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Full text of "Traité de chimie anatomique et physiologique normale et pathologique, ou, Des principes immédiats normaux et morbides : qui constituent le corps de l'homme et des mammifères"

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Œbc  flrat  Blatrict  Bciital  Socletç 
ot  tbc  State  of  Me»  Borl!. 


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TRAITÉ 


DE 


CHIMIE  ANATOMIQUE 

ET  PHYSIOLOGIQUE 
NORMALE  ET  PATHOLOGIQUE 


OV 


DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  NORMAUX  ET  MORBIDES   . 

QUI  COHStlTUBin'   t.B  C0BP8  DEr  l'bONNE   ET   DES  M>MMIFÈBES, 


PAU 


Charles  ROBIM, 

Doctflur  en  mëdecine  et  docteur  es  sciences, 
Profesicur  agrëgë  à  la  Faculté  de  mëdecioe  de  Puri<i,  Professeur  d^analomie  générale, 
ien  îoleme  des  hôpitaux  de  Paris,  Elève  lauréat  à  PEcole  pratique  de  médecine.  Membre 
soriélés  de  Biologie,  Pbiloniatiquc,Entomologique  et  Anatumiquede  Paris,  Correspondant 

de  l'Académie  raédicb*chiriiigiculc  de  Stockholm  ; 


Ancien 


d«3 


ET 

F.  WERDElfti, 

Docteur  en  médecine,  Chef  de-»  truvaux  chimiques  h  Pluslitut 
agronomique.  Professeur  de  rbimte.  Membre  de  la  Société  de  biologie  de  Paris* 
el  de  lu  Société  helvétique  d'htstoiie  naturelle. 

Chymiu  egregia  ancilla  medicinse;  non 
ulia  pr)or  domina.  (Lind,  Tmité  du 
scorbut^  Paris,  1786,  t.  I,  p.  78.  ) 


ACCOifPAGlli  D*Ulf  ATLAS  DB   45  FLANCBBS  GRAVéES,   EN   PARTIE  COLORIÉES. 


j^tOICAl  ^^v  TOjjE  DEUXlÈIiiE. 


PARIS, 

CHEZ  J.-B.   BAILUÈRE, 

LIBRAIRE   DE   l'aCADÉMIE    NATIONALE   D£  MKDECINK, 

IDE   BADTEFEUILLE,  19; 
A  LOHDRES,  CHEZ  H.  BAILLIÈRE,  219,  REGENT-STREET  ; 
A  KBW-YORK,  CHEZ  H.  BAILLIÈRR,  390,  BROADWAY; 
A   flADllOy   GBBZ  G.   BAILLT-BAILLIÉRE ,   GALLE  DEL  PRINCIPE,    11. 

1853 


b  a  w 


•        •  •  •       • 
■-         »  •   •       » 


•   •    •      • 


«4' 


TRAITÉ 


DE 


CHIMIE  ANATOMIQUE 


ET  PHYSIOLOGIQUE. 


LIVRE  DEUXIÈME. 

DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER* 

656.  —  Nous  venons  de  passer  en  revue,  dans  le  volun» 
précédent,  tous  les  caractères  que  peuvent  offrir  à  étudier  lei 
principes  immédiats  considérés  dans  leur  ensemble  ;  en  ui 
mot,  ce  qui  dans  ces  principes  immédiats  est  commun  à  tous 
ou  pour  mieux  dire  au  plus  grand  nombre.  Il  faut  mainte 
nant  prendre  séparément  chacun  des  principes,  et  en  fain 
rhistoire  en  appliquant  à  chaque  espèce  en  particulier  li 
marche  que  nous  venons  de  suivre  pour  eux  tous.  Nous  au 
rons  donc  à  étudier,  sur  chacun  d*eux  successivement,  lesdil 
férents  caractères  que  nous  avons  passés  en  revue.  Dans  le 
généralités  qui  précèdent,  nous  avons  considéré  tous  le 
principes  ensemble  comme  n'en  faisant  qu'un  ;  en  sorte  qu 
les  caractères  qui  manquaient  chez  les  uns  nous  les  avon 
trouvés  chez  les  autres  ;  et  de  cette  manière  aucun  des  cba 
pitres  traitant  des  caractères  des  principes  en  général  n'es 
resté  vide. 

Mais,  en  prenant  chaque  principe  isolément,  nous  verron 
manquer  tel  ou  tel  caractère  ;  ou  plus  souvent  encore  ce  son 
les  matériaux  se  rapportant  à  tel  ou  tel  ordre  de  caractères 
qui  n'auront  pas  été  recueillis  par  les  expérimentateurs.  L 
nombre  des  principes  est  si  considérable,  leur  étude  est  \ 

lî.  V 

/ 


I 


2  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER. 

longue,  qu  il  est  facile  de  comprendre  qu*il  nous  a  été  im- 
possible de  remplir  toutes  les  lacunes  qu'il  reste  encore  à 
combler.  Ce  sont  là  autant  de  sujets  de  recherches  à  entre- 
prendre que  nous  indiquerons  chemin  faisaqt,  ça|[,  fautç  dç 
teiqps,  n^u«  |i*i|V0Q|  pu  en  fffeetuer  qu*un  cfrli)n  pqmb^e. 
Aussi  montrerons-nous  çà  et  là  quels  sont  les  matériaux  qui 
manquent  et  les  chapitres  pour  lesquels  nous  avons  été  forcés 
de  nous  contenler  des  données  incomplètes  contenues  dans 
les  livres. 

A  cet  égard  nous  devons  prévenir  que  nous  n'avons  jamais 
hésité  à  repousser  ceux  de  ces  matériaux  qui,  bien  que  ac- 
ceptés comme  bons  pm*  les  chimistes  ou  les  physiologistes 
et  les  médecins  dans  leurs  traités,  sont  pourtant  faciles  à  re- 
connattrecoflfime  évidemment  erronés.  Par  conséquent,  toutes 
les  fois  que,  par  un  vice  de  méthode  ou  par  suite  de  l'emploi 
d'uB  mauvais  procédé  ,  les  résultats  obtenus  ont  dû  être 
inexacts,  toutes  les  fois  qu'on  a  dû  ainsi  décomposer  un  véri- 
table principe  immédiat  pour  obtenir  seulement  un  de  ses  dé- 
rivés, nous  ne  tenons  aucun  compte  de  ces  résultats.  Ils  sont 
en  effet  évidemment  inutiles,  puisqueiTon  obtient  de  la  sorte 
un  composé,  qui  en  réalité  ne  joue  aucun  rôle  dans  l'orga- 
nisme. C'est  ainsi,  par  exemple,  que  nous  ne  devons  pas  con- 
sidérer comme  devant  rentrer  dans  l'histoire  du  carbonate 
d'ammoniaque  les  résultats  se  rapportant  à  ce  corps,  obtenus 
en  décomposant  la  fibrine  ou  autre  principe  azoté  par  le  feu. 
C'est  encore  ainsi  que  nous  ne  devons  pas  considérer  la  chaux, 
la  magnésie,  et  quelques  autres  oxydes  alcalins,  comme  formant 
des  principes  immédiats  ;  car  on  ne  les  a  obtenus  qu'en  chauf- 
fant jusqu'au  rouge  les  sels  de  divers  tissus,  en  les  décompo- 
sant ainsi.  Ce  sont  ces  derniers  sels  et  non  leurs  oxydes  que 
nous  devons  étudier. 

657.  — Nous  aurons  à  traiter  successivement  pour  chaque 
espèce  :  1°  Be  sa  dénomination  ;  2"*  de  sa  synonymie  ;  S^  de  sa 
définition. 

h^  Nous  parlerons  ensuite  de  la  situation  de  chaque  prin- 
cipe dans  l'organisme,  c'est-à-dire  des  humeurs  ou  des  tissus 


LEURS  CARACTÈRES  DANS  .L*ORGANISME. 

dans  lesquels  il  se  rencontre.  (Voir  à  cet  égard  ce  que  noi 
avons  dit  1. 1,  p.  672.) 

6*  Nous  indiquerons,  quand  il  sera  possible  de  le  Mre,  quel 
est  la  masse  que  présente  ee  principe  immédiat,  tant  d*uf 
manière  absolue  que  par  rapport  au  volume  du  corps  ( 
l'animal  qu'on  étudie. 

0*  Quelquefois  nous  aurons  à  indiquer  la  forme  qu'affec 
ee  principe  dans  Torganisme.  (Carbonate  de  chaux  de  l'ot 
conie,  etc.) 

7*  Nous  dirons  ensuite,  quand  il  y  aura  Keu,  si  son  existent 
dans  réconomie  est  temporaire,  ou  s'il  y  reste  pendant  tou 
la  vie. 

Voilà  autant  de  caractères  d'ordre  mathématique,  les  ui 
relatifs  à  la  situation,  les  autres  au  volume,  à  la  ferme  et  à 
durée. 

8*  Il  faudra  ensuite  indiquer  Tétat  ou  les  états  ga^u 
liquide,  demi-soHde  et  solide  sous  lesquels  le  principe 
rencontre  ou  peut  se  rencontrer  dans  l'organisme. 

9®  Puis  il  y  aura  a  parler  de  sa  quantité  en  poids  tant  al 
solu  que  relatif  à  celui  du  corps. 

Ce  sont  là  autant  de  caractères  d*ordre  physique,  et  à  p 
près  les  seuls  que  nous  aurons  à  signaler. 

10*  L'état  dans  lequel  se  trouve  chaque  principe  peut 
pas  lui  être  ordinaire,  et  être  dû  à  ce  qu'il  est  à  l'état  de  di 
solution,  n  faudra  donc  étudier  les  caractères  qu'il  otite  da 
l'économie  sous  le  point  de  vue  des  phénomènes  chimiqu 
de  dissolution. 

11*  Il  faudra  ensuite  rechercher  quelles  sont  les  réactio 
chimiques  qu'il  offre  dans  l'économie ,  sous  l'influence  d 
agents  physiques  et  au  contact  des  réactifs,  toutes  les  fc 
qu'il  y  aura  intérêt  à  le  feire.  De  ces  réactions,  il  sera  qu< 
quefois  utile  (au  point  de  vue  de  la  marche  à  suivre  dans  IV 
traction  de  tel  ou  tel  principe)  de  déduire  la  composition  ti 
médiate  de  l'espèce  étudiée  ;  et  même,  pour  les  suhstam 
organiques  dont  la  composition  n^est  pas  connue,  il  sera  ut 
de  faire  voir  que  la  composition  élémentaire  ^V.  >\MA^  ^  ^ 


A       DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1*^  CLASSE. 

Dallre  pour  distinguer  certaines  espèces  les  unes  des  autres» 
dans  les  limites  de  ce  que  nous  avons  dit  t.  I,  p.  662. 

12«  Quelques  uns  pourront  offrir  des  caractères  organo- 
leptiques,  comme  le  sel  marin,  quelques  principes  des  corps 
gras,  etc.  Le  fait,  néanmoins,  n'est  pas  fréquent. 

13«  Il  faudra  ensuite  étudier  les  caractères  d'ordre  organique 
proprement  dits  des  principes  immédiats;  c'est-à-dire  cher- 
cher à  voir  avec  quels  autres  principes  celui  qu'on  étudie  se 
trouve  uni,  et  de  quelle  manière,  par  l'ensemble  des  carac- 
tères précédents,  ces  principes  concourent  à  former  la  sub- 
stance organisée,  avec  toutes  ses  modifications,  ses  degrés 
divers  de  simplicité  et  de  complication. 

1&<>  Il  sera  nécessaire  de  rechercher  si  quelques  uns  des 
caractères  précédemment  étudiés  ne  changent  pas  suivant 
les  sexes,  les  âges,  les  races,  les  espèces  animales,  et  dans 
certaines  conditions  morbides.  Nous  aurons  ici,  comme  dans 
l'étude  des  principes  en  général,  à  voir  d'où  ils  viennent ,  où 
et  comment  ils  se  forment,  et  où  ils  vont  (Voir  §  268,  t.  P% 
p.  283). 

ib^  Nous  aurons  à  voir  ensuite  de  quelle  nature  physique 
ou  chimique  sont  les  actes  de  cette  formation ,  entrée  et 
sortie  ;  quelle  part  ce  principe  prend  par  ces  actes  à  l'accom- 
plissement de  telle  ou  telle  fonction.  Cet  article,  qui  est 
destiné  uniquement  à  établir  une  liaison  entre  l'anatomie  et 
la  physiologie,  devra  naturellement  être  très  court  dans  un 
livre  d'anatomie,  surtout  à  propos  des  principes  immédiats. 

16o  Ainsi  que  déjà  nous  l'avons  indiqué  en  traitant  des 
procédés  d'extraction  des  principes  immédiats  en  général , 
nous  devons  traiter]  spécialement  des  moyens  employés  pour 
l'isolement  de  chaque  principe  en  particulier. 

17o  Enfin,  nous  terminerons  par  l'exposé  des  phases  histo- 
riques successives  qu'a  présentées  naturellement  l'histoire  de 
chaque  principe.  Nous  aurons  à  voir  ici  comment  il  a  été  dé- 
couvert, de  quelle  manière  il  a  été  considéré  par  rapport  à 
l'économie  vivante,  quels  sont  les  auteurs  qui  se  sont  le  plus 
rapprochés  du  point  de  vue  anatomique  en  faisant  son  étude  ; 


DÉFiNITION  ET  CARACTÈRES  DANS   L*0RGANIS11£. 

quels  sont  ceux ,  au  contraire ,  bien  plus  nombreux ,  qui 
sont  placés  à  un  point  de  vue  purement  chimique. 

Tels  sont  les  diflérents  points  de  vue  que  nous  a  oBki 
rétude  des  principes  immédiats,  faite  pour  eux  tous  comn 
s*ils  n'en  formaient  qu'un.  Il  en  est  plusieurs  quimanquero 
tout  a  fait  ou  seront  réduits  à  peu  de  chose  dans  Fhisloi 
séparée  de  chaque  espèce,  soit  parce  qu'elles  n'ofirentpas  < 
caractère,  soit  parce  que  l'étude  anatomique  de  chaque  pri 
cipe  pris  séparément,  n'ayant  jamais  été  faite,  on  a,  fau 
d'une  méthode  pour  se  guider,  omis  de  traiter  de  cette  pa 
tie  de  leur  his  toire. 

PREMIÈRE  CLASSE  DES  PRINQPES  IMMÉDIAT! 

PRINCIPES  mMÉDIATS  d'oRIGINE  MINÉRALE  OU 

INORGANIQUE. 

SynoDymie  :  Matériaux  ou  fïrincipes  minéraux,  inorganiques,  matines 
minéràieSf  inorganiques,  cwnbinaisons  anorganiitues. 

668.  —  Définition  :  Principes  immédiats  cristaUisables  o\ 
volatils  sans  décomposition;  identiques, par  leurs  caractères  i 
leur  composition  immédiate  et  élémentaire ,  avec  ceux  qu'o 
trouve  dans  les  corps  bruts;  communs  au  règne  minéral  t 
au  règne  organique;  à  la  fois  empruntés  et  rqetés  dans  le 
milieux  ambiants  dont  ils  font  partie. 


L  —  LEURS  CARACTÈRES  D*ORDRE  MATHÉMATIQUE  PANS  L*0RGAIII8ME. 

650.  —  Ils  sont  au  nombre  de  vingt-neuf,  bien  déterminés 
qui  sont  : 


I.  L'oxygène. 
8.  L'hydrogène. 

3.  L*tzote. 

4.  L*acide  carbonique. 

5.  Lliydrogène  proto-carboné. 

6.  L'hydrogène  sulfuré. 

7.  L'eau. 

8.  Le  chlorure  de  sodium. 

9.  Le  chlorure  de  potassium. 

10.  Jjt  chlorhydrate  d'ammoniaque. 


11.  Le  carbonate  de  chaux. 

12.  Le  bicarbonate  de  chaux. 

1 3.  Le  carbonate  d'ammoniaque. 

14.  I^  bicarbonate  d'ammoniaque. 

15.  Le  carbonate  de  magnésie. 

16.  Le  carbonate  de  potasse. 

17.  Le  bicarbonate  de  potasse. 

18.  Le  carbonate  de  soude. 

19.  Le  bicarbonate  de  foude. 

20.  Le  sulfate  de  potasse. 


^       DES   PRIKi:iP£8   IMMKUiATb  E»   PAATICtLlKH.    i'*  CLASSE. 


Bi .  hê  soMilt  de  toade. 

22.  Le  sulfate  de  chaux. 

23.  Le  phosplMte  de  chant  des  os  en 

basique. 

24.  Le  pWpbate  acide  de  chaux, 
tft.  Le  plMiphaie  de  nifBéfiei 


26.  Le  phosphate  neutre  de  tonde. 

27.  Le  phosphate  acide  de  soude. 
fê.  Le  pbospliate  de  potasM. 

29.  Le  pbofjikate  «moMmiac^-mgné- 


sien. 


De  plus,  1*  la  silice,  2*  ie  fer,  8*  le  cuivre,  à*  le  plomb  et 
6""  le  manganèse ,  entrent  dans  la  composition  de  principes 
appartenant  très  probablement  i  cette  classe;  mais  ces 
espèces  ne  sont  pas  encore  déterminées.  Il  n'y  a  de  connu 
pour  chacun  d*eux  que  les  éléments  chimiques  que  nous  ve^^ 
nons  de  nommer. 

660.  —  Ils  se  rencontrent,  en  général,  dans  tous  les  tissus 
et  toutes  les  humeurs  de  l'économie  ;  cependant  ils  prédo- 
minent dans  ces  dernières,  et  n'existent  qu'en  petite  propor- 
tion dans  les  solides.  Il  faut  en  excepter  seulement  les  os  et 
les  dents,  oix  prédominent  ces  principes  sur  ceux  des  classes 
suivantes.  Les  uns  se  trouvent,  sans  exception,  dans  tous  les 
tissus  et  toutes  les  humeurs ,  comme  l'eau  et  ie  sel  marin , 
d'autres  se  trouvent  spécialement  dans  quelques  parties  du 
corps,  comme  l'atote  dans  le  sang  et  les  gaz  pulmonaires,  le 
phosphate  acide  de  soude  dans  Turine,  etc. 

661 .  —  La  masse  totale  des  principes  immédiats  d'origine 
inorganique  est  plus  considérable  que  celle  qui  est  représen- 
tée par  les  autres  principes.  L'eau  et  le  phosphate  de  chaux 
des  os  sont  les  deux  principes  dont  la  masse  prédomine  sur 
tout,  et,  en  faisant  abstraction  de  ces  deux  corps,  il  n'en  est 
plus  de  même.  On  ne  sait  pas,  du  reste,  quel  est  au  juste  le 
rapport  existant  entre  la  masse  des  matériaux  d'origine  inor- 
ganique et  celle  des  matériaux  d'origine  organique. 

11  est,  d'autre  part,  important  de  faire  remarquer  que  la 
prédominance  de  Teau  tient  surtout  i  ce  que  dans  Tanalyse 
l'on  dessèche  complètement  les  tissus  :  or  il  peut  bien  se  faire 
qu'une  partie  de  cette  eau  soit  nécessaire  à  la  constitution 
d'un  certain  nombre  de  principes  immédiats  des  substances 
organiques,  qui  n'existent  plus  comme  espèces,  telles  qu'elles 
étaient  dans  l'économie,  dès  qu'on  a  chassé  cette  eau« 


GARACTÀRKS   D*ORDtt£  PHYël^Ulfi   DÀMë   L'ORGAMIiHK^  7 

662.  —  Ces  principes  se  trouvent  habituellement  A  VéM 
amorphe  dans  Torganisme,  qu'ils  concourent  A  coostîtiier. 
Ce  sont  les  éléments  anatomiques  seuls  dont  ces  corps,  par 
leur  réunion,  forment  la  substance,  qui  nous  préseaieroot 
des  formes  spéciales ,  nouvelles ,  qui  ne  se  rencoatreat  que 
dans  les  corps  organisés.  Il  faut  indiquer,  toutefois,  que  nor- 
malement quelques  principes,  comme  le  carbonate  de  chaux 
de  l'otoconie,  ont  une  forme  cristalline.  Il  en  est  encore  ainsi 
de  ce  même  sel  dans  Turine  du  cheval  et  du  lapin,  et  aussi  du 
phosphate  de  magnésie  dans  celle  de  ce  dernier.  Le  phosphate 
ammoniaco-magnésien  se  présente  quelquefois  avec  la  foroie 
cristalline,  mais  c'est  surtout  à  Télat  morbide. 

663.  —  Parmi  ces  principes,  les  uns  persistent  iad^ni- 
ment  dans  l'organisme,  depuis  son  origine  jusqu'à  la  mort. 
La  plupart  sont  dans  ce  cas.  D'autres  y  arrivent  un  certain 
temps  après  le  commencement  de  l'évolution;  tels  sont^  sans 
doute,  le  phosphate  de  chaux  des  os,  l'oxygène,  et  durent 
autant  que  la  vie.  Enfin,  il  en  est  qui  n'on  t  qu'une  durée  teia» 
poraire  dans  l'économie;  tels  sont  l'hydrogène  sulfuréi  le  car* 
bouate  d'ammoniaque,  le  phosphate  ammoniaco^magnésien» 

IL  *-  LKUaS  CÂRACTÉaBS  D*OaORl  MITSI9UB  t>AlfS  L*0S*GAm8K«. 

66A.  —  Le  poids  des  principes  immédiats  de  cette  ciesse, 
comparativement  au  poids  du  corps,  n'a  pas  été  détonniiié.^ 
ce  qui  ne  doit  pas  étonner,  puisqu'on  n'est  pas  mèeie  encore 
fixé  sur  leur  nombre. 

665. — Les  sept  preoiiers  principes  immédiats  de  cette  cieiie 
sont  alternativement  à  l'état  gazeux  et  à  l'état  liquide,  et  A  ce 
soit  dernier  état  par  dissolution,  comme  les  gaz,  soitparceque 
c'est  leur  état  le  plus  habituel,  comme  Teau.  D'autres  sont  al- 
ternativement à  l'état  liquide  et  à  l'état  solide,  comme  les  sels 
de  chaux,  de  magnésie  et  de  soude.  Mais  aucun  n'est  et  ne  peut 
être,  pendant  toute  la  durée  de  sa  présence  dans  l'économie^ 
toujours  a  l'état  solide.  C'est  là  une  des  conditions  d'existence 
de  l'organisme  que  ses  principes  puissent  être  alternativeaMit 


8       DES  PRINCIPES  IMIIÉDIATS  EN  PARTICULIER.   1**  CLASSE. 

liquides,  solides,  et  encore  liquides,  pour  entrer  et  sortir  de  la 
substance  du  corps  qu'ils  concourent  à  constituer. 

Le  chlorhydrate  et  le  carbonate  d'ammoniaque,  et  peut* 
être  aussi  quelques  sels  de  soude  et  de  potasse,  sont  proba- 
blement toujours  à  l'état  liquide  dans  l'organisme. 

666.  —  Il  y  a  des  principes  qui  sont  gazeux  dans  l'écono- 
mie, parce  que  c'est  leur  état  le  plus  habituel  dans  les  condi- 
tions où  nous  vivons  ;  tels  sont  l'oxygène,  l'azote,  etc.  D'au- 
tres n'offrent  cet  état  qu'en  raison  de  la  température  du  corps  ; 
telle  est  l'eau  en  vapeur  dans  les  bronches.  Quelques-uns 
sontliquides,  parce  que  c'est  aussi  là  leur  état  le  plus  habituel: 
l'eau  seule  est  dans  ce  cas. 

La  plupart  des  autres  principes  sont  dissous  dans  cette 
eau  ;  et  ils  sont  ainsi  à  l'état  liquide  par  dissolution  directe, 
en  raison  de  leur  propriété  d'être  solubles  dans  l'eau.  C'est  en- 
core là  une  condition  d'existence  des  corps  vivants.  Les  gaz, 
les  sels  de  soude  et  de  potasse  sont  dans  ce  cas.  Mais  la  plu- 
part des  sels  de  chaux  ne  sont  à  l'état  liquide  que  par  dissolu- 
tion indirecte  ;  c'est-à-dire  qu'ils  sont  dissous  par  un  liquide 
constitué  par  une  eau  plus  ou  moins  chargée  de  sels  alcalins, 
tels  que  des  chlorures,  phosphates,  carbonates,  etc. 

Outre  les  principes  qui  quelquefois  sont  à  l'état  cristallin, 
il  en  est  d'autres  qui  peuvent  se  présenter  à  l'état  solide  di- 
rectement ;  teb  sont  certains  dépôts  morbides  de  phosphate 
de  chaux  amorphe,  dans  des  cas  de  gravelle  phosphatique  avec 
urines  alcalines.  Mais  ce  même  principe,  ainsi  que  les  carbo- 
nates de  chaux,  de  magnésie,  sont  encore  à  l'état  solide  et 
demi-solide  par  combinaison  à  des  substances  organiques  ; 
c'est  ce  qu'on  peut  observer  dans  les  os,  les  dents,  les  cartila- 
ges, les  incrustations  artérielles,  celles  des  pseudo-membra- 
nes de  certaines  tumeurs  de  l'utérus  ou  de  l'ovaire,  etc.  Il  est 
probable  que  les  sels  solubles,  existant  dans  ces  tissus,  tels 
que  les  chlorures,  sulfates  et  phosphates  alcalins,  sont  dans  le 
même  cas,  et  qu'ils  ne  sont  pas  non  plus  à  l'étatliquide  dans  tous 
ces  tissus.  L'eau  elle-même  peut  indirectement,  par  union  àces 
substances  organiques,  présenter  Tétat  demi-solide  et  solideen 


CARACTÈRES  d'ORDRE  CHIMIQUE  DANS  l'ORGAMISMB.  9 

même  tempsîque  les  sels  alcalins  qu'elle  tient  en  dissolution. 
On  ne  saurait  admettre  en  effet  que  l'état  physique  de  l'eau 
dans  les  os,  les  dents,  les  cartilages,  les  incrustations,  etc., 
soit  le  même  que  dans  le  sang  ou  les  muscles. 

m.  —  LEURS  CARACTERES  D*OEDRE  CHIMIQUE  DANS  L*0R6A9I8MI. 

667. —  Les  principes  immédiats  de  cette  classe  présentent 
dans  l'organisme  au  contact  des  agents  physiquesles  mêmes  ac- 
tions chimiques  qu'au  dehors;  mais  seulement  elles  sont  ordi- 
nairement modifiées  par  les  conditions  complexes  dans  lesquel- 
les se  passe  le  phénomène.  Ainsi ,  sous  l'influence  de  l'électricité 
voltalque,  on  peut  autour  des  aiguilles  implantées  dans  les  tissus 
voir  se  décomposer  les  chlorures  ou  les  sulfates  ;  seulement, 
au  lieu  d'isoler  ainsi  un  acide  d'une  part,  une  base  de  Tautre, 
l'un  et  l'autre  se  fixent  immédiatement  sur  l'albumine  ou  la 
fibrine  que  l'acide  coagule  et  que  tend  à  fluidifier  davantage 
la  base.  C'est  cette  propriété  des  principes  qu'on  a  cherché  à 
utiliser  pour  le  traitement  des  anévrismes  ou  des  tumeurs 
érectiles  par  l'électricité.  H  est  bien  certain  que  les  autres 
agents  physiques  produiraient  sur  ces  principes  les  mêmes 
actions  chimiques  qu'ils  déterminent  hors  de  Téconomie  vi- 
vante, si,  comme  l'électricité,  on  pouvait  les  appliquer  sans 
déterminer  la  mort,  c'est-à-dire  sans  détruire  en  même  temps 
les  conditions  de  persistance  des  phénomènes  vitaux. 

668. —  Quelques  espèces  peuvent  montrer,  d'autre  part, 
que  les  principes  conservent  dans  l'organisme  les  mêmes 
réactions,  en  général,  que  hors  de  l'économie.  Le  sel  marin 
des  humeurs,  par  exemple,  se  décompose  au  contact  du  nitrate 
d'argent,  comme  s'il  était  en  solution  dans  l'eau  ;  l'acide  car- 
bonique des  carbonates  est  chassé  par  des  acides  plus  forts, 
comme  s'il  s'agissait  d'un  carbonate  libre.  Seulement  les 
exemples  de  ce  genre  sont  rares,  parce  que  peu  de  prin- 
cipes se  trouvent  dans  des  conditions  aussi  simples,  aussi 
voisines  de  celles  dans  lesquelles  nous  expérimentons  ordi- 
nairement hors  de  l'économie  ;  de  plus  il  en  est  peu  qui 
offirent  des  réactions  aussi  nettes.  Mais  il  est  important  de 


10      DES    PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.    1**  CLASSE. 

remarquer  que  fréquemment  l*union  des  principes  de  œlte 
classe  aux  substances  organiques  peut  être  telle  que  l'eo- 
tion  de  certains  réactifs  n'ait  plus  lieu ,  ou  bien  qu'ayettt 
lieu  elle  soit  masquée  par  d'autres  phénomènes  qui  en  thêxt- 
gentraspect  qui  est  habituel  dans  des  conditions  moins  com- 
plexes. 

669.  —  De  rétude  de  l'influence  des  agents  physiques  et 
chimiques  sur  les  principes  immédiats  de  cette  classe,  coosi» 
dérés  dans  l'organisme,  on  pourrait  déduire  leur  composition 
immédiate.  (Voyez  Prolégomènes  t.I,  p.  6.)  En  fait,  c'est  après 
qu'on  les  a  extraits  qu'on  étudie  quelle  est  cette  composition 
immédiate  ;  quoi  qu'il  en  soit,  c'est  ici  qu'il  faut  en  parler  pour 
être  fidèle  à  la  méthode,  car  cette  composition  est  utile 
à  connaître. 

Le  phosphate  ammoniaco-magnésien  est  formé  d'un  acide 
et  de  deux  bases  qui  sont  unies  l'une  aux  autres  en  un  certain 
rapport  défini  ou  déterminé^  fixe^  constamment  le  même.  Les 
phosphates  simples,  sulfates,  carbonates  et  chlorures  qu'on 
trouve  dans  l'économie,  sont  aussi  formés  d'un  acide,  mais 
d'une  seule  base,  qui  sont  aussi  combinées  en  rapports  défi- 
nis ou  déterminés j  rapports  quelquefois  multiples  pour  deux 
mêmes  bases.  C'est  ce  qu'on  voit  pour  les  phosphates  et  car- 
bonates de  chaux  et  de  soude  qu'on  trouve  à  l'état  de  phos- 
phate neutre  et  de  phosphate  acide,  de  carbonate  et  de  bi- 
carbonate ;  mais,  a  part  ces  cas,  l'acide  et  la  base  ne  forment, 
dans  l'économie,  qu'une  seule  combinaison. 

Cette  constitution  immédiate  de  ces  principes  est,  comme 
on  voit,  identique  avec  ce  qu'on  observe  hors  de  l'économie.  Il 
nous  suffit  donc  de  rappeler  ici  ces  faits,  supposés  étudiés  en 
chimie.  Mais  nous  devons  faire  cette  mention,  car  on  utilise  ces 
connaissances  en  physiologie,  pour  se  rendre  compte  de  la 
manière  dont  une  portion  de  la  masse  de  ces  principes  peut 
céder  une  de  ses  parties  constituantes,  la  base,  en  général, 
à  quelque  autre  espèce  d'origine  organique  ;  d'où  produc- 
tion d'autres  principes;  d'où  certains  phénomènes  physio- 
logiques. Exemples  :  1*  Le  phosphate  neutre  de  soude  cède 


CiJUGTtRES  d'oRDM  CRIIIIQUB   DANS  L'ORGAMlSMfi.         11 

à  Tackie  urique  ou  hippurique  une  partie  de  sa  base,  d*où 
résulte  formation  du  phosphate  acide  de  soude  et  des  urates 
ou  hippurales  de  soude  ;  2°  le  carbonate  de  soude  cède  fta 
base  à  Tacide  pneumique,  d*où  formation  de  pneumate  de 
soude  et  d'acide  carbonique,  lequel  se  dégage  ;  d'où,  dans 
ces  divers  actes,  élévation  ou  abaissement  de  température 
et  de  leur  ensemble,  maintien  de  la  température  normale 
ou  physiologique  du  corps. 

Les  principes  immédiats,  qui  sont  des  composés  chimiques, 
définis  complexes,  peuvent,  comme  tout  composé  chimique, 
èlredédoublés,  décomposés  en  corps  moins  compliqués:  c'est 
pour  n'avoir  pas  tenu  compte  du  fait  suivant,  supposé  enseigné 
à  l'anatomiste  pendant  son  éducation  chimique,  qu'il  a  été  ad* 
mis  par  beaucoup  d'anatomistes  et  encore  plus  de  chimistes, 
que  la  soude,  l'acide  phosphorique,  etc.,  par  exemple,  étaient 
des  principes  immédiats  réels,  tandis  que  ce  n'est  pas  comme 
tels  qu'ils  existent^  mais  comme  phosphate  de  soude.  Quand 
celui-ci  se  décompose,  c'est  pour  passer  instantanément  i 
l'état  d'un  autre  composé  et  non  pas  pour  laisser  libre  l'acide 
d'un  côté,  la  base  de  l'autre,  sauf  le  cas  tout  spécial  de  l'acide 
carbonique.  Les  bases  et  les  acides  dont  nous  venons  de  par- 
ler sont  combinés  binairement,  et  sont  eux-mêmes  fermés 
de  deux  corps  simples  combinés  binairement. 

L'étude  de  la  constitution  chimique  des  autres  principes  de 
cette  classe  (eau,  acide  carbonique,  hydrogène  sulfuré,  etc.), 
auxquels  ne  s'applique  pas  ce  qui  précède,  montre  qu'ils 
sont  immédiatement  formés  par  deux  corps  simples.  Ils 
sont  unis  en  rapports  définis  fixes  ou  déterminés.  Les  autres 
de  ces  principes  sont  des  corps  simples. 

Les  corps  composés  qui  sont  des  principes  éloignés  de  l'or- 
ge nisme,  qu'on  obtient  ainsi  par  décomposition  immédiate 
des  principes  de  cette  classe,  sont  : 


1 .  La  potasse. 
S.  La  soude. 

3.  La  chaax. 

4.  La  mafiiésie. 

5.  L*anaM0iaque. 


6.  L*acide  phosphorique. 

7.  L'acide  sulfirriqae. 

8.  L*acide  chlorbydrique. 

9.  L*adde  carbonique. 


12     DE8  PRINCIPES  IIIIIÉDlÀTS  EN  PARTICUUER.   1**  CLÂ8SE. 

D'après  ce  que  nous  avons  vu  précédemment,  il  faut  y  joindre 
la  silice,  Toxyde  de  fer,  etc.,  qui  sont  probablement  un  pro- 
duit de  décomposition  de  quelque  principe  immédiat  réel.  Ces 
faits  sont  utiles  à  connaître  en  pratique  anatomique  comme  en 
physiologie  ;  car  toutes  les  fois  que,  dans  une  analyse,  on  trou- 
vera quelqu'un  de  ces  corps,  il  y  aura  i  voir  s'il  ne  vient  pas  de 
la  décomposition  de  quelque  principe  réel.  Quand  on  obtient 
de  l'acide  carbonique,  par  exemple,  durant  une  analyse  ana- 
tomique, il  y  a  à  rechercher  s'il  ne  vient  pas  de  quelque  bicar- 
bonate ou  carbonate  qui  aura  été  décomposé.  Cette  liste  des 
composés,  que  l'on  obtient  en  décomposant , les  principes  im- 
médiats, s'agrandira  quand  on  saura  sous  quel  état  se  trou- 
vent le  fer,  le  manganèse,  le  cuivre  et  le  plomb  dans  l'éco- 
nomie. 

Il  suffira  de  réfléchir  aux  caractères  de  l'hydrogène  carboné, 
du  sulfuré  et  de  l'acide  carbonique,  seuls  principes  immédiats 
binaires,  pour  voir  qu'il  est  inutile  de  faire,  à  leur  égard,  des 
remarques  analogues  aux  précédentes,  sous  le  point  de  vue 
de  leur  décomposition,  laquelle  fournit  des  corps  simples  et 
non  des  bases  ou  des  acides. 

670.  —  De  nos  connaissances  chimiques ,  nous  déduisons 
la  liste  suivante  des  corps  simples  ou  principes  les  plus  éloi- 
gnés qui  composent  les  principes  immédiats  de  la  première 
dasse. 


t.  Oiygine. 

3.  Aiottt. 

4.  Gtrbone. 
S»  Sovinr6% 

6.  PlMtphore. 


7.  Chlore. 

8.  Sodiam. 

9.  PotaniMi. 

10.  CaldoM. 

11.  Magiiéiiai. 


Voyez  plus  haut  ce  que  nous  avons  dit  du  fer,  du  cuivre, 
du  plomb,  du  manganèse  et  du  silicium. 

n  est  facile  de  ^-oir,  en  jetant  les  yeux  sur  celle  liste,  que 
sa  connaissance  a  une  utilité  bien  plus  éloignée  et  bien  moins 
fréquente  que  celle  do  la  connaissance  dos  acides  et  des  bases 
qui  constituent  iinméiliatoment  les  principes  de  celte  classe. 

Aussi  n*a-t-on  confondu  que  fort  raromenl  ces  corps  sim- 


CARACTiaiES  d'ordre  organique  dans  l'économie.      IS 

pies  avec  les  principes  immédiats;  tandis  qu*il  n'en  est  pas  de 
même  des  acides  et  des  bases,  ainsi  que  nous  l'avons  vu  dans 
le  volume  I**,  et  que  nous  le  verrons  dans  le  iv*  livre.  Le  fer, 
le  manganèse,  etc.,  no  sont  encore  considérés  comme  tels  que 
parce  qu'on  ne  sait  pas  encore  sous  quel  état  ils  existent  dans 
l'organisme. 

671.  —  C'est  à  l'état  de  phosphates,  carbonates,  etc.,  et 
non  à  l'état  de  composés  binaires  en  lesquels  on  peut  décom- 
poser ces  corps,  pas  plus  également  qu'à  l'état  de  corps  sim- 
ples, que  se  trouvent  les  parties  constituantes  de  l'organisme. 
(Voyez,  à  cet  égard,  ce  que  nous  avons  dit  1. 1,  p.  180.) 

IV.—  LBUR8  caractères  D^ORDRB  ORGAROLIPTIQIIB  DANS  L^ÉCOROHXI. 

672.  —  Parmi  les  principes  de  cette  classe,  s'en  trouvent 
quelques  uns  qui  conservent,  dans  les  conditions  où  ils  se 
trouvent  dans  l'organisme,  quelques  caractères  organolep- 
tiques  :  ce  sont  le  sel  marin,  dont  le  goût  peut  être  reconnu 
dans  un  certain  nombre  d'humeurs,  le  carbonate  d'ammo- 
niaque et  l'hydrogène  sulfuré,  dont  l'odeur  peut  être  facile- 
ment reconnue,  dès  qu'il  existe  quelque  part  un  peu  de  ces 
principes. 

V.  —  LBURS  CARACTÈRES  D'ORDRE  ORGARIQUE  DANS  L^iGOROMIB. 

678.  —  Le  seul  caractère  d'ordre  organique  que  pré* 
sentent  ces  principes  immédiats ,  caractère  qu'ils  partagent 
avec  tous  ceux  des  autres  classes,  c'est  de  concourir  à  former 
la  substance  organisée.  Nous  avons  déjà  fait  remarquer  à 
diverses  reprises  que  les  principes  de  la  première  classe  ne 
prennent  qu'une  part  accessoire  à  la  constitution  de  cette  sub- 
stance, mais  ce  sont  des  accessoires  indispensables,  car  ils 
sont  une  condition  d'existence  et  d'activité  des  autres  prin- 
cipes qui  constituent  essentiellement  le  corps  organisé. 

Plus  est  considérable  la  quantité  relative  des  principes  de 
cette  classe  que  renferme  une  des  parties  du  corps,  plus  sa 
substance  se  rapproche  des  composés  que  nous  pouvons  faire 
artificiellement,  plus  elle  se  rapproche  des  composés  d'origine 


li      DBS  MlUCtPfiS  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.    1**  CLASSE. 

iBorgniiique,  et  vice  versa  ;  moins  le  caractère  d'ordre  orga- 
nique des  principes  de  cette  classe  est  prononcé.  L'urine,  par 
exemple,  est  dans  le  premier  cas  :  elle  est  formée,  en  effet, 
par  une  plus  grande  quantité  d'eau  et  de  sels  que  d'autres 
prittcipet;  elle  en  contient  bien  plus  que  les  autres  parties 
du  corps  ;  aussi  nulle  partie  du  corps  ne  se  rapproche  autant 
des  dissolutions  artificielles  ;  nulle  part  les  principes  immé- 
diats ne  manifestent  leurs  caractères  d'ordre  inorganique 
avee  autant  de  netteté  ;  nulle  part  leurs  caractères  organiques 
ne  sont  aussi  peu  manifestes. 

Si  une  partie  du  corps  n'est  exclusivement  formée  par  des 
principes  de  cette  classe,  nulle  humeur,  nul  tissu  ne  les  pos- 
sède tous  à  la  fois.  Le  sang  lui-même,  qui  en  renferme  le  plus 
d*«ipàoes,  manque  pourtant  de  phosphate  acide  de  soude,  de 
jpèospbate  ammoniaco-magnésien,  d'hydrogène  sulfurée  L'u- 
riine  qui  en  possède  également  beaucoup  manque  d'oiygène, 
4*a30td,  d'hydrogène  sulfuré.  Mais,  à  part  ces  principes,  les 
hMPAeura  précédentes  possèdent  à  peu  près  tous  les  autres. 
Quant  aux  autres  parles  tant  solides  que  liquides,  elles  ne 
eoptiennent  jamais  qu'un  petit  nombre  d'entre  eux. 

▼ariations  des  oaraetères  des  prineipet  îminMiaU  étodiéc  quand  il  y  a 
li«i|  fiûvaat  l«i  seacei,  \i9ê  Agaïf  Im  iao«« ,  w^èfti  al  élato  morbidet. 

67A.  —  Si  nous  examinons  à  part  les  particularités  que 
peut  offrir  l'étude  de  ces  principes  suivant  les  sexes,  les  âges, 
Us  riMces^  les  espèces  et  les  étais  morbides,  nous  ne  trouverons 
fucun  fait  précis  qui  soit  relatif  absolument  à  tous  les  prin- 
cipes de  cette  classe.  Mais,  chemin  faisant,  nous  en  trouverons 
plusieurs  qui  se  rapportent  à  certaines  espèces  en  particulier. 
Il  y  aurait  certainement  un  certain  intérêt  bien  qu'éloigné  et 
général  à  connaître  quelle  est  la  quantité  des  principes  de 
cette  classe  comparativement  à  la  masse  du  corps  et  de  ceux 
des  autres  classes  dans  les  différentes  conditions  signalées  ci- 
dessus.  On  sait  déjà  approximativement  que  les  principes  de 
la  première  classe  sont  plus  abondants  chez  les  hommes  que 
chez  la  femme,  chez  le  vieillard  que  chez  l'enfant,  ce  qui 


VARIATIONS   DES  CARACTÈRES   SUIVANT  LES   AGES,   ETC.       16 

tient  surtout  à  la  prédominance,  chez  le  premier,  des  sels 
du  squelette,  et  bien  que,  chez  celle-ci,  l*eau  existe  en  plus 
grande  proportion  que  chez  Thomme.  On  sait  aussi  que,  pour 
la  même  cause,  il  est  des  raceê  de  bœufs  et  de  moutons  chez 
lesquelles  la  masse  des  principes  immédiats  dont  nous  traitons 
est  plus  grande  que  chez  d'autres  à  égalité  de  poids  du  corps. 
On  constate  des  faits  analogues  quand  on  compare  les  es- 
pèces ou  les  ordres  entre  eux,  comme  les  carnassiers  aux  ru- 
minants. 

676.  —  De  même  qu'on  ne  peut  étudier  l'organisme  total 
sans  connaître  le  milieu  où  il  vit,  de  même  on  ne  peut  bien 
étudier  les  appareils  sans  connaître  l'ensemble  de  l'organisme, 
les  organes  sans  connaître  les  appareils  ;  et  ainsi  des  autres, 
pour  les  systèmes,  tissus  et  humeurs,  éléments  et  principes 
immédiats.  L'étude  des  parties  les  plus  simples  réagit  ensuite 
de  la  manière  la  plus  utile  sur  la  connaissance  de  celles  qui 
sont  plus  élevées  en  complication,  et  cela  est  surtout  vrai  pour 
rétude  des  actes  accomplis  par  chacun  des  ordres  de  parties 
dontnous  parlons.  C'est  par  une  suite  d'études  nécessaire-i 
ment  alternatives,  que  se  complète  la  connaissance  de  l'orgar 
iiisme. 

De  même  aussi  on  ne  peut  étudier  eonvenablement  les  va- 
riations des  caractères  que  présentent  les  diverses  parties  du 
corps  suivant  les  âges,  etc.,  sans  les  connaître  déjà  à  l'état 
parfait. 

De  même  enfin  on  ne  peut  étudier  les  actes  propres  des  di- 
verses parties  du  corps  et  en  particulier  leur  naissance  (ou 
formation  pour  les  principes  immédiats)  sans  connaître  leurs 
condUitms  d'existence  (  caractères  de  divers  ordres  de  ces  par- 
ties) et  leurs  conditions  de  naissance  {ou  de  formation  pour 
les  principes  immédiats).  Pour  l'organisme  les  conditions 
d'existence  sont  le  milieu  ambiant  inorganique  et  organique  ; 
les  conditions  de  naissance  sont  Texistence  de  parents,  c'est- 
à-dire  d'autres  organismes  qui  donnent  naissance  a  des  élé- 
ments anatomiques,  ovules  et  spermatozoïdes.  De  ces  éléments 
anatoffiiques  en  dérivent  d'autres,  de  c^ux-ci  viennent  les 


16    DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER,   l**  CLASSE. 

tissus,  qui  bien  loi  représentenl  les  systèmes,  donl  les  parties 
en  se  développant  donnent  naissance  aux  organes  ;  de  la  réu- 
nion de  ceux-ci  naissent  les  appareils,  et  du  tout  résulte  un 
organisme  ;  c'est4-dire  qu'on  voit  par  là  que  Vétude  de  la  nais- 
sance de  Fune  quelconque  des  parties  du  corps  nécessite  la 
connaissance  analomique  de  toutes  les  autres,  mais  ne  néces- 
site que  cela. 

n  est  cependant  encore  tout  un  ordre  de  parties  consti- 
tuantes de  l'économie  qui  reste  en  dehors  de  ce  cercle  et 
semble  en  être  tout  à  fait  exclu,  dont  les  conditions  de  forma- 
tion semblent  constituer  une  étude  tout  à  fait  étrangère  à  la 
biologie ,  entièrement  difierente  de  l'examen  des  conditions 
de  formation  des  autres  parties.  Matériaux  des  éléments , 
humeurs,  tissus,  etc.,  qui  naissent,  les  principes  se  for- 
ment dans  le  même  lieu,  dans  les  mêmes  conditions  où 
naissent  les  parties  précédentes.  Ici,  rien  de  nouveau; 
une  fois  les  principes  connus  (chap.  i*',  art.  i*'  du  livre  I) , 
il  suiBt  d'indiquer  le  lieu  oh  ils  se  forment  pour  se  re- 
présenter les  conditions  de  cette  formation,  absolument 
comme  ci-dessus  pour  la  naissance  des  éléments,  tissus,  etc. 
Mais  les  matériaux  des  principes  eux-mêmes  viennent  de 
quelque  part  :  il  y  a  donc  à  étudier  leur  provenance  et  les 
conditions  de  leur  entrée  ;  c'est  par  cette  étude  que  se  trouve 
lié  le  cercle  biologique  précédent  aux  sciences  autres  que  la 
biologie.  Et,  bien  plus,  ce  lien  est  double,  car  les  principes 
des  matériaux  des  autres  parties  du  corps  sortent,  en  cer- 
tain nombre  du  moins  ;  d'où  nécessité  de  connaître  les  condi- 
tions de  cette  sortie  et  l'endroit  où  se  rendent  ces  principes 
ainsi  rejetés.  Ainsi  on  voit  que  l'étude  des  conditions  de  for- 
mation des  principes  immédiats  nécessite  la  connaissance 
analomique  de  tous  les  ordres  de  parties  de  l'économie, 
d'abord,  et  de  plus  des  milieux  ambiants  :  minéraux  seule- 
ment, s'il  ne  s'agit  que  des  plantes;  et  aussi  organiques 
quand  il  est  question  des  animaux ,  comme  dans  ce  livre, 
c'est-à-dire  qu'elle  nécessite  la  connaissance  delà  physique  et 
de  la  chimie  principalement,  et  aussi  du  reste  de  la  biologie. 


VARIATIONS  DE  SES  ESPÈCES   SUIVANT  LES  AGES.  17 

n  résulte  de  tout  cela  que  dans  l'étude  dynamique  des  élé- 
ments anatomiques  des  tissus,  etc.,  il  suffit  :  1"  pour  aborder 
l'examen  de  leurs  actes  propres,  de  connaître  leurs  caractères 
anatomiques  ;  2<*  pour  étudier  un  autre  de  leurs  actes ,  qui 
est  commun  à  toutes  les  parties  du  corps,  la  naissance ,  il 
suflSt  d'indiquer  le  lieu  oh  elle  se  passe,  pour  que  Ton  se 
représente  aussitôt  les  conditions  de  cette  naissance.  Car  nous 
venons  de  voir  que  l'anatomie  entière  est  supposée  connue 
quand  on  étudie  la  physiologie  et  qu'elle  suffit  dans  l'examen 
de  cet  ordre  de  faits  physiologiques. 

n  n'en  est  plus  de  même  des  principes  immédiats.  Pour 
étudier  leur  rôle  dynamique  ou  actes  propres  qu'ils  mani- 
festent, et  spécialement  leur  formation ,  il  faut  connaître  : 
1*  leurs  caractères  dans  l'organisme,  comme  pour  toutes  les 
autres  parties  constituantes  de  l'économie  (chap.P',  art.  i** 
du  liv.  I*').  2*  Comme  les  principes  immédiats  présententce 
fait,  qui  n'appartient  qu'à  eux  et  à  nulle  autre  partie  du  corps, 
qu'eux  ou  leurs  matériaux  de  formation:  a,  entrent,  6.  se 
forment,  c.puis  sortent,  il  faut  indiquer  :  a.  l'origine  de  leurs 
matériaux  et  les  canditionsy  plus  le  lieu  de  l'entrée  de  ceux-ci. 
B  Pour  leur  formation,  il  faut  indiquer  le  lieu  oii  elle  se  passe, 
comme  dans  la  naissance  des  éléments  anatomiques.  c.  Enfin, 
il  est  nécessaire  d'indiquer  les  conditionset  le  lieu  de  leur  sor- 
tie. Voilà  donc  des  faits,  a  et  c,  en  partie  physiques,  qui  ne  se 
montrent  pas  dans  l'étude  des  éléments,  tissus,  etc.,  qui  sont 
tout  à  fait  propres  à  la  stœchiologie.  Ces  faits,  il  faut  ici  les 
étudier  au  point  de  vue  statique,  avant  d'examiner  les  phéno- 
mènes résultant  de  cette  entrée,  de  cette  sortie,  et  de  cette 
formation  des  principes  immédiats. 

Or  il  se  trouve  naturellement  que  les  conditions  d'entrée 
et  de  sortie,  ainsi  que  de  formation  des  principes,  varient 
avec  les  âges  de  l'organisme  auquel  ils  appartiennent ,  en 
même  temps  que  varient,  avec  les  mêmes  âges,  le  nombre 
des  espèces  de  principes  et  la  quantité  de  chacune  d'elles. 
Nous  avons  donc  dû  étudier  ces  conditions  à  la  suite  de  ces 
changements  des  caractères  des  principes  suivant  les  âges, 
n.  2 


18      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICtJLIEB.   1**  CLASSE. 

et  les  phénomènes  de  la  formation ,  en  envisageant  les  prin- 
cipes au  point  de  vue  dynamique.  C'était  là  Tendroit  de 
notre  livre  où  devait  être  placée  cette  étude  spéciale.  (Voyez 
de  plus  ce  que  nous  avons  dit,  tome  I*,  pages  28i  et  286,  sur 
oe  que  les  principes  sont  les  seules  espèces  de  parties  du 
oorps  dont  les  individus  ne  présentent  pas  des  changements 
sacondaires  successifs,  appelés  &ges,  parallèlement  a  ceux  de 
l'organisme;  ce  qui  tient  à  ce  qu'ils  n*ont  pas  une  forme  et 
un  Yohime  déterminés  et  sont  unis  molécule  i  molécule  et 
non  par  contiguïté.) 

A,  Origine  des  matériaux  et  conditions  d*entrée  des  principes  immédiats  de 

la  première  classe. 

67Q,  —  La  plupart  sont  empruntés  tout  formés  aip  mi- 
Ueu3(  amlùants,  solides, liquides  ou  gazeux.  (Voy.  §  188,  t.  P', 

pu.  204.) 

Chez  Tembryon ,  ils  passent  du  sang  maternel  au  sang 
fçetal  par  endosmose  au  travers  des  villosités  placentaires. 
Chez  r^ dulte^  ceux  qui  sont  gazeux  pénètrent  p^r  le  poumon 
et  par  la  peau;  ceux  qui  sont  liquides  et  ceux  qui  sont  so- 
lides pénètrent  par  Tintestin,  sous  forme  de  boissons  et  avec 
les  aUments  solides.  (Voy.  §  189,  t.  I*',p.  205.)  Ces  derniers, 
après  dissolution  préalable  dans  Feau  ou  dans  d*autres  solu- 
tions salines  (phosphate  de  chaux  dissous  dans  les  eaux  plus 
ou  moins  chargées  d*acide  carbonique,  etc.,  sulfate  de  chaux 
dissous  dans  les  eaux  contenant  des  sulfates  et  chlorures 
alcalins). 


I.  L*adde  earbonique, 
S.  Les  bicarbonates  et  quelques  car- 
bonates, 
S.  yiiydrogène» 
4.  L*bydrogèae  protocarboné, 


5.  L^hydrogène  solforé, 

6.  Le  carbonate  d'ammoniaque, 

7.  Le  pbosphate  ammoniaeo- magné- 

sien, 


flont  les  seuls  principes  d^  cette  classe  dont  les  matériaux 
viennent  du  dedans;  ils  sont  empruntés  aux  principes  parti- 
cipant déjà  aux  actes  nutritifs  de  Torganisme  ou  a  lieu  la 
formation.  (Voyez  §  191,  1. 1",  p.  207.) 


LEUB8  CONDITIONS  d'EMTRÉE,   DE  FORMATION   ET   u'iSSLE.        19 
B.  CoDditioDS  de  Ibrinalion  des  principes  de  la  première  classe. 

677.  —  Comme  la  plupart  pénètrent  tout  formés,  les  con- 
ditions de  leur  formation  n*ODt  rien  d'organique.  Ce  sont 
les  mêmes  que  pour  tous  les  corps  du  règne  minéral,  et  sont 
ici  censées  avoir  été  étudiées  en  chimie. 

Quant  aux  composés  ci-dessus,  dont  les  matériaux  sont 
empruntés  aux  principes  déjà  existants  dans  l'économie  ou 
à  des  composés  végétaux  (tartrates,  citrates  qui  passent 
à  I^tat  de  carbonates  dans  l'organisme  même  )  déjà  assi- 
milés, on  observe  qu'ils  ont  pour  condition  commune  de 
formation,  la  désassimilation  de  quelques  autres  principes, 
leur  passage  à  l'état  de  composés  devant  être  rejetés 
hors  de  l'organisme.  Exemples  :  !•  l'acide  pneumique  du 
tissu  pufanonaire  le  quitte  et  déplace  l'acide  carbonique  des 
carbonates  et  bicarbonates  du  sang  ;  2""  c'est  par  destruction, 
désassimilation  de  principes  de  la  troisième  classe  que  se  for- 
ment l'ammoniaque  et  l'acide  de  son  carbonate,  le  phosphate 
ammoniaco-magnésien, ainsi  que  l'hydrogène  protocarboné; 
autant  de  principes,  du  reste,  fort  accessoires,  à  côté  des 
autres  de  cette  classe,  sauf  Tacide  carbonique.  Car  de  ce  que 
chaque  classe,  considérée  en  général,  est  également  indispen- 
sable à  bien  connaître,  il  ne  faut  pas  croire  que  dans  chacune 
d'elles  tous  les  principes  immédiats  offrent  une  égale  utilité  à 
être  connus. 

C.  GoD^jtions  d^issue  et  de  fia  des  principes  immédiats  de  la  première  classe. 

678.  —  Tous  les  priaçipes  de  cette  cliisse  sans  excep- 
tioA  ^nt  rejetés  au  dehors  de  Torganisme,  nul  ne  s'y 
(jljétruit^  si  ce  n'est  en  partie,  et  encore  seulement  pour 
quelques  uns  ;  l'oxygène  seul  disparait  en  tant  qu'oxygène 
Ubrc,  presque  en  totalité  dans  l'économie,  ils  ont  pour 
condition  de  sortie  l'état  fluide,  liquide  ou  gazeux.  Ceux 
qui  i^thologiquement  acquièrent  l'état  solide  dans  l'inli^rieury 
QO  sortant  qu'après  liquéfaction  préalable,  et  s'ils  ne  se  li- 
qjuéQjBut  1^,  ils  deviennent  cause  d'accidents  morbides  (phos- 
l^lea  et  carbonates  des  concrétions  diverses  et  des  ealeuls). 


20      DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN  PÀBTICULlbi».    ^ 

C*est  par  le  rein ,  en  travers  des  tubes  urinipares,  comme 
principes  constituants  de  i*urine,  quils  s'échappent  pour  la 
plupart  tant  chez  l'adulte  que  chez  le  fœtus,  dont  Teau 
amniotique  en  renferme  un  assez  grand  nombre,  du  carbonate 
d'ammoniaque  entre  autres.  L'acide  carbonique,  l'hydro- 
gène, le  carbonate  d'ammoniaque,  ont  pour  condition  de 
sortie  les  membranes  perméables  pulmonaire  et  cutanée. 
C'est  par  le  poumon  surtout  et  la  peau  qu'ils  s'échappent. 

C'est  par  l'intestin  surtout  que  sortent  les  gaz  hydrogène 
sulfuré  et  carboné ,  ainsi  que  souvent  du  phosphate  ammo- 
niaco-magnésien  et  normalement  plusieurs  des  autres  prin- 
cipes précédents.  Une  fois  rejetés  par  ces  diverses  voies  qui 
sont  autant  de  conditions  d'accomplissement  de  leur  sortie, 
ils  font  de  nouveau  partie  des  milieux  ambiants,  y  subissent 
divers  phénomènes  de  double  décomposition  s'ils  rencontrent 
d'autres  sels,  participent  à  la  putréfaction  comme  les  sulfates 
et  phosphates  pour  former  des  hydrogènes  sulfurés,  etc. 
Ils  finissent  ainsi  par  faire  partie  de  nouveau  du  milieu 
minéral,  ou  par  rentrer  prochainement  dans  d'autres  or- 
ganismes végétaux  ou  animaux.  (Voyez  §§  189  et  lAO,  1. 1", 
p.  256-257.) 

Les  conditions  d'entrée  de  ces  principes  varient  fort  peu 
avec  les  âges,  mais  celles  de  sortie,  au  contraire,  sont  peu 
développées  chez  l'embryon  et  le  fœtus  ;  aussi  ces  principes 
s'y  accumulent  et  servent  à  l'accroissement.  Chez  les  vieil- 
lards les  conditions  d'issue  deviennent  moins  favorables  dr 
c6té  du  rein  et  du  sang  ou  de  l'urine,  et  ces  principes  f 
accumulent,  mais  alors  en  excès,  d'où  la  formation  pa^ 
logique  à' incrustations^  concrétions  et  calculs  dont  ik  ce 
tuent  une  partie. 

679.  —  Plusieurs  des  principes  de  cette  classe  pris  f 
offrent  dans  les  cas  morbides  diverses  particularités , 
cet  égard  on  ne  peut  rien  dire  qui  soit  commun  à  tor 
les  cas  d'ostéomalacie  générale,  par  exemple,  la  e 

-Tieipes  de  cette  classe  diminue,  ce  qui  tient  prind 
jminution  de  la  quantité  du  phosphate  de  cha' 


DU  aoLE  qu'ils  remplissent  dans  l'organisme.       21 


9m  faim  djMMBÎqve  rempli  pmt  les  prineipet  immMûils  d«  l«  première 

dasse  dans  les  actes  de  l'organisme. 

680.  —  Le  rôle  des  principes  immédiats  de  cette  classe  est  des  plus 
nettement  canciérisés. 

n  n^est  pas  d*étre  organisé,  yivant,  sans  un  milieu  dans  lequel  il  em- 
pnmie  des  matériaux  et  dans  lequel  il  rejette  ceux  qui  ont  déjà  servi  ou 
les  résidus.  On  ne  connaît  pasd^animal  vivant  dans  un  milieu  purement 
minânl  ;  mais  pas  un  non  plus  n^exisle  dans  des  milieux  purement  orga- 
niques. 

En  un  mot,  on  ne  oonnattet  Ton  ne  conçoit  pas  d^organisme  qui  ne  ren* 
ferme  un  certain  nombre  de  principes  identiques  avec  ceux  du  milieu  dans 
lequel  il  vit  ;  comme  aussi  on  n*en  connaît  ni  on  n'en  conçoit  qui  ne  soit 
oonstiloé  que  de  principes  semblables  à  ceux  du  milieu  dans  lequel  il 
existe;  car  alors  il  ne  serait  plus  qu'une  partie  même  de  ce  milieu. 

Or  le  rôle  général  rempli  par  les  principes  de  cette  classe  est  ou  de 
servir  de  matériaux  pour  la  formation  d'autres  principes  différents  d'eux- 
mêmes  (végétaui),ou  de  servir  principalement  de  véhicule  (animaux)  pour 
l'entrée  et  la  sortie  des  matériaux  de  ces  principes  différents  de  ceux  du 
milieu  extérieur,  et  accessoirement  de  fournir  quelques  matériaux  pour 
leur  formation  (base  des  urates,  lactates,  etc.). 

Ceux  qui  entrent  manifestent  des  actes  physiques  d'endosmose  et  chi- 
miques de  dissolution. 

Ceux  qui  sortent  manifestent  des  actes  physiques  d'exosmose. 

Durant  leur  séjour  quelques  uns  présentent,  pour  une  partie  de  leur 
masse,  des  actes  de  décomposition  en  cédant  une  partie  de  leur  base  aux 
addes  d'origine  organique.  D'autres  se  fixent  aux  substances  organiques 
pour  concourir  à  former  des  tissus  résistants,  et  concourir  ainsi  indirecte- 
ment aux  actes  physiques  qui  se  passent  dans  l'être  vivant.  (Voy.  $  269, 
!•,  1 1",  p.  286.) 

681.  —  Tous  ces  actes  ont  certainement  pour  résultat  la  production 
d'une  certaine  quantité  de  chaleur,  qui  concourt  avec  celle  produite  pen- 
dant la  formation  des  autres  principes  au  résultat  général  de  maintien  de  la 
température  du  corps.  C'est  même  spécialement  la  formation  de  l'acide 
carbonique,  des  carbonates  et  des  bicarbonates  qui  est  accompagnée  de  la 
plut  forte  élévation  de  température  ;  comme  c'est  spécialement  à  Pévapo- 
ratkm  de  l'eau  qu'est  dû  son  abaissement,  d'où  maintien  de  la  stabilité  de 
cet  état  particulier  de  l'organisme.  Ces  faits,  ne  concernant  qu'un  petit 
nombre  des  principes  de  cette  classe,  ne  devront  être  développés  que  dans 
les  chapitres  traitant  de  chacun  de  ces  corps  en  particulier.  Mais  nous 
avons  déjà  vu  çà  et  là  que  tout  ne  doit  pas  êUe  rappprlé  s^péçialement  à  la 
formation  de  l'acide  carbonique. 


22      DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   El«   PAIITICtLii!.n. 


OlaMÎfioAtîon  des  prînoipef  de  la  première  elafse, 

682. —  Les  principes  immédiats  de  cette  classe  se  subdi- 
visent en  deux  tribus  assez  naturelles,  et  dont  l'emploi  abrège 
et  facilite  le  discours» 

La  première  tribu  comprend  les  principes  ^ûk^mê  ou  U^- 
guides  ou  principes  non  salins;  la  deuxième  embrasa  tous 
les  composés  salins  ou  sels. 

683. —  Première  tribu.  Elle  comprend  : 


1.  L*oiygène. 
s.  L'aioce. 

3.  L*bjdrogène. 

4.  L*bjdrogène  protocarbooé. 


5.  L  iiydrûgèDê  Mlfùté. 
d*  là  Mîni 
7.  L*eiii. 


Ces  principes  de  cette  tribu  ont  pour  caractère  d*ètre  tMs 
dans  réconomie  alternativement  &  Tétat  gazeux  et  à  l'état 
liquide,  en  général  par  dissolution  ou  parce  que  c'est  leur 
état  propre  à  la  température  du  corps,  comme  Teau.  Ce  sont 
tous  des  corps  simples  ou  des  corps  binaires. 

Les  autres  caractères  de  ces  principes  ne  prétentont  rien 
qui  soit  commun  à  eux  tous. 

684. —  Seconde  tribu.  Elle  comprend  : 


1 .  Le  cklorare  de  todium. 

2.  Le  chlorure  de  potaMium. 

3.  Le  fluorure  de  calcium. 

A.  Le  dilorhjdrate  d^ammoniaqiw. 

5.  Le  carbonate  de  cbaux. 

6.  Le  bicarbonate  de  cbaui. 

7.  Le  carbonate  d*ammoniaqiic. 
a.  Le  bicarbonate  d*amnMmiaqiie. 
0.  Le  carbonate  de  magoéiie. 

10.  Le  carbonate  de  potasse. 

11 .  Le  bicarbonate  de  potasse. 
It.  Le  carbonate  de  aoude. 
18.  Le  bicarbonate  de  soude. 


14.  LeealCiiedepouae. 

15.  Le  sulfate  de  soude. 

16.  Le  sulfate  de  cbaux. 

17.  Le  phosphate  de  diau  iw  01 

bMique. 
1  S.  Le  phospbate  acide  de  cfaaox. 
19.  Le  pbospbate  de  magttésie. 
10.  Le  phosphate  neutre  de  aonir 

21 .  Le  pboapbaie  acide  de  soudf 

22.  Le  phospbate  de  potasse. 

23.  Le  phosphate  animoiilteo« 

slea. 


Les  principes  de  cette  tribu  ont  pour  caractères  or 
d*être  toujours  à  Tétat  liquide  par  dissolution  directe 
recte,  ou  alternativement  à  Tetat  liquide  et  solide,  ma 
gazeux  (sauf  quelquefois  le  carbonate  d*amnionir 
sont  tous  des  corps  de  composition  ternaire  ou  qir 
rétat  salin. 


GLASStViGATlON   DES  PRINCIPES  DE  LA  1**  CLASSE.  28 

Ces  caractères  les  séparent  nettement  des  autres  et  suffisent 
pour  les  faire  distinguer  d'eux.  Il  n*est  pas[]d'autres  de  leurs 
raractèi^  qui  soient  communs  à  tous,  à  moins  de  vouloir 
répéter  ce  qui  dans  l'étude  de  la  classe  entière  s'applique  plus 
apéciftlement  au  plus  grand  nombre  de  ceux-ci ,  mais  non  à 
tous,  eomme  on  le  voit  en  considérant  les  carbonates  et  le 
|»hoqphat6  ammoniaco-magnésien. 

685. —  Si  Ton  pénètre  dans  l'intérieur  de  chacune  de  ces 
tribus  pour  en  étudier  la  subdivision  possible  en  groupes 
d'ordre  inférieur  encore,  il  est  facile  de  constater^  en  exami- 
nant les  différents  ordres  de  caractères  des  principes,  que 
cette  subdivision  embrouille  plus  qu'elle  ne  sert  ;  car  on  serait 
aussitôt  conduit  à  des  groupes  formés  d'un  seul  individu.  On 
s'aperçoit  même  ici  déjà,  comme  dans  toute  classification  ana- 
lomique,  que  chaque  tribu  renferme  des  individus  fort  dispa- 
rates, ne  présentant  aucune  transition  graduelle  de  Vun  à 
l'autre;  ce  qui  ne  doit  pas  étonner,  car  nous  avons  vu  que 
^ns  l'organisme  chaque  espèce  d'individus  est  facteur  de  quel- 
que chose,  chacun  remplit  son  rôle,  et  qu'on  ne  saurait  con- 
cevoir une  hiérarchie  avec  transition  insensible  sans  voir  ce 
rôle  pouvoir  être  rempli  à  peu  près  indifféremment  par  telle 
ou  telle  espèce.  Cette  disparité  des  espèces  anatomiques,  soit 
principesi  éléments,  tissus»  systèmes,  etc.»  qui  va  toujours  en 
.augmeniant  i  partir  des  principes  immédiats  jusqu'aux  ap- 
pareilS)  est  même  un  fait  qui  favorise  et  facilite  heureuse- 
twftttt  leur  distinction ,  c*est-à^ire  l'étude  de  Tanatomie.  Il 
semble  au  prchiier  abord  que  les  carbonates,  sulfates,  phos- 
phates, etc.,  peuvent  former  autant  de  groupes  naturels,  mais 
dès  qu'on  arrive  à  leur  caractère  organique,  c'est-à-dire  à 
l'étude  de  la  pari  qu'ils  prennent  à  la  constitution  de  la  ma- 
tière organisée,  on  voit  que  chacun  y  prend  une  part  parti- 
culière, et  que  le  phosphate  de  soude  ne  ressemble  en  rien 
flous  ce  rapport  à  un  phosphate  de  chaux,  etc.  Ce  n'est  que 
kmqu'on  arrivé  à  l'extraction  des  principes ,  c'est-à-dire  à 
l'emploi  des  moyens  chimiques  et  physiques,  qui  servent  à  les 
extraire,  qu'on  trouve  quehjue  chose  de  commun  sous  ce 


2A      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICDUBR.   i**  CLA88B. 

rapport  dans  quelque  groupe  de  sels ,  considéré  ainsi  seule- 
ment au  point  de  vue  chimique.  Cela,  comme  on  voit,  est  loin 
de  suffire  à  rétablissement  de  subdivisions»  lorsque  le  but  prin- 
cipal est  la  connaissance  de  Tanatomie. 

686.  —  La  nomenclature  des  principes  immédiats  de  la 
première  classe  est  naturellement  la  même  que  celle  em« 
ployée  en  chimie,  puisque  ces  corps  ont  dans  l'organisme  la 
même  constitution  chimique  qu'au  dehors. 

Faits  oommypi  aoBOsmaiit  les  proeédét  qu'on  emploie  dom  roatr— lioo 
dof  pmeipet  immédioU  do  lô  proBÛèro  oUmo. 

687.  -—  Les  procédés  d'extraction  des  principes  de  cette  datse  sont  gé- 
néralement simples.  Pour  la  plupart  d'entre  eux,  fl  safBt  d'évaporer  le  li« 
quide  qui  les  tient  en  dissolution,  ou,  quand  Us  sont  très  solobles,  defiidliter 
leur  précipitation  par  addiUon  d'alcool  ou  d'élher.  Ceux  qui  sont  onis  à  des 
substances  organiques,  comme  les  phosphates,  carbonates  de  chaux,  sont 
plus  difficiles  à  isoler,  sans  qu'on  fasse  subir  de  modification  à  leur  compo* 
sitlon  réelle.  11  faut  du  reste  savoir  que  la  calcination,  si  souvent  employée 
pour  les  extraire,  ne  peut  presque  Jamais  fournir  les  principes  tels  quMls 
existent,  et  amène  presque  nécessairement  leur  décomposition  en  les  lid- 
sant  passer  à  un  autre  état  (Voyex  1 1*',  chap.  IV.) 

HUtoriqao. 

688.  —  L'histoire  desf  principes  Immédiats  n'ayant  Jamais  été  faite  d'une 
manière  systématique,  il  n'est'pas  étonnant  de  voir  que  les  matériaux  qui  se 
rapportent  aux  principes  de  cette  classe  se  trouvent  presque  tous  dans 
les  travaux  séparés  dont  chaque  tissu  ou  humeur  a  été  le  sujet  Ainsi 
on  trouve  déjà  dans  Boyle  (i)  qu'il  est  fait  menilon  des  parties  salines  qir 
contiennent  le  sérum  du  sang  et  l'urine.  Après  avoir  séparé  ces  partie 
guidé  par  une  éminente  pensée  philosophique.  Il  cherche  à  reconstituer 
sérum,  et  ne  le  pouvant.  Il  en  conclut  que  le  sang  n'est  pas  constitué  r 
les  parties  en  lesquelles  la  chimie  le  résout,  et  qu'il  n'est  pas  formé  par 
principes  chimiques, 

Boerhaave  cite  un  ancien  manuscrit  sans  date  d'Isaac  HoUandus, 
lequel  11  est  déjà  fait  mention  du  phosphore  dans  le  sang  (2).  It 

(1)  BoTLE,  Apparatus  ad  naturaimn  sanguinis  humani  ac  ipiritut 
liquoris  hittoriamt  Loodini,  1684,  ln-8*.  Et  dans  De  êongainâ  km 
miita  K^ico,  hi$loria  firmitatU  et  fluiditaliSt  et  de  infdo  exper 
sucoesiu. 

f9\  BoEftHAAVE,  Mfthodus  studU  tnedici,  1751,  AmsteMami,  I 


HISTORIQUE.  26 

WUlis  coftnaissait  les  parties  salines  de  Turine  (1).  Tous  les  aatenrs  qui 
à  cette  époque,  ou  à  peu  près,  ont  analysé  Turine,  en  ont  trouvé  et  cher* 
ché  à  étudier  les  sels.  Tels  sont  Lemery,  Hoffmann,  etcVieussens  con- 
naissait déjà  d*une  manière  générale  les  principes  de  cette  classe  qui 
entrent  dans  la  composition  du  sang,  puisqu'il  cherchait  à  donner  les 
proportiODS  d'eau,  de  sels  fixes  et  volatils,  des  terres  et  des  huiles  da 
sang  (2). 

Boertiaave  donna  une  grande  impulsion  à  Tétude  des  principes  de  cette 
classe  en  se  plaignant  de  ce  que  les  parties  solides  de  Téconomie  n'étaient 
pas  aaseï  étudiées,  et  cherchant  aies  faire  connaître  dans  ses  ouvrages  (3). 
Il  distingue  ce  qu'il  appelle  les  principes  chimiques  des  sels  terreux,  et 
se  plaint  de  n'avoir  pas  trouvé  de  bons  auteurs  qui  aient  écrit  sur  ce 
sujet,  en  ce  sens  que  tons  ont  cru  que  les  solides  consistent  en  principes 
chimiques,  tandis  qu'ils  sont  formés  uniquemenl  par  des  terres,  U  prend 
les  os  et  les  cheveux  calcinés  pour  exemple.  Les  fibres  élémentaires,  d'a- 
près lui,  sont  terrestres  :  «  fibrœ  minimœ  ex  mera  terra  constant^  absque 
oleo  et  soie»  »  Ces  fibres  se  réunissent  pour  former  les  plus  fins  vais* 
seaux,  ceax-d  pour  former  les  parois  des  artères,  des  veines{et  des  autres 
organes.  Le  feu  chasse  les  liquides  contenus  dans  ces  plus  fins  vaisseauxt 
les  sels  volatils  et  l'huile,  de  là  la  perte  causée  par  le  feu.  Ce  fut  à  partfar 
de  cette  époque,  ou  à  peu  près,  ainsi  que  le  montrera  l'historique  de 
chaque  principe  en  particulier,  que  l'on  reconnut  que  les  partes  terres^ 
très  dont  parle  Boerhaave  n'étaient  pas  simples,  et  qu'en  outre  de  l'huile» 
des  sels  volatils  et  de  l'eau,  il  y  avait  encore  d'autres  principes.  Denis 
Papin  fut  un  de  ceux  qui  donnèrent  l'impulsion  par  la  découverte  de  la 
gélatine,  et  de  ses  expériences  {U)  on  commença  à  conclure  que  toutes  les 
parties  précédentes  sont,  comme  la  terre,  des  parties  constituantes  de 
l'os  (5). 

il  serait  impossible,  même  au  point  de  vue  historique,  de  rien  dire  de 
plus  qui  s'applique  exactement  à  toute  cette  classe  de  principes  immé- 
diats. Dès  cette  époque,  lorsqu'on  sort  du  point  de  vue  général  au- 
quel nous  avons  été  obligés  de  nous  placer  dans  l'historique  de  tous  les 
principes  considérés  en  masse,  on  reconnaît  bientôt  que  les  travaux  que 

(1)  Tb.  WiLUSius,  De  fOfribuset  urinis.  Loodini,  1662,  ia-8". 

(2)  VisussDis,  Dissertation  touchant  V extraction  du  set  adde  du  sang^ 
in-8*.  Montpellier,  1698.  —  Traité  des  liqueurs^lToalouse,  1715,  in-4*. 

(3)  H.  BoESHAAVB,  Aphorismi  de  cognoscendis  et  curandis  morhiSy  n^  21 
à  39.  Leyde,  1709.  —  InslUutiones  medicœ,  cap.  De  nuiritione,  n*  453. 
Leyde,  1708. — Elementa chemiœ,  Leyde,  1732,  t.  II,  p.  360.  — Etdans  Hn- 
■oiinros  David  Gaubius,  Dis$ertatio  inauguralis  de  solides  corporis  hw/ha/iU 
jMrfi5tts.  Leyd»,  1725. 

(4)  DiRTS  Papin,  i4rrd*amo{lir  [es  os.  Paris,  1721,  in-12. 

(5)  Haluk  dans  Boerbtave,  toc.  cit.,  1751,  1. 1,  p.  144|eQ.90^^ 


26      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  BN  PARTICULIER.  1"*  CLacn».^. 

nous  étirions  à  analyser  se  rapportent  soit  à  un  on  à  denx  principes  de  h 
première  section,  soit  exclusivement  à  ceux  de  la  seconde  seulement,  sans 
que  les  autres  Aient  été  pris  en  considération.  C'est  donc  en  partant  de 
Toxyg^ne,  de  l*acide  carbonique,  de  Peau,  etc.,  qtie  nons  aurons  à  nen- 
tionner  les  premiers,  et  c>st  en  parlant  des  principes  de  la  detikiène 
trftm  en  général  que  nous  extrairons  de  divers  oayrages  ce  qnito  ftnfer- 
ment  d*utile. 

PREMIÈRE  TRIBU. 

DR  t\  PRlEMtÈRE  CLASSE  DES  PRIItCIPES  IMIÉDtATS. 

689.  —  Principes  altemativentent  à  Tétai  gazeux,  et  A  Tétat 
lh}uide  par  dissolution,  à  rexceptimi  de  Teau,  dont  c'est 
l*état  habituel  h  la  température  du  corps.  Ce  sont  des  corps 
simples  ou  des  corps  binaires. 

Par  leiu*  échange  eudosmotique  avec  les  principes  ana- 
logues des  milieux  ambiants  s'établit  la  relation  entre  Tor- 
ganisme  et  la  partie  gazeuse  du  milieu  où  vitTanimal. 


CHAPITRE  PREMIER. 

DE   l'oxygène. 

Sinooynie  :  air  éàphlogUtiqué  (Priestley),  air  vUal  ou  air  pur  (Gondorotl)^ 
oxiginc  [Làioi$kr)y  oxigine  (LavoUier,  1785}»  gaz  oxigènê  (Lavoisier). 

Région  de  réoonoinîe  oà  m  trouve  oe  principe. 

690.  —  L*oxygène  se  rencontre  dans  le  sang  artériel 
dans  le  sang  veineux  ;  dans  le  parenchyme  pulmonaire  où 
est  contenu  dans  les  ramifications  bronchiques,  et  enfin  (y 
trouvé  ie  l'oxygène  dans  l'estomac  d'un  supplicié  (1)  et 
le  gaz  qui  remplissait  la  panse  d'une  vache  tympanisée 

Il  n'existe  pas  d'oxygène  dans  la  lymphe  ni  dans  Ir 
du  moins  nulle  recherche  n'adémontré  son  existence  ( 
Wmeurs.  Il  ne  s'en  trouve  pas  dans  l'urine,  ni  les  aut 
ditits  de  sécrétion. 

(1)  Chkvredl  dans   Magendie,  Note  sur  les  gax  tntesMiuNkv 
«oéfi  {B^Meiin  de  la  Soc,  phiiomatiqae,  Juillet  1816,  in-i»,  p.  IÎ9 

(2)  Lamawmb,  Journal  éeehiméê  médicale^  t.  Yi,  p.  497. 189 


CHAPITRE  PREMIER.  —  OXYGÈNE. 


87 


Quantité  en  ¥010016, 

601.  —  n  y  a  daDS  l'organisme  de  223  à  233  centimètres 
cubes  eoTÛron  d'oxygène»  lorsqu'il  est  ramené  à  l'état  gazeux.. 
Mais  comme  on  ne  peut  liquéfier  ce  gaz  et  qu'une  partie  est 
à  l'état  de  dissolution  dans  le  corps,  on  ne  sait  quelle  pari 
il  prend  i  la  constitution  de  la  masse  du  corps. 

602.  —  On  trouve  de  l'oxygène  dans  l'économie  d^Miis  le 
commencement  de  l'état  fœtal  jusqu'à  la  mort. 


60S. —  La  quantité  absolue  en  poids  de  Voxygène  dans  le 
corps  de  l'homme  et  des  mamnifères  est  de  5b"*  ,020  à 
5srmtt.^^5()  çjj  moyenne  ;  cette  quantité  est  du  reste  suscep- 
tible de  varier  beaucoup  sur  le  même  individu,  suivant  l'état 
de  dilatation  ou  de  repos  dans  lequel  se  trouve  le  thorax.  On 
n'a  pas  expérimenté  d'une  manière  assez  régulière  pour  qu'il 
soit  possible  de  déduire  les  variations  suivant  les  sexes,  les 
Ages  et  les  divers  mammifères,  ni  même  suivant  les  états  mor- 
bides. Ce  fait  n'aurait,  du  reste,  pas  une  grande  utilité.  On 
peut  déduire  des  chifires  précédents  le  poids  de  l'oxygène 
comparé  à  celui  du  corps. 


6M.  —  D'après  les  recherches  de  Magnus,  Toxygène  con*- 
teini  dans  le  sang  veineux  s'élève  tout  au  plus  au  cinquième 
des  autres  gaz  ;  tandis  que  l'oxygène  du  sang  artériel  constitue 
ata  moins  le  tiers  et  presque  la  moitié  de  ces  mêmes  gaz. 

Voici  les  quantités  de  ce  gaz  contenues  dans  le  sang,  d'après 
les  tableaux  de  ce  chimiste. 


Sang  artériel  d'un  cheval. 


Centimèlret 
cubes. 


125 
130 
12S 

Ve«u  123 

*  Jà.  itm 


Contiennent 

oxygène,  cent, 

cubes. 


1,9 
4,1 
2,2 
3,5 
3,0 


Sang  veinetUD  au  même. 


En    volume 
ponr  100. 


Centinaètres 
cubes. 


1,60 
3,15 
1,88 
2,84 
2,S7 


205 

195 

170 

Veau  153 

/d.  140 


Ckinliennent 

oxygène,  c«nt. 

cultes. 


2,3 
2,5 
2,5 
1,8 
1,0 


Ea   Yoiame 
ponr  100. 


1,12 
1,28 
1,47 
1,17 
0,71 


i      DES  PRINCIPES  milÉDlATS  EN  PARTICULIER.  V*  CLA8SB. 

L'oxygène  est  en  quantité  plus  considérable  dans  le  sang 
Artériel  que  dans  le  sang  veineux  ;  en  moyenne,  il  y  a  2,A1  î 
8  centimètres  cubes  pour  100  dans  le  premier,  et  de  1  centi- 
mètre cube  à  1,17  seulement  pour  le  second  ;  ce  qui  donne  i 
l'avantage  du  sang  artériel  une  diflërence  de  1,26  pour  100 
en  moyenne. 

Gomme  à  chaque  inspiration  Tair  du  poumon  perd  ft  i  0 
pour  100  de  sonoxygène,  il  est  probable  que  le  sang  qui  sort  de 
cet  organe,  si  Ton  pouvait  l'analyser,  donnerait  une  moyenne 
beaucoup  plus  forte  que  la  précédente.  Cette  moyenne  n'est 
aussi  faible  que  parce  que  le  sang  analysé  a  déjà  perdu  une 
partie  de  son  oxygène  par  combinaison  à  d'autres  principes. 

Un  litre  d'eau  dissout,  à  la  température  de  10  degrés  « 
A6  centimètres  cubes  d'oxygène  ;  on  voit,  d'après  ce  qui  pré- 
cède, que  le  sang  en  peutdissoudre  bien  davantage.  Les  expé- 
riences directes  de  Magnus  (1)  ont  en  effet  montré  qu'il  peut 
en  dissoudre  de  100  à  120  centimètres  cubes  par  litre,  soit 
10  à  12  pour  100,  au  lieu  de  A  à  6  pour  100  que  dissout  Teau; 
mais  le  sang  tiré  de  la  veine  n'en  renferme  que  10  à  18  centi* 
mètres  cubes  par  litre.  Il  faut,  de  plus,  tenir  compte  de  la 
température  élevée  du  sang,  car  à  87  degrés  l'eau  n*en  con- 
tiendrait pas  i6  centimètres  cubes  par  litre. 

696. — On  sait  qu'il  y  a  12  à  18  kilogr.  de  sang  dans  le  corps 
de  l'homme.  Les  injections  montrent  que  le  système  veineux 
a  une  capacité  plus  que  double  de  celle  du  système  artériel  ; 
mais  les  vivisections  montrent  que  ce  dernier  est  toujour 
plus  exactement  rempli  par  le  sang  que  le  premier.  En  sort 
qu'en  modifiant  un  résultat  par  Tautre,  on  arrive  à  reconnaitr 
par  une  approximation  qui  ne  peut  pas  avoir  beaucouj 
précision,  que  la  quantité  du  sang  artériel  est  à  celle  dus 
veineux  :  :  2  :  8.  Ce  qui  donne  6  kilogr.  de  sang  artéri 
7,60  de  sang  veineux. 

Comme  1  kilogr.  de  sang  égale  à  peu  près  un  litre  (i 
moins),  il  en  résulte  qu'il  y  a  environ  160centimètref 
d'oxygène  dans  le  sang  artériel,  et  76  dans  le  sangv 

(I)  IIagkus,  Annalm  derPhysik  ftnd  Ckmnie,  1846,  vol.  tXY 


OXYGÈNE  DANS  LE  POUMON.  29 

en  tout,  226  centimètres  cubes  et  demi.  Par  suite,  la  quantité 
en  poids  de  Toxygène  se  trouve  être  de  2k""-,720  pour  le  sang 
artériel  et  l»""-^60  pour  le  sang  veineux;  en  tout,  4«""*,080. 

Gomme  on  ne  sait  quel  est  le  volume  auquel  est  réduit  un 
centimètre  cube  ramené  à  l'état  liquide,  on  ne  peut  savoir 
quelle  part  Toxygène  dissous  dans  le  sang  prend  à  la  consti* 
tution  de  la  masse  du  corps. 

Ces  quantités  d'oxygène  varient,  du  reste,  suivant  un  grand 
nombre  de  circonstances  physiologiques,  suivant  les  âges,  les 
sexes,  et  surtout  suivant  les  espèces  animales.  Du  reste» 
les  notions  acquises  ainsi  relativement  à  l'oxygène  considéré 
dans  le  corps  animal  sont  à  peu  près  suffisantes  pour  les  ques- 
tions physiologiques  à  résoudre  dans  lesquelles  il  faut  tenir 
compte  de  sa  présence.  Cependant  au  nombre  des  points 
qu'il  reste  â  étudier,  il  faut  noter  celui  qui  concerne  l'exis- 
tence de  l'oxygène  et  autres  gaz  dans  le  sang  du  fœtus,  dont 
on  ne  connaît  pas  la  composition  sous  ce  rapport. 

Oxygène  danc  le  poumon. 

696.  — L'oxygène  contenu  dans  le  parenchyme  pulmonaire 
est  une  des  parties  constituantes  du  corps  au  même  titre  que 
tout  autre  principe  immédiat,  au  même  titre  que  celui  qui  est 
dissous  dans  le  sang.  On  ne  saurait,  en  effet,  concevoir  un  mam- 
mifère vivant  dans  notre  atmosphère  sans  oxygène  dans  les 
ramuscules  bronchiques.  Que  Toxygène  soit  à  l'état  gazeux  ou 
liquide,  c'est-à-dire  dissous ,  peu  importe,  ce  n'en  est  pas 
moins  un  de  nos  principes  immédiats. 

L'oxygène  existe  dans  les  bronches  à  l'état  gazeux,  et  très 
probablement  il  s'en  trouve  aussi  un  peu  à  l'état  de  dissolution 
dans  le  mucus  bronchique.  Il  est  mêlé  à  Tacide  carbonique 
qui  se  trouve  en  voie  d'échange  continuel  avec  lui,  par  endos- 
mose au  travers  des  parois  des  capillaires  et  de  la  mince  mu- 
queuse, ou  mieux  de  la  simple  couche  épithéliale  qui  les  tapisse 
dans  les  derniers  ramuscules  de  l'arbre  pulmonaire.  Il  est 
également  mêlé  à  l'azote  de  l'air  inspiré  et  à  la  vapeur  d'eau 
qui  se  dégage  des  parois  toujours  humides  des  bronches. 


M      BKS  PRINCIPES  limÉDIATS  SN  PARTlCVilBR.  1**  CLASSE. 

Sans  tenir  compte  des  nombreuses  variations  de  quantité 
de  l'oxygène  pulmonaire,  suivant  les  âges,  les  sexes,  les  es- 
pèces aniçiales,  il  sui&ra  de  donner  ici  les  cbiflres  des  quan- 
tités moyennes  obtenues  par  les  expérimentateurs.  Il  £aut  les 
déduire  de  la  composition  de  Tair  expiré  ;  nous  yerron&  que 
c'est  le  seul  moyen  d'arriver  à  connaître  approximalivem^t 
la  quantité  d'oxygène  contenu  dan$le  poumop. 

1*  Après  une  expiration  calme»  le  poumon  à  Téti^t  de  repos 
contient  :  A98  millimètres  cubes  de  gaz  ;  c'est-a^ire  me 
quantité  de  gaz  pouvant  remplir  un  vase  cubique  de  A03  aûlli- 
mètres  d'arête  intérieure, 

2'  Après  expiration  exagérée  :  232  millimètres  cubes  de  gi^. 

Sachant  que  l'air  expiré  a  perdu  de  A  à  6  pour  100  de  son 
dxygène,  qu'il  ne  lui  en  reste  par  conséquent  que  de  45  à 
17  pour  100  au  Ueu  de  21,  on  en  déduit  qMe  : 

1*  LepoumoK^,  à  l'état  de  repos,  aprè$  ujikjd,  expiration 
calme,  contient  :  oxygène,  75  à  83  millimètres  cubes  ;  2'  après 
expiration  forcée  :  3A  à  39  millimèlrcs  cubes. 

Il  y  a  toujours  plus  d'oxygène  absorbé,  quand  on  accélère 
la  respiration  que  lorsqu'elle  est  régulière;  mais  urw  (bis 
atteint  le  chitire  de  10  pour  100  d'oxygène  enlevé  aux  gaz 
pulmonaires,  cette  quantité  n'augmente  plus,  quelque  long- 
i^ps  que  dure  l'expérience  (1). 

697,  —  Ce  qui  précède  donne  eu  p  âds  :  1*»  0«""*-,094  à 
OF»"-,107  ;  2^  0»~"*-,046  à  O»*^*»  ,060. 

Ainsi,  la  quantité  d'oxygène  contenue  habitueUement  dans 
le  poumon,  après  l'expiration  ci^lme,  ne  va  qu'auj^deux  tiers 
de  celle  que  renferme  le  sang  artériel,  et  au  quart  de  celle 
contenue  par  la  totalité  du  sang. 

il  est  à  remarquer  que  Ion  ne  peut  analyser  que  l'air  expiré 
seulement.  Bn  eflét,  pendant  l'inspiration,  l'air  pur  qui  pénètre 
est  plus  riche  en  oxygène  que  celui  qui  est  dans  le  poumon , 
et  ces  deux  mélanges  gazeux  se  mêlent  à  leur  tour  aussitôt 
l'un  à  l'autre.  C'est  ce  mélange  qui  est  échangé  par  endos- 
mose avec  les  gaz  contenus  dans  les  vaisseaux  sanguins  ;  le 

(1)  Aun  •!  Pim»  PMloMpMcai  fronfocKoiif,  iSOS,  1809  H  iiST. 


OXYGÈNE  DANS  LE  POUMON.  31 

premier  pénètre  dans  le  sang,  el  ecux-cî  s'échappent.  Ainsi 
ce  n'est  pas  de  l'air  pur  qui  pénètre  dans  les  capillaires  du 
poumon  ;  mais  il  est  facile  de  concevoir  que  les  phénomènes 
complexes  de  mélange  d'air  et  de  gaz  bronchiques,  d'une  part, 
de  mélange  des  gaz  sortant  des  vaisseaux  avec  ces  gaz  pulmo- 
naires,  d'autre  part,  ayant  lieu  simultanément,  on  ne  peut 
songer  i  donner  la  composition  du  mélange  gazeux  incessam- 
ment variable  qui  ne  cesse  pourtant  de  remplir  les  bronches.  Ou 
ne  peut  agir  que  sur  l'air  expiré,  ou  sur  l'air  contenu  dans  les 
poumons  d'un  animal  tué  brusquement ,  gas  que  l'on  expulse 
par  pression  sous  le  mercure.  Mais  ce  dernier  procédé  don- 
nerait un  résultat  certainement  moins  positif  que  l'autre,  en 
raison  des  échanges  de  gaz,  continuant  après  la  mort,  entre 
les  solides  et  les  liquides  pulmonaires,  d'une  part ,  et  les  gaz 
bronchiques  à  expulser,  de  l'autre. 

Ainsi,  déjà  dans  les  conditions  les  plus  simples,  lorsqu'il 
ne  s'agit  que  d'analyser  un  mélange  gazeux,  qui  est  loin  d'être 
aussi  complexe  et  aussi  difficile  à  étudier  qu'une  humeur 
quelconque,  nous  voici  arrêtés  dans  l'emploi  de  nos  procédés 
physico-chimiques ,  et  cela  par  suite  du  double  mouvement 
continu  de  composition  et  de  décomposition  caractéristique 
de  la  vie ,  dont  l'échange  des  gaz  pulmonaires  et  sanguins , 
dans  l'acte  respiratoire,  est  pourtant  la  manifestation  la  plus 
simple  et  la  plus  nettement  tranchée.  Cet  exemple  d'obstacle 
apporté,  par  le  fait  du  double  mouvement  vital,  à  l'emploi  des 
procédés  inorganiques  pour  l'étude  de  l'acte  vital  le  plus 
exempt  de  complication,  le  plus  analogue  aux  faits  physico- 
chimiques  d'endosmose  (sauf  la  continuité),  est  des  plus 
propres  à  faire  sentir  l'impuissance  des  empiétements  de  la 
chimie  sur  la  biologie.  Il  est,  d'autre  part,  des  plus  conve- 
nables pour  faire  sentir  comment,  lorsque  les  actes  physico- 
chimiques ayant  lieu  simultanément  en  nombre  considérable^ 
ib  ont  des  résultats  si  complexes  que  les  lois  des  phénomtoai 
inorganiques  ne  suffisent  plus  pour  s'en  rendre  compta. 
Use  manifestent  d'autres  faits,  distincts  despré& 
en  sont  dépendants ,  mais  ne  se  confondent  pas 


82      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER,  l'*  CLASSE. 

Aussi  peut-on  constater  que  ces  faits  résultent  de  l'activité, 
de  la  mise  en  action  de  corps  dont  la  substance  est  sans 
analogie  avec  la  matière  brute. 

698.  —  On  n'a  trouvé  de  l'oxygène  qu'une  seule  fois  dans 
l'estomac  d'un  supplicié  ;  c'est,  du  reste,  la  seule  portion  du 
tube  digestif  dans  laquelle  on  ait  trouvé  de  l'oxygène  à  l'état 
normal.  Il  yen  avait  11  pour  100.  Il  était  mêlé  d'hydrogène, 
d*azote  et  d'acide  carbonique  (1). 


État  Mot  toyl  on  titrava  l'ozjgAa*  âmnê  IV 

609.  — L*oxygène  existe  dans  le  sang  à  l'état  de  diêsolu' 
tion. 

Les  globules ,  la  fibrine  et  le  sérum  sont  les  trois  parties 
du  sang  susceptibles  de  dissoudre  ce  gaz.  C'est  dans  les  glo- 
bules qu'il  existe  dissous,  et  dont  il  faut  le  chasser  pour  l'ex- 
traire. Berzelius  a,  en  effet,  démontré  (2)  que  le  sérum  dissout 
fort  peu  d'oxygène,  tandis  que,  lorsqu'on  y  mêle  l'hématine, 
il  en  absorbe  une  quantité  bien  plus  considérable.  Magnus  a, 
en  outre,  montré  que  le  sang  dissout  une  bien  plus  grande 
quantité  d'oxygène  et  d'acide  carbonique  que  l'eau  pure  : 
ainsi  1000  volumes  d'eau  agités  et  saturés  d'air  dissolvent 
0  volumes  1/i  d'oxygène  (Gay-Lussac),  et  1000  volumes 
sang  dissolvent  100  à  ISO  volumes  d'oxygène  (3). 

Ainsi,  ce  n'est  donc  pas  le  sérum  qui  est  principalenr 
chargé  de  l'oxygène  que  contient  le  sang  :  ce  sont  surto 
globules,  fait  également  admis  par  Liebig  (i).  Le  fa 
être  précisé,  car  on  sait  que  certaines  solutions  salines 
bent  beaucoup  plus  de  gaz  que  le  même  volume  d'e 
(solution  de  phosphate  de  soude  et  acide  carbonir 
Or  il  aurait  pu  se  faire  que  la  dissolution  de  l'oxy 


(1)  Cbitiiul  (Uni  Blagendie ,  Note  sur  les  gaz  intesUtuïï 
%ain  (Someau  hvAlel%n  de  la  Soc,  pMomatiqMe,  Jaillet  1816, 

(2)  BnzELios,  ioc.  cit.,  édition  publiée  par  Vtleriui,  if 

(3)  Magnus,  loc.ctl.,  vol.  LXVI,  p.  177.  1846. 

(4)  liiKBiG,  NouveUes  kUres  sur  la  chmk^  trtd.  franc*)  i< 


ÉTAT  DE  l'oxygène  DANS  l'ORGANISME.        8S 

fait  de  ce  genre  ;  mais  rexpérience  de  Berzelius  montre  qu'il 
n'en  est  pas  ainsi. 

700.  —  Ce  n'est  pas  la  fibrine  du  sang  qui  dissout  Toxy- 
gène,  car  elle  existe  en  très  petite  quantité.  De  plus,  on  sait  que 
roxygène,  mis  au  contact  des  globules  devenus  moins  élas* 
tiques  par  absorption  d'acide  carbonique,  leur  fait  reprendre 
leur  élasticité  et  leur  consistance  propres  (1).  On  sait  aussi 
que,  dans  ce  cas,  et  même  sur  l'animal  vivant,  l'oxygène  fait 
disparaître  la  teinte  violette  des  globules,  pour  leur  donner  la 
coloration  rouge  vermeil.  Gomme  il  est  prouvé  que  l'absence 
d'acide  carbonique  ne  suffit  pas  pour  donner  aux  globules 
la  coulettr  vermeille  avec  toute  son  intensité,  il  faut  bien  ad- 
mettre que  les  globules  se  sont  pénétrés  et  imbibés  du  gaz 
oxygène,  dont  le  seul  contact  sur  la  surface  de  ceux-ci  ne 
sufiBrait  pas  pour  donner  lieu  à  cette  coloration,  ni  leur  rendre 
l'élasticité. 

Ainsi,  c'est  dans  les  corpuscules  solides  que  l'oxygène  est  dis- 
sous en  majeure  partie.  Ce  sont  eux  qui,  lorsqu'on  agite  le  sang 
dans  l'air,  empruntent  à  celui-ci  un  volume  d'oxygène  égal  au 
dixième  de  celui  du  sang;  le  sérum  en  contient  peut-être,  mais 
fort  peu,  car  il  en  dissout  tout  au  plus  autant  que  Teau.  Il  est 
probable,  même,  qu'une  fois  le  sang  hors  du  poumon,  les 
globules  dissolvent  tout  l'oxygène  que  tenait  en  dissolution  le 
sérum,  au  fur  et  à  mesure  que  le  gaz  devient  acide  carbonique 
dans  leur  épaisseur.  Dès  lors,  le  sérum  ne  tiendrait  plus  de  gaz 
en  dissolution.  L'expérience  prouve  que  l'augmentation, dans 
de  certaines  limites,  de  la  quanti  té  d'oxygène  dans  l'air  est  sans 
influence  sur  Tacte  respiratoire,  car  les  globules  n'en  dissol- 
vent jamais  que  la  quantité  qu'ils  ont  la  propriété  de  dis- 
soudre. MM.  Regnault  et  Reiset  (2)  ont  vu,  en  effet,  que  des 
animaux  qui  respiraient  dans  une  atmosphère  contenant  deux 
i  trois  fois  plus  d'oxygène  que  l'air  ordinaire  n'éprouvaient 

(1)  Douas,  Recherches  sur  le  sang  {Comptes  rendus  dos  séances  de  VÂcad.  des 
9(^meet  de  Paris.  In-4%  1846,  t.  XXII,  p.  908). 

(2)  Rbghault  et  Reiset,  Sur  la  respiralion  des  animaux  {Comptes  rendus 
des  séances  de  l'Académie  des  sciences  de  Paris,  ia-4*,  i*'  lemeslre  iS48, 
p.  S5-S6). 


3â      DES   PRINClPEd  IMMÉDIATS   EN   PABTICULIER.    1'"   CLASSE. 

aucun  malaise,  et  les  produits  expirés  étaient  les  mêmes  qo*i 
rélat  normal,  pendant  vingt-deux  à  ri ngt-quatre  heures  que 
dura  l'expérience. 

La  diminution,  dans  certaines  limites,  de  la  quantité 
d'oxygène  introduit  dans  le  poumon  est  également  sans  in- 
fluence sur  la  respiration  ;  car  les  globules  s'emparent  de 
tout  l'oxygène  qu'ils  peuvent  prendre  tant  qu'il  y  en  a  dans 
l'air,  pourvu,  comme  nous  le  verrons  bientôt,  qu'il  n'y  ait 
pas  trop  d'acide  carbonique.  Ainsi  on  sait  que  la  respiration 
est  la  même  sur  les  plateaux  élevés  de  l'Amérique  centrale 
que  sur  les  bords  de  la  mer.  C'est  ce  que  prouve  ce  fait,  mis 
en  relief  par  Liebig,  que  dans  la  ville  de  Puno,  qui  renferme 
12,000  habitants,  et  dans  celle  de  Potosi,  qui  en  a  50,000,  et 
sont  situées  i  i,000  mètres  au-dessus  du  niveau  de  la  mer, 
la  quantité  d'oxygène  qui  pénètre  dans  le  poumon  i  chaque 
inspiration  est  égale  seulement  aux  deux  tiers,  ou  un  peu 
plus,  de  la  quantité  d'oxygène  qu'y  introduisent  les  habi- 
tants des  côtes  de  l'Océan. 

701.  —  L'oxygène  dissous  par  le  sang  peut  être  déplacé 
par  un  gaz  inactif  comme  l'hydrogène  ou  l'azote.  Il  peut  être 
déplacé  par  l'acide  carbonique  même.  Ainsi  Magnus  a  montré 
que  le  sang  artériel ,  saturé  au  sortir  des  vaisseaux  par  de 
l'acide  carbonique,  cèdede  l'oxygène,  pendant  cette  saturation 
plus  de  10  pour  100  de  son  volume.  L'oxygène  peut  égalemer 
ainsi  que  nous  l'avons  vu ,  chasser  l'acide  carbonique  e' 
prendre  la  place.  Mais  la  présence  de  l'acide  carbonique  < 
Fair  entrave  le  déplacement  de  celui  du  sang  par  l'oxyp 
Si  l'air  renferme  plus  d'acide  carbonique  qu'a   Yordi 
c'est  l'oxygène  du  sang  qui  tend  à  être  déplacé.  Air 
Liebig,  lorsque  la  quantité  habituelle  d'acide  carb 
augmente  dans  l'air,  l'absorption  d'oxygène  en  est  e 
lors  même  que  la  proportion  de  cet  oxygène  ne  ch; 
Mais  les  expériences  déjà  citées  de  MM.  Regnault 
montrent  que,  si  l'on  augmente  dans  l'air  la  quant' 
gène  en  même  temps  qu'augmente  la  quantité  f 
effet  de  l'accroissement  de  quantité  de  ce  demie 


ÉTAT  DE  L*OXYGÈNE  DANS  l'ORGANISME.        36 

lise.  Ainsi,  des  animaux  n'ont  rien  éprouvé  de  fâcheux  en 
respirant  pendant  vingt-deux  à  vingt-six  heures  dans  une 
atmosphère  contenant  17  à  28  pour  100  d*acide  carbonique, 
mais  aussi  1 1/2  à  2  fois  plus  d*oxygéne  que  Tair  normal. 

702. —  L'oxygène  est  dissous  par  les  globules  ;  ce  qui  veut 
dire  que,  dans  cet  acte  de  flxalion  de  Toxygène,  il  y  a  corn- 
hinaisony  et  non  pas  simple  mélange  ou  absorption  par  im- 
bibition  physique.  (Voyez,  pour  les  dissolutions,  1. 1*',  p.  àkk 
et  SQÎv.) 

Il  y  a  deux  opinions  contraires  sur  l'état  dans  lequel  l'oxy- 
gène se  trouve  dans  le  sang  :  1*  l'oxygène  serait  simplement 
absorbé  par  mélange  physique,  ou  absorbé,  comme  on  dit  ; 
2*  il  serait  dans  le  sang  à  l'état  de  dissolution. 

L'élimination  du  gaz  oxygène  par  un  excès  de  gaz  carbo- 
nique serait  pour  quelques  auteurs  une  preuve  évidente  que 
cet  oxygène  n'est  pas  chimiquement  combiné SL\ec\e  sang,  mais 
qu'il  y  est  simplement  absorbé  physiquement.  Mais  les  faits 
précédemment  indiqués  montrent  que  la  faculté  de  dissolu- 
tion de  l'oxygène  par  le  sang  ne  change  pas  avec  la  pression, 
qu'elle  en  est  indépendante.  Or,  il  n'en  est  pas  ainsi  dans  les 
cas  où  un  gaz  est  seulement  physiquement  absorbé  par  un 
liquide.  Dans  tous  les  cas  où  un  gaz  est  contenu  dans  un 
liquide  simplement  à  l'état  absorbé,  et  non  en  combinaison 
chimique,  dit  Liebig,  la  quantité  de  gaz  absorbé  ne  dépend 
absolument  que  de  la  pression  extérieure;  elle  augmente  ou 
diminue  à  mesure  que  cette  pression  augmente  ou  diminue. 
n  faut  donc  admettre  que  cette  faculté  de  dissoudre  l'oxy- 
gène c  est  due  à  une  attraction  chimique  ayant  pour  eflet  de 
produire  dans  le  sang  une  combinaison  chimique  (1).  » 

703.  —  Dans  le  poumon  et  dans  l'intestin,  l'oxygène  existe 
à  l'état  gazeux ,  mélangé  aux  autres  gaz. 

704.  —  L'oxygène  a  pour  caractère  d'ordre  organique  de 
concourir  à  constituer  la  substance  organisée,  ce  qui  est  une 
des  conditions  d'existence  de  l'organisme,  par  suite  de  possi- 
bilité d'une  relation  entre  l'être  et  le  milieu  ambiant.  Il  est 

(1)  Luno,  iMttns,  IS59,  îa^8,  ^  S7. 


30      DES  PRINCIPES  mMÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1'*  CLASSE. 

à  remarquer  aussi  que  c*est  une  liumeur,  le  sang ,  qui  en 
renferme  surtout  ;  ce  qui  est  en  rapport  avec  ce  fait  général, 
que  les  humeurs  ont  pour  usage  général  d'établir  une  rela- 
lion  entre  l'économie  et  les  corps  extérieurs. 

Oxygène  dans  Icf  eondiUont  pAtbologK|Qec. 

706.  —  Au  point  de  vue  morbide,  on  peut  reconnaître  que 
Toxygène  contenu  dans  le  sang  doit  varier  de  quantité.  Mais 
on  manque  d'expériences  directes  à  cet  égard.  Comme  l'acide 
carbonique  expiré,  au  lieu  de  varier  entre  8  et  6  pour  100,  peut 
descendre  à  1  et  monter  à  8  pour  100,  suivant  les  états  patho- 
logiques, on  peut  en  conclure  que  l'oxygène  varie  également 
de  quantité,  puisqu'il  y  a,  pendant  l'état  normal,  une  cer- 
taine relation  entre  la  quantité  d'oxygène  absorbé  et  celle 
d'acide  carbonique  rejeté.  Il  doit  en  être  de  même  pour  les 
variations  suivant  les  âges  et  les  sexes. 

On  trouve  de  l'oxygène  dans  l'intestin ,  mêlé  à  d'autres 
gaz,  soit  chez  l'homme  malade,  soit  chez  les  animaux.  La 
quantité  est,  chez  l'homme,  de  2  a  8  pour  100  dans  l'esto- 
mac ;  une  fois,  elle  était  de  13  pour  100.  Dans  le  gros  intes- 
tin, elle  n'est  que  de  2  a  8  pour  100.  D  y  en  a  plus  souvent 
dans  l'estomac  que  dans  l'intestin.  Il  est  mêlé  d'acide  carbo- 
nique, d'hydrogène  et  de  carbures  et  sulfures  d'hydrogène. 
Il  disparaît  ordinairement  vers  le  commencement  de  Tintes- 
tin  grêle ,  on  ne  le  trouve  que  dans  Testomac  et  le  gros  in- 
testin. Une  seule  fois  sur  cinquante-quatre,  l'intestin  grêle  eo 
contenait  (1).  M.  Lassaigne  en  a  trouvé  li,7  pour  100  dam 
le  gaz  de  la  panse  d'une  vache  météorisée  ;  il  était  mêlé  i 
du  protoxyde  d'azote,  de  l'acide  carbonique  et  des  caii)uret 
d'hydrogène  (2). 

Origine  de  Poiygéa«  dm  réeoaooiie. 

706.  —  Tout  l'oxygène  du  corps  vient  de  l'air  qui  ne 
environne.  L*oxygène  du  poumon  tire  son  origine  de  Tatr 

(1}  GwfBUV»  RmAerchês  sur  la  gaz  de  Vestomae  H  des  inleiM 
à  r^al  dtwaMif  (/<mni.  d$  Oùmie  médk.,  1839, 1.  V,  |i.  f 
JmhmI  dithimkmmc.^  1830, 1.  VI,  p.  S97. 


ORIGINE  DE  L^OXYGfeNE  DE  l'oRGàNISME.  37 

phère;]  mais  celui  qui  pénètre  pendant  Vinspiration  n*y  re- 
tourne pas  en  totalité  :  il  en  reste  A  à  6  pour  100  dans  le 
corps, 

L*oxygène  du  sang  vient  du  poumon  ;  la  peau  en  absorbe 
aussi  un  peu  chez  Thomme:  1/50*  ou  1/60*  de  ce  que  prend  le 
poumon  ;  mais  chez  les  batraciens  et  les  animaux  inférieurs, 
la  proportion  est  bien  plus  considérable.  G*est  au  sang  que  les 
gaz  bronchiques  cèdent  A  à  6  pour  100  de  leur  oxygène.  Cette 
quantité  est  remplacée  par  un  volume  d'acide  carbonique  égal 
i  un  quart  ou  à  un  cinquième  près  (1).  C'est  pour  cela  que  nous 
expirons  un  volume  de  gaz  qui  n'est  pas  tout  à  fait  égal  i 
celui  que  nous  avons  inspiré.  Il  y  a  perte  d'oxygène  pour  le 
milieu  ambiant.  Celui-ci  deviendrait  donc,  au  bout  d'un  cer* 
tain  temps,  impropre  à  la  respiration,  et,  par  suite,  à  la  vie, 
si  l'acte  respiratoire  des  plantes  vertes  n'avait  un  résultat 
inverse  de  celui  des  animaux.  Elles  prennent  de  l'acide  car- 
bonique et  rejettent  de  l'oxygène.  Ainsi  les  plantes  sont  une 
des  conditions  d'existence  des  animaux ,  non  seulement  au 
point  de  vue  de  l'acte  alimentaire,  mais  d'abord,  et  plus  né- 
cessairement,  sous  le  rapport  de  la  respiration. 

Il  y  a  certainement  une  petite  quantité  d'air  mêlé  ou 
dissous  dans  les  aliments  et  à  la  salive,  qui  se  trouve  en- 
traîné dans  l'estomac  par  la  déglutition.  Peut-être  était-ce 
là  l'origine  de  celui  que  l'on  a  trouvé  à  l'état  normal. 
On  ne  sait  quelles  réactions  pourraient  donner  lieu  au  déga- 
gement de  ce  gaz  dans  l'intestin,  fait  admis  sans  preuves  par 
quelques  physiologistes.  Il  semble  que  dès  qu'il  y  a  des  gaz 
dans  l'intestin,  ils  doivent  s'échanger  par  endosmose  avec  ceux 
du  sang  ;  cependant,  souventles  gaz  intestinaux  ne  renferment 
pas  d'oxygène,  en  sorte  que  la  présence  de  ce  gaz  dans  l'esto- 
mac ou  l'intestin  grêle  n'est  pas  un  fait  purement  physique 
d'échange  avec  les  gaz  du  sang.  Quoiqu'on  ne  sache  pas  d'une 
manière  précise  d'où  vient  l'oxygène  intestinal,  comme  on  ne 
▼oit  pas  quelles  réactions  chimiques  pourraient  lui  donner 

(1)  RiGHAULT  et  Reiset,  Sur  laretpirat.des  animaux  [Comptai  rendui  det 
iétmc9S  de  V Académie  des  sciences  de  Paris,  1848,  t.  XXVI,  p.  17  et  iuiY.)< 


38      DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER,    l**  CLASSE. 

naissance,  le  fait  le  plus  probable  est  qu'il  vient  des  gas  du 
sang,  soit  par  endosmose,  pouvant  avoir  ou  ne  pas  avoir  lieu 
suivant  certaines  circonstances  encore  indéterminées.  Ainsi» 
on  est  encore  réduit  à  des  conjectures  sur  Torigiue  de  ce  |[az 
dans  rintestin;  mais  rien  n'est  positif. 

Vin  ou  disparition  de  l'oxygène. 

707.  —  Des  bronches,  Toxygène  passe  dans  le  saog,  dont 
les  globules  le  dissolvent.  C'est  de  cette  combinaison  très 
faible  ou  dissolution  dans  les  globules  qu'on  chasse  l'oxygène 
par  un  courant  d'un  autre  gaz,  ou  qu'on  l'extrait  en  faisant 
le  vide  sur  le  sang.  Cet  oxygène  dissous  se  combine  dans  le 
corps  ;  on  sait  que  sur  100  parties  en  poids,  7i  sont  rempla- 
cées au  dehors  par  de  l'acide  carbonique  (i).  On  ne  sait  pas 
encore  ce  que  devient  l'autre  quart  de  l'oxygène;  i  quels 
principes  il  se  combine,  à  quels  produits  il  donne  lieu.  On 
sait  actuellement  que  la  combinaison  de  l'oxygène  au  car- 
bone, ou  combustion,  n'a  pas  lieu  dans  le  poumon  seule* 
ment  et  instantanément;  que  le  poumon  n'est  pas  un  foyer 
de  combustion,  puisqu'on  trouve  de  l'oxygène  dans  le  sang 
de  toutes  les  parties  du  corps.  C'est  dans  toutes  les  parties 
du  corps  qu'il  se  fixe  que  la  combinaison  a  lieu. 

A  quels  principes  des  globules  se  combine  l'oxygène  dis- 
sous par  le  sang?  Il  est  possible  que  ce  soit  à  l'hématine.  En 
effet,  celle  qui  est  extraite  du  sang  artériel  se  dissout  dans 
Teau  avec  une  couleur  vermeille,  celle  qu'on  retire  du  sang 
veineux  donne  une  dissolution  rouge  brun  foncé.  U  y  a  donc 
une  différence  chimique  entre  ces  deux  hématines. 

Il  n'est  pas  dit  que  l'oxygène,  en  se  combinant  à  un  prin* 
cipe,  soit  immédiatement  remplacé  par  un  volume  égald'acidf 
carbonique  ou  d'eau,  et  qu'il  y  ait  ici  un  phénomène  direc 
de  combustion.  Nous  aurons  à  voir,  en  parlant  de  l'ac* 
carbonique,  quelle  est  son  origine  dans  le  sang,  d'où  il  vi 
Nous  n'avons  à  chercher  ici  que  le  lieu  où  l'oxygène  se  1 

L'oxygène  se  Bxe,  sinon  en  totalité,  au  moins  en  g' 

(1)  REGMAULTet  Reiset.'Joc.  cU.^  1848,  p.  23  à  26. 


ou  MODE  HE   riXATlON   DE  l'oXYGÈNE  DANS  L'^GONOMIE.      SO 

partie*  aux  substances  organiques.  Nous  avons  vu  déjà,  1. 1", 
p.  256,  que  peut-être  il  s*en  fixe  aux  corps  gras,  mais  le  fait 
est  nMMM  certain.  Absorber  et  fixer  de  l'oxygène  est  une  pro* 
priélé  de  toute  matière  organisée»  morte  ou  vivante,  ainsi 
que  Ta  démontré  Spallanzani. 

On  ne  sait  pas  encore  quel  composé  résulte  de  la  fixation 
de  l'oxygène  aux  substances  organiques  ;  on  ne  sait  pas  en 
quoi  les  caractères  de  l'espèce  se  trouvent  changés  par  suite 
de  cette  addition  de  l'oxygène. 

C'est  par  suite  de  cette  incertitude  qu'il  a  été  admis  que  cet 
oxygène  se  combine  au  carbone  de  ces  substances,  le  brftle, 
pour  faire  de  l'acide  carbonique  ;  car  il  se  dégage  en  effet, 
pendant  cette  absorption  d'oxygène,  une  quantité  propor- 
tionnelle de  gaz  carbonique.  Mais  dégager  de  l'acide  carbo- 
nique est  une  propriété  de  toute  matière  organisée  qu'elle 
manifeste  même  dans  le  vide  ou  au  contact  de  l'azote  et  de 
l'hydrogène,  avec  autant  d'intensité  que  dans  l'oxygène, 
ainsi  que  nous  le  verrons  plus  loin  en  pariant,  à  propos  de 
l'acide  carbonique,  des  expériences  de  Spallanzani. 

On  sait,  de  plus,  que  chez  les  animaux  la  quantité  d'oxy- 
gène absorbé  est  plus  grande  que  la  quantité  de  cet  élément 
que  renferme  l'acide  carbonique  rejeté.  Pour  se  rendre  compte 
de  la  disparition  de  cet  excès  d'oxygène,  on  est  obligé  de  sup- 
poser la  combustion  d'autres  corps,  d'après  ce  simple  fait  que 
ces  hypothèses  peuvent  rendre  raison  de  ce  qui  a  lieu,  mais 
sans  rien  apporter  d'expérimental  à  l'appui.  On  a  préféré  en- 
core faire  ces  hypothèses,  parce  que  l'expérience  de  Spal- 
lanzani ne  montre  pas  quelles  sont  les  espèces  nouvelles  de 
composée  qui  résultent  de  la  fixation  de  l'oxygène  par  les 
substances  organiques  ;  pour  la  comlnistion,  au  contraire,  les 
i^ullats  de  la  combinaison  se  trouvent  nettement  déterminés 
dans  la  généralité  des  cas  chimiques,  d'où  résultent  une  sim- 
plicité et  une  rigueur  scientifique  apparentes  quand  on  sup- 
l>ose  qu'il  en  est  de  même  dans  les  conditions  organiques 
spéciales  dont  nous  parlons. 

Mais  l'anatomiste,  qui  voit  d'une  part  entrer  de  l'oxygène 


AO      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EM  PARTICULIER.   1*^  dJUMS 

et  beaucoup  d'autres  espèces  de  corps  ;  qui,  d'autre  part, 
voit  sortir  de  plus  nombreuses  encore  ;  puis  qui,  entre 
deux  extrêmes,  voit  s'opérer  beaucoup  d'actes  chimiques  tant 
indirects  que  ^directs,  se  contente  de  chercher  quels  sont  les 
changements  apportés  aux  substances  organiques  par  cette 
fixation  d'oxygène  ;  il  se  borne  à  observer  quelles  sont  les 
espèces  qui  sortent,  puis  par  quels  passages  successifs  d'une 
espèce  â  une  autre  on  arrive  â  ces  dernières,  en  partant  des 
matériaux  qui  entrent.  Mais  comme  il  sait  expérimenter  sor 
les  corps  organisés  morts  et  vivants,  il  sait  attendre  les  ré- 
sultats, et  y  arrive  par  des  approximations  successives,  sans 
avoir  besoin  de  se  leurrer  par  des  hypothèses  chimiques  dont 
la  simplicité  est  trompeuse;  car  dans  leur  rigueur  absolue 
elles  ne  peuvent  nullement  se  mouler  sur  la  réalité,  et  'dès 
qu'on  veut  en  tirer  parti  pour  quelque  application  à  nos 
besoins  on  est  déçu  de  ses  espérances  ;  l'appui  qu'on  pensait 
trouver  en  elles  s'écroule. 

Sachons  donc  nous  borner  pour  le  présent  et  nous  contenter 
des  résultats  obtenus  par  Spallanzani  :  1»  absorber  de  l'oxy- 
gène  est  une  propriété  de  toute  matière  organisée,  et  même 
des  substances  organiques,  comme  la  fibrine  et  autres  prin* 
cipes  voisins  ;  2*  rejeter  de  l'acide  carbonique  est  une  autre 
propriété  de  toute  matière  organisée,  qu'elle  manifeste  même 
dans  le  vide.  Et  nous  verrons,  chemin  faisant,  le  parti  positif 
qu'on  en  peut  tirer,  quand  nous  aborderons  l'histoire  de  chaque 
principe.  Nous  finirons  par  voir  que  la  masse  des  principes 
qui  sortent  est  proportionnelle  à  celle  des  matériaux  qui 
entrent.  Nous  verrons  qu'en  se  bornant  â  constater  les  pro- 
priétés de  chaque  espèce  de  principes,  on  arrive  â  se  rendre 
compte  de  leur  formation  et  de  leur  destruction,  en  tant  qu'es- 
pèce, d'une  manière  plus  régulière  et  aussi  complète,  qu*er 
essayant  de  renverser  d'un  seul  coup  la  difficulté  trop  rée^ 
du  sujet  par  une  hypothèse  importée  de  la  chimie  dam 
biologie,  sans  s'inquiéter  des  dispositions  anatomiques  réel 
Le  résultat  sera  plus  long  et  plus  difficile  à  obtenir, 
plus  exact,  et  pourra  servir  d'appui  à  l'expérimentatir 


DO  MOMB  DE  FIXATION  DE  l'oXTGÈNE  DANS  l'ÉCONOMIE.      M 

Marchand  a  fait  voir  qu'en  faisant  traverser  du  sangpréala- 
Uement  privé  d'acide  carbonique  par  de  l'oxygène,  il  se  forme 
de  nouveau dugaz  carbonique,  dû,  suivant  lui,  àuneoxydation 
de  la  fibrine  (1).  Cette  expérience  devra  être  reprise  avec 
un  liquide  ne  contenant  que  des  globules ,  puisque  même 
seuls  ils  absorbent  de  l'oxygène.  Il  faudrait  les  faire  traverser 
par  un  courant  d'oxygène,  voir  s'il  se  forme  de  l'acide  car- 
bonique, calculer  le  poids  de  carbone  de  celui-ci  pour  con- 
stater s'ils  ont  été  privés  d'une  partie  du  leur. 

Le  sang,  au  sortir  du  poumon,  ne  contient  plus  ou  presque 
plus  du  sucre  qui  dans  le  foie  s'est  mêlé  à  lui;  il  a  sans 
doute  subi  la  catalyse  lactique.  Y  a-t-il  une  portion  de  l'oxy- 
gène employée  pour  faire  de  cet  acide  lactique ,  immédiate- 
ment combiné  à  des  bases,  de  l'eau  et  de  Tacide  carbonique? 
Le  fait  est  admis  par  plusieurs  chimistes  (2),  mais  on  ne  sait 
pas  encoresi  l'acide  lactique  des  lactates  se  combine  facilement 
à  l'oxygène.  Il  resterait  à  disposer  des  expériences  dans  le 
but  de  confirmer  ou  d'infirmer  cette  hypothèse ,  qui  est  pos- 
sible, mais  n'est  pas  encore  démontrée. 

n  se  peut  encore  que  l'oxygène  se  combine  aux  corps  gras 
du  sang,  comme  il  le  fait  avec  les  mêmes  corps  extraits  de 
l'organisme,  et  que  ce  soit  ainsi  que  se  brûlent  ces  principes  ; 
mais  ce  n'est  pas  là  le  seul  mode  de  disparition  de  l'oxygène, 
n  y  a  trop  peu  de  ces  substances  dans  le  sang  pour  qu'elles 
puissent  suffire  à  fournir  du  carbone  à  tout  l'oxygène  qui  sort 
à  l'état  de  gaz  carbonique.  C'est,  du  resXe,  encore  par  hypo- 
thèse qu'on  admet  cette  combustion  des  corps  gras. 

708.  —  Ainsi,  en  résumé^  l'oxygène  est  dissous  par  les 
globules  du  sang,  et  remplacé  au  dehors  par  une  quantité 
d'acide  carbonique  équivalente  en  moyenne  à  un  quart  près 
chez  l'homme.  Mais  il  n'y  a  pas  la  moindre  connexion  chi- 
mique immédiate  entre  ces  deux  phénomènes.  Cet  oxygène  se 
combine  ensuite  à  des  substances  organiques  dont  nous  ne 

(1}  Marchand»  Journal  ftàrprakt.  Chemie^  1847,  t.  XXXV,  p.  385. 
(3)  Dumas,  Leçons  sur  la  sialique  chimique  des  élres  orgqnnù^s.  Parit, 
1841,  in-r. 


ki      DES   rftl!iaPES  IWIÉMATS  EK   PARTICIIUBR.   1"*  CLâttS. 

coiiDaissons  pas  les  espèces  ;  il  eii  résulte  la  fonnâlioii  d'au- 
tres principes  qui  âont  sans  doute  du  nombre  de  ceux  extraits 
du  cor|)s ,  mais  nous  ne  savons  au  juste  lesquels.  Prohable- 
ment  ils  sont  nombreux.  Nais  rien  ne  proure  qu'il  y  ail 
formation  immédiate  d'acide  carbonique  au  moment  de  cette 
fixation  de  Toxygène  à  Tétat  de  combinaison.  On  a  pria  la 
coïncidence  comme  indiquant  une  relation  directe  d'effet  i 
caubc,  qui  n'existe  pas,  ce  que  les  progrés  de  la  physiologie 
montrent  chaque  jour.  Nous  verrons  en  effet,  plus  tard,  que 
M.  Regnault  a  constaté  que  c*est  surtout  sous  l'influence  du 
régime  alimentaire  que  varie  la  proportion  d'acide  exhalé. 
La  quantité  d'oxygène  dissous  pendant  la  respiration  restant 
la  mémo,  celle  de  l'acide  carbonique  rejeté  dans  le  même  es- 
pace de  temps  peut  devenir  égale  ou  même  plus  grande  que 
celle  du  premier  de  ces  corps  ;  en  sorte  qu'il  sort  du  eorpa, 
à  l'état  d'acide  carbonique,  plus  du  corps  simple  appelé 
oxygène  qu'il  ne  pénètre  de  cet  élément.  C'est  chez  les  ani- 
maux nourris  d'amylacés  et  de  graines  que  s'observe  ce  fait; 
et  S!  on  les  prive  d'aliments,  la  quantité  d'acide  carbonique 
rejeté  devient  proportionnelle  à  celle  de  l'oxygène  coaune 
chez  les  carnivores,  mais  toujours  dans  le  rapport  de  0,76 
d'acide  pour  1  d'oxygène. 

Ainsi  nous  ignorons  encore  tout  ce  qui  se  passe  entre  le 
fait  de  dissolution  de  l'oxygène  par  les  globules,  et  celui  de 
sortie  de  l'acide  carbonique  de  ces  mêmes  globules  quand 
pénètre  l'oxygène. 

WLMm  dfMMriqve,  ou  mHm  qiM  ^éf eate  l*oxygéa«  dam  l'éooiuMÛe. 


709.  —  Le  rôle  que  joue  Toiygène  dans  les  bronches  est  porement 
canique.  Dans  les  terminaisons  bronchiques  il  pénèu^  par  eodosnose  aa 
travers  des  parois  des  capillaires  ;  fait  dVndosmose  qui  a  lieu  de  la  pr 
de  Toiygènc  au  travers  de  toutes  les  membranes  humides. 

Dans  le  sang,  Toxygène  devient  liquide  ;  il  se  dissout.  Ce  sont  les  g 
bulcs  qui  le  dissolvent,  ainsi  que  nous  Tavons  vu;  la  quantité  prise  pr 
sérum  est  insignifiante.  Les  globales  prennent  Toxygène  avec  tme  ér 
extrême  ;  ceux  qui  occupent  la  surface  du  liquide  sanguin  8*empa 


ACRS  QUB  PRÉSBNTB   l'OXYGÈNE   DANS   l'ÉCONOMIE.         AS 

tout  ToiyEtee  de  l^air,  et  ne  laissent  parrenir  ft  ceux  qni  sont  placés  aa- 
deaaovs  dVm  qu'une  liqueur  impropre  fii  les  artérialiser  (1). 

Cet  oxyg^ne  a  pour  effet  de  leur  conserfer  leur  élasticité,  leur  fermeté; 
fl  les  cmpéciie  ainsi  de  traverser  le  filtre  de  papier.  Privé  de  ce  gat,  ils 
dericBncat  mont  et  diAuents,  Il  faut  du  reste,  pour  cela,  qnUs  soient 
placés  dus  le  sérum  ou  des  sels  qui  ne  les  altèrent  pas  :  tels  sont  leé  sels 
idcalina  neutres,  moins  les  chlorures.  En  même  temps  11  donne  instantané- 
ment aux  globules  tonte  Tintensité  de  leur  coloration  Tenneille.  Ce  fait 
est  dû  en  partie  à  Texpulsion  de  Taclde  carbonique  par  Toxygène,  car  les 
globnies  deTlennent  déjà  un  peu  plus  rouges  par  simple  expulsion  de  cet 
acide  à  Taide  de  Tazote,  etc.;  mais  il  est  dû  surtout  à  la  présence  de  VojJ- 
gène,  car  le  sang  artériel  contient  plus  d*aclde  carbonique  que  le  sang 
▼elneux  ;  en  même  temps  aussi  il  contient  bien  plus  d'oxygène  (2).  GVst 
ce  qu'on  appelle  artérialîsatlon  des  globules  ou  du  sang. 

7i0. — Aux  phénomènes  de  dissolution  et  de  combinaison  de  Toxygène 
dans  Péconomie  correspondent  des  phénomènes  d'élévation  de  tempéra- 
tare.  D'après  Marchand  (3),  toutes  les  fois  que  le  sang  dissout  de  l'oxygène, 
sa  tenpénture  s'élève  de  1  degré. 

Tovtes  les  Ms  quHI  y  a  diminution  de  la  quantité  d'oxygène  absori)é 
os  voit  peu  à  peu  la  température  du  corps  s'abaisser,  et  réciproquement  ; 
il  y  a ,  en  un  mot ,  une  certaine  corrélation  entre  ces  deux  phénomènes. 
Aussi  lorsque  Lavoisler  eut  hix  connaître  qull  y  a  dans  le  poumon  ab- 
sorption dVnygène  avec  exhalation  d'acide  carbonique,  faits  canicté- 
liitiques  de  la  combustion  ,  il  parut  bien  évident  que  la  production  de 
chnlenr  dans  le  corps  était  le  résultat  de  cette  combustion.  Il  ne  faut,  par 
conséquent,  pas  être  étonné  de  voir  la  plupart  des  auteurs  s'efforcer  de 
iBontrer  q«e  la  quantité  d^oxygène  absorbé  en  un  temps  donné,  en  la  sup- 
posant bréler  avec  du  carlKme  et  de  l'hydrogène,  produbuit  une  quan- 
tité de  chaleur  suffisante  pour  maintenir  le  corps  à  la  température  de 
37  degrés  pendant  le  même  temps. 

711.  —  Nous  avons  vu  que,  par  suite  de  la  propriété  dont  jouissent  les 
substances  organiques  de  rejeter  de  Tacide  carbonique  lorsqu^lles  sont 
dans  l'aaote  ou  Thydrogène  aussi  bien  que  dans  l'air,  on  ne  sait  pas  si  c'est 
an  carbone  que  se  combine  l'oxygène  qu'elles  absoriMnt. 

La  nature  de  l'acte  chimique  qui  a  lieu  lors  de  cette  combinaison  ne 
peut  donc  pas  être  déterminée ,  à  moins  de  vouloir  donner  le  nom  de 
combustion  k  tous  les  actes  moléculaires  dans  lesquels  il  y  a  combinaison 
de  l'oxygène  à  un  autre  corps.  Peu  Importe ,  du  reste ,  sur  ce  point  de 

(1)  Dumas,  Recherches  sur  le  sang  (jComples  rendus  de  l'Acad,  des  sckncet, 
1846,  i.  XXII,  p.  908). 
()]  UAQtms,  Annalen  derPhysik  und  Chemief  1837. 
(3)  llAacBAMD,  loc.  ciLy  1847. 


hi     DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EM   PARTICULIER,   l'*  CLA88B. 

détail.  On  sait  que  l*absorption  d^oxygène  donne  lieu  à  on  dégagement  de 
chaleur  ;  sa  fixation  ou  combinaison  aux  substances  organisées  unèM 
toujours  une  éléf  ation  de  température. 

La  quantité  de  chaleur  ainsi  déTeloppée  par  la  masse  d'oxygène  llxét 
chaque  Jour  est-elle  proportionnelle  à  celle  que  nécessitent  chaque  Jov 
TéTaporation  de  Teau  qui  s'échappe  du  corps,  le  passage  à  Tétat  gaMiB 
de  Faclde  carbonique  dissous  dans  le  sang»  et  à  la  quantité  que  nous  cé< 
dons  chaque  jour  aux  corps  ambiants?  En  d'autres  termes,  la  quantité  de 
chaleur  produite  chaque  jour  par  l'organisme  est-elle  uniquement  le 
résultat  de  la  combinaison  de  l'oxygène  au  carbone  et  à  l'hydrogène,  pnr 
exemple? 

11  y  a  une  relation  entre  la  quantité  de  chaleur  produite  dans  l'écononiie 
et  celle  d'oxygène  consommé.  La  démonstration  de  ce  fait  se  trouve  dans 
les  Tariations  que  la  quantité  absorbée  de  ce  gax  subit,  selon  que  les  dr« 
constances  l'exigent  pour  entretenir  la  constance  de  la  température  propre. 
Ainsi,  dans  des  temps  égaux,  la  quantité  d'oxygène  consommée  par  le 
même  animal  est  d'autant  plus  grande  que  la  température  ambiante  est 
moins  élevée.  Elle  est  également  plus  grande  quand  l'azote  de  son  atmoe* 
phère  est  remplacé  artificiellement  par  de  l'hydrogène ,  dont  le  pouvoir 
refroidissant  relatif  est  beaucoup  plus  considérable  que  celui  du  premier» 
C'est  pour  cela  encore,  dit  M.  Regnault,  que  les  animaux  de  même  classe 
consomment  dans  un  temps  donné  une  quantité  d'oxygène  d'autant  plus 
grande  relativement  à  leur  masse  qu'ils  sont  plus  petits  ;  la  déperdition  de 
chaleur  par  leur  surface  externe  étant  proportionnellement  beaucoup  plus 
considérable  dans  les  petits  que  dans  les  gros.  Par  exemple,  la  consommi- 
tion  de  l'oxygène  calculée  pour  100  grammes  de  la  substance  du  corps  est 
dix  fois  plus  forte  chez  les  moineaux  que  chez  les  poules.  Ainsi  donc  il 
est  incontestable  qu'il  y  a  une  relation  entre  la  quantité  de  chaleur  pro- 
duite dans  l'économie  et  celle  d'oxygène  consommée  ;  mais  cela  indique 
seulement  qu'il  y  a  une  relation  entre  cette  quantité  de  chaleur  produite 
et  le  mouvement  d'entrée  et  de  sortie  des  principes  immédiats,  dont  l'oxy- 
gène est  un,  l'acide  carbonique  un  autre,  etc.,  etc.  Car  il  est  bien  certain 
que  si  l'on  prenait  tout  autre  prhicipe ,  que  s'il  y  avait  d'autres  tsçèCM 
aussi  faciles  à  suivre  dans  leurs  différents  actes,  on  trouverait  aussi  cette 
relation  entre  la  quantité  de  chacune  d'elles  produite  ou  consommée  et  li 
quantité  de  chaleur  dégagée.  Mais  quant  à  vouloir  conclure  de  la  corrélatiol 
précédente  que  toute  la  dialeor  produite  est  due  à  une  combustion  d*or 
gène,  il  est  facile  de  voir  qu'on  ne  saurait  s'arr(^ter  à  un  point  de  v 
étroit,  qui  ne  prend  en  considération  qu'un  seul  principe  immédiat, 
veut  dire  que ,  pour  entretenir  la  constance  de  la  température  prc 
il  faut  que  tous  les  principes,  et  non  pas  l'oxygène  seul,  pénètrent  e 
grande  proportion  ;  il  faut  que  tous  les  principes  sortent  en  pluf 
proportion,  et  non  pas  seulement  l'acide  carbonique. 


ACTES  QUE  PRÉSENTE  L*OXYGÈNE  DANS  L*ÉC0N01IIE.        A6 

Nous  coiidaroDS,en  un  mot,  à  cet  égard,  ave:  M.  Regnault,  par  les  mots 
solTaiils:*  On  a  admis,  pendant  longtemps  (et  beaucoup  de  diimistes 
admettent  encore),  que  la  chaleur  dégagée  par  un  animal  dans  un  temps 
donné  est  précisément  égale  à  celle  que  produirait,  par  une  combustion 
vive  dans  Toxygène,  le  carbone  contenu  dans  Tacide  carbonique  produit 
et  l'hydrogène  qui  formerait  de  Teau  avec  la  portion  de  Toxygène  con- 
sommé qui  ne  se  trouve  pas  dans  Tadde  carbonique.  Il  est  très  probable 
que  la  chaleor  animale  est  produite  entièrement  par  les  réactions  chimi- 
ques qui  se  passent  dans  l'économie  ;  mais  le  phénomène  est  trop  com- 
pleie  pour  qu'on  puisse  le  calculer  d'après  la  quantité  d'oxygène  con- 
sommé (i).  » 

712.  —  L'oxygène  dans  le  sang  est  une  des  conditions  d'existence  des 
animaux.  Sans  lui  ils  meurent.  Mais  l'azote  de  l'air  est  aussi  une  condi- 
tion d'existence  ;  car  l'oxygène  pur  ne  peut  suffire  à  la  respiration  ;  bien 
qufl  ne  cause  pas  une  inflammation  des  poumons,  comme  on  l'a  cru,  en 
raison  de  la  prétendue  combustion  pulmonaire  par  l'oxygène,  il  finit  par 
causer  de  l'agitation  et  du  malaise,  une  accélération  du  pouls.  Du  reste, 
les  expériences  à  cet  égard  n'ont  pas  été  faites  d'une  manière  très  suivie, 
très  régulière  ;  les  résultats  obtenus  varient  suivant  les  espèces  animales. 

L'azote  de  l'air  est  bien  une  condition  d'existence  aussi  ;  car  si  on  le 
remplace  par  une  égale  quantité  d'hydrogène,  les  animaux  tombent  dans 
la  somnolence  et  l'assoupissement  (2).  Du  reste,  aucun  symptôme  morbide 
ne  se  manifeste,  mais  il  reste  à  voir  quelles  sont  les  modifications  prin- 
cipales qui  surviennent  dans  les  phénomènes  de  nutrition ,  etc.  Déjà 
MM.  Regnault  et  Reiset  ont  vu  des  animaux  vivre  longtemps  sans  malaise 
apparent  dans  de  pareilles  atmosphères  et  les  produits  de  la  respiration 
ont  été  les  mêmes  que  dans  l'air  (3). 

7i3.  —  Si  nous  considérions  les  phénomènes  de  chaleur,  lumière,  élec- 
tricité présentés  par  les  animaux,  comme  dus  à  un  fluide,  fût-il  impon- 
déraUe  ;  si  son  existence,  au  lieu  d'être  simplement  admise  par  hypothèse, 
était  constatée ,  nous  devrions  étudier  ces  fluides  au  même  titre  qu'un 
principe  quelconque.  Nous  devrions  étudier  la  chaleur  dégagée  dans  le 
corps  au  même  titre  que  nous  étudierons  bientôt  l'acide  carbonique  qui 
s^  forme.  Cest-à-dhre  que  nous  l'étudierions  comme  un  produit  résul" 
UU  de  l'action  mutuelle  d'un  ensemble  de  substances.  Mais  comme  le 
degré  plus  ou  moins  élevé  de  température  n'est  qu'un  eut  des  corps 
personnifié  sous  le  nom  de  fluide  calorifique ,  calorique ,  chaleur ^  etc.; 

(1)  Regnault,  Cours  élémentaire  de  chimie,  in-18.  Paris,  1850,  t.  II, 
p.  868. 

(2)  Allem  et  Pepts,  Philosophical  iransaclions,  i808,  p.  2G9,  et  1809, 
p.  410.  — Beizelius,  loc.  cit.,  1838,  p.  556,  expértcncc  sur  une  Jeune  fille. 

(3)  RECHAtLT,  Cours  élémentaire  de  cMmte,  in-18,  1850,  p.  S6B.  — 
Rmrault  el  RtisBT,  loc.  cit.,  1848,  p.  26. 


&0      PES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1**  CLASSE. 

comme  dans  Téconomie  rélévaiion  de  température  n'est  pis  uns  ffo^ 
duction  de  quelque  chose,  mot  qui  veut  dire  formation  ou  naitêmcê 
d'uQ  corps;  comme  c'est  simpleuieai  uu  état  de  ces  corps  résultant  de 
Tactiou  mutuelle  de  toutes  les  parties  qui  les  constituent  les  unes  sur  les 
auU'es,  nous  n'aurons  pas  à  en  traiter  d'une  manière  spéciale. 

7i/i.  —  Ici  serait  le  moment  d'indiquer  les  procédés  à  suivre  pour 
étudier  l'oxygène  dans  le  poumon  et  le  sang,  mais  il  est  inutile  dek  f^n, 
car  ils  ne  présentent  rien  de  différent  de  ceux  suivis  pour  Tanalyse  des 
gax.  Les  particularités  relatives  aux  soins  k  prendre  pour  les  recuelilir 
sont  très  simples  ;  elles  varient  suivant  le  but  qu'on  se  propose  et  se  trms» 
vent  suffisamment  étudiées  dans  les  traités  de  diimie. 

BîstorMiiie. 

715.  —  li  ne  nous  reste,  pour  terminer,  qu'à  voir  par  quelles  phases 
successives  nos  connaissances  sur  l'oxygène  étudié  dans  rorganisme 
ont  passé  pour  arriver  uù  elles  en  sont  maintenant. 

Mayow(i),  le  premier,  observa  queroftice  des  poumons  était  de  séparer 
de  Fair,  et  d'unir  à  la  masse  du  sang  des  particules  d'un  certain  genre 
nécessaires  à  l'entretien  de  la  vie,  qu'il  appelle  nitro-<^iennes^  et  Tsir 
qui  sort  des  poumons  est  privé  de  ces  pai  ticules.  11  appelle  ces  particules 
nitr(Haérienne8^  parce  que  ses  expériences  lui  ont  montré  que  le  sel  de 
nltre  tire  son  origine,  partie  des  matières  terrestres,  partie  de  l'air  ;  parce 
que  le  nitre  excite  la  combustion  par  cette  portion  ignéo^érienne  on 
nitro-ciérienne^  laquelle  aussi  est  celle  qui  donne  à  Tesprit  de  nitre  sa 
nature  caustique  (p.  10  ù  16),  et  au  feu  sa  vertu  destruciive  (p.  21).  Ces 
particules  ignéo-aériennes  existent  dans  Tcsprit  acide  du  nitre,  etcousti- 
tuent  sa  partie  aériforme.  Ces  particules  ignéo  -  aériennes ,  niiro^ 
aériennes^  ou  du  sel  ignéo-ahien^  ne  sont  ni  acides,  ni  fixes  (p.  19).  la 
flamme  doit  sa  forme  principalement  à  cet  esprit  nitro-aérien  mis  en 
mouvement.  Ces  particules  nitro-aérien  nés  ne  sont  pas  moins  nécessaires 
que  les  particules  sulfureuses  pour  activer  le  feu  (p.  'JJ).  L'andmobie 
acquiert  la  vertu  diaphorétique  aussi  bien  par  la  flamme  du  nitre  dans 
lequel  les  particules  nitro-aériennes  sont  agglomérées  avec  plus  de  den* 
site,  que  par  l'esprit  de  nitre  et  les  rayons  solaires  rassemblés  à  l'aide  d'un 
miroir  brûlant.  En  acquérant  cette  vertu,  l'antimohie  augmente  de  j[>Oldir 
ce  qui,  dans  tous  ces  cas,  ne  peut  venir  que  des  particules  nitro-aérienn^ 
qui  se  sont  fixées  à  lui  pendant  la  calcinatlon,  et  non  des  particules  sul 

(1)  J.  Matow,  Traclalus  quinque  nhedico-physici,  Oionli,  in-12,  1674. 
Ouvrage  réédité  avec  ce  titre  :  J.  Mayow,  Opéra  omnia  medico-physica,  I 
taUbus  quinque  comprehensa,  Hag»  coroitum ,  in-lS,  1681,  p.  119, 
138,  264,  266.  Les  traités  De  respiratione  et  De  rachitide,  ln-8*'»avaf 
publiés  à  part  à  Oxford  en  1668,  et  à  Leyde  en  1771. 


OXYGÈNE.   —   IIISTORIQl'K.  A? 

reuaes  de  Textérieur, comme  le  veut  ropiniou  vul{;aire  (p.  24,  S5,  26).  Los 
liqaeun  addes  dlsiillées  du  boU  viemieut  de  ce  que  l'esprit  nitro-aérien 
86  cûml>iiie  intimement  avec  les  pariies  sulfurées  du  bols  (p.  33).  La  rouille 
du  fer  parait  être  produite  par  Taction  des  particules  nitro-aériennes 
avec  le  soufre  du  fer  métallique  (p.  35).  Le  vinaigre  est  produit  aussi  par 
Faction  de  Tesprit  nitro-aérien  (p.  35, 36).  Ces  particules  nitro-aériennes 
de  Mayow  ne  sont  autres,  comme  on  voit,  que  celles  de  Toxygène.  L'air 
qui  se  trouve  enfermé  dans  un  va^ie  où  il  y  a  du  fer  suspendu  au-dessus 
d^un  vase  plein  de  l'esprit  de  nitre  perd  sa  force  élastique,  car  Teau 
monte  quand  le  fer  s'altère  (p.  120).  L*air  inspiré  cède  au  sang  ses  parti- 
cules nitro-aériennes,  et  il  perd  de  la  même  manière  son  élasticité,  ainsi 
qu'on  le  voit  en  mettant  un  animal  sous  une  cloche  qui  baigne  dans  Peau  ; 
celle-ci  monte  bientôt,  et  l'air  devient  impropre  à  la  respiration  (p.  129). 
Cet  esprit  nitro-aérien,  mêlé  aux  parties  sulfuro-salines  du  sang,  excite 
en  lui  la  fermentation  vitale  (p.  i'i9j.  Le  cbaugement  du  sang  noir  ou  vei- 
neux en  sang  rouge,  qui  est  l'artériel,  comme  l'a  observé  Lower  dans  ses 
vivisections,  tient  moins  à  l'alternation  du  sang  dans  le  poumon  qu'à  son 
mélange  avec  l'air  ;  car  le  sang  de  la  surface  d'un  vase  qui  en  est  plein 
devient  rutilant  (p.  13).  L'incalesceiice  du  sang  vient  de  la  combinaison 
des  parties  nitro-aériennes  avec  les  parties  sulfuro-salines  du  sang  (p.  133). 
Les  animaux  s'écbaulfent  par  l'exercice,  parce  que  cela  excite  de  violents 
et  nombreux  mouvements  respiratoires,  d'où  résulte  introduction  de 
davantage  des  parties  nitro-aériennes  (p.  134). 

La  fièvre  naît  de  ce  que  trop  de  particules  nitro-aériennea  ayant  pénétré 
dans  le  sang,  l'ciïervescence  devient  trop  forte.  L'ulcère  du  poumon 
amène  la  fièvre  beciique,  parce  que  les  particules  nitro-aériennes,  mêlées 
au  pus,  déterminent  une  efifervescence  avec  cbaleur  (p.  140).  il  n'y  a, 
pour  cette  fermentation  des  parties  nitro-sulfurées,  aucun  ferment  dans 
le  cœur,  mais  l'esprit  nitro-aérien  seul  (p.  264).  Le  sang  de  l'embryon, 
porté  an  placenta  par  les  artères  ombilicales,  y  est  imprégné  non  seule- 
aMnt  de  suc  nourricier,  mais  des  particules  nitro-aériennes.  En  sorte 
qae  \t  placenta  est  non  pas  un  foie,  mais  bien  plutôt  un  poumon  utérin 

(p.  279}. 
Mestley  (1)  pensait  d'abord  que  le  sang  cédait  à  l'air  du  phlogistique  ; 

il  reconnut  ensuite  que  l'air  déphlogistiqué  (oxygène),  introduit  dans  le 
ponmon,  diminuait  de  quantité  à  chaque  inspiration. 

Lavoisier  démontra  qu'il  n'y  a  que  l'air  vital  d'absorbé  pendant  la  res- 
piration, et  pas  d'azote,  contrairement  à  ce  que  voulait  Prlestley.  La  dé- 
coinpoaitioo  de  cet  air  vital  donne  lieu  à  la  production  de  chaleur  animale, 
d'eau  et  acide  carbonique  (2). 

(1)  PiiBSTLET ,  Bxperkn.  and  observât,  of  diffèrent  kmds  of  air,  1775, 
ITMi  vol.  U,  p.  250. 

(2)  LATOisixa,  Expériences  swr  la  respirât,  des  anitnawp,  et  sur  les  chan- 


A8      DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1"  CLASSE. 

LaToisier  chercha  ensuite  à  déterminer  la  quantité  d'oxygène  abaorbë« 
et  émit  l'opinion  que  toutes  les  substances  expirées  se  forment  dans  k 
poumon  ;  c'est  là  où  ont  lien  tous  les  changements  subis  par  l'air.  Cdnl- 
ci  n'est  pas  absorbé  par  le  sang,  mais  il  se  combine  dans  le  poumon  aYCC 
l'hydrogène  carlx>né  que  laisse  exhaler  le  sang,  d'où  formation  d'eaa  et 
d'acide  carbonique.  Les  expériences  de  Lavoisier  et  Séguin,  faites  de 
1790  à  1792,  et  publiées  de  cette  époque  jusqu'en  ISiâ^  les  condoidrent 
à  admettre  que  nous  consommons  1600  pieds  cubes  d'air  vital  par  heure. 
De  cette  quantité,  8,6  pieds  cubes  sont  employés  à  former  de  l'acide  car- 
bonique, et  13,6  pieds  cubes  à  former  de  l'eau.  Il  se  dégagerait  un  vo- 
lume d'adde  carbonique  égal  à  celui  de  l'oxygène  absorbé.  Le  poids  dt 
l'eau  formée  serait  de  1  livre  7  onces  5  gros  20  grains.  Ils  comparent 
la  respiration  à  une  combustion  lente  ;  le  combustible  vient  du  aai^  (i). 
Menzies  pensa  avoir  prouvé  que  la  quantité  d'oxygène  absorbé  est  en 
raison  directe  de  celle  d'acide  carbonique  exhalé  et  de  chaleur  produite. 
Il  détermina  aussi  les  quantités  d'air  inspiré  et  expiré  dans  chaque  mou- 
vement (2). 

On  trouve  dans  un  mémoire  d'Hassenfratz  (3)  la  théorie  suivante,  pro- 
posée par  Lagrange  et  adoptée  par  le  premier.  Ils  pensent  que  l'oxygène 
qui  disparaît  se  combine  avec  le  sang  pendant  que  celui-ci  traverse  les 
poumons.  C'est  au  moment  où  s'opère  cette  combinaison  que  se  dégagent 
l'acide  carbonique  et  l'eau  qui  résultent  de  l'union  de  l'oxygène  au  car- 
bone et  à  l'hydrogène  du  sang.  Uassenfratz  fut  le  premier  à  conclure  de 
ses  propres  expériences,  que  c'est  pendant  la  circulation,  et  non  dans  le 
poumon  même,  que  l'oxygène  se  combine  au  carbone  et  à  l'hydrogène. 
Suivant  Gren  {U)^  c'est  par  l'union  de  l'oxygène  à  l'hydrogène  que  se  forme 
l'eau  que  nous  expirons,  laquelle  est  toute  de  nouvelle  formation.  Goodwin 
conclut  de  ses  expériences,  que  dans  la  respiration  une  certaine  quantité 

gementsqui  arrif)mU  à  l'air  m  panant  par  leurs  poumons  {Mémoires  deTÀeadé 
des  sciences ,  1777,  p.  185  ;  Mémoires  de  la  Soc.  de  médecine  de  PoHr,  178tf 
1783,  et  1789,  p.  569).  —  Lavoisibi  et  SiGuuf,  Mémoire  sur  la  respirai,  du 
animaux  (Mémoires  de  la  Soc.  de  médecine,  1789,  p.  566,  et  1791,  p.  SIS). 
—  LAvouua  et  Lâ?ulck,  Mémoire  sur  lachakur  (Mém.  del'Àcad.  des  eektut 
dePwrU,  in-4*,  1780,  p.  355. 

(1)  Lavouixi  etSiGOUT,  Mémoire  sur  la  respiration  et  sur  la  chaleur 
mole,  lu  eu  1790  {Ànn.  de  chimie,  1795,  t.  XXI,  p.  225).  —  Lavouif 
SÉGUIN,  Second  mémoire  sur  la  respiration,  lu  à  l'Acad.  des  se.  de  Pr 
21  février  1792  (ilnn.dd  chimie,  1791,  t.  XCI,  p.  318). 

(2)  Mehzies,   Tentamen  physicum  inaugurale  de  respiratkme^  '. 
sept.  1790,  et  Ann.  de  chimie,  1791,  t.  VIII,  p.  211. 

(3)  Hassenfbatz,  Mémoire  sur  la  combinaison  de  l'oxygène  avec  V 
et  l'hydrogène  du  sang  {Ann.  de  chimie,  1791,  t.  IX,  p.  201). 

(4)  Gben,  Expériences  sur  la  respiration  {Ann,  de  chimie,  17f 
p. 196. 


OXYGÈNE.    UISTORIQUE.  i9 

d^ozjgène  est  enlevée  à  Tair  et  se  trouve  remplacée  par  une  quantité 
^ale  d*adde  carbonique  (1).  Ce  fut  aussi  là  le  résultat  des  expériences  de 
l^nilanjEanl,  qui  ol)serva  que  toutes  les  parties  des  êtres  organisés,  morts 
comme  vivants»  absorl)ent  de  l'oxygène,  même  celui  qui  est  dissous  dans 
Peau»  et  à  Pair  par  Tintermédiaire  de  Teau,  quand  on  place  dans  un  tube 
nn  fragment  de  tissu  animal  recouvert  d'une  couche  d'eau  (2). 

Allen  et  Pepys  ont  donné  des  chiffres  peu  dilTérents  de  ceux  indiqués 
pins  baut,  et  ont  cru  que  Toxygène  absorbé  éuit  jusie  égal  en  volume  à 
celui  de  l^ackle  carbonique  rejeté,  d'où  ib  nient  la  combustion  de  l'hydro- 
gène (3).  Us  ont  vu  {U)  aussi  que  pendant  le  sommeil  il  y  a  moins  d'oxy- 
gène consommé,  et  moins  d'acide  carbonique  expiré,  que  pendant  qu'on 
prend  de  l'exercice.  C'est  Davy  (5)  qui  le  premier  a  fait  voir  qu'il  y  a  de 
3  à  A  1/2  pour  100  d'acide  carbonique  rejeté.  Nombre  d'auteurs  sont 
vennsdepois  conûrmer  ce  résultat  sans  rien  ajouter  d'important. 

Dulong,  le  premier  (6),  montra  que  dans  l'air  il  y  a  moins  d'acide  car- 
bonique rejeté  que  d'oxygène  absorbé,  et  que  la  différence  s'élève  à 
nn  dnquième,  en  général,  et  quelquefois  à  la  moitié  chez  les  carnivores, 
et  à  un  dixième  chez  les  herbivores.  Allen  et  Pepys  observèrent,  en  1827, 
des  laits  analogues  en  expérimentant  avec  l'oxygène  pur.  M.  Despretz 
arriva  au  même  résultat  que  Dulong  (7).  Enfin,  MM.  Regnault  et  Reiset 
ont  donné  plus  de  précision  à  ces  résultats  en  montrant  que  chez  les 
chiens,  sur  182sr*,28  d'oxygène  consommé  en  vingt-quatre  heures,  il  y  en 
a  185r*,96  d'acide  rejeté,  ce  qui,  pour  100  grammes,  donne  7/i8i'-,191 
d'oxygène  contenus  dans  cet  acide  carbonique,  et  25g<'.,809  restés  dans 
l'économie,  et  combinés  à  d'autres  principes  pour  être  rejetés  autrement; 
ainsi  il  n'y  a  que  les  trois  quarts  de  l'oxygène  qui  soient  rejetés  à  l'état 
d'acide  carbonique ,  l'autre  quart  s'en  va  autrement.  Chez  les  lapins,  sur 
ftl6r',29  d'oxygène  consommé  en  quarante-deux  heures,  il  y  a  iUSî^'fU^ 
d'acide  carlx>nique  produit;  ce  qui  donne,  pour  100  grammes  d'oxy- 
gène consommé,  91  grammes  contenus  dans  le  gaz  carbonique,  et  8  à 

(1)  GooDWiN,  La  connexion  de  la  vie  avec  la  respiration,  tradnci.  franc. 
par  J.-N.  Halié.  Paris,  1798,  in-8^ 

(2)  Sfallamiami,  Mémoires  sur  la  respiration,  traduits  en  français  d'après 
son  manuscrit  inédit,  par  Sennebier.  Genève,  an  xi,  in-d",  p.  78-353. 

(3)  Allen  et  Pepïs  ,  loc.  cit.,  1808.  —  Bibliothèque  britannique,  1809, 
t.XLII,  p.  195  et  306. 

(4)  Aller  et  Pefts,  Bibliolh.  brit.,  1810,  t.  XLV,  p.  334. 

(5)  JoBii  Davt,  An  account  of  some  experiments  on  animal  heat  {PhUosoph, 
frcMsad.,  1814,  vol.  CIV,p.  590). 

(6)  Dulorg,  De  la  chaleur  animale  (Ann,  dephys,  et  de  chimie,  1824,  1. 1, 
p.  440).  —  Rapport  sur  ce  travail  par  M.  Thénard  {Journal  de  physiol.  de 
Ifagendie,  t.  III,  1823). 

(7)  Dbspistz  ,  Rech.  expérkn.  iur  la  cause  de  la  chai,  anim,  {Ann  de 
phys.  et  de  Mmie,  1824,  t.  XXVI). 


^'*«*'.  î!  î^  do"^  «»»*  »'°°*  tu  dépota  UvoUler,  <»";  ;„,,^,im 
«'«rlp  ;  k  ce  qu'on  '"Prr'^yeWmlquc"»*"^  '1?  Leïporl 


epa»  i—  -  principe»  .- 

,cWmlq«e«'*"'"*'^,;„ii  est  porté 
parliez  de  l'économie  ou 


.m  {ail  dft  i  B^"*^*  ^  „„.ré  nue  le  «wW 

enfin.  Marchand  e  .  ,  vUV.P- *• 

Ïïr;.%Sq.;3^-:Vac«.  carton. -.n..-.^--     ' 

(6^  Bbarde,  on  tw  <^  Sat**»*»*^"  '  , 

„„d  Kohlensaur*  CPo99 
l_it,V.538\-     ,,,.  cU..  l«S»- 


oxtgIene.  historique,  hypothèse  de  la  co:hbi'stion.     si 

NOQ8  ayons  déjà  dit  comment  Liebig  a  montré  que  si  Pair  renferme  un 
éieèa  d^oiygène,  il  se  fixe  aux  globules  et  en  chasse  Tacide  carbonique  ; 
mais  ai  Pair  renferme  un  excès  de  ce  dernier,  c'est  au  contraire  Toxygène 
qui  est  déplacé;  enfin,  lorsque  ces  deux  gaz  sont  contenus  dans  Tair  en 
une  certaine  proportion,  ils  se  font  réciproquement  équilibre  (1). 

716.  —  Nous  afons  vu  que  Poxygène  se  fixe  aux  substances  organiques 
de  Téconomie  et  peut-être  aux  principes  des  matières  grasses ,  ce  qui  est 
âoateux.  Cette  combinaison  de  Toxygène  est  un  fait  expérimental.  Entre 
ce  fait,  odoi  de  Texpiration  de  Tacide  carbonique  et  celui  du  rejet  de  prin- 
cipes azotés  cristalllsables,  il  se  passe  beaucoup  d'autres  actes  chimiques 
reladfr  à  Tassimilation  et  à  la  désassimilation  de  ces  corps.  Pour  plusieurs 
de  ces  actes  nous  manquons  de  la  démonstration  expérimentale  de  leur  na- 
ture chimique,  et  nous  ne  connaissons  pas  les  espèces  qui  résultent  de  leur 
accomplissement.  Seulement  la  plupart  des  actes  chimiques  observés  dans 
Porganisme,  la  plupart  des  actes  chimiques  que  présentent  les  espèces  de 
composés  qui  en  forment  la  substance,  étant  des  actes  chimiques  dits  in- 
directs on  de  contact,  tout  porte  à  croire  queceux  dont  la  nature  n'est  pas 
déterminée  expérimentalement  sont  également  du  même  ordre.  Les  chi- 
mistes n*ont  jamais  pris  en  considération ,  au  point  de  vue  expérimental , 
qae  les  faits  extrêmes,  absorption  d'oxygène ,  exhalation  d'acide  carboni- 
que ;  Os  ont  négligé  les  laits  intermédiaires  qui  nécessitent  une  connaissance 
plus  approfondie  de  l'organisme  que  celle  qui  leur  est  habituelle.  A  la  place 
de  ces  fiilts  qn'on  ignorait  encore,  ils  ont  mis  l'hypothèse  de  la  combustion 
du  carbone  et  de  l'hydrogène  par  l'oxygène. 

I^ous  avons  vu  que  pendant  fort  longtemps  tous  les  expérimentateurs  ont 
admis  Phypotbèse  de  Lavoisier,  qui  faisait  simplement  combiner  l'oxygène 
aa  carbone  et  à  l'hydrogène  du  sang ,  d'où  acide  carbonique  et  eau  ;  mais 
sans  qa'on  s^inquiét&t  de  savoir  à  quels  principes  du  sang  étaient 
empruntés  ce  carbone  et  cet  hydrogène.  Il  n*y  eut  de  modifications  ap- 
portées que  celles  des  auteurs  qui ,  comme  Allen  et  Pepys,  crurent  trou- 
ver quH  y  avait  autant  d'acide  rejeté  que  d'oxygène  emprunté,  et  que,  par 
conséquent,  tout  l'oxygène  se  combinait  au  carbone,  et  pas  du  tout  à 
l^ydrogène. 

Dans  ces  dernières  années,  les  chimistes  ont  repris  l'hypothèse  de  Lavoi- 
sier. Ibont  admis  commedémontré^qucToxygène  se  combinait  directement 
au  carbone  et  à  l'hydrogène  du  sang  pour  faire  de  l'eau  et  de  l'acide  carbo- 
nique, d'après  ce  seul  fait  qu'il  se  dégage  de  l'acide  carbonique  plus  de  la 
chaleur  par  la  respiration,  et  qu'on  ne  voit  pas  comment  l'excès  d'oxygène 
absorbé  qui  ne  ressort  pas  du  poumon  à  l'état  d'acide  carbonique  pourrait 
disparaître  autrement  que  par  combinaison  à  l'hydrogène.  Liebig  s'ex- 

(1)  LiatiG,  Nouv,  leUrMiW  laehimk,  trad.  franc.,  1852,  in-18,  p.  87- 
88,  etc. 


62    DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.    1'*  CLASSE. 

prime  ainsi  sur  ce  sujet  :  «  Il  est  aisé  de  dire  ce  que  deviennent  les  10  à 
25  pour  iOO  d'oxygène  qui  semblent  disparaître  dans  la  respiration,  si  Toa 
songe  que  le  corps  des  animaux  ne  renferme,  outre  le  carbone  et  rbydro- 
gène,  qu*une  très  petite  quantité  de  soufre  comme  substance  susceptible  de 
se  brûler,  c'est-à-dire  de  se  combiner  avec  Toxygène.  Sans  aucun  doute,  la 
majeure  partie  sert  à  former  de  Teau.  On  n'a  qu'à  se  rappeler,  pour  en  avoir 
la  preuve,  la  disparition  de  la  graisse,  si  riche  en  hydrogène,  chez  les  in* 
dividus  qui  souffrent  de  la  faim,  ou  la  disparition  de  l'alcool  des  boissons 
spiritueuses  ingéréesdans  l'économie.  •  (Loc.  cit, ,  p.  96,1852.)  Ilsont  poussé 
cette  hypothèse  un  peu  plus  avant,  en  cherchantà  suivre  l'oxygène  dans  le 
sang,  pour  voir  à  quels  principes  il  emprunte  du  carbone  et  de  l'hydro- 
gène. Ils  en  ont  indiqué  quelques  unes,  et  sans  plus  d'examen,  sans  expé- 
rience directe ,  autre  que  les  analyses  comparées  des  aliments  introduits  et 
celles  des  substances  rejetées  par  les  urines  et  les  matières  fécales ,  on 
n'eniend  plus  parler  que  de  combustion  des  principes  gras,  des  priudpei 
azotés,  etc.,  comme  d'un  fait  des  mieux  démontrés.  Non  seulement  ce  aOnt 
les  chimistes  qui  parlent  des  substances  qui  se  brûlent  par  la  respiration  ; 
mais  encore  cette  hypothèse  a  été  adoptée  par  les  médecins,  et  pour  eux 
aussi  combustion  est  devenu  synonyme  de  respiration.  Ni  les  uns  ni  les 
autres  ne  disent  plus  que  l'adulte  rejette  une  plus  grande  quantité  d'adde 
carbonique  pendant  la  respiration,  en  vingt-quatre  heures,  que  l'enfant. 
Vous  devrez  dire,  suivant  eux,  que  l'adulte  brûle  plus  de  carbone  que  l'en- 
fant. Ces  expressions  se  conçoivent  encore  dans  la  bouche  de  ceux  qolt 
n'ayant  qu'une  idée  générale  de  la  constitution  de  l'organisme,  aussi  bien 
des  humeurs  que  des  solides,  ne  peuvent,  en  fait  d'hypothèses  sur  les  actes» 
même  nutritifs, qui  s'y  passent,  que  faire  des  suppositions  ne  se  moulant 
sur  ia  réalité  que  d'uue  manière  fort  éloignée.  On  peut  les  tolérer  de  la 
part  des  chimistes  cherchant  à  expliquer  à  leur  manière  des  actes  dont  Us 
ne  connaissent  qu'imparfaitement  les  conditions  d'accomplissement.  Mais 
ce  qui  peut  être  supporté  de  la  part  de  ceux  qui  cherchent  à  appliquer  d< 
force  les  explications  des  phénomènes  des  corps  bruts  aux  êtres  organisés, 
ne  saurait  être  pardonné  à  l'anatomiste,  au  physiologiste  ni  au  médecin  ; 
car  ils  connaissent,  on  sont  censés  connaître  l'état  des  parties  où  se  pas- 
sent ces  actes,  c'est-à-dire  les  conditions  d'accomplissement  de  ceux-d« 
jusque  dans  les  plus  minutieux  détails. 

Du  reste ,  et  naturellement ,  tous  les  chimistes  ne  sont  pas  parfaitement 
d'accord  sur  les  principes  auxquels  se  combine  l'oxygène.  En  France,  les 
chimistes,  suivant  en  cela  M.  Dumas ,  le  font  se  combiner  : 

1*  Aux  matières  azotées  du  sang,  albumine  et  fibrine  ; 

2*  Aux  graisses  ; 

3*  Aux  sucres ,  aux  gommes  et  aux  substances  amylacées^  passées  à 
l'état  de  glucose  ; 

U*  A  l'acide  lactique  dérivant  des  corps  précédents. 


OXYGENE.   HISTORIQUE.    HYPOTHÈSE   DE   LA   COMBUSTION.      6S 

En  Allemagne,  la  plupart  des  chimistes,  avec  Liebig,  font  combiner 
Toxygène  seulement  anx  matières  suivantes  : 


Gnisie. 

Amidon. 

Gomme. 

Les  diverses  espèces  de  sucres. 


Bassorine. 
Vin. 
Bière. 
Eaa-de-vie. 


G*e8t  diaprés  Thypothèse  que  ces  corps  introduits  dans  Téconomie  sont 
iNTÛlés  par  Toxygène  inhalé,  qu'ils  ont  reçu  le  nom  d*alifnenU  respiratoireê» 

Ges  corps  sont,  pour  les  chimistes,  le  combustible;  Toxygène  est  k 
oomdufOfil,  la  combustion  a  lieu  dans  le  sang.  Le  produit  de  cette  coin- 
haakm  est  Tadde  carbonique,  de  Peau  et  le  dégagement  de  chaleur. 

yoid  maintenant  les  preuves  à  Tappul  de  cette  hypothèse.  Si  par  hasard» 
en  les  lisant,  voos  vous  étonnez  qu'on  ait  pu  s'appuyer  aussi  légèrement 
et  admettre,  sans  plus  d'examen ,  des  choses  aussi  peu  fondées,  remontez 
aux  sources  comme  nous,  et  vous  verrez  que  nous  exposons  bien  les  cho- 
ses telles  qu'elles  sont  ;  et  vous  verrez  combien  ont  été  superficiels  ceux 
qui,  SUIS  plus  d'examen,  ont  admis  comme  démontrées  ces  suppositions, 
et  ont  appuyé  sur  elles  des  raisonnements  relatifs  aux  actes  physiologiques 
et  pathologiques. 

SI  un  homme  perd  8  onces  de  carbone  et  une  demi-once  d'azote 
pris  dans  les  aliments,  il  est  impossible  ou  au  moins  difficile  d'admettre 
que  cette  énorme  quantité  de  matière  détruite  ait  été  véritablement  assi- 
milée ;  il  est  diificile  de  croire  que  ce  travail  immense  et  inutile  dans  l'or- 
gsnisme  se  soit  efiectué ,  car  il  iaut  bien  entendre  par  assimilation ,  une 
foDCtIoa  qui  ferait  entrer  dans  les  organes  de  l'individu  les  principes  qui 
les  coDStltuenL  Dans  l'hypothèse  que  nous  exposons,  disent  les  chimistes, 
ces  principes  n'y  feraient  qu'un  séjour  momentané ,  les  procédés  de  la  vie 
venant  les  reprendre  ensuite  pour  les  détruire.  Il  parait  donc  plus  pro- 
bable que  les  matières  détruites  chaque  jour  pour  l'entretien  de  la  vie  ne 
font ,  en  grande  partie  du  moins ,  que  passer  dans  le  sang  à  l'état  pour 
ainsi  dire  Inorganique.  Dans  les  procédés  de  la  respiration ,  une  grande 
partie  de  ces  matières,  c'est-à-dire  de  celles  que  ie  sang  charrie,  agit  comme 
combnstihle  à  l'égard  de  l'oxygène  puisé  dans  les  poumons  ;  et  le  travafl 
de  l'assimilation  proprement  dite  ne  se  passe,  très  probablement,  que  sur 
une  petite  quantité  d'aliments  ingérés. 

YoUà  le  piédestal  sur  lequel  repose  l'hypothèse  de  la  combustion. 

Ne  croyez  donc  pas  que  ce  soit  sur  quelque  chose  de  démontré  expéri- 
mentalement 

Cest  imiquement  parce  qu'il  paraît  plus  probable  que  les  8  onces  de 
carbone  et  la  demi-once  d'azote  ont  été  brûlées  plutôt  qu'assimilées,  puis 
rejetées  ensuite  sous  forme  d'acide  carbonique  et  d'urée,  qu'on  admet 
qu'elles  se  oomUnent  à  l'oxygène  directement  Ainsi,  au  lieu  de  rechercher 


ih     DES   PRlKaPfiS   IMMÉDIATS   hS   PARTICULIER.   1**   CLAftSB. 

expérimentalement  le  nombre  des  principes,  leur  état,  leur  mode  d^anion 
réciproque,  etc.,  cVst  sur  le  carbone  et  Taiote  qu'on  raisonne  ;  ce  qid  tH 
bien  plus  facile,  plus  brillant,  mais  bien  plus  loin  de  la  réalité  au&si.  Parce 
que,  sans  avoir  regardé  ce  qui  se  passe  réellement,  rassimilation  dans  toute 
rétendue  de  Téconomie  de  cette  quantité  de  matière  paratt  un  HwiM 
immense  et  inutile,  il  sera  admis  que  ce  traTSil  ne  se  fait  pas  et  que  c>9l 
une  combustion  qui  a  lieu.  Remarquez  qu'au  fond  tout  dérive  de  ce  que 
l^ssimikitlon  et  li  désassimilatlon,  au  lieu  d^être  regardées  chacune 
comme  un  des  côtés  d*une  proftriété  fondamentale  de  toute  parcelle  de 
substance  organisée,  propriété  appelée  nutrition,  rfessimflatloa,  disons- 
Boas,  est  appelée  une  fcm^ion,  un  procédé  de  la  vie  ;  de  la  vie  qui ,  ainsi 
qu'on  le  voil,  se  troufe  personnifiée,  a  ses  manières  d^aglr,  et  à  laquele  II 
p»  manque  plus  que  de  donner  des  volontés  et  des  caprices. 

Partis  de  là ,  les  chimistes  ne  trouvent  plus  rien  de  dIScfle  ft  eipllqner, 
ainsi  que  vous  allez  le  voir  ;  et  les  physiologistes  et  médecins,  henrenidese 
v<oir  débarrassés  des  diflculiés  réelles  du  sujet,  par  des  ftlts  si  êotidement 
appuyés,  ont  bâte  de  les  admettre  ;  et  malheur  à  vous  si  vous  oses  déran- 
ger le  système  qui  arrange  si  bien  chacun ,  et  favorise  si  bien  notre  pa- 
resse Instinctive  1 

Partant  de  là,  voyez  comme  tout  est  facile  à  expliquer. 
L^acide  carbonique ,  Teau ,  l'ammoniaque  expulsés  par  riiomme  pro- 
viennent donc ,  en  grande  partie ,  de  la  combustion  des  produits  rendus 
solubles  par  la  digestion ,  et  versés  dans  le  sang,  et  non  de  la  dissociation  de  k 
matière  même  de  nos  organes.  Enefletydans  les  aliments  de  l^nme,pnr 
exemple,  c'est  l'amidon,  le  sucre  qui  prédominent;  or,  ce  sont  là  des  ali- 
ments absolument  impropres  à  l'assimilation  (de  cela  on  ne  trouve  nuDe 
part  la  preuve).  Convertis  en  produits  solubles  dans  le  sang  et  oxydables. 
Ils  sont  entièrement  consommés  par  la  respiration  proprement  dite.  Ainsi 
dans  les  aliments  de  l'homme,  l'assimilation  porterait  tout  au  plus  sur  les 
matières  azotées  neutres  et  sur  les  matières  grasses  ;  et  nous  aflons  voir 
qu'une  portion  considérable  de  ces  produits  lui  échappe ,  et  qu^elle  se 
brAle  directement  dans  le  sang.  Pour  s'en  convaincre  11  suffit  d^approtbn- 
dlr  ces  faits. 

Faisons  remarquer,  avant  d'aller  phis  loin,  que  ces  feits  ne  sont  pas 
prouvés,  et  que,  bien  au  contraire,  en  suivant  le  sucre  dans  la  veine  porte, 
le  foie,  etc.,  ainsi  que  les  graisses,  on  les  volt  subir  des  changements  d^es- 
pèces ,  des  passages  d'un  état  spécifique  à  un  autre  par  des  actes  qui  ne 
sont  pas  des  combustions,  et  qui  ont  pour  résultats  de  les  rendre  sembla- 
bles au  sucre  et  aux  graisses,  etc.,  existant  déjà  dans  Téconomie.  (Voyez, 
relativement  à  la  préexistence  de  la  matière  organisée,  par  rapport  à  tous 
les  actes  que  nous  observons  en  elle ,  ce  que  nous  avons  dit  1. 1;  p.  572.) 
Mais  continuons  et  voyons  ce  qu'il  faut  entendre  par:  approfondir  ces 
faits.  Le  sang,  disent  les  chimistes,  doit  être  considéré ,  relativement  aux 


p&YG^£.    UlSTOHliètE.    UYPOTUÈSK   DE   LA   COMBtSTlUM.       65 

Qiatérianx  solides  de  Téconomie,  comme  une  dissolution  saturée  de  ces 
mimes  matériaux.  Dès  qu'il  en  perd  une  portion ,  il  la  remplace  en  pui- 
sant pour  cela  dans  le  réservoir  que  lui  offre  l'économie  tout  entière;  de 
telle  façon  que  si  le  sang  se  brûle  sans  être  réparé  par  la  digestion ,  il  en 
résulte  que  Téconomie  tout  entière  doit  être  appauvrie,  puisque  c'est  ei| 
elle  que  le  sang  trouve  les  matériaux  à  Taide  desquels  sa  réparation  s'ef- 
lectae.  le$  solides  de  nos  organes  se  brûlent  donc,  non  pas  directement, 
mais  par  Tintermédiaire  du  sang  où  ils  se  dissolvent 

Dès  lors  tout  prouve  que  ia  Gbrine,  l'albumine,  le  caséum,  le  gluten, 
la  gélatine,  fournis  au  sang  par  la  digestion  »  se  brûlent  en  grande  partie 
directement  ;  qu'il  en  est  de  même  des  matières  grasses  que  nos  aliments 
lui  fournissent.  L'excès  seul  de  ces  substances  profite  à  l'assimilation* 
Quant  aux  matières  végétales  neutres,  elles  se  brûlent  tout  entières,  et 
l*excè8«  s'il  y  en  a ,  s'échappe  par  les  urines* 

Ainsi  vous  aviez  cru  sans  doute  que  les  matériaux  fournis  par  la  diges- 
tion au  sang,  portés  par  celuind  à  toutes  les  parties  du  corps,  servent  à 
remplacer  les  principes  qui ,  après  avoir  fait  partie  des  solides,  en  sortent 
et  sont  rejetés  surtout  par  l'appareil  de  l'urination.  Nullement;  vous 
brûlez  ce  que  vous  mangez,  et  l'excès  seul  va  servir  à  l'assimilation.  Puis, 
sans  plus  de  preuves  que  ce  qui  précède,  on  va  admettre  que  la  dépense 
di  force  que  peut  faire  Tanimal  est  proportionnelle  à  la  quantité  de  cha* 
leur  qu'il  peut  produire.  On  comprend  bien  que  de  là  à^comparer  l'homme 
à  une  machine  à  vapeur,  il  n'y  a  pas  loin ,  et  c'est  ce  qu'on  fait  ;  sans 
songer  que  les  solides,  parties  essentiellement  actives  dans  les  actes  de 
locomotion  et  d'innervation ,  prennent  et  rejettent  incessamment  au  sang 
des  matériaux  ;  ce  qui  caractérise  la  nutrition ,  laquelle,  d'après  l'bypo- 
tlièse  précédente ,  semble  être  presque  nulle  dans  ces  parties  :  comme 
s'il  suffisait  qu'elle  fût  remplacée,  par  leur  maintien  k  une  certaine  tenu* 
pératore,  à  l'égal  d'une  chaudière  de  machine  à  vapeur. 

K'est-ce  pas  \h  le  plus  haut  degré  de  cette  physiologie  de  probabilité 
sur  laquelle  Berzelius  n'a  cessé  de  revenir,  et  dont  il  disait ,  dans  cliacuo 
de  ses  Bapports  annuelSj  qu'il  ne  resterait  bientôt  [dus  rien.  Voilà  pour^ 
tant  les  faits  sur  lesquels  s'appuie  cette  hypothèse  de  la  conUtwtion^  que 
chacun  adopte  ;  et  ce  mot ,  mis  à  la  place  des  choses  qu'on  ne  sait  pas , 
fàuit  d'une  étude  assez  approfondie ,  se  répète  incessamment,  passe  df 
tiouGhe  en  bouche  comme  s'il  exprimait  une  chose  démontrée.  Voilà  lee 
frits  qœ  l'on  croit  pouvoir  autoriser  à  introduire  dans  les  traités  de  phy- 
siologie un  chapitre  sur  les  phénamènei  de  combitëtion  dans  les  êtres 
organisés  ;  et  dans  tout  cela  nul  ne  tient  compte  des  expériences  de  Spal- 
lanzani  et  de  W.  Edwards,  qui  montrent  que  dans  l'azote  et  l'hydrogène, 
comme  dans  l'oxygène ,  les  êtres  morts  ou  vivants  dégagent  de  l'acide 
carbonique. 

Dans  tout  cela ,  nul  ne  se  demande  où  le  Lion,  le  Tigre,  la  Belette,  le 


56     DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.    1^   CLASSE. 

Furet  et  tant  d'autres  carnassiers,  prennent  les  matières  amylacées  qu^Us 
doivent  brûler.  Mais  ils  ont  des  matières  grasses,  direz-vous?  Voyes-kf 
se  nourrir,  et  comparez  la  quanlité  de  muscle  et  de  sang  quMIs  avalent  i 
côté  de  la  graisse  ;  voyez  celle  de  ces  deux  substances  qn*ils  préfèrent,  et 
la  réi)onse  ne  se  fera  pas  attendre.  Voyez  si  la  quantité  de  graisse  con* 
tenue  dans  le  foie  des  poissons  et  mollusques  dont  se  nourrissent  les 
cétacés  est  comparable  à  la  quantité  de  ce  que  prennent  les  ruminants  et 
les  padiydermes,  et  vous  serez  bientôt  surpris  de  ne  pas  voir  ces  derniers, 
qui  avalent  tant  de  combustible^  n'avoir  pas  une  température  plus  élevée 
que  les  précédents,  et  ne  pas  faire  une  dépense  de  force  plus  considérable  : 
puisque  la  force  dépensée  peutôtre  proportionnelle  à  celle  du  combustible 
ingéré.  Jetez  en  un  mot  les  yeux  sur  Tensemble  des  êtres  vivants  sur  terre 
et  dans  Teau,  et  sur  leur  température  et  sur  leurs  aliments,  et  vous  verrei 
combien  est  mesquine  et  étroite  cette  hypothèse  de  la  combustion ,  td- 
mise  ainsi  sans  examen  ;  vous  verrez  ce  qu'elle  devient  devant  Tobsenra- 
tion.  Vous  verrez  ce  que  deviennent  les  idées  de  physiologie  générale 
quand  on  veut  les  établir  d'après  Tcxamen  de  ce  qui  se  passe  dans  deox 
ou  trois  espèces  d'êtres  ;  et  cela  sans  tenir  compte  de  tous  les  principes 
immédiats  qui  sont  en  jeu,  de  leur  union  réciproque  pour  former  la  sub- 
stance des  humeurs  et  des  tissus  ;  sans  tenir  compte  mhintieusement  de 
la  constitution  de  ces  ordres  de  parties  et  des  autres. 

Nous  pourrons  maintenant  achever  rapidement,  en  examinant  ce  qol 
se  rapporte  à  Voxydation  des  substances  azotées  ;  car  nulle  part  il  n*y  i 
de  preuves  plus  convaincantes  que  les  précédentes  pour  démontrer  que 
l'oxygène  se  fixe  au  carbone  et  à  Hiydrogènc  de  ces  corps  pour  faire  de 
l'acide  carbonique  et  de  l'eau;  partout  ce  sont  des  suppositions,  basées 
sur  ce  qu'elles  rendent  compte  du  fait  ci  qu'on  ne  voit  pas  comment  les 
choses  pourraient  avoir  lieu  autrement. 

On  voit,  disent  les  chimistes,  quVn  général  l'oxydation  des  matières 
organiques  les  ramène  vers  l'éiat  minéral,  et  qu'i/  doit  en  être  ainsi  dam 
la  vie  animale  f  puisque  le  phénomène  chimique  qui  caractérise  la  vie 
animale  est  un  phénomène  d'oxydation  (  notez  que  c'est  là  précisément 
ce  qu'il  s'agit  de  démontrer).  Gomme  Pexpériciice  prouve  que  Tarée  se 
forme  dans  le  sang  et  que  le  rein  la  rejette  seulement ,  l'émonctoirc  pria- 
cipai  de  Vazote  est  le  rein,  qui  élimine  ce  corps  sous  forme  d'urée.  On  se 
demande  pourquoi  il  n'est  pas  tenu  compte  aussi  du  carbone,  de  l'hydro- 
gène surtout  et  de  l'oxygène ,  ri»jctés  en  même  temps  que  cet  azote  par 
l'urér.  Mais  pour  en  arriver  de  l'urée ,  qu'on  trouve  dans  la  vessie,  aa 
carbonate  d'ammoniaque,  il  s'est  passé  un  autre  phénomène.  Si  l'en  aban- 
donne r urine  à  elle-même,  elle  devient,  selon  les  chimistes,  le  siégé 
d'une  seconde  vie,  d'une  fermentation,  (Voy.  ce  que  nous  avons  dit,  t  U 
|>.  /i79,  lkS6,  /i87etr)27.) 

C'est  donc  par  une  suite  prolongée  des  phénomènes  de  la  vie  que  la 


OXTGiMS.   HISTORIQUE.   HYPOTHÈSE  DE  LA  COMBUSTION.      57 

transfonnatlon  s^effectue.  Prolonger  la  vie^  c*e8t,  en  chimie,  ramener  les 
matériaux  dont  elle  fait  usage  aux  derniers  termes  de  son  action  :  eau, 
adde  carlxmiqne,  ammoniaque.  (Remarquez  ici  que  toujours  c*est  la  vie 
penonnifiée  qui  est  prise  en  considération ,  c*e8t  elle  qui  fait  usage  des 
matériaux.  )  H  y  a  donc  un  acte  de  la  vie  générale  qui  se  passe  hors  du 
eorpt  de  ranimai.  La  Tie  a  un  temps  d^arrét,  motivé  sur  ce  que  nos  or- 
ganes n^auraient  pu  résister  à  une  sécrétion  de  carbonate  d^ammo- 
Iliaque.  La  nature  a  dû  chercher  les  moyens  de  le  fabriquer  en  dehors 
des  animaux. 

Mais  comment  donc  se  fait-il  qu*on  en  trouve  dans  Teau  de  Pamnios? 
Par  quoi  a-t-on  prouvé  que  nos  organes ,  qui  résistent  à  Thydrogène 
sulfuré  de  Tintestin,  à  Tacide  lactique,  etc.,  n'auraient  pu  résister  & 
une  sécrétion  de  carbonate  d'ammoniaque  ?  Viennent  ensuite  les  for* 
mules  de  Purée  et  du  carbonate  d*ammoniaque,  qui  se  plient  avec  la  faci- 
lité ordinaire  ft  Texplication  de  Thypothèse ,  et  même ,  bien  mieux ,  de 
deux  hypothèses  :  à  la  précédente  d'abord  ;  plus,  à  celle  dans  laquelle  Turée 
peut  être  considérée  comme  un  cyanate  d'ammoniaque.  Et  de  tout  cela 
on  conclut  ce  qui  suit  : 

L'examen  que  nous  venons  de  faire  prouve  donc  que  la  production  de 
Turée  dans  le  corps  d'im  animal  a  lieu  en  vertu  du  même  principe  auquel 
se  rattache  la  formation  de  l'acide  carbonique  et  celle  de  l'eau.  En  un 
mot»  l'animaljproduit  toujours  des  corps  oxydés  :  un  oxyde  d'hydrogène« 
un  oxyde  de  carbone ,  un  oxyde  de  cyanogène ,  un  oxyde  d'ammonium. 
G*e8t  en  ces  corps  que  se  résolvent  tous  les  produits  qui  ont  passé  dans 
le  sang  et  qui  ont  pris  part  au  mouvement  de  la  vie.  Le  poumon  élimine» 
avec  le  concours  de  la  peau,  l'oxyde  de  carbone,  c'esl-Â-dIre  l'acide  car- 
bonique. L'oxyde  d'hydrogène,  ou  l'eau ,  partage  le  sort  de  l'eau  de  nos 
bdssons.  L*oxyde  d'ammonium ,  qui  aurait  pu  nuire  à  nos  organes ,  est 
converti  par  l'oxyde  de  cyanogène  en  un  produit  soluble,  dont  les  reins 
débarrassent  l'économie.  Telle  est  la  cause  finale  de  la  production  de 
i'uréê  ;  tel  est  son  rôle  dans  les  phénomènes  de  la  vie. 

Qu'est-ce  donc  que  cette  chimie  vivante ,  ainsi  qu'on  l'appelle ,  shion 
un  raisonnement  chimique  à  propos  de  phénomènes  des  corps  organisés? 
Qu'est-ce,  sinon  une  application  de  la  chimie  à  une  tentative  de  démons- 
tration de  la  cause  finale  de  la  production  d'urée,  d'acide  carbonique  et 
de  chaleur  dans  l'économie. 

Malades  preuves  démonstratives  susceptibles  d'entraîner  une  conviction 
pouvant  résister  au  choc  des  passions,  nulle  ne  s'y  trouve.  Nulle  de  ces 
hypothèses  ne  tient  devant  les  faits;  devant  l'examen  successif  de  chaque 
principe  en  particulier,  fait  sans  cesser  un  instant  d'avoir  présente  à  l'es- 
prit la  notion  de  substance  organisée  formée  par  eux ,  d'organisme  et  de 
chacune  de  ses  parties,  ainsi  que  de  tous  les  actes  qui  s'y  passent. 

Gerlainementoui,  il  y  a  relation  entre  la  pénétration  d'oxygène  d'une  part 


58       i)Lb  l'Ul.NCll'LS  IMMKIHAlb    LS    l'AUTIClLIEH.    1"    CLASSE. 

ol  d'acide  carl)oniqn^  de  l'autre,  dans  d<*  certaines  limites;  comme  il  y  a 
relation  entre  la  quantité  d'aliments  întnKliiits  d'une  part  et  celle  de  Turine 
expulsée  de  l'autre,  car  le  poumon ,  en  raison  de  i'ctat  gazeux  des  maté- 
riaux (jui  le  traversent,  prend  et  rejette  à  la  fois;  tandis  que,  pour  les  ali- 
nvMils  solides  et  liquides,  en  raison  de  leur  état  physique  aussi,  il  y  a  un 
appareil  pour  leur  introduction  et  un  i)our  leur  sortie.  Mais  rien  ne  prouve 
qu'entre  ces  deux  actes  extrOmes  roxy};ène  se  soit  combiné  à  Tliydrogène 
et  au  carbone  en  particulier ,  plutôt  qu'au  soufre  ou  à  Tazotc.  Les  actes 
inlerniédiaires  à  ces  deux  extrêmes  sont  nombreux,  et  chaque  principe 
passe  |)ar  une  succes>ion  d'états  spécifiques  nombreux. 

Laissons  donc  lu  chimie  française  avec  ses  hypothèses  si  peu  fondées, 
si  éloignées  de  pouvoir  s'appliquer  sur  la  réalité,  et  pourtant  si  facilement 
et  si  superfîciellement  accueillies  par  les  médecins.  Voyons  au  contraire  la 
chimie  d'Allemagne.  I^eut-Olre  croyez-vous  que  les  reprodies  faits  à  toutes 
deux  par  Uerzelius  sont  moins  fondés  pour  cette  dernière  que  pour  Tautre; 
il  n'en  est  pourtant  rien.  C'est,  comme  on  va  le  voir,  le  fnt'me  point  dé 
départ^  c'est-à  dire  la  jiersonnitication  d'une  entité  appelée  nature  ou  vie 
qui  opère  sur  des  matériaux  ,  des  aliments  ;  laquelle  tient  la  place  d*une 
notion  approfondie  et  indispensable  de  Vvryanisme  ^  envisagé  depuis  la 
substance  organisée  la  plus  simple  jusqu'aux  appareils,  en  passant  J>sr  les 
éléments,  les  humeurs,  les  tissus,  etc.. 

C'est  le  même  itunjen  employé,  c'est-tk-dire  une  hypothèse  chimique  rela- 
tive au  mode  de  combinaison  de  l'oxygène  dans  l'économie  ;  hypothèse  ap- 
puyée sur  cela  seulement  qu'elle  |)eut  rendre  compte  des  faits  extrêmes 
observés,  et  qu'on  ne  v(»it  guère  comment  on  pourrait  s'en  rendre  compte 
autrement  (re  qui  n'est  vrai  que  pour  ceux  qui  n'ont  pas  cette  connaissance 
approfondie  de  l'organisation  nécessaire  pour  l'étude  de  quelque  acte  que 
ce  soit  qui  se  passe  dans  l'économie).  C'est  enfin  letncnt«  [»uf ,  c*est-Mire 
démontrer  chimiquement  que  la  rause  finale  de  cette  combinaison  de 
Toxygène  est  la  formation  de  composés  qui,  s'ils  n'étaient  pas  formis 
et  rejetés,  nos  organes  ne  sauraient  durer  longtemps;  ce  qui  revient I 
dire  que,  si  nous  n'avions  en  nous  et  autour  de  nous  ce  qu^ll  fiiut  pour 
exister,  nous  ne  pourrions  pas  vivre.  C'est  l'étude  des  causes  finalêi  miie 
à  la  place  de  celle  des  conditions  d'existence  ;  c'est  la  recherche  du  fMur- 
(fuoi  mise  à  ki  place  de  celle  du  comment  ;  tandis  que  tout  ce  que  nous 
ponv(ms  faire  à  grand'j>eine,  c'est  d'ariiver  5  savoir  comment  se  passent 
les  choses  qui  caractérisent  notre  existence,  quelles  en  sont  les  conditions, 
afin  d'arriver  à  l'améliorer  en  modifiant  dans  les  limites  du  possUAe  osa 
conditions-là. 

Si  maintenant  vous  vous  demandez  comment  il  se  fait  que  les  obeervt* 
tlons  de  Uerzelius  aient  eu  si  peu  d'infincnce  sur  la  génération  qol  t 
adopté  ces  hypothèses,  nous  répondrons  que  l^rzeliiis  était  chimiste  «Mal; 
or,  du  moment  oi\  il  ne  traçait  pas  nettement  la  marche  I  ralnt 


OXYGÈKE.    HISTORIQUE.    HYPOTHÈSE   DE   LA   COMBUSTION.      59 

vaincre  les  difficultés  réelles  qu'offre  Tétude  de  ces  faits,  savoir,  l'étude 
anatomiqae  des  principes  immédiats,  cliimiste  pour  chimiste,  autant  adop- 
ter les  idées  de  celui  qui  présentait  les  choses  de  la  manière  la  plus  té* 
duisante.  Notez  bien  que  tout  cela  n'incrimine  en  rien  les  chimistes,  mais 
seulement  ceux  qui  ont  adopté  sans  examen  leurs  idées,  et  surtout  les 
anatomistes  qui  n'ont  pas  compris  qu'à  eux  seuls  revenait  de  pousser 
Tanalyse  anatomique  d'une  manière  convenable  jusque  dans  ses  dernières 
limites.  Or,  dès  que  les  anatomistes  ne  le  faisaient  pas  comme  on  sentait 
qa*il  était  indispensable  de  le  faire,  les  chimistes  Pont  fait  à  leur  ma- 
nière, c*est'à-dire  en  dpérant  et  en  raisonnant  chimiquement  à  propos 
de  corps  organisés. 

Les  exemples  qui  le  prouvent  sont  tous  du  genre  des  suivants,  que  nous 
pourrions  multiplier  facilement,  ce  qui  est  inutile,  puisqu'ils  répètent  en 
d*aatres  termes  ceux  des  chimistes  français.  Tout  l'acte  de  la  respiration, 
disent-ils,  parait  être  rendu  parfaitement  clair  lorsque  nous  observons 
rbomme  ou  l'animal  dans  un  état  d'abstinence  complet.  Les  mouvements  de 
la  respiration  restent  les  mêmes;  l'oxygène  de  l'atmosphère  est  toujours  ab- 
sorbé; il  y  a  toujours  exhalation  d'acide  carbonique  et  de  vapeur  d'eau. 
Nous  savons  avec  une  certitude  qui  ne  permet  pas  le  doute  d'où  résultent  le 
carbone  et  l'hydrogène  :  ils  viennent  du  corps  de  l'être,  car  nous  voyons 
diminuer  le  carbone  et  l'iiydrogène  du  corps  de  l'individu  comme  consé- 
quence de  la  faim.  I^e  premier  effet  de  la  faim ,  c'est  la  disparition  de  la 
graisse  ;  mais  cette  graisse  ne  se  trouve  ni  dans  les  excréments  solides, 
qui  sont  alors  peu  abondants,  ni  dans  les  urines;  son  carbone  et  son  hy- 
drogène ont  été  évacués  par  la  peau  et  par  le  poumon ,  sous  forme  de 
combinaisons  oxygénées  ;  il  est  évident  que  les  parties  constituantes  de 
cette  graisse  ont  servi  à  la  respiration. 

Autre  exemple  en  sens  inverse.  La  première  condition  pour  que  la 
graisse  se  forme,  pour  que  les  éléments  combustibles  des  agents  de  la 
respiration  se  déposent  dans  le  tissu  cellulaire,  c'est  le  défa%U  d'oxygène. 
Lorsqu'au  contraire  la  quantité  d'oxygène  suffit  à  la  transformation  en 
acide  carbonique  et  en  eau  du  carbone  et  de  Thydrogène  de  ces  aliments, 
ils  sont  évacués  sous  cette  nouvelle  forme  et  ne  peuvent  pas  s'accumuler 
^  l'état  de  graisse  dans  le  corps. 

Ce  sont  tom'ours  des  raisonnements  de  ce  genre  qui,  pour  les  chimistes, 
prouvent  que  l'oxygène  brûle,  par  combustion  lente,  le  carbone  et  l'hy- 
drc^ène  des  matières  énumérées  précédemment.  Réfléchissez  un  peu  aux 
cas  d'obésité  héréditaire  et  ù  mille  autres  cas  d'engraissement  et  d'amai- 
grissement normaux  et  morbidrs,  et  vous  verrez  quel  cas  il  faut  tenir  de 
ce  défaut  d'oxygène  considéré  comme  première  condition  d'accumulation 
de  la  graisse.  Voyez  si  en  même  temps  il  n'y  a  pas  d'abord  quelque  chose 
de  particulier,  une  propriété  appartenant  aux  éléments  ou  vésicules  adi- 
peuses qu'il  faut  prendre  en  considération,  plus  un  ralentissement  de  tontes 


60     DKS   PUINCIPES   IMMKIIIATS  KN'    PARTICULIER.    !'•    CLAS8B. 

les  fonctions  comme  de  la  respiration.  De  1&  à  comparer  Porganisme  k 
une  machine  dont  le  poumon  est  la  cheminée,  le  sang  le  foyer,  et  le  fde 
le  magasin,  il  n*y  a  qu'un  pas  ;  comparaison  qui  repose  sur  une  con- 
naissance incomplète  et  fausse  de  l'économie  animale. 

Il  n'est  pas  une  question  de  détail  qui  n'exige,  pour  être  exactement  ap- 
préciée, et  pour  ne  pas  entraîner  trop  lohi  dans  un  sens  ou  dans  l'autrea 
des  vues  d'ensemble  justes,  et  il  n'est  pas  une  vue  d'ensemble  qui  puisse 
être  considérée  comme  exactes!  elle  ne  coïncide  avec  les  détails.  Delà  une 
difficulté  en  biologie  qui  ne  se  présente  pas  dans  les  sciences  Inorgani- 
ques ;  dans  celles-ci,  en  effet,  il  n'y  a  pas,  sur  chaque  espèce  de  corps, 
à  considérer  plusieurs  ordres  de  parties  et  d'actes  correspondants,  diSié- 
rents  par  leurs  complications,  et  présentant  chacim  plusieurs  ordres  de 
caractères. 

Dans  l'organisme,  il  y  a  Juste  les  conditions  d'existence  de  la  nutrition  ; 
la  nutrition  ayant  lieu,  le  développement  et  la  reproduction  ont  Heu,  puis 
sur  la  végétalité  repose  l'animalité,  sur  celle-ci  repose  la  sodallté.  Des 
actes  de  la  vie  de  nutrition  résulte  la  production  de  chaleur.  Or  la  nutri- 
tion, dans  chaque  élément  anatomique,  est  caractérisée  par  l'entrée  et  la 
sortie  simultanée  de  principes  Immédiats. 

Or,  nous  trouvons,  pour  l'organisme  total,  correspondants  à  ces  actesélé- 
mentaires,  l'appareil  digestifquitn^roduiï  des  solides  et  des  liquides,  etPap- 
pareil  urinaire,  qui  rejette  des  corps  analogues.  Par  là  se  trouve  établie 
une  relation  physico-chimique  entre  le  milieu  ambiant  et  l'organisme. 

Nous  trouvons,  d'autre  part,  l'appareil  respirateur  qui  introduit  des 
aliments  gazeux,  et  qui,  en  raison  des  propriétés  physiques  endosmoU- 
ques  des  gaz,  qui  ne  traversent  les  membranes  que  par  échange,  le  pou- 
mon, disons-nous,  rejette  aussi  les  gaz  formés  à  l'intérieur,  c'est-à-dire 
qu'il  fait  à  lui  seul  pour  les  gaz  ce  que  les  deux  appareils  ci-dessus  font 
pour  les  solides  et  les  liquides. 

Nous  trouvons  enfin  Tapparell  de  circulation  qui  transporte.  Tous  sont 
autant  de  conditions  d'existence  des  organismes  im  peu  compliqués. 

De  tous  ces  actes  résulte  la  production  de  chaleur  ayant  surtout  lieu 
dans  le  sang,carc'est  là  principalement  que  se  réunissent,  molécule  kmolé- 
cule,  tous  les  principes  introduits  ou  devant  être  rejetés,  par  suite  même 
de  l'état  liquide  du  sang  et  de  la  fonction  surtout  mécanique  de  transport 
en  toutes  régions,  accomplie  par  l'appareil  circulatoire. 

Ce  sont  ces  notions  d'ensemble  qui,  méconnues  par  les  chimistes  et  amsl 
par  les  médecins,  leur  ont  fait  croire  que  le  résultat  était  le  but  ;  que  toot 
est  disposé  pour  la  production  de  chaleur,  de  telle  sorte  que  la  plus  grande 
partie  des  matières  introduites  doit  être,  non  pas  assimilée,  mais  brûlée. 
C'est  ce  qui  leur  a  fait  voir,  dans  les  appareils  de  respiration  etdecircoh- 
tion,  un  appareil  de  production  de  chaleur  sans  lequel  les  fonctions  de  la 
vie  cessent  bientôt,  comme  le  foyer  de  la  machine  à  vapeur,  sans  leqad 


OlYGÈME.    HISTORIQUE.   HYPOTHÈSE   DE  LA  COMBUSTION.      61 

tout  le  mécanisme  s'arrête.  Mais,  dans  l'organisme,  la  prcxlaction  de  cba- 
kor  eftt  on  résultat  de  l'accomplissement  de  tous  les  actes  propres  aux 
êtres  organisés,  et  non  la  cause  ;  tandis  que  dans  la  machine  il  n^y  a  d'actes 
moléculaires  que  dans  le  foyer,  tout  le  reste  est  mécanico-physique,  et  ces 
actes-là  sont  le  résultat  de  la  production  de  chaleur,  mais  non  la  cause. 
Dans  les  deux  cas  il  y  a  bien  relation  entre  Tune  et  l'autre  sorte  d'actes, 
entre  la  production  de  chaleur  et  les  elTets  mécaniques,  etc.  ;  mais  dans 
la  machine  les  actes  sont  résultat  direct  de  la  production  de  chaleur,  tout 
est  mécanique,  rien  de  moléculaire.  Dans  l'homme,  au  contraire,  tout  est 
moléculaire,  et  la  production  de  chaleur  en  est  un  résultat  ;  si  la  nutrition 
est  active,  tous  les  autres  actes,  qui  n'ont  pas  lieu  sans  elle,  sont  actifs 
aussi;  et  le  résultat  total,  la  production  de  chaleur  est  grande.  Dans  la  ma- 
chine, 6tez  la  chaleur,  plus  d'actes  ;  dans  l'organisme,  ôtez  les  actes,  dont 
le  plus  simple  est  la  nutrition,  et  dès  lors  plus  de  chaleur.  Si  dans  l'orga- 
nisme, comme  dans  la  machine,  il  y  a  relation  entre  la  quantité  de 
chaleur  produite  et  celle  de  l'oxygène  absorbé,  c'est  que  là  tout  est  en  re- 
lation, tout  se  tient,  tout  se  lie  ;  et  en  même  temps  qu'il  y  a  plus  de  cha- 
leur produite,  plus  d'oxygène  consommé,  il  y  a  davantage  de  tous  les 
principes  éliminés,  et  réciproquement. 

Nous  avons  vu  précédemment  quels  sont,  d'après  Liebig,  les  aliments 
respiratoires f  c'est-à-dire  ceux  auxquels  l'oxygène  se  combine  pour  for- 
mer de  l'acide  carbonique,  de  l'eau,  et  produire  im  dégagement  de  cha- 
leur. Il  admet  que  les  substances  qu'il  appelle  plastiques^  savoir  les 
substances  azotées  des  aliments,  ne  prennent  qu'une  part  fort  restreinte 
dans  la  production  de  chaleur  ;  car  ce  qu'on  ingère  par  jour  est  cinq  à 
six  fois  trop  peu  pcttir  suflire  à  la  consommation  de  l'oxygène  inspiré  dans 
le  même  temps.  De  plus,  les  combinaisons  azotées  brûlent  moins  facile- 
ment que  les  autres.  Leur  faculté  de  se  combiner  avec  l'oxygène  est 
à  la  même  faculté  prise  dans  le  sucre,  la  graisse,  etc.,  comme  l'oxydabilité 
de  Targent  est  à  celle  du  fer.  Si  l'albumine  s'altérait  et  se  détruisait  direc- 
tement dans  la  circulation  par  l'oxygène  inspiré,  la  petite  quantité  d'albu- 
mine que  les  organes  de  la  digestion  introduisent  Joumeliement  dans  le 
sang  disparaîtrait  très  rapidement,  et  le  moindre  trouble  dans  les  fonc- 
tions digestives  mettrait  promptement  un  terme  à  la  vie.  La  vie  orga- 
nique serait  impossible  sans  cette  puissante  résistance  que  les  substances 
azotées,  de  préférence  aux  autres  parties  de  l'organbme,  opposent  à  l'ac- 
tion de  l'oxygène.  La  sagesse  du  Créateur  éclate  dans  toutes  ses  œuvres. 
Ce  qui  nous  surprend  le  plus,  dans  les  mystères  de  la  création,  c'est  cette 
simplicité  des  moyens  qui  concourent  au  maintien  de  l'harmonie  dans  les 
choses  créées,  à  la  conservation  de  la  vie  dans  les  êtres  organisés. 

Remarquons  pourtant  que  cette  admiration  pour  la  sagesse  du  Créa- 
teur, pour  la  simplicité  des  moyens  qu'il  emploie,  témoignée  juste  à  pro- 
pos de  ce  qu'il  y  a  de  plus  complexe  dans  tout  ce  que  nous  couuatsMioA 


02      BE8    PRINCIPKS   IMMf^:i>tATS  F.N  PARTICl'LIRR.    i^*  CLASSE. 

et  de  plus  difficile  à  connaître,  est  certes  ce  qu'il  y  a  Ici  de  plus  étonnant. 
Les  moyens  eussent  M  pins  simples  encore,  si,  dans  sa  toute-puissance, 
le  Créateur  nous  eût  fait  tels  que  le  besoin  d'aliments  ne  se  fût  pas  fait 
sentir  du  tout,  perrectioiinement  suprême  que  réalise  dans  ses  rêves  des 
félicités  étemelles  la  théogonie  chrétienne ,  afin  de  tout  réserver  aux 
satisfactions  du  Cfuur  et  de  Tesprit. 

11  est  bien  certain  que  cette  manière  mécanico-physique  simple  et  feclle 
peut  plaire  k  ceux  qui  ne  connaissent  pas  l*organLsme  dans  tou?  ses  dé- 
tails, aussi  sera-t-elle  acceptée  et  Jamais  abandonnée  par  les  chimistes, 
parce  que  leurs  connaissances  organiques  ne  vont  pas  plus  loin  :  c^est  une 
explication  approximative  qui  est  trop  éloignée  de  la  réalité  ])onr  que  les 
anatomtstes  Tadmettent  ;  car  elle  est  plus  éloignée  de  la  réalité  que  ne 
Texigent  les  connaissances  actuelles. 

Ce  sont  de  ces  idées  simples  qui  font  école  jusqu'au  moment  du  rem- 
placement par  une  autre  ;  puis  apn'^s  avoir  mis  en  avant  cette  id(>e  simple, 
qui  ne  se  moule  pas  sur  la  réalité,  aprf's  avoir  créé  une  explication  fort 
éloignée  des  lails,  on  s*extnsie  devant  la  sagesse  du  Créateur;  sans  voir 
qu'on  est  soi-même  le  créateur  de  la  simplicité  qu'on  admire.  Mais  elle 
est  fort  éloignée  de  ce  qui  exi!»te  récllomont,ct  qui  n'offre  autant  de  simpli- 
cité que  parce  quelle  est  loin  de  représenter  ce  qui  est.  î^orsque.  quittant 
le  point  de  vue  trop  général,  ou  mirux  trop  vague,  oCi  se  placent  les  chi- 
mistes et  ies  médecins  qui  les  imitent,  on  rherche  h  voir  si  les  détails  sur 
lesquels  ils  s'appuient,  relatifs  ù  chaque  principe,  coïncident  avec  le^  gé- 
néralités, on  ies  trouve  insaisissables.  Tour  eux  »  le  sang  artériel  repré- 
sente un  courant  d*oxygène  qui,  en  circulant  dans  les  vaisseaux  les  plus 
ténus  du  corps,  détermine  la  formation  de  produits  d'oxydation  ou  de 
combustion,  parmi  lesriuels  se  trouve  l'acide  carbonique,  et  donne  ainsi 
lieu  à  un  dégagement  de  chaleur.  »  Mais  nous  avons  vu  que  les  rapports 
de  dépendance  qui  existent  entre  l'absorption  de  l'oxygène  et  l'exhalation 
de  l'acide  carbonique  ne  sont  pas  aussi  immédiats  qu'on  Ta  souvent  cru, 
puisque,  suivant  la  nature  végétale  ou  animale  des  aliments,  la  quantité 
d'oxygène  absorbée  restant  la  même,  celle  de  l'acide  carbonique  peut  va- 
rier entre  0,63  et  1,00.  I)e  plus,  si  l'on  prend  à  part  ceux  qui  considèrent 
l'urée  et  l'acide  urique  comme  des  produits  d'oxydation  qui  se  formeraient 
dans  le  sang,  comment  donc  se  fuit-il  qu'ils  négligent  la  créaline,  la  créa- 
thiine,  l'inosate  de  potasse  qui  se  forme  dans  TépaissiMir  du  tissu  muscu- 
laire. Combustion,  oxydation,  autant  de  mots  n'ptMés  sans  preuve,  qui 
désignent  des  faits  nets  et  tranchés  en  chimie,  dont  les  conditions  ne  se 
retrouvent  plus  dans  les  rnrps  orgnnist's,  si  vo  n'est  comme  accessoires,  et 
qui,  par  conséquent,  appliqués  h  ers  corps-lù,  n<!  coïncident  plus  avec  la 
réalité,  et  choquent  celui  qui  esi  pénétré  des  détails  minutieux  de  la  con- 
stitution de  l'économie  ;  détails  plus  minutieux  que  ne  le  croient  les  chi- 
mistes, mais  dont  le  nombre  et  la  nature  sont  loin  d'être  fnahordaMes  et 


OlYGJME.    HISTORIQUE.    HYPOTHÈSE    DE   LA   COMBUSTION.      68 

de  faire  croire  qu'il  est  fort  inutile  de  s*en  occuper,  et  de  faire  croire  qu'où 
ne  pourra  jamais  faire  autre  chose  que  des  hypothèses  à  leur  égard.  Ces 
idées-l&  sont  bien  de  celles  qui  doivent  être  considérées  comme  rétro- 
grades en  science. 

11  est  à  remarquer,  en  terminant,  que  sous  ce  rapport,  »  c'est  faire  ici  ce 
que  Ton  toit  faire  à  propos  de  toute  question  physiologique  ou  anato- 
miqoe  qui  n'est  pas  bien  connue  ;  on  commence  toujours  par  se  la  figurer 
et  la  décrire  comme  elle  n'est  pas,  d'après  des  exemples  matériels  et 
grf>8sters  polsés  dans  une  science  traitant  de  phénomènes  bien  plus  sim- 
pltft  tt  inorginiques.  Ce  n'est  que  très  tard  qu'on  finit  par  décrire  les 
choses  telles  qu'elles  sont,  c'est-âi-dire  alors  qu'on  les  connaît  bien.  C'est 
ainsi  que  longtemps  la  digestion  n'a  été  qu'une  opération  diimique  s'effec- 
tuant  dans  l'estomac  et  l'intestin  comme  dans  une  cornue,  et  pouvant  être 
reproduite  au  dehors;  viennent  les  expériences  et  découvertes  de  notre  col- 
lègue d.  Bernard,  et  Ton  reconnaît  que  la  digestion  s'opère  dans  l'inlcstin 
oniqueBient  comme  dans  l'intestin,  c'est-à-dire  comme  nulle  part  ailleurs, 
c'est-à-dire  d'une  manière  spéciale,  organique  par  conséquent.  C'est  ainsi 
que  le  larynx  a  été  comparé  à  une  anche,  à  un  appeau,  à  un  instrument 
à  corde,  etc.;  viennent  les  expériences  de  notre  collègue,  M.  Segond,  et 
l'on  reconnaît  que  le  larynx  est  un  larynx,  fonctionnant  comme  un  larynx, 
et  non  comme  autre  chose  :  c'est-à-dire  d'une  manière  spéciale,  qu'il  faut 
étudier  à  part  pour  ce  qu'elle  est,  ayant  ses  lois  propres  dérivant  des  lois 
pliyslques,mais  qu'il  faut  établir  par  expérimentation  directe.  Le  larynx  et 
l'eslomac remplissent  bien  certaines  conditions  de  physiqueetde  chimie  sta- 
tifiie«  accomplissent  des  actes  élémentaires  physiques  et  chimiques  ;  m:iis 
k  résultat  est  tellement  complexe,  qu'il  ne  ressemble  plus  à  aucun  acte 
l^ysico-chimique  pur,  et  doit  être  pris  pour  ce  qu'il  est.  Eh  bien  !  il  en 
est  de  même  pour  les  vaisseaux  ;  on  les  a  comparés  à  toute  espèce  de  con- 
dofls,  sans  les  décrire  en  eux-mêmes  pour  ce  qu'ils  sont,  et  cela  en  grande 
pirtie  faute  d'avoir  tenu  compte  absolument  jusque  dans  les  moindres 
détails  de  tout  ce  qui  concourt  à  les  former.  Mais  actuellement  que  l'on 
peut  le  faire,  il  faut  laisser  de  côié  ces  comparaisons  grossières  et  maté- 
rielles, qui  n'expriment  en  aucune  façon  la  réalité  des  dispositions  anato- 
miques,  pour  décrire  celles-ci  et  les  prendre  telles  qu'elles  sont,  depuis 
ks  fibres  ou  les  humeurs  les  plus  complexes  jusqu'à  la  substance  homo- 
tèM  et  aux  plus  fines  granulations  que  nous  montre  le  microscope  (1).» 

(1)  Cb.  RoBUf,  Rapport  à  la  Société  de  biologie,  par  la  commission  char* 
gée  d'examiner  les  communications  de  M.  Souleyet,  relalives  à  la  question  du 
phUbentérisme,  Paris,  lS5i,  ln-8'',  p.  123-124.  (Extrait  du  tome  111  des 
Comptes  rendus  et  mémoires  de  la  Société  de  hiologiCf  année  1851 .} 


64     HFS   PRINOPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 


CHAPITRE  II. 

DE    l'hydrogène. 

Synonymie  :  air  ou  gax  inflammable;  hidrogine  (Fonrcroy). 

717.  —  L*hydrogène  n'existe  comme  principe  immédiat 
du  corps  animal  que  dans  quelques  circonstances.  On  en 
trouve,  cependant,  habituellement  une  très  petite  quantité 
dans  les  gaz  expirés  pendant  la  respiration  normale  (1).  On 
en  trouve  aussi  dans  les  gaz  normaux  de  l'estomac,  du  cdion 
et  du  cœcum  des  suppliciés.  Ces  recherches  sont  dues  à 
M.  Clicvreul  (2).  Il  y  en  avait  3,55  pour  100  dans  l'estomac  ; 
de  5, A  à  11,6  pour  100  dans  le  côlon,  et  7,5  dans  le  cœcum. 
Il  y  avait  en  même  temps  de  rhydrogène  carboné ,  de  l'a- 
zote, etc.  Ces  analyses  ont  été  faites  sur  les  gaz  recueillis  par 
M.  Magendie  dans  les  intestins  de  trois  suppliciés. 

Quand  on  fait  une  atmosphère  artificielle  avec  de  l'oxygène 
dans  les  proportions  ordinaires  et  de  l'hydrogène  mis  à  la  place 
de  l'azote,  l'animal  qu'on  y  place  n'est  pas  tué  :  ou  bien  il  n'é- 
prouve aucun  malaise  (3),  ou  bien  il  s'assoupit  bientôt  sans 
qu'il  y  ait  de  lésions  produites ,  et  l'hydrogène  est  absorbé 
dans  les  proportions  de  l'azote.  Il  déplace  un  volume  de  l'a- 
zote contenu  dans  le  sang  égal  au  sien  (A).  L'hydrogène  de 
l'intestin  se  forme  dans  l'intestin  même,  ainsi  que  l'expérience 
le  prouve,  mais  on  ne  sait  par  quelles  réactions  ou  décompo- 
sitions chimiques  il  se  dégage.  Une  partie  est  rejetée  par  les 
gaz  intestinaux  ;  quant  à  l'autre ,  on  ne  peut  savoir  où  elle 
va  ;  peut-être  s'en  dégage-t-il  par  la  peau.  Collard  de  Marti- 
gny  a  en  effet  montré  que  cette  membrane  en  laisse  exhaler 
une  petite  quantité  (5).  Enfin  nous  avons  vu  qu'il  s'en  dégage 
un  peu  par  le  poumon  ;  il  serait,  en  effet,  difficile  qu'il  n'y  eût 

(1)  Cbkykeul,  toc.  cit.,  dans  Magendie,  (oc.  cii.,  1816. 

(2)  Regmaclt  et  Reiset,  loc,  cit,,  1B48,  p.  23. 

(3)  Regnault  et  Reiset,  loc,  cit.,  1848,  p.  28. 

(4)  Allen  et  Pepts,  loc.  cit.,  1827. 

(3)  Collard  de  Maitignt,  Jotêm,  de  chimie  méd,^  1827,  t.  III,  p.  SS9« 


CHAPITRE  11.   HYDROGÈNE.  65 

pas  écbange  endosmotique  entre  les  gaz  dissous  dans  le  sang 
des  capillaires  intestinaux  et  ceux  que  contient  à  l'état  ga- 
zeux le  tube  digestif  (1). 

n  existe  aussi  de  l'hydrogène  dans  les  gaz  intestinaux  des 
îndiTidus  morts  de  maladies  diverses,  mais  pas  toujours  (68  fois 
sur  69).  n  y  en  a  plus  dans  l'intestin  grêle  que  dans  l'estomac 
et  le  côlon.  Hoscati  en  a  trouvé  beaucoup  dans  le  gros  intes- 
tin, plus  peut-être  que  dans  les  autres  parties  du  tube  diges- 
tif (2).  n  y  en  a  plus  chez  les  sujets  morts  de  maladies  aiguës 
ou  d'affections  intestinales.  Enfin  la  nature  des  aliments  et 
des  médicaments  influe  sur  sa  quantité.  M.  Cheville t  a  en 
effet  trouvé  qu'il  y  en  a  moins  chez  les  individus  qui  ont 
pris  des  médicaments  éthérés  ou  contenant  des  teintures  al- 
cooliques que  chez  ceux  qui  ont  pris  des  substances  différentes 
de  celles-ci.  Les  individus  amaigris  en  ont  moins  égale- 
ment que  ceux  qui  sont  morts  en  conservant  un  certain  état 
d*embonpoint  (8). 

Il  doit  y  avoir  un  peu  d'hydrogène  à  Tétat  normal  dans  le 
sang.Jquoiqu'on  n'en  ait  point  encore  trouvé.  MM.  Regnault 
et  Reiset  ont  en  effet  observé  qu'il  s'en  dégage  un  peu  pen- 
dant la  respiration  (à)  ;  Enschut  a,  de  plus,  montré  que  le 
sang  peut  dissoudre  une  certaine  quantité  d'hydrogène  (6). 

Dans  une  seule  des  expériences  faites  sur  le  chien,  disent 
MM.  Regnault  et  Reiset ,  nous  avons  trouvé  beaucoup  d'hy- 
drogène ;  il  y  en  avait  un  peu  plus  de  deux  litres  dégagés. 
Mais  cela  tient  à  ce  qu'ayant  donné  double  ration  de  viande 
à  ranimai  avant  de  le  placer  dans  l'appareil,  il  vomit  à  plu- 
sieurs reprises  ;  mais  il  reprenait  et  avalait  immédiatement 
les  matières  rejetées.  Au  bout  de  quelques  heures,  il  ne  pa- 

(1)  Maissiat,  Études  de  physique  animale,  Paris,  1843,  in-4<',  p.  224 

(2)  llosGATi,  Délia  corpore  diffèrenge  essenxiali  che  passano  fra  la  strut'- 
tura  de  bruti,  e  la  umana^  seconda  ediz.  Brescia,  1771,  in-S^  —  Appendice 
al  discorso  dAle  corpore  différence ^  elc,  aggiunta  àlla^  seconda  ediz.  Brescia, 
1777,  iii-8». 

(3)  Ghbtillot,  loc.  cit.,  1829. 

(4)  Reghault  et  Reiset,  toc.  d/.,  1848. 

(5)  EiffGBUT,  Di$sertatio  de  respirationis  chenUsmo,  Utrecht,  1836,  in-4<'. 


06     DES  PRINCIPES  imitolATi  EM  PARTICULIER.   1"  CIASSB. 

raissait  plus  souffrant.  Le  dégagement  considérable  d*hydro« 
gène  que  nous  avons  trouvé  dans  cette  eipérience  rend  très 
probable  que,  dans  la  digestion,  il  se  dégage  une  proportion 
considérable  de  ce  gaz  qui  se  brûle  ensuite  sous  l'influence 
cataly tique  des  humeurs  ou  des  membranes  (1).  Ce  résultat 
rend  compte  de  la  présence  de  Thydrogène.  dans  les  gaz  in- 
testinaux à  l'état  normal ,  dans  Testomac  du  moins ,  et  de 
plus  comment  il  peut  y  en  avoir  d'expiré.  Il  est,  du  reste , 
probable  que  les  réactions  de  ce  genre  peuvent  se  continuer 
au  delà.  Suivant  M.  Magendie,  les  matières  intestinales,  te- 
nues i  la  température  du  corps  dans  un  appareil  convenable 
pour  recueillir  les  gaz ,  en  laissent  dégager  qui  sont  absolu- 
ment les  mêmes  que  ceux  trouvés  dans  le  tube  digestif  (2). 
L'hydrogène  ne  peut,  du  reste,  être  formé  autrement  que  par 
des  réactions  de  ce  genre. 

CHAPITRE  III. 

AIOTI. 

hjnùMjwk  :  Mofkê^  mophèu  ou  moffètu;  aérphlogM^,  mpim. 

718. — L'azote  est  un  principe  immédiat  qu'on  trouve  dans 
le  poumon,  dans  le  sang  et  dans  les  gaz  intestinaux  morbides 
ou  normaux. 

719.  —  On  ne  peut,  pour  les  mêmes  raisons  énoncées  en 
traitant  de  l'oxygène,  calculer  quelle  part  ce  principe  prend 
à  la  constitution  de  la  masse  du  corps;  mais  on  sait  ap- 
proximativement que  le  volume  de  l'azote  pulmonaire  et 
sanguin  à  l'état  gazeux  varie  entre  53A  et  828  millimètres 
cubes. 

720. — Celui  qui  existe  dans  l'intestin  variant  beaucoup  et 
pouvant  même  manquer,  on  ne  peut  calculer  le  poidi  absolu 
de  l'azote  qui  existe  dans  le  corps  que  pour  le  poumon  et  le 


(0  REGHAOLTCt  Reiset,  loc.  cU.y  1848,  p.  23. 

(2)  Macbndie,  Èlénmtt  de  physiologie,  in-8%  iSSS. 


CHAPITRE  III.    AZOTK.  07 

SÊiùg;  etMcore,  plutôt  pour  signaler  une  lacune  que  pour 
la  remplir,  il  faut  appliquer  à  rhomme  une  partie  des  chif- 
fres obtenus  expérimentalement  sur  le  sang  du  cheval.  Cette 
quantité    s*élève    ainsi  approximativement   de  t*"*"-,!^ 

QMntîté  àamÊ  U  Mni||, 

721.  .-^  L*a2ote  forme  en  moyenne  un  peu  plus  du  dixième 
des  gaf  eontenus  dans  le  sang,  mais  il  peut  aller  jusqu'à  en 
former  le  sixième  aussi  bien  dans  le  sang  veineux  que  dans 
le  sang  artériel.  C'est  ce  qu'on  peut  facilement  déduire  des 
recherches  de  Magnus. 

Chez  le  cheval ,  il  y  en  a  plus  dans  le  sang  veineux  que 
dans  le  sang  artériel.  La  moyenne  est  de  l***-,62  pour  100 
dans  le  sang  veineux  de  cet  animal ,  et  de  l^'-'^SS  pour  100 
dans  le  sang  artériel.  Chez  le  veau ,  il  y  en  a,  au  contraire , 
moitié  moins  dans  le  sang  veineux  que  dans  le  sang  artériel. 
La  moyenne  est  de  0^'*«,6A  'pour  100  dans  le  premier,  et 
1^-**,71  pour  100  dans  le  second.  La  même  quantité  d'eau 
dissout  à  10  degrés  environ  la  moitié  plus  d'azote,  c'est-à- 
dire  2«-«-,60  pour  100  :  soit  26  centimètres  cubes  par  Utre 
dans  l'eau  à  10  degrés,  et  6  à  17  centimètres  cubes  dans  le 
sang  à  87  ou  iO  degrés.  Les  tableaux  de  Magnus  donnent 
les  résultats  suivants  : 


Samg  artéfièl. 


Centimètres 
eabet. 


CheYai  125 
Id.      130 

UL    laa 

Veau    123 
M.      i08 


GontienneDt 

oxygène  cenL 

cubes. 


2,50 
1,50 
1,00 
1,60 
S,60 


En  Tulnme 
pour  100 


2,00 
1,15 
0,82 
0,30 
2,13 


Sang  veineux. 


Contiennent 
cent.  cube. 


205 
195 
170 
153 
140 


Oxygène 
cent,  enbes. 


1,10 
1,70 
4,00 
1,30 
0,60 


En   Tolume 
Pour  iOO. 


0,53 
0,87 
3,17 
0,85 
0,46 


On  n'a  pas  encore  recherché  la  quantité  d'azote  qui  existe 
dans  le  sang  de  l'homme,  en  sorte  qu'on  ne  peut  dire  quelle 
masse  d'azote  en  poids  et  en  volume  il  renferme.  S'il  en  avait 


68     DES  PBI?(CIPES  IUJIÉDIATS  EN  PARTICCLfER.    l'*  CLASSE. 

autant  que  le  cheval,  on  aurait  approximativement  60  centi* 
mètres  cubes  d*azote  dans  la  totalité  du  sang  artériel,  et  78 
dans  la  totalité  du  sang  veineux  ;  en  tout,  lAA  centimètres 
cubes  :  soit  en  poids  1»""*,716  dans  ce  dernier,  et  li«»-  A62 
dans  le  sang  artériel.  Il  ne  faut  pas  attribuer  à  ces  chiffres, 
obtenus  en  prenant  pour  base  de  calcul  les  tableaux  précé- 
dents, plus  de  valeur  qu'ils  n'en  ont  réellement,  surtout  lors- 
qu'on applique  à  l'homme  les  résultats  obtenus  sur  des  bm*- 
bivor^.  Ils  sont  faits  plutôt  pour  indiquer  une  lacune  qœ 
pour  la  remplir.  Ceci  s'applique  aussi  aux  nombres  suivants 
et  à  quelques  uns  de  ceux  indiqués  à  propos  de  Toxygène 
et  de  l'acide  carbonique,  pour  lesquels  on  n'a  pas  fait  des 
recherches  expérimentales. 

Ainsi,  pour  un  litre  de  sang  pesant  un  peu  plus  de  1  kilo- 
granmie,  on  a  un  poids  d'azote  qui  s'élève  de  0<"""*,0076 
à0<»"-,0222  à  la  température  de  37  à  AO  degrés.  Dans  l'eau 
à  10  degrés  cette  quantité  s'élève  à  0*"'"*',0S10.  Le  sang  dis- 
sout donc  plus  d'azote  que  l'eau  n'en  dissoudrait  à  la  même 
température ,  surtout  si  l'on  considère  qu'on  a  pris  ici  les 
moyennes,  et  que  dans  certains  cas  la  quantité  d'azote  s'élève 
dans  le  sang  à  2  pour  100  et  plus.  On  sait,  du  reste,  par  les 
expériences  de  Magnus,  que  le  sang  peut  absorber  plus  d'azote 
que  l'eau;  il  en  absorbe  1,70  à  S, 30  pour  100,  c'esirè-dire 
plus  de'  dix  fois  autant  que  l'eau  (1).  Cette  question  n'est 
pas  indifférente  à  traiter,  si  l'on  veut  arriver  à  savoir  si  l'a- 
zote se  trouve  dans  une  partie  spéciale  du  sang  ou  8*il  est 
uniformément  dissous  par  les  globules  et  le  sérum. 

Asole  danf  le  povoioo. 

722. —  L'air  expiré  contient,  chez  les  animaux  à  sang  chaud, 
habituellement  une  quantité  d'azote  un  peu  supérieure  à  celle 
que  renferme  l'air  inspiré,  ou  bien  une  quantité  égale.  Il 
résulte  de  là  que  ces  animaux  cèdent  à  l'air  un  peu  de  l'azote 

(I)  Maoiu»,  Annaien  d^  Chmie  und  Phy$ik,  vol.  LXVI,  p.  177.  i8li. 


CHAPITRE   111.    AZOTE.  60 

qu'Os  ont  emprunté  à  Tétat  de  combinaison  aux  aliments 
solides  ou  liquides.  Quand  ils  sont  à  l'état  d'inanition,  les 
oiseaux  surtout,  ils  empruntent,  au  contraire,  à  l'air  une 
petite  quantité  d'azote  égale  au  léger  excès  indiqué  plus  haut. 

Les  poumons  contenant  : 

1^  Après  expiration  calme,  i98  millimètres  cubes  de  gaz  ; 

2«  Après  expiration  forcée,  282  millimètres  cubes  :  il  en 
résulte  que  cette  masse  renferme  à  peu  de  chose  près  : 

1*  éd  800  millimètres  cubes  d'azote  ; 

2*  A  18i  millimètres  cubes. 

Ce  qui  donne  en  poids  : 

!•  deO««»-,0487, 

2*    à  0««»-,0200. 

CSet  azote  se  trouve  à  l'état  gazeux  dans  le  poumon ,  mé- 
langé dans  l'air  à  l'oxygène,  à  Tacide  carbonique  et  à  la  va- 
peur d'eau. 

728. — n  existe  encore  de  Tazote  dans  les  gaz  intestinaux  à 
rétat  normal  (1).  Les  analyses  des  gaz  retirés  du  tube  digestif 
des  suppliciés  ont  donné  à  M.  Ghevreul  (2)  en  azote,  sur  100 
parties: 

Pour  restomac,  71,46; 

Dans  l'intestin  grêle,  20,08  à  8,85  et  66,60; 

Dans  le  cœcum,  67,50  ; 

Dans  le  côlon,  51,08  à  18,40; 

Dans  le  rectum,  45,06. 

Ce  gaz  était  mêlé  à  d'autres  :  dans  l'intestin  grêle  il  n'y 
avait  que  de  l'acide  carbonique  et  de  l'hydrogène  carboné  ; 
dans  les  autres  intestins,  il  y  avait  en  même  temps  de  l'hy- 
drogène. On  doit  certainement  trouver  également  de  l'azote 
dans  l'intestin  des  autres  mammifères ,  car  déjà  Vauquelin 
en  a  trouvé  dans  les  gaz  intestinaux  d'un  éléphant  (8)  ;  et 
MM.  Leuret  et  Lassaigne  en  indiquent  60  pour  100  dans  Tin- 

(i)  Juiimt,  Mém.  de  la  Soc.  royàtedefnéd,  Paris,  1789,  t.  X,  p.  77. 

(2)  Ghbtibol,  loc.  cit.,  1816. 

(3)  Vaoqukun,  Mém.  du  Muséum  d'hùL  tio^.,  1817,  ia-4»,  t.  Ul,  p.  279. 


70      IȣS  l*Kl.\Cli'>:S   imiKlliATS   KS   FlftTlCrLIER.   1"   CLASSE. 

Ufâliii  grêle  du  cliien,  et  ho  pour  100  beulemeni  dans  le  gros 
iotesUn  du  même  animal  il  =. 


Aut  ■■■!  Itqatl  a  M 

721.  — L*azole  est  à  lelat  gazeux  dans  le  poumon  et  les 
intestins.  Il  y  en  a  sans  doute  un  peu  a  Télat  de  dissolution 
dans  le  mucus  de  ces  organes.  Dans  le  sang  il  existe  à  Fétat 
de  dissolution  ;  mais  on  ne  s*est  pas  occupé  de  savoir  5*ii  est 
dissous  dans  le  sérum  ou  dans  les  globules.  Le  rôle  en  ^pa- 
renée  inactif  et  accidentel  de  Tazote  dans  le  sang  est  aans 
doute  cause  de  ce  qu'on  ne  s*est  pas  occupé  de  savoir  si, 
comme  l'oxygène ,  ce  gaz  est  uniquement  ou  presque  uni- 
quement dissous  par  les  globules,  ou  bien  si  le  sérum  le  dis- 
sout exclusivement,  etc.  On  ne  s'est,  en  effet,  occupé  que  de 
l'acide  carbonique  ;  partout  c'est  lui  qui  est  pris  en  considéra- 
tion, toujours  parce  qu'on  est  guidé  par  cette  idée  exclusive 
de  combustion ,  qui  fait  trop  oublier  de  s'occuper  de  sa- 
voir si  l'azote  n'a  pas  quelque  rùle. 

726.  —  L'azote  ne  concourt  que  très  secondairement  a  la 
constitution  de  la  substance  organisée  du  sang  et  de  cette 
partie-là  seulement  du  corps.  Sa  présence  est  une  condition 
de  l'échange  pulmonaire  et  cutané  des  gaz  de  Tintérieur  avec 
ceux  de  l'extérieur,  et  réciproquement. 

726.  —  On  ne  sait  rien  des  particularités  que  peut  pré- 
senter l'azote  suivant  les  sexes  et  les  âges.  Ses  conditions 
d'entrée  et  de  sortie  sont  les  mêmes  que  pour  l'oxygène. 
Comme  il  y  en  a  certainement  un  peu  d'exhalé,  en  tenant 
compte  des  gaz  rejetés  par  la  peau  coDune  par  le  poumon ,  il 
faudrait  rechercher  d'où  il  vient,  quels  sont  les  principes  de 
l'économie  qui  en  cèdent;  quelles  sont,  en  un  mot,  ses  con- 
ditions de  formation  suivant  les  âges,  etc.  On  ne  sait  pas  en- 
core si  la  quantité  d'azote  du  sang  varie  dans  quelques  ma- 

(1)  Liuin  et  Lassaigre,  Bech.  physhl  et  cMm.  pour  Mirir  à  VkkU  êtim 
M9$mok.  Pirif,  ISSS,  fB-S%  p.  ISl. 


CHAPITRE   111.    AZOTE.  71 

ladw,  ce  qui  est  probable.  On  sait  que  les  animaux  i  jeun 
depuis  longtemps  empruntent  un  peu  d*azote  à  celui  des  gaz 
bronchiques,  c'estrà-dire  à  Tatmosphère  ;  ce  qui  indique  qu'il 
y  a  très  probablement  des  yariations  de  la  quantité  de  ce  gaz 
dans  le  sang. 

727. — Il  y  a  deTazote  dans  les  gaz  intestinaux  morbides; 
il  y  en  a  quelquefois  jusqu'à  09  pour  100,  surtout  chez  les 
vieillards  épuisés  par  de  longues  maladies  (1).  Il  est  mêlé 
d'hydrogène,  de  carbures  et  sulfures  d'hydrogène,  acide 
carbonique  et  oxygène.  Dam  l'analyse  du  gaz  d'une  vache 
météorisée^  M.  Lassaigne  indique  non  pas  la  présence  de 
l'azote,  mais  celle  de  60,30  pour  100  de  protoxyde  d'azote  ; 
les  aatres  gaz  étaient  de  l'oxygène,  de  l'acide  carbonique  et 
des  carbures  d'hydrogène  (2). 


OrigîM  «1 MMM  âm  I 


728. —  L'azote  du  poumon  tire  son  origine  de  l'air  atmos- 
phérique, ob  il  est  puisé  i  chaque  mouvement  inspiratoire. 
n  en  vient  cependant  un  peu  de  celui  qui  est  dans  le  sang, 
mais  cette  quantité  en  moyenne  dépasse  rarement  1/100*  de 
la  quantité  d'oxygène  consommé  (3).  Il  y  a  échange  conti- 
nuel entre  cet  azote  pulmonaire  et  celui  de  l'air  d'une  part, 
puis  celui  du  sang  d'autre  part;  il  n'y  a  donc  d'autre  mode 
d'issue  que  l'exhalation.  11  faut  en  excepter  les  animaux  éma- 
ciés  par  l'abstinence  qui  en  consomment  un  peu  ;  alors  il 
disparait  par  le  sang. 

L'azote  du  sang  vient  du  poumon,  mais  il  n'en  vient  pas 
en  entier,  puisqu'il  y  en  a  d'exhalé  1/100*  environ  de  la  quan- 
tité d'oxygène  consommée.  Il  en  vient  aussi  par  conséquent 
des  aliments  solides,  mais  on  ne  sait  en  aucune  façon  de  quels 
principes  azotés  ni  par  quelles  réactions  il  devient  libre. 

Cet  azote  du  sang  disparaît  en  partie  par  le  poumon. 


(1)  Chctillot,  loc.  cit.,  1S29. 

(9)  Lamammi,  100.  oU.f  iS30. 

(3)  Rmrault  et  RiiSBTy  loc,  cit.,  184S,  p.  23. 


72      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.   1'*  CLASSE. 

Dans  le  cas  d'animaux  émaciés  qui  en  prennent  à  l'air,  il 
est  probable  qu'il  s'en  combine  à  quelque  principe  immédiat, 
mais  on  ne  sait  lequel.  Il  en  disparaît  aussi  par  la  peau  en 
même  temps  que  l'hydrogène ,  et  la  quantité  exhalée  varie 
un  peu  suivant  les  heures  du  jour,  les  aliments,  etc.  (1). 

A  l'état  normal,  l'azote  de  Testomac  a  été  trouvé  plus 
abondant  que  celui  des  autres  parties  du  tube  digestif.  Gela 
pourrait  faire  croire  que  ce  gaz  est  introduit  par  la  dégluti- 
tion des  aliments.  Hais  on  en  trouve  davantage  dans  le  gros 
intestin  que  dans  l'intestin  grêle,  il  faut  donc  que  le  sang  en 
fournisse,  ou  bien  qu'il  provienne  de  quelques  réactions  se 
passant  dans  l'intestin.  On  ne  sait  nullement  quels  principes 
contenus  dans  l'intestin  pourraient,  en  se  dédoublant,  donner 
lieu  au  dégagement  d'un  gaz  si  difficile  à  séparer  des  corps 
avec  lesquels  il  est  combiné.  Aussi  est-il  plus  probable  qu*il 
est  exhalé,  en  partie  au  moins,  par  le  sang  des  capillaires.  Si 
ce  n'est  là  son  origine  exclusive,  il  faut  admettre  que  le  reste 
vient  de  l'air,  par  déglutition  avec  les  aliments,  jusqu'au  mo- 
ment où  l'on  aura  démontré  qu'il  s'en  dégage  directement 
des  matières  contenues  dans  l'intestin.  Ceux  qui  admettent 
sans  la  moindre  difficulté  que  tous  les  gaz  intestinaux  vien- 
nent de  réactions  chimiques  se  passant  dans  cet  appareil,  au- 
raient certainement  dû,  à  propos  de  l'azote,  se  poser  la  ques- 
tion de  savoir  quelles  sont  les  réactions  qui  lui  donnent  nais- 
sance, quel  est  le  principe  qui  en  laisse  dégager.  Néanmoins, 
si  ce  fait  venait  à  être  reconnu  comme  constant ,  il  rendrait 
sans  doute  raison  du  léger  excès  d'azote  que  rejettent  les  pou- 
mons ,  car  un  gaz  existant  dans  l'intestin ,  il  ne  peut  pas  ne 
pas  y  avoir  échange  endosmotique  entre  lui  et  ceux  du  sang  ; 
échange  qui  peut  être  modifié  par  la  nature  et  l'état  dés  mem- 
branes. 11  sera  reconnu  dès  lors  que  les  gaz  intestinaux  dis- 
paraissent à  la  fois  par  le  sang  et  le  poumon,  et  par  l'anus. 

S'il  ne  se  dégage  pas  d'azote  des  matières  en  digestion,  cet 
excès  d'azote  rejeté  vient  du    sang  par  dédoublement  de 

(I)  Regnavlt,  Cours  élément,  de  chimie,  Parif,   1850,  iii«18,   I.   II, 

p.  8G(). 


CHAPITRE  111.   AZOTE.  78 

quelques  principes  immédiats,  qui  en  fournit  ainsi  à  la  fois 
un  peu  aux  gaz  pulmonaires  et  i  ceux  de  l'intestin  ;  ceux-ci 
ont  alors  pour  unique  mode  d'issue  l'intestin  rectum. 

L'azote ,  comme  on  le  voit ,  ne  se  rattachant  directement 
à  aucune  théorie ,  a  peu  attiré  l'attention  des  observateurs 
sous  le  rapport  de  son  origine  et  de  son  issue  dans  le  sang 
d'abord ,  dans  l'intestin  ensuite;  il  y  a  certainement  une 
corrâation  entre  ces  faits  considérés  dans  ces  deux  appareils 
organiques ,  mais  elle  est  encore  ignorée. 

&61e  phjfiologîqne. 

729.  —  Le  rôle  que  joue  Tazote  dans  le  sang  a  toujours  paru  fort  peu 
important*  aosai  8*en  est-on  peu  occupé.  U  est  peut-être  plus  important 
qa^on  ne  le  pense  généralement.  Néanmoins  la  possibilité  de  lui  subsUtuer 
l'hydrogène,  qui  le  remplace  à  volume  égal,  sans  lésions  pour  les  fonctions, 
porte  à  croire  que  cène  supposition  est  peu  probable.  U  faudrait,  du 
reste,  prolonger  davantage  les  expériences  qu*on  ne  Ta  fiadt. 

Dans  tous  les  cas,  Tazote  n^est  pas  un  principe  destiné  à  être  assimilé 
(sauf  le  cas  des  animaux  émadés  qui  en  empruntent  un  peu  à  Tair  au  lieu 
de  lui  en  rendre).  Et  ce  produit,  comme  nous  Tavons  vu ,  dérive  ou  bien 
de  dédoublement  des  substances  azotées  du  corps ,  on  bien  de  réactions 
chimiques  intestinales.  Ce  sont  là  du  moins  les  Mts  les  plus  probables  re- 
lativement à  Torigine  de  ce  gaz,  qui  n'est  pas  dans  le  sang  uniquement 
parce  qn*ll  y  en  adans  Pair.  Ets*il  y  ena  moins  dans  le  sang  qu*iln*y  a 
d'oxygène,  cela  n'est  pas  dû  simplement  à  ce  que  les  parois  des  vaisseaux 
ont  la  propriété  d'en  moins  laisser  passer  que  d'oxygène,  ce  que  pensent 
quelques  physiologistes ,  mais  à  ce  que  les  principes  du  sang  dissolvent 
plus  de  l'un  que  de  l'autre  en  vertu  de  leurs  propriétés  dissolvantes  spé- 
ciales t  démontrées  expérimentalement  par  Magnus  (!}• 

HistorHi«e. 

730.  —  Voyons  maintenant  par  quelles  phases  successives  ont  passé  nos 
connaissances  relativement  à  l'azote  avant  d'arriver  où  elles  en  sont 

I^volsier  et  Priesiley  s'en  occupèrent  les  premiers  expérimentalement. 
Lavoisler  crut  que  ce  gaz  n'éprouvait  aucun  changement  de  quantité  dans 
le  sang  et  le  poumon  (2).  Priestley  (3),  H.  Davy,  crurent  au  contraire 

(1)  Maghus,  loc,  cti.,  1846. 

(2)  LàvoisiRi  et  SÉGUUi,  loc.  cit.,  1777-1791. 

(3)  PtiKSTLEY,  loc.  cit.,  1777-1785. 


7&      DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICCLIEH.    1'*   CLASSE. 

qafl  y  en  a  d*alMorbé  (f  ).  Allen  et  Pepyt  en  revinrent  à  Toplnion  de  UficA- 
0ier  (2),  et  penièrent  qoe  par  conaéqoent  racole  deFair  n*intervient  paapov 
fournir  à  la  nutrition  des  berfoirorea.  Cependant  ila  oonatatèrent  qaH  y  m 
a  un  pen  d*absorfoé  tontes  les  fois  que  la  respiration  est  gênée.  Ib  obaer- 
Tèrent  anssi  plus  tard  (3)  que  dans  une  atmosphère  où  Thydrogène  a  été 
snbstltoé  à  Tazote,  la  quantité  absorbée  du  premier  gaz  est  remplacée  par 
ime  quantité  égale  dn  second.  Benbollet  pensait,  an  contraire,  qn*n  y  atalt 
un  pea  d^asote  exhalé  par  le  poumon  pendant  la  respiration  (A).  Spal- 
lanaai  observa  que  suivant  les  espèces  animales,  tantôt  raaole  de  Vtk 
reste  intact ,  tantôt  il  est  absorbé  par  les  diverses  parties  da  corps  et 
le  poumon  chez  les  animaux  pulmonés,  chez  Thomme  par  exemple. 
Mais  cette  quantité  est  toujours  très  petite  en  comparaison  de  Toxygène  (5). 
Henderson  et  Thomson  (6)  ont  vu  également  quMl  y  a  un  pen  d*oxygène 
emprunK  à  Talr  par  le  sang  pendant  la  respiration.  Pfaff  pensa  aussi, 
d*après  ses  expériences,  qu*il  y  a  de  Tasote  absorbé  pendant  la  respira- 
tion (7).  n  détermine  aussi  dans  ce  travail  les  proportions  d*ozygène 
absorbé  et  d*adde  carbonique  exhalé.  Nytten  (6),  Dulong  (9),  pufa  If.  Des- 
prets  (10),  montrèrent  qu'i  y  a  réellement  un  peud*aEote  rejeté  par  le  pou- 
mon ;  et  que  cette  quantité  est  plus  forte  chez  les  herbivores  que  chci  les 
camivorea.  Ceat  là  auaë  le  résultat  général  des  expériences  de  W.  Ed- 
wards, surtout  cbes  les  Jeunes  mammifères  ;  quelquefbis  H  tnmwt  égaHté 
entre  l^bsorption  et  l*exhalation  (11). 

Depuis  lors  il  n*a  été  fait  aucun  travail  eipérimenul,  mais  asulegaent  des 
remarques  cl  théories  plus  ou  moins  contradictoires  sur  les  faits  précédents, 
Jnqu^  Tépoque  des  recherches  de  Marchand  (12)  et  de  MM.  Urgniult  et 
MnU  tpii  ont,  par  dea  anaiyaes  eudiométrfques  minutienses. 


(1)  H.Dayï.Ioc.cU,,  1802. 

(2)  AixiM  et  PsPTs,  (oc  cit.,  1808. 

(3)  Loc.  cU.,  1827. 

(4)  BeiTBOLLET,  Uém.  âêlaSoc.  â^Àrcueil,  1802,  t.  H,  p.  454. 

(5)  Spallarzahi  ,  Mém,  tmr  la  rmpfrûHm,  traduits  par  flenneMsr  sur  le 
manuscrit  inédit.  Genève,  an  xi,  in-8*,  p.  88  à  102. 

(6)  Henderson  dans  Tbonson,  SyU.  dacMmta,  traduct.  franc.,  1818*1822, 
in-8%  t  V. 

(T)  PtAvr,  Homo,  ^ospér,  mr  la  mph-,  éd  Vair  atmotpk. ,  prlwclpditmmi 
par  rgpport  à  FabêorpUoi^  d'oMoU,  eitmrla  rwpir.  du  fus  sgyéa  d*«solf 
(Ann.  éâ  chim.,  1805,  t.  LY,  p.  177). 

(8)  Ntbtbn  ,  Rech,  dâ  phys.  H  de  chknie  pathologique,  Paris,  1811|  in*t*, 
p.  178. 

(9)  Doumc,  loe,  cit.,  1823. 
(10)  DBsniKTz,  toc.  cit.,  1824. 

(li)  EnwAiDs,  De  Ttfi/l.  des  agents  phys.  swr  la  vie.  Paris,  1814, 
(12)  Maichand,  Sur  le  rôle  de  Vatote  dans  le  phénomène  âe  fo 
{Journal  fiir  prakt.  CA«mi0,1848,  t.  XUy,  p.  1). 


HISTOaiQlE.    —  CHAPITBE   111.   AZOTE.  75 

ploi  de  prédikHi  aux  faits  connus  jusqu'alors.  Ils  ont  montré  que  Vuioîe 
dégi9i«  pendant  que  100  parties  d*oxygène  sont  consommées»  varie 
ialr«  0,0549  et  0,603.  Chez  le  lapin,  elle  est  de  0,ZiOô  et  de  iMà  chez 
in  poçàe  (1).  Cbei  le  cochon  d'Inde,  elle  est  de  Ofik  d'après  Marchand. 

filaoaiffe  el  Marcet  admettent  qn*à  moins  de  supposer  qae  ractioft  tiurie 
peut  former  l'azote  de  toutes  pièces,  il  faut  conclure  que  celui  qui  contient 
le  chyle  proTient  des  aliments.  Mais  que  le  sang  en  contenant  proportion- 
nellement plus  que  le  chyle ,  il  diH  admettre  que  chez  les  carnivores  et 
herbivores,  la  respiration  fournit  le  complément  de  celui  qu'on  trouve  dans 
le  sang  (2). 

.  l>^a«pinviniJi,BoM6laianliaviitétë60Qdiiitàconfirntffifl8féial- 
Uts  de  Moag,  et.  à  penser  q«a  i'aiote  des  attasents  aortalt  en  partie  à 
l'état  gazeux ,  parce  qu'il  ne  retrouvait  pas  dans  l'accroissement  du  poids 
d«  corpa  et  dana  tes  anhsiances  azotées  des  matières  fécales  le  poids  de 
l'aioia  eniné  aooa  Airme  d'aliments.  Mais  il  avait  été  amené  à  dea  eatl- 
mationa  tropjlhrtes,  fonte  de  tenir  compte  des  matières  azotées  tomhant 
sons  forme  de  poils,  épiderme,  etc.  (3).  n  avait  aussi  obtenu  des  résultats 
analognes  sur  les  oiseaux  (h)*  Quoique  manquant  de  précision,  ces  recher- 
ches avaient  appris  qu*un  peu  de  l^azote  des  aliments  devait  disparaître 
aooa  Isnoe  gazeuse.  M.  Barrai  arrive  aux  mêmes  conclusions  en  partie  par 
des  ezpérieooef ,  m  partie  par  des  calcula  (5).  Relativement  à  l'azote  de 
rintcatin«  on  pouvait  en  soupçonner  l'existence  d'après  les  recherches  de 
Yao  Hetanont ,  qui  avait  constaté  que  les  gaz  de  l'estomac  et  de  l'iléum 
étonifent  la  chandelle  ;  Rwstus  sive  flatus  originalis  in  stomacho  prout 
et  /lotus  ifd  eadinguunt  flammam  cmndelœ  (6) .  Les  recherches  de  Jurine  en 
Mt ,  pour  la  première  fois ,  positivement  démontré  IVxistenee  (7)  ;  pois 
sont  venues  celles  de  Yauquelin  (8),  de  M.  CheviUot  (1899),  et  de 
IIM.  Mageadie  et  Cbevrenl  (1816). 

Enschut  (9)  est  le  premier  qui  ait  montré  que  parmi  les  gaz  du  sang 
il  y  a  de  l'azote,  fait  retrouvé  depuis  par  Magnus  (10),  Bischoff  (11)  et 

(1)  Rmouvui  et  BanzT,  Comptes  rendus,  loc.  cit.,  1848. 

(2)  ItiCAïaB  et  Maicbt  ,  Aecft.  sur  Vorig.  de  Vaxote  qu^on  retrouve  dans 
kseemp,  des  euhsS.  amêm.  {Afm.  de  phys.  eîdeehîm,^  1889,  t.  U,  p.  371). 

(3)  BoussiiiGADLT,  Comptes  rendus  des  séances  de  VAcad.  des  se,  de  Paris^ 
1838,  t.  VU,  p.  1157. 

(4)  BoussniDAVLT,^4fiii.  de  pkf^s.  et  ie  chim.,  1S44,  t.  XI,  p.  43S. 

(5)  Bassal,  Statique  cMm,  des  «nlm.  Paris,  1880,  fn-18.  p.  Î48-270,  etc. 

(6)  Vah  Hklmont,  Ortus  medieiiuB*  AmsteMami,  1682,  in-4*,  p.  481. 

(7)  Jijaiifi,{oc.  ct^,  1789. 

(8)  VADQDKLm,  lac.  ciL,  1817. 

(9)  EascRtrr,  loe.  cil.,  18S0. 

(10)  Maghus,  toc,  eU,,  1837  et  1846. 

(fi)  Bnonrr,  De aocii  q^bmdam  pAyiiotef tais  ai illmitrandmm  theoriam 


76      DES  PRINCII'ES   IMMÉDIATS   EN   l'AUTlCULlER.   i''   CLASSE. 

Marchand.  Ingcnliousz  semble  être  le  premier  qui  obserra  une  exhala- 
tion d'azote  par  la  peau  de  Thommc  (1).  Puis  Abemethy  recoellUt  ioiii 
le  mercure  un  gaz  Ibrmé  de  deux  tiera  d*adde  carbonique  et  un  tters 
d'azote  (3).  Collard  de  Martigny  trouTe,  tantôt  de  Paxote  en  proportloii 
Tariable  et  de  Tadde  carbonique,  tantôt  de  Tadde  carbonique  pur  (8). 


CHAPITRE  IV. 

ACIDE   CARBORIQUX. 

Synonymie  :  Gom  ou  acide  mépkUiquê  (Sage  et  Guyton  de  Morrean)  {A), 
aér  fœ9^  akr  ktupirMd^  ocida  cmfaiifl?  *  odda  d^a/rbmwmoa. 

7Si.  —  n  existe  de  l'acide  carbonique  dans  le  potimon, 
dans  le  sang,  dans  le  tube  digestif  et  dans  l'urine.  Ce  dernier 
fait  constaté  ^par  Prout,  nié  par  Berzelius,  mais  vérifié  par 
Vogel,  Marcet,  Brandes,  Woehler,  et  récemment  par  Mar- 
chand, qui  en  a  trouvé  chez  l'homme  adulte  et  l'enfant  environ 
60  centimètres  cubes  pour  1,000  grammes  (6).  H  y  en  a  aussi 
dans  l'urine  des  herbivores  ;  mais  une  partie  de  celui  qu'on 
extrait  s'y  trouve  à  l'état  de  bicarbonate,  et  par  conséquent 
ne  fait  pas  directement  partie  du  corps  ;  ce  sont  les  bicarbo- 
nates qui  sont  là  les  principes  immédiats,  et  non  l'acide 
carbonique.  On  ne  sait  pas  encore  s'il  en  est  do  même  chez 
rhomme. 

M.  Stass  a  trouvé  que  Teau  de  Tamnios  de  la  vache  est  'sa- 
turée d'acide  carbonique,  et  renferme  de  plus  du  bicarbonate 
de  potasse  (6). 

Il  est  probable  que  celui  extrait  de  la  bile  et  du  lait  par 
Marchand  faisait  partie  des  bicarbonates,  car  ces  liquides 


(1)  iKeniBOuaz,  Vtrmtchte  Schriften  phytktMnedic.  Vienne,  1781-17S4. 

(2)  AaBuiETB¥,  Swrgic€Uandpkysiologic(Ue$iaiSf  179M797» 

(3)  GoLLAXD  M  Maitiomt,  loc.  cU.,  1S27. 

(4)  GuTTOR  DB  IfoiYEAU »  Encyclopédie  méthodique,  Canic,  t.!,  p.  95, 
in-i%  1786. 

(5)  Maichand  ,  Sur  Vacide  carbonique  de  l'urine  et  du  lail  ((«/oiim.  /Sr 
prakt,  Chemie,  1848,  t/XLlV,  p.  250. 

(6)  Stam,  Note  sur  les  liquides  de  Vamnios  et  de  VaUantaiéê  {ComfÊm 
rendus  des  séances  de  V Académie  des  sciences  de  Porii,  iS50, 1  UXf  f*  iSQ. 


CHAPITRE  IV.   ACIDE  CARBONIQUE.  77 

sont  àlcûlins,  et  il  faut  employer  la  chaleur  pour  en  extraire 
le  gaz  carbonique. 

782. — La  quantité  absolue  de  ce  gaz  chez  l'homme,  en  vo- 
lume, 8'élève  de  87«-«  ,70  à  07*'^-,7O,  sans  tenir  compte  de 
celui  que  renferme  l'intestin,  dont  la  quantité  variable  ne 
peut  permettre  un  calcul,  même  approximatif. 

Aeide  earbonîqae  du  Muig. 

788.  —  L'acide  carbonique  contenu  dans  le  sang  occupe- 
rait, à  rétat  gazeux,  un  espace  variant  du  tiers  au  cinquième 
de  celui  occupé  par  ce  liquide. 

D'après  Magnus,  il  y  en  a  plus  dans  le  sang  artériel  que 
dans  le  sang  veineux,  dans  la  proportion  de  d^-^-^àO  pour  100 
dans  le  sang  artériel,  pour  5^**"*, 50  dans  le  sang  veineux,  c'est- 
à-dire  dans  la  proportion  de  0s'^">',99,  ou  un  cinquième  en 
faveur  du  sang  artériel;  ce  qui  donne  0^"*,123  pour  100 
dans  le  sang  artériel,  et  O^^^-^lOli  pour  100  grammes  dans 
le  second.  Gomme  déjà  il  y  a  plus  d'oxygène  dans  la  propor- 
tion de  2,&i  ou  8  à  1,20,  et  d'azote  dans  la  proportion  de 
1,61  à  1,00  (1),  on  voit  qu'il  y  a  plus  de  gaz  dans  le  sang 
artériel  que  dans  le  sang  veineux. 

Voici  les  tableaux  de  cet  auteur  sur  ce  sujet  : 


Samgartérid. 


CratiaiètrM 

CQBM 
dOBStOt. 


Cheral  iS5 
/d.  130 
id.  133 
Yeaa  133 
Id.     108 


Add*  carboB, 
eent.  cabet. 


3,40 
10,70 
7,00 
9,40 
7,00 


Fonr  100, 


4,33 
8,33 
5,83 
7,58 
6,37 


Sangveheux. 


CentimèlTM 

cubes 

donnent. 


▲dde  carboo. 
cent,  cnbet. 


305 
195 
170 
153 
140 


8,80 
10,00 
13,40 
10,30 

6,10 


PonrlOO. 


4,38 
5,13 
7,39 
6,66 
4,35 


78A.  —  On  peut  déduire,  du  résultat  obtenu  par  Magnus 
et  en  admettant  approximativement  5  litres  de  sang  artériel, 
et  7,60  de  veineux,  qu'il  y  a  6»™"-,15  de  gaz  carbonique 
dans  le  sang  artériel,  et  7^*°',80  dans  le  sang  veineux  :  en 
tout,  18«™  ,06. 


(1)  lUdfUfl,  loc.  cil.,  1837. 


78      DES  PRINCIPES  imÉDIATS  EU   PARTICULIER,   l'*  CLASSE. 

Aeîde  carbonique  dans  le  pooniOB. 

735.  —  y  acide  carbonique  du  poumon  s*y  trouve  à  Tétat 
gazeuxetde  mélange  avec  de  l'azote,  deToxygène  de  l'air,  de 
la  vapeur  d*eau  et  les  traces  d'autres  gaz  expirés. 

Connaissant,  d'après  les  chapitres  précédents,  d'une  part 
la  quantité  moyenne  de  gaz  contenue  dans  le  poumon  après 
une  expiration  ordinaire  (i03  millimètres  cubes),  et  une 
expiration  exagérée  (232  millimètres  cul)es),  et,  d'autre  part, 
que  ces  gaz  renferment  alors  de  3  a  5  pour  100  d'acide  car- 
bonique, on  en  déduit  qu'il  y  a  dans  le  poumon  : 

1^  Après  expiration  calme,  lA  à  2&  millimètres  cubes; 

2^  Après  expiration  forcée,  7  à  12  millimètres  cubes. 

Ce  qui  donne  en  poids  : 

1»  0»™"*,0266  à  08""',0456  ; 

2«  Or«».,0133  a  08""-,0228. 

La  quantité  d'acide  carbonique  exhalé  et  celle  d'oxy- 
gène Gxé  dans  l'économie  sont  surtout  en  rapport  avec  la 
nature  des  aliments,  et  varient  peu  dans  les  animaux  soumis 
au  même  régime ,  bien  qu'ils  appartiennent  à  des  classes 
très  éloignées.  La  plus  ])etite  exhalation  d'acide  carbo- 
nique a  lieu  chez  les  animaux  nourris  de  viande;  le  volume 
de  l'acide  carbonique  exhalé  (ou,  si  l'on  veut,  le  poids  de 
l'oxygène  oontenu  dans  cet  acide)  est  cliez  eux,  à  celui  de 
l'oxygène  inspiré,  comme  0,67  ou  0,7&  :  1,00.  Ce  rapport 
est  plus  grand  chez  les  animaux  nourris  de  légumes;  pour 
les  lapins  soumis  à  ce  régime,  M.  Regnault  l'a  vu  varier  de 
0,85  à  0,95.  Il  est  encore  plus  grand  chez  les  animaux  nour- 
ris de  pain  ou  de  grain  ;  car  il  peut  devenir  égal  et  même  su- 
périeur à  l'unité.  L'animal  dégage  alors  une  ([uantité  d'acide 
carbonique  qui  renferme  plus  d'oxygène  qu'il  n'en  prend  à 
l'air  dans  le  môme  temps.  Cette  <]uantité,  ainsi  qu'on  le  voit, 
ne  peut  donc  pas  venir  d'une  combustion  du  carbone  des  ma- 
tériaux du  sang  par  l'oxygène  inspiré.  La  quantité  d'acide 
carbonique  rejetée  est  donc  en  rapport,  non  pas  avec  celle  de 
l'oxygène  fixé  dans  l'économie,  mais  avec  la  nature  des  ali- 


CHAPITU   IV.   ACIDI  CARBONIQUB.  79 

ments.  Ce  fait  montre  qu'on  ne  peut  considérer  cet  oxygène 
comme  venant  chercher  du  carbone  et  le  brûler,  mais  que 
l'exhalation  d'acide  carbonique  est  indépendante  de  l'inhala^ 
tion  d'oxygène.  C'est  ce  que  prouvent,  du  reste,  les  expériences 
de  Spallanzani  et  de  W.  Edwards,  qui  montrent  que  les  anî* 
maux  qui  respirent  dans  les  gaz  azote  et  hydrogène  dégagent 
de  l'acide  carbonique  en  aussi  grande  quantité,  et  souvent 
plus  que  dans  l'air  atmosphérique.  Lorsque,  par  de  fréquentes 
inspirations,  la  quantité  d'oxygène  introduit  augmente,  celle 
de  l'acide  carbonique  exhalé  augmente  aussi  ;  mais  cela  tient 
uniquement  à  ce  fait  physique,  qu'il  ne  saurait  y  avoir  enr 
dosmose  d'oxygène  sans  exosmose  d'acide  carbonique,  péné- 
tration d'un  gaz  sans  sortie  d'un  autre. 

Pour  un  lapin  nourri  momentanément  de  pain  et  de  son, 
on  a  trouvé  que  le  rapport  de  l'acide  carbonique  exhalé  est  à 
celui  de  l'oxygène  inspiré  comme  0,997:  1,000.  Chez  les 
poules,  nourries  de  grain,  il  a  été  comme  0,90 et  1,08  : 1,00. 
Chez  les  animaux  soumis  à  une  diète  absolue ,  ce  rapport  est 
a  peu  près  le  même  que  celui  indiqué  plus  haut  pour  ceux 
qui  sont  nourris  de  viande  (1). 

786.  —  La  quantité  d'acide  carbonique  contenu  dans 
l'urine  est  très  peu  considérable,  et  n'a  pu  être  mesurée. 

Aeide  earboniqae  dans  rinteftia. 

787.  — L'acide  carbonique  contenu  dans  l'intestin  y  est  à 
Tétat  de  fluide  élastique  ;  il  y  en  a  sans  doute  à  l'état  de  disso- 
lution dans  le  mucus  et  [les  matières  contenues  par  le  tube 
digestif,  n  est  mêlé  à  de  l'azote,  de  l'hydrogène,  des  carbures 
et  sulfures  d'hydrogène,  quelquefois  de  l'oxygène.  On  en  a 
trouvé ,  pour  100  : 

Dans  l'estomac,  1&,00; 

Dans  l'intestin  grôle,  24,89,  —  40,00,  —  26,00; 

Dans  le  gros  intestin,  48,50,  —  70,00  ; 

Dans  le  cœcum,  12,50; 

(1)  RiOHAULT,  Cours  éléamtaire  de  chimie.  Parii,  la-iS,  iS50,  t.  Il, 

p.  sas. 


SO      DES   PRINCIPES  imiÉDlATS  EN  PARTICULIER,    l'*  CLA88B. 

Dans  le  rectum,  &2,86  (1). 

C*est  après  Tazole  le  plus  abondant  des  gaz  intestinaux  ;  il 
y  en  a  davantage  dans  le  gros  intestin  que  dans  l'intestio 
grêle ,  contrairement  à  ce  que  dit  Jurine  (2).  11  y  en  a  aussi 
dans  les  gaz  intestinaux  de  l'éléphant  (S);  dans  ceux  du  dnen^ 
on  en  trouve,  d'après  MH.  Leuret  et  Lassaigne(i)  30  pour  100 
dans  l'intestin  grêle,  15  pour  100  dans  le  gros  intestin.  Mos- 
chati  (6)  indique  de  l'acide  carbonique  presque  pur  dans  le 
duodénum.  11  y  a  également  de  l'acide  carbonique  dans  les  gaz 
intestinaux  des  individus  morts  de  maladie'  la  proportion 
peut  aller  à  92  ou  93  pour  100  ;  il  y  en  a  moins  chez  les  in- 
dividus morts  d'affections  aiguës  que  chez  ceux  okhIs  de 
maladies  chroniques. 

M.  Lassaigne  en  a  trouvé  29  pour  100  dans  la  panse  d*une 
vache  météorisée  (6),  et,  suivant  MM.  Fremy  et  Lameyran,  il 
y  en  a  5  pour  100  dans  le  gaz  que  contient  cet  organe  dans 
l'affection  précédente  (7). 


ital  d«M  lequel  le  trouTe  Faoîde  eerboniqne  daai  lei  dî 

du  eorpf . 

Tout  porte  à  croire  que  l'acide  carbonique  qu'on  extrait  du 
sang  vient  de  trois  sources  :  i^  du  sérum,  dans  lequel  il  esti 
l'état  de  dissolution  ;  2^  des  globules,  oix  il  est  également  dis- 
sous ;  3*  des  bicarbonates. 

Il  est  dissous  dans  les  deux  premiers ,  et  c*en  est  la  seule 
portion  qui  concourt  réellement  à  constituer  directement  le 
sang. 

Quant  à  Tacide  des  bicarbonates ,  il  est  à  l'état  de  combi- 
naison ,  et  ce  n'est  que  par  décomposition  de  ces  seb  qu'on 
l'obtient;  ce  sont  eux  qui  concourent  directement  à  former 

(1)  Cbbtiedl  dâQf  BfiGDfDiB,  loc.  cU,,  1816. 

(2)  JniiiCE,  loc,  ctt.,  1789. 

(3)  Vauquelw,  loc,  c«.,  1817. 

(4)  Leusbt  et  LA88AiG!fE,  loc,  cU.f  1825,  p.  151. 

(5)  MoscHATi,  loc.  cU.,  1771. 

(6)  LASSAiGifE,  loc,  cit,^  1830. 

(7)  Lameyran  et  Frbmv,  Bull,  depharm,,  1809,  ln-8%  1. 1,  p.  858. 


CH.  IV.  ACIDE  CARBONIQUE.  SON  ÉTAT  DANS  LE  SANG.   81 

le  sang,  et  leur  acide  n*appartient  pas  directement  à  ce 
liquide. 

Cette  question  de  la  présence  de  Tacide  carbonique  dans  le 
sang,  qui  parait  d*abord  si  simple,  exige  au  contraire  des 
recherches  très  délicates  ;  elle  exige  qu'on  tienne  compte  i 
la  fois  de  l'état  physiologique  de  Tanimal  et  de  la  composi- 
tion anatomique  du  sang.  Ainsi ,  avec  la  propriété  acide 
du  gaz  carbonique,  presque  insignifiante  en  apparence,  nous 
voyons  apparaître  une  complication  qui  n'existait  pas  à  pro- 
pos des  gaz  neutres  étudiés  jusqu'à  présent.  Il  y  avait  simple- 
ment à  étudier  leur  état  de  dissolution  dans  le  sérum ,  d'une 
part,  considéré  comme  liquide  homogène  (homogénéité  ca- 
ractéristique de  l'état  de  dissolution  )  ;  dans  les  globules , 
corps  deini«solides  ethomogènes,  de  l'autre.  Ceux-ci,  avons- 
nous  dit,  ont  la  propriété  d'en  dissoudre  beaucoup,  et  celui-li 
fort  peu. 

Nous  trouvons  la  même  chose  pour  l'acide  carbonique, 
lo  II  y  en  a  dans  le  sérum,  car  il  en  dissout  à  peu  près  autant 
que  l'eau.  La  présence  des  sels,  de  l'albumine  et  d'autres  prin- 
cipes, a  certainement  de  l'influence  sur  la  dissolution  de  ce 
gaz,  mais  on  n'a  pas  encore  expérimenté  directement  avec  le 
sérum  seul.  Seulement  on  sait  que  le  sang,  avec  ses  globules, 
dissout  bien  plus  d'acide  carbonique  que  l'eau  (1). 

2o  D'après  cela  on  voit  qu'il  y  en  a  et  en  proportion  bien 
plus  considérable  dans  les  globules. 

3*  Il  n'est  pas  probable  que  les  bicarbonates  du  sang  puis- 
sent donner  tout  l'acide  carbonique  qu'on  en  retire  par  le 
vide  et  un  courant  d'hydrogène.  Mais  on  sait  qu'une  solution 
de  bicarbonate  de  soude  placée  dans  le  vide,  ou  soumise  à  un 
courant  d'un  gaz  inactif  chimiquement  ou  chaufiee,  est  rame- 
née à  l'état  de  carbonate,  en  laissant  échapper  une  partie  de 
son  acide.  Il  est  donc  certain ,  si  les  bicarbonates  se  compor- 
tent dans  les  sérums  comme  dans  l'eau ,  qu'une  portion  du 
gaz  carbonique  retiré  du  sang  n'est  pas  à  l'état  de  simple 

(I)  Maghvs,  loc.  cil.f  1846. 

n.  ^ 


82      DBS   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.    1"  CLASSE. 

dissolution ,  mais  à  Tétai  de  bicarbonate  de  soude,  réduit  i 
rétat  de  carbonate  par  le  courant  d'hydrogène. 

Par  conséquent,  à  la  rigueur,  on  pourrait  dire  que  les  expé- 
riences de  Magnus  prouvent  qu'il  y  a  de  l'acide  carbonique 
dans  le  sang  ;  mais  elles  ne  montrent  pas  s'il  esta  l'état  de  disso- 
lution plutôt  que  de  combinaison  proprement  dite.  Néanmoins 
les  faits  précédents  et  la  formation  de  cet  acide  par  contact  de 
l'oxygène  et  des  globules  en  suspension  dans  le  sulfate  de 
soude  doivent  faire  admettre  qu'il  y  a  de  l'acide  carbonique 
réellement  dissous  dans  les  globules;  qu'il  concourt  ainsi  direc- 
tement à  la  constitution  du  sang,  avec  l'oxygène  et  l'azote. 

Enfin,  fait  plus  démonstratif,  Lehmann  a  montré  que 
i  ,000  centimètres  cubes  de  sang  donnent  seulement  70  centi- 
mètres cubes  d'acide  carbonique  par  les  moyens  mécaniques 
comme  l'agitation,  et  S60  centimètres  cubes  quand  on  ajoute 
un  acide  (1). 

738.  —  L'acide  carbonique  est  dans  le  sang  i  l'état  de 
dissolution.  Il  est  principalement  à  l'état  de  dissolution  dans 
les  globules  ;  il  peut  être  déplacé  par  l'oxygène  et  d'autres 
gaz  encore,  comme  l'hydrogène,  ou  même  par  simple  agita- 
tion du  sang. 

En  augmentant  la  quantité  d'oxygène  de  l'air  dans  cer- 
taines proportions  (Regnault  et  Reiset),  on  ne  change  rien  i 
la  proportion  de  celui  que  dissolvent  les  globules.  I>e  même, 
en  sens  in  verso,  si  Ton  augmente  en  certaines  proportions 
l'acide  carbonique  de  l'air,  on  observe  que  le  déplace- 
ment de  l'acide  dissous  est  entravé,  bien  que  la  quantité 
d'oxygène  n'ait  pas  diminué.  Le  déplacement  ne  se  fait 
plus  en  mêmes  proportions,  et  il  y  a  naturellement  moins 
d'oxygène  absorbé  ;  d'où  l'asphyxie  survenant  ainsi  à  la 
fois  parce  que  l'acide  carbonique  reste  et  parce  que  l'oxy- 
gène ne  pénètre  plus  dans  l'économie.  Nous  avons  vu  que  si 
Ton  augmente  d'une  quantité  proportionnelle  l'oxygène  de 
l'air,  l'équilibre  entre  le  déplacement  de  l'acide  et  l'absorp* 
tion  de  l'oxygène  se  rétablit. 

(1)  Lbbmamn,  Archiv  dôr  Pharm»^  1847^  t.  L,  p.  33ri. 


CH.   IV.   ACIDK  CARBONIQUE.   SON   ÉTAT   DANS  l'URINS.      8S 

759.  —  On  sait  que  la  présence  de  1  centième  de  phos- 
phate de  soude  dans  l'eau  lui  permet  d'absorber  le  double 
d'acide  carbonique  de  ce  qu'elle  prend  habituellement.  Une 
fois  saturée  ainsi  sous  la  pression  ordinaire,  elle  se  comporta 
désormais  comme  de  l'eau  pure»  En  effet,  si  l'on  opère  en* 
suite  sous  une  pression  double ,  la  solution  saturée  se  com- 
porte soQS  cette  double  pression  comme  le  ferait  l'eau  ordi- 
naire, saturée  aussi  de  gaz  carbonique  à  une  pression  simple; 
comme  la  solution  de  phosphate  de  soude  ci- dessus.  Ce  fait 
porte  à  crtnre  que  le  sérum  peut  dissoudre  de  l'acide  carbo* 
nique plusque d'oxygène;  à  moins  que  l'existence  des  autres 
principes,  qui  sont  dans  le  sang  en  présence  du  phosphate  de 
soude,  ne  fasse  disparaître  à  son  tour  la  propriété  de  celui-ci. 

La  petite  quantité  d'acide  carbonique  existant  dans  les 
urines  s'y  trouve  i  l'état  de  dissolution  dans  l'eau ,  et  oette 
dissolution  est  sans  doute  favorisée  par  le  phosphate  de  soude. 
Elle  favorise  à  son  tour  la  dissolution  du  phosphate  de  d^ux  ; 
car  si  l'on  chauffe  l'urine,  si  ces  derniers  sels  sont  abondants, 
ils  se  précipitent  et  se  redissolvent  par  un  courant  d'acide 
carbonique  (1).  C'est  également  à  Tétat  de  dissolution  que  se 
trouve  Uacide  carbonique  de  l'urine  des  herbivores.  Du  reste, 
il  ftiut  savoir  que  la  présence  de  cet  acide  n'a  été  démontrée 
qu'en  fusant  le  vide  sur  de  l'urine  et  plaçant  à  o6té  de  l'eau 
de  baryte  qui  se  trouble  (2).  En  même  temps  se  déposent  tes 
carbonates  terreux.  Or,  (m  sait  que  le  vide  et  l'ébullition  suf- 
fisent pour  ramener  les  bicarbonates  à  l'état  de  carbonates 
en  chassant  une  partie  de  l'acide. 

760.  -—  Les  autres  particularités  chimiques  et  organolep- 
tîques  présentées  dans  l'organisme  par  l'acide  carbonique 
n'offi'ent  rien  à  signaler  que  son  action  dissolvante  sur  les 
sels  terreux,  qui,  sans  doute,  s'exerce  dans  l'urine  à  l'aide 
de  la  petite  proportion  de  ce  gaz  contenue  dans  cette  hu- 
meur. 

(1)  Dblayaod,  Mémoireidela  Sodéléde  biologi$.  Parii,  1851. 

(2)  BoussiNGAULT ,  An<U^9$  oMmiQiM  de  furine  du  animaux  herbhor^s 
{Àim.  dtpAys.  tldecM».,  1945,  I.  XT,  f.  97). 


8&     DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.   1^  CLASSE. 

7 Al.  —  L*acide  carbonique  a  pour  caractère  d'ordre  orga- 
nique de  concourir  à  former  la  substance  du  sang.  Il  ne  prend 
à  sa  constitution  qu'une  part  secondaire,  comme  tous  les 
principes  qui  se  forment  à  l'aide  des  matériaux  des  jurincipes 
qui  ont  déjà  servi,  et  qui  finalement  sont  rejetés.  Malgré  cette 
part  secondaire  qu'il  prend  à  la  constitution  de  cette  humeur, 
quant  à  la  masse  et  à  l'union  moléculaire  des  substances  entre 
elles ,  ce  n'en  est  pas  moins  un  principe  indispensable  à 
l'organisme  :  ce  que  manifeste  l'universalité  de  sa  présence 
dans  les  êtres  organisés  ;  ce  que  prouve  la  nécessité  physique 
de  la  présence  dans  l'économie  d'un  gaz  devant  être  rejeté 
pour  permettre  l'introduction  d'un  autre  gaz.  II  est  enfin,  du 
côté  de  Torganisme,  la  condition  d'accomplissement  de  la 
double  relation  entre  l'économie  d'une  part,  le  milieu  gazeux 
de  l'autre,  c'est-à-dire  l'oxygène  essentiellement.  Par  ce  ca- 
ractère, comme  par  les  précédents ,  l'acide  carbonique  se 
range  parmi  les  principes  de  la  première  classe  ;  ce  que  nous 
faisons  remarquer  par  la  raison  qu'il  se  forme  dam  T économie 
et  en  est  expulsé  aussitôt,  fait  qui  le  rapproche  des  espèces 
de  la  deuxième  classe. 

Dans  l'urine ,  la  part  qu'il  prend  à  la  constitution  de  ce 
liquide  est  moins  importante  que  dans  le  sang,  et  cette  part 
dérive  directement  des  propriétés  chimiques  du  principe. 

7&2.  —  On  n'a  pas  observé  quelles  étaient  les  modifications 
de  la  quantité  d'acide  carbonique  du  sang  dans  les  maladies. 
Comme  dans  le  poumon,  il  varie  de  1  à  10  pour  100,  suivant 
les  divers  ordres  d'affections;  ce  fait  indique  certainement 
une  modification  corrélative  dans  la  quantité  d'acide  carbo- 
nique du  sang.  Seulement  celle-ci  n'a  pas  été  mesurée.  En 
comparant  dans  des  conditions  diverses,  successivement  pré- 
cisées, la  quantité  d'acide  carbonique  expirée  par  un  animal 
à  celle  que  renferme  son  sang  dans  les  mêmes  conditions,  on 
arrivera  certainement  à  déterminer  quelle  relation  il  y  a  entre 
ces  deux  valeurs,  de  manière  à  pouvoir  connaître  à  peu  près 
la  seconde,  en  étudiant  la  première. 

Il  sera  possible  alors  de  calculer  ausfii  les  variations  phy- 


CM»   IV.   ACIDE  CABBOKIQUE.   SES  VARIATIONS  NORMALES.      85 

Biologiques  de  la  quantité  d'acide  carbonique  contenue  dans 
le  sang  elle  poumon,  aux  différents  âges,  dans  les  individus 
de  sexes  différents,  et  chez  les  femmes,  suivant  qu'elles  sont 
ou  non  à  Fépoque  des  règles.  Déjà  on  connaît  les  variations 
dans  la  quantité  d'acide  carbonique  expiré,  dans  ces  diverses 
circonstances  relatives  à  la  durée  de  la  vie,  au  sexe  et  à  Tétat 
normal  ou  pathologique. 

MM.  Andral  et  Gavarret  (1)  ont,  en  effet ,  constaté  que  la 
quantité  d'acide  carbonique  contenue  dans  les  gaz  pulmo- 
naires rendus  par  le  poumon  augmente  graduellement  jus- 
ques  entre  quarante  et  cinquante  ans ,  et  en  particulier  pro- 
portionnellement au  développement  du  système  musculaire. 
Cette  augmentation  graduelle  s'observe  aussi  chez  les  femmes, 
mais  eUe  cesse  à  l'époque  de  l'apparition  des  règles.  Elle  reste 
alors  ce  qu'elle  était  jusqu'à  la  cessation  des  menstrues; 
c'est-à-dire  que,  jusqu'à  l'âge  de  trente-neuf  à  quarante-huit 
ans,  la  quantité  d'acide  rejeté  reste  à  peu  près  ce  qu'elle  était 
à  douze  ans.  Une  fois  V époque  critique  passée,  l'augmentation 
de  la  quantité  d'acide  rejetée  recommence,  mais  faiblement  ; 
puis,  pendant  la  vieillesse,  il  y  a  diminution.  Pendant  la 
grossesse,  il  y  a  augmentation  de  la  quantité  d'acide  habituel- 
lement rejeté  par  la  femme,  sans  que  jamais  elle  atteigne  la 
quantité  rejetée  par  l'homme.  Après  la  grossesse,  la  proportion 
d'acide  expulsé  revient  à  ce  qu'elle  était  auparavant.  La  quan- 
tité d'acide  rejeté  par  les  poumons  diminue  chez  les  individus 
affaiblis  par  quelque  maladie.  Les  expériences  de  Scharling  (2) 
et  de  Brunner  et  Valentin  (3)  donnent  également  des  résultats 
analogues  ;  les  chiffres  de  Scharling  sont  un  peu  plus  faibles 
que  ceux  donnés  par  MM.  Andral  et  Gavarret,  mais  les  pro<« 
portions  sont  les  mêmes. 

MM.  Hervier  et  Saint-Lager  ont  observé  que  la  quantité 

(1)  Armal  et  Gayaubt  ,  Recherches  sur  la  quanlUé  diacide  carbonique 
eoMé  par  le  pcwmon  dans  Veipèce  humaine  [Comptes  rendus  des  s^nces  de 
VAcad.  des  sciences  de  Paris,in'A*,iBiZ,i.  XVI.p.  113). 

(2)  ScBABUifG  dini  Bbizeuus,  Rapport  annuel  sur  les  progrès  de  la  chimie 
pomr  1843.  SCodiliolai,  1843.Traduct.  fr.,  Paris,  1844,  in-8%  p.  347. 

(3)  BftmmEi  et  VAtamii,  Pharm,  central  BlaUp  1843,  p.  757  et  765. 


M      DES   PRINCIfES   lAIMÉUIATS   EN    PARTICULIER,   l'*   (XAS9B. 

d'acide  carbonique  contenu  dans  l'air  expiré  présente  des 
yariaiions  horaires  coïncidant  avec  celles  du  baromètre  ;  elles 
ont,  comme  ces  dernières,  deux  maxima,  Tun  vers 9  heures  du 
matin,  l'autre  à  11  heures  du  soir,  et  deux  minime,  l'un  vers 
8  heures  du  soir,  et  l'autre  le  matin,  vers  6  heures.  Le  maxi* 
mum  du  matin  est  plus  grand  que  celui  du  soir.  Il  y  a  moins 
d'acide  expiré  dans  le  sommeil  que  pendant  la  veille.  Les  ali- 
ments féculents  et  alcooliques  augmentent  la  quantité  d'ndde 

carbonique  expiré. 

M.  Letellier  a  montré  que  plus  la  température  de  l'air  est 

élevée,  moins  l'air  expiré  renferme  d'acide  carboniquot  et 
cela  dans  les  proportions  suivantes  chez  le  cochon  d'Inde  :  i 
0  degré,  il  en  contient  3  pour  100;  entre  +  16  et  +  26  de- 
grés, il  en  renferme  2,08  pour  100;  entre  +  20  et  30  degrés, 
il  en  contient  1,&5  pour  JOO  (1). 

7A8. — Nous  avons  à  examiner  ici  quelles  sont  les  conditions 
de /brtnafion  et  les  conditions  d'issue  de  ce  principe  immédiat. 
Nous  rechercherons  ensuite  quels  sont  les  phénomènes  de  ces 
deux  actes,  quels  sont  les  faits  dynamiques  ou  actes  mani- 
festés lors  de  cette  formation  et  de  cette  issue.  Cette  sépara* 
tion,  exigée  par  la  méthode,  est  naturellement  le  seul  moyen 
d'éviter  les  aberrations  dans  lesquelles  on  tombe,  lorsque, 
en  fait  d'actes  aussi  minutie^ux,  aussi  spéciaux,  aussi  particu- 
liers que  ceux-là,  on  prétend  déterminer  la  nature  du  phéno- 
mène d'après  ses  effets  généraux;  sans  entrer  dans  l'étude  par- 
ticulière de  ses  conditions  d'accomplissemen  t  dans  l'organbme. 

On  connaît  deux  sources  d'acide  carbonique  dans  l'orga- 
nisme, deux  ordres  de  conditions  pour  la  formation  de  ce 
principe.  La  première  est  la  décomposition  dans  le  poumon 
des  carbonates  et  bicarbonaU's  du  sang  par  l'acide  pneumi- 
que  (2);  la  deuxième  est  le  dégagement  d'acide  carbonique 
par  la  substance  organisée. 

(1)  Utelubi,  Ann,  dtchim.  et  dephys.,  1845,  L  XIU,  p.  478. 

(2)  Liebig  admet  de  pluf,  que  les  acides  végétaux  iatroduiU  dâOi  It  nag, 
eu  Pacide  urique  produit  par  la  transmutation  des  tissus,  décomposent  les 
carboMles  êlcalius,  et  formeot  des  sels  neutres  ;  Tacide  csrboaîqiis  demui 
libre  Mt  évaeoé  ptr  le  poumon.  (Lettres,  1858,  p.  474.) 


eu»  lY.   AGIDK  CARBOfdQt'K.  SES  CONDITIONS  DE  FOBMATION.   87 

Il  résulte  des  expériences  de  M.  Cl.  Bernard,  que  nous  avons 
analysées  précédemment  (t.  I*',  p.  166),  que  le  lieu  de  l'éco- 
nomie o&se  forme  le  plus  d'acide  carbonique  est  le  poumon. 
Les  conditions  de  formation  de  ce  gaz  ne  sont  pas  celles  de 
la  combustion  ;  c*est  la  présence  des  carbonates  et  des  bi- 
carbonates dans  le  sang  d'une  part ,  et  de  l'autre  celle  de 
Tacide  pneumique  libre  dans  le  tissu  même,  dans  la  sub- 
stance du  parenchyme  pulmonaire.  Cet  acide  se  trouve 
li  en  petite  quantité ,  mais  il  est  par  lui-même  assez  éner- 
gique ;  aussi  le  tissu  du  poumon  est-41  acide.  Il  résulte  en 
outre  d'expériences  présentées  par  l'un  de  nous  (M.  Verdeil) 
à  la  Société  de  biologie,  que  le  tissu  pulmonaire,  au  contact 
d'une  dissolution  de  carbonate  de  soude  »  décompose  ce  sel 
avec  dégagement  d'acide  carbonique» 

Ainsi  voilà  un  des  résultats  les  plus  nets  que  l'on  puisse 
concevoir  et  auquel  conduisent,  d'une  part,  l'expérience  directe 
faite  sur  le  vivant  ^  et  de  l'autre  la  recherche  successive  de 
tous  les  principes  immédiats  qui  peuvent  se  rencontrer  dans 
les  tissus  et  les  humeurs.  Ainsi  la  plus  grande  partie  de 
l'acide  carbonique  que  nous  rejetons  chaque  jour  vient  de 
carbonates  décomposés  peu  à  peu  dans  les  nombreux  capil- 
laires du  poumon ,  et  ne  se  forme  pas  par  combustion.  Res- 
tera maîotenaat  à  chercher  plus  loin  comment  se  forment  ces 
carbonates  dont  la  formation  ne  doit  pas  être  confondue  avec 
l'étude  de  la  formation  de  l'acide  carbonique,  qui  est  un 
autre  principe  immédiat.  Recherchez  dans  les  nombreuses 
hypothèses  physiologiques  et  de  pathologie  qui  ont  régné  un 
certain  temps,  et  vous  verrez  que  l'hypothèse  de  la  combus- 
tion n'est  pas  la  première  qui  se  soit  ainsi  trouvée  réduite 
infiniment  par  suite  de  la  découverte  des  faits  réels.  Comme 
toutes  ces  grandes  hypothèses,  c'est  une  création  de  l'esprit 
humain  mise  à  la  place  de  la  réalité,  alors  inconnue,  afin  de 
relier  nos  observations,  bien  qu'elle  ne  pût  se  mouler  exacte- 
ment sur  les  faits  ;  mais  seulement  elle  servait  à  les  réunir, 
à  ne  pas  les  laisser  épars,  c'est-à-dire  inutiles.  Elle  était  du 
resté  de§  plu§  rationnelles,  puisqu'elle  était  de  celles  qui  sont 


88      DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS  BN  PARTICULIER,   l'*  CLASSE, 

susceptibles  de  vérification  ou  d*infirmation  expérimentale; 
et  elle  est  une  de  celles  qui  ont  le  plus  influé  sur  la  décou- 
verte de  la  réalité  qui  Ta  renversée  pour  mettre  autre  chose 
à  la  place. 

Ce  n*est  pas  seulement  dans  le  poumon  que  se  trouvent  les 
conditions  de  formation  de  l'acide  carbonique.  Les  expé- 
riences de  Spallanzani  (1)  et  de  W.  Edwards  ont  montré  que 
toute  partie  organisée,  morte  ou  vivante,  dégage  de  l'acide 
carbonique  ;  que  les  animaux  qui  respirent  dans  Thydrogène 
et  dans  Tazote  purs  dégagent  de  l'acide  carbonique.  Elles  ont 
montré  de  plus  que  la  quantité  d'acide  carbonique  exhalée 
dans  l'hydrogène  est  ordinairement  supérieure  i  celle  qu'ils 
fournissent  en  respirant  dans  l'air,  et  jamais  inférieure.  Aussi 
ces  expérimentateurs  concluent-ils  d'expériences  très  variées 
et  faites  de  manière  à  ne  laisser  aucun  doute,  que,  lorsque 
les  animaux  respirent  dans  l'air,  il  ne  se  forme  pas  sensible- 
ment d'acide  carbonique  dans  l'acte  respiratoire  par  combi- 
naison de  l'oxygène  de  l'air  avec  le  carbone  du  sang  ;  mais 
que  ce  gaz  vient  en  entier  de  la  substance  du  corps  ;  que  tout 
est  le  produit  de  l'exhalation  ;  que  l'acide  carbonique  n'est 
pas  le  produit  de  la  combinaison  de  l'oxygène  avec  le  carbone 
des  tissus  animaux  ;  que  la  disparition  de  l'oxygène  n'est  pas 
la  cause  de  l'apparition  de  l'acide  carbonique.  Edwards  est 
conduit  aussi  à  rejeter  cette  espèce  de  compromis,  cette  opi- 
nion mitoyenne  suivant  laquelle  l'acide  carbonique  serait  en 
partie  formé  par  combinaison  de  l'air  au  carbone  du  sang,  et 
en  partie  viendrait  de  celui  qu'ont  la  propriété  de  laisser 
échapper  toutes  les  parties  de  la  substance  du  corps  (2). 

On  se  demande,  en  lisant  ces  expériences,  comment  il  se 
fait  que  les  fauteurs  de  l'ancienne  hypothèse  de  la  combus- 
tion ,  avant  de  vouloir  la  faire  revivre,  n'ont  pas  commencé 
par  discuter  ces  expériences,  dont  ils  ne  tiennent  nul  compte 
dans  lours  raisonnements.  Sans  doute  ils  ne  les  eussent  pas 

(I)  Spaila5za:<i,  Mémoires  sur  la  respiration.  GcDëve,  an  xi,  iii-8%  p.  343 
et  351. 

(2J  W  Edwaiils,  De  Ciniluencedes  agents  physiques  sur  lavie,  Parii,  ISSIy 
in-8%p.  448  à  i60. 


CQ.  IV.   ACIDE  CARBONIQUE.   SES  CONDITIONS   DE   FORMATION.    80 

mis  eiy  avant,  s*ils  avaient  tenu  compte  de  ces  faits,  qui  ôtent 
beaucoup  i  leur  hypothèse  de  ce  qu'elle  peut  avoir  de  sédui- 
sant en  élégance  et  en  simplicité.  Ce  n'est  pas  dans  ses  détails 
intimes  et  minutieux  que  la  biologie  offre  des  faits  entraî- 
nants par  leur  beauté  et  leur  grandeur  ;  ces  faits  se  rencon- 
trent i  chaque  pas ,  quand ,  embrassant  l'ensemble  de  cette 
science  et  de  celles  qui  la  touchent ,  on  observe  ce  qu'elles 
ont  de  commun  et  de  quelle  manière  l'une  est  l'appui  indis- 
pensable de  l'autre. 

Ces  expériences ,  d'une  part ,  ne  sont  pas  contredites  par 
le  fait  indiqué  plus  haut  de  la  décomposition  des  carbonates 
du  sang  par  l'acide  pneumique ,  d'où  formation  d'acide  car- 
bonique ;  d'autre  part,  le  dégagement  d'acide  carbonique  par 
tout  fragment  des  tissus  encore  humides  d'un  être  organisé 
montre  que  c'est  là  une  propriété  qui  leur  appartient.  Il  faut 
la  rapporter  aux  substances  organiques,  principes  de  compo- 
sition chimique  non  définie,  doués  d'une  instabilité  particu- 
lière, qui  est  telle  qu'ils  se  décomposent  avec  la  plus  grande 
facilité  toutes  les  fois  qu'ils  sont  placés  dans  [des  condi- 
tions où  ils  peuvent  abandonner  peu  à  peu ,  avec  lenteur, 
leurs  éléments  chimiques,  tandis  qu'ils  résistent  générale 
ment  aux  actions  brusques.  Les  expériences  déjà  citées  de 
Spallanzanimontrentque  les  coquilles  dégagent  également  de 
l'acide  carbonique  comme  tout  autre  tissu  ;  mais,  si  l'on  en- 
lève ou  détruit  la  substance  organique ,  les  sels  calcaires  ne 
fournissent  pas  de  ce  gaz.  Une  des  conditions  importantes  de 
production  de  l'acide  carbonique  par  la  substance  organi- 
sée, c'est  une  certaine  élévation  de  la  température.  La 
quantité  produite  est  proportionnelle  au  degré  de  chaleur  de 
ces  substances.  Spallanzani  a  observé  sur  des  fragments  iso- 
lés et  sur  les  animaux  hibernants  qu'ils  n'en  dégagent  pas 
trace  à  la  température  de  12  à  8  degrés  au-dessous  de  zéro, 
mais  qu'à  zéro,  et  au-dessous,  il  y  en  a  même  un  peu  de  pro- 
duit. Marchand  a  montré  qu'après  avoir  débarrassé  du  sang 
de  ses  gaz,  si  l'on  y  fait  passer  un  courant  continu 4*' 
qui,  au  sortir  de  là,  passe  dans  l'eau.  ^Osi 


90      DES   PRINCIPES  IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER,   l'*  CLAWB. 

quelques  heures  on  a  un  précipité  de  carbonate  de  baryte  (i). 

Voilà  donc  une  source  de  production  d*acide  carboniqiii  i 
joindre  à  la  décomposition  des  carbonates  par  l'acide  pfiei^ 
mique.  On  ne  sait  en  quelle  proportion  chacune  d'elles  con- 
court i  la  production  de  la  masse  totale  de  ce  git  rqeté 
chaque  jour  par  l'organisme.  Les  expériences  de  Spallanxani 
montrent  toutefois  que  cette  quantité  est,  pour  la  aubatance 
organisée  des  Limaçons  morts,  de  quatre  à  cinq  fois  plus 
petite  que. celle  qui  est  rejetée  par  la  respiration  ;  car  l'ani- 
mal mort  donne  dans  un  temps  déterminé  une  quantité 
d'acide  carbonique  qui  est  à  celle  produite  par  l'être  vivant 
comme  4  ou  5  :  SO.  Cette  différence  doit  être  beaucoup  plus 
considérable  chez  les  vertébrés,  mammifères  surtout,  dont  le 
poumon  est  bien  plus  vaste  proportionnellement  et  la  respi- 
ration plus  active  que  chez  les  Gastéropodes. 

Peut-être  faut-il  à  ces  deux  conditions  de  formation  d'acide 
carbonique  en  joindre  une  troisième  qui  serait  la  combustion 
lente,  c'est-à-dire  la  combinaison  directe  d'oxygène  aux  prin- 
cipes des  corps  gras  ;  ce  dont  nous  avons  déjà  parlé,  t.  I**, 
p.  266,  §  2S8.  Mais  cette  source  admise  par  les  chimistes  et 
beaucoup  de  médecins  n'est  qu'hypothétique  ;  elle  n'a  pour 
elle  aucune  expérience  directe,  si  ce  n'est  ce  fait,  que  les  suifs 
et  les  huiles ,  quand  ils  sont  mélangés  de  quelques  substan- 
ces organiques,  absorbent  l'oxygène  de  l'air  et  dégagent  de 
l'acide  carbonique. 

Ainsi  il  y  asi  peu  d'acide  carbonique  dans  l'air,  qu'on  peut 
dire  que  tout  celui  que  renferment  le  sang  et  l'intestin  vient 
du  corps  même  et  se  forme  dans  son  intérieur.  C'est  un  produit 
de  l'organisme  que  les  animaux  rejettent  dans  les  milieux 
ambiants ,  mais  qu'ils  ne  lui  empruntent  pas.  Ainsi  l'acide 
carbonique  tire  son  origine  des  tissus  et  des  humeurs,  et  non 
du  dehors. 

De  la  production  d'acide  carbonique  par  décomposition  dss 
carbonates,  résulte  la  formation  de  pneumate  de  soude,  et 
peut-être  aussi  d'urale,  hippurate,  etc.,  de  cette  base. 

(1)  Masouhd,  ioumoi  fur  proftl.  Ch$mk,  tS4S,  t.  XXXY,^  ISS. 


eu.   IV.   ACIDE   CARBONIQUE.    SES  CO.NDITIUNS   D*ISSl'E.        01 

Ou  ue  sait  pas  encore  quel  composé  résulte  de  la  proJuc- 
lioo  (l*acide  carbonique  aux  dépens  des  substances  organiques. 
On  ne  sait  pas  en  quoi  les  caractères  de  l'espèce  se  trouvent 
changés  par  suite  de  cet  abandon  d'une  partie  de  leurs  élé- 
ments chimiques  ;  on  ne  sait  si  cet  oxygène  et  ce  carbone  se 
trouvent  immédiatement  remplacés  par  suite  du  mouvement 
DutriCif  ;  ou  si  l'espèce  de  substance  qui  cède  ces  éléments, 
cède  d'autre  part  de  l'hydrogène ,  de  l'azote  et  du  soufre  ou 
du  phosphore ,  afin  de  conserver  sa  composition ,  en  même 
temps  qu'elle  remplace  ces  corps  par  une  égale  quantité  de 
quelque  autre  substance  organique  empruntée  aux  humeurs 
ambiantes  qu'elle  s'assimile  par  catalyse  isomérique.  (Test 
parce  qu'à  cet  égard  on  ne  peut  encore  faire  que  des  supposi- 
tions, qu'il  n'a  pas  été  tenu  compte  des  conditions  de  pro- 
duction d*acide  carbonique  que  présentent  les  substances 
organiques,  par  suite  de  leur  existence  même,  comme  corps 
dont  la  composition  chimique  n'est  pas  définie.  Or,  bien  que 
le  fait  de  cette  production  soit  des  mieux  démontrés ,  on  a 
préféré  lui  substituer  Thypothèife  de  la  combustion ,  parce 
que  ces  résultats  de  la  combinaison  se  trouvent  ici  nettement 
déterminés  et  étudiés  dans  la  généralité  des  cas  chimiques, 
et  présentaient  une  simplicité  et  une  rigueur  apparente  k  être 
supposés  semblables  dans  les  cas  organiques. 

744.  —  Les  conditions  d*issue  de  Tacide  carbonique  sont 
celles  d*exosmose  des  gaz  en  général  ;  les  membranes  pul- 
moDaire  et  cutanée  les  présentent. 

L'acide  carbonique  produit  dans  le  poumon  s*échappe  en 
grande  partie  par  les  bronches.  Li-s  calculs  de  Burdacb  A  , 
exécutés  d'après  les  recherches  de^  expérimentateurs  qui  ont 
étudié  le  sujet ,  montrent  qu*il  sort  en  vingt-quatre  heures 
1172>^*-,50  d'acide  carbonique  par  le  pouDKin;  les  recher- 
ches de  M.  Dumas  donnent  H 00  grammes  ou  environ  2  . 
Par  la  peau  H  s*échappe  seulement  17(^*',50  d*afide  carik^. 
nique  par  jour  3  . 


(I)  Bn»j£a,  TrmiU' ée r^fmù-^.  Par»,  fl%.T:.  L  TD,  p,  4^î, 
(4  Itai*.  Tfmm  éÊ  tààmm^  m-tr.  fiUM,  ia44,  L  Vllf,  ^  «M. 

(3)  BEiMDi,  tec  ai. 


02      DES   PRINCIPES  IMMÉDIATS   EN   PAiiTICULlER.   1'*  CLASSE. 

Tou t  Vacidc  carbonique  produit  dans  le  poumon  ne  s'échappe 
pas  par  les  bronches,  il  en  reste  une  partie  dans  le  sang  arté- 
riel. C*est  ici  le  cas  de  faire  remarquer  les  particularités  sui- 
vantes relatives  aux  expériences  de  Magnus.  Elles  montrent 
une  prédominance  de  Tacide  carbonique  dans  le  sang  arté- 
riel comparé  au  sang  veineux,  et  pour  cela  elles  ont  quelque- 
fois été  mises  en  doute  (1).  Or,  on  ne  peut  s'empêcher  de 
reconnaître  qu'elles  coïncident  d'une  manière  frappante  avec 
les  expériences  faites  dans  un  but  autre  que  les  recherches 
du  professeur  de  Berlin,  et  qui  montrent  que  l'acide  carbo- 
nique est  produit  dans  le  poumon  par  décomposition  des  car- 
bonates à  l'aide  de  l'acide  pneumique. 

C'est  sans  doute  cet  excès  d'acide  qui  est  la  source  de  celui 
qui  s'échappe  par  la  peau,  d*où  vient  que,  chemin  faisant,  il 
diminue,  et  qu'il  s'en  trouve  moins  dans  le  sang  veineux 
que  dans  l'artériel.  Peut-être  aussi  une  petite  portion  s' unit- 
elle  aux  carbonates  (produits  de  la  manière  qui  sera  indiquée 
plus  tard,  ou  empruntés  aux  aliments);  de  là,  formation  de 
bicarbonates.  A  cette  source  do  l'acide  s'échappent  par  la 
peau,  il  faut  joindre  celui  que  fournissent  toutes  les  substan- 
ces organiques,  comme  nous  l'avons  déjà  exposé  précédem- 
ment. Un  peu  d'acide  carbonique  du  sang  s'échappe  non  pas 
à  l'état  gazeux,  mais  à  l'état  de  dissolution  par  les  urines. 

La  salive  parotidienne,  ainsi  que  l'ont  démontré  les  expé- 
riences deM.  Cl.  Bernard,  laisse  déposer  du  carbonate  de  chaux 
cristallisé,  dès  qu'on  l'expose  à  l'air.  Il  ne  serait  pas  impos- 
sible que  ce  sel  eût  été  jusque-là  maintenu  en  dissolution  par 
un  excès  d'acide  carbonique,  qui,  s'échappant  au  contact  de 
l'air,  laisse  cristalliser  le  carbonate.  Ce  serait  encore  une  voie 
d'élimination  de  Tacide  carbonique;  insignifiante  presque 
sous  le  point  de  vue  de  la  quantité  expulsée  ainsi ,  mais  à 
prendre  en  considération  en  raison  du  rôle  dissolvant  du  gaz. 

11  est  possible  aussi  que  de  l'acide  carbonique  du  sang 
(qu'il  soit  venu  de  celui  qui  se  forme  dans  le  poumon,  ou  cédé 

(1)  Gat-Lus6ac,  Comptes  rendus  des  séances  de  VAcad,  des  sdewmdêPmlif 
1844,  iii-4%  t.  XVI. 


CH.   IV.   ACIDE  CARBONIQUE.    SES  CONDITIONS  D*ISSL'E.       93 

par  les  substances  organiques,  peu  importe)  soit  exhalé  dans 
la  cavité  de  l'intestin,  qu  un  peu  de  cet  acide  carbonique  des 
gaz  intestinaux  vienne  du  sang.  Cet  acide  peut  être  versé, 
dissous  dans  les  humeurs  sécrétées  par  les  follicules  intesti- 
naux, comme  celui  que  contient  l'urine,  et  se  dégager  en- 
suite ;  ou  peut-être  provenir  directement  du  sang  par  échange 
endosmotique  entre  lui  et  quelques  gaz  de  l'intestin  déjà  for- 
més, comme  l'hydrogène.  Ce  ne  peut  pas  être  là  le  seul  mode 
d'origine  de  l'acide  carbonique  intestinal.  Il  ne  peut  rendre 
compte  de  la  formation  de  tout  celui  qu'on  trouve  dans  les 
tympanites  développées  rapidement,  soit  chez  l'homme,  soit 
chez  les  ruminants.  Une  fois  qu'il  s*est  développé  ou  introduit 
dans  l'intestin,  par  les  modes  indiqués  précédemment,  de 
Tiizote,  de  l'hydrogène  ou  de  l'oxygène,  ils  s'échangent  bien 
certainement  avec  un  peu  des  gaz  du  sang.  Mais  il  est  pro- 
bable qu'il  se  forme  déjà  en  même  temps  qu'eux  de  l'acide 
carbonique.  De  plus,  on  sait  qu'il  s'en  dégage  dans  le  duodé- 
num, sans  doute  par  réaction  du  suc  gastrique  acide  sur  les 
sucs  biliaires  et  pancréatiques,  qui  sont  alcalins  ;  ce  ne  peut 
pas,  du  reste,  être  là  une  source  très  abondante  de  gaz  car- 
bonique, vu  la  petite  quantité  absolue  de  carbonates  conte- 
nue dans  ces  liquides.  On  a  quelquefois  attribué  à  ces  réac- 
tions purement  et  nettement  chimiques  l'origine  de  tous  les 
gaz  qu'on  rencontre  dans  l'intestin  ;  mais  elles  ne  peuvent 
certainement  pas  donner  lieu  spécialement  au  dégagement 
d'oxygène,  d'hydrogène,  et  surtout  d'azote,  car  les  conditions 
nécessaires  'pour  que  ces  gaz  deviennent  libres  ne  se  ren- 
contrent pas  ici. 

Nous  avons  déjà  vu  qu'il  se  forme  de  l'hydrogène  dans 
l'estomac  par  des  réactions  que  nous  ne  connaissons  pas  en- 
core, et  sans  doute  analogues  à  celles  qui  font  que  les  sub- 
stances organiques  dégagent  de  l'azote  et  de  l'acide  carbo- 
nique lorsqu'elles  s'altèrent.  Il  est  probable  que  la  majeure 
partie  des  gaz,  carbonique  aussi  bien  qu'azote  ou  oxygène,  se 
forment  dans  desconditions  aDalogues,selon  lanaturc  des  liqui- 
des acides  ou  alcalins  sécrétés  par  l'intestin  où  se  trouvent  pla- 


9A      DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.   1'*   CLASSE. 

cées  ces  matières.  Les  fails  à  l'appui^de  cette  hypothèse  sont, 
que  certains  aliments  donnent  plus  facilement  lieu  au  déga- 
gement de  gaz  :  tels  sont  les  aliments  farineux  de  la  famille 
des  légumineuses  et  autres;  ceux  delà  famille  des  crucifères; 
les  raisins  et  heaucoup  de  fruits  charnus  de  la  famille  des 
rosacées.  Tout  ne  dépend  cependant  pas  des  aliments,  puis- 
que tel  d'entre  eux  est  l'origine  de  ce  dégagement  chez  un 
individu ,  et  pas  chez  l'autre. 

Les  réactions  purement  chimiques  entre  sels  et  acides  des 
sucs  intestinaux  peuvent  seules  rendre  compte  du  développe- 
ment de  gaz,  dans  l'expérience  où  MM.  Leuret  et  Lassaigne  (1) 
ont  vu  des  gaz  se  dégager  dans  une  anse  du  jéjunum  com- 
prise entre  deux  ligatures  ;  et  le  dégagement  n'eut  pas  lieu  dans 
l'iléum  disposé  de  la  mt^me  manière.  Cette  expérience  peut  me- 
ner à  comprendre  comment  il  se  fait  qu'on  trouve  déjà  des  gaz 
dans  l'intestin  du  fœtus.  Elle  montre  aussi  qu'il  ne  faut  pas  attri- 
buer une  bien  grande  importance  à  l'hypothèse  de  la  s/cr/tion 
des  gaz  intestinaux,  comparée  à  ce  qui  se  passe  dans  la  vessie 
natatoire  des  poissons.  Il  y  a,  dans  ce  ras-ci,  un  appareil  vascu- 
laire  spécial  qui  manque  dans  l'intestin.  Ce  dernier  organe  ne 
peut  guère  présenter  d'aulres  phénomènes  que  ceux  d'échange 
entre  gaz,  les  uns  dissous  dans  un  liquide,  les  autres  à  Télat 
de  fluide  élastique,  comme  ce  qui  se  passe  à  la  surface  de  la 
peau  entre  les  gaz  du  sang  de  ses  capillaires  et  l'atmosphère. 
Quanta  une  exhalation  par  flux  ou  sécrétion  (2),  comparable 
à  celle  qui  s'observe  pour  les  sucs  intestinaux,  rien  ne  la 
prouve  ;  l'absence  d'organes  pour  produire  ce  flux  empêche 
de  l'admettre,  tandis  que  la  présence  des  glandes  intestinales 
et  l'observation  de  leurs  usages  démontre  la  sécrétion  d'un 
liquide  intestinal. 

L'acide  carbonique  intestinal,  comme  les  autres  gaz  intesti- 
naux, est  rejeté  au  dehors,  soit  par  l'anus.  Nous  avons  dit  défi 

(1)  Leuiet  et  Làssaig»e,  Recherches  pour  servir  à  V histoire  de  la  digm" 
tion,  1825. 

(2)  Baumes,  Traité  des  maladies  venteuses,  ou  Lettres  sur  les  9/fWi  d»  te  fp¥- 
se^cêdeâgoM  ou  vents  dans  les  voies  gastriquest  fie.,  1*  édil.  Pariii  1SS7, 
jo-a%  p.  10-14-17  elsuiv. 


CH.  n.  iClW  CARIQMIOUE.  SON  PÉGAOBliENT  «PONTAIli.    9^ 

qu'il  9'ra  échappe  peut-être  un  peu  par  échange  endosmotique 
aveclesgazdu  sang,  des  capillaires,  fait  qui  ne  peut  ôlreadmia 
qu'avec  doute  jusqu'à  ce  qu'on  ait  expliqué  pourquoi  il  n'y  a 
pas  d'oxygène  donné  en  échange  i  Tintestia  grêle,  lequel  ne 
contient  pas  de  ce  gaz,  ainsi  que  nou^  l'avons  vu  (A). 

7&5.  -—  De  l'acide  carbonique  peut  se  dégager»  devenir 
libre  dans  les  vaisseaux,  et  alors  il  amène  la  mort  comme  l'air 
introduit  aocidentellement  dans  les  veines.  Il  faut  dire  cepen^ 
dani  qw  dé^  analyses  de  ces  gaz  n'ont  pas  enoore  été  faites  ; 
mais  Qoa  eoimaissances  sur  les  gaz  du  sang,  tels  que  l'oxy^ 
gène,  l'aaole  et  l'acide  carbonique,  sont  arrivées  à  un  degré 
de  précision  assez  grand  pour  que  nous  n'ayons  pas  à  nous  oc* 
cuper  des  deux  premiers  lorsqu'on  parle  de  fluides  aériformes 
dégagés  dans  les  vaisseaux  sans  perforation  de  ceux-ci.  Les 
expérieocea  directes  de  M,  Gl«  Bernard  et  Tétude  des  principes 
immédiats  viemient,  non  pas  vider  la  question  directement, 
mais  elles  apportent  des  notions  qui  doivent  y  conduire,  qui 
la  sortent  du  vague  et  de  l'indécision  où  l'on  se  trouvait  à  son 
égard.  On  a  parlé  de  sécrétiem  gazeuse  par  le  sang  ;  il  est  fa* 
cile  de  voir  que  ce  mot  ne  sert  qu'à  masquer,  dans  la  bouche 
de  ceux  qui  l'emploient,  l'absence  de  notions  positives  sur 
les  conditions  de  formation  des  gaz  dans  l'économie,  d'une 
part,  et  de  l'autre  l'absence  d'idée  nette  sur  ce  que  le  terme 
êéeréiiam  désigne.  Sécréter  désigne  cette  propriété  qu'ont 
tous  les  tissus  de  aéparer  du  sang  un  liquide  (ou  un  gaz,  ves- 
sie  natatoire)  qui  diffère  du  sang,  et  qui  n'est  jamais  séparé 
identique  aveo  lui-même  par  deux  tissus  différents.  Pour  qu'il 
y  ait  sécrétion,  il  faut  un  solide  qui  soit  essentiellement  actif, 
et  un  liquide  qui  fournisse  les  matériaux  à  sécréter  (êicemêrs). 
Maintenant,  parmi  les  tissus,  il  s'en  trouve  qui  ont  une  dis- 
position spéciale,  et  ont  reçu  le  nom  de  parenchymes  ;  ceux- 
là  fommissent  des  sécrétions  spéciales,  et,  disposés  en  organes, 
ib  constituent  les  glandes.  Or  le  sang  ne  présente,  comme  on 
le  voit  facilement,  aucune  de  ces  conditions,  ni  générales  pour 
tons  les  tissus,  ni  de  celles  spéciales  aux  parenchymes.  Le 

(1)  GBiyBBOL,toc.  cU,f  iSi6. 


96      DES  PRINCIPES  milÉDlATS  EN  PARTICULIER.   1'*  CLAME. 

mot  sécrétion^  ainsi  employé,  est  un  non-sens.  On  connaît 
dans  l'économie  trois  conditions  de  dégagement  des  gaz  : 

10  Expulsion  d*un  gaz  dissous  par  un  autre  gaz  :  de  l'acide 
carbonique  du  sang  par  l'oxygène  des  bronches. 

2"*  Déplacement  chimique  de  l'acide  des  carbonates  et 
bicarbonates  par  l'acide  pneumique. 

11  faut  noter  ici  que  l'on  ne  sait  pas  encore  d'une  manière 
précise  quels  sont  les  actes  chimiques  se  passant  dans  les  sub- 
stances organiques,  et  surtout  dans  la  substance  organisée, 
par  suite  desquels  ces  matières  se  dégagent  de  l'acide  carbo- 
nique, propriété  démontrée  par  Spallanzani  ;  ce  sera  proba- 
blement une  condition  de  dégagement  à  joindre  aux  précé- 
dentes lorsqu'elle  sera  déterminée  chimiquement. 

S^"  Une  dernière  condition  de  dégagement  des  gaz  dans 
l'économie,  c'est  la  putréftictian  des  substances  organiques  ; 
«acte  chimique  indirect  dont  le  mode  d'accomplissement  est 
assez  connu  pour  que  ce  terme  ne  soit  plus  employé 
comme  moyen  de  masquer  notre  ignorance ,  mais  bien 
comme  désignant  un  fait  pouvant  être  reproduit  i  volonté 
avec  les  mêmes  résultats ,  ou  modiQé  à  volonté  en  chan- 
geant ses  conditions  d'effectuation  (voy.  1. 1*',  p.  626);  bien 
que  pour  chacun  des  produits  de  la  putréfaction,  pris  i  part, 
on  ne  connaisse  pas  toujours  exactement  la  manière  dont  leurs 
éléments  quittent  la  substance  qu'ils  composaient  pour  venir 
les  former.  Or,  dans  les  cas  de  dégagement  de  gaz  dans  le 
sang  qui  ont  été  observés,  ce  ne  sont  ni  ces  dernières  ni  les  pre- 
mières de  ces  conditions  qui  se  rencontrent .  Ce  son  t  plutôt  celles 
du  déplacement  de  l'acide  des  bicarbonates  et  des  carbonates 
par  un  acide:  l'acide  pneumique,  par  exemple,  produit  en  plus 
grande  quantité  qu'à  l'état  normal ,  par  suite  de  conditions 
encore  à  déterminer  et  hypothétiques  seulement;  ou  par  suite 
de  la  présence  d'une  trop  grande  quantité  de  bicarbonate, 
plaçant  l'homme  dans  les  conditions  des  animaux  sur  lesquels 
M.  Cl.  Bernard,  injectant  beaucoup  de  ces  sels,  voyait  se  dé* 
velopper  dans  leurs  veines  de  l'acide  carbonique  qui  les  tuait 
comme  dans  les  cas  d'introduction  de  l'air  dans  les 


CH.   IV.    ACIDE  CARBONIQUE.    SES  VARIATIONS  MORBIDES.      07 

En  effet,  dans  les  observations  de  dégagement  spontané 
de  gaz  dans  le  sang,  rapportées  par  Morgagni  (1),  Ollivier  (2), 
Reyrolle  (3),  Uosselin(&),  Malgaigne(5)  elDurand-Fardel  (6), 
les  conditions  de  putréfaction  n'existaient  pas.  Peut-être  y  âu- 
rait*il  à  voir  expérimentalement  si  la  présence  d'une  trop 
grande  quantité  de  chloroforme  dans  le  sang  introduite  par 
inspirations  rapides  ne  ferait  pas  perdre  aux  globules  leur 
propriété  dissolvante  pour  l'oxygène  et  l'acide  carbonique, 
et  ne  deviendrait  pas  ainsi  une  cause  de  dégagement  de  ces 
gaz  dans  les  vaisseaux.  C'est  ce  qui  semble  résulter  de  quel- 
ques unes  des  expériences  de  M.  Gosseliii,  par  inspiration  du 
chloroforme.  Pourtant  il  faut  dire  que  jamais  il  n'a  trouvé  de 
gaz  dans  les  vaisseaux  quand  il  a  tué  les  animaux  par  injec- 
tion da  chloroforme  dans  le  sang. 

Quant  aux  cas  de  formation  de  gaz  carbonique,  cités  par 
nombre  d'auteurs,  dans  les  plèvres,  le  péritoine,  la  tunique 
vaginale,  le  tissu  cellulaire,  etc.,  contenant  du  pus,  ou  dans 
les  abcès,  toutes  les  conditions  de  putréfaction  se  rencontrante 
ici,  on  ne  peut  s'empêcher  de  reconnaître  que  c'est  par  ce 
mode  de  production  que  cet  acide  s'est  dégagé.  Inutile 
donc  de  s'arrêter  davantage  sur  ce  point  dont  nous  reparle- 
rons dans  les  chapitres  suivants. 

746.  —  M.  Doyère  a  observé  que  dans  la  période  algide  du 
choléra,  la  proportion  d'acide  carbonique  tombe  à  10  ou  20 
pour  1000  de  gaz  inspiré,  et  revient  peu  a  peu  à  20, 25  et  même 
30,  à  mesure  de  la  convalescence.  Peu  d'heures  avant  la  mort,  la 

(1)  MoiGAGin,  De  sedibus  et  causis  morhorumper  anatomem  indagatU, 
edeote  TÎMOt.  Ebrodani,  1779,  in-4%  epist.  V,  n*  19,  etc. 

(2)  Olutibi,  Considérât,  médico-légales  sur  les  morU  subites  {Àrch.  gén, 
(feméU.,  1838,  1. 1,  p.  29-41). 

(3)  RmoLLB,  Sur  un  nouveau  genre  de  fmeumatoses  se  développant  à  la 
ntUe  é^hémorrhagks  abondantes  (Thèses  de  Paris,  1832,  in-i*). 

(4)  Gosscuif ,  Becherches  sur  les  causes  de  la  mort  subite  par  l'influence  du 
Odoroforme  [Arch.  gén.  de  médecine^  1848,  t.  XVIH,  p.  385). 

(5)  llALGAiGiiB,  Bapport  sur  divers  cas  de  tnort  par  le  chloroforme  {Suit. 
de  VAead.  nat.  de  méd,  de  Paris,  1848,  t.  XIV,  p.  209). 

(6)  Dokahd-Fakdcl,  Du  développement  spontané  de  gaz  dans  le  sang, 
considéré  comme  causedemort  suh'le  {Hull.  de  VAcad.  nat.  de  médecine,  1851, 
t.  XVH,  p.  214). 


06      DÉS  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.  1**  CLASSE. 

température  du  corps  s'élève  un  peu  (2  à  5  degrés)  au-dessus 
de  ce  qu'elle  était  dans  la  période  algide  ;  c*est  pourtant  à  ce 
moment  que  la  quantité  d'acide  carbonique  expiré  tombe  au 
minimum,  c'est-à-dire  10  pour  1000  d'air  inspiré  (1)* 

Les  accès  de  ûèvres  intermittentes,  le  icorhuty  le  pur- 
jNira,  les  phlegmasies  augmentent  la  quantité  du  gaz  carbo- 
nique expiré,  à  l'exception  de  la  pneumonie,  pleurésie,  péri- 
ricardite  et  des  phclgmasies  qui  gênent  la  respiration  et  la 
circulation.  Il  diminue  dans  la  phthisie,  la  variole,  la  rou- 
geole, érysipèle,  roséole,  scarlatine,  érythème,  pendant  le 
travail  de  la  suppuration,  pendant  la  fièvre  typhoïde,  la  dys- 
senterie,  les  diarrhées  chroniques  (2). 

Rannover  a  trouvé  que  les  femme  chlorotiques  expirent 
plus  d'acide  carbonique  que  celles  qui  sont  à  l'état  normal  ; 
les  hommes  et  les  femmes  affectés  de  phthisie  en  expirent 
beaucoup  moins  qu'en  bonne  santé  ;  la  bronchite  n'a  pas 
d'influence  sur  la  quantité  expirée  (S). 

7A7. — M.  Lassaigne  a  observé  que  la  quantité  d'acide  car- 
bonique exhalée  en  une  heure  par  les  animaux  donne  les 
résultats  suivants  (temp.  0',  bar.  0,76)  : 

Taureau ii7i,iO  636,77 

Bélier  de  S  mois 35,25  109,35 

Chèvre  de  8  ans 21,48  42,53 

Chevreau  de  5  mois i  1 ,60  22,96 

'                 Chien  de  chasse 18,31  36,25 

Cette  quantité  diminue  dans  les  affections  qui  annoncent 
une  gène  matérielle  des  mouvements,  elle  augmenterait  dans 
les  affections  aiguës  inflammatoires  (A). 

Aoles  muiifeitéf  ^r  l'ctidé  carbonlqn*  Àûtê  VéèoaùUÀ; 

7/18.  —  La  production  de  Tacide  carbonique  dans  le  poumon  par  de- 

(1)  DoTÈtfi,  Études  suf  la  composition  de  Voir  titptré  pat  les  cholériques 
(Comptes  rendus  des  séances  de  V  Académie  des  sciences  de  Paris,  ia-4*,  1848, 
I.  XXVni,  p.  636,  et  t  XXIX,  p.  454). 

(2)  Hervieb  et  SAiirr^LAGSft,  Recherches  sur  les  quantités  d*acide  carbonique 
es^uUépdr  le  poumon  dans  l'état  de  santé  H  de  m<Uadie  [Annuaire  de  chimie, 
par  Millon  et  Reiset,  1S49,  p.  598). 

(8)  HAitNOtBft,  Dequantitate  relativaet  absoiuta  aciii  earhonici  âb  hùmine 
nnùetœfrototxhalati,  Hanin,  tn*8%  1845. 

(4)  Lawaigne,  Jourwa/  dechhnic  nufdicale^  1818,  t,  V,  p.  iS  et  p.  253. 


CB.   IV.   ACIDE  rARBOMQlE.   SON   R(')LE   DYNAMIQUE.         W 

eom|K>^tfon  des  carbonates  est  un  acte  chimiqtic  direct.  Le  passage  de  ce 
corps  à  l'état  gaeciix  ne  peut ,  pas  plus  que  Tévaporatlon  de  l'eau ,  èlrc 
w%  aooree  de  production  de  chaleur. 

Quanta  raekie  carbonique,  que  toute  aubstance  organisée  a  la  propriélé 
de  céder,  même  dans  l'azote,  etc.,  on  ne  sait  pas  encore  si  sa  production 
i  pour  résultat  le  dégagement  de  chaleur.  Nous  avons  vu  que  ce  mode  de 
iormatftm  deTatide  carbonique  est  probablement  une  source  partielle  de 
celui  quis'échape  par  les  poumons;  car  il  n'est  pas  probable  qu'il  vienne 
en  entier  de  la  décomposition  des  carbonates  par  l'acide  pneumlquc. 

Nous  aavons  de  plus  que  les  animaux  peuvent ,  dans  certaines  clrcon- 
atances  de  régime  alimentaire ,  expulser  plus  d'acide  carbonique  que 
l'Oxygène  qu'ils  fixent  n'en  peut  former.  Ce  fait  montre  qu'on  ne  saurait 
admettre  que  l'acide  soit  formé  nécessairement  par  combustion.  De 
plds,  noua  afons  vu,  en  traitant  de  l'oxygène»  que  le  fiait  de  sa  combinat- 
aon  an  carbone  des  principes  azotés  ou  non,  avec  production  d'acide  car- 
bonique, n'était  pas  démontré. 

Les  substances  organiques  des  parties  solides  et  liquides  du  corp.<,  qui  pas- 
sent par  désassimilation  à  l'état  de  corps  cristal lisable  ou  volatil,  et  sont  ex- 
pulsées de  l'organisme,  sont  Formées  de  carbone,  d'hydrogène,  d'oxygène 
et  d'aiote.  Ces  substances  ne  se  détruisent  jamais  complètement  Jusqu'à 
l'état  de  corps  simples  ou  même  binaires  ;  une  portion  passe  à  l'état  d'au- 
tres prlncij[)e8,  de  caractères  spécifiques  différents,  qui  Jouent  des  rôles  plus 
spéciaux  dans  l'économie  animale,  ou  s'échappent  par  les  excrétions^ 
comme  Turée  et  l'acide  urique.  Lorsqu'elles  perdent  un  état  spécifique 
pour  en  acquérir  un  autre,  l'oxygène,  l'hydrogène,  le  carbone,  etc., 
qu'elles  cèdent,  contribuent  à  la  formation  de  l'acide  carbonique  et  peut- 
être  de  l'eau,  ce  qui  est  plus  douteux;  mais  la  chaleur  qui  se  dégage  alors 
est  nécessairement  bien  différente  de  celle  que  produiraient ,  en  se  brû- 
lant, le  carbone  et  l'hydrogène  supposés  libres. 

«  Or,  dit  M.  Regnault,  dans  toutes  ces  transformations  et  dans  les  assi- 
milations de  substances  qui  ont  lieu  dans  les  organes ,  Il  y  a  dégagement 
ou  absorption  de  chaleur;  mais  les  phénomènes  sont  évidemment,  telle- 
ment comidexes,  qu'il  est  peu  probable  que  l'on  parvienne  jamais  à  les 
soumettre  au  calcul  (i).  » 

lb9.  —  Entraînés  sans  doute  par  celte  idée  que  tout  ce  qui  existe 
et  se  passe  dans  l'économie  est  nécessairement  utile,  c'est-à-dire  inévi- 
tablement et  Indispensablement  utile,  quelques  auteurs  ont  voulu  faire 
Jouer  un  rôle  chimique  aux  gaz  Intestinaux  (2);  usage  que  ni  lent 
nature  ni  celle  des  actes  digesHfonlndlquent.  Ce  sont  des  produits  destlnèi 
I  être  expulsés  )  et  qui  ne  jouent  quHin  rôle  purement  mécaniqtie  quand 

(1)  RBQKAuit,  Cours  Mnm.  de  cMmie.  Paris,  1850,  in  18,  p.  869. 

(2)  Gravks,  Arch.  gén.deméd,^  18S8,  t.  XU,  p.  96. 


100   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER,   l'*    CLASSE. 

ils  existent  Lear  compressibilité  et  leur  élasticité  font  qu'Os  préservent  les 
antres  viscères  des  chocs  dos  à  chaque  oscillation  produite  pendant  la 
marche  ;  de  plus,  ils  répartissent  d'une  manière  égale  la  pression  alterna- 
tive exercée  sur  ces  organes  par  les  parois  abdominales  et  le  dia- 
phragme (1). 

Dans  le  sang  Tacide  carbonique  ne  semble  Jouer  d*autre  r6k  que  celui 
d'im  produit  destiné  à  être  expulsé  et  nuisible  dès  que  9  par  une  cause 
quelconque ,  il  ne  peut  être  rejeté  à  mesure  qu'il  se  forme  ou  qu'il  est 
formé  en  excès. 

On  sait  qu'alors  les  globules  du  sang  prennent  la  teinte  violette  du 
sang  veineux»  et  en  même  temps  ils  deviennent  mous  et  diffluents;  ils 
peuvent  alors  traverser  le  filtre.  Il  faut  du  reste,  pour  cela,  que  l'oxygène 
manque ,  car  nous  avons  vu  que  ce  dernier  produit  les  effets  contraires. 
Comme  il  y  a  réellement  plus  d'acide  carbonique  dans  le  sang'artériel  que 
dans  le  sang  veineux,  c'est  plutôt  à  l'absence  d'oxygène  qu'à  la  présence 
de  l'acide  carbonique  qu'il  faut  attribuer  le  ramollissement  des  globules, 
leiur  coloration  foncée  ;  à  moins  qu'il  ne  soit  dû  à  un  excès  d'acide  carbo- 
nique sur  l'oxygène. 

Quant  à  l'effet  de  l'acide  carbonique  en  excès  dans  le  sérum  ou  les  glo- 
bules ,  sur  l'appareil  nerveux  cérébral,  les  muscles,  etc.,  ce  serait  entrer 
dans  le  domaine  de  la  physiologie  que  de  vouloir  en  parler  Ici ,  où  nous 
ne  devons  envisager  que  les  effets  immédiats  de  chaque  principe  sur  les 
autres,  ou  tout  au  plus  sur  les  humeurs  et  les  éléments  qu'ils  forment  en 
•e  réunissant. 

750.  —  La  présence  de  l'acide  carbonique  dans  l'économie  animale  est 
directement  antagoniste  de  celle  de  l'oxygène.  Il  est  sans  cesse  expulsé,  et 
la  facilité,  la  régularité  de  son  expulsion  est  une  des  conditions  d'existence 
des  animaux  ;  plus  elle  est  facile,  plus  se  trouve  facilité  l'accomplissement 
des  fonctions,  et  vice  versé.  Une  trop  grande  quantité  dans  l'at- 
mosphère finirait  donc  par  déterminer  la  mort  des  animaux  ;  c'est  ce 
qui  arrive  dans  quelques  circonstances  accidentelles;  c'est  ce  qui  arrive- 
rait à  la  longue  d'une  manière  générale ,  si  cet  acide  carbonique  inces- 
samment rejeté  par  les  animaux ,  qui  est  une  des  conditions  d'existence 
des  plantes ,  n'était  incessamment  absorbé  par  elles,  et  remplacé  par  de 
l'oxygène.  Ils  opèrent  ainsi  sur  ces  deux  principes  immédiats,  oxygène  et 
acide  carbonique,  une  action  inverse,  de  sorte  que  les  uns  sont  condition 
d'existence  pour  les  autres,  et  réciproquement;  non  seulement,  sous  le 
rapport  des  matériaux  solides  de  la  nutrition ,  mais  encore  sous  celui  des 
principes  gazeux.  Les  uns  rendent  à  l'atmosphère  les  principes  que  les 
autres  lui  enlèvent,  et  qui  sont  nécessaires  à  ceux-ci.  Les  plantes  prennent 
l'acide  carbonique,  nuisible  aux  animaux,  ou  assimilent  le  carbone  et  re- 
jettent l'oxygène  ;  les  animaux  prennent  l'oxygène  et  rejettent  de  l'acide 

(1)  Maisiut,  loc.  CH,,  484t,  p.  225  et  suiv. 


Cfl.    IV.   ACIDE  CAUBONIQUË.    HISTOEIQUE.  101 

earboalque  nécettaireà  la  vie  des  plantes.  Sans  ce  dernier  acte,  les  plantes 
ne  pourraient  exister,  et  sans  le  premier,  les  animaux  ne  tarderaient  pas  à 
mourir, 

751.  —  D*après  les  expériences  de  Magnas  (1),  en  réponse  aux  objec- 
tions de  Gay-Lussac  et  de  M.  Magendie  (3),  il  ne  faut  pas  admettre 
que  Talisence  d'acide  carbonique  soit  cause  de  l'artérialisation  des  globu- 
les (3)  ;  mais  que  c'est  surtout  &  Texcès  d*oxygène  qu'ils  renferment  dans 
le  sang  artériel  qu'est  due  leur  coloration  rouge  et  leur  fermeté.  C'est  & 
Talisence  de  ce  dernier  gaz  qu'est  due  leur  coloration  violette  et  la  mol- 
lesse qui  leur  permet  de  traverser  alors  le  flitre.  Mais  la  présence  de  l'a- 
cide carbonique  n'empêche  pas  l'artériallsation,  puisque  le  sang  artériel 
en  contient  plus  que  l'autre, 

Vroeédéf  d'extractîoii. 

752.—  Les  procédés  d'extraction  pour  l'acide  carbonique  comme  prin- 
cipe immédiat  ne  présentent  rien  de  particulier,  et  consistent  à  le  chasser, 
soit  d'un  organe  qui  le  renferme,  en  le  pressant  sous  l'eau  ou  le  mercure, 
pour  le  recueillir  dans  une  cloche  ou  une  éprouvetle,  soit  en  bisant  passer 
un  courant  de  gaz  hydrogène  dans  le  liquide  qui  le  retient  en  dissolution. 

Pour  constater  la  présence  de  l'acide  carbonique,  il  suffit  de  le  mettre 
en  contact  avec  l'eau  de  chaux  ou  de  baryte,  avec  laquelle  il  formera  un 
carbonate  hisolubie. 

Hîstoriqae. 

753.  —  Les  phases  qu'ont  subies  nos  connaissances  pour  arriver  où  elles 
en  sont,  ne  diffèrent  presque  pas  de  celles  déjà  indiquées  pour  l'oxygène 
et  Tazote,  car  ces  gaz  ont  presque  toujours  été  étudiés  simultanément  et 
par  les  mêmes  auteurs. 

Le  premier  auteur  qui  parait  avoir  démontré  l'existence  des  gai,  et  par 
suite,  de  l'acide  carbonique  dans  le  sang,  est  Haies,  en  ilàk  (A).  Deyeux 
et  Parmentier  (5)  considèrent  ce  gaz  comme  étant  de  l'air  atmosphérique, 
mais  Ib  avouent  que  toutes  leurs  expériences  ne  s'accordent  pas.  Acker- 
mann  le  regardait  comme  de  l'oxygène  (6).  Déjà ,  auparavant ,  H.  Davy 
avait  cependant  montré  que  le  gaz  dégageait,  contenait  de  l'oxygène  et  de 

(1)  Magnus,  Uk.  cit.,  1846. 

(S)  Gat-Lussac,  hc.  cU,y  1844.  —  Ann.  de  pkys.  et  de  chhn.,  1844,  p.  1 . 
—  ilfiii.  de  chkn.  de  Millon  et  Reiset.  Paris,  1845,  p.  540. 

(3)  Macnus,  loc,  eU.,  1837. 

(4)  Halbs,  HénotiaiUiUô  au  la  statique  des  animaux  :  Expér.  hydraul. 
sur  ksanim,  vivants,  trad.  de  Sauvages,  iu-4%  1744. 

(5)  Paibchtiei  et  Detedx,  Joum.  de  phys.  et  de  chim,,  1794.  •->  Hé- 
motresurlesang,  Paris,  1791,  in-4*. 

(6)  AcxxiHAim,  Comment,  de  cambustionis  lentœ  pkarm.  quœ  vUam  ùrga- 
nie.  coHStituunt,  1805,  p.  7. 


102  DKS  PHlNUPfia  IMMEDIATS  EN  PARTICULIBR.  1'*  CLASSE. 

Tadde  carbonique  en  quantité  double  à  peu  près  (!)•  Cependant  le  ftH  fol 
nié  par  J.  Davy  (2),  par  Mltacberliscb,  Tiedemann  et  Gmelin  (8). 

A  la  même  époque  pourtant  plusieurs  auteurs  venaient  conGmier  kl 
recherches  de  H.  Pavy  :  tels  sont  Vogel  (k)t  Brandet,  qui  en  admit  une  trop 
grande  quantité  (5),  ainsi  que  Home  (6),  Krimer  (7),  Scudamore  (8)  et 
Head  Clanpy  (0),  Vogel  fut  le  premier  qui  donna  la  démonstration  dn  felt 
à  Taide  de  la  machine  pneumatique.  Enschut  démontra  le  premier  que 
les  deux  sangs  renferment  de  l'acide  carbonique  ;  il  trouta  que  le  sang  ar» 
tériel  en  contient  moins  que  le  veineux  (10),  (ait  qui  depub  a  été  trouvé 
le  même  par  M.  iMagendio  (11). 

Ce  fut  Stevens,  en  1832  (12)«  aulvi  presque  immédiatement  par  Iloff* 
mann  (13),  qui  montra  le  premier  que  Tagiiatlon  avec  d^autres  gax  on  nn 
courant  d*hydrogènc ,  déplace  les  gaz  contenus  dans  le  sang.  Depuis  lors 
les  travaux  de  Magnus,  fondés  sur  la  connaissance  de  ce  fait,  ont  fait  con- 
naître les  proportions  des  gaz  du  sang  et  celles  que  renferment  les  divers 
sangs  (14)  ;  faits  confirmés  par  Bischolf  (15).  De  nouvelles  expériences  en< 
treprises  à  la  suite  des  observations  critiques  de  Gay-Lussac  (18)  sur  la 
théorie  de  la  respiration  qu*il  avait  ba«ée  sur  ses  expériences,  ont  encore 
donné  à  Magnus  des  résultats  identiques  avec  ceux  des  premières  (17),  et  il 
en  fut  de  même  de  celles  de  Marchand  (18)  et  de  Lelimann  dont  nous  avons 
parlé  préeédemment  (10). 

(1)  H.  Davt,  loc,  cU.,  1799. 

(2)  J.  Davt,  toc.  cit.,  1815. 

(3)  Dans  MtTscutuai,  Venwihfi  iih$r  doi  Blui  dans  TiDumn  et  Tuvh 
anoi,  ZêUtçhrifl  fur  Physioiogic.  Heidelberg,  1833,  t.  V,  p.  i  ei  suiv. 

(4)  YoGiL,  Dû  rexiU.  de  Vaddecarbon,  dans  k  sang  (inm  d^pAys.  n  do 
chim.,  1815,  t.  Xail,  p.  71). 

(5)  BaANDES,  loc,  cit.,  1818. 

(8)  E.  Home,  Philosoph.  transacL,  1818,  p.  173. 

(7)  KaiMia,  VerweAaisf  Physiologie  d»s  BiiUes^  1829,  p.  181-184. 

(8)  Bomunoai,  Sssay  <m  Ui$  6lood,  1824. 

(9)  RiAD  CumiT,  Leot,  on  typhus  and  tha  (Mngm  of  hiooé  in  <f»  laSS. 

(10)  ENsan)T,iac.  ctf.,  1880. 

(11)  Magemdik  dans  Gay-Lussac,  loc.  cU.^  1844. 

(12)  STEVENt,  Obs.  on  thehealthy  and  diseased  jn'oporties  on  th$  htood^  tU, 
{Lond,  med.  Gaz.,  1833,  t.  II,  p.  881). 

(13)  Homuim,  Bxjwiment  on  tkecolour  ofthê  hlood,  etc.  (Umèim  imdJMil 
GaxeUty  1833,  t.  XI,  p.  881). 

(14)  Magrus,  Uéber  die  im  Blute  erhartenenên  Ga9$  d'SansrsIo/f,  BHIuÊof 
ttfi4  IToAlanioaiiris  {Anmalm  der  Physik  und  Ckemkt  1887, 1.  XL,  p.  538}.^ 

(15)  BlSCHOFF,  loc.cU,f  1837. 
(18)  Oay-Lcssac,  loo.  dl.,  1844. 

(17)  Magnus,  loceil.,  1816. 

(18)  Maechaud,  ho.eil,,  1847. 
(10)  Lehhann,  lac.  cit.f  1817. 


CH.    lY.    ACIDE  CAUBO?<lUi;fi.   HISTORIQUE.  lOS 

754«— RelallYemenl  à  racidecarboniqae  des  poumons,  nos  connaiasaneei 
ont  suivi  les  mêmes  phases  à  peu  presque  pour  le  sang.  Seulement  la  pos* 
sibilité  d*agir  sur  une  plus  grande  quantité  de  gax,  la  facilité  avec  laquelle 
on  les  obtient  »  la  certitude  de  leur  origine  ont  permis  d'arriver  iiien  plu- 
Xùt  à  en  établir  les  proposons  que  dans  le  sang. 

Mayow  parait  être  le  premier  qui ,  en  1668 ,  ait  observé  que  la  respira-» 
Uon  imprime  à  Pair  des  changements  analogues  à  celui  que  lui  fait  subir 
le  cbarbon  qui  brûle  (1).  Priesiley  (2)  et  Lavoisier  (3)  ont  ensuite  montré 
que  c'est  de  Tacide  carbonique  qui  s'est  produit  en  même  temps  que  de 
Toxygène  a  disparu.  Gelui-cl  détermina  le  premier  la  quantité  d'acldet 
mais  donna  é^  cbilTrcs  trop  foru,  il  en  fut  de  même  de  Seguin  (A).  Men* 
ties  fut  le  premier  qui  s'approcha  le  plus  de  la  vérité,  il  indiqua  5  pour  100 
d'adde  dans  l'aU*  expiré  (5)  ;  mais  Bertbollet  arriva  à  des  cbUfires  trop 
forts,  U  indique  au  moins  5,53  pour  100  (6)  et  8  à  10  pour  100  aa 
plus. 

En  1793,  Âbernethy  (7)  et  surtout  H.  Davy  (8)  arrivèrent  aux  chiffres 
que  les  jirocédés  plus  exacts  de  nos  jours,  ont  simplement  confirmés,  Uê 
indiquent  3|06  pour  100  i  A,50pour  100.  Jurine  (9),  Allen  et  Pepys  (10), 
Nysten  (11),  dont  les  recherches  se  succédèrent  en  1807, 1808  et  1811.  ar* 
rivèrent  k  des  chiffres  qui  dépassaient  de  beaucoup  la  moyenne  exacte 
donnée  par  les  auteurs  précédents. 

Beaucoup  d'autres  auteurs  à  la  même  époque  et  postérieurement,  tels 
que  Proot  qui  avait  indiqué  le  chiffre  assex  exact  de  3  à  4  p.  100  (12) ,  Cou* 

(1)  MâTOW,  Tradatus  I!  ââ  retpiratkmey  ââ  rachUiâa,  Oxford,  1668; 
in-li. 

(2)  PaiisTLXT,  Obiervat.  on  r^ptraiion,  and  ihô  tuô  of  thê  blood  {Phikh' 
ioph,  (^aalac^,  1776,  p.  226). 

(3)  lavoisiES,  Expér,  sur  la  respir,  des  animaux  et  les  changements  qui 
arrivent  à  Vair  en  passant  par  leur  poumon  {Mém,  de  VAcad,  des  se,  de 
Paris,  1777,  p.  185,  et  1780,  p.  i02). 

(4)  Secuuf,  loc,  cit.j  1789. 

(5)  Memzies,  Dissertatio  de  respiratione,  1790,  et  dans  Crell,  Chemischen 
4nnàlen,  t.  U,  1794,  p.  33. 

(6)  BaaTWiLLBT,  Mém.  de  la  Soe,  d'Àrcueil  Paris,  1809,  t,  H,  p*  454. 

(7)  J.  Abebnetdy,  Swrgical  and  physiologieal  essays.  London,  1793-1777, 
in-8*;  traduct.  allemande,  Leipzik,  1795. 

(8)  Dayt,  Rûsearches  chemical  and  philosophical  chiefly  eonceming  nitrous 
oxyde  and  respiration^  i  800. 

(9)  Jnsnmdaos  SnmsBnn,  RapporU  de  Vair  avec  les  êtres  organisés,  tirés 
de  Journaux  d'observations  et  d'expériences  de  Spallansani,1807,  t.  II,  p,  5, 
133  et  272. 

(10)  Allsr  et  Pktts,  loe,  df.,  1808. 

(li)  Ntsteh,  Rech,  dephysiol,  et  de  chimie  pathologique,  Paris,  1811. 

(12)  Proct  dans  Schwciggei's,  Journal  fUr  CAernis,  1815,  t.  XV,  p,  47. 


lOÂ    DES>   l*RhNClI>£8  IMMÉDIATS  EN   PARTICILIKH.   1'*  CLASSE. 

tanccau  (1),  Dulong  (i\  Dcsprctz  (3),  Legallois  (â),  Apjohn  (5),  Bostock  (6)» 
sont  arrivés  à  des  nombres  assez  analogues»  lorsqa*on  tient  compte  des 
espèces  animales  sur  lesquelles  Ils  ont  expérimenté. 

Diaprés  W.  Edwards,  la  respiration  n*est  plus  un  procédé  purement 
chimique,  une  simple  combustion  où  l*oxygènede  Pair  inspiré  Brunirait  au 
carbone  du  sang  pour  former  de  Tacide  carbonique  qui  serait  expulsé  aus- 
sitôt. G*est  une  fonction  composée  de  plusieurs  actes.  Les  proportions 
relatives  d*oxygène  et  diacide  carbonique  exhalé  sont  variables;  la  quan- 
tité d'acide  carbonique  exhalé  peut  être  en  plus  grande  quantité  que  celle 
de  Toxygène  inspiré,  elle  peut  être  égale  ou  moindre.  L'acide  carbonique 
se  produit  dans  l'hydrogène  comme  dans  l'air.  11  se  forme  dans  le  sang» 
mais  il  n'indique  pas  le  mode  de  cette  formation  (7). 

Coathupe  a  trouvé  A  pour  100  d'acide  carbonique  dans  l'air  rejeté  par 
l'adulte  ;  les  extrêmes  sont  1,90  et  7,98  pour  100. 11  a  vu,  comme  Proust» 
que  cette  quantité  varie  avec  les  heures  du  jour  (8). 

Lieblg  signale  dans  son  traité  de  chimie  animale,  qu*un  homme  de 
taille  moyenne  et  en  pleine  santé  perd  journellement  par  la  peau  et  les 
poumons  A6à  grammes  de  carbone  sous  forme  d'acide  carbonique,  comme 
combustii>lc  pour  l'entretien  de  la  chaleur  du  corps.  Cette  quantité  n'a 
été  déterminée  qu'Indirectement,  en  pesant  les  aliments  dont  on  connais- 
sait la  composition  et  en  pesant  les  pertes  d'urine  et  de  fèces,  dont  la 
quantité  de  carbone  était  regardée  comme  connue.  L'excès  de  carbone 
était  considéré  comme  consommé  par  la  combustion.  Cette  quantité»  con- 
sidérée comme  énorme  par  Scharling,  lui  a  fait  entreprendre  des  expé- 
riences dans  lesquelles  il  enferme  un  homme  dans  une  petite  chambre 
hermétiquement  closn,  traversée  par  un  courant  d'air  qui  laissait  en 
entrant  son  acide  carbonique  dans  la  potasse,  et  en  recueillait  l'acide  de 
l'air  qui  sortait  dans  de  la  potasse  aussi,  après  lui  avoir  fait  traverser  de 
l'acide  sulfnrique  concentré  pour  le  priver  d'eau.  On  tenait  compte  aussi 
de  la  quantité  contenue  dans  l'appartement  avant  et  après  l'expérience, 
il  a  obtenu  ainsi  les  résultats  suivants  : 


(1)  CouTANCEAU,  RévisUm  des  nouvelles  doctrines  chimkO'phytioLf  itMei 
d'expér,  relalives  à  la  respiration,  18i4,  in-8%  p.  285, 

(2)  DuLOSG,  toc.  cU.,  1823. 

(3)  Dkspbetz,  /oc.  cit.,  1824. 

(4)  Legallois,  Œuvres  complètes.  Parin,  1824,  t.  II,  p.  65. 

(5)  ApiOH5,  Experim,  relative  to  the  carbonio  acid  of  expired  air  te 
heallh,  etc.  {Dublin  hospital  reports,  i830,  t.  V,  p.  525). 

(6)  DosTOCK,  An  essay  on  respiration,  1804. 

(7)  Edward»  ,  De  Vinfl.  des  agents  physiqttes  sur  la  vie.  Paris,  in-S*,  18i4, 
p.  420  à  467. 

(3)  CoATBure,  Philosophical  magazine,  1839,  t.  XIV,  p.  4Qt. 


CH.    IV.   ACIDE  CARBOItlQUE.    HiSTORlQtE.  105 


^e. 

Sexe. 

Puids. 

kit 

Peite  (le  c&rbone  en  Sft  benret. 

35 

Homme. 

65,500 

225,80 

16 

— 

57,750 

240,50 

28 

— 

82,000 

256,85 

9 

— 

22,000 

130,75 

19 

Femme. 

55,750 

177.45 

10 

— 

23,000 

80,05 

ScharliDg  a  reconnu,  de  plus,  que  la  quantité  expirée  varie  suivant  les 
conditions  dans  lesquelles  on  se  trouve,  et  que,  par  exemple,  il  y  a  plus 
diacide  expiré  après  le  repos  qu'avant;  elle  était  plus  forte  aussi  lorsque 
rexpérience  était  foite  après  avoir  pris  de  l'exercice,  la  quantité  expirée 
pendant  le  sommeil  est  à  celle  rendue  pendant  la  veille  :  :  /i  :  5.  La  quan- 
tité n*est  pas  proportionnelle  au  poids  du  corps  (1). 

Diaprés  Vierordt,  la  quantité  d'acide  carbonique  exhalé  peut  varier, 
même  quand  on  reste  tranquille,[entre  17/1  et  670  centimètres  cubes  (2). 

Scharling  (3)  a  observé  qu'on  exhale  en  vingt-quatre  heures  : 

Par  U  pesa.      Pur  la  bouche  et  le  nés. 

Qomme 0,373  11,367 

Garçon  d'environ  10  ans.  0,121  6,426 

Jeune  fille  de  10  ans.  •  • .  0,124  6,072 

Fille  de  19  ans 0,272  8,044 

Enfin,  cette  quantité  a  été  déterminée  de  nos  jours  d'une  manière  pré- 
cise par  M.  Dumas  (A),  qui,  ainsi  que  nous  l'avons  vu,  indique  le  chiffre 
3  à  5  pour  100  de  la  quantité  d'air  expiré. 

Depuis  lors,  MM.  Itegnault  et  Reiset  ont  montré  que  ia  quantité  d'acide 
carbonique  expiré  par  un  chien  en  vingt  à  vingt-quatre  heures  est  en- 
viron égale  en  poids  à  celle  de  Toxygène  absorbé  ;  elle  ne  la  dépasse  que 
de  3  à  6  grammes.  Chez  le  lapin,  l'excès  en  poids  de  l'acide  carbonique 
sur  Toxygène  est  plus  considérable  ;  il  s'élève,  pour  quarante-deux  heures, 
à  30  grammes,  soit  15  grammes  au  lieu  de  3  à  6  grammes  pour  vbigt  à 
vingt-quatre  heures  (5). 

Bnmner  et  Valentln  (6)  ont  également  cherché  à  déterminer  le  poids 
de  carbone  brûlé  en  un  temps  donné,  et  d'autres  auteurs  encore  ont  (ait 
des  recherches  analogues  sur  Tbomme  à  l'état  de  santé  et  de  maladie  ; 

(1)  ScHAiLixG  dans  Bebzelius,  Rapport  annuel  sur  les  progrès  de  la 
chkniepour  1842.  Traduct.  fr.,  Paris,  1844,  in-8%  p.  347-348. 

(2)  YiEAoaDT,  Recherches  eccpérimen laies  concernant  V influence  de  la  fré' 
quenee  des  mouvements  respir,  sur  V exhalât,  de  V acide  carbonique  {Compt. 
rendus  des  séances  de  VAcad,  des  sr,  de  PariSy  1845,  in-4«,  t.  XIX,  p.  1033). 

(3)  SceABLWG,  Journal  fiir praht,  Chmie,  1846,  l.  XXXVI,  p.  454. 

(4)  DmiAS,  loc.  cit,j  1841.  —  Trailé  de  chimie,  t.  YllI,  1846. 

(5)  Regrault  et  Reiset,  loc,  cit.f  1848. 

(6)  BaDHmi  et  YALENini,  Pharm,  cent.  B/(i|/.,  1843,  Yol.  V,  p.  757* 


10(5   DES  PHINCIPËS  IMHËUUIS  iûN  PABlJCliUKR.  1**  CLÀSSK. 

mais  ces  rccbcrcbes  oc  se  rapportent  plus  assez  directement  à  notre  sujet 
pour  quil  en  soit  fait  mention.  C'est  en  physiologie  qu*ii  sera  possUik 
d'en  utiliser  les  résultats.  Il  est,  du  reste,  facile  de  reconnaître  qu^au  mi- 
lieu  de  cette  quantité  indigeste  de  travaux  qu'ont  fait  entreprendre  les 
diverses  théories  physico-chimiques  de  ia  respiration,  ceux  de  Lavpisler, 
Bcrthollet,  Seguin,  Jurine,  Spallanzani,  Abernethy  et  II.  Davy,  sont  les 
seuls  fondamentaux,  et  que,  depuis  ce  dernier,  il  n'a  rien  été  fait  d^im» 
portant  que  les  travaux  confirmatlfs  et  complémentaires. 

En  traitant  de  Teau  et  d'autres  principes  immédiats,  nous  reconnaltroiii 
encore  plus  d'une  fois  qu'en  substituant  Tbistoire  de  la  science,  on  de 
chacune  de  ses  parties,  à  Pérudilion  indigeste  qui  a  envahi  Tanatonile, 
la  physiologie  et  la  pathologie,  depuis  que  les  doctrines  anciennes  soot 
usées  sans  avoir  été  remplacées  par  d^autres,  on  peut  en  tirer  parti  poor 
la  connaissance  exacte  des  faits.  On  voit  alors  que,  tant  qu'il  B*a  pas 
été  possible  de  connaître  au  juste  les  limites  extrêmes  de  la  seience  des 
corps  organisés,  tant  qu'on  n'a  pu  ia  parcourir  avec  autant  de  iacilité  en 
procédant  des  parties  simples  aux  parties  composées  qu'en  procédant  en 
sens  inverse,  comme  on  l'a  toujours  fait,  il  était  impossible  de  rassembler 
les  faits  sdentlflques  dans  un  ordre  rationnel.  On  reconnaît  alors  com- 
ment il  se  fait  que  beaucoup  d'observations  anatomiqoes,  la  plupart  même 
de  celles  qui  sont  importantes,  se  trouvent  renfermées  dans  les  traités  de 
physiologie  ;  on  reconuati  que  ce  sont  les  théories  qui  ont  successivement 
été  remplacées  les  unes  par  les  auures  qui  ont  fait  fahre  liabitneUement 
ces  recherches  dans  un  but  tout  autre  que  celui  auquel  elles  peuvent  être 
utiles  directement.  Seulement,  pour  avoir  voulu  prolonger  le  règne  de 
ces  théories,  alors  même  qu'elles  étaient  reconnues  fausses,  le  nombre  des 
observations  sur  le  même  sujet  s'est  très  souvent  multiplié  tout  4  fait 
inutilement  ;  de  là  le  peu  de  néccsHité  de  dter  tous  ceux  qui  ont  écrit 
sur  les  mêmes  matières,  quand  ils  n'ont  fait  que  répéter  les  résultats  déjà 
obtenus. 

755.  —  L'exhalation  de  l'acide  carbonique  par  la  peau,  très  eonsMé- 
rable  chez  les  invertébrés  et  les  vertébrés  à  sang  froid,  i*est  beauooop 
moins  chez  les  animaux  qui  ont  des  organes  respiratoires  1res  développés. 

Le  premier  auteur  qui  l'observa  chez  l'homme  est  Milly,  en  1777  (i)  ; 
il  en  recueillit  26  pouces  cubes  en  deux  heures,  dans  un  bain,  avec  un 
entonnoir.  Cruickshank  constata  également  des  faits  analogues  (2).  Aber- 
nethy (3),  en  plongeant  sa  main  sous  le  mercure,  en  recueillit  en  deoz 
heures  un  volume  qui  dépassait  celui  d'une  once  d'eau;  U  y  avait  de  plus 


(i)  MiLLT,  m$t.  d$  VAcad.  dê$  ic.de  Paris,  pour  1777,  in-4%  p.  96t, 

(2)  Cri'icksdanx,  Anal,  des  vaisseaux  absorbante f  il%l. 

(3)  ASERNEIHY,  foc.  Cfl,,  1793. 


es.   IT.   ÀClDE  CARBONIQUE.    HIBTORlQt*E.  107 

QO  tien  d*a£Ote.  Jtirinc  (1)  et  Coliard  de  Marligny  (2)  ont  trouvé  que 
tantôt  la  peau  exhale  de  Tacide  carbonique  pur,  tantôt  de  Tacide  mêlé 
d*azote,  mais  en  proportions  très  variables.  Mackenzie  et  EIlls  avaient, 
du  reste,  déjà  coofirmé  une  partie  des  laits  observés  avant  eux,  et  con- 
staté la  présence  de  Pacide  carbonique  dans  les  gaz  exhalés  parla  peau  (3). 

Nous  avons  cité  les  principaux  auteurs  qui  ont  parlé  de  Tacide  carbo* 
nique  qui  existe  dans  les  Intestins  ;  il  est  par  conséquent  inutile  d'en 
reprendre  Thistorique,  qui  n'offre  rien  dlatéressant.  Nous  citerons  Tind!- 
catlon  de  la  présence  du  gaz  carbonique  dans  Turine,  par  Proust  {U\  et 
plus  tard  par  Vogel  (5^  qui  croyait  que,  même  à  Tétat  le  plus  frais,  Tu- 
rine  d*horome  contient  de  cet  acide  libre. 

169*  —  11  nous  resterait  ici  h  résumer  cet  historique  en  indiquant  les 
corps  desquels  on  a  fait,  dans  les  diverses  hypothèses,  dériver  Tadde 
carbonique  par  combustion  de  leur  carbone  à  Taide  de  Toxygène  inspiré. 
Ce  sont  les  substances  dont  nous  avons  donné  les  listes  page  53.  Mais 
il  est  inutile  de  reprendre  cette  discussion,  car  ce  serait  répéter,  à  propos 
de  Tadde  carbonique,  ce  que  nous  avons  dit  en  suivant  Toxygène  partout 
où  on  Ta  (ait  se  combiner  ;  puisque  Ton  n'a  jamais  fait  venir  cet  acide 
carbonique  d'une  autre  source  que  de  la  combinaison  de  l'oxygène  inspiré 
au  carbone  de  ces  substances.  Relativement  à  la  chaleur  produite,  depuis 
longtemps  aussi  on  a  cherché  à  la  rattacher  à  la  quantité  d'oxygène  alh* 
sorbe,  de  manière  qu'on  pût  juger  de  l'une  par  l'autre;  car  depuis 
longtemps  on  a  reconnu,  ainsi  que  nous  l'avons  vu,  que  la  quantité  d'acide 
exhalé  est  en  volume  plus  petite  que  celle  de  l'oxygène  absorbé  ;  ou,  si 
Ton  vent,  que  le  poids  d'oxygène  contenu  dans  l'acide  carbonique  exhalé 
est  moindre  que  le  poids  de  celui  qui  est  emprunté  en  nature  à  l'atmos- 
phère. 11  en  résulte  qu'on  ne  pouvait  chercher  à  calculer  la  quantité  de 
chaleur  produite  par  celle  d'acide  rejeté,  d'autant  plus  que  celte  dernière 
varie  avec  la  nature  et  la  quantité  des  aliments. 

(1)  Juina  dans  Stmitsica,  loc.  c^.,  1810. 

(2)  Collabo  de  MAarioinr,  loc,  cit.^  1827. 

(3)  Magxknzik  et  Euis,  dans  Ellis  ,  Inquiry  inlo  the  changes  produced  on 
^  ahnoipheric  air  hy  the  germination,  etc.  Edinburgb,  1807.  Analysé  dans 
lilCKiL,  ArcMo,  fUr  Pkysiol.,  t.  III,  1817,  p.  608. 

(4)  FiousT,  Ann.  du  Mus,  d'hist.nat,,  1800,  p.  275. 

(5)  YoGKL ,  De  Vecdst,  de  Vacide  carb.  dans  Vurine,  dans  le  lait,  dans  la 
bUe  et  dans  le  sang  (Ann,  de  cMfn,,  t.  XCIII,  Paris,  1815,  p.  71). 


108   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EK   PARTICULIER,    l'*  CLASSE. 

CHAPITRE  V. 

HYDROGÈNE  CARBOIlé  (PROTO-CARBOifé). 

Synonymie  :  Gaz  inflammahle  des  marais  à  Véiat  de  pureté ^  hydrogène  car» 
buré  des  fnarais ,  hydrogène  proUhcarburé ,  proto^arbure  d'hydrogène» 

757.  —  Ce  principe  immédiat  est  un  produit  de  l'orga- 
nisme qui  ne  se  trouve  dans  le  corps  qu'en  très  petite  quan- 
tité, laquelle  n'a  môme  pas  pu  être  calculée.  Il  n'existe  d'une 
manière  constante  que  dans  les  gaz  expirés  (1).  Chaque  mou- 
vement respiratoire  en  expulse  une  quantité  appréciable,  mais 
qu'on  ne  peut  déterminer  en  chiffres. 

On  en  trouve  en  plus  grande  quantité  dans  l'intestin  a  l'état 
normal  (2).  Il  n'existe  du  reste  que  dans  le  gros  intestin  : 
M.  Chevreul  en  indique  5,A7  pour  100  à  11,60  dans  le  gros 
intestin  ;  12,60  dans  le  cœcumel  de  11,18  dans  le  rectum  (S). 
Cependant  MM.  Leuret  etLassaigne  (4)  en  ont  trouvé  10  pour 
100  dans  l'intestin  grêle  d'un  chien  Lien  portant  et  &0  pour 
100  dans  son  gros  intestin.  Vauquclin  en  a  également  trouvé 
dans  l'iiiteslin  de  l'éléphant  (6).  M.  Chevillot  (6)  en  a  trouvé, 
mais  rarement,  dans  l'intestin  des  cadavres  (10  fois  sur  96)  ; 
une  seule  fois  il  y  en  avait  dans  l'intestin  grêle  et  toutes  les 
autres  foi?5  dans  le  gros  intestin.  La  quantité  n'a  jamais  dé- 
passé 18  pour  100.  M.  Lassaigne  en  a  trouvé,  mais  en  petite 
quantité,  dans  le  gaz  de  la  panse  des  vaches  météorisées  (7), 
il  y  en  avait  6  pour  100.  On  ne  peut  savoir  d'une  manière 
précise  de  quelle  manière  se  forme  l'hydrogène  carboné  dans 
l'intestin  quelles  sont  les  réactions  qui  lui  donnent  naissance. 
C'est  sans  doute  par  décomposition  de  l'eau  et  de  quelques 
matières  végétales,  par  des  réactions  analogues  à  celles  qui 

(1)  REGKAtLT,  Cours  élémentaire  de  chimie, 

(2)  Chevreul,  loc.  cit.,  181  G. 

(3)  Lassaigxk  et  Leuret,  loc,  cil,,  1825. 
(i)  JuRirtK,  loc.  cit.,  1788. 

(5)  CuEviLLOT,  loc.  cit.,  1827. 

(6)  Vacquelw,  loc.  cit.,  1817. 

(7)  Las9ai</5e,  loc,  cil.f  1830, 


CH.   V.   HYDROGÈNE   PROTO-CARBONÉ.  100 

se  passent  dans  les  marais,  mais  on  ne  peut  les  déterminer. 
Ce  gaz  est,  comme  Tacide  carbonique,  un  produit  destiné  à 
être  expulsé.  Outre  celui  qui  est  rejeté  par  le  rectum,  il  faut 
tenir  compte  de  la  portion  qu'exhalent  les  poumons  et  qui 
probablement  vient  du  sang,  lequel  Ta  puisé  par  échange  en- 
dosmotique  dans  l'intestin.  Si  les  poumons  en  exhalent,  il  est 
donc  possible  qu'un  jour  on  parvienne  à  en  trouver  une  quan- 
tité correspondante  dans  le  sang. 

768. — On  a  trouvé  de  l'hydrogène  carboné  dans  un  cas  d'em- 
physème du  tissu  cellulaire,  ce  qu'a  montré  l'inflammabili té  du 
gaz  (1).  Un  homme  de  vingt-cinq  ans,  malade  depuis  quinze 
jours  avec  lessymptômesdelafièvre  typhoïde,  présenta  un  em- 
physème spontané  de  la  cuisse  et  du  scrotum,  qui  commença 
un  jour  avant  le  moment  où  survint  la  mort.  C'était  au  mois 
de  décembre;  l'autopsie,  faite  huit  heures  après,  montra  que 
le  corps  entier  était  emphysémateux,  surtout  le  membre  infé- 
rieur gauche,  qui  était  brun,  couvert  de  phlyctènes  contenant 
elle&-mèmes  des  gaz.  Les  ganglions  lymphatiques  du  mésen- 
tère étaient  développés  et  contenaient  un  gaz  qui  prenait  feu 
i  la  flamme  d'une  bougie  et  faisait  explosion.  Il  en  fut  de 
même  de  celui  que  des  scarifications  firent  sortir  des  jambes, 
des  cuisses  et  du  scrotum.  Une  ponction  ayant  été  faite  al'ab- 
domen,  le  gaz  qui  en  sortit  prit  feu  aussi  et  forma  une  aigrette 
bleue  à  sa  base,  blanche  a  u  sommet,  qui  brûla  assez  longtemps  ; 
les  bords  de  l'ouverture  faite  avec  le  trois-quarts  noircirent  et 
se  consumèrent.  Le  gaz  que  renfermait  le  tissu  cellulaire  sous- 
cutané  du  thorax  s'enflamma  de  même. 

La  formation  de  ce  fluide  est  sans  aucun  doute  le  résultat 
d'actes  chimiques  indirects  avec  dédoublement  des  substances 
organiques^  et  l'on  peut  lui  appliquer  ce  que  nous  avons  dit 
de  l'hydrogène  sulfuré  (§  216,  t.  !•',  p.  232),  de  l'acide  carbo- 
nique et  de  rammoniaque(  §  217,  t.  I*',  p.  233). 

(1)  Ballt,  Emphytème  général  formé  par  an  gaz  cimibuuiUe  [Arch.  gén, 
d§  méd.,  1831,  t.  XXV,  p.  129}. 


110   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PAUTICUMER.  i^  CLASSE. 

CHAPITRE  VI. 

DE  l'hydrogène  SDLPURiS, 

Synonymie  :  Air  puant,  air  hépatique,  gas  hépatique  ;  gaz  hidrogène  $uifuré 
ou  hidrogène  iulfuré  (Pourcroy)  ;  acide  hydrothionique,  acide  iulfh^^trique 
ou  hydrosulfurique, 

759.  —  Ce  principe  immédiat  est  un  produit  de  Torganismc 
destine  à  i>tre  rejeté ,  et  ne  remplissant  aucun  rrtlc  physiolo- 
gique utile  à  Torganlsme.  On  ne  lercnconlro,  d'une  manière 
constante,  que  dans  les  gnz  exhalés  par  le  poumon  ;  mais  tou- 
jours en  fort  petite  quantité  (1).  Il  en  existe  aussi  à  l'état 
normal  dans  le  gros  intestin  de  Thomme,  mais  en  très  petite 
proportion  aussi  (2).  MM.  Magendie  et  Chevreul  en  ont  aussi 
trouvé  dans  le  gros  intestin  des  suppliciés  ;  mais  sans  pouvoir 
en  fixer  la  quantité  (S).  A  Tétat  morbide,  il  en  existe  égale- 
ment un  peu  dans  le  gros  intestin  ;  c*est  toujours  le  moins 
abondant  des  gaz  intestinaux.  MM.  Leuret  et  Lassaignc  n*en 
ont  pas  trouvé  dans  Tintestin  du  chien  à  l'état  normal.  Vau- 
quelin  (&)  en  indique  dans  le  cœcum  de  l'éléphant.  Suivant 
Tiedemann  et  Gmelin  (6),  il  y  en  a  beaucoup  dans  les  gaz  de 
la  panse  des  brebis  météorisécs. 

L'hydrogène  sulfuré  qui  s'exhale  du  poumon  ne  peut  pro- 
venir que  des  matières  animales  du  mucus  qui  s'altèrent  au 
contact  de  l'air,  ou  du  sang  qui  l'emprunte  a  rinlestin  par 
échange  endosmotique.  Si  ce  fait  a  lieu,  le  sang  doit  en  con- 
tenir également  des  traces  qu'on  parviendra  peut-être  à  dé- 
terminer. 

Celui  du  gros  intestin  doit  provenir  des  matières  alimen- 
taires azotées  ou  des  principes  sulfurés  de  la  bile,  tels  que  la 
taurine,  qui  se  décomposent,  ou  des  sulfures  décomposés  par 
les  sucs  acides  du  cœcum.  Ces  sulfures  ne  peuvent  être  que 

(1)  Regnavlt,  Cours  de  chimie.  VèTÎt,  1850. 

(2)  JuRiKE,  loc.  cit,,  1789. 

(3)  llAOtHDIB,  loc.  dC,  1816. 

(4)  Yauqueun,  loc.  cit,,  1817. 

(5)  TiEDEMARK  et  Gmelw,  Hcch.  expériment.  physiol  et  c/itm.  fur  la  éigth 
iiony  trad.  par  Jourdan.  Paris,  1827,  t   II,  p,  .319. 


CH.   Vî.    HYDROGfeWE   SULFURÉ.  111 

ceux  provenant  de  sulfates  qui,  au  conlact  des  matières  orga- 
niques ,  ont  perdu  Toxygène  de  leur  acide  et  de  leur  base. 
Si  c'était  des  sulfures  contenus  dans  les  aliments,  ils  devraient 
déjà  être  décomposés  dans  l'estomac  par  le  suc  gastrique. 

Tiedemann  et  Gmelin  (i)  pensent  que  l'hydrogène  sulfuré 
qui  se  trouve  dans  la  panse  des  brebis  météorisées  vient  peut- 
être  de  la  décomposition  du  gluten  ou  de  Talbumine  qui  existe 
dans  les  matières  herbacées  qui  leur  servent  d'aliments. 

760. — Ce  gaz  se  trouve  encore  dans  l'économie  animale  à 
rélat  morbide,  dans  les  cas  d'emphysème  5/>on(an^  observés  sur 
le  vivant,  et  aussi  à  l'état  de  dissolution  dans  le  pus  des  abcès 
voisins  des  muqueuses  soumises  au  contact  de  l'air.  Dans  tous 
ces  cas ,  le  gaz  se  forme  par  putréfaction  des  substances  or- 
ganiques dont  le  soufre  passe  à  l'état  d'hydrogène  sulfuré, 
ainsi  que  nous  l'avons  dit  §  216,  tomeP',  pages  231-232.  Peut- 
être  aussi  y  a-t-il  décomposition  des  sulfates  en  sulfures , 
comme  cela  a  lieu  quand  les  sulfates  sont  au  contact  des  ma- 
tières d^origine  organique,  puis  décomposition  des  sulfures  en 
hydrogène  sulfuré  par  le  contact  de  quelque  acide  (voyez 
1 212,  2<»,  t.  I*',  p.  227).  Les  cas  de  formation  d'hydrogène 
sulfuré  ne  sont  pas  bornés  aux  abcès  placés  près  des  muqueu- 
ses. Notre  collègue  et  ami ,  Noël  Guéneau  de  Mussy,  nous  en 
a  cité  deux  exemples,  l'un  relatif  à  un  abcès  sous-deltoldien, 
Tautre  à  un  cas  de  maladie  du  rein.  L'un  de  nous  (M.  Robin), 
en  a  observé  un  cas  analogue  à  la  fin  de  janvier  18ÂA  sur 
une  femme  morte  de  néphrite  purulente,  suite  de  calculs  du 
bassinet  ;  cet  organe  était  distendu  par  le  gaz ,  et  le  rein  était 
crépitant.  Quoique  le  fait  ait  été  constaté  à  l'autopsie  seule- 
ment, la  température  étant  au-dessous  de  zéro,  on  ne  pouvait 
supposer  que  les  gaz  se  fussent  formés  après  la  mort.  La  ma- 
lade était  une  vieille  femme  delà  Salpêtrière,  morte  quelques 
heures  après  son  entrée  à  l'infirmerie  et  n'ayant  pas  été  exa- 
minée avec  soin.  L'odeur  d'hydrogène  sulfuré  et  de  sulfliy- 
drate  d'ammoniaque  était  des  plus  manifeste.  L'un  de  nous  a 
entendu  citer  à  diverses  reprises,  dans  les  examens  de  la 

(1)  TitMEiuttiietGaEtm,  loe.  dr.  Paris*  1827. 


112   DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTICLXIER.   I'"*  CLASSE. 

Facullé  de  médecine,  des  cas  de  développement  de  gaz  sur  le 
vivant,  répandant ,  lorsqu'ils  s*écliappaient ,  Todeur  d'bydn>- 
gène  sulfuré ,  s'étant  dégagé  soil  dans  le  pus  de  la  plèvre  ou 
dans  des  abcès  des  membres,  dans  des  cas  d*infection  puru- 
lente et  de  fièvre  puerpérale.  Quoique  dans  ces  cas  Tanalyse 
n'ait  pas  été  faite,  et  que  Todeur  seule  ait  /ait  recon- 
naître la  présence  de  rhydrogènc  sulfuré ,  on  peut  regarder 
comme  certain  qu*il  s*y  trouvait  en  même  temps  de  Tazote , 
de  l'acide  carbonique  et  de  Hiydrogcnc  carboné;  car  dans 
toute  putréfaction  des  substances  organiques  il  se  dégage  une 
certaine  quantité  de  ces  gaz. 

CHAPITRE  VU. 

SULFHYDRATK    D^AllMOniAQUE. 

Synonymie  :  Sulfure  d'ammoniaque  hidrogénéou  hydrogéné;  hydrotuifurt  on 
Itidrosulfure  d'ammoniaque;  hydrosulfate  d'ammoniaque, 

761.  —  M.  Lassaignc  en  a  trouvé  (1),  mais  en  petite  qoanUté  aeole- 
ment,  dans  la  liqueur  odorante  de  la  Moufette  (Vicerra  puUmuâ^  L). 
On  ne  l*a  pas  signalé  à  Tétat  normal  dans  d*autres  parties  du  corps  da 
mammifères.  Mais  à  Télat  morbide  il  en  existe  certainement  dans  les  cas 
de  putréfaction  du  pus  donnant  lieu  à  un  emphysème  spontané,  dont  nous 
venons  de  parler  dans  le  chapitre  précédent.  Ce  sel  se  forme  par  combi- 
naison directe  (voyez  §  212, 2'',  1. 1,  p.  227)  de  Thydrogène  sulfuré  (formé 
ainsi  que  nous  venons  de  le  dire)  avec  Tammoniaque  aussitôt  que  cdle-d 
8*est  produite.  (Voyez,  pour  le  mode  de  sa  production,  §217, 1. 1,  p.  233). 

Lehmann  a  trouvé  du  sulfhydrate  d*ammoniaque  dans  la  bile  d*an  en* 
faut  noort  subitement  ;  Tautopsie  fut  faite  seize  heures  après  sa  mort  (2). 

Nous  n'avons,  du  reste,  pas  trouvé  d'analyse  des  gaz  dans  les  ooTragei 
qui  traitent  de  Temphysème  spontané. 

CHAPITRE  VIII. 

DE  L*£AU,  OU  PROTOXTDE  D'HTOROGÈNE. 

Synonymie  :  Phlegme  ou  flegme. 

762. — Le  principe  immédiat  dont  nous  allons  parler  n'eit 
pas  l'eau  à  proprement  dire;  ce  n'est  pas  le  liquide  répandu 

(!)  Lassaigke  ,  Eœamm  chimiq»  de  la  liqueur  odor.  de  la  MoufeUê  (Jm. 
de  phys,  et  de  chim.,  1821,  t.  XVI,  p.  3S4). 
(2)  Lehhakn,  Physiolog.  Chmie,  2*  édtt.,  iii4l%  1850, 1.  If,  p.  61. 


CH.    VIII,    DE   l'eau.  113 

à  la  surface  du  globe,  contenant  des  sels  nombreux  tenus  en 
dissolution»  les  uns  directement  par  Teau,  comme  les  sels  al- 
calins, les  autres  indirectement  par  ceux-ci,  comme  les  sul- 
fates et  autres  sels  terreux.  Il  s'agit ,  au  contraire ,  du  pro- 
toxyde  d'hydrogène  même,  du  fluide  qui  dans  le  corps  animal 
tient  en  dissolution  directement  et  indirectement  un  nombre 
bien  plus  considérable  encore  de  sels,  et,  de  plus,  nombre  de 
principes  cristallisables  ou  non  cristallisables,  sans  analogues 
dans  le  monde  inorganique.  Il  s'agit  de  ce  liquide  qui  peut  être 
considéré  àson  tour  comme  tenu  en  dissolution,  ou  imbibition, 
par  les  parties  du  corps  qu'il  ne  peut  dissoudre,  par  les  substan- 
ces organiques  solides.  Il  en  résulte  que  ces  dernières  ne  sont 
vraiment  solides  que  lorsqu'elles  ont  été  privées  du  liquide 
qui  les  imbibait  et  qu'elles  retenaient  fixé  par  une  double 
action  réciproque  du  liquide  sur  le  solide  et  du  solide  sur  le 
liquide;  ce  qui  est  la  seule  condition  capitale  qui  puisse  per- 
mettre le  double  acte  continu  de  composition  et  de  décombinai- 
son ou  nutrition,  acte  commun  à  tous  les  corps  dits  vivants. 
G*est  là  une  véritable  combinaison  binaire ,  la  plus  faible  de 
toutes  celles  connues  peut-être,  et  qui  donne  aux  parties 
vraiment  solides  du  corps  cet  état  de  demi-solidité  et  de  demi- 
fluidité  que  nous  leur  voyons  durant  la  vie;  état  qui  l'em- 
porte dans  un  sens  ou  dans  l'autre,  suivant  la  prédominance 
en  certaines  proportions  du  fluide  ou  du  solide,  et  qui  entraîne 
une  lenteur  ou  une  activité  correspondantes  dans  le  double 
acte  continu  de  composition  et  de  décomposition.  Il  s'agit  ici, 
en  un  mot,  du  liquide  qui  s'échappe  et  distille  à  l'état  de  pu- 
reté des  tissus,  et  des  humeurs  dont  on  élève  la  température 
sans  aller  jusqu'à  décomposition  des  substances  organiques  ; 
il  s'agit  de  l'eau  séparée,  bien  entendu,  des  autres  matières 
volatiles  qui  s'échappent  en  même  temps  que  ce  principe  ou 
qu'il  entraîne.  Il  s'agit,  en  un  mot,  du  protoxyde  d'hydro- 
gène, semblable  à  celui  qu'on  obtient  en  chimie  en  distillant 
de  l'eau,  et  obtenu  ici  en  distillant  des  tissus. 

763. — Il  n'est  aucun  tissu,  aucune  humeur,  aucune  partie 
du  corps,  quelle  que  soit  sa  dureté,  dans  la  composition  de 
n.  « 


IIA    DES   PRINCIPES   IHMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1'*   CLASSR. 

laquelle  il  n*entre  une  certaine  quantité  d*eau  comme  partie 
<H)nstituante  essentielle.  On  en  trouve  partout,  sans  excep- 
tion, même  dans  Témail  des  dents. 

7ôà»  —  La  masse  cubique  du  corps  vai^ie  de  62  à  70  litres 
cbeE  rbomme,  et  de  46  à  53  chez  la  femme  ;  c'esi*i^ire  qu'elle 
repraente  cbez  ie  premier  un  cube  de  àO  à  Ai  centimètres 
d*aréte.  Or,  dans  celte  masse,  l'eau  entre  au  moins  pour  âS 
à  AS  litres,  et  représente,  par  conséquent,  i  elle  seule  une 
masse  cubique  de  SO  â  t8  centimètres  de  côte  ;  chiffres  qui 
peuvent  être  considérés  comme  les  deux  termes  les  plus 
éifHgnés. 

Quantité  en  poidf  • 

766«— Les  calculs  de  Burdaeh  (1),  faits  d'après  la  quantité 
d'eau  couteoue  dans  les  divers  tissus,  donnent,  pour  la  tola- 
lité  du  corps  66  pour  100,  c'est-à-dire  les  deux  tiers  d'eau 
ooiiti^  un  tiers  de  matières  solides.  Il  y  a  ainsi  50  kilogram- 
aaes  d'eau  daus  le  corps  d'un  individu  pesant  75  kilogrammes, 
eli2  à  AS  dans  le  corps  d'un  individu  pesant  6A  kilogrammes, 
c^qui  ùsl  à  peu  près  le  poids  moyeu  pour  Tbomme. 

CeUe évaluation  de  la  quajiti lé  U*eau  parait  a»éme  èireun  peu 
trop  faible.  Cliaussierayaut  mis  un  cadavre  du  {K>idsde  60  ki- 
logranroes  dans  un  four  a  la  lcn)|)érature  nécessaire  pour  la 
cwssM  dupaio ,  il  le  retûa  ne  pcsaii  t  plus  que  6  kilogrammes  ;  il 
avait  donc  perdu  dOpour  100  d'eau.  Il  est  possible  que  la  tem- 
pérature trop  élevée  ait  amené  la  décomposition  de  quelques 
prificipes  et  que  ce  nombre  soit  trop  élevé.  Il  dépasse*  en  ef- 
fet, les  chiffres  les  plus  forts  obtenus  par  la  dessiocalion  de  la 
plupart  des  iissus  et  des  humeurs  de  Téconomie.  Mais  d'autre 
part,  le  cliiffre  4onué  par  Burdaeh  est  au-dessous  du  oombre 
qui  exprime  la  proportion  d'eau  obtenue  eu  dessàiiliaut  ces 
tissus  et  ces  humeurs. 

£u  conséquence,  on  peut  dire  que  la  qiianlité  d'eau  coutMoe 

(1)  BoiDACHy  loc.  ciL,  1838,1,  Vm,  p.  76. 


CH.    VIII.   DR  l'eau.  115 

dans  le  corps  forme  un  peu  plus  des  deux  tiers  de  son  poids, 
sans  en  constituer  (out  à  fait  les  trois  quarts.  Senac  (1)  a 
trouvé  qu'une  momie,  qui,  d'après  sa  taille,  avait  dû  peser 
90  kilogrammes  pendant  la  vie,  ne  pesait  plus  que  7  kilo- 
grammes 600  grammes,  ce  qui  fait  91  pour  100  d'eau  et  sniires 
#ubstaijieçs  volatiles  échappées.  Toutefois  diverses  substances 
avaient  dû  se  décomposer. 

On  Be  sait  pas  s'il  y  a  des  différences  sous  le  rapport  de 
)a  quaqtUé  d'eau  qui  soient  en  rapport  avec  les  âges,  les  aeyces 
6t  les  espèces  animales.  Le  fait  est  très  probable^  et  pri^n- 
ierait  eeritainement  de  Tinlérét,  surtout  en  ce  qui  canefrne 
}es  différences  suivant  les  âges  et  les  espèces  aniioal^;  ipais 
Us  expériences  sont  encore  à  faire. 

Poî4f  de  Teau  dans  les  divenei  parties  da  eorps  ea  paitteiilicy, 

766.  ^r-  Il  nous  suffira  de  faire  connaître  ici  la  ^wtité 
d'eau  qui  se  rencontre  dans  les  diverses  parties  dM  ^P<*ps, 
sans  répéter  pour  chacune  d'elles  les  détails  que  nou^  gyom 
«lonnés  pour  l'organisme  entier.  Le  tableau  suivant,  qi|i  se 
déduit  (les  analyses  de  Wienholt  (2)  et  de  plusieurs  Mll^urs 
^e  nous  citons,  donne  la  quantité  d'eau  pour  1000  (juç  fon- 
iicnneot  }es  principaux  tissus  et  les  liquida,  an  conuadMi^nt 
par  ceux  qui  en  renferment  le  moins.  Les  quantités  i^  pteu- 
¥m\i  pas  être  considérées  comme  absolument  exactes  a  «fjuse 
4e  l'expulsion  d'une  très  petite  quantité  de  s^b^itMces 
volatiles  autres  que  l'eau,  dont  l'existence  est  probaUe  pour 
quelque  unç,  certaine  pour  d'autres,  et  dont  on  as  peut 
tenir  compte  en  chiffres. 

Èmiùi  jdes  dents. ..,........,«.  9  998 

Smegma  cutané  (desquamation  épithéliale) 37  963 

t^^Dems.^^..^ 400  900 

00 , 130  #10 

Tendons  de  bœuf  (Cherrettl)  (3) ,. ^  304  496 

(i)  Sbmac,  Traité  de  la  structure  du  coeur,  1759,  1. 11^  p.  i9§, 

(2)  WiEMHOLT,  Tuebinger  Blœtler  fuer  Naturwissenschaften  md  Arznei' 
fcimde,  1829,  t.  I,  p.  364. 

(3)  Cbeyreul,  loc,  cit.,  1824,  p.  108.  II  employait  le  YÎde  #ec;  p^^rU  cba- 
leur,  la  perte  était  de  1  à  2  pour  100  en  phu. 


116  DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1'*   CLASSE. 

/  Tissu  jaune  élastique  (Burdach)  (1) 406  604 

\  Tendons  épais  (Burdach) 500  SOO 

^  '  j  Cartilages  articulaires 550  450 

\Tiua  Jaane  de  bceuf  (Chevreu!) 557  443 

f'Foie  (Braconnot)  (2) 557  443 

Tendons  d^éléphant  (Chetreul) 567  433 

Tendons  grêles  (Burdach) 567  433 

Cristallin 570  430 

Peau  (Wienholt) 575  425 

Peau  de  cochon  (Hamberger)  (3) 588  412 

Peau 614  389 

Foie  (Frommherz  et  Gugert) 618  382 

Aorte  (Hamberger) 656  344 

Peau  (Denis) 660  340 

Excréments  de  mouton  (Girardin) 687  313 

Pancréas  de  boeuf  (Hamberger) 697  303 

Thymus 700  300 

erf  optique 710  290 

Foie  de  bœuf  (Hamberger) 719  281 

Muscles  d*homme  (Bibra) 725  275 

Moelle  allongée  de  porc  (Hamberger) 727  273 

ng  (4) 732  268 

landes  salivaires  de  porc  (Hamberger) 733  267 

Glandes  salivaires  de  bœuf  (/d.) 734  266 

Foie 734  266 

Matières  fécales  (moyennes  de  Berzelius  et  Barrai)  environ  740  260 

Fibro-cartilages  de  roreille  (Burdach) 740  260 

Excréments  de  porc  (Girardin) 750  250 

Lait  de  chienne  (Dumas) 750  250 

Foie  de  porc  (Hamberger) 756  244 

oie  d^homme  (Boudet) 763  237 

landes  salivaires  de  chien  (/d.) 764  236 

Ligaments  (Chevreul) 768  232 

Foie  de  chien  (Hamberger) 769  231 

Cœur  (Braconnot) 771  229 

Muscles  (Berzelius) 772  228 

Muscles  de  bœuf  (Barrai);  sang  de  chien  (Andral  et  Gav.).  774  226 

Muscles  de  bœuf  (5) 775  225 

Moyenne  du  sang  d*homme  (Becquerel  et  Rodier) 780  220 

Substances  corticales  du  cerveau  de  porc  (Hamberger). . .  782  218 

Lait  de  vache 782  218 

Cœur  de  porc  (Hamberger) 783  217 

Muscles  de  porc,  de  veau  d*un  an 783  217 

Excréments  de  cheval  (Girardin) 783  217 

Rein  de  vache  (Hamberger) 785  215 

Cerveau  (Denis) 789  211 

(1)  BuioACB,  TraUé  de  physiologie.  Paris,  1837,  t.  VIU,  p.  76,  d*apvèl 
Chevreul,  auquel  il  renvoie  avec  une  fausse  citation. 

(2)  Bracokhot,  Analyse  du  foie  de  bœuf{Ann.  de  pkys,  et  de^imie^  1819, 
t.  X,  p.  189). 

(3)  HAMBUcn  dans  Hallbr,  Elementa physiolojiœ,  in-4*,  i 760,  t. U, p.  478. 

(4)  Nous  donnerons  plus  loin  un  tableau  des  variations  d>au  que  préfeiH 
tenl  les  principales  humeurs,  suivant  les  espèces  animales  et  les  éttts  morUdci. 

(5)  ScBLossEMBERGER,  Vergletchendcn  chemische  Untertuchungen  en  FkU^ 
ches  verschiedmer  Thkre,  in-8*,  1841. 


CB.  VUI.   POIDS   DE   L  EAU   DANS   LES   PARTIES   DC  CORPS.    117 


jSémD  du  sang  DOrnIBl 7M) 

Rein  de  chicu  (Hamhergtr).  ■ 791 

UuTCnDS  <lu  MDg  de  (etamt T9t 

Ganglloni  mésGDicriqup»  de  vache  (Hambe^r] 798 

Stng  de  chai 793 

TiHD  cellulaire 796 

Caat. 796 

,B«te 79a 

lEicr^meoU  de  racbo  (Glrardlo) 797 

ICceur  de  vache  (Hamberger) 797 

ISsng  de  bavt  (Nasse) 799 

■Cerveau  (Vauquelin) 800 

paog  de  cbeval ,  de  cbèvre  (NatM) 804 

«TDotie eO!l 

Siog  de  viche 807 

\Fibriae  (Burdach) 807 

ISubsUnce  -rorticale  du  cerveau  de  chien  (Hamberger)...  809 

Jsaug  de  porc 609 

iMoelle  allongi^e  de  v«cbe  (Hamberger) 810 

ICieur  derhien  {M.) 810 

lUuKlet  (GeotTro;) 612 

Sang  de  brebis  (Nasse) 827 

Rain 827 

Sang  de  mouton  (Naue) 630 

Poumon 830 

laleitin  (Keil) 837 

Tnticate  de  cbiea  (Hamberger) 640 

SubiUDfi?  corticale  du  cerveau  de  vache  (U.) 8S0 

I  Athiimine  coaguléf  (Banlacb) 8M 

fEslomac 867 

Paocréai 671 

ChjTe  de  cberal  iTiedemtnn  et  Gmelin) 871 

Bile  de  bsut  (Dumas) 87S 

Bile  de  bŒuf 879 

Bile  de  bŒur  (Stcecker) 888 

Tettictiie 687 

Lait  de  femme  (Simoa) 887 

Sperme 90O 

Icbrle  d'bomme  (Reei) 904 

Chyle  d'iae 902 

Lait  d'iaesse  (Péligut) 900 

iBlle 905 

/Uriaede  cheval  et  de  binif  (Bibra) 912 

'\Sac  paocréalique 913 

jUrine  de  bœuf  (Dibra) 923 

JLjmphede  cheval  {Laitalgoe) 925 

iRélioe 927 

ISiDoTie  du  cheval  (Jalin} 928 

■  Urine 933 

I  lluci»  dihI  (Beneliui) 933 

I  Uucus  nasal 931 

t  (Lehma  no) 936 

I  Eipectoralion  hroDcblquc  itoriiiale 937 

Chjle  de  rhcvil  (Simon) 910 

i  Sérosité  abdominale 913 

1  Chjie  de  cheval  (Ticitcmann  et  Gmelin) 049 

^EicTitioD»  buccales  el  naiilH  (Barrai) 99T 


118   DBS  PRINCIPKS  IMMÉDIATS   KN   PARTICULIEB.    1'*  CLA89E. 

E.O.  Pnnrl|« 

Lymphe  humaine  (Tiedemann  et  Gmelin) 960  40 

Sérosité  thoradqae 956  44 

Lymphe  d*àDe  (Rce9j 96$  35 

—        —      (Marchand  et  Colberg) 969  31 

Urine  d*homme  (Becqaerol) 971  29 

ISalife  de  cheral  (Simon).  Urine  de  porc  (Bibra) 9S2  18 

JHumeur  vitrée 983  17 

3.  /Salire  d'homme  (Mitscheriisch).  Urine  de  chèvre  (Bibra)  983  17 

]Urine  de  chèvre  (Bibra) .' 983  44 

jsuc  gastrique 984  i6 

/sérosité  cérébrale 983  15 

f  Sueur 986  14 

Sueur (Anselmino) 987-l9i995-5 

\  Larmes 990  10 

\Salive  (Berielius) 992  8 

4.  Vapeur  pulmonaire 991           3 

767.  —  Telle  est,  pour  chaque  partie  du  corp»,  là  quititité 
d*eau  qu'elles  renferment.  Nous  n'avons  pas,  dans  ce  tableau, 
donné  les  chiiTres  de  toutes  les  analyses  qui  ont  été  faites, 
mais  seulement  ceux  des  auteurs  les  plus  récents.  Toutes  les 
fois  qu'ils  ont  fait  plusieurs  analyses,  nous  avohs  pris  celui 
des  nombres  moyens  qu'ils  ont  obtenu.  Avant  de  reproduire 
le  nombre  souvent  très  considérable  d'analyses  de  tel  ou  tel 
tissu  ou  humeur,  il  faut  en  effet  tenir  compte  des  chances 
d'erreurs  dues  a  la  nature  des  procédés  employés. 

Il  faut  ensuite  se  demander  quel  résultat  utile  oti  peut  reti- 
rer de  ces  connaissances.  Or,  à  propos  des  matières  féc^ales, 
et  même  des  muscles,  du  tissu  cellulaire,  mais  surtout  de 
l'urine,  de  la  bile,  etc.,  chaque  auteur  arrive  à  des  résultais 
qui  varient  de  10  à  20  pour  1000,  soit  en  plus,  eoit  en 
moins.  Sur  le  même  individu,  et  surtout  quand  il  s'agit  d'in- 
dividus différents,  on  trouve  des  variations  analogues,  sans 
que  néanmoins  les  fonctions  paraissent  modifiées  d'une  ma- 
nière sensible.  Par  conséquent,  s'il  est  tiécessaire  de  con- 
naître la  quantité  d'eau  contenue  dans  chaque  tissU  ou 
humeur,  afin  de  pouvoir  la  comparer  à  celle  des  autres  prin- 
cipes, et  arriver  à  connaître  la  composition  totale  de  leur 
substance,  on  comprend  qu'il  serait  inutile  de  s'inquiéter  trop 
de  quelques  différences  dans  les  chiffres  obtenus  par  chaque 
expérimentateur,  surtout  quand  il  s'agit  des  humeurs*  Par 
conséquent,  enFin,  en  indiquant  le  chiffre  de  la  quantité 


GH.  VIII.   YARlATIOnS   DE  LA  QUAUTITB  d'eaL*.  119 

d'eaOt  S  faut  savoir  que  ce  chiffre  n'a  rien  d'absolu ,  qu'il 
eat  suscepliUe  de  varier,  mais  dans  des  limites  restreintes, 
quoique  non  définies.  li  n'y  a  pas,  dans  chaque  animai, 
pour  chaque  tissu  ou  chaque  humeur,  une  quantité  d'eau, 
ou  de  quelque  principe  que  ce  soit,  fixe  et  précise  d'une  m»- 
nière  absolue,  il  y  en  a  une  quantité  qu'on  peut  déterminer, 
mais  qui  est  susceptible  d'osciller  entre  certaines  limites  sans 
apporter  de  trouble  à  l'ensemble  des  fonctions. 

Il  est  bien  certain  qu'arec  chacune  de  ces  oscillations  il  sur* 
rient  quelque  changement  dans  telle  ou  telle  fonction,  ou 
dans  toutes  à  la  fois  ;  de  là  sans  doute  une  des  causes  du 
malaise  ou  du  bien-être  de  chaque  jour  ;  mais  ces  variations 
ne  sont  pas  telles  qu'on  puisse  les  considérer  comme  une 
maladie.  Il  faut  surtout  ne  pas  croire  que  c'est  dans  les  va- 
riations de  quantité  de  l'eau,  ou  d'autres  principes  habituels 
des  tissus  ou  des  humeurs,  qu'on  va  trouver  exclusivement  la 
oause  de  telle  ou  telle  maladie  ;  car  avec  telle  proportion  d'eau 
CMicide  une  variation  correspondante  dans  les  autres  principes. 

C'est  le  sang,  le  chyle,  la  lymphe,  tout  entiers,  qui  varient 
dans  les  maladies  causées  par  une  alimentation  mauvaise  ou 
la  respiration  d'un  air  miasmatique,  etc.  C'est  l'urine,  la  bile, 
les  sucs  intestinaux  tout  entiers  qui  sont  modifiés  aussi  dans 
ces  cas,  et  dans  ceux  encore  où  le  tissu  qui  les  sécrète  se 
trouve  altéré.  Or  ces  liquides  forment  un  tout  dans  lequel 
aucune  partie  constituante  n'est  indépendante  des  autres; 
toutes  sont  en  corrélation  intime  quant  i  la  quantité  et  à 
l'unicm  chimique. 

De  là  l'insuccès  de  tous  ceux  qui  ont  cherché  à  expliquer 
telle  maladie  par  un  changement  de  la  quantité  de  l'eau  seu- 
lement ou  d'un  autre  principe.  De  là  l'insuccès  de  ceux  qui 
ont  cru  guérir  par  l'introduction  de  l'eau  seulement  ou  d'un 
autre  principe  employé  seul.  Mais  aussi  de  là  vient  la  néces- 
sité d'étudier  successivement  chaque  principe  quant  à  sa 
quantité,  son  mode  de  combinaison,  etc. 

C'est,  en  effet,  l'unique  moyen  d'arriver  à  bien  connaître  le 
tissu  ou  l'humeur  qu'on  veut  étudier  el  à  bien  apprécier  Fin- 


120   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTIGUUER.    1**  CLAftftB. 

flucnce  qu'exerce  sur  le  tout  et  sur  chacun  des  principes  sé- 
parément un  changement  de  quantité  qui  vient  à  porter  prin- 
cipalement sur  l'un  d'entre  eux.  Ce  fait  doit  certainement  se 
présenter  assez  souvent ,  mais  ne  doit  pas  être  pris  en  consi* 
déralion  à  Texclusion  des  autres.  C'est  encore  l'unique  moyen 
d'arriver  à  analyser  nettement  les  réactions  qui  surviennent 
par  l'introduction  de  quelque  poison  ou  médicament,  et  d'évi- 
ter ces  raisonnements  vagues  et  diffus ,  par  lesquels  on  croit 
avoir  critiqué  quelque  chose  en  disant  que  les  corps  ne  pré- 
sentent pas  les  mêmes  réactions  dans  l'économie  sous  l'in- 
fluence de  la  vie  que  dans  le  creuset.  L'erreur  vient  de  cela 
seul  précisément,  qu'on  veut  interpréter  le  nombre  considé- 
rable de  réactions  qui  s'opèrent  simultanément  dans  un  li- 
quide ou  un  solide ,  comme  s'il  s'agissait  d'un  corps  simple 
ou  aussi  peu  composé  qu'un  sel.  Si,  au  contraire,  on  lient 
compte  de  chacun  des  principes  séparément,  on  peut  se  ren- 
dre compte  de  ce  qui  se  passe  et  l'interpréter  sainement  ;  ou 
bien  encore  on  est  conduit  à  reconnaître,  comme  pour  le  sang 
par  exemple,  que  le  nombre  des  principes  est  si  considérable, 
que  leur  mode  d'union  est  si  complexe,  qu'il  est  impossible  de 
prévoir  la  réaction  qui  s'opérera,  soit  dans  le  sang,  soit  dans 
tel  ou  tel  organe  où  il  se  rend,  quand  on  y  ajoutera  un  prin- 
cipe étranger ,  ou  même  quand  on  modifiera  la  quantité  de 
l'un  des  siens.  Ainsi,  ce  qu'il  estutile  de  savoir  pour  l'eau  des 
diverses  parties  du  corps,  c'est  qu'elle  varie  normalement 
en  plus  ou  en  moins  dans  de  certaines  limites  ( îV  *  A)  î  ^ 
est  donc  suffisant  de  fixer  aussi  exactement  que  possible  la 
moyenne  la  plus  fréquemment  trouvée. 

768.  —  Le  tableau  précédent  nous  offre  des  exemples  des 
trois  cas  qui  se  présentent  dans  l'économie  par  rapport  à  l'état 
sous  lequel  l'eau  s'y  trouve.  !•  Ceux  dans  lesquels  l'eau  est 
moins  abondante  (|ue  les  principes  fixes,  et  se  trouve  ainsi  i 
l'état  tout  à  fait  solide,  sont  peu  nombreux  ;  ce  sont  seulement 
les  os  et  les  produits  solides.  Dans  les  cartilages,  les  tendons  et 
les  ligaments  jaunes,  l'eau  est  aussi  abondante  que  les  parties 
solides  ;  elle  est  beaucoup  moins  abondante  que  d^T^fi  les  lig»- 


CH.   VIII.   ÉTAT   PHYSIQUE   DE   l'EAU   DANS  l'ÉCONOMIE.      121 

ments ,  fait  qui  se  joint  a  beaucoup  d'autres  arguments  pour 
foire  de  ceux-ci  un  tissu  différent  du  tissu  tendineux. 

2^  Ce  n*est  qu'au-dessous  de  ces  tissus  que  commence  le 
deuxième  groupe ,  celui  où  l'eau  est  plus  abondante  que  les 
parties  solides  ;  mais  pourtant  ce  principe  s'y  trouve  à  cet  état 
particulier  de  solidification  entièrement  spécial  aux  êtres 
organisés  et  dont  il  sera  question  plus  loin.  Il  faut  seulement 
remarquer  que  ces  substances  solides  peuvent  solidifier  une 
quantité  d'eau  bien  supérieure  à  leur  propre  poids.  Beaucoup 
d'entre  elles  ont  plus  d'eau  que  certaines  humeurs,  et  pour- 
tant ont  une  consistance  beaucoup  supérieure  à  elles. 

8*  Enfin  le  groupe  des  parties  du  corps  dans  lesquelles  l'eau 
est  à  rétat  liquide,  tenant  réellement  en  dissolution  les  sub- 
stances solides ,  comprend  un  nombre  peu  considérable  de 
parties,  qui  sont  des  humeurs. 

A*  L'eau  se  présente  également  à  l'état  gazeux  ou  de  vapeur 
dans  les  ramifications  des  bronches  ;  mais  ce  cas  est  tellement 
limité,  qu'il  suffit  de  le  signaler,  car  il  ne  présente  pas  autant 
d'importance  que  les  autres. 

769. — Voilà  pour  l'état  physique  de  l'eau  dans  l'économie  ; 
mais  il  est  probable  que  son  état  de  combinaison  diffère  égale- 
ment un  peu.  Nulle  part  l'eau  ne  se  trouve  dans  un  état  aussi 
purement  chimique,  aussi  voisin  de  l'état  inorganique,  que 
dans  les  humeurs,  l'urine  surtout.  Là  elle  tient  simplement 
en  dissolution  des  sels,  et  par  eux  des  matières  albumineuses  et 
quelques  substances  grasses,  ou  quelques  savons.  Rien,  par 
conséquent,  dans  l'organisme  n'est  plus  analogue  à  ce  que 
nous  obtenons  dans  le  laboratoire.  Dans  Turine,  par  exemple, 
la  solution  n'est  différente  que  par  la  nature  des  principes 
cristallisables,  et  n'est  que  fort  peu  modifiée  par  les  substan- 
ces organiques  qui  s'y  trouvent  en  quantité  presque  nulle. 
Mais,  cependant,  déjà  se  manifestent  des  différences  dans  la 
salive  et  dans  le  sang;  d'autres  principes  (albumine,  etc.) 
dissous  dans  l'eau ,  leur  donnent  un  genre  de  viscosité  par- 
ticulier, variable  suivant  chaque  humeur;  dissous  à  l'aide  des 
sels  que  le  fluide  renferme  déjà,  ils  influent  a  leur  tQV>r  sur  la 


122   \)EB  PRI>UPI':S   IMMÉDIATE   K?l   PAHTICULIBU.    1'*  CLASSK. 

quantité  de  ceux-ci  dont  Tenu  pourrait  s'emparer.  Ces  remar- 
ques s'appliquent  aussi  aux  sérosité:»  morbides  ;  là  encore 
l'eau  est  à  Tétai  le  plus  voisin  qu'il  est  possible  qu'elle  nous 
offre  dans  les  solutions  artiiicielles  ;  mais  en  différant  déji 
toutefois  par  les  matières  albumineifscs  véritablement  dis- 
soutes dans  une  solution  saline. 

L'état  particulier  sous  lequel  l'eau  se  trouve  dans  les  tissas 
demi-solides  (muscles,  tissu  cellulaire,  tendineux,  etc.),  est 
plus  spécial ,  s'éloigne  tout  à  fait  de  ce  qui  est  dans  le  rftgne 
minéral.  On  ne  peut  en  enlever  qu'une  partie  par  simple  éva- 
poration  à  la  température  ordinaire.  Dans  ce  cas  et  lors  mtaie 
(|ue  ces  tissus  sont  desséchés  plus  complètement,  ils  peuvent 
reprendre  sinon  toute  l'eau  qu'ils  avaient  auparavant,  au  moins 
un  poids  bien  sui)érieur  au  leur  propre. 

C'est  là  le  plus  faible  degré  de  combinaison  possible,  et  il 
faut  employer  le  mot  de  combinaison ,  car  il  ne  s'agit  pas  là 
d'un  simple  fait  physique ,  comme  celui  d'imbibîfion  d'une 
étoffe  par  l'eau.  Dans  ce  cas,  en  effet,  l'eau  est  à  la  fois  inter- 
posée aux  lilamonls  de  Tétoffe,  et  elle  les  pénètre;  dans 
celui-là  l'eau  qu'absorbent  le  tissu  jaune  desséché ,  le  tissu 
cellulaire,  etc.,  n'est  pas  interpos('»e  aux  libres,  elle  est  dans 
leur  épaisseur  même,  elle  en  est  partie  constituante,  elle  en 
augmente  le  volume.  L'eau  n'est  interposée  aux  fibres  et  ne 
s'écoule  que  dans  les  cas  morbides  où  il  y  a  œdème,  ou  quand 
on  a  produit  cet  état  sur  le  cadavre  par  injection  prolongée 
d*eaudans  les  vaisseaux.  L'eau  dont  nous  parlons,  qui  une  fois 
enlevée,  est  susceptible  d'être  reprise  en  quantité  plus  ou 
moins  considérable,  fait  partie  essentielle  des  éléments  des 
tissus.  C'est  elle  qui  constitue  la  plus  grande  masse  de  ce 
([u'on  appelle  le  suc  nourricier,  c'est-à-dire  de  ce  liquide 
(|ui  n'existe  qu'à  l'état  virtuel  dans  l'économie ,  et  qui  pé- 
nétra dans  chaque  libre  ou  cellule  à  l'instant  même  ofl  il 
sort  des  vaisseaux ,  en  sorte  qu'il  n'existe  jamais  à  l'état 
libre.  Aussi  ne  Ta-t-on  obtenu  qu'en  écrasant  et  détrcd* 
sant  les  éléments  des  tissus  ;  ce  n'est  pas,  par  conséquent, 
un  liquide  ayant  une  existence  distincte  qu'on  obtient  ainsi, 


CH.  VIII.   DE  L*£AU.    SES  CARACTÈRES  d'oRDRE  ORGAiNI(jUfi.      128 

mais  une  portion  des  éléments  :  de  là  vient  que  nous  neTayons 
paa  signalé  dans  le  tableau  ci-dessus. 

Daas  les  humeurs  l'eau  tient  en  dissolution  les  sels ,  et 
c'est  ensuite  cette  solution  saline  qui  dissout  les  substances 
organiques  ;  de  même  aussi,  ce  n*est  pas  directement  arec 
les  $uii$ance$  organiques  des  tissus  demi-solides  que  l'ean 
se  trouve  combinée.  La  aussi  elle  est  unie  à  des  principes 
d'origine  inorganique  et  organique  cristallisables ,  comme 
la  eréatine  dans  les  muscles,  etc.  C'est  avec  eux  d'abord 
qu'elle  est  unie,  et  ensuite  avec  les  substances  organiques  des 
tissus.  Dans  les  cas  où  l'on  fait  gonfler  par  l'eau  froide  ou 
tiède  des  tisaus  desséchés ,  l'union  du  liquide  avec  eux  ne 
peut  donc  pas  être  considérée  comme  un  fait  simple. 

CmtmMâtB  à'wgàrm  organîqM  ée  l'eav,  ou  de  1«  pmt%  qu'elle  prefld  et  la 

eonsUliitîoii  de  l'économie. 

770. — Nous  avons  vu  que  l'état  de  dissolution  est  l'état  de 
combinaison  le  plus  faible  qui  soit  connu.  Il  y  a  cependant 
des  dissolutions  dans  lesquelles  les  corps  sont  fortement  unis  ; 
mais  il  y  a  aussi  des  combinaisons  dans  lesquelles  ils  le  sont 
faiblement  :  tel  est  le  cas  des  bicarbonates,  composés  bien  dé- 
finis, qui  pourtant  laissent  échapper  une  partie  de  leur  acide 
dans  le  vide,  etc. 

Par  la  dissolution  les  corps  solides  perdent  ce  dernier  état  et 
passent  à  celui  de  liquide.  Mais  réciproquement  par  la  déliques- 
cence l'eau  perd  son  état  gazeux  et  devient  liquide,  ou  même 
solide,  en  se  combinant  aux  sels  qui  la  fixent,  et  dans  l'hydra- 
tation de  la  chaux  vive  l'eau  liquide  passe  réellement  à  l'état 
solide.  Il  y  a  nombre  d'exemples  en  chimie ,  de  bases  et  de 
sels  avides  d'eau,  qui,  comme  la  chaux,  en  absorbent  une 
grande  quantité  avant  de  changer  d'état ,  et  jouent ,  par  rap- 
port à  l'eau,  le  rôle  que  celle-ci  jouera  par  rapport  à  eux  quand 
elle  sera  en  excès  ;  c'est-à-dire  qu'ils  la  font  passer  d'un  état 
à  l'autre ,  de  l'état  liquide  ou  gazeux  à  l'état  solide ,  comme 
elle  les  fera  passer  de  l'état  gazeux  ou  solide  à  l'état  liquide 
si  elle  est  en  majeure  quantité.  Il  n'est  pas  absolument  juste 


12&  DES  piiiN(:iri:s  iumkdiats  e.>'  particulier,  l'*  classe. 

de  dire  que  Teau  est  dissoute  par  le  solide,  puisque  cfûtolti- 
iion  signifie  passage  a  Télat  liquide  ;  mais  il  y  a  analogie  dans 
Faction  réciproque  des  deux  corps,  et  Ton  a  un  effet  inverse 
suivant  les  conditions  où  l'on  se  place  ;  suivant  qu'on  prend 
Tun  ou  l'autre  des  corps  en  excès.  Si  le  corps  solide  prédo- 
mine, l'eau  passe  à  l'état  solide;  et  réciproquement,  si  le  corps 
liquide  l'emporte  en  quantité,  le  corps  solide  sera  liquéfié. 

II  y  a  analogie  d'action  moléculaire  ou  combinaison ,  en 
sens  inverse  quant  à  V effet;  mais  l'effet  est  toujours  en  corré- 
lation immédiate  et  nécessaire  avec  les  conditions  dans  les- 
quelles on  se  place  (quantité  supérieure  de  l'un  ou  de  l'autre). 

L'état  sous  lequel  l'eau  se  trouve  dans  l'économie  n*est  pas 
le  même  partout.  Il  y  a  beaucoup  de  tissus  qui  présentent  des 
exemples  analogues  à  ceux  de  divers  genres  que  nous  offre  la 
chimie.  Il  y  a  des  parties  du  corps  dans  lesquelles  l'eau  en 
excès  se  trouve  à  l'état  liquide  et  tient  positivement  en  disso- 
lution et  suspension  divers  principes  immédiats.  Il  y  a  d'au- 
tres parties  où  l'eau ,  en  moindre  quantité ,  est  fixée  par  un 
solide,  et  doit  ôtre  certainement  à  l'état  solide.  Fixée,  dissoute 
pour  ainsi  dire ,  par  la  substance  du  tissu  osseux ,  l'eau  que 
celui-ci  renferme  ne  peut  pas  être  considérée  comme  se  trou- 
vant là  dans  le  mc>nie  état  que  celle  du  sang,  des  muscles,  du 
foie,  de  la  bile,  de  l'urine ,  etc.  Il  en  sera  de  même  de  celle 
que  renferment  les  cartilages,  les  ligaments  jaunes,  les  dents, 
les  ongles,  les  poils,  les  plumes,  etc. 

Voici  pour  les  cas  extrêmes.  Mais  il  y  en  a  d'autres  qui  sont 
sans  analogues  dans  les  corps  bruts ,  qui  sont  tout  à  fait  pro- 
pres aux  tissus  organisés.  Ce  qui  les  caractérise,  c'est  la  soli- 
dification ou  fixation  à  l'état  demi-solide  d'une  grande  quan- 
tité d'eau,  par  une  moindre  quantité  de  substance  solide.  Ne 
jouissen  t  de  cette  propriété  que  les  $ub$tance$  organiques ^  c'est- 
à-dire  ces  principes  immédiats  de  composition  complexe  en 
rapports  non  définis  :  telles  son  t  l'albumine,  la  musculine,  etc.; 
la  fibrine  également,  quoique  à  un  moindre  degré.  Ces  sub- 
stances, bien  que  en  quantité  très  peu  considérable  quant  an 
poids  et  au  volume,  peuvent  pourtant  fixer  et  rendre  demi- 


eu.  Vlll.   DE  l'eau,   ses  CAnACTÈRES  D*ORDRE  ORGANIQUE.      126 

solide  un  énorme  volume  d*eau,  en  prenant,  elles  aussi,  le 
même  état  demi-solide. 

C'est  li  une  propriété  qui  n'appartient  qu'à  ces  substances, 
de  pouvoir  ainsi  fixer  une  quantité  d*eau  infiniment  supérieure 
à  leur  propre  poids,  à  leur  masse  ;  et  cela  sans  se  dissoudre, 
c'est-à-dire  sans  changer  d*état ,  mais  en  prenant  seulement 
un  autre  degrédu  même  état  solide.  Cette  propriété,  elles  ne  la 
possëdentpas  seulement  dans  l'économie  vivante,  au  milieu  des 
conditions  complexes  de  température ,  de  contact  avec  d'au- 
tres principes,  et  de  formation  lente  et  graduelle,  dans  les- 
quelle-s  on  les  voit  placées ,  dans  lesquelles  nous  devons  les 
considérer  constamment  si  nous  voulons  lirer  quelque  parti  de 
cette  étude.  Elles  la  possèdent  encore  quand  on  les  a  retirées 
du  corps  et  privées  de  l'eau  qu'elles  contenaient,  avec  assez  de 
lenteur  et  à  une  assez  basse  température  pour  n'en  pas  altérer 
la  composition  immédiate  et  élémentaire.  Les  unes  la  conser- 
vent i  un  degré  presque  égal  ou  égal  à  celui  qu'elles  offraient 
pendant  la  vie;  d'autres  exigent  sans  doute  des  conditions 
plus  complexes,  ou  sont  nécessairement  modifiées  par  les  pro- 
cédés d'extraction ,  car  elles  ne  peuvent  jamais  reprendre  la 
quantité  d'eau  qu'elles  avaient  auparavant  :  telle  est  la  fibrine. 

Ainsi,  en  chimie,  étant  donnés  un  liquide  et  un  solide  ayant 
la  propriété  de  se  combiner,  il  se  présentera  deux  cas  :  i^  en 
général,  sil'eau  est  en  quantité  plus  considérable,  il  y  a  disso- 
lution de  celui-ci ,  c'est-à-dire  passage  à  l'état  liquide  ;  2^  si 
ce  composé  est  plus  abondant  que  l'eau ,  cette  dernière  est 
fixée  par  lui,  elle  passe  à  l'état  solide.  Du  premier  cas  nous 
trouvons  des  exemples  analogues  dans  la  plupart  des  humeurs 
de  l'économie,  où  l'eau  tient  en  dissolution  des  sels,  et  à  l'aide 
de  ceux-ci  de  l'albumine,  des  principes  cristallisables  d'origine 
organique,  etc. 

Du  second  cas,  nous  en  trouvons  des  exemples  dans  les  os, 
les  dents,  les  ongles,  cornes,  poils,  etc. 

Mais  il  est  un  cas  sans  analogue  dans  le  règne  inorganique, 
c'est  celui  d'un  corps  qui  a  la  propriété  de  prendre  beaucoup 
plus  d'eau  qu'il  n'est  pesant  et  volumineux,  et  cela  sans 


120   DES  PRINCIPES   IMMl^:niATS   EN    PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

cli.nnger  (l*élat ,  m.nis  m  prenant  seulement  un  autre  degré 
en  plus  ou  en*  moins  de  cet  état.  De  là  les  expressions  de 
corps  demi'iolide  ou  demi-liquide^  suivant  le  plus  ou  le  moins 
de  cet  état.  Cette  propriélé  coïncide,  d*unc  part,  avec  une 
composition  immédiate  et  élémentaire  sans  identique  aussi 
dans  le  règne  minéral  ;  elle  coïncide ,  d'autre  part,  avec  une 
facile  variabilité  de  cette  composition  qui  n'a  pas  d'analogue. 
Réunie  à  ces  faits,  elle  caractérise  les  gubstaneei  organiques^ 
groupe  de  principes  immédiats  dont  l'étude  repose  sur  la 
connaissance  de  la  chimie,  mais  n'appartient  pas  i  celle 
science  et  rentre  dans  le  domaine  de  Fanatomie. 

Il  est  à  remarquer  que  les  seuls  corps  connus  qui  soient 
directement  actifs  dans  l'économie  animale,  au  point  de  vue 
des  propriétés  vitales,  les  seuls  corps,  en  un  mot,  qui  soient 
directement  vivants  pour  leur  propre  compte ,  sont  formés 
essentiellement  de  ces  principes-là.  Les  autres  principes  ne 
sont  avec  eux  que  conmie  condition  d'existence  ou  comme 
produit  de  leur  activité.  Les  tissus  qui  sont  formés  en  ma- 
jeure partie  d'eau  et  de  principes  jouissant  de  cette  pro- 
priété de  fixer  ainsi  autant  de  ce  liquide,  présentent  seuls  le 
double  mouvement  vital  de  composition  et  de  décomposilîofl 
avec  une  grande  intensité  et  rapidité.  Ceux,  au  contraire,  qui 
sont  formés  de  principes  fixant  et  rendant  solide  une  petite 
quantité  d'eau,  ceux-là  jouissent  de  propriétés  vitales,  végéi» 
tatives  (nutrition,  développement),  et  nulles  ou  presque  nulles 
au  point  de  vue  des  propriétés  animales  (os ,  dents ,  etc.). 
Ceux  encore  qui  sont  formés  d'une  grande  quantité  d'eau  te- 
nant à  l'état  tout  à  fait  liquide  une  quantité  peu  considérable 
d'autres  principes,  ceux-là  jouissent  de  propriétés  vitales  vé^ 
gétalives  rapides ,  mais  peu  intenses  quant  au  degré  de  fixa^ 
tion  moléculaire. 

Ce  n'est  pas  seulement  dans  les  formations  normales  qu*on 
trouve  de  ces  principes  très  peu  solubles,  et  ayant  pourtant 
la  propriété  de  solidifier  ou  plut(^t  de  demi-sol idifier  une 
grande  quantité  d'eau.  Les  productions  morlûdes  en  sont 
également  souvent  formées. 


CH.  YUU.   DB  L*EAU.    8ES  CARACTÈRES  D*ORDRE  ORGANIQUE.      127 

Par  conséquent,  Télat  solide  par  fixation,  Tétat  liquide  et 
l'état  ioternaédiaire,  en  général  plutôt  solide  que  liquide,  tels 
sont  les  trois  états  sous  lesquels  se  présente  Teau  dans  l'éco- 
nomie. G*est  dans  les  os,  les  dents,  cornes,  écailles  qu'on 
trouve  l'eau  sous  ce  premier  état.  C'est  dans  le  sang,  la 
lymphe  et  les  autres  humeurs  qu'on  la  trouve  sous  le  second. 
C'est  dans  les  autres  tissus  qu'elle  présente  le  troisième  état, 
tout  à  fait  propre  aux  corps  organisés. 

771.  —  Lj  phénomène  de  fixation  de  l'eau  par  des  prin- 
cipes n'est  pas  dans  l'organisme  aussi  simple  que  nous  l'ob- 
tenons dans  nos  laboratoires.  Ce^n'est  pas,  en  effet,  de  Teau 
pure  qui  $e  trouve  solidifiée  par  l'albumine,  la  gélatine,  etc.; 
c'est  une  solution  saline.  On  peut  voir,  en  effet,  sur  ces  prin- 
cipes retirés  tels  qu'ils  existent  dans  les  tissus  et  les  humeurSp 
qu'en  chauffant  l'eau  qu'ils  renferment,  des  sels  cristîdlisent 
au  milieu  de  la  substance  tout  à  fait  solide.  Ainsi  c'est  une 
solution  aqueuse  de  principes  cristallisables  (chlorures,  car- 
bonates alcalins,  créatine,  etc.)  que  les  substances  organiques 
solidifient,  et  non  du  protoxyde  d'hydrogène  ;  c'est  avec  un  li: 
quide  complexe  déjà  qu'ils  sont  combinés.  C'est  là  un  fait 
important  qui  influe  considérablement  sur  la  quantité  en  plus 
ou  en  moins  de  l'eau  fixée ,  sur  le  degré  de  saturation  que 
présentent  les  substances,  suivant  la  nature  des  principes 
cristallisables  dissous  dans  l'eau  et  leur  proportion^  Les  phé- 
Qomènes  de  nutrition  doivent  certainement  subir  des  modi- 
fications correspondantes ,  et  il  en  est  de  même  aussi  d^ 
propriétés  animales  des  éléments  que  forment  h§  Mibslitnees 
dont  il  s'agit. 

De  là  l'influem^e  d*une  trop  grande  ou  d'uœ  trop  petite 
quantité  d'eau,  soit  absolue^  soit  relativ<e,  sur  les  propriétés 
des  tissus  et  des  humeurs,  puis  sur  les  fonctioos^  On  peut, 
en  eSet^  voir  que  beaucoup  de  tissus  sont  susceptibles  de 
fixer  plus  d'eau  pure  qu'ils  n'en  contiennent  à  l'état  normal, 
et  qu'akurs  ils  se  gonUeut  et  augmentent  de  voLunne.  Us  se 
r^serrent  et  perdent  leur  eau  quand  on  les  met  dans  une 
solution  concentrée  de  quelques  sels.  On  peut  expérimenta-» 


128   DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER,    l^*   CLASSE. 

lement  sur  les  animaux  vivants  étudier,  par  injection  d^eau 
pure,  les  maladies  nécessairement  générales,  aussi  générales 
que  possible,  occasionnées  par  Texcès  d'eau  dans  le  sang, 
et  excès  qui  existe  bientôt  dans  les  tissus. 

Sau  fUÎTaal  lei  eipèeet  anîmalet ,  i uivanl  les  âget  et  faivant 

les  maladies. 

772.  —  Après  avoir  fait  le  relevé  de  ce  qu'on  connaît 
sous  ce  rapport,  nous  avons  vu  que  nos  connaissances  i  cet 
égard  sont  encore  très  bornées.  Aussi  le  tableau  comparatif 
précédent,  tout  incomplet  qu'il  est,  peut  suffire  à  l'état  actuel 
de  nos  connaissances  sur  les  principes,  en  raison  des  motifs 
que  voici  : 

1*  Il  n'existe  pas  dans  les  auteurs  d'examen  comparatif  de 
la  quantité  d'eau  contenue  dans  tous  les  tissus  et  toutes  les 
humeurs  d'un  seul  mammifère  considéré  même  dans  deux 
périodes  seulement  de  sa  vie.  D'où  résulte  qu'on  ne  peut  en- 
core tirer  de  nos  connaissances  à  cet  égard  aucune  donnée, 
pour  établir  quel  rapport  il  y  a  entre  les  dilTcrences  des  fonc- 
tions chez  l'adulte,  le  jeune,  le  vieillard,  et  l'organisation  de 
l'individu  pris  à  ces  différents  âges.  On  ne  peut  non  plus  en 
tirer  rien  d'utile ,  rien  qui  puisse  permettre  de  dire ,  même 
approximativement,  si  telle  ou  telle  maladie  est  due  à  une 
quantité  d'eau  plus  grande  ou  plus  petite  relativement  qu'à 
l'état  normal. 

2*  Cet  examen  n'a  pas  même  été  fait  pour  tous  les  tissus 
et  humeurs  de  deux  mammifères  pris  comparativement  i  un 
âge  donné,  comme  l'âge  adulte,  par  exemple.  Il  en  résulte 
qu'on  ne  peut  pas  dire  quelle  part  prend  la  différence  de 
quantité  d'eau  de  leurs  parties  constituantes,  dans  la  dissi- 
militude de  celles-ci,  de  leurs  propriétés  vitales  et  de  leurs 
propriétés  de  tissus. 

Voilà  donc  deux  ordres  de  travaux  à  faire,  non  seulement 
pour  l'eau,  mais  aussi  pour  les  autres  principes  immédiab 
auxquels  ces  remarques  s'appliquent  aussi.  Tant  qu'ils  ne 


CH.   YIII.  VARIATIONS   DE   l'eAU   SUIVANT   LES   AGES.      120 

seront  pas  faits,  les  relevés  dont  nous  avons  parlé  sont  inutiles 
autrement  que  comme  documents.  Ils  ne  peuvent  encore  ser- 
vir qu'à  peu  de  chose,  puisqu'ils  ne  s'accordent  pas  entre 
eux,  et  qu'on  ne  peut  comparer,  par  exemple,  que  rarement  la 
quantité  d'eau  du  sang,  de  la  bile,  etc.,  à  celle  de  l'urine,  etc., 
dans  les  mêmes  conditions.  Aussi  sont-ce  des  tableaux  qu'on 
ne  lit  que  lorsqu'on  y  est  forcé,  et  avec  d'autant  plus  de  raison 
qu'on  n*en  retire  presque  aucun  résultat. 

8*  Nous  avons  vu  plus  haut  que  les  muscles  du  veau  con- 
tiennent plus  d'eau  que  les  muscles  du  bœuf.  Il  est  certain 
qu'il  en  est  de  même  de  beaucoup  d'autres  tissus.  Cependant 
on  sait  qu'a  égalité  de  poids,  le  tissu  osseux  proprement  dit 
(c'est-ârdire  privé  de  moelle)  de  l'enfant  contient  autant  d'eau 
que  celui  de  l'adulte.  Il  parait  -aussi  que  le  sang  contient 
pins  d'eau  que  de  solides  chez  les  enfants  et  les  vieillards. 
Mais  les  raisons  données  ci-dessus  réduisent  à  l'état  de  sim- 
ples documents  ces  données-là;  du  moins  quant  aux  chiffres 
obtenus.  En  effet ,  la  plus  grande  mollesse  et  les  autres  diffé- 
rences dans  les  caractères  physiques  des  tissus  à  ces  périodes 
de  la  vie  coïncident  certainement  avec  des  différences  de 
quantité  d'eau,  etc.;  mais  les  chiffres  sont  inutiles  sous  ce 
rapport.  La  précision  absolue  à  cet  égard  ne  mène  à  rien  ; 
l'étude  anatomique  purement  mécanique,  telle  qu'elle  a  été 
ordinairement  faite,  suffit  à  cet  égard. 

A*  Pour  ce  qui  concerne  les  états  morbides,  on  ne  connaît 
que  fort  peu  de  chose  également  surtout  par  rapport  à  l'eau. 
On  a  bien  analysé  le  tissu  osseux  pris  dans  diverses  conditions 
des  affections  racbitiques,  de  nécrose  et  de  carie,  mais  on  ne 
Ta  pas  examiné  sous  le  point  de  vue  spécial  de  la  quantité 
d'eau.  Ce  sont  les  seuls  tissus  étudiés  à  cet  égard, 

Le  sang  et  l'urine  ont  été  beaucoup  plus  examinés. 

Observons  d'abord  que  nous  ne  connaissons  encore  dans 
les  maladies  que  le  sang  du  bras  et  nullement  celui  des  veines 
porte,  rénale,  hépatique,  etc.,  qui  ont  un  sang  différent  de 
celui  des  autres  veines.  Ce  serait,  par  conséquent,  un  grand 
pas  de  fait  que  de  connaître  le  sang  de  ces  veines-là  chez  des 

M.  9 


130      DES  PRINCIPES  imiÉDlATS  EN  PARTICULIBR.  1'*  QLASSE. 

animaux  malades,  ce  qui  permettrait  déjuger  approximative- 
ment par  analogie  de  l'altération  du  sang  des  ipômes  veines 
chez  rhomme. 

La  quantité  d'eau  du  sang  prise  dans  les  divers  états  mor- 
bides eût  été  très  utile  à  connaître  cofnparativement  à  l'eau 
du  sang  et  des  autres  tissus  sains  d'une  part,  et  à  celle  des 
tissus  altérés  d'autre  part.  Mais,  quoique  dans  les  recherches 
stœchiologiques  faites  sous  ce  rapport,  ce  qu^l  y  a  déplus  ppë- 
ois,  déplus  positif,  soit  la  proportion  d'eau,  elle  devient  inu- 
tile à  connaître  ainsi  prise  isolément.  La  môme  remarque 
s'applique  i  tous  les  principes  immédiats  du  sang,  quels  qu'ils 
soient.  Ta^it  qu'ils  ne  seront  pas  connus  soua  les  riipports  de 
leur  quantité  approximative  et  de  leur  état  de  eombinaison 
dans  tous  les  principaux  liquides  et  solides  du  cerps,  leur  con- 
naissance isolée  ou  même  comparée  à  ce  qu'on  sait  des  autres 
principes  dans  le  même  liquide  ne  mène  à  rien. 

C'est  ici  que  s'appliquent  surtout  les  observations  sur  la  né- 
eessité  de  considérer  le  sang,  etc.,  comme  formant  un  tout, 
dont  chaque  partie  est  intimement  en  relation  avec  toutes  les 
autres ,  et  consécutivement  sur  la  nécessité  de  lui  comparer 
les  principaux  liquides  et  solides  pris  dans  les  mêmes  condi- 
tions do  santé  et  de  maladie*  Jusqu'alors  les  résultats  obtenus 
par  l'examen  extérieur  du  sang  pris  en  masse  conduiront  plus 
loin  dans  la  pratique  médicale,  et  seront  plus  directement  utiles 
que  l'examen  de  chacun  de  ses  principes  pris  à  part.  Ce  que 
nous  savons  sur  la  rétractilité  du  caillot,  sur  sa  densité,  sur 
son  élasticité,  comparé,  d'autre  part,  à  la  quantité  du  liquide 
dans  lequel  il  nage,  aura  jusqu'alors  plus  d'importance  que 
ces  recherches. 

Mais  il  faut  bien  se  garder  d'autre  part  de  regarder  comme 
inutiles  les  observations  faites  jusqu'à  présent  sur  les  parties 
du  corps  les  plus  faciles  à  étudier,  comme  le  sang  et  Turine, 
môme  pris  isolément.  D'abord  elles  donnent  plus  de  préci- 
sion, plus  do  netteté  à  rexamcii  du  sang  ou  di*  Turine  pris  en 
niasse;  elles  font  reconnaître,  par  exemple,  qu'un  petit  caillot 
baigné  dans  un  sérum  abondant  proportionneUemunt  n'iQ- 


CH.   VIII.    EAU.    SES  VARIATIONS   MORBIDES.  ISl 

dique  pas  nécessairement  une  prédominance  de  Feau  el  une 
dûniDution  de  fibrine,  et  réciproquement.  La  connaissance  des 
caractères  d*ordre  chimique  apprend  à  apprécier  ceux  d*ordre 
physique.  En  second  lieu,  ces  observations  n'eussent-elles 
d*autre  avantage  que  de  montrer  la  nécessité  d'étudier  les 
caractères  d'ordre  physique,  ceux-ci  de  préférence  aux  pre- 
miers, en  raison  de  leur  plus  grande  facilité  à  être  observés 
dans  la  i»mtique  journalière,  cela  serait  suffisant  pour  exiger 
qu'on  les  fit,  si  du  reste  elles  n'avaient  déjà  été  faites  en  par- 
tie, alors  qu'on  croyait  en  obtenir  uii  autre  résultat.  En 
troisième  Heu,  ces  recherches  montrent  la  nécessité  de  faire 
maîiitenant  sur  les  parenchymes  annexés  aux  vaisseaux  d'a- 
bord, puis  sur  [tous  les  autres  tissus,  ce  qu'on  a  fait  pour  le 
sang;  ce  qui  donnera  alors  une  importance  réelle  et  à  peu  près 
égale  à  l'élude  de  tous  ses  principes  sans  exception  ;  ce  qui 
permettra  de  mieux  apprécier  la  signification  de  chacun  des 
caractères  physiques  du  caillot  et  du  sérum,  et  cnfm  conduira  à 
mettre*ces  caractères  en  rapport,  d'une  manière  plus  précise, 
avec  telle  ou  telle  altération  des  appareils  et  des  fonctions. 
De  là  certainement  résultera  plus  de  certitude  encore  que 
celle  qui  résulte  de  nos  connaissances  séméiologiques  ac- 
tuelles sur  le  caillot,  appuyées  même  sur  les  travaux  récents 
qui,  à  cause  de  leur  spécialité  trop  grande,  n'ont  pas  encore 
toute  la  valeur  qu'ils  devraient  avoir. 

Par  conséquent,  jusqu'à  ce  qu'on  puisse  comparer  les  mo- 
difications morbides  de  chaque  principe  du  sang  (comme 
déjà  on  peut  commencer  à  le  faire  de  ces  parties-là  prises 
à  l'état  normal)  aux  principes  de  la  noajorité  des  tissus  et  des 
huioeurs  pris  dans  les  mêmes  conditions,  la  connaissance  de 
ces  modifications  n'aura  d'intérêt  que  dans  les  tableaux  com- 
pivrtttifs  delà  composition  de  tout  le  sang;  dans  les  tableaux 
comparatifs  de  la  composition  du  sang  artériel  comparé  au 
sang  veineux  des  membres  en  général,  puis  à  celui  de  la 
veine  porte,  des  veines  rénales,  des  veines  sus-hépatiques,  des 
veines  thyroïdiennes,  des  veines  ombilicales,  etc. 


182     DES   PRINCIPES   IMMÉhlATS    KN    l'ARTIClUER.  l"  CLAWK. 

Maladiei  dam  lesquelUi  l'eau  du  sJtig  augmente,  le  gang  ie 
l'homme  en  ayant  780  pour  1000,  celui  de  la  femtne  7M. 

Affections  du  coeur poar  1000 


Lecana< 


Cbriftifoo. 


i"cai. 
2*  cai. 

3*  cas. 


FEMHK. 


\ 


2*  cas. 
3*  cas. 
4*  cas. 


5*  cas 

Albaminurie. 

V'n» 

2*  cas 


3*  cas 

4*  cas 

5*  cas 

6*  cas 

7*  cas 

8*  cas 

9*  cas. 

iO*  ras 

ii*  cas. 

12'  cas 

13'  ras 

Albuminurie. 


r'cas. 


Simon {    2*  cas 

3*  cas 

4*  cas 

Sang  laiteui  (I.«caDu) 

^         (Zanarelli) 

—         (Trait) 

Sang  diabétique  (Douchardal) 

—  (Henry  fils  el  Soubeiran). 

—  (Lecanu) 

—  (Simon) 


—  (Rech) 

Ifolat  d*albamiiie  dans  le  sang,  pas  dans  les  urines. 

l"cas 

2'  ras 

Andrtl  el  Gtrarret. . .  {    3'  eau.  —  1"  saignée 

2*  saignée 

3*  saignée 


Im. 

PrisrlpM 

831 

179 

880 

120 

807 

193 

873 

127 

868 

132 

866 

134 

877 

123 

815 

155 

863 

137 

844 

156 

808 

192 

831 

169 

836 

164 

825 

175 

859 

141 

885 

115 

862 

138 

855 

145 

862 

138 

887 

113 

841 

159 

830 

170 

826 

174 

823 

177 

839 

161 

794 

206 

905 

198 

789 

SU 

808 

192 

816 

184 

848 

152 

794 

206 

789 

SU 

802 

198 

908 

299 

801 

199 

867 

133 

849 

151 

836 

164 

815 

155 

CH.  Tlll.   EAU.   SES  VARIATIOKE  HOHBIDES  DANS  LE  SAMG-      195 


.     te  (A.  etc.] SOI  19» 

•  (A.  etc.) 830  no 

—  (Becquerel  et  RodiCT) 828  1 73 

—  ckei  onhoiiunelA. etc.] 810  180 

nèm  iotenDittenle  (A.  et  G.) 811  189 

—  ^holde  (A.  el  a.) 799  SOI 

—  —      (B.  «  R.) 797  303 

canicu1ainaign(A.  eiG.) 805  19S 

(B.etR] 700  StO 

nibalgu  chronique  (A.  et  G.]- •  T02  308 

le  (A.  «  G.) 797  303 

—         (B.  etR.). 801  199 

BroncUle  «igtil  {K.  et  G.) 792  308 

—  [kommei]  (B.etR.) 793  307 

—  [femoM]  (B.etR.) 803  197 

PI«ir<fii(A.  cl  G-,  B.etR.) 798  303 

PtritoniU  linue  (A.  MO.) StO  190 

Amygdalite  (A.  et  G.) 797  303 

Eriiipète  (A.  «  G) 800  198 

Tubtrcul»  puliDOOilrM  (A,  et  G.) 809  191 

^                 [homDiei]  (B.  ei  R  ) 794  206 

—                 [femmef]  (B.  elE.) 706  304 

PUegnuiet  diTSTMi  (A.  et  G.) 786  SU 

—  (B.  et  R.)  [bommet] 791  309 

—  (B.  el  R.)  [femme*] 801  199 

/  Femme  atteinte  de  Diélnia...  886  lU 

1    Fièvrei  cootiDoes  timplei SOI  199 

kiul»l  M  n>Mrr*t      î        ~     "'^  phlegmtile 793  307 

""™  «*'*"""'■"  1   Viriole 797  203 

f   RoDgeole 789  211 

V  CoDBMtioa  eritëbrale 7SS  313 

Màlaàiti  avec  periûlance  de  la  quantité  normale  d'eau 
ou  à  peu  prié. 

(  Variololde 785  315 

Aadralet  Gararre!...!         —      783  SIS 

{  Himorrhagie  cérébrale 7S0  S» 

Flèm<pbémire{6.  etR.) 781  917 

PMtbon  [Ctmroei](B.eiR.) 784  210 

—  [hommei][B.  elR.) 7S0  330 

Maladies  avee  diminution  de  l'eau  du  sang. 

ÎScarUtine 761  389 

—      776  334 

Prodrome*  dei  flt«re*conil]i«(.  773  338 

BrpbUit  cenitilnlioiiiMlle  (B.  M  B.) 777  113 

'    /  Sang  du  cliolérjquei 600  340 

,„„„                        )                —               7*0  251 

*■*""" )                   -                 480  520 

—               690  310 

^        (ShaoghMHj).  SRI  t*6 


ISA     DES   PRliNCIPES   IMMÉDIATS  KN  PARTICCLIKR.  1"*  CLAS8B. 

778. — A  l'élat  normal  Teau  varie  peu  de  quantité  dans  le 
sang.  Les  boissons  copieuses  sont  en  effet  promptement  éva* 
cuées  parle  rein  principalement,  et  accessoirement  par  la  peau 
et  le  poumon,  en  sorte  qu'on  ne  peut  saisir  le  sAtig  pendant  le 
moment  où  il  présente  cette  augmentation,  dans  la  veine  cave, 
véritable  veine  porte  rénale  où  cette  modiflcation  doit  être 
le  plus  marquée.  Â  l'état  morbide,  elle  varie  dans  une  infinité 
de  cas,  soit  en  plus,  soit  en  moins  ;  mais  toujours  d'une  ma- 
nière relative  ;  comme,  par  exemple,  après  les  saignées  répé- 
tées et  les  pertes  de  sang,  où  l'on  voit  l'eaui  seul  élément  qui 
puisse  être  restitué  immédiatement,  preUdfe  la  place  des  par- 
ties solides  qui  s'échappent.  Ce  n'est  guère  que  dans  le  cho- 
léra où  l'on  voit  la  quantité  absolue  et  relative  de  Teau  du 
sang  diminuer  considérablement  par  suite  des  déjections  al- 
vines  abondantes  qui  apparaissent  dès  le  début  de  la  maladie. 
77 A.  —  La  quantité  d'eau  qui  existe  dans  les  urinés  à  Tétat 
normal  présente  des  variations  fréquentes  et  considérables. 
On  peut  s'en  rendre  compte  facilement  depuis  que  Ton  sait 
comment  la  partie  liquide  des  lx)issons  Abondantes  peut  être 
rejctée  dircclemcnt  par  le  rein  en  passant  par  la  veine  porte, 
les  sus-hépatiques  et  la  veine  cave  ou  veine  porte  rénale. 
Les  quantités  d'eau  rendues  dans  l'espace  de  vingt-quatre 
heures  peuvent  être  représentées  par  les  moyennes  suivantes, 
ou  plutôt  par  des  oscillations  autour  de  ces  moyennes  (1)  : 
12278««-,779  chez  les  hommes;  soit  968,815  pour  1000. 
13378«'"-,â89  chez  les  femmes;  soit  975,052  pour  1000. 
1282s»<»-,63A  moyenne  générale  ;  soit  971,936  pour  1000. 
Dans  l'état  de  santé  parfaite,  les  variations  des  quantités 
d'eau  sont  assez  grandes  pour  aller  de  800  à  1500  grammes 
en  vingt-quatre  heures,  tout  en  tenant  la  même  somme  de 
matières  solides  en  dissolution,  soit  690  à  1A16  pour  1000. 
Pour  admettre  une  altération  morbide  de  la  quantité  d'eau, 
il  faut  donc  que  ses  variations  soient,  d'une  part,  au-dessous 
de  800  grammes,  et,  de  l'autre,  au-dessus  de  1500  grammes. 

0  Al.  BscodEHEL,  SémééoUque  des  urines.  ParU,  1841,  ln-8%  p.  19. 


titv  Vlll.    EAU.   SES  YARlATlOIfS  DANS  l'uRINE.  185 

Auësi  lil  quantité  d*eau  reste-t-elle  dans  les  limites  nortnales 
dans  un  très  grand  nombre  de  cas  où  T  urine  perd  ses  carac- 
tères ordinaires  par  varialion  de  la  quantité  d*un  autre  ]prin- 
cipe  immédiat.  L'urine  étant  uti  simple  produit  excréitienti- 
tiel,  et  non  un  liquide  constituant  mis  en  rapport  avec  toutes 
les  autres  parties  de  Técoilbniie,  (comme  lé  sang,  il  n*existe 
pas  une  relation  aussi  intime  entre  ses  diverses  parties  qu'en- 
tre celles  du  liquide  sanguin. 

Une  cause  physiologique  peut  augmenter  la  quantité 
d*eau  de  Furine,  c*est  Tingestion  d^une  grande  quantité  de 
liquide  :  ainsi ,  sur  un  individu  rendant  en  moyenne 
lOÛO  grammes  d*eau  par  les  urines,  en  vingt-quatre  heures, 
2  litres  d'eau  de  plus  qu'à  l'ordinaire  l'ont  portée  à 
2712  grammes.  Un  autre  individu  rendant  en  moyenne 
929  grammes  d'eau  par  la  même  manière,  dans  le  même 
espace  de  temps,  l'eau  est  montée  à  1752  grammes,  après 
avoir  bu  un  litre  d'eau  de  plus  qu'à  l'ordinaire  en  vingt-quatre 
heures  (1)  ;  soit  environ  990  pour  1000  au  lieu  de  971. 

Trois  causes  morbides  peuvent  élever  la  quantité  de  l'urine 
au-dessus  de  ses  limites  normales  (2)  : 

i*  tH>lydi|)li«. : . . .  ; ;...  991  18 

s*  Qblorose ; 981  19 

-  9W  46 

-:•  .;...i..:;.;.ii.:..  986  14 

— 990  lÔ 

i^  Diabète,  tiius  encore  que  dàdis  les  fcés  tioritiéui  d-dessds. 
4<*  Aeeét  d'hystérie  ;  eau  portée  de  1106  grammes  eo  vingt-quatre 
heures  à  2663  graihmes. 

L'èau  des  urines  peut  diminuer  : 

i*'  Dans  toutes  les  circonstances  qui  déterminent  un  mou- 
vetnent  fébrile,  et  spécialement  les  phlegmasies  aiguës  et 
chroniques t  L'eau  oscille  dans  ees  cas  autour  de  9C1  pour 
iOOO. 

2o  Les  maladies  du  cœur  et  du  foie,  la  cirrhose,  l'emphy- 
sème  pulmonaire^  Les  moyennes  sont,  pour  1000,  de  95A 
a  068. 

(1)  Becquerel,  loc.  cit.,  1841,  p.  20. 

(2)  BccQUcaBL,  loc.  cit. 


136      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  KN  PARTICULIER.  1**  CLASSE. 

3°  Les  maladies,  quelles  qu^elles  soient,  déterminant  des 
troubles  généraux  très  marqués. 
&"*  Les  sueurs  abondantes. 
50  L'approche  de  la  mort  (1). 

9e  l*origîoe  de  t'eao  do  eoqp«. 

775.  — Après  avoir  fait  Thistoire  de  l'eau  telle  qu'on  la 
trouve  dans  le  corps,  au  point  de  vue  de  sa  quantité  d'abord, 
puis  de  son  état  physique  solide,  demi-solide  liquide  ou 
gazeux  ;  après  ensuite  l'avoir  envisagée  sous  le  rapport  de 
son  état  chimique  ou  de  combinaison  :  1*  dans  le  corps  pris 
en  masse  ;  2*  dans  chacune  de  ses  parties ,  il  faut  présente- 
ment voir  d'où  elle  vient,  voir  où  elle  va.  Il  faut  en  chercher 
l'origine,  en  chercher  la  fm  ou  issue,  du  dedans  au  dehors. 

C*est  ici  le  lieu  de  faire  une  remarque  qui  s'applique  non 
seulement  à  l'eau,  le  plus  général,  le  plus  répandu  de  tous  les 
principes  immédiats,  mais  encore  a  la  plupart  des  autres  que 
nous  aurons  à  étudier  plus  tard. 

Les  chimistes  considèrent  encore,  avec  la  plupart  des 
savants,  l'étude  des  principes  immédiats,  poursuivis  dans 
toutes  les  parties  du  corps  où  ils  sont  placés,  comme  fai- 
sait partie  du  domaine  de  la  chimie,  et  non  de  l'anatomie  ; 
et  cela  parce  que  leur  étude  se  fait  à  l'aide  de  procédés 
physico-chimiques  appliqués  à  l'étude  des  corps  organisés. 
Il  en  résulte  que  ce  qui  les  occupe,  ce  ne  sont  pas,  à  pro- 
prement parler,  les  principes  immédiats  tels  qu'ils  sont 
dans  l'économie,  c'est-à-dire  des  corps  composés,  habi- 
tuellement très  complexes,  comme  sont  ceux  qui  nous  occu- 
pent ici;  ils  ont  en  vue,  surtout  et  souvent,  à  peu  près  exclu- 
sivement les  éléments  chimiques,  ou  principes  midiais^  qui 
iront  aucun  intér(>t  pour  le  physiologiste,  car  on  n'étudie 
l'anatomie  que  pour  apprendre  la  physiologie.  Pour  eux,  le 
principe  immédiat,  l'eau  ou  le  sel  marin,  par  exemple, 
n'est  qu'un  moyen  d'arriver  à  doser  la  quantité  d'oxygène, 

(I)  Bfcql'krel,  hc.  cit.,  1841,  p.  23. 


CH.  TllI.   BAI).   SON  ORIGINE  DANS  L*ÉC0N0H1E.  187 

hydrogène,  chlore,  etc.,  absolument  comme  si  c'était  sous 
forme  de  corps  simples  que  nous  les  obtenions.  Comme  si  les 
phénomènes  qu'ils  manifestent  étaient  semblables  à  ceux  qui 
se  passent  directement  entre  Toxygène  et  Tbydrogène,  le 
chlore  et  le  sodium;  comme  si  ces  phénomènes  n'étaient  pas 
de  l'ordre  de  ceux  que  produit  l'eau  sur  le  sel  marin,  etc.,  et 
réciproquement.  Le  fait  fondamental,  qui  consiste  i  observer 
les  choses  comme  [elles  sont,  comme  elles  se  passent  entre 
principes  immédiats,  est  accessoire  pour  eux  ;  comme  si  les 
actions  élémentaires,  ou  entre  principes  médiats  ou  chimi- 
ques, s'ils  tiennent  à  les  connaître,  ne  se  déduisaient  pas  na- 
turellement de  la  connaissance  de  celles  qui  ont  lieu  entre 
les  principes  immédiats.  C'est  en  efiet  une  déduction  facile 
dès  qu'on  a  étudié,  au  point  de  vue  purement  chimique, 
comme  on  doit  le  supposer  fait,  tous  les  principes  complexes 
qui  se  réunissent  pour  former  les  formes  variées  de  sub- 
stance organisée,  encore  plus  complexes,  des  corps  vivants. 

Ces  erreurs  ont,  du  reste,  l'avantage  de  montrer  les  écueils 
i  éviter.  Peut-être  même  faut-il  reconnaître  qu'il  était  néces- 
saire qu'elles  fussent  commises,  et  que  la  stérilité  des  travaux 
de  ce  genre  eût  été  constatée,  pour  qu'on  arrivât  à  comprendre 
nettement  la  marche  qu'il  faut  suivre  maintenant. 

Conséquemment,  les  questions  i  développer  dans  cet  arti- 
cle sont  les  suivantes  : 

1^  Il  faut  rechercher  par  quelles  voies  pénètre  l'eau  dans 
l'économie,  sous  quelle  forme  et  en  quelle  quantité.  C'est  en 
effet  un  des  principes  qui  pénètrent  tout  formés  dans  le 
corps,  et  dont  nous  n'avons  pas  à  étudier  le  lieu  ni  le  mode 
de  formation.  Les  questions  physiologiques  qui  s'y  rat- 
tachent, et  qu'on  doit  éviter  de  traiter  en  anatomie,  sont  les 
causes  des  modifications  de  quantité  d'eau  introduite,  c'est- 
Ardire  les  circonstances  extérieures  (température ,  etc.)  qui 
amènent  Tétat  intérieur  particulier  ou  sensation  qui  entraîne 
i  faire  varier  la  quantité  habituelle  d'eau  ingérée. 

2*  Connaissant  déjà  la  quantité  et  l'état  de  l'eau  dans  l'éco- 
nomie, il  faut  donc  ensuite  rechercher  quelle  est  la  quantité 


138       DKS  PRIKCIPES  IMMÉDIATS  EN  PAHTHXLIBR.  1'*  CLASSE. 

de  ce  principe  qui  s'échappe  du  corps,  et  par  quelles  voies»  i 
(fuel  état 9  sous  quelle  forme.  L*eau  est  en  effet  un  des  prin- 
cipes qui  sortent  de  l'économie  tels  qu'ils  y  sont  entrés»  et  ne 
disparaissent  pas  dans  le  corps  en  se  combinant  i  d'autresi  ou 
s*y  dédoublant.  Il  n'y  a,  par  conséquent,  pas  a  cb^^her  peur 
Teau,  comme  pour  beaucoup  de  principes,  l'oxygène i  par 
exemple»  etc.,  l'endroit  où  elle  perd  Tétat  spécifique  qu'dle 
avait  d'abord ,  pour  faire  partie  d'un  autre  principe»  et  de 
([uelle  manière  le  fait  se  passe. 

776.  —  L'eau  qui  s'ajoute  à  celle  de  l'ovule»  pendant  le 
développement  de  l'embryon,  vient  du  corps  de  la  mikv,  par 
imbibition,  au  travers  de  la  membrane  vilelline  d'aberd,  la^ 
quelle  puise  dans  le  mucus  des  trompes*  Ensuite  elle  vient 
par  les  villosités  choriales  devenues  vasculaires  après  le  déve- 
loppement de  l'allantolde»  lesquelles  l'empruntent  au  sang 
maternel;  ce  qui  dure  jusqu'après  la  naissadcei 

Après  la  naissance,  l'eau  ne  pénètre  habituellement  dans  le 
corps,  chdz  les  principaux  vertébrés,  du  moins,  que  par  Tin* 
testin^  i  l'aide  des  aliments  solides  et  liquidesc  Acddentëlle- 
ment»  elle  pénètre  par  la  peau  :  c'est  dans  le  bain  4  Nous  n'avons 
pas  a  nous  occuper  ici  de  ce  fait,  qui  n'est  habituel  que  cbei 
certains  vertébrés  ovipares  et  plusieurs  invertébrés. 

La  quantité  d'eau  introduite  normalement  dans  le  eor}is, 
en  vingt-cjuatre  heures,  varie  considérablement  suivatit  les  iii- 
dividusi  suivant  les  âges,  les  circonstances  extérieures,  etc. 

Pour  Linnings(l),  les  boissons  étaient  aux  aliments  solides: 
;  :  1 :  8,66  ; 

Sanctorius  (2),  :  :  1 :  3,33; 

Robinson  (8)^  :  :  1 :  2,60; 

Hye(4},  ::  1-1,33; 

(1)  Ldwirg,  Phîtoioph.tramcM,,  1742-1743. 

(2)  Sahctuiius,  D9  ffMdicifia  Uatistica  apAoriimt,  1614-1634.  —  GlNRis 
omnia,  Paris,  1770,  ia-12. 

(d)  B.  RoBiKsoif,  Veconomia  animale^  clc.  Trad.  d'ail  ingleM,  da  tt.  M- 

rotti,  con  anDOlazioni,  &  tâv.  gr.  lu-4(>,  p.  30  et  f uiv. ,  Bieua,  ITS?  ;  ott  HaiA 

*L£i,  Blemenla  physiologim^  1777, 10-4",  t.  Vi,  p.  S67;  elBuBUAca, 

physiologie^  Paris,  1841,  t.  IX,  p.  257. 

(4)  Rtk,  Bogers'  Etsay  on  cpidemic  cUseoses.  Dublin,  1743, 


CH.  VUI.    iilAU.  SON  ORIGINE  DANS  L'ÉCONOMIE.  189 

Cornaro,  :  :  1 : 1,16. 

Mais  ainsi  que  le  remarque  Burdach ,  on  ne  peut  rien  éta- 
blir de  général  à  cet  égard  ;  il  faut  tantôt  plus^  tantôt  moins 
de  boisson,  suivant  que  les  aliments  contiennent  plus  ou 
moins  d'eau. 

Sous  ce  rapport  ^  les  données  fournies  par  Mi  Barrai  sont 
préférables  »  car  il  a  tenu  compte  de  Teau  ingérée  tant  datis 
les  aliments  liquides  de  tout  genre  que  dans  tes  aliments  so- 
lides (1).  Voici  le  tableau  dans  lequel  il  tésume  séfi  analyses  c 

Eaa  hatiiivllé  ^ès  fetiWeiitt. 

Homme  de  29  am,  pendant  rhiYer  (décembre).  4908  grtittmef . 

Même  individu  en  été  (Juillet) 1842        — 

Enfhttt  mâle  de  6  ana  (fénier). .  ..»..••....  lOdd       — 

Homme  de  59  ani  (mars) ••••..•..  2002        — 

Femme  dé  à2  ans  (niai) 1737        — 

Ces  chifires  sont  la  moyenne  de  Teau  ingérée  sous  les  deux 
formes  indiquées  tout  àTheure  pendant  cinq  jours. 

M.  Barrai  faisant  en  outre  l'analyse  élémentaire  des  ali- 
ments et  celle  des  substances  rejetées  au  dehors ,  tant  acide 
carbonique  que  fèces  et  urine ,  trouve  dans  les  aliments  pn 
excédant  de  250  à  178  grammes  ou  environ  d'oxygène  sur 
celui  des  excrétions.  Il  admet  sans  discussion,  comme  fait  dé- 
montré ,  que  cet  oxygène  se  brûle  avec  de  l'hydrogène  des 
aliments  pour  faire  de  l'eau  qu'il  appelle  eau  prédisposée  des 
alifhents.  En  outre ,  une  autre  portion  de  l'hydrogène  des 
aliments  se  brûlerait  aux  dépens  de  l'oxygène  de  la  respira- 
tion ,  et  fontierait  ce  qu'il  appelle  Veau  de  combustion  pulmo- 
naire, tl  en  résulte  ainsi  qu'il  admet  l'entrée ,  dans  le  corps, 
de  beaucoup  plus  d'eau  que  ne  le  montre  l'expérience. 

Mais  à  cet  égard ,  il  nous  suffira  de  rappeler  que  déjà  nous 
avons  discute  longuement  le  fait  de  la  prétendue  combustion 
ou  combinaison  directe  de  l'oxygène  au  carbone  des  aliments. 
Nous  avons  montré  qtie  c*est  une  hypothèse ,  qu'on  se  paie 
de  mois  a  cet  égard  ;  on  peut  en  dire  autant  pour  la  combi- 
naison de  l'oxygène  et  de  l'hydrogène  devant  former  de  l'eau. 
il  est  possible  et  même  probable,  mais  seulement  probable, 

(I)  MàWUL,  ht.  elC,  1880,  p.  248  à  278. 


140      DKS  l'RliNClPE»  IMMKDlATh  K>  PAllTICLLlKR.  1"  CLASSE. 

qu'il  sorte  du  corps  de  Teau  fornuv  par  dédoublement,  par 
double  dccomposilion.  Mais  quant  à  dire  qu'elle  est  formée 
par  combustion  directe  dans  Téconomie  de  ces  deux  éléments, 
nous  savons  suffisamment  ce  qu*il  faut  penser  de  ces  prévi- 
sions théoriques  de  la  chimie ,  toujours  démontrées  fausses 
par  l'expérience,  toutes  les  fois  qu'au  lieu  de  prendre  le  résul- 
tat en  masse,  on  a  voulu  en  vérifier  expérimentalement  les 
conséquences.  Toutes  les  fois  qu'importées  du  règne  inorga- 
nique ,  les  théories  chimiques  ont  voulu  rendre  compte  d'un 
phénomène,  sans  s'être  préalablement  adaptées,  moulées  pour 
ainsi  dire  exactement  sur  les  nouvelles  et  si  complexes  con- 
ditions statiques  que  présente  la  substance  organisée,  elles 
ont  échoué.  Elles  n'ont  servi  qu'à  montrer  qu'il  fallait  expéri- 
menter directement  sur  renscmble  des  faits  qui  résultent  de 
cette  complication  des  conditions,  et  établir  une  théoriequi  leur 
fût  propre,  qui  leur  fût  adaptée  ;  théorie  non  plus  chimique 
dès  lors,  quoique  reposant  et  s'appuyant  incessamment  sur  la 
chimie ,  mais  bien  organique.  C'est  précisément  pour  faire 
ressortir  ces  faits,  après  avoir  été  forcé  de  les  reconnaître  par 
l'expérience  anatomique  et  physiologique,  que  nous  avons 
entrepris  d'en  aborder  séparément  chaque  fait  de  détail,  afin 
de  pouvoir  ensuite  faire  un  tout  de  ce  qu'ils  ont  de  vrai  en  sup- 
primant ce  qu'ils  offrent  de  faux  et  de  vraiment  inorganique. 

Toutes  les  fois  que  la  chimie  importée  en  anatomie  et  en 
physiologie  a  voulu  dépasser  les  limites  d'un  simple  procédé, 
d'un  moyen  délicatet  précieux  d'analyse  et  d'expérimentation 
sur  les  corps  organisés ,  morts  ou  vivants ,  elle  a  fait  fausse 
route. 

Les  phénomènes  que  présentent  les  corps  caractérisés  par 
cvl  élat  complexe  de  dissolution  les  uns  à  l'aide  des  autres 
de  principes  déjà  très  complexes  chimiquement ,  fait  élémmir 
taire  et  le  plus  simple  de  l'organisation,  ne  sont  pas  aussi  di- 
rectement, aussi  brutalement  chimiques  qu'on  le  veut  dire. 
Mettez  hydrogène  au  lieu  de  carbone  dans  la  discussion  de  l'Ajf- 
yathise  de  la  combustion  au  Chapitre  I*%  et  il  sera  possible d*en 
appliquer  ici  les  arguments  sans  être  obligé  de  les  reproduire. 


CH.  VIII.    EAL'.   SON  ORIGINE  DANft  L* ÉCONOMIE.  Ifti 

D'après  quelques  chimistes,  il  sortirait  plus  d'eau  de  Téco- 
nomie  qu'il  n'en  pénètre.  G*est  du  moins  ce  qui  résulte  de 
la  comparaison  des  analyses  de  chaque  aliment  introduits 
pendant  cinq  jours,  faite  par  M.  Barrai,  avec  les  chiffres  obte- 
nus par  les  auteurs  qui  ont  expérimenté  sur  la  quantité  d'eau 
qui  s'échappedu  corps  en  vingt-quatre  heures  dans  divers  pays  ; 
car  malheureusement  H.  Barrai  n'a  pas  fait  d'expériences 
sous  ce  rapport.  S'il  y  avait  égalité  de  poids  entre  l'eau  qui 
pénètre  et  l'eau  qui  sort,  on  dirait  que  la  première  entre  d'un 
côté  et  s'échappe  de  l'autre  ;  ou  bien  qu'elle  chasse  une  quan-* 
tité  d'eau  égale  à  elle-même,  et  c'est  l'eau,  ainsi  déplacée, 
qui  s'échappe.  S'il  en  sortait  moins  qu'il  n'en  entre,  on  aurait 
i  rechercher  le  lieu  où  l'eau  des  boissons  se  fixe,  sous  quelle 
forme,  et  avec  quel  autre  principe  elle  se  combine,  ou  bien 
oil  elle  se  décompose;  puis  quelles  sont  les  substances  qui, 
en  s'échappant  (telles  qu'épithéliums,  poils,  etc.),  enlèvent  au 
poids  du  corps  la  valeur  du  poids  de  l'eau  qui  se  fixe. 

M.  Barrai  conclut  de  la  prédominance  de  l'oxygène  des 
aliments  sur  celui  de  l'urine  et  des  fèces,  ainsi  que  sur  celui 
de  l'acide  carbonique  expiré,  que  cet  oxygène  brûle  de 
l'hydrogène  directement.  Il  arrive  de  la  sorte  à  dire  qu'il  se 
forme  ainsi  200  à  ààO  grammes  d'eau.  Voyant,  d'autre  part, 
que  les  divers  excréments  ne  contiennent  pas  autant  d'eau 
qu'il  en  est  entré,  il  ajoute,  à  ce  surplus  de  l'eau  des  aliments, 
les  200  i  AAO  grammes  ci-dessus,  et  il  conclut  de  là  au  poids 
de  l'eau  d'évaporation  cutanée  et  pulmonaire.  Mais  c'est 
un  cercle  vicieux  qui  ne  prouve  rien.  Il  aurait  fallu  chercher 
par  expérience  la  quantité  réelle  d'eau  qui  s'échappe  de  la 
sorte.  C'est  alors  seulement  qu'il  eût  pu  dire  si  tout  cet  oxy*- 
gène  forme  réellement  de  l'eau,  ou  bien  s'il  concourt  à  for- 
mer quelque  autre  principe. 

Il  est  bien  certain  qu'il  y  a  une  corrélation  constante  et 
nécessaire  entre  la  quantité  en  poids  des  substances  qui  en- 
trent dans  le  corps  et  le  poids  des  principes  qui  sortent.  Mais 
ce  n'est  qu'après  avoir  constaté  combien  il  en  entre  de  chaque 
espèce ,  puis  combien  il  en  sort  de  chacune ,  qu'on  pourra 


1A2    DES  PRINCIPES  IMMÉDIAT»  EN    PARTICDLIEII.  1'*  QLA88E. 

conclure  de  celles  qui  entrent  à  celles  qui  sortent  ;  iwis  on 
ne  saurait  le  faire ,  tant  qu'on  ne  connaîtra  pas  mieux  les 
phénomènes  moléculaires  complexes  qui  se  passent  dans  les 
corps  organisés.  S* il  est  vrai  que  Teau  qui  sort  l'emporte  sur 
celle  qui  entre,  il  s*en  forme  dans  les  tissus  et  humeupi.  La 
quantité  est  peut-être  celle  indiquée  par  M.  Barrai  ;  il  se  peut 
qu  il  soit  tombé  juste,  mais  on  ne  le  saura  réellement  qu*apnès 
avoir  fixé  expérimentalement  la  quantité  d*eau ,  de  graisse, 
de  poils,  d'épitliéliums  (|ui  tombent  de  la  peau,  avec  la  même 
exactitude  qu*on  connaît  Veau  sortie  par  les  urines  et  les 
fèces. 

Quant  au  mode  de  formation  de  celte  eau,  ce  que  renferme 
le  paragraphe  précédent  suffit  pour  montrer  que  le  phéno- 
mène n'est  pas  aussi  directement  chimique  que  le  veulent  les 
chimistes.  Le  surplus  de  Teau  qui  sort,  s*il  y  a  surplus,  s'est 
peut-être  formé  par  dédoublement ,  décomhinaison  de  nutri- 
tion ,  ou  désassimilatrice,  de  quelque  substance  organique  ; 
pendant  que  ce  dernier  principe  se  reforme  d'autre  part  par 
combinaison  de  nutrition,  ou  assiinilatrice,  d'autres  espèces, 
et  pourtant  différant  de  Teau  selon  toute  probabilité.  Telle 
e$t  la  complication  du  phénomène  que  fait  soupçonner  la 
complexité  de  l'organisation.  Telle  est  la  complication  du 
double  acte  ou  mouvement  continu  de  composition  et  de  dé- 
composition qui  caractérise  la  vie,  et  qui  a  des  résultats  si  dif^ 
férents  de  ceux  que  présentent  les  pliénomènea  chimiques 
dans  les  corps  bruts.  Et  pourtant  au  foinl  ici  le  phénomène 
éléme^taire  envisagé  dans  ehaque  principe  pris  isolément  ne 
cesse  p4s  d'être  clûmique  ;  mais  il  est  moins  brutal  que  ne  k 
prétendaient  les  physiciens. 

Zsrae  de  l'eau  bon  de  l'écouoniie. 

777.  r—  Elle  s'échappe  par  les  urines,  les  excrmients,  la 
peau  et  la  muqueuse  pulmonaire.  La  moitié  environ  de  Feau 
introduite  dans  le  corps  s'échap|>e  sous  forme  d'urine^  à  Téiat 
liquide.  Nous  avons  vu  qu'en  moyenne  cette  quantité  s'élève 
à  1000  grammes  environ  ;  variant  de  000  à  1200,  suivant 


CH.  yiii,  14U.  SON  lasi»  hors  db  L*iofl«o]fn      lAS 

k»  individus  elle  peut,  sans  maladies,  varier  de  800  a 
1^00  grammes. 

n  fésulle  des  recherohesi  de  M.  Barrai  (1)  que  Teau  qui  s^é- 
^ppe  par  les  matières  fécales  varie  de  50  a  iOO  et  quelques 
grufimefl  par  jour  environ.  Réqnissai^t  ces  quantités  i  celles 
fu'i)  a  obtenues  en  opérant  par  les  urines,  daaa  les  mêmes 
eraditioQS  que  o)rdessus ,  on  forme  le  tableau  suivant,  que 
ftons  domima,  parœ  que  o*est  le  seul  auteur  qui  ait  comparé 
la  quaAtité  d'eau  rendue  par  ces  deux  voies  sur  les  mêmes  in- 
dîvîdhia,  à  la  quantité  d*eau  des  aliments. 

DifiTéranc* 
cntrereau 
des 
Total  de    alimeatt 
Eaa  det  De<  ce»  deux      et  celle 

alimeiitt.  De  Parine.  eicrtfmentt.  rabatmcef.    refet^* 

HtfBm«i«99iii»(d^)t^     4S9S      io^i      106      in?       S2t 

—             (]<nY.)-  18^2  97S  54  1032  810 

Eof)iiitde6aDi(réYrier)..  1067  504  62  566  SOS 

Kpe  4e  59  «m  (omn).  ^02  1723  142  186$.  iSi7 

me  de  S2  ant  (mai) . .  1737  1112  25  1137  600 

Voici  unequaqtité  d'eau  introduite  par  les  aliments,  clique 
JQqr,  qui  n'est  rejelée  ni  par  les  urines  ni  par  le  reclvtm; 
c'est  par  la  peau  et  le  poumon  que  çaqs  doute  elle  s'échappe. 

La  quantité  d'eaq  qui  sort  par  ces  organes,  à  l'état 
I^^Uil,  serait,  4'ap^^^  H*  Parral,  de  200  à  400  grammes 
llIVK  çoi^dérabl^  encore,  c'est-à-dire,  s'élèverait  suivant  les 
iqjets  «t  les  conditions  extérieures,  de  522  à  1287  gram^nes 
^r  jour,  C'eat  qi^' eq  effet  la  quantité  d'eau  formée  par  la 
n^t^adue  co.n4>HStion  de  l'hydrogène  des  aliments  pai*  leur 
mt)pr9  oxygène  et  celv^  de  la  r^spiratipu  s'élèverait  à  la  quan- 
tité d9  200  ^.  AOO  grammes  p^r  jour.  Mais  comme  il  n'a  pas 
recherché  expérimentalement  quelle  était  réellement  la 
GViantit^  d'eau  <}ui  s'échappe  ainsi,  on  doit  recourir  aux  au- 
itufi^.  quii  se  sQi\t  direçtemept  occupés  de  cette  question. 

Lefi  çlûffires  qn*ils  donnent  varient  du  reste  considérable- 
Vffi9\*  C|çç)  ne  doit  pas  étonner  si  l'on  tient  compte  des  varia- 
\\m%  considérables  que  doivent  amener  dai>sces  phénon>ènes 
la  fi^heresse  ou  l'hiimidité  de  V^ir,  la  température,  la  pros- 

(1)  Babkal,  U>c,  cit.,  1850,  p.  248  etsuir. 


1  hh     DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN  PARTICULIER.  1*^  CLASSE. 

sion  atmosphérique,  Tépaisseur  du  derme  el  de  répidenne» 
suivant  les  âges  et  les  individus,  la  nature  et  la  quantité  des 
aliments,  Tétat  de  la  circulation,  etc.  C*est  à  la  physiologie 
d'indiquer  toutes  ces  variations,  en  tenant  compte  de  toutes 
ces  données  anatomiques  et  autres.  On  comprend  aussi  la 
difficulté  d'arriver,  sous  ce  rapport,  a  des  résultats  donnés 
en  chiffres,  ayant  quelque  exactitude.  Fréquemment  on  s'est 
contenté  d'un  certain  nombre  d'heures  d'expériences  et  de 
calculer  ensuite  pour  toute  la  journée;  il  est,  en  effet,  difficile 
de  faire  plus.  D'après  les  tableaux  qui  suivent,  on  verra  que 
la  quantité  d'eau  qui  s'échappe  ainsi  devrait  être  quelquefois 
plus  considérable  que  la  quantité  totale  des  aliments  intro- 
duits ;  le  plus  souvent  elle  serait,  du  moins,  bien  plus  grande 
que  la  quanti  té.  d'eau  ingérée  communément  dans  les  ali- 
ments, tant  solides  que  liquides. 

Quels  que  soient,  du  reste,  les  chiffres  obtenus  parles  diffé- 
rents auteurs,  ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  qu'il  existe  une  cor- 
rélation constante  et  nécessaire  entre  la  quantité  d*eau  qui 
entre  dans  le  corps  et  celle  qui  sort.  S'il  en  entrait  plus  qu'il 
n'en  sort,  le  corps  se  distendrait  indéfiniment;  s'il  en  sortait 
plus  qu'il  n'en  pénètre,  il  se  dessécherait. 

Seulement  il  est  bien  certain  que  pendant  toute  la  durée  de 
l'accroissement  du  corps,  il  en  entre  un  peu  plus  qu'il  n'en  sort; 
et  réciproquement,  chez  le  vieillard,  il  en  sort  peu  a  peu  plus 
qu'il  n'en  pénètre,  puisque  dans  un  cas  le  corps  s'acerott,  et 
que  dans  l'autre  il  diminue  de  poids;  diminution  qui  porte 
certainement  aussi  bien  sur  la  quantité  d'eau  des  tissus  qui 
disparaissent  ou  diminuent  que  sur  leurs  principes  spéciaux, 
tels  que  les  substances  grasses  ou  azotées. 

Voici  les  nombres  donnés  par  les  divers  auteurs  qui  ont 
expérimenté  sur  ce  point.  Ils  sont  amenés  par  tous  ces  auteurs 
au  chiffre  supposé  obtenu  par  une  expérience  ayant  duré 
vingt-quatre  heures.  Ils  comprennent  à  la  fois  l'évaporatioii 
pulmonaire  et  l'évaporation  cutanée,  qui  sont  en  relation 
telle,  que  si  l'une  augmente,  l'autre  diminue,  et  vice  f>erié. 


CH.  Vni.   EAU.    SON  ISSUE   HORS   DE   L*ÉCONOMIE.         ià& 

Sinetoriut  (1) 2500  grammei. 

Bye  (2) 1850  ^ 

Gorler  (3).  Hollande.  ••.. 1532  — 

HartmanD  (4) 1442  — 

Bodart  (5).  France 1032  — 

Keil(e) 970  — 

Linoing  (7).  Caroline  méridionale 1632  — 

llartiDi  (8).  Suède 1442  -^ 

Stark  (9) 1279  — 

Dalum ,  en  mars.  Angleterre 1055  — 

DalloQ  (10) ,  en  juin.  Angleterre 1 364  — 

LiToisieret  Séguin  (11).  Transpiration  cutanée. .  918  — 

—            —           Transpiration  pulmonaire.  172  — 
Tbénard  (12).  Quantité  de  sueur  en  24  heures: 

Minimum 840  — 

Maximum 2442  — 

On  YOÎt,  d'après  ce  qui  précède,  que  la  quantité  d*eau  du 
corps  qui  s*échappe  par  la  transpiration  cutanée  et  la  transpi- 
ration pulmonaire  remporte  en  général  sur  la  quantité  d'eau 
qui  s'échappe  par  les  urines,  même  réunie  à  celle  des  matières 
fécales.  Les  chiffres  de  ces  tableaux,  à  part  ceux  de  Sanctorius, 
ne  s'éloignent  pas  tellement  qu*on  puisse  supposer  de  graves 
erreurs.  Ils  s'accordent  assez  avec  ce  qu'on  peut  attendre  de  va- 
riations individuelles  ou  de  l'influence  des  climats  divers,  des 
saisons,  etc.  On  sait  aussi  que  chez  les  vieillards  la  quantité 
d*eau  qui  s'échappe  par  la  transpiration  est  moindre;  elle  est 
proportionnellement  plus  grande  chez  les  enfants. 

n  résulterait  des  calculs  de  M.  Barrai  (13)  que,  dans  la 

(1)  SAifCToanja,  loc.  cit.,  1770. 

(2)  En,  loc.  eu,,  1734. 

(3)  Goam  dani  Sarctorius,  loc.  cU.,  1770. 

(4)  HAinAim  dans  Haller,  loc.  cU»,  t.  V,  p.  60  et  suiv.,  1770. 
(9)  DoDAiT,  Mém.  de  VAcad,  des  sciences  de  PariSf  in-4*,  1699. 

(6)  Hall»,  loc.  cit.,  1778. 

(7)  LuaxaQt  PhUosoph.  transact.,  1743,  p.  508. 

(8)  Maitucs,  Abhandlungen  der  Kœniglichen  schwedischen  Académie, 
I.  XL,  p.  197,  gr.  în-8',  1798. 

(9)  Dam  Boidach,  Traité  de  physiologie.  Paris,  1837,  t.  Vn,  p.  355. 
(iO)  Daltox,  Edinburgh  new  philosophical  Journal,  1832  et  1833. 

(i  1)  Latoisiu  et  Séglin,  Mém.  sur  la  transpiration  (Mém.  de  l'Académie  des 
jdèiic«f,1790*,  Ann.  de  chimie,  t.  XC,  p.  22-28). 

(12)  TnfaCÂKD,  Recherches  sur  la  sueur  {Ann.  de  chimie,  1806,  t.  LIX, 
p.  262). 

(13)  Babbal^  loc.  cti.,  1850,  p.  287. 

U.  VO 


1A6  DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIEl.   1"*  CLASSE. 

deuxième  de  ses  expériences  faite  en  été ,  les  transpirations 
pulmonaires  et  cutanées  auraient  donné  moins  d*eau  qu*en 
hiver.  Il  l'explique  en  disant  que  l'air  qui  pénètre  dans  le 
poumon  contient  moins  de  vapeur  d*eau  en  hiver  qu*en  été. 
Comme  elle  sort  a  la  même  température»  elle  doit  en  empor- 
ter davantage. 

Il  faut  remarquer  que  les  calculs  des  auteurs  précédants 
ne  sont  qu'approximatifs,  pour  ce  qui  concerne  Teat]  (rare, 
car  ils  ne  tiennent  pas  compte  des  gaz  échappés  par  la  peau; 
ils  ne  tiennent  pas  compte  de  la  matière  odorante  volatile, 
sécrétée  parles  glandes  de  l'aisselle.  L'eatt  qui  s'échappe  du 
poumon  s'échappe  d'après  les  lois  de  Pévaporation,  modifiées 
toutefois  par  la  présence  des  substances  organiques  du  mu- 
cus, mais  elle  n'est  pas  versée,  sécrétée  d'une  manirjie  spé- 
ciale. L'eau  de  la  transpiration  ou  perspiration  cutanée 
s'échappe  d'après  le  même  mécanisme.  Il  faut  tenir  compte 
de  celle  versée  par  les  glandes  dites  sudoripares,  qui  ne  sont 
pas  partout  répandues  en  quantité  aussi  grande  qu'A  la  main, 
et  ne  sécrètent  pas  la  sueur  ou  transpiration  proprement  dite, 
mais  un  liquide  spécial  qui  se  rnèle  naturellement  avec  l'eau 
de  perspiration;  mais  est  moins  abondant  qu'elle,  sauf  à  la 
plante  des  pieds  et  à  la  paume  des  mains. 

778.  —  Relativement  à  l'origine  et  àl'issue  de  l'eau  du  corps, 
chez  les  animaux,  il  y  a  eu  beaucoup  moins  de  recherches 
faites  que  chez  l'homme  ;  ce  qui  tient  à  ce  que  leur  intérêt 
était  beaucoup  moins  direct  que  les  précédentes.  Si  l'on  se 
reporte  a  l'état  de  nos  connaissances  anatomiques  et  phy- 
siologiques à  l'époque  des  recherches  de  Sanctorius,  etc.,  on 
comprend  facilement  quel  intérêt  de  curiosité  devait  offrir  la 
possibilité  d'arriver  à  reconnaître  s'il  se  fait  réellement  de  la 
niatiorc  dans  l'économie  vivante  ;  ce  qui  pouvait  être  une 
conséquence  de  la  croyance  à  la  faculté  qu'auraient  eue  les 
corps  organisés  de  faire  des  éléments  chimiques  des  corps 
simples.  Une  fois  reconnu  qu'en  tenant  compte  de  l'eau  d'éva- 
poration  pulmonaire ,  de  l'eau  d'évaporation  cutanée  et  de 
celle  qu'elle  sécrète  en  même  temps  que  de  l'urine  et  des 


CH.  tlll.   OKIGIIIE  ET  1S8UE  DE  L*EAU  CHEZ  LES  ANIMAUX.      147 

fèoes,  on  trouve  un  rapport  constant  et  exact  entre  la  quan- 
tité des  substances  qui  pénètrent  et  le  poids  des  substances 
qui  sortent,  sauf  dans  le  jeune  âge  et  a  Tappi-ocbe  de  la  vieil- 
lesse, on  conçoit  que  les  idées  de  ce  genre  devaient  se  trou- 
ver fortement  ébranlées. 

Lorsqu'on  fut  arrivé  dans  Tétude  des  composés  extraits  de 
réconomie  vivante  à  une  période  de  savoir  analogue  a  celle  des 
oonnaîssanoes  qu*on  avait  alors  sur  les  corps  d'origine  miné- 
rale, les  chimistes  tentèrent,  par  des  efforts  analogues  a  ceux 
des  staticîens  de  l'autre  siècle,  de  prouver  que  les  substances 
oi^faniques  se  font  toutes  dans  les  végétaux  ;  qu'elles  se  font 
par  des  réactions  directement  chimiques,  au  même  titre  que 
celles  du  laboratoire,  mais  que  rien  ne  se  fait  dans  les  ani- 
maux. Ceux-ci  ne  faisant  que  transformer  et  détruire,  il  en 
découlait  naturellement  cette  idée  qu'il  n'y  avait  plus  qu  a 
introduire  en  masse  ces  substances ,  ou  bien  à  introduire 
des  sek  ayant  la  propriété  de  faciliter  la  transformation  de 
substances  réfractaires  et  habituellement  rejetées ,  pour  ob- 
tenir des  résultats  inconnus  jusqu'alors.  Il  n'y  avait  plus  que 
oela  à  faire  d'après  l'hypothèse,  pour  prévoir  d*avance  des  ré- 
sultats certains  dépassant  de  beaucoup  tout  ce  qu'avaient  pu 
obtenir  les  praticiens  les  plus  expérimentés ,  dont  la  sagacité 
ne  sera  reconnue  et  appréciée  à  sa  véritable  valeur,  que  lors- 
qu'on aura  cessé  d'être  imbu  a  cet  égard  des  préjugés  chi- 
miques, c'est-à-dire  inorganiques,  appliqués  directement  aux 
substances  organiques. 

D*après  M.  Boussingault  (1),  la  quantité  d'eau  introduite 
par  un  cheval  en  vingt-quatre  heures  (octobre  1838) ,  est  de 
17877  grammes;  celle  rejetée  par  les  urines  et  les  fèces  est 
de  11758  grammes;  d'après  Valentin  et  Brunner  (2)  (18  no- 
irembre  18&0),  31385  grammes;  celle  rejetée  par  les  urines 
et  les  fèces,  180iA  grammes. 

(1)  fioufsiHtiAULT,  AfKilyses  comparées  des  aliments  consounnés  el  des  pro- 
êuitirmâus  par  un  cheval {4nn,  dephys.  el  de  cMm.,  1838,  t  LXI,  p.  128). 

(2)  YALEHTm  et  Bburner  dans  R.  Wagner  ,  Handwœrterbwih  de?*  PhysMo- 
gk  de$  jtfpmcA^n.  Bninfwick,  1842-1845,  p.  381. 


1A8  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN    PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

M.  Barrai  déduit  par  des  calculs  semblables  à  ceux  que 
nous  avons  indiqués  pour  Thomme,  et  qu'il  est  inutile  de  re- 
produire ,  puisque  nous  avons  vu  qu'ils  ne  peuvent  pas  sup* 
pléer  à  l'expérience  directe  ;  il  en  déduit ,  disons-nous ,  que 
l'eau  sortie  par  la  peau  et  le  poumon  s'élève  dans  le  pre- 
mier cas  à  7921  grammes,  et  dans  le  deuxième  cas,  à 
1(5127  grammes. 

Nous  ne  reproduisons  ces  chiffres  et  les  tableaux  qui  sui- 
vent, que  comme  documents,  car  les  remarques  faites  rela- 
tivement à  l'homme  sont  en  tous  points  applicables  ici. 

M.  Boussingault  a  expérimenté  aussi  sur  une  vache  laitière, 
et  a  obtenu  les  résultats  qui  suivent  (1)  (mai  1830)  : 

Eau  des  ahments  et  boissons  en  vingt-quatre  heures, 
7196A  grammes  ;  eau  des  urines  et  fèces ,  39037  grammes. 

M.  Barrai  a  déduit  pour  l'eau  qui  sort  par  le  poumon  et  par 
la  peau  la  quantité  suivante  :  85280  grammes.  Chez  le  mouton 
M.  Barrai  a  obtenu  les  résultats  suivants  (2)  :  dans  la  pre- 
mière et  la  troisième  expérience  l'animal  était  au  régime  du 
sel  ;  dans  la  deuxième ,  il  était  au  régime  ordinaire.  Toutes 
ont  été  faites  en  juillet  et  août  18A9.  Ces  chiffres  sont  les 
moyennes  pour  vingt-quatre  heures  de  quatre  jours  d'expé- 
riences pour  les  deux  dernières ,  et  cinq  pour  la  première. 

I.  Eau  des  aliroenls  et  boisions,  1219  gr.  Eau  des  orinea  et  fècea»   931  gr. 

II.  —  1375  —  889 
m.                         —                       2061                         —                   1371 

L*eaa  sortie  par  la  peau  et  les  poumons  serait  :  1 424 

U 716 

m 868 

&Me  d«  l'eau  dans  l'économie. 

779.  —  oans  les  généralités  de  ce  livre,  c'est-ù-dire  Texposé  des  faits 
généraux  s^appliquant  à  toutes  les  qucsiions  de  détail  traitées  dans  les 
chapitres  qui  leur  font  suite,  se  trouvent  développées  des  questions  qui 
s'appliquent  à  tout  un  des  chapitres  spéciaux,  tels  que  celui  de  Teau,  par 

(1)  Boussingault  et  Lebel,  Analyse  comparée  des  aliments  ctmsommét  et 
produits  par  une  vache  laitière  [Ann.  de  phys.  et  de  chim,,  t.  LXXI,  p.  118, 
1839. 

(2)  Bahhai, /or.  rir.  1850.  p.  MO, 


cil.    VIII.    EAU.    SON    ROLE    DYNAMIQtE.  1A9 

exemple.  Il  est  d*autres  questions  qui  sont,  au  contraire,  la  concentration 
dans  an  petit  espace  des  faits  particuliers  développés  dans  les  chapitres 
qnl  traitent  de  chacun  des  principes  séparément. 

Pour  les  usages  généraux  de  Teau  de  Téconomie  se  présente  un  exem- 
ple du  premier  genre.  Sauf  ce  qui  concerne  ses  usages  mécaniques, 
comme  Télasticité  qu'elle  donne  aux  tissus,  etc.,  tout  ce  qui  se  rapporte 
à  ses  usages  chimiques,  les  plus  importants  de  tous,  se  trouve  développé 
dans  rarticle  qui  traite  des  dissolutions  et  dans  celui  relatif  à  l'état  sous 
kqud  on  trouve  les  principes  immédiats  dans  l'économie. 

C^est  Peau  qui  donne  aux  substances  organiques  qui  composent  les  élé- 
ments anatomiques,  et  par  suite  les  tissus,  leurs  propriétés  mécaniques. 

Aux  substances  liquides  elle  donne  la  fluidité  qui  permet  leur  facile 
édiange  entre  elles  et  avec  les  milieux  ambiants,  la  fluidité  qui  permet 
leur  transmission  d'une  partie  du  corps  à  l'autre  ou  du  dehors  au  dedans. 
«  C'est  ft  sa  faveur  que  beaucoup  de  substances  diverses  s'introduisent 
dans  le  oor|»  où  les  gaz  spécialement  ne  pénètrent  que  par  les  parties 
humectées  (i).  »  La  diminution  de  leur  eau  leur  enlève  peu  à  peu  ces 
propriétés,  et  peut  ainsi  amener  la  cessation  des  actes  continus  de  com- 
position et  de  décomposition,  par  suite  de  la  cessation  des  phénomènes  de 
translation  et  d'échange  qui  sont  les  conditions  physiques  des  actes  molé- 
culaires ci-dessus. 

Aux  parties  demi-solides,  ou  parties  molles,  elle  donne  leur  élasticité, 
leur  consistance  spéciale,  qu'on  ne  retrouve  presque  nulle  part  dans  le 
règne  minéraL  Enlevez  Teao,  et  cette  élasticité,  cette  consistance  spéciale, 
cette  extensibilité  disparaissent.  Rendez-leur  cette  eau,  et  ces  propriétés 
reparaîtront  (2),  sinon  complètement,  d'une  manière  aussi  parfaite  qu'au- 
paravant, parce  que  l'évaporation  du  liquide  a  modifié  les  substances  aux- 
quelles Peau  était  unie,  du  moins  en  grande  partie.. 

Aux  parties  dures  elle  donne  diverses  propriétés  :  au  cartilage ,  sa 
flexibilité  ;  à  l'os,  sa  ténacité.  Otez  l'eau  à  ces  substances  si  tenaces,  quoi- 
que peu  élastiques ,  et  elles  deviennent  friables.  Mais  comme  la  combi- 
naison était  ici  plus  intime,  il  faut  des  actions  extérieures,  physiques  et 
chimignes  bien  plus  fortes  que  pour  les  parties  demi-solides  ;  aussi  l'alté- 
ration de  l'état  sous  lequel  étaient  les  principes  solides  est-elle  bien  plus 
grande  que  pour  les  tissus  énoncés  plus  haut,  et  une  fols  enlevée  au  tissu 
osseux  ou  dentaire,  etc.,  Teau  ne  peut  leur  être  rendue;  ils  ne  se  com- 
binent plus  avec  elle. 

L*eau,  suivant  qu'elle  augmente  ou  diminue  de  quantité,  augmente  ou 
diminue  le  volume  des  parties  du  corps  où  elle  se  trouve.  Elle  est  de  plus 

(1)  BoEDACH,  loc.  cU.,  1837,  t.  VIII,  p.  77. 

(2)  CnviiDL,  De  Vinftuence  que  Veau  exerce  sur  plusieurs  substances  axo' 
lées  solides  {Ànn,  dephys.  et  de  chim.,  1822,  t.  XIX,  p.  2). 


160  DES    FRIMCIHËS   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.    1'*  CLASSE. 

iino  des  conditions  d'existence  des  propriétés  mécaniques  des  {Millci, 
comme  la  mollesse,  la  flexibilité,  TextensibUité  et  rélasticilé  de  toate 
sul).stance  organisée  dont  elle  fait  partie  ;  aussi  les  tendons  et  les  ctrtUagei 
auxquels  la  dessiccation  a  fait  perdre  ces  qualités,  les  recouvrent-ils  dans 
Teau,  tandis  que  Tulcool,  i)ar  exemple,  ne  les  leur  rendent  pas.  Le  rôle 
physiologique  ainsi  rempli  par  Teau  est  sous  la  dépendance  de  la  quantité 
que  renferme  chaque  partie,  et  cette  quantité  dépend  clie-mènc,  et  de  la 
propriété  des  autres  principes  d'absorber  plus  ou  moins  d'eu,  et  de  la 
pression  atmosphérique,  ainsi  que  de  la  température  ambiante.  Autant 
do  conditions  extérieures  qui  viennent  (aire  varier  la  quantité  d*eaa,  et 
p«ir  suite  les  propriétés  qu'elle  concourt  à  donner  à  chaque  ordre  de  par- 
ties de  la  substance  organisée. 

780.  —  A  toutes  les  parties  tant  liquides  «  demi-solides,  que  parties 
dures,  l'eau  donne  la  possibilité  de  manifester  leurs  propriétés  chimiques 
qui  resteraient  nulles,  comme  on  le  vèit  pour  lesdép^yts  morbides  cristal- 
lins, aï  K'urs  principes  n'étaient  ramcnéti  à  Tétat  dont  nous  parlons.  C'est 
à  elles  qu'est  due  la  possibilité  de  cet  échange  continu  des  principes»  qu'est 
due  la  possibilité  de  ces  actes  continus  de  combinaison  et  décombinaisoo, 
quia  corpora  non  agunt  nisi  soluta.  C'est  elle  qui  fait  qu'une  fols  la  com- 
binaison entre  principes  immédiats  effectuée ,  elle  ne  reste  pas  Indéfini- 
ment cequ'ellc  est  un  instant  ;  c*est  elle  qui  fait  qu'elle  ne  reste  pas  flie.  In- 
définiment stable.  Elleconcourt  à  lui  donner  cette  instabilité  carectéristiqae 
des  tissus  organisés;  combinaisons  qui  sont  les  plus  faibles,  les  plus  insta- 
bles connues,  les  plus  voisines  des  dissolutions  proprement  dites  ;  les  plus 
faibles  de  toutes  les  combinaisons  chimiques.  Aussi  toutes  les  fois  qae 
l'eau  diminue  naturellement  ou  accidentellement,  la  combinaison  prend 
un  caractère  de  fixité  qui  entraîne  le  ralentissement  des  phénomènes  d'as- 
similation et  de  désasslmilation.  Les  tissus  s'incrustent,  et  le  phénomène 
finit  par  cesser  ;  il  y  a  mort.  Toutes  les  fois  que  l'eau  augmente,  elle  dis- 
sout, elle  s'empare  des  principes  qu'elle  touche,  elle  en  facilite  les  Kies 
de  rombinaiso.i  et  de  décombinaison  ;  la  nutrition  s'active.  Le  bois  sln- 
cruste,  durcit,  meurt,  et  dure  ensuite  presqtie  indéfiniment  Les  paren- 
chymes et  les  chairs  échangent  activement  leurs  principes,  restent  d^égalc 
consistance,  ou  se  ramollissent  et  se  résorbent. 

Mais  ne  considérez  pas  ces  faits,  ni  les  uns  ni  les  antres,  comme  des 
avantages,  ce  sont  simplement  des  conditions  d'existence  sans  lesquelles 
Tèlrc  n'existerait  pas,  sans  lcs(iuclles  il  n'y  aurait  pas  de  Tie  possible. 
Voyez,  en  efl'et,  à  cAté  de  ces  prétendus  avantages,  oo  mieux  pour  se 
placer  au  point  de  vue  réel ,  si  ce  sont  des  conditions  dVxistence,  des 
conditions  de  vie,  ce  sont  aussi  des  conditions  de  mort.  Sa  présence  per- 
nvM  cette  facile  altération  de  nature  inconnue,  mais  réelle,  des  humeurv, 
qui  entraîne  des  troubles  généraux  et  simultanés,  cause  de  la  mort  rapide, 
des  infections  putrides,  purulentes,  méphytiques,  etc.  C'est  elle  qui  fadUtc 


C0.  VIU.    PROCÉDÉS   POUR   LA   DÉTERMINATION   DB  LEAU.     151 

la  UaBsmisiioB  des  poisons,  la  gangrène  humide  des  tissus  cellulairest 
nuseulairts,  etc.  C'est  elle,  enfin,  qui  procure  Inaptitude  à  se  décom* 
paMfff  à  aublr  ces  rapides  phénomènes  de  putréfaction  que  n*offireat  pu 
In  tissas  iocrastés  des  plantes  ou  des  os.  Sortez  pour  un  instant  de  cet 
etpilt  d'observation  étroite,  qui  n'ose  jeter  les  yeux  au  delà  d*une  inser- 
don  MOieaitirc  ou  d'une  forme  cristalline,  et  ne  voit  de  réel  que  les  faits 
de  es  fstÊTti  foyex  autour  de  vous  quelle  gêne  constante,  quelle  quantité 
dt  précaalkms  détermine,  pendant  toute  la  durée  de  la  vie,  ce  simple  fait 
li*iiBe  quintiU  considérable  d'eau  dans  nos  tissas,  et  de  la  nécessité  de  It 
ffi^iiiifi^tr  u  même  entre  certaines  limites,  et  voyez  si  ce  sont  là  des 
Avaitaget.  Ifftis  ce  sont  des  conditions  d'existence. 

^uuéiiéi  à  employer  pour  détenniiier  U  quantité  de  l'een  eontenoe 

dABf  le  BMitière  ergeniiée  (t). 


761.  —  eOopeut  estimer  la  quantité  de  l'eau  contenue  dans  les  matière» 
fMgaaiques  de  deu;(  manières  :  i*  en  les  exposant  au  vide  séché  par  l'acide 
MUiirlqqe  concentré  ;  2"  en  les  plaçant  dans  une  capsule  ou  une  botte 
chauffée  par  l'eau  bouillante.  Dans  les  deux  cas  il  faut  que  les  matières 
soient  réduites  au  plus  grand  état  de  division  possible,  et  qu'elles  soient 
distribuées  en  couche  mince,  afin  que  la  température  soit  la  même  dans 
toute  l'épaisseur  de  la  couche  (2).  » 

M.  Chevreulf  ayant  dessc^ché  comparativement  un  grand  nombre  de 
matières  organiques  par  le  vide  sec,  h  la  température  de  20  à  25  dcgrt^s, 
et  par  leur  exposition  dans  une  capsule  mince  et  couverte  qui  flottait 
d^QS  un  b9iii  d'eau  bouillante,  a  observé  que,  par  le  premier  de  ces 
oiojrens  de  dessiccation,  on  enlève  sensiblement  plus  d'eau  à  ces  niatlères 
(fOfi  par  le  second.  La  quantité  est  de  i  à  2  pour  100. 

JiC  vide  sec  a  un  très  grand  avantage  sur  l'étuve,  quelle  que  soit 
sa  perfection,  Il  ne  fait  pas  éprouver  aux  matières  qu'on  y  expose 
des  cbangemeqts  qu'on  doit  rapporter  à  un  commencement  de  cuisson. 
Pour  s'en  convaincre,  il  suffit  de  se  rappeler  les  phénomènes  que  ])résen(e 
r^lbumine  du  blanc  d'œuf  desséchée  par  les  deux  procédés.  L'albumine 
qui  a  été  exposée  dans  le  vide  sec  reproduit  du  blanc  d'œuf  liquide,  lors- 
qu*on  y  ajoute  l'eau  qu'elle  a  perdue,  tandis  qu'en  ajoutant  à  l'albumine 
tédiée  k  100  degrés  la  proportion  d'eau  qu'elle  a  perdue,  on  a  une  ma- 
tière semblable  au  blanc  d'œuf  cuit.  Ce  résultat  est  d'une  grande  impor- 
tance pour  l'analyse  organique,  surtout  si  Ton  y  attache  Tobscrvation  sui- 
vante faite  par  M.  Chevrcul  :  quand  on  fait  sécher  dans  le  vide  sec  deux 
portions  égaies  d'albumine  extraite  d'un  même  œuf,  l'une  de  ces  ix>r- 

(1)  Cheviibul,  Ioc.  cU.,  1824,  p.  107  et  suiv. 

(2)  Chevbiul,  Ioc.  cit. 


162  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICLXIER.   1'*   CLAS8B. 

lions  ayant  préalablement  été  coagulée  par  la  cbalear,  Taatre  ne  l'ayant 
point  été,  le  poids  des  résidas  qu*on  obtient  est  égal  de  part  et  d'autre  (1). 
On  peut  considérer  une  matière  qu'on  a  séchée  comme  ayant  été  amenée 
à  un  état  constant,  ou  à  peu  près  constant,  lorsqu'on  a  déterminé  avec 
soin  les  circonstances  où  Ton  a  opéré  la  dessiccation  de  cette  matière; 
c'est-à-dire  qu'on  a  noté  ce  quelle  a  perdu  d*eaa  pendant  le  temps  qu'elle 
est  restée  exposée  au  vide  sec  à  une  température  connue,  et  surtout  quand 
on  s'est  assuré  que  son  poids  restait  le  même,  ou  à  peu  près  le  même, 
après  une  dernière  exposition  dans  le  vide  sec  de  cinquante  heures  an  plut. 
Quant  à  l'emploi  de  la  balance  et  aux  précautions  particulières  que 
nécessitent  diverses  substances  dont  on  veut  déterminer  la  quantité  d'eau 
d'une  manière  précise,  les  procédés  sont  trop  semblables  à  ceux  employés 
en  chimie  pour  que  nous  croyons  nécessaire  d'en  parler  ici.  Comme  pour 
faire  les  études  dont  ce  livre  traite  il  est  nécessaire  de  connaître  la  chimie« 
comme  elles  font  suite  aux  études  de  ce  genre,  nous  devons  naturellement 
la  supposer  connue,  sans  quoi  on  serait  forcé  de  répéter  id  des  détails 
minutieux  dont  ce  n'est  pas  la  place.  Nous  nous  bornerons  donc  aux  re- 
marques précédentes  tirées  de  l'ouvrage  de  M.  Ghevreul,  que  nous  avons 
cité  déjà  si  souvent  et  citerons  encore. 

Hif  torique. 

782.  »  L'eau  existe  dans  toutes  les  parties  du  corps  sans  exception; 
c'est  le  principe  immédiat  le  plus  répandu.  C'est  naturellement  le  jdus 
anciennement  connu.  Le  feu  et  la  balance,  ou  la  vue  et  le  toucher,  suffi- 
saient seuls  pour  en  constater  l'existence. 

Après  l'avoir  envisagée  dans  le  corps  pris  en  masse  au  point  de  Tue  de 
sa  quantité,  de  l'état  tant  physique  que  chimique  sous  lequel  on  la  trouve, 
il  faudrait  maintenant,  à  partir  du  premier  auteur  qui  a  parlé  de  ce  prin- 
cipe, suivre  les  phases  successives  par  lesquelles  son  histoire  a  passé  pour 
arriver  à  l'état  où  elle  en  est.  Mais  il  est  facile  de  voir  qu'A  ne  s'agirait 
rien  moins  que  de  passer  en  revue  tous  les  travaux  sans  exception  qui  ont 
été  faits  tant  sur  les  solides  que  sur  les  humeurs.  Ceci  est  une  conséquence 
de  ce  fait,  que  l'eau  existe  dans  toutes  les  parties  de  l'économie,  et  ausd 
de  cet  autre  fait  que  jamais  l'histoire  anatomique  de  ce  principe  immédiat 
n'a  encore  été  faite  à  part,  iln'yapaseu  pour  l'eau  de  travaux  analogues,  par 
exemple,  à  ceux  qui  oui  été  publiés  sur  l'acide  carbonique,  l'azote,  etc.. 
Or,  à  Texceplion  des  recherches  spéciales  de  quelques  auteurs  sur  la  quaiH 
tité  de  sueur  qui  s'échappe  du  corps,  l'histoire  des  progrès  de  nos  con- 
naissances sur  l'eau  se  confond  avec  celle  qui  sera  donnée  plus  tard  pour 
les  humeurs;  aussi  nous  avons  cité  avec  soin,  chemin  faisant,  les  savants 
qui  ont  publié  les  déterminations  de  la  quantité  d'eau  les  plus  récentes  et 

(1)  Chevriul,  loc.  cit.,  1824,  p.  108. 


DEUXIÈME  TRIBU.    SELS   d'oRIGINE   MINÉRALE.  153 

par  suite  les  pins  précises,  grâce  aux  perfectionnements  graduels  des 
moyens  de  Tapprécier.  Mais,  comme  on  a  pu  le  voir,  à  part  le  travail  de 
Wknholt»  nul  auteur  n'a  tenté  de  donner  un  tableau  général  de  la  quan- 
tité d'eau  dans  tous  les  tissus  et  les  humeurs.  C'est  pourtant  le  seul  prin- 
cipe dont  la  première  détermination  soit  resiée  exacte  depuis  les  chimistes 
du  XYi*  et  du  XYii*  siècle,  tels  que  Barbati  (1),  Boyle  (2),  Verrati  (3),  etc. 
Quant  à  sa  quantité,  la  détermination  en  a  été  donnée  exactement  plus  ou 
moins  tôt,  selon  les  espèces  de  tissus  et  humeurs,  selon  la  facilité  avec 
laqueUe  on  pouvait  la  chasser  sans  décomposition.  C'est  principalement 
depuis  qu^on  a  pu  employer  le  vide  sec,  depuis  les  travaux  de  M.  Che- 
vrenl  sur  ce  sujet,  que  toutes  les  recherches  ont  acquis  sous  ce  rap- 
port généralement  un  caractère  d'exactitude  et  de  précision  qui  leur 
manquait  auparavant.  Nous  trouverons  néanmoins  la  détermination  de 
l'eau  très  exactement  donnée  dans  un  grand  nombre  d'analyses  de  Four- 
croy,  Vauquelin,  Berzelius  et  de  plusieurs  autres  chimistes.  On  peut  voir, 
du  reste,  dans  le  Traité  des  liqueurs^  de  Vleussens ,  que  les  anciens 
étaient  loin  de  négliger  les  questions  de  ce  genre.  Quoiqu'il  ne  reste  plus 
rien  d'uifle  de  tous  leurs  travaux,  les  essais  successifs  auxquels  ils  se  sont 
livrés  sur  les  proportions  d'eau,  d'huile,  de  sels  des  diverses  parties  du 
corps,  ont  certainement  influé  sur  les  progrès  que  les  chimistes  qui  leur 
ont  succédé  ont  lait  fahre  à  leur  science. 

DEUXIÈME  TRIBU 

DE  LA  PREMIÈRE  CLASSE  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS. 

PRINCIPES    SALINS    OU    SELS    d'ORIGINE    MINÉRALE. 

Synonymie  :  Partes  terrestres  (Boerfaaave),  principia  mineralia;  sels  mM' 
raux,  inorganiqiies ;  parties  terreuses;  substances  minérales,  inorganiques, 
brutes  ou  terrestres  ;  cendres. 

78$.  —  Définition.  Les  principes  de  cette  tribu  ont  pour 
caractères  communs  d*éire  toujours  cristallisables  et  à  Tétat 
liquide  par  dissolution  directe  ou  indirecte,  ou  alternative- 
ment à  rétat  liquide  et  solide,  mais  jamais  gazeux  (sauf  quel- 
quefois le  carbonate  d'ammoniaque).  Ce  sont  tous  des  corps 
de  composition  ternaire  ou  quaternaire  à  Tétat  salin. 

(1)  Barbati,  Tractatus  de  sanguine  ejusque  sero.  Francofurli,  1669,  in-12. 

(2)  DoTLE,  Apparatus  ad  naturalem  sanguinis  humani  ac  spiritus  prorc^ptM 
ejutdem  liquoris  historiam,  Londini,  in-8",  1684. 

(3)  Vkhrati,  NoUmia  d^le  acque,  n  Mayati  e<iiU,  1715,  ia-8''. 


16&  DES   PRINCIPES   1MMÉDUT6   EN   PARTIGULIBR.   1'*  CLA85E. 

78A.  —  Us  sont  au  nombre  de  vingl-trois;  ce  sont  : 


i .  Le  chlonire  d«  sodimi, 

2.  Le  chlorure  de  poUMium. 

3.  Le  fluorure  de  calcium. 

4.  Le  chlorhydrate  d^ammoniaque. 

5.  Le  carbonate  de  chaux. 

6.  Le  bicarbonate  de  chaux. 

7.  Le  carbonate  d*amnioniaque. 

8.  Le  bicarbonate  d'ammoniaque. 

9.  Le  carbonate  de  magnéaie. 

10.  Le  carbonate  de  potasse. 

1 1 .  Le  bicarbonate  de  potasse. 
iS.  Le  carbonate  de  srâde. 
13.  Le  bicarboaate  de  soude. 


14.  Le  iulftiie  de  pelaiie* 

15.  Le  Milflite  de  aeude.  i. 

16.  Le  sulfate  de  chaux. 

17.  Le  phosphate  de  cbam  des  ce  on 

basique. 

18.  Le  phosphate  acide  de  tb$m» 

19.  Le  phosphate  de  magnésie. 
10.  Le  phosphate  neutre  de  eonde. 

21.  Le  phosphate  acide  de  fovde. 

22.  Le  phosphate  de  potasiff. 

23.  Le  phosphate  ammoniaeo-nagié- 

sien. 


Plus  tard,  il  faudra  y  joindre  les  principes  dont  la  aHice,  le 
fer,  le  manganèse,  le  cuivre,  etc.,  font  partie,  lorsqu'on  aura 
déterminé  de  quelles  espèces  ces  éléments  sont  réellement 
partie  constituante. 

786.  On  n'a  pas  déterminé  le  poids  de  ces  principas  com- 
paré i  la  masse  du  corps  ;  mais  on  connaît  lea  proportiom  de 
cendres,  c'est-à-dire  de  substances  d'origine  minérale,  non  des- 
tructibles par  la  combustion,  que  renferment  les  divers  tissus 
et  humeurs.  Il  est  à  noter  que  ces  chiffres  doivent  être  consi- 
dérés comme  ne  donnant  la  proportion  des  principes  de  cette 
tribu  que  d'une  manière  approximative,  car  :  1®  la  combustion 
chasse  Tacide  carbonique  des  carbonates  quand  la  combustion 
est  faite  à  une  température  trop  élevée  ;  2^  par  ces  chiffres  se 
trouvent  embrassées  les  bases  des  sels  de  la  deuitième  classe, 
c'est-à-dire  à  acides  d'origine  organique.  Or  comme  l'obser- 
vation montre  que  les  sels  de  la  première  classe  et  ceux  de  la 
deuxième  remplissent  dans  l'économie  des  rôles  complètement 
différents,  il  en  résulte  que  les  analyses  qui  donnent  un  ré- 
sultat unique  pour  ces  deux  ordres  de  choses  sont  mauvaises, 
c'est-i-dire  sont  inutiles  ou  n'offrent  qu'une  utilité  fort  éloi- 
gnée. C'est  ce  qui  fait  que  nous  avons  dû  laisser  de  cùîé  m 
nombre  considérable  d'analyses  dans  lesquelles  on  a  donné 
les  proportions  de  cendres  ;  mais  nous  devons  dire  que  nous 
ne  sommes  parfaitement  sûrs  d'aucuns  des  chiffres  qui  suiftat, 
lesquels  sont  donnés  ici  pour  la  méthode,  et  parce  que  mieux 


aUAHTlTi  RELATIVE  DES  PRINCIPES  DE  LA  DEUXIÈME  TRIBU.      166 

vaut  un  résultat  approximatif  que  pas  du  tout.  Ce  fait  montre 
aussi  dans  quelles  limites  restreintes  Tincinération  doit  être 
considérée  comme  un  procédé  applicable  &  l'analyse  anato- 
-mique. 


Email  (Berzelius).  * . . 
EicrémenU  lolidesda 

chien  (i) 

EicrémeDts  folidetdu 

Men  (Pepys) 

Sable  cérébrti 

Denu 

Os 

Smegma  cutané.... 
Genreaa  (Yauquelin). 

Spenne  •.... 

Cartilage  costal 

SynoTie. 

Urine. 

Sérosité  de  rœil.... 
SéfOiîté  abdominale. 

Sang 

Ifnsclai(Berzellas).. 
Foie  (Braoonnot).  • . . 
Viamle  (Liebig).  •  • . . 
cérébrale... 


980,00  p.  100. 

858,48  — 

800,40  — 

770,00  — 

700,00  — 

592,00  — 

237,00  — 

66,50  — 

40,00  — 

34,00  — 

31,60  — 

18,50  — 

12,90  — 

11,40  — 

11,10  — 

9,80  — 

9.70  — 

8.71  — 
8,10  — 


!••• 


Sang  de  femme  (Bec- 
querel et  Bodier), 

SÀosité  Ihoraciqoe. 

Suc  paDcréalique.  • .  • 

Sang  d'homme  (Bec- 
querel et  Rodier)... 

Humeur  nasale 

Bile 

Cartilage  articulaira. 

C<Bur 

Salive 

Excrétion  pulmonaire 

Colostrum  immédia- 
tement après  Tac- 
couchement  (Simon) 

Lait  de  vacbe  aussi- 
têt  après  le  part 
(Boussîogault  et  Le- 
bel) 

Lait  normal  de  femme 
(Simon),    1,74;  30 


7,69  p.  100. 

7.S0  — 

7,tO  — 

6.49  — 

6.50  — 
5,20  — 
5,00  — 
4,00  -* 
4,40  — 
3,20  — 


3,10     — 


3,00    -« 
à  2,76    — 


Les  cendres  de  Turine  rendiie  en  4  Jours  pesaient 57  gr.  50 

Celles  des  matières  fécales  r^jetées  pendant  le  même  temps 
ont  donné 11  gr.  47 


j(2). 


H.  Chambert  a  trouvé  les  quantités  suivantes  de  sels  dans 
Vurine  : 


Urines     ^Moyenne 13,024 

considérées  <  Maximum 18,055 

en  masse.  (Minimum 8,161 

Urines     l  Moyenne 16,394 

du        (Maximum 21,370 

repas.     (Minimum 11,190 


Urine     /'Moyenne 0,332 

du        I  Maximum 19,102 

matin.     (Minimum 3,580 

Urine  des  I  Maximum 21 ,1 30 

boissoos.   I  Minimum 2,463 


Il  y  a  d'autant  plus  de  sels  dans  Turine  que  Ton  en  a 
davantage  introduit  avec  les  aliments;  iln*y  a  pas  de  rapport 
même  approximatif  entre  la  quantité  des  sels  et  la  densité  de 
l'urine  (S). 

(1)  VoHL,  Annalen  der  Chemie  und  Pharmacie^  1847,  t.  LXY,  p.  266. 

(2)  PoKTEi,  Annakn  der  Chemie  und  Pharmacie,  1849,  t.  LXXI,  p.  109. 

(3)  CBAmaiT,  Becherche$  sur  les  sels  et  la  densité  des  urines  chez  rhomme 
min  {ikcueUs  des  mémoires  de  médecine  et  de  pharmacie  militaires,  1845, 
t.  XLVUI,  p.  328). 


156   DES    PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN  PAIITICULIER.    1**  CLASSE. 

Krahmer  a  observé  que  les  diurétiques,  la  température 
et  rétat  de  raiuiosphère  sont  sans  influence  sur  la  quantité 
des  matériaux  salins  ou  autres  dissous  dans  Turine;  dans 
i*é(at  normal  cette  quantité  n*est  influencée  que  par  les  ali» 
ments.  Il  a  obtenu  les  résultats  suivants  (1)  : 


Urine 

da  matio, 
2  heures 

avaat 
le  dioer. 

Urine 

du  soir,    j 

2  h.  après\ 

le  souper.  ( 


26  Juin 20,89 

3  Juillet 20,70 

5août 26,40 

27  août 22,90 

28  août 24,00 

26  Juin 25,40 

3  Juillet 26,30 

5aoât 22,90 

27  août 22,70 


Urine 
du  matin. 


27  Juin. 
4  Juillet. 
6  août.  • 


îî,60 
32,10 
24,30 


Sels  des  os  desséchés,  pour  100  (Rees.)  : 


Tibia 

Fémur 

Humérus.... 

Péroné 

Cubitus 

Radius 

Temporal . . . 


Homme 

60,01  •/. 

62,02 

63,82 

60,02 

60,50 

60.51 

63,50 


Enfant 

noiiveau-ntf 

à  terme. 

56,52 
57,51 
58,08 
56,00 
57,59 
56,50 
55,90 


Vertébral  • . . 

Côtes 

Clavicule. . .  • 
Os  iliaque. .  • 
Omoplate . . . 
Sternum.. .. 
Métatarsiens. 


Honne 
ndnlte. 

57,42 
57,49 
58,52 
58,79 
54,51 
56,00 
66,52 


EsInBl 

nonvMa-Btf 

4  itraM. 


53,75 
56,75 
58,50 
56,60 


D*après  Schreger,  les  os  renfermeraient  les  quantités  sui- 
vantes de  sels  : 


Os  d'enfiints. 
—  d^adulles. 


48,48  p.  100. 
74,84 


Os  de  yieillards.      84,10  p.  100. 


Le  résidu  sec  de  la  salive  renferme  (2)  : 

SalWe  quotidienne 33  à  53  p.  100. 

Salive  miite 40 

786.  —  Relativement  aux  autres  caractères  d'ordres  phy- 
sique et  chimique  de  celte  tribu ,  voir  ce  que  nous  avons 
dit  pour  la  classe  considérée  en  général ,  pages  7  et  9. 

Nous  ajouterons  seulement  ici  quelques  faits  relatifs  irunioa 
des  espèces  de  celte  tribu  aux  principes  de  la  troisième  classe. 

(1)  KiABMER,  Journal  furprakt.  Chemie,  1847,  t.  XU,  p.  1. 

(2)  Magerdie,  Étude  comparative  de  la  salive  parotidienne  et  de  la  êâUm 
mixte  du  cheval  (Comptes  rendus  de  l'Acad.  des  se.  de  Paris^  ia-4*»  1815» 
t.  XXI,  p.  902). 


imilillK  TRIBU.   CARACTftRBS   d'ORDRE  CHIMIQUE.  167 

Les  composés  de  cette  tribu  ne  sont  unis  dans  Téconomie 
i  œuz  de  la  deuxième  classe  que  par  dissolution.  Ils  sont, 
comme  eux ,  dissous  dans  Teau ,  ou  bien  encore  étant  dissous, 
ils  servent  alors  de  dissolvant  pour  quelques  uns  :  par  exem- 
ple, les  solutions  de  sels  à  base  alcaline  dissolvent  dans  le 
s^m  certains  principes  de  la  tribu  des  corps  gras,  etc. 

Mais  on  ne  trouve  pas  de  principe  de  cette  tribu  corn- 
biné  autrement  que  par  dissolution  à  ceux  de  la  deuxième 
classe;  on  ne  trouve  pas  de  principes  formés  par  combinai- 
son de  deux  autres  espèces.  Si  cela  était,  on  aurait  des  com- 
posés définis  unis  à  des  corps  de  composition  définie,  ce  qui 
donnerait  d'autres  composés  définis  eux-mêmes;  ce  qui,  enfin, 
conduirait  à  une  confusion  inextricable. 

Or ,  l'expérience  démontre  qu'il  n'y  a  pas  normalement  de 
principe  défini  cristallisable  formé  par  combinaison  de  deux 
ou  plusieurs  espèces  cristallisables ,  extraites  d'une  manière 
immédiate  de  la  substance  organisée. 

n  n'y  a  à  ce  fait  qu'une  seule  exception  qu'il  ne  faut  pas 
hésiter  i  signaler ,  c'est  la  combinaison  d'urée  et  de  sel  marin, 
que  nous  appellerons  cUoro-sodate  d'urée^  pour  abréger. 
Dans  cette  combinaison,  les  propriétés  de  l'urée,  comme 
principe  cristallisable  d'origine  organique ,  c'est-à-dire  destiné 
i  être  évacué  en  tant  que  produit  de  désassimilation  devenant 
nuisible  i  l'organisme ,  se  trouvent  masquées,  neutralisées, 
et  pourtant ,  d'autre  part ,  ce  n'est  pas  là  du  sel  marin  ;  le 
mode  ordinaire  de  cristallisation  de  ce  corps  se  trouve  alors 
diangé.  C'est  sous  cet  état  que  l'urée  se  trouve  dans  le  sang, 
dans  l'humeur  vitrée  de  l'œil ,  et  en  partie  dans  l'urine.  Or  , 
ainsi  que  nous  l'avons  déjà  tant  de  fois  fait  remarquer,  comme 
chaque  principe  est  dans  l'économie  facteur  de  quelque  chose, 
nul  doute  que  cette  combinaison ,  qui  n'a  plus  ni  les  pro- 
priétés de  l'urée  ni  toutes  celles  du  chlorure  de  sodium ,  ne 
joue  un  rôle  spécial  dans  l'organbme ,  et  ne  doive  être  consi- 
dérée comme  un  principe  à  part.  Du  reste ,  il  est  très  facile 
de  distinguer  par  plusieurs  moyens  le  chloro-sodate  d'urée 
de  tout  autre  principe,  soit  d'origine  minérale,  soit  d'origine 


168  DES  PBINCIPES   IMMÉDUTft  BM   PàBTICUUER.   1**  GLAiM. 

organique ,  en  sorte  que  ce  qui  précède  ne  change  rien  i  la 
détermination  générale  des  espèces  de  principes  immédiata  « 
telle  que  nous  l'avons  donnée.  L'hippurate  de  chaux  et  Tacide 
hippurique  peuvent  bien  encore  se  mêler  tous  les  deux  eiH 
semble  au  carbonate  de  chaux  dans  Turine  de  lapin  ;  maii 
comme  le  mélange  ne  fait  que  rendre  plus  abondante  une  des 
variétés  de  forme  cristalline  du  carbonate ,  sans  en  faire  ap- 
paraître de  nouvelle ,  ni  faire  disparaître  les  formes  types  «  il 
n'y  a  rien  qui  donne  a  cette  union  le  caractère  de  combi- 
naison :  c'est  un  simple  mélange» 

Peut-être  citerait-on  encore ,  pour  quelques  cas ,  le  phos- 
phate ammoniaco  -  magnésien ,  qui  pourrait  être  regardé 
comme  formé  de  phosphate  de  magnésie  et  de  phosphate 
d'ammoniaque,  si  sa  formule  n'était  2MgO.  AzH*.  HO. 
PhO*  +  12  HO. 

Mais  le  phosphate  d'ammoniaque  n'existe  dans  l'économie 
que  pathologiquemeiil,  dans  les  cas  où ,  après  avoir  enlevé 
les  reins ,  l'urée  est  éliminée  par  l'intestin ,  à  l'état  de  combi- 
naison ammoniacale  (Bernard)  ;  alors  du  phosphate  d'ammo- 
niaque se  rencontre  dans  le  mucus  intestinal.  On  ne  peut  mm 
plus  considérer  les  urates,  hippurates  et  lactates,  comme  des 
composés  formés  par  union  d'un  principe  de  la  deuxième 
classe  (acide  urique ,  etc.) ,  avec  un  principe  de  la  première , 
qui  serait  la  soude ,  la  chaux ,  etc. ,  puisque  ces  oxydes  n'exis- 
tent pas  à  l'état  libre  dans  l'organisme.  Ils  ne  se  forment 
qu'en  décomposant  un  principe  de  la  première  classe,  en 
s'emparant  d'une  partie  do  leur  base,  qui  n'est  pas  un  instant 
à  l'état  libre ,  car  elle  no  fait  que  quitter  un  acide  pour  se 
combiner  aussitôt  à  un  autre. 

Au  contraire ,  plusieurs  des  principes  de  la  première  classe, 
les  phosphates  surtout ,  ont  la  propriété  de  se  combiner  à 
ceux  de  la  troisième  classe,  à  une  substance  organique; 
et  par  suite  les  premiers  (sels  de  chaux,  etc.),  s'ilsyétaient  in- 
solubles, deviennent  solubles  comme  les  substances  organi- 
ques auxquelles  ib  se  combinent. 

Remarquons  que  ce  sont  là  des  principes  immédiats  de 


.  mxiin  TRIBU.  CABAcriRn  d'ordre  chimioce.      160 

composition  chioiique  non  définie, non  eristallisables  ;  que  ce 
loni  celles  de  ces  espèces  de  principes  dont  l'histoire  est  en- 
tièrtment  organique  ou  anatomique.  Ce  ne  soot  pas  de  ces 
espèces  de  composés  qui ,  en  raison  de  leur  composition 
déterminée ,  doivent  avoir  été  étudiées  comme  espiees  chimù 
fm$  y  ayant  d'être  étudiées  anatomiquement.  Par  conséquent , 
eeite  combinaison  des  principes  terreux  avec  les  substances 
erginiques  ne  forme  pas  une  classe  nouvelle  de  principes 
immédiats.  H  en  résulte  seulement  des  formes  particulières  de 
1b  substance  organisée  dont  cette  propriété  des  sels  calcaires 
eai  une  condition  d'existence. 

Bien  que  nous  rejetions  Tétude  de  la  silice  avec  celle  des 
principes  douteux,  il  se  pourrait  bien  que  ce  composé  fût  un 
TéritaUe  principe  immédiat  existant  comme  silice  dans  plus 
d'une  région  de  l'économie  ;  comme  aussi  il  se  pourrait  que 
le  silicate  de  potasse  fût  un  autre  principe  immédiat.  C'est 
ce  que  l'analyse  anatomique ,  désormais  rationnellement 
dirigée  en  se  guidant  sur  les  propriétés  chimiques,  connues 
d'avance,  des  principes  dont  l'existence  n'est  encore  que  soup- 
çonnée ,  fera  connaître.  Ce  qui  porte  à  croire  que  la  silice 
pourrait  être  un  véritable  principe  immédiat ,  c'est  sa  pro- 
priété de  se  combiner  aux  substances  organiques  végétales , 
eonme  la  cellulose ,  pour  former  la  iubêianot  organisée  des 
parois  des  cellules  végétales  :  des  graminées,  par  exemple. 
Elle  ae  combine ,  du  reste,  non  seulement  à  la  cellulose, 
comme  les  phosphates  à  l'ostéine,  etc.,  mais  aussi  k  diverses 
substances  organiques  azotées  ;  elle  acquiert  ainsi  une  solu- 
bilité dans  l'eau  qui  ne  lui  appartient  pas  quand  elle  est  pure. 

Ce  que  nous  venons  de  dire  de  la  silice  s'applique  égale- 
ment i  l'oxyde  de  fer  et  au  phosphate  de  fer,  qui  ont  aussi 
tous  deux  la  propriété  de  se  combiner  aux  substances  orga- 
niques,  comme  l'albumine,  etc.;  et  alors  plusieurs  de  leurs 
propriétés  peuvent  même  être  masquées  par  suite  de  celte 
union.  Comme  pour  la  silice,  il  reste  encore  à  déterminer 
par  des  analyses  anatomiques  convenablement  dirigées ,  si 
l'oxyde  de  fer  et  le  phosphate  de  fer  sont  deux  principes, 


IM   DE»  MII.1ClfES  mÉM4TS  E3   FAmCUJEB.   1**  CLASSE. 

ce  qui  est  fort  po^siU^ ,  oq  s'ils  n'en  forment  qu*iui  qui 
aura  été  décompose  dans  un  certain  nombre  de  cas,  par  suite 
d  emploi  de  procèdes  trop  grc^siers,  c'est-à-dire  de  moyens 
chimiques,  au  lieu  de  procèdes  dirigés  anatomiquement  d'après 
la  connaissance  de  l'organisation  des  parties.  Car  il  estfadie 
de  voir  qu'on  n'a  encore  tiré  aucun  parli  de  ces  recherches 
dans  lesquelles  le  fer  est  dosé  à  l'état  métallique,  comme  s'il 
pouvait  exister  et  agir  dans  l'économie  à  l'état  d'élément  chi- 
mique ou  corps  simple  pur.  Ce  que  nous  venons  de  dire  ici 
s'applique  également  au  manganèse ,  auj  plomb  et  aa  cuivre. 

Cette  propriété  des  sels  terreux,  de  se  combiner  aux  substan- 
ces organiqiies,est  une  propriété  à  étudier  en  elle-même  a  nou- 
veau, qui  ne  peut  se  déduire  des  connaissances  diimiques,  car 
les  substances  organiques  sont  des  espèces  nouvelles  de  corps 
inconnus  en  chimie  et  purement  organiques  ou  anatoroiqoes. 

Nous  aurons  plus  tard,  en  traitant  de  la  troisième  classe,! 
étudier  la  propriété  que  possèdent  les  substances  organiques 
de  se  combiner  a  un  grand  nombre  d'espèces  chimiques, 
comme  le  bichlorure  de  mercure,  l'acide  arsénieux,  etc.,  etc.; 
étude  qui,  convenablement  dirigée,  éclairera  un  jour  sur  le 
mode  d'union  des  principes  véritables  d'origine  inorganique 
avec  ces  substances-là  ;  et  aussi  sur  le  mode  d'union  ou  d'ac- 
tion des  principes  accidentels  ayant  des  propriétés  médica- 
menteuses. 

787.  —  Pour  les  caractères  d'ordre  oi^noleptique  des 
espèces  de  cette  tribu,  voyez  §  672,  page  13. 

d'ordre  orgvdqae  def  pria«ipes  de  la 


788.  —  Ces  principes,  comme  tous  les  autres,  n'ont  d'autre 
caractère  d'ordre  organique  que  celui  de  concourir  à  former 
la  substance  organisée.  Pour  plusieurs,  ce  caractère  repose 
sur  la  propriété  qu'ils  ont  de  se  combiner  aux  principes  de  la 
troisième  classe  ;  celte  propriété  est  une  condition  d\ 
de  la  matière  organisée. 

Cette  combinaison  a  lieu  en  général  entre  plusieurs 
de  phosphates  et  de  carbonates,  et  une  ou  deux  espècei  de 


2*  nilBU.   CARACTÈRES  D*ORI)RE  ORGANIQUE.  161 

substances  organiques,  d'où  résulte  la  formation  de  certaines 
formes  ou  espèces  de  la  substance  organisée ,  comme  celle 
des  08,  celle  des  dents,  etc. 

Voili  pour  les  cas  les  plus  évidents  ;  mais  il  en  est  encore 
d'autres  moins  tranchés,  quoique  aussi  nets.  Il  n*est  pas  d'es- 
pèce de  substance  organisée  dans  la  constitution  de  laquelle 
il  n'entre  une  certaine  quantité  de  principes  immédiats  de  la 
première  classe,  unis  à  elle  comme  les  phosphates  sont  unis 
à  l'oss^e.  Les  sels  qui  s'y  trouvent  y  sont  en  moindre  pro- 
portion, mais  il  y  en  a.  Nous  l'avons  déjà  dit,  il  n'y  a  pas  de 
substance  organisée  formée  par  une  seule  espèce  de  principes 
immédiats.  Prenez  la  substance  dont  est  principalement  for- 
mée diaque  cellule  d'épithélium,  celle  qui  constitue  chaque 
fibre  élastique,  celle  qui  forme  chaque  fibre  musculaire,  et 
vous  y  trouverez  toujours  des  sels  unis  à  la  substance  orga- 
nique qui  en  constitue  la  partie  fondamentale,  de  la  même 
manière  que  les  phosphates  sont  unis  àl'osséine.  Seulement, 
dans  la  plupart  de  ces  formes  de  substance  organisée,  ce 
sont  les  principes  de  la  troisième  classe  qui  dominent,  et  non 
ceux  de  la  première,  la  substance  organisée  du  tissu  osseux 
et  celle  du  tissu  dentaire  renferment  seules  plus  de  principes 
de  la  première  classe  que  de  ceux  de  la  troisième,  ainsi  que 
nous  venons  de  le  voir. 

Sur  cette  propriété  chimique  des  principes  de  la  première 
classe,  de  se  combiner  à  ceux  de  la  troisième  et  non  pas  i 
ceux  de  la  seconde,  autrement  que  par  dissolution,  repose  un 
fait  anatomique  important.  C'est  que  la  plupart  des  principes 
de  la  deuxième  classe  sont  rejetés,  en  général,  directement 
par  les  urines  et  la  bile  ou  se  détruisent  dans  l'économie  ;  ils 
ne  font  donc  partie  de  la  substance  organisée  qu'accessoire- 
ment. Leur  accumulation  est  même  une  altération,  et  devient 
cause  de  destruction,  comme  on  le  voit,  par  l'accumulation  des 
principes  des  corps  gras  dans  les  cellules  d'épithélium,  dans 
les  cellules  des  cavités  du  cartilage  et  dans  un  grand  nombre 
d'autres  éléments  analomiques  dont  c'est  là  un  mode  d'alté- 
ration morbide  ou  sénile.  Ce  qui  est  vrai  pour  les  principes 
n.  U 


162   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1**  CLASSE. 

immédials,  par  rapport  aux  éléments  anatoiniques  dans  les- 
quels ils  s'aecumulent  outre  mesure ,  dans  lesquels  ils  se 
déposent  autrement  que  comme  partie  nécessaire^  l'est  aussi 
pour  les  éléments  anatomiques  ^  tissus  et  systèmes  formés 
principalement  de  ces  principe$4a,  considérés  à  leur  tour  par 
rapport  à  Torganisme.  C'est  ainsi  que  l'accumulation  des  vé- 
sicules adipeuses,  qui  sont  les  seuls  éléments  anatoaiiques 
dont  la  substance  soit  formée  surtout  de  principes  de  la 
deuxième  classe,  est  un  des  modes  d'altération  de  l'organisme 
et  devient  cause  de  mort;  car  jamais  les  individus  atteints 
d'obésité  n'atteignent  un  âge  avancé. 

789.  —  Quant  aux  particularités  que  peuvent  o£Brir  les 
principes  de  cette  classe,  étudiés  dans  leurs  variations  suivant 
les  &ges,  les  sexes,  les  races  et  les  espèces,  voyes  page  14. 
Ils  peuvent  varier  de  quantité  dans  un  grand  nombre  de 
circonstances  morbides,  ainbi  que  le  prouvent  les  tableaux 
suivants. 

Sels  de  la  carie  de$  os,  La  graisse  étant  enlevée j  an  trouve: 

Portion  du  tibia  prise  ta  point  d'amputation 6S, 56  p.  100. 

—  prise  à  2  pouces  de  Textrémité  articulée  du  tibia.  55,9S 

—  spongieuse  de  l*extréniité  articulaire  même. . . .  52,48 

—  de  l'astragale  prise  au  milieu  de  la  carie 16,54 

Autre  carie  du  tibia,  portion  prise  au  lieu  de  la  résection.  67,47 

Portion  spongieuse  de  Tarticuiation  cariée 46,40 

Ostéopbytes 57,30 

Carie  du  fémur,  partie  moyenne  de  l'os,  seulement  ru- 

gueuae  à  la  surface 64,55 

Partie  cariée  couverte  d*ostéophytes  près  de  Tarticulatiou 

du  genou 42,22 

Carie  sècbe  du  cubitus • 56,15 

Dans  les  matières  salines  il  y  avait  toujours  un  peu  de 
fluorure  de  calcium  : 

Pariétal  d'un  enfant  de  3  ans  (Frerichs) 66«30 

Pariétal  et  frontal  d'un  iionveau-ué  (Thilénius) 65,20 

PariéUl  d'un  adulte  (hrcriclis) 68,50 

Occipital,  femme  de  25  ans  (Bibra) 68,70 

ÏJt  crâne  entier  (Sébastien) 60,00 

Pariétal  de  nouveau-né  (Scblossberger)  (1) 64,11 

(1)  ScHLosMERGRa,  Annalen  der  Chemie  vnd  Pharmack,  1819,  t.  LXl, 
p.  14. 


2*  TRIBU.    VARIATIONS  M0RBIDB8.  163 

OcdpiUl  de  Douveça-né  (SchlooMberger) 66,40 

Pariétal  d*eDrant  de  1  Joar.  —  65,16 

Occipital  —  — 65,89 

—  d*eD()int  de  5  semaines  1/2.      — 61,15 

—  ramolli  d'enfant  d*un  an  tuberculeux 53,43 

Pariétal  ramolli  —  —  51,50 

Partie  spongieuse  du  pariétal  du  même 28,16 

—  du  frontal        —      29,44 

Occipital  de  craniotabique  de  4  ans 52,31 

Pariétal  —  —      51,87 

Ocdpîtal  de  craniotabique  âgé  de   2  ans  1/2,  guéri 

depuis  9  mois 58,79  . 

Dans  le  lait  de  vaches  affectées  d'une  maladie  des  sabots, 
Herberger  a  trouvé  les  sels  en  quantité  double  de  ce  qu'ils  sont 
à  rétat  normal  : 

Lait  sain 0,71  p.  100. 

.'°° 

Malgré  l'importance  qu'il  y  aurait  à  connaître  la  propor- 
tion des  principes  réels  de  la  première  classe,  comparés  à 
ceux  de  la  deuxième  et  de  la  troisième,  dans  chaque  espèce 
de  tissus  et  d'humeurs,  puisque  toute  partie  du  corps,  sans 
exception,  renferme  des  principes  de  ces  trois  groupes  en 
certaine  proportion,  cependant,  faute  de  direction  anatomi- 
que  et  physiologique,  les  recherches  de  ce  genre  sont  encore 
à  faire.  Nous  avons  déjà  fait  remarquer  qu'elles  n'existent 
même  pas  pour  les  parties  considérées  à  l'état  normal.  Ce 
que  nous  avons  dit  des  inconvénients  de  l'incinération,  lors- 
qu'il s*agit  d'humeurs  comme  l'urine,  etc.,  qui  contient  des 
sels  de  la  deuxième  classe,  parce  que  ce  moyen  violent  les 
détruit  et  vient  mêler  le  résultat  fourni  par  leurs  bases  a  celui 
fourni  par  les  principes  réels  de  la  tribu  dont  nous  parlons, 
s'applique  également  ici.  Mais  il  est  encore  une  cause  qui  fait 
qu'au  milieu  de  l'innombrable  quantité  d'analyses  des  parties 
solides  et  liquides  de  l'économie  normale  et  pathologique,  il 
en  est  peu  pour  lesquelles  le  dosage  des  sels  nous  soit  utile  ; 
c'est  que  dans  la  plupart  des  cas,  les  matières  extractives  et  les 
sels  sont  dosés  ensemble.  Or  les  matières  extractives  sont  un 


16A   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER,    l'*  CLASSE. 

mélange  de  principes  de  la  deuxième  et  de  la  troisième  classe, 
qui  se  trouvent  ainsi  confondus  en  un  même  résultat.  Les  re- 
cherches de  MM.  Ândral  et  Gavarret  (1)  font  seules  excep- 
tion. Car  il  est  quelques  travaux  récents  sur  les  cendres  du 
s  ang,  dont  nous  ne  pourrons  tirer  parti,  pour  la  même  raison  : 
telles  sont  les  recherches  de  Gorup-Bezanez  (2),  etc. 

Nous  empruntons  en  conséquence  les  résultats  suivants  a 
MM.  Andral  et  Gavarret,  en  faisant  remarquer  toutefois 
qu'ils  embrassent  non  seulement  les  sels  de  cette  tribu,  mais 
encore  les  bases  des  sels  de  la  deuxième  classe ,  comme  le 
pneumate  de  soude,  etc. 

Rharoatisme  arliculaire  aigu SeU  du  sang.       6,8  p.  tOO. 

—  —      chronique...  —  6,3 

Pneumonie —  6,5 

Bronchite  capillaire  aiguë —  6,7 

Bronchite  chronique  avec  emphyième 

du  poumon —  6,7 

Pleurésie —  7,4 

Péritonite  aiguë —  7,5 

Amygdalite —  6,8 

Erysipèle —  6,6 

Tubercules  pulmonaires —  6,4 

Toutes  les  maladies  précédentes  sont  de  celles  dans  les- 
quelles la  fibrine  augmente.  Elle  diminue  ou  reste  la  même 
dans  les  suivantes  et  h^s  globules  restent  en  quantité  nor- 
male et  augmentent. 

Prodromes  des  fièvres  continues.  • . .      Sels  du  sang.       6,7  p.  100. 

Fièvres  continues  simples —  7,5 

Fièvres  compliquées  dans  leur  cours 

par  une  phlegmasie —  6,5 

Fi^re  typhoïde —  6,8 

Variole —  7,0 

Rougeole —  6,7 

Fièvre  intermittente —  6,6 

Congestion  cérébrale —  7,0 

Hémorrhagie  cérébrale ^—  6,4 


(1  )  Ammal  et  Gataibet,  Recherches  sur  les  modifications  de  ftrcportUm  i» 
quelques  principes  du  sang  (Ann.  de  phys.  et  de  chim,^  1840,  L  LXXV| 
p.  225). 

(2)  6oftl'^-BEZAllEz,  Sur  les  méthodes  d!'analyse  du  sang  [Journ,  fUr  pràki, 
Chemie,  1S50,  t.  L,  p.  34G). 


2*  TRIBU.  VARIATIONS  MORBIDES  DBS  SELS.  166 


Maladies  dans  lesquelles  les  globules  diminuent. 

Chlorotfc  commençante 6,3 

*-       confirmée 7,2 

—       chez  un  homme 7,1 

Albuminuriques  saignés  pour  des  phlegmasies  et  dont 
l'urine  ne  contient  plus  d*albumine;  celle  du  sang  est  di- 
minuée: 

l"ctf 7,6 

2*  CM 7,6 

3*  cas.  —  1'*  Mignée 6,9 

2*  saignée 6,7 

3*  saignée 6,9 

Nous  donnons  ici  les  tableaux  suivants  des  sels  des  urines 
pathologiques,  d'après  M.  Becquerel,  en  faisant  observer  que 
c'est  surtout  à  l'urine  quil  faut  appliquer  les  remarques  des 
précédentes  pages. 

Urine  fébrile  proprement  dite 4,849  pour  1000. 

—  avec  cause  de  débilité 4,392        — 

—  dans  lesquelles  Teau  n*a  pas  yarié.  3,320        — 
Urine  anémique  proprement  dite 4,648        — 

—  concentré 7,900        — 

Urine  de  diabétique  (1) 8,545        — 

B«in  sain.  • .  ( .»% if40  pour  100. 

Rein  malade,  j^^ 1,05  — 

Sérosité  d^arachnoldite  chronique  (Lassaigne) 0,45  — 

—  de  la  moelle  épinière  du  même  (Lassaigne) 0,70  — 

—  du  cerveau  d*un  aliéné  (Lassaigne) 0,76  — 

—  de  la  moelle  épinière  d*un  aliéné  (Lassaigne) <0,85  — 

—  du  cerveau  d*un  hydrocéphale  (Marcet) 0,80  — 

—  —  (Barniel) 0,80        — 

—  —  (Haidat) IJO        — 

—  d*un  spina-bifida  (Marcel) 0,73        — 

—  —  (Bostock) 9,91         — 

—  de  raadte  (Maroet) 0,84        — 

—  —    (Brandis) 0,59        — 

—  —    (Winlilcr) 0,58        — 

—  d'hydropisie  de  Tovaire  (Marcel) 0,42        — 

—  de  l'hydrocèle  de  la  tunique  vaginale  (Marcel). ...  1,01        — 

—  —  —        (Wagner) 1,08        — 

(f)  LBiaiTiiB,  Traité  de  chimie  pathologique.  Paris,  1842,  in  8%  p.  (28. 
Noos  n*avons  pu  parlé  de  cet  ouvrage  dans  notre  historique  général,  parce  que, 
n*étant  qu*une  compilation  très  incomplète  d'analyses  des  solides  et  des 
liquides  de  Téconomie ,  il  n^  a  rien  absolument  à  en  tirer. 

(2)  Lbcaru,  Présence  de  l'urée  dans  lee  Uquides  de$  rehu  {Joum.  de  pharm. , 
1838,  t.  XXIV,  p.  352). 


166   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.   1**   CLASSE. 

Sérosité  de  Phydrocèle  syphilitique  (Wagner) 0,57         — 

—  d'bydropéricardite  (Berzelius) 0,75        — 

—  —  (Marcct) 0,78        — 

Liquide  des  hydatides  (Collard  de  Martigny) 0,006  p.  100. 

—  (Gœbel) 0,012 

—  (Marcct] 0,008 

Dans  les  évacuations  alvines  des  cholériques,  il  y  aurait, 
d*aprés  Guterbock,  de  0,809  à  1,002  pour  JOO  de  sels,  et  de 
0,077  à  0,02A  pour  100  de  matières  organiques  ;  la  moitié  eat 
formée  de  sel  marin ,  pendant  que  les  excréments  ifen  con- 
tiennent que  0,28  pour  100.  Les  autres  sels  sont  le  carbonate 
de  soude ,  du  phosphate  de  magnésie  et  du  sulfate  de  chaux 
probablement,  et  pas  de  sels  de  potasse  (1). 

Mélanose  du  cheval  (LhériUer).  Sels  et  oiyde  de  fer.     9,00  pour  100. 

Squirrhc  du  sein  (Lhëritier).  —  13,70 

—  de  Putérus  (Lhéritier).  —  10,75 

—  de  la  région  dorsale  (Lhëritier).   —  10,13 
Cooerétions  pulmonaires  (Sgarzi).           —  S,lS|Kmr3grtmiiMi. 

Ba  Mm  éynaiiiîqiie  d«f  prîn«i|i«s  âm  U  <— mîèia  tnb«« 

790.  —  Outre  ce  que  nous  avons  dit  préeédemmcnt  sur  ce  sujet 
(page  21),  il  faut  noter  ici  plusicura  fiiits  qui  se  rapportent  spécialement 
aux  principes  de  cette  tribu. 

Les  espèces  salines  présentent  des  actes  chimiques  de  oomMnatai 
directe  aux  substances  organiques,  C9p^ces  entièrement  anatomiques; 
n'ayant  pas  comme  les  autres  principes  un  côte  de  leur  histoire  générale 
qui  soit  chimique.  Ces  actes  ne  peuvent  être  déduits  d^autres  connais- 
sances sur  les  espèces  qui  se  combinent  ;  ils  doivent  être  étudiés  en  eux- 
mêmes,  pour  ce  qu'ils  sont,  par  des  expériences  directes.  Nous  avons 
déjà  fait  remarquer  que  les  lois  de  ces  combinaisons  entre  les  principes 
salins  et  les  espèces  organiques  ne  sont  pas  encore  établies  arec  le  degré 
de  précision  qu'exige  l'étude  des  phénomènes  de  nutritloii* 

Ce  sont  les  principes  de  celte  tribu  qui ,  fixés  aux  substances  organi- 
ques ,  forment ,  de  la  manière  indiquée  plus  haut ,  la  sulMlance  des  datus 
((ni  remplissent  dans  l'économie  des  actes  essentiellement  plifslqaet ,  et 
y  participent  ainsi  indirectement  Viennent-ils  à  manquer,  ces  tissas  per- 
dent leurs  propriétés  physiques  de  résistance  et  d'élasticité,  les  systèmes 
qu'ils  forment  perdent  leurs  usages  généraux,  ainsi  qu*on  peut  se  le  flgoicr 
en  se  représentant  le  système  osseux  ayant  perdu  ses  usages  dans  l\»- 
téomalade. 

(l)  GuTEiBOci,  Sur  toi  liquidet  mtettmaux  dm  cMtfrifiMt  ( 
Physikunder  ChenUe,  1850,  t.  LXXIV,  p.  323). 


ACTBS  MANIFESTÉS  PAR  LES  ESPÈCES  DE  LA  2*  TRIBU.      167 

Dans  les  humears  et  les  tissus  doués  de  propriétés  autres  que  les  pro- 
priétés physiques  précédentes,  ils  jouent  un  rôle  qni  est  surtout  relatif  à 
la  déaatiiiiiUation ,  autant  que  serTant  de  Téhicules  d'une  part  (sels  alca- 
lins) ,  et  se  fixant  d'autre  part  aux  substances  organiques ,  ainsi  que  nous 
venons  de  le  dire  (tels  terreux)  ;  ils  jouent  un  rôle  dans  les  actes  d'assi- 
milation ou  de  combinaison,  l'un  des  côtés  du  double  acte  nutritif;  mais, 
de  plus»  tant  comme  véhicules  qu'en  raison  de  propriétés  spéciales ,  ils 
joœnl  aussi  tm  rôle  dans  les  actes  de  désassimilation  ou  de  combinaison , 
autre  face  dn  double  acte  vital  de  nutrition.  En  vertu  de  ces  propriétés, ils 
iKflllent  la  décomposition  de  certains  principes  »  d'où  formation  d'autres 
cspèees  qui,  généralement,  sont  rejetées,  soit  immédiatement ,  soit  après 
s*être  cUes-mèmes  dédoublées.  Quelques  uns  cèdent  même  une  partie  de 
leur  base  à  quelques  uns  des  principes  (acide  des  sels  de  la  deuxième 
classe)  dont  ils  facilitent  la  formation ,  et  alors ,  dans  cette  décombinai- 
son ,  ils  passent  de  l'état  de  sels  neutres  à  celui  de  sels  acides  (phosphates 
de  sonde  et  de  chaux). 

G*est  l'étude  dn  double  rôle  des  principes  de  cette  tribu  qui  a  fait  en- 
treprendre par  Uebig  et  ses  élèves  une  série  d'importants  travaux  sur  les 
cendres  dn  sang ,  des  muscles ,  des  aliments ,  etc. ,  dont  nous  tirerons 
partL  Trop  souvent  l'analyse  chimique ,  qui  ne  fait  connaître  que  les 
bases  et  les  acides  de  ces  sels ,  et  non  les  espèces  de  principes  mêmes , 
mise  k  la  place  de  Panalyse  anatomiqne,  ôte  à  ces  travaux  une  partie  de 
leur  utilité ,  Men  quils  aient  été  exécutés  dans  une  direction  tout  orga- 
nique, tracée  avec  une  netteté  qui  touche  au  fçénic ,  et  bien  différente  de 
celle  qni  a  conduit  aux  hypothèses  chimiques  dont  nous  avons  souvent 
parlé.  Il  est  à  regretter,  nous  le  repétons,  qu'avec  cette  direction  nouvelle 
et  font  anatomo-physlologiqne ,  ce  soient  les  moyens  chimiques,  et 
non  Panalyse  anaiomfque,  qui  aient  continué  à  être  mis  en  usage ,  et  que 
ee  soient  sorlont  les  mots  addesulfuriqm,  alcalis, chaux ^  magnésieyeic  » 
qtii  rotent  employés  là  où  l*on  devrait  dire  phosphates  et  sulfatns  alcalins 
on  terreux ,  ete.  ;  car  les  uns  et  les  autres  ne  Jouent  pas  le  même  rôle. 

791.  —  Ainsi  l'étude  des  principes  immédiats,  d'une  part»  Tobser  vallon  des 
actes  de  ntftrition ,  d*autre  part ,  montrent  que  les  espôces  de  cette  tribu 
manif^ent  deux  sortes  d*actes  chimiques  directs,  concourent  de  deux 
façons  à  Pacte  total  de  nutrition  ;  c'est-à-dire  qu'ils  prennent  part  aux 
deux  sortes  dictes  moléculaires  qui  le  caractérisent ,  savoir  :  aux  actes 
d^asslmllailon  et  i  ceux  de  désassimilation. 

Ils  prement  part  aux  premiers  par  leur  union  aux  substances  orga- 
nkfoes,  et  là  Ils  manifestent  les  actes  spéciaux  dont  les  lois  ne  sont 
pas  nettement  établies,  dont  nous  venons  de  parler.  Celte  union  assimi- 
latrice  des  principes  salins ,  surtout  terreux ,  aux  substances  organiques , 
pour  former  la  substance  organisée ,  est  un  fait  constant  11  n'y  a  pas  de 
partie  de  corps  où  l'on  voie  les  principes  minéraux  être  assimilés  sans 


168  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER,   l'*  CLASSE. 

être  accompagnés  par  une  substance  organique,  pas  plus  qu^on  ne  yàix 
celles-<i  se  fixer  seules. 

Les  principes  dont  nous  parlons  prennent  part  aux  actes  désaarimOa- 
teurs ,  soit  en  se  dissolvant,  en  cessant  d'être  unis  aux  sobstances  orga- 
niques, soit  en  se  décomposant  eux-mêmes  par  abandon  d^une  partie  de 
leur  base  aux  acides  d*originc  organique  (urique  ;  hippurique ,  etc.) ,  au 
fur  et  à  mesure  de  la  formation  de  ceux-cL  Nous  avons  dit  déjà ,  1 916 , 
tome  r%  page  231,  que  des  acides,  même  faibles,  pouvaient ,  hors  de 
Téconomle,  enlever  à  des  sels  A  acide  puissant  im  peu  de  leur  baae. 

Dans  tous  ces  actes  il  y  a  certainement  producdon  d*une  certaine  qoan- 
tltéde  chaleurqul  concourt  pour  sa  part  au  résultat  général  de  malntleB de 
la  température  du  corps  à  d*i  degrés  ;  car  on  sait  qu^avec  Texagératloo  des 
mouvements,  que  toute  les  Ibis,  en  un  mot,  qu*il  se  lait  une  espèce  de  dé- 
pense de  forces  musculaires.  Il  n'y  a  pas  seulement  augmentation  de  la 
quantité  d'acide  carbonique  expulsé,  mab  encore  de  sels  terreux  et  alca- 
lins de  l'urine  ;  en  un  mot,  toutes  les  fois  que  sont  mises  en  jeu  les  pro- 
priétés normales  de  tissus,  la  nutrition  en  est  influencée,  les  actes  d^assi- 
milaiion  et  de  désassimiladon  éprouvent  aussi  un  surcroît  d'activité  ;  tous 
les  principes  sont  rejetés  en  plus  grande  proportion,  aussi  bien  ceux  de 
cette  tribu  que  l'acide  carbonique,  que  l'urée,  les  urates,  etc.  Et  UentAt 
après  se  fait  sentir  le  besoin  de  réparer  ces  pertes  par  l'Introduction  d'ali- 
ments, aussi  bien  que  pendant  la  mise  en  jeu  de  cette  activité  se  hii  sentir 
le  besoin  de  l'introduction  répétée  d'oxygène.  H  y  [a,  en  im  mot,  à  tenir 
compte  dans  la  production  de  chaleur  non  seulement  de  la  conaommation 
d'oxygène  et  production  d'acide  carbonique,  mais  encore  de  l'entrée,  de  la 
formation  et  de  la  sortie  de  tous  les  autres  principes  aussi  bien  des  sels  de 
cette  tribu  dont  le  mouvement  augmente  ou  diminue  en  même  temps  qoe 
le  mouvement  des  autres  principes,  que  de  l'adde  carbonique,  l'urée,  etc. 

792.  —  Nous  verrons  plus  tard  que  les  principes  de  cette  tribu  sont  une 
condition  de  formation  de  ceux  de  la  deuxième  classe,  non  seulement  en 
cédant  aux  acides  une  portion  de  leur  base  au  fur  et  à  mesure  de  leur  for- 
mation, comme  nous  venons  de  le  dire,  mais  encore  par  suite  de  œ  fait, 
que  beaucoup  d'espèces  étant  isolées  manquent  de  la  propriété  de  se  com- 
biner à  Poxygène,  l'enlèvent,  se  combinent  à  lui  en  présence  des  sels  alca- 
lins (et  surtout  des  alcalins).  Ils  l'enlèvent  même  alors  aux  oxydes  métal- 
liques à  la  température  ordinaire.  Les  faits  de  ce  genre  étudiés  pour  la 
première  fois  chimiquement  par  M.  Chevreul(l)  sur  les  principes  d^orlgine 
végétale  ont  reçu  depuis  une  certaine  extension,  et  Ueblg  en  a  dévdoppé 
les  applicatioas  à  la  physiologie  (2).  Poursulvb  avec  soin  par  des  eqié- 

(1)  Cdevreul,  Contidérat.  génér,  sur  CanëlyM  argtmiqim.  Piris,  ISSé, 
in-8»,  p.  72-73. 

(2)  LiEBiG,  loc.  cit.,  1852,  p.  172-173. 


2*   TRIBU.    RÔLE  ALIMENTAIRE   DE   SES  ESPÈCES.         160 

rienoes  directes,  ils  pourraient  nous  rendre  compte  d'un  plus  grand  nom- 
bre d^actes  ayant  lieu  dans  Torganisme. 

799. — Ulaat  étudier  à  quoi  sert  chaque  groupe  de  principes  non  seule- 
ment par  rapport  à  nndividu  même  quiles  renferme,  dont  il  foit  partie;  mais 
encore  il  (aat  savoir  à  quoi  il  sert  par  rapport  aux  autres  êtres  vivants.  En  un 
mot.  Il  faut  de  chaque  classe  de  principes  connaître  sa  nature  alimentaire. 
Geiaâe  la  première  et  de  la  trobième  seuls  sont  alimentaires,  peuvent  être 
assimilés;  les  uns  et  les  autres  sont  indispensables  :  les  uns,  en  général, 
eomme  partie  accessoire  de  la  substance  organisée,  comme  véhicules,  etc  ; 
les  autres,  essentiellement  pour  faire  partie  principale  de  la  majeure  par- 
tie des  tisses,  mais  toujours  avec  le  concours  des  précédents.  Quant  à  ceux 
de  la  deuxième  classe,  qui  se  trouvent  intermédiaires  aux  deux  extrêmes, 
la  plupart  ne  peuvent  servir,  étant  déjà  des  corps  désassimilés ,  comme 
IHirée,  Taclde  nrique,  la  créatine,  etc,  les  résines,  le  sucre,  etc.,  pour  les 
végétaux.  Geia  qui  de  cette  classe  sont  tirés  des  végétaux  et  introduils 
dans  le  corps  animal,  n*y  jouent  qu'un  rôle  accessoire,  ils  finissent  bientôt 
par  passer  à  Tétat  de  carbonates  et  puis  d'acide  carbonique,  condition 
d^échange  entre  les  gaz  intérieur  et  extérieur  pour  introduire  de  l'oxygène 
qui  sert  à  d'autres  actes  moléculaires  de  nutridon;  d'autres  sont  rejetés 
par  les  urines  sans  altération  ou  après  catalyse  isomérique  ;  mais  plusieurs 
poartanlle  sont  après  avoir  joué  un  rôle  médicamenteux  ou  toxique,  comme 
la  quinine,  etc. 

Les  fallB  énoncés  dans  les  paragraphes  précédents  une  fois  établis,  c'est 
sans  élonnement  que  nous  devons  reconnaître  la  nécessité  de  la  présence 
des  ivindpes  de  cette  tribu  pour  que  les  substances  organiques  soient 
assimilées.  Il  n'est  pas  une  partie  de  la  substance  organisée  dans  laquelle 
Il  n'y  ait  une  proportion  plus  ou  moins  grande  de  ces  principes  comme 
liartie  constituante;  leur  présence  est  indispensable  pour  la  désassimila- 
tkm  de  ces  substances,  laquelle  a  lieu  par  changement  d'état  spécifique 
de  celles-ci,  par  leur  dédoublement  en  espèces  cristaliisables.  Dédouble- 
ment qui  a  pour  condition  dans  plusieurs  cas  la  présence  de  ces  principes; 
or,  une  fols  ces  faits  établis  expérimentalement,  comme  ils  le  sont  depuis 
longtemps ,  Us  font  reconnaître  simplement  comme  une  des  conditions 
d^exlslence  de  l'organisme  la  présence  de  ces  principes  dans  les  aliments, 
U  n'est  donc  pas  extraordinaire  ni  contradictoire  de  voir  le  caséum ,  la 
mbatance  des  muscles,  l'albumine,  les  substances  azotées  des  végétaux, 
Tamldon,  le  sucre,  la  graisse  ingérés  seuls  ou  mélangés,  être  entièrement 
Impropres  à  la  nutrition,  si  Ton  n'y  ajoute  des  sels  d'origine  minérale.  Il 
leur  manque,  en  effet,  les  corps  qui  leur  servent  de  véhicule,  et  ceux  qui  se 
amibinent  à  eux  pour  se  fixer  à  la  subsunce  organisée  déjà  cxbtante  :  ce 
qui  caractérise  VassimikUion;  ceux  qui  enfin  sont  une  condition  de  leur 
passage  d'un  état  spécifique  à  un  autre,  soit  par  acte  moléculaire  isoméri- 
que, soit  par  dédoublement,  soit  par  catalyse  coutbii^^qte,  eq  Q^ant  de 


170   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER*   l'*   CLASSE. 

Poxygène,  de  IVaii,  etc.  En  tin  mot,  nne  fois  connue  la  [ni!sence  de  ces 
principes  partout  dans  l'économie  et  leur  mode  d*unlon  moMculalre,  Il 
n^est  pas  plus  eitraordinaire  de  voir  les  substances  azot^^es  et  les  principes 
graisseux,  amylacés  et  sucn^s,  ne  pouvoir  servir  seuls  à  la  nutrition,  qne 
de  voir  les  sels  être  inutiles,  si  le  concours  des  précédents  leur  mtnqae. 

Ce  qui  est  vrai  pour  les  animaux  Test  aussi  pour  les  végétaux ,  auxqueb 
la  distribution  des  principes  Immédiats  en  trois  classes  s^appllque  égale- 
ment (ce  qui,  soit  dit  en  passant,  est  une  preuve  de  plus  à  Tappiil  de  son 
exactitude  sous  tous  les  rapports).  Aussi  ne  faut-Il  pas  être  étooiié  non 
plus  de  voir  les  plantes  dont  se  nourrissent  les  animaux,  contenir  ces  ads 
dans  des  proportions  qui  sont  &  quelques  centièmes  près  les  mêmes  que 
celles  du  sang  des  herbivores.  Les  cendres  du  sang  des  granivores  ont  la 
mOme  composition  que  les  cendres  des  graines  quils  mangent.  Les  par^ 
ties  incombustibles  du  sang  de  Tbomme  et  des  animaux  qui  ont  me 
nourriture  mixte  sont  également  contenues  dans  les  cendres  du  pain,  de 
la  viande  et  des  légumes.  Le  sang  des  carnivores  contient  les  cendres  de 
la  chair  qu*ils  mangent  (Llebig,  p.  I5A). 

Les  recherches  de  LieMg  et  de  ses  élèves  ont  montré  que  parmi  les  seb 
de  cette  tribu  il  en  est  qui  peuvent  se  remplacer  sans  aucun  préfiidlee 
pour  les  actes  qui  se  passent  dans  le  sang ,  et  par  suite  pour  eeox  aecom- 
plis  par  chaque  partie  du  corps.  Ce  sont  les  phosphates  et  carbonates 
alcalins  (de  soude).  On  s'explique  ainsi  pourquoi  chez  Phomme  le  régime 
végétal,  qui  introduit  surtout  des  carbonates,  remplaçant  le  régime  airtmal, 
qui  porte  surtout  des  phosphates ,  n^altère  pas  sensiblement  les  arics 
normaux  de  l'économie,  bien  que  ces  alternatives  de  régime  aient  pour 
eflTet  de  changer  la  composition  du  sang  quant  aux  principes  salins 
(iiiebig). 

Connaissant  la  composiiion  des  cendres  des  aliments,  il  est  aisé  de  dé- 
terminer la  nature  des  parties  incombustibles  que  renferme  le  sang , 
puisque  celles-ci  sont  les  mêmes  que  dans  les  aliments  et  qu'ils  en  dérf» 
vent  directement.  Lorsque  les  aliments  consistent  en  pain  et  en  viande 
dont  les  cendres  ne  contiennent  que  des  phosphates  sans  carbonates ,  le 
sang  ne  renferme  aussi  que  des  phospiiastes.  (iOrsqu'ft  ces  aliments  on 
jBJoute  des  pommes  de  terre  ou  des  légumes  verts ,  le  sang  se  charge 
d'une  certaine  quantité  de  carbonates.  Enfin,  si  l'on  remplace  eniièrement 
le  pain  ou  la  viande  par  des  fruit.4 ,  des  racines  ou  des  légumes  verts ,  le 
sang  humain  acquiert  les  caractères  et  la  composition  du  sang  de  bnuf 
ou  de  mouton  [Uebig,  Verdeii  (1)  ]. 

Ainsi  que  nous  l'avons  dit  souvent,  on  trouve  (clicx  l'individu  qui 
n'augmente  plus  de  poids  )  dans  les  principes  rcjetés  par  les  povnoos 

(1)  VEftDBiL,  Recherches  sur  la  cowposition  du  sang  des  divân 
{Annal,  der  Chemie  und  Pharm,,  1S48,  t.  LXtX,  97). 


2*   TRIBU.   HISTORIQUE.  l7l 

et  Jet  reins,  et  aussi  dans  les  rdsidus  intestinaux,  en  poids  d*aclde 
carbonique  et  autres  principes,  soitgazotés,  soit  graisseux,  l'ëqulTalent  de 
oeqai  a  été  introduit  par  les  aliments.  De  même  aussi  on  retroute  dans 
les  oriiMS  et  les  matières  fécales  l'équivalent,  en  sels  de  cette  tribu,  de  ce 
qui  a  été  ingéré  par  les  aliments.  Pour  les  principes  antres  que  eenx-cl , 
les  espèces  qui  sortent  ne  sont  pas  les  mêmes  que  celles  qui  entrent;  ici 
an  coninire,  en  rerta  de  leur  nature  élémentaire  plus  stable ,  les  espèces 
Introdoltes  ne  font  que  passer  sans  changer  d'état  spécifique ,  sauf  pour 
les  principes  qui ,  de  Pétat  de  sel  neutre ,  passent  à  Tétat  de  sel  acide 
(phosphates  des  urines,  lilcarbonates).  Ce  fait  est  une  conséquence  natu- 
relle de  leur  constitution  chimique ,  qui  est  telle  que,  pour  être  changée, 
die  exige  qne  le  corps  soit  piscé  dans  d'autres  conditions  que  celles  qui 
se  rencontrent  dans  la  substance  organisée. 

Il  est  évident,  en  effet,  dltUebig,  qne  dans  l'état  de  santé  le  poids  de 
ranimai  ne  variant  pas,  les  sels  alcalins  et  terreux ,  Toxyde  de  fer  ingérés 
par  les  aliments,  ne  peuvent  pas  s''accumuler  dans  le  corps,  mais  quMIs 
■ont  évacués  tous  les  Jours  en  quantités  égales  à  celles  qui  ont  été  intro- 
duites. Dans  les  circonstances  normales  les  cendres  de  l'urine  et  des  fèces 
sont  en  mêmes  proportions  que  les  substances  minérales  des  aliments. 
Ce  n*est  qu'autant  qne  le  corps  de  l'animal  augmente  encore  de  poids 
qaia  est  en  voie  d'accroissement ,  que  l'économie  retient  certaines  subs- 
tances minérales  des  aliments.  Si  l'on  connaît  les  principes  minéraux  qni 
sont  contenus  diins  les  aliments  consommés  par  l'homme  et  les  animaux  à 
l'état  de  santé ,  on  peut  déduire  des  aliments  quelle  sera  la  réaction  de 
l'urine  et  indiquer  dans  quelles  proportions  les  principes  minéraux  seront 
contenus  dans  l'urine  et  les  fèces.  Lorsque  ces  aliments  consistent  en  pain 
et  en  viande  dont  les  cendres  ne  se  composent  que  de  phosphates ,  l'urine 
renferme  des  phosphates  alcalins.  Dans  le  cas  où  l'animal  se  nourrit  de 
racines,  de  légumes,  de  fruits,  dont  les  cendres  ne  renferment  aucunes 
parties  solubles,  qne  des  carbonates  alcalins  »  l'urine  renferme  des  car- 
bonates alcalins  (i). 


796.  —  Tandis  que  l'étude  des  autres  classes  de  principes  s^est  dévelop- 
pée peu  à  peu  à  la  suite  de  travaux  exécutés  sur  diaque  principe  isolément 
(à  Tcxceptlon  des  recherches  de  M  Chevreul),  nous  trouvons  ici  un  certain 
nombre  de  recherches  faites  sur  toute  la  seconde  tribu  ou  au  moins  sur 
plusieurs  de  ses  principes  à  la  fois.  Quelques  unes  de  ces  publications  doi- 
vent être  mentionnées  Id  seulement,  parce  qu'elles  ont  porté  sur  plu- 
sieurs prindpes  considérés  en  masse  et  non  sur  chaque  espèce  en  parti- 
ailier.  Ce  lait,  mentionné  plus  hant,  que  chaque  prindpe  est  facteur  de 

(I)  LiEMG,  loc,  cU,f  1852. 


172   DES   PRINCIPES   lUIlÉDIATS   ES  PARTICULIER.    1'*  CLASSE. 

quelque  chose ,  a  son  rôle  spécial  qui,  sauf  l'exception  présentée  pw  k 
phosphate  et  le  carbonate  de  soude,  ne  peut  être  joué  par  aucun  Mtrt 
principe ,  et  entraîne  la  nécessité  d'examiner  chacun  d*eax  en  puii- 
culier.  Pourtant  cela  n*a  pas  été  fait  ;  par  conséquent,  nous  analyserons 
ici  les  travaux  qui  doivent  être  mentionnés  comme  tout  autre,  mais  qd 
n'ont  qu'une  utilité  très  éloignée,  soit  parce  qu'ils  embrassent  plusieurs 
principes  à  la  fob,  dont  cependant  chacun  a  un  rôle  particulier»  soit  parce 
que  c'est  l'analyse  chimique  et  non  l'analyse  analomlque  de  ces  principes 
qui  a  été  faite.  C'est-à-dire  qu'au  lieu  de  doser  l'espèce  eUe-mènie,onen  a 
dosé  les  parties  constituantes,  comme  l'adde  d'une  part,  Tacali  de  Tautre, 
lesquels  ne  sont  pour  le  corps  que  des  principes  médiats  ou  éloignés.  Les 
procédés  d'extraction  peuvent  seuls  présenter  un  asseï  grand  nombre 
d'opérations  communes  ;  ce  qui  souvent  a  fait  croire  que  Itiisloire  anato* 
miqoe  entière  de  ces  principes  était  la  même  pour  tous  ceux  qui  peuvent 
être  extraits  de  la  même  manière,  comme  tous  les  sulfates,  tous  les  chlo> 
rures,  tous  les  phosphates.  Mab  il  n'en  est  rien. 

Bence  Jones  a  observé  que  les  phosphates  terreux  de  l'urine  sont  ph» 
abondants  après  le  repas,  que  la  nourriture  soit  de  nature  animale  ou  vé- 
gétale. Celte  quantité  diminue  avec  la  diète.  Avec  une  nourriture  composée 
seulement  de  pain,  ce  sont  les  phosphates  alcalins  qui  augmentent;  ce 
sont  les  phosphates  terreux  qui  prédominent  si  la  nourriture  est  ani- 
male (1).  Les  phosphates  et  les  sulfates  varient  ainsi  qu'il  suit. 

Avant  le  repas,  on  obtenait  il, 85  de  sulfate  de  baryte  p.  1000  d'urine. 
Après  le  repas,                        7,92              —  — 

Avant  le  repas,  7,22  de  phosphates  — 

Après  le  repas,  7,96         —  — 

Pour  déterminer  la  quantité  d'acide  sulfurique,  et  par  conséquent  de 
sulfate,  contenu  dans  Turine  saine,  il  ajoute  du  chlorure  de  iMirium  en 
excès  à  un  poids  connu  d'urine  et  fait  bouillir  la  liqueur  avec  quelques 
gouttesd'adde  nitrique  ;  il  lave  ensuite  le  sulfate  de  baryte  qui  se  précipite, 
et  le  pèse  après  calcination  dans  un  creuset  de  platine.  D'après  une  expé- 
rience qui  dura  cinq  jours,  il  conclut  que  l'adde  sulfurique  se  trouve  ft 
son  maximum  dans  l'nrhie  qui  suit  un  repas  ;  que  l'urine  sécrétée  long- 
temps après  en  contient  beaucoup  moins.  Afin  de  trouver  la  cause  de  ce 
phénomène,  il  examina  de  l'urine  résultant  d'une  nourriture  entièrement 
vi^gétalc,  composée  pendant  trois  jours  consécutifs  de  pain  avec  un  peu 
de  riz,  d'eau  et  de  thé.  Il  fit  en  même  temps  une  expérience  avec  une 
nourriture  entièrement  animale.  De  ses  expériences,  fi  condut  que  les 
sulfates  existent  toujours  à  leur  maximum  dans  Purine,  après  les  repas, 

(1)  BuiGB  JoNU,  Contributions  of  thc  chemistry  of  the  ttrine  {Phikm 
phical  transactions f  London,  1845;   1849,  part.  H,  p.  235,   et  1850, 
part.  Il,  p.  669). 


2*  THIBU.    HISTORIQUE.  173 

•oil  qme  la  ooarriuire  ingérée  fût  végétale,  soit  qu'elle  fût  animale.  Enfin 
fl  démontra  encore  par  rexpérience  que  Texercice  avait  sur  la  sécrétion 
des  sulfates  moins  d'influence  que  la  nourriture ,  quoique  augmentant 
sensiblement  leur  poids.  Avec  i*acide  sulfurique,  administré  en  dose  de 
15  à  20  gouttes,  prenant  en  considération  la  quantité  totale  des  sulfates 
conleniis  dans  Turlne  des  vingt-quatre  heures,  comparée  avec  la  quantité 
de  ralfetes  de  Turine,  lorsque  Tacide  sulfurique  n'avait  pas  été  ingéré ,  il 
reconnat  que  Paclde  sulfurique  dilué  produit  dans  Turinc  la  sécrétion 
d*an  excès  notable  de  sulfates.  Dans  des  expériences  faites  avec  du  soufre 
dessécbé  en  poudre,  Turine,  dans  ce  cas,  se  trouva  contenir  encore  un 
excès  très  positif  de  sulfates.  Dans  des  expériences  avec  du  sulfate  de 
pousse  (fl  n'y  eut  pas  d'effet  cathartiqoe  produit),  on  trouva ,  après  cinq 
on  six  beures,  un  excès  de  sulfates  dans  l'urine  ;  cette  influence  continua 
i  se  manifester  pendant  sept  à  douze  heures. 

Dans  k  cborée  et  le  delirium  tremens^  deux  maladies  caractérisées  par 
de  fMtes  contractions  musculaires,  on  trouve  dans  l'urine  un  excès  notable 
des  sulfates  et  de  l'urée  ;  de  même  que  cela  arrive  dans  l'état  de  santé 
après  on  violent  exercice.  Les  phosphates  se  trouvent  diminués  dans  le 
édirimn  tremens^  lorsque  le  malade  n*a  pas  pu  prendre  de  nourriture. 
Lte^meniation  de  l'urée  dans  ces  deux  maladies  dépend  des  métamor- 
plioses  qui  se  passent  dans  le  système  musculaire,  et  ne  constitue  point 
n  état  de  maladie.  Dans  les  cas  d'inflammation  du  cerveau,  ces  phos- 
phates et  ces  sulfotes  se  trouvent  toujours  considérablement  en  excès  dans 
IHvioe. 

Cbes  on  entent  mâle  choréique,  âgé  de  Sans,  il  obtint  les  résultats 
solvants  : 

Sulfate  de  ba-  Denêiié 

ryte  pour  1000      Pbotphati*8.  d« 

d'urina.  l'urine. 

6  Janvier  1851  (dior^  violente}..  11,25  3,29         1036,6 

7  —  —  ....  10,66  2,52  1031,8 

8  —  —  ....  11,15  2,54  1031,2 

10  —         (plus  calme) 7,39  3,50  1028,4 

il  —                  —         3,92  1,57  1018,6 

QMS  nos  fille  de  23  ans  :  chorée  très 

violente 19,88  \  1036,0 

Chorée  très  violente 15,86  i  1033,8 

—               13,80l  ^-.           1028,4 

—  9,36  1         ^'^^  1026,8 

Uns  calme 6,08  )  I025,i 

—        4,72/  1016,4 

ïkUriwm  irmm$ ,  Z9  êU 20,77  2,14  1037,8 

—                            ....  37,07  5,95  1041,2 

iatre,  homme  de  26  ans 13,10  9,83  1037,4 

—                        12,95  8,89  1054,6 

Astit  cas,  homme  de  31  ans 17.71             n  1027,5 

—  12,48               »  1025,4 


174  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.    1"  CLASSE. 

EDcéphalite,  25  ans.  1 2*  Jour  de  mtUdie.  3,96  5,14         i01S,1 

13*  jour  de  maladie H.23         H,13         1027,3 

I4«  -.  2,91  6,06         1013,1 

(  ^»34  10,75)        jAonn 

«6*  -  Mort I  7^69  ^^lo^l        *027,0 

Autre  cas,  femme  de  23  ans  : 

1 5*  Jour  de  la  maladie 8,SS  9,41  1 030,0 

I6«               ^              10,69  8,45  1029,0 

22*               ~              8,88  10,19  t029,8 

26»               —              9,46  9,01  1051,4 

28*  —  Mon. 

Homme  de  22  ana  :  4*  Jour  de  ma- 
ladie   M5  7,10  1027,8 

6*  Jour  de  maladie 7,81  6,43  1026,1 

8«            —            11.63  9,80  1081,4 

9*            —          Mon  peipaprèf...  10,18  7,99  1026,2 

Tons  ces  exemples  sont  tirés  d*un  récent  travail  de  Beooe  Jones  (1). 

Nous  indiquerons  ici  en  terminant  ce  qui  se  rapporte  à  ce  point,  que  les 
expériences  d'après  lesquelles  Marchand  admet  qu'il  existe  des  carbooaiM 
alcalins  dans  le  sang ,  répétées  par  LieUg»  lui  ont  donné  des  résniuto 
négatilii  (2).  Néanmoins  les  laits  constatés  par  le  premier  de  ces  cbimista 
sont  généralement  conflrmés  par  la  redierclie  directe  de  ces  carbonala. 

Huenefeld  dit  n'avoir  pas  trouvé  de  pliospliate  dans  Turine  d^irn  enlani 
de  neuf  mois  qui  tétait  encore  (3).  Enderlin  est  arrivé  aux  mêmes  résal- 
tats  que  Liebig ,  relativement  aux  laiu  qui  montrent  que  les  seis  de 
soude  et  le  chlorure  de  sodium  dominent  dans  le  sang»  tandis  que  les 
sels  de  potasse  et  le  chlorure  de  potassium  dominent  dans  le  liquide 
musculaire  (Zi). 

Nous  avons  extrait  précédemment,  des  }\o%àiot\lu  Itiivu  de  IJeiiig,  ce 
qui  se  rapporte  à  ce  sujet,  nous  n'y  reviendrons  pas.  Nous  voiiluM  seule- 
ment rappeler  que  là  se  trouvent  mcnlionnés  les  résultats  des  analyses  de 
cendres  du  sang,  de  chair  et  d'urine  de  Stoclzcl,  de  Strecker,  de  lîVeber, 
Kcller,  Breed,  I\)rter,  Fleitmann,  Aribaecher,  Buchner,  ainsi  qw  les 
résultats  obtenus  par  l'un  de  nous,  M.  Verdeil,  sur  la  composition  des 
cendres  du  sang  d*animanx  soumis  à  des  régimes  différents. 

(1)  Bbrck  Jones,  On  (lie  variations  o/*  lAstiUp^a^M  cMdpfco^pMes  «mtM 
ài  ocv/e  chorta^  ù/AxH^nm  tremens^  and  infUunmalUm  of  tkê  6r«m  (Jffdica- 
chimrgical  transactions,  London,  1851,  vol.  XXXiV). 

(2)  Mabchand,  Des  carbonates  alcalins  dans  le  sang. — Liehg,  sur  le  méoe 
sujet,  dans  Millon  et  Rei5ET,  Annuaire  de  chimie  pow  1846.  Paris,  1847, 
p.  744. 

(3)  HuENETSU),  Journal  fUr  praki,  Chemie,  1849,  t.  XVI,  p.  306. 

(4)  EsDEiuii,  Sur  la  potasse  du  sang  {Ànnalen  der  Clwmie  umd  Pkarm,i 
1830,  t.  LXXV,p.  150). 


CHàPITRE  IX.   CHLORURE  DE  SODIUM.  175 

CHAPITRE  IX. 

CHLORURE     DE     SODIUM. 

SyDonymie  :  Sel  commun,  sel  martn,  sel  de  cuisine,  muriate  de  soude,  chhr- 
klféraJÊ  êê  êodéum  <m  de  soudêf  soude  mturiatée,  sel  de  gabeUet  m^  tiewme, 

796.  —  Le  sel  marin  se  rencontre  dans  toutes  les  parties 
qui  composent  Torganisme  ;  dans  toutes  les  humeurs,  dans 
tous  les  tissus  deminsolides,  comme  tous  les  solides.  L'émail 
dentaire  seul  en  a  été  jusqu'à  présent  trouvé  dépourvu. 
L'urine  des  agonisants  est  presque  entièrement  dépourvue 
de  sel  marin. 

706.  —  La  masse  de  ce  sel  comparée  à  celle  des  autres 
principes  n'a  pas  été  déterminée. 

On  le  trouve  pendant  toute  la  durée  de  l'existence,  même 
dans  Tovule. 

797. — De  tous  les  principes  immédiats  d'origine  inorgani- 
que, celui-ci  est  le  plus  abondant.  Mais  il  est  à  remarquer  que 
nos  connaissances  sur  les  principes  immédiats,  même  les  plus 
faciles  à  étudier,  sont  si  peu  avancées,  que  le  chlorure  de  po- 
tassium et  le  chlorure  de  sodium  ont  toujours  été  dosés 
ensemble.  Il  en  résulte  que  tous  les  cliiffres  que  nous  donnerons 
comprennent,  à  peu  d'exceptions  près,  la  quantité  réunie  de 
ces  deux  sels.  Pourtant  cette  confusion  n'est  pas  indifiërente, 
lorsqu'on  tient  compte  de  ce  fait,  que  le  chlorure  de  sodium, 
qui  est  contenu  en  grande  quantité  dans  le  sang,  existe  en 
petite  quantité  dans  les  muscles  ;  ceux-ci ,  au  contraire,  con- 
tiennent proportionnellement  beaucoup  de  chlorure  de  potas- 
sium, lequel  est  en  petite  quantité  dans  le  sang. 

Néanmoins,  jusqu'à  ce  que  des  recherches  convenables 
aient  été  faites  sur  ce  sujet,  il  faut  se  contenter  des  maté- 
riaux que  nous  possédons,  en  les  considérant  seulement 
comme  une  approximation  provisoire.  D*après  le  fait  cité 
plus  haut,  il  ne  faut  pas  croire,  avec  M.  Barrai  (1),  qu'on  ne 
commet  pas  une  erreur  très  sensible  en  admettant  que  les 

(i)  Bamal,  loc»  cU.f  18M),  p.  214. 


176  DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIEI.   1**  CLA8SE« 

tissus  dont  le  chlorure  de  sodium  n*a  pas  été  dosé  ont,  sous 
ce  rapport,  la  composition  moyenne  des  autres  tissus  et  hu- 
meurs. Ce  n'est  donc  que  faute  de  mieux,  que  nous  lui  em- 
pruntons les  chiffres  suivants. 

l\  7  a,  ea  moyenDe,  pour  100  par- 
ties du  oorpi  en  poids  : 


Sang 22  J 

Chair  musculaire 39,7 

Os 6,4 

Autres  parties 31,2 

iOO,0 


Pour  1 00  parties  du  corps  en  poids, 

ilya: 

8«l               AutrM  Mb 

marin.             d«  mihI*. 

0,1060 

0,0360 

0,0650 

w 

0,0134 

0,0866 

0,0S36 

0,0556 

0,2680 


0,1782 


Tirant  parti  des  tables  de  M.  Quetelet  sur  le  poids  moyen 
du  corps  aux  différents  âges  (1),  M.  Barrai  obtient,  pour  la 
quantité  de  chlorure  de  sodium. 


Chez  rhorome  : 

AOan 

30  ans 

Accroissement 

Cbei  la  femme  : 

A  0  an 

30  ans 

Accroissement 

Ce  qui  donne,  pour  chaque  kil. 
qui  s^ijoute,  une  addition  de 


Poidi.         8«1  marin. 


kil 

3,20 
68,90 


1^ 
8,6 

184,7 


65,60       176,1 


2,91 
58,45 

55,54 


7,S 
156,6 

148,6 
2.7 


Aotrea  lalt 
dcioada. 


5,7 
122,8 

117,1 

5.4 
104,2 

98,8 
i,7 


798.  —  Les  calculs  faits  par  H.  Barrai,  d'après  les  données 
qu*il  a  puisées  dans  les  travaux  des  physiologistes  et  des 
agronomes.  Tout  conduit  aux  résultats  numériques  suivants: 


100  kilogrammes  de  cheval  contiennent  : 


Sang  obtenu  par  hémor- 

rhagie 

Chair  musculaire 

Os 

Autres  parties 


kil. 

7,0 
57,4 
12,5 
23,1 

100.0 


Sel  marin. 

0,0326 
0,0650 
0,0725 
0,0511 

0,2212 


AatfM  mU 
d«sead«. 

Sr.   • 

0,0123 

• 
0,4740 
0,1461 

0,6324 


(1)  QuETELBT,  Annales  d'hygiène  publique,  1833 ,  t.  X,  p.  5  et  sniv.— Sw* 
l'homme  H  le  développement  de  ses  facultés  ^  ou  Essai  de  phyeituê  HKkdf. 
Paris,  1835,  t.  II,  p.  42. 


Cai.  IX.   SEL  MARIN.   QUANTITÉ   RELATIVE. 

On  a,  ptr  loite,  cbei  un  kii. 

poaltin  da  poids  de . .  51         113  322 

Ghe?aiadalte 487         1077  3081 

Aecrainemeat 436  964  2756 

Ce  liai  doDDe,  pour  cha- 
que kilogr.  ({oi  s*a- 
Joate,  une  augmenta- 
tionde 2^,2  6f'-,3 

Bœuf. 
100  Ulogrammes  de  bœuf  ooDUenneni  : 

Aatroi  tels 
Sel  matio.  de  sonde, 

kil.  fr.  fr. 

Sang  hémorrliagique...  7,4  0,0340  0,0162 

Chair  mnsculaire 62,5  0,0706  i*      » 

Of 6,3  0,0303  0,1959 

Antiet  parlies 23,8  0,0434  0,0602 

100,0  0,1783             0,2783 
Chef  un  boeuf  du  poids 

de 413  736  1149 

Yadie 240  428  365 

Veau 48  86  134 

Accroi«ement  (boeuf). .  •        365  650  1015 

Ce  qpi  fait,  pour  chaque 

kilogr.  qui  s'ajoute  , 

une  augmentation  de 

poidide 1^',8  ir-,8 

Porc, 
100  kilogrammes  de  porc  contiennent  : 

Sel  marin.         Autres  mU 
deionde. 
lui.  §r.  gr. 

Sang  hémorrbagique...  3,6  0,0154  0,0065 

Chair  musculaire 40,  2  0,0400  »        » 

Os 6,  4  0,0042  0,0347 

Autref  parties 49,  8  0,0591  0,0468 

100,  0           0,1187  0,0820 

Goret  nouTeau-né  de. .  •           1,23         1,5  1,0 

Porc  engraissé 125,00      148,3 102,5 

Accroissement 123,77       146,8  101,5 

Ce  qui  dit,  pour  chaque 

kitogr.s*ajouUnt,  une 

augmentation  de 2,1  0,8 

Mouton. 
100  kilogrammes  de  mouton  contiennent  : 

Antres  sels 
Sel  marin.  desonde. 

kiL  gr.  gr. 

Sang  héffiorrhagiqne.  •  •  4,6  0,0049  0,0093 

Chair  musculaire 38,5  0,0440  o      » 

Os 11,7  0,0655  0,496S 

Autres  parties 45,2  0,0942  0,35931 

100,0  0,2684  0.43B^ 


177 


i7S  DES  PRINCIPES  IMUÉblATS  Bli  PARTICtJLlBK .   1**  CLASSE. 

Mouton  de 28i'"  5at^*3  fit i» 

Brebis SO  4i,  6  IS8 

Agneau 10  BO,  8               T9 

Ce  qui  fjilt,  pour  ch«i|iie 

kilogr.  g*aJoutant,  une 

augmenution  de 9|  0  7|9 

799,  —  Nous  avons  dit  que  le  sel  ktiArin  est  en  général 
le  plus  abondant  des  principes  .immédiats  d'origine  inorga- 
nique des  humeurs.  Dans  le  sang  humain,  par  exemple,  il  est 
vis-à-vis  des  autres  sels  solubles  dans  la  proportion  de  3  : 1 
ou  de  2|&  :  1.  Voici,  au  reste,  un  tableau  qui  représente  la 
proportion  en  100  parties  du  sel  marin  dans  les  divers  tissus 
de  l'homme  et  des  animaux.  Les  nombres  de  la  colonne  a 
représentent  la  quantité  de  chlorure  de  sodium  pour  100  par- 
ties de  liquide  ;  6  représente  la  quantité  dans  le  résidu  solide, 
et  c  la  quantité  dans  les  cendres  du  résidu. 

A.  b,  C. 

Sang  d'homme  (Lehmann) 0,421  pm»  |,98Ifi«»ST,641p-"» 

Sang  de  cheval        —        0,510  S,T50        67,105 

Chyle  —        0,531  S,S13         07,884 

Lymphe  (Natie) 0,418  S,846         7S,902 

Sérum  du  Mng  (Naise)...! 0,405  5.200        S9,090 

Sang  de  chat  (Nasse) 0,537  2,826        67,128 

Chyle  (Nasse) 0,710  7,529         62,286 

Lait  de  femme  (Lehmann)  ..•••••.*.«    0,0S7  0,1SS        33,089 

Salive  d*homme  (Lebmann) 0,153        12,988        62,195 

Suc  gastrique  de  chien  (Lehmann) 0,126        12J53        42,039 

Bile  d*homme  (Lehmann) 0.36i  3,353         30,464 

Urine  d*homme  (Lehmabn) 0,332  §,1S7        01,972 

Mucus  (Nasse) 0,583         13,100        10,000 

Sérum  do  sang  (Nasse) 0,460  4,919         58,974 

Sérum  du  pus  (Nasse)... 1,260        11,484        Tl,830 

Exsudation  inflammatoire  de  la  plèvre 

(Scherer) 0,750         10,416         73,529 

Tissu  cancérens  (V.  Auveri) 0,314  6,0i3        69,391 

Humeur  aqueuse  (Berzellus) 1  ,i9  p.  loo 

Humeur  vitrée  (Berzelius) * l^éS      — 

Sueur  humaine  [Anselmino  (1),  Piutti  (2)] •  •  * . .  •  é  * . .  4  %     — 

f  Urine  humaine  {maxttna),  *«*•*»•     0 JiS   p.  100 

—  (mmtifia) .  *  ft .  •  •  •  •     C|940       — 

—  {média) 0,461       — • 

Urine  humaine.  Sel  marin  rendu  en        pr. 

ValenUn(3) {     vingt-quatre  heures  (fiuucmia).  •    19,53 

Urine  humaine.  Sel  marin  rendu  en 

vingt-quatre  heures  (mimmo)..  1,78 
Urine  humaine.  Sel  marin  rendu  en 

vingt-quatre  heures  {média) é  • .  •      S,i4 

(1)   AUSELHINO,  loC,  ci/.,  1827. 

(2)  PiOTTi  dans  Suioii,  Handbuch  der  Angewandien  m$iicimiHkm  Ckmk, 
in-8*,  1S45,  t.  II,  p.  332. 

(3)  Valehtin,  Urhbuch  derphysiol  dfs  Menscheny  în-8»,  1845, 1,  J,  p.  6B2| 


CH.    IX.    SEL   MAUIX.    QUANTITÉ    RELATIVE. 


179 


Urine  d*eDrant  de  huit   ans.   Sel 
marin    rendu    en    vingt-quatre 

heures * 1  à  3  gr. 

Lecanu  (I) •  •  •  ^  Urine  de  vieillard.  Sel  marin  rendu 

en  vingt- quatre  heures 1 ,5  à  4  gr. 

Urine  de  femme.  Sel  marin  rendu 
en  vingt>quatre  heures 2  à  5  gr! 

Urioe  de  (HmUI  (Bouifingault)  (2) 0  J4  p.  1000. 

Urine  dt  pore            —               1 ,28      — 

Urioe  de  mouton  au  régime  du  sel  depuis  quatre  semaines 

(Barrai)   (3) 23,26  p.  litre. 

Urine  de  tidie  (Boussingault} 1,52  p.  1000. 

Urine  do  ^tineaa  (Brande) 8,00  p.  95  gr. 

Liquide  des  ventrkules  céréhraui. .  é 1,05  p.  iOO. 

Ilatjèret  llteles  (4) 3,01  p.  lOOO. 


limlW. 


(Matières  fécales  d'homme  de  vtngt- 
neuf  ans 0,747  p.  1000. 
Matières  fécales  d'homme  de  cin- 
quante-neuf ans é .  k  •  •     0,733      -^ 
.  Matières  fécales  de  femme  de  trente- 

1     deux  ans 1 ,487      — 

f  Matières  fécales   (}>orant    de  six 


ans. 


0,469       — 


\  Excrétions  buccales  et  nasales. . . .     6,508      — 


/  Sang  de  pléthoriquOi  (hommes) ...  3,7  p.  1000. 

.'  —  (liNiimes).  .  .  3,5  — 

[    —  de  phlegmasiOi  (hommes) .. .  3,1  — 

—  —  (femmes).  .  .  3,0  — 

—  de  fièvre  typhoïde 2,9  — 

—  de  fièvre  éphémère 2,7  — 

—  de  pleurésie 3,0  — 

—  de  pneumonie 2,8  — 

Becquerel  et  Rodier  (6).^   —  de  bronchite  aiguë  (hommes).  3,2  — 

—  —  (femmes)  .3,3  — 

—  de  rhumatismes  aigus 3,5  — 

—  de  chlorose 3,1  — 

—  de    tubercules    pulmonaires 
(hommes) 3,3  — 

—  de    tubercules    pulmonaires 
(femmes) 3,1  — 

\  —  de  syphilis  constitutionnelle..  3,4  — 


(1)  Lbcahu,  loç.  cit.f  1839. 

(3)  BooMiMeAULT,  Rtch,  iur  Vurinê  des  herbwom  (Ànn.  da  pkyi,  a<  de 
eMM.,  i«45,  t.  XV,  p.  110). 

(3)  Babial,  loc,   cil,,  1850,  p.  148. 

(4)  BEituiiia,  loe,  cU.^  1837,  i.  iU,  p.  ti38. 

(5)  Babial,  toc.  cU,,  1850,  p.  152. 

(6}  Becquiikl  etRoDiEB,  loc,  dt  y  1844. 


180  DE8   PRINCIPES  IIIIIÉDIATS  EN   PARTICULIER.    1'*  CLASSE. 

'Sang  d'homme. 4,690  p.  100. 

-  de  chiea 4,490  — 

-  de  chat 5,274  — 

-  de  chefai 4,659  — 

-  de  bœuf 4,321  — 

,.                      ,      -  de  veau 4,864  — 

''••^^*' \  —  dechèvre »,1S6  — 

-  de  brebis 4,895  — 

-  de  lapin 4,072  — 

-  de  cochon 4«S87  — 

-  d*oie 4,246  — 

-  de  poule 5,392  — 

Chlorar« 
todiMn. 

^('IfiiicletdeboBur. 17,39  de  cendres  p.  1000.    1,130  p.  100. 

^       —     de  chat. 12,62              —                 0.023  — 

—     de  femme  de  36  ana.  12,26             —                 1,650  — 

M  ^CoBurdechat 10,32             -                  8,135  — 

ÏJ   —    dafemme 8,30             —                 0,443  — 

.g  (  —    d*homme 9,20             —                 0,310  - 

CarUlacea .  Pour  100  parties  de  cendres  (3) 8,231  — 

Os.  Chlonire  de  sodiom  (4) 2,500  p.  1000. 

Tibia.    Chlonire    de    sodium    et 

soode • .     6,100  p.  1000. 

Fémur.   Chlorure  de    sodium   et 

_    ^.     /«>                y     *^^^ ^f^^^  "- 

De  mtn  (5) ^  Péroné.  Chlorure    de  sodium    et 

soude 6,000  — 

Humérus.  Chlonire  de  sodium  et 

soude... 5,900  — 

'liasse  calleuse  d*une  côte  de  che* 

val  ftratche 0,892  p.  100. 

Sa  cendre  fait  52  p.  100  de  la  masse, 

et  donne. 1,700  — 

i  Métatarsien  sain  et  frais  d*un  cbe- 

_.  ,    ^    ,-.                 J     val 1,487  — 

YalentlD  ^«1 ^ga  cendre  fait  65,84  p.  100  de  la 

masse,  et  donne*. 2,260  — 

Eiostose  du  tarse  du  même  dievjl 

fraîche 1,529  — 

Sa  cendre  forme  57,07  de  la  masse, 

et  donne 2,680  — 


(1)  Nassi  dans  Wagrbb,  Handwœrterbuch  der  PhyiMogk,  art.  IMiil, 
Band.,  1842,  gr.  in-8*,  p.  75. 

(2)  Db  Bibba,  Arch.  fiir  Physiol.  Heilkund,  von  Gbibsuioib,  Roan  md 
WuimBBLiCH,  1846,  p.  536-581. 

(3)  Fbommhbbz  et  Gugebt  dans  Bebzelius,  loc,  cii,^  1837,  p.  729. 

(4)  If  ABCBAKD ,   Ldhrbuch  dar  physiologiichen  Chûmi^.    Berite  ,   f 842, 
in-8'. 

(5)  De  Bibba,  Chem.  Unlersuch  ueberdie  Knochen,  1844,  fa-S*. 

(6)  Valentin,  Knochenkranleilen  in  Repertorium  fiir  AntU,  umd  MysM*, 
3'B    1838,  in-8%  p.  294,  300,  307. 


CH.    IX.   SEL   MARIX.   QU.iMTITÉ   RELATIVE.  ISl 

Substance  compacte  fraîche  du  tibia 

d'uQ  homme  de  trente-huit  ans.  0,911  p.  100. 

Gendre  du  même 1,470  — 

Substance  spongieuse  du  même  os 

rirais,  même  sujet 0,140      

Gendre  du  même.  •• 0,750      

Condyle  externe  gauche  du  fémur 

fkais  d*une  fille  de  dix-huit  ans.  0,647  — 

I Gendre  du  même. ..  • 1,440      

'Gondyle  externe  du  fémur  droit 

Valentio. {     carié,  frais,  de  la  même 0,424  — 

iGendre  du  même 0,930      

Tête  du  tibia  gauche  cariée,  ftratche, 

I     de  la  même 1,620  — • 

Gendre  de  la  même 2,980      

Groùte  déposée  autour  d'un  tibia 

carié  frais 5,556  — 

Gendre  de  la  même 13,700  — 

Garie  de  la  colonne  rertébrale  d*un 

Jeune  homme  de  vingt  ans 3,1 57  — 

Gendre  de  la  même 6,190  — 

800«  —  Ainsi,  on  voit  que  la  proportion  de  chlorure  de 
sodium  dans  le  sang  ne  varie  pas  beaucoup  suivant  les 
espèces  animales.  Ainsi ,  l'un  de  nous  (1)  a  fait  l'analyse 
comparée  des  substances  incombustibles  du  sang  d'homme, 
de  bœuf  y  de  mouton,  de  veau,  de  porc  et  de  chien;  le 
chien  ayant  été  nourri  uniquement  avec  de  la  viande  peut 
être  considéré  comme  un  carnivore.  Le  sang  d'homme  est , 
d'après  ces  analyses,  celui  qui  contient  le  plus  de  sel  marin  ; 
vient  ensuite  celui  de  bœuf,  celui  de  veau,  de  mouton,  de 
porc,  et  enfin,  du  chien  nourri  avec  de  la  viande. 

Le  tissu  musculaire  contient  très  peu  de  chlorure  de  so- 
dium. Le  cœur  du  bœuf,  d'après  Braconnot,  n'en  contien- 
drait même  pas  du  tout. 

801  •  — Nous  avons  réuni  dans  le  même  tableau  tout  ce 
qu'on  sait  de  plus  positif  concernant  le  sel  marin,  tant  à  l'état 
normal  qu'à  l'état  morbide.  On  peut  reconnaître  que  le  sel 
marin  n'a  été  dosé  que  pour  un  petit  nombre  des  tissus  et  où 
il  existe.  Cependant  la  généralité  de  sa  distribution  devra  le 
rendra;  plus  important  à  étudier  que  les  autres  principes  d'ori- 
gine inorganique.  C'est  surtout  à  son  égard  qu'il  faudra  cesser 
ce  genre  d'analyse,  placé  si  haut  dans  l'esprit  des  chimistes, 

(t)  VnouL,  Ànn.  dor  Chemi9  und  Pharmacie^  1818,  Bd.  LXIX,  p.  5,  9. 


160  DES   PII1KnPI!8   IHin 


(I)  Hun  itu  Wu;!.r> 
Bind.,  lus,  p.  itt-V.  Il 

{>)  Di  Bu»,  Àfd,.  /. 
Wtmmuci,  1U6,  p.  r>3(i 

(3)  FioMniitet  Gi'crn 

(0  UAKaim,  /«Hi-bii. 
in-8*. 

(5)  Dk  Binjt,  CAcm.  i'nleri 

(6)  VàIMTI»,  KMOCf(fl.tl 

S'B   I83S,  fn-8*,  p.  2yi,  3(if., 


4 


CM»  U.   CARACTÈRES   PHYtilCO-OHIMiQUKS   DU   SEL   MARIN.    188 

est  eommun  i  plus  d*un  principe  immédiat,  et  nous  aurons^ 
i  diverses  reprises,  occasion  d'en  tirer  parti  pour  quelque 
uns  d'entre  eux  ;  i  chaque  instant  il  faut,  dans  la  pratique, 
tenir  compte  de  nombre  de  faits  analogues,  soit  pour  l'ap- 
pUoation  des  caustiques,  soit  pour  l'administration  d'un  mé- 
dicament, n  ^t  dono  important  d'étudier,  pour  chaque  sub- 
staooe  isolément,  les  cas  de  ce  genre.  Si  la  même  chose  ne 
se  passe  pas  d'une  manière  aussi  nette  pour  les  autres  prin- 
cipes ,  cela  tient  à  la  complexité  de  leur  composition  et  aux 
conditions  plus  compliquées  dans  lesquelles  ils  se  trouvent. 
Gela  tient  aussi  à  l'absence  de  réactifs  susceptibles  de  déceler 
aussi  facilement  leur  présence. 

805.  — I«e  sel  marin  conserve  dans  l'économie  les  carac- 
tèrei  de  saveur  qu'il  possède  hors  du  corps  ;  mais  seulement 
ils  sont  plus  ou  moins  masqués  par  la  saveur  d'autres  princi- 
pes. C'est  cependant  celui  de  tous  les  principes  immédiats  peur 
lequel  ces  earaolères  organoleptiques  sont  le  mieux  conservés 
dans  l'organisme,  avec  le  caractère  qu'ils  ont  au  dehors.  C'est 
ainai  que  la  saveur  salée  du  sang,  ou  au  moins  de  son  sérum, 
eat  encore  asse^  manifeste  pour  qu'elle  puisse  servir  à  carac- 
tériser œ  liquide  et  faire  reconnaître  le  principe  auquel  elle 
est  due.  Mais  dans  la  plupart  des  autres  liquides,  on  ne  trouve 
plus  ia  saveur  de  ce  sel ,  ni  même  de  quelque  autre  principe 
que  ce  soilt  C'est  une  saveur  qui  leur  est  propre  qu'ils  ac- 
quièrent, e'est  la  saveur  propre  à  la  substance  organisée  de 
chaque  espèce  de  liquides  et  de  solides  que  l'on  rencontre; 
et  les  caractères  organoleptiques  des  principes  immédiats  qui 
constituent  leur  substance  ne  peuvent  plus  être  appréciés, 
ils  ont  disparu,  et  ce  sont  de  nouveaux  caractères  de  cet  ordre 
qui  apparaissent. 

800.  '«^  Le  sel  marin  a  pour  unique  caractère  d'ordre 
organique  de  concourir  à  constituer  la  substance  organisée. 
Gë  caractère  repose  plus  sur  la  propriété  qu'il  a  de  se  dis- 
soudre datts  Teau  que  sur  toute  autre;  car  il  ne  s'unit  pas 
MX  sublta|l(»s  organiques  comme  les  sels  terreux,  et  il  peut 
facilement  en  être  séparé  par  lixiviation.  Il  prend  part  a  la 


18&   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1'*  CLA88B. 

constitution  des  solides  et  des  liquides,  mais  dans  des  limites 
très  variables,  selon  les  formes  ou  espèces  de  substance  orga- 
nisée, comme  on  peut  le  voir  d'après  les  tableaux  précédents. 

C*est  ainsi  qu'on  en  trouve  trois  à  quatre  fois  autant  dans 
le  sang  que  dans  les  muscles.  II  y  en  a  moins  dans  le  sang 
que  dans  l'urine,  et  tandis  que  la  quantité  contenue  dans  le 
sang  ne  varie  pas  avec  la  nature  des  aliments,  la  proportion 
de  chlorure  de  sodium  de  l'urine  correspond  à  celle  des  ali- 
ments. 

Il  est  probable  que  ce  peu  d'uniformité  dans  sa  distribution 
tient  à  quelque  influence  sur  sa  transmission  au  travers  des 
membranes,  etc.,  de  la  part  de  certaines  espèces  de  substances 
organiques,  comme  la  musculine  dans  les  muscles;  influence 
qui  n'est  plus  la  même  pour  d'autres  sels ,  puisqu'il  y  a  au 
contraire  beaucoup  de  chlorure  de  potassium  dans  ce  tissu. 

Sa  présence  dans  le  sang  et  les  autres  parties  du  corps  est 
une  des  conditions  de  dissolution  de  l'albumine  et  peutrétre 
des  principes  gras  ;  mais  elle  est  surtout,  ainsi  que  nous  le 
verrons  en  étudiant  les  actes  auxquels  il  prend  part  dans 
l'économie,  une  condition  des  phénomènes  physiques  d'en- 
dosmose et  d'exosmose  de  l'eau  plus  ou  moins  chargée  de 
substances  dissoutes  qui  de  l'intestin  passe  dans  le  sang. 

Non  seulement  le  sel  marin  est  une  condition  d'acccmiplis- 
sement  d'actes  physiques  d'endosmose  et  d'exosmose ,  aux- 
quels il  prend  part  et  dont  nous  parlerons  bientôt  ;  mais 
encore  par  le  seul  fait  de  sa  présence  comme  partie  consti- 
tuante de  la  substance  organisée,  il  est  la  condition  d'accom- 
plissement d'actes  d'assimilation  et  de  désassimilation ,  c'est* 
à-dire  de  combinaison  et  de  décombinaison,  auxquels  il  ne 
prend  activement  aucune  part.  C'est  là  un  de  ses  caractères 
d'ordre  organique  dont  nous  devons  traiter  ici.  C'est  sous  ce 
point  de  vue  que  le  sel  marin  a  été  le  plus  étudié  ;  et  pourtant 
il  est  facile  de  voir  que  dès  qu'on  veut  arriver  à  des  faits 
démonstratifs  sinon  précis,  au  moins  un  peu  certains,  on  ne 
trouve  que  beaucoup  de  vague  :  cela  tient  à  ce  qu'on  a  pris 
pour  toute  la  question  une  partie  seulement  du  sujet.  Noos 


CH.  IX.    SEL   MAIUN.  CARATÈHES  D^ORDRE   ORGAKIQLE.      185 

ne  nous  arrêterons  pas  à  discuter  le  nombre  considérable 
d*hypothëses  plus  ou  moins  superficielles  émises  i  ce  sujet , 
telles  que,  par  exemple,  celles  qui  consistent  à  dire  que  c*est 
un  excitateur  des  vaisseaux  absorbants  de  l'intestin  sur  des 
agents  qui  poussent  à  la  création  des  globules,  etc..  (1). 

Nous  adopterons  immédiatement  ce  qui  suit  :  le  sel  marin 
est  rintermédiaire  de  certains  actes  généraux,  et  il  ne  participe 
pas  par  ses  déments  a  la  formation  des  organes  (Liebig). 

<  C'est  ici  le  moment,  dit  Liebig ,  d'aborder  une  question 
que  les  agronomes  ont  essayé  de  résoudre  à  leur  manière  :  je 
veux  parler  de  l'influence  du  sel  dans  l'alimentation  des  bes- 
tiaux. Les  résultats  des  précieuses  expériences  de  M.  Bous- 
singault  me  paraissent,  sous  ce  rapport,  fort  claires  et  fort 
concluantes.  L'addition  du  sel  au  fourrage  n'eut  pas  d'efiet 
sur  la  production  de  la  chair  ou  du  lait  ;  mais,  selon  M.  Bous- 
singault,  elle  parut  exercer  une  action  favorable  sur  l'aspect 
et  sur  la  qualité  des  animaux.  Après  les  premiers  quinze  jours, 
les  2  lots  (chacun  de  3  taureaux)  ne  présentaient  pas  encore 
de  différence  bien  marquée  dans  leur  aspect,  mais  dans  le 
courant  du  mois  suivant  cette  différence  commença  à  devenir 
manifeste,  même  pour  un  œil  peu  exercé.  Chez  les  animaux 
des  2  lots,  le  maniement  indiquait  une  peaufine  et  moelleuse, 
mais  le  poil  des  taureaux  qui  avaient  reçu  du  sel  était  luisant 
et  lisse,  tandis  que  le  poil  des  autres  était  terne  et  rebroussé. 
A  mesure  que  l'expérience  se  prolongeait ,  ces  caractères 
devenaient  plus  tranchés  :  ainsi  les  taureaux  du  2*  lot,  après  , 
avoir  été  privés  de  sel  pendant  une  année,  avaient  un  poil 
ébourriffé,  laissant  apercevoir  çà  et  là  des  places  où  la  peau 
se  trouvait  entièrement  mise  à  nu  ;  ceux  du  1*'  lot  conser- 
vaient au  contraire  l'aspect  des  animaux  de  l'élable  ;  leur 
vivacité  et  les  fréquents  indices  du  besoin  de  saillir  contras- 
taient avec  l'allure  lente  et  la  froideur  de  tempérament  qu'on 
remarquait  chez  le  2<  lot.  Ces  expériences  sont  fort  instruc- 
tives. Chez  les  taureaux  qui  n'avaient  reçu  que  le  sel  contenu 

(I)  PuNJTiCB,  Comptes  rendmdes  séances  de  VÀcad,  dci  «ç.  ^  P^ris,  ^$47, 
t.  XXIU,  p.  368. 


186   DES   PRiNUPKS   IMMÉDIATS   KN   l'ARTICULIKIt.    1"   CLASSB. 

nalurellement  clans  le  fourrage,  cette  quantité  était  insuflS- 
sanle  pour  les  fonctions  de  sécrétions;  il  manquait  ainsi  l'agent 
de  transport  pour  certaines  substances  qui,  en  dehors  du  corps, 
inspirent  de  la  répugnance,  et  dont  le  sang,  la  chair  et  toutes 
les  humeurs  étaient  remplis,  car  le  dehors  de  la  peau  reflète 
rétat  intérieur  du  corps.  Les  autres  taureaux  avaient  reçu, 
par  addition  du  sel  au  fourrage,  le  moyen  indispensable»  dans 
les  circonstances  où  ils  se  trouvaient,  de  résbter  aux  pertur- 
bations causées  dans  Téconomie  par  des  influences  extérieures. 
Le  corps  des  premiers  taureaux ,  sous  le  rapport  de  la  facilité 
avec  laquelle  il  pouvait  contracter  une  maladie,  peut  se  com- 
parer a  un  foyer  rempli  de  matériaux  très  combustibles  et 
auquel  il  ne  manque  qu'une  étincelle  pour  prendre  feu  et  se 
consumer.  L'eflet  du  sel  ne  consiste  pas  à  produire  de  la  chair, 
mais  a  neutraliser  les  conditions  défavorables  i  cette  produc- 
tion, qui  résultent  nécessairement  de  l'état  contre  nature  où 
se  trouve  l'animal  mis  à  l'engrais.  On  ne  saurait  donc  assez 
priser  Futilité  du  sel  dans  ces  circonstances.  Certains  agro- 
nomes interprètent  tout  autrement  les  expériences  précéden- 
tes. Gomme  l'emploi  du  sel  ne  leur  procure  pas  un  bénéfice 
direot,  une  augmentation  de  chair  en  compensation  de  la 
dépense  du  sel,  ils  en  concluent  que  le  sel  est  entièrement 
inutile ,  et  ils  vont  même  jusqu'à  invoquer  ces  expériences 
contre  l'abolition  de  l'impôt  du  sel,  contre  l'abolition  de  Tim- 
pcH  le  plus  odieux,  du  plus  insensé  de  tous  les  impôts.  L'in- 
stinct du  mouton  et  du  bœuf  témoigne  de  plus  de  sagesse  qu'il 
ne  s'en  trouve  souvent  dans  les  conceptions  de  la  créature, 
qui  a  la  singulière  prétention  de  résumer  en  elle  la  bonté  et 
la  sagesse  (1  ) .  > 

Nous  avons  vu  quel  rôle  joue  le  sel  comme  condition 
d'existence  des  globules  et  de  dissolution  de  l'albumine,  fibrine 
et  caséine.  Aussitôt  la  suppression  du  seldesaliments,  arrivent 
des-phénomènes  de  chlorose  même  chez  l'homme,  de  la  lan- 
gueur, faiblesse  et  pâleur,  et,  de  plus,  de  l'œdème. 

(1)  LiiiiG,  KouveiUi  lêUret  lur  la  chinUe,  Irtd.  fr.,  ia-iS.  Paris,  I8SS| 
p.  1S5-187. 


eu.  IX.    8ËL   MAUIN.   CARACTÈRES   D'oRDRE   ORGANIQUE.    187 

Ajoulé  en  certaine  proportion  aux  aliments,  il  excite  Tap- 
pélit,  et  sans  doute  il  détermine  une  plus  abondante  sécrétion 
du  suc  gastrique^  comme  il  le  fait  pour  la  salive ,  puisqu'il 
facilite  la  digestion,  c'est-à-dire  la  dissolution  des  aliments. 
Ce  fait  est  rendu  manifeste  par  cet  autre,  que  la  suppressioi) 
de  ce  principe  laisse  de  la  pesanteur  d'estomac ,  ce  qui  in- 
dique la  lenteur  du  ramollissement  des  substances  ingérées, 
et  certainement  son  accomplissement  imparfait.  D'où ,  par 
conséquent ,  la  pénétration  dans  l'appareil  circulatoire 
d'une  moins  grande  quantité  des  principes  alibile^ ,  des  ali- 
ments qui  sont  alors  entraînés  avec  les  matières  fécales. 
Par  suite,  les  phénomènes  d'assimilation  doivent  s'accomplir 
plus  imparfaitement. 

Ces  faits  doivent  être  plus  manifestes  encore  chez  les  ani- 
maux herbivores.  Ces  êtres  prennent  des  aliments  qui,  même 
a  poids  égal,  contiennent  beaucoup  moins  de  sel  marin  que 
les  viandes.  Or,  connaissant  les  propriétés  dont  jouit  ce  chlo- 
rure» par  rapport  à  l'albumine,  aux  globules  du  sang,  etc.,  il 
n'est»  par  conséquent ,  pas  étonnant  de  les  voir  manifester 
une  vive  appétence  pour  le  sel  marin ,  en  vertu  de  cette  par- 
ticularité de  l'ensemble  de  notre  organisation  qui  nous  fait 
désirer  tout  ce  qui,  étant  nécessaire  à  l'accomplissement  des 
fonctions,  nous  le  fait  rechercher  impérieusement  jusqu'à 
ce  qu'arrive  la  sensation  de  bien-être  et  de  satisfaction,  par 
plénitude  sous  ce  rapport. 

Il  est  un  fait  vulgaire ,  mais  toujours  superQciellement  in- 
terprété» déjà  signalé  plus  haut,  qui  retrouve  ici  sa  place.  Le 
sel»  le  vinaigre  et  une  foule  d'autres  substances  de  haut  goût, 
ont  la  propriété  incontestable  et  reconnue  de  tous,  et  de  plus 
par  les  expérimentateurs,  de  susciter  une  abondante  sécrétion 
de  salive  et  aussi  de  suc  gastrique.  De  là  une  digestion  plus 
rapide»  plus  parfaite»  et,  par  suite,  moins  de  temps  consacré 
au  repos  qu'elle  nécessite  que  chez  les  animaux,  et,  par  suite, 
moins  de  temps  enlevé  au  travail.  Tout  moyen  qui  relève  le 
goût  des  aliments  produit  un  elfet  semblable.  De  là  cette  ap- 
pétence si  naturelle  et  si  motivée  pour  les  substances  de  saveur 


188    DES    miKClPtS   IMMKDIATS    K>    1*AHT1CUL1ER.    1'*   CLASSE. 

ugri^ablc,  pour  loiitcs  celles  dont  l'eau  vient  à  la  bouche;  de 
là  aussi  celle  répugnance  pour  celles  qui,  par  leur  insipidité, 
ne  délerminenl  aucune  sécrélion  salivaire  ellaissenl  la  bouche 
sèche.  De  là  aussi  remploi  de  la  cuisson  pour  relever  le  goût 
des  aliments,  dont  ce  fui  là  certainement  le  premier  motif, 
bien  plus  peut-être  que  pour  les  ramollir,  si  ce  n'est  pour  les 
végétaux.  Si  les  carnivores  préfèrent  la  chair  musculaire  à 
cause  de  sa  tendreté ,  de  sa  facile  dissolution,  et  parce  que , 
par  instinct,  il  sentent  leur  appétit  plus  vite  satisfait  par  elle, 
comme  par  instinct  ils  éprouvent  le  besoin  de  manger  des  os, 
avec  quelle  avidité  ne  se  jettent-ils  pas  sur  le  sang  de  leur 
victime.  Or  chacun  sait  que  de  toutes  les  parties  du  corps, 
c'est  celle  qui  présente  la  saveur  la  plus  marquée ,  bien  plus 
que  les  muscles  que  nous  cuisons  pour  les  rendre  savoureux. 
C'est  aussi  de  toutes  les  parties  du  corps  la  plus  salée,  et  c*est 
à  cela  qu'elle  doit  son  goût  plus  prononcé  ;  car,  à  part  le  foie, 
toutes  les  autres  parties  sont  insipides  ou  à  peu  près.  Cha- 
cun sait  aussi  que  les  aliments  des  herbivores  sont  pour  la 
plupart  au  moins  aussi  insipides  et  dépourvus  du  goût  exci- 
tant que  nous  cherchons  à  développer  de  mille  manières  dans 
les  nôtres,  par  la  cuisson  et  les  condiments.  De  là  moins  d'ex- 
citation des  sécrétions  salivaires  et  gastriques.  De  là  plus  de 
difficulté  pour  digérer  des  aliments  déjà  beaucoup  plus  diffi- 
ciles à  dissoudre  que  ceux  des  carnivores,  et  qui,  pour  nous, 
exigent  la  cuisson  ou  tout  au  moins  des  quantités  de  sel 
et  d'autres  excitants.  Rien  par  conséquent  de  plus  naturel, 
c'est-à-dire  de  plus  en  rapport  avec  les  phénomènes  organiques, 
rien  de  moins  contradictoire,  et  par  suite  de  moins  étonnant, 
que  cette  appétence  des  herbivores  pour  le  sel  marin ,  pour  les 
murs  salpêtres,  pour  l'urine  humaine  et  toutes  les  substances 
salines  qui  ont  la  propriété  de  déterminer  une  sécrélion  abon- 
dante des  glandes  annexées  à  l'intestin.  Si  l'on  joint  à  tout  cela 
celte  propriété  du  sel  marin,  de  faciliter  la  dissolution  des 
substances  azotées  même  en  dehors  des  vaisseaux,  de  dissoudre 
d'autres  sels  qui  jouent  un  rôle  avec  lui  dans  l'organisma 
comme  condition  d'existence,  il  ne  faudra  pas  s'étonner  de 


CH.   IX.   SEL   MARIN.    CARACTÈRES   Ii*ORDRE   ORGANIQUE.    189 

Toirle  sel  marin  améliorer  la  sanlé  et  la  nutrition  des  herbi- 
vores. Il  n'est  pas  étonnant,  par  conséquent,  de  voir  quelques 
agronomes  arriver  à  conclure  de  leurs  expériences,  que  le 
sel  marin,  ajouté  aux  aliments,  tend  à  faire  acquérir  aux  her- 
bivores un  poids  et  un  embonpoint  déterminés  plus  vite  que 
si  on  les  privait  de  ce  condiment.  Ce  résultat,  quoique  réel  et 
s'obtenant  seulement  dans  les  limites  de  temps  qu'on  peut 
attendre  des  phénomènes  de  nutrition,  n*est  pas  aussi  marqué 
que  quelques  uns  Tont  voulu  dire  (1).  Il  ne  faut  pas  plus 
s'exagérer  Tutilité  de  ce  condiment  qu'on  ne  le  fait  pour 
l'homme,  et  il  n'y  a  pas  à  faire  autre  chose  pour  eux  qu'on 
ne  fait  pour  lui,  mais  il  est  indispensable  de  le  faire. 

Pour  se  rendre  compte  de  tous  ces  phénomènes ,  il  serait 
complètement  inutile  de  faire  intervenir  des  théories  basées 
sur  des  réactions  chimiques  que  l'expérience  démontre  ne 
pas  avoir  lieu.  Non  que  les  actions  chimiques  ne  se  passent 
pas  dans  l'économie  comme  au  dehors,  quand  les  conditions 
nécessaires  pour  qu'elles  aient  lieu  se  rencontrent  ;  mais  parce 
qu'en  vertu  de  la  présence  d'un  très  grand  nombre  de  sub- 
stances de  nature  chimique  très  différentes  et  dont  il  faut 
tenir  compte,  le  phénomène  est  autre  que  la  théorie  ne  l'in- 
dique ;  il  est  plus  compliqué  et  exige  d'être  étudié  directe- 
ment, en  lui-même,  en  ce  qu'il  est. 

807.  —  Pour  n'avoir  pas  suQisamment  tenu  compte  de  ce 
-fiait,  que  les  principes  immédiats  se  divisent  en  trois  groupes 
nettement  distincts  par  l'ensemble  de  leurs  caractères  et 
par  le  rôle  qu'ils  remplissent  dans  l'organisme ,  beaucoup 
d'auteurs  ont  été  conduits  à  attribuer  à  plusieurs  d'entre  eux 
une  importance  exagérée.  Comme  conséquence  toute  naturelle, 
il  s'ensuit  qu'ils  en  ont  négligé  plusieurs  qui,  pour  être  moins 
abondants ,  ont  pourtant  une  importance  tout  aussi  réelle. 
Les  uns,  avons-nous  dit,  sont  en  quelque  sorte  une  condition 
d'existence  des  autres  ;  ce  sont  eux  qui  font  que  les  autres 
conservent  l'état  de  liquidité  ou  cet  état  spécial  demi-solide 

(I)  BoussiMGAULT,  Ann.  de  pkys,  et  chim.,  1847,  t.  XIX,  p.  117;  t.  XX, 
p.  1l,el  t.  XXn,  1848,  p.  116. 


ItM)  DBS  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.   1'*  CLASSE. 

que  nous  leur  voyons  dans  Tétre  organisé  et  que  nous  leur 
faisons  perdre  en  les  extrayant  de  Téconomie;  et  nous  leur 
faisons  perdre  cet  état  autant  parce  que  nous  les  déplaçons 
des  conditions  chimiques  dans  lesquelles  ils  étaient,  que  parce 
que  nous  les  plaçons  dans  d*autres  conditions  de  température. 
Or,  sans  cet  état  de  liquidité  ou  demi-solide,  ces  substances 
n^échangent  pas  leurs  éléments  ;  elles  ne  vivent  pas  en  un  mot. 
Il  en  résulte  que  si  les  substances  organiques  sont  la  partie 
essentielle  des  éléments;  si  ce  sont  en  quelque  sorte  les  vrais 
agents  ou  acteurs  des  phénomènes  que  nous  observons  dans 
chaque  élément  anatomique,  flbres,  tubes,  cellules,  etc.,  les 
principes  cristallisables  sont  à  leur  tour,  les  uns  des  ctmdiiioni 
de  cette  action,  les  autres  les  produite  de  l'échange  de  maté- 
riaux entre  les  substances  ci-dessus.  Ceux  qui  sont  les  condi- 
tions d'action  des  autres  se  trouvent  chez  les  végétaux  et  les 
animaux,  et  ils  tirent  leur  origine  du  règne  minéral.  Les  autres 
ne  se  trouvent  que  chez  les  êtres  oh  ils  naissent:  créatine, 
urée,  acide  urique,  etc.;  mais  peut-ôtre,  et  même  très  proba- 
blement, ils  jouent  un  rôle  analogue  aux  précédents.  Tout  en 
étant  rejetés  dès  qu'ils  deviennent  un  peu  trop  abondants, 
tout  en  devenant  alors  plus  ou  moins  nuisibles,  ils  sont  cer- 
tainement nécessaires  aussi  au  maintien  de  cet  état  des  sub- 
stances organiques  (]ui  permet  Taction  des  éléments  qu'elles 
forment.  Mais  ils  le  sont  moins  directement  que  les  principes 
d'origine  minérale.  Il  est,  du  reste,  aussi  impossible  de  con- 
cevoir ces  derniers,  sans  les  substances  organiques,  que  celles- 
ci  sans  les  autres.  Ils  sont  conditions  d'action,  mais  condi- 
tions indispensables  absolument  nécessaires  à  remplir.  Par 
conséquent,  il  n'est  pas  étonnant  de  voir  que  les  principes 
immédiats  d'origine  minérale ,  plus  abondants ,  jouent  un 
grand  rôle  dans  les  phénomènes  physiologiques.  Mais  les 
étudier  à  l'exclusion  des  autres  est  aussi  irrationnel,  pour  ne 
pas  dire  plus,  que  de  ne  pas  les  étudier  du  tout. 

Il  n'est  pas  étonnant  de  voir  que  le  sel  marin,  le  plus  abon- 
dant de  tous  les  principes  immédiats  d*origine  minérale,  joue 
un  plus  grand  rôle  dans  réconoinie  que  les  autres  principes 


eu.   IX.   SEL  MARIN.   SES  CONDITIONS  d'eNTRÉE.         191 

analogues.  De  là  cette  sorte  d*engouement  qui  règne  encore 
à  son  égard,  qui  fait  qu'il  a  été  plus  étudié  que  les  autres 
et  que  son  histoire  est  un  peu  plus  avancée  que  celle  de 
beaucoup  de  principes.  Mais  de  ce  qu*on  Ta  étudié  seul,  de  ce 
qu'on  Ta  étudié  sans  avoir  une  connaissance  préalable  suffi- 
samment nette  de  tous  les  autres  principes ,  il  est  résulté  : 
i^  qu'on  n'est  pas  arrivé  aux  résultats  qu'on  espérait  obtenir 
de  son  emploi  sans  s'astreindi^e  à  d'au  très  conditions,  qui,  pour 
n'ètreque  secondaires,  n'en  étaientpas  moins  indispensables; 
2*  qu'on  n'est  pas  encore  arrivé  à  tous  les  résultats  qu'on 
doit  attendre,  non  pas  de  l'emploi  du  sel,  simplement  donné 
en  plus  grande  quantité  qu'on  ne  le  fait  ordinairement,  mais 
de  l'emploi  de  tous  ou  de  la  plupart  des  principes  immédiats 
inorganiques  et  tirés  du  règne  végétal,  administrés  rationnel- 
lement, c'est-à-dire  en  quantités  proportionnées  et  dans  des 
conditions  extérieures  déterminées. 

808.  —  Nous  avons  cru  devoir  indiquer  précédemment, 
pour  abréger,  ce  qui  concerne  les  particularités  que  peuvent 
offrir  les  caractères  du  sel  marin  étudiés,  quand  il  y  a  lieu, 
dans  leurs  variations  suivant  les  espèces  et  les  états  mor- 
bides ;  il  ne  nous  reste  donc  plus  ici  qu'à  parler  de  ses  con- 
ditions d'entrée  et  de  sortie. 

Le  chlorure  de  sodium,  comme  principe  immédiat,  ne  se 
forme  pas  dans  le  corps  des  animaux;  il  provient  du  monde 
inorganique,  où  il  existe  en  grande  quantité,  et  entre  dans 
l'organisme  animal  par  les  aliments  que  les  animaux  absor- 
bent. 

CheE  l'embryon,  le  sel  marin  tiré  son  origine  de  la  mère, 
d*abord  des  liquides  des  trompes  dont  s'imbibe  l'ovule  en  les 
traversant,  puis  de  ceux  de  l'utérus,  jusqu'à  ce  qu'enfin,  par 
le  placenta,  il  puise  par  endosmose  dans  le  sang  maternel. 

M.  Barrai,  qui  a  analysé  les  aliments  introduits  chacpie 
jour,  est  arrivé  aux  résultats  suivants,  relativement  à  la 
quantité  de  sel  marin  que  nous  introduisons  en  moyenne, 
tant  avec  l'eau,  les  viandes  et  les  aliments  végétaux,  que 
9QU8  forme  de  condiments.    , 


192   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.   1^   CLASSE. 

I.     Homme  de  29  aiu  (hi^er).  0,27  12,29 

U.              —                  (été)...  0,27  5,06 

ni.  EofaDt  de  6  ans 0,25  2,88 

IV.  Homme  de  29  «lU 0,35  6,28 

y.   Femme  de  32  «D8 0,31  8,34 

Il  résulte  des  analyses  de  la  ration  alimentaire  des  princi- 
paux animaux  domestiques,  faites  par  Brunner  et  Valentîn, 
Boussingault,  etc.,  et  réunies  par  M.  Barrai,  qu'il  entre 
chaque  jour  dans  leur  corps  les  quantités  suivantes  de  sel 
marin  : 

Bœaf. 40  grtni. 

Cheval 24 

Porc 2,6 

Ifouton 2,1 

On  comprend,  du  reste,  que  ces  calculs  ne  sont  qu'ap- 
proximatifs, surtout  relativement  aux  animaux  domestiques. 
Les  quantités  varient  beaucoup  chez  Tbomme  suivant  les  ht- 
bitudeSy  et  chez  les  animaux  suivant  la  nature  de  leurs  ali- 
ments. Néanmoins,  dans  l'état  actuel  de  nos  connaissances, 
ils  suffisent  pour  guider  dans  Tétude  de  la  recherche  des  re- 
lations qui  existent  entre  la  quantité  de  sel  qui  entre  et  la 
quantité  rejetée  chaque  jour.  C*est,  du  reste,  le  seul  prin- 
cipe, avec  l'eau,  sur  lequel  de  pareils  essais  aient  été  faits. 

809.  —  Chez  l'embryon,  au  fur  et  a  mesure  de  l'augmen- 
tation du  poids  du  corps,  le  sel  marin  augmente  et  reste 
dans  l'économie  ;  il  est  probable,  par  conséquent,  qu'il  y  en  a 
fort  peu  de  rejeté  au  dehors  pendant  les  premiers  temps  de  la 
vie  intra-utérine.  Pendant  la  vie  fœtale,  il  est  probable  qu'il 
y  a  échange  entre  le  sel  marin  du  jeune  et  celui  de  la  mère, 
mais  toujours  au  profit  du  premier.  U  n'est  pas  douteux 
qu'en  même  temps  une  petite  partie  est  rejetée  dmns  l'anii- 
nios,  dont  le  liquide  provient  des  voies  urinaires  du  fœtus, 
du  moins  lorsqu'il  est  arrivé  à  un  certain  degré  de  dévelop- 
pement. 

Chez  Tadulte,  le  chlorure  de  sodium  qui  s'échappe  chaque 
jour  du  corps  est  rejeté  par  les  matières  fécales»  les  urines, 
les  excrétions  buccales  et  nasales,  et  par  la  sueur.  On  n*a  pas 


CH.   11.   SEL  MARIN.  SON   ISSL'E  DE  L*ÉC0N03IIE.        193 

encore  pu  déterminer  d*une  manière  précise  la  quantité  de 
sel  qui  s*échappe  par  cette  dernière  voie. 

Le  sel  qui  existe  dans  Téconomie  augmente  au  furet  à  me- 
sure des  progrès  de  l'accroissement  de  tout  le  corps  ;  mais  il 
ne  s*en  fixe  pas,  comme  on  peut  dire  que  se  fixe  le  phosphate 
de  chaux  des  os.  Celui  qui  se  trouve  dans  les  tissus  et  les 
humeurs  n'est  que  dissous  avec  l'eau  et  non  combiné ,  fixé 
d*une  manière  invariable.  Il  est  comme  l'eau  une  condition 
d'existence,  et  comme  elle  il  tend  à  s'échapper  et  s'échappe 
dès  qu*il  dépasse  un  certain  degré  de  saturation,  si  l'on  peut 
ainsi  dire.  Celui  qui  entre  chasse  une  quantité  de  ce  sel  cor- 
respondante à  la  sienne  ;  mais  il  ne  se  fixe  pas,  il  est  essen- 
tiellement mobile,  et  comme  l'eau  il  est  en  voie  d'échange 
continuel. 

n  résulterait  des  recherches  de  M.  Barrai  que  chez  l'homme, 
la  femme  et  les  enfants,  il  entre  et  sort  les  quantités  suivantes 
de  sel: 


M  qal  «nlrt 

Miorti 

Sel  iorti  ptr 

8«1  sorti 

Total 

aUiDcnU. 

?•' 

1« 

par  let 

dn  Ml 

If  OB  sorti. 

Torine. 

eicrënumU. 

mnent. 

sorti. 

r« 

r- 

V- 

r« 

P- 

r« 

I. 

12,91 

S,22 

0,10 

o,os 

8,40 

4,51 

n. 

5,33 

6,19 

0,03 

0,08 

8,30 

0,81 

m. 

3,13 

3,21 

0,03 

j> 

3,24 

0,11 

IV. 

6,5S 

5,55 

0,43 

» 

5,68 

0,90 

y. 

S,65 

5,17 

0,05 

» 

5,22 

3,43 

Si  ce  tableau  est  exact ,  il  y  aurait  environ  1/6*  du  sel  in- 
troduit par  les  aliments  qui  n'est  pas  rejeté  par  les  diverses 
¥oies  sur  lesquelles  on  a  pu  directement  expérimenter.  Ce 
n*est  pas  seulement  par  la  transpiration  cutanée  qu'il  a  pu 
s*échapper  ainsi  qu'en  petite  quantité  avec  les  épithéliuros  et 
les  poils.  En  effet,  c  dans  le  sang  de  l'homme  et  des  grani- 
vores ,  le  phosphate  de  potasse  est  toujours  accompagné  de 
sel  marin  ;  or  ces  deux  sels  ne  sauraient  coexister  sans  se 
décomposer  naturellement  en  chlorure  de  potassium  et  en 
phosphate  de  soude.  Lorsqu'on  mélange  une  solution  moyen- 
Mment  concentrée  de  phosphate  de  potasse  avec  une  solution 
de  sel  marin,  et  qu'on  abandonne  au  repos  ce  mélange,  î' 
n.  13 


19&   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.   1^  CLASSE. 

s*y  dépose  l)icntdt  à  froid  de  beaux  cristaux  de  phosi)hate  do 
soude  (1)». 

Ainsi  il  est  déjà  important  de  savoir  approximativetnent 
quel  est  le  mouvement  journalier  du  sel  dans  récôAofflie.  Ces 
faits  SuflAsent  présentement  poui*  nous  rendre  t-ompte  du  rdlc 
(]ue  joue  ce  sel  dans  Téconomie,  d'une  manière  aussi  appro- 
chée que  le  i)ermettent  nos  auireti  connaissances  ànatomi- 
qucs.  En  un  mot,  si  sous  beaucoup  de  rapports  il  sèhût 
nécessaire  de  posséder  des  documents  plus  précis  par  rapport 
au  sel  marin ,  nous  voyons  qu*il  faut  en  dire  autant  pour 
chaque  principe,  et  il  se  peut  qu'une  fois  obtenue,  cette  pré- 
cision ne  soit  pas  plus  utile  que  les  données  approximatives 
précédentes. 

810.—  Gomme  on  n*a  jamais  sur  le  même  animal  comparé 
la  quantité  de  sel  marin  qui  est  introduite  par  les  aliments  à 
celle  qui  est  rejetéc  par  les  diverses  voies,  et  comme  la  quan- 
tité des  substances  tant  introduites  que  rejetées  par  chaque 
animal  varie  considérablement,  selon  mille  circonstances,  on 
ne  saurait  rien  déduire  des  faits  isolés  qu'on  possède  actuel- 
lement. 

Brunner  et  Valentin  ont  pourtant  ohtenu  sur  un  cheval  les 
chiflVes  suivants  : 

Chlorure  de  sodium  des  urines 7,507  48,837 

Excréments 6,550  43,521 

Transpiration  et  excrétions  direrses.        1,150  ^,642 

quantité  à  peu  près  égale  à  la  dose  de  sel  ingérée  chaque 
jour  avec  les  aliments.  M.  Darral  a  vu  que  cheE  le  mouton  il 
y  aurait  chaque  jour  plus  de  sel  rejeté  que  les  aliments  n'en 
contiennent,  dans  la  proportion  de  26,66:26,80;  d'où  il 
faudrait  conclure  qu'il  s  en  forme  dans  l'économie  aux  dé- 
pens d'autres  chlorures»  Les  données  à  cet  égard  sont  trop 
\yeu  nombreuses  pour  en  rien  déduire. 
Il  est  généralement  admis  aussi  que  le  sel  marin  est  la 

(1)  LiniG,  loc,  cit.y  1852,  p.  182,  et  Sur  let  prineipn  dn  li^miém  éê  là 
chair  muKulaire  {Ànn.  dephys.  eldechinu,  1848,  t.  XXHI.p.  1S3). 


CH.  IX.   SEL  MARIN.    ACTES  QU'iL  MANIFESTE.  196 

source  de  la  soude  des  sels  i  base  de  soude ,  qu'on  trouve 
dans  la  bile,  le  sang,  la  salive,  Turine,  etc.;  il  est  par  consé- 
quent possible  qu*on  arrive  un  jour  à  reconnaître  qu'il  entre 
dans  récoDomie  plus  de  sel  marin  qu'il  n'y  en  a  de  rejeté* 

SNi  MUf  qiM  maailetto  U  mI  maria  dans  Vé—nouùm» 

ftil.— Lesel  marin  présente  dans  rorganisme  des  actes  physiques 
d'endosmose  etd^exosmose  ;  de  plus,  il  agit  chimiquement  par  union  mold- 
colaire»  dans  quelques  uns  des  phénomènes  de  dissolution  qui  se  passent 
dans  réeonomle,  pour  la  flbrine,  la  caséine,  etc.  Nous  avons  déjà  dit  qull 
influe  tr^  probablement  sur  les  phénomènes  moléculaires  de  combinai- 
son et  de  décombinaison  continues  qui  caractérisent  la  vie.  En  un  mot.  Il 
est  probable  que  le  sel  marin,  suivant  qu'il  est  plus  ou  moins  abondant  « 
iiforbe  Tassimilation  ou  la  désassimilation  des  substances  organiques  ; 
mdlis  nous  avons  ru  qu'il  ne  prend  aucune  part  active  à  ces  actes,  tandis 
quV  n'en  est  pu  de  même  pour  quelques  autres  principes  de  ceUe  tribu, 
k  phosphate  de  chaux,  par  exemple,  etc. 

Le  sd  marin  qui  existe  dans  les  humeurs  influe  sur  leur  transmis - 
iDiIllté  au  travers  des  membranes.  On  sait  combien  est  facile  la  trans- 
sndatlon  de  Peau  pure  au  travers  des  membranes  animales;  les  dlsso- 
intioas  salines,  au  contraire,  les  traversent  bien  moins  rapidement.  Ce  n'est 
certainement  pu  seulement  à  la  plus  grande  distension  des  vaisseaux  qu'il 
tant  ittribner  Tcedème  qui  survient  quand  on  injecte  de  l'eau  dans  les 
tetnea  des  chiens  ou  autres  animaux,  mais  aussi  &  la  densité  du  sang  qui 
diminue.  U  contient  alors  proportionnellement  moins  de  sels,  et  comme 
le  chlorure  de  sodium  est  le  plus  abondant  de  tous,  c'est  en  faisant 
lliisloire  de  ce  principe  immédiat  que  nous  devons  parler  de  ce  fait, 
quoique  tons  les  autres  principes  salins  Jouent  certainement  un  râle  dans 
k  phénomène.  On  sait  de  plus,  d'après  les  recherches  de  MM.  Gbe- 
Treol  (1)  et  de  Liebig  (2),  que  les  tissus  desséchés  absorbent  beaucoup 
moins  d'ime  solution  de  sd  marin  que  d'eau  distillée  dans  la  proportion 
de  1/3  on  envhxm. 

Outre  ses  propriétés  chimiqoes,  dit  Liebig  (3),  le  tel  marin  possède  un 
cuadère  phfslqne  qui  lui  donne  une  importance  toute  particulière  pour 
ks  fonctions  vitaleSf  les  antres  sels  qui  ont  le  même  caractère  ne  faisant 
fi^ty^n— ii>iif  pQiiit  ptrtie  dM  aliments  de  l'homme  et  des  aaimaax.  Ce 

(A)  OmfBtoi.»  Utc.eU.t  IS24. 

(2)  LiwSv  Rech.  ttir  quelques  inm  te  CQum  du  msuvimmÈ  te  liqMH 
âam$  Vorganitme  ùnimai,  trad.  par  Schnepf,  Paris,  ISiS,  in-8*,  p.  5  et 
salv. 

(3)  Lnme,  hc.cit.^  1622,  p.  1S7-i92. 


196   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.    1**  CLASSE. 

caractère  peul  se  mettre  en  évidence  à  Taidc  d*im  appareil  endounoUque. 
Il  montre  que  Teau  de  puits  passe  vers  Teau  salée,  Peau  pan?re  en  tel 
passe  Ter»  Teau  riche  en  sel,  comme  si  la  pression  extérieure  la  poussait  i 
travers  la  membrane  en  sens  contraire  de  la  pesanteur.  Une  simple  addi- 
tion de  sel  i  Teau  communique  donc  les  propriétés  d^une  pompe  an  tube 
mimi  de  sa  membrane.  Lorsqu*on  ferme  le  tube  avec  une  membrane  très 
mince,  et  qu*après  Tavoir  rempli  i  moitié  de  sang  de  bœuf  défibriné,  on 
le  dispose  comme  précédemment  dans  un  verre  contenant  de  Teaa  chaude 
à  37  ou  38  degrés  centigrades,  on  voit,  au  bout  de  quelques  insunts,  le 
sang  s*élever,  comme  Peau  salée,  Peau  passant  vers  le  sang.  On  peut  s'as- 
surer que  ce  sont  les  sels  du  sérum  qui  ont  une  large  part  dans  cette 
absorption  ;  en  introduisant  dans  le  tube  le  liquide  séparé  par  eipreisioa 
du  sang  coagulé  è  chaud  et  qui  contient  le  sel  marin  et  les  autres  sds  do 
sang,  les  mêmes  phénomènes  se  produisent  alors.  la  faculté  que  possède 
la  membrane  de  faire  insser  Peau  du  c6té  où  se  trouve  le  sel  dépend  coo- 
séquemment  du  sel  ;  lorsque  les  liquides  renferment  des  deux  côtés  la 
même  quantité  de  sel,  il  ne  sViTectue  pas  d*extravasation ;  le  liquide 
s*épan€he  toujoinv  du  côté  où  se  trouve  le  sel ,  et  d'autant  plus  rapide- 
ment, que  la  différence  entre  les  proportions  de  sels  dQ%  deux  liquides  est 
plus  grande.  SI  Pou  ajoute  à  la  solution  de  sel  marin  un  akali  libre,  du 
carbonate  ou  du  phosphate  alcalin,  sa  faculté  d*absorption  en  est  considé- 
rablement augmentée  ;  si  le  liquide  extérieur  est  légèrement  acide  et  que 
Peau  salée  contenue  dans  le  tube  est  alcaline ,  la  pénétration  du  liquide 
acide  vers  celui  qui  est  alcalin  a  lieu  plus  vite.  Ces  expérlencest  continue 
Liebig,  donnent  une  idée  fort  nette  de  Pabsorplion  dans  Péconomie  ani- 
male. L'organisme  réunit ,  en  effet ,  toutes  les  conditions  pour  que  les 
vaisseaux  produisent  à  Paide  du  sang  Peffct  d'une  pompe  aspirante,  sans 
pourtant  qu'il  y  ait  ni  soupape,  ni  pression  mécanique,  ni  canaux  spéciaux 
pour  l'écoulement  des  liquides.  Lorsqu'on  prend  è  Jeun  de  dix  en  dix  mi- 
nutes un  verre  d'eau  de  puits  ordinaire,  où  la  proportion  de  sel  est  Meo 
moindre  que  dans  le  sang,  il  s'évacue  déjà  après  l'ingestion  du  deuxième 
verre  évalué  à  120  grammes,  une  certaine  quantité  d'une  urine  colorée, 
dont  le  volume  est  sensiblement  le  même  que  le  volume  du  premier  vent 
d'eau  ingéré.  Que  Pon  buive  ainsi  vingt  verres,  et  l'on  aura  dix-neuf 
émissions  d'urine,  dont  la  dernière  sera  presque  incolore  et  contiendra  i 
peine  un  peu  plus  de  sel  que  Peau  de  puits.  Si  Pon  fait  la  même  expérience 
avec  de  Peau  de  puits  additionnée  d'une  quantité  de  sel  marin  I  peu  près 
égale  i  celle  que  renferme  le  sang  (0,76  à  i  pour  iOO),  il  ne  se  préienle  pas 
d'évacuation  extraordinaire,  mais  il  n'est  guère  possible  de  prendre  plus  de 
trois  verres  d'une  semblable  eau  sans  éprouver  un  sentiment  de  plénitodei 
de  pression  et  de  pesanteur  dans  Pestomac,  ce  qui  indique  que  Peau,  eos- 
te^nant  une  proportion  de  corps  salins  égale  à  celle  du  sang,  exige  bien 
plus  de  ^ps  P^tir  être  absorbée  par  ]^%  vaisseaux  sanguins.  Knfln»  si 


CH.  IX.    SEL   MARIN.    ACTES  QU  IL   MANIFESTE.  107 

Foii  atile  Teaa  lalée  contenaDt  un  pea  plus  de  sels  que  le  sang,  Il  sVIfec- 
tne  le  eoDtnire  d^ane  absorption,  c^est-à-dlre  une  pargation.  La  heaXié 
des  TsisMaiiz  sanguins  d*absorber  de  Teau  varie  donc  suivant  qu*elle  est 
ploi  on  moins  salée  :  si  Teau  contient  moins  de  sels  que  le  sang,  elle 
aUaorbe  fort  rapidement;  si  elle  en  renferme  autant,  il  se  fait  an  équili- 
bre; ai  elle  en  contient  plus,  elle  n^est  point  rejetée  par  les  reins,  comme 
Peau  peu  salée,  mais  c*est  alors  le  canal  intestinal  qui  Tévacue. 

n  feat,  do  reste,  dans  les  actes  endosmoiiqnes ,  tenir  compte  de  l*ln- 
floenoe  des  tissus  eux-mêmes.  On  sait,  en  effet,  que  les  muscles  contien- 
nent pea  de  chlorure  de  sodium,  tandis  que  le  sang  en  contient  beaucoup, 
et  c^est  rinverse  pour  le  cblorure  de  potassium.  La  solution  saline  qui 
imbibe  les  aliments,  la  substance  organique  qui  en  forme  la  plus  grande 
masse,  ne  sont  plus  les  mêmes  que  dans  le  sang,  ce  qui  modifie  ici  les 
actes  physiques  élémentaires  d^absorption,  mais  ne  contredit  en  rien  Tin- 
flaenee  da  ael  marin  sur  la  transmissibilité  endosmotique  de  Teau  des  ba- 


813*  —  Quoique  les  cbimistes  et  les  physiologistes  niaient  pas  examtaié 
avec  toot  Hnlérét  qu^dles  méritent  les  questions  de  la  solubililé  des  sub- 
stasoet  dans  les  liquides  chargés  de  sels,  on  possède  néanmoins  plusieurs 
fidti  qol  font  ressortir  le  rôle  des  principes  salins  comme  dissolvant  des 
sobslances  organiques.  En  effet,  Palbumine,  par  exemple,  doit  en  partie  sa 
solobiUlédans  les  humeurs  au  sel  marin,  et  celui-ci  influe  d*une  manière 
notable  sar  le  mode  de  coagulation  de  Palbumbie.  Le  sel  marin  peut  dis- 
soudre la  caséine  pure.  Lorsqu*on  rajoute  en  excès  k  du  sang,  il  ralentit 
considérablement  ta  solidification  de  la  fibrine  (1). 

11  liQt  remarquer  encore  que  les  substances  albumineuses  ne  peuvent 
Jamais  être  débarrassées  complètement  par  le  tavage  du  sel  marin,  qui 
est,  pour  ainsi  dire,  oombhié  à  elles;  il  concourt  avec  Talhumine  à  pré- 
venir la  dissolution  des  globales  sanguins.  Ceux-ci  se  dissolvent  dans  une 
solation  concentrée  d^albumine  pure  dans  l'eau  pure;  si,  au  contraire, 
Teso  renferme  seulement  i  pour  100  de  sel  marhi,  les  globules  y  séjour- 
nent sans  s*altérer.  D'autre  part,  dans  une  solution  pure  de  sel  marin  ces 
globules  a*altèrent,  ils  prennent  une  coloration  violette  et  en  même  temps 
deviennent  diffluents,  ils  traversent  le  papier  à  filtre.  Si ,  au  contraire  k 
ce  liquide  on  mêle  une  solution  d*albumine,  les  globules  conservent  leur 
fermeté.  Ainsi  le  phénomène  est  complexe,  et  il  faut  tenir  compte  de  plus 
d*ane  droonstanoe  et  non  d*une  seule.  Ce  n*est  pas  seulement  à  propos  du 
sd  marin  que  nous  aurons  k  reconnaître  des  cas  analogues,  dans  lesqoeta 
on  foit  l'Mkm  stanultanée  et  corrélative  de  deux  ou  plusieurs  principes 
intervenir  dans  tout  phénomène  physiologique,  sans  que  Ton  soit  en  droit 

(1)  Fanicns  dans  Hûn霜rierbuchdûr  PhytMogk,  von  R,  Wagner,  art. 
Vgrimmg^  1845,  t.  II,  p.  677. 


108    DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER,    l^*   CLASSE. 

de  Taltribuer  exduilvement  A  un  seul,  car  tous  Jouent  un  rôle,  C*cit  k 
renaeinble,  c^est  au  toot  qu*il8  rorment,  que  doit  être  attribué  le  phten*- 
mène.  et  c*eit  toqt  au  ploa  ai  quelquefois  on  est  conduit  à  reconnaître  la 
prédominance  d*acUon  de  Pun  d*entre  eux.  Malgré  cela»  néanmolna,  || 
est  indispensabie  de  passer  en  refue  Inaction  spéciale  de  chaque  priac^pe 
pris  isolément,  ne  fût-ce  que  pour  être  conduit  à  reconnaître  nettenmt 
le  fait  précédent  et  |e  rôle  de  cliKun  dans  le  pbénoniène  total.  Ainsi, 
après  avoir  vu  les  anciens  physiologistes  étudier  les  profiriélés  des  hu- 
meurs considérées  en  messe,  comme  si  elles  étaient  simples  oa  du  nsplos 
étaient  loin  d*avoir  la  comi»licatlon  qu^ellea  ont  réellement ,  on  vo(t  les 
chimistes  prendre  à  partie  successivement  tel  ou  tel  principe  immédiat,  et 
vouloir  tout  expliquer  par  leurs  actions  chimiques  directes,  en  b^I- 
geant  Tinfluence  des  autres  principes  avec  lesquels  ils  sont  pitiés. 
Nous  ne  parlons  pas  ici  de  cette  aberration  de  quelques  uns  d^aalre  ens 
qui  consiste  à  vouloir  prendre  non  plus  chaque  principe  immédiat  à  Tei- 
clusion  des  autres  ou  à  peu  près,  mais  bien  leurs  éléments  chlmlqiiei 
même.  Ce  qu*ii  faut  faire  maintenant,  c*est  da  prendre  qne  nsarche  non 
pas  intermédiaire  entre  les  deux  précédentes,  mais  bien  diféreate,  qnsir 
qu*elle  en  dérive  et  doive  être  considérée  comme  ne  ponvanl  ètra  InsUtnée 
tant  que  les  autres  n*avaient  pas  été  essayés.  Cette  marche  eH  celle  qae 
nous  suivons,  qui  consiste  à  poursuivre  chaque  principe  iaoléineBt  partant 
où  il  se  trouve  dans  Téconomie  et  sous  toutes  les  isrmes,  à  en  ëindler  le 
r61e  spécial,  soit  en  le  considérant  absent  de  là  où  il  est  ordiBalremant, 
soit  en  le  considérant  en  excès.  Mais,  fait  uplial ,  nous  ne  conaidérons  es 
travail  que  comme  un  préliminaire,  mais  un  préliminaire  aécassaire, 
c*est-à-dire  à  la  fois  inévitable  et  indispensable,  pour  arriver  à  connaître 
d*une  manière  complète  et  approfondie  le  rAle  de  chacnne  des  parties  da 
corps  sans  en  négliger  une  seule,  ni  la  moindre  de  leurs  condltloM  d*as> 
tion.  Or,  le  nombre  de  recherches  A  foire  pour  remplir  ce  bot  aat  aneare 
immense,  car  en  accomplissant  le  travail  qne  néeasslte  cette  naardM,  sa 
trouve  que  la  plupart  des  bits  A  connaître  sur  chaqne  principe  saat  aneare 
>  trouver. 


Froeédéf  à  iiiîvre  pour  étudier  le  sel  marîsi  dmn§  réecmni^ieu 

813.  —  Une  (bis  qu'il  fait  partie  du  corps  des  apimaux,  qn^il  ttl  devenu 
un  principe  immédiat,  le  sel  marin  est  difficile  ^  extraire  des  dlsfolaitou 
qu'il  forme  avec  les  substances  organiques.  Cepei^dant  c'est  lonjoors  par 
la  criHiallisation  qu*on  peut  le  retirer  et  le  séparer  des  autres  prindpess 
Topera  tion  csl  f<icilitéc  par  la  propri<^td  que  possède  le  sel  marin  de  cris- 
talliser dans  un  liquide  très  chaud,  propriété  que  n'ont  ni  la  créatine  ni 
la  plupart  des  principes  avec  lesquels  le  chlorure  4^  spdiqBi  pearyailllie 


GH.   IX.    StL   MARIN.    SON    EXTRACTION.  ^90 

conlQilda,  Le  niieroscope  esi  ici  d'une  grande  utilité,  car,  au  moyen  de 
cet  ifulmmentt  on  reconnaît  inrailliblcmcnt  le  8el  marin  à  sa  forme  cnbi- 
qqf^;  il  ptiil,  du  reste,  aflecter  les  plus  variées.  Nul  principe  immé^ttne 
pr^Dte,  suivant  les  conditions  de  rapidité  ou  de  lenteur  de  sa  cristalli- 
sation, sulvaqt  la  nature  du  liquide  qui  le  renferme,  un  plus  grand  nombre 
4e  diapositiops  cristallin^.  Véritable  protéc,  il  viendrait  à  chaque  instant 
jeler  le  doute  dans  Tesprit  de  l'observateur  ou  faire  croire  à  quelque  prin- 
cipe Immédiat  oouveau,  si  l'appareil  polarisateur  de  M.  Nachet,  décrit  par 
TuB  de  noqs  (1),  ne  venait  instantanément  faire  disparaître  ce  qui  appar- 
tient an  sel  marin,  e|  lever  ainsi  toute  espèce  d'hésitation. 

Kçns  avpni  vu  précédemment  que  l'emploi  du  microscope  devait  dés* 
orinais  6tre  coQsidéré  comme  indispensable  dans  l'analyse  anatomique 
det  bmnevra  et  danii  l'étude  d^  principes  immédiats  qui  constituent  les 
él^gieRU  analomiques,  )1  nous  (ait  distinguer  les  uns  des  autres,  par  leurs 
iqrRies  cristallines,  des  principes  dont  l'analyse  chimique  n'aurait  pu  nous 
dff^^ter  Tesisfence  k  pause  de  leur  trop  petite  quantité,  que  l'œil  nu  ne 
paomit  apercevoir  «  vu  leur  petit  volume.  Comme  tout  composé  ayant 
une  coQipQfiUQn  eliimique  dilTérente  d'un  autre  cristallise  en  général  d'une 
manière  différente,  il  en  résulte,  ainsi  que  nous  l'avons  vu,  que,  d'après 
la  toffedes  eriataui(,on  peut  conclure  à  la  nature  élémentaire  de  l'espèce. 
Les  viriaiioBfl  de  fumfîguration  peuvent,  avec  un  peu  d'habitude,  être  ra- 
mantes aaaes  exactement  à  la  forme  caractéristique,  en  sorte  qu'on  peut 
mène  Juger  provisoirement»  par  approiimation,  de  la  quantité  propor- 
t|MUielle  du  sel  contenu  dans  un  liquide,  d'après  la  quantité  relative  de 
ses  criHaas  qu'on  trouve  dans  un  résidu  d-ëvaporaiion  sufilsamment  exa- 
miad.  Meis  dans  le  cas  du  sel  marin,  les  modifications  sont  si  nombreuses, 
et  diea  taitent  Isa  formes  d'un  ai  grand  nombre  de  cristaux  d'autres  prin- 
cillas»  que  aans  remploi  du  polarisateur  on  pourrait  être  trompé  quel- 
qin^pti 

Oana  les  eu  ordinaires  d'évaporation ,  par  exemple  lorsqu'il  s'agit 
d'oo  extrait  de  aang  repris  par  l'eau  et  évaporé,  le  sel  iparin  crisuUise 
généralement  en  cubes  assex  petits  (pi.  I,  fig.  i,  g,  g*  g).  C'est  la 
forme  la  plus  aimndanle.  11  s'y  trouve  également  des  prismes  droits  à  base 
carrée,  par  allongement  ou  déformation  du  cube,  tantôt  urès  petits  (</), 
tantôt  aaaex  grne  (n,  a,  c,  d).  1^  forme  figurée  en  e  est  très  rare. 

Ces  cristaux  pourraient  éire  confondus  avec  des  prismes  de  créatine  ; 
cepeadant  lorsqu'on  a  examiné  souvent  ces  substances  comparativement, 
on  remarque  dea  différences.  Elles  portent  principalement  sur  la  transpa- 
rence particulière, sans  réfraction  de  la  lumière  des  cristaux  de  sel  marin, 
ce  qui  leur  donne  un  aspect  particulier,  surtout  à  côté  des  cristaux  régu- 

(I)  Cr.  Robik,  Du  microKope  el  dei  inj^cUons,  etc.  Paris,  1849,  in-S"*, 
l*- part.,  p.  189-1»». 


200   DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.    1'*   CLA88B. 

liers  de  créatioe,  qui  ont  eu  général  un  reflet  blanc,  brillant,  qui  ticit  à 
ce  quMls  réfractent  plus  fortement  la  lumière,  fait  qui  les  rend  moUntriDi- 
parents  que  le  sel  marin.  Il  résulte  de  ces  caractères  un  cachet  spédal 
pour  chaque  espèce  de  principe  cristallisé,  cachet  qui  ne  peut  pas  être 
compris  par  la  seule  lecture  de  Tanalyse  de  chacun  des  caractères  pris 
si^parément,  parce  qu'il  résulte  précisément  de  la  réunion  sur  on  seul  coipa 
de  l'ensemble  de  ces  particularités  qui  frappent  toutes  en  même  temps 
rœil  de  Tanatomiste.  Mais  ils  sont  d'une  grande  utilité  dans  la  pratique, 
une  fois  qu'on  a  vu  assex  d'espèces  cristallines  au  microscope,  pour  prendre 
l'Iiabitude  de  comparer  de  mémoire  ces  aspects,  et  d'en  tenir  compte.  Cv 
on  comprend  que,  malgré  l'impossibilité  oA  se  trouve  le  lecteui^de  saisir 
l'ensemble  de  ces  caractères  après  en  avoir  lu  les  descriptions  séparées,  fis 
ne  sont  pas  moins  réels  pour  l'observateur  qui  les  a  sous  les  yeax  k  chaqoe 
instant  Enfin,  dans  tous  les  cas,  toute  espèce  de  doute  sera  levée  en  eu- 
mlnant  ces  crisuux  à  l'aide  de  l'appareil  polarisateor,'  car  Us  disparaî- 
tront aussitôt  que  le  champ  du  microscope  devient  obscar  ;  ils  s'éteignent 
tout  k  fait  en  même  temps  que  lui  ;  tandis  que  les  cristaux  de  créatine  et 
autres,  qui  ne  cristallisent  pas  dans  les  systèmes  du  premier  type,  restett 
éclairés,  et  souvent  vivement  colorés. 

liC  sel  marin  mélangé  à  d'autres  principes  étant  soluMedansraloool,on 
trouve  dans  le  résidu  d'évaporation  des  extraits  alcooliques  de  beaucoup 
d'analyses  anatomiques,  soit  des  solides,  soit  du  sang,  etc.  Ces  crislaux 
sont  ordinairement  sous  forme  d'octaèdres.  Quelquefois  ces  octaèdres  sont 
(  pi.  I,  fig.  2,  d)  bien  formés,  c'est-à-dire  que  leurs  arêtes  sont  nettes» 
limitent  des  angles  dièdres  bien  aigus.  Dans  ce  cas  il  ont  habltueUemeot 
la  transparence  des  cubes  et  des  prismes  de  chlorure  de  sodium  que  nous 
venons  de  décrire.  Quelquefois,  au  contraire,  ils  ont  pris  une  tdnle  Jau- 
nâtre particulière,  semblable  à  celle  des  cristaux  dont  nous  allons  parler. 

Le  sel  marin  prend  encore  d'autres  formes  dans  les  extraits  akooUqws 
et  éthérés  de  divers  solides  ou  liquides  organiques.  Elles  dériver 
toutes  ou  presque  toutes  de  l'octaèdre  régulier.  Ge  sont,  soit  des  oc- 
taèdres dont  les  arêtes  sont  mousses,  arrondies  (pi.  I,  fig.  2,  c,  e;  fig.  8, 
e,  e),  ou  remplacées  par  une  petite  facette  de  décroissement,  soit  des  oc- 
taèdres dont  les  angles  sommets  sont  tronqués,  ou  bien  dont  tous  les 
angles  sont  tronqués  par  les  facettes  des  cubes  (pi.  I,  fig.  9,  6).  Les 
arêtes  sont  souvent  plus  arrondies  que  ne  le  représentent  nos  planches. 
D'autres  fois  on  trouve  trois,  quatre  ou  un  plus  grand  nombre  dVw- 
taèdres  groupés  (fîg.  2  et  fig.  3,  6,  6,  6,  6)  de  diverses  manièrea.  Enifa^ 
ce  sont  souvent  des  prismes  terminés  en  pyramides  par  les  facettes  d*nn 
liémi-ocuèdre  (fig.  3,  c,  c,  c).  ils  peuvent  être  isolés  ou  diversettCBt 
groupés  entre  eux  ou  avec  des  octaèdres.  Leur  volume  est  très  TarlaUe. 
Ces  prismes  out  souvent  leurs  faces  cannelées,  et  quelquefois  lenn  aréies 
sont  recouvertes  de  pointes  octaédriques,  ou  même  d*antrea  très  pattu 


CH.  IX.    SEL   MARIN.    SA   CRISTALLISATION.  HISTORIQUE.    20i 

prtaics  minces.  Ces  prismes  cannelés  (fig.  3,  d,  d,  d,  d,  d)  peut ent  être 
aiaet  Ipngs  et  aatez  minces  pour  recevoir  le  nom  d'aiguiUei.  En  se  groa- 
pint  ensemble  ou  avec  des  octaèdres,  ils  forment  des  groupements  en 
dendritesi  ou  arborescents,  mais  peu  considérables.  Habituellement  ces 
crislanx  ont  pris  une  teinte  jaune  d*ambre  plus  ou  moins  prononcée,  et 
réfractent  asseï  fortement  la  lumière  pour  se  rapprocher  un  peu  par  leur 
aspect  de  la  coloration  des  corps  gras.  Mais  Tappareil  polarisateur  montre 
qu'ils  s^éteignentdans  la  lumière  polarisée,  tandis  que  les  corps  gras  la  co- 
lorenL  Cet  appareil  est  nécessaire  pour  les  bien  distinguer  des  autres 
«qpèccs.  La  forme  tétraédrique,ou  en  hémi-octaèdre  régulier,  n^est  pas  rare 
dus  les  cristaox  de  sel  marin  qui  se  sont  formés  en  présence  des  matières 
albamlnenses,ou  dans  les  extraits  alcooliques  et  éthérés  du  sang.  Ces  cris- 
taux peuvent  être  tout  à  fait  réguliers  ou  avoir  leurs  angles  et  leurs  arêtes 
remplacés  par  des  facettes  de  décroissement  (pi.  I,  fig.  2,  e).  Ces  cris- 
taux, comme  les  antres,  prennent  généralement  la  teinte  du  liquide  dans 
lequel  ib  se  sont  déposés. 

Suivant  qn*il  s'agit  d'un  extrait  de  sang,  d'urine,  etc.,  de  tel  animal  on 
de  td  antre,  on  voit  prédominer  telle  ou  telle  forme  dérivant  de  la  forme 
type.  Ainsi  ces  formes  tétraédriqnes  et  leurs  dérivations,  qui  sont  com- 
munes dans  le  sang  évaporé,  surtout  quand  on  ne  Ta  pas  privé  de  ses 
principes  azotés,  ou  dans  son  extrait  alcoolique,  ne  se  voient  pas  dans 
l'urine.  Il  est  très  important  de  tenir  compte  de  la  présence  des  substances 
orgnniques  dans  les  liquides  où  s'opère  la  cristallisation.  Elles  influent 
beaucoup  sur  la  lenteur  ou  la  rapidité  delà  formation  des  cristaux,  qu'elles 
semblent  généralement  favoriser,  sur  la  prédominance  de  telle  ou  telle 
forme  dérivée  du  type,  et  sur  les  changements  qui  surviennent  dans  la 
forme  et  le  volume  de  cristaux  déjà  formés,  quand  on  vient  à  les  aban- 
donner quelque  temps  à  eux-mêmes. 

11  fout  savoir  que  tous  les  extraits  dont  nous  venons  de  parier  sont  très 
déliquescents,  en  sorte  qu'au  bout  de  quelques  heures  d'exposition  à  l'air 
on  ne  peut  plus  y  retrouver  ces  cristaux  qui  se  sont  dissous  en  totalité  ou 
en  partie.  D'autres  fois  les  cristaux  cubiques  ou  octaédriques,  etc.,  ont 
disparu  en  partie  ou  en  totalité,  et  ont  été  remplacés  par  des  amas  den- 
dritiques  variés.  Gela  est  commun  à  beaucoup  des  principes  qui  cristalli- 
sent en  présence  de  plusieurs  autres  corps  dans  un  extrait,  siu'tout  quand 
il  s'y  trouve  encore  des  principes  azotés  non  cristalUsables. 

Hiftorii|ae. 

8iA.  —  Le  sel  marin  a  été  reconnu  dans  les  humeurs,  surtout  depuis 
très  longtemps,  mais  sans  qu'on  ait  songé  k  doser  la  quantité  contenue 
dans  chacune  d'elles,  faute  de  moyens  sufllsamment  exacts  pour  l'appré- 
cier. Pourtant»  dès  i69S|.  Vicuaseno  çssaya,  par  un  grand  nombre  d'iîbais 


202   DES   l*iilN(:n*KS   latMÉDIATt»   KM   PAKTICULIBR.    1'*   CLA88B. 

nalurellement  plus  ou  moins  défectueux,  à  donner  les  proporUoi»  des 
sels  fixes  et  volatils  qui  se  trouvent  dans  le  sang  (i).  Déjà  k  cett*  tfMvt 
la  préseueA  de  ce  ael  dans  les  humeurs  était  connue,  et  e*est  k  lai  qa^ 
attribuait  ce  que  l'on  appelait  Tacide  du  sang,  que  Vieussens  croit  être  m 
principe  propre.  Après  Vieussens,  la  plupart  des  chimistes  qqi  analysèrent 
les  humeurs  notèrent  la  présence  du  sel  marin  dans  Téconomle  :  tels  toot 
Thomas  Scbwenckedans  son  Hématologie  (2),  Haller  qui  en  signale  dans  le 
liquide  aipniotique  (3)  ;  mais,  pour  arriver  à  trouver  quelques  résultats 
utiles  à  connaître  dans  tous  ces  travaux,  il  faut  arriver  k  Fonrcroy  et  I 
V^uquelhi  {k)t  qui  trouvèrent  que  les  larmes  et  Thumeur  des  marinea  ooii- 
ti^nnent  du  sel  marin  mélangé  à  d'autres  substances;  puis  à  ceux  de 
M.  Thénard,  qui  en  démontra  Texlstence  dans  la  sueur  (5). 

Berxclitts  (6)  a  analysé  le  sérum  du  sang  et  la  sécrétion  uriBalrf  ;  fl 
constate  dans  ces  deux  humeurs  la  présence  du  chlorure  de  aodioBB.  )la^ 
cet  (7)  #  constaté  la  présence  du  sel  marin  dans  les  fluides  de  Phydrora- 
chis,  de  rhydroc(^pha1c,  de  rhydropéricardc,  de  Thydrothorax  et  de  Thy- 
dropi<i8  ascite.  Henry  fils  (8)  a  trouvé  des  traces  de  ael  marin  dans  un 
calcul  salivaire  d'un  cheval,  llerberger  (0)  en  trouva  dans  le  lait  de  femme; 
Simon  (iO)  dans  du  pua  provenant  d'une  glande  lymphatique  engorgée  d*nn 
cheval.  Marchand  (ti)  a  trouvé  dans  une  concrétion  provenant  da  l'articu- 
l^Mofidu  geoûn  iU  pour  100  de  sel  marin.  Valentin  (13)  obtint  d'une  croAtc 
exsudatoire  formée  autour  d'un  tibia  atteint  de  carie  131/2  pour  100 
de  sel  marint  II»  Nasse  a  constaté  la  présence  du  sel  marin  dans  le  mu- 
cus, le  sang,  le  cliyle,  le  lait  et  la  salive  d'homme  ;  il  a  analysé  de  phis 
le  sang  et  le  chyle  de  cliat,  le  chyle  et  la  lymphe  de  cheval.  Dans  toutes 
ces  humeurs,  U  constate  la  présence  du  sel  marin,  et  en  détermine  la 


(1)  YiEus^CKf,  Disiertation  touchant  l'extraction  du  sel  acide  du  w/mg. 
Montpellier,  1698,  in-8*. —  Traité  des  liqueurs  du  corps  humain.  Toulouse, 
1715,  In-r. 

(2)  Tbovas  Scbwejicke,  Hœmatologia,  in-S".  Hag«,  1743. 

(3)  FooRCiOT,  Syst.  des  conn.  chimiques,  an  ix,  t.  X,  p.  78. 

(4)  FooBCBOT  et  Vauquiuii,  Bxamen  chimiq^tê  des  larmes  et  ds  Vhumeur 
dês  naréneSf  1791,  dans  Obi.  sur  la  phys,,  par  Tabbé  Rosier,  i.  XUIX, 
p.  254. 

(.%)  Tbéxabd,  Mém,  sur  l'anal,  de  la  sueur ,  etc.  (Joum,  di^  wé^t  1806, 
t.  XXVIÎ,  p.  382). 

(6)  Beuzelius,  Uhrh.  d.  Chem.,  Bd.  9,  f.  98,  1807, 

(7)  Mabcet,  Joum,  de  méd.,  1811,  t.  LVI,  p.  73. 

(8)  Henby  fils,  Joum.  depharm.,  182G,  t.  XI,  p.  465. 

(9)  Herbebger,  Joum.  fur  prakt.  Chemie^  1835,  t.  VI,  p.  279. 

(10)  SivoK,  Handb.  der  med.  Chemie,  18i0,  1. 1,  p.  3i0. 

(11)  Mabcbakd,  Jmirn.  fUr  prakt.  Chemie,  1842,  t.  XXVII,  p.  95. 
(13)  VALurmi,  Valentin  Hepertarium  fiàr  Anatomief  1838,  in-8%  p.40|. 


en.   X.   CHLORURE  DE  POTASSIUM.  lOS 

goBillM.  Proal  (1)  t  troufé  dans  le  suc  gaitiique  d'homme  da  ael  marin. 
VWRberi  ^  Gugert  (3)  tro^iTent  dwi  U  cendr«  dM  cartUagts  coHaqi 
d*an  homme  de  vingt  ans  8»23  pour  IQO  de  sel  iparin.  Yogt  (Q)  a  analjTOA 
Tciu  de  ]>mni08  de  deiu^  femmes  mortes  pendant  leur  grosse^s^,  et 
tronva  da  sel  marin  dans  ces  deux  humeurs  en  assez  grande  quantité. 
9taKm  (A)  •  constaté  dans  le  cristallhi  de  roeO  du  cheval  et  du  boeuf  la 
IvéBiQco  dn  ael  marin.  Haldlen  a  trouvé  de  0,0il4  à  0,034  pour  100  da 
ad  narlQ  ifm  Mt  de  vache  (5), 

pepuiSi  C|^  r^ultiitf  pnt  éi(  confirma  Pfir  u{i  pimd  aoml^re  d^jm^ys^ 
et  ^  recherches^  ei|  sorte  que  {'{liçtçire  des  différentes  découvertes  faitef 
sur  lesd  marin  se  confond  avec  toutes  les  autres  recherches,  et  ne  pré-: 
sente  rien  de  particulier  à  noter.  Nous  devons  remarquer  cependant,  rela- 
tivement aia  (ignres  qui  en  ont  été  données,  que  Golding  Bird  a  représenté 
kagroaptmenli  du  aiguilles  disposés  en  dendriles.  mais  ses  Agures  na 
sont  pa»  hquiof  W*  h^  figum  do  Uarting,  quoique  manqMOt  de  cachet 
«nOlQPMqnOi  8qq(  meilleDre^  (7).  Frick  n'fi  fi^prf  qte  lu  y^rkitt  oçtM4ri^ 
que  des  cristaux  de  ce  principe  (8). 


CHAPITRE  X. 

CBLOBCRE  DE  POTASSIUM. 

Sjnonjmie  :  SM  fébrifuge  de  Sylvlus,  mwiate  de  po/osis,  potaste  mmifSée, 

kyérocMorate  et  chhrhyérate  de  poUuee. 

8i&»  irr-  Ce  principe  se  renoontre  dans  le  lait ,  dans  les 
«uadefli  le  foie,  le  liquide  cérébro-raohidien ,  dans  le  liquide 
dei  hydroeéphales,  le  liquide  rejeté  par  les  cholériques,  le 


(1)  Iteor,  mi.  irtmi.,  1004,  p.  I. 

I?)  IfmfBm  f t  GOWT»  aGHWxiSGU>  fo^m^l,  182»,  B4.  90,  p.  187. 

(3)  G.  To^,  Verfilti^ifinde  Unf^SHchunf,  sweier  AtmnU^-flussigkeHen  aus 
VenOMen  Perioden  des  Fœhu  LOms  {Ârch.  die  PhytMogie,  von  J.  Moller, 
1837,  t.  lY,  p.  69). 

(4)  Siiçii,  OiaAiicft  (isr  mad.  Ckmifi»  184Û,  t,  h  P-  TG. 

(5)  HAiDLOf,  Ânnalender  Chem,  undPharm.,  1843,  t.  XLV,  p.  263. 

(6)  GoLDiRG  BiBD,  Urinary  deposUs,  their  diagnosis^  palhology  and  thera- 
gf^icaHMicQti^mf.  liQndon,  1846,  in-lj,  fi^.4,  p. 5. -Ce  Utre  de  Touvrage 
de  Golding  Bird  doit  être  placé  aussi  1. 1,  p.  708  (2),  ùh  par  erreur  en  a  ét^ 
mis  un  autre. 

(7)  Hj^TUfo,  Hçt  Microskoùp  deszefs  Gébrwk  ;  Gpschiedenis  en  Tegen  woor- 
dige  ioestand.  Utrecht,  1848,  vol.  IH,  pi.  Il,  fig.  46. 

(8)  FaiCKf  Benal  ogèaUms,  their  d^âgnoM,  and  foihdogjf.  Ptilla^elphia, 
1850,  in-8*,  flg.  3,  n*  6. 


20i    DES   PRINCIFKS   IMMÉDIATS   EN    PARTICULldl.    1'*   CLASSE. 

chyle  de  cheval,  le  sang,  les  mucosités  nasales,  la  salÎYe, 
la  bile,  le  suc  gastrique  et  dans  l'urine;  ce  sont  les  seules 
parties  du  corps  oi!i  sa  présence  ait  été  signalée. 

816.  —  Suivant  les  espèces  animales  il  existe  de  7,71  i 
9,80  pour  100  de  matières  incombustibles  dans  la  chair  muscu* 
laire.  Stafiel  indique,  pour  100  parties  de  cendre  de  chair 
de  veau,  10,686  de  chlorure  de  sodium  et  7,A9A  dans  celle 
de  bœuf;  il  n'y  a  pas  de  chlorure  de  potassium  dans  celle 
du  premier,  et  il  n'y  en  a  que  &,01i  dans  celle  du  second  (1). 
Les  recherches  de  Liebig  et  de  ses  élèves  en  indiquent  une 
plus  forte  proportion.  En  effet,  Keller  a  trouvé  1&,81  pour  100 
de  chlorure  de  potassium  dans  les  cendres  de  la  viacde  (2). 

Ces  chiffres  donnent  en  conséquence  à  peu  près  de  0,à 
(Staffel)  à  1  pour  100  (Keller)  de  chlorure  de  potassium  dans 
la  chair  musculaire. 

M.  Braconnot  indique  dans  le  foie  de  bœuf  0,0i  pour  100 
de  chlorure  de  potassium  sans  indice  de  sel  marin  (S). 

Nous  avons  constaté  sa  présence  dans  l'urine  de  l'homme, 
mais  sans  pouvoir  encore  en  déterminer  la  quantité. 

M.  Braconnot  est  le  seul  auteur  qui  ait  encore  signalé  la 
présence  du  chlorure  de  potassium  dans  l'urine  des  animaux. 
Ses  analyses  ont  porté  sur  celles  du  veau  et  celles  du  mouton. 
Il  a  trouvé  dans  la  première  8,22  pour  1000  de  chlorure  de 
potassium  (i).  Chez  un  mouton  n'étant  pas  soumis  au  régime 
du  sel  marin,  il  a  trouvé  6,13  de  chlorure  de  potassium 
pour  1000,  et  pas  de  chlorure  de  sodium  sur  le  même  animal 
auquel  on  donnait  16  grammes  de  sel  marin  par  jour.  Au 
bout  d'une  semaine,  on  trouva  6,20  pour  1000  de  chlorure  de 
potassium  et  23,26  de  chlorure  de  sodium. 

Il  existe  dans  le  lait  une  assez  grande  proportion  de  cUo- 


(i)  Staffil,  Analyte  dn  cenâret  de  la  chair  de  b(mêf^d$vêtm{Arék»éit 
Pharm.,  1850,  t.  XLIV.  p.  158). 

(2)  KcLLBi  dans  LiutG,  toc.  cit.,  1851,  p.  209. 

(3)  BiAcoimoT,  Anal,  eu  f oh  de  homf  [Ann.  de  phyi,  et  de  eMn.,  ISIS, 
t.  X,  p.  198). 

(4)  BiACOiiiiOT,  i4fifi.  dephys,  ei  de  chim,,  1817,  t.  XX,  p.  844. 


CH.  X.  QUANTITÉ  DE  CHLORURE  DE  POTASSIUM.    SOS 

rurede  potassium.  Berzelius  en  a  trouvé  1,70  pour  1000  dans 
le  lait  de  vache  écrémé  (1).  Haidlen  (2)  a  trouvé,  pour  100 
parties  de  lait  de  vache,  0,lii  de  chlorure  de  potassium  dans 
un  cas  et  0,183  dans  un  autre.  Enfin ,  celles  de  Pfaff  et 
Sdiwartz  ont  donné  0,186  pour  le  lait  de  vache  et  0,080 
pour  celui  de  femme  (8).  Berzelius  en  a  signalé  dans  les  mu- 
coeités  nasales  et  Prout  dans  le  suc  gastrique,  mais  les  pro- 
portions n'ont  pas  été  déterminées.  Tiedemann ,  Gmelin  et 
Wright  qui  ont  signalé  la  présence  de  ce  sel  dans  la  salive  (A), 
M.Thénard(6),qui  en  a  trouvé  dans  la  bile,  n'ont  pu  en  détèr- 
miner  la  quantité;  il  en  est  de  même  de  Vauquelin,  qui  en  a 
signalé  aussi  dans  le  chyle  du  cheval  (6).  Les  auteurs  qui 
ont  trouvé  du  chlorure  de  potassium  dans  le  sang,  tels  que 
O'Shaughnessy  chez  un  cholérique  (7) ,  MM.  Lecanu  (8), 
Dumas  (0),  n'en  ont  pas  indiqué  la  quantité,  ou  bien  l'ont 
confondue  avec  celle  du  sel  marin. 

Margraff  (10),  qui  le  premier  en  a  trouvé  dans  l'urine  de 
vache  et  dans  la  sueur  humaine,  n'en  a  pas  apprécié  la  quan- 
tité. Vauquelin  en  a  trouvé  (11)  aussi  dans  Turine  du  cheval , 
des  lapins  et  des  cochons  d'Inde.  Ce  sont  les  seuls  auteurs 
qui  aient  signalé  jusqu'à  présent  l'existence  du  chlorure  de 

(i)  Bcniiius,  Sêcomde  iuiie  du  mémoirw  swr  la  amposUUm  dn  /Mira 
OTiWflMg  {Anm.  de  cMmî«,  lSt4,  t.  LXXXIX,  p.  20). 
(a)  Haiouk  Anmëlm  dêr  Ckemie  md  Fharm,,  iS43,  t.  XLV,  p.  26S. 

(3)  Dins  SuiOM,  Diê  FraitennUIch  nach  irhem  Chem.  wnd  Pharm.  VerhaUm^ 
ia-r.  Beriin,  1S3S. 

(4)  TiUNBiâiiii  etGviLni,  RêGherehei  ea^périmenUUet,  physiologiques  al  c^ 
fmjmt  mr  la  digMlkm. Pttii,  iS27.—Ei Wmobt,  The  Lancei.  London,  IS4S. 

(5)  TiÉRAiD,  Mém,  de  la  Soc.  d'ArcueU.  Paris,  iSO^,  t.  I,  p.  113. 

(6)  Yauquiuii,  Jnclyie  du  ckyle  de  cheval  {Ann,  de  chim,  ,1812,  l.  LXXXI, 
p.  113). 

(7)  O'Sbadghhimt  dâDa  Dumas,  TraUé  à»  chimie,  1846,  t.  Vin,  p.  520, 
Sam  ms  cbolériquis. 

(8)  Lkaiu,  ttmdet  chimiitues  iur  le  eang  humain  {Atm.  dephys,  el  de  Mm, , 

lasi,  I.  Lxvn,  p.  54). 

(9)  DvMAf,  TraUédê  ehknie,  1846,  t.  VIII,  p.  499. 

(iO)  MAMAAFr,  OBuores  chimiques,  Berlin,  1768,  l.  II,  p.  179. 

(1 1)  Vaoqvel»  dans  Fouictor,  Système  des  eonnaissanees  chimiques,  ao  ix, 
t.  Xt  p.  188.  —  Analyse  comparée  de  Vurine  de  divers  anêmanêx  {Ann,  êe 
dWm.,  181  S,  t.  LXXXn,  p.  197). 


200   DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER,   l'*  CLASSE. 

potassium  dans  ce  liquide  ;  mais  comme  il  y  en  a  dans  le 
gang  et  que  rien  ne  contredit  la  possibilité  du  fait,  il  Mt  i 
croire  que  leurs  observations  sont  exactes.  Gepmdànt  11  M 
faut  pas  omettre  d'observer  que  l'histoire  de  ce  principe  im« 
médiat  serait  à  refaire  avec  les  procédés  actuels  d'ahalysej 
car,  malgré  son  analogie  avec  le  chlorure  de  sodiunl,  ION 
abondance  dans  les  muscles,  sa  petite  quantité  datis  le  ttn(^, 
portent  à  faire  croire  qu'une  fois  son  histoire  {kiursuivii 
dans  toutes  les  parties  du  corps,  avec  le  même  soin  qu*Oh  )*à 
fait  pour  le  sel  marin,  il  en  résulterait  un  progrès  pouf  ndl 
connaissances  sur  la  constitution  des  humeurs. 

817.  —  Ce  principe  est  à  l'état  liquide  dans  les  tnuselei, 
le  sang  et  l'urine.  Il  est,  avec  le  chlorure  de  sodium  M  les 
sulfates  alcalins,  une  des  parties  constituantes  du  séfum  tttl- 
guinet  de  la  partie  liquide  que  Ton  peut  exprimer  des  WM* 
clés  en  les  écrasant.  Il  est,  comme  eux,  direclemetit  disMUs 
dans  l'eau,  vu  sa  grande  solubilité,  et  sert  san^  doute  ft  tenir 
en  dissolution  d'autres  principes  moins  solubles.  de  que  nous 
avons  dit  du  sel  marin  relativement  à  l'étal  dans  letiuel  il  se 
trouve  dans  l'économie  s*applique  aussi  à  ee  principe,  Car  il 
n*est  pas,  comme  les  phosphates  terreux,  fixé  aul  substancei 
organiques,  et  il  peut  être  enlevé  par  la  lixivialion  et  par  l'é- 
bullition. 

818.  —  Gomme  le  chlorure  de  sodium,  comme  le  chloriiy' 
drate  d'ammoniaque,  il  conserve  dans  Téconomie  toutes  les 
réactions  caractéristiques  des  chlorures  qui  sont  propres  à  ces 
différents  sels  mis  au  contact  des  réactifs.  Gomme  eux,  par 
conséquent,  il  peut  intervenir  en  raison  de  ce  fait  dans  les 
actes  chimiques  qui  se  passent  lors  de  l'application  d'un  caus- 
tique ou  d'un  autre  médicament.  Il  est  donc  nécessaire  de 
tenir  compte  de  sa  présence,  quoique,  vu  sa  petite  quantité, 
il  ait  moins  d'importance  que  les  autres  principes  analogues. 

819.  —  Relativement  à  la  manière  dont  ce  principe  con- 
court à  former  la  substance  du  corps,  ce  que  nous  avons  dit 
du  chlorure  de  sodium  devrait  être  répété  ici,  d'après  Tana- 
logic  qui  existe  entre  ces  deux  sels.  Il  en  est  de  même  poaf 


GH.   X.   CHLOnURE  DE  POTASSIUM.  ÉTAT.  EXTRACTIOK.     207 

ce  qui  concerne  son  issue  hors  de  l'économie  ;  quant  à  son 
origine,  nous  avons  vu  que,  d*aprës  Liebig,  dans  le  sang  de 
rhomme  et  des  granivores,  le  phosphate  de  potasse  est  tou- 
jours accompagné  de  sel  marin  ;  or,  ces  deux  sels  peuvent  se 
décomposer  mutuellement  en  chlorure  de  potassium  et  pho»- 
)^te  de  toude.  De  plus,  nous  introduisons  ce  principe  AAiïè 
Id  cDrl^â  en  m&ngeant  de  la  chair. 

Aucune  recherche  spéciale  n'a,  du  reste,  été  faite  à  cet 
égard,  si  ce  n'est  celles  de  MM.  Braconnot  et  Ikurier,  qui 
•ur  des  moutons  recevant  15  grammes  de  chlorure  de  sodium 
par  joor^  n*Ont  trouvé  que  du  chlorure  de  potassium  dans 
l*Uriné,  Cd  qui  indique  que  ce  sel  s'est  formé  dans  Torganisme 
par  des  actes  de  double  décomposition  ;  mais  ces  recherches 
ont  été  restreintes  à  cette  seule  espèce  animale,  et  l'on  ne 
peut  faire  encore  autre  chose  que  signaler  le  fait  (l)i 

8â0.  —  bn  ne  peut  rien  dire  de  plus'qué  pour  le  sel  marin  concernant 
le  rôle  que  Joue  dans  l*éconoinie  le  dilorure  de  potassium  ;  cependant  il 
aenh  iniéressant  d'établir  les  relations  qui  existent  entre  la  peUte  quantité 
de  chlorore  de  sodium  des  muscles,  comparée  k  la  quantité  considérable 
pKifiortieiinéUementde  chlofure  potassique  qn^on  y  trouvé. 

821.  —  EOitraetUm.  Pour  constater  la  présence  du  chlorure  de  [totas- 
itom  comme  principe  immédiat  d*un  Ussuou  d^nne  humeur,  il  faut 
fiiire  cristalliser  les  sels  contenus  dans  le  liquide  qu'on  veut  analyser,  sé- 
parer les  cristaux  cubiques  qui  peuvent  être  des  dilorures  de  sodium  et  de 
potassium,  et  les  purifier  par  une  nouvelle  crislaliisadon.  Lorsqu'on  s'est 
usure  par  Texamen  au  microscope,  qn'U  n'y  a  point  d'autres  cristaux 
dkétAhgés  avec  teê  chlorures,  on  les  redissout  dans  un  peii  d'eau,  et  en 
ajoutant  à  la  solution  du  perchlorure  de  platine ,  s'il  se  forme  un  préd- 
plié  de  chlorure  double  de  platine  et  de  potassium,  on  aura  la  preuve 
qu'il  existait  dans  le  tissu  ou  l'humeur  qu'on  analysait  du  chlorure  de 
polmiaBi  conme  principe  immédiat 

822, —  Hiitorique.  Nous  avons  dit  que  MargrafT  paraît  être  le  premier 
tpà  ait  signalé  (2)  la  présence  da  chlorure  de  potassiutn  dans  Torga- 
irisme.  Proot  (3)  et  John  ont  fait  voir  qu'il  existait  du  chlohire  de  potas- 
itiim  dans  les  muscles  des  principaux  mammifères.  Liebig  (6)  a  montré 

(1)  BuuxMMt  dansDAUiiu,  SwrVempMéu  sel,  etc.,  fn>-S*.  tfsncy,  1847. 
(8)  Mâmulnr»  loe.  ca.»  1768,  t.  H,  p.  179. 

(3)  PaouT,  PhUosophkal  transact,,  1821. 

(4)  Lus»,  CkimIfeM  Vnl$rcm'hmg,  Ub^  âas  fUlieh,  ton  lusttis  Liebig. 
HeiMbefg,  1847. 


208  DES  PRINCIPES  ISISIÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1'*  CLASSE. 

qu*il  semble  y  remplacer  le  chlorure  de  sodiam  qui  8*y  troave  eo  trèi 
petite  quantité,  comme  déjà  Pavait  signalé  M.  Braconnot  pour  le  ccenr  du 
bœuf  (1).  Prout  (2)  a  constaté  la  présence  du  chlorure  de  potassium  dans 
le  suc  gastrique.  Il  a  également  été  trouvé  par  Westrumb  (3)  dans  tes 
cendres  du  sang,  par  Pourcroy  dans  les  tendons»  mais  le  procédé  employé 
pour  la  caldnatlon  n'est  pas  assez  ceruin  dans  ses  résultats  pour  qn*OB 
doive  en  tenir  compte  (A). Nous  signalerons,  pour  ne  rien  omettre, que iolui 
en  a  trouvé  dans  les  crachats  d'un  phthisique  (5).  Enfin  on  sait  déjà  que 
Rouelle  le  cadet  (6j  en  avait  trouvé  dans  le  lait  de  vache,  ainsi  que  Par- 
mentier  et  Deyeux  (7),  CliapUi  (8)  et  Schwartz  (9).  Collard  de  Marligny  en 
a  trouvé  aussi  dans  des  calculs  des  vésicules  séminales  (10).  Enfin  il  a  été 
signalé  encore  dans  le  lait  par  Franz  Simon  (il)  et  par  Weber  (IS),  Ce 
dernier  indique  ii|i,i8  pour  100  de  chlorure  de  potassium  dans  le  lait, 
résultat  probablement  trop  fort.  M.  Lassaigne  indique  la  présence  di 
chlorure  de  potassium  des  phosphate  et  sous-carbonate  de  soude  dans  le 
liquide  des  ventricules  cérébraux ,  et  celui  de  Tarachnolde  spinale  (13). 
Dans  un  cas  d'hystérie,  M.  Peschier  Ta  vu  remplacer  le  sel  nurin  dans 
deux  analyses  laites  à  sept  Jours  de  distance  (!&}.  Dumenil  dit  aussi  en 
avoir  trouvé  un  peu  dans  l'urine  normale  (15).  Il  en  a  été  trouvé  dans 

(1)  BtACOimoT,  Anaiyte  comparée  des  excréfnentt  du  roesignol  H  du  comt 
debaufdotU  U  a  éténourri  [Ann,  de  pMfnq.  et  de  chkn.,  1821,  C.  XVII, 
p.  380). 

(2)  PiouT  dans  Fouicioy,  Syst.  de$  connotif.  chimiquee,  an  iz,  i.  IX. 

(3)  WuTimiB,  Journal  de  chimie  de  Crell,  1784,  t.  XII,  p.  140. 

(4)  FouicioT,  Syst,  desamnaiss,  càtmig.,  an  ix,  t.  IX,  p.  225. 

(5)  JoiN,  Chemische  Untersuchungen.  Berlin,  ln-8*,  1810,  p.  126. 

(6)  RooiLLE,  Joum.  deméd.,  1771,  t.  XXXVl,  p.  256. 

(7)  PAtHumii  et  DiTBOx,  Analyse  du  laU  {Ann.  de  chim,^  1790,  t.  YI, 
p.  183). 

(8)  Cbiptal,  Klémenls  de  chimie,  1790,  t.  IV,  p.  522. 

(9)  ScBWAin,  Dissert,  sistens  nova  expérimenta  circa  lactisprinc^  etmetit, 
Kiel,  1814. 

(10)  CoLLASD  DE  Maitignt,  Note  sur  l'anal,  chimiq,  de  calculs  troutoésdans 
une  des  vésicules  spermat.  d'un  homme  {Arch.  gén,  de  méd,,  1837,  t.  Xllly 
^  307). 

(11)  F.  SmoN,  Die  Frauen  AlUch  nach  ihren  chemisehên  undphysMo§i$dim 
Verhalten  dargestell.  Berlin,  1838. 

(12)  Wkbu,  Examination  of  the  inorganic  consHtuenU  of  cow'i  milk  [PU- 
losophical  magoMine,  october  1849,  p.  279}. 

(13)  Lassaigne,  Anal,  comparât,  de  deux  îiquid.  recueillis^  Vum  dont  k 
venlric,  du  cerveau,  et  Vautre  dans  la  cavité  de  Varachn,  spinale,  chsM  m 
hommeatteint  d'arachnditischroniq,{Journ,dechim,méd,,  1825,  t.I,p.SS8). 

(14)  Peschiei,  Sur  la  composU.  de  V urine  d'une  personne  kyslériqut  {Ji 
de  chim.  méd.,  1826,  t.  H,  p.  234). 

(15)  DimuiiL,  SurVurine  (Joum,  de  chim,  méd,,  1826,  t.  il,  p.  3S7). 


CH.  XI.    FLUOnrRE   DE  CALCIUM.  209 

le  llqidde  de  rinlestin  des  cholériques  (1).  I>rout  et  Bostock  ont 
trooTé  ce  sel  et  du  sel  marin  dans  le  liquide  d'un  hydrocéphale  (2). 
D^près  Enderlin,  la  quantité  de  chlorure  de  potassium  du  sang  varie 
•elon  la  nature  des  aliments  ingérés,  il  pourrait  remplacer  le  chlorure  de 
sodium  (3).  Nous  avons  indiqué  dans  le  cours  de  cet  article  les  différents 
aatenrs  qui  se  sont  occupés  de  ce  principe  et  auxquels  nous  avons  eu  à  em- 
pnmter  des  documents  positifls.  Harting  a  donné  une  figure  des  cristaux 
de  ce  sel  (à). 

CHAPITRE  XI. 

FLUORURE     DE     GALGIUlf. 

SynooyDie  :  Fktatê  de  chaux,  chaux  fluatée,  spath  fluor,  spath  vUreux, 

82S.  —  Le  fluorure  de  calcium  n'existe  que  dans  les  os  et 
les  dents.  Il  est  du  nombre  de  ces  quelques  principes  salins 
qui  existent  seulement  dans  un  petit  nombre  de  tissus,  con- 
trairement à  la  plupart  des  autres  sels  d'origine  minérale,  et 
dont  l'étude  n'a  qu'une  importance  secondaire. 

824.  — Berzelius  a  signalé  le  premier  des  traces  de  fluo- 
rure de  calcium  dans  les  os  de  l'homme.  Marchand  en  a 
trouvé  1  pour  100  (6).  Il  y  en  a,  d'après  Berzelius,  de  3  à  A 
pour  100  dans  les  os  du  bœuf  et  des  traces  dans  la  substance 
des  cornes  de  cerf. 

Il  existe  dans  l'émail  et  dans  l'ivoire  des  dents  humaines  du 
fluorure  de  calcium  dont  la  quantité  n'a  pas  été  déterminée. 

Dans  rémail  des  dents  de  bœuf,  Berzelius  en  signale 
&  pour  100,  et  6  pour  100  dans  l'ivoire.  M.  Lassaigne  n'in- 
dique pas  sa  présence  dans  le  cément  dentaire  (6),  mais 
ridentité  de  structure  de  cette  substance  avec  celle  des  os 
porte  à  croire  qu'elle  en  renferme  aussi. 

(1)  Laisaigiii,  Sur  un  liq.  recueilli  dans  le  cœcum  d'une  femme  morte  du 
choléra  {Joum.  de  chim.  méd.,  1832,  t.  VHI,  p.  459). 

(2)  PtouT,  Anal,  du  fluide  d'un  hydrocéphale  {Joum.  de  pharm.,  1820, 
t.  VI,  p.  535). 

(3)  EiDUUN,  Recherches  chimico-physiologiques  (Ann.  der  Chemie  und 
Pharm,,  1844,  t.  XUX,  p.  317,  et  t.  L,  p.  53). 

(4)  HAIT11I6,  Hetmicroskoop,  etc.,  io-S".  Utrecht.  1848,  pi.  m,  flg.  85. 

(5)  Uakeikd,  Journal  fUrprakt.  Cliemie,  1842,  t.  XXVH,  p.  8G. 

(6)  Lamaigri»  Journal  de  chimie  médicale,  1838,  t.  IV,  p.  366. 


210  DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS  F^N   PARTICCLIER.   l'*  CLASSE. 

825.  —  Ce  principe  est  certainement  à  l'état  solide  dans 
les  tissus  où  nous  venons  de  signaler  sa  présence.  En  raison 
do  sa  petite  quantité,  ou  à  cause  de  ses  propriétés,  on  no 
peut  agir  directement  sur  lui,  comme  sur  d'autres  principes, 
tels  que  les  chlorures  contenus  dans  les  humeurs;  aussi  on 
ne  saurait  dire  d'une  manière  précise  quelles  sont  les  sub* 
stances  avec  lesquelles  il  se  trouve  combiné  pour  former  la 
substance  organisée  des  dents.  Il  est  probable  qu'il  est  uni 
au  sel  marin  ou  au  phosphate  de  chaux.  On  ne  sait  pas  non 
plus  par  quels  ahinents  il  arrive  dans  l'économie,  ni  comment 
il  en  sort,  ni  quel  rôle  il  remplit.  Berzelius  le  coniidère 
comme  accessoire  et  n'étant  pas  d'une  présence  indispensable 
dans  les  os;  il  pense  qu'il  arrive  avec  les  principes  d'origine 
minérale  (1). 

820.  ^  KœtraoHon,  On  pAut8*asstirerde  laprétenee  du  fluornrede  cal- 
cium cil  (lécompoaanl  par  l'acide  sulfurique,  dans  une  certaine  quantité 
d'os  calcinés  et  pulvérisés  une  capsule  de  plaiine.  Les  vapeurs  qui  t'é- 
cliappent  lorsqu'on  cliauiïe  corrodent  le  verre  et  décèlent  la  présence  de 
Tacide  fluorhydriquo. 

C'est  la  calclnatlon  employée  i)Our  arriver  à  ce  résultat  qui  empêche  de 
déterminer  d*une  manière  précise  si  le  fluor  est  réellement  dans  les  os  et 
les  dents  à  l'état  de  fluorure  de  calcium ,  ou  bien  s*il  ne  présente  pasiin 
antre  état  de  combinaison  détruit  par  le  feu. 

827,  -—  Historique,  Morichini  peut  être  considéré  comme  le  premier  qii 
ait  signalé  en  1805  In  présence  du  fluorure  de  calcium  dans  le  corps  des 
animaux,  car  c'est  à  dater  de  ces  recherches  que  le  fait  s'est  répandu.  11  le 
trouva  dans  une  dent  d'éléphant  fossile  dont  le  squelette  fut  trouvé  daos 
une  collhie  proche  de  Rome;  lien  constata  aussi  l'existence  dans  rémafl 
des  dents  humaines  (2).  Déjà,  pourunt,  John  avait  en  1804  aig^Dalé  Teiis- 
tence  de  l'acide  fluorhydrique  dans  les  os  fossiles  d'un  Alanmouth  &), 
D'après  les  recherches  de  Morichini,  Gay-Lussac,  répétant  avec  lui  à  Rome 
les  mêmes  reclierches,  trouva,  la  même  année  1805,  du  fluorure  caldqne 


(i)  Berzelius,   Rapport  annuel  sur  les  progrès  de  la  chimie,  StodJiolni, 
1840,  trad.  fr,  in-8*,  p.  331. 

(2)  MoticBiNi,   Memorie  di  mathemalica  et  di  flsiva  délie  sc<enze,  t.  X, 
part.  1'%  p.  164,  1805. 

(3)  JoBN ,  Bulletin  de  la  Soc.  imp&,  des  naturalistes  de  Moscou^  in-8*. 


CH.   XI.   FLUORLBE   DE   CALCIUM.    HISTORIQUE.  211 

dans  de  Ti voire  frais  et  dans  les  défenses  de  sanglier  (1),  ainsi  qne  dans 
rémail  des  dents  humaines.  Ces  recherches,  qui  d^abord  semblèrent  con- 
tredites par  les  résultats  négatifs  obtenus  par  Fourcroy  et  Vauquelin  sar 
de  Tivoire  frais  (2),  furent  bientôt  confirmées  au  contraire  par  celles  de 
Berzellas,  qui  conslata  également  la  présence  du  fluate  de  chaux  dans 
rémail  des  dents  de  Thomme,  dans  la  proportion  de  0,03.  Le  premier 
il  en  trouva  dans  les  os  humains  et  dans  ceux  du  bœuf;  il  indiqua  2  pour 
iOO  dans  le  fémur  de  Phomme  ,  et  3  à  A  dans  le  bœuf.  Malgré  les  re- 
cherches déjà  citées  de  Fourcroy  cl  Vauquelin  dont  les  résultats  sont 
contraires  à  ceux-ci,  Berzelius  en  Indiqua  en  1812  (3),  et  dans  son  traité  de 
chimie,  3  pour  100  dans  Tivoire  des  dents  humaines.  Berzelius  a  indiqué 
i  pour  iOOO  de  ce  sel  dans  Turine  humaine  en  1812  ;  mais,  depuis,  per- 
sonne n*a  plus  parlé  de  ce  sel,  pas  môme  lui  D'après  Rees,  cependant,  le 
fluorure  de  calcium  n'existerait  pas  dans  les  os  et  les  dents,  et  ce  que  Ber- 
lelius  aurait  pris  pour  cet  acide  ne  serait  que  de  Tacide  phosphorique,  le- 
quel, quoique  n'étant  pas  volatil  par  lui-même,  est  entraîné  parla  vapeur 
d^eau  (^).  Erdmann  a  examiné  les  os  spécialement  dans  le  but  de  savoir 
qui  de  Itees  ou  Berzelius  avait  raison,  et  il  a  retrouvé  du  fluorure  de  cal- 
cium (b).  Ce  principe  a  été  nié  dans  les  os  frais  et  anciens  chez  Thomme 
par  UM.  Ghrardin  et  Preisser  (6),  d'où  ils  concluaient  que  ce  fait  pouvait 
servir  à  faire  distinguer  les  os  humains  des  ossements  fossiles  ;  mais  Mid- 
leton  (7)  et  Daubeny  (8)  ont  montré  qu'il  y  avait  sans  doute  erreur  dans 


(1)  Gat-Lossac,  LeUre  à  M.  Bertholkt  «ur  la  prés$Mû  de  Paddefluarique 
imu  le$  ntbM,  ammah$,  M  sur  la  pierre  alumineuse  de  la  Tolfa  {Ann.  de 
ckim.^  1805,  i.  LY,  p.  258). 

(2;  FouftciOT  et  Vauquelin,  Expér,  faites  sur  l'ivoire  frais,  sur  l'ivoire 
fàùile  et  sur  VémaH  des  dénis,  pour  voir  si  ces  suhst,  contiennent  de  l'acide  fluo- 
riquÊ{An».  dedUtnie,  1806,  i.  LVII,  p.  37). 

(3)  BEkSMLxas,  Neues  algm,  Joum,*der  Chemie,  1806.  p.  571.— Bnzcuus, 
General  views  of  the  composition  of  animal  fiuids,  London,  1812.  Mém.  de 
pkifekiue,  de  chimie  ei  de  minéralogie  de  Berzelius  et  Hizinger,  3*  partie.  ^ 
Batziuus,  Lettre  à  M.  Vauquelin  sur  le  fluate  calcaire  contenu  dans  les  os  et 
dans  rurine  {Ann.dêckim,,  1807,  t.  LXI,  p.  256). 

(4)  Rees,  Exist,  supposée  de  l'acide  fluorique  dans  cert.  mal.  wi^maies 
{iloum,  dtfchim.méd.,  1841,  t.  Vil,  p.  13). 

(5)  Eamumi,  Jonn».  fiirprald.  Chemky  1841,  t.  XIX,  p.  446. 

(6)  GiiABDOi  et  PiEissER,  Mém.  sur  les  os  anciens  et  fossiles^  et  sur  les 
autres  résidus  solides  de  laputréfact.  {Ann.  de  chim,  et  de  phys.,  1844,  t.  IX, 
p.  370). 

(7)  MiDLETOif,  Anal,  des  os  anciens  et  fossiles  {Philos,  magaz.,  1844, 
t.  XXV,  p.  14). 

(8)  Daubemt,  Sur  la  prés,  du  fluor  dans  les  ossements  tant  récents  que  foS' 
sites  (Philos,  magaz.^  1844,  t.  XXV,  p.  122). 


212   DES  PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1**  CLASSE. 

les  analyses  des  cliimistes  français  ;  car  soit  sur  des  os  frais,  soit  lar  des 
os  enfouis  depuis  très  longtemps,  ils  sont  arrivés  aux  mêmes  résultats  que 
Moricbini,  Gay-Lussac,  Berzelius,  etc.  De  Bibra  a  toujours  retrouvé  ce 
sel  dans  les  os  cariés,  ni  plus  ni  moins  qu'à  Peut  normal  (i). 


CHAPITRE  XII. 

CHLORHYDRATE  D'AMMONIAQUE. 

Synonymie  :  Chlorure  d*ammonium,  hydrochlorate  d^ammoniaquê^  ttH  mi- 
moniac^  mtiriate  d^ammoniaquey  mwrialê  ammoniacal,  ammoniaque  mu» 
riaiée,  talmiak* 

828.  —  La  présence  de  ce  principe  immédiat  a  été  con- 
statée dans  quelques  produits  de  sécrétion  seulement.  Ce  sont 
le  suc  gastrique  des  ruminants,  la  salive,  les  larmes  et 
l'urine.  Il  est  probable  qu*il  en  existe  dans  les  liquides  intes- 
tinaux ,  mais  le  fait  n'a  pas  encore  été  constaté.  Quelques 
auteurs  pensent  qu'il  y  en  a  des  traces  dans  toutes  les  con- 
crétions urinaires. 

829.  —  La  masse  et  le  poids  de  ce  principe  n*ont  pas  été 
appréciés  par  les  observateurs.  Il  est  comme  les  autres  chlo- 
rures, toujours  à  rétat  de  dissolution  dans  Teau.  Comme  les 
autres  chlorures,  il  se  décompose  au  contact  des  réactifs 
dans  l'organisme.  Dissous  et  mélangé  avec  les  principes  que 
nous  venons  de  décrire,  il  concourt  de  la  même  manière 
qu'eux  à  constituer  la  substance  du  corps. 

8S0.  —  Sa  quantité  dans  les  divers  liquides  n'a  été  indiquée 
que  dans  l'urine. 

D'après  Simon,  il  y  en  a  0,A1  p.  1000  (2). 

D'après  Berzelius,  il  y  en  a  1,60  (3). 

Il  en  existe  dans  l'urine  du  chameau,  de  la  vache,  maison 


(1)  De  Bibia  y   Annalen  der  Chem,  und  Pharm, ,    iS46  ,    t.  XLVH, 
p.  356. 

(2)  Smojf,  Beitraege  xur  phytiologischen  und  pathologiichen  Ckemk. 
lin,  1843. 

(3)  Bf.»zELiu8,  Annales  de  chimie,  Paris,  1813, 1.  LXXXVIII,  p.  26. 


CH.   XII.   CHLORHYDRATE   D*AMMONlAQtE.  213 

n'a  pas  calculé  sa  quantité  (1)  ;  il  y  en  a  aussi  dans  celle  du 
chat  (2)  et  celle  du  lion  (3).  D*après  Weber(A),  il  y  en  a  aussi 
dans  la  sueur  des  brebis.  Le  muriate  alcalin  dont  Berzelius 
a  signalé  l'existence  dans  la  salive,  outre  du  sel  marin  en 
petite  quantité,  était  certainement  du  chlorhydrate  d'ammo- 
niaque (5),  car  depuis  on  a  retrouvé  dans  ce  liquide  une  assez 
grande  proportion  de  ce  sel,  ainsi  qu'on  peut  le  constater  à  l'aide 
du  microscope.  Les  observations  à  cet  égard  de  Le  Baillif  et  de 
M.  Donné  (6)  ont  pu  être  vérifiées  par  divers  observateurs.  Nous 
avons  constaté  que  par  le  même  moyen  on  en  découvre  une 
petite  proportion  dans  les  larmes.  John  dit  en  avoir  trouvé  dans 
la  thyroïde  (7) ,  mais  on  ne  peut  pas  être  très  certain  de  ces 
résultats.  Chez  les  autres  animaux  mammifères,  on  en  trouve 
dans  les  excréments  :  tels  sont  la  vache  et  le  chameau  d'après 
Hasselqmst  (8), .mais  la  quantité  est  variable  et  non  détermi* 
née.  On  a  déjà  depuis  longtemps  signalé  son  existence  dans 
la  salive  du  cheval  (9),  dans  son  chyle  (10),  dans  le  suc  gas- 
trique des  ruminants  (11).  Macquart  (12)  en  indique  lA  à  18 
grains  (70  à  90  centigr.)  dans  1  livre  h  onces  du  même  li^ 
quide  (628  gram.)  ;  1  gros  16  grains  (As'^'""*,80)  dans  une  livre 


(I)  BftAra»,  TrantacU  phUosoph,^  1806. 

(3)  Bat»  dans  FooicaoT,  Syst.  des  conn,  chim.^  an  iz,  t.  X,  p.  191. 

(3)  Vauqubuh,  loc.ctt.,  1812,  t.  LXXXU,  p.  197. 

(4)  WiBBi,  Phyt^ohem.  Mag.  fiir  Aerzte  Chemie^  1780,  p.  120. 

(5)  BtBZBuui,  Première  suite  du  mémoire  sur  la  composU.  des  fluides  ani- 
wmëx  [Ann.  de  chim,,  1813,  U  LXXXVUI,  p.  113). 

(6)  Le  Baillif  et  Dorhé,  dans  Domné,  Hist.  physiol.  et  pcUhol.  de  la  saUve^ 
û-a*.  Paria,  1836,  et  Cours  de  microscopie,  Paris,  1844,  p.  209.  —  Donhé 
cCFooCAULT,  AHas  diu  cours  de  microscopie^  in-fol.,  1845,  fig.  41. 

(7)  Jon,  ChemUehe  sckriflen,  1813,  t.  IV,  p.  262. 

(8)  HAseiLQuiiT,  Mém.  deVAcad.  de  Suède,  1751,  t.  XU,  p.  258. 

(9)  HiFiL  Di  LA  Chdutb,  Hist,  de  la  Soc.  roy,  de  méd.  de  Paris,  1780, 
t.  IV,  p.  327. 

(10)  EsmiET  et  RKuaa,  dans  Emmeht,  Beitraege  zur  nahem  Kermtniss  des 
SpeieesaftesuHd  dessen  Bereitung  {Arch.  fur  physiol.  tod  Reil,  1807-1808, 
tel.  vni,  p.  145,  à  la  page  164). 

(11)  BaiWHAnLu,  Sur  la  vertu  dissolvante  du  suc  gastrique  {Ann,  de  CreU, 
1796,  U  I.  — GAaMiNATi  dans  Srnnbbier,  Sur  le  suc  gastrique  {Ann.  de  chim. 

i$  Créa,  1787,  C.  U,  p.  185). 

(12)  UM:QOAWttMém.delaSoc.royaledeméd.deParis,ilS6,  t.\Ul,|^^S^. 


21A    DES   PRIiNCH'ES  IMMÉDIATS  KN   PARTiCtXIKR.   l***  CLASSE. 

(500gram.  de  liquidechez  le  mouton);  A8  grains  (2c^"*'yA0) 
dans  une  livre  (500  grammes)  de  liquide  chez  le  veau. 

831.  —  On  ne  sait  d'où  vient  ce  principe,  s*il  est  intro- 
duit dans  l'organisme  par  les  aliments,  ou  s'il  se  forme  dans 
l'économie  ;  car  l'analyse  comparée  des  aliments  et  du  corps 
n'étant  pas  faite  encore  d'une  manière  satisfaisante,  on  ne 
saurait  traiter  cette  question  même  d'une  manière  approxi- 
mative. L'un  et  l'autre  cas  sont  possibles.  On  peut  voir  que 
c'est  par  les  urines,  et  peut-être  par  la  sueur  qu'il  est  rejeté. 
Quant  à  celui  du  suc  gastrique,  de  la  salive  et  des  larmes, 
comme  ce  sont  là  des  liquides  récrémentitiels,  il  rentre  avec 
eux ,  du  moins  en  partie,  dans  le  système  circulatoire. 


S32.  —  Le  rôle  quMl  Joue  dans  les  humeurs,  dans  les  parties  deli 
sabstance  organisée  qu'il  concotirt  à  former,  est  tout  à  lait  inconnu.  (Voyez 
ce  que  nous  avons  dit  da  sel  marin.) 


833. — Extraction.  Les  procédés  employés  pour  reconnaître  ce  sel  d^am- 
moniaquedans  les  liquides  animaux  et  pour  le  séparer  des  autres  jHindpes, 
reposent  presque  tous  sur  la  propriété  que  possède  leur  base  de  se  volatiliser. 
II  suffit  donc  de  décomposer  le  chlorhydrate  par  une  base  telle  que  la  soude 
ou  la  baryte.  La  base  se  combine  avecracide  chlorbydriqiie,et  i'aninMNilaqiif , 
devenue  libre,  se  dégage.  On  la  recueille  dans  i*acide  chlorbydriqiie,et  Ton 
dose  la  quantité  de  chlorhydrate  pur  qui  s^est  reformé,  en  le  prédpitaot 
par  le  chlorure  de  platine,  d'où  Ton  déduit  la  quantité  de  Tammoniaquc 
et  celle  de  Tactde. 

Ce  procédé  n'est  pas  applicable  à  Purine  de  i'bonmie  et  des  camlfores 
tant  qu'elle  renferme  encore  un  phosphate  ammonlaco-BMgnéilcB  et  de 
l'urate  d'ammoniaque,  parce  qu'il  ne  ferait  connaître  qm  la  qmaUié  de 
la  base,  et  non  celle  du  chlorhydrate  d'ammontoqne.  Il  n'est  donc  appli- 
cable qu'aux  liquides  qui  ne  contiennent  plus  qn*nD  seul  des  sels  précé- 
dents. Nous  verrons  comment  on  peut  séparer  d'abord  le  phosphate  am- 
moniaco-magnésicn,  et  l'urate  d'ammoniaque  pour  laisser  seul  It  chlor- 
hydrate. 

Gomme  dans  l'analyse  anatomiquc  des  tissus  et  des  humears,  U  s'agit 
de  séparer  les  principes  qui  les  constituent  inunédiatcmentv  et  non  iei 
principes  médiats  tels  que  l'azote,  le  carbone  on  l'acide  sulfnriqaev  l*am- 
moniaque,  etc.,  on  sent  la  nécessité  de  cet  isolement  soccessirdessebdoot 
00  reot  doser  la  quanilvé.   Ou  «etvl  ^vL%«i  c^u'on  ne  peut  Ifrer  ici  parti 


CH.    XII.  CHLOKHYDUATE   d'aMMOISIAQIE.    EXTRACTION.       215 

da  travail  dans  lequel  M.  r>ous9lngault  (1)  a  dosé  la  quantité  d*ammo- 
niaque  desnrines  sans  tenir  compte  des  acides  avec  lesquels  elle  est  com- 
binée, travail  dans  lequel,  en  un  mot,  il  est  question  des  principes 
médiats  ou  éloignés,  et  non  des  principes  Immédiats,  c'est-à-dire  ayant 
réellement  un  rôle  direct  dans  Téconomie. 

De  plus,  qaolqne  les  résultats  obtenus  par  M.  Boussingault  sur  Turine 
des  carnivores,  pour  la  quantité  d*ammoniaquc  prise  en  masse,  ne  8*éloi- 
gnent  pas  beaucoup  de  celle  qu'on  obtient  en  déduisant  la  quantité  de 
cette  base  de  tous  les  sels  qui  en  contiennent,  le  procédé  qn^ll  a  em- 
ployé n*est  pas  exempt  de  reproches  sérieux.  Ce  savant  a ,  en 
effet,  chassé  Tammonlaqne  de  Torine  par  Thydrate  de  chaux  à  une 
température  au-dessous  de  100  degrés.  Or,  quolqn*il  résulte  de  ses 
expériences  préliminaires  que  la  potasse,  la  soude,  la  magnésie,  la 
chaux  et  leurs  carbonates  ne  décomposent  pas  Purée  pure  dissoute 
dans  Tean  avec  ces  corps,  on  ne  peut  pas  en  conclure  que  les  choses 
se  passeront  de  la  m  toc  manière  dans  un  liquide  aussi  complexe  que 
l\irinc.  En  effet,  la  décomposition  de  Turée  par  une  base  dans  Turinc 
a  tieu  beaucoup  plus  facilement  que  lorsque  la  même  base  agit  sur  de 
Tarée  pure  en  solution  dans  Teau.  Les  chliïres  obtenus  par  M.  Boussin- 
ganlt  sur  Turine  d*homme,  pour  la  quantité  d*ammoniaque,  sont  en  effet 
bien  plus  forts  que  ceux  qu^on  peut  déduire  des  analyses  faites  par  les 
auteurs  qui  ont  extrait  séparément  les  sels  de  celte  humeur  et  non  les 
principes  éloignés. 

S3à.  —  La  présence  du  chlorhydrate  d^ammoniaque  peut  être  reconnue 
par  son  mode  de  crbtallisation  dans  les  cas  où  il  est  suflisamment  isolé 
des  sels  qui  peuvent  se  mêler  avec  lui,  comme  le  sel  marin,  le  chlorure 
de  potassium.  Lors  même  qu*il  y  a  une  petite  quantité  de  ces  derniers,  la 
présence  dn|  chlorhydrate  peut  encore  être  reconnue,  parce  qu^il  les  en- 
traîne à  cristalliser  comme  lui.  Quoique  ces  différents  sels  cristallisent 
dans  le  type  cubique,  cependant  le  chlorhydrate  d*ammoniaque  a  dans 
l'économie  plutôt  de  la  tendance  à  cristalliser  dans  le  système  régulier  qui 
en  dérive  (]d.  II,  fig.  3,  b,  c),  que  dans  le  système  du  cube.  Ce  fait  se  pré- 
sente aussi  pour  le  sel  marin  en  présence  de  Turée,  ou  dans  les  extraits 
alcooliques  et  éthérés  du  sang,  etc.  Mais  le  chlorhydrate  d*ammoniaque 
a,  en  outre,  la  propriété  de  cristalliser  en  arborisations  très  élégantes.  Elles 
varient  un  peu  suivant  la  nature  du  liquide,  mais  le  type  de  ces  arborisa- 
tions est  ladle  &  reconnaître  au  microscope  avec  un  peu  d'habitude.  I^ 
difficulté  de  rendre  exactement  par  le  dessin  la  disposition  des  arborisa- 
ttons  rend  très  précieuse  la  figure  prise  au  microscope  daguerréotype 


{ 1  )  BoussiKGAULT,  Hûcherches  sur  la  qiMnlUé  d' ammoniaque  conlentte  dans 
Vwine  (Ànn.dephys,  et  de  chim.f  1850,  t.  XXiX,  p.  472, 943). 


216    DES   PlUNCIl'ES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1'*  CLASSE. 

de  MM.  Donné  et  Foucault  (1).  Cette  figure,  très  bien  choisie,  est  rcpro* 
duilc  dans  notre  atlas  (pi.  II,  fig.  3,  a, a);  elle  rend  très exactemeot  le 
type  le  plus  ordinaire  qu*on  obtient  en  faisant  étaporer  de  la  salive  sur 
une  plaque  de  verre.  Ce  sont ,  comme  on  voit ,  de  longues  brancbct 
étroites ,  parallèles ,  sur  lesquelles  s'insèrent  à  peu  près  perpendioi- 
lairement  d'autres  ramifications  plus  courtes,  et  celles-ci  en  portent  de 
la  môme  manière  de  plus  courtes  encore.  Ces  branches  sont  formées 
par  de  petits  octaèdres  dont  souvent  les  angles  sont  tronqués  par  une  fa- 
cette régulière  on  arrondie,  ou  par  de  petites  lames  quadrilatères  qui  sont 
placées  bout  à  bout.  Un  cristal  de  même  forme,  mab  plus  gros,  termine 
en  général  cliaque  branche.  On  peut  voir  d^une  manière  plus  nette  cette 
disposition  sur  la  figure  que  nous  avons  dessinée  à  un  plos  fort  grossisse- 
ment (380  diamètres),  et  qui  reproduit  une  petite  partie  d*une  arborisiH 
tion  analogue  à  la  précédente  (voyez  pi.  II,  fig.  3, 6  et  c),  mais  dont  les 
cristaux  étaient  plus  nets  qu'à  l'ordinaire,  parce  qu*au  lieu  d^évaporer  une 
petite  quantité  de  salive,  on  avait  opéré  sur  UO  grammes  environ.  Quel- 
quefois les  petits  cristaux  sont  rangés  en  série  sans  se  toucher,  sans  être 
confondus  par  leurs  bords:  c'est  ce  qu'on  voit  figure  3,  a,  ou  bien  Ils  sont 
irrégulièrement  distribués  çà  et  là,  figure  6,  c. 

Quoique,  dans  l'extrait  de  sang,  par  exemple,  le  sel  marin  forme  quel- 
quefois des  arborisations  ou  dendrites,  on  les  distinguera  en  ce  quelles 
n'ont  pas  le  même  aspect  général  que  celles  du  chlorhydrate  d'ammo- 
niaque.  11  faut  pour  cela  un  peu  d'habitude,  mais  U  en  est  alnri  pour 
quelque  recherche  que  ce  soit.  Du  reste,  on  trouve  que  les  arborisations  de 
sel  marin  sont  faites  par  des  cristaux  cubiques  et  souvent  prismatiques,  i 
base  carrée,  ou  des  Isimes  quadrilatères  disposées  en  arborisations,  bien 
plus  faciles  à  reconnaître,  à  cause  de  leur  netteté  de  forme,  que  les  cris- 
taux formant  les  arborisations  du  chlorhydrate  d'ammoniaque ,  ou  da 
moins  les  arborisations  dans  lesquelles  la  quantité  de  ce  sel  l'emporte  sur 
celle  des  autres  chlorures.  L'extrémité  renflée  de  chaque  arborisation,  qui 
est  presque  toujours  manifeste  dans  les  arborisations  de  chlorhydrate 
d'ammoniaque,  ne  l'est  pas  autant  dans  celles  du  chlorure  de  sodium.  Du 
reste ,  dans  la  salive  et  autres  produits  liquides,  U  est  probable  que  les 
arborisations  sont  formées  par  un  mélange  des  deux  chlorures,  celui  de 
sodium  et  celui  d'ammonium. 

835. —  Nous  avons,  clicmiu  faisant,  cité  tous  les  auteurs  qui  ont  trouvé 
du  chlorhydrate  d'ammoniaque  dans  les  parties  du  corps  animaL  II  est 
inutile  de  reprendre  ici  tous  ces  faits,  qui  ne  sont  pas  assez  importants 
pour  cela.  Klasselquist  paraît  Otre  le  premier  qui  en  fait  mention  (3); 

(1)  Donné  et  Foucault,  Atlas  du  cours  de  microscopie,  in-fol.  Paris,  ISIS, 
pi.  II,  fig.  42. 

(2)  Hassei^ijist,  Mém.  de  CAcad,  de  6'i(ède,  in-4*,  1751. 


CH.    Xlll.   CARBONATE  D*AMUONIAQtE.  217 

Il  Tafait  trouvé  dans  les  excréments  de  divers  animaux.  MM,  Gbevalller, 
(Mlifier  et  Girardio  ont  prouvé,  par  des  recherches  spéciales,  que  lechlor- 
li|dnted*amiixmlaque  existe  dans  un  grand  nombre  des  liquides  et  des 
solides  aulmaux  (i).  Leeuwenhoeck  en  a  donné  trois  figures  assez  exactes, 
mais  peu  étendues  (2),  qui  se  trouvent  reproduites  dans  George 
Adama  (8).  Hartlng  en  a  donné  des  figures  peu  caractéristiques  (â).  Celles 
de  Gonip*Beianei  sont  un  peu  meilleures  (5). 

CHAPITRE  XIII. 

CARBONATE   D'AMMONIAQUE. 

SjMOoymie:  CarbotuUe  ammoniacal ,  tel  volatU,  sel  volatU  d'Anglelerret 
ateali  wMU  ooncrei ,  $el  ammoniacal  crayeux ,  ammoniaque  carbonalée, 

836*  —  Ce  que  Ton  sait  de  ce  principe  immédiat  est  presque  nul.  On 
a  trouré  des  traces  seulement  d'ammoniaque  dans  les  gaz  pulmonaires 
exi^rés  (6),  mais  constamment,  n  est  évident  que  ce  composé  n'existe  pas 
là  à  rétat  d'ammoniaque,  mais  qu'il  s'y  trouve  à  l'état  de  carbonate,  ou 
peut-être  même  de  bicarbonate.  Il  s'y  trouve  à  l'état  gazeux  partout  où  ce 
corps  existe  en  assez  grande  quantité;  son  odeur  le  fait  facilement  recon- 
naître, sans  parler  de  sa  réaction  alcaline,  etc.  Comme  on  n'a  pu  encore 
le  trouver  nulle  part  ailleurs  et  à  l'état  normal  chez  l'homme,  on  ne  sait 
pas  comment  U  se  forme.  Nous  en  avons  trouvé  en  assez  forte  proportion 
dans  Teau  de  l'amnios,  sur  des  fœtus  de  chiens,  vers  la  fin  du  deuxième 
tiers  de  la  vie  fœtale. 

On  Ignore  encore  sll  existe  dans  le  sang,  et  par  conséquent  si  c'est  là 
qu^fl  se  forme  pour  être  exhalé  en  même  temps  que  l'acide  carbonique, 
ou  bien  s^ii  résulte  de  la  décomposition  des  matières  azotées  du  mucus 
puluHmaire. 

837.  —  On  trouve  du  carbonate  d'ammoniaque  dans  l'urine,  mais  seu- 
lement dans  les  cas  de  rétention  assez  prolongée  du  liquide  pour  que  l'urée 

(f  ]  CnvALUia,  Olliviii  et  Giiaidih,  Sur  la  présence  du  muriate  d'ammo^ 
wiaque  éam  les  maUères  animales  (Joum.  de  ckim,  méd,,  1839,  t.  Y,  p.  37). 

(S)  LmnmiBOiCK,  Op^ra  oninta,  in-4*.  Ludg.  Batavorum,  1685, 2*  édit., 
t.  n,  p.  148,  Sol  ammoniacum. 

(3)  GaoaoE  Adams,  MicrograpMa  iUustrata.  London,  1746,  p.  337,  pi. 
LXIV,  flg.  157. 

(4)  Haituig,  Het  microskoop,  etc.,  in-8*.  Utrecbt,  1848,  vol.  III,  pi.  Il, 
fig.  50. 

(5)  Goiur-BazAREZ ,  Anleilung  %ur  Moochem.  Analyse,  Nuremberg,  in-8*, 
1850,  fig.  25. 

(6}  RcGRAULT,  Traité  élément,  de  chimie  ^  t.  If,  C(iimie  organique  ^  in-12. 
Paris,  1850,  p.  867. 


218    bKS   IMtLNOlPKS    IMMÉDIATS    KM   PAHTICt'LIER .    1'*   CLASSE. 

ail  eu  le  temps  de  se  décomposer,  fait  connu  depuis  longtemps.  G^esC 
grande  partie  à  ce  principe  que  ces  urines  doivent  leur  fétidité. 

1)  paraîtrait  qu*on  trouve  des  tels  ammoniâcaiix  dans  ItsiBg  et  l^iiloê 
dans  quelques  cas  de  maladie,  et  c'est  principalement  dans  le  typlrat»  la 
variole,  la  scarlatine.  Mais  on  ne  sait  pas  au  juste  quels  Us  soBt«  et 
faits  ne  sont  pas  très  certains,  si  ce  n'est  pour  le  chlorhydrate  d*i 
niaque.  On  comprend,  d'après  ce  qui  précède,  que  nous  n^sjoas  rien  I 
dire  sur  le  rôle  que  joue  ce  sel  dans  l'économie ,  ni  sur  les  procédés  i 
employer  pour  en  reconnaître  la  présence. 

Beaucoup  d'analyses  des  anciens  auteurs  (i)  indiquent  la  présence  da 
carbonate  d'ammoniaque  dans  les  tissus  animaux  ;  mais  ils  l'obtenaient  de 
l'urine  putréfiée,  des  solides  en  putréfaction,  ou  par  décomposition  de 
ces  matières  par  la  chaleur,  d'où  résulte  la  formation  dVIde  ctrbonlqiie 
d'une  part  et  d'ammoniaque  de  l'antre,  qnl  se  combinent  Immédiatenènt. 

Graves  dit  avoir  trouvé  du  carbonate  d'ammoniaque  dans  l'urine  d'an 
individu  atteint  d'anasarque  et  dont  la  vessie  était  saine,  en  sorte  que  ce 
sel  ne  pouvait  venir  que  des  reins  (2). 

MM.  Chevallier  et  IJenry  ont  indiqué  la  présence  du  carbonate  d'am- 
moniaque dans  le  produit  de  l'exhalation  pulnumaire  des  vaches  (3). 
Brandes  dit  eu  avoir  trouvé  dans  l'urine  d'éléphant  (4). 

CHAPITRE  XIV. 

BICAMtOllATB   D' AMMONIAQUE. 

838.  —  L'existence  de  ce  corps,  en  tant  que  principe  immédiat,  n'est 
pas  encore  parfaitement  démontrée.  Néanmoins,  comme  son  existence  est 
possible  et  appuyée  par  les  faits  suivants,  nous  le  rangeons  parmi  les  prin- 
cipes immédiats;  provisoirement  du  moins  et  sans  y  attacher  grande  Un- 
portance. 

M.  Boussingault  a  trouvé  de  0,06  h  0,10  d'ammoniaque  pour  iOOO  dans 
l'urine  de  vache  ;  O.Oti  pour  1000  dans  celle  du  cheval  et  du  chameau;  il 
n'y  en  avait  pas  dans  celle  du  lapin  (5).  Cet  auteur  a  également  analysé 
l'urine  de  l'éléphant  et  du  rhinocéros,  mais  ces  analyses  ne  peuvent  pas 
être  prises  en  considération,  attendu  que  les  urines  ont  été  recneUUes  dans 

(1)  BBiTiioLLrr,  Dict.de$arlê9tinéUerit  1767,  in-8,  t.  lU,  p.  192. 

(2)  Graves,  Carbonate  d'ammoniaqi*e  dans  l'urine  {Joum.de  ckkn.méi,^ 
1835,  t.  1,  p.  142). 

(3)  CuEVALLiKR  et  Hknby,  Examende  l'exhalation  pulmonaire  detffodm 
{Journ,  dechim,  méd,,  1845,  l.  IX,  p.  217). 

(4)  Brandes,  Note  sur  l'urine  d'éléphant  {Arch,  derpharm.,  1849^  i.  IVlfl, 
p.  65). 

(5)  Boussingault,  (oc.  ct(.,  1850,  p.  490,  etc. 


CH.    XIV.    BICARBONATE  d'aMMONIAQLE.  219 

le  canal  d*ë€Oulein|pt  des  loges  de  ces  animaux  au  Jardin  des  plantes. 
Cette  ammoniaque  ne  peut  se  trouter  dans  les  urines  d'herbivores  qu*à 
Tétat  de  carbonate,  et  c'est  probablement  du  bicarbonate,  car  il  y  a  déjà 
du  bicarbonate  de  potasse,  et,  de  plus,  ces  urines  ne  répandent  nullement 
Todeor  do  carbonate  d'ammoniaque.  Si  c'était  du  carbonate  et  non  du 
bicarbonate,  qui  n'a  pas  Todeur  ammoniacale,  la  quantité  du  sel  ammo- 
niacal  est  assez  considérable  pour  qu'on  puisse  le  reconnaître  à  l'odeur. 

839.  —  C'est  là  tout  ce  qu'on  sait  de  plus  positif  sur  l'existence  de  ce 
principe.  On  ne  peut,  par  conséquent,  en  parler  qu'avec  doute,  surtout  si 
Ton  considère  que  M.  Boussingault  a  chassé  l'ammoniaque  en  chauffant 
l^Brlne  après  addition  d'hydrate  de  chaux.  Or  nous  avons  vu  que  dans 
rurine ,  les  alcalis  décomposent  facilement  l'urée  ;  il  serait  donc  possible 
qu'il  existât  en  réalité  moins  d'ammoniaque  que  ne  l'indique  M.  Boos^ 
singault. 

M.  Boussingault  (1)  a  trouvé  aussi  0,21  pour  1000  d'ammoniaque  dans 
la  bouse  de  vache,  et  0,27  dans  le  crottin  de  cheval  :  on  ne  sait  pas  si  cette 
base  s'y  trouve  à  l'état  de  carbonate  ou  de  bicarbonate  ;  il  suffit  donc  de 
signaler  ici  ces  faits  jusqu'à  plus  ample  informé.  Nous  nous  abstiendrons 
de  rechercher  par  raisonnement  d'où  vient  ce  sel  d'ammoniaque ,  où 
et  conmient  il  se  forme  dans  l'organisme ,  non  plus  que  le  rôle  qu'il 
remplit,  car  il  faut  attendre  pour  cela  que  son  existence  soit  positivement 
démontrée. 

8/iO.  —  Cest  donc  seulement  comme  documents  historiques  que  nous 
dirons  que  Berzelins  admet  que  si  des  urines  sont  rendues  troubles  et 
alcalines,  elles  contiennent  des  carbonates  d'ammoniaque  et  de  soude. 
M.  Rayer  considère  comme  probable  que  les  urines  rendues  alcalines  le 
doivent  à  un  acte  de  sécrétion  plutôt  qu'à  la  putréfaction  de  l'urée  (2). 
Il  se  fonde  sur  ce  que  les  urines  à  32  degrés,  hors  du  contact  de  l'air, 
ne  s^altèrent  pas  ;  toutefois  il  reste  dans  le  doute  enYaison  de  ce  fait,  que 
dans  la  vessie,  il  y  a  en  général  du  pus  et  du  mucus  avec  Turlae,  et 
rexpérienoe  montre  que,  même  hors  du  contact  de  l'air,  deux  urines 
dont  l'unecontlent  de  ces  matières,  et  l'autre  pas,  se  comportent  diUërem- 
ment  M.  Rayer  considère  comme  fait  exceptionnel  et  qu'il  n'a  pu  retrou- 
ver, celui  de  la  présence  du  carbonate  d'ammoniaque  dans  l'urine  d'un 
individu  atteint  de  fièvre  continue  avec  pétéchies,  ainsi  que  dans  celle  d'un 
malade  atteint  d'anasarque.  Chez  ce  malade  l'urine  était  pâle,  alcaline,  sans 
urée  ni  albumine  ;  elle  faisait  effervescence  par  les  acides.  Ces  deux  obser- 
vatkms  ont  été  publiées  par  Graves  (3). 


(1)  DouisuiGAULT,  loc.  Cil.,  soùt  1850,  p.  491. 

(2)  Râtbji,  TraUé des  fiuUadiei  d9$  rmru,  Paris,  1839,  iD-8,  C.  I,  p.  111. 

(3)  Giivcs,  Journal  à»  chimie  médkak,  1835,  t.  1,  p.  S43. 


220   DES    PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

CHAPITRE  XV. 

CARBONATE  DE  CHAOX. 

SyDooymie  :  Craie,  terre  calcaire ,  chauœ  carUmaiée,  carbone^  calcaire , 
chaux  aérée ,  chaux  effervacenU ,  tpath  caicaire ,  tel  caicaire, 

8il.  —  Situation.  Chez  Thomme  et  les  autres  mammifères 
on  trouve  du  carbonate  de  chaux  comme  principe  constituant 
dans  la  substance  des  os.  On  croyait  autrefois  qu'il  existait 
dans  les  cavités  ramifiées  des  os,  ou  o$tiofla$te$^  mais  on  sait 
maintenant  qu'il  n'en  est  rien.  Il  en  existe  aussi  dans  la  sub- 
stance des  dents,  des  cartilages,  dans  le  sang.  L'otoconie  en 
est  presque  entièrement  formée.  Il  y  en  a  des  traces  dans 
les  cendres  des  poumons.  L'urine  alcaline  des  herbivores 
en  renferme  toujours  (lapin,  cheval,  bœuf,  etc.);  la  salive 
parotidienne  du  cheval  en  renferme ,  et  la  salive  mixte  de 
l'homme  n'en  contiendrait  pas(l).  M.  Cl.  Bernard  a  aussi  trouvé 
une  certaine  proportion  de  carbonate  de  chaux  dans  la  sa- 
live parotidienne  du  chien  ;  nous  en  avons  figuré  les  cris- 
taux. On  en  trouve  également  dans  les  concrétions ,  dites  à 
tort  ossifications ,  des  muscles ,  des  artères ,  des  valvules  du 
cœur,  des  fausses  membranes  péritonéales  et  pleurales,  dans 
celles  qui  se  forment  autour  de  certaines  tumeurs  fibreuses 
de  l'utérus,  dans  les  concrétions  de  la  dure-mère  ou  glandes 
de  Pacchioni ,  dans  le  sable  cérébral  et  dans  la  couche  jau- 
nâtre, friable,  grenue,  qui  se  forme  à  la  surface  des  parties  de 
la  substance  cérébrale  du  mouton,  déprimée  elexcavée  pour 
loger  la  poche  du  Cœnure;  il  y  est  mêlé  de  phosphate  de  chaux. 
Les  concrétions  prépuliales,  salivaires,  tonsillaires,IacrymaIes, 
les  tubercules  proprement  dits  ou  crétacés,  diverses  autres  con- 
crétions pulmonaires,  certains  calculs  urinaires ,  biliaires  et 
arthritiques,  contiennent  de  ce  sel.  Il  y  en  a  dans  la  matière 
sébacée,  dans  les  substances  diverses  qui  remplissent  les  tannes 
ou  kystes  formés  par  distension  de  ces  glandes,  dans  les  con- 


(i)  Lasiaigkb,  Anal,  d'un  caicul  talivaire  du  chowil^  suiYÎed^aae  note 
latife  k  U  compositioD  chimique  de  la  salive  chex  ce  quadrupède  (iim.  dif 
f»)^f.  H  de  chim.,  lS2i,  t.  XIX,  p.  174). 


CH.  XV.  CARBONATE  DE  CHAUX.  SITUATION  DANS  l'oRGANISME.  221 

crétions  calcaires  qui  remplissent  et  distendent  quelquefois 
ces  glandes  au  scrotum  ou  autour  du  genou.  On  a  trouvé  aussi 
du  carbonate  de  chaux  dans  les  tumeurs  mélaniques  du  cheval, 
dans  les  petites  concrétions  riziformes  des  articulations.  La 
substance  grisâtre  ou  jaunâtre  (quelquefois  différente  ou  res- 
semblant assez  par  sa  ténacité  et  sa  consistance  au  mastic  de 
vitrier)  se  trouve  souvent  accumulée  dans  le  psoas,  surtout 
chez  les  scrofuleux  ;  elle  a  souvent  été  prise  pour  du  tubercule 
ramolli,  sans  en  contenir  les  éléments  ;  elle  renferme  toujours 
du  carbonate  en  assez  forte  proportion  et  du  phosphate  de 
chaux  à  rétat  pulvérulent. 

Lorsque  l'urine  humaine  est  alcaline ,  elle  contient  quel- 
quefois du  carbonate  de  chaux ,  mais  beaucoup  moins  que 
celle  des  mammifères  ;  c'est  dans  des  cas  d'alcalinité  de  ce 
genre  que  l'on  a  trouvé  des  grains  de  carbonate  de  chaux  et 
des  calculs  urinaires  contenant  un  peu  de  ce  sel.  L'un  de  nous 
(Gh.  Robin)  a  trouvé  du  carbonate  de  chaux  solide  remplis- 
sant et  injectant  pour  ainsi  dire  d'une  manière  très  élégante 
la  substance  tubuleuse  des  reins  de  plusieurs  enfants  mort-nés 
et  de  deux  sujets  morts  du  choléra.  L'urine  ne  put  être  essayée 
au  papier  réactif. 

Le  carbonate  de  chaux  existe  en  petite  quantité  dans  quel- 
ques calculs  urinaires,  principalement  ceux  qui  sont  formés 
d'acide  urique  et  de  divers  urates.  Use  trouve  également  uni  au 
phosphate  ammoniaco-magnésien  et  au  phosphate  de  chaux, 
soit  combinés ,  soit  disposés  par  couches  distinctes  (Samuel 
Bigelow).  n  en  existe  un  au  musée  Dupuytren ,  analysé  par 
H.  Samuel  Bigelow,  dans  lequel  le  carbonate  de  chaux  était 
l'élément  essentiel,  et  il  y  avait  accessoirement  du  phosphate 
de  chaux.  Il  a  été  trouvé  dans  ces  productions  en  petite  quan- 
tité par  Loir  (1),  par  Rapp  (2) ,  par  Berzelius  qui  indique  sa 
rareté  (S).  M.  Chevallier  pense  que  le  carbonate  de  chaux 
est  plus  fréquent  qu'on  ne  le  dit,  et  qu'il  n'est  pas  besoin, 
pour  qu'il  se  forme,  que  les  malades  aient  été  soumis  â  l'usage 

(I)  Lon,  Journ.  âeehim,  méd.,  1839,  t.  X,  p.  515. 

(S)  Rapt,  Joum.  de  chim.  méd,,  1839,  U  YI,  p.  592. 

(3)  Bbrzklius,  Traité  de  chimie.  Bruxelles,  18?9,  t.  HI,  p.  101. 


222   DES   PRINCIPRS   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER,   l**   CLA888. 

(les  eaux  alcalines  (1).  Les  calculs  salivairos du  cheval,  comme 
ceux  des  autres  herbivores ,  sonl  également  formés  de  ce  sel 
presque  seul  (2). 

Les  analyses  de  Henry  (3),  de  Geiger  (A),  de  Lecanu  (5), 
montrent  que  c*est  le  carbonate  de  chaux,  puis  le  phosphate 
de  cette  base  et  le  carbonate  de  magnésie  avec  de  la  malière 
animale,  qui  constitue  en  majeure  partie  les  concrétions  na- 
sales et  salivaircs.  M.  Lassaigne  a  trouvé  un  calcul  salivairc 
d*âne  presque  entièrement  formé  par  le  carbonate  de  chaux, 
86  pour  100;  le  reste  était  du  phosphate  et  des  matières  ani- 
males (6).  M.  Lassaigne  a  trouvé  des  calculs  de  l'urètre  du 
bélier  en  grande  partie  constitués  par  du  carbonate  de 
chaux  (7). 

Barros  dit  avoir  trouvé  que  les  os  des  herbivores,  comme 
le  mouton,  contiennent  jusqu'à  20  pour  100  de  carbonate  de 
chaux,  tandis  que  ceux  des  carnivores,  du  lion,  par  exemple, 
n'en  contiennent  que  6  pour  100  (8).  11  résulte  des  recher- 
ches de  M.  Lassaigne  faites  sur  diverses  productions  normales 
et  morbides  du  cheval,  que  le  rapport  du  carbonate  calcaire 
au  phosphate  de  même  base  ne  varie  pas  autant  que  celui  des 
autres  principes,  excepté  pour  Texoslose,  production  dans 

(!)  Cbitallibr  ,  Sur  la  prêt,  du  carh.  de  chaux  dant  les  calculs  vésieaux 
{Joum*  de  chim.  méd,^  1843,  t.  IX,  p.  677).  • 

(2)  Lassaigne,  Examen  chim,  d'un  calcul  $alw,  de  ckm>,  {Jimm.  de  rkim. 
méd.,  184r>,  t.  II,  p.  523). 

(3)  Henry,  Examen  chim.  d'un  calcul  saliv.  de  chev.  {Journ,  depharm., 
1825,  t.  II,  p.  464). 

(4)  Gbiger  ,  Examen  chim.  de  concret,  pierreuses  rejetées  par  le  nés 
pend,  la  durée  d'une  hémicrdnieperiod.  (Journ.  de  chim.  méd,^  1828,  i.  IV, 
p.  596). 

(5)  Lkcanu,  Anal,  d'une  concret,  saliv.  d'homme  [Journ.  depharm,,  1827, 
l.  XIU,  p.  627). 

(6)  Lassaigne,  Examen  chim.  d'un  calcul  saliv.  d'dne,  extrëord.  pwr  sa 
grosseur  {Journ,  de  chim.  méd.,  1833,  t.  IX,  p.  216). 

(7)  Lassaigne,  Examen  chim.  de  petitt  calculs  ay<snt  déterm.  Vobslruel.  du 
canal  de  Vurètre  chez  un  jeune  bélier  {Journ.  de  chim,  méd,^  1840,  t.  VL 
p.  313). 

(8)  Barros,  De  l'anal,  comp,  des  os  de  diverses  classes  d'anim.,  thèse  poor 
le  doctorat  es  sciences,  Paris,  1828,  et  yotim.  de  chim.  méd»,  1828,  l.  iV, 
p.  289. 


CH,  IV.  gàbmnatk  bb  chaux,  situation  bans  l'organismb.  223 

laquelle  ce  principe  est  plus  abondant  (1).  D'après  lui,  il  y 
a  3,08  pour  100  de  carbonate  calcaire  et  des  traces  de  celui 
de  magnésie  dans  le  cément  des  dents  de  vache,  ce  qui  est  à 
peu  près  la  composition  des  os  (2),  dont  ce  cément  a,  comme 
on  sait,  la  structure. 

Laugier  (3)  a  trouvé  un  calcul  saUyaire  formé  de  :  car* 
booate  de  chaux,  91,70;  magnésie,  1,70;  phosphate  de 
chaux,  5,60.  MM.  Robiquet  et  Caventou  en  ont  également 
signalé  beaucoup  dans  des  calculs  salivaires  de  cheval  (h). 
M.  Lassaigne  en  a  trouvé  avec  beaucoup  de  phosphate  de 
chaux  et  d'un  peu  de  matière  animale  dans  un  kyste  osseux 
développé  dans  les  muscles  de  la  cuisse  (5).  Laugier  (6)  en  a 
indiqué  aussi  avec  du  phosphate  de  chaux  dans  une  concrétion 
des  amygdales.  M.  Regnard  également  (7).  M.  Lassaigne 
a  vu  ce  sel  former  la  plus  grande  masse  des  calculs  de 
Turèlre  du  bœuf  «  comme  de  la  plupart  des  calculs  des  her^ 
bivores  (8).  Il  y  avait  un  peu  de  carbonate  de  magnésie,  le 
reste  était  du  mucus  et  de  Teau.  M.  Lenoble  en  a  observé  dans 
une  concrétion  de  la  panse  d'une  vache  laitière,  le  reste  était 
de  la  matière  animale  et  de  la  bile  concrète  (0). 

La  présence  de  ce  sel  dans  des  calculs  et  graviers  soit  uri- 
naires,  prostatiques,  etc.,  a  été  signalée  par  nombre  d'au- 
teurs. Il   n'est  jamais  absolument  pur.  Quelquefois ,  mais 

(t)  Lamakre,  Bdch.  chim,  sur  quelques  prodtuU.  pathàl,  du  syst.  osseu» 
(JotÊfn,  deckkn.méd.9 1S28,  t.  IV,  p.  366). 

(2)  Lassaiohk,  Anal,  ehim,  de  concret,  des  dents  de  vache  {Joum*  de  chim. 
méd.,  1828,  t.  IV,  p.  201). 

(3)  Lawbb,  Anal,  (Tim  calcul  $aliv,  d'âne  (Jour»,  de  dùm.  méd.^  1835, 
t  I,  p.  106. 

(4)  RoMQUET  et  CATniTou,  Joum.decMm,  méd.,  1825,  p.  454. 

(5)  Lamaigne,  Anal,  de  plus,  product.  pcUhol.  chez  rhomme  [Journ.  de 
Mm.  méd,,  1825,  t.  I,  p.  269). 

(6)  Laooiir,  Note  sur  une  concret,  des  amygdales  (Joum.  de  ckmu  méd»^ 
1826,  t.  a,  p.  105). 

(7)  RiMAU),  ExoÊuen  d'une  concret,  des  amygd,  (Joum.  de  chim.  méd., 
1826,  t.  n,  p.  284). 

(8)  LAMÂ16RB,  Anal.  cTun  calcul  urétral  du  bœuf  {Joum,  de  chim,  méd., 
1847,  t.  m,  p.  10). 

(9)  LiROBLS,  Rech,  Mm,  sur  une  concret,  trouvée  dans  la  panse  dune  vache 
laitière  à  Montevideo  (Joum.  de  chim,  et  depharm,,  1850,  t.  XVU,p.  199), 


22i   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS   EM   PARTICULIER.   1^  CMsàÊU. 

rarement,  il  forme  ou  concourt  à  former  le  sable  urinaire. 
D'autres  fois  on  Ta  trouvé  en  assez  grande  quantité  pour  ren- 
dre les  urines  troubles  et  jumenteuses,  mais  en  grains  trop 
petits  pour  être  vus  à  Vœil  nu.  Landerer  en  a  aussi  trouvé 
dans  le  cristallin  cataracte  (1).  Enfin  il  forme  presque  à  loi 
seul,  avec  un  peu  de  phosphate  de  la  même  base,  les  concré- 
tions de  la  phthisie  calcaire  des  vaches  et  celles  de  Tafféction 
de  ces  animaux  appelée  pommeliire. 

8A2.  —  La  quantité  de  carbonate  de  chaux  qui  se  rencon- 
tre dans  les  divers  tissus  et  humeurs  dont  nous  avons  parlé 
n'est  pas  la  même  pour  tous.  Tantôt  on  n*en  trouve  que  des 
traces,  d'autres  fois  la  quantité  n*a  pas  été  indiquée  par  les 
auteurs.  Nous  allons  donner  un  tableau  énumératif  des  tissus 
pour  lesquels  la  quantité  de  carbonate  de  chaux  a  été  indi- 
quée. Les  différences  qu'on  trouve  souvent  pour  un  même 
tissu  tendent  à  montrer  qu'un  peu  de  carbonate  de  chaux  a 
pu  être  produit  dans  quelques  cas  par  la  calcination  des  tissus 
ou  des  humeurs. 

Oi  d*homme  (Berxeliiu) 11,30  p.  100. 

—  (Marchand) 10,îl  — 

—  (Lauaigne) ., 7,60  — 

—  Sabf tance  compacte  (Valentin) 7,66  — 

—  Subitance  spongieuie  (/d.) 7,76  — 

—  Condyle  interne  da  fémur  (/d.) 5,04  — 

—  Tête  du  tibia  (fd.) 7,11  — 

Of  de  boraf  (Berzelius) 3,S5  — 

Ot  de  lion  (Barroi) î,60  — 

Of  de  mouton  (/d.) 19,30  — 

Of  de  poule  (U.) 10,40  — 

Cal  (Usfaigne) 6,30  — 

Eiof tofCf  (/d.) 14,00  — 

Vertèbre  de  rachitique  (Boitock) 1,13  — 

—             —          (FroeKh) 5,9»  — 

Côte               —         (/d.) 4,60  — 

Email  d*homme  (Beneliuf ) S,00  — 

Email  de  b€Bur(/d.) 7,10  — 

Ivoire  dentaire  d*homme  (/d.) 5,30  — 

Ivoire  dentaire  de  bcsuf  (/d.) •  1,38  — 

Cément  dentaire  (Lafsaigne) 3,98  — 

Dentf  d'un  enCint  d*un  Jour  (/d.) 14,00  — 

—  d*un  enfant  de  fix  anf  (/d.) •  11 ,42  ^> 

—  d*adnlte  (/d  ) 10,00  — 

—  d*un  vieillard  de  quatre-vingt-un  anf  (/d.) 1,00  — 

(f  )  Landerer,  Anal,  d'un  cristallin  opaque  {Annuaire  dé  cMni.  de  MiHea 
et  Reifet;  Parif,  in-S,  1S«7,  p.  754). 


CH.   XIII.   CARBONATE   DE   CHAUX.    orANTITK   HELATIVE.    225 

indfifef  de  lapin  (/d.) 9,30  p.  1  ou. 

Molaires  de  lapin  (/d.) 7,80  ^ 

Moliiret  de  MDgIier  (/d.) 6,80  — 

Défeoses  de  sioglier  (/d.) 4,20  — 

Défeofes  d*liippopotame  (/d.) 2,90  — 

Molaires  de  cheTsI  (/d.) 8,90  — 

lodsiTes  de  cheTsI  (/d.) 10,00  — 

IncisiTes  de  bceaf  (/d.) 8,00  — 

Os  Met.  Oc  fraU. 

p.  100.  p.  100. 

SabsUnee  saine  près  d*une  masse  calleuse  de  la  côie  d*uD 

cfaerâl  (VâlentiD) 12,00  6,32 

La  masse  calleuse  (/d.) 14,41  7,36 

Métatarsien  de  ce  cheval  (/d.) 13,76  9,05 

Exottose  du  tarse  de  ce  cheTal  (Ad.) 14,32  8,17 

Substance  compacte  du  tibia  d'un  homme  de  trenie-buit 

ans(/d.) 12,37  7,66 

Substance  médullaire  du  même  (/d.) 13,19  7,76 

Carie  du  tibia  d*un  homme  de  même  âge  (/d.) 1 5,01  6,63 

Condjie  externe  gauche  sain  d'une  fille  de  dii-huit  ans  (/d.).  1 1 ,24  5,03 

Condjie  externe  droit  carié  de  la  même  (/d.) 10,13  4,62 

Tête  du  tibia  droit  sain  de  la  même  (/d.) 13,82  7,10 

Tète  du  tibia  gauche  carié  de  la  même  (/d.) 10,45  5,68 

Croûte  sécrétée  autour  de  ce  tibia  (/d  ) 10*34  4,20 

Vertèbre  cariée  d'un  homme  de  vingt  ans.  (/d.) 1 6,83  7,60 

Cendre  des  cartilages  costaux  d*uD  homme  de  vingt  ans 

(Frommherx  et  Gugert) 18,37 

Cendre  des  os  de  porc  (Boussingault) 3,40 

Os  de  vache  (Parant) 5,07 

Urine  de  cheval  (Boussingault) 10,82  p.  1000. 

Urine  de  porc  (/d.) Traces. 

Tubercules  crus  de  Thomme  (Thénard) Traces. 

Tubercoles  crétacés.  Plus  de 50,00  p.  100. 

Tubercules  pulmonaires  de  cheval  (Lassaigne) 9,00  — 

Tubercules  du  foie  de  cheval  (/d.) 4,00  — 

Mélanose  du  cheval  (Foy) 3,75  — 

Concrétions  tonsillaires  (Laugier) 1 2,50  » 

Concrétion  du  nez  (Geiger) 21 ,70  — 

Concrétions  pulmonaires  (Sgarzi) 39,00  — 

Calcul  biliaire  (O.  Henrj) 6,00  — 

Muscle  ossifié  (Poggiale) 8,66  — 

MoM  du  Thibet  ou  de  Tunkin  (Thiemann)  (1) o,04  — 

Musc  de  Sibérie  ou  Kabardin  (/d.) 0,02  — 

Coocrétion  du  rein  d'un  chat  (Fourcroy)  (2) 3,00  — 

—  du  rein  d*un  cheval  (/d.) 68,00  — 

—  —                (Wiirzer) 66,00  — 

—  —               (Braodes)  (3) 22,00  — 

Concrétion  salivaire  du  cheval  (Wurzer) 80,50  — 

—  —            (/d.) 87,50  — 

—  —            (Lassaigne) 8i,00  — 

—  —             (Henry) 85,50  — 

—  de  rêne  (Caventoo) 91,60  — 

(1)  Tbiuann,  NéHesBerlinerJarbuchfUr  die  Pharmacie f  1803,  1. 1,  p.  100. 

(2)  FooiCBOT,  Anal,  comp.  de  diff.  concret,  anim,  et  végétales  {Ann,  de 
cftim.,  1794,  t.  XVI,  p.  113). 

(3)  BaARMs,  rhUosop}^transact.f  1808. 

n.  \v> 


22(5   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1**  CLA88E. 

Tarlrr  des  dents  humaines  (Vauquelin  et  I^ugier] 9,00  p.  100. 

Matière  d*un  kyste  sébacé  de  la  peau. 0,21      — 

Calcul  du  sac  et  conduit  lacrymal  (1) 48,00     — 

Calcul  salivaire  (2) 13,90     -. 

—  )  ( 81,30     — 

—  (3)      79,40      — 

—  ;  ( 80,70      — 

Cendres  de  Turioe  de  cheval ,,,\         [ 12,50     — 

31,00     — 


•  •  • 


Dépôt  spootané  de  ces  urines. .  (      .   Y 80,90 

^*^  ^    87,20 


87,IM)  — 

Cendres  de  Turine  de  bœuf. ...  y         \ 1 ,06  — 

Castoréuro  de  Sibérie  pur  (5) 40,64  — 

Calcul  urétral  de  bœuf  (6 87,80  » 

Calcul  urinaire  de  bceuf  (7) 62,00  — 

Calcul  urinaire  de  cheval  (8) 73,61  — 

Calcul  urinaire  de  »inge  (9) 6,00  "— 

Calcul  urinaire  de  porc  (10) • 44,50  — 

Calcul  urinaire  d'homme  (11) •••  3,55  ~ 

Calcul  salivaire  humain.  (  ._.  \ 4,90  — 

—  —          r'^M 4,49  - 

Calcul  du  canal  de  Slénon  du  cheval .  (         \ 83,519   — 

—  —  du  bœuf.  .|  (13)  1 83,197    — 

—  de  Wirsung  du  boeuf.  (         ; 91 ,650  — 

Concrétion  de  Taorte  (14) '. 16,00     — 

(1)  BoucHARDAT,  Anti,  d' oculistique y  1842. 

(2)  De  BiBRA,  Medicin,  correspond.  Blalt,,  e(c.,  1843. 

(3)  WaiGUT  dans  Ekstein,  Bibliothek  des  Atalandes  fUr  die  organiieh-du- 
mische  BûMung  der  Heilkundef  1844,  p.  57. 

(4)  Dk  DiBMA,  Sur  Vurine  de  quelques  herhkoorêe  (^hm.  émr  Ckem.  mi 
Pharm,,  1845,  t.  LUI,  p.  97). 

{^)  MuLLER,  Examen  d'un  autoréum  de  Sibérie  {Joum,  éê  ehUm,  H  de 
pharm.,  1846,  t.  X,  p.  192). 

(6)  LASiAiGNE,  AyicU.  d'un  calcul  urétral  de  bœuf  {Joum.  de  chim,  méi,, 
1847,  t.  III,  p   10). 

(7)  AimENR,  Anal,  d'un  calcul  de  boeuf  {Annuario  di  fUka  e  dioUMo, 

1846.  p.  225). 

(8)  Ohme,  Anal,  d'un  calcul  urinaire  de  cheval  {ArcK  der  Pharm.f  1847, 
t.  XCVllI,  p.  287). 

(9)  Landkrer,  Anal,  d'un  calcul  de  singe  {Repertor,  fUr  die  PAorm.,  1847, 
t.  XLV,  p.  60). 

(10)  Blet  et  Diesel,  Anal,  d'un  calcul  de  porc  {Arch.  der  Pharm,f  1847, 
t.  XCVllI,  p.  283). 

(11)  Bley,  Calculs  urinaires  {Arch.  der  Pharm.,  1817,  1.  XCIX,  p.  257  et 
271). 

(  1 2)  SCHDLTZE,  Analyse  de  deujr  pierres  salivaires  de  l'homme  (7.  fttr  praM, 
Chem.,  1847,  t.  XXXIX,  p.  29). 

(  1 3)  FuRSTEMBERG,  .4nalyse  de  pierres  saliv.  de  ba^fel  de  eikeval  (/.  fOr  pràkt. 
Chem.,  1837,  t.  XXXIX,  p.  33). 

(1 4)  Landerer,  Analyse  d'une  concret,  de  l'aorte  (Repert.  fUr  di$  Pkarm,f 

1847,  t.  XLV,  p.  50). 


CH.    ÏIII.    FORMES   I»i:   CARBON\TE   DE  CHAUX.  227 

Ostéofarcoiiie(l) 0,67  p.  100. 

Tomor  sisticus  de  la  ganache  d'un  cheval  (2) 86,50  — 

Concrétion  de  rœil  d'an  aveugle  (3)  8,40  — 

Phlébolilhe  humain  (4) 8,30  — 

Calcul  véaical  de  boeuf  (5) 51 ,00  — 

OcdpiUl  d*enCint  craniotabique \         / 5,5!  — 

Porlioo  fpoDgieuse  du  pariétal 1        i 1,76  — 

—  —  \ifi\) 3,107  — 

OcdpiUl (  ^^'  ) 6.40  — 

Pariétal \         [ 5,74  - 

Occipital  d*enfint  craniotabique  guéri.  /        V 4,55  — 

843.  —  Forme.  Dans  la  plupart  des  tissus  et  des  humeurs 
le  carbonate  de  chaux  est  à  l'état  amorphe.  C'est  ainsi  qu'il 
se  présente  dans  les  grains  ovoïdes,  formés  de  couches  con- 
centriques, qu'on  observe  souvent  dans  )a  pie-mère,  surtout 
dans  \es  ponts  qui  passent  sur  les  grandes  scissures  et  dans  les 
filaments  de  tissu  cellulaire  qui  tapissent  leurs  deux  faces;  il 
a  un  aspect  analogue  dans  le  sable  de  la  glande  pinéale  et  des 
plexus  choroïdes  {Àcervuluscerebri  etplexuum  choroideorum), 
dans  les  grains  calcaires  de  diverses  fausses  membranes  et 
tumeurs.  Pourtant ,  dans  les  reins  des  enfants  mort-nés,  ce 
sel  se  présente  en  masses  sphériques  formées  évidemment 
d'aiguilles  groupées  autour  d'un  centre  (pi.  III,  fig.  2,  bbb). 
Il  se  présente  aussi  avec  le  môme  aspect  quelquefois  dans  la 
salive  du  cheval  (7),  et  très  souvent,  sinon  toujoups,  dans  son 
urine  prise  dans  la  vt'ssie.  On  sait,  en  effet,  que  chez  ces 
tinimaux  l'urine  est  neutre  ou  alcaline.  Or,  de  cette  neutralité 
ou  de  l'alcalinité  de  l'urine,  il  résulte  que  le  carbonate  de  chaux 

(1)  BoDX,  Ànaly9e  d*im  osiéosarœme  {Journ,  depharm.  et  de  cMm.,  1847, 
t.  II,  p.  429). 

(2)  BRAnoEfl,  Ann.  de  pharmacie,  1834,  t.  X,  p.  229. 

(3)  Wnazn,  Conerétion  dans  VcbU  humain  {Journal  fur  prakt.  Chemie, 
1834,  i.  lU,  p.  3S). 

(4)  ScHLOssBEiGEi,  Anoi.  d'iifi  calcul  veineux  {Ann.  der  Chem,  undPharm., 
1849,  t.  LXIX,  p.  255). 

(5)  GnAiMif,  Anal,  d'un  eaicul  trouvé  dans  la  vessie  d'un  bœuf  {Joum.  de 
ckim.  méd.,  1849,  t.  V,  p.  312). 

(6)  ScBLossBERGER ,  Bccherches  chimiques  sur  le  ramollissemenl  du  crâne 
d'enfants  {Ann.  der  Chem.  undPharm.,  1839,  t.  LXX,  p.  14). 

(7J  Étude  comparative  de  la  salive  parotidienne  et  de  la  salive  mixte  du 
cheval f  sous  le  rapport  de  leur  composit,  chim.  et  de  leur  action  sur  les  ali- 
ments, par  MM.  Magendie,  Rayer  et  Payen  [Comptes  rendus  des  séances  de 
r.iead.  des  sciences  de  Paris,  in-4%  1845,  t.  XXI,  p.  903). 


228  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

se  dépose  sous  forme  de  pelilcs  masses  sphériques  formées, 
commeles  précédentes,  d*aiguiUes  réunies  autour  d'un  centre. 
De  là  Taspecl  plus  ou  moins  trouble  que  possède  déjà  dans  la 
vessie  Turine  des  chevaux.  Suivant  la  nature  des  aliments, 
l'aspect  laiteux,  blanchâtre,  de  Turine  de  lapin,  de  lièvre  et  de 
cochon  dinde  est  dû  aussi  à  des  grains  de  carbonate  de  chaux. 

Cristaux  de  Votoconie.  Le  carbonate  de  chaux  présente 
le  seul  exemple  qui  existe  d*un  principe  immédiat  constituant 
à  lui  seul  un  organe  dans  Téconomie  (c'est-à-dire  une  partie 
du  corps  ayant  un  usage  direct  dans  l'accomplissement  d'une 
fonction,  celle  d'audition),  formé  directement  par  une  seule 
espèce  de  parties  élémentaires.  Les  exemples  de  ce  genre 
sont  plus  fréquents  parmi  les  éléments  anatomiques  propre- 
ment dits  que  parmi  les  principes  immédiats,  mais  ils  sont 
souvent  moins  nets.  Il  est  à  remarquer  que  l'une  des  condi- 
tions d'accomplissement  de  cet  usage  par  un  seul  principe 
immédiat,  c'est  que  chaque  individu  de  ce  principe  ait  une 
forme  spéciflque ,  comme  les  éléments  anatomiques  ont  la 
leur.  Dans  tous  les  mammifères,  l'otoconie  est  formée  seule- 
ment de  carbonate  de  chaux  présentant  la  forme  rhomboédri- 
que  qui  lui  est  propre  (Voy.  pi.  II ,  fig.  2,  et  A,  B,  C). 

Les  rhomboèdres  du  carbonate  de  chaux  de  l'otoconie  ne 
sont  pourtant  pas  des  cristaux  parfaitement  réguliers.  Ils 
présentent  cette  particularité  assez  fréquente  dans  les  cris- 
taux qui  se  forment  dans  l'organisme  ou  dans  les  liquides 
qu'on  en  retire,  d'avoir  les  arêtes  émoussées  et  courbes,  les 
angles  dièdres  arrondis  et  plusieurs  faces  courbes  (fig.  2,  a). 
Ils  sont  un  peu  allongés  et  tendent  à  prendre  la  forme  pris- 
matique à  six  pans  ;  seulement  il  est  rare  que  leurs  grandes 
faces  soient  conservées;  elles  sont  ordinairement  courbes 
surtout  chez  les  jeunes  sujets ,  et  fondues  les  unes  avec  les 
autres  par  suite  de  Témousscment  des  arêtes.  Il  en  résulte 
que  chaque  cristal  a  un  peu  la  forme  d'un  baril  (pi.  II, 
fig.  2).  Les  extrémités  du  cristal  sont  terminées  par  une  py- 
ramide qui  devrait  être  à  six  faces  si  le  cristal  était  régulier, 
mais  sur  laquelle  on  îi'en  voit  que  deux  qui  soient  conservées; 


CH.    Xill.  FORMRS  DU  CARBONATE  DE  CHAUX  DE  L*OTOCONIE.    229 

les  autres  sont  fondues  insensiblement  avec  les  faces  courbes 
ou  grandes  faces  du  prisme  (pi.  II,  B,  et  Cg.  2,  a).  Les  deux 
faces  conservées  à  la  pyramide  de  chaque  extrémité  sont  op- 
posées l'une  à  l'autre,  et  souvent  un  peu  concaves  (pi.  II,  A). 
Elles  sont  toujours  limitées  par  des  arêtes  courbes  elles-mê- 
mes. Plusieurs  de  ces  cristaux  peuvent  être  tronqués ,  soit 
dans  le  sens  de  la  longueur  (pi.  II,  A),  soit  par  une  de  leurs 
extrémités  (pi.  II,  G),  ce  qui  tient  à  la  manière  dont  ils  sont 
réunis  les  uns  aux  autres.  Cette  forme  est  la  même  à  tous 
les  âges.  Le  volume  des  cristaux  de  carbonate  de  l'otoconie 
varie  entre  0~,001  (fig.  2,  t)  et  0™,060  (fig.  2,  a)  pour  la 
longueur;  la  largeur  ne  dépasse  guèi'e  0,0&0.  Elle  n'est  pas 
toujours  la  même  chez  tous  les  individus;  tous,  par  exemple, 
ne  présentent  pas  des  cristaux  ayant  le  volume  le  plus  fort, 
indiqué  plus  haut. 

Leur  coloration  est  jaunâtre,  d'un  jaune  d'ambre,  pâle.  Us 
réfractent  assez  fortement  la  lumière  et  la  polarisent.  Gomme 
tous  les  cristaux  de  carbonate  de  chaux  colorés,  ils  laissent 
une  légère  trame  de  substance  organique  après  dissolution 
par  l'adde  chlorhydrique.  Ges  cristaux  sont  réunis  les  uns 
aux  autres  latéralement,  de  manière  à  former  Xine  couche 
membraniforme  dans  le  sac  vestibulaire  et  les  renflements  des 
canaux  demi-circulaires  membraneux.  Gette  couche  n'est  for- 
mée ordinairement  que  d'une  seule  couche  de  cristaux.  Elle 
s'étend  souvent  assez  haut  en  remontant  le  parcours  de  ces 
conduits  loin  du  renflement;  ils  adhèrent  à  la  membrane. 
Nous  en  avons  figuré  un  lambeau  (pi.  II,  fig.  2,  i).  Les 
gros  et  les  petits  cristaux  se  trouvent  réunis  et  mélangés 
sans  présenter  rien  de  spécial  dans  leur  arrangement  et  leur 
distribution  réciproque.  Gomme  ils  sont  unis  par  simple  conti- 
guïté, ils  se  séparent  les  uns  des  autres  avec  grande  facilité. 
Alors  ils  sont  ou  tout  à  fait  libres,  ou  réunis  les  uns  à  la  suite 
des  autres  par  leurs  extrémités  (c).  Dans  ce  cas,  la  face  con- 
cave reçoit  la  partie  convexe  de  la  pyramide  terminale.  Ou 
bien  ils  sont  réunis  par  leurs  faces  latérales  (d).  Enfin  on  en 
trouve  qui  sont  disposés  en  croix  (e).  Ceux  qui  ont  une  partie 


280  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1**  CLASSE. 

tronquée,  par  suite  de  leur  mode  de  jonction  avec  quelque 
autre  cristal  (A,  G,  et  Tig.  2,  /),  ne  se  séparent  que  difficile- 
ment de  celui  auquel  ils  adhèrent.  La  couche  n'est  pas  partout 
continue,  c'est-à-dire  que  les  cristaux  ne  se  touchent  pas  par- 
tout ,  surtout  quand  on  les  examine  loin  du  renflement  du 
canal  demi-circulaire  membraneux.  Là  on  voit  soit  des  cris- 
taux isolés,  soit  des  groupes  de  trois,  quatre,  etc.,  cristaux 
se  touchant,  lesquels  groupes  sont  plus  ou  moins  rapprochés 
les  uns  des  autres. 

Criêlauof  de  la  salive  parotidienne.  Les  humeurs  qui  dans 
l'acte  de  la  digestion  et  celui  de  la  reproduction  remplissent 
quelque  usage  ne  sont  jamais  ou  presque  jamais,  au  moment 
où  elles  agissent,  le  produit  d'une  seule  glande.  Elles  sont 
toujours  mixtes.  G*est  ainsi  que  la  salive  buccale  des  mam- 
mifères est  formée  par  le  mélange  du  produit  versé  par  les 
glandes  qui  sécrètent  deux  espèces  de  liquides  différents; 
c'est  ainsi  que  le  suc  pancréatique  et  la  bile  n'agissent  en 
général  que  mélangées  ensemble,  et,  de  plus,  au  produit  des 
glandes  de  la  muqueuse  intestinale;  c'est  encore  ainsi  que  le 
sperme,  entre  le  moment  où  il  sort  du  testicule  jusqu'à  l'iu- 
stant  de  l'éjaculation ,  a  été  additionné  du  produit  de  trois 
glandes.  Il  faut  joindre  encore  à  tout  cela  le  mucus  que  sé- 
crètent les  muqueuses  dépourvues  de  glandes  que  parcourent 
ces  liquides.  Quand  ces  diflérents  liquides  sont  mélangés,  ils 
ne  laissent  précipiter  aucun  de  leurs  principes  immédiats. 
Mais  il  résulte  de  l'admirable  série  de  recherches  de  notre 
collègue  et  ami  CL  Bernard,  que  chacun  de  ces  liquides,  pris 
isolémen  t ,  laisse  déposer  des  cristau x .  Le  suc  pancréatique  pur, 
abandonné  à  lui-même,  donne,  au  bout  de  quelques  heures, 
un  dépôt  cristallin  de  lactate  de  cliaux;  la  salive  paroti- 
dienne,  fait  observé  déjà  depuis  longtemps  chez  le  cheval  « 
laisse  déposer  presque  aussi  tôt  après  son  issue  du  carbonate  de 
chaux  cristallisé.  Le  liquide  prostatique  ,  qui  séjourne  habi- 
tuellement dans  les  conduits  qui  le  sécrètent,  y  laisse  déposer 
des  sels  calcaires  mélangés  de  matières  azStées ,  et  il  n*est 
presque  pas  de  sujet  adulte  chez  lequel  on  ne  trouve  de  petits 


CH.    1111.    CARBONATE   DE  CHAUX   DE   LA   SALIVE.         231 

calculs  microscopiques  d'une  conformation  très  curieuse  dans 
les  culs-de-sac  de  cette  glande. 

Voici  la  description  des  cristaux  de  carbonate  de  chaux 
tels  que  les  laisse  déposer  la  salive  parotidienne  du  chien.  C'est 
M.  Cl.  Bernard  qui  a  recueilli  ce  liquide  dans  ses  expérien- 
ces sur  la  digestion.  Les  formes  des  cristaux  déposés  sont  des 
plus  variées,  et  pourtant  toutes  conservent  quelques  carac- 
tères dans  la  disposition  des  faces  et  des  arêtes  qui  les  ratta- 
chent au  type  du  rhomboèdre. 

Quelques  uns  de  ces  cristaux  sont  des  rhomboèdres  régu- 
liers, mais  toujours  un  peu  aplatis  (pi.  IV,  a  a).  Il  en  est  qui 
sont  allongés  en  prismes  à  quatre  pans  à  base  rhombe  (6). 
Quelques  uns  ont  la  forme  décrite  plus  haut  à  propos  des 
cristaux  de  Totoconie  (c),  ou  bien  ils  ont  la  forme  de  prismes 
à  six  pans  terminés  ou  non  par  une  pyramide,  qui  quelque- 
fois n'existe  qu'a  une  des  extrémité  du  solide  (ci).  Il  est  de 
ces  cristaux  qui  conservent  encore  la  forme  rhomboïdale  assez 
régulière,  mais  qui  sont  tellement  aplatis,  que  c^  sont  des  k- 
melles  plutôt  que  des  prismes  (eee).  Parmi  les  formes  régu- 
lières, nous  signalerons  des  pyramides  à  base  rhombe  (/), 
quelquefois  assez  allongées  pour  former  de  véritables  aiguilles 
cristallines.  Enfin  nous  indiquerons,  en  terminant,  des  solides 
simulant  deux  pyramides  a  quatre  pans  à  base  rhombe,  ados- 
sées base  i  base,  à  sommet  souvent  tronqué  et  dont  l'un  se 
prolonge  un  peu  en  prisme  (g  g).  Tous  ces  solides  régulieis 
sont  ordinairement  les  moins  nombreux  au  milieu  de  toutes 
les  configurations  bizarres  et  souvent  fort  singulières  que 
nous  allons  décrire  bientôt,  lesquelles  sont  a  peu  près  toutes 
en  égal  nombre. 

Le  volume  de  ces  formes  régulières  varie  entre  0«n",010  et 
0«",100,  pour  la  longueur,  sur  une  largeur  et  épaisseur  moi- 
tié moindre.  Ils  sont  ordinairement  teintés  en  jaune  d'ambre. 
Presque  tous  sont  parsemés  de  fines  ponctuations  ou  de  pe- 
tites granulations  moléculaires,  tant  à  la  surface  que  dans 
l'épaisseur.  Les  arêtes  de  jonction  de  ceux  qui  sont  formés  de 
deux  pyramides  adossées  ne  sont  pas  toujours  régulières, 


232  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER,    1^  OUkSftE. 

c'est  souvent  un  trait  irrégulier,  tremblé  (g).  Les  premières 
déformations  à  signaler  sont  des  prismes  rhomboédriques 
aplatis  dont  les  petites  faces  sont  taillées  obliquement  (i)  ou 
remplacées  par  un  biseau  (k),  et  se  joignent  aux  grandes  par 
une  nréte  mousse  et  courbe  le  plus  souvent.  Une  des  extré- 
mités du  rhombe  est  tronquée  (t)  ou  prolongée  (k).  Ces  solides 
sont  également  teintés  de  jaune  et  parsemés  de  granulations. 
D'autres  solides  analogues,  mais  en  général  plus  gros,  présen- 
tent  le  même  genre  de  déformations,  la  même  couleur,  les 
mêmes  granulations,  mais  toutes  ou  presque  toutes  leurs  arêtes 
sont  tremblées,  dentelées  ;  les  grandes  faces  arrondies  elles  pe- 
tites faces,  quelquefois  excbvées,  se  joignent  aux  grandes  par 
une  arête  courbe,  déchiquetée  elle-même  le  plus  souvent; 
quelquefois  elle  est  très  pâle,  délimitant  à  peine  la  jonction 
de  deux  surfaces  différentes  (l^m^njo).  Il  est  des  cristaux  de 
même  forme,  mais  bien  plus  gros,  pouvant  avoir  jusqu'à  près 
de  1/2  millimètre  de  long;  ils  ont  leurs  grandes  faces  habi- 
tuellement couvertes  de  lamelles  étroites  et  allongées,  imbri- 
quées les  unes  sur  les  autres,  et  faisant  plus  ou  moins  saillie 
à  la  surface  du  solide.  Leurs  extrémités  sont  coupées  oblique- 
ment ou  perpendiculairement  à  leurs  grandes  arêtes  (p,  q).  Il 
en  est  de  même  forme  et  de  même  volume  chez  lesquels  les  pe- 
tites faces  se  confondent  avec  les  grandes ,  et  ne  sont  plus  li- 
mitées même  par  une  arête  courbe;  elles  ne  sont  indiquées 
que  par  la  disposition  de  Fombre.  Tous  ces  cristaux  sont  plus 
larges  qu'épais  ;  le  contour  de  ces  derniers  est  habituellement 
hérissé  de  petites  lamelles  cristallines  plus  ou  moips  nette- 
ment rhomboldales  (r).  Les  plus  petits  des  cristaux,  qui  sont 
recouverts  de  lamelles  imbriquées  décrites  ci-dessus  »  sont 
quelquefois  entrecroisés  au   nombre  de  trois  ou  quatre  de 
manière  à  former  un  groupe  stelliforme  («);  ou  bien  ils  sont 
réunis  bout  a  bout  et  par  leurs  côtés  de  manière  à  former  des 
amas  de  dispositions  variables,  qui  ont  quelquefois  une  lon- 
gueur fort  ronsidrrnlile  (t).  On  trouve  un  assez  grand  nombre 
(le  solides  dans  h^squels  lu  forme  rhomboldale  n'est  plus  ou 
presque  plus  rccoimaissable,  dont  la  surface  et  les  extrémités 


CH.   XIII.    CARBONATE   DE   CHAUX   DE  LA  SAUVE.         233 

sont  chargées  de  ces  lamelles  allongées  imbriquées  et  soudées 
ensemble  (u^  Vy  ).  Tous  ces  solides  ont  ordinairement  leur 
surface  couverte  de  granulations  moléculaires,  souvent  assez 
grosses  et  nombreuses ,  ainsi  que  de  stries  irrégulières  et 
courtes.  Parmi  les  groupements  divers  qui  se  rencontrent 
dans  le  carbonate  de  chaux  de  la  salive  parotidienne,  il  faut 
signaler  des  amas  coniques  de  petites  aiguilles,  à  bords  fon- 
cés et  d'un  jaune  plus  intense  que  les  autres  cristaux  (x). 
Ces  amas  sont  assez  nombreux  ;  ils  sont  quelquefois  réunis 
deux  ou  trois  les  uns  à  côté  des  autres ,  ou  à  la  suite  les  uns 
des  autres  (y  y),  et  peuvent  être  recourbés  sur  eux-mêmes. 
Quelques  uns  de  ces  groupes  de  petites  aiguilles  ont  la  forme 
d'une  pyramide  à  base  arrondie  ;  comme  s'ils  provenaient  de 
la  rupture  d'une  sphère  formée  par  ces  aiguilles  accumu- 
lées (/).  On  trouve  de  ces  groupes  jaunes  parmi  les  cristaux 
de  l'urine  de  lapin. 

Des  cristaux  rhomboédriques  aplatis  peuvent  se  disposer 
en  rosaces  ou  en  plaques  rotacées  (pi.  IV,  A)  autour  d'un  point 
centra],  en  se  soudant  par  leurs  bords.  Ces  plaques  ont  1  à 
3  dixièmes  de  millimètre  de  diamètre;  leur  coloration  est  d'un 
jaune  d'ambre  pâle,  excepté  vers  le  centre,  oh  le  petit  point 
médian  et  la  portion  qui  l'entoure  présentent  une  couleur 
jaune  plus  foncée.  Autour  du  petit  noyau  central,  se  voient 
des  lignes  jaunes,  régulières,  qui  s'irradient  de  ce  point  jus- 
qu'à la  périphérie,  où  elles  se  terminent  au  fond  des  angles 
rentrants  que  forment  les  cristaux  soudés  ensemble.  Ces 
lignes  sont  la  trace  de  soudure  de  ces  cristaux.  Les  portions 
saillantes  à  la  périphérie  de  la  plaque  sont  formées  par 
l'angle  aigu  des  rhomboèdres  soudés  ensemble.  Cet  angle 
n'est  bien  conservé  que  dans  les  plaques  épaisses  ;  il  est  ha- 
bituellement arrondi  ou  limité  par  des  arêtes  courbes  du  côté 
le  plus  mince  des  plaques.  Celles-ci  sont  toujours  parsemées 
de  fines  granulations  moléculaires,  et  présentent  quelquefois 
des  stries  longitudinales  très  déliées. 

On  trouve  d'autres  lames  ou  plaques  circulaires  ou  ovales, 
isolées  (pi.  V,  jf,  A;)  ou  réunies  ensemble  (pU  V,  f)  î\u  non^bre 


2SA    DES    PRINCIPES   IMMÉDIATS  KN  PARTICULIER,    l'*  CLASSE. 

de  deux,  trois,  quatre,  etc.  Le  contour  de  ces  lames  circu- 
laires présente  ordinairement  des  saillies  arrondies  (f,  y, 
A,  n)  qui  représentent  assez  les  angles  de  la  figure  dé- 
crite précédemment  (pi.  IV,  A),  qu'on  aurait  émoussés.  D'au- 
tres fois  ce  contour  est  assez  régulier,  net  et  assez  foncé, 
noirâtre  (t,  e,  k,  p,  y),  tout  à  fait  nu  (t)  ou  bordé  d'une  sorte 
de  collerette  formée  de  petites  dents  aigués  saillantes  an  de- 
hors du  contour  net  qui  délimite,  à  proprement  parler,  la 
plaque  (e,  g).  Celles  de  ces  plaques  qui  sont  réunies  les  unes 
aux  autres  prennent  naturellement  des  formes  variées,  par 
suite  de  leur  pression  réciproque  latérale  (/*,  r).  Il  n'y  en  a 
quelquefois  qu'une  seule  qui  soit  déformée  par  quelque  autre 
qui  s'y  implante  sans  que  sa  forme  soit  modifiée  (A).  Il  est,  du 
reste,  de  ces  plaques  qui ,  môme  isolées,  ont  des  formes  variables 
plus  ou  moins  irrégulières.  Quelques  unes  sont  étranglées  vers 
le  milieu  ({,  m)  ou  même  sont  comme  complètement  coupées 
en  deux,  et  ne  représentent  qu'une  demi-plaque  (o).  D'autres 
fois  la  plaque  est  comme  incomplètement  formée  d'un  côté, 
ce  qui  lui  enlevé  sa  forme  circulaire  (;).  Enfin,  il  en  est  dans 
lesquelles  on  n'aper(^oit  pas  de  point  central,  et  qui  sont  di- 
versement contournées  et  configurées,  comme  pourrait  l'être 
une  goutte  de  quelque  liquide  visqueux  (>,  0- 

Les  dimensions  de  toutes  ces  plaques,  quelle  qu'en  soit  la 
forme,  peuvent  varier  beaucoup.  La  largeur  oscille  entre 
0— ,020(p,  r,  n,  m,  q)  et  0-",200  (f,  e,  y.  A,  l).  Elles  sont 
toujours  très  minces,  leur  épaisseur  ne  dépasse  guère  0"^,00$ 
a  0"*,007.  Elles  sont  toutes  légèrement  teintées  de  jaune. 

Leur  structure  est  assez  régulièrement  la  même.  A  l'ex- 
ception de  celles  qui  ont  la  forme  contournée  (*,  f),  toutes 
ont  un  point  central  de  0'"",002  à  0""",010,  formé  par  uneou 
plusieurs  granulations  irrégulières  plus  foncées  que  le  reste 
de  la  plaque  (/,  g.  A,  p,  ti).  Ce  point  central  est  quelquefois 
remplacé  par  un  amas  de  granulations  plus  ou  moins  considé- 
rable, à  bords  peu  nettement  limil(^?  (r,  k).  Du  centre  par 
lent  des  lignes  très  fines,  délié(»s,  très  nettes,  droites,  qui  se 
rendent  directement  à  la  périphérie  en  partant  du  centre, 


eu.    XIII.    CARBONATE   DE    CHAUX   DE   LA   SAUVE.         235 

et  aboutissent  au  fond  de  Tangle  renlrant  quand  le  contour  de 
la  plaque  présente  des  saillies  arrondies  (/*,  g,  h).  Ce  contour 
présente  en  outre  toujours  un  liséré  de  0'""',003  à  O^^jOlO 
de  largeur,  à  bords  dentelés  du  côté  du  centre,  et  un  peu  plus 
épais  que  le  reste  de  la  plaque.  Ce  liséré  se  prolonge  plus  ou 
moins  loin  vers  le  point  central,  le  long  des  lignes  ou  rayons 
déliés  décrits  plus  haut;  il  n'atteint  janiaii  tout  à  fait  jus- 
qu'au centre.  Sa  teinte  jaune,  ainsi  que  celle  des  lignes  irra- 
diées, est  toujours  plus  foncée  que  celle  du  reste  de  la  plaque. 
Il  est  quelques  cas  cependant  où  ce  liséré  est  régulier,  c'est-à- 
dire  non  dentelé  ou  tremblé  en  dedans  ;  il  est  alors  très  étroit 
et  àpeine  coloré  (jf,  »,  A,  m,  s).  Il  peut  même  manquer  presque 
tout  à  fait,  mais  très  rarement  (e).  Autour  du  centre  existent 
quelquefois  une  ou  deux  lignes  concentriques  à  la  circonfé- 
rence, mais  toujours  flnement  dentelées,  comme  tremblées 
(t,y).  Toutes  ces  plaques  sont  parsemées  deiines  granula- 
tions moléculaires,  plus  foncées  que  le  reste  de  la  plaque. 

Ces  granulations  sont  bien  plus  abondantes  dans  les  plaques 
dont  le  centre  est  occupé  par  un  amas  mal  limité  de  ces  gra- 
nules (e,  A,  t)  que  dans  les  autres.  La  aussi  les  lignes  irradiées 
sont  plus  fines,  moins  évidentes  (i,  A),  et  ne  sont  pas  accom- 
pagnées par  le  liséré;  elles  peuvent  même  manquer  tout  à 
fait  (e).  EnCn  entre  ces  lignes,  là  surtout  où  elles  sont  très 
évidentes,  se  voient  de  fines  et  délicates  stries  (/*,  A),  et  les 
intervalles  de  ces  rayons  sont  comme  cannelés  (pi.  IV,  A; 
pi.  V.  /). 

Outre  ces  formes,  on  trouve  un  assez  grand  nombre  de 
sphères  de  carbonate  de  chaux  isoléas  ou  groupées,  et  variant 
de  volume  entre  0"*",008  et  0"'™,080.  Les  unes  sont  tout  à  fait 
homogènes  et  en  général  d'une  couleur  jaune  plus  foncée  que 
les  autres  (a).  Beaucoup  présentent,  à  partir  du  centre,  qui  est 
granuleux  ou  non,  des  lignes  ou  stries  qui  vont  en  s'irradiant 
et  décrivent  une  légère  courbe  à  partir  de  ce  point  (y,  6,  6, 
c,  d).  Ces  sphères-là  sont  généralement  groupées  de  diverses 
manières  et  se  soudent  plus  ou  moins  complètement,  de  ma- 
nière à  laisser  voir  leur  circonférence  (6,  6,  d,  jf),  ou  bien 


236  DKS   PHINCIPËS   IMMÉDIATS   KN    PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

elles  sont  réellement  confondues  ensemble  (c).  Quelques  uns 
de  ces  amas  ont  une  teinte  d*un  blanc  jaunâtre,  plutôt  que 
jaune  d'ambre.  Quelquefois,  mais  rarement,  il  existe  autour 
des  sphères  une  petite  collerette  dentelée  (x).  Elles  offrent 
souvent  des  excavations  qui ,  lorsqu'elles  ont  lieu  par  deux 
pôles  opposés  à  la  fois,  les  transforment  en  quelque  sorte 
en  plaques  minces,  analogues  aux  précédentes.  Il  n'est 
pas  rare  de  trouver  les  divers  degrés  de  ces  excavations, 
jusqu'à  réduction  en  plaque  sur  le  même  amas  (u  u).  D'autres 
fois  l'excavation  se  fait  du  même  côté  ;  la  sphère  est  comnie 
rongée  et  échancrée  de  ce  côté-là  (t;  v),  dont  le  pourtour 
est  dentelé.  Le  centre  des  sphères  excavées  est  toujours  occupé 
par  un  petit  amas  de  granulations,  à  partir  duquel  s'irradient 
de  fines  stries  droites  (u)  ou  courbes  (vv).  Ce  point  central 
granuleux  et  la  partie  voisine  ont  ordinairement  une  teinte 
jaune  plus  foncée  que  le  reste  de  la  sphère. 

U  y  a  fort  peu  de  ces  solides  cristallins  qui  aient  la  forme 
en  sablier  (r),  si  commune  ordinairement  dans  les  carbonates. 
Au  pourtour  des  plaques  décrites  plus  haut,  adhèrent  quelque- 
fois de  ces  solides-là  (A),  ou  des  sphères  analogues  à  celles 
que  nous  venons  de  décrire  (t). 

Cristaux  de  carbonate  de  chaux  dans  Vurine  du  lapin  et  du 
lièvre.  L'urine  du  lapin  est  rendue  tantôt  transparente  ou 
opalescente,  et  par  le  refroidissement  devient  blanche;  ce 
sont  alors  des  cristaux  de  phosphate  de  magnésie  qui  lui  don- 
nent cette  couleur  :  ils  seront  décrits  plus  loin.  Tantôt  l'urine 
rendue  est  lactescente  :  c'est  alors  du  carbonate  de  chaux  qui 
lui  donne  cette  teinte.  Les  cristaux  se  déposent  rapidement  ao 
fond  du  vase,  et  l'urine  qui  surnage  est  incolore,  transparente. 
Lorsqu'on  tue  l'animal  sans  lui  faire  éprouver  de  secousses 
brusques,  on  trouve  souvent  les  cristaux  déposés  déjà  dans  la 
vessie,  et  l'urine  est  claire.  C'est  surtout  lorsque  ces  animanx 
se  sont  nourris  presque  exclusivement  de  plantes  herbacées 
que  leurs  urines  donnent  du  carbonate  de  chaux  ;  aussi  l'urine 
du  lièvre  est-elle  plus  constamment  lactescente  que  cdle  dn 
lapin  domestique.  Celui-ci,  lorsqu'il  est  nourri  do  son  ou  de 


CH.  X11I.  CARBONATE  DE  CHAUX  DE  L*l'RINE  DE  LAPIN.     237 

grains,  donne  une  urine  qui  conlient  du  pliospliale  de  magné- 
sie plutAt  que  des  carbonates. 

Les  formes  des  cri^laux  de  carbonate  de  chaux  sont  très 
variées.  On  trouve  toujours  quelques  rhonil)oèdres  parfaits  : 
ce  sont  les  formes  les  plus  rares  (pi.  XIII,  fig.  3,  f  f);  mais 
on  en  trouve  de  nombreuses  modifleations  très  curieuses,  re- 
présentées par  des  cristaux  dont  les  faces  et  les  arêtes  se  sont 
incomplètement  formées,  tandis  que  le  sel  s'est  déposé  de 
telle  sorte  qu'il  semble  accumulé  autour  des  diagonales  fic- 
tives qui  joindraient  les  angles  du  solide  régulier  (iig.  3,  a). 
Cette  formation  incomplète  des  cristaux,  qui  ressemble  à  une 
excavation  des  faces  et  des  arêtes  en  respectant  les  diagonales 
fictives,  peut  être  plus  ou  moins  marquée;  on  en  voit  les  dif- 
férents degrés  en  suivant  les  formes  /*,  k,  l,  m^a,a.  Leur  as- 
pect varie  selon  que  l'on  a  dirigé  directement  ou  obliquement 
du  côté  de  Tœil  l'une  des  faces  ou  l'un  des  angles  du  rhom- 
boèdre complètement  ou  incomplètement  formé  {f,  g,  a,  it, 
/,  m,  n).  De  plus,  il  faut  savoir  que  les  deux  angles  dièdres 
sommets  ou  réguliers,  joints  runàl'autre  par  l'axe  principal 
du  rhomboèdre,  sont  presque  toujours  nettement  formés  (a  a); 
les  trois  arêtes  qui  le  limitent  sont  régulières  dans  une  éten- 
due plus  ou  moins  grande.  Les  six  angles  irréguliers  sont  re- 
présentés seulement  par  la  pointe  des  prolongements  de  car- 
bonate de  chaux  accumulés  autour  des  diagonales  fictives  qui 
les  joignent.  Ces  prolongements  sont  cylindroîdes,  terminés 
en  pointe  mousse,  striés  en  travers,  et  présentent  sur  le  mi- 
lieu de  chacune  de  leurs  faces  une  ligne  saillante  longitudi- 
nale ;  celle  de  ces  lignes  qui  est  tournée  du  coté  de  l'angle 
régulier  correspondant  est  plus  nette  que  les  autres,  et 
forme  quelquefois  une  arête  bien  conservée  se  continuant  avec 
celles  qui  limitent  cet  angle.  Quand  ces  solides  sont  disposés 
de  telle  sorte  que  l'angle  sommet  dont  nous  venons  de  parler 
est  dirigé  vers  Tobservateur,  comme  le  cristal  régulier  /*,  ils 
ressemblent  i  une  étoile  à  six  branches  (a  a)  qui  reformerait 
un  rhomboèdre,  siFon  vient  à  joindre  le  sommet  des  branches 
par  un  trait.  Si,  au  contraire,  c'est  une  des  faces  qu'on  aper- 


2S8  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

çoit,  on  a  sous  les  yeux  une  éloilc  à  quatre  branches  exca- 
vce  vers  son  centre  (m). 

On  trouve,  de  plus,  une  assez  grande  quantité  de  prismes  à 
base  rhombe,  plus  ou  moins  allongés  et  à  faces  quelquefois 
arrondies,  a  angles  mousses,  comme  les  cristaux  de  carbonate 
de  chaux  de  Totoconie  (6  6).  Au  milieu  de  ces  prismes,  il 
en  est,  parmi  les  plus  allongés,  qui  sont  étranglés  vers  le  mi- 
lieu de  leur  longueur  (e)  ;  et  pourtant  quelques  unes  des 
arêtes  sont  conser\ées,  les  extrémitésquisont  restées  renflées 
conservent  surtout,  assez  souvent,  l'aspect  rhomboldal,  m-ilgré 
leur  tendance  très  évidente  à  s'arrondir.  Ces  cristaux,  en  un 
mot,  quoique  conservant  encore  quelques  uns  des  caractères 
du  prisme,  ont  dc^'à  la  forme  générale  des  cristaux  en  saUier 
les  plus  allongés  {d  d)  ;  ces  derniers  sont  très   nombreux, 
et  sont  réellement  une  déformation  des  prismes  précédents 
(&,  6,  c).   Les  rhomboèdres  réguliers  (f)  présentent  un  mode 
de  déformation  analogue.  En  examinant  les  divers  cristaux 
ainsi  déformés ,  on  voit  qu'évidemment  les  splières  de  car- 
bonate de  chaux  sont  non  pas  des  prismes  k  base  rhombe 
mal  formés,  mais  que  ce  sont  des  rhomboèdres  dont  les  an- 
gles manquent.  Il  y  en  a,  en  eifet  (9),  dont  la  forme  type  est 
encore  très  reconnaissable,  mais  les  angles  et  les  arêtes  sont 
mousses;  d'autres  laissent  à  peine  voir  leurs  faces  ou  ont  leur 
périphérie  octogone  ou  dodécagone,  selon  leur  situation  (AI; 
enfin  beaucoup  ont  tout  à  fait  la  forme  sphérique  (t,y). 

Parmi  ceux  qui  ont  la  forme  sphérique,  il  en  est  beaucoup 
qui  présentent  un  ou  deux  points  centraux,  soit  brillants, 
soit  noirs,  entourés  le  plus  souvent  d'ime  ou  deux  fines  lignes 
concentriques  (n,  p).  Il  y  en  a  qui  sont  réunies  et  pressées 
l'une  contre  l'autre  (9).  De  ces  sphères,  plusieurs  sont  ordi- 
nairement étranglées  vers  le  milieu  (o),  et  entre  ce  faible 
étranglement  et  la  forme  en  sablier  court,  à  tète  arrondie  et 
volumineuse  (<»),  on  trouve  tous  les  degrés  intermédiaires. 
Ces  formes  en  sablier  court  [e\  dérivent  évidemment  du  rhom- 
boèdre /*,  en  passant  par  les  ternies  intermédiaires  9,  A,  1,  »,  o,f, 
comme  les  sabliers  allongés  {d)  dérivent  des  prismes  i  baie 


CH.  XIU.  CARBONATE  DE  CHAUX  DE  L*URIN£  DE  LAPIN.     230 

rhombe  6,  en  passant  par  les  formes  c  et  d.  Tous  les  cristaux 
dont  nous  venons  de  parler,  surtout  ceux  en  sablier,  sont  les 
plus  nombreux,  et  peuvent  présenter  diverses  particularités 
secondaires,  quant  à  leur  réunion  2  a  2  en  croix  (r),  ou  la- 
téralement (s).  Les  prismes  allongés  (6,c),  les  sphères  et  les 
cristaux  en  sablier  ont  tous  une  teinte  jaune  d*ambre  plus  ou 
moins  foncée. 

•  Outre  les  formes  que  nous  venons  de  décrire,  on  trouve 
beaucoup  d'autres  cristaux  en  sablier,  de  tout  volume  (pi.  XV, 
fig«  ^9  A»  ^«  <^)>  d'ui^  jaune  d'ambre,  dont  quelques  uns  sont  à 
peine  étranglés  vers  le  milieu  (c);  les  plus  gros  (6)  ont  leurs 
tètes  comme  ridées  de  chaque  côté  de  Télranglement.  On 
trouve  également  des  cristaux  sphériques  présentant  un  point 
central  foncé  ou  plus  clair,  entouré  d'un  ou  deux  cercles 
pâles.  Il  y  a  quelquefois  deux  ou  trois  de  ces  sphères  réunies 
ensemble,  présentant  une  ligne  plus  ou  moins  pâle  et  nette 
au  point  de  réunion  (d).  D'autres  sphères  plus  petites,  égale- 
ment jaunâtres,  sont  souvent  réunies  quatre  ensemble,  et  un 
peu  aplaties  au  point  de  contact  (e).  Ce  sont  d'autres  fois  des 
prismes,  devenus  arrondis  aux  extrémités  et  cylindriques  dans 
le  sens  de  la  longueur,  qui  se  réunissent  de  la  sorte  (/*}. 

De  tous  ces  cristaux-là  de  l'urine  de  lapin ,  les  plus  nom- 
breux sont  ceux  qui  ont  pris  la  forme  sphéroîdale  mamelonnée. 
Ils  sont  les  uns  très  petits  (A),  d'autres  sont  déjà  visibles  à  l'œil 
nu  (lyg)'  Ces  cristaux  sont  de  la  manière  la  plus  évidente 
formés  d'une  accumulation  de  petites  sphères ,  d'où  leur  as- 
pect mamelonné.  Ces  petites  sphères  sont  elles-mêmes  ou 
lisses  (m),  ou  grenues,  irrégulières  à  leur  surface  ^A,  {).  Celles- 
ci  ont  une  coloration  jaune  pâle  très  évidente,  les  autres  sont 
incolores  ou  à  peine  colorées.  Beaucoup  de  ces  niasses  sphé- 
roldales  à  gros  mamelons  peuvent  être  reconnues  comme  dé- 
rivant du  rhomboèdre,  car  leur  circonférence  est  encore  assez 
nettement  un  hexagone  régulier  (£,  i,  Ij .  Celles  qui  son t  formées 
de  trèa  petites  sphères  ou  mamelons  sont  tout  à  fait  sphériques 
et  incolores (jf).  Enfin  les  plus  gros  amas, qui  sont  aussi  les  plus 
rares,  sont  constitués  généralement  par  des  prismes  déformés 


2A0dES  principes   immédiats   en   particulier.   1'*  CLASSE. 

comme  ceux  de  Votoconie,  et  groupés  ensemble,  de  manière  à 
former  des  amas  de  conformalion  souvent  très  bizarres  (»). 

Ces  cristaux,  traités  par  l'acide  chlorhydrique,  se  dissolvent 
avec  dégagement  de  gaz  et  laissent  déposer  de  Tacide  hippu- 
rique (pi.  XLUI),  quelquefois  en  assez  forte  proportion.  Ce 
fait  montre  que  beaucoup  d'entre  eux  sont  formés  d*un  mér 
lange  de  carbonate  de  chaux  et  d'un  hippurate,  de  la  même 
base  probablement. 

Il  est  un  autre  fait  très  important  à  noter,  parce  qu'il  est 
commun  à  la  plupart  des  sels  de  chaux ,  à  la  plupart  des 
phosphates ,  même  a  base  de  soude,  ainsi  qu'au  sel  marin, 
mais  à  un  degré  moindre.  Ce  fait  est  le  suivant  :  c'est  que  ces 
cristaux,  en  se  déposant  dans  des  liquides  qui  contiennent 
même  assez  peu  de  substances  organiques  non  cristallisables, 
en  entraînent  avec  eux  au  moment  de  la  cristallisation  et  se 
fixent  a  elles.  On  voit,  en  ciTet,  toujours  ces  cristaux-là  laisser, 
après  l'action  de  l'acide  chlorhydrique,  une  sorte  de  trame 
homogène,  très  transparente,  de  substance  organique,  qui 
conserve  la  forme  du  cristal  attaqué  (pi.  XIII,  fig.  3,  t>,  x,  y;; 
en  sorte  que  le  solide  cristallin  est  plus  volumineux  que  la 
masse  réelle  du  sel  qui  entre  dans  sa  composition  ;  sel  auquel 
ce  solide  doit  pourtant  sa  forme.  On  peut  suivre  la  marche 
graduelle  de  l'action  de  l'acide  sur  les  cristaux  qui  ont  cette 
trame  ;  car  ils  sont  moins  rapidement  attaqués  que  les  autres. 
La  trame  des  cristaux  qui  sont  sphériques  ou  qui  dérivent  de 
la  sphère  laisse  voir  habituellement  vers  son  centre  une  petite 
granulation  ronde  ou  ovale  (rr,  y),  sorte  de  noyau  central,  et 
autour  de  lui  sont  des  lignes  concentriques  (x)^  ou  bien  le 
centre  est  seulement  parsemé  de  fines  granulations  (r,  y).  Des 
lignes  ou  stries  concentriques  se  voient  aussi  sur  la  trame  de 
la  plupart  des  formes  en  sablier.  Il  est  à  remarquer  que  les 
cristaux  qui  laissent  cette  trame  après  eux  sont  ceux-là  seuls 
qui  sont  colorés,  et  tous  ceux  qui  sont  colorés  laissent  cette 
trame.  Ce  sont  aussi  habituellement  ceux  dont  la  forme  s'écarte 
le  plus  du  type. 

Ainsi,  toutes  les  fois  qu'en  se  déposant,  le  carbonate  de  cbaox 


CH.  XV.  CARBONATE  DE  CHAUX  DE  l'uRINE  DE  CHEVAL.      2A1 

se  trouve  en  présence  de  substances  organiques,  il  en  entraîne 
une  certaine  quantité ,  se  ûxe  à  elles,  et  les  cristaux  qui  se 
forment  sont  colorés.  Nous  avons  déjà  signalé  un  fait  analogue 
pour  les  cristaux  du  carbonate  de  chaux  dans  la  salive.  La 
teinte  jaune  des  cristaux  est  d'autant  plus  foncée  qu'ils  ont 
entraîné  plus  de  substance  organique  et  que  le  liquide  est 
plus  coloré.  S'il  tient  surtout  quelque  matière  colorante  spé- 
ciale en  suspension  ou  en  dissolution,  comme  celle  du  sang, 
elle  est  entraînée  ;  il  se  forme  là  une  sorte  de  laque,  comme 
il  se  forme  une  sorte  de  combinaison  entre  les  sels  de  chaux 
ou  les  phosphates,  etc. ,  quand  ils  se  déposent  en  présence  des 
substances  organiques.  Que  le  liquide  soit  coloré,  ou  à  peu 
près  incolore,  comme  la  salive ,  par  exemple ,  les  cristaux 
sont  toujours  colorés  dès  l'instant  où  le  sel  en  cristallisant  a 
entraîné  de  la  substance  organique  à  laquelle  il  se  fixe ,  et 
qui  y  à  son  tour,  vient  influer  sur  la  forme  qu'affectent  les 
solides  et  les  fait  s'écarter  de  la  forme  type. 

Cristaux  dans  l'urine  de  cheval.  Les  masses  cristallines 
du  carbonate  de  chaux  que  l'on  rencontre  ainsi  dans  l'urine 
encore  contenue  dans  l'économie  sont,  chez  le  cheval,  géné- 
ralement sphériques  ou  plus  ou  moins  allongées  (pi.  III, 
fig.  2,  d).  Quelquefois  elles  sont  groupées  l'une  contre  l'au- 
tre, de  manière  que  leurs  contours  externes  sont  seuls  arron- 
dis et  le  reste  de  la  périphérie  est  plus  ou  moins  polyédri- 
que (fig.  2,  e).  Le  centre  de  chaque  masse  est  généralement 
brillant,  et  le  contour  en  est  foncé,  quand  ces  corps  sont  au 
point  de  vision  nette.  Souvent  ce  centre  présente  un  petit 
point  noir  foncé,  d'autres  fois  il  est  clair  et  transparent.  Au- 
tour de  ce  point  central  se  voient  sur  quelques  uns  des  lignes 
foncées  concentriques,  élégamment  disposées  (/,  /).  Il  est  des 
cristaux  sur  lesquels  un  sillon  méridien  semble  partager  une 
sphère  en  deux  moitiés  (g).  La  surface  de  ces  corps,  qui  est 
généralement  lisse,  est  sur  quelques  uns  irrégulière,  grenue, 
ou  comme  hérissée  de  petites  saillies  disposées  en  angles 
obtus  (A,  A). -Quelquefois  ces  masses  sont  peu  colorées  (a),  ou 
bien  elles  ont  une  teinte  jaunâtre  foncée,  tirant  sur  le  noifi 
II.  1^ 


"Ihi    DER   PRINCIPRft  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.  1'*  CLAttE. 

surtout  dans  le%  matiseg  trop  petites  pour  que  le  eentra  bril- 
lant ait  une  étendue  un  peu  considérable.  Toutes  ces  masses 
cristallines  polarisent  la  lumière  et  la  colorent.  Sur  beaucoup 
d'entre  elles ,  ainsi  que  nous  Favons  dit ,  on  peut  obsenrer 
facilement  leur  structure  en  aiguilles  s'irradiant  autour  d'un 
centre  (t,  c),  sur  d'autres  il  faut  faire  agir  d'abord  un  acide 
très  faible  (k).  Enfin  quelques  cristaux  ont  la  configuration 
€n  iahlier  (d,  d),  mais  elle  n'est  pas  commune  dans  les  car- 
bonates de  l'urine  du  cheval.  Quelques  cristaux  sont  pirifo^ 
mes  ;  ils  sont  alors  généralement  disposés  en  croix  au  nombre 
de  quatre,  ayant  tous  leur  extrémité  aiguë  tournée  vers  un 
même  point  central. 

On  trouve  encore  le  carbonate  de  chaux  à  l'état  cristal- 
lin ,  sans  môme  qu'il  y  ait  lésion  apparente ,  dans  les  val- 
vules mitrales  et  tricuspide.  On  rencontre,  en  effet ,  sur  leurs 
parois  internes  et  externes ,  de  petits  cristaux  de  carbonate 
calcaire  déposés  au  milieu  de  substance  organique  amorphe. 
Ces  cristaux  sont  ordinairement  très  petits  ;  leur  forme  cris- 
talline n'est  jamais  un  rhomboèdre  pur,  mais  un  prisme  déri- 
vant du  rhomboèdre. 

Dans  les  dépAts  calcaires  qui  constituent  les  productions 
morbides  dont  nous  avons  parlé,  ou  qui  les  accompagnent,  le 
carbonate  se  montre  ordinairement  en  fragments  amorphes 
sous  le  microscope;  ou  bien  en  cristaux  imparfaitement 
formés  ou  mieux  en  masses  cristalloldes  irrégulières. 

84 A.  — On  n'a  pas  signalé  la  présence  de  ce  sel  dans 
l'ovule,  en  sorte  qu'il  n'existe  pas  pendant  toute  la  dmrie  de 
la  vie  ;  mais  on  ne  sait  pas  précisément  à  quelle  époque  il 
commence  à  apparaître  dans  l'organisme. 

8i5.  —  Ce  sel  est  probablement  à  l'état  solide  dans  les  os, 
les  dents,  les  cartilages.  Il  Test  certainement  dans  les  con- 
crétions artérielles,  musculaires  et  autres,  ainsi  qu*on  peut 
s'en  assurer  en  traitant  par  des  acides  des  fragments  de  ee 
corps  sous  le  microscope. 

Dans  le  sang,  il  est  liquide  certainement,  mais  non  paspir 
dissolution  directe,  ce  sel  étant,  comme  on  sait,  fort  peu  aolahle 


CH.  XV.  CARBONATE  DE  CHAUX.  CARACTÈRES  CHIMlQl'ES.  2AS 

dans  l'eau-  Nous  avons  vu ,  en  effet,  que  les  solutions  de  certains 
sels  ont  la  propriété  d'en  dissoudre  d'autres  qui  seraient  inso* 
lubies  dans  l'eau  pure.  Or,  on  sait,  d'après  les  expériences  de 
Guy  ton  de  Morveau,  que  le  chlorure  de  potassium  ala  propriété 
de  dissoudre  une  petite  quantité  de  carbonate  de  chaux.  Il  eit 
est  probablement  ainsi  d'autres  sels  alcalins  encore.  On  sait 
de  plus  qu'un  liquide,  chargé  d'acide  carbonique,  peut  tenir 
en  dissolution  un  peu  de  carbonate  calcaire.  Il  n'y  aurait  donc 
rien  d'étonnant,  si  l'on  venait  à  constater  que  Tacide  carbo* 
nique  du  sang  favorise  la  dis>olution  de  la  petite  quantité  de 
carbonate  de  chaux  qui  se  trouve  dans  cette  humeur.  Le 
sucre  dissout  le  carbonate  calcique  ;  peut-être  y  a-t-il  aussi 
quelques  substances  animales  douées  de  la  même  propriété. 
Outre  le  carbonate  qui  se  précipite  dans  les  urines  des  herbi- 
vores, il  y  en  a  un  peu  en  dissolution  à  l'aide  de  l'excès  d'acide 
carbonique  contenu  dans  ce  produit.  Brugnatelli  a  trouvé  le 
carbonate  de  chaux  des  concrétions  soit  de  couleur  blanche  ou 
jaun&tre,  jaune  sale,  quelquefois  grisâtre,  tantôt  ayant  une 
structure  homogène  ou  lamelleuse,  quelquefois  ayant  une  cas- 
sure spathique(l). 

846.  — Le  carbonate  calcaire  conserve  dans  l'économie  les 
propriétés  chimiques  que  nous  lui  connaissons.  Elles  ne  sont 
pas  masquées  par  les  autres  principes  auxquels  il  est  uni, 
ainsi  que  le  montre  l'emploi  des  réactifs  acides  qui  en  chassent 
aussitôt  le  gaz  carbonique.  Il  resie  alors  seulement  la  trame 
de  substance  organique  à  laquelle  ce  principe  était  fixé.  La 
nature  de  cette  trame  s'oppose  pour  ce  principe,  comme  pour 
la  plupart  des  autres,  à  ce  qu'on  puisse  constater  sur  lui 
l'action  chimique  des  agents  physiques  d'une  manière  aussi 
nette  que  s'il  était  isolé. 

D'après  ce  que  nous  avons  dit  sur  l'état  de  dissolution  in- 
directe du  carbonate  de  chaux  dans  quelques  humeurs,  on 
peut  soupçonner  la  nature  des  autres  principes  avec  lesquels 
îl  est  combiné  pour  former  la  substance  de  ces  liquides.  La 

(1)  Brucnatflli,  Utologia  umana.  Pavie,  1819,  in-folio. 


2A&      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.  1"  CLASSE. 

même  remarque  s*app1ique  aussi  aux  solides,  tels  que  les  os  et 
les  cartilages,  dans  lesquels  ce  sel  est  sans  doute  uni  au  phos- 
phate de  chaux,  d'abord  avant  d*étre  combiné  avec  lui  a  la 
trame  organique  pour  former  la  substance  organisée  fondamen- 
tale de  Tos  et  du  cartilage. 

Dans  les  diverses  productions  morbides,  à  la  formation  des- 
quelles ce  principe  concourt,  il  n*est  également  jamais 
seul.  Il  est  toujours  uni  à  du  phosphate  de  chaux  et  sou- 
vent à  quelques  sels  alcalins  existant  en  moindre  quantité. 
Ces  différents  principes  salins  sont  ensuite  généralement  com- 
binés à  une  trame  organique.  Cetle  trame  néanmoins  manque 
complètement  ou  à  peu  près  dans  les  calculs  urinaires  de 
carbonate  de  chaux  de  divers  mammifères  ;  elle  est  très  peu 
abondante  et  manque  même  dans  quelques  concrétions  pul- 
monaires, ou  des  glandes  sébacées.  Elle  est  plus  ou  moins 
abondante  dans  les  artères,  les  muscles,  les  fausses  mem- 
branes, les  tumeurs  fibreuses,  dites  ossifiées.  Cette  trame  orga- 
nique, qui  était  certainement  fibreuse  avant  la  formation 
calcaire,  sauf  pour  quelques  dépôts  dans  les  artères,  est  rem- 
placée pendant  le  dépôt  par  une  trame  organique  homogène, 
qui  se  substitue  à  la  précédente.  L*un  de  nous  (Ch.  Robin)  a  en 
effet  constaté  que  cette  trame  est  simplement  striée,  fibrolde, 
et  ne  présente  plus  les  caractères  des  fibres  qui  primitivement 
occupaient  la  même  place,  non  plus  que  leurs  réactions  chi- 
miques. Ainsi  la  formation  des  concrétions  carbonatées  et 
phosphatées  n'est  pas  une  simple  précipitation ,  un  simple 
dépôt  sans  changement  de  ce  qui  existait  d'abord  i  la  place 
où  on  les  trouve  ;  mais  c'est  le  résultat  de  phénomènes  de 
nutrition,  c'est-à-dire  de  combinaison  et  de  décombinaison, 
qui  ont  pour  résultat  la  substitution  d'un  tissu  à  peu  près 
homogène,  principalement  formé  de  sels  calcaires  et  acces- 
soirement de  substances  organiques^  à  un  autre  tissu  formé  de 
fibres,  etc.  Ainsi  il  n'y  a  pas  simplement  addition  d* une  chose 
qui  n'existait  pas  à  une  autre  existant  préalablement;  le  phé- 
nomène est  moins  mécanique,  moins  chimique  que  cela;  il 
est  beaucoup  plus  organique,  car  il  y  a  remplacement  des  élé- 


CH.  XY.  CARBONATE  DE  CHAUX.  CARACTÈRES  ORGANIQUES.  2A5 

ments  du  tissu  qui  existait  par  une  substance  organisée,  for* 
mée  de  différents  sels  et  de  matière  organique. 

Dans  la  substance  des  calculs,  on  l'a  trouvé  uni  soit  à  de 
Turate  de  chaux,  de  Turate  d'ammoniaque,  à  du  phosphate 
basique,  et  quelquefois  à  de  l'oxaiate  calcaire. 

847.  —  Les  caractères  d'ordre  organique  du  carbonate  de 
chaux,  c'est-à-dire  les  caractères  qu'il  ne  présente  nulle  part 
ailleurs  que  dans  les  corps  vivants,  et  qui  diffèrent  de  ses  carac- 
tères d'ordres  physique  et  chimique,  ne  son  t  pas  partout  égale- 
ment tranchés.  D'abord,  dansl'urine  des  herbivores,  il  sedépose 
à  l'état  cristallin,  caractères  nullement  organiques.  Mais  les 
caractères  que  présente  le  carbonate  de  chaux  dans  les  corps 
organisés  exclusivement,  c'est  ce  mode  d'union  complexe  avec 
différents  sels  et  avec  la  substance  homogène  d'origine  orga- 
nique, formant  la  trame  des  tissus  qu'il  concourt  à  constituer. 
Moins  tranchés  pour  ce  principe  que  pour  beaucoup  d'autres, 
ces  caractères  ne  doivent  pas  moins  être  signalés.  Us  doi- 
vent l'être  précisément  parce  que,  dans  certains  corps 
d'origine  minérale,  ce  sel,  plus  que  beaucoup  d'autres, 
se  trouve  uni  à  diverses  substances  aussi.  Mais  cette  com- 
binaison diflère  déjà  tellement  sous  le  rapport  de  la  com- 
plication de  ce  qu'on  observe  dans  les  corps  vivants,  que  cet 
exemple  tend  à  faire  bien  sentir  la  différence  qu'il  y  a  entre 
les  caractères  inorganiques  des  principes  immédiats  et  leurs 
caractères  organiques  ;  c'est-à-dire  qu'elle  fait  sentir  la  diffé- 
rence qu'il  y  a  entre  ces  caractères  qu'ils  n'offrent  que  dans 
les  corps  organisés,  qu'ils  n'offrent  qu'autant  qu'ils  font  partie 
d'un  corps  vivant,  et  ceux  de  différents  ordres  qu'ils  présen- 
tent lorsqu'ils  sont  pris  isolément,  comme  parties  du  règne 
inorganique. 

848. — Le  carbonate  de  chaux  qui  se  trouve  dans  l'écono- 
mie animale  provient  de  deux  sources  :  i^  Il  en  pénètre  qui 
est  en  dissolution  dans  l'eau  potable,  laquelle  en  dissout  un  peu 
à  l'aide  de  l'acide  carbonique  dont  elle  renferme  toujours  une 
petite  quantité.  Les  aliments  solides  en  introduisent  aussi  de 
tout  formé,  qui  peut  être  dissous  par  le  suc  gastrique  sans 


2i6      DES  l»HINCirKS  IMMKDIATS  KN  TARTICILIËR.  1"  CLASSE. 

élre  décomposé  eu  lolalilé  |Mir  Taeido  lactique,  ainsi  que  par 
les  sels  nldalins  de  ce  liquide  et  du  liquide  intestinal.  2*  Du 
carbonate  de  chaux  qui  existe  dans  récouoinie;  uiie  partie, 
surtout  chez  les  herbivores,  se  forme  par  docompo&itioD  des 
sels  de  chaux  àacidesd*origine  végétale,  comme  les  tartrates, 
malates,  etc.,  qui,  introduits  sous  forme  d'aliments,  sont  re- 
jetés sous  forme  de  carbonate  par  les  urines,  ayant  ainsi 
abandonné  leur  hydrogène  en  totalité  et  une  partie  de  leur 
carbone.  On  ne  sait  pas  encore  à  quelles  esiièces  de  principes 
ces  corps  cèdent  les  éléments  ci-dessus  ;  on  ne  sail  pas  non 
plus  précisément  le  lieu  où  Vacte  s'acx^omplit,  c'est-à-dire 
quelles  sont  dans  l'organisme  les  conditions  de  son  accom- 
plissement. On  a  admis,  mais  sans  preuve  pouvant  apporter 
conviction,  que  cet  hydrogène  et  ce  carbone  se  combinaient  i 
l'oxygène  introduit  par  le  poumon,  qu'ils  étaient  brûlés  ptr 
l'acte  respiratoire.  Il  se  peut,  du  reste,  qu'il  y  en  ait  de  formé 
par  double  décomposition  de  carbonates  alcalins  et  d'autres 
sels  de  chaux. 

Il  est  possible,  bien  que  seulement  hypothétique,  que  ce  soit 
l'inverse,  et  qu'une  partie  de  celui  qui  est  ingéré  par  l'homme 
et  pénètre  dans  le  sang  s  échappe  sous  forme  de  phosphate, 
par  les  urhies  piincipalement.  On  sait,  en  cRet,  qu'une  disso- 
lution de  carbonate  de  chaux  dans  l'eau  chargée  d'acide  car- 
bonique et  étendue  d'assez  d'eau  de  puits  pour  que  les  car- 
bonates de  potasse  ou  de  soude  n'y  produisent  plus  de  préci- 
pité donne  immédiatement  un  trouble  persistant  de  carbonate 
de  chaux,  par  addition  de  la  plus  petite  quantité  de  phosphate 
de  soude  (1). 

On  ne  trouve  pas  de  carbonate  de  chaux  dans  les  urines  de 
l'homme  à  Tétat  normal,  tandis  qu'il  y  en  a  normalement 
dans  les  tissus  ;  il  faut  donc  que  la  cliaux  de  ce  sel  s'édiappe 
sous  une  autre  forme  que  celle  de  carbonate.  Ou  ne  saurait 
admettre  que  la  très  petite  quantité  entraînée  par  les  matières 
sébacées  suffise  pour  faire  disparaître  celui  que  contiennent 
les  tissus  et  le  sang.  L*acide  pneumique,  qui  chasse  des  car- 

(1)  LUBIG,  loc.  cU.^  1852,  p.  177-178. 


eu.   XV.   CARBONATE   UE  CHAUX.  ORIGINE  ET  IS6CE.       2A7 

bonales  alcalins  du  sang  dans  le  pounion  leur  acide  carbonique , 
déeompOM  peut-être  en  même  temps  un  peu  de  carbo* 
nate  de  chaux  ;  mais  ce  n*est  là  qu'une  hypothèse.  Du  reste, 
il  faut  être  prévenu  que  Ton  ne  peut  pas  considérer  comme 
existant  dans  l'économie  tout  le  carbonate  de  chaux  qu'on 
obtient  par  l'analyse  chimique  des  tissus  et  des  humeurs.  La 
calcination,  qui  est  le  procédé  habituellement  employé  pour 
Fextraction  des  sels,  doit,  en  effet,  déterminer  la  transforma- 
tion en  carbonate  de  tous  les  sels  de  chaux  qui  ont  pour  acide 
un  corps  combustible,  comme  l'acide  lactique.  Ainsi,  quoique 
rien  ne  porte  à  regarder  comme  non  réelle  l'existence  d'une 
certaine  quantité  de  carbonate  de  chaux  dans  quelques  tissus 
et  humeurs  où  les  chimistes  l'ont  indiquée,  sa  présence  n'a 
été  encore  positivement  démontrée  par  l'analyse  anatomique 
que  dans  Fotoconie,  les  os  et  Turinc  des  herbivores. 

Ce  n'est  par  conséquent  encore  que  chez  ces  animaux  que 
Ton  peut  être  bien  certain  que  c'est  par  ce  liquide  que  se  trouve 
enirainé  k  carbonate  de  chaux  du  corps.  Jusqu'à  plus  ample 
informé^  il  serait  donc  inutile  de  trop  s'étendre  sur  le  mode 
el  le  lieu  de  formation  dam  l'of^anîsme  du  carbonate  calcaire, 
non  plus  que  sur  le  mode  et  le  Keu  de  disparition  de  celui 
qui  s*y  rencontre. 

86db  --  Oi  ne  sait  noa  plus  rieo  encore  sur  la  part  qu'il  prend  ea 
pwtkidier  à  FaccompliMeaMat  de  kl  eu  tel  acte  vital.  En  se  fixan' 
aas  sobstaacft  erppaiquea  de  la  anbstaBce  organisëe  des  os,  des  iocrus- 
taUons  artérielles,  pleurales,  etc.,  il  produit  des  actes  chimiques  directs 
dont  nous  avons  parlé  en  traitant  des  caractères  généraux  de  cette  tribu  ; 
on  ne  connaît  pas  encore  d'une  manière  précise  queîs  sont  tes  actes  qui 
se  passent  quand  il  se  forme  par  décomposition  des  sels  d'origine  vé- 
gétale: lien  ne  prouve  encore  que  Toxygènedu  sang  se  fixe  directement  à 
riiydio0èDe  et  Tackle  de  ces  sels.  On  a  remarqué  qoe  dans  Turine  du 
cheval  qui  contient  à  la  fois  du  carbonate  de  cbaax  et  du  carbonate  de 
potasse,  ces  deux  seb  existent  en  proportion  inverse.  Lorsqu'il  se  dépose 
beaacoop  de  carbonate  de  cbaax,  c'est  qu'il  y  a  peu  de  carbonate  alcalin, 
et  l'orine  brunit  peu  le  curcuma;  au  contraire,  une  urine  claire,  parce 
qu'elle  dépose  pea  de  carbonate  de  cbaux ,  est  toujours  riche  en  carbo- 
nate potassique. 


2A8    DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER,  i'*  CLISSE. 

850. — Les  procédés  à  Taide  desquels  on  constate  la  présence  da  carbonate 
de  chaux  varient  suivant  les  conditions  dans  lesquelles  il  est  placé.SI  le  corps 
est  solide,  sous  forme  de  dépôt  pulvérulent,  dans  un  liquide  on  dans  le 
tissu  du  rein,  etc.,  il  faut  examiner  au  microscope  ce  dépôt  S11  se  pré- 
sente sous  la  forme  des  petits  corps  sphériques,  etc.,  décrits  précédemment, 
il  sera  facile  de  les  reconnaître.  On  doit  s*assurer  s'fls  polarisent  la  Inmièce 
et  sUis  dégagent  du  gaz  carbonique  par  le  contact  des  acides. 

Dans  les  cas  où  Ton  opère  sur  les  dépôts  amorphes,  comme  ceux  des 
artères,  etc.,  on  peut  reconnaître  qu*ils  renferment  du  carbonate  de  chaux 
en  les  traitant  par  Tacide  chlorhydrique  ou  acétique.  Pour  analyser  d*nne 
manière  plus  précise  ce  dépôt,  après  s'être  assuré  de  son  insolubilité  dans 
Teau,  on  ajoute  de  Tacide  chlorhydrique  qui  chasse  le  gaz  carboniqne  et 
permet  de  le  reconnaître  ;  on  dose  ensuite  la  chaux  par  Toxalate  d>mBM>- 
niaque  qui  donne  un  précipité  d'oxalate  de  chaux. 

Hîftoriqne. 

851.  —  Il  nous  reste  maintenant  à  faire  connaître  les  auteurs  qui  ont 
déterminé  la  présence  du  carbonate  de  chaux  dans  les  tissus  et  les  hu- 
meurs. Le  premier  auteur  qui  ait  signalé  Texistence  de  ce  sd  dans 
Torganisme  est  Wiegler,  qui  montra  qu'il  y  en  a  dans  le  sang  de  bœaf  (i). 
Quoique  le  fait  ait  été  vérifié  depuis  Ci) ,  il  est  possible  que  le  procédé 
employé  par  Wiegler,  la  calcination,  soit  pour  quelque  chose  dana  sa  dé« 
couverte;  il  faut  peut-^tre  du  reste  en  dire  autant  de  ses  sacceaseorii 
Fourcroy  et  Vauquelln  en  ont  ensuite  trouvé  dans  les  os  humains  (8). 
Vauquelin  et  Buniva  en  signalèrent  dans  la  matière  caséeuse  qui  se 
dépose  de  l'eau  de  Tamnios  sur  le  corps  du  fœtus  (A).  La  même  année 
Uatchcit  montra  que  l'ivoire  et  l'émail  des  dents  humaines  en  renlier- 
ment  (5),  fait  confirmé  par  Josse  (6),  par  Mérat-Guiliot  (7),  et  on  peu 
plus  tard  par  John  (8).  Ces  auteurs  en  signalent  en  même  temps  dana  les 
os  et  les  cornes  du  cerf  et  du  daim.  Mérat-Guiliot  est  le  premier  qoi  ait 


(1)  WiEGLEi,  Versuchôueber  die  alcalinischen  Salxe,  Berlin,  1744,  p.  169. 

(2)  HiLDEBiAMT,  ProçT.  do  alkali  minev ,  sang,  humani^  1793. 

(3)  FouBCBOT  et  Vauquelin,  Sur  les  os  hwnainSt  pour  faire  tuUe  au  wiém, 
sur  les  os  du  bœuf  {Mém,  du  Muséum  d'histoire  naturelle,  an  vi,  cahier  V)« 

(4)  Vauquelin  et  Buniva,  Mém,  sur  l'eau  de  Vamnios  d»  femme  et  d$  fmeke 
{Ànn.  de  chimie,  an  vi,  t.  XXXIII,  p.  269). 

(5)  Hatchett,  Philosoph.  transact,,  1799,  t.  II,  p.  243. 

(6)  John,  Mém.  contenant  l'examen  physique  et  chimique  des  dmUs  {Aim, 
de  chimie,  1802,  t.  XLIV,  p.  3). 

(7)  MÉRAT-GuiLLOT,  Analyse  comparée  des  os  de  l'homme  aivôc  ceux  à» 
différents  animaux  {Ann.  de  chîm.,  an  viii,  t.  XXXIV,  p.  68). 

(8)  John,  Laborat.  chimie  ,  1. 1,  p.  144,  108. 


CU«  XV.  CARBONATE   DE  CHAUX.    HISTORIQUE.  2^0 

montré  qoe  les  os  doq  enfouis  ni  fossiles  contenaient  du  carbonate  de 
cbaoz,  eomme  les  os  enfouis  analysés  par  Hatchett,  liait  qui  fut  yérlfié  par 
Proust  (i).  Le  fait  a  depuis  été  confirmé  par  tous  les  auteurs  qui  se  sont 
occupés  de  ce  sujet  ;  tels  sont  ceux  que  nous  avons  cités  dans  riilstorique 
du  fluorure  de  calcium,  et  en  outre  MM.  Lassaigne  (2),  Yalcntln  c3),  Mar- 
chand (A),  de  Kbra  (5),  Boussingault  (6),  etc. 

En  1809,  Pearson  indiqua  la  présence  du  carbonate  de  chaux  dans  les 
expectorations  bronchiques  et  pulmonaires  (7).  Fourcroy  est  le  seul  auteur 
qui  ait  indiqué  du  carbonate  de  chaux  dans  les  ongles  (8),  et  John  est  le 
seul  qui  en  ait  signalé  dans  l'urine  humaine  (9),  Wurzer  dans  le  liquide 
d*une  liydrocèle  (10),  et  l'iashoiï  dans  le  liquide  exprimé  d*une  tumeur  du 
sein  qui  avait  exigé  Tampuiation  de  cet  organe  (11). 

M.  Boudet  a  signalé  dans  les  cendres  du  poumon  des  traces  de  carbo- 
nate de  chaux  (12).  Wurzer  en  signala  le  premier  dans  des  concrétions 
du  foie.  Il  en  trouva  également  dans  les  concrétions  urinaires  d^un  che- 
val (13),  fait  déjà  vu  par  Brandes  (lA).  Henry  et  Thomson  montrèrent  que 
les  concrétions  pulmonaires  sont  formées  de  ce  sel  (15).  Proust  est  le  premier 
qui  en  ait  signalé  dans  des  calculs  urinaires  (16)  de  la  vessie  humaine.  Fon- 
tana  est  le  seul  qui  ait  parlé  du  carbonate  de  chaux  dans  la  bile  de  ixeuf  (17). 


(1)  PionsT,  Ann.  du  Mus.  dlûst.  fia/.,  an  ix,  in-4",  p.  275. 

(2)  Lassaigre,  Joum.  d$  chim.  méd.,  1838,  t.  IV,  p.  366. 

(3)  Yaleiitin,  Knochmkrankeiten,  in  Bepertorium,  U  III,  in-8",  1838, 
p.  294. 

(4)  MAacHAMD,  Lehrbuch  der  physiol,  Chemiey  Berlin,  in-8*,  1842. 

(5)  DeBibba,  Chorti/iKho  Unlersuchungen  ueber  die  Knochm,  etc.,  in-8% 
1844. 

(6)  Boussingault,  Rech,  sur  le  dével,  de  la  subst,  minérale  dans  le  syst.  oi- 
seuxduporc  (Ann,  de  phys,  et  de  chimie,  ^  1846,  t.  YI). 

(7)  Peaisor,  On  expectorated  matter  (Transact.  philos,,  1809). 

(8)  FouaciOT,  Syst,  desconn,  chimiques,  t.  IX,  p.  289,  an  ix. 

(9)  JoHif,  toc.  cit,,  1808,  p.  480. 

(10)  WuizBR,  Journal  de  chimie  de  Scherer,  1805,  t.  V,  p.  662;  et 
Journal  de  chhnie  de  Yan  Mens,  1805, 1. 1,  p.  162. 

(11)  Flashoff,  Journal  der  Phy sic  und  der  Chemie,  1806,  t.  II,  p.  304. 

(12)  BouDKT,  Journal  de  chimie  médicale  et  de  pharmacie,  1842,  t.  VIII, 
p.  37. 

(13)  WuBz»,  Programma  des  1813  Jarhigen  prorecto  ralwechseis  GoMiii- 
ger  gelekrle  Anzeigen,  cahier  XVI,  p.  156. 

(14)  BtAROis,  Philosoph.  transact,,  1808. 

(15)  TBonoii,  Syst.  de  chimie,  1818,  t.  IX,  p.  305. 

(16)  PioosT,  Expériences  sur  Furine  (Ann,  de  chimie,  1800,  t.  XXXVI, 
p.  238). 

(17)  FoifTAKA,  Ecrpér.  chimiques  sur  h  fel  de  boeuf  (Anf\,  de  chimie,  1700 
t.  IV.  11.1711. 


26Q    DES   PRINCIPISS   IMMÉDIATS   KN  HAlITlGULieR.   1'*  CLASSE. 

Peu  de  temps  après^  BoaiUon-Lagnnge  en  tmiTa  dans  le  caaloréim  (i). 
Beancoop  d^auieurs  iidiqoeDt  de  la  chaui  dana  ee  produil  de  aécrétkM» 

Foureroy  est  le  premier  qni  ait  démontré  la  présence  da  carbonatft  da 
chaux  dans  Turine  de  clie?al  (2),  fait  toujmirs  confirmé  depuis^  Plos  tard» 
avec  Vaoqaelln  (3)»  il  en  fixa  très  exactement  la  quantité  (iî  pour  IdO). 
Vauquelin  montra  en  même  temps  que  celle  des  lapins  et  oocboos  d^Inda 
contient  aossl  de  ce  sel  (AU  Cette  même  année  1808,  M.  Cbcfreul  en 
trou?a  aussi  dans  Torine  du  chameau  (6),  et  dans  ce  travail  eoiifimia  Ict 
résultats  de  Foureroy  sur  Turine  du  cheval.  En  1802,  Vaoqiieiia  en  dé- 
couvrit dans  Turine  du  castor  (6). 

Dans  une  concrétioa  trouvée  dansTestomacd^un  singe,  Pearson  déoo«« 
vrit  une  certaine  quantité  de  carbonate  calcaire  (7)  ;  ce  fall  se  trouve  iaoié, 
car  ce  sel  manque  dans  les  égagroptles  et  les  béieerda  orientavL  et  occi- 
dentaux. Il  en  trouve  aussi  dans  des  concrétions  du  rein  da  cbeval  et  da 
chat  (S),  il  en  retrouva  ensuite  avec  Vauquelin  dans  celles  du  tcin  et  de 
ta  vessie  dn  baof,  du  cochon,  do  lapin,  du  rai  et  du  cbie»  (9).  Ce  lait  a 
toujours  été  conlinné  depuis  ;  dn  ,reste  il  fiut  dire  ^ua  Volta  et  Bragaa- 
telll  avaieni  trouvé  ce  sel  dans  un  cakul  urinaire  très  dur  da  la  inaie  éa 
porc  (10). 

Enfln  on  doit  à  M.  Lassaigne  plusieurs  résultats  intéressants  Indiqués 
plus  haut  sur  la  présence  du  carbonate  de  cbaux  dans  les  calculs  urinaires 
et  salivaires  des  herbivores  (il). 


(1)  Bouuxqh-Lagbanui»  Observai»  sur  laphysique^  tic.,  par  TabbéBoxier. 
Paris,  1792,  t.  XL,  p.  65. 

(2)  FoDBCiOT,  Analyse  comparée  des  différentes  espèces  de  concrélkm 
animales  etvégéULles  {Ann.  de  cAimia,  1794,  t.  XVI,  p.  63-68). 

(3)  FouRCROT  et  Vauqqclui,  Éléments  de  l'urine  de  cheval  [Ànn,  de  cMrm, 
1808.  t.  LXVIU  p.  275). 

(4)  VACQnELUf,  même  méiii.,  1808,  p.  274. 

(5)  Chevreul,  Note  sur  les  urines  de  chameau^  de  cheval  ^  eXc.  [Awn.ds 
cAtm.,  1808,  t.  LXVU,p.  294). 

(6)  Vauquelin,  Analyse  comparée  de  Vurine  de  divers  animaux  (imi.  é 
chim.^  1812,  t  LXXXll,  p.  197). 

(7)  Peabsom,  Essais^  etc.  {Transact.  philos.,,  1798). 

(8)  FoURCROT,  loc.  et/.,  1794. 

(9)  FouRCaoY  et  Vauquelin,  Ann   du  Muséum,  1800-1801,  t.  l  et  U, 
p.  203. 

(10)  Volta  et  Brugnatklli,  dans  Brugnatelli  ,  Lettre  à  Foureroy  sur  TomI 
des  calculs  urinaires  de  l'homme  et  du  cochon  (Ann.  de  cAtm.,  1799,  t.  XXU, 
1825,  p.  181). 

(1 1)  Lassaignr,  Analyse  de  plusieurs  calculs  et  concrétions  trouvés  demi  éfi' 
renU  animaux  {Ann.  dephys.  etdechim.,  1818,  t.  IX,  p.  324).  —  ânalyes 
d'un  cakul  salivaire  du  cheval,  suivie  d'une  note  relative  à  la. 


eu.    XYl.    BICARBONATE   DE   CHAUX.  S&i 

Le  carbonate  de  cbaux  coustitue  presque  à  lui  seul  avec  le  phosphate 
de  chaux  les  concrétions  qui  causent  chez  les  herbivores  Taflection  connue 
sous  le  nom  de  phthisie  calcaire ^  ei  ceux  de  la  maladie  appelée  pomme- 
lière^  où  Ton  trouve  quelquefois  de  vraies  carrières  de  sels  calcaires  (1,. 


CHAPITRE  XVL 

BICARBONATI    Dl    CBAUX. 

853.  —  M.  Billion  dit  avoir  constaté  dans  trois  cas  la  présence  du  bi- 
carbonate de  chaux  dans  l^irine  ;  11  accompagnait  des  lésions  profondes 
de9  centres  nerveux.  «  11  le  faisait  déposer  en  portant  Turine  à  rébuIlHIon  ; 
eMe  ae  trouble  fortement  conome  al  elle  contenait  de  l*albumine»  maia  elle 
diffte  de  ruriae  albumineuaa  ea  ce  que  Taclde  nitrique  ne  change  rien  à 
sa  limpidité  (2).  » 

Gomme  il  existe  des  bicarbonates  de  soude  et  de  potasse  dans  le  sang, 
il  ne  serait  pas  Impossible  qu'un  peu  de  bicarbonate  de  chaux  y  existât 
aasaL  II  est  très  probable  qu'il  y  a  dans  Turlne  et  Tean  de  Tamnios  des 
herbivores  du  bicarbonate  de  chaux  en  même  temps  que  du  bicarbonale 
dépotasse* 

La  durée  de  ce  principe  dans  Torganisme  n'est,  dans  tous  les  cas, 
que  temporaire  ou  même  accidentelle  chez  l'homme.  Il  est  à  l'état 
liquide  dans  l'économie  par  dissolution  indirecte,  c'est-à-dire  à  l'aide  des 
bicarbonates  alcalins  et  de  l'excès  d*aclde  carbonique  libre  qu*on  ren- 
contre partout  où  existent  des  bicarbonates.  11  ne  prend  qu'une  part  très 
aecasolre  à  la  eonstitiitioa  de  la  substance  organisée  et  n'en  forme  pas  un 
principe  nécessaire,  U  se  fturme  aux  dépens  des  carbonates  de  l'économie  par 
combinaison  directe  de  l'acide  carbonique  à  ces  principes.  U  s'échappe  par 
les  urines  chez  les  herbivores,  et  chez  l'homme  dans  les  cas  morbides.  S'il  y 
en  a  réellement  dans  le  sang  veineux,  il  doit  être  en  partie  ou  en  totalité 
décomposé  dans  le  poumon  en  même  temps  que  les  bicarbonates  alcalins 
par  l'acide  pneumique.  Il  prendrait  part  ainsi  aux  actes  élémentaires  de 
la  resph'atlott,  savoir  k  la  production  de  gaz  carbonique. 

chimêque  dô  ta  tcUivêchêz  c$  quadrupède  (inn.  de  phys,  el  de  ckèm  ,  1823, 
t.  IIX,  p.  174). —  Observations  chimiques  sur  un  calcul  remarq%tat)le  par  sa 
grosseur,  trouvé  sur  un  dne  dans  te  canal  de  Sténon  {Ann,  dephys,  et  de  chim. , 
1825,  t.  XXX,  p.  332). 

(1)  Delafond,  Discussion  sur  le  goitre  et  le  crétinisme  {Bull,  de  l'Acad.  de 
«MscîM.  Paris,  1851,  t.  XVI,  p.  543). 

(2)  MuJ^H»  Siudesdê  chimie  organique,  in-8°.  Lille,  1849,  p.  91. 


262    DES   PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER,  i'*  CLASSE. 

CHAPITRE  XVIL 

CARBONATE  DE  MAGlféSIB. 

Sjnonymia  :  Craie  magnésienne^  nMgnéiie  carfxmatéef  magnéiiê  douce, 

magnésie  effervescente. 

858.  —  On  trouve  des  traces  de  carbonate  de  magnésie 
dans  le  sang  de  l'homme  et  des  animaux.  Nul  auteur  n'en 
signale  dans  l'urine  humaine,  mais  il  y  en  a  dans  celle  des 
herbivores,  cheval,  bœuf,  cochon,  lapin,  etc.  Il  y  en  a  aussi 
un  peu  dans  la  matière  sébacée  de  l'homme  et  des  mammi- 
fères. On  en  trouve  dans  leurs  calculs  vésicaux  et  dans  ceux 
du  rein  des  herbivores  (Wurzer,  Lassaigne  et  Bley)  (!)•  D'a- 
près Gmelin  il  y  en  aurait  aussi  dans  la  salive. 

85A.  —  Ce  que  nous  avons  dit  de  ce  dernier  principe  rela- 
tivement à  la  durée  de  sa  présence  dans  l'organisme,  i  son 
état  liquide  par  dissolution  indirecte,  à  ses  réactions  au  con- 
tact des  acides,  aux  principes  avec  lesquels  il  peut  être  com- 
biné pour  former  les  humeurs,  ou  les  concrétions  dans  la 
composition  desquelles  il  entre,  se  rapporte  également  au 
carbonate  de  magnésie.  L'histoire  de  ce  principe  est  en  efiet 
encore  moins  avancée  que  celle  du  carbonate  de  chaux. 

855.  —  La  quantité  de  carbonate  de  magnésie  contenue 
dans  les  tissus  et  humeurs  a  été  indiquée  pour  un  petit  nom- 
bre seulement  de  ceux-ci.  En  voici  la  liste  : 

Urine  de  cheval  (Boussingault) 4,16  p.  tOOO. 

Urine  de  vache  (/d.) 4,74     — 

Urine  de  porc  (/d.) « 0,S4     — 

Calcul  urinaire  d'homme  (Lindbergion) 25,S0     — 

—  —          (Bley) 57,00     — 

—  —           (Bley) 65,00     — 

—  —           (Pietro  Alemani) 40,00     — 

Mélanose  da  cheval  (Foy) 17,50     — 

DenU  (Berzeliuf)  (2) 5,30  p.  100. 

Concrétion  rénale  d*un  cheval  (Wuner) 4,06     — 

Concrétion  véiicale  d'un  cheval  (John) 10,00     — 

Calcul  lalivaire  d'un  cheval  (Henry) 7,60     — 


(1)  Blet,  Analyse  chimique  d'un  calcul,  dani  Mn^LOii  et  Rbiit, 
de  chimie  pour  1847,  p.  704.  —  Analyse  d^un  calcul  urinaèr^  (ioe.  oft., 
1847). 

(2)  BeazELius,  General  views  of  the  composition  of  anisnal  (Mit. 
1812,  p.  145. 


CH.   XVII.   CARBONATE   DE  MAGNÉSIE.  263 

lUUère  d*an  kyste  sébacé  de  la  peau  (Esenbeck) 0,016  p.  100. 

Cendres  de  rurine  de  cheval \         /  • .      9,46     — 

—  —         u^  )•.  i3,07  — 

DépôtsponUnéquis'y  trouve:  12,10;  7,50  à.,  i  ^^   )..  8,20  — 

Cendres  de  Turlne  de  boeuf. /         \ . .  6,93  — 

Urine  de  mouton  (2) 1 ,40  — 

Calcul  urétral  de  bœuf  (3) 1,50  — 

Calcul  urinaire  de  cheval  (4) 2,75  — 

Concrétion  des  parois  de  Taorte  (5) 2,00  — 

Calcul  du  canal  de  Stéoon,  de  cheval.  .A         f 1 ,24  — 

—  —          de  boMif. . . .  [  (6)  I 4,40  — 

Caknl  du  canal  de  Wirfbng,  de  bœuf. . .  ;         ( 4,15  — 

Concrétion  de  Tœil  d*un  aveugle  (7) 1,10  — 

fuMor  sisCiciif  de  la  ganache  d*un  cheval  (8) 0,90  — 

Calcul  Tésical  de  boraf  (9) 9,80  -> 

866.  —  Ce  que  nous  avons  dit  du  carbonate  de  chaux , 
relativement  à  son  état  dans  les  régions  du  corps  où  il  existe, 
relativement  aux  composés  auxquels  il  est  uni,  aux  réactions 
chimiques  qu'il  peut  offrir  et  à  ses  caractères  d'ordre  orga- 
nique, s'applique  aussi  au  carbonate  de  chaux. 

857.  —  Les  substances  alimentaires  et  Teau  que  nous  bu- 
vons renferment  de  petites  quantités  de  carbonate  de  magné- 
sie. Il  est  donc  très  probable,  sinon  certain,  que  ce  principe 
pénètre  tout  formé  dans  l'organisme.  Il  est  possible  qu'il  s'en 
forme  par  double  décomposition.  Mais  si  le  fait  a  lieu,  on 
ne  sait  nullement  dans  quelles  régions  du  corps  se  passe  le 
phénomène. 

Le  carbonate  de  magnésie  chez  l'homme  disparaît  par  les 
matières  sébacées.  Mais  ce  n'est  pas  là  le  seul  mode  d'issue 
de  ce  sel.  Il  est  probable  qu'une  partie  disparaît  par  double 

(1)  DiBdra,  loc.  cit.,  1845,  t.  Lm,  p.  4S. 

(2)  BaiGORHOT,  Anaiysê  des  urines  de  veau  et  de  mouton  {Ann,  dephys,  et  de 
ciùm.,  1847,  t.  XX,  p.  238). 

(3)  Lassaigri,  Anal.  d*un  calcul  urétral  de  bœuf{Journ,  dechkn.  médie.f 
1847,  t.  m,  p.  10). 

(4)  Omn,  Anal,  d^un  calcul  urinaire  de  cheval  (Arch.  der  Pharm.,  1847, 
U  XCYin,  p.  287). 

(5)  LARDuia,  Anal,  dPune  concret,  de  Vaorte  (Repert.  fiir  die  Pharm,, 
1847,  t.  XLV,  p.  60). 

(6)  FutsniiiBao,  loc,  cit,  [Joum,  fiir  prakt.  ChenUe,  1847,  t.  XXXIX, 
p.  33). 

(7)  Wrazia,  toc  cit.  {Joum,  fur  prakt.  Chemie,  1834,  t.  IH,  p.  38). 

(8)  BaAims,  Ann.  de  pharmacie,  1834,  t.  X,  p.  229. 

(9)  GnitiNif»  loe.  çU.  (Jowm.  de  chim»  médic.^  1849,  t.  Y,  p.  312), 


26&      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.  1**  CLASSE. 

(l(^composition  avec  d'autres  sels.  On  ne  sait  pas,  du  reste, 
d'une  manière  positive  si  le  fait  a  lieu ,  ou  dans  quel  or- 
gane se  passerait  le  phénomène  de  la  décomposition  du 
carbonate  pour  former  les  sels  de  magnésie  rejetés  par 
les  urines,  le  phosphate  principalement.  On  ne  trouve  pas 
habituellement  ce  sel  dans  Turine  de  Thomme.  Elle  doit 
cependant  contenir  quelquefois  du  carbonate  de  magnésie, 
car  on  en  trouve  dans  certains  calculs  urinaires  ainsi  que 
nous  venons  de  le  voir.  Commecliei  les  barbivores,  on  trouve 
une  assez  grande  proportion  de  ce  sel  dans  les  urines  ;  il  est 
bien  évident  que  c'est  par  l'appareil  urinaire  qu'il  est  regtté. 

858.  —  Ne  connaissant  rien  sur  les  chinipcnienu  qa^proave  daBslei 
conditions  morbides,  sous  le  rapport  de  sa  distribuiion,  d«  sa  qu«Dlilé,elc, 
le  carbonate  de  magnésie,  non  plus  que  sur  son  rôle  dynamique  apédiJ, 
il  ne  nous  reste  plus  qu'à  indiquer  quels  8ont  les  auteurs  qui  en  ont  signalé 
Texistence  dans  Torganisme. 

859.  —  Pour  constater  la  présence  et  la  quantité  du  carbonate  de  ma- 
gnésie dans  les  tissus  et  les  humeurs,  il  faut  calduer  le  résidu  de  Ténpo- 
ration,  puis  le  dissoudre  dans  Peau.  La  portion  qui  reste  à  Técat  losolabk 
est  ensuite  dissoute  à  son  tour  par  l'acide  clilorhydrique  élcndii  d*CM; 
on  verra  tout  de  suite,  s*ll  y  a  un  dégagement  d'acide  carbonique,  qa*on  i 
affaire  à  un  carbonate  ou  de  chaux  ou  de  magnésie.  Pour  constater  la  pré- 
sence de  ce  dernier  corps,  on  neutralise  la  soUilion  par  de  rammoniaque, 
puis  on  ajoute  quelques  gouttes  d'une  solution  de  phosphate  de  soude. 
S'il  y  a  de  la  magnésie  dans  la  solution ,  il  se  formera  un  précipité  de 
phosphate  ammoniaco-magnésicn,  qu'on  reconnaît  ladàemc&t  toit  par  li 
forme  des  cristaux,  soit  par  ses  autres  caractères  chimiques. 

Pour  constater  la  présence  du  carbonate  de  magnésie  dans  les  calculs, 
on  les  dissout  dans  un  peu  d'acide  hydrochlorique ,  et  puis  on  ajoute  de 
l'ammoniaque  pour  former  l'hydroclilorate  d'ammoniaque.  On  ajoute 
ensuite  du  phosphate  de  soude,  et  par  la  double  décomposition  qui  a  lieo 
entre  les  éléments  qui  se  trouvent  ainsi  en  présence  »  se  préciplteat  les 
crisuuz  da  plioapbate  amnoniaco-magaésieB ,  très  ftcikatnt  rteottais- 
sables,  à  l'aide  du  microscope,  par  la  forme  de  leurs  cristaux  (voy.  pi.  Vilf) 
et  par  les  réactions  propres  à  ce  sel. 

Bîitoriqiie. 

860.  —  Le  carbonate  de  magnésie  a  été  en  premier  troavé  daAS  rorise 
du  lapin  par  Vauqudhi  en  1808  (1).  Là  même  année,  II»  Cbcvreul  en  dé- 

(1)  VAtH)OXLUf,  toc.  cit.  (Ann,  4e  ch,,  1808,  t.  LXVU,  p.  Î74). 


CH.   Ifli.   CARBONATE  DE  MAGMlftBIE.   HISTORIQUE.        S55 

coQTritdans  Turine  da  chameau  et  dans  celle  du  cheval  (1).  En  1812,  Vau- 
qaeJin  le  trouya  aussi  dans  Turine  du  castor  (2).  Nous  avons  vu  que  cette 
même  année  Berzelius  en  a  indiqué  la  présence  dans  la  substance  den- 
taire ,  il  y  avait  en  même  temps  aussi  du  phosphate  de  magnésie  ;  depuis 
lors  nul  auteur  n*a  reparlé  de  la»  présence  du  premier  de  ces  principes 
dans  ce  tissu.  Nous  avons  cité  d'après  Berzelius  les  auteurs  qui  ont  trouvé 
da  carbonate  de  magnésie  dans  des  calculs  vésicaux,  et  nous  y  avons  ajouté 
Pletro  Alemani  d'après  les  Annales  de  chimie  (3). 

Chez  les  différents  mammifères,  la  présence  du  carbonate  de  magnésie 
fat  signalée  par  Fontana  (û),  dès  1790,  dans  la  bile  du  bœuf,  mais  depuis 
lors  on  n*a  pas  retrouvé  ce  principe  dans  ce  liquide.  Nous  avons  déjà  dit 
que  Worter  avait  trouvé  du  carbonate  de  magnésie  dans  on  cakul  rénal 
ém  chefa)  (5),  fait  qoe  John  a  Tériflé  sur  un  calcul  vésfcal  du  même  ani» 
mal  (6)»  Depuis  lors  ce  sel  ayant  été  trouvé  dans  l'urine  du  cheval  et  de 
beaucoup  d'autres  herbivores  où  l'on  ne  l'avait  pas  signalé  d'une  ma- 
nière précise  (7),  les  faits  morbides  ci-dessus  ne  présentent  rien  qui  doive 
étonner.  Nous  avons  déjà  dit  que  M.  Lassaigne  en  avait  trouvé  avec  un 
peu  de  phosphate  calcaire  dans  les  calculs  vésicaux  des  herbivores  (8), 
accompagtant  le  carbonate  (9)  de  cette  base.  Landerer  dit  également  en 
afoir  ODostalé  des  traces  dans  un  cristalihi  cataracte  (iO)« 


(1)  Cbevreul,  Ioc.  cU.  (Ann.  dechim.,  1808,  t.  LXVIt,  p.  303). 

(2)  Vauquelih,  toc.  dt,  {Ann.  dscMm.,  1812,  i.  LXXU). 
(I)  Fiirao  Aluahi,  Ann,  4$  oMm.,  1808,  t.  LXV,  p.  222. 

(4)  FoifTAMA,  loc,  ct(.  {Ann.  de  chim.,  1790). 

(5)  WoazEii,  loc.  ctt.,  1813. 

(0)  Jon,  TabktMœ  chkniq^M  du  règne  animal^  ln-4',  1810,  p.  170. 

(7)  BeoMmcAULT,  Rech.  ewr  Vwrinê  des  herbivores  (  Ann,  de  phye.  et  de 
ékhn.,  1845,  t.  XV,  p.  110). 

(8)  Lassaigne,  Sur  Vexist,  du  carbonate  de  magnésie  dans  les  calculs  vé- 
ekmKD  des  anim,  herhivcres  {Ann.  de  phys  et  de  chim.,  1823,  t.  XXII,  p.  440]. 

(9)  Laisaigiii,  OhsêTwU,  analytique  sur  un  calcul  vésical  de  cheval  {Joum, 
4$  àhim,  méd.,  1835,  t.  1,  p.  581). 

(10)  LiANDEiER,  Analyse  d'un  ctistallin  opaque  ^  dans  lliLUm  et  Rbisct, 
Annmmkv  de  cAMito,  1847,  p.  754. 


-^^  **' 


266     DEft  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTIGUUER*  1**  CLASSE. 


CHAPITRE  XVIII. 

CARBONATE  DE  SOUDE. 

Synonymie  :  Soude  carhonatéet  sel  de  soude,  soude  du  commerce,  aieoU  mi» 
néral  aéré,  ou  effervescent,  ou  adouci,  nalrum,  aîcaii  fae,  mimerai^  akaU 
aire  ou  alcaU  doux, 

861.  —  Les  cendres  obtenues  par  rincînération  de  la 
plupart  des  tissus  et  des  parties  fixes  des  humeurs  ren- 
ferment du  carbonate  de  soude  ;  mais,  dans  la  majeure  partie 
des  cas,  ce  carbonate  de  soude  est  formé  par  la  combustion, 
aux  dépens  de  combinaisons  de  la  soude  avec  des  acides  or- 
ganiques ou  avec  d'autres  substances  animales. 

Cependant,  d'après  les  recherches  les  plus  exactes,  on  peut 
considérer  le  carbonate  de  soude  comme  un  prindpe  immé- 
diat. Il  se  trouve  dans  la  lymphe,  le  sang  et  en  assez  grande 
quantité  dans  Turine  des  herbivores.  On  en  trouve  aussi  dans 
l'urine  de  l'homme,  mais  seulement  dans  quelques  cas  où 
les  urines  sont  alcalines  sans  être  ammoniacales. 

On  trouve  dans  les  analyses  de  cendres  des  tissus  animaux 
les  résultats  les  plus  contradictoires.  Tandis  que  quelques 
auteurs  trouvent  une  grande  proportion  de  carbonate  de  soude 
dans  les  cendres  du  sang,  de  l'urine,  etc.,  d'autres  n'en  trou- 
vent que  des  traces  ou  même  pas  du  tout. 

Ces  différences  proviennent  uniquement  de  ce  que  Ton  peut 
à  volonté  augmenter  ou  diminuer  la  quantité  d'acide  carbo- 
nique, suivant  le  degré  de  chaleur  qu'on  emploie  pour  calci- 
ner la  masse  que  l'on  analyse.  Toutes  les  humeurs  animales, 
les  tissus,  les  excréments,  etc.,  contiennent  du  phosphate  de 
soude  ;  ce  phosphate  de  soude  se  trouve  donc  en  contact  pen- 
dant l'incinération  avec  le  carbonate  de  soude  qui  existe  déjà 
dans  rhumeur,  ou  qui  était  formé  par  l'incinération  aux  dé- 
pens d'autres  sels  de  soude.  Eh  bien,  il  est  reconnu  qu'en 
chauffant  un  mélange  de  carbonate  de  soude  et  de  phosphate 
de  soude,  le  premier  de  ces  sels  perd  son  acide  carboniqoei 


CH.  XVIIl.  CARBONATE  DE  SOUDE  DANS  LE  SANG.   267 

et  la  soude  va  s'ajouter  au  phosphate  pour  former  un  phos- 
phate de  soude  tribasique.  D'un  autre  côté,  tous  les  sels  d'ori- 
gine organique  à  base  de  soude  se  transforment  compéltement 
par  l'incinération  en  carbonate  de  soude.  Il  est  donc  évident 
que  les  analyses  des  cendres  provenant  de  l'incinération  des 
matières  animales  n'indiquent  nullement  la  quantité  du  car- 
bonate de  soude  contenu  dans  l'humeur  analysée.  H.  Rose  (1) 
a  bien  proposé  un  nouveau  procédé  pour  l'analyse  des  cen- 
dres; ce  procédé,  qui  est  très  long,  très  compliqué,  ne  remédie 
en  rien  aux  inconvénients  de  l'incinération,  puisqu'on  réduit 
également  en  cendre  les  tissus  animaux.  Les  perfectionne- 
ments proposés  n'empêchent  pas  les  sels  d'origine  organique 
à  base  de  soude  de  se  transformer  en  carbonate,  et  c#lui-ci  de 
varier  en  quantité  suivant  le  degré  de  chaleur  qu'il  est  presque 
impossible  de  régler,  malgré  toutes  les  précautions  possibles. 
Nous  laisserons  donc  ici  de  côté  toutes  les  analyses  de  cen- 
dres, par  lesquelles  on  a  cherché  à  démontrer  Texistence 
du  carbonate  de  soude  ou  de  potasse,  soit  dans  le  sang, 
Turine,  etc. 

Nous  avons  dit  que  Texistence  du  carbonate  de  soude  dans 
le  sang  avait  été  démontrée  d'une  manière  rigoureuse  par 
quelques  auteurs.  Lehmann,  après  avoir,  au  moyen  d'un  cou- 
rant d'hydrogène  et  par  l'action  du  vide,  enlevé  à  du  sang 
frais  de  bœuf  tout  l'acide  carbonique  libre  ou  combiné  comme 
bicarbonate,  s'est  assuré  qu'il  existait  encore  de  l'acide  car- 
bonique combiné  à  la  soude.  En  effet,  ce  même  sang  par  l'addi- 
tion d'un  peu  d'acide  acétique,  dégage  encore  de  l'acide  carbo- 
nique qui  est  chassé  ensuite  par  un  courant  d'hydrogène.  Il 
existe  donc  dans  le  sang  du  carbonate  de  soude;  la  proportion 
est,  d'après  ce  chimiste,  de  0,1628  pour  1000  (2).  Nous  nous 
en  sommes  aussi  assurés,  en  mélangeant  du  sérum  de  sang 
concentré  et  privé  de  son  albumine  par  la  coagulation ,  avec 


(1)  H.  RosB,  Anfiokn  der  Pharm,  und  Chem,,  1849,  Bd.  LXXVI,  f.  304. 

(2)  LEHHAmf,  Du  carbonate  de  soude  dans  le  sang  (Àrch,  der  Pharm, ,  1847, 
t.L,  p.  336).—  LsHMAim,  BûridUderK.  Saechs,  Gessel.  der  Wissen,,iHél^ 
p.  96-100,  iii-8*. 

U.  17 


258  DES  ramapËs  mifiDiATd  e!«  Pamicitlibii.  1'*  cuan. 

de  l*alcool  ordinaire.  Au  bout  de  quelques  jours,  les  ptroii 
du  vase  sont  couvertes  de  petits  cristaux  solubles  dans  Teau 
et  dégageant  au  contact  de  l'acide  acétique  du  gaz  carbonique. 

La  lymphe,  le  liquide  céphalo-rachidien,  les  os,  l'urine  des 
herbivores,  les  urines  alcalines  non  ammoniacales  de  l'hooine 
malade  et  diverses  productions  morbides  en  renferment  aussi. 

862.  —  Les  proportions  de  ce  sel  qui  ont  été  indiquées 
sont  les  suivantes  : 

Cent  pirtiei  de  lang  de  bcraf  renrennent 0,i6î  (f ) 

Ceat  parties  dn  sérum , 0,165  (S) 

Cent  ptrties  de  h  lymphe 0,056  (8) 

Ceot  ptrties  de  liquide  cépbelo-rechîdien 0,060  (S) 

Dans  le  sang  du  cheval,  de  la  vache  et  en  général  des  her- 
bivores ,  la  proportion  du  carbonate  de  soude  est  double  et 
même  triple  de  la  proportion  du  carbonate  de  potasse.  Liebig 
dit  qu'on  ne  trouve  pas  de  carbonate  alcalin  dans  le  sang  de 
l'homme  et  dans  celui  du  chien  sur  lequel  beaucoup  d'expé- 
riences ont  été  faites,  mais  on  y  trouve  des  phosphates  alca- 
lins (A).  Pourtant,  dans  la  page  qui  précède,  il  admet  que 
les  acides  végétaux  et  l'acide  urique  dégagent  de  l'acide  car* 
bonique  en  décomposant  les  carbonates  ;  si  donc  il  n'y  a  pas  de 
carbonates  dans  le  sang,  cela  ne  peut  être  que  chez  les  ani- 
niaix  soumis  à  un  régime  animal  exclusif,  et,  d'après  ce  qui 
précède,  on  voit  qu'il  doit  y  en  avoir  au  moins  quand  le  chien 
et  riiomme  introduisent  des  aliments  végétaux,  sans  quoi  les 
acides  végétaux  et  Facide  urique  ne  pourraient  mettre  en 
liberté  de  l'acide  carbonique. 

Cendres  de  Furine  de  cheval ^  / 10,33  p.  100. 

—  de  chèvre (  ,_.  ) 5,80     — 

—  de  lièvre \         j •       M4     — 

—  de  lièvre /  \ , . , .       8,73     — 

(1)  Mabckt,  Schweigger' 9  Journal,  1S20,  t.  X,  p.  151. 
(S)  Nasss,  Simon* t  BeUra$g4  mut  physiol,  und  patM,  Chemiê,  1646, 1 1, 
p.  449. 

(3)  Lassaigue,  Note  sur  la  composH,  du  liquide  qui  se  trow)$  dans  U  emsei 
raehidien  [Ann,  dephys.  H  de  cMm.,  1826,  t  33,  p.  440). 

(4)  LifBio,  he.cit.,  1852,  p.  182-175. 

(5)  De  BitiA,  Sur  Vurine  de  quelques  herbharp  {Àm,  âer  Ckim,  md 
Pharm.,  1845,  t.  LUI,  p.  98). 


CR,  IWI.  eAM.  BB  SOUDE.  SON  ÉTAf  BANS  L'OHOAlIlSIiB.      S60 

O9lA)||ir0mn#  |ie  rbumérui  d'homme  (I) û,14  p.  iOfiu 

Caocer  enc^phalolde  (Foy). , ,  2J5     — 

GiBeep  fquhrbeux  (/d.) 5,00     — 

Gen(  ptràff  d^^ciémeQi^  huiqaioi  (cci  (Dericlius) 0  OS     — 

86S.  —  Le  carbonate  de  soucie  est  dans  Téconomie  à  l'état 
liquide;  il  est  dissous  directement  dans  Teau  des  humeurs. 
Dans  les  tissus  demi-solides  ou  solides,  il  partage  l'étal  dans 
lequel  se  trouve  Teau  qui  le  lient  en  dissolution  et  fait  partie 
de  ces  solides. 

864.  —  11  conserve  dans  l'économie  la  réaction  légèrement 
alcaline  qu'il  possède  comme  composé  chimique,  et  il  se  dé- 
compose là  comme  ailleurs  au  contact  des  acides  plus  puissants 
que  le  carbonique  :  c'est  par  suite  de  ce  fait  que  le  sang  pré- 
sente la  réaction  alcaline  que  nous  lui  connaissons.  Il  en  est 
de  même  pour  le  liquide  céphalo-rachidien  et  pour  la  salive. 

865.  ' —  Ce  principe  est  peut-être  mélangé,  combiné  avec 
quelques  autres  sels  alcalins,  ou  avec  les  carbonates  de  chaux 
et  de  magnésie,  pour  former  la  substance  du  corps.  On  ne 
peut  à  pet  égard  que  faire  des  hypothèses  fondées  sur  ce 
qu'qn  sait  des  propriétés  chimiques  de  ces  corps.  Mais  on 
peut  considérer  comme  certain  qu'il  est  combiné  avec  l'albu- 
mine dans  le  sang.  Le  carbonate  de  soude  dissout  en  effet 
l'albumine  et  empêche  même  &  la  fibrine  du  sang  de  se  coa- 
guler, quand  ce  liquide,  au  sortir  de  la  veine,  tombe  dans  une 
solution  do  çq  sel.  C'est  donc  avec  les  principes  de  ce  genre 
qu'on  peut  le  considérer  comme  uni,  pour  concourir  à 
former  la  substance  organisée. 

666. — C'est  par  suite  de  l'ensemble  de  cesdivers  caractères, 
de  ces  diverses  proportions  dans  les  humeurs,  que  le  carbo- 
nate de  soudo  présente,  comme  caractère  d'ordre  organique, 
de  faire  partie  de  la  substance  des  êtres  vivants;  c'est  par  suite 
de  ces  faits  que,  dissous  par  leur  eau,  il  concourt  à  dissoudre 
les  substances  albumineuses  et,  probablement,  facilite  la  dis- 
solution des  corps  gras. 

867.  —  Chaque  principe  immédiat,  nous  l'avons  dit  souvent, 

(l)  Rqdi,  Anal.  d*nn  ostéosarcoms  {jQum.  de  chim,  el  de  phys.^  1847, 
I.  Il,  p.  429). 


260  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PAHTICULIBR.    i^  CLASgB. 

De  prend  part  directement  à  aucun  acte  d'ordre  organique  ou 
autrement  dit  vital;  la  substance  organisée  seule  prend 
part  directement  à  ces  actes.  Nous  voyons  ces  principes, 
considérés  isolément ,  ne  manifester  que  des  actes  chimi- 
queSy  d'où  résulte  la  formation  de  nouveaux  composés  par 
leur  propre  décomposition.  La  totalité  de  ces  actes  élé- 
mentaires constitue  l'acte  vital  de  nutrition,  diflerant  des 
actes  chimiques  quelconques,  en  ce  qu'il  se  passe  dans  une 
substance  particulière,  dite  organisée^  d'origine  première, 
inconnue  ;  et  différant  encore  des  actes  chimiques,  en  ce  qu'il 
s'opère  d'une  manière  continue  sans  destruction  ni  change- 
ments spécifiques  des  caractères  de  la  substance  où  il  se  passe  ; 
tellement  que  ce  n'est  qu'à  l'instant  où  cesse  l'acte  continu 
de  nutrition,  qu'on  voit  cette  substance  présenter  des  actes 
d'ordre  chimique  fixes,  discontinus  et  ayant  pour  résultat  la 
formation  de  composés  définis. 

Mais  on  observe  de  plus,  surtout  dans  les  principes  de  cette 
tribu,  un  fait  important.  Il  est  de  ces  principes,  ainsi  que  nous 
ravonsdit,qui  sontcondition  d  cxistencede  telleou  telle  espèce 
de  substance  organisée,  auxquels  ces  formes  de  la  substance 
doivent  leurs  propriétés  fondamentales,  caractéristiques, 
comme  par  exemple  la  substance  du  tissu  osseux  aux  phos- 
phates terreux.  Sans  plus  manifester  aucun  acte  ni  chimique 
ni  physique,  après  leur  fixation,  ces  principes-là,  par  le  fait  de 
leur  seule  présence,  donnent  à  cette  substance  ses  propriétés 
fondamentales.  Or,  il  est  d'autres  espèces  de  la  même  tribu, 
qui  par  le  seul  fait  de  leur  présence  dans  telle  ou  telle  forme 
de  la  substance  organisée,  sont  aussi  la  condition  d'existence 
de  quelqu'une  de  leurs  propriétés  fondamentales  et  de  l'ac- 
complissement des  actes  qui  s'y  passent,  sans  pourtant 
prendre  aucune  part  directe  à  ces  actes. 

Tel  est  le  carbonate  de  soude.  Le  sang  lui  doit  son  alca* 
linité,  et  sans  prendre  part  directe  à  aucun  des  actes  de 
fixation  de  l'oxygène  ou  de  décomposition  de  plusieurs  des 
substances  d'origine  végétale  qu'on  y  introduit,  ce  principe  i 
réaction  alcaline,  par  le  fait  seul  de  son  existence,  est  la  prio- 


€H.  XVIII.  CARBONATE  DE  SOUDE.  ROLE  QU'iL  REMPLIT.      261 

cipale  condition  d*accomplissement  de  ces  actes.  D'après 
Liebig,  le  carbonate  de  soude  ne  remplirait  cet  ofBce  que  dûis 
le  sang  des  herbivores  ;  car,  chez  les  carnivores,  c'est  du  phos- 
phate de  soude  alcalin  qui  joue  le  même  rôle  :  nous  avons  vu 
en  effet  qu'il  nie  la  présence  du  carbonate  de  soude  dans  le 
sang  des  carnivores  ;  mais,  ainsi  qu'on  va  le  voir,  le  fait  ne 
peut  être  vrai  que  pour  les  animaux  soumis  au  régime  exclu- 
sivement animal.  Lui-même  dit  un  peu  plus  loin  :  c  Les  acides 
végétaux  introduits  dans  le  sang,  ou  Yacide  urique  produit 
par  la  transmutation  des  (issus,  décomposent  les  carbonates 
alcalins;  l'acide  carbonique,  devenu  libre,  est  évacué  par  le 
poumon  (1).  » 

Dans  le  sang,  ce  principe  prend  certainement  part,  comme 
les  sels  de  soude,  au  maintien  de  l'élasticité,  de  la  fermeté 
des  globules,  qui,  ainsi  qu'on  le  sait,  est  un  fait  nécessaire 
pour  qu'ait  lieu  l'hématose.  Il  concourt  ainsi  indirectement  à 
l'accomplissement  de  ce  phénomène  ;  action  indirecte  dans 
les  actes  de  nutrition  et  autres,  qui  est  le  propre  de  tous  les 
principes  d'origine  inorganique. 

Comme  c'est  à  lui  qu'est  due  l'alcalinité  de  la  salive,  lors- 
que les  phénomènes  physiologiques  dus  à  cette  alcalinité  se- 
ront bien  déterminés,  c'est  à  ce  principe  qu'on  devra  les 
rapgorter. 

Concourant  à  tenir  l'albumine  en  dissolution,  il  agit  ainsi 
indirectement  dans  les  phénomènes  de  nutrition,  puisque 
la  fluidité  ou  demi-solidité  des  principes  en  est  une  con- 
dition. 

808. — Le  carbonate  de  soude,  qu'on  trouve  dans  l'orga- 
nisme, ne  vient  pas  tout  du  dehors  ,  il  se  forme  presque 
entièrement  dans  le  corps  des  animaux  ;  une  partie  seulement 
pénètre  tout  formé  dans  l'eau  que  nous  buvons  et  avec  les 
aliments  solides. 

On  sait  que  les  cerises,  les  fraises,  les  pommes,  les  raisins 
et  autres  fruits  charnus,  pris  en  grande  quanlrté,  rendent  l'u- 

(I)  Urne,  toc.  cit.,  in-18,  1852,  p.  174. 


£62   DES   PRINCIPES   iMUÉDlAtS  EN  PÀATICIlLIBft*    1**  eLAiëË. 

rine  alcaline.  Or,  ces  tnatières  végétales  rontientietit  des  MA'» 
iales  (fruits  à  noyaux),  des  citrates  (fruits  à  pepihs  et  pommeé 
de  terre),  ou  des  tartrates  (rhisins).  Or  Gilbert  Blane  et 
Woehler  (1)  ont  montré  que  ces  mêmes  seta^  pris  isolémenti 
se  comportent  comme  les  sels  contenus  dans  ta  substant^ 
des  ft'uits  elle-même.  Ingérés  dans  Testomac»  ou  introduits 
solis  forme  de  lavements,  les  citrate,  tartrate,  malatc  et  acé^ 
cêtate  de  potasse,  ainsi  que  le  sel  de  Seignette  (2)  et  le  lac* 
taie  de  soude,  reparaissent  dans  Turine  à  Tétât  de  carbonate. 
Gilbert  Blane^  ne  retrouvant  pas  ces  corps  dans  Turinê  tels 
qu'ils  avaient  été  ingérés,  les  croyait  assimilés. 

C*est  là  certainement  une  des  sources  du  carbonate  de 
soude  de  notre  sang,  quand  il  en  renferme,  s*il  est  vrai  qu*il 
n'en  contient  pas  toujours  comme  le  pense  Liebig.  G*esi  une 
des  sources  de  celui  du  sang  des  herbivores,  c  Les  carbonates 
alcalins  de  Turine  des  herbivores  tirent  leur  origine  de  11 
mêtne  source;  ils  proviennent  des  sels  organiques  A  basé 
alcaline  contenus  dans  les  aliments  (3).  » 

Il  importe  de  noter  que  pour  voir  se  former  ces  carbonates, 
il  ne  suffit  pas  d*introduire  des  acideis  d*origine  \*égétale  ;  tar 
les  acides  des  sels  ci-dessus,  quand  ils  sont  ingérés  sous  fomm 
de  limonade,  se  retrouvent  dans  les  urines,  même  Tacide 
gallique  et  Tacide  tarlrique  (A).  Il  est  probable  que  tout  Tacide 
ne  passe  pas  ainsi  du  isang  dans  les  urines,  et  qu*une  pairtie 
passant  a  Télat  de  sel  par  décomposition  des  carbonates  resté 
à  rétat  de  carbonate.  C*est  ce  qu'admet  Liebig,  qui^  éitsA 
que  nous  venons  de  voir,  admet  que  les  acides  végétaux  itl«> 
troduits  dans  le  sang  décomposent  les  carbonates  alcaline,  et 


(1)  WocHLEU,  VersHch  uebêrden  Uebergang  voû  MaMrign  In  dm  Hàr^ 
dans  TiEDEiAN  uod  Trbviranus  ,  Untersuchungmi  wter  dh  ffalw  des  iM«- 
chender  Thiere  und  der  Vflanzen^  in-4*,  1824,  1. 1,  p,  138. 

(2)  Bf.rzelils,  Rapport  annuel  sur  les  progrès  de  lu  cfttmli;.  StockholM, 
1845;  Paris,  in-8%  1816,  p.  528. 

(3)  Liebig,  lac.  cit.,  1852,  p.  173. 

(4)  MoRiciiiNi,  Ueber  eintge  Subslanzen  welche  unzersetst.  in  den^  Ham 
uebcrgehen  {Deulsches  Archiv  fur  PhyshLvon  J.-F,  Meckel,  1817,  t.  111, 
p.  4G7)  —  Woehler,  /oc.  cit.,  1844. 


CH.  Xnn.  OillOMÀTB  DE  SOUDE.  ORIGINE  ET  ISSUE.        201 

forment  des  sels  neutres  qui  sont  bientôt  décomposés  à  l'aidé 
de  Toxygène  circulant  dans  l'économie. 

Quelles  sont  maintenant  les  réactions  chimiques  d'après 
lesquelles  ces  acides  d'origine  organique  perdent  leur  hydro-* 
gène  pour  faire  de  l'acide  carbonique?  Quels  sont  les  tissus  et 
humeurs  dans  lesquels  se  passe  le  phénomène  ?  C'est  ce  qu'on 
ne  sait  pas  encore  d'une  manière  précise.  Déjà  nous  avons  dis- 
cuté^ en  traitant  de  l'oxygène^  les  théories  chimiques  d'après 
lesquelles  on  admet  que  se  brûlerait  l'acide  lactique,  etc.,  pour 
faire  de  l'acide  carbonique.  Déjà  nous  avons  vu  que  le  fait  de 
celte  combustion,  pas  plus  que  celui  de  l'oxydation  de  la 
fibrine,  n'était  démontré  comme  vrai«  L'oxygène  peut  bien 
être  fixé  à  ces  corps  d'origine  végétale  en  présence  des 
sels  alcalins  du  sang,  comme  les  matières  colorantes  du  cam- 
pèche  en  présence  de  la  potasse,  mais  rien  ne  démontre  en- 
core que  ce  soit  réellement  le  mode  d'après  lequel  sont  dé- 
truits ces  composés  ou  quelque  autre.  Beaucoup  d'actes  mo- 
léculaires autres  que  la  combustion  peuvent  faire  disparatli^ 
l'oxygène  de  ces  composés  et  les  faire  passer  à  l'état  de  car^ 
bonates.  L'expérience  n'a  pas  encore  décidé  si  c'est  un  acte 
de  ce  genre  qui  a  lieu,  ou  quelque  acte  chimique  indirect  du 
genre  de  ceux  qu^on  observe  dans  la  formation  de  plusieurs 
des  principes  qui  apparaissent  dans  l'organisme  même  ;  mais 
tout  rend  ce  deroier  fait  probable. 

C'est  par  l'urine  que  s'échappe  une  partie  du  carbonate 
de  soude  du  sang  des  herbivores  et  aussi  de  l'homme,  dafis 
les  cas  oii  il  s'en  forme  beaucoup  par  suite  de  l'ingestion 
des  fruits  charnus  en  grande  quantité.  U  y  en  a  aussi  de  dé- 
composé dans  le  poumon  par  l'acide  pneumique  qui  s'empare 
de  la  soude  et  chasse  le  gaz  carbonique.  Accidentellement  ii 
peut  y  en  avoir  de  décomposé,  ainsi  qu'on  vient  de  le  voir^ 
par  ingestion  des  acides  végétaux  et  autres.  La  salive  et  la 
bile  en  mêlent  aux  matières  alimentaires  ;  il  est  en  partie 
réintroduit  sans  doute,  et  en  partie  expulsé  avec  les  matières 
fécales.  Beaucoup  de  médecins  admettent  que  c'est  à  la  pré- 
sence de  Tun  de  ces  deux  sels  qu'est  due  la  réacliop  alcaline 


26A   DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.    1'*  CLASSE. 

des  urines  non  ammoniacales,  réaction  qui  se  montre  après 
r usage  prolongé  des  alcalins,  après  avoir  bu  quelques  verres 
d*eau  de  Vichy  (1),  ou  quand  on  a  pris  en  grande  quantité 
une  nourriture  seulement  végétale. 

869.  —  Le  carbonate  de  soude  qui  pénètre  et  celui  qui  est  formé  dans 
réconomie  manifestent  des  actes  physiques  d^endosmose  et  d^exosmose. 
Celui  qui  est  décomposé  par  les  acides  de  la  manière  indiquée  plus  haut 
présente  des  actes  chimiques  directs.  On  ne  sait  encore  diaprés  quel  ordre 
d'actes  chimiques  se  forme  celui  qui  résuite  de  la  décomposiUon  des  sels 
de  soude  d'origine  végétale.  Nous  avons  dit,  en  effet,  qu'il  n^est  pas  encore 
certain  si  c'est  par  suite  de  combinaison  de  Toxygène  atmosphérique  à 
leur  hydrogène,  ou  si  c'est  par  suite  d*actes  chimiques  indirects,  ou  ca- 
lalyses,  que  ces  sels  perdent  une  partie  de  leurs  éléments  chimiques,  d*où 
leur  passage  d'un  état  spécifique  à  un  autre. 

870.  —  Extraction.  Diaprés  ce  que  nous  avons  dit  plus  haut,  k  car- 
bonate de  soude  qu'on  obtient  par  l'incinération  des  tissus  ne  peut  pas 
être  considéré  comme  appartenant  en  totalité  au  tissu  lui-même.  Gepen* 
dant,  lorsqu'on  trouve  dans  les  cendres  une  forte  proportion  de  cari)onate 
de  soude,  on  peut  être  sûr  que  la  soude  combinée  à  l'acide  carbonique 
était,  avant  l'incinération,  unie  soit  à  des  acides,  tels  que  l'acide  lactique, 
acétique,  etc.,  soit  à  de  l'acide  carbonique.  Il  faudra  ensuite  rechercher 
dans  une  autre  portion  du  liquide,  dont  on  a  préalablement  séparé  le  car- 
bonate de  chaux  peu  soluble  et  dont  les  principes  n'ont  pas  été  détruits  par 
l'incinération,  s'il  existe  de  l'acide  carbonique  qu'on  puisse  dégager  par 
addition  d'un  acide;  dans  ce  cas,  il  existerait  du  carbonate  de  soude 
comme  principe  immédiat  dans  le  tissu  ou  l'humeur  analysée. 

871.  —  Historique,  Il  existe  dans  les  traités  de  chimie,  et  beaucoup  de 
mémoires  spéciaux  même  récents,  un  grand  nombre  d'analyses  du  sang,  de 
l'urine  ou  de  divers  tissus,  dans  lesquelles  pour  chacun  d'eux  ou  indique 
la  quantité  de  soude  qu'ils  renferment.  Mais  il  est  Impossible  de  rien  retirer 
de  ces  travaux,  parce  que  l'acide  sulfuriquc,  Tacide  carbonique,  le  chlore  et 
d'autres  principes  médiats  sont  déterminés  séparément  des  bases  avec  les- 
quelles ils  sont  combinés  dans  l'organisme.  Ce  n'est,  en  effet,  pas  à  l'état 
de  soude  que  cet  alcali  remplit  un  rôle  dans  l'économie,  mais  bien  comme 
faisant  partie  de  diiïi^rents  sels.  Ce  sont  par  conséquent  ces  derniers  qaH 
s'agirait  d'étudier  cliacun  séparément,  et  non  leurs  parties  constituantes. 
C'est  parce  qu'où  a  toujours  fuit  le  contraire  que  des  principes  immédiats 
aussi  importants  que  les  carbonates  alcalins  sont  si  peu  connus  encore. 

(i)  Durand-Fardel,  Des  eaux  de  Vichy,  in-8*.  Paris,  1851.  —  HMrrfio- 
lions  acides  et  alcalines  de  Vurine  des  mcUades  soumis  au  traitem^iU  âet 
de  Vichy  (Gaz,  m^dic,  de  Lyon,  1849). 


eu.   XVIII.   CARBONAT  EDE  SOUDE.   HISTORIQUE.  266 

Nous indiqaeronsseulenient  Marcelcomme  ayant  (i)  trouvé  1,35 pour  1000 
de  carbonate  de  soude  dans  le  liquide  d'un  spina-bifida^  et  1,2/i  dans  ce- 
lui d*nn  hydrocéphale  ;  puis  John  qui  en  trouva  dans  le  pus  de  l'ovaire 
d'une  femme  pbtliisique  (2).  Fontana  en  avait  indiqué  depuis  longtemps 
dans  la  bile  de  bœuf,  mais  certainement  il  résultait  de  la  décomposition 
par  le  feu  des  cholates  et  choléatesde  soude  (3).  Il  paratt  qu'il  y  en  a  égale- 
ment dans  la  synovie  du  bœuf,  mais  le  fait  est  douteux  {l\)  en  raison  du 
procédé  employé.  Nous  ne  donnons  qu'avec  doute,  et  faute  de  mieux  jus* 
qa*à  plus  ample  informé,  les  résultats  de  l'analyse  de  Frommherz  et  Gu- 
gert,  dans  laquelle  ces  auteurs  ont  trouvé  35  pour  100  de  carbonate  de 
soude  dans  les  cendres  du  cartilage  (5). 

Dans  la  plupart  des  analyses  des  os  on  trouve  indiquée  la  présence  d'une 
certaine  quantité  de  soude  qui  peut-être  était  à  l'état  de  carbonate ,  car 
les  analyses  de  Valentin  donnent  les  quantités  suivantes  (6)  : 

0«  «ecs.  Os  fiais. 

Masse  calleuse  d'une  cdte  de  cheval 0,26  p.  100.    0,13  p.  100. 

MéUtarsien  sain  d'un  cheval 0,45      —  0,29      — 

Exostose  du  tarse  d*un  même  cheval 4,48      —  2,55      — 

Substance  compacte  saine    du   Ubia    d'un 

homme  de  trente-huit  ans 0,33      —  0,20      — 

Substance  spongieuse  du  même  os 0,1 3      —  0,07      — 

Condyle  externe  gauche  d'une  Jeune  fille  de 

dix-huit  ans 2,97      —  1,33      — 

Condyle  externe  droit  de  la  même  Jeune  fille.  1 ,42      —  0,64      — 
Tète  cariée  du  tibia  gauche  de  la  même  Jeune 

fille 0,82      —  0,44      — 

Croûte  sécrétée  autour  du  tibia  gauche  carié.  2,75      —  1,11       — 
Carie  d'une    vertèbre    dorule  d'un  Jeune 

homme  de  vingt  ans 0,26      —  0,1!       — 

Mélanose  du  cheval  (Foy) 2,50  p.  100. 

Concrétion  salivaire  du  cheval  (Wurzer). ...  1,75  — 

M.  Lassaignc  a  aussi  indiqué  des  traces  de  carbonate  de  soude  dans  la 
mélanose  du  cheval.  Il  est  probable  que  la  salive  et  quelques  autres  humeurs 
et  tissus  dans  lesquels  on  a  indiqué  la  présence  de  la  soude  contiennent 
du  carbonate  de  cette  base  ;  mais  le  fait  n'est  pas  encore  prouvé  positive- 

(1)  Mabcbt  dans  Bbszblius,  General  viewsof  the  compos.  of  animal  fluids, 
p.  55.  London,  1812. 

(2)  John,  Chemische  schriften,  Berlin,  1812,  t.  II,  p.  120. 

(3)  Fo!«TAHA,  Expér,  chimiq,  sur  le  fiel  dehœuf{Ann.  de  chimiey  1790, 
t.  IV,  p.  171). 

(4)  IfARGUEKoai,  Examen  chimiqw  de  la  synovie  (Ann,  de  chimie,  1793, 
t.  XIV,  p.  123). 

(5)  Fromhheiiz  et  Gcgekt,  Chemische  Untersudiungen  verschiedener  Theile, 
des  menschUchen  Kœrpers  und  ciniger  palhologischen  Producl.  {Schweigger's 
Archiv  fiir  Natur  vissenschaft  und  Mathematiky  1811,  vol.  I,  p.  447  ;  et  dans 
fMmamu,  Handbuch  der  med.  Chemie,  in-S**,  1834). 

(6)  Valertin,  loc,  cit.,  1338. 


360  DES  PRIlIGiPiCS  IMMEDIATS  UN   PARTICULIER  •    l'*  CLASSE. 

ment.  C'est  à  la  présence  de  ce  sel  que  d'après  Tletfeniinn  et  Omeiln  (1) 
serait  duc  TalcalintM  de  lasalffe  parotldlchne  ;  le  fiitt  est  nié  paf  M.  BKMI* 
diot  (9).  On  ne  sait  si  i*on  peut  considérer  comme  existant  réelleittent  I  l^étit 
de  carlionate  de  soude  les  8  millièmes  de  ce  sel  qu^on  trou rc  dans  100  parties 
dVxcréments  secs  (RcrxeHus)  ;  cir  c*est  par  caldnation  de  cette  subaunee 
qu'on  les  obtient.  Or,  pendant  celte  opération,  les  sels  de  soude  I  acides 
organiques  doivent  être  décomposés  et  laisser  du  Carbonate  de  cette  hUè. 
Vogel  admet  que  cVst  à  ce  carbonate  et  à  celui  de  potasse  qu'est  due 
la  réaction  alcaline  de  l'urine  non  ammoniacale,  qui  enlratM  la  précipi* 
tation  du  phosphate  de  chaux  et  la  formalkm  des  calenis  de  celte  es* 
pèco  (3).  I^andcrcr  en  a  trouvé  des  traces  avec  des  sulDile  et  plMRphaia 
de  la  même  base  dans  un  crfjttaliin  opaque  (A).  C'est  le  carbonate  de  tMide 
qui  donne  au  liquide  céplialo-radildien  aon  alcalinité.  Ce  liquida  eo  rea*- 
ferme,  en  cflct,  0,000  pour  iUO  (5).  fiarrud  et  Lassaigne  ont  trottvC  di 
carbonate  de  soude  avec  les  autres  éléments  du  sang  dans  la  matière  noire 
méianiquc  (4).  Langier  a  vu  aus»i  ce  même  élément  (7).  Mais  11  eat  I 
remarquer  que  la  matière  noire  des  i(y8tes.de  Totalte,  ainsi  que  nous  IV* 
vous  constaté,  est  bien  rérllemenl  du  sang  épandié,  mêlé  de  la  nutiks 
des  kystes  et  qui  a  pris  une  certaine  consistance,  tamUa  quu  la  itta^m 
e.st  du  pigment.  ^U  Ussaignc  en  a  trouvé  aussi  avec  de  l'oamazome,  de 
Talbumine,  du  sel  marin  et  du  phosphate  et  carbonate  de  chaux  dana  le 
liquide  céphalo-rachidien  {S). 

CHAPITRE   XIX. 

BICARBONATE   DE  SOUDE. 

872.  —  Lîebig  a  fait  remarquer  que  le  carbonale  de 
lioiide  du  sang  pourrait  être,  dans  celle  humeur,  à  l'état  de 
bicarbonate  et  non  de  carbonale.  En  elTet,  dans  une  dissolu- 

(1)  TiBDnumi  et  Ghclis,  Reektrckm  expérimenttilêi  ntr  Ui  «fiNlail,  irai. 
franc.  Paris,  1827,  in-S". 
(f)  BumuLor,  TmUé  onalyNgw  d»  to  dfgvsfiois  I8IS,  pw  tSO. 

(3)  VoGEL,  Traité  d'anat,  palhol,  génér.f  traduct.  htoç.  PiHSy  IMTi 
p.  327. 

(4)  LAimCIffili,  loc.  cit.,  1847,  p.  754. 

(r>)  Lassaigne,  Noie  sur  la  composit.  du  liq,  qui  ie  trouvé  âtmi  k  caacl 
ruclbld<aii  {Ànn,  de  phys.  eldechim.,  1816,  t.  XXXIII,  p.  440). 

(G)  Barruel  et  Lassaigne  dans  Bkkschrt,  Considérai,  sur  «ma  «Mrat.  ar* 
ffan^.  appelée  âégénérûKence  noire,  m^nose,  etc.  Paris,  1819. 

(7)  I.AUGiEa,  Ecpamen  chimiq,  d'une  nuU.  noirâtre  trouvée  tfam  OsMlrt 
d'fina  femme  {Joum.  dechim.  méd.,  1827,  t.  III,  p.  Î60). 

(8)  Lassaicne,  Anal,  dn  Uq.  qni  fe  tttmre  dans  te  cmiàl  tûekîÊlen  iSTASaHH 
et  des  animaux  {Jcum.  de  vhim,  méd.f  1H27,  t.  III,  p.  H). 


cit.    t\X.  toiCARBONATE  DE  SOUDE.  SO? 

lion  il  ne  peut  ptts  exister  en  niAme  temps  de  l'acide  earbonî- 
qUI^  ^ï  dii  carbonate  de  soude,  sans  qu'il  se  forme  tout  de 
suite  un  bicUtbonâte^  Mais  le  bicarbonate  de  soude  réagissant 
acide^  et  le  sang  au  contraire  étant  alcalin,  ce  fait  indiqué 
bien  qu*il  y  a  du  carbonate  de  soUde  ;  ad  moins  chez  les  ani-» 
maut  o&  le  phosphate  de  sôude  ne  prédomine  pas. 

Voici  Inexpérience  par  laquelle  Liebîg  démontre  la  présence 
du  bit*AtbonAte  de  soude  dAns  le  sang  :  Lorsqu'on  mélange  de 
Talt^cK)!  avec  du  sérum  du  sang,  l'albumine  qui  se  précipite, 
après  atoir  été  bien  lavée  et  calcinée,  ne  laisse  pas  de  eendirb 
alcalines  ;  si  la  soude  avait  été  dans  le  sang  chimiquement 
combinée  avec  l'albumine,  elle  se  sel-aît  précipitée  avec  elle, 
tendis  qne  le  carbonate  et  le  bicarbonate  de  soude  sont  soliï- 
bles  dans  de  l'alcool  aussi  peu  concentré.  Si  Ion  fait  passer 
dtas  la  liqueur  filtrée  de  l'hydrogène,  celui-ci  en  chassera 
rar*Ide  carbonique;  l'hydrogène  déplace,  comme  nous  l'avons 
déjà  vu,  l'acide  carbonique  dans  une  dissolution  de  bicarbo- 
nate de  soude,  et  le  transforme  en  carbonate  neutre,  surtout 
si  elle  est  à  la  température  de  -f-  38  degrés  Centigrades.  Déplus, 
la  liqueur,  traitée  par  du  bichlorufe  de  mercure,  n'est  troublée 
pal"  aucun  précipité;  mais,  au  bout  de  quelque  temps,  il  se 
dépose  des  cristaux  bruns  de  ptotochlorure  de  mercure.  Ccllo 
réaction  indique  la  présence  du  bicarbonate  de  soude  dans 
tine  liqUeUr. 

Le  carbonate  de  soude  se  porterait  ainsi  en  partie  dans  le 
Sang  à  rétat  de  bicarbonate,  en  présence  de  l'acide  carbo- 
nique libre.  L'eîiistence  du  bicarbonate  de  soude  étantétablic 
dans  le  sang,  on  ne  peut  lui  refuser  un  rôle  important  dans  lés 
phénotnènes  de  la  respiration. 

Le  bicarbonate  de  soude  joue  évidemment  un  rôle  relati- 
vement a  la  solubilité  de  l'albumine  dans  le  sang  ;  car  le  hi- 
cttrbonale  surtout  dissout  très  facilement  l'albumine.  Il  est 
aussi  reconnu  que  la  solidification  de  la  fibrine  est  retardée 
par  la  présence  d'une  grande  quantité  des  éarbonates  et  bi- 
carbonates alcalins,  et  qu'elle  peut  être  même  complètement 
empêchée  par  l'action  de  ces  sels, 


268  DES  PRINCIPES  imiÉDIÀTS  EN  PAETICULIEE.   1**  CLASSE. 

L*existence  de  ce  principe  n*est  démontrée  que  théori({ue- 
ment,  encore  dans  le  sang  seulement,  mais  nulle  part  ailleurs. 
Tiedemann  et  Gmelin  attribuent  Talcalinité  de  la  salive  à  du 
carbonate  ou  à  du  bicarbonate  de  soude,  sans  préciser  lequel 
des  deux  sels  existe  réellement. 

Il  est  du  reste  inutile,  pour  ce  dernier  principe,  de  parler 
de  son  état  de  dissolution  dans  Téconomie,  des  phénomènes 
qu'il  y  présente  au  contact  des  gaz  neutres  ou  autres  réactifs, 
ni  des  principes  avec  lesquels  il  est  combiné,  du  rôle  qu'il 
joue,  etc.  Ce  serait,  en  effet,  vouloir  répéter  tout  ce  que  nous 
avons  dit  du  carbonate  de  soude. 

873.  —  Il  se  forme  par  combinaison  de  l'acide  carbonique 
du  sang  aux  carbonates  de  soude  que  renferme  ce  liquide.  Il 
est  probablement  décomposé  dans  le  sang  pulmonaire,  comme 
le  carbonate  de  la  même  base,  par  l'acide  pneumique,  et  ac- 
cidentellement dans  le  sang  de  la  veine  porte  par  les  acides 
d'origine  végétale  introduits  comme  aliments. 

Il  est  possible  que,  dans  le  poumon,  une  partie  ou  totalité 
du  bicarbonate  passe  à  l'état  de  carbonate,  par  expulsion  de 
l'acide  carbonique  à  l'aide  de  l'oxygène,  et  qu'il  y  ait  ainsi  une 
alternative  de  formation  et  de  destruction  des  deux  principes. 

C'est  au  bicarbonate  de  soude  ou  plutôt  à  ce  sel  devenu  car- 
bonate de  soude,  introduit  dans  l'estomac  et  de  là  dans  le  sang, 
qu'on  a  attribué  la  prétendue  alcalinisation  de  l'organisme 
dans  le  traitement  par  les  eaux  de  Vicby,  alcalinisation  que 
l'on  croyait  depuis  longtemps  devoir  être  manifestée  exacte- 
ment par  le  degré  d'alcalinité  des  urines;  mais  M.  Durand- 
Fardel  a  prouvé  qu'il  ne  faut  pas  voir  toujours,  dans  le  fait  de 
l'alcalinité  de  rurine,  la  preuve  de  l'alcalinisation  des  hu- 
meurs (1).  Il  a  constaté,  en  eflet,  que  l'eau  de  Vichy  com- 
munique à  l'urine  son  caractère  d'alcalinité,  comme  les  as- 
perges leur  principe  odorant,  et  avec  la  même  rapidité.  Au 
bout  d'une  demi-heure,  dans  un  premier  bain,  l'urine  peut 
se  montrer  alcaline.  Dans  l'iieure  même  où  les  malades  boi- 

(i)  Durand-Fabdel,  Des  0aux  d0  Vkhy  considér,  tout  les  rapports  cUià^ 
el  thérapeuliquef  in-S*.  Paris,  1851,  p.  104. 


CH.  XX.   CARBONATE  DE  POTASSE.  260 

vent  l'eau  de  Vichy  (1),  il  y  a  augmentation  très  passagère 
de  la  sécrétion  urinaire,  et  Turine  devient  très  alcaline. 
L'urine  de  nuit,  au  contraire,  se  présente  avec  des  qualités 
alcalines  très  variables  et  quelquefois  presque  nulles. 


CHAPITRE  XX. 

CARBONATE  DE  POTASSE. 

SyDonymie  :  Alcali  végétal  (tUcali  fixe  végétal),  alcali  végétal  dotix,  àtcali 
fxù  effervescent,  akaii  végétal  aéré,  potasse  carhonatée,  sel  fixe  des  végé- 
taux, s^  fixe  de  Tachenius, 

87i. — Quoique  les  carbonates  alcalins  soient,  parmi  les 
principes  salins,  des  principes  immédiats  très  importants, 
ils  ont  été  peu  étudiés.  De  plus,  le  mode  d*analyse  employé 
jusqu'à  présent  pour  les  recherches,  la  calcination,  est  sujet 
à  causer  tant  d'erreurs  que  Ton  n'est  pas  très  sûr  des  résultats 
obtenus,  quant  aux  chiffres  indiquant  les  proportions  de  ces 
principes. 

Le  carbonate  de  potasse  existe  dans  le  sang  des  herbi- 
vores, mais  en  moins  grande  proportion  que  celui  de  soude  ; 
il  existe  aussi  chez  l'homme,  le  chien,  etc.,  lorsqu'ils  ingèrent 
des  aliments  végétaux.  La  commission  de  l'Institut  en .  a 
trouvé  une  grande  quantité  dans  la  salive  parotidienne  du 
cheval  (p.  90A)  et  pas  dans  la  salive  mixte  (p.  905).  Wes- 
trurob  (2)  en  avait  déjà  signalé  la  présence  dans  les  cendres 
du  sérum  du  sang. 

875.  —  D'après  ce  que  nous  allons  exposer  dans  le  cha- 
pitre suivant,  on  ne  sait  encore  s'il  faut  admettre  comme 
étant  du  carbonate  de  potasse,  ou  du  bicarbonate  de  celle 
base ,  les  6  grammes  environ  de  carbonate  de  potasse  que 
M.  Braconnot  indique  comme  existant  dani  chaque  litre 

(i)  Dorand-Fabdel,  Mém.  sur  les  réact,  acides  et  dkalines  des  urines  dei 
malades  soumis  au  traitement  ^par  les  eaux  de  Vichy  {Gat,  méd,  de  Lyon, 
1849,  et  Revue  méd,,  Paris,  mai  et  Juin  1849). 

(S)  Wiirauiii,  Jowmaldâ  chimie  d$  CreU,  1784,  t.  XII,  p.  140. 


â70  DËd  PRINCIPES  IHMÉDUTi  Eli  ^RflCViilBII*   ^^  CLASSE. 

(l*urine  de  mouton  (1),  ainsi  que  les  quantités  suivantes  dopr 
nées  par  de  Bibra  : 

Cendrci  de  Turine  de  dwval. .  • •     46,09  p.  100. 

—  de  pore.  «.•••. .«fttt •••••     IS,1Û      -r- 

—  de  bœuf 77.28       — 

Il  fait  remarquer  que,  dans  Turine  do  bœuf,  il  y  avait  tou- 
jours plus  de  carbonate  de  potasse  que  dans  Turine  de  cheval» 
et  au  contraire  une  moindre  quantité  de  carbonates  de  chaux 
et  de  magnésie  (2). 

Il  existe  (les  tracps  de  carbonate  de  poliisse  dans  1^  cal- 
culs urinaires,  prmcipalement  dans  ceux  qui  sont  fonaés 
d*acide  urique,  pur  ou  uni  à  des  urates  d'ammoniaque  et  au- 
tres. (Samuel  Bigelow.) 

876.  —  Le  reste  de  l'histoire  de  ce  principe  immédiat 
coïncide  assez  avec  celle  du  carbonate  de  soude  pour  qu'il 
soitpossible  de  renvoyer  àce  que  nous  avons  dit  de  ce  dernier. 
Il  faut  seulement  tenir  compte  du  fait  suivant  :  Le  sang  des 
herbivores,  qui  contient  plus  de  carbonate  de  potasse  que 
celui  des  carnivores  et  omnivores,  en  raison  de  la  plui 
grande  quantité  d'aliments  contenant  des  sels  alcalins  à 
acides  végétaux  (pommes  de  terre ,  fruits  charnus ,  plantes 
herbacées),  renferme  pourtant  deux  et  trois  fois  moins  de  ce 
sel  que  de  carbonate  de  soude.  C'est  donc  à  propos  de  ce 
dernier  que  nous  avons  dû  faire  ressortir  la  part  qu'ont  les 
carbonates  alcalins  à  la  constitution  du  sang,  et  indiquer 
celles  des  propriétés  de  cette  humeur  dont  ils  sont  la  condi- 
tion d'existence. 

877.  —  La  présence  de^  carbonates  alcalins  a  été  niée  par  Enderlin  Ql), 
diaprés  de  mauvaises  analyses  ;  mais  depuis  11  estrevçnn  sur  cette  errf  ar(t] 
qol,  du  reste,  avait  été  immédiatement  conli  édite  par  les  travaax  de  Goli 

* 

(1)  BaAOOMiK)?,  Ànn,  dephyt,  tîde  chim,,  1847,  t.  XX,  p.  244. 

(2)  Oe  BiBKA,  loc,  cit.  {Ann.  der  Chemh  und  Pharm.^  1845,  t.  LUI, 
p.  98). 

(3)  ÇnDiikMN,  Hech,  chin^kxhfhysiolQgiçfuu  {Aim.  4fr  Çhêmk  md  PImmkt 
1844,  t.  XLIX,  p.  317,  et  t.  L,  p.  53]. 

(4)  Endc^,  Am4,  cAifiHfMHf  AyiMo^itfiiii  (/d.,  |S4«.  |.  UHVU,  9-  mh 


CB.  ttU  BICÀRftONATE  DB   POtASSB.  271 

dlng-Bird  (1),  Becquerel  et  Bodier  (2),  11.  [losc  (3),  Ileîniz  (/i),  Lch- 
maon  (5)  et  Marchand  (6).  Van  Ghcrt  indique  la  pri^ence  d*un  peu  de 
carbonate  de  potasse  dans  le  sable  des  plexus  choroïdes  (7). 

CHAPITRE  XXÎ. 

SICiBJIOSîATE  DE  POTASSE, 

879,  —  Le  Ucarfoonate  de  potasse  n*a  encore  été  signalé  que  dans  Tu- 
rlne  dct  herbifores  (8)  et  Teau  de  Pamnios  du  veau  (9).  C'est  ^ar  erreur 
dflmpressioD,  sans  doute ,  qu'on  le  trouve  indiqué  par  M.  Bérard  (iO) 
comme  donnant  à  la  salive  son  alcalinité,  car  le  rapport  de  la  commission 
de  rinstitut,  auquel  il  emprunte  ce  document,  indique  du  carbonate  de 
potasse^  et  non  du  bicarbonate,  dans  la  ^Uve  parotidiennc  du  cheval, 
carbonate  qui  n'existe  plus  dans  la  salive  mixte  où  prédominent  les  clilo- 
rures  alcalins  (il). 

879.  —  M.  Boussingault  indique  11,28  pour  1000  de  bicarbonate  de 
potasse  dans  Torine  de  cheval,  et  10,7â  dans  celle  de  porc.  Chez  le  bœuf, 
Il  note  la  présence  d'une  grande  quantité  de  potasse,  mais  on  pc  peut 
tirer  parti  de  cette  analyse,  parce  que  les  alcalis,  les  acides,  le  chlore,  etc., 
sont  indiqués  séparément  et  non  à  l'état  de  principes  immédiats.  Pour- 
taot.  comiwil  indique  dans  une  note  à  l'Institut  (12),  d'une  manière  gé- 
Héraky  I4  pritsençe  d'uB<^  grande  quantité  de  bicarbonate  de  potasse  dans 
rur{nç  ie$  herbivores,  i|  çst  h  croire  que  c'est  sous  cette  forme  que  se  req- 

(1)  QoLDiHG  BiRD,  Remarques  sur  la  conslit.  saline  des  cendres  proi^nant 
à»  fiui4M  auknauçç  (Philosophkal  mayoji.,  1845,  t.  XXVI,  p.  532). 

(3)  Becquerel  et  Rodier,  Rech,  sur  la  composit.  du  sang  dans  Vélat  4e 
Manié  et  Vétat  de  maladie  [Ann.  de  chimie  de  Millon  et  Reiset  ;  Paris,  1846, 
P.tJ4). 

O)  H.  Ross,  Sur  fanal,  des  cendres  de  plantes  (/d.,  1846,  p.  374). 

(4)  Heimtz,  Sur  le  dosage  des  subst,  fixes  dans  les  mat,  organiq.  (/d.,  184^, 
p.  S74). 

(I)  tsmuni,  Carhmaiedê  soude  dans  le  sang  (/d.,  1846,  p.  463). 

(6)  UkSLcakVD,  Joum,  fur  prakt.  Chemie,  1846,  t.  XXXVII,  p.  321. 

(7)  Vah  Gbebt,  DisquisitU)  anatomico-palhologica  de  plexibus  choroideis, 
iB-r.  Uuecfat,  p.  45-47. 

(8)  9oiifiBfaAUi.f ,  ReoK  mr  ruHne  des  herbivores  (Ann.  de  pkys,  et  de 
chim,,  1815,  t.  XV,  p.  110). 

(9)  Stass,  Noie  sur  les  liquides  de  Vamnios  et  de  Vallantoide  {Comptes  ren^ 
dus  des  séances  de  VAcad,  des  se,  de  Paris,  1850,  t.  XXXI,  p.  629). 

(10)  BàMÀïïbf  Cours  de  physiologie,  Paris,  18*8,  1. 1,  p.  711. 

(11)  Loc.  cU,f  Comptes  rendus  des  séances  de  V  A  cad,  des  se.  de  Paris,  1845, 
4.  XXftP  .  908-905. 

(12)  BoosswGAULT,  Sur  Vanal,  chimique  de  l'urine  des  herbivores  {Comptes 
rmdMt  des  séances  de  VAcad,  des  se,  de  Paris,  1845,  t.  XXi,  p.  4). 


272  DES  PRINCIPES  IMIIÉDIATS  EN  PARTICULIER.   1'*  CLASSE. 

contre  la  potasse  chez  le  bœuf.  Ce  sont  là  les  seuls  matériaux  qœ  nom 
possédions  snr  ce  principe. 

880.  —  Quant  à  sa  formation  dans  le  sang  et  au  rôle  qull  y  remplit, 
s'il  y  existe,  comme  le  fait  est  probable ,  pnisqu^il  s'y  trouve  du  bicarbo- 
nate de  soude,  nous  renvoyons  à  Tbistoire  des  carbonate  et  bicarbonate 
sodiques. 

881.  —  Marchand  pense  que  Tacide  carbonique  qu'il  a  pu  retirer  par  le 
vide  du  lait  frais  en  petite  quantité,'sc  trouve  à  Tétat  de  bicarbonate,  mais 
sans  indiquer  si  c'est  celui  de  potasse  ou  celui  de  soude.  La  même  re- 
marque s'applique  à  celui  qu'il  a  retiré  de  la  bile,  mais  en  moindre  quan- 
tité que  dans  le  lait  (1). 

m 

CHAPITRE  XXII. 

SULFATE    DE    SOUDE. 

Synonymie  :  Sel  de  Glaubeff  $d  aâtnirabie, 

882.  — Ce  principe  immédiat  se  rencontre  en  petite  qiiiD- 
tité  dans  Tcconomie  animale,  mais  il  existe  presque  partout; 
il  faut  en  excepter  le  lait,  la  bile  et  le  suc  gastrique,  dans 
lesquels  il  manque  complètement.  Le  lait  n'en  contient  que 
lorsqu'on  administre  ce  sel  â  l'intérieur  (2)  à  dose  médica- 
menteuse. 

888.  — Toutes  les  substances  albumineuses  transforment 
par  l'incinération  une  partie  de  leur  soufre  en  acide  sulfuri- 
que  :  c'est  ce  qui  est  probablement  arrivé  dans  plusieurs  des 
cas  dans  lesquels  on  a  dosé  les  sulfates  après  incinération. 
C'est  le  soufre  de  l'albumine  du  sang  qui  a  très  probablement 
fourni  la  majeure  partie  de  l'acide  sulfurique  trouvé  dans  les 
cendres  analysées. 

Nous  allons  néanmoins  donnerl'énumération  des  quantités 
de  sulfate  de  soude  trouvées  dans  les  différentes  humeurs  et 
tissus,  qu'il  faut  accepter  en  attendant  qu'on  possède  mieux: 

(1)  Marchand,  Sur  l'acide  carbonique  de  l'urine  et  du  lait  [Joum.fSr 
prakt.  Chemie,  1848,  t.  XLIV,  p.  250), 

(2)  0.  HufRY  et  Chevallier,  Journal  depharmacief  1840,  i.  UV,  ik  333 
et  401. 


CH.  ZXn.  tULPÀTB  DB  80UDB.  SON  ÉTAT  DANS  L'ORGANISME.  273 

/Stng  d*homme 0,202  p.  1000. 

/  Stng  de  chien ., 0,197  — 

l  Sang  de  chat 0,311  — 

iSang  de  cheyal 0,213  — 

^^^  J  Sang  de  bœuf 0,181  — 

**■■■••••• ASangdefean 0,269  — 

i  Sang  de  chèvre 0,265  — 

f  Sang  de  brebis 0,248  — 

l  Sang  de  lapin 0,302  — 

\Sang  de  cochon 0,289  — 

Muadcf  peetonux  de  femme  (Bibra)  (1) 0,230  — 

—  debcMir(/d.) 0,050  — 

GoBor  d*homme  (/d.) 0,392  — 

Urine  d'homme  (Benelius) 3,160  — 

^  acide  (Simon) 2,970  — 

—  moins  adde  (/d.) • 2,200  — 

—  très  acide  (/d.) 5,000  — 

ExcrémenU  frais  (Benelius) 2,000  p.  100. 

Gendres  des  cartilages  costaux  (Frommhere) 24,000  — 

D'après  M.'Boudet,  il  y  en  a  un  peu  dans  les  cendres  du 
poumon,  n  en  a  trouvé  0,13  pour  100  dans  les  tubercules 
crétacés  (2).  D'après  M.  Poggiale,  le  sulfate  de  soude  existe 
dans  le  sang  dans  les  proportions  suivantes  (3)  : 

Sang  d*homme  avant  remploi  da  sel  marin 0,44  p.  1000. 

Sang  d^homme  après  remploi  du  sel  marin 0,42  — 

Sang  de  bosaf 0,60  -^ 

Sang  de  vache 0,32  — 

Sang  de  veau 0,84  — 

Sang  de  mouton 0,63  — 

Sang  de  lapin 0,59  — 

Sang  de  chien 0,72  — 

Sang  de  chat 0,71  -— 

Cendres  d*un  cancer  de  la  lèvre  (4) 3,00  — 

88A.  — Ce  principe  ne  se  trouve  jamais  à  Tétat  solide,  et 
persiste  pendant  toute  la  durée  de  la  vie.  Il  est  toujours  à 
l'état  liquide,  dissous  directement  dans  Veau,  car  il  est  très 
solubley  et  conserve  dans  l'économie  les  caractères  qu'il  ma- 
nifeste toutes  les  fois  qu'on  le  met  au  contact  des  réactifs. 

(1)  VoR  BiiiA,  Arch.  fUrphysioL  Heilkunde,  von  Roserund  Wnnderlich, 
4*  année,  1846,  p.  536-581. 

(2)  BouKT,  litfcfc.  iw  la  con^oiU,  chimiq,  du  parench.  pounum,  {Joum, 
dêpharm.f  1844,  t.  VI,  p.  335). 

(3)  PoooiAUE,  BtdiÊreh.  ohimiq.  twr  le  tang  {Complês  rendus  des  séances  de 
ràcttd.  detêe.de  Fûrit,  1847,  t.  XXV,  p.  110). 

(4)  Db  BnaA  dans  Hctpildu,  Dos  <Mrurgisehe  Augenh-anken-CHnieum 
âer  VnéoenlIeH  BrkmgenvoniO  Odober  1846,  lis,  zum  30  Seplember  1847. 
t>p9aDbeim*s  Zcitachrift,  1848. 

n.  18 


27&      DfiS  PRINCIPES  IMMÉMATS  KM  PAUTICCLIER.  1~  GLAS». 

il  est  probable  que  partout  où  il  existe  en  présence  du 
sulfate  de  potasse,  il  est  mêlé  à  lui,  et  probablement  aussi 
ils  sont  uhis,  par  dissolution,  à  Tàlbumine  ou  à  d*autres  prin- 
cipes dont  ils  tendent  à  maintenir  la  Ûuidité.  Ce  sel  empêche 
en  effet  la  fibrine  de  se  coaguler. 

Par  son  état  liquide,  sa  solubilité,  ce  sel  concourt  à  former 
la  substance  organisée,  et  y  joue  un  rôle  important.  Ce  rôle 
repose  principalement  sur  sa  propriété  de  totiserver  intacts, 
avec  toute  leur  élasticité,  les  globules  sanguins;  sur  sa  pro- 
priété de  maintenir  liquide,  d'empêcher  la  Coagulation  et  de 
dissoudre  la  fibrine  du  sang  ;  fait  qui  porte  A  penser  qu'il  a 
une  action  analogue  sur  les  principes  azotés  non  cristalU- 
sables. 

Du  reste,  aucune  étude  rationnelle  et  méthodique  n*a  été 
faite,  de  l'influence  dissolvante  réciproque  des  sels  d'origine 
inorganique  qu'on  trouve  dans  Téconomicsur  les  divers  prin- 
cipes immédiats  cristallisables  ou  non.  On  trouve  bien  dans 
les  livt^  des  expériences  ftiites  A  l'aide  des  sels  minéraux  qui 
coagulent,  détruisent  ou  colorent  ces  différents  principes; 
mais  on  ne  rencontre  aucune  étude  analogue  faite  àVaide  des 
principes  immédiats  pris  isolément  et  mis  au  contact  les 
uns  des  autres,  de  manière  qu'on  puisse  ensuite  se  rendre 
compte  du  mode  d'après  lequel  ils  se  réunissent  pour  consti- 
tuer la  substance  organisée.  C'est  qu'en  effet  les  expériences 
de  ce  genre  sont  longues,  minutieuses»  ne  donnent  aucun 
résultat  qui  soit  frappant  par  ses  caractères  extérieurs  ;  elles 
conduisent  seulement  à  voir  que  tel  principe  immédiat  en 
dissout  d'autres  en  plus  ou  moins  grande  proportion,  et  pré- 
cisément de  ceux  qui  se  trouvent  avec  lui  dans  les  mêmes  hu- 
meurs, les  mêmes  tissus  ;  fait  qui  se  trouveêtre  une  condition 
d'existence  de  ces  tissus  et  humeurs,  et  dont  il  est  indis- 
pensable de  connaître  les  lois.  Elles  conduisent  à  reconnaître 
que  beaucoup  de  principes  d'origine  organique  ne  cristallisent 
pas,  quand  on  évapore  leur  solution,  et  cristallisent  au  con- 
traire, quand  on  les  a  séparés  et  dissous  par  l'alcool ,  l'é- 
ther,  etc. 


CH.    Xllf.   SULFATE   DR   SOLDE.    ORIGINE   ET    IS81E.  275 

Or,  nous  savons  que,  à  deux  ou  trois  exceptions  près,  nul 
principe  n*est  a  l'élat  erislallin  dans  réconomie  animale.  Il 
est  donc  remarquable,  mais  tout  naturel  d'arriver  à  constater 
expérimeniaiement  que  ceux  que  Teau  ne  dissout  pas  directe- 
ment sont  maintenus  à  rétat  liquide  indirectement  par  les  sels 
qu'elle  tient  en  dissolution  ;  liquidité  qui  est  une  condition 
d*existence  des  phénomènes  de  nutrition,  c'est-à-dire  du  double 
mouvement  continu  de  composition  et  de  décomposition. 

Tous  ces  faits  sont  peu  frappants  par  eux-mêmes,  aussi 
sont-ils  peu  étudiés  ;  néanmoins  ce  sont  autant  de  conditions 
d'existence  de  la  substance  organisée,  et  par  suite  des  phéno- 
mènes vitaux.  Aussi  serait-il  indispensable  de  connaître  les 
lois  d'après  lesquelles  ils  se  passent;  de  connaître  les  condi- 
tions dans  lesquelles  tel  principe  en  présence  de  tel  autre  se 
dissout  ou  ne  se  dissout  pas ,  se  dissout  en  petite  ou  en  grande 
proportion  ;  forme  avec  eux  une  dissolution  fluide  ou  vis- 
queuse, ou  bien  une  combinaison  plus  ou  moins  solide. 

885.  —  L'origine  du  sulfate  de  soude  de  Téconomie  ne 
peut  pas  être  très  nettement  précisée.  Il  est  probable  qu'il 
est  introduit  en  grande  partie  avec  les  aliments  tant  solides 
que  liquides,  sous  forme  même  de  sulfate  de  soude. 

On  ne  peut  nullement  savoir  s'il  y  en  a  de  formé  pendant 
les  phénomènes  de  nutrition,  par  découiposition  désassimi- 
latrice  des  matières  albumineuses  et  décomposition  du  car- 
bonate de  soude. 

D'autre  part,  les  proportions  assez  considérables  de  ce  sel 
qu*on  trouve  dans  les  urines  montrent  que  c'est  par  cette  voie 
que  s'échappe  l'excédant  apporté  par  les  aliments  sur  la  quan- 
tité qui  est  nécessaire  à  l'économie  animale. 

886.  —  Ou  a  étudié  les  variations  qu'éprouvent  dans  quel- 
ques maladies  les  sulfates  des  urines.  Les  résultats  obtenus  se 
rapportent  à  la  fois  au  sulfate  de  potasse  et  à  celui  de  soude. 
Heller  a  trouvé  que,  dans  les  maladies  inflammatoires,  la 
quantité  de  sulfate  contenue  dans  l'urine  augmentait.  La  pro- 
portion de  ces  sels  diminue,  au  contraire,  dans  la  chlorose  et 
les  maladies  chroniques. 


276      DES  PRINCIPES  milÉDlÀTS  EN  PARTICULIER.  1**  CLASflB. 

887.  —  Extraction.  Nos  connaissances  sur  Pétat  et  rexistence  des  folCilei 
alcalins  sont  loin  d*6tre  aussi  positives  qu^elles  le  sont  pour  la  plupart  des 
autres  principes  d'origine  inorganique,  comme  le  sel  marin,  les  pbospha* 
tes,  etc.  En  effet,  les  sulfotes  n'ont  Jamais  été  extraits  des  humeurs  ou  tissus 
k  Tétat  isolé,  de  manière  à  en  permettre  Texamen  direct  au  moyen  du  mi- 
croscope ;  il  a  fallu,  pour  constater  leur  existence,  calciner  le  résida  qui  ks 
contenait. On  reconnaît  aussi  les  sulfatesdans  Turlne  en  ajoutant  à  ce  liquide 
un  sel  soluble  de  baryte.  Le  précipité  formé  est  traité  par  de  Tadde  cblorhy- 
drique  qui  laisse  intact  le  sulfate  de  baryte.  On  peut  ainsi  par  ce  procédé 
estimer  la  quantité  d*acide  sulfurique  combiné  dans  Furine,  mais  rien  ne 
nous  dit  si  cet  acide  sulfurique  était  combiné  ou  &  la  soude ,  ou  à  la  po- 
tasse, ou  à  la  chaux,  ou  à  la  magnésie  ;  ces  quatre  sels  peuTent  même 
exister  à  la  fois  dans  Purine.  Les  essais,  pour  reconnaître  ces  sels  directe- 
ment au  moyen  du  microscope,  sont  restés  sans  résultats,  les  sulfates  se 
trouvant  en  proportion  trop  mhiime  à  côté  des  autres  sels,  teb  que  It 
chlorure  de  sodium  et  les  phosphates  alcalins  ;  ces  sels  possèdent  tous  à 
peu  près  le  même  degré  de  solubilité  dans  Peau  et  PakooL  Les  réactib 
qui  pourraient  décomposer  les  phosphates  décomposent  aussi  les  sullates; 
les  circonstances  rendent  donc  la  séparation  des  sulfates  presque  impos- 
sible. Le  dosage  de  sulfate  se  fait  aussi  par  le  même  procédé  ;  on  pèse 
seulement  le  précipité  de  baryte  qui  a  été  formé,  et  on  le  rapporte 
au  poids  ou  de  la  masse  primitive,  ou  au  poids  des  cendres  obtenues 
par  la  caldnation.  Très  souvent  le  sulfate  de  soude  est  obtenu  artificiel- 
lement k  Pétat  cristaUhi  dans  diverses  analyses  des  humeurs  on  des 
tissus;  principalement  quand  on  sépare  la  soude  à  Paide  de  Padde  sul- 
furique des  corps  gras  auxquels  on  Pa  combhiée. 

HUtorîqiM, 

888.  —  Rouelle  le  cadet  est  le  premier  qui  ait  trouvé  da  sulCue  de 
soude  dans  Purine  (i)  ;  Schèeie  et  Gmelin  (2),  après  lui,  indiquèrent  le  sel 
de  Glauber  dans  ce  liquide.  M.  Thénard  (3)  indiqua  dans  la  bQe  la 
présence  du  sulfate  de  soude,  mais  depuis  il  a  été  reconnu  que  ce  prin- 
cipe n'existe  pas  dans  ce  liquide,  et  résulte  du  procédé  employé,  k  caki- 
nation.  Celle-ci  détermine  la  formation  d'acide  sulfurique  &  l'aide  du  sonfire 
des  principes  de  la  bile,  et  cet  acide  se  combme  k  k  soude  des  dioktes 
et  clioléates.  Brandes  (/t)  en  a  trouvé  dans  Purhie  de  cheval  et  dans  eelk 

(i)  Rouelle  cadet,  Journal  de  méd.  de  Vandermonde^  1771,  I.  XXX¥I. 

(2)  ScHÈELE,  Mém.deVAcad,  roy,  deSuède^  1775-1776,  t. XXXVI,  p.3J7. 
— Gmelim,  Grundriss  der  algemeineChemie,  Gcettiogeo,  1739,  t.  Il,  p.  730. 

(3)  Tbérard,  Mémoire  sur  la  bile  (Annales  de  chimie,  1807,  t.  LXIII, 
p.  103). 

(4)  Dbaitdes  dans  Hatcbet,  Lettre  à  M.  Home  sur  Vwine  des  ckamêOÊUt  H 
de  quelques  autres  herbivores  (Ann.  de  chimie,  1808,  t.  LXVil,  p.  TM). 


CH.    XXII.    SULFATE   DE   SOUDE.    HISTORIQUE.  277 

d*âne;  M.  Ghevmul,  dans  celle  da  cbameaa.  Fourcroy  et  Vaaquelin 
trouTèrent  également  du  sulfate  de  soude  dans  Turine,  mais  non  constam- 
ment (1).  M.  Thénard  y  trouva  peu  après  le  même  sel  (2).  En  1812,  Ber- 
lèiiiis  en  fixa  la  quantité  à  3,16  pour  1000  (3).  A  peu  près  à  la  même  épo- 
que, John  en  indiqua  dans  la  substance  cérébrale  du  veau  (ti).  Nous  avons, 
chemin  faisant,  cité  les  auteurs  qui,  depuis  lors,  ont  apporté  plus  de  pré- 
dtlOQ  k  nos  connaissances  sur  ce  principe  immédiat  du  sang,  de  Purine, 
des  muscles,  etc.  Nous  pouvons,  par  conséquent,  éviter  de  répéter  de 
noQveaa  les  résultats  auxquels  ils  sont  arrivés  et  que  nous  avons  men- 
tionnés, n  faut  dire,  toutefois,  que  M.  Lassaigne  (5)  a  trouvé  aussi  beau* 
coup  de  sulfate  de  soude  dans  Teau  allantoldienne  de  la  vache,  et  pas  de 
solfiite  de  potasse.  C'était  Tinverse  pour  celle  de  la  Jument.  Enfin,  Ender- 
Un  a  troavé  de  2  &  A  pour  100  de  sulfate  de  soude  dans  les  cendres  du 
•angdliomme,  de  bœuf,  etc.  (6).  Mais  cette  quantité  est  tellement  considé- 
rable, surtout  comparativement  à  ce  qu^ont  trouvé  les  autres  auteurs, 
que  nous  n^avons  pas  dû  mentionner  ce  travail  parmi  ceux  qui  ont 
pa  nous  apporter  quelques  nouvelles  connaissances  très  positives. 
L^mann  (7)  a  trouvé  par  de  nombreuses  expériences  que  la  moyenne 
des  sulfates  sécrétés  en  un  Jour  était  de  7sr*,026 ,  pour  une  nourriture 
mélangée;  une  nourriture  purement  animale,  et  continuée  pendant 
douze  Jours,  éleva  la  quantité  des  sulfates  sécrétés  en  un  Jour  à  lOr-,399, 
tandis  que,  pour  une  nourriture  exclusivement  végétale,  la  quantité 
de  sulfiites  excrétés  ne  fut  plus  que  de  5s<'*,8/i6.  Ces  chiffres  indiquent 
la  quantité  de  sulfates  sécrétés,  mais  ne  nous  disent  pas  sous  quelle 
forme  ces  sels  se  présentaient  dans  Turine.  Cependant  Tanalyse  des 
cendres  prouve  que  le  sel  qui  en  représente  la  plus  grande  proportion  est 
le  sulfate  de  soude. 

(1)  FoDscaoT  et  Yauqueuii,  Premier  mémoire  pour  servir  à  Vhist.  natur.f 
Maû^uê  et  médicale  âe  Vurine  humaine  {Ànn.  de  chimie,  1799,  t.  XXXI, 
p.  48).  —  Deuxième  mémoire  pour  servir,  etc.  (loc.  cU,,  1799,  t.  XXXII, 
p.  80  et  113).  ~  Sur  l'analyse  de  Vurine  humaine  {loc.  cit.,  p.  211).  —  Sur 
Va$uU.  des  eakuls  urinaires  humains  {loc,  cU,,p.2\2), 

(2)  TBiRAMs  Mém.  «tir  Vandl.  de  la  sueur,  Vacide  qu^eUe  contient,  et  sur 
Us  acides  de  Vurine  et  du  laU  {Ann.  de  chimie,  1806,  t.  LIX,  p.  262). 

(3)  BstziLius,  loc.  cit,,  1812,  et  Annales  de  chimie,  1812,  t.  LXXXm, 
p.  241. 

(4)  Joni,  Chemische  Schriften,  1813,  t.  IV,  p.  228. 

(5)  LAStàifiin,  Nouv.  recherch.  sur  la  composU.  des  eaux  de  Voilant,  et  de 
ranmios  de  la  vache  {Ann,  de  phys.  et  de  chim,,  1821 ,  t.  XVII,  p.  295). 

(6)  Erdului,  JHe^.  cMm.-physiol.  {Ann.  der  Chem^  und  Pharm.^  1844, 
I.  XLIX,  p.  317,  et  t.  L,  p.  53). 

<7)  LsHKAim,  Lehrbuch  derpkysiol.  Chemie,  1850,  Bd.  I,  f.  455. 


278    DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PAKTICt'LIER.  1*^  CLASSE. 

CHAPITRE  XXIII. 

SULFATE     DE     POTASSE. 

Sjnoojmie  :  Sel  de  duohus,  sel  polychresle  de  dater ^  tartre  vitrMUé, 

889.  —  L'hisloiredu  sulfalo  de  potasse  se  confond  presque 
entièrement  avec  celle  du  sulfate  de  soude.  Ce  sel  se  ren- 
contre dans  les  mémos  régions  de  Téconomie,  et  manque 
partout  ou  est  absent  le  premier.  Toutefois  ils  n'existent  pas 
en  mômes  proportions.  De  plus,  nous  trouverons  le  sulfate  de 
potasse  en  assez  grande  quantité  dans  l'urine  des  herbivores, 
tandis  que  le  sulfate  de  soude  n'y  a  pas  été  signalé. 

890.  —  Quoique  l'exactitude  des  chiffres  indiquant  la  quan- 
tité de  sulfate  de  potasse  ne  soit  pas  plus  certaine  que  pour 
le  sel  de  Glaubcr  existant  dans  l'organisme,  en  raison  des 
chances  d'erreurs  du  procédé  qu'on  emploie,  la  calcination, 
nous  allons  néanmoins  donner  les  résultats  obtenus  par  divers 
savants. 

Quelques  auteurs  indiquent  la  présence  du  sulfate  de  po- 
tasse dans  le  sanc  et  dans  les  matières  fécales,  maïs  tous 
n'en  précisent  pas  la  quantité. 

Urine  (Berzelius) 3,71  p.  1000. 

Uriue  (Simon) 3,00       — - 

Urine  (/d  ) 3,51       — 

Urine  de  carnivores  (Hycronymi). .  1,20       — 

Urine  de  cheval  (Boussingaolt). . . .  1,18      — 

Urine  de  vache  (M.) 3,60      — 

Urine  de  porc  (/d.) 1,98      — 

Cendres  du  cartilage  (Fromroberz).  1,20  p.  100. 

Urine  de  veau  (Braconnot) 0,44  p.  1000. 

Urine  de  mouton  (/d.) 3,74  p.  1  litr. 

Le  reste  comme  au  chapitre  précédent. 

891.  ~  Historique.  Le  premier  auteur  qui  ait  parlé  du  sulfate  de  polam 
iians  Téconomic  paraît  être  Wieglcb  qui  en  signala  Pcxislence  dana^le  sang 
delxBufen  177Zi(l);pui2tWcstiumbquicD  a  trouvédans  le  8aiigliiuiiain(3); 
Proust  (3),  pais  M.  Tiicnard,  en  lircnt  ensuite  connaître  Texlstence  dans 

(i}  WiEULEB,  Versuchen  iiber  diealcal,  Sal9e,  Berlia,  1774,  p.  199. 

(2)  Westrumb,  Joum,  dechim,  de  Crell,  1784,  t.  XII,  p.  140. 

(3)  Pboust,  Exp&iences  tur  Vurine  {Ann .  de  chim. ,  1 800,  t. XXXVI,  p.ift8}. 


CH.    XXIV.    ^UUATI;:   DE  CHAUX.  279 

l^yrife  (I).  Verielim,  après  eux,  en  détermina  la  quantité;  ce  sont  ce 
fésiiUataquei|ou$av(uii  4onné«(2)  plusbaut.  John  si  trouvé  du  sulfate  4r 
potasse  dans  la  ch^ir  n^usculaire  de  bœuf  (3).  On  est  étonné,  en  voyam 
que  ce  tissu  renferme  plus  de  chlorure  de  potassium  que  de  sodium,  de 
ne  pas  trouver  ce  résultat  confirmé  par  les  auteurs  qui  lui  ont  succédé* 
l^t-être  a-t-<m  pris  pour  du  sulfate  de  soude  le  sulfate  de  potasse  lui- 
Blême.  Cet  analyses  sont  par  cooséqueot  à  refaire.  Rouelle  le  cadet  avait 
Irouvé  une  gr^^nde  quantité  de  ce  sel  dans  l'urine  de  vache  et  de  cheval  ; 
il  rappelle,  en  terme  d'ancienne  chimie,  tartre  vitriolisé  (^).  Il  en  trouva 
ensuite  dans  celle  du  chameau  (ô).  Webcr  en  trouva  aussi  dans  celle  de 
vache  peu  de  temps  après  (6).  Brandes  (7)  et  M.  Ghevreul  (8)  vérifièrent 
ensuite  ces  ohser? ations.  Vauquelin  en  signale  dans  Turine  du  lion  comme 
représentant  une  forte  proportion  des  sels  qui  s'y  trouvent,  et  il  en  indi- 
que ég^ment  dans  INirine  du  castor  (9).  Ces  recherches  ont  depuis  élé 
confirméespar  celles  de  M.  (k)ussingault  chez  les  herbivores (10),  Simon  (U) 
et  autres  auteurs  que  noua  avons  cités  dans  le  cours  de  ce  chapitre.  Enfin 
Bence  Joncs  en  indique  2,10  pour  1000  dans  Turine  d'un  individu  atteint 
d'ostéomalade  (12).  Marcet  en  indique  9,35  pour  1000  dans  le  sang,  mais 
seulement  parce  qu^l  suppose  que  Tacide  sulforique  a  |4us  d'affinité  pour 
ta  potasse  qm  pour  |ea  autres  alcalis  (13). 

CHAPITRE  XXIV. 

SULFATE    DE    CHAUX. 

BynoByiBie  :  Sélénite,  gypse,  chaux  nUfatée, 

892.  —  On  a  trouvé  le  sulfate  de  chaux  dans  les  matières 

(t)  TfliRAtD,  loc.  cU.  {Ann.  de  chim.,  1806,  t.  UX,  p.  278). 

(2)  Beizelios,  loc.  cit.,  1812. 

(3)  JoBM,  UbmU-  pAtfBHT.,  1$Û8,  t.J. 

(4>  Rouelle,  Joum.  deméd.  de  Vcmder monde,  1771,  t.  XXX VI. 

(5)  Rouelle,  Joe.  cit.,  1777. 

(6)  WBiEt,  Miagas.  physique  et  ehim.,  1780,  cak.  »,  p.  120. 

(7)  EsANDES,  loc.  cU.  (Ann.  d/echkn.,  1808,  t   LXVII,  p.  266). 

(8)  CHEVBtUL,  loc.  cit.  fAnn.  dechim.,  1808,  t.  LXVII,  p.  302]. 

(9)  Vauquelin,  Anal,  compar.  de  l'urine  de  div.  antm.  {Ann.âe  ch.,  1812, 
4.  LWU,  p.  407). 

(10)  BoussiiiQAULT,  loc.  cU,  {Ann,  dephys.  et  de  chim.,  1845). 

(11)  SnHHf,  Beitraege  zur  phys.  und  pathol.  Chemie,  in-S",  1843. 

(12)  Bnci  Joavs,  Anal,  d'une  urine  pathologique  {Ann.  der  Ckem.  und 
Pketrm.,  1848, 4.  XtVlI,  p.  97). 

(13)  Mabcet,^  Chemical  account  of  varions  dropsical  fluids;  with  remarks 
om  the  nêàur^  ^  th$  aUcaUûfi  malter  cçtntained  in  thèse  fluids ,  and  on  the 
serumofthebloodiMedico-chirurg.lransact.,  Loodop,  1817,  (.  I,  p.  347-372). 


280    DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIEB.  1"*  CUIS». 

fécales,  dans  le  sang,  dans  les  os  rachitiques  (Bostock  et 
Proesch)  ;  mais  le  fait  n*est  pas  très  positif.  M.  Ghevreul  et 
Marchand  en  ont  trouvé  dans  les  cartilages  du  squelette  des 
Squales.  Plusieurs  auteurs  en  indiquent  un  peu  dans  des  cal- 
culs biliaires  (1),  où  il  se  trouve  avec  du  carbonate  et  du 
phosphate  de  la  même  base.  Nous  verrons  plus  loin  qu*il  y 
en  a  peut-être  dans  le  suc  pancréatique.  Enderlin  a  souvent 
constaté  dans  le  sang  des  traces  sensibles  de  sulfate  de 
chaux  ;  il  pense  qu*il  pénètre  avec  les  matières  v^étales  et 
les  boissons,  mais  ne  vient  pas  de  Toxydation  du  soufre  de  la 
protéine  (2).  On  ne  peut  admettre  comme  absolument  ca^ 
tains  tous  les  documents  contenus  dans  les  livres,  car  il  se 
forme  pendant  Tincinération  de  Tacide  sulfurique,  aux  dépens 
du  soufre  des  substances  azotées ,  acide  qui  décompose  le 
carbonate  de  chaux  qui  se  trouve  dans  les  mêmes  tissus. 

893.  —  Il  est  probable  que  ce  principe  est  tenu  i  Fétat  de 
dissolution  dans  les  humeurs  par  les  différents  sels  alcalins 
que  nous  venons  de  décrire,  et  qu*il  concourt  avec  eux  i 
former  la  substance  organisée. 

89A.  —  Il  lire  son  origine  de  celui  qui  est  toujours  con- 
tenu en  petite  proportion  dans  les  eaux  potables.  Quant  i 
son  issue  hors  de  l'économie,  elle  a  lieu  peut-être  en  petite 
proportion  par  les  urines,  ou  bien  il  se  décompose  dans  Féco- 
nomie  en  quelque  autre  sel  de  chaux  et  en  Tun  des  sulfates 
que  nous  venons  d'étudier. 

Il  serait  du  reste  inutile  de  faire  plus  d*hypothèses  sur  ce 
sujet  et  sur  le  rôle  que  ce  sel  peut  remplir  dans  Téconomie, 
avant  que  par  des  procédés  moins  sujets  à  erreurs  et  par  une 
étude  plus  rationnelle  des  principes,  son  existence  ait  été 
mieux  constatée. 

895.  —  Extraction.  Le  sulfate  de  chaux  se  reconnaît  très  bien  dan 
les  liquides  animaux  par  la  forme  de  ses  cristaux.  En  effet,  ce  prlac^ 

(1)  ScBiiiDT,  Sur  certains  calculs  biliaires  (Chemical  goMtÊlê^  1845, 
p.  423).  —  Wacxriibooer,  Sur  les  concret,  biliaires  {Chamioal  ga»§Uê^  iU^ 
p.  424). 

(2)  Emdkbuii,  Rech.  chimicophysiol.  (Ânn,  éer  Chmn,  w»d Pkmrw^f  ISM) 
t.  XUX,  p.  317,  et  t.  L,  p.  53). 


CH.  XXIV.  SULFATE  DE  CHAUX.  281 

est  QD  de  ceux  qui  cristallisent  le  mieux,  et  cela  dans  les  liqueurs  les  plus 
oomplexes.  Son  peu  de  solul»ilité  dans  Teau  le  fera  aisément  distinguer 
det  substances  qui  cristallisent  d'une  manière  analogue,  comme  le  lactate 
de  chaux»  par  exemple. 

Lorsqu^mi  maintient  le  suc  pancréatique  à  une  température  de  UO  à  45 
degrés,  il  se  modifie  rapidement,  et  au  bout  de  quelques  heures  il  est 
complètement  altéré ,  c^est-&-dire  qu^il  répand  une  odeur  nauséeuse  dans 
laquelle  perce  celle  d'hydrogène  sulfuré,  et  perd  la  propriété  de  se  coa- 
gder  par  la  chaleur.  Il  reste  néanmoins  alcalin.  Pendant  Tété,  dans  les 
lenq»  orageux»  cette  altération  du  suc  pancréatique  s'opère  en  peu  d'in- 
stants (CL  Bernard).  Le  dépôt  blanc  qui  apparaît  an  moment  de  l'altération 
du  fluide  pancréatique  présente  un  aspect  soyeux  particulier,  signalé  avec 
soin  par  M.  CL  Bernard.  U  compare  les  aiguilles  qui  donnent  à  ce  dépôt  cet 
aspect  aux  cristaux  de  margarine  ou  d'acide  margarique  (1).  Vues  à  un 
fiihie  grossissement,  ces  aiguilles,  ou  mieux  ces  groupes  d'aiguilles, 
pourraient  en  effet  ressembler  à  des  cristaux  de  ces  corps  gras ,  parce  qu'en 
effet  à  un  trop  faible  grossissement  toutes  les  aiguilles  cristallines  quel- 
conques, ou  les  groupes  qu'elles  forment ,  se  ressemblent.  Mais  en  exa- 
minant ces  corps  avec  un  pouvoir  amplifiant  convenable,  on  constate  très 
fadienient  des  différences  considérables.  Sans  parler  des  caractères  qu'on 
peut  tirer  delà  solubUité  ou  de  l'insolubilité  de  ces  groupes  cristallins  dans 
réther,  on  reconnaît  tout  de  suite  que  les  aiguilles  qui  se  forment  dans  le 
suc  pancréatique  sont  bien  plus  grandes  que  celles  de  la  margarine  ou  de 
la  stéarine.  U  suffit  pour  cela  de  comparer  les  planches  que  nous  en  don- 
nons, dont  les  premières  sont  figurées  à  100  diamètres,  tandis  que  celles 
de  la  stéarine  et  de  la  margarine  sont  dessinées  en  se  servant  d'un  pouvoir 
de  350.  Ces  aiguilles  sont  en  même  temps  plus  roides,  les  amas  qu'eUes 
forment  sont  noirs  et  non  Jaunâtres,  plus  volumineux  et  d'une  autre  forme. 
U  est  facile,  en  un  mot,  de  reconnaître  là  les  amas  cristallins  du  sulfate  de 
chaux.  De  plus,  ces  corps  ne  brûlent  pas  ;  ne  brûle  que  la  substance  azotée 
qu'on  entraîne  en  les  retirant  du  liquide,  et  celle-ci,  en  brûlant,  ne  bour- 
soufle pas  le  sel  comme  lorsqu'il  s'agit  d'un  sel  d'origine  organique  que 
le  feu  décompose. 

Noos  avons  observé  ces  cristaux  dans  du  suc  pancréatique  du  chien 
(fig.  i,  e,  fi  9,  h,  t  ),  retiré  par  M.  O.  Bernard,  qui  a  constaté  avec  nous 
les  faits  suivants,  et  dans  celui  du  veau  (pi.  VI,  fig.  i,  a,  6,  c,d),  obtenu 
par  11.  Colin,  chef  des  travaux  anatomiques  d'Alfort.  Les  groupes  d'ai- 
goltles  cristallines  sont  la  plupart  visibles  à  l'œil  nu ,  ayant  0,10,  à  0,30  ; 
quelquefois  ils  sont  réunis  ensemble  et  offrent  alors  des  configurations 
très  variables  (a,  6,  d).  Vus  par  transparence,  ils  sont  noirs  et  opaques, 

fMmés  par  des  aiguilles  s'irradiant  autour  d'un  centre.  Il  est  &  remar- 

(i)  Cl.  BnuusD,  Du  tue  pancrécUique  et  de  son  r&le  dam  l$$  fh^çm,  d$ 
UiigêU.  {Ànk.  gé^.  de  méd.,  1849,  t.  XDC,  p.  60-71). 


282      DES  PlilNClPbS  IMMÉDIATS  EM  rAIITiClMEH.   1"  CLASSE. 

quer  tout  de  suite  que  ces  amas  soni  deux  k  trois  fois  plus  gros  que  ceux, 
quelquefois  un  peu  analogues  par  la  forme,  que  donne  le  laclale  de  chaux. 
La  circonféreDce  de  la  niasse  opaque  est  dépassée  parles  aiguilletbiCB  piN 
que  dans  les  masses  de  lactatc  calcaire  retirées  de  rorioe  de  cbefaL  (Geoh 
parez  la  pLVi,  fig.i.dcssiuée  k  100  diam.,  à  la  pL  IX,  lig.  2,  denlaéeèiiliis 
de  250  diam.  ]  Le  feit  est  plus  prononcé  dans  Um  cristaux  que  contleat  k  tac 
pancréatique  du  chien  (e,  /",  g,  h,  i)  que  dans  ceux  du  suc  paiicréaUq«e  de 
veau  (a,  6,  c,  d).  Cbex  le  chien  on  trouve  beaucoup  de  groupes  d*aiguiUea  tcèi 
allongés,  opaques,  étranglés  par  le  milieu  ;  quelqucfoia  deux  de  ces  gieu* 
pes  se  croisent  k  angle  droit  ou  aigu  (9,  h).  Toujours  Us  sont  remaïquahto 
par  la  longueur  de  la  portion  libre  des  aiguilles  qui  dépasse  la  luassi 
opaque.  Toutes  ces  dilTércnces  ne  sauraient  être  constatées  avec  on  trof 
faible  grossissement,  et  le  deviennent  d*autant  plus  que  le  groaaissenmit 
employé  est  plus  grand  jus>qu*à  3  et  /iOO.  La  fmesse  et  Télégance  de  u$ 
aiguilles  donne  à  ces  groupes  un  aspect  très  remarquable.  Les  uns  et  lei 
autres  de  ces  amas  peuvent  se  briser  assez  facilement  par  écraseneat. 
Ënfln ,  nous  noterons  que  dans  le  lactatc  de  cliaux  et  dans  le  lactate  de 
baryte ,  les  aiguilles  se  terminent  davantage  toutes  au  même  niveaOi  et 
quand  elles  dépassent  la  circonférence,  c*est  par  places,  et  non  dans  yaok 
son  étendue.  I^s  groupes  accumulés  ont  dans  le  lactate  un  aspect  pluiAl 
d'un  blanc  laiteux,  un  peu  mat,  que  soyeux,  et  ils  ne  pourraient  flotter 
sans  se  dissoudre,  dans  ime  quantité  de  liquide  aussi  considérable  qie 
celle  qui  maintient  en  suspension  le  sulfate  de  chaux  pendant  des  mob 
sans  changement  dans  les  amas  cristallins. 

Le  mode  de  groupement  des  aiguilles  du  sulfate  de  chaux  varie  un  pen 
chez  le  même  animal ,  suivant  qu'on  recueille  du  suc  pancréatique  sa 
commencement  ou  à  la  (in  de  la  digestion.  C'est  ainsi,  par  exemple,  qae 
les  groupements  les  plus  petits  (t,  e,  f)  sont  plus  nombreux  dans  k  ne 
retiré  vers  la  un  de  la  digestion  que  pendant  qu'elle  est  en  pleine  activilé. 
Nous  avons  vérifié  ce  fait  sur  le  suc  pancréatique  retiré  par  M.  CL  Bemanl, 
qui  a  observé  ce  fait  le  premier.  Cette  particularité  est  importante  k  signa- 
ler, pour  qu'on  ne  soit  pas  porté  à  considérer  comme  espèces  dlfféientei 
des  cristaux  qui  ne  varient  que  par  la  manière  dont  Ils  s'arrangent  les  vm 
par  rapport  aux  autres;  du  reste,  beaucoup  de  groupes  restent  sembkUei 
à  ceux  que  nous  venons  de  décrire,  et  prises  à  part,  les  aiguilles  conserveit 
du  reste  chacune  le  même  aspect. 

il  est  probable  que  la  matière  azotée  du  liquide  pancréatique  empêche 
la  double  décomposition  entre  les  sels  de  chaux  et  de  soude  de  ce  liquide, 
comme  les  substances  albumincuses  du  sang  empêchent  la  doubk  décom- 
position du  lactate  de  fer  et  du  cyanure  de  potassium  injectés  dans  ce 
liquide;  mais  au  moment  où  celle-ci  entre  en  putréfaction,  ce  qui  eit 
indiqué  par  Todeur  putride,  la  double  décomposition  qui  a  pour  résultat 
la  formation  du  sulfate  de  chaux  s^opère. 


C:H.    X\V.    l»HOM»iiAli;    OK    CIIAIX    DKS    ns.  283 

His  torique. 

896«  —  Depuis  très  longtemps  Cadet  a  signalé  la  présence  da  suliale  de 
ctetix  dais  la  bile ,  mais  depuis  longlemps  aussi  le  fait  a  été  reconnu 
comme  erroné  (t).  Sage  esl  le  premier  qui  en  ait  signalé  dans  les  excré- 
ments, qoi,  du  reste,  étaient  déjà  en  voie  de  pulréfaclion  (2).  Ea  général, 
00  n'a  trouvé  de  sulfate  de  chaux  dans  les  os  que  lorsqu'ils  étaient  fossi- 
liser on  avalent  séjourné  en  terre  ;  cependant  Ilatchett  en  signale  dans  les 
os  noD  fossiles  des  quadruples,  mais  des  traces  seulement  (3),  fait  qui 
m*lipas  été  confirmé  depuis.  D'après  M.  Cbevreul  (6),  il  y  aurait  des  traces 
de  SttUale  de  chaux  dans  Turine  du  chameau  et  celle  du  cheval.  Slief  dit 
aas5i  en  avoir  trouvé  dans  un  calcul  urinairc  du  cheval.  Ohme  en  indi- 
que 3,50  pour  100  dans  un  calcul  urinairc  trouvé  égiilcmenl  sur  un  che- 
val (5).  Dans  un  calcid  urinairc  de  porc,  Bley  et  Diesel  disent  avoir  trouvé 
non  pas  du  sulfate  de  chaux,  mais  du  sulfure  de  calcium  (6).  Ostle  seul 
Mt  de  œ  genre  qn'on  connaisse.  Foorcroy  pense  que  les  auteurs  qui  ont 
parlé  do  sulfttede  chaux  des  urines  se  sont  laissé  induire  en  erreur  par 
te  phosphate  de  cette  hase  (7j. 

CHAPITRE  XXV. 

SODS-PHOSPHATE  DE  CHALX,   OU   PHOSPHATE   DE  CHAUX  BASIQUE. 

Synonymie  :  Phogphatê  de  chaux  d$s  os,  etc.,  3  PhO^CaO,  sel  phosphorique 
calcaire,  chaux  phosphatée,  terre  des  os,  phosphate  calcaire. 

807.  —  Il  n'existe  aucun  tissu,  aucune  humeur  du  corps 
•de  l'homnie  et  des  mammifères,  qui,  réduite  en  cendres,  ne 
laisse  reconnaître  dans  sa  composition  tme  quantité  plus  ou 
moins  considérable  de  phosphate  de  chaux.  On  sait  que  les  os 
ont  pour  principe  constituant  principal,  quant  à  la  masse, 
•cette  substance  ;  mais,  en  outre,  nous  trouverons  des  phos- 
phates dans  tous  les  tissus  et  humeurs.  Toutes  les  incrusta- 

(!)  Cadet,  Expér.  sur  la  bile  de  V homme  cl  des  anim.  [Mém.  de  VAcad,  des 
K.âePath,  1767,  p.  471,  cl  1769,  p.  66). 

(%)  iiAGK,  Aigmn.  Jimmal  der  0 hernie  von  Scherer,  1796,  t.  ill,  p.  198. 

(3)  liATCUtiT,  Philos.  trausacLy  1790,  p.  327. 

(4)  Chevrfxl,  toc.  ci/.  (Anu.  de  (him.,  1808,  t.  LXVII,  p.  302). 

(9)  Oum,  Anal,  d'un  calcul  urin.  de  cfteval  {Arch.  der  Pharm.,  1847, 
I.  XCII,  p.  287). 

(6)  BLF.vel  DiESKL,  Anal,  d'un  calcul  de  [tore  (Arch.  der  Pharm,,  1847, 
l.  XCll,  p.  283; . 

(7)  FouKROT,  a^i,  dn  oonn.  chimiq,,  in-S".  Parii,  an  x,  U  X,  p.  i3$. 


286    DES  PRINCIPES  milÉDIATS  EN  PARTICIXIBR.  1'*  CLASSE. 

lin  organe  est  soumis  à  des  influences  mécaniques  ou  remplit 
des  usages  de  ce  genre,  plus  il  renferme  de  phosphate  de 
chaux.  C*cst  ainsi  que  les  os  des  membres  inférieurs  en  ren- 
ferment plus  que  ceux  des  supérieurs,  et  pour  le  méaie poids; 
tous  ces  os  contiennent  plus  de  phosphates  que  les  côtes  oa 
autres  os  ayant  des  usages  plus  passifs  encore. 

Il  faut  savoir,  du  reste,  que  si  le  phosphate  de  chaux  peut 
varier  dans  les  diilérents  os,  la  proportion  des  principes  d'ori- 
gine minérale  reste  constamment  la  même,  quels  que  soieDt 
r&ge  de  rindividu  et  la  disposition  compacte  ou  spongieuse  du 
tissu  ;  si  le  phosphate  diminue  dans  quelques  os  des  diverses 
régions  du  corps,  il  y  a  augmentation  des  autres  sels.  Ce  fait 
ne  doit  pas  étonner  quiconque  possède  une  idée  nette  des 
notions  bien  distinctes  d'élément  aiiatoinique,  de  tissu,  de 
système  d*organe  et  d'appareil.  La  sfibslance^  l'élément  atêa- 
ttmigue  osseux  ne  saurait  faire  exception  a  la  loi  de  compo- 
sition des  autres  cléments  analomiques,  qui  tous  sont  cooh 
posés  des  mêmes  proportions  de  principes  immédiats  des 
différentes  classes  ;  pris  en  masse  pour  chacune  de  ces  classes, 
ils  ne  varient  pas  ou  ne  le  font  que  dans  des  limites  tellemeot 
restreintes,  qu'on  ne  sait  si  vraiment  cela  n'est  pas  dû  aux 
accidents  inévitables  dans  Toxpérience.  C'est  là  une  condition 
d'existence  des  corps  organisés,  que  cette  constance  dans  la 
proportion  des  principes  inmiédiats  de  chaque  classe;  il  n'y 
a  exception  que  pour  les  humeurs  purement  excrémentitidlei 
comme  l'urine.  C'est  plus  tard,  en  traitant  de  l'ostéine,  que 
nous  aurons  à  signaler  que  la  proportion  des  principes  d'ori- 
gine minérale  qui  se  fixent  a  elle  reste  constamment  la  même, 
bien  plutôt  qu'à  propos  du  phosphate  de  chaux  ;  mais  nous 
avons  dû  en  faire  mention  ici,  parce  que  ce  principe  formel 
lui  seul  la  plus  grande  masse  de  ces  principes.  Dans  rostéo* 
malacie,  ce  n'est  donc  pas  le  phosphate  et  les  autres  sels  qui 
s'en  vont  seuls,  laissant  le  cartilage  de  l'os  ;  c'est  rélémeot 
osseux  tout  entier  qui  est  résorbé,  qui  disparait,  d'où  résdleat 
des  changements  de  texturcyipuis  des  modiûcations  de  fonne 
du  système^  avec  altération  dt^  ses  usages  généraux;  d*où 


CH.  XXV.  PHOSPHATE  DE  CHAUX.  QUANTITÉ.     SS7 

résulte  enfin  une  diminution  de  consistance  plus  ou  moins 
grande  de  tel  ou  tel  os:  c'est-à-dire  que  c'est  ici  Torgane  qui 
est  devenu  moins  résistant,  par  suite  de  la  disparition  de 
rélément  qui  a  modifié  le  tissu ,  etc..  ;  c'est-à-dire ,  enfliî , 
que  dans  un  os,  Vêlement  osseux  peut  être  plus  ou  moins  abon- 
dant et  le  tiêêu  médullaire  aussi,  mais  en  sens  inverse. 

Nous  allons  donner  les  chiffres  indiquant  la  quantité  de  ce 
principe  immédiat  qu'on  rencontre  dans  chaque  tissu  et  hu- 
meur de  l'économie,  tant  à  l'état  normal  que  dans  les  condi- 
tions morbides  : 

Cément  dentaire. 53,84  p.  100. 

DenU  d*un  enfant  de  1  }oar 51,00  — 

—              de  6  ans 60,01  — 

Dents  d*adalte 61 ,00  — 

Dents  d'un  vieillard  de  81  ans..  66,00  — 

I Dents  de  devant  d'un  lapin 59,80  — 

Laffâigne ^Molaires  d'un  lapin 63,70  — 

—  de  sanglier 63,00  — 

Défenses  de  sanglier 69,00  ^^ 

—  d'hippopotame 72,70  — 

Molaires  de  cheval 62,00  — 

Dents  de  devant  du  cheval 80,30  '— 

—  du  bœuf. 64,00  — 

/Émail  d*homme 88,50  — 

11^^,.  \    —    de  bœuf 95,00  — 

"*"*""* Ivoire  dentaire  humain 64,30  — 

\  —  de  bœuf 63,15  — 

Of  (Bendias) 53,04  — 

Oê{ld.) 57,35  — 

Oi<MaiviiaDd) 82,26  «- 

Os  de  lion 95,00  *— 

Btrros.  •  • { Os  de  mouton 60,00  — 

Os  de  poule 88,^  ^^ 

Cal  (l'extérieur) 32,50  — 

Cal  (l'intérieur) 33,50  — 

.        .  .L'os 40,00  — 

^«"8°« <  Os  frais , 41,60  — 

Os  condensés 36,30  -^ 

Exostose 30,00  — 

Vertèbre  de  rachitique  (Bôslock) 13^60  — 

—  ^ —  (Procsch) 13,25  — 

Cace  de  rachitique  (M.) 33,66  ^ 

Morcean  sain  d'une  côte  de  cheval  près  d'une 

.  Bisse  calleuse  (Valentin) 

Masse  calleuse  de  cette  côte 

Métatarse  sain  du  cheval 

"Eiostose  du  tarse  de  ce  cheval 

Sabetance  compacte  saine  du  tibia  d'un  homme  de 

trente-huit  ans 

Sobatance  ipoDgieuse  du  même 


Oa  secs. 

Oi  fra'ii. 

p.  100. 
81,99 
79,85 
82,47 
74,55 

p.  100. 
43,21 
41,91 
54,29 
42,54 

85,40 
83,31 

52,93 
47,01 

286    DES  PRINCIPES  nmÉDIATS  EN  PÂRTIGULUSI.  1'*  CLASSE. 

un  organe  est  soumis  à  des  influences  mécaniques  ou  rempKt 
des  usages  de  ce  genre,  plus  il  renferme  de  phosphate  de 
chaux.  C'est  ainsi  que  les  os  des  membres  inférieurs  en  ren- 
ferment plus  que  ceux  des  supérieurs,  et  pour  le  même  poids; 
tous  ces  os  contiennent  plus  de  phosphates  que  les  côtes  ou 
autres  os  ayant  des  usages  plus  passifs  encore. 

Il  faut  savoir,  du  reste,  que  si  le  phosphate  de  chaux  peut 
varier  dans  les  diflërents  os,  la  proportion  des  principes  d'ori- 
gine minérale  reste  constamment  la  même,  quels  que  soient 
rage  de  l'individu  et  la  disposition  compacte  ou  spongieuse  du 
tissu  ;  si  le  phosphate  diminue  dans  quelques  os  des  diverses 
régions  du  corps,  il  y  a  augmentation  des  autres  sels.  Ce  fait 
ne  doit  pas  étonner  quiconque  possède  une  idée  nette  des 
notions  bien  distinctes  d'élément  anatoinique,  de  tissu,  de 
système  d'organe  et  d'appareil.  La  sftbsiance^  l'élément  cma- 
iùmique  osseux  ne  saurait  faire  exception  à  la  loi  de  compo- 
sition des  autres  éléments  analomiques,  qui  tous  sont  com- 
posés des  mêmes  proportions  de  principes  immédiats  des 
différentes  classes;  pris  en  masse  pour  chacune  de  ces  classes, 
ils  ne  varient  pas  ou  ne  le  font  que  dans  des  limites  tellement 
restreintes,  qu'on  ne  sait  si  vraiment  cela  n'est  pas  dû  aux 
accidents  inévitables  dans  l'expérience.  C'est  là  une  condition 
d'existence  des  corps  organisés,  que  cette  constance  dans  la 
proportion  des  principes  immédiats  de  chaque  classe  ;  il  n'y 
a  exception  que  pour  les  humeurs  purement  excrémentitielles 
comme  l'urine.  C'est  plus  tard,  en  traitant  de  l'ostéine,  que 
nous  aurons  à  signaler  que  la  proportion  des  principes  d'orî* 
gine  minérale  qui  seflxentàellereste  constamment  la  même, 
bien  plutôt  qu'à  propos  du  phosphate  de  chaux  ;  mais  nous 
avons  dû  en  faire  mention  ici,  parce  que  ce  principe  forme  à 
lui  seul  la  plus  grande  masse  de  ces  principes.  Dans  Tostéo- 
malacie,  ce  n'est  donc  pas  le  phosphate  et  les  autres  sels  qui 
s'en  vont  seuls,  laissant  le  cartilage  de  l'os  ;  c'est  l'âiément 
osseux  tout  entier  qui  est  résorbé,  qui  disparaît,  d'où  résultent 
des  changements  de  texture,  puis  des  modifications  de  forme 
du  système^  avec  altération  do  ses  usages  généraux;  d'où 


Ca.   XXT.  PBOSPtIATK  DE  CHAVK.  QUANTITÉ.  Î87 

résulte  enfin  une  diminution  de  consistance  plus  ou  moins 
grande  de  tel  ou  tel  os:  c'est-à-dire  que  c'est  ici  l'organe  qui 
est  devenu  moins  résistant ,  par  suite  de  la  disparition  de 
l'élément  qui  a  modifié  le  tissu  ,  etc..  ;  c'esl-Ânlire ,  enfin , 
que  dans  un  m,l'élimenl  osfeux  peut  être  plus  ou  moins  abon- 
dant et  le  (iM«  médujlttire  aussi,  mais  en  sens  inverse. 

Nous  allons  donner  les  chiiTres  indiquant  la  quantité  de  ce 
principe  immédiat  qu'on  rencontre  dans  chaque  tissu  et  hu- 
meur de  l'économie,  tant  à  l'état  normal  que  dans  les  condi- 
tions rooriiides  : 

>  Cémeot  deobire B3,S4  p.  100. 

/  DeaU  d'uD  enhnt  de  I  Joar 51,00  — 

I             —             de  6  ans 00,01  — 

L  Deoti  d'idalte 6t,M  — 

■  DeDltd'uD  lieillird  de  SI  ini..  S6,00  — 

iDcDli  de  devant  d'un  la^n. .  •  .'•   B9,B0  — 

..<  Molaire*  d'uD  lapin 63,70  — 

1     —        deiinglier 63,00  — 

iDéreoiei  de  langlier 69,00  — 

f      —        li'hippupoUime 12,70  — 

I  Molaire*  de  cheval 6Ï,00  — 

\  DenU  de  dCTaol  du  cbeval M,30  — 

—            du  bœuf. 64,00  — 

'Émail  d'homme IS.SO  — 

\    —    de  bœuf *9,0»  — 

"  1  Ivoire  denlaire  humaio.... ....   6i,30  — 

'           —           debŒuf 63,15  — 

Oa  (Benctini) 53,04  — 

Oa  (M.) 57,35  — 

Oi  (Harchud) BS.90  — 

fOtdellOD »»,00  — 

IhitTOi !  Os  de  montoD 60,00  — 

(  Oi  de  poule SB.'OO  — - 

/  Cal  (l'nUrieur] 32,50  — 

l  Cal  {l"iuWrieur; 33,50  — 

J  L'o» 40,00  — 

"JOi  fraii. 41,60  — 

f  Oi  coadeuiét 34,34  — 

\Eioilose 30,00  —  . 

Ténèbre  de  rachiliqve  (Boitock) 13,60  — 

—           —          CPfMKh) 13,25  — 

C4to  de  Taebiiiqae  (M.) 33,66  — 

UoKt»a  Min  d'une  dite  de  ctieTBl  prt*  d'une 

■uiiM  ctllniae  (Valnitia) 

UasM.-  (nllcust!  de  cette  c4te 

ll«Ut«MC  Min  du  cheval 

Eioilo^e  du  tarsi'  de  ce  cheval 

Substance coinpailc  Miae du  tibia  d'un  homme  de 

1  renie- Il  uitlM 

SobiUnca  ^ongieuie  dn  même 


Beneliu. . 


LaMaigoe.  . 


Oinci. 

0>fn1>. 

p.  100. 

p.  100. 

81,9» 

43,21 

19.85 

«1,91 

82.*7 

54,29 

74,55 

«3,54 

8M0 

59,93 

>S,S1 

47,01 

288      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.  1**  CLAMI. 

Carie  du  tibia  d*un  homme  de  même  âge 77,93  84,38 

Coudyle  eiterne  du  fémur  gauche  sain  d*une  fille 

de  dii-hoit  ans 82,58  87,01 

Gondjie  externe  du  fémur  gauche  carié  de  la 

même 86,37  39,39 

Tète  saine  du  tibia  droit  de  la  même 81 ,21  41,77 

Tète  cariée  du  tibia  gauche  de  la  même 83,58  45,45 

CroAte  sécrétée  autour  du  tibia  droit  carié  de  la 

même. 72,42  29,42 

Carie  d*une  vertèbre  dorsale  d*un  Jeune  homme  de 

Tingt  ans 75,06  33,90 

Cendres  de  chair  de  veau  (SUffel)  (1) 3,72  p.  100. 

Urine  (cendres)  (Fleitmanu) 2,57      — 

ExerémenU  (cendres  (/d.) 12,78      — 

Urine  de  cheyal  diabétique  (John) 0,70  p.  1000. 

Sperme  humain  (Vauquelin) 80,00      — 

Cendres  de  Turine  de  lièvre  (2) 12,00      — 

Tartre  denUire  (Vauquelin  et  Laugier) 0,66  p.  100. 

Concrétions  salivaires  d'âne  (Caventou) 4,80      — 

Concrétions  salivaires  de  cheval  (Henry) 4,40      — 

ExerémenU  (Berzelius) 4,00      — 

Lait  de  vache  (Haidlen)  (3) 0,231    — 

—  Uà) 0,344    — 

—  (Pfaff  et  Schwartz) 1,805    — 

Lait  de  femme  (/d) 0,25      — 

Cartilages  (Frommherx  et  Gugert) 4,05      — 

Albumine  du  sérum  de  bcBuf  (Berzelius) 1,80      — 

Caséine  (liudier) 6,00      — 

Calcul  pancréatique  (4) 80,00      — 

Calcul  du  sac  et  conduit  lacrymal  (5) 9,00      — 

Calcul  salivaire  (6) 38,20      — 

—            (7) 75,00      — 

4,10      — 

5,00      — 

4,20      - 

0,60  p.  1000. 

14,00      — 

Sang  artériel )  ,g.  | o,79      — 

Sang  veineux  du  même  individu.  • . .  )  ^^  ( o,76      — 


(l)*^STArfiL  dans  Lniio,  hc.  cU,,  1852,  p.  213. 

(2)  Dt  BiiiA,  toc.  cit,  (Ànn.  dêr  Ckem,  und  Pharm.^  1845,  t.  Un, 
p.  98). 

(3)  HiroLtM,  Annalênder  Chemiêund  Pharmacie,  1843,  t.  XLV,  p.  263). 

(4)  GoLDUiG  Diao  dans  Eckstiin,  BibUothêkdet  AMOandet  flir  diê  ùrgaMk- 
ehemUehe  Rkhtwig  der  Heilkunde,  1844. 

(5)  BofJGBiiDAT,  Annales  d'oculistique,  août  1842. 

(6)  Db  Bibiia  ,  Medic.  Correspondenz  BUUt  fUr  haieriichê  AenOê,  1843. 

(7)  GouhhgDibd,  loc.  cft.,  1844. 

(8)  WiiGBT  dans  Ecksteiii ,  Bibliotek  des  Auslandet  fUr  die  orgoeMnikh 
mifcfce  Rkhiung  der  Heilkunde,  1841,  p.  57  et  173. 

(9)  PoGGiALB  et  Mabchal  (deCaIvi),  Analyse  da  sang  arlériel  etd»sm§ 
vemeux  (Annuaire  de  chimie,  par  Aiillon  et  Reiaet,  1849,  p,  5#4). 


CH.  XXV.  PHOSPHATE  DE  CHAUX.  QUANTITÉ.  289 

Stng  d'homme  avant  remploi  du  sel  marin. .'           ^ 0,67  p.  1 00. 

—  après  remploi  du  sel  marin.  \         i 0,72  — 

Sang  de  bœaf à        l 0,50  — 

Sang  de  vache f         i 0,96  — 

Sang  de  veau \  (i)  / 0,83  — 

Sang  de  mouton (          j 0,69  — 

Sang  de  lapin l         f 0,52  — 

Sang  de  chien ]        I 0,53  — 

Sang  de  chat /         V 0,57  — 

Calcul  salivaire  d'homme )   ,^.   i 73,27  — 

—  —          .....j           |. •.••.... ••  68,10  — 

Calcul  du  canal  de  Sténon,  de  cheval. . .  ^         / 7,97  — 

—                    —          de  bœuf. . . .  |  (3)  | 5,84  — 

Calcul  du  canal  de  Winung,  de  bœuf. . . .  )         ( 0,00  — 

Concrétion  artique  de  Thomme  (i) 62,00  — 

Oaléoaaroome  de  Thumérus  humain  (5) 0,29  ~ 

Concrétion  de  Tœil  d*un  aveugle. 3,00  — 

Calculs  biliaires  (6) 1,30  — 

Extrait  aqueux  de  viande  (7) 3,06  — 

Ëgagropile  de  rhomme  (8) 6,00  — 

Calcul  vésical  de  bœuf  (9) 12,00  — 

Pblébolithe  de  Phomme  (10) 50,10  — 

Encépbalolde  (Foy). .  I  /, .a  ) 6,30  — 

Squirrhe          —  ..  I  ^     '  1 «6,60  — 

Béxoards  ou  concrétions  alvines  de  Tare  du  côlon  (12) 145,34  — 

Sérosité  des  vésicatoires  (Margueron) "  1 ,00  — 

900.  —  Le  sel  dont  nous  parlons  se  trouve  à  Télal  solide 
dans  les  os,  les  dents,  les  ongles,  les  poils.  Quoique  insoluble 


(1)  PoGGiALB,  loc.  cU,  {Comptes  rend,  des  séances  de  PAcad.  dessc.de  Paris^ 
1847,  t.  XXV,  p.  110). 

(3)  ScHDLTzi,  loc,  ct(.,  1847  {J(mm,  fUrpràkt.  Chemie,  1847,  t.  XXXIX, 
p.  29). 

(3)  FuBSTEMBEBG,  loccU.  {Id.^  i,  XXXIX,  1847,  p.  33). 

(4)  LARDCRsa,  loc.  cit.  {Repertor.  fiirPharm.f  1847,  t.  XLV,  p.  60). 

(5)  Roux,  loc,  cU.  {Journ,  de  chim.  etpharm.,  1847,  t.  XI,  p.  427). 

(6)  Blet,  Calculs  de  la  bile  (Journ,  fur  prakt.  Chenue^  1844,  t.  III, 
p.  115). 

(7)  Kbllci,  Sur  les  élém,  inorgan.  de  la  chair  musc.  (Ann.  der  Chem.  und 
Pharm.,  1819,  t.  LXX,  p.  91)- 

(8)  MoBiDE,  Sur  un  calcul  inleslinal  (Journ,  dfi  chim,  médic,^  1849,  t.  Y, 
p.  623). 

(9)  GiBABDDi,  Anal,  d^un  calcul  trouvé  dans  la  vessie  d'un  bœuf  [Journ,  de 
chim.  médic,,  1849,  t.  Y,  p.  312). 

(10)  ScBLOssBERGER,  Anal,  d'un  calcul  veineux  (Ann,  der  Ch.  und  Pharm,, 
1849,  t.  LXIX,p.  255). 

(11)  Fovdans  Lebert,  Traité prat.  des  maladies  cancéreuses,  in-8*.  Paris, 
1851,  p.  44. 

(12)  CuiLDREif,  Sur  quelques  concret,  alvines  trouvées,  après  la  mort,  dans 
UcôUm  d^un  jeune  homme  habitant  le  FMnca$hire(Arch.  gvn.  de  med.,  1823, 
i.  11,  p.  148). 

H.  19 


2d0  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PAllTfCULIEII .   l'*  CLASSE. 

dans  Teau,  il  est  à  Tétat  liquide  dans  le  sang  et  dans  tous  les 
autres  liquides  du  corps  des  animaux,  soit  combiné  avec  des 
matières  albumineuses,  soit  à  Tétat  libre.  Dans  ce  dernier 
cas,  ce  principe  est  à  l'état  liquide  par  dissolution  indirecte, 
soit  à  Taide  de  Tacide  carbonique  libre  dans  le  sang,  ou  a  Taide 
des  bicarbonates,  ou  bien  il  est  dissous  par  le  chlorure  de  so- 
dium, qui  a  la  propriété  de  dissoudre  un  peu  de  phosphate  de 
chaux  PhO*  (CaO)». 

Le  phosphate  de  chaux  des  calculs  est  généralement  friable 
tant  qu'il  est  humide  ;  plus  tard  il  devient  dur  en  se  dessé- 
chant. Il  est  généralement  grisâtre  ou  blanc  ;  quelquefois  d'un 
jaune  sale.  Dans  certains  calculs  et  graviers,  soit  rénaux,  soit 
vésicaux,  il  peut,  quand  il  est  placé  à  la  surface  de  la  concré- 
tion, devenir  noir  ou  noirâtre,  comme  beaucoup  d*autres  prin- 
cipes qui  entrent  dans  la  composition  des  calculs. 

001 .  —  Pour  constituer  la  substance  des  calculs  ou  des 
graviers  et  sables,  ce  principe  est  ordinairement  uni  à  du 
phosphate  ammoniaco-magnésicn,  à  des  urates  alcalins,  quel- 
quefois à  du  carbonate  de  chaux,  à  la  cystine,  mais  rarement 
à  Toxalate  de  chaux  ou  à  la  silice. 

Dans  les  os,  il  est  combiné  à  leur  substance  organique  pro- 
pre,ou  osséine,ct  sans  doute  aussi  avec  les  autres  sels  terreux, 
pour  concourir  avec  eux  à  former  la  substance  de  ce  tissu.  Dans 
les  humeurs  et  les  divers  tissus  où  il  se  trouve  encore,  il  est 
tenu  en  dissolution  par  les  sels  alcalins,  le  sel  marin,  le  chlor- 
hydrate d'ammoniaque,  et,  comme  nous  l'avons  vu,  Tacidc 
carbonique,  qui  ont  en  effet  la  propriété  de  le  dissoudre.  Dans 
les  tissus  et  dans  les  humeurs  autres  que  les  os,  il  y  en  a  d'uni, 
de  combiné  aux  substances  organiques,  de  la  manière  indi- 
quée en  traitant  des  caractères  d'ordre  chimique  de  cette 
tribu.  Nous  avons  vu  en  eifet  plus  haut  que  l'albumine  du 
sang  en  retient  1,80  pour  100,  la  fibrine  du  sang  veineux, 
0,00  pour  100,  et  dans  sa  coagulation,  comme  on  le  sait,  le 
caséum  entraîne  avec  lui  un  peu  «les  phosphates  terreux. 

Dans  l'urine,  ce  principe  est  tenu  en  dissolution  par  le 
phosphate  acide  de  soude  et  de  chaux,  et  les  autres  sels  de 


CH.  XXY*  PHOSPHATE  DE  CHAUX.  ÉTAT  DANS  l'oRGAMISMB.     291 

soude  ou  de  potasse  dans  lesquels  il  est  un  peu  soluble. 
L'acide  carbonique  de  T  urine  concourt  à  le  tenir  en  dissolu- 
tion. M.  Delavaud  (1)  a  en  effet  montré  qu'en  faisant  l)Ouillir 
l'urine,  elle  se  trouble  et  redevient  claire  par  un  courant  de 
gaz  carbonique,  pour  se  troubler  de  nouveau  par  la  chaleur, 

902.  —  C'est  par  l'ensemble  de  ces  caractères  de  liquidité, 
par  dissolution  dans  les  sels  alcalins  et  combinaison  d'autre 
part  à  des  substances  organiques,  que  ce  principe  concourt  i 
former  la  substance  organisée  dans  ses  divers  degrés  de  sim- 
plicité ou  de  complication.  Tantôt  il  concourt  à  former  des 
substances  très  simples,  comme  les  humeurs  que  nous  avons 
nommées,  dont  la  plus  simple  est  certainement  l'urine  ;  d'au- 
tres fois  il  s'agit  de  substances  des  plus  complexes,  comme 
les  solides,  tels  que  les  muscles,  ou,  mieux  encore,  les  carti- 
lages et  les  os,  dont  il  constitue  une  grande  masse. 

Le  phosphate  de  chaux  tenu  en  dissolution  dans  les  humeurs 
par  les  sels  alcalins  remplit  sans  doute,  dans  ces  liquides,  le 
même  rôle  que  ceux-ci,  c'est-à-dire  le  rôle  de  dissolvant  indi- 
rect, par  rapport  aux  principes  cristallisables  d'origine  orga- 
nique. C'est  ce  principe  qui  donne  à  plusieurs  tissus  de  l'éco- 
nomie leur  résistance,  leur  état  solide,  propriété  physique  de 
laquelle  dérivent  les  principaux  usages  que  remplissent,  pour 
l'accroissement  de  chaque  fonction,  les  organes  qui  sont  for- 
més par  ces  solides.  Ce  rôle  est  surtout  manifeste  dans  le  tissu 

osseux. 

Dans  la  carie,  les  sels  disparaissent  en  plus  grande  pro- 
portion que  l'ostéine  ;  de  tous  les  sels  c'est  toujours  le  phos- 
phate basique  de  chaux  qui  prédomine  (3PhO*  +8CaO). 
Le  détritus  renferme  le  même  phosphate  ;  il  est  formé  de  12,8 
pour  100  de  graisse,  2à  pour  100  de  cendres  composées  de 
phosphate  de  chaux  ,  avec  traces  de  chlorure  de  sodium , 
phosphate  de  soude  et  sulfate  alcalin  (2). 

903.  —  Chez  l'embryon,  le  phosphate  de  chaux  lui  est 

(1)  Delavaud,  Sur  les  variations  d'acidité  de  Vurine  {Comptes  rendus  et  Mé- 
moires âe  ta  Soc,  de  biologie,  Paris,  1851,  p.  118). 

(2)  Valwtin,  Ikp9rU>rUm  f.  Anat,  und  Physiologie,  1«S«,  p.  S06. 


292   DES  PRINCIPES  IMUÉDIATS  EN   PARTICULIER.   1**  CLA86E. 

transmis  par  endosmose  avec  les  autres  matériaux  nutritifs 
fournis  par  le  sang  de  ia  mère.  Après  la  naissance,  il  vient  de 
celui  qui  est  contenu  dans  le  lait,  et  peu  après  de  celui  des 
autres  aliments.  Chez  les  herbivores  surtout,  il  y  a  une  assez 
grande  proportion  de  phosphates  dans  les  aliments.  U  existe 
dans  la  nature  du  phosphate  de  chaux  des  os  (PhO'+8CaO), 
lequel  est  soluble  en  petite  quantité  dans  les  chlorures  alca- 
lins. 

La  proportion  assez  considérable  de  ce  sel  contenue  dans 
les  urines  montre  suffisamment  que  c*est  par  cette  voie  que 
disparaît  Texcès  de  phosphate  introduit  parles  aliments,  ainsi 
que  celui  qui,  ayant  fait  partie  des  tissus  et  des  humeurs,  en  sort 
par  désassimilation  et  se  trouve  remplacé  par  celui  apporté 
chaque  jour  par  les  substances  alimentaires.  On  ne  saurait 
admettre  que  la  quantité  assez  grande  de  phosphate  de  cliaux 
que  contiennent  les  matières  fécales  soit  due  entièrement! 
celui  que  renferment  les  sucs  intestinaux  dont  une  portion 
reste  mélangée  aux  résidus  de  la  digestion  sans  être  résorbée. 
Par  conséquent,  on  ne  peut  pas  considérer  l'intestin  comme 
une  des  voies  essentielles  d'élimination  de  ce  principe,  dont 
la  portion  qui  se  trouve  dans  les  matières  fécales  ne  peut  être 
considérée  principalement  que  comme  un  reste  de  celui  que 
contenaient  les  aliments. 

Une  partie  du  phosphate  de  chaux  basique  change  d*état 
spéciCque  dans  l'économie  en  passant  à  l'état  de  phosphate 
acide  ;  mais  on  ne  sait  encore  dans  quelle  région  de  l'orga- 
nisme se  passe  le  phénomène,  ni  exactement  à  quels  acides 
d'origine  organique  ce  sel  cède  une  partie  de  sa  base  au  fur 
et  à  mesure  de  la  formation  de  ceux-ci. 


90/^.  —  Le  phosphate  de  chaux  qui  pénètre  dans  rëconomie  prétenlê 
des  phénomènes  physiques  d'endosmose,  puis  des  actes  chimiqiies  dlrsds 
de  combinaison  aux  substances  organiques  des  os  et  des  autres  parties  di 
corps  dans  lesquelles  il  est  fixé.  Celui  qui  s'en  va  présente  des  actesdedis- 
soluUon  lors  de  sa  désassimilaUon  dans  la  substance  des  os ,  des  mus- 
cles, eic,  puis  des  actes  physiques  d'exosmose.  Une  partie ,  afons-noiis 
dit,  se  décompose  en  phosphate  acide,  et  alors  présente  des  actes  cfai» 


CH.    XXV.    PHOSPHATK    DE   CHAtX.    EXTRACTION.  203 

miqaes  directs  de  d<îcompo$ition  par  abandon  d*une  partie  de  sa  base 
aux  acides  d*origine  organique ,  au  fur  et  à  mesure  de  la  formation  de 
ceax-cL 

905.  —  Extraction,  Pour  extraire  des  os  le  phosphate  de  chaux,  on 
traite  ceux-ci  par  deTacide  chlorhydriqne  faible  ;  en  neutralisant  la  solution 
par  de  Fammoniaque,  le  phosphate  des  os  se  précipite. 

Pour  reconnaître  la  présence  du  phosphate  de  chaux  et  le  distinguer  des 
antres  sulMtances  avec  lesquelles  il  pourrait  se  trouver  mélangé,  il  faut 
calciner  la  masse  qu*on  examine  et  la  traiter  par  Teau.  La  partie  qui  reste 
Insoluble  est  dissoute  par  Tacide  chlorhydrique;  si  Ton  ajouie  à  cette  so- 
lotion  de  l'ammoniaque ,  il  se  formera  un  précipité  qu'on  filtrera  ;  c'est 
dans  ce  précipité  que  se  trouvera  le  phosphate  de  chaux  ;  en  le  redissol- 
irant  par  on  acide,  et  en  ajoutant  un  sel  de  magnésie  à  la  solution  neutra- 
Uaée  par  nn  excès  d'ammoniaque,  on  obtiendra  le  sel  de  phosphate  am* 
moniaco-magnésien,  qu'il  est  aisé  de  reconnaître  par  sa  solubilité  dans 
Tadde  acétique  et  sa  forme  cristalline  si  caractéristique. 

Toutes  les  fois  que  Turine  par  une  cause  quelconque  devient  alcaline, 
ee  sel  se  précipite  ;  le  cas  a  lien  aussi  bien  quand  l'alcalinité  est  due  à  un 
commencement  de  putréfaction  qn'indiqne  son  odeur,  que  dans  les  cas 
où  elle  reste  sans  odeur,  quoique  manifestement  alcaline.  Ce  fait  se  pré- 
sente quand  l'urine  a  été  sécrétée  alcaline.  Au  microscope  le  dépôt  se 
présente  sous  forme  de  granulations  moléculaires  amorphes ,  ou  autre- 
ment dit  sous  forme  pulvérulente.  Il  se  dissout  complètement  par  l'acide 
chloriiydrique  éiendu  sans  donner  de  cristaux  d'acide  urique,etse  reforme 
avec  le  même  aspect  quand  on  sature  l'acide  par  l'ammoniaque.  Le  sédi- 
ment amorphe  de  phosphate  de  chaux  est  très  abondant  dans  la  gravelle 
phosphatique,  et  c'est  alors  qu'on  peut  surtout  bien  constater  les  faits  pré- 
cédents. L'urine  est  toujours  alcaline  dans  cette  affection. 


Hitlorîque. 

906.  — La  présence  du  phosphate  de  chaux  dans  l'économie  fut  d'abord 
constatée  dans  les  os.  Hérissant  (1),  qui,  un  des  premiers,  avait  séparé  la 
matière  animale  de  la  substance  terreuse  des  os,  prit  celle-ci  pour  ana- 
logue i  la  craie  ;  c'est  ce  que  pensaient  aussi  Papin  et  Ilaller.  Ce  fut  Gahn 
qui»  en  1770,  découvrit  réellement  le  phosphate  de  chaux  dans  les  os;  le 
lut  ne  fut  publié  qu'en  1776  (2),  en  sorte  que  Schèele,  qui  ne  fit  que 
perfectionner  la  méthode,  surtout  pour  l'extraction  de  l'acide  phospho- 


(1)  HitissAKT,  Além.  deVAcad.  des  se,  de  Paris,  in-i*,  1758. 

(2)  Gabn,  Edinburgh's  medk.  commenlar.f  1776,  t.  lil,  p.  1» 


29A  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1**  CLASSE. 

lique,  mais  publia  ses  recherches  en  1771,  eut  les  honneurs  delà  déeoi- 
fcrie  (1).  Gcs'recherches  forent  ensuite  confirmées  par  beaucoup  d*autewi, 
entre  autres  par  Crell  (2),  Gmclin  (3),  Hatchclt  (h),  Proust,  Mérat- 
Guillot  (5),  Fourcroy  et  Vauquelln  (6),  etc.  Ilatchett  en  avait  tossl 
trouvé  dans  la  substance  Ae%  dents,  soit  ivoire,  soit  émail,  fait  toojonn  vé- 
rifié depuis.  Après  ces  chimistes  tous  les  auteurs  ont  coofimé  cette  dé- 
couverte soit  pour  les  os,  soit  pour  les  dents,  en  sorte  qu'il  est  iDitile 
d'Insister  plus  longtemps  sur  elle.  Il  est  à  remarquer,  toatefoit,  q«*après 
la  découverte  de  Gahn  et  la  publication  des  travaux  de  Schèele,  RoiKlIe  le 
cadet  fit  des  expériences  publiées  en  1777  (7),  d'après  lesquelles  Q  erat 
que  les  os  étaient  formés  de  phosphore  et  de  chaux,  optnHm  qui  fot  dé- 
fendue par  plusieurs  chimistes  à  celte  époque,  mais  qaf  fot  réfvtée  par 
Crell  (S)  et  n'a  plus  été  soutenue  depuis.  La  présence  da  phosphate 
de  chaux  fut  ensuite  constatée  dans  le  lait  par  Sirlpriaan  LidaclMi  et 
Bondt  (9),  fait  vérifié  plus  tard  par  Baume  (10),  BerzeUtis  et  «mes. 
Schèele  parait  être  le  premier  auteur  qui  ait  signalé  la  préseace  du  phos- 
phate de  chaux  dans  Peau  de  ramnios'(ll).  D'après  Fourcroy  (13),  Baller 
en  connaissait  déjà  l'existence.  Vauquelinet  Buniva  (13)  en  trouvèfftftt  éga- 
lement. Gmelln(lâ),Jacquin  (15), Jordan  (16),  Fourcroy  (17),  Joha(18),et 

(1)  ScHkELB,  Mém,  deVAcad.  royale  d$  Suèdâ,  1771,  i.  XXXIU,  p.  129. 

(2)  Crell,  Joum.  de  chim,,  1T7S,  1. 1,  p.  32. 

(3)  Gmelir,  Grundrissder  Chemie,  1789,  t.  Il,  p.  773. 

(4)  Hatcurtt,  Philos,  transact.,  1799,  p.  243. 

(5)  Mit AT-GoiLLOT,  Anal,  comparée  des  os  de  rhomme  aïoec  oshob  ds  éifir, 
animaux  (Ann.  de  chim.,  1800,  t.  XXXIY,  p.  68). 

(6)  FoimcioT  et  Vaoquiun,  Sur  la  présence  d'unnowteau  aei  photphorkpie 
.  terreux  dans  les  a  des  animaux  {Ann,  de  chkn,,  1803,  t.  XLVII,  p.  244).— 

Expér,  sur  les  os  humains  {Ann,  dechim.,  1809,  t.  LXXII,  p.  282). 

(7)  Rouelle, /oum.  deméd.  de  Vandermonde^  iD-8*,  cet.  1777. 

(8)  CtELL,  /oc.  ct4.,  1778. 

(9)  Stripriaan  Luiscius  et  Bondt,  Mém.  de  la  Soc.  royale  de  méd.  d»  Paris, 
1787-1788,  t.  IX,  p.  525. 

(10)  Baume,  Essai  d'un  sysl,  de  chimie ^  édition  allemande.  Berlin,  io-8^ 
1802,  p.  43. 

(11)  ScHÈELi,  Journal  de  Scherer,  1781,  t.  IV,  p.  120. 

(12)  FouBcaoT,  Syst,  desconn.  chimiques,  an  ix  (i801),  t.  X,  p.  78. 

(13)  Vauquelin  et  Buniva,  Mém.  sur  Veau  de  Vamnios  de  fenune  et  de  vatks 
(Ann.  dechim.,  1799,  t.  XXXlil,  p.  269). 

(14)  Gbklin,  toc.ctt.,  1789,  t.  Il,  p.  730. 

(15)  Jacquin,  Elementa  chym.  univ.   et  med.   Vienae,  1799,  vol.  m, 
p.  138. 

(l(i)  Jordan,  Disquisil.  chym.  evict.  regn.  anim.  et  veget.  élément.  Gœttiogiie, 
1799,  p.  33. 

(17)  Fourcroy,  toc.  cit.,  1801,  t.  X,  p.  33-136. 

(18)  John,  Laborat.  cMm.,  1808,  t.  I,  p.  466. 


CH.  XXV.  PHOSPHATE  DE  CHAUX  DES  OS.  HISTORIQUE.      296 

d^autres  en  ont  signalé  dans  la  bile,  dans  l'unne,  et  dans  les  calculs  uri« 
naires.  Fourcroy  avait  déjà  noté  la  propriété  qu'il  a  de  s'unir  d'une  ma-' 
Qière  très  intense  aux  substances  organiques.  Quant  au  phosphate  de  chaux 
de  Purine  dont  il  parle,  on  ne  peut  savoir  si  c'est  celui  des  os  qu'il  a  en 
vue,  ou  le  phosphate  acide  dont  nous  allons  bientôt  parler.  11  dit,  en  eflet, 
que  le  phosphate  de  chaux  des  urines  se  trouve  dissous  à  l'aide  d'un  excès 
d'acide  phosphorique  existant  dans  ce  liquide  qui  fait  passer  c«  phosphate 
i  Vélèi  de  phosphate  acidulé  de  chaux;  et  pourtant  il  traite  séparément 
et  du  phosphate  de  chaux  et  de  l'acide  phosphorique  qui  le  tient  à  l'état 
de  dissolution. 

Uatchett  est  le  premier  qui  ait  trouvé  du  phosphate  de  chaux  dans  ks 
cartilages  (1).  et  Yauquelin  dans  le  cérumen  (2).  Déjà  auparavant  Fourcroy 
en  avait  trouvé  dans  cerveau  (3),  fait  confirmé  depuis  par  Jordan  (/i),  et& 
Ce  fut  Wollasion  qui  constata  le  premier  que  les  concrétions  de  la  glande 
pinéale  sont  en  grande  partie  (les  deux  tiers  de  la  masse  environ)  formées 
de  phosphate  calcaire  (5).  Yauquelin  en  indique  dans  les  ch<>veux  (6). 
Noos  avons  déjà  dit  que  Ber^elius  en  avait  trouvé  1,20  pour  100  dans  les 
matières  fécales  (7).  Fourcroy  et  Yauquelin  (8),  puis  Jacquin  (9)  consta- 
tèrent la  préseniie  du  phosphate  de  chaux  dans  les  larmes  et  le  mucus  na- 
sal. Berzeliusnindiquepasce  phosphate,  mais  celui  de  soude  (10).  Chaplal, 
d»nB9esÉlémenU  de  cAtmi6,note  la  présence  du  phosphate  de  chaux  dans 
la  salive  (11),  fait  constaté  aussi  par  Fourcroy  (12),  John  Boslock  (13),  etc. 
Le  phosphate  de  chaux  a  été  nié  dans  les  humeurs  de  Tœll  par  Chêne* 
vix  (16),  mais  d'après  Nicolas  on  peut  au  contraire  en  constater  la  pré- 

(1)  HATcaeTT,  loc.  cit.,  1799-1800,  p.  243. 

(2)  Yauquelin  dans  Foubcboy,  Syst,  des  conn.  chimiques,  ISOi,  t.  IX, 
p.  373. 

(3)  FouBCROT,  Examen  chimique  du  cerveau  de  plusieurs  animaux  (Ann, 
de  chim,,  1794,  t.  XYI,  p,  282). 

(4)  Jordan,  loc.  cit.,  1799,  p.  26. 

(5)  WoLLASTON,  Transact.  philosoph.,  1797,  p.  386. 

(6)  Yauquelin,  Mém.  sur  les  cheveux  {Ann.  de  chimie,  1802,  t.  LYIII, 
p.  41). 

(7)  Berzrlius,  Neues  algem.  Journ.  der  Chemie,  1806,  t.  YI,  p.  537. 

(8)  Fourcroy  et  Yauquelin,  Examen  chimique  des  larmes  et  de  l'humeur  des 
narines  {Ann.  de  chim.,  1792,  t.  X,  p.  113). 

(9)  Jacquin,  loc.  cit. y  1799,  p.  138. 

(10)  Berzelius,  Gêner,  views  of  Ihe  comp.  of  animal  fiuids.  London,  1812, 
p.  50. 

(11)  Chaptal,  Éléments  de  chimie,  in-8'.  Paris,  1790,  t.  III. 

(12)  Fourcroy,  Syst.  des  conn.  chim,,  t.  IX,  p.  367. 

(13)  John  Bostock,  Ann,  dechim.,  1805,  t.  LYI,  p.  70. 

(14)  Chenevix,  Sur  la   nat,  des  humeurs  de  VoHl  {Ann.  de  chim.,  1803, 
t.  XLVI,  p.  274-307). 


206  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

scnce  (1).  Westrumb  (2),  puis  Fourcroy  et  Vauquelin  (3)  ont  constaté  la 
présence  de  ce  sel  dans  le  sang.  Le  fait  a  été  vérifié  peu  après  par  Hilde- 
brand  {h),  et  successivement  par  la  plupartdes  chimistes  qui  ontanalyaéce 
liquide.  Vauquelin  (5)  découvrit  une  assez  grande  quantité  de  phosphate 
de  chaux  dans  le  sperme,  fait  confirmé  ensuite  par  Jordan  (6),  etc.  Four- 
croy en  a  trouvé  dans  les  tendons  (7),  John  dans  le  tissu  cellulaire  (S), 
C*est  Schèele  qui  le  premier  trouva  du  phosphate  de  chaux  dans  tau- 
rine (9),  fait  confirmé  par  tous  les  chimistes  qui  après  lui  ont  analysé  ce 
liquide. 

Dans  les  produits  morbides,  nous  voyons'que  Jordan  (10)  trouva  du 
phosphate  de  chaux  dans  le  pus,  fait  confirmé  par  t)eaucoup  d*autenrs9 
et  notamment  par  Guetterbock  (11)  et  Martins(12).  Il  y  en  aurait,  d'après 
d*Arcet  fils,  beaucoup  plus  dans  le  pus  des  abcès  par  congestion  que  dans 
celui  des  antres  abcès,  ce  qui  pourrait  servir  à  faire  reconnaître  le  lieu  où 
prend  origine  ce  liquide  (13),fait  quilne  faut  accepter  qu*avec  beaucoup  de 
doutes.  Nous  avons  vu  plus  haut  que  Margueron  en  avait  trouvé  dans  b 
sérosité  de  Tampoule  produite  par  les  vésicatoires,  dans  la  proportion  de 
1  pour  100  ;  il  en  a  trouvé  autant  dans  la  sérosité  d*une  phlyclène  pro- 
duite par  Teau  bouillante  et  par  un  sinapisme  (1/i).  Fourcroy  (15)  et  Jordan 
en  ont  trouvé  dans  le  liquide  de  Tascite  (16),  d*nn  kyste  de  Tovaire  (17)  ; 
Wnrzer  dans  celui  de  Thydrocèle  (18).  Fourcroy  en  signale  aussi  dans  le 


(i)  Nicolas,  Mém.ancU.  sur  les  di/fér,  humours  de  Vceil  {Ann.  de 
1793,  t.  XII,  p.  140). 

(2)  Westrumb,  Joum.  de  chim.  de  Crell,  1784,  t.  XII,  p.  140. 

(3)  Fourcroy  et  Vauquelin,  il  tin.  de  chim. ,  1791. 

(4)  HiLDEBRAMn,  Programma  de  alkali  minerait  sanguinis  humant,  Erian- 
gen,  1793. 

(5)  Vauquelin,  Exp&.  sur  letperme  humain  {Ann.  de  ehim.f  1791,  t.  IX, 
p.  64). 

(6)  Jordan,  Ann,  de  chim.  deCrell,  1801,  p.  466. 

(7)  Fourcroy,  Syst.  des  conn.  chim. y  1801,  t.  IX,  p.  225. 

(8)  John,  Laborat.  chim.,  1808,  t.  I,  p.  429. 

(9)  SCHÈRLC,  Mém,  de  VAcad.  royale  de  Suède,  1775-1776,  i.  XXXVi, 
p.  327. 

(10)  Jordan,  loc.  cit.,  1801,  p.  208. 

(11)  GuETTERVoci,  Dc  pure  et  granulatione,  ïo-i'.  Berlin,  1837,  p.  1-19. 

(12)  Martlns  dans  Vogel,  Physiol.-pathol.  Untersueh.  uber  eiter.^  iD-8*. 
Erlangcn,  1838,  p.  66-72. 

(13)  D'Arcet,  Joum.dechir.,  de  Malgaignc,  1845. 

(14)  Margueron,  tJxam,  chim.  delà  sérosité  produite  par  les  remèdes  v^, 
{Ann.  de  chim,,  1793,  t.  XIV,  p.  22:i). 

(15)  FoiRcnoY,  EncycL  mélhod.,  1798,  t.  VII,  p.  309. 

(10)  Jordan,  Ann.  de  chim.  de  Crell,  1  SOI,  p.  50  et  115. 
f  17)  Jordan,  Ann.de  chim.  de  Crell,  1803,  p.  123. 

(18)  \Wv\iZZii,  Seiies  algcmeinc  Journal  der  Chemie,  1805,  l,  V,  p.  662* 


CH.  XXV.  PHOSPHATE  DE  CHAUX  DES  OS.   HISTORIQUE.      297 

liqokie  de  rhydrocéphale,  de  Phydropéricarde,  et  de  l'hydrolhorax  (1). 
Ces  faits  ont  été  depuis  confirmés  par  la  plupart  des  cbimistes  qui  ont  ana- 
lysé les  mêmes  liquides.  Ce  sel  a  également  été  signalé  dans  Thumeur  des 
acéphaloqrstes  par  Jordan  (3).  John  en  a  trouvé  dans  les  crachats  des 
phthisiqnes  (3).  Ghaptal  indique  dans  ses  Éléments  de  chimie  (/|)  un 
dépôt  considérable  de  phosphate  de  chaux  dans  Turine  des  femmes  Supiot 
et  Melin,  dont  tout  le  squelette,  moins  les  dents,  était  atteint  d'ostéo- 
malade.  Fourcroy  a  constaté  le  même  fait  chez  des  individus  se  trouvant 
dans  des  conditions  analogues  (5).  John  Bostock  a  vu  le  phosphate  de 
chaux  réduit  à  la  quantité  de  13,6  pour  100  dans  un  cas  d*ostéomalacie  (6). 
Fourcroy  a  reconnu  que  les  calculs  de  la  glande  lacrymale  (7),  des 
glandes  sallvaires  et  des  amygdales,  le  tarire  des  dents  (8),  étaient  formés 
de  phosphate  de  chaux  avec  un  peu  de  matière  muqueuse.  Tous  les  chi- 
mistes ont  depuis  lors  vérifié  ces  observations.  Il  montra  aussi  que  les 
concrétions  pulmonaires  en  contenaient  beaucoup,  fait  du  reste  déjà  ob- 
servé plus  de  dix  ans  auparavant  par  Nœring  (9).  WoUaston  a  également 
trouvé  que  ce  principe  formait  la  base  des  ossifications  ou  indurations  des 
fausses  membranes  de  la  plèvre  (10).  John  en  a  trouvé  dans  des  concré- 
tions du  foie(ll).|  D'après  Wollaston,  les  concrétions  prostatiques  contien- 
nent principalement  du  phosphate  de  chaux  (12).  Fourcroy  a  constaté  le 
même  fait  pour  les  concrétions  de  la  fosse  navicnlaire,  du  bulbe  et  du 
canal  de  Turètre  (13;.  Le  premier  auteur  qui  ait  signalé  le  phosphate  de 
chaux  dans  les  calculs  vésicaux  est  Linke ,  qui  indiqua  quMl  s*y  trouvait 
en  même  temps  une  substance  animale  (liï).  Giobert(15]etIngenhousz(16) 

(1)  FouBCBOY, /oc.  ci<.,i798,  t.VlI,  p,  309. 

(2)  Jordan,  Ann.  dechim.  de  Crell,  1803,  p.  223. 

(3)  JoHK,  Chemische  Unterstichungen,  Berlin,  1810,  p.  126. 

(4)  Craptal,  Éléments  de  chimie.  Paris,  1790,  in-S**,  t.  III. 

(5)  FoDBCROT,  ilf^.  delà  Société  roy,  de  médecine  de  Paris,  1782-1783, 
p.  488. 

(6)  John  Bostock,  Analysis  of  ihe  hones  of  the  spine  in  a  case  of  moUUies 
oifium  {Medico-chirurgical  transaclions,  in-8*,  1813,  vol.  IV,  p.  38). 

(7)  Fourcroy,  Mém.  de  VInslilut  de  France.  Paris,  an  ix  (1801),  t.  IV. 

(8)  FouRCROT,  An€Uyse  comparée  des  diverses  espèces  de  concrétions  anim. 
etvégét.  (Ann.  de  cfûm.,  1794,  t.  XVI,  p.  63-113). 

(9)  N(BRiN6,ilf^m.  del'Acad,  de  Suède,  1783,  t.  IV,  p.  261. 

(10)  Wollaston,  Philos,  Iransact. ,  1 797 . 

(11)  John,  Tableaux  chimiques  du  règne  animal ,  ia-4''.   Paris,    1816, 
p.  77. 

(12)  Wollaston,  Journal  de  Scherer,  1797,  t.  IV,  p.  375. 

(13)  FouRCROT,  Syst.  des  conn.  chim,  Paris,  1801,  t.  X,  p.  217. 

(14)  Linke,  Dissertaiio  de  urinœ  et  calculorum  analysi.  Gœltingue,  1788. 

(15)  i'iOBERT,  ilfin.  de  chim.  f  1792,  t.  XII,  p.  64. 

(16)  Ingenhousz,  Sur  le  calcul  vésical  (Ann.  de  chimie,  1797,  l,  XXV, 


298  DES  PBIIUCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1**   CLASSE. 

en  ont  lroov(î  également.  Georges  Pearson  trouva  descalcals  ▼ëcdcani  oot« 
tenant  plus  du  tiers  de  leur  poids  de  ce  sel  (1).  Wollaston  (2),  Brngna- 
telii  (3),  Lavoisier  (à),  Vol  ta  et  firugnatelli  (5),  Barthokii  (6)  et  Proust  (7) 
en  trouvèrent  aprj:s  les  précédents  auteurs.  Tant  d^auleurs  en  ont  retroofé 
depuis,  priuci{)alcment  Foiircroy  et  Yauquclin  (8),  qu*il  deviendrait  futl- 
dieux  et  inutile  de  les  citer  tous.  Cependant  nous  devons  mentionner  qnt 
M.Magendie  en  a  trouvé  uni  à  un  peu  de  phosphate  de  magnésie  etd*acidt 
urique  dans  les  concrétions  urinalres  réunies  en  une  espèce  de  grappe 
par  de  petits  poils,  concrétions  auxquelles  il  â  donné  le  Dom  de  graveiU 
pileuse  (9).  Chez  les  autres  mammifères ,  ce  principe  a  également  été 
trouvé  par  1rs  mêmes  auteurs  dans  les  liquides  et  solides  de  rëeonomie. 
Nous  rappellerons  l'analyse  de  la  bile  de  i>œuf  faite  par  M.  Tliénard  (10), 
dans  laquelle  il  indique  la  présence  du  phosphate  de  chaux»  ponr  loi  appli- 
quer les  remarques  déjà  faites  à  propos  du  sulfate  de  sonde*  Hatcliett  (il) 
et  John  (it2)  ont  trouvé  ce  sel  dans  les  muscles  da  bœuf.  Emmert  et 
Reuss  (13),  puis  Vauquelin  (14)  en  trouvèrent  dans  le  chyle  des  ciieTaai. 
Dans  les  ongles  humains,  dans  la  corne  de  bœuf,  de  chamob*  de  chè- 
vre, etc.,  Haldiett  trouva  du  phosphate  de  chaux  (15).  Noos  ne  revln- 
drons  pas,  à  propos  du  lait,  de  la  cx>rne  de  cerf  et  des  os  et  dents  de 
mammifères,  sur  ce  que  nous  avons  dit  du  lait,  des  os  et  dents  ho- 
malnes,  car  ce  serait  répéter  le  titre  des  travaux  que  noos  avons  dtéi 
Nous  en  dirons  autant  à  propos  du  sang,  de  la  synovie  et  des  liquida  de 

(1)  Pea»«o!i,  Mém,  sur  Vurine  et  le  calcul  vésical  [Ann.  de  chimie,  1797, 
t.  XXVI,  p.  il 3). 

(2)  VoLLASTON,  Journ.  de  Scherer,  1797,  t.  IV,  p.  376. 

(3j  Brugnatklli,  Observ.  sur  la  nat,  du  calcul  de  la  vessie  {Ann.  de  dm., 
1798,  t.  XXVIII,  p.  52). 

(4)  I.AvoisiER,  Ann,  de  chim.  de  Crellj  1798,  cah.  IV,  p.  301. 

(5)  VoLTA  cl  Brcgnatelli,  Lettre  à  Fourcroy  sur  Vanalyse  des  calculs  un- 
nairesde  l'homme  et  du  cochon  (Ann.  de  chim. ,  1799,  t.  XXXH,  p.  181). 

(6)  Bartholdi,  Sur  un  calcul  urinaire  de  cochon  {Ann.  de  chim.,  1799, 
t.  XXXII,  p.  185). 

(7)  Proust,  Expér.sur  Vurine  {Ann.  de  chim.,  1800,  t.  XXXVI,  p.  258). 

(8)  FouRCROV,  Syst,  desconn.  chimiq.,  1801,  t.  X. 

(9)  Magkndie,  Mém.  sur  deux  nouvelles  espèces  de  gravelle  {Arch,  gén.  de 
méd.y  1826,  t.  XH,  p.  i69).—  Art.  Gravelle  du  tiict,  de  médecine  él  de  d»- 
rurgie  pratiques,  t.  IX,  p.  237. 

(10)  TiiÉNARD,  Afém.  sur  la  bile  de  bœuf  [BuU.  de  la  Soc.  phUomat.,  1805, 
in-1%  t.  III,  p.  274). 
(il)  Hatchktt,  Ann.  de  chim.  de  Crellj  1801,  p.  460. 

(12)  John,  Laborat,  chim.,  1808,  t.  I.  *■ 

(13)  KvMERT  et  Reuss,  Journal  de  Scherer,  1800,  t.  V,  p.  170. 

(14)  VAiQUELm,  Anal,  du  chyle  de  cheval  {Ann  de  chim.,  1812,  t.  LXXB, 
p.  113). 

(15)  Hatchett,  Philos,  transact.,  1799,  p.  332. 


eu.  XXV.  PHOSPHATE  DE  CHAUX  DES  OS.    HISTORIQUE.     299 

TceiL  Eiooff  etThaer  ont  trouvé  ce  sel  dans  la  bouse  de  vache  (1).  Mac- 
qiiart  (2)  eu  indique  dans  le  suc  gastrique  retiré  du  premier  estomac  oa 
paaie  des  ruminants.  Ce  n'est  encore  que  dans  Purine  de  Thomme  qu'on  t 
trouvé  du  phosphate  de  chaux.  Cependant  nous  verrons  que  certahis  cal- 
culs urinaires  et  du  rein  de  ces  animaux  en  renferment. 

Du  phosphate  de  chaux  a  été  trouvé  par  Pearson  (3)  dans  une  coocré- 
tioD  hitestinale  venant  de  Teslomac  d'un  singe,  et  dans  une  autre  tirée 
de  Tinlestia  d'im  cheval,  dans  des  calculs  urinaires  de  chien,  de  lapin  et 
de  cheval;  Fourcroy  et  Yauquclin  en  ont  vu  dans  un  l)ézoard  d'origine 
IncoQOue  (/i).  ils  en  ont  également  trouvé  dans  des  bézoards  occiden- 
taux (5).  John  en  signale  des  traces  dans  un  brzoard  oriental  (6) ,  Vau- 
qoelin  dans  de  vrais  béxoards  (7).  Fourcroy  indique  (8)  22  pour  100  de 
phosphate  de  chaux  dans  les  calculs  rénaux  urinaires  d'un  cheval,  d'un 
bœuf,  et  dans  celui  d'un  chat.  Bertholdi  (9}  a  trouvé  un  calcul  urinairc 
de  porc  presque  entièrement  formé  de  ce  sel.  Des  Ibits  analogues  ont  été 
constatés  sur  de  nombreuses  concrétions  des  mêmes  animaux  que  nous 
TCDOos  de  citer  par  beaucoup  de  cliimistcs. 

Dans  un  kyste  adhérent  au  bord  libre  du  foie,  la  matière  contenue,  au 
lieu  d'être  de  la  graisse,  comme  on  le  trouve  ordinairement,  était  princi- 
palement du  phosphate  de  chaux.  Laugier  fuit  remarquer  qu'habituelle- 
neot  cette  substance  se  trouve  plutôt  dans  les  parois  du  kyste  que  dans  sa 
cavité  (10).  Vauquelin  en  a  trouvé  avec  beaucoup  de  carbonate  de  la 
même  base  dans  des  concrétions  salivaires  d'un  éléphant  (11).  M.  Las- 
saigne  a  trouvé  ce  sel  dans  tme  tumeur  cérébrale  et  un  squirrhe  du  cheval, 


(1)  EiMOFF  et  Thirr,  Mém.  sur  lesexcrém.  des  anim,  {Neues  algem.  Journ, 
der  Chem.,  1803,  t.  Ill,  p.  276). 

(2)  Macqdabt,  Mém.  de  la  Soc.  deméd.  de  VariSy  1786,  p.  355. 

(3)  Peabsqn,  Ann.  de  chim,  de  Crell,  1798,  p.  486. 

(4)  FonactOT  et  Vauquelin,  Ann.  du  Mus.  d:hist.   nat.,  1803,  t.  IV, 
p.  329). 

(5)  FouacROT  et  Vauqueun,  toc.  cit.,  1803,  p.  112. 

(6)  JoHH,  Chemische  Untersuch.  anim.  veget.  und  miner.  Substanzen,  1811, 
t.  lil,  p.  37. 

(7)  Vauquelw,  Quest.  sur  la  formai,  des  bézoards  intest,  {Ann.  de  chim., 
1812,  t.  LXXXlll,  p.  36). 

(8)  Fourcroy,  loc.  cit.  {Ann.  de  chim.,  1794,  t.  XVI,  p.  43). 

(9)  Bestboldi,  Journ.  de  Scherer,  1800,  t.  V,  p.  121. 

(10;  Laugier,  Noie  sur  une  mal.  renfeimée  dans  un  Icysle  qui  se  trouvait 
au  Icfdlibre  du  foie  dans  le  cadavre  d'une  femme  Agée  d'environ  soixante-dix 
ans  {Ann.  de  phys.  et  de  chim.,  1816,  t.  Ill,  p.  126). 

(11)  Vauqueu»,  Anal,  d'une  espèce  de  concret,  trouvée  dans  les  glandes 
maxUl,  de  l'éléphant  mort  au  Mus.  d'hist.  natur.  {Ann.  de  phys.  et  de  chim., 
1817,  t.  VI,  p.  398,  et  Journ,  de  pharm.,  1817,  t.  lll,  p.  208). 


300  DES   IMIINCIPES   IMMÉDIATS   EN    PARTICULIER.    1"  CLASSE. 

ainsi  que  dans  des  concrétions  de  vache  et  de  tanrean  phthMques  (i), 
M.  Matteucci  en  signale  aussi  dans  un  cerveau  ouifié  atec  da  carbo- 
nate de  chaux,  et  surtout  beaucoup  d*osiiiaz6me  (!2).  MM.  BdRjet  Benry 
en  ont  vu  13,51  pour  100  dans  un  calcul  biliaire  d*une  fenune,  leqael 
contenait  en  outre  73,70  pour  100  de  carbonate  de  chaux  (3).  M.  Lai- 
salgne  en  a  trouvé  de  35  à  â5  pour  100  dans  les  tubercules  polmonaires 
du  cheval  (A)  ;  il  a  également  reconnu  que  les  concrétions  dites  osiiflca* 
tions  des  artères  de  cheval  sont  formées  en  grande  partie  de  phosphate 
de  chaux  et  d*un  peu  du  carbonate  de  cette  base  (5).  H  résulte  dea  re- 
cherches de  M.  Bosson,  que  les  calculs  saUvaires  chei  lliomnie  diflèrcat 
de  ceux  des  herbivores  par  la  grande  quantité  de  phosphate  de  diauz, 
tandis  que  c*est  le  carbonate  qui  remporte  chei  cenx-d  (S).  Brandes  a 
observé  le  phosphate  de  chaux  constituant  en  grande  partie  im  cakol 
pulmonaire;  il  y  avait  aussi  du  carbonate  de  cette  base  et  de  magnéA 
avec  de  la  matière  animale  (7).  Collard  de  Martigny  a  troa^é  une  com- 
position analogue  à  des  calculs  nasaux  ;  il  y  avait  en  outre  im  peu  de  dice 
et  de  graisse  (8).  lie  phosphate  de  chaux  a  été  va  formant  en  grande  pa^ 
tie ,  avec  on  peu  de  carbonate  de  chaux  et  de  soude  et  de  la  maHèie  ani- 
male, une  concrétion  testiculaire  d*un  vieillard  (9).  M.  Lassaigne  indique 
une  composition  analogue  pour  une  incrustation  qui  entourait  la  partie 
antérieure  du  cristallin  d'un  cheval  (10).  M.  Poggiale  a  vaamsiy  oomiBeli 
plupart  des  autres  auteurs,  lescalculssalivairesibrmés  presque  entièrement 
de  phosphate  de  chaux  et  de  matière  animale  (11  ).  M.  Pré^d  a  troové  aae 
concrétion  du  larynx  formée  en  grande  partie  de  phosphate  dechaQx(lS). 


(1)  Lassaigne,  Anal,  de  plus,  calcult  et  concret,  trouv.  dam  diff, 
{Ann,  de  phys.  ^dechim,,  1818,  t.  IX,  p.  325). 

(2)  Ch.  Matteucci,  Exam.  chkn,  (Tun  cerv,  o$$ifé  {ànn.  de  PMfS.  et  de 
chim.,  1849,  t.  XUI,  p.  333). 

(3)  Bailly  et  Henby,  Analyse  d'un  calcul  hUiatre  formé  prineipalemeel 
de  carbonate  de  chaux  {Joum,  de  pharm,,  1830,  t.  XVI,  p.  196). 

(4)  Lassaigne,  Journ.de  méd.  vétér.^  1838,  p.  98. 

(5)  Lassaigne, /oum.  de  chtm.  mëd.,  1827,  t.  IH,  p.  157. 

(6)  Bosson,  Exam.  chim,  d^un  calcul  sativatre  {Joum.  de  Mm.  mAI, 
1829,  t.  V,  p.  591). 

(7)  Bbandes,  Anal,  d'un  calcul  pulm.  {Joum.  de  cMm.  méd.^  1831,  t.  Vil). 

(8)  Collard  de  Martignt,  Anal,  de  calculs  nasaux  {Joum.  de  cM».  mAI, 
1831,  l.  VU,  p.  723). 

(9;  Tbevet,  Anal,  chimiq.  d'une  concret,  caleaêre  extraite  du  te$iie^£m 
vieillard  après  sa  mort  {Joum.  de  chim,  méd.t  i831 ,  t.  YII,  p.  107)* 

(10)  1/assatgne,  Exam,  chimiq.  d'une  mat.  concrète  qui  s'était  êMhffk 
sur  le  cristallin  d'un  cheval  {Joum.  de  chim.  méd,,  1833,  t.  IX,  p.  5S3). 

(11)  Poggiale,  Anal,  chimiq.  de  deux  concret,  calculeuses  dei conésdH dtt 
glandes saliv.  deVhomme  (.Wm.  delà  Soc,  roy.  des  se.  de  Litle,  lS38,p.SS)* 

(12)  Pbévkl,  Exam.  chim.  d'une  concret,  du  larynx,  ou  autres  petsiêetdtt 
voies  aériennes  {Joum  dechm.  méd,,  1826,  t.  II,  p.  279). 


CH.  YXV.  PHOSPHATE  DE  CHAUX  DES  OS.  HISTORIQUE.      301 

M.  Laisaigiie  rindfquc  comme  consUiuant,  avec  du  carbonate  de  cette 
base  et  un  pea  de  matière  animale»  les  concrétions  du  mésentère  d*un 
taoreaa  (i).  M.  S.  Déni:»  Ta  signalé  comme  formant  en  grande  partie,  avec 
da  carbonate  de  cbaax  et  du  mucus,  le  résidu  sec  de  Tenduit  saburral  de 
la  langue  dans  rembarras  gastrique  (2).  M.  Morin  a  analysé  un  calcul  formé 
de  trolt  parties  d'aspects  dUTérents  dans  lesquelles  le  phosphate  et  le  carbo- 
nate de  chaux  existaient  avec  un  peu  de  matière  organique,  mais  partout  en 
pit^intioiis  différentes  (3).  Laugier  a  trouvé  du  phosphate  de  chaux  avec 
da  carbonate  de  soude  et  des  chlorures  de  sodium  et  de  potassium  dans 
les  fausses  membranes  de  la  plèvre  (A).  M.  Lâ-ssaignc  a  constaté  que  les 
cakols  i^DStatiques  étaient ,  en  grande  partie ,  formés  par  le  phosphate 
decbaox,  avec  im  peu  de  carl)onate  et  de  matière  animale  (5).  D'après  lui, 
le  cément  (6)  dentaire  de  la  vache  contient  53,8â  de  phosphate  de  chaux, 
^  pea  près  comme  les  os,  et  il  existe  du  phosphaté  de  chaux  basique 
dans  la  bile  du  fœtus  de  vache ,  mais  pas  dans  l'urine  du  même  ani- 
mal G^).  IL  Lassaigne  a  démontré  expérimentalement  que  les  urines  de 
Te^èce  bovine  contiennent  beaucoup  plus  de  phosphate  de  chaux  que  celles 
deTe^èce  humaine  ($).  Brandesa  trouvé  ce  sel  comme  constituant,  entrés 
grande  proportion,  des  concrétions  nasales  ;  le  reste  était  du  carl>onate  de 
chaox^da  sel  marin,  de  la  matière  animale  et  de  l'eau  (9}.  Frerichs  indique 
la  présence  de  ce  sel,  en  même  temps  que  des  phosphates  de  soude  et  de 
magnésie  et  des  carbonates  calcahres  dans  le  suc  pancréatique  (10)  ;  déjà 
Tiedemann  et  Gmdhi  avaient  noté  ce  fait.  M.  Lassaigne  l'a  vu  également 

(1)  Lasbakih,  Anai,  de$  concret,  trouvées  dans  un  kysle  situé  dans  le 
«âsnl.  d'vm  taureau  affecté  de  phthisie  tul>erculeuse  {Joum.  de  chim.  méd., 

1 826,  un, p.  521). 

(2)  S.  Duos,  Exam.  ehimiq.  de  l'enduit  dit  saJ>urràl  de  la  langue  {Joum,  do 
Mm.  inétf.,  1826,  t  II,  p.  340). 

(3)  Motui,  Anal,  d'un  caicul  urmaire  (Joum,  de  chim,  méd,,  1827,  t.  IH, 
p.  222). 

(4)  LkUGVUf  Exam»  chim,  des  fatisses  membr,  recueillies  sur  la  plèvre  d^une 
femme  décidée  à  la  suite  d'une  pleuro-pneumonie  {Joum.  de  chim,  méd., 

1827,  U  m,  p.  419). 

(5)  Lassaichx,  De  plusieurs  cdlculs  trouvés  dans  la  prostaie  chest  Vhomme 
(Joum,  de  chim,  méd.,  1828,  t.  IV,  p.  126}. 

(6)  Lassaighs,  Anal,  chkn,  du  cément  des  dents  de  vache  (Joum,  de  chim, 
méd,,  1828,  t.  IV,  p.  201). 

(7)  Lassahshb,  Observ,  sur  la  composit,  chim,  de  la  bUe  et  de  Vurme  du 
foUus  de  vache  (Joum.  de  pharm.,  1820,  t.  VI,  p.  376). 

(8)  LASSAWins,  Nouv.  observ.  sur  les  calculs  urin,  et  rurine  dans  Vespèce 
hovime  {Joum,  de  chkn,  méd.,  1838,  t.  IV,  p.  49). 

(9)  BaARD0,  Anal,  des  concret,  nasales  (Joum.  de  chim.  méd,,  1839,  t.  V, 
p.  243). 

(10)  Fanicas,  Handwoerterbuch  der  Physiol,,  von  R.  Wagner,  art.  Ver- 
DAum,  t.  m,  1**  part.,  1846,  p.  845. 


S02  DBS   PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER,   i**  CLASSE. 

dans  UD  rein  (1)  dans  la  proportion  de  3,5  contre  i  de  carbonate  de  ehiox. 
M.  Lassaigne  indique  ce  sel  comme  formant  en  grande  partie  les  concré- 
tions diverses  trouvées  dans  les  ganglions  d'un  cheval  ;  il  y  avait  aussi 
un  peu  de  cari>onate  de  chaux,  et  le  reste  était  de  la  matière  animale  (3). 
C'est  M.  Nélaton  qui  a  démontrti  la  fausseté  de  l'opinion  de  ceox  qui  ex* 
pUquaient  l'accroissement  continu  de  la  densité  et  de  la  fragilité  des  os, 
à  partir  de  l'enfance,  la  diminution  de  l'élasticité  et  de  leur  activité  natrl- 
tive,  par  une  accumulation  graduelle  de  phosphate  de  chaux.  •  Tal  pu, 
dit-il,  me  convaincre  par  une  série  d'expériences  que  les  proporlloas  de 
parties  terreuses  et  organiques  sont  les  mêmes  à  tous  les  Ages  de  la  vie. 
Le  tissu  osseux  n'est  pas  seulement  un  mélange  de  gélatine  et  de  sels 
calcaires;  il  y  a  combinaison  entre  ces  deux  éléments,  et  cette  combinai- 
son s'opère  constamment  dans  les  mêmes  proportions  »  (3).  MM.  Nélaton 
et  Sappey  ont  repris  ces  expériences  sur  des  sujets  des  deox  sexes,  de  5, 
de  225  et  70  ans,  et  ils  ont  trouvé,  par  la  calcination  comme  par  Templot 
des  agents  chimiques,  que  le  phosphate  calcaire  et  les  autres  sels  élaieat 
partout  à  la  substance  organique  comme  68  à  39  (A).  Diaprés  la  présence 
constante  du  phosphate  de  chaux  dans  les  substances  asotén,  et  en  par- 
tkulier  dans  les  humeurs  plastiques,  dans  quelques  œllulet  du  corps 
animai  encroûtées  pathologiquement ,  L«limann  pense  que  ce  pHnctpe 
joue  un  rOle  dans  les  métamorpliose  des  substances  animales,  et  en  par- 
ticulier dans  la  formation  et  la  transformation  des  cellules  (5).  Beneke 
pense  de  plus  que  les  maladies  aiguës  s'accompagnent  d'une  augmentatloD 
des  phosphates  de  ciiaux  dans  Turine  (6)  ;  mais  ileller ,  en  analysant  ce 
travail,  liait  remarquer  que,  bien  qu'il  n'ait  pas  rencontré  de  ménliighe 
sans  augmenlaliuu  du  pliosphatc  de  cliaux  dans  l'urine,  rémadMion  ne 
marche  pas  paralièlon)t:nt  à  celte  augmentation,  llarling  a  Gguré  le  phos- 
phate de  chaux,  soii  sous  forme  de  masses  irrégulières,  soit  à  l'état  de 
poussière  amorphe  (7). 

(1)  Lassaigne,  Observ.  sur  une  ouiflcat.  complète  d^un  rein  chez  U  dmé 
(Jaurn.dechmt.  méd,,  1848,  t.  VI,  p.  223). 

(2;  i«ASSAiGNK,  Exam.  chimiq,  de  concret,  blanches  granuliformes  trou/oées 
dans  (es  ganglions  mét^enlér.  et  d'autres  tissus,  chez  un  cheval  mori  à  latukê 
d'une enieromésentérite  (Journ.  de  cUim,  méd.,  1815,  t.  II,  p.  4;. 

(3)  Nèlaton,  Eléments  de  pathotoyie  chirurgicale,  Paris,  1844,  in-8%  1 1. 

(4)  Sappev,  Manuel  d'anatomie  descriptive,  l'aris,  1847,  in-8*,  t.  I,  p.  10. 

(5)  Leumamn,  Lehrbuch  der  physiolugischen  Chcinie.  Leipzig,  in-8',  1850| 
vol.  1,  p.  487. 

(6)  Bemlkk,  Der  phosphorsaure  Kalk  in  physiologischer  und  paUiologitekr 
Ueziehung  (The  Lancet.,  Londoii,  18:»1,  ii*^  25  et  26;  et  Archiv  fUrph^tto- 
loyiscne  und  pathologische  Chemie  und  Mikroskopie,  Wien,  1852,  in-S'itelt 
i  uud  2,  p.  52;. 

(7)  P.  Hartimg  ,  Ilet  micoskoopf  dcszelfs  Gebruik,  Gesckiôdênis  sn  T^êê' 
woordige  toestand.  Utrechl,  1848,  vol.  111,  pi.  m,  fig.  60). 


CH.  XXVI.  PHOSPHATE  ACIDE  DE  CHAUX.        803 


CHAPITRE  XXVI. 


PHOSPHATE  ACIDE  DE  CHAUX. 


Sf  BMiymie  :  Phosphate  acidulé  de  chaux ,  hiphosphate  de'  chaux  (2  CaO.IIO 
-|-PI>0'*  3  HO).  Ctài  le  composé  qui  est  appelé  phoitphate  acide  de  chaux. 

907.  —  Nous  avons  reneonlré  ce  principe  dans  Turinc 
d'homme  et  dans  celle  de  chien. 

Il  s'y  trouve  en  proportion  variable,  plus  grande  chez  le 
second  que  chez  le  premier,  mais  nous  n'avons  pu  en  préciser 
la  quantité. 

908.  —  Il  est  dans  Torganisme  à  l'état  liquide  par  dissolu- 
tion ;  cet  état  se  trouve  favorisé  sans  doute  par  la  présence 
de  l'acide  carbonique  de  l'urine  et  surtout  des  phosphates  de 
soude.  C'est  en  effet  avec  l'urate  de  soude  le  premier  sel  de 
l'urine  qui  cristallise  par  évaporation  de  ce  liquide.  Il  prend 
ainsi  part  à  la  constitution  de  l'urine  comme  les  sels  dont 
nous  avons  déjà  parlé.  En  général,  il  commence  à  se  déposer 
quand  le  volume  de  l'urine  qu'on  évapore  a  diminué  du  tiers 
ou  de  moitié,  et  encore  plutôt  chez  le  chien. 

909. — On  sait  que  les  acides,  même  faibles,  ont  lapropriété 
d'enlever  aux  sels  neutres  ou  basiques  une  portion  de  leur 
oxyde  avec  lequel  ils  se  combinent.  Le  sel  neutre,  de  son  côté, 
devient  sel  acide.  On  a,  de  plus  observé,  que  l'acide  urique, 
quoique  rougissant  à  peine  le  tournesol,  exerce  cette  action 
sur  le  phosphate  de  soude,  qui  devient  ainsi  phosphate  acide, 
rougissant  nettement  et  d'une  manière  franche  le  papier 
réactif  bleu.  Il  est  probable  que  le  phosphate  |de  chaux  indi- 
qué sous  le  nom  de  phosphate  acide  ou  de  hiphosphate  de 
diaux,  que  plusieurs  auteurs  disent  se  trouver  dans  le 
suc  gastrique,  est  formé  de  la  même  manière,  c'est-à-dire 
par  action  de  l'acide  lactique  sur  le  phosphate  basique  de 
chaux  étudié  dans  le  chapitre  précédent.  Si  le  fait  est  re- 
connu vrai,  il  faudra  admettre  que  l'acidité  du  suc  gas- 
trique n'est  pas  due  à  un  seul  principe ,  l'acide  lactique , 


80&  DES   PRINCIPES   IMMÉDIATS   EN   PARTICULIER.    1'*   CLASSE. 

mais  à  la  fois  à  ce  pliosplmle  acide  et  à  Tacide  lactique. 
Il  est  probable  aussi  que  celui  qui  existe  dans  les  urines  se 
forme  dans  les  mêmes  conditions.  Déjà  Fourcroy  et  Vauquelin 
avaient  noté  ce  passage  du  phosphate  de  chaux  des  os  à  l'état  de 
phosphate  acidulé  au  contact  des  acides  môme  assez  faibles. 

910.  —  Extractwn*  Toute  la  quantité  du  sel  dont  nous  parlons,  con- 
tenue dans  une  urine ,  ne  cristallise  pas  constamment  II  forme  à  la  sorfiMe 
du  liquide  qu^on  évapore  une  couclie  amorphe  qui  réunit  en  groqies  ks 
amas  sphériques  noirâtres  d*urate  de  soude.  Lorsqu^fl  cristallise,  ce  qni 
tient  sans  doute  aux  conditions  dans  lesquelles  on  évapore.  Il  est  tou- 
jours accompagné  de  cette  matière  amorphe  qui  les  maintient  réunit  a 
groupes  avec  Furate  de  soude.  Les  cristaux  (pi.  IH,  fig.  i)  ont  tons  li 
forme  d'hémi-ocUèdres  allongés,  dérivant  du  prisme  droit  4  btie 
rectangle.  Les  uns  sont  volumineux  (a,  a),  les  autres  très  petits  (6,  6). 
Ils  peuvent  être  isolés  comme  les  précédents,  mais  la  plupart  sont  rénnis 
les  uns  aux  autres  de  diverses  manières,  soit  deux  à  deux  (c),  soit  ci 
groupes  plus  volumineux  {d,  e).  Ils  sont  solubles  dans  Tadde  acétique. 

Chez  le  chien  surtout,  quand  Turincest  très  acide,  on  trouve  une  grande 
quantité  de  ces  cristaux  de  même  volume  que  les  précédents.  Il  en  exiMe 
en  même  temps  beaucoup  de  très  petits,  soit  isolés,  soit  groupés  {k^j).  Oi 
en  trouve  en  même  temps  d'autres  très  volumineux  présentant  diverses 
formes,  par  suite  de  décrolssement  sur  les  arêtes  (/,  o).  On  rencontre  sor- 
lout  plus  souvent  que  chez  Thomme  des  formes  ayant  la  disposition  de 
lamelles  Isolées  (n)  ou  groupées  de  diverses  manières  (t.  m,  A),  et  for- 
mant des  amas  assez  considérables.  Plusieurs  de  ces  groupes  lamelleui 
conservent  la  forme  très  régulière  {g)  dliémi-octaèdres  allongés. 

Ces  cristaux  sont  incolores,  transparents  ;  leurs  arêtes  sont  nettes,  ki 
angles  dièdres  sont  très  tranchants  ;  ils  réfractent  peu  la  lumière.  Tooi 
ces  caractères  leur  donnent  un  aspect  dur,  minéral  en  quelque  sorte,  qui 
empêche  de  les  confondre  avec  d'autres  principes. 

911.  —  Hiitorique,  Quoique  nous  ayons  déjà  signalé  plusieurs  des  au- 
teurs qui  ont  parlé  du  phosphate  acide  de  chaux  dans  les  urines,  en  fri- 
sant rhistorique  du  phosphate  des  os,  nous  devons  indiquer  encore  quel- 
ques faits  historiques  se  rapportant  à  sa  présence  dans  Turine. 

Dans  toutes  les  analyses  de  Turine  des  anciens  chimistes,  Jusqu^ft  Schèele, 
les  phosphates  de  chaux  contenus  dans  ce  liquide  sont  méconnus,  non 
pas  quant  à  leur  existence,  mais  quant  à  leur  nature.  Ils  sont  désigoéf 
sous  le  nom  de  sélénitc,  ils  sont  confondus  avec  cette  substance.  Ce  frtci 
4775  que  Schèele  en  détermina  la  véritable  nature  (1).  Après  lui  qoelqnei 

(I)  ScBÈELE,  Mén.deVAcad.  roy,  des  se.  de  Suède,  177S-I776,  t.  XXXYI, 
p.  327. 


CH.  XXVI.  PHOSPHATE  ACIDE  DE  CHAUX  •   HISTORIQUE.      S05 

aotears  confondent  encore  ce  principe  avec  la  sélénite  (1),  et  il  faut  aller 
Jiuqa'en  1798  poar  voir  le  fait  généralement  adopté  (2).  Le  phosphate 
adde  de  chaux,  diaprés  Brugnatelli»  se  trouverait  quelquefois»  dans  cer- 
tains calculs»  à  rétat  cristallisé  ;  il  se  rencontrerait  aussi»  diaprés  Walther» 
dans  quelques  graviers.  Fourcroy  (3)  distingue  bien  dans  ses  mémohres  le 
phosphate  acide  de  chaux  des  calculs  des  mammifères  du  phosphate 
ordinaire  ;  il  le  trouve  plus  friable,  d'une  saveur  un  peu  âpre  et  acide» 
formant  des  couches  lisses»  faciles  à  séparer.  U  est  soluble  dans  Tean 
chaude,  etc.  Brugnatelli  (A)  Ta  trouvé  uni  au  phosphate  ammoniaco- 
magnésien»  ayant  une  couleur  blanche  et  lisse  ;  au  centre  était  une  masse 
cendrée  formée  de  ce  phosphate  acide  présentant  sur  un  de  ses  côtés  des 
groupes  de  cristaux  prismatiques  transparents.  Il  y  avait  des  cristaux  de 
même  nature  à  la  face  interne  cornue  de  Tenveloppe  de  ce  noyau»  et  dans 
une  fente  longitudinale  qu^elle  présentait  Ces  cristaux  étaient  du  phosphate 
adde  pur.  En  général»  quand  il  y  en  a  dans  les  calculs,  il  présente  Taspect 
cristallin»  est  disposé  en  lamelles»  et  la  cassure  offre  des  stries  perpendi- 
culaires à  la  circonférence  du  calcul  ^  cette  disposition  se  voit  surtout  dans 
les  calculs  prostatiques  (5).  Morindit  avoir  trouvé  que  Tacide  libre  dePurine 
n^est  pas  de  Tadde  lactique»  mais  bien  du  phosphate  de  chaux  acide  (6). 
Du  reste»  il  faut  remarquer  que  jusqu'à  présent  Texistence  des  deux 
phosphates  dans  Turhie  n*a  été  nettement  établie  par  aucun  chimiste.  Les 
analyses  les  plus  récentes  n*en  signalent  qu^un  seul»  et  elles  ne  font  même 
pas  mention  de  l'espèce  de  phosphate  dont  il  s^agit.  L'existence  bien  posi- 
tive du  phosphate  adde  de  chaux  dont  nous  parlons  id  dans  Turine  de 
l^mme  et  des  carnivores  doit  empêcher  de  considérer  comme  bien 
exacts  les  chiffres  qui  dans  le  chapitre  précédent  indiquent  la  quantité  de 
phosphate  de  chaux  basique  dans  Turine  de  ces  animaux  ;  car  le  même 
chiffre  comprend  deux  espèces  de  principes. 

(1)  GviLm,  Grundriss  der  àllgemeine  Ch&nie,  Gœttingue,  1789,  t.  H» 
p.  730. 

(S)  CimcKSBAHK»  Case$'pfdiabet9snielUtm,  by  /ohn  AoUo.  Londres»  1798, 
p.  438. 

(3)  FouBCiOT,  Mémoire  tur  lenonUtre,  la  nature  et  les  caractères  dUtinctif s 
des  différwm  matiriaux  qui  forment  les  calculs,  les  bézoards  et  les  diversee 
concrétions  des  animaux  {Ânn.  du  Muséum  d'hist,  nat,,  in-4'',  Paris,  1802» 
p.  93-lOS). 

(4)  BicGHATELLi,  loc.  cU^  (ititi.  dechtm.^  an  vii»  t.  XXVIII,  p.  52,  et  loc. 
cit.,  1819). 

(5)  PiooT,  An  inquiry  into  the  nature  and  treatment  of  gravel,  calctUus 
and  otherdiseases  connecteduHth  a  deranged  opération  of  the  urinary  organs, 
in-8\  Londoo»  1821,  pi.  I,  p.  128. 

(6)  MoiiR,  Observ.  surlaconstit.  des  urines  [Journ.  de  chim,  et  depharm  » 
1843,  t.  m,  p.  351). 

n.  20 


806  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  I^AIiTlCULtÉn.   1**  CLAnB. 

.M.  Lassaigne  a  été  conduit  à  reconnaître  {Mf  ses  {«cherches  qae  k  bl- 
phosphate  de  diaax  n'existe  pas  dans  le  sac  gastrique,  mab  qa^il  n^  a 
que  du  phosphate  de  chaux  dissons  par  Pacfde  lactique  (!). 

CHAPITRE  XXVII. 

PHOSPHATE     DE    MAGNÉSIB. 

Synonymie  :  Magnésie  photphaiée,  Ph0^3  lffgÔ.7  HO. 

9iS.  —  Le  phosphate  de  magnésie  se  rencontre  dans  tous 
les  tissus  et  toutes  les  humeurs  du  corps  des  mammifères.  Il 
n'existe  du  reste  jamais  qu*en  petite  quantité  dans  chacun 
d^eux.  Liebig  a  montré  qu*il  est  plus  abondant  que  le  phos- 
phate de  chaux  dans  la  chair  musculaire.  Il  manque  com« 
plétement  ou  à  peu  près  dans  l'urine  des  herbivores,  mais 
abonde  dans  leurs  fèces. 

918.  — Ce  principe  immédiat  se  rencontre  quelquefois  sous 
forme  cristalline  dans  Téconomie.  D^abord,  c'est  à  lui  qu'est 
dû  l'aspect  trouble,  jaunâtre  que  présente  ordinairement 
l'urine  des  lapins  domestiques.  (Nous  avons  vu  que  cependant, 
lorsqu'ils  reçoivent  des  aliments  principalement  herbacés , 
c'est  du  carbonate  de  chaux  cristallisé  que  renferme  cette 
humeur.)  Ce  trouble  est  dû  au  dépôt  abondant  de  phosphate 
de  magnésie  à  l'état  cristallin.  Ces  cristaux,  tant  que  l'urine 
est  récemment  formée  et  chaude,  sont  pour  la  plupart  allon- 
gés ,  à  bords  mousses  ou  minces  et  onduleux  ,  à  extrémités 
amincies ,  mais  terminées  par  des  lignes  courbes  ou  ondu- 
leuses  ;  en  un  mot,  beaucoup  sont  encore  mal  formés.  Plus 
l'urine  est  depuis  longtemps  dans  la  vessie ,  plus  est  consi- 
dérable le  volume  des  cristaux  ;  plus  ils  sont  nettement  déli- 
mités, mieux  les  angles  sont  formés  et  les  arôtes  rectîlignes. 
Enfin,  quand  l'urine  est  froide  et  même  avant  qu'elle  le  soit 
tout  à  fait,  on  voit  que  l'urine  forme  un  dépôt  cristallin,  bril- 
lant, constitué  par  un  mélange  des  cristaux  figurés  dans  la 
planche  X,rig.  1.  Ils  appartiennent  au  cinquième  type,  ou  du 

(1)  Lassaigne,  Nouv.  rech.  chimiq,  sur  le  principe  gui  donne  au  sue  gat» 
trique  son  acidUé  (Journ.  de  chim.  méd,,  lS4i,  t.  X,  p.  73  et  tS3}. 


GË.  XXYIL  raOSPHATE  DE  MAGNÉSIE.  SA  FORME.        807 

prinne  oblique  i  base  rhomboîdale.  Mais  tous  présentent 
des  décroissements  sur  deux  des  arêtes  verticales  qui  en 
font  des  prismes  i  six  pans  (a,  6,  e,  f)  ;  en  même  temps  il  y  a 
ordinairement  une  facette  de  décroissement  sur  deux  des 
angles  dièdres  de  la  base  (i,  c,  /*,  d).  Les  figures  /*,  f  montrent 
les  différentes  situations  des  mêmes  cristaux.  Quelquefois  il 
y  a  une  facette  sur  chacun  des  quatre  angles,  sans  modifica- 
tion des  arêtes  yertiî^ales  ;  le  prisme  se  termine  alors  en  pyra- 
mide (g).  Ces  cristaux  sont  rarement  isolés  ;  les  groupes  dans 
le  genre  de  a  et  d  sont  les  plus  fréquents,  puis  viennent  les 
cristaux  disposés  plus  ou  moins  régulièrement  comme  h  et  c. 
II  y  a  ailsez  fréquemment  des  aiguilles,  plus  ou  moins  régu- 
lières (eomme  A),  formées  par  un  seul  ou  deux  cristaux  réunis 
bout  i  bout,  et  terminés  soit  par  une  face  plane,  soit  par  un 
Inseau.  On  trouve  enfin  quelques  prismes  qui  présentent  des 
fiMettes  de  décroissement  tant  sur  les  arêtes  que  sur  les  angleâ 
de  la  base  (comme  en  e). 

Lorsque  les  lapins  ne  mangent  que  peu  ou  fort  peu  de 
Adatières  herbacées,  elles  sont  rendues  claires  et  neutres  ou 
i  peine  alcalines.  Par  le  refroidissement  elles  laissent  alors 
-déposer  des  groupes  cristallins  volumineux  très  allongés.  Ils 
sont  formés  de  prismes  à  base  rhombe ,  d*aiguilles  et  de  la- 
melles réunies  ensemble  dans  le  sens  de  la  longueur  (pi.  II , 
flg.  1,  M).  Les  prismes  ou  lamelles  peuvent  ou  non  présenter 
des  décroissements  sur  les  arêtes  de  la  base  {x) ,  ou  sur  les 
grandes  arêtes  (s).  On  trouve  beaucoup  de  ces  groupes  d'ai- 
guilles, lamelles  et  prismes  allongés,  réunis  eux-mêmes  par 
leurs  extrémités,  de  manière  à  former  de  grands  amas  étoiles 
tisibles  iFœil  nu  sous  forme  d*aiguilles  brillantes  (pi.  II, 
fis*  ^f  y^  ')•  Ces  groupes  sont  adhérents  aux  parois  du  vase,  soit 
vers  la  surface,  soit  vers  le  fond,  et  si  Turine  est  dans  un  tube, 
ils  occupent  quelquefois,  en  se  réunissant  les  uns  aux  autres, 
le  diamètre  total  de  celui-ci. 

Chez  Fhomme  et  chez  tous  les  mammifères  domestiques, 
l'un  de  nous  a  trouvé  ces  mêmes  cristaux  de  phosphate  de  ma- 
gnésie, dans  le  pus  d*un  très  grand  nombre  d'organes,  dans 


SOS   DES  PRINCIPES  iMMÉDlATS  KM  PARTICULIER.  1**  CLASSE. 

la  sérosilé  d*un  cerlain  nombre  de  kysles  avec  ou  sans  épân- 
chements  sanguins  (ovaire,  mamelle,  épididyme,  etc.) ,  dans 
la  sérosité  et  le  pus  de  la  plèvre  et  du  péritoine  dans  des  cas 
de  pleurésie  chronique  et  de  cancer  de  l'ovaire.  Ce  sont  ces 
cristaux  que  M.  Lebert  et  autres  auteurs  ont  décrits  etfigu» 
rés  dans  le  pus  des  abcès.  On  en  trouve  assez  souvent  à  la 
surface  des  os  cariés  ou  nécrosés,  dans  le  liquide  qui  les  baigne, 
dans  le  pus  fourni  par  la  matrice  des  ongles  malades.  Nous 
en  avons  trouvé  constamment  dans  le  liquide  purulent  fourni 
par  la  matrice  du  sabot  du  cheval ,  sur  quelques  pièces  que 
M/ le  professeur  Bouley  a  eu  Tobligeance  de  nous  remettre. 

Ces  cristaux  présentent  les  mêmes  formes  décrites  plus 
haut  dans  les  sels  retirés  de  l'urine  du  lapin.  Seulement,  ils 
n'ont  pas,  comme  ces  derniers,  une  légère  teinte  ombrée.  Ils 
sont  à  peu  près  incolores.  Les  formes  a,  6,  c  (pi.  X,  fig.  2} 
sont  habituellement  les  plus  fréquentes,  surtout  dans  les 
séreusesetles  synoviales  ;  puis  viennent  les  formes  if,  qui  sont 
assez  rares  et  enfin  les  groupes  e ,  /*.  Les  prismes  à  six  pans  (e) 
sont  moins  nombreux  dans  ces  liquides  (où  ils  manquent 
quelquefois)  que  dans  l'urine  de  lapin. 

91i.  —  Les  os  des  herbivores  contiennent  plus  de  phos- 
phate de  magnésie  que  ceux  de  l'homme  et  des  carnivores. 
Berzelius  trouve  dans  un  os  humain  1,16  pour  100  de  phos- 
phate de  magnésie,  dans  un  os  de  boeuf  2,05  pour  100.  Dans 
les  diflërentes  conditions  physiologiques  et  pathologiques,  la 
quantité  de  phosphate  de  magnésie  augmente  ou  diminue 
proportionnellement  à  la  quantité  de  phosphate  de  chaux 
contenue  dans  l'os. 

L'analyse  des  cendres  des  tissus  et  humeurs  animales  dé- 
montre l'existence  du  phosphate  de  magnésie;  on  peut  s'en 
convaincre  aussi  en  observant  les  cristaux  de  phosphate  am- 
moniaco-magnésien  qui  se  forment  partout  dans  un  cadavre 
qui  se  décompose  par  suite  d'union  de  l'alcali  volatil  au  sel 
de  magnésie,  d'où  résulte  la  formation  du  sel  double.  Le  fait 
se  produit  ainsi  toutes  les  fois  que  dans  l'économie  il  se  forme 
de  l'ammoniaque.  Le  phosphate  de  magnésie  s'assemble  en 


CH.    XXVll.    PHOSPHATE   DE  MAGNÉSIE.   QUANTITÉ.         809 

masse  souvent  considérable  pour  former  certaines  concré- 
tions. Ainsi  BrugnatelU  a  trouvé  qu'un  calcul  provenant  d*un 
ovaire  humain  était  presque  complètement  composé  de  phos- 
phate de  magnésie  ;  Schlossberger  en  trouva  dans  un  calcul 
provenant  d'une  veine,  à  côté  de  20,i  pour  100  de  substance 
organique  et  58,7  pour  100  de  sel  de  chaux,  13,7  pour  100 
de  phosphate  de  magnésie. 

Le  phosphate  de  magnésie  se  rencontre  quelquefois  dans 
les  calculs  urinaires ,  c'est  même  la  ce  qui  a  fait  soupçonner 
à  Fourcroy  qu'il  devait  y  en  avoir  dans  l'urine  normale. 
C*est  dans  des  calculs  composés  en  grande  partie  d'acide 
urique  qu'il  se  trouve  ordinairement  (Samuel  Bigelow),  ou  dans 
ceux  de  phosphate  de  chaux.  Il  existe  toujours  en  petite 
quantité  dans  ces  productions  morbides. 

D'après  Berzelius,  les  cendres  d'excréments  d'homme, 
rendus  à  la  suite  d'une  nourriture  de  pain  grossier,  contien- 
nent 12,9  pour  100  de  phosphate  de  magnésie  et  26,8  pour 
100  de  phosphate  de  chaux;  d'après  Fleitmann,  une  nour- 
riture plus  animale  que  végétale  a  fourni  les  excréments 
dont  la  cendre  contenait  10,67  pour  100  de  phosphate  de 
magnésie. 

Nous  donnons  ici  le  tableau  des  différentes  humeurs,  tissus 
et  productions  morbides  dans  lesquels  on  a  fixé  la  quantité  : 

EicrémenU  (Berzelius) 2,000  p.  100. 

Lait  de  vache  (Haidlen) 0,042  — 

—  (/d.) 0,064  — 

—  (PfaffetSchwarU)..  0,170  — 

Lait  de  femme  (/d.) 0,050  — 

Os  (BeneUus) 1,16  — 

Os  (/d.) 2,05  — 

Os  (Marchand) 1,05  — 

Vertèbre  de  rachitiqae  (Bosteck)...  0,S2  — 

Email  d^homme  (Berzelius) 1 ,50  — 

Email  de  bonif(/d.) 3,00  ^ 

iToire  dentaire  humain  (/d.) 1,00  ~< 

—  debonir(/d.) 2,07      — 


310  DES  PHINCiPJSS  IMMÉDIATS  £N  PARTICUUER.   1*^  G^àSSB. 

Morceau  mîq  d*aoe  côte  de  cheval  prèf  d*uiie  p.  I00«    p.  liHt. 

masse  calleuse 3,67         i,9i 

Masse  calleuse  de  cette  cAle S,T6         l,tT 

Métatarse  saio  du  cheval 1,06         0,69 

Eiostose  du  tarse  du  cheval 3,96         S,ÎS 

Substance  compacte  saine  du  tibia  d*uB  homme 

de  trente-huit  ans 0.41         0,35 

I Substance  spongieuse  du  même S,6S         i»i4 

"M    ]  Carie  du  tibia  d*un  homme  du  même  âge 3,6$         l|i| 

S  \  Ck>ndyle  eiterne  du  fémur  gauche  sain  d*une  fille 

«    j     de  dii-huit  ans 1,TS         0,87 

^Ck>ndyle  externe  du  fémur  gauche  carié  de  U 

même 1,14         0,5S 

Tête  saine  du  tibia  droit  de  la  même 4,70         0,81 

Tête  cariée  du  tibia  gauche  de  la  même 3,17         IflS 

Croûte  sécrétée  autour  du  tibia  droit  carié  de  la 

même 0,7$         0,81 

Carie  d*une  vertèbre  dorsale  d*un  Jeune  homme  de 

vingt  ans 0,86         0,88 

Muscles  (Cbevreal) 0,28  p.  1080. 

Cartilages  (Frommhera  et  Gugert.) 6,90      — 

Calcul  salivaire  (1) 8,10      — 

Urine  de  pore  (phosphate  de  chaux  et  de  magnéfle.  •  \  f     8,80  p.  100. 

Urine  d*un  lièvre  tué  eo  hiver  après  le  lanâl  (/d),  •  f  .^^  \   l|,i7      -« 

Urine  d*un  lièvre  tué  en  été  sans  avoir  été  lancé  (  ^  '  ] 

(phosphate  pur) )  \  13,43      -^ 

Calcul  uriaaira  de  sipge  (3) 5,00  p.  |00» 

—           humain  (4) 1|2!|  — 

Sang  d*homme  avant  Tem-  v  / 

ploi  du  sel  marin \         /     1,37  p.  1000. 

Sang  d*homme  après  Tem-  I         ( 

ploi  du  sel  marin. .....  I         1     1,68  — 

Sang  de  bcsnf f          1     0,76  — - 

Sang  de  vache >  (5)  <     0,83  — 

Sang  de  veau [         j     1,09  — 

Sang  de  mouton 1         f     1,03  — 

Sang  4e  lapin ]        [     0,83  -w 

Sang  do  chien /        l     0,88  «^ 

Sang  déchut /          \    0,93  — 

Extrait  aqueux  de  viande  (6) 5,76  — 

Décoction  de  viande  (7) 0,! 


(1)  De  Bibra,  Mûdic,  Correspondânx  BlaU  fUr  bâkriich^  À§ral0,  1843. 

(2)  De  Bibra ,  Sur  Ivrine  de  çtttiqueê  ^M^ores  (iiMi,  étr  Chem.  md 
Pharm,,  1845,  t.  LUI,  p.  98). 

(3)  Landerer,  loc,  cit.,  1847,  t.  XLV,  p.  60. 

(4)  Blet,  loc.  cit.,  1847,  t.  XQX,  p.  357  et  271. 

(5)  PoGGiALE,  loc,  cU.  {Comptn  rend,  des  séances  deVAcad,  des  se,  de  Parité 
1847,  t.  XXV,  p.  110). 

(6)  Keller,  Sur  lesélém.  inorganiq.  de  la  chair  musc^l,  {Atm,  der  Chem, 
und  Pharm,,  1849,  t.  LXX,  p.  91). 

(7)  Chevreul,  Recherches  sur  la  composition  cMméquc  du  6oii<Uoii  de  viande 
(yotm».  depharm.,  1835,  t.  XXI,  p.  231). 


CH.  XXVIK  P0OSFUATE  DE  MAGNÉSIE.  ÉTAT  DANS  l'0HGA^1S1|E.    911 

Cendres  de  la  chair  de  veau  (1). . . .     6,24  p.  100. 
Phlébolilbe  hamaio  (2) 13,70      — 

91&.  -^Ge  principe  est  habituellement  à  Tétat  liquida, 
mais  nous  avon^  vu  qu'il  peut  facileinent  passer  à  Téiat  solide  at 
cristallin.  Il  est  probable,  du  reste,  que  dans  les  os,  les  ongles, 
les  dents,  il  e§t  à  l'état  solide,  comme  le  phosphate  de  chaux 
qu'il  accompage  et  auquel  il  parait  dtrç  uni  partout  où  ils 
se  trouvent  ensemble. 

916,  r~ Malgré  ^oq  peu  de  solubilité,  il  est  liquide  sans 
doute  par  dissolution  direct^  daus  Veau  ;  du  reste,  les  chlo- 
rures et  phosphates  alcaliqs  qui  l'accompagnent,  facilitent 
sans  doute  sa  dissolution.  Cependant  cette  action  dissol- 
vante est  peu  intense  de  la  par(  des  sels  neutres  ou  alca- 
lins, car  nous  avons  vu  avec  quelle  facilité  il  se  décompose  à 
l'état  cristallin.  Il  n'en  n'est  pas  de  même  de  la  part  des  sels 
acides  ou  des  liquides  à  réaction  acide,  comme  l'urine  de 
l'homme  ou  même  des  lapins  ;  quand  on  lui  donne  ce  carac- 
tère par  l'alimentation  azotée,  le  précipité  n'a  jamais  lieu. 

Ce  principe  conserve  danç  l'économie,  au  milieu  des  con- 
ditions complexes  où  il  se  trouve,  ses  réactions  chimiques. 
L'eau  froide  ne  le  dissout  pas,  mais  les  acides  le  dissolvent 
facilement,  lors  même  qu'ils  sont  affaiblis.  On  ne  peut  pas 
s'apercevoir  nettement  du  fait,  lorsqu'on  a  sous  les  yeux  des 
concrétions  ou  des  tissus  osseux  et  dentaires  dans  lesquels  ce 
phosphate  est  mêlé  à  celui  de  chaux  ;  mcûs  le  fait  est  plus 
tranché  lorsque,  ne  voulant  pas  s'en  rapporter  exclusivement 
aux  caractères  fournis  par  la  forme  des  cristaux  contenus  dans 
un  liquide  pour  déterminer  la  nature  du  principe  dont  il 
s'agit,  on  en  vient  a  l'emploi  des  réactifs  que  nous  venons  d'in- 
diquer. 

On  peut  facilement,  quand  on  a  des  cristaux  de  ce  sel  pris- 
dans  l'urine  des  lapins,  s'assurer,  à  l'aide  de  ses  propriétés 
chimiques,  que  c'est  bien  du  phosphate  et  non  du  carbonate 

(1)  Stafpel  dans  Liebig,  loc,  ciL,  1852,  p.  213. 

(2)  ScHLOssBBiGBa ,  Anol,  d'un  calcul  veineux  (Journ.  der  Chem,  und 
Phamh.,  1849,  t.  LXIX,  p.  255). 


312  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTICULIER.    1"*  CLASSE. 

de  magnésie,  comme  semblentravoir  pensé  les  premiers  obser« 
valeurs  qui  ont  analysé  ce  liquide.  En  effet,  l'acide  acétique 
les  dissout  sans  en  dégager  de  gaz.  Il  se  dégage  des  gaz  du 
liquide  même,  lequel  contient  toujours  des  carbonates,  ce  qui 
rend  Tobservation  difficile  à  cause  des  mouvements  brusques 
qui  résultent  du  dégagement  du  gaz,  mais  il  est  toujours  pos- 
sible d'arriver  à  voir  que  ce  ne  sont  pas  les  cristaux  qui  four- 
nissent ce  fluide  aériforme. 

017. — C'est  principalement  avec  le  phosphate  de  diaux 
que  celui  de  magnésie  parait  être  combiné  dans  l'économie 
pour  former  la  substance  organisée.  Il  l'accompagne  partout, 
et  sans  doute  il  est  comme  lui  uni,  combiné  aux  principes 
azotés  non  cristallisables  pour  former  soit  la  substance  des  os, 
des  dents,  ongles,  cheveux,  etc.,  ainsi  que  celle  de  différents  li- 
quides. La  diffusion  de  ce  principe  dans  tous  les  tissus,  toutesles 
humeurs,  tend  à  prouver  qu'il  joue  un  rôle  important  dans  la 
constitution  des  solides  et  des  liquides  ;  qu'il  est  une  condition 
d'existence  de  ceux-ci,  digne  d'être  prise  en  considération  par 
les  physiologistes.  Mais  on  ne  sait  rien  de  particulier  sur  lui, 
rien  qui  ne  lui  soit  commun  avec  tous  les  autres  principes 
immédiats  d'origine  minérale. 

918.  —  Pendant  longtemps  on  a  cru  que  le  phosphate  de 
magnésie  n'existait  pas  dans  la  nature  inorganique ,  mais 
il  a  été  rencontré  par  Fuchs  (1),  qui  Ta  appelé  wagneriu 
ou  magnésie  phosphatée;  depuis  lors  il  a  été  décrit  par 
M.  Lévy,  etc.  (2).  Il  se  trouve  dans  les  semences  des  grami- 
nées. C'est  probablement  par  les  aliments  végétaux  que  ce 
principe  pénètre  dans  l'économie  animale,  car  il  est  assez 
rare  dans  le  règne  minéral.  C'est  en  se  nourrissant  d'espèces 
herbivores  dont  les  os  renferment  plus  de  ce  sel  que  ceux 
des  carnivores  que  les  animaux  exclusivement  carnassiers  en 
introduisent  dans  leur  organisme. 

C'est  par  l'urine  que  le  surplus  de  la  quantité  de  ce  prin- 
cipe, nécessaire  à  l'accomplissement  régulier  des  actes  vi*- 

(1)  FocHs,  Jarhuehfûr  Minéralogie,  1823,  t.  Ui,  p.  269. 

(2)  Létt,  Phihtophkalmagagine,  1827,  t.I,  p.  123. 


eu.    XXVU.    PHOSPHATE    DE  MAGNÉSIE.  HISTORIQUE.       313 

Uux,  s'échappe  hors  de  réconomie  au  fur  et  à  mesure  qu'il 
en  pénètre  par  les  aliments.  Il  s'en  échappe  également  par 
les  matières  fécales ,  non  seulement  parce  qu'il  en  reste  dans  les 
résidas  de  la  digestion ,  mais  parce  que  les  sels  des  liquides 
intestinaux,  tels  que  le  suc  pancréatique,  en  renferment.  Dans 
diverses  circonstances  morbides,  une  partie  du  phosphate  de 
magnésie  passe  à  l'état  de  phosphate  ammoniaco-magnésien 
dans  l'organisme  par  suite  de  formation  d'un  peu  d'ammonia- 
que. C'est  ce  qui  a  lieu  dans  les  urines  et  dans  les  matières 
fécales  des  individus  atteints  de  typhus  ou  de  dyssenterie. 

919.— Ce  principe  présente  des  actes  physiques  d'endosmose  etd'exos- 
mose  et  des  actes  chimiqnes  directs  de  dissoluUon  et  de  combinaison  aux 
substances  organiquesanxquellesil  se  fixe.  Telles  sont cellesdes  tissusosseux 
et  dentaires,  ainsi  que  celle  des  fibres  musculaires, auxquelles  il  en  reste 
une  certaine  fixée  en  même  temps  que  du  phosphate  de  chaux  qui  n'est 
pas  enlCTé  en  totalité  par  l'ébulliUon. 

920.  — Extraction.  Pour  constater  Texistence  de  ce  principe  dans  un 
liquide  ou  un  tissu,  il  faut  réduire  le  tout  en  cendre,  dissoudre  la  masse 
dansdeTacide  chlorhydrique  faible,  puis  ajouter  à  la  soiuUon  da  chlor- 
hydrate d'anuDoniaque  et  de  i^ammoniaque  ;  il  se  forme  un  précipité  de 
phoqthate  anunoniaco-masnésien.  La  formation  de  ce  précipité  indique 
d^one  manière  certaine  la  présence  du  phosphate  de  magnésie.  On  peut, 
du  reste,  dans  quelques  cas,  comme  lorsqu*il  s'agit  de  Turine  de  certains 
herbivores,  l'obtenir  cristallisé  par  simple  é?aporation  du  liquide.  On  le 
reconnaîtra  par  la  forme  des  cristaux  de  la  planche  IX  et  par  la  description 
qoe  nous  en  avons  donnée  plus  haut. 

921.  —  Historique,  Le  phosphate  de  magnésie  a  d*abord  été  trouvé 
dans  l'urine.  On  doit  cette  découverte  à  Fourcroy,  qui  la  fit  en  1780  (1). 
WoUaston  vérifia  le  fait  quelques  années  après  (2)  ;  Slipriaan  Luiscius  et 
Bondt  le  trouvèrent  ensuite  dans  le  lait  de  femme  (3)  ;  Fourcroy  et  Vau- 
qoeUn  essayèrent  d'en  préciser  la  quantité  dans  Turine,  dès  1799  (û)  ;  Ni* 
eolas  et  Gueudevillc  en  trouvèrent  aussi  dans  les  dépôts  de  l'urine  d'indi- 
vidiis  bien  portants,  ainsi  que  dans  celle  des  diabétiques  (5).  Peu  après, 

(1)  FouicaoT,  Mém,âeVAcad,  des  se,  in-i*.  Paris,  1780. 
(S)  WoLUSTOM,  Transact.  phUosoph.,  1797. 

(3)  SruPiiAAK  Luisaus  et  Bomot,  Mém,  de  la  Soc.  de  méd,  de  Paris,  1787* 
1788,  i.  IX,  p.  525. 

(4)  FouactOT  et  Vaoodiun,  Premier  mém.  pour  servir  à  Vhist.  nat.  cli- 
nique  et  médicale  de  l'urine  {Ann.  dechim.,  1799,  t.  XXXI,  p.  48). 

(5)  Nioouis  et  GuEUOEVuxE,  Recherches  chimiq.  et  médicinales  sur  le  dia» 
bèie  sucré  ou  phthisurie  sucrée  (Ànn.  de  c/iim.,  1802,  t.  XLiV,  p.  43). 


31i   DES   PRlPICiPES   IMMÉDIATS   JiaN   PARTICULIER.    V*  CLASSE. 

Fourcroy  et  Yauquelin  découvrirent  ce  principe  dans  les  os  des  animaux  (()• 
Depuis  lors,  ce  principe  y  a  toujours  été  retrouvé,  et  plus  tard  BerseliQs 
le  découvrit  dans  Tivoire  dentaire  (2).  Yauquelin  en  a  trouvé  le  premier 
dans  le  eerveau  (3)  ;  Pearson  en  indique,  mais  avec  doute,  dans  les  eipefr- 
torations  bronchiques  et  pulmonaires  (4).  Ce  fut  dès  iSOO  que  Bersettas 
en  trouva  dans  les  eicréments  (5).  Brandes  a  montré  que  les  salods  foi 
ont  séjourné  dans  les  reins  sont  recouverts  d*uae  couçba  df  sels  dOMi  il 
phosphate  de  magnésie  forme  une  partie  (9}.  YoUa  et  Bru^aataUt  dlicm 
en  avoir  vu  dans  des  calculs  vésicaux  (7}«  Fourcroy  et;  Yauquelin  i|>n  gtt 
pas  trouvé. 

Cliei  lesanimaui,  on  en  a  indiqué  dans  Teau  de  l^amnios  (8)  de  la  va- 
che. Ghaptal  en  a  trouvé  probablement  dans  le  lait  de  vache»  ear  11  y  in- 
dique la  présence  de  la  magnésie  (9).  Fourcroy  et  Yauquelio  en  iisi^ent 
approximativement  la  quantité  (10),  fait  vérifié  par  John  peu  de  temps 
après  (11)  et  par  Schwartz  (12).  Fourcroy  en  a  trouvé  le  premier  dans  la 
concrétions  du  côlon  des  chevaux  (13);  ce  sel  en  formait  quelquefois  lei 
deux  tiers.  Fourcroy  et  Yauquelin  en  ont  aussi  vu  dans  les  bésoards 
intestinaux  (1/i)  ;  ils  en  ont  également  trouvé  dans  ceux  d*élépbant  et  de 
rhhiocéros  (15).  Dans  un  mémoire  spécial  sur  ce  sujet»  Yauquelin  forme  la 

s 

(1)  FooacBOv  et  Yauquelih,  Sur  (a  prétence  dffui  mmpeem  $M  photpkortq. 
twrpuœ  âmu  ks  os  des  anknau»^  $t  nir rofioJyia  ds «ft  Wffmsm  m§Mni 
(itw.  de  c^jm.,  1803,  t.  ILYII,  p.  244). 

(2)  Bbbzelius,  loc.  cU,,  1812. 

(3)  Yauqoblix,  Analyse  de  la  mat.  c&ébr,  de  l'h^mm^  ei  de  qM0lqwf9  anim. 
{Ann.  de  chim.^  1812,  t.  IJ[XXI»  p.  37). 

(4)  PKARSoa,  Transact.  philos.,  1809. 

(5)  BiizKLiDS,  Neuesalgem.  {Joum.  derChem,,  1806,  t.  VI,  p.  SS7). 

(6)  Bbardes,  Philos,  transact.,  1808. 

(7)  YoLTA  et  BacMSNATiLLi,  dstts  Bboshatilli,  IMtre  à  Fmsrerùif  smr  ramai, 
des  calculs  urimaireê  de  Vkomme  et  du  cochon  (Ann.  de  ckim.f  1789»  t  lUlif 
p.  181). 

(8)  Yauqoeldi  et  Bohiva,  loc.  cU.  {Ann.  de  chm.,  1799»  L  XIXUli 
p.  275). 

(9)  Cbaptal,  Élém.  de  chim.,  1790,  t.  lY,  p.  522. 

(10)  FoDBCiOT  et  Yauquelin,  Journal  de  chimie  et  de  physique^  1806,  t  U, 
p.  515. 
(il)  John,  Laborat.  chim.,  1808, 1. 1,  p. 450. 

(12)  Schwartz,  Dissertalio  inauguralis  sistens  nova  experimmUa  ckrca  k^ 
pHndpia  constituentia,  Kiel,  1813. 

(13)  FouRCBOT,  loc.  cit.  [Ann.  de  chim.,  1794,  t.  XYI,  p.  63-113). 

(14)  FouacBOT  et  Yauquelin,  Ann.  du  Mus.   d'hût.  nadir.,  1804|  t.  lY, 
p.  329. 

(i5)  FouacBDv  et  Yauquelin,  Ann.  du  Muséum  ShUt.  Mtfur.i  ISOS»  I.  I, 
p.  93. 


CH.    ^XVIU.   PHOSPHATE   AMMONIACO-MAGNÉSIE^ .  815 

traislèine  classe  des  bézoards  iniesUnaux  de  ceux  qui  sont  constitués  uni- 
quement, ou  à  peu  près,  de  phosphate  de  magnésie  (1).  Il  en  a  trouvé 
également  dans  les  calculs  vésicaux  du  chien,  du  cochon,  des  rats  et  des 
chais  (3).  Frommhen  et  Gugert  en  ont  observé  beaucoup  dans  Turine 
d*aii  individu  atteint  de  fièvre  lente  nerveuse,  dont  l'urine  déposait  beaur 
coup  d'adde  urique  et  ne  contenait  presque  pas  d'urée  (3).  Nous  avons 
indiqué,  chemUi  faisant,  les  auteurs  qui  ont  vérifié  plqs  récemment  les 
résultats  obtenus  par  les  premiers  chimistes  ;  il  est  donc  inutile  ici,  comme 
précédemment,  de  les  citer  de  nouveau.  Richardson  est  le  seul  qui  ait  dosé 
la  quantité  de  phosphate  de  magnésie  du  sang  ;  il  en  indique  0,193  pour 
iOOO  {à)*  M.  Lebert  a  représenté  exactement  ceux  qu'il  a  trouvés  dans  le 
pw  etia  partie  malade  d*un  os  maxillaire  atteint  de  nécrose  (5).  Harting  (9) 
en  a  éjpalejnem  ftyurét  mais  ses  figures  sont  assez  mauvaises. 


CHAPITRE  XXVIII. 

PHOSPHATE  AIIMONIAGO*lfAGIIÉSIIH. 

Synonymie  ;  Phosphate  double  (Tammomaque  et  de  magnésie,  phosphcUe 
d'ammoniaque  et  de  magnésie,  triple  phosphate  de  quelques  auteurs. 
AiH*.  H0.3  MgO.  PhO«  +  12  HO. 

922.  —  n  est  assez  rare  de  trouver  ce  principe  à  l'état 
normal  dans  les  Jiqtiides  animaux,  si  ce  n'est  toutefois  dans 
l'urine  du  cheval.  De  plus,  M.  Braconnot  en  a  trouvé  0,iO 
pour  100  dans  l'urine  d*un  veau  nourri  du  lait  de  sa  mère. 
Ordinairement  il  se  forme  dans  des  liquides  en  voie  d'altéra- 
tion dont  l'ammoniaque  se  combine  au  phosphate  de  magné- 

(i)  Vaoqoiur,  Quett.  sur  la  format,  des  bézoards  intest.  (iim.  dv  Mus. 
d'hist.  fia/.,  1812,  t.  XVH,  p.  497). 

(2)  Yauquelin,  Quest,  sur  la  format,  des  bézoards  {Ann,  de  chim,,  1812, 
I.  LXUm,  p.  738). 

(3)  Fbommheaz  et  Gcgert,  Chemische  Untersuchungen  verschiedeiner  Theile 
des  menschlichen  Kœrpers  und  einiger  pathologischen  Product,  {Joum,  de 
Schumgger,  1811,  t.  L,  p.  447). 

(4)  RiCHABDSoif,  Anal  du  sang  humain  {Joum.  de  efctm.  méd.,  1837,  t.  UI, 
p.7«). 

(5)  Lebebt,  Physiologie  pathologique,  in-8«,  1845,  allai,  pi.  n,  flg.  6, 
et  pi.  TU,  flg.  4. 

(6)  P.  0A«Ti«f ,  Bêi  Microêkoop,  en  »eU$  Q^bruik»  GatcMfdfnéi  m  Te^en- 
woordige  toestand.  Utrecht,  1848,  vol.  III,  pi.  myflf,  OS. 


316  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EM   PARTICULIER.   1'*  CLASSE. 

sie ,  d*où  résulte  la  formation  de  ce  sel  double.  La  coudie 
brillante  cristalline  qui  se  trouve  quelquefois  au  bout  de 
vingt-quatre  heures  seulement,  et  même  plutftt,  à  la  surfine 
de  l'urine  qu'on  abandonne  à  elle-même  dans  un  verre  i  ex- 
périence, .est  formée  des  cristaux  de  ce  sel.  Ce  fait  est  con- 
stant dans  l'urine  humaine  prise  aux  heures  du  jour  o&  au 
lieu  d'être  acide  elle  est  neutre,  fait  qu'a  démontré  M.  Delà- 
vaud  (1)  et  qui  se  rencontre  surtout  vers  le  malin.  Ces  cris- 
taux dans  l'urine  acide  abandonnée  i  elle-même  se  forment 
dès  qu'elle  passe  au  neutre ,  avant  même  qu'elle  réagisse 
alcaUne.  La  couche  particulière  de  substances  azotées  en  vde 
d'altération  qui  se  montre  à  la  surface  de  l'urine  des  femmes 
en  couche,  après  un  jour  ou  deux  de  repos,  renferme  égale- 
ment assez  souvent  des  cristaux  de  ce  sel.  Les  sédiments  des 
urines  alcalines  sont  ordinairement  composés  en  grande  partie 
de  phosphate  ammoniaco-magnésien.  Rien  dans  quelques  cas 
ne  ressemble  davantage,  ainsi  que  le  remarque  M.  Donné  (2), 
i  une  couche  de  pus  que  ce  dépôt  salin  au  fond  des  vases. 
M.  Braconnot  en  a  trouvé  Ok<'',18  dans  l'urine  de  veau  (S). 

On  en  rencontre  quelquefois  dans  l'urine  fraîche  de  dieval 
et  même  dans  celle  de  l'homme.  Il  forme  des  concrétions  quel- 
quefois très  volumineuses,  comme  celles  qu'on  rencontre  dans 
le  coecum  du  cheval. 

On  trouve  aussi  cette  substance  cristallisée  dans  les  excré- 
ments rendus  dans  diverses  maladies,  mais  principalement  et 
d'une  manière  constante  dans  la  dyssenterie  et  le  typhus.  Dans 
les  affections  graves  de  la  vessie,  et  à  la  suite  d'affections  de 
la  moelle  épinière ,  on  observe  des  sédiments  presque  entiè- 
rement composés  de  semblables  cristaux  ;  ces  sédiments  sont 
incolores  ou  d'un  blanc  sale. 

(i)  Dblavaud,  Swr  (et  variathm  d^acidUé  de  rurtiie  a/ux  dko&nm  htmm 
au  jour  {Comptes  rendus  des  séances  et  Mémoires  de  la  Soc.  de  biologie^  ia-S*, 
Parie,  1851,  p.  118). 

(2)  DoRNit,  Cours  de  microscopie,  in- 8*.  Paris,  1844,  p.  254. 

(3)  Beacohnot,  Anal,  des  urines  de  veau  et  de  mouUm  (iim.  de  pkys.  et 
dechhn.^  1847,  t.  XX,  p.  238). 


CH.   XXV1I1.   PHOSPHATE   AUMONJACO-MAGNÉSIEN.  317 

Le  phosphate  ammoniaco-magnésien  se  trouve  dans  des 
calculs  yésicaux,  plus  souvent  encore  dans  des  calculs  rénaux 
de  lliomme  et  des  autres  mammifères  (1).  On  le  trouve  aussi 
dans  des  graviers;  souvent  il  est  pur  et  même  à  l'état  cristal- 
lin,  formant  à  lui  seul  des  calculs  ou  des  couches  de  ceux-ci. 
Il  concourt  fréquemment,  surtout  avec  le  phosphate  de 
chaux,  i  former  le  sable  vésical.  Quelquefois  on  Ta  trouvé 
formant  le  noyau  de  calculs  reinaux  ou  vésicaux  ;  il  avait 
alors  quelquefois  Taspect  cristallin  (2).  Brugnatelli  décrit  un 
calcul  utérin  qui  avait  pour  centre  une  masse  de  phosphate 
ammoniaco-magnésien,  et  pour  enveloppe  du  phosphate  cal- 
caire (S).  Ohme  en  a  trouvé  1,60  pour  100  dans  des  calculs 
urinaires  du  cheval  (i),  fait  qui  ne  présente  rien  d'étonnant 
lorsqu'on  sait  que  T  urine  de  cet  animal  renferme  ce  sel 
comme  principe  normal.  Schultze  en  a  trouvé  i,13  et  5,15 
pour  100  dans  deux  calculs  salivaires  de  l'homme  (5).  Bley 
en  indique  1  pour  100  dans  des  calculs  biliaires  nageant  dans 
une  sorte  de  bouillie  qui  remplissait  la  vésicule  du  fiel  (6). 

On  en  trouve  aussi  dans  les  calculs  intestinaux  ou  bézoards 
humains.  Children  en  a  trouvé  5,16  pour  100  dans  un  calcul 
de  cette  espèce  (7). 

92S.  —  On;le  trouve  fréquemment  sous  forme  cristalline. 
Les  cristaux  dérivent  du  prisme  droit  à  base  rectangulaire  ; 
mais  il  est  extrêmement  rare  de  les  trouver  avec  cette  forme 
type.  Ils  sont  habituellement  modifiés  d'un  très  grand  nombre 
de  manières  par  des  décroissements  sur  les  arêtes  et  sur  les 

(1)  Brimmi,  PhUot.  transact,,  ISOS,  p.  338. 

(S)  CmEYiiOLy  ÀnàU  du  concret,  trouvées  dans  les  vaisseaux  ufmaires  du 
r9inâôbCÊuf(Jowm,  decfdm,et  depharm.^  1849,  t.  XYI,  p.  196). 

(3)  BMOttMATiLU,  LUologiaumanaf  ossia  ricerche,  etc.,  in-fol.  Paria,  1819. 

(4)  Ona,  toc.  cU.^  1847,  t.  XCVUl,  p.  287. 

(5)  ScBULTZB,  toc.  cU,  (Joum,  fur  prakt.  Chemie,  1847,  t.  XXXIX, 
p.  29). 

(6)  But,  CatetOs  dâ  la  bOe  {Joum.  fiif  pràkt.  Chmie^  1834,  t.  Uf, 
p.  115). 

(7)  Cbluuh,  Ar  ^luâ^um  eomié.  ùMàes  trùw4est  après  la  mort^  dans 
le  cùkmd^wnjmme  homme  {Àrch,  gin,  deméd.f  1823,  t.  II,  p.  148). 


318  DES  PRIKCIPES  IMMÉDIATS  EN  PAliTICULIEH.   1**  CLiSSE. 

angles  qui  peuvent  se  combiner  de  telle  sorte  que  souvent  ik 
oiïrent  des  formes  extrêmement  compliquées  (pi.  Vil,  flg«  1, 
eee).  Les  formes  a  et  i  sont  les  plus  fréquentes  dans  la  ooud^ 
crémeuse,  brillante,  qui  se  forme  à  la  surface  de  Turine  oûl  ^ 
maie,  neutre,  à  la  suite  de  quelques  heures  de  repos;  eU^ 
sont,  en  général,  proportionnellement  plus  larges.  Ce  S(.< 
des  formes  analogues  qu'on  trouve  aussi  le  plus  fréquemm' 
dans  les  matières  fécales  de  la  dyssenterie  et  des  lyphofqi' 
Dans  les  dépôts  morbides ,  ce  sont  surtout  les  formes  d 
figure  2  qu'on  trouve  habituellement,  ainsi  que  de  la  flgti^ 
c  et  d.  Ce  sont,  dans  les  uns  et  les  autres  de  ces  cas,  un  pp* 
toutes  ces  formes  qu'on  trouve,  mais  avec  prédominano   '^ 
quelqu'une  dans  telle  ou  telle  circonstance.  Les  cri< 
comme  d,  e,  /*,  se  trouvent  surtout  dans  le  cas  oiil'on  ai 
artificiellement  le  phosphate  double  par  addlUon  d'ur       ^ 
d*ammoniaque  à  l'urine  fraîche. 

L*urine  de  cheval  fraîche  laisse  déposer  par  le  r^io 
les  parois  des  vases ,  de  gros  cristaux  de  phosphate  t.        ^ 
niaco-magnésien ,  ayant  les  formes  représentées  pai 
gures  1  et  2,  mais  généralement  de  grand  volume. 

Ce  volume  est  du  reste  partout  d'autant  plus  gi*. 
les  cristaux  sont  depuis  plus  longtemps  dans  le  liqui. 
se  forment.  On  trouve,  de  plus,  dans  l'urine  de  ch<. 
ques  autres  formes  (pi.  VII,  fig.  3).  Les  formes  a 
abondantes  ;  souvent  elles  ofTrent  des  décroissemci 
angles  ou  les  arêtes;  ces  formes  se  trouvent  aussi  i^ 
chez  l'homme.  Les  lamelles  dd  se  forment  quand  U 
commencent  à  se  déposer;  plus  tard,  elles  devi* 
prismes.  Les  formes  e  sont  assez  rares. 

02&. —  Les  couches  formées  de  ce  sel  ou  les  ii 
généralement  blancs  ou  grisâtres;  quelquefois  hV 
courus  de  stries  grisâtres ,  irrégulières  ;  quelqu* 
viennent  noirâtres,  quand  il  y  a  des  matières 
voie  d'altération  dans  le  rein.  Seul  ou  uni  aux  pî 
chaux,  il  forme  toujours  une  substance  friaUe, 
qu'elle  est  humide. 


Ctt.  IXViil.  raOSPftAtE  AMMONlÀCO-ltÀGNéStËN.  319 

C*ést  de  UnxÈ  les  principes  entrant  dans  la  composition  des 
Calculs  celui  qui  y  conserve  le  plus  souvent  l'aspect  cristallin  ; 
quelquefois  même  la  masse  est  mêlée  de  petits  cristaux  trans- 
firent^  ayant  led  formes  déjà  décrites,  mais  souvent  aplaties. 
Bragnatelli,  qui  signale  le  fait,  a  trouvé  des  noyaux  entière- 
lD6nt  formés  de  cristaux  de  ce  sel  assez  fortettient  unis  en- 
imble  (t)<  C'est  pluâ  souvent  à  la  surface  ou  dans  les  Cssu- 

(3)  des  Calculs  qu'on  en  trouve.  II  s'en  formé  quelquefois 
rapidement  dans  les  trous  opérés  par  le  j^erce-pierre, 
Ut  qu'on  à  constaté  quand  la  lithotritie  n'ayant  pu  être 
idievée,  on  a  été  forcé  de  recourir  à  la  taille  (3). 

935.' — Le  phosphate  ammoniaco-magnésien  existe  rare- 
ment i  l'état  liquide  dans  l'économie,  ou  du  moins  il  ne  s'en 
trouve  là  qu'une  petite  quantité,  car  on  sait  qu*il  est  peu  so- 
hiUe  dans  Tenu  froide  et  dans  les  solutions  d'autres  sels.  Ce 
n'est,  par  conséquent,  que  dans  les  urines  acides  qu^il  peut 
s'en  trouver  un  peu  à  cet  état.  C'est  presque  toujours  à  l'état 
solide  qu'on  trouve  ce  principe,  parce  qu'il  se  précipite  aussi- 
tôt qu'il  est  formé  dans  les  liquides  de  la  nature  des  matières 
fécales  et  des  urines  neutres  et  alcalines. 

926.  * —  On  voit ,  d'après  ce  qui  précède ,  que  ce  principe 
ne  présente  rien  de  particulier  relativement  aux  principes 
awc  lesquels  il  est  combiné  et  sur  la  part  qu'il  prend  à  con- 
stituer la  substance  des  humeurs  dans  lesquelles  on  le  ren- 
contre. 

Pour  former  lA  Substance  des  calculs,  il  est  habituellement 
uni  à  du  phosphate  de  chaux  ;  quelquefois  à  de  Tacide  urique, 
deTurâte  d'ammoniaque,  de  l'urate,  de  l'oxalate  et  même  du 
carbonate  de  chaux  et  du  phosphate  acide  de  chaux  ;  quel- 
quefois il  forme  à  lui  seul  une  couche  de  certains  calculs  (Bi- 
gilow)i  ou  même  un  calcul  entier. 

(1)  BwsiiATSLu,  ÈUologUi  wnana,  ossia  ricerche  chkniche  e  méâicke  suUê 
iotianse  fieirose  che  ii  fornumo  in  diverse  parti  del  corpo  wntmô  ÉOpratutlo 
néBaveskaorinoriat  in-fol.  Pavia,  1819,  p.  53,  pl.ui,  fig.  42. 

(2)  WoLLAtTOR,  Philosopha  transact,^  1797,  p.  590. 

(3)  Civuuy  ÎYaiUdeVaffbet.cakuleuse,  in-S*.  Paris,  1838,  p.  19. 


S20  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTIGIILIEII.   1**  CLAfln. 

927.  —  Ce  principe  n'existe  pas  dans  le  règne  minéral. 
Mais  on  en  trouve  dans  les  substances  incombustibles  du  Ué; 
il  est  peut-être  ici  formé  par  destruction  d'autres  principes 
pendant  la  combustion  ;  il  peut ,  par  exemple ,  se  faire  que 
l'ammoniaque  qui  se  dégage  pendant  l'incinération  du  blé  se 
combine  au  pbospbate  de  magnésie  que  renferment  souvent 
les  céréales.  Celui  qu'on  trouve  dans  l'économie  animale  doit 
donc  être  regardé  comme  s'y  formant  de  toutes  pièces.  Mal- 
gré cela,  ce  principe  est  tellement  analogue  à  beaucoup  de  sds 
d'origine  minérale ,  il  se  fabrique  artificiellement  avec  taot 
de  facilité ,  et  les  conditions  de  sa  formation  sont  tellement 
peu  organiques ,  se  rapprochent  tellement  des  conditions  de 
formation  des  sels  d'origine  minérale ,  que  nous  n'avons  pis 
hésité  à  le  placer  dans  la  première  classe  des  principes  immé- 
diats. Il  appartient  à  celle-ci  par  tous  les  caractères  autresque 
ceux  d'origine. 

Nous  avons  déjà  noté,  en  traitant  du  phosphate  de  magnésie^ 
que  le  phosphate  ammoniaco-magnésien  se  forme  dans  tous 
les  liquides  alcalins  de  l'économie  qui  renferment  le  premier 
de  ces  principes.  Il  se  forme  encore  dans  tous  ceux  qui  s^al* 
tèrent  ou  ont  une  tendance  à  le  faire,  comme  les  matières  fé- 
cales dyssentériqucs  et  typhoïdes.  Il  se  forme  après  la  mort 
dans  la  plupart  des  humeurs  qui  commencent  à  se  putrtfer. 
Ce  sel  se  forme  en  certaine  quantité,  et  se  dépose  dans 
Turine  toutes  les  fois  que  celle-ci  est  alcaline,  soit  par  suite  de 
lésion  des  reins,  soit  par  l'influence  de  certaines  substances 
alimentaires  introduites  dans  l'estomac. 

Tout  porte  à  croire  que  le  phosphate  ammoniaco-magnésie& 
se  forme  dans  les  liquides  où  on  le  trouve,  tels  que  Turine,  les 
matières  fécales,  par  combinaison  d'une  certaine  quantité 
d^ammoniaque  au  phosphate  de  magnésie.  Cet  alcali  n'exista 
ainsi  jamais,  à  proprement  parler,  à  l'état  libre,  puisqu'à  Fétat 
naissant  il  se  combine  à  un  autre  corps,  soit  i  un  sel,  soit  i 
l'acide  carbonique. 

Ce  double  phosphate  s'échappe  donc  avec  le  liquide  même 
dans  lequel  il  s'est  formé.  Dans  l'urine,  il  se  dépose  souvent 


GH.  XXYIII.   PHOSPHATE  AMMOMIACO-MAGNÉSIEN.         821 

«atour  de  certains  calculs  qu'il  concourt  à  former;  il  en 
augmente  le  volume  par  addition  de  couches  concentriques, 
mais  il  est  rare  qu'il  en  forme  le  noyau. 

n  s'en  forme  et  s'en  échappe  beaucoup  par  les  urines, 
quand  on  administre  des  eaux  alcalines  à  l'intérieur,  par 
suite  du  passage  facile  des  corps  de  cette  nature  dans  l'urine. 
H.  Donné  (1)  cite  le  cas  d'un  malade  chez  lequel  un  séjour 
intempestif  de  deux  semaines  à  Vichy  avait  suffi  pour  déter- 
miner la  formation  d'un  calcul  entièrement  formé  de  phos* 
phate  ammoniaco- magnésien.  Il  est  probable ,  d'après  ce 
qui  précède,  que  les  eaux  alcalines  ne  doivent  être  admi- 
nistrées d'une  manière  prolongée  qu'autant  que  les  urines 
sont  acides,  et  il  faut  pendant  leur  administration  suivre  les 
modifications  qu'éprouve  celte  humeur. 

928.  — Extraction.  Dans  les  cas  d^analyses  des  tissus,  des  homevrioa 
des  calculs  contenant  du  phosphate  de  magnésie,  dissoos  par  on  léger 
excès  diacide,  on  décèle  la  présence  de  ce  sel  par  addition  d^anuno- 
ttlaqne  qoi  précipite  du  phosphate  ammoniaco-magnésien.  Ce  dernier, 
précipité  rapidement,  prend  des  formes  diverses,  importantes  à  connaître. 
Ce  sont,  par  exemple,  des  groupes  étoiles,  dendritiques,  confus,  comme 
pL  yin,fig.  i,  ce  qui  se  voit  dans  Turine  évaporée  dont  on  précipite  ra- 
pidement le  double  phosphate  par  Tammoniaque;  ou  bien  ce  sont  les 
inrmes  de  la  pL  YIU,  6g.  2,  qu'on  obtient  surtout  dans  Tanalyse  des  cal- 
cob  urinalres  contenant  du  phosphate  de  magnésie.  Dans  ce  cas,  ki 
isniies  a  a  sont  les  plus  nombreuses.  Les  groupes  étoiles,  dendritiques  66, 
•ont  plus  rares.  Quelquefois  le  précipité  est  presque  entièrement  formé 
des  petits  groupes  ccetdd.  Ordinairement,  ces  derniers  sont  mêlés  aux 
précédents  en  proportion  plus  ou  moins  considérables.  Ces  figures  ont  été 
Ikites  d*aprè8  les  préparations  de  notre  ami  le  docteur  Samuel  BIgelow, 
auquel  on  doit  les  analyses  récentes  de  la  nombreuse  collection  des  calculs 
iirinaires  du  musée  Dupuytren. 

Pour  extraire  le  phosphate  ammoniaco-magnésien  des  concrétions  dans 
letqodles  n  se  trouve,  U  faut  dissoudre  la  masse  par  de  Tacide  acétique, 
pois  précipiter  la  solution  par  de  Tammoniaque  que  reformera  le  sel  pri* 
nltif  ;  on  pourra  alon  Texaminer  au  microscope  pour  constater  son  iden- 
tité. Les  sédiments  des  urines  alcalines  sont  généralement  formés  de  ce 
seL  11  peut  fréquemment  simuler  un  dépôt  purulent.  Quelquefois  rien  ne 
ressemble  plus  &  une  couche  de  pus  que  le  dépùt  de  ce  phosphate  au  fond 

(1)  Doioii,  Cours  de  micrascapif,  Paris,  i84i,  p.  259,  în-B*. 

U.  21 


S22      DES  PRINCIPES  imiÉDlATS  EN  PARTICULIU,  1**  GUSSE. 

lie .  vascti.  Il  suffira  de  porlcr  un  peu  du  lédiment  iou«  le  microaoQM 
|v)ur  recounaltro  les  cristaux  décrits  préci^demincDt  (pi.  Vil,  fig.  2)  et  les 
distinguer  des  globules  de  pus.  Goiuine  le  remarque  M.  JDonni^,  quelle  que 
soit  la  variété  des  formes  des  cristaux  de  ce  principe,  on  les  reconnaît  bclle- 
mcnt  avec  un  peu  d'habitude,  attendu  quMIs  difTèrent  de  tous  ceux  appar- 
tenant aux  autres  sels  qui  cristallisent  dans  Turine  ;  s*il  restait  le  moindre 
çWule,  11  suOîraitde  les  traiter  par  les  acides  faibles  oomnie  racétiquc;on 
voit  alors  les  cristaux  M!  fondre  et  disparaître  au  moindre  contact  de  r«cide 
sans  dégagement  de  gaz,  ni  persistance  d'aucun  résidu.  Ce  caractère  dit^ 
tinguo  le  phosphate  double  des  cristaux  d'acide  urique  et  d'oxalale  de 
chaux,  qui  sont  insolubles  dans  les  acides  faibles  ;  de  Purate  de  soude  qiri 
d*abord  est  pulvërulmit  et.  de  plus,  laisse  déposer  par  les  acldM  de  petites 
lam^  rliomboldales  d*acide  urique.  Si  Ton  ajoute  de  Taoïmoiileque  à  la  te* 
lution  du  phospliate  double  dans  Fadde  faible,  ce  sel  se  prMpllc  de  soi- 
veau  avec  lesformcsde  la  figure  i,  planche  Vili  ou  de  la  pgureSL  Diaprés 
Bcrzelius  et  M.  Uaycr  (1),  c'est  du  phosphate  bibasiquc  qui  cristallise 
ainsi ,  et  le  phosphate  neutre  donne  les  cristaux  de  la  planche  Vif. 

Lorsque  le  pliosphatc  ammoniaco-magnésien  précipité  de  la  sorte  s'est 
déposé  rapidement,  il  se  dépose  en  lames  étoilées  h  cinq  ou  sis  branchai 
(pi.  VHI,  flg.  2,  a,  a,  a,  a)  très  élégantes,  régulièrement  dentelées  sur  les 
bords,  striées  en  long  vers  le  milieu  qui  représente  upç  sorte  de  tige  oo 
rayon  médian.  Des  groupes  plus  volumineux,  mais  peu  pombreuz«  se 
déposent  au  mifieu  des  autres;  ils  sont  formés  (b^  b)  de  six  à  dix  rajons 
principaux,  chargés  d'un  nombre  considérable  de  ramifications  aocondaircs 
qui  donnent  au  tout  un  aspect  très  éh^gant.  Ces  petites  subdivisiona  sont 
fprméesde  petites  aiguilles  prismatiques  à  extrémité  coupée  carrément  (e) 
ou  en  biseau,  perpendiculairement  ou  obliquement  implantées  sur  les 
rayons  principaux,  lies  formes  précédentes  sont  toujours  accompagnées 
de  plus  petites  masses  stelliformes,  constituées  à  peu  près  d'après  le 
même  type  ou  par  des  prismes  un  peu  plus  gros  (c/,  (/,  J,  c,  c.  c).  Quel- 
quefois, sans  qu'on  puisse  savoir  pourquoi,  les  dépôts  sont  entièrement 
formés  de  ces  plus  petits  groupes  cristallins  {c  c,  r,  (i,  d,  d).  Un  peu  ploi 
ou  un  peu  moins  de  concentration  du  liquide,  la  température,  etc.,  font 
varier  considérablement  la  quantité  de  telle  ou  telle  forme  des  groupes 
sans  que  l'aspect  caractéristique  ait  néanmoins  disparu. 

Lorsqu'à  l'urine  humaine  on  ajoute  un  peu  d'ammoniaque,  iJ  se  dépose 
bientôt  des  cristaux  ayant  les  fonnes  représentées  figure  VU.  il  serait  trop 
long  de  décrire  ici  les  nombreux  décroisscnients  de  ces  prismes.  L^inspec- 
tion  de  la  planche  en  apprendra  beaucoup  plus.  Ceux  de  la  forme  6  sont 
les  plus  communs  de  ceux  qu'on  obseï  vc  dans  l'urine  normale  m-utre  du 

(t;  Raylr,  Traité  det  maladies  des  reins,  Paris,  1839,  t.  I,  p.  105, 
pi.  in,  fig,  4.  —  ViGLA,  Journal  l'Expérience,  i838, 1. 1,  p.  195  à  ÂQI, 


CH.  XXVIII.    PHOSPHATE  AHlIOlIlAGO-llAGNiSIBN*  S28 

mallii»  lomiiM  après  quelques  heures  de  repos,  il  se  forme  une  couche 
un  peu  brOlante  à  sa  surface,  ils  peuvent  seulement  éure  un  peu  plus  on  un 
peu  moins  larges^  ou  au  contraire  plus  longs  par  rapport  à  la  largeur. 
Dans  les  dépôls  des  urines  neuures  ou  alcalines  morbides,  ce  sont  les 
mêmes  formes  qu'on  trouve,  et  de  plus,  celles  représentées  en  e  et  en  d. 
Dans  les  urines  du  cheval,  surtout  après  vingt-quatre  ou  trente  heures  de 
repos,  on  trouve  des  cristaux  de  ce  sel  ayant  toutes  les  formes  de  la  figure  i , 
plancbe  Vil»  ou  analogues,  mais  plus  gros;  ils  accompagnent  le  déplut  de 
carlnmale  de  chaux.  On  trouve  en  outre  dans  Turine  de  cheval  les  formes 
de  la  planche  Vil,  figure  3,  principalement  contre  les  parois  du  vase  où 
repose  le  liquide.  Les  formes  a  et  6  de  cette  figure  sont  surtout  fort  nom- 
hreoseï,  avec  des  décroissements  sur  les  angles  plus  ou  moins  prononcés. 
On  y  trouve  aussi,  mais  principalement  au  fond  du  vase,  mêlées  au  car- 
bonate calcaire,  des  lamelles  très  minces,  très  transparentes  du  m(^me 
sel  (69»  3,  d).  £lles  accompagnent  les  cristaux  représentés  figure  i,  mais 
elles  sont  bien  moins  nombreuses. 

929. —  Historique.  Ce  sel  a  d'abord  été  trouvé  dans  descalculs  urinaires. 
G*esl  ^Fourcroy  qu'on  en  doit  la  découverte,  faite  en  1787,  mais  publiée  seu- 
leflMnt  en  179/4  (1).  On  trouve  dans  le  Système  de  chimie  de  Thomson,  que 
TeasaiU  indiqua  dans  des  calculs  en  1797,  de  Tacide  pbosphorique,  de  la 
magnésie  «tdaTammoniaque.  11  le  signala  ensuite  avec  VauquelUi,  comme 
exialant  dans  Turine  pourrie  (2).  Woliaston  en  trouva  peu  après  dans  les 
aïeuls  vésicaux  fusibles,  contenant  en  outre  du  phosphate  de  chaux  et  de 
Tadda  urique.  D'après  Berxelius  et  M.  Rayer,  c'est  le  phosphate  double 
bibasique  qu'on  trouve  dans  l'urine  pourrie,  fierzelius,  puis  MM.  Hayer  et 
Donné  sont  les  premiers  qui  en  aient  signalé  dans  les  urines  alcalines  des 
individus  bien  portants,  par  suite  de  l'emploi  des  aliments  végétaux  ou 
i'ingestfon  des  carboniites  alcalins  ;  ils  en  ont  également  indiqué  chez  les 
indlvidia  cachectiques  ou  atteints  d'affectfons  du  rein,  avec  formation 
d'urine  alcaline  sans  odeur  de  putréfaction.  Ils  en  ont  trouvé  dans  l'urine 
ijtevenue  alcaline  par  altération  dans  la  vessie,  suite  de  rétention  trop  pro- 
longée, fait  vérifié  par  nombre  d'observateurs.  Fourcroy  et  Vauquelin  (3) 
ont  trouvé  du  phosphate  de  magnésie  et  d'ammoniaque  autour  de  cal- 
culs muraux  ou  d'un  noyau  d'acide  urique. 

Le  phosphate  anunoniaco-magnésien  a  été  rencontré  dans  un  très  grand 
nombre  de  concrétions  chez  les  animaux,  il  est  probable  qu'il  faut  consi- 
éênr  comme  emistituant  ce  principe,  l'acide  pbosphorique,  la  magnésie 
et  l'ammoniaque,  ou  le  phosphate  de  magnésie  et  le  phosphate  d'ammo- 

(1)  FouacioT,  loc.  dl.  [Àm,  de  cMm.,  1794,  t.  XVI,  p.  68). 

(9)  FoDiCBOf  el  Vauquiuii,  he.  oit.  (Am.  de  ekim,,  an  vu  t.  XXXI, 

p.  48). 
(3)  FooncMii  al  VAUoraun,  Mém.  de  VlnstUut  neU,  de  France,  an  n,  t.  IV, 

p.  112. 


316  DES  PRINCIPES  IMMÉOIATS  EN  PARTICULIER,   l'*  CXÂ88E. 

sie  y  d'od  résulte  la  formation  de  ce  sel  double.  La  coudie 
brillante  cristalline  qui  se  trouve  quelquefois  au  bout  de 
vingt-quatre  heures  seulement,  et  même  plutôt,  à  la  surfiMe 
de  l'urine  qu'on  abandonne  à  elle-même  dans  un  verre  i  ex- 
périence ,  .est  formée  des  cristaux  de  ce  sel.  Ce  fait  est  con- 
stant dans  l'urine  humaine  prise  aux  heures  du  jour  où  au 
lieu  d'être  acide  elle  est  neutre,  fait  qu'a  démontré  H.  Dell- 
vaud  (1)  et  qui  se  rencontre  surtout  vers  le  matin.  Ces  cris- 
taux dans  l'urine  acide  abandonnée  à  elle-même  se  forment 
dès  qu'elle  passe  au  neutre ,  avant  même  qu'elle  réagisn 
alcaline.  La  couche  particulière  de  substances  azotées  en  voie 
d'altération  qui  se  montre  à  la  surface  de  l'urine  des  femmes 
en  couche,  après  un  jour  ou  deux  de  repos,  renferme  égale- 
ment assez  souvent  des  cristaux  de  ce  sel.  Les  sédiments  des 
urines  alcalines  sont  ordinairement  composés  en  grande  partie 
de  phosphate  anunoniaco-magnésien .  Rien  dans  quelques  cas 
ne  ressemble  davantage,  ainsi  que  le  remarque  M.  Donné  (2), 
à  une  couche  de  pus  que  ce  dépôt  salin  au  fond  des  vases. 
M.  Braconnot  en  a  trouvé  Ok^^IS  dans  l'urine  de  veau  (S). 

On  en  rencontre  quelquefois  dans  l'urine  fraîche  de  cheval 
et  même  dans  celle  de  l'homme.  H  forme  des  concrétions  quel- 
quefois très  volumineuses,  comme  celles  qu'on  rencontre  dans 
le  cœcum  du  cheval. 

On  trouve  aussi  cette  substance  cristallisée  dans  les  excré- 
ments rendus  dans  diverses  maladies,  mais  principalement  et 
d'une  manière  constante  dans  la  dyssenterie  etle  typhus.  Dans 
les  affections  graves  de  la  vessie,  et  à  la  suite  d'affections  de 
la  moelle  épinière ,  on  observe  des  sédiments  presque  entiè- 
rement composés  de  semblables  cristaux  ;  ces  sédiments  sont 
incolores  ou  d'un  blanc  sale. 

(i)  Delataud,  Sur  let  variatUmt  d^addité  de  Vwrine  aux  dintnm  htmm 
du  jour  {Compte*  rendus  des  séances  et  Mémoires  de  la  Soc.  de  hMogief  iB-S*t 
Paris,  1851,  p.  118). 

(2)  Donnif  Cours  de  microscopie,  in-8*.  Ptris,  1844,  p.  254. 

(3)  BtAGOHHOT,  Anal,  des  urines  de  veau  et  de  mouloa  [Ànm.  de  pftyf.  6f 
dechim.f  1847,  t.  XX,  p.  238). 


CH.   XXVIII.   PHOSPHATE   AMMONJACO-MAGNÉSIEN.  317 

Le  phosphate  ammoniaco-magnésien  se  trouve  dans  des 
calculs  vésicaux,  plus  souvent  encore  dans  des  calculs  rénaux 
de  l*homme  et  des  autres  mammifères  (1).  On  le  trouve  aussi 
dans  des  graviers;  souvent  il  est  pur  et  même  à  l'état  cristal- 
lin,  formant  à  lui  seul  des  calculs  ou  des  couches  de  ceux-ci. 
Il  concourt  fréquemment,  surtout  avec  le  phosphate  de 
chaux ,  à  former  le  sable  vésical.  Quelquefois  on  Ta  trouvé 
formant  le  noyau  de  calculs  reinaux  ou  vésicaux  ;  il  avait 
alors  quelquefois  l'aspect  cristallin  (2).  Brugnatelli  décrit  un 
calcul  utérin  qui  avait  pour  centre  une  masse  de  phosphate 
ammoniaco-magnésien,  et  pour  enveloppe  du  phosphate  cal- 
caire (3).  Ohme  en  a  trouvé  1,50  pour  100  dans  des  calculs 
urinaires  du  cheval  (A),  fait  qui  ne  présente  rien  d'étonnant 
lorsqu'on  sait  que  l'urine  de  cet  animal  renferme  ce  sel 
comme  principe  normal.  Schultze  en  a  trouvé  A, 13  et  5,16 
pour  100  dans  deux  calculs  salivaires  de  l'homme  (5).  Bley 
en  indique  1  pour  100  dans  des  calculs  biliaires  nageant  dans 
une  sorte  de  bouillie  qui  remplissait  la  vésicule  du  fiel  (6). 

On  en  trouve  aussi  dans  les  calculs  intestinaux  ou  bézoards 
humains.  Children  en  a  trouvé  5,16  pour  100  dans  un  calcul 
de  cette  espèce  (7). 

923.  —  On;le  trouve  fréquemment  sous  forme  cristalline. 
Les  cristaux  dérivent  du  prisme  droit  à  base  rectangulaire  ; 
mais  il  est  extrêmement  rare  de  les  trouver  avec  cette  forme 
type.  Ils  sont  habituellement  modifiés  d'un  très  grand  nombre 
de  manières  par  des  décroissements  sur  les  arêtes  et  sur  les 

(1)  BKiKDBs,  PhUot.  transact.,  1808,  p.  238. 

(2)  CfliTiiOLy  Anal  dei  concret,  trouvées  dans  les  vaisseaux  urinaires  du 
r$indebctuf{Journ.  dechim,et  depharm,,  1849,  t.  XVI,  p.  196). 

(3)  BiociiATBLU,  LiMogiaumanaf  ossia  ricerche, etc.,  in-fol.  Paria,  1819. 

(4)  Onu,  toc.  cft.,  1847,  t.  XCVm,  p.  287. 

(5)  ScHULTZB,  loc.  cit.  {Joum.  fur  prakt,  Chemie,  1847,  t.  XXXIX, 
p.  29). 

(6)  BucT,  Calculs  de  la  bUe  (Jowm.  fur  prakt.  Chemie,  1831,  t.  III, 
p.  115). 

(7)  CmuAEV,  Sur  fuélques  concret.  oliAnes  trouvées,  après  la  mort,  dans 
le  cùlond^un  jeune  homme  (Àrch.  gén»  deméd,,  1823»  t.  Il,  p.  148). 


318  DES  PRmCIPES  imiÊDIATS  EN  PARTICULIEA.   l**  CLlBSE. 

angles  qui  peuvent  se  combiner  de  telle  sorte  quê  souvent  ils 
offrent  des  formes  extrêmement  compliquées  (pi.  VII,  flg.  1, 
eee).  Les  formes  a  et  i  sont  les  plus  fréquentes  dans  la  couche 
crémeuse,  brillante,  qui  se  forme  À  la  surface  de  rurine  nor- 
male, neutre,  à  la  suite  de  quelques  heures  de  repos;  elles 
sont,  en  général,  proportionnellement  plus  larges.  Ce  sont 
des  formes  analogues  qu'on  trouve  aussi  le  plus  fréquemment 
dans  les  matières  fécales  de  la  dyssenterie  et  des  typholques. 
Dans  les  dépôts  morbides ,  ce  sont  surtout  les  formes  de  la 
figure  2  qu'on  trouve  habituellement,  ainsi  que  de  la  figure  1, 
c  et  d.  Ce  sont,  dans  les  uns  et  les  autres  de  ceê  cas,  un  peu  de 
toutes  ces  formes  qu'on  trouve,  mais  avec  prédominance  de 
quelqu'une  dans  telle  ou  telle  circonstance.  Les  cristaux 
comme  d,  e,  /*,  se  trouvent  surtout  dans  le  cas  où  Ton  a  formé 
artificiellement  le  phosphate  double  par  addition  d'un  peu 
d'ammoniaque  à  l'urine  fraîche. 

L^urine  de  cheval  fraîche  laisse  déposer  par  le  repùs ,  sur 
les  parois  des  vases ,  de  gros  cristaux  de  phosphate  ammo- 
niaco-magnésien ,  ayant  les  formes  représentées  par  les  fi- 
gures 1  et  2,  mais  généralement  de  grand  volume. 

Ce  volume  est  du  reste  partout  d'autant  plus  grand  que 
les  cristaux  sont  depuis  plus  longtemps  dans  le  liquide  où  ils 
se  forment.  On  trouve,  de  plus,  dans  l'urine  de  cheval  quel- 
ques autres  formes  (pi.  VII,  fig.  3).  Les  formes  a  et  t  sont 
abondantes  ;  souvent  elles  offrent  des  décroissemenls  sur  les 
angles  ou  les  arêtes;  ces  formes  se  trouvent  aussi  quelquefois 
chez  l'homme.  Les  lamelles  dd  se  forment  quand  les  cristaui 
commencent  à  se  déposer  ;  plus  tard ,  elles  deviennent  des 
prismes.  Les  formes  c  sont  assez  rares. 

92i. —  Les  couches  formées  de  ce  sel  ou  les  noyaux  sont 
généralement  blancs  ou  grisâtres  ;  quelquefois  blancs  et  par- 
courus de  stries  grisâtres ,  irréguliéres  ;  quelquefois  ib  de- 
viennent noirâtres ,  quand  il  y  a  des  matières  animales  en 
voie  d'altération  dans  le  rein.  Seul  ou  uni  aux  phosphates  de 
chaux,  il  forme  toujours  une  substance  friable,  surtout  tant 
qu'elle  est  humide. 


Ce.  tXViit.  raOSPftATE  AtmoNlACO-ltAGN^tGN.  319 

CS*è9t  de  tous  les  principes  entrant  dans  la  composition  des 
calculs  celui  qui  y  conserve  le  plus  souvent  l'aspect  cristallin  ; 
quelquefois  même  la  masse  est  mêlée  de  petits  cristaux  trans- 
parents ayant  led  formes  déjà  décrites,  mais  souvent  aplaties. 
Brugnatelli,  qui  signale  le  fait,  a  trouvé  des  noyaux  entière- 
Inent  formés  de  cristaux  de  ce  sel  assez  fortement  unis  en- 
amble  (1)^  C'est  plus  souvent  à  la  surface  ou  dans  les  Tissu- 
(3)  des  Calculs  qu'on  en  trouve.  Il  s'en  formé  quelquefois 
fipidemetit  dans  les  trous  opérés  par  le  perce-pierre, 
hit  qu'on  à  constaté  quand  la  lithotritie  n'ayant  pu  être 
adiavée,  on  a  été  forcé  de  recourir  à  la  taille  (3). 

926. — Le  phosphate  ammoniaco-magnésicn  existe  rare- 
mant  à  l'état  liquide  dans  l'économie,  ou  du  moins  il  ne  s'en 
trouve  là  qu'une  petite  quantité,  car  on  sait  qu'il  est  peu  so- 
luUe  dans  l'eau  froide  et  dans  les  solutions  d'autres  sels.  Ce 
n'est,  par  conséquent,  que  dans  les  urines  acides  qu'il  peut 
s'en  trouver  un  peu  à  cet  état.  C'est  presque  toujours  à  l'état 
solide  qu'on  trouve  ce  principe,  parce  qu'il  se  précipite  aussi- 
tôt qu'il  est  formé  dans  les  liquides  de  la  nature  des  matières 
fécales  et  des  urines  neutres  et  alcalines. 

926,  —  On  voit,  d'après  ce  qui  précède,  que  ce  principe 
na  présente  rien  de  particulier  relativement  aux  principes 
atac  lesquels  il  est  combiné  et  sur  la  part  qu'il  prend  à  con- 
stituer la  substance  des  humeurs  dans  lesquelles  on  le  ren- 
contre. 

Pour  fonAer  là  Substance  des  calculs,  il  est  habituellement 
uni  à  du  phosphate  de  chaux  ;  quelquefois  à  de  Tacide  urique, 
daTurate  d'ammoniaque,  de  l'urate,  de  l'oxalate  et  même  du 
carbonate  de  chaux  et  du  phosphate  acide  de  chaux  ;  quel- 
quefois il  forme  à  lui  seul  une  couche  de  certains  calculs  (Bi- 
galow),  ou  même  un  calcul  entier. 

(1)  tawSATiLu,  ÈiMoçté  iÊmana,  ottia  rUwche  chk/UcheêmèâkhètuOe 
9MQ0kM€  paCrose  cAe  it  formano  in  déverse  parti  del  corpo  wmmié  toptmhUto 
MlfaiMtteorifi«riéi,  in-fol.  Paria,  1819,  p.  53,  pl.ui,  flg.  4S. 

(S)  WoLUtTOR,  PhOowph.  transaet,,  1797,  p.  590. 

(3)  GnriAU,  VraUédeVafp^et.  eaUnOeuse,  iii-S*.  Parig,  1S3S,  p.  19. 


328      DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PARTlCUUEft.  1**  CUME. 

les  étudier  direclement.  Ce  que  nous  avons  fait  peut  se  faire 
également  pour  les  autres  humeurs. 

981.  —  On  trouvera  dans  le  tableau  suivant  les  proportions 
de  phosphate  de  soude  pour  les  solides  et  les  liquides  de 
réconomie  dans  lesquels  ce  principe  a  été  déterminé. 

Cendres  d*un  caocer  de  la  lèvre \         /  3S,02  p.  lOt. 

Ceodretd*nD  eocéphilolde  de  la  région  paroUdienne.  r  ^.^  j  87,79      — 
Cancer  du  foie,  méientèrey  et  du  fond  de  la  plaiedu  i         j 

même  soiti /         \  55,40      — 

Cendres  de  la  cbair  de  veau  (Slailèl) 5,66      — 

Urine  (Beneliuf) 2,94  p.  1000. 

Urine  (Simon) 2,41      ^ 

Urine  adde  (/d.) 1,85      — 

Urine  moins  adde  (/d.) 1,25      — 

Urinetrès  aeide  (/d.) 2,75      — 

Urine  (Lehman)  (urine  des  vingt-quatre  heures) 3,66      — 

Lait  de  femme  (Pfkff  et  Schwarte) 0,040    — 

Lait  de  vache  (Haidlen) 0,225    — 

Cartilages  (Frommherz  et  Gugert.) 0,92  p.  100. 

Tubercules  créUcés  (2) 0,28      ~ 

Nous  donnons  en  outre  ici  un  tableau  qui  indique  les  pro- 
portions des  phosphates  de  soude  et  de  potasse,  en  général, 
qu'on  trouve  dans  le  corps  de  l'homme  et  des  autres  animaux. 
Ces  analyses  ont  été  faites  sur  la  matière  préalablement  cal- 
cinée ;  aussi  nous  ne  considérons  pas  ces  résultats  comme  in- 
diquant d'une  manière  positive  la  nature  et  la  proportion  des 
phosphates  qui  se  rencontrent  dans  le  corps  des  animaux.  Ces 
analyses  ont  été  faites  par  les  élèves  de  M.  Rose ,  et  sous  sa 
direction. 

100  parties  de  sels  solubles  donnent  en  phosphates  alca- 
lins : 

Pour  le  sang  de  boeuf 1 ,58    KOSPhO^ 

v»'--» --beu, ii':S«i[as 

Lait  de  vache 34,17    ROSPhO» 

«•--' hSN'iSSS 

Drined-homme j  '«;*»    J^ 

Eicréments  solides  d'homme..  20,13    KO'PhO' 

(1)  Oc  BiBiA  dans  Hbtfsldu,  Iku  chirwgi$che  «md  ÀugmUamnkgn  Clt- 
nicumder  Univers.  Erlangen  {Oppenheinis  leUschrift,  1848). 

(2)  BooBCT,  Rech,  tur  la  composU.  Mm.  du  parench.  puim,  et  dm  UêUT' 
cuhs  (Jowm,  depharm,,  1844,  t.  VI,  p.  335). 


CH.   XlIX.   PHOSPHATE  NEUTRE  OE  SOUDE.  320 

9S2«  —  Ce  phosphate,  étant  très  soluble  dans  Teau,  se 
trouve  toujours  à  l'état  liquide  dans  Téconomie,  par  dissolu- 
tion directe  dansTeau.  Il  doit,  sans  aucun  doute,  concourir  à 
faire  de  ce  liquide  un  dissolvant  pour  les  phosphates  insolu- 
Ues  et  autres  principes  qui  sont  dans  le  même  cas  dont  nous 
avons  parié,  ainsi  que  pour  les  substances  azotées. 

983.  —  C'est  avec  ces  principes  dont  il  aide  la  dissolution 
que  le  phosphate  neutre  de  soude  est  combiné,  pour  concou- 
rir avec  eux  à  la  formation  de  la  substance  organisée.  C'est 
la  le  seul  caractère  organique  qu'il  présente,  et  nous  n'insis- 
terons pas  sur  ce  point ,  car  ce  serait  répéter  ce  que  nous 
avons  dit  à  propos  du  sulfate  de  soude.  Il  serait  difficile,  du 
reste,  de  préciser  avec  quels  autres  principes  celui-ci  est  com- 
biné dans  l'économie. 

Ce  que  nous  avons  dit,  pages  260  et  261,  du  carbonate  de 
soude  comme  condition  d'existence  de  l'alcalinité  du  sang  ;  ce 
que  nous  avons  dit  encore  de  ce  sel  comme  condition  d'exis- 
tence de  plusieurs  des  propriétés  du  sang  en  raison  de  cette 
alcaUnité,  peut  être  répété  pour  le  phosphate  de  soude.  «  Le 
phosphate  de  soude  a  la  même  saveur  et  la  même  réaction  alca- 
line que  le  carbonate  de  soude;  sa  solution,  mise  en  présence 
de  Tacide  carbonique  libre,  en  absorbe  autant  que  la  solution 
de  ce  carbonate,  et,  comme  celle-ci,  elle  perd  seulement  avec 
plus  de  facilité  l'acide  carbonique  absorbé ,  lorsqu'on  l'agite 
avec  de  l'air,  qu'on  Févapore ,  ou  qu'on  l'abandonne  dans  le 
vide,  tout  en  conservant  d'ailleurs  la  faculté  de  réabsorber  ce 
gaz  dans  d'autres  circonstances  (1).  »  Le  remplacement  du 
carbonate  par  le  phosphate  alcalin,  et  vice  versà^  peut  donc 
être  sans  influence  sur  les  actes  qui  s'opèrent  dans  le  sang, 
puisque  leurs  conditions  d'accomplissement  ne  sont  pas  chan- 
gées par  ce  remplacement. 

Les  phosphates  et  carbonates  alcalins  pouvant  réciproque- 
ment se  substituer  ainsi  dans  le  liquide  sanguin  sans  que  ses 
propriétés  soient  modifiées,  on  s'explique  ainsi ,  dit  Liebig , 
pourquoi ,  chez  l'homme ,  les  alternatives  de  régime  végétal 

(I)  Lbm,  IhÊioeUêikUrm  iurlmckkiiée,  1852,  p.  163. 


S80       DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  KM  PARTICULIBR.  i**  CLASSE. 

et  de  régime  animal  n*altèrent  pas  sensiblement  les  actes  nor- 
maux de  réconomie ,  bien  que  ces  alternatives  aient  pour 
effet  de  changer  la  composition  du  sang  quant  aux  priodpSft 
d*origine  minérale.  Ainsi,  par  exemple,  le  passage  des  Imn 
trates,  malates,  citrates,  etc.,  à  Tétat  de  carbonaiiSi  m  se 
trouve  pas  interrompu,  car  ils  continuent  à  se  trouver  au  cou* 
tact  de  principes  à  réaction  alcaline. 

93&.  —  Origine.  La  nourriture  des  diters  antmaui  nilÉiit  tfec  ehiesfe 
d*eux,  le  sans  des  diffëi^ntes  espèces  doit  néoeiaalreflKBt  trolr  uaecOSi- 
position  ésalemeni  clifférenie.  Ainsi,  il  iaat  s'atleiidrt  à  trootcr  ëaas  k 
sans  des  carnivores  des  sels  qui  diffèrent,  par  leur  nature  ou  par  km 
quantité,  de  ceux  qui  constituent  le  sang  des  herbiTores.  Cette  différence 
est  des  plus  sensibles  pour  les  phosphates. 

Il  rst  en  efl^t  naturel  d^admettre  que  le  eblen ,  nourri  UDiquêineiit  de 
viande,  devra  posséder  un  sanfc  dont  les  sels  se  rapprocheront  de  eevt 
qui  consUtuent  la  viande  dont  II  se  ooarrit:  retpérieaes  fit  ftauston- 
lirmer  cette  opinion.  L*un  de  nous  (i)  a  (ait  raaalisc  oompartUvt  des c«i- 
(Ires  provenant  de  la  calcina tion  du  sang  de  divers  animaux.  Les  nombres 
obtenus  dans  ces  analyses  ne  peuvent  pas  être  considérés  comme  abiollis 
d*aprèsce  que  nous  avons  dit  plus  haut:  mais  le  sang  des  dlfers  animaux 
ayant  été  traité  positivement  de  la  mtoie  manière,  les  chiffres  oMettos 
peuvent  parfaitement  représenter  les  rapports  qui  eilstent  dans  la  compo- 
sition  du  sang  d*un  animal  comparée  à  la  composition  de  celui  d^oa  aatre 
animal. 

Nous  avons  analysé  comparativement  le  sang  du  IxBuf  représentant  le 
sang  des  herbivores;  puis  le  sang  d'un  chien  nourri  avec  de  la  Tiande,ce 
sang  représentait  celui  des  carnivores. 

Noos  avons  constaté  que  le  sang  des  herbivores  renfermé  une  très  bible 
proportion  de  phosphates  alcalins,  comparaUvemeat  à  la  quaoïllé  qn^on 
obtient  pour  le  sang  des  carnivores.  En  effet,  le  saog  d'un  chka  noarrl 
avec  de  la  viande  contient  près  de  12  pour  100  d'acide  phospborique  com- 
biné à  la  soude  ou  à  la  potasse,  tandis  que  la  quantité  de  ce  même  acide 
dans  le  sang  du  bœuf  n^est  que  de  3  pour  lOO. 

Le  sang  du  même  chien  nourri  avec  des  pommes  de  tern*  ne  conte- 
nait plus  que  9  pour  100  d'acide  phohphoriqoe,  le  taag  d*bomMS  efl  ns- 
ferme  près  de  10  pour  100* 

Ces  diffécences  dans  la  composition  du  sang  des  herbivoret  et  de  celai 
des  carnivores  s'explique  facilement,  lorsqu'on  sait  que  la  viande  contient 
beaucoup  de  phosphates,  tandis  que  les  herbages  sont  beaucoup  pluii  riches 
en  sels  formés  diacides  d*orf^ne  organique  à  basedesOude  ou  dé  poIftâN. 

(1)  VuDciL,  Amak  dêcMm.  m  pkam.y  ISSS,  M  LUX,  s.  t7. 


CH.    XXIX.    PIIOSPHATK   NEUTRE  DE   SOLDE.  S8i 

U  itt  éfideni  qu*on  arrirera  à  trouver  deii  différences  dans  la  comfMMlUon 
des  lissas  et  des  humeurs  des  divers  animaux.  Ainsi  d<îjà  M.  Strocher  a 
troaTé  qne  la  composition  de  la  bile  des  herbivores  différait  de  celle  dos 
caralvwei;  ce  fait  vient  s'ajouter  à  ceux  déjà  connus,  comme  la  présence 
•t  llabiaBce  de  Tadde  urique  on  de  Tarée  dans  Turine  des  divers  animanx. 
D^prèa  Ueblg  (i),  une  partie  du  phosphate  de  sonde  de  Téconomie  pro- 
vient dû  phosphate  de  potasse  Introduit  par  les  aliments  ou  qnl  pénètre 
des  miMctes  dans  le  sang,  phosphate  de  potasse  que  le  chlorure  de  sodium 
(ait  paner  irétatde  sel  de  soude  par  double  décomposition.  En  raison  de  ce 
fUltdans  les  pays  oA  le  blé  et  les  légumineuses  contiennent  plus  de  phos^ 
phate  de  soude  que  de  phosphate  de  potasse ,  il  n'est  pas  besotai  d'intnK 
duire  autant  de  ael  marin  dans  les  aliments  que  dans  les  contrées  où  pré- 
domine le  phosphate  de  potasse. 

G*e8t,  comme  la  plupart  des  autres  prhicipes,  par  les  urines  que  s^îchappe 
le  phoqibate  de  aoude  ainsi  que  par  les  matières  fécales,  mais  accessoire- 
ment. Dana  Turine,  le  phosphate  de  soude,  venant  à  rencontrer  de  Padde 
«ique  ou  hippurique,  perd  une  certaine  quantité  de  son  alcali,  et  le  phos- 
phate, qui  d^abord  avait  une  réaction  alcaline,  prend  une  réaction  acide. 
G*est  là  un  des  modes  de  disparition  du  phosphate  dont  nous  parlons,  en 
tant  qa>apèce  de  principe  à  réaction  alcaline,  de  la  même  manière  qne 
disparaissent  aussi  de  la  sorte  le  phosphate  de  chaux  des  os  et  divers  car- 
bonates qui  passent  ainsi  à  Tétat  de  sels  acides. 

Gomme  les  principes  de  la  première  classe  ne  font  que  traverser  Téco- 
nomie,  Il  existe  ime  corrélation  constante  entre  les  principes  qui  entrent 
et  ceux  qui  sortent  ;  il  en  résulte  qu^en  examinant,  par  exemple,  d*ane 
manière  comparative,  les  sels  de  Turine  et  ceux  du  sang,  si  Ton  ne  tient 
compte  que  des  acides  de  ces  sels  ou  que  de  leurs  bases,  on  trouvera  tou- 
jours des  quantités  h  peu  près  correspondantes  des  unes  et  des  autres, 
dans  le  sangd^ime  part,  dans  l'urine  de  l'autre.  Mais  pourtant  les  phos- 
plMteade  aotide  et  de  potasse,  lorsqu'ils  abondent  dans  le  sang,  dispa- 
nfaaenten  partie  à  l'état  de  phosphate  de  chaux,  de  magnésie,  ou  ammo* 
niaco-magnésien.  Or,  la  forme  sous  laquelle  disparaissent  ces  principes 
n>st  pas  indifférente  ;  car  tel  donne  lieu  à  la  formation  de  calcub,  et  tel 
aulre  non  :  chez  le  mouton ,  par  exemple ,  si  c'est  du  phospi  aie  de  ma- 
gnéto que  venferme  l'urine,  tout  se  passe  normalement;  si  c'est  du  phoa- 
phite  ammotilaoo-magnésien,  il  se  forme  des  calculs  qui  entratnent  bientôt 
la  monde  i^imal.  Or  comment  arriver  à  reconnaître  dans  quelle  régloft 
m  forment  ces  principes  qui  deviennent  nuisibles,  afin  de  prévenir  cette 
formation,  si  l'on  détermine  les  quantités  d'acide  phosphorique,  au  lieu  de 
dNffcher  oà  exlatent  et  pO  manquent ,  où  commencent  à  apparainre,  où 

H)  i4saBB,  Simr  Im  primoifiêi  liiuidu  de  la  €hak'  rnnumltUrê  (Àwi^,  éêpk^. 
^.êê  cMnik,  IMS,  L  XXIU,  p.  183). 


332      DES  PRINCIPES  IMNÉDIATS  EN  PARTIGCUBa.  1**  GLAiSB. 

sortent  ces  principes;  si  i'on  emploie  l'analyse  éléneotalie an  Meaderau* 
lyse  immédiate. 

936*  —  Le  phosphate  de  soode  présente  des  actes  phydipies  é^mâpê» 
mose  et  d'exosmose  ;  des  actes  chimiques  directs  de  double  déeoMpoaitta 
siy  réellement,  il  s'en  forme  par  décomposition  dn  chJomre  de  aodioa  m 
contact  du  phosphate  de  potasse.  Il  présente  encore  d'antres  actes  cfaiail- 
ques  directs  de  décomposition  par  abandon  d'one  partie  de  an  base  ans 
acides  arique  et  hipparlqœ  an  fur  et  à  mesure  de  la  furmatloii  de  ceu-d. 

936.  —  Extraction.  Dans  un  liquide,  une  eau  minérale  par  •^^fif'f, 
il  est  impossible ,  dans  Tétat  actuel  de  la  chimie  analytique ,  de  décider 
quelle  est  la  forme  sous  laquelle  se  trouvent  les  phosphates  eonteaos  dans 
la  liqueur;  à  plus  forte  raison,  sera-t-ll  très  difficile  de  constater  poailbe» 
ment  l'état  dans  lequel  les  phosphates  se  trouirent  dans  nae  hi 
comme  le  sang  ou  l'urine.  En  effet,  pour  analyser  les  sels  eontesos 
un  liquide,  11  fout  l'évaporer  et  calciner  le  résidu  pour  en  décomposer  ks 
matières  org^aniques.  Eh  bien,  à  cette  température,  les  phosphates  peavent 
déjà  éprouver  des  transformations  notables,  et  lorsqu'on  rediwent  les  ads 
cakinés,  on  n'a  plus  du  tout  dans  la  solution  les  mêmes  sels  qa^opara* 
vaut  De  plus,  des  circonstances  non  appréciables  peuvent  traasfonMr 
dans  les  humeurs  des  corps  des  animaux  ces  différents  sels  les 
les  autres  ;  de  sorte  qu'il  est  bien  difficile  de  dire,  à  l'examen  dea 
ces  incombustibles  d'une  humeur,  quel  était  l'état  du  sel  avant  la  cal- 
cinatlon. 

n  est  à  remarquer  que  la  liqueur  qu*on  peut  extraire  dea 
contient  une  proportion  très  élevée  de  phoq>hate  de  potasse,  et  qne  la 
ne  coudent  qu'une  très  faible  proportion  de  ce  même  set 

Nous  voyons,  d'après  le  ubleaude  la  page  328,  que  le  sang,  le  lait,  IVh 
rlne,elc ,  renferment  des  phosphates  akalhis;  tous  les  tissus  caldnéadonncnt 
une  cendre  qui  renferme  plus  |ou  mohis  de  phosphates  akallna.  Ce  phé» 
nomène  s'explique  facilement.  Nous  savons  que  les  matières  alboaslnenses 
qui  constituent  les  tissus  sont  formées,  entre  autres  éléments,  de  pboaphofe; 
nous  savons,  de  plus,  que  dans  la  composition  des  tissus  animanx.  Il  entre 
toujours  une  ceruine  quantité  de  sels  d'orlghie  Inorganique  qu'on  aepeit 
pas  enlever  par  le  lavage,  et  qui  concourent,  avec  la  partie  purement  d'ori- 
gine organique  du  tissu,  à  constituer  la  matière  ùrgani$ée.  11  est  donc'lait 
naturel  que  par  l'incinération ,  le  phosphore,  im  des  éléments  dea  miàh 
stances  formant  le  tissu,  en  se  transformant  en  acide  plioaplioriqnet  sa 
combhie  avec  les  bases  commets  soude  ou  la  chaux  qui  se  trouvent  llhrss 
par  la  décomposition  des  matières  organiques. 

Il  va  sans  dire  que  maints  tissus  à  l'eut  normal  renferment  dea  phos- 
phates tout  formés.  Ce  que  nous  venons  de  dire  de  la  transformation  dn 
phoq>hore  sert  à  expliquer  comment  l'albumine ,  la  fibrine,  la  caséine, 
ne  peuvent  pas  être  obtenues  exemptes  de  cendres,  mdgré  les  lavs(m 


CH.  ^Tt%.  PHOSPHATE  MEUTRE  DE  SOUDE.  EXTRACTION.   S8S 

à  V9àn  boufllante;  ces  substances  donnent  par  la  caklnation  des 
eendret  qui  renferment  tonjours  des  phosphates. 

L^ëtode  chimique  des  pliosphatcs  alcalins  n*a  pas  encore  atteint  le  degré 
de  prédsioQ  auquel  on  est  déjà  arrive  pour  la  plupart  des  autres  sul>- 
■lancet  d*origfaie  hiorganique.  En  effet,  Tacide  phosphorique,  suivant  la 
naanière  dont  .fl  est  préparé,  présente  des  propriétés  différentes,  quoique 
ijiDt  la  même  composition  élémentaire.  Les  différences  les  plus  sensibles, 
oo  phMAt  cellei  qui  sont  le  mieux  connues,  consistent  en  ce  que,  dans  ces 
trois  états,  Tadde  phosphorique  a  un  pouvoir  de  saturation  différent  par 
rapport  aux  bases.  Ainsi  les  phosphates  tribasiques  renferment  un  acide 
pboq^horlque  qu*on  appelle  Vadde  phosphorique  ordinaire,  et  qui  jouit 
de  la  propriété  de  se  combiner  avec  trois  équivalents  de  base.  Les  phos- 
phates hibasiques,  ou  pyrophosphates,  renferment  un  acide  phosphorique, 
isomère  du  premier;  cet  acide,  appelé  adde  pyrophosphorique,  ne  se 
combine  qu'avec  deux  équivalents  de  base.  Enfin,  dans  les  phosphates 
moBobasiqiies,  ou  métaphosphates ,  on  trouve  une  troisième  isomérie  de 
Tadde  phosphorique,  Vacide  métaphosphorique,  qui  ne  se  combine  qu'a- 
vec mi  équivalent  de  base.  De  plus,  le  phosphate  tribasique  peut  changer 
im  et  deux  équivalents  de  sa  base  contre  des  équivalents  d'eau,  et  prendre 
par  là  on  caractère  et  des  propriétés  différentes. 

On  voit,  d'après  ce  qui  précède,  les  difficultés  qui  accompagnent  l'étude 
des  phosphates  ;  il  est  de  foit  que  les  chimistes  ne  sont  nullement  d'accord 
sor  la  question  des  phosphates  alcalins,  et  la  raison  en  est  que  nous  sommes 
encore  loin  de  posséder  toutes  les  données  positives  sur  la  nature  de  ces 
eorps,  qnll  serait  nécessahre  d'avoir  acquises  pour  résoudre  ces  problèmes. 
Noos  avons  vn  que  le  procédé  généralement  employé  pour  constater  la 
présence  des  phosphates  contenus  dans  les  tissus  et  les  humeurs  des  ani- 
maux consistait  à  brûler  ces  tissus  et  à  analyser  leur  cendre,  comme  on 
avait  analysé  une  terre,  une  cendre  quelconque.  Nous  avons  démontré 
qne  ce  procédé  avait  le  grave  hiconvénient  d'altérer  les  sels  qui  constituent 
kt  tIssiM,  et  de  créer  souvent  des  substances  qui  n'existaient  pas  avant 
rinclnératlon. 

Ce  proeédé  peut  être  bon  pour  apprendre  à  connaître  les  proportions 
qnl  existent  entre  les  différents  sels  constituant  un  tissu  ou  une  humeur, 
mais  pomr  constater  la  présence  d'un  phoq[>hate  il  faut  se  servir  d'autres 
moyens.  Si  la  nature  de  l'humeur  ou  du  liquide  provenant  de  l'extraction 
des  socs  du  tiaso  le  permet,  il  faut  chercher  à  faire  cristalliser  les  phos- 
phates. Pour  y  arriver,  il  fîsut  éliminer  les  substances  non  cristallisables, 
Mai  qne  lldlmmine  et  les  graisses  qui  gênent  surtout  les  cristallisations. 
UnelMades  orlslanx  de  phosphates  obtenus,  comme  ils  sont  en  général 
MM9I  gros^  11  est  telle,  non  seulement  d'étodier  leur  fbrme ,  mais  il  est 
aiii  de  déterminer  par  qoelqnes  rtetlons  leur  nature  chimique. 

Lorsqn^on  décante  le  liquide  de  Turine  fortement  concentrée  pour  le 


SM    DES   PRINCIPES  milÉDlATS  EM  PÀRTIGULnil.  i'*  CLASSE. 


séparer  du  dépôt  salin,  et  qu*on  y  ajonte  de  Talcool  alwohi,  fl  te 
lentement  sur  les  parois  du  vase  des  cristaux  de  pho^liate  Beotre  de 
soude  (pi.  IX,  fig.  1  ;  pi.  Ylil,  lig.  3,  6, 6).  Ce  sont  des  tables  dérWant  do 
prlsnae  rectangulaire  ou  rliomboTdal  droit,  atec  décrolasement  sur  ks 
arêtes  (6).  Quelquefois  ce»  plaques  sont  irrégulières  et  striées  sur  tem 
(aces  de  diverses  manières  (pi.  IX,  fig.  1,  c,  c).  Ils  polarisent  la  limilre; 
CM  dernières  formes  surtout  donnent  les  colorations  les  plas  reiutiqoa- 
blés  par  leur  teinte  et  leur  intensité.  H  est  facile,  avec  un  peo  dluMlade, 
de  distinguer  ces  cristaux  de  toutes  les  autres  espèces  de  Tariiie,  et  sur- 
tout  du  phosphate  acide,  que  nous  décrirons  plus  loin. 

Le  pbospliate  de  soude  présente  quelquefois  des  formes  cristaMiNi  lé- 
traédriques  (pi.  Vlli,  fig.  3,  c,  d,  e).  Nous  n^avons  pas  mesuré  lewi 
angles  ;  mais  Paspect  de  ces  tétraèdres  paraît  plus  régulier  que  ccn  de 
Vacerdèse  et  du  sulfate  de  magnésie^  seuls  tétraèdres  hémlèdres  observés 
Jusqu*&  présent  dans  le  type  rectangulaire  droit.  On  les  obserre  •urtoot 
quand  le  phosphate  de  soude  et  le  chlorure  de  sodium  crtstaMaent  dam 
un  même  Uquide  albumineux,  par  suite  d'addition  dHin  volame  égal  d'al- 
cool, ou  par  évaporation  complète.  Comme  ils  poiariaent  la  Imnière, 
on  ne  peut  les  confondre  avec  les  tétraèdres  réguliers  du  sel  maria , 
qui  ne  polarisent  pa.s  et  qui  peuvent  accompagner  le  phoaphate  de  soailc 
dans  le  cas  de  dessiccation  complète  d'un  liquide.  Les  anglea  et  lea  faces  des 
tétraèdres  sont  fréquemment  modifiés  et  peuvent  ainsi  passer  à  la  firme 
hexagonale  quand  ils  sont  très  aplatis  (pi.  VIII,  fig.  3,  f);  n*ï\ê  aoni  épaii, 
ils  prennent  la  forme  d'un  hexagone  pyramidal  (pi.  Vlli,  fig.  8,  a).  Lon- 
qu'ib  se  forment  dans  Turine,  ces  cristaux  sont  presque  toujours  striés  I  h 
surlace.  Ils  sont  plus  réguliers  lorsqu'ils  viennent  du  sang,  et  surtout  lon- 
qu'ils  cristallisent  en  présence  de  matières  albumineuses,  parévaporaUonda 
liquide  au-dessous  de  70  degrés.  Lors  mèmeque  le  liquide  estdevesB  titMÉle 
par  coagulation  d'une  petite  quantité  d'albumine,  les  cristaui  prenneat 
des  formes  plus  régulièi-es  que  si  la  liqueur  était  dépoorToe  da  œs  bm- 
tières.  Lorsque  celle-ci  est  colorée,  les  cilstaux  entraînent  avec  esx  de  Is 
matière  coioranie,  ou  prennent  un  peu  de  la  tehite  qu'a  l'extraH  qs^éva- 
pore.  Si  le  liquide  est  incolore,  les  cristaux  sont  très  transparents  et  inco- 
lores (pi.  Viil,  fig.  3,  c,  d^  e,  /).  Kn  un  mot,  comme  le  carbonate  de 
chaux,  comme  le  phosphate  de  cette  base,  comme  le  pboaphaie  amma 
niaco-magnésien,  etc.,  le  phosphate  desonde,  en  se  dépoaant  à  féiat 
criatalUn,  Hk  et  entraîne  une  certaine  proportion  des  snbatancea  aaoléai 
qui  raccompagnent  A  diverses  reprises  nous  avons  fait  remarquer  (L  I, 
p.  538j  qu'on  ne  doit  pas  faire  cristalliser  une  petite  proportion 
ment  de  liquide  sur  la  lame  porte-objet  du  microscope,  pov 
l'examiner  au  microscope,  car  les  cristaux  qui  se  forment  alon  aool  dn 
dendrites  et  arborisations  mobs  caractéristiques  qne  lea  fsrmes  volomi- 
nenses.  Cependant,  poor  le  phosphate  de  sonde  comme  poor  la  sel  ma- 


CM.  UIX.   PHOSFHATB  NEUTRE  DE  SOUDE.  HISTORIQUE.      836 

Hb,  fl  pmij  ïïfo\r  dts  crittaax  isolés  ;  comme  pour  U  chlorhydrate  d'am- 
moniaque» les  ramiflcations  se  terminent  par  des  cristaux  rectangulaires 
aplatia»  eu  tétraédriques,  ou  hexagonaux,  qui,  à  300  ou  ^00  diamètres  ont 
qadqoeMs  le  volume  de  ceux  que  nous  avons  figurés  planche  VIII,  fi- 
gure 9«  c,  d,  s,  f.  Dans  d*autres  circonstances,  surtout  quand  il  y  a  des  matiè- 
NSslhiUBineusesdana  le  liquide,  etqu*il  aété  évaporéientementk  unehasae 
iSMpéniuresurune  plaque  de  verre,  les  cristaux  formés  sont  des  aiguilles 
krfes,  aplaties,  adhérentes  ensemble  par  une  de  leur  extrémités  et  dans 
■M  ssseï  gvsMle  longueur,  lesquelles  se  terminent  en  pohile  par  leur  ex- 
titeité  lihrs.  Lorsque  Tévaporation  est  poussée  Jusque  dessiccation,  Tal- 
bmalnt  qui  eitonre  les  amas  cristallins  se  fendille,-  et  les  fentes,  lohi  de 
slwrèler  su  hord  des  cristaux,  les  traversent,  et  ils  paraissent  également 
tMdiUéa.  Tous  les  extraits  de  l*urine  ou  du  sang,  amenée  au  point  d'éva- 
porstta  aécssaslrs  à  la  cristallisation  du  phosphate  de  soude,  l'altèrent, 
il  sbwrbeRl  l>iu«  de  sorte  que  ces  cristaux  formés  peuvent  disparaître 
Wê  boni  4s  quelques  heures,  et  reparaître  quelquefois  sous  un  autre  mode 
«Vhorlsslisn  (i). 

•S7.  ^  Historique,  Ce  principe  fut  pris  par  Hellot  et  IH>tt,  qui  en  par- 
lèftnt  les  pimnlers,  pour  de  la  sélénite  ;  il  a  été  décrit  d*abord  exactement 
pur  Hanpt  soia  le  nom  de  sel  admirable  psrlé,  Margreaf  Ta  également 

(1)  Cbei  certains  animaux  «  surtout  les  rongeurs,  comme  les  cochons 
dinde,  etc.|  on  peut,  en  ajoutant  un  peu  d'alcool  à  quelques  gouttes  du  sang 
et  laissant  dessécher  sur  une  plaque  de  verre,  obtenir  des  formes  tétraédri- 
qvas  analogues,  mais  sans  pouvoir  connaître  la  nature  des  corps  qui  cristal- 
IliSQtt  ^  '*  P^^^  quantité  de  matière.  C'est  ce  qu'on  a  appelé  sang  çristalUsé, 
cristaux  dans  le  sang,  substances  protéiques  cristallisées  [a),  parce  que,  faute 
ds  cooosllre  cette  propriété  de  beaucoup  de  corps  d'entraîner  les  substances 
organiques  et  matières  colorantes  en  cristallisa  ut,  trompé  par  l'aspect  rouge 
souvent  assez  intense  des  cristaux  (mais  variable  pour  chacun  d'eux,  selon  qu'il 
y  «  plus  ou  moins  de  matière  colorante  dans  le  liquide  où  il  le  forme),  on  les 
a  pris  pour  des  substances  organiques  coagulables  (matières  protéiques)  dépo- 
sées h  l'état  cristallin.  Des  globules  du  sang  encore  incomplètement  dissous 
par  Peau  ou  peu  altérés  par  l'alcool  et  plus  ou  moins  décolorés  et  devenus 
irrégoliers  sont  quelquefois  englobés  par  un  cristal  qui  se  forme,  et  reparais- 
sent quand  on  dissout  le  cristal  par  de  l'eau;  comme  dans  les  cristaux  gra- 
nuleux de  carbonate  de  la  salive ,  les  granulations  restent  évidentes  dans  la 
trame  organique  après  qu'on  a  dissous  le  sel.  Nous  avons  do  reste ,  obtenu 
ees  mêmes  cristaux  incolores  transparents  avec  du  sérum  de  cochon  d'Inde; 
dans  le  sérum  dépourvu  de  globules  de  sang ,  ils  sont  libres  ou  plus  souvent 
ils  sont  adhérents  sur  le  bord  ou  les  extrémités  des  dendrites  que  forme  le 
sel,  mais  Ils  sont  tou]ours  très  nets  ;  quelquefois  ce  sont  des  prismes  rectan- 
gulaires aplatis  avec  ou  mus  décroissements. 

{a)  Kuint ,  Comptes  rendus  st  Mém,  ds  la  Soc,  ds  biologie^  iSB?. 


886    DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN  PAHTICULIBB.  1'^  CLASM. 

décrit  avec  soin  (i),  et  Rouelle  le  Jeime  reoonnut  qu^  renfèmie  de  h 
soude  ;  il  le  décrit  sons  le  nom  de  sel  fusible  à  basede  natrum  (2). 

Toatefois  oo  a  reconnu  depuis  que  c*était  un  sel  double  de  tonde  et 
d^ammoniaque  qu*il  obtenaiL  Schèele,  dans  les  travaux  où  il  annottee  la 
présence  de  Tadde  urique  dans  Furine,  emploie  encore  le  nom  de  tel  /b* 
sible  de  Vurine  pour  désigner  ce  principe  (3).  Proust,  le  premier»  a^an 
en  deux  composés  le  sel  fusible  des  urines  (4)»  Tun  qo*ll  reconnaît  pov 
du  phosphate  de  soude,  Tautre  quMl  appelle  acidum  perlatum;  maisUi- 
proth  montra  que  ce  dernier  composé  n*est  que  du  phosphate  de  soude 
ayant  entraîné  un  excès  d'acide  (5).  Depuis  lors  ce  sel  a  toujours  été  Kt« 
tement  déterminé  par  les  auteurs  qui  Tont  rencontré  dans  leurs  analyBes. 
Fourcroy,  par  exemple,  Ta  signalé  dans  les  urines  (6).  Peu  après, 
Vauquelin  et  lui  en  trouvèrent  dans  le  sang  (7) ,  ainsi  que  dans  k§ 
larmes  et  le  mucus  (S)  des  narines  rendu  par  les  individus  atteins  de 
corysa.  Nicolas  et  Gueude  ville  en  trouvèrent  dans  les  sédiments  dePuilK 
des  hidividus  bien  portants  (9).  Depuis  lors  ce  principe  a  toujours  été 
retrouvé  dans  cette  humeur.  Fourcroy  (10)  et  John  (11)  en  indiquent  li 
présence  dans  la  bile.  Ce  dernier  en  trouva  aussi  dans  la  substmce 
cérébrale  (12),  et  le  premier  en  a  trouvé  dans  Thumeur  aqueuse  (t  H, 
p.  304).  D'après  Haldat,  il  y  en  a  dans  les  ventricules  cérébraux  (18). 
Fourcroy  (iU)  et  John  Bostock  en  ont  trouvé  dans  la  salive  (15).  John  t 

(1)  HAcn,  Distertatio,  in-8%  1740;  etHASOSAvr,  Mém.  de  VAeea.  fsy. 
de  BerUn,  m-4*,  1745,  et  DUiertatio  de  sale  wrinœ  natho.  Lugd.  BiL, 
1753. 

(2)  RouELLR  le  cadet,  Jotim.  de  méd.  de  Vandermande,  1771,  t.  XXXVL 

(3)  ScBtcLB,  Mém.  de  VÀcad.  roy.  des  sc.de  Suède,  1775-1776,  t. XHYI, 
p.  327. 

(4)  PaousT,  Joum.  d'observations  sur  la  physique  et  Vhlst.  ihU.,  dsTaHé 
Roder,  hi-4*,  1781,  p.  145. 

(5)  Klapsotb,  Ann,  de  chkn.  de  CreU,  1785,  t.  I,  p.  236. 

(6)  FouiCBOT,  Expér,  sur  des  mat.  ankn.  (Ann.  de  ehMn.t  1791,  t.  VII, 
p.  146). 

(7)  FouacBOT  et  Vauqueuh,  Examen  chimique  des  larmes  et  de  Vkmmr 
des  narines{Ânn,  de  chim.,  1792,  t.  X,  p.  120 et  125). 

(8)  FouiCBOT,  Sœpér.  sur  des  matières  anim.  [Ann.  de  chkn.,  1791,  t 
Vn,  p.  146-187). 

(9)  Nicous  et  GuBUDEviLLE,  Rech.  chim.  sur  le  diabète  sucré  OMpMiMK» 
sucrée  {Ann.  de  chtm.,  1802,  t.  XLIV,  p.  45). 

(10)  FouiCBOT,  Syst.  des  conn.  chimiq.,  en  ix,  t.  X,  p.  33. 

(11)  Jomc,  Laborat.  chim. ,  1808,  1. 1,  p.  466. 

(12)  JoBK,  loc.  cit,f  1808,  p.  442. 

(13)  Haldat,  Joum.  de phys.,  1811,  p.  207. 

(14)  FouBGBOT,  loc.  cit.f  80  IX,  t.  IX,  p.  367. 

(15)  JohnBostocx,  Expér.  comparât,  sur  la  salive,  etc.  (Jiifi.  de  cMs., 
1803,  t.  XLVI,  p.  76). 


CH.  XVX.  PHOSPHATE  NEUTBE  DE  SOUDE.  HISTORIQLE.      337 

ODMtaté  la  présence  de  ce  sel  dans  le  liquide  de  Tamponle  d*an  vésica- 
toire  produit  par  le  fea  (1),  dans  le  pus  de  Tovaire  d^une  femme  phthi- 
sique  (2) y  et  Wurzer  dans  le  liquide  de  Thydrocèle  (3).  Hatchett,  en 
donnant  l'analyse  de  la  chair  de  bœuf,  indique  la  présence  d'un  phosphate 
akaUn,  et  hésite  entre  celui  de  soude  et  celui  d'ammoniaque  ;  mais  il  est 
probable  qoe  c'était  du  phosphate  de  potasse  {à)-  Les  chimistes  n'bdi- 
qnent  pas  la  présence  des  phosphates  de  soude  dans  l'urine  des  animaux 
lierbif  ores  ayant  l'urine  alcaline,  mais  il  y  en  a  dans  celles  des  camiTores  ; 
ainsi  Yanquelin  en  Indique  dans  l'urine  du'lion  (5).  M.  Boudet  dit  que 
certaines  concrétions  formées  principalement  de  phosphate  et  carbonate 
calcaire  renferment  en  même  temps  une  certaine  quantité  de  ce  sel  qu'on 
peut  enlcTcr  par  l'eau,  en  même  temps  que  du  chlorure  et  du  sulfate  de 
la  même  base  qui  l'accompagne  (6),  fait  qui  n*a  rien  d'improbable,  lors- 
qu'on songe  que  ces  concrétions  sont  imbibées  de  liquides,  et  que  les  sels 
alcalins  s'unissent  avec  facilité  aux  sels  terreux.  D'après  Enderlln,  les  sels 
qui  jouent  un  rôle  capital  dans  la  constitution  du  sang  sont  les  phosphates 
alcalins.  La  réactioki  alcaline  des  humeurs  de  l'homme  leur  est  due.  Le 
phoqibate  de  soude  tribasique  (3  NaO  +  PhO*)  possède  au  plus  haut  degré 
la  propriété  de  dissoudre  les  composés  protéiques,  le  phosphate  de  chaux 
et  celui  de  fer.  Le  sang  ne  renferme  pas  d'alcalis  caustiques,  il  nie  à  tort 
les  carbonates  akaUns  eux-mêmes.  Après  le  phosphate  de  soude  (Uibasique) 
et  le  chlorure  de  sodium,  Tiendraient,  selon  leur  degré  d'importance  et 
comme  indispensables  à  l'organisme,  l'oxyde  et  le  phosphate  de  fer.  Il 
considère  le  chlorure  de  potassium  et  le  sulfate  de  potasse  comme  non 
esMntiels.  Le  phosphate  de  magnésie  pourrait  remplacer  celui  de  chaux, 
et  le  anUate  de  potasse  celui  de  soude  (7).  D'après  Molleschott,  la  réaction 
alcaline  du  sang  serait  due  à  la  présence  du  phosphate  de  soude,  car  la 
quantité  d'acide  carbonique  libre  n'est  pas  assez  considérable  pour  mas- 
quer sa  propriété  alcaline  (S).  Nous  avons,  chemin  faisant»  indiqué  les  tra- 
faux  des  autres  auteurs  qui  se  sont  occupés  de  ce  prUidpe  immédiat.  Il 
n*a  pas  encore  été  figuré. 


(1)  Jom,  ChmnUche  Unterstichungen,  Berlin,  1811,  t.  III,  p.  37. 

(2)  JoBH,loc.  cit.,  1811,  t.  II,  p.  120. 

(3)  Woasxa,  Nauioeau  journal  génércU  de  chimie,  1805,  t.  Y,  p.  662. 

(4)  -Hàtcuctt,  ànn.dechkn,  de  Crell,  1801,  p.  460. 

(5)  Vauquel»,  Anal,  compar,  de  l'urine  de  div,  anim,  [Ann.  de  chim», 
1812,  U  LXXXU,  p.  197). 

(6)  F.  BooDR,  Journal  de  pharm.f  1844,  t.  XXX,  p.  335,  et  dans  Millon 
et  lUiSBTy  iifMiuaira  dscMmM,  Paris,  1845,  p.  498. 

(7)  EaMOUR,  Redu  chêmico-phytiol.  {Ann.  der  Chem,  und  Pharm.,  in-8", 
1831,  t.  XUX,  p.  817,  et  L,  p.  53). 

(8)  Mouttcaorr,  loe,  dl.,  1851. 

If.  'iiî 


SS8  DES  PRINCIPES  milÉDIATS  BN  FAlITICULm.  1"*  CUMtL. 

CHAPITRE  XXX, 

PBOSPHATB  AGIDB  Dt  tOOM. 

SfiNmyinle  :  Phosphate  aciduiê  âe  toude,  KaO.  12  HO.  PbO<.  3  HO. 

938.  —  Nous  n'avons  encore  trouvé  ce  principe  immédiat 
que  dans  Turine  seulement  ;  mais  nous  verrons  qu*i1  y  joue 
un  rôle  important. 

Nous  avons  indiqué  que  le  phosphate  neutre,  réagissant 
alcalin,  et  peut-être  aussi  le  phosphate  basique  de  loude, 
pouvaient  se  rencontrer  dans  Téconomie  animale.  Ces  trois 
phosphates  peuvent  en  effet  passer  d'un  de  ces  trois  états  i 
Tautre.  Le  phosphate  de  soude  basique,  qui  contient  trois  atomes 
de  base,  peut  céder  un  atome  de  son  oxyde  à  Tacide  carboni- 
que. II  se  forme  alors  deux  nouveaux  sels:  du  phosphate  de 
soude  neutre,  réagissant  alcalin,  et  du  carbonate  de  soude. 
Dans  l'organisme,  où  ce  phénomène  chimique  peut  avoir  lieu, 
le  phosphate  de  soude  basique  pourra,  dans  le  sang,  être  ainsi 
transformé  par  Tacide  carbonique  et  se  changer  en  phosphate 
neutre.  Remarquons  quMl  se  sera  formé  du  carbonate  de 
soude  qui  réagit  alcalin  et  exerce  sur  les  substances  albumi- 
neuses  une  action  dissolvante.  Le  phosphate  de  loiido  neutre, 
qui  ne  contient  plus  alors  que  deux  atomes  de  base,  se  com- 
bine avec  un  atome  d*eau,  et  prend  alors  une  réaction  aica-* 
line,  et  pourra  agir  aussi  comme  dissolvant  sur  les  matières 
albumineuses. 

La  transformation  peut  encore  aller  plus  loin  :  le  phos- 
phate neutre  de  soude,  c'est-à-dire  celui  qui  ne  contient  que 
deux  atomes  de  soude,  peut  céder  aux  acides  les  plus  faibles, 
par  exemple,  à  l'acide  urique,  un  de  ses  deux  atomes  de  soude, 
et  se  transformer  en  phosphate  acide  do  soude,  c'esl-A-dire  le 
phosphate  qui  ne  contient  qu'un  atome  de  la  base,  et  qui  a 
une  réaction  acide.  Ces  transformations  peuvent  toutes  avoir 
lieu  dans  le  corps  des  animaux;  il  pourra  donc  ainsi,  suivant 
les  circonstances ,  se  trouver  un  phosphate  ayant  une  réac- 
tion acide,  ou  un  phosphate  agissant  comme  un  alcali.  Ces 


CH*  XXX.    raOSPHATR  AaDE  DE  80UDB.  SIO 

propriétés  des  principes  immédiats  que  nous  étudions  mon- 
trent de  quelle  importance  doit  être  le  rôle  des  phosphates, 
et  combien  Tétude  anatomique  do  ces  sels  pourra  permettre  de 
se  rendre  compte  des  phénomènes  physiologiques  si  variables 
de  Turine,  etc.,  comme  Tacidité,  Taicalinité,  la  neutralité. 

L'acidité  de  l'urine  est  très  probablement  due  à  la  pré- 
sence du  phosphate  acide  de  soude  dans  cette  humeur.  En 
effet,  nous  avons  constamment  rencontré  ce  principe  immé- 
diat dansFurine  fraîche  et  acide  (1).  D*autre  part,  il  est  impos- 
libie  de  constater  dans  Turine  fraîche  d'autre  acide  libre  que 
Tacide  urique.  Ce  dernier  n'existe  qu'en  très  faible  quantité, 
et  de  plus  on  sait  qu'il  rougit  a  peine  le  tournesol,  tandis  que 
la  réaction  de  Turine  est  nette  et  franche.  Ce  n'est  pas  à  un 
acide  volatil  comme  le  gaz  carbonique  qu'on  peut  attribuer 
cette  réaction;  car  l'acidité  est  conservée  lors  môme  que 
Turine  a  bouilli  et  lors  même  qu'elle  s'est  troublée  alors  par 
précipitation  de  phosphate  basique  de  chaux  (2).  L'acidité  de 
l'urine  ne  peut  ainsi  être  attribuée  à  l'action  de  l'acide  urique  ; 
il  ne  resterait  donc  que  le  phosphate  acide  de  soude  qui  puisse 
en  être  la  cause. 

Les  variations  infinies  dans  l'état,  soit  acide,  soit  neutre, 
soit  alcalin  de  l'urine ,  s'accordent  très  bien  avec  le  peu  de 
stabilité  des  phosphates  de  soude.  En  effet,  nous  avons  vu  plus 
haut  que  les  actions  chimiques  les  plus  faibles,  comme  celle 
de  l'acide  carbonique,  de  l'acide  urique ,  pouvaient  changer 
le  phosphate  de  soude  basique ,  réagissant  alcalin ,  en  un 
sel  neutre  et  même  en  un  sel  acide,  action  que  Liebig  avait 
déjà  signalée  comme  devant  avoir  lieu  dans  l'urine  chaude 
de  la  part  des  acides  organiques  sur  les  phosphates  de  soude, 
de  chaux  et  de  magnésie  (S).  Où  ces  transformations  ont-elles 
lieu,  c'est  ce  que  nous  ne  saurons  que  lorsqu'on  aura  étudié 
les  changements  de  la  réaction  de  l'urine,  en  observant  si  elles 

(1)  RotvetYnMiL,  Complet  rmém  H  mém.  delà Soe,  é^  bMogie.  Paris, 
18S0,  p.  S5. 

(S)  DcLAVAUD,  îMd.  PirU,  1851,  p.  11  S. 

(3)  L4KBI6,  Ann,dÊrCh0m.  mé  Pharm.,  18SS,  t.  XL,  p.  ISA. 


3&0  DES  PRINCIPES  IMMÉDIATS  EN   PARTICULIER^  1'*  CLASSE. 

se  rattachent  aux  actes  digestifs,  ou  bien  à  d'autres  actions 
physiologiques. 

939.  —  Extraction.  Le  phosphaie  acide  de  soude  peot  être  oblena 
cristallisé  dans  l^arioe,  en  suivant  la  même  marche  que  nous  afoas  iodi- 
quëe  en  traitant  du  phosphate  de  soude  neatre«  Quand  celui-ci  eat  cris- 
tallisé, on  voit  se  déposer,  trois  ou  quatre  Jours  après,  des  cristaux  biea  plus 
soluhles  encore  dans  Teau  que  ce  sel  neutre.  On  peut  en  hftter  le  dépôt  es 
ajoutant  de  Téther  au  liquide  déjà  étendu  d^alcool  absolu.  Ces  arlstanx, 
diaprés  leurs  modes  de  décroissement  sur  les  angles  ou  les  côtés  de  la  hase, 
semblent  dériver  du  prisme  rectangulaire  ou  rhomholdal  droit  Oet  décrois- 
sements  marquent  ordinairement  la  hase  presque  en  totalité.  Les  foraei 
de  ces  cristaux  varient  peu  ;  ce  sont  soit  des  prismes  (pi.  IX,  fis*  3»  a,  a), 
soit  des  lamelles  (d,  6).  Ces  cristaux  sont  très  transparents,  et  leurs  Uot» 
ne  peuvent  être  hien  observées  qu*autant  qu'on  les  voit  tourner  sur  eux- 
mêmes,  entraînés  par  un  courant  de  liquide  sous  le  microscope.  De  plus, 
comme  les  cristaux  se  déposent  généralement  contre  les  parois  du  vase 
auxquelles  ils  adhèrent,  il  est  rare  d'en  trouver  de  hien  confdnnés;  ib 
sont  aplatis,  incomplètement  formés  du  côté  adhérent  (c,  c,  c), 

CHAPITRE  XXXI. 

PHOSPHATE    DE    POTASSE. 

OAO.  —  L'histoire  de  ce  principe  immédiat  reproduit  sous 
presque  tous  les  rapports  celle  des  phosphates  de  soude  ;  par 
conséquent,  nous  ne  ferons  que  signaler  les  particularités 
qu'il  présente  dans  quelques  parties  de  Torganisme.  On  a 
signalé  sa  présence  dans  la  plupart  des  tissus  et  des  humeurs  ; 
mais  sa  quantité  n'a  été  que  très  rarement  déteraiinée. 

Comme  pour  le  chlorure  de  potassium  qui  est  défavorable  a 
réchange  entre  l'oxygène  et  l'acide  carbonique,  parce  qu'il 
fait  perdre  aux  globules  leur  consistance  et  leur  élasticité, 
nous  trouvons  que  le  phosphate  de  potasse  existe  bien 
plus  abondamment  dans  les  muscles  que  dans  le  sang  :  c'est, 
comme  on  voit,  Tinverse  pour  le  phosphate  de  soude.  M.  Bous- 
singault  en  a  trouvé  1,02  pour  1000  dans  l'urine  de  porc. 
Slaffel  en  indique  08,05  pour  100  dans  les  cendres  de  la  chair 
de  veau  (1).  Tous  les  autres  phosphates  réunis  ensemble  ne 
forment  pas  le  quart  de  cette  quantité. 

(I)  Staffrl  dan»  Liebic,  lœ.  nV.,  1852,  p.  213. 


CH.    XXXI.    FHOSPHAYË   DE  POTASSE.  3 Al 

941.  —  Les  aliments  végétaux  renferment  ordinairement 
une  assez  forte  proportion  de  phosphate  de  potasse  ;  c'est 
donc  par  eux  que  ce  principe  est  introduit  dans  l'économie. 
Les  analyses  des  chimistes  n'indiquent  pas  sa  présence  dans 
l'urine  ;  cependant  il  est  probable  qu'il  y  en  a  une  certaine 
quantité,  et  que  c'est  par  cette  voie  que  l'excédant  de  ce  qui 
est  nécessaire  à  l'accomplissement  régulier  des  fonctions  s'é- 
chappe. Peut-être  passe-t-il  à  l'état  de  sulfate  ou  de  chlorure, 
et  ce  serait  alors  comme  sulfate  de  potasse  et  phosphate  de 
soude  ou  de  chaux  qu'il  s'échapperait.  D  après  Liebig  et  ses 
élèves,  on  ne  trouve  pas  de  phosphates  dans  l'urine  de  vache 
et  dans  celle  de  cheval,  bien  que  ces  animaux  consomment 
tous  les  jours  une  grande  quantité  de  phosphates  alcalins 
solubles,  qui  sont  ensuite  assimilés  par  le  sang.  La  composi- 
tion des  fèces  de  ces  mêmes  animaux,  dont  on  a  aussi  analysé 
le  fourrage,  démontre  que  tout  l'acide  phosphorique  des 
aliments  se  retrouve  dans  les  fèces  à  l'état  de  phosphate  cal- 
caire et  de  phosphate  magnésien  (1). 

Nous  avons  également  vu  précédemment  que  selon  toutes 
probabilités,  lorsque  le  chlorure  de  sodium  et  le  phosphate 
de  potasse  sont  en  présence  l'un  de  l'autre  dans  l'organisme, 
dans  des  conditions  de  liquidité  convenables,  ils  se  décom- 
posent mutuellement  et  forment  du  chlorure  de  potassium 
d'une  part,  du  phosphate  de  soude  de  l'autre. 

9A2.  —  Historique,  Vauquelin  paraît  être  le  premier  chimiste  qui  ait 
signalé  la  présence  de  ce  phosphate  dans  i^économie  animale  ;  il  le  trouva 
dans  la  sobstance  des  centres  nerveux,  tant  cerveau,  cervelet,  que  moelle 
épinière(2).  Dans  toutes  les  autres  parties  du  corps  tant  liquides  que  solides, 
c^est  toujours  le  phosphate  de  soude  dont  la  présence  est  indiquée.  Notis 
avons  TU  néanmoins  que  M.  Boussingault  a  signalé  la  présence  du  phos- 
phate de  potasse  dans  Turine  du  porc  (3). 

(i)  AlUAICHia,  BVGIHBl  el  POBTEB,  daUi  LlEBIG,  loc,  cU,f  1852,  p.  178- 
179. 

(3)  Vauqukuh,  loc.  dt,  {Ann,  de  chimie^  1812,  t.  LXXXI,  p.  37). 
(3)  BorasmaAULT,  Bech,  eœpérm,  $urlaformat,de  la  graisse  pendant  Vali- 
nientation  des  animaux  {Ann,  dephys.  et  dcrhim,,  18i?,  t.  3(IV,  p.  411). 


SA2     DES   PlilNUPËti   IMMÉDIATS   £«   PARTICULIER.    2*   CLASSE. 


DEUXIÈME  CLASSE  DES  PRINQPES  IMMÉDIATS. 


PRINCIPES   CR1S