Skip to main content

Full text of "Traité de la chaleur considérée dans ses applications"

See other formats


This  is  a  digital  copy  of  a  book  that  was  preserved  for  générations  on  library  shelves  before  it  was  carefully  scanned  by  Google  as  part  of  a  project 
to  make  the  world's  books  discoverable  online. 

It  has  survived  long  enough  for  the  copyright  to  expire  and  the  book  to  enter  the  public  domain.  A  public  domain  book  is  one  that  was  never  subject 
to  copyright  or  whose  légal  copyright  term  has  expired.  Whether  a  book  is  in  the  public  domain  may  vary  country  to  country.  Public  domain  books 
are  our  gateways  to  the  past,  representing  a  wealth  of  history,  culture  and  knowledge  that 's  often  difficult  to  discover. 

Marks,  notations  and  other  marginalia  présent  in  the  original  volume  will  appear  in  this  file  -  a  reminder  of  this  book' s  long  journey  from  the 
publisher  to  a  library  and  finally  to  y  ou. 

Usage  guidelines 

Google  is  proud  to  partner  with  libraries  to  digitize  public  domain  materials  and  make  them  widely  accessible.  Public  domain  books  belong  to  the 
public  and  we  are  merely  their  custodians.  Nevertheless,  this  work  is  expensive,  so  in  order  to  keep  providing  this  resource,  we  hâve  taken  steps  to 
prevent  abuse  by  commercial  parties,  including  placing  technical  restrictions  on  automated  querying. 

We  also  ask  that  y  ou: 

+  Make  non-commercial  use  of  the  files  We  designed  Google  Book  Search  for  use  by  individuals,  and  we  request  that  you  use  thèse  files  for 
Personal,  non-commercial  purposes. 

+  Refrain  from  automated  querying  Do  not  send  automated  queries  of  any  sort  to  Google's  System:  If  you  are  conducting  research  on  machine 
translation,  optical  character  récognition  or  other  areas  where  access  to  a  large  amount  of  text  is  helpful,  please  contact  us.  We  encourage  the 
use  of  public  domain  materials  for  thèse  purposes  and  may  be  able  to  help. 

+  Maintain  attribution  The  Google  "watermark"  you  see  on  each  file  is  essential  for  informing  people  about  this  project  and  helping  them  find 
additional  materials  through  Google  Book  Search.  Please  do  not  remove  it. 

+  Keep  it  légal  Whatever  your  use,  remember  that  you  are  responsible  for  ensuring  that  what  you  are  doing  is  légal.  Do  not  assume  that  just 
because  we  believe  a  book  is  in  the  public  domain  for  users  in  the  United  States,  that  the  work  is  also  in  the  public  domain  for  users  in  other 
countries.  Whether  a  book  is  still  in  copyright  varies  from  country  to  country,  and  we  can't  offer  guidance  on  whether  any  spécifie  use  of 
any  spécifie  book  is  allowed.  Please  do  not  assume  that  a  book's  appearance  in  Google  Book  Search  means  it  can  be  used  in  any  manner 
any  where  in  the  world.  Copyright  infringement  liability  can  be  quite  severe. 

About  Google  Book  Search 

Google's  mission  is  to  organize  the  world's  information  and  to  make  it  universally  accessible  and  useful.  Google  Book  Search  helps  readers 
discover  the  world's  books  while  helping  authors  and  publishers  reach  new  audiences.  You  can  search  through  the  full  text  of  this  book  on  the  web 


at|http  :  //books  .  google  .  corn/ 


# 


GODFREY  LowELL  CABOT  SCIENCE  LIBRARY 

ofiht  Horvaré  CoUtgt  Lihrarf 


This  book  is 

FRAGILE 

and  circulâtes  only  with  permission. 

Please  handle  with  care 

and  consult  a  staff  member 

before  photocopying. 

Thanks  for  your  help  in  preserving 
Harvard *s  libraiy  collections» 


Digitized 


byGO( 


ô  =.  A 


Digitized  by  VjOOQ  iC 


mm 


%'--**. 


^v 


t 


Digitized  by  VjOOQIC 


Digitized  by  VjOOQIC 


Digitized  by  VjOOQIC 


TRAITÉ 


LA  CHALEUR 


m 


Digitized  by  VjOOQIC 


CoRMiL   —  typogr.    et  itér.    ae  <^»*»»- 

Digitized  by  VjOOQLC 


TRAITÉ 


DE 


LA  CHALEUR 

CONSIDÉRÉE 

DANS  SES  APPLICATIONS     ' 


E.    PÉCLET 


ANCIEN  INSPECTEUR  GÉNÉRAL  DE  l'CMVERSITÉ,  PROFESSEUR  DE  PHYSIQUK 

APPLIQUÉE  AUX  ARTS  A  L*ÉCOLE  CENTRALE, 

MEMtRE  DU  CONSEIL  DE  LA  SOCIÉTÉ  D*ENCOURAGEMENT. 


TROISiÉHE  ÉDITION 

ENTlfeBElÎENT  BEFONDUE  ET  ACCOMPAGNÉE  DE  674  FIGDBES  DANS  LE  TEXTE 

TOME   TROISIÈME 


PARIS 
VICTOR  MASSON  ET  FILS 

PLACE  DE  l'école  DE  MÉDECINE 

M  DCCC  LXI 


Droit  de  traduction  réservé. 


Digitized  by  VjOOQIC 


^^^c>9B./ho.z 


iMVARD  COLLEGE   L1BRA»1 

■ECEIYED  THROUGH  THE 

6RA0UATE  SCHOOL  0F> 

■USIMESS  ADMIMiftTRATiOR 

1^39 


~^Am>.,^''*  r        -O-'  DigitizedbyGÔdQk 


TRAITÉ 

DE   LA  CHALEUR 


LIVRE  XIV. 

DU    REFROIDISSEMENT. 


CHAPITRE  PREMIER. 

CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES  SUR  LE  REFROIDISSEMENT  DANS  L'AIR. 

1944.  Lorsqu'un  cor|)s  échauffé  est  exposé  à  l'air,  il  se  refroidit,  et 
par  le  rayonnement  de  sa  surface  et  par  le  contact  de  Tair.  Si  la 
surface  du  corps  est  maintenue  à  une  température  constante,  la  quan- 
tité de  chaleur  perdue  par  mètre  carré  et  par  heure  peut  se  déduire  avec 
une  grande  précision  des  formules  que  nous  avons  données  dans  le  li- 
vre Il  de  cet  ouvrage  ;  mais  quand  la  chaleur  émise  par  la  surface  n'est 
pas  constamment  restituée,  les  lois  du  refroidissement  ne  sont  plus 
les  mêmes  et  la  température  du  corps  s'abaisse  progressivement. 
Quand  le  corps  est  métallique,  ou  quand  il  est  formé  d'un  vase  métalli- 
que plein  d'eau  ou  d'un  autre  liquide,  on  peut,  sans  erreur  sensible, 
du  moins  dans  un  grand  nombre  de  cas,  considérer  tous  les  points  du 
corps  comme  ayant  sensiblement  la  même  température,  et  comme  se 
refroidissant  simultanément  de  la  même  quantité  ;  et,  quand  on  con- 
naît la  température  de  l'air,  la  forme  du  corps^  son  poids  et  sa  capacité 
calorifique,  on  peut  arriver  par  le  calcul  à  déterminer  les  conditions 
de  son  refroidissement  et  sa  température  après  un  certain  temps.  Mais 
si  le  corps  conduisait  mal  la  chaleur,  sa  température  irait  en  augmen- 
tant à  mesure  qu'on  s'éloignerait  de  sa  surface,  et  celle  d'un  point 
dépendrait,  après  un  certain  temps,  non-seulement  des  différents 
m.  « 


Digitized  by  VjOOQIC 


2  LIVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 

éléments  dont  nous  avons  parlé,  mais  encore  de  sa  position.  La  question 
serait  d'une  extrême  complication,  et  réellement  insoluble  d'une 
manière  générale  ;  heureusement  cette  question  ne  se  présente  pas  dans 
l'industrie. 

1945.  Si,  dans  le  cas  d'un  vase  plein  d'eau  ou  d'un  corps  métalli- 
que exposé  à  l'air  à  une  certaine  température,  il  était  important 
d'avoir  au  moins  une  valeur  approximative  de  la  température  du  corps 
après  un  certain  temps  a:,  on  pourrait  admettre  pour  le  refroidissement 
la  loi  de  Newton.  En  désignant  par  V  la  vitesse  du  refroidissement, 
c'est-à-dire  le  rapport  entre  la  variation  très-petite  de  température  dt  et 
le  temps  dx^  on  aurait  : 

—  dt  —  d/  ax 

dx  '  at  ^  M 

M  étant  le  module  des  tables  2,3025,  t  la  température  après  le  temps 
X  ;  en  désignant  par  T  la  température  à  l'origine  du  temps,  on  aurait 

C  «-  log  T,  et  la  formule  deviendrait  log  ^  =  log  T  —  ^ .  Cette  for- 
mule ne  renferme  plus  qu'une  seule  inconnue  a,  qu'il  faudrait  détermi- 
ner en  observant  la  température  t'  après  le  temps  x\  ce  qui  donnerait 

a (logr-logT)f,. 

1946.  Ordinairement,  les  questions  relatives  au  refroidissement  se 
réduisent  aux  suivantes  :  1**  ralentir  la  vitesse  du  refroidissement  ; 
2''  augmenter  la  vitesse  du  refroidissement;  3°  fabrication  de  la 
glace  ;  4"  conservation  de  la  glace.  Nous  les  examinerons  successive- 
ment. 


CHAPITRE    II. 

DISPOSITIONS  PROPRES  A  RETARDER  LE  REFROIDISSEMENT  DES  COAPS. 

1947.  Lorsque  les  corps  sont  placés  dans  l'air,  ils  se  refroidissent, 
comme  nous  l'avons  déjà  dit,  en  communiquant  la  chaleur  aux  corps 
environnants  par  le  rayonnement  de  leurs  surfaces,  et  parle  contact  et 
le  renouvellement  de  l'air. 

1948.  Pour  diminuer  la  transmission  directe,  il  faut  faire  en  sorte 
que  les  corps  avec  lesquels  celui  qui  est  échauffé  se  trouve  en  contact, 
soient,  autant  que  possible,  mauvais  conducteurs,  et  il  faut  surtout 
éviter  le  contact  des  liquides,  qui,  par  leur  grande  capacité  calorifique. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  m.  —  DISPOSIT.  PROPRES  A  ACCÉLÉRER  LE  REFROIDISS.     3 

par  leur  mobilité  et  par  leur  évaporation,  absorbent  très- facilement  la 
chaleur. 

1949.  Pour  diminuer  la  perte  de  chaleur  due  au  rayonnement,  il 
faut  employer  des  corps  ayant  un  très-faible  pouvoir  émissif,  tels  que 
les  métaux  polis. 

1950.  Pour  réduire  la  quantité  de  chaleur  enlevée  par  le  contact  de 
Fair,  qui,  comme  nous  l'avons  vu ^  est  indépendante  de  Tétat  et  de  la 
nature  de  la  surface  des  corps,  il  faut  s'opposer  au  renouvellement  de 
Fair  qui  environne  le  corps,  en  couvrant  sa  surface  d'une  enveloppe  qui 
ne  soit  ouverte  que  par  le  bas. 

1951 .  De  tous  les  moyens  qu'on  peut  employer,  les  enveloppes  for- 
mées de  matières  conduisant  mal  la  chaleur  et  renfermées  dans  des 
surfaces  métalliques  brillantes,  sont  les  plus  efficaces.  Les  enveloppes 
multiples  sont  aussi  très-avantageuses.  Les  formules  et  les  nombres 
que  j'ai  donnés  dans  le  livre  VI  de  cet  ouvrage,  permettront  facilement 
de  trouver  dans  chaque  cas  particulier  les  pertes  produites ,  et  les 
moyens  les  plus  simples  et  les  plus  efficaces  pour  les  éviter. 


CHAPITRE    111. 

DISPOSITIONS  PROPRES  A  ACCÉLÉRER  LE  REFROIDISSEMENT  DES  CORPS. 

1952.  Lorsqu'un  corps  est  solide,  ou  liquide,  mais  contenu  dans  un 
vase  fermé,  et  qu'il  doit  être  refroidi,  on  augmente  la  vitesse  du  refroi- 
dissement en  donnant  à  la  surface  du  corps  ou  du  vase  un  grand  pou- 
voir émissif  par  un  enduit  terne.  On  augmente  aussi  le  refroidissement 
du  corps  en  accélérant  le  renouvellement  de  Tair  à  sa  surface,  par  une 
cheminée  placée  au-dessus  de  lui,  ou  en  produisant  une  vive  agitation 
dans  l'air  qui  l'environne. 

1953.  Quand  le  corps  peut  être  plongé  dans  l'eau,  et  qu'on  peut  dis- 
poser d'une  masse  assez  grande  de  ce  liquide,  il  y  a  un  grand  avantage, 
sous  le  rapport  du  temps,  à  effectuer  son  refroidissement  dans  l'eau. 
D'après  quelques  expériences,  pour  des  excès  de  température  compris 
entre  10  et  26%  la  quantité  A  de  chaleur  transmise  au  liquide  par  mè- 
tre carré  et  par  heure  pour  une  différence  de  température  de  ^,  est  sen- 
siblement 

A-=^43<(1  + 0,1050. 

Mais,  comme  dans  ces  expériences  la  température  du  vase  n'a  pas 

Digitized  by  VjOOQIC 


i  LIVRE  XIV.  —  l)L  REFROIDlSSEMEiNT. 

dépassé  40°,  il  ne  faudrait  pas  appliquer  la  formule  à  une  température 
plus  élevée.  Elle  s'éloignerait  surtout  beaucoup  de  la  réalité  si  le  li- 
quide environnant  était  amené  à  l'ébullition,  parce  que  le  renouvel- 
lement du  liquide  en  contact  avec  la  surface  du  vase  s'effectuerait 
bien  plus  rapidement  par  la  formation  des  vapeurs  que  par  les  mouve- 
ments qui  proviennent  deç  simples  changements  de  densité.  La  vitesse 
du  refroidissement  serait  encore  beaucoup  augmentée  si  le  corps  ou  le 
liquide  était  vivement  agité. 

1954.  Quand  le  corps  est  liquide,  vaporisable  à  une  température  in- 
férieure à  celle  de  son  ébuUition,  et  qu'on  ne  craint  pas  d'en  perdre 
une  partie,  le  mode  de  refroidissement  le  plus  puissant  est  l'évapora- 
tion  ;  les  circonstances  qui  favorisent  Tévaporation  sont  :  l^une  grande 
surface  libre  du  liquide,  2°  un  renouvellement  rapide  de  l'air  en  con- 
tact avec  le  liquide. 

Après  avoir  posé  les  principes  généraux  qui  doivent  servir  de 
guide  dans  tous  les  cas  ,  nous  examinerons  quelques  dispositions 
particulières. 

1955.  L'acide  sulfurique,  tel  qu'il  sort  des  chambres  de  plomb  dans 
lesquelles  il  a  été  produit,  est  d'abord  rapproché  dans  des  chaudières  de 
plomb,  et  on  termine  sa  concentration  dan&de  grands  vases  de  platine, 
disposés  de  manière  qu'on  puisse  recueillir  et  condenser  les  vapeurs  qui 
se  dégagent.  Lorsque  le  liquide  a  acquis  la  densité  convenable,  il  faut 
Tenlever  rapidement,  afin  que  les  opérations  puissent  se  succéder  après 
de  courtes  interruptions,  non-seulement  pour  éviter  une  perte  de  com- 
bustible, mais  pour  que  l'intérêt  du  capital  du  vase  de  platine,  capital 
qui  dépasse  souvent  40,000  francs,  se  porte  sur  une  plus  grande  masse 
de  produits.  La  disposition  qu'on  emploie  consiste  en  un  siphon  en  pla- 
tine, dont  la  courte  branche  descend  verticalement  jusqu'au  fond  de  la 
chaudière;  la  plus  longue, peu  inclinée  à  l'horizon,  est  ordinairement 
formée  de  deux  tubes  parallèles  réunis  à  leurs  extrémités  :  ces  deux  tu- 
bes inclinés  sont  placés  dans  une  caisse  métallique  pleine  d'eau  froide, 
qui  se  renouvelle  constamment  par  un  tu'be  amenant  l'eau  vers  le 
fond,  et  par  un  autre  tube  partant  de  la  surface  du  liquide.  Pour  faire 
écouler  l'acide  sulfurique  concentré  et  bouillant,  on  amorce  le  siphon 
en  fermant  le  robinet  qui  se  trouve  à  l'extrémité  de  la  branche  libre,  et 

-ouvrant  deux  petits  godets  qui  se  trouvent  au  point  culminant  :  par  l'un 
oh  verse  de  l'acide  froid,  par  l'autre  l'air  se  dégage;  quand  le  premier 
est  plein,  on  les  ferme  tous  les  deux  et  on  ouvre  le  robinet  d'écoulement, 
et  les  robinets  d'accès  de  l'eau  dans  le  réfrigérant. 

1956.  Dans  les  brasseries,  il  est  important  d'accélérer  autant  que 


Digitized  by  VjOOQIC 


GHAP.  111.  —  DISPOSIT.  PROPRES  A  ACCËLËRËR  LE  REFROIDISS.     5 

possible  le  refroidissement  du  moût,  a6n  de  déterminer  prompteraent 
la  fermentation^  car  un  refroidissement  trop  lent  nuit  à  la  qualité  de  la 
bière.  Autrefois  on  se  contentait  de  placer  le  moût  dans  de  grandes 
caisses  d'une  petite  profondeur  et  d'une  grande  surface.  Dans  ce  sys- 
tème on  pouvait  accélérer  beaucoup  le  refroidissement  en  favorisant, 
par  un  moyen  quelconque,  le  renouvellement  de  l'air  en  contact  avec 
la  bière  ;  par  exemple,  en  plaçant  à  la  surface  du  liquide  une  roue  à 
ailes  planes,  disposées  comme  celles  d'un  ventilateur  à  force  centrifuge, 
dont  Taxe  serait  vertical  et  tournerait  avec  une  grande  vitesse.  D'après 
une  expérience  faite  en  Angleterre,  pour  une  bâche  où  le  liquide  avait 
0*  135  de  profondeur,  et  30  mètres  carrés  de  surface,  le  refroidissement 
de  4000  litres  de  moût  durait  10  heures  ;  et  en  établissant  à  la  surface 
de  la  bière  une  roue  à  quatre  ailes  de  2  mètres  de  diamètre,  dont  les 
arêtes  inférieures  des  ailes  étaient  à  0,027  de  la  surface  du  liquide, 
et  qui  faisait  120  tours  par  minute,  le  refroidissement  a  eu  lieu  en 
2  heures.  Maintenant,  dans  les  grands  établissements,  on  emploie  des 
appareik  qui  permettent  d'utiliser  une  grande  partie  de  la  chaleur 
perdue. 

1957.  Le  premier  appareil  dont  on  s'est  servi  a  été  imaginé  par 
Nickols  ;  il  était  formé  de  trois  tuyaux  en  cuivre  concentriques  :  le 
tuyau  intérieur  était  plein  d'air;  dans  Tintervalle  de  ce  tuyau  et 
de  celui  qui  l'enveloppait,  circulait  de  Teau  froide,  et  l'intervalle 
du  second  et  du  troisième  était  parcouru  en  sens  contraire  par  la 
bière;  enfin,  un  tube  qui  avait  toute  la  longueur  des  grands  tuyaux 
versait  de  l'eau  froide  sur  la  surface  extérieure  de  la  dernière  en- 
veloppe. Cet  appareil  est  compliqué,  d'un  prix  élevé  et  très-difficile  à 
nettoyer. 

1958.  Une  autre  disposition,  due  à  M.  Tamisier,  parait  plus  avanta- 
geuse que  la  précédente.  L'appareil  est  composé  de  trois  lames  de  cuivre 
rectangulaires,  parallèles ,  repliées  alternativement  de  haut  en  bas  et 
de  bas  en  haut,  formant  deux  canaux  ayant  une  surface  commune  et 
fermés  latéralement.  La  bière  circule  dans  le  canal  supérieur,  l'eau 
parcourt  en  sens  contraire  le  canal  inférieur ,  et  des  injections  d'eau 
froide  ont  lieu  sur  toutes  les  parties  de  la  surface  extérieure  du  canal , 
par  des  tubes  garnis  de  tètes  d'arrosoir.  Enfin,  on  a  ménagé  des  re- 
gards dans  les  parties  culminantes  du  conduit  supérieur,  et  des  orifices 
dans  toutes  les  parties  inférieures,  pour  enlever  de  temps  en  temps  les 
dépôts  formés  par  la  bière. 

1959. 11  est  évident  que,  dans  les  deux  appareils  que  nous  venons  de 
décrire,  s'il  n'y  avait  pas  d'injectiond'eau  froide  siu-  la  surface  extérieure , 


Digitized  by  VjOOQIC 


6  LIVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 

si  Ton  n'employait  qu*iiD  volume  d'eau  égal  à  celui  du  moût  et  si  le 
circuitavait  une  étendue  suffisante,  il  y  aurait,  en  faisant  marcher  l'eau 
en  sens  contraire  du  moût,  échange  presque  complet  de  température 
entre  les  deux  liquides,  et  l'eau  qui  a  servi  au  refroidissement  pourrait 
être  employée  utilement  à  la  préparation  d'une  nouvelle  décoction. 
Mais,  pour  ce  dernier  objet  et  surtout  pour  la  facilité  du  nettoyage,  les 
appareils  que  nous  avons  décrits  (1795  et  suiv.)  sont  bien  préfé- 
rables. 

1960.  Le  refroidissement  de  l'eau  de  condensation  des  machines  à 
vapeur  est  indispensable  quand  on  ne  peut  pas  disposer  d'une  quantité 
d'eau  froide  suffisante,  et  qu'on  est  obligé  de  faire  servir  constamment 
la  même  eau,  ou  bien  quand  l'eau  froide  est  prise  à  une  grande  pro- 
fondeur et  que  les  pompes  consomment  trop  de  travail. 

1961.  On  peut  refroidir  l'eau  de  condensation  d'une  machine  à  va- 
peur, et  utiliser  la  chaleur  qu'elle  renferme,  en  effectuant  son  re- 
froidissement soit  par  un  courant  d'air  qui  passe  dans  des  tuyaux 
plongés  dans  l'eau  et  qu'on  amène  dans  des  séchoirs  ou  dans  des 
ateliers ,  soit  en  la  faisant  circuler  dans  des  conduits  placés  dans  des 
ateliers. 

1962.  Mais  quand  on  n'a  pas  l'emploi  de  la  chaleur  de  l'eau  de  con- 
densation, la  meilleure  méthode  consiste  à  favoriser  le  refroidissement 
par  l'évaporation.  La  figure  511  représente  une  coupe  verticale,  d'une 

disposition  assez  simple, 
qui  produit  un  refroi- 
dissement très  -  rapide. 
L'eau  chaude  arrive  par 
le  tube  A  dans  la  bâcheB, 
soutenue  à  une  certaine 
hauteur  par  un  bâti  en 
bois  ;  elle  s'écoule  par  un 
grand  nombre  d'orifices 
très-petits  percés  dans  le 
fond  de  cette  bâche ,  et 
tombe  sur  des  fagots  d'é- 
pines qui  la  divisent  et 
donnent   accès    à    l'air 


Fig.  oil. 


aspiré  par  la  cheminée  D;  l'eau,  après  avoir  traversé  les  fagots, 
tombe  dans  la  bâche  CC,  où  elle  est  prise  par  une  pompe  qui  la  re- 
monte dans  la  bâche  B. 

1963.  La  figure  512  représente  une  coupe  verticale  d'un  appareil 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  111.  —  DISPOSIT.  PROPRES  A  ACCÉLÉRER  LE  REFROIDISS.     7 

di^KXsé  d'une  autre  manière.  La  bâche  supérieure  est  garnie  d'un 
grand  nombre  de  tubes  métalliques  D,  D,  fixés  sur  son  fond,  s'élevant 
à  une  certaine  hauteur,  et  se  prolongeant  au-dessous  de  quelques  centi- 
mètres ;  à  la  partie  inférieure  des  tubes,  sont  attachés  des  tuyaux  en  toile 
S,  S,  maintenus  ouverts  par  des 
anneaux  métalliques  qui  se  trou- 
vent au  bas  de  chacun  d'eux.  De 
nombreux  orifices,  percés  dans 
le  fond  de  la  bâche  B  et  autour 
des  cylindres,  permettent  au  li- 
quide de  s'écouler  sur  la  surface 
des  tuyaux  de  toile  pour  tom- 
ber dans  la  bâche  C  ;  les  tuyaux 
forment  alors  des  cheminées 
dans  lesquelles  l'air  échauffé 
par  l'eau  chaude  se  meut  rapi- 
dement et  produit  une  prompte 
évaporation. 

1964.  Dans  la  figure  513,  on 
voit  un  appareil  disposé  encore 
d'une  autre  manière.  Le  fond 


î 

1 

U 

1 

2 

1 

M 

■llil 

iirufi 

Fi  If.  512. 


de  la  bâche  supérieure  est  percé  d'un  grand  nombre  de  trous  cir- 
culaires dans  lesquels  sont  placées  des  cordes  d'un  diamètre  un  peu 
inférieur  ;  ces  cordes  passent 
dans  deux  trous  voisins  ;  elles 
sont  soutenues  par  leur  mi- 
lieu, et  servent  de  conduits  à 
l'eau  qui  s'écoule  de  la  bâche 
supérieure  dans  la  bâche  in- 
férieure. L'air,  appelé  par  la 
cheminée  centrale,  traverse 
le  faisceau  de  cordes  et  re- 
froidit rapidement  l'eau  qui 
coule  sur  les  surfaces. 

1965.  L'appareil  repré- 
senté dans  la  figure  514  a 
beaucoup  d'analogie  avec  le 
précédent.    L'eau    s'écoule 


Fig.  513. 


encore  à  la  surface  de  cordes,  mais  les  bâches  sont  rectangulaires; 
l'espace  qui  les  sépare  est  fermé  de  toute  part,  et  communique  d'un 


Digitized  by  CjOOQiC 


8  LIVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 

côté  avec  un  ventilateur  à  force  centrifuge  et  |)ar  le  côté  opposé 
avec  une  cheminée.  L'eau  de  la  bâche  inférieure  est  remontée  par 


une  pompe,  dans  le  cas  où  une  seule  chute  ne  la  refroidit  pas  suffi- 
samment. 


CHAPITRE    IV. 

REKROIDISSEMENT  DES  CORPS  AU-DESSOUS  DE  LA  TEMPÉRATURE  AMBIANTE. 
PRODUCTION  ET  CONSERVATION  DE  LA  GLACE. 

1966.  Le  refroidissement  d'un  corps  au-dessous  de  la  température 
ambiante,  abstraction  faite  de  certaines  actions  chimiques,  peut  être 
produit,  par  le  contact  du  corps,  1"  avec  de  l'air  qui  se  sature  de  va- 
peur d'eau;  2"  avec  de  l'air  comprimé  qui  se  détend;  3**  avec  de  la 
glace  ou  des  mélanges  frigorifiques. 

1967.  Refroidissement  par  révaporation.  —  Lorsqu'un  courant 
d'air  sec,  ou  seulement  non  saturé,  passe  sur  un  liquide,  Tévaporation 
en  abaisse  la  température  ;  cet  abaissement  est  indépendant  de  la 
vitesse  de  Tair.  D'après  les  expériences  faites  par  M.  Gay-Lussac,  l'air 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  ->  REFROIDISSEMENT  DES  CORPS,  ETC.  9 

étani  parfaitement  sec,  et  sa  température,  ainsi  que  celle  du  liquide, 
étant  de 

(y,  5,  10,  15,  20,  25 

les  abaissements  obtenus  ont  été  de 

5»82;    7^27;    8»  97;     10»  82;     12»  73;     14»  70. 

Mais  si  Fair  était  déjà  en  partie  saturé  de  vapeur  d*eau,  rabaissement 
de  température  serait  beaucoup  plus  petit  ;  dans  les  mêmes  circon- 
stances^ on  peut  regarder  cet  abaissement  comme  proportionnel  à  la 
quantité  de  irapeur  dont  Tair  peut  se  charger.  Ainsi,  dans  les  cas  les 
plus  ordinaires,  l'air  étant  à  moitié  saturé,  le  refroidissement  serait 
moitié  de  celui  que  nous  avons  indiqué. 

1968.  Si  le  corps  qui  doit  être  refroidi  était  de  Teau,  tous  les  appa- 
reils que  nous  avons  indiqués  dans  le  chapitre  précédent  pourraient 
être  employés.  Mais,  si  le  liquide  était  autre  et  si  son  refroidissement 
ne  pouvait  pas  avoir  lieu  par  sa  propre  évaporation,  il  faudrait  le  faire 
circuler  lentement  dans  un  système  de  tuyaux  métalliques  dont  les 
surfaces  extérieures,  recouvertes  de  toile,  seraient  parcourues  par 
de  petits  filets  d'eau ,  dont  on  accélérerait  l'évaporation  au  moyen 
d'un  courant  d'air  produit  par  un  ventilateur. 

1969.  Si  le  corps  qui  doit  être  refroidi  étaitdel'air,  et  si  l'on  pouvait  le 
saturer  de  vapeur,  la  disposition  de  la  figure  51 4  serait  la  plus  commode. 

1970.  Mais,  si  Tair  devait  conserver  son  état  hygrométrique  primitif, 
l'appareil  serait  beaucoup  plus  compliqué.  11  faudrait  faire  circuler  l'air 
entre  deux  réservoirs  par  un  grand  nombre  de  tuyaux  métalliques,  et 
refroidir  la  surface  des  tuyaux  en  y  faisant  écouler  de  l'eau  dont  l'éva- 
poration serait  activée  par  un  courant  d'air  rapide,  comme  dans  la  fi^ 
gure514. 

1971.  M.  Baumhauer,  d'Amsterdam,  membredu  jury  de  l'exposition 
universelle  de  1 855,  a  présenté  un  appareil  destiné  au  refroidissement  de 
l'air  des  appartements.  Cet  appareil  se  compose  d'un  cylindre  dans  le- 
quel de  l'eau  tombe  très-divisée  à  travers  un  courant  d'air  marchant 
dans  le  même  sens,  et  qui  s'écoule  ensuite  daq&une  cheminée  d'ap. 
pel  chauffée  par  un  bec  de  gaz  ;  ce  cylindre  est  environné  d'un  autre 
ouvert  par  les  deux  bouts,  renfermant  des  toiles  métalliques  transver- 
sales destinées  à  transmettre  le  refroidissement  à  l'air  qui  descend  entre 
les  deux  cylindres  par  le  seul  effet  de  l'abaissement  de  la  température. 
Celte  disposition  est  fondée  sur  le  même  principe  que  celui  que  je  viens 
d'indiquer  et  qui  était  décrit  dans  la  seconde  édition  de  cet  ouvrage. 


Digitized  by  VjOOQIC 


\0  LIVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 

1972.  On  pourrait  produire  pour  l'eau,  par  son  évaporation  dans  le 
vide,  un  refroidissement  beaucoup  plus  considérable  que  par  l'évapo- 
ration  due  au  renouvellement  de  Tair  ;  mais  nous  ne  parlerons  de  ce 
moyen  de  refroidissement  que  quand  il  sera  question  de  la  congélation 
de  Teau. 

1973.  Refroidissement  <Tun  gaz  par  sa  dilatation.  —  Lorsqu'on 
comprime  un  gaz,  il  s'échauffe,  et  si,  avant  qu'il  ait  perdu  la  tempéra- 
ture qu'il  â  acquise  par  la  compression,  on  le  ramenait  à  son  volume 
primitif,  il  reprendrait  évidemment  sa  température  initiale;  par  con- 
séquent, si  un  gaz  comprimé  se  trouvait  à  la  température  ordinaire, 
il  se  refroidirait  par  sa  dilatation  d'un  nombre  de  degrés  égal  à  celui 
dont  il  s'est  échauffé  par  la  compression. 

1974.  D'après  Laplace ,  en  désignant  par  6  la  température  de  l'air, 
par  d  sa  densité,  par  6'  la  température  qu'il  prend  par  une  compres- 
sion brusque  qui  lui  donne  une  densité  ^,  on  a 


b)  -■ 


6'_(274  +  6)(^-j      -27*. 

En  supposant  0  =  0"  et  rf'  =  5</,  on  trouve  6'  =  256".  Ce  serait  là, 
par  conséquent,  l'abaissement  de  température  qu'éprouverait  cet  air 
en  reprenant  sa  densité  primitive. 

1975.  La  dilatation  des  gaz  est  donc  un  moyen  très-puissant  de  pro- 
duire un  grand  abaissement  de  température  dans  ces  gaz  et  dans  les 
corps  qu'on  met  en  contact  avec  eux  ;  mais  cette  méthode  de  refroidis- 
sement exige  un  travail  mécanique  considérable  quand  on  veut  opérer 
sur  de  grandes  masses  ;  d'ailleurs  le  refroidissement  produit  par  la  di- 
latation ne  serait  pas,  h  beaucoup  près,  aussi  considérable  que  celui  qui 
est  indiqué  par  le  calcul,  à  cause  de  la  chaleur  développée  dans  l'air 
par  les  jets  de  gaz  comprimés  et  de  la  chaleur  fournie  par  l'enveloppe. 

1976.  Nous  rapporterons  à  ce  sujet  la  belle  expérience  de  M.  Thilo- 
rier,  qui  fait  voir  combien  est  puissant  le  mode  de  refroidissement  dont 
il  s'agit.  De  l'acide  sulfurique  et  du  bicarbonate  de  soude  étant  intro- 
duits dans  un  cylindre  de  fonte,  et  n'étant  mis  en  contact  qu'après  la 
fermeture  du  cylindre,  il  se  forme  de  Tacide  carbonique  qui  se  liquéfie 
sous  une  pression,  à  0°,  de  36  atmosphères.  En  ouvrant  un  oriûce  par 
lequel  le  gaz  sort  de  l'appareil,  le  refroidissement  est  de  93*  au-dessous 
de  la  glace  ;  le  gaz  est  solidifié,  et  prend  la  forme  d'une  neige  Irès- 
divisée. 

1977.  On  pourrait  employer  ce  mode  de  refroidissement  pour  re- 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  REFROIDISSEMENT  DES  CORPS,  ETC.  \i 

froidir  Tair  de  quelques  degrés  au-dessous  de  la  température  ambiante 
en  se  servant  d'une  machine  pour  comprimer  l'air,  de  longs  tuyaux 
métalliques  d'un  grand  diamètre  pour  le  refroidir,  et  en  le  faisant  sortir 
à  leur  extrémité  par  des  orifices  d'un  diamètre  beaucoup  plus  petit. 

1978.  Refroidissement  de  r air  par  le  contact  de  la  glace  ou  des 
mélanges  frigorifiques.  — J'ai  donné,  dans  les  notes  placées  à  la  fin  du 
premier  volume,  un  tableau  des  effets  produits  par  différents  mélanges 
frigorifiques;  j'indiquerai  ici  les  dispositions  les  plus  convenables 
de  l'appareil  qu'il  faudrait  employer  pour  refroidir  l'air  au  moyen  de 
la  glace. 

1979.  Les  figures  515  et  516  représentent  une  coupe  verticale  et  une 
coupe  horizontale  de  l'appareil  en  question.  A  est  un  tuyau  vertical  par- 
couru par  l'air  qui  doit  être  refroidi  ;  BB,  un  vase  annulaire  qui  renferme 
la  glace  ;  ce  vase  a  une  double 

enveloppe  CC,  remplie  d'é-  i  ^f  j 

dredon,  de  ouate,  de  son,  ou         ^-ff         IIIJ [..^^ 

de  paille  hachée  ;  un  tuyau  à  j  t*fT— ^ It^  -^  r  '  ;  ^-J 
robinet  D  laisse  écouler  dans  ■*  ^^ — ^^ — ^  -sfe 
le  vase  E  l'eau  produite  par 
la  liquéfaction  de  la  glace. 
Là  paroi  intérieure  du  vase  B 
est  en  fonte  et  porte  plusieurs 
rangées  d'appendices  dirigés 
dans  le  sens  des  rayons,  d'une 
petite  hauteur,  et  disposés  de 
manière  que  ceux  qui  appar- 
tiennent à  deux  rangées  suc- 
cessives ne  soient  pas  dans 
le  même  plan.  Par  cette  dis- 
position ,  le  vase  plein  de 
glace  peut  n'avoir  qu'une  pe- 
tite hauteur  ,  et  cependant 
refroidir  très  -  rapidement 
l'air  qui  le  traverse. 

1980.  Mais  lorsque  l'air  ne  doit  être  refroidi  que  d'un  petit  noitibre 
de  degrés,  et  qu'il  ne  doit  pas  être  amené  à  une  température  inférieure 
à  lO*',  il  est  beaucoup  plus  avantageux  de  le  faire  circuler  dans  des 
conduits  placés  dans  le  sol  à  une  profondeur  suffisante.  C'est  la  mé- 
thode la  plus  convenable  pour  rafraîchir  l'air,  pendant  Tété,  dans  les 
pays  chauds  ;  l'air  pourrait  être  lancé  par  un  ventilateur  à  force  cen- 


Fig.  515  et  516. 


Digitized  by  VjOOQIC 


12  LIVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 

trifuge,  et  le  travail  d'un  seul  homme  suffirait  à  la  ventilation  d'une 
pièce  renfermant  de  50  à  60  personnes,  si  la  vitesse  de  l'air  dans  le  ca- 
nal ne  dépassait  pas  2  ou  3  mètres. 

1981 .  —  Refroidissement  des  corps  par  le  rayonnement  vers  le  ciel^ 
pendant  les  nuits  sereines.  —  Lorsqu'un  corps  doué  d'un  grand  pou- 
voir rayonnant  est  exposé  dans  un  lieu  découvert,  pendant  une  nuit 
calme  et  sereine,  il  éprouve  un  refroidissement,  dû  à  ce  que  l'enceinte 
planétaire  est  à  une  très-basse  température. 

Le  refroidissement  serait  beaucoup  plus  considérable  si  l'air,  la  terre 
et  la  condensation  de  la  vapeur  d'eau  à  la  surface  du  corps  ne  lui 
restituaient  pas  une  partie  de  la  chaleur  qu'il  perd.  Par  conséquent, 
pour  obtenir  par  ce  moyen  un  grand  refroidissement,  il  faut  que  le 
pouvoir  émissif  de  la  surface  soit  maximum,  et  que  le  corps  soit 
supporté  par  d'autres  très-mauvais  conducteurs. 

1982.  Depuis  un  temps  immémorial,  on  fait  au  Bengale  de  la  glace 
par  un  procédé  fondé  sur  le  rayonnement  nocturne.  On  place  des  vases 
de  terre  peu  profonds,  plein  d'eau,  sur  des  couches  de  cannes  à  sucre 
ou  de  tiges  de  maïs  non  comprimées;  lorsque,  pendant  la  nuit,  le 
ciel  a  été  pur,  l'air  calme,  et  que  la  température  de  l'atmosphère  s'est 
abaissée  au-dessous  de  10"*,  on  trouve  le  matin  l'eau  congelée.  M.  Wels 
a  essayé  ce  procédé  en  Angleterre,  pendant  l'été,  et  il  a  parfaitement 
réussi. 

1983.  Congélation  de  l'eau,  — Les  moyens  physiques  les  plus  effi- 
caces pour  la  congélation  de  l'eau  sont  :  1**  la  dilatation  de  l'air  com- 
primé ;  2"  la  vaporisation  de  l'eau  ou  d'un  autre  liquide  dans  le  vide  ; 
3"  les  mélanges  réfrigérants. 

1984.  Le  premier  moyen,  que  j'ai  déjà  indiqué,  consiste  à  faire 
arriver  dans  un  cylindre  vertical,  plein  d'eau,  environné  de  matières 
peu  conductrices  de  la  chaleur,  un  courant  d'air  comprimé,  qui  se 
divise  en  petites  bulles  et  traverse  de  bas  en  haut  une  plaque  mé- 
tallique, percée  d'un  grand  nombre  de  petits  orifices  ;  mais  l'appa- 
reil serait  un  pou  compliqué  et  exigerait  une  grande  force  motrice. 
Il  se  composerait  d'une  pompe  qui  comprimerait  l'air  ;  celui-ci  s'é- 
coulerait, comprimé,  dans  un  tuyau  d'un  petit  diamètre  plongé  dans 
de  l'eau,  dont  il  prendrait  la  température,  et  de  là  en  très-petits  filets 
et  en  se  détendant  dans  un  vase  plein  d'eau.  La  pompe  serait  elle- 
même  environnée  d'eau,  de  manière  que  la  chaleur  développée  par  la 
compression  serait  absorbée  à  mesure  qu'elle  se  produirait.  On  peut 
facilement  calculer  le  travail  dépensé  correspondant  à  un  certain  re- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  JV.  —  REFROIDISSEMENT  DES  CORPS,  ETC.  iS 

froid issement.  Désignons  par  S  la  surface  du  piston  en  centimètres 
carrés^  par  H  la  longueur  intérieure  du  cylindre,  par  z  le  chemin  par- 
couru après  un  certain  temps  ;  à  cet  instant  la  pression  exercée  sur  le 
piston  par  l'air  comprimé  sera  S  .  1,03  .  H:  (H  —  z)^  et  le  trayait  pro- 
duit pour  un  très'-petjt  chemin  dz  sera 

(  S.  I,03H       ,  )    ,        e.         ^  (     ^^     ) 

expression  qu'il  faut  intégrer  depuis  z  =0,  jusqu'à  z^Z,  Z  étant  la 
limite  de  la  course  du  piston.  En  supposant  Z  =^  wH,  on  trouve  pour 
rintégrale  cherchée  : 

S  .  H  .  i, 03 [2,3023  log  — m  j 

En  supposant  m  =  4:  5;  S«=-10000;  H-^i";  cette  expression  de- 
vient égale  à  8330*"";  et  la  chaleur  absorhée  par  le  gaz  détendu  pour 
se  réchauffer  à  0"*,  serait  égale  à  1 ,3  .  256 . 0,24  =»  80  calories^  qui  ex- 
cède peu  la  chaleur  nécessaire  à  la  congélation  d'un  kilogramme 
d'eau.  Lé  travail  d'un  cheval-vapeur,  dans  une  heure ,  étant  de 
75 .  3600  «=  270000,  si  tout  le  travail  était  utilisé,  un  cheval-vapeur 
pourrait  congeler  par  heure  270000  :  8330  »=  32^"  4  ;  mais  comme 
il  y  aurait  beaucoup  de  travail  perdu  dans  les  transmissions  de  mou- 
vement, et  surtout  par  la  chaleur  résultant  de  la  compression,  qui  ne 
pourrait  pas  être  absorbée  complètement  à  mesure  de  sa  production, 
la  quantité  d'eau  congelée  par  le  travail  d'un  cheval,  dans  une  heure, 
serait  certainement  beaucoup  plus  petite  que  celle  qui  résulte  du 
calcul  précédent.  Si  le  volume  du  gaz  était  réduit  à  0,1,  le  travail 
serait  de  14445*",  et  le  refroidissement,  étant  de  135  calories,  coû- 
terait plus  de  travail.  Il  parait  que,  dans  l'Inde,  ce  procédé  a  été 
employé  pour  faire  de  la  glace,  mais  que  le  prix  de  revient  est  trop 
élevé,  et  que  les  établissements  qui  se  sont  formés  avaient  de  la  peine 
à  soutenir  la  concurrence  avec  la  glace  d'Amérique. 

1985.  Le  second  moyen  parait  plus  simple.  L'appareil  se  compo- 
serait de  deux  cylindres  en  fonte,  placés  verticalement,  communi- 
quant entre  eux  par  leurs  parties  supérieures,  environnés  de  matières 
non  conductrices,  renfermant,  l'un  de  l'eau,  l'autre  du  chlorure  de 
calcium,  et  communiquant  avec  une  puissante  machine  pneumatique. 
Lorsque  le  vide  aurait  été  fait  dans  les  deux  cylindres,  une  évapora- 

Digitized  by  VjOOQIC 


f4  UVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 

tion  rapide  s^établirait,  par  suite  de  l'absorption  de  la  Tapeor  par  le 
chlorure  de  calcium,  et  refroidirait  prompteinent  Veau  au-dessous 
de  O"".  Pour  que  TéTaporatioii  se  fit  plus  rapidement,  il  faudrait  que 
Veau,  dans  Tun  des  vases,  fût  constamment  rejetée  en  pluie,  et  que  le 
chlorure  de  calcium  fût  distribué  sur  des  cloisons,  de  manière  à 
présenter  beaucoup  de  surface  à  la  vapeur.  Si  les  corps  environnants 
ne  restituaient  pas  de  chaleur  à  l'eau,  en  la  supposant  primitivement  à 
iO*,  la  congélation  de  i^d'eau  exigerait  l'émission  de  10  +  79=  89uni- 
tés  de  chaleur,  et^  par  conséquent,  Tévaporation  de  89  :  540  ^^O*"  155 
d'eau  ;  mais  comme  il  y  aurait  toujours  de  la  chaleur  fournie  par  les 
corps  environnants,  et  surtout  par  le  vase  de  condensation,  la  quantité 
de  Tapeur  à  fournir  serait  beaucoup  plus  considérable.  La  dépense  de 
travail  pour  produire  et  maintenir  le  vide  serait  peu  importante,  ainsi 
que  la  dépense  de  combustible  pour  la  calcination  du  chlorure  de  cal- 
cium. Le  degré  de  perfection  qu'on  a  obtenu  dans  les  appareils  à 
cuire  dans  le  vide,  ne  permet  pas  de  douter  qu'on  arriverait  très-faci- 
lement à  maintenir  le  vide  pendant  le  temps  nécessaire  à  la  congéla- 
tion. Mais,  de  ces  considérations  générales  à  l'exécution,  il  y  a  encore 
loin,  et  des  essais  sur  une  assez  grande  échelle  seraient  indispensables, 
non-«eulement  pour  s'assurer  qu'on  ne  rencontrera  pas  des  difficultés 
imprévues,  mais  encore  pour  étudier  les  détails  de  construction  et 
pour  déterminer  approximativement  le  prix  de  revient  de  la  glace 
obtenue. 

1986. 11  parait  que,dans  certaines  parties  des  États-Unis,  on  a  réussi  à 
produire  la  congélation  de  Feau  sur  une  très-grande  échelle  par  l'éva- 
poration  de  Téther  dans  le  vide.  Des  vases  de  fonte,  contenant  de  14  à 
15  kilogrammes  d'eau,  sont  placés  dans  une  enceinte  environnée  d'une 
couche  épaisse  de  charbon  ;  autour  des  vases  on  a  ménagé  des  rigoles, 
destinées  à  l'écoulement  de  l'éther.  On  fait  le  vide  dans  l'enceinte  au 
moyen  d'une  puissante  machine  pneumatique,  et  on  fait  écouler  de  l'é- 
ther dans  la  rigole  en  maintenant  l'action  de  la  machine,  qui  enlève 
continuellement  la  vapeur  d'éther,  la  refoule  ensuite,  la  condense  et  re- 
jette le  liquide  dans  un  vase  extérieur.  Le  thermomètre  descend,  dit-on, 
jusqu'à  — 9*  degrés  centigrades,  et  la  glace  ainsi  produite  ne  revient 
qu'à  15  centimes  le  kilogramme;  l'opération  ne  dure  pas  plus  d'une 
heure.  La  chaleur  latente  de  la  vapeur  d'éther  étant  de  109,  en  suppo- 
sant l'eau  à  15",  la  chaleur  qu'il  faut  enlever  à  1  kilogr.  d'eau  étant  de 
79  4- 15  ^«94,  on  voit  qu'il  faut  évaporer  un  peu  moins  de  1  kilogr. 
d'éther  pour  congeler  I  kilogr.  d'eau. 

Je  pense  qu'il  y  aurait   de  l'avantage   à  remplacer  les  caisses  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  REFROIDISSEMENT  DES  CORPS,  ETC.  15 

fonte  par  des  tubes  étaniés  intérieurement,  un  peu  coniques,  s'ou- 
\rant  dans  une  plaque  de  fonte  qui  formerait  la  partie  supérieure 
de  la  chambre,  et  renfermant  une  tige  de  fer  étamée,  recourbée  à  la 
partie  inférieure,  qui  servirait  à  enlever  la  glace,  il  serait  aussi  plus 
commode  de  remplacer  la  rigole  qui  doit  conduire  l'éther  autour  des 
surfaces  des  vases  par  des  toiles  qui  les  envelopperaient,  et  sur 
lesquelles  on  ferait  descendre  Téther.  L'éther  est  préférable  à  Teau  et  à 
Talcool,  malgré  sa  plus  faible  chaleur  latente,  à  cause  de  la  plus  grande 
densité  de  sa  vapeur  sous  la  pression  correspondante  à  la  congélation 
de  l'eau.  En  admettant  la  loi  de  Dalton,  qui  consiste  en  ce  que  les  va- 
peurs des  différents  liquides  ont  des  tensions  égales  à  des  tempéra- 
tures également  éloignées  de  celle  de  leur  ébul  lit  ion,  l'éther  bouillant 
à  36°,  et  ce  liquide  étant  maintenu  sensiblement  à  O*",  la  tension  de  la 
vapeur  d'éther  sera  égale  à  celle  de  l'eau  à  100  —  36  «-64'.  c'est-à- 
dire  à  0°*  178  de  mercure,  ou  à  0,234  d'atmosphère  ;  et  comme  la 
densité  de  la  vapeur  d'éther,  relativement  à  l'air,  est  2,58,  un  litre  de 
vapeur  d'éther  à  0*»  pèserait  2,58 .1,3. 0,234  —  0»  784,  et  la  quantité 
de  chaleur  qu'il  renfermerait  serait  de  0,000784  .  109  —  0%085.  Pour 
l'eau,  la  tension  de  la  vapeur  à  0°  étant  de  0,0046  de  mercure,  ou  de 
0,0060  d'atmosphère,  et  la  densité  de  la  vapeur  d'eau,  par  rapport  à 
l'air,  étant  de  0,622,  le  poids  de  1  litre  de  vapeur  d'eau  sera  de 
0,622  . 1 ,3  .  0,006  =  0«  0048,  et  la  quantité  de  chaleur  qu'il  renfer-  . 
merait  serait  de  506  .  0,0048:1000  =  0,0024. 

M.  Carré  s'occupe  depuis  quelque  temps,  en  France,  de  la  construc- 
tion d'un  appareil  basé  sur  le  même  principe.  11  se  compose,  comme 
celui  que  nous  venons  de  décrire,  de  trois  organies  principaux  :  un  ré- 
frigérant, la  pompe  à  l'éther,  et  le  condenseur.  Le  réfrigérant  est  un 
cylindre  de  cuivre,  placé  verticalement,  et  dans  lequel  l'éther  liquide 
arrive  d'une  manière  continue.  La  paroi  supérieure  est  percée  d'un 
certain  nombre  de  trous  circulaires  dans  lesquels  s'engagent  des  tubes, 
fermés  par  le  bas,  ouverts  par  le  haut,  soudés  sur  le  bord  du  trou  et 
suspendus  ainsi  dans  l'intérieur  du  cylindre.  Ces  tubes  renferment  de 
l'alcool  dans  lequel  plongent  d'autres  tubes  contenant  l'eau  à  congeler. 
La  pompe  fait  le  vide  dans  le  réfrigérant  à  0"67  de  mercure,  et  envoie 
dans  le  condenseur  la  vapeur  d'éther  qui,  après  être  repassée  à  l'état 
liquide,  revient  dans  le  réfrigérant. 

D'après  quelques  premières  expériences,  cet  appareil  produirait 
jusqu'à  30  kilogr.  de  glace  par  force  de  cheval  et  par  heure.  La  tem- 
pérature dans  le  réfrigérant  descend  au-dessous  de  —  20^*. 

.1987.  Enfin,  l'eau  peut  être  congelée  par  différents  mélanges  fri- 

Digitized  by  VjOOQiC 


I«  LIVRE  XIV.  —  f)L  REFROIDISSEMENT. 

gorifiques.  Dans  tous  ces  mélanges,  l'abaissement  de  température  pro- 
vient de  la  liquéfaction  d'un  ou  de  plusieurs  des  corps  mis  en  contact. 
Les  effets  produits  par  un  certain  nombre  de  ces  mélanges.ont  été  indi- 
qués dans  les  notes  placées  à  la  fin  du  premier  volume. 

1988.  En  1845,  M.  de  Villeneuve  a  présenté  à  l'Académie  des 
sciences  un  appareil  destiné  à  la  congélation  de  l'eau  par  un  mélange 
frigorifique,  et  sur  lequel  il  a  été  fait  un  rapport  favorable.  Le  mélange 
frigorifique  employé  était  formé  d'acide  chlorhydrique  et  de  sulfate 
de  soude  cristallisé.  L'appareil  se  composait  d'«n  premier  vase  en  fer- 
blanc,  légèrement  conique,  renfermant  l'eau  qui  devait  être  congelée  ; 
ce  vase  portait  un  pivot  à  sa  partie  inférieure,  et  une  manivelle  au-des- 
sus du  couvercle  ;  il  était  garni  latéralement  d'appendices  en  fer  étamé. 
Un  autre  vase,  également  en  fer-blanc,  mais  à  double  enveloppe,  con- 
tenait le  mélange  frigorifique;  l'intervalle  était  rempli  d'un  corps  mau- 
vais conducteur.  Ce  dernier  vase  était  percé  à  la  partie  inférieure  d'une 
ouverture  garnie  d'une  soupape  conique,  portant  une  crapaudine; 
cette  soupape  pouvait  être  soulevée  au  moyen  d'un  levier.  La  partie 
supérieure  de  la  double  enveloppe  était  rétrécie  de  manière  à  toucher 
le  cylindre  intérieur  et  à  lui  servir  de  guide  dans  le  mouvement  de 
rotation  qu'on  lui  imprimait  à  l'aide  de  la  manivelle  ;  au-dessous  de 
cet  appareil  se  trouvait  un  récipient,  également  en  fer-blanc,  dans 
lequel  tombait  le  mélange  qui  avait  produit  son  effet;  il  était  percé  de 
plusieurs  ouvertures  par  lesquelles  on  introduisait  des  bouteilles  à 
rafraîchir.  Pour  se  servir  de  cet  appareil,  on  remplit  d'eau  le  vase 
mobilç,  et  on  introduit  dans  le  vase  enveloppant  1^  500  de  sulfate  de 
soude  cristallisé,  et  1*^200  d'acide  chlorhydrique;  on  tourne  vivement 
la  manivelle,  et,  après  5  à  6  minutes  d'agitation,  ou  fait  écouler  le 
mélange  dans  le  récipient  inférieur  ;  on  le  remplace  par  le  même  poids 
des  mêmes  matières,  et,  après  10  à  12  minutes  d'agitation,  on  renou- 
velle le  mélange,  et,  enfin,  une  troisième  fois,  après  15  minutes  d'agi- 
tation. La  durée  totale  de  l'opération  est  à  peu  près  d'une  heure,  et  on 
obtient  3  kilogr.  de  glace  pour  une  consommation  de  6  kilogr.  de  sul- 
fate de  soude  et  de  4"*  80  d'acide  chlorhydrique.  Le  sulfate  de  soude 
coûtant  environ  20  fr.  les  100  kilogr.,  et  l'acide  chlorhydrique  9'  50, 
1  kilogr  de  glace  revient  à  53  centimes. 

1989.  En  1846,  M.  Goubaud  a  présenté  à  la  Société  d'encourage- 
ment un  appareil  à  congeler  l'eau,  disposé  d'une  autre  manière,  et 
dans  lequel  il  emploie  un  autre  mélange  frigorifique.  L'appareil  se 
compose  d'un  seau  en  bois  avec  couvercle,  destiné  à  recevoir 
le  mélange  réfrigérant  ;  le  vase  de  congélation  est  formé  d'une  boîte 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  REFROIDISSEMENT  DES  CORPS,  ETC.  i7 

cylindrique  de  quelques  centimètres  de  hauteur,  en  étain,  fermée  par 
un  couvercle  à  yIs^  au  fpnd  de  laquelle  se  trouvent  soudés  un  grand 
nombre  de  petits  tubes  coniques  en  étain.  L'appareil  est  surmonté 
d'une  tige  en  fer  qui  traverse  le  couvercle  en  bois  du  seau,  et  porte  une 
manivelle  qu'on  tourne  à  la  main.  Il  est  muni  à  la  partie  inférieure 
d'un  pivot  en  fer  qui  s'engage  dans  une  cavité  centrale  ménagée  au 
fond  du  seau  et  entourée  d'une  lame  en  spirale  destinée  à  agiter  con- 
tinuellement le  liquide  environnant.  Pour  se  servir  de  cet  appareil 
on  remplit  d'eau  le  vase  d'étain  ;  on  met  dans  le  seau  de  Feau  et  une 
proportion  convenable  du  sel  réfrigérant,  et  on  agite  vivement  ;  après 
15  minutes,  plus  ou  moins  suivant  la  température  primitive  de  l'eau, 
elle  est  congelée;  pour  extraire  la  glace,  on  enlève  le  vase  d'étain,  on 
le  lave,  on  enlève  le  couvercle,  et,  par  le  renversement,  la  glace  se 
détache.  Une  commission  de  la  Société  d'encouragement,  qui  avait 
été  chargée  d'examiner  l'appareil  en  question,  a  obtenu,  après  15 
à  18  minutes,  500  gr.  de  glace,  en  employant  2"'  500  de  sel  et 
2^''  50  d'eau  à  12''.  Le  sel  dissous  dans  l'eau  peut  facilement  être 
ramené^  par  l'évaporation,  à  son  état  primitif.  La  concentration  doit 
être  prolongée  jusqu'à  ce  que  le  liquide  marque  36''  au  pèse-sel  ;  par 
le  refroidissement,  le  sel  se  prend  en  masse;  on  le  fait  égoutter,  en- 
suite on  le  pulvérise  pour  l'employer  de  nouveau  ;  les  eaux  mères  sont 
mises  à  part,  pour  être  réunies  aux  dissolutions  des  opérations  sui- 
vantes. D'après  les  expériences  faites  par  la  commission  dont  je  viens 
de  parler,  la  perte  de  sel  par  l'évaporation  est  à  peu  près  de  10  gr.  par 
kilogramme;  elle  serait  beaucoup  plus  grande  si  l'évaporation  était 
trop  rapide  ou  si  on  dépassait  la  limite  assignée,  parce  qu'une  partie  du 
sel  serait  décomposée.  M.  Goubaud  l'évalue  de  10  à  15  gr.,  c'est-à-dire 
de  1  à  1 ,5  pour  100  ;  et  comme  le  sel  est  vendu  4  fr.  le  kilogr.,  le  prix 
de  revient  du  kilogramme  de  glace,  abstraction  faite  du  prix  de  l'appa- 
reil et  de  celui  de  la  concentration,  est  compris  entre  0'  04  et  0'  06. 

•1990.  En  1849,  M.  Fumet  a  présenté  à  la  Société  d'encouragement 
un  appareil  dans  lequel  il  emploie  les  mêmes  éléments  de  refroidisse- 
ment, mais  qui  est  moins  bien  disposé  que  celui  dont  nous  venons 
de  parler;  il  est  formé  de  deux  vases  cylindriques  concentriques, 
entre  lesquels  le  liquide  à  congeler  est  renfermé.  C'est  une  mau- 
vaise disposition,  parce  que  le  liquide  réfrigérant  intérieur  n'est 
pas  agité  par  le  mouvement  de  rotation  ;  la  surface  externe  n'a  point 
d'appendices,  et  enfin  le  vase  qui  renferme  le  mélange  de  sel  et  d'acide 
n*est  pas  protégé  du  réchauffement  extérieur  par  une  enveloppe  non 
conductrice. 

m.  * 


Digitized  by  VjOOQlC 


18 


LIVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 


1991.  Le  même  glacier  a  imaginé  un  appareil  pour  conserver  les 
aliments,  en  les  maintenant  a  une  basse  température.  C'est  tout  sim- 
plement une  armoire  à  deux  panneaux,  en  bois,  dont  les  autres  faces 
sont  formées  de  surfaces  parallèles  en  métal,  et  d'une  enveloppe 
extérieure  en  bois,  séparée  de  la  paroi  métallique  par  un  petit  inter- 
valle rempli  d'air  qui  ne  se  renouvelle  pas.  On  met  de  la  glace  à  la 
partie  supérieure;  l'eau  provenant  de  la  fusion  s'écoule  entre  les  parois 
latérales,  et  sort  par  un  tuyau  qui  se  recourbe  extérieurement,  afin 
d'éviter  le  renouvellement  de  l'air  intérieur. 

1992.  Les  glaciers,  pour  congeler  les  sorbets,  se  servent  de  vases  en 
éiain  ayant  des  couvercles  fermantàvis,  garnis  d'une  poignée.  Ces  vases, 
qu'on  désigne  sous  le  nom  de  sorbetières^  renfermenfle  liquide  à  conge- 
ler ;  on  les  agite  de  temps  en  temps  dans  un  mélange  de  glace  et  de  sel 
marin,  et  on  les  ouvre  pour  détacher,  avec  une  spatule  en  bois,  la  glace 
qui  s'est  formée  à  la  surface  intérieure.  Cette  opération  est  longue. 
M.  Loefz  a  imaginé  une  disposition  au  moyen  de  laquelle  la  glace  se 
forme  avec  une  grande  rapidité,  et  qui  peut  être  employée  avec  un 
mélange  frigorifique  quelconque.  Cet  appareil,  qui  est  maintenant 
très-répandu,  permet  de  se  servir  de  sorbetières  ouvertes,  et  d'enlever 


Fig,  5i7. 

d'une  manière  continue,  et  très-rapidement,  la  glace  qui  se  forme  à 
la  surface  intérieure.  Il  est  représenté  dans  la  figure  517.  A,  vase 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  REFROIDISSEMENT  DES  CORPS,  ETC.  i« 

de  bois,  renfermant  le  mélange  de  sel  et  de  glace  pilée;  le  dia- 
mètre est  d'environ  0"  60  ;  la  hauteur  est  également  de  0"  60  ;  B,  sor- 
betière en  étain  de  0"*  006  d'épaisseur,  de  0"  40  de  hauteur,  et  de 
0"  31  de  diamètre  ;  D,  arbre  en  fer  étamé  qui  traverse  la  sorbetière, 
à  laquelle  il  est  fiié,  et  qui  se  termine  par  un  pivot  tournant  dans  une 
crapaudine;  C,  pièce  en  fer  à  biseaux  suivant  le  contour  de  la  surface 
intérieure  des  sorbetières,  et  fixé  sur  la  traverse  TT.  Le  mouvement 
de  rotation  se  donne  au  moyen  d'une  manivelle  M,  du  volant  V,  de 
Farbre  H  reposant  sur  les  deux  montants  P,P',  et  d'une  série  d'engre- 
nages Ë,  F,  I,  K.  Il  y  a  ordinairement  deux  sorbetières  mises  en 
mouvement  par  la  même  manivelle  ;  mais  chacune  d'elles  est  pour- 
vue d'un  embrayage  N,  manœuvré  par  un  levier  à  contre-poids  L, 
comme  l'indique  la  figure.  Au  moyen  de  cet  appareil,  en  faisant 
faire  à  la  sorbetière  300  tours  par  minute,  on  produit  de  4  à  5  kilogr. 
de  glace  en  5  minutes,  avec  le  travail  d'un  seul  homme. 

1993.  Conservation  de  la  glace.  —  Dans  les  pays  tempérés  et  dans 
les  pays  chauds  où  l'on  peut  recueillir  de  la  glace  pendant  la  saison  la 
plus  froide  de  l'année,  on  la  conserve  dans  des  espèces  de  citernes  qu'on 
désigne  sous  le  nom  de  glacières.  Les  glacières  sont  creusées  dans  le 
sol;  elles  ont  en  général  la  forme  d*un  tronc  de  cône  renversé,  dont  les 
parois  sont  formées  d'une  maçonnerie  épaisse  recouverte  d'une  couche 
déciment,  de  manière  que  l'eau  ne  puisse  pas  les  traverser.  A  la  partie 
inférieure  se  trouve  une  grille,  et  au-dessous  un  puisard,  dans  lequel  se 
réunissent  les  eaux  qui  proviennent  de  la  fusion  de  la  glace,etd'où  elles 
s'écoulent,  soit  naturellement  à  travers  les  terres,  soit  par  des  conduits 
qui  les  amènent  au  jour  par  une  pente  continue,  quand  les  glacières 
sont  creusées  sur  le  penchant  d'ime  colline.  L'orifice  de  la  glacière  est 
recouvert  par  une  voûte  épaisse  en  maçonnerie,  ou  par  une  charpente 
recouverte  de  plusieurs  couches  de  chaume.  L'entrée  est  toujours  pla- 
cée au  nord  ;  elle  est  formée  d'un  couloir  avec  une  porte  à  chaque 
extrémité,  et  ordinairement  entourée  d'arbres  qui  empêchent  les  rayons 
solaires  d'y  arriver.  La  glace  doit  être  recueillie  pendant  un  temps  sec. 
On  couvre  d'abord  la  grille  du  puisard,  et  toute  la  surface  des  parois, 
d*une  couche  épaisse  de  paille  longue;  c'est  sur  cette  couche  que  Ton 
place  la  glace,  en  la  disposant  de  manière  à  laisser  entre  les  blocs  le 
moins  d'intervalle  possible.  On  peut  aussi  employer  de  la  neige,  mais 
il  faut  la  comprimer  fortement,  de  manière  à  former  des^^o^*  rectan- 
gulaires que  Ton  serre  les  uns  contre  les  autres.  La  gls^^  est  ensuite  re- 
couverte d'une  couche  de  paille,  sur  laquelle  ^^  ^.^1  de»  çVaucVies  ou 
des  pierres. 


Digitized  by  VjOOQlC 


20 


LIVRE  XIV.  —  DU  REFROIDISSEMENT. 


1994.  Malgré  toutes  les  précautions  employées  pour  empêcher  la 
chaleur  des  corps  envirounarits  de  pénétrer  dans  la  glacière,  on  perd 
toujours,  pendant  chaque  saison,  une  partie  de  la  glace,  et  cette  perte, 
relativement  à  la  masse  qui  a  été  recueillie,  est  toujours  d'autant  plus 
grande  que  la  glacière  est  plus  petite  ;  car  la  perte  est  propoi  tionnelle 
à  la  surface,  et  les  surfaces  des  corps  semblables  dont  les  dimensions 
augmentent  croissent  dans  un  pliYs  petit  rapport  que  les  volumes.  La 
première  année  qu'on  se  sert  d'une  glacière,  on  éprouve  un  déchet 
beaucoup  plus  grand  que  dans  les  années  suivantes  ;  il  arrive  même 
quelquefois,  quand  la  maçonnerie  n'a  pas  eu  le  temps  de  sécher,  qu^on 
ne  conserve  point  de  glace. 

1995.  On  donne  ordinairement  aux  grandes  glacières  4  à5  mètres 


Fig.  518. 

de  diamètre,  et  7  mètres  de  profondeur.    La  figure  518  représente  la 
coupe  verticale  d'une  glacière. 

1996.  La  figure  519  représente  une  coupe  verticale  d'une  petite  gla- 
cière américaine,  d'une  construction  très-simple,  et  qui  peut  suffire  à 
une  nombreuse  famille.  A  est  une  excavation  de  2  mètres  en  tous 
sens,  creusée  dans  le  sol  ;  h  est  une  rigole  pratiquée  au  fond  de  l'exca- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  REFROIDISSEMKNT  DES  CORPS,  ETC.  21 

valion,  et  qui  sert  à  l'écoulement  de  Teau  provenant  de  la  fusion  de  la 
glace;  c,  c  pièces  de  bois  de  0"  15  d'équarrissage  et  de  2  mètres  de 


longueur,  placées  au  fond  deTeicavatiou,  et  qui  s'appuient  sur  le  30I 
par  leurs  extrémités;  rf,  traverses  posées  sur  les  poutres  c  ;  elles  servent 
à  supporter  un  certain  nombre  de  solives  deO"  05  d'équarrissage  et  de 
2 mètres  de  longueur;  /,  /.  montants  de  0"  08  d'équarrissage,  s'ap- 
puyant  par  leurs  extrémités  inférieures  sur  le  fond  de  la  glacière,  et 
s'élevant  jusqu'à  sa  partie  supérieure;  g,  lattes  de  0"  04  d'épaisseur, 
formant  le  revêlement  des  parois  de  la  glacière,  et  clouées  sur  les  mon- 
tants /;  une  garniture  de  paille  de  0"*  08  d'épaisseur  est  attachée  sur  les 
lattes;  G,  glace  remplissant  l'excavation  ;  e,  e,  quatre  poutres  de  0"  16 
d'équarrissage  et  de  3  mètres  de  long,  destinées  à  soutenir  la  terre 
amoncelée  au-dessus  de  la  glacière  ;  /,  lattes  placées  en  travers  sur  les 
poutres  e,  e,  et  recouvertes  d'un  lit  de  paille;  ?i,  tertre  d'un  mètre  de 
hauteur,  surmontant  la  glacière  ;  p,  trou  carré  creusé  dans  le  tertre 
et  revêtu  de  planches  pour  former  une  caisse  qu'on  remplit  de  paille; 
y,  entrée,  dirigée  au  nord  ;  quelques  marches,  de  1  mètre  de  largeur 
à  l'extrémité  libre,  et  de  0"*  4  seulement  à  l'autre  bout  conduisent 
à  la  porte  de  la  glacière  recouverte  de  bottes  de  paille  très-serrées,  r  ; 
s,  trappe  revêtue  de  paille  et  fermant  l'entrée  de  la  glacière. 

1997.  Une  glacière  ayant  les  dimensions  indiquées  peut  contenir 
4000  kilogr.  de  glace.  On  ne  doit  y  entrer  que  le  soir  ou  le  matin,  une 
seule  fois  par  jour.  Pour  retirer  la  glace,  on  fait  dans  le  revêtement  en 
paille  un  trou  seulement  suffisant  pour  y  passer   le  bras. 


Digitized  by  CjOOQiC 


VM9^.  Od  a  emp'o^é  aTec  sdcq».  mis  seakoKot  pour  nfiraidiîr 
4»  liquKle».  la  dbpositioo  sohanle  :  oa  loDoeaa  cerclé  de  ier.  de 
i  u^m  de  hmlear  et  de  1  mëtre  de  diamètre,  est  pbcé  dans  une  ex- 
caTaitoo  creiKée  dans  le  uÀ  d'une  CàJt  ;  fl  est  en^inmoé  d'une  cein- 
ture de  0^  10  de  cendres  lerleoient  taaées.  Le  kmneao  est  garni  d*nn 
doable  fond  percé  de  trous,  et,  Tinterfalle  des  deux  fonds,  d'un  tube 
qui  oondoit  Tean  prorenant delà  fosion  deb  glace  dans  on  sean,  placé 
an  fond  d*on  puisard,  et  qu'on  remonte  â  l'aide  d*nne  corde  lorsqnll 
est  rempli.  On  iernie  la  glacière  an  moyen  d'un  vase  en  bois^  d*nne  pe- 
tite hanteor.  rempli  de  cendres  presécs^  garni  de  larges  rebords  cou- 
rerts  en  dessous  d'une  ëio&  de  laine  srofisiére,  et  suspendu  à  une  corde 
qui,  après  aToir  passé  sur  deux  poulies,  se  termine  par  un  contre- 
poids. Pour  remplir  la  glacière,  on  commence  par  placer  au  milieu  un 
piquet,  autour  duquel  on  comprime  la  glace,  et  qu'on  enlère  après. 
I>tle  disposition  est  bien  entendue,  mais  ilserût  plus  aTantageux  de  reni- 
placer  la  cendre  par  de  b  paille  hachée,  d  augmenter  l'épaisGeur  de  cette 
matière  autour  du  tonneau  et  d'en  placer  au-dessous  ;  si  le  soldebcaTe 
était  humide,  il  serait  arantageux  d'euTironner  le  tonneau  d'une  enceinte 
imperméable,  en  briques,  dans  laquelle  serait  placée  b  paille  hachée. 

1999.  Je  pense  qu'il  y  a  peu  de  modiBcations  à  introduire  dans  les 
grandes  glacières  ;  car.  aTec  les  précautions  connues,  on  obtient  tout 
l'effet  qu'on  peut  espérer.  Seulement,  il  est  important  de  leur  donner 
les  plus  grandes  dimensions  possibles,  car  b  quantité  annuelle  de  glace 
fondue  par  b  transmission  de  la  chaleur  à  traTers  le  sd  augmente  pro- 
portionnellement à  la  surface  intérienie  de  b  gbcière  ;  et  comme  nous 
l'avons  déjà  dit,  ces  surbces  augmentent  dans  un  plus  petit  rapport  que 
les  Tolumes.  H  est  aussi  (dus  important  qu'on  ne  l'aTait  pensé  de  pré- 
serrer  les  glacières  du  contact  des  terres  humides,  même  de  celles  dans 
lesquelles  l'eau  est  stagnante;  car  b  terre  humide  conduit  beaucoup 
mieux  b  chaleur  que  la  même  terre  desséchée. 

2000.  Dans  l'ile  Bourbon,  les  glacières  sont  en  plein  ^ent;  elles 
contiennent  ordinairement  200000  kilogrammes  de  glace.  La  gbce 
est  environnée  d'une  couche  de  tan,  de  3  pieds  d'épaisseur;  une  se- 
conde enveloppe,  séparée  de  la  première  par  un  espace  vide  de  pied, 
est  également  formée  de  bn,  mais  de  i  pied  seulement  d'épaisseur.  La 
gbce  est  en  gros  morceaux;  les  intenralles  sont  remplis  de  tan.  La  perte 
est  de  0,25  en  trois  mois. 

200 1 .  Le  transport  de  b  glace,  soit  aux  Indes  occidentales,  soitdans 
les  provinces  méridionales  de  TUnion,  forme  dans  TAmérique  du  Nord 
•me  branche  de  commerce  fort  importante.  C'est  principalement  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  REFROIDISSEMENT  DES  CORl>S,  ETC.  23 

Boston  que  partent  les  navires  chargés  de  glace.  Celle-ci,  après  avoir 
été  retirée  des  étangs  et  des  rivières,  est  coupée,  au  moyeu  d'une  ma- 
chine, en  hlocs  de  2  pieds  carrés  de  surface,  et  d'une  épaisseur  d'un  pied 
à  18  pouces,  suivant  l'intensité  du  froid  ;  ensuite  on  l'empile  dans  des 
hâtiments  construits  au-dessous  du  sol.  On  prend  peu  de  précautions 
pour  transporter  la  glace  aux  Indes  occidentales,  voyage  qui  dure  de 
dix  à  quinze  jours.  Le  fond  de  la  cale  du  navire  et  ses  parois  sont  tapis- 
sés d'une  couche  de  tan  de  4  pouces  d'épaisseur.  La  glace,  après  y  avoir 
été  placée,  est  couverte  d'un  lit  très-épais  de  foin  ;  puis  on  ferme  her- 
métiquement les  écoutilles,  et  on  ne  les  rouvre  qu'au  moment  du  dé- 
chargement. Pour  transporter  la  glace  aux  Indes  orientales,  à  Calcutt^i 
ou  à  Madras,  il  est  nécessaire  d'employer  d'autres  moyens  afin  de  la 
conserver,  pendant  un  trajet  qui  dure  ordinairement  cinq  à  six  mois. 
Le  récipient  de  glace,  isolé  de  toute  part,  s'étend  depuis  l'écoutille 
d'avant  jusqu'à  l'écoutille  d'arrière,  sur  une  longueur  de  SOpieds  ;  il  est 
construit  de  la  manière  suivante  :  on  dispose  à  fond  de  cale  un  plan- 
cher composé  de  planches  d'un  pouce  d'épaisseur,  sur  lequel  on  ré- 
pand un  lit  de  tan  ;  on  recouvre  cette  couche  d'un  autre  plancher, 
et  on  construit  de  même  les  autres  parois  du  récipient,  qui  doivent 
être  entièrement  isolées  des  parois  du  navire;  on  isole  de  même  la 
pompe  et  le  grand  mât.  Les  cubes  de  glace  sont  rangés  l'un  à  côté  de 
l'autre,  le  plus  près  possible,  afin  de  laisser  le  moins  d'espace  entre  eux 
et  de  former  une  masse  solide  du  poids  de  180  tonneaux  environ.  On 
recouvre  cette  masse  d'un  pied  d'épaisseur  de  foin,  qu'on  comprime 
fortement,  et  le  tout  est  mis  à  l'abri  du  contact  de  l'air  par  une  couver- 
ture en  planches.  Entre  celte  couverture  et  le  pont,  on  tasse  fortement 
un  lit  de  tan.  Une  espèce  de  flotteur,  dont  la  tige  passe  à  travers  un 
tube  gradué,  s'appuie  sur  la  surface  de  la  glace  et  indique  la  dépression 
quelle  éprouve  par  la  fusion.  La  p«i*l<î  sur  la  quantité  indiquée, 
180  tonneaux,  a  été  évaluée  à  55  tonneaux  dans  le  trajet  de  Boston  a 
(jûcui\A.  {Mechanics  Magazine  1836-) 


Digitized  by  VjOOQIC 


LIVRE  XV. 

CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UEUX  HAHTÉS. 
i 
20Q2.  Nous  Doil;  occuperoos,  dans  ce  livre,  du  chauffage  et  de  Tas- 
sainissement  des  lieux  habités  ;  mais,  avant  d'examiner  cette  question 
pour  les  cas  particuliers,  nous  étudierons  avec  soin  les  principes  géné- 
raux qui  doivent  toujours  servir  de  guide. 


CHAPITRE    PREMIER. 

«:0>SIDÉRATIO%N  (générales. 

2003.  L'homme  Ticie  l'air  qui  Tenvironne  par  la  respiration  et  la 
transpiration,  et,  dans  certaines  circonstances,  par  des  émanations  mé- 
phitiques qui  semblent  se  propager  directement  à  travers  l'air.  Pour  étu- 
dier les  conditions  de  l'assainissement,  il  faut  connaître  le  volume  d*air 
à  fournir  par  heure  à  chaque  individu  renfenné  dans  un  espace  clos 
pour  que  ce  lien  soit  salubre  ;  il  faut  ans»  déterminer  le  volume  d'air 
nécessaire  pour  les  différents  appareils  d'éclairage  et  leur  influence  sur 
l'altération  de  l'air  de  l'espace  dans  lequel  ils  brûlent.  Uhomme,  par 
l'acte  même  de  la  respiration,  produit  constamment  de  la  chaleur,  et 
cettequantilé  doit  être  évaluée,  afinqu'on  puisse  en  tenircompte,  s'il  y  a 
lieu,  dans  l'évaluation  de  celle  qui  doit  être  fournie,  il  est  en  outre 
indispensable  de  connaître  les  quantités  de  chaleur  qui  traversent  les 
enreloppes  de  nos  habitations  dans  les  circonstances  ordinaires  :  tous 
les  éléments  nécessaires  à  ce  sujet  ont  été  déterminés  par  l'expérience 
et  réunis  dans  le  premier  volume  de  cet  ouvrage.  Enfin,  il  faut  exami* 
ner  les  avantages  et  les  inconvénients  des  différents  modes  de  chauffage 
et  de  Tentilation,  afin  qu'on  puisse  choisir,  dans  chaque  cas  particu- 
lier,  celui  qui  est  le  plus  convenable. 

▼•loBC»   4'air   ■éec— Ire»  à   la   FcspIrmtlMi   9t   a«s  apparrlls 

4'fclalrmce. 

2004.  L  air  ♦•si  rorniéen  volumes  de  0,21  d\>x>gèneet  de  0,79  dV 
/A\U*;  il  rontient,  en  outre,  une  trè:r-|ieti te  quantité  d'acide  carbonique. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDERATIONS  GÉNÉRALES.  25 

comprise  entre  4  et  6  dix-millièmes,  et  une  quantité  de  vapeur  d'eau,  qui 
varie  dans  des  limites  très-étendues,  suivant  les  circonslances  atmo- 
sphériques. D'après  M.  Dumas,  le  nombre  des  e  .pirations,  par  minute, 
est  de  16  à  17,  chacune  de  0"%000315,  ou  à  peu  près  1/3  de  litre  ;  le 
volume  d'air  expiré,  par  heure,  est  alors  deO^SSS,  et  cet  air  renferme 
0,04  d'acide  carbonique.  D'après  cela,  si  la  respiration  était  la  seule 
cause  d'insalubrité  et  si  l'air  expiré  n*était  pas  nrêlé  avec  l'air  aspiré,  il 
suffirait  de  donner  à  chaque  individu  l  /3  de  mètre  cube  d'air  par  heure. 

2005.  Mais  l'homme,  par  son  organisation,  agit  encore  d'une  autre 
manière  pour  vicier  l'air  qui  l'environne  :  c'est  par  la  transpiration 
pulmonaire  et  cutanée.  Les  vapeurs  qu'il  émet  sedissolvent  dans  l'air  ; 
comme  elles  sont  toujours  accompagnées  de  matières  organiques, 
elles  lui  communiquent  une  mauvaise  odeur,  et  ces  matières  sont, 
sans  aucun  doute,  la  cause  la  plus  puissante  d'insalubrité  des  lieux 
habités  ;  car,  dans  certains  cas,  où  l'air  des  pièces  qui  renrerment 
un  grand  nombre  d'individus  affecte  péniblement  la  respiration,  on  ne  - 
trouve  pas  dans  sa  composition  un  accroissement  d'acide  carbonique 
qui  puisse  expliquer  la  différence  d'effet  produit  par  cet  air  et  Tair  pur. 
D'après  cela,  il  est  plus  convenable  de  prendre,  pour  la  dose  d'air  à 
fournir  par  individu  et  par  heure,  le  volume  nécessaire  pour  dissoudre 
la  vapeur  d'eau  résultant  de  la  transpiration . 

On  a  fait  beaucoup  d'expériences  pour  déterminer  le  poids  de  la 
vapeur  d'eau  résultant  de  la  transpiration  cutanée  et  pulmonaire; 
mais  les  nombres  observés  varient  dans  des  limites  assez  étendues, 
de  45  gr.  à  77 ,  dont  la  moyenne  est  de  61  gr.  M.  Barrai,  par  des 
expériences  récentes,  a  obtenu   50  gr.  On  comprendra  facilement 
la  diversité  des  résultats  obtenus,  en  considérant  la  variété  des  cir- 
constances qui  influent  sur  la  transpiration  des  hommes,  même  à 
l'état  de  repos.  Un  mètre  cube  d'air  saturé  à  15**  renferme  à  peu 
près  13  gr.  de  vapeur  d'eau  ;  si  l'air  était  à  moitié  saturé,  le  volume 
d'air  de  ventilation  devrait  être  compris  entre  45  : 6  5  =**-  6'"*,92i  et 
77: 6,5  =  11»% 84.  Ce  serait  entre  ces  limites  que  devraîi  ^  ^^^^^^ 
la  dose  de  ventilation,  si  l'air  qui  emporte  les  produits  de  ^^  respira- 
tion et  de  la  transpiration  se  dégageait  pour  faire  place  à  V^^^  ^^^^  ^^^ 
se  mêler  avec  lui  ;  ce  qui  arriverait  si  l'air  pénétrait  daO^  ^*  ^^?^^  ^* 
un  grand  nombre  de  points  du  sol  et  s'écoulait  par  1^  ^i  rti^  supérieure  ,^ 
circonstances  qui  peuvent  être  réalisées  dans  ceria'ns  ^^^'  ^^^ 
grands  amphithéâtres  par  exemple. 

2006.  Mais,  quand  le  chauffage  de  la  pièce  a  l^e^     ^r  V'^^^  ^^  ^^"r 
tilation,  arrivant  par  un  certain  nombre  d'orifices  u^.  iLii*^^  ^^"^  ^^ 


Digitized  by  VjOOQIC 


26      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

OU  à  une  hauteur  quelconque,  cet  air  8*élèYe  vers  le  plafond  et  descend 
ensuite,  par  couches  sensiblement  isothermes,  jusqu'aux  orifices  de 
départ  qui  doivent  être  placés  près  du  plancher  ;  il  résulte  de  là  que 
lorsqu'il  est  respiré ,  il  est  déjà  mêlé  avec  les  gaz  et  les  vapeurs  qui 
ont  été  produits  par  la  respiration  et  la  transpiration  pendant  le  temps 
qui  s'est  écoulé  depuis  son  entrée;  il  n'est  dbnc  jamais  pur,  et  il  Tant 
alors  avoir  recours  à  des  expériences  directes  pour  déterminer  la  ration 
d'air  à  Tournir  à  chaque  individu.  Or,  comme  la  quantité  d'acide  car- 
bonique qui  se  trouve  dans  l'air  varie  proportionnellement  à  la  venti- 
lation ,  si  on  connaissait  l'effet  produit  par  de  l'air  renfermant  diffé- 
rentes doses  d'acide  carbonique,  on  pourrait  en  déduire  la  limite 
inférieure  de  la  quantité  d'air  de  ventilation ,  en  supposant  un  mé- 
lange complet  de  l'air  pur  et  de  l'air  déjà  altéré  par  la  respiration  et 
la  transpiration.  Cherchons  d'abord  la  quantité  d'acide  carbonique 
qui  se  trouve  dans  l'air  avec  une  ventilation  de  T**"  et  de  11°^  par  per- 
sonne et  par  heure.  D'après  M.  Dumas,  un  homme,  dans  les  condi- 
tions ordinaires,  brûle  par  heure,  par  l'effet  de  sa  respiration,  une 
quantité  de  carbone  et  d'hydrogène  équivalente  à  10  grammes  de  car- 
bone; en  admettant  la  combustion  de  1  gramme  d'hydrogène,  comme 
l'équivalent  de  l'hydrogène  en  carbone  est  3^,33,  il  se  brûle  6<,<)6 
de  carbone  qui  produisent  1  ", 865. 0,00666  =-0"%024  d'acide  car- 
bonique, et  une  ventilation  de  7"*  et  de  11"*^  par  heure  élève  la  propor- 
tion d'acide  carbonique  dans  l'air  à  0,0017  et  0,0011.  Voici  mainte- 
nant les  résultats  des  expériences. 

2007.  Dans  une  sall^  d'école  primaire  renfermant  180  garçons  de  7 
à  10  ans,  chauffée  et  ventilée  par  la  disposition  qui  sera  indiquée  plus 
loin,  j'ai  toujours  reconnu  qu'avec  une  ventilation  de  6"'  par  enfant  et 
par  heure  il  n'y  avait  qu'une  faible  odeur  dans  la  salle.  M.  Leblanc  a 
répété  ces  expériences  en  mesurant  la  ventilation  dans  des  circonstances 
différentes  et  en  faisant  l'analyse  de  l'air  ;  voici  les  résultats  obtenus. 
La  ventilation  étant  de  6  mètres  cubes  par  enfant  et  par  heure,  la  quan- 
tité d'oxygène  disparue  dans  cette  atmosphère  a  été  de  0,0016;  la 
quantité  d'acide  carbonique  pouvait  donc,  s'élever  au  plus  à  0,0022  ; 
aucune  odeur  ne  régnait  dans  la  salle  ;  la  respiration  n'y  était  nulle- 
ment gênée;  la  température  était  de  ^^''.  Le  volume  d'air  étant  réduit 
par  heure  à  4*% 65  par  individu ,  la  proportion  d'acide  carbonique 
s'est  élevée  à  0,0047  ;  il  n'y  avait  pas  d'odeur  sensible.  La  salle  ayant 
été  complètement  fermée  et  la  ventilation  régulière  annulée,  après  le 
même  nombre  d'heures  de  séjour  que  précédemment,  la  pro|K>rtion 
d'acide  carbonique  s'est  élevée  à  0,0087  ;  l'atmosphère  était  lourde, 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  27 

l'instituteur  se  plaignait  de  la  chaleur,  et  attendait  airec  impatience  le 
moment  de  pouvoir  ouvrir  les  fenêtres.  La  température  intérieure  était 
de  18**;  le  thermomètre  extérieur  marquait  16*",  Tair  était  un  peu 
agité. 

2008.  L'appréciation  par  l'odeur  est  trop  délicate  pour  qu'on  puisse 
regarder  ces  expériences  comme  bien  concluantes.  Celles  qui  ont  été  fai- 
tes à  l'ancienne  Chambre  des  députés,  semblent  nécessiter  une  volume 
d'air  plus  considérable.  La  chambre  des  séances,  comme  nous  le  dirons 
plus  loin,. est  chauffée  par  des  calorifères  placés  dans  les  caves;  Taîr 
chaud  pénètre  dans  la  salle  par  des  ouvertures  percées  dans  les  contre- 
marches, et  il  sort  de  la  salle  par  des  orifices  nombreux  pratiqués  à  une 
certaine  hauteur  tout  autour  de  la  salle,  et  dans  le  plafond  des  tribunes. 
L'air  s'écoule  ensuite  par  plusieurs  tuyaux  ménagés  dans  l'épaisseur 
des  murailles  et  communiquant  avec  tous  les  orifices  dont  nous  venons 
de  parler,  et  arrive  dans  une  large  cheminée,  au  milieu  de  laquelle  se 
trouve  un  foyer  alimenté  par  du  coke.  La  ventilation  se  règle  principal 
lement  au  moyen  d'un  registre  vertical,  placé  dans  le  canal  qui  con- 
duit l'air  froid  aux  calorifères.  Le  chauffeur,  homme  intelligent  et  qui 
connaît  très-bien  l'appareil  qu'il  est  chargé  de  diriger,  m'a  dit  qu'il 
avait  reconnu  par  expérience  la  hauteur  à  laquelle  devait  être  placé 
ce  registre,  dans  les  différentes  circonstances,  pour  que  l'on  ne  se  plai- 
gnit pas  d'une  odeur  désagréable  dans  la  ss\lle;  qu'un  peu  au-dessous 
de  ces  limites  l'odeur  devenait  sensible. 

Une  expérience  a  été  faite  à  la  fin  d'une  séance  nombreuse,  vers 
quatre  heures  du  soir  ;  le  volume  d'air  froid  introduit  était  de  1  °*%9  par 
seconde,  ou  de  6,840  mètres  cubes  par  heure  ;  et,  comme  la  salle  ren- 
fermait de  1  «000  à  1 ,100  personnes,  la  ventilation  était  de  6  à  7  mètres 
cubes  par  personne  et  par  heure,  du  moins  en  n'ayant  égard  qu'à  l'air 
fourni  par  les  calorifères.  Mais,  comme  il  y  avait  nécessairement  de 
Tair  appelé  par  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres  et  par  les  portes 
qui  s'ouvrent  de  temps  en  temps ,  le  chiffre  réel  de  la  ventilation  ne 
pouvait  se  déterminer  que  par  la  mesure  de  la  vitesse  de  l'air  dans  tous 
les  tuyaux  qui  le  conduisent  à  la  cheminée  d'appel  :  cette  vitesse  a  été 
observée  dans  deux  embranchements ,  mais  on  a  oublié  de  la  mesurer 
dans  le  troisième,  de  sorte  qu'il  a  été  impossible  de  déterminer  exacte- 
ment le  volume  de  l'air  écoulé.  Ces  expériences,  répétées  depuis  par 
M.  Leblanc,  ont  donné  4,400  mètres  cubes  pour  le  volume  d'air  sortant 
des  caves,  et  1 1 ,000  mètres  cubes  pour  le  volume  total  débité  par  les  che- 
minées d'appel  ;  le  volume  d'air  par  personne  et  par  heure  était  ce  jour- 
là  de  18  mètres  culies,  et  l'air  renfermait  0,0025  d'acide  carbonique. 


Digitized  by  VjOOQIC 


28      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  J)ES  LIEUX  HABITÉS. 

2009.  Dans  les  expériences  que  je  viens  de  rapporter,  j'ai  eu  Tocca- 
sion  de  constater  un  fait  Tort  singulier.  L'odeur  dans  les  cheminées 
d'appel  était  exlrémement  désagréable ,  et  cependant  l'air  de  la  salle 
était  sans  odeur  et  les  cheminées  très-propres.  Ce  phénomène  ne 
semble  pouvoir  s'expliquer  que  de  deux  manières  :  1"  En  supposant 
que  l'odeur  de  l'air  est  augmentée  par  le  mouvement;  2"*  en  admet- 
tant que  les  matières  animales  en  dissolution  ou  en  suspension  dans 
l'air  éprouvent,  par  leur  contact  prolongé,  une  fermentation  qui  en 
change  la  nature.  Ces  deux  causes  concourent  probablement  à  produire 
l'effet  dont  il  est  question.  Je  dois  dire  cependant  que  M.  Leblanc  n'a 
pas  observé  cette  mauvaise  odeur. 

2010.  Ce  chimiste  a  fait  des  expériences  fort  intéressantes  sur  Tin- 
fluence  de  Tacide  carbonique  à  haute  dose  dans  l'atmosphère  respiré 
par  un  chien  de  forte  taille,  un  cochon*  d'Inde,  un  verdier  et  une  gre- 
nouille. Ces  animaux  étaient  renfermés  dans  une  pièce  exactement 
close,  pourvue  d'une  vitre  à  travers  laquelle  on  pouvait  observer  pequi 
se  passait  dans  la  chambre  ;  un  tuyau  en  plomb,  placé  à  la  partie  su- 
périeure de  la  pièce  et  percé  d'un  grand  nombre  de  petits  orifices,  ver- 
sait constamment  de  l'acide  carbonique  pur  produit  par  un  appareil  à 
eau  de  Seitz.  Au  bout  de  7  minutes  de  dégagement,  le  malaise  du  chien 
était  visible  ;  au  bout  de  15  minutes  il  souffrait  beaucoup  :  à  cet  instant 
on  avait  consommé  10  kilos  d'acide  sulfurique;  au  bout  de  25  mi- 
nutes, la  bougie  s'est  éteinte;  enfin,  au  bout  de  trois  quarts  d'heure 
de  dégageuient  effectif,  l'oiseau  et  le  chien  étaient  agonisants  et  la  gre- 
nouille énormément  gonflée  :  la  proportion  d'acide  carbonique  était 
alors  de  30,4  pour  100.  On  ne  peut  rien  déduire  de  bien  positif  de  ceis 
expériences,  parce  qu'il  est  peu  probable  que,  malgré  la  précaution  de 
faire  écouler  l'acide  carbonique  par  la  partie  supérieure  de  la  pièce  et 
par  de  très-petits  filets,  le  mélange  des  gaz  ait  été  bien  établi  ;  d'ail- 
leurs la  composition  de  l'air,  aux  différentes  époques  indiquées,  n'a 
pas  été  observée. 

201 1 .  D'autres  expériences,  faites  par  M.  Leblanc,  ont  eu  pour  objet 
de  déterminer  la  dose  d'acide  carbonique  correspondante  à  l'extinction 
de  la  bougie.  «  Plusieurs  expériences  faites  sur  l'air  puisé  dans  des  bal- 
lons où  la  combustion  avait  cessé  de  se  soutenir,  ont  donné  4  et  4,5 
p.  100  d'acide  carbonique  en  volume;  une  bougie  placée  dans  cette 
atmosphère  s'éteint  subitement  ;  la  même  proportion  d'acide  carbo- 
nique dans  Tair,  provenant  de  la  respiration,  constitue  également  une 
atmosphère  dans  laquelle  les  bougies  s'éteignent.  [Annales  de  chimie 
et  de  p/ifjsiqueyi.\y'p,'iiil.)  D'après  ces  d<»rnières  ex|>ériences,  la 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  29 

bougie  s'éteint  dans  une  atmosphère  qui  ne  renferme  que  0,1 7  ou  0,165 
d'oxygène,  comme  celui  qui  sort  de  nos  poumons. 

La  flamme  des  chandelles  persiste  quelque  temps  après  Textinction 
des  bougies  ;  il  en  est  de  même  des  lampes  des  mineurs  garnies  de  leur 
porte-mèche  ;  les  lampes  à  double  courant  d'air,  ou  même  les  lampes 
des  mines  dégarnies  de  leur  porte-mèche,  peu\ent  encore  brûler 
quand  les  autres  modes  d*éclairage  ne  peuvent  plus  servir.  Lorsque 
l'air  renferme  de  4  à  5  p.  100  d'acide  carbonique,  et  que  la  flamme 
d'une  bougie  ne  peut  plus  subsister,  la  respiration  devient  gênée,  et  le 
travail  est  encore  possible,  |K)urvu  que  la  température  ne  soit  pas  trop 
élevée.  Mais  quand  l'atmosphère  renferme  10  p.  100  d  acide  carbo- 
ni<)[ue,  cette  atmosphère  devient  irrespirable,  et  les  hommes  qui  y  pé- 
nétreraient s'exposeraient  à  une  asphyxie  presque  immédiate.  «  M.  Le- 
blanc, dans  son  Mémoire  sur  la  composition  de  l'air  {Annales  de  chi-- 
mie  et  de  physique^  t  XV),  rapporte  que,  étant  monté,  pour  y  vider 
un  flacon  plein  de  mercure,  dans  uue  entaille,  à  1  mètre  seulement 
au-dessus  de  la  couronne  de  la  galerie,  espace  dont  l'air  renfermait 
10  p.  100  d'acide  carbonique,  au  bout  de  une  à  deux  minutes  il  fut 
pris  de  défaillance,  sans  avoir  éprouvé  de  malaise  préalable.  Le  maître 
mineur,  homme  robuste,  qui  l'accompagnait,  après  le  même  séjour 
dans  l'entaille,  fut  saisi  de  vertiges  et  de  nausées  qui  ont  duré  quelques 
instants  après  le  retour  dans  un  air  pur.  La  diminution  de  la  propor- 
tion d'oxygène  par  un  accroissement  de  celle  de  l'azote  produit  le 
même  effet  que  quand  elle  provient  de  la  présence  de  l'acide  carboni- 
que. Il  résulte  de  là  que  l'acide  carbonique  qui  est  versé  dans  l'air  par 
l'acte  de  la  respiration  et  par  la  combustion,  n'agit  qu'en  diminuant  la 
proportion  d'oxygène  libre,  et  non  pas  par  une  action  directe  sur  nos 
organes.  » 

2012.  D'après  les  expériences  faites  à  la  Conciergerie  par  MM.  Bous- 
singault,  Leblanc  et  moi,  et  que  je  rapporterai  plus  loin,  la  'dose  d'air 
nécessaire  à  un  détenu  renfermé  dans  une  cellule  doit  être  portée  à 
10  mètres  cubes  par  heure;  mais  la  cellule  dans  laquelle  l'expérience 
a  été  faite  contenait  une  cuvette  mobile,  et  avait,  par  conséquent,  une 
cause  exceptionnelle  d'insalubrité. 

2013.  Enfin,  on  a  reconnu  que,  dans  les  hôpitaux,  les  salles  de 
chirurgie  ne  pouvaient  être  assainies  et  dépouillées  de  toute  mauvaise 
odeur,  qu'avec  une  ventilation  de  près  do  100  mètres  cubes  d'air  par 
individu  et  par  heure. 

2014.  il  résulte  de  tout  cela  :  1"  qu'une  ventilation  de  6  mètres 
cubes  par  individu  et  par  heure  est  une  limite  au-dessous  de  laquelle  il 


Digitized  by  VjOOQIC 


30      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

ne  Taut  pas  descendre,  quand  l'air  de  ventilation  est  mêlé  avec  l'air  de 
la  pièce  et  qu'il  n'existe  aucune  cause  particulière  d'insalubrité  ;  2®  que, 
quand  la  ventilation  a  lieu  de  bas  en  haut,  par  tous  les  points  du  sol  ou 
par  des  orifices  très-nombreux  et  très-rappi*ochés,  une  ventilation  de 
7  à  1 1  mètres  cubes  d'air  par  personne  et  par  heure,  fournit  à  chacun  de 
l'air  paraissant  suffisamment  pur  ;  S""  que,  dans  presque  tous  les  cas,  il  y 
a  des  causes  particulières  d'insalubrité,  pour  lesquelles  le  chiffre  de  la 
ventilation  doit  être  élevé  à  un  point  que  l'expérience  seule  peut  déter- 
miner ;  4*"  que  l'acide  carbonique  versé  dans  l'air  par  la  respiration 
n'agit  point  directement  sur  nos  poumons,  mais  seulement  en  dimi- 
nuant la  proportion  d'oxygène  ;  5*  que  les  quantités  d'acide  carbonique 
que  Ton  trouve  dans  l'air  par  l'analyse  décroissent  à  mesure  que  la 
ventilation  augmente,  mais  ne  lui  sont  point  exactement  proportion- 
nelles, comme  cela  devrait  être  dans  des  circonstances  identiques  ;  cela 
tient  probablement  à  ce  que  l'air  de  ventilation  ne  se  distribue  pas  tou- 
jours uniformément  dans  la  pièce. 

Dans  tous  les  cas,  indépendamment  du  chiffre  total  de  ventilation,  il 
y  a  encore  deux  conditions  indispensables  à  remplir  :  la  première  con- 
siste à  répartir  uniformément  la  ventilation  dans  toute  l'étendue  de  la 
pièce,  car  on  ne  peut  pas  évidemment  admettre  que^  sous  le  rapport 
de  l'assainissement,  le  volume  d'air  en  excès  que  certaines  personnes 
reçoivent  compense  le  volume  d*air  insuffisant  qui  serait  réservé  pour 
les  autres;  la  seconde,  à  ventiler  avec  de  l'air  pur.  En  Angleterre,  on 
a  cherché  à  purifier  Fair  de  ventilation  en  le  faisant  passer  à  travers  un 
mur  de  coke  en  gros  morceaux,  recevant  à  sa  partie  supérieure  de  l'eau 
en  petits  filets  très-nombreux;  après  quelque  temps,  on  a  trouvé  au 
fond  du  réservoir  dans  lequel  l'eau  s'est  écoulée  un  dépôt  d'une  grande 
ténuité  et  d'une  extrême  fétidité. 

2015.  Influence  des  appareils  (T éclairage.  —  Les  lieux  habités  sont 
encore  viciés  par  les  appareils  d'éclairage.  Pour  en  apprécier  l'influence, 
voici  les  quantités  de  matières  consommées,  par  heure,  par  les  appa- 
reils le  plus  en  usage  : 

Chandelle  de  6  à  la  livre.  Bougie.  Lampe  gros  bec. 

1  \  gr.  <  1  gr.  42  gr. 

La  flamme  d*une  bougie  s'éteignant  lorsque  l'air  renferme  4  p.  100 
d'acide  carbonique,  il  est  très-probable  que  la  combustion  doit  éprouver 
des  influences  analogues  à  celles  qui  se  produisent  surla  respiration,  et, 
par  suite,  il  faut  compter  sur  une  ventilation  minimum  de  6  mètres 
cubes  par  bougie  et  par  heure,  et  sur  24  mètres  cubes  par  lampe  à  gros 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  31 

bec,  pour  que  la  combustion  ait  toujours  lieu  dans  de  bonnes  conditions. 

2016.  Influence  de  la  grandeur  des  pièces.  —  Quand  les  pièces  ont 
une  grande  élévation,  l'air  qu'elles  renferment  peut  suffire  à  la  respi- 
ration pendant  un  certain  temps;  mais  excepté  dans  les  églises,  il  est 
rare  que  le  Tolume  d'air  soit  suffisant  lorsque  le  nombre  de  personnes 
est  considéi-able  et  que  leur  séjour  doit  se  prolonger,  il  est  utile  de  cal- 
culer ce  volume,  pour  fixer  l'époque  à  laquelle  doit  commencer  la  ven- 
tilation. Cetair  est  toujours  employé  utilement,  attendu  que  celui  qui  a 
servi  à  la  respiration  ou  qui  a  été  en  contact  avec  le  corps,  étant  à  une 
température  supérieure  à  30°,  tend  à  s'élever;  il  se  produit  alors  de 
doubles  courants,  qui  amènent  successivement  l'air  de  la  pièce  à  la 
partie  inférieure.  A  l'ancienne  Chambre  des  députés,  le  volume  de  la 
salle  était  de  plus  de  4^000  mètres  cubes  et  suffisait  à  peine  pendant  une 
demi-heure  dans  les  séances  nombreuses. 

2017.  État  htjgrométrique de  l'air,  —  L'état  hygrométrique  del'air 
aune  grande  influence  sur  la  transpiration  pulmonaire  et  cutanée.  En 
effet,  la  perte  de  vapeur  d'eau  par  l'acte  de  la  respiration  est  propor- 
tionnelle à  la  différence  entre  la  tension  de  la  vapeur  à  38**,  et  la  ten- 
sion de  l'air  extérieur  ;  la  perte  de  vapeur  par  l'évaporation  cutanée  est 
aussi  sensiblement  proportionnelle  à  cette  différence,  en  admettant,  du 
moins,  que  l'air  en  contact  avec  la  peau  en  prend  la  température  et 
la  conserve  jusqu'à  ce  qu'il  soit  saturé.  On  conçoit  alors  que,  à  me- 
sure que  l'état  hygrométrique  de  l'air  s'élève,  ces  deux  transpirations 
diminuent,  et  que  le  contraire  arrive  quand  son  état  hygrométrique 
s'abaisse.  Ces  variations  dans  la  transpiration  doivent  nécessairement 
occasionner  des  perturbations  dans  les  fonctions  organiques.  Une  trop 
grande  dessiccation  de  l'air,  qui  peut  résulter  seulement  de  son  échauf- 
fement,  produit  souvent  de  violents  maux  de  tête.  11  est  donc  néces- 
saire que  l'air  ne  soit  ni  trop  sec  ni  trop  humide  ;  on  admet  générale- 
ment qu'il  doit  être  à  moitié  saturé  ;  alors,  k  \  5**,  chaque  mètre  cube 
renferme  à  peu  près  6>%5  de  vapeur  d'eau.  Il  faut  donc,  à  la  suite  des 
appareils  de  chauffage,  verser  dans  l'air  échauffé  destiné  à  la  ventila- 
tion une  quantité  d'eau  suffisante  pour  qu'il  contienne  la  dose  de  vapeur 
que  nous  venons  d'indiquer. 

2018.  —  Atmosphères  asphyxiables.  — M.  Leblanc  a  fait  des  expé- 
riences d'un  grand  intérêt  sur  les  effets  produits  dans  un  espace  clos, 
chauffé  directement  par  la  combustion  du  charbon  ;  un  chien  de  forte 
taille  y  était  renfermé;  on  mit  dans  un  fourneau  quelques  mor- 
ceaux de  braise  incandescente  que  l'on  recouvrît  de  braise  non  allu- 
mée, et  la  porte  fut  fermée.  Au  bout  de  5  à  6  minutes,  la  flamme  sur- 

Digitized  by  VjOOQ  iC 


32      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

montait  le  combustible,  et  le  malaise  de  Tanimal  était  visible;  après 
iO  minutes,  il  tombait  épuisé;  enfin,  au  bout  de  25  minutes,  il 
succombait..  A  cet  instant,  la  bougie  brûlait  encore  avec  le  même 
éclat;  10  minl^tes  après  la  mort  de  Fanimal,  la  bougie  s'est  éteinte, 
après  avoir  pâli'j^e  plus  en  plus.  A  ce  moment,  le  ballon  d'analyse  a  été 
rempli,  et  l'anal  y^  adonné  :  oxygène,  19,19  ;  azote,  76,62  ;  acide  car- 
bonique, 4,61  ;  diyde  de  carbpne,  0,54;  hydrogène  carboné,  0,04. 
M.  Leblanc  considère  les  effets  produits  comme  provenant  de  la  pré- 
sence de  l'oxyde  de  carbone,  car  la  dose  d'acide  carbonique  était  beau- 
coup moins  grande  que  celle  qu'un  chien  de  même  taille  avait  sup- 
portée dans  l'expérience  que  nous  avons  rapportée  (2010),  et  d'après 
des  expériences  directes,  à  la  dose  de  4  à  5  p.  100  dans  l'air,  il  fait  pé- 
rir instantanément  un  moineau;  un  centième  de  ce  gâz  dans  l'air 
détermine  la  mort  d*un  oiseau  au  bout  de  2  minutesr.  J'ajouterai  aux 
faits  constatés  par  M.  Leblanc  que,  dans  les  forges  où  l'on  dirige  par 
des  tuyaux  de  conduite  les  gaz  qui  s'échappent  du  gueulard  des  hauts- 
fourneaux,  et  qui  sont  principalement  formés  d'azote  et  d'oxyde  de 
carbone,  quand  il  y  a  des  fuites  et  que  les  ouvriers  se  trouvent  dans 
les  jets  de  gaz,  ils  tombent  évanouis;  mais  ils  reprennent  bientôt  ' 
leurs  sens  quand  on  les  place  immédiatement  dans  l'air  pur,  pour- 
vu que  l'action  de  l'oxyde  de  carbone  n'ait  pas  été  très-prolongée^ 
L'asphyxie  par  l'acide  carbonique  et  par  l'oxyde  de  carbone  ont  des  ca- 
ractères bien  différents  qui  permettent  de  les  distinguer  :  par  Tacide 
carbonique,  ou,  plus  exactement,  par  la  diminution  de  la  proportion 
d'oxygène,  l'agonie  est  longue  et  convulsive,  tandis  que  l'oxyde  de 
carbone  agit  brusquement  et  produit  son  effet  dans  un  temps  très- 
court. 

Chaleur  produite  par  la  respiration. 

2019.  Dans  l'acte  de  la  respiration,  il  se  produit  une  véritable  com- 
bustion, et  cette  combustion  dégage  la  même  quantité  de  chaleur  que 
celle  qui  serait  produite  dans  un  calorifère  par  la  combustion  de  la 
même  quantité  de  carbone,  comme  les  expériences  de  M.  Dulong,  et 
plus  tard  celles  de  M.  Despretz,  l'ont  démontré.  D'après  M.  Dumas,  les 
quantités  de  carbone  et  d'hydrogène  brûlés,  par  heure,  dans  l'acte 
de  la  respiration,  sont  équivalentes,  comme  nous  l'avons  déjà  dit»  à 
10  grammes  de  carbone,  et,  par  conséquent,  la  chaleur  émise  dans 
le  même  temps  s'élève  à  0,010  .  8000  =  80  unités. 

2020.  C'est  cette  chaleur  qui  maintient  le  corps  humain  à  une  tem- 
pérature voisine  de  38°,  et  qui  compense  celle  qu'il  communique  con- 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  33 

stamment  aux  corps  environnants  par  rayonnement  et  par  contact  ; 
mais  une  grande  partie  de  cette  chaleur  est  employée  à  former  la  va- 
peur qui  est  produite  par  la  transpiration  cutanée  et  celle  qui  se  trouve 
dans  Tair  sortant  des  poumons  ;  et  comme  cette  vapeur  ne  se  con-  i 

dense  pas,  qu'elle  est  entraînée  par  l'air  de  ventilation,  la  chaleur  qu'elle 
renferme  n'est  utilisée  d'aucune  manière  et  doit  être  retranchée  de  la 
quantité  totale.  Or,  en  admettant  le  chiffre  moyen,  61  gr.,  pour  la 
quantité  de  vapeur  d'eau  produite,  la  chaleur  de  vaporisation  s'élè- 
verait à  618 .0,061  =  37,7,  et,  par  conséquent,  la  quantité  de  chaleur 
qui  serait  employée  au  chauffage  de  l'air  serait  de  80 — 37,7  =  42,3. 
11  est  important  de  remarquer  que  cette  quantité  de  chaleur  pourrait 
élever  9"'  d'air  de  0"*  à  15*.  Ainsi,  dans  un  grand  nombre  de  cas, 
elle  serait  sufflsante  pour  échauffer  l'air  de  ventilation,  d'autant  plus 
qu'il  faudrait  ajouter  a  la  chaleur  que  nous  avons  calculée  la  cha- 
leur émise  par  le  refroidissement  de  la  vapeur  de  38*  à  15*,  qui  est 
de  23. 0,47  — 10,81. 

2021 .  D'après  MM.  Andral  et  Gavarret,  la  quantité  de  carbone  brûlé, 
pendant  une  heure,  par  un  homme  adulte  et  bien  portant,  dans  l'acte 
de  la  respiration,  est  de  11**' 3,  et  par  une  femme  adulte  6»' 4.  Le 
premier  nombre  augmenterait  à  peu  près  d'un  dixième  ceux  que 
nous  avons  obtenus  en  partant  des  expériences  de  M.  Dumas. 

2022.  Il  résulte  de  tout  ce  que  je  viens  de  dire  que  la  ventilation  est 
indispensable  dans  les  lieux  habités,  parce  que  l'air  est  toujours  altéré 
par  la  respiration  et  la  transpiration  cutanée,  et  de  plus,  dans  un  grand 
nombre  de  cas,  parce  qu'il  existe  d'autres  causes  d'insalubrité.  La  ven- 
tilation s'effectue  quelquefois  naturellement  ;  mais  le  plus  souvQut  elle 
doit  être  produite  par  la  chaleur  ou  par  une  action  mécanique.  Nous 
examinerons  d'abord,  d*une  manière  générale,  ces  trois  modes  de 
ventilation. 

Vemtf lait om  matareUe. 

2023.  Si  l'air  atmosphérique  et  celui  qui  remplit  nos  habitations 
étaient  exactement  à  la  même  température,  Tair  serait  partout  immo- 
bile, du  moins  si  l'on  fait  abstraction  des  vents;  mais  les  variations 
diurnes  de  température  tendent  à  produire  des  courants  qui  marchent 
tantôt  dans  un  sens,  tantôt  dans  l'autre^  Considérons  une  pièce  pourvue 
d'une  cheminée  plus  ou  moins  élevée,  et  dans  laquelle  Tair  extérieur 
puisse  pénétrer  facilement  par  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres.  La 
pièce  et  la  cheminée  pourront  être  considérées  comme  un  canal  com- 
posé de  deux  branches,  l'une  horizontale,  et  l'autre  verticale,  ouvert  par 

III.  8 


Digitized  by  VjOOQIC 


34      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LlEVX  HABITÉS. 

les  deux  bouts.  Or,  d'après  ce  que  nous  avons  ^u  précédemment,  si  Pair 
du  canal  est  à  une  plus  haute  température  que  l'air  extérieur,  il  s'é- 
coulera par  l'orifice  le  plus  élevé,  tandis  qu'il  s'échappera  par  l'orifice 
inférieur  dans  le  cas  contraire.  En  général,  pendant  l'été  et  le  prin- 
temps, la  température  des  appartements  est  plus  basse  que  celle  de 
l'air  pendant  le  jour,  et  plus  haute  pendant  la  nuit;  alors,  pendant  le 
jour,  l'air  atmosphérique  s'introduit  par  le  point  le  plus  haut,  pour 
s'écouler  par  le  point  le  plus  bas,  et  le  contraire  existe  pendant  la  nuit. 
En  hiver,  l'air  des  appartements  étant,  en  général,  à  une  température 
constamment  plus  élevée  que  celle  de  l'air  atmosphérique,  l'air  s'é- 
coule toujours  par  l'orifice  supérieur. 

2024. 11  est  facile  de  se  rendre  compte  de  ce  qui  arriverait  dans  un 
canal  vertical,  creusé  dans  le  sol,  ne  communiquant  avec  le  jour  que 
par  l'orifice  supérieur.  En  hiver,  l'air  étant  plus  chaud  au  fond  du 
puits  qu'à  sa  surface,  il  s'établira  nécessairement  deux  courants  qui 
renouvelleront  l'air  plus  ou  moins  rapidement.  En  été,  la  température, 
à  la  surface  du  sol,  étant,  en  général,  plus  élevée  qu'au  fond  du  puits, 
les  courants  n'existeront  plus. 

2025.  Examinons  maintenant  ce  qui  arrivera  dans  un  canal  al- 
longé, creusé  dans  le  sol,  et  dont  les  deux  extrémités  viennent  s'ouvrir 
à  la  surface  du  sol. 

On  sait  que,  à  une  profondeur  peu  considérable,  la  température  est 
constante  et  ne  participe  point  aux  variations  diurnes  et  annuelles  de 
température  de  la  surface  du  sol  ;  à  de  plus  grandes  profondeurs,  la 
température  reste  invariable  pour  chaque  couche,  mais  va  en  augmen- 
tant à  peu  près  de  1  degré  par  25  à  30  mètres  à  mesure  qu'on  descend  ; 
la  température  de  la  première  couche  à  température  constante  est  égale 
à  la  température  moyenne  de  la  surface  du  sol.  il  résulte  de  là  que  les 
parois  des  grandes  excavations  souterraines  sont,  en  général,  plus 
chaudes  en  hiver  que  la  surface  du  sol,  et  que,  pour  celles  qui  n'ont 
pas  une  grande  profondeur,  la  difierence  de  température  peut  changer 
de  signe  dans  les  saisons  intermédiaires,  et  même  le  jour  et  la  nuit. 

Il  est  facile  de  voir  d'après  cela  que,  si  le  canal  dont  il  s'agit  est  si- 
tué à  une  grande  profondeur,  la  température  de  ses  parois  se  trouvant 
plus  élevée  que  celle  de  l'air  pendant  l'hiver,  et  plus  froide  pendant 
Tété,  l'air  atmosphérique  pénétrera,  en  été,  dans  le  canal  par  l'orifice  le 
plus  élevé,  pour  s'écouler  par  l'orifice  le  plus  bas,  et  que  le  contraire 
aura  lieu  en  hiver. 

Lorsque  les  deux  orifices  seront  au  même  niveau ,  l'équilibre  exis- 
tera ;  mais  il  ne  sera  stable  que  dans  le  cas  où  l'air  du  canal  sera  plus 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  35 

froid  que  l'air  atmosphérique  ;  dans  le  cas  contraire,  lorsque  Téquilibre 
aura  été  rompu,  le  mouvement  continuera  dans  le  même  sens.  En  ef- 
fet, supposons  d'abord  que  l'air  du  canal  soit  à  une  température  plus 
élevée  que  l'air  extérieur  ;  aussitôt  que  le  mouvement  aura  commencé, 
la  partie  du  canal  dans  laquelle  l'air  atmosphérique  aura  pénétré  pos- 
sédera une  moindre  force  ascensionnelle  que  l'autre ,  et  le  mouvement 
se  prolongera,  quoique  l'air,  en  cheminant,  prenne  progressivement  la 
température  de  l'enveloppe.  Mais,  si  l'air  du  canal  souterrain  est  à  une 
plus  basse  température,  il  est  évident  que ,  si  l'air  extérieur  pénétrait 
dans  une  des  branches  du  canal,  l'état  primitif  tendrait  à  se  rétablir,  et 
se  rétablirait  effectivement  après  plusieurs  mouvements  oscillatoires. 

2026.  Si  le  canal  souterrain,  au  lieu  d'avoir  la  forme  d'un  siphon 
renversé,  était  disposé  en  sens  contraire,  c'est-à-dire,  si  le  canal  hori- 
zontal qui  réunit  les  deux  branches  verticales  était  plus  élevé  que  les 
deux  extrémités  qui  communiquent  avec  l'air  par  deux  courts  canaux 
horizontaux,  disposition  qu'on  ne  pourrait  réaliser  que  dans  une  mon- 
tagne, il  est  évident  que,  dans  tous  les  cas,  il  arriverait  le  contraire  de 
ce  que  nous  avons  dit  pour  un  canal  ayant  la  forme  d'un  siphon.  Ainsi, 
quand  l'air  du  canal  sera  plus  froid  que  l'air  extérieur,  il  s'écoulera  par 
l'orifice  le  plus  bas  ;  quand  il  sera  plus  chaud,  l'écoulement  aura  lieu 
par  l'orifice  le  plus  élevé  ;  et,  quand  les  deux  orifices  seront  à  la  même 
hauteur,  Kéquilibre  ne  sera  stable  que  quand  l'air  du  canal  sera  plus 
chaud  que  l'air  atmosphérique. 

2027.  Dans  les  deux  formes  différentes  du  canal,  et  quand  les  deux 
orifices  ne  sont  pas  à  la  même  hauteur,  on  pourrait  déterminer  par  le 
calcul  la  vitesse  d'écoulement,  si  l'on  connaissait  la  température  de  l'air 
dans  les  différentes  parties  du  circuit.  Mais  ces  températures  ne  peuvent 
pas  se  déduire  de  celle  de  l'air  atmosphérique  et  de  celles  des  différents 
points  de  la  paroi,  parce  que  l'air  qui  traverse  le  canal  n'en  prend 
point  instantanément  la  température,  et  que  la  différence  varie  avec 
la  section  et  la  nature  plus  ou  moins  conductrice  du  terrain. 

A  plus  forte  raison,  il  serait  impossible  de  calculer  les  dimensions 
d'un  canal  qui,  pour  un  état  dibnné  de  l'air  et  pour  des  températures 
également  données  des  différentes  couches  du  terrain,  produisît  un 
effet  déterminé. 

Ventilation  par  la  chaleur. 

2028.  La  ventilation  par  la  chaleur  peut  être  produite  de  deux  ma- 
nières :  l""  en  échauffant  l'air  qui  doit  sortir  ;  2®  en  échauffant  l'air  avant 
son  entrée.  Le  premier  mode  est  employé  quand  l'air  appelé  ne  doit 


Digitized  by  VjOOQIC 


30      L!V.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LlEVX  HABITÉS. 

pas  servir  au  chauffage;  le  second,  quand  Tair  vicié  doit  être  remplacé 
par  de  l'air  échauffé  :  dans  ce  dernier  cas,  il  se  présente  des  circon- 
stances dans  lesquelles  l'air  vicié  doit,  en  outre,  recevoir  à  sa  sortie  un 
certain  accroissement  de  température  pour  s'échapper  avec  une  vitesse 
suffisante. 

2029.  Lorsque  l'air  expulsé  doit  être  échauffé  dans  la  cheminée 
d*appel  et  que  la  ventilation  doit  être  très-faible,  on  peut  se  contenter 
de  placer  dans  la  cheminée  une  lampe  à  double  courant  d*air.  Mais, 
quand  la  ventilation  doit  être  puissante  »  on  emploie  toujours  des 
foyers  alimentés  par  des  combustibles,  d'un  prix  moins  élevé,  et  pres- 
que toujours  des  combustibles  solides.  L'air  d'appel  ne  devant  jamais 
être  chauffé  que  d'un  petit  nombre  de  degrés,  de  20^  à  40^,  la  grille 
ne  doit  occuper  qu'une  petite  partie  de  la  section  de  la  cheminée, 
comme  on  le  voit  dans  la  figure  520.  B  est  la  cheminée  ;  D,  la  porte 
du  foyer,  qui  peut  être  alimenté  ou  par  l'air  de  ventilation,  ou  par 
l'air  extérieur,  en  ouvrant  la  porte  du  cendrier  E.  Cette  disposition  a 


Fig.  320. 


Fig.  521. 


l'inconvénient  de  rétrécir  la  cheminée  ;  mais  on  peut  l'éviter  en  pla- 
çant le  foyer  en  dehors  de  la  cheminée,  comme  l'indique  la  figure  521 . 
Mais  dans  l'un  et  dans  l'autre  système  il  se  produit  un  effet  qui  pourrait 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  -  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  37 

derenir  fâcheux  si  la  cheminée  n'avait  pas  une  très-grande  hauteur  ; 
le  courant  d'air  chaud  s'élevant  contre  une  des  parois,  la  tempé- 
rature ne  devient  uniforme  dans  la  section  qu'à  une  certaine  hau- 
teur; si  la  cheminée  n'était  pas  très-élevée,  il  pourrait  s'établir  sur 
la  face  opposée  un  courant  descendant  qui  anéantirait  le  tirage.  On 
peut  obvier  à  cet  inconvénient  en  plaçant  la  grille  au  milieu  de  la  che- 
minée,, ou  mieux  en  faisant  dégager  l'air  brûlé  d'un  foyer  latéral  par 
un  tuyau  de  fonte  annulaire,  percé  d'un  grand  nombre  d'orifices  qui 
répartiraient  uniformément  l'air  chaud  dans  la  section.  La  vitesse 
d'écoulement  de  l'air  par  la  cheminée  étant  toujours  très-petite,  il  est 
nécessaire  de  la  surmonter  d'un  chapeau  fixe  ou  mobile;  la  disposition 
de  la  figure  521  est  souvent  employée,  et  n'a  presque  jamais  donné 
lieu  à  des  retours  de  l'air,  même  par  les  plus  grands  vents.  La  che- 
minée doit  être  en  maçonnerie  d'une  grande  épaisseur,  afin  que  la 
quantité  de  chaleur  renfermée  dans  la  maçonnerie  régularise  le  tirage, 
malgré  les  variations  d'intensité  du  foyer.  Dans  tous  les  cas,  mais  sur- 
tout pour  les  petites  consommations  de  combustible,  il  serait  préféra- 
ble d^employer  un  foyer  à  alimentation  continue^  qui  permettrait  de 
maintenir  la  ventilation  pendant  la  nuit  sans  la  présence  du  chaufieur, 
en  ayant  soin  de  prendre  une  disposition  dont  nous  avons  parlé  et  qui 
permet  de  régler  à  chaque  instant  la  consommation  de  combustible 
au  moyen  d'un  registre  placé  à  l'orifice  d'accès  de  l'air,  sous  la  grille 

du  fover. 

«« 

2030.  Les  circonstances  qui  influent  sur  le  tirage  des  cheminées 
d'appel,  savoir,  la  température  à  laquelle  l'air  y  est  élevé  et  la  tempé- 
rature extérieure,  agissent  d'une  manière  difierente,  suivant  que  l'air 
appelé  est  à  la  température  extérieure  ou  à  une  température  constante  ; 
et,  dans  ce  dernier  cas,  suivant  que  l'air  monte  ou  descend  pour  gagner 
la  cheminée  d'appel,  et  suivant  la  hauteur  des  prises  d'air.  Gomme  ces 
différentes  circonstances  se  présentent  dans  la  ventilation  des  lieux 
habités,  nous  les  examinerons  successivement. 

dieaUJi^^  4'appel  «ppelaiii  de  l'air  à  la  tempéraiiire  eztéHe«re. 

203  i.  Le  cas  dont  il  s'agit  se  rencontre  dans  tous  les  établissements 
Tentilés,  pendant  les  mois  de  l'année  où  le  chaufiage  est  suspendu.  La 
vitesse  d'accès  v  est  donnée  par  la  formule 

^'''"ll+RKI+aO 


Digitized  by  VjOOQIC 


38      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTlLATIOiN  DES  LIEUX  HABITÉS. 

dans  laquelle  H  représente  la  hauteur  de  la  cheminée,  t  la  température 
moyenne  de  Fair  qui  la  parcourt,  6  la  température  de  l'air  extérieu 
a  le  nombre  0,00365,  et  R  la  somme  des  résistances  que  Fair  éprouve 
dans  tout  son  parcours,  résistance  que  nous  savons  calculer  dans  tons 

les  cas  qui  peuvent  se  présenter.  Le  facteur  ^^^^  représente  la  -vi- 
tesse théorique,  c'est-à-dire,  celle  que  prendrait  Fair  s'il  n'éprouvait 
point  de  résistance  :  ainsi,  quand  le  circuit  ne  change  pas  et  que  /  et  0 
varient  seuls,  la  vitesse  d'accès  est  toujours  la  même  fraction  de  la 
vitesse  théorique. 

2032.  Quand  le  circuit  est  formé  d'un  canal  rectiligne  d'une  section 
constante,  la  résistance  provient  uniquement  du  frottement,  et,  comme 
alors  R  "-  KL  :  D,  on  voit  que  la  vitesse  v  varie  sensiblement  en  raison 
inverse  de  la  racine  carrée  de  la  longueur  du  canal. 

2033.  On  voit  aussi ,  à  l'inspection  de  la  formule ,  que  la  vitesse  v 
varie  à  peu  près  proportionnellement  à  la  racine  carrée  de  la  hauteur 
de  la  cheminée,  parce  qu'en  général  ces  variations  de  hauteur  n'ont 
que  très-peu  d'influence  sur  la  valeur  de  R.  • 

2034.  Quant  à  l'influence  de  la  valeur  de  ty  on  ne  peut  pas  l'appré- 
cier à  Finspection  de  la  formule;  pour  reconnaître  comment  v  varie, 
supposons  d'abord  0  »-  o,  prenons  successivement  pour  t  : 

20      40       ^0       ()o       jo*      I2«      14»      i6«      I8«      20»      25*      30*      35» 

et  calculons  les  valeurs  de  la  racine  de  at  :  (1  -^at)  ;  nous  trouverons 
pour  ces  valeurs 

0,08    0,12    0,14   0.17    0,19    0,20    0,22    0,23    0,25    0,26    0.29    0,31     0,33 

et  pour  des  valeurs  de  t  égales  à 

40'    .45«     SO»     55»     60»     65«      70«      75«      80»      85»      90»      95'      100» 

on  trouve,  pour  les  valeurs  de  la  même  fonction  de  tj 

0,3d    0,38    0  39    0,40    0,42    0,43    0,45    0,46    0,47    0,48    0,49    0,50    0,51 

et  la  valeur  maximum  de  cette  fonction,  quand  t  est  très-grand,  se 
réduit  à  Funité. 

Si  l'on  supposait  e  =  15*,  température  moyenne  de  la  saison  d'été, 
et  t  successivement  égal  à 

170        jge        21»        23»        25»        27»       29»        31»        33»         35» 

Digitized  by  VjOOQIC 


•  CHAP.  1.  —  CONSiDÉRATlOiNS  GÉNÉRALES.  39 

on  trouverait,  pour  les  valeurs  de  la  racine  carrée  de  at  :  (1  +  at)  : 

0,083    0,il7    0,142    0,164    0,182    0,199    0,215    0,229    0,242    0,234.    . 

Ainsi  ^  le  même  excès  de  température  t — .0  produit  sensiblement  le 
même  effet  pour  /  =  0*  et  6  «=  1 5*. 

2035.  Détermination  de  l'effet  produit  par  une  cheminée  d  appela 
appelant  de  Voir  à  la  température  extérieure.  —  On  peut  d'abord 
mesurer  directement  l'effet  produit,  en  observant  la  vitesse  moyenne 
de  l'air  dans  une  section  quelconque  du  canal,  avant  ou  après  le  foyer. 
Ces  expériences  se  font  avec  une  grande  facilité,  au  moyen  de  l'anémo- 
mètre ;  mais  il  faut  que  la  vitesse  de  l'air  ne  soit  pas  trop  petite,  qu'elle 
dépasse  0*°  12,  minimum  d'indication  de  ces  instruments;  que  le 
tuyau  dans  lequel  on  place  l'anémomètre  ne  soit  pas  trop  petit  ;  et, 
enfin,  dans  le  calcul  de  la  vitesse  moyenne,  il  faut  suivre  la  méthode 
indiquée  (417).  Ce  moyen  de  déterminer  l'effet  produit  est  le  meilleur 
elle  plus  sûr;  nous  allons  en  voir  cependant  d'autres  moins  exacts, 
qu'on  pourrait  employer  à  défaut  d'anémomètre,  ou  quand  on  ne  peut 
pas  en  faire  usage. 

2036.  On  pourrait  obtenir  une  évaluation  du  volume  d'air  appelé 
par  la  cheminée,  si  l'on  connaissait  le  poids  du  combustible  brûlé  par 
heure,  et  la  proportion  n  d'oxygène  libre  que  renferme  l'air  de  la  che- 
minée. En  effet,  désignons  par  v  le  volume  d'air  rigoureusement  né- 
cessaire pour  brûler  1  kilogramme  de  combustible,  par  V  le  volume 
d'air  appelé  par  la  cheminée,  en  supposant  que  cet  air  alimenle  le 
foyer.  Le  volume  d'air  non  altéré  et  renfermant  0,21  d'oxygène  sera 
V — t?,  et  la  proportion  d'oxygène  qui  se  trouvera  dans  le  volume  V  sera 
évidemment  0,21  (V— r)  :V;  ainsi  on  aura 

0,2I(V  — v)  |vç)iv  ^«^ 

"  =  — -7, ;elparsuUe    y  =*  ^.^^^  \  " 

si  Ton  suppose  que  la  valeur  de  V  soit  successiv^x^^^^  èg^^^  ^ 

ov;        \0u',       ISy;       20i?;       2oo;  30o  ^  3*5 «^  ' 

on  trouve  pour  les  valeurs  de  w, 

0,168;    0,189;    0,196;    0,199;    0,2Oi6;     0,20^^  •     O,^^*^ 


400*, 

\ecoïn- 


Si  l'on  pouvait  négliger  la  quantité  d'hvdroRèto  ^        ^  r^^^^l^Sq^e  «l'*® 
bustible,  et  si  l'on  mesun^it  la  proportionTa^^Jl^e    "^ 

Digijized  by  VjOOQiC 


40      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS.     "' 

renferme  l'air,  on  aurait,  en  conservant  les  notations  précédentes, 
n'  «=  0,21  —  n,  et  pour  les  valeurs  de  V  que  nous  avons  supposées,  on 
trouverait  pour  les  valeurs  de  ri 

0,042;    0,021;    0,014;    0,011;    0,0084;    0,0070;    0,0060;    0,0053. 

Ainsi,  pour  des  valeurs  de  V  qui  dépassent  10 1?,  ce  qui  arrive  toujours, 
car  elles  dépassent  souvent  100  t;,  les  valeurs  de  n  sont  rapprochées  de 
0,21,  et  celles  de  ri  sont  très-petites.  Cette  méthode  exige,  pour  don- 
ner des  résultats  certains,  une  précision  dans  les  analyses  difficile  à 
réaliser.  Elle  ne  peut  donc  être  employée  que  dans  des  circonstances 
exceptionnelles.  J'en  ai  parlé  pour  faire  voir  qu'il  ne  suffit  pas,  pour 
résoudre  une  question,  d'une  relation  entre  l'inconnue  et  certaines 
données  de  la  question  ;  il  faut  encore  que  cette  relation  soit  telle  que 
les  erreurs,  inévitables  dans  l'estimation  des  données,  n'en  produisent 
pas  de  très-grandes  dans  la  valeur  des  inconnues. 

2037.  On  pourrait  obtenir  une  valeur  suffisamment  approchée,  dans 
presque  tous  les  cas,  de  l'efifet  d'une  cheminée  d'appel,  si  l'on  connais- 
sait le  poids  P  du  combustible  brûlé  par  heure,  et  l'accroissement 
t — ode  température  que  l'air  reçoit  en  pénétrant  dans  la  cheminée. 
En  effet,  la  quantité  totale  de  chaleur  produite  dans  une  heure  sera 
P  X  C,  C  représentant  la  puissance  calorifique  du  combustible  ;  le 
poids  P'  d'air  appelé  par  heure  sera  donné  par  la  relation 

PC 

P'(f  — 6).0,Î377  =  P.C    ;d'oi*    P' 


(f  — 6).  0,2377 


Cette  valeur  de  P'  donnerait  facilement  le  volume  d'air  appelé  par  se- 
conde, et,  par  suite,  la  valeur  de  la  vitesse  d'accès  de  l'air  dans  la  che- 
minée. 

La  valeur  de  t — 6  s'obtiendrait  facilement  au  moyen  du  thermo- 
mètre différentiel  à  air  décrit  (563). 

2038.  Toutes  ces  méthodes  exigent  des  expériences  plus  ou  moins 
compliquées;  il  serait  plus  avantageux  d'avoir  des  instruments  qui 
indiquent  à  chaque  instant,  sur  un  cadran  ou  sur  une  échelle 
divisée,  l'état  de  la  ventilation.  On  pourrait  employer  la  disposition 
de  l'anémomètre  décrit  (418),  ou  les  appareils  à  tangente  et  à 
sinus  décrits  (421  et  422).  Des  essais  faits  en  mesurant  directement 
les  volumes  d'air  correspondant  à  différentes  indications  de  l'ins- 
trument, serviraient  à  vérifier  l'exactitude  de  la  loi  admise,  et  à 
construire  une  table  donnant  les  volumes  d'air  appelés.  Les  mano- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  ^  COiNSIDËRÂTIONS  GÉNÉRALES.  41 

mètres  à  tube  incliné  et  à  flotteur  (428  et  AÎ9)  seraient  préférables 
aux  autres  ;  tous  deux  pourraient  être  employés  pour  déterminer 
l'appel  au  bas  de  la  cheminée,  en  faisant  communiquer  l'intérieur 
du  vase  avec  un  tube  traversant  l'épaisseur  de  la  muraille;  comme 
la  vitesse  d'écoulement  est  proportionnelle  à  la  racine  carrée  de 
la  résistance,  et  que  cette  résistance  est  constante,  en  déterminant 
une  seule  fois  le  volume  d'air  appelé  correspondant  à  une  certaine 
dépression,  on  formerait  facilement  uue  table  donnant  les  volumes 
d'air  appelés  correspondants  aux  différentes  Répressions.  Le  mano- 
mètre à  flotteur  est  surtout  applicable  aux  appareils  dans  lesquels 
la  vitesse  d'écoulement  et  la  résistance  sont  très-faibles,  parce  qu'il 
est  très-sensible.  Si  l'on  voulait  mesurer  directement  la  vitesse,  il  fau- 
drait employer  la  disposition  indiquée  (423),  et  faire  communiquer  les 
deux  tubes,  l'un  avec  le  réservoir  et  l'autre  avec  l'extrémité  du  tube  de 
verre  quand  on  ferait  usage  du  manomètre  à  tube  incliné.  Pour  se  ser- 
vir du  manomètre  à  flotteur,  cet  instrument  devrait  être  placé  dans  une 
cage  en  verre  exactement  fermée  ;  l'un  des  tubes  communiquerait  avec 
la  cage,  l'autre  avec  l'intérieur  du  réservoir  d'air  de  l'appareil.  Si  le 
tube  placé  parallèlement  à  l'axe  de  la  cheminée  était  fixé  au  sommet 
de  ceÙe^ci,  comme  la  pression  latérale  serait  égale  à  la  pression  exté- 
rieure, il  suffirait,  en  employant  l'un  ou  l'autre  instrument,  de  faire 
communiquer  le  tube  en  question  avec  Tintérieur  du  réservoir  d'air. 

2039.  Détermination  de  la  quantité  de  combustible  à  brûler  dans 
le  foyer  d'une  cheminée  d'appel^  appelant  l'air  à  la  température  ex- 
tériettre,  pour  produire  un  effet  déterminé.  —  Si  l'on  connaissait  toutes 
les  dimensions  du  canal,  on  pourrait  calculer  la  valeur  de  R,  qui  repré- 
sente la  somme  totale  des  résistances  que  l'air  éprouve  en  le  parcou- 
rant; on  aurait  alors  l'accroissement  de  température  par  la  formule  : 

..(.  +  R)(,+„0-2sHa(*-*)     ;d'où    t^^^t^±^. 

L'accroissement  de  température  et  le  poids  de  l'air  appelé  étant  con- 
nus, on  en  déduira  facilement  le  poids  du  combustible  à  brûler  par 
heure,  pour  une  certaine  valeur  de  0. 

2040.  La  valeur  de  R  pourrait  aussi  se  déduire  de  l'observation  de 
la  température  correspondant  à  une  certaine  consomtnation  de  com- 
bustible, comme  je  l'ai  indiqué  (2037\ 

2041.  Une  question  qui  se  présenu  souvent  dans  ^a^enlVValîon 

les  cheminées  appelant  l'air  à  la  tett^^j.aiure  ordioa^^^'  ^*^  ^^^^'  • 


Digitized  by  VjODQlC 


42      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

une  cheminée  d'appel  fonctionnant  et  produisant  une  vitesse  d'accès  v, 
la  température  intérieure  étant  t,  et  la  température  extérieure  6,  quelle 
est  la  température  t'  que  l'air  doit  recevoir  dans  la  cheminée  pour 
que  la  vitesse  d'accès  devienne  t^Voi^^t^nt  le  même.  On  a 


{!+aO(l+R)    '  (1+at'Kl+R) 

en  posant  v  :  v  =^  m^  ces  deux  équations  donnent 

On  voit  d'abord,  à  l'inspection  de  cette  formule,  que  m  a  une  cer- 
taine limite  correspondant  à  1  -|-a/  —  m^a  [i — ô)  ==  o,  qui  donne 

-'-^^      w 


a(t  — 6) 


par  exemple  pour  t  —■  30%  ô  ~  15%  on  a  m  —  4,50.  Si  l'on  supposait 
successivement  m  égal  à 

2  3  4 

l'équation  {a)  donnerait  pour  ^% 

87«,1  1910,3  9olS-2 

et  les  consommations  de  combustible  rapportées  à  celles  correspon- 
dant à  la  première  vitesse  seraient 

•^(^^'•-'^)-9,6    ;    ?<l^iini!]=,,o.S9    ;    l^^Hli^Ill!! » 255.6. 
30  —  15  '      '         30—13  '        '         30-15 

Ces  rapports  iraient  évidemment  en  augmentant  à  mesure  que  d  de- 
viendrait plus  petit  ;  pour  e=o,  la  limite  de  m  serait  1 ,40. 

2042.  Si,  comme  cela  arrive  quelquefois,  la  cheminée  partait  des 
combles,  la  pièce  au-dessous  étant  maintenue  à  une  température 
constante  T,  et  désignant  sa  hauteur  parH%  on  aurait 

^,,_      2.7    jHa(<,-e)      HaCr-6)j  ,^        2g    i^aji'-^)  ,   H-a(T-«)j 

l-t-ui    i+at  "^   1-f ûT   1  '^   ^   '^l+Rl    i+at  "^    l+aT    ! 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  43 

Si  Toa  suppose,  comme  précédemment,  v'  :  v  -^rriy  el  si  Ton  repré- 
sente par  M  le  terme  constant  des  valeurs  de  v  et  de  v\  on  trouve 

^,_  H[m'((-e)  +  6(l+a^)] . 

(1  +  at)(H  4-  Ma  —  m'Ma)  —  m^a[t  —  6)  ' 

en  supposant  ô  —  o,  T=15,  /  =  30;  H  — 10»,  H'=5"',  il  vient 

, 300m* 

'  "~H,1104  — m*.0,536 

En  faisant  m  successivement  égal  à 

2  3  4 

on  trouve  pour  /' 

133%96;  563%67;  1897^23; 

et  pour  les  rapports  de  quantités  de  chaleur  consommées 

«4,84;  109,71;  501,92. 

2043.  Cheminée  d'appel  appelant  l'air  à  la  température  exté- 
rieure par  un  canal  dans  lequel  la  résistance  peut  être  négligée.  —  Le 
cas  dont  il  s'agit  est,  par  exemple,  celui  des  cheminées  d'appel  des 
lieux  d'aisances  des  écoles,  des  hôpitaux,  desprisons,  des  casernes,  car 
la  somme  des  orifices  d'accès  de  l'air  dans  les  fosses  étant  toujours  très- 
grande  relativement  à  la  section  de  la  cheminée,  les  pertes  de  charge 
dans  tout  le  trajet  peuvent  toujours  être  négligées  ;  il  en  est  de  même 
de  celle  qui  provient  du  frottement  dans  la  cheminée.  £n  outre,  dans 
ce  cas,  la  température  de  l'air  dans  la  cheminée  étant  toujours  très- 
petite,  on  peut  négliger  le  terme  at  dans  le  dénominateur  de  la  valeur 
de  v;  toutes  les  questions  relatives  à  ces  sortes  de  cheminées  d'appel  se 
résolvent  ainsi  d'une  manière  très-simple.  Désignons  par  A  la  quan- 
tité de  chaleur  produite  par  seconde,  par  x  l'excès  de  température  que 
Tair  reçoit  dans  la  cheminée,  par  S  sa  section,  on  aura  évidemment  : 

S.v  .  1,3  .0,24.a;  =  A, 
ou 

S*(0,31 2)» .  x» .  2yHax  «  A«      ;  ou     0,0067S*  .  H  .  x'  —  A« (1  ) 

et  comme  on  a  en  même  temps 

•«^'^2^Haa;=.0,0716Hx ('^i 


Digitized  by  VjOOQlC 


44      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

les  équations  (l)et  (2) peuvent  servira  résoudre  toutes  les  questions 
qui  peuvent  se  présenter. 

Je  suppose  qu'on  veuille  évacuer  2  mètres  cubes  d'air  par  seconde 
avec  une  cheminée  de  10  mètres  de  hauteur  et  de  0"  50  de  section  ;  on 
aura  t;=2'":  0,5—4";  Féquation  (2)  donnera  a;— 22%34,  et  l'équa- 
tion (1) donnera  A=2%89,  ce  qui  corresponde  10404  calories  par 
heure,  ou  à  1^  25  de  houille.  Si  l'on  rendait  la  consommation  de  houille 
constante,  et  si  la  cheminée  avait  une  section  2  ou  3  fois  plus 
grande,  l'équation  (1)  donnerait  pour  les  valeurs  de  a:,  14*  07,  et  9"  29; 
les  vitesses  correspondantes  déduites  de  l'équation  (1)  seraient  3"  17  et 
2"  57  ;  et  les  volumes  écoulés  par  seconde  seraient  de  3"*^  1 7  et  de  S"**  85. 
Si,  au  contraire,  on  rendait  les  sections  2  ou  3  fois  plus  petites,  l'équa- 
tion (1)  donnerait,  pour  les  valeurs  de  ar,35"  29  et  46°  46;  les  vitesses  cor- 
respondantes seraient  5°*  026  et  5°"  76  ;  et  les  volumes  écoulés  seraient 
1"*  25  et  0"*  95.  On  voit,  d'après  cela,  qu'il  y  a  de  l'avantage  à  augmen* 
ter  la  section  de  la  cheminée  ;  mais  il  faut  toujours  que  cette  section 
soit  très-petite  relativement  à  la  hauteur,  afin  que  la  chaleur  produite 
se  répartisse  uniformément  ;  cependant,  dans  les  cas  dont  il  s'agit,  une 
grande  hauteur  est  moins  nécessaire  que  quand  l'appel  a  une  résis- 
tance considérable  à  vaincre,  parce  qu'on  n'a  pas  à  craindre  qu'il  se 
forme  dans  la  cheminée  un  courant  d'air  extérieur  en  sens  contraire 
du  courant  d'air  chaud.  11  ne  serait  pas  prudent  de  donner  au  courant 
une  vitesse  inférieure  à  2  mètres,  dans  la  crainte  que  l'appel  ne  fût 
trop  influencé  parles  vents.  11  est  toujours  utile*  de  garnir  le  sommet  de 
la  cheminée  de  l'un  des  appareils  décrits  (549  et  suiv.},  et  même  de 
préférer  ceux  qui  utilisent  le  vent  au  profit  du  tirage. 

On  peut  se  servir,  pour  alimenter  le  foyer,  de  toute  espèce  de  com- 
bustible ;  la  tourbe  et  les  mottes  de  tannée  seraient  très-avantageuses, 
parce  que  ces  combustibles  sont  à  bon  marché  et  qu'ils  brûlent  lente- 
ment. Dans  tous  les  cas,  le  foyer  doit  être  placé  dans  la  cheminée, 
ou  mieux  dans  un  renflement  communiquant  avec  elle,  et  le  cendrier 
doit  être  garni  d'un  tuyau  à  registre  qui  permette  de  régler  à  volonté 
la  combustion.  Un  poêle  à  alimentation  continue  serait  d'un  service 
très-commode. 

2044.  Il  semble  au  premier  abord  que,  pour  éviter  tout  dégagement 
de  l'air  des  fosses ,  il  sufQt  qu'un  courant  s'établisse  des  cuvettes  aux 
fosses ,  quelque  petit  qu'il  soit  ;  mais  il  n'en  est  pas  ainsi,  à  cause  des 
variations  de  la  pression  atmosphérique.  Si  la  pression  barométrique 
descendait  brusquement,  ou  dans  un  temps  assez  court ,  de  2  centi- 
mètres, variation  qui  se  manifeste  assez  fréquemment,  le  volume  d'air 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  -  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  45 

de  la  fosse  deviendrait  1,027  de  ce  qu'il  était;  et  si,  pendant  le  temps 
de  la  yariation,  la  cheminée  n'avait  pas  appelé  un  volume  d'air 
égal  aux  0,03  de  celui  de  la  fosse ,  il  est  évident  que  l'air  de  celle- 
ci  se  serait  dégagé  dans  les  cabinets.  Il  est  donc  important  que  la 
ventilation  dépasse  une  certaine  limite,  afin  de  diminuer  la  durée  du 
dégagement  de  l'air  des  fosses,  lorsque  le  baromètre  descend.  Si  Ton 
voulait  fixer  à  une  minute  la  durée  de  la  sortie  des  gaz  des  fosses  pen- 
dant les  plus  grandes  variations  brusques  du  baromètre,  qui  ne  dépas- 
sent jamais  3  centimètres,  il  faudrait  que  la  cheminée  appelât  par  mi- 
nute un  volume  d'.air  égal  aux  0,04  de  celui  de  la  fosse  ;  en  supposant 
que  la  capacité  de  cette  dernière  soit  de  50"%  75"%  100"%  les  0,04  de 
ces  valeurs  sont  de  2""",  5™*,  4"';  et  les  volumes  à  évacuer  par  seconde 
seraient  de  O"*'  033  ;  0"*  050;  0"'  066  ;  et  par  conséquent,  en  suppo- 
sant une  vitesse  seulement  de  1",  les  sections  des  cheminées  seraient 
de0-'033;0"'ï050;0»^066. 

2045.  On  trouve  dans  quelques  établissements  une  disposition  des 
tuyaux  de  communication  des  cuvettes  avec  les  fosses,  consistant  à  pro- 
longer les  tuyaux  au-dessous  de  la  voûte  de  la  fosse,  et  à  fixer  à  la 
partie  inférieure  une  cuvette  dont  les  bords  sont  plus  élevés  que  les 
extrémités  des  tuyaux.  Par  cette  disposition,  aussitôt  que  la  cuvette  est 
remplie,  toute  communication  des  cuvettes  et  des  fosses  est  intercep- 
tée par  un  joint  hydraulique,  et  par  conséquent  les  émanations  des 
fosses  ne  peuvent  pas  se  répandre  dans  les  cabinets,  si  les  fosses  com- 
muniquent avec  l'extérieur  au  moyen  d'une  cheminée,  et  dans  le  cas 
où  la  fosse  serait  exactement  fermée,  quand  la  diflerence  des  niveaux 
de  l'extrémité  du  tube  et  des  bords  de  la  cuvette  est  suffisante  pour 
qu'un  excès  de  pression  de  2  ou  S  centimètres  de  mercure  (variations 
de  pression  qui  se  manifestent  assez  fréquemment),  c'est-à-dire  de  27 
à  40  centimètres  d'eau,  ne  puisse  pas  faire  descendre  le  liquide  de  la 
cuvette  au-dessous  des  bords  du  tuyau.  On  évite  ainsi  le  dégagement 
de  l'air  des  fosses;  mais  les  cabinets  restent  infectés  par  les  matières 
récentes  qui  occupent  la  partie  inférieure  des  tuyaux,  et  il  faut^  par 
conséquent,  que  ces  cabinets  soient  fortement  ventilés  pour  faire  dis- 
paraître toute  odeur. 

2046.  Influence  des  dimensions  de  la  cheminée  d! appel.  —  Nous 
avons  vu  que  l'effet  des  cheminées  d'appel  augmentait  proportionnel- 
lement à  la  racine  carrée  de  sa  hauteut*  •  par  conséquent,  il  convient  de 
leur  donner  la  plus  grande  hauteur  pocVible?  pourvu  toutefois  que  les 
circonstances  locales  le  permettent  s^j.  \roV  g^^'^^^  dépense.  Les  che- 
minées d'appel  qui  partent  de  lasurf    "  du  sol  onV  rarement  plus  de 

Digitized  by  VjOOQIC 


46      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABTIÊS. 

30  mètres  de  hauteur  ;  mais  celles  qui  sont  employées  à  la  Tentilation 
des  mines  de  houille,  étant  formées,  en  grande  partie,  par  un  puits 
qui  descend  jusqu'à  la  profondeur  des  travaux,  atteignent  jusqu'à  200 
mètres  de  hauteur  ;  pour  ces  dernières,  un  prolongement  plus  ou  moins 
considérable  auTdessus  de  la  surface  du  sol  est  presque  sans  influence. 
11  est  encore  plus  important  de  donner  aux  cheminées  une  section 
convenable.  Considérons,  par  exemple,  un  canal  d'une  section  con- 
stante, aboutissant  à  une  cheminée  ayant  la  môme  section  ;  si  l'on  ren- 
dait la  section  de  la  cheminée  2  fois,  3. fois,  4  fois  plus  petite,  pour  que 
l'appel  restât  le  même,  la  vitesse  d'écoulement  par  la  cheminée  devrait 
croître  dans  le  même  rapport,  et,  par  suite,  les  excès  de  température 
de  l'air  dans  la  cheminée  devraient  augmenter  dans  un  plus  grand  rap- 
port que  les  carrés  de  ces  nombres,  comme  on  peut  le  voir  à  l'inspec- 
tion delà  formule  (2031).  Si,  au  contraire,  on  augmentait  la  section, 
il  y  aurait  seulement  un  accroissement  d'eflbt  résultant  de  la  détente  et 
de  la  diminution  des  frottements  dans  la  cheminée.  On  voit,  d'après 
cela,  que,  quelles  que  soient  la  forme  et  les  dimensions  du  canal  qui 
précède  la  cheminée,  il  y  a  toujours  avantage  à  donner  à  la  cheminée  la 
plus  grande  hauteur  et  la  plus  grande  section  ;  mais,  dans  chaque  cas 
particulier,  la  hauteur  est  limitée  par  les  dépenses  de  construction,  et 
la  section  par  la  nécessité  de  donner  à  l'air  qui  s'écoule  une  vitesse  suffi* 
santé  pour  éviter  l'influence  des  vents,  et  pour  que  l'écoulement  se 
fasse  à  plein  orifice,  ce  qui  n'aurait  pas  lieu  avec  une  section  trop 
considérable  relativement  à  la  hauteur. 

2047.  Influence  de  la  résistance  du  canal  et  manière  de  la  détermi- 
ner. —  On  voit  facilement,  à  l'inspectiqpi  de  la  formule  (2031),  com- 
bien il  est  important  que  la  valeur  de'R  soit  le  plus  petite  possible.  Par 
exemple,  si  Ton  avait  R  —  9,  /  -=  35,  ô  =«  15,  pour  obtenir  la  même 
ventilation  avec  une  résistance  double,  on  devrait  avoir  à  peu  près 
20.19—  (/'  — 15)10;  d'où  ^'  =  53»;  si  la  valeur  de  R  devenait  2 
fois  plus  petite,  on  aurait  20.  5,5  — (/'  — 15)  10,  d'où ^'  —  26^;  le 
calcul  exact  donne  pour  ces  deux  cas  55"  5  et  25*  6. 

2048.  La  valeur  de  R  représente,  comme  nous  l'avons  vu,  la  somme 
totale  des  pertes  de  charge  dans  tout  le  circuit,  rapportée  à  la  charge 
d'écoulement  réel  ;  sa  valeur  est  facile  à  calculer.  Le  circuit  se  compose 
toujours  de  la  cheminée ,  d'un  ou  de  plusieurs  espaces,  dont  la  section 
est  très-grande  relativement  à  la  section  de  la  cheminée»  et  où  la  vitesse 
de  l'air  est  très-petite  ;  d'un  certain  nombre  de  petits  tuyaux  égaux, 
disposés  de  manière  à  régulariser  la  ventilation  ;  et  enfin  d'un  canal 
plus  ou  moins  long  qui  conduit  l'air  à  la  cheminée. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  ^  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  47 

2049.  Pour  mieux  faire  comprendre  le  mode  de  calcul,  prenons  un 
exemple  particulier,  le  plus  compliqué  qui  puisse  se  présenter  :  une  . 
prison  cellulaire.  Nous  la  supposons  de  200  cellules,  réparties  dans  deux 
corps  de  bâtiment  parallèles ,  à  trois  étages ,  y  compris  le  rez  *  de- 
chaussée,  formant  les  faces  d'une  grande  galerie  fermée  en  dessus  ;  les 
cellules  de  chaque  étage  s'ouvrent  sur  un  balcon  qui  règne  sur  toute 
la  longueur  de  la  galerie  ;  nous  supposerons  qu'au-dessous  des  balcons 
se  trouve  un  canal  renfermant  des  tuyaux  de  chauffage;  que  l'air  exté- 
rieur entre  dans  la  galerie  par  un  ou  plusieurs  orifices,  après  avoir 
reçu  une  température  voisine  de  IS"";  qu'il  pénètre  danâ  les  canaux  de 
chauffage  pour  y  prendre  un  accroissement  de  température  représen- 
tant la  chaleur  perdue  par  les  vitres  et  les  murailles  de  la  cellule  ;  que 
de  chaque  cellule  il  descend,  par  un  tuyau  vertical,  dans  un  canal  à 
très-grande  section  qui  règne  dans  toute  la  longueur  des  bâtknenls, 
et  qu'au  delà  il  est  conduit  par  un  autre  canal  dans  la  cheminée. 
Supposons  que  la  vitesse  du  courant  soit  la  même  dans  tous  les  tuyaux, 
excepté,  bien  entendu,  dans  les  rélargissements  inévitables,  et  dési- 
gnons par  H  et  D  la  hauteur  et  le  diamètre  de  la  cheminée,  par  l  etdla, 
longueur  et  le  diamètre  ou  le  côté  du  conduit  qui  amène  l'air  du  canal 
de  chauffage  à  l'orifice  de  sortie,  orifice  qui  est  le  même  pour  toutes  les 
cellules  ;  par  /'  et  (t  la  longueur  et  le  diamètre  du  plus  grand  tuyau  de 
descente;  enfin,  par  L  et  D' la  longueur  et  le  diamètre  de  chacun  des 
tuyaux  qui  amènent  l'air  à  la  cheminée.  Négligeons  le  frottement  dans 
les  parties  rélargies  du  circuit,  les  contractions  et  les  détentes  à  l'entrée 
et  à  la  sortie  des  tuyaux;  remarquons  qu'il  y  a  quatre  accroissements 
brusques  de  section  à  l'entrée  de  l'air  dans  la  galerie,  un  à  l'entrée  dans 
le  canal  de  chauffage  sous  les  balcons,  dans  la  cellule,  un  dans  le  canal 
au-dessous  du  sol»  qu'il  y  a  quatre  changements  de  direction  à  angle 
droit  dans  chaque  canal  d'air  chaud  au-dessous  du  plancher  et  le  long 
des  murs  de  chaque  cellule,  et  l'équivalent  à  peu  près  de  deux  chan- 
gements de  direction  à  angle  droit  dans  le  canal  dont  nous  avons  dési- 
gné la  longueur  par  L,  nous  auix)ns  d'après  les  formules  du  livre  11  : 

.   .  .   HK   ,    /K       i'K    ,    LK 

Supposons  que  la  hauteur  de  la  cheminée  d'appel  soit  de  30  mètres  ;  que 
chaque  détenu  doive  recevoir  20  mètres  cubes  d*air  par  heure,  et  que 
la  vitesse  d'accès  de  l'air  dans  la  cheminée  soit  limitée  à  2",  afin  de 
rendre  moins  sensible  l'action  des  vents.  Le  volume  d'air  appelé  par 
seconde  sera  égala  200 .  20  :  3600—  l»MiH,  et  le  diamètre  D  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


48      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LJEl/A  HABITÉS. 

la  cheminée  sera  à  peu  près  0""  84  ;  chacun  des  conduits  des  cellules 
aura  pour  section  1,1111:  400  =  0"  00275;  et,  en  les  supposant  car- 
rés^ leur  côté  sera  de  0"  052  ;  d'après  les  dimensions  ordinaires  des  cel- 
lules, on  aura  /  —  5",  et  /'  —  7";  la  valeur  de  D' sera  égale  à  0"  595, 
et  on  peut  prendre  5"°  pour  la  longueur  du  canal  ;  alors  la  valeur  de 
R  devient 

R  «  4  +  4  -f  2  4-  0,86  +  2,31  +  3,23  -f  0,20  =  16,60. 

Ainsi  la  valeur  de  R  -|-  1  différerait  peu  de  18,  et  le  facteur  y    — — 

serait  à  peu  près  égal  à  0, 23  ;  ainsi  la  vitesse  d'accès  de  Tair  dans  la 
cheminée  serait  inférieure  au  quart  de  la  vitesse  théorique. 

2050.  Remarquons  maintenant  que,  si  Ton  augmentait  la  sectioù  de 
la  cheminée  et  de  tous  les  carnaux,  mais  de  manière  que  la  vitesse  fût 
toujours  la  même  dans  tous,  les  trois  premiers  termes  de  la  valeur  de  R 
ne  changeraient  pas,  les  quatre  derniers  seuls  diminueraient  ;  si,  par 
exemple,  toutes  les  sections  étaient  rendues  4  fois  plus  grandes, 
chacun  de  ces  termes  deviendrait  seulement  2  fois  plus  petit,  et  la 
limite  inférieure  de  la  valeur  de  R  serait  égale  à  10  ;  ainsi,  quelque  soit 
Taccroissement  de  toutes  les  sections,  la  vitesse  d'écoulement  restera 
toujours  inférieure  à  un  tiers  de  la  vitesse  théorique. 

2051.  Mais  si,  sans  changer  la  section  de  la  cheminée,  on  augmente 
les  sections  de  tous  les  autres  carnaux,  le  quatrième  terme  0,86,  qui 
représente  le  frottement  dans  la  cheminée,  restera  seul  constant,  et  les 
autres  termes  diminueront  rapidement.  Supposons,  par  exemple,  que 
toutes  les  sections  des  carnaux  deviennent  4  fois  plus  grandes,  les  vitesses 
de  Tair  y  seront  4  fois  plus  petites  ;  et,  comme  les  pertes  de  charges  sont 
proportionnelles  aux  carrés  des  vitesses  rapportées  à  celles  de  Fécoule- 
ment,  les  trois  premiers  termes  deviendront  16  fois  plus  petits,  et  les 
trois  derniers  32  fois  plus  petits.  Ainsi ,  la  valeur  de  R  deviendrait 
0,62  +  0,86  +  0,18  =  1,66  ;  et  la  vitesse  réelle  d'accès  dans  la  che- 
minée serait  égale  à  0,61  de  la  vitesse  théorique.  La  limite  extrême 
aurait  lieu  quand  les  sections  seraient  assez  grandes  pour  que  tous  les 
termes,  excepté  celui  qui  représente  le  frottement  de  l'air  dans  la  che- 
minée, pussent  être  négligés;  alors  la  vitesse  serait  égale  à  0,78  de  la 
vitesse  théorique. 

2052.  11  est  important  de  remarquer  que  si,  dans  l'expression  géné- 
rale de  la  vitesse  d'accès  théorique,  on  prend  pour  6  la  valeur  moyenne 
des  mois  de  chauffage,  et  si  l'on  suppose  que  l'air  arrive  dans  la  chemi- 
née à  15%  sans  que,  dans  le  trajet,  il  y  ait  accroissement  ou  perte  de 
charge,  ce  qui  arriverait  si  les  orifices  d'appel  étaient  à  la  hauteur  du 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  49 

foyer  d'appel,  et  que  Tair  ne  fût  pas  suréchauffé  dans  la  cheminée^  la 
Titesse  théorique  serait  égale  à  4"  27  ;  ainsi,  pour  obtenir  une  vitesse 
d'écoulement  réelle  égale  à  S"",  il  suffirait  que  le  facteur  provenant  des 
résistances  fût  égale  à  2 : 4,27  »-  0,468,  ce  qui  correspond  à  R— 3,54. 
Mais  alors,  pour  des  valeurs  de  e  plus  petites,  il  y  aurait  accroissement 
de  vitesse,  qu'il  faudrait  modérer  par  un  registre,  si  Ton  voulait  conser- 
ver la  vitesse  de  2°",  et  il  ne  faudrait  allumer  le  foyer  d'appel  que  pour 
des  températures  supérieures. 

2053.  Dans  tout  ce  que  je  viens  de  dire,  j'ai  supposé  que  l'air  ne  se 
refroidissait  pas  dans  la  cheminée;  c'est  une  supposition  qu'on  peut  ad- 
mettre sans  crainte  de  s'éloigner  sensiblement  de  la  vérité,  pourvu 
qu'elle  soit  en  briques  et  d'une  épaisseur  convenable,  car  nous  avons 
vu  (489),  combien  la  perte  de  chaleur,  dans  les  cheminées  en  briques 
parcourues  par  de  l'air  à  300^,  était  faible  et  avait  peu  d'influence  sur 
le  tirage.  Nous  avons  de  même  admis  que  l'air  des  cellules  ne  se  re- 
froidissait pas  dans  son  trajet  jusqu'à  la  cheminée,  cette  hypothèse 
n'est  jamais  rigoureusement  exacte  ;  il  y  a  une  perte  de  chaleur  diffi- 
cile à  évaluer,  car  elle  dépend  de  circonstances  trop  compliquées  ;  ce- 
pendant quand  il  n'y  a  pas  de  conduites  placées  dans  les  combles,  ce 
refroidissement  doit  être  -assez  faible  ;  enfin  on  ne  peut  pas  avoir  égard 
dans  les  calculs  à  l'appel  d'air  extérieur  par  les  fissures  des  surfaces  de 
circuit.  On  ne  doit  donc  considérer  les  résultats  du  calcul  que  comme 
une  approximation  suffisante  pour  diriger  les  ingénieurs,  et  il  sera 
toujours  nécessaire  de  déterminer  par  des  expériences,  après  la  con- 
struction des  appareils,  à  quelle  température  l'air  doit  être  surchaufiTé 
à  son  entrée  dans  la  cheminée,  pour  obtenir  la  ventilation  demandée. 
Ces  expériences  se  font  facilement  au  moyen  de  l'anémomètre,  et  per- 
mettent de  déterminer,  pour  une  certaine  valeur  de  la  température 
extérieure,  la  consommation  de  combustible  correspondante  à  cette 
ventilation  ;  nous  allons  examiner  les  moyens  de  rendre  la  ventilation 
constante,  quelle  que  soit  la  température  extérieure. 

2054.  Conduite  du  foyer  pour  obtenir  une  ventilation  constante. — 
Le  cas  que  nous  considérons,  je  le  répète,  est  celui  où  l'air  appelé  est  à 
la  température  extérieure ,  ou  à  une  température  constante,  mais  où  , 
dans  tout  le  circuit  qui  précède  la  chemiiiée,  il  n'y  a  ni  perte  ni  accrois- 
sement de  charge  produisant  des  variations  d'appel;  dans  ce  cas,  la  mé-- 
thode  la  plus  simple  et  la  plus  exacte  pour  diriger  le  foyer,  consisterait 
à  placer  à  côté  du  chaufieur  un  manomètre  à  eau,  disposé  comme  je  Vai 
iruliqué  (563),  et  qui  donnerait  avec  une  très-grande  précision  la  valeur 
de  t — 6,  ou  de  l'excès  de  la  température  de  l'air  dans  la  cheminée  sur  la 

ni.  * 

Digitized  by  VjOOQIC 


50      LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  UES  LIEUX  HABITES. 

température  extérieure  ;  le  foyer  étant  dirigé  de  manière  que  cet  excès 
reste  le  même,  la  \entilation  sera  également  constante;  du  moins  elle 
ne  variera  que  dans  des  limites  très-rapprocbées.  En  prenant  15*"  pour 
la  température  moyenne  des  six  mois  d'été,  — 3*  et  -|-  32"  pour  les 
températures  extrêmes^  les  ventilations  varieraient  dans  le  rapport  des 
nombres  1,033  ;  1»  et  0,977  ;  la  combustion  serait  réglée  par  un  re- 
gistre placé  dans  le  cendrier.  On  pourrait  aussi  mettre  à  côté  du  cbauf- 
feur  un  des  manomètres  que  nous  avons  décrits  (426  et  suiv.),  et  dont  le 
réservoir  communiquerait  avec  un  petit  tube  qui  viendrait  s'ouvrir  au 
bas  de  la  cheminée  ;  les  dépressions  indiqueraient  les  charges  corres- 
pondantes à  l'écoulement.  Le  manomètre  incliné*  qui  est  le  plus 
simple,  serait  sufâsant,  car  les  vitesses  d'écoulement  sont  rarement  infé- 
rieures à  2  mètres,  ce  qui  correspond  à  une  charge  en  eau  de  0""  265, 
et  comme  les  vitesses  sont  presque  toujours  réduites  à  un  tiers  ou  à  un 
quart  de  la  vitesse  théorique,  la  dépression  du  manomètre  serait  de 
9  .  0"»  265  =  2-»  385,  ou  de  16  .  0,265=»4»»  24,  dépressions  qui, 
avec  une  inclinaison  du  tube  égale  à  1:10,  correspondraient  à  des  lon- 
gueurs de  colonnes  inclinées  de  2*"  28  et  de  4*"  24.  Il  ne  serait  pas 
impossible  de  placer  un  de  ces  appareils  dans  le  cabinet  du  directeur 
de  rétablissement  pour  servir  de  contrôle  permanent  de  la  ventilation 
et  du  service  du  chauffeur. 

2055.  On  parvient  encore  à  obtenir  une  ventilation  sensiblement 
constante,  en  brûlant  dans  le  foyer  constamment  la  même  quantité  du 
même  combustible^  car  dans  ces  conditions  la  valeur  de  /  —  6  reste 
constante.  Les  variations  d'intensité  du  foyer  entre  deux  chargements 
consécutifs  seraient  sans  influence,  à  cause  de  la  grande  quantité  de 
chaleur  renfermée  dans  la  maçonnerie  qui  environne  le  foyer,  comme 
le  démontrent  les  expériences  faites  à  la  prison  Mazas,  et  que  nous 
rapporterons  plus  loin ,  mais  on  aurait  lieu  de  craindre  une  certaine 
inégalité  de  ventilation  résultant  des  variations  dans  la  qualité  du 
combustible  et  surtout  dans  les  circonstances  atmosphériqujes. 

Cheminées  d'appel  »  appelant  de  Pair  à  une  température  constante  » 
différente  de  la  tempérât vre  extérieure. 

2056.  Le  cas  que  nous  considérons  maintenant  est  celui  de  toutes  les 
cheminées  d'appel  des  lieux  habités  pendant  la  saison  du  chauffage; 
les  phénomènes  sont  bien  plus  compliqués  que  ceux  que  nous  ve- 
nons d'examiner,  parce  que,  suivant  le  mode  de  chauffage,  les  positions 
des  orifices  d'accès  de  l'air  extérieur,  de  l'air  échauffé  dans  la  cheminé^ 


Digitized  by  VjOOQIC 


i 


CHAP.  I.  -  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  51 

d*appel,  il  y  a  des  colonnes  d'air  chaud  dont  la  charge  agit  tantôt  dans 

le  même  sens  que  celle  de  la  cheminée  d'appel  ^  tantôt  dans  un  sens 

contraire.  Nous  examinerons  successivement  les  différents  cas  qui  | 

peuvent  se  présenter.  : 

2057.  1®  Vair  extérieur  entrant  échauffé  au  niveau  du  sol,  iéle^ 
vœit  et  descendant  ensuite  pour  s* écouler  également  au  niveau  du  sol  \ 

dans  la  cheminée  Rappel.  —  C'est  un  mode  de  chauffage  et  de  ventila-  *\ 

tion  très-fréquemment  employé  ;  l'air  chaud  s'élève  verticalement  en  se  '; 

refroidissant ,  s'étale  au-dessous  du  plafond  et  descend  principalement  \ 

contre  les  surfaces  intérieures  des  vitres  et  des  murailles  auxquelles  il 
transmet  une  partie  de  la  chaleur  nécessaire  au  maintien  de  la  tem- 
pérature, et  s'écoule  ensuite  par  la  cheminée,  après  avoir  reçu  un  cer- 
tain accroissement  de  température.  Dans  le  cas  dont  il  s'agit,  il  y  a 
trois  colonnes  d'air  chaud  qui  produisent  le  mouvement  :  celle  d'arri- 
vée de  l'air  chaud  ;  celle  de  descente  qui  agit  en  sens  contraire,  et  celle 
de  la  cheminée,  dont  l'effet  s'ajoute  à  celui  de  la  première  ;  la  diffé- 
rence des  charges  correspondantes  à  la  première  et  à  la  seconde  peut 
être  très-grande  quand  la  quantité  de  chaleur  absorbée  par  les  mu- 
railles ,  ou  transmise  régulièrement  par  les  vitres  et  les  murailles  est 
considérable,  que  le  chauffage  n'a  lieu  que  par  l'air  de  ventilation  et 
que  la  ventilation  est  faible  ;  elle  est,  au  contraire,  assez  petite  quand 
le  chauffage  a  lieu  en  grande  partie  par  rayonnement,  et  que  la  ven- 
tilation est  très-considérable.  Dans  ce  dernier  cas,  qui  se  rencontre 
assez  fréquemment,  on  peut  négliger  la  différence  des  effets  des  deux 
premières  colonnes  et  la  vitesse  d'écoulement  est  donnée  par  la  formule       » 

,        ^ga       H(1o4-a;— 6) 
*"  ""i+R  '  1-f  a(15-faî)' 

en  supposant  que  la  température  intérieure  est  égale  à  15'',  ce  qui  a 
lieu  ordinairement,  et  en  désignant  par  x  l'accroissement  de  tempéra- 
ture que  reçoit  Tair  en  pénétrant  dans  la  cheminée  ;  les  autres  lettres 
représentent  les  mêmes  quantités  qu'au  n""  2031.  11  résulte  de  cette 
formule  que  pour  la  même  consommation  de  combustible  employée  au 
chauffage  du  même  volume  d'air ,  la  vitesse  d'écoulement  est  plus 
grande  que  quand  l'air  pénètre  dans  la  cheminée  à  la  température 
extérieure ,  parce  que  l'air  est  déjà  échauffé  à  \  S"". 

2058.  Dans  le  cas  dont  il  s'agit,  la  régularité  de  la  ventilation  s'ob- 
tiendrait en  rendant  x  —  6  constant,  ce  qu'on  pourrait  constater,  comme 
dans  le  cas  précédent^  par  une  mesure  directe  de  cette  différence  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


52     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

température,  ou  par  un  manomètre  qui  indiquerait  Pappel  au  bas  de 
la  cheminée.  Mais,  dans  ce  cas  ,  la  vitesse  ne  serait  proportionnelle  à 
la  racine  carrée  de  x  que  pendant  l'absence  de  chauffage ,  quand  on 
supposerait  que  0— 15*. 

2059.  On  pourrait  aussi  brûler  constamment  en  hiver  la  même 
quantité  de  combustible,  et  de  même  en  été,  mais  dans  chaque  saison 
des  quantités  de  combustible  différentes.  En  supposant  que  la  tempé- 
rature de  l'air  appelé  soit  de  15**,  et  en  prenante**  pour  la  température 
moyenne  de  l'hiver,  16**  pour  la  température  moyenne  de  Tannée,  et  en 
désignant  par  xçXx'  les  accroissements  de  température  que  Tair  de- 
vrait éprouver  dans  la  cheminée  pour  produire  le  même  appel,  on  aura 
évidemment 

i5  4-û5—6  15  +  x'— 16  ^,  ,        ,        10,34 +  4,057(r 

;  d  ou    îT  = 


14-0(154-0:)       l4-a(15  4-œ'j    '  1,0219 

En  supposant  a:— 20°,  on  trouverait  a?'  =-  31'',00  et  les  consomma- 
tions de  combustible  devraient  être  dans  le  rapport  de  ces  nombres 
pendant  le  chauffage  et  dans  le  reste  de  l'année  :  il  est  important  de  re- 
marquer qu'en  supposant  que  les  températures  de  l'hiver  s'écartent 
de  6"*,  en  plus  ou  en  moins,  de  la  température  moyenne,  c'est-à-dire  que 
les  valeurs  de  6  soient  de  12;  6,et  0,  les  vitesses  d'écoulement  sont 
proportionnelles  aux  nombres  4,51  ;  5,07;  5,56;  ou  aux  nombres 
0,89  ;  1  ;  1 ,096  ;  et  par  conséquent  en  consommant  une  quantité  con- 
stante de  combustible,  les  plus  grandes  variations  de  vitesse  seraient 
à  peu  près  d'un  dixième  de  celle  correspondante  à  la  température 
moyenne. 

2060.  2**  Vair  extérieur  étant  introduit  et  chauffé  à  chaque  étage 
et  descendant  au  niveau  du  sol  pour  pénétrer  dans  la  cheminée 
d! appel.  —  Ce  cas  se  rencontre  dans  les  prisons  cellulaires  et  dans  les 
hôpitaux.  D'après  ce  que  nous  avons  dit  ci-dessus  et  au  n""  448,  en 
.supposant  la  température  intérieure  constante,  et  en  négligeant  l'effet 
résultant  des  mouvements  de  l'air  chaud  en  sens  contraire  à  chaque 
,  (étpge,  on  aura 

"1  ^  _    ^a     |H(x4-15  — 6)_H^(lo  — 6)) 

■       '  *^  "~  14-R  il4-a(154-a?)         14-15aj 

H  éiknt  la  hauteur  de  la  cheminée  d'appel,  et  H'  celle  du  canal  de  des- 

;  bente.  On  voit,  d'après  cette  formule,  que  quand  la  valeur  de  0  change, 

ièâ  deux  termes  du  second  facteur  varient  dans  le  même  sens,  et  par 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  COiNSIDÉRATIONS  GÉiNÉRALES.  53 

conséquent,  que  si  Ton  brûlait  une  quantité  constante  de  combustible 
dans  le  foyer,  les  variations  de  vitesses  seraient  plus  petites  que  celles  du 
premier  terme  seul,  qui  sont  à  peu  près*  d'un  dixième,  comme  nous 
Tenons  de  le  voir.  En  prenant  H  =  30*°  ;  H'  =  8",  pour  des  tempéra- 
tures extérieures  égales  à  O"",  G"",  12''^  les  vitesses  sont  proportionnelles 
aux  nombres  1 ,07;  1  ;  0,92  ;  ainsi^  en  brûlant  une  quantité  de  combus- 
tible constante  dans  le  foyer,  la  ventilation  ne  varierait  que  de  7  à  8  cen- 
tièmes en  plus  ou  en  moins  de  celle  qui  correspond  à  la  température 
moyenne  extérieure.  L'uniformité  de  l'excès  de  température  de  l'air  dans 
la  cheminée  sur  l'air  extérieur  pourrait  être  constatée  par  un  thermo- 
mètre différentiel  (563),  ou  par  un  manomètre  multiplicateur  qui 
indiquerait  la  dépression  au  bas  de  la  cheminée. 

Pendant  les  mois  de  l'année  où  le  chauffage  est  suspendu ,  le  second 
terme  de  la  formule  dispiu^aît ,  et  on  retombe  dans  le  cas  que  nous 
examiné  d'abord  (2057). 

2061 .  Quant  du  rapport  de  la  valeur  moyenne  de  x  dans  les  deux 
parties  de  l'année,  elle  s'obtiendra  par  l'équation 

H(a:  +  i5--6)       H^(15  — 6)       H(x^  +  i5— 16) 
i+a(15  +  6)^    i  +  lSa   ■""   i+a(15  +  a;') 

En  prenanta:  — 20,H=-30,H'  =  8, on  aa?'  =  28*»  13.  A  la  prison 
Mazas,  qui  se  trouve  dans  les  conditions  que  nous  avons  supposées 
il  résulte  des  expériences  de  plusieurs  années  que,  pour  obtenir  la  même 
ventilation  pendant  les  mois  de  chauffage  et  dans  le  reste  de  l'année,  les 
consommations  moyennes  des  combustibles  sont  20  et  25^  ;  et,  comme 
Taccroissement  de  température  en  hiver  est  à  peu  près  de  20',  on  a 
X  >»  25*";  le  calcul  donne  28''  13,  mais  la  différence  des  tirages  pour 
ces  deux  excès  de  température  est  trè%-petite,  car  ces  vitesses  sont  pro- 
portionnelles aux  nombres  24  et  25.  Il  est  important  de  remarquer  que 
la  valeur  de  H'  est  nulle  pour  le  rez-de-chaussée  ;  qu'elle  est  égale  à  la 
hauteur  d'un  étage  pour  le  premier  et  de  deux  étages  pour  le  second  ; 
mais  il  faut  prendre  la  plus  grande  valeur  de  H',  attendu  que  l'unifor- 
mité de  la  ventilation  ne  peut  s'effectuer  qu'en  restreignant  par  des 
r^istres  la  ventilation  des  étages  qui  offrent  le  moins  de  résistance. 

2062.  3®  L'air  extérieur  étant  introduit  et  échauffé  à  chaque  étagsy 
et  s" échappant  par  une  cheminée  placée  daîis  les  combles. —  C'est  une 
disposition  appliquée  par  M.  Duvoir -Leblanc  dans  plusieurs  hôpitaux. 
L'air  froid  arrivant  de  l'extérieur  s'échauffe  en  passant  dans  des  poêles 
à  eau  chaude,  gagne  la  partie  supérieure  de  la  salle  et  redescend,  au 


Digitized  by  VjOOQIC 


54     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

niveau  du  plancher,  pour  s'écouler  par  les  orifices  inférieurs  des  che- 
minées partielles,  qui  le  conduisent  à  la  cheminée  des  combles.  Dans 
ce  cas,  comme  dans  le  précédent,  on  peut  négliger  les  charges  qui 
correspondent  aux  deux  premiers  mouvements  de  Tair,  et  alors  la 
vitesse  d'écoulement  résulte  des  effets  produits  dans  les  cheminées 
partielles  des  salles  et  dans  la  cheminée  des  combles  ;  elle  est  alors 
représentée  par  la  formule 

^,_    2fffl   |H(a;+i5-fl)       H'(15-e)i 
i-l-Rt  <+a(15  +  a;)'^    1  +  loa) 

H  étant  la  hauteur  de  la  cheminée  et  H'  celle  de  l'étage  supérieur, 
car,  ici  comme  dans  le  cas  précédent,  l'uniformité  de  ventilation  exige 
que  l'on  règle  avec  des  registres  la  ventilation  sur  celle  de  l'étage  pour 
lequel  la  puissance  de  la  cheminée  est  le  plus  faible.  On  voit,  à  l'in- 
spection de  la  formule,  que,  quand  6  varie,  les  deux  termes  de  la  va- 
leur de  V  diminuent  tous  les  deux,  et,  comme  ils  s'ajoutent,  la  va- 
riation est  plus  grande  que  celle  du  premier  terme  seul.  En  supposant 
H=  8,  H'  =  3,  a:  «=  20,  pour  des  valeurs  de  0  égales  à  0%6%12%  les 
valeurs  de  v  sont  proportionnelles  aux  nombres  1,11  ;  1,  et  0,86  ;  elles 
sont,  par  conséquent,  comprises  entre  0,11  et  0,14  de  la  valeur 
moyenne.  Si  ces  variations  pouvaient  être  admises ,  la  régularité  de 
la  ventilation  s'obtiendrait  comme  dans  le  cas  précédent. 

Alors,  pour  produire  le  même  effets  en  hiver  et  en  été,  avec  le  même 
appareil,  on  devrait  évidemment  avoir 

H(a;+i5  — 0)    ,    H'(i5  — 6)  _  h(x'  -f-  i5  -  6)  ^ 

En  supposant  H  —  8"  ;  H'  =  3"  ;  a:  =  20  et  0  —  6 ,  on  trouve 
x  «=  35^  16.  Ainsi,  en  été,  la  dépense  moyenne  de  combustible  serait 
égale  à  35, 16  :  20  —  1 ,75  de  celle  d'hiver. 

2063.  Dans  cette  disposition  comme  dans  la  précédente,  on  pour- 
rait régler  exactement  la  ventilation,  par  une  consommation  uniforme 
de  combustible;  il  n'y  aurait  d'incertitude  que  celle  résultant  de  la 
qualité  du  combustible  et  de  la  combustion  plus  ou  moins  complète  ; 
pour  régler  la  ventilation  d'une  manière  plus  exacte  encore,  on  pla- 
cerait à  côté  du  chauffeur  un  thermomètre  différentiel  (563),  qui  don- 
nerait à  chaque  instant  l'excès  t  —  6  de  la  température  intérieure  sur 
celle  de  l'air,  ou  bien  un  manomètre  à  tube  de  verre  incliné  ou  à 
flotteur. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  55 

2064.  Comparaison  des  deux  derniers  systèmes  de  ventilation  sous 
le  rapport  de  l'économie  du  combustible.  —  En  conservant  pour  H  et 
H'  les  valeurs  que  nous  avons  indiquées  précédemment,  en  désignant 
par  X  et  x  les  accroissements  de  température  dans  les  cheminées  qui 
produiraient  les  mêmes  effets,  et  en  admettant  que  les  résistances  sont 
sensiblement  les  mêmes,  on  aura  pour  la  ventilation  moyenne  de  Tété, 
en  prenant  6-»  16, 

30"(a:4-i5  — 16)       8(x'  +  15--46)         ^,  ,        ,       31,62. ce— 40,05 

==         ■  ;  d  où     X  s=» . 

l  +  a{l5  +  a?)  1+0(15  + a?')       '  8,539  — 0,08,  J 

En  supposant  x  =  20,  on  trouve  x'  «=  72,54  ;  en  n'ayant  pas  égard 
aux  dénominateurs,  on  obtient  a:'— 72,25:  ainsi  les  dénominateurs 
ont  peu  d'influence.  Il  résulte  de  là  que  les  dépenses  de  combustible, 
nécessaires  pour  obtenir  la  même  ventilation  en  été  par  deux  chemi- 
nées, Tune  de  30"  partant  du  sol,  et  l'autre  de  8"  partant  des  combles, 
sont  dans  le  rapport  des  nombres  1  et  3,62. 

2065.  Pendant  la  saison  du  chauffage,  pour  obtenir  la  même  venti- 
lation au  moyen  des  deux  appareils,  pour  la  température  moyenne  6*", 
on  aurait,  en  négligeant  les  dénominateurs  qui  ont  réellement  peu  d'in- 
fluence, comme  nous  venons  de  le  voir, 

30x  — 213 

30(x+l5  — 6)  — 8(15  — 6)=8(aj'+lo  — 6)  +  3(15— 6);doùa?'  = 

8 

En  supposant  a:  —  20*,  on  trouve  x'  «=  48;  ainsi,  dans  la  saison  du 
chauffage,  la  cheminée  dans  les  combles  consommerait  à  peu  près  deux 
fois  et  demie  la  quantité  de  chaleur  qu'exigerait  la  cheminée  partant 
du  sol  pour  produire  le  même  effet.  EUe  absorberait  même  beaucoup 
plus  de  chaleur,  parce  que  l'air,  en  parcourant  les  canaux  placés 
dans  les  combles,  se  refroidirait  infailliblement ,  et  toute  la  perte  de 
chaleur  devrait  être  restituée  dans  la  cheminée  d'appel. 

2066.  Dans  tous  les  calculs  que  je  viens  de  faire,  j'ai  négligé  la  perte 
de  charge  dans  le  mouvement  d'ascension  et  de  descente  de  l'air  chaud 
dans  la  pièce  ;  mais,  comme  l'accroissement  de  ventilation  qui  en  ré- 
sulterait serait  le  même  dans  les  deux  systèmes,  cette  considération  ne 
pourrait  que  diminuer  l'avantage  calculé  de  la  ventilation  par  la  che- 
minée, partant  du  sol,  sans  le  détruire.  U  est  évident  que,  pour  la  ven- 
tilation d'été,  quand  on  peut  supposer  la  température  intérieure  égale 
à  la  température  extérieure,  les  dépenses  de  combustible,  pour  obte- 
nir la  même  ventilation,  seront  sensiblement  en  raison  inverse  des  hau- 


Digitized  by  VjOOQIC 


56     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

leur»;  ainsi,  pour  les  hauteurs  de  cheminée  que  nous  avons  admises, 
elle  serait  près  de  quatre  fois  plus  grande  pour  la  cheminée  des  combles 
que  pour  la  cheminée  s'ouvrant  à  la  surface  du  sol. 

2067.  J'ai  supposé  aussi  que  les  résistances  étaient  les  mêmes  dans 
les  deux  systèmes;  et  cependant,  dans  le  premier,  les  circuits  ont  une 
plus  grande  étendue  que  dans  le  second  ;  mais  cela  ne  modifie  pas 
sensiblement  les  résultats  obtenus. 

2068.  En  outre,  comme  la  cheminée  des  combles  ne  peut  pas  avoir 
un  foyer  latéral  pour  chauffer  Fair,  à  cause  des  inconvénients  et  des 
dangers  qu'il  présenterait,  et  de  la  nécessité  d'y  maintenir  un  chauffeur 
en  permanence,  le  chauffage  doit  toujours  avoir  lieu  par  des  poêles  à 
eau  chaude  ou  à  vapeur.  Mais  ce  mode  de  chauffage  exige  des  dépenses 
bien  plus  élevées  de  premier  établissement,  à  cause  de  la  grande  éten- 
due des  surfaces  de  chauffe  de  ces  appareils  réchauffeurs,  et  il  occa- 
sionne une  perte  considérable  de  chaleur  par  la  cheminée  du  foyer  de 
chauffage,  tandis  qu'avec  la  cheminée  partant  du  sol,  le  chauffage 
de  l'air  appelé  peut  avoir  lieu  directement  par  l'air  brûlé,  et  toute  la 
chaleur  du  foyer  est  utilisée. 

2069.  En  résumé,  il  y  a  toujours  une  économie  considérable  dans 
la  consommation  de  combustible  pour  la  ventilation  d'hiver,  et  surtout 
pour  la  ventilation  d'été,  et  en  même  temps  dans  les  frais  d'installation 
des  appareils ,  à  faire  descendre  au  niveau  du  sol  les  gaz  qui  ont  servi 
à  l'assainissement  et  à  les  faire  sortir  par  une  haute  cheminée  d'appel. 

2070.  On  a  proposé  plusieurs  fois  un  autre  mode  de  ventilation  qui, 
sous  le  rapport  de  la  salubrité,  présenterait  beaucoup  plus  d'avantages 
que  ceux  dont  nous  venons  de  parler  et  qui,  sous  le  rapport  de  la  con- 
sommation du  combustible^  rentrerait  à  peu  près  dans  le  premier  cas 
que  nous  avons  considéré.  Dans  ce  système,  l'air  extérieur,  préalable- 
ment échauffé,  entre  par  tous  les  points  du  sol,  sort  par  le  plafond, 
et  ensuite  descend  extérieurement  par  un  canal  communiquant  avec 
le  bas  de  la  cheminée  d'appel.  Par  cette  disposition,  chacun  ne  respi- 
rerait que  de  l'air  pur,  et  la  dépense  de  combustible  serait  à  peu  près  la 
même  que  dans  le  premier  cas.  Ce  mode  présente,  pour  les  orifices 
d'entrée  et  de  sortie  et  pour  l'égale  répartition  de  l'air^  des  difficultés 
d'installation  telles  qu'il  est  rarement  possible  de  l'employer. 

2071.  Dans  tous  ces  systèmes,  la  ventilation  d'été  peut  être  me- 
surée exactement  par  un  manomètre  communiquant  avec  un  tube 
placé  au  bas  de  la  cheminée  et  perpendiculairement  à  sa  surface  ;  quant 
à  la  ventilation  d'hiver,  ces  mêmes  appareils  ne  donnent  une  évalua- 
tion de  la  ventilation  qu'à  une  approximation  qui  dépend  des  disposi 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  57 

lions  du  circuit  parcouru  par  l'air  ;  quand  Tair  descend  pour  ga- 
gner une  haute  cheminée  d'appel,  les  yariations  sont  en  général  assez 
petites  pour  être  négligées,  et  Tuniformité  de  ventilation  peut  s'obtenir 
par  une  consommation  constante  de  combustible  ou  par  la  permanence 
dans  l'excès  de  la  température  de  l'air  sur  la  température  extérieure  ; 
il  n'en  est  point  ainsi  quand  la  cheminée  part  des  combles,  à  cause  de 
la  petite  hauteur  de  la  cheminée  ;  l'emploi  des  anémomètres  perma- 
nents devient  alors  indispensable. 

Remarque  stir  les  calculs  relatifs  aux  cheminées  (T appel.  —  Dans 
tous  les  calculs  qui  précèdent,  nous  avons  toujours  pris  les  tempéra- 
tures moyennes  de  Thiver  et  de  l'été,  mais  les  variations  considérables 
qui  se  produisent  dans  la  température,  non-seulement  d'une  saison  à 
l'autre^  mais  encore  dans  une  même  journée,  sans  rien  changer  aux 
résultats  comparatifs  que  nous  avons  obtenus,  pourront  modifier  nota- 
bleaient  les  résultats  obtenus. 

La  ventilation  par  les  cheminées  d'appel  fonctionne  d'une  manière  à 
peu  près  régulière  dans  les  grands  appareils  où  la  chaleur  renfermée 
dans  les  parois  de  la  cheminée  compense  les  variations  inévitables  dans 
le  chauflTage  ;  mais  dans  les  applications  restreintes,  le  tirage  des  chemi- 
nées est  influencé  par  les  rayons  solaires,  par  l'état  hygrométrique  de 
l'air  et  parles  vents  qui  agissent  à  la  fois  sur  les  orifices  d'entrée  et  de 
sortie.  Il  suffit  de  voir  ce  qui  se  passe  dans  les  cheminées  d'appartement, 
même  dans  celles  qui  ont  une  assez  grande  hauteur,  pour  comprendre 
combien  l'action  des  agents  extérieurs  peut  être  considérable. 

Différents  modes  de  ehaalTage  des  cheminées  d'appel. 

Indépendamment  du  chauffage  direct  de  l'air  appelé,  que  nous  avons 
indiqué,  il  en  est  plusieurs  autres  que  nous  devons  examiner. 

S072.  Appel  de  l'air  de  ventilation  par  les  cendriers  des  fourneaux 
de  chauffage.  —  Les  cheminées  des  appareils  de  chauffage  appellent 
ordinairement  de  9  à  1 8  mètres  cubes  d'air  par  kilogramme  de  houille 
brûlée  sur  la  grille  (207)  ;  cet  air  peut  être  pris  dans  les  lieux  qui  doi- 
vent être  ventilés,  et  par  conséquent  cet  appel  ne  coûte  absolument 
rien.  Si  l'on  couvrait  seulement  en  partie  la  grille  de  combustible,  on 
pourrait  appeler  dans  le  foyer  des  volumes  d'air  variables  dans  des  li- 
mites très-étendues  ;  mais  alors  la  ventilation  coûterait  beaucoup  plus 
qae  par  une  cheminée  spéciale.  En  effet,  supposons  qu'on  appelle  dans 
le  foyer  400  mètres  cubes  d'air  par  kilogramme  de  houille,  c'est  à  peu 
près  le  tiers  de  ce  qu'on  appelle  dans  les  cheminées  d'aérage  bien  dis- 


Digitized  by  VjOOQIC 


58     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

posées  ;  le  poids  de  cet  air  sera  de  400 . 1 ,3  =  520''  ;  une  petite  partie 
des  8000  unités  de  chaleur  produites  pan  la  combustion  pénétrera  par 
rayonnement  dans  les  surfaces  du  calorifère  qui  environnent  le  foyer, 
le  reste  se  distribuera  dans  les  520''  d'air  ;  si  Ton  négligeait  la  chaleur 
provenant  de  ce  rayonnement,  comme  il  faut  520 . 0,24  -=  124,8  ca- 
lories pour  échauffer  la  masse  d'air  de  1*",  elle  serait  portée  à  8000  :  124,8 
««64''  10;  tandis  que  si  la  cheminée  appelait  seulement  18  mètres 
cubes  d'air  par  kilogramme  de  houille,  l'air  brûlé  sortirait  du  foyer  à 
1200^  11  résulte  évidemment  de  là  que  le  calorifère,  qu'il  soit  à 
vapeur,  à  eau  chaude,  à  air  chaud,  produira  d'autant  moins  d'effet  que 
le  volume  d'air  appelé  sera  plus  considérable.  Il  est  évident  que,  si  le 
calorifère  était  à  air  chaud  ou  à  vapeur,  et  si ,  dans  une  première  pé- 
riode du  chauffage,  la  température  de  l'eau  avait  été  portée  au  delà  de 
100*,  l'air  d'appel  dans  une  seconde  période  en  abaisserait  la  tempé- 
rature ;  ainsi,  ce  mode  de  ventilation  a  pour  effet  de  diminuer  la  quan- 
tité de  chaleur  qui  passe  à  travers  le  calorifère,  dans  certaines  circon- 
stances de  la  supprimer  et  même  d'échauffer  l'air  aux  dépens  de  la 
chaleur  qui  aurait  été  accumulée,  et  en  outre  d'élever  inutilement  la 
température  de  l'àir  dans  la  cheminée  d'appel  au-dessus  de  la  limite 
nécessaire. 

2073.  Un  fait  constaté  dans  les  grands  appareils  de  ventilation,  c'est 
qu'il  suffit  de  donner  à  l'air  appelé  un  accroissement  de  température 
d'environ  20**.  Ce  serait  donc  cette  température  que  devraient  avoir 
les  surfaces  du  calorifère,  si  l'air  appelé  ne  devait  pas  absorber  plus  de 
chaleur  que  dans  une  cheminée  spéciale  ;  mais  alors  le  calorifère  ne 
produirait  évidemment  point  d'effet. 

2074.  En  outre,  par  ce  système  de  ventilation ,  le  chauffage  et  la 
ventilation  étant  produits  par  le  même  foyer,  on  ne  peut  régler  ni  l'un 
ni  l'autre,  parce  que  chacun  exige  des  quantités  de  chaleur  qui  va-« 
rient  suivant  des  lois  différentes.  En  un  mot,  avec  ce  mode  de  ven- 
tilation, on  ne  sait  jamais  ce  qu'on  fait,  ni  pour  le  chauffage  ni  pour  la 
ventilation. 

2075.  Au  reste,  il  y  a  un  principe  évident  par  lui-même  et  dont  il 
ne  faut  se  départir  que  quand  il  y  a  nécessité  absolue ,  c'est  de  ne 
Jamais  faire  dépendre  la  ventilation  du  chauffage,  parce  que  la  venti- 
lation doit  être  constante,  et  que  le  chauffage,  dépendant  de  la  tempé- 
rature extérieure,  doit  pouvoir  varier  dans  des  limites  très-étendues. 

2076.  L'appel  par  un  foyer  de  chauffage  ne  pourrait  être  avantageux 
qu'autant  qu'il  ne  dépasserait  pas  1 8  à  20  mètres  cubes  par  kilogramme 
de  houille;  mais  cette  ventilation  est,  en   général,  très-petite  re- 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  ï.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  59 

lativement  à  celle  qui  doit  être  produite  ^  et  il  n'en  résulte  qu'une  éco- 
nomie insignifiante ,  car,  dans  les  cheminées  spéciales,  rarement  Tair 
y  est  échauffé  de  plus  de  20**,  et  la  chaleur  employée  pour  échauffer 
20-  cubes  d'air  est  égale  à  1 ,3 .  20 .  20 . 0,24  =  124,8  unités  de  cha- 
leur, qui  sont  les  124,8 :  8000~  0,016  de  la  quantité  totale  de  chaleur 
produite  par  le  combustible  ;  une  pareille  économie  est  illusoire,  car 
les  effets  produits  par  le  même  poids  du  même  combustible,  brûlé  sur 
la  même  grille,  dans  les  mêmes  circonstances  apparentes,  yarient  dans 
des  limites  beaucoup  plus  étendues,  suivant  l'habileté  du  chauffeur. 
J'ajouterai  enfin  que  l'air  appelé  dans  le  foyer  du  calorifère  aurait  à 
vaincre  les  résistances  du  canal  de  circulation  et  de  l'appareil  de  chauf- 
fage, ce  qui  exigerait  un  accroissement  de  tirage  dans  la  cheminée. 

2077.  Cheminées  d'appel  dans  lesquelles  F  air  appelé  ne  doit  pas 
alimenter  la  combustion.  —  Ordinairement  il  n'y  a  pas  d'inconvénient 
à  mêler  l'air  b^lé  sortant  du  foyer  avec  l'air  appelé  ;  mais,  quand  ce 
dernier  renferme  des  mélanges  explosifs,  ou  quand  il  serait  dangereux 
que,  par  l'action  des  vents ,  de  l'air  chargé  de  fumée  rentrât  dans  les 
pièces  ventilées,  il  faut  chauffer  indirectement  l'air  d'appel. 

2078.  Une  disposition  consiste  à  employer  un  foyer  latéral,  et  à  faire 
écouler  l'air  brûlé  par  un  tuyau  placé  au  centre  de  la  cheminée  d'appel 
et  dépassant  le  sommet;  le  tuyau  et  la  cheminée  doivent  être  surmon- 
tés d'un  chapeau  disposé  pour  s'opposer  autant  que  possible  à  l'in- 
fluence des  vents  qui  tendent  à  faire  revenir  l'air  brûlé  dans  la  pièce. 
Il  est  plus  simple  et  presque  toujours  suffisant  d'élever  le  tuyau  à  fu- 
mée seulement  à  quelques  mètres  de  hauteur,  et  de  faire  déboucher 
l'air  brûlé  dans  la  cheminée  d'aérage.  La  partie  inférieure  du  tuyau  à 
fumée  peut  rougir  sans  inconvénient,  car  les  mélanges  explosifs  qui  se 
rencontrent  dans  les  gaz  qui  doivent  être  expulsés  ne  s'enflamment 
qu'au  rouge  blanc.  Pour  augmenter  la  surface  de  chauffe,  le  tuyau 
pourrait  s'élever  en  serpentant  dans  la  cheminée;  mais  dans  ce  cas  il 
ne  faudrait  pas  oublier  de  prendre  les  précautions  nécessaires  pour  le 
nettoyage  intérieur.  Une  autre  disposition  consiste  à  faire  passer  l'air 
appelé  dans  un  tuyau  métallique,  placé  dans  une  cheminée  en  briques, 
par  laquelle  s'écoule  l'air  brûlé  du  foyer. 

2079.  Les  dispositions  à  tuyau  intérieur  jusqu'au  sommet  de  la 
cheminée  sont  peu  avantageuses  sous  le  rapport  de  ^'économie  du  com- 
bustible, parce  que  l'air  appelé  ne  s'échauffe  que  progressivement,  et 
que  la  température  moyenne  de  Tç^jj.  j^ns  la  cheminée  doit  être , 
pour  produire  le  même  effet,  beaucoup  p^^*  ^^®^^®  ^^  ^^  ^^^^  ^^^* 
échauffé  à  son  entrée  ;  si  l'air  s'écViauffe  progressivement  de  r,  en 

Digitized  by  VjOOQ  iC 


60  LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS, 
s'élevant  jusqu'au  sommet,  la  température  moyenne  de  l'air,  celle  qui 
produit  l'appel,  est  égale  à  ^  :  2  ;  tandis  qu'elle  serait  égale  à  t\  si  Tair 
avait  cette  température  au  bas  de  la  cheminée.  Il  est  donc  plus  avanta- 
geux de  chauÉFer  l'air  appelé,  en  totalité  ou  en  partie,  au  moyen  d'un 
calorifère. 
2080.  La  figure  522  représente  un  appareil  construit  il  y  a  long- 
temps par  M.  Cackerill,  pour  chauffer  l'air 
d'une  cheminée  d'appel  :  l'appareil,  placé 
à  côté  de  la  cheminée,  consiste  en  un 
gros  tuyau  de  tôle  disposé  au-dessus  du 
foyer  et  logé  dans  une  enveloppe  en  ma- 
çonnerie qui  communique  par  le  haut  et 
par  le  bas  avec  la  cheminée  d'appel.  Il  ne 
doit  produire  que  très-peu  d'effet  utile,  à 
cause  de  la  mauvaise  disposition  de  la  sur- 
face de  chauffe. 

2081.  Une  meilleure  disposition  »  sous 
le  rapport  de  l'efficacité  des  surfaces  de 
chauffe  et  de  la  facilité  du  nettoyage,  con- 
siste à  faire  circuler  l'air  brûlé  dans  des 
tuyaux  horizontaux.  L'appareil  peut  être 
disposé  comme  l'indique  la  figure  523;  il 
se  compose  de  deux  calorifères  à  tubes 
horizontaux  ;  un  registre  tournant  oblige 
Tair  d'appel  à  circuler  autour  des  tubes; 
l'air  brûlé  parcourt  successivement  les  dif- 
férentes rangées  horizontales,  de  haut  en 
bas,  avant  de  se  rendre  dans  la  cheminée  d'écoulement  de  l'air  brûlée 
laquelle  est  placée  dans  la  cheminée  d'appel. 

2082.  11  peut  convenir  dans  quelques  cas  exceptionnels  de  chauffer 
l'air  dans  la  cheminée  d'appel  au  moyen  d'un  calorifère  à  eau  chaude 
ou  à  vapeur,  comme  l'indique  la  figure  524. 

2083. 11  semble,  au  premier  abord,  qu'il  y  aurait  toujours  de  l'avan- 
tage, sous  le  rapport  de  la  régularité  de  la  ventilation,  même  quand 
Tair  appelé  pourrait  sans  inconvénient  passer  à  travers  le  foyer,  à 
chauffer  cet  air  par  un  calorifère  à  eau  chaude  avant  son  entrée  dans 
la  cheminée  :  les  petites  variations  d'intensité  du  foyer  seraient  at- 
ténuées par  la  masse  d'eau  en  circulation  ;  mais,  comme  le  démontrent 
très-bien  les  expériences  faites  dans  les  prisons  cellulaires  de  Mazas 
et  de  Provins  que  nous  rapporterons  plus  loin,  la  chaleur  renfermée 


Fig.  522. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÈNÉRALKS. 


Gt 


dans  la  cheminée  produit  cet  effet.  Celle  disposition  n'aurait  alors  que 
des  inconvénients;  la  dépense  de  combustible  et  les  frais  de  premier 
établissement  seraient  beaucoup  plus  considérables. 

2084.  Il  se  présente  cependant  des  circonstances  dans  lesquelles  il 
devient  nécessaire  de  l'employer;  c'est  quand  les  cheminées  d'appel 


-  ■-  -    -  -  ^"*>T>-- 


Fig.  523. 


Fig.  524. 


sont  éloignées  des  foyers,  quand  elles  partent,  par[exemple,  des  combles 
des  édifices,  et  qu'il  y  a  de  sérieux  inconvénients  à  y  établir  des  foyers 
par  la  difficulté  de  les  surveiller,  ou  par  la  crainte  d'un  incendie.  Mais 
ce  sont  des  dispositions  qu'il  faut  éviter,  parce  que  les  cheminées, 
n'ayant  que  peu  d'élévation,  n'ont  qu'un  faible  tirage.  C'est,  du 
reste,  un  point  sur  lequel  je  reviendrai  encore  en  parlant  du  chauffage 
et  de  la  ventilation  des  édiflces  publics. 

2085.  Dans  quelques  appareils,  on  a  chauffé  l'air  de  ventilation  par 
un  tuyau  à  circulation  d'eau  chaude,  d'une  grande  longueur,  placé 
dans  la  cheminée  d'appel.  C'est  la  disposition  la  plus  vicieuse  qu'on 
puisse  employer,  car  une  grande  partie  de  la  chaleur  dépensée  est  sans 
influence  sur  le  tirage.  De  même  que  dans  le  cas  du  n""  2079,  l'air  qui 
s'élève  dans  la  cheminée  en  contact  avec  le  tuyau  d'eau  chaude, 
s'échauffe  progressivement  ;  et,  comme  le  tirage  d'une  cheminée  ré- 
sulte de  la  température  moyenne  de  l'air  qui  s'y  trouve,  et  que  la 
consommation  de  chaleur  dépend  de  la  température  de  l'air  à  la  sortie, 
il  s'ensuit  évidemment  que  ce  mode  de  chauffage  occasionne  une 
grande  perte  de  chaleur.  Si,  par  exemple,  l'air  entrait  dans  la  chemi- 
née à  15**  et  y  était  échauffé  successivement  jusqu'à  35%  le  tirage  serait 
sensiblement  le  même  que  si  l'air  était  de  bas  en  haut  à  20**,  et  Von 


Digitized  by  VjOOQIC 


62     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VExNTILATlON  DES  LIEUX  HABITÉS. 

aurait  dépensé  la  chaleur  nécessaire  pour  Téchaufifer  à  35".  Cette  dis- 
position ne  saurait  être  justifiée  que  par  l'impossibilité  de  placer  un 
foyer  au  bas  de  la  cheminée,  ou  d'échauffer  l'air  avant  son  entrée 
dans  la  cheminée. 

2086.  Dans  toutes  les  cheminées  d'appel,  chauffées  par  Tair  brûlé, 
que  l'air  appelé  soit  ou  non  employé  à  la  combustion,  comme  la  vi- 
tesse d'écoulement  de  l'air  est  très-petite  y  le  tirage  peut  être  influencé 
par  les  vents,  et  il  est  par  conséquent  nécessaire,  comme  nous  l'avons 
déjà  dit  plusieurs  fois,  de  garnir  le  sommet  des  cheminées  d'un  appa- 
reil destiné  à  soustraire  le  tirage  à  leur  action,  ou  mieux  d'un  des 
appareils  décrits  dans  le  premier  volume,  qui  les  font  concourir  à.  l'ac- 
croissement du  tirage.  Je  rappellerai  cependant  que  la  composante 
verticale  de  haut  en  bas  de  la  vitesse  du  vent  ne  diminue  pas  d'au- 
tant la  vitesse  d'écoulement,  et  que  cette  dernière  vitesse  ne  devien- 
drait nulle  qu'autant  que  cette  composante  serait  égale  à  la  vitesse 
due  à  la  charge  qui  est  toujours  beaucoup  plus  grande  que  la  vitesse 
réelle  (538). 

Ventilation  mécanique. 

2087.  Dans  le  quatrième  livre  de  cet  ouvrage^  nous  avons  passé  en 
revue  les  différents  appareils  qu'on  peut  employer  pour  produire  une 
ventilation  mécanique  ;  nous  nous  bornerons  ici  à  examiner  les  phé- 
nomènes généraux  qui  se  produisent,  et  nous  nous  occuperons  d'abord 
de  la  comparaison  de  la  dépense  relative  à  la  ventilation  par  une  che- 
minée d'appel,  et  par  une  action  mécanique. 

2088.  Nous  avons  trouvé  (57)  que  le  rapport  R,  entre  le  travail 
produit  par  la  même  quantité  de  chaleur  employée  mécaniquement,  et 
dans  une  cheminée ,  en  supposant  qu'un  cheval-vapeur  exigeait  par 
heure  4^  de  houille,  était  donné  par  la  formule 

2,118(1 +aO 
"■^  aH  ' 

/,  représentant  l'excès  de  température  de  l'air  dans  la  cheminée  sur  la 
température  extérieure,  a  le  nombre  0,00365,  et  H  la  hauteur  de  la 
cheminée.  Si  on  calcule  la  valeur  de  R,  en  supposant  t  égal  successi- 
vement à  10%  20^,  30%  40%  50*,  100%  200%  300%  400^,  et  pour  des 
hauteurs  de  cheminée  égales  à  5",  10",  15",  20",  25",  30",  on 
trouve  les  résultats  suivants  : 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  63 

/  «=  10«      20«      30*      40*      50O     100»    200°    300«    400* 

H=«    5»      120      124      129      133      137      158      200     243      285 


=  10™ 

60 

62 

64 

66 

68 

79 

101 

121 

142 

=.  15» 

40 

41 

43 

44 

4o 

53 

66 

81 

95 

-^20» 

30 

31 

32 

33 

34 

39 

50 

6i 

71 

«=  25™ 

24 

25 

26 

26 

27 

31 

40 

48 

57 

=  30™ 

20 

20 

21 

22 

23 

26 

33 

40 

47. 

2089.  On  voit,  d'après  ces  nombres,  que  la  valeur  de  R  augmente 
très-rapidement,  à  mesure  que  t  augmente  et  que  H  diminue,  comme 
il  était  d'ailleurs  facile  de  le  prévoir  à  l'inspection  de  la  formule.  La 
valeur  de  R  serait  double,  si  Ton  employait  une  machine  ne  consom- 
mant que  2^  de  houille  par  cheval  et  par  heure.  Mais  pour  toute  es- 
pèce de  machine,  il  y  aurait  une  certaine  perte  de  travail  dans  la  trans- 
mission du  mouvement  et  dans  la  machine  elle-même.  L'effet  utile 
peut  varier  de  0,20  à  0,80  suivant  le  genre  de  machine  employé. 

2090.  J'ajouterai  que,  dans  un  grand  nombre  de  cas,  on  a  l'emploi 
utile  de  la  vapeur  détendue;  en  se  servant  alors  d'une  machine  à  haute 
pression,  à  détente,  sans  condensation,  le  travail  de  la  machine  ne  coûte 
sensiblement  rien.  Ainsi  en  prenant  4  atmosphères  pour  la  pression 
de  la  vapeur  sur  le  piston  et  l'M/2  pour  la  pression  à  la  sortie  de  la  ma- 
chine, on  trouve,  par  la  formule  de  M.  Regnault,  que  la  perte  de  chaleur 
éprouvée  par  la  vapeur  est  de  11  calories,  c'est-à-dire  1  3/4  p.  100 
de  la  quantité  de  chaleur  contenue  dans  la  vapeur  à  4  atmosphères. 

2091.  La  ventilation  mécanique  présente  donc  un  avantage  im- 
mense, sous  le  rapport  économique,  sur  la  ventilation  par  une  cheminée 
d'appel;  mais  cette  considération  n'est  pas  la  seule  qu'il  faut  faire  in- 
tervenir dans  le  choix  du  mode  de  ventilation.  C'est  par  l'examen,  dans 
chaque  cas  particulier,  des  avantages  et  des  inconvénients  résultant  de 
l'emploi  de  ces  deux  systèmes  que  Ton  doit  se  décider,  et  il  est  impossible 
de  dire  d'une  manière  absolue  que  tel  système  est  toujours  préférable, 
dans  toutes  les  circonstances  que  l'on  rencontre  dans  les  applications. 

2092.  La  ventilation  mécanique  ne  peut  être  employée  que  quand 
il  s'agit  d'une  puissante  ventilation  exigeant  un  travail  assez  consi- 
dérable. Elle  a  l'avantage,  en  général,  de  consommer  beaucoup  nrxoius 
de  combustible  qu'une  cheminée  qui  produirait  le  même  eËFet,  et 
même,  comme  nous  venons  de  le  voir,  n'exige  presque  aucune  dép^^gc, 
quand  on  a  l'emploi  utile  de  la  chaleur  de  la  vapeur  détendue  •  en 
outre,  ce  système  permet  de  la  régler  d'une  manière  facile  et  cerlç^ine, 
de  la  mesurer  à  chaque  instant,  et  de  la  faire  varier  dans  des  lir^^iies 


Digitized  by  VjOOQIC 


64.    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UEUX  HABITÉS. 

très-étendues.  Au  premier  aspect  il  semble  que  la  ventilation  mécanique 
doit  coûter  beaucoup  plus  cher  d'installation  que  celle  par  cheminée 
d'appel;  mais  dans  les  cas  nombreux  où  l'on  se  trouve  avoir  déjà  un 
moteur,  elle  revient  à  meilleur  marché  à  cause  de  la  diminution  de 
section  des  conduits,  et  en  général  pour  les  ventilations  des  grands 
établissements  elle  ne  doit  pas  coûter  davantage. 

2093.  La  ventilation  par  une  cheminée  d'appel  peut  être  employée 
pour  les  grandes  comme  pour  les  petites  ventilations.  Les  frais  d'in- 
stallation sont  à  peu  près  les  mêmes  que  pour  le  système  mécanique  ; 
mais  la  ventilation  coûte  presque  toujours  plus  cher,  surtout  en  été, 
quand  Pair  n'a  pas  été  chauffé.  On  ne  peut  la  faire  varier  que  dans  des 
limites  assez  restreintes,  et  avec  un  accroissement  considérable  dans 
la  consommation  du  combustible.  Enfin,  dans  certaines  circonstances, 
ce  mode  présente  de  grandes  difGcultés  par  la  nécessité  où  il  met  de 
réunir  l'air  de  ventilation  de  différentes  pièces,  pour  le  diriger  vers 
la  cheminée  d'appel. 

2094.  Les  appareils  mécaniques  peuvent  aussi  être  mis  en  mouve- 
ment par  des  hommes  ;  et,  quoique  le  travail  coûte  beaucoup  plus  que 
quand  il  provient  de  la  vapeur,  il  est  des  cas  où,  sous  d'autres  rapports, 
il  est  avantageux  de  l'employer;  mais  c'est  surtout  dans  les  maisons  de 
détention,  où  le  travail  coûte  peu,  que  ce  mode  de  ventilation  de- 
vrait être  employé. 

2095.  Quand  on  considère  le  peu  de  travail  qu'exigent  des  ventila- 
tions même  d'une  certaine  importance,  quand  les  vitesses  sont  très-pe- 
tites, on  est  conduit  à  un  mode  particulier  de  ventilation  mécanique, 
qui  serait  d'une  application  facile^  mais  peu  sûre  à  cause  de  l'attention 
et  de  la  surveillance  qu'il  exige.  Ce  mode  consiste  à  employer  le  travail 
d'un  homme,  pendant  un  certain  temps,  à  élever  un  poids  à  une  cer- 
taine hauteur,  d'où  on  le  laisserait  ensuite  tomber  lentement  à  l'aide 
d'un  mécanisme  semblable  à  celui  des  tournebroches.  Dans  sa  chute,  il 
rei^i  oduirait  en  partie  le  travail  dépensé.  Nous  verrons  des  cas  de  petites 
ventilations  où  ce  mode  peut  être  appliqué  avec  un  certain  avantage. 

Cemarques  sur  les  monTements  de  Pair  dans  les  lieux  TentUés. 

2096.  Pour  qu'un  lieu  quelconque  soit  assaini  par  la  ventilation,  il 
ne  suffit  pas  qu'un  certain  volume  d'air  y  entre  et  en  sorte  dans  un 
temps  donné  ;  car  des  courants  d'air  qui  traverseraient  une  pièce  en 
suivant  le  plancher  ou  le  plafond,  sur  une  petite  hauteur,  seraient  évi- 
demment sans  utilité.  A  la  vérité,  il  pourrait  se  produire  de  doubles 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  I.  —  COr^SIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  *        65 

courants  de  haut  en  bas,  ou  de  bas  en  haut,  plus  ou  moins  rapprochés, 
résultant  de  re;icès  de  température  de  l'air  expiré  sur  Tair  environ- 
nant; mais  ils  concourraient  peu  à  Tassainissement.  On  ne  doit  réel- 
lement considérer  comme  efficaces  que  les  courants  d'air  qui  passent  à 
travers  la  partie  de  la  pièce  occupée,  et  surtout  ceux  qui  sont  dirigés 
verticalement. 

2096  bis.  Le  meilleur  mode  de  ventilation  consisterait  à  introduire 
Tair  par  un  très-grand  nombre  de  points  de  la  surface  du  sol,  et  à  le  faire 
sortir  par  des  orifices  percés  dans  le  plafond  ;  la  ventilation  se  produirait 
ainsi  uniformément  de  bas  en  haut;  cette  disposition  serait  avanta- 
geuse, en  ce  que  la  respiration  serait  toujours  alimentée  par  de  l'air 
pur;  mais  elle  ne  peut  être  employée  que  dans  des  circonstances  par- 
ticulières, par  exemple  dans  les  grands  amphithéâtres,  parce  que  les 
orifices  d'accès  peuvent  être  percés  dans  les  contre-marches,  ou  der- 
rière les  bancs.  Ordinairement  l'air  chaud  arrive  dans  la  pièce  par  un 
petit  nombre  d'orifices  percés  dans  le  plancher,  ou  par  les  cylindres 
intérieurs  des  poêles;  alors  les  veines  d'air  se  dirigent  vers  le  plafond, 
par  suite  de  la  vitesse  résultant  de  l'appel,  et  de  l'excès  de  leur  tempéra- 
ture sur  celle  de  Tair  environnant;  l'air  descend  ensuite  par  couches 
sensiblement  isothermes  jusqu'aux  orifices,  d'écoulement  qui  se  trou- 
vent au  niveau  du  sol.  Pendant  l'été,  la  température  de  l'air  intérieur 
est  ordinairement  plus  élevée  que  la  température  extérieure;  alors  les 
veines  d'air  froid  qui  pénètrent  dans  la  pièce,  tendent  d'un  côté  à  s'é- 
lever verticalement,  en  vertu  de  leur  vitesse  acquise,  et  de  l'autre  à 
tomber,  en  vertu  de  l'excès  de  la  température  intérieure  sur  la  tem- 
pérature extérieure;  par  conséquent  l'air  d'appel  pourrait  ne  s'élever 
qu'à  une  hauteur  insuffisante  pour  renouveler  l'air  dans  la  partie  de  la 
pièce  habitée.  Pour  éviter  cet  inconvénient,  il  faudrait  diriger  horizon- 
talement les  veines  d'air  froid;  l'air  tomberait  alors  sur  le  sol;  et  si  les 
orifices  de  sortie  se  trouvaient  à  la  hauteur  du  plafond,  la  pièce  serait 
traversée  de  bas  en  haut  par  l'air  de  ventilation;  dans  ce  dernier  cas, 
la  ventilation  serait  beaucoup  plus  efficace  pour  la  salubrité  que  pen- 
dant le  chauQage,  parce  que  l'air  vicié  par  la  respiration  serait  immé- 
diatement entraîné  par  le  courant.  Dans  le  cas  où  les  veines  resteraient 
verticales  et  dirigées  de  bas  en  haut,  il  faudrait  toujours  établir  des 
orifices  de  sortie  à  la  partie  supérieure  et  à  la  partie  inférieure  ;  ceux 
du  bas  resteraient  constamment  ouverts  pendant  la  saison  de  chaufTage, 
ceux  d'en  haut  étant  fermés;  et  pendant  l'été,  on  reconnaîtrait  facilement, 
par  expérience,  quand  il  conviendrait  de  changer  la  position  des  orifices 
de  sortie;  et  pour  cela,  l'effet  produit  sur  nos  organes  serait  une  indica- 
ni.  s 


Digitized  by  VjOOQIC 


66   ^LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UÊUX  HABITÉS. 

tîon  bien  plus  certaine  que  les  expériences  chimiques  les  plus  délicates. 
Mais  il  vaudrait  mieux  disposer  les  orifices  d'accès  de  Tair  dans  les 
pièces,  de  manière  que  les  veines  puissent  à  volonté  être  rendues  verti- 
cales ou  horizontales. 

2096  ter.  La  ventilation  d'une  pièce  peut  avoir  lieu  de  deux  manières 
différentes  :  par  une  diminution  ou  par  une  augmentation  de  la  pres- 
sion intérieure;  les  cheminées  d'appel  produisent  toujours  le  premier 
effet;  les  machines  peuvent  produire  l'un  ou  l'autre.  Lorsqu'il  y  a  di- 
minution de  pression,  il  y  a  toujours  un  volume  plus  ou  moins  consi- 
dérable d'air  extérieur  qui  pénètre  dans  les  pièces  par  les  fissures 
des  portes  et  des  fenêtres,  eii  formant  des  veines  qui  s'étendent  à 
des  distances  plus  ou  moins  considérables  ;  et  quand  les  pièces  sont 
nombreuses,  comme  il  faut  établir  des  tuyaux  de  communication  de 
chacune  avec  la  cheminée  d'appel,  cette  condition  complique  beaucoup 
la  disposition  des  appareils.  Quand  la  ventilation  est  produite  par  un 
excès  de  pression,  il  n'y  a  point  de  veines  par  les  orifices  des  portes  et 
des  fenêtres,  les  orifices  d'entrée  de  l'air  peuvent  être  disséminés  ou 
disposés  de  manière  à  n'avoir  aucun  inconvénient,  et  la  sortie  de  l'air 
par  des  orifices  convenablement  placés  ne  peut  point  produire  de  cou- 
rants nuisibles,  parce  que  les  veines  ne  se  manifestent  qu'à  l'extérieur. 
Indépendamment  des  effets  dont  je  viens  de  parler,  il  y  a  dans  ces  deux 
modes  de  ventilation  une  différence  que  certaines  personnes  ont  con- 
sidérée comme  pouvant  exercer  une  certaine  influence  sur  la  santé,  je 
veux  parler  de  la  diminution  de  pression  qui  existe  dans  le  premier  cas, 
et  de  l'accroissement  de  pression  qui  a  lieu  dans  le  second  ;  mais 
comme  ces  variations  sont  toujours  très-petites,  qu'elles  dépassent  rare- 
ment quelques  millimètres  d'eau,  (qu'elles  sont  par  conséquent  bien 
inférieures  aux  variations  ordinaires  du  baromètre,  il  est  bien  difficile 
d'admettre  qu'elles  puissent  avoir  une  influence  quelconque.  Dans  tous 
les  cas,  une  condition  importante  à  remplir  consiste  dans  l'uniformité 
de  la  ventilation  dans  toutes  les  parties  occupées  des  pièces  ventilées. 

Observations  i^énérales  sur  les  différents  modes  de  chanflkfre. 

2097.  Pour  maintenir  une  pièce  à  une  température  constante,  il 
faut  évidemment  y  introduire,  dans  un  certain  temps,  une  quantité  de 
chaleur  égale  à  celle  qui  passe  dans  le  même  temps  à  travers  les  vitres 
et  les  murailles  ;  car,  en  mettant  à  part  la  ventilation,  il  n'y  a  pas 
d'autre  perte  de  chaleur.  Ainsi,  la  quantité  de  chaleur  à  fournir  ne 
dépend  que  des  surfaces,  et  le  volume  de  la  pièce  n'y  entre  que  d'une 
manière  indirecte.  Cependant,  la  plupart  des  constructeurs  d'appareils 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  67 

de  chauffage,  pour  faire  apprécier  la  puissance  de  leurs  appareils, 
désignent  les  capacités  des  pièces  qu'ils  peuvent  chauffer.  C'est  une 
erreur  qu'on  a  de  la  peine  à  concevqir;  car  il  est  évident  que  des 
pièces  de  même  capacité,  formées  par  des  murs  de  nature  et  d'é- 
paisseurs différentes,  n'ayant  pas  des  surfaces  vitrées  égales,  exigent 
des  quantités  de  chaleur  très-différentes  pour  être  maintenues  à  une 
température  constante,  celle  de  l'air  extérieur  étant  la  même. 

2098.  Si  les  murailles  se  mettaient  instantanément  au  régime  qui 
convient  à  la  température  extérieure,  la  quantité  de  chaleur  à  fournir 
Tarierait  à  chaque  instant  ;  mais,  comme  elles  renferment  beaucoup  de 
chaleur,  quand  elles  ont  été  échauffées,  la  quantité  de  chaleur  fournie 
et  la  température  extérieure  peuvent  varier  dans  des  limites  assez  éten- 
dues et  pendant  un  temps  assez  long,  suivant  la  nature  et  l'épaisseur  des 
murailles,  sans  que  la  température  intérieure  éprouve  des  variations 
sensibles.  Ainsi,  pourvu  que  les  appareils  qui  transmettent  la  chaleur 
aient  une  étendue  suffisante,  le  foyer  pourra  toujours  être  dirigé  de 
manière  à  produire  une  température  sensiblement  constante. 

2099.  La  chaleur  nécessaire  au  maintien  du  régime  peut  être  pro- 
duite par  le  rayonnement,  ou  par  l'air  chaud,  ou  pa^  ces  deux  modes 
réunis.  Dans  nos  foyers  domestiques,  elle  provient  du  rayonnement.  Elle 
résulte  principalement  du  contact  de  l'air,  quand  les  surfaces  chauffées, 
ou  directement,  ou  par  l'eau  chaude,  ou  par  la  vapeur,  sont  formées 
d'un  métal  poli,  et  qu'elles  sont  placées  dans  l'intérieur  des  pièces.  Cette 
chaleur  ne  provient  que  de  l'air  chaud,  quand  les  surfaces  de  chauffe  sont 
entièrementen  dehors  des  pièces.  Enfin, elle  résulteàpeuprèségalement 
du  rayonnement  et  du  contact  de  l'air,  lorsque  les  surfaces  de  chauffe, 
placées  dans  l'intérieur  des  pièces,  sont  formées  de  foute  ou  de  tôle  non 
polie. 

2100.  La  chaleur  rayonnante,  jouissant  de  la  propriété  de  traverser 
l'air  sans  éprouver  des  pertes  sensibles,  si  une  pièce  était  uniquement 
chauffée  par  rayonnement,  les  rayons  iraient  se  perdre  presque  totale- 
ment contre  les  vitres  et  contre  les  murailles  ;  la  chaleur  reçue  par  les 
murailles  échaufferait  l'air,  il  s'établirait  des  courants  ascendants 
contre  leurs  surfaces  et  des  courants  opposés  dans  l'intérieur.  Par  ce 
mode  de  chauffage,  qui  est  celui  de  nos  habitations  particulières,  l'air 
n'atteint  jamais  une  température  élevée,  d'autant  plus  qu'il  se  produit 
toujours  une  grande  ventilation,  et  rarement  avec  de  l'air  préalable- 
ment chauffé  par  une  partie  de  la  chaleur  de  la  fumée  du  foyer. 

2101.  Lorsqu'une  pièce  est  chauffée  par  un  courant  d'air  chaud, 
cet  air  gagne  la  partie  supérieure  en  se  refroidissant  rapidement;  il 


Digitized  by  VjOOQIC 


68     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

s'établit  le  long  des  murailles  des  courants  descendants,  qui  ]es  échauf- 
fent et  conservent  leur  régime  ;  et  l'air  intérieur  peut  être  maintenu 
à  une  température  constante. 

D'après  ce  que  je  viens  de  dire,  il  est  possible  de  se  rendre  compte 
de  ce  qui  arriverait,  si  le  chauffage  avait  lieu  à  la  fois  par  le  rayonne- 
ment et  par  le  contact  de  l'air. 

2102.  Dans  ce  qui  précède,  j'ai  supposé  que  la  température  delà 
pièce  devait  être  maintenue  constamment  à  une  certaine  température. 
Je  ne  connais  que  les  hôpitaux  dans  lesquels  il  soit  nécessaire  d'avoir^ 
jour  et  nuit  la  même  température  dans  les  salles.  Cette  permanence 
peut  être  obtenue  par  une  combustion  continue  dans  les  foyers,  ou, 
malgré  une  interruption  de  chauffage  de  nuit,  par  des  réservoirs  d'eau 
chaude  qui  se  refroidissent  lentement.  Mais,  à  moins  que  les  murailles 
n'aient  qu'une  bien  faible  épaisseur,  la  chaleur  qu'elles  renferment  est 
presque  toujours  suffisante  pour  maintenir  la  température,  pendant  la 
nuit,  sans  diminution  notable. 

2103.  En  général,  quand  les  bâtiments  ont  des  murailles  d'une  suf- 
fisante épaissem^  les  chauffages  de  nuit  sont  inutiles,  et  on  peut 
presque  toujours,  le  matin,  par  un  chauffage  actif  et'  dans  un  petit 
nombre  d'heures,  réparer  ea  grande  partie  la  perte  du  régime  qui  a  eu 
lieu  pendant  la  nuit. 

2104.  Quand  les  murailles  n'ont  qu'une  faible  épaisseur,  comme 
dans  certaines  usines,  elles  se  refroidissent  beaucoup  pendant  la  nuit  ; 
mais  on  parvient  encore  facilement  à  les  échauffer,  en  commençant  le 
chauffage  un  certain  nombre  d'heures  avant  l'arrivée  des  ouvriers  : 
nombre  variable  avec  la  température  extérieure. 

2105.  Lorsque  les  édifices  ont  d'épaisses  murailles,  et  que  les  pièces 
ne  sont  employées  que  certains  jours,  à  certaines  heures,  ce  serait  une 
grande  dépense  que  d'y  maintenir  un  régime  constant  dans  la  tempéra- 
ture des  murailles,  ou  du  moins  de  le  rétablir  complètement  quand  les 
pièces  doivent  être  utilisées.  Il  faut  alors,  pendant  quelques  heures 
d'un  chauffage  très-vif,  échauffer  partiellement  les  murailles,  et  com- 
penser leur  faible  température  par  un  plus  grand  échauffement  de 
l'air  pendant  l'occupation  des  pièces. 

2106.  Dans  tous  les  cas,  excepté  dans  les  foyers  domestiques,  la  cha- 
leur développée  par  le  foyer  est  employée  à  chauffer  des  surfaces  qui 
transmettent  ensuite  la  chaleur  ;  ces  surfaces  peuvent  être  chauffées  di- 
rectement, ou  par  l'intermédiaire  de  la  vapeur  ou  de  l'eau  chaude.  De 
là  une  grande  diversité  dans  la  nature  et  les  dispositions  des  appareils. 
Chaque  mode  de  chauffage  a  des  avantages  et  des  inconvénients  ;  en 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  CONSIDÉRATIOiNS  GÉNÉRALES.  6^ 

outre,  dans  chaque  édifice  à  chauffer,  il  y  a  des  circonstances  parti- 
culières et  des  conditions  à  remplir  souvent  fort  différentes.  Ainsi,  il 
n^existe  aucun  mode  de  chauffage  qui,  dans  tous  les  cas  possibles,  soit 
toujours  supérieur  à  tous  les  autres. 

2107.  Je  me  bornerai  ici  à  examiner  les  avantages  et  les  inconvé* 
nients  des  principaux  modes  de  chauffage  employés  dans  les  établisse* 
ments  publics.  Ces  modes  peuvent  se  réduire  à  cinq. 

Le  premier,  le  plus  ancien,  consiste  en  cheminées  ordinaires  et 
poêles,  ayant  chacun  un  foyer  spécial. 

Le  second  consiste  dans  des  calorifères  placés  en  dehors  des  pièces  à 
chauffer,  et  qui  y  versent  de  l'air  chaud. 

Le  troisième  consiste  dans  des  appareils  à  vapeur,  placés  dans  les 
pièces  à  chauffer. 

Le  quatrième,  dans  des  poêles  à  eau  chaude  chauffés  par  une  chau- 
dière placée  dans  la  cave. 

Enfin,  le  cinquième  consiste  dans  des  poêles  à  eau  chaude,  formant 
des  circuits  partiels  dont  les  réservoirs  sont  chauffés  par  la  vapeur. 

2108.  Le  premier  mode  de  chauffage,  celui  où  chaque  pièce  est 
chauffée  par  un  appareil  spécial,  a  le  grand  inconvénient  d'exiger  trop 
de  soins,  trop  de  surveillance  et  trop  de  dépense  de  combustible,  par  les 
excès  de  température  qu'on  y  produit  souvent.  Ce  mode  de  chauffage 
tend  à  être  maintenant  abandonné  dans  les  grands  établissements  où 
Ton  préfère  installer  un  système  général  de  chauffage  qui  offre  bien 
plus  d'économie  et  de  régularité  dans  les  effets  produits. 

2109.  Le  second  mode,  qui  consiste  dans  le  chauffage  des  pièces  au 
moyen  de  l'air  échauffé  en  dehors  par  des  calorifères,  ne  peut  être  em- 
ployé qu'autant  que  l'air  chaud  n'a  pas  un  long  trajet  à  parcourir,  à 
cause  du  refroidissement  qu'il  éprouve  dans  les  tuyaux  par  suite  de  sa 
laible  capacité  calorifique.  Ce  mode  de  chauffage  ne  saurait  être 
appliqué  avec  avantage  que  dans  le  cas  de  pièces  assez  rapprochées, 
Tair  chaud  circulant  dans  l'épaisseur  des  murs  intérieurs.  Dans 
ce  cas,  les  calorifères  les  plus  simples  et  les  plus  économiques  sont 
ceux  dans  lesquels  la  chaleur  passe  directement  de  l'air  brûlé  à  l'air 
froid,  à  travers  des  surfaces  métalliques.  Les  calorifères  à  vapeur  ou 
à  eau  chaude  ont  l'avantage  de  limiter  la  température  de  l'air  chaud, 
et  ces  derniers  de  prolonger  le  chauffage  même  après  l'extinction  du 
foyer;  mais  les  calorifères  à  foyer  direct  peuvent  être  disposés  de  ma- 
nière à  éviter  le  suréchauffement  de  l'air;  et^  en  employant  des 
foyers  à  alimentation  continue,  ces  appareils  peuvent  marcher  seuls, 
sans  exiger  trop  de  surveillance. 


Digitized  by  VjOOQIC 


70     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

21 10.  Dans  ce  système,  la  ventilation  s'effectue  en  même  temps  que 
le  chauffage  ;  car  il  faut  évidemment  que  l'air  de  la  pièce  sorte  d'une 
manière  quelconque  pour  faire  place  à  l'air  chaud  venant  du  calori- 
fère. Mais  la  ventilation  par  le  seul  effet  de  l'appareil  de  chauffage 
est  très-irrégulière.  Pour  qu'elle  soit  constante,  il  faut  un  système 
régulier  d'appel,  ou  une  injection  régulière  d'air.  Il  est  bon  aussi  de 
remarquer  que,  si  la  ventilation  était  très-faible,  Vair  chaud  devrait 
arriver  à  une  température  très-élevée,  ce  qui  présenterait  de  graves 
inconvénients. 

21 1 1 .  Le  troisième  mode  de  chauffage,  celui  qui  a  lieu  par  des  calo- 
rifères à  vapeur,  exige  une  surveillance  et  des  soins  spéciaux  tant  pour 
la  conduite  du  feu  que  pour  le  règlement  des  robinets.  Il  est  surtout 
très-avantageux  quand  les  foyers  ne  peuvent  être  placés  qu'à  une 
grande  distance  des  pièces  à  chauffer,  à  cause  du  petit  diamètre  qu'on 
peut  donner  aux  tuyaux  de  conduite  de  vapeur,  et  par  suite  de  la 
faible  condensation  que  la  vapeur  peut  y  éprouver,  si  les  tuyaux  sont 
convenablement  enveloppés  de  matières  conduisant  mal  la  chaleur;  on 
peut  ainsi  n'avoir  qu'un  seul  foyer,  même  pour  les  plus  vastes  établis- 
sements. Le  chauffage  à  vapeur  est  aussi  très-utile  pour  le  chauffage 
des  pièces  dont  les  murailles  n'ont  qu'une  faible  épaisseur,  et  les  vitres 
une  grande  surface,  parce  qu'il  permet  d'y  maintenir  très-facilement 
une  température  constante,  malgré  les  grandes  variations  que  peut 
éprouver  la  température  extérieure,  permanence  de  température  que 
Ton  n'obtiendrait  pas  par  les  autres  systèmes. 

2112.  Le  quatrième  mode  de  chauffage  est  celui  qui  a  lieu  par  la 
circulation  de  l'eau  chaude  dans  des  poêles  en  fonte  ou  en  tôle.  Ces  ap- 
pareils, ainsi  que  je  l'ai  déjà  dit  (1724),  se  composent  ordinairement 
d'une  chaudière  en  tôle  placée  dans  une  cave,  surmontée  d'un  tuyau 
qui  s'élève  dans  les  combles,  oii  il  se  termine  par  un  vase  d'expansion 
ouvert  ou  fermé;  du  fond  du  vase  d'expansion  partent  des  tubes  qui 
amènent  l'eau  successivement  dans  un  certain  nombre  de  poêles  d'un 
même  étage,  et  retournent  à  la  partie  inférieure  de  la  chaudière. 

2113.  On  a  modifié  cette  disposition,  de  manière  à  faire  disparaître 
plusieurs  inconvénients  de  la  précédente.  La  chaudière  est  toujours 
placée  dans  une  cave;  mais  le  tuyau  qui  la  surmonte  et  qui  s'élève 
dans  les  combles,  au  bas  du  vase  d'expansion,  ne  fait  pas  partie  du  cir- 
cuit parcouru  par  l'eau  chaude.  Du  sommet  de  la  chaudière  part  un 
tuyau  horizontal,  qui  se  prolonge  dans  toute  la  longueur  du  bâtiment  ; 
ce  tuyau  est  porté  sur  rouleaux  de  manière  qu'il  puisse  obéir  aux  ef- 
fets provenant  des  variations  de  température.  Sur  ce  tuyau  sont  fixés 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES.  71 

des  tuyaux  verticaux  d'un  plus  petit  diamètre,  qui  s'élèvent  aux 
différents  étages,  où  ils  alimentent  un  ou  plusieurs  poêles,  et  les 
tuyaux  de  retour  sont  logés  à  côté  des  tuyaux  d'ascension,  dans  des 
caniveaux  verticaux  pratiqués  dans  des  murs  de  refend,  où  ils  peu- 
vent facilement  être  visités.  Je  reviendrai  plus  loin  sur  cette  dispo- 
sition. 

Les  appareils  de  chauffage  à  Veau  chaude,  tout  aussi  et  peut-être 
plus  compliqués  que  ceux  à  vapeur,  ont  l'avantage  de  ne  pas  exiger 
des  soins  aussi  continus.  Des  variations,  même  assez  grandes,  dans 
Factivité  du  foyer,  n'ont  presque  point  d'influence  sur  la  température 
moyenne  de  Teau  chaude,  à  cause  de  son  grand  volume,  et,  par  cette 
circonstance,  le  chauffage  peut  se  continuer  pendant  la  nuit,  malgré 
l'extinction  totale  du  foyer,  avec  un  faible  refroidissement.  Ces  appa- 
reils sont  d'un  prix  élevé.  Les  pressions  exercées  par  l'eau,  surtout  dans 
les  parties  inférieures,  même  quand  le  vase  d'expansion  est  ouvert, 
sont  très-considérables,  car  elles  correspondent  à  une  atmosphère  pour 
chaque  10°,33  de  hauteur,  et  ces  pressions  sont  beaucoup  augmentées 
quand  le  vase  d'expansion  est  fermé  ;  elles  risquent  d'occasionner  des 
fuites  d'eau  très-chaude  de  nature  à  produire  de  graves  accidents. 
Comme  nous  venons  de  le  dire,  par  suite  de  la  grande  masse  d'eau 
chaude  en  circulation,  la  température  de  l'eau  ne  peut  éprouver  que 
des  variations  très-lentes,  même  pour  des  variations  très-grandes  dans 
l'activité  du  foyer  ;  or,  si  les  murailles  n'avaient  qu'une  faible  épais- 
seur, et  si  les  surfaces  des  vitres  avaient  une  grande  étendue,  un 
accroissement  ou  une  diminution  rapide  dans  la  température  extérieure 
exigerait  nécessairement,  pour  que  la  température  intérieure  ne  chan- 
geât pas,  une  diminution  ou  un  accroissement  dans  la  température 
moyenne  de  l'eau  chaude  en  circulation,  changement  qui  ne  peut 
être  produit  que^  dans  un  temps  assez  long,  pendant  lequel  la  tem- 
pérature intérieure  serait  trop  basse  ou  trop  élevée. 

2114.  L'inconvénient  que  je  viens  de  signaler  s'affaiblit  à  mesure 
que  les  murailles  ont  une  plus  gtande  épaisseur,  et  les  vitres  une  plus 
petite  surface,  parce  qu'alors  les  murailles  absorbent  ou  émettent  de  la 
chaleur,  de  manière  à  affaiblir  les  variations  de  température  intérieure 
qui  résulteraient  de  celles  de  l'air  extérieur  et  de  la  permanence  de 
température  de  l'eau  chaude.  Mais  comme  l'absorption  ou  l'émission 
de  chaleur  par  les  murailles  n'a  pas  lieu  instantanément,  que  la  cha- 
leur émise  par  les  surfaces  de  chauffe,  et  par  le  rayonnement  et  par 
l'air,  traverse  la  pièce  avant  de  se  rendre  aux  murailles,  l'influence  des 
variations  de  température  extérieure  sur  le  chauffaR®  ^®  manifeste 


Digitized  by  VjOOQIC 


72     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTlLATlOxN  DES  LIEUX  HABITÉS. 

encore,  quoique  à  un  moindre  degré.  Dans  tous  les  cas,  le  chaufEoige  à 
Teau  chaude  a  le  même  inconvénient  qu'une  machine  dont  la  vitesse 
devrait  varier  accidentellement  à  chaque  instant,  et  qui  serait  pourvue 
d'un  énorme  volant  qui  régulariserait  le  mouvement.  Ainsi  cette  per- 
manence d'effets  des  calorifères  à  eau  chaude,  que  nombre  de  per- 
sonnes ont  regardée  comme  un  avantage,  n'est  réellement  qu'un  in- 
convénient qui  existe  dans  tous  les  cas  ;  seulement  cet  inconvénient 
nuit  moins  à  la  régularité  du  chauffage  lorsque  les  murs  sont  très- 
épais  et  que  les  vitres  ont  relativement  une  faible  surface.  Tous  ces 
faits,  qui  résultent  de  considérations  théoriques^  s'accordent  parfai- 
tement avec  l'expérience,  comme  nous  le  verrons  plus  loin. 

2115.  11  semble,  au  premier  abord,  que  les  inconvénients  que  je 
viens  de  signaler  dans  le  chauffage  à  eau  chaude  par  circulation,  pour- 
raient être  atténués  en  diminuant  le  volume  d'eau  renfermé  dans  la 
chaudière  et  dans  les  poêles,  tout  en  conservant  leurs  surfaces  libres  ; 
mais  les  variations  de  l'activité  du  foyer  auraient  alors  plus  d'in- 
fluence, et  les  poêles,  traversés  successivement  par  le  même  courant 
d'eau  chaude,  pourraient  se  trouver  à  des  températures  très-diffé- 
rentes ;  on  retombe  alors  sur  les  inconvénients  des  autres  modes  de 
chauffage,  relativement  à  la  direction  du  foyer. 

2116.  Enfin,  le  dernier  système  de  chauffage  a  lieu  par  l'eau  chaude, 
formant  des  circuits  partiels  chauffés  par  la  vapeur.  Il  offre  tous  les 
inconvénients  du  chauffage  à  eau  chaude  par  circulation,  moins  tou- 
tefois celui  de  la  pression.  Ce  système,  employé  pour  la  première  fois 
par  M.  Grouvelle  dans  la  prison  Mazas,  ne  saurait  convenir  que 
lorsque  les  espaces  à  chauffer  sont  éloignés  du  lieu  où  les  foyers  peu- 
vent être  établis  et  qu'on  ne  tient  pas  à  une  grande  régularité  dans  la 
température. 

2117.  Dans  chaque  cas  particulier,  l'examen  des  conditions  à  rem- 
plir et  leur  importance  relative,  permettront  facilement  de  reconnaître 
quel  est  le  procédé  de  chauffage  le  plus  avantageux. 

2118.  Dans  tous  les  systèmes,  il  est  indispensable  de  donner  à  l'air 
chaud  de  ventilation  un  état  hygrométrique  convenable,  en  y  introdui- 
sant une  certaine  quantité  de  vapeur  d'eau,  parce  que  l'air  se  des- 
sèche par  le  seul  fait  de  son  élévation  de  température,  et  qu'alors  il 
provoque  un  accroissement  de  transpiration  qui  exerce  une  influence 
fâcheuse  sur  la  santé. 

211 9.  Chauffage  direct  par  la  combustion.  —  Dans  tout  ce  qui  pré- 
cède, j'ai  supposé  que  la  chaleur  produite  par  la  combustion  était 
transmise  indirectement  aux  espaces  à  chauffer  et  à  l'air  de  ventilation 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  CONSlDÉRATlOiNS  GÉNÉRALES.  73 

par  l'intermédiaire  de  poêles  et  de  calorifères  de  diverse  nature  ;  en 
brûlant  directement  les  combustibles  dans  les  pièces,  on  pourrait 
produire  le  chauffage  et  la  ventilation  à  très-peû  de  frais,  car  toute 
la  chaleur  serait  utilisée,  et  on  supprimerait  tous  les  appareils  compli- 
qués destinés  à  la  transmission  du  calorique.  Il  est  par  conséquent  im- 
portant d'examiner  en  détail  cette  question,  d'autant  plus  que  ce  mode 
de  chauffage  a  lieu  naturellement  par  le  fait  même  de  la  respiration, 
et  par  tous  les  appareils  d'éclairage. 

2120.  11  est  d'abord  évident  qu'on  ne  saurait  employer  que  les 
combustibles  qui  ne  produisent  pas  de  fumée,  ou  du  moins  ceux  dont 
on  peut  effectuer  une  combustion  complète.  Ces  combustibles  sont  :  le 
charbon  de  bois,  le  coke,  le  gaz  d'éclairage,  les  huiles  de  lampe. 

2121 .  Pour  le  charbon  de  bois  et  le  coke,  il  faudrait  d'abord  que  l'ap- 
pareil fût  disposé  de  manière  à  éviter  complètement  la  production  de 
l'oxyde  de  carbone.  Il  paraît  qu'on  y  parvient  complètement,  pour  le 
charbon  de  bois  en  poudre,  en  le  brûlant  en  couches  minces  dans 
des  vases  métalliques  très-larges ,  et  en  renouvelant  le  combustible 
par-dessous.  La  combustion  s'effectue  à  la  suite  d'un  double  mouve- 
ment de  l'air,  de  haut  en  bas,  et  de  bas  en  haut  ;  elle  est  très-lente, 
parce  que  l'air  ne  pénètre  jamais  dans  la  masse  de  charbon  et  à 
cause  des  cendres  qui  se  déposent.  La  quantité  de  chaleur  nécessaire 
pour  échauffer  un  mètre  cube  d'air  de  0**  à  1°,  et  sous  la  pression  or- 
dinaire, étant  égale  à  1,3  .  0,24  »=  0°  312,  la  température  obtenue 
par  la  combustion  de  1^  de  charbon  dans  1000  mètres  cubes  d'air  s'é- 
lèverait à  8000  :  312  »»  25,64  ;  la  quantité  d'acide  carbonique  produit 
serait  de  3"  65,  ou  de  3,65  :  1,98  «-  1"**  84,  et  la  proportion  dans 
l'air  de  0,00184. 

Ainsi,  s'il  ne  se  formait  point  d'oxyde  de  carbone,  et  s'il  ne  se  per- 
dait point  de  chaleur  à  travers  les  vitres  et  les  murailles,  en  réglant 
la  ventilation  d'après  l'accroissement  de  température,  on  obtiendrait 
un  chauffage  à  la  fois  très-économique  et  très^ubre.  Mais  il  fau- 
drait beaucoup  de  soins  dans  la  conduite  du  foyer^  pour  qu'on  fût  bien 
assuré  qu'il  ne  se  forme  point  d'oxyde  de  carbone,  et  comme  en  gé- 
néral il  y  a  toujours  une  assez  grande  quantité  de  chaleur  absorbée  par 
les  vitres  et  les  murailles,  l'accroissement  de  température  ne  pourrait 
pas  servir  d'indication  de  la  ventilation  ;  il  risquerait  alors  d'arriver 
que  l'air  devint  insalubre  par  une  trop  grande  proportion  d'acide  car- 
bonique. Les  inconvénients  que  peut  avoir  ce  mode  de  chauffage  sont 
tellement  graves,  que,  malgré  les  avantages  économiques  qu'il  présente 
dans  certains  cas,  il  ne  faut  pas  hésiter  à  le  proscrire  pour  les  pièces 


Digitized  by  VjOOQIC 


74     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

habitées.  Il  peut  être  employé  sans  danger  pour  les  antichambres  et 
les  pièces  de  circulation ,  où  l'ouverture  fréquente  des  portes  produit 
une  abondante  ventilation  et  où  d'ailleurs  on  ne  séjourne  pas.  Dans  le 
midi  de  la  France,  en  Espagne  et  dans  une  partie  de  TAmérique,  où 
les  appartements  sont  en  général  mal  clos  et  d'une  grande  hauteur,  son 
extrême  simplicité  et  la  facilité  avec  laquelle  on  transporte  le  foyer 
d'une  chambre  à  une  autre  le  rendent  d'un  usage  très-fréquent. 

2122.  Le  chauffage  par  le  gaz  d'éclairage  ne  présente  pas  les  dangers 
résultant  de  la  combustion  des  charbons,  à  savoir,  la  production  de 
l'oxyde  de  carbone  ;  avec  les  becs  ordinaires  et  la  disposition  des  ap- 
pareils de  chauffage,  la  combustion  est  coniplète,  et  les  gaz  qui  se 
produisent  sont  en  très-grande  partie  composés  de  vapeur  d'eau  et  d'a- 
cide carbonique.  En  considérant  le  gaz  de  l'éclairage  comme  uni- 
quement formé  d'hydrogène  protocarboné ,  il  renfermerait  en  poids 
0,75  de  carbone,  et  0,25  d'hydrogène;  sa  puissance  caloriOque  se- 
rait de  13000;  on  aurait  pour  le  poids  de  la  vapeur  d'eau  produite 
par  la  combustion  de  1^  de  gaz  0,25  .  9  =  2*25;  pour  celui  de  l'a- 
cide carbonique  0,75  .  3,65  ««  2*73  ;  et  pour  le  volume  de  ce  der- 
nier 2,73  :  1,98  =  1"*  37.  D'après  cela,  si  on  brûlait  un  mètre  cube 
de  gaz  qui  pèse  0"  76,  la  chaleur  produite  serait  égale  à  13000  .  0,76 
-«  9880  calories  ;  le  volume  d'acide  carbonique  fourni  s'élèverait  à 
1»*'37  .  0,76  =  i"^04;  et  le  poids  de  la  vapeur  d'eau  à  2,25  .  0,76 
=  1*71.  Si  la  chaleur  produite  était  disséminée  dans  1000  mètres 
cubes  d'air,  la  température  de  cet  air  croîtrait  de  9880  :  312  =  31*6; 
la  proportion  d'acide  carbonique  serait  de  0,00104;  et  chaque  mètre 
cube  renfermerait  0*0017  d'eau,  tandis  qu'à  l'état  de  saturation,  il 
en  contiendrait  0*032.  Ainsi,  le  chauffage  par  la  combustion  directe 
du  gaz  de  l'éclairage  peut  être  très-salubre,  pourvu  que  la  ventilation 
et  l'état  hygrométrique  soient  convenables.  L'état  de  la  ventilation 
pourrait  être  apprécié  par  la  température,  s'il  y  avait  peu  de  perte 
par  les  parois  de  la  pièce,  du  moins  relativement  à  la  chaleur  produite 
dans  le  même  temps.  Ce  mode  de  chauffage  est  surtout  avantageux 
quand  les  becs  de  gaz  sont  en  même  temps  employés  à  l'éclairage, 
parce  que  ce  dernier  effet  supporte  les  frais  de  chauffage.  Si  le  gaz  de- 
vait être  employé  uniquement  pour  le  chauffage,  son  emploi  coûterait 
beaucoup  plus  cher  que  celui  des  combustibles  solides.  A  Paris,  la  Com- 
pagnie générale  livre  le  gaz  aux  consommateurs  à  raison  de  0^  30  le 
mètre  cube,  ce  qui  fait  revenir  les  1000  calories  à  1000  .  0,30  :  9880— 
0'  03  ;  tandis  que  1000  unités  de  chaleur  obtenues  par  la  houille,  qui 
coûte  environ  0'  05  le  kiloerramme,  et  dont  on    eut  obtenir  6000  calo- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  1.  —  COiNSIDÉRATlONS  GÉNÉRALES.  75 

ries  effectives,  coûtent  0,05  :  6  «—  0'  0085.  Il  y  a  cependant  des  circon- 
stances dans  lesquelles  ce  mode  de  chauffage  serait  avantageux  :  c'est, 
par  exemple,  le  cas  où  il  faudrait  échauffer  très-rapidement  Tair  d'un 
grand  espace  fermé. 

Les  considérations  précédentes  supposent  que  le  gaz  est  pur,  mais 
il  n'en  est  jamais  ainsi  ;  il  renferme  toujours  des  matières  étrangères 
qui  viennent  modifier  les  résultats  de  notre  calcul  ;  elles  diminuent  la 
puissance  calorifique  et  la  réduisent  à  iOOOO  ou  1 1000  suivant  le  degré 
d'impureté.  Leur  combustion,  donne  de  plus  naissance  à  de  mau- 
vaises odeurs,  quelquefois  très-sensibles,  et  à  des  produits  volatils  qui 
viennent  attaquer  et  ternir  les  dorures  et  ornements  de  toute  espèce. 

2123.  Il  est  encore  facile  de  chauffer  l'air  avec  des  calorifères  à  gaz, 
disposés  comme  ceux  dans  lesquels  le  foyer  est  alimenté  par  les  com- 
bustibles ordinaires.  Les  appareils  seraient  plus  simples,  parce  qu'on 
n'aurait  pas  à  se  préoccuper  du  nettoyage  des  tuyaux  de  conduite;. mais 
il  faudrait  alimenter  les  becs  avec  le  moins  d'air  possible,  afin  de  faire 
circuler  de  l'air  à  une  plus  haute  température,  circonstance  qui  aug- 
menterait la  quantité  de  chaleur  transmise  par  les  surfaces  de  chauffe, 
et  qui  diminuerait  la  perte  de  chaleur  par  la  cheminée.  Ce  mode  de 
chauffage  n'altérerait  point  l'air  échauffé,  mais  il  serait  encore  plus  cher 
que  le  chauffage  direct;  et  je  ne  vois  réellement  que  peu  de  circon- 
stances  dans  lesquelles  il  serait  utile  de  l'employer. 

2124.  Tout  ce  que  je  viens  de  dire  sur  le  chauffage  par  la  combustion 
du  gaz,  aurait  lieu  pour  le  chauffage  par  les  autres  modes  d'éclairage, 
les  lampes  et  les  bougies,  et  le  prix  de  revient  serait  encore  plus  élevé. 
Mais  comme  le  chauffage  par  les  bougies  et  les  lampes  a  toujours  lieu 
en  même  temps  que  l'éclairage,  il  est  utile  de  savoir  les  effets  qu'ils 
produisent  sous  ce  rapport.  Pour  la  cire,  dont  la  puissance  calorifique 
est  de  11000,  la  combustion  de  1^  élèverait  la  température  de  1000 
mètres  cubes  d'air  de  35*2;  il  se  produirait  1"*  508  d'acide  carbo- 
nique, et  la  proportion  de  ce  gaz  dans  l'air  serait  alors  de  0,0015  ;  le 
poids  de  la  vapeur  d'eau  formée  serait  de  1^  25 ,  de  sorte  que  chaque 
mètre  cube  renfermerait  0*  00125  ;  l'air  à  35*  peut  en  dissoudre  0*  031 . 
Pour  l'huile  de  lampe  ordinaire,  dont  la  puissance  calorifique  est  de 
10400,  la  combustion  de  1  kilogramme  élèverait  la  température  de 
1000  mètres  cubes  de  33°  33  ;  le  volume  d'acide  carbonique  produit 
serait  de  1"**  42  ;  la  proportion  d'acide  dans  l'air,  de  0,00142  ;  le  poids 
de  vapeur  produite  serait  de  1^197,  et  par  mètre  cube  de  0*^00119, 
tandis  qu'à  celte  température,  un  mètre  cube  d'eau  pourrait  dissoudre 
0'  029  de  vapeur. 


Digitized  by  VjOOQIC 


7(î     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2125.  Observations  sur  les  quantités  de  chaleur  employées  par  le 
chauffage.  —  Supposons  d'abord  que  le  chauffage  soit  continu,  et  que 
la  température  intérieure  des  pièces  soit  maintenue  jour  et  nuit  au 
même  point.  La  différence  entre  les  températures  des  surfaces  inté- 
rieures et  extérieures  des  murailles  étant  peu  considérable,  on  pourra 
admettre,  sans  s'écarter  beaucoup  de  la  vérité,  que  si  la  quantité  de  cha- 
leur fournie  intérieurement  est  convenable,  le  régime  des  murailles  sera 
constamment  établi,  et  que  la  quantité  de  chaleur  employée  sera  pro- 
portionnelle à  Texcës  moyen  de  la  température  intérieure  sur  la  tem- 
pérature extérieure.  C'est,  en  effet,  ce  qu'on  a  constaté  par  expérience 
dans  plusieurs  grands  établissements  chauffés  par  différents  procédés, 
comme  nous  le  verrons  en  parlant  du  chauffage  des  églises  et  des  pri- 
sons cellulaires.  Dans  les  cas  que  nous  considérons,  il  y  a  à  déterminer 
la  quantité  de  chaleur  perdue  par  les  murailles,  par  le  sol  et  par  la  partie 
supérieure  des  édifices.  J'examinerai  d'abord  ces  deux  derniers  points. 

2126.  La  perte  de  chaleur  par  le  sol  des  édifices  est  en  général  assez 
faible,  et  peut  presque  toujours  être  négligée.  En  effet,  dans  nos  cli- 
mats, la  couche  de  température  constante  est  à  peu  près  à  8  mètres  de 
profondeur,  et  la  température  est  égale  à  la  température  moyenne  an- 
nuelle, qui  est  de  10  à  1 1  degrés.  Cette  profondeur  suppose  que  la  sur- 
face du  sol  est  libre;  elle  varie  avec  la  nature  du  terrain;  elle  doit  di- 
minuer au-dessous  des  lieux  couverts  de  constructions,  parce  qu'ils 
sont  soustraits  aux  variations  diurnes  et  annuelles  de  température, 
surtout  quand  les  constructions  qui  dépassent  le  sol  sont  faites  sur 
cave.  Le  sol  des  édifices  maintenus  à  une  température  constante  doit 
transmettre  peu  de  chaleur,  par  la  raison  que  je  viens  d'indiquer,  et 
aussi  à  cause  du  flux  permanent  de  chaleur  qui  arrive  des  grandes 
profondeurs.  C'est,  du  reste,  un  lait  bien  confirmé  par  Texpéricnce. 

2127.  Les  édifices  publics  et  les  maisons  particulières  étant  toujoui^s 
terminés  à  la  partie  supérieure  par  une  charpente  horizontale,  épaisse, 
dont  la  partie  inférieure  forme  le  plafond  du  dernier  étage,  et  cette 
charpente,  qui  conduit  déjà  si  mal  la  chaleur,  étant  surmontée  de  celle 
qui  soutient  la  toiture,  il  en  résulte  qu'on  peut  négliger  la  perte  de 
chaleur  par  la  partie  supérieure  des  édifices.  Il  en  est  de  même  dans  les 
églises  dont  les  voûtes  sont  en  pierre,  parce  que  en  général  la  toiture  est 
soutenue  par  une  grande  quantité  de  pièces  de  bois  qui  rendent  la  dif- 
fusion de  la  chaleur  très-lente.  Mais  quand  les  églises  n'ont  point  de 
voûtes  au-dessous  de  la  toiture,  il  y  a  par  la  partie  supérieure  une  perte 
de  chaleur  qui  dépend  de  la  nature  des  matériaux  employés,  et  de  leur 
épaisseur. 


Digitized  by  VjOOQIC 


I 


CHAP.  1.  —  CONSIDERATIONS  GÉNÉRALES.  T7 

2128.  On  n'a  donc  le  plus  souvent  à  s'occuper  que  de  la  transmis- 
sion de  la  chaleur  à  travers  les  murs  et  les  vitres.  Nous  avons  calculé  sé- 
parément, dans  le  premier  volume,  les  quantités  de  chaleur  transmises, 
par  mètre  carré  et  par  heure,  par  les  murailles  et  par  les  vitres,  dans 
des  cas  extrêmes  qui  ne  se  rencontrent  jamais  exactement;  il  est  évi- 
dent que  ces  quantités  dépendent  des  surfaces  totales  des  vitres  et  des 
murailles.  Nous  examinerons,  dans  les  différents  cas  particuliers,  les 
modifications  que  les  nombres  indiqués  doivent  éprouver. 

2129.  Température  des  mois  de  chauffage  à  Paris.  —La  connais- 
sance des  températures  moyennes  des  mois  de  chauffage  étant  indis- 
pensable pour  la  détermination  des  surfaces  de  transmission  de  la 
chaleur,  et  pour  le  calcul  approximatif  des  quantités  moyennes  de  com- 
bustible à  brûler,  j'ai  réuni,  dans  le  tableau  suivant,  les  résultats  des 
observations  faites  à  l'Observatoire  de  Paris,  de  1840  à  1850  inclusive- 
ment. 

TEMPÉRATURE  LIATES  MTRÊMES 

moyenne.  maximum.  minimum.  temp*''*'"''®*  "*"• 

Janvier 2«29  H«>40  —  T>50  —  i**4    ^    ^^^ 

Février 4'>34  i3'»40  —  4*85  ^  0*6    à    7*5 

Mars 6«o8  il7»67  —  2o9l  *'3    \    ^\\ 

Avril 10*49  22o81  1*06  ^'*^-,     I^I 

Mai..-. unO  26«89  4°39  ^^°^    ^  *'  a 

Juin 17»90  30«51  7053  ^^^S    à  2lo0 

Juillel i8067  32*44  10*17  i<^"^    à  20*8^ 

Août t8*48  30*66,  9*60  i4*85  à  20*9o 

Septembre....  «6*i0  28*34  6*60  i***^    ^  *^1^ 

Octobre il*00  20*43  0*84  ^**^    à  12*3 

Novembre....  7*00  16*00  —2*40  5*4    à    8*4 

Décembre....  3*01  n*87  —6*70  —  2*3    à    5*8 

2130.  A  Paris,  il  y  a  sept  mois  de  chaufifage,  du  commencement 
d'octobre  à  la  fin  du  mois  d'avril  ;  la  température  ixioy^^"®  ^®  ^f^  ^^P^ 
mois,  déduite  de  dix  années  d'observations  est  de  0^*4;  mais  cette 
température  moyenne  peut  varier  de  2**  7i  j^  go  71 .  En  supposant  la 
température  intérieure  maintenue  à  15*",  Vexcès  moyen  delà  tempéra- 
ture intérieure  sur  la  température  extérieure  sera  de  8*  6;  et  cet  excès 
pourraitvarierdel5«— 2^71— 12*29,  à  150^^8**  7 ^ -^^^  ^®- 

2131.  Lorsque  le  chauffage  est  intermittent  il  est  înnpossible  de  cal- 
culer, même  approximativement,  les  dépenses  de  com^"^^^^^®  néces- 
saires pour  maintenir  les  pièces  pendant     n  certain  temps  a  une 
certaine  température,  parce  qu'une  trè^»      de  pa^*®  ^^  ^^  chaleur 
produite  est  absorbée  par  les  murailles   et        cette  quantité  varie  sui- 


Digitized  by  VjOOQIC 


78     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

vant  l'épaisseur  et  la  nature  des  murailles^  la  température  extérieure 
et  la  durée  de  rintermittenee. 

2132.  Pour  les  grands  établissements  publics,  dans  lesquels  la  tem- 
pérature doit  être  constante,  comme  dans  les  hôpitaux,  les  prisons 
cellulaires,  Tétude  détaillée  des  projets  doit  être  accompagnée  du 
calcul  des  quantités  de  chaleur  maximum  à  fournir  dans  les  circon- 
stances les  plus  défavorables,  et  de  la  quantité  moyenne  de  chaleur  con- 
sommée pendant  la  durée  du  chauffage.  La  consommation  moyenne 
de  combustible  se  déduit  facilement  de  la  quantité  de  chaleur  à 
fournir,  mais  il  faut  dans  chaque  cas  tenir  compte  de  la  chaleur  perdue 
qui  peut  s'élever  jusqu'à  50  p.  100. 

2133.  Les  dimensions  des  appareils  doivent  être  calculées  pour  les 
circonstances  les  plus  défavorables.  On  pourrait  cependant,  pour  les 
surfaces  de  chauffe,  rester  un  peu  au-dessous  de  celles  qui  correspon- 
dent au  minimum  de  température  extérieure,  du  moins  quand  ce  mi- 
nimum n'est  pas  de  longue  durée  (comme  cela  a  lieu  dans  la  majeure 
partie  de  la  France),  et  que  les  murailles  ont  une  grande  épaisseur, 
parce  que  l!énorme  quantité  de  chaleur  qu'elles  renferment  suffit  pour 
pourvoir  à  un  froid  exceptionnel  ;  d'ailleurs,  si  la  température  inté- 
rieure s'abaissait  de  1  ou  2**,  pendant  les  plus  grands  froids,  on  ne  s'en 
apercevrait  pas,  car  la  sensation  qu'on  éprouve  dans  les  lieux  échauffés 
dépend  surtout  de  l'excès  de  leur  température  sur  celle  de  l'air  exté- 
rieur. Mais  l'économie  qu'on  obtiendrait  pourrait  avoir  de  graves 
inconvénients  ;  si  par  une  circonstance  quelconque  le  chauffage  avait 
été  interrompu,  et  s'il  fallait  établir  le  régime  dans  les  murailles  au 
milieu  de  l'hiver,  on  n'y  parviendrait  pas  avec  des  appareils  qui  n'au- 
raient pas  une  puissance  suffisante. 


CHAPITRE    IL 

CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HABITATIONS  PARtICULIÈRES. 

Le  chauffage  des  habitations  particulières  peut  s'effectuer  par  diffé- 
rentes méthodes,  que  nous  allons  examiner  successivement. 

Chauffais  par  le  sol. 

2134.  Chez  les  Romains,  les  maisons  d'habitation  des  personnes 
riches  étaient  chauffées  par  le  sol,  au-dessous  duquel  se  trouvaient  des 


Digitized  by  VjOOQiC 


CHAP.  IL  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HABITATIONS.    79 

tuyaux  en  maçonnerie  parcourus  par  l'air  brûlé,  venant  d'un  foyer 
spécial.  Cet  air  s'élevait  ensuite  dans  des  canaux  verticaux,  placés  dans 
l'intérieur  des  murs,  et  qu'on  a  considérés  comme  destinés  à  chauffer 
les  étages  supérieurs,  mais  qui  certainement  servaient  en  même  temps 
de  cheminées,  car,  sans  cheminées,  la  combustion  n'aurait  pu  s'effec- 
tuer. Ces  appareils  portaient  le  nom  A^hypocaustrum. 

2135.  En  Chine,  des  dispositions  analogues  sont  usitées  à  Pékin,  où 
les  hivers  sont  très-froids,  mais  encore  seulement  par  la  classe  riche. 

21 36.  Ce  mode  de  chauffage  n'est  plus  employé  en  Europe.  Il  est  peu 
avantageux,  à  cause  de  la  grande  quantité  de  chaleur  transmise  à  tra- 
vers le  sol  ;  et  d'ailleurs  l'existence  des  caves,  au-dessous  des  maisons 
modernes,  le  rend  à  peu  près  impossible  à  établir. 

dbanAifre  direct  par  la  combustion. 

2137.  La  combustion  directe  du  charbon  ou  du  bois,  dans  des  bra* 
siers  placés  au  milieu  de  la  pièce,  a  été  le  premier  moyen  de  chauffage. 
Ce  système,  dont  nous  avons  déjà  parlé  (21 19),  était  généralement  em- 
ployé par  les  Grecs  et  les  Romains  ;  il  est  encore  usité,  avec  le  charbon 
de  bois,  en  Espagne,  en  Italie,  et  dans  certaines  contrées  de  l'Amérique. 
Il  est  d'une  extrême  simplicité,  et  utilise  toute  la  chaleur  dégagée  par 
le  combustible  ;  mais,  d'un  autre  côté,  les  produits  de  la  combustion, 
toujours  désagréables  aux  personnes,  et  nuisibles  aux  meubles  et  aux 
tentures,  peuvent  de  plus,  dans  certains  cas,  être  fort  dangereux  pour 
la  santé. 

2138.  Remarquons,  en  effet,  que  1  kilogramme  de  charbon,  en  brû- 
lant, convertit  en  acide  carbonique  la  totalité  de  l'oxygène  qui  se  trouve 
dans  9  mètres  cubes  d'air  ;  mais  l'air  devient  impropre  à  la  respiration 
quand  il  ne  renferme  plus  que  le  tiers  de  l'oxygène  normal  :  d'où  il  suit 
que  la  combustion  de  1*  de  charbon  rend  irrespirables  27  mètres  cubes 
d'air.  Ainsi,  l'air  d'un  appartement  clos,  de  4"  de  longueur  sur  4  de 
largeur  et  3  de  hauteur  (soit  48  mètres  cubes  de  capacité),  serait  rendu 
impropre  à  la  respiration,  et  asphyxierait  les  hommes  qui  le  respire- 
raient, par  la  combustion  de  1^  74  de  charbon. 

2139.  Il  est  vrai  que  l'excès  de  température  forcerait  bien  vite  à 
ouvrir  les  fenêtres  ;  car,  en  admettant  qu'il  n'y  eût  que  peu  de  causes 
de  refroidissement,  la  combustion  de  celle  quantité  de  charbon  élève- 
rait la  température  de  l'air  de  ^g^s^î^Ii^^^      ^  820\  En  réalité,  le 

-^1,3X0  237  I  ' 

danger  ne  résulte  que  de  la  production  de  Toxyde  de  carbone,  qui  donne 
beaucoup  moins  de  chaleur,  et  dont  Tadion  sur  Véconomie  animale  est 


Digitized  by  VjOOQlC 


80     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

encore  bien  plus  délétère.  Les  expériences  de  M.  Félix  Leblanc  ont  en 
effet  démontré,  comme  nous  l'avons  vu  (2018),  que  la  présence  de 
1  centième  de  ce  gaz  dans  l'air  suffit  pour  donner  la  mort  aux  ani- 
maux à  sang  chaud. 

21 40.  Le  chauffage  direct  de  Fair  par  la  combustion  doit  être  proscrit, 
toutes  les  fois  que  les  hommes  doivent  séjourner  dans  l'air  échauffé; 
mais  on  peut  l'appliquer  avec  moins  d'inconvénients  au  chauffage  des 
antichambres  et  des  pièces  où  l'ouverture  des  portes  produit  nécessai- 
remeut  un  renouvellement  d'air  qui  atténue  beaucoup  les  dangers  que 
nous  avons  signalés.  Il  convient  toutefois  de  conduire  la  combustion 
dans  les  brasiers  de  manière  à  éviter  la  production  de  l'oxyde  de  car- 
bone ;  et  sous  ce  rapport,  l'emploi  de  la  braise,  dont  la  combustion 
s'effectue  principalement  à  la  surface,  d'une  manière  lente  et  continue, 
permet,  beaucoup  moins  que  le  charbon  en  fragments,  la  production 
de  ce  gaz. 


Chanffai^e  de  Pair  des  appartements   par  le  rayonnement  du 
combustible  dans  des  foyers  ouTerts. 

21 41 .  On  a  fait  beaucoup  de  recherches  pour  savoir  si  les  anciens  fai- 
saient usage  des  cheminées.  Les  maisons  découvertes  à  Herculanum  et 
à  Pompéia  n'en  offrent  point  ;  ainsi  on  doit  présumer  qu'à  l'époque  de 
la  destruction  de  ces  deux  villes,  on  ne  connaissait  pas  encore  les  che- 
minées en  Italie,  et  qu'on  se  servait  alors  de  foyers  ouverts  et  portatifs. 
Les  palais  paraissent  avoir  été  chauffés,  à  cette  époque,  comme  nous 
l'avons  déjà  dit,  par  des  fours  placés  au-dessous  du  rez-de-chaussée, 
dont  la  chaleur  se  distribuait  dans  la  masse  des  bâtiments,  et  aussi  par 
des  foyers  fixes,  ouverts  de  tous  les  côtés,  établis  au  milieu  des  pièces,  et 
dont  la  fumée  s'échappait  par  un  orifice  percé  dans  le  toit.  Ces  deux 
modes  de  chauffage  devaient  exiger  une  énorme  quantité  de  combustible. 

2142.  Au  temps  de  Sénèque,  on  commença  à  pratiquer  des  tuyaux 
dans  les  murs,  pour  porter  la  chaleur  dans  les  étages  supérieurs. 
Il  est  probable  que  c'est  là  l'origine  des  tuyaux  destinés  à  recevoir  la 
tumée. 

2143.  L'époque  à  laquelle  il  faut  placer  l'origine  des  cheminées  est 
assez  incertaine  ;  les  auteurs  du  commencement  du  quatorzième  siècle 
semblent  ne  les  pas  connaître. 

2144.  La  date  la  plus  ancienne,  et  en  même  temps  la  plus  certaine 
où  il  ait  été  question  des  cheminées,  est  l'année  1347.  Une  inscription 
trouvée  à  Venise  apprend  que  cette  année  un  tremblement  de  terre  ren- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    8i 

versa  un  grand  nombre  de  cheminées.  Les  premiers  ramoneurs  qui 
vinrent' en  France  étaient  originaires  de  la  Savoie,  du  Piémont  et  des 
autres  pays  circonvoisins.  Ces  contrées  ont  été  pendant  longtemps  les 
seules  où  le  métier  de  ramoneur  fût  pratiqué  ;  d*où  l'on  peut  conjec- 
turer que  les  cheminées  ont  été  inventées  en  Italie. 

2145.  L'usage  des  poêles  est  très-répandu  dans  le  Nord,  tandis  qu'en 
France  et  dans  la  Grande-Bretagne^  on  préfère  les  foyers  découverts. 
Dans  les  parties  les  plus  chaudes  de  TEspagne  et  de  l'Italie,  on  voit 
très- peu  de  cheminées  ;  le  seul  moyen  de  tempérer  le  froid,  souvent 
très-vif  pendant  certains  jours  d*hiver,  consiste  à  brûler  du  charbon 
de  bois  dans  les  foyers  portatifs  appelés  braseros^  dont  nous  avons  déjà 
parlé  (2137). 

2146.  On  donna  d'abord  à  l'ouverture  des  foyers  découverts  et  aux 
tuyaux  à  fumée  des  dimensions  démesurées  ;  ces  dimensions,  conser- 
vées encore  dans  les  campagnes,  produisent  de  très-graves  inconvé- 
nients. La  ventilation  est  énorme,  et  la  masse  d'air  froid  qui  afflue  du 
dehors  vers  le  foyer  refroidit  tellement  i'appartemeàt,  (ju'il  n'y  a  qu'une 
très-minime  proportion  de  chaleur  utilisée.  Enfin,  la  vitesse  de  l'air 
dans  la  cheminée  étant  très-petite  à  cause  de  son  grand  diamètre  et  de 
la  température  peu  élevée  de  la  fumée,  le  tirage  est 
facilement  influencé  par  les  vents,  et  il  s'établit 
souvent  dans  la  cheminée  deux  courants  opposés, 
qui  occasionnent  le  dégagement  de  la  fumée  dans 
la  pièce  ;  il  peut  même  arriver  que  la  quantité 
d*air  appelé,  croissant  avec  l'activité  de  la  com- 
bustion, l'appartement  se  refroidisse  d'autant  phis 
que  la  consommation  de  combustible  est  plus 
forte.  Les  grandes  ouvertures  de  foyers  et  les 
grandes  sections  de  cheminées  ont  été  abandon- 
nées dans  ]es  villes  depuis  longtemps  ;  mais  celles 
qui  ont  été  conservées  sont  encore  souvent  trop 
considérables,  et  les  foyers  actuels  ont,  en  partie 
du  moins,  les  inconvénients  des  anciens. 

2147.  Rumfortfut  le  premier  qui  améliora  la 
construction  des  foyers;  il  rétrécit  à  0,1 2  ou  0,15 
de  large  l'orifice  de  communication  avec  la  che- 
minée, diminua  de  près  de  moitié  la  profondeur 
du  foyer,  et  le  termina  latéralement  par  des  murs 
inclinés  à  45^  Ces  foyers  [fig.  525  et  526),  connus  généralement  sous 
le  nom  de  cheminées  à  la  Rumfort,  sont  beaucoup  plus  avantageux  que 

m.  G 


F»9.  525  et  526. 


Digitized  by  VjOOQIC 


82     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

les  anciens  ;  la  quantité  d'air  non  brûlé  cpii  passe  dans  le  tuyau  à  fumée 
étant  plus  petite  que  pour  les  foyers  ordinaires,  la  température  de  la 
fumée  cesse  d'être  aussi  faible.  L'air  brûlé  se  répartit  d'une  manière 
plus  uniforme  dans  le  canal,  et  TouYerture  supérieure  étant  également 
rétrécie,  les  doubles  courants  ne  s'y  établissent  pas  aussi  facilement  ; 
la  combustion  est  aussi  plus  vive,  parce  que  la  vitesse  de  l'air  à  l'orifice 
est  plus  grande,  et  cpie  Fair  affluent  est  mieux  dirigé  sur  le  combus- 
tible, ou  du  moins  sur  la  flamme. 

2148.  Lhomond  a  modifié  la  disposition  de  Rumfort,  et  ajouté  un 
tablier  mobile,  qui  permet  de  régler  à  volonté  Torifice  d'accès  de  l'air. 

On  peut  ainsi  forcer  presque 
tout  le  courant  à  passer  sur  le 
combustible;  ce  qui  est  très- 
utile,  surtout  pour  l'allumage  du 
foyer.  Les  figures  527,  528,  re- 
présentent cette  cheminée  en 
élévation  et  en  coupe  horizon- 
tale; la  figure  529  donne  les 
détails  du  tablier  mobile.  Ce  ta- 
blier se  compose  de  trois  volets 
*^"       •  en  tôle  mince,  glissant  les  uns 

sur  les  autres  dans  une  rainure  figurée  au  plan  ;  celui  qui  est  à  la 


I 


=^^ 


t- 


Fig.  528. 


Fig.  329. 


partie  inférieure  est  soutenu  au  milieu  par  une  chaîne  qui,  après 
avoir  passé  sur  deux  poulies,  se  termine  par  un  contre-poids.  Les  che- 
minées de  Lhomond  sont  aujourd'hui  excessivement  répandues,  sur- 
tout à  Paris. 

2149.  Cheminée  à  houille  et  à  coke.— Les  figures  530  et  531  repré- 
sentent l'élévation  et  la  coupe  d'une  cheminée  à  houille.  Les  jambages 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    83 

sont  disposés  comme  dans  la  cheminée  de  Lhomond,  et  le  combustible 
brûle  sur  une  grille  formée  de  barreaux  qui  sont  fixés  dans  les  murs 


Fig.  530. 


Ftg.  b3I. 


latéraux  du  foyer,  abcd  est  un  tablier  mobile  autour  de  la  charnière  cd, 
et  qu'on  abaisse  devant  la  grille  pour  allumer  le  combustible.  Dans 
cette  position,  tout  Tair  appelé  par  la  cheminée  passe  nécessairement  à 
travers  le  foyer,  et  le  tirage  est  beaucoup  augmenté.  On  emploie  aussi 
des  tabliers  qui  ne  font  point  partie  de  la  devanture  de  la  cheminée,  et 
qu'on  accroche  à  un  clou  devant  le  foyer,  quand  on  veut  allumer  le 
combustible. 

2150.  En  Amérique,  on  brûle  l'anthracite  dans  des  foyers  disposés 
à  peu  près  de  la  même  manière. 

2151.  Une  bonne  disposition  de  foyer  à  houille  consiste  à  placer  a 
grille  tout  à  fait  en  saillie,  de  manière  à  utiliser  le  plus  possible  la  cha- 
leur rayonnante.  Une  calotte  demi-circulaire  sert  à  diriger  la  fumée 
dans  le  tuyau  de  cheminée. 

2152.  On  peut  encore  brûler  là  houille  et  le  coke  dans  une  cheminée 
ordinaire  de  Lhomond,  en  mettant  à  la  place  des  chenets  une  grille  en 
fonte  de  forme  convenable. 

2153.  Considérations  générales  sur  les  cheminées ^-^^^^^^^^^^ 
par  les  foyers  découverts  a  pour  objet  de  laisser  voir  le  fe^*  ^^^  ^"^  ^^ 
(eu  est  devenue  un  besoin  auquel  on  sacrin        û  grande  quantité  de 

^^^:^«  et  dans  quelques 

c'est  d'effectuer 


combustible,  et  auquel  on  ne  renoncera  pç^       „      ^  et  àdxxs  quelques 
pays.  Ce  qu'il  convient  donc  de  chercher  ^^  ^  î^r,  c'^*  ^'^^^«^^««^ 
avec  cette  condition  le  chauffage  et  la  vent;i    ^^^  i    t)l^*  ^ 
ment  possible.  ^*  lotion  l^  V 


,  économique- 


Digitized  by  VjOOQIC 


S\      Li\.  XV.  ^  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEVX  HABITÉS. 

2154.  La  première  condition  à  remplir,  pour  toutes  les  cheminées, 
est  d'assurer  le  renouvellement  de  l'air  dans  les  pièces  chauffées.  Le 
plus  souvent  on  né  prend  aucune  disposition  particulière  dans  ce  but,  et 
l'air  nécessaire  à  la  combustion  s'introduit  par  les  fissures  des  portes  et 
des  fenêtres.  Il  en  résulte  des  courants  d'air  froid  souvent  trè&-désagréa- 
bles,  et  des  irrégularités  qui  peuvent  être  cause  que  la  fumée  se  répand 
dans  la  pièce.  Il  est  préférable  de  régler  la  ventilation  par  des  ouver- 
tures spéciales  et  de  dimensions  suffisantes,  prenant  directement  l'air 
à  l'extérieur  ;  et  il  convient^  au  point  de  vue  de  la  salubrité  et  de 
l'économie,  de  chauffer  l'air  avant  son  introduction  dans  l'appar- 
tement. 

2155.  Il  n'est  pas  possible.de  fixer  d'une  manière  précise  les  dimen- 
sions des  tuyaux  de  cheminée.  D'après  un  grand  nombre  d'expériences 
faites  sur  différentes  cheminées,  dont  plusieurs  étaient  disposées  de  la 
manière  la  plus  favorable  pour  diminuer  le  volume  d'air  qui  échappe 
à  la  combustion,  on  peut  admettre  qu'en  général,  dans  les  foyers  dé- 
couverts, le  volume  d'air  appelé  est  au  moins  de  100™*  par  kilogramme 
de  bois,  et  on  a  reconnu  qu'une  ouverture  circulaire  (le  0,20  à  0,25  de 
diamètre  est  presque  toujours  suffisante  pour  le  tuyau  de  cheminée,  et 
à  plus  forte  raison  pour  le  tuyau  d'arrivée  d'air.  Pour  les  vastes  appar- 
tements, qui,  étant  destinés  à  réunir  un  grand  nombre  de  personnes, 
doivent  avoir  une  puissante  ventilation,  on  peut  donner  aux  tuyaux 
0"' 25  de  section. 

2156.  La  seule  chaleur  utilisée  dans  les  foyers  ordinaires  est  celle 
qui  provient  du  rayonnement  ;  par  conséquent,  les  combustibles  les 
plus  avantageux  sont  ceux  qui  ont  un  grand  pouvoir  rayonnant.  La 
houille  et  le  coke,  sous  ce  rapport,  sont  préférables  au  bois. 

2157.  L'ouverture  d'une  cheminée  ordinaire  laisse  passer  dans  l'ap- 
partement à  peu  près  le  quart  de  la  quantité  totale  de  chaleur  rayonnée 
par  les  combustibles.  Or,  comme  la  chaleur  rayonnée  est  0,25  de  la 
chaleur  totale  dégagée  pour  le  bois,  0,50  pour  le  charbon  de  bois,  la 
houille  et  le  coke,  la  chaleur  utilisée  dans  les  foyers  découverts  est 
à  peu  près  égale  à  0,06  de  la  chaleur  totale  pour  le  bois,  et  0,12  pour 
les  trois  autres  combustibles. 

2}  58.  On  a  cherché  à  perfectionner  les  cheminées,  soit  en  facilitant 
l'accès  de  l'air,  soit  en  utilisant  une  plus  grande  fraction  de  la  chaleur 
rayonnante,  et  une  partie  de  celle  renfermée  dans  les  gaz  chauds.  Nous 
allons  passer  en  revue  les  principaux  types  qui  ont  été  ou  qui  sont  en- 
core appliqués. 

2159.  Cheminées  à  ventouses.  —  La  figiu'e  532  représente  la  coupe 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAlNISSEBlENT  DES  APPARTEMENTS.    85 

d'un  système  de  cheminée  aujourd'hui  à  peu  près  abandonné,  mais 
qui,  lors  de  son  intention,  a  eu  beau- 
coup de  vogue  :  c'est  ce  qu'on  appelle 
une  cheminée  à  ventouse.  Un  canal, 
construit  le  plus  souvent  dans  Tinté- 
rieur  même  du  tuyau  de  cheminée, 
puise  l'air  à  l'extérieur,  et  vient  le  ver- 
ser en  avant  du  foyer,  entre  les  deux 
tabliers  fixes  AB  et  A'B'.  Cette  dis- 
position a  l'inconvénient  de  produire 
devant  la  cheminée  un  courant  d'air 
froid  et  incommode,  sans  effectuer  la 
ventilation  de  l'appartement. 

2160.  Cheminées  à  foyer  mobile.    _ 
—  Il  y  a  une  trentaine  d'années,    ' 
M.  Bronzac ,  pour  augmenter  l'effet 
utile  du  combustible,  a  eu  l'ingénieuse  idée  de  rendre  le  foyer  mobile. 
Ce  foyer  se  compose  d'une  caisse  en  fonte  [fiff.  S33,  534),  ouverte  en 


Fig.  533. 


Fig.  534. 


avanl,  et  mobile  sur  quatre  galets  ;  la  caisse  est  logée  dans  une  cheminée 
ordinaire  de  Lhomond.  Pour  allumer  le  feu,  on  enfonce  le  to^er  dans  la 
cheminée,  dont  on  baisse  le  tablier  ;  q^atid  la  cotn\)\Jsi\on  et  \e  Virage 
sont  bien  établis,  on  l'avance  dans  rintérieur  de  là  Ç^^^^^  ^^  w^auifere 
àprofiter  autant  que  possible,  sans  q\j»M ^n  résulte  ^e  tumèe,  àe\a  c\\a- 
leur  rayonnante.  Ces  appareils,  bie^       'culés  à  VoriS^^^'  ^^  ^^  Wau- 


Digitized  by  VjOOQIC 


86     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

coup  de  succès  ;  mais,  après  l'expiration  du,  privilège  de  l'inventeur, 
leur  construction  moins  soignée  par  des  fumistes  qui  voulaient  les  livrer 
à  trop  bas  prix,  a  été  probablement  une  des  causes  qui  en  ont  beaucoup 
restreint  l'usage. 

2161.  A  l'exposition  universelle  de  1855  se  trouvait  un  appareil  du 
même  genre.  Le  foyer  pouvait  s'avancer  de  plusieurs  mètres  dans  l'in- 
térieur de  l'appartement  ;  la  fumée  se  rendait  alors  dans  la  cheminée 
par  un  tuyau  formé  de  tubes  rentrant  les  uns  dans  les  autres,  comme 
pour  un  télescope. 

2162.  Foyers  découverts  à  flamme  renversée.  —  La  figure  535  re- 
présente un  appareil  dans  le- 
quel le  foyer  est  entièrement 
découvert.  La  flamme,  au  lieu 
de  s'élever  verticalement,  se 
renverse  dans  la  masse  en 
ignition,  et  la  totalité  de  l'air 
appelé  est  ainsi  obligée  de  tra- 
verser le  foyer.  Pour  établir  le 
tirage,  on  brûle  quelques  me- 
nus combustibles  par  la  porte 
placée  au-dessus  de  la  grille. 
Les  foyers  à  flamme  renver- 
sée, qui  utilisent  plus  de  cha- 


Fig,  535. 


leur  rayonnante  lorsque  toute  la  masse  de  charbon  est  embrasée, 
exigent  un  tirage  puissant,  qui  ne  suffit  même  pas  toujours  pour  em- 
pêcher le  dégagement  de  la  fumée  dans  la  pièce.  La  disposition  de  la 
figure  535  est  indiquée  comme  principe,  et  ne  saurait  être  employée 
qu'avec  de  nombreuses  modifications. 

2163.  Les  figures  536  et  537  représentent  une  cheminée  imaginée 
par  M.  Millet,  et  dans  laquelle  la  combustion  se  fait  à  flamme  renver- 
sée, dans  des  conditions  qui  diminuent  les  chances  de  dégagement  de 
fumée  dans  la  pièce.  L'appareil  se  compose  de  trois  plaques  métalli- 
ques cintrées,  ABCD,  abcd.  Les  trois  grands  côtés  AB,  BC,  CD,  se  rac- 
cordent avec  le  chambranle  de  la  cheminée  ;  les  trois  petits  côtés  enca- 
drent le  foyer;  le  tablier  mobile /sert  à  fermer  plus  ou  moins  le  cadre 
du  foyer  ;  il  reste  en  équihbre  dans  toutes  ses  positions  à  l'aide  du 
contre-poids  P,  fixé  à  une  chaîne  attachée  au  tablier,  et  qui  passe  sur 
la  poulie  g  ;  hi^  ouverture  pratiquée  dans  le  contre-cœur,  et  que  l'on 
ferme  plus  ou  moins,  à  l'aide  du  volet  kl.  La  position  de  ce  volet  se 
règle  au  moyen  de  la  poignée  m;  cette  dernière,  mobile  autour  de  l'axe 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IL  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    87 

horizontal  n,  porte  au  point  p  deux  chaînes  dont  l'une,  après  s'être  en- 
roulée sur  la  poulie  q^  supporte  le  poids  r,  et  dont  l'autre  s'enroule  sur 


JZ^ 


/if 


df-  ';       I  '     D  A 


Fig.  536. 


Fi^.  537. 


les  poulies  s  et  tj  et  s'attache  à  un  crochet  fixé  au  Yolet.  Le  contre- 
poids r  est  destiné  à  maintenir  le  volet  dans  une  position  quelconque. 
La  fumée  peut  s'écouler  dans  la  cheminée  par  l'orifice  ht  et  par  une 
fente  percée  dans  la  partie  supérieure  de  la  caisse,  et  qui  diminue  de 
section  à  mesure  qu'on  élèye  le  tablier,  sans  pouvoir  jamais  être  com- 
plètement fermée. 

2164.  Par  cette  disposition,  la  combustion  est  plus  complète  que 
dans  les  appareils  ordinaires  ;  ce  qui  est  loin  d'être  ici  un  avantage 
pour  le  chauffage,  parce  que  la  flamme  se  produit  en  grande  partie 
dans  la  cheminée.  La  combustion  s'effectue  avec  une  quantité  d'air  peu 
supérieure  à  celle  nécessaire,  ce  qui  est  un  grave  inconvénient  ;  car 
les  appartements  ne  sont  réellement  salubres  qu'avec  une  assez  grande 
ventilation.  En  outre,  il  arrive  encore  assez  fréquemment  que  de  la 
fumée  se  dégage  dans  la  pièce. 

2165.  Récemment;  M.  Touet-Chambor  a  cherché  à  répandre  un 
appareil  {fig.  538,  539)  basé  sur  le  même  principe  que  le  précé^ 
dent,  mais  disposé  pour  brûler  de  la  houille  ;  et  à  cet  effet  une  grille  F 
remplace  les  chenets.  L'air  qui  afflue  sur  le  combustible  produit  une 
flamme  renversée,  qai  pénètre  dans  la  cheminée  à  travers  une  seconde 
grille  G,  dont  on  règle  la  section  libre  par  un  registre  H  glissant 
entre  deux  rainures,  et  maintenu  par  un  contre-poids.  Au-dessus  du 
foyer  se  trouvent  deux  ouvertures,  fermées  en  partie  par  deux  regis- 
tres C,C,  et  par  lesquelles  s'écoulent  les  produits  de  la  combustion  qui 
auraient  échappé  à  l'appel  par  la  grille  G.  Cet  appareil  ne  présente  pas 


Digitized  by  VjOOQIC 


88     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATlOiN  DES  LiEVX  HABITÉS. 

plus  d'avantages  que  celui  de  M.  Millet  ;  toutefois,  pour  éviter  de  perdre 
la  chaleur  des  gaz  chauds,  M.  Touet-Chambor  a  ajouté  dans  la  che- 

r  1 


«@=fr 


ji 

Wi 

7 

r 
j 

jpzlzqp 

ttlÉËI, 

X.,-.„_.„ , 

liiiiuiiijijjiuiiittiiuiii 


Fig.  538. 


Fig.  539. 


minée  un  tuyau  B,  B,  en  tôle,  dans  lequel  de  Tair  venant  de  l'extérieur 
circule  et  s'échauffe  avant  de  pénétrer  dans  Tappartement. 

2166.  M.  le  docteur  anglais  Ârnott  a  présenté  à  l'exposition  univer- 
selle de  1855  une  cheminée  dont  j'ai  déjà  parlé,  et  qui  avait  le  double 
objet  de  brûler  la  fumée  et  de  renfermer  du  combustible  pour  un  grand 
nombre  d'heures.  Comme  cet  appareil  présente  en  outre  des  disposi- 
tions relatives  à  la  ventilation,  j'y  reviendrai  plus  loin. 

2167.  Foyers  découverts,  dans  lesquels  on  utilise  une  partie  de  la 
chaleur  de  tair  brûlé.  —  Dans  toute  cette  série  d'appareils,  il  existe  à 
l'arrière  ou  autour  du  foyer  une  espèce  de  calorifère  qui  communique 
par  le  bas  avec  l'air  extérieur,  et  parle  haut  avec  l'appartement.  L'air, 
en  s'y  échauffant,  détermine  un  appel  d'autant  plus  actif  que  le  calori- 
fère a  une  plus  grande  hauteur,  et  que  la  température  y  est  plus  élevée  ; 
il  entre  donc  constamment  dans  la  pièce  un  courant  d'air  qui  produit 
la  ventilation,  et  sert  ensuite  à  la  combustion.  Avec  ce  genre  de  che- 
minées disparaît  l'inconvénient  de  l'air  froid  appelé  par  les  fissures  des 
portes  et  fenêtres  ;  les  cheminées  tendent  également  moins  à  fumer, 
parce  que  l'air  peut  pénétrer  plus  facilement  dans  l'appartement. 
Une  condition  importante  à  remplir,  dans  tous  ces  appareils,  est  de 
rendre  le  nettoyage  facile,  ainsi  que  le  ramonage  de  la  cheminée. 


Digitized  by  VjOOQlC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    89 

2168.  Une  des  dispositions  les  plus  simples,  employée  quelquefois, 
consiste  à  placer  dans  la,  cheminée  [fig.  540)  un  tuyau  de  tôle  commu- 
niquant par  le  bas  avec  Tair  extérieur,  et  s'ouvrant  dans  la  pièce  près 
du  plafond.  L'appel  d'air  extérieur  s'établit  ainsi  d'une  manière  très- 
efBcace;  mais  il  faut  démonter  le  tuyau  pour  le  ramonage.  On  a  éviié 
cet  inconyénient,  en  faisant  passer  la  fumée  dans  le  tuyau,  et  l'air  exté- 
rieur tout  autour,  comme  le  montre  la  figure  541 .  Mais  ces  dispositions, 
qui  exigent  que  la  cheminée  ait  une  assez  grande  section,  nécessitent 


Fig.  54u. 


fig.  otl. 


en  outre  des  constructions  accessoires  toujours  gênantes  quand  il  faut 
/es  faire  après  coup. 

2169.  M.  Leras,  professeur  de  physique  au  lycée  d'Alençon,  a  exposé 
età  1855  une  cheminée,  représentée  figure  542.  Le  foyer  a  très-peu  de 
profondeur,  et,  par  suite,  l'amplitude  du  rayonnement  du  combustible 
est  très-étendue.  L'air  extérieur  circule  d'abord  sousl'âtre  de  la  che- 
minée, puis  derrière,  et  enfin  de  chaqxx^  côté  ^^  ^^^^^  '  ^  ^y^Vii  s'échap- 
per par  plusieurs  bouches  placées  laté^  Ipment.  L'ouverture  du  foyer 
est  environnée  d'une  plaque  en  cuivr^  y  pouT  augmenter  la  chaleur 
rayonnée.  Tout  cet  ensemble  ne  lai^^  ^^  ^'  ^e  donner  une  économie 


Digitized  by  VjOOQIC 


90     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LlEl/Jf  HABITÉS. 

importante;  toutefois,  ravancement  du  foyer  ri^ue  d'occasionner 

souvent   de    la  fumée  dans  les 


2170.  Les  figures  543  et  544 
représentent  une  élévation  et  une 
coupe  transversale  d'un  autre  ap- 
pareil destiné  à  utiliser  une  partie 
de  la  chaleur  de  l'air  brûlé.  Sous 
le  foyer  est  une  caisse  rectangu- 
laire, en  fonte  ou  en  tôle ,  d'une 
petite  hauteur  ;  elle  communique 
avec  un  canal  qui  s'ouvre  à  l'ex- 
térieur. Sur  la  partie  postérieure 
de  la  caisse  se  trouvent  fixés  un 
certain  nombre  de  tubes  recour- 
bés, qui  viennent  aboutir  à  une 
autre  caisse  placée  au-dessus  du 
cadre'  du  foyer,  et  qui  est  fermée 
en  avant  par  une  toile  métallique. 
L'air  brûlé,  passant  entre  les  tubes 
pour  se  rendre  dans  le  tuyau  de 
cheminée,  échauffe  l'air  froid  qui 

circule  dans  leur  intérieur,  et  qui  vient  se  dégager  ensuite  dans  la  pièce. 

Il  n'est  pas  possible,  avec  cette  disposition,  de  brûler  de  la  houille  ou 


Fig.  542. 


Fig.  5  43., 


Fig,  541. 


du  coke  ;  la  combustion  se  maintiendrait  trop  difficilement  au  contact 
des  tubes. 


Digitized  by  VjOOQlC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    91 

La  figure  545  représente  une  disposition  du  même  genre  dans  la- 
quelle les  tubes  sont  placés  horizontalement  au-dessus  du  foyer.  Elle 
est  toutefois  moins  bonne  que  la  précédente  dans  laquelle  l'appel  de 
Tair  froid  est  déterminé  dans  les  tubes  par  la  hauteur  de  la  colonne 
d'air  chauffé  ;  avec  des  tubes  horizontaux 
cet  appel  n'existe  plus. 

2171.  L'appareil  représenté  dans  les  fi- 
gures 546, 547, 548, 549,  se  compose  d'une 
caisse  en  tôle  Â'A'CD ,  dont  la  face  anté- 
rieure AA'BB'  s'ajuste  sur  le  chambranle 
de  la  cheminée  ;  cette  caisse  est  ouverte  à  la 
partie  inférieure,  et  enveloppe  le  canal  qui 
amène  Tair  extérieur.  Sur  la  face  antérieure 
est  percée  une  ouverture  L,  par  laquelle  l'air 
extérieur  échauffé  se  rend  dans  la  chambre. 
Cette  caisse  en  renferme  une  autre  plus  pe- 
tite en  fonte,  abcd  [fig.  549)  et  adef 
[fig.  547),  qui  sert  de  foyer;  le  tuyau  /,  muni  du  registre  r,  conduit 
l'air  brûlé  dans  la  cheminée.  Les  faces  latérales  de  la  caisse  du  foyer 


Ft^.  546.  FUj.^STi. 

sont  traversées  par  des  plaques  m,  m,  venues  de  fonte,  et  qui  se  pro- 
longent en  dedans  et  en  dehors.  L'air  extérieur  arrive  au-dessous  du 
foyer  par  deux  canaux  o,  o.  Les  orifices  jo  servent  à  introduire  dans  l'ap- 
pareil l'air  de  la  pièce,  quand  la  section  du  canal  d'appel  est  trop  pe- 
tite. La  figure  548  est  une  coupe  suivant  Y  Y  ;  la  figure  549,  une  coupe 
en  XX. 


Digitized  by  CjOOQiC 


92     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTlLATlOxN  DES  t/Êl/X  HABITÉS. 

Cet  appareil  est  assez  compliqué,  et  la  surface  de  chauffe  de  l'air  ex- 
térieur est  faible.  U  est  à  craindre,  en  outre,  que  les  saillies  en  fonte  ne 




II 

Fig.  548. 


produisent  que  peu  d'effet  ;  car  les  intervalles  doivent  s'obstruer  rapi- 
dement par  la  suie,  et  le  nettoyage  n'est  pas  très-commode. 

2172.  Pour  diminuer  l'accès  d'air  inutile  dans  la  cheminée,  sans 
enlever  la  vue  du  feu,  Descroizilles  a  imaginé  de  fermer  la  partie  su- 
périeure de  l'ouverture  des  foyers  découverts  par  un  rideau  en  toile 
métallique  très-fine,  qui,  appliqué  aux  foyers  à  bois  et  surtout  aux 
foyers  à  houille,  a  donné  de  bons  résultats.  La  figure  550  représente 

un  foyer  Descroizilles  avec  un 
appareil  à  chauffer  l'air,  placé 
derrière.  Le  foyer  se  compose 
d'une  caisse  en  fonte,  avec  une 
grille  en  avant;  un  cadre  en 
fonte,  dans  lequel  se  trouve  la 
toile  métallique  T,  peut  tourner 
autour  d'une  charnière,  et  cou- 
vrir ou  découvrir  le  feu  à  vo- 
lonté. L'airbrûlé  s'élèvedu  foyer, 
redescend  dans  une  caisse  abcdy 
et  s'écoule  simultanément,  à 
droite  et  à  gauche,  dans  deux 
tuyaux  A.  Il  passe  successive- 
ment dans  des  tubes  B,  C,  D,  E, 
'  F,  G,  et  aboutit  enfin  au  tuyau  H, 
qui  communique  avec  la  chemi- 
née. Un  système  pareil  de  tubes  est  placé  de  l'autre  côté  de  la  caisse 
abcd.  En  ouvrant  le  registre  S,  on  fait  communiquer  directement  la 
caisse  avec  le  cheminée  par  la  tuyau  I,  ce  qui  permet  d'établir  facilement 
le  tirage  quand  on  allume  le  foyer.  Le  registre  R  sert  à  régler  la  com- 


lùy,  o5U. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IL  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    93 

bustion.  L'air  se  chauffe  au  contact  des  tubes,  et  se  dégage  dans  la  pièce 
par  des  ori&ces  ménagés  au-dessous  du  linteau  de  la  cheminée.  Ces  ap- 
pareils chauffent  assez  économiquement  ;  mais  la  toile  métallique  gêne 
toujours  un  peu  la  vue  du  feu,  et  se  détruit  souvent  ;  de  plus,  le  net- 
toyage des  tuyaux  est  très-incommode,  car  il  est  nécessaire  de  les  dé- 
monter complètement  pour  l'effectuer  ;  il  en  est  de  même  pour  le  ra- 
monage. On  a  cherché  à  remplacer  la  toile  métallique  par  des  lames  ou 
des  tubes  de  verre,  des  lames  de  mica,  afin  de  permettre  de  mieux  voir 
le  feu  ;  mais  la  fragilité  de  ces  matières  les  a  fait  abandonner. 
2173.  La  cheminée  de  M.  Fondet  [fig.  551 ,  552,  553)  se  compose 

Fig.  553. 


Fig.}&^\. 


Fig.  552. 


de  deux  tuyaux  horizontaux,  F  etE,  en  fonte,  réunis  par  un  gran 
nombre  de  petits  tubes  prismatiques,  o,  o  ^  disp^^*  ^^  quinconce, 
comme  l'indique  la  figure  553.  L'appareîf  for^e  le  ^^"^  ^'^  ^"^J^.^? 
est  incliné  en  avant  de  J  à  |  d'angle  droit.  Jje  tuyau  h^'^"^^"  /^_^"j 
rieur  F  communique  avec  l'air  extérieur  p^^  le  conduit  AB  ;  ce  ui-ci 
vient  se  chauffer  dans  les  tubes  prismatiques  autour  desquels  circue  a 
flamme,  et  se  rend  par  les  tuyaux  C,  D,  à  deux  bouches  de  chaleur  ,  , 
situées  sur  les  côtés  de  la  cheminée  Le  nettoyage  s'opère  au  moyen 
d'une  raclette  que  l'on  passe  dans  les  intervalles  des  tubes.  Cf  apj«- 
reil,  un  des  plusemployés  aujourd'hui  à  Paris  donne  de  bons  resuirais , 
il  exige  seulement,  comme  on  le  voit  uae  construction  spéciale  dans 


Digitized  by  VriÔOQlC 


94     UV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VEPmLATlON  DES  LIEUX  HABITÉS, 
rintérieur  des  chemioées,  et  ne  permet  pas  de  faire  varier  laventilatioD. 
2174.  L'appareil  représenté  [fig.  554  et  555)  paraît  mieux  remplir 


Fig.  554. 

les  conditions  d'un  foyer  d'appartement.  Il  se  compose  d'une  caisse 
en  tôle  renfermant  le  foyer,  derrière  lequel  se  trouvent  des  tuyaux  T 
disposés  en  quinconce,  et  qui  établissent  la  communication  entre  une 
caisse  inférieure  à  air  froid  C,  et  une  caisse  supérieure  à  air  chaud  B. 
Le  foyer  est  séparé  des  tuyaux  par  une  plaque  de  fonte  qui  peut  s'enlever 
facilement  pour  le  nettoyage.  Le  courant  des  gaz  chauds  sortant  du 
foyer  se  recourbe  par-dessus  cette  plaque,  et  vient,  après  avoir  circulé 
en  descendant  autour  des  tubes,  s'échapper  dans  la  cheminée  par  une 
ouverture  F  placée  au  point  le  plus  bas.  Un  orifice  muni  d'un  registre 
sert  à  établir  le  tirage  quand  on  allume  le  feu.  L'air  froid,  venant  de 
Textérieur  ou  de  la  pièce,  entre  dans  la  caisse  inférieure,  s'échauffe 
dans  les  tuyaux  en  tôle  et  autour  de  la  caisse  à  fumée  en  H,  H,  et  vient 
se|dégager  dans  Tappartement  par  une  ouverture  A  pratiquée,  au  som- 
met de  la  caisse  à  air  chaud.  Une  plaque  mobile  permet  de  faire  passer 


Digitized  by  VjOOQ  iC 


CUAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    95 

sur  le  combustible  la  proportion  d'air  qu'on  juge  convenable,  tout  en 
laissant  visible  une  grande  partie  du  feu.  D  est  le  cendrier.  Cet  appareil 


Fig.  boîi. 

est  encore  peu  répandu,  mais  il  paraît  destiné  à  Tétre  ;  il  se  place 
sans  construction  ni  démolition  dans  une  cheminée  ordinaire  de 
Lhomond,  et  comme  il  peut  s'enlever  tout  d'une  pièce,  il  ne  gêne 
nullement  le  ramonage.  J'en  ai  adapté  un  à  la  cheminée  de  mon  cabi- 
net de  travail,  et  j'ai  pu  ainsi  l'apprécier  par  un  usage  personnel  assez 
prolongé. 

Observations  sur  les  cheminées  cT appartement.  —  Nous  venons 
de  passer  en  revue  les  principaux  perfectionnements  essayés  de- 
puis Bumfort  pour  les  cheminées  d'appartement.  Tous  ont  porté 
soit  sur  des  modifications  de  détail  à  la  cheminée  de  Lhomond,  soit 
sur  les  moyens  d'obtenir  du  combustible  un  plus  grand  effet  utile. 

Comme  nous  l'avons  déjà  vu ,  le  rendement  des  cheminées  d'ap- 
partement est  très-faible;  les  dispositions  proposées  pour  l'augmen- 
ter peuvent  se  ranger  en  deux  classes. 

Dans  la  première  ,  on  a  eu  pour  but  d'augmenter  la  chaleur 
rayonnée  dans  l'appartement,  et  pour  cela  on  a  avancé  le  foyer  dans  la 
pièce.  La  cheminée  de  M.  Bronzac  (2160)  peut  être  prise  pour  type  de 
ce  système.  On  est  arrivé  ainsi  à  utiliser  environ  deux  fois  plus  de 
chaleur  que  dans  les  cheminées  ordinaires  de  Lhomond. 

Dans  la  seconde  classe,  on  a  cherché  à  tirer  parti  de  la  chaleur  em- 


Digitized  by  VaOOQlC 


96     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LlEUX  HABITÉS. 

portée  par  la  fumée,  et  pour  cela  on  a  disposé  à  la  suite  du  foyer  des 
appareils  calorifères  plus  ou  moins  simples.  Les  cheminées  décrites 
jx^  2167  et  suivants  rentrent  dhns  cette  classe.  L'effet  utile  obtenu  a 
été  encore  plus  considérable,  mais  il  reste  limité  par  la  condition  de 
laisser  le  foyer  visible.  Il  s'introduit  ainsi  dans  la  cheminée  un  volume 
d'air  qui  ne  sert  pas  à  la  combustion ,  et  qui,  refroidissant  la  fumée, 
diminue  beaucoup  l'effet  des  calorifères. 

2176.  Cheminées  qui  fument.  — Les  foyers  découverts,  tels  qu'on 
les  construit  ordinairement»  laissent  souvent  dégager ^e  la  fumée  dans 
les  appartements.  Les  causes  qui  font  funier  les  cheminées  ,  et  les 
moyens  d'y  remédier  ont  été  décrits  avec  beaucoup  de  précision  par 
Franklin  ;  nous  les  exposerons  sommairement  d'après  lui,  en  faisant 
quelques  additions. 

2177.  La  première  cause  de  production  de  la  fumée  est  le  dé- 
faut de  ventilation,  ou  seulement  la  difficulté  de  Tintroduction  de  l'air 
extérieur  dans  l'appartement.  Il  est  évident  qu'il  doit  entrer  dans 
la  pièce  un  volume  d'air  égal  à  celui  qui  s'élève  dans  la  cheminée  ; 
par  conséquent,  si  la  pièce  est  exactement  fermée,  la  fumée,  ne 
pouvant  pas  sortir  sans  y  produire  un  vide  partiel  se  répandra  dans 
l'appartement.  Il  arrive  presque  toujours  qu'une  certaine  quantité 
de  fumée  monte  dans  la  cheminée  ;  cet  effet  provient'  d'un  double 
courant  qui  s'établit  dans  le  canal  ;  l'air  extérieur  descend  dans 
l'appartement  par  une  partie  de  la  cheminée»  tandis  que  la  fumée 
s'élève  par  l'autre  ;  mais  ces  deux  courants  n'étant  point  séparés ,  le 
courant  descendant  entraine  toujours  avec  lui  une  certaine  quantité 
de  fumée  qui  se  répand  dans  la  pièce. 

Cette  cause  aura  évidemment  une  influence  d'autant  plus  grande,  que 
l'appartement  sera  plus  petit  ^  que  les  portes  et  fenêtres  joindront  plus 
exactement  et  que  le  diamètre  de  la  cheminée  sera  plus  considérable. 

Quand  la  fumée  est  produite  par  la  cause  que  je  viens  de  signaler, 
on  peut  y  remédier,  1^  en  diminuant  la  quantité  d'air  qui  s'écoule  par 
la  cheminée,  2^  en  favorisant  la  ventilation  extérieure ,  3*"  par  l'un  et 
l'autre  de  ces  moyens.  On  diminuera  toujours  la  dépense  d'air  par  la 
cheminée  en  rétrécissant  l'un  des  deux  orifices,  d'introduction  ou  de 
sortie  ;  mais  on  devra  choisir  de  préférence  celui  qui  donne  accès  à  l'air 
pour  la  combustion. 

Quant  à  la  ventilation  extérieure ,  on  pourra  l'établir ,  soit  au 
moyen  d'un  vasistas,  soit  par  une  ventouse ,  soit  enfin  par  un  canal 
placé  sous  le  parquet.  On  pourra  chauffer  l'air  appelé  ou  le  laisser  en- 
trer à  la  température  extérieure.  Cette  cause  de  dégagement  de  fumée 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  H.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    97 

est  la  plus  générale  ;  j'ai  rarement  vu  d'appartements  dans  lesquels  les 
appels  d'air  extérieur  aient  des  dimensions  suffisantes. 

2178.  La  seconde  cause  du  dégagement  de  la  fumée  réside  dans 
une  température  trop  faible  de  l'air  brûlé  dans  la  cheminée.  La  vitesse 
du  courant  n'est  plus  suffisante  pour  évacuer  la  fumée  qui  se  dégage, 
et  il  eu  reflue  une  partie  dans  l'appartement.  Cette  faible  tempéra- 
ture résulte  de  ce  qu'une  très-grande  quantité  d'air  échappe  à  la  com- 
bustion et  refroidit  la  fumée. 

Le  seul  remède  efficace  consiste  dans  le  rétrécissement  permanent 
du  foyer,  latéralement  et  supérieurement,  et  dans  remploi  d'un  ta- 
blier mobile.  On  diminue  ainsi  le  volume  d'air  inutile  à  la  com- 
bustion. 

2179.  La  troisième  cause  provient  d'une  trop  faible  hauteur  de  la 
cheminée^  d'où  résulte  une  trop  petite  vitesse  d'ascension  de  la  fu- 
mée. 11  faut  alors  exhausser  la  cheminée,  ou  si  c'est  trop  difficile , 
rétrécir  le  foyer. 

2180.  La  quatrième  cause  du  dégagement  de  la  fumée  résulte  de 
l'action  de  plusieurs  foyers  les  uns  sur  les  autres,  lorsqu'ils  sont  placés 
dans  des  appartements  commimiquants,  et  n'ayant  aucun  mode  de 
ventilation  convenablement  établi. 

Si  9  plusieurs  foyers  étant  disposés  comme  nous  venons  de  le  dire  y 
on  fait  du  feu  dans  un  seul ,  l'air  extérieur  sera  principalement  appelé 
par  les  autres  cheminées ,  attendu  que  l'air  pénètre  bien  plus  facile- 
ment et  en  bien  plus  grand  volume  par  les  cheminées  que  par  les 
fissures  des  portes  et  des  fenêtres.  Si  tous  sont  allumés  et  que  les  ori- 
fices d'entrée  de  l'air  ne  soient  pas  suffisants  pour  les  alimenter 
tous,  il  arrivera  nécessairement  que  celui  dont  le  tirage  est  le  plus  fort 
l'emportera  sur  les  autres,  et  par  conséquent  que  la  fumée  de  ces 
derniers  se  répandra  dans  toutes  les  pièces.  Un  quelconque  des  foyers 
peut  même  faire  fumer  tous  les  autres,  quoiqu'il  ait  un  tirage  plus 
faible^  soit  par  une  moixidre  hauteur  de  la  cheminée,  soit  par  un  plus 
grand  diamètre  du  canal,  soit  enfin  parce  que  la  quantité  de  combustible 
que  l'on  y  consomme  est  moindre  ;  il  suffit,  pour  cela,  que  ce  foyer 
ait  été  allumé  le  premier^  car,  dans  ce  cas^  l'air  a  dans  les  autres  che- 
minées un  mouvement  de  haut  en  bas,  qui  ne  peut  que  difficilement 
être  détruit,  attendu  que  le  tirage  d'une  cheminée  n'est  à  son  maximum 
que  quand  tout  le  tuyau  est  rempli  d'air  chaud  :  par  conséquent,  si, 
à  l'origine,  il  y  a  déjà  un  mouvement  de  l'air  en  sens  contraire,  il 
faudra  un  foyer  d'une  grande  activité,  et  une  vitesse  presque  nulle  de 
l  air  de  haut  eii  bas,  pour  que  le  tirage  puisse  s'établir. 


i:i. 


Digitized  by  VjOOQIC 


08    LIV.  XV,  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UEUX  HABITÉS. 

Le  seul  moyen  de  remédier  alors  à  la  fumée  consiste  à  donner 
à  chaque  pièce  une  ventilation  suffisante. 

2181 .  La  cinquième  cause  du  dégagement  de  la  fumée  consiste  dans 
la  communication  de  plusieurs  tuyaux  de  cheminée  les  uns  avec  les 
autres.  Lorsqu'un  tuyau  d'un  diamètre.uniforme  reçoit  à  une  certaine 
hauteur  un  canal  qui  le  pénètre ,  si  le  courant  s'établit  d'abord  dans  le 
dernier,  la  veine  d'air  qui  en  sort  peut  fermer  l'autre  comme  une  sou- 
pape. Il  faut  alors  placer  au-dessous  de  l'ouverture  une  plaque,  afin  que 
le  tirage  se  partage  également  entre  les  deux  conduits. 

Lorsque  plusieurs  cheminées  communiquent ,  et  que  les  tuyaux  ont 
des  diamètres  convenables  y  l'appel  a  lieu  par  tous  les  embranchements, 
qu'ils  fournissent  ou  non  de  l'air  chaud.  Il  en  résulte  que  si  plusieurs  ne 
donnent  que  de  l'air  froid,  la  température  de  l'air  dans  le  canal  com- 
mun est  peu  élevée,  et  par  conséquent  que  le  tirage  dans  chaque  conduit 
d'air  chaud  excède  peu  celui  qui  aurait  lieu  si  ce  conduit  débouchait  dans 
l'air;  ainsi  il  se  dégage  de  la  fumée  parce  que  la  hauteur  réelle  de  la  che- 
minée est  trop  faible.  Cette  disposition  est  aussi  très-favorable  au  refou- 
lement de  la  fumée  dans  les  pièces  où  l'on  ne  fait  pas  de  feu,  parce  que, 
la  vitesse  se  trouvant  très-réduite  dans  le  canal  commun  ,  un  grand 
nombre  de  circonstances  peuvent  produire  un  courant  de  haut  en  bas 
dans  les  cheminées  sans  feu.  On  peut  remédier  au  dernier  inconvé- 
nient en  établissant  dans  les  cheminées  des  trappes  ou  registres  que 
l'on  ferme  quand  on  n'y  fait  pas  de  feu  ;  ces  trappes  diminuent  beau- 
coup les  chances  de  fumée  dans  les  pièces  où  l'on  fait  du  feu,  parce 
qu'il  n'y  a  plus  d'air  froid  dans  la  cheminée  commune.  Mais  ce  qu'il 
y  a  de  mieux  à  faire,  c'est  de  donner  à  chaque  cheminée  un  tuyau  spé- 
cial jusqu'au-dessus  des  toits. 

2182.  La  sixième  cause  qui  fait  fumer  les  cheminées  réside  dans 
l'action  du  soleil  et  des  vents  directs  ou  réfléchis  :  il  faut  alors  avoir 
recours  aux  appareils  que  nous  avons  décrits  dans  le  premier  volume. 

2 1 83 .  Une  dernière  cause  peut  faire  pénétrer  de  la  fumée  dans  les  ap- 
partements.  Dans  les  grands  calorifères ,  le  tirage  de  la  cheminée  à  air 
brûlé  étant  toujours  beaucoup  plus  actif  que  l'appel  par  la  cheminée 
d'écoulement  de  l'air  échau0e,  il  n'est  pas  nécessaire  que  les  joints 
soient  étanches,  car  la  différence  des  tirages  produit  des  pressions  laté- 
rales qui  font  passer  de  l'air  échauffé  dans  l'air  brûlé  ;  il  en  résulte 
bien  une  perte  de  combustible,  mais  il  n'y  a  pas  dégagement  de  fu- 
mée dans  les  pièces.  Dans  les  appareils  formant  calorifères  qui  se  trou- 
vent au-dessus  ou  autour  des  foyers  découverts  et  qui  sont  destinés  à 
tUiliser  une  partie  de  la  chaleur  de  l'air  brûlé,  il  n'en  est  pas  toujours 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     99 

ainsi.  Si  Touverturc  du  foyer  était  considérable  et  si  les  tuyaux  de 
chauffage  de  l'air  étaient  placés  dans  un  lieu  où  la  vitesse  d'écoule- 
ment de  l'air  brûlé  fût  très-faible,  il  pourrait  arriver  que  la  vitesse 
d'écoulement  de  l'air  échauffé  fût  plus  grande,  et  par  conséquent  que 
si  les  tuyaux  n'étaient  pas  étanches,  l'air  brûlé  pénétrât  dans  les 
tuyaux  d'écoulement  de  l'air  chaud.  Ces  circonstances  se  présentent 
rarement,  mais  il  est  toujours  important  dans  toutes  les  dispositions  de 
rendre  les  joints  aussi  hermétiques  que  possible,  car  le  mélange  de  l'air 
brûlé,  même  en  petite  quantité,  avec  l'air  de  ventilation,  a  de  graves 
inconvénients. 

Chavifoye  Iniérlevr  par  le«p<»éles. 

2184.  Les  poêles  sont  des  appareils  placés  dans  Tinlérieur  des  ap- 
partements^ formant  une  capacité  plus  ou  moins  considérable  dans 
laquelle  on  brûle  le  combustible.  La  fumée  se  rend  à  la  sortie  du  foyer, 
soit  directement,  soit  après  diverses  circulations ,  dans  un  tuyau  qui  la 
conduit  dans  une  cheminée.  Les  portes  du  foyer  et  du  cendrier  sont 
tantôt  dans  l'appartement,  tantôt  dans  une  salle  voisine.  Les  poêles 
sont  en  tôle,  en  fonte,  en  faïence  ou  en  briques. 

2185.  On  donne  souvent  aux  poêles  le  nom  de  calorifères  ;  mais  nous 
réserverons  cette  derpière  dénomination  pour  les  appareils  qui  servent 
à  chauffer  de  l'air  pris  à  l'extérieur,  et  qui  le  versent  ensuite  dans  les 
pièces  destinés  à  le  recevoir. 

2186.  Les  poêles  en  métal,  pour  la  même  étendue  de  surface  et  la 
même  quantité  de  combustible  brûlé,  refroidissent  plus  la  fumée  que 
ceux  qui  sont  en  faïence  ou  en  maçonnerie,  parce  que  les  métaux  con- 
duisent mieux  la  chaleur  :  ainsi  les  poêles  en  terre  cuite  doivent  avoir 
plus  de  volume  et  plus  de  surface  de  chauffe  que  ceux  en  métal. 

,  2187.  Les  poêles  en  métal  s'échauffent  rapidement  et  se  refroidis- 
sent de  même;  ceux  de  maçonnerie  et  de  faïence,  au  contraire,  s'é- 
chauffent  lentement;  mais  une  fois  échauffés,  ils  cèdent  lentement  leur 
chaleur  et  entretiennent  longtemps  une  douce  température. 

2188.  Dans  les  poêles  en  métal»  il  est  avantageux  que  la  combustion 
soit  lente  et  ^rmanente.  Dans  les  poêles  en  terre  cuite,  il  est  bon  qu'elle 
soit  vive,  et  ne  dure  que  le  temps  nécessaire  pour  échauffer  la  masse 
de  maçonnerie,  dpération  qu'on  renouvelle  à  des  intervalles  plus  ou 
moins  éloignés.  Dans  ces  derniers  appareils,  quand  le  combustible  est 
consumé,  il  est  utile  de  fermer  la  porte  du  cendrier,  et  un  registre  placé 
dans  le  tuyau  à  fumée,  afin  d'éviter  que  le  poêle  rie  soit  traversé  par  un 
courant  d'air  qui  le  refroidirait  infructueusement. 


Digitized  by  VjOOQIC 


100    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITES. 

2189.  On  prétend  que  les  poêles  en  fonte  ou  en  tôle  ont  Tinconvé- 
nient  de  donner  à  l'air  une  mauvaise  odeur  et  de  le  dessécher.  L'odeur 
de  Tair  chauffé  par  un  métal  provient  probablement  de  Taltération 
qu'éprouvent  les  matières  organiques  en  suspension  dans  Tair,  par  le 
contact  du  métal  dont  la  température  est  souvent  très-élevée,  et  tou- 
jours supérieure,  pour  la  même  quantité  de  combustible  consommée, 
à  celle  que  prennent  les  parois  d'un  poêle  en  faïence  ou  en  briques. 
11  est  facile  de  s'assurer  qu'il  existe  en  effet  dans  l'air  une  grande  quan- 
tité de  corps  légers,  non-seulement  par  les  dépôts  qui  se  forment  sur 
les  surfaces  qui  restent  longtemps  immobiles,  mais  par  la  vue  de  cette 
poussière,  quand  un  rayon  solaire  pénètre  dans  une  chambre  obscure; 
la  poussière  est  alors  fortement  éclairée,  et  le  seul  aspect  indique  une 
origine  organique.  Cependant,  quelques  expériences  sembleraient  in- 
diquer que  les  métaux  chauffés  ont  une  odeur  propre. 

Quant  à  la  dessiccation  de  l'air,  on  n'a  jamais  fait  aucune  expérience 
exacte  à  ce  sujet;  mais  tout  le  monde  sait  que  l'on  est  dans  l'usage  de 
mettre  sur  les  poêles  en  fonte  des  vases  pleins  d'eau,  pour  fournir  de  la 
vapeur  à  Tair,  et  que  les  poêles  en  faïence  rendent  cette  précaution 
moins  nécessaire.  Chacun  a  pu  observer  que  les  poêles  en  fonte,  indé- 
pendamment de  l'odeur  qu'ils  donnent  à  Tair,  provoquent  des  maux 
de  tête,  quand  on  n'emploie  pas  le  moyen  que  nous  venons  d'indiquer 
pour  saturer  l'air  d'humidité.  Mais  la  dessiccation  de  l'air  par  les  poêles 
métalliques  n'est  qu'apparente;  l'air  ne  paraît  plus  sec  que  parce  qu'é- 
tant plus  chaud,  il  peut  dissoudre  plus  de  vapeur,  et  par  conséquent 
qu'il  est  d'autant  plus  éloigné  du  terme  de  saturation  qu'il  est  à  une 
température  plus  élevée.  Si  les  poêles  en  faïence  ou  en  briques  ne  pa- 
raissent pas  produire  le  même  effet,  cela  tient  à  ce  qu'ils  n'échauffent 
pas  Tair  au  même  degré.  Au  surplus,  quand  on  considère  que  dans  une 
grande  partie  de  l'Europe,  on  a  l'habitude  de  se  chauffer  avec  des  poêles 
de  fonte  ou  de  tôle,  on  peut  difficilement  croire  que  leur  usage  soit  réel- 
lement insalubre. 

En  résumé,  je  ne  regarde  pas  en  général  le  chauffage  par  les 
surfaces  métalliques  comnie  insalubre;  il  peut  devenir  incommode, 
parce  que  la  température  du  métal  est  quelquefois  très-variable,  et  il 
peut  donner  une  odeur  désagréable,  et  dessécher  trop  fortement  l'air, 
quand  le  métal  est  à  une  trop  haute  tenipérature;  mais  on  peut  éviter 
tous  ces  inconvénients,  comme  nous  l'avons  déjà  dit  en  parlant  des 
calorifères. 

2190.  Poêles  simples  sans  circulation  intérieure,  et  sans  tuyaux 
de  circulation.  —  Ces  poêles  sont  ceux  qu'on  emploie  le  plus  fréquem- 

Digitized  by  VjOOQIC 


jCHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     lOi 

ment;  ils  sont  construits  en  fonte  ou  en  tôle,  et  ce  n'est  guère  que 
dans  les  villes  qu'ils  sont  en  faïence.  Dans  ces  appareils,  le  corps  du 
poêle  ne  renferme  que  le  foyer,  et  rarement  la  surface  de  chauffe  est 
suffisante  pour  absorber  une  partie  considérable  de  la  chaleur  du  foyer 
ou  de  la  fumée,  surtout  dans  ceux  de  faïence,  parce  que  cette  matière 
n'étant  employée  que  pour  obtenir  une  chaleur  modérée,  et  pour  évi- 
ter les  inconvénients  du  chauffage  avec  la  tôle  et  la  fonte,  on  cherche 
souvent  à  diminuer,  autant  que  possible,  les  tuyaux  extérieurs  à  fumée. 
Aussi  ces  derniers  consomment  beaucoup  de  combustible  et  chauffent 
peu,  parce  que  la  fumée  est  abandonnée  à  une  trop  haute  température. 
Mais  comme,  dans  tous  ces  poêles,  le  tirage  a  lieu  dans  la  partie  du 
tuyau  qui  s'élève  verticalement,  les  gaz  brûlés  pourraient  être  com- 
plètement refroidis,  si  on  prolongeait  suffisamment  le  circuit  hori- 
zontaL 

Quand  on  bnile  du  bois,  de  la  tourbe,  de  la  houille,  du  coke  dans 
les  poêles,  les  foyers  n'exigent  aucune  disposition  particulière;  seule- 
ment il  est  toujours  avantageux  d'employer  des  grilles,  et  de  faire  arri- 
ver l'air  en  dessous,  ce  qui  ne  se  fait  pas  toujours.  Mais  quand  on  brûle 
de  l'anthracite,  les  foyers  doivent  être  disposés  d'une  manière  spéciale 
que  nous  indiquerons  en  parlant  des  poêles  américains. 

2191 .  Poêles  en  terre  cuite  et  à  circulation  intérieure.  —  Ces  poêleis 
sont  principalement  employés  dans  le  Nord,  en  Suède,  et  surtout  ea 
Russie.  Dans  ce  dernier  pays,  les  poêles  ont  de  très-grandes  dimen- 
sions, et  se  construisent  en  même  temps  que  les  maisons.  Ce  sont  des 
masses  rectangulaires,  allongées  verticalement,  presque  entièrement  ea 
briques,  percées  de  canaux  verticaux,  que  l'air  brûlé  parcourt  plusieurs 
fois  de  bas  en  haut  et  de  haut  en  bas.  Ces  poêles  ont  ordinairement  de 
2  à  3  mètres  de  hauteur,  et  occupent  une  surface  horizontale  de  !"*«  25. 
Le  foyer  est  à  la  partie  inférieure,  et  sa  capacité  varie  de  0"^  5  à  0"**^  1 0. 
L'air  brûlé,  après  avoir  circulé  dans  des  canaux  intérieurs  verticaux^ 
successivement  en  sens  contraire,  s'écoule  ensuite  dans  la  cheminée. 
On  fait  un  feu  très-actif  le  matin,  et  lorsque  le  bois  est  bien  tout  trans- 
formé en  braise,  on  ferme  la  porte  du  foyer  et  presq^^  complètement 
le  registre  de  la  cheminée.  Ces  masses  échauffées  se  refroidissent  lente- 
ment et  maintiennent  une  température  douce  dans  ^^^  pî^^^^  pendant 
vingt-quatre  heures. 

Ed  Suède,  on  emploie  des  appareil  analogues,    T^  ^^:^\^: 

dimensions  sont  beaucoup  plus  faiblee    t      p     res  ^ 

559,  560,  561  représentent  un  de  ce^  f  ^^cn    i    « 

La  figure  556  est  une  coupe  veru!  i^^^        **rti  C/^^'  ^^' 

^^le  suivant  ** 

Digitized  by  VjOOQIC 


102    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UËVX  HABITÉS. 

gure  557,  une  coupe  verticale  suivant  LM  {fig.  560);  la  figure  558, 
une  coupe  verticale  suivant  PQ  [fig.  561).  Les  figures  559,  560,  561 


Fig,  557. 


Fig.  538. 


I 


m 


Fig.  559. 


Fig.  560. 


Fig.  Mi. 


sont  des  coupes  horizontales  faites  suivant  les  plans  GH,  CD  et  AB 
{/ig.  556).  Les  circulations  centrales,  représentées  dans  la  figure  557, 
sont  destinées  à  chauffer  de  l'air  qui  entre  dans  le  poêle  par  la  partie 
inférieure.  Le  foyer  est  en  a,  Tair  brûlé  parcourt  simultanément  les 
deux  séries  de  canaux  ô,  c,  rf,  e,  qui  se  trouvent  de  chaque  côté  des 
canaux  à  air;  puis  l.es  deux  courants  se  réunissent  en  un  seul  qui 
communique  avec  la  cheminée. 

Dans  tous  ces  appareils,  les  circulations  ont  toujours  lieu  dans 
des  canaux  verticaux  et  non  horizontaux,  parce  qu'on  a  trouvé,  par 
expérience,  que  le  tirage  s'établit  plus  vite  dans  la  première  disposition 
que  dans  la  seconde.  L'explication  en  est  d'ailleurs  facile.  Au  commen- 
cement du  chauffage,  lorsque  les  briques  sont  froides,  le  courant  d'air 
bnilé  se  refroidit  peu,  du  moins  dans  sa  partie  centrale,  lorsqu'il  s'é- 
lève d*abord,  tandis  qu'il  n'en  est  point  ainsi  quand  il  marche  dans  des 
canaux  horizontaux.  C'est  d'ailleurs  ce  que  j'ai  constaté  dans  deux 
poêles  où  les  circuits  étaient  horizontaux  dans  l'un  et  verticaux  dans 
l'autre  :  le  premier  fumait  toujours  quand  on  l'allumait  ;  et  dans  le 
second,  le  tirage  était  très-bon  dès  les  premiers  instants. 

2192.  Poêles  en  briques  et  en  fonte,  à  bouches  dé  chaleur.  —  Ces 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     103 

poêles  {fig.  562)  sont  très-répandus  en  France;  ils  sont  principalement 
employés  dans  les  salles  à  manger. 

Ordinairement  le  foyer  est  environné  de  tuyaux  en  fonte,  qui  s'ou- 
vrent d'un  côté  au-dessous  du  poêle, 
et  de  l'autre  dans  une  cage  en  briques, 
où  se  réunit  Tair  échauffé  dans  les 
tuyaux,  et  d'où  il  s'écoule  dans  la 
pièce  par  des  oriBces  désignés  sous  le 
nom  de  bouches  de  chaleur;  Tair 
brûlé,  en  sortant  du  foyer  par  les  in- 
tervalles des  tuyaux  de  fonte,  circule 
dans  la  masse  de  terre  cuite,  en  mon- 
tant et  descendant  un  certain  nom- 
bre de  fois  avant  de  se  rendre  dans  la  _.     ^^^. 
cheminée.  Ces  appareils  sont  en  gé- 
néral assez  mal  disposés;  la  combustion  n'a  pas  lieu  sur  la  grille;  il  y 
a  beaucoup  de  chaleur  perdue,  résultant  de  ce  que  l'air  brûlé  est  aban- 
donné à  une  trop  haute  température,  et  les  bouches  de  chaleur  sont  en 
général  beaucoup  trop  petites. 

2193.  Une  disposition  qui  serait  bien  préférable  à  celle  qui  est  gé- 
néralement employée,  consisterait  à  placer  autour  du  foyer  une  série 
de  canaux  verticaux  que  l'air  brûlé  parcourrait  successivement  :  cha- 
cun d'eux  renfermerait  un  tuyau  de  fonte;  et  tous  ces  tuyaux  se- 
raient maintenus  par  des  talons  appuyés  sur  les  bords  d'orifices  cir- 
culaires pratiqués  dans  deux  plaques  de  fonte  parallèles  :  la  plaque 
supérieure  formerait  la  partie  inférieure  du  réservoir  d'air  chaud  qui 
alimenterait  les  bouches  de  chaleur.  Il  serait  même  plus  simple  et  plus 
commode  de  laisser  descendre  librement  la  fumée  autour  des  tuyaux 
de  fonte,  et  de  la  faire  écouler  dans  la  cheminée  par  la  partie  infé- 
rieure de  la  caisse,  qui  pourrait  être  en  têlë,  en  fonte,  ou  en  maçon- 
nerie. 

2194.  Ces  poêles,  en  faïence  et  à  circulation  de  fumée^  sont  quelque- 
fois isolés  au  milieu  des  pièces  qu'ils  doivent  chauffer  ;  alors  le  tuyau 
à  fumée  chemine  sous  le  sol  pour  se  rendre  à  la  cheminée.  Dans  celle 
disposition,  il  faut  nécessairement  que  la  cheminée  soH  pourvue,  à  sa 
partie  inférieure,  d'un  petit  foyer  pour  déterminer  le  ^y^^%^'  ^^  ^^^^^ 
se  réduit  le  plus  souvent  à  une  ouverture  munie  ^'ime  T^^^^  ^^  1^^' 
met  de  brûler  quelques  copeaux  ou  du  papier  doni  la  flamme  déter- 
mine l'appel. 

Les  figures  563  et  564  représentent  une  coupe  Vt^rtica^^  ^^  ^^^  ^^^^"^ 


Digitized  by  VjOOQIC 


104    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UfilJX  HABITÉS. 

horizontale  d'un  poêle  isolé,  disposé  comme  je  viens  de  l'indiquer;  le 
tuyau  à  air  brûlé  est  placé  dans  le  tuyau  d'appel  de  l'air  extérieur,  ce 

qui  n'a  pas  lieu  ordinairement,  mais 
ce  qui  doit  augmenter  l'effet  utile. 

2195.  On  emploie  souvent,  dans 
les  hôpitaux,  des  poêles  (fig.  565)  ren- 
fermant plusieurs  bains  de  sable  su- 
perposés, destinés  à  chauffer  ou  à 
tenir  chauds  les  médicaments.  Les 
bains  de  sable  forment  les  parties  su- 
périeures de  caisses  en  tôle  qui  sont 
parcourues  successivement  par  l'air 
brûlé,  sorti  d'un  foyer  placé  à  la  par- 
tie inférieure  de  l'appareil. 

2196.  Poêles  américains   à  an- 
thracite, —  Ces  appareils  n'ont  été 
connus  en  France  que  par  la  des- 
cription qui  en  a  été  donnée  par 
M.  M.  Chevalier,  dans  le  Journal 
cT Architecture.  Dans  la  seconde  édi- 
tion du  Traité  de  la  chaleur,  j'ai 
rapporté  cette  description  et  les  dé- 
tails de  construction  qui  l'accompa- 
gnent. Mais  comme  ces  dispositions  peuvent  être  modifiées  de  bien  des 
manières  différentes,  je  me  bornerai  à  indiquer  les  conditions  à  rem- 
plir, et  comment  elles  l'ont  été  dans  les 
poêles  les  plus  généralement  employés. 

Les  conditions  à  remplir  sont  :  i"^  de 
maintenir  le  foyer  à  une  température  élevée 
en  l'environnant  de  briques,  au  moins  de 
trois  côtés  ;  2*  d'alimenter  le  foyer  sans  le 
refroidir,  conditions  qu'on  remplit  en  intro- 
duisant les  combustibles  par  la  partie  su- 
périeure du  poêle  ;  3*  de  pouvoir  facilement 
dégager  les  cendres,  sans  donner  accès  à 
une  trop  grande  quantité  d'air  qui  étein- 
drait le  foyer. 

D'après  M.  Chevalier,  les  poêles  les  plus 
répandus  sont  ceux  de  Nolt,  de  Spoor  et 
d'Olney.  Dans  tous  ces  poêles,  le  foyer  est  environné  de  briques,  l'ali- 


Fig.  563  et  564. 


'4i:'///yixy/f^<  >^^A  :  /-''■'  ^  ^y^y- 


Fig.  565 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IL  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     105 

mentatioD  a  lieu  par  la  partie  supérieure,  et  il  y  a  un  registre  pour 
régler  l'accès  de  Tair  ;  ils  ne  se  distinguent  réellement  que  par  la  forme 
et  la  disposition  de  la  grille. 

Dans  le  poêle  de  Nott ,  la  grille  est  formée  de  barreaux  circulaires 
ayant  pour  longueur  les  deux  tiers  de  la  circonférence  ,  fixés  à  un  axe 
qui  passe  par  le  centre  commun,  et  auquel  on  peut  imprimer  un  mou- 
vement de  va-et-vient  par  une  manivelle  extérieure  ;  la  partie  infé- 
rieure du  foyer  est  une  caisse  en  fonte  qui  enveloppe  là  grille  à  la  hau- 
teur du  diamètre  du  cylindre  formé  par  les  barreaux  ;  on  peut  nettoyer 
très-facilement  la  grille  en  lui  imprimant  un  mouvement  oscillatoire. 
La  grille  du  poêle  Spoor  est  plane,  circulaire  y  mais  elle  peut  tourner 
et  basculer  complètement.  La  grille  du  poêle  d'Olney  est  beaucoup 
plus  simple  :  elle  se  compose  de  barreaux  plies  à  angle  droit  et 
placés  de  manière  à  former  deux  grilles  :  Tune  horizontale^  l'autre 
verticale  ;  la  première  supporte  le  combustible,  la  seconde  est  ordi- 
nairement fermée  par  une  porte  qui  ne  s'ouvre  que  pour  nettoyer 
la  première  au  moyen  d'une  tige  de  fer  qu'on  fait  passer  à  travers 
ses  barreaux. 

2197.  Poêles  à  flamme  renversée.  —  Un  des  premiers  appareils  se 
composait  d'un  tronc  de  cône  vertical ,  avec  une  grille  à  sa  partie  infé- 
rieure ;  il  était  fermé  par  un  couvercle  mobile  à  jour  ;  c'est  par  Torifice 
supérieur  qu'on  introduisait  le  combustible,  et  c'est  par  les  jours  du 
couvercle  que  pénétrait  l'air  brûlé  se  rendant  à  la  cheminée  par  les 
tuyaux  de  chauffage.  Avec  cette  disposition,  les  grilles  et  le  tuyau  qui 
forment  le  foyer  s'altèrent,  et  sont  mis  très-rapidement  hors  de  service. 
On  peut  modifier  heureusement  ce  système  en  s'approchant  des  disposi- 
tions (1598  à  1601). 

2198.  Poêles  à  eau  chaude.  —  Pour  éviter  l'inconvénient  qui  résulte 
des  surfaces  métalliques  trop  fortement  échauffées,  on  pourrait  em- 
ployer des  appareils  formés  d'un  vase  plein  d'eau,  chauffé  intérieure- 
ment par  un  foyer  et  des  conduits  à  fumée  d'une  suffisante  étendue.  Il 
ne  se  formerait  point  de  vapeur,  si  la  surface  extérieure  et  la  section  du 
tuyau  à  fumée  avaient  été  calculées  de  manière  que  la  perte  de  cha- 
leur par  l'enveloppe,  lorsque  la  température  de  Veau  serait  de  100**, 
fût  égale  à  la  chaleur  produite  par  la  combustion  dvx  plus  grand  poids 
de  combustible  qu'on  pourrait  brûler  dans  le  même  ^^Ç*'  ^^  ^^^\^ 
bon,  d'ailleurs,  de  placer  sur  le  poêle  un  peli\^  iul^^  ^^^  Vot\^rail 
à  l'extérieur  ou  dans  le  tuyau  à  fumée  la  vape^^,  ^x\\  V^^^^^^"^^  *^  ^^ 
produire.  On  devrait  aussi  avoir  un  registre  (juv  v.  r^^^^  ^^  fevvact  a 
cheminée  quand  l'eau  serait  arrivée  à  l'ébulUn^^^    C^^  «ç^m\\s^>^- 


Digitized  by  VjOOQIC 


106    LIV.  Xy.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

raient  Tavantage  de  conserver  la  chaleur  pendant  assez  longtemps. 
Toutefois,  ils  ne  devraient  pas  renfermer  un  trop  grand  volume  d'eau, 
parce  qu'ils  seraient  trop  lents  à  se  réchauffer  ou  à  se  refroidir,  et  trop 
incommodes  quand  Tair  extérieur  éprouverait  des  variations  brusques 
de  température. 

2199.  Poêles  à  température  constante. — Il  yaà  peuprèsquinzeans, 
un  constructeur  français  imagina  un  poêle  dont  la  température  était 
rendue  constante  au  moyen  d'un  registre  qui  réglait  l'accès  de  Tair 
dans  le  foyer  ;  le  mouvement  du  registre  était  produit  par  le  mouTe- 
ment  du  mercure  dans  le  réservoir  d'un  thermomètre,  mouvement 
qui  se  transmettait  au  moyen  d'un  flotteur  et  d'une  petite  chaîne  à  la 
partie  supérieure  du  registre.  L'inyention  n'a  pas  réussi  et  il  est  facile 
d'en  voir  la  cause.  Ce  n'est  pas  le  poêle  qui  doit  être  maintenu  à  une 
température  constante,  mais  la  pièce  dans  laquelle  il  est  placé,  et  par 
conséquent  la  température  du  poêle  doit  varier  en  sens  contraire  de  la 
température  extérieure.  Cependant,  plusieurs  poêles  à  température 
constante  ont  été  présentés  à  l'exposition  universelle  de  1855.  On  a  pré- 
tendu alors  qu'on  pouvait,  suivant  le  besoin,  régler  le  régulateur;  mais, 
dans  ce  cas,  il  est  plus  simple  de  le  supprimer  et  de  régler  la  combus- 
tion à  l'aide  du  registre  du  tuyau  à  fumée.  Un  régulateur  de  com- 
bustion serait  une  chose  très-utile  s'il  était  disposé  de  manière  à  main- 
tenir constante  la  température  de  la  pièce  ;  mais  appliqué  à  un  poêle, 
c'est  un  véritable  contre-sens. 

2200.  Poêles  métalliques  à  circulation  dair  intérieure,  —  Ces 
poêles,  qui  sont  généralement  désignés  sous  le  nom  de  poêles  calori- 
fères, se  composent  toujours  d'une  enveloppe  cylindrique  ;  ils  reçoi- 
vent l'air  par  la  partie  inférieure ,  et  le  versent  par  la  partie  supérieure 
dans  la  pièce,  après  qu'il  a  été  échauffé  ;  ils  renferment  un  foyer  et  des 
tuyaux  diversement  contournés  que  l'air  brûlé  parcourt  avant  de  sortir 
de  l'enveloppe  pour  se  rendre  dans  la  cheminée. 

2201 .  Un  des  premiers  appareils  de  ce  genre  a  été  construit  par 
M.  Chevalier,  avec  le  but  spécial  de  pouvoir  être  transporté  d'une  pièce 
dans  une  autre.  La  circulation  de  Tair  brûlé  dans  l'appareil  est  ré- 
duite à  la  disposition  la  plus  simple,  et  le  tuyau  à  fumée  se  ter- 
mine par  un  tuyau  vertical  de  0'",60  de  hauteur,  qu'on  introduit  dans 
la  cheminée  de  la  pièce  qu'on  veut  échauffer.  La  surface  de  chauffe 
se  réduit  à  celle  du  foyer  qui  occupe  une  grande  partie  de  la  section 
de  l'enveloppe  et  à  celle  d'une  caisse  cylindrique  en  fonte  placée  au- 
dessus,  et  dont  l'air  brûlé  est  obligé  de  faire  le  tour.  Un  diaphragme 
force  l'air  de  la  pièce  à  s'élever  librement  entre  l'enveloppe  et  le 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS,     i 07 

cylindre  concentrique  qui  forme  le  foyer  et  la  caisse  qui  le  surmonte. 
Il  résulte  des  expériences  faites  par  une  commission  de  la  Société 
d'encouragement  que,  cet  appareil  transporté  dans  différentes  pièces 
grandes  et  petites  ,  le  tirage  s*est  toujours  bien  établi^  et  qu'alimenté 
par  du  ly)is,  le  registre  complètement  ouvert,  el  le  cylindre  envelop- 
pant allongé  de  0,50,  l'air  brûlé  se  dégageait  à  105'.  Or,  comme  la 
température  à  laquelle  se  trouverait  l'air  brûlé  par  la  combustion  du 
bois,  si  elle  était  complète,  serait  à  peu  près  de  900  degrés,  si  toute  la 
chaleur  développée  était  employée  à  le  chauffer,  il  en  résulte  que  dans 
cet  appareil  la  perte  de  chaleur  excéderait  peu  J .  Mais  comme  les  condi- 
tions dans  lesquelles  ces  expériences  ont  été  faites  ne  sont  pas  celles 
dans  lesquelles  ces  appareils  fonctionnent  ordinairement,  on  se  trom- 
perait beaucoup  si  on  comptait  sur  un  résultat  aussi  avantageux.  Dans 
cet  appareil,  l'air  chaud  ne  sortait  que  par  quatre  ouvertures  latérales 
d'un  petit  diamètre,  et,  par  conséquent,  en  petit  volume  et  à  une  tem- 
pérature très-élevée,  circonstances  peu  favorables  à  l'effet  utile. 

2202.  On  a  construit  depuis,  sur  le  même  principe,  un  grand  nombre 
de  poêles-calorifères,  en  modifiant,  soit  le  foyer,  soit  la  circulation  de 
l'air  brûlé.  Ces  appareils,  quand  ils  sont  portatifs^  sont  d'un  usage  très- 
commode,  et  tendent  à  se  répandre.  Comme  ils  sont  entourés  d'une 
enveloppe  en  tôle,  la  température  est  moins  élevée  que  dans  les  poêles 
ordinaires.  Ils  peuvent  d'ailleurs  servir  à  produire  la  ventilation;  il 
suffit  pour  cela  de  laisser  ouvert  le  bas  de  la  cheminée  d'une  quantité 
convenable. 

Les  poêles  Joly,  que  nous  avons  décrits  (1602),  rentrent  dans  la 
même  classe  des  calorifères  portatifs.  Us  présentent  l'avantage  de  ren- 
fermer un  grand  réservoir  de  charbon,  ce  qui  permet  de  ne  s'occuper 
de  l'alimentation  qu'à  des  intervalles  assez  éloignés. 

2203.  Les  figures  566, 567  représentent  un  poêle  calorifère  construit 
par  M.  d'Hamelincourt,  ancien  élève  de  l'École  centrale,  successeur 
de  M.  René  Duvoir.  Le  foyer  C  est  placé  au  centre.  Il  est  formé  d'une 
grille  et  de  quatre  plaques  épaisses  de  fonte  qu'on  peut  facilement 
remplacer  quand  elles  sont  usées.  Les  produits  de  la  combustion  s'élè- 
vent verticalement  jusque  dans  la  chambre  D  où  ils  se  divisent  pour 
descendre  par  les  six  tuyaux  elliptiques  GH  et  EF  ;  ils  arrivent  ainsi  à 
la  chambre  A  qui  communique  avec  une  cheminée.  Pour  détruire  le 
mauvais  effet  des  dilatations  inégales,  on  a  employé  des  jointsde  sable. 
Toute  cette  partie  de  l'appareil  est  en  fonte  et  entourée  d'une  enve- 
loppe rectangulaire  en  tôle.  L'air  froid  arrive  par  la  partie  inférieure, 
s'échauffe,  sans  rencontrer  d'obstacle,  au  contact  de  toutes  les  parois  mé- 


Digitized  by  VjOOQIC 


108    UV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

talliques,  et  sort  dans  la  pièce  par  une  iarge  bouche  de  chaleur.  Ce  ca- 
lorifère me  parait  bien  entendu,  ' 
surtout  sous  le  rapport  de  la  dis- 
position des  surfaces  de  chauffe 
qui  sont  bien  utilisées. 

2204.  Nombre  de  fumistes  fran- 
çais ont  imaginé  des  calorifères 
plus  ou  moins  bien  disposés;  mais 
dans  presque  tous^  les  bouches  de 
chaleur  ont  de  trop  petites^  dimen- 
sions. La  plupart  estiment  l'effet 
utile  d'un  appareil,  par  la  haute 
température  de  l'air  échauffé,  tan- 
dis que  ce  qu'on  doit  rechercher, 
c'est  au  contraire  de  chauffer  un 
grand  volume  d'air  à  une  tempé- 
rature peu  élevée.  Cette  fâcheuse 
dée  est  tellement  enracinée  chez 
les  poéliers  -  fumistes,  que  l'un 
d'eux,  qui  dirige  des  ateliers  im- 
portants, a  présenté  à  l'exposition , 
en  1855,  un  appareil  dont  il  a 
remis  les  dessins  au  jury,  et  dont 
les  bouches  de  chaleur  versaient 
l'air  à  400*'.  Cet  appareil  était  en 
cuivre  poli  ;  il  ne  laissait  sortir  l'air  chaud  que  par  des  bouches  d'une 
matière  peu  conductrice,  et  sa  surface  extérieure  était  composée  d'un 
poêle  en  fonte,  entouré  d'une  double  enveloppe  de  très-petite  section. 
11  faut  dire  que  le  public  se  laisse  facilement  séduire  par  ces  résultats, 
et,  en  accordant  sa  faveur  aux  appareils  de  cette  espèce,  justifie  jusqu'à 
un  certain  point  cet  état  de  choses. 

2205.  La  disposition  la  plus  convenable  pour  la  circulation  de  l'air 
brûlé,  consiste  à  le  faire  monter  immédiatement  au-dessus  du  foyer 
jusqu'au  point  le  plus  haut  de  l'appareil,  et  à  le  faire  descendre  ensuite 
dans  une  double  enveloppe  communiquant  par  le  bas  avec  la  chemi- 
née; le  tuyau  central  et  le  canal  annulaire  sont  séparés  par  un  cylindre 
de  tôle  mince  qui  s'échauffe  par  rayonnement;  l'air  brûlé,  en  descen- 
dant dans  le  canal  annulaire,  s'y  distribue  uniformément.  La  figure  568 
représente  un  poêle-calorifère  remplissant  l'ensemble  des  dispositions 
qui  me  semblent  les  plus  convenables.  Le  foyer  est  environné  d'une 


Fig,  566  et  567. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     109 

épaisseur  de  briques,  parce  que  j'ai  supposé  qu'on  brûlait  de  la  houille 
sèche.  Le  nettoyage  de  cet  appareil  s'effectue  facilement  en^enlevant  les 
tampons  qui  ferment  le  canal  central 
et  le  canal  annulaire.  Si  Tenveloppe 
derait  avoir  Jpour  section  un  rectangle 
allongé,  on  ferait  descendre  Tair  brûlé 
par  deux  tuyaux  rectangulaires  pla- 
cés de  chaque  côté  du  canal  qui  sur- 
monte le  foyer. 

S'il  y  avait  un  grand  intérêt  adon- 
ner à  l'appareil  une  surface  de  chauffe 
considérable,  on  pourrait  supprimer 
le  revêtement  intérieur  en  briques 
du  foyer,  et  faire  venir  de  fonte  au 
tuyau  d'ascension  de  l'air  brûlé  des 
appendices  qui  se  prolongeraient  en 
dedans  et  en  dehors,  eu  ne  changeant  rien  du  reste  à  la  disposition 
générale  de  l'appareil. 


Chemin  ées-poéles . 

2206.  Je  désigne  ainsi  les  appareils  de  chauffage  qui  ont  de  l'a- 
nalogie avec  les  cheminées ,  en  ce  qu'ils  laissent  voir  le  feu ,  et 
avec  les  poêles,  parce  qu'ils  échauffent  l'air  par  les  parois  du  foyer. 
Ils  sont  vulgairement  connus  sous  le  nom  de  cheminées  prussiennes. 

L'appareil  le  plus  simple  est  formé  d'une  caisse  rectangulaire  dont 
la  face  antérieure  est  semblable  au  foyer  d'une  cheminée  à  la  Lho- 
mond  ;  la  caisse  est  quelquefois  en  fonte ,  mais  plus  ordinairement  en 
tôle  ;  la  partie  antérieure  peut  se  fermer  et  s'ouvrir  à  volonté  au  moyen 
d'un  tablier  vertical,  composé  de  trois  lames  de  métal  que  l'on  fait 
monter  ou  descendre  à  l'aide  de  deux  chaînes  qui  s'enroulent  sur  un 
cylindre  de  fer ,  et  que  l'on  met  en  mouvement  au  moyen  d'une  jna- 
nivelle  placée  latéralement.  Ces  appareils  se  placent  ordinairement 
devant  une  cheminée  que  l'on  a  préalablement  bouchée,  et  la  fumée 
y  est  conduite  intérieurement  par  un  tuyau  court  horizontal,  ou  par  un 
tuyau  qui  s'élève  jusqu'au  plafond.  Dans  ce  dernier  cas,  l'effet  produit 
est  évidemment  plus  considérable,  la  surface  de  chauffe  étant  aug- 
mentée. Les  parois  intérieures  sont  ordinairement  en  briques.  Les 
tuyaux  de  dégagement  de  l'air  brûlé  ont,  comme  les  tuyaux  des  foyers 
découverts  ordinaires ,  des  diamètres  qui  varient  de  0°  20  à  0"  30.  Ces 


Digitized  by  VjOOQIC 


110    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

appareils  ont  les  avantages  et  les  inconvénients  des  foyers  découverts  ; 
mais  ils  transmettent  de  plus  une  certaine  quantité  de  chaleur  par  les 
parois  extérieures. 

2207.  On  construit  maintenant  beaucoup  de  cheminées-poéles  en 
fonte ,  d'une  seule  pièce,  alimentés  par  la  houille  ;  la  grille  est  en  ber- 
ceau, et  rintarvalle  qui  sépare  les  bords  de  la  grille  de  Tencadrement 
du  foyer,  peut  être  fermé  par  une  plaque  mobile  en  fonte  ou  en  tôle. 

2208.  On  a  chercha,  comme  pour  les  foyers  découverts ,  à  utiliser 
une  partie  delà  chaleur  de  l'air  brûlé  ,  pour  chauffer  Vair  de  ventila- 
tion. Desarnod  avait  construit  un  appareil  qui  produisait  un  assez 
grand  effet  utile,  mais  qui ,  fort  compliqué ,  ne  pouvait  être  nettoyé 
qu'en  le  démontant  complètement.  Plusieurs  dispositions  sont  em- 
ployées actuellement;  elles  ne  présentent  rien  de  particulier  et  sont 
analogues  à  celles  que  nous  avons  déjà  vues  au  sujet  des  cheminées 
d'appartement.  Ces  derniers  appareils  peuvent  d'ailleurs  être  facile- 
ment transformés  en  cheminées-poêles  ;  il  suffit  pour  cela  de  les 
mettre  en  saillie  dans  la  pièce. 

Examen  des  différents  modes  de  chanffhi|^e  employés. 

2209.  Dans  ce  qui  précède ,  j'ai  décrit  les  différents  modes  de  chauf- 
fage et  de  ventilation  employés  dans  nos  habitations  particulières  ; 
pour  les  comparer,  il  faut  d'abord  poser  les  conditions  à  remplir  et 
examiner  ce  qui  se  passe  dans  les  divers  systèmes. 

2210.  Les  conditions  à  remplir  consistent  à  maintenir  la  température 
à  un  certain  degré  à  peu  près  constant  et  à  produire  une  ventilation 
efficace  en  rapport  avec  les  circonstances ,  ventilation  qui  ne  doit  pas 
être  inférieure  à  6"  cubes  par  personne  et  par  heure. 

22H.  Considérons  une  pièce  d'une  dimension  moyenne,  dans  la- 
quelle nous  supposerons  le  régime  établi,  l'air  extérieur  étant  à  6*, 
température  moyenne  des  sept  mois  de  chauffage,  et  l'air  intérieur 
étant  à  15"^;  et  calculons  la  quantité  de  chaleur  renfermée  dans  les 
murailles  et  le  plancher,  ainsi  que  la  quantité  de  chaleur  perdue  pen- 
dant le  chauffage. 

Supposons  que  la  pièce  ait  5"  de  largeur,  4"  de  hauteur,  deux  fenêtres 
de  2"  30  sur  1""  20,  dont  la  surface  totale  est  de  5"^  52  ;  les  murailles 
exposées  à  l'air  ont  alors  14°*^  48  de  surface  ;  nous  supposerons  la  pro- 
fondeur de  5™,  et  trois  portes  ayant  ensemble  7"'  25  de  surface;  la 
surface  totale  des  murailles  latérales  et  de  celles  du  fond  sera  60 
—  7,25  =  52'°*>  75  ;  en  supposant  leur  épaisseur  de  0"  40,  la  quantité 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IL  —  GHAUFFAGE  ET  ASSAlNlSSExMENT  DES  APPARTEMENTS.     1 1 1 

d*unités  de  chaleur  qu'elles  absorberont  de  0""  à  IB""  sera  52,750 .  0,4 . 
2,2  .  15 .  0,5.'  1000  —  348150.  En  admettant  que  le  plancher  ait  O'-SO 
d'épaisseur,  que  les  pièces  de  bois  occupent  la  moitié  du  volume  total, 
et  le  plâtre  un  quart,  le  volume  du  bois  sera  égal  à  25 . 0,30 . 0,5  »» 
3**  75;  celui  du  plâtre,  à  l'^^S?  ;  la  chaleur  absorbée  par  le  bois 
deO^à  i5«sera  de  3,75 .  1000  .  0,6 .  15  .0,5— 16875;  celle  du  plâtre 
sera  égale  à  1,87  .  1000. 1,25. 15.0,19  — 6660.  En  prenant  seulement 
pour  la  pièce  la  moitié  de  la  chaleur  des  murailles  intérieures  et  celle  du 
plafond  ou  du  plancher,  la  somme  de  ces  quantités  de  chaleur  sera  égale 
à  174075+16875+6660—197500. 

La  surface  des  murailles  exposées  à  l'air  extérieur  étant  de  14'°'^  48, 
celle  des  vitres  de  5"'*  52,  la  quantité  totale  de  chaleur  transmise  par 
mètre  carré  et  par  heure  sera  (867^  881)  de  14,48. 16,23  +  5,52  . 
23,85  =  366. 

2212.  U  résulte  de  là  plusieurs  conséquences  importantes,  l""  En  sup- 
posant une  interruption  de  chauffage  de  dix  heures,  ce  qui  a  lieu  ordi- 
nairement ,  la  perte  de  chaleur  par  les  vitres  et  les  murailles  ira  con- 
stamment en  diminuant  par  l'abaissement  de  température  des  surfaces 
intérieures  de  la  pièce,  mais  en  la  supposant  égale  à  celle  qui  a  lieu 
pendant  le  chauffage  ,  elle  serait  de  3660 ,  tandis  que  la  chaleur  ren- 
fermée dans  les  murailles  et  le  plancher  est  de  197500;  ainsi  la  perte 
n'est  qu'une  très-petite  partie  de  la  chaleur  renfermée  dans  les  mu- 
railles; cette  perle  varie  nécessairement  avec  les  dimensions  des  vitres 
et  des  murailles,  mais  dans  les  cas  ordinaires  on  peut  admettre  qu'elle 
est  toujours  très-faible,  d'autant  plus  que  les  rideaux  qui  couvrent  habi- 
tuellement les  fenêtres  la  diminuent  encore  de  beaucoup.  2"*  Si  par 
une  longue  interruption  de  chauffage,  le  régime  clés  murailles  avait  été 
perdu,  il  faudrait  beaucoup  de  temps  et  un  chauffage  très-long  pour  ' 
le  rétablir. 

2213.  11  est  important  de  remarquer  que  si  les  murailles  d'une 
pièce  étaient  à  une  basse  température,  et  si  on  la  chauffait  par  rayon- 
nement ou  par  un  courant  d'air  chaud,  ou  bien  par  ces  deux  moyens 
à  la  fois,  avec  un  calorifère  placé  dans  Tintérieur,  l'air  chaud  ne  se 
refroidirait  que  lentement  en  descendant  contre  les  murailles,  et  avec 
une  lenteur  qui  augmenterait  à  mesure  que  les  surfaces  intérieures  des 
murailles  auraient  été  plus  échauffées,  et  par  conséquent  que  le  chauf- 
fage de  la  pièce  pourrait  s'effectuer  momentanément,  mais  avec  une 
dépense  de  combustible  beaucoup  plus  grande  que  *î  ^*^  régime  était 
établi. 

Examinons  maintenant  les  effets  produits  parles  différents  modes  de 


Djgitized  by  VjOOQlC 


112    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITES. 

chauffage,  tant  sous  le  rapport  du  chauffage  lui-même  que  sous  celui 
de  la  ventilation. 

2214.  Chauffage  par  le  rayonnement.  —  Les  cheminées  le  plus 
généralement  employées,  sont  les  cheminées  à  ouverture  rétrécie  et  à 
tablier  mobile  (2148).  Dans  ce  mode  de  chauffage  on  n'utilise,  comme 
nous  Tavons  vu,  qu'une  faible  partie  du  rayonnement  du  combus- 
tible, et  toute  la  chaleur  entraînée  par  l'air  qui  a  servi  à  la  combustion 
est  perdue  pour  le  chauffage.  De  plus  Touverlure  de  la  cheminée  étant 
libre,  la  cheminée  appelle  un  très-grand  volume  d'air  qui  n'alimente 
pas  la  combustion.  Ces  cheminées  sont  donc  de  mauvais  appareils  de 
chauffage ,  mais  de  puissants  appareils  de  ventilation.  Pour  avoir 
une  idée  des  effets  produits,  considérons  un  foyer  communiquant 
avec  une  cheminée  de  0*20  dfe  diamètre,  de  20"*  de  hauteur, 
dans  lequel  on  brûle  seulement  1^  de  bois  par  heure,  la  quantité 
de  chaleur  produite  sera  à  peu  près  égale  à  2600  unités;  et  en  suppo- 
sant que  2000  s'écoulent  avec  l'air  dans  la  cheminée,  que  la  tempéra- 
ture de  la  pièce  soit  de  15®,  on  trouve  que  la  température  de  l'air  dans 
la  cheminée  sera  de  32®,  et  que  le  volume  d'air  appelé  par  heure  sera  de 
375  mètres  cubes  :  volume  qui  serait  beaucoup  plus  considérable,  si 
la  section  et  la  hauteur  de  la  cheminée  étaient  plus  grandes,  ainsi  que 
la  consommation  de  combustible.  La  ventilation  est  cependant  toujours 
notablement  diminuée  par  la  résistance  que  l'air  éprouve  à  passer 
à  travers  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres,  et  par  la  diminution  de 
pression  qui  se  produit  dans  la  pièce;  aussi  elle  augmente  toujours  par 
l'ouverture  d'une  porte  et  d'une  fenêtre.  Malgré  ces  circonstances,  la 
ventilation  est  encore  très-forte  et  presque  toujours  très-incommode, 
parce  que  l'air  appelé  provient  directement  de  l'extérieur,  et  tend 
à  refroidir  la  pièce  d'autant  plus  que  la  température  extérieure  est 
plus  basse.  On  comprend  ainsi  que,  quelle  que  soit  la  consommation  de 
combustible,  on  ne  puisse  pas  parvenir  à  échauffer  convenablement 
la  pièce;  et  il  pourrait  même  arriver  qu'un  accroissement  dans  la 
quantité  de  combustible  brûlé,  produisit  un  abaissement  de  tempéra- 
ture, parce  que  la  quantité  de  chaleur  rayonnée  peut  croître  dans  un 
rapport  plus  faible  que  le  refroidissement  provenant  de  l'accroissement 
d'appel.  C'est  un  fait  que  j'ai  constaté  par  expérience.  J'ajouterai  qu'en 
général,  cette  grande  ventilation  est  beaucoup  moins  efficace  pour 
l'assainissement  qu'on  ne  serait  tenté  de  le  croire,  parce  que  Tair 
appelé,  pénétrant  dans  la  pièce  par  les  fissures  des  portes  et  des 
fenêtres,  tombe  rapidement  sur  le  sol,  où  il  se  réunit  avec  celui  qui 
passe  au-dessous  des  portes  pour  gagner,  en  rasant  le  plancher,  l'ou- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.     11.— CHAUFFAGE  ET ASSALNISSEMENTDESAPPARTEMENTS.    .    il3 

verture  de  la  cheminée.  Cet  air  ne  se  mêle  donc  qu'en  petite  partie  avec 
celui  de  la  pièce,  et  seulement  par  le  mouvement  des  personnes  qui  s'y 
trouvent,  l'acte  de  la  respiration  et  les  appareils  d'éclairage  ;  la  tempé- 
rature de  l'air  est  croissante  de  bas  en  haut,  et  suivant  une  loi  d'au- 
tant plus  rapide  que  la  pièce  est  occupée  par  un  plus  grand  nombre  de 
personnes,  et  qu'elle  est  éclairée  par  plus  de  lampes  et  de  bougies. 

2215.  Nous  avons  supposé  que  l'air  appelé  par  la  cheminée  était 
fourni  par  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres  :  c'est  ce  qui  arrive  en 
général;  mais  si  les  portes  et  les  fenêtres  joignent  bien,  ou  si,  comme 
cèia  se  fait  souvent,  les  joints  sont  garnis  de  bourrelets,  pour  diminuer  , 
l'accès  de  l'air  extérieur,  la  fumée  doit  refluer  dans  la  pièce.  Sup- 
posons d'abord  que  l'appartement  soit  exactement  fermé  ;  la  com- 
bustion produira  une  dépression  constante  dans  la  pièce,  et  la  co- 
lonne d'air  chaud  de  la  cheminée  cessera  évidemment  de  s'élever, 
quand  la  pression  de  l'atmosphère  au  sommet  de  la  cheminée,  aug- 
mentée de  celle  qui  provient  de  la  colonne  d'air  chaud,  fera  équilibre 
à  la  tension  de  Tair  de  l'appartement.  Mais  cet  équilibre  ne  pourrait 
subsister  qu'autant  que  toutes  les  molécules  d'une  même  tranche  hori- 
zontale  de  la  colonne  d'air  chaud  seraient  solidaires,  qu^elles  seraient 
obligées  de  marcher  ensemble  dans  la  même  direction,  et  avec  la  même 
vitesse.  Gomme  il  n'en  est  point  ainsi,  qu'elles  sont  réellement  indé- 
pendantes, la  plus  légère  différence  dans  la  température  ou  le  frotte- 
ment, détruira  cet  équilibre,  et  il  se  produira  deux  courants  :  l'un  d'air 
chaud,  qui  sortira  de  la  cheminée;  l'autre  d'air  extérieur,  qui  pénétrera 
dans  la  pièce,  en  entraînant  avec  lui  une  partie  du  gaz  provenant  de  la 
combustion.  Admettons  maintenant  que  la  pièce  ne  soit  pas  exactement 
close,  et  qu'on  augmente  progressivement  la  somme  des  orifices  d'accès 
de  Tair  extérieur,  les  doubles  courants  dont  je  viens  de  parler  se  mani- 
festeront encore  jusqu^à  ce  que  les  sections  des  orifices  aient  atteint  une 
certaine  étendue  qui  dépendra  des  dimensions  de  la  cheminée  et  de  la 
consommation  de  combustible.  Cette  absence  d'orifices  d'accès  de  l'air 
extérieur,  pour  la  ventilation  de  chaque  pièce,  a  encore  l'inconvénient 
de  favoriser  l'introduction  de  l'air  extérieur  par  les  cheminées  des  pièces 
voisines  en  communication,  de  ne  pas  permettre  souvent  d'en  allumer 
simultanément  les  foyers,  et,  par  suite,  d'amener  dans  une  pièce  de  la 
fumée  par  un  tuyau  de  cheminée,  au-dessous  duouel  ^^  ^^ï®^  ^^^  ^^ 
pas  être  allumé  (2180).  A  la  vérité,  on  dispose  sou\en^  ^^^^^®  les  murs 
des  maisons  particulières*,  des  orifices  garnis  de  plartU^s  de  ^^^^  a  jour, 
destinés  à  permettre  l'accès  de  l'air  extérieur  derrière  ^'^  ^1^^* 
la  somme  totale  des  orifices  libres  est  en  général  trop  V®**^^^' 


Digitized  by  VjOOQIC 


ma\s 


lU    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2216.  Ainsi  nos  cheminées  domestiques,  disposées  comme  elles  le 
sont  presque  partout  eo  France, n'utilisent  qu'une  très-petite  partie  du 
combustible  :  elles  provoquent  une  grande  ventilation,  quand  les  fis- 
sures des  portes  et  des  fenêtres  le  permettent;  mais  cette  ventilation  a 
lieu  par  des  veines  d'air  froid  qui,  se  prolongeant  à  une  grande  dis- 
tance, sont  toujours  désagréables,  et  peuvent,  dans  certains  cas,  causer 
des  maladies  graves,  surtout  dans  les  réunions  et  les  bals,  où  les  dames 
peuvent  se  trouver  longtemps, exposées  à  leur  contact  glacé.  Fréquem- 
ment aussi,  il  redescend  de  la  fumée  dans  les  pièces,  par  suite  de  l'ab- 

.  sence  de  dispositions  pour  laisser  pénétrer  régulièrement  un  volume 
d'air  égal  à  celui  qui  s'écoule  par  la  cheminée. 

2217.  M.  le  docteur  Arnott  a  imaginé  un  appareil  spécial  pour 
la  combustion  de  la  houille  et  du  coke,  dont  nous  avons  fait  la  des- 
cription (730).  Quand  il  est  appliqué  au  chauffage  des  appartements, 
l'air  extérieur  arrive  au-dessous  de  la  plaque  mobile  qui  forme  le  fond 
du  foyer,  et  la  cheminée  est  percée,  à  la  hauteur  du  plafond,  d'un  ori- 
fice fermé  par  une  soupape,  et  qu'on  peut  ouvrir  plus  ou  moins,  à  l'aide 
d'un  cordon.  Cette  soupape  permet  de  régler  la  ventilation  ;  mais  l'ac- 
cès de  Tair  froid  dans  la  pièce  au-dessous  du  foyer,  par  des  veines  qui 
peuvent  se  prolonger  à  une  grande  distance,  doit  être  très-incommode. 

2218.  Les  appareils  dans  lesquels  on  chauffe  de  Tair  pris  dans  la 
pièce,  en  le  faisant  passer  dans  des  tuyaux  disposés  autour  du  foyer, 
produisent  évidemment  plus  d'effet  utile  que  les  cheminées  dont  nous 
venons  de  parler,  puisqu'ils  emploient  une  partie  de  la  chaleur  perdue. 
En  outre ,  ils  diminuent  la  ventilation  par  le  rétrécissement  des  ori- 
fices d'accès  de  l'air  dans  la  cheminée;  et  enfin,  quand  ils  sont  disposés 
convenablement,  ils  établissent  dans  l'air  de  la  pièce  un  mouvement 
qui  dissémine  Tair  d'appel,  et  doit  le  rendre  plus  efficace  pour  l'assai- 
nissement. Ces  appareils  ne  réaliseraient  toutefois  qu'une  faible  utili- 
sation du  combustible,  si  l'ouverture  de  la  cheminée  était  trop  grande, 
parce  que  l'air  brûlé,  étant  mêlé  avec  l'air  appelé  au-dessus  du  foyer, 
n'est  plus  à  une  température  assez  élevée  pour  échauffer  convenable- 
ment les  tuyaux  parcourus  par  l'air. 

2219.  Poêles. — Tous  les  poêles  métalliques,  quelles  que  soient  leurs 
formes  et  leurs  dispositions,  peuvent  utiliser  complètement  la  chaleur 
développée  dans  le  foyer,  pourvu  que  l'air  brûlé  s'élève  d'abord  à  une 
hauteur  suffisante  pour  produire  le  tirage,  et  que  les  surfaces  de  refroi- 
dissement de  la  fumée  soient  assez  étendues.  Bito  qu'ordinairement  l'air 
brûlé  soit  abandonné  aune  température  assez  élevée,  ils  utilisent  cepen- 
dant presque  tous  une  grande  partie  de  la  chaleur.  Mais  avec  ces  appareils, 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  11.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS,    i  \  5 

la  Tenlilation  est  à  peu  près  nulle,  car  ils  n*appellent  que  le  volume  d'air 
nécessaire  à  la  combustion.  Ainsi  ces  poêles  sont  d'excellents  appareils 
de  chauffage,  mais  ils  sont  insalubres.  Les  poêles  en  terre  cuite  ont  les 
mêmes  avantages,  et,  de  plus,  ils  n'ont  pas  l'odeur  spéciale  que  prend 
le  métal  soumis  à  une  température  trop  élevée;  mais  ils  sont  aussi  in- 
salubres que  les  poêles  métalliques.  Les  poêles  à  alimentation  continue 
sont  évidemment  dans  le  même  cas.  Quant  aux  poêles  à  température 
constante,  leur  but  est  contraire  à  celui  qu'on  doit  chercher  à  atteindre, 
puisque,  pour  maintenir  une  pièce  à  une  température  constante,  il  faut 
y  introduire  une  quantité  de  chaleur  qui  varie  proportionnellement  à 
l'excès  de  la  température  intérieure  sur  la  température  extérieure,  et 
que  cette  dernière  varie  constamment. 

2220.  Les  poêles  à  double  enveloppe  sont  exactement  dans  le  cas 
des  poêles  ordinaires,  quand  l'intervalle  des  enveloppes  n'est  parcouru 
que  par  l'air  de  la  pièce.  Mais  quand  l'enveloppe  communique  avec 
l'air  extérieur,  que  le  tuyau  à  fumée  se  rend  dans  une  cheminée 
ouverte  par  le  bas,  l'effet  utile  du  combustible  s'élève  beaucoup,  et  la 
ventilation  est  obtenue  dans  d'assez  bonnes  conditions.  En  effet,  l'air 
extérieur  tend  à  pénétrer  dans  la  pièce,  par  suite  de  son  échauffement 
dans  l'enveloppe,  et  par  l'excès  de  la  température  de  l'air  dans  la  che- 
minée sur  la  température  extérieure  ;  toutefois  la  ventilation  varie  néces- 
sairement avec  le  chauffage,  ce  qui  est  mauvais. 

Pour  ces  appareils,  comme  pour  tous  ceux  dans  lesquels  l'air  est 
échauffé  dans  des  tuyaux,  les  orifices  de  dégagement  de  l'air  chaud,  ou 
bouches  de  chaleur ^  ont,  en  général,  de  trop  petites  sections,  parce 
que,  pour  la  plupart  des  constructeurs,  et  souvent  pour  le  public,  les 
appareils  sont  d'autant  meilleurs  qu'ils  produisent  des  courants  d'air 
plus  chauds  et  plus  rapides  ;  et  c'est  précisément  le  contraire  qu'on 
doU  chercher.  11  faut  chauffer  un  grand  volume  d'air  à  une  tempéra- 
ture peu  élevée,  afin  d'obtenir  plus  d'effet  des  surfaces  de  chauffe,  et 
de  ne  pas  altérer  l'air. 

M.  Darcet  a  publié,  dans  les  Annales  d'hygiène,  un  article  fort  inté- 
ressant sur  cette  manie  des  constructeurs,  de  donner  aux  bouches  de 
chaleur  des  dimensions  insuffisantes.  Je  citerai  un  passage  de  cet  article. 

(c  Le  vice  de  construction  que  je  signale  ici  est  telletï*®^^  commun 
qu'on  le  remarque  presque  partout,  et  principalement  da«^  ^^*  établis- 
sements publics,  où  la  grandeur  des  poêles  fait  ^^core  ît^^®"^.  ^^^^^^^^ 
Textrême  petitesse  de  leurs  bouches  de  chaleu      le  po^^^'^^^  donner 
mille  exemples  de  ce  fait,  mais  je  iï^^  contenterai  d'éu  ^^^^^  quelques- 
uns  des  plus  remarquables. 


Digitized  by  VjOOQIC 


M  6    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

((  En  1841,  le  conseil  général  des  manufactures  fut  assemblé,  au  mi- 
nistère du  commerce,  dans  une  salle  nouvellement  bâtie,  sans  système 
régulier  de  ventilation,  beaucoup  plus  longue  que  large,  et  très-mal 
chauffée  par  un  grand  poêle  placé  à  Tune  de  ses  extrémités.  Le  bureau 
était  établi  sur  une  estrade,  à  l'extrémité,  opposée,  et  le  grand  poêle 
n'était  garni  que  de  très-petites  bouches  de  chaleur,  n'ayant  peut-être 
pas,  à  elles  toutes,  un  décimètre  carré  d'ouverture  libre. 

«  Pour  échauffer  la  salle,  le  jour  de  l'ouverture  de  la  session  du  con- 
seil, le  garçon  de  bureau  avait  été  obligé  de  pousser  le  feu  au  point  de 
chauffer  au  rouge  jusqu'aux  garnitures  en  cuivre  des  bouches  de  cha- 
leur; l'air  contenu  dans  la  salle  avait  une  odeur  de  brûlé  fort  désagréa- 
ble, et  la  chaleur,  trop  forte  près  du  poêle,  n'avait  pu  parvenir,  du  côté 
opposé,  jusqu'au  bureau  où  siégeait  le  ministre.  Je  me  plaignis  de  cet 
état  de  choses;  on  m'envoya,  le  lendemain,  le  fumiste  du  ministère;  je 
lui  fis  augmenter  convenablement  l'ouverture  de  la  prise  d'air,  et  je  fis 
établir,  sur  le  devant  du  poêle,  une  grande  bouche  de  chaleur  ayant, 
autant  que  je  puis  m'en  souvenir,  20  décimètres  carrés  d'ouverture, 
c'est-à-dire  environ  vingt  fois  autant  de  section  qu'en  avaient  les  bou- 
ches de  chaleur  primitives  :  on  ne  toucha  pas  à  l'armature  du  poêle,  et 
toute  la  réparation  fut  terminée  en  un  jour  de  travail.  Une  seconde 
cheminée  ne  servant  pas,  existant  derrière  le  bureau,  à  l'opposé  de  celle 
du  poêle,  je  la  fis  ouvrir  par  le  bas,  au-dessous  de  l'estrade,  pour  éva- 
cuer l'air  vicié  dans  la  salle,  et  le  lendemain,  jour  de  séance  des  trois 
conseils  réunis,  on  obtint,  sans  pousser  le  feu  dans  le  poêle,  tout  le 
succès  désirable,  tant  sous  le  rapport  de  réchauffement  égal  de  tous  les 
points  de  la  salle,  que  sous  celui  de  la  salubrité  de  l'air  qu'on  y  res- 
pirait. 

«  Le  même  changement  a  été  fait  de  la  même  manière  et  avec  le 
même  succès  au  poêle  de  la  salle  des  séances  du  conseil  de  salubrité  à 
la  Préfecture  de  police,  à  celui  du  laboratoire  des  essais  à  la  Monnaie 
de  Paris,  etc.,  etc.  » 

2221.  Dans  l'article  dont  je  viens  de  parler,  M.  Darcet  admet  que 
l'air,  en  sortant  du  poêle,  doit  être  échauffé  seulement  de  20";  alors, 
en  supposant  que  la  combustion  de  1^  de  houille  peut  échauffer  900  mè- 
tres cubes  d'air  de  20**,  et  que  la  vitesse  de  sortie  est  de  2"*,  il  en  con- 
clut que  les  poêles  doivent  avoir  des  bouches  de  chaleur  de  12,50 déci- 
mètres carrés  de  surface  pour  chaque  kilogramme  de  houille  à  brûler 
par  heure.  Mais  il  ne  suffit  pas  que  les  bouches  de  chaleur  aient  une 
surface  assez  grande,  il  fîuitque  dans  tout  le  circuit  que  parcourt  l'air  qui 
s'échauffe,  la  section  ne  soit  pas  inférieure  à  celle  des  bouches;  autre- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IL— CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     1 17 

ment  le  rélargissement  du  canal,  à  son  extrémité,  n'aurait  que  peu 
d'influence.  L'énorme  section  à  laquelle  M.  Darcet  est  conduit  serait 
souvent  difficile  à  établir.  Je  pense  qu'une  section  deux  fois  plus  petite 
serait  bien  suffisante  dans  tous  les  cas,  et  bien  supérieure  encore  à 
celle  que  les  constructeurs  d'appareils  donnent  toujours  aux  bouches 
de  chaleur. 


Modes  de  chanlTai^e  et  de  TentUailon  lei  plai  eÔBTemables  dans 
les  dlirére»te  cm». 

2222.  Pour  les  antichambres  des  grandes  maisons,  le  chauffage  par 
les  poêlas  en  terre  cuite,  garnis  de  larges  bouches  de  chaleur  versant 
un  grand  volume  d'air  à  uneHempérature  peu  élevée,  est  le  mode  le  plus 
avantageux,  parce  que  l'alimentation  du  foyer  ne  se  fait  qu'à  des  épo- 
ques assez  éloignées,  et  que  l'air  échauffé  peut  servir  à  la  ventilation 
des  pièces  voisines.  Ce  même  mode  de  chauffage  serait  aussi  le  plus 
convenable  pour  les  escaliers  des  hôtels. 

2223.  Pour  les  salles  à  manger,  comme  elles  ne  sont  occupées  que 
pendant  les  heures  de  repas,  elles  ne  doivent  être  échauffées  que  par 
intermittence  ;  le  meilleur  mode  de  chauffage  consiste  dans  des  calori- 
fères en  tôle,  qui  permettent  de  cesser  le  chauffage  quand  la  chaleur 
produite  par  les  convives  et  les  lumières  est  suffisante.  La  forme  la  plus 
convenable  serait  celle  d'un  parallélipipède,  long  et  étroit,  renfermant 
des  tuyaux  verticaux,  communiquant  par  le  bas  avec  l'air  extérieur,  et 
versant  l'air  échauffé  dans  la  pièce  par  la  partie  supérieure,  l'air  brûlé 
cheminant  de  haut  en  bas  dans  l'intervalle  des  tubes.  Un  orifice  destiné 
à  la  ventilation  devrait  être  établi  au  bas  de  la  cheminée.  Pour  les  pe- 
tites habitations,  le  poêle  pourrait  être  surmonté  d'une  caisse  en  tôle, 
servant  à  chauffer  les  assiettes.  Les  poêles  en  terre  cuite  ne  sont  utiles 
que  quand  ces  salles  sont  constamment  occupées. 

2224.  Les  chambres  particulières  sont  ordinairement  chauffées  par 
de  simples  cheminées.  Ces  appareils,  comme  je  l'ai  dit,  produisent  peu 
d'effet  utile  sous  le  rapport  du  chauffage,  et  beaucoup  trop  sous  le  rap- 
port de  la  ventilation.  L'appareil  décrit  (2174)  serait  d'un  usage  bien  plus 
avantageux  que  tous  les  autres  parce  qu'il  permet  de  régler  le  chauffage 
et  la  ventilation,  et  qu*il  utilise  la  majeure  partie  de  la  chaleur  produite. 

2225.  On  pourrait  aussi  employer  des  poêles  ordinaires  ou  les  poêles 
à  double  enveloppe  désignés  sous  le  nom  de  calorifères.  On  obtien- 
drait ainsi  un  plus  grand  effet  utile  ;  mais  la  ventilation  se  trouverait 
réduite  au  volume  d'air  nécessaire  à  la  combustion.  Il  serait  toutefois 


Digitized  by  VjOOQIC 


M8    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

facile  de  produire  une  ventilation  variable  à  volonté,  dans  des  limites 
assez  étendues,  en  établissant  [fig.  569  et  570)  dans  la  plaque  de  tôle 


Fig,  569. 


Fig.  570. 


qui  ferme  Touverture  du  bas  de  la  cheminée  et  que  traverse  le  tuyau 
à  fumée  du  poêle  ou  du  calorifère ,  une  ouverture  à  registre  glissant 

ou  tournant  par  laquelle  Tair  de  la  pièce 
s'écoulerait  dans  la  cheminée;  seulement, 
dansce  mode  de  ventilation,  Tair  extérieur 
est  uniquement  fourni  par  les  fissures  des 
portes  et  des  fenêtres. 

2226.  Si  le  tuyau  de  cheminée  était 
adossé  à  un  mur  extérieur,  on  pourrait 
facilement  produire  une  ventilation  par 
un  appel  régulier  de  l'air  extérieur  au 
moyen  de  la  disposition  indiquée  par  la 
figure  571  ;  A  est  le  tuyau  d'appel  qui 
traverse  le  mur  placé  derrière  la  chemi- 
née, B  le  tuvau  d'écoulement  de  l'air 
brûlé;  au-dessous  est  l'orifice  à  registre 
de  sortie  de  l'air  de  l'appartement. 

2227.  Dans  le  cas  où  la  pièce  ne  serait 
pas  munie  de  cheminée  dans  le  mur,  le 


Fig.  571. 


même  résultat  est  encore  facile  à  obtenir  au  moyen  de  la  disposition 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IL— CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     119 

indiquée  dans  la  figure  572;  A  est  le  tuyau  d'appel,  BB  le  tuyau 
d'écoulement  de  l'air  brûlé,  C  l'orifice  de  sortie  de  Tair  :  cet  orifice 
communique  avec  un  tuyau  DD  qui  environne  le  tuyau  d'écoulement 
de  l'air  brûlé. 

2228.  Toujours  en  supposant  l'absence  de  cheminées  dans  la  pièce 
à  chauffer,  mais  en  admettant  qu'il  s'en  trouve  une  au-dessus,  on 
pourrait  employer  la  disposition  indiquée  par  la  figure  573.  AA  tuyau 


Fig.  572. 


Fig.  573. 


d'écoulement  de  l'air  brûlé;  DD  tuyau  d'écoulement  de  l'air  de  la 
pièce;  BB,  tuyau  d'appel  de  l'air  extérieur;  ce  tuyau  est  garni  d'un  ap- 
pendice E,  au  moyen  duquel,  en  fermant  les  registres  a  et  c  et  ouvrant 
le  registre  6,  on  peut  chauffer  la  pièce  sans  produire  de  ventilation.  Eii 
fermant  seulement  le  registre  a,  la  ventilation  s'effectue  par  les  fis- 
sures des  portes  et  fenêtres. 

2229.  Si  la  salle  a  une  très-grande  longueur,  on  peut  adopter  la 
disposition  indiquée  figure.  574.  A  est  un  calorifère  métallique  à  air 
chaud  et  à  double  enveloppe,  recevant  directement  V^t^^  extérieur  qui 


Digitized  by  VjOOQIC 


120    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

doit  être  échauffé  ;  B  est  une  cheminée  située  sur  la  face  opposée  et 
qui  sert  en  même  temps  pour  le  chauffage  et  pour  la  ventilation. 


Fig.  Ji74. 

2230.  La  figure  575  représente  la  disposition  du  chauffage  d'une 
pièce  X,  qui  n'avait  point  de  cheminée.  La  pièce  précédente  Y,  qui  sert 
d'antichambre  à  la  première,  a  reçu  un  calorifère  A,  garni  d'une  large 
bouche  à]  air  chaud  D,  et  dont  le  tuyau  à  fumée  BB  débouche  dans 
la  cheminée  C,  entièrement  fermée  par  la  partie  inférieure.  On  a  placé 
ensuite  dans  la  pièce  X  un  foyer  découvert  E,  dont  le  tuyau  FF  traverse 
la  salle  X,  et  vient  se  rendre  dans  la  cheminée  C.  Cet  appareil,  qui  fonc- 
tionne depuis  vingt-huit  ans  à  TEcole  centrale,  est  d'un  service  très-com- 
mode. On  accroît  à  la  fois  le  chauffage  et  la  ventilation  de  la  pièce  X, 
en  augmentant  l'activité  du  feu  dans  le  foyer  E.  La  pièce  Y  est  occupée 
par  les  bureaux;  la  pièce  X  est  le  cabinet  du  directeur.  Cette  dernière 
pièce,  qui  est  Irès-élevée,  et  qui  est  éclairée  par  une  très-grande  fenêtre, 
n'avait  jamais  pu  être  chauffée  ;  elle  l'est  maintenant  très-facilement, 
et  avec  un  feu  très-faible  dans  la  cheminée  E.  La  bouche  D  est  rectan- 
gulaire ;  elle  a  0'",40  sur  (y^,20  :  sa  surface  est  vingt  fois  plus  grande 
que  celle  de  la  bouche  que  le  fumiste  qui  a  construit  le  calorifère  vou- 
lait établir;  et  c'est  évidemment  dans  la  grandeur  de  cette  bouche  que 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  U. —CHAUFFAGE  ET  ASSAIiNlSSEMENT  DES  APPARTEMENTS.     1 2 1 

réside  refficacité  de  l'appareil.  Ce  mode  de  chauffage  n*a  présente 
qu'un  seul  inconvénient  :  les  tuyaux  de  chauffe,  dans  le  calorifère  Â, 
n'étant  fixés  qu'avec  de 
la  terre,  comme  dans 
les  autres  calorifères  du 


même 


genre. 


il  arrive 


que,  quand  le  tirage  de 
la  cheminée  E  l'emporte 
sur  celui  de  la  chemi- 
née B,  un  peu  d'air 
brûlé,  et  par  suite  un 
peu  de  fumée,  passe 
dans  l'air  chaud  qui  dé- 
bouche dans  le  canal  D. 
Cette  quantité  de  fumée 
est  très-petite,  tout  à 
fait  insensible  à  l'odo- 
rat, mais,  à  la  longue 
elle  finit  par  donner 
une  légère  teinte  de  bis- 


Fig, 


tre  au  mur  qui  est  au-dessus  de  la  bouche  à  air  chaud.  Le  mélange 
d'une  petite  quantité  de  fumée  à  l'air  chauffé  dans  les  calorifères  est 
inévitable,  quand  la  vitesse  du  courant  d'air  chaud  l'emporte  sur  celle 
de  l'air  brûlé,  car  on  n'a  aucun  moyen  de  rendre  complètement  étan- 
ches  les  joints  des  métaux  et  de  la  terre  cuite.  Mais  on  pourrait  en 
faire  disparaître  les  traces  soit  en  employant  pour  combustibles  du  coke 
ou  des  houilles  sèches,  soit  en  brûlant  un  combustible  quelconque  et 
en  avançant  dans  la  pièce  l'extrémité  du  tube  D,  soit  enfin  en  plaçant 
à  la  partie  supérieure  de  la  bouche  une  plaque  inclinée  qui  éloignât  la 
veine  d'air  chaud  du  mur. 

2231.  Pour  des  pièces,  même  d'une  assez  grande  étendue,  qui  sont 
précédées  de  plusieurs  autres,  dont  les  portes  et  les  fenêtres  ferment 
médiocrement,  et  dont  l'ouverture  du  foyer  n'est  pas  trop  grande,  on 
peut  obtenir  un  chauffage  et  une  ventilation  suffisants  même  dans  les 
plus  grands  froids,  avec  un  foyer  découvert  ordinaire,  mais  à  la  con- 
dition de  brûler  beaucoup  de  combustible.  Ce  mode  de  chauffage 
a  pourtant  un  avantage  fort  apprécié  par  certaines  personnes,  et  qui 
le  fait  préférer  à  tous  les  autres ,  c'est  de  faire  respirer  de  l'air  frais,  et 
non  de  l'air  échauffé  et  desséché. 

2232^  Chauffage  ei  ventilation  des  salons,  —  Lorsque  les  salons  ont 


Digitized  by  VjOOQIC 


122    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DE8  UeuX  HABITÉS. 

une  assez  grande  étendue,  et  qu'ils  ne  renferment  qu'un  petit  nombre 
de  personnes  et  peu  d'appareils  d'éclairage^  ils  sont  bien  difficilement  et 
bien  chèrement  échauffés  par  une  simple  cheminée  à  foyer  découvert. 
Le  mode  de  chauffage  et  de  ventilation  le  plus  commode,  consiste , 
dans  ce  cas,  à  placer,  dans  la  pièce  \oisine,  ou  à  l'étage  inférieur, 
un  calorifère  versant  dans  le  salon,  du  côté  opposé  à  la  cheminée, 
un  volume  d'air  considérable  à  une  température  peu  supérieure  à  12**  ; 
le  foyer  de  cheminée  qui  sert  à  compléter  le  chauffage ,  détermine 
la  ventilation  et  donne  la  faculté  de  profiter  de  la  chaleur  directe  tou-- 
jours  plus  agréable  pour  chauffer  rapidement  une  partie  du  corps« 

2233.  Mais  quand  les  salons  renferment  un  grand  nombre  de  per- 
sonnes et  de  nombreux  appareils  d'éclairage,  les  conditions  d'assainis- 
sement sont  bien  différentes.  D'après  les  dispositions  généralement 
usitées,  qui  consistent  tout  simplement  à  produire  la  ventilation  par 
l'appel  d'un  foyer  découvert,  la  température,  en  peu  de  temps,  devient 
très-élevée,  et  l'air  est  quelquefois  tellement  vicié  qu!on  éprouve  un 
malaise  que  beaucoup  de  personnes  ne  supportent  que  difficilement  ; 
les  appareils  d'éclairage  eux-mêmes  ne  continuent  à  brûler  qu'avec 
peine,  et  ne  répandent  plus  qu'une  lumière  amoindrie  et  sans  éclat. 
Ces  inconvénients  proviennent  de  la  grande  quantité  de  chaleur  pro- 
duite par  la  respiration,  par  les  appareils  d'éclairage,  de  la  position 
des  orifices  d'appel  et  de  l'absorption  de  l'oxygène,  comme  nous  allons 
le  voir. 

2234.  Considérons  une  salle  renfermant  trois  cents  personnes,  éclai- 
rée par  cent  bougies  ;  laquantité  de  charbon  consommée  sera  à  peu  près 
de  10  grammes  par  personne  et  par  bougie,  et  en  tout  de  4  kilogram.  ; 
supposons  une  ventilation  régulière  de  10  mètres  cubes  d'air  par  per- 
sonne, par  bougie  et  par  heure,  en  tout  de  4,000  mètres  cubes  ;  on  sait 
que  1  kilogramme  de  charbon  peut  élever  1,000  mètres  cubes  d'air 
de  8000  :  (i  ,3  . 0,24  .  1000)  =  25*»  64 ;  ainsi,  quelle  que  soit  la  tem- 
pérature  de  l'air  de  ventilation  à  l'entrée  de  la  pièce,  par  le  seul  effet  de 
la  respiration  et  des  appareils  d'éclairage,  la  température  de  l'air  serait 
élevée  de  25''64.  Si  la  ventilation  était  deux  fois  plus  grande,  la  tempé- 
rature s'élèverait  seulement  de  12**  82,  et  de  51*  28  si  elle  était  réduite 
à  moitié.  A  la  vérité,  je  n'ai  pas  tenu  compte  de  la  chaleur  perdue  par 
les  vitres  et  les  murailles,  mais  elle  est  en  général  très-petite  relative- 
ment à  la  quantité  de  chaleur  produite  dans  les  grandes  réunions  de 
nuit. 

2235.  Mais  une  autre  circonstance  contribue  plus  encore  à  l'insalu- 
brité de  la  salle  et  rendcette  insalubrité  presque  indépendante  du  degré 


Digitized  by  VjOOQiC 


CHAP.  11.— CHAUFFAGE  ET  ASSALNISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    \  23 

de  Tentilation  produit  par  un  ou  plusieurs  foyers  découverts.  L'air  qui 
pénètre  dans  la  pièce,  qu'il  provienne  d'un  calorifère  ou  directement  de 
l'extérieur,  est  toujours  à  une  plus  basse  température  que  celui  de  la 
salle  de  réunion  ;  il  tombe  sur  le  sol  et  chemine  vers  les  foyers  d'appel 
en  suivant  le  plancher  et  en  n'entraînant  avec  lui  qu'un  petit  volume 
d'air  échauffé;  ainsi,  il  n'y  a  qu'un  très-faible  renouvellement  de  l'air 
à  une  petite  hauteur,  et  au-dessus  se  trouve  de  l'air  stagnant  dont  la 
température  et  l'état  insalubre  augmentent  avec  la  hauteur.  On  retrouve 
ici,  et  d'une  manière  très-nette,  le  cas  que  nous  avions  prévu  en  parlant 
du  mouvement  de  l'air  dans  les  lieux  ventilés,  lorsque  l'air  de  ven- 
tilation est  plus  froid  que  l'air  de  la  pièce. 

11  faut  alors  nécessairement  changer  le  mode  de  ventilation,  et  faire 
sortir  l'air  par  la  partie  supérieure  ;  l'air  marchant  de  bas  en  haut  ne 
sera  échauffé  qu'à  une  assez  grande  hauteur  par  les  appareils  d'éclai- 
rage; l'air  chaud  sortant  des  poumons  s'élèvera  directement,  et  une 
ventilation  modérée  suffira  pour  maintenir  une  température  conve- 
nable et  un  bon  état  sanitaire. 

2236.  On  pourrait  employer  une  ouverture  pratiquée  dans  la  chemi- 
née du  foyer  découvert,  à  la  hauteur  du  plafond,  garnie  d'un  registre 
qu'on  n'ouvrirait  que  quand  les  circonstances  l'exigeraient.  L'appel  la- 
téral introduirait  dans  la  cheminée  un  certain  volume  d'air  de  la  pièce  ; 
l'effet  serait  augmenté  si  le  registre  s'abaissait  intérieurement  et  dimi- 
nuait la  section  de  la  cheminée.  A  la  vérité,  ce  tirage  affaiblira  celui 
qui  a  lieu  par  l'ouverture  du  foyer  découvert  ;  mais  ce  sera  un  avan- 
tage, et  cette  disposition  sera  très-efficace,  si  le  tirage  de  la  chemi- 
née est  suffisant,  et  si  l'air  extérieur,  préalablement  échauffé  à  10 
ou  12*  arrive  dans  la  pièce  par  un  large  orifice  ;  mais  si  l'air  exté- 
rieur ne  pouvait  pas  pénétrer  facilement  dans  la  pièce,  et  si  la  che- 
minée, au-dessus  du  plafond,  n'avait  pas  une  assez  grande  hauteur^ 
il  pourrait  se  former  dans  la  cheminée  deux  courants  en  sens  contraire, 
et  le  courant  descendant  amènerait  de  la  fumée  dans  la  pièce. 

2237.  On  emploie  quelquefois  des  vitres  mobiles  autour  d'une  char- 
nière horizontale,  et  placées  à  la  partie  supérieure  des  fenêtres.  En  ou- 
vrant une  ou  plusieurs  de  ces  ouvertures,  on  fait  nécessairement  sortir 
l'air  chaud  ;  mais,  à  moins  que  l'air  extérieur,  échauffé  par  des  calori- 
fères, n'arrive  dans  la  pièce  en  grande  abondance,  de  manière  à  y  pro- 
duire un  certain  excès  de  pression,  les  ouvertures  dont  il  s'agit  donneront 
lieu  à  deux  courants  :  l'un,  d'air  chaud,  dirigé  de  dedans  en  dehors  ; 
l'autre,  d'air  froid,  dirigé  en  sens  contraire  ;  et  ce  dernier  serait,  comme 
nous  l'avons  déjà  vu,  certainement  très-incommode  et  souvent  dange- 


Digitized  by  VjOOQIC 


124    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

reux  pour  les  personnes  placées  dans  le  voisinage  des  fenêtres.  Toute 
ventilation  par  appel  a  nécessairement  ces  inconvénients  ;  la  ventila- 
tion par  insufflation  seule  peut  produire  ce  renouvellement  d'air 
régulier  et  certain,  sans  produire  ces  veines  d'air  si  fâcheuses.  Nous 
reviendrons  sur  ce  sujet,  quand  il  sera  question  de  la  ventilation  des 
hospices. 

2238.  On  déterminerait  facilement  Técoulement  de  l'air  chaud  par  la 
partJte  supérieure  de  la  pièce,  et  avec  des  foyers  découverts  ordinaires,  au 
moyen  de  la  disposition  indiquée  par  la  figure  576.  Deux  canaux  ver- 
ticaux, creusés  dans 
^^5y ^^x^^^y:: ^|"^^^:- -^>:^ f :^y^y^<g|\C^\^iN  '  ^-l'%       l'épaisseur  de  la  mu- 
^  '  raille  de  chaque  côté 

du  tuyau  de  chemi- 
née, s'ouvrent  près 
du  plafond  dans  la 
pièce,  et  viennent  dé- 
boucher par  le  bas, 
derrière  les  petites 
cloisons  verticales  qui 
rétrécissent  latérale- 
ment le  foyer;  les  ori- 
fices supérieurs  peu- 
vent être  ouverts  plus 
ou  moins  par  des  re- 
gistres glissants.  Par 
cette  disposition ,  le 
tirage  de  la  cheminée 
se  manifeste  à  la  fois 
sur  l'ouverture  du 
foyer,  et  sur  celles 
voisines  du  plafond 
par  lesquelles  l'air 
descend  au  niveau  du 
sol  pour  pénétrer  la- 
téralement dans  la  cheminée  L'appel  direct  par  le  foyer  se  réduit  faci- 
lement à  l'aide  d'un  registre,  ou  même  en  supprimant  les  cloisons  en 
briques  qui  rétrécissent  latéralement  le  foyer,  et  les  remplaçant  par  des 
grilles  verticales.  La  ventilation  pourra  ainsi  être  effectuée  soit  unique- 
nient  par  le  haut,  soit  uniquement  par  le  bas,  ou  mieux,  un  peu  par  le 
l>as,  et  en  majeure  partie  par  le  haut.  Le  registre  du  bas  pourrait  être 


. 

li  ' 

'Vl<?^^l 

jl-l 

i  ^^n 

1  \ 

Fig,  576. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  II. —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  APPARTEMENTS.    125 

remplacé  avec  avantage  par  un  tablier  formé  de  petits  cylindres  en 
verre  permettant  de  voir  Tétat  du  feu,  qu'il  est  utile  de  maintenir  al- 
lumé pour  opérer  la  ventilation.  L'ensemble  de  cette  disposition  con- 
siste donc  à  faire  servir  la  cheminée  au  chauffage  pour  le  commence- 
ment de  la  soirée,  et  à  la  ventilation  pour  le  milieu  et  pour  la  fin. 
Inutile  d'ajouter  que  la  section  de  la  cheminée  doit  être  convenablement 
calculée. 

2239.  Parexemple,  pour  une  salle  réunîssant200pcrsonnes,  en  comp- 
tant, à  cause  des  appareils  d'éclairage,  une  ventilation  de  3000  mètres  ' 
cubes  par  heure  ou  de  0"'*83  par  seconde  ;  en  supposant  une  cheminée  de 
10"  de  hauteur,  un  accroissement  de  température  de  10°,  la  vitesse  d'ac- 
cès, abstraction  faite  des  frottements,  serait  à  peu  près  de  6°  ;  si  les  résis- 
tances la  réduisaient  à  moitié,  elle  serait  seulement  de  3"  ;la  cheminée 
devrait  avoir  0"^  28  de  section  ;  la  consommation  de  combustible 
dans  le  foyer  serait  de  5  à  6  kilogrammes  par  heure.  Malheureuse- 
ment, dans  toutes  les  maisons  de  nouvelle  construction,  les  sections  des 
cheminées  sont  beaucoup  trop  petites  pour  produire  une  ventilation 
suffisante;  mais  la  disposition  indiquée  serait  toujours  une  grande  amé- 
lioration à  l'état  actuel  des  choses. 

Pour  les  salles  destinées  à  des  réunions  beaucoup  plus  nombreuses 
encore,  tous  les  foyers  découverts  devraient  être  disposés  comme  je 
viens  de  l'indiquer  ;  et  comme  il  serait  difficile  d'amener  la  pièce  à  une 
température  confortable,  il  conviendrait  d'ajouter  un  calorifère  dans 
une  pièce  voisine,  donnant  de  l'air  chaud  dans  la  salle  de  réunion. 

2240.  Mais  tous  ces  perfectionnements  dans  le  chauffage  et  l'assainis- 
sement des  habitations  particulières  ne  pourront  se  réaliser  complè- 
tement qu'autant  que  les  architectes  s'en  occuperont  sérieusement  : 
tout  devient  difficile  quand  les  maisons  sont  construites,  à  cause  des 
grandes  dépenses  qu'exigent  les  améliorations.  Dans  la  disposition  ac- 
tuelle des  maisons  d'habitation,  rien  n'a  été  prévu  pour  la  ventilation  ; 
le  volume  d'air  énorme  qui  s'écoule  par  les  cheminées  des  apparte- 
ments est  uniquement  fourni  par  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres  : 
de  sorte  que  l'absence  de  fumée  dans  les  pièces  est  plutôt  un  accident 
qu'un  état  normal;  et  quand  il  y  a  des  prises  d*air  extérieur,  leur  sur- 
face  libre  est  beaucoup  trop  petite,  et  elles  débouchent  derrière  ou  au- 
tour du  foyer,  de  manière  à  alimenter  la  cheminée,  sans  produire  de 
renouvellement  d'air  dans  la  pièce.  C'est  surtout  dans  les  grandes 
réunions,  dans  les  bals,  les  concerts,  que  l'absence  de  toute  disposition 
relative  à  la  ventilation  se  fait  désagréablement     otir.  U  faut  espérer 
que  les  architectes  finiront  par  comprendre   j^  ^%essilé  de  s'occuper 

Digitized  by  VjOOQIC 


126    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  tyE^  L/El'X  HABITÉS. 

eux-mêmes,  dans  leurs  projets,  de  toules  les  dispositions  qu'exigent  le 
chauffage  et  la  ventilation. 

Les  considérations  que  nous  venons  de  développer  dans  ce  chapitre 
suffisent  pour  servir  de  guide.  Nous  avons  indiqué  les  divers  modes  de 
ventilation  applicables  suivant  les  circonstances,  et  détaillé  les  appa- 
reils de  chauffage  qu'on  peut  employer  pour  chaque  pièce. 

2241.  Les  habitations  particulières  ne  peuvent  être  chauffées  que 
par  des  calorifères  avec  des  courants  qui  amènent  Tair  chaud  dans  les 
différentes  pièces,  et  d'où  il  s'écoule  par  les  tuyaux  de  cheminée.  Les 
calorifères  à  vapeur  ne  présenteraient  aucun  avantage  ;  ils  sont  trop 
compliqués,  et  exigent  des  soins  continus  du  chauffeur.  Les  calorifères 
à  eau  chaude,  comme  je  l'ai  déjà  dit,  exigent  un  peu  moins  de  sur- 
veillance quand  la  masse  d'eau  en  circulation  est  considérable  ;  mais 
alors  la  température  est  tantôt  trop  basse,  tantôt  trop  élevée,  parce  qu'il 
faut  trop  de  temps  pour  la  faire  varier;  et,  quand  cette  masse  est  réduite 
autant  que  possible,  une  surveillance  continuelle  du  foyer  devient  in- 
dispensable. Les  calorifères  dans  lesquels  l'air  est  chauffé  directement 
sont  alors  préférables  à  tous  les  autres,  parce  qu'ils  coûtent  beaucoup 
moins  d'établissement,  qu'ils  peuvent  faire  varier  très-rapidement  la 
température  de  l'air  chaud,  et  que  les  tuyaux  de  conduite  pouvant  être 
placés  dans  les  murs,  le  refroidissement  de  l'air  dans  le  trajet  se  trouve 
utilisé.  Ces  calorifères  sont  avantageux  pour  chauffer  l'air  de  ventila- 
tion des  appartements  à  une  température  peu  élevée,  le  surplus  de 
chaleur  étant  produit  par  des  appareils  spéciaux  placés  dans  les  diffé- 
rentes pièces,  appareils  qui  doivent  principalement  consister  en  foyers 
découverts,  convenablement  disposés. 


CHAPITRE  l\\. 

CHAUFFAGE   ET  VENTILATION  DES  GRANDES  SALLES  DE  RÉUNION.   PALAIS, 
AMPHITHÉÂTRES.  THÉÂTRES,  ETC. 

Nous  allons  examiner  les  différentes  dispositions  employées,  et  les 
expériences  qui  ont  été  faites,  en  suivant  à  peu  près  l'ordre  dans  lequel 
les  appareils  de  chauffage  et  de  ventilation  ont  été  établis. 

Bourse  de  Paris* 

2242.  Ce  chauffage,  un  des  premiers  installés  en  France,  a  été  établi 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNION.      127 

en  1828,  diaprés  l'avis  d'une  commission  composée  de  MM.  Gay-Lus- 
sac,  Thenard  et  Darcet.  La  salle  de  la  Bourse  ayant  une  très-grande 
capacité  et  une  très-grande  hauteur,  un  chauffage  continu,  à  une  tem- 
pérature voisine  de  IS"",  aurait  été  difficile  à  établir,  et  aurait  exigé  une 
grande  consommation  de  combustible  ;  d'ailleurs,  la  salle  n*étant 
occupée  que  pendant  un  petit  nombre  d'heures  de  la  journée,  par  des 
personnes  presque  continuellement  en  mouvement,  on  ne  pouvait  em- 
ployer qu'un  chauffage  intermittent.  La  commission,  dans  son  projet, 
a  cherché  à  satisfaire  seulement  aux  conditions  suivantes  :  l""  échauffer 
une  partie  du  sol  ;  2*  verser  dans  la  salle  un  volume  d'air  chaud  suffi- 
sant pour  la  salubrité  ;  3^  produire  ces  effets  par  un  chauffage  rapide. 
Le  chauffage  par  la  vapeur  était  le  seul  qui  pût  satisfaire  à  ces  .condi- 
tions, et  c'est  celui  qui  a  été  adopté. 

2243.  Les  chaudières  à  vapeur  à  basse  pression  sont  placées  vers 
Tangles  ud-est  de  l'étage  de  soubassement.  L'appareil  de  chauffage  est 
disposé  dans  un  caniveau  pratiqué  au-dessous  du.  sol  de  la  grande 
salle,  au  milieu  et  dans  le  pourtour  des  galeries.  Le  sol  du  caniveau 
est  formé  d'un  dallage  en  pierre  posé  sur  mortier  hydraulique,  et  légè- 
rement incliné,,  de  manière  à  faire  écouler  les  eaux  qui  pourraient  s'é- 
chapper par  les  joints.  L'appareil,  placé  dans  ce  caniveau,  se  compose 
de  quatre  caisses,  qui  occupent  les  quatre  angles,  et  de  trois  tuyaux  eu 
fonte,  qui  établissent  la  communication  des  caisses.  La  caisse  la  plus 
voisine  de  la  chaudière  en  reçoit  directement  la  vapeur  ;  de  cette  caisse, 
la  vapeur  passe  dans  les  autres  par  les  tuyaux  de  fonte  dont  nous  ve- 
nons de  parler.  Les  tuyaux  ont  2  mètres  de  longueur,  0*"  16  de  dia- 
mètre intérieur,  et  0"  017  d'épaisseur;  ils  reposent  sur  des  rouleaux  en 
fer,  et  chaque  système  de  tuyaux  est  garni  d'un  compensateur  placé  au 
milieu  de  sa  longueur.  Les  quatre  caisses  et  toute  l'étendue  du  caniveau 
sont  recouvertes  de  plaques  de  fonte,  placées  à  feuillures  sur  des  pièces 
en  fonte  formant  les  angles  supérieurs  du  caniveau.  Des  ouvertures 
pratiquées  de  distance  en  distance,  dans  le  fond  des  caniveaux,  pren- 
nent dans  les  caves  de  l'air  froid,  qui,  après  s'être  échauffé  autour  des 
tuyaux,  passe  sous  le  dallage  et  ensuite  dans  la  salle,  et  dans  le  vesti- 
bule d'entrée.  L'appareil  principal  communique  avec  un  calorifère  à 
vapeur,  placé  dans  le  vestibule,  dont  la  partie  inférieure  est  garnie  d'un 
tuyau  qui  s'ouvre  dans  les  caves,  et  qui  sert  à  expulser  l'air  lors  du 
chauffage,  et  à  le  faire  rentrer  lorsque  l'émission  de  la  vapeur  est  sus- 
pendue. Ce  tuyau  est  garni  d'un  robinet,  mais  il  est  percé,  avant  le  ro- 
binet, d'un  petit  orifice.  Un  tuyau  spécial,  communiqu^i^^  directement 
avec  la  chaudière,  est  destiné  à  chauffer  des  calorifères  à  vapeur  placés 


Digitized  by  VjOOQIC 


iS8    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

dans  différentes  pièces.  On  avait  présumé  à  tort,  dans  le  principe,  que 
les  eaux  de  condensation  pourraient  retourner  directement  à  la  chau- 
dière par  les  tuyaux  à  vapeur,  en  marchant  en  sens  contraire  ;  mais  il 
n'en  a  pas  été  ainsi,  et  on  a  été  obligé  d'établir  des  tuyaux  pour  le 
retour  de  Teau  :  un  pour  la  caisse  la  plus  éloignée  de  la  chaudière,  et 
d'autres  pour  les  calorifères. 

2244.  La  surface  totale  des  tuyaux  placés  dans  le  caniveau  de  la 
grande  salle  est  de  240™*ï  ;  celle  des  plaques  de  fonte  qui  ferment  le  cani- 
veau est  de  \n^^30.  Les  ouvertures  par  lesquelles  l'air  chaud  se 
dégage  dans  la  grande  salle  offrent  ensemble  une  surface  de  2°^'>.  La 
surface  de  chauffe  des  calorifères  est  de  50°*^. 

Les  plaques  qui  ferment  les  caisses  placées  aux  angles  du  caniveau  de 
la  grande  salle,  sont  maintenues  à  une  température  voisine  de  95''  ; 
celle  des  plaques  de  fonte  qui  forment  le  caniveau  est  à  peu  près  de  50"*. 

2245.  Le  chauffage  de  la  Bourse  a  été  très-bien  entendu  et  très-bien 
exécuté,  et  il  a  produit  tous  les  résultats  qu'on  en  attendait;  cepen- 
dant, si  on  avait  un  pareil  chauffage  à  construire,  il  serait  utile  d'isoler 
les  parois  du  caniveau  dans  lequel  sont  placés  les  tuyaux  de  fonte^  afin 
de  diminuer  la  transmission  de  la  chaleur  dans  le  sol.  Il  n'est  pas  dou- 
teux qu'on  obtiendrait  ainsi  une  petite  économie. 

2246.  Il  y  a  quelques  années,  cet  appareil  a  éprouvé  un  léger  acci- 
dent :  les  compensateurs  en  fonte  des  tuyaux,  n'ayant  pas  été  graissés 
et  soignés  convenablement,  les  surfaces  métalliques  en  contact  se  sont 
rouillées  et  ont  pris  une  adhérence  telle,  qu'elles  n'ont  pu  glisser  l'une 
sur  l'autre,  et  que  les  parois  des  caisses  de  fonte  ont  été  brisées.  On  a 
alors  remplacé  chaque  compensateur  en  fonte  par  deux  autres  plus 
petits  en  cuivre,  placés  l'un  à  la  partie  supérieure,  l'autre  à  la  partie 
inférieure  des  deux  tuyaux  qui  doivent  être  réunis  ;  le  premier  sert  au 
passage  de  la  vapeur,  le  second  à  celui  de  l'eau.  On  a  ainsi  éloigné 
toute  chance  d'accident. 

2247.  Le  chtiuffage  de  la  Bourse  fonctionne  depuis  plus  de  trente 
ans  d'une  manière  très-satisfaisante,  sans  avoir  subi  d'autres  modifi- 
cations que  celle  dont  nous  venons  de  parler  et  le  remplacement  des 
chaudières.  Les  résultats  obtenus  ont  prouvé  que  le  chauffage  à  la  va- 
peur est  moins  dangereux  que  le  chauffage  à  l'eau  chaude,  n'exige  pas 
plus  de  soins  de  la  part  du  chauffeur,  et  est  moins  coûteux  de  premier 
établissement  parce  que  les  surfaces  de  chauffe  sont  à  une  température 
plus  élevée.  En  outre  ,  les  frais  de  chauffage  sont  plus  faibles  par  la 
raison  qu'il  y  a  moins  d'eau  à  échauffer  chaque  fois  et  moins  de  déper- 
dition pendant  la  nuit. 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     \29 
Ancienne  chamiire  des  communes  de  liendres* 

2248.  La  disposition  des  appareils  de  chauffage  et  de  ventilation 
est  due  à  M.  Reid.  Les  détails  que  je  vais  donner  ont  été  extraits  d*un 
mémoire  publié  par  M.  Reid,  sur  ces  appareils,  en  1837,  et  d'un  ou- 
vrage sur  le  chauffage  et  la  ventilation,  de  M.  Charles  Tomlinson ,  qui 
a  paru  en  1850. 

Le  chauffage  et  la  ventilation  ont  lieu  par  un  courant  d'air  chauffé 
par  des  calorifères  à  eau  chaude  et  qui  s'élève  des  planchers  par  un 
grand  nombre  de  petits  orifices  ;  cet  air  arrive  dans  les  combles  du  bâ- 
timeni,  descend  au  niveau  du  sol  par  un  canal  extérieur,  et  pénètre  en- 
suite dans  une  grande  cheminée  d'appel  ayant  un  foyer  intérieur.  Les 
figures  qui  se  trouvent  dans  les  deux  ouvrages  dont  je  viens  de  parler 
sont  de  simples  croquis  ,  sans  échelle,  qui  n'avaient  pour  but  que  de 
faire  comprendre  au  lecteur  les  dispositions  générales  du  système ,  et 
par  conséquent  ne  renferment  que  peu  de  détails.  Elles  sont  repro- 


JL 


i—fT-fn 


Fig.  577. 

duites  figures  577  et  578;  la  première  représente  une  coupe  verticale 
de  l'appareil  ;  la  seconde,  une  coupe  horizontale  au-dessous  du  plat^_ 
cher  de  la  chambre.  A  est  un  mur  à  claire- voie,  à  travers  lequel  Vatii- 
pénètre  librement;  B,  un  espace  fermé  dont  le  plafond  est  soutenu  par 
des  piliers  en  pierre,  et  où  l'air  est  purifié  des  matières  qu'il  tient  en 
suspension  en  passant  au  travers  d'étoffes  à  larges  mailles,  ou  des  m^i  r<^ 
de  coke  humide;  CC,  large  canal  qui  se  trouve  au-dessous   ^^    y 
chambre,  et  d'où  l'air  s'échappe  par  des  orifices  rectangulaires  j^ 
pratiqués  au  sommet  du  canal.  L'air,  en  sortant  des  chambres    ^* 
III.  »  ' 


Digitized  by  VjOOQiC 


i30    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

peut  arriver  dans  le  canal  CC  par  les  orifices  E  et  F  ;  le  premier 
amène  de  l'air  froid ,  le  second  de  Tair  qui  a  été  chauffé  dans  les  calo- 


Fig.  578. 

riferes  à  eau  chaude  G  ;  des  portes  servant  de  registres  ,  1 ,  2,  3,  4,  5 
et  6  permettent  de  faire  varier  à  volonté  la  portion  d'air  qui  passe  à 
travers  le  calorifère.  L'air,  en  sortant  des  orifices  D ,  pénètre  dans  la 
chambre  par  plusieurs  milliers  de  petits  orifices,  et  il  se  divise  encore 
davantage  en  traversant  un  tapis  de  crin  qui  recouvre  le  plancher. 
Une  autre  partie  de  l'air  traverse  le  plancher  des  tribunes.  L'air  sort 
de  la  chambre  par  un  grand  nombre  de  petits  orifices  percés  dans  les 
lambris  qui  ornent  le  plafond,  et  arrive  dans  les  combles,  d'où  il 
descend  par  un  conduit  vertical  ;  il  est  ensuite  conduit  par  un  canal  I 
placé  sur  le  sol  à  une  cheminée  d'appel  K.  Cette  cheminée  a  été 
construite  à  mie  distance  de  20  pieds  anglais  (6"'  09)  de  la  face  du 
bâtiment  la  plus  voisine  ;  sa  hauteur  est  de  110  pieds  anglais  (33"  44); 
son  diamètre  est  de  12  pieds  (3°*  64)  au  bas  de  la  cheminée  et  de  5  pieds 
(2"  43)  au  sommet;  la  grille  du  foyer  d'appel  est  placée  dans  l'intérieur, 
8  pieds  anglais  (2"  43)  au-dessus  des  sommets  des  orifices  d'accès. 
Les  registres  placés  dans  le  canal  de  descente  permettent  de  faire  varier 
à  volonté  la  ventilation. 
Cet  appareil  a  fonctionné  régulièrement  pendant  plusieurs  années, 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  —  CHAUFFAGE  ET  VEiNT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.    131 

la  yentilation  s'effectuait  d'une  manière  très-régulière,  mais  il  avait  un 
inconvénient  très-grave  ;  l'air,  en  traversant  le  tapis  de  crin  qui  re- 
couvrait le  plancher,  entraînait  avec  lui  la  poussière  déposée  sur  le  ta- 
pis. Il  est  fâcheux  qu'on  n'ait  aucun  renseignement  sur  le  volume 
d'air  appelé,  sur  la  dépense  de  combustible,  et  réchauffement  de  l'air 
par  les  calorifères. 

Palais  da  liiixemlioar^. 

2249.  Ce  palais  était  chauffé  autrefois  par  des  calorifères  à  air ,  con- 
struits par  MM.  Rohaut  et  Musard,  d'après  les  plans  de  M.  Talabot.  En 
1840,  une  commission  nommée  par  le  ministre  de  l'intérieur,  sous  la 
présidence  de  M.  Thenard,  composée  de  MM.  Gay-Lussac,  Pouillet, 
Séguier,  et  dont  je  faisais  partie,  fut  chargée  d'examiner  les  appareils 
et  de  donner  son  avis  sur  leur  efficacité,  d'est  du  rapport  de  cette 
commission  que  j'ai  tiré  les  détails  qui  suivent. 

La  partie  du  palais  qui  devait  être  chauffée  à  cette  époque  se  com- 
posait de  la  salle  des  séances,  en  forme  de  demi-cercle,  envirounée 
d'un  couloir  dont  le  diamètre  se  trouve  du  côté  de  la  cour,  de  la  biblio- 
thèque, longue  galerie  tangente  au  couloir  et  qui  se  termine  aux  deux 
pavillons  en  saillie  sur  le  jardin^  enfin  de  l'orangerie  qui  se  trouvait 
au-dessous  de  la  bibliothèque.  Le  chauffage  avait  lieu. par  huit  calori- 
fères placés  au-dessous  de  la  grande  salle,  quatre  de  chaque  côté  d'un 
couloir  dont  l'axe  coïncidait  avec  celui  des  bâtiments.  Chaque  calori- 
fère renfermait  30  tuyaux  de  fonte  horizontaux,  traversés  simultané- 
ment par  l'air,  de  1""  50  de  longueur  sur  0"  16  de  diamètre,  ayant  en- 
semble une  surface  de  21"'  60;  la  grille  avait  1"  de  longueur  sur 
0"  30  de  largeur.  La  galerie  prenait  l'air  dans  le  jardin  par  une  ouver- 
ture fermée  par  une  grille  de  fer  à  l'ouverture  du  sol  ;  au  delà  se  trou- 
vait une  ouverture  également  fermée  par  une  grille  d'une  plus  grande 
surface,  destinée  à  conduire  l'air  aux  calorifères.  Pour  le  chauffage  de  la 
grande  salle,  l'air  chaud  des  calorifères  se  rendait  dans  une  pièce  basse 
située  au-dessous  de  la  salle ,  de  là  sous  les  gradins  ;  il  pénétrait  dans 
la  salle  par  des  orifices  de  0"  01  à  0"  02  de  hauteur  qui  régnent  dans 
toute  la  longueur  des  contre-marches  et  forment  ensemble  une  surface 
de  près  de  4  mètres  carrés.  Près  des  orifices  de  sortie  de  l'air,  les 
marches  étaient  garnies  de  plaques  de  fonte  chauffées  par  l'air.  L'air  de 
la  salle  pouvait  sortir  par  l'orifice  du  lustre,  ou  par  des  orifices  percés 
à  la  partie  supérieure  des  tribunes,  d'où  il  se  réunissait  à  Vair  des  cou- 
loirs, pour  se  rendre  ensuite  par  les  cages  des  escaliers  de  service,  sous  le 
comble  quisurmonte  l'orifice  dulustre,et  sedégager  dansl'atmosphère. 


Digitized  by  VjOOQIC 


432    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

Quatre  Tcntilaleurs  à  force  centrifuge ,  placés  au-dessous  de  la 
chambre,  étaient  destinés  à  la  ventilation  d'été  ;  ces  ventilateurs,  mus 
chacun  par  un  homme,  avaient  2"  de  diamètre,  1"  50  de  largeur,  et 
communiquaient  par  leur  centre  avec  la  prise  d'air  extérieure,  et  par 
leur  circonférence  avec  les  gradins  de  la  salle.  Des  caniveaux  conve- 
nablement disposés  conduisaient  de  l'air  chaud  à  des  bouches  placées 
dans  la  bibliothèque,  Torangerie ,  le  couloir  et  les  pavillons. 

2250.  Des  expériences  nombreuses  ont  constaté  qu'avec  la  ventila- 
tion par  l'orifice  du  lustre  et  par  les  tribunes  ,  e>.  par  une  tempéra- 
ture extérieure  de  plusieurs  degrés  au-dessous  de  zém ,  la  température 
de  la  salle  a  été  maintenue  à  15*  ;  que  la  ventilation  d'hiver  s'est  élevée 
à  plus  de  20  mètres  cubes  par  personne  et  par  heure,  et  celle  d'été  à 
12  mètres  cubes.  Mais  le  chauffage  de  la  bibliothèque,  du  couloir  et  de 
l'orangerie  était  insuffisant,  à  cause  du  refroidissement  que  l'air  chaud 
éprouvait  en  parcourant  les  canaux  qui  le  conduisaient  aux  bouches  de 
dégagement. 

Les  conclusions  de  la  commission  ont  été,  1""  que  le  chauffage  et 
la  ventilation  de  la  salle  des  séances  étaient  satisfaisants  ;  2""  que  le 
chauffage  des  autres  parties  du  bâtiment  était  insuffisant. 

2251.  Dans  le  système  dechaufl^ge  et  de  ventilation  adopté  par 
M.  Talabot,  le  mode  de  renouvellement  de  l'air  de  la  salle  était  très- 
bien  entendu  ,  et  certainement  le  meilleur  qu'on  puisse  employer,  car 
chaque  personne  assise  dans  la  salle  recevait  un  courant  d'air  particu- 
lier qui  s'élevait  autour  d'elle  pour  ne  plus  revenir,  et  par  consé- 
quent l'air  qu'elle  respirait  était  toujours  parfaitement  pur.  La  venti- 
lation d'hiver  s'effectuait  d'elle-même  par  la  force  ascensionnelle  de 
la  colonne  d'air  chaud ,  ayant  pour  hauteur  la  distance  des  calorifères 
à  l'orifice  du  lustre.  Mais  la  ventilation  d'été  exigeait  une  surveillance 
des  hommes  chargés  de  faire  mouvoir  les  ventilateurs,  et  à  cause  de 
cette  circonstance  la  ventilation  parut  bien  à  tort  moins  certaine  que 
celle  qui  provient  des  cheminées  d'appel.  11  aurait  été  facile  d'établir 
dans  la  pièce  des  appareils  de  vérification  du  travail.  Dans  le  choix  du 
mode  de  chauffage,  M.  Talabot  a  été  guidé  par  ce  principe,  qu'il  fallait 
avant  tout  chauffer  tous  les  bâtiments.  Ce  principe  est  vrai,  mais  à  la 
condition  de  chauffer  d'abord  les  parties  supérieures  du  bâtiment,  car 
alors  la  transmission  à  travers  le  sol  est  négligeable;  mais  si  on  veut 
effectuer  le  chauffage  d'un  bâtiment  par  de  l'air  chaud  circulant  dans 
des  caniveaux  pratiqués  dans  le  sol,  la  perte  de  chaleur  devient  très- 
considérable;  c'est  ce  qui  résulte  des  expériences  faites  sur  les  bouches 
de  chaleur  du  canal  d'air  chaud  de  l'orangerie.  Ce  canal  creusé  dans 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  m.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     ^3 

le  sol  avait  pour  section  un  carré  de  0"  80  de  côté  ;  il  recevait  au  mi- 
lieu de  sa  longueur  de  l'air  qui ,  en  parlant  du  calorifère,  était  à  une 
température  de  140*;  il  se  divisait  ensuile  en  deux  branches,  qui  se 
prolongeaient  au  delà  de  Torangerie  dans  les  deux  pavillons,  et  sur  sa 
longueur,  il  portait  des  bouches  pour  l'écoulement  de  Faîr  chaud  ;  à 
celle  du  centre,  l'air  chaud  sortait  à  Qo",  à  des  distances  de  6",  12", 
18",  24",  les  températures  étaient  réduites  à  65%  55*,  47%  27*;  au  delà, 
dans  les  pavillons,  Tair  sortait  froid. 

*2252'.  Par  suite  de  ce  rapport,  la  même  commission  fut  chargée  de 
donner  son  avis  sur  le  mode  de  chauffage  et  de  ventilation  le  plus  con- 
venable pour  le  palais.  Mon  avis  était  de  mettre  la  question  au  con- 
cours, mais  il  ne  fut  pas  partagé  par  la  commission,  qui  adopta  un 
projet  présenté  par  M.  Duvoir-Leblanc.  Ce  projet,  modifié  sur  plu- 
sieurs points  par  la  commission,  consistait  à  établir,  à  la  place  de  huit 
calorifères,  deux  chaudières  à  eau  chaude  en  tôle  ;  de  ces  chaudières  de- 
vaient partir  deux  tuyaux  d'un  grand  diamètre  qui  s'élèveraient  par 
le  chemin  le  plus  court  dans  les  greniers  des  deux  pavillons  neufs 
qui  donnent  sur  le  jardin  et  aboutiraient  chacun  à  un  vase  d'expan- 
sion fermé  par  une  soupape  chargée  d'un  poids  correspondant  à 
un  excès  de  pression  de  1  atmosphère  et  demie.  De  chacun  de  ces 
vases  devaient  partir  vingt  tuyaux  de  retour,  en  cuivre ,  garnis  de 
robinets,  alimentant  des  poêles  placés  dans  les  différentes  pièces,  et 
circulant  dans  des  canaux  destinés  au  chauffage  de'  Tair.  Le  mode 
de  renouvellement  de  l'air  dans  la  saUe  des  séances  ne  devait  pas 
être  changé ,  et  l'orifice  du  lustre  devait  être  surmonté  d'une  che- 
minée  dans  laquelle  se  trouverait  un  poêle  à  eau  chaude,  chauffé 
par  un  foyer  spécial.  Le  devis  des  frais  d'établissement  s'élevait  à 
180,000  francs.  M.  Duvoir  s'engageait  à  ne  pas  dépasser  ce  devis, 
et  se  soumettait  à  faire  régler  toutes  les  dépenses,  suivant  la  mé- 
thode ordinaire,  à  l'exception  des  deux  calorifères,  dont  le  prix  était 
fixé  à  20,000  francs  ;  à  se  charger  pendant  douze  ans  du  chauf- 
fage ,  sous  la  condition  de  maintenir  dans  la  chambre  et  dans  les  ves- 
tiaires, pendant  les  séances,  une  température  de  18*,  une  température 
de  IS""  dans  toutes  les  pièces  habitées  et  dans  la  bibliothèque,  une 
température  de  42*'  dans  toutes  les  pièces  qui  ne  servent  que  de  pas- 
sage, et  10®  seulement  dans  l'orangerie  ;  de  ventiler  la  salle  des  séances 
de  manière  à  y  faire  passer  de  7,000  à  8,000  mètres  cubes  d'air  par 
heure,  en  hiver  et  en  été  ;  moyennant  35  francs  par  jour  de  chauffage 
pour  un  chauffage  continu  de  7  mois,  plus  5  fr.  par  jour  de  séance 
d'hiver,  10  fr.  par  jour  de  séance  d'été,  et  15  fr,  en  sus  pour  les  jours 


Digitized  by  VjOOQiC 


«34    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS, 
de  séance  d'été,  si  Ton  veut  refroidir  l'air  de  yentilation  ;  enfin  à  re- 
mettre, après  douze  ans,  les  appareils  en  bon  état,  moyennant  une 
somme  annuelle  de  2,000  fr.,  pour  les  frais  d'entretien. 

2253.  D'après  cela,  en  supposant  7  mois  de  chauffage,  30  séances 
d'hiver  et  10  séances  d'été,  le  chauffage ,  la  ventilation  et  l'entretien 
des  appareils  coûteraient  annuellement  9,600  fr.,  tandis  que  le  chauf- 
fage qui  avait  lieu  par  les  appareils  que  nous  avons  décrits  d'abord, 
par  de  petits  calorifères  distribués  dans  le  bâtiment,  et  par  des  chemi- 
nées, chauffage  incomplet  et  insuffisant  sur  beaucoup  de  points,  aurait 
coûté,  d'après  quelques  renseignements,  33,500  francs,  et  environ 
10,000  francs  d'entretien.  A  la  vérité,  dans  un  certain  nombre  de 
pièces,  on  devait  conserver  des  feux  de  cheminées  qui  exigeraient  une 
certaine  dépense,  mais  l'établissement  du  nouvel  appareil  devait  pro- 
duire une  économie  considérable,  même  en  tenant  compte  de  l'intérêt 
du  capital  dépensé. 

Les  chiffres  pris  comme  point  de  comparaison  par  la  commission 
étaient  ou  le  résultat  d'une  confusion ,  ou  d'une  mauvaise  administra- 
tion, car  le  chauffage  par  calorifère  à  air  chaud  et  poêles  revient  évi- 
demment à  meilleur  marché  que  le  chauffage  à  l'eau  chaude. 

2254.  Les  pièces  qui  devaient  être  échauffées  ont  ensemble  un  vo- 
lume de  60,000  mètres  cubes  ;  les  murs  ont  de  0"  50  à  0"  60  d'épais- 
seur, leur  surface  totale  est  de  7,870  mèkes,  les  surfaces  des  fenêtres 
sont  de  3,770  mètres  ;  en  prenant  15*  pour  la  température  de  l'air  dans 
les  pièces,  6°  pour  la  température  moyenne  des  sept  mois  de  chauf- 
fage, la  quantité  moyenne  de  chaleur  transmise  par  heure  serait  de 
7870 .  16,23  +  3770  .  23  =190830  calories  qui,  en  supposant  un  effet 
utile  de  5,000  unités  par  kilogramme  de  houille  correspondent  à  38^,par 
heure  moyenne  de  chauffage  ;  alors,  pour  8  heures  de  chauffage  réel  et 
une  perte  équivalente  pendant  les  interruptions,  la  quantité  moyenne  de 
combustible  consommé  par  jour,  seraitde2 . 8 .  38=608^,  qui, à  raison 
de  4  fr.  les  100*  de  houille,  prix  maximum  à  celte  époque ,  élèverait 
la  dépense  de  combustible  à  24^  32  ;  et  cette  somme  est  même  trop  éle- 
vée, parce  que  les  dépenses  sont  faibles  les  jours  fériés  ,  que  les  pièces 
ne  sont  maintenues  aux  températures  indiquées  que  quand  elles  sont 
occupées ,  que  la  conductibilité  des  murailles  est  diminuée  par  les 
boiseries  et  les  iipisseries,  et  celle  des  vitres  par  les  rideaux.  Ainsi  la 
somme  accordée  à  l'entrepreneur  était  bien  suffisante  pour  les  frais 
de  chauffage,  le  salaire  du  chauffeur,  et  le  bénéfice  qu'il  devait  retirer 
de  son  entreprise.  La  somme  demandée  pour  la  ventilation  d'hiver 
pendant  les  séances  était  fort  élevée,  car  en  supposant  une  séance  de 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  m.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉIJNÏONS.     135 

4  heures,  le  Yolume  d'air  chaud  serait  de  16"**  chauffés  moyennement 
de  9*,  ce  qui  correspond  à  16000.  1 ,3  .  9  .  0,24  =  44928  calories  ou  à 
peu  près  à  9"  de  houille  ou  à  9 . 0,04  =  0'  36,  et  l'entrepreneur  deman- 
dait 5  francs.  Le  prix  de  la  Ventilation  d'été  était  aussi  fort  exagéré,  car 
avec  la  somme  de  10  francs  qui  correspondait  à  250*  de  houille,  les 
16000  mètres  cubes  d'air  auraient  pu  être  échauffés  de  plus  de  500** 
dans  la  cheminée  d'appel  ;  or,  en  admettant  que  la  cheminée  eût  seu- 
lement 1"  carré  de  section,  la  vitesse  d'écoulement  serait  de  4000  :  3600 
—  1"  1 1  ;  et  en  supposant  que  la  cheminée  eût  seulement  4"  de  hau- 
teur, que  l'air  de  la  salle  fût  à  15*,  l'accroissement  de  température 
dans  la  Cheminée  serait  à  peine  de  20^.  Quant  à  la  proposition  rela- 
tive au  refroidissement  de  l'air,  il  aurait  fallu  savoir  à  quel  degré  l'air 
extérieur  aurait  été  amené  et  les  moyens  qui  auraient  été  employés. 

2255.  Le  projet  de  M.  Duvoir-Leblanc,  modifié  par  la  commission, 
a  été  accepté  :  les  appareils  ont  été  construits;  mais  n'ayant  pas  eu 
l'occasion  de  suivre  depuis  la  marche  des  appareils  installés,  je  citerai 
le  rapport  d'une  commission  nommée  par  le  gouvernement  belge,  pour 
étudier  les  différents  systèmes  de  chauffage  et  de  ventilation  établis  eu 
France.  Cette  commission  était  composée  de  M.  Lacambre,  ingénieur, 
et  de  M.  Désiré  Limbourg,  architecte.  Voici  ce  qu'on  lit  à  la  page  12 
de  leur  rapport  : 

ce  Par  ce  système,  tel  que  Duvoir-Leblanc  l'a  établi  au  palais  du 
Luxembourg  (Chambre  des  pairs),  au  palais  du  quai  d'Orsay,  à  l'hos- 
pice de  Charenton,  à  l'église  de  la  Madeleine,  etc.,  il  existe  des  réci- 
pients d'eau  d'une  capacité  remarquable,  de  sorte  qu'on  emploie  un 
volume  d'eau  considérable  (à  la  Chambre  des  pairs,  il  est  de  70,000  li- 
tres), ce  qui  rend  le  chauffage  lent  et  susceptible  de  peu  de  variations; 
incouvénient  grave  pour  des  locaux  qui  ne  doivent  être  chauffés  que 
quelques  heures  de  la  journée.  Ces  masses  d'eau,  élevées  à  la  tempéra- 
turc  de  120  à  140  degrés  centigrades,  peuvent  donner  lieu  à  des  dan- 
gers, bien  que  tous  les  appareils  soient  essayés,  avant  leur  placement, 
à  une  forte  pression.  S'il  arrivait  un  accident,  il  serait  d'autant  plus 
grave  que  la  plupart  des  poêles  communiquant  entre  eux,  il  en  résul- 
terait de  grandes  fuites  d'eau  bouillante,  dont  une  partie  se  réduirait 
immédiatement  en  vapeur.  A  ces  défectuosités  évidentes,  nous  devons 
ajouter  les  suivantes,  qui  consistent  principalement  :  1*  dans  la  grande 
pression  exercée  sur  les  générateurs,  qui,  dans  certains  moments,  s'é- 
lève à  plus  de  4  atmosphères  ;  2*  dans  la  mauvaise  répartition  des 
tubes  afférents,  qui  ne  distribuent  pas  uniformément  la  chaleur  dans 
chaque  pièce,  ce  qui  cause,  tantôt  un  excès  de  chaleur  dans  une  pièce, 


Digitizedby  Google 


138    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UEUX  HABITÉS. 

tandis  que  dans  une  autre,  il  y  a  quelquefois  absence  complète  de  dé- 
gagement de  chaleur;  3**  dans  l'économie  mal  entendue  de  l'emploi  de 
Tair  chauffé  au  contact  de  la  chaudière  et  du  fourneau  pour  le  chauf- 
fage de  l'hémicycle  de  la  Chambre  des  pairs  et  de  la  salle  du  conseil 
au  palais  d'Orsay,  qui  dégage,  comme  dans  les  appareils  à  air  chaud, 
cette  odeur  insalubre,  provoquant  actuellement,  de  la  part  de  MM.  les 
membres  de  notre  chambre  des  représentants,  des  plaintes  justes  et 
méritées  ;  4''  dans  Tabsence  des  dispositions  convenables  pour  inter- 
rompre à  volonté  le  chauffage  de  certaines  pièces,  sans  déranger  le 
chauffage  des  autres  pièces;  5""  enfin,  dans  le  mauvais  effet  des  poêles 
à  eau  chaude,  par  suite  de  leur  forme  lourde  et  désagréable,  et  de  la 
place  qu'ils  occupent.  Ces  défauts,  du  reste,  nous  ont  été  signalés  fiar 
par  M.  le  duc  Decazes,  grand-référendaire  de  la  Chambre  des  pairs, 
qui  a  bien  voulu  nous  faire  connaître  qu'en  somme,  messieurs  ses  col- 
lègues n'étaient  pas  satisfaits  du  chauffage  actuel,  et  que  la  détermina- 
tion a  été  prise  de  faire  exécuter,  pendant  les  vacances  prochaines,  les 
travaux  nécessaires  pour  parvenir  à  faire  disparaître  les  défectuosités 
dont  il  s'agit,  et  ramener  ce  chauffage  au  degré  de  perfection  désirable.» 
Plus  loin,  à  la  page  22,  on  trouve  ce  qui  suit  :  «  Quant  à  la  ventilation 
d'été,  qu'on  est  occupé  à  rétablir  (  on  la  modifiait,  lors  de  notre  visite 
au  palais),  elle  a  lieu  au  moyen  d'un  foyer  placé  au-dessus  de  la  salle, 
dans  le  comble  même  du  bâtiment.  Ce  fo  jer  est  surmonté  d'un  appareil 
plein  d'eau,  qui,  chauffé  par  rayonnement,  est  en  communication  di- 
recte avec  le  lanterneau  de  la  salle,  distant  de  ce  foyer  de  2  mètres 
environ.  Le  foyer  et  l'appareil  sont  environnés  d'une  chemise  en  ma- 
çonnerie, surmontée  d'une  cheminée;  de  sorte  que  la  ventilation  se  fait 
par  le  haut,  de  même  qu'au  palais  de  la  Nation;  excepté  qu'à  Paris,  la 
ventilation,  au  lieu  d'être  libre  comme  à  la  Chambre  des  représen- 
tants, est  activée  par  l'appel  du  foyer,  dont  la  température  est  modérée 
par  la  chaudière  pleine  d'eau. 

Ancienne  chamlire  de*  tlépntés. 

2256.  La  salle  des  séances  de  l'ancienne  Chambre  des  députés,  main- 
tenant du  Corps  législatif,  et  ses  dépendances  sont  chauffées  par  des 
calorifères  à  air  chaud*  disposés  comme  l'étaient  ceux  de  l'ancienne 
Chambre  des  pairs;  deux  sont  destinés  au  chauffage  des  couloirs  et  des 
escaliers,  quatre  au  chauffage  de  la  salle.  Mais  le  mode  de  distribution 
de  l'air  dans  la  salle  et  le  mode  d'appel  sont  très-différents.  Au  Corps 
législatif,  l'air  chaud  se  rend  dans  la  salle  par  des  orifices  percés  dans 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  111.  —CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.    137 

les  contre-marches  de  tous  les  bancs;  il  est  appelé  par  des  ouvertures 
disposées  sur  la  face  et  dans  le  plafond  des  tribunes,  dans  une  vaste 
cheminée  renfermant  un  foyer  à  coke. 

2257.  On  allume  les  foyers  des  calorifères,  plusieurs  heures  avant 
Touverlure  de  la  séance,  et  on  laisse  tomber  les  feux  quand  elle  com- 
mence ;  la  chaleur  des  conduits,  et  la  chaleur  produite  par  les  per- 
sonnes réunies,  suffit  pour  maintenir  une  température  convenable. 
Avant  la  séance,  les  couloirs  et  les  escaliers  sont  chauffés  par  la  circu- 
lation de  la  même  masse  d'air  dans  les  calorifères.  La  salle,  les  couloirs 
et  les  escaliers  sont  chauffés  tous  les  jours,  sans  exception.  La  consom- 
mation de  houille  a  été  de  613  hectolitres  de  houille,  du  19  octobre 
1840  au  10  mars  1841,  et  par  conséquent  de  43  hectohtres  par  jour. 
La  consommation  de  coke,  dans  la  cheminée  d'appel,  a  été  moyenne- 
ment de  2  hectolitres  par  jour  de  séance. 

2258.  Cet  appareil  de  chauffage  a  été  construit  par  M.  Talabot,  mais 
avant  celui  de  la  Chambre  des  pairs.  Le  mode  de  chauffage  employé 
présente  moins  d'inconvénients  -qu'à  la  Chambre  des  pairs,  parce  que 
le  chemin  parcouru  par  l'air  chaud  est  plus  court;  mais  le  moyen  d'ap- 
pel est  moins  favorable.  A  la  Chambre  des  députés,  l'air  extérieur  par- 
court des  caves  d'un  très-grand  développement  avant  d'arriver  dans  les 
calorifères;  cette  circonstance  est  favorable  à'I'économie  du  combus- 
tible en  hiver,  et  fournit  de  l'air  frais  pour  la  ventilation  d'été.  M.  Ta- 
labot avait  proposé  pour  la  Chambre  des  pairs  une  disposition  qui  aurait 
été  plus  efficace;  elle  consistait  à  prendre  l'air  d'appel  dans  des  carrières 
abandonnées,  dont  plusieurs  embranchements  existent  sous  le  jardin 
du  Luxembourg.  Mais  ces  longues  galeries  à  air  peuvent  avoir  de 
graves  inconvénients,  quand  elles  sont  d'un  accès  facile. 

Palais  du  4«al  d>Orsay« 

2259.  Ce  palais,  occupé  par  le  conseil  d^État  et  par  la  cour  des 
comptes,  est  aussi  vaste  que  celui  du  Luxennh>ourg,  et  renferme  des 
pièces  dont  le  volume  total  est  d'environ  60,000  mètres  cubes.  U  est 
chauffé  par  un  appareil  à  eau  chaude,  construit  par  M.  ^^^  Duvoir, 
qui  s'est  engagé  à  maintenir  dans  les  pièces  uue  température  de  15", 
moyennant  une  somme  de  30  francs  par  jour  de  chauffage,  salaire  du 
chauffeur  compris. 

2260.  D'après  le  rapport  de  la  commission  d'architecture  chargée 
.  de  la  réception,  l'appareil  de  chauffage  se  compose  d'une  chaudière 

en  tôle  cylindrique  verticale,  renferinantle  foyer,  et  percée  à  la  partie 


Digitized  by  VjOOQIC 


138    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

supérieure  d'une  ouverture  pour  le  dégagement  des  gaz  brûlés,  qui 
traversaient  pareillement  quatre  cylindres  en  fonte  de  0"  50  de  dia- 
mètre, du  centre  à  la  circonférence,  et  de  la  circonférence  au  centre; 
ces  cylindres  renferment  des  tuyaux  de  0"  H  de  diamètre,  parcourus 
par  un  courant  d'air  venant  de  l'extérieur.  De  la  partie  supérieure  de 
la  chaudière,  part  un  tube  qui  s'élève  au  point  le  plus  élevé,  où  il  se 
termine  par  le  vase  d'expansion.  Ce  tube  ascendant  est  environné  d'un 
tuyau  de  zinc,  d'une  section  dix  fois  plus  grande,  et  environné  de  foin; 
l'air  extérieur  s'échauffe  dans  ce  tuyau,  et  passe  ensuite  dans  les  pièces 
à  échauffer  ;  le  tube  revient  à  la  chaudière  eu  traversant  des  poêles.  Ces 
dispositions  sont  peu  convenables  ;  le  mouvement  ascendant  de  l'air 
brûlé  dans  les  appareils  de  chauffage  est  peu  favorable  à  l'utilisation 
des  surfaces  de  chauffe,  parce  que  l'air  brûlé  suit  toujours  le  chemin  le 
plus  court;  le  chauffage  de  l'air  ne  devrait  pas  avoir  lien  autour  du 
tuyau  ascendant,  parce  que  le  refroidissement  de  l'eau  diminue  la  vi- 
tesse de  circulation  ;  c'est  évidemment  sur  le  tuyau  de  descente  qu'il 
fallait  effectuer  le  chauffage.  De  plus,  U  y  a  entre  deux  séances  une  perte 
notable  de  la  chaleur  des  poêles  et  de  l'appareil.  La  ventilation  laisse  de 
même  beaucoup  à  désirer.  La  grande  salle  du  conseil  d'Etat  a  été  ven- 
tilée par  des  orifices  pratiqués  dans  le  sol,  près  des  fenêtres,  et  commu- 
niquant avec  un  cansd  qui  vient  s'ouvrir  dans  le  cendrier  de  la  chaudière 
à  eau  chaude.  Mais,  comme  nous  l'avons  déjà  yu  (2072  et  suiv.),  par 
l'appel  d'un  foyer  qui  sert  en  même  temps  au  chauffage,  on  ne  peut 
produire  qu'une  ventilation  insignifiante  et  variable,  ou  une  ventilation 
très-chère,  en  ne  recouvrant  pas  entièrement  la  grille  de  combustible. 
2261.  Malgré  ces  défauts^  le  chauffage  de  ce  palais  a  été  Tobjet  d'un 
rapport  très-favorable  de  la  commission  d'architecture,  rapport  qui 
prouve  combien  il  est  nécessaire  d'introduire  dans  l'éducation  des  archi- 
tectes quelques  notions  sur  la  physique  et  sur  les  appareils  de  chauffage, 
et  surtout  combien  il  est  fâcheux  que  les  administrations  et  l'État  lais- 
sent aux  architectes  l'appréciation  des  systèmes  de  chauffage  et  de  ven- 
tilation. Je  citerai  seulement  deux  phrases  du  rapport  :  «  Dans  V ap- 
pareil de  M.  Duvoir-Leblanc,  il  n'est  pas  besoin  de  plus  de  feu  que 
celui  qui  serait  nécessaire  pour  faire  bouillir  de  teau.  Ainsi,  d'après 
cela,  la  quantité  de  chaleur  nécessaire  pour  produire  de  la  vapeur  serait 
indépendante  de  la  quantité  de  vapeur  produite.  La  chaleur  ne.  se  dis- 
sipe que  par  les  portes  et  les  fenêtres,  »  Le  rédacteur  n'a  pas  ajouté 
quand  elles  sont  ouvertes;  mais  cela  résulte  de  la  lecture  du  rapport. 
J'ai  lu  bien  des  rapports  extraordinaires,  mais  aucun  de  comparable  à 
celui  dont  il  est  question. 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  m.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     139 
CSrand  amphithéâtre  du  conseriratolre  des  Arts  et  Métiers* 

2262.  Le  chauffage  et  la  Ycatilation  de  celte  grande  salle ,  qui  peut 
contenir  plus  de  800  personnes ,  ont  aussi  lieu  par  des  appareils  cons- 
truits par  M.  Du  voir-Leblanc.  Leurs  effets  ont  été  étudiés  par  M.  Mo- 
rin  y  directeur  du  Conservatoire,  et  les  résultats  de  ses  observations  ont 
fait  Tobjet  d'un  long  mémoire  inséré  dans  les  comptes  rendus  de  l'Aca- 
démie des  sciences  du  26  avril  1852.  Voici  d'abord,  d'après  ce  rapport, 
la  disposition  des  appareils. 

2263.  Dispositif  de  l'appareil  de  ventilation  du  grand  amphi- 
théâtre du  Conservatoire.  —  La  ventilation  de  ce  vaste  local ,  dans  le- 
quel se  trouvent  rassemblés ,  le  soir,  des  auditeurs  au  nombre  de  sept 
à  huit  cents  et  même  plus,  et  qui,  chauffé  de  façon  que,  quand  deux 
cours  se  succèdent  avec  des  auditoires  parfois  très-différents  en  nom- 
bre, la  température  doive  y  rester  sensiblement  la  méme^  présentait 
d'assez  grandes  difBcultés. 

a  Un  premier  dispositif  adopté ,  il  y  a  quelques  années ,  n'avait  pas 
complètement  réussi.  Les  conduits  d'aspiration  n'avaient  guère  que 
0°^6o  desurface  totale  de  section,  et  la  cheminée  0"'  49,  et  il  n'y  avait 
pas  d'appel  à  la  partie  supérieure.  Par  suite  de  ces  proportions  trop  res-. 
treintes,  la  température  s'élevait  considérablement ,  et  l'air  était  vicié 
dans  la  partie  supérieure  de  l'amphithéâtre.  Plusieurs  fois  des  auditeurs 
avaient  été  incommodés.  Je  m'entendis  avec  M.  l'architecte  du  Conser- 
vatoire, et  une  modification  des  dispositions  employées  fut  demandée 
à  M.  Léon  Duvoir.  J'indiquerai  en  peu  de  mots  le  nouveau  dispositif. 

2264.  «  Le  grand  amphithéâtre  du  Conservatoire  est  chauffé,  pendant 
les  heures  des  cours  publics,  à  une  température  qui  ne  doit  pas  être 
inférieure  à  15  degrés ,  d'après  les  termes  du  marché ,  et  qui  s'élève 
habituellement  à  20  degrés  quand  ilcontient  800  personnes,  ainsi  que 
cela  arrive  habituellement  pour  certains  cours.  11  faut  que  la  tempéra- 
ture soit  sensiblement  la  même  dans  toutes  les  parties  de  l'amphi- 
théâtre, au  bas  et  au  sommet  ;  de  plus,  il  importait  d'extraire,  sans  gê- 
ner l'auditoire,  une  quantité  d'air  suffisante  pour  enlever  toute  émana- 
tion  désagréable. 

«  Pour  y  parvenir,  M.  Léon  Duvoir  a  ouvert,  vers  le  bas  des  gradins 
de  l'amphithéâtre ,  sous  les  jambes  des  auditeurs ,  des  orifices  d'appel 
qui  sont  en  communication  avec  des  conduits  pratiqués  sous  les  gra- 
dins. Ces  orifices  sont  au  nombre  de  39,  dont  34  ont  0"  08  sur  0,20  et 
sont  répartis  sur  les  deux  tiers  de  la  hauteur  de  l'amphithéâtre,  et  dont 
les  5  autres  sont  situés  sous  le  premier  gradin  et  ont  0"  15  sur  0"60 

Digitized  by  VjOOQIC 


140    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VEiNTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

d'ouverture.  Tous  ces  conduits  se  réunissent  dans  une  pièce  située  sous 
l'amphithéâtre  et  qui  contient  le  calorifère  à  eau  chaude.  Dans  cett^ 
pièce  et  à  0"  58  au-dessus  du  sol  s'ouvrent  quatre  bouches  d'appel  pro- 
longées par  autant  de  conduits  verticaux  qui  se  réunissent  en  un  seul 
tuyau  horizontal  communiquant  à  une  grande  cheminée  d'appel ,  au 
bas  de  laquelle  se  trouve  un  foyer  qu'on  n'allume  qu'en  cas  de  besoin. 

«  Des  tuyaux  à  circulation  d'eau  chaude ,  avec  des  parties  renflées , 
appelées  bouteilles ,  passent  dans  le  fond  du  conduit  horizontal  pour 
en  chauffer  l'air  et  produire  l'aspiration. 

«  La  cheminée  verticale  contient  deux  tuyaux  en  fonte,  l'un  qui  com- 
munique au  fourneau  d'une  machine  à  vapeur ,  et  l'autre,  toujours 
chaud ,  qui  sert  de  commencement  de  cheminée  au  calorifère. 

ce  Ces  deux  tuyaux  sont  raccordés  avec  deux  autres  plus  petits  qui 
forment  la  cheminée  du  petit  calorifère  auxiliaire ,  employé  pour  dé- 
terminer ou  accélérer  au  besoin  l'appel  d'air.  En  outre,  il  a  été  établi, 
au  plafond  de  Tamphithéâtre,  au-dessus  de  la  partie  la  plus  élevée  des 
gradins,  une  large  bouche  d'appel  qui  communique  avec  un  tuyau  ho- 
rizontal, lequel  débouche  dans  la  grande  cheminée. 

2265.  «  Les  sections  de  passage  de  l'air  expulsé  de  l'amphithéâtre 
sont  les  suivantes  : 

Orifice  d*appel  dans  la   /  No  1 .  A  gauche  en  entrant 0,560.0,500  =  O"*  280000 

chambre  du  foyer,  à   |   N»  2.  A  droite  en  entrant 0,018.0,480  =  0^  296440 

0«  60  au-dessous  de   j   N»  3.  A  gauche  près  du  foyer. .    0,68T  .0,514  =  0"  30 1 7 18 

rentrée \  N»  4.  A  droite  près  du  foyer. . .    0,543.0,524  »  0» 284532 

Tuyau  au-dessus  de  l'amphithéâtre,  0,7 00  sur  0.^ 00 o»  49 

Aire  totale  des  orifices  d'appel ]» C52890 

CHEMINÉE  D* APPEL. 

Section  prise  à  hauteur  du  regard,  l  >»  i oo  sur  1»  030 1  »  1 33000 

A  déduire  pour  la  section  des  tuyaux  de  fonte 0>  1 87000 

Section  libre  de  passage 0»  946000 

a  Ainsi,  la  section  de  la  cheminée  n'est  que  les  0,946  : 1 ,653  -—  0,57 
de  celle  des  orifices  d'appel,  ce  qui  nécessite  une  accélération  delà 
vitesse  au  débouché  des  conduits  dans  la  cheminée.  On  conçoit  ce- 
pendant qu'il  est  difficile  d'éviter  cet  inconvénient  sans  être  conduit  à 
donner  à  la  cheminée  des  dimensions  bien  considérables  et  bien  dis- 
pendieuses.» 

2266.  11  résulte  de  cette  description,  et  de  renseignements  pris  sur 
les  lieux,  que  l'appareil  de  chauffage  et  de  ventilation  est  disposé  de  la 
manière  suivante  : 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     141 

Au  bas  de  ramphithéàtre  et  de  chaque  côté  de  la  table  du  profes- 
seur se  trouve  un  poêle  à  eau  chaude  à  traders  lequel  s'élève  un  cou- 
rant d'air  chaud  provenant  de  l'extérieur  ;  cet  air  chaud  s'élève  d'abord 
à  la  partie  supérieure,  se  rend  dans  une  cheminée  d'appel  l""  par  une 
ouverture  pratiquée  à  la  hauteur  du  plafond  ;  2""  par  des  orifices  percés 
dans  les  faces  verticales  des  bancs  et  qui  communiquent  avec  le 
dessous  de  l'amphithéâtre.  De  là,  quatre  tuyaux  le  conduisent  sous 
la  grille  d'un  foyer  placé  au  bas  de  la  cheminée  d'appel  ;  dans  le 
chemin,  l'air  est  échauffé  par  des  tuyaux  à  eau  chaude.  La  che- 
minée d'appel  renferme  deux  cheminées  en  fonte  d'une  petite  hau- 
teur, pour  l'écoulement  de  la  fumée  des  deux  fourneaux  de  chauf- 
fage. 

2267.  M.  Morin  n'a  fait  aucune  observation  critique  sur  cette  dis- 
position ;  cependant  elle  est  assez  mal  entendue  sous  plusieurs  rapports. 
La  pensée  du  constructeur  a  sans  doute  été  de  pouvoir,  à  volonté, 
porter  l'air  à  une  température  suffisante  pour  l'appel,  soit  à  l'aide  des 
tuyaux  d'eau  chaude,  soit  à  l'aide  du  foyer.  Nous  ne  pouvons  que  ré- 
péter qu'avec  le  chauffage  à  l'eau  chaude,  l'appel  coûte  beaucoup  plus 
cher  qu'avec  le  chauffage  direct,  sans  compter  les  frais  d'installation, 
qui  sont  beaucoup  plus  considérables.  En  second  lieu ,  faire  passer  de 
l'air  à  échauffer  à  travers  un  foyer  est  une  disposition  qui  peut  pro- 
duire de  très^randes  anomalies,  résultant  de  la  variation  de  la  surface 
libre  ;  inconvénient  qu'on  évite  complètement  en  plaçant  le  foyer  a 
côté  de  la  cheminée  (2029).  Aussi,  dans  8  séries  d'expériences,  les 
vitesses  '  d'écoulement  dans  les  4  tuyaux  qui  débouchent  au-dessous 
de  la  grille  dans  la  cheminée  d'appel  ont  varié  dans  le  rapport  de  2  à  1 , 
tandis  que  ces  vitesses  ont  varié  seulement  dans  le  rapport  de  4  à  3 
pour  l'orifice  débouchant  dans  la  cheminée. 

2268.  Dans  le  mémoire  dont  il  est  ici  question,  M.  Morin  donne  les 
résultats  des  expériences  faites  sur  les  5  tuyaux  d'appel  qui  amènent 
l'air  dans  la  cheminée.  On  peut  en  conclure  que  la  ventilation  totale 
observée,  divisée  par  le  nombre  des  auditeurs  estimé  à  800,  a  été 
comprise  entre  15  mètres  cubes  et  10  mètres  cubes  par  personne  et  par 
heure  ;  la  plus  faible  ventilation  a  eu  lieu  quand  la  température  de  f  air 
extérieur  était  le  plus  élevée.  La  température,  à  la  partie  supérieure 
de  l'amphithéâtre,  a  toujours  été  de  20**,  et  de  19°  à  1 8**  5  à  la  partie 
inférieure.  L'air  n'avait  aucune  ddeur  désagréable.  En  tenant  fermé 
un  des  orifices  d'accès  de  l'air  dans  le  foyer,  la  vitesse  dans  les  autres 
n'a  pas  changé.  La  vitesse  dans  les  tuyaux  d'appel  a  toujours  été 
comprise  entre  2*  15  et  1"  10.  Le  foyer  d'appel  n'a  été,  en  général, 


Digitized  by  VjOOQIC 


142    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

que  faiblement  entretenu  ;  les  jours  d*expériences,  la  consommation 
de  houille  n*a  pas  été  observée.  La  quantité  totale  de  houille  consommée 
pour  le  chauffage  et  la  ventilation  a  varié  de  180  a  225  kilog.  par  jour. 
Les  conclusions  de  M.  Morin  sont  que  l'appareil  de  M.  Duvoir*Leblanc 
satisfait  à  la  fois  aux  conditions  d'un  bon  chauffage  et  d'une  abondante 
ventilation.  Mais  nous  ferons  remarquer,  que  d'un  jour  à  l'autre,  entre 
deux  leçons^  une  portion  notable  de  la  chaleur  possédée  par  l'eau  des 
poêles,  des  tuyaux  et  de  la  chaudière,  disparaît  par  le  refroidissement, 
en  ne  produisant  qu'un  effet  tardif  inutile.  Cet  appareil  ne  peut  donc 
satisfaire  à  la  condition  d'économie  qui  ne  doit  pas  plus  être  négligée 
«  dans  un  établissement  public  que  dans  un  établissement  particulier. 
Si  l'emploi  du  système  à  Teau  chaude,  à  l'exception  toutefois  du  mode 
de  Perkins,  consistant  en  de  très-petits  tuyaux  (1750),  ne  convient  pas, 
c'est  certainement  pour  les  chauffages  intermittents  comme  celui  d'un 
amphithéâtre. 

2269.  M.  Morin  a  cherché,  en  comparant  les  résultats  obtenus  dans 
des  circonstances  différentes,  s'il  y  avait  une  influence  du  nombre  des 
auditeurs  sur  la  ventilation.  U  a  trouvé  qu'elle  augmentait  avec  leur 
nombre,  ce  qui  devait  être,  toutes  les  autres  circonstances  étant  les 
mêmes.  Mais  M.  Morin  pense  <c  que  l'influence  du  nombre  des  audi- 
teurs n'est  pas  assez  grande  pour  qu'il  soit  indispensable  d'en  tenir 
compte  dans  l'établissement  des  appareils,  excepté  pour  les  réunions 
nombreuses  de  personnes  échauffées  par  un  exercice  énergique.  »  Il 
m'est  impossible  de  partager  cette  opinion  ;  chaque  individu,  par  Tacte 
même  de  la  respiration ,  dégage  au  moins  40  unités  de  chaleur  par 
heure,  employées  à  chauffer  l'air,  et  cette  chaleur  ne  peut  pas  dispa- 
raître. Si,  dans  les  expériences  rapportées  dans  le  Mémoire,  on  avait 
mesuré  la  température  de  l'air  à  la  sortie  des  bouches  du  calorifère, 
on  aurait  pu  apprécier  l'influence  du  nombre  des  auditeurs  sur  la  tem- 
pérature de  l'air  à  l'entrée  des  orifices  d'aspiration.  Il  est  d'ailleurs 
facile  de  prouver,  par  un  calcul  bien  simple,  qu'en  supposant  une 
ventilation  de  10  mètres  cubes  d'air  par  personne  et  par  heure,  les 
40  unités  de  chaleur  émises  par  chaque  individu,  indépendamment  de 
la  chaleur  employée  à  la  vaporisation  de  l'eau  provenant  de  la  transpi- 
ration, élèveraient  l'air  de  ventilation  d'environ  12**. 

Le  maximum  de  ventilation,  lorsque  tous  les  orifices  d'appel 
étaient  ouverts,  a  été  de  12"*  7 H  le  18  février,  et  le  minimum  de 
9""*  556  le  12  mars.  La  salle  peut  contenir  900  personnes;  en  sup- 
posant que  ces  volumes  d'air  soient  employés  d'une  manière  efficace 
à  l'assainissement  et  que  la  ventilation  soit  uniformément  répartie, 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  ~  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     143 

le  Tolume  d'air  pour  chaque  personne  serait  de  14  mètres  cubes  et  de 
1 0"*'  5,  volumes  qui  dépassent  certainement*  celui  qui  est  rigoureuse- 
ment nécessaire  à  l'assainissement.  Je  ferai  remarquer,  à  cette  occa- 
sion, que,  dans  les  tableaux  des  expériences,  pour  obtenir  la  ventilation 
par  personne,  on  a  divisé  la  ventilation  totale  par  le  nombre  des  per- 
sonnes présentes  ;  mais  c'est  par  le  nombre  des  places  qu'il  faut  faire 
la  division,  parce  que,  si  les  dispositions  sont  bonnes,  la  ventilation 
dans  chaque  place  sera  toujours  la  même,  qu'elle  soit  ou  non  occupée. 

2270.  Pour  pouvoir  afflrmer  que  l'appareil  remplit  son  but,  il  faut 
évidemment  qu'on  soit  assuré  que  la  ventilation  constatée  quand  on  a 
fait  les  expériences  existera  toujours.  Quand  la  ventilation  a'iieu  par  un 
foyer,  qui  à  lui  seul  chauffe  l'air  à  son  entrée  dans  la  cheminée  d'ap- 
pel, par  une  consommation  uniforme  de  combustible  en  hiver,  et  éga- 
lement uniforme  pendant  l'été,  ce  qu'il  est  facile  d'établir,  on  obtient 
une  ventilation  qui  ne  varie  que  dans  des  limites  très-restreintes.  Mais 
ici,  comme  le  chauffage  de  l'air  a  lieu  par  deux  tuyaux  de  cheminée  en 
fonte  qui  sont  placés  dans  la  cheminée  d'appel  et  dont  la  température 
est  variable,  par  des  tuyaux  à  eau  chaude  qui,  probablement,  sont  ali- 
mentés par  le  calorifère  et  dont  la  température  n'est  pas  constamment 
la  même,  enfin  par  un  foyer  placé  dans  la  cheminée,  il  me  parait  im- 
possible que  la  ventilation  puisse  être  réglée  autrement  que  par  un 
anémomètre  à  pression  placé  dans  la  cheminée,  garni  d 'une  aiguille 
qui  indiquerait  à  chaque  instant  l'état  de  la  ventilation,  et  qui  aurait 
été  gradué  d'après  des  expériences  faites  avec  un  anémomètre  à  mou- 
vements de  rotation.  Or,  dans  le  Mémoire  de  M.  Morin,  il  n'est  pas 
question  d'un  pareil  instrument,  et  il  est  peu  probable  que  le  chauf- 
feur ait  un  moyen  quelconque  pour  régler  la  ventilation,  puisque, 
même  dans  les  expériences  faites  bien  certainement  avec  tous  les  soins 

possibles,  elle  a  varié  de  plus  de  ^. 

2271 .  De  plus,  il  ne  suffit  pas  qu'un  certain  volume  d'air  entre  et  sorte 
d'une  pièce  pendant  un  certain  temps,  pour  qu'elle  soit  assainie,  il 
faut  encore  évidemment,  pour  que  cet  air  soit  utile  à  l'assainissement, 
qu'il  traverse  l'espace  occupé,  et  que  le  renouvellement  de  l'air  soit  à 
peu  près  le  même  dans  tous  les  points  de  cet  espace.  Or,  dans  le  cas 
dont  il  s'agit,  cette  dernière  condition  n'est  pas  nécessairement  satis- 
faite, car  l'action  d'un  orifice  d'appel,  sur  une  certaine  étendue,  di- 
minue très-rapidement  à  mesure  que  cette  étendue  s'éloigne  de  l'ori- 
fice. Par  conséquent,  les  dispositions  des  orifices  d'accès  de  l'air  dans 
la  pièce  et  celles  des  orifices  d'appel  pourraient  être  telles  que,  dans 


Digitized  by  VjOOQIC 


144    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

certains  points,  la  ventilation  fût  insuffisante,  tandis  que,  dans  d'au- 
tres, elle  serait  en  grand  excès.  Alors,  quoique  la  pièce  fût  traversée 
par  un  grand  volume  d'air,  une  partie  plus  ou  moins  considérable 
pourrait  être  fort  insalubre. 

Enfin^  une  dernière  condition,  aussi  essentielle,  surtout  pour  Tassai- 
nissement  d'une  pièce  contenant  un  si  grand  nombre  de  personnes  si 
rapprochées,  c'est  que  chacune  d'elles  reçoive  de  Tair  pur,  et  non  de 
l'air  échauffe  et  déjà  vicié  par  la  respiration. 

2272.  Les  questions  que  je  viens  d'indiquer,  savoir  :  la  régularité 
et  le  contrôle  de  la  ventilation  totale,  l'uniformité  de  la  ventilation 
dans  les  différents  points  de  la  salle  et  Tétat  de  Tair  qu'on  y  respire, 
sont  évidemment  tout  aussi  importantes  que  le  volume  total  de  la  ven- 
tilation, mais  elles  n'ont  point  été  examinées.  Il  est  très-fâcheux  que 
M.  Morin  se  soit  contenté  de  mesurer  les  volumes  d'air  appelés  par  la 
cheminée  ;  car  s'il  eût  examiné  les  choses  de  plus  près,  il  en  serait 
certainement  résulté  des  documents  précieux  pour  la  question  si  im- 
portante et  si  compliquée  du  chauffage  et  de  l'assainissement  des 
grandes  salles  de  réunion. 

2273. 11  est  également  bien  regrettable  que  le  mémoire  ne  contienne 
aucun  renseignement  utile  à  la  science  du  chauffage  et  de  la  ventila- 
tion ;  on  n'y  trouve  ni  la  hauteur  de  la  cheminée  d'appel,  ni  la  tempé- 
rature de  l'air  qu'elle  renfermait  pendant  les  expériences,  ni  les  quan- 
tités de  combustible  qui  ont  été  consommées  dans  les  foyers  ,  ni  les 
surfaces  des  orifices  d'accès  de  l'air  dans  la  pièce,  ni  la  température 
de  cet  air  ;  on  ne  dit  pas  même  comment  il  est  échauffé.  On  ne  trouve 
que  les  renseignements  rigoureusement  indispensables  pour  calculer  les 
résultats  des  expériences  anémométriques  sur  la  ventilation  totale. 

2274.  Les  expériences  de  M.  Morin  ont  certainement  été  faites  avec 
beaucoup  de  soin  et  avec  d'excellents  instruments,  et  je  les  considère 
comme  parfaitement  exactes  ;  mais,  d'après  ce  que  je  viens  de  dire,  on 
ne  peut  en  déduire  que  les  faits  mêmes  qu'elles  constatent,  c'est-à-dire 
que,  tels  jours,  à  telles  heures,  il  est  entré  tels  nombres  de  mètres  cubes 
d'air  dans  la  cheminée  d'appel,  mais  rien  de  plus. 

L'incertitude  que  le  mémoire  laisse  subsister  sur  la  régularité  de  la 
ventilation  totale,  sur  l'uniformité  de  sa  répartition  dans  la  salle,  et 
sur  l'état  de  l'air  qu'on  y  respire  dans  différents  points,  fait  facilement 
comprendre  que  l'opinion  de  M.  Morin  sur  l'efficacité  de  l'appareil  ne 
soit  pas  partagée  par  tout  le  monde,  tin  article  de  la  Revue  de  H Instruc- 
tion pxîblique,  relatif  à  la  question  qui  nous  occupe,  se  termine  ainsi  : 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  m.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     145 

«  Nous  ajouterons  que  nous  avons  constaté  nous-méme  une  lour- 
deur accablante  de  Tatmosphère  à  quelques-unes  des  leçons  faites  dans 
cette  salle  :  ce  jour-là  on  n'expérimentait  pas  l'appareil.  )> 

(BiNET  Sainte-Predve.) 

2275.  Si  nous  avons  insisté  sur  l'absence,  dans  le  rapport  de 
M.  Morin,  de  détails  relatifs  au  chauffage  et  à  la  ventilation,  c*est  que 
nous  sommes  convaincu  que  ces  détails  eussent  amené  des  conclu- 
sions tout  à  fait  défavorables  au  système  employé.  L'emploi  de  l'eau 
chaude  pour  chauffer  un  amphithéâtre  2  ou  3  heures  par  jour  est 
évidemment  mauvais,  car  il  ne  permet  qu'un  chauffage  excessivement 
lent  et  qui  se  continue  inutilement  longtemps  après  la  leçon  ;  c'e^t 
donc  un  chauffage  très-cher.  Nous  ne  saurions  d'ailleurs  trop  insister 
sur  les  dangers  d'un  appareil  à  haute  pression  placé  au-dessous  d'un 
amphithéâtre.  La  présence  d'un  tube  à  air  libre,  d'ailleurs  très-petit, 
sur  le  vase  d'expansion  établi  à  une  grande  hauteur,  ne  saurait  em- 
pêcher d'une  manière  absolue  la  rupture  d'un  tuyau  ou  de  l'appareil, 
par  dilatation,  par  usure  ou  par  toute  autre  cause,  et  l'on  frémit  en 
songeant  aux  conséquences  d'une  explosion  qui  pourrait  avoir  lieu 
au-dessous  de  gradins  chargés  de  800  personnes. 

Salle  dM  séanees  de  rinatltuC 

2276.  Une  description  très-succincte  de  l'appareil  de  ventilation  do 
cette  salle  a  été  lue  par  M.  Gheronnet,  ingénieur  civil,  à  la  séance  de 
l'Institut  du  6  mai  1852.  Cette  note  a  été  publiée  dans  la  Mevue  de 
r Instruction  publique.  Nous  la  reproduisons  ici  textuellement  : 

«  La  salle  des  séances  de  l'Institut  est  chauffée  et  ventilée  d'après 
les  procédés  de  M.  Duvoir-Leblanc.  Le  chauffage  est  produit  par  quatre 
poêles  remplis  d'eau  chaude ,  à  travers  lesquels  circule  un  courant 
d'air  qui  s'échauffe.  Ces  appareils,  situés  aux  quatre  coins  de  la  salle 
pourront  fonctionner  ensemble  ou  séparément,  suivant  la  température 
de  l'air  extérieur,  au  moyen  de  robinets  de  communication  spéciale 
entre  chacun  d'eux  et  le  générateur. 

«  La  ventilation  se  fait  par  deux  grands  conduits  qui  communiquent, 
l'un  avec  une  série  de  grilles  situées  devant  les  pieds  mêmes  des 
membres  de  l'Institut,  l'autre  avec  un  grand  nombre  de  trous  faits 
dans  les  gradins  qui  régnent  sur  les  longs  côtés  de  la  salle.  Le  premier 
de  ces  tuyaux  descend  jusqu'au  rez-de-chaussée,  pour  remonter  ensuite 
dans  une  cheminée,  dans  laquelle  est  un  réservoir  à  eau  chaude  de 
12  mètres  de  hauteur,  qui  produit  l'appel.  Le  second  tuyau  ne  des- 
cend que  jusqu'à  l'en  Ire-sol,  et  remonte  ensuite  dans  la  même  cbe- 
iiu  4, 


Digitized  by  VjOOQIC 


.146    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

miDée.  Un  troisième  conduit,  destiné  à  la  ventilation  d'été,  part  de  la 
partie  supérieure  de  la  salle  et  se  rend  dans  la  même  cheminée. 

«  Le  5  avril,  une  expérience  a  été  faite  dans  le  but  de  constater  la 
quantité  d'air  extraite  de  la  salle  des  séances  :  cette  expérience  a  été 
exécutée  au  moyen  de  deux  anémomètres  qui  ont  été  placés  simultané- 
ment dans  les  deux  conduits,  et  y  sont  restés  une  heure  chacun.  Voici 
les  résultats  de  cette  expérience  : 

tt  Premier  orifice  (rez-de-chaussée)  ;  section,  0"  970  ;  vitesse  de  l'air, 
0"  938  par  seconde;  volume  écoulé  en  une  heure  3275"'  496.  Second 
orifice  :  section,  0"  3842  ;  vitesse,  1"  284  ;  volume  écoulé  en  une  heure, 
1795"  916.  Volume  total  écoulé  en  une  heure,  5071*412.  Ainsi,  pen- 
dant cette  première  expérience,  il  a  été  extrait  de  la  salle  des  séances 
5071  mètres  cubes  d'air.  La  salle  renrermait  180  personnes,  ce  qui 
donne,  par  heure  et  par  personne,  28°"  20.  Le  temps  était  très-beau,  et 
la  température  était  de  12  à  13*". 

«  Le  19  avril,  une  seconde  expérience  a  été  faite  dans  les  mêmes 
conditions  ;  elle  a  donné,  pour  le  premier  conduit,  40^2"  784  ;  pour  le 
second,  1908'"  372  ;  total,  5931 .  11  y  avait  200  personnes  dans  la  salle; 
le  volume  d'air  extrait  a  donc  été  de  29"  65  par  heure  et  par  personne. 
Ce  jour-là  le  temps  était  très-couvert  ;  il  est  même  tombé  de  la  neige 
pendant  l'expérience  ;  la  température  extérieure  s'est  élevée  à  7^*  5 
environ.  » 

2277.  Les  appareils  sont  indiqués  d'une  manière  trop  sommaire 
pour  qu'on  puisse  en  prendre  une  idée  bien  exacte;  cependant  la  dis- 
position générale  ne  paraît  pas  heureuse.  Pour  l'assainissement  d'une 

,  pièce  occupée  par  une  grande  réunion  de  personnes,  il  convient  de 
faire  arriver  l'air  de  ventilation  par  de  nombreux  petits  orifices  uni- 
formément distribués  à  la  surface  du  sol,  et  de  le  faire  sortir  par  la  partie 
supérieure,  comme  dans  l'ancienne  Chambre  des  Pairs,  parce  que 
chaque  personne  ne  respire  que  de  l'air  pur,  tandis  que  quand  l'air  de 
ventilation  s'écoule  par  des  orifices  placés  près  du  sol.  on  ne  respire  que 
de  l'air  déjà  vicié  par  la  respiration.  Enfin,  le  tirage  effectué  par  la  che- 
minée d'appel  dans  laquelle  l'air  est  chauffé  par  un  tuyau  à  eau  chaude 
de  12  mètres  de  hauteur  est  une  disposition  fort  peu  économique.  Au 
reste,  nous  avons  entendu  nombre  de  membres  de  l'Institut  se  plaindre 
du  chauffage  et  delà  ventilation.  Les  observations  que  nous  avons  faites 
au  sujet  du  Conservatoire  des  Arts  et  métiers  sur  le  chauffage  à  l'eau 
chaude,  s'appliqueraient  parfaitement  au  cas  actuel,  car  les  conditions 
sont  à  peu  près  aussi  défavorables  à  ce  système. 

2278.  M.  Duvoir-Leblanc  a  établi  à  l'Institut,  pour  rafraîchir  l'air 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  m.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.    147 

en  été,  un  appareil  basé  surTévaporation  de  l'eau.  Ce  moyen  de  refroi- 
dissement a  été  étudié  avec  beaucoup  de  soin  par  Gay-Lussac,  et 
son  application  a  été  publiée  depuis  longtemps  ,  car  dans  la  seconde 
édition  de  cet  ouvrage  se  trouvent  décrits  plusieurs  appareils  fondés 
sur  le  même  principe  (1963  et  suivants).  M.  Duvoirfait  descendre  l'air 
dans  des  tuyaux  verticaux  en  fer,  percés  à  la  partie  supérieure  de  petits 
trous  par  lesquels  s'écoule  de  l'eau  qui  recouvre,  en  tombant,  la  surface 
intérieure  des  tubes.  La  disposition  du  n*"  1965  serait  beaucoup  plus 
commode;  il  suffirait  de  supprimer  le  ventilateur,  de  placer  au  bout 
un  tuyau  conduisant  l'air  refroidi  dans  la  pièce,  et  de  faire  communi- 
quer la  partie  supérieure  de  celle-ci  avec  la  cheminée  d'appel.  Cette 
dernière  condition  est  indispensable,  car  si  les  orifices  d'écoulenient  se 
trouvaient  à  la  partie  inférieure,  l'air  appelé  s'écoulerait  sans  avoir  tra- 
versé la  pièce,  et,  par  conséquent,  sans  l'assainir.  Ce  moyen  ne  peut 
être  employé  que  dans  des  limites  très-reslreintes  ;  car  il  est  irrationnel, 
pour  produire  l'assainissement,  d'envoyer  de  l'air  chargé  de  trop 
d'humidité.  Celui  dont  nous  parlerons  plus  loin,  consistant  à  puiser 
Fair  neuf  à  une  grande  hauteur  dans  l'atmosphère,  où  il  est  plus  frais 
et  en  même  temps  plus  pur,  nous  parait  bien  préférable. 

Palais  de  Jutlee. 

2279.  M.  Duvoir-Leblanc  vient  récemment  de  chauffer  une  partie 
du  Palais  de  justice  de  Paris,  toujours  d'après  son  système,  par  une 
circulation  d'eau  chaude  ;  mais  je  n'ai  pu  me  procurer  aucun  rensei- 
gnement ni  sur  la  disposition  des  appareils,  ni  sur  les  effets  produits. 
Je  sais  seulement  qu'on  se  plaint  vivement  des  poêles  à  eau  chaude 
dont  la  température  ne  variant  qu'avec  une  extrême  lenteur  à  cause 
de  la  grande  masse  d'eau  en  circulation,  est  presque  toujours  ou 
trop  basse  ou  trop  élevée.  Je  signalerai  en  outre  encore  une  fois  le 
danger  que  présentent  ces  appareils.  Sans  parler  de  l'explosion  elle- 
même,  la  rupture  d'un  seul  poêle  par  accident  ou  par  malveillance 
suffirait  pour  remplir  de  vapeur  brûlante  la  salle  où  Taccident  se  pro- 
duirait. 

Palais  des  Cortès  à  Madrid. 

2280.  C'est  M.  René  Duvoir  qui  a  établi  les  appareils  de  chaufiage 
et  de  ventilation  de  cet  édifice  analogue  à  notre  Chambre  des  Députés. 
D'après  une  gravure  qui  m'a  été  remise  par  ce  constructeur,  la  salle  de 
réunion,  la  galerie  qui  l'environne  et  les  salles  voisines  sont  chauffées 
par  un  courant  d'air  chaud  distribué  dans  des  canaux  qui  régnent  au- 


Digitized  by  VjOOQIC 


148     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

dessous  des  stalles  ;  les  orifices  de  sortie  sont  dans  les  planchers  des  gra- 
dins ;  Tair  s'échappe  de  la  salle  par  des  ouvertures  pratiquées  dans  le  pla- 
fond des  loges  et  arriye  dans  quatre  larges  cheminées  qui  surmontent  les 
loges^  où  se  trouvent  les  tu jaux  d'air  brûlé  et  des  foyers  spéciaux  ;  ces 
cheminées  sont  fermées  en  dessus  et  garnies  d'ouvertures  latérales. 
U  y  a  lieu  de  craindre  que  d'après  la  disposition  indiquée^  la  réparti- 
tion de  l'air  chaud  au-dessous  du  plancher  ne  soit  pas  bien  uniforme, 
à  moins  qu'on  n'ait  pris  des  précautions  que  la  gravure  n'indique  pas; 
de  pluSy  les  oriflces  percés  dans  les  planchers  doivent  s'obstruer  en 
partie  par  la  boue  et  la  poussière,  et  l'air  doit  entraîner  de  la  poussière 
avec  lui;  enfin,  l'appareil  de  chauffage  dans  les  cheminées  consistant 
uniquement  dans  un  poêle  surmonté  d'un  tuyau  à  fumée,  doit  néces- 
sairement occasionner  une  notable  perte  de  chaleur. 

Théâtres. 

2281.  Les  théâtres  des  Romains  n'étaient  pas  couverts,  ou,  du 
moins,  ne  l'étaient  qu'accidentellement  par  des  toiles,  et  ils  n'é- 
taient  fréquentés  que  pendant  le  jour.  Ces  circonstances  devaient  les 
rendre  très-salubres,  beaucoup  plus  que  nos  théâtres  fermés  quand 
ils  ne  sont  pas  convenablement  ventilés  ;  cependant,  la  chaleur  pro- 
duite par  le  grand  nombre  des  spectateurs  élevait  quelquefois  la  tem- 
pérature à  un  degré  très-élevé,  que  l'on  abaissait  par  des  arrosages 
fréquents ,  par  de  l'eau  injectée  en  pluie  très-fine ,  et  quelquefois 
même  parfumée. 

2282.  Dans  nos  théâtres  fermés,  la  chaleur  produite  par  les  specta- 
teurs, par  les  appareils  d'éclairage  et  l'altération  de  l'air  résultant  de  la 
respiration  et  de  la  transpiration  exigent  une  puissante  ventilation. 
Le  chauffage  de  la  salle  s'effectue  par  des  calorifères  de  différents  sys- 
tèmes, et  la  ventilation  s'établit  par  l'orifice  placé  au-dessus  du  lustie, 
qui  constitue  un  foyer  d'appel  me  paraissant  suffisant  pour  produire 
l'assainissement  si  les  orifices  d'accès  de  l'air  neuf  et  ses  mouvements 
dans  la  salle  étaient  convenablement  disposés. 

2283.  M.  Darcet,  comme  membre  du  Conseil  de  salubrité,  a  fait 
une  étude  spéciale  des  conditions  d'assainissement  des  salles  de  spec- 
tacle, en  ayant  égard  aux  considérations  théoriques,  et  il  a  fait  exécu- 
ter les  dispositions  qu'il  avait  imaginées.  La  commission  dont  M.  Dar- 
cet faisait  partie  a  eu  à  s'occuper  successivement  de  l'assainissement  de 
rOdéon,  de  l'Opéra,  du  Gymnase,  des  Variétés,  du  Théâtre  Français 
et  du  théâtre  de  l'Opéra- Comique. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  —  CHAUFFAGE  ET  VE>T.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     140 

M.  Darcet  a  publié  dans  les  Annales  (T hygiène  publique  un  mémoire 
sur  la  question  dont  il  s'agit  ;  c'est  de  ce  mémoire  que  j*ai  extrait  ce 
qui  suit,  en  y  ajoutant  seulement  quelques  détails  ;  les  dispositions  gé- 
nérales que  ce  savant  a  imaginées,  il  y  a  bien  des  années,  sont  les 
suivantes  : 

2284.  Le  mode  de  chauffage  employé  est  le  chauffage  à  vapeur;  la 
chaudière  est  placée,  autant  qiii  possible,  dans  un  bâtiment  voisin,  afin 
d'éviter  les  chances  d'incendie.  Un  calorifère  à  vapeur  se  trouve  au- 
dessous  du  parterre,  et  l'air  chaud  arrive  par  des  fentes  ménagées  à  la 
partie  supérieure  latérale  des  bancs.  D'autres  sont  placés  dans  le  vesti- 
bule et  dans  les  couloirs  des  différents  étages  de  loges.  Ceux  des  couloirs 
se  composent  de  plaques  au  niveau  du  sol  et  de  poêles  à  vapeur  ;  ces 
poêles  chauffent  directement  de  l'air  extérieur,  ou  de  l'air  qui  a  déjà 
passé  parla  chambre  du  calorifère  qui  se  trouve  au-dessous  du  parterre. 
Les  loges  d'acteurs  et  le  théâtre  renferment  également  des  poêles  à  va- 
peur. Les  galeries  appelées  foyers  sont  chauffées  par  des  foyers  décou- 
verts, et  en  même  temps  par  des  courants  d'air  chaud  sortant  des 
calorifères  des  couloirs. 

2285.  L'air  extérieur^  préalablement  chauffé ,  arrive  dans  la  salle 
par  les  orifices  des  bancs  du  parterre  et  par  des  tuyaux  pratiqués  entre 
le  plafond  de  chaque  étage  de  loges  et  le  plancher  de  l'étage  supérieur, 
et  l'air  des  couloirs  pénètre  à  volonté  dans  les  loges  A,  ligure  579,  par 
des  orifices  garnis  de  registres  qu'on  ferme  plus  ou  moins. 

Au-dessus  du  lustre  se  trouve  une  cheminée  C  munie  de  registres,  et 
qui  est  garnie  à  la  partie  supérieure  et  latéralement  de  jalousies.  Une 
cheminée  analogue  C  a  été  établie  au-dessus  de  la  scène.  Cette  der- 
nière sert,  pour  les  représentations  où  on  brûle  de  la  poudre,  à  produire 
un  appel  d'air  suffisant  pour  empêcher  la  fumée  de  se  répandre  dans  la 
salle.  L'appel  du  lustre  étant  moins  puissant  pour  l'étage  le  plus  élevé, 
le  plafond  de  ces  loges  communique  directement  par  un  certain  nombre 
de  tuyaux  T  avec  la  cheminée  du  lustre. 

2286.  Indépendamment  du  chauffage  et  de  la  ventilation  de  la  salle 
et  des  loges,  une  condition  indispensable  à  l'assainissement  des  théâtres 
est  une  puissante  ventilation  des  fosses  d'aisances,  car  l'appel  de  la  che- 
minée du  lustre  étant  très-grand,  pour  que  l'air  des  fosses  ne  pénètre 
pas  dans  la  salle,  il  faut  que  le  tirage  de  leur  cheminée  l'emporte  sur 
celui  du  lustre  ;  on  y  parvient  facilement  par  de  petits  foyers  placés 
au  bas  de  leur  cheminée  ou  par  des  précautions  spéciales. 

2287.  Sous  le  rapport  du  chauffage,  le  système  que  nous  venons 
d'exposer  laisse  peu  à  désirer  ;  mais  il  est  loin  d'en  être  ainsi  sous  le 


Digitized  by  VjOOQIC 


«50 


LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UEUX  HABITÉS. 

rapport  de  la  ventilation.  L'appel  par  la  cheminée  du  lustre  détermine 
par  les  fissures  des  portes  des  loges,  des  courants  d'air  incommodes  et 


Fig,  579. 

même  dangereux,  car  la  température  des  couloirs  est  basse  relative- 
ment à  celle  de  la  salle.  D'un  autre  côté,  les  courants  d'air  chaud  qui 
s'établissent  à  la  sortie  des  orifices ,  dans  le  parterre  et  dans  les 
loges,  sont  en  général  désagréables,  et  les  spectateurs  préfèrent  fermer 
ou  boucher  tous  les  orifices  de  ventilation.  Il  en  résulte  que  la  ven- 
tilation de  la  salle  est  à  peu  près  nulle  et  que  presque  tout  l'air  appelé 
par  le  lustre  vient  directement  de  la  scène. 

2288.  D'après  des  renseignements  qui  m'ont  été  fournis  il  y  a  déjà 
longtemps,  la  température  de  l'air  à  l'orifice  du  lustre  serait  de  26''  au 
théâtre  de  l'Opéra-Comique,  de  28  à  30""  au  théâtre  de  la  Gaité,  et  de 
30  à  35*"  au  théâtre  du  Palais-Royal.  Dans  ce  dernier  théâtre  la  vitesse 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     !5i 

d'écoulement  était  de  0"  60,  la  surface  libre  à  peu  près  de  !"">,  ce  qui  fait 
21600"'*  par  heure,  et  comme  le  nombre  des  spectateurs  s'élevait  à 
1200  environ,  le  volume  d'air  pour  chacun  n'atteignait  que  18'°''  par 
heure ,  en  supposant  la  ventilation  uniformément  répartie.  Mais  il  est 
bien  certain,  d* après  ce  que  nous  venons  de  dire,  que  cette  bonne  ré- 
partition n'existe  pas,  et  ne  saurait  que  bien  difficilement  exister 
dmis  un  théâtre  avec  la  ventilation  par  appel. 

OtecrratloBS  n^nérales  svr  le  ehauAiye  des  ^frvnA^m  salles  de  révalon, 
des  palalsy  des  g^rande  anphltfcéâtres,  des  théâtres,  etc.,  etc. 

2289.  Les  lieux  de  réunion  ont  des  formes  et  des  dispositions  très- 
diverses»  suivant  leurs  destinations.  Mais  ils  peuvent,  sous  le  rapport 
du  chauffage  et  de  la  ventilation,  se  diviser  ainsi  : 

l"*  Les  grandes  salles,  comme  les  salles  des  séances  des  Chambres, 
les  grands  amphithéâtres;  2""  les  galeries,  comme  les  salles  des  pas 
perdus,  les  bibliothèques;  3""  les  théâtres. 

2290.  Amphithéâtres.  —  Dans  les  grands  amphithéâtres,  noiis 
avons  vu  que  souvent  le  chauffage  et  la  ventilation  s'effectuent  en  fai- 
sant arriver  de  l'air  chaud  par  des  orifices  situés  dans  la  partie  horizon- 
tale qui  se  trouve  au  bas  des  gradins,  ou  par  des  tuyaux  qui  débouchent 
dans  cette  partie  de  la  salle  à  différentes  hauteurs  et  dans  différentes 
directions;  l'air *vicié  descend  au-dessous  des  gradins  par  un  grand 
nombre  d'orifices  percés  dans  les  contre-marches,  et  passe  ensuite 
dans  des  tuyaux  aboutissant  à  une  cheminée  d'appel.  Cette  disposi- 
tion, employée  au  Conservatoire  des  Arts  et  métiers,  a  de  graves  incon- 
vénients. Supposons  la  salle  vide  ;  l'air  chaud,  en  arrivant,  tend  à 
s'élever  d'abord  au  plafond  où  il  s'étale  et  descend  progressivement 
par  couches  horizontales  sensiblement  isothermes  jusqu'aux  orifices 
d'écoulement,  mais  en  se  refroidissant  de  plus  en  plus,  la  chaleur  qu'il 
abandonne  étant  absorbée  par  les  surfaces  de  transmission.  Il  résulte 
delà  que  l'air  se  trouve  à  une  température  croissante  de  bas  en  haut, 
et  que  si  l!amphithéâtre  a  une  pente  très-rapide,  il  pourra  y  avoir  une 
différence  notable  de  température  sur  les  bancs  les  plus  bas  et  les  plus 
élevés,  comme  cela  a  été  vérifié  sans  exception  dans  toutes  les  salles 
échauffées  garnies  de  gradins.  Supposons  maintenant  la  salle  occupée; 
la  chaleur  produite  par  chaque  individu  et  l'air  vicié  expiré,  tendront 
éTidemment^  échauffer  et  à  vicier  les  couches  d'air  supérieures,  et, 
par  conséquent^  l'effet  produit  par  les  personnes  occupant  l'amphî. 
théâtre  consistera  à  augmenter  la  variation  de  température  de  haut  eu 


Digitized  by  VjOOQIC 


\ni    LIV.  XV.  ~  CHAUFFAGE  CT  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

bas  et  à  yicier  les  couches  d'âir,  d'autant  plus  qu'elles  seront  plus  éle- 
vées. Ainsi,  ce  mode  de  ventilation  ne  peut  réellement  être  employé 
que  quand  Tamphithéâtre  n*a  qu'une  légère  inclinaison  etqu'il  ne  ren- 
ferme qu  un  petit  nombre  de  personnes. 

2291 .  La  meilleure  disposition  consiste  à  amener  Fair  au-dessous  de 
l'amphithéâtre,  à  le  distribuer  uniformément  par  un  très-grand  nombre 
d*orifices,  à  le  recueillir  au  sommet  de  la  salle  pour  le  conduire  à  une 
cheminée  d'appel  partant  des  combles,  ou  mieux  pour  le  faire  descen- 
dre au  niveau  du  sol  par  un  tuyau  placé  au  dehors  et  qui  le  dirige 
dans  une  cheminée  d'appel.  Cette  disposition,  analogue  à  celle  qui 
était  employée  dans  l'ancienne  Chambre  des  Communes  de  Londres, 
et  ensuite  dans  l'ancienne  Chambre  des  Pairs,  n'aurait  aucun  des  in- 
convénients que  nous  venons  de  signaler  pour  Tautre  système  ;  chaque 
personne  respirerait  de  l'air  pur  et  à  la  même  température.  J'exami- 
nerai successivement  les  différentes  parties  de  ce  système  de  chauffage 
et  de  ventilation. 

2292.  Le  chauffage  de  l'air  peut  avoir  lieu  au  moyen  des  calorifères 
dont  j'ai  parlé  (1605  etsuiv.).  Chaque  système  a  des  avantages  et 
des  inconvénients  qui  lui  sont  propres,  et,  d'après  ce  que  j'ai  dit,  il 
sera  facile  de  reconnaître  celui  qui  convient  le  mieux  danschaque  cir- 
constance. Si  la  salle  ne  devait  être  occupée  qu'accidentellement,  ou 
seulement  un  petit  nombre  d'heures  chaque  jour,  les  calorifères  dans 
lesquels  l'air  est  chauffé  directement  seraient  les  plus  avantageux,  d'au- 
tant plus  qu'ils  coûtent  moins  de  frais  d'établissement  que  les  autres, 
dans  lesquels  il  y  a  toujours  deux  systèmes  de  surfaces  de  chauffe.  Mais 
comme  l'air  échauffé  doit  être  porté  au-dessous  des  gradins  qui  sont 
toujours  en  bois,  il  faudrait  prendre  les  précautions  nécessaires  pour 
que  la  température  de  l'air  ne  pût  jamais  dépasser  une  certaine  limite 
peu  élevée  ;  pour  cela,  il  serait  possible  de  disposer  un  registre  qui  ouvri- 
rait l'accès  de  l'air  extérieur  dans  le  canal  recevant  l'air  sortant  du  calo- 
rifère quand  cet  air  dépasserait  la  limite  assignée. 

2293.  L'uniformité  de  la  distribution  de  l'air  au-dessous  des  gradins 
présenterait  quelques  difficultés.  Il  faudrait  d'abord  renoncer  compléie- 
ment  au  mode  de  distribution  qui  avait  été  employé  dans  l'ancienne 
salle  des  Communes,  et  qui  consistait  à  percer  le  sol  d'un  très-grand 
nombre  de  petits  orifices.  Le  mélange  des  veines  partielles  sorties  de  ces 
orifices  pourrait  n'avoir  lieu  qu'à  une  trop  grande  hauteur  ;  d'ailleurs, 
la  boue  et  la  poussière  apportées  par  les  pieds,  pourraient  obstruer  les 
ouvertures,  et  l'air  serait  nécessairement  chargé  d'une  poussière  fine 
qui  aurait  de  graves  inconvénients  sur  la  respiration  ;  un  tapis  en  crin 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  iSI.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     io3 

épais,  à  larges  mailles,  aurait  l'avantage  de  mieux  disséminer  les  veines 
d'air,  mais  les  inconvénients  de  la  boue  et  de  la  poussière  seraient  beau- 
coup augmentés.  Le  meilleur  mode  de  distribution  de  Tair  dans  la  salle 
consiste  à  l'introduire  par  des  ouvertures  pratiquées  à  la  partie  supé- 
rieure des  contre-marches^  ou  à  une  certaine  hauteur  dans  les  faces  de 
devant  ou  de  derrière  des  bancs;  la  somme  des  surfaces  de.ces  oriQces 
étant  très-grande  relativement  à  la  section  de  la  cheminée  d*appel,  la 
vitesse  des  veines  serait  très-petite,  et  comme  elles  sont  dirigées  hori- 
zontalement, elles. changeraient  de  direction  par  la  rencontre  des  sur- 
faces qui  se  trouveraient  sur  leur  passage,  et  leur  mélange  s'effectue- 
rait facilement  sans  présenter  les  inconvénients  que  j'ai  signalés;  c'est 
ce  que  l'expérience  a  démontré  dans  l'ancienne  Chambre  des  Pairs.  Mais 
il  faut,  en  outre,  que  l'air  soit  distribué  à  peu  près  uniformément  au- 
dessous  des  gradins,  et  il  suffira  pour  cela  que  l'air  échauffé  y  arrive 
par  un  certain  nombre  de  tuyaux  recourbés  verticalement,  et  terminés 
chacun  par  un  chapeau  qui  dirige  les  veines  d'air  de  haut  en  bas. 

2294.  Quant  aux  orifices  de  sortie  de  l'air,  les  dispositions  seront 
différentes,  suivant  que  le  plafond  sera  cintré  et  garni  d'une  coupole 
vitrée,  ou  qu'il  sera  horizontal.  Dans  le  premier  cas,  le  cylindre  sur  le- 
quel repose  la  coupole  serait  percé  latéralement  d'un  large  orifice  com- 
muniquant avec  un  grand  tuyau  en  tôle  ou  en  zinc  placé  en  dehors  du 
bâtiment,  autant  que  possible  sur  une  face  exposée  au  nord,  et  qui 
amènerait  l'air  au  niveau  du  sol,  dans  un  canal  horizontal  communi- 
quant avec  une  cheminée  d'appel.  Si  la  surface  supérieure  de  la  pièce 
était  horizontale,  il  faudrait  construire  un  faux  plafond  percé  d  un  grand 
nombre  d'orifices  qui  communiqueraient  par  des  conduite  horizon   ux 
placés  entre  les  deux  plafonds  avec  le  grand  tuyau  dont  nous  veno 
de  parler.  Ce  tuyau  de  descente  doit  être  en  métal,  afin  que  Vair  ^^re^ 
froidisse  le  plus  possible,  car  si  on  parvenait  J^lui  donner  la  temp         ^^ 
extérieure,  la  descente  de  l'air  ne  produirait  d'autre  v^^    ^ 
qui  résulte  du  frottement  et  des  changenietxis  à&  àivecV^^^^-  ^^^.^ 

2295.  La  cheminée  d'appel  devrait  êV|.«  en  ^'^'^^'^^r  Ime  àc  panier, 
placé  latéralement  ou  formé  d'une  grill^,         \)i\e,  ^^  ?   ^.^  qu'on  ret\- 
qu  on  pousserait  au  milieu  de  la  secliotx  a^i    cV^^^^^^^'^  danslacVie- 
rerait  en  avant  pour  la  charger.  Le  tu  y  ^         ,      ^s  d^  ^  ^]^ ,  .^  tégler  \a 
minée  devrait  être  garni  d'un  regislt*^  ^  ^'^^  ni-»   ^         tnmencer   \e 

un 


ventilation,  et  à  la  supprimer  coai^^^  ^^OurO»       ^u^       .^^^^^  car 
chauffage,  en  faisant  retourner  au  cni  ^^^m^^  .\  ^i-  de  l^  V 
riGce  pratiqué  près  du  sol.  ^^itère  ^  .ion' 

2296.  J'ai  dit  que  l'on  pourrait  c>\  ^i^^^ 

^^^nîrun^ 


Digitized  by  VjOOQIC 


«34    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

forme  de  Fair  au-dessous  de  l'amphithéâtre,  en  y  faisant  déboucher  Vair 
chaud  par  un  certain  nombre  de  tuyaux  verticaux  convenablement  placés 
et  recouverts  chacun  d'un  chapeau  destiné  à  diriger  les  veines  verticale- 
ment de  haut  en  bas  ;  mais  si  on  voulait  obtenir  une  distribution  plus 
uniforme  encore^  on  pourrait  employer  les  dispositions  indiquées  par 
les  figures  580  et  581  ;  la  première  est  relative  à  un  amphithéâtre  rec- 


Fig.  580. 

tangulaire,  la  dernière  à  un  amphithéâtre  demi-circulaire.  Dans  la  pre- 
mière disposition,  Tair  chaud  arrive  dans  un  conduit  rectangulaire  ho- 
rizontal par  trois  embranchements,  il  passe  ensuite  par  six  ouvertures 
dans  un  deuxième  conduit  placé  à  côté,  et  de  ce  dernier  dans  cinq 
embranchements  de  section  décroissante  qui  se  prolongent  horizon- 
talement jusqu'à  l'extrémité  opposée  de  la  salle.  Sur  chaque  embran- 
chement sont  placés  des  tuyaux  verticaux  recouverts  d'un  chapeau;  la 
somme  des  surfaces  de  ces  tuyaux  est  égale  à  la  section  du  grand  con- 
duit à  son  origine,  et  la  section  de  chaque  embranchement  est  égale  à 
la  somme  des  sections  des  tuyaux  verticaux  qui  suivent.  On  voit  à  l'in- 
spection de  la  figure  que  le  but  de  l'appareil  consiste  à  mêler  les  veines 
élémentaires  d'air  appelé,  de  manière  à  amener  dans  les  orifices  de  sor- 
tie des  courants,  sensiblement,  dans  les  mêmes  conditions.  L'appareil 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  m.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.    155 

représenté  (Gg.  543)  est  destiné  à  un  amphithéâtre  demi-circulaire;  il 
est  fondé  sur  les  mêmes  principes  ;  les  conduits  d'écoulement  diri- 


Fig,  581. 

gés  suivant  les  rayons  du  cercle  ont  la  même  section ,  mais  les  tuyaux 
additionnels  verticaux  ont  des  sections  croissantes  proportionnellesà 
leurs  distances  au  centre.  Les  mêmes  dispositions  pourraient  être  em- 
ployées pour  recevoir  l'air  au-dessus  de  l'amphithéâtre  entre  les  deux 
plafonds.  Mais,  je  le  répète^  les  dispositions  beaucoup  plus  simples  que 
j'ai  indiquées  ci-dessus  suffisent  dans  tous  les  cas. 

2297.  Le  canal  horizontal  qui  conduit  l'air  dans  le  tuyau  de  des- 
cente pour  l'amener  au  bas  de  la  cheminée  d'appel  doit  être  garni  à  sa 
partie  supérieure  d'un  large  orifice,  ayant  la  section  du  tuyau,  et  fermé 
par  un  couvercle  à  joint  hydraulique  ou  de  sable,  afin  de  pouvoir  faire 
écouler  directement  l'air  qui  a  traversé  la  salle,  quand  la  force  ascen- 
sionnelle est  suffisante,  ce  qui  arrive  quand  l'air  extérieur  est  à  une 
température  assez  basse  relativement  à  la  température  intérieure. 

2298.  On  pourrait  aussi  placer  une  cheminée  avec  fojer  d'appel 
dans  les  combles  du  bâtiment ,  mais  c'est  une  disposition  trop  dange- 
reuse; d'ailleurs,  la  direction  du  foyer  exigerait  un  chauffeur  spécial, 
tandis  que,  par  la  disposition  indiquée,  le  chauffeur  qui  surveitte  le  ca- 
lorifère, peut  diriger  le  foyer  de  la  cheminée.  Cet  inconvénient  n'exis- 
terait pas  si  le  calorifère  était  à  vapeur  ou  à  eau  chaude  ,  parce  qu'on 

*  pourrait  établir  dans  la  cheminée  des  combles  d®*  ^^^se^  a\\^^^^*  ^ 


Digitized  by  VjOOQIC 


156    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

volonté  de  vapeur  ou  d'eau  chaude,  qui  échaufferaient  Tair  avant  sa 
sortie  ;  mais  la  dépense  de  combustible  se  trouverait  environ  doublée. 

2299.  Dans  tous  les  cas,  la  dépense  de  combustible  serait  beaucoup 
plus  grande  que  quand  Tair  descend  au  niveau  du  sol  pour  s'élever 
dans  une  cheminée,  parce  que  les  cheminées  qui  partent  des  combles 
ont  nécessairement  une  petite  hauteur,  et  que,  dans  la  disposition 
indiquée,  Tair  prenant  sensiblement  la  température  extérieure,  le 
tirage  qui  se  produit  dans  la  salle  s'ajoute  au  tirage  d'une  grande 
cheminée,  comme  dans  le  cas  où  la  cheminée  part  des  combles;  à  la 
vérité,  il  y  a  une  certaine  perte  de  charge  résultant  du  frottement  dans 
le  canal  de  deî^cente  et  dans  la  cheminée,  mais  cette  perte  de  charge 
est  plus  que  compensée  par  l'accroissement  de  hauteur  de  la  chemi- 
née. En  comparant  une  cheminée  de  5"  partant  des  combles,  d'un 
diamètre  de  1"  60,  avec  une  cheminée  partant  du  sol,  de  même  section 
et  de  1 5"°  de  hauteur  et  en  supposant  dans  les  deux  cas  trois  changements 
de  direction  à  partir  du  plafond  et  un  accroissement  de  température' 
de  30°,  on  trouve  que  le  tirage  de  la  cheminée  des  combles  est  sen- 
siblement proportionnel  à  5  .  30  :  (1  +0,024 . 5 : 1 ,60  +  3)  —  36,80, 
et  que  celui  de  la  grande  cheminée  est  proportionnel  à  15  .  30  : 
(1  +0,024  .  15  : 1,60  +  3)  =106,51. 

2300.  On  pourrait  aussi  produire  le  mouvement  de  l'air  à  travers 
l'amphithéâtre  au  moyen  d'un  ventilateur  placé,  soit  en  avant  des  ca- 
lorifères, soit  dans  les  combles,  soit  au  niveau  du  sol  au  bas  du  tuyau 
de  descente.  Le  mieux  serait  de  le  disposer  en  avant  des  calorifères  et 
de  le  faire  agir  par  insufflation. 

2301.  Je  prendrai  pour  exemple  particulier  un  amphithéâtre  pou- 
vant contenir  1000  personnes  ;  si  la  ventilation  doit  être  de  15"*^  par 
personne  et  par  heure,  le  volume  d'air  total  qu'il  faudra  faire  passer  à 
travers  la  salle  sera  de  15000°°  par  heure,  et  de  4"'°  16  par  seconde;  en 
supposant  une  cheminée  de  15°'  de  hauteur,  un  refroidissement  com- 
plet dans  le  tuyau  de  descente,  et  un  accroissement  de  température  de 
l'air  dans  la  cheminée  de  30°,  la  vitesse  d'écoulement  de  l'air,  abstrac- 
tion faite  de  toutes  les  résistances,  serait  égale  à  5"°  67,  et  en  admettant 
que  les  résistances  réduisent  cette  vitesse  à  un  tiers ,  elle  serait  encore 
de  1,88;  mais  la  force  ascensionnelle  de  l'air  dans  l'amphithéâtre  l'aug- 
mentera notablement,  et  on  peut  sans  crainte  de  se  tromper  notablement 
l'estimer  à  2"*j  alors  la  section  minimum  de  la  cheminée  serait  égale 
à  2°*ï  08  et  son  diamètre  à  1°  60.  La  même  section  devrait  être  donnée, 
au  minimum,  au  courant  qui  passe  dans  les  calorifères  et  au  canal  qui 
conduit  l'air  vicié  dans  la  chen^inée;  mais,  dans  tout  le  circuit  externe. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  III.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SALLES  DE  RÉUNIONS.     157 

il  serait  convenable  de  ne  donner  à  l'ajr  qu'une  vitesse  inférieure  à  1". 
En  supposant  que  l'air  soit  échauffé  de  30^,  la  dépense  par  heure  pour 
la  ventilation  serait  de  15000 . 1"^  3  .  30 . 0,24  —  140400^,  qui  corres- 
pondent à  17^  55  de  houille.  Quant  à  la  dépense  de  chauffage  de  Tair  à 
son  entrée  dans  la  salle ,  elle  variera  avec  la  température  extérieure;  en 
admettant  6^  pour  la  température  moyenne  des  mois  de  chauffage , 
lo"  pour  la  température  de  la  salle ,  l'excès  moyen  serait  do  9*  et  la  dé- 
pense moyenne  de  combustible  serait  égale  à  17,55  . 9 :  15=— 10'' 53  ; 
dans  les  plus  grands  froids ,  elle  pourrait  être  plus  que  doublée,  mais 
alors  la  ventilation  pourrait  s'effectuer  directement  par  rorifice  ménagé 
au  sommet  du  tuyau  de  descente. 

2302.  En  connaissant  les  dimensions  des  différentes  parties  de  l'ap- 
pareil, on  pourrait  facilement  calculer,  avec  une  approximation  suffi- 
sante, la  somme  des  résistances  que  l'air  éprouverait  dans  son  circuit, 
et,  par  suite,  l'excès  de  température  que  l'air  devrait  recevoir  dans  la 
cheminée.  Les  plus  grandes  résistances  proviennent  des  changements 
brusques  de  direction  et  des  accroissements  de  section  ;  les  frottements 
sont  presque  négligeables  ;  l'incertitude  ne  porterait  que  sur  la  tem- 
pérature de  l'air  en  arrivant  dans  la  cheminée  d'appel ,  mais  elle 
devrait  peu  différer  de  la  température  extérieure,  quand  la  cheminée 
d'appel  part  du  sol  et  que  le  tuyau  de  descente  est  métallique. 

2303.  Occupons-nous  maintenant  de  la  manière  de  régler  la  venli* 
lation.  Pendant  l'été,  il  faut  remarquer  que,  avec  une  ventilation  de 
15  mètres  cubes  d'air,  les  42  unités  de  chaleur  produites  moyennement 
par  personne  et  par  heure  (2020)  élèveront  la  températuredes  15  mètres 
cubes  d'air,  de  9"*  18  ;  ainsi,  en  supposant  que  l'amphithéâtre  soit  tou- 
jours occupé  par  le  même  nombre  de  personnes,  pour  obtenir  une  venli- 
lation  constante,  il  suffirait  que  l'on  brûlât  toujours  dans  le  foyer  la  même 
quantité  de  combustible,* ce  qu'on  pourrait  obtenir  en  réglant  convena- 
blement l'orifice  d'accès  de  l'air  dans  le  foyer,  d'après  les  indications  d'un 
thermomètre  différentiel  qui  se  trouverait  dans  la  cheminée  (563)  ou 
au  moyen  d'un  manomètre  qui  indiquerait  la  pression  latérale  au 
bas  de  la  cheminée.  Pendant  l'hiver,  l'appel  provenant  de  l'air  chaud 
qui  remplit  la  salle  étant  variable  ,  il  faut  nécessairement  se  servir  d'un 
appareil  qui  indique  directement  la  vitesse  d'écoulement,  de  l'appa- 
reil décrit  (421),  ou  de  l'anémomètre  disposé  comme  je  l'ai  indi- 
qué (420);  ces  instruments  auraient  l'avantage  de  servir  pour  toutes  les 
saisons,  et  on  reconnaîtrait  facilement  à  leurs  indications  quand  il 
suffit  d'ouvrir  le  registre  de  la  partie  supérieure  di>  t*^P^  ^^'  d^^^^°^^' 
et  quand  il  faut  allumer  le  foyer  de  la  cheminée  d'aPP^^- 


Digitized  by  VjOOQIC 


158.  LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2304.  II  est  important  de  remarquer  qu'en  été,  en  supposant  seule- 
ment une  ventilation  de  10  mètres  cubes  par  personne  et  par  heure,  la 
chaleur  dégagée  par  la  respiration  élèverait  Tair  d'appel,  dans  la  pièce, 
de  9M  8 . 3 : 2  =- 1 3**  77 ,  à  peu  près  de  1 4",  et  qu'en  supposant  la  hauteur 
de  la  salle  de  10",  Ja  vitesse  d'appel,  par  cet  accroissement  de  tempé- 
rature, abstraction  faite  des  frottements ,  serait  à  peu  près  de  1",  et  la 
section  des  .orifices  d'accès  et  de  sortie  devrait  être  environ  de  0^^0027 
par  personne  ;  alors,  dans  l'hypothèse  de  1000 personnes^  ces  sections 
seraient  de  2"'^  7  ;  et  en  supposant  que  la  vitesse  soit  réduite  à  0,5,  par 
les  résistances  de  toute  espèce,  la  ventilation  naturelle  serait  peu  di- 
minuée, à  cause  de  l'accroissement  de  température  de  l'air  par  la  res- 
piration. En  efiet,  en  désignant  par  v  la  vitesse  dans  le  cas  que  nous 
avons  considéré  d'abord ,  et  par  v  la  nouvelle  vitesse ,  on  aurait  évi- 
demment. 

v'  '      ,  y?         v'        I  /7  * 

-  =  0,5  .  )/^    --      ;  ou     -  =  0,5  )/^    -     ;o\i    v'^v  K0,2o  =  0,7t?. 

En  hiver,  en  supposant  que  l'air  d'accès  soit  à  15",  et  en  négligeant 
la  chaleur  transmise  par  les  vitres  et  les  murailles  ,  qui  est  toujours 
très-pelite  relativement  à  la  chaleur  émise  par  la  respiration ,  quand  la 
salle  est  remplie,  la  température  de  l'air  au-dessus  de  l'espace  occupé 
dépasserait  certainement  35%  et  par  conséquent  la  ventilation  naturelle 
dépasserait  celle  de  l'été. 

2305.  Mais  tout  cela  suppose  que  la  salle  est  remplie.  Si  elle  ne  Fê- 
lait pas,  les  orifices  d'accès  et  de  sortie  par  la  partie  supérieure  étant 
ouverts,  la  vitesse  d'ascension  de  l'air  serait  diminuée  en  été,  mais  la 
ventilation  pourrait  encore  être  suffisante  par  les  remous  qui  se  pro- 
duiraient autour  des  personnes  présentes ,  et  d'autant  plus  facilement 
qu'elles  seraient  plus  espacées  ;  en  hiver ,  les  phénomènes  seraientencore 
beaucoup  plus  compliqués,  parce  que  la  température  Je  l'air  chaud,  en 
sortant  du  calorifère ,  dépendrait  à  la  fois  de  la  consommation  de  com- 
bustible et  de  la  ventilation ,  que  la  température  de  la  pièce  varierait 
avec  la  température  et  le  volume  de  l'air  chaud  qui  y  pénétrerait,  et 
avec  le  nombre  des  personnes  qui  l'occuperaient. 

J'ajouterai  que  la  ventilation  naturelle  exigerait  nécessairement  que 
les  orifices  d'accès  de  l'air,  dans  l'amphithéâtre,  allassenten  décroissant 
de  surface  de  bas  en  haut;  cela  tient  à  ce  que  l'appel  provenant  de  l'ac- 
croissement de  température  causé  par  la  respiration  augmente  de  bas 
en  haut,  par  suite  de  la  diminution  de  hauteur  de  la  colonne  d'air  sur- 
chaufTée.  Ces  variations  de  sections  ne  seraient  pas  absolument  néces- 

Digitized  by  VjOOQ  iC     . 


CHAP.  IH.  —  CHAUFFAGE  ET  VENT.  DES  SABLES  DE  RÉUNIONS.     159 

saires  si  Fappel  avait  lieu  par  une  grande  cheminée  partent  du  sol, 
parce  qu'alors  les  inégalités  de  ventilation ,  dans  les  différentes  parties 
du  sol,  deviennent  très-faibles  avec  des  orifices  d'accès  égaux. 

2306.  Ainsi,  il  est  très-avantageux,  sous  le  rapport  de  la  ventila- 
tion totale,  et  sous  le  rapport  de  l'uniformité  de  la  ventilation  générale 
et  de  sa  répartition,  de  la  produire  par  la  cheminée  d'appel,  même 
quand  la  ventilation  naturelle  pourrait  être  momentanément  suffisante, 
et  de  la  diriger  toujours  comme  si  la  salle  était  constamment  remplie. 
Le  chauffeur  devrait  consulter  constamment  l'anémomètre  et  un  ther- 
momètre placé  dans  la  salle,  et  s'arranger  de  manière  que  les  indica- 
tions restent  constantes,  au  moyen  du  registre  du  tuyau  d'accès  de  l'air 
dans  le  foyer  de  la  cheminée  d'appel,  et  du  registre  du  tuyau  à  air  brûlé 
du  calorifère. 

2307.  Dans  les  salles  occupées  par  un  grand  nombre  de  personnes 
qui  se  tiennent  debout,  comme  les  salles  d'audience  des  tribunaux ,  le 
mode  de  ventilation  devrait  être  le  même  ;  l'air  devrait  parcourir  les 
salles  de  bas  en  haut  ;  mais  ici,  excepté  dans  la  partie  de  la  salle  qui 
n'est  pas  occupée  par  le  public,  on  ne  peut  plus  éviter  l'inconvénient 
qui  résulte  de  l'accès  de  l'air  par  des  calorifères  placés  au-dessous  du  sol; 
heureusement,  cet  inconvénient  est  moins  grave  que  dans  les  amphi- 
théâtres. L'air  pourrait  arriver  par  un  grand  nombre  d'orifices  fermés 
par  des  grilles  en  fonte  à  jour,  et  dans  la  partie  réservée  de  la  salle , 
psir  des  ouvertures  pratiquées  dans  le  plancher  et  sur  le  devant  des 
bancs.  L'air  vicié  passerait  par  le  plafond  pour  gagner  la  cheminée 
d'appel,  comme  pour  la  ventilation  des  amphithéâtres. 

2308.  Grandes  galeries,  —  Le  cas  que  nous  considérons  maintenant 
est  celui  de  la  Bourse  et  des  grandes  gares  de  chemin  de  fer,  salles  de  pas- 
perdus,  etc.  Dans  ces  salles,  la  ventilation  s'effectue  par  les  portes  qui 
s'ouvrent  fréquemment,  et  on  n'a  à  s'occuper  que  du  chauffage.  La  meil-. 
leure  disposition  de  chauffage  qu'on  puisse  employer,  consiste  dans  un 
chauffage  par  des  plaque^  de  fonte  pleines,  au  niveau  du  sol,  et  des  cou- 
rants d'air  chaud,  sortant  de  quelques  plaques  à  jour  fixées  dans  le  plan- 
cher, et  d'orifices  percés  dans  les  faces  de  différents  socles  convenable- 
ment  placés  comme  à  la  Bourse  de  Paris.  Lorsque  les  pièces  ont  une 
grande  étendue,  le  chauffage  à  vapeur  est  plus  avantageux  que  les  autres- 
quand  les  pièces  n'ont  qu'une  petite  étendue,  c'est  le  chauffage  par 
des  calorifères  à  air  chaud  qui  doit  être  préféré.  Quand  les  pièces 
sont  petites ,  on  pourrait  placer  le  calorifère  dans  la  salle  même  en 
le  disposant  comme  cela  a  été  dit.  Lorsque  le  chauffage  doit  être  con- 
tinu, les  calorifères  à  eau  chaude  pourraient  mieux  convenir  q^^^  jans 


Digitized  by  VjOOQIC 


160    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

les  autres  cas,  mais  à  la  condition  de  réduire  autant  que  possible  le 
Yolunie  d'eau  en  circulation,  afin  que  le  chauffage  puisse  varier  rapi- 
dement avec  la  température  extérieure. 

2309.  On  a  construit  dans  plusieurs  gares  de  Paris  des  appareils  de 
chauffage  à  eau  chaude  qui  se  composent  de  deux  tuyaux  de  graiid  dia- 
mètre placés  dans  un  caniveau  creusé  dans  le  sol  et  recouvert  d'une 
plaque  de  fonte  pleine  ou  à  jour;  l'un  des  tuyaux  communique  avec  la 
partie  supérieure  de  la  chaudière,,  l'autre  avec  la  partie  inférieure,  et 
les  autres  extrémités  communiquent  entre  elles  de  distance  en  distance; 
les  deux  tuyaux  se  relèvent  verticalement  jusqu'à  une  certaine  hauteur, 
et  ces  appendices  sont  environnés  d'une  caisse  en  fonte  à  jour,  qui  laisse 
dégager  de  Tair  chaud.  Quelquefois,  ces  appendices  sont  remplacés  par 
des  poêles  en  fonte  dans  lesquels  Teau  circule.  Ces  différentes  disposi- 
tions exigent  que  les  tuyaux  soient  portés  sur  des  roulettes  en  fonte  afin . 
que  la  dilatation  puisse  s'opérer. 

il  serait  certainement  plus  avantageux  sous  tous  les  rapports  de 
faire  le  chauffage  par  la  vapeur,  au  moyen  d'un  seul  tuyau  placé 
dans  les  caniveaux,  et  sur  lequel  seraient  branchés  des  tubes  verticaux, 
du  sommet  desquels  la  vapeur  descendrait  par  des  serpentins  présen- 
tant une  grande  surface  de  chauffe. 

2310.  Théâtres.  —  La  chauffage  à  la  vapeur  me  semble  à  beau- 
coup près  le  meilleur  pour  les  théâtres,  à  tous  les  points  de  vue. 
Quant  à  la  ventilation,  après  ce  que  j'ai  dit  sur  les  inconvénients  de 
l'appel  qui  produit  des  courants  d'air  si  désagréables,  je  pense  qu'il 
conviendrait  d'examiner,  par  une  étude  spéciale,  s'il  ne  serait  pas 
préférable  d'abandonner  complètement  le  système  de  l'appel  et  de  le 
remplacer  par  celui  de  l'insufflation,  dont  nous  parlerons  avec  détails, 
en  nous  occupant  de  la  ventilation  àeé  hôpitaux. 

CHAPITRE  IV. 

CHAUFFAGE  ET  AbSAlMSSEMENT  DES  ÉGLISES. 

2311.  Les  églises  sont  malsaines  par  l'humidité  qui  y  règne  habi- 
tuellement, et  par  l'absence  d'une  température  convenable  ;  rarement 
elles  le  sont  par  défaut  de  ventilation  (1),  parce  que  les  nefs,  en  général 

(1)  Je  dis  rarement  et  non  Jamais,  car,  dans  les  grandes  solennités  qui  attirent  un  grand 
concours  de  monde,  et  pendant  lesquelles  les  lumières  sont  nombreuses,  la  ventilation 
naturelle  peut  ctre  insufllsante;  j'en  citerai  un  exemple.  Lors  de  la  cérémonie  funèbre  du 
duc  d'Orléans,  à  Téglise  Notre-Dame,  plus  de  6,000  personnes  y  étaient  réunies,  l'église 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSALN1SSEMENT  DES  ÉGLISES.       161 

Irès-clevées  renferment  un  volume  d'air  ires-supérieur  à  celui  qui  est 
nécessaire  pendantla  durée  des  cérémonies, et  qu'il  y  a  presque  toujours 
un  renouvellement  d'air  assez  considérable  par  les  portes  et  les  fissures 
des  vitraux.  L'humidité  des  églises  est  d'ailleurs  une  des  causes  les 
plus  influentes  de  la  détérioration  des  objets  d'art  qu'on  y  remarque. 
Ainsi,  sous  tous  les  rapports,  il  est  important  de  chauffer  et  d'assainir  les 
églises.  En  Angleterre  un  grand  nombre  de  chapelles  sont  chauffées  et 
ventilées.  En  France,  à  Paris  du  moins^  plusieurs  églises  sont  chauffées 
et  ventilées,  mais,  seulement  depuis  quelques  années.  Je  rapporterai 
d'abord  les  documents  que  j'ai  pu  recueillir  sur  le  chauffage  de  quel- 
ques églises. 

^Um  4e  la  Madeleine. 

2313.  L'église  de  la  Madeleine  est  chauffée  et  ventilée  par  un  appa- 
reil à  eau  chaude  construit  par  M.  Duvoir-Leblanc.  Voici  la  descrip- 
tion qu'il  m'en  a  donnée  lui-même  sur  les  lieux.  La  chaudière  est  placée 
à  l'extrémité  d'un  grand  caveau  qui  règne  dans  toute  la  longueur  du 
bâtiment.  Un  canal  rampant  d'une  grande  section,  communique  avec 
l'église  par  des  espèces  de  puits  cylindriques,  fermés  au  niveau  du  sol 
par  des  plaques  de  fonte  à  jour.  Des  poêles  en  fonte,  à  double  enveloppe 
sont  logés  dans  ces  puits;  le  dernier  sert  de  vase  d'expansion.  Les 
tuyaux  d'ascension  et  de  retour  d'eau  sont  placés  dans  le  canal  rampant. 
Ce  dernier  est  divisé  en  plusieurs  parties  égales  ;  chacune  contient  un 
poêle  et  communique  avec  l'extérieur.  Deux  canaux  parallèles  à  celui 
dans  lequel  s'effectue  la  circulation  de  l'eau,  et  sur  lesquels  sont  per- 
cées des  bouches  d'aspiration  distribuées  sur  deux  rangées  près  des 
murailles,  conduisent  l'air  refroidi  dans  le  cendrier  du  foyer  de  la  chau- 
dière. Le  chauffage  a  lieu  sous  une  pression  limitée  à  2  atmosphères 
par  une  soupape  de  sûreté.  M.  Duvoir-Leblanc  s'est  engagé  à  mainte- 
nir une  température  de  12*"  5  dans  l'église  et  de  IS""  dans  quelques  piè- 
ces souterraines,  moyennant  une  somme  de  15  fr.  par  jour  de  chauffage 

y  était  éclalFée  par  on  grand  nombre  de  cierges  et  de  bougies,  les  fenêtres  étaient  fermées 
par  des  décorations»  et  la  ventilation  n'avait  lien  que  par  de  doubles  courants  d'air  qui 
traversaient  la  porte  centrale  d'entrée  qui  est  peu  élevée;  au^si,  la  chaleur  dégagée  par 
la  respiration  et  par  la  combustion  fut  telle,  qu'en  peu  d'instants  la  température  devint 
insupportable,  les  cierges  qui  environnaient  le  catafalque  se  courbaient  de  manière  à  faire 
craindre  qu'ils  ne  missent  le  feu  aux  draperies,  et  dans  le  chœur  où  la  température 
était  le  plus  élevée,  plusieurs  personnes  perdirent  connaissance;  si  la  cérémonie  s'était 
prolongée,  on  pouvait  craindre  les  plus  graves  accidents.  On  ne  comprend  pas  comment 
cette  conséquence  hiévitable  de  la  réunion  d'un  si  grand  nombre  de  personnes  et  d'ap- 
pareils d'éclairage  n'avait  pas  été  prévue  par  les  architectes  chargés  de  la  décoration  de 
régiise. 

III.  H 


Digitized  by  VjOOQIC 


16-2    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

y  compris  le  salaire  du  chaufifeur.  Sous  le  rapport  de  la  température  à 
maintenir  dans  l'église,  les  conditions  du  marché  paraissent  être  rem- 
plies :  je  m'en  suis  assuré  lors  de  la  visite  que  j'y  ai  faite,  et  j'ai  constaté 
ce  7ait  important  que  la  température  était  sensiblement  la  même  dans 
toutes  les  parties  basses  de  l'église,  et  que  dans  les  tribunes  élevées  la 
température  dépasse  à  peine  de  1  degré  celle  du  niveau  du  sol. 

2314.  Le  constructeur  a  prétendu  et  quelques  personnes  ont  paru 
admettre  que  la  ventilation  était  de  4000°''  par  heure  de  jour  et  de  moi- 
tié par  heure  de  nuit,  soit  de  72000°''  par  24  heures.  Il  est  difficile 
d'accepter  ces  chiffres  ;  car  en  supposant  que  le  foyer  appelle  20"*  d'air 
par  kilogramme  de  houille,  pour  appeler  72000""*  d'air  par  jour,  il  fau- 
drait brûler  dans  le  même  temps  3600^  de  houille  qui  à  5  francs  les 
lOO''  valent  180  fr.,  et  on  donne  seulement  15  fr.  pour  le  chauffage  et 
la  Ventilation.  Le  volume  d'air  appelé  ne  peut  pas  être  beaucoup  plus 
grand,  car  il  faut  que  le  foyer  ait  une  température  suffisante  pour  la 
combustion;  mais,  quel  que  soit  ce  volume,  il  faut  que  le  chauffage  de 
l'eau  ait  lieu  ;  en  supposant  l'eau  à  100°,  l'air  devrait  s'échapper  à  une 
température  supérieure  ;  en  la  supposant  seulement  la  même,  le  poids 
de  l'air  appelé  étant  de  72000 .1,3  =  93600,  la  chaleur  qu'il  emporte- 
rait serait  de  93600 . 1 00 . 0,24  =  2246400  et  la  quantité  de  houille  cor- 
respondante  serait  de  2246400  :  8000  =  280*  qui  à  5  fr.  les  100*  font 
14  fr.  Il  ne  resterait  que  1  fr.  pour  le  chauffage  de  l'eau  et  le  salaire  du 
chauffeur.  11  est  très-probable  que  le  chauffage  a  lieu  par  la  circulation 
du  même  air  autour  des  poêles  à  eau  chaude,  et  que  la  ventilation  est 
celle  qui  se  fait  naturellement  par  les  portes  et  les  fissures  des  fenêtres, 
excepté  à  peu  près  3  à  4000°*  par  jour  qui  sont  appelés  par  le  foyer. 

Éipllse  Salnt-Roch. 

2315.  Les  appareils  de  chauffage  de  l'église  Saint-Roch  ont  été  con- 
struits par  M.  Grouvelle  pendant  l'hiver  de  1845  à  1846.  Par  suite  de 
causes  que  nous  verrons  plus  loin,  l'appareil  ne  produisit  qu'un  effet 
insuffisant  pendant  les  deux  hivers  suivants.  En  1848,  MM.  Léonce 
Thomas  et  Gentilhomme,  ingénieurs,  furent  nommés  experts  avec 
M.  Gaulthier  de  Qaubry  pour  examiner  l'état  des  choses,  et  M.  Pottier, 
ingénieur,  fut  chargé  de  suivre  les  expériences  qui  ont  duré  soixante- 
quatre  jours  consécutifs. 

Les  détails  que  je  vais  donner  ont  été  extraits  d'un  mémoire  publié 
par  M.  Pottier  dans  les  Comptes  rendus  des  travaux  de  la  société 
des  ingénieurs  civils.  J'y  ajouterai  quelques  calculs. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.      163 

2316.  Disposition  et  dimensions  du  bâtiment.  L'église  Saint-Roch 
est  un  bfttiment  de  110àll5  mètres  de  longueur  sur  28  mètres 'de 
largeur,  et  de  15  à  18  mètres  de  hauteur  moyenne;  sa  superficie  est 
d'environ  3100  à  3200  mètres  carrés.  Les  murailles  exposées  au  re- 
froidissement extérieur  ont  une  surface  de  3500  mètres  et  une  épais- 
seur moyenne  de  0*"  50.  La  surface  des  vitraux  est  de  860  mètres 
carrés.  Les  mors  et  piliers  intérieurs  présentent  un  volume  de  1800 
mètres  cubes.  L'église  contient  environ  3500  places  assises,  et  réunit, 
les  dimanches  ordinaires,  de  2000  à  4000  personnes,  les  fêtes  ordi- 
naires, de  4000  à  6000,  et  les  grandes  fêtes,  de  6000  à  8000. 

L'ensemble  du  vaisseau  se  divise  en  trois  parties  distinctes.  La  pre- 
mière et  la  plus  grande  a  28  mètres  de  largeur  et  68  mètres  de  lon- 
gueur ;  elle  comprend  la  nef  principale»  les  bas  côtés,  le  chœur  et  les 
chapelles  latérales;  la  hauteur  de  la  voûte  est  de  17  à  18  mètres.  La 
seconde  partie  est  formée  de  la  chapelle  de  la  Vierge,  chapelle  circu- 
laire d'environ  30  mètres  de  diamètre,  y  compris  les  bas  côtés,  et  sur- 
montée d'un  dôme  d'environ  25  mètres  d'élévation.  Enfin,  dans  la, 
partie  la  plus  reculée  de  l'église,  se  trouve  le  calvaire,  partie  basse, 
froide,  humide,  dont  les  voûtes  principales  n'ont  que  5  mètres  d'éléva- 
tion, et  dont  les  vitraux  étaient,  à  cette  époque,  dans  le  plus  déplorable 
état.  Cette  partie  de  l'édifice  a  depuis  été  l'objet  d'une  réparation  con- 
sidérable. 

2317.  Causes  de  refroidissement. — Indépendamment  des  causes  or« 
dinaires  de  refroidissement  par  les  murailles  et  les  vitres,  il  y  en  a  une 
anormale  provenant  de  la  fermeture  incomplète  ou  nulle  d'un  très- 
grand  nombre  d'orifices.  L'église  renferme  soixante-quatre  fenêtres 
présentant  une  surface  totale  de  860  mètres  carrés;  toutes  ces  fenêtres 
sont  en  mauvais  état,  et  les  plaques  de  verre,  réunies  par  des  lamelles 
de  plomb,  laissent  à  chaque  joint  un  intervalle  dont  la  largeur  varie 
del  à4  millimètres;  en  outre,  chaque  fenêtre  porte  deux  panneaux 
mobiles  à  charnières,  qui  ofirent  par  fenêtre  un  périmètre  de  5  à  6  mè- 
tres, présentant  une  ouverture  permanente  qui,  en  certains  points,  a 
5  à  6  centimètres  de  largeur.  Enfin,  la  voûte  est  percée  de  quatre- 
vingt-sept  trous  destinés  à  livrer  passage  aux  cordes  qui  supportent 
les  lustres,  ayant  en  moyenne  0"  07  de  diamètre,  et  placés  à  la  hauteur 
de  18  mètres  ;  l'air  qui  s'en  échappe  a  une  vitesse  suffisante  pour 
éteindre  une  bougie.  Le  relevé  minutieux  de  toutes  ces  ouvertures  a 
donné  pour  résultat  total  une  surface  de  14"^  15  à  une  hauteur  moyenne 
de  11- ,20. 
H  y  a,  en  outre,  six  portes  donnant  à  l'exlérîeur,  et  un  certain  nom- 


Digitized  by  VjOOQIC 


164    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

bre  de  petites  portes  s'ouvrant  sur  la  sacristie,  sur  les  tribunes,  etc. 

2318.  Système  de  chauffage.  —  Le  système  employé  par  M.  Grou- 
velie  consiste  en  une  circulation  d'eau  chaude  à  basse  pression ,  dans 
des  caniveaux  placés  au-dessous  du  sol,  dans  lesquels  l'air  extérieur 
est  appelé,  et  d'où  il  sort,  après  s'être  chauffé,  par  un  certain  nombre 
d'orifices  placés  à  la  surface  du  sol. 

Dans  un  caveau  circulaire,  qui  règne  sous  le  pourtour  de  la  cha- 
pelle de  la  Vierge,  est  placée  une  chaudière  ayant  ia  forme  des  géné- 
rateurs à  vapeur  à  deux  bouilleurs,  d'une  puissance  de  12  chevaux  en- 
viron. Un  tuyau  de  fonte^  de  0""  14  de  diamètre,  dont  les  différentes 
parties  sont  réunies  par  des  joints  à  boulon,  et  d'un  développement  de 
168  mètres,  part  du  sommet  de  la  chaudière  et  passe  sous  le  bas  côté 
droit  de  l'église,  en  s'élevant  par  une  pente  d'environ  0"  03  par  mètre  ; 
son  point  culminant  est  sous  l'orgue  ;  il  revient  par  le  côté  gauche  de 
l'église  en  suivant  la  même  pente,  et  finit  par  aboutir  à  l'un  des 
bouilleurs  de  la  chaudière.  Un  petit  tuyau  additionnel,  placé  après 
coup,  circule  en  sens  contraire  du  tuyau  principal,  parallèlement  au 
tuyau  de  retour,  et  finit  par  déboucher  dans  ce  tuyau  à  son  point  cul- 
minant, c'est-à-dire  sous  l'orgue.  Une  circonstance  imprévue  a  né- 
cessité Taddition  de  ce  tuyau;  les  plans  fournis  parla  ville  indiquaient, 
sous  les  bas  côtés  de  l'église,  une  série  de  caveaux  qui  n'existent  pas, 
et  le  refroidissement  subi  par  l'appareil  circulant  dans  la  terre,  au 
lieu  d'être  isolé  dans  des  carneaux,  a  forcé  d'augmenter  la  surface  de 
chauffe. 

Tous  ces  tuyaux  sont  placés  dans  un  canal  dont  les  parties  verticales 
sont  formées  de  deux  murailles  en  briques,  laissant  entre  elles  un  cer- 
tain espace  libre,  afin  de  diminuer  la  perte  de  chaleur  ;  il  est  fermé  in- 
férieurement  par  des  planches  et  communique  avec  les  ouvertures  pra- 
tiquées dans  le  sol  de  l'église,  par  lesquelles  l'air  chaud  doit  s'écouler  ; 
après  chacune  de  ces  ouvertures  il  est  fermé  par  une  cloison  en  bois 
transversale,  et  immédiatement  après  se  trouve  une  ouverture,  dans  la 
surface  inférieure,  pour  admettre  l'air  extérieur  qui,  par  cette  disposi- 
tion, est  chauffé  par  toute  la  longueur  du  tuyau  comprise  entre  deux 
orifices  voisins  de  dégagement  d'air  chaud. 

Un  système  analogue,  iQais  de  plus  petite  dimension,  part  de  l'autre 
extrémité  de  la  chaudière  et  circule  au-dessous  de  la  chapelle  de  la 
Vierge  et  du  calvaire  ;  le  tuyau  n'a  que  0""  12  de  diamètre  et  86  mètres 
de  longueur. 

Des  valves,  placées  sur  les  tuyaux  de  départ  et  d'arrivée,  permettent 
de  modifier  ou  même  de  supprimer  complètement  la  circulation  dans 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE    ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.      «03 

chacune  des  grandes  artères.  Sous  le  pourtour  de  l'artère  principale, 
quatre  renflements  de  3  mètres  de  longueur  et  de  0"*  35  de  diamètre 
augmentent  encore  la  surface  de  chauffe.  Quatre  autres  renflements, 
en  forme  de  poêles  de  différents  diamètres,  sont  placés  à  Torifice  des 
bouches  principales,  et  de  petits  embranchements  sans  retour  favori- 
sent le  tirage  des  bouches  qui  ne  sont  pas  placées  directement  sur  le 
parcours. 

Pour  augmenter  Veffet  utile  du  combustible,  le  tuyau  à  fumée  en 
tôle,  de  0"*  35  de  diamètre,  sert  à  chauffer  l'air  sur  un  parcours  de 
7  mètres.  Cet  air  alimente  une  bouche  isolée  de  la  chapelle  de  la  Vierge. 

Voici  maintenant  les  principales  dimensions  de  l'appareil.  Surface 
de  chauffe  de  la  chaudière,  y  compris  les  bouilleurs,  15"*»  40;  sur- 
face de  la  grille,  O""!  40;  surface  de  refroidissement  de  la  circulation, 
jg4«q  85-  volume  de  l'eau  qui  s'échauffe,  3"*  008  ;  Tolume  d'eau  qui 
se  refroidit,  4"*  218  ;  volume  total  de  l'eau  de  l'appareil,  7"'  226  ;  tem- 
pérature de  l'eau  dans  la  chaudière,  120  degrés;  à  l'extrémité  du  tuyau 
de  retour,  102  degrés;  température  moyenne  de  l'eau  en  circulation, 
111  degrés  ;  différence  maximum  du  niveau,  3  à  4  mètres.  L'air  chaud 
est  versé  dans  l'église  par  vingt-deux  bouches  fermées  par  des  grilles  ; 
vingt  et  une  ont  une  surface  libre  de  O"**  135,  et  la  dernière,  celle  qui 
est  placée  au-dessous  de  l'orgue,  0"*»  400  :  la  somme  de  ces  surfaces  est 
de  3-^  235. 

2320.  Méthode  d'expérimentation  suivie  par  MM.  les  experts.  — 
Chaque  matin  la  houille  destinée  à  la  consommation  du  jour  était  pe- 
sée et  mise  par  tas  de  200  kilogrammes.  Le  chauffeur  marquait  l'heure 
de  la  mise  en  feu,  l'heure  de  l'extinction  et  l'heure  où  il  entamait 
chaque  nouveau  tas;  le  reste  du  dernier  tas  était  pesé  avec  soin. 

Cinq  fois  par  jour  on  observait  la  température  de  l'intérieur  et  de  « 
l'extérieur.  Dans  ce  but,  dix  thermomètres  préalablement  comparés, 
étaient  suspendus  sous  les  lustres  à  2  mètres  au-dessus  du  sol,  la 
moyenne  de  ces  dix  thermomètres  donnait  la  température  intérieure. 
Deux  thermomètres  placés,  l'un  dans  une  petite  cour  attenante  au  four- 
neau, l'autre  sous  le  portail,  indiquaient  la  température  extérieure. 
Deux  autres  thermomètres  étaient  suspendus  à  2  mètres  au-dessus  des 
bouches  de  chaleur.  Six  thermomètres  appliqués  contre  la  paroi  inté- 
rieure des  murs  latéraux  et  la  face  tournée  contre  ces  murs,  indiquaient 
la  température  de  ces  parois.  Enfin  deux  thermomètres  suspendus  sous 
l'orgue  à  8  ou  9  mètres  d'élévation,  et  un  troisième  suspendu  à  la 
naissance  de  la  coupole  de  la  chapelle  de  la  Vierge  à  18  ou  20  mètres, 
servaient  à  étudier  la  répartition  de  la  chaleur  à  différentes  hauteurs. 


Digitized  by  VjOOQIC 


166    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

Les  résultats  de  même  nature  ont  été  représentés  graphiquement  par 
des  courbes. 

2321 .  Résultat  des  expériences.  —  Par  suite  d'une  économie  mal  en- 
tendue, ou  plutôt  des  conditions  du  service  et  de  la  nature  des  engage- 
ments du  constructeur,  l'église  n'avait  été  chauffée  jusqu'alors  que  par 
intervalles  irréguliers,  et  jamais  d'une  manière  continue.  La  tempéra- 
ture intérieure  n'avait  pu  dépasser  9  à  10  degrés  et  descendait  notable- 
ment pendant  les  gelées. 

Le  16  novembre,  jour  où  commença  l'expertise,  la  température 
extérieure  était  de  3  à  4  degrés  et  la  température  intérieure  de  9  degrés. 

Du  17  au  27  novembre,  par  un  chauffage  non  interrompu  de  jour 
et  de  nuit,  la  température  intérieure  fut  amenée  successivement  à 
18  degrés. 

Du  27  novembre  au  6  décembre,  la  température  de  l'église  a  été 
maintenue  entre  15  et  16  degrés  par  un  chauffage  intermittent  ;  et  du 
6  décembre  au  20  janvier  à  une  température  de  12  à  13  degrés  en  fai- 
sant varier  la  durée  des  chauffages  et  des  intervalles  qui  les  séparaient. 
Dans  ce  dernier  laps  de  temps,  la  température  extérieure  est  restée 
comprise  entre  +  5  et  -f-  6  degrés. 

2322.  Effet  produit  par  la  continuité  du  chauffage.  —  M.  Léonce 
Thomas,  en  examinant  la  puissance  et  la  disposition  de  l'appareil,  avait 
pensé  dès  l'abord,  que  les  faibles  résultats  obtenus  les  années  précé- 
dentes provenaient  uniquement  de  ce  que  les  murailles  n'avaient  point 
été  amenées  au  régime,  qu'on  parviendrait  à  les  y  amener  par  un  chauf- 
fage continu  jour  et  nuit  pendant  un  certain  temps,  et  qu'alors  une 
plus  haute  température  serait  obtenue  d'une  manière  permanente  avec 
une  moindre  dépense  de  combustible.  Ces  prévisions  ont  été  parfaite- 

^  ment  confirmées  par  l'expérience.  Par  un  chauffage  continu  de  huit 
jours  la  température  intérieure,  comme  nous  l'avons  dit,  s'est  élevée 
progressivement  jusqu'à  16  degrés  ;  elle  dépassa  même  IS""  pendant  les 
offices  les  plus  suivis  du  dimanche  ;  cette  température  est  insupporta- 
ble dans  un  lieu  où  l'on  arrive  bien  vêtu  ;  aussi  beaucoup  de  personnes 
furent  obligées  de  sortir.  En  outre,  comme  nous  le  verrons  plus  loin, 
ces  résultats  ont  été  obtenus  avec  une  notable  économie  de  com- 
bustible; on  en  conçoit  facilement  la  raison  ;  quand  la  grande 
masse  de  l'air,  les  murailles  intérieures  et  extérieures,  possèdent  la 
température  qui  correspond  à  celle  qui  doit  être  maintenue  dans  l'édi- 
fice, il  n'y  a  de  pertes  de  chaleur  que  par  les  transmissions  régulières, 
tandis  que  quand  cette  condition  n'est  pas  remplie,  il  y  a  beaucoup  de 
chaleur  absorbée  par  les  murailles  et  qui  se  disperse  sans  utilité. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.      167 

2323.  Chauffage  intermittent.  —  Aussitôt  que  le  régime  est  établi, 
il  n'est  plus  utile  de  chauffer  d'uoe  manière  continue,. il  sufGt  de  faire 
fonctionner  le  foyer  quelques  heures  tous  les  jours,  ou  d'attendre  que  la 
température  intérieure  se  soit  abaissée  de  2  ou  3  degrés,  et  de  chauffer 
le  temps  suffisant  pour  remonter  la  température  au  point  de  départ. 
Or,  il  résulte  des  expériences  faites  dans  les  mêmes  circonstances  de 
température  extérieure,  que  cette  dernière  méthode  est  plus  écono- 
mique, car  dans  le  premier  cas,  la  consommation  moyenne  par  heure 
de  trois  expériences  a  été  41^  02,  et  dans  le  second  cas  seulement  de 
38*"  35.  Cette  différence  provient  de  ce  qu'il  y  a  toujours  une  grande 
perte  de  chaleur  au  commencement  de  chaque  chauffage  pour  amener 
le  fourneau,  les  canaux,  etc.  à  leur  température  maximum.  La  courbe 
des  températures  des  bouches  de  chaleur  le  démontre  avec  la  dernière 
évidence  ;  dans  les  chauffages  continus,  Tair  chaud  n'atteint  son  maxi- 
mum qu'après  trois  jours.  Ainsi  le  mode  de  chauffage  le  plus  économi- 
que, indépendamment  de  quelques  difficultés  de  service,  consisterait  à 
laisser  le  vaisseau  se  refroidir  de  1  ou  2  degrés,  au-dessous  de  la  moyenne 
qu'il  convient  alors  de  prendre  au-dessous  de  15**  et  à  le  chauffer 
d'une  manière  continue  de  quelques  degrés  au-dessus,  une  variation 
de  quelques   degrés  dans  une  église  n'offrant  pas  d^inconvénient. 

2324.  Maximum  de  puissance  de  V  appareil.  —  Lorsque  la  tempé- 
rature intérieure  restant  constante,  la  température  extérieure  s'abaisse, 
la  vitesse  du  refroidissement  augmente  ;  il  faut  alors  un  chauffage  plus 
vif  et  plus  soutenu  pour  maintenir  la  température  intérieure,  et  on 
conçoit  facilement  que  quand  Tappareil  par  un  chauffage  continu  sera 
amené  à  produire  son  maximum  d'effet,  la  température  intérieure 
s'abaissera  de  manière  que  sa  différence  avec  la  température  extérieure 
reste  constante. 

On  a  eu  deux  fois  l'occasion  de  constater  ainsi  le  maximum  de  puis* 
sance  de  l'appareil,  le  21  décembre  et  le  2  janvier,  jours  où  la  tempé- 
rature a  baissé  subitement  en  une  nuit  de  8  à  10  degrés  pour  tomber 
à  —  3  ou  à  —  6  degrés.  Il  fut  observé  alors  que  bien  que  le  chauffage 
fût  permanent,  la  température  intérieure  s'abaissa  brusquement  de 
manière  que  son  excès  sur  celle  de  l'air  extérieur  se  maintint  à  16  de* 
grés.  Ainsi  c'est  cet  effet  qui  mesure  le  maximum  de  puissance  de  l'ap* 
pareil. 

Pour  une  température  extérieure  de  ^ — 6  degrés,  la  température  inté* 
(rieure  atteindrait  donc  seulement  10  degrés.  Ainsi  l'appareil  serait 
juste  suffisant  pour  maintenir  dans  TégUse  une  température  de  12  à 
13  degrés,  quand  l'air  extérieur  est  à  •—  ^'^  ^u  —  3^  Mais  il  est  impor- 


Digitized  by  VjOOQIC 


16S    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

tant  de  remarquer  que  la  température  que  nous  recherchons  et  qui 
nous  plait  Thivër,  n'est  que  relative,  et  elle  est  d'autant  moins  élevée 
que  Fair  est  plus  froid.  Aussi  il  a  été  constaté  que  la  température  de 
réglise  n'avait  jamais  paru  si  élevée  que  dans  les  deux  circonstances 
que  nous  venons  de  citer,  quoiqu'en  réalité  elle  n'eût  jamais  été  aussi 
faible ,  parce  qu'en  y  entrant  on  éprouvait  une  variation  de  tempé- 
rature de  16  degrés,  tandis  que  la  moyenne  des  différences,  pendant 
l'hiver,  est  moitié  moindre. 

2325.  Réchauffement  spontané  de  F  église.  —  A  partir  du  14  jan- 
vier, jour  où  l'on  a  cessé  définitivement  le  feu,  la  température  de 
l'église  a  baissé  lentement  jusqu'à  se  trouver  seulement  supérieure 
à  celle  de  l'extérieur  de  4  à  5  degrés.  La  température  extérieure  s'étant 
élevée  lentement,  celle  intérieure  a  suivi  le  même  mouvement;  il  était 
faible,  mais  bien  caractérisé  et  soutenu  depuis  trois  jours,  au  bout  des- 
quels, le  temps  venant  à  se  refroidir,  la  température  intérieure  s'est 
abaissée  de  nouveau.  On  peut  se  rendre  compte  de  ce  phénomène  en 
considérant  que  la  difierence  des  températures  des  surfaces  des  mu- 
railles est  toujours  plus  petite  que  celle  de  l'air  intégeûr  et  de  l'air  ex- 
térieur, à  cause  de  la  chaleur  produite  à  l'intérieur  par  les  personnes 
qui  s'y  trouvent,  que  quand  cette  dernière  différence  n'est  que  de  5  de- 
grés, la  première  est  très-petite  et  qu'un  faible  réchauffement  de  l'air 
extérieur  peut  changer  le  sens  de  la  variation  de  température  dans  les 
murailles. 

2326.  Extrême  lenteur  du  refroidissement,  —  En  admettant  que  la 
température  moyenne  de  l'hiver  soit  à  Paris  de  5  degrés,  et  que  le 
vaisseau  soit  maintenu  à  une  température  de  12  degrés,  la  différence 
est  de  7  degrés;  il  résulte  des  expériences  que  pour  cette  différence 
de  température  la  vitesse  du  refroidissement  est  si  lente  qu'il  faut  in- 
terrompre le  chauffage  pendant  cinq  à  six  jours  pour  obtenir  un  abais- 
sement de  1  degré. 

2327.  Influence  de  la  foule  et  de  r ouverture  des  portes.  —  Pen- 
dant les  cérémonies  qui  appellent  un  grand  nombre  de  fidèles,  la  tem- 
pérature monte  de  2*  à  3**;  mais  une  demi-heure  après  l'écoulement  de 
la  foule,  il  ne  reste  plus  de  trace  de  cet  échauffement.  Cet  effet,  qui 
paraît  singulier  au  premier  abord,  résulte  de  la  quantité  très-considé- 
rable de  chaleur  que  peuvent  absorber  les  murailles. 

On  n'a  observé  aucune  inûuence  résultant  de  l'ouverture  des  portes, 
quoique  à  plusieurs  reprises  cette  ouverture  ait  été  maintenue  pendant 
trois  à  quatre  heures. 

2328.  Répartition  de  la  chaleur  à  différentes  hauteurs.  —  Deux 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  ~  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.       iG9 

thermomètres  étaient  suspendus  sous  Torgue  à  8  ou  9  mètres  du  sol  ; 
un  troisième  était  suspendu  à  la  corniche  du  dôme  de  la  chapelle  de  la 
Vierge  à  18  ou  20  mètres,  comm.e  il  a  déjà  été  dit.  Ces  trois  thermo- 
mètres consultés  de  trois  à  cinq  fois  par  jour,  pendant  vingt  jours, 
ont  indiqué  une  température  supérieure  à  la  moyenne  des  dix  ther- 
momètres placés  à  2  mètres  du  sol  de  0**  25  à  0**  75  seulement  et  jamais 
plus. 

Le  fait  dont  il  est  question,  et  que  j'avais  déjà  remarqué  dans  des 
circonstances  analogues ,  provient  de  ce  que  les  courants  d*air  chaud 
sortant  des  bouches  de  chaleur  sont  à  une  température  peu  élevée, 
d*une  petite  section  ,  d'une  petite  vitesse,  et  qu'alors  leur  chaleur  se 
trouve  promptement  disséminée  dans  la  masse,  à  cause  de  la  grande 
faculté  dispersive  de  l'air,  d'autant  plus  que  les  mouvements  produits 
dans  cette  masse ,  par  différentes  causes  dont  nous  allons  parler,  ten- 
dent encore  à  en  mêler  les  difierentes  parties. 

2329.  Mouvement  de  rair  dans  V édifice.  —  Contre  toutes  les  sur- 
faces intérieures  des  murailles,  et  à  une  assez  grande  distance,  la  tem- 
pérature de  l'air  est  constamment  inférieure  de  0°  75  à  1*"  50  à  celle  de 
l'air  dans  la  partie  centrale  ;  par  conséquent  il  existe  un  courant  d'air 
froid  qui  descend  le  long  des  murailles  :  c'est  une  conséquence  néces- 
saire de  leur  mode  d'échauffement.  Une  autre  circonstance ,  certaine- 
ment très^inQuente,  produit  encore  des  mouvements  très-variés  dans 
la  masse  d'air  :  ce  sont  les  courants  par  les  fissures  des  fenêtres.  La 
somme  totale  de  ces  fissures  disséminées  sur  une  très-grande  étendue 
présente,  comme  nous  l'avons  dit,  l'énorme  surface  de  \  4  mètres  car- 
rés; mais  comme  les  orifices  sont  très-petits,  ils  produisent  incompa- 
rablement moins  de  ventilation  qu'un  orifice  unique  de  même  section; 
en  outre,  comme  ces  orifices  sont  à  des  hauteurs  très-inégales  et  distri- 
bués à  droite  et  à  gauche,  non-seulement  ils  servent  à  l'écoulement  de 
l'air  introduit,  mais  un  certain  nombre  doivent  donner  accès  à  l'air  ex- 
térieur, même  quand  celui-ci  est  calme  ;  il  est  évident  que  sous  l'in- 
fiuence  d'un  vent  qui  serait  perpendiculaire  à  une  des  faces,  l'air  exté- 
rieur entrera  par  les  orifices  de  cette  face  et  l'air  intérieur  sortira  par 
la  face  opposée,  parce  que  derrière  celte  face  la  pression  atmosphérique 
sera  diminuée. 

2330.  Prises  d!air  intérieures.  —M.  Grouvelle n'a  disposé  qu'un  petit 
nombre  de  prises  d'air  intérieures,  et  elles  ne  produisent  que  peu  d'ef- 
fet. C'est  une  circonstance  fâcheuse,  car,  au  point  de  vue  hygiémque^,  il 
n'y  aurait  eu  aucun  inconvénient  à  reprendre  de  l'air  dans  le  vaisseau 
pour  l'échauffer  de  nouveau,  et  il  en  serait  résulté  une  notable  écoi\omie. 


Digitized  by  VjOOQIC 


«70    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2331.  Facile  propension  de  T  eau  à  circuler.  — La  moindre  diffé- 
rence de  niveau  et  de  température  suffit  pour  établir  un  mouvement 
prononcé  même  dans  les  tuyaux  étroits.  Sous  la  circulation  principale 
du  calvaire,  qui  a  0*"  12  de  diamètre,  est  embranché  à  angle  droit  un 
tuyau  de  0"  08  de  diamètre  et  de  23  mètres  de  longueur,  replié  sur  lui- 
même  et  qui  revient  sur  la  conduite  principale  à  0"*  30  du  point  de  dé- 
part ;  Tinclinaison  de  ce  tuyau  est  très-faible,  et  pourtant  la  circulation 
s'y  effectue  très-bien. 

2332.  Pour  mettre  en  évidence  les  variations  de  température  qui  ont 
eu  lieu  à  Tintérieur  et  à  Textérieur  de  l'église  pendant  la  durée  de  ces 
expériences,  qui  offrent  un  véritable  intérêt  pour  l'étude  des  grands 
chauffages,  M.  Pottier,  d'après  l'indication  de  M.  Thomas,  a  représenté 
ces  températures  par  des  courbes. 

Dans  les  figures  582,  583  et  584,  les  temps  sont  comptés  sur  la 
ligne  AB.  Les  intervalles  ab  représentent  une  durée  de  24  heures.  Les 
températures  correspondantes  sont  indiquées  par  des  lignes  perpendi- 
culaires ;  la  ligne  horizontale  ponctuée  CD  correspond  à  15  degrés.  La 
courbe  supérieure  représente  les  températures  moyennes  intérieures, 
dans  lesquelles  les  températures  de  l'air  chaud  à  2  mètres  au-dessus 
des  bouches  entrent  pour  1  :  1 1 .  La  courbe  immédiatement  au-des- 
sous représente  les  températures  moyennes  indiquées  par  des  thermo- 
mètres placés  loin  des  bouches  de  chaleur.  La  troisième  courbe  in- 
dique la  température  des  faces  intérieures  des  murailles.  Enfin  la  qua- 
trième courbe ,  celle  qui  offre  le  plus  de  sinuosités,  représente  les  tem- 
pératures extérieures.  La  teinte  qui  s'étend  jusqu'à  la  courbe  la  plus 
élevée  indique  la  durée  du  chauffage.  La  teinte  noire  foncée  placée  au- 
dessous  du  rectangle  indiquant  les  jours  représente  la  consommation 
de  combustible  ;  elle  est  proportionnelle  chaque  jour  à  la  surface  du  rec- 
tangle teinté;  lorsqu'il  n'y  a  pas  eu  continuité  dans  la  consommation,  elle 
a  été  réduite  à  ce  qu'elle  aurait  été  si  la  consommation  eût  été  uniforme 
pendant  24  heures.  Les  nombres  placés  dans  les  rectangles  teintés  re- 
présentententles  consommations  moyennes  de  combustible  par  heure. 

Dans  la  1'*  semaine,  du  17  au  24  nov.,  la  consommation  a  été  de  i>560  kil. 

Dans  la  2«  semaine^  du  24  novembre  au  1*'  déc,  elle  a  été  de.  5560 

Dans  la  3«  semaine,  du  !«'  au  8  décembre,  de 2080 

Dans  la  4«  semaine^  du  8  au  15  décembre,  de 1  sOO 

Dans  la  5«  semaine,  du  15  au  22  décembre,  de 1885 

Dans  la  6«  semaine,  du  22  au  29  décembre,  de 4735 

Dans  la  7«  semaine,  du  29  décembre  au  6  janvier,  de 5680 

Dans  la  8«  semaine,  du  5  au  12  janvier,  de 3770 

Enûn,  dans  la  9^  semaine,  du  12  au  18  janvier,  de •  1700 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.      171 


I     ,! 


4 


I  :' 


I  i 


M    >?: 


Digitized  by  VjOOQIC 


\n    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

Ainsi  la  consommalioa  totale  a  été  de  32170  kilogrammes  en  63 
•jours,  ou,  en  moyenne,  de  510  kilogrammes  par  jour,  du  17  novembre 
au  5  janvier. 

Les  températures  ont  été,  en  moyenne,  de  12**  2  à  Tintérieur^  de  4'  5 
à  l'extérieur,  et  par  conséquent  Texcès  moyen  s'est  trouvé  environ  de 
8";  pour  une  température  intérieure  constante  de  10°,  et  une  tempéra- 
ture moyenne  extérieure  de  6°,  et  par  conséquent  un  excès  moyen  de  4% 
la  consommation  de  combustible  par  jour  deviendrait  deux  fois  plus 
petite,  c'est-à-dire  de  255*^. 

2333.  Calcul  des  effets  produits  par  les  différentes  causes  qui  dis- 
séminent la  chaleur.  —  En  partant  de  ce  fait  bien  constaté  que  quand 
l'appareil  produit  son  maximum  d'effet  la  consommation  de  houille  est 
de  40  kilogrammes  par  heure  pour  une  différence  de  température  de 
IG"",  on  peut  comparer  les  quantités  de  chaleur  produites  à  celles  qui 
sont  dissipées  par  les  causes  connues.  Dans  le  cas  dont  il  s'agit,  la  cha- 
leur est  dissipée  :  l^par  le  tuyau  à  fumée  ;  2**  par  la  paroi  du  fourneau  ; 
3''  par  les  canaux  dans  lesquels  l'air  est  échauffé  ;  4''  par  les  murs  et  les 
vitraux;  S*"  par  l'écoulement  de  l'air  chaud  à  travers  les  nombreux 
orifices  des  vitraux. 

En  assimilant  la  chaudière  aux  chaudières  à  vapeur,  chaque  kilo- 
gramme de  houille  produirait  la  quantité  de  chaleur  correspondante 
à  la  vaporisation  de  7  kilogammes  d'eau  déjà  à  100^,  c'est-à-dire  7  .  550 
*»  3850  calories  ;  la  différence  entre  la  puissance  calorifique  de  la 
houille  et  ce  chiffre  représente  la  quantité  de  chaleur  perdue  par  la 
cheminée  et  par  les  parois  du  fourneau.  Ainsi,  dans  le  cas  dont  il  s'agit, 
la  quantité  de  chaleur  développée  est  3850  .  40=  154000. 

La  chaleur  transmise  par  les  vitres,  d'après  les  nouvelles  formules 
(livre  VI),  pour  une  hauteur  de  4  mètres,  et  une  différence  de  tempé- 
rature de  16%  est  de  40  unités,  et,  par  conséquent,  pour  les  860  mètres 
de  vitraux,  la  quantité  totale  de  la  chaleur  transmise  sera  40 .  860  »» 
34400. 

On  peut  négliger  la  chaleur  perdue  dans  les  canaux  de  circulation 
des  tuyaux  à  eau  chaude  et  de  l'air,  parce  que  cette  perte  diminue  ra- 
pidement avec  la  durée  du  chauffage,  et  qu'une  partie  de  la  chaleur  qui 
pénètre  la  paroi  des  canaux  rentre  dans  Téglise  par  le  sol. 

2334.  La  chaleur  transmise  par  les  murailles  pourrait  se  calculer 
facilement  si  on  connaissait  exactement  leur  surface  et  leur  épaisseur  ; 
mais  les  nombres  qui  se  trouvent  au  commencement  du  mémoire  de 
M.  Pottier  ne  peuvent  être  qu'approximatifs.  La  surface  lolale  des  mu- 
railles exposées  à  l'air  me  semble  devoir  excéder  le  nombre  indiqué, 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  EGLISES.       173 

« 

répaisseur  moyenne  doit  dépasser  C  5,  et  d'ailleurs  on  ne  peut  pas 
prendre  une  moyenne  pour  ces  épaisseurs ,  parce  que  les  quantités  de 
chaleur  qui  traversent  les  murailles  ne  varient  pas  en  raison  inverse 
des  épaisseurs  (870).  Mais  on  peut  trouver  une  valeur  approchée  de 
la  quantité  de  chaleur  transmise  par  les  murailles,  après  avoir  déter- 
miné le  volume  d'air  de  ventilation.  D'après  le  mémoire,  les  tempéra- 
tures intérieures  et  extérieures  qui  correspondaient  au  maximum  d'efifel^ 
étaient  de  12"*  et  de  —  4**;  l'air  qui  pénétrait  dans  les  canaux  de  circula- 
tion des  tuyaux  à  eau  chaude,  y  arrivait  à  —  4''  et  en  sortait  à  38%  il  y 
éprouvait  donc  un  accroissement  de  température  de  42""  ;  et  comme  la 
quantité  de  la  chaleur  absorbée  par  Tair  représente  la  quantité  de  cha- 
leur produite,  en  désignant  par  x  le  volume  d'air  appelé,  on  aura  évi- 
demmenta:.  1,3 .  4i .  0,24  — 154000  ;  d'où  l'on  tirex—  11882™%  cet 
air  s'échappant  par  les  fissures  des  vitres  devait  avoir  la  température  du 
verre,  qui,  dans  le  casque  nous  considérons,  avait  un  excès  de  tempé- 
rature de  8*  sur  Fair  extérieur.  La  perte  de  chaleur  par  mètre  cube 
était  alors  de  1 ,3 . 8.  0,24  «»  2,5,  et  par  suite  laperte  de  chaleur  par  l'air 
sortant  s'élevait  à  11882 .2,5— 29705.  D'après  cela,  la  perte  de  cha- 
leur par  les  murailles  était  de  1 54000  —  34000—  29705  =  90295.  Le 
volume  d'air  écoulé  par  seconde  se  trouvant  de  3"'  30,  et  la  somme  to- 
tale des  orifices  libres  des  bouches  de  chaleur  de  1"'  93,  la  vitesse  d'é- 
coulement était  à  peu  près  de  1  '". 

2335.  La  quantité  de  chaleur  émise  par  mètre  carré  et  par  heures 
par  les  tuyaux  pleins  d'eau  chaude  placés  dans  les  canaux  parcourus 
par  l'air  qui  s'échauffe,  diffère  complètement  de  ce  qu'elle  serait  si  les 
tuyaux  étaient  exposés  à  l'air  libre.  En  effet,  la  chaleur  émise  par  ces 
tuyaux ,  provient  de  la  chaleur  qu'ils  communiquent  directement  à 
l'air,  et  de  celle  donnée  à  l'air  par  la  surface  du  canal  chauffée  par  leur 
rayonnement.  Cette  chaleur  dépend  certainement  de  la  vitesse  de  l'air, 
et  croit  avec  cette  vitesse,  suivant  des  lois  inconnues ,  mais  elle  diffère 
peu  de  celle  qui  serait  dégagée  par  le  tuyau  exposé  à  l'air  libre,  et  dont 
la  température  serait  égale  à  la  température  moyenne  de  l'air  à  son  en- 
trée et  à  sa  sortie  du  canal.  Dans  le  cas  dont  il  s'agit ,  la  quantité  de 
chaleur  qui  s'échappe  par  les  bouches  est  de  154000  unités  ;  la  sur- 
face des  tuyaux  étant  de  168  mètres  carrés ,  la  chaleur  transmise  par 
mètre  carré  est  de  154000  :  168  —  933,3,  pour  une  température 
moyenne  de  l'air  égale  à  (4  -|-  38)  :  2  —  21 ,  et  un  excès  moyen  de  1 1 1 
—  21  «=-  90.  Or,  il  résulte  des  formules  qui  ont  été  données  dans  le  li- 
vre VI ,  que  la  quantité  de  chaleur  perdue  par  un  cylindre  de  fonte 
exposé  à  l'air,  pour  une  différence  de  90%  est  égale  à  466  pour  la  perte 

Digitized  by  VjOOQIC 


174    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEIX  HABITÉS. 

due  au  rayonnement ,  el  à  340  |M>ur  celle  qui  provient  du  contact  de 
l'air,  en  tout  806,  nombre  qui  n'est  pas  trop  en  désaccord  avec  celui 
que  nous  venons  de  trouver. 

Il  est  important  de  remarquer  que  le  volume  de  l'église  étant  d*en- 
viron  32000  mètres  cubes,  et  la  ventilation  étant  d'à  peu  près  10000 
mètres  cubes  par  heure,  Tair  de  l'église  est  totalement  renouvelé  huit 
'fois  par  jour,  et  que  l'air  qu'elle  contient  suffirait  à  3200  personnes , 
pendant  une  heure,  à  raison  de  10  mètres  cubes  par  personne. 

Églifte  tiaint^Tincent  de  Paul. 

2336.  Les  appareils  de  chauffage  de  celle  église  ont  été  construits  par 
M.  René-Duvoir  ;  j'en  donnerai  une  description  succincte. 

Le  sol  de  la  nef  centrale  est  garni ,  à  son  contour,  d'un  caniveau 
fermé  par  une  grille  de  fonte  à  jour  et  renfermant  des  tuyaux  dans  les- 
quels circule  de  l'eau  chaude  ;  ce  caniveau  a  Q"  60  de  largeur.  J'ai  vi- 
sité cette  église  un  jour  de  la  semaine  et  un  dimanche  de  grande  fête, 
lorsque  la  température  extérieure  était  seulement  de  2  degrés  au-des- 
sous de  zéro  ;  partout  la  température  était  convenable  el  à  peu  près  de 
13  degrés. 

La  disposition  adoptée  présente  un  inconvénient  qui  paraît  grave  au 
premier  abord  :  les  chaises  ne  peuvent  pas  être  placées  sur  les  grilles 
du  caniveau,  du  moins  quand  le  chauffage  est  actif,  parce  que  les  grilles 
sont  à  une  température  trop  élevée  ;  mais  dans  les  jours  de  la  semaine, 
il  suffit  de  placer  les  chaises  dans  l'espace  circonscrit  par  le  caniveau, 
et  pour  les  dimanches  et  les  jours  de  fêtes,  où  l'affluence  des  fidèles  est 
considérable,  en  suspendant  le  chauffage  ces  jours-là,  les  chaises  peu- 
vent être  placées  partout,  et  celle  suspension  ne  diminue  pas  sensible- 
ment la  température,  comme  il  est  facile  de  le  voir  à  cause  de  l'im- 
mense quantité  de  chaleur  renfermée  dans  les  murailles  ;  je  m'en  suis 
d'ailleurs  assuré  par  l'examen  des  thermomètres.  Par  cette  méthode, 
il  n'y  a  point  de  ventilation  forcée  ;  mais  j'ai  reconnu  qu'un  jour  de 
grande  fête  où  Téglise  était  remplie  et  pouvait  contenir  environ  2,000 
personnes,  nulle  part^il  n'y  avait  de  mauvaise  odeur  appréciable  ;  ainsi 
il  se  faisait  une  ventilation  naturelle  par  les  joints  des  vitres  et  par  les 
portes  qui  s'ouvrent  si  fréquemment  ;  d'ailleurs  la  grande  masse  d'air 
renfermée  dans  l'église  concourait  à  son  assainissement  pendant  la  durée 
de  l'office.  Ce  mode  de  chaufiage  permettrait  facilement  d'effectuer  une 
ventilation,  si  on  la  supposait  nécessaire;  il  suffirait,  pour  cela,  d'é- 
tablir sous  le  caniveau  contenant  les  tuyaux  à  eau  chaude ,  un  canal 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAliNlSSEMElST  DES  ÉGLISES.      175 

coinmuniquant  avec  Texlérieur  et  garni  d'un  grand  nombre  d'ouver- 
tures s'ouvrant  au-dessous  des  tuyaux  ;  il  est  évident  que  si  la  somme 
des  fissures  des  vitraux  ne  présentait  pas  une  surface  suffisante ,  il  fau- 
drait ouvrir  des  orifices  à  la  |»artie  supérieure  ou  à  une  certaine  hauteur. 

Il  résulte  des  expériences  thermométriques  faites  dans  cette  église, 
un  phénomène  fort  singulier  :  à  partir  d'une  certaine  hauteur,  la  tem- 
pérature va  en  décroissant  à  mesure  qu'on  s'élève  davantage  ;  ce  phé- 
nomène résulte,  sans  aucun  doute^  de  ce  que  la  partie  supérieure  de 
l'église ,  n'étant  pas  séparée  comme  à  l'ordinaire  de  la  toiture  par  une 
voûte,  l'air  y  éprouve  un  grand  refroidissement  et  qu'il  se  manifeste  des 
courants  d'air  froid  descendants  dans  toute  la  surface  de  la  grande  nef. 

L'eau  chaude  ne  circule  dans  les  tuyaux  que  dans  un  seul  sens  ; 
mais,  pour  obvier  à  Finfluence  du  refroidissement  qu'elle  éprouve  dans 
son  trajet,  le  tuyau,  vers  la  fin  de  la  course,  se  divise  en  plusieurs  qui 
présentent  une  plus  grande  surface  ;  il  y  aurait  certainement  de  l'avan- 
tage à  faire  ftiouvoir  l'eau  en  sens  contraire,  dans  deux  circuits  placés 
dans  le  caniveau ,  car  alors  la  somme  des  températures  des  tuyaux  à 
chaque  point  du  circuit  serait  sensiblement  constante. 

Le  constructeur  pense  que  ce  mode  de  chauflage  est  plus  écono- 
mique que  celui  qui  est  employé  dans  les  églises  où  le  tuyau  passe  dans 
les  caves,  parce  qu'il  y  a  moins  de  chaleur  transmise  à  travers  le  sol  ; 
mais  comme,  dans  la  nouvelle  disposition,  il  y  a  beaucoup  de  chaleur 
rayonnée  contre  les  murailles,  on  né  pourrait  résoudre  la  question  qu'à 
l'aide  d'expériences  qui  n'ont  point  été  faites. 

D'après  des  indications  qui  m'ont  été  données  par  le  constructeur, 
pendant  cinq  jours  du  mois  de  mars  1853,  la  température  moyenne 
de  l'église  a  été  à  très-peu  près  égale  à  14*,  la  température  moyenne 
extérieure  des  cinq  jours  de  7**,  et  la  consommation  moyenne  de  com- 
bustible de  280  kilog.  par  jour. 

ÉfflUe  Salnt^Solpice. 

2337.  En  1852,  M.  le  curé  de  Saint-Sulpice  pria  M.  le  baron  The- 
nard  de  présider  une  commission  pour  juger  les  difiërents  projets  de 
chauflage  de  son  église  qui  avaient  été  présentés  par  plusieurs  ingé» 
nieurs  et  constructeurs.  La  commission  était  composée  de  MM.  The- 
nard,  Regnault,  Despretz,  Seguier,  membres  de  l'Institut,  et  moi.  Trois 
concurrents  présentaient  des  projets  :  M.  Duvoir-Leblanc,  M.  René 
Du  voir  et  M.  Grouvelle. 

2338.  Le  projet  de  M.  Duvoir-Leblanc  consistait  dans  rétablissement 


Digitized  by  VjOOQiC 


J76    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

de  deux  chaudières  à  eau  chaude  placées  Tune  près  du  centre  de  Téglise, 
la  seconde  au-dessous  de  la  chapelle  de  la  Vierge.  Le  chauffage  devait 
avoir  lieu  par  de  l'air  échauffé  contre  des  tuyaux  à  eau  chaude  et  versé 
dans  réglise  par  dix-sept  bouches  de  choeur  distribuées  au  niveau 
du  sol.  Un  poêle  à  eau  chaude  devait  être  placé  dans  la  sacristie,  et  trois 
autres  plus  petits  dans  les  salles  qui  en  dépendent.  Le  devis  s*élevait  à 
23,000  francs  (non  compris  les  frais  d'installation,  la  construction  de 
la  cheminée  à  fumée,  etc.)  ;  el  le  constructeur  s'engageait  à  maintenir 
une  température  de  lO^'dans  l'église,  de  IS^'dans  la  sacristie  et  les 
salles  qqi  en  dépendent,  moyennant  une  somme  de  11  francs  par  jour, 
quand  un  seul  des  deux  appareils  fonctionnerait,  et  de25fr.  quand  les 
deux  appareils  seraient  en  activité,  y  compris  les  frais  d'entretien. 

2339.  La  maison  René  Duvoir  avait  présenté  deux  projets.  Le  pre- 
mier consistait  à  chauffer  le  sol ,  recouvert  en  grande  partie  par  des 
plaques  de  fonte,  au  moyen  de  tuyaux  à  eau  chaude.  La  dépense  d'éta- 
blissement s'élevait  à  43,368  francs,  et  le  mémoire  ne  renfermait  que 
des  indications  vagues  sur  la  dépense  de  combustible.  Le  second  projet 
consistait  dans  un  chauffage  à  air  chaud  au  moyen  de  calorifères  à 
air.  Le  devis  s'élevait  à  28,532  francs  et  en  outre  à  8,777  fr.  si  on  voulait 
chauffer  la  nef  à  l'eau  chaude..  Ces  projets  étaient  accompagnés  de  des- 
sins représentant  tous  les  détails  de  construction. 

2340.  M.  Grouvelle  avait  présenté  trois  projets.  Le  premier  consistait 
en  deux  calorifères  à  air,  formés  de  tuyaux  parcourus  par  la  fumée, 
l'air  chaud  était  conduit  par  des  tuyaux  en  terre  cuite,  environnés  de 
matières  conduisant  mal  la  chaleur,  à  dix-huit  bouches  de  chaleur  si- 
tuées au  niveau  du  sol  et  convenablement  distribuées  sur  la  surface  de 
l'église  ;  l'air  appelé  par  les  calorifères,  pouvait  être  pris  à  volonté  dans 
l'église  et  en  dehors.  Le  devis  s'élevait  à  29,000  francs  ;  et  pour  main- 
tenir une  température  constante  de  IS"",  M.  Grouvelle  s'engageait  à  ne 
pas  consommer  plus  de  600  kilog.  de  houille  par  jour.  Le  second  projet 
ne  différait  du  premier  que  par  la  forme  des  calorifères  ;  les  tuyaux  de 
fonte,  au  lieu  d'être  parcourus  par  la  fumée,  étaient  parcourus  par  l'air, 
et  le  devis  s'élevait  seulement  à  25,000  francs.  Enfin  dans  le  troisième 
projet  les  dispositions  étaient  les  mêmes  que  dans  les  deux  premiers, 
seulement  l'air  était  échauffé  sur  des  tuyaux  à  eau  chaude,  et  les  frais 
d'établissement  s'élevaient  à  36,000  francs.  M.  Grouvelle  proposait  d'a- 
jouter à  ce  dernier  projet  une  surface  de  fonte  placée  au  milieu  de  la 
nef,  à  fleur  du  sol,  de  28  mètres  de  longueur  sur  0"*  85  de  largeur,  re- 
couvrant un  canal  occupé  en  partie  par  un  tuyau  plein  d'eau  chaude 
replié    sur   lui-même  ;    la   dépense    de  cette  addition    s'élevait   à 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.       177 

1 ,600  fr.  Tous  ces  projets  étaient  accompagnés  de  dessins  très-détaillés. 

2341.  La  commission  a  été  davis  que  le  projet  de  M.  René  Duvoir 
qui  consistait  à  chauffer  \e  sol  est  très-bon  pour  chauffer  les  pièces  où 
Ton  ne  séjourne  pas  longtemps  à  la  même  place,  comme  la  Bourse,  les 
salles  d'attente  des  chemins  de  fer  ;  mais  pour  une  église,  il  paraît  peu 
convenable.  Pour  que  l'on  puisse  rester  longtemps  sur  des  plaques  de 
fonte,  il  faut  nécessairement  que  l'eau  qui  est  au-dessous  soit  à  une 
température  peu  élevée,  car  le  refroidissement  dqs  plaques  étant  très- 
affaibli  par  les  personnes  qui  les  recouvrent,  leur  paroi  extérieure  ac- 
querrait bientôt  une  température  voisine  de  celle  de  l'eau.  D'ailleurs 
elles  ne  chaufferaient  l'église  que  quand  elles  ne  seraient  pas  couvertes, 
c'est-à-dire  quand  il  n'y  aurait  personne  ;  elles  chaufferaient  surtout  les 
murailles  par  rayonnement,  et  la  moitié  seulement  de  la  chaleur  émise 
serait  employée  à  chauffer  l'air.  Enfin,  ce  système  n'avait  point  encore 
été  essayé  et  on  ne  savait  sur  quelle  base  calculer  la  dépense  de  combus- 
tible. La  commission  a  ensuite  examiné  les  avantages  et  les  inconvé- 
nients des  deux  systèmes  de  calorifères,  et  elle  a  considéré  les  calorifè- 
res à  eau  chaude  comme  préférables.  Il  n'y  avait  plus  à  hésiter  qu'entre 
le  projet  de  M.  Duvoir-Leblanc,  et  le  dernier  de  M.  Grouvelle. 

Voici  les  considérations  qui  ont  motivé  son  choix. 

2342.  Le  projet  de  M.  Duvoir-Leblanc  ne  renferme  aucun  des  détails 
nécessaires  pour  se  rendre  compte  de  l'efficacité  et  du  prix  de  revient 
des  appareils  ;  de  plus^  les  conditions  du  prix  demandé  pour  le  chauf- 
fage donnent  trop  de  latitude  à  l'entrepreneur,  car  le  chauffeur  pourra 
quand  il  le  voudra,  en  diminuant  la  consommation  de  combustible 
dans  un  des  foyers,  allumer  l'autre  ;  de  pareilles  conditions  ne  sont 
pas  acceptables.  Au  contraire,  le  devis  de  M.  Grouvelle  est  complet  ; 
ses  engagements  sont  nets  et  précis  ;  seulement  il  porte  trop  haut  la 
température  qui  doit  être  maintenue  dans  l'église.  D'après  ces  considé- 
rations, la  commission  a  été  d'avis  d'admettre  le  projet  de  M.  Grouvelle 
comme  préférable  aux  autres,  mais  elle  pense  qu'un  marché  à  forfait 
pour  les  appareils,  l'entretien  et  le  chauffage  ne  doit  être  fait  qu'après 

1  examen  des  détails  du  devis  et  des  frais  de  chauffage  pour  une  tempé- 
rature de  13  à  14"*  bien  suffisante  dans  une  église. 

2343.  L'avis  de  la  commission  n'a  point  été  suivi,  et  le  conseil  de 
fabrique,  dans  lequel  se  trouvaient  deux  membres  dé  la  commission^ 
partisans  très-zélés  de  M.  Duvoir-Leblanc,  a  adopté  le  projet  de  cet 
entrepreneur  avec  toutes  ses  conditions.  Seulement^  d'après  un  extrait 
des  registres  des  délibérations  du  conseil  de  la  fabrique  de  Saint-Sul- 
pice,  inséré  dans  une  brochure  de  M.  Boudin,  médecin  en  chef  de  l'hô- 

iii.  lî 

Digitized  by  VjOOQ  le 


178     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

pital  militaire  du  Roule,  la  condition  de  maintenir  une  température 
de  10*  dans  l'église,  n'existe  qu'autant  que  la  température  extérieure 
sera  supérieure  à  6%  le  second  appareil  ne  marchera  que  quand  le 
chauffeur  en  recevra  Tordre,  mais  il  devra  marcher  au  moins  8  jours. 
Or,  comme  la  température  extérieure  est  au-dessous  de  6"  ali  moins 
3  mois  de  l'année,  décembre,  janvier  et  février,  soit  90  jours,  et  que 
le  marché  est  fait  pour  212  jours,  il  s'ensuit  que  le  chauffage  coûtera 
au  moins  90.25  +  122  .  H  =  3582,  ou  en  moyenne  16  f.  90  par 
jour.  Je  n'ai  pu  me  procurer  aucun  renseignement  sur  les  résultats 
obtenus. 

ObfterTatlont  générales  snr  le  chanlTai^e  des  églises.  • 

2344.  Il  résulte  des  faits  que  j'ai  rapportés,  et  de  tous  les  renseigne- 
ments que  j'ai  pu  recueillir  que  le  chauffage  des  églises  s'effectue  tou- 
jours par  l'air  chaud  et  dans  aucun  cas  par  la  chaleur  rayonnante. 
Ainsi  c'est  le  mode  de  chauffage  à  l'air  chaud  qu'il  faut  admettre. 
De  toutes  les  églises  chauffées,  je  n'en  connais  qu'une  seule,  celle 
de  Saint-Roch,  dans  laquelle  il  y  ait  une  ventilation  artificielle,  et 
comme  dans  toutes  les  autres  il  ne  paraît  pas  que  cette  absence  d'une 
ventilation  artificielle  ait  des  inconvénients,  on  doit  en  conclure 
qu'elle  n'est  pas  nécessaire,  sans  aucun  doute,  parce  qu'il  se  produit 
toujours  une  ventilation  naturelle  par  l'ouverture  si  fréquente  des 
portes  et  les  fissures  des  vitraux,  et  à  cause  du  grand  volume  d'air  ren- 
fermé dans  l'enceinte,  volume  qui  suffirait  seul  à  l'assainissement  pen- 
dant le  petit  nombre  d'heures  de  la  journée  où  l'église  est  remplie. 
Toutefois  je  pense  qu'il  est  toujours  utile  de  disposer  l'appareil  de  ma- 
nière à  ce  que  l'air  qui  vient  se  chauffer  dans  le  calorifère  puisse  à 
volonté  être  pris  dans  l'église  ou  en  dehors.  Cette  disposition  n'exige 
d'ailleurs  qu'un  faible  accroissement  de  dépense. 

2345.  Quant  à  la  nature  du  calorifère,  il  peut  être  à  air  brûlé, 
à  eau  chaude  ou  à  vapeur;  mais  ces  derniers  exigent  une  surveillance 
particulière  de  la  part  du  chauffeur  :  atissi  ils  ne  sont  jamais  employés. 
Restent  alors  les  deux  premières  espèces,  qui  ont  chacune  des  avantages 
et  des  inconvénients  qui  leur  sont  propres.  Les  calorifères  à  air  brûlé 
coûtent  moins  que  ceux  à  eau  chaude,  parce  qu'il  n'y  a 'qu'un  seul 
système  de  surfaces  de  transmission  ;  la  conduite  du  foyer  ne  demande 
que  peu  de  soins  si  on  se  sert  de  foyers  à  alimentation  continue  ;  la 
chaleur  peut  être  aussi  bien  utilisée  que  dans  les  appareils  à  eau  chaude  ; 
et  la  perte  dans  les  conduits  est  faible,  si  l'air  est  chauffé  sefulement 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.       479  J 

de  40  à  50*,  et  si  les  tuyaux  de  conduite  n'ont  qu'une  faible  longueur,  j 

ce  qui  exige,  du  reste,  que  les  calorifères  soient  assez  nombreux.  Les  ! 

calorifères  à  eau  chaude  nécessitent  plus  de  frais  de  premier  établisse-  t 

ment;  les  foyers,  même  sans  alimentation  continue,  exigent  moins  de  i 

soins  et  de  surveillance,  et  en  plaçant  les  tuyaux  d'aller  et  de  retour  ! 

dans  le  même  conduit,  l'air  peut  être  échauffe  à  peu  près  à  la  même  | 

température  sur  une  grande  longueur  ;  un  seul  foyer  suffit  pour  les  * 

plus  grandes  églises,  mais  les  pertes  de  chaleur  par  les  surfaces  des  | 

tuyaux  de  conduite  de  Fair  peuvent  être  plus  considérables  que  dans  j 

les  calorifères  à  air  brûlé,  parce  que  les  surfaces  intérieures  chauffées  ; 

par  le  rayonnement  des  tuyaux  sont  à  une  température  plus  élevée.  \ 

Ainsi  les  calorifères  à  eau  chaude  sont  d'un  usage  un  peu  plus  corn-  1 

mode  ;  mais  ils  coûtent  davantage  et  n'utilisent  pas  aussi  bien  la  cha-  \ 

leur  que  ceux  à  air  brûlé,  du  moins  quand  ces  derniers  sont  convena- 
blement disposés.  ' 
'2346.  Voici  maintenant  la  disposition  qui  me  parait  la  plus  conve*  1 
nable  à  adopter.  Je  supposerai  d'abord  que  le  calorifère  est  à  eau  ] 
chaude.  Un  canal  en  briques  serait  placé  au-dessous  de  l'axe  de  la  nef  ' 
centrale  ;  il  renfermerait  les  petits  tuyaux  de  circulation  de  l'eau  chaude; 
à  sa  partie  supérieure  se  trouverait  un  certain  nombre  d'espèces  de  puits 
cylindriques  fermés  à  la  partie  supérieure  et  au  niveau  du  sol  par  des 
grilles  de  fonte  à  jour  ;  chacun  de  ces  puits  renfermerait  un  poêle  à 
eau  chaude.  Dans  les  axes  des  nefs  latérales,  se  trouverait  un  même 
nombre  de  puits,  fermés  de  la  même  manière,  à  fleur  du  sol,  par  des 
plaques  de  même  section  ;  au-dessous  existeraient  des  canaux  horizon- 
taux, venant  aboutir  au  canal  central  et  renfermant  les  tuyaux  de  cir- 
culation. Par  cette  disposition,  Fair  chaud  s'élèverait  par  la  partie  cen- 
trale de  Féglise  et  descendrait  par  les  faces  latérales,  pour  s'échauffer 
de  nouveau  en  passant  autour  des  poêles.  Les  tuyaux  horizontaux  de 
retour  d'air  devraient  être  pourvus  de  registres,  de  manière  à  pouvoir 
amener  à  volonté  dans  le  canal  central  de  Fair  extérieur  ou  de  Fair 
pris  dans  Féglise.  On  pourrait  remplacer  les  poêles  par  de  gros  tuyaux 
d'aller  et  de  retour  placés  dans  le  canal  central;  la  dépense  de  premier 
établissement  serait  plus  faible,  et  le  chauffage  plus  régulier  ;  mais  il 
y  aurait  probablement  plus  de  perle  de  chaleur  parles  parois  du  canal, 
qui  renfermerait  de  Fair  à  une  plus  haute  températttrc  et  dont  la  sur- 
face intérieure  serait  plus  échauffée  par  le  rayonnement  de  ces* gros 
tuyaux  que  par  celui  des  petits  tuyaux  qui  établissent  la  circulation 
dans  les  poêles. 
Le  chauffage  sans  ventilation  aurait  lieu  la  nuit,  le  matin  et  le 


Digitized  by  VjOOQIC 


180    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATIOiN  DES  LIEUX  HABITÉS. 

soir,  quand  l'église  n'est  pas  occupée,  et  avec  yentilation  le  reste  du 
temps  ;  les  orifices  des  vitraux,  ceux  qui  existent  toujours  dans  la  voûte, 
sans  compter  les  ouvertures  si  fréquentes  des  portes,  seraient  bien  suf- 
fisants pour  faire  sortir  l'air  chaud  lancé  par  le  calorifère. 

2347.  Si  les  calorifères  étaient  à  air  brûlé,  il  faudrait  en  établir. plu- 
sieurs au-dessous  de  Taxe  de  la  nef  centrale  ;  chacun  enverrait  l'air 
chaud  dans  des  caniveaux  suspendus  à  la  voûte  des  caves,  et  le  verse- 
rait par  des  ouvertures  disposées  de  la  même  manière  que  quand  le 
calorifère  est  à  eau  chaude  ;  les  retours  d'air  des  bas  côtés  se  feraient 
comme  dans  le  premier  cas,  ainsi  que  les  appels  directs  d'air  extérieur. 
Les  tuyaux  à  fumée  pourraient  être  placés  dans  les  canaux  destinés  à 
conduire  l'air  brûlé  à  la  cheminée. 

2348.  Pour  déterminer  les  dimensions  des  différentes  parties  de  l'ap- 
pareil, il  faut  connaître ,  au  moins  approximativement ,  la  quantité  de 
chaleur  à  fournir  à  l'église  pour  compenser  les  pertes  par  les  vitres 
et  les  murailles  :  c'est  un  calcul  qui  ne  présente  aucune  difficulté.  Je 
prendrai  pour  exemple  l'église  de  Saint-Sulpice,  dont  toutes  les  dimen- 
sions ont  été  mesurées  par  M.  Grouvelle  pour  l'établissement  de  son 
projet,  en  prenant  pour  les  pertes  de  chaleur  par  heure  celles  qui  ré- 
sultent des  formules  du  livre  VI,  et  en  supposant  la  température  inté- 
rieure de  lO'*  et  la  température  extérieure  de  6%  moyenne  de  la  saison 
d'hiver. 

Pertes  par  les  surfaces  des  vilres ■  M32"  X     10=1 1320 

Perles  par  les  murs  de  la  façade^  de  2"  d'épais- 
seur        803"  X  2,14  =     1706 

Pertes  par  les  murs  du  pourtour  des  chapelles,  de 
1°»20  d'épaisseur 2948»»  X  2,98  =    8785 

Pertes  par  les  murs  de  la  nef,  de  0"  80  d'épais- 
seur      3865"  X  3,44  =  13295 

Pertes  par  les  toits  des  chapelles  et  de  la  galerie 
de  côté,  de  0"  70  d'épaisseur 2805"  X  3,62  =  10154 

45260« 

2349.  Dans  les  plus  grands  froids,  lorsque  l'eau  sera  chauffée  à  la 
plus  haute  température,  on  ne  peut  pas  compter  sur  un  effet  utile  du 
combustible  supérieur  à  celui  qu'on  obtient  dans  les  générateurs  qui 
produisent  7  kilog.  de  vapeur,  c'est-à-dire  sur  plus  de  4000  calo- 
ries ;  mais,  comme  on  peut  toujours  utiliser  une  partie  de  la  chaleur 
perdue  pour  chauffer  de  l'air  qui  serait  versé  dans  l'église,  et  que,  au 
commencement  et  à  la  fin  de  la  saison  du  chauffage,  l'eau  est  beaucoup 
moins  échauffée,  on  peut  sans  aucun  doute  obtenir  de  5  à  6000  calo- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  IV.  — CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉGLISES.        \Si 

ries.  En  comptant  seulement  sur  5000,  la  consommation  moyenne 
par  heure  serait  de  9*^05,  et  par  jour  moyen  de  217  kilogr.  A  cette 
dépense  il  faut  ajouter  celle  qui  résulte  de  la  ventilation  naturelle 
qui  se  produit  par  TouTerture  si  fréquente  des  portes,  les  fissures  des 
fenêtres  et  les  ouvertures  de  la  voûte  à  travers  lesquelles  passent  les 
cordes  de  suspension  des  lustra.  Quand  les  portes  sont  doubles  et  assez 
espacées  pour  que  l'une  d'elles  soit  constamment  fermée,  la  ventilation 
naturelle  se  réduit  à  peu  près  à  celle  qui  se  produit  par  les  fissures  des 
vitres  situées  à  différentes  hauteurs  et  par  les  orifices  de  la  voûte  ;  mais 
elle  peut  varier  dans  des  limites  très-étendues,  suivant  le  nombre  et  les 
dimensions  des  joints  et  des  ouvertures,  et  à  ce  sujet  on  ne  peut  faire  que 
des  suppositions  très- vagues.  La  ventilation  par  appel,  qui  a  été  observée 
à  Saint-Roch  pour  une  température  extérieure  de — i'*  et  une  tempéra- 
ture intérieure  de  12',  c'est-à-dire  pour  un  excès  de  température  de  16', 
était,  comme  nous  l'avons  vu,  d'environ  11,000  mètres  cubes  d'air  par 
heure,  et  cet  air  sortait  par  tous  les  orifices  libres  ;  la  ventilation  natu- 
relle aurait  été  beaucoup  plus  faible,  parce  que  les  orifices  se  seraient 
partagés  en  deux  parties,  les  uns  pour  l'accès,  les  autres  pour  la  sor- 
tie.  Du  reste,  cette  ventilation  eût  été  d'autant  plus  grande  que  la 
température  extérieure  eût  été  plus  basse.  En  la  supposant  moyen- 
nement de  10,000  mètres  cubes  d'air  par  heure,  supposition  très-exa- 
gérée, si  les  précautions  convenables  ont  été  prises,  la  quantité  cor- 
respondante de  chaleur  perdue  serait  par  heure  de  3120%  et  par  jour 
de  74800  qui  correspondent  à  peu  près  à  15  kilog.  de  houille.  Ainsi,  la 
dépense  moyenne  par  jour  s'élèverait  à  217  + 15«=  232  kilog.  Mais, 
comme  l'appareil  devrait  suffire  au  maintien  de  la  température  pen- 
dant les  grands  froids,  qui  dans  notre  climat  se  font  sentir  rarement 
pendant  plusieurs  jours  consécutifs,  la  surface  de  la  chaudière  et  celle 
des  tuyaux  de  chauffage  devraient  être  calculées  pour  une  consomma- 
tion correspondant  à  un  excès  de  température  de  10 — ( — 6)-«  16, 
c'est-à-dire  de  4 .  232  —  928''  par  jour,  ou  par  heure  de  38*66  ;  en 
comptant  sur  40  kilog.,  il  faudrait  donner  à  la  chaudière  17  à  18  mètres 
carrés.  Quant  aux  surfaces  des  tuyaux  ou  des  poêles  à  eau  chaude, 
comme  la  consommation  de  combustible  est  la  même  que  celle  qui  a 
été  observée  à  Saint-Roch  pour  le  même  excès  de  température,  en  sup- 
posant l'excès  de  pression  de  2  atmosphères,  la  température  moyenne 
dans  le  circuit  serait  également  de  1 1 1"";  mais  la  température  moyenne 
de  Faîr  serait  de  (10  -f  38)  :  2  —  24  ;  l'excès  de  la  température  de  l'eau 
sur  celle  de  l'air,  de  111  —  24  —87  ;  chaque  mètre  carré  transmettrait 
à  peu  près  933  .  87  :  90  —  902"  ;  et  comme  il  y  a  environ  160,000  uni- 


Digitized  by  VjOOQIC 


182    LIV    XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

tés  de  chaleur  à  transmettre,  on  devrait  compter  à  peu  près  sur  180  mè- 
tres carrés  de  surface  de  transmission.  Il  faudrait,  comme  à  Saint-Roch, 
3  ou  4  mètres  de  différence  de  niveau.  Quant  aux  orifices  d'accès  et  de 
sortie,  pour  que  l'air  n'eût  pas  une  trop  grande  vitesse  il  conviendrait 
de  donner  à  la  somme  des  orifices  libres  d'accès  et  de  sortie  et  aux 
tuyaux  de  retour  h  peu  près  3  mètres  de  section,  ce  qui  correspond  à 
peu  près  à  une  vitesse  de  1  mètre. 

2350.  Si  les  calorifères  étaient  à  air  brûlé,  on  pourrait  compter 
sur  une  quantité  de  chaleur  transmise  par  mètre  carré  et  par  heure 
au  moins  égale  à  3000  calories. 

Dans  tous  ces  calculs  nous  avons  négligé  les  pertes  de  chaleur  par 
la  voûte  et  par  le  sol,  mais  elles  sont  très-faibles. 


CHAPITRE  V. 

CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DBS  PRISONS. 

Suivant  mon  usagç,  je  parlerai  d'abord  des  dispositions  qui  ont  été 
employées,  je  donnerai  les  résultats  des  expériences  qui  ont  été  faites, 
et  j'indiquerai  ensuite  les  dispositions  qui  me  paraissent  préférables 
dans  les  différents  cas. 

Prison  Mazas. 

2351.  En  1843,  une  commission  fut  nommée  par  M.  le  préfet  de 
la  Seine  pour  examiner  des  projets  de  chauffage  et  de  ventilation  de 
cette  prison  cellulaire,  présentés  par  M.  Grouvelle  et  par  M.  Léon 
Duvoir- Leblanc.  Cette  commission  était  composée  de  M.  Arago,  prési- 
dent, de  MM.  Gay-Lussac,  Pouillet,  Dumas,.  BoussingauU,  Andral, 
membres  de  l'Académie  des  Sciences  ;  Péclet,  Félix  Leblanc  ;  Bouvat- 
tier,  Grillon,  Marcellot,  membres  du  conseil  général  de  la  Seine  ;  Durand 
et  Jay,  membres  de  la  commission  d'architecture  de  la  ville  de  Paris; 
Lecointe  et  Gilbert,  architectes  de  la  nouvelle  prison  ;  Mastrelle,  chef  de 
division  ;  et  Darié,  chef  du  bureau  des  travaux  de  la  ville  de  Paris. 

Une  sous-commission,  composée  de  MM.  Dumas,  Boussinganlt, 
Andral,  Péclet  et  Leblanc,  fut  chargée  d'étudier  les  modes  de  venti- 
lation et  de  vidange  qu'il  serait  le  plus  convenable  d'employer,  et  de 
déterminer  par  Texpérience  le  volume  d'air  qui  devait  être  fourni  par 
heure  à  chaque  détenu.  Une  autre  sous-cominission,  composée  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        183- 

MM.  BoussingauU,  Péclet  et  Leblanc,  avait  pour  mission  d'examiner 
les  projets  de  chauffage  et  de  ventilation  présentés  par  les  deux  con- 
currents. 

2352.  A  Tépoqae  de  la  nomination  de  la  commission,  les  construc* 
lions  de  la  prison  Mazas  n'étaient  point  terminées.  D'après  les. plans  en 
voie  d'exécution,  ils  consistaient  en  six  bâtiments  rayonnant  autour 
d'un  centre  commun,  comprenant  ensemble  à  peu  près  les  deux  tiers 
de  la  circonférence,  et  enveloppés  par  un  mur  d'enceinte  ;  chaque 
bâtiment  devait  être  divisé  en  deux^  parties,  par  un  grand  corridor 
ayant  la  même  longueur  et  s'élevant  jusqu'au  toit  ;  chaque  aile  devait 
renfermer  trois  étages  de  cellules,  y  com|Nris  celles  du  rez-de-chaussée  ; 
celles  du  premier  et  du  second  étage  étaient  desservies  par  un  balcon. 
Le  bâtiment  destiné  à  l'administration  devait  être  placé  dans  l'angle 
formé  par  le  premier  et  le  sixième  bâtiment  de  la  prison.  Cette  des- 
cription succincte  est  suffisante  pour  faire  comprendre  les  principes 
des  projets  présentés  par  les  concurrents. 

2353.  Le  projet  de  M.  Grouvelle  a  été  adopté  et  exécuté.  Ses  appa- 
reils fonctionnent  depuis  1850.  Je  pourrais  me  borner  à  parler  de  ce 
projet,  mais  comme  le  procédé  de  M.  Léon  Duvoir-Leblanc  a  été  ap- 
pliqué aux  prisons  cellulaires  de  Senlis,  Tours,  Saint-Ouentin^  Châ- 
teau-Thierry et  Copenhague,  et  qu'il  s'agit  d'une  question  sanitaire 
s'appUcpiant  à  des  malheureux  qui  ne  peuvent  pas  se  plaindre,  je  saisis 
l'occasion  de  le  discuter,  puisque  c'est  une  commission  offrant  toutes 
les  garanties  d'impartialité  qui  a  prononcé  sur  le  mérite  relatif  des 
systèmes.  Cet  examen  offre  d'autant  plus  d'intérêt  que  le  projet  de 
M.  Duvoir-Leblanc  avait  été  admis  par  la  commission  d'architecture. 

EXTBAIT  DU  RAPPORT  DE  LA  SOUS-COU  MISSION  CUARGÉE  DE  l'EXAMBN  DES  PROJETS. 

2354.  a  La  commission  nommée  par  M.  le  préfet  de  Ja  Seine,  à 
l'effet  d'étudier  les  questions  que  soulèvent  le  chauffage  et  la  ventilation 
de  la  nouvelle  maison  d'arrêt  destinée  à  remplacer  la  prison  actuelle 
de  la  Force,  nous  a  chargés,  M.  Boussingault,  M.  Leblanc  et  moi, 
d'examiner  deux  projets  de  chauffage  et  de  ventilation,  applicables  à 
cette  nouvelle  prison;  l'un  de  ces  projets  a  été  présenté  par  M.  Gron- 
velle,  ingénieur  civil;  il  a  reçu  l'approbation  de  MM.  les  architectes 
de  la  prison,  et,  ensuite,  celle  du  conseil  général.  Le  second  projet, 
présenté  postérieurement  par  M.  Léon  Duvoir,  fumiste,  a  été  admis  à 
concourir  avec  le  premier,  et  a  été  l'objet  d'un  rapport  favorable  de 
la  part  de  la  commission  d'architecture.  Nous  nous  sommes  livrés  à 


Digitized  by  VjOOQIC 


t84    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

une  étude  attentive  de  ces  projets,  en  examinant  successivement  tous 
les  plans,  notes  et  devis  présentés  par  les  auteurs  ;  nous  avons  égale- 
ment pris  connaissance  des  pièces  de  la  correspondance  que  nous 
avons  trouvées  au  dossier,  et  des  rapports  présentée  sur  la  même 
question. 

«  En  outre,  nous  avons  eu,  avec  chaque  auteur  de  projet,  des  con- 
férences où  nous  avons  sollicité  tous  les  renseignements  de  nature  à 
nous  éclairer,  et  à  établir  notre  conviction  sur  la  valeur  relative  des 
deux  projets  soumis  à  notre  examen  ;  nous  venons  aujourd'hui  rendre 
compte  du  résultat  de  notre  travail. 

«  Nous  commencerons  par  présenter  la  description  de  chacun  des 
systèmes  proposés  ;  cette  première  partie  de  notre  rapport  sera  suivie 
des  observations  qui  nous  ont  été  suggérées  par  l'examen  de  chaque 
système,  et  qui  serviront  de  base  à  nos  conclusions. 

Description  du  système  de  chauffage  et  de  ventilation  proposé  par  M.  Léon  Duvoir. 

2355.  Chauffage  (1).  —  ce  Le  système  de  chauffage  de  M.  Léon 
Duvoir  repose  sur  le  principe  de  la  circulation  d'eau  chaude,  comme 
tous  les  appareils  établis  par  ce  constructeur.  La  pression  de  la  chau- 
dière pourra  atteindre  deux  atmosphères. 

a  Les  appareils  de  chauffage  de  M.  Duvoir  consistent  en  six  chau- 
dières de  son  invention,  nommées  par  lui  appareils  hydropyro- 
techniques;  ces  appareils  sont  placés  dans  les  caves  de  la  rotonde  du 
bâtiment  ;  chaque  chaudière  est  destinée  à  chauffer  l'une  des  six  ailes 
de  bâtiment  cellulaires  à  trois  étages,  qui  composent  la  prison  ;  une 
septième  chaudière  est  destinée  au  chauffage  du  bâtiment  de  l'admi- 
nistration. 

2356.  «  La  totalité  des  cellules  de  chaque  corps  de  bâtiment  est 
chauffée  par  l'air  puisé  dans  le  corridor  qui  règne  le  long  des  doubles 
rangées  de  cellules  ;  ce  vaste  corridor  sert  ainsi  de  réservoir  d'air 
chaud,  destiné  à  alimenter  les  cellules.  Pour  le  chauffage,  M.  Duvoir 
a  disposé  dans  un  canal  sous  le  sol  du  corridor  et  dans  toute  sa  lon- 
gueur, huit  appareils  équidistants,  qu'il  nomme  poêles  à  eau  chaude  ; 
ceux-ci  communiquent  entre  eux  par  des  tuyaux  de  fonte  livrant  pas- 
sage à  l'eau  de  circulation  qui  part  du  sommet  de  la  chaudière  pour 
y  revenir  refroidie  à  sa  partie  inférieure  ;  ces  appareils  sont  desservis 

(1)  M.  Duvoir  a  successivement  présenté  trois  projets  :  dans  tous,  le  mode  de  chauffage 
des  )»àtlment8  est  identiquement  le  même  ;  nous  ne  les  passerons  en  revue  qu'en  exposant 
le  système  de  ventllallon. 


Digitized  by  VjOOQiC 


CHAP.  V.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        t85 

par  une  même  chaudière  ;  la  température  de  Teau  sera  portée  à  uo 
degré  qui  dépendra  de  la  température  extérieure  et  du  volume  d*air 
de  ventilation  à  fournir.  L*air  appelé  par  des  ouvertures,  communi- 
quant avec  l'extérieur,  pénètre  dans  le  canal  qui  règne  sous  le  corridor, 
s'échauffe  par  son  contact  avec  les  tuyaux  et  les  poêles  à  eau,  et  se 
répand  dans  Tenceinte  par  huit  bouches  de  chaleur  dont  la  position 
correspond  à  celle  des  huit  poêles.  L'air  du  corridor  ainsi  échauffé 
est  ensuite  versé  dans  les  cellules  par  un  moyen  d'appel  dont  nous 
rendons  compte  plus  bas.  Gomme,  à  raison  du  mode  de  chauffage  de 
l'air  dans  les  corridors,  il  ne  saurait  régner  dans  cette  enceinte  une 
température  uniforme,  M.  Duvoir  a  muni  chacune  des  cellules  du 
rez-de-chaussée  d'une  bouche  spéciale  de  chaleur  communiquant  avec 
le  canal  d'air  chaud  du  corridor. 

2357.  «  Quant  à  la  rotonde,  elle  est  en  partie  chauffée  par  la  fumée 
des  calorifères  qui  passe  sous  des  plaques  de  fonte  placées  au  pourtour 
de  cette  pièce';  le  courant  d'air  circulant  autour  des  conduits  de  fumée 
s'échauffe  et  se  répand  dans  la  pièce  par  plusieurs  bouches  de  chaleur  ; 
de  plus,  un  poêle  à  eau  chaude  occupe  le  centre  de  cette  rotonde.  Les 
autres  salles  du  rez-de-chaussée  sont  chauffées  par  des  poêles  à  eau 
chaude  et  des  bouches  de  chaleur,  émettant  de  l'air  chauffé  au  contact 
des  tuyaux  à  circulation. 

2358.  Ventilation  cT hiver.  —  a  Les  trois  projets  successivement 
présentés  par  M.  Duvoir,  offrent  beaucoup  de  dispositions  communes 
et  ne  différent  que  par  les  moyens  employés  pour  déterminer  l'appel 
général  de  l'air  de  ventilation.  Dans  chacun  de  ces  projets  l'expulsion 
de  l'air  des  cellules  et  salles  du  rez-de-chaussée,  a  lieu  au  niveau  du 
sol  par  des  conduits  qui  se  rendent  sous  les  grilles  des  foyers  des  chau- 
dières ;  l'évacuation  de  l'air  des  cellules  des  étages  supérieurs,  au 
contraire,  a  lieu  par  le  haut;  à  cet  effet,  il  existe  dans  chaque  cellule 
une  cheminée  verticale  à  section  carrée  de  C  12  de  côté  ;  toutes  ces 
cheminées  viennent  se  rendre  individuellement  dans  une  série  de 
tuyaux  circulaires  en  tôle  de  0"  13  de  diamètre  et  qui  courent  hori- 
zontalement à  la  partie  supérieure  du  bâtiment  pour  aboutir  aux 
cheminées  chargées  de  déterminer  l'aspiration  générale. 

2359.  Mode  Rappel  général.  —  l^'  projet.  —  «  Le  premier  projet, 
présenté  en  1841  par  M.  Duvoir,  n'offre  qu'une  seule  cheminée  par 
corps  de  bâtiment  ;  cette  cheminée,  placée  vers  Tune  des  extrémités 
de  l'aile  du  bâtiment,  et  qui  reçoit  les  fumées  des  foyers  des  chaudières 
placées  dans  les  caves,  est  seule  chargée  de  déterminer  l'appel  de  l'air 
des  cellules  des  étages  supérieurs,  en  vertu  de  la  température  qu'y 


Digitized  by  VjOOQlC 


186    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

entretiennent  les  produits  de  la  combustion  ;  deux  rampants  commu- 
niquant avec  cette  cheminée  reçoivent  chacun  les  tuyaux  correspon- 
dant à  la  double  série  des  cellules  de  chaque  côté  du  couloir. 

2360.  2*  projet.  —  «  Dans  le  deuxième  projet,  la  ventilation  des 
cellules  du  1"  et  du  1^  étage  de  chaque  bâtiment,  a  lieu  par  deux 
cheminées  de  4'"  50  de  hauteur  placées  sur  les  combles,  et  indépen- 
dantes de  la  cheminée  servant  a  Tappel  des  fumées  du  calorifère. 
Chaque  cheminée  renferme  un  réservoir  à  eau  chaude  dont  la  sur- 
face de  chauffe  est  de  66  mètres  carrés.  L'air,  échauffé  par  le  contact 
de  cet  appareil,  entretient  dans  cette  cheminée  une  températm^e  assez 
élevée  pour  déterminer  une  aspiration  active  de  Tair  des  cellules.  Les 
tuyaux  communiquant  avec  les  cheminées  des  cellules  et  qui  courent 
horizontalement  dans  les  combles»  vont  aboutir  dans  une  gaine  an* 
nulaire  qui  entoure  le  réservoir  à  eau  chaude;  ces  tpyaux  de  tôle  sont 
munis  de  clefs,  de  façon  à  pouvoir  intercepter  la  veutilation  et  arrêter 
le  chauffage  des  parties  inoccupées  du  bâtiment.  Dans  ce  projet, 
M.  Duvoir  comptait  chauffer  les  poêles  à  eau  qui  se  trouvent  dans  les 
cheminées  d'appel  au  moyen  de  la  chaudière  placée  dans  la  cave. 
L'eau  de  circulation  dirigée  vers  la  partie  supérieure  du  bâtiment 
revenait  à  la  chaudière  après  avoir  traversé  les  deux  poêles  de  ven- 
tilation et  être  redescendue  dans  les  tuyaux  et  poêles  régnant 
sous  le  couloir  du  rez-de-chaussée. 

2361 .  3*  projet.  —  «  Le  troisième  et  dernier  projet  de  M.  Duvoir 
ne  diffère  du  précédent  que  par  l'établissement,  dans  les  combles, 
d'un  foyer  spécial  pour  chauffer  chaque  poêle  à  eau.  Cette  disposition 
abaisse  de  30,000  fr.  le  devis  du  deuxième  projet. 

2362.  Circulation  de  Pair  dans  les  cellules.  —  «  Voici  maintenant 
quelques  détails  sur  le  mode  d'introduction  et  de  sortie  de  l'air  pour 
le  chauffage  et  la  ventilation  des  cellules  du  premier  et  du  second 
étage,  dans  le  système  conçu  par  M.  Duvoir,  système  qu'il  regarde 
comme  très-avantageux.  L'air  chaud  du  couloir  est  introduit  dans 
la  cellule  par  la  partie  supérieure,  en  passant  sous  l'un  des  balcons  ; 
une  double  issue  est  ménagée  pour  l'évacuation  de  l'air,  qui  se  fait  par 
le  bas  de  la  cellule.  Une  partie  de  Tair,  court  d'abord  horizontalement 
sous  le  sol  de  la  cellule  et  pénètre  dans  la  caisse  qui  contient  le  vase 
de  nuit,  l'enveloppe  et  s'échappe  par  une  cheminée  verticale  aboutis- 
sant par  une  conduite  horizontale  à  la  gaine  générale  d'appel.  La 
seconde  issue  ménagée  à  l'air  de  sortie  est  un  orifice  voisin  du  pre- 
mier; l'air,  après  avoir  parcouru  un  petit  canal  horizontal  sous  le 
sol  de  la  cellule,  est  versé  dans  le  corridor  au-dessous  de  l'un  des 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.         187 

balcons;  la  surface  des  deux  orifices  de  sortie  de  l'air  est  égale  à  la 
section  de  l'orifice  d'admission.  Ainsi,  il  y  aurait,  suivant  M.  Duvoir, 
une  circulation  d'air  continue  du  couloir  dans  les  cellules  et  des 
cellules  dans  le  couloir  ;  cette  circulation  aurait  lieu  en  vertu  de  la 
différence  de  température  de  Tair  dans  le  couloir  et  dans  les  cellules, 
et  en  vertu  de  l'appel  déterminé  par  les  cheminées.  Ainsi  que  nous 
l'avons  déjà  dit,  la  ventilation  des  rez-de-chaussée,  couloirs,  cellules, 
rotondes,  etc.,  a  lieu  en  totalité  par  les  cendriers  des  appareils  do 
chauffage  placés  dans  la  cave  ;  l'air,  appelé  des  cellules,  circule  égale- 
ment autour  du  vase  de  nuit,  avant  de  s'échapper  par  un  conduit 
partant  du  sol  et  se  rendant  sous  les  foyers  des  caves  ;  la  cheminée 
verticale  de  la  cellule  est  condamnée  pendant  l'hiver. 

2363.  Cabinet  de  vidange.  —  «  A  chaque  étage  des  cellules  se 
trouve  un  cabinet  de  vidange  placé  à  l'extrémité  du  couloir  ;  les  vases 
de  nuit  sont  vidés  dans  un  conduit  répondant,  par  son  extrémité  infé- 
rieure, à  une  tonne  placée  au  rez-de-chaussée,  où  les  déjections  viennent 
s'accumuler  ;  ce  cabinet  est  divisé  en  deux  compartiments  munis  cha- 
cun d'une  porte  ;  à  la  partie  supérieure  une  prise  d'air  extérieur  a  été 
ménagée.  L'air  aspiré  descend  d'abord,  par  l'entonnoir  correspondant 
à  chaque  étage,  au  conduit  de  vidange  ;  puis  il  remonte  presque  immé* 
diatement  dans  une  cheminée  d'appel  où  un  tirage  énergique  est  dé« 
terminé  par  le  tuyau  à  eau  chaude  qui  se  dirige  vers  les  combles. 

2364.  Ventilation  d!été.  —  La  ventilation  des  couloirs  aura  lieu  par 
un  appel  qui  s'établira  à  la  partie  supérieure  en  ouvrant  plusieurs  ori- 
fices dont  les  sections  réunies  auront  1  mètre  carré  39  ;  ces  ouvertures 
restent  fermées  pendant  l'hiver;  en  ouvrant  deux  lucarnes  à  droite  et  à 
gauche  de  chaque  ouverture,  il  y  aura  appel  énergique,  suivant  M..  Du- 
voir,  l'air  du  grenier  étant  très-échauffé. 

«  L'appel  de  l'air  extérieur  aura  lieu  par  des  tuyaux  en  zinc  ou  en 
maçonnerie  placés  dans  l'intérieur  des  caves,  et  débouchant  dans  le  ca- 
nal longitudinal  du  torridor.  ^ 

2365.  M.  Duvoir  propose  d'entourer,  au  besoin,  ces  conduits  de  glace 
pour  rafraîchir  convenablement  l'air  d'admission.  L'air  de  ventilation 
pénétrera  du  corridor  dans  les  cellules  par  le  bas  ;  la  sortie  de  l'air  a 
lieu,  pour  toutes  les  cellules  sans  exception,  par  les  cheminées  verticales 
aboutissant  dans  les  combles,  et  qui,  au  rez-de-chaussée,  sont  bouchées 
pendant  l'hiver,  lors  de  l'appel  par  le  foyer.  Les  conduits  qui  se  rendent 
sous  le  cendrier  sont,  au  contraire,  bouchés  pendant  l'été,  ainsi  que  les 
orifices  supérieurs  communiquant  avec  le  corridor.  Les  réservoirs  d'eau 
chaude,  placés  dans  les  cheminées,  déterminent  l'appel  général.  Ainsi 


Digitized  by  VjOOQIC 


i88    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

que  nous  Tavons  déjà  dit,  suivant  le  deuxième  projet  de  M.  Duvoir, 
cette  eau  est  chauffée  par  un  tuyau  ascensionnel  partant  du  calorifère 
Dans  le  troisième  projet,  les  communications  de  ces  poêles  avec  les  ca- 
lorifères des  caves  sont  supprimées,  et  chaque  réservoir  est  chauffé  par 
un  foyer  spécial  placé  dans  les  combles.  On  charge  d*un  seul  coup 
tout  le  combustible  destiné  à  chauffer  Teau  du  poêle  qui  produit  la 
ventilation. 

«  Tel  est  le  système  de  chauffage  et  de  ventilation  proposé  par 
M.  Duvoir. 

2366.  Frais  d établissement  des  appareils,  —  «  Le  devis  du  pre- 
mier projet  s'élôvait  à  la  somme  de  \  50,000  fr.  ;  le  second  projet  s'élève 
à  223,434  fr.;  enfin,  d'après  le  troisième  projet,  M.  Duvoir  s'engage  à 
établir  ses  appareils  pour  la  somme  de  193,434  fr. 

«  Le  chauffage  aurait  lieu  pendant  sept  mois  de  l'année  ;  les  calori- 
fères ne  seraient  allumés  que  pendant  douze  heures  :  durant  la  nuit,  le 
chauffage  et  la  ventilation  continueraient  à  raison  de  Texcès  de  tempé- 
rature que  l'eau  conservera  longtemps  après  la  cessation  du  feu. 

2367.  Prix  du  chauffage  et  de  la  ventilation.  —  «  M,  Léon  Duvoir 
s'engage  à  entretenir  le  chauffage  et  la  ventilation  pendant  douze  ans, 
aux  conditions  suivantes  : 

2368.  Chauffage  et  ventilation  (F hiver.  —  «  Pendant  le  jour,  la 
quantité  d'air  appelé  par  heure  serade  129,000mètres  cubes  (cequicor- 
respond  à  une  ventilation  de  50  mètres  cubes  par  cellule  et  par  heure). 
Cet  air  sera  maintenu  à  la  température  de  15''  dans  les  cellules  ;  la  nuit, 
après  la  cessation  du  feu,  la  ventilation  sera  réduite  de  moitié,  suivant 
M.  Duvoir. 

((  La  dépense  par  vingt-quatre  heures,  tant  pour  le  chauffage  que 
pour  laventilation,sera  de  78  fr.  Si  Ton  voulait  diminuer  la  ventilation, 
la  réduction  dans  le  prix  de  revient  correspondrait  à  0  fr.  03  c.  par 
\  ,000  mètres  cubes  d'air,  chauffé  à  15\ 

«  Le  prix  de  la  ventilation  d'été,  y  compris  l'air  atnené  par  les  tuyaux 
des  caves,  sera  deO''. 01  par  1,000  mètres  cubes  d'air  appelé;  en 
conséquence  ,  la  ventilation ,  à  raison  de  120,000  mètres  cubes  par 
heure,  coûterait  23  fr. 

«  Le  prix  d'entretien  des  appareils  pendant  les  douze  années  est  de 
500  fr.  pour  le  premier  projet  et  de  500  fr.  pour  le  second. 

2369.  Nouvelles  propositions  de  M .  Duvoir.  —  «Dans  le  but  d'éviter 
tout  malentendu,  nous  avons  cru  devoir  donner  lecture  à  M.  Duvoir  de 
la  partie  de  ce  rapport  qui  comprend  la  description  de  son  système  de 
chauffage  et  de  ventilation. 


Digitized  by  VjOOQiC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PKISONS.        189 

a  Ce  constructeur  nous  a  alors  déclaré  que ,  outre  les  dispositions 
énoncées  dans  ses  notes  et  devis,  il  avait  encore  deux  autres  systèmes 
de  chauffage  des  cellules  dont  il  n'a  encore  donné  qu'une  simple  com- 
munication verbale.  La  première  modification  consisterait  à  chauffer 
directement  les  cellules  du  rez-de-chaussée  et  des  étages  supérieurs  par 
les  conduits  pratiqués  dans  l'épaisseur  des  murs ,  et  partant  du  canal 
qui  existe  au  sol  du  corridor  ;  dans  ce  système,  toute  communication 
d'air  avec  le  corridor  serait  supprimée.  La  seconde  modification  con- 
sisterait à  chauffer. directement  les  cellules  par  le  moyen  que  nous  ve- 
nons d'indiquer,  et  ensuite  le  corridor  par  la  circulation  de  l'air  venant 
des  cellules. 

2370.  Observations  sur  le  projet  de  M.  Léon  Duvoir, —  «  En  jetant 
les  yeux  sur  Tensemble  des  projets  de  M.  Duvoir^  la  commission  sera 
frappée  de  leur  complication.  En  effet,  les  cellules  du  rez-de-chaussée 
sont  chauffées  directement  par  des  courants  d'air  chaud  partis  des 
poêles,  et,  en  même  temps,  par  l'air  des  corridors,  tandis  que  celles  du 
premier  et  du  deuxième  étage  sont  chauffées  seulement  par  la  circula- 
tion de  l'air  des  corridors.  Les  cellules  du  rez-de-chaussée,  ainsi  que  les 
couloirs,  sont  ventilées  par  les  foyers  des  fourneaux,  et  les  autres  cel- 
lules par  des  cheminées  d'appel  spéciales  chauffées  par  des  poêles  à  eau 
chaude.  L'été,  la  ventilation  des  cellules  du  rez-de-chaussée  est  différente 
de  celle  d'hiver  ;  elle  s'effectue  par  de  petites  cheminées,  qui  sont  hou-  ' 
chées  quand  l'appel  de  l'air  a  lieu  par  le  retour  au  foyer. 

«  Cette  complication  a  rendu  le  travail  de  la  commission  difficile  ; 
car  il  était  de  son  devoir  de  s'assurer  si  un  projet  ainsi  conçu  permet- 
trait d'obtenir  dans  les  cellules  une  température  et  une  ventilation  bien 
uniformes.  Nous  avons  donc  été  forcés  de  discuter  une  à  une  toutes  les 
propositions,  très-variées  du  reste,  de  M.  Léon  Duvoir. 

2371.  «Le  chauffage  préalable  des  corridors,  et  certainement  à  une 
plus  haute  température  que  les  cellules,  nous  parait  une  mauvaise  dis- 
position ;  car  les  corridors  qui  ne  servent  que  de  passage  aux  gardiens, 
n'ont  pas  besoin  d'être  aussi  bien  chauffés  que  les  cellules,  d'autant  plus 
que  la  déperdition  de  la  chaleur  par  la  voûte,  et  par  les  grands  vitraux 
qui  la  ferment,  serait  considérable. 

«  Le  chauffage  direct  des  corridors  par  des  poêles  placés  au-dessous  du 
sol  établira  nécessairement  une  température  croissante  de  bas  en  haut, 
et  le  chauffage  des  cellules  par  la  circulation  de  l'air  des  corridors  pro- 
duira au  même  niveau  une  différence  de  température  qu'il  est  impos- 
sible d'estimer  d'avance.  M.  Duvoir  assure  que  l'accroissement  de  tem- 
pérature du  corridor  n'atteindra  pas  4**  ;  mais  cette  différence  porterait 


Digitized  by  VjOOQIC 


190    U\.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

déjà  à  tê*"  la  température  de  Tair  à  la  hauteur  des  plafonds  du  deuxième 
étage.  M.  Duvoir  prétend  aussi  que  la  différence  de  température  entre 
Tair  des  celluleset  Tair  du  corridor  ne  sera  que  de  2%  parce  qu'il  aug- 
mentera le  nombre  et  l'étendue  des  oriflces  de  communication ^  pour 
que  le  chauffage  des  cellules  ait  lieu  pour  cette  petite  différence  de  tem- 
pérature. Mais  les  dimensions  de  ces  orifices  doivent  être  déterminées 
avant  la  construction  des  cellules ,  et  nous  ne  savons  sur  quelles  bases 
on  peut  fonder  les  calculs. 

c(  Ce  mode  de  circulation  de  Tair  du  corridor  dans  les  cellules,  et  des 
cellules  dans  le  corridor,  aurait  Tinconvénient  de  remettre  Tair  vicié 
en  circulation^  d'exiger  une  plus  grande  ventilation  pour  l'assainisse- 
ment y  et  de  permettre  à  un  détenu  d'infecter  à  volonté  tout  son 
quartier. 

2372.  c(  Quant  au  nouveau  projet  de  chauffage  direct  des  cellules  par 
de»  courants  d'air  chaud  émanant  des  poêles,  et  s'élevant  à  travers  les 
murailles^  projet  dont  M.  Duvoir  nous  a  donné  communication  verbale, 
mais  dont  nous  ne  trouvons  aucune  trace  dans  les  documents  qui  nous 
ont  été  remis,  il  produirait  sans  aucun  doute  une  grande  inégalité  de 
température  dans  les  cellules  des  différents  étages.  Il  en  serait  de  même 
d'un  troisième  mode  de  chauffage,  dont  il  n'est  pas  plus  question  que  du 
précédent  et' qui  consisterait  à  chauffer  les  cellules,  comme  nous  venons 

'de  le  dire,  et  à  chauffer  ensuite  les  couloirs  par  l'air  des  cellules. 

«  En  mettant  à  part  les  inconvénients  que  nous  venons  de  signaler,  le 
mode  de  chauffage  adopté  par  M.  Duvoir  nous  parait  moins  avantageux 
que  celui  dans  lequel  l'air  de  ventilation  débouche  par  un  seul  orifice 
pratiqué  dans  le  sol,  parce  que  cette  dernière  disposition  permet  aux 
détenus  de  se  chauffer  les  pieds  dans  le  courant  d'air  chaud. 

2373.  «  Dans  le  premier  projet  présenté  par  M.  Duvoir,  la  sortie  de 
Tair  des  cellules  s'effectue  par  des  tuyaux  qui  vont  aboutir  près  de  la 
partie  supérieure  des  cheminées  des  fourneaux.  Cette  disposition  pro- 
duirait évidemment  des  effets  si  faibles  et  si  variables,  qu'il  n'est  pas 
nécessaire  d'insister  sur  son  insuffisance.  Dans  le  troisième  projet,  la 
ventilation  des  cellules  du  premier  et  du  deuxième  étage  s'effectue  par 
douze  cheminées  qui  partent  des  combles ,  dans  lesquelles  aboutissent 
les  tuyaux  de  sortie  de  l'air  des  cellules,  et  qui  renferment  chacune  un 
poêle  à  eau  chaude ,  chauffé  par  un  foyer  intérieur.  Cette  disposition, 
dans  laquelle  il  y  a  dix-huit  foyers  à  entretenir,  dont  douze  dans  des 
greniers  qui  ne  communiquent  pas  entre  eux,  exigerait  trop  de  soins, 
trop  de  surveillance,  et  présenterait  trop  de  chances  d'incendie  pour 
être  admise. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        191 

2374.  «  Enfin,  le  deuxième  projet,  le  seul  qui  nous  paraisse  mériter 
d'être  examiné,  ne  diffère  du  troisième  que  par  le  mode  de  chauffage 
des  poêles.  L'eau  qu'il  renferme  est  chauffée  par  les  chaudières  qui  se 
trouTent  dans  les  caves  de  la  rotonde.  Dans  ce  projet,  comme  dans  le 
troisième,  la  ventilation  des  cellules  du  rez-de-chaussée  et  de  ses  cou- 
loirs a  lieu  par  les  foyers  des  fourneaux,  et  celle  des  autres  étages  par 
des  cheminées  renfermant  des  poêles  à  eau  chaude.  Nous  examinerons 
successivement  ces  deux  modes  d'appel. 

2375.  Appel  par  les  poêles  à  eau  chaude  —  «  L'appel  de  Tair  par 
des  poêles  à  eau  chaude  placés  dans  les  cheminées  a  l'avantage  incon- 
testable de  produire  une  graiide  régularité  dans  le  tirage,  quand  l'eau 
est  maintenue  à  une  température  à  peu  près  constante,  et  de  prolonger 
le  tirage  après  l'extinction  des  foyers,  mais  avec  une  activité  qui  di- 
minue avec  la  température  de  l'eau.  Dans  les  cheminées  d'appel  chauf- 
fées directement  par  un  foyer  alimenté  des  mêmes  quantités  de  com- 
bustible à  des  intervalles  égaux,  il  y  a  certainement  des  variations  de 
tirage  qui  se  reproduisent  périodiquement  ;  mais  ces  variations  sont 
peu  considérables,  car  la  vitesse  de  l'air  appelé  n'éprouve  que  des 
changements  assez  faibles,  pour  des  différences  de  température  même 
considérables  dans  la  cheminée.  D'ailleurs  ces  variations  sont  sans  im- 
portance,  car  jamais  la  quantité  de  ventilation  n'est  déterminée  avec 
assez  de  précision  pour  qu'une  variation,  même  considérable,  mais 
périodique,  puisse  avoir  de  l'influence  sur  la  santé. 

2376.  «  Quant  à  la  continuité  du  chauffage  pendant  la  nuit,  que 
présentent  les  poêles  à  eau  chaude,  on  peut  l'obtenir  dans  les  chemi- 
nées d'appel  ordinaires ,  en  chargeant  les  foyers  pour  sept  à  huit 
heures. 

tt  Ainsi ,  les  poêles  à  eau  chaude  n'ont  d'autre  avantage  sur  les 
foyers  d'appel  ordinaires,  que  d'exiger  moins  de  soins,  et  ils  ont  Tin- 
coqvénient  d'exiger  de  très-grandes  surfaces  de  chauffe.  Pour  l'appel 
de  Tair  de  ventilation  des  cellules  du  premier  et  du  deuxième  étage, 
dans  le  système  de  M.  Duvoir,  il  faut  au  moins  800  mètres  carrés  de 
surface  de  chauffe,  sans  comprendre  les  chaudières  destinées  au  chauf-^ 
fage  de  l'eau  et  des  tuyaux  de  conduite  :  c'est  en  effet  la  surface  que 
nous  trouvons  dans  le  projet  de  ce  constructeur.  Le  prix  de  ces  poêles, 
avec  les  tuyaux  de  circulation  et  les  cheminées,  s'élève,  dans  le  devis, 
à  36,000  fr.,  somme  à  laquelle  il  faudrait  ajouter  le  prix  des  chau- 
dières destinées  au  chauffage  de  Teau.  Nous  trouvons  que  Tavanlage 
que  présente  ce  mode  de  ventilation  est  payé  trop  ^^^^' 

2377.  «D'ailleurs,  dans  la  disposition  adopta®  P^^  ^*-  Duvoir,  h 


Digitized  by  VjOOQIC 


192    LIV.   XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

chaleur  serait  moins  bien  utilisée  que  dans  une  cheminée  d'appel 
ayant  un  foyer  spécial,  et  parce  qu'il  y  a  nécessairement  une  perte  de 
chaleur  dans  le  trajet  de  Teau  chaude  des  chaudières  aux  poêles  et  àes 
poêles  qpx  chaudières,  et  parce  que  les  cheminées,  partant  des  combles, 
ne  peuvent  avoir  qu'une  petite  hauteur.  A  la  vérité,  l'emploi  d'une 
cheminée  d'appel  unique  obligerait  à  faire  descendre  l'air;  mais  la 
perte  serait  bien  plus  que  compensée  par  la  hauteur  qu'on  pourrait 
donner  à  la  cheminée,  et  par  l'excès  de  température  que  l'air  y  pren- 
drait. 

2378.  «  Nous  ajouterons  que  les  avantages  que  pourraient  présenter 
les  poêles  à  eau  chaude  ne  sont  pas  réalisés  dans  le  projet  de  M.  Duvoir  ; 
car  l'eau  chaude,  en  sortant  des  chaudières,  passe  d'abord  dans  les 
poêles  des  cheminées,  et  ensuite  dans  les  poêles  placés  au-dessous  du 
sol  des  couloirs  ;  par  conséquent,  la  température  dans  tous  les  poêles 
variera  dans  le  même  sens,  et  par  suite  la  ventilation  sera  très-grande 
quand  il  fera  très-froid,  et  sera  faible  dans  le  cas  contraire.  Cette 
observation  a  été  communiquée  à  M.  Duvoir,  qui  nous  a  répondu  qu'il 
y  avait  dans  les  caves  une  chaudière  supplémentaire  destinée  à  la  ven- 
tilation d'été,  et  qui  servait  l'hiver  à  augmenter  la  température  des 
poêles  des  chen^nées,  quand  cela  est  nécessaire  ;  mais  nous  n'avons 
trouvé  aucune  indication  de  cette  chaudière,  ni  dans  les  plans,  ni  dans 
le  devis.  11  y  a  bien  une  septième  chaudière,  mais  elle  est  destinée  au 
chauffage  de  l'administration. 

^379.  Appel  par  les  foyers  des  chaudières,  —  «  Quantàla  ventilation 
des  cellules  du  rez-de-chaussée  par  les  cendriers  des  fourneaux,  ce 
mode  de  tirage  ne  présente  qu'une  très-faible  économie,  qui  correspond 
seulement  à  20  mètres  cubes  d'air  par  kilogramme  de  houille  brûlée; 
tout  l'air  appelé  en  outre  exige  autant  de  chaleur  pour  être  chauffé  que 
s'il  était  appelé  par  un  foyer  spécial.  Mais  cette  disposition  a  le  grand 
inconvénient  de  produire  par  un  même  foyer  le  chauffage  et  la  venti- 
lation, et  par  conséquent  de  faire  marcher  ces  deux  effets  dans  le  même 
sens..  Nous  avons  communiqué  cette  observation  à  M.  Duvoir,  qui  est 
convenu  que,  par  ce  mode  d'appel,  la  ventilation  augmente  ou  diminue 
avec  le  chauffage. 

2380.  Frais  de  chauffage  et  de  ventilation.  —  «  Nous  trouvons  dans 
le  mémoire  et  dans  les  lettres  de  M.  Duvoir,  qu'il  s'engage  à  maintenir 
toutes  les  pièces  du  bâtiment  de  la  Force  à  une  température  de  IS""  et  à 
produire  une  ventilation  de  129,000  mètres  cubes  d  air  par  heure  pen- 
dant le  jour,  et  de  moitié  seulement  pendant  la  nuit,  pour  une  somme 
de  78  fr.  par  jour,  et  pour  un  chauffage  continu  de  sept  mois. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        i  93 

«  Nous  avons  dû  chercher  à  nous  rendre  compte  des  dépenses  qu'oc- 
casionneraient le  chauffage  et  la  yentilation  dans  le  système  proposé, 
d'autant  plus  que  M.  Duvoir  fait  consister  principalement  les  avantages 
de  son  système  dans  l'économie  des  moyens  de  ventilation. 

«  Une  feuille  de  dessin  sur  laquelle  se  trouve  la  description  des 
chaudières  à  eau  chaude  et  des  poêles,  contient  des  calculs  très-nets  et 
fondés  sur  des  bases  exactes  qui  établissent  la  dépense  de  combustible. 
M.  Duvoir  trouve  que,  pour  compenser  la  perte  moyenne  de  chaleur 
par  les  vitres  et  par  les  murailles,  il  faut  par  heure  58  kilogrammes  de 
houille  ;  que  la  quantité  de  combustible  nécessaire  pour  élever 
129,000  mètres  cubes  d'air  à  la  température  moyenne  de  IS""  est  de 
45  kilogrammes,  en  tout  lOS"*"  33.  Le  calcul  s'arrête  là,  et  il  n'est 
pas  question  de  la  consommation  par  jour  ;  mais  en  supposant  que  le 
chauffage  soit  de  12  heures,  et  que  la  perte  de  chaleur  pendant  la  nuit 
soit  quatre  fois  plus  petite  que  le  jour,  la  dépense  par  jour  s'élèverait  à 
75  fr.,  somme  bien  peu  différente  de  celle  qui  est  demandée,  et  seu- 
lement pour  le  chauffage ,  sans  compter  la  dépense  qu'exige  la  sortie 
forcée  de  l'air.  Cependant  on  lit  dans  le  mémoire  de  M.  Duvoir  les 
lignes  suivantes  : 

«  Je  fais  remarquer  que  le  cube  d'eau  d'appel,  dans  mon  système, . 
«  chauffe  l'air  de  la  gaine  qui  le  renferme  à  00°,  terme  moyen,  et  par 
a  conséquent  que,  l'intérieur  des  pièces  n'étant  qu'à  i  5"",  il  y  aurait 
CI  constamment  une  différence  de  température  de  TS""  entre  l'air  des  che- 
<  minées  et  l'air  des  cellules,  température  qui  suffit  pour  établir  une 
«bonne  ventilation  pendant  les  17  heures  12  minutes  que  dure 
a  encore  le  chauffage.  x> 

<c  Cette  haute  température  dans  les  cheminées  d'appel  nous  ayant 
paru  beaucoup  trop  considéraUe,  nous  en  avons  fait  la  remarque  à 
M.  Duvoir,  qui  nous  a  dit  que  la  température  moyenne  de  sortie  de 
l'air  serait  de  46  à  47'',  et  que  l'air  arriverait  à  la  partie  inférieure  des 
poêles  à  9°  seulement,  à  cause  du  refroidissement  qu'il  éprouve  dans 
le  trajet.  D'après  cela,  l'air  serait  échauffé  de  SS""  par  les  poêles,  et 
en  supposant  que  l'air  qui  s'écoule  par  les  cheminées  des  fourneaux 
éprouvât  seulement  le  même  accroissement  de  température,  la  consom- 
mation par  heure,  pour  le  chaxiffiige  de  129,000  mètres  cubes,  serait 
de  244  kilogrammes  et  en  admettant  que  la  perte  de  chaleur,  pendant 
la  nuit,  fût  seulement  le  quart  de  celle  qui  a  lieu  pendant  le  jour,  la 
dépense  par  jour  s'élèverait  à  180  fr.  seulement  pour  la  sortie  de  l'air 
de  ventilation. 

2381.  «  Une  preuve  évidente  que  M.  Duvoir  ne  s'e^t  pas  rendu 
m.  il 


Digitized  by  VjOOQIC 


104    LTV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

compte  des  frais  de  ventilation,  c'est  qu'il  demande  3  centimes  par 
1,000  mètres  cubes  d'air  à  soutirer,  le  chauffage  compris.  Celle  der- 
nière proposition  se  trouve  dans  une  lettre  adressée,  le  30  octobre 
dernier^  au  président  de  la  commission  chargée  d'examiner  les  pro- 
jets, et  M.  Duvoir  nous  a  plusieurs  fois  répété  que,  si  on  veut  une 
plus  faible  ventilation,  la  dépense  par  jour  sera  diminuée  d'autant  de 
fois  3  centimes  qu'on  supprimera  de  1,000  mètres  cubes. 

«  D'abord  il  est  évident  que  les  dépenses  de  chauffage  et  de  venlila- 
tion  réunies  ne  peuvent  pas  être  proportionnelles  à  la  ventilation  seule  ; 
caria  perte  de  chaleur  par  les  vitres  et  par  les  murailles  est  indépen- 
dante^ pour  la  même  température  intérieure,  du  volume  d'air  appelé. 
D'ailleurs,  pour  0  fr.  03  c,  on  ne  peut  chauffer  1^000  mètres  cubes 
que  de  5"*  5^  en  comptant  la  houille  seulement  à  3  fr.  l'hectolitre, 
et  l'air  extérieur  étant  à  une  température  moyenne  de  7"*  et  devant  être 
porté  à  15®,  il  ne  resterait  que  8"  pour  le  refroidissement  par  les  vitres 
et  par  les  murailles  et  réchauffement  de  l'air  dans  les  cheminées  d'ap- 
pel, ce  qui  est  évidemment  insuffisant. 

2382.  «  Dans  la  même  lettre  du  30  octobre  1842  se  trouve  le  passage 
suivant  :  «  L'été,  y  compris  fourniture  de  glace  pour  rafraîchir  et  as- 
sainir l'intérieur  de  la  prison,  le  prix  sera  de  t/n  centime  par  1,000 
mètres  cubes  d'air  soutiré.  »  La  somme  demandée  correspondrait  à  un 
accroissement  de  température  de  5^  2  dans  les  cheminées  d'appel,  ce 
qui  ne  produirait  évidemment  aucun  effet. 

<(  Mais,  indépendamment  de  toutes  les  observations  qui  précèdent,  il 
y  a  une  considération  qui,  à  notre  avis,  suffirait  pour  rendre  le  projet 
de  M.  Duvoir  inadmissible. 

«  Il  s'agit  d'un  appareil  devant  maintenir  dans  les  pièces  une  tempé- 
rature et  une  ventilation  déterminées.  Le  constructeur  s'engage,  moyen- 
nant une  certaine  somme,  à  produire  ces  deux  effets;  mais  le  marché 
ne  peut  être  accepté  qu'autant  que  l'appareil  sera  disposé  de  telle  ma- 
nière que  l'on  puisse  vérifier  si  les  conditions  imposées  sont  remplies, 
et  cela,  non  pas  une  fois  pour  toutes,  mais  soiivent  et  à  l'insu  de  l'en- 
trepreneur ;  or,  pour  le  marché  dont  il  est  question,  une  vérification 
fréquente  est  encore  plus  importante  que  pour  tout  autre,  parce  que  la 
santé  des  détenus  peut  être  compromise  par  une  ventilation  insuf- 
fisante. 

2383.  a  La  température  peut  être  constatée  par  l'inspection  de  ther- 
momètres ;  mais  la  ventilation  est  beaucoup  plus  difficile  à  apprécier. 
La  ventilation  ne  peut  être  mesurée  dans  les  tuyaux  d'entrée  de  l'air 
extérieur,  parce  qu'il  pourrait  en  résulter  une  trop  grande  erreur  due  à 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        495 

l'introduction  de  Tair  par  les  portes  et  les  fenêtres,  surtout  pour  l'été. 
Des  mesures  anémométriques  faites  dans  les  cellules  ne  conduiraient  à 
rien,  parce  que  l'instrument  serait  placé  dans  des  conditions  où  ses  in- 
dications seraient  inexactes  ;  d'ailleurs,  il  y  a  douze  cents  cellules.  Les 
expériences  ne  peuvent  donc  être  faites  que  dans  les  cheminées  d'écou- 
lement de  Vair  chaud  ;  mais,  dans  le  projet  de  M.  Duvoir,  il  y  a  dix-huit 
cheminées  ;  leur  nombre  exclurait  déjà  la  possibilité  d'une  vérification 
journalière  ;  la  difficulté  devient  bien  plus  grande  encore  quand  on 
considère  que,  sur  ces  dix-huit  cheminées,  il  y  en  a  douze  dans  les- 
quelles les  observations  ne  peuvent  être  faites  qu'aux  sommets,  parce 
que  les  parties  supérieures  des  poêles  n'en  sont  qu'à  une  petite  distance. 
11  est  même  peu  probable  qu'avant  de  s'échapper  dans  l'atmosphère, 
les  Yeines  d'air  chaud  soient  assez  bien  mêlées  pour  que  la  vitesse  soit 
uniforme  dans  toute  la  section,  et  qu'on  ne  soit  pas  obligé  de  faire  un 
grand  nombre  d'expériences  pour  avoir  la  vitesse  moyenne.  D'ailleurs 
ces  expériences  exigeraient  des  échafaudages ,  un  temps  très-long  et 
beaucoi^  de  soins,  et  si  elles  étaient  faites  une  fois ,  elles  ne  seraient 
certainement  pas  répétées  ;  ainsi,  on  peut  dire  que  ,  par  l'adoption  du 
projet  de  M.  Duvoir ,  l'administration  se  trouverait  complètement  à  la 
discrétion  de  l'entrepreneur ,  sous  le  rapport  de  la  ventilation. 

2384.  «  En  résumé,  les  défauts  que  nous  trouvons  dans  le  projet  de 
M.  Duvoir  consistent  principalement  dans  le  mode  de  chauffage  des  cel- 
lules, qui  remet  l'air  vicié  en  circulation  ;  dans  le  mode  de  ventilation, 
qui  ne  permet  ni  de  produire  un  appel  constant,  ni  de  mesurer  la  ven- 
tilation ;  et,  comme  ces  défauts  sont  inhérents  aux  dispositions  adoptées 
pour  le  chauffage  et  la  ventilation,  ils  ne  pourraient  être  évités  que  par 
un  changement  total  dans  le  système  proposé. 

Après  la  lecture  du  rapport  de  la  sous-commission,  à  la  réunion  gé- 
nérale, un  membre  a  fait  plusieurs  objections  auxquelles  le  rapporteur  a 
répondu  dans  la  réunion  suivante  ;  je  citerai  seulement  celles  qui  sont 
relatives  aux  critiques  du  système  de  M.  Léon  Duvoir. 

2385.  tt  1*7/  rCy  a  aucun  inconvénient  à  remettre  en  circulation 
F  air  vicié  dans  les  cellules. 

a  Nous  persistons  dans  l'opinion  que  nous  avons  émise  dans  le  rap- 
port. 11  y  a  un  grave  inconvénient  à  ne  jamais  fournir  de  l'air  pur  à  des 
hommes  qui  ne  doivent  point  quitter  leurs  cellules  ;  à  les  condamner  à 
ne  respirer  pendant  toute  leur  détention  que  de  l'air  déjà  vicié  par  les 
autres  détenus,  et  à  permettre  à  un  prisonnier  d'infecter  à  volonté  tout 
son  quartier. 

c<  Le  mode  de  chauffage  adopté  par  M.  Duvoir  aurait  d'ailleurs  les 

.    Digitizedby  VjOOQIC 


196    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

plus  fâcheuses  conséquences  dans  le  cas  où  une  maladie  contagieuse  se 
déclarerait  chez  quelques  détenus. 

2386.  a  2"  En  chauffant  directement  les  poêles  à  eau  chaude  logés 
dans  les  combles^  et  en  déterminant  par  expérience  la  température 
que  doit  avoir  l'eau  chaude  pour  produire  F  effet  demandé^  on  obtien- 
drait de  la  régularité  dans  la  ventilation^  et  une  vérification  facile^ 
attendu  qu'il  stiffirait  de  reconnaître  si  la  température  de  l'eau  est 
bien  celle  qui  doit  correspondre  à  la  température  extérieure. 

«  La  modification  proposée  de  chauffer  isolément  les  poêles  des  com- 
bles par  une  circulation  directe  ferait  disparaître  une  faute  gra^e  du 
projet  de  M.  Duvoir  ;  car,  d'après  les  plans,  les  explications  qu*on  lit 
dans  ses  mémoires,  et  la  description  qui  se  trouve  en  tête  du  rapport 
(description  quia  été  lue  à  M.  Duvoir  et  approuvée  par  lui),  les  poêles 
du  rez-de-chaussée  sont  chauffés  par  Teau  qui  sort  des  poêles  supé- 
rieurs ;  par  conséquent,  ces  derniers  seront  toujours.à  une  température 
plus  élevée,  circonstance  qui  ne  permet  pas  d'obtenir  une  ventilation 
régulière  ;  car  c'est  précisément  en  hiver,  quand  la  température  exté- 
rieure est  le  plus  basse,  que  les  poêles  d'appel  doivent  être  le  moins 
chauffés,  et  que  ceux  d'en  bas  doivent  être  à  la  température  la  plus  élevée. 
«  La  mesure  de  la  ventilation  par  l'observation  de  la  température  de 
l'eau,  exigerait  de  nombreuses  expériences  faites  pour  des  températures 
extérieures  très-différentes  ;  mais  ce  perfectionnement  dans  les  disposi- 
tions du  projet  deM.Duvoir  rendrait  toujours  impossible  la  directiondes 
foyers  de  manière  à  obtenir  un  chauffage  et  une  ventilation  uniformes  ; 
car  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que,  pour  chaque  bâtiment,  c'est  le 
même  foyer  qui  sert  au  chauffage  et  à  la  double  ventilation  par  les  che- 
minées des  combles  et  parles  cendriers.  — De  ces  trois  effets,  deux  doi- 
vent être  constants,  savoir  :  ceux  de  la  ventilation,  et  le  troisième,  le 
chauffage,  doit  varier  avec  la  température  extérieure.  Or,  il  nous  parait 
impossible  que  le  chauffeur  puisse  régler  la  partie  libre  de  la  grille  et 
la  quantité  de  combustible  à  brûler  sur  l'autre,  de  manière  à  produire 
à  la  fois  la  régularité  du  chauffage  et  celle  de  la  ventilation. 

«  D'ailleurs,  en  supposant  que  cette  conduite  du  foyer  fût  possible,  le 
chauffeur  devrait  se  déplacer  à  chaque  instant  pour  aller  reconnaître  si, 
dans  les  greniers  des  six  bâtiments  isolés,  les  poêles  sont  à  la  tempéra- 
ture convenable. 

«  Enfin,  la  vérification  de  la  ventilation  n'exigerait  pas  moins  des 
expériences  ou  des  observations  faites  sur  dix-huit  cheminées,  et  cette 
complication  rendrait  réellement  impossible  le  contrôle  journalier  des 
effets  produits. 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSfiBIENT  DES  PRISONS.        497 

En  outre,  dans  le  cas  même  où  les  poêles  à  eau  chaude  seraient 
chauffés  par  une  cheminée  spéciale,  une  cheminée  d'appel  unique, 
placée  à  côté  des  chaudières,  devrait  être  préférée  sous  tous  les  rapports, 
parce  qu'elle  peut  se  construire  à  peu  de  frais  ;  que  le  même  appel  peut 
y  être  produit  avec  beaucoup  moins  de  combustible;  que  la  ventilation 
peut  y  être  réglée  plus  facilement  et  augmentée  momentanément  ;  que, 
n'exigeant  jamais  de  réparations,  la  ventilation  ne  sera  jamais  inter^ 
rompue  ;  enfin,  parce  qu'elle  permet  une  surveillance  facile  de  la  part 
de  Tadministration.. 

2387,  «  3*  Dans  le  système  de  M.  Duvoir,  la  température  sera  la 
même  dans  toutes  les  cellules^  et  la  ventilation  sera  égcUe^  parce  gtiCj 
la  colonne  d'air  chaud  partant  du  sol,  la  force  ascensionnelle  sera  la 
même  dans  toutes  les  petites  cheminées. 

«  D'abord,  dans  le  système  de  M.  Duvoir,  comme  nous  l'avons  dit 
dans  le  rapport,  les  phénomènes  qui  se  produiraient  dans  les  mouve- 
ments de  Tair  seraient  si  compliqués,  qu'il  est  impossible  de  prévoir 
que]  serait  l'accroissement  de  température  du  corridor  de  bas  en  haut, 
et  quelles  seraient  les  différences  de  température  des  cellules  et  du 
corridor  à  la  même  hauteur. 

<c  D'ailleurs,  il  ne  faut  pas  oublier  que  la  ventilation  du  corridor  et 
des  cellules  du  rez-de-chaussée,  c'est-à-dire  la  moitié  de  la  ventilation 
totale,  s'effectue  par  les  cendriers  des  fourneaux,  appel  qui,  par  sa  na- 
ture même,  variera  avec  la  température  extérieure,  et  il  est  facile  de  voir 
que  les  variations  de  l'appel  changeront  constamment  la  distribution 
de  la  chaleur  dans  le  corridor,  et,  par  suite,  la  température  dans  les 
cellules  des  différents  étages. 

«  Ainsi  il  est  impossible  de  prévoir  d'avance  dans  quelles  limites  va- 
rieront les  températures  des  cellules,  et  les  volumes  d'air  qui  les  tra- 
verseront. 

a  Dans  le  système  de  M.  Grouvelle,  au  contraire,  on  obtiendra  une 
répartition  uniforme  delà  chaleur^  parce  que  chaque  cellule  est  chauffée 
directement  :  dans  toutes  les  cellules  d'un  même  bâtiment  la  ventilation 
sera  la  même,  parce  que  l'influence  des  petites  cheminées  est  très-faible 
relativement  à  celle  de  la  cheminée  centrale  ;  le  foyer  de  chauffage, 
ainsi  que  le  foyer  d'appel ,  étant  distincts ,  ces  deux  effets  pour- 
ront être  réglés  ;  enfin,  comme  le  chauffage  et  l'appel  sont  produits 
chacun  par  un  seul  foyer ,  on  pourra  facilement  obtenir  l'uni- 
formité de  température  et  de  ventilation  dans  tous  les  corps  de 
bfttiment. 

2388.  a  4*  Tout  en  reconnaissant  que  M.  Duvoir  s'est  trompé  dans 


Digitized  by  VjOOQIC 


198    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

r estimation  de  la  dépense  qu'exige  la  ventilation,  on  ne  doit  pas  atta- 
cher (f  importance  à  f  erreur  qu'il  a  commise. 

«  Notre  opinion  est  très-différente.  Lorsqu'un  constructeur  se  vante 
si  haut  et  avec  tant  d'assurance  de  produire  le  chauffage  et  la  ventilation 
à  un  prix  incomparablement  moins  élevé  que  celui  que  demande- 
rait tout  autre  entrepreneur,  la  preuve  matérielle  de  l'impossibilité 
où  il  se  trouve  de  pouvoir  réaliser  ses  promesses  est,  a  notre  avis,  un 
fait  grave,  d'autant  plus  que  M.;Duvoir  persiste  à  soutenir  ce  qu'il  a 
avancé. 

«  Il  est  important  de  remarquer  que  la  difiérence  entre  la  dépense 
qu'exigerait  l'effet  promis  et  la  somme  demandée  est  très-considérable; 
car,  par  exemple,  pour  la  ventilation  d*été,  l'évacuation  de  129,000 
mètres  cubes  d'air  par  heure  coûterait  au  moins  dix  fois  plus  que  ne  de- 
mande M.  Duvoir. 

2389.  a  5*  Si  l'appareil  de  M.  Duvoir ^  tel  qu'il  est  décrit  dans  le 
projet,  était  exécuté,  les  effets  qu'il  produirait  sous  le  rapport  du 
chauffage  et  de  la  ventilation  seraient  suffisants^  et  il  rien  serait  pas 
de  même  de  l'appareil  de  M.  Grouvelle. 

«  Il  est  évident  qu'il  ne  s'agit  pas  du  premier  projet  de  M.  Duvoir, 
car  la  ventilation  par  la  chaleur  perdue  de  la  fumée  ne  produirait  au- 
cun effet.  11  en  serait  de  même  du  troisième,  dans  lequel  M.  Duvoir 
propose  de  remplacer  chaque  foyer  des  poêles  de  ventilation  par  quatre 
becs  d'huile  ou  un  bec  de  gaz,  afin,  dit-il,  d éviter  l'embarras  de  faire 
du  feu;  cette  quantité  de  becs  suffira  pour  maintenir  Veauenébullition 
et  suffira  aussi^  par  conséquent,  pour  ventiler  les  cellules  et  les  lieux 
d  aisances. 

ce  Or,  en  supposant  que  chaque  bec  consomme  50  grammes  d'huile 
par  heure,  pour  les  48  becs  des  six  bâtiments,  la  consommation  serait 
de  2"*  40  qui,  dans  l'hypothèse  d'une  puissance  calorifique  égale 
à  10,000,  pourrait  élever  l'air  de  ventilation  de  1**  ;  d'ailleurs  le  chauf- 
fage des  poêles  par  des  becs  à  huile  ou  des  becs  à  gaz,  en  supposant 
qu'ils  fussent  en  nombre  suffisant,  reviendrait  à  un  prix  quarante  fois 
plus  grand  qu'avec  la  houille. 

a  Ainsi  ce  n'est  que  du  deuxième  projet  qu'il  peut  être  question  ; 
mais,  comme  nous  l'avons  déjà  dit,  dans  ce  projet,  pour  chaque  bâti- 
ment, c'est  le  même  foyer  qui  produit  à  la  fois  le  chauffage  et  les  deux 
modes  de  ventilation,  et  il  est  bien  évident  que  si  l'on  veut  obtenir  un 
chauffage  régulier,  la  ventilation  variera  nécessairement,  et  qu'on  ne 
peut  pas,  avec  des  dispositions  aussi  compliquées  que  celles  dont  il  s*a- 
git,  répondre  de  rien  relativement  à  la  ventilation.  D'ailleurs,  dans  ce 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS,        i99 

projet,  comme  dans  tous  les  autres,  on  retrouve  ce  défaut  capital  de  la 
ventilation  par  Tair  vicié. 

«  Nous  ferons^  à  cette  occasion,  une  remarque  que  nous  n'avons  pas 
consignée  dans  notre  rapport.  D'après  le  dessin  très-détaillé  et  à  une 
grande  échelle  d'un  des  fourneaux,  la  fumée  se  dégage  par  deux  tuyaux 
de  tôle  ayant  chacun  0"  20  de  diamètre^  dont  la  somme  des  sections 
est  de  O-' 0628. 

«  Or,  chaque  cendrier,  dans  le  système  de  M.  Duvoir,  devrait  pro- 
duire la  moitié  de  la  ventilation  d'un  bâtiment,  c'est-à-dire  appeler 
10,850  mètres  cubes  d*air  par  heure  ou  3  mètres  cubes  par  seconde  ; 
la  vitesse  dans  les  tuyaux  devrait  donc  être  de  47  mètres,  et  de  25  mè- 
tres dans  le  canal  central  de  la  chaudière. 

a  Ce  fait,  joint  à  tous  ceux  que  nous  avons  signalés,  fait  voir  de  quelle 
manière  les  projets  de  M.  Duvoir  ont  été  étudiés. 

«  Quant  au  projet  de  M.  Grouvelle,  s*il  était  exécuté  tel  qu'il  a  été 
proposé,  et  sans  aucune  modification,  on  obtiendrait  à  la  fois  une  grande 
régularité  dans  le  chauffage  et  dans  la  ventilation  ;  seulement,  pour  les 
jours  les  plus  froids  de  l'année,  la  température  intérieure  n'atteindrait 
pas  15\ 

2390.  «c  Nous  pensons  que  nos  réponses  aux  observations  qui  ont  été 
faites  sur  plusieurs  points  de  notre  rapport  viennent  à  Tappui  des  con- 
clusions qui  le  terminent  ;  mais  nous  croyons  devoir  énoncer  notre 
opinion  d'une  manière  plus  nette  et  plus  complète. 

«t  Un  appareil  de  chauffage  et  de  ventilation  destiné  à  une  prison  cel- 
lulaire doit  satisfaire  à  deux  conditions  : 

tt  !*•  La  ventilation  de  chaque  ceUule  doit  avoir  lieu  avec  de  l'air  pur  • 

a  2"  Les  appareils  doivent  être  disposés  de  manière  qu  une  ventila- 
tion régulière  soit  possible,  que  la  ventilation  puisse  facilement  être  ré- 
glée par  le  chauffeur,  et  contrôlée  parVadministration. 

«  Or,  dans  tous  les  projets  de  M.  Duvoir,  les  cellules  sont  ventilées 
par  de  l'air  vicié  ;  le  chauffage  et  la  ventilation  ont  lieu  par  les  mêmes 
foyers,  circonstance  qui  ne  permet  pas  de  produire  une  venlilati^^  ^^^ 
gulière  ;  l'air  vicié  s'échappe  par  dix-huit  cheminées  ce  qui  rend  im- 
possible la  vérification  journalière  de  la  venlilaiion.'eufijices  défauts 
ne  pourraient  disparaître  que  par  un  changement  comolet  dans  les  mo- 
des de  chauffage  et  de  ventilation.  Ainsi,  sous  ton  \  ts  ^es  pro- 
jets de  M.  Duvoir  nous  paraissent  inadmissibles       ^^^PP^ 


Digitized  by  VjOOQlC 


«M)    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  l>%  LIEUX  HABITÉS. 
Bzpérienees  de  la  sous-conualMloB. 

2391.  La  même  sous-commission  était  chargée  d'étudier  les  ques- 
tions relatives  à  l'assainissement  des  cellules. 

Les  expériences  ont  été  faites  dans  une  cellule  de  la  Conciergerie. 
L'un  des  membres  de  la  sous-commission,  M.  Leblanc,  y  avait  été  ren- 
fermé avec  les  appareils  nécessaires  pour  constater  la  composition  de 
l'air  et  son  état  hygrométrique.  Les  jointures  de  la  porte  et  de  la  fenêtre 
avaient  été  soigneusement  calfeutrées  ;  Tair  était  chauffé  extérieure- 
ment dans  un  petit  calorifère,  et  versé  dans  la  cellule  par  un  orifice 
percé  à  peu  près  à  un  mètre  de  hauteur  ;  l'air  était  appelé  par  un  tuyau 
extérieur,  dans  lequel  brûlaient  plusieurs  bougies  ;  la  partie  inférieure 
de  ce  tuyau  était  garnie  d'un  registre  au  moyen  duquel  on  réglait  la 
ventilation  ;  le  tuyau  d'appel  communiquait  avec  la  partie  inférieure 
d'une  chaise  percée,  dont  le  couvercle  était  garni  d'un  grand  nombre 
d'ouvertures.  La  vitesse  d'écoulement  de  l'air  était  mesurée  par  un  ané- 
momètre de  M.  Combes.  Les  expériences  ont  duré  jusqu'à  10  hemres 
consécutives.  Voici  les  résultats  de  ces  expériences  : 

2392.  «  Expulsion  de  rôdeur.  —  Les  expériences  répétées  ont 
démontré  qu'avec  les  dispositions  adoptées,  6  mètres  cubes  d'air  par 
heure  étaient  insuffisants  pour  maintenir  l'atmosphère  de  la  ceQuIe 
exempte  d'odeur  désagréable.  A  cette  dose  de  ventilation,  l'acétate  de 
plomb  en  dissolution,  placé  près  du  siège,  manifestait  bientôt  la  pré- 
sence de  l'acide  sulfhydrique  ou  du  sulfhydrate  d'ammoniaque. 

<t  Avec  un  renouvellement  d'air  de  1 0  mètres  cubes  par  heure,  la 
vitesse  du  courant  a  été  suffisante  pour  s'opposer  à  la  diffusion  des 
odeurs  dans  l'enceinte,  d'après  le  jugement  des  personnes  douées  d'or- 
ganes délicats.  L'air  qui  s'écoulait  dans  le  tuyau  d'appel  était  infect. 
Lorsque,  sans  interrompre  la  ventilation,  on  ouvrait  le  couvercle  du 
coffre,  une  odeur  prononcée  ne  tardait  pas  à  se  répandre  dans  la  cel- 
lule, et  il  fallait  environ  vingt  minutes  de  ventilation  au  même  degré, 
après  avoir  fermé  le  couvercle,  pour  que  l'odorat  ne  fût  pfus  affecté 
d'une  manière  sensible.  Nous  avons  reconnu  qu'il  était  indispensable 
que  le  vase  destiné  à  recevoir  les  déjections  solides  contînt  2  à  3  litres 
d'eau  ;  les  matières  excrémentitielles,  en  tombant  dans  le  vase  sec, 
répandent  des  exhalaisons  si  fortes,  qu'une  ventilation  même  plus  active 
est  insuffisante  pour  empêcher  la  transmission  de  l'odeur. 

2393.  État  chimique  de  Pair.  —  «  Avant  la  réclusion  de  l'observa- 
teur, la  cellule  avait  été  maintenue  assez  longtemps  en  communication 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        201 

avec  Tair  extérieur,  pour  que  Ton  pût  considérer  la  pureté  de  l'air  au 
commencement  de  l'expérience  comme  égale  à  celle  de  l'air  normal. 

ce  Là  réclusion  a  duré  dix  heures.  Il  faut  noter  comme  source  de 
production  d'acide  carbonique,  la  combustion  d'une  bougie  pendant 
deux  heures  et  demie  après  la  fermeture  de  la  porte. 

«  La  Tentilation,  inférieure  à  10  mètres  cubes  par  heure  pendant  les 
deux  premières  heures  du  séjour,  a  été  portée  à  10  mètres  cubes  pen- 
dant le  reste  de  la  journée.  L'appareil  de  chauffage  a  pu  amener  la  tem- 
pérature de  la  cellule  de  3^*5  à  il'' 5,  et  maintenir  cette  température 
pendant  la  plus  grande  partie  de  la  journée.  L'observateur  n'a  éprouvé 
ni  gêne  ni  malaise  ;  la  sensation  d'un  léger  dégoût,  éprouvée  pendant 
les  deux  premières  heures  du  séjour,  sous  l'influence  d'une  ventilation 
insuffisante,  s'était  complètement  effacée. 

a  Le  dosage  de  l'acide  carbonique  dans  l'air  recueilli,  exécuté  par  la 
méthode  décrite  par  l'un  de  nous,  a  décelé,  dans  cet  air,  la  présence 
de  33  dix-millièmes  d'acide  carbonique  en  poids.  Cette  proportion  est 
plus  que  quadruple  de  celle  qui  existe  dans  l'air  normal,  d'après 
M.  Boussingault. 

<c  D'après  la  capacité  de  la  cellule,  il  y  avait  donc  dans  l'enceinte,  au 
moment  de  la  prise  d'air,  57  grammes  d'acide  carbonique,  dont  une 
partie  devait  avoir  pour  origine  la  combustion  de  la  bougie  ;  le  reste 
provenait  de  la  respiration. 

2394.  a  Ce  résultat  peut  déjà  faire  juger  de  l'effet  de  la  ventilation, 
qui  aurait  pu  être  plus  complète.  Pour  mieux  juger  des  effets  produits, 
il  faut  comparer  ce  nombre  à  la  quantité  d'acide  carbonique  produit 
pendant  le  séjour.  Or,  les  résultats  d'une  détermination  de  MM.  Andral 
et  Gavarret,  sur  la  respiration  de  l'observateur,  indiquent  31*' 46  d'à* 
cide  carbonique  produit  par  heure;  pendant  dix  heures,  la  quantité 
devait  donc  être  de  314  grammes.  11  faut  ajouter  l'acide  carbonique 
produit  par  la  bougie  pendant  deux  heures  et  demie,  20  grammes  :  en 
tout,  334  grammes.  Sur  cette  quantité,  277  grammes  seulement  au- 
raient été  expulsés  pendant  la  ventilation,  pendant  les  dix  heures  qu'a 
duré  l'expérience. 

«  L'analyse  de  l'air  d'une  pièce  sensiblement  de  même  capacité  que 
la  cellule,  fermée  et  non  ventilée,  et  occupée  pendant  10  heures  par  le 
même  observateur,  a  fourni  1  pour  100  d'acide  carbonique. 

2395.  État  hygrométrique. — «  Au  commencement  de  l'expérience, 
l'air  extérieur  était  à  2  degrés;  les  observations  du  psychromètre  ont 
donné  0,75  pour  l'état  hygrométrique  :  chaque  xsihive  cube  d'air  con- 
tenait donc  4*'  2  de  vapeur  aqueuse. 


Digitized  by  VjOOQIC 


202    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

a  Dans  la  cellule,  l'état  hygrométrique  initial  était  de  0,80  à  la  tem- 
pérature de  3*"  5  ;  chaque  mètre  cube  contenait  donc  5<'  2  de  vapeur 
d*eau  :  au  bout  de  quelques  heures  de  faible  ventilation,  l'état  hygro- 
métrique était  de  0,73  pour  la  température  de  10  degrés.  La  quantité 
de  vapeur  aqueuse  par  mètre  cube  était  donc  de  7*'  3.  À  la  fin  du  jour, 
l'état  hygrométrique  était  de  0,76  pour  la  température  de  11°  5,  et  la 
quantité  de  vapeur  d'eau  par  mètre  cube  était  de  7*'  9. 

«  Ces  résultats  prouvent  que  l'état  hygrométrique  a  peu  varié  dans 
l'intérieur  de  la  cellule,  sous  l'influence  de  la  ventilation,  à  raison  de 
10  mètres  cubes  par  heure. 

«  En  examinant  de  près  ces  résultats,  et  en  remarquant  que  la  tem- 
pérature moyenne  à  l'extérieur  est  restée  basse,  on  reconnaît  facilement 
l'influence  que  la  transpiration  a  exercée  sur  l'état  hygrométrique  de 
l'air.  En  effet,  cet  état  aurait  dû  baisser;  la  quantité  de  vapeur  d'eau 
contenue  dans  l'air  de  la  cellule,  à  la  fin  du  séjour,  aurait  dû  être  pres- 
que moitié  moiudre  de  celle  qui  a  été  trouvée,  en  supposant  la  cellule 
vide  et  amenée,  par  la  ventilation,  à  contenir  de  l'air  au  même  état,  à 
la  température  près,  que  l'air  extérieur.  C'est  ce  qui  arriverait  néces- 
sairement dans  les  conditions  que  nous  venons  de  supposer,  et  de  plus 
dans  l'hypothèse  où  l'enceinte  aurait  un  pouvoir  hygroscopique  nul. 

«  Dans  la  cellule  en  expérience,  dont  les  murs  étaient  peints  à 
l'huile,  les  actions  hygroscopiques  paraissent  avoir  eu  peu  d'influence 
pour  abaisser  Télat  hygrométrique  du  milieu,  et  compenser  les  effets 
de  la  transpiration. 

«  Il  n'en  est  plus  de  même  lorsque  les  parois  sont  boisées,  lambris- 
sées ou  tendues  de  papier.  L'un  de  nous  ayant  séjourné  dans  un  cabi- 
net fermé,  de  13'°*  5  de  capacité,  dont  les  parois  étaient  formées  de 
châssis  tendus  de  papier,  n'a  pu  constater  aucune  variation  dans  l'état 
hygrométrique  de  l'air,  pendant  10  heures  de  séjour  continu.  La  tem- 
pérature était  de  21"*  5  au  commencement,  et  de  21°  8  à  la  fin  du 
séjour;  l'état  hygrométrique  initial  était  de  0,75,  et  n'a  pas  varié  de 
0,01.  » 

2396.  Les  conclusions  du  rapport  sont  :  1""  que  la  ventilation  doit 
être  considérée  comme  le  principal  moyen  d'assainissement  ;  2''  que  le 
chifi're  doit  en  être  porté  à  10  mètres  cubes  au  moins,  par  prisonnier  et 
par  heure  ;  3"*  que  la  température  des  cellules  doit  être  maintenue  à 
15  degrés. 

A  la  suite  du  rapport  d'une  autre  sous-commission  >  qui  avait  été 
chargée  d'examiner  les  différents  systèmes  de  fosses  d'aisances  et  de  vi- 
dange, la  commission  générale  a  admis,  comme  la  disposition  la  plus 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.^  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        203 

convenable  dans  le  cas  dont  il  s'agit,  un  siège  fixe  pour  chaque  cel- 
lule, avec  un  tuyau  de  descente  servant  à  la  ventilation. 

2397.  Les  modifications  que  la  commission  a  cru  devoir  faire  au 
projet  de  M.  Grouvelle,  dont  nous  allons  donner  bientôt  la  description, 
consistaient:  l""  à  porter  à  10  mètres  cubes  par  heure  le  volume  d'air 
à  fournir  à  chaque  cellule  ;  2"*  à  élever  à  15  degrés  la  température  con- 
stante des  cellules  ;  S""  à  établir  une  double  circulation  d'eau  chaude, 
et  en  sens  contraire,  dans  le  canal  placé  sous  les  balcons,  afin  qu'en 
chaque  point  du  circuit  la  température  moyenne  des  tuyaux  fût  sensi- 
blement constante  ;  4"*  à  établir  la  ventilation  des  cellules  par  les  tuyaux 
de  descente  des  matières  fécales. 

Le  projet  de  M.  Grouvelle,  modifié  par  la  commission,  fut  adopté 
successivement  par  le  conseil  général  du  département  de  la  Seine,  le 
26  novembre  1844,  par  M.  le  préfet,  par  le  conseil  des  bâtiments  ci- 
vils, et  enfin  par  M.  le  ministre  de  l'intérieur,  le  15  mai  1845,  mais 
après  les  plus  grandes  résistances  et  les  entraves  de  toute  espèce,  de  la 
part  des  protecteurs  de  M.  Duvoir-Lcblanc,  surtout  au  conseil  munici- 
pal ;  et  il  a  fallu  toute  la  fermeté  de  M.  Arago  pour  faire  adopter  par 
le  conseil  les  décisions  d'une  commission  si  compétente,  et  qui  s'était 
livrée  à  tant  de  recherches.  Les  travaux  ont  été  exécutés  suivant  les  in- 
dications de  la  commission. 

2398.  Dans  le  courant  de  1849,  M.  le  préfet  du  département  de  la 
Seine  nomma  une  coipmission  spéciale,  à  l'effet  X examiner  et  de  rece- 
voir^ s'il  y  avait  lieu^  les  travaux  et  appareils  de  chauffage  et  de  ven- 
tilation  exécutés  à  la  prison  cellulaire  Mazas,  par  Af.  Grouvelle. 
Cette  commission  était  composée  ainsi  qu'il  suit  :  M.  Peclei;  M.  *-'^^^" 
vin,  ingénieur  ;  M.  Félix  Leblanc;  MM.  Lecointe,  GVlberl,  ^^^^^^^J^, 
Jay,  architectes,  et  M.  Besuchet,  inspecteur  général  des  prVsoxi^* 

le  rapport  de  cette  commission  : 

<c  Monsieur  le  Préfet, 

^^  une 


a  Par  une  décision  en  date  du  23  août  1 S  49  ^^^^  ^^^  ^"^oti^   oar^^^^ 
commission  spéciale  chargée  de  vous  faire  vm  rapport  sur  le^  ^^^a^^' 
de  chauffage  et  de  ventilation  établis  par  M.  Orouvelle  à  la  pr^isi?'^ 
destinée  à  remplacer  l'ancienne  prison  de  l^^  Force.  j^jjn- 

a  La  commission  s'est  immédiatement  ir^éunie,  et,  pénétr-é^      hauf- 

in  AnnmfnnHî  /i'n«  « .v_-.z>  aussi  Vasi:*:^     AC    ^^ 


Digitized  by  VjOOQIC 


204    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

ques  expériences  rapides  ;  mais  que,  pour  asseoir  son  opinion  d'une 
manière  certaine,  il  était  nécessaire  de  soumettre  les  appareils  à  Hes 
expériences  suivies  et  prolongées  pendant  une  année  au  moins. 

«  La  commission  a  déjà  eu  Thonneur  de  vous  adresser  un  premier 
rapport  provisoire  dans  le  mois  d'avril  1850.  Ce  rapport  constatait^ 
Monsieur  le  Préfet,  que  la  commission  n'avait  pu  commencer  son  tra- 
vail avant  le  14  février  1850,  attendu  qu'à  cette  époque  seulement  une 
partie  des  appareils  a  pu  fonctionner  d'une  manière  régulière.  Dans  sa 
lettre,  la  commission  citait  les  expériences  faites  dans  une  partie  des 
bâtiments^  sous  le  rapport  du  chauffage  et  de  la  ventilation,  et  elle 
indiquait  plusieurs  modifications  dont  l'exécution  a  entraîné  quelques 
retards. 

a  Nous  venons  aujourd'hui,  Monsieur  le  Préfet,  vous  faire  connaître 
Topinion  définitive  de  la  commission,  opinion  qui  repose  sur  l'expé- 
rience de  plus  d'une  année^  soit  avant,  soit  depuis  l'occupation  de  la 
prison  par  les  prévenus. 

a  Rappelons  d'abord  les  conditions  imposées  au  constructeur,  par  la 
commission  nommée' en  1843  par  M.  le  préfet  de  la  Seine.  Cette  com- 
mission concluait  à  l'adoption  du  projet  de  M.  Grouvelle,  et  à  la  suite 
d'expériences  par  une  sojis-commission,  elle  avait  proposé  :  l""  que  la 
ventilation  ne  fût  pas  inférieure  à  10  mètres  cubes  par  prisonnier  et 
par  heure  ;  T  que  la  température  fût  maintenue  constamment  à  15  de- 
grés. Ces  conclusions  adoptées  par  l'administration,  sur  le  rapport  du 
conseil  général,  ont  été  rendues  obligatoires  pour  le  constructeur. 

2399.  Disposition  des  bâtiments.  —  «  La  prison  cellulaire  des  pré- 
venus est  composée  de  six  corps  de  bâtiments  qui  rayonnent  autour 
d'un  centre  commun.  Au  milieu  de  chacun  de  ces  bâtiments  se  trouve 
un  grand  corridor  qui  s'élève  jusqu'à  la  toiture  ;  il  est  fermé  à  son  ex- 
trémité par  un  vitrage  qui  règne  sur  toute  la  hauteur.  De  chaque  côté, 
au  rez-de-chaussée  et  aux  deux  étages  supérieurs,  se  trouvent  une 
série  de  cellules  contiguës,  d'une  capacité  de  26  mètres  cubes  ;  leur 
nombre  total  est  de  1,200. 

2400.  Principe  du  chauffage.  —  «  Le  principe  sur  lecmel  repose  le 
système  de  chauffage  de  M.  Grouvelle  est  le  chauffage  de  rair  par  son 
contact  avec  des  tuyaux  à  circulation  d^eau  chaude.  Ce  qui  particularise 
ce  système,  c'est  la  transmission  de  la  chaleur  à  l'aide  de  la  vapeur  par- 
tant de  générateurs  placés  dans  les  caves,  et  se  rendant  dans  des  réser- 
voirs d'eau  placés  à  différents  étages,  et  servant  à  la  circulation. 

«  Dans  ce  système,  la  circulation  d'eau  chaude  n'a  lieu  que  sous 
une  pression  très-faible,  et  les  divers  étages  d'un  même  bâtiment  ne 


Digitized  by  VjOOQlC 


CfiAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        205 

sont  pas  solidaires  sous  le  rapport  du  chauffage,  qui  peut  être  inter- 
rompu pour  un  étage  non  occupé. 

2401 .  Ventilation.  —  «  La  ventilation  est  produite  par  l'appel  d'une 
vaste  chen)inée  de  4  mètres  carrés  de  section,  et  de  20  mètres  de  hau- 
teur, placée  au  centre  des  bâtiments. 

«  L'air  appelé  dans  l'intérieur  des  cellules,  et  defdiné  à  la  ventilation, 
est  chauffé  en  hiver  au  contact  des  tuyaux  à  eau  chaude.  La  totalité  de 
Tair  épuisé  des  cellules  par  la  ventilation  descend  par  les  tuyaux  qui 
servent  à  Técoulemçnt  dçs  déjections  des  prisonniers.  Chaque  cellule 
renferme  un  siège  terminé  par  un  tuyau  de  descente  qui  se  dirige  vers 
'  la  cave.  La  yentilation  a  pour  bi^t  de  maintenir  pure  l'atmosphère  des 
cellules,  en  leur  fournissant  une  quantité  d'air  extérieur  suffisante  pour 
remplacer  celle  qui  est  viciée  par  la  respttation  et  les  émanations  du 
prisonnier  ;  elle  doit  être  assez  grande  pou?  s'opposer  aux  émanations 
du  tuyau  de  descente. 

2402.  Dispositions  des  appareils  dans  les  bâtiments. — «  Dans  chaque 
bâtiment  et  le  long  du  corridor,  se  trouvent,  au  premier  et  au  deuxième 
étage,  des  balcons  sur  lesquels  s'ouvrent  les  cellules.  Au-dessous  de  ces 
balcons,  placés  à  droite  et  à  gauche  se  trouvent  des  caniveaux  dans 
lesquels  des  tuyaux  en  fonte  forment  deux  circuits  parallèles  que  l'eau 
chaude  parcourt  eu  sens  contraires,  afin  que  sur  chaque  point  la  tem- 
pérature soit  à  peu  près  constante.  Pour  le  rez-de-chaussée,  ces  tuyaux 
sont  placés  dans  un  canal  situé  au-dessous  du  sol  du  corridor  et  toujours 
au  pied  des  cellules.  Les  caniveaux  sont  séparés,  dans  la  direction  des 
murs  des  cellules,  par  des  cloisons  transversales.  Chacun  de  ces  inter- 
valles communiquait  primitivement  avec  l'atmosphère  par  un  canal 
creusé  dans  le  sol  de  la  cellule  ;  depuis,  comme  nous  le  dirons  plus 
loin,  cette  dispositiou  a  été  remplacée  par  des  communications  avec 
l'air  du  corridor.  Ces  mêmes  espaces  communiquent  avec  les  cellules 
par  un  canal  qui  se  termine  par  plusieurs  grilles. 

«  Chaque  circuit  de  tuyaux  à  eau  chaude  communique  avec  un  ré^ 
seryoir  dans  lequel  l'eau  est  chauffée  par  la  condensation  de  la  vapeur 
qui  circule  dans  un  serpentin.  Six  chaudières  peuvent  fournir  la  vapeur 
à  tous  les  réservoirs  au  moyen  d'une  conduite  générale. 

a  Dans  chaque  cellule  se  trouve  un  siège  d'aisance  composé  d'une 
cuvette  en  fonte  et  d'un  tuyau  de  descente  aboutissant  à  un  tonneau  de 
vidange.  Tous  les  tonneaux  d'un  même  bâtiment  sont  rangés  dans  une 
galerie  souterraine  ayant  toute  la  longueur  du  corridor  sur  lequel  s'ou- 
vrent les  cellules. 

«  Les  six  galeries  souterraines  aboutissent,  par  leurs  extrémités  les 


Digitized  by  VjOOQIC 


206    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATIO^^  bfis  LIEUX  HABITÉS. 

plus  rapprochées^  à  un  canal  commun,  annulaire,  en  communication 
avec  la  cheminée  d'appel.  Les  autres  extrémités  des  galeries  commu- 
niquent avec  l'extérieur,  maïs  elles  sont  fermées  par  de  doubles  portes 
parfaitement  closes  et  peuvent  livrer  passage  à  un  chariot  roulant  sur 
un  chemin  de  fer  destiné  au  transport  des  tonneaux. 

«  Il  résulte  des  dispositions  que  nous  venons  d'indiquer,  que  Teau 
des  réservoirs  étant  chauffée  par  la  vapeur  circulant  dans  les  serpen- 
tins, il  s'établit,  en  vertu  de  l'inégalité  de  température,  une  circulation 
entre  les  réservoirs  et  les  tuyaux  qui  partent  de  ces  réservoirs  et  longent 
les  cellules.  La  circulation  s'établit  d'une  manière  continue,  car  Teau 
des  tuyaux  se  refroidit  constamment  et  revient  s'échauffer  dans  les  ré* 
servoirs.  Le  foyer  de  la  cheminée  d'appel,  placé  dans  les  caves^  étant 
constamment  allumé,  il  en  résulte  un  appel  de  l'air  des  cellules  à  tra- 
vers les  tuyaux  de  descente.  Cet  air  traverse  les  galeries  souterraines  et 
gagne  le  foyer  d'appel.  Les  portes  de  ces  galeries  fermant  bien,  il  ne 
peut  y  avoir  appel  direct  de  l'air  extérieur.  A  mesure  que  l'air  sort  des 
cellules,  il  est  remplacé  par  de  l'air  venant  des  corridors  et  échauffé  par 
son  contact  avec  les  tuyaux  de  circulation  d'eau  chaude. 

2403.  Dispositions  employées  pour  régler  la  ventilation  des  cel^ 
Iules.  —  tt  Pour  régler  la  ventilation  des  cellules,  on  a  garni  le  tuyau 
de  descente,  dont  l'extrémité  inférieure  plonge  dans  un  tonneau  fermé, 
d'un  embranchement  latéral  dont  l'extrémité  est  fermée  par  un  tam- 
pon garni  d'un  orifice  dont  la  section  peut  être  réduite  à  volonté  au 
moyen  d'une  plaque  tournante. 

2404.  Systèmes  des  expériences  employées  pour  vérifier  le  chauf- 
fage  et  la  ventilation. — a  Pour  mesurer  la  température  des  cellules,  on 
s'est  servi  d'une  centaine  de  thermomètres,  préalablement  comparés 
entre  eux,  et  assez  sensibles  pour  donner  des  indications  exactes  à  un 
quart  de  degré  centigrade  au  moins.  Chacun  de  ces  thermomètres  a  été 
placé  à  l''  50  de  hauteur,  a  partir  du  sol  de  la  cellule,  et  dans  une  posi- 
tion semblable  dans  chaque  cellule.  On  a  opéré  successivement  sur 
tous  les  points  des  bâtiments,  en  faisant  chaque  fois  un  grand  nombre 
d'observations  simultanées. 

«La  ventilation  a  été  mesurée  au  moyen  d'anémomètres  de 
M.  Combes,  construits  par  M.  Nevrmann.  Pour  mesurer  les  courants 
d'air  dans  le  canal  de  ceinture  qui  aboutit  à  la  cheminée  d'appel,  on 
s'est  servi  d'un  anémomètre  ordinaire,  sensible  à  une  vitesse  de  0"  12 
par  seconde.  Mais  pour  la  ventilation  des  cellules  mêmes,  on  a  eu  re- 
cours à  un  instrument  plus  sensible,  construit  exprès  pour  cet  objet,  et 
gradué  lorsqu'il  était  placé  dans  le  tuyau  même  où  il  devait  fonction- 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        207 

ner  ;  ce  tuyau  était  un  cylindre  de  0"  12  de  diamètre,  terminé  infé- 
rîeurement  par  un  cône,  dont  la  base  munie  d'un  rebord  et  d'une 
bande  de  drap  s'appliquait  exactement  sur  les  bords  de  Touverture  du 
siège.  Cet  anémomètre  était  sensible  à  une  vitesse  de  0*"  08  par  seconde. 
Pour  mesurer  la  ventilation  d'un  corps  de  bâtiment  tout  entier,  l'a- 
némomèti'e  ordinaire  était  placé  successivement  sur  plusieurs  points  de 
la  section  du  canal  dé  communication  des  caveaux  avec  le  foyer^  afin 
d'obtenir  la  vitesse  moyenne  du  courant. 

2405.  a  Les  expériences  sur  le  chauffage  et  la  ventilation,  ont  été 
faites  par  une  sous-commission  composée  de  MM.  Peclet,  Leblanc  et 
Tbauvin,  ingénieur  civil,  adjoint  à  la  commission  par  décision  admi* 
nistrative  et  sur  la  proposition  des  membres  de  la  commission  géné- 
rale, mais  les  expériences  ont  été  répétées  et  suivies  plus  spécialement 
par  M.  Thauvin.  Ces  expériences  ont  duré  avec  la  régularité  néces- 
saire depuis  le  14  février  1850  jusqu'à  ce  jour  (30  avril  1851).  11 
y  a  eu  continuité  dans  les  observations  toutes  les  fois  qu'il  a  été  néces- 
saire de  constater  un  fait  important.  Toutes  ces  expériences  sont  con- 
signées,  par  ordre  de  dates,  sur  un  registre  que  la  commission  tient  à  la 
disposition  de  l'administration.  Ce  registre  a  servi  à  relever  un  certain 
nombre  de  tableaux,  qui  résument  les  expériences  les  plus  significa- 
tives  pour  le  chauffage  et  la  ventilation,  et  que  nous  joignons  à  ce  rap- 
port comme  pièces  justificatives. 

2406.  «  Ainsi  que  nous  avons  déjà  eu  Thonneur  de  vous  l'écrire. 
Monsieur  le  préfet,  les  résultats  ont  été  aussi  réguliers  qu'on  pouvait 
le  désirer  pour  le  chauffage  des  différents  étages.  Nous  avons  reconnu 
également  que  la  cheminée  de  ventilation  avait  une  puissance  bien 
supérieure  à  celle  qui  était  exigée,  attendu  qu'elle  s'est  élevée  à 
30,000  mètres  cubes  par  heure,  ce  qui  correspond  à  un  renouvelle- 
ment moyen  d'air  de  25  mètres  cubes  par  cellule  et  par  heure,  au^lieu 
de  10  mètres  cubes,  limite  inférieure  imposée  par  le  cahier  des  charges. 
Nous  avons  reconnu  de  plus,  qu'au  moyen  de  registres  placés  dans  les 
conduits  des  souterrains  à  la  cheminée  d'appel,  on  pouvait  répartir 
la  ventilation  générale,  de  manière  à  la  rendre  sensiblement  égale  pour 
les  six  bâtiments.  Les  analyses  de  l'air  provenant  de  deux  cellules  habi- 
tées, appartenant  à  deux  étages  d'un  même  bâtiment  et  ventilées  à  rai- 
son de  25  mètres  cubes  par  heure,  ont  démontré  que  la  proportion 
d'acide  carbonique  produite  par  la  respiration  ne  dépassait  pas  1  mil- 
lième.  Ces  résultats  ont  été  communiqués  à  la  commission  d'hygiène. 

2407.  «  Dans  la  disposition  primitive   les  prises  d'air  avaient  lieu 
par  des  orifices  percés  sur  les  faces  extérieures  des  bâtiments^  et  nous 


Digitized  by  VjOOQIC 


208    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

avons  reconnu  que  le  chauffage  et  la  ventilation  éprouvaient  des  varia- 
tions notables  par  l'influence  des  vents  et  du  soleil  ;  souvent  l'air, 
échauffé  dans  les  caniveaux  renfermant  les  tuyaux  de  circulation  de 
l'eau,  sortait  par  les  orifices  des  prises  d'air  :  c'était  alors  l'air  des  cor- 
ridors qui  pénétrait  par-dessous  la  porte  et  produisait  la  ventilation  des 
cellules.  D'après  l'avis  que  nous  avons  émis  dans  notre  lettre  du  15 
avril  1850,  vous  avez  autorisé,  Monsieur  le  préfet,  le  changement  pro- 
posé par  M.  Grouvelle,  qui  consistait  à  prendre  l'air  dans  les  corridors 
et  à  alimenter  chacun  d'eux  par  une  prise  d'air  spéciale.  Depuis  cette 
époque,  les  expériences  ont  été  répétées  dans  tous  les  bâtiments,  à 
mesure  que  chaque  changement  était  effectué.  Toutes  ces  expériences 
ont  constaté  les  avantages  de  cette  nouvelle  disposition. 

2408.  Qc  Ainsi,  dans  l'état  actuel  des  choses,  la  température  a  été 
maintenue,  pendant  l'hiver,  entre  13  eliô  degrés,  dans  tous  les  bâti- 
iTients  occupés,  sauf  pendant  quelques  interruptions  accidentelles  et 
momentanées  dans  le  chauffage.  Nous  ferons  remarquer  que  la  tempé- 
rature aurait  pu  étse  maintenue  à  un  degré  plus  élevé,  ainsi  qu'on  s'en 
est  assuré,  mais  ces  limites  avaient  été  fixées  par  la  commission  d'hy- 
giène nommée  par  M.  le  préfet  de  police.  Les  résultats  de  nos  expé- 
riences se  trouvent  confirmés  par  les  chiffres  consignés  dans  les  rap- 
ports fournis  par  M.  le  directeur  de  la  prison ,  qui  a  fait  relever  jour- 
nellement sur  tous  les  points,  la  température  des  cellules^ 

c<  Quant  à  la  ventilation,  depuis  que  les  appareils  de  vidange  défini- 
tifs ont  été  installés  avec  les  moyens  de  règlement  que  nous  avons  dé- 
crits plus  haut,  elle  est  devenue  suffisamment  régulière  pour  les  diffé- 
rentes cellules  des  six  bâtiments,  et  à  tous  les  étages.  Nous  avons 
constaté  que  cette  ventilation  demeurait  généralement  comprise  entre 
15  et  25  mètres  cubes  par  cellule  et  par  heure. 

«  Quoique  les  expériences  aient  été  faites  pendant  un  hiver  peu  ri- 
goureux, elles  n'en  sont  pas  moins  concluantes  relativement  à  la  ven- 
tilation ;  car,  toutes  choses  égales  d'ailleurs,  la  puissance  d'une  chemi- 
née d'appel  tend  à  augmenter  lorsque  la  température  de  l'air  extérieur 
s'abaisse.  £n  outre,  les  expériences  ont  démontré  que,  dans  les  circon* 
stances  les  plus  défavorables,  il  était  possible  de  réaliser  encore  une 
ventilation  de  30,000  mètres  cubes  d'air  par  beure>  correspondant  en 
moyenne  à  25  mètres  cubes  d'air  par  cellule. 

2409.  «  Relativement  au  chauffage,  la  considération  du  peu  de  ri- 
gueur de  la  température  de  l'hiver  serait  de  nature  à  faire  sgoumer  une 
conclusion  positive,  relativement  à  la  puissance  des  appareils  de  chauf- 
fage, si  la  totalité  des  chaudières  à  vapeur  avjait  fonctionné  pendant 

Digitized  by  VjOOQIC 


•    CHAPITRE  V.  —  CHx\UFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.     209 

rhiver  dernier;  mais  comme  sur  les  six  chaudières  qui  existent  dans 
les  caves,  quatre  seulement  ont  été  chauffées ,  et  seulement  pendant 
douze  heures  au  plus  chaque  jour,  nous  regardons  comme  évidente  la 
possibilité  de  maintenir  la  température  voulue  dans  les  cellules,  pen- 
dant les  plus  grands  froids,  en  chauffant  les  quatre  générateurs 
d'une  manière  continue ,  d'autant  plus  que  la  grande  quantité  de 
chaleur  renfermée  dans  les  murailles  tend  à  maintenir  Tuniformité 
de  température.  D'ailleurs,  pour  les  cas  extrêmes,  les  chaudières 
construites  comme  appareils  de  rechange  pourraient  servir  mo- 
mentanément d'auxiliaires  à  celles  qui  fonctionnent  d'une  manière 
continue. 

«  Quant  à  la  construction  des  appareils,  tout  ce  que  nous  avons  pu 
voir  et  examiner  nous  a  paru  bien  établi  ;  mais  il  est  difficile  d'en  juger 
d'une  manière  certaine  après  la  pose,  comme  nous  avons  été  appelés  à 
le  faire;  nous  devons  ajouter,  qu'à  l'origine,  il  s'est  manifesté  quelques 
fuites  dans  les  tuyaux  à  eau  chaude,  mais  elles  ont  été  promptement 
fermées,  et  maintenant  il  n'en  existe  plus. 

«  D'après  toutes  les  considérations  que  nous  avons  eu  l'honneur  de 
vous  exposer.  Monsieur  le  préfet,  la  commission  est  d'avis  de  recevoir 
les  appareils  de  chauffage  et  de  ventilation  établis  à  la  prison  Mazas  par 
M.  Grouvelle.  »  Suivent  les  signatures  de  tous  les  membres  de  la  com- 
mission. 

2410.  Analyse  des  tableaux  annexés  au  rapport  de  la  commission 
de  réception  des  appareils.  —  Ces  tableaux,  qu(tique  déjà  des  résumés 
«les  registres  d'expériences,  sont  encore  trop  étendus  pour  être  insérés 
ici,  nous  nous  contenterons  de  rapporter  les  principaux  faits  qu'ils 
constatent. 

241 1 .  —  Tableaux  A  et  B,  Ces  tableaux  ont  pour  objet  de  faire  voir 
quelle  a  été  l'élévation  progressive  et  le  maximum  de  température  ob- 
tenue dans  les  cellules  par  un  chauffage  continu,  pendant  l'hiver  1850. 
[.es  expériences  ont  eu  lieu  dans  le  bâtiment  n*"  6,  qui  était  alors  seul 
chauffé.  Elles  ont  duré  douze  jours  consécutifs,  du  1 4  au  25  février  1 850. 
Pendant  tout  ce  temps  on  a  chauffé  jour  et  nuit  sans  interruption,  et  la 
pression  delà  vapeur  a  été  constamment  maintenue  entre  les  limites  2  à 
3  atmosphères.  Chaque  jour  on  a  fait  une  ou  deux  fois  l'inspection  des 
•thermomètres  placés  au  hasard  dans  68  cellules  du  rez-de-chaussée  et 
du  premier  étage.  Toutes  les  expériences  ont  été  faites  dans  des  cellules 
inhabitées ,  car  à  celte  époque  la  prison  n'était  pas  encore  occupée. 
A  cette  époque  les  prises  d'air  étaient  extérieures.  Voici  les  résultats 
moyens  des  960  observations  consignées  dans  ces  tableaux;  les  observa- 

m.  14 


Digitized  by  VjOOQIC 


210    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

tions  ont  été  faites  dans  1 7  cellules  de  chaque  étage  et  de  chaque  côté,  à 
dix  heures  du  matin  et  à  quatre  heures  du  soir.      • 

REZ-DE-CHAUSSés.  ^  TEMPÉRATURES  MOYENNES  DES  CELLULES. 

Côti^  gauche  : 
13,58-15,08— 15,83-10,07-18,17— 1«;27— 18,07— 18,85— 19,25-19,10— 19,:0-I9.50 

Côté  droit  : 
15,50-17,02— 17,93— 17,68— 19,2i— 19,06—20,56— 20,55-20,73-19.42-20,85— 20,72 

PREMIER  ÉTAGE.   —  TEMPÉRATURES  MOYENNES  DBS  CELLULES. 

Côté  gauche  : 
14,83— r,00— 17,91— 18.40-19,46-20,13-    •    —20,15—20,25—20,18-20.80-20,94 

Côlé  droit  : 
16.88— 19,12-19,^7— 19.23-20,47-20,21-22,05— 21,67— 21,89— 21,72— 2Î,64— 23.31 

Le  même  jour  à  la  même  heure^  les  températures  d*une  même  rangée 
de  cellules  différaient  très-peu  les  unes  des  autres. 

Il  résulte  de  ces  expériences,  que  par  un  chauffage  continu  d'un 
petit  nombre  de  jours,  on  a  élevé  la  température  des  cellules  du  rez-de- 
chaussée  à  lO""  50  et  20*"  72,  et  pour  le  premier  éUige  à  20'' 94  et 
23"*  31.  Les  différences  qu'on  observe  entre  les  cellules  du  rez  de- 
chaussée  et  celles  du  premier  étage  proviennent  de  ce  que,  pour  les 
premières  il  y  a  une  perte  de  chaleur  par  le  sol  qui  n'existe  pas  pour 
les  secondes.  Les  différences  entre  le  côlé  droit  et  le  côté  gauche,  pro- 
viennent de  l'orientation  du  bâtiment.  Li  température  moyenne  exté- 
rieure pendant  la  durée  des  expériences  a  été  de  T""  5. 

241 2.  Tableau  C.  —  Ce  tableau  contient  les  résultats  des  expériences 
faites  dans  les  caves  de  ventilation  qui  correspondent  à  chaque  bâtiment, 
dans  le  courant  de  l'hiver  1849-1850.  Il  résulte  de  ces  expériences  que 
pour  une  consommation  de  13^  50  de  houille,  par  heure,  dans  le  foyer 
d'appel,  on  a  expulsé  14,800  mètres  cubes  d'air  par  heure  ;  que  pour 
une  consommation  de  22*"  33  de  houille  dans  le  même  temps,  la  venti- 
lation s'est  élevée  à  24,700  et  30,900  mètres  cubes;  que  pendant  l'été 
1850,  à  l'époque  des  plus  grandes  chaleurs^  pour  une  consommation 
de  20  kilogrammes  de  houille  à  l'heure,  la  ventilation  a  varié  de  22,900 
à  25,000. 

241 3.  Tableau  D. — Ce  tableau  renferme  les  résultats  des  expériences 
de  ventilation  générale  faites  dans  le  courant  de  l'hiver  1850-1851, 
dans  les  mêmes  circonstances  que  l'hiver  précédent.  11  résulte  de  ces 
expériences  :  l''  que  lu  ventilation  s'est  élevée  à  29,200  mètres  cubes 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        211 

avec  une  dépense  de  20  kilogrammes  de  houille  à  1*  heure  dans  le  foyer 
d'appel  ;  2**  que  réchauffement  de  la  cheminée  des  générateurs  n'a  que 
très-peu  d'influence  sur  la  ventilation  générale,  car  après  une  inter- 
ruption  de  chauffage  de  vingt-quaire  heures,  la  ventilation  a  été  de 
28,200  mètres  cubes  au  lieu  de  29,200,  c'est-à-dire  moindre  seulement 
de  1 :  29  de  ce  qu'elle  était  la  veille  quand  les  chaudières  étaient  en  ac- 
tivité; S""  qu'en  réduisant  la  consommation  du  foyer  d'appel  de  20  kilo- 
grammes à  15  kilogjrammes  par  heure,  la  ventilation  n'a  pas  sensible- 
ment diminué,  puisqu'on  la  trouve  comprise  entre  28,100  et  31,500 
mètres  cubes;  4"*  que  l'activité  du  foyer  d'appel  n'a  pas  une  influence 
immédiate  sur  la  ventilation,  et  que  pour  des  variations  assez  grandes 
dans  l'activité  de  la  combustion  il  ne  se  produit  que  de  faibles  diffé- 
rences dans  la  ventilation,  car  en  laissant  tomber  le  feu  presque  com- 
plètement, on  a  eu  i)our  la  ventilation  à  deux  heures  d'intervalle  25,800 
et  24,700  mètres  cubes  par  heure  ;  5''  qu'en  éteignant  complètement  le 
feu  du  foyer  d'appel,  en  retirant  le  charbon  et  laissant  passer  l'air  froid 
par  la  porte  et  la  grille  pour  refroidir  davantage  le  fourneau,  on  a  en- 
core obtenu  21,500  mètres  cubes  de  ventilation  par  heure,  une  demi- 
heure  après  l'extinction  du  feu,  et  16,500  mètres  cubes  une  heure  et 
demie  après.  La  faible  influence  de  la  cheminée  des  générateurs  pro- 
vient de  ce  que  la  fumée  n'y  arrive  qu'à  une  température  peu  élevée  à 
cause  du  refroidissement  qu'elle  éprouve  en  circulant  sous  les  plaques 
de  fonte  de  la  galerie  centrale.  L'influence  également  très-faible  d'une 
variation  de  consommation  de  combustible  dans  le  foyer  d'appel,  et 
dans  l'activité  du  foyer,  provient  de  ce  que  le  tirage  d'une  cheminée 
varie  très-peu  par  des  accroissements  même  très-grands  de  tempéra- 
ture de  l'air.  Enfin  le  faible  décroissement  de  tirage  après  l'extinction 
du  foyer,  provient  de  la  chaleur  renfermée  dans  la  maçonnerie  et  de 
l'excès  de  la  température  des  bâtiments  sur  la  température  extérieure. 
2414.  Tableatiop  Eet  F.  —  Ces  tableaux  renferment  les  résultats  des 
expériences  faites  sur  la  température  des  cellules  pendant  l'hiver  1850- 
1851,  dans  les  six  bfttiments,  pendant  le  mois  de  décembre  1850,  tous 
les  jours,  et  &  différents  moments  de  la  journée,  dans  les  mois  de  jan- 
vier, février  et  mars  1851.  Ces  tableaux,  qui  contiennent  plus  de 
1 ,400  indications  de  température,  constatent  qu'au  même  instant  les 
températures  des  différentes  cellules  et  des  corridors  ont  toujours  été 
comprises  entre  13  et  16  degrés.  Voici  du  reste  les  températures 
moyennes  des  six  bâtiments  pendant  le  mois  de  décembre. 


Digitized  by  VjOOQIC 


212    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 


BATIMENT 

Corridor  du  rez-de-chaussée. 

No  «. 

No  2. 

No  3. 

No  4. 

No  5. 

No  6. 

15,83 

15,05 

14,48 

13,01 

14.12 

Cellules  du  rez-de-chaussée. 

15,74 

14,09 

I5,5(i 

I4,'25 

13,11 

—     du  premier  étage.. 

13,97 

n,28 

14,76 

14,87 

14,5G 

—     du  deuxième  étage. 

1>,19 

15,78 

14,44 

14,«;) 

13.98 

Corridor  du  deuxième  étage . 

13,18 

l,V>8 

14,57 

14,72 

13,5» 

On  n'a  point  indiqué  \&  lempéralures  du  quatrième  bâtiment,  parce 
qu'il  avait  été  chauffé  trop  lard  et  que  le  régime  n'y  était  pas  établi. 
Pour  les  six  bâtiments,  il  n'y  a  que  le  deuxième  étage  du  premier,  dans 
lequel  la  température  n'a  pas  été  tout  à  fait  suffisante  ;  mais  cela  tient  à 
ce  qu'à  cette  époque  on  ne  pouvait  chauffer  que  la  circulation  du  rez- 
de-chaussée.  La  température  moyenne  extérieure  du  mois  de  décembre 
a  été  de  3°  89.  Les  températures  des  corridors  et  des  cellules  pendant 
les  mois  de  janvier,  février  et  mars  suivants,  ont  été  comprises  entre 
13,50  et  16  degrés. 

2415.  Tablcaiici  G  et  H,  — Ces  tableaux  contiennent  les  consomma- 
tions de  combustibles  pour  le  chauffage  et  la  ventilation  pendant  l'hiver 
1850-1851.  H  résulte  de  ces  tableaux  : 

1°  Que,  pour  les  bâtiments  dans  lesquelles  prises  d'air  étaient  ou- 
vertes sur  le  corridor,  la  consommation  de  combustible  pour  le  chauf- 
fage a  été  de  400  kilogrammes  par  bâtiment  et  par  jour,  pour  obtenir 
une  température  moyenne  intérieure  de  15°  15,  avec  une  température 
extérieure  de  3"*  89,  et  par  conséquent  par  iin  excès  de  ll^'So;  2°  que, 
pour  les  bâtiments  dont  les  prises  d'air  étaient  extérieures,  la  consom- 
mation moyenne  par  bâtiment  et  par  jour  a  été  de  500  kilogrammes 
pour  obtenir  une  température  moyenne  intérieure  moins  élevée  de 
près  de  1  degré  ;  3"*  que  la  consommation  moyenne  de  combustible 
pour  le  chauffage  de  l'administration  a  été  de  150  kilogrammes  par 
jour  pour  les  mêmes  circonstances  atmosphériques. 

Quant  à  la  ventilation,  la  dépense  moyenne  de  combustible  est  de 
350  kilogrammes  par  jour  d'hiver,  et  de  400  kilogrammes  par 
jour  pour  le  reste  de  l'année  ;  mai^ ,  pour  obtenir  une  ventila- 
tion de  30,000  mètres  cubes  par  heure ,  la  consommation  de  com- 
bustible est  de  20  kilogrammes  par  heure  en  hiver,  et  de  25  kilo- 
grammes en  été. 

2416.  D'après  des  renseignements  authentiques,  les  consomma- 

Digitized  by  VjOOQIC 


440,298»^ 

396,424»^ 

395,309»^ 

168,540 

162,538 

163,986 

51,162 

4!, 038 

40,705 

CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        213 

lions  de  combustible,  dans  les  années  1851,  1852,  1853,   1854, 
ont  été  : 

Pour  le  chauffage 420,456*^ 

Pour  la  ventilation .     164,980 

Pour  les  bains 39,980 

Les  consommations  moyennes  pour  ces  trois  services  ont  été  de 
413,122  kilogrammes;  164,911  kilogrammes;  43,429  kilogrammes, 
et  la  consommation  totale  de  621 ,429  kilogrammes.  Le  prix  de  la 
houille  ayant  été  pendant  les  deux  premières  années  de  35  francs  les 
1000  kilogrammes,  et  de  41  francs  pendant  les  deux  dernières,  la  dé- 
pense moyenne  pour  le  chauffage  a  été  de  15,698^64  ;  pour  la  ventila- 
tion, de  6,266^,60,  et  pour  les  bains,  de  1 ,565^25  ;  et,  en  y  joignant 
5,669  francs  pour  main-d'œuvre,  la  dépense  totale  s'est  élevée  à 
89, 199', 50,  et  par  suite  la  dépense  moyenne  de  chauffage  et  de  venti- 
lation a  été  par  détenu,  pour  une  année,  de  24^,33,  et  la  dépense  de 
ventilation  seulement  de  5^,22. 

La  consommation  moyenne  de  houille  par  jour,  pour  la  ventilation^ 
ayant  été  pendant  ces  trois  exercices  de  19  kilogrammes,  tandis  que  la 
consommation  moyenne  pendant  les  expériences  s'est  élevée  à  22'', 50,  il 
s'ensuit  que  la  ventilation,  pendant  ces  trois  années,  a  dû  être  inférieure 
à  30,000  mètres  cubes.  Gomme  les  vitesses  d'accès  dans  la  cheminée 
d'appel  sont  sensiblement  proportionnelles  aux  racines  carrées  des  ex- 
cès de  température  et  que  les  excès  de  température  sont  proportionnels 
aux  quantités  de  combustible  consommé,  on  trouve  que,  pendant  ces 
trois  années,  la  ventilation  par  cellule  et  par  heure  a  dû  être  de  22  mè- 
tres cubes,  et  que  les  consommations  moyennes  par  jour  d'été  et  par 
jour  d'hiver  n'ont  pas  du  dépasser  21 '',11  et  16'',89. 

2417.  Conséquences  des  faits  observés.  —  En  admettant  une  con- 
sommation de  20  kilogrammes  de  houille  par  heure  pour  une  ventila- 
tion totale  de  30,000  mètres  cubes  d'air  par  heure,  et  une  température 
moyenne  extérieure  de  6  degrés,  l'accroissement  de  température  de 
Fair  dans  la   cheminée  sera  sensiblement  donné    par  l'équation  , 

20.8000  =  30000.  1,3.  0,24, 

d'où  l'on  lire  a:  =  17°;  la  température  de  cet  air  sera  alors  17  -|_  ^4 
=  31®,  et  son  excès  de  température  sur  Tair  extérieur  de  31 — 6  ««.  23**. 
Je  n'ai  point  égard  à  réchauffement  de  l'air  par  le  tuyau  à  fumée  des 
générateurs,  parce  que  l'influence  de  cet  échauffement  est  très-faillie, 


Digitized  by  VjOOQIC 


214    LIV.  XV.  -i.  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

comme  le  constaient  les  expériences  du  tableau  D,  citées  plus  haut. 
La  hauteur  de  la  cheminée  étant  de  29  mètres,  la  vitesse  théorique 
d'accès  de  l'air  sera 


^  |/2^Ha(t--0)  ^  iXi^fi^l  .  29  .  0,00365  .  25  ^  g  ^q. 
^         i^at  ^  i+ 0,00365. 31  '     ' 

Or,  la  cheminée  est  cylindrique,  de  2"  15  de  diamètre  et  3"  62  de 
section  ;  et,  comme  elle  renferme  le  tuyau  à  fumée  des  calorifères,  qui 
a  0°'  80  de  diamètre  et  0°"  50  de  section,  il  s'ensuit  que  la  section  du 
canal,  par  lequel  s'écoule  l'air  de  ventilation,  est  réduite  à  3"  62 — 
0"  50  =  3"  12.  La  cheminée  évacuant  30,000  mètres  cubes  d'air  par 
heure,  ou  8"''  33  par  seconde,  la  vitesse  d'accès  sera  de  8,33  :  3,12 
—  2"  67.  Ainsi,  la  vitesse  réelle  n'est  que  de  2,67  :  6,70  «-  0,40 
de  la  vitesse  théorique,  et  par  conséquent  le  travail  réel  n'est  que 
(0,40)^  «»  0,16  du  travail  que  produirait  la  cheminée,  s'il  n'y  avait  pas 
de  résistance  dans  tout  le  parcours  de  l'air  depuis  les  orifices  d'accès  de 
l'air  extérieur  jusqu'au  sommet  de  la  cheminée.  Remarquons  mainte- 
nant qu'en  désignant  par  V  la  vitesse  due  à  la  charge,  par  v  la  vitesse 
réelle,  par  m  la  somme  totale  des  résistances,  on  a 


y" 


d'où    (  ^  )  =  — f—  ;    et    m  =  5,25. 


Or,  dans  le  trajet  de  l'air,  il  y  a  trois  renflements  :  à  l'entrée  dans  les  ga- 
leries, dans  les  cellules  et  dans  les  caveaux  où  se  trouvent  les  tonnes  de 
vidange,  et  trois  changements  de  direction  à  angle  droit,  deux  dans  le 
canal  qui  amène  l'air  dans  les  cellules  et  un  à  l'entrée  de  l'air  dans 
la  cheminée  d'appel,  qui  produisent  une  perte  de  charge  égale  à  4,50 
(379)  (354)  ;  ainsi  il  ne  reste  que  0,75  pour  les  frottements. 

2418.  La  .surface  totale  des  murailles  exposées  au  contact  de  l'air  est 
à  très-peu  près  de  13,000  mètres  carrés,  non  compris  les  surfaces  des 
voûtes  et  du  sol,  qui  transmettent  fort  peu  de  chaleur  ;  leur  épaisseur 
est  de  0"  60.  La  surface  totale  des  vitres  est  de  2173  mètres  carrés.  En 
admettant  le  nombre  15  (867)  pour  la  quantité  de  chaleur  transmise  par 
mètre  carré  de  murailles  et  par  heure,  et  23  (881)  pour  la  transmission 
des  vitres  dans  les  mêmes  circonstances,  la  quantité  totale  de  chaleur 
perdue  moyennement  par  les  vitres  et  les  murailles  sera  13000 .15  4- 
2173  .  23  «»  244979.  Pour  obtenir  la  quantité  totale  de  chaleur  fournie 
par  les  calorifères,  il  faut,  à  cette  quantité  de  chaleur,  ajouter  celle  qui 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        245 

est  nécessaire  pour  élever  27,000  mètres  cubes  d'air  de  6  degrés 
à  14^  puisque  Tair  des  cellules  a  14  degrés ,  quantité  qui  est 
égale  à  27000  . 1,3 . 8 . 0,24  —  67392,  et  en  retrancher  la  chaleur 
produite  par  les  détenus,  qui  est  égale  à  40  •  1225  »»  49,000.  On 
trouve  ainsi,  pour  la  quantité  de  chaleur  fournie*  par  la  vapeur, 
244979  +  67392  —  49000  —  263371 .  En  admettant  que  chaque  kilo- 
gramme de  vapeur  ait  fourni  600  unités  de  chaleur,  la  quantité  de 
vapeur  moyenne  condensée  par  heure  serait  de  439  kilogrammes. 
Pendant  les  trois  années  de  chauffage  de  1851  à  1854,  la  consomma- 
tion moyenne  pour  lechauffagea  été  de  413,122  kilogrammes,  et  par 
heure  moyenne  de  413,122:  (210  .  24)«'82*;  pour  que  cette  con- 
sommation produisit  les  439  kilogrammes  de  vapeur,  il  faudrait  ad- 
mettre que  chaque  kilogramme  de  houille  a  produit  5^  35  de  vapeur; 
or,  il  résulte  d'une  note  lithographiée,  adressée  par  M.  Grouvelle  à 
M.  le  préfet  de  la  Seine,  que  les  premières  chaudières  établies  àMazas 
avaient  des  dimensions  trop  petites,  que  les  ordonnances  ne  permet- 
taient pas  de  dépasser,  et  ne  produisaient  que  4^  48  de  vapeur  par 
kilogramme  de  houille,  et  que  les  nouvelles,  plus  puissantes,  qui  ont 
été  ajoutées  aux  premières,  produisent  6^  49.  Ainsi  la  production  de 
la  vapeur  a  varié  entre  ces  deux  nombres,  dont  la  moyenne  diffère  peu 
du  nombre  indiqué  parle  calcul. 


Digitized  by  VjOOQIC 


2i6    UV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2419.  Description  de  la  prison  Mazas.  —  La  figure  585  représente 
le  plan  des  bâtiments  au  niveau  du  sol. 

A,  entrée. 

B,  cour  de  l'administration. 

C,  corps  de  garde. 
D,D,  magasins. 

E,  salle  des  morts. 

F,  cuisine. 

G,  passage  du  greffe. 
H,  greffe. 

1,1,  salle  des  fouilleuses. 

J,  J,  salles  provisoires  de  dépôt. 

J',  pannelerie. 

K,  cabinet  du  directeur. 

R',K',K',  chemin  de  ronde. 

L,  salle  centrale  au  milieu  de  laquelle  se  trouve  le  bureau  du  sur- 
veillant ;  au-dessus  du  bureau  du  surveillant  se  trouve  Taulel.  De 
cette  salle  centrale  partent  six  corps  de  bâtiments  M,  M,  M,  ...  sépa- 
rés en  deux  parties  égales  par  un  corridor  qui  s'élève  jusqu'à  la  toi- 
ture, il  est  éclairé  par  la  partie  supérieure  et  par  un  immense  vitrage 
qui  le  termine.  De  chaque  côté  du  corridor,  le  rez-de-chaussée,  le 
premier  et  le  deuxième  étage  des  bâtiments  sont  divisés  en  cellules  ; 
celles  du  premier  et  du  deuxième  étage  sont  desservies  par  un  balcon 
qui  règne  dans  toute  la  longueur  des  bâtiments.  Les  balustrades  en 
fer  des  balcons  opposés  servent  de  rails  à  un  chariot  contenant  les  ra- 
tions des  prisonniers,  que  les  gardiens  distribuent  aux  détenus.  Les 
chariots  sont  chargés  à  la  cuisine,  un  chemin  de  fer  les  conduit  à  la 
descente  des  caves  P,  où  ils  sont  reçus  sur  un  autre  chemin  de  fer  ;  des 
treuils,  disposés  dans  chaque  aile  en  Q,  enlèvent  les  chariots  à  la  hau- 
teur de  l'étage  où  la  distribution  doit  être  faite.  Ce  service  dure  trois 
minutes.  Pendant  le  service  divin  les  portes  des  cellules  sont  entr'ou- 
vertes  à  peu  près  de  0°"  06,  de  manière  que  les  détenus  puissent  voir  le 
prêtre  à  l'autel  sans  se  voii'  ni  communiquer  entre  eux. 

0,0...,  parloirs;  chaque  détenu  et  chaque  visiteur  a  son  ca- 
binet. 

P,  descente  du  passage  des  vivres. 

Q,  passage  dans  l'épaisseur  des  voûtes  pour  les  chariots  de  vivres. 

N...,  préaux  cellulaires  des  prisonniers;  ils  y  descendent  un  à  un 
par  les  escaliers R,  et  sont  dirigés  du  ccnlreS  dans  chaque  petite  cour; 
la  partie  centrale  est  occupée  par  une  petite  cour  dans  laquelle  se  tient 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.      217 

le  surveillant;  rextrémilé  de  chaque  cour,  la  plus  éloignée  du  centre, 
est  couverte  de  manière  à  présenter  un  abri  au  prisonnier. 

T,  usine  à  gaz. 

U,  cheminée  générale  de  ventilation. 

V,  cellules  de  bains. 

L'infirmerie  se  trouve  dans  le  premier  bâtiment  de  droite  au  pre- 
mier éiage;  chaque  malade  a  une  cellule  double. 


m^^'^m 


W  §Ê 


0. 


mz^i^^ 


mS^" 


»  IH 

4 


Fig.  iiSo. 


Digitized  by  VjOOQ  IC 


218    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2420.  La  figure  586  représente  la  coupe  verticale  d'un  des  bâtiments 
cellulaires.  Chaque  cellule  a  3"  75  de  longueur,  2  mètres  de  largeur  et 
3  mètres  de  hauteur;  chacune  renferme  un  bec  de  gaz  et  une  cuvette 
d*aisances  G,  dont  le  tuyau  de  descente  sert  à  l'écoulement  de  Tair  de 
ventilation  dans  une  cave  qui  communique  avec  la  grande  cheminée 
d'appel  ;  l'air  passe  entre  le  couvercle  et  les  bords  de  la  cuvette. 

  et  B  sont  deux  tuyaux  de  fonte  horizontaux  parcourus  en  sens  con- 
traire par  de  l'eau  chaude  ;  ils  sont  placés  dans  un  canal  situé  au- 
dessous  du  balcon  et  fermés  par  une  cloison  en  plâtre;  ce  canal  est 
interrompu  par  des  cloisons  transversales  placées  dans  les  axes  des 
murs  de  séparation  des  cellules;  l'air  du  corridor  s'introduit  dans  le 
canal  par  des  orifices  percés  dans  la  cloison  en  plâtre  et  pénètre  dans 
chaque  cellule  par  les  orifices  D  fermés  par  des  plaques  de  fonte  à 
jour. 

E,  fenêtres  des  cellules. 

F,  fenêtre  grillée  qui  ferme  l'extrémité  du  corridor. 

G,  vases  d'expansion  des  circulations  d'eau. 

Le  tuyau  d'écoulement  de  l'air  fixé  latéralement  à  l'extrémité  de 
chaque  tuyau  de  descente  est  en  zinc  ;  il  a  0*  45  de  longueur  et  0"  10  de 
diamètre  ;  il  est  garni  à  son  extrémité  d'une  étoile  en  cuivre,  destinée  à 
régler  la  ventilation;  l'ajutage  est  garni  d'un  chapeau  en  zinc  qui  le 
recouvre  et  laisse  autour  du  tuyau  un  espace  annulaire  libre  de 
0*"  025  ;  le  fond  du  chapeau  est  garni  de  foin  ;  les  changements  de  di- 
rection que  l'air  éprouve  pour  sortir  arrêtent  le  son,  ou  du  moins  le 
rendent  tellement  confus,  qu'aucune  communication  n'est  possible 
par  la  voix  entre  les  détenus.  Cette  disposition  a  été  imaginée  par 
M.  Bruzard,  architecte  de  la  préfecture  de  police. 

Dans  les  caveaux  renfermant  les  tonnes  de  vidange,  il  se  (orme  une 
telle  quantité  de  toiles  d'araignées,  surtout  près  des  tuyaux  intérieurs 
d'aérage,  que  tous  les  six  mois  il  faut  les  brûler  avec  des  torches  ;  un 
simple  balayage  ne  serait  pas  suffisant. 

Pour  régler  la  ventilation  des  cellules,  on  règle  d'abord  la  ventilation 
des  ailes  sur  celle  qui  ofi're  le  plus  de  résistance  en  abaissant  progres- 
sivement les  registres  des  autres,  Tanémomètre  à  la  main,  puis  celle 
des  cellules  d'une  même  aile  sur  celle  qui  est  la  plus  éloignée  de  la 
cheminée  et  la  plus  élevée. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.      2i9 


Ffg.  5S6. 


Digitized  by  CjOOQiC 


220    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2421.  La  figure  587  représente  une  coupe  d'un  des  bâtiments 
cellulaires  dans  la  partie  la  plus  voisine  de  la  rotonde,  en  avant  des 
cellules. 

A,  réservoirs  d'eau  chauffés  par  la  vapeur,  alimentant  les  tuyaux 
qui  circulent  sous  les  balcons. 

B,  balustrades  de  deux  petits  ponts  qui  traversent  le  corridor,  et  au- 
dessous  desquels  se  trouvent  des  tuyaux  à  eau  chaude  qui  correspon- 
dent avec  la  circulation  du  côté  droit. 

C,C  sont  des  vases  communiquant  avec  les  tuyaux  d'eau  chaude  des- 
tinés à  permettre  la  dilatation  de  l'eau  et  à  maintenir  les  tuyaux  con- 
stamment pleins;  ils  sont  placés  à  l'extrémité  opposée  de  la  galerie: 
dans  cette  coupe  la  voûte  est  moins  élevée  que  dans  la  partie  du  bâti- 
ment occupée  par  les  cellules. 

D,  réservoir  d'eau  froide  pour  le  service  des  détenus. 

E,  espace  parcouru  par  l'air  de  ventilation  ;  la  grille  qu'on  y 
remarque  a  pour  objet  d'intercepter  les  communications. 

2422.  Résumé  des  rapports  faits  par  diverses  commissions.  —  Dans 
le  mois  de  juin  1850,  à  la  suite  d'un  article  du  journal  le  Siècle,  qui 
renfermait  des  plaintes  très-vives  de  certains  détenus  de  la  prison  Mazas, 
le  Préfet  de  police  nomma  le  25  juin  une  commission  ayant  pour  objet 
d'examiner  l'état  sanitaire  de  cette  prison.  Cette  commission  était  com- 
posée de  MM.  Thierry,  Guérard,  Paillard  de  Villeneuve,  Besuchet  de 
Saunois,  Béguin,  Boutron,  Bruzard,  et  Perrée,  gérant  du  Siècle. 

La  commission  nommée  par  M.  le  Préfet  de  police  se  divisa  en  deux 
sous-commissions,  l'une  ayant  pour  objet  l'examen  des  conditions  phy- 
siques, l'autre  celui  de  la  partie  morale  ;  M.  Guérard  fut  désigné  comme 
rapporteur  de  la  première,  et  M.  Paillard  de  Villeneuve  de  la  seconde. 
Nous  extrairons  de  ces  deux  rapports  les  passages  qui  nous  paraissent 
les  plus  importants. 

2423.  Premier  rapport.  —  «  La  commission  s'est  livrée  à  plusieurs 
expériences  ayant  pour  but  de  constater  le  mouvement  de  l'air  et  d'en 
mesurer  la  vitesse.  Ainsi,  en  produisant  de  la  fumée  dans  uri  point 
quelconque  de  la  cellule,  nous  avons  vu  cette  fumée  se  diriger  vers  le 
siège  d'aisance,  et  s'engager  bientôt  dans  l'espace  laissé  libre  au-dessous 
du  couvercle.  C'est  pour  cette  raison,  que  de  l'aveu  même  des  détenus, 
l'usage  du  cigare  ou  de  la  pipe  n'est  jamais  suivi  de  la  persistance  de 
la  fumée  dans  la  cellule;  quelques  minutes  suffisent  pour  la  dissiper. 
L'expérience  suivante  en  fournit  la  preuve  la  moins  contestable  :  trois 
personnes,  dont  un  membre  de  la  commission,  se  sont  renfermées  dans 
une  cellule  et  y  ont  fumé  sans  interruption  pendant  une  heure;  la 


Digitized  by  VjOOQIC 


CIIAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.      221 


Fi  g.  î:87. 


Digitized  by  VjOOQlC 


222    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

fumée  disparaissait  à  mesure  qu'elle  était  prcNiuite,  et  l'air  a  conservé 
sa  transparence  jusqu'à  la  fin. 

2424.  a  Qutfnt  à  la  rapidité  de  la  ventilation,  ranémomètre  a  constaté 
que  chaque  cellule  reçoit  de  10  à  25  et  même  30  mètres  cubes  d'air 
neuf  par  heure.  Hâtons-nous  d'ajouter  que  d'aussi  grandes  différences 
entre  les  quantités  d'air  reçues  par  les  diverses  cellules  dépendent  des 
influences  perturbatrices  que  nous  avons  reconnues  et  dont  nous  par- 
lerons plus  loin.  Comme  ces  influences  ont  été  neutralisées  dans  la 
sixième  division,  où  viennent  d^être  exécutées  les  modifications  deman- 
dées par  la  commission,  pour  la  nouvelle  disposition  des  prises  d'air,  la 
répartition  de  l'air  introduit  par  la  ventilation  est  devenue  beaucoup 
moins  inégale  ;  aussi  les  premières  expériences  exécutées  dans  cette 
division  donnent-elles,  pour  le  volume  d'air  introduit  par  heure  dans 
les  cellules,  un  chiffre  qui  oscille  entre  13  et  22  mètres  cubes.  Quand 
le  service  de  régularisation  sera  complètement  terminé,  la  répartition 
acquerra  une  uniformité  à  peu  près  parfaite.  Mais  pour  que  cette  circu- 
lation d'air  ait  lieu  sans  interruption,  il  faut  :  1**  que  la  cheminée 
d'appel  fonctionne  régulièrement^  2®  que  les  caves  longitudinales 
soient  bien  closes  ;  3'' que  l'air  extérieur  ne  soit  pas  sollicité  à  se  mouvoir 
en  sens  contraire  par  Faction  du  soleil  ou  des  vents.  Or,  ces  trois  con- 
ditions se  sont  trouvées  momentanément  ou  interrompues,  ou  incom- 
plètement remplies,  et  c'est  ce  qui  a  donné  lieu  tantôt  à  une  ventilation 
incomplète,  tantôt  au  refoulement  de  l'air  des  sièges  d'aisances.     .     . 

2425.  (c  Enfin,  la  troisième  cause  de  ventilation  irrégulière  est  celle 
qui  est  relative  à  l'influence  perturbatrice  exercée  par  le  soleil  ou  le  vent. 
Cette  cause  s'est  présentée  plus  d'une  fois,  et  si  elle  n'a  pas  eu  assez  de 
puissance  pour  anéantir  complètement  l'action  de  la  cheminée  d*appel, 
elle  a  dû  l'amoindrir  assez,  surtout  pendant  les  derniers  jours  du  mois 
de  juin,  où  la  chaleur  a  été  excessive,  pour  qu'à  certaines  heures  de  la 
journée  quelques  détenus  aient  pu  s'en  trouver  incommodés  ;  toutefois, 
nous  devons  déclarer  que,  dans  ces  mêmes  circonstances,  nous  avons 
pu  constater  à  l'anénjomètre  que  la  vitesse  du  courant  d'air  est  encore 
de  10  mètres  cubes  par  heure,  minimum  proposé  par  la  commission 
qui  a  présidé  à  l'établissement  du  système  de  ventilation. 

2426.  «  C'est  ici  le  lieu  de  faire  observer  que,  dans  nos  expériences, 
nous  avon3  pu  nous  convaincre  que  la  clôture  des  fenêtres  était  essen- 
tielle  à  la  régularité  de  la  ventilation  j  avec  les  fenêtres  ouvertes,  et  par- 
ticulièrement sous  Tinfluence  du  vent,  nous  avons  eu  quelquefois  un 
appel  en  sens  contraire,  c'est-à-dire  que  l'air  remontait  par  le  siège 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.      223 

d'aisances  avec  une  rapidité  très-grande  et  allait  même  se  répandre  dans 
la  galerie.  Dans  une  de  nos  expériences,  ranémomètre  nous  a  indiqué 
38  mètres  cubes  d*air  venant  de  la  fosse  en  une  heure.  Ce  chiffre  a  été 
dépassé  de  beaucoup  dans  des  expériences  ultérieures.  Quant  aux  gui- 
chets, l'influence  de  leur  état  de  clôture  ou  d'ouverture  sur  la  ventila- 
tion est  à  peu  près  nulle. 

a  Cette  double  influence  perturbatrice  du  soleil  et  du  vent  avait  été 
signalée  par  la  commission  chargée  de  la  réception  des  appareils  de 
M.  Grouvelle,  et  c'eàt  sur  les  indications  de  cette  commission  que  cet 
ingénieur  s'est  empressé  de  changer  la  place  des  prises  d'air  et  de  les 
mettre  dans  l'intérieur  même  des  galeries,  où  elles  sont  à  l'abri  des 
influences  atmosphériques. 

a  Déjà  une  division  tout  entière  est  disposée  d'après  ce  système^  et^ 
comnae  nous  l'avons  déjà  dit  plus  haut,  les  expériences  anémométri- 
ques  exécutées  dans  ce  bâtiment  ont  justifié  complètement  les  prévi- 
sions de  la  commission  et  ont  montré  que  désormais  la  ventilation 
pourra  être  obtenue  d'une  manière  complète  et  régulière. 

«  D'après  les  détails  dans  lesquels  nous  venons  d'entrer,  il  est  per- 
mis de  conclure  que  :  l"*  l'aération  des  cellules  de  la  prison  Mazas  peut 
être  effectuée  d'une  manière  satisfaisante  pour  la  santé  des  détenus  ; 
î*"  l'occlusion  des  fenêtres  est  nécessaire  à  la  régularité  de  la  venti- 
lation  

2427.  «  Nous  ne  terminerons  pas  ce  rapport  sans  faire  observer 
que  quelques  détenus,  bien  que  soumis  à  une  aération  convenable,  ont 
accusé  une  gêne  plus  ou  moins  grande  dans  la  respiration.  L'examen 
de  ces  détenus  nous  a  fait  voir  que  ce  malaise  doit  être  attribué  à  une 
disposition  maladive  spéciale.  Ainsi,  nous  avons  reconnu  chez  quelques- 
uns  des  affections  de  la  poitrine  ou  du  cœur,  qui  les  exposent  à  ressen- 
tir, même  en  plein  air,  la  gêne  dont  ils  se  plaignaient  et  surtout  sous 
l'influence  de  la  température  élevée  de  l'atmosphère  qui  régnait  au 
moment  de  notre  visite. 

«  Un  détenu,  souffrant  de  pesanteur  de  tête  et  d'étourdissements, 
nous  a  avoué  avoir  été  obligé  de  quitter,  par  ce  motif,  sa  profession  de 
boulanger,  et  cela  plus  de  six  mois  avant  son  incarcération. 

a  Enfin,  depuis  que  l'administration  a  pris  possession  de  la  prison 
Mazas,  cinq  décès  ont  eu  lieu  :  deux  par  suite  de  phthisie  pulmonaire 
et  un  troisième  par  une  attaque  d'apoplexie.  Pour  ce.  dernier,  il  con- 
vient de  faire  observer  que  les  affections  de  cette  nature  sont  extrême- 
ment communes  partout  à  cette  époque  de  l'année.  Quant  à  la  phthi- 
sie^ les  médecins  ont  pu  remarquer  qu'elle  a  fait  plus  de  victimes  «etle 

Digitized  by  VjOOQIC 


22 f    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

année,  en  mai  et  juin,  qu'à  la  même  époque  en  1848.  Le  rapport, 
pour  l'Hôtel-Dieuen  particulier,  est  de  55  à  40.  L'épidémie  du  choléra 
n'a  pas  permis  d'établir  le  rapport  avec  l'année  dernière.  Il  n'est  donc 
pas  étonnant  que  cette  maladie^  dont  étaient  atteints  depuis  longtemps 
Itîs  deux  détenus  qui  ont  succombé  à  la  prison  Mazas,  ait  pris  une 
inarche  plus  rapide  après  leur  détention  dans  cette  maison.  La  même 
accélération  a  pu  être  observée  en  ville  et  dans  les  hôpitaux. 

((  C'est  aussi  à  une  disposition  individuelle  de  quelques  détenus 
qu'il  convient  d'attribuer  la  mauvaise  odeur  que  l'on  sent  en  entrant 
dans  un  petit  nombre  de  cellules.  Cette  odeur,  qui  persiste  malgré  une 
ventilation  active  et  régulière,  ne  manquerait  pas  d'être  aperçue  en  plein 
air,  et  on  ne  doit  pas  la  considérer  comme  résultant  de  l'insuffisance 
de  l'aération. 

«  Cette  circonstance  n'est  d'ailleurs  qu'exceptionnelle,  et,  sous  ce 
rapport,  la  prison  Mazas  offre  un  contraste  frappant  avec  l'ancienne 
Force,  où  les  salles  habitées  en  commun  par  les  détenus  exhalaient  le 
plus  souvent  une  odeur  infecte.  » 

m%.  Second  rapport.  —  a     . 

.  .  .  Un  grand  nombre  de  détenus  pris  au  hasard,  dans  chaque  ga- 
lerie, à  chaque  étage,  ont  été  interrogés  isolément  afin  de  laisser  à 
leurs  plaintes  plus  de  liberté.  Leur  réponse  a  été  presque  uniformé- 
ment la  même.  Ils  ont  déclaré  que  la  cellule,  comme  lieu  d'habitation, 
leur  paraissait  parfaitement  convenable,  que  la  température  n'avait 
rien  qui  pût  les  incommoder,  qu'ils  ne  manquaient  pas  d'air,  et  que, 
depuis  leur  enccllulement,  ils  n'avaient  ressenti  aucun  changement 
dans  leur  santé.  Plusieurs  même  ont  ajouté  qu'ils  se  considéreraient 
comme  fort  heureux  si,  dans  l'état  de  liberté,  ils  étaient  toujours  assu- 
rés d'avoir  un  logement  semblable. 

«Telle  a  été  la  réponse  non-seulement  de  ceux  qui  n'ont  jamais  été 
détenus  dans  les  prisons  en  commun,  mais  aussi  des  récidivistes  qui 
ont  déjà  passé  par  les  autres  prisons  ou  par  les  maisons  centrales. 

c(  Nous  devons  cependant  constater  quelques  plaintes.  Plusieurs  dé- 
tenus, et  la  proportion  est  à  peine  de  un  sur  trente,  ont  déclaré  qu'ils 
uianquaient  d'air  et  que  leur  santé  en  souffrait,  La  cause  de  ces  plaintes 
a  pu  facilement  être  appréciée  à  la  vue  des  ventilateurs  que  les  détenus 
avaient  eux-mêmes  bouchés,  et  les  expériences  faites  après  la  mise  des 
lieux  dans  leur  état  primitif  ont  constaté  que  la  ventilation  normale 
était  restituée  aiix  cellules. 

2429.  «  Quant  aux  plaintes  fort  peu  nombreuses  qui  n'étaient  pas 
le  résultat  du  dérangement  volontaire  des  appareils,  la  commission  ne 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.  225 
peut  répondre  qu'une  chose  :  c'est  que  les  cellules  habitées  par  les  dé- 
tenus dont  les  plaintes  émanaient,  ont  été  reconnues,  par  expérience, 
être  dans  des  conditions  de  ventilation  égales  à  celles  des  autres  cellules, 
quelquefois  même  plus  favorables. 

<^  Enfin  les  états  comparatifs  des  malades  et  des  morts,  depuis  l'occu- 
pation de  la  prison  Mazas,  viennent  confirmer  les  expériences  faites. 

«  En  résumé,  la  commission  est  unanime  pour  déclarer  que,  d'a- 
près l'inspection  des  lieux,  d'après  les  déclarations  des  détenus  eux- 
mêmes,  le  système  actuel  de  l'emprisonnement  préventif  présente  des 
améliorations  incontestables  ;  que,  sous  le  point  de  vue  hygiénique 
comme  sous  le  point  de  vue  moral,  toutes  les  conditions  de  bien-être 
et  de  moralité  peuvent  être  conciliées,  et  que,  dans  sa  pensée,  elles  se- 
raient accomplies  par  l'adoption  des  mesures  qu'elle  a  cru  devoir  in- 
diquer. » 

Suivent  les  noms  de  tous  les  membres  de  la  commission,  sans  excep- 
tion de  celui  de  M.  Perrée,  rédacteur  de  l'article  du  Siècle  qui  avait 
provoqué  la  nomination  de  la  commission.  Les  mesures  réclamées  con- 
sistaient dans  les  changements  de  position  des  prises  d'air,  ce  qui  était 
déjà  en  voie  d'exécution  ;  dans  la  surveillance  plus  exacte  du  foyer 
d'appel  des  vidanges;  dans  une  meilleure  organisation  du  travail,  des 
punitions,  etc. 

2430.  On  a  pensé  longtemps,  que  pour  que  le  système  de  ventilation 
fonctionnât  régulièrement,  il  fallait  que  toutes  les  fenêtres  des  cellules 
fussent  hermétiquement  closes.  Mais  les  plaintes  de  quelques  détenus 
qui  disaient  manquer  d'air  pendant  les  chaleurs  de  l'été,  appelèrent 
l'attention  de  la  commission  sanitaire.  Il  fut  reconnu  que  dans  les  cel- 
lules d'où  étaient  sorties  ces  plaintes  il  y  avait  25  et  30  mètres  cubes 
de  ventilation  par  heure,  et  que  cependant  des  indispositions  sérieuses 
avaient  été  réellement  constatées. 

On  avait  attribué  ces  faits  à  l'élévation  de  la  température  dans  la 
cellule,  mais  il  est  facile  de  voir  que  pour  que  cette  cause  fût  la  véri- 
table, l'air  aurait  dû  entrer  beaucoup  trop  chaud.  11  est  probable  que 
ces  indispositions  tiennent  à  des  phénomènes  qu'il  est  difficile  d'expli- 
quer scientifiquement,  mais  dont  l'action  sur  l'organisme  est  telle  que 
pour  une  longue  détention,  rien  ne  peut  remplacer  l'influence  de  l'air 
chauffé  directement  par  le  soleil.  11  faut  en  outre  remarquer  que  cer- 
taines personnes  douées  d'organisations  délicates  croient  manquer 
d'air  lorsqu'elles  se  trouvent  dans  une  enceinte  où  il  y  a  simultanément 
une  température  élevée  et  une  aspiration  d'air. 

m.  " 

Digitized  by  VjOOQIC 


226     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

On  essaya  d'entr'ouvrir  les  fenêtres  des  détenus  qui  souffraient,  et  à 
l'instant  les  plaintes  et  les  indispositions  œssèrent.  Il  fallut  alors  don- 
ner à  tous  les  détenus  la  faculté  d'ouvrir  à  volonté  leur  fenêtre  sans 
troubler  la  ventilation.  MM.  Gilbert  et  Lecointe,  architectes  de  la  pri- 
son firent  préparer  1225  tampons  mobiles  ;  on  en  donna  un  à  chaque 
détenu  avec  ordre  de  le  placer  sur  la  lunette  de  son  siège  d*aisances 
quand  il  ouvrirait  sa  fenêtre.  Ce  système,  essayé  sur  une  aile  puis 
appliqué  à  toute  la  prison,  a  donné  de  bons  résultats.  Les  fenêtres  sont 
aujourd'hui  à  la  disposition  entière  des  détenus. 

PrUon  eellalaire  de  ProTins. 

2431.  Cette  prison  est  disposée  de  la  même  manière  que  la  prison 
Mazas,  mais  elle  ne  renferme  qu'un  seull)âtiment,  et  seulement  trente- 
neuf  cellules.  Les  appareils  de  chauffage  et  de  ventilation  ont  été  con- 
struits par  M.  Grouvelle  ;  ils  sont  organisés  en  tous  points  comme  dans 
la  prison  Mazas  ;  seulement  la  chaudière  chauffe  directement  l'eau 
chaude  d'hiver  ;  celle  d'été  est  effectuée  par  un  foyer  d'appel  spécial. 

La  surface  des  murailles  est  de  1059  mètres  carrés,  leur  épaisseur 
moyenne  est  de  0°  60  ;  la  surface  des  vitres  est  de  107°  50  ;  la  chemi- 
née du  calorifère  a  0°  31  de  diamètre,  et  s'élève  de  5  mètres  dans  la 
cheminée  d'appel,  qui  a  18  mètres  de  hauteur,  1°  06  de  diamètre  à  la 
base  et  0°  60  à  la  partie  supérieure. 

M.  Gentilhomme,  architecte,  ingénieur  civil  attaché  à  l'administra- 
tion des  hospices  de  Paris,  a  été  chargé  en  1849,  par  M.  te  préfet  du 
département  de  Seine-et-Marne,  d'examiner  les  appareils,  d'en  mesurer 
les  effets,  et  de  donner  son  avis  sur  leur  réception  ou  leur  rejet.  C'est 
du  rapport  de  M.  Gentilhomme  que  nous  avons  extrait  ce  qui  suit. 

2432.  Observations  des  températures.  —  Ces  observations  ont  été 
faites  dans  quatre  cellules  de  chaque  étage  :  la  plus  éloignée  du  départ 
du  tuyau  de  circulation,  la  plus  rapprochée  de  ce  départ,  et  deux  du 
milieu  de  chaque  côté,  nord  et  sud.  Elles  ont  eu  lieu  du  15  mars  au 
6  avril.  Les  températures  ont  été  relevées  le  malin,  à  midi  et  le  soir. 

La  moyenne  pour  les  températures  du  matin  a  été  de  14°  60  ;  celle 
de  midi,  de  15°  35  ;  celle  du  soir  de  14°  91 ,  et  la  moyenne  de  la  journée 
de  14°  95.  La  température  moyenne  de  la  grande  galerie  donnant  en- 
trée dans  les  cellules  a  été  de  15°  16,  et  celle  du  greffe  de  18  degrés. 
Dans  les  cellules  exposées  au  midi,  la  température  moyenne  était  plus 
élevée,  à  peu  près  de  i  degré,  que  dans  celles  qui  étaient  exposées  au 
nord. 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        227 

Le  chauffage  était  toujours  suspendu  pendant  la  nuit^  et  pourtant 
rabaissement  de  la  température  pendant  l'interruption  du  chauffage 
n'a  jamais  dépassé  O""  31 ,  à  cause  de  la  grande  quantité  de  chaleur  ren- 
fermée dans  les  murs  et  dans  Teau  chaude. 

La  température  extérieure  moyenne  du  jour  pendant  les  expériences 
a  été  de  6  degrés;  mais  comme  les  nuits  ont  été  très-froides,  la  tem- 
pérature moyenne  du  jour  et  de  la  nuit  a  été  beaucoup  plus  basse.  Les 
déclarations  du  concierge  de  la  prison,  du  gardien  et  de  tous  les  préve- 
nus sur  la  température  pendant  les  jours  les  plus  froids  de  l'hiver,  sont 
unanimes  et  très-satisfaisantes  ;  quelques  détenus  se  sont  plaints  de  la 
chaleur,  aucun  du  froid. 

M.  Gentilhomme  observe  avec  raison  que  si  le  froid  devenait  exces- 
sif, il  serait  facile  d'y  pourvoir  en  prolongeant  le  chauffage  au  delà 
de  sa  durée  ordinaire. 

2433.  Ventilation.  —  Les  expériences  de  ventilation  ont  eu  lieu  sur 
les  tuyaux  de  descente  des  cellules  et  dans  la  cheminée  d'appel.  Voici 
les  résultats  obtenus  : 

FOYER   DE  LA  CHAUDIÈRE  EN  PLEIN  FEU.  —    FOYER  D* APPEL  ÉTEINT. 

2434.  Rez-de-chaussée,  volume  d'air  moyen  sorti  de  chaque 

cellule  par  heure ^^ 

«"  étage,  id ^^"  * 

2«  étage,  id • ^*^^ 

Volume  d'air  écoulé  par  la  cheminée ^*^^"  ^ 

Le  volume  d'air  appelé  par  la  cheminée,  réparti  entre  les  trente- 
neuf  cellules,  donne  pour  chacune  une  ventilation  de  87  mètres  cubes  ; 
la  moyenne  des  ventilations  des  cellules,  directement  mesurée,  est  seu- 
lement de  70  mètres. 

2i3o.  Rez-de-chaussée,  volu^^e  d'air  moyen  sorti  de  chaque        ^^^^  ^ 

cellule  par  heure  9»»  g 

1    eiage,  m .g„  ^ 

z  eiage,  m _     _ 105l~  0 

Volume  d'air  ërA,,i  -   •  «-4p 

«coule  par  la  chem^^"^^ 

Le  volume  d'air  ann.u  i       déduit  de  celui  qui  s'écoule  par 

la  cheminée,  est  de  If    ^  ''"^^^îume  d'air  moyen  écoulé  par  cel- 
""  ^'  nietres;  le  iroltii»* 

Digitized  by  VjOOQIC 


228    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

Iule,  déduit  des  observations  directes  faites  sur  plusieurs  d'entre  elles, 
est  de  25"  7. 

FOYERS  ÉTEINTS  DEPUIS  SIX  JOURS. 

2436.  Rez-de-chaussée,  côté  du  midi,  volume  d'air  écoulé  par 

cellule  et  par  heure 24"  4 

i"  étage,  id 34"  5 

2*»  étage,  id '. 7"  0 

Volume  d'air  appelé  par  la  cheminée  par  heure il 34"  0 

Dans  ces  expériences,  il  n'y  avait  point  de  feu,  ni  dans  le  foyer  de  la 
cheminée,  ni  dans  celui  du  fourneau.  La  ventilation  des  cellules  diri- 
gées vers  le  nord  était  complètement  nulle. 

FOYER  DE  LA  CHAUDIÈRE  ÉTEINT.  —  FOYER  D'aPPBL  ALLUMÉ. 

2437.  Rea^e-chausséc,  côté  du  nord,  volume  d'air  écoulé  par 

cellule  et  par  heure 64"  8 

—             côté  du  midi ,  id 43"  4 

i"  étage,  côté  du  nord,  id 97"  2 

—  côté  du  midi,  id 72"  7 

2«  étage,  côté  du  nord,  id 9j)"  7 

—  côté  du  midi,  id 80"  0 

Volume  d'air  écoulé  par  la  cheminée  par  heure 2940"  0 

Le  volume  d'air  écoulé  par  la  cheminée,  divisé  par  le  nombre  39 
des  cellules,  donne  pour  la  ventilation  de  chacune  d'elles  75"  4,  et  la 
ventilation  moyenne  des  cellules,  déduite  des  expériences  faites  sur  un 
grand  nombre  d'entre  elles  est  75"  6. 

Le  chauffage  a  lieu  avec  de  la  tourbe  ;  la  consommation  moyenne 
par  jour  est  de  367  kilogr.,  équivalant  à  peu  près  à  175  kilogr.  de 
houille.  La  consommation  moyenne  du  foyer  d'appel  n'a  point  été  ob- 
servée. 

Le  rapport  conclut  à  l'admission  des  appareils,  attendu  :  1°  que  la 
température  exigée  par  le  marché  a  été  atteinte  et  pourrait  être  dépas- 
sée ;  2**  que  la  ventilation,  bien  uniformément  répartie,  dépasse  de 
beaucoup  celle  qui  était  exigée  ;  3**  enfin,  que  par  une  interruption 
même  assez  prolongée  des  foyers,  la  température  et  la  ventilation  n'é- 
prouvent que  des  diminutions  peu  considérables. 

Ces  conclusions  ne  s'accordent  nullement  avec  les  résultats  des  expé- 
riences indiquées  plus  haut.  La  ventilation  est  loin  d'être  régulière  , 
et  quand  le  foyer  est  éteint  depuis  12  heures,  la  ventilation  descel- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.       229 

Iules  du  deuxième  étage  est  réduite  au  cinquième  de  ce  qu'elle  était 
précédemment.  Il  est  en  outre  important  de  remarquer  que  les  nombres 
donnés  au  rapport  ne  sont  que  des  moyennes,  et  que  par  conséquent 
les  irrégularités  sont  encore  bien  plus  notables. 

2438.  Observations.  —  En  admettant  que  la  (Juantité  de  chaleur 
transmise  par  les  vitres  exposées  à  l'air,  par  mètre  carré  et  par  heure, 
soit  de  22  unités  de  chaleur  et  que  la  chaleur  transmise  par  les  mu- 
railles dans  les  mêmes  circonstances 'soit  de  15,  la  quantité  de  chaleur 
perdue  par  les  vitres  et  les  murailles  sera  de  107,5  .  22  +  1059  .  15  «- 
18250  unités  de  chaleur  ;  et  comme  le  volume  d'air  appelé  par  heure 
était  de  3400,  et  la  température  extérieure  de  6°,  la  quantité  de  chaleur 
employée  pour  chauffer  cet  air  de  ,6*  à  15*  ou  de  9*  était  de  3400 . 
1 ,3  . 9  : 4 =9945  ;  et  par  conséquent  la  dépense  totale  de  chaleur  était 
de  18250  +  9945=28195,  qui,  à  raison  de  3750  calories  par  kilo- 
gramme de  houille,  représentent  7,51  kilogr.  de  houille,  ce  qui  corres- 
pond à  peu  près  aune  consommation  de  180  kilogr.  par  jour. 

Quant  à  la  ventilation,  l'avant-dernière  série  d'expériences  ayant  été 
faite  lorsque  les  foyers  étaient  éteints  depuis  six  jours,  la  ventilation 
n'a  certainement  été  produite  que  par  l'excès  de  température  de  l'air 
intérieur  sur  l'air  extérieur.  Le  diamètre  de  la  cheminée  au  sommet 
étant  de  0"  60,  sa  section  est  de  0"^  282,  et  comme  le  volume  d'air  ap- 
pelé était  de  1134  mètres  par  heure  ou  de  1134  :  3600=0°"^  315  par 
seconde,  il  entrait  dans  la  cheminée  avec  une  vitesse  de  0°  315  : 0,282 
=»  1°  117.  Or,  pour  un  excès  de  température  de  9  degrés, et  une  hau- 
teur de  18  mètres,  la  vitesse  théorique  d'accès  est  de  3°*  35  ;  et  par 
suite  le  rapport  de  la  vitesse  réelle  à  la  vitesse  théorique  est  de  0,30. 

2439.  Dans  les  dernières  expériences  sur  la  ventilation,  lorsque  le 
foyer  était  allumé,  on  n'a  point  mesuré  la  quantité  de  combustible 
brûlé  par  heure  dans  le  foyer,  mais  on  peut  la  déduire  du  résultat  pré- 
cédent, parce  que  le  rapport  de  la  vitesse  réelle  à  la  vitesse  théorique 
doit  rester  le  même.  Le  volume  d'air  appelé  a  été  de  2940  mètres  par 
heure  ou  0"*  816  par  seconde.  Alors  la  vitesse  d'entrée  de  l'air  dans  la 
cheminée  était  de  0"*  816:0,282=2,893;  la  vitesse  théorique  devait 
être  de  2,893  : 0,30—9,64,  D'après  cela,  on  trouve  facilement  au 
moyen  de  la  formule 

^      1-f  a(a?-f  15]' 

en  mettant  à  la  place  des  lettres  leurs  valeurs  actuelles,  que  l'excès  de 
température  de  Tair  dans  la  cheminée  devait  être  de  57**,  et  que  pour 


Digitized  by  VjOOQlC 


230     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

produire  celte  énorme  ventilation  de  74  mètres  cubes  par  individu  et 
par  heure,  on  a  dû  dépenser  par  heure  2940 . 1,3  .  (57 — 15) .  0,24  = 
38525  unités  de  chaleur  qui  correspondent  àpeu  près  à  5*"  de  houille.  Si 
l'on  réduisait  la  ventilation  au  quart,  c'est-à-dire  à  18"  50,  ce  qui  pour- 
rait paraître  encore  suffisant,  la  vitesse  deviendrait  4  fois  plus  petite,  et 
comme  les  excès  de  température  x — 6  sont  proportionnels  aux  carrés 
des  vitesses,  on  aurait  x — 6  =  (57 — 6)  :  16  ;  d'où  a:««  9*,  18;  ainsi  la 
consommation  de  combustible  serait  réduite  à  9,18  :  57  «=0,16,  et  par 
conséquent  à  6 .0, 16 =0'^  80. 

2440.  Ce  qui  manque  à  ces  appareils  de  chauffage  et  de  ventila- 
tion, ce  sont  des  instruments  qui  indiquent,  à  chaque  instant,  Tétat  de 
la  ventilation,  afin  qu'on  puisse  toujours  la  maintenir  entre  certaines 
limites;  car,  s'il  est  important  pour  la  salubrité  qu'elle  ne  descende  pas 
au-dessous  d'un  certain  point,  il  est  nécessaire,  sous  le  point  de  vue  éco- 
nomique, de  ne  pas  tomber  dans  des  ventilations  exagérées  qui  occa- 
sionnent inutilement  une  grande  consommation  de  combustible.  Mais 
comme  la  ventilation  par  appel  est  fortement  influencée  par  les  varia- 
tions atmosphériques,  il  faudrait  avoir  pour  chaque  cellule  des  appa- 
reils régulateurs  tenant  compte  de  toutes  ces  circonstances,  ce  qui 
parait  bien  difficile. 

Prison  cellalaire  de  Tours. 

2441 .  Les  détails  que  je  vais  donner  sont  consignés  dans  un  rapport 
de  M.  Sagey,  ingénieur,  membre  de  la  commission  de  surveillance  de 
la  prison  de  Tours,  ou  proviennent  de  renseignements  qu'il  a  bien 
voulu  me  transmettre. 

Dans  le  commencement  du  mois  de  juillet  1849,  le  choléra  exis- 
tait dans  la  ville  de  Tours,  mais  avec  peu  d'intensité  et  seulement  dans 
les  quartiers  éloignés  de  la  prison  ;  lorsque,  le  13  de  ce  mois,  cette  ter- 
rible épidémie  se  manifesta  dans  l'intérieur  de  cet  établissement  et  en 
quelques  heures  y  prit  un  développement  effrayant.  Le  14,  Monsei- 
gneur l'archevêque  avait  mis  à  la  disposition  du  directeur  une  maison 
de  campagne  pour  y  recevoir  les  détenus  que  le  choléra  avait  épargnés; 
on  ne  put  y  transporter  que  deux  hommes.  Sur  une  population  de 
89  déleaus,  58  sont  morts.  L'administration  comptait  22  personnes, 
hommes,  femmes  et  enfants,  11  ont  été  atteints  et  9  ont  succombé. 

Le  rapport  de  M.  Sagey  a  pour  objet  de  décrire  ce  qui  s'est  passé, 
mais  surtout  la  recherche  des  causes  du  développement  si  subit  et  si 
extraordinaire  que  le  choléra  a  pris  dans  la  prison  ,  lorsqu'au  dehors 
son  action  était  si  faible.  En  discutant  les  faits  dont  il  a  été  témoin,  et 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        231 

surtout  cette  circonstance  que  toutes  les  personnes  libres ,  comme  les 
détenus,  les  hommes,  les  femmes  et  les  enfants ,  ont  été  indistincte- 
ment attaquées,  il  est  conduit  à  penser  que  le  choléra  s'est  développé 
spontanément  dans  la  prison  par  son  insalubrité.  «  Il  m'est  impossible, 
dit-il,  de  croire  à  autre  chose  qu'à  un  centre  d'infection,  tous  les  faits 
me  montrent  avec  évidence  la  maladie  et  la  mort  attachées  aux  murs 
mêmes  de  la  prison.  )> 

2442.  D'après  M.  Sagey,  deux  causes  exercent  une  influence  fâ- 
cheuse sur  la  santé  des  détenus:  la  mauvaise  qualité  de  Teau  et  l'in- 
suffisance de  la  nourriture  ;  et  une  cause  générale  agit  sur  toutes  les 
personnes  qui  habitent  la  maison ,  c'est  l'air  vicié  qu'on  y  respire. 
M.  Sagey  s'est  occupé  avec  beaucoup  de  persévérance  de  cette  cause 
générale  d'insalubrité  ;  en  le  prenant  pour  guide,  je  donnerai  une 
description  sommaire  de  la  disposition  des  appareils  de  chauffage  et  de 
ventilation,  je  rapporterai  les  effets  qu'ils  ont  produits,  j'indiquei-ai  les 
causes  de  leur  insuffisance  et  enfin  les  nouvelles  dispositions  imaginées 
par  M.  Sagey. 

2443.  La  prison  de  Tours  est  composée  de  trois  bâtiments  égaux,  dis- 
posés comme  ceux  de  la  prison  Mazas,  et  réunis  à  angles  droits.  Ces  bâ- 
timents renferment  <20  cellules,  mais  108  seulement  peuvent  être 
occupées  par  les  détenus.  Les  appareils  de  chauffage  et  de  ventilation 
ont  été  construits  par  M.  Duvoir-Leblanc.  Au  point  de  croisement  des 
trois  corridors  se  trouve  la  chapelle  ;  au-dessous ,  un  calorifère  à  eau 
chaude.  L'eau  chaude  circule  dans  des  tuyaux  horizontaux  placés  dans 
des  canaux  creusés  au-dessous  du  sol  et  dans  les  axes  des  galeries.  L'air 
extérieur  pénètre  dans  ces  canaux,  s'échauffe  contre  les  tuyaux  à  eau 
chaude  et  se  rend  dans  chaque  cellule  par  un  conduit  pratiqué  dans 
l'épaisseur  du  mur. 

La   Tentilation  des   galeries  devait  avoir  lieu ,  pendant  l'hiver, 
par  le  foyer  du  calorifère  ;  pour  cela,  sur  le  sol  de  chacune  des  trois 
galeries,  et  au  milieu  de  leur  longueur  se  trouvent  deux  ouvertures 
couvertes  de  grilles,  terminant  des  canaux  qui  aboutissent  au  cendrier 
du  calorifère.  La  ventilation  d'été  des  galeries  devait  être  produite  par 
des  ouvertures  ménagées  à  chaque  étage  dans  chacun  des  vitraux  qui 
ferment  les  extrémités  des  galeries  ;  ces  ouvertures  pouvaient  être  plus 
ou  moins  fermées  par  des  châssis  vitrés,  mobiles  dans  des  coulisses.  La 
ventilation  des  cellules  devait  avoir  lieu,   comme  à  Mazas,  par  les 
tuyaux  de  descente;  les  cuvettes  d'une  forme  conique,  en  fonte  émail- 
lée,  communiquent  à  la  partie  inférieure  avec  un  tuyau  qui  sort  obli- 
quement à  travers  le  mur  extérieur  et  descend  verticalement,  contre  sa 


Digitized  by  VjOOQIC 


232    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITES. 

surface  extérieure,  dans  la  fosse  creusée  sous  le  chemin  de  ronde.  Il  y 
a  une  fosse  pour  six  cellules.  Les  murailles  et  les  voûtes  des  fosses  sont 
formées  de  moellons  posés  à  sec,  sans  mortier.  Les  fosses ,  à  Torigine, 
étaient  en  communication  avec  deux  cheminées  du  calorifère  qui  ren- 
fermaient à  leur  partie  inférieure  un  poêle  à  eau  chaude.  La  ventila- 
tion d'hiver  devait  avoir  lieu  par  la  chaleur  de  la  fumée ,  et  celle  d'été 
par  les  poêles  à  eau  chaude.  «  Les  appareils  ont  été  reçus  par  une  com- 
mission qui  n'a  fait  aucune  réserve  pour  la  ventilation  qui  ne  fonction- 
nait pas  encore.  » 

2444.  Mais  lorsque  les  tuyaux  de  descente  ont  été  posés,  on  a  reconnu 
qu'ils  fournissaient  une  communication  facile  entre  les  détenus  :  des 
paroles  prononcées  à  voix  basse  près  de  l'ouverture  d'un  siège  étaient 
entendues  distinctement  à  l'ouverture  des  autres  sièges  aboutissant  à  la 
même  fosse.  Pour  éviter  cet  inconvénient,  on  fit  plonger  les  extrémités 
inférieures  des  tuyaux  dans  des  vases  pleins  d'eau,  et  plus  tard  on  se 
contenta  de  les  faire  plonger  dans  du  sable  qui  couvraitle  sol  des  fosses  ; 
mais  alors^  la  communication  des  tuyaux  avec  l'air  de  la  fosse  a  été  in- 
terceptée, ainsi  que  le  son  ;  on  le  croyait  du  moins  alors,  et  il  fallut 
chercher  un  autre  procédé  d'aérage.  Les  cuvettes  ont  été  garnies  d'une 
enveloppe  pourvue  d'un  tuyau  latéral  en  tôle,  qui,  après  s'être  élevé  à 
une  certaine  hauteur,  communique  avec  un  canal  creusé  dans  la  mu- 
raille aboutissant  dans  les  combles;  là,  il  se  termine  par  un  tuyau  en 
tôle  qui  entre  perpendiculairement  dans  des  gatnes  en  bois  qui  débou- 
chent dans  les  deux  cheminées  rélargies  du  calorifère.  A  partir  de  ce 
point,  les  cheminées  n'ont  plus  que  5  mètres  de  hauteur. 

2445.  Le  chaufifage  a  mal  réussi,  du  moins  pour  les  cellules  du  rez- 
de-chaussée,  pour  lesquelles  l'air  n'a  pas  une  force  ascensionnelle  suf- 
fisante. 

La  ventilation  des  galeries  a  été  nulle  l'hiver  comme  l'été,  a  L'appel 
de  l'air  des  galeries  par  le  foyer  du  calorifère  devait  être  au  moins  de 
20  mètres  cubes  par  kilogramme  de  houille  brûlée  ;  mais  l'air  qui 
s'introduit  par  les  fentes  de  la  fermeture  suffit  à  la  marche  du  foyer. 
Un  jour,  sans  avertir  le  chauffeur,  j'ai  fermé  hermétiquement  les  six 
grilles  des  galeries,  avec  des  couvertures  de  laine  ;  le  tirage  n'a  pas 
,  changé,  et  en  soulevant  un  coin  quelconque  des  couvertures,  j'ai  re- 
connu un  courant  sensible  du  dehors  en  dedans;  ce  courant  provient 
d'une  diminution  de  pression  qui  se  produit  en  hiver  dans  la  prison, 
par  suite  de  la  ventilation,  quand  les  portes  et  les  fenêtres  sont  fermées.  » 
La  ventilation  d'été  a  été  presque  constamment  nulle,  par  la  difficulté 
d'ouvrir  les  châssis  supérieurs. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        233 

La  yentilation  d'hiver  des  cellules  a  dû  être  faible,  parce  que  les 
cheminées  dans  lesquelles  aboutissent  les  gaines  d'évacuation  n'ont 
que  5  mètres  de  hauteur  au-dessus  des  embouchures  des  gaines; 
et  d'ailleurs  elle  devait  être  irrégulière,  car  elle  dépendait  du  chauf- 
fage. 

Pour  la  ventilation  d'été  des  cellules^  on  devait  employer,  dans  le 
projet  primitif,  comme  nous  l'avons  dit,  les  deux  poêles  à  eau  chaude 
placés  au  bas  des  cheminées,  à  10  mètres  en  contre -bas  des  orifices  de 
débouché  des  gaines  dans  la  cheminée,  mais  ce  mode  de  ventilation 
n'a  pas  même  été  essayé,  car  pour  faire  passer  la  chaleur  des  poêles 
dans  l'air  fourni  par  les  gaines,  il  aurait  fallu  la  transporter  par  de  Tair 
extérieur  qui  se  serait  chauffé  contre  les  poêles,  ce  qui  aurait  occa- 
sionné une  très-grande  perte  de  combustible.  <c  Le  constructeur  a  jugé 
lai-même  ce  système,  en  estimant  la  dépense  en  combustible  pour  la 
ventilation  d'été*  à  14  kilogrammes.de  houille  par  heure,  tandis  que 
2  kilogrammes  suffiraient  avec  des  appareils  convenables,  comme  l'ex- 
périence l'a  démontré.  Le  résultat  de  cette  exagération  dans  le  prix  de 
la  ventilation  fut  qu'on  y  renonça  entièrement.  »  Mais  alors  la  che- 
minée verticale  dans  laquelle  aboutissent  les  gaines  en  bois,  se  trou- 
vant, en  été,  remplie  d'air  plus  froid,  et  par  conséquent  plus  lourd 
que  l'air  extérieur,  le  mouvement  a  dû  s'opérer  en  descendant  et  ra- 
mener dans  les  cellules  l'odeur  que  l'on  cherche  à  éloigner.  C'est  sans 
doute  à  cause  de  ce  résultat  infaillible  que  l'on  a  fait,  après  coup,  et 
d'une  manière  grossière,  un  trou  au  sommet  de  chacun  des  coudes  des 
tuyaux  qui  communiquent  avec  les  gaines,  de  manière  à  faire  débou- 
cher librement  dans  le  grenier  toutes  les  conduites  verticales.  Gomme 
l'air  renfermé  dans  les  combles,  pendant  l'été,  est  fortement  échauffé 
par  le  soleil  frappant  sur  les  ardoises,  il  s'établit  par  les  interstices  de 
la  couverture,  un  petit  courant  ascendant  qui  oblige  l'air  des  conduites 
à  s'élever.  Il  y  a  là  deux  forces  qui  se  combattent  et  se  contre-balancent 
presque,  ne  produisant  guère  qu'un  état  d'équilibre  instable,  souvent 
rompu  dans  un  sens  défavorable,  et  qui  alors  amène  dans  les  cellules 
des  émanations  nauséabondes.  Mais  ce  que  l'on  ne  peut  se  figurer, 
c'est  l'odeur  atroce  des  combles,  par  suite  des  gaz  infects  accumulés 
depuis  longtemps,  se  renouvelant  par  un  mouvement  insensible  et 
cuits  par  la  chaleur  des  ardoises.  «  Il  est  évident  que  par  suite  de  l'ou- 
verture des  conduites,  la  ventilation  d'hiver  était  complètement  sup- 
primée. 

2446.  Mais  ce  n'est  pas  tout,  les  tuyaux  de  descente,  comme  je  l'ai 
dit,  plongeaient  par  leur  partie  inférieure,  et  d'une  petite  quantité, 


Digitized  by  VjOOQIC 


234    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

dans  le  sable  dont  on  avait  rempli  en  partie  les  fosses,  le  son  était  in- 
tercepté, mais  la  communication  des  tuyaux  avec  l'air  des  fosses  ne 
Tétait  point  ;  et  comme  les  murs  et  les  voûtes  des  fosses  étaient  en 
pierre  sèche,  et  que  le  sol  environnant  était  perméable  à  l'air,  il  s'en- 
suit que  les  tuyaux  de  descente  qui  n'étaient  pas  fermés  à  leur  partie 
supérieure  étaient  réellement  en  communication  avec  l'air  extérieur 
par  rintermédiaire  des  fosses.  Alors  les  vents,  réchauffement  des 
tuyaux  de  descente  par  l'ardeur  du  soleil,  faisaient  monter  l'air  des 
fosses  dans  les  cellules.  C*est  ce  que  M.  Sagey  a  démontré  depuis,  par 
de  nombreuses  expériences  faites  quand  une  ventilation  régulière  était 
établie  dans  les  cellules,  et  que  l'air  s'écoulait  par  les  cuvettes.  Il  a  d'a- 
bord constaté  l'existence  du  courant  ascensionnel,  et  il  est  toujours 
par%'enu  à  le  faire  disparaître  quand  le  tuyau  de  descente  était  hermé- 
tiquement fermé  par  le  bas,  ce  qui  démontre  qu'il  nej)rovenait  pas  de 
fissures  dans  les  joints  et  les  soudures. 

2447.  Ainsi,  point  de  veiitilation  dans  aucune  saison,  ni  pour  les 
cellules,  ni  pour  les  galeries  ;  l'air  des  cellules  vicié  par  les  vapeurs  qui 
s'élevaient  des  tuyaux  de  descente,  non  fermés  à  leur  partie  supérieure; 
les  cellules  en  communication  directe  par  les  tuyaux  d'ascension  et  de 
descente  avec  deux  foyers  permanents  d'infection,  les  fosses  et  les  com- 
bles, dont  l'air,  par  l'action  des  vents  et  du  soleil,  se  mouvait  tantôt  dans 
un  sens,  tantôt  dans  l'autre,  mais  toujours  en  passant  par  les  cellules, 
et  enfin  les  cellules  eu  communication  directe  avec  les  galeries.  Voilà 
ce  qui  existait  dans  la  prison  de  Tours  en  1849  ;  il  serait  difficile  d'ima- 
giner une  réunion  de  circonstances  plus  déplorables.  On  comprend 
d'après  cela  la  cause  des  ravages  affreux  que  le  choléra  y  a  produits. 

Voici  ce  qui  a  été  exécuté  sous  les  ordres  de  M.  Sagey,  avec  l'appro- 
bation du  Conseil  général. 

2448.  La  ventilation  d'hiver  des  galeries  a  été  obtenue  en  les  faisant 
communiquer  avec  la  partie  inférieure  d'une  cheminée  sans  usage,  au 
moyen  d'un  tuyau  de  zinc  de  0"  30  de  diamètre,  garni  d'une  clef  de 
règlement,  comme  celle  des  poêles  ;  le  courant  est  si  rapide  qu'il  faut 
le  modérer  sous  peine  de  perdre  trop  de  chaleur;  ce  courant  provient 
de  la  différence  entre  la  température  de  l'air  intérieur  et  celle  de  l'air 
extérieur.  La  ventilation  d'été  a  été  produite  par  les  anciennes  disposi- 
tions, qui  consistaient,  comme  nous  l'avons  dit,  dans  des  ouvertures 
ménagées,  à  la  hauteur  de  chaque  étage,  dans  les  vitraux  qui  ferment 
les  galeries,  mais  les  châssis  vitrés  qui  les  ferment  sont  mis  en  mouve-* 
ment  par  de  petits  treuils  à  manivelle,  qui,  par  d^s  poulies  supérieures, 
permettent  d'ouvrir  à  la  fois  les  orifices  des  trois  étages.  «  Aujourd'hui, 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        235 

Fair  des  galeries  est  aussi  pur  que  celui  des  jardins  qui  environnent  la 
prison.  i> 

2449.  Pour  la  ventilation  des  cellules^  on  a  réparé  les  gaînes  en 
bois  des  combles  qui  étaient  en  très-mauvais  état;  elles  ont  été  recou- 
vertes avec  un  mélange  de  plâtre  et  de  bourre  ;  on  a  bouché  les  trous 
qui  avaient  été  pratiqués  dans  les  tuyaux  qui  amènent  Tair  des  cellules, 

.  et  on  a  remplacé  les  plus  mauvais,  les  plus  oxydés,  par  d'autres  en 
terre  cuite.  Les  gaz  venant  des  cellules  par  les  sièges  et  les  gaines  arri- 
vent à  la  partie  supérieure  d'une  cheminée  fermée  par  le  haut  et  com- 
muniquant, à  la  hauteur  du  sol,  avec  une  des  cheminées  du  calorifère. 
Le  poêle  à  eau  chaude  qu'elle  renfermait  a  été  remplacé  par  un  foyer 
en  briques  avec  grille  pour  brûler  de  la  houille  ;  et  comme  le  tirage 
du  calorifère  aurait  pu  souffrir  de  cette  disposition,  une  petite  chemi- 
née de  0"  25  de  côté  et  de  4  mètres  de  hauteur  a  été  construite  dans  la 
grande  cheminée  pour  le  service  spécial  du  calorifère.  La  cheminée  a 
15  mètres  de  hauteur  et  0"  18  de  section.  Pour  une  consommation 
de  2^  73  de  mauvaise  houille  par  heure,  la  ventilation  a  été  à  peu  près 
de  15  mètres  cubes  d'air  par  cellule  et  par  heure. 

2450.  Pour  constater  à  chaque  instant  l'état  de  la  ventilation,  M.  Sa- 
gey  a  imaginé  un  instrument  fort  simple*.  Il  consiste  en  une  tige  mo- 
bile autour  d'un  axe  horizontal,  fixé  dans  une  plaque  fermant  un  orifice 
qui  avait  été  ménagé  dans  le  canal  de  descente  des  gaz;  cette  tige  porte, 
du  côté  de  la  cheminée,  une  plaque  horizontale  en  cuivre  de  0°  18  de 
côté  ;  de  Vautre  côté,  la  tige  est  divisée  et  peut  recevoir  un  petit  poids 
curseur.  Sans  ce  poids,  le  mouvement  descendant  de  l'air  dans  la  che- 
minée ferait  abaisser  la  plaque  et  monter  la  partie  extérieure  du  levier, 
mais  on  rétablit  l'équilibre  dans  la  position  horizontale  en  plaçant  le 
poids  curseur  à  une  distance  convenable  de  l'axe  de  rotation  ;  il  est 
évident  que  le  poids  du  curseur  multiplié  par  sa  distance  à  l'axe  de 
rotation  mesure  la  pression  produite  par  l'air  en  mouvement. 

2451 .  Par  la  disposition  dont  nous  venons  de  parler,  on  a  obtenu  une 
ventilation  suffisante  et  bien  régulière,  mais  la  mauvaise  odeur  subsis- 
tait dans  certaines  cellules.  En  plaçant  un  petit  anémomètre,  fixé  dans 
un  tube,  à  l'orifice  de  la  cuvette,  son  mouvement  rapide  indiquait  une 
bonne  ventilation  et  une  aspiration  énergique  dans  la  plupart  des  cel- 
lulesy  mais  dans  celles  qui  étaient  infectes,  le  mouvement  avait  lieu  en 
sens  contraire,  accusant  un  fort  courant  ascendant  venant  du  siège  et 
pénétrant  dans  la  cellule  ;  on  conçoit  quel  devait  en  être  Teffet.  Ces 
cellules  infectes  n'étaient  pas  toujours  les  mêmes  et  elles  ne  se  trou- 
vaient pas  à  la  fois  des  deux  côtés  d'une  même  galerie  ;  c'est  à  la  suite 


Digitized  by  VjOOQIC 


236     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

de  ces  premières  observations^  que  M.  Sagey  a  été  conduit  à  constater 
l'influence  du  soleil  et  du  yent  pour  faire  monter  l'air  des  fosses  dans 
les  cellules,  dont  j'ai  déjà  parlé.  L'hiver,  ce  sont  principalement  les 
cellules  du  rez-de  chaussée  qui  éprouvent  ce  fâcheux  effet  ;  mais  en 
été,  quand  le  soleil  échauffe  les  tuyaux  de  descente,  ce  sont  les  étages 
élevés  qui  y  sont  au  contraire  plus  exposés. 

2452.  J'ai  dit  qu'en  bouchant  hermétiquement  la  partie  inférieure 
des  tuyaux  de  descente,  on  rétablissait  dans  les  cellules  un  courant  ré- 
gulier de  ventilation  ;  mais  il  s'en  fallait  beaucoup  que  ce  courant  eût 
une  intensité  constante  dans  toutes.  Cette  inégalité  provenait  de  plu- 
sieurs causes  ;  d'abord  de  la  mauvaise  disposition  des  tuyaux  qui  amè- 
nent Tair  des  cellules  dans  les  gaînes  ;  ces  tuyaux,  étant  placés  perpen- 
diculairement à  la  longueur  des  gaines,  produisaient  des  veines  qui 
rétrécissaient  plus  ou  moins  la  section  ;  ensuite  à  des  inégalités,  des 
rétrécissements  dans  les  conduites  pratiquées  dans  les  murs  ;  enfin,  à 
l'obstruction  des  tuyaux  de  conduite  par  des  corps  étrangers. 

2453.  A  ce  dernier  sujet,  M.  Sagey,  eil  démontant  plusieurs  tuyaux 
de  conduite,  a  remarqué  que  sur  1  mètre  environ  de  hauteur,  leur 
partie  inférieure  était  obstruée  par  des  toiles  d'araignées  ;  plus  haut,  il 
n'y  avait  rien.  Pour  les  enlever  facilement,  on  a  placé  dans  chaque 
tuyau,  à  1'°  50  au-dessus  du  siège,  une  petite  porte  qui  permet  d'y 
introduire  une  chaîne  ou  d'y  verser  de  l'eau.  11  a  fallu  deux  fois  recou- 
rir à  ce  moyen,  à  la  suite  des  indications  de  la  balance  anémométrique 
qui  dénonçait  cette  obstruction. 

2454.  Pour  remédier  aux  inconvénients  que  je  viens  de  signaler, 
aux  circonstances  imprévues  et  accidentelles,  sans  tout  reconstruire, 
M.  Sagey  a  surmonté  chaque  gaîne  d'une  autre  en  briques  et  plâtre, 
qui  communique  avec  elle  près  de  la  cheminée  de  descente  ;  et  il  intro- 
duit dans  cette  gaîne  les  tuyaux  des  cellules  qui  n'ont  qu'une  trop 
faible  ventilation  ;  les  tuyaux  sont  disposés  de  manière  que  les  veines 
d'air  appelé  aient  une  direction  parallèle  à  l'axe  de  la  gaîne,  et  n'agis- 
sent pas  comme  des  obturateurs  pour  celles  qui  précèdent. 

Malgré  le  dévouement  de  M.  Sagey,  il  ne  put  arriver  à  un  bon  résul- 
tat par  la  ventilation  par  appel  et  fut  obligé  de  recourir  à  la  ventilation 
mécanique.  La  machine  employée  est  un  ventilateur  à  force  centri- 
fuge, mis  en  mouvement  par  les  détenus. 

2455.  Le  ventilateur  est  en  tôle  ;  il  a  quatre  ailes  ;  1"  30  de  dia- 
mètre; 1"  40  de  largeur  ;  il  n'appelle  l'air  que  par  une  de  ses  faces  ; 
les  orifices  d'entrée  et  de  sortie  sont  de  0"'  16.  L'air  expulsé  se  rend 
dans  une  cheminée  dont  la  section  est  aussi  de  0"^  16.  11  fait  quatre 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.      237 

tours  pour  un  de  la  manivelle,  au  moyen  d'un  engrenage  ;  la  mani- 
velle doit  faire  un  tour  en  deux  secondes.  On  obtient  une  régularité 
parfaite  dans  le  mouvement,  au  moyen  d'un  pendule  placé  en  face 
du  détenu  qui  tourne  la  manivelle.  Pour  la  vitesse  de  rotation  que 
nous  venons  d'indiquer,  celle  de  l'air  est  à  peu  près  de  4"'  50,  ce  qui 
correspond  à  2800  mètres  par  heure,  ef  à  26  mètres  par  cellule  et  par 
heure.  Là  résistance  est  si  faible  que  les  détenus  tournent  ordinaire- 
ment la  manivelle  avec  une  seule  main.  Chaque  détenu,  pour  un  tra- 
vail continu  de  deux  heures,  reçoit  0'  10.  Il  y  a  donc  pour  eux  pro- 
fit, exercice  très-salutaire  sans  grande  fatigue,  et  conscience  de  faire 
une  chose  utile  pour  tous  ;  aussi  ce  travail ,  loin  d'être  redouté,  est 
recherché. 

Le  ventilateur  est  placé  dans  une  position  qui  avait  été  disposée  pour 
cet  objet,  lors  de  l'établissement  de  la  cheminée  de  descente.  En  face 
de  la  cellule  du  deuxième  étage,  on  avait  pratiqué  une  ouverture  fer- 
mée par  une  trappe  mobile  autour  d'un  axe  horizontal  ;  lorsqu'elle 
était  placée  horizontalement,  elle  fermait  la  cheminée  et  établissait  une 
communication  avec  le  centre  du  ventilateur.  Au-dessus  se  trouvait  la 
balance  anémométrique. 

2456.  Mais  les  modifications  faites  dans  les  communications  des 
tuyaux  d'ascension  avec  les  gaines  et  cette  grande  ventilation,  n'ont  pas 
suffi  pour  assainir  constamment  les  cellules,  parce  que  l'air  des  fosses 
peut  y  pénétrer,  et  que,  dans  certaines  circonstances  atmosphériques, 
la  plus  grande  partie  de  l'air  aspiré  vient  des  fosses,  ce  qui  est  attesté 
par  l'insupportable  odeur  de  l'air  qui  se  rend  dans  le  ventilateur.  Il 
fallait  donc  encore  modifier  les  sièges,  de  manière  à  supprimer  leur 
communication  permanente  avec  les  fosses. 

La  nouvelle  cuvette  est  formée  de  deux  vases  concentriques  en  fonte  ; 
le  vase  intérieur,  d'une  forme  conique,  ouvert  en  dessus  et  en  dessous, 
est  émaillé  intérieurement;  le  vase  extérieur  communique,  dans  la 
direction  de  l'axe  du  vase  intérieur,  avec  le  tuyau  de  descente  ;  ce 
tuyau,  à  son  origine,  est  fermé  par  un  tampon  garni  d'une  tige,  et  ter* 
rainé  par  un  anneau  ;  le  vase  enveloppant  est  garni  d'un  tuyau  qui 
s'élève  dans  les  gaines  des  combles  ;  la  cuvette  est  fermée  par  un  cou- 
vercle à  charnière  qui  laisse  en  avant  une  ouverture  pour  le  passage 
de  l'air  ;  enfin,  les  tuyaux  de  descente  plongent  dans  un  baquet  en  bois 
cerclé  en  fer,  afin  d'intercepter  toute  communication  des  cellules  avec 
Fair  des  fosses  quand  le  tampon  est  enlevé  ;  enfin,  à  côté  du  siège  ;  se 
trouve  une  petite  boîte  de  zinc,  garnie  d'un  couvercle  à  charnière,  des- 
tinée à  recevoir  la  balayette,  et  qui  est  traversée  par  le  courant  d'air  qui 


Digitized  by  VjOOQIC 


238  LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS, 
se  rend  dans  les  combles.  Ainsi,  d'après  cette  disposition,  l'air  de  la 
cellule  se  rend  dans  la  cuvette  par  VoriBce  libre  qui  se  trouve  au-dessous 
du  couvercle,  passe  entre  la  cuvette  et  l'enveloppe  extérieure,  sort  par 
le  tuyau  latéral,  traverse  la  petite  caisse  dont  nous  avons  parlé,  et  se 
rend  dans  les  gaines.  La  ventilation  est  assez  efficace  pour  entraîner 
tous  les  gaz  qui  pourraient  se  développer  à  l'origine  du  tuyau  de  des- 
cente, car  M.  Sagey  y  a  produit,  pendant  plusieurs  heures,  un  déga- 
gement d'hydrogène  sulfuré,  sans  qu'aucune  trace  d'odeur  se  soit 
manifestée.  Depuis  la  fin  de  1850,  où  ce  système  a  été  appliqué  dans 
une  cellule,  autrefois  des  plus  infectes,  on  n'y  a  plus  ressenti  de  mau- 
vaise odeur,  et  cependant  l'énergie  de  la  ventilation  utile  est  mainte- 
nant diminuée  par  le  grand  volume  d'air  fourni  par  les  fosses. 

En  présence  de  ces  résultats  satisfaisants,  le  conseil  général  d'Indre- 
et-Loire  a  voté  les  fonds  nécessaires  pour  que,  dans  toutes  les  cellules, 
les  cuvettes  fussent  disposées  comme  celles  dont  nous  venons  de  parler. 

Le  choléra  ayant  reparu  à  Tours  en  1854  ne  s'étendit  pas  sur  la 
prison.  Depuis  ces  derniers  faits  je  n'ai  plus  eu  de  renseignements. 

Benseig^nements  «nr  quelques  autres  prisons* 

2457.  M.  Grouvelle  a  chaufifé  plusieurs  prisons  au  moyen  de  calori- 
fères à  air  chaud.  Voici  la  disposition  adoptée  à  la  prison  d'Angers  qui 
renferme  252  cellules. 

Les  bâtiments  sont  formés  de  trois  ailes  disposés  comme  à  la  prison 
Mazas.  Les  calorifères  au  nombre  de  trois  sont  placés  dans  des  caves  qui 
se  trouvent  au-dessous  des  trois  corridors  et  au  milieu  de  leur  lon- 
gueur ;  chacun  d'eux  renferme  36  mètres  carrés  àe  surface  de  chauffe. 
L'air  chaud  est  conduit  par  des  tuyaux  en  poterie,  placés  dans  les  reins 
des  voûtes  jusqu'au  pied  des  cellules,  d'où  il  s'élève  par  un  conduit 
vertical  spécial  à  chaque  cellule,  qui  y  verse  l'air  chauffé  à  la  tempéra- 
ture convenable,  à  0"  50  du  plafond,  afin  que  les  détenus  ne  puissent 
pas  communiquer  par  les  conduits  d'air.  Les  prises  d'air  extérieur  des 
calorifères  sont  garnies  de  registres  destinés  à  régler  la  ventilation. 
Chaque  conduit  vertical  extérieur  3e  l'air  chaud  dans  les  cellules  est  éga- 
lement garni  d'un  registre.  L'air  sort  de  chaque  cellule  en  traversant  un 
coffre  fixe,  renfermant  une  cuvette  mobile,  qu'on  enlève  à  de  certaines 
heures  de  la  journée  ;  de  ce  cofire,  l'air  se  rend  dans  un  canal  prati- 
qué dans  les  intervalles  des  plafonds  et  des  planchers  des  cellules  dans 
des  canaux  verticaux  qui  le  conduisent  au  pied  de  la  cheminée  d'ap- 
pel. Indépendamment  des  trois  calorifères  dont  je  viens  de  parler,  il  y 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.      239 

en  a  un  quatrième  à  surface  de  chauffe  moindre,  destiné  au  chauf- 
fage de  la  rotonde  centrale,  des  parloirs  et  des  bureaux.  Les  appareils 
ont  coûté  21,000  francs.  M.  Grouvelle  a  chauffé  et  ventilé,  d'après  les 
mêmes  principes,  les  prisons  cellulaires  de  Bourgoin,  de  Beaupréau  et 
de  Marseille;  cette  dernière  renferme  144  cellules  et  les  appareils  ont 
coûté  14,500  francs.  Ainsi,  avec  des  calorifères  à  air  chaud,  les  frais  de 
l'établissement  reviennent  environ  à  100  fr.  par  cellule. 

Les  appareils  à  eau  chaude  ou  à  vapeur  coûteraient  certainement 
davantage  comme  frais  de  premier  établissement,  mais  ils  seraient  pré- 
férables comme  résultats  et  simplicité  de  service.  Les  calorifères  à  air 
chaud  ne  doivent  être  employés  que  quand  on  veut  réduire,  autant  que 
possible,  le  prix  d'installation. 

2458.  D'après  une  note  remise  au  jury  de  l'Exposition  universelle 
de  i  855,  M.  René  Duvoir  aurait  établi  des  appareils  de  chauffage  et  de 
ventilation  dans  les  prisons  cellulaires  de  Montdidier,  d'Abbeville,  de 
Chalon-sur-Saône,  de  Remîremont,  d'Étampes,  de  Beaune  et  de 
Sentis. 

Dans  ces  trois  dernières,  le  chauffage  se  fait  par  l'eau  chaude  au 
moyen  d'une  disposition  particulière  dont  nous  avons  déjà  parlé  (2H  3). 

De  la  partie  supérieure  d'une  chaudière  verticale  placée  dans  les 
caves  partent  autant  de  tuyaux  qu'il  y  a  de  rangées  de  cellules,  ces 
tuyaux  longent  les  cellules  dans  un  canal  horizontal  établi  en  contre-bas 
du  sol  des  galeries  et  vont  jusqu'aux  extrémités  où  ils  se  replient  sur 
eux-mêmes  pour  revenir  à  la  partie  inférieure  de  la  chaudière  et  former 
ainsi  une  circulation  complète.  Sur  ces  tuyaux  horizontaux  qui  ser- 
vent au  chauffage  des  cellules  du  rez-de-chaussée  sont  branchés  des 
tuyaux  verticaux  logés  dans  des  gaines  disposées  dans  l'épaisseur 
des  murs,  un  même  tuyau  alimente  les  cellules  superposées  de  tous  les 
étages. 

Des  diaphragmes  placés  dans  les  gaines  à  la  hauteur  de  chaque  plan- 
cher limitent  la  partie  du  tuyau  affectée  à  chaque  étage. 

2459.  La  partie  du  tuyau  comprise  dans  la  hauteur  du  rez-de-chaus- 
sée sert  au  chauffage  des  cellules  du  premier  étage,  et  la  partie  com- 
prise dans  la  hauteur  du  premier  étage  sert  au  chauffage  du  second. 

Chaque  tuyau  vertical  porte  un  robinet  à  air  à  la  partie  supérieure 
qui  permet  de  le  remplir  d'eau  complètement.  Un  vase  d'expansion  en 
communication  directe  avec  la  chaudière  placée  à  la  partie  supérieure 
de  l'édifice  assure  ce  résultat. 

Des  ouvertures  ménagées  dans  les  parois  de  la  gaîne  du  côté  de  la 
galerie  donnent  accès  à  Tair  qui  s'échauffe  autour  du  tuyau,  s'élève 


Digitized  by  VjOOQIC 


240    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTIUTION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

dans  la  gaine  et  se  rend  dans  chaque  cellule  par  une  ouverture  placée 
à  la  partie  inférieure  ;  la  température  que  Taira  acquise  dans  son  par- 
cours, lui  donne  une  vitesse  qui  facilite  le  renouvellement  de  Fair 
dans  la  cellule. 

L'air  qui  entre  dans  la  cellule  par  une  ouverture  placée  à  la  partie 
inférieure  en  sort  par  une  autre  ouverture  située  sur  la  face  opposée 
placée  aussi  à  la  partie  inférieure  et  en  communication  avec  un  canal 
aboutissant  à  une  cheminée  générale  dans  laquelle  un  foyer  spécial 
détermine  l'appel. 

2460.  Le  chauffage  de  l'air  dans  des  canaux  verticaux  occupés  par 
des  tuyaux  ascendant  et  de  retour  d^eau  chaude,  est  avantageux  quand 
la  pièce  chauffée  communique  à  la  hauteur  du  plancher  avec  une  che- 
minée d'appel  échauffée,  parce  que  la  vitesse  de  l'air  est  à  peu  près  la 
même  à  chaque  étage,  mais  à  la  condition  que  l'on  ait  pris  les  précau- 
tions nécessaires  pour  que  les  veines  d'air  en  arrivant  dans  la  cheminée 
d'appel  ne  se  prolongent  pas  transversalement  de  manière  à  en  diminuer 
la  section,  et  que  des  registres  convenablement  placés  permettent  de 
régler  la  ventilation  des  différents  étages.  Quelquefois  le  chauffage  de 
l'air  dans  la  cheminée  d'appel  se  fait  par  des  tuyaux  à  eau  chaude  qui 
se  prolongent  jusqu'à  sou  sommet;  c'est  une  disposition  qui  peut  être 
employée  dans  des  établissements,  où  la  dépense  de  combustible  pour 
la  yenlilation  est  peu  considérable,  et  où  l'on  veut  éviter  un  foyer  spé- 
cial ;  mais  pour  des  prisons,  cette  disposition  a  plusieurs  graves  incon- 
vénients :  elle  exige  d'abord  une  dépense  assez  considérable  de  frais 
d'établissement  ;  de  plus,  une  dépense  de  combustible  beaucoup  plus 
grande  que  si  l'air  était  chauffé  directement  par  de  l'air  échappé  d'un 
foyer  spécial,  parce  qu'il  y  a  une  perte  de  chaleur  dans  le  chauffage  de 
l'eau,  et  enfin  parce  que  réchauffement  de  l'air  ayant  lieu  progressive- 
ment à  mesure  qu'il  s'élève,  il  n'y  a  qu'une  partie  de  la  chaleur  em- 
ployée qui  est  utilisée  pour  le  tirage.  En  outre  dans  cette  disposition 
la  ventilation  étant  liée  au  chauffage  varie  nécessairement  avec  lui, 
elle  est  faible  au  commencement  et  à  la  fin  du  chauffage,  et  acquiert 
son  maximum  d'effet  pendant  les  jours  les  plus  froids.  Cette  dispo- 
sition ne  peut  pas  être  employée  dans  les  prisons  cellulaires  où  la 
ventilation  doit  être  constante. 

Obterraiions  «nr  le  chaaini|^e  et  la  Tenttlaiion  des  prisons. 

2461.  Les  opinions  sont  partagées  sur  l'opportunité  du  chauffage  et 
de  la  ventilation,  dans  les  maisons  centrales  où  les  prisonniers  vivent 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        241 

et  travaillent  en  commun.  Quelques  personnes  pensent  qu'il  serait  dan- 
gereux de  placer  les  détenus  dans  des  conditions  sanitaires  meilleures 
que  celles  dans  lesquelles  se  trouvent  souvent  les  ouvriers  honnêtes 
qui  travaillent  dans  les  ateliers  de  l'industrie,  et  en  général,  d'anlélio- 
rer  le  régime  des  prisons,  parce  que  ces  améliorations  diminueraient  la 
gravité  de  la  peine,  aux  yeux  des  hommes  dépravés  qui  ne  sont  rete- 
nus que  par  la  crainte  du  châtiment.  D'autres  sont  d'avis,  que  la  priva- 
tion de  la  liberté,  le  travail  forcé,  une  mauvaise  nourriture,  souvent 
même  insuffisante,  et  la  sévérité  de  la  discipline,  constituent  une  peine 
assez  grave  par  elle-même  pour  permettre,  sans  inconvénients,  les 
améliorations  relatives  à  la  salubrité.  Je  partage  cette  dernière  opinion, 
d'autant  plus  que,  les  gardiens  et  toutes  les  personnes  attachées  à  l'ad- 
ministration souffrent  plus  ou  moins  de  l'insalubrité  de  la  prison. 

Ainsi,  je  pense,  que,  dans  les  maisons  centrales,  les  dortoirs,  les  ate- 
liers, les  infirmeries,  les  lieux  d'aisances,  doivent  être  assainis  par  une 
ventilation  puissante,  mais  qu'elle  pourrait  être  obtenue  par  le  travail 
d'un  certain  nombre  de  détenus  employés  à  faire  mouvoir  des  ventila- 
teurs. Toutefois  la  ventilation  entraîne  nécessairement  un  chauffage 
plus  coûteux  et  les  installations  sont  moins  simples  qu'elles  ne  parais- 
sent l'être  au  premier  abord  (1). 

Quant  aux  prisons  cellulaires,  le  chauffage  et  une  ventilation  conve- 
nables sont  maintenant  hors  de  toute  discussion  et  reconnus  d'une  né- 
cessité absolue,  non-seulement  pour  les  prisons  qui  ne  renferment  que 
des  prévenus,  mais  encore  pour  celles  qui  sont  réservées  aux  con- 
damnés. 

2462.  Examen  des  différents  modes  de  chauffage.  —  On  a  proposé 
de  chauffer  chaque  cellule  par  de  petits  poêles  à  eau  chaude  où  à  va- 
peur qui  seraient  traversés  par  l'air  de  ventilation;  mais  cette  disposi- 
tion exigerait  une  plus  grande  dépense  d'établissement  que  si  le  chauf- 
fage avait  lieu  par  l'air  de  ventilation  chauffé  eu  dehors  des  cellules  ; 
ces  poêles  pourraient  être  avantageusement  remplacés  par  un  tuyau  à 


(1)  Il  y  a  quelques  années,  je  visitai  la  maison  centrale  de  Nîmes,  accompagné  de 
M.  Boileau  de  Castelneau,  chirurgien  de  cette  prison.  Dans  toutes  les  parties  de  la  maison, 
dortoirs,  ateliers,  infirmerie,  l'air  y  était  vicié,  et  on  y  éprouvait  une  sensation  extrême- 
ment pénible.  Mais  mon  attention  se  fixa  principalement  sur  deux  ateliers;  dans  l'un  on 
peignait  de  la  laine,  et  il  y  avait  dans  la  pièce  une  douzaine  de  petits  foyers  à  charbon  de 
bois  découverts;  dans  Tautre,  les  détenus  étaient  employés  à  peigner  des  déchets  de  soie; 
l*air  y  était  tellement  chargé  de  poussière  de  soie,  qu  on  apercevait  à  peine  les  objets  à 
quelques  mètres.  Ces  deux  ateliers  était  extrêmement  Insalubres  ;  aussi,  d'après  les  nom- 
breases  observations  de  rhabiie  chirurgien  qui  me  conduisait,  la  mortalité  y  était  très- 
grande,  et  excédait  de  beaucoup  celle  des  autres  ateliers. 

m.  16 


Digitized  by  VjOOQIC 


212    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

eau  chaude  ou  à  vapeur  passant  dans  un  caniveau  placé  au-dessous  ou 
latéralement  à  la  cellule  et  communiquant  avec  elle. 

2463.  On  a  proposé  de  chauffer  les  cellules  en  chauffant  d'abord  le 
corridor  par  des  calorifères,  et  en  y  prenant  Fair  de  ventilation  ;  cette 
disposition  est  certainement  la  plus  simple  qu'on  puisse  employer, 
mais  elle  exige  nécessairement  que  la  température  des  corridors  excède 
de  beaucoup  la  température  des  cellules,  car,  dans  chacune  d'elles^ 
la  quantité  moyenne  de  chaleur  perdue  par  les  vitres  et  les  murailles 
est  beaucoup  plus  forte  que  la  chaleur  produite  par  le  prisonnier  ;  il  y 
aurait  alors  une  grande  perte  de  chaleur  par  les  voûtes  des  corridors 
et  par  les  immenses  vitrages  qui  les  terminent.  Ainsi  il  faut  chauffer 
directement  les  cellules  par  Tair  de  ventilation  porté  à  la  température 
convenable. 

2464.  On  peut  hésiter  entre  les  calorifères  à  vapeur  seule,  ceux  à 
eau  chaude,  et  ceux  à  air  chaud.  De  ce  qu'il  n'existe  encore,  à  ma  con- 
naissance, aucune  prison  en  France  où  l'on  ait  établi  des  calorifères  à 
vapeur  seule,  il  ne  faudrait  pas  en  conclure  que  leur  emploi  offrirait 
dos  inconvénients.  Ils  donneraient,  au  contraire,  plus  de  régularité 
utile  que  ceux  à  eau  chaude,  puisqu'ils  permettraient  mieux  de  faire 
varier  la  température  des  surfaces  chauffantes  suivant  celle  de  Tair 
à  échauffer  ;  ils  seraient  en  outre  moins  coûteux  d'installation  que 
ceux  de  ce  dernier  système,  surtout  lorsque  l'eau  reçoit  la  chaleur, 
comme  à  Mazas,  par  l'intermédiaire  de  la  vapeur.  Toutefois,  les  calori- 
fères à  eau  sont  d'un  usage  commode,  et  procurent  une  répartition  suf- 
fisante de  la  chaleur  ;  mais  ils  coûtent  beaucoup  plus  de  premier  éta* 
blissement  que  ceux  à  air  chaud,  et  ce  dernier  mode  de  chauffage  est 
celui  qui  me  parait  le  mieux  convenir  pour  les  petites  prisons.  Si  la 
ventilation  avait  lieu  par  une  machine  à  vapeur,  ce  qui  suppose  un 
grand  établissement,  l'usage  de  la  vapeur  comme  chauffage  se  trouve 
naturellement  indiqué. 

2465.  Examen  des  différents  systèmes  de  ventilation.  —  Il  existe, 
comme  nous  l'avons  vu,  plusieurs  méthodes  d'effectuer  la  ventilation, 
et  ce  n'est  qu'après  avoir  examiné  les  avantages  et  les  inconvénients  de 
chacune  d'elles  qu'on  pourra  reconnaître  celle  qui  est  la  plus  avanta- 
geuse. Le  système  de  chauffage  que  j'ai  décrit,  suppose  que  la  ventila- 
tion se  fait  par  appel.  Cet  appel  peut  avoir  lieu  ou  par  une  action  méca- 
nique ou  par  une  cheminée  d'appel.  Il  résulte  des  expériences  faites  à 
Mazas  et  des  quantités  de  combustible  consommées  de  1851  à  1854  que 
la  consommation  moyenne  de  combustible  pour  la  ventilation  a  été  de 
19*  par  heure,  ce  qui  correspond  au  moins  à  5  chevaux-vapeur  ;  mais 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  V.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  PRISONS.        5Î3 

la  cheminée  ayant  30™  de  hauteur,  l'excès  de  température  étant  à  peu 
près  de  20*,  le  tirage  mécanique  n'emploierait  qu'une  partie  du  travail 
de  la  cheminée  représenté  (57)  en  général  par  aU  :  2,11 8  (1  -|-  a/), 
qui  dans  le  cas  particulier  dont  il  s'agit  «-  0,043.  Ainsi  une  machine 
substituée  à  la'  cheminée  exigerait  un  travail  effectif  de  5 . 0,043  *-«  0,21 5 
cheval-vapeur;  mais  comme  il  y  a  toujours  une  perte  de  travail  par  les 
transmissions  de  mouvement  et  dans  la  machine  ventilante  elle-même, 
il  faudrait  compter  au  moins  sur  un  cheval,  et  supposer  qu'il  n'y  ait 
pas  d'accroissement  de  vitesse,  ni  à  l'entrée  ni  à  la  sortie  de  la  machine; 
car  les  étranglements  occasionnent  plus  ou  moins  de  perte  de  tra- 
vail. Pour  la  prison  Mazas,  il  aurait  suffi  d'employer  un  ventilateur 
à  force  centrifuge  un  peu  grand,  ou  deux  de  dimensions  moyenues 
montés  sur  le  même  axe.  L'appareil  serait  placé  dans  une  chambre 
fermée  où  viendrait  aboutir  le  canal  d'appel.  Chaque  ventilateur  aurait 
un  tuyau  d'écoulement  qui  communiquerait  avec  la  cheminée.  L'action 
mécanique  ne  dépenserait  réellement  qu'une  quantité  à  peu  près  nulle 
de  combustible,  la  chaleur  de  la  vapeur  détendue  pouvant  être  em- 
ployée en  hiver  au  chauffage,  et  en  été  à  la  buanderie  ou  a  d'autres 
usages.  Cette  dernière  considération  permettrait  de  donner  aux  orifices 
d'accès  et  aux  canaux  de  circulation  de  plus  petites  dimensions,  ainsi 
qu*à  la  cheminée  d'écoulement  ;  car  si  le  travail  était  porté  à  3  ou 
4  chevaux,  la  chaleur  de  la  vapeur  détendue  pourrait  encore  être  em- 
ployée utilement.  Ainsi,  par  cette  disposition,  presque  toute  la  dépense 
de  combustible  de  la  ventilation  d'hiver  et  d'été  se  trouverait  écono- 
misée, et  nous  avons  vu  que  pour  la  prison  Mazas  cette  dépense  s'est 
élevée  en  moyenne  à  6,266  francs  par  an,  de  1851  à  1854.  Mais  il 
faudrait  retrancher  de  cette  économie  une  certaine  somme,  pour  les 
frais  d'entretien  des  machines. 

Si  Ton  remarque,  en  outre,  que  la  ventilation  par  insufflation  n'est 
pas  influencée,  comme  celle  par  appel,  par  les  circonstances  atmosphé- 
riques, on  doit  en  conclure  que,  pour  les  grandes  prisons,  elle  doit  être 
préférée  à  la  ventilation  par  appel.  Pour  les  petites  prisons,  renfermant 
un  nombre  restreint  de  détenus,  on  ne  doit  pas  non  plus  hésiter  à  l'em-     , 
ployer  ;  seulement,  comme  le  travail  mécanique  est  alors  très-faible,  il 
convient  de  faire  tourner  le  ventilateur  par  les  détenus  eux-mêmes,  en 
ayant  soin  d'installer  un  moyeu  facile  de  contrôler  le  nombre  de  tours. 
Le  travail  de  nuit  présenterait  quelques  difficultés  sous  le  rapport  dis- 
ciplinaire ;  mais  il  ne  serait  pas  impossible  de  se  servir  des  détenus  pour 
produire  pendant  le  jour  un  travail  qui  serait  dépensé  lentement  pen» 
dalit  la  nuit,  en  réduisant  le  volume  d'air  au  strict  nécessaire  la  nuit. 

Digitized  by  VjOOQIC 


244    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2466.  En  supposant  que  des  circonstances  particulières  forcent  à 
employer  la  ventilation  par  appel,  il  faut  absolument  éviter  de  faire 
sortir  l'air  des  cellules  par  les  tuyaux  de  descente  des  cuvettes;  car  cette 
disposition  a  de  graves  inconvénients  sous  le  rapport  de  la  salubrité 
publique.  En  effet,  la  conséquence  forcée  est  l'évacuation  dans  Tatmo- 
sphère  de  la  totalité  de  l'air  de  ventilation  saturé  des  émanations  des 
fosses  ;  à  la  prison  Mazas,  le  volume  d'air  versé  dans  une  heure  par 
la  cheminée  est  à  peu  près  de  27,000  mètres  cubes,  et  par  jour  de 

'  658,000.  On  conçoit  que,  lorsque  les  vents  rabattent  à  la  surface  du  sol 
cette  masse  d'air  infect,  il  en  résulte  pour  le  quartier  une  insalubrité 
réelle.  On  peut  craindre,  en  outre,  que  les  tuyaux  de  descente  ne  soient 
obstrués,  en  tout  ou  en  partie,  par  les  matières;  ce  qui  arrête  ou  dimi- 
nue nécessairement  la  ventilation.  Il  vaut  donc  mieux  employer  des 
cuvettes  à  tami)on  et  à  deux  enveloppes  (2456),  bien  que  cette  disposi- 
tion exige  de  la  part  des  détenus  des  soins  qu'on  n'obtiendrait  peut-être 
pas  facilement  ;  et  il  est  indispensable  d'établir  un  canal  spécial  pour 
diriger  l'air  de  ventilation  vers  la  cheminée.  L'air  pourrait  s'écouler 
de  chaque  étage  par  un  conduit  placé  près  du  plafond  des  cellules,  du 
côté  du  corridor,  en  dedans  ou  en  dehors,  ou  par  l'intervalle  des  plan- 
chers et  des  voûtes  des  cellules  inférieures,  quand  cette  disposition  a 
été  prise  pour  isoler  davantage  les  prisonniers.  Le  règlement  de  la 
ventilation  de  chaque  cellule  doit  pouvoir  s'effectuer  au  moyen  d'un 
registre  placé  à  l'entrée  du  conduit  qui  amène  l'air  chaud  dans  la  cel- 
lule, et  dont  la  tige  traverserait  le  canal  renfermant  les  tuyaux  de 
chauffage. 

2467.  Pour  les  grandes  prisons,  la  disposition  du  foyer  d'appel  de 
Mazas  me  parait  très-convenable.  Pour  les  petites  prisons,  on  pourrait 
avec  avantage  employer  un  poêle  à  alimentation  continue,  d'autant 
mieux  qu'il  serait  facile  de  varier  la  consommation  de  combustible,  et 
par  suite  le  tirage,  au  moyen  du  registre  d'accès  de  l'air  dans  le  cen- 
drier. Dans  tous  les  cas,  l'air  nécessaire  à  la  combustion  doit  être  pris 
dans  le  tuyau  d'appel. 

2468.  Il  est  évidemment  toujours  utile  de  placer  la  cheminée  des 
fourneaux  de  chauffage  dans  la  cheminée  de  ventilation. 

Quant  au  calcul  des  quantités  de  chaleur  à  dépenser  pour  le  chauffage 
et  des  résistances  à  vaincre  par  la  cheminée  d'appel,  je  renverrai  aux 
livres  II  et  VI. 

2469.  Tout  ce  que  nous  venons  de  dire  suppose  que  les  dispositions 
de  chauffage  et  de  ventilation  ont  été  arrêtées  avant  la  construction  du 
bâtiment  et  qu'on  s'y  est  conformé.  Mais  si  la  prison  avait  été  con- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINfSSEMENT  DES  HOSPICES.     245 

struite  sans  aucune  disposition  particulière  pour  le  chauffage  et  la  ven- 
tilation, il  faudrait  chercher  quelles  sont  les  dispositions  praticables 
les  moins  défavorables.  La  ventilation  par  insufflation  exigeant  des 
conduits  moins  grands  serait,  dans  ce  cas,  plus  fréquemment  appli- 
cable. 

2470.  Dans  tous  les  systèmes,  il  est  très-avantageux  d'avoir,  pour 
servir  de  guide  au  chauffeur,  des  appareils  qui  indiquent  à  chaque  in- 
stant l'état  de  la  ventilation,  et  il  est  en  outre  utile  d'avoir  un  instru- 
ment enregistrant  la  quantité  de  ventilation. 

Je  n'ai  pas  parlé  du  mode  de  ventilation  avec  poêle  à  eau  chaude  et 
cheminée  partant  des  combles,  parce  que  je  m'en  suis  occupé  longue- 
ment à  l'occasion  de  la  prison  Mazas,  et  que  j'y  reviendrai  à  propos  des 
hôpitaux.  Je  dirai  seulement  ici  que  par  cette  disposition  les  frais  d'éta- 
blissement deviennent  plus  considérables  que  quand  le  chauffage  a  lieu 
par  des  calorifères  directs  à  air  chaud.  Quant  à  la  ventilation,  les  dé- 
penses sont  au  moins  deux  fois  plus  grandes  en  hiver  et  cinq  fois  plus 
grandes  en  été  qu'avec  une  cheminée  partant  du  sol. 


CHAPITRE  VI. 

CHACFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES  ET  HOPITAUX. 

2471 .  De  tous  les  établissements  publics,  les  hôpitaux  sont  ceux  dans 
lesquels  il  est  le  plus  important  d'établir  un  bon  système  de  chauffiage 
et  de  ventilation;  ce  n'est  cependant  que  depuis  un  petit  nombre  d'an- 
nées qu'on  s'est  occupé  de  cette  question.  Ordinairement  les  architectes 
se  contentent  de  donner  aux  salles  une  grande  hauteur,  à  l'édifice  une 
forme  monumentale,  mais  ne  se  préoccupent  pas  le  moins  du  monde  des 
conditions  sanitaires.  La  bonne  tenue  des  hospices,  la  propreté  qui  y 
règne  signifient  peu  pour  l'assainissement,  et  il  suffit  d'être  entré  le 
matin  dans  une  salle  non  ventilée  avant  l'ouverture  des  fenêtres,  pour 
comprendre,  à  l'odeur  infecte  qui  vous  suffoque,  combien  l'air  qu'on  y 
respire  est  malsain. 

2472.  Quand  on  réfléchit  à  l'influence  que  doit  avoir  sur  les  malades 
cet  air  stagnant,  vicié  par  la  respiration,  les  transpirations  cutanées  et 
pulmonaires,  les  émanations  et  les  déjections  de  toute  espèce,  il  est  im- 
possible de  douter  que  les  maladies  spéciales  auK  hôpitaux,  les  carac- 
tères qu'y  prennent  certaines  affections  et  la  lenteur  delà  guérison  d'un 


Digitized  by  VjOOQIC 


216    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

grand  nombre  de  maladies  ne  proviennent  de  l'absence  d'un  système 
régulier  de  ventilatiou.  On  a  de  la  peine  à  comprendre  qu'un  état  de 
choses  aussi  funeste  à  la  santé  ait  duré  si  longtemps  sans  éveiller  la  sol- 
licitude des  médecins  et  des  administrateurs.  En  Angleterre,  depuis  le 
commencement  de  ce  siècle,  on  a  fait  divers  essais  pour  y  porter  re- 
mède ;  ce  n'est  que  bien  plus  tard  qu'on  s'est  occupé  en  France  de  cette 
question;  mais  elle  y  a  fait  des  progrès  sensibles,  et  elle  nous  parait  au- 
jourd'hui plus  avancée  dans  notre  pays  que  partout  ailleurs. 

2473.  Jusqu'en  i840,  il  n'existait  à  notre  connaissance ,  en  France, 
aucun  hôpital  régulièrement  chauffé  et  ventilé.  Le  plus  souvent,  le 
chauffage  était  produit  par  de  simples  poêles,  alimentés  avec  du  bois, 
disposés  pour  tenir  les  tisanes  chaudes,  et  quelquefois  munis  d'étuves 
pour  chauffer  le  linge.  Jamais  il  n'était  question  de  ventilation. 

Dans  les  hôpitaux  les  mieux  disposés,  quelques-uns  de  ces  poêles 
formaient  calorifères  avec  prise  d'air  à  l'extérieur,  analogues  à  celui 
que  nous  avons  décrit  (1595)  ;  mais  les  prises  d'air  étaient  insuffisantes, 
et  de  plus  aucun  moyen  n'était  réservé  pour  l'évacuation  de  l'air  vicié, 
si  ce  n'est  quelques  vasistas  dans  les  fenêtres  ;  on  en  était  réduit,  pour 
chasser  le  mauvais  air,  à  la  méthode  aussi  primitive  qu'elle  est  impar- 
faite, et  quelquefois  dangereuse  en  hiver,  laquelle  consiste  à  ouvrir  les 
fenêtres  à  de  certains  intervalles.  Les  poêles  calorifères,  même  avec  des 
prises  d'air  suffisantes  et  des  orifices  de  sortie  ne  peuvent  convenir  que 
pour  de  petits  établissements;  encore  faut-il  observer  qu'ils  ne  donnent 
aucune  ventilation  l'été,  et  que  celle-ci  est  tout  entière  à  trouver  en 
dehors  de  ces  appareils. 

2474.  Pour  les  grands  établissements,  où  il  est  bien  plus  important,  à 
cause  de  l'accumulation  des  malades  dans  un  même  lieu,  d'avoir  une 
ventilation  régulière  et  certaine,  il  est  préférable  d'installer  un  système 
général  de  chauffage  et  de  ventilation  pour  toutes  les  saisons. 

Nous  n'insisterons  pas  sur  les  petits  hôpitaux  ;  ils  peuvent  être  chauf- 
fés et  ventilés  comme  les  salles  de  réunion  ;  la  ventilation  doit  seulement 
être  beaucoup  plus  forte.  Les  appareils  dont  nous  parlerons  plus  loin 
pour  les  maisons  d'école,  à  part  les  dispositions  particulières  au  chauf- 
fage des  tisanes  et  du  linge,  conviennent  également  aux  petits  hôpi- 
taux ,  tout  en  laissant  à  désirer  pour  l'été. 


Hosplee  de  Cha 


2475.  La  nécessité  d'un  système  de  chauffage  général  fut  comprise, 
pour  la  première  fois,  par  l'Administration  des  Hospices,  lors  de  la  re- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    24T 

conslruction  de  la  maison  des  aliénés  de  Charenton.  A  cause  de  la  na- 
ture spéciale  des  maladies  qu'on  y  traite,  une  des  conditions  à  remplir 
était  de  ne  rien  laisser  pour  le  chauffage  à  la  disposition  des  malades  ;  il 
convenait  donc  d'éviter  de  placer  dans  les  salles  et  les  dortoirs  des  poêles 
à  alimentation  directe.  A  l'époque  de  cette  reconstruction^  l'eau  chaude, 
comme  moyen  de  transmission  de  chaleur,  avait  donné  des  résultats 
assez  vantés  en  Angleterre  ;  en  France,  on  avait  peu  l'habitude  de  l'em- 
ploi de  la  vapeur,  et  par  suite  ou  la  craignait  :  le  chauffage  à  Teau 
chaude  fut  donc  adopté  et  les  travaux  de  Charenton  furent  confiés  à 
M.  Léon  Duvoir-Leblanc. 

2476.  Les  bâtiments  de  Charenton  se  composent  de  séries  de  cellules 
de  40  mètres  cubes  de  capacité,  placées  au- rez-de-chaussée ,  débou- 
chant d'un  côté  sur  des  galeries  ouvertes,  et  de  l'autre  sur  un  couloir 
fermé.  Un  caniveau  pratiqué  dans  le  sol  des  couloirs  fermés  contient 
des  tuyaux  d'eau  chaude  et  reçoit  de  l'air  extérieur  qui  s'écoule 
ensuite  dans  les  cellules  par  des  canaux  pratiqués  dans  l'épaisseur 
des  murs  et  qui  s'ouvrent  à  2  mètres  de  hauteur;  l'air  sort  des  cel- 
lules par  des  orifices  percés  dans  le  plancher,  et  se  rend  dans  un 
vaste  canal  situé  au-dessous  de  lui,  lequel  le  conduit  dans  le  cen- 
drier du  fourneau.  Les  chauffoirs  communs  sont  garnis  de  poêles  à 
eau  chaude. 

2477.  Nous  avons  déjà  parlé  (2072)  du  procédé  de  ventilation  par 
le  cendrier  du  fourneau  du  calorifère,  et  nous  avons  fait  comprendre 
combien  il  était  impuissant,  irrégulier  et  coûteux.  On  ne  s'étonnera 
pas  qu'il  ait  été  rejeté  depuis  et  même  abandonné  dans  cet  hospice 
de  Charenton.  Quant  au  chauffage  par  l'eau  chaude,  nous  n'avons  rien 
à  changer  aux  idées  précédemment  émises  à  son  sujet. 

2478.  Les  inconvénients  de  ce  mode  de  chauffage  et  de  la  ventila- 
lion  par  les  cendriers  échappèrent  à  la  commission  chargée  de  recevoir 
les  travaux  de  l'entrepreneur  ;  mais  on  sait  qu'en  France,  il  arrive  quel- 
quefois que  les  commissions  ne  pouvant  consacrer  assez  de  temps  à 
l'accomplissement  de  leur  mandat,  se  décident  d'après  l'examen ,  ou 
l'opinion  d'un  seul  de  leurs  membres. 

2479.  N'ayant  pu  apprécier  par  nous-méme  les  résultats  de  ce  pre- 
mier essai  de  l'eau  chaude  à  Charenton,  pour  le  chauffage  et  la  ventila- 
tion, nous  citerons  seulement  quelques  extraits  de  deux  rapports  rédi- 
gés, l'un  par  la  commission  chargée  de  la  réception  des  appareils, 
l'autre  par  une  délégation  venue  de  Belgique  à  l'occasion  du  projet 
de  chauffage  et  de  ventilation  dressé  pour  la  Chambres  des  Députés 
de  ce  pays. 


Digitized  by  VjOOQIC 


248    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

«  La  Commission  {i)  a  parcouru  les  diverses  parties  des  bâtiments 
<i  que  l'appareil  doit  chauffer  et  ventiler  ;  elle  s'est  assurée  que  la 
a  température  était  plus  élevée  que  celle  indiquée  au  marché,  savoir  : 
«  12''  dans  les  chauffoirs,  10''  dans  les  dortoirs,  8*"  dans  les  corridors. 
<K  Elle  s'est  assurée  aussi  que  la  ventilation  s'opérait  d'une  manière  con- 
te venable  par  les  conduits  d'aspiration  au  moyen  desquels  l'air  vicié 
<(  faisait  retour  au  foyer.  » 

c(  En  ce  qui  concerne  la  marche  de  l'appareil^  la  Commission  recon- 
naît que  dans  toutes  les  pièces  et  corridors  la  température  est  plus 
élevée  que  ne  l'exigeait  la  soumission  ,  à  l'exception  d'une  d'entre  eUes 
appelée  le  Chauffoir  des  tranquilles,  dans  lequel  il  y  a  trois  poêles  de 
grande  dimension  qui  paraissaient  suffisamment  produire  leur  effet,  et 
cependant  la  Commission  n'a  trouvé  qu'une  température  de  lO**  1/2  au 
lieu  de  12'';  mais  elle  a  reconnu  que  cette  pièce  était  en  communication, 
par  deuxvastes  impostes  non  vitrées,  d'une  part  avec  un  corridor  chauffé 
à  8%  et  de  l'autre  avec  un  corridor  non  chauffé,  et  que  cette  commu- 
nication devait  nécessairement  amener  un  abaissement  de  température 
considérable. 

«  M.  l'architecte  a  annoncé  que  ces  impostes  seraient  vitrées  ;  cette 
condition  remplie  assurera  l'effet  complet  de  l'appareil. 

c(  La  Commission  a  également  reconnu  que  la  ventilation  s'opérait 
convenablement  par  toutes  les  bouches. 

(c  En  conséquence  ,  elle  est  d'avis  ,  à  l'unanimité,  que  l'appareil 
remplit  les  conditions  imposées  au  cahier  des  charges  et  à  la  soumis- 
sion, et  que,  convenablement  dirigé,  il  doit  satisfaire  au  service  des  bâ- 
timents inférieurs  de  la  Maison  royale  de  Charenton.  » 

Fait  à  Charenton  le  25  novembre  1845. 

Signé  Pouillet  ;  baron  Séguier  ; 

Gay-Lussac;  Regnault;  Grillon. 

2480.  En  1845,  MM.  Lacambre^  ingénieur,  et  Désiré  Limbourg, 
architecte,  chargés,  par  les  questeurs  de  la  Chambre  des  Représentants 
de  Belgique,  d'examiner  les  différents  systèmes  de  chauffage  et  de  ven- 

(I)  Les  membres  de  la  commission  étalent  :  MM.  Pouillet,  baron  Séguier,  Rcgnault, 
membres  de  l'Institut;  de  Noue,  maître  des  requêtes,  chef  de  la  division  des  bâtiments 
civils  ;  Grillon,  inspecteur  général;  Gilbert,  architecte;  et  Leterme,  directeur  de  la  Maison 
royale  de  Charenton. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  -  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      240 

tilation  adoptés  dans  les  édifices  publics,  en  France,  visitent  Charenton 
et  consignent  ainsi,  page  21  de  leur  rapport,  le  résultat  de  leur  examen  : 
«  A  Charenton,  où  ce  système  de  ventilation  est  établi  en  grand 
a  (l'appel  par  les  cendriers  des  foyers),  nous  avons  désiré  constater  sa 
«  puissance  et  ses  bons  effets,  et  nous  avons  pu  nous  convaincre,  par 
a  quelques  expériences  que  nous  avons  faites  avec  la  flamme  d'une  bon- 
«  gie,  que  cette  ventilation  était  complètement  irrégulière  :  sur  cinq 
«t  cellules  dans  lesquelles  nous  avons  expérimenté ,  deux  seulement 
«  faisaient  appel,  et  les  trois  cellules  produisaient  un  effet  contraire, 
«  c'est-à-dire  que  l'air  des  autres,  au  lieu  d'être  aspiré  par  les  orifices 
«  pratiqués  dans  les  planchers,  arrivait  avec  assez  de  vitesse  et  formait 
«  ainsi  des  courants  inverses  de  celui  qui  aurait  dû  avoir  lieu.  » 

2481 .  Les  résultats  trouvés  par  les  délégués  belges  étaient  faciles  à 
prévoir.  Comme  nous  l'avons  déjà  dit,  l'idée  de  l'appel  par  les  cendriers 
doit  être  rejelée  partout,  et  particulièrement  pour  les  hôpitaux,  où  l'a- 
bondance et  la  régularité  dans  la  ventilation  sont  les  premières  condi- 
tions à  remplir.  Quant  au  chauffage  à  l'eau  chaude,  d'après  des  ren- 
seignements récents,  il  laisserait  lui-même  à  Charenton  beaucoup,  à 
désirer,  et  on  n'obtiendrait  même  plus  les  résultats  déjà  évidemment 
insuffisants  que  constatait  la  Commission  de  1845  dans  son  rapport  si 
complètement  favorable. 

Hôpital  BeavJoB. 

Appareils  de  M.  Duvoir-Leblanc. 

2482.  Un  pavillon  de  l'hôpital  Beaujon  a  été  aussi  chauffé  et  ventilé 
par  M.  Duvoir-Leblanc.  Les  appareils  sont  disposés  de  la  même  ma- 
nière que  dans  le  projet  présenté  par  le  même  entrepreneur  pour  la 
prison  Mazas,  projet  qui  a  été  rejeté  comme  je  l'ai  déjà  dit.  Celte 
disposition  consiste  à  chauffer  l'air  de  ventilation  par  des  poêles 
placés  dans  les  salles,  à  faire  évacuer  l'air  vicié  par  des  cheminées  qui 
s'ouvrent  au  niveau  du  sol  et  viennent  déboucher  dans  une  cheminée 
centrale  partant  des  combles  et  renfermant  un  calorifère  à  eau  chaude, 
à  grandes  surfaces  de  chauffe  qui  sert  de  vase  d'expansion  ;  de  ce  calo- 
rifère partent  les  différents  tuyaux  de  descente  de  l'eau  chaude  qui 
alimente  les  poêles.  L'établissement  de  ces  appareils  constituait  une 
amélioration  évidente  sur  les  mauvais  poêles  qu'ils  remplaçaient.  Le 
pavillon  de  l'hôpital  Beaujon,  ainsi  chauffé  et  ventilé,  fui  moins  mal- 
sain pour  les  malades  que  les  autres  pavillons  chauffés  par  de  simples 
poêles.  Toutefois  la  ventilation  ne  fut  pas  assez  énergique  pour  empê- 

Digitized  by  VjOOQIC 


250    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

cher  l'odeur  de  certains  malades  affectés  de  maladies  spéciales  de  se 
répandre  dans  tout  le  pavillon  et  d'affecter  péniblement  tout  au  moiuis 
l'odorat. 

Hôpital  Weeker. 

Appareils  de  M.  Duvolr-Leblane. 

2483.  A  l'hôpital  Necker,  dont  un  pavillon  a  aussi  été  chauffe  par 
M.  Du  voir-Leblanc,  les  appareils  sont  disposés  à  peu  près  de  la  même 
manière  qu'à  Beaujon.  L'hôpital  renferme  deux  pavillons  composés 
chacun  d'un  rez-de-chaussée  et  de  deux  étages.  Le  nombre  total  des  lits 
est  de  168.  D'après  son  marché,  l'entrepreneur  s'était  engagé  à  main- 
tenir, pendant  les  sept  mois  de  chauffage,  une  température  de  15* 
dans  les  salles,  à  produire  jour  et  nuit  une  ventilation  supérieure  à 
60  mètres  cubes  d'air  par  malade  et  par  heure,  moyennant  une  somme 
de  15  francs  par  jour  tout  compris.  La  ventilation  d'été  devait  avoir 
lieu  au  moyen  de  100  kilogrammes  de  houille  fournie  par  l'Adminis- 
tration. La  réception  des  appareils  n'a  été  faite  qu'après  une  séria 
d'expériences  dirigées  par  M.  Leblanc.  Comme  elles  n'ont  duré  que 
du  mois  de  janvier  au  mois  de  mai,  elles  n'ont  pu  porter  sur  la  venti- 
lation d'été  qui  est,  dans  les  mois  de  chaleur,  la  pierre  de  touche  des 
systèmes  de  ventilation. 

2484.  Dans  le  rapport  de  la  Commission  on  trouve  ce  passage: 
«  M.  Duvoir-Leblanc,  qui  a  beaucoup  perfectionné  ses  appareils  de- 
((  puis  la  construction  de  ceux  qui  fonctionnent  à  l'hospice  Beaujon, 
(c  est  parvenu  à  supprimer  complètement  le  foyer  existant  dans  les 
a  caves,  en  sorte  que,  l'été  comme  l'hiver,  le  chauffage  de  l'eau  des- 
«  tinée  à  la  circulation  s'opère  par  la  chaleur  perdue  des  foyers  destinés 

c<  aux  préparations  médicamenteuses,  cataplasme,  etc Ce  n'est  qua 

((  pendant  les  grands  froids  qu'il  devient  nécessaire  d'allumer  du  feu 
c<  sur  le  foyer  auxiliaire  voisin  du  foyer  habituel.  »  La  Commission  a 
certainement  voulu  dire  que  c'était  le  même  foyer  qui  chauffait  si- 
multanément les  médicaments  et  l'eau  de  circulation,  mais  non  pas  que 
cette  dernière  était  chauffée  par  la  chaleur  perdue  du  fourneau  aux 
médicaments,  parce  que  la  quantité  de  chaleur  absorbée  pour  le  chauf- 
fage et  la  ventilation  est  beaucoup  plus  grande  que  celle  qui  est  em- 
ployée à  chauffer  les  médicaments,  et  que  quand  on  chauffe  des  li- 
quides, même  à  plus  de  1 50*,  la  quantité  de  chaleur  perdue  est  toujours 
inférieure  à  1  :  4  de  celle  employée,  du  moins  dans  les  appareils  bien 
construits.  Cette  phrase  dii  rapport,  qui  doit  réellement  être  interprétée 
comme  je  viens  de  le  dire,  a  été  tellement  répandue  et  invoquée  en 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     25! 

faveur  des  appareils  du  geare  de  ceux  de  Necker^  que  dans  les  admi- 
nistrations et  le  corps  médical,  nombre  de  personnes  ont  cru  que 
M.  Léon  Duvoir  chauffait  un  hôpital  avec  la  chaleur  perdue  du  four- 
neau à  médicaments  (1).  D'après  les  nombres  recueillis  à  Thôpital  do 
Lariboisière,  les  dépenses  de  combustible,  pour  les  deux  services  se- 
parés,  seraient  à  peu  près  dans  le  rapport  de  4  à  1,  dans  les  mois 
d'hi\er  :  ainsi  on  devrait  dire,  au  contraire,  que  ce  sont  les  fourneaux 
d'office,  ou  à  médicaments,  qui  pourraient  être  chauffés  par  la  cha- 
leur perdue  des  foyers  de  chauffage  et  de  ventilation  et  non  Tinverse. 
L'exemple  le  pliis  considérable  et  le  plus  important  de  ventilation  que 
nous  puissions  citer  est  celui  de  Thôpital  de  Lariboisière,  primitive- 
ment appelé  l'hôpital  du  Nord.  Par  cette  raison  même,  nous  entrerons 
dans  d'assez  grands  détails  relativement  à  cet  édifice. 

ndpltal  liarlbolslère. 

2485.  Avant  1848,  un  projet  de  M.  Léon  Duvoir-Leblanc,  du  genre 
de  celui  dont  nous  venons  de  parler  au  sujet  de  l'hôpital  Necker,  avait 
été  accepté  sans  concours,  pour  l'hôpital  du  Nord,  aujourd'hui  Lari- 
boisière, sur  l'avis  d'une  commission  composée  du  général  Morin  et 
de  MM.  Gaultier  de  Claubry  et  Robinet.  En  1850,  le  Conseil  d'Admi* 
nistration  de  l'Assistance  publique  demanda  que  la  construction  des 
appareils  fût  mise  au  concours.  En  1851,  M.  le  directeur  général  de 
cette  administration  réalisa  ce  vœu  en  ouvrant  un  concours  pour  la 
ventilation  et  le  chauffage  de  ce  vaste  hôpital. 

Une  commission  (2)  fut  chargée  de  rédiger  le  cahier  des  charges  et 
de  fonctionner  ensuite  comme  jury  pour  juger  les  projets  des  divers 
concurrents  et  décider  du  choix  de  TAdininistration. 

2486.  Quatre  projets  avaient  été  présentés  :  un  par  M.  René  Duvoir, 
un  autre  par  M.  Léon  Duvoir,  un  troisième  par  M.  Grouvelle,  et  le 
quatrième  par  MM.  Thomas  et  Laurens.  Le  projet  de  MM.  Thomas  et 

(1)  If.  le  docteur  Boudin,  qui  a  écrit  sur  le  chauffage  des  hôpitaux,  surtout  sur  les 
chaufljBges  de  M.  Léon  Duvoir,  étant  venu  me  voir  pour  me  faire  une  réclamation  de  la  part 
de  ceiui-ci,  an  sujet  de  la  description  que  j'avais  publiée  de  ses  appareils,  me  disait 
sérieusement  qu'à  Lariboisière,  le  chauffage  et  la  ventilation  de  ceux  des  pavillons  dont 
M.  Duvoir  avait  été  chargé,  avaient  lieu  par  la  chaleur  perdue  des  fourneaux  à  cata- 
plasmes. 


de  M.  Gauthier'  architecte  a©  mpu'al  J  l®  aêcrtUlri  était  M.  Thauvin.  Ingéniettc  civil. 

Digitized  by  VjOOQIC 


252    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

Laurens  fut  mis  en  première  ligne  et  accepté  pour  son  ensemble  et 
pour  le  système  de  ventilation;  mais  le  jury  n'accueillit  point  le 
chauffage  à  la  vapeur  seule,  qui  en  faisait  partie,  et  il  préféra  qu'il 
eût  lieu  conjointement  à  la  vapeur  et  à  l'eau  chaude,  d'après  le 
procédé  de  M.  Grouvelle  ,  consistant  à  chauffer  l'eau  par  l'inter- 
médiaire de  la  vapeur.  Le  projet  de  chauffage  de  M.  René  Duvoir, 
au  moyen  de  Cçilorifèrcs  à  air  chaud,  fut  regardé  comme  inférieur  pour 
un  hôpital. 

2487.  Celui  de  M.  Léon  Duvoir  se  composait,  comme  d'habitude, 
d'un  chauffage  à  l'eau  chaude  par  circulation,  le  vase  d'expansion 
étant  placé  dans  les  combles  au  centre  d'une  cheminée  d'appel  où  il 
devait  chauffer  l'air  h  sa  sortie  et  produire  par  suite  la  ventilation. 

2488.  Le  projet  de  M.  Grouvelle  opérait  le  chauffage  par  des  poêles 
à  eau,  que  chauffait  de  la  vapeur  à  haute  pression,  et  la  ventilation  par 
une  cheminée  d'appel  disposée  comme  à  la  prison  Mazas. 

2489.  Le  projet  de  MM.  Thomas  et  Laurens  consistait  dans  la  ven- 
tilation insufflée  produite  à  l'aide  d'un  ventilateur  que  conduisait  une 
machine  à  vapeur  ;  le  chauffage  était  effectué  par  de  la  vapeur  à  basse 
pression,  sortant  de  la  machine,  ou  venant  des  chaudières  ;  mais  l'ad- 
jonction subséquente  des  poêles  à  eau  chaude  du  procédé  de  M.  Grou- 
velle, appropriés  au  nouveau  système  par  ses  auteurs,  devait  faire  que 
le  chauffage  à  la  vapeur  ne  fût  pas  direct.  Nous  verrons  qu'à  l'exécu- 
tion des  modifications  réduisirent  beaucoup  le  rôle  prévu  et  demandé 
de  l'eau  chaude. 

2490.  Le  système  de  la  ventilation  insufflée,  avec  chauffage  à  la 
vapeur  par  l'intermédiaire  de  poêles  à  eau  chaude  placés  dans  les 
salles  et  les  promenoirs,  reçut  donc  l'approbation  du  jury  ;  sa  construc- 
tion était  résolue.  Aucune  raison  ne  semblait  devoir  s'opposer  à  ce 
qu'un  jugement  rendu  à  la  suite  d'un  concours  public  par  le  jury  de 
ce  concours,  produisît  son  effet;  mais  il  n'en  fut  pas  ainsi.  Le  mode 
de  chauffage  à  l'eau  de  M.  Léon  Duvoir  était  tellement  soutenu  par 
quelques  personnes,  qu'il  s'éleva  auprès  de  l'Administration  supérieure 
pour  le  faire  prévaloir  une  nouvelle  lutte  d'influences.  Il  en  résulta  un 
renvoi  du  projet  adopté  par  le  jury  au  jugement  du  Conseil  des  bâtiments 
civils,  qui  conclut  à  ce  que  l'Administration  ne  devait  adopter  aucune 
innovation  ;  et  ensuite,  un  second  renvoi  au  général  Morin  qui  était 
appelé  par  le  Ministre,  à  donner  son  avis  sur  le  système  de  MM.  Thomas 
et  Laurens  et  sur  les  appareils  de  M.  Duvoir.  Ce  savant  émit  l'avis  qu'il 
fallait  retirer  du  projet  de  MM.  Thomas  et  Laurens  trois  pavillons  de 
malades  pour  les  donner  à  M.  Duvoir,  et  laisser  appliquer,  par  suite, 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      233 

le  système  de  ces  ingénieurs  aux  trois  autres  pavillons  et  aux  divers 
services  de  Thôpital.  Cet  avis  était  basé  sur  l'utilité  qu'il  y  aurait  à 
créer  une  expérimentation  comparative  des  deux  procédés  dans  le 
même  établissement.  Le  système  de  MM.  Thomas  et  Laurens,  système 
surtout  avantageux  pour  les  grands  établissements,  se  trouvait  ainsi 
devoir  perdre,  par  une  application  plus  restreinte,  une  partie  de  ses 
avantages.  L'avis  de  M;  Morin  fut  cependant  admis  par  le  Ministre  et 
suivi  d*exécution.  Cette  décision  a  grevé  le  système  nouveau  de  la  ven- 
tilation insufflée  d'un  accroissement  de  frais  de  première  installation, 
et  aussi  d'une  augmentation  notable  dans  les  frais  annuels  de  la  gestion 
et  de  l'entretien  occasionnés  par  rintroduction,  dans  un  même  établis- 
sement, de  deux  systèmes  si  différents. 

Tous  les  appareils  de  Lariboisière  fonctionnent  depuis  la  fin  de  l'hi- 
ver de  1854. 

249 1 .  La  figure  59 1  (voir  page  272)  donne  le  plan  de  la  moitié  de  l'hô- 
pital Lariboisière.  Les  malades  sont  distribués  dans  six  pavillons  isolés 
et  distants  les  uns  des  autres  de  plus  de  20  mètres;  trois  sont  à  droite 
de  la  grande  cour  centrale  de  115  mètres  de  longueur  sur  45  mètres 
de  largeur,  et  les  trois  autres  à  gauche  de  cette  même  cour,  en  regard 
des  premiers.  Chaque  pavillon  contient  trois  salles  de  malades,  le  rez- 
de-chaussée,  le  premier  et  le  deuxième  étage;  chacune  renferme  32  lits  : 
à  l'extrémité  de  chaque  salle  il  y  a  une  chambre  réservée,  à  deux  lits. 
C'est  donc  un  total  de  102  lits  par  pavillon  ;  soit  612  pour  tout  l'hôpital. 
Des  chauffoirs  P,  P,  P,  promenoirs  ou  réfectoires,  sont  au  nombre  de 
quatre  de  chaque  côté  des  pavillons  de  l'hôpital  ;  ils  relient  les  pavillons 
entre  eux.  Dans  les  épidémies,  on  convertit  les  chauffoirs  en  salles  de 
malades;  et  souvent  on  ajoute  quelques  lits  aux  extrémités  des  salles. 
En  A  /  /,  un  bâtiment  à  plusieurs  étages  contient  une  vaste  buanderie 
et  la  lingerie  :  le  bâtiment  N,  qui  lui  fait  pendant,  renferme  la  grande 
communauté  des  sœurs  et  leur  infirmerie.  Les  bâtiments  Q,  Q,  placés 
des  deux  côtés  de  la  chapelle  v  sont  destinés  aux  bains  ordinaires  des 
hommes  et  des  femmes,  aux  bains  de  vapeur  en  j  et  ^,  aux  amphi- 
théâtres et  salles  de  dissection.  A  droite  et  à  gauche  de  l'entrée  de  Thôpi- 
talsont  les  bâtiments  de  l'administration,  qui  contiennent  aussi  tous  les 
services  de  la  pharmacie  et  des  cuisines.  Les  pavillons  n~  2,  4  et  6  sont 
affectés  aux  hommes  et  ceux  en  regard,  portant  les  n***  1,  3  et  5,  aux 
femmes  :  ces  derniers  furent  destinés  aux  appareils  de  M.  L.*  Duvoir  ; 
les  pavillons  de  droite  et  tous  les  services  de  l'hôpital,  tels  que  la  buan- 
derie, les  bains  d'eau  et  de  vapeur,  la  communauté  des  sœurs,  furent 
attribués  au  système  nouveau  qui  employait  la  vapeur.  Un  mur  d'en- 


Digitized  by  VjOOQIC 


234    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

ceinte  enferme  complètement  tous  ]es  bâtiments  de  rétablissement,  qui 
n'ont  ainsi  de  communication  avec  l'extérieur  que  par  le  portique  de 
l'entrée  et  une  porte  de  service. 

Appareils  de  WÊ,  DsToIr-Ijeblane* 

2492.  Je  m'étendrai  un  peu  sur  l'appareil  établi  à  Lariboisière, 
parce  qu'étant  le  dernier  monté  par  ce  constructeur,  il  est  pourvu  de 
tous  ses  perfectionnements,  et  que  d'ailleurs,  étant  conforme  dans  toutes 
ses  dispositions  aux  appareils  existant  dans  d'autres  établissements 
publics,  il  me  permettra  de  compléter  Tétude  de  ce  procédé.  Mais  ce 
qui  est  beaucoup  plus  important,  c'est  que  cette  étude  permettra  de 
juger  la  ventilation  par  appel  en  elle-même,  puisque  M.  Duvoir  l'a 
appliquée  :  on  recueillera  ainsi  des  éléments  décisifs  sur  la  valeur 
intrinsèque  et  sur  la  valeur  relative  du  système  par  appel  et  de  celui  de 
la  ventilation  par  insufflation,  ou  pulsion. 

2493.  Les  figures  588,  589  représentent  la  coupe  longitudinale  d'un 
des  pavillons  de  Lariboisière  chauffé  par  M.  Duvoir,  avec  les  disposi- 
tions qu'il  y  a  employées.  La  figure  590  est  la  coupe  de  la  cheminée 
d'appel.  Ces  figures,  qui  sont  la  reproduction  du  dessin  publié  par 
M.  Duvoir  lui-même,  représentent  le  premier  projet  que  ce  construc- 
teur avait  soumis  à  la  Commission  ;  mais  après  son  exécution  il  fut 
reconnu  nécessaire  d'y  apporter  de  notables  changements  :  ainsi  la 
chaudière  à  eau  chaude,  vue  au  rez-de-chaussée,  fut  descendue  dans 
la  cave  et  la  chambre  de  la  cheminée  d'appel  a  été  considérablement 
agrandie  pour  y  loger  un  plus  grand  nombre  de  poêles  à  eau  chaude 
reconnus  indispensables  pour  la  ventilation  d'été.  Je  transcris  la  lé- 
gende  qui  accompagnait  le  dessin  que  l'auteur  remit  au  jury  de 
l'exposition  universelle,  dont  je  faisais  partie. 

A,  cloche  servant  de  foyer  pour  le  fourneau  à  cataplasmes  et  servant 
aussi  à  chauffer  l'eau  nécessaire  au  chauffage  et  à  la  ventilation. 

dj  foyer  chauffant  les  bouilleurs  fyfei  la  marmite  b. 
c,  four. 

rf,  cendrier  du  foyer  A. 

/,  /,  bouilleurs  chauffant  l'eau  destinée  au  service  des  salles  et  con- 
tenue dans  le  réservoir  G. 

B,  B,  B,  serpentins  servant  de  tubes  ascensionnels  et  utilisant  en 
même  temps  le  calorique  de  la  fumée  provenant  des  deux  foyers  A 
et  a. 

C,  prolongement  du  tuyau  à  fumée. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    Î2!55 

D,  isolement  formé  autour  du  tuyau  -de  fumée,  où  viennent  abou- 
tir les  tuyaux  de  ventilation  du  promenoir  et  des  chambres  des  sœurs. 

F,  étuveç  pour  le  service  des  salles  chauffées  par  l'eau  de  la  chau- 
dière. 

G,  réservoir  pour  la  distribution  de  l'eau  chaude. 

HH,  tube  ascensionnel  partant  des  bouilleurs  /,  /,  chauffant  l'eau  du 
réservoir  G. 

II,  tube  de  distribution  partant  du  réservoir  G  et  retournant  au 
bouilleur. 

J,  J,  robinets  de  distribution  d'eau. 

K,  K,  réservoirs  supérieurs  [fig.  590)  servant  au  chauffage  et  à  la 
ventilation. 

Ly  L,  tubes  ascensionnels  partant  de  la  chaudière  et  alimentant  les 
deux  réservoirs  supérieurs  K. 

M,  M,  tubes  partant  des  réservoirs  K^  alimentant  les  poêles,  et  re- 
tournant à  la  chaudière. 

N,  cheminée  {fig.  590)  par  laquelle  s'écoule  l'air  amené  par  les 
conduits  de  ventilation  dans  la  chambre  d'appel  chauffée  par  les  deux 
réservoirs  K. 

P,  P,  poêles  à  eau  chaude  chauffant  les  salles. 

V,  Y,  conduits  de  ventilation  ouverts  à  la  partie  inférieure  en  hiver, 
et  à  la  partie  supérieure  en  été,  au  moyen  de  portes  en  tôle.  Les  con- 
duits vont  tous  se  réunir  à  la  cheminée  d'appel  de  la  manière  indiquée 
(Ay-  590). 

O9  bassin  hémisphérique  en  fonte,  rempli  d'eau,  recevant  les  tuyaux 
de  chute  des  sièges  d'aisance;  ce  bassin  formant  siphon  est  destiné  à 
empêcher  que  l'odeur  de  la  fosse  ne  remonte  dans  les  cabinets. 

R,  R,  cuvettes  en  fonte  émaillée. 

S,  S,  contre-cuvettes  en  fonte  communiquant  avec  les  conduits  de 
ventilation  T,  T,  et  avec  les  tuyaux  de  chute  U,  U. 

T,  T,  tuyaux  de  ventilation  partant  des  contre-cuvettes  S. 

V,  V,  tuyaux  de  ventilation  en  briques  recevant  ceux  partant  des 
contre^uvettes. 

X  X,  cavité  entourant  le  bassin  0,  afin  que  les  matières  puissent 
s'écouler  dans  la  fosse. 

2494.  Le  dessin  et  la  description  sont  incomplets  sous  beaucoup  d^ 
rapports;  on  n'y  trouve  pas  le  tuyau  de  retour  direct  des  réservoirs  su- 
périeurs,qui  estnécessaire  à  la  ventilation  d'été. Mais  il  m'a  été  passible 
de  combler  les  parties  importantes  de  ces  lacunes.  Dans  cette  léeende^ 
le  fourneau  à  cataplasmes  figure  en  première  ligne  et  attire  ex^eptioa- 


Digitized  by  VjOOQIC 


256     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

1 


Ft^.  588. 


Digitized  by  VjOOQiC 


CHap.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     257 


Fig.  589. 


IIL 


17 


Digitized  by  VjOOQIC 


Î58    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS, 

nellement  rattention,  quoiqu'il  nesoitqu^un  accessoire;  cela  explique- 
rait l'erreur  commise  au  sujet  de  Timportance  de  ce  fourneau  et  dont 
nous  avons  déjà  parlé. 


IV    vl  V 
Fig.  590. 

2495.  Les  poêles  ont  1'  50  de  hauteur  sur  0'  79  (1)  ;  par  suite,  la 
surface  extérieure  de  chaque  poêle  est  de  4"^  13;  la  surface  totale  de 

(1)  Je  prends  ici  de  préférence  les  dimensions  citées  par  M.  Grassi  dans  sa  ttièse  sur  le 
chauffage  et  la  yenUiation  de  l'hôpital  Lariboisière,  parce  qu'elles  n'ont  pas  été  contestées. 


Digitized  by  CjOOQiC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    Î59 

chauffe  d'une  salle  est  de  16'°'i  52.  Le  poêle  de  la  chambre  à  deux  liL<  t\ 
0"*  52  de  diamètre,  1  ""  37  de  hauteur  ;  par  suite,  la  surface  libre  du  poêle 
est  de  2"4  82.  Dans  la  salle  du  rez-de-chaussée,  les  ^  8  orifices  de  sortie  de 
Tair  ont  0" 30  sur  0""  30  ou  0*"^  09  de  surface,  et  la  somme  des  surfaces  des 
orifices  de  sortie  est  de  0,09 .  18  —  1"^  62  ;  l'orifice  de  sortie  de  la  petite 
pièce  a  0"  30  sur  0"  22,  et  0"'  66  de  surface.  Dans  la  salle  du  premier 
étage,  les  18  orifices  de  sortie  ont  0*"  295  sur  0""  235  ;  soit  0^  069  de 
surface  ;  et  la  somme  totale  des  orifices  de  sortie  est  de  0,069 .  18.  «« 
1  ■*«  24  ;  l'orifice  de  la  chambre  à  deux  lits  a  0"  25  sur  0*  27,  et  0"'  069 
de  surface.  Dans  la  salle  du  second  étage,  les  18  orifices  de  sortie  ont 
0"  30  sur  0"  225  ;  0"'  0675  de  surface  ;  la  somme  des  orifices  de  déga- 
gement est  alors  de  0,0675 .  18  =:  l"""!  215  ;  Torifice  de  la  petite  pièce 
est  de  0,25  sur  O*"  265,  et  de  0°"<  066  de  surface.  D'après  cela,  la  somme 
totale  des  orifices  d'accès  de  l'air  avec  trois  étages  est  de  0"*^  2824 
-^-Or^  061  ^»0^  349  ;  la  somme  toiile  des  orifices  de  sortie  du  rez-de- 
chaussée  est  de  1,624-0,066— 1"^  686;  celle  du  premier  étage  est 
1 ,24  -f  0,066— 1-'  276.  D'après  le  dessin  de  M.  Duvoir,  les  cylindres 
concentriques  formant  le  vase  d'expansion  placé  dans  la  cheminée 
d'appel,  ont  a  peu  près  1*  60  de  hauteur,  et  pour  diamètre  0"75, 
1',  1"  25,  1""  50,  1*75,  la  surface  totale  des  vases  est  à  peu  près 
de  40"^  tout  compris,  dont  14  rayonnent  librement.  D'après  le  même 
dessin,  les  tuyaux  de  fer  auraient  environ  0""  05.  La  section  de  la  che- 
minée à  la  hauteur  de  l'orifice  d'extérieur,  par  lequel  on  a  introduit  les 
anémomètres,  est  de  2*^  2. 

Nous  avons  extrait  du  rapport  de  la  Commission  (2)  chargée  de  la 
réception  de  ces  appareils  les  données  qui  suivent  : 

Les  expériences  portèrent  uniquement  sur  la  température  dans  les 
salles  et  sur  la  quantité  de  ventilation  mesurée  dans  la  cheminée  d'ap- 
pel :  un  marché  à  forfait  avec  l'entrepreneur  réglant  la  dépense  an- 
nuelle du  chauffage,  la  Commission  n'avait  pas  à  relever  les  consom- 
mations de  charbon  ni  les  frais  d'entretien. 

Les  instruments  employés  furent  des  thermomètres  à  mercure  et  des 
anémomètres  de  M.  Combes,  simples  ou  à  rouages  multiples  pour  pro- 
longer la  durée  des  observations. 

2496.  Pendant  l'hiver  de  1854-1855,  l'Administration  eut  plusieurs 
fois  à  se  plaindre  de  l'abaissement  de  température  des  salles,  surtout 
pendant  la  nuit;  mais  la  Commission  déclara  que  ce  fait  était  plutdt 
imputable  au  chauffeur  qu'à  l'appareil  lui-même,  qui  avait  une  puis- 

(I)  Cette  CommUsion  te  composait  de  BIM.  Combes,  PéUgot  et  Leblanc. 

Digitized  by  VjOOQIC 


260    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

sance  suffisante  pour  maintenir  dans  les  salles  une  température  supé- 
rieure à  15**.  De  plus  l'uniformité  de  la  température  laissait  à  désirer, 
car  il  arrivait  fréquemment  qu'elle  atteignait  20"*  à  Tétage  supérieur, 
tandis  qu'elle  n'était  que  de  15**  au  rez-de-chaussée.  La  Commission 
pensait  qu'une  surveillance  attentive  permettrait  de  réduire  ces  inéga- 
lités. 

Depuis,  les  inégalités  de  température  aux  divers  étages  ont  con* 
tinué  à  se  présenter,  et  avec  de  grands  écarts;  la  température  des 
'salles  a  souvent  donné  lieu  à  des  plaintes  et  est  descendue  à  moins 
de  15\ 

2497.  A  l'égard  de  la  ventilation,  la  Commission  a  constaté  que  le 
volume  d'air,  appelé  par  la  cheminée,  était  toujours  supérieur  à  celui 
qui  pénètre  dans  les  salles  par  les  orifices  d'accès  de  l'air  neuf,  difle- 
rence  qui  provient  de  l'air  appelé  par  les  joints,  des  portes  et  des  fe- 
nêtres. Elle  regrette  que  le  cahier  des  charges  n'ait  pas  prévu  cette 
différence  et  ne  spécifie  pas  si  le  volume  d'air  que  l'entrepreneur  s'est 
engagé  à  fournir  doit  être  compté  à  l'entrée  par  les  poêles,  ou  à  la  sor- 
tie par  la  cheminée  d'appel. 

En  envisageant  les  conditions  de  la  ventilation  d'une  manière  géné- 
rale, il  y  aurait  de  l'inconvénient  à  compter  cet  excédant  comme  favo- 
rable ;  car  cet  appel  d'air  irrégulier  et  inconnu  pourrait  souvent  avoir 
lieu  aux  dépens  des  salles  voisines,  ou  de  locaux  dont  l'air  est  vicié  et 
infect.  Toutefois,  il  faut  remarquer,  ajoute  la  Commission,  que,  dans 
le  cas  particulier  dont  il  s'agit,  cette  objection  perd  de  son  importance, 
puisque  chaque  salle  est  isolée. 

2498.  La  Commission  appelle  sur  ce  sujet  l'attention  de  l'Adminis- 
tration et  émet  le  vœu  qu'à  l'avenir  le  chiffre  de  la  ventilation  par  les 
poêles,  facile  à  mesurer,  soit  spécifié  dans  les  marchés  ;  qu'on  mette 
à  l'étude  la  construction  d'un  appareil  placé  dans  la  cheminée  d'appel 
qui  indiquerait  approximativement  au  moyen  d'une  aiguille  si  la  ven- 
tilation est  supérieure,  ou  inférieure,  à  celle  qui  est  exigée,  instrument 
qui  servirait  à  l'Administration  de  contrôle  permanent  de  la  ventila- 
tion, comme  les  thermomètres  à  l'égard  de  la  température. 

Ce  vœu  nous  montre  combien  les  administrations  peuvent  se  faire 
illusion  sur  l'efficacité  de  certaines  ventilations  par  appel.  Un  instru- 
ment fonctionnant  comme  un  thermomètre,  pour  la  mesure  de  la  ven- 
tilation, n'existe  pas  encore,  mais  fût-il  trouvé  que  la  question  ne  se- 
rait pas  résolue  d'une  manière  absolue  :  car  il  ne  donnerait  que  la  me- 
sure de  la  ventilation  dans  la  cheminée  d'appel  ;  et  celle-ci  n'est  nulle- 
ment en  rapport  constant  soit  dans  des  localités  différentes,  soit  à  des 


Digitized  by  VjOOQ  iC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     261 

époques  différentes  dans  le  même  lieu,  avec  la  ventilation  effective 
et  utile.  Il  donnerait  la  ventilation  apparente  et  non  la  ventilation 
réelle. 

2499.  La  ventilation  des  pavillons  de  M.  Léon  Duvoir,  estimée  par 
malade  et  par  heure,  en  la  déduisant  du  volume  total  d'air  écoulé  par  la 
cheminée  d'appel  que  Ton  divise  parle  nombre  des  lits,  a  toujours  été 
pendant  l'essai  supérieure  aux  60  mètres  cubes  exigés  par  le  marché  ; 
le  résultat  de  cette  division  a  oscillé  entre  64  et  92  mètres  cubes. 

La  ventilation  déduite,  au  contraire,  du  volume  d'air  entrant  dans 
les  salles  par  les  orifices  des  poêles,  qui  sont  les  entrées  régulières  et 
utiles  de  l'air  neuf,  a  été  en  général ,  et  en  moyenne,  compris  entre  45 
et  50  mètres  cubes  par  malade. 

L'évacuation  par  les  ventouses,  ou  gaines  de  sortie  d'une  même 
salle,  a  présenté  de  très-grandes  inégalités,  même  à  des  instants  très- 
rapprochés  :  l'écart  maximum  a  été  de  40  à  1 10. 

2500.  Ainsi  les  chiffres  moyens  de  45  à  50  mètres  cubes,  indiqués 
tout  à  l'heure,  ne  représentent  pas  encore  réellement  ce  que  chaque  ma- 
lade reçoit  de  ventilation  :  il  y  en  a  qui  reçoivent  beaucoup  moins  que 
le  minimum  voulu  et  d'autres  beaucoup  plus. 

2501  .Toutefois,  la  Commission,  s'en  tenant  au  système  des  moyennes, 
a  été  d'avis  que  l'appareil  de  M.  Léon  Duvoir  était  capable  de  produire, 
sous  le  rapport  du  chauffage  et  de  la  ventilation,  les  effets  prescrits  par 
le  marché,  mais  en  appliquant  le  chiffre  delà  ventilation  au  volume 
d'air  expulsé  par  la  cheminée  d'appel  et  non  au  volume  d'air  neuf  ve- 
nant réellement  à  travers  l'appareil  lui-même. 

11  n'y  a  pas  eu  d'expérience  sur  la  ventilation  d'été,  pendant  les  mois 
de  chaleur. 

2502.  Ues  expériences  plus  détaillées  et  plus  nombreuses  que  celles 
de  la  Commission  se  trouvent  dans  une  étude  comparative  des  deux  sys- 
tèmes étabUs  à  Lariboisière;  ce  travail  fut  fait  par  M.  Grassi,  pharma- 
cien de  cet  établissement,  pour  passer  sa  thèse  au  doctorat  en  méde- 
cine. 

Ces  expériences,  exécutées  sans  parti  pris  ni  préventions,  comme 
il  est  facile  de  s'en  convaincre  à  la  lecture,  furent  exécutés  avec  beau- 
coup de  soin  et  d'impartialité. 

Elles  ont  eu  pour  objet  de  mesurer  les  volumes  d'air  entrés  dans  les 
salles  par  les  orifices  des  poêles,  et  les  volumes  d'air  écoulés  par  la 
cheminée  d'appel,  en  se  servant  des  anémomètres  Combes.  Pour 
abréger,  j'appellerai  : 

Vj  le  volume  d'air  entré  par  heure  et  par  malade  ; 


Digitized  by  VjOOQIC 


262    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

V,  le  volume  d'air  sorti  des  salles  par  heure  et  par  malade  ; 
9,  la  température  extérieure  ; 
t,  celle  de  la  pièce  ; 

t'^  celle  de  l'air  dans  la  cheminée  d'appel. 

2503.  Ventilation  sans  chauff^age.  —  Le  tableau  ci-dessous  donne 
le  résultat  de  ces  expériences. 

VERTIUTION  SANS  CHAUFFASE. 


V 

V 

V  —  V 

V 

0 

t 

V 

1 
U*  lilIE. 

1                 1                 1 

—  Mtt  du  4  an  6  eetobre  isb6. 

Salle  Sainte-Eugénie., 
f  Rei-de-chaunée.  ) 

me 
20.7 

mt 
95,1 

me 
75,4 

me 
3,70 

14',2 

is'.s 

m 

34,5 

Salle  Salnte-ÉlisabeUi. 
(!•»  éUge.) 

IM 

84,3 

68.0 

4,17 

14.2 

19 

34,5 

SaUe  Sainte- Anne  — 

(î*  éUge.) 

4,1 

&9.3 

55.2 

13,46 

14.2 

19 

33.9 

S*  sim.  -  nlto  da  u,  dv  so  et  du  «  octobre  laae. 

Salle  Sainte-Eugénie.. 

27,0 

87.7 

60,7 

2.25 

14 

17,5 

.  • 

Salle  Sainte-Elisabeth. 

33.7 

92.7 

59.0 

1.75 

6 

14.4 

21.3 

Salle  Sainte- Anne.... 

18,80 

52.6 

33.8 

2,S0 

10 

15,4 

19»5 

8«  izin. . 

-  lalto  da  ss  av  so  Mtobre  mbb. 

Salle  Sainte-Eugénie.. 

17,1 

64,2 

47.1 

2,75 

9.5 

14 

15,5 

Salle  Sainte-ËIisabeth. 

23.0 

76,1 

52.2 

2,18 

8.3 

14 

15,5 

Salle  Sainte-Anne.... 

33.3 

54,0 

2(»,7 

0,62 

8,3 

14 

15.5 

En  prenant  les  moyennes  résultant  de  ce  tableau,  on  trouve  : 
pour  les  volumes  d'air  entrant  par  les  poêles ,  par  malade  et  par 
heure  : 


Au  rez-de-eliauuée.      Au  i«r  éUge.  Au  2*  éUge. 

21"  0  25™  6  18»  7 


Moyenne.               Rapport. 
2l»6 4 


pour  les  volumes  d'air  sortis  par  malade  et  par  heuru  : 

82»3  84»4  55»3  74'»0 a,4 

Digitized  by  VjOOQiC 


CHAP.  VI.  ^  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    293 

pour  les  volumes  d'air  entrés  par  les  fissures  des  portes  et  des  fe- 
nêtres : 

60"7  59" 8  36^6  52"4  2,4 

En  comparant  les  volumes  d'air  sortis  des  salles  à  celui  qui  s'est 
écoulé  par  la  cheminée  d'appel,  M.  Grassi  trouve  qu'il  est  entré  direc- 
tement du  grenier  dans  la  cheminée  d'appel  8""  8  d'air  par  malade  et 
par  heure,  c'est-à-dire  8,8  :  74 «-0,1 2.  Mais  il  est  important  de  re- 
marquer que  les  nombres  dont  on  a  pris  la  moyenne  ont  varié  dans  des 
limites  très-étendues,  ainsi  par  exemple  la  valeur  de  (V — t;)  :  v  a  varié 
de  0,6  à  13. 

2504.  Je  ferai  remarquer  que  ces  expériences,  qui  paraissent  devoir 
s'appliquer  à  la  ventilation  d'été,  puisqu'elles  sont  faites  sans  chauffage, 
ne  peuvent  cependant  représenter,  avec  une  ventilation  par  appel ,  ce 
qui  se  passe  pendant  les  chaleurs,  par  conséquent  dans  des  conditions 
très-difiérentes. 

Les  circonstances  observées  étaient  plus  favorables  aux  appareils  Du- 
voir  que  ne  le  serait  le  temps  chaud,  dans  une  assez  forte  proportion  ; 
car  la  plus  haute  température  extérieure,  dans  ces  neuf  observations  ef- 
fectuées, n'a  été  quatre  fois  que  de  14°,  tandis  que  les  cinq  autres  fois, 
elle  était  notablement  au-dessous  de  ce  chiffre  et  descendait  même  à 
+  6\ 

Je  remarquerai  aussi  que  la  température  des  salles  non  chauffées 
élait  de  4%  5*  et  6*  supérieure  à  la  température  extérieure.  L'air  neuf 
est  pris  dans  les  cours  ;  sa  température  devait  être  à  peu  près  la  tempé- 
rature extérieure  observée.  On  voit  déjà  que  ce  mode  de  ventilation  pair 
appel  ne  peut  pas  procurer,  dans  l'été,  une  atmosphère  fraîche  qui  se- 
rait, pour  des  malades  surtout,  d'une  si  grande  utilité. 

2505.  Ventilation  et  chauffage.  —  Nous  donnons  dans  le  tableau 
suivant  les  résultats  des  expériences  : 


Digitized  by  VjOOQIC 


264    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 


VERTILATION  ET  CHAUFFAGE. 


V 

V 

V  —  v 

V 

6 

t 

/' 

r«  SUIE. 

1                1 
—  lolto  da  6  an  •  déeembre 

ttae. 

SaUe  Sainte-Eugénie.. 

(Rez-de-chausaée.) 

me 
31,0 

dXo 

me 
62,0 

me 
2,0 

4,5 

o 

16 

o 

16 

SaUe  Sainte^Usabeth. 
(1"  étage.) 

49,0 

9»,0 

45,0 

0.9 

4.5 

15,9 

16 

SaUe  Sainte-Anne.... 

(î*  étage.) 

39,0 

98,0 

59,0 

1,5 

4,5 

17 

16 

l«  lUU. 

-  Mto  da  sa  an  1»  dê««ibre  laae. 

Salle  Sainte-Eugénie.. 

21.0 

69,7 

38,7 

1,84 

9 

17 

21 

Salle  Sainte-ÉIisabetli. 

38,4 

80,4 

42,0 

1,09 

9 

18,8 

21 

Salle  Salnte-Anné.... 

32,0 

69,5 

37.5 

1,17 

9 

13 

21 

En  prenant  comme  précédemment  les  moyennes  de  ces  deux  séries 
d'expériences,  on  trouve  : 
pour  les  volumes  d*air  entrant  parles  poêlés  par  malade  et  par  heure  : 


An  rez-de-chaoaaée.        Au  l«r  étage.  Au  t«  étage. 

26» 0  43» 7  35» 5 


Moyenne.  Rapport. 

34»  0  1 


pour  les  volumes  d*air  sortis  par  malade  et  par  heure  : 

76»  3  87»  2  83»  7  82»  4 


2,42 


pour  les  volumes  d'air  entrés  par  les  fissures  des  portes  et  fenêtres  par 
malade  et  par  heure  : 


50»  3 


43»  5 


48»  2 


47»  3 


i,39 


Volumes  d'air  passant  des  combles  dans  la  cheminée  par  malade  et 
par  heure  : 

18»50  18»50  i8»50  

2506.  M.  Grassi  a  ensuite  examiné  si  la  ventilation  de  chaque  salle 
avait  lieu  régulièrement  par  les  différents  orifices  de  sortie  de  l'air,  et 
pour  cela  il  a  observé  les  volumes  d'air  écoulés  par  les  neuf  orifices  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    26r> 

sortie  situés  d'un  même  côté  de  chaque  salle.  Pour  la  salle  située  au 
rez-^e-cbaussée ,  les  yolumes  d'air  écoulés  étaient  en  moyenne  de 
195",  et  ils  ont  varié  de  104"  à  248  ;  pour  la  salle  du  premier  étage, 
le  volume  moyen  écoulé  était  de  1 52",  et  les  variations  ont  été  comprises 
entre  77"  et  248"  ;  pour  le  second  étage  ,  le  volume  moyen  écoulé 
était  de  170"  et  les  variations  de  73  à  226". 

a  Les  volumes  d'air,  dit  M.  Grassi,  débités  par  les  divers  canaux 
c(  d'évacuation  sont,  comme  on  le  voit,  très-différents  les  uns  des  autres  ; 
«  ces  différences  correspondent  à  des  variations  analogues  dans  les 
«  divers  points  des  salles.  C'est  un  inconvénient;  au  reste  on  peut  y  re- 
<c  médier  :  la  partie  supérieure  des  canaux  présente  en  effet  un  registre 
«  que  l'on  peut  ouvrir  plus  ou  moins,  de  manière  à  compenser,  par 
«  une  plus  petite  section  du  canal,  la  vitesse  trop  grande  de  l'air. 
«  Je  dois  dire  qu'on  n'avait  probablement  pa§  encore  cherché  à  régu- 
c<  lariser  ainsi  la  ventilation,  car  j'ai  trouvé  les  registres  complètement 
«  ouverts.  » 

Ces  conséquences  de  M.  Grassi  ne  sont  pas  admissibles  ;  car  si,  par 
une  position  convenable  de  chaque  registre,  la  ventilation  était  rendue 
régulière,  Teffet  de  chaque  orifice  serait  ramené  au  chiffre  mini- 
mum 73,  tandis  que  la  valeur  moyenne  des  appels  des  orifices  des  trois 
étages  étant  de  172",  la  ventilation  moyenne  serait  réduite  dans  le 
rapport  de  73  à  172  ;  elle  deviendrait  donc  0,42  de  sa  valeur  moyenne 
actuelle,  et  comme  elle  est  de  82",4  elle  se  trouverait  réduite  à  34" ,6. 
Ainsi  la  Commission  de  réception,  qui  a  pris  les  moyennes  et  est  ainsi 
parvenue  à  un  chiffre  de  ventilation  supérieur  à  60"  par  lit,  n'aurait 
obtenu  que  34"*  environ,  si  le  règlement  par  les  registres  avait  été 
effectué. 

2507.  M.  Grassi  a  cherché  ensuite  l'influence  de  l'ouverture  des 
portes  et  des  fenêtres  sur  la  ventilation.  Il  a  observé  l'appel  par  le  même 
orifice  de  la  salle  du  rez-de-chaussée,  quand  la  porte  et  les  fenêtres 
étaient  fermées  et  ensuite  quand  on  ouvrait  la  porte  d'entrée,  ou  les 
deux  fenêtres  adjacentes  à  l'orifice,  les  deux  croisées  en  face,  et  les 
croisées  du  fond;  il  a  trouvé  pour  les  volumes  d'air  appelés  dans  ces 
différentes  circonstances,  119";  134"  ;  170";  169;  156.  Ainsi  l'ouver- 
ture des  portes  et  des  fenêtres  modifie  complètement  la  ventilation  ;  on 
en  conçoit  facilement  la  raison  :  l'air  n'éprouve  alors  aucune  résistance 
pour  pénétrer  dans  la  pièce. 

2508.  L'expérimentateur  a  constaté  en  outre  que  l'ouverture  des 
croisées  avait  une  grande  influence  sur  le  volume  d'air  neuf  appelé  par 
les  orifices  des  poêles  ;  dans  une  série  d'expériences  faites  sur  les  quatre 

Digitized  by  VjOOQ  iC 


266    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

poêles  de  la  salle  du  rez-de-chaussée  quand  les  portes  et  les  fenêtres  étaient 
fermées  et  quand  deux  croisées  étaient  ouvertes,  le  volume  d'air  appelé 
dans  ce  dernier  cas  était  inférieur  au  premier  de  plus  d'un  sixième. 

2509.  Enfin  M.  Grassi  a  observé  l'influence  de  Touverture  des  fenê- 
tres d'une  salle,  sur  la  ventilation  des  autres  salles,  dont  les  portes  et 
les  fenêtres  étaient  fermées,  et  il  a  reconnu  que  cette  influence  était  tout 
à  fait  insignifiante. 

2510.  Ces  diverses  expériences  confirment  celles  qui  avaient  contri- 
bué à  conduire  MM.  Thomas  et  Laurens  à  la  ventilation  par  pulsion  et 
les  motifs  dont  ils  ont  toujours  appuyé  celle-ci  :  c'est  que  Tair  qui  entre 
accidentellement  par  les  portes  et  les  fenêtres, ou  par  les  fissures  des  pa- 
rois d'un  édifice,  quoi  qu'on  en  ait  dit,  ne  ventile  pas  utilement  ;  entrant 
à  proximité  des  ventouses  de  sortie,  il  leur  arrive  directement  sans  se 
mélanger  à  l'air  de  la  salle.  C'est  ce  qu'observe  aussi  M.  Grassi,  et  il 
ajoute  que  cet  air  passe  ainsi  près  de  la  tête  des  malades,  qu'il  entoure 
de  courants  d'air  froid  ;  que  cet  air  pris  indistinctement  dans  les  cours  et 
les  corridors  peut  ne  pas  être  pur.  Enfin  il  cite  un  fait  qu'il  a  observé 
avec  plusieurs  personnes  de  l'hôpital  et  qui  démontre  un  des  inconvé- 
nients de  la  ventilation  par  appel  signalé  aussi  dans  les  travaux  déjà 
cités,  à  l'appui  de  la  ventilation  par  pulsion.  «  La  porte  de  la  salle  des 
«  bains  de  femmes  avait  été  laissée  ouverte  par  mégarde;  l'air  qui  eu 
((  sortait  accompagné  d'un  nuage  de  vapeur  aqueuse  était  attiré  par  le 
((  pavillon  voisin  (à  M.  Duvoir)  et  venait  s'y  rendre  avec  toute  son  hu- 
«  midité.  y>  U  s'y  serait  rendu  avec  tous  ses  miasmes,  si  une  salle  de 
dissection  ou  un  lieu  malsain  eût  été  ainsi  soumis  à  l'appel  d'un  pa- 
villon peu  éloigné. 

2511.  L'expérimentateur  regrette,  comme  la  Commission  de  récep- 
tion, que  le  cahier  des  charges  ne  spécifie  pas  si  les  60  mètres  cubes  d'air 
exigés  par  lit  et  par  heure  seront  mesurés  dans  la  cheminée  d'appel,  ou 
s'ils  se  rapportent  à  l'air  neuf  qui  entre  par  les  poêles.  Dans  le  deuxième 
cas  les  conditions  imposées  ne  seraient  pas  à  beaucoup  près  remplies. 
11  regrette  également  que  le  marché  n'exige  pas  de  ventilation  de  jour 
en  été,  parce  que  dans  cette  saison,  l'équilibre  des  températures  exté- 
rieure et  intérieure  est  beaucoup  plus  fréquent  qu'en  hiver.  Cet  équi- 
libre s'oppose  à  la  ventilation  naturelle,  alors  même  que  les  croisées 
sont  ouvertes.  Ce  fait  est  à  ne  pas  perdre  de  vue  quand  on  compare  à 
Lariboisière  le  prix  coûtant  de  la  ventilation  par  appel  et  de  la  venti- 
lation par  pulsion  :  car  l'entreprise  de  l'appel  est  déchargée  de  la  ven- 
tilation la  plus  difficile  çt  la  plus  coûteuse,  qu'elle  n'a  pas  à  donner  et 
qu'on  n'a  pas  à  lui  payer. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    267 

2512.  Les  observations  puisées  à  deux  sources  très-différentes,  que 
je  viens  de  rapporter,  sont  d'accord  sur  deux  points  très-importants  : 
sur  la  grande  différence  qui  existe  entre  le  volume  d*air  introduit  dans 
les  salles  à  travers  l'appareil  et  celui  qui  s'écoule  par  la  cheminée  d'ap- 
pel ;  sur  la  grande  irrégularité  de  Tappel  opérée  par  les  cheminées 
partielles,  ou  gaines  d'évacuation  de  l'air  vicié,  laquelle  correspond  à 
des  inégalités  proportionnelles  dans  la  ventilation  des  différentes  par- 
ties de  la  salle  auxquelles  ces  oriBces  correspondent. 

2513.  D'après  le  rapport,  la  ventilation  moyenne  par  malade  et  par 
heure  déduite  du  volume  d'air  écoulé  par  la  grande  cheminée  d'appel, 
serait  de  78"*  :  d'après  la  thèse,  elle  serait  de  82"*^  :  ces  nombres  sont 
aussi  rapprochés  qu'on  pouvait  l'espérer,  attendu  les  grandes  varia* 
tions  qu'éprouve  l'appel  d'une  cheminée  d'un  jour  à  l'autre.  Le  volume 
appelé  par  les  poêles,  toujours  en  moyenne,  par  lit  et  par  heure,  est 
d'après  le  rapport  de  45"*  et  d'après  la  thèse  de  34°*  seulement. 

D'après  la  Ck)mmission,  le  rapport  moyen  de  la  dépense  par  la  che- 
minée d'appel  à  celle  qui  a  lieu  par  les  poêles  serait  égal  à  78  :  45  *» 
1,73;  d'après  la  thèse,  ce  rapport  serait  82,4  :  34,6  »-  2,38.  Mais 
dans  l'un  ou  l'autre  cas,  M.  Duvoir-Leblanc  n'a  rempli  ou  dépassé  les 
conditions  du  marché  qu'en  adoptant  la  supposition  que  le  débit  par  la 
cheminée  d'appel  représente  la  ventilation  réelle. 

2514.  D'après  le  rapport,  l'écoulement  par  chaque  gaine  de  sortie 
des  salles  a  varié  de  40"  u  110"  et  d'après  la  thèse  dans  la  proportion 
de  73  à  248  :  ces  différences  dans  les  observations  d'un  même  appa- 
reil, prouvent  combien  la  ventilation  par  ap|)el  est  variable;  elles 
montrent  que  celle  de  M.  L.  Duvoir  à  Lariboisière  est  très-irrégulière. 
Le  cahier  des  charges  ne  dit  pas  d'une  manière  positive  que  la  ventila- 
tion doit  être  régulière  dans  toutes  les  parties  de  la  salle  :  admettrait-on 
cependant  que  les  salles  sont  ventilées,  si  la  totalité  de  l'air  en  traver- 
sait une  certaine  partie  et  que  l'excès  d'air  que  recevraient  cer- 
tains malades  compensât  l'absence  de  ventilation  pour  les  autres? 
D*ailleurs,  la  régularité  de  la  ventilation  était  tellement  voulue  que 
toutes  les  gaines  des  salles  sont  garnies  de  registres  ;  mais  ils  sont  res- 
tés ouverts  comme  M.  Grassi  l'a  constaté.  La  régularisation  ne  pourrait 
en  effet  s'établir  qu'en  abaissant  tous  les  registres  de  manière  à  réduire 
toutes  les  vitesses  au  minimum;  alors,  en  effet,  d'après  les  expériences 
de  la  Commission,  en  supposant  que  la  vitesse  moyenne  observée  ait  été 
la  moyenne  des  vitesses  extrêmes,  la  régularité  de  la  ventilation  aurait 
réduit  la  ventilation  moyenne  à  78 .  40  :  75  —41"  6  et,  d'après  la  thèse, 
comme  nous  l'avons  vu  précédemment,  à  34"  6.  Ainsi,  d'après  lerap- 

Digitized  by  VjOOQIC 


268     LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

port  lui-même,  si  la  ventilation  avait  été  rendue  régulière,  elle  serait 
inférieure  de  beaucoup  à  celle  qui  était  exigée,  quoique  estimée  en 
moyenne. 

2515.  Quant  à  l'appareil  en  lui-même,  on  est  réellement  étonné  d'y 
rencontrer  si  peu  de  connaissance  des  principes  les  plus  vulgaires  du 
chauffage  et  de  la  ventilation.  Tout  le  monde  sait  que  leffet  d'une 
cheminée  augmente  avec  sa  hauteur  et  que  pour  produire  le  même 
appel  il  faut  chauffer  Tair  d'autant  plus  que  sa  hauteur  est  plus  petite. 
Dans  le  cas  dont  il  s'agit,  il  ne  faut  qu'un  peu  de  réflexion  pour  recon- 
naître qu'en  faisant  descendre  l'air  au  niveau  du  sol  pour  le  faire  entrer 
dans  une  haute  cheminée  d'appel,  la  hauteur  de  la  cheminée  et  l'ac- 
croissement de  température  que  l'air  y  recevrait  feraient  bien  plus  que 
compenser  la  perte  de  tirage  résultant  du  mouvement  de  descente  de 
l'air.  Nous  avons  vu  précédemment  que  pour  les  dimensions  de  che- 
minées qui  sont  précisément  celles  du  pavillon  de  Lariboisière,  pour 
produire  le  même  appel  par  la  cheminée  des  combles  et  par  une  che- 
minée recevant  l'air  à  la  surface  du  sol,  les  dépenses  moyennes  de  com- 
bustible pour  la  ventilation  d'hiver  sont  dans  le  rapport  des  nombres  1 
et  2,5  et  pour  la  ventilation  d'été  dans  celui  de  1  à  5  ;  les  résistances 
pouvant  être  les  mêmes  dans  les  deux  méthodes. 

2516.  Pour  produire  cet  accroissement  énorme  dans  la  dépense  de 
combustible  on  emploie  40  mètres  carrés  de  surface  de  chauffe.  Ainsi 
M.  Duvoir-Leblanc  a  doublé  les  dépenses  d'établissement  pour  doubler 
la  dépense  moyenne  de  ventilation  d'hiver  et  quintupler  celle  d'été. 
M.  Duvoir-Leblanc  prétend  que  dans  ses  appareils  la  ventilation  régu- 
lière, au  chiffre  convenu  dans  ses  marchés,  est  assurée,  parce  qu'elle 
dépend  du  chauffage;  il  le  dit  dans  toutes  ses  publications  et  d'une  ma- 
nière positive;  d'ailleurs  ce  n'est  que  dans  cette  supposition  que  les 
expériences  faites  pour  la  réception  de  ses  appareils  signifieraient  quel- 
que chose,  ses  appareils  ne  renfermant  pas  d'instrument  ni  de  moyen 
pour  indiquer  l'état  de  la  ventilation.  11  est  absolument  impossible  de 
produire  une  ventilation  régulière  avec  des  poêles  dont  la  tempéra- 
ture est  réglée  pour  le  chauffage;  c'est  là  un  principe  général,  indépen- 
dant de  la  disposition  et  du  système  des  appareils,  comme  je  vais  le 
faire  voir.  C'est  donc  une  erreur  qu'il  faui  détruire  dans  l'intérêt  de 
la  question  des  chauffages. 

2517.  Considérons  d'abord  une  cheminée  d'appel  recevant  directe- 
ment par  le  bas  l'air  extérieur  ;  l'effet  produit  par  la  même  cheminée 
dépendant  uniquement  de  l'excès  de  la  température  moyenne  de  l'air 
chauffé  dans  la  cheminée  sur  la  température  extérieure,  il  en  résulte 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    209 

nécessairement  que  pour  produire  une  ventilation  constante  dans  toutes 
les  saisons,  il  faudra  fournir  à  Tair  de  la  cheminée  une  quantité  de 
chaleur  également  constante  ;  c'est  d'ailleurs  un  fait  parfaitement  con- 
staté par  Texpérience, 

2518.  Supposons  maintenant  que  l'air  extérieur  avant  de  pénétrer 
dans  la  cheminée  traverse,  dans  différentes  directions,  des  pièces  chauf- 
fées par  des  poêles,  de  manière  à  maintenir  la  température  intérieure 
à  i^"*,  et  admettons  que  Tair  ne  soit  pas  surchauffé  en  arrivant  dans  la 
cheminée.  L'air  extérieur  en  entrant  s'échauffera  au-dessus  de  la  tem- 
pérature constante  qui  doit  être  maintenue  de  manière  à  fournir  la 
chaleur  qui  passe  à  travers  les  murs  et  les  murailles  et  il  s'échappera 
par  la  cheminée  à  la  température  intérieure  ;  il  se  produira  alors  une 
ventilation  variable  avec  la  température  extérieure;  elle  sera  nulle  si 
Tair  extérieur  est  à  IS""  et  si  on  ne  chauffe  pas;  mais  à  mesure  que  la 
température  extérieure  s'abaissera  et  qu*on  chauffera  davantage,  la 
ventilation  ira  évidemment  en  croissant  de  manière  à  atteindre  son 
maximum  dans  les  jours  les  plus  froids,  et  par  la  même  raison  elle  ira 
en  décroissant  à  mesure  que  la  température  extérieure  se  rapprochera 
de  15°. 

2519.  Admettons  maintenant  que  les  poêles  soient  chauffés  par  un 
courant  d'eau  chaude  et  que  le  vase  d'expansion  soit  placé  de  manière 
à  échauffer  l'air  à  son  entrée  dans  la  cheminée.  Pour  chaque  tempéra- 
ture extérieure,  cette  circonstance  augmentera  la  ventilation,  mais 
elle  ne  changera  pas  le  sens  de  ses  variations,  puisque  la  température  du 
vase  d'expansion  variera  comme  celui  des  poêles;  ainsi  encore  dans  ce 
cas  la  ventilation  sera  à  son  maximum  dans  les  jours  les  plus  froids  et 
sera  presque  nulle  au  commencement  et  à  la  fin  du  chauffage. 

2520.  L'appareil  de  M.  Duvoir- Leblanc  est  disposé  exactement 
comme  nous  venons  de  le  supposer.  L'air  extérieur  entre  dans  les 
pièces  à  travers  les  poêles  ;  il  s'élève  d'abord  vers  le  plafond,  descend 
ensuite  par  couches  sensiblement  isothermes,  jusqu'aux  orifices  d'é* 
coulement  placés  à  la  partie  inférieure  des  salles,  d'où  il  s'élève  dans  les 
combles  pour  gagner  la  cheminée  qui  renferme  le'  vase  d'expansion  ; 
ainsi  la  ventilation  résulte  de  la  force  ascensionnelle  de  l'air  à  travers 
les  poêles,  dans  les  cheminées  partielles  des  salies  et  dans  la  grande 
cheminée  des  combles  dont  il  faut  retrancher  la  charge  nécessaire  pour 
faire  descendre  l'air  chaud  du  plafond  au  plancher  de  chaque  salle.  Eu 
admettant  que  les  charges  correspondantes  aux  deux  premiers  mouve- 
ments de  l'air  se  compensent,  tout  se  passe  comme  si  la  ventilation  ré- 
sultait d'une  grande  cheminée  formée  de  deux  parties,  la  première 


Digitized  by  VjOOQIC 


270    y  V.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

ayant  la  hauteur  d'une,  de  deux  ou  de  trois  salles;  la  seconde  la 
hauteur  de  la  cheminée  des  combles  ;  la  première  partie  étant  à  la 
température  constante  de  IS""  et  la  seconde  à  une  température  ^variant 
comme  celle  de  l'eau  dans  le  vase  d'expansion,  la  cheminée  communi- 
quant librement  par  le  bas  avec  Taîr  eitérieur  ;  or  les  poêles  et  le  vase 
d'expansion,  dont  les  températures  sont  solidaires,  sont  d'autant  plus 
échauffés  que  la  température  extérieure  est  plus  basse,  et  par  consé- 
quent la  température  moyenne  de  l'air  dans  cette  cheminée,  et  par  suite 
la  ventilation,  augmentera,  ou  diminuera,  dans  le  même  sens  que  les 
quantités  de  combustible  consommé  pour  maintenir  la  température 
intérieure.  11  est  en  outre  évident  que  si  une  ventilation  constante  était 
indépendante  de  la  température  extérieure,  comme  le  prétend  M.  Du- 
Aoir- Leblanc,  elle  resterait  la  même  au  commencement  et  à  la  fin  du 
chauffage,  quelque  petite  que  fût  la  différence  de  la  température  in- 
térieure et  de  la  température  extérieure  ;  et  par  suite  elle  aurait  encore 
lieu  quand  on  ne  chaufferait  pas  du  tout.  D'ailleurs,  si  le  principe  dont 
il  est  question  était  vrai,  il  le  serait  pour  un  appartement  chauffé  par 
un  foyer  découvert  dans  lequel  l'air  extérieur  pourrait  entrer  libre- 
ment; et  dans  ce  cas  sa  fausseté  saute  aux  yeux. 

2521.  Le  principe  d'une  ventilation  régulière  par  le  seul  effet  du 
chauffage  est  aussi  absurde  que  la  ventilation  gratis  par  les  cendriers 
des  fourneaux  de  chauffage,  qui  a  produit  de  si  tristes  résultats  à  la  pri- 
son de  Tours  (2441  et  suiv.)  et  à  l'hôpital  de  Charenlon  (2481).  Je  suis 
vraiment  honteux  d'insister  sur  de  pareilles  choses  :  mais  les  adminis- 
trations publiques  ne  pouvant  apprécier  les  procédés  que  par  les  avis 
et  les  recommandations  qui  les  appuient,  c'est  un  devoir  que  de  leur 
signaler  les  erreurs  sur  lesquelles  ils  reposent. 

2522.  Cependant  toutes  les  expériences  faites  par  la  Commission  de 
réception  des  appareils  à  Lariboisière  et  par  M.  Grassi  ont  donné  pour 
des  températures  extérieures  très-basses,  puis  plus  élevées,  des  volu- 
mes d'air  aspirés  par  la  cheminée,  qui  dépassent  de  beaucoupc  eux 
convenus.  11  faut  donc  qu'il  y  ait,  dans  l'appareil,  un  moyen  dont 
M.  Duvoir-Leblanc  fait  mystère  et  qui  permette  de  suppléer  momenta- 
nément à  l'insuffisance  de  la  ventilation  qui  a  lieu  naturellement  par 
le  seul  effet  du  chauffage.  11  ne  me  paraît  pas  douteux  que  ce  moyen 
consiste  tout  simplement  dans  l'ouverture  du  robinet  du  tuyau  de 
communication  directe  du  vase  d'expansion  avec  la  chaudière,  tuyau 
indispensable  pour  la  ventilation  d'été  qui  doit  avoir  lieu  sans  chauf- 
fage :  ce  tuyau  existe  donc,  quoiqu'il  ne  soit  pas  indiqué  dans  les  dessins 
des  appareils;  or,  ce  tuyau  de  retour  d'eau  étant  suffisant  à  lui  seul 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     271 

pour  produire  la  Tentilation  convenue  sans  chauffage^  agissant  en 
même  temps  que  le  tuyau  de  retour  d'eau  par  les  poêles,  permet  évi- 
demment d'amener  l'eau  du  vase  d'expansion  à  une  température  assez 
élevée  pour  produire  dans  toutes  les  circonstances  la  ventilation  totale 
observée  sans  accroissement  de  température.  Reste  maintenant  à  savoir 
si  cette  augmentation  de  ventilation  n'a  lieu  que  quand  on  faitdesexpé- 
riences,  ou  si  le  chauffeur  a  un  moyen  caché  pour  régler  la  ventila- 
tion ;  car  on  ne  peut  pas  admettre  qu'un  entrepreneur  donne  gratui- 
tement une  ventilation  de  80  à  90  mètres  cubes,  quand  il  n'en  doit 
que  60,  et  que  ce  surcroît  de  ventilation  lui  coûte  un  grand  accroisse- 
ment de  dépense  en  combustible. 

2523.  En  résumé,  de  ce  que  je  viens  d'exposer,  il  résulte  trois 
choses  parfaitement  évidentes  pour  les  appareils  disposés  comme  ceux 
de  M.  Léon  Duvoir  :  l""  qu'une  ventilation  uniforme  et  qui  se  règle 
d'elle-même  par  le  seul  ^fTet  des  appareils  de  chauCfage  est  impossible  ; 
2**  que  la  ventilation  dépend  du  chauflTeur,  qui  ne  sait  pas  lui-même  ce 
qu'il  fait  quand  il  veut  dépasser  la  ventilation  variable,  qui  s'opère  na- 
turellement par  suite  du  chauffage  ;  3°  enfin  que  des  expériences  diri- 
gées avec  le  plus  grand  soin  par  les  personnes  hs  plus  habiles,  les  plus 
intègres,  quelque  prolongées  qu'elles  soient,  ne  prouvent  absolument 
rien  pour  ce  qui  se  passe  quand  on  ne  fait  plus  d'expériences  (  I  ). 

Appareil!  de  MM.  Thomai  et  lAvreni. 

2524.  J'ai  déjà  expliqué  que  le  projet  adopté  par  le  jury  du  concours  . 
pour  l'hôpital  Lariboisière,  consistait  dans  la  ventilation  par  pulsion 
ou  insufQation,  et  dans  un  chauffage  opéré  par  des  poêles  à  eau  chaude, 
dont  l'eau  était  chauffée  à  l'aide  de  la  vapeur.  A  l'exécution,  MM.  Tho- 
mas et  Laurens  firent  adopter  par  TAdministration  diverses  modifica- 
tions à  ce  projet,  notamment  celle  qui  ramenait  le  chauffage  presque  en 
totalité  à  un  chauffage  à  la  vapeur  facile  à  régler.  C'est  le  systèpnequi 
a  été  réellement  exécuté  à  Lariboisière,  sur  les  plans  de  MM.  Thomas 
et  Laurens,  que  je  décrirai,  tel  qu'il  fut  produit  en  1854-1855,  tel 
aussi  qu'il  a  été  définitivement  pratiqué. 

2525.  La  ventilation  est  effectuée  avec  de  l'air  recueilli  au-dessus  des 
toits ,  à  une  assez  grande  hauteur  dans  l'atmosphère  pour  qu'il  soit 

(I)  Je  dois  faire  obMrver  que  al  la  médaille  d*or  a  été  donnée  à  M.  Léon  Duvoir-Leblanc 
à  l'exposlUon  unlTerselle  de  1866  elle  ne  Ta  été  que  pour  aea  appareils  de  chauffage  et 
nullement  pour  ses  ventilations  :  on  en  trouvera  la  preuve  dans  le  rapport  du  Jury  lui- 
même. 


Digitized  by  VjOOQIC 


272    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

pur  de  toutes  les  émanations  qui    se  produisent  dans  un  hôpital. 

Le  clocher  de  la  chapelle,  par  sa  hauteur  et  sa  forme,  s'est  trouvé 
parfaitement  disposé  pour  cela.  On  s'est  contenté,  pour  toute  appro- 
priation, de  donner  aux  lames  des  abat-son  deux  inclinaisons,  de  ma- 
nière à  utiliser  la  vitesse  du  vent  qui,  après  les  avoir  traversées,  arrive 
dans  la  gaîne  a  6,  fig.  592,  formée  par  Tun  des  quatre  piliers  creux  de 
ce  clocher.  La  dépense  de  construction  pour  avoir  de  l'air  pur,  a  donc 
été  insignifiante. 

La  baie  c  donne  accès  à  l'air  neuf  dans  la  chambre  du  ventilateur. 
Cette  chambre  occupe  la  tête  de  la  galerie  souterraine  située  sous  le 
portique  UWZZ  qui  règne  au  rez-de-chaussée  tout  autour  de  la  grande 
cour  XY.  C'est  donc  dans  cette  galerie ,  où  débouchent  d'ailleurs  les 
caves  de  chaque  pavillon  de  malades,  que  sont  placées  les  machines  et 
aussi  les  tuyaux  qui  portent  l'air  de  ventilation  ainsi  que  la  vapeur 
et  les  retours  d'eau.  Tout  le  service  a  lieu  dans  cette  galerie  souter- 
raine. 

2526.  Un  ventilateur  B  à  force  centrifuge,  dont  l'enveloppe  a  la  forme 
d'une  spirale  et  qui  par  sa  disposition  et  sa  construction  évite  tout  bruit 
incommode,  aspire  l'air  neuf  par  la  gaîne  ab  et  le  refoule  dans  les  di- 
verses salles.  Il  est  mis  en  mouvement  au  moyen  d'une  courroie,  par 
une  machine  à  vapeur  à  détente,  sans  condensation,  d'une  force  va- 
riable, dont  la  vapeur  détendue  est  employée  au  chauffage  des  salles, 
ou  aux  bainset  à  la  buanderie.*  Tout  ce  mécanisme  est  posé  dans  la 
chambre  GG,  parfaitement  close,  qui  est  prise,  comme  nous  l'avons  dit, 
sur  la  galerie  souterraine  UWZZ. 

2527.  Remarquons  qu'il  y  a  deux  ventilateurs  B,  B  pourvus  chacun 
de  leur  machine  à  vapeur,  mais  qu'un  seul  de  ces  mécanismes  suffit  lar- 
gement en  tout  temps  à  la  ventilation  de  ce  côté  de  l'hôpital  et  que  le  se? 
cond  n'est  nullement  nécessaire  au  service.  Il  avait  été  projeté  dans  l'ori- 
gine, alors  que  l'hôpital  tout  entier  devait  être  monté  d'après  le  système 
nouveau  ;  lors  de  l'exécution  réduite,  il  resta  comme  rechange  du  pre- 
mier. Mais  une  rechange  n*est  point  une  nécessité  avec  des  machines 
bien  exécutées. 

Deux  générateurs  de  vapeur  sont  en  y,  h  et  leur  cheminée  en  A  :  leurs 
foyers  débouchent  aussi  dans  la  galerie  souterraine  qui  parcourt  tout 
l'hôpital.  Toute  l'année,  ils  fournissent  la  vapeur  nécessaire  aux  bains 
d'eau  et  de  vapeur  et  alimentent  une  buanderie  considérable,  vue  en 
partie  en  kfl^  laquelle  dessert  non^seulement  Lariboisière,  mais  encore 
l'hôpital  Beaujon  ;  de  plus,  en  hiver,  ils  produisent  le  supplément  de 
vapeur  qu'exigent  les  différents  chauffages  des  salles  et  de  la  Commu- 


Digitized  by  VjOOQIC 


A 


Digitized  by  VjOOQIC 


u(('   dv  la  (*Ii;il«Mir,   \)iiv  K.  IVclet  . 


HOlMTAi: 


y 


/'rtA/,t: ^,fr  fTrft'f  Mi.x.r„»    ,./  /*//r. 


'vl 


â->» 


»  t 


Digitized  by  VjOOQIC 


x.V V    ^^^^' 


..  jS"  fy^'^rmsr^ 


Digitized  by  VjOOQLC 


)ISIKHK. 


r/ff  />t7.i. 


Digitized  by  VjOOQlC 


CHAP.  VI.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.       273 

nauté  des  sœurs.  La  mise  en  Diouvement  du  moteur  ventilant  n'a  pas 
obligé  d'en  augmenter  la  puissance,  puisque  c'est  la  même  vapeur  qui, 
après  avoir  agi  sur  le  piston,  en  ne  perdant  qu'une  quantité  insensible 
de  son  calorique,  se  trouve  ensuite  utilisée  pour  les  bains  et  les  chauf- 
fages. 

2528.  Une  conduite  de  vapeur  part  de  la  machine  et  circule  dans 
la  galerie  souterraine  m  m  m  m,  en  donnant  un  branchement  dans 
chaque  pavillon  :  un  tuyau  de  retour  d'eau  ooo  suit  le  même  trajet 
et  aboutit  dans  le  réservoir  fermé  n,  placé  dans  la  cave  R,  derrière  les 
machines.  Ce  réservoir  sert  à  l'alimentation  des  chaudières  :  la  pompe 
alimentaire  y  reprend  les  vapeurs  condensées,  auxquelles  on  ajoute  de 
Teau  quand  il  en  est  besoin.  En  t,  s  on  voit  les  tuyaux  de  vapeur  et  le 
retour  d'eau  qui  desservent  la  communauté  ;  o\o\o\  sont  les  calori- 
fères à  vapeur  de  ce  bâtiment.  Ces  mêmes  tuyaux  ont  des  branche- 
ments qui  vont  aux  bains  de  vapeur/  et  q.  La  prise  de  vapeur  pour  la 
buanderie  est  faite  directement  sur  les  générateurs  :  les  conduits  y  rela- 
tifs n'ont  pu  être  figurés.  Â  côté  des  générateurs  est  un  vaste  réservoir 
d'eau  que  Ton  chauffé  à  la  vapeur  pour  les  bains  ordinaires.  Un  autre 
réservoir  tout  semblable  existe  de  l'autre  côté  en  regard  du  premier. 

Enfin,  en  S  est  placée  une  pompe  que  le  moteur  à  vapeur  met  aussi 
en  mouvement,  et  qui  fournit  l'eau  à  l'hôpital.  Elle  aspire  l'eau  par 
une  conduite  d'environ  300  mètres  de  long  dans  le  can^  de  ceinture 
qui  passe  derrière  Saint- Vincent-de-Paul. 

2529.  Suivons  maintenant  le  fonctionnement  de  l'appareil  :  mais 
nous  le  prendrons  d'abord  pendant  l'été,  parce  que  c'est  le  cas  le  plus 
simple.  L'air  pur,  pris  au  sommet  du  clocher,  arrive  au  ventilateur 
par  l'action  aspirante  de  celui-ci ,  à  laquelle  la  vitesse  naturelle  du  Vent 
vient  en  aide.  Cet  air  est  ensuite  refoulé  dans  une  conduite  en  tôle 
mince  D  E  F,  qui  est  suspendue  à  la  voûte  de  la  galerie  souterraine  et 
passe  devant  chacune  des  caves  existant  sous  les  pavillons. 

De  cette  artère  D  E  F  part,  au  passage  de  chaque  pavillon,  un  bran- 
chement tel  que  G'  G',  qui  fournit  l'air  nécessaire  à  la  ventilation  de  ce 
pavillon.  Chaque  branchement  se  subdivise  lui-même  en  plusieurs  ré- 
partiteurs pour  porter  l'air  aux  trois  étages  de  salles  de  malades.  La 
coupe  horizontale  faite  dans  la  cave  du  pavillon  n*"  2  montre  ce  partage 
de  l'air.  Le  répartiteur  G'  G'  est  un  tuyau  de  tôle  suspendu  à  la  voûte 
de  la  cave  :  il  donne  directement  en  a,  i,  /,  %  à  chacun  des  poêles  du 
rez-de-chaussée  l'air  de  ventilation  de  cet  étage. 

En  ar,  a:,  aux  deux  extrémités  de  cette  cave,  il  y  a  un  sous-réparti- 
teur qui  fournit  l'air  à  deux  gaines  logées  dans  l'épaisseur  du  mur  de 
111.  is 

Digitized  by  VjOOQIC 


274    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

refend  ;  c'est  Tair  de  ventilation  du  premier  étage  qui  suit  ce  chemin.  Ces 
gaines  aboutissent  à  un  caniveau  ménagé  dans  l'épaisseur  du  plancher 
de  cet  étage  et  situé  en  son  milieu  dans  toute  sa  longueur.  Deux  autres 
sous-embranchements  y^y  aboutissent  à  deux  autres  gaines  logées  de 
même  dans  l'épaisseur  des  murs  et  communiquant  avec  le  caniveau 
central  exécuté  dans  l'épaisseur  du  plancher  du  deuxième  étage,  qui 
reçoit  aussi  son  air  de  ventilation  d'une  manière  tout  à  fait  semblable  à 
ce  que  nous  avons  vu  pour  le  premier. 

2530.  Chaque  étage  contient  une  grande  salle  de  trente-deux  lits,  à 
l'extrémité  de  laquelle  se  trouve  une  pièce  réservée  où  il  y  a  deux  lits, 
comme  le  montrent  les  coupes  horizontales  des  pavillons  n**  6  et  n*  4.  Au 
milieu  de  chaque  salle,  et  sous  son  parquet,  se  trouve  donc  le  caniveau 
contenant  l'air  de  ventilation.  Sur  ce  caniveau,  on  a  posé  dans  chaque 
salle,  quatre  poêles  js,  z^  Zy  z^  vus  dans  la  coupe  horizontale  du  pavillon 
n*"  4  et  dans  les  coupes  longitudinale  et  transversale  {/iff.  592  et  593). 

Ces  poêles,  traversés  dans  leur  hauteur  par  douze  tuyaux ,  servent  d'o- 
riGces  d'entrée  pour  l'air  de  ventilation.  Dans  chaque  chambre  à  deux 
lits  est  également  un  poêle  qui  donne  accès  à  l'air  neuf. 

Enfin,  des  branchements  partant  de  l'artère  générale  donnent  la 
ventilation  aux  quatre  promenoirs,  ou  parloirs,  P,  P,  P,  P,  dans  cha- 
cun desquels  sont  placés  deux  poêls  r,  r,  par  lesquels  entre  l'air  neuf. 

2531.  L'air  de  ventilation  débouche  dans  les  salles  avec  une  très- 
faible  vitesse;  on  a  observé  qu'il  s'y  distribuait  régulièrement  et  avec 
une  uniformité  incomparablement  plus  grande  que  dans  la  ventilation 
par  appel,  dont  on  avait  la  comparaison  de  l'autre  côté  de  l'hôpital. 

2532.  L'air  s'en  va  de  chaque  salle  par  dix-huit  gaines  et  une  dix- 
neuvième  dans  la  chambre  réservée  ;  toutes  sont  pratiquées  dans  l'é- 
paisseur des  murs  et. chacune  débouche  par  deux  orifices  au  pare- 
ment du  mur  de  la  salle  de  malades.  L'un  de  ces  orifices  n,  n,  n 
[fig.  593)  est  en  bas,  près  du  parquet;  c'est  la  ventouse  d'hiver  : 
l'autre,  p,  /?,  /),  qui  se  trouve  à  2  mètres  environ  au-dessus,  est  la 
ventouse  d'été  {fig.  592  et  593).  L'une  et  l'autre  sont  pourvues  d'un 
registre  que  l'on  tient  ouvert  ou  fermé,  suivant  la  saison.  Les  gaines 
de  tous  les  étages  aboutissent  au  grenier  ;  celles  du  mur  de  gauche, 
dans  le  caniveau  s,  et  celles  du  mur  de  droite,  dans  le  caniveau  t.  Ces 
deux  caniveaux  établis  au  grenier,  dans  les  bas  côtés  de  la  toiture, 
laissent  cet  étage  libre,  car  ils  aboutissent  chacun  par  un  coffre  posé 
sous  le  versant  du  toit  à  la  cheminée  d'évacuation  V  (fig.  592  et  593), 
qui  est  placée  au  centre  du  pavillon.  Les  caves  sont  également  libres, 
ne  contenant  ni  foyers,  ni  appareils  à  surveiller  :  double  avantage 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     275 

déjà  de  ce  système  sur  celui  de  l'eau  chaude  et  de  Tair  chaud  dont 
remploi  obstrue  une  grande  partie  du  grenier  et  des  caves.  La  chemi- 
née V  consiste  en  un  court  tube  de  tôle  galvanisée,  dont  l'extrémité  est 
disposée  pour  que  les  vents  ne  contrarient  pas  la  sortie  de  T.iir  vicié. 

2533.  En  tète  de  chaque  pavillon  est  un  avant-corps  qui  renferme  la 
cage  d'escalier,  et,  à  chaque  étage,  diverses  pièces  pour  le  service,  telles 
que  la  chambre  des  sœurs,  un  ofQce  et  une  salle  de  bains.  La  coupe  des 
pavillons  n*"  4  et  n""  6  montre  ces  salles  au  premier  et  au  deuxième 
étage.  Dans  les  offices  se  trouve  un  appareil  chauffé  à  la  vapeur  pour 
les  tisanes,  le  linge,  etc.,  et  le  chauffage  des  bains  des  salles. 

2534.  En  été,  la  vapeur  qui  s'est  détendue  dans  la  machine  circule 
dans  la  conduite  m  m  m  m,  de  laquelle  partent  des  branchements  qui 
chauffent  les  fourneaux  d'office  et  les  bains  de  chaque  étage.  Le  sur- 
plus de  cette  vapeur  non  employée  ainsi,  ou  aux  bains  de  vapeur  j 
et  ^,  est  envoyé  aux  grands  réservoirs  des  bains  ordinaires  situés.  Tua 
à  la  hauteur  du  premier,  à  côté  des  chaudières  et  l'autre  en  regard, 
de  l'autre  côté  de  l'hôpital.  Toute  la  vapeur  qu'emploie  la  marche  de 
la  machine,  tant  pour  ventiler  que  pour  élever  l'eau  et  alimenter  les 
générateurs  est  absorbée  de  cette  manière  pendant  l'été  ;  de  telle  sorte 
que  la  force  nécessaire  pour  la  ventilation  s'obtient  pour  ainsi  dire 
gratuitement,  aussi  bien  dans  cette  saison  qu'en  hiver. 

2535.  J'ai  montré  comment  l'air  de  ventilation  était  aussi  pur  que 
possible,  dans  ce  système,  par  suite  de  sa  prise  au  haut  du  clocher.  Avec 
le  système  de  l'appel,  on  prend  l'air  dans  les  cours,  dans  les  caves  au 
contact  des  murs  ou  du  sol,  et  quelquefois  à  proximité  de  lieux  infectés 
de  miasmes. 

2536.  Il  me  reste  à  mentionner  un  autre  avantage  de  l'idée  de  pren- 
dre l'air  à  une  grande  hauteur  dans  l'atmosphère  et  que  MM.  Thomas 
et  Laurens  avaient  aussi  en  vue  ;  c'était  d'obtenir  pendant  les  chaleurs^ 
de  l'air  de  ventilation  à  une  température  sensiblement  inférieure  à  celle 
des  salles  à  assainir,  à  celle  des  cours,  ou  des  locaux  qui  les  environnent. 
Le  rafraîchissement  de  l'air  de  ventilation  pendant  l'été  fut  bien  sou- 
vent demandé  ;  pour  les  hôpitaux,  il  peut  avoir  des  résultats  précieux. 
Aussi  nombre  d'appareils  ont-ils  été  proposés  pour  cet  objet  :  ceux  qui 
pouvaient  produire  l'effet  annoncé  étaient  fondés  sur  l'emploi  de  la 
glace,  procédé  d'une  exécution  incommode,  et  souvent  même  imprati- 
cable, à  raison  de  la  dépense  qu'il  occasionnerait. 

On  a  observé,  à  Lariboisière ,  qu'en  été  la  différence  de  tempéra, 
ture  entre  l'air  pris  au  clocher  et  celle  de  l'air  ambiant  à  l'ombre 
était  d'au  moins  4*^  ;  qu'à  de  certains  moments,  elle  a  dépassé  no- 


Digitized  by  VjOOQIC 


276    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

tablement  ce  dernier  chiffre  ;  enûa ,  que  la  température  des  salles 
ventilées  par  insufflation  était  inférieure  en  été  d'à  très-peu  près  ce 
même  nombre  de  degrés  à  celle  des  autres  salles  qui  étaient  ventilées 
par  appel.  Ces  résultats  sont  très-importants,  et  ils  trouveront  certaine- 
ment leur  application  dans  nombre  d'autres  circonstances. 

2537.  Le  calcul  de  la  quantité  de  glace  qu'il  faudrait  pour  abaisser 
de  5°  la  température  de  l'air  de  ventilation  donnera  une  idée  de  l'im- 
portance de  ce  résultat. 

Prenons  300  malades  à  ventiler  et  le  chiffre  de  iOO  mètres  cubes  par 
malade  et  par  heure  ;  la  température  de  l'air  à  rafraîchir  est  de  30""  :  on 
veut  la  ramener  à  25*".  La  quantité  de  chaleur  qu'il  faudra  absorber 
par  la  fusion  de  la  glace ,  sera  représenté  par 

30000  X  ^,3  X  0,2211  (30  —2o)  =  46500  calories. 

1  kil.  de  glace  absorbe  79  calories  pour  se  fondre,  l'eau  restant 
à  0""  :  cette  eau  étant  elle-même  portée  à  25*",  la  quantité  de  chaleur 
absorbée  par  kilog.  de  glace  serait  alors  de  79  -f-  25  =-  104  calories. 
Mais  on  ne  pourrait  compter  pratiquement  arriver  à  échauffer  autant 
la  glace  fondue  avant  de  la  perdre.  Prenant  donc  comme  maximum 
100  calories  par  kilog.  de  glace  fondue,  nous  trouverions  encore  qu'il 

en  faudrait  ■^~-  =  465*"  pour  abaisser  de  5^  degrés  l'air  de  ventila- 
tion de  300  malades.  En  admettant  seulepient  pendant  12  heures  de 
chaque  jour  de  chaleur,  ce  rafraîchissement  de  l'air,  on  arrive  à  une 
consommation  de  5600  kil.  de  glace. 

Au  prix  de  0,05  le  kil.,  qui  est  assez  bas,  que  la  glace  soit  natu- 
relle ou  fabriquée  par  des  procédés  plus  ou  moins  ingénieux,  la  dé- 
pense pour  ce  mode  de  rafraîchissement  s'élèverait  à  280  fr.  par  jour. 
Ce  chiffre  ne  comprend  pas  les  frais  de  manipulation,  ni  ceux  d'entre- 
tien et  d'établissement  des  appareils  indispensables. 

2538.  Ce  résultat  si  coûteux  s'obtient  dans  le  système  de  MM.  Thomas 
et  Laurens  par  une  dépense  journalière  insignifiante  de  force  prise  à  la 
machine  motrice  et  par  une  modique  dépense  de  premier  établissement, 
consistant,  à  Lariboisière,  dans  l'appropriation  de  quelques  baies  au  clo- 
cher, dépense  incomparablement  inférieure  à  ce  que  coûterait  le  moin- 
dre appareil  propre  à  rafraîchir  l'air  d'appel  par  l'eau,  ou  par  la  glace. 

Quand  on  ne  rencontrerait  pas  les  facilités  que  le  clocher  de  Lari- 
boisière présentait  pour  recueillir  de  l'air  pur,  il  serait  toujours  facile  et 
peu  coûteux  d'élever  une  cheminée  spéciale  de  construction  légère 
que  l'on  monterait  plus  ou  moins  haut,  à  25  mèties,  à  35  mètres, 

Digitized.  by  VjOOQ  iC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      277 

suWant  les  localités,  ou  les  quartiers ,  afin  d'être  toujours  sûr  d'ob- 
tenir le  résultat  voulu. 

2539.  Les  volumes  d'air  que  MM.  Thomas  et  Laurens  ont  reconnus 
utUes,  pour  obtenir  une  ventilation  parfaitement  salubre  dans  un 
hôpital  sont  bien  supérieurs  à  tout  ce  qui  avait  été  proposé  antérieu- 
rement. Ils  vont  à  80  mètres  cubes,  100  mètres  cubes  et  plus  par 
malade  et  par  heure  :  les  salles  de  chirurgie  sont  celles  qui  exigent 
le  plus  grand  volume  d'air  ;  parfois  même  il  convient  d'y  atteindre 
120  mètres  cubes.  Ces  quantités  d'air  observées  entrent  réellement  dans 
les  salles  en  se  répartissant  dans  toutes  leurs  parties  ;  elles  y  produisent 
donc  la  ventilation  utile  qu'il  est  possible  de  réaliser. 

2540.  Le  programme  du  concours  dressé  par  l'Administration  pour 
Lariboisière,  demandait  20  mètres  cubes  d'air  par  malade  et  par 
heure,  avec  faculté  de  doubler  momentanément  cette  quantité.  Doubler 
avec  les  mêmes  appareils  un  volume  d'air  un  peu  important  n'est  guère 
praticable  qu'à  l'aide  de  la  ventilation  insufflée,  quand  toutefois  on  a  eu 
soin  d'installer  une  machine  d'une  puissance  qu'on  peut  faire  varier. 

2541 .  Si  l'accroissement  de  la  ventilation  devenait  nécessaire,  par 
l'action  mécanique  il  serait  toujours  possible,  au  moyen  d'un  accrois- 
sement de  travail,  facile  à  réaliser  gratuitement  dans  un  hospice 
par  l'utilisation  de  la  vapeur  d'échappement  de  la  machine.  La 
prévision  de  doubler  la  ventilation  n'a  plus  guère  d'utilité  avec 
les  grands  volumes  d'air  reconnus  nécessaires  aujourd'hui  :  il  n'en 
était  pas  de  même  quand  on  ventilait  avec  des  volumes  trop  réduits. 
Mais  il  est  bon  de  voir  à  quel  prix,  dans  les  deux  systèmes  de  ven- 
tilation ,  on  peut  obtenir  l'accroissement  d'une  ventilation  donnée, 
en  supposant  le  cas  où  la  machine  exigerait  d'être  chauffée  spéciale- 
ment: dans  ce  cas  assez  rare,  la  dépense  de  combustible  croîtrait  sensi- 
blement avec  le  travail,  lequel  augmente  pour  la  ventilation  mécanique 
comme  le  cube  des  volumes  d'air  insufflés  dans  les  circonstances  les 
plus  défavorables  :  ainsi  la  dépense  de  combustible  pour  des  ventilations 
par  pulsion  2  fois,  3  fois  plus  grandes,  serait  8  fois,  27  fois  plus  grande; 
tandis  que  pour  la  ventilation  par  une  cheminée  d'appel,  en  supposant 
la  température  extérieure  de  0*,  la  température  intérieure  de  15®,  et 
celle  de  la  cheminée  d'appel  de  30^,  la  hauteur  de  la  cheminée  de  10^, 
celle  des  pièces  de  5"*,  j'ai  démontré  (2042)  que  les  dépenses  de  com- 
bustible croîtraient  dans  le  rapport  des  nombres  i  ;  14,84;  109,71  ; 
que  les  températures  de  Tair  dans  la  cheminée  seraient  de  30^;  1 33'',96; 
563*,67.  Les  circonstances  que  j'ai  supposées  sont  celles  de  l'hôpi- 
tal Lariboisière,  pour  la  hauteur  de  la  cheminée  de  M.  Duvoir  et 


Digitized  by  VjOOQIC 


278    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

pour  Félévation  de  la  salle  du  second  étage.  Les  nombres  que  je  "viens 
de  rapporter  augmenteraient  à  mesure  que  la  température  eitérieure 
diminuerait  et  que  la  hauteur  de  la  cheminée  intérieure  augmenterait  ; 
ainsi  ils  seraient  plus  grands  pour  le  premier  étage  et  pour  le  rez-de- 
chaussée.  On  Yoit  que  dans  les  circonstances  indiquée»  on  ne  pourrait 
pas  même  doubler  la  ventilation;  car  pour  porter  l'air  à  133%  l'eau 
chaude  devrait  être  à  une  température  beaucoup  plus  élevée  que  133% 
d'autant  plus  que  la  surface  de  chauffe  ne  changerait  pas  ;  et  par  con- 
séquent la  pression  dans  les  poêles  devrait  dépasser  leur  limite  de 
résistance. 

2542.  Nous  donnerons,  comme  nous  l'avons  fait  pour  les  appareils 
de  l'appel,  le  résumé  des  expériences  de  M.  Grassi  ;  mais  nous  ne  re- 
produirons pas  le  détail  des  chiffres  de  répartition  de  l'air  de  cet  expé- 
rimentateur, parce  qu'ils  ont  été  pris  alors  que  ce  règlement  n'était 
pas  encore  effectué,  comme  il  le  remarque  d'ailleurs  lui-même  ;  en 
même  temps,  il  signale  combien  il  est  facile  d'obtenir  la  répartitioa 
que  l'on  désirerait,  puisque  chaque  tuyau  d'air,  chaque  branche- 
ment, est  pourvu  de  son  robinet.  Nous  donnerons  seulement  dans  un 
tableau  les  résultats  d'ensemble,  qui  n'étaient  pas  sujets  à  subir  de 
modiGcations  sensibles. 

Sous  le  rapport  du  chauffage,  le  relevé  des  observations  thermomé- 
triques faites  chaque  jour  pendant  l'hiver  1854-55  constate  des  tem- 
pératures  bien  supérieures  à  15'',  puisqu'on  y  voit  généralement  les 
chiffres  de  18""  et  19"".  Ces  excédants  de  température  demandés  par  le 
service  médical,  ayant  lieu  la  nuit  comme  le  jour,  causent  une  aug- 
mentation notable  de  consommation  comparée  à  celle  qu'on  réaliserait 
en  ne  chauffant  qu'au  chiffre  réglementaire  de  15',  ou  en  laissant  tom- 
ber la  température  au-dessous  de  14*^,  comme  il  arrivait  d'abord  si 
souvent  dans  le  chauffage  à  l'eau  chaude.  M.  Grassi  n'a  pas  tenu 
compte  de  cette  circonstance  dans  ses  estimations  de  dépense  et  ses 
comparaisons  subséquentes  de  prix  de  revient. 

2543.  M.  Grassi,  prenant  les  travaux  en  l'état  inachevé  où  il  les 
trouvait,  s'est  livré  à  une  expérimentation  sur  l'origine  du  volume  d'air 
aspiré  par  le  ventilateur.  C'est  ainsi  qu'il  a  attribué  telle  fraction  au 
clocher  et  le  surplus  aux  ouvertures  accidentelles  qu'on  n'avait  pas  en- 
core fermées  :  il  est  inutile  de  reproduire  ces  chiffres  qui  évidemment 
sont  sans  portée,  puisqu'ils  devaient  disparaître,  et  ont  en  effet  disparu, 
du  moment  où  la  chambre  des  machines  a  été  close  comme  le  deman- 
daient les  ingénieurs.  M.  Grassi  a  obtenu  un  débit  du  clocher  moindre 
que  dans  ce  premier  cas,  en  ouvrant  en  outre  les  deux  portes  de  la 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  YI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      279 

chambre  des  machines  :  ce  résultat  était  inévitable.  On  ne  saurait  tirer 
d'expériences  faites  alors  que  des  ouvertures  qui  devaient  ne  pas  exister, 
subsistent  et  qu'on  ouvre  des  portes  qui  sont  destinées  à  être  fermées, 
ou  munies  de  doubles  portes,  d'autre  conséquence  que  la  nécessité  de  se 
conformer  au  projet  qui  fermait  les  accès  à  Uair  exclu  de  la  ventilation. 
Depuis  celte  époque,  les  ouvertures,  en  présence  desquelles  M.  Grassi 
avait  expérimenté,  ont  été  fermées  et  Faction  du  clocher  entièrement 
rétablie.  S'il  arrivait  que  la  totalité  de  l'air  de  ventilation  ne  provint 
pas  de  cette  source,  ce  serait  uniquement  le  résultat  d'une  négligence 
qu'il  serait  facile  de  supprimer  dès  qu'on  le  voudrait  bien. 

2544.  M.  Grassi  s'est  ensuite  occupé  de  la  distribution  de  l'air  entre 
les  promenoirs  et  les  pavillons.  Il  résulte  de  ses  expériences  que  les 
trois  promenoirs  reçoivent  2069  mètres  cubes  d'air  par  heure.  Quant 
aux  pavillons,  le  tableau  suivant  indique  le  partage  de  l'air  de  venti- 
lation entre  eux  tous. 


PAVILLON  No  6. 

PAVILLON  No  4. 

PAVILLON  No  2. 

(UrloiinekHcliMCklie.) 

(il   .iUM.) 

(UilisélolfBédclaMcUM.) 

^^^^^ 

p--v^- 

^ — - 

— ^ 

m -^—      1 

Volume  total  de  Tair  en- 
trant dans  chaque  salle. 

!! 

11 

'1 

1 

me 
4076 

Il 

si 

jî 

me 
3548 

il 

5150 

il 

"1 

il 

■i 

'1 

me 
3362 

'1 

me 
5422 

me 
3978 

me 
4215 

me 
2514 

me 
3215 

Soit  par  lit  et  par  heure. 

159 

117 

119 

104 

151 

124 

74 

96 

94 

Total  pour  le  pavlUon. 

I3476«e 

I2947«»e 

sgse-c        1 

: U 1 

2545.  On  a  vu  (2542]  que  la  cause  des  inégalités  de  répartition 
consignées  dans  ce  tableau  était  due  à  l'absence  du  règlement.  Ce 
règlement  a  été  effectué  depuis.  Le  résumé  ci-après  résulte  des  expé- 
riences anémométriques  de  MM.  Thomas  et  Laurens  sur  l'écoulement 
de  Fair  neuf  par  les  divers  oriQces  d'introduction.  Cet  air  afflue  dans 
les  grandes  salles  par  les  quatre  poêles  placés  dans  leur  axe,  et  il  sort 
de  chacun  de  ceux-ci  par  les  douze  tuyaux  qui  les  traversent;  les  douze 
tuyaux  de  chaque  poêle  donnaient  leur  air  dans  un  manchon  de  tôle 
dont  on  les  avait  surmontés.  On  observait  la  vitesse  en  trois  ou  quatre 
points  différents  de  ce  manchon,  et  la  moyenne  de  ces  trois  ou  quatre 


Digitized  by  VjOOQiC 


280    UV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

observations  fournissait  la  Titesse  pour  le  calcul  du  débit.  Le  tableau 
suivant  donne  la  répartition  de  la  ventilation  telle  qu'elle  était  à  la  fin 
de  1856.  Comme  on  le  verra,  le  volume  total  de  l'air  diffère  à  peine 
de  celui  qui  avait  été  observé  par  M.  Grassi. 


PAVILLON  No  6. 

PAVILLON  No  4. 

PAVILLON  No  J. 

(UytnimheleliBteUH.) 

(il  wwm.) 

(UflwCtoliiéleUBMhlM.) 

n 

-1 

il 

n 

il 

1 

!! 

a* 

'1 

si 

If 

ai 

**   S 

1 

Volume  total  de  l'àlr  en-      .« 

me 

me 

me 

me 

me 

me 

'me 

me 

trantpar  les  poêles  des     3176 

2460 

2332 

2902 

2778 

2385 

3218 

2675 

2869 

salles  dans  une  heure. . 

Volume  d'air  entrant  par  \ 

le  poéle  de  la  chambre  à 

deux  lits,  les  ventouses 

du  passage  et  des  lieux 

les  poêles  du  promenoir,    1021 

1512 

1512. 

1038 

1550 

1550 

935 

1264 

1264 

et  enfin  les  ouvertures 

accessoires    des     cani- 

veaux, évalué  par  diffé- 

rence'  

/ 

3972 

4328 

3935 

4153 

3839 

4133 

Total  par  salle  . . . 

4197 

3844 

3940 

Soit  par  lit  et  par  heure. 

123 

117 

113 

116 

126 

116 

122 

113 

122 

branchement  de  chacun 

12013 

12303 

12325 

des  navillons 

Observation.   —  La  répartition  entre  les  diverses  salles  a  été  faite  volontaire- 

ment avec  une  certaine  inégalité,  pour  donner  plus  d'air  aux  salles  de  chirurgie  et  à 

celles  où  étaient  certains  malades  :  on  peut  changer  à  volonté  la  reparution  ci-dessus. 

2546.  Les  différences  entre  les  volumes  écoulés  d'une  salle  à 
une  autre  sont  volontaires  et  comnriandées  par  le  genre  de  maladies. 
Dès  qu'on  le  voudrait^  on  changerait  complètement  cette  réparti- 
tion. On  a  vu  que  l'air  de  ventilation  parcourait ,  dans  l'axe  des  salles 
et  sous  leur  plancher,  un  canal  sur  lequel  les  poêles  sont  assis  :  au  ni- 
veau du  parquet,  ce  canal  est  recouvert  par  des  plaques  de  fonte  que 
fixent  aux  longrines  du  plancher  quelques  vis  qui  sont  loin  de  rendre 
la  fermeture  hermétique  ;  on  a  de  cette  sorte  aidé  à  la  diffusion  de  l'air 
qui  n'arrive  pas  dans  les  salles  uniquement  et  en  totalité  par  les  poêles  : 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.        28 1 

ce  sont  ces  issues  et  toutes  autres  semblables  qui  existeraient  dans  les 
salles  qu'on  a  appelées  dans  le  tableau  ouvertures  accessoires  et  qui 
contribuent  aux  chiffres  de  la  deuxième  ligne. 

2547.  Il  est  important  de  remarquer  que  la  régularisation  de  la  ven- 
tilation insufflée  dans  chaque  salle  n'a  pas  l'inconvénient  que  nous  avons 
signalé,  quand  la  ventilation  a  lieu  par  l'appel  d'une  cheminée  ;  cette 
régularisation  doit  toujours  se  faire  en  diminuant  la  surface  des  orifices 
qui  produisent  le  plus  grand  débit;  d'où  résulte  nécessairement  un  ac- 
croissement de  travail  pour  maintenir  la  ventilation  générale  au  même 
point;  mais  quand  la  ventilation  a  lieu  par  un  travail  mécanique  en- 
tendu comme  celui  de  Lariboisière,  cet  accroissement  de  travail  ne 
coûte  presque  rien,  tandis  que  quand  la  ventilation  a  lieu  par  réchauf- 
fement de  l'air  dans  une  cheminée,  l'accroissement  nécessaire  de  tra- 
vail correspond  à  un  accroissement  considérable  de  dépense  de  com- 
bustible ;  car  l'appel  d'une  cheminée  augmente  très-lentement  avec 
l'accroissement  de  la  température,  comme  nous  l'avons  vu  (443). 

2548.  La  force  que  développe  la  machine  h  vapeur  pour  ventiler 
est  ordinairement  de  8  chevaux  :  la  pression  de  l'air  au  ventilateur  est 
de  20""  à  25""  d'eau,  suivant  la  vitesse  de  la  machine.  On  remarquera 
que  les  parcours  de  l'air  et  les  obstacles  qu'il  rencontre  sont  considé- 
rables et  que  néanmoins  toutes  ces  résistances  sont  vaincues  par  une 
faible  pression  initiale,  qui  s'abaisserait  encore  si  l'on  diminuait  les 
obstacles.  Mais  il  était  impossible  de  les  diminuer  à  Lariboisière.  Les 
ingénieurs  ne  sont  venus  que  quand  le  bâtiment  était  complètement 
achevé  :  ils  ont  dû  se  servir,  pour  la  répartition  de  l'air  aux  divers 
étages,  de  gaines  ménagées  dans  l'épaisseur  des  murs  pour  des  chemi- 
nées, ou  pour  tout  autre  usage  ;  on  ne  voulait  aucune  colonne,  aucun 
tuyau  apparent  pour  porter  l'air  d'étage  en  étage.  De  même  le  caniveau 
central,  placé  sous  le  parquet  des  salles,  eut  une  sectiop  réduite, 
parce  que  la  forme  des  fermes  en  fer  du  plancher  ne  permettait  pas  de 
l'agrandir. 

Les  résistances  à  la  circulation  se  sont  ainsi  accrues  ;  on  devra 
tenir  compte  de  cette  circonstance  quand  on  voudra  comparer  Lari- 
boisière à  d'autres  ventilations,  ou  se  baser  sur  les  dépenses  de  cet  éta- 
blissement pour  d'autres. 

2549.  Ce  qui  précède  montre  que  l'insufflation  permet  de  surmonter 
les  diverses  difficultés  résultant  de  constructions  déjà  existantes  ;  il  suf- 
fit d'y  appliquer  une  plus  grande  force  motrice  que  si  l'ingénieur  avait 
été  appelé  en  même  temps  que  l'architecte.  Heureusement  que  dans  un 
hôpital  cet  excédant  de  force  n'est  pas  onéreux  en  dépense  journalière, 


Digitized  by  VjOOQIC 


282    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

quand  on  utilise  la  vapeur  de  la  machine  comme  à  Lariboisière.  Mais 
il  y  a  excédant  dans  la  dépense  de  premier  établissement  des  machines 
et  de  leurs  dépendances.  11  est  évident  qu'il  serait  facile  d'éviter  qu'il 
n'y  eût  d'excédant  d'aucun  genre  en  prenant  à  l'avance  les  mesures 
convenables. 

2550.  Une  particularité  de  la  ventilation  par  pulsion  qui  doit  attirer 
l'attention,  c'est  que  l'ouverture  d'un  certain  nombre  de  fenêtres  n'in- 
flue pas  défavorablement  sur  le  débit  dans  la  salle  et  ne  modifie  que 
peu  la  répartition  de  l'air.  Ce  résultat  était  attendu  ;  mais  on  en  trouve 
la  constatation  dans  les  expériences  de  M.  Grassi.  Ainsi  dans  une  des 
salles  on  a  pris  quatre  croisées  qui  se  correspondent,  deux  sur  chaque 
face  :  portes  et  fenêtres  fermées,  le  volume  d'air  vicié  écoulé  par  la  gaine 
située  entre  deux  de  ces  fenêtres  était  de  222  mètres  cubes  par  heure. 
Après  l'ouverture  des  deux  croisées  entre  lesquelles  se  trouve  la  gaîne, 
la  dépense  de  celle-ci  était  de  162  mètres  cubes.  Les  deux  croisées  en 
face  étant  en  outre  ouvertes,  cette  dépense  descendit  à  1 58  mètres  cubes  ; 
enfiuy  en  fermant  les  deux  croisées  voisines,  et  ne  laissant  ouvertes  que 
les  deux  en  face,  la  dépense  remonta  à  165  mètres  cubes.  Évidemment 
l'air  qui  ne  sortait  plus  par  la  gaine  s'écoulait  par  les  fenêtres  :  mais 
on  voit  que  dans  la  circonstance  la  plus  défavorable,  la  gatne  empor- 
tait un  fort  volume  d'air,  loin  de  laisser  descendre  dans  la  salle  de  l'air 
vicié.  Ainsi  la  ventilatjjpn  par  insufflation  n'oblige  pas  à  la  clôture  her- 
métique des  fenêtres,  et  même  en  permet  l'ouverture  ;  il  n'en  est  pas 
de  même  avec  la  ventilation  par  appel,  qui  est  alors  complètement  trou- 
blée, si  ce  n'est  même  dans  certains  cas  supprimée. 

2551 .  A  Lariboisière,  la  ventilation  insufflée  marche  de  jour  et  de 
nuit  avec  la  même  intensité  ;  de  plus,  elle  fonctionne  aussi  énergique- 
ment  en  toute  saison.  La  ventilation  par  appel  n'est  pas  astreinte  à  cette 
permanence  de  l'autre  côté  de  l'hôpital  ;  ce  qui  diminue  noLiblement 
la  consommation  en  charbon  qu'on  lui  attribue  par  malade  ou  par  lit. 

2552.  En  été,  le  fonctionnement  de  la  buanderie  est  en  pleine  acti- 
vité aussi  bien  qu'en  hiver  ;  à  lui  seul  il  exigerait  la  présence  des  chauf- 
feurs, des  générateurs  et  le  service  alimentaire.  Le  service  de  Tappareil 
ventilant,  proprement  dit,  n'est  par  comparaison  avec  le  sien  qu'un 
accessoire.  Nous  rappellerons  que  le  moteur  de  cet  appareil  donne 
aussi  le  mouvement  à  la  machine  qui  élève  l'eau  pour  l'hôpital;  s'il 
n'existait  pas,  que  la  ventilation  fût  effectuée  par  appel,  ce  moteur  n'en 
eût  pas  moins  été  installé  ;  seulement  il  eût  été  plus  faible. 

2553.  La  ventilation  insufflée  offre  aux  administrations  un  moyen 
de  contrôle  assuré  ;  en  effet,  il  suffit  d'appliquer  un  compteur  à  la  ma- 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.— CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.       283 

chine,  après  avoir  vérifié  par  des  expériences  anénioméiriques  les  vo- 
lumes d'air  qu'elle  fournit  par  tour  de  volant.  Le  nombre  de  révolu- 
tions constaté  leur  garantit  le  volume  d'air  produit.  Jusqu'ici,  il  n'y 
a  pas  d'autre  moyen  de  contrôle  d'une  ventilation  à  l'abri  de  l'erreur. 

2554.  On  voit  en  H  [fig.  592,  593)  la  fosse  d'aisances  d'un  pavillon 
qui  est  ventilée  par  le  canal  ut/...,  aboutissant  à  une  gaine  que  par- 
court la  cheminée  de  l'office  à  feu  nu  du  rez-de-chaussée.  Les  lieux 
d'aisances  ne  présentent  aucune  disposition  à  recommander  :  loin  de 
là,  ils  ont  été  construits  avec  peu  de  soin  par  l'architecte  et  dans  le 
système  le  plus  ancien.  Aussi  il  est  difficile  de  les  avoir  en  état. 

2555.  U  me  reste  à  expliquer  le  service  d'hiver  qui  joint  le  chauffage 
à  la  ventilation. 

Le  fonctionnement  de  la  ventilation  est  absolument  le  même  qu'en 
été,  à  cette  différence  près  que  l'air  est  échauffé  avant  de  pénétrer  dans 
les  salles.  La  vapeur  sert  à  ce  chauffage  de  l'air  et  aussi  à  celui  des 
salles  par  rayonnement. 

2556.  Dans  le  projet  du  concours,  le  chauffage  des  salles  se  faisait 
par  des  poêles  à  eau  chaude  de  M.  Grouvelle,  chauffés  à  la  vapeur; 
ils  devaient  fournir  toute  la  surface  rayonnante.  A  l'exécution  , 
MM.  Thomas  et  Laurens,  qui  craignaient  les  inconvénients  de  l'eau 
chaude  et  la  difficulté  qu'elle  présente  à  faire  varier  promptement  le 
chauffage  comme  cela  est  nécessaire  dans  notre  climat,  si  l'on  veut 
obtenir  dans  les  salles  une  température  constante,  firent  agir  directe- 
ment la  vapeur. 

Le  caniveau  qui  parcourt  l'axe  de  chaque  salle,  sous  son  parquet, 
et  contient  l'air  de  ventilation,  renferme  aussi  un  tuyau  de  vapeur  et 
son  tuyau  de  retour  d'eau  ;  ce  caniveau  fut  recouvert  sur  toute  sa  lon- 
gueur par  des  plaques  de  fonte,  que  ces  tuyaux  échauffent.  A  leur  pas- 
sage sous  les  poêles»  les  tuyaux  de  vapeur  et  de  retour  d'eau  envoient 
un  branchement  à  chaque  poêle  ;  mais  chaque  poêle  étant  muni  de 
deux  robinets,  il  est  facile  de  supprimer  tout  passage  de  la  vapeur 
dans  les  poêles. 

Les  poêles  ne  servent  donc  au  chauffage  que  dans  le  cas  où  la 
température  serait  exceptionnellement  assez  rigoureuse  pour  que  le 
chauffage  à  la  vapeur  du  caniveau  central  ne  suffise  plus.  Pendant  les 
jours  les  plus  froids,  il  a  suffi  jusqu'ici  de  donner  de  la  vapeur  au 
premier  poêle ,  à  celui  qui  est  à  proximité  de  la  porte  d'entrée  du  côté 
du  vestibule.  L'air  de  ventilation  se  chauffe  au  contact  des  tuyaux 
placés  dans  le  caniveau  central  ;  il  entre  dans  la  salle  en  traversant  les 
poêles.  L'eau  de  ceux-ci  est  donc  chauffée  par  l'air  de  ventilation  ^  ce 

Digitized  by  VjOOQIC 


284    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UEUX  HABITES. 

qui  en  régularise  la  température.  Cet  air  sort  des  poêles  à  la  tempéra- 
ture de  30  à  35^ 

2557.  La  disposition  des  poêles  de  M  M.  Thomas  et  Laurens  dif- 
fère de  celle  usitée  dans  les  chauffages  à  Veau  chaude  ;  ces  poêles  sont 
bien  moins  encombrants  pour  la  circulation  et  la  vue^  à  cause  de  la 
forme  méplate  et  peu  élevée  qui  leur  a  été  donnée.  Ils  sont  en  tôle  et  en 
fonte  et  traversés  dans  leur  hauteur  par  douze  tuyaux  droits  de  0™,12 
de  diamètre  que  parcourt  Tair  de  ventilation;  il  n'y  a  aucun  serpen- 
tin de  vapeur  ;  celle-ci  afflue  simplement  dans  le  soubassement  en  fonte. 

2558.  Chacun  des  quatre  promenoirs  P,  P,  P,  P  [fig.  591)  contient 
deux  poêles  méplats  semblables  à  ceux  des  salles  et  placés  comme  eux 
sur  le  canal  de  ventilation  qui  contient  aussi  les  tuyaux  de  vapeur  et  de 
retour  d'eau.  L'air  de  ventilation  des  promenoirs  sort  par  ces  poêles  en 
toute  saison.  Enfin  la  cage  d'escalier  et  le  yestibule  de  chaque  pavillon 
sont  chauffés  par  un  poêle  cylindrique  à  eau  et  à  vapeur  posé  au  rez-de- 
chaussée,  en  0,  0,  T).  Aucun  accès  d'air  neuf  ne  s'opère  par  ces  poêles. 

2559.  La  vapeur  qui  sort  de  la  machine  ne  suffit  pas,  en  hiver,  au 
chauffage  des  salles,  puisque  les  autres  chauffages  que  l'été  exige  aussi, 
subsistent  toujours.  Alors  on  y  joint  de  la  vapeur  prise  directement  sur 
les  générateurs.  Cette  addition  s'opère  dans  l'artère  générale  de  va- 
peur, au  moyen  d'une  buse  qui  fait  un  jet  dans  la  direction  du  courant 
établi.  Un  robinet  règle  la  pression  initiale  de  cette  Tapeur  addition- 
nelle, de  façon  à  ne  pas  augmenter  la  contre-pression  derrière  le  piston. 

Ainsi,  c'est  toujours  de  la  vapeur  à  basse  pression,  et  forcément  à 
basse  pression,  qui  pénètre  dans  les  salles  et  dans  les  appareils 
qu'elles  contiennent.  Si  les  poêles  à  eau  chaude  fonctionnaient  à  Lari- 
boisière,  ils  se  trouveraient  dans  des  conditions  particulières,  favora- 
bles à  la  sécurité,  puisqu'ils  seraient  forcément  à  basse  pression. 

2560.  La  facilité  que  présente  la  vapeur,  aussi  bien  à  basse  qu'à 
haute  pression,  d'augmenter  ou  de  diminuer  la  température.des  salles, 
a  permis  de  reconnaître  celle  qui  convenait  le  mieux  à  un  hôpital. 
Dans  tous  les  programmes,  on  trouve  indiquée  la  température  de  15° 
en  hiver,  comme  celle  à  fournir.  Mais  en  général  cette  température  est 
trop  faible,  surtout  pour  des  salles  de  malades.  A  Lariboisière,  on  ne 
saurait  évaluera  moins  de  18*^  la  température  moyenne  de  l'hiver  dans 
les  salles  de  la  ventilation  insufflée ,  où  le  service  médical  a  la  faculté 
de  chauffer  autant  qu'il  le  souhaite  ;  il  y  a  même  des  moments  où  l'on 
veut  davantage.  Dans  les  salles  chauffées  à  l'eau  chaude  par  circula- 
tion, la  température  arrivait  à  peine  à  15°  dans  le  principe,  et  encore  ne 
pouvait  se  maintenir  en  même  temps  à  ce  chiffre  dans  toutes  les  salles 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHâP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.        285 

d'un  même  pavillon  :  la  moyenne  de  Thiver  était  au-dessous  de  15^. 
A  cette  température,  on  se  plaint  déjà  du  froid.  Il  est  certain  que  dès 
qu'on  établit  une  ventilation  dans  une  salle,  il  faut  y  élever  la  tempé- 
rature plus  haut  que  si  Ton  ne  ventilait  pas  du  tout. 

L'augmentation  à  IS""  et  IQ""  de  la  température  des  salles,  fixée  à  IS"" 
par  le  programme,  aune  influence  très-marquée  sur  la  consommation 
de  charbon.  Ainsi,  pour  élever  de  S""  la  température  des  salles,  il  faut 
augmenter  la  consommation  de  charbon  dans  le  rapport  de  3  à  4  envi- 
ron, soit  un  tiers,  la  température  moyenne  de  Thiver  étant  supposée 
de  +  6**  à  l'extérieur. 

C'est  là  un  fait  très-important,  qu'il  ne  faut  pas  oublier  quand  on 
parle  des  consommations,  et  surtout  quand  on  compare  celles  d^un  hô- 
pital, ou  d'un  système,  à  ceUes  d'un  autre  lieu  ou  d'un  autre  procédé. 
Il  a  échappé  à  M.  Grassi  dans  ses  appréciations  des  consommations. 
Du  reste,  on  ne  peut  admettre  le  mode  d'appréciation  de  cet  expéri- 
mentateur pour  déterminer  la  consommation  relative  du  système  Tho- 
mas et  Laurens  à  Lariboisière,  parce  qu'il  est  sujet  à  de  trop  grandes 
erreurs.  J'ai  indiqué  pour  estimer  la  dépense  du  chauffage  des  données 
incontestables^  en  dehors  desquelles  on  ne  peut  rien  établir  d'exact. 
Pour  le  chauffage,  de  quelque  manière  qu'il  soit  exécuté,  la  dépense, 
pour  obtenir  une  température  voulue,  sera  toujours  à  très-peu  près  la 
mêipe  dans  tous  les  systèmes,  parce  que  la  quantité  de  chaleur  à  four- 
nir est  exactement  égale  à  celle  qui  passe  à  travers  les  vitres  et  les  mu- 
railles :  et  si  elle  devait  être  moindre,  ce  serait  probablement.avec  la  va- 
peur qui  l'effectue  à  l'aide  d'un  seul  foyer  plus  facile  à  bien  conduireque 
plusieurs  foyers  répartis  dans  les  différentes  parties  d'un  établissement. 

En  supposant  que  l'effet  utile  du  combustible  soit  identique  dans 
les  deux  cas,  et  en  admettant  les  chiffres  de  14®  et  de  IS""  observés  par 
M.  Grassi  pour  températures  de  salles  chauffées  à  l'eau  et  à  la  vapeur, 
on  déduit  d'une  manière  certaine  que  pour  les  salles  chauffées  à  la 
vapeur  la  dépense  en  charbon  doit  nécessairement  être  plus  élevée  dans 
le  rapport  de  18  —  6àl4  —  6;  c'est-à-dire  de  12  à  8. 

2561 .  En  présence  de  l'excès  de  dépense  qui  résulte  du  chauffage 
des  salles  à  18''  au  moins,  dans  le  système  de  la  ventilation  insufflée, 
on  est  conduit  à  se  demander  pourquoi  on  ne  chauffait  souvent  qu'à  14'' 
et  IS"*  avec  l'autre  système  ;  ces  raisons  sont  que  la  température  doit 
augmenter  à  mesure  que  la  ventilation  devient  plus  active,  plus  effec- 
tive, que  l'évaporation  cutanée  est  plus  forte  ;  de  plus  avec  le  premier 
système  non  livré  à  un  entrepreneur,  les  médecins  et  les  sœurs  font 
chauffer  au  degré  le  plus  convenable  pour  les  malades,  tandis  qu'avec 

Digitized  by  VjOOQIC 


286    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

le  deuxième,  l'entrepreneur  du  chauffage  et  de  la  ventilation  se  tient 
toujours  à  la  limite  inférieure,  malgré  les  plaintes  souvent  réitérées  de 
tous,  malades  et  médecins.  Si  le  chauffage  à  Teau  était  à  la  disposition 
du  médecin,  comme  celui  de  la  vapeur,  il  occasionnerait  une  plus 
grande  dépense,  et  tout  au  moins  la  même  dépense,  quoique  accom- 
pagné d'une  ventilation  moins  efficace. 

2562.  Si  Ton  voulait  apprécier  la  dépense  en  charbon  pour  le  chauf- 
fage à  la  vapeur  et  la  ventilation  insufflée  de  Lariboisière,  il  faudrait 
remarquer  que  les  générateurs  fournissent  de  la  vapeur  en  même 
temps  pour  ces  usages  et  pour  d'autres.  On  ne  peut  prendre  sans 
^amen  les  chiffres  de  la  comptabilité,  parce  qu'ils  englobent  tous  les 
services  fort  divers  de  l'hôpital,  et  pour  avoir  la  consommation  de 
chacun  d'eux,  des  expériences  spéciales  seraient  indispensables. 

On  a  bien  reconnu  au  dynamomètre  que  la  force  utile  pour  produire 
la  ventilation  était  de  7  à  8  chevaux;  cette  force  serait-elle  de  10  et  même 
de  12  chevaux,  qu'elle  n'occasionnerait  encore  aucune  dépense  sensi- 
ble de  combustible,  puisque  pour  12  chevaux,  par  exemple,  il  ne 
faudrait  brûler  que  30  à  35  kilog.  de  houille  par  heure  et  que  cette 
quantité  ne  suffirait  pas  encore  pour  le  service  des  offices  et  celui  des 
bains  de  l'hôpital,  s'il  était  effectué  par  de  la  vapeur  prise  directe- 
ment aux  générateurs.  On  a  donc  réglé  les  robinets  de  vapeur  de  ma- 
nière à  pourvoir  tant  à  ce  service  qu'aux  divers  chauffages,  en  faisant 
passer  par  la  machine  toute  la  vapeur  dont  on  a  besoin.  La  consomma- 
tion apparente  de  cette  dernière  pourrait  donc  être  supérieure  aux  con- 
sommations ordinaires  et  à  de  certains  moments  plus  forte  que  dans 
d'autres,  sans  que  pour  cela  on  fût  admis  à  poser  comme  un  fait,  que 
la  ventilation  dépense  telle  quantité  de  charbon  observée  et  supérieure 
à  la  quantité  qu'exige  une  machine  de  8  chevaux  dans  les  conditions 
usuelles.  Il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que  la  vapeur  même  strictement 
nécessaire  au  fonctionnement  économique  de  la  machine  ,  ou  le  char- 
bon qui  la  produit,  ne  sont  pas  dépensés  par  la  ventilation  insufflée, 
puisque  la  vapeur  de  la  machine  est  entièrement  utilisée,  aussi  bien 
Tété  que  l'hiver,  à  des  chauffages  de  première  nécessité  dans  un  hô- 
pital. 11  n'y  a  de  consommé  par  la  ventilation  que  la  perte  de  chaleur 
qui  a  lieu  dans  le  passage  de  la  vapeur  dans  une  machine.  Cette  perte 
ne  s'élèverait  pas,  d'après  les  expériences  de  M.  Regnault,  à  2  p.  0/0  ; 
pratiquement  tous  les  manufacturiers  qui  possèdent  des  machines 
sans  condensation,  dont  ils  utilisent  la  vapeur,  trouvent  que  l'uti- 
lisation de  la  vapeur  les  couvre  sensiblement  de  la  dépense  en  com- 
bustible. 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.— CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      287 

2563.  La  buanderie  de  Lariboisière,  à  elle  seule,  exige  toujours  une 
quantité  de  vapeur  beaucoup  plus  grande  que  celle  qui  serait  néces- 
saire pour  la  mise  en  mouvement  de  la  plus  mauvaise  machine  à  va- 
peur ventilante.  Sa  consommation  s'élève,  en  effet,  de  30,000  k.  à 
35,000  k.  de  houille  par  mois  ;  et  si  les  autres  services  n'absorbaient 
pas  la  totalité  de  la  vapeur  d'échappement  de  la  machine  qui  conduit 
le  ventilateur  et  les  pompes ,  cette  buanderie  Tabsorberait  bien  et  au 
delà. 

2564.  On  serait  également  conduit  à  se  livrer  à  des  appréciations  pui- 
sées dans  la  pratique  industrielle,  pour  trouver  la  dépense  en  personnel 
et  en  entretien,  à  cause  de  la  pluralité  des  services  réunis  à  la  ventila- 
tion. Il  est  évident  d'abord  que  le  personnel  serait  le  même  si  l'hôpital 
tout  entier  était  monté  d'après  le  système  ;  le  fait  du  partage  a  donc 
doublé  ces  charges  :  puis  ce  personnel,  presque  au  complet,  serait  déjà 
nécessaire  pour  une  buanderie  à  vapeur  aussi  considérable  que  celle  de 
Lariboisière.  Les  soins  à  donner  à  la  machine  sont  loin  d'être  propor- 
tionnels à  sa  puissance  ;  du  moment  où  l'installation  d'une  machine  était 
nécessaire  pour  le  service  de  l'eau  et  de  la  buanderie,  les  frais  généraux 
ne  sont  pas  augmentés  par  son  application  au  ventilateur.  L'entretien 
des  appareils  de  chauffage  à  la  vapeur  est  peu  coûteux  et  n'exige  pas  une 
grande  attention.  Les  appareils  à  circulation  d'eau  chaude  demandent 
plus  de  soin,  car  leur  rufjjure,  si  eUe  avait  lieu,  occasionnerait  de 
très-graves  accidents.  Gomme  ils  sont  d'ailleurs  sujets  à  des  obstruc- 
tions et  à  une  usure  assez  grande  que  l'on  n'a  pu  ni  prévenir,  ni  bien 
expliquer,  ils  obligent  à  de  la  surveillance  et  à  des  réparations  impor- 
tantes assez  fréquemment! 

2565.  Si  en  dressant  le  projet  d'un  hôpital,  on  pensait  à  son  chauf- 
fage et  à  sa  ventilation  par  pulsion,  on  diminuerait  beaucoup  les  frais 
d'installation  de  ces  travaux  si  nécessaires  à  la  salubrité  qu'ils  de- 
vraient être  regardés  par  l'architecte  comme  la  chose  capitale  de  son 
projet.  Il  arriverait  même  à  réduire  la  capacité  que  l'on  donne  à  chaque 
malade  dans  une  salle  et  par  suite  la  dépense  en  bâtiments.  Au- 
trefois (pi'on  ne  savait  pas  ventiler,  la  grandeur  de  cette  capacité  était, 
pour  l'architecte  de  la  salubrité,  mais  avec  un  mode  de  ventilation  sur, 
cette  capacité  peut  être  considérablement  réduite  et  ramenée  à  ce  qui 
est  nécessaire  au  service  :  c'est  une  considération  qu'il  est  utile  de 
faire  valoir  auprès  de  l'Administration ,  car  elle  lui  permettrait  d'é- 
conomiser sur  les  constructions  ce  qu'elle  aurait  à  dépenser  en  ap- 
pareils, et  plus  même,  si  l'on  se  reportait  à  de  certains  exemples. 

Les  hôpitaux  ainsi  établis  seraient  salubres,  tandis  que,  sans  venti- 


Digitized  by  VjOOQIC 


288    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

lation,  les  hôpitaux  monumeiitaux  ne  le  sont  pas  plus  que  les  plus 
dépourvus  d'aspect  architectural. 

2566.  La  nouveauté  de  la  ventilation  par  pulsion  m'a  conduit  à  insister 
sur  ce  procédé,  qu'il  importe  de  faire  connaître  tel  qu'il  est.  Ce  sera  com- 
pléter cet  exposé  que  de  mentionner  les  principales  objections  qui  lui 
ont  été  faites  et  qui  retardèrent  ou  amoindrirent  sa  première  application. 

2567.  On  avait  prétendu  que  la  vapeur  ayant  un  long  trajet  à  par- 
courir pour  arriver  à  des  salles  si  éloignées  des  machines,  il  se  ferait 
des  condensations  considérables,  qui  gêneraient  la  circulation  au  point 
d'empêcher^  ou  au  moins  de  diminuer  le  chauffage.  D'abord,  des  pré- 
cautions ont  été  prises  contre  les  condensations  inutiles  ;  mais  l'expé- 
rience a  prouvé  que  cette  objection  était  sans  valeur.  On  le  conçoit 
dès  qu'on  pense  à  la  vitesse  d'écoulement  de  la  Vapeur,  même  à  de  tve^ 
faibles  pressions. 

2568.  On  a  dit  encore  que  le  ventilateur  ne  poussaitpas  l'air  jus- 
qu'aux salles  éloignées,  et  que,  dans  tous  les  cas,  une  portion  notable 
de  l'air  se  perdait  en  route.  La  pratique  des  usines  métallurgiques  où 
l'air  insufflé  parcourt  des  trajets  beaucoup  plus  considérables,  sans  au- 
cune perte  de  ce  genre,  prouve  la  non-valeur  de  cette  objection.  En 
installant  plusieurs  ventilateurs,  il  deviendrait  facile  de  diminuer  le  par- 
cours de  l'air  ;  mais  la  surveillance  et  l'entretien  seraient  moins  simples 
et  moins  économiques  qu'avec  une  seule  machine  ventilante. 

2569.  Certains  médecins  avaient  prétendu  que  l'air  arrivant  en 
grande  quantité  dans  les  salles  pouvait,  malgré  les  orifices  de  sortie,  s'y 
accumuler  et  acquérir  bientôt  une  pression  assez  considérable  ;  de  telle 
sorte  que  les  malades  seraient  dans  une  atmosphère  comprimée,  ce  qui 
ne  serait  pas  sans  inconvénient  dans  nombre  de  maladies.  L'expérience 
a  montré  que  les  choses  ne  se  passaient  pas  ainsi  et  qu'on  avait  eu  tort 
de  ne  pas  tenir  comote  de  la  section  des  orifices  de  sortie. 

En  ayant  égard  à  la  somme  des  orifices  de  sortie,  l'excès  de  pression 
ast  si  faible  qu'il  échappe  à  l'observation  ;  il  n'atteint  certainement  pas 
un  millimètre  d'eau,  tandis  que  les  variations  du  baromètre  excèdent 
souvent  un  centimètre  de  mercure,  ou  135"°*  d'eau.  Il  n'y  a  donc 
pas  lieu  de  se  préoccuper  d'une  pression  si  minime  relativement  aux 
variations  les  plus  ordinaires  du  baromètre,  laquelle  est  même  sus- 
ceptible de  devenir  négative  pendant  une  partie  de  l'année,  pendant  la 
saison  où  la  température  extérieure  est  au-dessous  de  l'intérieure.  En 
effet,  les  ventouses  d'évacuation  munies  de  registres  communiquent 
par  des  canaux  avec  une  cheminée  centrale  qui  dépasse  le  faite  du 
toit  ;  de  telle  sorte  qu'il  se  produit  dans  les  canaux  et  cheminées  un 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.       289 

appel  naturel,  toutes  les  fois  que  la  température  intérieure  est  supé- 
rieure à  celle  du  dehors  :  il  suffit  de  tenir  les  registres  assez  ouverts 
pour  que  cet  appel  non-seulement  compense  toute  pression ,  mais 
même  procure^  si  on  le  jugeait  utile,  une  petite  dépression  dans  les 
salles  ;  de  telle  sorte  qu^on  peut  à  volonté  développer  dans  les  salles  une 
pression  positive,  nulle,  ou  négative. 

Voici  quelques  expériences  de  M.  Grassi  à  cet  égard  : 
Il  a  constaté  que  la  température  extérieure  étant  de  3""  5  et  l'in- 
térieure de  19*,  avec  une  certaine  ouverture  des  ventouses  d'évacuation, 
la  dépression,  dans  la  salle  en  expérimentation,  pouvait  atteindre 
0'"°',61  d'étber;  des  diminutions  successives  de  cette  ouverture  bnt  ré- 
duit cette  dépression  intérieure  à  0'"'°405,  puis  à  0'"°'26  ;  et  cependant 
Tair  continuait  à  affluer  dans  la  salle  à  raison  du  volume  considérable 
de  5422  mètres  cubes  par  heure. 

2570.  Tous  ces  phénomènes  s'expliquent  très-facilement  ;  leurs  ef- 
fets peuvent  même  être  calculés  par  les  formules  que  j'^i  données 
(2031  et  suiv.)  relativement  aux  cheminées  d'appel.  Us  montrent  tout  le 
parti  que  des  médecins  intelligents  pourraient  tirer  du  système  de  ven- 
tilation de  MM.  Thomas  et  Laurens,  dans  le  cas  où  des  variations 
dans  la  pression,  ou  la  dépression  de  l'atmosphère  d'une  salle  d'hôpital, 
seraient  reconnues  utiles  à  la  guérison  de  certaines  affections. 

2571 .  On  avait  aussi  prétendu  que  quand  on  ouvrirait  les  fené  - 
trçs,  l'air  prenant  pour  sortir  la  voie  la  plus  facile,  s'échapperait  en 
masse  par  cette  ouverture  nouvelle,  ne  passerait  plus  par  les  canaux 
d'évacuation  et  qu'une  partie  de  l'air  vicié  qui  a  déjà  commencé  à  mon- 
ter dans  les  gaines,  en  redescendrait  pour  pénétrer  de  nouveau  dans  les 
salles,  au  grand  détriment  des  malades.  Quand  on  ouvre  une  fenêtre, 
on  augmente  la  somme  des  orifices  de  sortie;  la  vitesse  d'écoule- 
ment par  la  gaîne  diminue  par  conséquent,  mais  elle  ne  devient 
jamais  nulle  et  ne  change  jamais  de  signe,  comme  l'indique  le  simple 
raisonnement  et  comme  le  prouve  l'expérience.  L'ouverture  des  fenê- 
tres ne  saurait  modifier  cet  état  de  choses  que  dans  le  cas  exceptionnel 
où,  pendant  l'hiver,  on  aurait  réglé  les  registres  des  ventouses  d'éva- 
cuation de  manière  à  obtenir  une  dépression  sensible;  elle  annulerait 
alors  évidemment  l'effet  de  ce  règlement,  c'est-à-dire  la  dépression. 

2572.  La  Commission  des  architectes  de  la  ville,  que  le  préfet  de  la 
Seine  consulta,  parmi  les  objections  qu'elle  fit  au  projet,  donnait  la 
suivante,  dont  elle  faisait  grand  cas  : 

Le  bruit  des  machines,  celui  des  veatilateurs  et  celui  des  cloches  se 
transmettrait  dans  les  salles  par  les  tuyaux  qui  conduisent  l'air  et  y  af- 

UI.  19 

Digitized  by  VjOOQIC 


290    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

fecteraient  péniblement  les  malades.  L'expérience  a  également  fait  jus- 
tice de  ces  exagérations  ;  dans  la  salle  Saint-Augustin,  qui  est  la  plus 
plus  proche  des  machines,  on  ne  les  entend  ni  de  jour,  ni  de  nuit. 
A  plus  forte  raison  plus  loin,  dans  les  autres  salles,  où  les  tuyaux  de 
ventilation  pourraient  seuls  transporter  le  bruit  ;  ce  qui  du  reste  n'était 
pas  admissible. 

2573.  La  faveur  si  peu  fondée,  dont  jouissait  vis-à-vis  des  admi- 
nistrations publiques,  auprès  desquelles  l'opinion  de  certains  savants 
l'appuyait  obstinément,  le  procédé  du  chauffage  par  circulation  de  l'eau 
chaude  avec  ventilation  par  appel,  a  permis  a  ce  dernier  système 
une  lufte  prolongée  qui  a  donné  lieu  à  des  mémoires ,  à  des  brochures 
remplies  d'assertions  aventurées  ou  fausses,  qui  ne  méritent  pas  d'être 
réfutées. 

Hôpital  BmiuJoii* 

Appareils  de  M.  Van  Hecke. 

2574.  Un  médecin  étranger ,  le  docteur  Van-Hecke,  proposait  de- 
puis longtemps  d'effectuer  la  ventilation  à  Taide  de  la  vis  pneumati- 
que placée  dans  uue  cheminée  d'évacuation,  de  manière  à  aspirer  Tair 
vicié.  Le  moteur  de  la  vis  était  un  contre-poids.  C'est  avec  cet  appareil 
que  l'inventeur  avait  essayé  de  ventiler  l'une  des  salles  du  cercle  du 
commerce  à  Bruxelles. 

Vers  1855,  il  obtint  de  l'administration  des  hospices  d'appliquer 
son  procédé  à  l'un  des  pavillons  de  Beaujon,  en  substituant  la  force 
de  la  vapeur  à  l'effet  du  contre-poids  pour  mettre  la  vis  en  mouve- 
ment. 

Le  pavillon  dans  lequel  les  appareils  ont  été  établis  renferme  58  lits 
répartis  en  trois  salles  superposées.  Les  conditions  imposées  à  M.  Van 
Hecke  consistaient  à  maintenir  une  température  de  lé""  dans  les  salles 
et  à  produire  une  ventilation  régulière  de  60  mètres  cubes  par  malade 
et  par  heure. 

2575.  Le  chauffage  a  lieu  au  moyen  d'un  calorifère  à  air  chaud  or- 
dinaire placé  dans  la  cave  du  pavillon.  L'air  y  arrive  par  un  canal  qui 
s'ouvre  dans  un  jardin  à  2  mètres  au  dessus  du  sol  ;  le  canal  de  descente 
est  en  maçonnerie  et  se  prolonge  par  un  tuyau  eu  zinc  de  0",75  de 
diamètre  :  l'air  chaud,  en  sortant  du  calorifère,  devait  passer  sur  une 
cuve  pleine  d'eau  destinée  à  lui  donner  le  degré  d'humidité  convenable. 
L'appareil  est  disposé  de  manière  qu'on  puisse  à  volonté  faire  passer  la 
totalité  de  l'air  ou  une  partie  seulement  à  travers  le  calorifère.  L'air 
chaud  s'élève  ensuite  dans  un  tuyau  vertical  qui  traverse  le  plancher 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.        291 

du  rez-de-cbaiissée  et  des  deux  étages,  au  milieu  des  salles  ;  au  rez- 
de-chaussée,  il  a  0"*  75  de  diamètre  ;  0  60  au  premier  étage,  et  0"  50 
au  second  étage;  au  rez-de-chaussée  et  au  premier  étage,  l'air  chaud 
pénètre  dans  la  salle  par  l'intervalle  des  deux  tuyaux  de  conduite  ;  au 
deuxième  étage,  par  la  surface  totale  du  tuyau  qui  traverse  le  plan- 
cher. Des  registres  placés  dans  les  tuyaux  permettent  de  régler  le  vo- 
lume d'air  qui  pénètre  dans  chaque  salle  ;  des  tambours  en  fonte  placés 
sur  le  sol,  autour  du  tuyau  d'accès,  reçoivent  d'abord  l'air  chaud 
qu'ils  laissent  écouler  dans  la  pièce  par  des  ouvertures  latérales  gril- 
lées ;  ces  tambours  renferment  des  grilles  destinées  à  chauffer  le  linge 
ou  les  médicaments. 

2576.  L'air  s'échappe  de  chaque  salle  par  quatre  orifices  »  au  niveau 
du  sol  et  placés  dans  les  angles  ;  les  tuyaux  d'évacuation  des  trois  salles 
s'élèvent  jusqu'au  comble,  où  ils  débouchent  dans  quatre  canaux  hori- 
zontaux^ qui  aboutissent  à  un  tambour  surmonté  d'une  cheminée  en 
zinc  de  OTJ^  de  diamètre.  Les  canaux  verticaux  sont  pourvus,  à  leur 
partie  supérieure,  de  registres  destinés  à  régler  la  ventilation  des  salles 
et  l'uniformité  de  la  ventilation  dans  chacune  d'elles. 

2577.  Une  partie  de  la  ehaleur  perdue  par  la  cheminée  du  calorifère 
et  du  fourneau  de  la  petite  machine  à  vapeur,  dont  il  va  être  question, 
est  employée  au  chauffage  et  à  la*  ventilation.  Cette  cheminée  est  en 
fonte  et  placée  dans  un  conduit  concentrique  pratiqué  dans  le  mur 
qui  sépare  les  salles  de  la  cage  de  l'escalier  ;  à  chaque  étage,  ce  con- 
duit présente  trois  orifices  :  l'un  s'ouvre  dans  la  grande  salle,  le  second 
sur  l'escalier,  et  le  troisième  dans  la  chambre  à  deux  lits.  En  hiver^  ces 
orifices  amènent  de  l'air  chaud  ;  en  été,  ils  appellent  l'air  des  salles 
et  de  l'escalier. 

2578.  A  la  cave  se  trouve  une  machine  à  vapeur  de  deux  chevaux 
destinée  à  mettre  en  mouvement  la  vis  aspirante,  qui  fut  installée 
dans  la  cheminée  des  combles.  Cette  vis,  ou  ventilateur,  se  com- 
pose d'un  arbre  en  fer  placé  dans  Taxe  du  tuyau  et  portant  deux  tiges 
perpendiculaires  à  sa  direction,  sur  lesquelles  sont  fixées  deux  palettes 
inclinées  de  50  à  60"*.  Une  partie  de  la  vapeur  du  générateur  est  em- 
ployée à  chauffer  au  rez-de-chaussée  des  bassines  pleines  d'eau  ou  des 
cataplasmes,  et  une  autre  partie  de  la  vapeur  qui  a  servi  à  faire  mouvoir 
la  machine  est  envoyée  aux  étages  supérieurs,  où  elle  chauffe  l'eau 
nécessaire  aux  besoins  des  malades  ;  mais  la  plus  grande  partie  de  cette 
vapeur  est  perdue. 

2579.  M.  Van  Hecke  aplacé  dans  la  cheminée  d'évacuation  et  dans 
le  canal  d'accès  de  l'air  extérieur  un  grand  anémomètre  permanent  qui 


Digitized  by  VjOOQIC 


292    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

indique  à  chaque  instant  l'état  de  la  ventilation.  Cet  appareil  est  dis- 
posé de  la  même  manière  que  le  ventilateur  ;  il  est  formé  de  deux 
ailes  planes  métalliques  fixées  à  des  barres  perpendiculaires  à  Taxe  de 
rotation  et  inclinées  de  55"*  sur  cet  axe,  et  chacune  d'elles  a  une  lon- 
gueur presque  égale  au  rayon  du  tuyau  ;  cet  instrument  fait  mouvoir 
un  compteur  qui  indique  le  nombre  des  révolutions  effectuées  dans  un 
temps  donné,  et  permet  d'évaluer  le  volume  d'air  débité  quand  on  con- 
naît celui  qui  correspond  à  une  révolution.  Le  compteur  présente 
quatre  cadrans,  i4,  B,  C,  Z),  ayant  chacun  100  divisions  ;  chaque  divi- 
sion du  cadran  A  correspond  à  un  tour  de  l'anémomètre  ;  une  révolu- 
tion complète  de  ce  cadran  fait  mouvoir  le  cadran  B  d'une  division,  et 
ainsi  des  autres.  L'instrument  peut  donc  marquer  100  millions  de 
tours  et  marcher  plus  d'une  année.  Quand  on  veut  faire  une  observa- 
tion, on  commence  par  inscrire  les  indications  dans  l'ordre  DjC^B^A 
sur  un  tableau  porté  par  le  compteur  lui-même;  on  laisse  ensuite  mar- 
cher l'appareil  pendant  quelques  heures,  quelques  jours  ou  plusieurs 
mois,  et,  après  ce  temps,  on  fait  une  nouvelle  lecture  des  cadrans  ;  la 
première  observation  retranchée  de  la  seconde  indique  le  nombre  des 
révolutions. 

2580.  M.  Van  Hecke  a  aussi  employé  un  appareil  qui  indique  sur 
un  cadran  divisé  l'état  de  la  ventilation  ;  il  se  compose  d'un  disque  de 
cuivre  fixé  à  une  tige  mobile  autour  d'un  axe  horizontal ,  le  plan  du 
disque  passant  toujours  par  l'axe  de  rotation  ;  c'est  le  même  principe 
que  les  appareils  indiqués  (421). 

2581.  Enfin  M.  Van  Hecke  devait,  dans  le  but  de  produire  un 
certain  rafi*aichissement  de  l'air  en  été^  placer  dans  le  tuyau  d'accès 
de  l'air  extérieur  une  toile  sans  fin  mise  en  mouvement  par  la  ma- 
chine et  plongeant  à  sa  partie  inférieure  dans  de  l'eau  de  puits  ou 
dans  de  l'eau  refroidie  par  de  la  glace.  Cette  disposition,  qui  soulève 
des  objections  de  diverse  nature,  n'a  pas  été  exécutée. 

Voici  maintenant  le  résumé  des  expériences  de  M.  Grassi  sur  la  ven- 
tilation de  ce  pavillon. 

2582.  Graduation  de  r anémomètre  de  M.  Van-Hecke.  —  Pour  gra- 
duer cet  anémomètre,  M.  Grassi,  qui  s'est  beaucoup  occupé  des  appa-> 
reils  Van  Hecke,  a  fait  porter  par  deux  hommes,  marchant  uniformé- 
ment dans  une  salle  fermée,  la  portion  de  tuyau  dans  laquelle  tourne 
le  moulinet,  et  parallèlement  à  son  axe,  en  comptant  le  chemin  par- 
couru et  le  nombre  des  révolutions  indiquées  par  le  compteur.  En 
faisant  varier  la  durée  du  parcours  de  la  même  distance  de  22  se- 
condes à  45  secondes^  le  nombre  des  révolutions  n'a  varié  que  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI. -CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     293 

70  à  74;  la  moyenne  est  donc  de  72;  M.  Grassi  a  conclu  de  là  que 
le  nombre  des  révolutions  était  proportionnel  à  la  vitesse;  et  admettant 
que  le  volume  d'air  qui  traversait  le  cylindre  était  égal  à  la  vitesse  de 
translation  de  l'appareil^  il  a  conclu  de  ces  expériences  que  chaque 
réTolution  correspondait  à  un  volume  d'air  égal  à  0"46.  Un  tel  instru- 
ment, avec  un  tel  mode  de  graduation ,  ne  peut  donner  des  indica- 
tions absolues;  mais  ici,  où  il  s'agira  surtout  de  comparaisons,  l'ob- 
jection n'infirme  pas  les  résultats. 

Dans  le  but  de  comparer  la  ventilation  par  appel  produite  mécani- 
quement, comme  on  vient  de  le  voir,  à  celle  insufflée  produite  aussi 
mécaniquement  dans  le  même  local ,  il  fut  décidé  qu'on  établirait  éga- 
lement à  Beaujon  une  deuxième  vis  pareille  à  la  première,  mais  dis- 
posée de  manière  à  refouler  l'air  neuf  dans  les  salles  au  lieu  de  l'en 
aspirer.  Cette  deuxième  vis,  ou  ventilateur,  recevait  le  mouvement  de 
la  machine  à  vapeur,  et  plus  simplement  que  celle  des  combles,  à  cause 
de  sa  proximité  ;  elle  fut  installée  dans  le  tuyau  de  prise  d'air,  dans  la 
cave.  De  cette  sorte,  en  mettant  successivement  en  jeu  l'une  ou  l'autre 
des  vis-ventilateurs,  la  première  aspirant  l'air  des  salles,  la  deuxième 
insufflant  l'air  dans  les  salles,  il  devait  être  facile  de  comparer  les  deux 
modes  de  ventilation.  Enfin  l'installation  fut  dirigée  de  manière  à  pou- 
voir ventiler  les  mêmes  salles  par  le  seul  eflet  des  diflerences  de  tem- 
pérature à  l'intérieur  et  au  dehors.  Nous  allons  d'abord  parler  de  cette 
dernière  ventilation  appelée  improprement  naturelle. 

2583.  Ventilation  naturelle.  — La  ventilation  dont  il  s'agit  est  celle 
qui  se  produit  pendant  le  repos  complet  de  l'agent  mécanique  ;  elle  ré- 
sulte uniquement  de  la  diflerence  entre  les  températures  intérieure  et 
extérieure.  La  disposition  de  l'appareil  était  très-favorable  à  cette 
ventilation,  parce  que  les  orifices  d'accès  et  de  sortie  étaient  libres  et 
d'une  très-grande  section. 

La  ventilation  a  été  mesurée  au  moyen  de  l'anémomètre  de  M.  Van 
Hecke  établi  dans  la  cheminée  ;  le  nombre  de  révolutions  était  observé 
régulièrement  à  6  heures  du  soir  et  à  6  heures  du  matin.  Du  6  sep- 
tembre au  28  octobre  les  salles  n'ont  pas  été  chauffées,  et  pourtant 
leur  température  était  peu  différente  de  {&".  Pour  des  températures 
extérieures  de  13*  et  de  7%  la  ventilation  naturelle  par  malade  et  par 
heure  s'est  élevée  à  1 1  et  23  mètres  cubes.  Le  28  octobre  on  a  com- 
mencé à  chauffer  les  salles,  le  feu  du  calorifère  était  maintenu  jusqu'à 
10  heures  du  soir  ;  du  28  octobre  au  28  novembre  la  ventilation  par 
malade  et  par  heure  s'est  élevée  à  25  mètres  cubes.  Ces  chiffres,  quoi- 
qu'étant  déjà  des  moyennes,  montrent  combien  la  ventilation,  dite 

Digitized  ^y  VjOOQ  iC 


2^4     UV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITES. 

naturelle,  varie  avec  la  température  extérieure,  laquelle  change  con- 
stamment ;  elle  est  de  plus  soumise  à  toutes  les  influences  des  vents. 

ÂYec  une  Yentilation  de  1 5  mètres  cubes  par  lit  et  par  heure,  il  y  a 
une  odeur  très-sensible  dans  les  salles  ;  avec  une  ventilation  de  25  mè- 
tres l'odeur  disparaîtrait,  mais  à  la  condition  que  cette  ventilation  à 
25  mètres  fût  précédée  par  une  ventilation  très-puissante  qui  aurait 
rempli  ces  salles  d*air  salubre.  Nous  ne  saurions  donc  admettre  à  priori 
qu'une  pjireille  ventilation  puisse  suffire  pendant  la  nuit,  alors  même 
que  la  ventilation  de  jour  aurait  été  très-grande. 

2584.  Ventilation  par  pulsion  ou  insufflation.  —  M.  Grassi  a  d'à* 
bord  recherché  le  volume  d'air  lancé  par  la  vis-ventilateur,  suivant  la 
vitesse  de  la  machine  ;  il  établit  que  le  volume  est  sensiblement  propor- 
tionnel au  nombre  de  coups  de  piston  de  la  machine  par  minute,  et 
que  pour  65  coups,  qui  est  à  peu  près  la  vitesse  normale,  le  volume  d'air 
lancé  par  malade  et  par  heure  était  de  62  mètres  cubes.  Pour  comparer 
les  indications  de  Tanémomètre  de  M.  Yan  Hecke  à  celles  de  l'anémo- 
mètre de  M.  Combes,  M.  Grassi  a  placé  en  avant  du  premier,  qui  se  trou- 
vait dans  le  tuyau  d'accès  de  l'air  froid  et  au  tiers  du  rayon  au-dessus  du 
centre,  un  anémomètre  de  M.  Combes,  et  il  a  observé  les  révolutions 
effectuées  dans  le  même  temps  avec  la  présence  de  Tahémomètre  de 
M.  Van  Hecke,  et  quand  il  était  supprimé  ;  dans  ces  deux  circonstances, 
les  nombres  de  révolutions  ont  été  de  1485  et  de  1972  pour  la  même 
position  de  l'anémomètre  et  la  même  vitesse  de  la  machine»  En  plaçant 
le  même  instrument  au  tiers  du  rayon  au-dessus  du  centre,  au  centre, 
au  tiers  du  rayon  au-dessous  du  centre  et  aux  deux  tiers  du  rayon  au- 
dessus  du  centre,  les  indications  de  l'anémomètre  ont  été  1952, 1958* 
2522,  2022.  M.  Grassi  a  attribué  ces  anomalies  à  deux  coudes  à 
angle  droit  qui  se  trouvaient  en  avant  de  l'instrument  et  à  une  petite 
distance. 

2585.  M.  Grassi  a  fait  plusieurs  séries  d'expériences  pour  déterminer 
le  volume  d'air  injecté  par  la  machine,  le  volume  introduit  dans  les 
salles  y  et  celui  qui  sortait  par  la  cheminée;  les  deux  premiers  volumes 
étaient  mesurés  au  moyen  de  l'anémomètre  de  M.  Van  Hecke,  et  le 
troisième,  au  moyen  de  celui  de  M.  Combes,  placés  dans  des  ajutages 
convenablement  disposés.  Je  rapporterai  seulement  les  résultats  de  la 
première  série.  Le  volume  d'air  lancé  par  la  machine,  par  lit  et  par 
heure  était  de  62  mètres  cubes  ;  le  volume  d'air  introduit  dans  les 
salles  était  de  72  mètres  cubes,  et  le  volume  d'air  écoulé  par  la  chemi- 
née, toujours  par  heure  et  par  lit,  de  30  mètres  cubes.  Le  volume  d'air 
qui  entre  dans  les  salles  est  plus  grand  que  celui  qui  est  envoyé  par  la 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     205 

aiachiae,'  parce  que  le  premier  volume  est  composé  du  dernier  et  de 
celui  qui  s'est  échauffé  autour  du  tuyau  à  fumée  des  appareils  de  chauf- 
fage. Le  dernier  est  moindre  que  les  deux  autres,  parce  que  les  orifices 
de  sortie  sont  beaucoup  trop  petits  et  qu'une  partie  de  l'air  introduit 
dans  les  salles  s'échappe  par  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres. 
M.  Grassi  pense  que  c'est  un  inconvénient  de  peu  d'importance,  parce 
que  l'air  entré  dans  les  salles  finit  toujours  par  en  sortir,  soit  par  les 
canaux,  soit  par  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres. 

2586.  Ces  expériences  ont  été  répétées  pour  reconnaître  l'influence 
de  Touverture  des  portes  et  fenêtres  sur  l'arrivée  de  l'air  de  ventila- 
tion et  son  départ  partiel  par  les  canaux  communiquant  avec  la  che- 
minée. Comme  on  devait  s'y  attendre,  l'arrivée  de  l'air  a  été  favorisée 
par  l'ouverture  des  portes  ou  des  fenêtres  et  la  sortie  par  les  canaux  a 
été  diminuée. 

2587.  L'expérimentateur  a  mesuré,  au  moyen  d'un  manomètre  à 
éther  à  tube  vertical  et  d'un  cathétomètre ,  pour  des  ventilations  de 
55  mètres  cubes  par  lit  et  par  heure,  la  difiérence  des  pressions  ;  elle 
était  insensible;  mais  pour  une  ventilation  du  rez-de-chaussée  de 
135  mètres^  obtenue  en  admettant  dans  cette  pièce  la  totalité  de  l'air 
lancé  par  la  machine,  la  différence  des  pressions  en  hauteur  d'éther 
a  été  comprise  entre  O""  74  et  0""*  94. 

2588.  Ventilation  par  appel.  —  Dans  ce  mode  de  ventilation,  on  se 
servait  du  premier  ventilateur,  celui  placé  dans  la  cheminée  d'appel  ; 
les  vitesses  de  l'air  ont  été  mesurées  avec  l'anémomètre  de  M.  Van 
Hecke  et  avec  celui  de  M.  Combes,  les  résultats  ont  été  les  mêmes.  Les 
vitesses  d'écoulement  croissaient  avec  le  nombre  des  coups  de  piston 
de  la  machine,  mais  plus  lentement  que  quand  le  ventilateur  était 
placé  dans  le  tuyau  d'accès  de  l'air  froid.  M.  Grassi  attribue  cette  diffé- 
rence aux  osciUations  et  au  glissement  delà  corde  qui  transmettait  le 
mouvement  de  la  cave  où  se  trouve  la  machine^  au  grenier  où  était 
placé  le  ventilateur.  La  machine,  marchant  avec  une  vitesse  de  60  coups 
de  piston  par  minute,  répondait  à  une  ventilation  de  60  mètres  cubes 
faites  par  malade  et  par  heure.  Toutes  les  expériences  qui  avaient  été 
dans  le  cas  de  la  ventilation  par  pression  ont  été  répétées  dans  le 
cas  dont  il  s'agit. 

RÉSULTATS   OBTENUS  : 

ira  série.  î«  série. 

Air  sortant  par  la  cheminée 62»  6  80'"  6 

Air  cntraut  dans  les  salles  par  les  oriGces 52"*  2  54"  6 

Air  entrant  par  les  joints  des  portes  et  des  croisées. . .  3""  3  20™  3 

Air  entrant  du  grenier  dans  la  cheminée 7"  1  5""  7 


Digitized  by  VjOOQIC 


296    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTlLATIOxN  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2589.  M.  Grassi  remarque,  au  sujet  de  ces  résultats,  qu  a  l'hôpital 
Beaujon  il  y  a  proportionnellement  moins  d'air  appelé  par  les  joints 
des  perles  et  des  fenêtres  qu'à  Thôpital  Lariboisière/dans  les  pavillons 
DuYoir,  mais  sans  dire  comment  étaient  réglés  dans  ce  dernier  hôpi- 
tal les  registres  des  bouches  d'évacuation  ;  ce  qui  empêche  de  rien 
conclure  de  cette  remarque  sans  portée. 

Pour  constater  le  peu  d'efficacité,  au  point  de  vue  de  la  ventilation, 
des  courants  d'air  qui  pénètrent  dans  la  salle  par  les  fissures  des  portes 
et  fenêtres,  M.  Grassi  a  fait  une  expérience  qui  présente  un  grand  inté- 
rêt. Un  trou  a  été  percé  dans  le  châssis  d'une  croisée  ;  une  bande  de 
papier  imprégnée  d'une  dissolution  d'acétate  de  plomb  a  été  placée  dans 
la  direction  du  trou  àTorifice  du  canal  d'évacuation  le  plus  voisin,  une 
autre  partant  de  l'orifice  de  la  croisée  et  perpendiculaire  à  sa  direction  ; 
enfin  on  a  produit  devant  le  trou  du  châssis  et  en  dessous  de  la  croisée 
un  dégagement  d'hydrogène  sulfuré.  Apirès  quelques  minutes ,  l'expé- 
rience a  été  arrêtée  et  on  a  reconnu  que  la  coloration  avait  atteint  la 
bande  dirigée  vers  la  bouche  d'appel  à  une  distance  beaucoup  plus 
grande  que  dans  celle  qui  était  dirigée  perpendiculairement  au  plan  de 
la  croisée. 

La  dificrence  des  pressions  intérieure  et  extérieure  a  été  mesurée 
de  la  même  manière  que  dans  le  cas  de  la  ventilation  par  pression  ; 
pour  une  ventilation  de  117  mètres  par  lit  et  par  heure,  obtenue  en 
faisant  porter  tout  l'appel  sur  une  seule  salle,  la  différence  des  pres- 
sions en  colonne  d'éther  a  été  en  moyenne  de  O^^^ôS. 

2590.  Comparaison  des  deux  derniers  systèmes  de  ventilation.  — 
M.  Grassi  a  fait  plusieurs  expériences  pour  reconnaître  le  temps  néces- 
saire, dans  l'un  et  dans  l'autre  système,  l'insufflation  et  Tappel,  pour 
faire  disparaître  d'une  salle  une  odeur  produite  artificiellement.  Dans 
une  première  expérience,  les  orifices  d'entrée  et  de  sortie  de  l'air  ont  été 
fermés,  et  on  a  répandu  sur  une  pelle  rougie  au  feu  du  vinaigre  aro- 
matique ;  les  vapeurs  ont  bientôt  rempli  la  salle,  et  dans  tous  les  points 
l'odeur  était  très-forte  ;  on  a  ensuite  produit  une  ventilation  par  pres- 
sion ,  et  l'odeur  de  Tair  observée  à  sa  sortie  de  la  cheminée  par  un  petit 
orifice  avait  dispani  au  bout  de  50  minutes.  La  même  expérience 
ayant  été  répétée  avec  la  même  ventilation  par  appel,  le  temps  néces- 
saire pour  faire  disparaître  l'odeur  a  été  de  70  minutes.  Dans  une 
autre  expérience  faite  avec  des  vitesses  diflérentes  de  la  machine ,  les 
temps  nécessaires  à  la  disparition  de  l'odeur  ont  été  de  45  minutes  pour 
la  ventilation  par  pression,  et  de  65  minutes  pour  la  ventilation  par 
appel.  Des  expériences  faites  en  remplissant  une  salle  de  fumée,  par  la 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     2«7 

combustion  d'un  même  poids  de  foin  humide,  après  en  avoir  fait  sortir 
les  malades,  ont  donné  des  résultats  analogues  ;  pour  la  même  ventila- 
tion, par  appel,  il  a  fallu  plus  de  temps  pour  évacuer  la  fumée  que  quand 
la  ventilation  avait  lieu  par  pulsion. 

2591.  Dépenses.  —  L'installation  des  appareils  de  M.  Van  Hecke 
a  coûté  à  forfait  à  l'administration  des  hospices  23000  francs,  pour  un 
pavillon  deBeaujon;  mais  M.  Grassi,  en  citant  ce  chiffre,  ne  dit  pas 
si  l'entrepreneur,  M.  Van  Hecke,  a  gagné  ou  perdu  et  si  ces  travaux 
ont  été  exécutés  de  manière  à  présenter  des  chances  de  durée.  Ce  ren- 
seignement ne  peut  servir  à  tixer  des  prix  de  revient  et  à  faire  des 
comparaisons  véritables. 

2592.  L'hôpital  Beaujon  renferme  quatre  pavillons  de  mêmes  dimen- 
sions, désignés  sous  les  n"^  1,  2,  3  et  4.  Les  consommations  moyennes 
de  combustible,  par  jour,  ont  été  déduites  des  consommations  totales^ 
du  28  octobre  au  10  décembre,  temps  pendant  lequel  ont  eu  lieu  les 
expériences  de  M.  Grassi. 

Le  pavillon  n""  1  n'est  pas  ventilé;  il  est  chauffé  par  de  grands  poêles 
où  Ton  brûle  de  la  houille  et  par  de  plus  petits  où  l'on  brûle  du  bois; 
la  dépense  du  bois  en  argent  a  été  convertie  en  houille,  d'après  le  prix 
de  4  fr.  50  les  100^.  Alors,  la  consommation  de  houille  moyenne,  par 
jour,  a  été  estimée  à  1 19^.  Mais  la  consommation  de  houille  serait  réel- 
lement plus  petite  si  tous  les  poêles  étaient  alimentés  par  de  la  houille, 
attendu  que  la  chaleur  produite  par  le  bois  ne  coûte  aux  prix  actuels 
de  la  houille  et  du  bois  à  Paris,  que  les  0,42  du  prix  de  la  chaleur  pro- 
duite par  le  bois  ;  alors  la  consommation  de  houille  se  trouverait  réduite 
à  108*,  celle  de  la  houille  consommée  dans  les  poêles  étant  de  lOl''. 

Le  pavillon  n*"  2  est  chauffé  et  ventilé  par  les  appareils  Duvoir- 
Leblauc,  et  la  consommation  moyenne  de  houille,  par  jour,  a  été  de 

^29^ 

Le  pavillon  n""  3  est  chauffé  par  un  grand  calorifère  à  air  chaud 
placé  dans  la  cave.  La  consommation  moyenne  de  combustible  est 
de  ^46^ 

Enfin  le  pavillon  n""  4  est  chauffé  et  ventilé  par  les  appareils  Van 
Hecke,  et  la  consommation  moyenne  de  combustible  a  été  de  147*. 

Dans  l'état  actuel  du  pavillon  n""  4,  M.  Grassi  évalue  ainsi  les  frais 
de  chauffage  et  de  ventilation. 

200  jours  de  chauffage  à  1I>0^  de  charbon  par  jour 30000^ 

i  65  jours  d'été  à  70^  de  charbon  par  jour 1 1550 

41550* 


Digitized  by  VjOOQIC 


298    US.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UEUX  HABITÉS. 

Au  prix  actuel  de  la  houille,  4''  50  les  100^,  la  dépense  en  charbon 
s'élèverait  à  1869''  75,  et  par  malade  et  par  an  à  32  francs.  A  THôtel- 
Dieu,  la  dépense  pour  le  chauffage  est  de  26  fr.  Si  Ton  utilisait  dans 
l'appareil  de  M.  Van  Hecke  la  vapeur  sortant  de  la  machine  à  chauffer 
les  bains  ,  comme  on  le  fait  à  Lariboisière,  la  dépense  se  réduirait  à 
celle  du  chauffage  seulement,  qui  serait,  par  jour  moyen,  à  peu  près 
de  1 50^,  diminués  de  la  quantité  de  combustible  employé  pour  le 
chauffage  de  Teau  et  des  médicaments,  qui  est  à  peu  près  de  36^;  ainsi 
elle  serait  par  an  de  144 .  200^22800^;  et  par  malade  et  par  an  de 
17  francs. 

Mais  il  faudrait  ajoutera  ce  chiffre  insuffisant  Tentretien  des  appareils 
et  surtout  le  salaire  du  conducteur  de  la  machine.  Cette  machine 
ne  servant  pas,  comme  celle  de  Lariboisière,  au  service  de  l'eau  et  de 
la  buanderie,  ces  frais  doivent  porter  entièrement  sur  la  ventilation. 

2593.  Les  expériences  sur  les  appareils  de  M.  Van  Hecke,  a  Beau- 
jon,  n'ont  encore  été  faites  que  l'automne  et  l'hiver,  alors  que,  par 
l'effet  du  chauffage  seul,  il  se  produit  déjà  une  ventilation  naturelle  de 
quelque  importance,  ainsi  que  le  montrent  les  chiffres  cités  (2583).  Les 
résultats  de  la  ventilation  d'été  seraient  intéressants  à  connaître,  non- 
seulement  sous  le  rapport  du  volume  d'air  et  du  prix  de  revient,  mais 
surtout  au  point  de  vue  de  la  salubrité  réelle.  Ce  que  l'on  peut  dire 
aussi,  c'est  que  Tair  neuf  étant  puisé  dans  une  cour,  à  une  faible  hau- 
teur au-dessus  du  sol,  près  d'un  mur^  possède  nécessairement  alors 
qu'il  serait  utile  de  pouvoir  rafraîchir  les  salles,  une  température  plus 
élevée  que  celle  de  l'air  puisé  au-dessus  des  toits.  En  outre,  cet  air  con- 
tient une  plus  grande  portion  de  ces  miasmes  qui  résultent  l'été  de  la 
décomposition  des  matières  dont  le  sol  est  imprégné,  surtout  au  milieu 
des  bâtiments  d'un  hôpital.  Pour  remédier  au  premier  inconvénient, 
M.  Van  Hecke  a  proposé  l'emploi  peu  pratique  et  peu  sain  de  toiles 
mouillées  ;  quant  au  second,  il  est  irrémédiable. 

2594.  A  la  suite  des  expériences  et  du  rapport  de  M.  Grassi ,  les  ap- 
pareils de  Beaujon  ont  été  reçus,  comme  remplissant  les  conditions  im- 
posées à  M.  Van  Hecke.  D'après  ce  que  j'ai  pu  savoir,  c'est  le  ventila- 
teur de  la  cave  qui  fonctionne  de  préférence  à  celui  des  combles,  la  ven- 
tilation par  insufflation  donnant  de  meilleurs  résultats  que  celle  par 
aspiration.  Du  moment  où  les  essais  ont  conduit  à  adopter  le  premier 
système,  la  ventilation  du  pavillon  Beaujon  ne  diffère  pas,  en  prin- 
cipe, de  celle  mécanique  installée  à  Lariboisière.  Pratiquement,  elle 
en  diffère  cependant  sous  divers  rapports  d'une  grande  importance; 
ainsi  elle  lui  est  inférieure  au  point  de  vue  de  la  pureté  de  l'air  en  toute 

Digitized  by  VjOOQIC 


CHÂP.  YI.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      299 

saison  et  de  sa  fraîcheur  en  été  ;  de  Féconomie  du  combustible,  puis- 
qu'elle n'utilise  pas,  ou  n'utilise  que  très-peu,  la  vapeur  de  la  machine  ; 
de  l'effet  utile  du  ventilateur  et  de  l'exécution  ;  enfin  au  sujet  du  genre 
de  chauffage. 

Ce  dernier  est  effectué  à  Lariboisière,  parla  vapeur  fournie  par  le 
même  foyer  qui  dessert  la  machine,  tandis  qu'à  Beaujon  ce  sont  des  ca- 
lorifères à  air  chaud  tout  ordinaires  qui  risquent  de  donner  fréquem- 
ment de  l'odeur  et  de  la  sécheresse  à  l'air,  qui  exigent  un  service 
spécial,  et  sont  une  cause  trop  réelle  d'incendie. 

2595.  La  disposition  d'ensemble  du  chauffage  et  de  la  ventilation  du 
pavillon  de  l'hôpital  Beaujon,  à  part  les  observations  qui  précèdent,  ne 
difiere  pas  non  plus  de  c^  qui  a  été  fait  à  l'hôpital  Lariboisière  par 
MM.  Thomas  et  Laurens. 

S'il  s'agissait  d'un  grand  établissement  dans  lequel  l'air  lancé  par 
la  machine  dût  parcourir  des  canaux  d'une  grande  longueur,  et  dans 
lesquels  la  résistance  fût  augmentée  par  de  nombreux  changements 
de  direction  et  de  section,  l'espèce  de  vis,  ou  ventilateur  à  ailes  incli- 
nées, employée  par  M.  Van  Hecke  produirait  trop  peu  d'effet  utile,  et  il 
faudrait  recourir  à  une  autre  machine.  Quant  au  mode  de  chauffage  de 
l'air,  il  parait  que  M.  Van  Hecke  a  employé  un  calorifère  à  air  chaud, 
en  perdant  la  vapeur  qu'il  laissait  échapper  sans  utilité,  pour  ne  pas 
faire  tout  absolument  comme  à  Lariboisière  ;  car  la  chaudière  à  va- 
peur existant  déjà,  la  dépense  d'installation  aurait  été  bien  peu  diffé- 
rente. Mais  si  l'établissement  avait  une  grande  étendue,  s'il  renfermait 
plusieurs  pavillons^  il  est  évident  que  ce  serait  une  combinaison  bien 
défectueuse  que  de  chauffer  l'air  de  chaque  pavillon  par  un  calorifère^ 
spécial,  et  qu'on  serait  conduit  à  l'effectuer  par  la  vapeur  et  la  chaleur 
perdue  de  la  machine  ;  ce  qui  ramènerait  simplement  à  la  disposition 
de  Lariboisière. 

2596.  M.  Van  Hecke  a  imaginé  un  anémomètre  permanent  qui 
peut  être  de  quelque  utilité  pour  enregistrer  d'une  manière  continue* 
les  volumes  d'air  entrant  dans  les  salles,  ou  en  sortant.  A  la  vérité  cet 
anémomètre,  par  la  grande  longueur  de  ses  ailes,  doit  produire  une  cer- 
taine diminution  dans  la  section  de  la  cheminée  et  par  suite  dans  le 
volume  d'air  qui  s'écoulerait  sans  la  présence  de  cet  instrument;  mais 
cette  diminution  doit  être  faible  ;  et  si  les  constantes  de  la  formule 
destinée  à  calculer  l'air  d'après  le  nombre  des  tours,  avaient  été 
déterminées  avec  beaucoup  de  soin  par  des  expériences  dans  lesquelles 
les  vitesses  auraient  été  observées  en  un  grand  nombre  de  points  au 
moyen  de  l'anémomètre  de  M.  Combes,  les  indications  de  cet  instru- 

Digitized  by  VjOOQIC 


300    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

ment  pourraient  donner  nne  appréciation  assez  exacte  du  volume 
d'air  écoulé  pendant  un  temps  quelconque.  Mais  il  est  utile  de  faire 
remarquer  que  la  surveillance  de  ce  genre  d*anémomètre  permanent 
ne  saurait  être  confiée  qu'à  des  personnes  sûres  ;  car  il  est  facile  d'en 
altérer  les  indications  de  bien  des  manières  ;  rien  qu'en  choisissant 
telle  ou  telle  huile  pour  en  opérer  le  graissage,  on  arrivera  à  des  jau- 
geages différents.  Quant  à  l'anémomètre  à  cadran  de  M.  Van  Hecke, 
la  pression  exercée  sur  la  surface  plane  mobile  autour  d'un  axe  hori- 
zontal, diminuant  très-rapidement  à  mesure  que  Tinclinaison  de  la 
plaque  augmente,  les  vitesses  de  l'air  varient  trop  rapidement  avec 
l'inclinaison^  pour  qu'on  puisse  compter  avec  assurance  sur  les  indi- 
cations de  Taiguille,  quand  elles  sont  un  peu  considérables.  Les  dispo- 
sitions indiquées  (421,  422),  et  surtout  la  dernière,  seraient  bien  pré- 
férables. 

2597.  Les  expériences  faites  par  M.  Grassi  présentent  de  l'intérêt  ; 
elles  confirment  et  complètent  sous  certains  rapports  celles  relatives 
à  Lariboisière.  Cependant  pour  cette  installation  de  Beaujon,  je  ne  puis 
pas  admettre  sans  modifications  les  dernières  conclusions  du  rapport 
de  M.  Grassi. 

2598.  Ce  dernier  pense,  d'après  ses  expériences,  que  pour  une  venti- 
lation par  appel,  l'appareil  de  M.  Van  Hecke  devrait  être  préféré  aux 
autres  ;  mais  comme  l'appel  produit  toujours  les  mêmes  effets,  qu'il  ait 
lieu  par  un  accroissement  de  température  dans  Ik  cheminée,  ou  par 
une  machine  aspirante  qui  y  serait  placée^  la  différence  des  effets  obser- 
vés à  Beaujon  et  dans  ceux  des  pavillons  de  Lariboisière  chauffés 
et  ventilés  par  les  appareils  à  eau  chaude  de  M.  Duvoir-Leblanc, 
relativement  au  volume  d'air  appelé  par  les  joints  des  portes  et  des 
fenêtres,  ne  peut  provenir  que  d'un  phis  grand  nombre  d'orifices,  ou 
d'une  moindre  dépression  de  l'air  dans  la  salle  résultant  d'une  plus 
grande  section  des  orifices  d'accès  de  l'air;  si  l'étendue  des  fenêtres 
•est  à  peu  près  dans  les  mêmes  proportions  relativement  au  nombre  des 
malades  de  chaque  salle  dans  les  deux  hôpitaux,  ce  serait  à  la  dernière 
cause  qu'il  faudrait  attribuer  la  différence  des  résultats  observés  ;  et 
par  suite  cette  différence  disparaîtrait  dans  une  ventilation  par  l'appel 
d'une  cheminée,  si  la  surface  de  l'orifice  d'accès  restait  la  même. 

2599.  En  comptant  seulement  la  dépense  en  combustible  dans  le 
pavillon  chauffé  et  ventilé  par  M.  Van  Hecke ,  M.  Grassi  estime  la 
dépense  de  la  ventilation  à  2  centimes  et  demi  par  malade  et  par 
jour.  Mais  il  faudrait  ajouter  à  la  dépense  de  combustible,  l'intérêt  du 
capital  d'installation,  en  supposant  des  constructions  durables,  les  frais 


Digitized  by  VjOOQIC 


GHAP.  VI.  —  chauffage:  et  assainissement  des  hospices.     301 

d'entretien  des  machines  et  des  appareils  et  aussi  tout  le  salaire  du 
chauffeur.  Il  ne  tient  pas  non  plus  compte  des  {grandes  irrégularités 
de  chauffage  si  difficiles  à  éi^iter,  surtout  pendant  la  nuit,  avec  des 
calorifères  à  air  chaud. 

La  consommation  de  comhustible  ayant  été  trouvée  la  même  dans 
le  pavillon  n°  3,  qui  est  chauffé  par  un  calorifère  placé  dans  la  cave  et 
dans  le  pavillon  chauffé  et  ventilé  par  M.  Van  Hecke,  M.  Grassi  en 
conclut  que  le  chauffage  seul  du  pavillon  n°  3  coûte  autant  que  le 
chauffage  et  la  ventilation  du  paviUon  dans  lequel  les  appareils  de 
M.  Van  Hecke  ont  été  établis;  mais  cette  conclusion  ne  saurait  être 
admise,  d'abord  parce  que  le  chauffage  par  un  courant  d'aîr  chaud  n'a 
lieu  que  par  ^uit^  d'une  certaine  ventilation,  attendu  que  le  courant 
d'air  chaud  ne  peut  se  maintenir  qu'autant  que  l'air  refroidi  à  la  tem- 
pérature de  la  salle  s'échappe  dans  l'atmosphère,  à  moins  cependant 
que  cet  air  ne  retourne  au  calorifère,  ce  qui  n'existe  pas  dans  le  n*"  3  ; 
en  outre,  il  faut  ajouter  à  la  dépense  de  combustible  du  paviUon 
chauffé  et  ventilé,  comme  je  viens  de  le  dire,  l'intérêt  du  capital  dé- 
pensé, l'entretien  des  machines  et  le  salaire  du  chauffeur. 

M.  Grassi,  à  qui  j'ai  communiqué  ces  observations  en  a  reconnu 
l'exactitude. 

OlMMrTatioMi  sar  le  eluimllk|^  et  1»  Teatllatloo  des  hôpltamz. 

2600.  Les  dispositions  qui  sont  les  meilleures  en  principe,  ne  peu- 
vent pas  toujours  être  employées,  et  celles  qui  sont  préférables  dans 
chaque  cas  particulier  dépendent  principalement  de  l'importance  des 
établissements  et  des  sommes  qui  peuvent  être  consacrées  à  la  construc- 
tion des  appareils.  On  peut  dire  cependant  qu'en  général  il  vaut  mieux 
installer  les  appareils  les  plus  perfectionnés,  malgré  une  plus  grande 
dépense  première,  l'intérêt  de  cette  dépense  se  trouvant  bien  plus  que 
compensé  par  la  diminution  dans  les  frais  de  comhustible  et  dans  ceux 
d'entretien,  ou  par  de  meilleurs  résultats. 

Dans  les  villes  d'une  faible  population,  les  hôpitaux  ne  renfer- 
mant qu'un  petit  nombre  de  lits  qui  ne  sont  pas  toujours  occupés, 
les  moyens  de  chauffage  et  de  ventilation  ne  peuvent  pas  être  les  mêmes 
que  dans  les  hôpitaux  des  grandes  villes  qui  sont  constamment  occu- 
pés, et  pour  lesquels  les  administrations  peuvent  faire  les  dépenses 
d'installation  de  puissants  appareils  de  ventilation. 

2601.  Pour  les  petits  établissements,  le  système  de  chauffage  et  de 
ventilation  le  plus  simple  et  le  plus  économique,  à  la  fois,  sous  le 


Digitized  by  VjOOQIC 


302    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

rapport  des  dépenses  d'établissement  et  de  service,  serait  le  suivant  : 
Le  chauffage  de  chaque  salle  s'effectuerait  par  un  ou  deux  poêles, 
en  fonte  ou  en  tôle,  à  double  enveloppe,  disposés  comme  nous  l'avons 
dit  (1595),  destinés  à  chauffer  la  salle  par  rayonnement,  et  en  même 
temps  l'air  de  ventilation;  les  tuyaux  à  fumée  s'élèveraient  d'abord 
verticalement  pour  produire  le  tirage,  et  se  prolongeraient  ensuite 
horizontalement  de  manière  à  refroidir  presque  complètement  l'air 
brûlé.  Le  tuyau  à  air  brûlé  serait  garni  d'un  registre  destiné  à  régler 
la  combustion,  afin  de  maintenir  la  salle  à  une  température  con- 
venable. On  pourrait  éviter  l'alimentation  trop  fréquente  du  foyer  en 
employant  des  poêles  à  alimentation  continue  (1597  etsuiv.];  mais 
alors  on  ne  pourrait  se  servir  que  de  houille  sèche,  de  coke  ou  d'an- 
thracite. Le  service  des  poêles  serait  confié  aux  personnes  chaînées  du 
service  de  la  salle.  L'étendue  des  surfaces  de  chauffe  se  calculerait 
facilement  d'après  ce  que  nous  avons  dit  (1613),  en  prenant  la  tem- 
pérature extérieure  la  plus  basse  et  en  supposant  une  ventilation  de 
60  mètres  cubes  par  lit  et  par  heure.  Il  est  assez  facile  de  disposer  la 
partie  supérieure  des  poêles  de  manière  qu'ils  puissent  chauffer  de 
l'eau,  du  linge  et  des  médicaments;  mais  comme  le  chauffage  des 
poêles  varie  avec  la  température  extérieure,  et  qu'il  ne  dure  qu'une 
partie  de  l'année^  il  vaut  mieux  avoir  pour  cet  objet  un  foyer  spécial 
qui  sert  en  même  temps  pour  la  ventilation,  qui  doit  être  permanente 
de  jour  et  de  nuit,  été  et  hiver. 

2602.  L'accès  de  l'air  extérieur  aurait  lieu  par  un  canal  pratiqué  au- 
dessous  du  sol  pour  les  salles  du  rez-de-chaussée,  et  qui  s'ouvrirait  au- 
dessus  du  sol  dans  un  lieu  sain  et  bien  découvert,  garni  d'un  appareil 
destiné  à  faire  concourir  les  vents  à  l'accès  de  l'air.  Pour  les  étages  su- 
périeurs, l'accès  de  l'air  extérieur  devrait  s'effectuer  par  des  canaux 
pratiqués  entre  le  plancher  et  le  plafond  de  l'étage  inférieur,  débou- 
chant sur  les  deux  faces  opposées  du  bâtiment,  et  pour  faire  concourir 
les  vents  à  l'accès  de  l'air,  il  faudra  disposer  au-dessous  du  poêle,  l'appa- 
reil indiqué  par  la  figure  594.  Cet 
appareil  se  compose  d'une  plaque 
en  tôle  AB  mobile  autour  d'un  axe 
horizontal  fiixe,  dans  lequel  se 
trouve  son  centre  de  gravité,  et 
p-    gg^^  qui  peut  prendre ,  au  moyen  de 

deux  arrêts,  les  positions  AB  et 
A'B',  suivant  que  le  vent  arrive  par  les  extrémités  M  ou  N;  l'axe 
de  rotation  de  la  plaque  mobile  est  au-dessous  de  son  milieu  afin 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     303 

que  l'action  du  vent  soit  plus  grande  sur  la  partie  supérieure  de  la 
plaque  que  sur  sa  partie  inférieure.  La  section  des  canaux  d'accès,  de 
l'air  et  de  l'espace  annulaire  autour  du  poêle  de^a  être  calculée  en 
supposant  au  plus  une  vitesse  de  2""  par  seconde.  Ainsi,  pour  une  salle 
de  30  lits,  le  volume  d'air  appelé  par  seconde  serait  de  30 .  60  :  3600— 
0"^,50,  et  la  section  da  canal,  en  supposant  deux  portes,  serait  de 
0,50:2.2  — 0-M25. 

2603.  L'appel  aurait  lieu  par  une  cheminée  renfermant  le  tuyau  à 
fumée  du  fourneau  d'office  et  dans  laquelle  se  rendrait  l'air  brûlé  des 
poêles  ;  il  suffirait  d'élever  de  20*  la  température  de  l'air.  En  suppo- 
sant la  cheminée  de  1 0"  de  hauteur,  la  vitesse ,  abstraction  faite  des  rési- 
stances, serait  de  3"'80;  à  laquelle  il  faudrait  ajouter,  pendant  les  jours 
de  chauffage,  la  force  ascensionnelle  de  l'air  entre  le  poêle  et  la  double 
enveloppe.  Les  sections  de  passage'de  l'air  étant  suffisantes,  la  vitesse  de 
l'air  dans  la  cheminée  sera  toujours  supérieure  à  3".  Comme  l^de 
houille  peut  élever  1 200  mètres  cubes  de  20**,  la  ventilation  par  malade  et 
par  heure  coûterait  1^  60  :  1200— 0" 05,  et  par  jour  0''05. 24  =  1^20. 
En  comptant  la  houille  à  5  fr.  les  100^,  la  dépense  pour  la  ventilation 
par  malade  et  par  jour  s'élèverait  à  0^06,  et  par  an  à  21'  90,  mais  sans 
tenir  compte  des  frais  d'entretien  et  de  service.  Ces  derniers  frais  se- 
raient assez  faibles,  parce  qu'on  peut,  avec  une  surveillance  active,  se 
passer  d'un  chauffeur  spécial  ;  mais  les  frais  d'entretien  des  appareils  de 
chauffage  et  de  ventilation  se  trouvant  confondus  dans  la  disposition  in- 
diquée ne  laisseraient  pas  que  d'être  importants  à  cause  des  réparations 
assez  fréquentes  qu'exige  le  calorifère  à  air  chaud  et  surtout  de  l'usure 
très-rapide  des  tuyaux  en  tôle  dans  lesquels  circule  la  fumée. 

2604.  Pour  la  salle  de  30  lits,  prise  comme  exemple,  la  consom- 
mation de  combustible  dans  la  cheminée  d'appel  ne  s'élèverait  qu'à 
1*  50  par  heure,  d'après  les  chiffres  précédents  ;  c'est  une  consomma- 
tion faible  qui  se  réduirait  encore  l'hiver  par  l'effet  de  la  chaleur  res- 
tant  dans  la  fumée  des  poêles  calorifères,  et  aussi  parce  que  dans  cette 
saison  l'appel  se  trouve  déjà  favorisé  par  l'excès  de  la  température  inté- 
rieure sur  Textérieure. 

Le  foyer  d'appel  doit  être  à  combustion  lente,  ce  qu^on  obtient  au 
moyen  de  grandes  grilles  à  feux  languissants,  ou  en  se  servant  de  houille 
sèche,  de  coke  ou  d'anthracite,  et  en  employant  l'appareil  de  M.  Joly  ; 
ou  mieux,  tout  simplement  un  cylindre  d'argile  terminé  à  la  partie  su- 
périeure par  une  grille,  au-dessous  de  laquelle  se  trouverait  un  cen- 
drier fermé ,  garni  d'un  orifice  pour  l'accès  de  l'air  et  dont  on  pourrait 
régler  à  volonté  l'ouverture.  Les  petites  variations  d'intensité  du  foyer 


Digitized  by  VjOOQIC 


304    LIV.  XY.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

seraient  sans  influence  sur  la  Yeniilation  à  cause  de  la  chaleur  renfer- 
mée dans  la  maçonnerie  de  la  cheminée. 

2605.  Je  ne  propose  pas  de  mettre  à  profit  la  fumée^  ou  chaleur  per- 
due, du  fourneau  d'office  pour  produire  en  partie  l'appel  par  la  che- 
minée de  ventilation,  parce  que  souvent  on  se  dispense  d'installer  ce 
genre  de  fourneau  en  disposant  un  bain  de  sable  au-dessus  des  poêles 
calorifères^  pour  tenir  les  tisanes  chaudes  et  que  d'un  autre  côté, 
quand  on  en  installe  un,  la  chaleur  perdue  suffirait  tout  au  plus  pour 
l'appel  nécessaire  à  l'assainissement  des  lieux  d'aisances.  En  efiet,  un 
fourneau  d'office  desservant  une  salle  de  30  lits  brûlerait  au  plus  18 
à  20  kilogrammes  de  houille  par  jour  ;  la  chaleur  de  la  cheminée  d'un 
aussi  petit  foyer  ne  saurait  être  insufGsaute. 

2606.  Dans  ce  mode  de  ventilation,  l'air  de  la  pièce  devrait  constam- 
ment pénétrer  dans  la  cheminée  par  sa  partie  inférieure  ;  en  hiver,  il 
devrait  aussi  sortir  de  la  salle  par  la  partie  inférieure,  et  en  été,  quand 
l'air  extérieur  est  à  unç  température  plus  basse  que  celle  des  salles,  il 
devrait  en  sortir  par  la  partie  supérieure,  car  s'il  en  sortait  par  la  partie 
inférieure,  comme  il  tend  à  tomber  sur  le  sol,  il  s'écoulerait  sans  avoir 
renouvelé  l'air  de  la  salle  à  une  hauteur  suffisante,  et  par  suite,  la  ven- 
tilation serait  moins  efficace  pour  l'assainissement.  Pour  faire  sortir 
l'air  au  niveau  du  sol  et  le  plus  uniformément  possible,  il  faudrait  pra- 
tiquer autour  de  la  salle,  dans  l'épaisseur  de  la  muraille,  ou  en  saillie, 
un  canal  garni  de  nombreux  orifices  et  aboutissant  au  bas  de  la  che- 
minée ;  et  pour  le  faire  sortir  par  la  partie  supérieure  de  la  pièce,  le 
contour  du  plafond  devra  renfermer  un  canal  également  pourviTde 
nombreux  orifices,  et  aboutissait  à  deux  caisses  verticales  placées  de 
chaque  côté  de  la  cheminée  et  qui  déboucheraient  en  bas  dans  son  inté- 
rieur. Les  orifices  des  deux  canaux  de  ceinture  du  bas  et  du  haut  se- 
raient pourvus  de  registres  dont  on  aurait  déterminé  la  position  de 
manière  que  chacun  d'eux  laissât  passer  le  même  volume  d'air  dans  le 
même  temps,  et  les  écartements  de  ces  registres  étant  ainsi  fixés,  les 
registres  correspondants  du  plancher  et  du  plafond  seraient  reliés  entre 
eux  par  des  tringles,  de  manière  que  les  registres  d'en  haut  soient 
fermés  quand  ceux  d'en  bas  sont  ouverts,  et  réciproquement. 

2607.  Le  volume  d'air  sortant  des  salles  pourrait  facilement  être  con- 
staté à  chaque  instant  au  moyen  d'un  anémomètre  fixe  à  cadran  dis- 
posé comme  je  l'ai  indiqué  précédemment  (421).  On  pourrait  aussi  se 
servir  d'un  thermomètre  à  air  (563),  en  déterminant  par  expérience 
quel  doit  être  l'excès  moyen  de  la  température  de  l'air  dans  la  che-r 
minée,  pendant  les  mois  de  chaufiage  et  en  été. 


Digitized  by  VjOOQIC 


GHAP.  V[.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.    305 

L'ouverture  du  foyer  devrait  être  placée  dans  la  petite  office  qui  se 
trouve  à  côté  de  la  salle  des  malades. 

11  serait  très-importaot  de  garnir  le  somaiet  de  la  cheminée  d'un 
appareil  destiné  à  éviter  l'action  des  vents. 

2608.  Pour  un  petit  hôpital,  le  mode  précédent  de  chauffage  et  de 
ventilation  serait  préférable,  sous  le  rapport  de  la  dépense  d'installa* 
tion,  à  tous  les  autres  modes.  Et  sous  le  rapport  du  bon  fonctionnement 
et  de  la  dépense  annuelle,  il  vaudrait  encore  mieux  que  Temploi  des 
appareils  à  eau  chaude ,  mais  non  que  celui  du  système  mécanique  avec 
utilisation  de  la  vapeur  pour  le  chauffage.  On  a  souvent  dit ,  ménae 
dans  des  rapports  officiels,  que  Les  appareils  à  eau  chaude  offraient 
l'avantage  spécial  de  dispenser  de  tous  soins  même  pendant  la  nuit,  et 
par  conséquent  de  supprimer  les  frais  d'un  chauffeur  de  nuit  ;  ceci  est 
une  erreur  grave»  qjui  a  été  funeste  à  bien  des  malades.  Il  est  facile  de 
le  prouver  :  supposons  que  le  soir  on  cesse  le  feu  dans  le  foyer  d'un 
appareil  de  chauffîige  et  de  ventilation  à  l'eau  chaude,  la  pression  de 
l'eau  étant  même  à  sa  limite  supérieure  et  les  salles  à  lÔ""  ou  17'';  né- 
cessairement l'appareil  se  refroidira,  et  ce  refroidissement  sera  d'autant 
plus  rapide  que  la  température  extérieure  s'abaisse  à  mesure  que  la 
nuit  avance  ;  le  matin,  de  3  à  6  heures,  cette  température  sera  à  son 
minimum,  et  elle  réagira  d'autant  plus  sur  celle  des  salles  que  ces  der- 
nières recevront  moins  de  chaleur  des  poêles^  dont  l'eau  se  trouvera 
alors  notablement  refroidie.  Ainsi  l'abaissement  de  la  température  exté- 
rieure s'ajoutera  à  celui  de  l'eau  pour  refroidir  les  salles.  Ce  refroidisse- 
meut  des  saUes  a  été  tel  dajQS  w  l^àpiial  muni  d'appareils  à  eau  chaude 
du  système  de  M.  Duvoir-Leblanc,  qu'il  a  donné  lieu  aux  plaintes  des 
malades,  et  que  le  directeur,  après  s'être  assuré  de  leur  bien  fondé  au 
moyen  d'un  thermomètre  a  minimal  a  été  obligé  de  prendre  des  me- 
sures pour  y  faire  droit.  Déjà,  comme  je  l'ai  indiqué,  les  appareils  à 
eau  chaude  ne  sont  pas  assez  sensibles  pendaiU  le  jour,  malgré  la 
présence  du  chauffeur,  pour  empêcher  les  variations  de  la  tempéra- 
ture extéxieure  de  réagir  d'une  façon  incoqimode  sur  l'intérieure. 

2609.  Ainsi,  tous  les  modes  de  cho^uffage  et  de  ventilation  exigent 
doLis  les  hôpitaux,  des  soins  continus,  pour  obtenir  la  régularité  d'effet. 
Seulement,  ces  soins  peuvent  être  donnés,  dans  les  petits  hôpitaux, 
aux  calorifères  à  eau  dbaude  et  à  ceux  à  air  chaud,  ainsi  qu'aux  ciie« 
minces  d'appel ,  par  Jes  gî\rdes-malades,  tandis  que  la  ventilation 
mécanique  exige  un  chauffeur  de  nuit,  dont  les  frais  ne  seraient  pas 
toujours  alors  compensés  par  l'économie  de  charbon  résultant  do 
l'utilisation  de  la  vapeur  de  la  machine. 

ni,  '  20 

Digitized  by  VjOOQIC 


306    LIY.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2610.  11  résulte  des  considérations  précédentes,  qu'à  cause  de  la 
nécessité  d'avoir  un  chauffeur  de  nuit  et  de  l'accroissement  de  la  dé- 
pense d'installation,  on  ne  doit  donner  la  préférence  à  Temploi  d'une 
machine  ventilante  avec  chauffage  à  la  vapeur,  que  lorsqu'il  s'agit  d'un 
hôpital  de  cent  lits  et  plus.  Toutefois,  une  machine  ventilante  devrait 
être  préférée  à  une  cheminée  d'appel,  même  pour  les  plus  petits  hôpi- 
taux, lorsqu'il  serait  possible  de  lui  donner  le  mouvement  à  l'aide  d'une 
turbine  mettant  à  profit  la  chute  de  Teau  employée  dans  l'établissement. 
Dans  nombre  de  villes,  l'eau  se  trouve  à  une  assez  grande  hauteur  pour 
qu'en  se  rendant  aux  réservoii-s  de  l'hôpital,  elle  puisse  produire  la 
force  voulue  pour  une  ventilation  insufflée,  au  moins  la  nuit;  l'ap- 
pareil serait  alors  si  simple,  qu'il  fonctionnerait  sans  une  surveillance 
spéciale  pendant  la  nuit. 

2611.  Quand  il  s'agit  d'un  hôpital  renfermant  un  grand  nombre  de 
malades,  la  ventilation  mécanique  par  insufflation  devient  beaucoup 
plus  avantageuse,  dans  tous  les  cas  et  sous  tous  les  rapports,  même 
sous  celui  de  la  dépense,  en  y  comprenant  toute  espèce  de  frais. 

2612.  Sous  le  rapport  de  la  salubrité,  l'air  peut  être  pris  à  unegrande 
hauteur  dans  l'atmosphère ,  comme  à  Lariboisière,  où  il  est  certaine- 
ment plus  pur  qu'à  la  surface  du  sol  et  même  qu'à  une  certaine  dis- 
tance de  celui-ci.  L'air  étant  insufflé  et  projeté  de  bas  en  haut,  les 
vapeurs  odorantes  sont  plus  rapidement  entraînées  que  par  le  môme 
volume  d'air  appelé,  comme  le  démontrent  d'ailleurs  les  expériences 
faites  à  Beaujon  par  M.  Grassi.  Enfin  on  peut  plus  facilement  acci*oî- 
tre  la  ventilation,  en  cas  d'urgence,  que  par  une  cheminée  d'appel, 
dodt  l'effet  n'augmente  que  très-lentement  avec  la  consommation  de 
combustible,  et  a  d'ailleurs  un  maximum  qui  ne  peut  pas  être  dé- 
passé. 

2613.  Sous  le  rapport  de  la  dépense  annuelle,  les  frais  de  chauffeur 
et  de  surveillance  des  machines  restent  les  mêmes,  que  la  force  soit  de 
deux  ou  de  dix  chevaux.  La  chaleur  de  la  vapeur  d'échappement 
étant  employée  utilement,  la  dépense  réelle  pour  le  chauffage  et  la 
ventilation  se  réduirait  à  la  dépense  du  chauffage  seul,  aux  gages  des 
chauffeurs,  aux  frais  d'entretien  des  machines  et  à  l'intérêt  du  capital 
employé  à  la  construction  des  appareils.  Mais  dans  de  grands  établis- 
sements le  chauffage  par  un  foyer  unique,  au  moyen  de  la  vapeur,  re- 
vient certainement  à  un  prix  moins  élevé,  à  effet  égal,  que  le  chauffage 
partiel  par  les  poêles,  ou  les  calorifères,  en  y  comprenant  les  dépenses 
de  toute  espèce.  Comme  l'accroissement  de  dépense  résultant  des  ap- 
pareils relatifs  à  la  ventilation  et  à  l'emploi  utile  de  la  chaleur  serait 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      307 

peu  considérable,  à  mon  avis,  il  n'y  a  pas  à  hésiter  à  produire  en  même 
temps  le  chauffage  et  la  ventilation  par  la  vapeur,  en  utilisant  la  cha- 
leur de  la  vapeur  détendue  au  chauffage  de  Tair  de  ventilation  et  aux 
différents  services  dans  lesquels   elle   pourrait  toujours  être  utilisée 
en  totalité.  Pour  chaque  établissement  une  étude  sérieuse  de  la  ques- 
tion examinée  dans  la  supposition  d'un  chauffage  et  d'une  ventilation 
de  chaque  salle,  ou  de  chaque  pavillon,  par  des  poêles  et  des  chemi- 
nées d'appel,  et  d'un  chauffage  et  d'une  ventilation  mécaniques  au 
moyen  d'un   seul  foyer,  conduirait  facilement  à  une  appréciation 
exacte  des  dépenses  dans  les  deux  cas.  Le  plus  souvent  la  dépense 
d'installation  de  la  ventilation  insufflée  avec  chauffage  par  la  vapeur 
se  trouvera  bien  réduite  par  l'existence  d'une  chaudière  à  vapeur  et 
quelquefois  même  d'une  machine  servant  aux  bains  et  à  la  buanderie. 
2614.  Les  dispositions  les  plus  convenables  seraient  encore  celles  qui 
ont  été  employées  à  l'hôpital  Lariboisière ,  où  les  mêmes  généra- 
teurs, la  même  machine,  desservis  par  les  mêmes  chauffeurs,  sont  em- 
ployés à  la  fois,  pour  le  chauffage,  la  ventilation,  les  bains,  la  buan- 
derie et  l'élévation  de  l'eau.  Il  y  aurait  cependant  à  examiner  s'il  ne 
serait  pas  plus  avantageux  de  conduire  l'air  lancé  par  les  machines 
dans  des  canaux  souterrains  en  maçonnerie  dont  les  surfaces  se- 
raient recouvertes  de  différents  enduits  propres  à  éviter  les  pertes  et 
l'humidité,  comme  le  ciment  hydraulique,  le  plâtre  aluné,le  bitume; 
mais  ce  moyen  n'est  guère  praticable  que  lors  de  la  construction  des 
bâtiments.  Il  est  toujours  avantageux  de  faire  écouler  l'air  dans  les 
salles  par  des  jets  verticaux  dirigés  de  bas  en  haut.  Il  est  important  que 
les  veines  d'accès  de  l'air  extérieur  soient  dirigées  de  bas  en  haut,  et 
qu'elles  partent  d'une  certaine  hauteur;  elles  tendent  alors  à  gagner 
la  partie  supérieure  des  salles  ;  ce  qui  arrivé  nécessairement  quand  la 
température  de  ces  veines  est  plus  élevée  que  celle  de  la  salle;  si  le 
contraire  avait  lieu,  comme  en  été,  la  vitesse  d'écoulement  serait  dimi- 
nuée, et  l'air  lancé,  appelé  d'ailleurs  par  les  cheminées  partielles  d'é- 
coulement, pourrait  ne  pas  atteindre  une  hauteur  suffisante  pour  l'as- 
sainissement. Je  pense  qu'il  serait  toujours  utiled'avoir  desorifices  dans 
lesgaîncs  d'évacuation  qu'on  n'ouvrirait  que  dans  les  circonstances  con- 
venables, quand  l'air  extérieur  arriverait  à  une  température  bien  infé- 
rieure à  celle  des  salles  :  dans  ce  cas  il  serait  utile  de  faire  tomber  les 
veines  d'air  froid  sur  le  sol  en  les  recouvrant  d'un  chapeau.  Les  orifices 
supérieurs  des  salles  sont  cependant  moins  nécessaires,  quand  la  venti- 
lation a  lieu  par  pression  que  quand  elle  est  produite  par  une  cheminée 
d'appel  à  cause  de  l'appel  très-énergique  qui  a  lieu  aux  orifices  d'accès 


Digitized  by  VjOOQIC 


^^^.    LIY.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

<i6  Tair  dans  la  cbemÎDée  qui  agît  pour  diminuer  la  vitesse  d'ascension 
^^  veines, 

On  pourrait  parfois  éviter  le  chauffeur  de  nuit  en  élevant  pendant 
'^  jour  un  certain  volume  d'eau  qui  s'écoulerait  pendant  la  nuit. 
M.  le  docteur  Arnott  a  établi  à  l'hôpital  d'York  un  appareil  ventilant 
9Ui  fonctionne  par  la  chute  de  l'eau.  Cet  appareil  représenta  {fig,  595) 


Kh 


a 


'    X 


^^ 


'/y 


V, 


-^^ 


Fig,  595. 

se  compose  d'une  cloche  en  tôle  FFFF  ou  gazomètre  de  6  pieds 

anglais   de  diamètre  sur  5  pieds  de  hauteur.  Elle  est  suspendue  par 

«ne  chaîne    GG  à  l'exirémiié  du  balancier  GNP  ;  à  l'autre  extrémité 

^^   attaché  par  une  chaîne  Q  un  conrlre-poids.  La  cloche  semeut  dans 

^n  cylindre  ABCD  en  tôle,  au  milieu  duquel  est  fixée  une  rainure  pro- 

nde  EE  pleine  d'eau.  Dans  son  mouvement  l'extrémité  ouverte  de  la 

oche  est  toujours  plongée  dans  cette  eau.  Quand  la  cloche  descend, 

s  soupapes  H  s'ouvrent  pour  lancer  en  entier  l'air  dans  le  cylindre,  et 


Digitized  by  VjOOQIC 


GHAP.  VI.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.      30» 

les  soupapes  K  en  même  temps  pour  faire  communiquer  Textéricur  de 
la  cloche  avec  les  tuyaux  de  conduite  d^air.  Quand  la  cloche  remonte, 
les  soupapes  H  et  K  se  ferment,  et  les  soupapes  L  et  1  s'ouvrent.  Une  pe- 
tite machine  à  colonne  d'eau  1  de  2  pouces  de  diamètre  donne  au 
moyen  de  la  tige  K  le  mouvement  au  balancier  qui  oscille  autour  de^ 
l'axe  0.  Le  mouvement  alternatif  se  produit  en  établissant  successive* 
ment  la  communication  du  corps  de  pompe  iy  tantôt  avec  le  réser- 
voir M  par  le  tuyau  ab^  tantôt  avec  le  vase  V  par  le  tuyau  de  dé- 
charge ff.  Cette  communication  alternative  s'effectue  au  moyen  du 
tiroir  C  mis  en  mouvement  par  le  triangle  /,  dont  les  taquets  m  et 
n  font  osciller  les  leviers  ^ei  p.  h  est  un  réservoir  d'air  comprimé,  c 
un  robinet  d'air,  et  S  et  T  des  ressorts  pour  empêcher  des  chocs.  Cet 
appareil  est,  comme  on  le  voit,  assez  compliqué,  et  il  serait  certaine- 
ment plus  simple  de  faire  agir  l'eau  sur  une  petite  turbine  ;  l'en- 
semble est  d'ailleurs  très-volumineux  et  encombrant.  Mais  de  tels 
moyens  ne  seraient,  en  tout  cas,  réalisables  que  pour  des  établisse- 
ments ne  renfermant  qu'un  petit  nombre  de  malades. 

2615.  Quant  à  la  machine  ventilante  elle-même,  il  est  peu 
important  qu^elle  utilise  une  portion  plus  ou  moins  grande  du  tra- 
vail de  la  vapeur,  du  moment  où  la  chaleur  de  la  vapeur  détendue 
peut  être  employée  utilement.  Mais  il  serait  dans  tous  les  cas  impor- 
tant d'employer  les  appareils  les  plus  simples^  et  de  les  disposer  de 
manière  a  ce  qu'ils  ne  fissent  pas  de  bruit. 

2616.  Sous  le  rapport  de  l'assainissement,  il  y  aurait  sans  aucun 
doute  un  grand  avantage  à  faire  arriver  l'air  extérieur  par  un  grand 
nombre  d'orifices  percés  dans  le  plancher  et  surtout  autour  des  lits,  et 
à  faire  sortir  l'air  par  des  orifices  pratiqués  dans  le  plafond  ou  seule- 
ment par  des  oriiices  percés  dans  un  canal  qui  ferait  le  tour  du  pla- 
fond; parce  que  chaque  malade  respirerait  constamment  de  l'air  pur, 
tandis  que  dans  la  disposition  ordinaire  il  ne  respire  que  de  l'air  déj.i 
plus  ou  moins  vicié  par  son  séjour  dans  la  salle.  Mais  cette  disposition 
présenterait  des  difficultés  d'exécution,  et  on  pourrait  crs^indre  que  si 
des  matières  insalubres  pénétraient  dans  les  orifices  du  plancher,  ce 
qu'il  serait  bien  difficile  d'éviter,  ces  matières  ne  devinssent  des  foyers 
permanents  d'insalubrité  de  l'air.  En  outre,  il  faudrait  que  la  chaleur 
transmise  par  les  vitres  et  les  murailles  fût  fournie  par  des  surfaces 
rayonnantes  ;  autrement  il  se  formerait  des  courants  d'air  descendants 
contre  les  surfaces  intérieures  des  vitres  et  des  murailles  qui  ramène- 
raient sur  le  plancher  de  l'air  plus  ou  moins  vicié  qui  se  mêlerait  avec 
l'air  de  ventilation. 


Digitized  by  VjOOQIC 


3i0    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

2617.  Quoique  les  appareils  de  chauffage  et  de  yentilation  disposés 
selon  la  méthode  ordinaire,  dans  lesquels  l'air  marche  d'abord  de  bas  en 
haut,  et  ensuite  de  haut  en  bas,  laissent  quelque  chose  à  désirer  sous  le 
rapport  de  la  pureté  de  Tair  respiré  par  les  malades,  mais  d'autant 
moins  que  le  volume  employé  est  plus  grand,  il  serait  cependant 
bien  à  souhaiter  que  tous  les  hôpitaux  fussent  pourvus  de  semblables 
appareils;  il  en  résulterait,  sans  aucun  doute,  une  très-grande  amélio» 
ration  dans  Tétat  sanitaire,  et  certainement  la  disparition  des  maladies 
spéciales  aux  hôpitaux,  qui  proviennent  de  l'absence  d'une  ventilation 
efficace,  régulière  et  suffisante. 

2618.  Quoique  la  ventilation  mécanique  insufflée  soit  bien  préfé- 
rable, sous  tous  les  rapports,  à  la  ventilation  par  une  cheminée  d'appel, 
même  partant  du  sol,  du  moins  pour  les  grands  hôpitaux,  on  comprend 
facilement  que  certaines  personnes  redoutent  l'emploi  des  machines, 
dont  elles  s'exagèrent  les  embarras,  et  regardent  comme  préférable  la 
ventilation  par  une  cheminée  d'appel,  à  cause  de  sa  simplicité,  de  l'ab- 
sence  de  toute  espèce  de  dérangement,  et  malgré  l'accroissement  de 
dépense  de  combustible,  accroissement  un  peu  atténué  par  l'intérêt  du 
capital  dépensé  en  machines  et  par  les  trais  d'entretien.  Sous  le  rapport 
de  la  consommation,  la  dépense  réelle  serait  pourtant  très-considé- 
rable; car  la  consomniation  de  combustible  pour  la  ventilation  par 
une  cheminée,  s'élevant  à  peu  près  à  21''"  90  par  lit,  pour  un  hôpital 
de  600  lits,  elle  atteint  13140  fr.,  somme  certainement  beaucoup  plus 
considérable  que  l'intérêt  du  capital  dépensé  en  machines,  que  les 
frais  d'entretien  et  de  charbon  et  le  salaire  du  mécanicien.  Il  est  à  re- 
marquer que  les  dépenses  de  premier  établissement  pour  les  conduits 
d'air,  allant  de  la  machine  aux  salles  ou  des  salles  à  la  cheminée,  se- 
raient plutôt  inférieures  dans  le  premier  cas  que  supérieures  à  celles 
du  second. 

L'objection  principale  contre  l'emploi  de  la  ventilation  mécanique 
disparait  dans  les  établissements  où  il  existe  déjà  une  chaudière  à  va- 
peur, ou  une  machine  pour  d'autres  services. 

Dans  le  cas  d'une  ventilation  par  pulsion,  ou  par  appel,  le  chauffage 
peut  s'effectuer  à  la  vapeur  ou  à  Teau  chaude  ;  mais  avec  ce  dernier 
mode,  les  réservoirs  d'eau  nedevraient  avoir  qu'une  très-faible  capacité, 
afin  que  le  chauffage  puisse  suivre  un  peu  les  variations  de  la  tem- 
pérature extérieure. 

2619.  Dans  le  cas  d'une  ventilation  par  appel,  une  cheminée  par- 
tant des  combles  et  renfermant  des  poêles,  ou  calorifères,  à  eau  chaude, 
serait  la  plus  mauvaise  disposition  qu'on  puisse  employer,  1'  parce 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VI.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  HOSPICES.     3H 

que  l'appel  du  même  volume  d'air  exigerait  une  plus  grande  dépense 
de  chaleur  que  quand  on  fait  descendre  l'air  et  qu'on  le  fait  écouler  par 
une  cheminée  d'appel  parlant  du  sol,  comme  je  l'ai  démontré  (2064)  ; 
2*  parce  que  les  surfaces  de  chauffe  de  l'air,  devant  avoir  une  étendue 
considérable,  occasionneraient  de  grands  frais  d'établissement  ;  3"  parce 
qu'il  serait  assez  difficile  d'avoir  une  mesure  permanente  de  la  venti- 
lation, et  par  conséquent  de  la  régler,  même  quand  le  chauffage  du 
poêle  de  la  cheminée  s'effectuerait  par  un  foyer  spécial. 

2620.  Mais,  dans  tous  les  systèmes  et  les  dispositions  possibles  de 
chauffage  et  de  ventilation,  je  ne  puis  trop  le  répéter,  il  est  nécessaire 
d'installer  dans  les  saHes,  ou  à  proximité,  un  appareil  permanent  indi- 
quant à  chaque  instant  l'état  de  la  ventilation,  et  un  autre  enregistrant 
la  ventilation  ;  ces  appareils  sont  surtout  indispensables  quand  la  ven- 
tilation est  donnée  à  forfait.  Un  entrepreneur  de  chauffage  et  de  venti- 
lation à  forfait  qui  voudrait,  sous  un  prétexte  quelconque,  se  soustraire 
à  rétablissement  de  ces  appareils  de  contrôle,  pourrait  évidemment 
être  soupçonné  de  ne  pas  vouloir  exécuter  loyalement  son  traité. 

Avec  la  ventilation  mécanique,  l'appareil  enregistreur  peut  simple- 
ment consister  dans  un  compteur  ordinaire  adapté,  soit  à  la  machine 
motrice,  soit  au  ventilateur.  Mais  l'enregistrement  ne  laisse  pas  que 
de  devenir  compliqué  et  sujet  à  erreur  pour  les  divers  modes  de  venti- 
lation par  appel. 

2621 .  Le  contrôle  do  la  température  des  salles  n'est  pas  moins  indis- 
pensable que  celui  du  volume  d'air  :  on  le  réalise  très-facilement  pen- 
dant le  jour  avec  des  thermomètres  ordinaires  ;  mais  pour  la  nuit,  l'em- 
ploi de  thermomètres  à  minimâ  devient  nécessaire.  L'application  de 
ces  derniers  thermomètres  a  montré  combien  est  erronée  l'opinion  des 
personnes  qui  ont  écrit,  et  même  consigné  dans  des  rapports  offi- 
ciels, qu'avec  le  chauffage  à  l'eau  chaude,  on  pouvait  entièrement 
suspendre  le  feu  la  nuit,  sans  que  la  température  des  salles  descendit 
sensiblement  au-dessous  du  chiffre  réglementaire  de  15*.  La  tempéra- 
ture descend  bien  au-dessous  de  ce  chiffre  déjà  trop  faible. 

2622.  Malheureusement,  il  existe  quelques  grands  hôpitaux  dont 
les  administrations  ne  peuvent  pas  faire  la  dépense  qu'exigerait  la  con- 
struction des  appareils  de  ventilation,  et  qui  ne  peuvent  réellement 
opérer  que  des  améliorations  successives  très-peu  coûteuses.  Pour  ces 
établissements,  il  n'y  a  qu'un  parti  à  prendre,  c'est  de  ventiler  succes- 
sivement les  salles  par  une  cheminée  d'appel,  comme  je  l'ai  indiqué 
précédemment  en  parlant  des  petits  hôpitaux.  Lés  dépenses  en  frais 
d'établissement  seraient  assez  faibles  ;  car  partout  il  y  a  des  poêles;  et 


Digitized  by  VjOOQIC 


3\^    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

il  suffirait  de  les  entourer  d'une  enveloppe  en  terre  cuite  ou  en  métal, 
de  faire  communiquer  rintervalle  des  poêles  et  des  envelopf>es  avec  l'air 
extérieur  et  d'établir  une  cheminée  d'une  section  suffisante  renfermant 
la  cheminée  en  tôle  ou  en  fonte  du  fourneau  d'office  recevant  l'air 
brûlé  deç  tuyaux  de  poêle,  enfin,  de  mettre  en  communication  le  bas 
de  la  cheminée  d'appel  avec  dès  canaux  placés  à  la  partie  inférieure 
et  supérieure  de  la  pièce,  percés  d'orifices  convenablement  placés. 
Je  pense  que  pour  obtenir  une  grande  uniformité  de  chanfiage  et  de 
ventilation,  il  serait  nécessaire  que  le  nombre  dés  lits  ne  dépassât  pas 
20  par  salle.  L'dnlélioration  qui  résulterait  de  ces  dispositions  exige- 
rait peu  de  dépenses,  et  serait  déjà  un  gnirul  progrès  sur  ce  qui  existe 
ddns  nombre  d'hôpitaux,  quand  même  on  réduirait  ces  hiodifications 
à  l'accès  de  l'air  extérieur  par  l'intervalle  des  poêles  et  de  leurs  enve- 
loppes et  à  une  cheminée  d'appel  seulertietit  ouverte  pat-  le  bas. 


CHAPITRE    VIL 

CHAUFFAGE  ET  ASSAINISSEMENT  DES  ÉCOLES  PRIMAIRESET  DES  SALLES  D'ASILE 
DES  MAISONS  D'ÉDUCATION,  ETC. 

Écolefl  primalrefl  et  salles  d'asile. 

2623.  Les  écoles  primaires  et  les  salles  d'asile  sont  quelquefois  insa- 
lubres par  l'humidité  du  sol,  ou  par  les  mauvaises  dispositions  des 
latrines;  mais  elles  le  sont  surtout  par  le  défaut  de  ventilation,  d'autant 
plus  que  les  salles  contiennent  habituellement  tous  les  élèves  qu'elles 
peuvent  renfermer,  et  qu'elles  n'ont  jamais  une  grande  hauteur,  A  la 
vérité,  on  peut  renouveler  l'air  des  salles  le  matin  et  entre  les  classes; 
on  peut  même,  dans  les  moments  de  température  convenable,  ouvrir 
les  fenêtres  pendant  les  classes;  maïs  le  renouvellement  périodique  de 
l'air,  en  supposant  qu'il  ait  lieu  complètement,  n'est  pas  suffisant  ;  et 
il  est  peu  de  jours  de  l'année,  pendant  lesquels  on  puisse  maintenir 
constamment  les  fenêtres  ouvertes,  à  cause  de  mille  circonstances, 
telles  que  le  bruit  extérieur,  la  pluie,  le  vent  et  le  froid.  Aussi,  dans 
toutes  les  saisons,  le  plus  souvent  après  moins  d'une  heure  de  séjour 
des  enfants,  les  salles  d'école  et  les  salles  d'asile  ont  contracté  \me  odeur 
insupportable.  La  santé  des  enfants  et  celledes  maîtres  doivent  nécessai- 
rement souffrir  d'un  séjour  prolongé,  et  qui  se  renouvelle  si  souvent, 
dans  un  air  rendu  fétide  par  la  respiration  et  la  malpropreté  des  enfants. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VII.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAIN.  DES  ÉCOLES  PRIMAIRES,  ETC.     3i3 

L'assainissement  des  écoles  primaires  et  des  salles  d'asile,  par  un 
renouvellement  conTenable  de  Tair,  est  donc  une  chose  importante, 
bien  digne  d'appeler  toute  la  sollicitude  des  personnes  qui ,  à  différents 
titres^  participent  ou  à  la  direction  ou  à  la  surveillance  de  ces  établisse- 
ments. 

2624.  Pendant  l'inspection  générale  dont  je  fus  chargé  en  1840, 
j'eus  l'occasioil  de  visiter  quelques  écoles  primaires  annexées  aux  écoles 
normales;  leur  insalubrité  résultant  de  la  stagnation  de  l'air  me  frappa 
tellement,  qu'à  mon  retour  je  crus  devoir  adresser  au  Ministre  de  l'in-' 
struction  publique,  les  plus  vives  réclamations  sur  lin  état  de  choses  qui 
compromettait  à  un  si  haut  degré  la  santé  des  enfants.  A  la  suite  de 
mon  rapport,  et  par  ordre  du  Ministre,  j'ai  rédigé  une  instruction  sur 
le  chauffage  et  l'assainissement  des  écoles  primaires  et  des  salles  d'asile. 
Celle  instruction  a  été  imprimée  aux  frais  de  TÉtai,  et  distribuée  aux 
personnes  qui,  par  leur  position,  pouvaient  concourir  à  l'amélioration 
(lu  système  actuel,  je  résumerai  feii  peu  de  mots  iës  principes  et  les 
détails  renfermés  dans  cette  instruction  et  les  améliorations  que  l'expé- 
rience à  indiquées  depuis. 

Indépendamment  des  conditions  relatives  au  chauffage  et  à  la  venti- 
lation auxquelles  l'appareil  doit  satisfaire,  il  faut,  en  outre,  que  l'appa- 
reil soit  d'une  extrême  simplicité,  facile  à  réparer,  à  l'abri  de  tout 
accident;  qu'il  .utilise  la  thaleur  le  mieux  possible;  qu'il  soit  placé 
dans  la  pièce  elle-même,  parce  que  le  maître  doit  le  diriger.  On  ne 
beut  satisfaire  à  ces  conditions  qu'en  employant  un  calorifère  dans 
ifcquel  l'air  est  chauffé  Satts  àulre  intermédiaire  que  des  plaques  métal- 
liques. 

2625.  Les  figures  596,  597  et  598  représentent  l'ensemble  des  clîs- 
J)Ositions  les  plus  simples  et  les  pîiis  convenables  pour  les  établisse- 
iTients  dont  il  s'agit.  La  première  i^préscTite  une  coupe  longitudinale 
d'un  bâtiment  renfermant  une  écofe  à  deux  étages  ;  la  figure  597,  une 
coupe  verticale  par  les  poêles  ;  la  figure  598,  une  colipe  verticale  à  une 
échelle  un  j^u  plus  grfthdè,  dans  Uquelle  on  voit  une  projection  de  la 
cheminée  d'appel.  À,  estrade  dû  maître  ;  B,  ft,  bûnt»  des  élèves  ;  C^  C, 
eàiorîfères  chauffant  de  l'air  apjpeU  de  i'eiferieùr  ;  D,  D,  tuyaui  à 
fumée  qui  parcourent  la  salle  dans  toute  sa  longueur,  et  se  rendent 
dans  la  cheminée  d'appel  ;  E,  cheminée  d'appel  ;  F,  F,  caisses  en  bois 
ou  en  plâtre,  placées 'de  chaque  côté  de  la  cheminée,  communiquant 
avec  elle,  chacune  par  un  orifice  latéral  situé  près  du  plancher  et  au- 
dessous  de  la  grille  du  foyer  ;  G,  G' ,  orifices  d'appel  de  l'air  de  la  pièce, 
les  premiers  sont  placés  près  du  sol,  les  deux  autres  près  du  plafond  ; 


Digitized  by  VjOOQIC 


314    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITES. 

ceux  qui  sont  d'un  même  côté  peuvent  être  plus  ou  moins  fermés  par 
des  registres  reliés  par  une  tringle,  de  manière  que,  quand  un  de  ces 
oriGces  est  fermé,  l'autre  est  ouvert.  H,  H,  tuyaux  communiquant  avec 
l'extérieur  et  avec  l'intervalle  compris  entre  chaque  poêle  et  son  enve- 


Fig.  596. 

loppe.  L'air  échauffé  se  rend  d'abord  à  la  partie  supérieure  de  la  salle, 
et  descend  par  couches  isothermes  jusqu'au  niveau  du  sol  où  se  trou- 


Ftg.  598. 


vent,  en  hiver,  les  orifices  d'appel,  et  par  conséquent,  la  température 
de  la  salle  est  sensiblement  la  même  à  la  même  hauteur.  Les  calori- 
fères doivent  être  placés  près  de  l'estrade,  parce  qu'ils  doivent  être 
surveillés  par  le  maître.  Les  tuyaux  à  fumée  doivent  traverser  la  salle. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  Vil.— CHAUFFAGE  ET  ASSAIN.  DES  ÉCOLES  PRIMAIRES,  ETC.    3J5 

non-seulement  pour  y  répartir  plus  uniformément  la  chaleur,  mais 
surtout  pour  obtenir  une  plus  grande  économie  de  combustible  en 
refroidissant  presque  complètement  Tair  brûlé.  Les  orifices  situés  près 
du  plafond  ne  peuvent  servir  qu  en  été.  Pendant  les  jours  de  chauffage, 
la  ventilation  résulte  de  la  force  ascensionnelle  de  Tair  extérieur  autour 
des  poêles  et  de  celle  de  Tair  dans  la  cheminée  dont  la  température  est 
égale  à  celle  de  la  salle,  augmentée  à  une  certaine  hauteur  par  la  cha- 
leur de  l'air  brûlé  des  poêles.  En  général,  le  foyer  placé  au  bas  de  la 
cheminée  ne  doit  servir  que  dans  certains  jours  d'été. 

2626.  On  pourrait  introduire  dans  cette  disposition  générale  quel- 
ques modifications  assez  importantes.  Pour  chauffer  économiquement 
la  salle,  avant  Tarrivée  des  élèves,  moment  où  on  n'a  pas  encore  besoin^ 
de  ventilation,  il  faudrait  effectuer  ce  chauffage  par  la  circulation  du 
même  air  autour  des  poêles,  et  pour  cela  il  faudrait  :  1''  établir  xme 
communication  des  enveloppes  avec  la  salle  près  du  sol,  qu'on  ferme- 
rait quand  la  ventilation  devrait  être  rétablie  ;  2^  rendre  indépendants 
les  registres  d'accès  de  Tair  dans  les  deux  coffres  placés  de  chaque  côté 
de  la  cheminée,  afin  de  pouvoir  supprimer  la  sortie  de  l'air.  Enfin,  il 
serait  utile  de  favoriser  la  sortie  de  Tair  en  été,  quand  la  ventilation 
n'a  pas  besoin  d'être  activée  par  le  foyer  d'appel.  En  pratiquant  dans  la 
cheminée,  et  à  la  hauteur  du  plafond,  une  ouverture  fermée  par  un 
registre,  qu'on  maintiendrait  complètement  ouvert  dans  le  cas  dont  il 
est  question  ;  l'air  n'éprouvant  que  peu  de  résistance,  s'écoulerait  avec 
une  plus  grande  vitesse  que  quand  il  descend  par  les  caisses  latérales  F, 
dans  lesquelles  il  subit  trois  changements  de  direction  à  angle  droit. 

2627.  Pour  les  salles  d'asile,  il  est  nécessaire  de  chauffer  et  de  ven- 
tiler la  salle  et  le  préau.  Dans  la  salle,  le  calorifère  doit  être  placé  à 
l'extrémité  opposée  aux  gradins  occupés  par  les  enfants,  et  il  convient 
de  faire  sortir  l'air  par  des  orifices  très-nombreux  percés  dans  les  con- 
tre-marches et  d'une  section  totale  quatre  ou  cinq  fois  plus  grande  que 
celle  de  la  cheminée  d'appel,  afin  que  la  vitesse  de  l'air  y  soit  insen- 
sible, ou  seulement  par  quatre  ou  cinq  orifices  percés  près  du  sol  sur 
les  faces  latérales  des  gradins. 

2628.  Lorsqu'il  n'y  a  qu'un  seul  calorifère,  il  est  préférable  de  le 
placer  au  milieu  de  la  salle.  Quand  il  y  en  a  deux,  il  convient  de  les 
disposer  de  manière  que  la  distance  qui  les  sépare  soit  double  de  leur 
distance  aux  murs  latéraux.  Pour  les  salles  dont  la  longueur  dépasse 
30  mètres,  et  qui  sont  destinées  à  renfermer  plus  de  300  enfants,  si  on 
plaçait  les  calorifères  à  une  extrémité,  la  fumée  arriverait  trop  refroi- 
die dans  la  cheminée  d'appel,  et  le  renouvellement  de  l'air  pourrait 


Digitized  by  VjOOQIC 


316    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

être  insuffisant  ;  dans  ce  cas,  il  serait  plus  convenable  de  placer  les  ca- 
lorifères près  du  milieu  de  la  salle,  et  de  donner  à  chacun  d'eux  deux 
tuyaux  de  fumée  aboutissant,  Tun  à  droite,  Taulre  à  gauche,  à  une 
cheminée  d'appel  placée  à  chaque  extrémité;  des  registres  permettraient 
de  répartir  également  la  fumée  dans  chacun  des  tuyaux»  On  pourrait 
aussi  effectuer  séparément  le  chauffage  et  la  Tentilation  par  des  appa- 
reils distincts.  Les  calorifères,  placés  à  une  extrémité,  auraient  des 
Uiyaux  à  fumée  qui,  après  avoir  parcouiru  une  partie  de  la  salle,  re- 
viendraient sur  eux-mêmes  pour  gagner  une  cheminée  commune,  et, 
à  l'autre  extrémité,  on  placerait  un  petit  poêle  sans  enveloppe^  dont 
le  tuyau  se  rendrait  directement  dans  la  cheminée  d*appel. 
2620.  Les  calorifères  sont  disposés  comme  l'indiquent  les  figu* 


Fig,  599, 


Fig.  m. 


res  599, 600,  601 .  La  première  est  une  élévation  ;  les  deux  autres  sont 
deux  coupes  verticales  :  ABCD,  prisme  reclangulaire  en  tôle  ou  en 
fonte  qui  entoure  le  foyer;  A'B'C'D',  prisme  intérieur  en  tôle  fixé  sur 
le  sol  ;  E, foyer;  F,  cendrier;  G,  porte  du  foyet;  H,  porte  du  cendrier; 
I,  porte  au-dessous  du  cendrier  et  qui  ne  reste  ouverte  que  lorsqu'on 
chauffe  la  pièce  sans  la  ventiler  ;  R,  registre  tournant  qui  permet  d'in- 
tercepter la  communication  de  la  salle  avec  l'exlérieur;  on  peut  le 


Digitized  by  CjOOQiC 


CHVIV  VII.  — CHAUFFAGE  ET  ASSAIN.  DES  ÉCOLES  PRIMAIBES,  ETC.    317 

maintenir  dans  dllGirentes  positions  au  moyen  d*une  manivelle  dont 
l*eitrémité  est  munie  d'une  cheville  qui  s'engage  dans  des  trous  percés 
sur  un  demi-cercle  en  fer  fixé  sur  le  sol  ;  M,  briques  qui  environnent 
le  foyer  ;  S,  canal  qui  an)ène  Tair  extérieur  dans  le  calorifère.  On 
donne  aussi  souvent  à  ce  calorifère  la  forme  cylindrique. 

Il  est  facile  d'utiliser  les  poêles  déjà  existants  en  les  entourant  d'une 
chemise  en  tôle,  garnie  de  deux  portes,  l'une  en  face  de  celle  du  foyer 
du  poêle,  l'autre  du  côté  opposé,  pour  cbauiTer  Tair  de  la  pièce,  sans 
ventilation»  avant  l'heure  des  classes;  mais  une  communication  avec 
Textérieury  et  un  registre  destiné  à  intercepter^  à  volonté,  cette  commu- 
nication, devient  alors  indispensable. 

Pour  des  salles  destinées  à  renfermer  1 50  élèves,  on  doit  donner  aux 
tuyaux  à  fumée  au  moins  0°*  15  de  diamètre;  pour  des  salles  plus 
grandes,  il  serait  convenable  de  les  porter  à  0""  18  ou  O"*  20.  Ces  dia- 
mètres suffisent  pour  le  tirage^  de  plus  grands  auraient  l'inconvénient 
de  refroidir  trop  la  fumée  et  de  diminuer  l'effet  des  cheminées  d'appel. 
11  en  serait  de  même  si  on  donnait  aux  tuyaux  un  trop  long  dévelop- 
pement, ou  si  on  leur  faisait  faire  trop  de  coudes.  Il  est  indispensable 
pourunbon  fonctionnement  que  la  fumée  ne  sorte  pas  trop  refroidie.  Les 
diamètres  des  tuyaux  croissent  (leiii  avec  le  nombre  des  élèves  :  i""  parce 
qu'au  delà  de  50  élèves,  nous  supposons  qu'on  emploie  deux  calorifères; 
2""  parce  qu'en  réalité,  la  dépense  <{e  combustible  augmente  peu.  Ce 
fait  résulte  de  ce  que  la  surface  des  vitres  et  des  murailles,  par  les- 
qudles  se  perd  une  grande  partie  de  la  chaleur,  n'auguiente  pas  pro- 
portionnellement au  nombre  des  élèves,  et  de  ce  que  la  chaleur  pro- 
duite par  l'acte  de  la  respiration  fournit  Mne  portion  notable  de  la  quan- 
tité de  chaleur  nécessaire. 

Les  dimensions  du  cylindre  intérieur  des  poêles  sont  à  peu  près 
1^  20  de  hauteur  sur  0"  40  de  largeur.  L'enveloppe  extérieure  peut 
être  en  tôle,  en  fonte  ou  en  terre  cuite  ;  ceite  dernière  matière  aurait 
Tavantage  de  diminuer  la  température  de  la  surface  extérieure  ;  dans 
ce  cas,  le  .cylindre  ou  le  prisme  extérieur  doit  avoir  des  dimensions 
telles  que  la  section  de  l'intervalle  entre  cette  surface  et  celle  du  foyer 
soit  au  moins  égaie  à  une  fois  et  demie  celle  du  canal  d'appel  cori:espon- 
dant,  à  cause  de  l'accroissement  de  volume  de  l'air  par  son  échuuffe- 
ment. 

2630.  11  est  irès-impiintant  que  les  orifices  extérieurs  des  tuyaux 
d'appel  de  l'air  soient  placés  dans  un  lieu  découvert,  loin  des  latrines, 
à  une  assez  grande  hauteur  au-dessus  du  sol  quand  on  le  pei^t,  enfin  à 
r.abri  de  toutes  les  influences  qui  peuvent  vicier  Tair.  11  faut  surtout 


Digitized  by  VjOOQIC 


318    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

éviter  de  faire  les  prises  d*air  dans  les  pièces  où  les  enfants  déposent 
leurs  paniers,  parce  que  Tair  n'y  est  jamais  bien  pur.  I.ies  tuyaux 
peuvent  être  placés  au-dessous  du  sol,  dans  l'intervalle  des  planchers  ou 
dans  l'enibrasure  des  fenêtres  ;  ils  peuvent  être  en  maçonnerie  ou  en 
bois,  d'une  forme  quelconque.  Leur  section  doit  être  à  peu  près  de 
6, 1 2, 1 8, 24,  30  et  36  décimètres  carrés  pour  une  salle  renfermant  50, 
100,  150,  200,  250,  300  enfants  ;  ces  sections  suffisent  lorsque  la  lon- 
gueur des  canaux  n'excède  pas  8  à  10  mètres  ;  pour  des  longueurs  plus 
considérables,  il  faudrait  les  augmenter;  mais  il  n'y  a  aucun  inconvé- 
nient à  donner  aux  tuyaux  d'appel  des  sections  beaucoup  plus  considé- 
rables. 

2631 .  La  cheminée  d'appel  peut  être  construite  en  maçonnerie  ou 
en  tôle.  Sa  section  doit  peu  différer  de  celle  des  tuyaux  d'appel.  Si  on 
lui  donnait  une  section  plus  grande,  la  vitesse  d'écoulement  serait  trop 
petite,  et  il  deviendrait  difficile  de  s'opposer  à  l'action  des  vents  sur 
l'orifice  supérieur.  Ainsi  il  est  prudent  de  ne  pas  augmenter  beaucoup 
la  section  indiquée.  Cependant,  si  l'on  voulait  utiliser,  pour  la  ventila- 
tion, une  cheminée  déjà  construite,  dont  la  section  serait  beaucoup 
trop  grande,  on  pourrait  le  faire,  pourvu  qu'on  rétrécît  convenable- 
ment l'orifice  supérieur.  La  cheminée  doit  s'élever  au-dessus  des  toits, 
et  se  terminer  par  un  chapeau  en  tôle,  destiné  à  éviter  le  refoulement 
du  mélange  d'air  et  de  fumée  par  l'action  des  vents.  Si  le  bâtiment  était 
dominé  par  des  édifices  très-élevés,  les  remous,  produits  par  les  vents 
violents,  pourraient  faire  refouler  l'air  delà  cheminée  dans  la  pièce; 
alors  il  vaudrait  mieux  prolonger  le  tuyau  à  fumée  dans  toute  la  lon- 
gueur de  la  cheminée  et  de  quelques  mètres  au-dessus  de  son  sommet, 
et  protéger  la  cheminée  ainsi  que  le  tuyau  par  un  chapeau,  conve- 
nablement disposé. 

2632.  Dans  les  circonstances  ordinaires  des  écoles,  et  pour  Paris  et 
le  nord  de  la  France,  la  consommation  de  la  houille,  dans  les  jours  les 
plus  froids  de  l'hiver,  n'excédera  pas  2,  3,  4,  5,  6  et  7  kilogrammes 
par  heure,  pour  des  salles  renfermant  50,  100,  150,  200,  250  et  300 
élèves. 

2633.  Le  chauffage  doit  être  conduit  de  la  manière  suivante  :  Une 
heui*e  avant  l'entrée  des  élèves,  on  allume  les  foyers  des  calorifères, 
après  avoir  fermé  les  orifices  par  lesquels  arrive  l'air  extérieur  et  ceux 
d'accès  dans  la  cheminée  d'appel ,  en  laissant  ouvert  l'orifice  par 
lequel  l'air  de  la  pièce  peut  pénétrer  dans  l'intérieur  des  enve- 
loppes :  le  chauffage  a  lieu  par  la  circulation  de  Tair  de  la  pièce;  et 
quelques  instants  après  l'arrivée  des  élèves,  on  établit  la  ventilation. 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  VIL  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAÏN.  DES  ÉCOLES  PRIMAIRES,  ETC.     319 

2634.  La  ventilation  d'été  seproduit,  quand  la  température  et  d'autres 
circonstancee  le  permettent,  par  l'ouverture  des  portes  et  des  fenê- 
tres; mais  il  est  facile  de  la  produire  artificiellement  sans  rien  chan- 
ger aux  dispositions  des  appareils;  il  suffirait  pour  cela  d'allumer 
un  petit  foyer  placé,  au  bas  de  la  cheminée  ;  l'air  extérieur  entrera 
comme  pendant  l'hiver  par  les  intervalles  des  poêles  et  de  leurs  enve- 
loppes; si  les  veines  d'accès  sont  horizontales,  l'air  à  l'entrée  étant  en 
général  plus  froid  que  l'air  extérieur,  tombera  sur  le  sol,  et  alors, 
poui-  que  l'air  de  la  pièce  soit  renouvelé,  il  faudra  le  faire  arriver  dans 
la  cheminée  par  les  orifices  supérieurs;  mais  si  les  veines  sont  ver- 
ticales, il  y  aura  deux  actions  opposées  qui  tendront,  l'une  affaire 
monter  l'air,  l'autre  à  le  faire  descendre,  et  l'expérience  seule  pourra 
faire  connaître  s'il  faut  faire  sortir  l'air  de  la  pièce  par  le  haut  ou  par 
le  bas. 

Pour  une  école  de  250  à  300  élèves,  les  frais  d'établissement  pour- 
raient s^élever  au  plus  à  5  ou  600  francs,  et  à  une  somme  bien  infé- 
rieure si  on  employait  des  poêles  déjà  existants;  il  n'y  aurait  de  dépense 
à  faire  que  celle  de  l'enveloppe,  du  canal  d'appel  de  l'air  extérieur,et 
de  la  cheminée. 

2635.  Les  dispositions  que  nous  venons  de  décrire  ont  été  établies 
d'abord  à  Paris  dans  trois  grandes  écoles,  situées  l'une  rue  Neuve-Co- 
qucnard,  les  autres  à  la  Halle  aux  Draps.  Dans  toutes  on  a  été  satisfait 
des  eiTets  obtenus,  sous  le  rapport  du  chauffage,  de  son  uniformité,  et 
de  réconoraie  du  combustible,  malgré  la  dépense  de  chaleur  qu'exige 
la  ventilation,  parce  que  dans  ces  appareils  la  chaleur  est  mieux  uti- 
lisée que  dans  les  anciens.  A  l'école  de  la  rue  Neuve-Coquenard,  la 
seule  dans  laquelle  j'aie  fait  des  expériences,  il  n'y  avait  pas  un  degré 
de  différence  entre  les  températures  des  extrémités  de  la  salle,  et  la  ven- 
tilation, qui  n'est  ordinairement  que  de  6  mètres  cubes  par  élève,  éta- 
blissait déjà  une  différence  marquée  avec  les  écoles  non  ventilées. 

11  est  difficile,  dans  les  écoles  qui  ne  sont  pas  bien  surveillées,  d'ob- 
tenir des  maîtres  d'école  que  le  foyer  d'appel  soit  allumé.  Pour  les  salles 
qui  renferment  un  grand  nombre  d'enfants,  il  serait  peut-être  préfé- 
rable d'installer  un  petit  ventilateur  qui  serait  mis  en  mouvement  par 
les  élèves  pendant  les  récréations.  Ce  serait  un  jeu  pour  les  enfants. 

2636,  Dans  l'école  de  la  rue  Neuve-Coquenard,  le  nombre  des  élèves 
est  ordinairement  de  200,  mais  la  salle  pourrait  en  contenir  250.  Les 
deux  calorifères  ont  les  dimensions  indiquées  précédemment,  ils  sont 
placés  en  avant  de  l'estrade.  Les  tuyaux  à  fumée  ont  0"  16  de  diamètre, 
et  une  longueur  totale  de  39"  ;  ils  se  réunissent  eii  un  seul  de  0""20  de 


Digitized  by  VjOOQIC 


320     MV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  UpUX  HABITÉS. 

diamètre,  placé  au  centre  de  la  ch.erninée  d'appel  et  qui  s'élève  à  2" 
au-dessus  de  son  spn)^1^t.  La  cheminée  d'appel  a  0""  27  sur  O^'OS  ;  les 
orinces  d'appel  sont  tous  au  niveau  dg  sol,  ils  sont  au  nombre  de  sept^ 
distribués  dans  la  largeur  de  la  salle,  et  leur  section  est  égale  a  celle 
de  la  cheminée  ;  il  en  est  de  même  des  orifices  d'accès  de  l'air  extérieur 
et  des  passages  autour  des  poêles.  Le  chauffage  avait  lieu  avec  de  la 
houille  de  Frcsnes  ;  le  renouvell(*ment  de  Tair  était  de  iOOO  à  1 200  mè- 
tres cuhes  par  heure.  Dans  les  jours  les  pUis  froids,  la  consommation  de 
combustible  n'a  jamais  dépassé  6^,  et  elle  était  en  moyenne  de  4^.  La 
surface  totale  des  n>urailles  est  à  peu  prjès  de  220°",  leur  épaisseur  de 
0,50,  la  surface  des  vitres  de  25""». 

2637.  Pour  les  écoles  et  les  salles  d'asile,  on  ne  peut  pas  calculer 
la  dépense  moyenne  de  combustible,  par  les  form.ules  (861  etsuiv.)  ; 
car  ces  formules  supposent  que  le  régime  des  murailles  est  constam- 
ment établi,  et  que  la  température  intérieure  est  constante,  et  par 
con;!iéquent  que  le  chauffage  est  permanent,  tandis  que,  dans  les  écoles 
et  les  salles  d'asile,  le  chauffage  est  intermittent  et  ne  dur#  guère  que 
6  à  7  heures  par  jour  ;  dans  les  intervalles,  les  murailles  se  refroidissent 
par  l'extérieur  etaussi  par  la  ventilation  intérieure  qui  se  produit  tou- 
jours;  même  aprèç  la  {ermeture  du  registre  d'accès  de  l'air  et  par  l'air 
qui  pénètre  par  les  fissures  des  portes  et  des  fenêtres.  Néanmoins  lu 
consoçimatiou  totale  de  combusilible  pendant  une  journée  est  peu 
considérable,  car  en  supposant  7  heures  de  chauffage  par  jour,  26 
jours  de  chauffage  par  mois,  7  mois  ,de  chauffage,  et  en  moyenne 
i^  de  houille  par  heure,  la  consommation  pendant  l'hiver  serait 
(le  4.7.26.7  =  5096^  qui,  à  raison  de  5  fr.  les  100''  font  254  fr.  ;  la 
dépense  réelle  serait  beaucoup  plus  petite,  parce  que  le  chauffage  ne 
dure  pas  7  mois  dans  ces  conditions. 

2638.  Dans  le  système  de  chauffage  et  de  ventilation  que  je  viens  de 
décrire,  il  y  a  un  inconvénient  qui  pourrait  être  très-grave  dans  d'au- 
tres circonstances  ;  la  ventilation  est  liée  au  chauffage,  et  varie  par 
conséquent  dans  le  même  sens.  Ainsi,  si  la  ventilation  était  suffisante, 
dans  les  journées  les  plus  froides  de  l'hiver,  elle  serait  insuffisante  au 
conunencement  et  à  la  fin  de  cette  saison  ;  j'ai  pourtant  préféré  cette 
disposition  à  d'autres  dans  lesquelles  on  aurait  pu  séparer  le  chauffage 
de  la  ventilation,  à  cause  de  son  extrême  simplicité,  d'autant  plus  que 
le  foyer  placé  au  bas  de  la  cheminée  permet  de  compléter  la  ventilation 
produite  par  le  chauffage,  quand  elle  est  insuffisante,  ce  que  la  sensi- 
bilité de  nos  organes  permet  d'apprécier  mieux  que  les  meilleurs  in- 
struments et  les  analyses  les  plus  parfaites.  La  combustion  de  i''  de 

Digitized  by  VjOOQ  le 


CHAP.  VII.  —CHAUFFAGE  ET  ASSAIN.  DES  ÉCOLES  PRIMAIRES,  ETC.     32 i 

houille  par  heure,  dans  ce  foyer  serait  suffisante  pour  la  Tentilation 
complète  d'une  salle  d'école  renfermant  200  élèves,  pourvu  que  la 
cheminée  ait  au  moins  10°"  de  hauteur  et  0*°  25  de  section. 

2639.  Une  maison  d'école  renferme  toujours,  indépendamment 
de  la  salle  d*étude,  une  salle  désignée  sous  le  nom  de  préau,  où  les 
élèves  prennent  leurs  repas  et  leurs  récréations  ;  cette  salle,  n'étant 
occupée  chaque  jour  que  pendant  un  temps  très-court,  peut  être 
chauffée  par  un  poêle  en  fonte  qu'on  n'allume  que  peu  d'instants  avant 
l'arrivée  des  élèves. 

2640.  Mais  une  des  conditions  les  plus  importantes  pour  l'assainisse- 
ment d'une  école,  est  une  bonne  disposition  des  lieux  d'aisances,  leur 
propreté  et  la  ventilation  permanente  des  fosses  au  moyen  d'une  che- 
minée d'appel.  La  disposition  des  cabinets  qui  parait  la  plus  convenable 
consiste  à  recouvrir  le  sol  et  les  murs  jusqu'à  30  ou  40  centimètres 
d'une  plaque  de  plomb  inclinée  vers  l'orifice  central  en  avant  duquel 
se  trouvent  deux  patins  en  fonte  à  surfaces  rayées,  destinés  à  recevoir 
les  pieds.  En  |pce  des  cabinets  doivent  se  trouver  des  ouvertures  garnies 
de  jalousies.  La  cheminée  d'appel  doit  s'ouvrir  à  la  partie  supérieure 
de  la  fosse,  et  s'élever  à  une  hauteur  qui  excède  celle  des  toits  ;  à  sa 
partie  inférieure  elle  doit  renfermer  un  petit  foyer  encaissé  latérale- 
ment, et  dont  le  cendrier  communique  à  l'extérieur  par  un  tuyau  garni 
d'^un  registre  qui  permet  de  régler  à  volonté  l'activité  de  la  combustion. 
La  combustion  de  0,5  de  houille  pouvant  échauffer  641  mètres  cubes 
d'agir  de  20'',  en  supposant  que  la  hauteur  de  la  cheminée  soit  de  12™, 
la  vitesse  théorique  serait  à  peu  près  de  4*",  et  en  donnant  à  la  cheminée 
une  section  de  0"  25,  on  évacuerait  par  heure  un  volume  d'air  bien 
suffisant  pour  l'assainissement,  car  il  n'est  pas  nécessaire  de  (aire  passer 
par  la  cheminée  un  grand  volume  d'air,  mais  seulement  de  produire  un 
mouvement  de  l'air  de  dehors  en  dedans  de  la  fosse.  La  tourbe  et  la 
tannée  qui  brûlent  lentement  et  qui  coûtent  moins  que  les  autres  com- 
bustibles, devraient  être  employées  de  préférence.  Le  sommet  de  la 
cheminée  devrait  être  pourvu  d'un  appareil  destiné  à  soustraire  le 
tirage  à  l'influence  des  vents.  Des  fosses  qui  se  fermeraient  hermétique- 
ment elles-mêmes  au  moyen  d'un  petit  courant  d'eau,  dispenseraient 
de  ce  système  de  ventilation  ;  il  n'y  aurait  plus  que  l'infection  locale 
qu'on  éviterait  par  des  soins  de  propreté. 

Des  appareils  de  chauffage  et  de  ventilation,  disposés  comme  nous 

venons  de  le  dire,  ont  été  établis  à  ma  connaissance  dans  25  à  30  écoles 

primaires.  Je  n'ai  eu  aucun  renseignement  sur  les  dispositions  qui 

consistaient  à  se  servir  des  poêles  existants  en  les  environnant  d'une 

m.  t\ 


Digitized  by  VjOOQIC 


322    LIV.  XV.  —  CHAUFFAGE  ET  VENTILATION  DES  LIEUX  HABITÉS. 

enveloppe  en  tôle  ou  en  briques,  tout  le  reste  était  arrangé  comme  je 
Tai  indiqué  ;  ces  dispositions  pourraient  facilement  être  exécutées  par- 
tout, par  les  ouvriers  delà  localité  ;  ce  qui  permettrait  d'obtenir  quelque 
économie  sur  les  dépenses  du  premier  établissement. 

Malgré  la  simplicité  des  appareils  que  je  viens  de  décrire,  la  publi- 
cité donnée  à  la  brochure  dont  j'ai  parlé,  il  n'y  a  encore  qu'un  très- 
petit  nombre  d'écoles  convenablement  assainies;  il  serait  pourtant 
d'une  grande  importance  que  toutes  le  fussent,  du  moins  celles  qui 
renferment  un  grand  nombre  d'enfants.  A  mon  avis,  on  y  parviendrait 
rapidement  en  employant  les  moyens  suivants  : 

1*"  Publication  d'une  nouvelle  instruction  sur  l'assainissement  des 
écoles  primaires  et  des  salies  d'asile,  plus  détaillée  que  la  première,  et 
qui  renfermerait  les  dispositions  les  plus  convenables  des  latrines  et 
leur  assainissement  ; 

2**  Ordre,  que  dans  toutes  les  écoles  normales  primaires,  les  salles 
d'études  et  l'école  primaire  annexée,  soient  immédiatement  ventilées 
par  les  moyens  indiqués  dans  l'instruction  ;  % 

3^  Introduction  dans  l'enseignement  des  écoles  normales  primaires, 
de  toutes  les  notions  relatives  à  l'hygiène  et  à  la  ventilation  des  écoles  ; 

4''  Enfin,  ordre  aux  recteurs,  aux  inspecteurs  d'académie  et  aux 
inspecteurs  primaires,  d'employer  toute  leur  influence  pour  faire 
adopter  par  les  communes  les  moyens  sanitaires  recommandés. 

HaIsous  d'édncAtion. 

2641.  Dans  toutes  les  grandes  maisons  d'éducation,  les  lycées,  les 
collèges,  les  pièces  qui  sont  occupées  longtemps  par  les  élèves  en  repos, 
doivent  être  chauffées  pendant  l'hiver,  et  celles  où  le  séjour  est  pro- 
longé, comme  les  salles  d'étude,  les  amphithéâtres  et  les  dortoirs,  doi- 
vent en  même  temps  être  ventilées,  parce  que  le  volume  d'air  de  ces 
pièces  est  insuffisant  pour  la  salubrité  ;  aussi,  quand  on  entre  le  matin 
dans  les  dortoirs,  on  y  trouve  un  air  tellement  vicié,  qu'il  est  impos- 
sible de  supposer  que  la  santé  des  enfants  n'en  soit  pas  altérée.  Un  sys- 
tème général  de  chauffage  et  de  ventilation,  soit  par  l'eau  chaude,  soit 
par  la  vapeur,  serait  préférable  à  des  chauffages  partiels  ;  mais  il  y  au- 
rait beaucoup  de  perte  de  chaleur  si  le  chauffage  avait  lieu  par  l'eau 
chaude  et  s'il  était  permanent,  parce  que  les  pièces  ne  doivent  pas  être 
occupées  d'une  manière  continue.  Un  système  général  de  chauffage  ne 
pourrait  être  économique  que  par  la  vapeur,  parce  qu'il  pourrait  être 


Digitized  by  VjOOQIC 


CHAP.  Yll.  —  CHAUFFAGE  ET  ASSAIN.  DES  ÉCOLES  PRIMAIRES,  ETC.    323 

établi  presque  instantanément  dans  chaque  pièce.  Mais  un  système 
général  de  chauffage  exigerait  des  dépenses  considérables  d'installa- 
tion, et  il  y  a  peu  d'établissements  en  état  de  les  supporter.  Ainsi,  il 
est  important  d'examiner  les  moyens  les  plus  simples  et  les  plus  éco- 
nomiques de  chauffer  partiellement  les  différentes  pièces  qui  compo- 
sent les  maisons  d'éducation. 

2642.  Pour  les  salles  d'études,  la  méthode  de  chauffage  et  de  venti- 
lation la  plus  simple  consiste  à  employer  un  poêle  en  métal  ou  en  terre 
cuite,  sans  circulation  intérieure,  d'une  forme  quelconque,  et  recou- 
vert d'une  enveloppe  ouverte  par  le  haut,  l'intervalle  du  poêle  et  de 
l'enveloppe  communiquant  avec  l'air  extérieur,  comme  pour  le  chauf- 
fage des  salles  d'école  (2629).  Le  poêle  serait  placé  dans  la  partie  de  la 
pièce  la  plus  éloignée  de  la  cheminée;  et  le  tuyau  du  poêle  traverse- 
rait la  salle  pour  se  rendre  dans  la  cheminée  ;  enfin,  la  partie  inférieure 
de  la  cheminée  serait  percée  d'un  ou  de  plusieurs  orifices  garnis  de 
registres  pour  régler  la  ventilation.  Un  petit  foyer  additionnel  établi  au 
bas  de  la  cheminée  servirait  à  augmenter  la  ventilation,  quand  celle 
qui  est  produite  par  le  chauffage  est  insuffisante. 

Pour  les  classes,  qui  sont  toujours  pourvues  de  gradins,  il  faudrait 
employer  la  disposition  que  nous  avons  indiquée  (2290),  en  parlant 
du  chauffage  et  de  l'assainissement  des  grands  amphithéâtres. 

2643.  Partout,  les  dortoirs  sont  insalubres,  et  par  de  trop  petites 
dimensions  et  par  un  trop  grand  nombre  de  lits.  Le  séjour  des  enfants 
dans  les  dortoirs  est  au  moins  de  7  heures;  par  conséquent,  quand  il 
n'y  a  pas  de  ventilation,  en  comptant  sur  6  mètres  cubes  d'air  par  in* 
dividu  et  par  heure,  il  devrait  y  avoir  au  moins  42  mètres  cubes  de 
capacité  par  lit;  si  on  suppose  que  le  dortoir  a  3  mètres  de  hauteur,  un 
lit  doit  correspondre  à  14  mètres  carrés  de  surface,  et  il  est  rare  que 
dans  cet  espace  il  n'y  en  ait  pas  3  ou  4;  souvent  même,  les  dortoirs 
sont  beaucoup  plus  bas  que  nous  ne  l'avons  supposé,  et  les  lits  sont 
presque  en  contact.  Mais,  quelles  que  soient  les  dimensions  des  dortoirs 
et  la  dislance  des  lits,  on  peut  toujours  les  rendre  parfaitement  salubrés 
par  une  ventilation  convenable.  Le  chauffage  et  la  ventilation  pour- 
raient se  faire  de  la  même  manière  que  dans  les  écoles  et  dans  les  salles 
d'études  (2629);  le  veilleur  surveillerait  facilement  le  petit  nombre  des 
foyers  des  dortoirs  ;  on  pourrait  même  employer  du  gaz  dans  les  villes 
où  il  est  bon  marché.  Ce  serait  encore  plus  simple  que  des  foyers  à  ali* 
mentation  continue.  Pour  la  ventilation  d'été,  l'air  pénétrerait  par  les 
mêmes  orifices,  et  le  petit  foyer  additionnel  produirait  la  ventilation  ; 
des  orifices  convenablement  placés,  près  du  plancher  et  près  du  pla- 


Digitized  by  VjOOQIC 


:j24      LIV.  XV.  -  CHAUFFAGE  ET  VENTILATIOiN  DES  LIEUX  HABITÉS. 

fond  produiraient  souvent;  par  suite  de  réchauffement  deTair  i