IV, 
203. 

d'escambarlonn  loc.  adv.  {du  v. 
escambarla,  d'un  type  lat.  *ëx- 


cambl&rëllare  e^famber;  cp.csJù- 

bo)  à  califourchon  IV.  50. 
(s'iescampa  v.  n.  et  r.  (*ëx-cam- 

pare)  v.  n.  déborder  I,  192;  v. 

a.:  épancher,  répandre,  verser 

m,  3.  XI,  269.  490  etc.;  v.  r.: 

s'épancher  XI,  531. 
escampadoniro  s.f.  {de  escampa  + 

-tUrîam)  déversoir,  embouchure^ 

VIII,  293. 
escampiba  v.  n.  {de  es  camp[a]  + 

ïlïare)  s'éparpiller  IV,  12. 
escampo  s.  /.  {s.  v.  de  escampa) 

échappatoircsubterfugelU^  382. 
escandihado  s.  f.  {s.  p.  de  escan- 

diba  chat^ffh'  à  la  flamme.  éPun 

type  lat.  *ëx-candl1îare)  échappée 

du  soleil  Ih  172.  359.  III,  435. 

X,  149  etc. 
escapa  v.  n.  (*ez-c&ppare  se  glisser 

de  sa  chape)  échapper  II,  220. 
III,  14.  108.  382  etc. 
escàpi,  io  (=  escap,  o)  a.  {du  v. 

escapa)  échappée  VII,  583,  p.  155. 
Escarincbe  (=  Esquerinche)  s.  m. 

(or.  inc.)   personne   maigre  et 

fluette  VI,  471.    F.  note. 
escarava  s.  m.  (scarftbœnm,  du  gr. 

nxaŷafiaìoi)  escorbot  VI,  248.    , 
escariatin,  o  a.  {du  pers.  sakir- 

lat?)  écarlate  U,  15. 
escarpido  s.  f.  (*ëx-cftrpltam,  de 

carpire  p.  carpëre)  charpie  VI, 

143. 
escarpo  s.  f.  {b.-lat.  *carpam,  vha. 

cbarpho)   carpe   V,  451.   Vni, 

390. 
(s')escarrabiha  v.  a.  et  r.  {de  ëx- 
.  càrpëre  ;  cp.  Dz.  446  s,  excara- 

pelarse,   et  Kôrt.   7197)  (s'Jé- 

veiller,  émoustiller,  dégourdir, 

ragaillardir  I,  90.  H,  5.  III, 

280. 


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GL0S8AIBE. 


327 


escarrado  a,f.  (*ëxqii&drStam)mw2- 
Htude  IV,  43.  TU,  326. 

escarradonn  s.  m.  {de  escaxrado) 
escadron  IV,  92. 

(s')e6carta  r.  a.  et  r.  (♦ôx-quàrtare) 
Wécarter  IV,  121.  V,  139. 

escasènço  s.  f.  (*ëx  -  c&dentïam) 
échéance,  hasard,  pèr  e.  par  ha- 
sard m,  128. 

escaufèstre  9.m.((^Sx-cS16f[are]  -f 
-estmin)  émoi,  épouvante  II,  463. 
VI,  345. 

escaume  s.  m.  (scfilmam)  tolet  XI, 
102. 

escanmo  s,  y.  (sqnftmam)  écaiUe 
V,  424.  XI,  381. 

escanpre  «.  m.  (sc&lpmm)  scalpel 

m,  92. 

s^escavaria  v.  r.  («orta^ton  d«  es- 
yarta,  r.  c.  m.)  ae  dispenser  VI, 
180. 

(8^)e8clafi  V.  a.  et  r.  (^d'wn  type  onom, 
klap,  klaf,  cp.  Klhi.  4543)  es- 
dafi  loQ  rire  éclater  de  rire  II, 
211.  289.— t?.r.  s'élancer  VII, 
434. 

esclamacionn  s.  f.  (*ëx-cl&mS- 
tîonem)  exclamation  IV,  290. 

(8')esclapa  «.  a.  ^<  r.  (cp.  esclafi 
et  Vit,  schiappare)  v.  a.  briser 
XI,  41  ;  V.  r.  se  rompre  I,  247  ; 
se  briser  en  éclats  VI,  626.  XI, 
285. 

esclapaire  e,  m.  (de  esclapa)  propr. 
fendeur  de  bois,  à  cause  de  son 
cri:  ha,  ha;  crahier  vert  (ardea 
viridis),  oiseau  échaesier  V,  402. 

esclapo  a.f.  (a.  v.  de  esclapa)  éclat 
IV,  422. 

s'esclargi  v.  r.  (*ëxclftrïclre  ;  cp, 
Thomas,  Rom.  XXVI,  p.  422) 
s'éclaircir  XI,  387. 

esclata  v.  n.  (d'un  type  '*%xclapi- 


tare,  du  rad,  onom»  klap)  éclater 

XI,  336.  XII,  329. 
esclan,  avo  a.  et  a,  (^sclavum,  orig. 

prisonnier  alave)  esclave  IV,  223. 
esclaure  v,  a, — Gr.  §  108  p,  159.  — 

(ëx-claudëre)  exclure  VU,   88. 
esclaTÌtndo  «./.  (8clav[iim]  +  itudo) 

eaclavage  IV,  223. 
esclèiro  a./,  (a.  v.de  escleira ^cto^- 

rer,  Îat,  ëx-clSrare)  interstice  XI, 

467. 
esco  «.  /.  (escam)   appât  1 ,  349- 
escolo  «./.  (schôlam)  école  XI,  300. 
escorno  a.f,  (de  *ëxc(Jmare  écorner) 

affront  I,  497.  III,  222. 
escoaba  v.  a.  (scopare)  balayer  I, 

218. 
escoabeta  v,  a.  (de  esconba)  bar 

layer  VIII,  374. 
esconbiha  v.  a,  (id.)  XI,  161.  365. 
esconbo  a.f.  (scopam)  balai  1, 136. 
eeconla  v.  a,  (ëx-colare)  vider,  écou- 
ler I,  203. 
escoalan  a.  m.  (^schSlanam)  écolier 

1,4. 
s'escoulonri  v.  r.  (de  es  f  coulouri, 

V.  cm.)  ae  décolorer  IX,  336.  XII, 

281. 
escoomesso  a.  f.  (a.  p.  de  escon- 

metre,  lot.  ëx-commîttere)  pari^ 

gageure  IX,  307. 
I     eflcoundonn  a.  m.  (de  escoandre) 

recoin;  d'esconndoTin,  loc,  adv., 

en  cachette  V,  50.  VIII,  96, 
escoandre  v,  a.  —  Gr.§  106  p.  149. 

-  (àbscôndëre)  cacher  11,  130. 

176.  ni.  119  etc. 
escoundiido  a.f.  (a.  p.  de  escoundre) 

cachetU  II,  263. 
escoanjnra  v.   a.  (ëx  -  cônjnrare) 

charmer  II,  357. 
escoonjnrarello  a.  f.  (de  escoun- 

jura)  charmeresse  VI,  393. 


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328 


GL088A1EB. 


escourregado.  s.  f.  {s,  p,  de  es- 
courre,  ëx-ctirrëre)  course,  ex- 
cursion n,  48.  IX.  29. 

escourrènço  s.  /.  {de  eecourre  + 
-ëntiam)  cours  s.  m.  XI,  502. 

esconssura  v.  a,  {du  lot,  ëxcûssum) 
marqtier  par  la  morsure,  échan- 
crer  avec  les  dents  Voreille  des 
agneaux  qu^on  vetU  garder  pour 
l'entretien  du  troupeau  VI,  515. 

escoQta  V.  a.  (a[a]sctiltare)  écouter 
I,  302.  539.  II,  450  etc, 

esconto  s,  /.  {s,  v.  de  escouta) 
écowte  s.f.  ;  faire  esconto  écouter 
I,  '528. 

escra  (=  escrach)  s»  nu  {s.  v,  de 
escracha  cracher,  du  rad.  germ. 
hrac)  crachat  XI,  333. 

escracha  v,  a.  {du  germ.  [vnordj 
krasa)  écraser  IV,  356. 

s'escranca  v,  r,  (6x-*criiicare,  de 
c&ncrem)  se  rompre  H,  303  ;  es- 
cranca  de  Tage  hrisé  par  Vâge 
VI,  140. 

escrapoQchma  t?.  a.  (p.-é,  de  es- 
cracha écraser,  formé  sous  l'in- 
fluence de  grapaadino  crapaud, 
du  germ,  krappa?  cp,Kdrt»2254J 
écraser  comme  un  crapaud  I, 
261. 

eBcrè[t,  0  a.  (6x-cr5tum)  jwr,  e  V, 
112. 

s'escrida  v,  r,  {de  es  +  crida,  t^. 
c.  m.)  s^ écrier  I,  437.  II,  370 
eU, 

escriéore  v,  a.  et  n.  —  Gr.  §  107. 
p.  152.  —  (scrïbëre)  escri,  cho 
p.  p.  écrit,  e  I,  425.  XII,  243 
etc. 

escrincela  v.  a,  (cp.  l'ail,  kritzeln, 
l'esp.  cinzelar  ciseler)  graver 
sur  le  bois  IV,  156. 


escadello  s.  /.  (scntëllam)  éeuelle 

I,  153. 

escnmadoniro  s.  /.  (escumo  +  -at- 
Oriain)  écumoire  VI,  573. 

escumeja  v.  n.  {de  escumo)  écumer 
V,  341. 

escnmejaire,  o  a.  {de  escnmeja) 
écumetéx,  se  IV,  433. 

escumenge  *.  m.  {de  ëxcommanïcfi- 
mëntnm)  anathème,  malédiction  ; 
jita  d'esçnmenge  jeter  des  im- 
précations V,  360. 

escumerga,  do  (=  esconmenja) 
p.  p,  et  a.  (ëxcômmunïcâtam)  ex- 
commuméy  anathème  XII,  171. 

escumo  «./.  {du  vha.  scûm)  écume 

IV,  228.  Vllî,  370   XI,  189  etc, 
escnmons,  o  a.{de  escumo  +  -Osam) 

écumant  m,  14.  VIII,  133. 
escnr,  o  a.  (Ôbscoram)  obscur,  e 

VT,  180. 
escur  s,  m.  {id.)  obscurité  IX,  231. 
escuresino  *./.  {de  escnr)  obscurité 

V,  561. 

esfata  v.  a.  {du  s.  fato  linge,  har- 
des  ;  cp.  l'esp.^sÁXi,  du  rad,  germ. 
fat-)  déchirer  VI,  143. 

esfor[s  s.  m.  {s.  v.  de  esfonrça,  UU, 
gx-fôrtïare)  effort  IV,  411.  VUI, 
177. 

esfotdissa  v.  o.  (ëx-*fÔllïcïare,  de 
fSlIem  /om)  courroucer,  ébourif- 
fer, soulever  (des  tourbillons^ 
Xir,  144. 

esfrai  s.  m,  {s.  v.  de  esfraia)  effroi 

II,  304.  IX,  332.  419  etc. 
esfraia  v.  o.  (ex-*fridare,  du  germ^ 

frida  paix  ;  faire  sortir  q,  de  la 
paix;  cp.  Kôrt.  2782)  effrayer 
n,  462.  V,  441. 
esfraiado   s.  f.  {s.  p.  de  esfraia) 
effroi  II,  173. 


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GL088ÁIRB. 


329 


esfraioas,  o  a.  {de  esfrai  4- -Osnm) 

effroyable  V,  437.  XI,  140. 
esgaieja  v.  a.  {de  ëx  4  gai,  v,  c.  nu) 

égayer  III,  251. 
s'esgargamela  v.  r.  {de  es  +  gar- 

gamello,  v.c.  m.)  se  rompre  la 

gorge,  í^ égosiller  V,  213. 
(B')e8glaia  v.a.etr,  {de  ♦ëx-glid- 

Tare,  d^  gl&dïnm  ;  cp.  Kôrt,  317; 

V.  glàri)  if  effrayer  IV,  393.  IX, 

341. 
a)  esglàri,  b)  esgl&si  s,  m.  {s,  v. 

de  esglasia,  esglana,  esglaia, 

V,  c.  tn.)  horreur  ad  a)  IX,  366. 

ad  b)  m,  375. 
s'esmarra  v.  r.   ((i«  '  Sx  +  germ, 

marrjan)  se  perdre,  s^ égarer  IV, 

473.  IX,  112  ;  esmarra,  do  p.  p, 

et  o.  perdu,  reculé  III,  316.  X, 

143. 
esmerando  s.f.  (sm&rSgdnm)  éme- 

raude  III,  139. 
esmougndo  s.f.  {s,p,  de  esmòure) 

émoi  II,  264. 
esmònre  t?.  a.  —  (xr.  §  107,  p.  152 

—  (ëx-*m5vëre)  émouvoir  VII, 

377.  Xn,  185  ;  esmougn,  do  p,p. 

ému,  e  II,  175.  IV,  178.  X,  223. 

365  etc. 
èso    s,  /.  {Très.:  p,  leso,  laizo 

bande  o' étoffe,  de  l&tTam  p.  lâtnm) 

casaque  VIII,  71  (V.  note).  X, 

93. 
espàci  s.  m.  (spàtînm)  espace  IV, 

289.  XI,  334.  xn,  165  etc. 
Espagno  s.f.  (HispSnïam)  ^^a^n« 

VII,  481.  X,  341. 
espaime  (=  espasme)  s.  m,  (sp&s- 

mum)  épouvante,  transes  V,  511. 

XI,  148. 
espala  v.  a.  {b.-UU.  ex-patnlare  p. 

ëx-sp&thtllare  épauler)  disloquer 

if  épaule^  aufig.  :  au  lieu  de  espa- 


lança,  v.  c.  m.,  ébrancher  VII, 
597. 

espalanca  v.  a.  (*explancare  ouvrir 
des  planches,  une  porte  ;  cp.  Vesp. 
spalancar  et  Vit.  palanca;  Dz. 
244.  401.)  briser  les  rameauœ 
I,  22. 

s'espalarga  v.  r.  (prob.:  coïnci- 
dence de  espalanca  et  alarga, 
V.  c,  m.)  s^étendre  X,  20. 

espalo  s.  f.  (sp&thtilam ,  dim.  de 
sp&tham,  gr.  onà9rj  omoplate) 
épaule  II,  123.  IV,  76.  VII,  598. 

espala,  do  a.  (de  espalo)  à  larges 
épaules  IV,  395. 

(6*)espandi  v.  a.  et  r.  f^xpandire 
p.  ëxpandëre)  (s^)étendre,  dé- 
ployer, épandre,  épanouir  1, 428. 
m,  157.  452.  IV,  166  etc. 

espanna,  do  p.  p.  et  a.  {p.  espanta, 
V.  c.  m.)  pantelant  XII,  140. 

espanta  v.  a.  (*ëxpa[vë]ntare,  de 
ëxpàvëre)  épouvanter  VII,  136; 
émerveiller  U,  367.  III.  380; 
stupéfait  XII,  28. 

esparce[t  s.  m.  (du  v,  esparsi 
épandre,  du  lat.  sparsnm)  sain- 
foin, esparcette  IX,  39. 

esparradon  s.  m.  (du  v.  esparra 
glisser  en  écartant  les  jambes  ; 
de  X'all.  sperren)  bélier  conduc- 
teur rv,  66. 

espaso  s.  f.  (sp&tham)  épée  XI, 
39. 

(8')espas8a  (=  espaça)  v.  a.  et  r. 
(♦ëx-passare)  (se)  distraire,  se 
récrier  XI,  230.  IV,  153. 

espanri  (=  espavourdi,  v.  c.  m.) 

espaventa  v.  a.  (*ëx-pavëntare  ;  cp. 
espanta)  épouvanter  XI,  419. 

espaventable,  o  a.  (Sxpavënt-  + 
-ftbïlem)  épouvantable  VI,  366. 
XI,  150. 


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330 


GLOSSAIRE. 


espavourdi,  do  (=  espavouri,  es- 
pauri)  i>.p.  et  a.  {de  ôx  +  pav- 
Orem)  épouvanté,  effaré,  effa- 
rouché IV,  359.  V,  138.  XI,  147 
etc. 

espèci  8.  /.  (spëcïem)  espèce  VU, 
349. 

espeia  v.  a.  (de  6x  +  pëllem  peau, 
oudeiSx  +  pïlnm  poil)  écorcher; 
p.  p.  déguenillé  V,  164. 

espeiandra  v.  a.  {de  espeia;  pei- 
andro  gttenille,  de  peio)  mettre 
en  lambeaux  I,  274.  XI,  314. 

espeiòtí  a.  m.  {de  espeia)  dépenaillé 
IV,  92. 

espeirega  v,  a.  (♦gx-pgtrïcare,  v. 
pèiro)  épierrer  VIII,  188. 

espeli  V,  a.  et  n,  {de  ëxpëllere; 
Ovide:  se  in  auras  expellere  = 
nasci  ;  cp,  le  vpr.  espelir  faire 
éclore)  éclore  v.  a,  I,  166.  v.  n. 
IV,  3.  XI,  182. 

espelido  «./.  {s.  p.  de  espeli)  éclo- 
sion  III,  72. 

espelonii  v.  a,  {de  pïlum^  v.  c.  m.) 
ébouriffe^'  VI,  437. 

espéra  v,  n.  et  a.  (spôrare)  espérer, 
attendre  I,  456.  II,  197.  IX,  199 
etc. 

esperanço  «./.  (spSrfintïam)  espé- 
rance V,  366. 

(B')esperdre  v.  a.etr.—  Gr.§  106. 
p.  149.  —  (ëx-perdëre)  perdre 
IX,  422  ;  V.  r.  se  perdre  XII,  1 4. 
122.  esperdn,  do  p.  p,  et  a. 
éperdu,  e  II,  452. 

d'esperéli  (=  de  es  pèr  éli)  d'elles- 
mêmes  VI,  426. 

d'esperelo  (fém.  de  d'esperéu  m.) 
(=  de  es  pèr  elo)  d'elle-même 
VI,  125. 

esperi[t  s.  m.  (splrïtum)  esprit  VI, 


569;  loa  Sant-Esperit  le  Saint 
Esprit  XI,  532. 

E8peri[t-Fanta8ti  s.  m.  (spiritum 
'phántastícum)  Esprit-Fantasti- 
que VI,  311.  280.    V.  note. 

esperitoun  s.  m.  (spirit  4-  -Onem) 
lutin  II,  54.  VIII,  147.  XI,  112. 

(B')esperloTinga  v.  a.  et  r.  (èx- 
prDlôngare)  prolonger  VIII,  10; 
se  développer  IV,  44. 

s'esperluca  v.  a.  et  r.  (gx-per- 
♦Itlcare)  v.  a.  dessiller  les  yeux; 
V.  r.  ouvrir  les  yeux  à  la  lu- 
mière; p.  p.  serein,  resplendis- 
sant d'étoiles  VUI,  105. 

espèro  s.  /.  (s.  v.  de  espéra,  v.  e.  m.) 
espoir  n,  219.  XI,  394  ;  se  bouta 
à  Te.  se  mettre  à  VaffïU  VUI, 
397. 

esperonn  s.  m.  {du  germ.  spore) 
éperon  IV,  213.  316. 

espés,  so  a.  (spîssum)  épais,  se  I, 
511.  VII,  431;  adv.:  semena 
espés  semer  dru  V,  516. 

espetacle  «.  m.  (spëctftclllam)  «pee- 
tacle  I,  360.  X,  120. 

espetacloos,  o  a.  (spectacnlosum) 
prodigieux  V,  273.  XH,  126. 
235. 

espiga  17.  n.  (*8picare)  monter  en 
épis,  se  muUiplier  VI,  200.  VH, 
197.  X,  413. 

espigau  s,  m.  (*spicftle)  épi  VI, 
200.  VII.  279.  IX,  112. 

espigna  v.  a.  (ëx-pïng-ftre)  piquer 
II,  261. 

espigo  s.  f,  (spicam)  é^  V,  60. 

espinas  s.  m.  (*spiii-ftcëiim)  buisson 
épineux  Ul,  452. 

espincha  v.  a.  {du  vha.  spehôn 
épier,  a/vec  n  inorganique)  épier, 
regarder,  examiner  I,  45.  221. 
n,  182.  IV,  185  etc. 


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eL088AlRB. 


331 


espinchado  8,f.  (s.  p.  de  espincha) 

ceillade  III,  82. 
espingolo  «.  /.  {de  spiettlam,  ep. 

Nigra,   dans   l'Arch.  gl.  XIV, 

p.  298)  épingle  Vni,  73.  X,  94. 
espino  8.  /.  (splnam)  épine  VU, 

412.  X,  320.  375. 
espinous,  o  a.  (spln^sniu)  épineux 

Vn,  48. 
espira  v.  n.  (ëx-spirare)  expirer, 

jaillir  V,  269.   XI,  39.  Vni, 

131. 
esplanado  s.  /.  {du  lat.  *ôx-pl&ii- 

Stam)  esplanade,  espace  I,  408. 
s'esplica  V.  r.  (ëx-plïcare)  expli- 
quer IX,  208. 
s'esponmpi  {=■  s'esponmpa)  v,  r, 

{de  es  4  ponmpo,  du  lat.  bômbnm 

bruit  sourd,  du  gr.  fiô/ifioçy  cp, 

Kdrt.  1274)  se  gonfler  d'orgueil 

XI,  265. 
e8poa8[c  s.  m.  {s.  v.  de  espousca) 

ondée  Vm,  269. 
espousca  v.  a.  {de  es  +  pousco) 

éclabousser  YII,  49. 
espouso  s.f.  (sponsam)  épowel^, 

198. 
(8')e8p6u8Ba  «.  a,  {v.  pôuBBo)  v.  a. 

secouer    la  poussière   V,   486; 

battre,  étriller   XII,  90;   v,  r 

se  secouer  VII,  483. 
espónssado  s./,  (s. p.  de  espônssa) 

orage  de  coups  lY,  336. 
espôatj  V,  a.  {de  pUltem  purée  de 

farine)  broyer  V,  287. 
e8praYan[t  (=  espavènt)  s,  m.  {s. 

V.  de  espayenta,  v,  e,  m.)  épou- 

mnte  VI,  252.  XI,  269. 
esprès,  eeprèssi  adv.  (ëxprgssnm, 

ëxprëssim)  exprès,  à  dessein  II, 

187.  m,  330. 


e8pri[t,  «.  esperit. 

esproava  v.  a.  (ëx  pròbare,  forme 

intensitive  p.  pròbare)  éprouver 

XI,  76. 
esproYo   s.  f  {s,  v.  de  espronva) 

épreui>$  X,  377. 
espnrga  v,  a.  (ëx-ptirgare)  puri- 
fier, laver  XI,  302.  XII,  130. 
esqnerlo  s.  f.  {du  germ.  skella, 

ail.  échelle)  sonnetu  1, 508.  YIII, 

403. 
(sOesqaicha  v.  a.  etr.  {de  68  + 

quicha,   v.  c,  m.)    (se)  presser, 

oppresser  I,  314.  II,  259.  Vm, 

71.  XII,  244. 
esqnichamen  s.  m.  {de  esquicha  + 

mëntum)  épreinte  VI,  374. 

esqnifa   t?.  r.   {du  vha.  Bkinhsoi) 

esquiver,  échapper  VI,  122. 
esqniha  v.  a.  {p.-ê.  identique  avec 

CBqoiya,  esqnifa,  du  vha,  skiu- 

han)  glisser  V,  491. 
esquinau  s.  m.  {de  esquino  -f  -alem) 

dos  XI,  156. 
esquino  s,f  {du  vha.  skîna)  échine, 

dos  I,  325.  IV,  73.  VIII,  434 

etc. 
esta,  do  v.  èstre. 
estable  s.  m.  (Bt&btilnm)  étahle  VI, 

366. 
estabousi,  do  p.  p.  et  a.  (or.  inc^) 

stupéfait,  consterné,  raviW,  371. 

IX,  347.  X,  290  etc. 
(s')e8taca  v.  a.  et  r.  {de  la  rac. 

tac-,  cp.  Kôrt.  8004)  Rattacher 

V,  423.   IX,  290.   X,  329.   XI, 

304  etc. 
estage  s.  m.  (stâtîcum)  asile,  de- 
meure X,  150. 
estagnié  s.m,  (*Btâgnarlam,  st&nn- 

firïum)  dressoir  (d'étain)  1, 424. 


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332 


GL08SAIBB. 


s'estalouira  r.  r.  {du  germ.  stall) 
s'étendre  mollement,  se  coucher 
nonchalamment  HI,  158.  V,  409. 
VIII,  291.  X,  358  etc, 

estampa  v.  a,  {du  rad.  germ.  stamp 
presser)  estamper ,  imprimer  ;  p,p, 
découplé  I,  122. 

estâmpaduro  s,  f.  {de  estampa) 
empreinte  IV,  326. 

estampèu  s.  m.  {de  estampa)  va- 
carme IX,  248. 

estan  s,  m.  (stàgnnm,  stânnum) 
étain  I,  424.  491. 

estanco  s.  /.  {du  v,  estanca,  lot. 
stágnare  arrêter  l'écoulement) 
banc  de  roche  VI,  341. 

estang  s.  m.  (st&gnam)  étang  X, 
70. 

estardonn  s.  m.  {dim.  de  estardo, 
astardo,  oustardo);  ka.  &yTs 
t&rda,  vpr.  anstarda)  outardeau, 
peHt  de  Voutarde  V,  269. 

estàsi  s.  m.(ecstasin,  dugr,  ittnramç) 
extase  III,  376.  X,  280. 

s'estavani  v,  r.  {de  es  +  t  inorgani- 
que -f  ayani,  du  laU  ôvanescëre) 
s'évanouir  X,  163. 

esté  s,  m.  {du  germ.  stik,   stek, 

ail.  Stecken  ;  esté,  estèc,  rome- 

stèTcq  jeu   de   cartes,   puis   la 

manière  de  ^ y  prendre,  savoir- 

'  faire,  adresse)  grâce  II,  98. 

estegne  v.  a.  —  Gr,  §  109  p.  162 
—  (ëxstïngûere)  éteindre  XII, 
45  ;  estenc,  o  ou  -cho  p,p,  éteint, 
suffoquant,  oppresséYïj  491.  IX, 
343. 

estela,  do  p.  p.  et  a,  (stëllstam) 
étoile  m,  241.  VIII,  106.  IX, 
92  etc, 

s'estela  v.  r.  (*à8tïllare)  se  fendre 
en  éclats,  se  raidir  V,  267. 


estello  s.f  (stëllam)  étoile  1, 152. 

171  etc. 
estendar[d  s.  m.  {de  estèndre  -1- 

5w2f.  germ,  hart)  étendue  f.  IX, 

162.  XI,  217. 
estèndre  v.  a.       Gr.  §  106  p.U9 

—  (extëndëre)  étendre  II,  138. 

VI,  413  etc, 
estendudo  s.  f.  {s.  p.  de  estèndre) 

étendue  H,  138.  XH,  233.  370. 
estent,  «.  èstre. 
Esteréu  «.  w.   VEsterel  XI,  451. 

F.  note. 
esterle,  o  a.  (stërïlem)  stérile  VI, 

489. 
estemi  r.  o.  {de  stërnere)  terrasser 

V,  340.  X,  162. 
estèu  s.  m.  {b.'lat.  stellum,  locum 

palis  circumseptum.  Du  C,  cPor. 

germ.?)  écueil  XI,  117. 
Estève  n.  d'h.  (St6phânum)^i*«»fi« 

XI,  38. 
estevo   s.  f   (stïpam  p.  stipam) 

manche  m,  VU,  319. 
estièn  s.  m.  (sestlynm,  se.  tempns) 

été  I,  82.  96.  II,  47.  118  etc. 
estiganço  s.  f.  (♦ïnstigàntïam  p. 

ïnstjgatïUnem)  motif  VI,  195. 
(s')estira   v.  a.  et  r.   (es   -1-  tira, 

V.  c,  m.)   étirer,    se   dégourdir, 

s'allonger  U,  145.  V,  261. 
estiva  V.  n.  (œstïvare)  être  en  été 

I,  338. 
estivage  s.  m.  (♦œstivatïcnm)  le 

courant  de  l'été  IV,  316.  VHI, 

296. 
estivau,  alo  o.  (^sestly&lem)  cPété, 

estival  m,  390. 
estÌYO  «./.  (œstivam)  cellier  pour 

l'huile  ou  U  vin  lU,  116. 
esto  pr,  dém.  fém.  (îstam)   esto 

nine  cette  nuit  Vm,  329. 


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eLOSSAIRE. 


333 


estofo  s.  /.  (or,  inc,)  étoffe  II, 
291. 

estolo  s.f,  (stôlam,  du  gr,  molri) 
Hole  XI,  299.  XII,  289. 

estoablo  s.f.  (cPor,  germ.;  cp.  Vags. 
stnbla,  r.  Braune,  dans  Gr.  Z. 
XXII  p,  205)  jachère  I,  139. 

estonbloun  s.  m.  {de  estonblo) 
chaume  XI,  308.  —  Estoubloun 
».  de  l.  Estoublofi  (B.-du-Rh.) 
m,  189.    V,  note. 

estonfa  v.  a.  (rf'wn  type  ♦exttlfare, 
du  gr.  iHjipoz  vapeur?)  étouffer 
XI,  .336.  Xn,  245. 

estouma  v,  m.  (stômacham)  estomac 
m,  262. 

estraia  v,  a.  {de  *ëxtragere,  cp. 
Kôrt,  3048)  gâter,  détruire,  ver- 
ser et  embrouiller  les  blés  VII, 
202. 

estramas  s.  m.  {s.  v.  de  estra- 
massa  Jeter  par  terre  violem- 
ment, lai.  ëxtra-*mattëare,  cp. 
Vit.  stramazzare)  lourde  chute 
IX,  14. 

e8trambor[d  s.  m.  {de  ""str&mbum 
de  travers,p.-ê.  sous  l'influence  de 
tT2La^Tt)enthousiasme,  transport 
m,  105.  IX,  409. 

s'estrampala  v.  r.  {de  *strâmbnm 
tortu)  s'écarquiller  les  jambes 
V,  214. 

estrangié,  iero  a.  (*ôxtr&nëAriam) 
étranger,  -ère  XI,  371. 

estrange,  jo  a.  (ëxtrSnëam)  étrange 
xn,  23. 

estranBÌna  v.  a.  {de  Hrascinare, 
*traginare,  cp.  Kôrt.8299,  formé 
sous  l'influence  de  transire)  ha- 
rasser Ylll,  15;  consumer  XI, 
477. 

estras   s.  m.   {s.  v.  de  estrassa) 


déchirure,  déchirement  VI,  374. 

Vm,  17.  X,  235  etc. 
(sOestrassa  v.  a.  et  r.  (*ëxtrftctïare) 

(se^  déchirer  II,  306.  348.  Iv , 

213  etc.;  essarter  XII,  317. 
èstre   v.  auxil.  —  (rr.  §  97.  — 

(♦essere  p.  esse)  être.  Inf.  I,  49. 

154.  —  Fr.  Ind.  sjéu  H,  364; 

Biés  VII,  54.   XI,  218  eic.;'es 

I,  259.  352.  II,  59.  XI,  35 
etc.;  sian  I,  80;  sias  I,  108. 
189;  Boun  XI,  88.  S21.-^Impft. 
Ind.  ère  etc.  I,  5.  43.  140.  256. 

—  P.  d.  fugue  etc.  I,  465.  VII, 
528.  Vin,  175.  X.  315.  XI,  47. 

—  Fut.  sarai  etc.  I,  51.  258.  — 
Cond.  sariéu  etc.  H,  Slt-  XII, 
248.  ~  P.  Ind.  sian  esta  I,  259. 

—  Pr.  Sbj.  fugue  etc.  I,  11.  187. 
Impér.  fugues  VII,  532,  —  P.  p. 
esta,  do  I,  259.  352.  —  P.  pr. 
estent  IX,  125;  en  estent  que 
étant  que,  comme  (indiquant  la 
cause)  I,  466.  H,  164. 

èstre  s.  m.  être  w».  XI,  201. 
estré,  estrecho  a.  (strictum)  étroit,  e 

II,  267. 

estrechan,  o  a.  {de  estré,  estrecho) 

étroit,  e  VI,  176. 
estrema  v.a.  (*extrëmare)  enfermer, 

remeUre  1,447.  IV,  192.  V,  101. 
estremage   s.  m.  {de  estrema  4 

-Stïcum)  rentrée  (du  foin)  IX, 

p.  183. 
estrementi   v.  a.  (ex-*trëmëntlre, 

de    trëmentôm)    secouer,  faire 

trembler,  faire  retentir  IV,  394. 

VI,  489.  XI,  199. 
estreno  s.  f.  (strgnam)  étrenfte  I, 

503. 
estrepado   s.  f  (s.  p.  de  estrepa, 

V.  trepa)  piétinement  VI,  488. 

vm,  410. 


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334 


GL088A1RB. 


estrién  s.  m.  (du  germ,  strenpa) 
étrier  V,  325. 

e8tro[p  8.  m.  (strOppnm)  éirope  Y, 
423. 

Ëstropi  n.  d'h,  (EatrSpTmn)  Eu^ 
trope  XI,  100.  399. 

estronpa  v.  a,  (du  rad.  germ.  stnp, 
strup,  cp,  ValL  struppig)  re- 
trousser IV,  451.  Vn,  174.  IX, 
235. 

estrumen  a,  m.  (instrumëntÀm)  in- 
strument, outil  IX,  301. 

estubo  s,  f.  {de  *ëxtuf are  faire 
suer,  cp.  le  gr,  rvfftoç,  Kôrt.  3061; 
V.  aussi  tuba)  propr.  :  étute,  suée, 
fig.  :  course  effrénée  I,  461. 

estudia  v.  a.  (*8tûdTare)  étudier 
III,  334. 

estùrti  s.  m.  (Bttlltiim)/au  m,  302. 

fl'esvali  V.  a.  et  r.  (♦6x-Tftllire,  de 
v&Uum)  dissiper  I,  170.  XII, 
299;  se  dissiper,  disparaître  IX, 
375.  X,  132.  XI,  112. 

s'esvana  (=  s'eavani)  v  r.  (♦çvftn- 
are  p.  SvSnëscëre)  ^évaporer, 
se  dissiper  IV,  405.  XII,  362. 

s'esvapoura  f .  r.  (ëx-y&porare)  ^é- 
vaporer  XII,  2. 


(B*)esyarta  v.  a.  et  r.  (de  ëx-yërtëre) 

V,  a.  dissiper  IX,  229  ;  t?.  r.  se  dis- 
siper vn,  463.  Vin,  63.  XI, 
181. 

esyentra  v.  a,  (ëx-*vëntrare)  éven- 

trer  V,  327. 
esvoto   s.  w.   offrande  faite  „ex 

YOto",   c.  à  d.  à  la  suite  d'un 

vceu  I,  357. 
eterne,   o    a.   (asternum)   étemel 

VI,  632.  XI,  489.  Xn,  119. 
eto!   int.  (ît&)  en  effet,  oui  XII, 

326. 
eu  pr.  pers.  3'  p.  sg.  (ïllum)  lui 

I,  22.  129.  447  etc.;  eu -même 

lui-même  IV,  2á8. 
èurre   (  =  euro)  ».  /.  (hëdëram) 

lierre  HI,  463.  VHI,  33.  260. 
éuse  s.  m.  (ïllcem)  yeuse  VI,  484. 

IX,  40. 
éuBÌno    s.  f.   (de  éuse)  chêneteau 

IX,  163. 
Evangéli  s.  m.  (euangëlïum,  du  gr, 

fvayYÌlioy)  V h.vangiíe  VI,  425. 
evangelisto   s.  m.  (euangëlistam) 

évangéliste  VIII,  102. 
evesque  s.  m.  (ëpiscopum)  évêque 

XI,  91.  515. 


fa,  facho  v.  faire. 

facharié    s.  f.   (du  v.  fâcha,    lat. 

*fastldïcare)  fâcherie  Vn,  442. 
fachous,  0  a.  (id.)  fâcheux,  se  Vil, 

126. 
îàci   s.  f  (fàciem)  face  VII,  232. 

VI,  333.  XU,  166. 

façoun  s.f  (fàrCtïOnem)  enjolivure 

VII,  589. 

f açouna  v.  a.  (de  façoun)  façonner, 
ouvrager  I,  137. 


Fadeto  s.  f.  (dim.  de  fado)  petite 
fée  VI,  169.  XII,  253. 

fado  s.f  (fatam)/^c  IV,  209;  ad- 
jectivement: as  la  man  fado  tu 
as  la  main  fée  IL,  24a 

fagon,  fague  etc,  v.  faire. 

fai  p.  faire  (v.  c.  m.)  Vif,  230. 

faire  v.  a.  —  Gr.  g  108.  p.  156  — 
(facëre) /o»r«.  —  Pr.  Ind,  fas 
VIII,  277;  fai  I,  30.  66;  fan  I, 
20.  53.  —  Impfl.  Ind.  f asièn  etc. 


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OliOSSAlRB. 


335 


I,  173.  Vn,  4.  100.  —  P.  d. 
faguère  etc.  I,  94.  96;  fè  rdia- 
lecU  de  MursHlle)  I,  492.  — 
Fut.  et  Cand.  faraì,  fariéu  téc. 
Vin,  14.  Vn,  373.  -  Impér. 
fai  I,  35.  —  Pr.  SbJ.  fague  ete. 
XII,  125.  VI,  611.  -  ImpJÏ. 
Sbj.  faguèsse.  —  P.  pr,  fasènt 

X,  6ô.  393.  —  P.  p.  fa,  facho 

XI,  293.  I,  448.  —  faire  suivi 
d'un  in/.,  comme  en  fr.  X,  126. 
398  etc.  —  employé  comme  v. 
impers.  îai  bon  (jaire)  il  fait 
bon  (s* étendre)  X,  85  ;  fasié  tèms 
sol    il  faisait  un  temps  calme 

XI,  121.  —  dequé  nous  fara? 
à  quoi  cela  nous  servira-t-ilf  I, 
281.  —  faire  &  dire,  crier  à  qn. 

II,  22;  p.  ex.  faguè  dit-il  I,  64. 
94.  XII,  256  ;  se  faire  v.  r.  de- 
venir I,  20.  112.  306. 

faire   s.  m.  le  faire,  V adresse  H, 

69. 
fai[8  s,  m.  (fascëm)  faix,  fagot  I, 

44.  in,  278. 
falabrego  (  -  farabrego,  fanabrego 

etc.)   s.  f   (or.  inc.).  micocoule, 

fruit  du  micocoulier  I,  54.  520. 

XII,  152  etc.   Gp.  I,  1  note. 
falabregnié  s.  m.  {de  falabrego) 

micocoulier  (céltis  australis  de 
Linné)  1,  91.  IX,  1  etc. 

falé  (=  fougné,  faugué)  v.  n.  — 
Gr.  §  104.  p.  145  -  (*fall6re 
p.  isÀtëie)  falloir  I,  65.  Pr.  Ind. 
fau  I,  127.  335.  439.  -  P.  d. 
fangnè  I,  443.  —  Impft.  Ind, 
faHé  XI,  317.  -  Pr.  Sbj.  faugue 
VI,  269. 

falelt,  0  a.  et  s.  {du  germ.  fala 
fauve)  de  couleur  fauve  (en  par- 
lant de  mulets  et  de  chevaux) 
IX,  339. 


fali  V,  n.  (*falhre  p.  falfëre)  fail- 
lir; lou  jour  fali  le  jour  dé- 
faillant XII,  298;  loc.  adv.  Ion 
jour  fali  au  jour  failli,  tombant 
V,  59;  emé  lou  jour  fali  avec 
le  jour  tombant  VII,  535. 

fam  s.f.  (famem)/tf*m  1, 28.  VIII, 
35.  XI,  206  etc. 

famiho  s.f.  (f âmllïam) /am«7/€  VII, 
388.  VIII,  247. 

famous,  0  a.  (famDsum) /am^Mcc  I. 
473. 

fan,  V.  faire. 

Faneto  (de  Gantèume)  n.  de  f. 
Fanette  {abr.  de  Ëstèfaneto)  de 
Gantelme,  présidait  les  cours 
d'amour  vers  1340.  III,  240.  F. 
note. 

Fanfarigoulo  s  f.  (or.  obsc.)  Fan- 
farigoule,  vallée  de  la  Crdu, 
du  côté  d'Istre  (B.-du-Rh)  VI, 
446. 

fanfaro  s.f.  (or.  inc,  p.-ê.  onom.) 
chasse  au  flamheau  VI,  387. 

fango  s.f  {du  germ.  fanja)  fange 
V,  486. 

fantasti,  co  a.  ("^hânt&stïcum) 
fantastique  VI,  373.  X,  128;  v. 
aussi  Esperit-F. 

Faraman  n.  de  l.  {b.-lat.  Villa  de 
Far  aman  nis,  c.-à-d.  des  émigrés 
des  Burgondes)  Faraman,  dans 
la  Camargue  IV,  346.    F.  note. 

farandouleja  v.  a.  {de  farandoulo) 
faire  la  farandole  VI,  448. 

farandoulo  s.  f  {du  gêrm.  faran, 
cp.  Vesp.  farandula  troupe  am- 
bulante d'acteurs)  farandole  s.f. 
in,  10.  IX,  259.  X,  39  etc.  V. 
III,  10  et  XI,  232  notes. 

farfantello  s.f.  {du  s.  farfant  for- 
fante,  d'un  mot  onom   ^fanfa, 


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336 


OLOSBAIRB. 


qui  désigne  forfanterie,  une  chose 

ou  une  personne  légère;  cp.  Kôrt. 

3185)  éblouissement  X,  260. 
faro[t,  0    a.  et  s.   {du  gr,   iparóç 

falot)   coquet,    te,  falot,  e   H, 

12. 
faturo  «./.  (fftcttLrain)  culture  YÏL, 

303. 
fan  s.  m.  (fSgnm)  hêtre  III,  167. 

X,  85. 

fau,  faugné,  v.  falè. 

fandado  s,  f.  (s.  p,  de  fauda,  du 
vha.  faldan,  faldôn)  tablier  Vil, 
239. 

fandadouno  s.f.  {de  fandado)  tab- 
lier plein  in,  186. 

fandau  s.  m.  {du  v.  fauda)  tablier 
VI,  493.  VIII,  85. 

faudo  s,  f.  {du  gertn.  falda)  giron 
XII,  258. 

faveto  s,  /.  {de  favo)  féverole  I, 
160. 

favo  s.  f.  (fabam)  fève  I,  146. 

fe  =  fes,  r.  cm. 

fe  «./.  (fidem)  foi  I,  383.  X,  350. 

XI,  6(7.  211   etc.;  faire   fe   de 
faire  foi  de,  attester  XI,  323. 

fè,  V,  faire. 

feble,  0  a.  {ftëbllem)  faible  X,  130. 

XII,  134. 

fèbre   s.  f.  (febrem)  fièvre  VHr, 

38. 
febrié  ».  m.  (f6br[ù]ftrmm)  février 

VI,  415.    V.  note. 
fedo  s.f,  (fstam,  cp.  Dz,  582,  feda 

et  Kôrt.  3213)  brebis  I,  81.  Il, 

160.  IV,  99  etc. 
fedoun  s,  m.  {de  fedo)  poulain  VIII, 

21. 
fege  s.m.  {de  ficStum,  se.  jëcûr)/o»g 

VIII,  371. 
fegouii[d,  0  a.  (fêcundum) /?con<i;  e 

IV,  90. 


felen  s,  m.  {de  fllïum)  petit-fils 
IV,  256. 

felibre  s.  m.  {Pour  les  explications 
de  ce  mot  v.  le  Très.  s.  felibre  ; 
selon  Jeanroy,  Rom.  XXIII,  463, 
de  Vesp.  feligrés,  orig.:  filii 
ecclesiae,  doctores  legis)/!f/*6r«, 
littérateur  de  la  langue  d^oc  III, 
232.  Voy,  Introd.  et  III,  232 
note, 

felonn  s.  m.  ip.-Ua.  fellonem,  du 
germ.  fillo  flagellateur)  félon  V, 
371. 

femelan  (=  femelon)  s.  m.  {de 
femSllum)  sexe  féminin,  les  fem- 
mes en  gén.  III,  97. 

femelin,  o  (=  femenin,  o)  a.  {de 
fSmininnm)  féminin,  e  VI,  166. 

femo  s.  f,  (fëminam)  femme  m, 
44.  IV,  469.  Vni,  452  etc. 

fen  s,  m.  (foBnum)  foin  IV,  409. 
IX.  42. 

fena[t  s.  m.  (fodD&tum  marqué  de 
foin)  scélérat,  mauvais  sujet, 
sacripant  IX,  2m.  V,  421.  Foy. 
note. 

fenau,  alo  a.  (^fœn-ftlem)  de  foin, 
fauché  IX,  58. 

fendre  v.  a.  --  Gr.  §  106.  p.  149 
-  (fïndëre)  fendre  1, 134.  VTII, 
258.  IX,  311  eu. 

fendudo  s.  f.  {s.  p.  de  fendre) 
trouée  faite  dans  un  champ  de 
blé  par  le  cihsf  des  moissonneurs 
IX,  233. 

feneirage  s.  m.  {du  v.  feneira  ren- 
trer Us  foins,  de  fen)  fenaisan 
IX,  p.  183. 

fenèstro  s.  f  (fënëstram)  fenêtre 
ni,  258.     . 

fenestronn  s.  m.  {de  hnèBtro)  petite 
fenêtre  m,  62. 


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GLOSSAIRE. 


337 


fèr,  o  a.  (fëmin)  sauvage  IX,  383; 

farouche  IV,  440. 
Ferigonlet  s,  m.  (de  ferigonlo)  le 

Ferigoulet,  vin  muscat  UI,  24. 

V,  note. 

ferigonlo  «./.  (fëricûlam  sauvage) 
thym  yni,  137. 

ferme,  o  a.  (*fïrmnm)  ferme  m, 
96;  adv.  ferme,  fort  V,  233. 

femeti,  co  (=  freneti,  co)  a.  (phrC- 
nSticnin,  du  gr.  tpçêrijTuioç)  fré' 
nétique  XII,  445. 

fcrni,  îreni  v.  n.  {de  hëmëré)  fré- 
mir V,  177.  Vm,  38.  386  etc. 

f  ernisoim  s.f  (de  f  ern[i]  +  -ïtïonem) 
frisson  Vra,  406.  IX,  332. 

feroage,  jo  (=  fourège,  fonrèche) 
a.  (♦feroticnm  tiré  de  ferocem, 
d'après  sTlYSticain  sauvage)  fa- 
rouche m,  177.  IV,  468  etc. 

feronn,  o  a.  {de  fënun)  farouche, 
furieva:,  passionné  II,  157.  III, 
91.  IX,  276  etc. 

ferra  v.  a.  (fërrare)  ferrer  V,  325. 

ferrado  s.  f  {s,  p.  de  ferra)  ,J'er- 
rojdé^^  opération  pastorale  célé- 
brée à  Arles  IV,  338.  F.  noU 
rv,  337. 

ferra[t  s.  m.  (*fërrfttiiin)  seau  de 
bois  cerclé  de  fer  Vm,  275. 

ferre  «.  m.  (fërrum)/»*  «.  m.  H,  424. 
IX,  278.  XI,  41. 

fèrri.«.  m.  =  ferre  III,  313.  VII, 
439. 

femn  s,  m.  {de  fërum)  sauvagerie 

VI,  168. 

fes  s.  f.  (vïcem)  fois  I,  403.  VUI, 
340  etc.;  tonte  à  la  fes  tout  à 
la  fois  I,  179;  de-fes  des  fois, 
parfois  II,  46.  X,  68;  Ta  de  fes 
parfois  n,  458  ;  pronn  fes  mainte 
fois  II,  287;  à  la  fes  à  la  fois 
V,  231.  IX,  311. 


festin  s.  m.  (fëstinnm  p.  f ëstiynm) 

festin  V,  392. 
fèsto  s.f.  (fëstam)  fêu  I,  412,  m, 

16  etc.;  faire  fèsto  faire  fête 

Vn,  216. 
festonna  v.  a.  {de  Vit.  festone,  de 

l'adj.  laU  VêMtnm)  festonner  VII, 

589. 
fèu  s.  m.  (fel)  fiel  X,  384. 
féuse  s.  m.  (fîlïcem)  fougtre  VI, 

485. 
ficheironn  s.  m.  {de  fichoniro)  tri- 
dent rv,  419.  V,  364.    V.  note. 
fichonira  v.  a.  {de  fichoniro)  percer 

V,  21. 
fichoniro  s.f  [du  v.  ficha,  lot.  pop. 

♦flccare  p.  *figïcare,  +  -Drïam) 

tout  ce  qui  sert  à  fixer,  trident 

rv,  352. 
fichn  s.  m.  {du  fr.  fichn,   du  v. 

ficher,  lat.  pop.  flccare  p.  ♦figï- 

care)  fchu  H,  255.  Vm,  86. 

X,  77. 
fidèn,  èlo   a.  (fîdëlem)  fidèle  IX, 

38.  X,  333. 
fiela  V.  a.  et  n.  (fllare)  filer  I,  303. 

ni,  17.  X,  128  etc. 
fiela[t  ».  m.  (*fllatnm)  flet  l,  349. 

Xn,  206. 
fieleja   v.  a.  (*fll-ïcare)  filer  V, 

566. 
fier,  0  o.  (ferum)  fier,  fière  I,  466. 

III,  121.  IV,  6  etc. 
fieramen   adv.  (ferS  mSnte)  fière- 
ment I,  265.  X,  73. 
fiermamen   s.  m.   (fîrmSmëntnm) 

firmament  V,  84. 
fién  s.  m.  (fllïum)  fils  I,  113. 147. 

319  etc. 
fién  s.  m.  (fïlnm)  fil  III,  255.  V, 

bQl;  filet  d'eau  VIII,  250;  avé 

Ion  f.  avoir  le  fil,  être  fin,  adroit 

II,  80. 

22 


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338 


GLOSSAIRE. 


figo  s.  f.  (*ficam  p,  hcum)  figue 

I,  20.  226. 
figuiero  3.f,  (flcSrTam)  figuier  H, 

430.  VII,  39. 
figuro  «./.  (îîg^TBm)  figure  VI,  398. 
fihan  (=  fihun)  s.  m.  (rfe  fiho)  les 

filles  en  gén.  XI,  301. 
fiheto   *.  /.  {dim.  de  fiho)  fillette 

III,  198.  Vni,  339. 
fiho   s.  /.  (flltam)  fille  U,  4.  IV, 

169  etc. 
filo  ».  /.  (fila)  file  m,  170  ;   de 

filo  de  suite  VIU,  298. 
fin,  0  a.  (♦fmum  p.  finitnm)  fin,  e 

I,  309.  II,  240  etc.  —  lou  fin 

s.  m.  le  fin  I,  129. 
fin  «./.  (finem)  fin  s.f.  I,  464.  X, 

2Ô9  etc.;  bouta  fin  à  mettre  fin  à 

XI,  303.  —  fin-que  prép.  jusqu'à 
111,165.  IX,  394.  XI,  195;  fin- 
qne  d^ano  sans  en  excepter  une 
XU,  243;  (à)  fin-que  conj.  jus- 
qu'à ce  que  IV,  131  ;  pèr  fin  que 
conj.  afin  que  III,  259. 

fini,  feni  v.  a.  et  n.  (finire)  finir 
m,  351.  VIII,  92;  fini  pèr/m> 
par  (suim  de  Vinf.)  X,  131. 

fiò  s.  w.  (fócum)  feu  I,  238.  H, 
171.  396  etc. 

fiolo  s.f,  (phïálam,  gr.  <p{aXt])  hou- 
teille  IIL  116. 

fisa  V.  a.  (*fldare  p,  fldere)  se  fier  à 

XII,  428. 

fiscello  s.  f  (flscellam)  éclisse, 
faisselle,  petit  rond  sur  lequel 
on  fait  égoutter  le  lait  caillé  IV, 
452.    K  note. 

fissa  V.  a.  et  n.  (♦fixare,  de  fixum) 
fixer  VII,  3.  X,  285;  regarder 
fixement  XII,  261. 

fisse,  0  a.  (fixum)  fixe;  les  iue 
fisse  les  yeicx  fixes  VI,  578. 


fisto  ;  ma  fisto  int.  {de  fisto  s.  f. 
fesse,  lat.  fiflsam)  ma  foi  (en 
style  burlesque)  II,  224.  m,  loi. 

fia,  flaco  a.  (fl&ccum)  flasque  I, 
433. 

flahutelt  s,  m.  {dim.  de  flahnto,  v. 
flaveto)  petite  flûte  à  trois  trous 
VII,  551. 

flamado  s.f.  (*flâmmfttam) /amm^ 
VI,  487. 

flame,  o  a.  (flammëum)  pourvu  de 
plumes,  dru,  brillant  de  nou- 
veauté II,  203.  X,  208;  à  qui 
les  ailes  ont  poussé  IX,  188; 
flame-nòu  a.  (v.  c.  m.)  battant- 
neuf  IV,  147. 

flameja  v.  n.  {de  *flamma)  jeter 
des  flammes,  flamboyer  I,  523. 

flamen  s.  m.  (fl&mmântem)  flamant 
IV,  479.  Xn,  309. 

flameto  s.  /.  {de  flamo  +  -ïttam) 
flamme  X,  117. 

flamo  s.f  (flàmmam)  flamme  I, 
228.  n,  208.  320  etc. 

flanlc  s.  m.  {de  fl&ccum?)  flan<;  TV, 
87.  213.  xn,  297. 

fiasco  s.f  {b.'lxU.  flaecam,  de  vfts- 
cîdum)  flacon  m,  246. 

fla8que[t  s.  m.  {dim.  de  fiasco) 
petit  flacon  III,  253. 

flaveto  (=  flahuto)  s.f  {d'un  type 
lat.  *flatîitïtare ,  cp.  Homing 
dans  Gr.  Z.  XXII  p.  48i)  ga- 
loubet VII,  165.    V.  note. 

flècho  s.  f.  {vfr.  flesche,  du  v.  irl. 
flesc,  *vliscâ  baguette  ?  Cp.  Kort. 
3331)  flèche  VIU,  356.  IX,  321. 

flèu  (=  flagèu)  s.  m.  (flâgellum) 
fléau  XI,  378. 

flo  s.  m.  (flôccum)  flocon  XI,  189. 
XII,  240  ;  bouquet  m,  31  ;  toufe 
IV,  3;  bloc  XI,  245. 


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GLOSSAIRE. 


339 


floto  8.  /.  (*flûctam  p,  flnctnm)  ; 

à   floto  par  bandes  VI,  391; 

touffe  Vin,  81. 
Aonca,  do  p.  p,  et  a.  (flScc-&tam) 

orné  de  bauffettee,   de  houppes 

IV,  73.  82. 

flonqaeja  (=  flonconneja)  v,  n.  {de 
flÔccnm)  propr.  :  tomber  en  flo- 
cons; clapoter  II,  436.  X,  146. 

flour  *. /.  (florem)  fleur  I,  168. 
323.  340. 

flonreja  t?.  o.  {de  flour)  effleurer 
II,  448. 

flonreto  «./.  (flour  +  -ittam)  fleur, 
fleurette  III,  476. 

floari  t?.  n.  (*flOrire  p.  florére)  fleu- 
rir n,  256.  III,  419.  IV,  14.  201 
etc,;  crons  floarido  Xn,  97.  847. 

V.  notes, 

flonta  V.  n,  (de  flot,  germ.  flut) 
flotter  rV,  210. 

flume  s.  m.  (flamen)  fleuve  Vil, 
113.  X,  21. 

fluTe,  flùvi  s.  m.  (flûvïum)  fleuve 
V,  528. 

f ogo  s.  /.  (fûgam)  animation,  ar- 
deur, fovigue  II,  456. 

fonlt  s,  /.  (fCntem)  source,  fon- 
taine I,  87.  II,  437.  m,  509  etc, 

Fon[t-d6n-Réi,  la  n.  de  L  U  Fon- 
taine-du- Roi,  endroit  près  de 
Beaucaire  IL  66.     V.  note. 

FoD[t-Vièio,la  n.  de  IFont-Vieille, 
village  situé  dans  une  vallée  des 
Alpilles  I,  163.    r.  note, 

forço  s,  f  (îCrtïa)  force  IV,  382. 
XII,  179.    F.  note. 

forço  adv,  {id.)  beaucoup  (sert  à 
renforcer  un  comparât  ou  à  dé- 
signer un  sup,  absolu)  I,  309. 

n,  94. 

formo  s.  f  (formam)  forme  V, 
487. 


foro  prép,  et  adv.  (fôrSs)  hors; 
(en)  foro  de  prép,  en  dehors  de, 
hors  de  VII,  559.  IX,  272.  XII, 
396. 

forlt,  0    a,  et  s.  (fSrtem)  fort,  e 

I,  56.  189.  417.  612  etc,  —  fort 
adv,  fort  III,  117. 

fort  ».  m.  {id)  le  fort  m,  269. 

fou,  folo;  ph  fòli(8)  a.  (fôllem) 
fou,  folle  II,  234.  313.  IX,  14 
etc. 

fòuco  s,f.  (fttllcam)  macreuse,  ca- 
nard de  mer  V,  319. 

fougasso  s,f,  (*fôcftcëam,  se.  pas- 
tam  pâte  cuite  sous  les  cendres) 
gâteau,  fouace  VII,  632,  p.  166. 

fougau  s,  m.  (fOcfile,  de  fScum) 
foyer,  âtre  VI,  525.  VII,  631. 
X,  398. 

fougno  s.f  {s.  V.  de  fongna,  fouina, 
le  vfr.  hongner,  b,-lat  hugnare 
obmurmurare,  p,-ê.  du  germ, 
haunjan,  alL  mod.  hOhnen)  bou- 
derie  II,  142. 

fougous,  0  a.  {de  fogo,  v.  c,  m.) 
fugueux,  touffu  IV,  206.  IX, 
115. 

fougueiroun  s.  m,  {de  fouguié,  lai. 
fôcfirïum)  foyer  VII,  446. 

fougueja  V,  n,  {de  f5cum)  étinceler 

II,  139. 

foui  (=  fou,  17.  c,  m.)  fou  II,  423. 

IV,  350.  XII,  180. 
fouire  V.  a,  —  Gr,§  108  p.  156.  — 

(fôdëre)  labourer  Y,  202. -fouire 

s.  m,  {id.)  labour  VII,  253. 
foui[t  s.  m.  {dim.  de  fau,  Za^ffigum) 

fouet  VI,  276.  IX,  340. 
fouita  V.  a.  {de  fouit)  fouetter  VI, 

76. 
foulas,  so  a.  et  s.  (fÔll[em]  ■+■  suff, 

-ftceum)  insensé,   grand  fou  II 

406.  VI,  171.  VIT,  63.  XII,  12o! 
22* 


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340 


eLOBSAIBE. 


fonletotm  s.  m.  {de  fOUem)  foUei, 

lutin  l,  466;  tourbillon  IV,  405. 

Vin,  143.  XI,  loa 
foulié   ê.  /.  (*f6mam)  folie  VH, 

360. 
fonligaud,  o  a.  (du  v.  fonliga,  vpr. 

folijar,  folear,  lot.  fôUiGATé)  fo- 
lâtre; enjoué;  fou,  folU  I,  176. 

438,  II,  268.  IV,  172.  vm,  202 

etc. 
foalinèa  s.  m.  {de  fou)  petit  fou 

VIII,  388. 
fonlo  8,  f  («.  f?.  de  foula  fouler, 

lut,  *îo\ÎMe)  foule  XI,  232.  479. 

XII,  207. 
foandamento   s,  /.    (fûndSmënta) 

fondement  VI,  545. 
(se)  foondre  v,  a,etr.^  Gr.  §  106 

p,  149  —  (fûndëre)  (se}  fondre 

II,  219.  m,  436. 
foiui[8  8,  m.  (ftUidas)  fond  m.  I, 

531.  U,  200;  an  fin  foona  aux 

profondeurs  XII,  234;  de-founs 

à  fond  I,  129. 
fonn[B,  0  ;  pi,  fonnsi(s)  a.  {de  fon- 
dus) profond,  e  V,  425.  VUI, 

186.  Xn,  279. 
founsour    s.  f    {de   Vadj,  founs) 

profondeur  VH,  27.  Vm,  400. 

XI,  157. 
fountano  «./.  (font-anam) /ontaine 

XI,  208.  - 
fountaneto  «./.  {de  fountano) /on- 

taine  X,  96. 
fountaniho  «.  /.  {id,)  X,  337. 
four  «.  m   (îùrnum)  four  XI,  124. 

VII,  587. 
fourça  V.  a,  {de  forço)  forcer  VI, 

273. 
à  fourcado  loc.  adv.  {M  ""fûrc-Stam) 

à  pleine  fourche  IX,  71. 
fourca|t  s.  m,  (*ftlrcfttum)  araire 

s,  m.  IX,  314. 


fourco  «./.  {if^CBm)  fourche  VIU, 

353. 
fourcolo   s.f  (ftirctllam)  trident 

IV,  494. 

fourèst  8.f.  (*fôre8tain)  forêt  VI, 

583. 
fonrma  tr  a.  (formare) /orm«r  m, 

28.  IV,  16a 
fourmidable,  o  a.  {de  f ormidsbîlem) 

formidable  XT,  136. 
fournigasso  s.f  {forme  péjor,  de 

fournigo)   affreuse  fourmi  IX, 

268. 
fournigo  s.f  {formlcam) fourmiY^ 

388.  IX,  395,    F.  VH,  204  noie, 
fourniguié   *.  /.   (*f9nnicftrîum) 

fourmilière  IX,  395. 
fourquejaire  s.  m.  {du  v.  fourqueja, 

de  fourco)  ouvrier  à  la  fourche, 

faneur  VIDE,  381. 
fourquello  s.f  (*f1ircëUam  p.  fur- 

dS^SJa3L)  fourchette,  aiguillonfour- 

chu  IV,  427.  VI,  208.    F.  note. 
fourre   a.  m.  {b.-lat.  fodrum,   du 

vha,  IvLOt&T  fourrage,  nourriture) 

récoUe  V,  480. 
fourre  s,  m.  (rfi*  germ,  fodr)  abri- 
vent  vm,  124.    F.  noU. 
fourtuna,  do  p.  p,  et  a,  (fSrton- 

fttum)  fortuné,  heureux  III,  29. 
fourtuno  *.  /.  (fôrttlnam)  fortune 

n,  187.  III,  265. 
fou8[c,  0    O.    (fuscum   noirâtre) 

obscur  VI,  174.  Vm,  400. 
fouscarin,  o  a.  {de  fousc)  blafard 

V,  562. 

fousco  s.f  {id.)  obscurité  V,  509. 

XI,  73. 
fousqnelt,  o  a.  {id.)  nébuleux  X,  14. 
fraire  s.  m.  (frfitarem)  frère  I,  501. 

III,  323.  XI,  43  etc. 
frai[s   s,  m.  (fráxTnum)  frêne  I, 

342.  515.  IX,  56  etc. 


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OLOdSAIRE. 


341 


íraalc,  o   a«   (du  germ.  Franko 

homme  libre)  franc,  franche  I, 

278.  IV,  206. 
iraiichimaii[d],  os.eta,  (de  Vall. 

Franzmann,  ou  de  Vangl.  French- 

mAJì)françaÌ8f  e  (du  nord,  d'outre- 

Loire)  I,  30a  VI,  73.  IX,  137  «<c. 
Franco  s.  f.  (*Francïam)  France 

Vn,  494.  XI,  504. 
francoaleto  s.f  (dim.  de  francoulo 

oiseau  qui  vient  de  France)  petit 

francolin  (Tëtar&o  att&gen)  IX, 

263. 
franqui  (=  franchi)  r.  a.  {du  vfr, 

franchir,  áe  franc) /ronc^tr  VI, 

252.  IX,  41. 
franmo  s.f.  (du  gr,  tp^àçna  hrous- 

saille?)  arroche  pourpier  (atri- 

plex  portnlacoïdes)  X,  58. 
fre,  frejo  a.  (*frïgïduni)  froid,  e 

VI,  184.  XII,  388  etc. 
frejaa  s.  m.  (*frigïdalem)  pierre 

froide,  pierre  dure,  caillou  II, 

21. 
frejonloon   s,  m.   (de  fre,  frejo) 

frUson  VT,  616.  IX,  346. 
f res,  fresco  ;  pi,  f reflqui(8)   a,  (du 

germ.  înAÎL)  frais,  fraîche  1, 360. 

n,  309.  Vm,  84  eu.;  de  frea 

toc.  adv.  fraîchement  IX,  42.  — 

fres  s.  m.  le  frais  IX,  427. 
fresconlet,  o   a.  (de  fres,  fresco) 

frais,  fraîche  IV,  2. 
fresconr  s.  f  (de  fresc  +  -Drem) 

fraîcheur,  le  frais  I,  30.  VI,  4. 

Vm,  448. 
iresqneirons,  o  a.  (de  fresqniero) 

frais,  fraîche  IV,  27. 
fresqoiero  s,f  (de  fresc  +  -Srïam) 

fraîcheur  I,  141.  H,  443. 
irestèn  s,  m.  (de  fistellum)  chétif, 

imbécile  V,  263. 


fretarèn,  ello  a.  (*frïctSr-8llQm, 
de  *frTctare,  fréqu.  de  frïcare) 
qui  frotte  bien,  polisseur,  se  IV, 
463. 

frète  *./.  (contraction  de  ferreto, 
de  f ermm  ;  cp.  Scheler,  s.  f rette, 
Kdrt.  s.  ♦ferrittam)  cercle  de 
fer  qui  entoure  le  moyeu  des 
roues  IX.  404. 

fringaire  s.  m.  (de  tringtk  fringuer, 
cTun  type  fring-,  frig-  ;  cp.  Kihi. 
3463)  jeune  homme  fringant; 
bien-aimé  H,  393. 

se  fringooia  v.  r.  (*frignlare,  cp. 
fringaire)  se  trémousser,  se  frot- 
ter V,  63, 

se  frisa  v.  r.  (*frictïare)  se  pulvé- 
riser VII,  243. 

frisonn  s.  m.  (du  rad.  germ.  fris-) 
boucle;  erbeto  de  frisonn  her- 
bette  aux  bâUcles,  valisneria 
spiralis  V,  115.    V.  noU. 

fron[t  s.  m.  (frontem)  front  I,  8. 
498.  II,  119  etc.;  en  front  de 
front,  en  ligne  rangée  I,  463. 

fronndo  (=  fonndo)  s.f.  (ftlndam) 
fronde  V,  286. 

fronnsi  v.  a.  (orig.  incertaine;  p.-é. 
du  germ.  mnzel)  rider  VII,  398. 

frQnnsimen  s.m.(dehoxm%\)fronce' 
ment  XI,  263. 

froontas  s.  m.  (de  front  +  -ftcëum) 
large  front  X,  429. 

fm  (=  fmch,  frut)  s.  m.  (fmctnm) 
fruit  X,  380. 

frnchaio  (frechaio)  s.f.  (*frix-ftlïa) 
visch-es  VI,  586. 

fmchan,  alo  a.  (de  frncho  +  -alem) 
anbre  frnchau  arbier  fruitier 
vn,  617. 

frncho  s.f.  (♦fmctam  p.  fmctnm) 
fruit  I,  32.  XII,  76  etc.;  frncho 
madalenenco  figue  I,  27. 


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342 


GL088ÁIBB. 


frnsta  v,  a.  (frustare)  frôler,  ef- 
fleurer V,  69.  132.  Vm,  150 
etc. 

fueio  »./.  (îôVía,)  feuille  I,  50.  H, 
29  etc.  ;  récolte  des  feuilles  de 
mûrier  II,  346;  èstre  à  la  f. 
cueillir  ou  ramasser  la  feuille 
de  mûrier  U,  10. 

fugae  etc.  v,  èstre. 

fugi  V,  n.  et  a.  (*ftSglre  p,  fûgëre) 
fuir  II,  19.  464.  IH,  434  etc. 

fniado  s.f.  (♦fÔlïStam)  feuillée  H, 
174. 

fum  s.  m.  (ftunum)  fumée  IV,  385. 

fuma  V.  a.  (fùmare)  fumer  VIII, 
368;  fama  li  manvo  être  enterré 
XII,  106. 


fora  V.  a.  (fórSre)  miner  n,  398. 
fuma   t>,  a.  (*fiirnare,  de  fûrnus) 

fouiller  (propr.:  dans  un  four) 

n,  207.  m,  93. 
fnronr  s.  /.  (fûrorem)  fureur  IV, 

385.  VIII,  380  etc. 
fas  s.  m.  (ftlsnm)  fuseau  I,  106. 
fusa  V.  n.  (*ftl8are,  fréqu.  de  îûn- 

dSre)  s'écouler  1,294;  filer  VIÏÏ, 

147.  IX,  381;  sill^  XI,  188. 
fusteja  V.  n.  (♦fustlcare)  tracuiller 

(le  boisj  XII,  80. 
fustié  s.  m.  (*fu8t9rlum,  fabrum 

lignarium,  Du  C.)  charpentier 

XI,  24. 
fusto   s.  f.   (*îu8tam  p.  fustem) 

poutre  VI,  606. 


G 


gàbi  s.  f.  (càvëam)  gabie,  hune  I, 
219. 

gabian  s.  m.  {de  gàbi)  goéland  I, 
212.  VIII,  229.  X,  68.  425. 

gabié  s.  m.  {de  gàbi)  gabier,  homme 
sur  la  hune  I,  220.  222. 

gabiuous,  0  a.  {du  s.  gabin  humi- 
dité du  sol,  b.'lat.  gabinum,  Du 
C,  de  càvëam)  humide  VII,  298. 

gàbio  s.f.  (càvëam,  cp.  gàbi)  cage 
II,  220. 

gafa  V.  n.  (=  gasa,  vpr,  guasar, 
lat.  ♦vadare,  vadëre,  sotis  l'in- 
fluence du  germ.  watau)  guéer 
—  marcher  dans  Veau,  les  jam- 
bes nues  IV,  455. 

gaf 0  s.  f.  {vpr.  gab ,  du  vnord, 
gabb  raillerie)  ô  gafo  !  oh  équi- 
pée/ IX,  15. 

gagna  v.  a.  {du  germ.  waidanjan) 
gagner  I,  404.  IV,  435.  IX, 
323. 


gai,  0  a.  {p.'è.  du  germ.  gàhi)  gai^  e 

I,  166.  II,  27.  311.  IIL  113  de, 

gaiamen   adv.  {de  gai)  gaiement 

ni,  210. 

gaiar[d,  o  a.  {du  germ.  wallen, 
vfr.  galer  +  suff.  germ.  bard; 
cp.  Kôrt.  3562)  vigoureux,  gail- 
lard m,  8.  V,  290. 

gaiarde[t,  o  a.  {dim.  de  gaiard) 
sain  et  sauf  XII,  254. 

gaieta  s.f.  {de  Vadj.  gai  +  ItStcm) 
gaieté  III,  388. 

gaire  adv.  {du  vha.  weigaro)  guère 

1,7. 

galagu  s.  m.  {du  v.  gala  +  ga,  g^B, 

mot   d'argot  p.   ventre)  goulu, 

goinfre  V,  214. 
galan[t,  o  a.  {de  gala,  v.  galo-bon 

tèms)  beau,  gentil  II,  3. 69. 10, 

294. 
galantoun,  o  a.  (de  galant)  beau, 

gentil  II,  92.  232  etc. 


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GLOSSAIRE. 


343 


galapastre  s.  m.  {du  v.  gala  + 
pastre)  oiseau  qui  réjouit  les 
pâtres  m,  326. 

galarié  «./.  (c&liiriam)  ^a^«rte  YIi 
546. 

galeja  v,  ru  et  a.  (de  gala)  plai- 
santer I,  275.  m,  295. 

galejado  s.  f.  {s.  p.  de  galeja) 
raillerie  lU,  43. 

galejaire  s.  m.  (de  galeja)  railleur 
VI,  67. 

galejarèn,  ello  a.  (de  galeja)  raiU 
leur,  euse  III,  366. 

galejonn  (=  gallechonn)  «.  m.  (de 
gallnm  coq)  héron,  bihoreau, 
oiseau  échassier  X,  72.  V,note, 

galèro  s./  (♦cftlarïam,  du  gr,  xâXor 
bois,  navire)  galère  I,  269. 

gale[t  s.  m.  (or.  inc.J  gorge,  gosier 
V,  185. 

Oaliço  s.  /.  (Galliciam)  Galice, 
province  d* Espagne  V,  187. 

Galilèio   s.  f.  (Gàlïlœam)  GaliUe 

XI,  23. 

galino  s,  /.  (g&lllnam)  poule  YI, 
210.    F.  note, 

galis  (languedoc.  agalis)  s,  m.  (or. 
ine.)  ligne  oblique,  diagonale, 
talus  II,  273;  regard  de  galis 
regard  oblique  III,  397  ;  en  galis 
obliquement  III,  339. 

galo-bon-tèms  s,  m.  (=  qui  se  ré- 
jouit du  bon  temps;  le  v.  gala 
prob,  du  germ,  geilî)  viveur, 
garnement,  drôle  II,  143. 

galoi,  0  a.  (du  v.  gala)  goguenard, 
joyeux  I,  323.  II,  458.  IX,  236. 

XII,  215  eu, 

galo[p  s,  m.  (s,  V.  de  galoupa)  ga- 
lop IV,  220. 

galoupa  V.  n.  (du  germ.  ga-hlaupan 
courir)  galoper  V,  389. 


gàmbi,  0  a,  (b.-lat.  cambnm  in- 
flexnm,  tortnosum.  Du  C;  du 
rad.  celt,  camb-)  tortueux  VIII, 
349. 

gancbello  s./,  (du  germ.  wankjan 
chanceler,  cp.  le  fr.  ganchir) 
mazette,  haridelle  II,  153.  V, 
215. 

gaucherie,  o  a.  (cp.  gancbello) 
tortu,  «  VI,  487;  éclopé  YUl, 
417. 

gandar[d  s.  m.  (du  v.  gandi  -4- 
suff'.  bard)  IxUteur  de  pavé,  vau- 
rien II,  392. 

(se)  gandi  v.  a,  et  r.  (du  germ. 
wandjan)  (se)  sauver,  pousser 
ses  pas,  se  lancer,  s'acheminer 

IV,  242.  VI,  75.  IX,  214.  XI, 
236.  507. 

gandolo  s,  f.  (de  Vit.  gondola,  qui, 
selon  Dz.,  vient  du  gr.  »6yâv 
vase)  ruisseau  de  rue  II,  120 

gansoaia  (=  ganciha  etc.)  v.n.  et 
a.  (vpr.  gancillar,  de  gancbir, 
germ,  wankjan)  cogiter,  vaciller 

V,  436.  VI,  21. 

Gantènme  n.  d'h.  (du  germ.  Gant- 
helm)  nom  d'une  noble  famille 
provençale.    F.  HE,  240  Faneto. 

gara  (=  garacb)  s.  m.  (vervàctum, 
du  V.  vervàgere  défricher)  gué- 
ret,  champ  non  ensemencé  IX, 
92.  311. 

se  gara  v.  r.  (du  vha,  warôn  ob- 
server, prendre  garde)  se  ranger, 
s'écarter  VI,  266.  X,  300. 

garagai  s.  m.  (de  garach  ?)  gouffre, 
abîme  V,  455.  XI,  157. 

Garamaudo  (—  Garamaulo,  Gara- 
macho)  s.  f.  (de  Vesp.  caranta- 
maulo  masque  hideuse,  or.  inc.  ; 
ou  de  Karamandus,  chef  gaulois 
qui    vint    assiéger    Marseille?) 


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344 


GLOSSAIRE. 


Garamaude,  être  imaginaire  dont 

on  fait  peur  aux  enfanta  VI, 

451.    F.  note. 
garanço  s.  /.  (de  ""gnsr&ntïam,  du 

vha.  wërôn  garantir;  ep.  Kôrt, 

8630)  garance  IX,  88. 
garbeiroun  s.  m.  {de  garbo)  petite 

meule  de  gerbes  en  pyramides 

IX,  132.  196. 
garbejaire   s.  m.  {du  v.  garbeja, 

de  garbo)  ramasseur  de  gerbes 

in,  6. 

garbello  (=  courbello)  s.  f.  (côr- 
bïcûlam)  corbeille  XII,  344. 

garbiero  s.  /.  {de  garbo  +  -ërïam) 
meule  de  gerbes  VUI,  341.  383. 
IX,  144. 

garbo  s.f.  {du  vha.  garba)  gerbe 

I,  118.  IX,  125.  132  etc. 
Garcin  n.  d'h.  Garcin,  poète  pro- 
vençal VI,  80.  F.  note, 

garçoun  s,  m.  (or.  inc.;  cp.  Kbrt, 

1656)  garçon  VI,  532, 
garda  v.a.  {du  ý«rm.  wardon)  garder 

II,  62.  III,  262.  XI,  94.  493  «ic. 
gardaire  s.  m.  {de  garda)  gardien 

VII,  384. 

gàrdi  s.f,  {b,'lat.  gardiam,  de  gar- 
da) garde  s.  f,  à  la  gardi  de 
NoBto-Damo,  de  Dién  VI,  363. 

VIII,  322. 

gardian  s,  m.  ('^gardîftnum,  de 
garda)  gardien  IV,  19. 198.  VIII, 
364.  381  etc. 

gardianoun  s.  m.  {dim.  de  gar- 
dian) aide-gardien  VIII,  381. 

gardo  s.f.  (s.  v.  de  garda)  garde  f. 
IV,  51  ;  se  donna  gardo  pren- 
dre garde  II,  221.  V,  428. 

gardo  s,  m.  (irf.)  garde  m,  ;  gardo- 
vaco  s.  m,  vacher  V,  29. 

gardo-raubo  s.f,  garde-robe  VIII, 
54. 


Gardoon  s.  m,  (Vardonem)  le  Gar» 
don  ou  Gard,  rivière  du  Langue- 
doc, affluent  du  Rhône  V,  273. 
F.  note. 

gargamello  s.  f.  (d'un  rad.  onom. 
garg,  gorg,  cp,  le  fr.  gargonille, 
gargariser  etc.)  gorge  Xn,  169. 

gargassoun  s,  m.  (id.)  gosier  YH, 
262. 

gargato  s.f.  {id.)  gosier;  à  la  gar- 
gato  à  la  régalade  UI,  25. 

gari  V.  a.  (du  goth.  warjan  mettre 
en  sûreté)  guérir  XI,  325.  XII, 
96.  199. 

garni  v.  a.  {du  germ.  wamjan) 
garnir^  préparer  1, 160.  III,  253. 
VIII,  260. 

garramacho  (=  garamacho).  s.f. 
{Cp.  Vesp.  guadamaci  et  gorro- 
mazos  grandes  bottes  à  Vécuyère, 
de  la  ville  tripolitaine  de  Ga- 
dameSj  cp.  KÔrt,  1527)  houseau 
Vn,  151. 

gàrri  s.  m.  (suivant  Nigra,  Arch. 
gl.  XIV,  278,  ce  mot  doit  être 
comparé  au  fr.  jarce,  jar,  jars, 
jard  [or.  inc]  long  poil  dur  et 
luisant  à  la  superficie  des  peaux 
de  castor  etc.  U  animal  a  reçu 
son  nom  des  longs  poils  qu'il 
porte  à  son  museau.)  gros  rat; 
noum  d'un  gàrri,  juron,  nom 
d'un  rat  I,  437. 

garrigau[d,  o  a.  et  s.  {de  garrigo) 
de  la  kmdeyill,  200;  habitant 
de  la  lande^  solitaire  m.  VIII, 
241. 

garrigo  s.  f.  {vpr.  garric  chêne, 
b.-lat.  garrigam,  p.-è.  du  celt. 
gar  jambe;  cp.  Kôrt.  3600)  go- 
rigu^,  lande  oô  il  ne  croît  que 
des  chênes-nains  I,  346.  IX,  279. 
Xn,  317. 


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GLOSSAIRE. 


345 


garronio  s,  f.  {s,  v.  de  garronia, 
lot,  *g&iTttl-iare)  queréUe  VII, 
392. 

se  gasta  v.  r.  (vftstare)  se  gâter, 
tomber  en  corruption  X,  381. 

gan  8.  m.  et  f.  (gaudinm)  joie  II, 
108.  X,  239;  faire  gau  faire 
plaisir  m,  78.  VI,  633  etc.;  avé 
gau  se  r^ouir  VII,  80. 

gan  s.  m.  (g&Uum)  coq  II,  17. 

se  ganbeja  v.  r.  (de  gànbi)  se  ma- 
nier avec  soin  I,  128, 

gànbi  s.f,  (du  vha.  garawi,  garwi 
omementj  aisance ,  dextérité, 
grâce  V,  50. 

gandre  s,  m.  (or,  inc.)  ravin,  tor- 
rent II,  423.  XII,  184. 

gangno  «./.  (cftvlnëam,  it.  gayig- 
na;  cp.Kârt.  nQ3)propr.  glande 
salivaire  ;  joue  VI,  644. 

ganlo  s.  /.  (du  /r.  ganle,  de  val- 
Inm,  ou  du  goth.  vains  bâton) 
bâton  VII,  530. 

gansi  V.  a.  {de  gaudsre)  user  Vm, 
61. 

gantas  s.f.  {de  ganto  4-  -Scenm) 
soufflet  V,  252. 

ganto  s.f  (gàbàtam)  jouel,  123. 
168.  II,  170  etc. 

gavàrri  s,  m.  (or.  inc.)  javart, 
tumeur  dure  et  douloureuse  qui 
vient  aux  pieds  des  chevaux  et 
des  bceufs  VII,  341. 

gavello  «.  /.  (or.  inc,  prob.  celt.) 
javelle,  faisceau  d^épis  VII,  97. 
IX,  122. 

gayèn  s.  m.  (forme  masc.  de  gs^ 
veWo)  javelle  de  sarment  VI,  316. 

gaTO[t,  0  a.  et  s,  {de  la  ville  de 
Gap,  ^.  Vapincnm)  montagnard 
IX,  185.  IV,  38.    Vog.  note. 

gèino  s.  f.  (gëhennam  enfer  des 
Juifs)  gêne  lU,  216. 


geinonn(7V^«.:  geinoni,  geinons, 
geinonionn)  s.  m.  {de  ♦gSnûctl- 
lum)  genou  I,  496.  II,  445.  IX, 
126.  354  etc.;  d'à-geinonn  à  ge- 
noux X,  282. 

gème  s.  m.  {s.  v.  de  gémi)  gémis- 
sement V,  384. 

gémi  V.  n.  {de  gemëre)  gémir  II, 
278.  IX,  388.  Xn,  101. 

gença  v.  n.  (du  lat.  gëmiscëre) 
gémir  XI,  265. 

gendre  s.  m.  (gënëmm)  gendre  IV, 
283. 

genèbre  s.  m.  (jonîpëmm)  genièvre 
XI,  450. 

generacionn  s.f  (gënërfttitinem) 
génération  VII,  395. 

generan,  alo  a.  et  s.  m.  (gënërslem) 
général  IV,  133. 

genèsto  s.f  (gënïstam)  genêt  III, 
15. 

gens  =  ges  (v.  c.  m.)  VI,  533.  XII, 
124. 

gènlt  a)  s.  f  au  sgl.,  b)  m.  et  f 
au  pi.  (gëntem;  gëntes)  a)  race 
VI,  269;  —  b)  gens  II,  16.  X, 
2.  XI,  281;  parenU  III,  189. 
269.  Vn,  66. 

gèn[t,  0  a.  (gënïtnm  bien  né)  gen- 
til, le  I,  142.  m,  184.  IX,  7. 

gerlo  s.  /.  (de  l'arabe  djarrah  vase 
à  eau)  jarre,  amphore  III,  3. 
Vni,  405. 

germe  s.  m.  (germën)  germe  III, 
97;  végétation  X,  55. 

ges  (=  gens)  adv.  de  nég.  (gënùs) 
point  I,  475.  482.  II,  111  etc. 

(se)  gibla  v.  a.  et  r.  (♦gïbbër-ftre, 
de  gïbbërem)  a)  v,  a.  ployer, 
courber  V,  173.  VII,  283;  river 
VI,  323.  b)  V.  r.  se  tordre  XI, 
244. 


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346 


OL088AIRE. 


gibo  8.  /.  (*gïbbam  p.  gïbbxim) 
boese  ;  faire  gibo  faire  une  in- 
flexion, bosstter  III,  174.  IX, 
314.  (à  VhoiHzon)  XI,  53. 

gîgan[t  s.  m.  (gîg&ntem)  géant 
Vin,  175. 

gimèrri,  gimerre  «.  m.  (prob,  de 
cbimœra,  cp.  Dz.  622,  Kôrt.  4489) 
jumaH  VII,  440. 

gingoula  V.  n.  (du  germ,  jange- 
lôn  aboyer^  cp,  le  vfr,  jangler, 
vpr,  janglar  railler)  se  lamen- 
ter, gémir  yn,  82.  X,  178.  XI, 

10.  181  ;  glapir  VII,  544. 
gingoulamen  s.  m.  {de  gingoula) 

gémissement  VI,  378. 
gipas  «.  m.  {de  gip  gypse,  lat.  gyp- 

8um)  plâtras  V,  448. 
giscla  V.  n.  (orig.  incertaine)  jaillir 

11,  357.  XI,  210.  423. 

glàri  s,  m,  {de  gladium?  cp.  es- 
glaia,  esglàri)  lutin,  spectre  III, 
193.  IV,  190.  IX,  365. 

glas  s.  m.  (*g1&cîum)  glace  ^  gla- 
çon III,  436.  VI,  263.  Xn,  353. 

glavas  s.  m.  {de  lavare?)  pluie 
torentielle,  masse  liquide,  lavasse 
IV,  322.  V,  528. 

glèiso  *.  /.  (ëcclesïam)  église  I, 
356.  368.  II,  216  eU. 

glenaire  s.  m.  {de  glena,  bAat. 
glenare,  glanarep.  le  to^grftnare) 
glaneur  II,  460.  IX,  193. 

glenarello  s.  f.  {de  glena)  glaneuse 
IX,  141. 

gleno  s.f.{s,v.de  glena)  glane  IX,143. 

gloio  t\  glòri. 

glòri  s.  /.  (glorïam)  gloire  I,  11. 
48Ò.  VIII,  302.  X,  340.  iU3  etc, 

gnarro  s.  m.  (ign&ram)  valet  de 
ferme  VII,  2a5. 

gofe,  0  a.  (*guffum,  or.  inc.)  bouf- 
fant, gonflé  II,  292. 


gorgo  «./.  (gûrgam)  gorge,  gueule, 

lit  d'un  ruisseau  II,  316.  VU, 

385.  VIII,  248. 
go[t  s.  m.  (gûttum)  verre  I,  193. 

203.  II,  355. 
gooÌBsa  V,  n.  {du  s.  m.  goni  peine. 

douleur,  cp.  le  hit.  vae,  le  tha. 

wai,   l'it.  guai)  gémir,  pleur- 
nicher m,  69. 
goulo  s.  f.  (gùlam)  gueule  VI,  529. 
gonma  v,  n.  {de  goumo)  refluer, 

se  dégorger,  (propr.  «i  parlasU 

de  la  sève  d'une  plante)  V,  191. 
goumo  s,  f   (gummam,  gununi) 

gomme  m,  513. 
(bc)  gounfla  v.  n.  et  r.  (conflare) 

gonfler  V,  17.  IX,  283.  X,  26. 

166.  —  se  gonfler  XI,  127. 
gounfle,  0  a.  (*cOnfl[&t]um)  gonflé, 

bouffi  V,  356.  VIII,  130.  IX, 

9  etc. 
gounfleja  v,  n.  {de  gounfla)  renfler 

II,  237. 
gounflige  s.  m.  (*confligTuin  p.  cOn- 

fllctum)  sanglot  (propr.:  gonfle- 
ment) xn,  245. 
gounfluge  s,  m.  (id.)  boujflssure 

X,  361. 
gourbelin  s,  m.  (dim.  de  cSrbem. 

*c5rbîainum)  corbillon  HI,  290. 
gourbihaire  ,s.  m.   {de  goarbiha 

faucher,  v.  gourbibo) /awA»»* 

VII,  262. 
gourbiho  s.  /.  {de  gourb,  UU.  cûr- 

vum,  +  -ïlïa)  faueiOe  YII,  207. 
gourbin  s.  m.  {de  gorbo,  Uxt,  c5r- 

bem)  manne,  corbeille  VIII,  307. 

XII,  7. 
gour[g  s.  m.  {b.-lat.  gorgom  p. 

gûrgïtem)  goujfre  ^eau  VIII, 

336.  398.  XI,  95. 
gourgarèu  *.  m.  {de  gourg  +  -tó^- 

lum)  couloir,  gorge  VI,  231. 


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OL088AIRE. 


347 


gonrrìn  s.  m.  {p.'ê.  au  goth.  gaurs 
affligé^  cp.  le  vfr.  gourrer  trom- 
per, voler)  vagabond,  Ubertin 
V,  287.  XI,  301. 

gonrrmeja  v.  n,  {de  gourrin)  vaga- 
bonder V,  182. 

gonslt  8.  m.  (gtlstnm)  goût  IV,  282. 

gonsta  V,  a.  et  n.  (gtistare)  goûter 
III,  516;  8.  m.  le  goûter  YII, 
p.  139. 

gonstado  8.  /.  [a.  p.  de  gonsta) 
goûter  8,  m.  YII,  240. 

goustous,  0  a.  (gQstOsam)  8avour- 
eux,  8e  Vm,  207. 

Gòult  (=  AgòuLt)  n.  de  l,  Goult, 
AgouU,  village  du  département 
de  Vaucluse  IX,  211.  Vog,  note. 

gouvèr  8,  m.  (gûbërnum)  conduite 
TU,  72. 

gonTernamen  s.  m.  {du  fr.  gou- 
vernement^ lat.  ♦gùbern-ft-mën- 
tum)  gouvernement,  royaumeYll, 
322. 

grhci  8.f.  (grStïam)  grâce  IV,  119. 
XII,  68.  230;  dire  li  gràci  dire 
le8  grâce8  VII,  324.  XI,  335. 

grafigna  v,  a.  (*gràphïnëare,  de 
gTftphïimi  poinçon)  égratigner 
II,  260  ;  de  grafignado  loc,  adv. 
à  coup8  de  griffes  VI,  454. 

graile  8.  m,  (gr&cllem  grêle,  p, 
rapport  au  son)  clairon  IX,  310. 

graio  *.  /.  (grácûlam)  corneille 
YI,  209. 

gramaci  s.  et  adv.  (du  fr,  grand 
merci,  du  lat.  grândgm  mërcsd- 
em)  grand  merci;  faire  sonn 
gramaci  rendre  grâce  IV,  135. 
YII,  108. 

gran  s.  m,  (gr&nnm)  grain  III, 
357.  XI,  399. 

granado  s.f.  (*gran-&tam,  degT&n) 
récolte  VII,  229. 


gran[d,  fém,:  grand  ou  grande, 
pi:  a)  grand,  o,  b)  gràndi(B), 
c)  grands,  grande  a,  (grSndëm) 
grand,  e,  —  m.  sgl.  I,  4. 137  ;  /. 
sgl.  a)  grand  lY,  131.  YI,  538.  b) 
grande  I,  207.  VHI,  290.  XI, 
263  ;  pi.  a)  grand  1, 91.  XI,  372  ; 
grande  X,  350.  b)  gràndi(8)  XI, 
227  (au  fémO.  c)  grands  I,  85. 

grand  s,  m.  grand-père  IV,  259. 
—  grand  s,  f.  grand*mère,  aï- 
eule  I,  385. 

grand -bénre  s,  m.  {v.  grand  et 
béure)  petit  repas  que  les  mois- 
sonneurs font  vers  10  heures  du 
matin  IX,  25. 

grandi  v.  n.  (gràndlre)  grandir 
YI,  74.  X,  105.  262  etc, 

granesonn  s,  f  (♦gran  -  atïenem) 
grenaison  YII,  185. 

grapiê  s.  m.  {du  v.  grapa  gratter 
la  terre,  racler,  d'un  rad.  germ. 
ou  celt.  grap;  cp.  Kôrt,  2234) 
criblure  VII,  521. 

grapin  s.  m.  {du  vha.  krapho  cro- 
chet) grappin  I,  242. 

gras,  se  a.  (crâssnm)  gras,  se  YII, 
305. 

grasiha  v,  a,  {de  grasiho)  griller 
Vni,  201. 

grasihe  s.  /.  (cratïcùlam)  gril  VU, 
249. 

grase  s.  f.  {vpr.  graza,  grasa,  de 
gràdum)  degré  XI,  357;  dalle 
YII,  445.  YIII,  257;  bloc  de 
pierre  XI,  40. 

grau  (=  gras)  s,  m.  {de  gràdum) 
embouchure  (du  Bhône)  X,  21. 

gravacha  (=  grayecha)  v.  a.  {du 
germ.  krattôn?)  gratter,  égra- 
tigner lY,  234. 

gravaduro    s.  f,   (du  rad.   germ. 


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348 


GLOSSAIBB. 


grab-  +  -fttaram)  trace  gravée 
XI,  494.    F.  note. 
grayiho  «./.  {dim,  de  gravo)  grève 

V,  492. 

^avo  8,  /.  {du  celt.  gro  caillou) 
gravier  V,  178.  340. 

gte  (=  gréu)  8.  m.  {de  carelinm, 
du  gr.  xàçvov,  Plin.:  carynm, 
cp.  Schuchardt,  dane  Or.  Z, 
XXIII,  192  et  334;  cp.  le 
vfr.  grel,  le  port,  grelo)  germe, 
tendron,  bourgeon  YI,  199;  gre 
d'àpi  camr  de  céleri  YII,  585. 

grè,  grèco  a.  (grœcum)  grec,  grec- 
que; fiò  grèfeu  grégeoie  V,  171. 

Oregàli  (—  Gregan  ou  Grè)  e.  m, 
(♦grœc-filis)  vent  „greff\  vent 
du  nord-est  II,  309. 

Gregòri  n.  d'A.  (Grggorïum)  Ch-é- 
goire  XI,  424.    F.  «ofe. 

^eia  (=  grêla,  grelha)  v.  n.  {du 
8.  gte,  V.  c.  m.)  germer  YII,  593. 

grelo  8.  f.  {du  vha.  grioz,  greoz, 
cp.  grès  grès)  grêle  /.  V,  284. 

VI,  124. 

grèpi  (=  grep,  gremp,  guerp, 
gnelp,  grup,  gurp  etc.)  s.  m.  {du 
V.  germ,  werpan,  cp.  lefr.  gner- 
pir)  onglée,  engourdissement  des 
doigts  V,  254. 

grès  s.  m.  {b.-lat.  ♦gresum,  du  vha. 
grioz  gravier)  grès;  champ  pier- 
reux II,  7;  galet  VIII,  251.  IX, 
38.  392. 

grèu,  grèvo  a.  (♦grSvem  p.  gravem) 
grave,  lourd  IV,  33.  XII,  89. 

gréule  s.  m.  {de  *gllrîllam,  p.  métha- 
thèse  grllûrum  de  gllrem;  cp. 
Thomas,  Rom.  XXVIII  [1899] 
p,  191)  greul  (v.  Sachs),  espèce 
de  rat,  loir  II,  34. 

gréule  s.  m.  {de  gràcïlem  ?  Cp.  le  vpr. 
graile)  souffle  iialetant  II,  197. 


greva  v.  a.  (*grëvare)  tourmenter 
IÍ,  340. 

grignonn  {pluscorrecUm:  garag- 
noan)  s.  m.  {du  germ.  wranjo, 
cp.  Vit.  guaragno)  étalon  IV,  231. 

grihe[t  s.  m.  {dim.  de  gnlhim, 
gryllum)  grillon  I,  527.  IX,  54. 

Gripe[t  s.  m.  {du  v.  gripa  saisir, 
du  goth.  greipan)  Gripet,  lutin, 
esprit  badin   souvent  serviable 

VI,  451.    F.  note. 

gris,  0  a.  {du  germ  gris)  gris,  e 

VIII,  213.  IX,  157. 

gros,  so  a.  (grSssum)  gros,  grand 
I,  293.  371.  III,  59  etc. 

gros  s.  m.  {id.)  au  gros  de  la  caloor 
au  gros  de^  la  chaleur  I,  344. 

grouman[d,  o  a.  {du  vnord.  gormr 
bouc,  cp.  Dz.  601,  Kôrt.  3719) 
gourmand,  e  IV,  64. 

grounsello  s.  /.  {du  fr.  groseUle, 
qui  vient  de  ValU  krau8[beere], 
krllu8el[beere])  groseille  l,  332. 

se  groupa  v.  r.  {d'un  type  germ. 
ou  celt.  krupp  rtontd,  cp.  Dz. 
174  s,  groppo)  se  grouper;  se 
mettre  au  travail  I,  117. 

grùpi  s./,  {du  germ.  krippjft)  crêehe 

IX,  291, 

gueira  v.  a.  {du  germ.  warôn)  guet' 

ter  II,  460. 
guerrié  s.  m.  {de  gaerro)  guerrier 

VII,  449. 

guerro  s.f.  {du  germ.  werra  que^ 
relie)  guerre  I,  266.  282.  IX, 
135  etc. 

guèspo  s.  /.  (ygspam)  guêpe  II, 
176.  X,  88. 

guèto  s.  f.  {p.'ê,  de  Yëstem,  ep, 
Scheler  ;  et  Kôrt.  8590)  Dernière- 
ment Nigra,  dans  VArch.  glotL 
XIV,  365,  a  expliqué  rtt.ghetta 


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GLOSSAIRE. 


34» 


|M>r  *gajdita,  de  gajda,  le  lom- 
bard gaida,  pointe  de  lance  qui 
doit  marquer  la  forme  du  coin, 
chanteau  ou  poignard  qui  se 
trouve  dans  les  guêtres;  cp.  le 
rapport  qu^il  y  a  entre  Vit,  ghiera 
flèche,  du  vha.  gêr,  et  gherone 
chanteau,  Dz,  s.  v.  ghiera  375) 
guHres  IV,  108. 
gnigno-co  s,  m.  {de  guigna  remiur, 
hocher^  d'or.  germ.<,  p.-ê.  de  wink- 
jan,  et  de  co,  v,  c.  m.)  guigne- 


queue,  hoche -queue  (Motacilla 

alba)  III,  329.  IX,  98. 
(se)  gninda  i;.  a.  et  r.  {de  Vall. 

winden)  (se)  hisser  V,  670. 
goiso  «.  /.  {du  germ.  wîsa)  guise,. 

manière  IV,  248. 
gamo  s,  /.  {de  l'arabe  gommai,  cp. 

rit.   gomena)   câble  de  Vancre 

IV,  230. 
gns  s.  m.  (or,  inc.)  gueux  TU,  422. 
gosas  s.  m.  {péjor.  de  gns)  scélé- 
rat^ gros  gueux  V,  218. 


ha!  ha!  int.  ah/  ah/  I,  257. 
ho,  hou  !  int.  {de  douleur,  d'étonné- 

ment,  d'appel)  oh/  I,  ôO.  66.  84. 

92. 
hoï!  int.  quoi/  I,  259.  VIII,  288. 
hoï-Ye!  interj.  qui  marque  l'éton- 


nement  {de  hoï  -I-  ve,  lat.  vide)' 

oh  voyez/  VI,  626. 
hopo  !  hopo  !   int.   (cri  qui  sert  à 

exciter)  hop/  hop/  V,  401. 
boni!  int.  (exprimant  la  terreur/ 

ho/  II,  260. 


I  n.  de  l.  (Hypëam,  b.-lat.  Iphium) 
If,  îleprès  deMarseille;iovi  castèn 
d'I  le  château  cP If,  construit  par 
François  L  III,  161.  V.  note. 

i,  is  (=  à  H,  à  lis)  V.  Ion. 

idèio  s.f  (îdëam,  du  gr.  ìSia)  idée 
m,  268. 

idolo  s.  f.  (idolnm,  du  gr.  eïSeûlor) 
idole  XI,  254.  264.  288. 

ié,  r  adv.  de  lieu  et  pronominal, 
servant  de  régime  indir.  (datif) 
aux  pronoms  pers.  atones  3'pers. 
sg.  et  pi.  (ïbl,  et  en  même  temps 
des  anciennes  formes  li,  lui,  liei, 
lat.  ïlli,  *illui,  *illsei)  a)  lui,  leur 
n,  22.  57.  209.  218.  IV,  401. 
XI,  247  etc.;  b)  y  I,  355  etc.; 
ï&  il  y  al,  58.  84  etc. 


iero  s.  f  (arëam)  aire  s.f.  I,  78. 
Vm,  340.  IX,  199  etc  ;  au  tèms 
dis  i.  au  temps  oit  les  aires  sont 
pleines  VII,  284. 

iéu  pr,  pers.  1^'  pers.  sg.  (egÔ) 
moi,  je  I,  5.  29.  93.  436  ;  iéu- 
meme,  o  moi-même  VIII,  27. 

ile  s.  m.  (lllïum)  lis  m.  VIII,  135. 
X,  404. 

imbrandable,  o  a.  (Tn  +  *brand 
[cp.  brandi]  +  -fibïlem)  inébran- 
lable V,  270. 

ime,  0  a.  (♦[h]imïdum  p.  httmïdum) 
humide  XI,  4. 

imita  V.  a.  (*ïmïtare  p.  imitari) 
imiter  V,  52. 

implacable,  o  a.  (ïmplficftbîlem> 
implacable  X,  148. 


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350 


GLOSSAIRE. 


ìmploara  v,  a.  (împl5rare)  implorer 
XI,  217. 

impourtus,  o  a.  (ïmporttmnm)  dé- 
favorable  VII,  289. 

imprudent,  o  a.  (ïmpradëntem) 
imprudent,  e  VI,  504. 

impur,  0  o.  (ïmptlrum)  impur,  e 
VI,  396. 

inatentiéu,  ivo  a,  (ïn  +  atentién, 
V,  c.  m.)  inattentif,  ve  VIII,  316. 

inde  (indo)  s.  m.  {de  hydrïam,  cp. 
Vit,  idria,  et  Vesp,  hidria)  aigui- 
ère, cruche  à  hec  et  à  anse,  en 
cuivre  étamé  Vn,  260. 

Indo  8.  f,  (Indïam)  Inde,  Indes 
in,  430. 

infâme,  o  (in-ffimem)  infâme  Vil, 
461. 

infèr  8.  m.  (infernum)  enfer;  Vlnfer 
8>  m.  V  Enfer,  lieu  sauvage  près 
des  Baux  VI,  150.  XI,  151. 

infernau,  alo  a,  (infernSlem)  in- 
fernal, e  "VI,  231. 

injust,  0  a.  (ïnjustum)  injuste  III, 
216. 

inmateriau,  alo  a.  (ïmmSterialem) 
immatéHel  IX,  172. 

inmènse,  o  a.  (Tmmënsum)  immense 
lY,  39.  VIII,  170.  X,  53  etc. 

inmoubile,  o  a.  (îmmDbïlem)  im- 
mobile V,  267.  VIII,  124.  X,  317. 

inmoula  v,  a.  (ïmmôlare)  immoler 
XI,  342. 

inmourtau,  alo  a.  (ïmmortalem) 
immortel,  le  I,  32. 

innoucènci  s.f.  (ïnnòcentïam)  in- 
nocence II,  131. 

innoucènlt,  o  a.  et  s.  (ïnnScentem) 
innocent,  e  X,  157. 

innoucentoun ,  o  a.  et  s.  {de  in- 
noucènt)  jeune  innocent,  e;  in- 
génu, e  XII,  104. 


innoumbrable,  o   a.  (ïn-nûmeiSb- 

flem)  innombrable  IV,  87. 
inounda  v,  a,  (In-tlndare)  inonder 

VI,  105. 
intra   v.  n.  (intrare)  entrer  m, 

485.  IV,  235.  IX,  360  eU, 
intrépide  v.  entrepide. 
inutile,  0  a.  (ïn-Utìlem)  inutilelN, 

386. 
invesible,  o   a.  (ïnvïsïbïlem)  »fi- 

visible  V,  442. 
invoulountàri,  o  a.(ïn*y$liint&rïQin) 

involontaire  IX,  345. 
iòu   *.  m.   (*8vum)   asuf  II,  250. 

IX,  25. 
Ipoudrom  s.  m,  {du  gr.  InnôS^noç) 

VHippodrome  (d'Arles)  XI,  231. 
iro  s.  /.  (ïram)  colère  V,  160. 
iruge  s.  m,  (himdïnem)  sangsue  I, 

351.  X,  360. 
isclo  s.f,  (insQlam)  ÎZcX,  19.XI,496. 
ispira  V.  a.  (ïnspirare)  inspirer 

XI,  65. 
isso  !  int.  qui  sert  à  exciter:  allez l 

VI,  266. 
ista  ( = esta)  v,  n.  (stSre)  être,  rester 

VIII,  103.  XI,  132.  Xn,  200. 
ItaUo,  Itàli   s.  f  (Itálïam)  Italie 

I,  420. 
iue  (=  uei)  s,  m.  (ôcùlum)  œUI 

270.  523.  533.  II,  101  etc. 
iuei  adv.  de  t,  (hÔdïS)  aujouré^hui 

m,  142.  XI,  218  etc. 
ivèr  s.  m.  (hïbemum,  scil.  tempus 

hiver  I,  83.  537.  IV,  24  etc, 
iverna  v.  n,  et  impers,  (hïbemare); 

iverno  il  y  a  l'hiver  IX,  292. 
ivernage  s,  m.  (*htbern-âtïcum.. 

hivernage  IV,  65. 
ivernen,  co  a.  (*hïbem-incum)  hi- 
vernal IV,  40.  IX,  95. 
ivernouge,  o  a,  {de  hïbemum)  hi- 
vernal II,  51. 


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GLOSSAIRE. 


351 


jabo  !  int,  qui  marque  le  contente- 
ment :  (jfim  bQniun!)  aoitl  suffit! 

Tant  mieux  t  plòure  à  jabo  pUu- 

voir  à  verse  X,  82. 
jacndo  s./,  {s.p,  dejaitey  v,c,m,) 

accouchée  s.  f.  X,  364. 
jai   (=  gai)  8.  m,  (du  vha,  gfthi 

prompt,  vif)  geaij  oiseau  II,  103. 
jaire  v.  n.  —  Gr.  §  108  p.  156  — 

(*jàcere)  gésir  X,  85.  THI,  136. 

Xn,  2VÒ;  p.pr.  jasent  VI,  637. 
jalèbre,  o  (=  gelèbre,  o)  a,  (gë- 

Ifibïlem,  de  gelare)  froid,  e  VI, 

263. 
jaleiroun  (=  geleiroun)  s.  m.  (de 

gela,  lat.  gelare)  glaçon  VI,  542. 
jalons,  0   a.  (zSlosnm)  jaloux ,  se 

I,  294. 
jalousie   s,  f.  {de  jalons  +  -lam) 

Jalousie  XI,  329. 
jamai  adv,  (jâm  mS^gis)  jamais  I, 

237.  295.  330.  352  etc, 
jambin  s.  m.  [de  jambo,  lat.  gâm- 

bam)  nasse,  filet  XII,  3. 
Jan- Bâtis to    n.    d'h.   (Johannes 

Baptista)  Jean-Baptiste  I,  362. 
Jan  de  TOnrse    «.  d'h.   Jean  de 

l'Ours  j    espèce  d'Hercule  pro- 

veiiçal  V,  198.    F.  note, 
Jano-Mario   n.  de  f   (Johannam 

Mariam)  Jeanne- Marie  III,  37. 
japa  V,  n.  (onom.)  japper,  aboyer 

VI,  384. 
Jaqne   n.  d'h.  (Jficobnm)  Jacques 

XI,  39. 
jardin  s.  m.  (du  goth,  gardo,  ail. 

garten)  jardin  VI,  94. 
jargo  s,f  (sërïcam,  *sarïcam  étoffe 

de  soie;  cp.  Vesp,  jergo)  man- 
teau III,  340. 


jas  s,  m.  {b,-lat.  jassînm,  Du  C, 

de  j&cere)  litière  III,  63. 
jasent  V,  jaire. 
jasso  s.f  {fém.  de  jas)  bercail  Y, 

352. 
jaune,  o  a.  (gàlbïnum)  jaune  VI, 

411. 
jaunuro  s.  f.  (de  jaune  -|-  -aram) 

étendue  jaune  (des  champs  de 

bléj  VII,  198. 
jaussemin  s.  m.  {du  persan  jâse- 

mîn)  jasmin  II,  434. 
Jerusalèn  n.  de  l,  (Hierùsàlem  p. 

HïërÔsÔlymam)    Jérusalem    X, 

363.  XI,  3. 
Jèsu  s.  m,  (JSsum)  Jésus  II,  221. 

XI,  59.  170.  171. 

jin-jin  int.  (onom.  qui  imite  le  son 

des  cuivres)  VI,  372. 
ji[t  5.  m.  {s.  V,  de  jita)  jet  s,  m.  X, 

348. 
jita  V,  a.  (jàctare)  jeter  I,  105. 

379.  II,  32  etc. 
jitello  s.f.  (*jactëllam)  jei  d'arbre, 

pousse,  rameau  I,  25.  II,  281. 

XII,  75  etc. 

jo  s.  m.  (jôcnm)  jeu  X,  308. 
joio  s.  f.  (gaudïa)  a)  joie  II,  189. 

V,  64.  IX,  248  etc.  b)  pHx  I, 

404.  486.  IX,  323. 
joto  (=  joueto,  jouât)  s.  f.  (jù- 

gâta)  joug  VIII,  20.  IX,  343. 
(se)  jouga  V.  n.  etr,  (*jôcare)  jotcer, 

s'ébattre  H,  457.  VIII,  263.  390 

etc.  ;  V.  r.  se  jouga  de  se  jouer, 

se  railler  de  II,  374. 
jougarèu,   ello   a.  [de  jouga)  se 

jouant  IX,  142. 
jougne  V.  a.  et  n.  —  Gr.  §  109 

p.  161   —  (jungëre)  joindre  I, 


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352 


GL088A1BE. 


449.  XII,  117  ;  p.  p.  joun,  cho 

joint,  e  I,  495.  VII,  410.  IX, 

426  etc. 
jongne  a.  m.  fui.)  corsage  II,  226. 
jonièu  s.  m,  (^gaadîëllam)  joyau 

m,  220. 
jonine,  o  a.  (jùvënem)  ^eun^  1, 189. 

II,  163.  311  etc, 
joninesso  a.  /.  (joaine  4-  -îtlam) 

Jetmease  I,  9.  511.  IX,  14  etc. 
jonine|t,  o  a.  (jonine  +  -ittom) 

tout  jeune  II,  61.  III,  358.  X, 

311  etc. 
jonïssènço  s.  /.  {de  jonï,  lut.  gaa- 

dôre)  Joie  XI,  197. 
jountc  8.  m.  (jlincum)yoncVII,  42. 
jonncado  s./,  (jounc  +  -&tam)y(m- 

chaie  XII,  425. 
jouncas  s,  m.  (jonnc  +  -Scënm) 

jonchaie  VI,  651. 
jonnqniè  s.  m.  (♦jtinc-firïnin)  jon- 
chaie IX,  399. 
jonr  s.  m.  (diûrnum)  j<mr  I,  43. 

62.  215  etc. 
Jourdan  s.  m.  (Jordanum)  le  Jour- 
dain XI,  11.  313. 
joumado  a./.  (♦dïiirn-tttam)^*aur- 

née  VII,  508. 
Jônsè  d'Arimatio  n.  d*h,  Joaeph 

d'Arintathie  XI,  101. 87.  V.  note. 
jouveinett  (=  jouvenet)  a.  m.  (*jtl- 

vën-ïttum)  jouvenceau  I,  432. 

Vm,  318.  X,  201. 
jonveineto  a./.  (♦jùvën-ïttam)^ou- 

vencelle  H,  110.  X,  17.  XII,  358. 
jouvènço  a.  /.  {du  fr.  jouvence, 

du  v/r.  jouvente,  lat.  jûvëntam) 

jeunesse,  jouvence  I,  2.  XII,  352. 
jonvènt  a.  m.    (jûventum)   jeune 


homme,  jouvenceau  I,  187.  II, 

224.  IX,  245  etc. 
joayènto  a.  /.  (jiivëntam)  jeune 

filU,  jouoeneéUe  II,  64.  m,  107. 

vm,  435  eu. 
Judas  n.  d'h.  Judas  VI,  506. 
Judèio  a.  /.  (Judœam)  Judée  X, 

323.  XI,  2.  22. 
juja  V.  a.  et  n.   (jadïcare)  juger 

I,  440. 
juge  a.  m.  (judïcem)  juge  X,  362. 
jun  a.  m.  (jtmïum)  juin  III,  109. 

vm,  211  etc. 
junchado  (=  jounchado)  a./.  (*juno- 

t&tam)  jointée,  lea  mains  jointes 

VIII,  13. 

juncho  a.  /.  {a.  p.  de  jougne)  séance 

IX,  329;  partie  de  la  journée 
pendant  laquelle  lesheatiaux sont 
sous  le  joug,  travail  du  labou- 
reur IX,  425. 

junego  s.f.  (*jtln6cam  p.  junicem) 

génisse  II,  277.  IV,  20. 
jura  V.  a.  et  n.  (jurare)  jurer  1^ 

427.  XI,  196. 
jusiòu,  jusiolo  a.  (♦judïOlum)  juif, 

ve  VI,  612.  XI,  330.  XII,  174. 
jusquo,  jusqu'à  prép.  (tisquS  2^) 

jusgu*à  m,  322.  X,  1. 
just(e),  0  a.  et  s.  (jUstum)  juste 

VII,  90.  XI,  80;  lou  just  s.  m. 

le  juste  YU,  228;  —  coume  de 

juste  loc,  adv.  comme  de  raison^ 

IX,  223. 
just  adv,  (id.)  justement,  juste  I, 

110.  442.  II,  42  etc. 
juYenome,  jouvenome   s.  m.  (jù- 

vën[em]  \si6m\ii%m)  jeune  homme 

XI,  271. 


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GLOdSAlRË. 


3S3 


la  ».  m.  (Iftcte  p.  lac)  Uùt  V,  217. 
Vin,  131.  IX,  357  etc. 

la,  r  devant  une  voifelle,  pr.  pers, 
3*  p.  sg.  rég.  dir.,  forme  atone 
(illam)  la,  V  I,  3.  16  eU. 

la  art.,  v.  loa. 

labarido  (=  lavarido)  9.  /.  (de 
lava,  f).  e.  m.)  bourbe  XII,  348. 

labechado  s.  /.  {de  labê,  labech 
vent  du  sud-ouest)  tempête  pro- 
venant d^un  vent  du  sud-ouest 
XI,  153. 

laberinto  s.  m.  (du  gr.  Xaftv'çtv^oç) 
labyrinthe  II,  387.    F.  note. 

laboura  v.  a.  (làborare)  labourer 
III,  162.  IX,  306. 

labouraire  s.  m.  (iSbor&tor)  labou- 
reur VII,  118.  VIII,  239.  IX, 
32  etc. 

labonrién,  ivo  a.  {de  labour  + 
-îvum)  labourable  VII,  302. 

labro  s.  /.  (labra)  lèvre  II,  414. 

lacba  V.  a.  (^lascare,  de  *lascum 
p.  laxum)  lâcher  II,  125.  XII, 
245. 

lachusclo  s.f.  (c^^lâctacUlam)  tithy- 
nuUe  du  genre  euphorbe  VI,  457. 
IX,  4. 

ladre,  o  a.  (Lazamm)  ladre,  lé- 
preux XI,  28. 

lagadigadèu  int.  exprimant  la  joie ^ 
refrain  du  cJuint  populaire  de 
Ui  Tarasque  IX,  247. 

Lagalanto  n.  d*h.  Lagalante  I, 
417.    F.  note. 

lagramuso  s.  f.  (I&certam  mttror- 
um,  par  analogie  à  Vadj.  lagre- 
mous  larmoyant)  lézard-gris  des 
murailles  II,  433. 


lagremaire,  0  a.  (^lîcrTm-atQr)  en 
larmes  XIT,  37. 

lagremo  *./.  (lácrïmam)  larme  VI, 
104.  VIII,  25.  IX,  228  etc. 

labutt  s.  m.  {de  Varabe  arùd)  a) 
luth;  b)  tartane  (qui  rappelle 
la  forme  du  luth  par  la  dispo- 
sition de  ses  cordages  X,  25. 

lai[d,  0  a.  {du  germ.  laid)  laidj  e 
II,  80.  III,  60. 

laire  s.m.  (làtro)  voleur  VI,  458. 
IX,  20. 

laisse  etc.  v.  laissa.  , 

laisso  s.  f.  {s.  V.  de  leissa)  chose 
laissée  par  testament  XII,  67. 

laleja  v.  n.  {de  làllare)  gazouiller 
II,  316. 

lambrusco  s.f.  (l&brnscam)  vigne 
sauvage  III,  236.  X,  32. 

lamentable,  0  a.  (Iftmëntabïlem) 
lamentable  XII,  199. 

làmi  s.  m.  (iSmiam)  requin  XI, 
159. 

lamo  s.f.  (Ifimïnam)  layne  Vn, 
559.  X,  90.  XI,  180. 

lam[p  s.  m.  {de  lampâdem)  éclair 
I,  456.  Vin,  141. 

lampa  v.  n.  {de  lamp)  a)  briller 
comme  ww  éclair  X,  398;  b)  cou- 
rir rapidetnent,  comme  l'éclair 
I,  241.  II,  274.  IX,  158  etc. 

lampeja  v.  n.  {de  lampa)  briller 
comme  un  éclair  V,  564. 

lampo  s.f.  {de  lampàdem)  lampe 
VI,  430. 

lampre  s.  m.  {de  ♦lampotram)  lam- 
proie V,  m). 

(se)  lança  i\  a.  et  r.  (lànceare) 
(sej  lancer  I,  472.  III,  88.  XI, 
258  etc. 

23 


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3b4 


ÒLÒ8S/LIRE. 


lancejado  s.f.  (*lancëâtam)  élance- 
ment V,  13. 
lanço  *./.  (lancëam)  lance  IV,  376. 

IX,  282. 
lançòu,  linçòu  8.  m.  (lïDfêdlnm,  de 

lïntëum  linceul)  linceul  YI,  385. 
landa  v,  n,  (de  lando  lande?  du 

celt,  landa)  bondir  I,  480.  H,  28. 

469.  m,  206  etc. 
langasto   «.  /.  ("'làcûstam  p.  loc- 

tlstam)   tique,   insecte  parasite 

Xn,  247. 
langouira  v.  n.  [de  langour,    lat, 

l&ngnDrem)  languir  IX,  412. 
langni  v.  n.  (de  lângnëre)  languir 

n,  38. 
langui  s.  m.  {s.  t.  de  langui)  ennui 

XI,  77. 
languimen    «.  m.    (de  langui    + 

-mentum)  langueur,  ennui  IV, 

471. 
languisoun  s.  f.  C^lànguitlDnem) 

mélancolie  XII,  14. 
languitudo  s./,  (b.-lat  langûîtado) 

ennui  II,  46.  XI,  11. 
làni  s.  m.  (de  Vadj.  lanens  de  laine) 

langes  II,  338. 
lano  s.  /.  (Ifinam)  laine  IV,  33. 
lanterno  s.f.  (lántôrnam)  lanterne 

IX,  293. 
lanu,  do   a.  ("'l&n-tltnm)    laineux 

IV,  84. 
larbo  *./.  (larvam)  carrelet^  pois- 
son IX,  130. 
lar[g  s.  m.  v.  vent-larg. 
larga  v.  a.  (*lárgare)  lâcher  VIII, 

23;  décharger  V,  282;  jeter  III, 

342;   larga  vélo  déployer  voile 

VII,  368 
large,  o  a.  (dufr.  large,  de  làrgum) 

large  I,  424.  IV,  243.  X,  16. 
las    s.  m.  (*láceum   p.  láqueura) 

lacs,  lacet  El,  418. 


las  s,  m.  (Istum)  côU  m,  434. 

las,  so  a.  (l&ssum)  las,  se  I,  154. 
VIII,  245  etc;  faire  de  cambo 
lasso  faire  des  démarches  in- 
utiles VII,  373;  ai  las!  int.  (aï 
4-  Ifissum)  hélas!  VI,  517. 

lasàmi  s.  m.  (or.  inc.J  paon  de  mer, 
poisson  qui  habite  les  creux  des 
roches  XI,  158. 

lassige  s.  m.  (*lass  -(-  -Igîum)  lasei- 
tude  V,  408. 

latin,  0  a.  (l&tinum)  latin,  e  H, 
16. 

làupi  s.  m.  (du  germ.  *laupja)  pile, 
tas  de  bois  Vil,  270. 

Laurèns  n.  d^h.  (Laurentînm)  Lan- 
rent  VI,  565.  IX,  211. 

Laureto  n.  de  f.  (dim.  de  Lauro) 
Laurette  III,  353. 

Lauro  n.  de  f  (Lauram)  Laure 
in,  121. 

lauroun  s.  m.  (de  laborare  ?)  a)  ^7- 
lon,  trace  que  fait  la  charrue; 
b)  source  à  fleur  de  terre  XH, 
228. 

lausenjo  s.  /.  (*laudsmîám)  lou- 
ange XI,  485. 

lauseto  s.  f.  (dim.  de  lauso)  grève, 
galets  VII,  22.  VHI,  278. 

lauso  s.  f.  ([lapides]  lausias,  forme 
adj.  qui,  selon  Nigra,  ArcK  gL 
XIV,  285  etc.,  viendrait  cPun 
s.  p,  lausum,  de  "lau-d-ëre  ;  cp. 
aussi  Kôrt.  4715)  pierre,  dalle 

IV,  152.  XII,  111.  296. 

lava  V.  a.  (làvare)  la/oer  III,  513. 

XI,  444. 
lavando  s,  f.  (de  Vit.  layanda,  du 

lat.  lávare)  lavande  VIH,  60. 
lavàssi  s.  m.  (lav-fitium)  lavasse, 

averse  XI,  238.  XII,  411. 
layo-dènt  s.  m.  (de  lava  -f   dent, 

V,  c.  m.)  horion,  soufflet  V,  248. 


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OLÔSSAIBB. 


â55 


Lazàri  n.  éPh,  (Lazarnm)  Lazare 

XI,  92. 164. 327  eU.  V.  XI,  87  note. 
Leberoun   s,  m.   (Luerïonem)    le 

Lébéron,  chaîne  de  montagnes 

(Vaucl.)  m,  311.    F.  note  IV, 

364. 
lèbre  a.  /.  OëpîJrem)  lièvre  I,  482. 
lebrié  8,  m,  (lëp9r-axmm)  lévrier 

V,  211. 
leco  a,  /.  (vpr.  lecca,  b.-lat.  lecham, 

licam,   du  breton  lech  pierre, 

rocher)  piège  construit  avec  une 

pierre  plate  soutenue  par  des 

baguettes  VI,  517. 
lega[t  s.  m.  (ISg&tam)   légat  IX, 

138. 
lègo  «. /.  (leucam)  lieue  IV,  220. 
lèi  s.f.  (lëgem)  /ot  III,  219.  X, 

415.  XI,  119.  196  eu. 
lèi  =  li,  lis  V,  lou. 
lèio  s.f,  {du  germ,  leid  ductus,  trac- 

tus)  avenue,   laie,  allée  II,  331. 

IX,  426.  XI,  529. 
leissa  V.  a.  (Iftxare)  laisser  I,  151. 

II,  84.  322  etc. 
lengaa  s.  m.  (♦lïngûalem)  langue 

tirée,  longue  langue  IV,  433. 
lengo  s.  f.  (lingûam)  langue  I,  13. 

34.  II,  369  etc. 
lèpi  s.  m.  {du  germ.  lappa)  gour- 

made,  coup,  soufflet  V,  253. 
lèri,  0  a.  {du  celt.  leiri-,  lêri-,  an- 
cien irl.  leir  actif)  frais  et  gail- 
lard, brillant  III,  130. 
Ie8er[t  s.  m.  (lâcërtum)  lézard  I, 

389.  V,  42. 
lesi  s.  m.  {de  l'inf.  lat.  lïcére)  loisir 

m,  364.  IX,  371. 
lest,  0  a.  {du  goth.  listeigs,  ail. 

listig)  prêt,  e  VI,  561.  IX,  5;}. 

XI,  195;   à  la  lèsto    loc.   adv. 

promptement,   vivement   II,  57. 

466. 


letanio  s.f.  (lïtànlas,  du  gr.  Ltu- 
vn'i)  litanie  X,  336. 

lèn  adv.  (lëvem)  vite,  bientôt^  aussi- 
tôt I,  136.  369.  380.  452  etc.; 
lèu-lèu  rapidement  V,  570.  X, 
108.  —  palèu  adv.  plutôt,  v, 
c.  m.;  cp.  aussi:  autant,  tant, 
pas. 

lèu  s.  m.  (levé)  poumon,  le  mou 
V,  17. 

lénpard  s.  m.  (lëôpardum,  propr.  : 
lion -panthère)  léopard  V,  175. 

(se)  leva  v.  a.  et  r.  (lévare)  a) 
lever;  au  jour  levant  au  lever 
du  jour  X,  296;  se  lever  IX, 
226.  X,  171.  —  b)  enlever,  ÔUr 
n,  341.  X,  94.  IV,  32.  XH,  166; 
distraire  (les  geux)  XI,  437; 
apaiser  (la  faim)  I,  28;  étancher 
la  soif  I,  333. 

levado  s.  f  {s.  p.  de  leva)  digue 
Vm,  450. 

levame  s.  m.  Clevfimen)  levain  IV, 
263. 

Levantas  s.  m.  {de  levant  +  suff. 
augm.)  vent  de  l'Est  impérieux 

III,  59. 

levènti  s.  m.  {de  levantem,  cp.  l'esp. 

levente  levantin,  soldat  turc  de 

marine)  fanfaron,   espiègle  VI, 

325. 
li,  lis,  V.  lou. 
liame  s.  m.  (lïgftmen)  lien^  paire 

de  chevaux  camarguais\Ill,S6d. 

IV,  265.    V.  note. 

liandro  (=  liairo)  s.f.  {de  lïgare) 
lieuse  de  gerbes  II,  396. 

libramen  adv.  (libers  mente)  liòre- 
ment  II,  269.  X,  62.  XII,  375. 

libre,  0  a.  (llberum)  libre  IV,  224. 

libre  s.  m.  (lïbmm)  livre  XII,  241. 

lié  s.  m.  (lëctum)  ///  V,  406.  VIII, 
11.  188  etc. 

23* 


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â56 


^LOSSAttlB. 


liechoto  s.f,  (*lSct-ottam)  couchette 

VI,  390. 
liêume  a,  m.  (lëgtunen)  légume  YI, 

95. 
lieurèio   «.  /.  (*libërfttam)   livrée^ 

corbeille  de  mariage  IV,  145. 
liga  V.  a,  (lïgftre)  lier  I,  445. 
ligarello  s,  /.  {de  liga)   lietise  de 

gerbes  VII,  165.   IX,  123.  190. 
ligno  8,  /.  (lineam)  ligne,  file  IX, 

120. 
lima,  do  p,  p,  et  a.  (llmStam,  de 

limam)  limoneux,  souillé  de  li- 
mon V,  465. 
limberit  «.  m.  (de  lïmbum)  lézard 

m,  439. 
Limoge  n.  de  l.  (Lemovicum)  TA- 

moges  XI.  396. 
lin  8.  m.  (llnum)  lin  XI,  315.  XII, 

255. 
liiiçonle[t  8,  m.  (dim.  de  linçou,  lat. 

lïnteôlnm)  petit  drap  VIII,  52. 
lindan    8.  m,  {de  llmîtem)   seuil, 

linteau  I,  102.  IX,  24.  XII,  357. 
linde,  lindo  a.  (llmpîdnm)  limpide, 

clair  II,  365.  IH,  423  etc, 
lingueto  {dim,  cfelinguam,  v.  lengo) 

faire  1.  faire  montre  de  qc.  pour 

provoquer  les  désirs  de  q.  1, 30  ; 

lingueto!     terme    de    moquerie 

qu'on  répète  en  riant  à  q.  et  en 

lui  montrant  qc.  de  loin  ou   de 

haut  pour  exciter  sa  convoitise 

V,  149. 
linge,  jo  a,  [de  llnëam)  grêle,  effilv, 

svelte  II,  106. 
liò  s,  m.  (iScum)  lieu  I,  328.  IX. 

19.  XII,  435;    au-liò  de  prép. 

au  lieu  de  VI,  171. 
lioan,  0  s,  m.  et  /.  (leOnem)  lion 

X,  83.  XI,  82;/.  ;  lionne  VIII,  1. 
oliunèu  {de  lioun  +  -ellum)  lion- 
ceau vm,  3. 


liotc  s.  m.  (id.)  vn,  372. 

en  liogo  de  p,  aa-lìò  de  prép,  au 

lieu  de  XII,  386, 
lipa   V,  a,  {de  ValU  lippe)   lécher 

II,  418.  rv,  434. 
liqnoureto   s,  f.  {dim,  de  liqnonr, 

lat.  liqnDrem)  liqueur  III,  254. 

V.  note, 
1ÌB[C,  0  a,  {p.-ê,  du  vha.  lîsi  doux) 

lisse  ni,  343. 
Ii8qne[t,  o  a,  {dim,  de  lise)  lisse 

et  doux  n,  241. 
lisBO   s.  f,  {du  germ.   lista  liste) 

lice  ;  rempart^  boulevard  X,  109. 
liuen,  liuencho,  pL  liaénclii(8)  a. 

(longe)  lointain,  éloigné  V,  561. 

Vra,  151.  301  etc, 
linen,  liun  adv,  (15nge)  loin  I,  396. 

IV,  444.  V,  413  etc.;  de  Uun  de 

loin  IX,  45  ;  de  liun  en  liun  de 

loin  en  loin  X,  55. 
liunchour5./.(deliuencli-  4-  -orem) 

éloignement,  le  lointain  Vlll,  63. 

X,  67.  428. 
long,  0   a.  (iQngum)  long,  longue 

I,  44.  515.  n,  52  etc.;  v.  tira. 

—  tout-de-long  loc,  adv.  entière- 
ment, tout  de  long  I,  173.  340. 

III,  171  etc;  de  soun  long  de 
son  long  V,  385;  à  la  longo  à 
la  longue,  enfin  V,  68.  VIII, 
434  etc.  ;  de-longo  toujours,  con- 
tinuellement vn,  310.  Vin,  346. 
357.  XII,  120  etc;  aqui-de-long 
sur  les  bords  XI,  164.  —  longo- 
mai  adv.  (longam-mftgîs)  long- 
temps, à  jamais  IV,  266.  XII, 
441. 

de-long  de  ;  tout-de-long  de  prép. 
marquant  le  lieu  (d?  -f  I5ngum 
+  dS)    le  long  de   I,   36.    173 
etc;  —  long  de  («f.)  II,  198.  " 
X,  164. 


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GliOSBÁlRE. 


357 


long-tèms  adv.d€t.(\ÌÌììgûmtémpjiB) 

longtemps  T,  232. 302.  XI,  183  etc. 
lono  s.f.  (I&cnnam)  eau  profonde 

et  tranquille,  mare  I,  401. 
Ion,  r  devant  une  voyelle  a)  pr. 

per».  3*  p.  sg.  m.,  rég,  dir,, forme 

atone  (illDm)'  le,  V  1, 18.  47.  499. 

XI,  298.  308  etc,  pi  li,  lis,  lèi 

(illoB,  illas)  Us  I,  2.  33.  239  etc* 
Ion,  r  b)  art,  défini  sg,  m.  {id.) 

le,  V  1, 31.  52.  59;  21. 27.  28  rtc.; 

fém.  la,  r  I,  3.  16.  37;  38;  pi. 

li,  lis  I,  20.  31.  33  etc.  -  gén. 

ag,  m.  d6u  {p.  de  Ion)  du  I,  4. 

36;  pi  m,  et  f  di,  dis  (p.  de 

li,  de  lis)  des  1, 14.  35. 122  etc.  — 

dat,  sg,  m.  an  (p.  à  Ion)  au  I, 

19.  49.  54.  112;  pi  m.  et  f  i, 

i8  (=  à  lis)  aux  I,  19.  31.  91. 
•    352. 
lonbo   s.  /.    (lûpam)    lou/ve   VI, 

218. 
(se)  longa  v.  a,  et  r.  (I5care)  (se) 

louer   n,    149.    IX,   294.    295 

etc. 
longadiè  s.  m.  (♦lôcfitftrïnm)  ter- 

viteur  IX,  317. 
lôngeiramen  adv.  (*fôvarï&  mëntë) 

Ugèrement  Vm,  72. 
16ngeire[t,  o  (—  lóugeret,  o)  a. 

{de  lôngiè,  iero)  léger,  ère  IX, 

37.  V,  42. 
lôngié,  iero  a.  (lëYSrïum,  de  lëvem) 

léger,  ère  VIII,  4. 
lonmbrin  (=  lonmbric)  s.  m.  (Itîm- 

bricum)  lombric  VII,  97. 
lonngamen    adv.    (longs   mente) 

longuement  IV,  80. 
lonngarn,  do  a.  {de  long)  (i'i4n« 

longueur  démesurée,  allongé  VI, 

460.  X,  112. 
lon[p  «.  m.  (llipnm)  /oup  I,  389. 

484  etc. 


lonrld,  0   a.  (Inrdum  p,  Inridnm 

jaune)  livide,  sale,  lourd,  e  VIII, 

189. 
louvidor  (=  lonïs  d'or)  *.  m.  (du 

fr.J  louisd'or  IX,  310. 
lâcha  V.  a.  (Ittctare)  liUter  V,  143. 
Inchaire  s,  m.  (lactstôr)  lutteur 

III,  8. 
Incho    s.  f    (iQctam)    lutte   IV, 

429.  V,  299.  F.  note. 
Incre  s.  m.  (ligûrinnm,  de  Ligu- 

riam,  cp.  l'ii.  Incherino)  lucre, 

tarin  de  Provence,  oiseau  (frin- 

gilla  spinns)  V,  51.   F.  note. 
Inio  (=  lùrio)  *.  /.  (♦lûtrïam  p. 

Ititram)  loutre  VII,  26. 
lume  s.  m.  (lOmën)  lumière  II,  55. 

XI,  122  etc.;  faire  Inme  éclairer 

III,  444. 
Inmenàri  s.  m.  et  f.  (lûmïnare  ou 

pi:  InmïnSrïa)  luminaire  VI, 

421. 
Inmenonn  s.  m.  (*lamïn-Onnm,  de 

Inmën)  petite  lumière  VI,  206. 

XI,  462. 
Inminons,  o  a.  (lumïnosnm)  lumir 

neux,  se,  radieux,  se  VI,  399. 

X,  302  etc. 
Inno  s.  f.  (lanam)  lune  lU,  443. 

X,  427  etc.  la  Inno  dono  il  fait 

clair  de  lune  I,  402.    Cp.  aflat 

et  Vn,  288  note. 
Inserno  »./.  {de  Iticernam  ver  lui- 
sante) luzerne,  plante  IX,  43. 

291. 
insi  V.  n.  —  Gr.  §  101  p.  138  — 

(Ittclre  p.  lllcere)  luire  1, 8.  344. 

X,  239. 314  etc.  —p.pr.  Insènt,  o 

luisant,  lustré  IH,  96.  V,  319  etc. 
Insonr  s.f.  {de  Insi)  lueur  VI,  548. 

Xn,  308. 
Instra  v.  a.  (Itlstrare)  lustrer  X, 

137. 


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358 


GLOSSAIRE. 


M 


ma,  V,  moan. 

mabre  (—  marbre)  s.  m.  [de  mar- 
môr)  marbre  VIII,  188.  XI,  235. 
245  etc. 

(se)  maca  v.  a.  et  r,  (*mâccare, 
primitif  fictif ,  d'au  vient  m&cû- 
lare)  (se)  meurtrir  V,  30;  XI, 
459. 

macboto  8,f  (b.-lat.  machota,  or. 
inc.)  chouette  I,  399.  III,  100. 

madMenen,  co  a.  (de  Madaleno) 
de  Madeleine  XI,  448;  frucho 
madalenenco  figue  mûre  à  la 
Madeleine  (22  juillet)  I,  27. 

Madaleno  n.  de  f  (Magdalëoam) 
Madeleine  XI,  97.  279.  443  etc. 

madamisello  s.f.  {du  fr.,  du  lat, 
mëam-*dQmïnîccllam;  madetnoi- 
selle  I,  331.  389.  476. 

madur,  o  a.  (m&torum)  mûr,  e  I, 
20.  170  etc, 

magagno  s,  f.  {s.  v,  de  magagna, 
du  germ.  man  *hamjan  estropier 
un  itmnme,  h. -lat  magagnare 
mahamium,  Du  C,  cp.  Kort- 
5053)  douleur  I,  170. 

Magali  (=  Magari)  n,  de  f  (con- 
traction de  Margarido)  Margot 
III,  381.  383.  393.    F.  note. 

Magalouno  s.f.  (*Magal?3nam)  Ma- 
guelone,  a)  nom  d'une  princesse 
de  roman  de  chevalerie  VIII, 
114;  b)  ville  de  l'Hérault  J,  46. 

V.  fiote. 

magaa  s.  m.  (du  gr.  fiûxfUa?) 
hoyau,    houe  à  deux  fourches 

VI,  70. 

magnan  s.  m.  (selon  Nigra,  Arch. 
gl.  XIV,  279,  =  ♦mifion,  de  miîio. 


qui  en  prov.,  piémontais  etc., 
signifie  „chat",  it.  gatto;  cp. 
Vit.  gattone  ver  p.  excellence, 
ver  à  soie)  ver  à  soie  II,  3. 

magnanarello  s,  f.  (de  magnan) 
cueilleuse  de  feuilles  de  mûrier, 
femme  préposée  à  l'éducation  des 
vers  à  soie  II,  1. 

magnanarié  s.f.  (id.)  „magnanerie", 
chambrée  de  vers  à  soie,  lieu  ou 
l'on  élève  les  vers  à  soie  III,  42, 

magnifi,  co  a.  (mskgniîicjim) magni- 
fique X,  29. 

mai,  mais  adv.  et  ccnj.  (m&gîs) 
1)  adv.  plus,  davantage  I,  70. 
115;  —  devant  un  adj.,  pour 
former  le  compar.  :  XI.  277. 380 
et  précédé  de  l'art,  déf  lou  etc., 
pour  former  le  superl.  I,  93. 
m,  263.  —  de  plus,  encore  I, 
80;  de  nouveau  I,  429.  H,  123. 
184.  —  mai  bèn  mai  et  plus 
encore  1, 136.—  an-mai . . .  an-mai 
plus-plus  II,  428;  X,  124;  tont- 
mai . . .  tant-mai /)/w«-j?/tt«VI,  148. 

—  que  mai  de  plus  en  plus  XI, 
387.  —  i'a  mai-qne-mai  il  y  a 
qc.  là-dessous  III,  361.  VI,  26. 

—  mai-qne-mai  plus  que  jamais 
III,  23.  IX,  409.  -  pas  maiî 
exprime  une  forte  négation  :  tant 
s'en  faut!  allons  donc!  nennif 
II,  72.  VIII,  283.  -  2)  mai  qne 
cMnj.  pourvu  qne  IV,  487.  3)  mai 
conj.  adversative,  mais  1.  59.  64. 
121.  429.  537  etc. 

31  ai  s.  m.  (Msjnm)  le  mois  de  mai 
I,  90.  n.  10.  IV,  28  etc. 

Maiano  n.  de  l.  (Malleanam)  Mail- 
lane  XII,  335.    V.  note. 


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GLOSSAIRE. 


359 


maien,  co  a.  {de  Mai  +  -incum) 
de  mai  I,  626.  n,  359. 

maigre,  o  a.  (m&crnm)  maigre  II, 
433.  Vin,  407. 

maiòu  (=  malhòn,  malhol)  s.  m, 
(màllëdlam)  crossette,  bouture  de 
vigne  IX,  121. 

maire  «./.  (mfitrem)  mère  I,  634. 
n,  68.  m,  39;  lit  d'un  fleuve 
X,  16.  Bono  Maire,  cp.  m,  60 
noie. 

maireto,  meireto  a.f.  {dim,  de  maire) 
petite  mère  V,  89.  XII  337. 

maisso  «./.  {du  dim.  meissello,  lat, 
maxïllam)  mâchoire  IX,  346. 

Maïstraa  s.  m.  (m&gîstrSle)  mistral 
IX,  220. 

Maïstre  (=  mèstre)  s.  m.  (mâg- 
ïBtrum)  mistral  VIII,  183;  cp. 
mistran. 

majestaoas,  majestous,  o  a.  {de 
Vadj,  fr.  formé  de  mSjëstatem) 
majestueux^  se  VI,  647. 

majourau,  alo  s.  m.  et/.  (mSjor- 
ftlem)  maître,  chef;  maîtresse  I, 
160.  IX,  198.  XI,  270;  HI,  368. 

maladiciénre!  int  {euphémisme  p. 
maladicionn,  de  mfilëdictionem) 
maUdiction!  XI,  239.  IX,  26. 

maladi[t,  o  a.  (*m&l&dTctmn  p. 
màlëdictnm,^.'^.  éous  l'influence 
de  maladictio?)  maudit,  e  V,  358. 

maladré,  écho  a.  {de  mal  +  adré, 
V.  c.  m,)  maladroit  IX,  319. 

malan  s.  m.  (málum  &nnnm)  mal- 
heur; malan  de  Dieu  malheur 
de  Dieu!  int.  V,  463.  XH,  175. 

malancòni,  o  {ou  ico)  a,  (mëlSn- 
chSllcum)  mélancolique  X,  41. 

malandro  s.  /.  {de  m&lftndrïam) 
maladie  de  langueur,  de  con- 
somption II,  397.  VI,  277. 

malandrons,  o  a.  (mál&ndr-osam) 


infirme^  malade  I,  354.  XI,  354 
etc. 

malapèÌDo!  int.  (m&lam  pœnam) 
malepeste/  m,  215. 

malastre  s.  m.  (m&l[nm]  ftstrum) 
malheur  IH,  328.  VI,  356. 

malant,  o  a.  {de  mfile  hfibîtnm) 
malade  VH,  442.  XI,  325.  XH, 
50  etc. 

malaate[t,  o  a.  {de  malaat)  malade 
XII,  328. 

malaatonDe[t,  o  a.  {id.)  malingre 
I,  361. 

malavalisco!  int.  {de  màl[am]  + 
ftd  +  *Ym'íBC'ÌSae)fi!  au  diable! 
maUdiction/  IH,  298.  VI,  395. 

malemparado  (=  man-parado)  s.f. 
(màl[am]  *ïmpftrátara)  fatal  évé- 
nement VI,  92. 

mal-estru,  cho  a.  (m&le  *âstracum) 
malotru,  ignorant  V,  298. 

maliço  s.f  (mSlîtlam)  malice,  co- 
lère V,  186. 

malin,  o  a.  (m&llgnum)  malin, 
maligne;  méchant,  e  IV,  319.  X, 
172. 

malo-visto,  cp.  III,  81  note. 

malu  (=  amalu(c))  s.  m.  (Selon 
Devic,  Mém.  de  la  Soc.  de  lin- 
guistique V  p.  284  :  de  V arabe 
a'zm  al-honqq  os  de  la  cavité 
cotyUnde)  hanche  des  bêtes  de 
somme,  croupion  IV,  399. 

malur  s.  m.  (m&][am-aug]tlrïQm) 
malheur  I,  392.  IX,  207  eU.; 
pèr  m.  par  malheur  VM,  91. 

maluranço  s.f.{demsk\\kx  +  -antîam) 
malheur  I,  465.  IX,  281. 

malurons,  o  a.  et  s.  {de  malnr  + 
-Osnm)  malheureux,  se  IX,  13. 
X,  162. 

mamello  s.f.  fmftmillam)  mamelle 
Xn,  170. 


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360 


GL088ÁIRB. 


mamèa  s,  m.  (*iiiàini11iim)  mamelle, 
pis  III,  98.  IV,  7. 

man  *.  /.  (mâJinm)  main  1 ,  24. 
138.  161  etc. 

manado  «./.  (♦mán-fttam)  poignée 
IX,  124. 

manado  s,  /,  pour  menado  {s.  p, 
de  meDa,  v.  e,  m.)  troupeau  IV, 
325.  Vm,  417  etc. 

manasso  s./,  {de  man  +  -itcëam) 
main  énorme  V,  250. 

manca  v.  n.  (de  Vadj.  lai,  mancnm 
estropié)  manquer  I,  269.  283. 
II,  124  etc, 

manche  s.  m.  fhn&nicum)  manche 
m.  IX,  278. 

mancho  s,f.  (mànîcam)  manche/. 
IV,  451.  XII,  396. 

manco  s.  /.  {s.  v.  de  manca)  man- 
que s.  m,  ;  èstre  de  manco  man- 
quer VII,  640. 

manda  v.  a,  (màndare)  envoyer  II, 
228.  III,  91  etc. 

mandadoa  s.  m.  (m&nd&tOrem)  mes- 
sager IX,  79. 

mandragonro  s./.  (màndragQram, 
du  gr.  uavSçayòçaç)  fnandragore 
VI,  226.    V.  note. 

mandrouno  s.  /.  (selon  Dz.  187, 
de  mal  +  b.-all.  slendem,  cp. 
Kôrt.  7552)  entremetteuse  IX, 
414. 

maneja  v.  a.  (*mánTcare)  manier 
Vn,  67. 

manescan  s.  m.  (p.  marescau,  du 
germ.  marahskalk  palet  qui 
soigne  les  chevaux)  maréchal 
/errant,  /orgeron  VI,  80. 

mangiho  (=  manjiho)  s./,  {du  v. 
manja  +  suff.  -ilïa)  les  vitres 
IV,  54.  VII,  250. 

maniero  s.  /  (mànùftrïam)  a)  ma- 
nière V,  291  ;   b)   brebis  qu^on 


a  privées  de  leurs  agneaux  lY. 

89.  VIII,  127. 
maniho  s./  (manîctllam)  anse  d'un 

vase,  d'un  panier  I.  98. 
manihonn  s.  m.  {dim.  de  maDÌhoi 

id.  IV,  168. 
manja   v.  a.  et  n.   (màndtic&re) 

manger   II,  45.  455  etc.;  t.  m. 

le  manger  VIII,  35. 
manjiho  v.  mangiho. 
manjo-panre    s.  m.  {de  manja  + 

panre)    mangeur    de    pauvres, 

sangsue  du  peuple  V,  531. 
manoto  v.  menoto. 
man[t,  o;  pi.  -ì(b)  a.  indé/  (lat 

pop.  "hnanetnm  de  vha.  manac 

et    lat.   mnltum;   selon  Aseoli 

dans  VArch.  gl.  XI  (1890),  de 

tammagnns  4  tantos)  maint,  e 

IX,  145. 
manteni  v.  a.-^Gr.  §  102  p.  140 

—  m&na  fênere)   maintenir  I, 

388. 
mantèn  s.  m.  (mántellnm)  manteau 

I,  10.  m,  335.  IX,  352  etc. 
mantiho  s.  /.  [de  Vesp.  mantilla. 

du   lat.    'hn&ntïllam,   dim.  de 

m&ntam)  mantille  III,  149.  S. 

312.  XII,  340. 
mar   s.  /   (mare)  mer  I,  3.  204. 

233.  379  etc. 
marca  v.  a.  (*marcare  du  germ. 

markôn,  alL  merken)  marquer, 

présager  IV,  139.  IX,  228. 
marcadon  s.  m.  (de  marca)  marque- 

ment,   lieu  où  l'on  marque  IV, 

357. 
marca[t  s.  m.  (mërcfttom)  marehi 

VI,  10. 
Marcello  n.  de/.  (Marcellam)  Kar- 
i  celle  XI,  101.  390.  87.   V.noU. 

Marciau  n.  d'A  .(MarceUum)ir<iH>a/ 
I         XI,  396.  87.    V.  noU. 


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GLOSSAIRE. 


361 


m&rco  «./.  (s.  V.  de  marca)  mar- 
que, présage  IV,  136.  XI,  137 
etc. 

margai  (=  margaa,  margal,  mar- 
galh)  8.  m,  {de  margam  marne, 
ep.  i*eisp.  margal  a)  mamière, 
b)  lolinm,  plante)  ivraie  (vivace), 
lolinm  perenne  II,  308.  IX,  262. 

margaionn  8.  m.  {de  margai)  ivraie 
V,  618. 

margarido  «.  /.  (m&rgftntam,  du 
gr.  tia^yen<hijç  perlé)  marguerite 
III,  422.  XII,  282. 

margoulin  s.  m.  {p.-è.  de  Vanc, 
franc,  mariole  [statue  de  la 
Vierge  Marie],  pris  en  mau- 
vaise part)  marjolet,  godelureau 
V,  168. 

mariage  (=  maridage)  s,  m,  (♦m&r- 
Itfitïcnm)  mariage  IV,  464. 

(se)  marida  v,  a.  et  r.  (mârltare) 
{sej  marier  II,  147.  m,  35.  IV, 
142  etc. 

marin,  o  a.  (mSrlnum)  marin,  e 
I,  297.  VUI,  294.  X,  59  etc. 

marin  s.  m.  {id.)  marin  I,  248. 
280.  II,  290  etc. 

marinado  s./.  (*màrliifttam)  vent 
de  mer  III,  433. 

marinié  s.  m.  ('^m&rin&rinm)  marin 
I,  225. 

mariniero  s.  f.  ("In&rlnSriam)  ma- 
rimer  e  XII,  190. 

marino  s.  f.  (mânnam)  mer  IV, 
5.  226.  XI,  86  etc. 

Mario  n.  def.  (M&rlam)  Marie  I, 
376.  Xn,  15  etc. 

mari[t  s.  m.  (m&rltnm)  mari  III, 
370. 

Marmau  (=  marman)  s.  m.  Mar- 
mal,  ogre,  être  imaginaire  VI, 
472.    Voy.  VI,  459  note. 


Marran  n.  d'h.  {de  Vesp.  marrano 
cochon,  sobriquet  donné  aux 
Maures  et  provenant  des  mots 
hébraïques  maran  atha,  cp.  Ba- 
bad  dans  Gr.  Z.  XIX  p.  271) 
Marran  IX,  288.  308. 

marrano  s.f.  {du  germ.  marrjan) 
maladie  de  langueur,  marasme 
n,  333. 

marrias  s.  m.  {de  marrit  mauvais) 
chétif  V,  207. 

marridesso  s.  f.  {de  marrit)  mé- 
chanceté  II,  382. 

marridonn,  o  a.  et  s.  {de  marrit) 
un  peu  mauvais,  chétif,  souffre- 
teux X,  408;  malheureux  XII, 
164. 

marri[t,  marrido  a.  {p.p.  de  marri, 
du  vha.  marrjan  empêcher,  ir- 
riter) mauvais,  e  H,  369.  VIII, 
15.  IX,  369. 

marro  s.  f  (or.  inc.)  tas  de  foin 
amoncelé  en  lignes  IX,  49. 

Marsihés  s.  m.  {de  Marsiho)  Mar- 
seillais  I,  473. 

Marsiho  s.f.  (Massîlïam)  Marseille 
I.  419.  X,  6  etc. 

Martegan  s.  m.  {b.-lat.  Martigalem) 
Martégal,  habitant  du  Martigue 
I,  290.   V.  note. 

Martegne  n.  de  l.  {de  Mftrtem?) 
U  Martigue  (B.-du-Rh.)  IV,  9. 
1,  290.    V.  noU. 

martele[t  s.  m.  (martell[nm]  -|- 
-ittum)  martinet,  hirondelleYïll, 
259. 

martir(e),  o  s.  m.  etf.  (martyrem) 
martyr,  e  s.  m.  etf.  V,  373.  XI, 
37.  528. 

martire  s.  m.  (martyrïnm)  martyre 
s.  m.'  X,  320. 

martirisa  v.  a.  ('^martyrizSre)  mar- 
tyriser xn,  177. 


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362 


GLOSSAIRE. 


Mario  n.  dtf,  (Mart(h)am)  Marthe 
XI,  97.  390.  I,  303.  F.  I,  303 
et  XI,  87  notes, 

mas  «.  m.  ("In&Dsnm,  r/^  man$re) 
maison  rustique,  ferme,  métairie 

I,  14.  41.  49.  54.  94  etc.   V.  I,  1 
note, 

ma8agiero«./.(f^^mas  +  -ftgftrTiiin) 
fille  des  champs,  campctgnarde 

IV,  128. 

ma8[c,  oa,et8.  (^mascnm^^mascam  ; 
cp.  Dz.  206.  Kdrt.  5151  et  Scheler 
s.  masque)  magique;  sorcier,  -ière 

II,  403,  m,  444.  VI,  235.  381 
etc, 

mascara  «.  a.  {du  vha.  masca,  mâsa 
tache)  souiller,  tacheter  de  noir 

V,  501. 

mascarié  s.  /.  (^mascariam)  sor- 
cellerie VI,  334. 
mascamn   s,  m.  {du  v.  mascara) 

charbon  du  blé  VI,  619.    Voy. 

note, 
mascle,  o  a.  et  s.  (m&scûlnm)  mâle, 

matou  IV,  66.  VI,  526. 
mascoto  s.  f.  {de  maso  +  -Ôttam) 

sortilège  m,  99. 
mase[t  s.  m.   {de  mas  -f-  -ïttnm) 

maison,  ferme  s,  f  XII,  318. 
masiero  s.  /.  {de  mas   f  -Srïam) 

fermière  I,  142.  XH,  110. 
Massemin    n.   d'h.    (Maxïmlnum) 

Maximin  XI,  91.  361.   Voy.  XI, 

87  note. 
masso  s,  /.  (♦mattëam)  massue  V, 

251. 
massugo    s.  /.   {de  ♦matteam  + 

-acam)  ciste  s,m,,  arbuste  IV,  165. 
mata-bla[d  s.  m.  {de  m&ctare  4- 

blad,  V,  c,  m.)  abaUeur  de  mois- 
sons VI.  266. 
matagoun  (=  matagot)  s.  m.  (or. 

inc.J  magicien  VI,  445.    V.  note. 


mataia  (=  matalha)  v.  a.  {*mu- 
tftlîare,  de  mSctare,  cp.  le  s. 
b.-lat.  matabulum,  campanae 
tudicala.  Du  C.)  munir  (une 
clocfie)  d'un  battant  IV,  159. 

matèri  «. /.  (mstërïam)  matière 
VI,  163.  X,  410. 

Matién  n.d^h.  Matthieu;  Anselme 
Matthieu,  un  des  fondateurs  du 
féltbrige  VI,  64.    V.  note. 

matin  s,  m.  (mattltliinm,  se.  tempos) 
matin  II,  10.  VIU,  171.  XI,  120 
etc,  ;  de  matin  ce  matin  IX,  230. 

matinado  s.  y,  {de  matin  +  -Stam) 
matinée  XII,  139. 

matinié,  matiniero  a.  {de  matin  I 
-Srinm)  matineux,  matinal  YJl, 
124.  IX,  358.  XI,  123. 

mato   s.  f.  (mattam)  touffe,  fane 

III,  507.  Vin,  151.  IX,  265. 
matrassa  v,  a.  {de  matras,  du  mol 

laU'celt.  matftram  javelot  det 
Gaulois)  harasserVlI,  490.  \1II, 
361.  XI,  178. 
matre  s.  m,  {du  germ.  martn)  nmrire 

IV,  363. 

man,  malo  a.  (m&Inm)  mauoaisj  r, 
misérable  U,  384.  X,  367. 

man  s.  m.  {id.)  mal  s.  m.  II,  330. 
XI,  299.  314  eU. 

man-conntènlt,  o  a.  (mftle  c5ntëDt- 
nm)  mécontent  VII,  136. 

mauconra  v.  a.  {de  man-cor,  UU, 
mftlnm  +  c5r)  décourager  III, 
211.  Vn,  117. 

manfatan  (=manfa8an,manfa8èDt) 
s.  m.  (m&le  fàcTëntem;  le  t  ^ex- 
plique par  une  fausse  anaiogif 
à  malfatour,  malfaiteur)  artisan 
de  mal  VI,  401. 

mangrabiéu  s.  m.  {corruption  de 
man-grat-Dièn)  juron,  impréca- 
tion Vm,  409. 


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QL08BAIRE. 


363 


inan-gra[t  prép,  (mfilnm  grfttnm) 

malgré  XI,  326. 
manio  (=  mauvo)  s,  /.  (mâlvam) 

mauve  XI f,  106;  cp,  fuma, 
manno  s.  f.  {de  l'hébreu  manna) 

manne  V,  153. 
mau-passage  s,  m.  (v,  c,  m.)  matera 

contre  VI,  47a 
Manssano  n.  de  l.  (b.-lat,  Malmns- 

sanam,  Malimissanam)  Hfatcs- 

sane,  village  (B.-du-Rh.)  VI,  19. 
man-traire   v,  défectif,  seulem.  à 

Vinf.  et  au  p,  p.  mantra ,  cho. 

—  Gr.  §  108  p.  156  ~-  (mâlë- 

♦tràgëre)  avoir  du  mal;  èstre 

de  m.- 1.  être  digne  de  pitié  XII, 

149. 
man-Tiénre   s.  m.    (malë   vîvëre) 

mal-être  VI,  117. 
mau-vivèii[t,  o;  pi.  -i(8)  a,  (mSlë 

Tïvëntem)  de  mauvaise  vieVl,  394. 
me,  m'  (devant  les  voyelles)  pr. 

pers,  P^*  p,  sg.  rég,  dir.  et  in- 

dir.,  forme  atone  (m6)  me,  m' 

1, 17.  436.  469.  509.  II,  104  etc, 
më,  mèco   a.  {de  ml[tî]g&[tum]  ; 

ep.  Vesp.  mego  et  le  port,  meigo 

doux;  V,  Dz.  468)   interdit,  e; 

rendre  mè  stupéfier  II,  401.  III, 

300. 
meinage   s.  m.  ("^ftnsîonftticam) 

ménage,  ferme  s.  f  ni,  33. 
meinagié   s,  m,   [de  meinage  + 

-Srïnm)  tenancier  VII,  346. 
meionr,  o   a,  compar,  (mëlit^rem) 

meilleur,  e  II,  155.  IX,  251. 
meirino  s,f,  (mâtrinam)  marraine 

I,  373. 
meissonn  s.f  (messîOnem)  moisson 

VII,  189.  IX,  117.  205  etc, 
meisBOuna  v.  a.etn.  {de  meissonn) 

moissonner  VII,  161.  VIII,  297. 

IX,  117  etc. 


meisBonnaire  s.  m,  {de  meissoun 
+  -fttôr)  moissonneur  VII,  193. 
Vin,  433. 

meisBonnenco  s.f  {de  meissonn  + 
-înqnam)  hélice  des  moissons, 
escargot  VIII,  269.    V.  note. 

meissonnié  s.  m.  {de  meissonn  -\- 
-arïnm)  moissonneur  VI,  637. 
IX,  113.  147  etc. 

meissonniero  s.f  {de  meissonn  + 
-ârïam)  moissonneuse  XI,  218. 

mège  s.  m.  (mëdïcnm)  médecin  VI, 
270. 

mêle  (=  mènse,  mèlze,  merzé) s.m. 
(♦mëllïcem,  usité  dans  les  dia- 
lectes romans  des  Alpes;  cp. 
Ideyer-LMke,  dans  Gr.  Z.  XV 
p.  243)  mélèze  V,  70. 

melico  s.f  (*mëllïcam  p.  mSllëam 
ou  mëllïculam)  miel  II,  7. 

Melindo  s.f.  Mélinde,  ville  et  roy- 
aume d'Afrique  VII,  474.  Voy. 
note. 

memamen  acfv.  (mët-îpsîmS  mëntë) 
même,  mêmement  II,  189. 

membre  s.  m.  (mëmbmm)  membre; 
appartement,  chambre  III,  62. 

même,  o  ;  pi.  même,  mëmi  pr.  in- 
déf  (mët-ïpsimnm)  même  II, 
98.  X,  355  etc.;  de  même  de 
même  X,  292;  de  même  qne  conj. 
de  même  que  VI,  270. 

mémento  s.  f  (mëmënto)  terme 
familier  p.  mémoire  I,  257. 

memòrì  s.f  (mëmôrïam)  mémoire 
•  ra,  319.  X,  344. 

(se)  mena  v.  a.  et  r.  (mïnare  faire 
marcher  du  bétail  devant  sot) 
(se)  mener  I,  312.  434.  III,  133 
etc.  mena  de  varai  faire  du 
bruit  VIII,  94. 

menaça  v.  a.  {du  s.  '^mïnScîam 
p.   mîn&cïas)  menacer  V,  249. 


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364 


QL0B8AIRB. 


mendi  s,  m.  (mëndlcum)  berger, 
bergerot  IV,  34.  IX,  36. 

mendre,  o  a.  compar.  (mlnòr) 
moindre  II,  109.  XII,  128. 

menèbre,  o  a.  (mïnsbïlem  p.  mï- 
n&cem,  cp.  Du  C.)  revêche^  bourru 

IV,  328.  VI,  265. 

menèstro  «./.  (mïnïstram)  élixir, 

mixture  III,  256.  VI,  575. 
meno   s.  f.  {s.  v.  de  mena  mener, 

V.  c.  m.;  meno  signifie  „race''*, 
c/'à-d.  „tout  ce  qu'on  mène  en- 
semble^', en  parlant  de  bestiaux, 
f?.  les  exemples;  et,  aufig,,  tout 
ce  qui  se  mène  de  la  même  ma- 
nière:   qualité,    manière)    race 

IV,  225.  467. 

menoto  s.f.  (1iw/r.  menotte,  dim. 
de  mánum)  petite  main  I,  374. 
II,  186. 

menonn  s.  m.  {b.-lat,  mënDnnm, 
p.'ê,  de  mïnîlëre  ;  cp.  Vit.  menno) 
boue  châtré,  menon  IV,  61. 

mens  adv,  compar.  (minus)  moins 
I,  171  ;  de  in.  en  m.  de  moins 
en  moins  II,  133;  à  tout  Ion 
mens  à  tout  le  moins  II,  315. 

V,  103  ;  au  mens  au  moinslY,  258. 
menLt  s.  m.  et/,  (mëntem)  esprit; 

teni  d'à  m.  guetter^  contempler 

IV,  429.  XI,  133. 
mentastre    s.    m.    (mënt&strnm) 

menthe  sauvage;  marrube,  plante 

IX,  166. 
menti  t?.  n.  ^  Gr,  §  102  p.  139  — 

(♦mëntire  p.  mëntïri)  mentir  VI, 

431. 
mennt,   menndo    a.    (mînntam) 

menu,  e  VI,  643.  V,  329.  V.note. 
merayiha  v.  a.  (du  s.  meraviho) 

émerveiller  V,  190. 
meraviheto  *.  /.  {dim.  de  mera- 
viho) petite  merveille  VIII,  68. 


meravibo  «./.  (mirftbïlïa)  merveille 

IV,  170.  VIII,  310. 
meravibons,  o  (=  mervibous)  a. 

{de  meravibo  -»-  -Osnm)  I,  383. 

VII,  306.  Vm,  302. 
merço  s,f.  {de  mërcem,  cp.  le  vpr. 

mercz  marchandise)  sorte  XII, 

229. 
merinjano  s.  /.  {de  Vesp,  beren- 

gena,   de  l'arabe  al-badindjan) 

mélongène,  aubergine  VII,  249. 
mérite  s.  m.  (mërïtum)  mérite  X, 

202. 
merlato  s./,  (de merle)  merUYlll, 

391. 
merle  s.  m.  (♦mërûlnm  p.  merû- 

lam)  merle  VHI,  420. 
merle|t  s.    m.    (b.-lat.   merletum 

pinnam,  du  lot,  mërgûl-ittnm, 

de  mërgttlam,  de  mërgSs)  créneau 

XII,  192. 
mes,  messo  v.  mètre, 
mes  s.  m.  (mSnsem)  mois  I,  210. 

Vin,  344. 
mescla  v.  a.  (*mï8cttlare,  de  mïs- 

c«re)  mêler  I,  498.  H,  297. 
mesoulo  s.  /.  (mëdùUam)  moelle 

VI,  615.  XI,  130. 
mesprés  s,  m,  {s.  p,  de  mespresa) 

mépris  V,  224. 
mespresa  v.  a.  (*mYntis  prëtïare) 

mépriser  I,  13. 
mesquin,  o  a.  et  s.   {de   l'arabe 

meskîn)    pauvret^    malheureux 

II,  257.  XI,  478. 
messo  s.  f.   (*mïssam)  messe  VI, 

425. 
raessorgo  s.  f,  (*mëntlti^nïca,  de 

mëntltnm)  mensonge  II,  380. 
mèste  (devant  des  noms)  ou  mèstre 

{quand  le  mot  est  isolé)  s.  m. 

(mftgïstmm)  maître  1,  71.  106. 


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GLOdSAittfi. 


365 


160;  I,  138.  IX,  31.  202  etc.; 

mèstre    a.  victorieux  V,   331. 

Voy.  I,  71  note, 
mestreja  f.  a.   {de  mèstre)  maî- 

triaer  V,  449. 
mestresso  s,  f.  (mâgîstr  -  issam) 

maîtresse;  amante  II,  383.  III, 

221.  XI,  59  etc. 
mesura  v.  a.  (mensarare)  mesurer 

V,  329. 
mesaro  s.  /.  (mënstlram)  mesure 

s./.;  à  m.  que  à  mesure  que  VI, 

82.  VIII,  395.  414. 
mètxe  V.  a.—  Gr.§  106,  p.  147.  — 

(mittere)  mettre  1,  98.  143.  II, 

164.  185.  346  etc.;  p.  p.  mes, 

messo  XI,  227  etc.;  admettre, 

supposer  III,  199. 
mèu  s.  m.  (mël)  miel  III,  94.  238. 

XI,  25  etc. 
mi  s.  m.   (mîlîam)  mil,  millet  Ij 

136. 
mi(s)  V.  momi. 
miaula  v.  n.  (onom.)  miauler  U, 

54. 
miejonr  s.  m.  (mëdïnm  diûmam) 

midi  II,  455  ;  faire  m.  faire  la 

méridienne  IX,  166. 
miès,  miens  adv.  {compar.  de  bèn) 

(mëlïns)  mieux  I,  122.   II,  79. 

IX,  251  etc.;  lou  miens  le  mieux 

II,  225. 
mié- terrestre,  o  a.  (mëdinm    4- 

-tërrëstrem)  demi-terrestre  VI, 

165. 
Ion   mien,    la   miénno   pr.  poss. 

(menm)  le  mien,  la  mienne  etc. 

m,  203.  XI,  286. 
mignot,  0  a.  et  s.  {du  vha.  minni 

amour  +  -Ôttum)  bien-aimé  IV, 

292.  VIII,  19.  277  etc. 
migo  =  amigo  v.  c.  m. 


milèime  s.  m.  (mlliSsïmnm)  année 

m,  54. 
milo  n.  de  n.  (mille)  mille  I,  258. 

II,  234.  XI,  273. 
Minervo«./.  (Minervam)  Minerve 

XI,  416. 

mino  s.f.  {du  breton  min  museau, 

cp.  Kôrt.  5928)  mine  VII,  225. 

IX,  251. 
miòn,  miolo  s.  m.  et  f.  (mnlnm, 

malam)  mulet  I,  316.  IX,  290; 

mule  Vn,  309.  IX,  93. 
miôngrano  s./,  (mille  grftnà)  gre- 
nade VI,  306.  Xn,  334. 
mira  v.  a.  (mirare)  admirer  V, 

135. 
miraclant,  o  a.  (p.  pr.  de  miracla 

opérer  des  miracles,  v.  miracle) 

miraculeux,  se  X,  47. 
miracle  s.  m.  (mlrftcûlnm)  miracle 

I,  359.  III,  307  etc. 
miraclejant,  o  a.  {p.  pr.  de  mira- 

cleja,  de  miracla)  miraculeux 

XII,  53. 

miraclons,  o  a.  (mirScûlosnm)  mi- 
raculeux I,  377.  XI,  209. 

miraia  v.  a.  (mlrftctllare,  v.  miran) 
mirer  X,  31. 

miran  s.  m.  (mlrScQlnm)  miroir 
XII,  349;  petites  membranes 
luisantes  et  sonores  qui  se  trouvent 
sous  V abdomen  des  cigales;  a  li 
miran  creba  il  a  les  miroirs 
crevés,  il  a  la  voix  crevée  I, 
196.    V.  note. 

Mireieto  ».  de  f.  {dim.  de  Mirèio) 
Mireille  VÍ,  181. 

Mirèio  n.  def.  {de  Vhébr.  Miriam 
Marié)  Mireille  I,  142,  voy. 
note,  etc. 

Mireionno  n.  de  f.  {dim.  de  Mi- 
rèio) Mireille  XII,  332. 


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366 


QLOaSAIRS. 


mJserable,  o  a.  et  s.  (mTsërSbUem) 

misérable  V,  452. 
misèri  8,f.  (mïsëriam)  misère  X, 

409. 
misericòrdi  s,  f,  et  int,  (mîserl- 

cordiam)  miséricorde/  IV,  435. 
mistèri  s.  m.  (mystërîum)  mystère 

VI,  162. 
mìstonlìn,  o  a.  {de  mastëllnam) 

fluet,  débile,  léger  I,  374.  II,  97. 

V,  179  etc. 

mistralas  s,  m.  (de  mistran  -f- 
-&ceam)  mistral,  vent  du  nord- 
ouest  VIÎ,  5. 

mistran  s.  m.  C^mâgïstr&lem)  le 
mistral  V,  6.    V.  note. 

mita  s.  f.  (mëdîetstem)  moitié  III, 
213;  comme  adv.,  à  moitié  II, 
m.  X,  281. 

mitan  *.  m.  ('^mëdîëtantem,  cp. 
entre-mitan)  milieu  I,  414.  XI, 
234;  an  m.  au  milieu  de  la 
plaine  V,  294. 

moble  s.  m,  [de  môbïlem)  meuble 
s.  m.  Vin,  55. 

moco  s./,  {de  mucum,  cp.  Kôrt. 
5444)  lampe  IV,  272.    Voy.  note. 

modo  s.  f.  {du  fr.  mode,  de  mô- 
dum)  wod«/.Vn,601  ;  manière  ib. 

mole  s.m.  (modùlam)  mouleYIL,  60. 

molo  s.  /.   {de   molem)   monceau 

VI,  621  ;  meule  (de  foin,  de  blé) 
Vm,  306.    V.  note. 

mordre  v.  a.  —  Gr.  §  106  p.  149  — 

(♦mSrdëre,  p.  mordëre)  mordre 

VI,  453.  612. 
more  etc.  v.  monri. 
morne,  o   a.  {du  goth,  manrnan 

être  triste)  morne  VII,  140.  IX, 

197.  249. 
mor[t  s.f.  (môrtem)  mort  s./.  II, 

377.  XII,  361  etc.    V.  IX,  350 

note. 


Mor[t-Peleto  s.f. {de  mort  ■}-  pelet,  o 

a.,  de  peu  peau)  Mort  décharnée, 

spectre  de  la  Mort,  squelette  IX, 

396. 
mòssi  s.  m.  {emprunté  de  VU.  mozzo  ; 

V.  Dz.)  mousse  s.  m.  V,  447. 
mo[t  s.  m.  (*mnttnm,  de  mnttire, 

cp.  muta)  mot  L  309.  HI,  233. 

VIII,  262  etc. 
mòti  s.  m.  {de  mtitllnm?)  bélier 

écorné  IV,  93. 
mon  s.  m.  (mtlcnm)  lumignon  VII, 

639. 
mon,  mol  ;  molo  a.  (mSUem)  mou, 

mol;  molle  n,  300.  IV,  496. 

vm,  307  etc. 
mon  V.  monre. 

mondèste,  o   a.  (mSdëstnm)  mo- 
deste X,  310. 
moufo  (=  monsBo)  s.f.  du  genn, 

mnf  moisi)  mousse  s.f.  II,  418. 

XI,  411. 
mòngne,  v.  monre. 
mongno  (=  monino,  mangno)  s.  /. 

{dugerm.  manwa,  v.  Kôrt.  5179; 

cp.  le  fr.  mone)  bourrade,  coup 

de  poing  sur  la  figure   V,  281. 
monié  s.  f.  (♦mîllï6rem ,   p.  mû- 

iTSrem)  femme  mariée,  épouse 

m,  38. 
Monïse  n.  d'h.  (Moses)  MoUe  VI, 

235. 
monissaleto    s.  f.   {de  monissan) 

moucheron  X,  169. 
monissan  s.  m.   (*mti8cì&lem,   de 

mûscam)  cousin,  moucheron  IV, 

314.  X,  140. 
monisse,  o   a.  (*mÛcTdnm   moist) 

humide  VI,  207. 
monla   v.  n.  (♦môllare)  mollir  I, 

370;  déteindre  VI,  408. 
moulan  a.  m.  {de  mon,  mollo)  mou, 

langoureux  XI,  240. 


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âLOSSAÍRfe. 


367 


monledo  «. /.  (*mtl8Ctilatam ,   de 

muscíilam)  chamure,  muscler  1, 

447. 
monloan  «.m.(*mOlOnam,  demtiem) 

meule,  monceau  YI,  Sô9.  IX,  Ô2. 

XII,  122. 
moulonnado  a.  f.  {de  monlonn  4- 

-fttam)  multitude  If,  268. 
monmen  B,m.  (momëntnm)  momeni 

I,  469.  II,  265  etc. 
moamene[t   a.  m.    {de   moumen) 

petit  moment  II,  59.  312.  X,  433 

etc. 
monn,  ma;  pi.  mi(s)  a. pose,  l^*p. 

sgl.  (mënm  etc.)  mon,  ma,  mes 

I,  95.  108.  360.  364;   I,  15.  17 

etc. 
moanastié    s.  m.    (mSnástSrTnm) 

monastère  III,  468.  VHI,  273. 
monnde   s,  m.   (mîindam)   monde 

Vn,  351.  X,  286  etc.  ;  foule  XI, 

259;   toQt  lou  moande   tout  le 

monde  IX,  378. 

moange  «.  m.  (*m8DÎcain  p.  môn- 

àchnm)  moine  YI.  649. 
moungeto  s,  f.  (dim.  de  monnjo) 

nonnette  lU,  467. 
moanjo   s.  /.  (*m8nïcam  p.  mdn- 

&cham)  religieuse  III,  470. 
moan[t  s.  m,  (m$ntem)  mont,  mon- 
tagne I,  481.  X,  294  etc. 
mounta  v.  n.  et  a,  (*inÔntare,  de 

mSntem)  monter  v,  n.  II,  405. 

438.  VI,  362  etc.;  v.  a.:  faire 

monter  IV,  28.  XII,  50.  52. 
monntado  s.  /.  {s.  p.  de  monnta) 

monUe  VIII,  109. 
mountagno    *.  /.    (♦mônténëam) 

montagne  III,  46.  VIII,  111.  241 

etc, 
moantagnolo  s,f  {de  monntagno 


-\-  -t&lam)  petite  montagne  III, 
164. 

Mount-de- Vergue  s.  m,  (mSntem  + 
dS  +  AvSnicum)  Hfontdevergues, 
Mont  de  Vergue,  à  l'est  d'Avig- 
non (Vaucl)  VII,  498.    V.  *note. 

mounte  (=  onnte)  adv.  de  L  (ûndS) 
oà  I,  425.  II,  44.  VI,  507  etc. 

mountilio  s,  /.  (mônticûlam)  col- 
line, dune  III,  243.  XII,  342  eU. 

Monnt-Majoar  s.  m.  (Môntem  Ma- 
jorera) Mont-Majou/r,  montagne 
et  ancienne  abbaye  VI,  649.  VIII, 
306.    V.  VI,  645  note. 

moanto-davalo  s.  m.etf  {de  moanta 
-Í-  daTala)   ondulation  II,  271. 

moiiqae[t,  o  a.  {de  mou,  moue,  du 
V.  mouca  moquer,  moucher, 
♦mîiccare)  penaud,  sot  II,  154. 

mouracho  s.  et  a,  {de  Vesp.  moracho 
couleur  de  mûre,  foncé,  de  mUr- 
um  +  -&cum)  moricaud,  hâlé  II, 
118 

mourbin  s.  m.  (de  môrbum,  cp. 
Vit.  morbiuo  pétulance)  ressenti- 
ment, chagrin  V,  30. 

moure  (=  mourre)  s.  m.  {du  germ. 
♦mnrr,  cp.  Braune,  dans  Gr.  Z. 
XXI  p.  216  s.)  mamelon,  pic  I, 
440.  III,  462.  V,  68  etc. 

moure  v,  n.  —^  Gr.  §  107  p.  152 
—  (*mÔvëre  p.  môvëre)  mouvoir 
III,  349.  IV,  237.  V,  426  etc.; 
p.  pr.  mouvènt  VIII,  436.  X, 
135  etc.  —  moure  s.  m.  {id.)  le 
mouvement  V,  481. 

mouresc,  o  a.  (*maurïscum  p. 
maurUsiâcum)  moresque  VIII,  6. 

moure[t,  o  a.  (*maurittum)  noiraud, 
brun  foncé  I,  123.  V,  235.  IX, 
222  etc. 


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368 


0L08SA!Rfi. 


monrgo  (=  monnjo)  s.  f.  (♦môn- 
icam)  religieuse  III,  371. 

monrgaeto  (—  moangeto)  s.f.  {de 
monrgo  -f  -ittam)  nonnain,  hélix 
vermiculata,  espèce  d* escargot 
VIII,  270. 

mouri  t?.  n.  —  GV  §  102  p.  141 
—  (♦mSrlre)  mourir  I,  468.  II, 
259.  VI,  108.  Vin,  252.  XII, 
330  etc.  ;  mort,  o  p,  p.  mort,  e 
II,  59.  III,  492  etc. 

Moiirié[8  f>illage  au  midi  des  Al- 
pilles  I,  477. 

Monro  s,  m.  (Maamm)  Maure  II. 
348. 

monrraioun  s.  m.  {de  monrre,  v. 
c.  m.)  muselière  VIII,  367. 

mourranchoun  s.  m.  {id.)  petit 
minois  VI,  304.  VIII,  276. 

moarre  *.  m.  {du  germ.  ♦murr  ;  cp. 
Braune,  dans  Gr,  Z.  XXI,  216  s.) 
mufle,  museau,  visage  IV,  67. 
380.  VIII,  136.  371.  XI,  382; 
groin  IX,  305. 

de  mourre-bonrdonn  loc,  adv,  {de 
mourre  +  bourdoun  bourdon; 
onom.  Cette  loc,  signifierait  donc  : 
tomber  le  visage  contre  terre 
comme  un  bourdon;  p.-ê,pour: 
toumba  de  mourre-bourdons  [v, 
le  Très.]  tomber  à  terre  le  vi- 
sage boueux)  la  face  contre  terre, 
mordant  la  poussière  I,  470.  V, 
241  etc. 

monrreja  v.  n.  {de  mourre)  rouler 
par  terre,  mordre  la  poussière 
V,  178. 

mourm,  do  a.  {de  mourre  -1-  -utum) 
renfrogné  VI,  459. 

mourtalage  s.  m.  (♦mÔrtftl-Stïcum) 
massacre  I,  245. 

mourtau,  alo   a.  et  s.  (mSrtSlem) 


mortel,  le  H,  416.  VIH,  90.  XI, 
94  etc. 

mourtié  «.  m.  (mSrtSrïum)  morfrer 
V,  276. 

mourtinèu,  ello  a.  (*m5rtrin-ëUum) 
pâle  comme  un  mourant,  languis- 
sant, morbide  V,  130.  VIII,  416. 

mourtinous,  o  a.  (*mòrt-in-08um) 
livide  Xn,  386. 

mourtuàri,  o  a.  (*mortll&rTnm) 
mortuaire  XII,  65. 

mourven  *.  m.  (or,  inc.)  „morven", 
genévrier  de  Phénide,  juniperus 
phœnicea,  Li.  Vin,  217.  X,  168. 
XI,  452. 

mousco  s.  f.  (mUscam)  mouche  V, 
508.  Vni,  401. 

mousGonlouna  v.  a.  {de  mouscoulo, 
lat.  mûscûlam?,  thie,  petit  cône 
de  métal  creux  qu'on  adapte  à 
la  pointe  d^un  fuseau  pour  re- 
tenir le  fil;  cp.  Du  C:  mosclaris, 
hamus,  Massiliensibus  musclau) 
adapter  un  crochet,  ou  une  thie, 
à  un  fuseau  l,  107. 

môuse  V.  a.  —  Qr.  §  109  p,  164 
—  (♦mtllcere  p.  mulcêre)  traire 
n,  38.  158.  VI,  509.  VIII,  122. 
IX,  36-2  etc. 

môusèire  s,  m.  {de  môuse)  trayeur 
VIII,  128.  IX,  357. 

mOnsi  V.  n.  {du  lat.  pop.  mttclre 
p.  mttcSre)  moisir  VII,  294. 

mousqnihoun  s.  m.  {de  mousco) 
mouclieron  IX,  427. 

mousselino  s.f.  {de  Vit.  mussolino, 
(ieMosul,  ville  d'Asie)  mousseline 
VIII,  86. 

moussèn  s.  m.  (♦morsellum ,  de 
morsum)  morceau,  dentée  d'herbe 
II,  160. 

moustelo  s.  f  (mustSlam)  belette 
V,  166. 


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QL08SA1RB. 


369 


moostons,  o  a.  (^mtlBtDsnm)  bar- 
bouillé n,  348. 

monstra  v.  a.  (monstrare)  montrer 
III,  307.  IX,  239  etc, 

monstras  s.  m.  (monstre  f  -ftceum) 
grand  monstre  V,  258. 

monstre  s,  m,  (mônstrnm)  monstre 
lY,  384.  XI,  378.  408. 

montihonn  s.  m.  {dim.  de  monto) 
petite  motte  de  terre  VII,   616. 

monto  s.f,  {du  germ.  motte  terre 
amoncelée)  motte,  glèbe  I,  527. 
IX,  96.  XII,  321. 

môntonn  s,  m.  {de  *mîltIlonem  ?) 
mouton  IV,  84. 

montonso  s.  f,  {de  monto  f  -osam) 
touffe  d^herbe  aqiMtique  avec  sa 
motte,  souchet,  carex  III,  507. 

monvèn[t,  monvien  etc,  v,  mònre. 

mu,  t?.  mnt. 

mneio  s.f.  {du  v.  *m8llïare  mouiller  ; 
cp.  monille  s.  /.  usité  à  Genève 
(Saciis)  et  mollhe  s.  /.  pi.  prés 
marécageux  (Jorat),  v.  Bridel- 


Favrat,  Gloss.  des  patois  de  la 
Suisse  romande,  Lausanne,  1866) 
lagune,  mare  XII,  20. 

mnrado  s,/,  ('^maratam,  de  mamm) 
bordage  I,  273. 

murmnr  s.  m.  (mûrmùr)  murmure 
II,  311.  m,  401.  X,  337. 

munnnra  v.  n.  (mùrmUrare)  mur- 
muret-  VIL  200.  VIII,  262.  XI, 
33  etc, 

mii8ca[t  s,  m,  (*mûsc-fttum,  de 
mûscam)  muscat  s.  m.  III.  24. 

musico  s,  f.  (mosïcam)  musique 
XII,  19. 

mnsiqneto  s.  /,  {dim,  de  mnsico) 
petite  muMque  Vil,  550. 

mn[t,  mnto  ou  mndo  a.  (mntnm) 
muet,  te  IV,  359.  V,  270.  IX, 
197  etc.\  à  la  mndo  silenden- 
sement  V,  507. 

muta  i;.  n.  {de  mûttlre  parler  entre 
ses  dents)  dire  un  mot,  parler 
I,  300.  III,  503;  sènso  mnta 
sans  mot  dire  II,  466.  XII,  200. 


N 


na,  nado,  v.  naisse. 

nada  v.  ».  (n&tare)  nager  V,  126. 

X,  290.  XII,  133. 
naisse  v.  n.—  Gr.§  109  p.  162  — 

(♦nfiscere  p,  nascl)  naître  I,  16. 

152.  IV,  267.  X,  380  etc.;  p.  p. 

a)  na,  nado  né,  e  VI,  581.  XI, 

308  etc.  b)  nascn,  do  {de  Vancien 

parfait  nasc,   lut.  *n&8cni)  IV, 

222. 
nàni  adv.  de  négation  {dufr,  nenni, 

non  ille  ete.)  nenni  II,  337.  XI, 

344. 
napo  s,  f.  (máppam)  nappe  Vil, 

641. 


narro  s.f.  {de  nfirem)  narine  lY^ 
221.  VIII,  357.  XI,  253. 

nasc,  0  a.  (or.  inc.)  ivre  VI,  212. 

nascn,  nasqnère  etc.,  v.  naisse. 

naturo  s.f.  (nâtaram)  nature;  de 
n.  naturellement  II,  200. 

nan  s.  f.  (nfivem)  nef,  navire  V, 
429.  XI,  96.  99.  185  etc. 

naufrage  s.  m.  (nanfràgium)  nau- 
frage VII,  485. 

nantre,  devant  les  qualificatifs: 
nàntri(s)  pr.  pers.  1^*"*  p.  pi. 
{=  nous -autre,  nos  àlteros) 
nous  (autres)  I,  330.  II,  61.  IX, 
361.  XT,  485  etc. 

24 


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m 


ÒLÒS8ÁIRE. 


navega  r.  n.  (n&Tïgare)  navigue^' 
I,  210. 

navegaire  s,  m.  (navTg&tdf)  navi- 
gateur vm,  300. 

navegacionn  a.  f,  (nSyîgatTOnem) 
tMvigatian  XI,  p.  217. 

n',  n'en,  v.  en. 

ne  (n')  partictUe  négative  gui  n'est 
guère  usitée  que  sous  la  forme 
de  n*,  devant  une  voyelle  (ngj 
n«;  ne  . . .  ni  I,  9;  ne  . .  pas  I, 

60.  184;  ne panca  I,  228; 

ne  . . .  degnn  I,  210;  ne  . . .  pn 
I,  166. 

ne  (=  nèc),  nèco  a.  (nidïcmn) 
interdit,  ébahi  X,  133. 

nebla  v,  a,  (*nëbiilare)  voiler  V, 
502.  X,  276. 

nèblo  «. /.  (nëbûlam)  brouillard, 
brume,  nuée  III,  447.  IV,  306. 
IX,  274.  X,  132  etc. 

neblons,  o  a.  (nëbûlosnm)  brumeux, 
se  II,  133. 

neboa[t  s.  m,  (nëp^stem)  neveu  X, 
335. 

necessàri,  o  a.  (nëcess&rïnm)  né- 
cessaire I,  132. 

nécessita  s.  /.  (nëcessTtfttem)  né- 
cessité X,  p.  202. 

necite,  o  (=  necis,  ido)  a.  (nëcess- 
-Itnm)  nécessaire  XI,  363.  524. 

nega  v,  a.  et  n,  (nëgare)  nier  IV, 
163.  X,  359. 

nega  v.  a,  (necare)  noyer  IV,  309. 
V,  447. 

negadis  a.  et  s.  m.  ('''nëc&tissam) 
noyé,  naufragé  I,  379.  V,  468. 
526.  XI,  161. 

negadon  s,  et  a,  m,  (nëcStSrem) 
qui  noie  FV,  322. 

negaire  s.  m.  (nëgatôr)  renieur  V, 
531. 


negras,  so  a.  (de  nègre  -f  >Scë!im) 

sombre  V,  24. 
nègre,  o   a.  (nîgnun)  noir,  e  I, 

126.  523.  XI,  157  etc. 
negreja  t;.  n.  {de  nègre)  briller  en 

noir  I,  172.  II,  103. 
negre[t,  o  a.  (*nïgr-ittmn)  noirâtre 

I,  124.    V.  note. 
negronr,  negmro  s.  /.  (nïgrorem, 

♦nïgraram)   noirceur  VI,  339; 

IV,  327. 
nemi  (=  enemi)  s.  m.  (ïnïmlcum) 

ennemi  I,  234. 
nerto  s./,  (myrtìiam)  myrte  H,  76. 

XI,  254. 
nèrvi  s.  m.  (nërvnm)  nerf  I,  483. 
nervihons,  o  a.  {de  nènri)  nerveux, 

se  VII,  305. 
nèsci,  0  a.  et  s.  (nëscTnm)  ignorant, 

insensé,  idiot  III,  331.  Vn,  347. 
nèspo  s.f  {de  mëspllnm)  nèfle  X, 

250.    V.  noU. 
neteja  v.  a,  ('^nîtïdiare  p.  nïtldare) 

nettoyer  IV,  452.  XI,  360. 
Netnne  n.  p.  (Neptonnm)  Neptune 

IV,  227. 
nèu   s.  f.  (nïvem)  nHge  IV,  37. 

XI,  476.  Xn,  343. 
neva  v,  n.  (*nïvare)  neiger  IX,  225. 

xn,  342. 
neven,  co  a.  (^nïv-incnm)  de  neige 

XI,  526. 
ni  ...  ni,  eonj.  copukaive  (nëc) 

ni...  ni  I,  10.  349.  481  eU, 
niéu  (niye,  nivo,  v.  c.  m.)  s.  m. 

(nobem)  nuée  IV,  341.  X,  267 

etc. 
nifla  V.  a.  {cf.fr,  [re]nifler,  du 

b.-all.  nibbi,  nif  nez)  renifler, 

flairer  IV,  385.  IX,  339. 
nimai  adv.  (ni  +  mai,  v.  c.  m.)  non 

plus,  ni  II,  81.  Xn,  198. 


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0L0B8AIR£. 


371 


Nimesen,  enco  s.  m,  et  /,  {de  Ne- 
]naas[iim]  +  -inquam^  -incnm) 
Nifnois  I,  487. 

Nimes  n.  de  l  (Nemansmn)  Nîmes 

I,  408. 

ninfèio  s.f.  (nymphaeam)  nymphaBa 
nénufar  IV,  492.  IX,  1. 

ninèio  (=  linèio ,  lignado)  s.  f. 
(*1liiëStam)  lignée,  famille  nom- 
breuse, troupeau  de  filles  III, 
113. 

ninoio  (du  m.  ninoi)  s.f.  {de  *nin- 
nam  berceau)  enfant  naive  1, 406. 

nis  s.  m.  (nldns)  nid  II,  196.  IX, 
268.  V.  II,  213  et  IX,  260  notes. 

nisa  V.  n.  (de  nis)  nicher  XI,  480. 

nisado  s.  f.  {s.  p.  de  nisa)  nichée 

II,  232.  292. 

nisonn  s.  m.  {de  nis  +  -onem)  nid 

n,  245. 
Distoan  s.  m.  {de  Vall.  nest,  sous 

l'influence  de  nis  ?)  les  jeunes  du 

nid  IX,  269. 
nito  s.f.  (or.  inc.)  vase  «  /.  V,  474. 
nine  s.  f.  (nôctem)  nuit  I,  77.  215. 

267.  529  etc.;  à  nine  adv.  à  la 

nuit,  cette  nuit  I,  402. 
ninechado   s.  f.  {de  nine  :  ♦nôct- 

atam)  nuit,  nuitée  VIII,  12, 
nivo  (—  nive)  s,  m.  (nubem)  nuage 

I,  47.  n,  401.  III,  479  etc. 
niyonlado  s.  f.  (*nibnl  -  atam  p. 

nîlbtl  -  atam)  nuée,  nuage  épais 

XI,  181. 
nivonlas  *.  m.  (*nibul-ftceum)  gros 

nuage  III,  426.  XI,  141. 
niyonlino  «./.(*nibnl-lnam)  brume, 

vapeur  VI,  520.  IX,  169. 
nivonlons,  o  a.  (*nibnlOsum)  nua- 
geux, se  VI,  591.  Xn,  236;  de 

poussière  IV,  78. 
nivonlnn  s.  m.  (♦nibnl-nmen)  léger 

nuage  I,  73.  X,  130. 


noble,  0  a.  (n5bïiem)  noble  III,  48. 

X,  73.  XI,  198. 
noro  s.f.  (♦nÔram  p.  ntSrnm)  bru 

Vn,  628. 
Noro   ».  de  f.  {aphérèse  de  Eleo- 

noram)  Nore  III,  379. 
nose  s.  f.  fnùcemj  noix  VII,  9. 
noste  (devant  les  nom«^  (= nostre),  o 

pi.   -i{s)    a.  poss.   1'^^*  p.  pi. 

(n&strnm,  nôstram)  notre,  nos 

I,  13.  34.  111.  206.  288  etc. 
No8to-Damo-d' Amour,  v.  VIII,  14 

note. 
Nosto-Damo  de  Dom,  v.  damo. 
Nostradamus    n.  d'h.    Michel   de 

Nostradame,  célèbre  astrologue 

VI,  63,  234.    V.  n,  63  note. 
Not  n.  d'h.  {aphérèse  de  Estienot, 

dim.  de  Estève)  Not  VIII,  439. 
non,  novo  a.  (nôvum)  neuf,  neuve 

I,  307  etc.;  de  nftu  loc.  adv.  à 

neuf  in,  143.  XI,  225.  —  Ion 

non  le  neuf  IV,  182. 
non  n.  de  n.  (nôvem)  neuf  IV,  30. 

XII,  420. 
nonga[t  s.  m.  (♦nUcatnm,  de  nflcem) 

nougat,  tourteau  denoixYH,  635. 
nôuguié   s.  m.  (nûc&rînm)   noper 

Vni,  56. 
nonm  s.  m.  (nSmën)  nom,  renomn 

mée  I,  417.  II,  374.  VI,  62  etc.; 

nonm  de  sort  sorte  d'imprécation, 

sort  fatal!  IX,  267;  nonm-d'nn- 

gàrri  \  juron,  nom-d'un-rat/l^^Sl. 
nouma  v.  a.  (nôraïnare)  nommer 

V,  115. 
nonmbrons,  o  a.  {de  noumbre  + 

-Osnm)  nombreux  VII,  159.  VIII, 

206. 
nonn  adv.  de  négation  (non)  a)  avec 

le  verbe  :  ne  I,  200.  XT,  416.  XII, 

278  etc.  —  b)  absolument:  non 

I,  51.  191  etc.  —   nonn  .  .  que 
24* 


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372 


GLOSSAIRE. 


adv,  de  nég.  :  ne  , .  que  I,  8  etc.; 

no  an  pas  que  eonj.  suivie  du 

àbj.  non  pas  que  I,  129. 
Nourado  (Ounourado)  n.  de/,  (H5- 

nbratam)  Norade  III,  283. 
(se)  nourri  v.  a,  et  r.  (nutrlre)  (se) 

nourrir  VIH,  297.   IX,  43.   X, 

211  etc. 
nous   pr,  pers.  P'''  p.  pi.   (nos) 

notts  1,  49.  96  etc.;  nous-autre 

p.  nous  nous  (autres)  XI,  287 

t7.  nautre. 
nous  s.  m.  (nodus)  nœud  VII,  336. 
nousa  v.  a.  et  n.  (de  nous)  nouer 

II,  205.  m,  as.  VIII,  65;  v.n. 

former  des  nœtids,   en  parlant 

du  blé  IV,  26. 
Nouvè  s.  m.  (nôvëllum)  Noël  VII, 

184. 


nouvelàri,  o    a.   (*n5yëll  -  &rTum) 

naif,  novice  III,  194. 
nouvele[t,  o  a.  {de  nouvèu,  -ello) 

tout  nouveau,  ingénu  I,  167. 
nouvèu,  nouTello  ;  pi.  -i(s)  a.  (nô- 

vëllum)   nûuveaUf  nouvelle  VI, 

v80.  X,  380.  XI,  199  etc. 
nouvello  s.  /.  (nôvellam)  a)  nou- 

velUs.f,Xn,4S;  h) pi.  les  adultes, 

en  parlant  de  brebis  IV,  88. 
nouviau,  alo  o.  (*nÔvïfilem,  ».  nòvi) 

de  noces  VII,  607. 
nouvieto  s./,  (dim.  de  nò'vio)Jiancée 

X,  371. 
nòvi  s.  m.  (*nÔvïum)  nouveau  nuirié, 

fiancé  X,  373. 
nus,  0  (=  nud,  o)  a.  (nudum)nw,e 

II,  431.  III,  8.  X,  396  etc. 


0  (—  oi)  adv.  d'affirmation  (hÔc) 

oui  V,  512.  Vn,  435. 
0  C071J,  (aut)  ou  li,  419.  420.  VÎII, 

273.  X,  72  etc.;  cp.  vo. 
0,  oh   int.  qui  marqua   le  vocatif 

oh!  I,  14.  246. 
obro  s.  /.  (ôpëram)  ouvrage^  anivre 

III,  382.  IV,  154  etc. 
òli  s.  m.  (Ôlëum)  huile  I,  159.  239. 

m,  3  éc- 
orne s.  m.  (hômïnem)  homme  I,  21. 

24. 140  etc.;  orne  de  bon  homme 

valeureux  IX,  318. 
orfré(s)  s.  m.  (aurum  phrygium) 

orfroi,   broderie  d^or  III,   136. 
or  s.  m.  (aurum)  or  s.  m.  1, 10.  449. 

508.  III,  49  etc. 
òrdi    *.  m.  (hôrdëum)   orge   XII, 


orle  s.  m.  ('*'Drtllum,  de  Oram  bord) 
ourlet  V,  104. 

orre,  o  a.  (hSrrïdum)  Jiorrible,  hi- 
deux, sale  IV,  384.  Vni,  195. 
406  etc.;  orre  «.  m.  (idj  horreur; 
faire  orre  faire  horreur  VI, 
455. 

òrri  s.  m.  (hôrrëum)  grenier  Vil, 
187. 

orso  (=  ouercho)  s.  f.  (or.  inc.) 
croupion,  os  qui  termine  la  co- 
lonne vertébrale;  vertèbres  VI, 
615. 

orto  s.  f  (*hortani)  grand  jardin  ; 
pèr  0.  par  les  champs,  çà  et  là, 
errant  I,  43.  326.  Hl,  489.  VI, 
471  etc. 

os  s.  m.  (5s,  Sssis)  os  s.  m.  I,  375. 
381.  IV,  159  etc. 


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GL0B8AIRE. 


373 


oste  8.  m.  (hdspîtem)  MU  III,  ò7. 
ôublida  17.  a.  et  n.  {*ìíib\lt&Te,  fréqu 

de  oblivisci)  oublier  I,  337.  III, 

363.  VIII,  91.  311  etc. 
6nbli[t  s,  m.  {s.  v.  de  ônblida)  oubli 

XI,  499. 
6ubra  v.  n.  (Ôpërare)  ouvrer,  être 

à  V œuvre f  travailler  III,  110. 
ônbrage  «.  m,  (9për&tîcnm)  ouvrage 

I,  334.  IV,  181. 
óubranlt  a.  m.  (p  pr.  de  ôubra) 

ouvrable;  jour  ônbrant  Jour  de 

labeur  XI,  497. 
oubreto  «./.  {dim,  de  ônbro,  Ôpëram) 

petit  ouvrage  V,  88. 
ôudour  8.  f.  (Ôdorem)  odeur,  sen- 
teur III,  46.  XI,  345. 
6ufice  8.  m.  (Ôfflcïum)  office  VI, 

432. 
ÓDfri  V.  a.  —  Gr.§  103  p.  143  — 

(♦oiîërire)  offrir  XI,  360. 
onire  s,  m.  (iltërem)  outre  «./.  I, 

619.    F.  note. 
Oalimpe  *.  m.  (Olympnm)  Olympe 

V,  24.    V.  note. 
oalimpi[c,  o  a.  (Òlympicum)  olym- 
pique IV,  380. 
ôoliva  V.  a.  (ôllvare)  cueillir  des 

olives  I,  66. 
ótQÌTaire  s.  m.  {de  óuliva)  cueilleur 

éPoUves  I,  97. 
ônlivarello  s./.  (td.J  oliveuse  I,  65. 
ôuliveto  s./,  (de  ôllvBtum)  olivaie, 

verger  cPoliviers  I,  57.  159.  III, 

2  etc. 
ôulivié  s.  m.  c*ôlivarïum)  olivier 

Vm,  431.  IX,  167.  XI,  448. 
ónlÌTo  8.  f.  (ôllvam)  olive  I,  339. 

VIII,  307.  X,  246  etc. 
oulo  *./.  (ôllam)  marmite  VI,  318. 
oambrage  *.  m.  (timbrfitïctiTn)  om- 

brage  I,  86. 


onmbreja  v.  a.  (*íímbr-ïdiare)  om- 
brager I,  3%.  X,  69. 
oninbreto  s.  f.  (dim.  de  oumbro) 

ombre  agréable  VIII,  2>2. 
onmbrinello   s.  f.  (de  onmbrino) 

ombre  légère  IX,  365. 
onmbrinp  s./,  (de  oumbro  f  -Inam) 

ombre  Vf,  4.  VHI,  218.  XI,  238. 
omnbro  s.  /.  (ûmbram)  ombre  1, 

337.  II,  434.  VIII,  399  etc. 
onmbrnn  8.m.(de  onmbro  -I- -timen) 

ombre,   ténèbres   VI,  603.  XII, 

101. 
ôume  s.  m.  (ûlmam)  orme  IX,  342. 
oumenas  s.  m.  (*h5mïn-&cëain)  co- 
losse VIII,  192. 
oamenen,  co  a.   (bSmin-incam) 

humain,  e  IV,  211.  XI,  304. 
Oamèro  s.  m.  (H5m6rnm)  Homère 

1,4. 
ôamorno  s./.  (*âlm5sînam,  du  gr. 

ilffjuoavvtj)    aumône;    ôamorno 

flourido  aumône  fleurie,  expreS' 

sion  poétique  pour  rare  bienfait, 

une  aumône  qu^un  pauvre  par- 
I  tage  avec  un  autre  XII,  347.  V, 
I         note. 

oancionn  s.f.  (unctîdnem)  l'Oun- 

cionn  estrèmo  l'Onction  extrême 

XII,  292. 
oanço  s.f.  (nncTam)  once,  seizième 

partie  de  la  livre  de  Provence 

V,  258. 
oondado  s.  f.  (de  ouudo  +  -fttam) 

onde  X,  421.  XI,  184. 
oandeja  v.  n.  (de  oando  4-  -Idiare) 

ondoyer  IV,  206. 
onndo  s.f.  (ûndam)  onde  II,  456. 

m,  406.  X,  14  etc. 
onnglo   8.  f.  (angtllam)  ongle  V, 

278;   de  pèd   e  d'o.   d'arrache- 

pied  VII,  508. 


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374 


QL0S8AJBS. 


onnglu,  do  a,  (de  ounglo  -f  -ntnm) 
qui  a  les  ongles  longs,  ongle,  e 
V,  338. 

OunnipoutèD[t  s.  m.  (Omnïpôtënt- 
em)  le  Tout-puissant  VIII,  178- 

ounonr  s.  m.  et  /.  (hSnorem)  hon- 
neur I,  512,  III,  220. 

onnoura  v,  a,  (hônorare)  honorer 
IV,  287.  III,  38. 

ounonrable,  o  a.  (hònòrsbilem)  ho- 
norable IV,  71. 

ottHBO  (=  oun<îo)  s,  f.  (uncïam) 
phalange,  nœud  des  doigts  V, 
257.  IX,  239. 

onnte  adv,  de  l,  (tinde)  où  I,  24. 
308;  d'ounte  d'où  I,  109. 

(s')óapau8a  r.  a.  et  r,  {du  fr.  op- 
poser, du  lat.  ÔppOnëre)  opposer 
X,  240. 

ôapressa  v,  a.  (de  oppressum)  op- 
presser VI,  467. 

ouracle    *.  m.   (orficùlum)   oracle 

.   III,  305.  XI,  373. 

ourdinàri  a.  (ordïnârium)  ordi- 
naire; d'ourdinàri  adv,  d'ordi- 
naire I,  130;  à  roardinàri  à 
V ordinaire  IX,  23. 

oureto  s.  f,  (de  ouro  +  -ittam) 
petite  heure,  heure  charmante 
VIII,  40  ;  oureto  de  panso  heure 
de  loisir  VIII,  40. 

ourgaeno  s,  f,  (de  ÔrglLnum,  gr. 
o^yavor)  orgue  XII,  376. 

ourgaeions,  o  a.  (du  s.  oorguei,  dic 
germ.  nrgoli)  orgueilleux  III,  39. 


ourla  V.  n.  (ûlûlare)  hurler  I,  484. 
IV,  336.  XI,  131;  s.  m.  hurle- 
ment VII,  7. 

ourlado  s.f.  (de  ùlùlfltnm)  hurle- 
ment XI,  267. 

ouro  s.  f.  (horam)  heure  I,  267. 
XI,  519  etc.;  à  Touro  d'iuei  à 
cette  heure  XI,  218  ;  subre  ouro 
à  une  heur^  indue  II,  347  ;  ouro 
pi,  les  heures,  prières  III,  320. 

Ourrias  n.  d'h.  forme  provençale 
p.  Elzéar  IV,  318.  366.  372  etc, 

ourrible,  o  a.  (hSrrlbïlem)  horrible 

IV,  236. 

ourrour    s.  f.  (hôrrorem)  horreur 

V,  486.  XI,  128. 

ourse  s,  m,  (ulïcem,  cp.  Vesp.  urce; 

Kort.  8466)   ansérine,  plante; 

soude  ligneuse  (Salsola  fructi- 

cosa)  V,  197. 
ourso  «./.  (ursam)  ourse  s.f.  VII, 

142  ;  Jan  de  TOurse,  de  ourse,  ours 

s.  nu  (ursum)  ours,  cpN,  197  note. 
ourtigo   s,  f  (*îirticam)  ortie  II, 

286.  IX,  275. 
onstalado  8,f.  (de  oustau  -1-  -fttam) 

maisonnée  III,  387. 
oustaloun  s.  m.  (oustau  +  -Dnem) 

maisonnette  I,  38. 
oustau  s,  m,  (bôspîtale)  maison  I, 

208.  281. 
ôutobre   s.  m.  (Sctobrem)  octobre 

in,  109. 
outrage  s,m.  (ûltr-atïcum)  outrage 

I,  335. 


pacan  s,  m,   (pâgSnum)  paysan, 

manant  V,  154. 
pacaniho  e./.  (pagan  +  -Wia.)  peuple 

VI,  55. 


pacefica  v,  a,  (pâcîfTcare)  pacifier 

VI,  623. 
pache  s.m.  (p&ctum)  pacte  s.  m.  III, 

221. 


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OL088AIBE. 


375 


pacièn[t,  o  a.  (fátteiïiem)  patient,  e 

VU,  281. 
paga   f7.  a.  et  n.  (pftcare)  payer 

VI,  119. 
p&ge  9.  m.  {du  gr,  TracV^oi  ?)  page 

XI,  515. 
pai   «.  m.  familièrement  p.  paire 

(^.  c.  mv)  p^«  n,  49. 
paie    (=  paiero,   v.  c.  w.)   e.  m. 

(p&lëftrïiim)   pailler,    meule    de 

paille  I,  112. 
paiero  s.  /.  (*i»âlëfirïam)  meule  de 

paille  I,  79. 
paio  «./.  fpalëam)  paille  VII,  102. 
paiolo  «./.  (fc.-/a/.*pilëolam,  ì>m  C.) 

paillette  X,  391  ;  paillole,  grand 

filet  à  mailles  étroites  qui  sert 

à  barrer  un  cours  d'eau  IV,  10. 
paiòn  s.  m,  (*pallî5lum,  de  pallîam 

couverture)  pont  d'un  navire  XI, 

154. 
paire    s,  m,  (p&trem)  père  I,  45. 

49.  54  etc. 
païs    s.  m.  (pftgSnse,  de  pftgnm) 

pays  I,  272.  XI,  75.  Xn,  1  etc, 
paisse   V,  a.  et  n,   —   Or,  §  109 

p.  163  —  (*pa8cere)  paître  II, 

416.  IV,  108.  VIII,  294.  306  etc. 

—  s.  w.  pâturage  IV,  268. 

palai  s.  m.  (pftl[i]&tain)  palais  (de 
la  bouche)  XII,  291. 

palaigo  s.f.  {prob,  de  pale  -1-  aigo, 
V.  c.  m.)  petite  sole,  poisson  X,  9. 

palai[8  s.  m.  (pîlstïnm)  pal